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Un cadre imaginaire à la ribambelle ? Pourquoi ... - Impression.be

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Miseen p<strong>la</strong>cede <strong>la</strong>légendeDeux premières histoires… conçues pour être jouées parun personnage déguisé plutôt que pour être lues !Ce sera plus vivant pour faire connaissance avec deuxdes héros principaux de <strong>la</strong> légende pour apprendre commentils se sont rencontrés et découvrir ce qui leur est arrivéau tout début.45


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SMISE EN PLACE DE LA LÉGENDESans doute l’histoire <strong>la</strong> plus « légendaire ». Elle raconte l’origine des premiersBa<strong>la</strong>dins et glisse ça et là quelques messages sur <strong>la</strong> confiance en soi et lep<strong>la</strong>isir de semer <strong>la</strong> bonne humeur partout dans les cœurs. Attention… N'oubliepas de changer les noms de vil<strong>la</strong>ges cités dans cette histoire par ceux dequartiers ou de localités bien de chez vous.2 Le vil<strong>la</strong>ge endormiAprès notre rencontre, Poly et moi, nous reprenons <strong>la</strong> route sans plus attendre. Nous voulonsen effet atteindre une ville ou un vil<strong>la</strong>ge avant <strong>la</strong> nuit. Mais où aller ? Je sors mon grand p<strong>la</strong>n.Poly <strong>la</strong>nce une fléchette dessus : ah, en plein au milieu. La pointe indique le vil<strong>la</strong>ge de Frangipane.Il n’y a plus qu’à nous y rendre. Poly demande pour s’occuper de conduire <strong>la</strong> roulotte, ça l’amuse<strong>be</strong>aucoup.Après de nombreux kilomètres, nous apercevons les premiers toits des maisons. Nous entronsdans <strong>la</strong> première rue : bizarre ! Il y a quelque chose d’anormal dans ce pays. Il est à peine cinqheures et pourtant tout est fermé : chaque volet, chaque porte, chaque boutique ! Rien ne bouge.Le ciel est sombre et les murs sont tout gris.- C’est pas <strong>la</strong> joie ici, me fait remarquer Poly. Si on al<strong>la</strong>it plus loin, tu ne crois pas ?Je lui réponds de suite :- Attends, on va voir ! On pourrait quand même se reposer un peu ici. Installons <strong>la</strong> roulotte près de <strong>la</strong>fontaine, sur cette p<strong>la</strong>ce.Chaque soir, depuis que je voyage, c’est un peu <strong>la</strong> même rengaine : on choisit un <strong>be</strong>l endroit,on prépare le feu, on étend le linge à sécher quand il a plu, les oiseaux viennent y chanter leurscouplets ! C’est très gai ! Mais ici, dans ce pays, personne pour venir nous dire bonjour, pourécouter nos premières chansons, pour demander de nouveaux numéros ! Personne…Quoique…De temps à autre, derrière un rideau, entre deux volets, par une lucarne, on aperçoit deux petiteslueurs rondes. Des yeux nous regardent, c’est c<strong>la</strong>ir !Je vois bien que Poly est inquiet.- Mais c’est incroyable, c’est triste ici ! Tout est gris, pas une fleur, personnene bouge, personne ne parle, personne ne rit ! Tout le monde est pourtantcapable de rire et de s’amuser ! C’est <strong>be</strong>aucoup plus gai !Alors, pour le rassurer et parce que je ne peux pas <strong>la</strong>isser ce vil<strong>la</strong>ge aussitriste, je lui dis :- On peut sûrement faire quelque chose. Il faudrait d’abord commencer partrouver quelqu’un ! Viens, on va chercher par-là.10


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SMISE EN PLACE DE LA LÉGENDEAussitôt, nous descendons une petite ruelle et j’arrive devant une maison où sont exposés desdizaines d’objets fabriqués en bois : des tasses, des traîneaux, des autos, des sorcières… et desroues. <strong>Un</strong>e p<strong>la</strong>que indique qu’il s’agit de l’atelier du Sergent <strong>la</strong> Tenaille. Je frappe à <strong>la</strong> porte.- Heu, pardon cher Sergent, pourriez-vous m’aider, une des roues de notre roulotte commence à vieillir. Jecrois qu’il faudrait <strong>la</strong> remp<strong>la</strong>cer. Pourriez-vous venir voir ?L’homme hésite et fait <strong>la</strong> moue.- Je n’y arriverai jamais saperlipopin, c’est trop difficile pour moi ! finit-il par dire.L’année dernière, j’ai commencé une brouette, tout a cassé, saperlipopette. Tout le monde s’est moqué demoi. Alors, vous pensez, refaire une roue, je ne suis plus bon à ça, saperlipopa !- Allons, je suis certain que vous sauriez le faire ! Regardez tous ces objets sur votre maison : vous avez desmains en or, il faut les utiliser !Le Sergent <strong>la</strong> Tenaille n’a plus rien entendu d’aussi encourageant depuis des mois ! Il se <strong>la</strong>isseconvaincre et nous suit en chantant.Soudain, au loin, un faible bruit grinçant parvient à nos oreilles : c’est, mais oui, c’est bien ça :un volet qui s’ouvre. Et puis, on commence à distinguer une douce voix, très mélodieuse. Elles’échappe de <strong>la</strong> maison tout là-bas près de <strong>la</strong> forêt. C’est Ophélie, une jeune fille dont, dit-on,<strong>la</strong> marraine était une fée. Depuis des années, elle qui aimait tant chanter n’osait plus le faire :personne ne l’écoutait, personne ne vou<strong>la</strong>it reprendre ses refrains. On dirait que <strong>la</strong> vue de notreroulotte lui a redonné le goût du spectacle et des chansons. Elle s’approche peu à peu de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce.Des volets s’ouvrent pour mieux écouter. Les enfants puis leurs parents se mettent eux aussi àreprendre son refrain. « Il y a de l’activité dans l’air… »Nous voici maintenant dans un vil<strong>la</strong>ge presque comme les autres : les volets se sont ouverts, lesgens parlent, certains commencent même à rire. Mais il manque encore quelque chose. Sur <strong>la</strong>p<strong>la</strong>ce du vil<strong>la</strong>ge, presque rien ne se passe. Les enfants sont assis sur les marches et attendent.Personne ne court, personne ne joue. Poly m’aide à aller les chercher.- Dites-moi les enfants, est-ce que ça vous p<strong>la</strong>irait d’apprendre à jongler, à faire le clown, à dompter desanimaux ?- Oui, ce serait génial, crie l’un d’eux !- En plus, on s’ennuyait un peu, dit un plus grand.- Venez avec moi, on va préparer un super spectacle, <strong>la</strong>nce Poly.Deux heures plus tard, tout est prêt. Les enfants partent chercher tous les habitants, qui finissentpar se décider.Poly et moi, nous courons nous déguiser ! Que le spectacle commence. Moi, Craquelin, j’ai revêtuun <strong>be</strong>au costume de cérémonie. Après un numéro d’acrobatie présenté par quatre enfants duvil<strong>la</strong>ge, j’adresse à tous un grand discours :- Mes amis, je suis content de voir que <strong>la</strong> bonne humeur est revenue parmi vous ! Vous voyez, ce n’est pasdifficile ! Vous avez tous de grands talents : il suffit d’y croire et d’essayer ! Parfois ça rate, mais ce n’estpas grave, on recommence ! Vous savez jouer, chanter, bricoler… c’est merveilleux ! Je vous demanded’essayer de garder toujours votre bonne humeur et d’en profiter avec tous vos copains !- Vive Craquelin, vive Poly, crient tous les gens !- Vivent tous les enfants qui ont fait le spectacle, reprend Poly. Hip hip hip, hourrah !J’ai encore un petit problème à régler.- Nous devrions donner un nom à cette joyeuse bande d’enfants : une troupe de spectacle a toujours unnom. Qui a une idée ?Les habitants ne savent pas très bien.Alors, j’ai demandé à Poly de sortir de <strong>la</strong> roulotte sa baguette magique.Ensuite, debout sur le toit de ma maison qui roule, je regarde le ciel : avec ma baguette, j’allumedes dizaines d’étoiles. Puis je les fais tourner dans tous les sens. Elles commencent à s’arranger,comme sur les lignes d’un cahier. Au fur et à mesure, les étoiles forment un nouveau mot, inconnude tous jusque-là : « les Ba<strong>la</strong>dins ».- Vivent les Ba<strong>la</strong>dins, crie tout le vil<strong>la</strong>ge en lisant le mot dans le ciel ! Vivent les Ba<strong>la</strong>dins deFrangipane !Le lendemain, notre roulotte s’est remise en route… vers un autre vil<strong>la</strong>ge ! Car, j’avais bien comprisqu’il restait dans ce pays encore bien des villes et des vil<strong>la</strong>ges à aller réchauffer un peu. Poly etmoi avons ainsi visité les vil<strong>la</strong>ges et les quartiers d’à côté, à Romeville, à Bidirou, à Langlenois.Peu à peu, ces lieux se sont peuplés de Ba<strong>la</strong>dins, toujours prêts à semer <strong>la</strong> bonne humeur dans lescœurs. Poly et moi sommes très contents d’avoir aidé tous ces gens à devenir de joyeux Ba<strong>la</strong>dins !Il en reste toujours <strong>be</strong>aucoup aujourd’hui ! A commencer par tous ceux qui viennent d’entendrecette histoire… c’est-à-dire, vous !Voici quelques années, nous nous sommes enfin arrêtés. <strong>Un</strong> peu fatigués ! Nous sommes restésdans le dernier vil<strong>la</strong>ge découvert. C’est là que nous avons fait <strong>la</strong> connaissance de trois Ba<strong>la</strong>dinscomme vous : ils s’appellent Gribou, Pistache et Boulon. <strong>Un</strong> jour, ils sont venus me voir. Je leurai raconté mes histoires de Ba<strong>la</strong>dins, ils m’ont raconté les leurs. J’ai tout écrit dans ce grand livre.Je vous le <strong>la</strong>isse, vous le lirez quand vous aurez le temps ! Moi j’ai encore <strong>be</strong>aucoup de voyages àfaire avec Poly. Bon où est-il passé celui-là ? Excusez-moi, je vais le chercher. Ah je me souviens :il avait rendez-vous chez son dentiste !- Poly, j'arrive !Et après ?Craquelin vient de remettre solennellement le livre de <strong>la</strong> légende. Laissonsà chaque enfant le temps de le découvrir, de regarder les images.MISE EN PLACE DE LA LÉGENDE1213


LeshistoiresdéclicsPour introduire tout naturellement quelquesoutils d’animationVoici neuf histoires destinées à introduire, sans longues explications,différents outils de <strong>la</strong> vie de <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>. Après le récit,il faut évidemment passer à l’acte, agir, construire quelque chose,que ce soit bricoler son coffre à trésors ou préparerson mouchoir…Il faudra parfois rappeler aux enfants que ce qu’on va lire, ce sontles histoires offertes par Craquelin, le monsieur qui était venu nousvoir, quand il cherchait Poly !1415


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N S<strong>Un</strong>e histoire très courte, juste pour rassembler une première fois tous leshéros de <strong>la</strong> Légende. Elle se termine par une chanson, « Nous les Ba<strong>la</strong>dins ».LES HISTOIRES DÉCLICS3 La première visite deGribou et les autresce<strong>la</strong> fait longtemps déjà que Gribou, Boulon et Pistache ont entendu parler de Craquelin et de Poly,son poney. C’est un homme assez vieux déjà. Il porte sur <strong>la</strong> tête un drôle de bonnet, au-dessus duquels’agite un petit pompon de toutes les couleurs. <strong>Un</strong> <strong>be</strong>au soir, aux portes de <strong>la</strong> nuit, il a arrêté sa roulotteau fond de <strong>la</strong> vallée, là où murmure le ruisseau. Souvent, on l’entend jouer ou entonner un petit airjoyeux : ses doigts et sa bouche peuvent faire jouer des dizaines d’instruments ! Parfois, il prend <strong>la</strong>mandoline, parfois l’accordéon, parfois une flûte. Dans le vil<strong>la</strong>ge, tout le monde sait qu’il est très gentilet qu’il connaît des histoires merveilleuses.Papa et Maman ont attendu que Gribou et ses copains grandissent un peu pour les <strong>la</strong>isser aller le voir.Maintenant qu’ils ont six ans, ils vont adorer ses récits. Et puis surtout, à présent, ils sont exactementcomme Craquelin : des Ba<strong>la</strong>dins. Et oui les amis, Craquelin, un peu vieux, avec son poney Poly… c’estun Ba<strong>la</strong>din aussi ! Et il connaît même l’histoire des tout premiers Ba<strong>la</strong>dins de notre <strong>be</strong>au pays ! Vousaimez les histoires ? Vous aimeriez savoir tout ce qu’il a raconté à Gribou ? Alors, écoutez bien !Donc, aujourd’hui, c’est <strong>la</strong> première fois que nos amis Gribou, Boulon et Pistache sontdescendus vers <strong>la</strong> petite rivière, là-bas, au creux de <strong>la</strong> vallée. Craquelin est là, assis à une table :il joue aux cartes avec Poly.Enfin, disons plutôt qu’il essaie de lui apprendre ! Poly fait de son mieux mais finit toujourspar manger les cartes de trèfle. Alors, Craquelin éc<strong>la</strong>te de rire et se tord dans tous les sens !Poly se met alors à danser autour en chantant : « Pas fait exprès heu, pas fait exprès heu ! ».<strong>Un</strong>e fois encore, <strong>la</strong> partie est vite terminée : Poly vient de déguster le valet de trèfle ! Craquelinen rit encore au moment où il aperçoit nos trois copains : Gribou, Boulon et Pistache.- Salut les artistes, leur <strong>la</strong>nce-t-il, tout en se mettant à jongler avec au moins cinq carottesde pin.- Bonjour heu monsieur Craquelin, ose enfin répondre Pistache.- Quel délicieux vent vous amène à moi ? demande gentiment Craquelin.Boulon donne un petit coup de coude à Gribou :- Vas-y, demande pour les histoires de Ba<strong>la</strong>dins !Gribou ne sait pas trop quels mots choisir pour dire ça.16


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SHeureusement, Poly comprend vite de quoi il s’agit !- Craquelin, arrêtons de jouer aux cartes, de toutes façons, tu n’y comprends rien ! Je crois que nosnouveaux amis préfèreraient que tu leur expliques des choses plus importantes ! Parce que, tu sais, jele vois bien à leur petit fou<strong>la</strong>rd… ce sont des Ba<strong>la</strong>dins !A ces mots, Craquelin se relève immédiatement. Il est fier comme un paon qui réussit sapremière roue !- Des Ba<strong>la</strong>dins ! Des Ba<strong>la</strong>dins ! Des Ba<strong>la</strong>dins !Le vieil homme <strong>la</strong> rassure très vite.- Pour cette fois-ci, commençons par une chanson. Je vais vous l’apprendre : elle raconte qu’un Ba<strong>la</strong>dinest un artiste qui voyage partout ! Allez, tous avec moi.Poly s’éc<strong>la</strong>ircit un peu <strong>la</strong> voix tandis que Craquelin prend sa mandoline.- « Nous les Ba<strong>la</strong>dins… »LES HISTOIRES DÉCLICSPoly lui confirme <strong>la</strong> chose :- Oui, des Ba<strong>la</strong>dins, je te le dis !Craquelin tend <strong>la</strong> main aux enfants. <strong>Un</strong> merveilleux sourire scintille de sa barbichette jusqu’àses oreilles.- Mais moi aussi je suis un Ba<strong>la</strong>din, et mon ami Poly c’est pareil. Nous avons fait des voyages fabuleux !Nous avons rencontré des gens extraordinaires ! Partout ! Ah, si seulement je pouvais le raconter àquelqu’un ! On ne voit plus grand monde par ici !Boulon n’hésite pas une seconde !- Nous m’sieur, ça nous intéresse ! C’était comment vos voyages ? ? ? Vous avezvu des lions ? Et comment avez-vous appris à jongler comme ça ?Craquelin rayonne. Voilà plus d’un an qu’il n’a pas expliqué tout çaà de vrais Ba<strong>la</strong>dins !- Ça prendra un peu de temps pour tout vousdire ! Je n’arriverai jamais à tout vousraconter aujourd’hui. Vous n’aurezqu’à revenir me voir unefois de temps en temps,d’accord ?Nos trois amis sontévidemment d’accord !- Bon, alors, à bientôt mes amisles Ba<strong>la</strong>dins !Mais Poly a vu <strong>la</strong> grossegrimace de Pistache. Elle sembleun peu déçue de quitter déjà Craquelin. Il n’a même pas raconté une seule de seshistoires !LES HISTOIRES DÉCLICS1819


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N S<strong>Un</strong> épisode assez comique, avec de nombreuses possibilités de bruitages àgogo !Il fal<strong>la</strong>it bien ce<strong>la</strong> pour introduire cet outil sympa et concret de <strong>la</strong> branche.Chaque enfant se fabrique son propre coffre, dans lequel il pourra mettredes souvenirs d’activités, des supports de bivouac, des objets qu’il trouvait<strong>be</strong>aux, une carte d’anniversaire… En gardant des traces bien visibles de sesdécouvertes, il pourra mieux en prendre conscience. Et prendre consciencede tout ce qu’on fait ou rencontre de chouette, c’est déjà prendreconfiance ! Que de trésors dans <strong>la</strong> vie ! (Pour mieux comprendre l’enjeu dubivouac et du coffre à trésors, rendez-vous dans le cahier Le scoutisme chezles Ba<strong>la</strong>dins, pages B4 à B7).LES HISTOIRES DÉCLICS4 Le coffre à trésorsyoupie ! Encore une semaine d’école qui vient de se terminer ! Youpie ! Gribou, Pistache etBoulon vont avoir un peu de temps pour aller saluer Poly et Craquelin. Hé<strong>la</strong>s, aujourd’hui, ilpleut. Et pas un petit peu : on pourrait prendre sa douche tout nu dehors si on vou<strong>la</strong>it !C’est facile de voir que le temps est triste : devant <strong>la</strong> roulotte de Craquelin, tout est calme. Mêmele feu s’est éteint.- Pourvu qu’ils soient là, dit Gribou.- Tu parles, j’ai fort envie d’entendre de nouvelles histoires, renchérit Pistache.- Craquelin, il paraît qu’il en connaît plein, assure Boulon.Nos trois amis frappent à <strong>la</strong> porte.La porte s’ouvre : gling gloug paf boum chlong… des dizaines de choses dégringolent les escaliersde <strong>la</strong> roulotte. Des papiers, des brico<strong>la</strong>ges, des livres, des perruques, des pinceaux, des sachets desol, de mi et de ré majeur, des ballons, des raviolis, une demi-guitare ! Et une caisse de sonnettesde vélo… que Gribou reçoit sur <strong>la</strong> tête : dring dring drelin drelon !Craquelin est vraiment très ennuyé !- Oh, quel malheur malheureux ! bredouille-t-il. J’ai ramassé tellement de choses que j’aime pendant tousmes voyages que quand il pleut, je n’arrive plus à tout faire tenir dans <strong>la</strong> roulotte !Poly renchérit :- C’est incroyable tout ce qu’on peut ramasser, fabriquer et garder de chouette sur cette terre !Pistache voudrait les aider.- Je vais tout mettre dans cette armoire, dit-elle.20


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLES HISTOIRES DÉCLICS- NOOOOON, crie Craquelin en se précipitant.Trop tard ! Pistache et Gribou ont ouvert <strong>la</strong> porte de <strong>la</strong> petite armoire qui se trouve en-dessous descouchettes : glong glung spoc p<strong>la</strong>th iiii boum ! Des dizaines de nouveaux objets font <strong>la</strong> culbute. Ladégringo<strong>la</strong>de dure plus de trois minutes !Poly, évidemment, se tord de rire :- Hi hi hi tout est sur son pet ! rigole-t-il.Craquelin se demande comment il va pouvoir ranger tout ça ! Il n’a pas envie de jeter quoi que cesoit ! Tout lui rappelle des moments très heureux !Tout le monde s’y met pour tout ramasser et tout mettre sur <strong>la</strong> table de <strong>la</strong> roulotte.Vous voulez savoir tout ce qu’il y a ? Accrochez-vous, c’est parti !Il y a les jeux de cartes pour faire les châteaux.Il y a des tableaux avec des feuilles mortes.Il y a <strong>la</strong> trompette que Jumbouf l’éléphant avait offert à Poly lors d’un voyage en pays desPatapouf.Il y a des photos de nombreuses villes traversées.Il y a le jeu de fléchettes et les p<strong>la</strong>ns des différents pays.Il y a l’oreiller qui brosse les dents <strong>la</strong> nuit.Il y a des dizaines de cartes d’anniversaire.Il y a aussi… une drôle de machine, pleine de ressorts, avec un grand pot au milieu.- Ca c’est ma dernière invention, dit Craquelin… La machine à pop- corn ! Je dois encore faire quelquesrég<strong>la</strong>ges parce que pour le moment, elle ne fabrique que des sucettes en caoutchouc.- Wouah, extra ! s’écrie Boulon en <strong>la</strong> voyant ! Moi, un jour, je fabriquerai une machine à Barbapapa, unpeu comme <strong>la</strong> tienne, fait-il.Bon, mais comment ranger tout ça ?- On pourrait commencer par trier ce qui est à Craquelin et ce qui est à Poly, ce serait déjà ça, proposeGribou.- Et puis, continue Pistache, tous les souvenirs, tous les brico<strong>la</strong>ges que chacun de vous a faits, il faudraitles ranger ! Ce serait bête de les abîmer.Vous y tenez tellement !- Et si on construisait un coffre àtrésors, <strong>la</strong>nce Boulon. Chacunpourrait y conserver précieusementses affaires !Bonne idée ! Aussitôt, avec de vieilles caisses en carton, des couleurs et du papier, ils fabriquentdes coffres à trésors. Il y en aura un pour Craquelin, un pour Poly et un pour chacun des troiscopains Ba<strong>la</strong>dins. Pistache décore le sien avec des coquil<strong>la</strong>ges tandis que Gribou fabrique despoignées tout argentées !- Ca c’est génial, dit Boulon. Justement, ce matin, maman n’était pas très contente à cause des super<strong>be</strong>scailloux que j’avais <strong>la</strong>issés dans ma poche après <strong>la</strong> dernière réunion des Ba<strong>la</strong>dins. Je pourrai les mettredans mon coffre à trésors maintenant.Voilà, tout s’arrange : <strong>la</strong> roulotte de Craquelin et de Poly est bien rangée et chacun pourra garderses affaires.- Maintenant, on pourra aller regarder de temps en temps nos chouettes souvenirs, dit encore Gribou.Craquelin n’a pas une seconde à perdre : il prend sa guitare et commence à inventer une chansonsur le coffre à trésors.Dans mon coffre à trésorsMoi je mets ce que j’adoreDans mon coffre à trésorsCe que j’adore mais encoreAh, il ne pleut plus ! C’est souvent comme ça quand on se met à chanter avec les copains : toutva mieux !Et après ?Qu’est-ce qu’on peut mettre dans le coffre à trésors ? Qui peut allerdedans ? Peut-on le ramener chez soi ? Ce<strong>la</strong> mérite bien un petit conseil (enpetits groupes, c’est plus facile !) avant ou après <strong>la</strong> fabrication des coffres !Au fait, un Ba<strong>la</strong>din de « deuxième année » a évidemment de nouvellesidées pour son coffre. Il peut même carrément en recommencer un. Peutêtre<strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> avait-elle d’ailleurs décidé à <strong>la</strong> fin du camp que chacunpouvait ramener son coffre définitivement à <strong>la</strong> maison ?LES HISTOIRES DÉCLICS2223


