Rapport complet - NGLS

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2. Les avantages potentiels d’une coopération renforcée2.1 Perspective des entités des Nations UniesIl ressort des entretiens que certains membres du personnel de l’ONU comprennent clairement la différenceentre les mouvements populaires et les ONG tandis que d’autres ont tendance à considérer que la sociétécivile ne forme qu’un seul groupe homogène. D’autres encore divisent l’univers des organisations de la sociétécivile en deux, avec d’un côté les ONG nationales et internationales et de l’autre les organisations de base. Ilsignorent que, dans de nombreuses régions du monde, les mouvements populaires se sont organisés au niveaunational, régional, voire international. Le niveau des connaissances des fonctionnaires de l’ONU influenceclairement l’idée qu’ils se font des avantages d’un engagement plus étroit avec les mouvements populaires.De manière générale, les personnes interrogées considèrent que la participation de la société civile aux activitésde l’ONU est indispensable afin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et d’améliorerla transparence des processus de prise de décision de l’organisation. Lors des entretiens, elles ont mentionnéd’autres avantages plus directement liés aux mouvements populaires. Un grand nombre de fonctionnairesestiment qu’il est important pour l’ONU d’inclure davantage la société civile et d’entamer un dialogue avec uneplus large palette d’interlocuteurs différents. Ils jugent que la légitimité des organisations populaires et despeuples autochtones est très élevée puisqu’ils représentent des groupes de population ou des nations. Cet aspectpeut se révéler très important alors que les questions de la légitimité et de la responsabilité des organisationsde la société civile font l’objet de beaucoup d’attention. Un grand nombre de mouvements populaires étantprincipalement basés dans les pays en développement, le renforcement de la coopération avec ces dernierspermettrait de corriger la représentation déséquilibrée des organisations de la société civile des pays du Nordet du Sud lors des réunions de l’ONU. Plus d’une personne interrogée estime que les mouvements populairespourraient être des alliés de poids permettant d’améliorer l’image des Nations Unies en tant qu’institutionattachée à la lutte contre la pauvreté et à la promotion de la justice économique dans le monde. « Nous avonsbesoin de leur concours lorsque nous devons aborder des questions délicates telles que la réforme agraire »précise une personne interrogée. Plusieurs participants à l’enquête estiment que, au regard de l’influencecroissante que les mouvements populaires exercent sur les politiques nationales, l’ONU, enceinte politiqueinternationale, ne peut se permettre de les ignorer.Les participants considèrent que les mouvements populairesjouent un rôle particulièrement utile en tant que « systèmed’alerte rapide » face aux nouveaux enjeux qui se dessinent, telsque la crise alimentaire et le changement climatique. En effet,leurs membres y sont confrontés et réagissent sur le terrain,souvent bien avant que les institutions officielles ne prennentconscience du problème. Ils peuvent contribuer à la recherchede nouveaux modèles plus équitables et plus durables. Ilsont donc un rôle important à jouer alors que les approchestraditionnelles sont remises en question. Les petits agriculteurset les peuples autochtones sont les principaux producteurs dedenrées alimentaires. Ils sont également une source importante de connaissances car le savoir-faire local et,pour les peuples autochtones, les connaissances traditionnelles, sont essentiels pour adopter une approchedes écosystèmes permettant de lutter contre le changement climatique et la perte de la diversité biologique.Toutes les personnes interrogées s’accordent à reconnaître que la participation des mouvements populairesà la formulation et à la mise en œuvre de programmes destinés à les aider est essentielle pour garantir leurefficacité et leur pérennité. Cependant, quand bien même cette coopération serait universelle, ce qui n’est pasle cas, la participation aux programmes ne suffirait pas à atteindre les objectifs fondamentaux du système desNations Unies. Une entité de l’ONU a fait de la participation des organisations de base la pierre angulaire de saméthodologie avant de s’apercevoir, dix ans plus tard, que ses activités de lutte contre la pauvreté sur le terrainne pouvaient s’inscrire dans la durée en l’absence de changements politiques favorable aux plus démunisau niveau national. Cette prise de conscience l’a poussée à ajouter une nouvelle dimension à sa stratégie : lerenforcement des capacités des organisations populaires rurales nationales et régionales afin de les doter desmoyens nécessaires pour défendre efficacement les intérêts de leurs membres.9

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