CBD Strategy and Action Plan - Morocco (Part 5, French version)

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CBD Strategy and Action Plan - Morocco (Part 5, French version)

marocaines, et bien d'autres, ont,depuis toujours, suscité l'intérêt desnaturalistes et des spécialistes ; ce quis'est traduit par l'organisation le longde ses côtes d'un grand nombred'expéditions scientifiques dont la"Porcupine" en 1870, puis le"Challenger" (1873-1876), le"Travailleur" (1882), le "Talisman"(1883), le "S.S. Valdivia" (1893), la"Princesse Alice" et l'"Hirondelle"(1885- 1915) et puis le "Thor", le"Michael Sars", le "Marie Thèrèse", le"Discovery", et bien d'autres. Cescampagnes se sont poursuivies duranttout ce siècle et se continuent jusqu'àprésent par les nombreuses demandesémanant de divers pays; demandes quiaffluent sur le Ministère des AffairesEtrangères et de la Coopération duRoyaume du Maroc pour bénéficierd'une autorisation leur permettant decontinuer à explorer, scientifiquement,les eaux marocaines.Certaines de ces campagnes ontpermis la découverte d'un grandnombre d'espèces nouvelles pour larégion et pour la science dontnombreuses continuent toujours deporter le nom latinisé du Maroc, celuide certaines de ses institutions ou decertaines de ses cités. Naticamarrocana, Raja maroccana, Nereismarrocensis, Diopatra marrocensis,Fusus marrocanus, Plumulariamaroccana, Stylaster maroccanus,Styela marocanense, Synoicummaroccana, Synoicum cherifianum,Eudistoma rabati, Uca tangeri,Didemnum Fedhala, etc., ne sont, eneffet, que quelques exemples, parmitant d'autres, sur les richessesfaunistiques découvertes dans notrepays, sur l'originalité de la biodiversitémarine des côtes marocaines et sur saparticularité.Les richesses biologiques marines ontfait l'objet, certes, d'un nombreimportant d'études, mais la majoritéde ces études est restée limitée dansl'espace et dans le temps.Récemment, en 1998, le Programmedes Nations Unies pourl'Environnement et le Département del'Environnement ont publié, dans lecadre de la concrétisation de laConvention sur la DiversitéBiologique, une série de documentsrelatant la première étape (celle del'EVALUATION) de cette convention etcorrespondant à un état des lieux surla diversité biologique nationale dontdeux documents ont été consacrés àla faune et la flore marines du Maroc.Cette stratégie et ce plan d'actionnationaux, objets de ce travail,constituent, selon la Conventionmême sur la Diversité Biologique, desétapes ultérieures à celle del'évaluation et viennent complétertoute une série de stratégiessectorielles relatives aux ressourcesnaturelles éalisées par diversdépartements ministériels et relevantLes toutes premièresinvestigations relatives à ladiversité biologique marine duMaroc furent entamées avec lespremièrescampagnesocéanographiques internationalesayant débuté à la fin du 18 ième3de leurs compétences et de leursresponsabilités (Eaux et Forêts,Agriculture, ,etc.) Quant auxressources marines, et depuis lasignature de la Convention sur laDiversité Biologique, de nombreusesétudes stratégiques relatives auxressources halieutiques etl'environnement marin ont étéélaborées. Certaines, des plusimportantes relatives à la biodiversitémarine sont:·"Stratégie de Développement duSecteur des Pêches Maritimes -Horizon 2000" élaborée par leDépartement des P^éches Maritimes;·"Plan de DéveloppementEconomique et Social 1999-2003 -Rapport Sectoriel - Les pêchesmaritimes", réalisé par leDépartement des Pêches Maritimes;·"Projet de loi relatif à la protection dulittoral"; élaboré par le Départementde l'Environnement;·"La pêche industrielle marocaine:siècle. Ces investigations, menéespar des grands spécialistes del'époque, furent institutionnalisées en1921 avec la création de l'InstitutScientifique Chérifien (ISC) de Rabat(actuel Institut Scientifique) où sontdéposées actuellement d'importantes


SIBE’simportantes, relatives à la biodiversitémarine, demeurent, sans doute, cellesréalisées par le Ministère des PêchesMaritimes intitulées "Stratégie deDéveloppement du Secteur desPêches Maritimes - Horizon 2000" et"Plan de Développement Economiqueet Social 1999-2003 - RapportSectoriel - Les pêches maritimes" etcelle faite par son organe derecherche scientifique, l'INRH,intitulée "Stratégie de la RechercheHalieutique et Programme à MoyenneTerme (1999-2003)".STRUCTURE DELA BIODIVERSITE MARINEARTICLE 8: CONSERVATION IN SITUChaque partie contractante (…):a-Etablit un système de zones protégéesou de zones ou des mesures spécialesdoivent être prises pour conserver ladiversité biologiques;b-Elabore si nécessaire, des lignesdirectrices pour le choix, la création et lagestion de zones protégées ou de zonesoù des mesures spéciales doivent êtreprises pour conserver la diversitébiologiques;Convention sur la Diversité BiologiqueSur le plan écosystémique,l'étude sur les aires protégéesa porté sur un grand nombrede sites et son choix a porté sur 38sites appartenant aux domaines marinet littoral pouvant être considéréscomme étant des SIBE's (Sitesd'Intérêt Biologique et Ecologique).L'ensemble de ces sites sont classéset hiérarchisés dans la liste du tableauci-contre. Le choix des sites de cetteliste est essentiellement basé surl'étude des oiseaux et très peu sontceux où la composante biologiquemarine pure a été prise enconsidération.Quant aux ressources biologiquesmarines au vrai sens du terme,autrement dit les espèces avec leurspatrimoines génétiques, la très grandemajorité a été recensée dans l'EtudeNationale sur la Biodiversité, et ce, endeux parties, selon la nature de laressource: une première partiecorrespondant à la "Faune marine" et,une deuxième partie consacrée à la"Flore marine".De l'Etude Nationale sur laBiodiversité, Il se dégage que ladiversité biologique du Maroc, dans5Liste de priorités 1 et 2L 1 Embouchure de la MoulouyaL 2 Sebkha Bou AregL 3 Cap des 3 fourchesL 9 Jbel MoussaL Il Oued TahaddartL 12 Marais de LaracheL 13 Merja Oulad SkharL 14 Merja BarghaL 15 Merja HalloufaL 16 Merja ZergaL 18 Sicli BoughabaL 19 Falaise de Sidi MoussaL 20 Ilots de Bou RegregL 21 Ilot de SkhiratL 23 Jorf LasfarL 24 Sidi Moussa-OualidiaL 25 Dunes d'EssaouiraL 26 Archipel d'EssaouiraL 27 Embouchure du TamriL 28 Cap GhirL 30 FournAssakaL 32 Embouchure Oued DrâaL 33 Oued ChebeikaL 36 Lagune de KhnifissL 37 Pointe d' AwfistL 39 Baie de DakhlaListe de priorité 3L 5 Cercle d'El JebhaL 6 Côte RhomaraL 7 Koudiet TaifourL g Lagune de SmirL 10 Cap SpartelL 17 Sansouire du SebouL 22 Baie de HaouziaL 31 Plage BlancheL 34 OuedAmma FatmaL 35 Oued Et OuarL 38 Hassi ToufL 40 Baie de Cintra