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SC’est très bizarre de ne pas jouer ! On court tout le temps à l’âgeBa<strong>la</strong>dins ! Poly va se montrer très patient pour expliquer aux Ba<strong>la</strong>dinsque ce petit moment de bivouac n’est pas un grand malheur ! C’est gaices petites minutes où on peut repenser à ce qu’on a aimé et découvert !Librement, calmement, sans pression, sans chantage, sans gommettes,sans nuages…(voir dans le cahier Le scoutisme chez les Ba<strong>la</strong>dins, pages B8à B10).LES HISTOIRES DÉCLICS245 Poly s’est arrêté de jouerCe lundi matin, avant l’école, Gribou, Pistache et Boulon s’en vont raconter à leurs amisCraquelin et Poly le grand voyage qu’ils ont fait hier avec les Ba<strong>la</strong>dins. Ils ont construit desmontgolfières et ont essayé d’attraper un maximum de nuages au-dessus des arbres et deschamps. Tout ça pour essayer de <strong>la</strong>isser Monsieur le Soleil rayonner un peu plus. Le jardinier,Tomatus Pourritus, leur avait en effet expliqué que ça devenait urgent pour ses légumes.Assis sur l’escalier de sa charmante roulotte, Craquelin les accueille avec un sourire grand commeun croissant de lune :- Ah, mais voici mes copains Ba<strong>la</strong>dins ! Ca roule les amis ?Craquelin est encore une fois de très bonne humeur. Il chantonne tout le temps et ses yeuxdansent en même temps que les notes.- Tu sais, hier, on a bricolé des vaisseaux d’enfer, commence Gribou.- C’était génial, super grand, continue Boulon. On a attrapé des tas de nuages !- Et en plus, sur le chemin, un promeneur nous a expliqué des tas de choses, poursuit Pistache. On vou<strong>la</strong>itte les montrer, à toi et à Poly bien sûr.Tiens mais c’est vrai ça. Où est passé notre poney préféré ? Les trois copains finissent parl’apercevoir, au bout de <strong>la</strong> prairie, juste à l’entrée du petit bois de sapin.Mais ça alors ! Il ne bouge pas. A-t-il été transformé en statue ? Avant de le rejoindre, Gribou etles autres s’inquiètent auprès de Craquelin :- Il boude Poly ? Vous vous êtes encore disputés en jouant ? demande Pistache.- A moins qu’il ne soit ma<strong>la</strong>de, avec toute cette pluie, ce ne serait pas étonnant, suggère Gribou.Boulon pense avoir compris :- Toi Craquelin, tu es allé fouillé dans son coffre à trésors !Craquelin ne dit rien. Il affiche maintenant un petit sourire dans le coin de sa bouche. C’est gaiquand les autres ne devinent pas tout de suite !Bizarre, bizarre : Poly ne bouge toujours pas. Quoique. Si l’on y regarde de plus près, on peut voir


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLES HISTOIRES DÉCLICSqu’il dép<strong>la</strong>ce de temps en temps une de ses pattes, comme s’il écrivait. Pistache commence à sedemander si Craquelin ne lui a pas donné des devoirs ! Des devoirs, comme à l’école ! ! ! Craquelingarde son petit air malicieux.- Alors, fait-il, vous avez trouvé ce qu’il fait ?- Non, on dirait qu’il ne fait rien, c’est drôle. Il n’a plus envie de jouer ou de courir ?Craquelin se décide enfin à quitter son visage mystérieux.- C’est simple ! Souvent, Poly et moi, on fait ça : on arrête de jouer quelques minutes et on prend un peu detemps pour réfléchir.- Parce que vous êtes malheureux ? l’interrompt Pistache.- Non ! Pas du tout ! Réfléchir, penser un peu dans sa tête, c’est très gai ! Regarde, si je te dis « Ferme lesyeux et pense à une amie avec qui tu aimes t’amuser ». Tu <strong>la</strong> vois ? Tu y penses ? Alors ? Tu n’es pastriste pour autant !Boulon comprend bien que c’est parfois utile des’asseoir un moment et de penser un peu àtout ce qu’on fait.- Mais il pense à quoi Poly en cemoment ? demande-t-il àCraquelin.- Il faudrait lui demander.S’il veut bien le dire,évidemment ! Mais àmon avis, il repense ànotre pique-nique dedimanche après-midi.Figurez-vous, mes amis,que le clown GaspardRigolov, mon vieuxcamarade, est venunous chercher pouraller promener dans lescampagnes, au bord de <strong>la</strong>rivière. Poly n’avait jamais faitde pique-nique. Il a adoré : on amangé de <strong>la</strong> tarte aux mûres, on a jouéavec des cailloux dans l’eau, et puis on a fait desjeux : des plongeons comiques et des concours de celui qui éc<strong>la</strong>bousse le plus loin.Les enfants et Craquelin s’approchent de Poly. Sur une grande p<strong>la</strong>nche, il s’amuse à graver despetits dessins.- Salut les copains Ba<strong>la</strong>dins, venez ! Ca me ferait tellement p<strong>la</strong>isir de vous raconter mon pique-nique de cedimanche. Regardez… Ici, j’ai dessiné le clown Rigolov. Il m’a appris à faire semb<strong>la</strong>nt de tom<strong>be</strong>r, c’estextra !Et vlouf, Poly leur fait une démonstration de culbute pour du <strong>be</strong>urre.- Ici, j’ai dessiné les cailloux p<strong>la</strong>ts qu’on <strong>la</strong>nce à <strong>la</strong> surface de l’eau : ils font des rebonds, c’est comique !- Ah oui, des ricochets, dit Boulon (il a essayé ça <strong>la</strong> semaine dernière avec les p<strong>la</strong>nches à <strong>la</strong> piscine)mais j’ai dû aller me rhabiller plus tôt !- Et là, tu peux nous expliquer ce que tu as gravé, demande Pistache. Enfin si tu veux, parce que c’estpeut-être un secret, ajoute-t-elle.- A vous, je veux bien le dire, chuchote doucement le poney. Ce sont des petits bateaux avec des coquillesde noix. J’ai vu ça dans un livre. J’aurais bien aimé en essayer tout à l’heure à <strong>la</strong> rivière mais il a commencéà pleuvoir alors, c’était tout fichu foutu !Bon, c’est déjà fini ! Poly a terminé ses explications. Maintenant, il a envie de jouer ! Il propose unepart de « petit cheval qui attrape les Ba<strong>la</strong>dins par <strong>la</strong> culotte » !- Hue, attendez que je vous trouve, crie-t-il !- Dis, ça s’appelle comment ce que tu faisais tantôt, demande Gribou avant que le jeu ne démarre.- Quand je dessinais tout ce que j’avais aimé, tout ce que j’avais appris ?- Oui, confirme Gribou.- Avec Craquelin, on a appelé ça le « bivouac ». Tu vois, on fait plein de voyages et parfois, stop, on s’arrête.On réfléchit à tout ce qu’on vit de chouette, comme ça, on le sent encore plus fort.- Ah oui, un peu comme quand on garde un bonbon longtemps en bouche, en fermant les yeux pour mieuxsentir le goût.- Top là mon pote, t’as tout capté dans ta petite tête ! fait Poly en riant. Mais dépêche-toi de courir, sinonje t’attrape en premier !Craquelin s’est rassis près de <strong>la</strong> roulotte. Il a pris sa guitare. Quand <strong>la</strong> partie sera finie, il apprendraà nos amis Ba<strong>la</strong>dins <strong>la</strong> chanson du bivouac. C’est très doux. Ecoutez…« Regarde voici le soir… »LES HISTOIRES DÉCLICS2627


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SToute <strong>la</strong> panoplie d’actions est possible et intéressante à <strong>la</strong><strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> : jeux, ateliers, projets, activités de service, viequotidienne. <strong>Un</strong>e petite caractéristique de l’enfant de 6 à 8 ansméritait bien qu’on s’y attarde : régulièrement, il a encore <strong>be</strong>soin dejouer « comme avant », c’est-à-dire, à ce qu’il veut, tout seul parfois.Heureux petits moments libres en perspective, remplis de complicitéavec l’animateur que l’on est venu chercher pour aider à construire lecircuit en légos. « Tu joues avec nous ? ». Avec <strong>la</strong> malle à friandises,personne ne s’ennuiera pendant ces moments : il y aura de quois’amuser pour tous les goûts, pour tous les rythmes ! (Voir dans lecahier Le scoutisme chez les Ba<strong>la</strong>dins, pages B1 à B3).LES HISTOIRES DÉCLICSQuand ?On peut <strong>la</strong>ncer cet outil dès septembre, ou attendre le premier petitcamp. On peut aussi réaménager <strong>la</strong> malle juste avant le camp, pourqu’elle arrive en pleine forme, remplie des nouvelles idées de chacun !6 La malle à friandisesAujourd’hui, Gribou a décidé d’explorer un peu plus le grenier de <strong>la</strong> maison. Il faut direqu’avec <strong>la</strong> <strong>la</strong>mpe de poche que lui a offerte Tonton Fredo, il y verra enfin c<strong>la</strong>ir. Il y en a deschoses sous le toit de <strong>la</strong> maison !- Tiens, mon ancienne poussette, remarque Gribou. Je croyais qu’elle était plus grande.- Et ici, le vieil ordinateur à pétrole de papa !- Oh, mais là, au milieu de <strong>la</strong> pièce, il y a, mais oui, il y a une magnifique malle en bois, couverte de poussière.Qu’y a-t-il dedans ?Gribou téléphone à Boulon pour qu’il vienne voir. Son copain gare sa trottinette dans <strong>la</strong> cour, faitun gros bisou à <strong>la</strong> maman de Gribou et rejoint celui-ci au grenier.- Tu avais raison de m’appeler, eIle est super<strong>be</strong> cette malle ! s’exc<strong>la</strong>me Boulon. Mais qu'est-ce qu'il y adedans ?- Je ne sais pas, je n’ai pas réussi à l'ouvrir, dit Gribou, un peu désolé.- Alors, c'est sûrement un trésor ! assure Boulon.Gribou n’y croit pas trop : d’ailleurs, ses parents ne lui en ont jamais parlé !- Je pense plutôt que c’est rempli de jouets, de déguisements, de livres, de crayons magiques et de dizainesde gommes à <strong>la</strong> fraise !- C’est vrai, ça sent un peu <strong>la</strong> fraise, renchérit Boulon en renif<strong>la</strong>nt.- Bon assez discuté, déc<strong>la</strong>re Gribou. Viens, il faut qu'on aille le montrer à Craquelin et à Poly ! Peut-êtreque eux, ils arriveront à l'ouvrir. Mais comment allons-nous faire pour <strong>la</strong> transporter ?- Sais pas, répond Boulon. Sais pas.28


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLES HISTOIRES DÉCLICSPourtant Gribou voit bien que son ami est en train de réfléchir très fort, bientôt, c’est sûr, ça va semettre à fumer au-dessus de sa tête ! Alors Gribou va ouvrir <strong>la</strong> fenêtre pour aérer à l'avance. C’està ce moment précis que Boulon s’écrie tout à coup :- Bingo binga max ! J'ai trouvé, mon gars.Boulon a en effet aperçu dans le grenier une vieille paire de skis. Il déniche aussi un vieux paquetde corde dans un coin, un bout de tuyau, et, enfin, un rétroviseur de cuistax.Les deux copains mettent <strong>la</strong> malle sur les skis, puis ils l'attachent avec un morceau de corde.Comme ça, ils peuvent descendre les escaliers sans problème. <strong>Un</strong>e fois dehors, devant <strong>la</strong> maison,Boulon attache <strong>la</strong> malle sur skis au vélo de Gribou. Enfin, il fixe le tuyau derrière pour faire le potd'échappement.- Voilà, on peut y aller, dit-il, toi tu conduis le vélo, jusque chez Craquelin, et moi, je m'assieds sur <strong>la</strong> malleet je tiens le rétroviseur pour voir s'il n'y a personne derrière.Les voilà partis, à fond <strong>la</strong> caisse ! L’équipage produit un vacarme terrible. En quelques secondes, ilsatteignent <strong>la</strong> roulotte de leurs amis. Craquelin et Poly sortent à toute vitesse pour voir ce qui se passe.- Regardez, regardez ce qu'on a trouvé ! crient les deux copains.Craquelin, même s’il n’a plus tout à fait sept ans, court voir. Ce coffre l'intrigue réellement, et puis,il est si content de revoir ses amis Ba<strong>la</strong>dins !Il essaie d'ouvrir <strong>la</strong> malle avec une longue p<strong>la</strong>nche, mais rien à faire, il n'y arrive pas. Puis ilréessaie avec l'aide de Gribou et Boulon, toujours pas. Enfin, Pistache, qui jouait avec Craquelindepuis le matin, leur apporte aussi son aide, sans plus de résultat. C’est ennuyeux !- Hé ! Poly, où te caches-tu ? Viens donc nous aider, ce n'est pas le moment de nous abandonner ! crie alorsCraquelin.- Allons, allons ! Moi je peux y arriver tout seul ! répond calmement Poly, en sortant de <strong>la</strong> roulotte.Tout le monde se retire pour le <strong>la</strong>isser passer, même si personne ne croit vraiment qu’il va yarriver ! Ce n'est pas possible, il a sûrement fait une b<strong>la</strong>gue ! Mais pourtant, le poney essaie... quefait-il ? Il ne tente pas de soulever le couvercle, il chipote à quelque chose...Ah, voilà, c'est ça ! Avec un petit fil de fer dans <strong>la</strong> serrure, il essaie d'ouvrir<strong>la</strong> malle qui était fermée à clef... Clic clic, c<strong>la</strong>c, clictingclic... clong...BOIIIIING ! ! ! ! ! Le couvercle de <strong>la</strong> malle saute en l'air comme s'il avait étémonté sur des ressorts !- Bravo Poly, crie Pistache en lui faisant un gros bisou dans le cou.Tandis que Poly, les oreilles un peu rouges, s’en est allé savourer quelquesfeuilles de menthe, Gribou, Boulon, Pistache et Craquelin se ruent audessusdu coffre, pour voir ce qu'il contient, et là, surprise ! ! !Rien ! Rien du tout ! A part une petite araignée qui court au fond de <strong>la</strong> malle.Nos amis sont assez déçus ! Pistache essaie bien de les réconforter :- Ce n’est pas si grave, <strong>la</strong> malle est toujours aussi <strong>be</strong>lle, il suffirait de <strong>la</strong> refermer, et vous pourriez de nouveauimaginer ce que vous voulez !Visiblement, elle n’a pas convaincu.Elle a une autre idée :- On pourrait choisir tous ensemble ce qu’on mettrait dedans !Les autres ne répondent toujours rien.- Bon, boudez si vous voulez, continue-t-elle, moi je vais <strong>la</strong> rendre toute propre.Et elle se met à nettoyer <strong>la</strong> malle qui reprend des couleurs à chaque coup d'éponge !- Génial, avoue Craquelin. Je <strong>la</strong> mettrais bien dans ma roulotte, elle est magnifique !- Enfin ! Tu n'as plus de p<strong>la</strong>ce dans ta roulotte, ricane gentiment Poly. Depuis qu'on a construit nos coffresà trésors, tu as encore inventé plein de nouveaux brico<strong>la</strong>ges, il y en a partout, on ne sait plus où les mettre.Je serai même obligé de dormir dehors si ça continue !Craquelin est bien embêté.- Si tu n’as pas de p<strong>la</strong>ce, on pourrait l’amener au local des Ba<strong>la</strong>dins, dit Boulon.- Mais oui, poursuit Poly, vous pourriez mettre tous vos jeux dedans ! De quoi dessiner, des ballons, deslégos et tout ce que vous aimez !- Oui, super, dit Gribou. Comme ça, chaque fois qu'on s'embête et qu'on veut faire un jeu, il suffitd'ouvrir le coffre et d'en prendre un !- Par exemple, quand <strong>la</strong> réunion commence et qu’il faut attendre tout le monde, explique Pistache. Ou bienpendant le camp, après <strong>la</strong> douche par exemple : chacun pourrait jouer à ce qu’il veut.- On peut même faire un petit sac avec tout des noms de jeux dedans, et quand on n'a rien à faire, on tire ausort et comme ça, chaque fois, on a une surprise, propose Gribou.- Oh oui, c'est super notre idée ! disent-ils tous en chœur.Et les cinq copains se mettent, tout contents, au travail pour rendre <strong>la</strong> malle encore plus <strong>be</strong>lle. Eten travail<strong>la</strong>nt, ils sont tellement de bonne humeur qu'ils chantent avec Poly. Craquelin lui, pensetout haut :- En fait, c'est un peu comme une boîte à bonbons. Quand on s'embête un peu, on en prend un dans <strong>la</strong> boîte,et c'est si bon !- Alors on va l'appeler <strong>la</strong> malle à friandises ! dit Poly, qui se sent un poète en cet après-midi.Et tout le monde trouve le nom succulent.- On va en parler aux autres Ba<strong>la</strong>dins lors de prochaine réunion, dit Gribou.- Et on décidera tous ensemble ce qu’on y met, ajoute Pistache.Finalement, c'est encore mieux qu'un vrai trésor, une malle vide ! Gribou et les autres attendentmaintenant avec impatience <strong>la</strong> prochaine réunion des Ba<strong>la</strong>dins ! Vive <strong>la</strong> malle à friandises !Et après ?<strong>Un</strong> conseil évidemment ! Pour choisir ce qu’on va mettre dans <strong>la</strong> malle !Oui, un vrai conseil, de quelques minutes, en plusieurs petits groupespour que chacun le vive dans de bonnes conditions. C’est génial, chez lesBa<strong>la</strong>dins, je peux dire mes idées aux autres ! Je prends confiance…LES HISTOIRES DÉCLICS3031


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL’éducation aux valeurs de <strong>la</strong> Loi commence dès <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>.Avec l’outil « nœud dans le mouchoir » (voir Le scoutisme chez lesBa<strong>la</strong>dins, pages B15 à B20), chacun est invité à apprendre à poser ungeste sympa et utile pour aider l’autre. L’autre, dont on découvrejustement l’existence et <strong>la</strong> différence à l’âge Ba<strong>la</strong>dins. Le gesteest concret : à un moment précis, j’aiderai quelqu’un de précis àfaire quelque chose de précis. Cet épisode peut être interprété trèsjoyeusement : le « petit homme » peut être joué ou mimé par unanimateur pendant qu’un autre raconte l’histoire.LES HISTOIRES DÉCLICS7 Le nœud dans le mouchoirAh non, vraiment, Boulon n'est pas content aujourd’hui. Comment ses deux meilleurs amispeuvent-ils lui faire ça ? Tout en les suivant pour aller chez Craquelin, il râle loin derrière enshootant dans les cailloux et en marmonnant entre ses dents. A <strong>la</strong> récréation, tout à l'heure, Gribouet Pistache lui ont dit qu’ils ne vou<strong>la</strong>ient pas jouer avec lui avec son nouveau cerf-vo<strong>la</strong>nt. C’estvrai que jusqu’ici, il n’arrive pas à le faire voler. Ce n’est pas une raison pour se moquer de ce qu’ilfabrique et pour ne même pas essayer une nouvelle fois ! Si on rate, ce n’est pas grave, c’est pourtantpas <strong>la</strong> gêne ! Ah non, il n’est vraiment pas très content, Boulon aujourd’hui.Il fait assez chaud, le soleil brille fort dans un ciel sans nuage. Nos trois amis arrivent enfin prèsde <strong>la</strong> roulotte de Craquelin Lalune et de Poly : ils vont enfin pouvoir se reposer. Le poney esttranquillement assis devant un verre de limonade fraîche qu’il boit lentement avec une paille verteet jaune. On entend ssjjjjluuurrrrp, ssjjjjluuurrrrp !Craquelin, lui, est assis un peu plus loin. Il remet de nouvelles cordes à sa guitare. Ses anciennescordes étaient tellement vieilles qu'elles lui ont sauté hier soir à <strong>la</strong> figure, en faisant un grandddjooiing !- Bonjour ! dit Craquelin sans relever <strong>la</strong> tête et en serrant très fort <strong>la</strong> dernière corde.Il est tellement appliqué qu'il passe sa <strong>la</strong>ngue sur le côté de sa bouche. Ouf, <strong>la</strong> corde tient bien. I<strong>la</strong> chaud Craquelin ! Alors, il sort son mouchoir pour essuyer son front tout en sueur. C’est un très<strong>be</strong>au mouchoir, dans lequel il y a un gros nœud... Tiens, bizarre, il le remet en poche et en prend unautre... Évidemment, Gribou veut en savoir plus :- C'est quoi ce <strong>be</strong>au mouchoir avec un gros nœud que tu ne veux pas salir ? demande-t-il.- Oh, c'est une très longue histoire, répond Craquelin. Je ne vais pas vous <strong>la</strong> raconter, je suis sûr qu'ellevous embêterait !- NNOOOOOOOON , crient en choeur Gribou, Pistache et Poly.- UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE, UNE HISTOIRE ! insistent-ils à tue-tête.Boulon se tait toujours mais ses yeux brillent : il est évident qu'il a envie de l'histoire lui aussi.32


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLES HISTOIRES DÉCLICSPour que ce soit plus gai encore, Poly leur sert à chacun ungrand verre de limonade fraîche. Puis ils s'installent àl'ombre d'un grand arbre et ouvrent toutes grandesleurs deux oreilles pour écouter Craquelin et sonhistoire de mouchoir noué :« A l’époque, commence Craquelin, je voyageais dans un paystrès lointain, au-delà de <strong>la</strong> mer. La route était longue jusqu’à <strong>la</strong>prochaine ville. Poly n’était pas très bavard ce jour-là. Je commençais à m’ennuyer un peu.A l’approche d’un carrefour entre plusieurs chemins, j’aperçus un petit homme qui me faisaitde grands signes avec son mouchoir. Il vou<strong>la</strong>it simplement me demander de l’emmener avec <strong>la</strong>roulotte jusqu’à <strong>la</strong> prochaine ville. »- Montez donc, le voyage sera plus gai à trois !Le petit homme me raconta sa vie. Il était marchand de pommes d’amour et de barbapapa. Il serendait à <strong>la</strong> ville pour essayer une nouvelle machine, capable, disait-on, de napper les barbapapad’une délicieuse sauce au caramel, au ketchup et à <strong>la</strong> liqueur de limace. Il par<strong>la</strong>it très vite, rythmantles phrases avec de grands gestes avec ses mains. Au bout d’une heure, il finit par s’endormir. Maisà cause d’une bosse dans le chemin, il se réveil<strong>la</strong> en sursaut.- Oufti petit Jésus, j’ai très faim ! s’exc<strong>la</strong>ma-t-il en se frottant le ventre.Il sortit de son petit sac une énorme tartine et un énorme pot de choco. Il tenta de tartiner sa tranchede pain. Oh mes amis, quelle catastrophe ! Il en mettait partout ! Sur ses manches, dans son cou, sursa figure. Seule <strong>la</strong> tartine restait b<strong>la</strong>nche.- Pas facile, dit-il ! Mais bon, on ne m’a jamais vraiment appris, continua-t-il, comme pour s’excuser.Poly avait pris dans sa réserve à rires celui qui semb<strong>la</strong>it le plus dingo possible ! Hi, hi, hi, hihihi…J’avais envie de rire aussi. Je finis par proposer au petit homme de lui apprendre à faire ses tartinesdès que nous serions installés dans <strong>la</strong> ville.Le voyage continua. Tous les trois, nous parlions d’à peu près tout. La ville fut enfin sous nosyeux. <strong>Un</strong>e grande fête venait de commencer. J’y retrouvai de nombreux amis : Zanzibar, Gédéon etPètamoul. A chaque repas, le petit homme continuait à se maquiller partout.- Je t’apprendrai tantôt, c’est promis, lui redis-je.Mais à chaque fois, c’est vrai, j’oubliais, fort occupé avec mes amis, à parler à l’un, à chanter avecl’autre. <strong>Un</strong> jour passa, un deuxième puis un troisième.Le petit homme s’impatientait. Il finit par s’en aller <strong>la</strong> nuit sans prévenir. Le lendemain matin, jene retrouvai de lui qu’une seule chose : son mouchoir, celui qu’il avait agité au moment de notrerencontre, au carrefour des chemins. Mais figurez-vous qu’au moment où je voulus le ramasser,le mouchoir émit un long sifflement et se noua. Tout seul. Poly n’en croyait pas ses yeux ! <strong>Un</strong>mouchoir qui se noue tout seul !Poly et moi, nous sommes encore restés trois autres jours dans cette ville. Je m’amusais <strong>be</strong>aucoupavec tous les amis que j’avais retrouvés : Zanzibar, Gédéon et Pètamoul. Le troisième soir, aprèsune longue danse, je voulus m’éponger le front. Je ne trouvai dans ma poche que le mouchoir avecle gros nœud. Pas pratique pour s’essuyer le front. J’essayai donc de dénouer le mouchoir. Paspossible, carrément impossible même ! Pètamoul me dit alors : « Tu avais vraiment peur d’oublierquelque chose d’important pour avoir fait un si gros nœud dans ton mouchoir !»Alors, tout à coup, je compris et je me rappe<strong>la</strong>i ma promesse au petit homme ! Vite, où pouvait-il êtreparti ? Je le cherchai pendant plus de trois heures. Finalement, Poly l’aperçut près d’une fontaine.Il tentait une nouvelle fois de se débarbouiller. Je lui expliquai par trois fois comment se servir ducouteau et comment mettre le choco sur le pain plutôt que partout ailleurs. Lorsque <strong>la</strong> leçon futterminée, je sortis le mouchoir de ma poche pour le rendre au petit homme. A ce moment, un douxsifflement se fit entendre : le mouchoir fit trois tours sur lui-même et se dénoua. Tout seul.- Garde-le, fit l’homme, c’est pratique pour se rappeler quelque chose !J’ai parlé dans toute <strong>la</strong> ville du truc du mouchoir à mes copains, Zanzibar, Gédéon et Pètamoul etbientôt, chacun eut son mouchoir, prêt à y faire un nœud. J'ai gardé celui du petit homme depuisce temps-là. Je fais souvent un nœud dedans, quand j’ai envie de faire un petit quelque chose pouraider quelqu’un et que je ne veux pas l’oublier ».- C'est vraiment cool comme histoire, dit Gribou, moi aussi j'aimerais avoir un mouchoir comme ça !- Si vous voulez, j'ai des morceaux de tissu dans ma roulotte..., propose Craquelin.- Oui, génial ! crie Pistache. Vite, on va se faire un super mouchoir ! On va avoir un mouchoir-e ! On vaavoir un mouchoir-e !…Boulon est content aussi de pouvoir fabriquer un mouchoir un peu magique. Mais il a toujoursl'air un peu triste. Poly, qui l'observe depuis quelque temps l'a remarqué. Il va trouver les deuxcompères, Gribou et Pistache :- Dites les p'tits gars, Boulon, il n’a pas l’air en forme. Peut-être que vous pourriez faire quelque chose ?Gribou et Pistache se regardent.- O.K. Poly, message reçu, dit Gribou en faisant un clin d’œil à Pistache.Le Poney s’éloigne pour les <strong>la</strong>isser réfléchir tranquillement.- C’est vrai, dit Pistache, on peut déjà faire un nœud dans notre mouchoir, demain matin, on invitera Boulonà venir essayer son nouveau cerf-vo<strong>la</strong>nt dans le jardin derrière l’école.- Ça marchera peut-être, il suffit d’essayer plusieurs fois, ajoute Gribou.Et après ?Chacun se fabrique son mouchoir, le décore. L’outil « nœud dans le mouchoir »se mettra en route peu à peu : il faudra sans doute en rappeler le but et lefonctionnement à l'une ou l'autre reprise. On pourra aussi se le rappelernaturellement, en reprenant régulièrement <strong>la</strong> chanson « Le mouchoir noué »en début de réunion ou de journée. Mais attention, ne l’oublions pas, c’est uneinvitation à chacun, ce<strong>la</strong> ne se contrôle pas. Aller vers l’autre, c’est intime !LES HISTOIRES DÉCLICS3435


