Rapport complet - NGLS

un.ngls.org
  • No tags were found...

Rapport complet - NGLS

l’Équateur et le Guatemala). L’élection d’un président autochtone en Bolivie, résultat de mobilisations enmasse de la société civile et des peuples autochtones, semble présenter un contexte unique très propice pour leConseil et ouvre de nouvelles possibilités pour ce dernier. Par ailleurs, on estime que ce Conseil pourrait encoreélargir ses fonctions en Bolivie.Les secrétaires exécutifs et les autorités traditionnelles de trois des cinq principales organisations de peuplesautochtones en Bolivie ont discuté de l’interaction de leurs organisations respectives avec le système onusien,et plus particulièrement avec le Conseil. Dans l’ensemble, les organisations entretiennent des relationsdirectes limitées, voire inexistantes, avec les institutions de l’ONU en Bolivie. Elles considèrent d’ailleurs quela coopération avec les institutions onusiennes ou le Conseil n’est pas suffisamment étroite ou efficace pouraider leurs organisations à atteindre leurs objectifs. Toutefois, les organisations de peuples autochtones ontformulé des recommandations pour que les questions relatives aux droits de l’homme soient abordées à toutesles réunions du Conseil. Une organisation a évoqué la lenteur des moyens utilisés par le Conseil national pourdialoguer avec les peuples autochtones. Toutes les organisations ont remarqué qu’un fossé très importantsépare les niveaux local et mondial en matière de discours politiques et ont souligné l’absence d’une approchecoordonnée des questions telles que le changement climatique, la détérioration de l’environnement et la crisealimentaire.L’une des organisations a constaté que l’appui de l’ONU est tel que les programmes et priorités des différentesorganisations de peuples autochtones sont trop longs à exécuter lorsque celle-ci s’engage vraiment directementavec les peuples autochtones. Les organisations ont fait remarquer que l’ONU invite les peuples autochtonesà participer à la coordination et à la planification mais qu’elle est relativement inactive au moment de lesaider directement à mettre en œuvre les programmes répondant à leurs besoins et priorités, privilégiant lacoopération avec les ONG, qui font œuvre d’intermédiaires. Une organisation a souligné qu’au cours desréunions organisées par le PNUD, les organisations ont souvent exprimé leur souhait de voir les institutionsonusiennes améliorer leur coopération directe avec les peuples autochtones.Un dirigeant autochtone connaissant très bien l’une des institutions onusiennes, a fait l’observation suivante :« malheureusement, il s’agit d’une bureaucratie principalement bénéfique pour les techniciens qui y travaillent. Lesplus démunis d’entre nous reçoivent une aide limitée, voire inexistante. Lorsqu’une aide nous est proposée, elle nousparvient sous forme de brouettes défectueuses ou de toilettes, initiatives considérées comme de « grands projets » par lesinstitutions. Ces dernières obtiennent les signatures de nos autorités, se renforçant ainsi elles-mêmes sans pour autantnous apporter l’aide dont nous avons véritablement besoin. »Le Conseil National de Markas et Ayllus de Qullasuyu (CONAMAQ) mérite d’être cité pour l’objectif qu’ils’est fixé afin de renforcer les ayllus, les markas et les suyus (les structures sociopolitiques traditionnellesd’autorités locales des peuples Aymara et Quechua) dans le but d’assurer le respect des droits autochtonesdans le cadre de la nouvelle constitution de la Bolivie, de l’UNDRIP et de la Convention 169 de l’OIT. Lorsdes discussions sur leurs interactions avec le système de l’ONU au cours des dernières années, le Conseil asignalé qu’il avait rencontré le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme etdes libertés fondamentales des peuples autochtones lors de sa visite en Bolivie en 2007. Certes, il s’est déclarésatisfait d’avoir pu informer directement de la détérioration de l’environnement dont souffrent les peuples,mais il s’est dit préoccupé que, depuis cette réunion, le système des Nations Unies ne lui ait donné aucuneréponse concrète et n’a pas mis en place de mesures.L’une des organisations de peuples autochtones s’est félicitée du soutien et de la participation de l’ONU à l’unede ses manifestations relatives à l’agriculture. La même organisation amorce depuis peu une collaboration avecl’ONU concernant l’appui technique à l’adaptation des lois sur la base de la nouvelle constitution de la Bolivie.Tirer des enseignements des expériences en BolivieLe coordonnateur du PNUD chargé des organisations de la société civile en Bolivie et le coordonnateur dubureau du coordonnateur résident soulignent que, dans un premier temps, les institutions onusiennes ontprobablement sous-estimé la complexité des défis soulevés par la création du Conseil, notamment au vu del’augmentation du pouvoir politique des peuples autochtones. Par exemple, même si la création du Conseil aété saluée par plusieurs institutions de l’ONU, la participation de ces dernières à ses sessions est inégale, et seulun petit nombre de responsables d’institutions ont directement pris part à ses délibérations. Une institution adécidé de ne pas faire partie du Conseil car il faisait l’objet de critiques en Bolivie.33

More magazines by this user
Similar magazines