jeunes artistes et salles de concert s'imposent dans - Ile-de-France

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jeunes artistes et salles de concert s'imposent dans - Ile-de-France

calnie (page 2) éric (page 2) manon (page 3) jean-paul (page 3) Magali (page 3) kamel (page 3) Phaïmie (page 3) Naïssa (page 6) benoît (page 6)L e j o u r n a l d u c o n s e i l r é g i o n a lça tourne...Comme Mafrouza, de plusen plus de films réalisés àl’étranger sont montés enÎle-de-France. P. 6solidaritéDes familles deFresnes partentpour la premièrefois cet été envacances. FaridaBoudjema lesaide à organiserce voyage. P. 11www.iledefrance.frété 2011–N° 36SUR LE DEVANTDE LA SCèNEJeunes artistes et salles de concerts’imposent dans le paysage musical francilien.


L’ACTUALITÉ3© Laurent Villeret/Dolce Vita/PicturetankJe suis des cours d’histoirede l’art à l’école du Louvre.Mais l’offre culturelle estsatisfaisante à Créteil, grâceà la Maison des arts.Jean-Paul GUENOUN, CRéTEIL (94)’’© Laurent Villeret/Dolce Vita/PicturetankCet été, je serai en stage.J’ai l’intention d’en profiterpour aller voir desexpositions car, en tempsnormal, c’est compliqué.Manon PIAT, SURESNES (92)’’sarcelles 9593pantin94rungis91Milly-la-forêtTEMPSFORTS© Knut BryToutes les ficellesd’un art séculaireDe Pantin (93) à la Cité internationalede Paris, en passant par Cergy (95),Lieusaint (77), Le Blanc-Mesnil (93)ou Noisy-le-Sec (93) : la Biennaleinternationale des arts de la marionnettes’est déployée dans une dizainede salles franciliennes, au mois de mai.Une belle manière de redécouvrir cetart ancestral qui jongle avec la danse,le mime, les arts plastiques ou numériqueset la peinture. Des marionnettesqui peuvent être amusantes, poétiques,satiriques, voire politiques,comme dans The Writer, présenté àPantin par la compagnie norvégienneUlrike Quade (photo). l© Jean-Lionel Dias/Le Carton/PicturetankLes muséesà la belle étoile…Plus de 150 lieux franciliens ont participéà la 7 e Nuit des musées, le14 mai. L’occasion de savourer, dansune ambiance insolite, la diversitéculturelle de la région : à Conflans-Sainte-Honorine (78), le musée de laBatellerie avait pioché dans sesréserves pour présenter des tableauxinconnus du public. Le musée de l’Airet de l’Espace, au Bourget (93), organisaitdes visites à la lampe-torche,et la Maison de Chateaubriand, àChâtenay-Malabry (92), des déambulationslittéraires. À Milly-la-Forêt (91),la Maison Jean-Cocteau a projetéLa Belle et la Bête (photo). l© Patrick Gaillardin/Picturetankentreprises Trois missions locales expérimentent un dispositifdestiné à réduire les discriminations à l’embauche.recruter un jeune, mode d’emploiDans certains territoires d’Île-de-France,nombre de jeunes sans travail cohabitent avecdes entreprises en manque de personnel. Unefâcheuse situation, souvent imputée aux demandeursd’emploi qui ne seraient pas assez qualifiés,manquant d’expérience ou dépourvus du « savoirêtre» nécessaire à une bonne intégration dans lavie de l’entreprise. L’association Transfer a tenté lepari de renverser la question. Et si le problème venaitde l’entreprise et de ses méthodes de recrutement ?Cette hypothèse a donné naissance à la méthodeIOD (intervention sur l’offre et la demande). « Nouspensons que les pratiques de recrutement sont deplus en plus sélectives et discriminantes pour despublics qui seraient pourtant à même de satisfaireles besoins des entreprises », explique Olivier Foschia,MagaliBernardChef d’entreprise etmembre du bureaunational du Centredes jeunes dirigeantsd’entreprise, à Paris.« Cette initiative doit faciliterla mise en relation des jeunesavec l’entreprise et leurintégration. Elle donneà l’entreprise un cadresupplémentaire pour trouverde la main-d’œuvre.Et la lutte contre le chômagedes jeunes, qui atteint 20 à22 %, correspond à notreengagement social et sociétal. »© Patrick Gaillardin/PicturetankKamelManceurDirecteurde la mission localede Sarcelles (95).« Avec cette expérimentation,nous voulons changerl’optique des recruteurs, casserleur réticence générationnelleet leur faire comprendrequ’être jeune, ce n’est pas unetare mais une richesse pourl’entreprise. Le projet s’inscritdans la durée et associe nosconseillers et nos chargésde mission entreprises. »responsable pédagogique de l’association. « Notrestratégie consiste à proposer aux entreprises un servicegratuit de conseil en ressources humaines, quiva de l’analyse du besoin à l’intégration du salarié. »Il s’agit, par exemple, de rédiger des offres d’emploien insistant sur le détail des missions à accomplirplutôt que sur les diplômes et l’expérience. Ou deremplacer les entretiens angoissants dans lebureau du recruteur par des visites de poste et deséchanges sur le métier. Trois missions locales –Sarcelles (95), Paris-Est et Asnières (92) – s’associentà ce nouveau dispositif pour tenter d’ouvrirdes portes aux jeunes. Leur objectif : convertir lesentreprises à un mode de recrutement revu defond en comble. ljean-François Hennionh www.transfer-iod.org© Luc Pointereau/GaliléePhaïmieMarcelinEn CFA à Villiersle-Bel(95).« Les entreprises refusentsouvent de nous rencontrer.À cause du manqued’expérience, de la couleurde peau, de l’adresse qui estsur le CV ? J’évite de me poserla question et je fonce. J’aitrouvé un poste à Cergy. Machance, c’est qu’ils ont acceptéde me prendre une journéeà l’essai en situation réelle. »© Dominique ChauvinPRÈS DECHEZ VOUS(95)PONTOISEBien arrimé… Le nouveloffice de tourisme va côtoyer,dès cet été, deux haltesde plaisance aménagéessur les bords de l’Oise.(77)COMBS-LA-VILLELumière ! Les deux salles dela Coupole vont être équipéesde gradateurs permettant,pendant les spectacles, demoduler l’intensité lumineusedes projecteurs.(95)ARNOUVILLE-LES-GONESSEZen ! À la rentrée, un dojo,construit dans le cadre dela réhabilitation du gymnaseLéo-Lagrange, va satisfaireles adeptes des arts martiaux.(92)SCEAUXÀ l’écoute. L’Escale ados dela clinique Dupré accueilledésormais les jeunes ensouffrance psychique.(91)éPINAY-SOUS-SéNARTà l’eau ! La piscinePierre-Bonningue va enfinchanger de standing,avec de nouveauxcarrelages, la rénovationde la coupoleet le réaménagementdes plages.(78)VéLIZY-VILLACOUBLAYDemandez le programme !Le théâtre de l’Onde vas’enrichir d’une secondesalle de spectacle pouvantaccueillir des concerts.(94)CHOISY-LE-ROIUne rénovation ? Non…une révolution, pourla rue Blanqui, qui va êtretotalement réaménagée auprofit du confort du piéton !(93)éPINAY-SUR-SEINEAvec sa façade de pierreet de verre, la médiathèqueColette est le troisièmeéquipement de ce genredans cette commune.(75)PARISClap. le Forum desimages, situé dansle 1 er arrondissement,va développer une basede données de tousles films réalisés enÎle-de-France depuisle début du cinéma.© Jean-Marc Armani/PicuretankîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