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SAvec <strong>la</strong> silhouette de Monsieur Loyal, chaque Ba<strong>la</strong>din est invité à réfléchirpeu à peu à ce qui fait p<strong>la</strong>isir ou pas à l’autre. Quand l’occasion se présente,il peut aller regarder sur <strong>la</strong> silhouette pour mieux comprendre <strong>la</strong> réaction del’un ou de l’autre. Différentes valeurs vont ainsi être révélées, dans le <strong>la</strong>ngagede cet âge. Pour mettre en route cet outil, après plusieurs réunions, voici unehistoire remplie de gros éc<strong>la</strong>ts de rire ! (Voir dans le cahier Le scoutisme chezles Ba<strong>la</strong>dins, pages B11 à B14).LES HISTOIRES DÉCLICS8 Monsieur LoyalAujourd’hui, c’est mercredi ! <strong>Un</strong> des plus <strong>be</strong>aux jours de <strong>la</strong> semaine, peut-être même le plus<strong>be</strong>au de tous ! Eh oui : d’abord, une demi-journée avec les copains à l’école, et puis une demi-journéepour faire tout ce qu’on aime. Après le dîner chez Bonne-Maman, Gribou se rend chez Boulon : ils ontdécidé de fabriquer de nouveaux déguisements de pompiers pour encore mieux jouer avec leurs camions.Pistache sera là aussi : elle a toujours des idées géniales pour que les costumes soient terribles !Du bord de <strong>la</strong> route, Gribou aperçoit <strong>la</strong> roulotte de Poly et de Craquelin. Apparemment, les deux comparsessont à l’intérieur.- Craquelin fait sûrement <strong>la</strong> sieste, se dit Gribou.Mais soudain, un éc<strong>la</strong>t de rire énorme retentit dans <strong>la</strong> vallée : les oiseaux, un moment effrayés, piaillent dejoie en entendant ça. Trois secondes plus, tard, le rire reprend… et de plus <strong>be</strong>lle ! Gribou descend de sonvélo pour écouter. Pour ne pas tom<strong>be</strong>r aussi, parce que même <strong>la</strong> route se met à trembler lorsque le rire degéant éc<strong>la</strong>te. Gribou est rejoint à cet instant par Pistache et par Boulon, attirés aussi par ce rire incroyable.- On dirait que ça vient de <strong>la</strong> roulotte de Monsieur Craquelin, dit Pistache.- C’est bizarre, Craquelin ne rit pas pourtant pas comme ça ! s’étonne Boulon.- Et Poly non plus, ajoute Gribou. Il a un rire de petit fou « hihihihihi », c’est différent de cet énorme« ahahahahah »!Les trois amis se regardent. Ils n’ont rien dit mais ils sont tous d’accord : il faut aller voir qui rit commeça ! C’est du jamais vu, enfin… du jamais entendu.Plus nos trois copains s’approchent de <strong>la</strong> roulotte, plus le rire secoue leurs oreilles.- C’est peut-être un éléphant qui se fait chatouiller par Poly, dit Boulon.- Ou alors quelqu’un qui a avalé un micro quand il était petit, continue Gribou.Le gros rire n’en finit pas d’éc<strong>la</strong>ter ! Les <strong>la</strong>pins sont sortis de leur terrier et se roulent dans l’her<strong>be</strong> tellementça les amuse.Pistache frappe à <strong>la</strong> porte de <strong>la</strong> roulotte. Poly vient leur ouvrir. Il s’est fourré une boule de pétanque danschaque oreille.- C’est terrible mes amis ! commence-t-il ! Ça dure depuis hier soir : un grand ami de Craquelin est venu lui direbonjour. Ils se sont connus il y a longtemps, lors de nos voyages en Amérique.36


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N S- Comment s’appelle-t-il ? demande Gribou.- Big mac Ahahahah, répond Pistache pour rigoler !- Mais non ! Loyal, il s’appelle Monsieur Loyal, leur explique Poly. Il est très sympa ! Mais chaque fois qu’il sesouvient de quelque chose qui lui a plu, il ne peut s’empêcher de rire.- Mais comment fait-il pour rire si fort, lui demande Boulon, très intrigué.- Ben, il m’a dit que c’est toujours comme ça lorsqu’il est très content, lorsqu’il rencontre des personnes super gentilles.Il est très heureux et il veut que tout le monde le sache, explique le poney.tous ensemble. Ce n’était pas toujours facile. <strong>Un</strong> vou<strong>la</strong>it manger des pâtes, l’autre une omelette aux crevettes,pendant que le troisième vou<strong>la</strong>it aller dessiner des bisons. Mais c’était souvent très gai. C’était en fait ma premièretournée, mon premier grand voyage. J’étais émerveillé. Les autres étaient tellement gentils ! Alors, dès le premier jour,je me suis dit : il faut que tout le monde sache tout ce qui me fait p<strong>la</strong>isir ! J’adore quand Louf l’acrobate m’apprendà faire les <strong>la</strong>cets de grosses chaussures, je suis content quand Gina <strong>la</strong> dresseuse de serpents partage son goûter avecmoi ou quand Fredo m’aide à monter sur l’éléphant pour <strong>la</strong> parade finale. Avec eux, je n’ai pas peur, je sais qu’onm’aide. Ainsi, chaque fois que quelque chose me faisait très p<strong>la</strong>isir, pour le dire à tout le monde, je l’écrivais sur unpetit papier et je mettais ce petit papier sur mon manteau. Parfois, quand quelque chose m’avait fait de <strong>la</strong> peine, jemettais un petit message à côté de mon manteau lorsqu’il était pendu parmi tous les costumes de cirque. Et souvent,donc, les autres venaient voir mon manteau pour savoir ce qui me faisait p<strong>la</strong>isir ou pas.- Il devait être plein de trous et plein de papiers ton manteau, s’exc<strong>la</strong>me Pistache.- Ah, si tu avais vu ça, renchérit Craquelin. C’était pratique mais ce n’était pas très <strong>be</strong>au pour le spectacle !- Et un, jour, le directeur du cirque m’a appelé : il était fâché que j’abîme mon manteau comme ça ! Alors, je suis rentréun peu triste dans ma roulotte. Mais quelques minutes plus tard, <strong>la</strong> couturière, Tantine Pic-Pic, m’a donné uneidée : il suffisait que je dessine un autre manteau en papier pour écrire dessus tout ce qui me faisait p<strong>la</strong>isir ! Elle aappelé son petit singe, Banana Split. Je me suis couché par terre et avec un gros crayon, il a fait le tour de moi surle papier.- On a mis du papier pour tout le monde dans les coulisses : maintenant, chacun pouvait venir écrire ce qui lui faisaitp<strong>la</strong>isir sur sa silhouette. Et quand quelque chose ne nous faisait pas p<strong>la</strong>isir, on l’écrivait juste à coté de <strong>la</strong> silhouette.- Ah oui, comme ça, on s’en rappelle et on refait plus souvent ce qui fait p<strong>la</strong>isir ! dit Gribou.- Tu n’as pas un grand papier pour nous, on le mettrait dans le local des Ba<strong>la</strong>dins ? demande Boulon.L’idée fait <strong>be</strong>aucoup rire Monsieur Loyal ! Malheur !- Aaaahhhhhh ! Aaaaahhh ! Aaahaahaaaahhh !LES HISTOIRES DÉCLICSCraquelin arrive à son tour à <strong>la</strong> porte de <strong>la</strong> roulotte.- Ah, mes amis, venez, je vais vous présenter un très grand ami. Entrez.Gribou et les deux autres hésitent un peu… à quoi peut bien ressembler un hommequi rit si fort ?- Allons, n’ayez pas peur, insiste Craquelin.Le personnage est là, assis à <strong>la</strong> table.Il est grand, c’est normal.Il a une jolie moustache, c’est normal.Il a un haut chapeau noir, c’est normal.Mais il a aussi un super<strong>be</strong> manteau tout rouge, tout rouge et encore toutrouge : et ça, c’est extraordinaire, c’est très rare.- Wouah, quel joli manteau rouge ! On vous voit de partout avec ça, dit Boulon.Il n’aurait jamais dû dire ça : Monsieur Loyal part aussitôt dans un rire énorme, fort, vibrant.- Ahaaaahaaaaahhhhaaaahhhhhhhh !La roulotte finit par décoller d’au moins trois mètres du sol. Si, si, vraiment, je n’exagère pas !Le rire s’est enfin arrêté.Monsieur Loyal sourit aux enfants… Sourire c’est moins grave. Il leur explique :- Mon métier, c’est de présenter les différents numéros dans le cirque. Il faut donc que tout le monde me voit bien aumilieu de <strong>la</strong> piste. Et il faut aussi que tout le monde soit joyeux pendant tout le spectacle. Alors, un grand manteautout rouge, parfaitement rouge, absolument rouge, c’est important !Mais Craquelin interrompt son ami.- Oui, enfin, depuis quelques années, tu le portes tout rouge. Ça n’a pas toujours été comme ça ! Tu te souviens,Monsieur Loyal.- Ah oui, je vois ce que tu veux dire, Craquelin ! Mais cette histoire n’intéressera pas nos jeunes amis !Allons donc ! Gribou, Pistache et Boulon se sont eux aussi assis à <strong>la</strong> table, pour mieux entendre. Tant pis s’ilse met à rire : en cas d’urgence, Poly leur prêtera vite des boules de pétanque !- Vous voyez, <strong>la</strong> première fois que j’ai rencontré Craquelin, je n’avais pas tout à fait le même <strong>be</strong>au manteau rouge.C’était en Amérique. Notre cirque était venu jouer pour plusieurs semaines. Nous étions une vingtaine d’artistes,tous différents : des clowns, des acrobates, des cracheurs de feux, des dompteurs de lions ou d’éléphants. Nous vivionsQuand tout se calme, il offre aux enfants une grande affiche pour leur local.- Il n’y aura plus qu’à dessiner une silhouette de Ba<strong>la</strong>din et à <strong>la</strong> remplir, dit Pistache aux autres.- Et de temps en temps, vous irez <strong>la</strong> regarder, reprend Monsieur Loyal.- Moi, je voudrais dire que j’adore quand on attend toute l’équipe pendant les jeux, plutôt que de courir tout seuldevant, dit Boulon.- Et moi, ce qui me fait p<strong>la</strong>isir, c’est quand on m’aide à achever mon assiette de haricots, enchaîne Pistache.LES HISTOIRES DÉCLICSMaintenant, il est temps de <strong>la</strong>isser Monsieur Loyal et Craquelin se raconter leurs vieilles aventures. Lestrois amis courent à toute allure pour avoir encore assez de temps pour construire leurs <strong>be</strong>aux costumes depompier ! Samedi prochain, ils iront à <strong>la</strong> réunion des Ba<strong>la</strong>dins avec <strong>la</strong> grande affiche de Monsieur Loyal.38Et après ?Dessin de <strong>la</strong> silhouette et premier moment d’expression sur ce qui faitp<strong>la</strong>isir ou pas.39


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SAux alentours du 22 février (anniversaire de BP et mi-année), <strong>la</strong><strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> s’offre un bivouac un peu plus long. Chacun est invité àfouiller un peu son coffre à trésors pour se replonger dans les traces bienvisibles de ses découvertes. L’histoire insiste sur le respect de ce territoirepersonnel au cours de cette visite ! (Voir dans le cahier Le scoutisme chezles Ba<strong>la</strong>dins, pages B4 à B7).LES HISTOIRES DÉCLICS9 La visite du coffreà trésorsIl fait un petit peu froid en ce mois de février ! <strong>Un</strong> peu carrément g<strong>la</strong>g<strong>la</strong> ! Les Ba<strong>la</strong>dins ont fait ungrand feu dans <strong>la</strong> cheminée du local. Dehors, le vent souffle <strong>la</strong> neige sur tout ce qui dépasse unpeu. Comme sur ces deux personnages, qui avancent d’un pas décidé vers le local de nos copains.Le premier est grand, le second est assez court sur pattes. On dirait qu’ils sont tombés dans <strong>la</strong>farine ! Vous les avez reconnus ? Il y en a un qui rit tout le temps, avec de grandes dents et l’autrequi chante à tue-tête : « Tiens , voilà du gâteau, voilà du gâteau ».Vous voyez de qui je parle ?Et oui, cette fois-ci, c’est Poly et Craquelin qui se dép<strong>la</strong>cent chez leurs amis. Il faut dire que c’estun jour important : chaque année, le 22 février, c’est l’anniversaire de tous les scouts. Les scouts,ce sont les Ba<strong>la</strong>dins, les Louveteaux, les Ec<strong>la</strong>ireurs et les Pionniers. Cette année, Craquelin etPoly ont voulu être de <strong>la</strong> fête avec leurs copains Ba<strong>la</strong>dins. Toute <strong>la</strong> nuit, ils ont pétri de <strong>la</strong> pâte etmé<strong>la</strong>ngé de <strong>la</strong> bonne crème. Ce n’était pas facile avec Poly qui vou<strong>la</strong>it toujours lécher le fouet !Sllllouch, sllllouch… mmmmmiam ! N’empêche, ils sont arrivés à fabriquer un gâteau super<strong>be</strong> !Les voici donc avec leur présent.- Tiens, voilà du gâteau, voilà du gâteau, reprend Craquelin en frappant à <strong>la</strong> porte du local.Tous les Ba<strong>la</strong>dins sont ravis de voir arriver Craquelin et son inséparable ami le poney.- Allez, vite, allumons les bougies ! dit Pistache.- Je peux souffler ? demande Poly avec les yeux lesplus doux du monde.- D’accord ! répondent les Ba<strong>la</strong>dins. Mais, secroient-ils obligés d’ajouter, souffle bien fort !Craquelin est dans <strong>la</strong> lune à ce moment,en train d’admirer les décorations et lesphotos du local. Malheur ! Il n’a pas letemps de prévenir les Ba<strong>la</strong>dins.40


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N S- FFFFFFFFFFFFFFFfffffPoly a soufflé de tout son cœur. Le résultat est c<strong>la</strong>ir : il y a de <strong>la</strong> crème un peu partout dans lelocal.- Zut, de <strong>la</strong> crème sur nos coffres à trésors, se <strong>la</strong>mente Gribou.- Essuyons vite, ça va partir, dit Craquelin un peu catastrophé par <strong>la</strong> bêtise de Poly.Pistache, quant à elle, fait visiter son coffre à Mandarine et à Craquelin. Elle a sorti le nez duclown Patate au Beurre. Elle avait adoré cet atelier : d’ailleurs, elle sait encore comment faireles cumulets à deux. Elle montre aussi les copeaux de bois ramassés pendant le jeu où il fal<strong>la</strong>itretrouver le menuisier. Le pauvre homme était devenu complètement marteau à cause du clouqu’il s’était enfoncé dans <strong>la</strong> fesse gauche ! Craquelin rigole en entendant toutes ces aventures !LES HISTOIRES DÉCLICSLe petit poney s’en veut. Il est tout rouge. Ses oreilles ont l’air tristounettes.- Hé, ne t’en fais pas, c’est réparé, vient lui dire Pistache. Personne ne t’en veut tu sais. Allez, reviensprès de nous.Craquelin n’en finit pas d’admirer les coffres à trésors. Ils sont tous différents, tous trèschouettes.- Donc, chacun de vous a le sien aussi, comme Poly et moi, dit-il.- Oh, moi, j’adore mon coffre à trésors, poursuit Poly. La semaine dernière, j’ai regardé tout ce que j’avaismis dedans depuis six mois. Ça m’a rappelé plein de bons souvenirs. Je m’étais installé bien tranquillementprès du petit bois et j’ai tout étalé devant moi : mes brico<strong>la</strong>ges, mes papiers, mes super<strong>be</strong>s cailloux dorés,mes dessins.En entendant ça, Boulon a une idée :- Et si on profitait de l’anniversaire des scouts pour regarder tout ce qu'on a dans notre coffre à trésors ?- Mais on ne devra pas tout montrer aux autres, c’est un peu secret, n’est-ce pas, s’inquiète Pistache.Chacun donne son avis : tout le monde est bien d’accord. De toutes façons, on ne peut jamais allerregarder dans le coffre de l’autre sans sa permission. Chacun pourra montrer ce qu’il veut à quiil veut. Chacun pourra ne rien montrer s’il préfère !Les Ba<strong>la</strong>dins ont enlevé leurs coffres à trésors des étagères. Chacun s’est installé dans un endroitcalme, assis sur un coussin.Gribou explique à Poly le dessin du bivouac du petit camp de Noël : il avait adoré dormir près deBimbo, un nouveau copain très comique. Il lui montre aussi <strong>la</strong> grande bougie verte réalisée avecCaribou. Et enfin, il lui raconte le jeu dont il a gardé une bague en souvenir : elle appartenait audocteur Pepper, le marchand de baies magiques.- Bon, et si on mangeait le gâteau, s’impatiente maintenant Boulon ?- Je suis désolé pour <strong>la</strong> crème, répète Poly, encore un peu penaud.- Bah, ne t’inquiète pas, j’ai de <strong>la</strong> confiture de mon arrière grand-mère dans mon coffre, je vais aller <strong>la</strong>chercher, lui dit Craquelin. Elle est bonne, elle a au moins 62 ans.- Heu, non, c’est rien, on va le manger comme ça, intervient Gribou. On n’aime pas trop <strong>la</strong> crème ni <strong>la</strong>confiture.Ouf… sauvés ! A un rien près, il aurait fallu avaler de <strong>la</strong> confiture vieille de 62 ans ! Enfin, ça auraitfait un <strong>be</strong>au dessin pour continuer à remplir le coffre à trésors !Allez, au revoir Poly, au revoir Craquelin : venez saluer les Ba<strong>la</strong>dins quand vous voulez !LES HISTOIRES DÉCLICSPlus loin, tapi sous <strong>la</strong> table, Boulon ne dit rien. Il sort un à un chaque objet de son coffre. Il adore <strong>la</strong>photo sur <strong>la</strong>quelle il transporte les nouveaux Ba<strong>la</strong>dins en char à voile vers le local. Et puis, il y a cebouquet de fleurs séchées, de toutes les couleurs. Ce n’était pas facile mais il est arrivé à inventerquelque chose de très joli. Tiens, il en referait bien un pour l’anniversaire de sa marraine.Et après ?Chacun part à <strong>la</strong> visite de son coffre. <strong>Un</strong> petit conseil pour fixer les règlesde <strong>la</strong> visite (« Est-on obligé de montrer tout, de montrer quelque chose ? »).Ensuite, chacun s’installe où il veut, et montre ce qu’il veut à qui il veut !Sans doute, certains en profitent-ils pour trier ce qu’ils gardent encore etce qu’ils éliminent, offrent ou ramènent chez eux.4243


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N S<strong>Un</strong>e histoire pour commencer à éveiller l’intérêt des aînés de <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>envers <strong>la</strong> meute. En mai ?LES HISTOIRES DÉCLICS10 Les Ba<strong>la</strong>dins veulentsavoirEncore une réunion des Ba<strong>la</strong>dins qui s’achève ! Poly attend ses copains. Il s’est caché derrière<strong>la</strong> voiture des parents de Pistache. Tiens, les Ba<strong>la</strong>dins sont un peu en retard. Il leur a fallu dutemps pour construire le vaisseau qui doit reconduire le Capitaine Crochet au pays <strong>imaginaire</strong>.Quelques minutes passent. Poly voit passer devant lui tout un groupe d’enfants, un peu plusgrands que les Ba<strong>la</strong>dins. Il voudrait savoir de qui il s’agit. Ils portent le même fou<strong>la</strong>rd que Gribouet les autres.Ah… les voici enfin ! Il suffisait d’en parler ! La <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> se dit au revoir, en chantant biensûr !« A tous les Ba<strong>la</strong>dins, qui sont tout pleins d’entrain… »C’est Boulon qui aperçoit le premier son copain Poly. Le poney est impatient !- Dis, c’est qui les plus grands. J’ai juste compris qu’il y en a un qui s’appelle Baloo et l’autre Bagheera.- Ah, mais ce sont les Louveteaux, dit Pistache.Mais ils ne savent pas très bien expliquer à Poly ce qu’on fait exactement là-bas.- On peut se renseigner, lui promet Boulon.- Comme leur réunion finit plus tard que nous, on pourrait aller voir, propose Pistache.- T’es folle ou quoi, répond Gribou.On ne peut pas le savoir, c’est sûrement secret !Et si Caribou l’apprenait, elle penserait qu’on ne s’amuse plus à <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> !Secret… mais on peut aller les observer en cachette ! se dit Boulon.Pendant <strong>la</strong> semaine, nos trois copains se font leur déguisement d’agent Ba<strong>la</strong>din secret. Ilsfabriquent des jumelles, des loupes et des écouteurs ! Ainsi, ils pourront bientôt tout savoir sur<strong>la</strong> vie à <strong>la</strong> meute…Le samedi suivant est enfin là. A <strong>la</strong> réunion des Ba<strong>la</strong>dins, on apprend des chansons aux nouveauxet ensuite, c’est parti pour un grand jeu de piste en forêt. Dès cinq heures, les trois comparses44


