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_ courrier _droit à la différenceet à la critiqueJe mets en doute la notion de ({ racismenaturel» dont parle l'un de vos correspondants,M. Cochet, de Tours, dans dro it e t libertéde janvier. Ne peut-on pas concevoir, aucontraire, que le mouvement naturel, enprésence de personnes ayant une civilisationdifférente, soit fait de curiosité et desympathie? Voir, l'émerveillement despremiers explorateurs européens en Afrique,de Marco Polo en Asie, et des découvreursde l'Amérique parlant des Indiens avant queleurs successeurs ne les massacrent. Et nepeut-on pas attribuer l'hostilité que nousconstatons trop souvent contre les Autres àdes facteurs historiques et sociaux (guerres,colonialisme, pillage des richesses d'autrui,techniques de la ({ division pour régner »} ?D 'autre part, je ne vois pas ce qu'il y a de({ honteux », et moins encore de ({ raciste»à préférer ({ sa terre, sa nourriture, sa manièrede vivre, d'aimer, de mourir ». Chaque peuple,chaque ethnie a ses comportements, seshabitudes. ReconnaÎtre le droit à ladifférence est le B,A. BA, pour ne pas direla condition sine qua non du véritableantiracisme. Aimer et respecter les autres,ce n 'est pas se mutiler soi-même, Aucontraire, c'est de l'épanouissement detoutes les cultures que peut naÎtre lacompréhension réciproque, la tolérance.D'accord, en revanche, pour dire, avecPierre Dac (et c'est un autre respect de lamême attitude), qu 'être antiraciste c 'estreconnaÎtre à chacun individuellement, le({ droit d'être un salaud », sans mettre encause tout le groupe religieux, racial ouethnique auquel il appartient, Critiquer etmême condamner une loi, une tradition, unepolitique ou un gouvernement chez un autrepeuple, ce n 'est évidemment pas du racisme,Surtout si l'on critique avec la mêmeobjectivité et un sens constant de la relativitéles travers et les erreurs de notre groupe.Charles JUNOT75019 Parisune montée inquiétanteJe vous écris à la suite de l'émissiond'Anne Gaillard que j'ai entendue hier à laradio, et qui traitait du logement et duracisme. J'ai été bouleversée, et j'ai pris ladécision d'essayer de faire quelque chose - sipossible - de concret pour lutter contre leracisme sur le plan local.Ne croyez pas que je vous écris sur uncoup de tête et que ma décision estvelleïtaire. Depuis toujours, j'ai été sensibiliséeà ce problème, et chaque fois que je l'ai pu- dans de banales circonstances de la viequotidienne - j'ai défendu mon point de vue.Je suis professeur de lettres, et j'ai puconstater, au cours des débats avec mesélèves une montée, qui me sembleinquiétante, du racisme. En tant que4professeur, je ne peux pas faire grand chose.J'essaie d'éveiller l'esprit critique des élèves,de les amener à réfléchir, à écarter les idéesreçues ... C'est déjà important, mais limité.Je voudrais savoir si à Meaux, qui a unezone industrielle assez importante, des({ cités d'urgence », donc un certain nombrede travailleurs immigrés, il existe desreprésentants de votre Mouvement et, sioui, où je pourrais les trouver. Sinon, pensezvousqu'il soit possible de créer ici unesection locale?Mme ML77100 MeauxdommageUne remarque: des amis critiquent la({ couleur» un peu trop marquée (à gauche I)de droit et liberté. C'est dommage: d et l,qui arrive à se battre contre tous les racismes,de droite ou de gauche, antijuif et antiarabe,devrait absolument pouvoir éviter cettecritique. Pourtant il est vrai que ThéoSaint-Jean est parfois trop sec, Ainsi dans leN° de décembre, page 6, (article sur leZimbabwé), ces morts: ({ Une poignéed'aventuriers arrogants et incultes », pourqualifier les Blancs de Rhodésie. Une telleexpression - fausse - suffit à discréditerl'article, et parfois le journal.Ce ne sont pas des ({ aventuriers» : ils sontnés là-bas et y sont agriculteurs. ({ Arrogants »,soit. ({ Incultes» : pourquoi? Ne fréquententilspas leurs universités autant que nous?Non, ce qu'ils sont, c'est en retard d'unsiècle: ils sont racistes comme nous l'étions,tout naturellement, au siècle dernier. Ladifférence est qu'aujourd'hui, ils sontanachroniques et que, grâce aux cieux!nous sommes là pour combattre de telsracistes, (qui bien sûr, sont aussi desexploiteurs, ceci expliquant cela).Bref, dommage de diminuer l'audience ded et 1 pour une simple formule exagérée.Jean-Paul MORLEY13000 Marseillesans nuanceJ'approuve la lettre de Marie Laffranque,de Toulouse, parue dans votre derniernuméro: vous devez veiller à éviter lesstéréotypes et les outrances dans les articlesque vous publiez. Or, vous manifestez unefois de plus ce travers dans la petite noteintitulée « Les héros de Rudel JJ, page 21de ce même numéro.Dénoncer l'agitation des anciens nazis enR.F.A., c'est très bien. Dénoncer les menéesdes groupes d'extrême-droite en France,c'est indispensable. Faire apparaÎtre lesoutien que ceux-ci apportent à tel partipolitique, il le faut également. Mais enjuxtaposant maladroitement et sans nuancesde tels faits, vous n'éclairez pas la situation,et vous ne convaincrez personne.Vous aviez pourtant bien expliqué dansvotre dossier « Spécial néo-nazisme JJau sommaire_ l'événement _immigrés :dans le viseur . ........... . .... " p.6u.s.a. :la passion de gary tyler . . . . . . . .. p. 7_ point chaud _l'apartheid:un cri me ... . .. . . . . . ....... . ..... p. 12_ dossier _antilles :adieu madras. . . . . . . . . . . . . . . . . .. p. 13_ éducation à la fraternité _les enfants de migrantsen europe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. p. 27_ nouvelle ·_aïcha . .......... ................ p. 29et nos rubriques habituelles ...la couverture est de jean-yves treiber.les contradictions du Parti des ForcesNouvelles, qui, d'une part essaie de sedonner le bon visage d'un parti de droite(( normale )) et, d'autre part, compte dans sesrangs des éléments acquis aux méthodesviolentes d'« Ordre Nouveau I l . On doit entenir compte et ne pas employer à tort et àtravers le vocable de ({ nazi », surtout si l'onmet également en cause, par suggestion ouamalgame, d'autres formations.Le néo-nazisme est un danger assezinquiétant en lui-même, pour ne pasaccroÎtre les forces dont il dispose, et ne pasdresser contre vous des gens se considérantcomme des démocrates, et à coup sûranti-nazis qui s'estimeront calomniés parvos propos inconsidérés.Denis VERGNES13000 Marseilledeux jours de suiteNous retrouvons deux coupures du(( Parisien Libéré )), l'une sur l'affaire Lip,l'autre sur l'affaire Goldman.Dans le gros titre consacré à la premièreaffaire (4-5-1976), l'ancien P.D.G. de lafabrique d'horlogerie est ostensiblementdésigné sous son nom d'origine: Lipman,alors qu'il a toujours été connu sous lepseudonyme de Lip. Souci de vérité fortlouable, n'est-ce pas? et tout à fait ...innocent.Dans l'article relatant le procès deGoldman (5-5-19 76) les propos d'untémoin sont mis en doute pour une doubleraison ... ({ N'est-il pas un « cheval deretour JJ et n'a-t-il pas une origine identiqueà celle de Pierre Goldman ? » se demande lejournaliste.Deux jours de suite, des allusions surl'origine juive de gens pour lesquels leslecteurs du « Parisien libéré Il n'ontcertainement pas de sympathie, cela ne doitpas être un hasard. ..P. et B. VILLENEUVE91120 Palaiseausur "quid"La fin de la lettre de M. Bernard Barberousse,dans notre dernier numéro, a malencon·treusement ({ sauté» à J'impression.Notre correspondant indiquait que le direc·teur de J'encyclopédie « Quid » auprès de quiil était intervenu pour protester contre la quali·fication d' ({ espions» attribuée aux époux Ro·senberg, lui avait répondu que /'importance dece terme se trouvait « atténuée par les guillemets»,M. Barberousse ajoutait :Je possède seulement J'édition 1974, et,page 573, je lis espions sans