4L’ACTUALITÉFACE-À-FACEJean-Paul Huchonen directDU CONSEILRÉGIONALSur les rails…Le projet de réseau de transports Grand Paris Expresscontinue d’avancer, sous la houlette de l’état et de laRégion. Avec, à terme, une solution pour garantir la liaisonentre Versailles (78) et Orly (94), via le plateau de Saclay(78, 91). Elle s’effectuera par un métro automatique léger,ce qui préservera les terres agricoles du plateau. lh www.iledefrance.frC’EST LANCÉmariame touréétudianteà Villetaneuse (93),vit à Paris (19 e ).« LA RéGION EST UN ACTEURCULTUREL DE PREMIER PLAN »Étudiante en droit à Villetaneuse (93), Mariame Touré habite à Paris 19 e . ArezkiSeddoud est électrotechnicien et vit dans le 13 e . Choisis par l’institut CSA, ilsont interrogé le président du conseil régional, Jean-Paul Huchon. Extraits…Arezki Seddoud : On connaît assezpeu les aides du conseil régional…Jean-Paul Huchon : C’est vrai. Ilexiste un guide et, surtout, toutes nosaides sont en ligne sur notre site Internet.Mais, à la différence d’une mairie,il n’y a pas de guichet au conseil régional.De plus, la plupart de nos subventionss’adressent aux collectivitéslocales, aux associations, aux entreprisesde transports… Jeviens d’annoncer la gratuitédes transports pourles jeunes en insertion.Mais cette aide transiterapar les missions locales,même si, au final, 20 000 à30 000 Franciliens vont enprofiter ! Plus généralement,nous gérons unbudget comparable à celui d’ungrand ministère. Et nous sommesprésents dans tous les secteurs, l’économie,les transports, les lycées, laformation, l’apprentissage, la santé,le logement, la culture…Arezki Seddoud : La culture aussi ?Je croyais que c’était surtout l’état etles municipalités.Jean-Paul Huchon : Non, la Régionest un acteur de premier plan ! Nousagissons pour entretenir des monuments,encourager l’ouverture delieux culturels… Nous soutenons ladiffusion du livre, les libraires, leséditeurs indépendants. En matièrede musique, nous aidons de grandesmanifestations, comme Solidays,Rock en Seine, le festival de jazz àSaint-Denis (93), celui de blues àAulnay-sous-Bois (93)… Sans oublierla musique classique, les écoles demusique, les conservatoires. Et,naturellement, la Région est très présentedans le cinéma.Mariame Touré : Vraiment ? Si j’ai unprojet de film, je peux venir vous voir ?Jean-Paul Huchon : Oui. Les aidesrégionales peuvent représenter7 % du coût totald’un film. C’est souventsuffisant pour déclenchercelles des banques… LaRégion Île-de-France estle deuxième financeurpublic du cinéma, justeJean-Paul Huchonaprès le Centre nationaldu cinéma (CNC). Cetengagement a maintenant dix ans. Etde plus en plus de films sont tournésen Île-de-France, comme Entre lesmurs, Marie-Antoinette, Un Prophète,Le nom des gens… En attirant des tournages,nous favorisons la créationd’emplois pérennes dans ce secteur !Mariame Touré : Des aides sont-ellesprévues pour les jeunes ?Jean-Paul Huchon : Il existe unecarte qui permet d’assister à plusieursconcerts dans l’année à unprix modique. C’est un système qu’ilfaut faire évoluer. Nous réfléchissonsà un dispositif plus simple… Enfin,dans les lycées, nous développonsde nombreuses actions culturellesgrâce à nos Projets passion. lNos aidespeuventreprésenter 7 %du coût d’un film.arezkiseddoudélectrotechnicien,habite Paris (13 e ).© sophie brändström/picturetank© Patrick Monin, www.amisdevillarceaux.frDes culturesau pied des arbresPlanter arbres et cultures sur lesmêmes parcelles, c’est le principe del’agroforesterie. L’aménagement encours au centre d’écodéveloppementde la bergerie de Villarceaux (95) est lapremière expérience française en agroforesteriebiologique : sur 43 hectares,cohabitent cultures (céréales,légumes…) et 1 080 arbres. Le maintiende prairies pour les animaux constituel’originalité du projet. Les bénéficesespérés concernent la fertilité des sols,la biomasse, la biodiversité… lInfos : www.bergerie-villarceaux.orgUne aide pourles ciné-clubs lycéensL’éducation à l’image dans les lycées s’enrichitd’un nouveau dispositif pour faciliterla création de ciné-clubs à l’initiative desélèves. L’accompagnement prévoit uneformation adaptée pour les lycéens(culture cinématographique, notions deEnchiffres80disquaires indépendantstravaillent encore enÎle-de-France. Le conseilrégional vient de créerune aide pour les soutenir.12films aidés par la Régionétaient présentésau festival de Cannes.22jardins remarquables sontrecensés en Île-de-France,parmi lesquels ceux duchâteau de Vaux-le-Vicomte(77), ceux du parcde Thoiry (77) et le domainede Villarceaux (95).© Stan Walbertprogrammation, bases juridiques sur lesdroits d’auteur…), un appui technique(recherche d’œuvres, organisation dedébats et de rencontres…) et logistique(déplacements…). lDes tickets pour l’étéComme chaque année, la Région lancel’opération Tickets loisirs. Distribués parl’intermédiaire de diverses structures(associations œuvrant pour la jeunesse,pour la pratique sportive, ou contre lapauvreté et l’exclusion, centres sociaux,collectivités territoriales…), les92 000 exemplaires édités en 2011 sontdestinés aux jeunes Franciliens qui nepartent pas en vacances. Chaque ticket,d’une valeur de 9 euros, leur donneaccès à de nombreuses activités dans12 bases de loisirs. lInfos : www.bases-loisirs-iledefrance.frBientôt un TrivialPursuit francilien !Quel jeu de société s’est vendu à plusde 70 millions d’exemplaires dans lemonde ? Le Trivial Pursuit ! Après l’éditionParis (tirage 10 000 exemplaires),quasiment épuisée, une édition Île-de-France du célèbre jeu est à l’étude. Leservice Patrimoines et Inventaire de laRégion va fournir 600 questions pourles rubriques « Art et littérature » et« Histoire ». Exemple : Qui était « l’Aiglede Meaux » ?lMot pour mot(Réponse : Bossuet.)JAMEL DEBBOUZECap surAubervilliers« Si on prend cesjeunes vraiment enconsidération et qu’onleur file un outil commecelui-là, ils feront des merveilles ! », a déclaré JamelDebbouze, aux côtés du cinéaste Michel Gondry,le 16 mai, à Cannes. En marge du festival,ils présentaient leur Usine de films amateurs,une initiative lancée à Paris, au Centre Pompidou,et qui va s’implanter à Aubervilliers (93). Les jeunespourront y venir pour écrire un scénario, tourner,monter leurs films, le tout en quelques heures.L’accès sera gratuit. Opérationnel dès 2012, ce lieudevra permettre d’ouvrir les portes du 7 e art à tous,de susciter des vocations et… d’apporter du rêve !îLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


L’ACTUALITÉ5AGENDAJusqu’au 1 er septembreExposition « Les Ambassadeursdu sport » sur les murs duconseil régional, 35, boulevarddes Invalides, Paris 7 e .Jusqu’au 6 septembreExposition « La Ville rêvée ».De jeunes designers,étudiants issus de l’écolenationale supérieure des artsappliqués et des métiers d’artOlivier-de-Serres, imaginentl’espace public de demain.Présentation de 28 projets surles transports, les espaces verts,l’éclairage ou le mobilier urbain.Le Lieu du Design s’associeà l’événement en organisantdes débats et des rencontres.Institut d’aménagement etd’urbanisme d’Île-de-France,15, rue Falguière, Paris 15 e .www.iaurif.orgDu 16 au 18 septembreFête de L’Humanité,81 e édition. Trois journéesde débats, de forums,de concerts, de spectaclesde rue, d’expositions…Parc départementalGeorges-Valbon,La Courneuve (93).les 29 et 30 septembreRéunion du conseil régional,ouverte au public.57, rue de Babylone, Paris 7 e .Villarceaux95Aubervilliers92 93sceaux77NemoursLycées La Région a fixé un quota d’élèveset de classes par établissement.Rentrée 2011 : le casse-têteBAROMETREdes effectifsÀl’automne 2010, le conseil régional,en charge du colossal dossierde la construction et del’entretien des lycées, votait un dispositiffixant un effectif maximum pourchaque établissement. Objectif :garantir à chaque élève des conditionsd’études et de sécurité optimales. Ceteffectif (calculé en fonction deslocaux, des normes de sécurité incendie,etc.) n’est cependant qu’un indicateur,puisque ce sont les rectoratsqui décident des affectations danschaque lycée. Depuis que l’assouplissementde la carte scolaire permet auxfamilles d’inscrire leur enfant dansl’établissement de leur choix, certainssont très demandés, tandis qued’autres perdent des élèves. Commeà Sceaux (92), où les lycées Lakanal etMarie-Curie sont pris d’assaut, tandisqu’à un kilomètre de là, le lycéeEmmanuel-Mounier de Châtenay-Malabry (92) est en sous-effectif. Dèslors, la Région fait face à un difficileexercice de négociations avec les rectoratset les proviseurs pour gérer aumieux la rentrée 2011.Des solutions sont parfois trouvées.À Rueil-Malmaison (92), deux classesde seconde seront ouvertes. Ellesseront rattachées au lycée Richelieu,mais installées, à cause des travauxdans cet établissement, au sein dulycée professionnel Gustave-Eiffel.D’autres cas sont plus délicats : àNemours (77), étienne-Bezout étantle seul lycée des environs, où envoyerles élèves alors que l’effectif maximumest presque atteint ? Ces situationssont heureusement rares : seulsquelques établissements sont connuspour être en sureffectif ou en pertede vitesse. Mais, globalement, leslycées ne manqueront pas de placespour accueillir les élèves. l julie védieBaromètreLe rayonnement culturelDiriez-vous que la culture enÎle-de-France occupe une place :L’aménagement culturelLà où vous vivez, diriez-vous queles équipements culturels sont :La qualité des transportsen communÊtes-vous satisfait des transportsen commun en Île-de-France :La qualité de l’environnementC’est votre avisÊtes-vous satisfait de la qualitéde l’environnement en Île-de-France :Le climat économiqueDiriez-vous que, en ce moment, l’activitééconomique en Île-de-France est :Très importante 19 %Plutôt importante 54 %Pas vraiment importante 19 %Pas du tout importante 5 %Ne se prononcent pas 3 %Plutôt suffisants 59 %Plutôt insuffisants 38 %Ne se prononcent pas 3 %Très satisfait 11 %Assez satisfait 41 %Pas vraiment satisfait 20 %Pas du tout satisfait 12 %Ne se prononcent pas 16 %Très satisfait 10 %Assez satisfait 50 %Pas vraiment satisfait 27 %Pas du tout satisfait 12 %Ne se prononcent pas 1 %Très dynamique 7 %Assez dynamique 46 %Pas vraiment dynamique 28 %Pas du tout dynamique 10 %Ne se prononcent pas 9 %© Laurent Kruszyk/conseil régional d’Île-de-FranceL’imageUn beau livre sur les escaliers L’ouvrage du service Patrimoineset Inventaire de la Région présente ces chefs-d’œuvre de l’art de la serrurerie, commeau Collège des Bernardins (photo). Les Escaliers parisiens sous l’Ancien Régime,J.-F. Leiba-Dontenwill et R. Bussière, photos de L. Kruszyk, éditions d’art Somogy. lLa culture, un atout pour la régionLes Franciliens se révèlent trèsattachés aux questions liées à laculture dans leur territoire.Pour près des trois quarts despersonnes interrogées, « laculture occupe une place importanteen Île-de-France », perceptionaccentuée à Paris (81 %) etdans les Hauts-de-Seine (79 %).Ce sentiment repose sur leursatisfaction en matière d’équipementsculturels : 59 % lesjugent suffisants là où ils vivent.Toutefois, des disparités géographiquessoulignent une situationhétérogène dans la région.En effet, si 67 % des Parisiens et64 % des habitants des Hautsde-Seinesontsatisfaits dunombre d’infrastructuresprès debonus webPlus de résultats denotre sondage sur lespratiques culturelles.www.iledefrance.frchez eux, seuls 44 % des habitantsde Seine-Saint-Denis et50 % des Seine-et-Marnais seprononcent en ce sens.Dynamisme économiqueLes indicateurs barométriquessont stabilisés. Même si les transportsperdent 8 points d’opinionspositives (52 %) et se retrouventau même niveau qu’en début d’année,la qualité de l’environnement(60 %) et le dynamisme économique(53 %) génèrent toujoursautant de satisfaction. Les plusjeunes se montrent les plus optimistes: 68 % des 18-25 ans sontsatisfaits de la qualité de l’environnement,et 64 % des 25-34 ansjugent dynamique l’économierégionale. lmaïder Chango-Beffa,directrice associée, ViavoiceSondage réalisé par téléphone pour « Île-de-France » entre le 16 et le 21 mai 2011 sur un échantillon de 1 007 personnes,représentatif de la population francilienne âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.îLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