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLES HISTOIRES DÉCLICSfilent chercher leur déguisement et reviennent aussi vite qu’ils peuvent. Ouf… il y a encore de <strong>la</strong>lumière dans le local de <strong>la</strong> meute. Mais les fenêtres sont trop hautes : ils ne voient rien. Par contre,les écouteurs fonctionnent à merveille !Non… pas possible… ce ne sont pas des Louveteaux qu’ils entendent mais des Bandar-Logs quiont profité de leur absence pour s’introduire dans le local ! ! Les Bandar-Logs sont de très trèsvi<strong>la</strong>ins singes qui vivent dans <strong>la</strong> jungle et passent leur temps à faire des bêtises ! ! ! Et maintenant,les voilà prêts à faire un nouveau mauvais coup chez les louveteaux ! ! ! C’est horrible…- Vous entendez, dit Boulon aux autres : les Bandar-Logs vont faire un mauvais coup à Baloo lors de <strong>la</strong>prochaine réunion des Louveteaux !- Ouiii, confirme Pistache : ils vont mettre plein de poivre dans ses crêpes d’anniversaire !Pauvre Baloo ! En plus, un ours qui éternue, c’est terrible, terriblement fort.Les Louveteaux viennent justement de redécorer leur localcomme <strong>la</strong> vraie jungle : un seul atchoum, et toutserait foutu capouté, juste bon pour <strong>la</strong> pou<strong>be</strong>lle !- Oui, quand Papy éternue, c’est aussi <strong>la</strong> cata, raconteGribou : Mamy est obligée de remettre tous les <strong>cadre</strong>sà l’endroit, de raccrocher le lustre et de frotter <strong>la</strong>nappe, c’est dingue, hein ? !Bon… On doit prévenir les Louveteaux ! Mais… comment leur enparler ?- Ils ne peuvent pas savoir qu’on est venu observer leur local, ditGribou.Ils nous prendraient pour des zim-boum, ajoute Pistache.Boulon ne dit rien, il réfléchit. Soudain, il fait un bond d’un mètre comme si un moustique affamélui avait piqué les fesses… YooUHoO !C’est souvent comme ça quand Boulon a un bon p<strong>la</strong>n.- Il faut intervenir nous-mêmes avant que le poivre n’arrive sur les crêpes de Baloo.- Nous allons nous déguiser en singes et nous nous mé<strong>la</strong>ngerons aux Bandar-Logs, ni vu, ni connu.Il leur faut bien toute <strong>la</strong> semaine pour se trouver des déguisements, aidés de Tonton Gérard etde ses vieilles carpettes poilues. Madame Micheline, l’ancienne institutrice leur apprend les criset les gestes des singes : elle a vécu vingt ans en Afrique parmi les ouistitis, et… elle les imitevraiment très bien !Bon sang ! Le grand jour est déjà là. Après leur réunion, Gribou, Pistache et Boulon enfilent leurshabits de singe et entrent discrètement chez les Louveteaux.Les vrais Bandar-logs sont là, camouflés dans le décor avec leurs poivriers, prêts à sévir !Mince, ils s’approchent des crêpes !- Go, go, go, <strong>la</strong>nce Boulon.Les trois copains se jettent sur les singes et se mettent à faire des tas de nœuds dans leurs queues.Les Bandar-Logs s’emmêlent les uns aux autres et commencent à s’énerver !A <strong>la</strong> fin, furieux et démasqués, ils détalent comme des poulets.- Vivent les faux Bandar-Logs, ils ont sauvé les crêpes de Baloo, crie Tidji, un ancien Ba<strong>la</strong>din.- Vous voulez une crêpe ? propose joyeusement Baloo.Les trois copains font oui de <strong>la</strong> tête : ils ne veulent pas parler pour ne pas être reconnus. Aké<strong>la</strong>raconte aux trois faux Bandar-Logs une partie de l’histoire de <strong>la</strong> jungle. Et <strong>la</strong> meute leur apprendune danse comique comme tout !Mais il se fait tard !- Bon, nous, on doit y aller… dit Gribou… qui tout de suite se mord les lèvres !Crotte, il devait se taire ! ! !Plusieurs Louveteaux les reconnaissent. Mais Aké<strong>la</strong> n’est pas du tout fâché :- Justement, je vou<strong>la</strong>is prévenir les Ba<strong>la</strong>dins qu’ils peuvent venir voir le film de notre camp dimancheprochain, ça nous ferait p<strong>la</strong>isir !- Youpie, crient Boulon, Pistache et Gribou : on va connaître les secrets de <strong>la</strong> meute ! ! !Et après ?Si on al<strong>la</strong>it effectivement rendre visite à <strong>la</strong> meute, regarder des imagesde leur camp, entendre l’une ou l’autre histoire de <strong>la</strong> jungle ? A discuter età préparer avec Aké<strong>la</strong> et les autres ! Ce qui est sûr, c’est qu’il y a quelquechose à construire ensemble ! Mais au fait, les Ba<strong>la</strong>dins ont peut-être desenvies ? Si on leur demandait de dessiner ce qui les intrigue dans l’idée debientôt aller à <strong>la</strong> meute ? Au moins, on partirait de quelque chose qu’ilspensent !LES HISTOIRES DÉCLICS4647


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SNous sommes au moment où avec les Ba<strong>la</strong>dins qui vont rester à <strong>la</strong><strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>, on prépare tous ensemble <strong>la</strong> réunion d’accueil des nouveaux.Voici une petite histoire qui rappelle que ce n’est pas toujours simpled’atterrir dans un lieu inconnu.11 La machine à BarbapapaLES HISTOIRES DÉCLICSPatatra ! Gribou vient de tom<strong>be</strong>r de son lit. Il s'y est retourné pendant toute <strong>la</strong> nuit.Mais que se passe-t-il donc ? Gribou est un peu inquiet : tout à l'heure, chez les Ba<strong>la</strong>dins, c'estlui qui va expliquer aux nouveaux ce qu'on fait à <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>.Il a un peu peur d'oublier quelque chose. En plus, Mandarine, sa cousine, sera là : elle viendraaussi chez les Ba<strong>la</strong>dins. Pourvu qu'elle s'amuse bien !Aussi bien que Gribou <strong>la</strong> semaine passée...La semaine dernière, on a préparé <strong>la</strong> fête des nouveaux. Et puis, les plus grands sont passésà <strong>la</strong> meute des Louveteaux. Ils ont maintenant un pull vert. Aké<strong>la</strong>, le grand animateur desLouveteaux, a profité de cette journée pour expliquer aux Ba<strong>la</strong>dins ce que c'était <strong>la</strong> meute. Boulonet Pistache ont posé plein de questions. Et après, on a joué avec les Louveteaux dans les bois :c'était génial.Donc, ce samedi, les plus grands ne sont plus là.Mais les nouveaux arrivent. D'ailleurs, quand Gribou sort de <strong>la</strong> voiture de papa, il voit Mandarine.Elle joue devant <strong>la</strong> roulotte des Ba<strong>la</strong>dins. Gribou <strong>la</strong> prend par <strong>la</strong> main :- Viens, je vais te montrer <strong>la</strong> roulotte.A ce moment précis, Boulon éc<strong>la</strong>te de rire ! Il rit comme une baleine chatouillée par un cra<strong>be</strong>...- <strong>Pourquoi</strong> tu ris ? demande Gribou, pas très content.- Tu joues avec une fille ! Tu joues avec une fille ! chante Boulon.Gribou devient aussi rouge qu'une mauvaise note. D'abord, ce n'est pas une fille : c'est sa cousine.Et puis, c'est un peu son amoureuse...Boulon continue à se moquer.- Les filles, elles ont peur de tout, elles ne savent pas construire des machines...Pistache intervient :- Les garçons, ils sont bêtes, ils sont toujours pleins de bosses...Ça commence bien !48


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLES HISTOIRES DÉCLICSTout le monde crie, sauf un petit garçon aux cheveux blonds. Depuis le début, il reste tout seul,au bord du chemin. Sous son bras, il tient un livre. Gribou sedemande s'il a une <strong>la</strong>ngue.Mais déjà, <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> chante pour se rassembler. Chanter, c'estvraiment gai.Tiens, le petit nouveau a oublié de venir au rassemblement. Ou peutêtrequ'il ne vou<strong>la</strong>it pas venir. Pistache est allée le chercher. Elle luioffre un petit pantin qu'elle a préparé chez elle. Il a l'air content et metle pantin dans son livre.Gribou explique alors à tous les nouveaux ce qu'on va faire chezles Ba<strong>la</strong>dins.Le petit garçon au livre a toujours l'air aussi perdu. Il s'appelle Domino.Les Ba<strong>la</strong>dins lui demandent ce qu'il a envie de faire.Jouer au ballon ?Fabriquer un arc-à-flèches ?Courir après le loup ?Faire des tartes aux prunes ?Bof !- Et si on lisait ton livre ? propose Pistache. A cesmots, Domino ouvre son <strong>be</strong>au livre, en plein milieu :c'est une grande image, avec un magicien qui fabriquetout ce qu'il veut avec une baguette : un train, des poupées, des vélos, des g<strong>la</strong>ces et même de <strong>la</strong>barbapapa !- Et si on fabriquait de <strong>la</strong> barbapapa ? <strong>la</strong>nce Boulon.- Génial, répond Domino.Il parle : ouf, les Ba<strong>la</strong>dins ont eu peur !scouts avec une chemise rouge. Boulon met son parachute de secours et grimpe chercher unmorceau de nuage.Il ne reste plus qu'à trouver un moteur pour faire tourner <strong>la</strong> casserole.Craquelin leur prête bien volontiers son vieux vélo.- Ramenez-le tantôt, insiste Poly. J’en ai <strong>be</strong>soin pour aller chez le dentiste !Le vélo est vite installé : <strong>la</strong> roue va faire tourner <strong>la</strong> machine !Mais après une demi-heure d’efforts, c'est l'échec : pas de barbapapa.Mandarine regarde alors dans le livre de Domino et s'écrie :- Du sucre, il faut du sucre !Il ne reste plus qu'à pédaler encore un peu... Ça marche, des nuages de barbapapa sortent de <strong>la</strong>casserole. Gribou est très fier de Mandarine. Boulon est si content qu'il se met à danser avec elle.Domino, lui, déguste calmement sa barbapapa, au milieu des Ba<strong>la</strong>dins.La fin de cette réunion est déjà là. Chacun dit ce qu'il a bien aimé et ce qu'il a appris. Dominoexplique qu'il a appris à faire de <strong>la</strong> barbapapa avec ses copains Ba<strong>la</strong>dins.- Je reviendrai samedi, déc<strong>la</strong>re-t-il.- Moi aussi, pense Mandarine.Gribou, Boulon et Pistache doivent maintenant vite reconduire le vélo chez Craquelin.- Je prends un peu de barbapapa pour Poly, dit Boulon.- D’accord, fait Pistache. Allez viens Domino, on va te présenter deux personnes super sympa.Tiens, et vous les amis, qu’est-ce que vous aimeriez faire pour préparer l’arrivée de nouveauxcopains dans <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> ?A bientôt !LES HISTOIRES DÉCLICSAu travail, alors !D'abord, il faut construire une casserole à pédales pour faire tourner <strong>la</strong> barbapapa. Et puis, il fautdes nuages : car tout le monde sait qu'on fabrique <strong>la</strong> barbapapa avec des nuages. Mais... commenten attraper ?Les Ba<strong>la</strong>dins essaient avec tout ce qu'ils trouvent : le filet à papillons, le <strong>la</strong>sso, l'aspirateur... Pourfinir, les Pionniers les aident à fabriquer de grandes échelles. Les Pionniers, ce sont les grandsEt après ?On se réunit pour répondre à <strong>la</strong> question qui termine cette histoire. On notesur un grand panneau les idées, on cherche ce qui nous fait p<strong>la</strong>isir quandon arrive quelque part (ah… Monsieur Loyal a peut-être quelque chose ànous proposer). Puis on fabrique ce qu’il faut, on répète l’une ou l’autrechanson, on choisit qui fera tel couplet, on met en scène les deux premiersépisodes de <strong>la</strong> Légende avec des marionnettes…5051


Deshistoiresde <strong>la</strong> viequotidienneIl s’en passe des choses dans <strong>la</strong> vie et <strong>la</strong> tête d’un Ba<strong>la</strong>din,que ce soit à <strong>la</strong> maison ou à <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>. Certaines deces histoires tom<strong>be</strong>ront peut-être à point nommé pour aidermodestement à avancer, à comprendre, à discuter.5253


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE<strong>Un</strong> conte de Noël, où sans que les mots soient nécessaires, Gribou, Pistacheet Boulon découvrent un peu ce qu’est leur « prochain ».12 Le cadeau à JésusSugus vient d'arriver dans un nouveau quartier. Ses parents ont déménagé à cause de leurtravail. Sugus est très content d'avoir une nouvelle maison avec un jardin et une chambre pourlui. Mais ses copains sont restés dans l'ancien quartier : il se retrouve tout seul pour jouer. A troisheures, il en a assez de s'ennuyer : il sort avec son ballon. Il s'arrête devant <strong>la</strong> maison du voisin.Dans le garage, deux garçons bricolent avec des outils.Sugus les regarde longtemps travailler. Ces deux garçons… vous les connaissez ! Ils s'appellentGribou et Boulon. Ils sont ensemble chez les Ba<strong>la</strong>dins.Boulon, c'est le voisin de Sugus. Gribou, c'est le copainde Boulon. Il habite plus loin.- On joue au foot ? demande enfin Sugus.- Non, j'ai du travail, répond Boulon à son nouveauvoisin.Alors, Sugus repart déçu, avec son ballon.Boulon et Gribou n'ont pas le temps de jouer : ils fabriquentun cadeau pour Jésus. Et il faut se dépêcher car Jésusva bientôt naître. Boulon a imaginé une grande boîteà musique. Elle se met en marche au premier pleur.Comme ça, Marie pourra se reposer un peu, a-t-il pensé. Craquelin les aidera à fairesonner les notes bien juste. Et quandJésus verra son cadeau, il aura sûrementun sourire jusqu'aux oreilles.Fini ! Gribou et Boulon ont mis <strong>la</strong> dernière couche de couleur sur <strong>la</strong> boîte à musique pour Jésus.Il n'y aura plus qu'à lui porter dès qu'il sera né. En attendant, Boulon prend sa trottinette à fuséeset emmène Gribou chez Pistache. Ils doivent lui poser une question importante : où habite Jésus ?Il faut le savoir pour lui porter le cadeau !Ouf ! Pistache est chez elle. Elle assemble les dernières pièces d'une crèche. Elle l'apportera à <strong>la</strong>roulotte des Ba<strong>la</strong>dins pour <strong>la</strong> fête. Cheeseburger, le chien de Gribou, donne un coup de <strong>la</strong>nguepour coller les pièces. Gribou dessine l'âne et le bœuf, pendant que Boulon prépare de <strong>la</strong> paille.Nos trois amis travaillent joyeusement, en chantant.Boulon a failli oublier de poser sa question.- Dis, Pistache, tu sais où il habite Jésus, parce qu'on a un cadeau pour lui ?- Il habite dans les crèches, répond Pistache sans hésiter.- Mais non, c'est le vrai Jésus qu'on cherche, pas celui en papier qu'il y a dans les crèches !Ça se complique !Pistache a justement parlé de Jésus avec son papa hier soir. En fait, Jésus, c'était il y a trèslongtemps, dans un pays très loin d'ici. Il a <strong>be</strong>aucoup marché, il par<strong>la</strong>it avec tout le monde, pourleur dire qu'il fal<strong>la</strong>it s'aimer très fort. Et après il a été tué. Et après, il est revenu pour toujours.Boulon n'a pas tout compris. Gribou non plus. C'est toujours compliqué avec les petits bébés.- Cette année, il va encore naître Jésus ?- Oui, dit Pistache, à Noël.Gribou s'inquiète :- Alors, on ne pourra pas faire de bruit, comme quand mon petit frère est né ?- Moi, j'ai dû partager ma chambre quand ma sœur est née, dit Pistache.- Et moi, ma maman est partie de <strong>la</strong> maison une semaine, raconte Boulon.C'est vrai, les nouveaux bébés, ça pose toujours des problèmes. Mais après, c'est gai.- Avec ma sœur, on fait des concours de grimaces, explique Pistache.- Et nous, on invente des pièces de théâtre quand il pleut, crie Boulon.Il a d’ailleurs aménagé une scène dans le fond de sa garde-ro<strong>be</strong> ! Gribou, lui, ne peut pas encorejouer avec son petit frère, mais il lui a déjà acheté une <strong>la</strong>mpe de poche pour pouvoir jouer auxmessages plus tard.Finalement, tous les trois ont parlé pendant deux heures des bébés qui arrivent dans les maisons.Mais Boulon ne sait toujours pas où il va pouvoir trouver Jésus pour lui donner <strong>la</strong> boîte àmusique. Il va quand même bien naître quelque part ! Boulon a une idée.Il rentre vite chez lui, et ouvre le bottin de téléphone. C'est écrit tout petit. Bobonne Nougatrouspète toujours. Il cherche... Il y a des Monsieur Cigogne, des Madame Choux, des CapitaineHochet, des Docteur Pirate, mais pas de Jésus.Où le trouver alors ?DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE5455


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SA ce moment, il se souvient de l'histoire des rois qui avaient suivi une étoile très bril<strong>la</strong>nte pourporter leur cadeau à Jésus. D'accord, c'était il y a longtemps, et dans un autre pays. Mais il y aencore des étoiles aujourd'hui !- Vite, mon télescope géant !Assis sur son lit, en face de <strong>la</strong> fenêtre, Boulon aperçoit une grosse étoile qui brille un peu plusfort que les autres. Elle est juste au-dessus de <strong>la</strong> maison du nouveau avec son ballon de foot. C'estbizarre. Boulon en rêve toute <strong>la</strong> nuit.Le lendemain, Boulon, toujours en pyjama, court chercher Gribou et Pistache.- Venez, j'ai trouvé, on va porter notre cadeau !Poly, qui passait par-là, se propose pour les conduire.Et il les emmène au galop chez Sugus, le nouveau voisin.- Merci, dit Sugus en recevant le paquet.Il l'ouvre et découvre une super<strong>be</strong> boîte à musique. Il est très content : il a un sourire jusqu'auxoreilles.- Si tu veux, tu peux venir avec nous tantôt à <strong>la</strong> réunion des Ba<strong>la</strong>dins, propose Gribou. On va biens'amuser.Sugus est vraiment heureux d'avoir trouvé des copains comme Gribou, Pistache et les autres dansson nouveau quartier. Et en plus, ils sont amis avec un poney qui rit tout le temps ! Hihihihihi !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE57


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SAvant Noël. <strong>Un</strong>e histoire pour rire un peu, tout simplement !Le Père Noël a répondu à l’invitation des Ba<strong>la</strong>dins et vient passer <strong>la</strong> nuit de<strong>la</strong> veille de Noël dans leur local. Mais <strong>la</strong> cheminée est fort étroite…DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE13 L’invitationLa réunion vient de commencer. Tous les Ba<strong>la</strong>dins cherchent des idées pour faire une chouettefête de Noël. Ils voudraient autre chose que des brico<strong>la</strong>ges.- On pourrait inviter le Père Noël à passer une soirée avec nous, dit Pistache.- Tu crois qu’il viendrait ? demande Gribou.Après tout, pourquoi pas ? Craquelin leur a bien raconté qu’il était déjà venu dîner avec lui dans<strong>la</strong> roulotte !- Si on lui demandait d’apporter des jeux pour notre malle à friandises ? suggère Mandarine.Boulon n’est pas d’accord !- Moi, je préfèrerais qu’il nous raconte comment c’est chez lui !Boulon aimerait tellement faire le même métier que le Père Noël plus tard !Pas de temps à perdre : il faut écrire une carte postale et l’envoyer illico presto au Pôle Nord !Puis il ne reste plus qu’à patienter une semaine. Tout le monde s’y met pour préparer un grandaccueil pour le Père Noël !- Il faudra qu’il se sente bien chez nous ! dit Bimbo.- Et qu’il prenne des forces pour le lendemain, nuit de Noël…, ajoute Pistache.- On va aussi lui offrir un fou<strong>la</strong>rd comme le nôtre, propose Gribou.La dernière semaine d’école passe très vite ! Allez, à bientôt les lettres, à bientôt les calculs.Demain, c’est le grand jour pour tous les Ba<strong>la</strong>dins.- Tu crois que le Père Noël viendra chez nous ? demande Gribou à Maman.Juste avant de partir à <strong>la</strong> veillée de Noël, Boulon scrute le ciel une dernière fois avec son nouveautélescope. Toujours personne !Au local, <strong>la</strong> fête commence : les animateurs racontent des morceaux de l’histoire de Jésus. Ensuite,le festin ! Puis il est temps d’installer les mate<strong>la</strong>s et de s’endormir.En attendant… que l’invité arrive.58


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNETout le monde essaye de garder les yeux ouverts… pour ne rien rater ! Mais les paupièresdeviennent plus lourdes qu’un gros camion de sable.Rrrrrr Rrrrrrrrrrr. Chut ! Les Ba<strong>la</strong>dins dorment. Mais soudain… un bruit de clochettes et de sabotstraverse <strong>la</strong> cheminée.- Ouïe ouïe, c’est une toute petite cheminée, mes amis, fait une grosse voix.Heureusement, le Père Noël réussit quand même à entrer. D’accord, il y a une porte au local,mais le Père Noël n’arrive que par <strong>la</strong> cheminée. C’est comme ça, on ne peut pas l’expliquer. LePère Noël admire toutes les décorations. Puis il s’assied dans le fauteuil et se met à manger. Desdizaines de petits yeux se sont ouverts discrètement et se referment très vite dès que le Père Noë<strong>la</strong> l’air de regarder dans leur direction…Le repas est terminé. Le Père Noël découvre enfin les Ba<strong>la</strong>dins !- Oh… ils se sont endormis en m’attendant, dit-il. Je vais leur raconter toute mon histoire. Je sais bien queles enfants entendent les histoires même quand ils dorment.Les Ba<strong>la</strong>dins continuent à faire semb<strong>la</strong>nt de dormir. Les voici au pays des rennes, de <strong>la</strong> neige, desjouets, des grands voyages partout dans le monde.<strong>Un</strong>e heure plus tard, le Père Noël décide lui aussi d’aller se reposer. Demain, c’est <strong>la</strong> nuit de Noël,il aura <strong>be</strong>aucoup de travail!- RRRRrrrrrrRRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrIl ronfle comme Papy après une dure partie de cartes ! Mais ça n’empêche pas les Ba<strong>la</strong>dins de serendormir. En attendant, Boulon est bien décidé : plus tard, il proposera au Père Noël de travailleravec lui.Driiiiiing!Le Père Noël sursaute et éteint son réveil.- Bonjour les Ba<strong>la</strong>dins! Alors, on déjeune ensemble ?- D’accord ! Hourrah ! crient nos amis.C’est bien bon et le Père Noël goûte un peu de tout. Quel appétit !Mais il faut repartir maintenant ! Au boulot !- Merci pour votre accueil, à bientôt, dit joyeusement le Père Noël.Et il se glisse dans <strong>la</strong> cheminée.- Ouïe ouïe ouïe ahha oh c’est pas vrai ! crie-t-il.Que se passe-t-il ?Le Père Noël est coincé dans <strong>la</strong> cheminée desBa<strong>la</strong>dins.- Il faut l’aider à redescendre, dit Gribou.- Venez, on va tirer, appelle Boulon.Ouf ! Il est décoincé !C’est très embêtant. Le ventre du Père Noë<strong>la</strong> encore un peu gonflé à cause du petitdéjeuner !Mais que voulez-vous, c’était tellementbon !!!Il n’est pas question de passer par <strong>la</strong> porte :c’est comme ça, on l’a déjà dit ! Les Ba<strong>la</strong>dinsessaient d’abord de l’aider à rentrer sonventre en lui sautant dessus. Mais… rien àfaire : il ne passe pas !Pistache lui fait faire un peu d’exercice ! Mais… rien à faire : le ventre ne passe pas ! Alors Boulonfabrique un engin qui lui fera faire plus d’exercice ! Le Père Noël s’amuse bien en plus !Allez, on essaie une dernière fois !- Poussons-le de toutes nos forces ! crie Gribou.- Oh hisse, oh hisse !On commence à ne plus le voir !Soudain, <strong>la</strong> grosse voix résonne :- J’y suis, merci les amis. Mais comme je suis en retard pour mes cadeaux !Tous les Ba<strong>la</strong>dins ont <strong>la</strong> même idée au même moment :- Venez nous chercher devant <strong>la</strong> porte, on va aller vous aider !Et en route pour <strong>la</strong> grande ba<strong>la</strong>de au-dessus des toits !Les enfants s’envolent dans le ciel !- Regardez ! La roulotte de Craquelin !Poly lève les yeux vers le traîneau qui passe au-dessus de sa tête. Il reconnaît ses copains et leuradresse un grand signe avec son mouchoir.- A bientôt les Ba<strong>la</strong>dins ! crie-t-il.DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE6061


