Le feu bactérien

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Le feu bactérien

EnvironnementLe feu bactérienUne erreur de mise en page a rendu cet excellent article paru en juin difficilement compréhensible. Par respect pour l’auteur, et vis-à-vis de nos lecteurs,nous publions à nouveau, revue et corrigée, cette communication liée à l’environnement. Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser.ClichéVandelanoitte (57)Le feu bactérien a été découverten Haute-savoie pendant l’été1998. Au vu des dégâts importantsque j’ai constatés sur le terrain,j’ai cru bon d’avertir mescollègues savoyards et de diffusermaintenant une information pluslarge dans l’Abeille de France.Je précise toutefois que les donnéeset les consignes ci-dessousproviennent de différents articles,de réunions ou de communicationspersonnelles.Parmi les différentes maladiesdes arbres ou arbustes, le feubactérien inquiète à juste titreles arboriculteurs, les paysagisteset tous les particuliers.Tous ceux qui ont planté uneespèce végétale pour les fruits,pour le plaisir des yeux oupour la production du nectaret du pollen sont concernés.Cette parasitose grave etcontagieuse est arrivée accidentellementdes USA dans lesîles britanniques en 1957 etidentifiée en Anjou en 1978.Elle se répand inexorablementsur le territoire national toutcomme l’avait fait précédemmentla varroase.Les apiculteurs, dont l’espritd’observation est bien connu,doivent pouvoir identifier lamaladie, au vu des dégâtsqu’elle provoque et prendre lesmesures qui s’imposent (réglementaires,prophylactiques,curatives…).C’est, de surcroît, leur intérêtd’être entourés de variétésvégétales saines.293Cliché SPRVRA-Rhône/AlpesESSENCES CONCERNÉESVariétés fruitières : pommiers, poiriers,cognassiers, et néfliers…Variétés ornementales : pommiers duJapon, cotoneasters, pyracanthas, aubépines,sorbiers…L’AGENT CAUSALL’agent causal est la bactérie Erwinia amylovoraqui colonise les tissus sous-corticauxde certaines espèces de la famille desRosacées. Son rythme de multiplication etd’extension est favorisé par deux paramètres: température et humidité. Dès 10° C,


Environnementelle entre en activité pour atteindre sonrythme optimal de multiplication vers 24-27° C.Résistante au froid, elle hiverne dans unchancre de la plante hôte. L’été, elle se disséminepar un exsudat (inoculum) formé degouttelettes sucrées de couleur laiteusepuis brunâtre. Elle peut aussi former desfilaments légers, facilement transportablespar les vents de haute altitude. Dès que lesconditions climatiques deviennent favorables,elle se disperse pour coloniser denouvelles victimes, dans lesquelles ellepénètre par des ouvertures naturelles,fleurs, blessures et sur les jeunes pousses.Les agents responsables de la dispersionsont multiples : pluie, vent, outil de coupe,oiseaux, insectes ailés ou non. Dans laplante hôte, la bactérie est descendante etsurvit tant que le végétal reste vivant.CONSERVATION DE LA BACTÉRIEDurée de vie :- à l’air libre : très courte, meurt par déshydratationsauf au sein de l’exsudat qui laprotège de la déshydratation.- dans le nectar à 4° C . . . . . . . . . 11 secondes- dans le miel à 4° C . . . . . . . . . . . . 8 secondes- dans la cire et la propolis à 4° C . . 3 secondes- dans le pollen à 4° C . . . . . . . . . 50 secondes- dans le pollen à 15° C . . . . . . . . 40 secondesERWINIA ne survit pas au-dessus de 35° Cet pas plus de 48 heures sur et dansl’abeille. Les bactéries présentes dans laruche ne subsistent pas au printemps suivant.ZonecontaminéeEXSUDAT(sève+bactéries)fortement concentréCHANCRESréactivés au printempsCONCENTRATIONDE LA BACTÉRIEPATHOGÉNIEL’action d’Erwinia amylovora provoque l’arrêtde la sève montante (sève brute) dupoint d’introduction ou d’hivernage vers lesparties hautes de la plante. Le résultatvisible se traduit par le dessèchement progressifdes parties aériennes vers les partiesplus basses.SYMPTÔMES OBSERVÉS SURVÉGÉTAUX CONTAMINÉS- Flétrissement des inflorescences et desfeuilles de bouquets floraux). L’ensemble secourbe en forme de crosse et reste enplace.- Dessèchement, brunissement du feuillagedes rameaux atteints comme « grillés » parle feu.- Momification des jeunes fruits qui ne tombentpas.- Présence d’exsudat : gouttelettes surchancre et sur les écorces des zones parasitées.- Portions d’écorces affaissées, desséchéesavec formation de chancre.Zone 1Zone 2Zone 3Cycle de développement d’ErwiniaAmylovoraDÉPÉRISSEMENTDESARBRES/ARBUSTESCONTAMINATIONpar les différentsagentsExemple derameau atteintPÉNÉTRATIONDANS LES TISSUS- des fleurs- des jeunespousses- des blessuresFORMATION DECHANCRES À L’AU-TOMNEZone 1 : zone nécrosée : la partiesupérieure se dessèche, se noircit,s’arque en forme de crosse.Zone 2 : zone intermédiaire : colorationvert olive. Présence de zoneorange sous l’écorce et/ou nond’exsudat.Zone 3 : zone d’apparence sainemais la bactérie est présentemême si les symptômes ne sontpas encore visibles.Jeune pousse infectée de Pyracantha se recourbant enforme de crosse caractéristique.ÉPIDÉMIOLOGIESelon le cycle de développement de la bactériedécrit plus haut, celle-ci se répanddans une même zone d’une plante à uneautre par les agents à rayon d’action limité(insectes ailés ou non, outils de coupe,pluie, vent, oiseaux). Par contre, le transportd’Erwinia sur de longues distances nepeut être imputé qu’aux agents à longrayon d’action (vent, oiseaux migrateurs,insectes ailés, commerce de végétaux…).En plus des conditions climatiques favorables,humidité et chaleur, des techniquesculturales favorisent l’extension de la maladie :- Mauvais drainage des sols : excès d’humidité.- Irrigation excessive ou irrégulière : arrosagepar aspersion.- Taille sévère.- Rejet des porte-greffes à pousse rapide :accès rapide aux racines.- Apports déséquilibrés d’engrais : excèsd’azote.- Floraisons secondaires abondantes.294