6dans le monde© Emmanuelle DemorisCinéma Réalisé en Égypte, monté en Îlede-France,Mafrouza est sorti le 15 juin.POSTPRODUCTIONSANS FRONTIèRESLe dernier volet de Mafrouzaa été présenté à Cannes.L’échange est raconté par EmmanuelleDemoris, la réalisatricede Mafrouza. « Un matin, dansson épicerie, Mohamed Khattab medemanda ce que le film allait apporteraux spectateurs, et s’il allait aider lesgens à vivre. “Comme quoi, parexemple ?” lui dis-je. “Comme le thé,dit-il. Le thé m’aide à vivre. Il me permetd’inviter les gens à boire. Ilsentrent, on discute, on passe unmoment ensemble. Ça m’aide à vivre(…). Ton film sera comme ça ?” »Mohamed est épicier à Mafrouza.C’est un quartier de la périphéried’Alexandrie, en Égypte. C’est aussi letitre d’un documentaire en cinqvolets, sorti en salles le 15 juin. Cetteaventure a nécessité deux années detournage sur place. On suit la vie quotidienned’Hassan, le chanteur, d’Abu,le vieux sage libertaire, ou encored’Adel et de Ghada, un jeune couple.Monté en Île-de-France, ledocumentaire a été soutenu Égyptepar la Région, à hauteur de Alexandrie142 000 euros, dont 70 000pour la postproduction.Une aide destinée àconforter l’emploi destechniciens franciliens.D’autres réalisations ontbénéficié récemment de cette subventionpublique, la seule pouvantà ce jour être attribuée à une œuvreétrangère en France.Du Chili à Clichy-la-GarenneLoin d’Alexandrie, le désert d’Atacama,au Chili : Nostalgie de lalumière se penche sur les séquellesde la dictature d’Augusto Pinochet.Ce documentaire de PatricioGuzmán a été finalisé en Île-de-France, de l’étalonnage numériqueau tirage de copies en passant par lereport optique et le sous-titrage.Quant au film de Paz Fábrega, Aguafria (« Eau froide »), il a été tourné auCosta Rica, mais monté à Paris. Lestravaux de laboratoire ont eu lieu àClichy-la-Garenne (92) ; une entreprisede Levallois-Perret (92) a signéles génériques. Ainsi, des œuvres tournéesloin des décors de la régionparticipent au rayonnementinternational du cinémafrancilien et au développementd’un secteur économiquestratégique.Autant de films qui« aident les gens à vivre ».Comme un thé au cœur deMafrouza. l Pierre Chapdelaine© pefLoin dechez vous(ISRAËL)Un pied à Tel-AvivL’Agence régionale dedéveloppement (ARD)Paris Île-de-France ouvreun bureau à Tel-Aviv.Objectif : attirer enÎle-de-France de nouveauxinvestissements étrangerset favoriser les partenariatsdans la recherche.(PLANèTE)Gennevilliersfête la solidaritéinternationaleDu 9 au 17 juillet,Gennevilliers (92) organisepour la première fois unfestival international destinéaux enfants de 11 à 15 ans.La manifestation, quimobilise 26 communes,prévoit des animationssur l’eau, la santé,l’alimentation, l’éducation,la paix et le climat.Des délégations venantde Madras (Inde),Banda Aceh (Indonésie),São Paulo (Brésil),Al-Bireh (Cisjordanie,Territoires palestiniens),Nouakchott (Mauritanie)et Dargo (Burkina Faso)sont attendues.(QUÉBEC)L’écologie nourritles échangesActeurs québécois etfranciliens vont renforcerleur coopération dansla gestion des déchetset la lutte contre lespollutions liées auxpesticides. Ce sont deuxexemples du nouveauplan d’actions signé entrela Région Île-de-Franceet le Québec. Parmi lespriorités retenues jusqu’en2014, figurent les échangesindustriels, le tourisme,l’environnement.(SÉNÉGAL)Les migrants fontpousser les projetsUne pépinière d’entreprisesva voir le jour à Dakar,avec le soutien de laRégion Île-de-France.Ce lieu permettrad’accompagner lespromoteurs sénégalaisétablis en France quiveulent développer desactivités au Sénégal. C’estl’association francilienneProgramme SolidaritéEau qui pilotera le projet.© Bruno Fert/Picturetank© DRLe chassé-croiséDe l’enfer au NidDe Bamakoà MontgeronNaïssa29 ans.Naïssa est une rescapée. La jolie femme, qui vitaujourd’hui à Montgeron (91), a failli tomber entreles mains d’un réseau de prostitution. Tandis qu’ellese prépare à devenir douanière à Bamako (Mali),Naïssa accepte en 2005 l’offre d’emploi d’un cousinen France. Dès son arrivée, il lui confisque passeportet diplôme, la séquestre, la bat, la viole. Elle résiste.« J’ai compris, lors d’une conversation en anglais,qu’il voulait me vendre pour me mettre sur le trottoir. »Elle parvient à s’enfuir. Hébergée par des amies,elle fait soigner ses blessures et est orientée vers leMouvement du Nid, à Yerres (91). L’associationentame avec elle un chemin extraordinaire. Aprèsavoir réussi ses formations d’agent de service hospitalierpuis d’aide-soignante, métier qu’elle exerceà Villeneuve-Saint-Georges (94) « toujours premièrede sa promotion ! », Naïssa va passer son examend’infirmière l’an prochain. « Ce parcours m’a donnéenvie de m’occuper des autres. » Au sein du Nid, elleœuvre pour aider celles « qui n’ont pas eu autant dechance que moi ». l h http://www.mouvementdunid.orgdu valde-Marneà BelgradeBenoît Péron48 ans.l’autre pays du fromageDirecteur marketing de la filiale d’un groupe fromager,Benoît Péron ne regrette pas d’avoir quittéles bords de la Marne, il y a six ans, pour débarquerà Belgrade, en Serbie. « Ici, tout est à construire, c’estpassionnant ! Lorsque je suis arrivé, il n’y avait aucunemarque de fromage : nous en avons créé une exnihilo ! » Les Serbes ? Un coup de cœur ! « Je connaissaisdéjà beaucoup d’ex-Yougoslaves à Paris. Ils sontaccueillants et très francophiles. En revanche, ils n’ontpas d’agenda ! Impossible de fixer un rendez-voustrois semaines à l’avance. Alors, ils s’arrangent pourêtre disponibles… » Ce Francilien d’adoption adécouvert Paris dans les années 1980 pendant sesétudes. Puis, au moment de fonder une famille, ils’est installé à Chennevières-sur-Marne (94), dontil jugeait le prix des logements « moins “ contraceptif” ». à ce jour, son retour n’est pas prévu. « Être depassage en Île-de-France est toujours un bonheur.Mais si je dois quitter la Serbie, ce sera pour une autreculture et de nouveaux horizons ! » lîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


LE DOSSIER7Valeur montante de la chansonfrançaise, Cyril Mokaiesh était depassage à Savigny-le-Temple, le 20 mai .la relève musicale donne de la voixspectacles garantis© STEPHAN ZAUBITZER/picturetankÀ Paris, mais aussi en banlieue, des salles de concert se battent pouraccompagner des groupes locaux, défendre le pluralisme musical en Îlede-Franceet renforcer la convivialité. Parmi elles, Deux-Pièces Cuisine,au Blanc-Mesnil (93), et L’Empreinte, à Savigny-le-Temple (77).En apparence, adeptes du rock, amateursde pop et autres fans d’électro ont tout sousla main en Île-de-France pour satisfaireleur passion : des festivals dont les têtesd’affiche attirent un public nombreux, àl’image de Rock en Seine ; des salles mythiques, etd’autres qui sont en passe de le devenir ; des studiosde répétition et d’enregistrement qui permettentaux groupes amateurs de profiter d’un environnementadapté et d’un encadrement sur mesure. Laréalité est moins rose. Face aux majors qui imposentleurs codes et leur prêt-à-consommer culturel, seuleune petite dizaine d’artistes français savent qu’ilstireront chaque année leur épingle du jeu. Pourceux qui n’appartiennent pas à un label, le parcourssera encore plus difficile. Musiciens et chanteursne sont pas les seuls à connaître la galère. L’in-dustrie du disque doit faire face aux nouvellespratiques, légales ou non, d’accès aux œuvres,mais aussi à l’avènement du MP3. Les disquairesindépendants, eux, sont en voie de disparition,victimes des rayons « musique » des grandes surfaces.Heureusement, le retour en force du vinylepourrait stopper l’hémorragie… Pour le plus grandplaisir des mélomanes.Du côté du RIF (Réseaux en Île-de-France), onobserve à la loupe les dernières tendances d’unpaysage en pleine mutation. « Avec la crise dudisque, on assiste à la disparition d’un grand argentierqui était vital pour une économieencore fragile », explique FrançoisBeaudenon, le nouveau président decette fédération qui regroupe186 acteurs des musiques actuellesbonus webReportages,galerie photoet vidéo.www.iledefrance.frdans la région. « Nous vivons une phase de transition,complexe, avec une plus grande versatilité dupublic. Un groupe peut faire un carton avec son premieralbum et retomber aussitôt dans l’anonymatabsolu. C’est déconcertant ! » Mais si certaines sallesde concert sont à la peine, il y voit aussi le signe dela crise économique et sociale : « Aller au spectaclerevient de plus en plus cher ! » Quelles seront à termeles conséquences de cette révolution culturelle ?François Beaudenon reste optimiste : « Partout, lesprojets fleurissent. Il faut reconnaître cette vitalité. »D’autant que les musiques actuelles bénéficientdésormais d’un accueil favorable auprès des collectivitéslocales : « Les décideurs politiques nousécoutent davantage… Normal, ils ont baigné, pourla plupart d’entre eux, dans la culture rock ! Et ilsreconnaissent notre place. Dans des communesrurales d’Île-de-France, des festivals remplissent uneréelle mission, celle du “ mieux-vivre ” ensemble. Enbanlieue, certaines salles de musiquesactuelles représentent le seul espace deconvivialité ouvert après 20 heures… »Des lieux qui, à force de ténacité, ontacquis une notoriété solide.îLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