guillemets. /1 enest de même dans celle de 1975. Mais peutêtredans celle de 1976, à la suite de l'admirableémission de Stellio Lorenzi et Alain Decaux,d 'hypocrites guillemets ont été greffés.Et en 1977?directeur de la publicationrédactionmaquettepublicitéalbert lèvyjean'Iouis sa got'duvaurouxlucky thiphaineau siège du journalABONNEMENTS• UN AN 50 FRANCS. SOUTIEN 100 FRANCSANTILLES REUNION MAGHREB AFRIQUE FRANCOPHONELAOS CAMBODGE NOUVELLE' CALEDONIE 55 FRANCSAUTRES PAYS 75 F - CHANGEMENT D ADRESSE 2 Fdroit et liberté. nO 355 • février 1977_ éditorial _la guerre. .,aux ImmigresA Saint-Flour, 22 ouvriers turcs encerclés toute une nuit da ns leu rs baraques par lesC. R.S., puis arrêtés à l'aube et expulsés le lendemain sans avoir pu emporter leurs maigresbiens. A Lyon, en dépit des lois, 11 5 immigrés, la plupart algériens, brutalementlicenciés pour avoir fait grève, par l'entreprise de nettoiement où ils travaillaient. Danstoute la France, des dizaines de locataires de la S.O,N.A.C.O.T.R.A., traînés devant lestribunaux et menacés de saisies-arrêt sur leurs salaires, parce qu'ils exigent un habitatplus digne ...Ce ne sont là que des illustrations récentes de la guerre faite aux travailleurs immigréspar les autorités françaises, car il faut y ajouter le harcèlement, devenu quotidien,dont ils sont l'objet: rafles (( au faciès )) dans le métro, su ivies de milliers d'expulsions;tracasseries administratives en tous genres; agressions de groupes racistes généralementimpunis; campagnes de haine, encouragées par les voix les plus autorisées, tendantà les présenter comme les responsables de la crise. Sans parler des inégalités,des discriminations légales ou (( privées )) qui les frappent, de la dureté de leur travail etde l'isolement dans des quartiers ou des villes-ghettos misérables, où les rejette unostracisme planifié.Quant aux étudiants africains qui connaissent. eux aussi, les effets d'un racisme auxformes multiples, ils viennent de se voir imposer une limitation draconienne de leurliberté d'association, en vertu d'une loi de guerre, datant de 1939.Que l'on pense un instant aux droits, aux privilèges, à l'hospitalité proverbiale dontbénéficient encore les Français dans les anciennes colonies africaines devenues indépendantes,et, plus généralement, dans tous les pays dont sont originaires les travailleursimmigrés. Que l'on pense à l'apport de ces derniers à l'économie française, à leurcoopération - c'est bien le mot! - si utile dans tous les domaines, et source de fabuleuxsurprofits. Comment alors ne pas être indigné de la façon dont sont traités ceshommes, ces femmes, ces enfants, qui se sont exilés ici?Mais la solidarité des Français ne saura it se réduire à une généreuse dénonciationdes injustifiables conditions dont souffrent les immigrés. En fait, nous sommes touségalement concernés.La crise, nous en subissons tous les effets inquiétants. La hausse des prix, et notammentdes loyers, nul n'y échappe. Si 80 % des immigrés, selon une récente enquête,occupent des habitations tout juste sa lubres (1). les difficultés de logement sont générales.L'arbitraire et l'intimidation, la violence fasciste, ces maux contagieux, lorsqu'ilsvisent les uns, constituent pour tous un danger et sapent les fondements de la démocratie elle-même.La condition des travailleurs étrangers et de leurs familles est comme le miroir grossissantde notre société, de ce que nous sommes et de ce qui nous attendrait si nousn'y prenions garde. Nous sommes solidaires les uns des autres, Français et immigrés,parce que notre sort est inséparable. En cette période électorale, il est bon d'en êtreconscients, de méditer la devise républicaine inscrite aux frontons de nos mairiesLiberté, Egalité, Fraternité, et de faire en sorte qu'elle devienne une réalité vivante.Albert LEVY5


-_ l'événement _immigrés:dans le viseurCertains, peut-être, prenaient les déclarations anti-immigrés du ministre de l'Intérieurpour un baroud d'honneur, destiné à égayer une opinion singulièrement ébranlée par lacrise qui secoue la société toute entière. Lorsqu'à l'aide de statistiques falsifiées, on tendaità présenter les travailleurs étrangers pour les principaux responsables de la criminalitéet qu'on les menaçait des mesures les plus arbitraires, lorsque venant à la rescousse,d'autres ministres, dont l'ex-premier, puis le Président de la République lui-même, désignaientles immigrés comme la cause et la solution du chômage, d'aucuns pouvaientcroire à une diversion verbale qu'on n'oserait pas faire suivre d'effet. Ceux qui l'ont pensédoivent désormais se rendre à l'évidence. Une offensive tous azimuts contre les étrangersvivant en France se déploie peu à peu, prenant chaque jour des proportions plusinquiétantes pour la santé sociale de la France.Les organisations africaines sont menacées d'être dissoutes si elles ne se plient pas àun nouveau statut qui les met directement à la merci des pouvoirs publics. On fait descommuniqués de victoire en dressant le tableau de chasse des expulsions, mais des travailleurssont raflés par dizaines, comme à Saint-Flour, et renvoyés sans même avoir putoucher leur salaire de misère!Le climat ainsi créé encourage les éléments les plus hystériques à des crimes odieux,sans que la Justice réponde par la justice. A Aubusson, un homme assassine un Algérien,en blesse un autre. Pour rien, parce que leur vue le dérange. Un homme qui se targue deses liens avec des organismes musclés comme le S.A:C., créé pour (( animer» les campagnesélectorales de la majorité.La France ne peut accepter cela. Et tous les Français doivent comprendre qu'il fautsans tarder y mettre le hola. Heureusement, les antiracistes sont partout. Ils peuvent êtredivisés sur les moyens de gouverner le pays. Il y a un point sur lequel ils se rassemblent,quelque soit leur opinion: il faut que cesse la campagne de harcèlement et même depersécutions dont les étrangers deviennent de plus en plus couramment victimes, parcequ'il y va de la liberté, de la dignité, et aussi du plaisir de vivre, en France.6Exploités à l'usine, poursuivis dans la rue.(( Nous célébrons aujourd'hui Noël.Or, alors même que nous préparons lafête, un homme est mort chez nous, demort violente. Cet évènement doulouréuxne peut-être mis de côté, fut-il un peutrouble-fête. )}C'est à la messe de la Nativité, que lesprêtres d'Aubusson et de Felletin, dans laCreuse, ont ainsi commencé leur sermon.Quelques jours plus tôt, dans la nuit du11 au 12 décembre, un homme avait étéfroidement abattu: Elaïd Djenati, 36 ans,de nationalité algérienne; un autre, MohamedBenabed, 35 ans, avait été blesséd'une balle dans la jambe. Le meurtrier,Gérard Grosset, 26 ans, artisan, est en prisonà Guéret. L'instruction est en cours.querelle de bistrotLe crime s'est déroulé à Aubusson, lacapitale de la tapisserie. Un groupe detravailleurs algériens travaille depuis un ansur un chantier de travaux publics, en pleinplateau de Millevaches: une contrée pauvre,vidée par l'exode rural - moins de15 habitants au kilomètre carré, unedensité sub-désertique -, vouée aux landes,aux plantations de sapins et auxmanœuvres militaires du camp de la Courtine.Ce samedi 11 décembre, ces travailleursnord-africains ont décidé de (( descendreen ville» pour se distraire un peu:Aubusson, sous-préfecture de la Creuse,5000 habitants à peine. Une ville quisurvit à grand-peine, au cœur de cette régionqui, en presque tout, tient la lanternerouge des régions françaises.En fait de distraction, il n'y a guèrequ 'un cinéma, et deux ou trois cafés ouvertsaprès 9 heures le soir. C'est dansl'un d'eux qu ' Elaïd Djenati, MohamedBenabed et leurs compagnons vont rencontrerleur meurtrier.Que s'est-il passé au juste? (( Querellede bistrot », a-t-on dit