2000 Art18001600140012001000800600400200015961145551438 399351sa globalité, est très largementdominée par le groupe desinvertébrés terrestres, ce qui estd'ailleurs le cas partout dans lemonde. Les ressources biologiquesmarines, quant à elles, se montrent,selon ces expertises, très riches etdiversifiées (7825 espèces, dont 7136formes animales et 689 espècesvégétales), et il y a lieu de penser quece nombre devrait être bien plusimportant dans la mesure où: a - lescôtes marocaines constituent uncarrefour où se mélangent des eauxd'origines différentes (Boréale,méditerranéenne, atlantique,Upwelling...etc.) véhiculant desalgues, des larves d'espècesbenthiques ou pélagiques et desadultes liés à ces masses d'eaux; b -les côtes marocaines, malgré le grandnombre de campagnes scientifiquesdont elles étaient sujettes, bonnombre de groupes systématiquesn'ont jamais été étudiés ou n'ont faitl'objet que d'études peu nombreuseset très limitées dans le temps et dansl'espace; c - même pour les groupes303 301200 167115 99structure, par groupe, de la diversité biologique marine du Marocqui ont été relativement bien étudiéset qui sont actuellement relativement"bien connus", on ne connaîtactuellement que peu de choses surleurs représentants au sud de larégion de Tarfaya; c'est à dire quetoute la région saharienne reste engrande partie à explorer et àdécouvrir.Dans tous les cas, si on ne prend en68735 29 29 19 12 12 10 9 4 2considération que certains groupesconnus et étudiés au Maroc, la faunepar exemple, celle-ci représenterait, àl'état actuel des connaissances, prèsde 5.44% du total des espècesrecensées à l'échelle de la planète etdépasserait toute celle estimée dansla Méditerranée y compris la mer noirede 0.22%. La faune marine du Marocdépasserait, en effet, de 31,72% toutecelle effectivement stockée dans labase de données méditerranéennejusqu'en 1995 et, de 34,68%, si on netient compte que desembranchements ayant été étudiés auMaroc et, en même temps, enMéditerranée.La composition de la faune marine duMaroc montre une structure trèscomparable à celle de la faunemondiale et méditerranéenne, avec laprédominance des trois mêmesgroupes zoologiques (Arthropodes,mollusques puis les vertébrés) quicomptent, ensemble, 65.85% du totalde toutes les espèces recenséesjusqu'à présent au Maroc;pourcentage très proche de celuiMolVerProCoeLopAnnRhoSpoPhytEchiUroPhaoChlorSipuChaetPlatGermNemthCyanNertEchiuPhnrCephc


calculé à l'échelle planétaire. Cettestructure se distingue par la grandediversité des arthropodes, surtout lescrustacés, avec 1925 espèces, soit27,16% du total des espèces. Ils sontsuivis des mollusques, en particuliergastéropodes et lamellibranches(1596 espèces, 22,54%) puis desvertébrés, surtout les poissons (1145espèces, 16,17%). Ces trois taxaconstituent à eux seuls plus de 60%de l'ensemble de la faune marine desdes ressources importantes, mais pas inépuisables35030025020015010 0326118deux façades atlantique etméditerranéenne de notre pays. Lereste, il est essentiellement partagéentre les protozoaires (551 espèces,7.17%), les cœlentérés (438 espèces,6,14%), les lophophoriens (399espèces, 5.63%), les annélides,surtout polychètes (351 espèces,4.95%) et les spongiaires (303espèces, 4.32%).Quant aux végétaux marins, ceux cicomptant près de 670 espèces au9883total, ils sont essentiellementdominés par les alguesRhodophycées (303 espèces), puisPhæophycées (99 taxa), puisChlorophycées (87 espèces) et, enfin,les Cyanophycées (12 formesdifférentes). Quant auxphanérogames marines, celles-ci necomptent que 4 espèces dont une trèsprobablement éteinte de nos côtes.Outre ces macrophytes benthiques,les côtes marocaines abritentquelques 200 espèces d'alguesphytoplanctoniques recenséesprincipalement sur la façadeatlantique.A l'échelle de la Méditerranée, la florealgale serait constituée par près 60%des Rhodophycées, 49.5% desPhæophycées et 43.5% desChlorophycées.BIODIVERSITE MARINEAYANT UN INTERETSOCIO-ECONOMIQUEDe toutes les ressourcesbiologiques naturelles duMaroc ayant un intérêt ouune répercussion socio-économique,celles en provenance du milieu marinrestent les plus diversifiées (878espèces dont 724 animales et 154végétales). Elles sont suivis desespèces végétales terrestres (surtoutmédicinales, forestières et agricoles),puis des oiseaux et des invertébrésterrestres. Les autres groupes(reptiles, amphibiens, etc.) sontrelativement peu intéressants sur leplan socio-économique.L'importance de la composantemarine parmi les espèces ayant unintérêt sur les plans économiques ousocial réside, certainement, dans lefait que la très grande majorité desformes vivantes extraites du milieumarin pourrait être commercialisée et7


utilisée; ceci illustre parfaitement lesenjeux économiques et sociaux quepourraient jouer les organismesmarins dans le développementdurable du Maroc.Les espèces de la faune marine duMaroc, pouvant avoir desrépercussions aussi bien positivesque négatives sur le plan socioéconomique,comptent 724 formesdifférentes et représentent un peuplus de 10% du total des espèces.Cette faune est très largementdominée par les poissons quiconstituent l'essentiel des prises. Ilssont suivis des cœlentérés, tous descoraux, mais dont seul le corail rougeest actuellement exploité (ou plutôtsurexploité). Il y a également lescrustacés (principalement lescrevettes) ainsi que les mollusquesparmi lesquels les céphalopodesconstituent l'essentiel des prises.Quant aux végétaux marins(principalement les algues), ceux-ciconstituent un potentiel extraordinaire,non seulement en tant que source deproduits industriels finis de haute valeurajoutée comme l'agar-agar dont leMaroc compte parmi les leaders; mais,aussi, en tant que source denourriture pour les populationshumaines et leur bétail, en tant quegénérateurs d'emplois et de devises,etc.Parmi ces végétaux, une seuleespèce (Gelidium sesquipedale) estexploitée (surexploitée) alors quel'utilisation d'autres algues, trèsabondantes, pourrait être envisagée.Une étude comparative entre lesespèces végétales marines présentesau Maroc et celles utilisées de par lemonde pour des fins socioéconomiques,montre en effet, que154 espèces d'algues marocainespourraient être valorisées permettant,d'une part, de diversifier les activitésmarines et, d'autre part, de diminuer lapression sur G.sesquipedale etassurer sa pérennité.Une algue peut être constituée par 40à 60% de son poids sec par desglucides, par un fort pourcentage deprotides (50 à 60% du poids sec, ce quicorrespond parfois au triple de lateneur de ces protides dans un bifteck).Les algues comportent également deslipides, des sels minéraux (Sodium,le phoque moine, modèle d’espèces menacéesPotassium, Iode, etc.), de nombreuxoligoéléments (Ca, Mg, Fe, Mo, Cu,etc.) et de nombreuses vitamines (A,B1, B2, B6, B12, C, D, E, etc.).Les ulves, par exemple, sans aucunevaleur au Maroc sont dotées d'un hautpotentiel énergétique et sont, en plustrès riches en iode. Elles sontconsommées et même cultivées dansnombreux pays asiatiques.Un autre exemple, la cyanophycée,8