8LE DOSSIERÀ deux pas de la gare RER de Savigny-le-Temple (77),L’Empreinte impose sa marque. Chaque année,près de 40 concerts sont organisés dans la salleprincipale ou sur le plateau aménagé au sein durestaurant, une manière de découvrir la scène émergenteet des artistes en développement dans uncadre plus convivial. Si L’Empreinte réussit à fidéliserson public, c’est aussi au prix de risques musicauxbien calculés. Ici, un peu de hip-hop, un peude reggae, un peu de variétés, un peu de folk, maisaussi pas mal de black metal, de trash metal et autremetal extrême. Stéphane Labas accueille régulièrementà Savigny-le-Temple de « vieilles stars duhard rock mais aussi des groupes prometteurs ». Unsavant dosage qui compose un cocktail détonnant,où le public a rendez-vous avec Lio, Jena Lee, CyrilMokaiesh, mais aussi Hardcore Superstar ou DevilDriver ! « Si je fais ce métier, c’est pour proposer de lamusique populaire, mais aussi des esthétiques parfoispointues. Avant, certains styles musicaux n’existaientque dans Paris intra-muros. » La prise derisques a finalement payé. Aujourd’hui, les fans deguitares saturées et de voix gutturales ont repéréL’Empreinte. Pour certains concerts, « 80 % dupublic reste francilien, mais on vient aussi de Marseille,de Belgique… et même de Suède ! »Le règne du buzzAutre lieu emblématique de cette déterminationculturelle à toute épreuve : le Blanc-Mesnil etson Deux-Pièces Cuisine. L’équipement a vu lejour en 1994 sur l’emplacement de l’anciennecuisine centrale de la ville. En 2010, l’extensiondu bâtiment vient lui donner une autre dimension.Un projet porté à boutde bras par les collectivitéslocales, la Région, le Départementet la mairie. « L’étatnous a abandonnés aumilieu du gué », déplore ÉricParis. Dans la salle deMusiques amplifiéesEn 2010, la Région Îlede-Francea consacré3,3 millions d’eurosaux musiques actuelles.à cela s’ajoutent lesaides à l’investissementpour des travaux deréhabilitation, d’extensionou de constructionde salles de concertou encore l’achat dematériel scénique etnumérique. Ce soutienva monter en puissance.Les salles s’adaptent à la mutationdu secteur musical. Avant,les artistes se faisaient connaîtrepar la scène, aujourd’hui,ils occupent les réseaux sociaux.En effet, les conseillersrégionaux viennentd’adopter une nouvellepolitique en faveur desmusiques actuelleset amplifiées. Elle estle fruit d’une vasteconcertation menéeà l’automne avec lesprofessionnels. Descritères géographiquesverront ainsi le jourpour encourager unemeilleure répartitionconcert, qui peut accueillir 350 spectateurs, ildétaille les équipements techniques, « le top dutop », et annonce, pas peu fier, qu’elle est sansdoute la première entièrement éclairée en LED.Mais l’équipement n’est pas une fin en soi. Deux-Pièces Cuisine est un outil de développementculturel où se croisent « des zicos qui jouent enrépétition, de petites danseuses qui viennent avecles mamans, des profs du conservatoire… »De Savigny-le-Temple au Blanc-Mesnil, l’adaptationà la mutation du secteur musical est au programme.« Avant, les artistes se faisaient connaître essentiellementpar la scène, rappelle Stéphane Labas.Aujourd’hui, ils occupent les réseaux sociaux, Facebook,Myspace… N’importe quel groupe peut acquérirsa propre visibilité, sans même être produit. Etpour durer dans cet environnement,il faut toujours faireparler de soi. C’est le règne dubuzz. » Pour que L’Empreintene soit pas zappée à son tour,Stéphane Labas suit son cap,aide les groupes par le biaisLa Région augmente le volume de ses aidesdes lieux dédiés à cesmusiques sur toutle territoire. La Régioncompte aussi renforcerl’émergence de talentsfranciliens au travers dudispositif Itinérances etle lien entre professionnelsconfirmés et artistesen développement.Une aide spécifique à larésidence de musiquesactuelles est égalementcréée, ainsi qu’une aideaux disquaires indépendants.Enfin, la Régionva mettre en place despartenariats entre leslycées, les CFA et lessalles de musiquesactuelles. Ce travailde sensibilisationpermettra de favoriserla rencontre entre lesartistes et les jeuneset donnera naissanceà un festival francilienApprentis et lycéens.de ses résidences, accompagne les artistes locauxdans leur progression. « Sortir de sa cave pour venirrépéter à L’Empreinte, c’est comme arrêter de jouerau foot sur un terrain vague pour adhérer à un club,avec un vrai terrain, un vrai entraîneur et d’autreséquipes. » Un passage qui ne sera pas facile…« Certains groupes ne décolleront pas, confirmeÉric Paris, au Deux-Pièces Cuisine. Ils n’ont pasde projet artistique réel ou bien pêchent par manquede méthode et d’organisation. Ils prennent parfoisles choses à l’envers, pensent que c’est la scène quiva leur amener du monde… » Et puis il y a de vraiespépites, comme Casey, rappeuse du Blanc-Mesnil,qu’éric Paris espère voir se produire très prochainementchez lui.C’est pour faire émerger ces trésors que le RIF acréé le dispositif Itinérances, une bourse accordéeaux salles pour qu’elles programment en premièrepartie des artistes locaux. Depuis sa mise en placeen 2003, plus de 500 concerts ont permis à desgroupes d’aller à la rencontre d’un public de plusen plus large. Malgré la tourmente, le show franciliencontinue… lpierre ChapdelaineÉric Paris, dans sonDeux-Pièces Cuisine auBlanc-Mesnil, l’une dessalles de musiquesactuelles qui s’imposent dansle paysage culturel.© jean-robert dantou/picturetankà Savigny-le-Temple,Stéphane Labasaccueille régulièrementde “ vieilles stars du hard rock ”.© jean-robert dantou/picturetankîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


LE DOSSIER9© jean-robert dantou/picturetankÀStains (93), Gaël Faye et EdgarSekloka enchaînent les titres deleur premier album : Allumez lesbriquets, Un peu de musique, à laMa’… Quand arrive Café Zèbre, lepublic reprend en chœur le très sensuel« Milk… coffee… sugar… », nomde baptême du groupe francilien.Dans la salle, certains connaissentmieux que d’autres les paroles. Unequinzaine d’élèves du lycée Pauléluardde Saint-Denis (93) a fait ledéplacement. Ils ont repéré le groupelors des auditions du Grand Zebrocket en pincent pour leurs textes, étudiésen cours. Et si Gaël et Edgar n’ont pasatteint la finale de ce concours, l’explicationtombe : « Le jury a considéréque, pour eux, les choses étaient déjàbien engagées », estime Amel, qui aparticipé à cette initiation auxmusiques actuelles. à la sortie duconcert, elle croit plus que jamais enleur avenir. « Ils ambiancent vraimentbien », lâche-t-elle, emballée. En faisantune croix sur l’amateurisme maisen se heurtant aux logiques commerciales,les deux chanteurs sont à unGaël et Edgar à Stains, le 20 mai.Dans la salle, des élèvesdu lycée Paul-éluard de Saint-Denis.tremplin Milk Coffee & Sugar préparedéjà son deuxième album. Ambiance…UN COCKTAIL MUSICAL ENVOIE DE RECONNAISSANCEcarrefour. « Une zone de flottement »,résume Gaël. « Nous mélangeons beaucoupd’influences, le rap, le hip-hop, lejazz, la soul. Mais ce qui peut rassurerles programmateurs de salles dérouteles maisons de disques. » Edgar renchérit: « Les labels ont enfermé le rapdans des codes et des sonorités précises.Dès qu’on en sort, c’est une prise derisques… » Pour garder le cap, ils ontengagé des démarches parfois austères: créer une SARL, chercher untourneur, se pencher sur la questiondes droits d’auteur ou débroussaillerles subtilités d’un contrat… Sansperdre de vue leur projet artistique etleur créativité. Après le Printemps deBourges, ils auraient pu considérerque la mise en orbite allait venir naturellement.Mais ils ont repris le chemindes studios. Gaël prépare unalbum solo, le groupe sortira sondeuxième CD cet été, Edgar va publierun roman et un recueil de poèmes.S’affranchissant des étiquettes, MilkCoffee & Sugar cultive la richesse deson arôme, sème des graines… etespère la récolte. l Pierre ChapdelaineREPÈRES22lieux de musiques actuellesont bénéficié de l’aide de laRégion en 2010, dans le cadredes conventions depermanence artistiqueet culturelle : Le Planà Ris-Orangis, Le Tamanoirà Gennevilliers, Banlieue bleueà Pantin, La Clefà Saint-Germain-en-Laye, etc.Et 11 salles ont reçu une aideà l’investissement, pourdes travaux de rénovation,l’acquisition de matérielsson et lumière, ou encore pourdes travaux d’insonorisation.21festivals de musiquesactuelles ont été soutenuspar la Région l’an dernier.à cela viennent s’ajoutercinq festivals de culturesurbaines (hip-hop…).250groupes franciliens ontbénéficié du dispositifItinérances depuis sa créationpar le RIF en 2003.13réseaux de musiquesactuelles existent enÎle-de-France. Couvranttoute la région, ils sont à lafois centres de ressources,espaces de débats,observatoires des pratiquesdes professionnelset des amateurs.68 %des collégiens et des lycéensfranciliens se rendent parfoisà des concerts de rock,de rap, de RnB, etc. Maisils ne sont que 9 % à assisterà des concerts de musiqueclassique. C’est le résultatde l’enquête réalisée parle RIF en octobre 2010.Ensavoir +• Sur www.iledefrance.fr,notre sondage surles pratiques culturellesdes Franciliens.• Sur www.lempreinte.net etwww.deuxpiecescuisine.net,retrouvez l’actualité deces deux salles de concert.• Sur www.zebrock.net,les infos sur les artisteset les scènesen Seine-Saint-Denis.• Sur www.lerif.org,découvrez la cartedes lieux de musiquesactuelles en Île-de-France.TROIS QUESTIONS À...Julien Drayvice-président du conseil régional chargé de la culture« cultivons la richessedu paysage musicalde l’Île-de-France »Beaucoup trouvent que les lieux de concert restentavant tout sur Paris et en petite couronne…Julien Dray : Paris polarise la vie culturelle de l’Îlede-France.Le tout est de s’appuyer sur cette forcepour mener une politique d’aménagement cultureldans les territoires moins favorisés. Pour cela, nousfinançons la construction, l’aménagement, la rénovationdes salles, et nous soutenons leur activitéavec nos conventions de permanence artistique etculturelle. Nous allons aussi faciliter l’accès desartistes aux locaux de répétition et d’enregistrement,en mettant en place, avec le RIF (le réseaufrancilien des musiques actuelles), une banque dedonnées sur les disponibilités des salles et en négociantdes tarifs préférentiels sur certaines plageshoraires pour les pratiques d’amateurs.La Région annonce le renforcement de son aideaux festivals de musiques actuelles. Pourquoi ?Julien Dray : Cette aide existait déjà, mais nousl’avons précisée et accompagnée d’un soutien à deplus petits événements. Les festivals sont des tempsforts d’exposition pour des artistes en développementou pour des esthétiques peu présentes dansles médias. Ils complètent le travail de terrain effectuétoute l’année par les artistes et les salles quenous aidons, surtout que nous conditionnons notresoutien à la mise en œuvre d’actions de médiationculturelle autour de ces festivals. Et puis, c’est unefaçon pour nous d’offrir de bons concerts au plusgrand nombre, puisque nous insistons sur la modérationdu tarif des places. Comparez le prix d’uneentrée à Rock en Seine avec celui d’autres festivalseuropéens similaires, c’est éloquent !Comment la Région peut-elle encourager la diversitémusicale en Île-de-France ?Julien Dray : Nous appuyons les labels indépendantset les disquaires. Nous finançons l’interventionde musiciens dans les lycées. Nous soutenonsaussi les manifestations qui permettent à cettediversité de s’exprimer. Avec un double objectif :cultiver la richesse de notre paysage musical etconsolider l’emploi artistique. l© Jean-Lionel Dias / Le Carton / PicturetankîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