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLorsque nos parents décident de se séparer, on ne comprend pas toujourspourquoi. On passe d’une maison à une autre. Parfois même, papa et mamanvivent avec une autre personne. Mais ce qui est certain, c’est qu’ils nousaiment toujours aussi fort !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE14 L’arbre à souvenirsAcari, Acari, pourquoi Merlin n’est pas venu à <strong>la</strong> réunion aujourd’hui ? demande Boulon.- Et bien, je ne sais pas. Il n’a pas prévenu, répond Acari.A ce moment-là, Gribou et Pistache arrivent en courant.- Eh les gars, vous savez pas où est Merlin ? Il ne vient pas à <strong>la</strong> réunion ? demande Pistache- Il est peut-être en retard, comme à l’école ?- Oui, il a été en retard toute <strong>la</strong> semaine parce que c’est son papa qui l’a conduit.- Et pourquoi c’est son papa qui l’a conduit ? Normalement, c’est sa maman !Caribou qui a entendu <strong>la</strong> conversation de nos amis explique à Gribou, Boulon et Pistache ce quise passe : <strong>la</strong> maman de Merlin a téléphoné à Caribou pour lui dire qu’il ne viendrait pas cettesemaine. Il est chez son papa.- Il est peut-être en voyage sur <strong>la</strong> lune, explique Boulon.- Mais non, son papa n’est pas astronaute ! Je suis sûre qu’il est en mission spéciale pour arrêter lesméchants trolls verts à cheveux roses ! crie Pistache.- N’importe quoi ! Si ça se trouve, ils sont partis rejoindre Poly et Craquelin au bord de <strong>la</strong> mer, rajouteGribou.- En tous cas, moi, je trouve que c’est pas cool de nous <strong>la</strong>isser tom<strong>be</strong>r pour aller faire <strong>la</strong> fête avec son papa !réplique Boulon.- Les ba<strong>la</strong>dins, tempère Caribou, Merlin n’est pas allé faire <strong>la</strong> fête avec son papa ! Ce n’est pas aussichouette que ça… Son papa et sa maman ne vivent plus ensemble. Il vit parfois chez sa maman etparfois chez son papa. Et comme son papa a déménagé loin, ce sera difficile pour Merlin de venir chaquesemaine.- Mais alors, intervient Pistache, il ne saura pas comment on a fait pour délivrer Anatole des méchanteslimaces argentées.- Eh Caribou, tu pourrais lui envoyer les photos par Internet ?- Ou alors, on lui envoie des dessins par <strong>la</strong> poste.- Et pourquoi on ne lui ferait pas une surprise ? <strong>Un</strong> super <strong>be</strong>au panneau avec tous les souvenirs desréunions. Comme ça, quand il reviendra au local, il saura ce qui s’est passé lorsqu’il n’était pas là.62


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNELe samedi suivant, Gribou, Boulon et Pistache sont impatients d’aller à <strong>la</strong> réunion.- Vous pensez que Merlin sera là cette semaine ? demande Pistache.- Ben oui, répondent les autres, ce serait vraiment trop cool.Quand ils arrivent devant le local, Merlin est déjà là, qui les attend. En effet, le local est fermé.- Salut les gars, vous savez pourquoi le local est fermé ? Il y avait bien réunion aujourd’hui ? demandeMerlin.- Ferme les yeux Merlin ! On a une surprise pour toi ! répondent-ils en chœur.Pistache, Gribou, et Boulon entraîne Merlin à l’intérieur du local. Celui-ci ouvre les yeux etdécouvre un énoooooooorme arbre sur lequel sont collés des tas de petits papiers et de dessins.- Tu peux les lire, crie Boulon.En effet, sur ces papiers, on peut lire des messages écrits par les autres ba<strong>la</strong>dins. Sur un de cespapiers, on peut lire : c’était chouette quand on devait attraper les pirates; sur un autre, on peutvoir Boulon assis sur le trésor, et il y a même des photos que Caribou a prises pendant le jeu.- Hé, c’est chouette les gars… mais pourquoi vous avez fait ça ? s’exc<strong>la</strong>me Merlin.- Bah… dit Boulon, c’est pour toi… comme tu ne viens pas tout le temps, grâce à cet arbre, tu peux voirtout ce que l’on fait.- Oui, Caribou nous a expliqué que parfois, tu étais chez ton papa et parfois chez ta maman, dit Pistache.A ce moment-là, Merlin éc<strong>la</strong>te en sanglot. Les autres ba<strong>la</strong>dins sont tristes, ils ne savent pas quoifaire. Ils n’aiment pas voir leur ami Merlin pleurer. Ouistiti arrive et demande aux ba<strong>la</strong>dins :- Vous vous êtes disputés avec Merlin ?- Mais non, répond Boulon, on lui a parlé de son papa et de sa maman et il s’est mis à pleurer.- Ce n’est pas de votre faute, les amis. C’est normal que Merlin soit triste. Quand les papas et les mamansse séparent, nous les voyons un peu moins et puis, ce<strong>la</strong> change les habitudes, on a deux maisons, deuxlits…- Et on a aussi deux papas et deux mamans ? demande Pistache.- Non Pistache, répond Ouistiti, pas toujours. Parfois, les papas ou les mamans vivent avec un autremonsieur ou une autre madame mais on n’a toujours qu’un papa et qu’une maman. Merlin, lui, est tristeparce qu’il aurait bien aimé que son papa et sa maman vivent encore ensemble.Pendant que Ouistiti continue à répondre aux questions des ba<strong>la</strong>dins, Caribou est allé rejoindreMerlin qui est seul derrière <strong>la</strong> roulotte.- Tu sais, dit Caribou, quand j’étais aux ba<strong>la</strong>dins, moi aussi mon papa et ma maman se sont séparés. Etmême si j’avais deux chambres, deux lits… j’étais très triste de ne pas pouvoir les voir en même temps.- Et ton papa et ta maman, ils t’aimaient encore ? demande Merlin.- Bien sûr ! répond Caribou, ce n’est pas parce que ton papa et ta maman ne vivent plus ensemble qu’ilsne t’aiment plus.- Tu es sûr, Caribou ? Mais pourquoi quand c’est le week-end où je suis chez mon papa, il ne va pas meconduire aux ba<strong>la</strong>dins alors ?- Ton papa habite loin, Merlin, c’est compliqué pour lui de venir te conduire.- Et si je ne viens pas toutes les semaines, c’est grave ?- Mais noooooooooooon, dit Caribou, tu restes toujours un ba<strong>la</strong>din. Même quand tu n’es pas là, les autresba<strong>la</strong>dins pensent à toi; c’est pour ce<strong>la</strong> qu’ils ont décidé d’imaginer cet arbre à souvenirs. C’est un arbresur lequel on peut coller des petits mots, des dessins, des photos pour se souvenir de ce que l’on a faitensemble.- Comme ça, on sait quel jeu on a fait, même si on n’était pas là.- Exactement, répond Caribou. Viens, on va rejoindre les autres ba<strong>la</strong>dins. J’ai entendu dire que Poly etCraquelin sont revenus de <strong>la</strong> mer et que Poly al<strong>la</strong>it nous faire une démonstration de rangement de roulotteexpress avec son tout nouveau aspiro-range-bazar.Merlin se lève, sèche sa dernière <strong>la</strong>rme et file rejoindre le reste de <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong>.DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE6465


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLes différences physiques étonnent tout le monde. Les réactions sont parfoisbizarres. Mais à six ans, elles commencent déjà à faire assez mal. Autant lesavoir !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE15 Des petits, des gros etdes moyensToute <strong>la</strong> nuit, il a neigé. Au bord de <strong>la</strong> rivière, <strong>la</strong> roulotte de Craquelin a mis son grandmanteau b<strong>la</strong>nc ! C’est super pour les vacances de Noël ! Les Ba<strong>la</strong>dins ont amené leur traîneau à<strong>la</strong> réunion car près du local, il y a une grande descente.- Gribou, attends-moi, crie Boulon.Nos deux amis se <strong>la</strong>ncent à toute vitesse sur <strong>la</strong> pente. Soudain, le traîneau part sur <strong>la</strong> gauche…et va s'enfoncer droit dans <strong>la</strong> neige. L’engin s’arrête net… Gribou et Boulon se retrouvent le nezau frais !- C’est de ta faute, crie Gribou (il a de <strong>la</strong> neige toute froide dans le cou et il n’aime pas du tout ça !).- Tu es trop lourd, gros plein de soupe !Tout triste, Boulon remonte le traîneau.- Normal, lui a dit Gribou, tu es le plus fort !Oui mais bon, faudrait savoir… Etre costaud, c’est bien ou pas ?Au moment de goûter, près du feu, Boulon n'a plus très faimIl a le cœur trop lourd. Pendant que les autres chantent,il cache son cougnou 1 sous le banc.Pistache est <strong>la</strong> seule à l’avoirvu…Trois jours après <strong>la</strong> réunionen traîneau, c’est le soirde Noël. Cette année, lesparents de Boulon ont invitéles familles de Gribou et Pistache.Près du joli sapin, nos trois copains s'amusent avec les personnages de <strong>la</strong> crèche.- Regardez l’âne, dit Pistache, il a un sourire comique, un peu comme Poly.Pendant ce temps, le papa de Boulon a préparé une soupe à <strong>la</strong> tomate et aux boulettes.1. Sorte de brioche, ou de “bonhomme en pâte” à Liège66


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE- <strong>Un</strong> tout petit peu papa, demande Boulon.Ça alors, c’est pourtant sa préférée !Et puis Boulon prend un gros morceau de bûche… pour faire p<strong>la</strong>isir à sa maman.Mais ? !… Que fait-il ?En cachette, il glisse son morceau sous <strong>la</strong> table… où Cheeseburger se charge de le déguster !Maman l’a vu et lui demande à l'oreille :Dis, il est pas bon mon bon gâteau ?Boulon répond tout doucement :- Les autres, ils disent que je suis trop gros !Maman a de <strong>la</strong> peine de voir son grand gamin tout triste.- Mais Boulon, tu es juste un peu plus costaud qu'eux.Tu as des épaules de champion, c’est tout ! Tu sais, il y a des plus petits, des plus grands, des à lunettes, desbavards, des timides... et il n’y a qu’un seul Boulon au monde… et je l’aime très fort !Quelques jours plus tard, le temps des rires et des jeux est déjà revenu : une nouvelle réunionBa<strong>la</strong>dins commence. La neige a fondu, hé<strong>la</strong>s !En rentrant dans le local, tout le monde doit se boucher le nez !- Mais qu’est-ce qui sent si mauvais ? demande Gribou.Alors, tout le monde se met à chercher.- Bèèè, venez voir! C’est tout pourri ! ! ! crie Mandarine.Sous un banc, il y a en effet une drôle de chose, un peu verte, un peu brune, avec des grandspoils partout...- Oh… un cougnou de <strong>la</strong> semaine dernière, comprend Gribou.- Qui l’avait caché là ? demandent les autres.Boulon est très ennuyé. Il n’a pas envie de devoir expliquer.- C’est le mien, je… je l’avais perdu ! <strong>la</strong>nce Pistache.Boulon adresse un <strong>la</strong>rge sourire à Pistache : ça, c’est une super copine !- Dites les Ba<strong>la</strong>dins, c’est pas tout ça, mais il ne faudrait pas oublier de délivrer le schtroumpf à lunettes !crie Caribou.- Entre les mains de Gargamel, il risque de finir dans <strong>la</strong> soupe aux poux ! prévient Pistache.Seulement, comment faire pour arriver jusque chez lui sans être vu ?- On pourrait se déguiser en arbre… dit Boulon, tout doucement.Mais Gribou l'a entendu et crie : « Boulon a une super idée ! »Gargamel est tellement saisi de voir un arbre qui avance tout seul, qu'il tom<strong>be</strong> dans les pommes !Et les Ba<strong>la</strong>dins courent délivrer le schtroumpf à lunettes.Sur le chemin du retour, ils chantent à tue-tête : « …Des Boulons comme ça, des Boulons comme ça, yen a pas, y en a pas, y en a guèèèèreeeuuu… »Boulon est tout content… Les copains, c'est quand même chouette, pense-t-il. Gribou, il est petit,mais je l'adore. Et Pistache, elle est extra !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNEC’est vrai ça, avec cette histoire de cougnou pourri, on a complètement oublié que Gargamel l’acapturé et que le Grand Schtroumpf est venu spécialement demander aux Ba<strong>la</strong>dins de leur veniren aide.6869


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE70L’apprentissage de <strong>la</strong> lecture en début d’école primaire est souvent lemoment où se révèlent les problèmes de vue. Mais revenir en c<strong>la</strong>sse ou à <strong>la</strong><strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> pour <strong>la</strong> première fois avec ce « nouveau » visage à lunettes, c’estun drôle de moment à passer. Heureusement, Boulon a plein d’idées pouraider Gribou.16 Les lunettesLa semaine dernière, c’était <strong>la</strong> visite médicale. D’habitude, c’est super marrant… mais cettefois-ci, le docteur a dit à Gribou qu’il devrait porter des lunettes !Gribou ne trouve pas cette idée très rigolote : il n’a pas envie de ressembler au Schtroumpf àLunettes, ni à son Papy quand il met les siennes sur le bout de son nez !En plus, il ne comprend vraiment pas à quoi ça sert ! Il se voit très bien dans le miroir, que seslunettes soient sur son nez ou pas ! Par contre, il n’a pas du tout l’impression de voir le Gribouhabituel quand il se regarde maintenant dans <strong>la</strong> g<strong>la</strong>ce.Si seulement il pouvait s’en débarrasser… Peut-être que Cheeseburger pourrait les avaler,comme ça, sans s’en rendre compte ? Gribou met discrètement ses lunettes dans l’écuelle deCheeseburger. Mais celui-ci mange tout ce qu’il y a autour… sans toucher aux lunettes !Gribou repense à ce que lui ont dit Papa et Maman : « Ces lunettes, Gribou, elles ont coûté très cher !Il va falloir y faire très attention pour ne pas les casser. » Et dire qu’il ne pourra sûrement plus courircomme avant !Peut-être pourrait-il les cacher ? Mais où ? Dans le frigo ?… non ! Dans <strong>la</strong> manne à linge ?… nonplus. Dans le magnétoscope ?… décidément, ce n’est toujours pas une bonne idée !Tiens, on sonne à <strong>la</strong> porte…- Gribou, c’est ton parrain, crie Maman.Gribou adore son parrain, il est vraiment cool, et en plus, c’est un copain de Caribou. Ça alors, illui apporte un cadeau, une sorte de rectangle tout p<strong>la</strong>t ! Ça doit être une montre… ou des petitesvoitures… ou des pâtes de fruits.Vite, Gribou déballe son paquet… oh, un étui à lunettes ! Et un é<strong>la</strong>stique spécial pour qu’ellestiennent sur <strong>la</strong> tête quand on court !- Alors Gribou, il paraît que tu as des lunettes ? J’aimerais bien te voir avec !


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE- Bof, répond Gribou, j’aime pas trop… et puis, j’ai un peu peur de ce que vont dire mes copains.- Moi, je te trouve très bien avec. Tu n’as qu’à demander d’abord l’avis de Boulon…Bonne idée ! Le temps d’un coup de fil, et Boulon-<strong>la</strong>-débrouille débarque chez Gribou. Vite, lesdeux copains s’installent dans <strong>la</strong> cabane ultra-secrète de <strong>la</strong> chambre de Gribou, bien protégés parune méga toile d’araignée.- Alors, dit Boulon, qu’est-ce que ça donne ?- La cata, répond Gribou en mettant ses lunettes, je ressemble à Monsieur Toutsérieux le directeur !- Mon pauvre vieux, lui dit Boulon.- Hors de question d’aller à <strong>la</strong> réunion Ba<strong>la</strong>dins comme ça, continue Gribou, tout le monde va me regardertout le temps!- T’as raison, répond Boulon, il faut faire quelque chose.Comme d’habitude, Boulon a déjà des tas d’idées pour aider son copain.- On pourrait les camoufler avec plein d’her<strong>be</strong>s et de fougères, comme à <strong>la</strong> dernière réunion, quand on faisaitun jeu d’approche…- T’as qu’à mettre un masque derrière ta tête, et arriver en marchant à reculons…- Tu peux mettre ta tête sous ton pull, et pour voir où tu dois marcher, on installe un périscope commedans un sous-marin…Décidément, ce Boulon est vraiment l’as des combines! Pour être sûr que ça marche, Griboupréfère prendre les trois idées.Mais un déguisement pareil, ça prend du temps…et nos deux amis arrivent un peu en retard à<strong>la</strong> réunion. Caribou vient d’expliquer le grandjeu : il paraît qu’un monsieur très bizarre veuttransformer le local Ba<strong>la</strong>din en zoo !Mais, que se passe-t-il ? Quand ils voientGribou, tous les Ba<strong>la</strong>dins s’écrient :- Le monsieur très bizarre ! Vite, il fautl’attraper !tellement vite qu’il perd en route tous les morceaux de son déguisement !Pistache court très vite aussi, et elle a pris un raccourci. En moins de deux, elle attrape Gribou, lefait tom<strong>be</strong>r, et le tient très fort pour l’empêcher de s’enfuir.- Je vous ai eu, Monsieur Biz…Gribou ? C’est toi ? Ben ça alors !- Tu m’as reconnu, même avec mes lunettes ? s’étonne Gribou.- C’est malin, répond Pistache, t’es mon copain, oui ou non ?Et smack, elle lui fait un gros bisou pour le rassurer!- Dis, Gribou, demande Pistache, je peux les essayer tes lunettes ? Ça doit être génial de pouvoir enmettre !Gribou n’en revient pas : Pistache trouve ça génial !Entre-temps, tout le monde est arrivé jusqu’à Gribou et Pistache.- Hé, mais c’est Gribou! Oh, des lunettes… on peut les essayer aussi ? disent les autres Ba<strong>la</strong>dins.- Hé bien, on dirait que <strong>la</strong> nouvelle mode p<strong>la</strong>ît à tout le monde, remarque Caribou.Peut-être qu’on pourrait essayer de se fabriquer des lunettes marrantes, en forme d’animaux parexemple ?- Génial, dit Mandarine, moi, j’aimerais bien voir tout en orange…- Et moi, dit Boulon, je vais me faire des lunettes spéciales pour voir à travers les habits !- Ouh ouh ! font tous les Ba<strong>la</strong>dins.- Mais… et moi, dit Gribou, j’ai déjà des lunettes, qu’est-ce que je vais faire ?Je sais, je serai votre oculiste ! Vous viendrez tous chez moi vérifier que vos lunettes sont bonnes et que vousvoyez aussi bien que des <strong>la</strong>pins qui mangent <strong>be</strong>aucoup de carottes !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNEEt hop, tous commencent à courir aprèsle pauvre Gribou. Il est obligé d’aller7273


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SEnsemble, ensemble, même si l’on est différent, c’est ce que nous chantePierre Rapsat et c’est un idéal auquel nous adhérons tous. Mais pastoujours facile d’accueillir quelqu’un de différent et ce, même lorsque l’onest ba<strong>la</strong>din. Alors pour comprendre que c’est possible, si on commençaitpar une histoire ?DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE17 L’ami qui vient d’ailleursNous sommes le premier samedi du mois de septembre et aujourd’hui, Gribou, Boulon etPistache vont reprendre les Ba<strong>la</strong>dins !Aux petites heures, Boulon ne tient déjà plus. Ca fait tellement longtemps qu’il n’a pas vu tousses petits amis. Il décide donc d’aller voir son ami Craquelin.Il frappa à <strong>la</strong> roulotte : Toc Toc Toc.- Entrez, dit Craquelin d’un coup.Mais quelle ne fut pas sa surprise en entrant dans <strong>la</strong> roulotte quand il vit Poly, Craquelin et unautre petit garçon qu’il ne connaissait pas.- Bonjour, dit Craquelin d’un ton joyeux, je te présente V<strong>la</strong>dimir. C’est un de mes amis et en plus, il estné le même jour que toi.Boulon n’aime déjà pas fort ça, il pensait être le seul, l’unique ! C’est ce que Maman lui avaitdit !- Je lui ai parlé des Ba<strong>la</strong>dins, lui explique soudain Craquelin. Est-ce qu’il peut t’accompagner à <strong>la</strong>réunion tout à l’heure ? Ca lui ferait tellement p<strong>la</strong>isir.Boulon accepte à contrecœur pour faire p<strong>la</strong>isir à Craquelin.- Pistache, Gribou, s’écrie tout à coup Boulon en s’empressant d’aller jouer avec ses amis.- Tiens, dit Pistache, tu as vu, il y a déjà un nouveau.- Oui, je sais, lui répond Boulon. C’est Craquelin qui m’a demandé de l’emmener aux Ba<strong>la</strong>dins mais ilest bizarre, il a un drôle d’accent et en plus, il a <strong>la</strong> même date d’anniversaire que moi ! De toute manière,je ne le connais même pas.A <strong>la</strong> fin de <strong>la</strong> réunion, V<strong>la</strong>dimir retourne à <strong>la</strong> roulotte de Craquelin et Poly.- Alors, comment s’est passé ton après-midi ? lui demande Craquelin plongé dans une drôle demachine remplie de ressorts et de sonnettes.V<strong>la</strong>dimir haussa les épaules et ne rajouta aucun commentaire.74


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNELe mardi après-midi, Boulon, Gribou et Pistache vont avec toute l’école au cirque. Ils vontsûrement voir des lions sauter dans des anneaux en feu et des éléphants sur un ballon !Ca, c’est sûr !!Effectivement, un splendide cirque venu tout droit de Russie a p<strong>la</strong>nté un grand chapiteau toutrouge et jaune sur <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce du vil<strong>la</strong>ge. Il est super haut, le chapiteau, dis donc !Dans les gradins, les trois enfants aperçoivent Craquelin et filent lui dire bonjour.- Craquelin, Craquelin !! crient-ils en cœur en courant vers le vieil homme. Qu’est-ce que tu fais là ? Tuviens aussi avec l’école ?!- Non, non, les enfants. Je connais bien le directeur du cirque et sa famille; ce sont des amis à moi,répondit-il. Craquelin, il connaît toujours tout le monde !!- D’ailleurs, j’organise un grand goûter pour eux demain après-midi. Venez si vous en avez envie ! Poly apréparé des crêpes et des galettes pour au moins quatre équipes de football !- Ca va sûrement être chouette !! Vivement demain !! pensèrent nos trois amis.Pistache, Boulon et Gribou arrivent ensemble à <strong>la</strong> réception de Craquelin. Tout le monde parle !Même Poly joue avec les animaux du cirque et ne fait pas attention à eux. Ils ont l’air perdu, il ya vraiment <strong>be</strong>aucoup de monde !- C’est pas chouette ça! dit tout d’un coup Boulon. Oui, renchérit Gribou.Ils cherchent, ils cherchent mais ne trouvent personne qu’ils connaissent.- Moi, je vais jouer ailleurs, dit Pistache. Tant pis, ils viendront voir Craquelin plus tard.Ils sont sur le point de partir lorsque quelqu’un retient Pistache par <strong>la</strong> manche. C’est V<strong>la</strong>dimir.- V<strong>la</strong>dimir fait partie du cirque lui aussi ! s’écria Gribou.- Le petit bonhomme sur le trapèze, c’était toi, dit soudain Pistache.- Wahouww, on t’avait pas reconnu, dis donc ! Il était chouette ton tour ! s’exc<strong>la</strong>me Gribou.- Vous partiez déjà ? demande V<strong>la</strong>dimir.- Ben oui, répond Boulon. On ne connaît pas ces personnes et Poly et Craquelin ont l’air fort occupé !- Mais restez, je vais vous présenter mes amis, dit V<strong>la</strong>dimir en montrant du doigt des enfants quiont leur âge. Il y a Youri, Olga, et encore bien d’autres ! Y’en a même un qui a presque l’âge deGribou !Ensuite, V<strong>la</strong>dimir présente ses trois compagnons aux grandes personnesdu cirque.Y’a même Mr Loyal !! Ils s’en souviennent de Mr Loyal, ils l’avaientdéjà rencontré chez Craquelin.Ils décident alors de le dessiner sur une grande affiche qui traînaitdans un coin de <strong>la</strong> roulotte.Il sera pour V<strong>la</strong>dimir, ce dessin. Il l’accrochera sur <strong>la</strong> porte desa chambre, ainsi, tout le monde pourra le regarder.- Et on va tous signer sur le dessin, comme ça tu te souviendras denous ! propose Boulon.Il est tard maintenant; Gribou, Boulon et Pistachedoivent déjà s’en aller.C’est vrai, il était sympa finalement ! La semaineprochaine, ils espèrent que V<strong>la</strong>dimir sera présent à<strong>la</strong> prochaine réunion Ba<strong>la</strong>dinsMalheureusement, <strong>la</strong> maman de V<strong>la</strong>dimir leurexplique que demain, ils démonteront le chapiteaupour partir dans une autre ville.- Au revoir V<strong>la</strong>dimir, dirent alors Boulon, Gribou et Pistache d’un air déçu. S’ils avaient su, ilsauraient été copains tout de suite avec V<strong>la</strong>dimir !En partant, Boulon lui glissa à l’oreille :- Tu sais V<strong>la</strong>dimir, t’es vraiment un chouette copain. Et qu’est-ce que je suis fier d’être né le même jour quetoi ! On est unique tous les deux maintenant !Il faut vraiment partir maintenant, mais bon, c’est pas grave, Gribou, Boulon et Pistache luiécriront !!DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE76 77