Spirulina, comporte, dans un gramme,l'incroyable nombre de 300 millions demolécules d'acides aminés,importants pour la productiond'hormones et d'enzymes etcomportant tous ceux qui sontessentiels pour l'être humain. Cettealgue comporte également un grandnombre de vitamines, y compris degrandes quantités de béta-carotènesqui nous protège des radiations etautres impuretés de l'atmosphère quiaffectent notre santé.RESSOURCESBIOLOGIQUES MARINESMENACEES DU MAROCLes espèces menacées de ladiversité biologique du Maroc,tous milieux confondus,compteraient au moins quelques 2277formes différentes. Elles sont égalementtrès largement dominées par desformes terrestres. Ces dernières, enparticulier les végétaux, constituent, eneffet, plus de 80% du total des taxamenacées du Maroc, suivies de la faunemarine (12%), puis la faune dulcicole(6%) et enfin les algues marines (1%).Dans la liste de la faune marineeffectivement menacée du Maroc, nousavons placé 271 espèces (fig. 6), ce quiconstitue 3.75% du total des espèces.Cette liste est essentiellement dominéepar les 108 coraux qui représentent40% du total des espèces menacées,puis des poissons avec 85 espèces(31.48%), puis des crustacés (23espèces, soit 8.51%), puis lesmammifères marins (21 espèces,correspondant à 7.77%), puis desmollusques (20 espèces, donc 7.40%),des tortues marines (6 espèces;2.22%), des spongiaires (5 espèces;1.84%) et, enfin, les agnathes (2espèces, 0.74%). Parmi les espècesanimales marines les plus menacéesdu Maroc, il y a lieu de citer le phoquemoine de la Méditerranée (Monachusmonachus) considéré comme l'une des12 espèces les plus menacées àl'échelle planétaire et dont l'état actuelde conservation a suscité la création àl'échelle nationale d'un "ComitéNational de Protection du Phoquemoine). A côté du phoque moine,d'autres espèces sont également trèsgravement menacées dont le corailrouge (Corallium rubrum), surexploitédans toute sa zone de distribution, ouencore la spectaculaire Nacre (Pinnanobilis), présente, jadis, dans toute laMéditerranée et dans la lagune deNador et qui, actuellement, y est trèsrare.Pour la flore marine, le nombred'espèce réellement menacées estrelativement réduit, limitéessentiellement à des espècesexploitées dont principalementGelidium sesquipedale et leslaminaires. Les herbiers deposidonies, qui semblaient existerdans la lagune de Nador n'y sont plus.La collecte par arrachage anarchiqueest la principale menace sur lesalgues côtières du Maroc.BIODIVERSITE MARINEENDEMIQUE DU MAROCLe Maroc recèle jusqu'àaujourd'hui plus de 4110espèces endémiques; et il yen a certainement d'autres dans lamesure où de nombreuses régionsrestent encore inexplorées et des90848070605850403130structure, par groupes, des espèces marines endémiques du Maroc9


groupes systématiques encore trèspeu ou pas étudiés. Parmi cesressources génétiques considérables,les formes terrestres constituent plusde 91%, contre 6% pour organismesmarins et 3% pour les formesdulcicoles. Le plus grand nombre desespèces endémiques appartiennentaux invertébrés (2280 formesdifférentes) suivis des plantes (718espèces).Il découle de l' analyse del'endémisme chez les formes marinesque ces dernières sontessentiellement dominées par desespèces de mollusques provenant engrande partie de la zone sahariennerelativement peu connue et peuexplorée.Il y a également les crustacés, surtoutostracodes et les bryozoaires, trèspeu connus au Maroc et dontl'importante étude réalisée sur lescôtes atlantiques nord et saharienne arévélé la présence d'un grand nombrede formes nouvelles pour la science.Les algues ne sont connues que parune seule espèce endémique.Avec un indice d'endémisme de3.31%, le Maroc est situé parmi lespays ayant un pourcentaged'endémisme normal; mais nouspensons que ce taux d'endémismemarin devrait, en principe, être plusélevé pour deux raisons principales: -tout d'abord c'est que les côtesmarocaines, encore inexplorées parendroits révéleraient trèscertainement de nombreuses autresespèces nouvelles pour la science; -puis, la surface réelle prospectée,considérablement plus faible que celleutilisée pour le calcul de cet indice,permettrait la correction de cepourcentage et, par conséquent, situerle Maroc dans la région des pays à forttaux d'endémisme.BIODIVERSITE MARINEREGLEMENTEE DUMAROCLes ressources biologiques duMaroc soumises à uneréglementation nationale ouinternationale sont relativement peunombreuses. Ce nombre, d'environ700 espèces, est également largementdominé par les formes terrestres (432).Ces dernières constituent 61% detoutes les espèces réglementées duMaroc, suivies de la faune marine(38%), puis la faune dulcicole (1%) etenfin les algues marines (moins de1%).La liste des espèces réglementées descôtes marocaines comporte 262espèces, soit 3.67% du total desespèces. Elles sont réparties sur lescœlentérés (40.45%), les poissons(32.44%), les mammifères marins(8%), les crustacés (7.63%), lesmollusques (6.48%), les tortuesmarines (2.29%), les spongiaires(1.90%) et, enfin, les échinodermes etles agnathes (moins de 1%).10