10LES INITIATIVESActionsÉCOLOGIEAide à l’agriculture « propre »Environ 80 % de l’eau souterraine francilienne est dansun état médiocre, une situation qui s’explique principalementpar la présence de nitrates et de pesticidesd’origine agricole. Du coup, les agriculteurs biologiquessitués dans 37 zones de captage d’eau sontencouragés à ne pas utiliser de produits phytosanitairesde synthèse. Cette mesure pourrait stimuler laconversion d’agriculteurs traditionnels. L’aide financéepar la Région et l’agence de l’eau Seine-Normandiesera d’un montant de 240 euros/hectare/an pour lesgrandes cultures et de 298 euros/hectare/an pour leslégumes de plein champ. L’engagement impose unedurée minimale de cinq ans. lh www.eau-seine-normandie.frMULTIMÉDIABientôt une citéde la presse numériqueUne cité de la presse numérique, dédiée aux nouveauxusages de la presse, verra le jour à Paris d’icià trois ans. Piloté par le Centre de formation desjournalistes (CFJ), ce laboratoire sera mis à la dispositiondes médias pour favoriser leur passage aunumérique et former les journalistes… Installéedans les murs de la Cantine, le local des NTIC gérépar l’association Silicon Sentier, la structure prévoitla création d’une « newsroom », salle de rédactionmultimédia équipée en matériel informatique, audioet vidéo. Elle aura vocation à être un lieud’échanges et d’expérimentations sur les nouvellespratiques du journalisme. Près de 80 % des journalistestravaillent en Île-de-France. lh http://lacantine.orgLes élèves construisent des pergolasavec l’aide de Stéphane Dupouy,l’animateur technique de l’associationdes compagnons d’Île-de-France.chantier-école Des stagiaires en insertion redonnentvie à la roseraie du parc Gérard-Philipe, à Cergy (95).faire fleurir des vocations© Florence Joubert/Picturetank© Jean-Marie LiotsportÎle-de-Francefait son tourPour la 13 e annéeconsécutive, un bateaureprésentant l’Île-de-France participe auTour de France à la voile, parti de Dunkerque le 24 juinet dont l’arrivée se jouera le 25 juillet à La Seynesur-Mer(83). Le skipper Jimmy Pahun dirige l’équipagecomposé d’une douzaine de personnes, notammentde jeunes adhérents des clubs amateurs. La coursedu monocoque Île-de-France constitue une véritablepasserelle entre la formation à la voile et le haut niveau.Le voilier a remporté une 1 re place en 2006, et une2 e en 2002 et en 2003. L’an dernier, il a terminé 6 e . lh www.iledefrance.frenvironnement URBAINla pluie alimente les débatsUn atelier international sur la gestion des eaux de pluieen zone urbaine est organisé par l’agence de l’eauSeine-Normandie, les 21, 22 et 23 septembre à Paris.Objectif : faire partager les expériences des professionnelsde l’urbanisme, de l’assainissement, desdéchets ou de l’eau. Ces experts débattront desrisques naturels, de la conception des lieux publics,ou encore de la maîtrise de la consommation d’eau…La gestion des eaux de pluie est majeure en milieuurbain. En 2025, plus de 60 % de la populationmondiale vivra en ville. lh www.eau-seine-normandie.frDans le cadre bucolique du parc Gérard-Philipe,à Cergy, 12 jeunes arborant un tee-shirtaux couleurs de la ville s’affairent sur unmorceau de terrain de 80 mètres de long. Ilsretournent la terre, déblaient des racines, dessouches, des grosses pierres… Dans quelquesmois, ils planteront des roses sur des pergolas,redonnant vie à la roseraie qui existait à l’époqueoù Anne et Gérard Philipe habitaient la maison,entre 1954 et 1959. « Les rosiers seront économesen eau », explique Pascal Quijoux, le directeur del’association des compagnons d’Île-de-Francequi pilote le projet. Un hôtel à insectes, dont lesoccupants débarrasseront les fleurs de leurs pucerons,devrait également être installé.Découvrir la culture du travailCes élèves, aux parcours très divers, habitentl’agglomération de Cergy. Ils sont à la recherched’un emploi ou d’une formation et se sentent desaffinités avec les espaces verts. Ce chantier « grandeurnature » de six mois, qui comprend un stagede trois semaines en entreprise, est l’occasion poureux d’acquérir un savoir-faire. La Région financele fonctionnement du chantier et l’indemnisationdes élèves. David, 20 ans, a eu « une révélation » lorsd’un stage dans le service Espaces verts d’Argenteuil,et souhaite aujourd’hui obtenir un CAP ouvrierpaysager. « Je voudrais intégrer le CFA de Jouy-le-Moutier ou de Saint-Gratien. Le métier est assezphysique, mais comme j’ai travaillé dans le bâtiment,je connais les gestes pour ne pas me faire mal au dos »,explique-t-il, en prenant appui sur sa pelle. Jean-Cédric, 21 ans, a postulé « pour voir si c’est un métierpour moi ». Convaincu, il cherchera du travail danscette branche dès la fin du chantier. « On va toucherà tout : terrassement, menuiserie, horticulture… »Stéphane Dupouy, l’animateur technique, n’apportepas que sa connaissance technique aux stagiaires,mais aussi la « culture du travail » : respect des règles,des horaires, du travail en équipe… « Le chantierPour ensavoir plus• Site del’associationdes compagnonsd’Île-de-France :www.assoc-acif.net• Maison et parcd’Anne et GérardPhilipe.Chemin du Bacde-Gency,95000 Cergy.• www.villecergy.fr,rubrique« DécouvrirCergy » ;www.cergyrama.com/article-964242.htmlsert à la fois à les évaluer et à les motiver.Ils ressentent une telle fierté àl’idée de mener un projet à terme quecertains anciens du dernier chantieressaient même de revenir. » En effet,les serres du parc ont été rénovéesgrâce à un autre chantier-école, quia donné d’excellents résultats : nonseulement les lieux peuventaccueillir des cours de jardinagepour les scolaires de Cergy, mais,de plus, les jeunes ont majoritairementtrouvé une formation ou unemploi à l’issue du chantier.Les élèves travailleront jusqu’à lafin du mois d’octobre. S’ouvriraalors une nouvelle étape pour leurinsertion professionnelle. En sepromenant au bord de l’Oise, lesCergyssois pourront admirer leurréalisation. lJulie VédieîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


LES INITIATIVES11Vu surle webDiscriminationsen ligneL’Institut d’urbanismeet d’aménagementd’Île-de-France présente surson site la réalité chiffréedes discriminations dansune “Note rapide”.h www.iaurif.orgLe livre à la carteLe MOTif passe en revuel’implantation des activitésliées au livre sur le territoirefrancilien. Sur la carteinteractive, on apprend quele Val-d’Oise accueille cinqmanifestations littéraireset que les Yvelines comptent133 bibliothèquesmunicipales.h www.lemotif.frC’est bientôtAdieu la voitureConjuguer sorties touristiqueset transports en commun,c’est l’idée pratiquede Citylien. Le moteurde recherche permetde sélectionner, selonson humeur, un festival, unmusée, une brocante… puisde choisir une ligne Transilien.Apparaissent alors toutesles possibilités qui s’offrentà vous, sans voiture !h http://sortir-a-parisvisite-de-l-ile-de-france.transilien.comAstuces de chefsLes chefs Jean-FrançoisPiège, Hélène Darroze, GuyMartin et Antoine Heerahlivrent leur vision de lagastronomie à la françaisesur le site du comitérégional de tourisme.h www.nouveau-parisile-de-france.frsolidarité à Fresnes, Farida Boudjema prépare le voyagede 13 familles cet été dans le Finistère.Bien plus que des vacancesLorsque Farida Boudjema a quitté des fonctions commercialespour reprendre des études, elle s’est tournéevers le social : « Simplement pour se sentir utile. »Elle a trouvé sa place en devenant référente familles àl’Avara (Association Vallée-aux-Renards Animation),située à Fresnes (94). Depuis cinq ans, elle a hérité d’unemission particulière : préparer le départ en vacances defamilles pour lesquelles l’idée même de voyager auraitété inconcevable sans le dispositif d’aide mis en place parla Région et piloté par l’Union nationale des associationsde tourisme (Unat) d’Île-de-France. Prendre un bol d’airfrais, recharger les batteries, voir de nouveaux paysages…c’est tout cela, les vacances. Mais pour certains, cela peutêtre beaucoup plus : un tournant dans une vie. Et Faridale sait mieux que personne. « Bien avant que je prenne mesfonctions à l’Avara, j’encourageais ma mère à suivre uneformation. Sans succès. Puis je suis partie en vacances avecelle. Le fait de prendre du recul lui a permis de reconsidérersa situation. À notre retour, elle a pris des courset a même voulu passer son permis de conduire ! »Un nouveau départ pour la mère et la naissanced’une vocation pour la fille.© www.restezvivants.com/photo : audoin desforgesspectaculaire !Poursa 4 e édition, les 24 et 25 septembre, Spectaculaire,la fête des sorties culturelles, changede cadre. Direction, le bassin de La Villette, lesquais de la Loire et de la Seine (19 e ), le port de la Gare(13 e ) étant devenu trop petit pour accueillir les260 exposants attendus. Le principe ne change pas :pendant deux jours, les Franciliens peuvent découvrirspectacles et expositions à venir. Répartis en quatrevillages (théâtre, musée/tourisme, musique classiqueet musiques actuelles), les exposants disposent destands mais aussi de scènes pour donner aux visiteursun avant-goût de leur saison par des extraits de spectacles,des ateliers pour enfants… « Les premièreséditions de Spectaculaire étaient très parisiennes, maispetit à petit, l’offre francilienne s’est développée, souventregroupée par un comité départemental du tourisme ouun conseil général », explique Pauline Gouzenne, ladirectrice générale. Spectaculaire a mis en place unoutil : un réseau social pour que les fans de culturepuissent trouver puis partager avec leurs amis leursprojets de sortie, mais aussi accéder facilement au tarifgroupe pour les meilleurs spectacles. lh Plus d’infos : www.spectaculaire.comEnrevenant de sonséjour à la mer,une femme m’araconté qu’elleavait osé porterson maillot debain sur la plage.© Jean-Robert Dantou/PicturetankAux antipodes de l’assistanatConfrontée à des personnes en difficulté sur leplan familial, professionnel ou financier, FaridaBoudjema considère sa mission comme un accompagnementaux antipodes de l’assistanat : « Lesparticipants sont responsabilisés : ils choisissentleur destination et doivent même financer une petitepartie de leur voyage. Tout cela est remobilisant etdope la confiance en soi. »De janvier à juillet, les 13 familles choisies ont assistéà des réunions pour préparer au mieux des vacances qui,pour certaines d’entre elles, sont les premières. « Des personnessont angoissées à la simple idée de prendre le trainou de ne pas penser à tout en faisant leurs valises. Lorsqu’ils’agit de mères seules avec des enfants, elles craignentsouvent d’être plus facilement débordées que dans leurenvironnement habituel ou, plus simplement, de ne passavoir bien protéger les petits du soleil », explique lajeune femme. Au-dede la préparation du voyage,ces rencontres entretiennent la solidarité avant ledépart. « Certains participants se revoient à l’extérieur,s’entraident pour trouver un emploi. » Une vraie satisfactionpour un travailleur social. Mais la meilleurerécompense vient sans doute des étoiles qu’elleallume dans les yeux des parents en leur parlant dubord de mer avant leur départ pour Fouesnant, dansle Finistère. Et, au retour, de leurs remerciementschaleureux, et de leur confiance retrouvée. FaridaBoudjema se souvient par exemple de cette mèrede famille qui, avant de partir en vacances, s’étaitmise en quête d’un maillot de bain. « Une premièrepour elle ! L’achat, à lui seul, constituait un événement,un défi. En revenant de son séjour à la mer avec sesenfants, la première chose qu’elle m’a racontée, et avecbeaucoup de fierté, c’est qu’elle avait osé porter sonmaillot sur la plage. Pour elle, c’était une victoire ! » Cetété, ce sont 2 300 Franciliens bénéficiaires du dispositifqui partiront à la découverte de nouveaux horizons…et d’eux-mêmes. lsophie Adriansenh www.unat-idf-asso.fr ; http://csc-avara.comîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