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SComment se rattraper quand on s’est moqué un peu trop fort de quelqu’un ?En achetant quelque chose avec des sous ?DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE18 Le cadeauLa réunion des Ba<strong>la</strong>dins est terminée.Chacun prend un jeu dans <strong>la</strong> malle à friandises.Gribou, Mandarine et Boulon ont choisi le Mikado.Pistache veut faire un dessin.Tiens… c’est bizarre : Pistache cache sa feuille avec son bras.D’habitude, elle est toute contente de montrer ce qu’elle dessine.- Qu’est-ce que tu fais ? demande Gribou.Pistache devient plus rouge que du ketchup.- Rien, rien, répond-elle.Et elle glisse vite sa feuille dans son coffre à trésors.Caribou <strong>la</strong>nce <strong>la</strong> dernière chanson de <strong>la</strong> journée.En rampant sous les bancs, Gribou et Boulon arrivent jusqu’au coffre à trésors de leur copine…et regardent son dessin.Elle a dessiné Pablo son nouveau copain Ba<strong>la</strong>din.- Pistache est amoureuse de Pablo, - e, elle est amoureu-se ! se mettent-ils à crier.Pistache redevient couleur ketchup : elle est furieuse !C’est vrai quoi, elle a le droit d’avoir un fiancé et de le dessiner.En plus, on avait tous dit qu’on ne pouvait pas aller dans <strong>la</strong> coffre à trésors des autres sans leurpermission !- Je ne serai plus jamais votre copine, leur dit-elle. Plus jamais !Les deux garçons sont bien ennuyés. C’était pour rire, pas pour lui faire de <strong>la</strong> peine !Le lundi, à <strong>la</strong> sortie de l’école, Gribou tire Boulon par le bras.- Dis, tu as vu ? Pistache boude pour du vrai !- On n’aurait pas dû rire si fort, lui répond Boulon.Gribou a une idée :- Il suffit de lui acheter un cadeau, pour nous faire pardonner ! <strong>la</strong>nce-t-il.- Bonne idée ! Allons voir en face, à <strong>la</strong> librairie, dit Boulon.78


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNEIl y a des tas de jouets à <strong>la</strong> vitrine, c’est une chance.- Regarde cette jeep, s’exc<strong>la</strong>me Boulon.- Génial, répond Gribou. J’ai toujours rêvé d’une comme ça, avec un treuil à l’avant! On l’achète ?Boulon réfléchit. Non, ça ne va pas : le cadeau, c’est à Pistache qu’il doit p<strong>la</strong>ire !- Tu crois que les filles aiment les voitures ? demande Boulon à Gribou.- Ca m’étonnerait, lui répond Gribou. Ce sont des jeux de garçons !- Mais les filles, qu’est-ce qu’elles aiment alors ? reprend Boulon.- On devrait leur demander ! dit Gribou.- Peut-être qu’il y en a qui aiment quand même les voitures, ajoute Boulon.Bon… décidez-vous les amis !- Regarde, du maquil<strong>la</strong>ge pour clown, s’exc<strong>la</strong>me Gribou.- Ce serait super pour lui rendre le sourire, renchérit Boulon.Le librairie leur indique le prix : 5 €.Gloup! Ça en fait des sous à trouver !Chacun rentre chez lui.Gribou se met à compter les pièces de sa tirelire : il a 1,50 €.Il les cache bien précieusement dans un mouchoir au fond de sa poche.Sa maman lui dit toujours de ne pas faire n’importe quoi avec ses sous,sinon, il n’y en a plus pour les choses importantes !Boulon a déjà dépensé <strong>be</strong>aucoup de sous pour acheter un nouveau marteau pour sa cabane.- Si je retournais ratisser les cailloux de mon Tonton Gérard ? pense-t-il.Car il reçoit chaque fois 1,50 €.Hé<strong>la</strong>s… personne chez Tonton Gérard !Boulon décide d’aller chez Craquelin.Il l’accueille avec un gros sourire !- Alors, mon grand, quelles nouvelles ?- Ça va, ça va, répond Boulon.Et, sans rien dire, il se met à lui faire sa vaisselle puis aspire le corridor de <strong>la</strong> roulotte. Il éplucheaussi les pommes pour <strong>la</strong> compote.- Voilà, j’ai fini ! Tu me donnes combien ?Craquelin fait une drôle de tête quand il comprend qu’il lui parle d’argent.- Enfin, Boulon, je croyais que tu vou<strong>la</strong>is simplement m’aider !Moi, je n’aime pas donner des sous pour ça !Viens, je vais te préparer ma spécialité… du jus de choco<strong>la</strong>t !Et Craquelin fait fondre lentement de délicieux bâtons de choco<strong>la</strong>t. Hmmm !Vers quatre heures, les deux amis rassemblent leurs pièces.- Ça fait 3 € à nous deux, dit Boulon, l’air déçu.- On n’aura qu’à acheter une plus petite boîte de maquil<strong>la</strong>ge, propose Gribou.- J’espère que ça va lui p<strong>la</strong>ire et qu’elle nous excusera, poursuit Boulon.Les deux garçons partent chez le libraire etachètent une plus petite boîte à 2,80 €. Il restemême 0,20 € pour un petit-bonbon-qui-piqueà-<strong>la</strong>-framboise!Très vite, le week-end arrive. La nouvelle réuniondes Ba<strong>la</strong>dins commence.Caribou a amené sa caméra : « Et si on faisait tous unfilm aujourd’hui ! » <strong>la</strong>nce-t-il.Pistache a l’air en forme.Gribou et Boulon lui tendent le petitpaquet :- C’est pour toi, c’est à causedu dessin de Pablo,bredouillent-ils.Pistache ouvre le cadeauet reprend sa couleurtomate.- Merci, dit-elle. C’est chouette ! Vous n’étiez pas obligés ! Moi, ce qui compte c’est que vous n’alliez plusvoir dans mon coffre et qu’on s’amuse à nouveau tous ensemble.- D’ac, crient-ils.- Allez, je vais vous maquiller en clowns pour le film, propose leur copine en riant !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE80 81


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N S<strong>Un</strong>e grosse gaffe, une affreuse bêtise… on a envie de <strong>la</strong> garder pour soi !Il y aura bien un moment où ce<strong>la</strong> se verra mais bon…N’empêche que c’est lourd un secret à porter tout seul.DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE19 Cheeseburger fait de<strong>la</strong> peintureAujourd'hui, c'est samedi. Gribou attend <strong>la</strong> réunion des Ba<strong>la</strong>dins avec impatience. Papa estparti à <strong>la</strong> pêche avec le voisin, Monsieur Scampi. Maman prépare <strong>la</strong> sauce tomate pour lesnouilles du soir. Miammm ! Gribou et Cheeseburger jouent au football dans le garage.Quel match ! Gribou tire de toutes ses forces vers le but de son chien. Mais <strong>la</strong> balle ricoche sur<strong>la</strong> pédale du vélo de maman et file tout droit... vers l'étagère à peinture. Cheeseburger a f<strong>la</strong>iré <strong>la</strong>catastrophe. Il plonge. Ouf, il dévie <strong>la</strong> balle. Zut, il cogne l'étagère.Nooon ! Bing, bang, sp<strong>la</strong>tch... un gros pot de peinture verte bascule sur le capot de <strong>la</strong> nouvellevoiture de papa.La <strong>be</strong>lle voiture b<strong>la</strong>nche a maintenant une grosse tache verte sur le ventre. Gribou est effondré.Cheeseburger aussi. Gribou frotte le capot avec un vieux linge, mais <strong>la</strong> couleur ne part pas ! Queva dire papa ? Il ne faut pas qu'il voie ça !Pauvre Gribou ! A table, ce midi, il n'a rien dit, et rien mangé. Si maman savait ! A deux heures,notre ami arrive chez les Ba<strong>la</strong>dins. Pistache lui propose de jouer au ballon en attendant lerassemblement. Bizarre ! Gribou n'a pas envie de jouer au ballon aujourd'hui. Tant pis, Pistaches'en va travailler à <strong>la</strong> cabane avec Boulon et les autres.Voilà, vite les Ba<strong>la</strong>dins, c'est le rassemblement. Chouette, encore une grande histoire. Tiens, voicique surgit quelqu'un en vélo : une vieille femme déguisée moitié Batman, moitié Barbie. Elle adisjoncté. Enfin, elle a perdu <strong>la</strong> boule. Les Ba<strong>la</strong>dins proposent de l'aider à retrouver le chemin desa maison. Gribou n'a pas envie. Il a assez de problèmes avec <strong>la</strong> voiture de papa.Caribou a bien vu que Gribou avait une drôle de tête ce samedi. Il dit à l'oreille de notre copain :- Tu veux me dire quelque chose ?Gribou a envie, mais c'est un secret. Ça ne se dit pas.- Si quelque chose ne va pas, tu peux en parler à tes amis Pistache et Boulon.Bonne idée.82


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNEEt Gribou partage son secret avec eux. Ça va déjà mieux à présent.Après <strong>la</strong> réunion, les trois copains se retrouvent dans le garage, près de l'auto. Boulon croit bienque le papa de Gribou sera très très fâché.- A ta p<strong>la</strong>ce, je prendrais ma tirelire et mon baluchon et je partirais, dit-il. Je m’en irais sur les routes, deville en vil<strong>la</strong>ge, un peu comme Craquelin faisait avant !C’est vrai, Gribou a envie de partir, mais il a aussi envie de rester avec ses parents.- En plus, ce soir, ce sont des pâtes à <strong>la</strong> sauce tomate, explique-t-il à ses deux amis.Ah, mais au fait, ce serait peut-être plus simple d'en parler à maman…- J'ai une idée, crie Pistache.Il suffit de mettre une autre voiture à <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce de celle qui a une tache ! Mon papy n'utilise plus <strong>la</strong>sienne, il nous <strong>la</strong> donnera.- Je veux bien <strong>la</strong> conduire, propose Boulon. Il se voit déjà au vo<strong>la</strong>nt de l'engin, traversant fièrementtout le quartier.Gribou n'est pas d'accord : papa verra bien que ce n'est plus sa nouvelle auto !Les trois complices continuent à chercher une solution.- Le plus simple, c'est de repeindre <strong>la</strong> tacheverte avec du b<strong>la</strong>nc, dit Gribou.Alors, avec les couleurs quesaint Nico<strong>la</strong>s avaitapportées, ils colorient<strong>la</strong> tache. Ça va déjàmieux, mais <strong>la</strong> tachese voit toujours. Peut-être quemaman aurait une meilleure idée,pense Gribou.Il ne sait pas s'il peut lui dire. Mais le secretdevient vraiment très lourd à porter.Pistache et Boulon sont retournés chez eux pour souper. Gribou arrive prèsde sa maman.- Dis, maman, heu, tu sais...Maman voit bien que Gribou ne va pas bien.- Si tu me dis ton secret, ça ira peut-être mieux, glisse-t-elle doucement.Gribou se décide :- Ben, tu sais, <strong>la</strong> nouvelle auto de papa, et bien, on jouait et...A ce moment, <strong>la</strong> porte de <strong>la</strong> maison s'ouvre. Zut, c'est papa !Gribou a le cœur qui bat très vite. Il est parti se cacher au garage. Soudain, deux voixs'approchent : c'est papa qui insiste pour montrer sa nouvelle voiture à monsieur Scampi. Zut, i<strong>la</strong> vu <strong>la</strong> tache...- Papa, on ne l'a pas fait exprès, dit Gribou avec une petite voix.Il est fâché. Ça se voit bien.- On jouait et puis, à cause de l'étagère..., commence Gribou.- C'est malin, dit papa.- Je ne l'ai pas fait exprès, Cheeseburger non plus.Papa regarde <strong>la</strong> tache d'un air malheureux.- Bon, c'est vrai, tu ne l'as pas fait exprès. Mais <strong>la</strong> prochaine fois, joue au ballon dehors !Les nouilles du souper sont quand même bonnes. Papa explique à maman que le garagiste luiréparera <strong>la</strong> voiture mardi. Maman dit alors à Gribou :- Tu pouvais m'en parler tout de suite, je t'aurais aidé !Génial ! Si Gribou avait su.Le téléphone sonne : c'est Pistache et Boulon qui veulent savoir si Gribou est puni ou s'il peutvenir jouer demain avec Poly, qui a justement envie de faire… de <strong>la</strong> peinture.L’heure du dodo est arrivée. Papa vient dire au revoir à Gribou dans son lit.- Tu n'es plus trop fâché ? demande notre copain.- <strong>Un</strong> peu. Mais au moins tu n'as pas reçu le pot sur <strong>la</strong> tête. Tu imagines un Gribou avec les cheveux toutverts ? Bonne-maman t'aurait pris pour un martien !Gribou baille, une fois, deux fois, trois... Il rêve déjà. Bientôt, il ira pêcher avec son papa etmonsieur Scampi.Et demain, il ira raconter toute cette aventure à Craquelin et à Poly !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE84 85


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNELorsque l’on arrive aux Ba<strong>la</strong>dins, c’est un peu comme à l’école, on découvred’autres enfants. Et parfois parmi eux, on fait <strong>la</strong> connaissance d’un copainun peu « bizarre ». Ce<strong>la</strong> peut faire peur, mais on comprend vite que cecopain bizarre peut très vite devenir un copain comme les autres…20 La « drôle » de cousine.Ce samedi après-midi, Pistache arrive avec un peu de retard à <strong>la</strong> réunion et elle n’est pas touteseule. Elle est accompagnée de sa cousine Émeline qui <strong>la</strong> suit pas à pas et ne veut pas <strong>la</strong> lâcherd’un pouce.- Qui c’est ? demande Boulon.- C’est Émeline, ma cousine, répond Pistache.- Elle est un peu bizarre ta cousine, elle a vraiment de drôles d’yeux, et puis, elle se cache derrière toi, onlui fait peur ? questionne Gribou.- Elle n’est pas bizarre, crie Pistache, juste un peu différente, c’est tout, elle a un handicap : elle esttrisomique.Tiens, on entend le rassemblement qui commence; vite, vite, ils courent s’installer dans le ronddéjà formé par les autres ba<strong>la</strong>dins.Le grand jeu débute, Caribou fait les équipes et nos trois amis, Pistache, Boulon et Gribou seretrouvent ensemble. Émeline est également de <strong>la</strong> partie.- Chouette ! On va faire des jeux olympiques, crie Gribou.L’après-midi se déroule sans problème à part que l’équipe de nos quatre amis n’a pas <strong>be</strong>aucoupde points.Mais l’épreuve finale les attend et ils espèrent prendre leur revanche. Gribou se penche à l’oreillede Boulon et lui chuchote :- Pourvu que l’on puisse se rattraper à <strong>la</strong> dernière épreuve.- Moi aussi, j’espère qu’elle ne sera pas trop difficile, répond Boulon.Pas de bol, c’est une course de sac ! Et c’est Émeline qui est tirée au sort pour courir. Bardaf ! Aprèsdeux sauts, elle tom<strong>be</strong>. Pistache va vite l’aider. Les autres s’énervent…- Quelle nulle ! Elle n’est même pas capable de faire trois sauts d’affilée, dit Boulon.- La prochaine fois, on fera en sorte qu’elle ne soit pas dans notre équipe, lui répond Gribou.Pistache et sa cousine ont tout entendu. Émeline a les <strong>la</strong>rmes aux yeux. Pistache en a aussi grossur le cœur et en veut à ses copains. Mais c’est <strong>la</strong> fin de <strong>la</strong> réunion, sa maman est déjà là et ellen’a pas le temps de riposter.- Tu sais Pistache, Émeline est revenue très triste de <strong>la</strong> dernière réunion Ba<strong>la</strong>dins, lui explique sa tante.Ce n’est pas parce qu’Émeline est trisomique qu’elle ne comprend pas que les autres ba<strong>la</strong>dins se moquentd’elle. Et ce<strong>la</strong> <strong>la</strong> rend malheureuse.- Mais qu’est-ce que l’on peut faire, tatie ? demande Pistache.Sa tante lui prête alors un livre qui raconte l’histoire d’un enfant qui a un handicap commeÉmeline, <strong>la</strong> trisomie.- Tu pourrais peut-être demander à Caribou de lire cette histoire aux autres ba<strong>la</strong>dins…Le samedi suivant, Pistache arrive chez les Ba<strong>la</strong>dins avec sa cousine et le livre que lui a prêté satante. Elle va trouver Caribou et lui demande si elle peut raconter une histoire aux ba<strong>la</strong>dins.- Mais bien sûr, pas de problème, lui répond Caribou.Au début de <strong>la</strong> réunion, après le rassemblement, Caribou propose à tous les ba<strong>la</strong>dins d’allers’installer dans les coussins du local dans le coin lecture. Pistache s’installe face aux autresba<strong>la</strong>dins et Émeline, qui n’est plus trop à l’aise avec les autres et s’assied derrière elle. Pistache litle livre à tous les ba<strong>la</strong>dins.DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNELors de <strong>la</strong> réunion suivante, Pistache arrive juste à l’heure, mais pas de trace d’Émeline… A <strong>la</strong> finde <strong>la</strong> réunion, Pistache va chez sa cousine pour savoir pourquoi elle n’est pas venue.8687


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SCe livre raconte l’histoire d’un petit garçon trisomique qui était très malheureux jusqu’au jouroù il rencontra les clowns du cirque « Rigoletto ». Avec eux, il al<strong>la</strong>it vivre <strong>la</strong> plus grande aventurede sa vie… même si <strong>la</strong> maman de ce petit garçon n’était pas très d’accord au début ! Mais, onapprend dans l’histoire que c’est grâce à cette rencontre que le petit garçon est devenu un desmonsieurs Loyal les plus drôles du monde du cirque.Émeline qui aime <strong>be</strong>aucoup ce livre, mime Pistache qui lit.Et puis, elle reproduit par des gestes ce qui se passe dans le livre : elle fait toutes les grimacesque Pistache explique, elle fait mille et une pitreries, elle mime le faux accident de camion desclowns pompiers en faisant quelques cabrioles et comme le camion du livre, s’écrase contre lemur, enfin … elle fait semb<strong>la</strong>nt ! Elle mime aussi <strong>la</strong> tête fâchée de <strong>la</strong> maman du livre et <strong>la</strong> minegrincheuse du petit garçon qui se fait disputer. Et tout ce<strong>la</strong> fait <strong>be</strong>aucoup rire les ba<strong>la</strong>dins.- Waouh ! Trop fort <strong>la</strong> toupie, s’exc<strong>la</strong>me Gribou lorsqu’Émeline commence à tourner de plus en plusvite sur elle-même.- C’est dingue toutes les imitations qu’elle sait faire, dit Amandine.Tous se sont bien amusés et c’est alors que les ba<strong>la</strong>dins se rendent compte qu’Émeline estvraiment très chouette.- Pas si nulle ni si bizarre que ça <strong>la</strong> cousine de Pistache, dit Boulon.Ils posent alors des tas de questions sur <strong>la</strong> trisomie à Émeline et à Pistache. Elles leur répondentdu mieux qu’elles peuvent. Et Caribou ajoute l’une ou l’autre précisions.- Hé Émeline, comme t’es fortiche en mimes, tu pourrais nous aider ! On aimerait bien faire un spectaclesurprise pour l’anniversaire de Craquelin, dit Pistache.- Et si on commençait tout de suite, propose Caribou.Tous les ba<strong>la</strong>dins demandent alors à Émeline de les aider à mimer différentes choses : Craquelinqui joue du banjo, Poly qui joue à faire des plongeons comique… Tous rigolent <strong>be</strong>aucoup, mêmeÉmeline et Pistache qui n’en veulent plus du tout à Gribou et Boulon.Sûr que <strong>la</strong> préparation de ce spectacle sera une <strong>be</strong>lle partie de fous rires et une grande mise enscène !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE89


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SA six ans, on commence à bien comprendre que <strong>la</strong> mort, c’est pour toujours.Perdre un membre de sa famille, tellement importante depuis des années,c’est dur. Alors, on cherche à comprendre et les copains sentent bien qu’ilfaut un peu aider.DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE21 La mamie de PistacheAujourd'hui, les Ba<strong>la</strong>dins sont en pleine activité. Ils achèvent de préparer leur spectacle pour <strong>la</strong>fête du quartier. Ils le présenteront samedi prochain sur une grande scène, au milieu de <strong>la</strong>p<strong>la</strong>ce. Gribou termine quelques étoiles pour le décor. Domino découpe une cape pour son costumede chevalier. A l’autre bout du local, quatre enfants répètent une chanson qu’ils ont inventée.Mais où est Pistache ?La réunion est commencée depuis longtemps : elle devrait déjà être là.- C’est bizarre, dit Gribou, elle était à l’école hier.- Si on avait un téléphone dans le local, ce serait facile, intervient Mandarine.- Gribou et moi, on pourrait aller voir chez elle, propose Boulon.Boulon et Gribou aiment <strong>be</strong>aucoup quand Pistache est là. Et puis, elle doit jouer Esmeralda dans <strong>la</strong>pièce ! Avec le turbo-skateboard de Boulon, nos deux amis seraient vite chez elle. C'est décidé, ilsvont <strong>la</strong> chercher. Cheeseburger leur ouvre <strong>la</strong> route.- Driiing driiing driiiiiiiiing.Gribou sonne longtemps à <strong>la</strong> porte de Pistache... Elle finit par ouvrir.- Ben alors, qu'est-ce que tu fais ? dit Gribou.Tu ne viens pas à <strong>la</strong> réunion ? On t’attend pour le spectacle !- Non, pas aujourd’hui, répond <strong>la</strong> petite fille.Mais ça alors, elle qui adore venir chez les Ba<strong>la</strong>dins ! Que se passe-t-il ?La maman de Gribou arrive sur le seuil. Elle a de gros yeuxtout rouges.- Ecoutez les Ba<strong>la</strong>dins, Pistache n’a pas envie de venir parce qu'elle esttriste. Sa mamie est morte hier à l’hôpital.- Morte pour toujours ? demande Boulon doucement.- Oui pour toujours, répond <strong>la</strong> maman de Pistache.- Si tu veux, on reste près de toi, propose Gribou.Pistache a envie de leur dire merci, mais les mots sont calésdans sa gorge. Son cœur lui fait très très mal. Alors... les deuxgamins s’en vont, à petits pas.90


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNEQuand ils rentrent au local, ils expliquent aux autres ce qui arrive à Pistache. Les Ba<strong>la</strong>dins saventbien que c‘est ennuyant sans Pistache : comment fera-t-on pour le spectacle ?- Elle viendra peut-être, mais pour le moment, elle est très triste, explique Caribou.- C'est vrai, répond Mandarine, elle est sûrement très triste.Les Ba<strong>la</strong>dins reprennent leur travail. Puis vient le bon goûter. Domino explique que lui, c’est songrand-père qui est mort quand il était petit. Il sait bien qu’on est très triste quand quelqu’un qu’onaime quitte <strong>la</strong> terre.- Qui a une idée pour consoler un peu Pistache ? demande Caribou.- On n’a qu’à fabriquer une carte avec un dessin de nous, propose Mandarine.- On peut lui envoyer des fleurs qui sentent très bon, dit Gribou.Boulon ne dit pas grand chose : il n’est pas triste pour <strong>la</strong> Mamie de Pistache parce qu'il ne l’a jamaisvue. Il est triste parce que Pistache est triste à <strong>la</strong> maison.Chez elle, Pistache est assise dans les bras de son papa. C’est drôle, il tremble un peu en <strong>la</strong> serrant.Ce n’est pas comme les autres fois.- Papa, où elle va Mamie ?- Je ne sais pas, c’est difficile. Au paradis, je crois.- On ne <strong>la</strong> verra plus ici ?- Non, mais si tu penses à elle, si tu te rappelles tout ce qu’elle faisait avec toi, elle sera toujours un peu là.Ce soir-là, Pistache s'est endormie en pensant très fort à Mamie. Elle rêve. Mamie est là, dans lejardin. Elle lui apprend à aller à vélo toute seule.- Je vais tom<strong>be</strong>r ! crie Pistache.- Mais non, regarde comme tu roules bien, sourit Mamie.Maintenant, elle fait des crêpes avec Mamie. Comme Mamie a bien le temps, Pistache peut faire <strong>la</strong>pâte elle-même. <strong>Un</strong> jour, elle apprend même à retourner les crêpes. Et si elles tom<strong>be</strong>nt, Mamie nese fâche pas.Pistache rêve aussi du grand pot à bonbons de Mamie. Elle se souvient des longs livres qu'elle lisaitavec sa voix légère. Et elle repense aux grands dîners qu’on faisait chez elle le dimanche. Pistachedort maintenant. Elle a les yeux fort rouges, mais son cœur est content : elle a eu une Mamie en or.Trois jours ont passé. Mercredi matin, accrochés à <strong>la</strong> grille de l’école, Boulon et Gribou attendent.Mais Pistache n’est toujours pas là.- On va lui dire bonjour cet après-midi ! s'exc<strong>la</strong>me Gribou.- Tu crois ? demande Boulon.- Oui, il ne faut pas <strong>la</strong> <strong>la</strong>isser toute seule !Dring dring.- Bonjour madame, dit Gribou, on peut jouer avec Pistache ?- Venez, elle est dans le salon, répond <strong>la</strong> maman de Pistache.Boulon <strong>la</strong> trouve très jolie ; il lui fait un grand sourire.- J’ai une idée, dit Boulon à Pistache, si tu veux, je pourrais te prêter ma Mamie. Elle est chouette, tu verras.Elle a assez de temps pour nous deux!- Ben, non, c’est <strong>la</strong> tienne, répond Pistache. C’est ma Mamie à moi qui me manque.- On joue ?! <strong>la</strong>nce Gribou.Pistache retrouve le sourire.Boulon est rassuré.Il ose enfin lui demander :- Tu feras Esmeralda samedi au spectacle ?- Peut-être, je ne sais pas, hésite Pistache.- Tu sais, ta mamie, elle te verra du ciel et elle sera très contente. Elle se mettra à côté de saint Nico<strong>la</strong>s et ellet’app<strong>la</strong>udira !- Et puis, ajoute Gribou, Craquelin et Poly ont promis qu’ils viendraient voir notre spectacle.Pistache sourit à l’idée que Poly va encore faire rire tout le monde avec son drôle de rire bien àlui.Papa et maman sont venus voir le spectacle des Ba<strong>la</strong>dins. Toute <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce s’amuse avec leurschansons, leurs danses et leurs bêtises. Quand vient le spectacle du Bossu, Esmeralda danse comme<strong>la</strong> plus <strong>be</strong>lle des bohémiennes. Papa et Maman l’app<strong>la</strong>udissent très fort. Saint Nico<strong>la</strong>s et Mamieaussi.- « Elle est vraiment, elle est vraiment, elle est vraiment phénoménale », <strong>la</strong>nce Boulon.Le cœur de Pistache bat très fort.La vie c’est quand même gai !A bientôt les amis!DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE92 93