EnvironnementPRONOSTICLe pronostic est directement lié aux variétésinfestées. Certaines sont plus résistantes etsurvivent après suppression des rameauxatteints. D’autres sont au contraire très sensibles(exemple : poire Passe-Crassane ; unpoirier de ce type infesté a peu de chancesde subsister même si les parties atteintessont systématiquement supprimées).CONDUITE À TENIRIl n’existe pas de traitement phytosanitaireefficace pour lutter contre le feu bactérien.Les antibiotiques (streptomycine) utilisésaux USA sont interdits en France car ilsprésentent un risque de sélection desouches résistantes. À titre préventif, lesproduits cupriques (bouillie bordelaise) et laflumequine (Firestop) peuvent êtreemployés selon un protocole conseillé parle technicien arboricole du département. Laprévention et des mesures radicales peuventlimiter l’extension de la maladie :- Contrôler régulièrement les plantes sensibles;- Supprimer les branches atteinte en lescoupant à 1 mètre en dessous du symptômeapparent ; protéger les plaies par untraitement cuprique (mélange cuivre micronisé+ huile de lin ou mastic spécial arboriculture).- Arracher les sujets fortement contaminés.Tous les bois seront brûlés sur place.- Ramasser les fruits non récoltés (qui attirentles oiseaux).- Éviter de planter ou de greffer les variétéstrop sensibles, de toute façon interdites à laplantation (exemple : Passe-Crassane,Madame Ballet).- Ne planter que des variétés tolérantes.- Ne pas transplanter des essences sensiblesvenant de régions contaminées.- Respecter les mesures d’hygiène : désinfectiondes mains, vêtements, outils decoupe, à l’eau javellisée ou à l’alcool.N.B. : les fruits provenant d’arbres contaminéssont tout à fait consommables : la bactérieest sans effet sur l’homme.RECOMMANDATIONS AUX APICULTEURSCe sont les insectes (dont les abeilles) quisont les principaux agents de la pollinisation.L’agriculteur a donc besoin des abeilles s’il veutproduire des fruits en quantité et en qualité. Ceciest connu et reconnu. Mais les abeilles, commetous les insectes volants, peuvent disséminer labactérie à l’intérieur d’une zone de butinage.Aussi, nous vous proposons de prendre lesmesures de précaution suivantes :- Ne pas déplacer de ruches provenant d’un secteurreconnu infesté vers une zone indemne. Si leChancre sur une branche charpentière : les tissus infectéssont humides, brillants et prennet une coloration rouge-bruncas se présentait, il est suggéré de déplacer lescolonies sur un site intermédiaire indemne et deles y laisser au moins deux jours avant de pratiquerle transport vers le site intermédiaire detranshumance.- Avant une transhumance interdépartementale,demander à la Direction des Services Vétérinaires lacarte d’apiculture pastorale, attestée ou contractuelle(note DGAL/SVSPA/n/n o 87, n o 89159).- Pour une transhumance à l’intérieur du département,pas de visite sanitaire obligatoire, sauf encas d’épizootie de loque américaine.Nota : Il n’existe à ce jour aucune variété résistante au feu bactérien. On parle plutôt detolérance (exemple : Harrow Sweet pour la poire).Pommiers : variétés sensibles : Gala - Idared.Poiriers : variétés de plus sensibles à moins sensibles :Passe-Crassane - Conférence - Comice - Général Leclerc - Harrow Sweet.B. CartelThomasApicultureN° 1 du matériel apicole en Europe6 raisons de choisir THOMAS Apiculture :• La garantie du premier fabricant européen de matériel apicole• Une expérience et un savoir-faire de plus de 40 ans• Une très large gamme permettant de répondre à tous vos besoins• La recherche permanente du meilleur rapport qualité/prix• Un ensemble de services uniques• Des innovations et nouveautés permanentesNoussommes acheteurstoute l’année de vos lotsde cire d’abeilles auxmeilleures conditions295Tarifs spéciaux syndicats, professionnels, groupementsCatalogue sur simple demandeTout le matériel Apicole pour les amateurset les professionnels• Ruches, ruchettes …• Cire gaufrée, gaufrage à façon• Outillages et vêtements apicoles spécialisés• Sirop de nourissement TETRAPI• Emballages verre et plastiques• Matériel de miellerie inox THOMAS (bacs et machines à désoperculer,extracteurs, bacs décanteurs, pompes, maturateurs, appareils detraitement des opercules et de filtrage du miel en continu, doseuse …)86, rue Abbé THOMAS 45450 FAY-AUX-LOGES - Tél. 02 38 46 88 00 Fax 02 38 59 28 28

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