d'abord. Ce quisignifie aussitôt : « querelle d'ivrognes »,et par conséquent faute partagée, voireaccident bête; et pourquoi pas à la limite,légitime défense pour le meurtrier?pour un bougnoulMais très vite les éléments de l'enquête,et aussi les recherches des journalisteslocaux, infirmèrent cette version répandueà la hâte. En Creuse paraissent tous;; les matins quatre quotidiens, qui couvrent:; l'ensemble des familles politiques : la~ « Monta·gne )) et « Centre-Presse )), plutôt~ favorables à la majorité, (( Le Populaireëi du Centre n, socialisant, et « L'Echo duCentre )), communiste. Cette pluralité deE titres et d'opinions entraîne une émulationci: à coup sûr favorable à l'honnêteté de l'in-inquiétante offensiveA Lyon, l'entreprise Monin, qui se charge du ramassage des ordures, a su prendreexemple sur le pays de l'apartheid. Le 28 décembre dernier, l'entreprise annonçait 110licenciements pour fait de grève, et le remplacement immédiat des personnes congédiéespar des intérimaires. Tous les ouvriers licenciés étaient étrangers. Le maire de Lyons'émut de l'affaire et demanda immédiatement aux responsables de l'entreprise de faireen sorte que ... la continuité du ramassage des ordures soit assuré! Il est vrai que lesimmigrés ne votent pas ...Pendant ce temps, les expulsions et les refoulements abusifs se multiplient, à la faveurde l'arbitraire croissant donné aux forces de police. Mais il n'y a pas que des cas individuels,et l'on voit se déployer une véritable offensive anti-immigrés.Dans la nuit du 9 au 10 janvier, la police a organisé une véritable rafle de travailleursturcs. Assiégeant littéralement les baraques où ils logeaient, les forces de l'ordre lesinvestissaient au petit matin, arrêtaient 22 personnes et les emmenaient vers une destinationinconnue en vue de leur expulsion immédiate. Motif: irrégularité de leur situationadministrative. Mais certains de ces hommes travaillaient là depuis des années, pourdes salaires misérables, car on profite toujours des (( sans-papiers». Même à St-Flour.Encouragés par les exemples ainsi donnés, les négriers de la Rémétaux viennent delicencier en toute impunité deux travailleurs maliens qui refusaient de travailler treizeheures par nuit. La Rémétaux, une entreprise d'un autre âge, qui contraint dix Maliens,qu'elle cache le jour dans des baraques, à travailler la nuit comme fondeurs d'aluminium.S'il pleut, l'eau qui dégouline du toit fait jaillir le métal en fusion sur le ventre nu de ceshommes, qu'il faut bien appeler des esclaves du vingtième siècle. Dans les Yvelines.La Sonacotra, toujours de la partie, a engagé une action en justice contre 338 résidentsde ses foyers, à Argenteuil, Sannois, Cormeilles-en-Parisis, Ermont, Garges-Iès­Gonesses, Saint-Ouen-L'Aumône. Elle voulait obtenir de la justice la saisie-arrêt sur lesalaire de ces travailleurs, alors qu'ils sont déjà, comme tous les immigrés, dans desconditions matérielles difficiles. Mais pour un certain nombre de ces foyers, le tribunala demandé de surseoir aux saisies. La présidente du tribunal de Nogent-sur-Marne s'estmême rendue sur les lieux et a pu se rendre compte par elle-même qu'il y avait loin desdéclarations de la Sonacotraà la réalité. Un certain nombre de prestations que l'organismede M. Claudius-Petit affirmait fournir aux résidents étaient purement et simplementinventées.Devant ces décisions, le ministère des Finances a trouvé un moyen nouveau qui est defaire procéder à des saisies pour non-paiement des impôts locaux. Or, des municipalités(Garges-Iès-Gonesses, notamment) avaient reconnu que les résidents, n'étant pas (( locataires», en étaient dispensés. En fait, on est (( résident» lorsqu'il s'agit des atteintesaux libertés, et (( locataire» lorsqu'il faut payer les impôts!La liste n'est pas finie. Depuis quelques temps déjà, les organisations africaines enFrance, et notamment les organisations étudiantes, reçoivent des circulaires préfectorales,leur intimant l'ordre de changer de statut ou de se dissoudre. Le nouveau statutqui leur est proposé? C'est le statut des organisations étrangères, d'après un décret-loide juin 1939. Il équivaut à la négation de presque toutes les activités que ces associationspouvaient poursuivre jusque-là, et pour beaucoup d'entre elles depuis des dizainesd'années. En fait, il s'agit là d'un recul grave des libertés dans notre pays, considérantnotamment les responsabilités particulières de la France par rapport aux peuples africainsconcernés. Il s'agit aussi d'une discrimination flagrante à l'égard de groupes auxquelson retire un droit acquis en fonction de leur nationalité. Les représentants del'U.N.E.K. (Union Nationale des Etudiants du Kamerun), fondée en 1948, et soumise àcette mesure arbitraire, ont pris contact avec le M.R.A.P. pour envisager la riposte possible,une riposte sur le principe de laquelle souscriront tous les antiracistes.Devant des faits qui s'accumulent, qui s'emboîtent, qui semblent former peu à peules mailles d'un inquiétant filet, on ressent de la honte. Se peut-il qu'on néglige à ce pointles enseignements de l'histoire, que l'on prenne aussi délibérément l'écrasante responsabilitéd'engager ce pays dans l'engrenage du racisme institutionnel? Faut-il appeler cynismeles déclarations répétées sur la vocation libérale de la France?Répondons par l'offensive de la solidarité antiraciste.droit et liberté. nO 355 • février 1977cCciG. Grasset au moment de son arrestation.formation. Il apparut ainsi très vite que lemeurtre d'Aubusson, loin d'être le résultatd'une altercation qui tourne mal, estbel et bien un crime raciste. Ce que confirmela déclaration d'un ami du meurtrier,recueillie par Dominique Pouchin, envoyéspécial du journal « Le Monde» en Creuse :(( On ne va tout de même pas prendrequinze ans pour un bougnoul ... » (( LeMonde », 28.12.1976).Selon plusieurs témoignages, les travailleursalgériens consommaient paisiblement.Gérard Grosset et des amis à lui,des habitués du bar, auraient eu uneconduite quelque peu ostentatoire quiaurait fait rire ces hommes. Et le ton auraitmonté. Le patron du bar, inquiet, auraitdécidé de mettre tout le mondedehors. Grosset, qui habite juste en face,s'est alors précipité chez lui et en estressorti avec sa carabine, une Winchester22 long riffle, et a tiré presque à bout portant,sur le groupe des Algériens, quistationnait sur le trottoir. Elaïd Djenati,atteint en pleine tête, s'est écroulé sur letrottoir. Mohamed Benabed, touché à lajambe, réussit à s'enfuir. Et le meurtrierrentre chez lui, où la police va l'arrêter.terriblement seulsLa Creuse, pas plus que le Limousindans son ensemble, n'est un lieu où sepose un problème particulier d'immigration.Il y a certes, là comme ailleurs, destravailleurs immigrés, mais peu deconcentration susceptible d'attiser le(( racisme ordinaire)}. Les travailleurs immigrés- Nord-Africains, Turcs, Portugais- vivent isolés, souvent dans la campagne;ils sont employés dans les travauxpublics et les travaux forestiers; mal logés,mal payés (le Limousin est la région françaiseoù les salaires sont les plus bas, pour--7