Deux années seulement après"le sommet de Rio" et lors dela première session de laconférence des parties qui a eu lieu àNassu (Bahamas), du 28 novembre au9 décembre 1994, il a été soulignél'importance socio-économique etécologique de la biodiversité marine quiréside, entre autres, dans le fait que:·la mer assure une grande partie desprotéines d'origine animale;·elle assure un revenu plus ou moinsstable à un grand pourcentage de lamain d'œuvre à l'échelle internationale;·elle fournit une grande part dematière première pour certainesindustries (engrais, produitspharmaceutiques, aliments pourbétail, etc..);·elle emmagasine et recycle desnutriments indispensables à la vie surterre;·elle constitue un "exutoire", pratiqueet économique;·elle absorbe et décompose la plupartde nos déchets;·elle contribue à la fertilité des océanset des mers;·elle fournit des services tels quel'auto-épuration des eaux;·etc.L'espace maritime national, de par sasuperficie (plus d'un million de Km2)qui dépasse largement celle, dudomaine terrestre (710 850 Km2), depar son intérêt écologique et, surtout,de par son rôle stratégique sur lesplans économique et social, constituede plus en plus un pôle d'attractionpour des activités socio-économiques.En effet, c'est essentiellement lafaçade maritime qui joue aujourd'huile rôle de pôle structurant del'économie nationale, compte tenu deson poids démographique,économique et de sa fonction dansl'organisation de l'espace national.Elle concentre les principalesagglomérations du pays (Casablanca,Rabat, Kenitra, Agadir, Safi, Tanger,Tan Tan, Laâyoune, Dakhla, etc.), lesdensités démographiques urbaines etrurales les plus élevées, les réseauxd'infrastructure et de communicationles plus denses, ainsi que lesprincipales activités économiques.A côté de ces concentrationsd'agglomérations et de populations, laforte littoralisation que connaît leMaroc depuis ces dernières décadesa engendré un importantdysfonctionnement et de profondesdégradations de l'environnementmarin. A titre d'exemple, la populationurbaine du littoral atlantique qui nereprésentait que 19,4% en 1936, estpassée à 29% en 1960, 35% en 1971et 42,8% en 1982 pour atteindre49,8% en 1998 et environ 54% en l'an2000. Autant de populations, près de100 000 tonnes de matière oxydablerejetés par an, 500 Mm3 d'eaux uséesd'origine domestique (dont 370 Mm3de façon directe ) et près d'un millionde mètres cubes d'eaux uséesindustrielles). Cela ne va pas sansrépercussions, très manifestes surtout11dans la zone comprise entre Kénitraet Casablanca, où sont concentréesles plus grandes agglomérations dupays et, bien sûr, ses principalesunités d'industrie.Dans ce grand espace maritimenational, le potentiel biologiqueexploitable a été estimé à 500.000tonnes pour les espèces demersaleset 1.500.000 tonnes pour les espècespélagiques.La production halieutique du Maroc aatteint en 1998 les 700 000 tonnes;correspondant à une valeur de 4.897Milliards de Dirhams dont 1.676Milliards de Dirhams pour la pêchecôtière et 2.986 Milliards de Dirhamspour la pêche hauturière.La pêche côtière qui constitue laprincipale composante de laproduction halieutique du Maroc(85%) est essentiellement dirigée versl'exploitation de la sardine; alors quela pêche hauturière est orientéeprincipalement vers les prisescéphalopodières. Pour cette dernière,bien que qu'elle ne représente quemoins de 15% de la productionnationale, son importance résideessentiellement dans le chiffred'affaire qu'elle permet de réaliser etqui dépasse 50%.L'évolution de l'effort de pêche côtièrepar ports depuis 1988 jusqu'en 1997,montre qu'il y a une migration desactivités de pêche vers le sud duRoyaume. C'est ainsi que le d'unepart le port d'Agadir a perdu de sonintérêt depuis l'année 1988 au profitdes ports du sud en particulier TanTan, puis Laayoune. D'autre partl'effort de pêche durant cette décenniea augmenté de près de 50%.L'aquaculture, bien qu'elle possède deréelles potentialités dedéveloppement n'a actuellementqu'une part infime dans ledéveloppement des ressourceshalieutiques nationales (0.1% en


tonnage et 1.6% en valeur). Cetteactivité a permis de produire quelques1200 tonnes en 1998 correspondant àprès de 87 millions de Dirhams.A côté des pêches côtière ethauturière et de l'aquaculture, il existed'autres activités littorales telles que leramassage des algues, des coraux oude certaines autres espèces animalesdont principalement les moules, lespalourdes, les coques et les pieds debiches. L'exploitation de cesressources reste souvent intensive etnon contrôlée. Pour les algues, parexemple, le ramassage a permisl'exploitation de 8600 tonnes en 1998;alors que pour le corail, la productionétait de 3000 Kgs. en 1998 pour unevaleur de 80 Millions de Dirhams,contre 7000 Kgs. en 1992. Quant auxautres espèces, il est quasimentimpossible d'estimer la production, etce, à cause de l'absence deréglementation, de l'absence decontrôle.Un autre indice socio-économique estcelui du niveau des exportations desressources halieutiques à l'état brut(poisson frais) ou transformées. Cesexportations se sont, en effet,améliorées de façon notables pourconstituer actuellement près de 15%du total des exportations marocainesglobales et environ la moitié desproduits agro-alimentaires. Parmi cesexportations les mollusques, trèslargement dominés par lescéphalopodes, constituent un peuplus de la moitié et son destinés aumarché japonais, alors que lespoissons, en partie sous forme deconserves prennent plutôt le cheminde l'Europe.De l'analyse, de l'évolution de lapêche et de la destinée de sesproduits, l'enseignement majeurpouvant être tiré est que l'essentiel decette pêche va aux sous produits, nonvalorisants, ce qui sous entend, donc,qu'une valorisation de ces produits estplus que nécessaire. En effet, malgrél'importance stratégique de ce secteurdans la vie socio-économique etculturelle du Maroc, le secteurmaritime et ses ressources ne sontmalheureusement pas encoreappréciés à leur juste valeur puisque:- un important pourcentage (60%) dela production côtière est voué à unetransformation en sous produitsdestinés à nourrir d'autres animauxcertainement de moindre valeuralimentaire;-la presque totalité de la pêchehauturière est "expédiée" sansaucune valeur ajoutée;-un désintéressement de la populationnationale dont chaque membre n'enprend que 7.4 kilogrammes par an; etc.Sur le plan social, le secteur des12pêches maritimes génère un volumeimportant d'emplois directs et indirectsde près de 400 000; chiffreextrêmement important, appelé àaugmenter avec l'expiration desaccords de pêches entre le Maroc etl'Union Européenne et entre le Marocet la Russie. Parmi ces 400 000postes de travail, on compte en plusde 110 000 marins dont 50 000 marinsdans la pêche côtière, 11 000 marinsdans pêche hauturière, 45000 dans lapêche artisanale et près d'un millierembarqué à bord de navires étrangersautorisés à opérer dans les eauxmarocaines. La main d'œuvreemployée dans l'industrie detransformation de la conserve depoisson s'élève à près de 28 000personnes environ.