12L’HISTOIRE© Musée de Port-RoyalReconstitution de l’abbayede Port-Royal des Champspar Louis Morize vers 1860.JANSÉNISME Le site de Port-Royal des Champs a été le creuset d’unmouvement de pensée religieuse majeur du xvii e siècle.La liberté de conscienceest née dans les YvelinesDu fond de ce vallon, huit siècles vous contemplent.C’est en 1204 que fut fondé le monastèreféminin de Port-Royal des Champs, aunord de la Vallée de Chevreuse, à une trentainede kilomètres au sud-ouest de Paris. De cetteabbaye cistercienne ne subsistent que les fondationsde l’église et un pigeonnier. Mais le lieu aacueilli à un épisode majeur de l’histoire intellectuellefrançaise. Port-Royal prend son envol audébut du XVII e siècle, devenant l’un des couventsphares de la réforme engagée par l’Église catholique.En 1625, les religieuses le quittent pour créerun autre monastère à Paris et ne se réinstallentsur le site qu’en 1653. Entre-temps, un cénacle dethéologiens, d’historiens et de philosophes baptisésles « Solitaires » a pris ses quartiers en contrehautdu monastère. Ils développent un courantreligieux, puis politique, le jansénisme. L’activitéintellectuelle de Port-Royal se manifeste aussi parl’écriture de la première grammaire française etde la première traduction française de la Bibleaccessible à un large public. « Port-Royal a été uncreuset de la liberté de conscience. Ici a germé l’idéede séparation de l’Église et de l’État », rappelle PhilippeLuez, le conservateur du musée national dePort-Royal des Champs. À l’époque, Racine y étudieet Blaise Pascal y écrit ses Provinciales. Unetelle ébullition près de Versailles finit par agacerLouis XIV, qui fait détruire les bâtiments en 1711.Après les Solitaires, les LunaisiensMais le souvenir janséniste n’a pas déserté. Dansles années 1950, Montherlant et Malrauxbataillent pour que la « Maison de Pascal et deRacine » devienne musée d’État. Celui-ci couvreaujourd’hui un domaine de 30 hectares etaccueille des manifestations (concerts, théâtre,expositions) propres à cet esprit de terre humanistequ’il perpétue ainsi. Dans le cadre du Festivald’Île-de-France, l’ensemble « Les Lunaisiens »y jouera en septembre un répertoire autour decette utopie du xix e siècle que fut le saint-simonisme.Comme un écho de celle que les Solitairesont fait naître ici. l Emmanuel SchafrothEn savoirplus• Musée nationalde Port-Royaldes Champs,à Magny-les-Hameaux (78).Ouvert du 1 eravril au 31octobre. Tél. :01 39 30 72 72.www.port-royaldes-champs.eu• Festival d’Îlede-France:le 11 septembre,à 16 h 30, lesLunaisiens jouent« La Cité rêvée »,un répertoiresaint-simonien.Tél. :01 58 71 01 01.www.festivalidf.frLe paquebot“France”,un peu francilienUne exposition au musée de la Marinecélèbre le 50 e anniversaire du paquebotFrance, dont la construction amobilisé toutes les régions françaises,y compris l’Île-de-France…Àla fin de la seconde guerremondiale, après l’incendie duNormandie dans le port deNew York, la construction d’un nouveaupaquebot transatlantique estrapidement envisagée. En 1956, ladécision est prise, et l’État imposeau constructeur, la Compagnie généraletransatlantique, un bateau intégralementfrançais. Des forgesbretonnes aux verreries lorraines,tout le pays se met au travail.L’Île-de-France n’est pas en reste.Une partie du matériel techniqueest fabriquée dans la région : vedettesde sauvetage et de service, instrumentsde navigation, pièces mécaniques,appareils électriques,téléphoniques, sanitaires et électroménagers…Mais c’est surtout pourla décoration que l’Île-de-Francesera mobilisée. La maison Leleu(Paris), symbole du luxe à la française,conçoit pour la 1 re classe dessalons de bridge, de lecture et d’écriture,une bibliothèque, des tapis…Christofle fabrique couverts et vaisselledans son usine de Saint-Denis(93). La maison Tubauto, à Levallois-Perret (92), réalise les meublespliants disposés sur les ponts. RaymondSubes, célèbre ferronnier d’artparisien, tapisse les murs de la chapelled’aluminium. Le France resteun témoignage unique des arts décoratifsdes années 50. lh L’exposition « Paquebot France »,jusqu’au 23 octobre 2011.Musée national de la Marine, 17, place duTrocadéro, 75016 Paris. Tél. : 01 53 65 69 53.www.musee-marine.frLes chaises longuesde la maison Tubautoéquipaient les pontspromenades.Dates clés1204Fondation de l’abbaye.1608L’abbesse Angélique Arnauldengage sa communautédans la réforme catholique.1639Les Solitaires s’installentsur les hauteurs du couvent.1653Retour des religieuses après lafondation d’un monastère à Paris.1711Louis XIV fait raser l’abbayepour faire disparaître lesjansénistes du royaume.1890Installation du premier musée.1953Achat du domaine des Grangespar l’État.2004Réunification du domaine avecla donation de l’abbaye.© Jean FeigelsonîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


LES SORTIES13Près dechez vous(Exposition)Clichés japonais,1908-1930,le temps suspendususpendu© Musée Albert-Kahn -Département des Hauts-de-SeineEn 1908, le banquier AlbertKahn fait étape au Japon,découvrant un paysen pleine mutation et marquépar un patrimoine culturelatemporel. L’expositionprésente des photographies,des films, ainsi quedu mobilier témoignantdes traditions japonaisesde l’époque.h Jusqu’au 18 septembre.Musée et jardins Albert-Kahn, 10-14, rue du Port,92100 Boulogne-Billancourt.Tél. : 01 55 19 28 00.www.albert-kahn.frBrassensou la liberté© Fred MellaPhotos, chansons, interviews,brouillons de chansons,guitares… Cette expositionparvient à résumer la vieoriginale de GeorgesBrassens, ce « faiseurde chansons » qui rencontraun succès phénoménal.h Jusqu’au 21 août.Cité de la musique,221 avenue Jean-Jaurès,75019 Paris.Tél. : 01 44 84 44 84.www.citedelamusique.frRétrospectiveNils-UdoUne rétrospective de l’œuvrede Nils-Udo, comprenant unecentaine de photographiesde ses installations et despeintures, sur son thèmede prédilection : la nature.h Jusqu’au 1 er octobre.Musée de la Poste,34, boulevard de Vaugirard,75015 Paris.Tél. : 01 42 79 24 24. www.ladressemuseedela-poste.frOssip Zadkineà Auvers-sur-OiseIl y a 50 ans, Zadkinedévoilait sa statuede Vincent Van Goghdans le parc du même nom,à Auvers-sur-Oise.Aujourd’hui est présentéeune rétrospective del’artiste : 27 sculptures,21 photographiesoriginales et autantde dessins et estampes…h Jusqu’au 31 août.Musée Daubigny, Maisondu Docteur Gachet, OrangerieSud du château, et galeried’art contemporain,95430 Auvers-sur-Oise.Tél. : 01 30 36 10 06.www.zadkine-auvers2011.fr(Musique)Festival MusicOparc© jérôme flamantOrlando Poleo et MarthaGalarraga (le 9 juillet),et une sélection de DJsrêveurs pour les dimanchesélectROSNYques (17 et24 juillet) clôtureront sa7 e édition. Et c’est gratuit !Parc de Decesari,93110 Rosny-sous-Bois.Tél. : 01 48 12 27 80.www.mairie-rosny-sous-bois.frJazz aux Capucinsà CoulommiersLe rendez-vous desamoureux de jazz surles pelouses du parc desCapucins ! Au programme :Doc Scanlon Pan AtlanticSwing Quartet (le 10 juillet),Z comme… (le 17 juillet),et le groupe Mosaïque(le 24 juillet).h Jusqu’au 24 juillet,les dimanches à partirde 16 heures. Parc desCapucins, Place Abel-Leblanc,77120 Coulommiers.Tél. : 01 64 75 80 20.www.coulommiers.fr(Loisirs)Découverte naturedans les YvelinesL’Agence des espaces vertsorganise des animationsnature tout l’été. Dans lesYvelines, trois sorties trèsfamiliales : un rallye à larecherche des bruyèresdans la forêt régionalede Verneuil (Les Mureaux)le 9 juillet, une découvertedes oiseaux au domainerégional de la Cour Roland(Jouy-en-Josas) le 31 juillet,et une promenadegourmande dans la plainedu bout du monde (Epône)le 21 août.h Toutes les informationsau 01 72 69 51 00 ou surwww.aev-iledefrance.frdu sport dansles bases de loisirs !De multiples activitéssportives sont proposées cetété dans les bases de loisirsrégionales. Mention spécialeà Vaires-Torcy (77) – quiaccueille jusqu’au 28 aoûtun village sportif –, ainsi qu’àla grande marche nordiquequi se déroule sur toutesles bases franciliennesles 10 et 11 septembre.Le guide 2011 des 12 basesde loisirs est disponibledans les offices de tourisme.h Plus d’infos :www.iledefrance.frou www.bases-loisirsiledefrance.fr(Théâtre)Festival les tréteauxnomadesThéâtre forain, commediadell’arte, improvisation…Tous les théâtres populairessont au rendez-vousde cette 12 e éditiondu festival itinérant desArènes de Montmartre.Au programme également,un atelier de commediadell’arte pour enfants !h Du 22 aoûtau 4 septembre.Dans différents lieux à Paris :Cour de l’Hôtel de Beauvais(4 e ), Arène de Montmartre(18 e ), La Bellevilloise (20 e ),Place Sainte-Marthe (10 e )…Tél. : 01 48 40 62 49.www.treteauxnomades.comNous n’ironspas à Avignon !© François Saint-RémyDepuis 1999, cettemanifestation, qui se veutune alternative au festival offd’Avignon, s’est imposéecomme l’événementthéâtral estival en banlieueparisienne. Quatrespectacles par jour dans lecadre insolite d’une anciennehalle de déchargement de lagare de Vitry…h Du 6 au 31 juillet.Gare au théâtre, 13 ruePierre-Sémard, 94400 Vitrysur-Seine.Tél. :01 55 53 22 22.www.gareautheatre.com© Cyrus Cornut/dolce vita/picturetankfestival Anna Calvi, Foo Fighters, ArcticMonkeys et les BB Brunes au programme…Une quatrième scènepour Rock en SeineLes Anglais Arctic Monkeys,têtes d’affiche de Rocken Seine 2011, viennentde sortir un nouvel album,Suck it and see.C’est la grande nouveauté decette 9 e édition du grand festivalrock francilien : une 4 e scène !Installée dans le domaine national deSaint-Cloud (92), elle étonnera leshabitués et réjouira les nouveauxvenus ! Côté programmation, onconnaît déjà les têtes d’affiche : legroupe californien Foo Fighters et sonénergie pop-punk (vendredi), les postadosanglais Arctic Monkeys (samedi),Archive et son trip-hop élégant mâtinéde guitares crasseuses (dimanche).Ont également confirmé leur présence: le duo sulfureux et insolent deThe Kills, la météorite Anna Calvi etsa musique mélodramatique, Deftones,les pionniers du néo-metal,mais aussi les jeunes rockeurs parisiensdes BB Brunes, le folk intimisteÀ l’affichede Keren Ann, le DJ précurseurÉtienne de Crécy, le groove militantde Nneka… En tout, une soixantainede groupes. De quoi clore l’été enbeauté et satisfaire les rockeurs lesplus exigeants pendant trois jours…Comme chaque année depuis 2005,le dispositif des Avant Seine donneleur chance à de jeunes talents de lascène rock française, six groupesémergents repérés par un jury. Quantaux rockeurs en herbe (6-10 ans), ilsse retrouvent depuis 2008 pour le MiniRock en Seine : ateliers, spectacles,création d’une radio rock, pause auBar rock animé par Cafézoïde… Vivementla fin de l’été ! l julie védieh Les 26, 27 et 28 août, domaine national deSaint-Cloud (92). Renseignements et billetterie :www.rockenseine.comLe spectacle vivanten 26 couleursLe nouvel espace culturel Les 26 Couleursà Saint-Fargeau-Ponthierry (77) est unexemple de reconversion du patrimoineindustriel. La manufacture de papiers peintsLeroy a marqué l’histoire de la ville.La centrale électrique de l’usine abritedésormais un lieu dédié au spectaclevivant. Son nom rend hommage à l’inventionde Louis Isidore Leroy en 1877, unemachine capable d’imprimer des papierspeints en 26 couleurs. lh Les 26 couleurs, 6, rue Pasteur,77130 Saint-Fargeau-Ponthierry.Tél. : 01 64 89 51 20.www.saint-fargeau-ponthierry.frh Galerie photo sur www.iledefrance.fr© DRîLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