tout le monde d'ailleurs (Français et immigrés),ils sont en outre terriblementseuls, sans ce minimum de contacts et dechaleur qu'amènent, quelles que soientles difficultés de la vie, les concentrationsurbaines. Plusieurs responsables syndicauxC.G.T. de cet arrière pays limousinont dit la situation proprement incroyablequi est souvent celle de ces travailleursimmigrés. Ce qui est certain, c'est que lesrapports entre les immigrés et la populationautochtone se caractérisent plus parune absence totale de contacts que parune hostilité ou un rejet manifeste despremiers par la seconde.Si l'on excepte les militants syndicalistes(peu nombreux dans cette région essentiellementrurale) et des prêtres, leproblème de l'immigration est ignoré enLimousin. A Aubusson, après le drame,c'est la stupéfaction et la consternationqui ont prévalu; on croyait en Limousinque le racisme virulent et meurtrier étaitl'apanage de la banlieue parisienne ou dela Côte méditerranéenne et l'on a découvertbrutalement que le problème étaitpartout, et même sur les paisibles rivagesde la Creuse.comme à fiersPour le Creusois d'Aubusson et de Felletin- deux villes jumelées et rivales, quise disputent la gloire d'être les berceauxde la tapisserie creusoise, qu'après JeanLurçat ont illustré Picart-Ie-Doux, DomRobert, Gilioli, Prassinos, Calder et biend'autres artistes contemporains de premièregrandeur -, le problème a aussitôtdépassé le stade du fait divers. Danscette région qui a depuis plus d'un sièclele cœur à gauche, la confrontation politiquea pris quelquefois des allures dereconquête; c'est le S.A.C. (Service d'ActionCivique) qui est mis en cause.Plusieurs militants syndicalistes ont euà en souffrir, et Gérard Grosset a la réputationd'en être l'un des gros-bras lesplus efficaces, en tous cas il s'en vantaitvolontiers - même si par la suite, le S.A.C.a démenti, dans un communiqué adresséà la presse régionale.Les réactions à ce crime ont été immédiates.L'U.D.-C.G.T. de la Creuse l'apubliquement stigmatisé; l'interventiondes prêtres d'Aubusson et de Felletin a étédiffusée par la presse locale; le comitélocal du M.R.A.P. à Limoges a publié uncommuniqué pour dénoncer cette premièremanifestation extrême du racismeen Limousin. Les amis du meurtrier espèrentque les choses se passeront icicomme elles se sont passées dans l'Orne;le meurtrier d'un Algérien, à Flers, y aété acquitté. La parole est maintenant àla Justice.Georges CHATAIN8états·unis :la passionde Ga~ TïlerLe Révérend Ben Chavis fut arrêté en 1971. Si un puissant mouvement ne se créé paspour qu'il obtienne justice, il restera encore trente-quatre ans en prison!A 17 ans seulement. Gary Tyler était dans le quartier des condamnés à mort au pénitencierd'Etat d'Angola. Il devait être électrocuté sur la chaise électrique le 5 mai 1976.Un jury intégralement composé de Blancs encouragés par le Ku-Klux-Klan l'avait condamnéà mort en moins de trois heures.Gary Tyler:un mort en sursisDes faits nouveaux ont permis à l'avouéde Gary Tyler d'introduire une nouvelleaction pour obtenir un nouveau jugement.le 8 mars 1976 et son exécution fut doncremise. Mais Gary Tyler demeure en prisonet l'issue reste douteuse, dans un paysoù est prouvée une fois de plus, l'impossibilitépour les Noirs, dans le Sud, debénéficier d'une justice véritable dansl'actuel système judiciaire américain.Le 7 octobre 1974, Gary Tyler fut arrêtéet accusé d'avoir tiré sur un jeune Blancqui fut mortellement blessé. Gary se trouvaitdans un (( school bus )) transportantdes étudiants noirs, à la sortie de la HighSchool de Destrehan, en Louisiane. Lebus fut attaqué par une bande de Blancs,parents et étudiants, qui lancèrent desbriques, des pierres et des bouteilles contrele véhicule. Un jeune Blanc, qui faisaitpartie des agresseurs, s'écroula, mortellementatteint par un projectile provenantd'une arme à feu.Destrehan est une petite ville située à40 miles au Nord de la Nouvelle-Orléans,où les réminiscences de l'oppression esclavagistesont encore vivaces, et il fallutl'action puissante des Noirs au sein duMouvement pour les Droits Civiques dansles années 60 pour aboutir à la déségrégationdans les écoles de cette localité.Jusque-là, il y avait 2 systèmes d'éducation: le blanc et le noir. Et Saint-Parish,la High-School de Gary Tyler, était réservéeuniquement pour les Blancs jusqu'à lafin des années 60. L'intégration scolairefut douloureusement ressentie par lacommunauté blanche, mais le ' (( busing ))déchaîna les passions.Gary Tyler fut d'abord arrêté parcequ'il protestait avec véhémence contre lecomportement d'un policier, Coleman, quitenait son arme pointée sur la tête desétudiants Noirs que la police avait faitdescendre du bus après le meurtre etqu'elle avait contraints de rester à genoux,sur le ciment, pendant plus de deuxheures.D'abord accusé (( d 'entrave à la loi )),Gary vit ensuite cette charge transforméeen (( meurtre au premier degré )).La soi-disant (( arme du crime )) fut (( découverte)) dans le bus par un policier,alors que le véhicule était garé au postede police après le meurtre, depuis plusieursheures. Il s'agissait d'ailleurs d'unearme de la police (un calibre 45 automatique)dont le vol n'avait jamais été signalé.Il n'y a aucune évidence pour que cettearme soit celle du crime parce que la ballequi a tué l'étudiant blanc n'a jamais étéretrouvée. On ne put également faired'enquête balistique car la police ne repèramême pas les positions des acteurs dudrame.D'autre part, tous les occupants du busfurent unanimes pour affirmer qu'ilsn'avaient pas entendu de coup de feu àl'intérieur du véhicule. Un seul témoin,une étudiante qui affirmait avoir vu GaryTyler tirer avec un pistolet. a révélé depuisqu'elle y avait été contrainte par la policeavec laquelle elle avait alors des démêlés.L'évidence conduit donc à penser que lemeurtrier n'était pas à I:intérieur du bus,mais à l'extérieur, parmi les émeutiersblancs qui attaquaient le véhicule, et quela balle meurtrière était en fait destinée àl'un des étudiants noirs.La vie d'un jeune garçon de 18 ans esten jeu. Un puissant mouvement de solidaritélutte aux Etats-Unis pour obtenir saGary Tyler, 17 ans.libération et la revlslon de son procès.Mais il faut encore que le monde entierconnaisse son cas et que les anti-racistesde partout agissent également.Ben Chavis:un déni de justiceLe révérend Ben Chavis fait partie des« Dix de Wilmington)} (1). Il est noir,il a vingt-huit ans et il a été condamnéuniquement parce qu'il était le leader desDroits Civiques en Caroline du Nord.Délégué par son Eglise, l' Eglise Unifiéedu Christ, pour enquêter sur le racisme enCaroline du Nord, il arrive en 1970, àWilmington, en plein déchaînement del'action anti-intégrationniste dans lesécoles. On expulse des étudiants noirsd'une High-School et on admet des Blancsà leur place. Les étudiants noirs réagissent,organisent le boycottage de l'écoleet exigent la réintégration des Noirs expulsés.Ils se réunissent dans une église noiredu voisinage, y organisent des classesmarginales et des réunions. Le boycottages'étend.Pour la communauté blanche, c'est intolérableet le Ku-Klux-Klan intervient,menace le pasteur blanc qui a accueilliles étudiants dans son église, déclareson intention de brûler les maisons voisines.Les Noirs réclament un couvre-feu. Lesautorités refusent. Bien plus, un juge proposede (( nettoyer )) la communauté noire.Et le K.K. K. promet une chasse aux Noirs.Ben Chavis organise une démonstrationqui rassemble 2 500 personnes. Ilexige le couvre-feu, fait interdire les ruesdroit et liberté. nO 355 • février 1977menant à l'église. Les étudiants noirs restentdans l'église pour protéger le pasteurblanc et sa femme. Le K.K.K. intervient.tire sur l'église. Les autorités appellent lapolice, la Garde Nationale, la divisionblindée. Le siège dure quatre jours. Unétudiant et un membre du Klan sont tués.Bien que les Noirs n'eussent pas d'armeset qu'on ait jamais pu établir la provenancedes balles meurtrières, Ben Chaviset neuf militants sont arrêtés un an plustard et accusés d·homicide.procèspréfabriquésLe procès commence en juin 1972.Une campagne orchestrée a inondé lapresse d'informations mensongères. Lejury est composé de 10 Noirs et 2 Blancs.On reporte le procès. Le 2" procès s'ouvreen septembre 1972. Cette fois, le jurycomprend 10 Blancs et 2 Noirs et on nese soucie pas de savoir s'ils appartiennentou non à des