Le Maroc, conscient de l'intérêtde la biodiversité, en général,et de ses immenses enjeuxécologiques, socio-économiques,culturelles, etc., il a été parmi lespremiers pays signataires de laConvention sur la Diversité Biologiqueen 1992. Conscient, également, del'importance stratégique de ladiversité biologique marine et del'acuité de la menace et de l'érosionqui pèsent sur elle, il a pris un certainnombre de mesures destinés àconserver et à protéger pour mieuxgérer et pour utiliser de façon durableles différentes composantes de cepatrimoine vivant qu'est la diversitébiologique.Parmi les principales mesures prisesdans ce sens, il importe de signaler,entre autres, le fait de :-hisser le département chargé del'environnement au rang de Secrétariatd'Etat;-hisser le département chargé despêches maritimes au rang deMinistère;-hisser le département chargé de legestion des ressources forestières aurang de Ministère;-la signature et la ratification de laConvention sur la Diversité Biologiqueet la participation à certaines de sesmanifestations;-la préparation de certaines étudesd'évaluation dont celles des airesprotégées et de l'Etude Nationale surla Biodiversité;-l'élaboration de certaines expertises etd'études stratégiques pour lapréservation de ses ressourcesnaturelles;Toutes ces dispositions, et biend'autres, prouvent que laproblématique est bien réelle et qu'il ya unanimité sur sa acuité et sur lanécessité de trouver les moyens pouratténuer la pression de la menace quipèse sur la diversité biologiquemarine nationale.Parmi les éléments de cetteproblématique, citons, entre autres:·absence de plans d'aménagementset de gestion des pêcheries;·l'existence d'un circuit informel quiaffecte la fiabilité des statistiques et,par conséquent, la fiabilité desstratégies pouvant être élaboréespour la conservation et l'utilisationdurable de la biodiversité marine;·manque d'initiatives pour laconservation de certains éléments dela biodiversité menacées ouvulnérables; le phoque moine de laMéditerranée en sont quelquesexemples;·manque de contrôle de l'exploitationsouvent intensive de certainesressources littorales (mollusquesbivalves, crustacés, échinodermes,etc.);·inadéquation ou absence dudispositif législatif pour certainespratiques d'exploitation de ressourcesmarines;·absence de réglementationspécifique à l'aquaculture;·polycephalie dans la gestion desressources marines naturelles ;·manque de structures organiséespour certaines exploitations desressources biologiques marines etdont les répercussions peuvent avoirdes répercussions néfastes surcertaines ressources biologiques·répercussion d'une forte pressionexercée par une flotte étrangèretechniquement très performante;·répercussion de la surexploitation surla variabilité génétique de nosressources marines dans la mesure oùla majorité de ce qui est prélevé de lamer provient de populations sauvages;·manque incontestable encompétences scientifiques et enmoyens matériels et financiers pour lapromotion de la recherche dans ledomaine des sciences de la mer et,13


plus particulièrement, de laconservation des ressources marines;·absence d'une institution nationale,équipée scientifiquement etmatériellement, pouvant, d'une part,définir les priorités nationales enmatière de préservation desressources naturelles marinesnationales et, d'autre part, élaborer etexécuter des programmes et desstratégies pour la conservation etl'utilisation durable de la biodiversitémarine nationale;·manque d'informations scientifiquessur la plupart des ressourcesbiologiques marines et desécosystèmes marins, en particuliersur les ressources menacées etvulnérables;·l'existence d'un fort tauxd'analphabétisme et d'un niveau deformation peu élevé parmi les gens demer et des ramasseurs;·une méconnaissance de la valeurdes produits de la mer et de labiodiversité marine par la populationmarocaine, ce qui se traduit, entreautres, par le faible intérêt pour cesproduits;·manque de programmes desensibilisation et d'éducationadéquats pour des populations cibles;·faible valorisation et faible taux devaleur ajoutée des produits de la mer;·manque de moyens etd'infrastructures pour des opérationsde préservation et de protection aussibien in situ (zones protégées) qu'exsitu (aquaria).La liste et bien longue, cependant, ilfaut préciser que, outre les contraintesd'ordre nationale, le Maroc à desengagements internationaux vis à visd'organisations, de conventions etd'organismes internationaux tels quele PNUE, l'IUCN, la Convention sur laDiversité Biologique et ses diversorganes (recommandations deJakarta), la Convention sur le Droit dela Mer, etc.; autant d'engagementsque le Maroc est censé respecter.Diverses expertises et travauxont mis en évidence uncertain nombre de problèmesARTICLE 8: CONSERVATION IN SITUChaque partie contractante (…):d- Favorise la protection desécosystèmes et des habitats naturelsainsi que le maintien de populationsviables d'espèces dans leur milieunaturel;Convention sur la Diversité Biologique14qui affectent la diversité biologiquemarine nationale (Cf. ci dessus) etpour lesquelles certaines approchesstratégiques sectorielles ont étéélaborées. Les données émanant deces études montrent qu'il estextrêmement urgent de se doter d'unestratégie et d'actions visant laconservation de la diversité biologiquemarine nationale. L'approchestratégique et les actions proposées,se basant sur ces stratégiessectorielles, les recommandations decertaines stratégies internationales,des statistiques, mais aussi l'article 6de la Convention sur la DiversitéBiologique et les recommandations deJakarta, devraient, à notre sens, êtrearticulées autour de sept prioritésprincipales que sont: - la Gestionrationnelle des ressourcesbiologiques marines; - l'améliorationdes connaissances sur les ressourcesbiologiques marines (à travers larecherche scientifique et la formation);- l'aquaculture; - la variabilitégénétique; - la sensibilisation etl'éducation; - le renforcement descadres législatifs et institutionnels et; -la coopération internationale.OBJECTIF STRATEGIQUE 1:LA GESTIONRATIONNELLE DESRESSOURCESBIOLOGIQUES MARINES.Acôté des ressourcesagricoles, le domaine marinconstitue un immenseréservoir de protéines d'originesanimale et végétale pouvant jouer unrôle important dans la sécuritéalimentaire de notre pays, surtout faceaux aléas climatiques, l'érosion et laperte du sol, la désertification, etc. quiaffectent la productivité de