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SCe n’est pas parce qu’on nous apprend à lire qu’on n’a plus droit au p<strong>la</strong>isirde se faire raconter une histoire! On finirait par ne plus avoir envie degrandir!DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE22 Et mon histoireQuelle chouette journée ! Aujourd’hui, c’était <strong>la</strong> fête. Gribou a eu 7 ans. Boulon, Pistache et lescopains viennent de partir. Ils ont fait les fous tout l’après-midi avec Gribou dans le jardin.Papa, lui, ne fait pas le fou : il est en train de manger le reste du gâteau !Maintenant, au lit Gribou ! Il range sur son étagère l’escargot en plâtre que lui a apporté Pistache.Pourvu qu’il ne ronfle pas aussi fort que son Marsupi<strong>la</strong>mi ! Maman arrive pour lui faire un grosbisou et lui mettre <strong>la</strong> couette jusqu’au nez. Chouette, c’est l’heure de l’hist... Mais,... elle s’en vadéjà !!!- Maman !... Et mon histoire ? demande Gribou.Maman n’a même pas pris le livre avec tous les contes.- Tu sais maintenant tu es grand, lui explique-t-elle. Tu sais presque lire tout seul. Tu veux le conte del’Eléphant myope ? Tu le connais bien, ce sera plus facile! Ou, tiens, si tu prenais celui que Boulon t’a offertsur les papillons, il est <strong>be</strong>au...Gribou fait <strong>la</strong> grimace. Ça vaut bien <strong>la</strong> peine d’avoir son anniversaire !Le lendemain à l’école, Gribou raconte tout à Boulon et à Pistache. Ses deux amis n’en reviennentpas.- Mais c’est pas juste, dit Pistache. Et que vont devenir les sorcières, les gnomes, les monstres, les loups.- Ils vont s’ennuyer à mourir ! ajoute Boulon.Boulon a déjà une idée.- Allons échanger le livre de papillons contre un vrai livre d’aventures.A quatre heures, nos trois amis vont trouver <strong>la</strong> madame de <strong>la</strong> librairie.- <strong>Un</strong> cadeau, c’est précieux, dit-elle. Et puis, les papillons, c’est très intéressant.Rien à faire : elle ne veut pas !Le soir, Gribou attend le coucher l’esprit tourmenté. Peut-être maman changera-t-elle d’avis, quisait ?C’était gai les histoires. En plus, elle m’en lisait rien que pour moi. Gribou saute dans son lit etappelle sa maman... Qui vient, l’embrasse, lui parle un peu... Mais pas d’histoire. Cinq minutesplus tard, le téléphone sonne : c’est Boulon qui se demande si Gribou a eu son histoire. Bon sang,se dit-il, il faut faire quelque chose !94


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SDES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNEBoulon ne dort pas très bien cette nuit-là. Il rêve. Il rêve qu’il retéléphone à <strong>la</strong> maman de Griboupour lui dire que c’est vraiment trop injuste et que lui, il en lirait des histoires à Gribou, s’il savaitlire... Il rêve aussi que le lit de Gribou se transforme en une grande bibliothèque qui parle. Il rêveencore que Poly et Craquelin arrivent chaque soir avec <strong>la</strong> roulotte pour venir raconter quelquechose à tous les enfants qui ont eu un anniversaire de trop.Le lendemain, Boulon se lève avec une autre idée : « On part plus tôt pour l’école et sur le chemin,on demande une histoire aux gens. Tout le monde connaît des histoires ! » Hé<strong>la</strong>s, madame Cougnou, <strong>la</strong>bou<strong>la</strong>ngère, est pressée. Monsieur Sifflet, le policier, est trop occupé.Par contre, Monsieur Al<strong>be</strong>rt, l’ancien directeur de l’école a tout le temps.Il commence à raconter aux enfants qu’avant, il y a longtemps, chacun venait à l’école avec unebûche de bois pour le poêle. Il n’y avait pas d’ordinateurs, pas de télé. Le soir, on racontait... deshistoires près du feu !- Haa, si on pouvait remonter le temps, se dit Gribou, j’ai vraiment eu trop d’anniversaires.Enfin, arrive le samedi et <strong>la</strong> réunion des Ba<strong>la</strong>dins. Là, c’est génial : il y a toujours des histoiresavec de drôles de personnages. Parfois, ce sont les animateurs qui se déguisent. Alors nous, onfait semb<strong>la</strong>nt de les croire et à force de faire semb<strong>la</strong>nt, on finit par vraiment les croire ! Boulon aexpliqué le problème de Gribou aux autres.Tous veulent l’aider et se mettent à chercher une idée terrible.Et c’est Boulon qui <strong>la</strong> trouve. <strong>Un</strong>e idée qui va tout changer.- Fabriquons un téléphone secret pour <strong>la</strong> chambre de Gribou !- Et on lui racontera des histoires nous-mêmes par téléphone.C’est parti pour le téléphone : deux pots de yaourt vides etbien <strong>la</strong>vés, deux petits trous dans le fond, un fil bien solidepour relier le tout, et le tour est joué !Mais il faut aussi des histoires !- Allons voir Tom Glounch, suggère Pistache.- Qui ? demandent les autres.- Tom Glounch, le Farfadet de <strong>la</strong> Forêt de Tout Près.Celui qui a deux petits pieds : un à l’endroit, l’autre à l’envers!Mais si, Craquelin nous en a parlé dernièrement, c’est un de sesvieux copains.Les Ba<strong>la</strong>dins retrouvent les traces de Tom Glounch :c’est très pratique ce genre de pieds. Seulement, c’esttoujours difficile de savoir dans quel sens il marche.Les Ba<strong>la</strong>dins partent dans les deux sens et finissent par le trouver endormi dans l’énorme troncd’un vieux chêne.- Amigos Ba<strong>la</strong>dinos, leur dit-il.Monsieur Glounch connaît toutes les <strong>la</strong>ngues. Et quand il ne sait pas, il invente des mots,- Qué bia rutorez ilouli vou ? demande-t-il.- Vous n’auriez pas quelques histoires pour nous ? demande Boulon.D’un bond, le Farfadet s’enfouit très loin sous terre. Il revient, un peu plus sale qu’avant, avec ungros cahier.- Jo vos propose histoire do Grobou quo revient à <strong>la</strong> moson ovoc des zéros partout sur son bolletin... O bien,celle do Mandorine dont <strong>la</strong> moson s’envole...- Ce ne sont pas des histoires pour s’endormir, ce sont des cauchemars !Le Farfadet est vexé.- Prenoz ce lovre à colorier et invontez les histoires vous-mômes ! leur crie-t-il.Et les Ba<strong>la</strong>dins repartent, un peu contents et un peu déçus à <strong>la</strong> fois.Dans le livre, il y a un dessin de clown.- On pourrait dire que c’est son anniversaire aussi, propose Pistache.- Et qu’il invite tous ses amis, continue Boulon.Et ils préparent une grande histoire avec ça.Ils répètent avec le téléphone : ça marche !Le soir, Boulon et Pistache sont cachés dans le jardin de Gribou, près du bar<strong>be</strong>cue. Ils appellentCheeseburger, le chien de Gribou.- Va porter le cornet de téléphone et les images à Gribou !Sur <strong>la</strong> pointe des pattes, Cheeseburger apporte tout ce qu’il faut à Gribou.Alors, Pistache et Boulon se mettent à lire une grande histoire à Gribou. Il y a des clowns, desanimaux, un cirque, de <strong>la</strong> musique et Gribou adore ! Il se dit que demain, c’est lui qui en lira uneà ses amis.Le problème c’est que, dans <strong>la</strong> chambre à côté, Papa doit tendre l’oreille, parce que lui aussi adoreles histoires, et qu’il essaie d’écouter discrètement ce que les copains de Gribou lui racontent…Alors, il se faufile sur <strong>la</strong> pointe des pantoufles vers <strong>la</strong> chambre de Gribou.- Qu’est-ce qui se passe avec le nez du clown ? demande-t-il impatient.- Chut, lui fait Gribou... Viens écouter...Papa et Gribou se partagent l’écouteur. <strong>Un</strong> quart d’heure après, ils dorment. Alors maman arriveet les borde en riant. Elle se dit que, décidément, il n’y a pas d’âge pour aimer les histoires, et quesi tout le monde est bien gentil, elle racontera encore une <strong>be</strong>lle histoire de temps en temps… Alors,bonne nuit et à bientôt !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE96 97


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SChez les Ba<strong>la</strong>dins, on s’amuse toujours, enfin presque toujours ! Il arriveparfois que l’on n'ait pas envie de participer au jeu ou à l’activité, parceque l’on est fâché avec son copain, parce que l’on est triste, parce que l’onn’a pas eu le choix. Mais bien souvent, il suffit de pas grand-chose pourretrouver ses amis et s’amuser au maximum.DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE23 J’ai pas envie !Boulon est content; cet après-midi, il y a réunion Ba<strong>la</strong>dins. Ce<strong>la</strong> fait deux semaines qu’il n’y enavait plus eu car c’était les vacances et il est impatient d’y être.Ca y est, c’est l’heure…Il retrouve tous les autres ba<strong>la</strong>dins mais surtout Gribou et Pistache, ses deux meilleurs amis ! Queljeu vont-ils faire aujourd’hui ? <strong>Un</strong> Stratégo géant, leur explique Musti, leur nouvelle animatrice.- Wouaw, ça va être chouette ! disent les ba<strong>la</strong>dins tous en chœur.Tout d’un coup, Boulon est moins content de ce jeu. Il vient d’entendre les noms des membresdes deux équipes.- Dans l’équipe des Bleus, dit Musti, il y a Gribou, Pistache, Marine, Arthur et Maya.Chacun à leur tour, ils se lèvent pour aller prendre le bandeau qu’ils devront porter sur <strong>la</strong> tête.- Chez les Rouges, continue Musti, nous trouvons donc Cerise, Eloïse, Boulon, Lucas et Odile.Quand il entend son nom, Boulon se lève et va chercher son bandeau en traînant les pieds.Le jeu commence, mais Boulon reste assis dans son camp.Caribou a bien remarqué que quelque chose n’al<strong>la</strong>it pas et il va rejoindre Boulon.- Que se passe-t-il ? lui demande-t-il.- Je ne suis pas avec Gribou et Pistache, dit Boulon d’un ton boudeur.- Tu sais, lui répond Caribou, on ne peut pas toujours être avec ses amis. Et c’est justement comme ce<strong>la</strong>que tu peux te faire de nouveaux copains !- J’ai pas envie… répond Boulon.Caribou <strong>la</strong>isse Boulon un peu seul et va voir si tout se passe bien dans l’équipe des Bleus.Boulon n’est pas totalement convaincu par ce que lui a dit Caribou et il continue à regarder lesautres jouer de loin.Caribou décide d’aller trouver Lucas et Cerise. Il leur explique que Boulon boude parce qu’i<strong>la</strong>urait voulu être dans l’équipe des Bleus avec Gribou et Pistache.- Et puis, il ne vous connaît pas bien, dit Caribou. Il a donc un peu peur de venir jouer avec vous.- Peut-être que si on va le chercher et qu’on lui explique notre p<strong>la</strong>n pour gagner, il voudra bien venir joueravec nous, explique Cerise.- Oui, c’est une très bonne idée, répond Caribou.Pendant ce temps, Boulon les observe de loin.98


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SRouges alors j’ai boudé mais comme je me suis bien amusé aussi avec l’équipe des Rouges et des Bleus !Maman n’a pas tout à fait bien compris ce que lui a raconté son petit Boulon chéri, mais ce qu’ellesait c’est qu’il s’est bien amusé !DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE- Ils ont l’air d’avoir trouvé une bonne tactique pour pouvoir avancer leurs pions, se dit Boulon; toutcompte fait, j’irais bien les rejoindre.C’est à ce moment que Cerise le rejoint et se fait une joie de lui expliquer <strong>la</strong> tactique mise au pointpar l’équipe des Rouges.- Approche, lui dit-elle, comme ça les autres ne pourront pas entendre ! Psst, psst…Cerise lui dit tout dans l’oreille.- Ok, dit Boulon. J’ai compris !Tous ensemble, les Rouges s’entraident pour réussir les différentes épreuves. Et finalement, ilsparviennent à aller prendre le drapeau dans le camp des Bleus.- On a gagné !!!Cerise, Boulon, Eloïse, Odile et Lucas sautent de joie.L’équipe des Bleus avait presque réussi elle aussi mais les Rouges ont été un peu plus rapides,donc ils ne sont pas déçus.Tous ensemble, ils rentrent au local pour manger les gâteaux que les animateurs ont préparés.La réunion est finie… mais ils se revoient tous le prochain samedi !Boulon rentre chez lui et espère que <strong>la</strong> semaine passera vite pour pouvoir retrouver Lucas, Cerise,Eloïse et tous les autres samedi prochain.- Tu vois maman, raconte Boulon, aujourd’hui on a joué au jeu du Stratégoet c’était un peu moyen-sympa parce qu’en fait, j’étais dans l’équipe desRouges avec Lucas, alors que Gribou et Pistache étaient dans l’équipedes Bleus… Mais on a gagné mais si je ne vou<strong>la</strong>is pas être dans l’équipedes Rouges, parce que Musti, elle m’avait dit d’aller avec l’équipe desLa semaine suivante, Musti leur annonce :- Pour l’activité d’aujourd’hui, vous pouvez choisir avec qui vous voulez être. Vous devez former deséquipes de quatre.Pistache, Gribou et Boulon décident d’être dans <strong>la</strong> même équipe mais il manque une quatrièmepersonne !- On peut demander à Lucas de venir avec nous ? propose Boulon. J’étais dans son équipe <strong>la</strong> semainedernière pour le Stratégo et il est vraiment sympa !- Je ne sais pas, répond Pistache, moi je ne le connais pas.- T’inquiète pas, dit Boulon, tu vas voir comme c’est chouette de se faire un nouveau copain…DES HISTOIRES DE LA VIE QUOTIDIENNE100 101


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SHistoiresdutemps d’ avantlecampLe camp ! Depuis le jour de l’inscription chez les Ba<strong>la</strong>dins,qu’est-ce qu’on en parle dans les chaumières et les appartements !Fameuse aventure pour le Ba<strong>la</strong>din! Alors, autant se raconter plusd’une fois que ce serait génial, même si on a un peu peur !Après l’histoire, on peut évidemment apprendre les deux chansonspour le camp contenues dans le CD Le Ba<strong>la</strong>blues !102103


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SGribou s’apprête à partir. <strong>Un</strong> voisin lui a offert un super sac. Mais bon, ilva falloir aussi préparer celui de Cheeseburger. C’est évident dans <strong>la</strong> têtede notre Ba<strong>la</strong>din : il vient aussi !HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP24 La valise de CheeseburgerAujourd’hui, à <strong>la</strong> récré, Boulon est arrivé en expliquant à tout le monde comment on faisaitun camp : on prend des branches, de <strong>la</strong> ficelle, et on camoufle tout.Pistache a éc<strong>la</strong>té de rire :- C'est pas vrai ! Ce n'est pas ça un camp ! Moi je le sais parce que Pépé Alphonse nous a raconté toutesses histoires de quand il était scout ! Et il a même donné son gros sac à dos vert à Gribou parce que c’estson voisin !Même si ce que dit Pistache est vrai, Boulon n'a pas <strong>be</strong>aucoup aimé qu'on se moque de lui.Et en par<strong>la</strong>nt de camp, celui des Ba<strong>la</strong>dins, c’est pour très bientôt. Mais cette année, ce n’est pas uncamp comme les autres : ils ont été invités par un vieux marin, le capitaine Rollmops.Il voudrait réparer son bateau pour partir revoir un vieil ami en Chine.Gribou rêve au bateau du capitaine, aux cabines pour dormir, au grand réfectoire pour mangerensemble.Demain, il fera son sac, celui que Pépé Alphonse lui a donné : il vaut mieux être prêt !Le lendemain matin, Gribou se lève tôt.Des bottes pour les grandes aventures, un pull pour chanter le soir près du feu.- Faut-il prendre mon jeu électronique ?Bof... je n'aurai pas le temps de jouer à ça.Et là, dans <strong>la</strong> grande poche, je vais mettre une boîte de boulettes sauce tomate, pour si j'avais faim.Au dîner, Gribou explique à son papa que son sac est prêt. Et il demande à sa maman :- Quand est-ce qu'on fera celui de Cheeseburger ?- Mais un chien, ça ne va pas au camp des Ba<strong>la</strong>dins !Gribou insiste, alors papa soupire et dit :- On verra bien !- On verra, on verra... c'est tout vu, c'est foutu, pense Gribou désespéré.Comme toujours quand il a un problème, Gribou saute sur le téléphone pour prévenir ses amis.Boulon arrive par <strong>la</strong> première trottinette. Avec <strong>la</strong> voile qu'il a installée, ça va <strong>be</strong>aucoup mieux.104


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SHISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMPNos amis font une réunion secrète.- On pourrait rétrécir le chien, avec une machine. J'ai vu ça dans un film, propose Boulon.Il se <strong>la</strong>nce dans un grand dessin pour expliquer à Gribou.- Comment on fera pour lui rendre sa taille normale après ?La question de Gribou ennuie Boulon.- Alors, séparons-le en morceaux. Chacun cachera une partie dans son sac.Gribou veut qu'on en parle à Pistache.- Elle va encore se moquer de moi, proteste Boulon.Finalement, ils partent quand même chez Pistache. Elle est un peu fâchée : elle aussi vou<strong>la</strong>it venirà <strong>la</strong> réunion secrète.- Tu t'étais moqué de moi avec le camp, explique Boulon.- C'était juste pour rire, répond-elle.Et elle fait un gros bisou sur <strong>la</strong> joue de Boulon... qui va <strong>be</strong>aucoup mieux.- L'année dernière, il n'y avait pas de chien au camp et on s'est amusé comme des fous quand même,raconte-t-elle.Mais Gribou n'a pas envie d'abandonner complètement Cheeseburger. Ses amis le comprennent bien.- Alors, il faut lui fabriquer des desserts pour une semaine !Vite, tout le monde à <strong>la</strong> cuisine.Boulon a décidé de transporter les desserts dans son sac. Il enlèvera le savon et les essuies pourgagner de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce.- Non ! Il faut se <strong>la</strong>ver sinon ce n'est pas gai pour les autres, et puis on se sent bien mieux quand on estpropre, s'exc<strong>la</strong>me Pistache.Décidément, nos amis ne sont jamais d'accord.- Moi en tout cas, j’en ai assez de toutes ces cachotteries, continue Pistache. Si on ne trouve pas desolution, je vais tout raconter à quelqu’un !Puis elle réfléchit et se dit que ce n'est pas très chouette de raccuser ; Gribou et Boulon sont sescopains !- Et si on demandait à tous les Ba<strong>la</strong>dins pour que Cheeseburger vienne.- D'accord, on demande au conseil samedi, répondent les deux garçons.A <strong>la</strong> réunion, on joue <strong>be</strong>aucoup et on se dit que ce sera encore plus gai d'avoir une semaine pours'amuser avec tous les autres...Puis, on fait un grand conseil : tout le monde donne son avis. Les Ba<strong>la</strong>dins et les animateurs sontd'accord pour que Cheeseburger vienne. Mais il faudra le garder en <strong>la</strong>isse pour ne pas qu'il ailletaquiner les poules de <strong>la</strong> mère Donzelle, <strong>la</strong> voisine du Capitaine Rollmops.Cheeseburger sera donc le gardien du bateau. Gribou est ravi. Il participe avec encore plus de joieà <strong>la</strong> suite de <strong>la</strong> réunion. Les Ba<strong>la</strong>dins écrivent les menus, préparent les malles et des décorationspour em<strong>be</strong>llir <strong>la</strong> maison et le bateau.Enfin ! Le jour du départ est arrivé. Gribou est un peu inquiet pour ses parents. Qui va s'occuperd'eux ? Cheeseburger a mis son plus <strong>be</strong>l uniforme. Tout le monde semble bien content de partir.Craquelin et Poly sont même venus assister au départ. Craquelin a pris sa mandoline pourapprendre à tout le monde, enfants et parents, une jolie chanson pour ce moment un peu spécial.Lorsque le train entre en gare, les Ba<strong>la</strong>dins bondissent de joie.- Encore un bisou maman, demande Boulon.Cheeseburger hésite un peu. Ses yeux ba<strong>la</strong>ncent entre Gribou et ses parents. Il ne va quand mêmepas les <strong>la</strong>isser tous seuls à <strong>la</strong> maison !Assis contre <strong>la</strong> vitre du wagon, Gribou a le cœur un peu gros.Cheeseburger ne verra jamais le Capitaine Rollmops.- Il viendra avec nous samedi, pour <strong>la</strong> fin du camp, lui ditPistache.- Il nous aidera à tirer les valises, crie Boulon.Si on chantait maintenant ?Quel concert dans le train !Le contrôleur trouve ça tellement gai qu'il se met à danseravec Gloubiboulga, <strong>la</strong> cuisinière du camp. Boulon est partivérifier les billets à sa p<strong>la</strong>ce. Et Gribou bat <strong>la</strong> mesure avecson tam-tam. Le camp, c’est génial !Et après ?On pourrait faire une petite animation sur le thème « Qu’est-ce que tuvoudrais emporter dans ta valise ou dans ton sac autre que des vêtements ? ».Chacun reçoit une feuille représentant une valise et dessine ses rêves dessus.On peut partager en petit groupe et évoquer ainsi une première fois lecamp !HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP106107


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N S<strong>Un</strong>e dispute avec une copine, ce n’est pas rien, ce<strong>la</strong> fait perdre un peuconfiance. Surtout avant un grand départ comme le camp !Mais heureusement, tout peut s’arranger…HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP10825 Pistache hésiteCe matin, c’est décidé : Gribou fera sa valise pour le camp. Depuis qu’il a reçu son carnet, iltrépigne. Aujourd’hui, maman est prête pour l’aider un peu.- N’oublie pas tes moufles et ton écharpe, crie-t-elle dans l’escalier.Ah ! Sacrée maman, elle croit que Gribou part chez les Esquimaux en plein hiver.Pistache termine aussi sa valise.Tiens, comme elle a l’air tristounette. Elle n’a pas très envie de partir au camp cette année. A cause de sadispute avec Sauvette.Et aussi à cause de son papa, qui vient de rentrer d’un long voyage.- Je suis obligée d’y aller ? demande-t-elle à sa maman.- Mais tu verras, ce sera très gai : tu vas jouer tout le temps, rassure Maman.Le soir, Gribou s’endort très vite. Demain, c’est le départ. Il rêve de petits ruisseaux, de pantins qu’onfabrique tout seul, de grandes courses dans les prairies, d’un lit superposé pour dormir plus près desétoiles...Mais Pistache, elle, ne parvient pas à s’endormir. Elle a un peu mal au ventre.- Est-ce que les autres joueront avec moi ? se demande-t-elle.- Et si Sauvette ne veut plus me parler ?- Et si...Voilà, le jour se lève. Après le déjeuner, on partira. Sur <strong>la</strong> route du local, Gribou croise son copain Boulon.Il pilote sa valise téléguidée.Ses parents le suivent en camionnette. Son petit frère, Mario, boude : quand Boulon est là, ça l’ennuie. Maisquand il part, c’est encore pire !Vite, les Ba<strong>la</strong>dins, c’est le rassemblement ! Caribou explique aux parents que tout ira très bien. Et puis, ilinvite les Ba<strong>la</strong>dins à aller faire un gros bisou à leur famille.Pistache a un peu envie de pleurer.Son papa lui chuchote :- A bientôt ma grande, quand tu rentreras, on jouera <strong>be</strong>aucoup ensemble !Boulon vient <strong>la</strong> chercher.- Allez Pistache, grimpe sur ma valise, c’est rigolo !Après une bonne heure de chansons dans le train, les Ba<strong>la</strong>dins arrivent à Vignoles. La maison de campest <strong>be</strong>aucoup plus vieille que Gribou ne l’avait imaginée mais elle est chouette quand même. On dirait unpetit château...