organisations racistes.C'est dans ces conditions, et en s'appuyantsur le témoignage d'u n seul témoinà charge, instable mental. que Ben Chaviset ses neuf compagnons sont condamnésà 282 années de prison.Ben Chavis est libéré sous caution. Ilprésente une demande en appel, puisdeux demandes de révision du procèsconsécutives devant la Cour Suprême del' Etat qui sont toutes refusées. Résultat:depuis dix mois, Ben Chavis est de nouveauen prison.Fait nouveau, le 4 août dernier: AllenHall, le fameux témoin à charge, pris deremords, reconnaît que sa dépositionétait fausse et qu'il l'a faite sous la pressiondu procureur en échange de sa libérationrapide.Malgré cela, Ben Chavis est resté enprison et il n'a pas obtenu la révision deson procès.Il a déclaré récemment au cinéasteFrancais Jean-Daniel Simon venu le visiterdans sa prison (2) : (( Si le peupleaméricain et tous les gens du mondeentier ne font pas pression sur le gouvernementde Caroline du Nord et sur legouvernement fédéral, nous resterons enprison ... /1 faut qu'un maximum de gensexpriment leur solidarité. /1 faut que lesfonctionnaires de cet Etat sachent,comprennent que partout dans le monde,on est au courant de ce qui se passe enCaroline du Nord, on sait de quel injustetraitement les Dix de Wilmington sontvictimes. ))Les anti-racistes français ne tolèrerontpas que le Révérend Ben Chavis resteencore 34 ans en prison!Robert PAC(1) Voir Droit et Liberté de juillet-août 1975.(2) ln « Le Monde» 23.12.76.le ku-klux-klan était làLes affaires Ben Chavis et Gary Tyler font apparaître l'action importante du Ku-Klux­Klan dans le déroulement des évènements. A Wilmington, le Klan prend en main l'actionde la communauté blanche et c'est lui qui assiège et tire sur l'église. A De,strehan,le Klan a essayé d'intégrer l'affaire Tyler dans sa lutte globale contre le « bustn!! ». Lejour même du « meurtre », David Duke, un porte-parole nationa~ du K.K:K., ~rnva surles lieux par avion, de Boston où il avait impulsé des démonstratlo!'s antl-buslng, pourvenir répandre la haine raciste dans cette petite ville. Durant des Jours, Destreh~n fut« bouclée )} et personne ne fut autorisé à y circuler. Le Klan appela « pour le droit desBlancs à patrouiller et à se protéger eux-mêmes }).Le lendemain du meurtre, le 8 octobre, bénéficiant toujours de la bienveillante neut~alitéde la police, le K.K.K. organisa un rassemblement devant la High-Sch~ol et les NOlr~,comme à Wilmington, durent s'organiser pour se protéger, parce que DaVid Duke clamaitque les membres du Klan allaient expulser tous les Noirs de la ville.La résurrection de l'activité du K.K.K. s'est développée à la faveur de la crise économiqueactuelle. Le Klan n'agit pas seulement à Destrehan et à ~il~ington et.~ans d'a~tresendroits du Sud, mais aussi bien dans le Nord ou en Cahforme. la politique antlsyndicaleet anti-noirs du Klan sert les intérêts des gros propriétaires et des gr~ndessociétés dans cette période de crise économique. L'obj~ctif du, Klan est de rédulre.~esconquêtes des Droits Civiques, aussi bien que de détrUire l'umté de la classe. o~vnereaméricaine, au moment précisément où cette unité lui apparaît de plus en plus indispensable.9


- au fil des jours _ au fil des jours _ au fil des jours _ au fil des jours_ au fil des jours _ au fil des jours _ au fil des jours _ au fil des joursnéo-nazisme :l'enquête piétineLe Jeudi Saint 1943, 43 enfantsjuifs réfugiés à Izieu étaient rafléspar les nazis, emmenés dans l'e n­fer d'Auschwitz. Tous y trouvèrentla mort. Pour la vie ainsi volée àces enfants par la barbarie hitlérienne,la ville d'Izieu avait édifiéun monument du souvenir. Il s'esttrouvé en ce début d'a nnée 1977des individus assez inconscients(on ne sait pas quel adjectif employer)pour recouvrir cette stèlede croix gammées.Mais ce méfait, accompli dansla nuit du 22 au 23 janvier n'estmalheureusement pas isolé. Il vientaprès de multiples agressionscontre le M.R.A.P., l'U.J.R. E. (Uniondes Juifs pour la Résistance etl'Entraide); il s'inscrit dans le cadrede cette renaissance des groupusculesnazis que nous avons dénoncéavec précision dans notre numérospécial de novembre-décembre.Le « groupe Peiper )) continue dese signaler ici et là. Nous avonspu constater que certaines lettresde menaces écrites à Paul Cacheux,ancien résistant qui avaitdécouvert la présence du criminelde guerre Peiper à Traves, dans laHaute- Saône, étaient de la mêmemain que celles envoyées auM.R.A.P. Notons également queles murs de Traves ont à nouveauété barbouillés d'inscriptions vengeressescontre les anciens résistantsde la région. En fin décembre,aucune instruction n'avaitencore été ouverte concernant lesmenaces de mort adressées à plusieurspersonnes de Traves. Deplus, les résultats de l'a utopsie ducadavre retrouvé dans les restes10Des « joujoux )) d'un goût douteux!calcinés de la villa de Traves n'ontjamais été rendus publics. Or ilfaut mettre cette lenteur en rapportavec la rapidité avec laquelle lapolice est venue enquêter à Traves,après l'incendie, s'intéressanttout particulièrement aux communisteset aux résistants.Il est vrai que notre société a deces indulgences! Déjà, à la fin de laguerre, les alliés occidentauxavaient autorisé la Suisse à préserver« les droits des ressortissantsdes nations vaincues qui possédaientdes biens déposés enSuisse )). Ce qui permit aux piresnazis de conserver le fruit de leurpillage sanglant. Or, il y a parfoisdes connections qu'il vaut mieuxne pas sou lever.Et puis si l'on juge que les enfantspeuvent « faire joujou )) avecun joli petit Hitler miniature 1le di~bleet la justiceSur le portail central de la cathédraleNotre-Dame de Paris, undiable épouvantable à voir s'efforcede faire pencher la balancedu jugement dernier du côté desinfernaux palus. Le racisme est-ille démon de la justice française?On se souvient du scandaleuxverdict de Flers, acquittant unassassin sous prétexte que la victime« n 'é tait qu'un Arabe )); lasituation inverse vient de se produireà Bourges. Dans une affairede vol qualifié, sans qu'il ait étéfait usage d'armes, le ministèrepublic demande 10 ans de réclusion.Le montant du vol: 2 500 F.Mais le prévenu est malien!Les jurés, sans doute émus partant de faiblesse, aggravent lapeine par un verdict ahurissant :16 ans de réclusion ! On a peine àle croire, lorsque l'on considèrel'indulgence, voire la complicité,qui entoure des affaires commecelle des ententes illicites decompagnies pétrolières, qui ontvolé à la collectivité des sommesfabuleuses, ou les quelques moisde prison avec sursis qui suiventgénéralement les grands, lesimmenses scandales financiersoù sont mêlés les grands de cemonde. Nul ne contestera le faitque la loi doive être respectée partous ceux, Français ou non, quivivent dans ce pays. Et que la justicea aussi pour fonction de protégerla société. Mais la justiceest un bien grand mot, traîné bienbas, lorsque l'on en arrive à detelles abbé rations.Le diable « racisme )) a-t-il décidéde planter ses tentes dans lesprétoires.saleantiraciste!Un ami du M.RAP., MichelNeyreneuf, nous envoie ce témoignage,qui dénote bien un certainclimat:« Rue de la Charbonnière, àParis, la police charge un grouped'immigrés. Je passe par là. Révolté,je sors mon carnet pournoter les circonstances. A peinel'ai-je sorti que je suis maitrisépar quatre policiers,' « De quoi tute mêles, sale journaliste, salecommuniste, sale gauchiste ...Donne-nous ce carnet! ))Je proteste, sans toutefois utiliserquelqu'insulte que ce soit.Gaz lacrymogène, et deux minutesplus tard, je me retrouve dansle car où je me fais copieusementtabasser et injurier. Gardé à vue,j'apprends que je suis inculpéd'outrage et de violence à agents,l'un d'eux ayant déclaré que je luiavais tordu le pouce et que jel'avais traité de tous les noms. Unenuit au poste, puis le dépôt. Aprèsavoir été relâché, je passe huitjours plus tard aux flagrants délits.Grâce à mon avocat, j'ai pu m'entirer pour 300 F d'amende. Le tribunalavait le choix entre ma version(qui impliquait la relaxe), etcelle des policiers qui aurait dume valoir un temps de prison avecsursis. OHis choisi de couperla poire en deux? ))De toute manière, notre solidaritéantiraciste doit s'exercerà l'égard de notre ami et tous ceuxqui voudront l'aider à payer sonamende pourront envoyer leursdons au M.R.A.P., 120, rue Saint­Denis 75002 Paris, C.C.P.1482585 Paris, avec la mention(( Pour une justice antiraciste )).Les sommes excédentaires s'il yen a aideront à améliorer notreservice juridique.la tranquilitédes nomadesEn France, le maire de Saint­Brice-sous-Forêt écrit au préfet :« Je vous informe qu'à nouveauSaint-Brice-sous-Forêt est envahi(sic) par les nomades et que lesautorités de police n'ont pas lesmoyens de les faire partir. J 'attirevotre attention sur /'irritation etl'énervement de la population. 