l'écosystème agricole. Ce patrimoinehalieutique, ayant été fortementexploité, ne peut assurer ce rôle dansla sécurité alimentaire, que s'il estconservé et utilisé de façon rationnelleet durable.L'écosystème marin joue égalementun rôle indéniable dans les grandséquilibres climatiques etgéochimiques qui conditionnent notreenvironnement et dont il faut tenircompte dans toute stratégie visant laconservation de la biodiversité marineaussi bien génétique, spécifiquequ'écosystémique. Sur le plangénétique, il est évident que lesprélèvements effectués sur les stocksdes populations sauvages (nonaquacoles) sont des prélèvements quise font dans un patrimoine génétiqueARTICLE 9: CONSERVATION EX SITUChaque partie contractante, dans lamesure du possible et selon qu'ilconviendra, et au premier chef afin decompléter les mesures de conservation insitu:a-adopte des mesures pour conserver exsitu des éléments constitutifs de ladiversité biologique, de préférence dansle pays d'origine de ces éléments;b-Met en place et entretient desinstallations de conservation ex situ et derecherche pour les plantes, les animauxet les micro-organismes de préférencedans le pays d'origine des ressourcesgénétiques;c-Adopte des mesures en vue d'assurerla reconstitution et la régénération desespèces menacées et la réintroduction deces espèces dans leur habitat natureldans de bonnes conditions;d-Réglemente et gère la collecte desressources biologiques dans les habitatsnaturels aux fins de la conservation exsitu de manière à éviter que soientmenacés les écosystèmes et lespopulations d'espèces in situ, exceptélorsque des mesures ex situ particulièressont temporairement nécessaires,conformément à l'alinéa c) ci dessus;e-Coopère à l'octroi d'un appui financieret autre pour la conservation ex situ viséeaux alinéas a) à d) ci dessus et à lacréation et au maintien de moyens deconservation ex situ dans les pays endéveloppement.qui est considérable, certes, maisaltérable. Sur le plan spécifique, àcôté des espèces surexploitées pourdes fins économiques, denombreuses autres espèces (phoque,mérou, posidonie, algues rougesexploitées, etc.) sont plus ou moinsgravement menacées et dontcertaines sont soit au bord del'extinction soit éteintes. Quant auplan écosystémique, si le large estrelativement moins affecté de par sonimmense potentiel auto-épurateur, denombreux milieux côtiers (lagunes,estuaires, plages, zones côtières, etc.), vitaux pour l'équilibre del'écosystème marin dans sa globalité,sont très fortement affectés pardiverses activités humaines,compromettant leurs équilibres, voiremême leur pérennité.La gestion rationnelle de la diversitébiologique marine est également unepriorité stratégique parce qu'elleconstitue le centre de préoccupationd'une part, de la FAO (pour lesressources exploitables) et, d'autrepart, de la Convention Internationalesur la Diversité Biologique (toutes lesformes de vie et leurs milieux); deuxorganisations où le Maroc, en tant quemembre, doit oeuvrer pour contribuerà l'effort international de conservationen préservant ses propres ressourcesqui constituent, en même temps, unpatrimoine mondial.ORIENTATION STRATEGIQUE 1.1:CONSERVER EN DONNANT LAPRIORITE A L'APPROCHEECOSYSTEMIQUE (IN SITU).Il s'agit de conserver lesespèces dans leurs milieuxd'origine parce que: a -l'océanologie est une sciencerelativement récente qui n'a pasencore livré tous ses secrets; b - elle15ARTICLE 10: UTILISATION DURABLEDES ELEMENTS CONSTITUTIFS DELA DIVERSITE BIOLOGIQUEChaque partie contractante, (…) :e-Encourage ses pouvoir publics et sonsecteur privé à coopérer pour mettre aupoint des méthodes favorisant l'utilisationdurable des ressources biologiques.Convention sur la Diversité Biologiqueest relativement peu étudiée au Marocet où toute action de conservationdevrait être, donc, prise avec la plushaute précaution; c - planifier pourplus de 7600 espèces ayant desexigences différentes relève del'impossible; d - permettre auxcommunautés d'évoluer normalementdans leurs propres milieux aussi bienpar extinction que par émergence; e -conserver un nombre maximald'espèces; f - conserver des espècesmal connues ou inconnues; g - quandon a le choix de conservation entretaxa différents, on a tendance àdonner la priorité aux espèces ayantARTICLE 8: CONSERVATION IN SITUChaque partie contractante, dans lamesure du possible te selon qu'ilc o n v i e n d r a :g - Met en place ou maintient des moyenspour réglementer, gérer ou maîtriser lesrisques associés à l'utilisation et lalibération d'organismes vivants etmodifiés résultant de la biotechnologiequi risquent d'avoir sur l'environnementdes impacts défavorables qui pourraientinfluer sur la conservation et l'utilisationdurable de la diversité biologique, comptetenu également des risques pour la santéh u m a i n e ;h - empêche d'introduire, contrôle ouéradique les espèces exotiques quimenacent des écosystèmes, des habitatsou des espèces;ARTICLE 19: GESTION DE LABIOTECHNOLOGIE ET REPARTITIONDE SES AVANTAGES3- les parties examinent s'il convient deprendre des mesures (…) définissant lesprocédures appropriées dans le domainede transfert, de la manutention et del'utilisation en toute sécurité de toutorganisme vivant modifié (…);Convention sur la Diversité Biologique


OBJECTIF STRATEGIQUE 2RECHERCHESCIENTIFIQUE ETFORMATION.Tous les scientifiquess'accordent sur l'insuffisancedes données scientifiquesexistantes pour une conservationefficace et une gestion rationnelle dediverses composantes de la diversitébiologique marine. Même pour lesespèces exploitées, de nombreusesinformations (migrations, cycles dereproduction, impact des activitéshumaines, etc.) manquent pour unemeilleure compréhension desmécanismes régissant lespeuplements et les populations et quisont indispensables à prendre enconsidération dans toute stratégie deconservation de ces ressourcesstratégiques.Il y a également unanimité sur lemanque incontestable de scientifiqueset de techniciens spécialiséssusceptibles de contribuer àl'amélioration des connaissances surles espèces marines et leursenvironnements et à l'élaboration destratégies, d'actions et d'approchespour leur conservation et leurutilisation durable.ORIENTATION STRATEGIQUE 2.1:PROMOTION DE LARECHERCHE SCIENTIFIQUEUne approche stratégique surl'amélioration desconnaissances relatives auxressources biologiques marines auMaroc, devrait inévitablement passerpar la Promotion de la recherchescientifique. En effet, l'acquisition deconnaissances fiables, dans diversdomaines des sciences de la mer enrapport avec les ressourcesbiologiques marines passe"inéluctablement" par la RechercheScientifique considérée commel'instrument principal de touteconservation. La recherche estd'autant plus vitale pour le Maroc quece dernier est censé, de par sesengagements internationaux, àconserver des ressources biologiquesconsidérées comme un patrimoineinternational. En effet:-nous n'avons pratiquement aucuneclé nationale pour identifier lesnombreuses espèces marines quivivent dans nos eaux territoriales;-nous ne savons que très peu dechoses sur les aspects socioéconomiquesrelatives auxexploitations traditionnelles et illiciteset dont les prélèvements, parfoisconsidérables, échappentcomplètement aux statistiquesofficielles, rendant inefficace toutestratégie de gestion rationnelle;-nous avons très peu de données surla chorologie des différentespopulations exploitées ou vulnérablesdu Maroc;-nous disposons que de très peud'informations sur les exigencesécologiques et les particularitésdynamiques de la majorité desespèces menacées, d'un grandnombre de ressources exploitées etde toutes les espèces endémiques,ainsi que des écosystèmes abritantces ressources;-nous ne disposons que de raresdonnées des répercussions desactivités anthropogènes sur lesressources biologiques marines et lesdégâts provoqués au sein despeuplements et des populations(formes disparues, espècesbioindicatrices, etc.). Par conséquent,on est incapable de rendre compte17des potentialités des écosystèmes àrecevoir telle ou telle activité humaine,de leurs pouvoirs auto-épurateurs,etc.Sur le plan institutionnel, il existe,certes, certaines institutionsspécialisées (INRH, Marine Royale,Universités, etc.), mais leursvocations et les tâches qui leurs sontassignées sont parfois trèsspécifiques ne concernant quequelques éléments de la "DiversitéBiologique" nationale et s'écartent plusou moins de la définition de le"biodiversité" tel qu'elle a été adoptéepar la Convention Internationale sur laDiversité Biologique. Quant auxcompétences nationales en matière debiologie marine, extrêmement peunombreuses d'ailleurs, elles sontéparpillées sur diverses institutionsd'enseignement du pays, limitées dansleur potentiel de créativité et deproduction scientifique par cette"diffusion" et par le manque demoyens, ce qui restreintconsidérablement les possibilitésd'élaboration de projets de rechercheconséquents pouvant contribuer àdéfinir les priorités du pays en matièrede préservation de sa biodiversitémarine.Quant aux aspects génétiques,biochimiques, aquariologiques,muséologiques et de la valorisationdes produits de la mer et de certainsorganismesmarins(microorganismes, algues, éponges,coraux, etc.), Le Maroc n'est encorequ'à ses débuts.ORIENTATION STRATEGIQUE 2.2.:FORMATIONDESCIENTIFIQUES ET DETECHNICIENS SPECIALISES.La Formation est égalementune approche stratégiquepour l'amélioration desconnaissances et du renforcement du