14LES TRIBUNES POLITIQUES© nathalie mohadjer/le bar floréal© Olivier Pasquiers/le bar floréalGroupe SOCIALISTE ET APPARENTÉSÀ quoi sert la culture ?PS et app /62 membresGuillaumeBalasLe groupe socialiste appuiel’action culturelle au servicedu développementterritorial. Le champ de laculture ne relève pas à proprementparler des compétencesdu conseil régional,qui portent sur les transports,les lycées, la formationprofessionnelle ou ledéveloppement économique.Le groupe socialistea pourtant souhaité yconsacrer 85 millions d’euroscette année, c’est-à-dire autant qu’en 2010.Lors des débats budgétaires, le parti demadame Pécresse a, de son côté, proposé ladiminution du budget de la culture, au motifque ces dépenses seraientsuperflues en temps de crise. Onconnaît l’argument : l’emploid’abord, la culture en optionfacultative. Mais il y a dans cettelogique budgétaire une doubleméprise. Il est faux d’opposer dela sorte les sommes engagéesdans le secteur culturel à cellesqui iraient directement à l’emploi.Ainsi, pour un euro investi dans le cinéma,on produit six euros de richesses en conséquence.Il faut donc en finir avec ce préjugéqui réduit la culture à un luxe de dépenses àperte. Au contraire, c’est un domaine importantdu développement économique de notrerégion, qui démontre son dynamisme et saréactivité en temps de crise.Mais l’essentiel du malentendu tient à la missionde notre collectivité locale. L’action culturellede la Région constitue en fait un voletessentiel de ses compétences : l’aménagementFRONT DE GAUCHE – PARTI COMMUNISTE, GAUCHE UNITAIRE ET ALTERNATIVE CITOYENNE2011 : année des Outre-MerFdg / 14 membresGabrielMassou« Pour les socialistesdu conseil régional,la culture est nécessaireà l’aménagementdes territoiresd’Île-de-France. »2011 est l’année des outre-mer. Cette décision fut prise fin 2009, à la suite dela grève générale, aux Antilles, contre la vie chère et les inégalités.Cette année doit être l’occasion de porter un autre regard sur ces territoires etces populations. Parler des outre-mer, c’est se pencher sur l’histoire et la mémoirede l’esclavage, dix ans après la loi de 2001 qui reconnaît l’esclavage comme uncrime contre l’humanité. Parler des outre-mer, c’est dénoncer les inégalités etles discriminations insupportables que subissent les Ultramarins, dans lesDOM-TOM et ici, en Île-de-France, où 600 000 Francilien(ne)s sont issus de cesterritoires. Cette initiative doit permettre d’approfondirla démarche citoyenne pour travailler ensemblesur notre mémoire, contre les inégalités, pour partagerun avenir commun. La Région se doit d’être auxcôtés de ces initiatives citoyennes, avec les Ultramarins.l h Site : http://www.frontdegauche-pcfguac-idf.orgterritorial. La politique culturelle francilienneest ainsi définie par l’engagement qui fut celuide Jean-Paul Huchon en 2010 : permettre àchacun d’avoir accès à des pratiques et à desœuvres de qualité sur tout le territoire.Nos décisions vont toutes dans ce sens et participentd’une vision globale pour l’aménagementfrancilien, dont nous voulons qu’ilprofite à tous et non à quelques territoires privilégiés.Ce débat se pose dans les mêmestermes que celui du Grand Paris : veut-onrépondre aux besoins des Franciliens là où ilsse trouvent, ou préfère-t-on investir pour unepoignée de territoires au détriment de tous lesautres ? Tel est l’enjeu de l’aménagement culturelde l’Île-de-France. C’est pourquoi le groupesocialiste a notamment fait voter un projetd’étude cartographiée de l’offre culturelle dansnotre région, grâce à laquellenous pourrons mieux connaîtreles atouts et les besoins de chaqueterritoire, et créer des passerellesinnovantes entre les acteurs dumonde de la culture.C’est également dans ce sens quenous avons mis en place unecommission de suivi des aidesrégionales au titre de la permanenceartistique et culturelle, parce qu’unepolitique culturelle se décide au plus près desacteurs et du public, sur le terrain de la créationet des usagers, dans la concertation et le dialogue.Oui, la culture est bien au cœur du développementdes territoires franciliens, parcequ’elle est synonyme à la fois de lien social etde démocratie. lh Contact : said-benmouffok@orange.fr ;tél. : 01 53 85 68 95 ; site : www.psidf.com« Dénoncerles inégalitéset les discriminationsinsupportablesque subissentles Ultramarins. »© jean-Christophe bardot/le bar floréalEUROPE ÉCOLOGIE – LES VERTSLes impasses dugrand Paris ExpresseelV / 51 membresCécile DuflotSelon toute attente, le schémadu Grand Paris Express, futurmétro automatique du bassinparisien, devrait être adopté.Malgré quelques récentesavancées, tout laisse à penserque le compte n’y est toujourspas pour les millions d’usagersfranciliens. La plupart d’entreeux feront les frais de promessessans lendemain et nebénéficieront d’aucune améliorationde leurs conditions detransport avant au moins unquart de siècle ! Le quotidien insupportable desusagers des transports aurait pourtant dû figurerparmi les priorités. Il n’en est rien, malgré desattentes fortement exprimées lors des débatspublics. Le gouvernement s’obstine à privilégierune approche élitiste, au service exclusif deshommes d’affaires et des pôles de compétitionéconomique, au détriment des besoins immédiatsde millions de Franciliens. Où sont les financementspour les RER et les métros existants ? Alorsque le gouvernement estprêt à jongler avec les milliards,pourquoi est-il sidifficile de débloquer lemilliard qui permettraitd’assurer enfin le bon« Pourquoi est-il sidifficile de débloquerle milliard d’eurospour assurer enfin lebon fonctionnementdu RER D ? »fonctionnement duRER D ? Face à cette courseau gigantisme, les écologistes sont parvenus àobtenir une meilleure desserte de proximité. Maisles financements du futur réseau sont incertainset de nombreuses gares encore virtuelles. Destransports publics de proximité, c’est primordialpour celles et ceux qui sont forcés d’utiliser leurvoiture. L’urgence, c’est de desservir les quartierspopulaires enclavés, et non Saclay, La Défense ouRoissy ! Le projet repose par ailleurs sur unerégression démocratique. Faute d’engager ouvertementle débat métropolitain, le Grand Paris selimite à des compromis locaux, négociés à la seuleinitiative du gouvernement. Or, c’est aux Francilienneset aux Franciliens de décider de l’avenirde leur région, qui dépasse largement la seulequestion des transports.Les écologistes souhaitent inscrire la question dela métropole francilienne dans une démarcheglobale : un « Grand Paris vert » reposant sur lasolidarité et la proximité, la justice sociale et unrapport ambitieux à la nature. À ces défis, à cesurgences, nulle esquisse de réponse avec le GrandParis Express, qui pourrait bien nous conduiretout droit dans une impasse. lh Contact : eelv@iledefrance.fr ; tél. : 01 53 85 69 45.îLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