1/est certain qu'un jour ou l'autreun drame éclatera et que les auto"rités qui n'auront pas pu faire respecterla tranquillité des citoyensen seront responst;ibles. )) Quelleétrange menace brandit M. lemaire?Au lieu de tout faire pour que lacompréhension et l'entente s'établissententre toutes les catégoriesde personnes vivant enFrance, certains préfèrent propagerla peur et la violence. Aubout de la chaîne, on voit desgroupes effrontément nazis. Ainsi,en Espagne, un (( Parti RacialDémocratique )) a fait état de lanécessité d'expulser d' Espagneles Tziganes, les Maures, lesNoirs et les Juifs.Mais plus près de nous, n'at-onpas vu, en novembre dernierplus de 200 . gendarmes investir,avec des chiens 8 campementsde nomades à Saint-Germain-Ies­Arpajon et dans les environs, procédantavec une rare brutalité àdes perquisitions qui n'avaientpas été autorisées par la justice.Ils recherchaient un truand. Maisla méthode était tellement racistequ'elle a suscité une légitime indignationchez les passants et certainshabitants du voisinage.Notons que le gouvernementallemand a promis de considéreravec bienveillance les demandesd'indemnités concernant les famillesayant subi les conséquencesdu génocide nazi. Espérons que lademande du Comité InternationalRom verra bientôt sa concrétisation.Mieux vaut tard que jamais!en bref• D'importantes restrictions, analoguesà celles imposées auxcitoyens arabes d' Israël, étaientle lot des citoyens juif s de Syrie.Dans les deux cas, ces discriminationsétaient inadmissibles. LaSyrie vient d'affirmer qu'elle levaittoutes ces restrictions. Dont acte.Espérons que ce décret sera rap i­dement suivi d'effet... et servirad'exemple!• MM. Pierre Cardot et JacquesBreton, respectivement barmanet gérant d'un café de Compiègne,viennent d'être condamnés respectivementà huit mois et deuxmois de prison avec sursis pouravoir refusé de servir des clientsafricains en les menaçant d'unpistolet. Notons que, dans cetteaffaire, la police elle-même avaiteu un rôle particulièrement positifpour l'application de la loi de1972 (cf dl nO 351 , p. 6 et 7).• Plusieurs semaines de grève dela faim pour 370 détenus palestiniensoriginaires de la zone occupéede Gaza. Tous ont été arrêtéspour leur appartenance à des réseauxde résistance. Ils protestentdroit et liberté. nO 355. février 1977toujoursles expu IsionsA Alès, la police se signale parson zèle. On avait déjà vu unmineur de 17 ans, littéralementenlevé à ses parents et envoyé enAlgérie où il n'avait jamais vécu,pour une pécadille. L'action ducontre leurs conditions de détention.• La revue Panorama, éditée parle gouvernement sud-africain sefélicite de la visite du porte-hélicoptèreJeanne d'Arc au Cap. Onpeut y lire que « les marins françaisont été prodigues de louangespour les beautés de la ville etla prospérité et le progrès systématiquede l'Afrique du S ud )).Droit et Liberté parie un abonnementgratuit avec n'importe quiqu'ils n'ont pas visite les ghettosafricains!• Un groupe baptisé (( Front National-Socialiste Argentin))vient de revendiquer de nombreuxattentats dont ont été victimesdes locaux juifs à Buenos-Aires.Le F.N.S.A. « déc/are la guerretotale aux juifs. )) Et ce, dans unclimat de plus en plus tragiqued'antisémitisme que sembleadmettre, sinon favoriser, la dictaturemilitaire.• La revue œcuménique (( Unitédes chrétiens)) vient de sortirun numéro spécial consacré à latorture. Beaucoup de nos lecteursseront intéressés par ce sujet.Notons également un excellentnuméro spécial du mensuel d'inspirationchrétienne (( Croissancedes Jeunes Nations )) consacréaux immigrés. (N° 177).M.R.A.P. avait permis qu'il revienne,mais il avait alors étéassigné à résidence à Saint­Etienne. Pour Noël, il demandaitl'autorisation de passer les fêtesen famille, autorisation délivréepar le préfet de la Loire, mais refuséepar celui du Gard !Mezghenna Hatman a, pour sapart, subi une expulsion particulièrementinjuste puisqu'il a étéaccusé de recel, pour un paquetqu'on lui avait confié, et qu'ilétait allé lui-même remettre aucommissariat. Sa fiancée l'a rejointen Algérie et les deux jeunesgens demandent à pouvoir reveniren France. Sa fiancée est la filled'un officier de police d'Alès!A Lyon, une jeune femme algériennequi était venue voir safamille s'est vue refoulée illégalement,alors que tous ses papiersétaient en règle : pas derecours! Et l'affaire ne semblepas être un cas isolé.Ainsi donc, l'arbitraire devientilpeu à peu la règle, comme onle souhaita naguère, en haut-lieu.proche-orient :prémices de paix?la colombe, chassée depuis bien longtemps du Proche-Orient par lefracas des armes et les cris de haine, pourra-t-elle enfin y établir son refugedans un proche avenir?Parmi les développements récents, il en est au moins un de nature àaviver l'espoir: le dialogue politique direct. sérieusement noué, entre desmembres de l'O,L.P. et des Israéliens groupés au sein du Conseil Israélo­Palestinien pour la Paix. Ce dialogue est. en soi, porteur d'une significationhistorique considérable; le M.R.A.P. ne peut que souhaiter sonsuccès et œuvrer pour que ce mince filet d'eau se change au plus vite enun fleuve large et puissant.Selon plusieurs sources palestiniennes et israéliennes dignes de foi,l'O.L.P. est en passe, si ce n'est déjà fait. d'admettre, au moins de-facto,la réalité du fait national israélien, et de limiter ses revendications territorialesvis-à-vis d' Israël à la restitution de la Cisjordanie et de la bande deGaza sous une souveraineté politique palestinienne. On ne saurait soulignersuffisamment combien cet acte de réalisme, mais aussi de noblecourage politique de la part de l'O.L.P., constitue une magnifique contributionà un règlement pacifique.les interlocuteurs israéliens ne jouissent pas (du moins, pas encore)d'une représentativité centrale sur l'échiquier politique de leur pays maisles plus hauts responsables gouvernementaux ont toutefois été tenusinformés de la teneur des entretiens avec les représentants de l'O.L.P.Cette espérance vivifiante ne saurait inciter à faire fi des obstacles etdes menaces mortelles qui ne vont pas manquer de se multiplier. l'assassinatà Paris d'un responsable palestinien, l'imbroglio autour de l'arrestationd'Abou Oaoud suggèrent que rien ne sera épargné pour fairecapoter le dialogue,Sur un plan politique plus vaste, les embûches ne manqueront pasnon plus. l 'évolution politique de plusieurs pays arabes, sous la féruleaméricano-saoudienne, recèle un certain danger pour la paix dans lamesure où elle s'accompagne d' une mise à l'écart d'une direction palestinienneauthentiquement souveraine, au profit de dirigeants inféodés àla Syrie, voire même au roi Hussein, comme en témoigne la tentative deremise sur orbite de notables plus ou moins discrédités par leur passivité,sinon leur collaboration avec l'armée israélienne dans les territoires occupés,En Israël enfin, l'idée d'une paix prioritaire avec les Palestiniens sefraie lentement un chemin, mais les démons, jeunes ou vieux, n'ont pasencore été chassés.Autant de défits que Palestiniens et Israéliens de bonne volonté devrontsurmonter, notre devoir est d'y concourir au maximum de nosforces.Michel BillS11