potentiel scientifique humain du pays.Elle est d'une importance capitaledans la mesure où le Maroc a grandbesoin de scientifiques et detechniciens spécialisés susceptiblesd'évaluer, d'analyser, de conseiller, depénaliser, d'aider à la prise dedécision en matière de protection etde conservation des ressourcesbiologiques marines nationales aussibien celles exploitées que cellesjouant un rôle écologique sans pourautant être sujettes à une quelconqueexploitation. Il s'impose ainsi unrecensement précis et détaillé desvraies compétences nationales enmatière de biologie marine,d'océanographie biologique et debiologie halieutique, ainsi que dans lesdomaines (chimie, sédimentologie,etc.) pouvant contribuer à lacompréhension et à la gestion de labiodiversité marine nationale.L'analyse de la situation actuelle(publication, projets proposés, thèsessoutenus, etc.) montre déjà que lerapport compétences/besoins, estextrêmement réduit. La formation despécialistes pourrait être assurée dedeux manières différentes.* Formation par la recherche, surtoutde scientifiques, en particulier de:- systématiciens pour l'identificationARTICLE 13: EDUCATION ETSENSIBILISATION DU PUBLICLes parties contractantes:a-favorisent et encouragent une prise deconscience de l'importance de laconservation de la diversité biologique etdes mesures nécessaires à cet effet et enassurent la promotion par les médias,ainsi que la prise en compte de cesquestions dans les programmesd'enseignement.b-coopèrent, selon qu'il conviendra, avecd'autres états et des organisationsinternationales, pour mettre au point desprogrammes d'éducation et desensibilisation du public concernant laconservation et l'utilisation durable de ladiversité biologiqueConvention sur la Diversité Biologiqued'espèces marines d'intérêt socioéconomique,vulnérables ou peu oupas étudiées dans notre pays;- écologistes marins pouvant assurerla traduction des différents donnéesphysico-chimiques, dynamiques,climatiques, etc. en termesécologiques exploitables par lesgestionnaires et les décideurs;- spécialistes en aquaculture pour lapromotion de cette activité qui peutatténuer la pression sur les espècessurexploitées, promouvoir la créationd'emplois, assurer des revenus stablespour les populations riveraines, etc.;- spécialistes dans la conservation, larestauration et la réhabilitation desespèces et des espaces marinsmenacés, capables d'aider à laréhabilitation d'espèces et d'espaceset ce par diverses approchestechnologiques (reproductionassistée, lutte contre les diversescauses de la dégradation, etc.).* Formation par l'enseignementessentiellement pour des techniciensspécialisés et des verbalisateurs.Cependant, cette formation dépend etde la valeur des formateurs et de laformation dont il faut s'assurer laqualité.ORIENTATION STRATEGIQUE 2.3.:GESTION DE L’INFORMATIONSCIENTIFIQUE.18L'information scientifique estégalement une composanteprincipale dans touteapproche de recherche et deformation. De plus, la gestionrationnelle d'une ressourcebiologique, sa conserver, sonutilisation durable, et la surveillancede son évolution et de ses tendancesne peuvent se faire que sur la base deconnaissances appropriées,actualisées et fiables, permettantd'établir une stratégie globale à court,moyen et long termes; stratégiesusceptible d'assurer un équilibre et


un compromis entre le besoin d'utiliserces ressources biologiques marines etle devoir d'en assurer la pérennitépour pouvoir les concéder aussiintactes que possible aux générationsfutures.La condition sine qua non pour lesuccès de programmes prioritaires deconservation et de développement,reste également la disponibilitéd'informations précises et actualisées,car, produit des activités scientifiqueset technologiques, l'information en estaussi la source. Son insuffisance estconsidérée comme une entravesérieuse au développement(UNESCO). Dans le domaine del'exploitation des ressourcesmaritimes, la disponibilité del'information, valide, a un effet décisifsur l'optimisation des décisions.OBJECTIF STRATEGIQUE 3LA SENSIBILISATIONET L'EDUCATIONDe l'avis de tous lesspécialistes et, en matière deconservation de la diversitébiologique, en générale, seulel'approche participative intégrantconservation et utilisation de laressource semble avoir donné sespreuves dans la protection desressources biologiques naturelles. Or,pour faire participer les populationsaux efforts de conservation, surtoutdans les milieux despêcheurs/ramasseurs touchés par unfaible taux d'alphabétisation, il est vitalque ces populations soient informéessur la ressource à protéger et qu'ellessoient conscientes des répercussionsnégatives de l'érosion des ressourcesbiologiques aussi bien sur le planécologique que socio-économique.Les investisseurs, les gestionnaires etles décideurs ont également besoin,pour des fins de planification de lagestion ou de prise de décision,d'informations sur l'état desressources biologiques, leursévolutions, etc. D'autre part, il fautœuvrer pour ancrer les principes deconservation de la biodiversité dans laculture des populations et desgénérations futures (l'éducation) et ceà travers des programmes scolairesou parascolaires.ORIENTATION STRATEGIQUE 3.1.:RENFORCEMENT DESPROGRAMMESDESENSIBILISATIONLes pêcheurs, les ramasseurs,les cadres, les gestionnaires,les décideurs, lesverbalisateurs, etc. sont tousconcernés, à des niveaux différents età des degrés divers, par laconservation et l'utilisation durable dela diversité biologique marine.Cependant les différences de laperception du problèmebiodiversitaire, des niveauxd'assimilation de ces problèmes, desniveaux d'instruction, etc. suggère des"formats" de programmesd'information et de sensibilisation quidiffèrent selon le rôle de chacune deces populations cibles, le degré deson impact sur la biodiversité marineet les objectifs fixés.ORIENTATION STRATEGIQUE 3.2.:REALISATIONDEPROGRAMMES EDUCATIFSRELATIFSA LACONSERVATIONETL'UTILISATION DURABLE DE LABIODIVERSITELes programmes desensibilisation" ciblant lesjeunes générations pourraientprendre la forme de "programmesscolaires ou parascolaires" visant non19seulement une information de cesjeunes; mais un changement radical deleur comportement futur vis à vis desressources vivantes et leur utilisation.De l'avis de tous les spécialistes et, enmatière de conservation de ladiversité biologique, en générale,seule l'approche participativeintégrant conservation et utilisation dela ressource semble avoir donné sespreuves dans la protection desressources biologiques naturelles. Or,pour faire participer les populationsaux efforts de conservation, surtoutdans les milieux despêcheurs/ramasseurs touchés par unfaible taux d'alphabétisation, il est vitalque ces populations soient informéessur la ressource à protéger et qu'ellessoient conscientes des répercussionsnégatives de l'érosion des ressourcesbiologiques aussi bien sur le planécologique que socio-économique.Les investisseurs, les gestionnaires etles décideurs ont également besoin,pour des fins de planification de lagestion ou de prise de décision,d'informations sur l'état desressources biologiques, leursévolutions, etc. D'autre part, il fautœuvrer pour ancrer les principes deconservation de la biodiversité dans laculture des populations et des


