Rapport complet - NGLS

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Selon les plateformes de petits agriculteursLa FIPA joue le rôle de « partenaire organisateur » pour le grand groupe des agriculteurs. Lors de la préparationdes sessions de la Commission du développement durable, elle communique avec ses membres par le biais deses coordonnateurs régionaux.La FIPA constate que l’un des principaux atouts du mécanisme des grands groupes réside dans la forteparticipation de ces derniers à ses activités. La CDD est bien structurée. Ses critères relatifs à la participationet au temps de parole sont clairement définis. Durant les années de session d’examen, les grands groupesinterviennent quasiment sur un pied d’égalité avec les gouvernements des Etats membres. Le format de la CDDpermet aux grands groupes de rencontrer facilement les représentants des gouvernements et de mener desactivités de lobbying. Le secrétariat est bien organisé dans ses contacts avec les grands groupes, prévoyant desséances d’information mensuelles par téléconférence. Cependant, la FIPA souligne qu’il est impossible pourles grands groupes d’apporter leurs contributions aux documents finaux sans passer par les représentants desgouvernements. Elle s’inquiète également de voir l’espace consacré aux grands groupes se réduire. 40 La FIPAestime que la CDD elle-même n’est pas un forum politique puissant car il s’agit d’un mécanisme consultatifnon contraignant n’ayant pas d’incidences concrètes au niveau national. De manière générale, la Commissiondu développement durable souffre du manque de cohérence concernant le développement durable dans lesdifférentes plateformes politiques, mettant à mal le système onusien dans son ensemble.Dans un premier temps, Via Campesina partageait la responsabilité organisationnelle du grand groupe desagriculteurs avec la FIPA. VC s’est néanmoins retirée du processus des grands groupes lors du Sommetmondial sur le développement durable en 2002, estimant que les divergences d’opinion entre les différentssecteurs du groupe des agriculteurs étaient trop profondes pour pouvoir élaborer de véritables positions parconsensus. Pour sa part, le ROPPA fait remarquer que l’habitude de travailler par le biais de « partenairesorganisateurs » internationaux a pour effet d’entraver la participation des réseaux régionaux d’agriculteurs.Les catégories définies à l’avance, dans lesquelles sont classés les acteurs de la société civile, font égalementl’objet de critiques. Si le secrétariat soutient que toute partie prenante peut trouver sa place dans l’une desneuf catégories, les groupes tels que les pêcheurs artisanaux, les gardiens de troupeaux et d’autres préfèrentpréserver leur propre identité et leurs pratiques de travail en réseau.2. Expériences au niveau nationalAprès avoir abordé le niveau international, cette partie s’intéresse à présent à l’échelon national en examinantdeux études relatives à la coopération entre le système des Nations Unies et les mouvements populaires auBurkina Faso et en Bolivie afin d’illustrer deux expériences très différentes. Dans le premier cas, l’accent estmis sur les organisations de petits agriculteurs et dans le second, sur les peuples autochtones.2.1 Le Burkina FasoLe secteur rural emploie 86% de la population du Burkina Faso. Environ 40% du produit national brut (PNB)du pays est généré par l’agriculture, l’élevage, les forêts et la pêche. Les exploitations agricoles familiales, de3 à 6 ha. en moyenne, sont majoritaires. 88% des terres cultivées sont consacrées à la production de céréales,l’aliment de base de la majorité de la population : le sorgho, le millet, le maïs, le riz et le fonio. 41 Commedans d’autres pays africains, les petits agriculteurs du Burkina Faso ont souffert des politiques d’ajustementstructurel des années 1990 ayant réduit l’aide publique à l’agriculture – à l’exception de la principale cultured’exportation, le coton – et ouvert le marché à la concurrence des importations d’aliments à faible coût. Lessoulèvements liés à la crise alimentaire dans les centres urbains du Burkina Faso à la fin 2007 ont contraint lepays et ses partenaires de développement à redéfinir l’importance de la promotion d’une production alimentairenationale et à ne plus compter sur les bénéfices de plus en plus dérisoires générés par l’exportation du cotonafin d’assumer les coûts de l’importation de denrées alimentaires dont les prix ont explosé et resteront, selontoute probabilité, extrêmement volatiles dans les années à venir.27

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