_ point chaud _apartheid:•un crimeHuit pendaisons de patriotes au Zimbabwé, où le régime racistede Smith agonise comme il est né et comme il a vécu : dans lesang. Deux nouveaux suicidés dans les geôles de Vorster, en Afriquedu Sud, Nanaoth Nthunstsha et Lawrence Ndzanga. Ces faitssuffisent à rappeler que chaque mois apporte, en Afrique australe,sa dose d'horreur. Jusqu'à ce que les peuples en lutte de ces payspuissent conquérir la liberté sur les régimes racistes qui les oppriment.La deuxième session de la Commission d'enquête sur l'apartheida permis que beaucoup de choses soient dites, sur les atrocitésd'une situation tellement rétrograde qu'on se demandeparfois si l'on ne fait pas un cauchemar, mais aussi sur les forcesqui luttent pour la libération.A la tribune, les principaux organisateurs, le père Pierre Toulat,de la Commission justice et paix de l'épiscopat catholique, le pasteurGuiraud, du comité contre le racisme de la Fédération protestantede France, Albert Lévy, secrétaire général du M.R.A.P. marquaientbien l'aspect pluraliste d'une entreprise qui avait pour butd'éclairer les délégations extrêmement variées qui s'étaient renduesen grand nombre à cette manifestation. La salle était rapidementtrop petite pour contenir tous les participants, plus de400 pour l'ensemble de la journée, et il faut dire que les témoignagesqui se succédèrent toute la matinée justifiaient amplementcette affluence.Après qu'Albert Lévy ait rappelé l'ensemble impressionnantdes luttes menées dans tous les secteurs, en Afrique du Sudet en Namibie, depuis le massacre de Sharpeville, le 21 mars1960, ce furent les protagonistes directs de ces luttes qui s'exprimèrentà la tribune.Nkosasana Dlamini, vice-présidente de la S.AS.O. (syndicatdes étudiants noirs d'Afrique du Sud), fit tout d'abord un rappelde la place des luttes étudiantes dans l'ensemble du combat quemène le peuple sud-africain opprimé. Son témoignage permit defaire pièce à toute la propagande orchestrée par la presse sud­. africaine, et largement reprise ailleurs, et qui tentait d'opposerles jeunes à leurs parents, les étudiants aux travailleurs, commesi les uns et les autres n'étaient pas le même peuple, soumis aumême régime.Immédiatement après, Zola Zembè, qui représentait la grandeconfédération syndicale non-raciale d'Afrique du Sud, laS.AC.T.U., qui travaille dans des conditions semi-clandestinesparticulièrement difficiles, se fit l'écho du monde du travail dansun pays où la majorité des ouvriers se trouve sou mise à une tripleoppression: raciale, nationale et économique. Il rappela defaçon émouvante, mais aussi très ferme, combien la classe ouvrièresud-africaine attendait la solidarité des travailleurs français.Horst Kleinschmidt, représentant de l'Institut Chrétien d'Afriquedu Sud, actuellement en exil en Hollande, faisait ensuite lepoint sur les positions des Eglises et sur la répression. Il évoquaitde façon très personnelle et très vivante les familles de ces milliersd'hommes et de femmes qui subissent la prison, la torturepour s'être opposé à l'apartheid.Autre témoignage sur la répression, celui d'Eric Abraham, journalisteet correspondant du quotidien britannique le « Guardian »,récemment assigné à résidence en Afrique du Sud et qui avaitréussi à s'échapper du pays par le Botswana. Particulièrementintéressant, son témoignage mettait l'accent sur la manipulationgénéralisée de l'information concernant l'Afrique du Sud. Ildonnait également un aperçu d'une manière particulière qu'ainventé la loi sud-africaine de mettre hors d'état de «nuire», ceuxqui contestent le régime : le « bannissement », ou mise en résidencesurveillée avec un régime d'isolement particulièrement raffiné.Chris de Broglio, secrétaire général du S.A.N.- R.O.C., l'organisationsportive non raciale d'Afrique du Sud, évoquait les problèmesdu boycott et de l'organisation d'un sport non racial.Après que Soli y Smith pour l'African National Congress d'Afriquedu Sud et Peter Katjavivi pour la S.W.A P.O. de Namibie aientévoqué les perspectives de lutte de ces deux mouvements de li ­bération, les questions de l'assistance étaient nombreuses et témoignaientde l'intérêt porté par les participants à ces problèmes.La seconde partie de la journée était consacrée à des témoignagessur la solidarité en France avec les peuples victimes desrégimes racistes. Solidarité qui répondait à celle qui existe entreles milieux dirigeants français et le gouvernement d'Afrique duSud. Syndicalistes de multiples entreprises, écoliers, enseignants,juristes, hommes d'Eglise, parlementaires, se succédaient pourdire ce qui s'était fait, ce qu'ils envisageaient, afin qu'un fort mouvementnaisse en France pour le soutien de la libération de l'Afriquedu Sud. Pour sa part, le M.R.AP. rappelait son action de .toujours, pour réunir tous les antiracistes sincères autour des objectifsdéfinis le matin. Le développement de son action antiapartheid,dont la Commission d'enquête, à laquelle il a pris unepart décisive, était un bon témoignage, répond à l'attente desdémocrates et des antiracistes qui veulent se retrouver sur unebase claire, dans la lutte contre toute oppression raciale. Le Mouvementrappelait notamment sa grande campagne de pétitiondemandant l'annulation du contrat nucléaire franco-sud-africain,et sa campagne de solidarité matérielle avec les jeunes de Soweto,réfugiés dans les pays voisins pour échapper à la police raciste(1).Une abondante littérature était également diffusée à l'occasionde cette journée par les différentes organisations membres dela Commission d'enquête en même temps que par l'O.N.U. quiavait envoyé comme représentant spécial, M. Fisher.Un second dossier venait compléter celui qui avait été constituélors de la première session, en mai 1976, avec notamment desdocuments sur « Les forces en mouvement en Afrique du Sud »,« Les récentes relations économiques entre la France et l'Afriquedu Sud », « La collaboration des gouvernements français et sudafricaindans le domaine nucléaire », « Les bantoustans et lesmythes de la race », « La répression en Afrique du Sud », « Lessources idéologiques de l'apartheid » (2) .Dans ses conclusions, la Commission d'enquête ayant constatécombien le régime d'apartheid imposé par le gouvernement sudafricainaux peuples d'Afrique du Sud et de Namibie était contraireaux Droits de l'Homme, et ayant reconnu la pleine légitimitéde la lutte de libération dans ces deux pays, demandait au gouvernementfrançais de mettre ses actes en rapport avec ses paroleset de cesser sa collaboration multiforme avec le régime raciste.Elle se faisait l'écho d'un nombre croissant de démocrates etd'antiracistes français en exprimant la nécessité urgente de développerpartout l'information et la solidarité. En effet, concluaitelle:« La lutte contre l'apartheid répond aux sentiments profondsde notre peuple. »(1) Pour obtenir le texte de la pétition s'adresser au M.R.A.P. En ce qui concerne lasolidarité matérielle, envoyez vos dons au M.RAP., C.C.P. 1482585 Paris. avecla mention IC Pour les enfants de Soweto li.