générations futures (l'éducation) et ceà travers des programmes scolairesou parascolaires.OBJECTIF STRATEGIQUE 4L'AQUACULTURELes ressources halieutiquessont pleinement exploitées àpeu près dans toutes lesrégions du monde. Il s'impose doncdes alternatives, d'une part, pours'assurer l'approvisionnement enressources halieutiques et, d'autrepart, pour garantir la pérennité desespèces. De plus, l'aquaculture n'apratiquement que des avantages(protéines d'origine animale, créationde revenus et d'emplois,augmentation des recettes endevises, repeuplement des eauxcôtières, etc. ). Une stratégie deconservation devrait prendre enconsidération.ORIENTATION STRATEGIQUE 4.1.:FAIRE UN DIAGNOSTIC DESPOTENTIALITES AQUACOLESDES EAUX MAROCAINESARTICLE 8: CONSERVATION IN SITUChaque partie contractante, dans lamesure du possible et selon qu'ilconviendrac- Réglemente ou gère les ressourcesbiologiques présentant une importancepour la conservation de la diversitébiologique à l'intérieur comme àl'extérieur des zones protégées afind'assurer leur conservation et leurutilisation durable;k- formule ou maintient en vigueur lesdispositions législatives et autresdispositions réglementaires nécessairespour protéger les espèces et populationsmenacées;l- lorsqu'un effet défavorable importantsur la diversité biologique a été déterminéconformément à l'article 7, réglemente ougère les processus pertinents ainsi queles catégories d'activités;Toute action stratégique ettoute gestion intégrée dans ledomaine de l'aquaculture nepeuvent être efficientes que si ellessont basées sur des donnéesrécentes, suffisantes et fiables sur laphysico-chimie des milieuxrécepteurs, leurs caractéristiquesbiotiques, les données socioéconomiqueset culturelles ainsi quesur les mécanismes juridiques etinstitutionnels nationaux, régionaux et20locaux etc.ORIENTATION STRATEGIQUE 4.2:D E V E L O P P E RL'AQUACULTURE DEPRODUCTIONAu Maroc, l'aquacultureproduit généralement moinsde 2000 tonnes de produitshalieutiques dominées par deuxpoissons (loup et daurade). Laconchyliculture est pratiquementlimitée à la vénériculture etl'ostréiculture; alors que l'alguiculture,la coralliculture , la carcinoculture(crustacés) pourraient égalementcontribuer au développement socioéconomiquedu secteur maritime et denotre pays et surtout atténuer lapression de pêche sur des espècesclassiques.ORIENTATION STRATEGIQUE 4.3:P R O M O U V O I RL’AQUACULTURE DE SOUTIENCest essentiellement uneaquaculture qui consiste àélaborer des projets derecherche sur la biologie et lareproduction assistée de nombreusesespèces éteintesde nos côtes ou quiy sont gravement menacées. Le buten est la reconstitution de leurseffectifs et des populations viables.ORIENTATION STRATEGIQUE 4.4:P R O M O U V O I RL'AQUACULTURE PREVENTIVEC’est une orientation qui visel'élaboration de projets pilotessur l'ensemble des espècesexploitées et qui un jour pourraientdevenir menacées. Cet objectif peutintéresser également l'élevage decertaines espèces nuisibles dansl'objectif de mieux maîtriser leursécologies et leurs dynamiques et, parconséquent, mieux lutter contre.


OBJECTIF STRATEGIQUE 5LEGISLATION ETINSTUITUTIONLa législation est unecomposante vitale dans toutestratégie et toute approche deprotection, permettant à chacun deconnaître ses droits et ses devoirs etgarantissant, dans le cas de laconservation de la biodiversité, le droitdes ressources biologiques àl'existence et au développement.ORIENTATION STRATEGIQUE 5.1:ACTUALISATION DES TEXTESLEGISLATIFS EN MATIERE DEBIODIVERSITELa principale référencelégislative relative àl'exploitation des ressourcesbiologiques marines correspond audahir de 1973 qui régit pratiquementtoute activité d'utilisation desressources maritimes. L'analyse de lasituation législative en matière debiodiversité marine, montre qu'unevingtaine de textes existantactuellement ne peuvent suffire pourgérer les ressources de plus d'unmillion de km² de plan d'eau maritimeet 3500 km de longueur. De plus denombreux textes sont à actualiser àcause de l'évolution des ressources etde leurs conditions. Certainesespèces plus ou moins gravementmenacées ou ayant complètementdisparu manquent totalement decouverture législative. Notre systèmelégislatif en matière d'environnementmarin manque égalementd'agressivité et de dynamisme pouragir en temps opportun et sauver desressources en péril. Les lacunes sontainsi nombreuses et, pour lescombler, des efforts sont encore àconsentir.ORIENTATION STRATEGIQUE 5.2:HARMONISATION ENTRE LALEGISLATION NATIONALE ETL ' E N G A G E M E N TINTERNATIONAL DU MAROC.Le Maroc, signataire denombreuses conventions etaccords internationaux, enparticulier celle sur la diversitébiologique, se doit d'adapter salégislation environnementale, enparticulier celle relative à labiodiversité, pour tenir compte despréoccupations internationales.OBJECTIF STRATEGIQUE 6COOPERATIONINTERNATIONALELe Maroc, comme tout autrepays, a besoin de lacoopération, pour la gestionde ses ressources marines, laformation de ses scientifiques et,aussi, pour s'informer sur lesnouvelles approches en matière depêche, de conservation, dedéveloppement, etc. Cependant, ilconvient de rappeler que laConvention sur la Diversité Biologiquedans son article 5 intitulé"Coopération internationale" stipuleclairement que cette coopérationconcerne des domaines "d'intérêtmutuel" et "ne relevant pas de lajuridiction nationale". De plus, cettecoopération, toujours selon l'article 5devrait être menée dans le sens de laconservation et l'utilisation durabledes ressources surtout quand il s'agitdes ressources vivantes qui,théoriquement renouvelables, ont étésoumises depuis des dizainesd'années à une surexploitationabusive, sous le couvert de"coopération" et dont certainséléments sont plus ou moins21gravement menacées du fait de cette"coopération".ORIENTATION STRATEGIQUE 6.1RENFORCEMENT DES LIENS DECOOPERATION SUR LABIODIVERSITE ENTRE LEMAROC ET LES AUTRES PAYSETORGANISMESINTERNATIONAUX et ce pours'informer sur les données et lesapproches d'autres nations, pours'acquérir de nouvelles technologies,pour s'acquérir des supportsfinanciers et techniques lui permettantde réaliser ses propres stratégies enmatière de conservation et, par lamême occasion, honorer sesengagements internationaux quant àla protection du patrimoine biologiquemondial.

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