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SHISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMPAu moment où <strong>la</strong> <strong>ribam<strong>be</strong>lle</strong> s’approche des escaliers d’entrée, <strong>la</strong> porte s’ouvre. <strong>Un</strong>e <strong>be</strong>lle dame apparaît.Tout le monde reste muet devant sa <strong>be</strong>auté.- Mes amis, j’ai <strong>be</strong>aucoup entendu parler de vous. <strong>Un</strong> vieil ami, qui vit dans votre quartier, avec son poney et saroulotte m’a dit que vous étiez tout prêts à rendre les autres heureux. Figurez-vous que je dois partir d’urgenceen Bretagne soigner une vieille tante. Pouvez-vous vous occuper de mon manoir et des habitants de ce vil<strong>la</strong>geà ma p<strong>la</strong>ce ? Dans six jours, ce sera <strong>la</strong> fête des Framboises, mais hé<strong>la</strong>s, mes fidèles comédiens doivent venir avecmoi en France. J’espère que vous saurez les remp<strong>la</strong>cer pour animer <strong>la</strong> fête.Les Ba<strong>la</strong>dins sont très étonnés. La <strong>be</strong>lle dame confie <strong>la</strong> clé du manoir à Boulon. Et puis, elle disparaît.Tout le monde s’installe dans les chambres. Gribou dort à coté de ses copains. Pistache vou<strong>la</strong>it dormirprès de Sauvette, mais Sauvette a choisi Cachou. Elle se met finalement au-dessus d’une petite fille qu’ellene connaît pas bien. Boulon organise déjà le concours de <strong>la</strong>mpe de poche. Dans son sac, il y a aussi sonnounours, mais il n’ose pas le sortir.Toute <strong>la</strong> journée, les Ba<strong>la</strong>dins jouent. C’est très gai. Et le soir, pour le premier souper, il y a des crêpes : lerêve ! Arlequin, le cuisinier est très sympa. Le soir, Gribou et les autres chantent autour d’un feu. De joliesf<strong>la</strong>mmes dansent. Puis, les <strong>la</strong>mpes s’éteignent et les paupières se ferment une à une.- Hé, remarque Boulon, Gribou a pris Edgard, son nounours.Alors, discrètement, il sort son nounours de <strong>la</strong> valise téléguidée et le serre contre lui. Ça fait du bien.<strong>Un</strong> jour passe, un deuxième, un troisième. Ce midi, il y a des haricots. Gribou déteste. Heureusement,Boulon adore et mange <strong>la</strong> part de son copain. Pistache n’aime pas non plus les haricots, mais elle goûteun peu.- C’est un peu comme les bananes, mais c’est plus fin et plus vert ! lui explique Arlequin.Le reste de <strong>la</strong> journée, on fait des grands jeux et on prépare <strong>la</strong> fête du vil<strong>la</strong>ge. Et le soir, chacun dit tout cequ’il a bien aimé faire et tout ce qu’il a découvert.La fête approche. Mais les Ba<strong>la</strong>dins sont souvent dérangés dans leurs préparatifs par de drôles de gens.Ainsi, ce matin, est arrivé un grand monsieur au regard très sévère.- Je suis monsieur Terrible, maître d’école. Et vous ?Les Ba<strong>la</strong>dins ont expliqué qu’ils remp<strong>la</strong>çaient <strong>la</strong> Princesse et ses artistes.- Et vous n’allez pas à l’école ? a rouspété Monsieur Terrible.- Non, monsieur nous sommes aussi en vacances ! a répondu Pistache.- C’est ce qu’on va voir..., a ricané l’étrange bonhomme.Depuis que ce monsieur est arrivé, les Ba<strong>la</strong>dins rient <strong>be</strong>aucoup... encachette !Soudain, monsieur Terrible se lève et dit :- C’est l’heure des devoirs mes amis !- Il est fou celui-là, se dit Boulon, en lui faisant une vi<strong>la</strong>ine <strong>la</strong>ngue.- Il ne comprend pas à quoi ça sert les vacances, ajoute Gribou.- Si on lui montrait, propose Pistache.L’idée est appréciée par tous. Même par Sauvette.Alors, les Ba<strong>la</strong>dins essaient d’apprendre à jouer à monsieur Terrible. D’abord, il faut lui fabriquer uncostume plus gai. Et puis, lui apprendre à se cacher convenablement. Et lui montrer comment ça marcheavec les pistolets à eau.- Ri-di-cu-le, dit Monsieur Terrible chaque fois qu’on lui montre quelque chose.- Ce-n’est-pas-sérieux-du-tout, se p<strong>la</strong>int-il. Si on faisait une dictée ou du calcul ?Celui-là est plus sourd que les pots de fleurs de Tante Flébite. A <strong>la</strong> veillée, il a même voulu amener sontableau. Finalement, on a joué au Pictionary avec.- Ri-di-cu-le, a dit Monsieur Terrible.- Tu ne sais pas dessiner, lui a crié Boulon.Il n’aurait jamais dû dire ça.Monsieur Terrible est devenu rouge comme une vieille tomate. Il a pris le marqueur et a commencé àdessiner des animaux incroyables, de toutes les couleurs, de toutes les formes.- Ex-ce-llent ! ont crié les Ba<strong>la</strong>dins.Finalement, le maître d’école va rester au manoir. Il aidera à préparer <strong>la</strong> grande fête des Framboises. Çale changera de l’école.Pistache s’amuse bien maintenant. Elle parle avec Sauvette et aussi avec Toupie, <strong>la</strong> petite fille qui dorten-dessous d’elle. La dernière soirée, c’est un grand bal sous les étoiles. Pistache a dansé <strong>la</strong> Samba avecGribou. Et tout le monde est allé au dodo.Le lendemain après le déjeuner, on entend des voitures qui arrivent. Ce sont les invités à <strong>la</strong> grande fête.- Papa, crie Pistache en s’é<strong>la</strong>nçant vers lui ! C’était super, on a joué tout le temps.- Maman, viens voir il y a un monsieur un peu fou, explique Gribou.- Salut Mario, dit Boulon à son petit frère. Génial le nounours que tu m’as donné. Dis, tu viens voir le manoir...Voilà, les papas et les mamans savent presque tout du camp.- Je sais ranger mes affaires tout seul, explique Gribou- J’ai plein de copines, dit Pistache. Et je mange des haricots !Chut ! On entend un carrosse. C’est <strong>la</strong> Princesse qui revient. Sa tante est guérie.Avant de monter dans <strong>la</strong> camionnette de son papa, Boulon remet fièrement <strong>la</strong> clé du manoir à <strong>la</strong> <strong>be</strong>lledame. Elle lui fait un gros bisou pour les remercier, lui et tous les autres Ba<strong>la</strong>dins.- A l’année prochaine, mes amis! Remettez de gros bisous de ma part à Craquelin et à Poly !- D’accord! Au revoir, au revoir, au revoir, crient nos amis.Et après ?On pourrait tenir un conseil pour choisir les menus à proposer à Arlequin !Il suffirait d’aller en petits groupes faire un repérage au magasin ou deprocéder avec des découpages dans des publicités !HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP110111


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SPas de chance pour Gribou ! <strong>Un</strong> plâtre pour aller au camp ! Au début, il sefait <strong>be</strong>aucoup aider. Mais le jour où il se retrouve dans une équipe pour unjeu, il devient un peu plus « gênant ».HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP26 J’irai quand mêmeC’est <strong>la</strong> fête à l’école de Gribou.Tous les parents sont assis dans <strong>la</strong> cour pour le grand spectacle.La c<strong>la</strong>sse de Gribou montre des numéros de cirque. Tous les Ba<strong>la</strong>dins de <strong>la</strong> c<strong>la</strong>sse ont expliquéaux autres les numéros qu’ils avaient appris quand Craquelin les avait emmenés à l’anniversairedu clown Gaspard Rigolov.Mais soudain, en faisant une pirouette comique avec Boulon, Gribou se tord le pied.- Aie, ouïe... mon pied, j’ai mal ! crie-t-il.Papa et maman emmènent Gribou montrer son pied à l’hôpital. Le docteur Carabistouille les faitentrer dans son cabinet. Gribou s’assied sur une grande table.Le docteur examine son pied.- Rien de cassé, déc<strong>la</strong>re-t-il. Mais il faudra quand même un bon plâtre bien dur pendant six semaines.- Chouette, pense Gribou, comme à <strong>la</strong> télé !<strong>Un</strong> hôpital, c'est chouette : ce sont plein de personnes qui passent leur vie à essayer de réparer lesautres. Avec Gribou, tout le monde a été très sympa. Mais ce plâtre... qu'est-ce que c'est lourd ! Lesbéquilles, ça c'est comique.- Dommage pour le camp avec les Ba<strong>la</strong>dins, dit doucement papa, tu ne seras pas guéri à temps.Gribou n’y avait pas pensé. Qu’il est <strong>la</strong>id ce plâtre !Dire que tout était prévu avec Boulon : les trois premiers jours, il dormait sur le lit du haut, les troisderniers sur le lit du bas.- Tu resteras à <strong>la</strong> maison avec nous et avec Cheeseburger, lui dit maman.Gribou comprend que c’est encore plus grave que pour le lit : le camp, il ne pourra pas y aller dutout.Le soir, il se glisse hors de son lit et envoie un message de détresse à Boulon et Pistache… avec sa<strong>la</strong>mpe de poche.Ses deux amis ont bien reçu le message. Le lendemain matin, ils se réunissent dans <strong>la</strong> roulotte deCraquelin.- On ne peut pas <strong>la</strong>isser Gribou tout seul pendant le camp ! s’exc<strong>la</strong>me Boulon.- Il faut aller dire à ses parents qu’on fera très attention, propose Poly.- J’ai une idée, reprend Boulon.112


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N S- Moi aussi, dit Pistache...Et hop! Nos deux amis filent à toute allure.- Ils ont le feu au pet, dit Poly, en riant.- Tu pourrais parler poliment mon ami, lui rétorque Craquelin.Ce soir, il écrit une carte à ses parents. « Fristouille est un bon cuisinier. Aujourd’hui, il a fait dessaucisses avec des tomates. A bientôt, votre Gribou ». Il écrit aussi une lettre à Mandarine, parcequ’elle n’en a pas encore reçue et qu'elle est toute triste. Et une dernière pour Poly et Craquelin : ilsadorent les cartes ! Poly les garde soigneusement dans son coffre.HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMPLes deux copains sonnent à <strong>la</strong> porte de Gribou.- Vous savez, commence Boulon, avec ma brouette et mes cinquantecoussins, on pourra transporter Gribou sans qu’il ait mal.Les parents de Gribou n’ont pas l’air d’accord.Pistache tend alors un énorme bouquet de fleurs à <strong>la</strong> maman deGribou.- Oh, comme elles sont <strong>be</strong>lles, dit-elle.Ensuite, elle sort une très <strong>be</strong>lle bouteille de vin pour le papa.- C’est gentil mais il ne fal<strong>la</strong>it pas, dit-il.- Oh, elle était pleine de poussière dans <strong>la</strong> cave de mon papa, explique Pistache.Gribou sent bien que ses parents ne veulent pas changer d’avis.- Ecoutez les enfants, dit Papa, un camp c’est génial : on joue, on court, on danse, on se promène. Mais avecson plâtre, Gribou ne pourra pas!- Oui mais avec mon tracteur alors ? demande Boulon.Papa n’a pas le temps de répondre : Cheeseburger a sorti l’arme fatale. Il se met à gémir très fort,les yeux pleins de <strong>la</strong>rmes. Il hurle l’air de « Vite vite les Ba<strong>la</strong>dins ».C’est terrible ! Toutes les oreilles sifflent !Papa et Maman se regardent... longtemps.- Bon, on pourrait essayer, dit Maman.Boulon, Pistache, Cheeseburger et Gribou lui sautent au cou et se mettent à danser de joie.Youpie on va essayer !Le camp est arrivé. Le voyage en train était très gai. Les Ba<strong>la</strong>dins arrivent devant <strong>la</strong> grande maison.Mais comment monter <strong>la</strong> valise de Gribou à l’étage ?- Tous avec moi, crie Pistache.Et tous transportent <strong>la</strong> valise et Gribou vers <strong>la</strong> chambre.Gribou est maintenant au pied du lit, tout déçu. Il vou<strong>la</strong>it dormir un peu en haut.Boulon l’a bien compris.- Fabriquons une catapulte avec cette p<strong>la</strong>nche, propose-t-il.Aussitôt dit, aussitôt fait.1, 2 , 3... hop... Gribou atterrit sur le lit du haut. La vue est splendide.Gribou s’amuse comme un petit fou au camp. Tout le monde l’aide pour marcher.La veillée près du grand feu est très amusante. Gribou est bien installé sur les coussins deBoulon.Après <strong>la</strong> dernière chanson, les Ba<strong>la</strong>dins tiennent leur conseil.- J’ai adoré l’histoire des escargots que Fred a lue pendant <strong>la</strong> sieste, dit Chloé.- Et moi, j’ai appris à fabriquer des petits animaux, explique Jules.- Et si on faisait des jeux olympiques demain ? <strong>la</strong>nce Boulon.Tous sont d’accord.Tous les Ba<strong>la</strong>dins ont préparé le matériel pour les jeux olympiques. Il n’y a plus qu’à former leséquipes. Mais personne ne veut aller avec Gribou.- C’est mon copain mais on risque de perdre à cause de lui, se dit Boulon.Gribou en a vraiment marre de ce plâtre idiot !Heureusement, Mandarine a insisté pour que Gribou soit dans son équipe.- Tu ne sauras pas faire les courses, mais le reste, ce sera super, lui dit-elle.Et Gribou s’entraîne fort pour le tir à l’arc à flèches.Au moment du concours, il tire de toutes ses forces. Sa flèche traverse toute <strong>la</strong> prairie et touche <strong>la</strong>cible !- Bravo Gribou, 20 points ! crie Caribou.Tout le monde l’app<strong>la</strong>udit ! Boulon app<strong>la</strong>udit encore plus fort pour se faire un peu pardonner dene pas avoir voulu de lui dans son équipe ! Le soir au conseil, Mandarine explique qu’elle a trouvéun grand copain de plus chez les Ba<strong>la</strong>dins. Elle l’a même dessiné : c’est Gribou !Boulon est très content pour Gribou. Pour le coucher, il le porte dans l’escalier.- Dis, si tu veux encore dormir en haut, tu peux, lui dit-il.Aussitôt dit, aussitôt envoyé !- 1,2,3... hop !Demain, les parents arrivent... le camp est presque fini ! Le soir, avec sa <strong>la</strong>mpe de poche, Gribouenvoie un message à Pistache, à Boulon et aux autres Ba<strong>la</strong>dins : « Merci de m’avoir fait venir !C’était très gai tous les jeux, les chansons, les macaronis et tout et tout ! »Et après ?Et si les « anciens » racontaient un peu leur dernier camp. Chacun pourraitchoisir trois ou quatre photos ou dias et les commenter, sur une musiquede son choix, par exemple !HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP114115


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SL A L É G E N D E D E S B A L A D I N SPipi au lit, ce<strong>la</strong> arrive encore à six ou sept ans. Rien de très grave à cetâge, sauf quand on est en groupe. <strong>Un</strong>e histoire pour dédramatiser un peu etouvrir au sujet !Après le voyage, les Ba<strong>la</strong>dins s’installent chez monsieur Léc<strong>la</strong>ir, le pâtissier qui les a invités.Monsieur Léc<strong>la</strong>ir a en effet <strong>be</strong>soin d’un coup de main pour préparer <strong>la</strong> plus grande fête des tartesà <strong>la</strong> crème du monde.HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMP27 Le premier camp deLousticAujourd’hui, on prépare tous ensemble les menus : le camp approche ! Loustic est tout près deGribou. A un moment, il lui dit :- Je ne crois pas que je vais aller au camp, j’ai trop de choses à faire à <strong>la</strong> maison. Je dois encore aider monpapa à repeindre le toboggan.Bizarre…A <strong>la</strong> fin de <strong>la</strong> réunion, Gribou en parle tout de suite à ses amis Pistache et Boulon.- C’est vraiment dommage pour Loustic, commence Pistache. Le camp avec tous les copains, c’est supergénial.- Moi j’adore quand on chante le soir, près du feu, dit Gribou.- Et l’année dernière, on avait dormi sur nos mate<strong>la</strong>s pneumatiques comme si on était sur <strong>la</strong> mer, renchéritBoulon.Ce lundi, c’est l’excursion avec l’école ! Gribou s’assied dans le car à côté de Loustic. Exprès.- Dis, tu ne vas pas rater le camp, c’est très gai, tu verras!Loustic est embêté. Il finit par expliquer un peu :- Ma maman a peur qu’on se moque de moi.Gribou ne comprend pas.- Parfois, <strong>la</strong> nuit, j’oublie de me relever et alors, <strong>be</strong>n, heu, tu vois…Il n’est pas question qu’on ennuie Loustic à cause d’un petit pipi, se dit Gribou. Il réunit le soirmême Boulon et Pistache dans <strong>la</strong> cabane du jardin.- Ça n’arrivera peut-être pas, dit Pistache.- Oui mais si ça arrive, répond Gribou.- Mon papy, il a des fuites dans son toit. Il a installé des réservoirs partout. On pourrait faire <strong>la</strong> même chosepour Loustic, explique Boulon.La première nuit arrive. Tous au lit ! Loustic a installé le petit réservoir que Boulon lui a fabriqué.Ni vu, ni connu ! Pistache raconte à tout le monde <strong>la</strong> dernière histoire de Poly : <strong>la</strong> semainedernière, à <strong>la</strong> fête, il est tombé dans <strong>la</strong> pêche aux canards et il est ressorti par le tunnel avec unnénuphar sur <strong>la</strong> tête. Tout le monde se tord de rire ! Loustic aussi… mais le réservoir se détachesans qu’il s’en aperçoive.Le lendemain matin, Loustic se réveille un peu plus tôt que les autres, à cause de son pyjama unpeu mouillé. C’est fichu, il n’osera jamais sortir de son sac de couchage…Tout le monde est à présent réveillé. Soudain, Mandarine crie :- Bèè ça sent le pipi, c’est Loustic !D’autres commencent à chanter :- Hachli cadom Bébé louloute heu !Boulon est furieux. Il monte sur <strong>la</strong> table et crie :- Taisez-vous! Arrêtez de vous moquer de… heu… de ma nouvelle recette de parfum à <strong>la</strong> liqueur de limace.Elle a pris chaud, c’est tout !Les Ba<strong>la</strong>dins rient aux éc<strong>la</strong>ts… et Loustic peut aller se changer près des douches. Ouf sauvé !Les journées passent vite au camp ! Ce matin, Loustic fait <strong>la</strong> purée. Dans le jardin, Gribou et troisautres construisent une cabane. Et après-midi, on attaque les pirates qui ont détourné l’eau de<strong>la</strong> rivière juste avant <strong>la</strong> roue du moulin à farine de Monsieur Léc<strong>la</strong>ir. Puis vient le soir… avecplein de jeux comiques et de chansons. Avant d’aller dormir, Boulon consolide le réservoir deLoustic.Et hop, encore un nouveau matin. Après le déjeuner, chacun écrit une carte pour Papa et pourMaman. Boulon en a écrit une très comique pour Poly, avec un singe dessus. Tout le monde a finilorsque arrive dans le réfectoire une… mais oui, une espèce de sorcière.- Arrêtez de chanter le soir, ça m’énerve! crie-t-elle.- Et puis, arrêtez de faire de <strong>la</strong> bonne cuisine, ça sent jusque dans ma maison! C’est épouvantable !HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMPGrâce à leur idée, les trois copains ont vite convaincu <strong>la</strong> maman de Loustic. Elle aussi sait bienqu’on s’amuse <strong>be</strong>aucoup au camp ! Et le jour du grand départ, Loustic est au rendez-vous !Youpie !Qu’est-ce qu’elle veut cette tête de verrue ?- Pouvons-nous vous aider Madame ? demande Pistache doucement.- Attendez, je vais porter votre ba<strong>la</strong>i, c’est trop lourd, poursuit Gribou.116117


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N SLes Ba<strong>la</strong>dins essaient d’être très gentils avec <strong>la</strong> dame. Mais elle a aussi horreur des mots qui fontp<strong>la</strong>isir.- Je suis Mouchakaka, <strong>la</strong> sorcière et je n’aime que ce qui est <strong>la</strong>id.Le reste, ça me gonfle, vous entendez les Ba<strong>la</strong>doches !Oh ! En plus, elle n’est pas du tout polie, elle !Mais c’est vrai… elle devient de plus en plus énorme : elle gonfle à vue d’œil ! On dirait qu’ellefait une allergie à <strong>la</strong> gentillesse! Les Ba<strong>la</strong>dins rient comme desfous ! Loustic se met à lui dire des milliers de compliments. Ellegonfle encore plus, comme une montgolfière ! Sonchapeau éc<strong>la</strong>te ! Alors, elle s’enfuit, furieuse !On dirait qu’elle va s’envoler !Tout le monde rigole de cetteaventure toute <strong>la</strong> journée.Loustic adore <strong>la</strong> vie au camp etne pense plus à ses petitsproblèmes. En al<strong>la</strong>nt dormir cesoir, il oublie même de mettrele réservoir ! Vers trois heures,il se réveille… et se relève.Il va aux toilettes et revientdormir. Génial ! Hourrah !Tous les Ba<strong>la</strong>dins rêvent maintenant à demain. Carc’est un jour un peu spécial. Les parents viennent lesrechercher. Loustic a envie de tout raconter à Fanette, sa petite sœur.Parce que l’an prochain, elle viendra aussi au camp. Avec des copains comme ça, elle va voir quec’est trop gai !HISTOIRES DU TEMPS D’AVANT LE CAMPEt après ?<strong>Un</strong>e proposition d’animation : on pourrait écrire ou dessiner une carte pourLoustic afin d’essayer de le convaincre de venir !119


L A L É G E N D E D E S B A L A D I N STables des matièresMise en p<strong>la</strong>ce de <strong>la</strong> légende1. La rencontre de Craquelin et de Poly p 62. Le vil<strong>la</strong>ge endormi p 10Les histoires déclics3. La première visite de Gribou et les autres p 164. Le coffre à trésors p 205. Poly s’est arrêté de jouer p 246. La malle à friandises p 287. Le nœud dans le mouchoir p 328. Monsieur Loyal p 369. La visite du coffre à trésors p 4010. Les Ba<strong>la</strong>dins veulent savoir p 4411. La machine à Barbapapa p 48Des histoires de <strong>la</strong> vie quotidienne12. Le cadeau à Jésus p 5413. L’invitation p 5814. L'arbre à souvenirs p 6215. Petits, gros et moyens p 6616. Les lunettes p 7017. <strong>Un</strong> ami qui vient d'ailleurs p 7418. Le cadeau p 7819. Cheeseburger fait de <strong>la</strong> peinture p 8220. <strong>Un</strong>e drôle de cousine p 8621. La mamie de Pistache p 9022. Et mon histoire ? p 9423. J'ai pas envie p 98TABLE DES MATIÈRESHistoires du temps d’avant le camp24. La valise de Cheeseburger p 10425. Pistache hésite p 10826. J’irai quand même p 11227. Le premier camp de Loustic p 116120121


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