LES TRIBUNES POLITIQUES15© nathalie mohadjer/le bar floréal© Olivier Pasquiers/le bar Floréal© Olivier Pasquiers/le bar floréalMOUVEMENT RÉPUBLICAIN ET CITOYENSauver l’industrieMRC / 5 membresJean-MarcNicolleL’euro cher, surévalué par rapportau dollar, pénalise gravement notreindustrie en rendant peu compétitifsnos produits à l’exportation.Cette logique, initiée depuis les traitésde Luxembourg et de Maastricht,a entraîné fermetures d’usines etdélocalisations, licenciements etprécarisation de l’emploi. En Île-de-France, nous soutenons la stratégierégionale de développement économiqueet d’innovation pourdéfendre l’industrie,la croissance et l’emploi.Mais seul un changement de donneen 2012 pourra réorienter de manièredécisive la politique économique européenne.l h Site : ww.mrc-idf.frPARTI RADICAL DE GAUCHEET MOUVEMENT UNITAIRE PROGRESSISTERéveiller l’Île-de-FrancePRG-MUP /5 membresMuriel GUENOUXAprès les états généraux de la nuit en2010, la Région doit se mobiliser pourredonner aux nuits de la métropole parisienneleur attractivité. Nous militonspour libéraliser la création et l’accès à laculture la nuit : ouverture tardive desmusées, création de salles de spectacledans des lieux atypiques et périurbains,insonorisation de lieux festifs nocturneset ouverture des métros et RER plus tôtle matin. Faire de la nuitun enjeu d’attractivité etde lien social, voilà, selonnous, un axe importantde l’action culturelle régionale. lh Tél. : 01 53 85 69 46 ; site : www.prg-mup-idf.frFRONT DE GAUCHE ET ALTERNATIFSRégularisation !FdG et A /5 membresÉric CoquerelIls étaient plus de 6 000 travailleurssans papiers, mobilisés il y a un an,pour rappeler qu’ils sont des salariéscomme d’autres… qui vivent ici ettravaillent pour enrichir ceux dontles employés se lèvent tôt. Sanspapiers, leur devise est : « précarité,exploitation et injustice ». Sur initiativede nos élus, la majorité du conseilrégional a voté une aide financière,les soutenant face au gouvernement.Ce dernier a dû négocier. Mais la promessegouvernementale de les régularisera été bafouée…Leur lutte continue avec une exigence toujoursplus légitime : régularisation ! lh Contact : frontdegauche-alters@iledefrance.fr ;site : www.frontdegauche-alters.fr« L’euro cherpénalisegravementnotreindustrie. »« Faire de lanuit un enjeud’attractivitéet de liensocial. »« Dessalariéscomme lesautres. »© nathalie mohadjer/le bar floréal© olivier pasquiers/le bar floréalMAJORITÉ PRÉSIDENTIELLELes Jeunes d’abord !L’Île-de-France a cettechance formidabled’être la région la plusjeune de France. Avecdes compétences enmatière de lycées, deformation et d’apprentissage,le conseil régionala toutes les cartes enmain pour répondre auxMP / 56 membresbesoins de la jeunessefrancilienne et l’aider às’éma nciper pourconstruire son projet devie. Mais, comme souvent, il n’est pas aurendez-vous. La Région communique àtout va pour mieux baisser les crédits enfaveur de la formation : –31 millions d’eurospour la construction et la rénovationdes lycées, –15 % pour l’investissementdans les CFA. Même chosedans le domaine sportif. AlorsValériePécresse« La jeunesse, c’estl’avenir. Il fautinvestir pour elle. »NOUVEAU CENTRE ET APPARENTÉSLOGEMENT : SOS CLASSE MOYENNENC ET App /11 membresLaurent LafonLa nouvelle politique régionale du logement mise en place parl’exécutif suscite une vive opposition des centristes. En effet, cettepolitique a été élaborée sans associer les maires franciliens : laRégion prévoit qu’elle n’accordera plus de subventions pour le logementsocial « intermédiaire », destiné aux classes moyennes, dansles villes qui n’atteignent pas 40 % de logements sociaux. LaurentLafon a donc lancé un appel aux maires franciliens, qui ont répondutrès nombreux en faveur de l’abrogation de cette nouvelle politiquedu logement. Les maires soulignent le caractère « vital » du logementsocial destiné aux classes moyennes, qui n’arriventplus à se loger à Paris et en petite couronne,vu les prix du marché locatif privé. lh Contact : nouveaucentre.idf@gmail.com ;site : http://nc-idf.comque l’Île-de-France connaîtun déficit d’infrastructures,le conseil régional coupe de30 % les investissements dansles équipements sportifs.Enfin, dans le domaine de laculture, elle met fin à Tick’Art, le chèqueculture pour les jeunes. La jeunesse, c’estl’avenir. Il faut investir pour elle. C’estpourquoi, depuis le début de la mandature,le groupe MP propose des mesuresfortes pour donner à chaque jeune Francilienles moyens de réussir selon sestalents :- lutter contre la fracture numériqueavec une aide permettant aux plusmodestes de s’équiper en matériel informatiqueet une étude pour équiper l’ensembledes lycéens et apprentis entablettes numériques ;- développer les activités de soutien scolaireet de loisirs en ouvrant les lycéespour mettre leurs installations, notammentsportives, à la disposition desjeunes en dehors du temps scolaire eten construisant systématiquement desinfrastructures sportives dans chaquenouveau lycée ;- assurer une vraie égalité des chances ensoutenant le développement des internatsd’excellence et en réclamant des objectifsambitieux en matière d’apprentissage ;- miser sur l’intelligence en encourageantla Région à investir, comme lesautres régions de France, pour l’immobilieruniversitaire dans le cadre del’opération Campus, à raison de 1 europour chacun des 2 milliards d’eurosinvestis par l’état. Le groupe MP proposede faire confiance à la jeunesse francilienne: il a ainsi obtenu d’associer leconseil régional des jeunesaux décisions du conseilrégional. Grâce au groupeMP, les choses bougent. Sonobstination a permis de faireun pas important en directiond’une culture pour tous :désormais, les organisateursde spectacles soutenus par la Régiondevront s’engager à proposer un tarif privilégiépour les jeunes. C’est enfin à l’initiativede notre groupe que la Région s’estengagée à revaloriser les bourses des formationssanitaires et sociales pour lesaligner sur celles de l’enseignement supérieurversées par l’état (+16 % entre 2007 etla rentrée 2011). C’est encore le groupe quipropose d’augmenter de 16 % les aides auxapprentis. Au tour de l’exécutif régionalde démontrer qu’il s’occupe réellement dela jeunesse. lh Tél. : 01 53 85 68 05 ;site : www.ump-iledefrance.fr« De nombreuxmaires dénoncentla nouvelle politiquedu logementde la Région. »îLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36


16ALENTOURSCanal de l’ourcq Jusqu’au 28 août, les événements culturels,sportifs et festifs se multiplient au fil de l’eau.Tout l’été le long du canalVaujours93paris 19 e7577TrilbardouLe canal et les Grands Moulinsde Pantin dans un paysageurbain en pleine mutation.Carnetde route• Balades en bateau ouà pied, expositions, bals,activités nautiques…Tout le programmede « L’été du canal »sur le site du comitédépartementaldu tourisme deSeine-Saint-Denis :www.tourisme93.fr(rubrique « À voirabsolument ») ouau 01 49 15 98 98.• Infos et carte du réseaufluvial de la ville de Parissur www.paris.fr,rubrique « Paris Loisirs »,puis « Se promenerà Paris », puis« Promenadesau bord de l’eau ».© Jean-Marc Armani/Picturetankon trouve même desmoules et des écrevisses sur les«Maintenant,écluses du canal ! La qualité del’eau s’améliore depuis quelques années »,explique Éric, pilote de bateau touristiquepour Paris Canal, en pleine manœuvreavant l’écluse du pont de Flandre (19 e ).Dès le bassin de La Villette, sorte d’antichambredu canal de l’Ourcq, le décor estplanté : dans une atmosphère à la foisurbaine et bucolique, bateaux, canards,cyclistes et piétons se promènent en bonneintelligence sur et le long de cette voiephare du nord-est francilien.Construit entre 1808 et 1821, le canal del’Ourcq traverse sur une centaine de kilomètresla Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne, pour rejoindre la rivière Ourcq, àMareuil-sur-Ourcq (Oise). Longtemps, lesvilles avoisinantes lui ont tourné le dos, lecantonnant à sa vocation initiale liée autransport de marchandises. Délaissé àcause de la désindustrialisation, il estaujourd’hui un facteur d’identité essentielpour ses riverains, de Pantin à Sevran, enpassant par Bobigny et Aulnay-sous-Bois.Un vaste projet en cours va lui redonnertoute sa place dans les villes : la ZAC écocité-Canalde l’Ourcq, dédiée aux écoactivités,englobera les terrains entre laRN3 et le canal, de Pantin à Noisy-le-Sec,avec la création d’un port à Bobigny. Sonparcours en Seine-Saint-Denis déambuleentre les hauts lieux du patrimoine industrieldu département : les Grands Moulins,l’ancienne cité administrative de Pantin,devenue le Centre national de la danse,et les friches industrielles jusqu’àPavillons-sous-Bois…Plages éphémères et demi-flûteC’est pour mettre en valeur ce patrimoineexceptionnel que le comité du tourismede Seine-Saint-Denis organise, depuisquatre ans, « L’été du canal », un événementculturel, sportif et festif. Plages éphémères,cirque, spectacles, bals,mini-concerts, ateliers… L’occasion égalementde le découvrir en bateau, grâceaux navettes qui relient entre elles les différentesanimations. Plus originale, labalade en demi-flûte d’Ourcq, petit bateauqui se manœuvre à la perche, permet dedécouvrir la partie champêtre : le canaltraverse le parc forestier de La Poudrerie,situé sur les communes de Sevran et deVaujours (93). Les plus curieux continuerontjusqu’en Brie, pour visiter les deuxusines élévatoires de Trilbardou et Villersles-Rigault(77). Témoignages de la technologiedu xix e siècle et classées auxMonuments historiques, elles servaient àpuiser de l’eau dans la Marne pour alimenterle canal quand sondébit était trop faible.À pied, en bateau ouen vélo par les 35 kmde pistes cyclablesaménagées de Parisà Claye-Souilly (77),les Franciliens peuventaujourd’hui seréapproprier leurcanal, devenu un lieude fêtes et de loisirs,un trait d’union entrela ville et la campagne…l Julie Védie• L’association Au filde l’Ourcq œuvre pourla mise en valeur dupatrimoine naturel,historique et cultureldu canal de l’Ourcq.Elle organise tout l’étédes visites des usinesélévatoires de Trilbardouet de Villers-les-Rigault (77) établiespour compléter,par des prélèvementsdans la Marne,l’alimentationen eau du canalde l’Ourcq.Tél. : 01 64 35 68 21ou 06 88 60 66 19.www.aufildelourcq.orgDans le parc forestierde La Poudrerie, à Sevran.© Jean-Marc Armani/PicturetankÎle-de-France, journal bimestriel du conseil régional, 35, bd des Invalides, 75007 Paris. Tél. : 01 53 85 53 85. journal@iledefrance.frDirecteur de la publication : Jean-Paul Huchon. Directeur de la publication délégué : Xavier Crouan. Comité éditorial : Jean-Michel Thornary, Xavier Crouan, Maxime des Gayets, Patricia Blanchard-Bouvelot,Pierre Chapdelaine. Rédacteur en chef : Pierre Chapdelaine. Secrétaire générale de rédaction : Isabelle Chouffet. Rédactrice-reporter : Julie Védie. Ont collaboré à ce numéro : Agence Galilée : Sophie Andriansen,Jean-François Hennion, Maïla Mendy, Emmanuel Schafroth ; Isabelle Le Louët. Couverture : Jean-Robert Dantou/Picturetank. Conception : Rampazzo et Associés. Réalisation : Scoop communication.Impression : Île-de-France est édité à 4 328 000 exemplaires sur papier recyclé 57 g par Lenglet Imprimeurs. ISSN : 1779-4331. Dépôt légal à parution.îLE-DE-FRANCE é t é 2 0 1 1 Nº 36

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