(2) On peut se procurer ces dossiers au M.R.A.P. Première session: lOF: 2" session:15 F (3 F pour frais de port)._ dossier _antilles:adieu madrasLe massacre presque total des premiershabitants du lieu, l'enfer de la traite et del'esclavage, la misère du sous-développementet de l'aliénation culturelle, c'est le solde souffrances sur lequel se sont bâtis ces« départements» d'un genre très particulierque sont les D.O.M. des Antilles, la Martiniqueet la Guadeloupe. Mais aussi, lesluttes héroïques pour la liberté, l'épopée desmarronages, l'affirmation culturelle!Cette histoire contrastée, les liens contradictoiresqu'elle entretient avec l'histoire deFrance, ne sont pas étrangers à la situationparticulière que connaissent les Antillaisque les conditions économiques ont contraintsà venir chercher du travail en « métropole». Français sur leur carte d'identité, ilssubissent pourtant les avanies que le racismeréserve à tous ceux qui n'ont pas le teint« occidental et chrétien ». Soumis à de gravesdiscriminations dans leur pays, ils se retrouventen France dans des emplois subalternes,des logements insalubres ou tropétroits, loin de leur famille et de leurs coutumes.Dans ce dossier, Simone Lattès fait toutd'abord une analyse de la situation de cesfemmes et de ces hommes qui ont bien dumal à conjuguer le fait d'être « français »,noirs et immigrés à la fois, lorsque, répondantà la pression du chômage et aux sollicitationsdes organismes officiels d'émigration,ils s'expatrient vers la France.Un entretien avec Patrice Blanc-Francart,l'animateur de l'émission de France-InterBananas, qui diffuse, chaque soir, à uneheure de grande écoute, de la musique devariété des Caraibes, d'Afrique et d'Amériquelatine, permet tout à la fois de fairele point sur une initiative originale et positive,ainsi que sur les problèmes posés à l'intégrationculturelle de l'immigration antillaisedans les programmes de la radio et dela télévision nationale.Pour terminer, George Pau dresse le cataloguedes discriminations de droit et de faitqui donnent aux Antillais un statut qui serapproche plus de celui des « sujets coloniaux» de jadis, que de celui de citoyens àpart entière, comme on se plaît à les présenterdans les discours officiels.Ces éléments divers, sont proposés à laréflexion de tous les antiracistes, afin demieux comprendre les souffrances et lesaspirations des peuples des Antilles et desD.O.M. en général, pour une meilleure amitiéentre les hommes, pour que cesse, là aussil'odieux racisme.Pour qui les A ntillesse construisen t-elles ?12droit et liberté. nO 355. février 197713


noirs-français-immigrésUne véritable propagande de séduction invite les Français à aller visiter ces îles sousle soleil que sont les départements oubliés d'Outre- Mer.Mais une propagande plus ancienne, vieille de 13 ans environ, incite les ressortissantsde ces départements à faire également un voyage; un voyage mais un seul: un aller simple.Depuis toujours peut-être, l'Antillais sait qu'il partira vers la « mère-patrie JJ; il en a rêvé,et maintenant qu'il ne trouve pas à travailler dans son pays, il sait qu'il doit partir versla France qu'on lui présente comme un (( paradis professionnel JJ.les raisonsobjectivesdu départLe marasme économique, le chômagequi découle de l'absence d'industrialisation- au début du siècle, on comptait enMartinique 117 usines, aujourd'hui, il n'yen a plus que deux - contraint chaque annéepar milliers des jeunes Antillais et Antillaisesà quitter leur pays d'origine. Cinquante-cinqpour cent de la populationest en état de chômage direct ou indirect.L'INSEE décompte en Martinique unnombre de 38 000 chômeurs (contre137 000 pour la C.G.T. Martinique) maisle recensement officiel ne tient pas comptedes hommes de 40 ans par exemple,qui n'ont jamais occupé un emploi.Mais le concept de chômage s'appliquemal à la réalité antillaise. Ce qui caractérisela situation du travail aux Antilles,c'est davantage le taux d'inactivité de lapopulation que le taux de chômage proprementdit. L'inactivité est, si l'on peutdire, monnaie courante, et l'emploi, l'exception.Les ouvriers agricoles travaillent parexemple 10 à 15 semaines par an tout auplus. Les salaires attribués sont particulièrementbas. Le salaire du travailleurnon-qualifié (petits-employés, vendeursde magasin, etc.) est environ de 500 Fpar mois. Les lois sociales ne sont pasles mêmes (allocatior1s prénatales, maternité).Les allocations familiales sont attribuéesà ceux qui justifient d'un travailexercé. Les chômeurs n'en disposent pas.Absence également d'indemnité de chômageet de logement.Le S.M.I.C. appliqué aux Antilles estinférieur à celui en vigueur en métropole,14alors même que le gouvernement reconnaîtlui-même que la vie est plus chèreaux Antilles, puisqu'il verse une prime ditede (( vie chère JJ de 40 % à ses fonctionnaires.La misère côtoie d'autant plus le luxeque l'espace géographique est exigu etla classe intermédiaire très réduite. Aussi,le jeune Antillais des classes pauvres côtoieune bourgeoisie blanche ou de couleurparticulièrement ostentatoire dansl'étalage de ses privilèges, comme il estde coutume dans les régions sous-développées.La définition que donne Oscar Lewis dela culture de pauvreté semble bien conveniraux Antillais les plus pauvres:(( Les données économiques les pluscaractéristiques sont la lutte pour la vie,le sous-emploi le chômage, les bas salaires,une variété d'emplois non spécialisés,le travail des enfants, J'absenced'épargne ... On note une préférence pourle présent, accompagnée d'une relativeimpossibilité à remettre les plaisirs ou lesprojets au lendemain, un sens de la résignationet un fatalisme fondés sur les duresréalités de leur existence. JJle miragede la franceDans cette situation de sous-emploichronique, la France est perçue, à traversl'opinion publique, comme un véritable(( paradis professionnel JJ, pour reprendrel'expression de P. Bourdieu. Le fonctionnaireantillais, qui bénéficie d'un emploistable et rémunéré, est particulièrementenvié. Et le jeune chômeur extrapole cesprivilèges dont jouissent les fonctionnairesaux emplois publics ou privés qu'ilimagine en France : stables, rémunéréset permettant une participation accrueaux valeurs françaises. Il rêve donc de serendre en « Métropole » et s'approprieainsi, sur le mode symbolique, les bienset les modes de vie entrevus aux Antilles.Cette vision idéalisée sera bien entenduune cause supplémentaire d'inadaptationfuture par l'écart qu'elle introduit entrel'intensité des attentes et la réalité vécue.Mais de plus en plus nombreux sont lesmigrants antillais qui avouent n'avoir paseu ce fantasme colonial du mythe de laFrance. Ils sont de plus en plus nombreux,ceux qui reconnaissent les seules raisonséconomiques de leur migration.L'Antillais séduit par le mythe de laFrance accueillante et généreuse se faitde plus en plus rare. Il est vrai que les lettresde ceux qui sont partis sont de moinsen moins pudiques sur la réalité de l'immigrationet sur ses effets psychologiques.Et celui qui revient ne cherche pas toujoursà convaincre que la vie est belle enFrance.Alors, l'alternative est simple : creverde misère au pays ou s'exiler!Les pouvoirs publics ont bien compriscette absence fondamentale de choixlorsqu'ils ont institutionnalisé l'émigrationpar les circuits que l'on connait bienmaintenant.- Le Bureau pour les Migrations intéressantles Départements d'Outre-Mer,ou B.U.M.I. D.O.M ., assisté d'un Comitéd'Action Sociale en faveur des Originairesdes D.O.M. ou C.A.S.O.D.O.M.- L'Armée, par le Service MilitaireAdapté ou S.M.A. Les jeunes Antillaisespèrent acquérir par ce canal une formationprofessionnelle, mais en fait, les professionsqu'ils apprendront (montage enchauffage central, installation des ascenseurs)ne leur permettront pas de trouverun emploi dans leur pays d'origine.Notons aussi que des jeunes chômeurssont de plus en plus nombreux à êtreséduits par les carrières de la police. Cechoix ne les rend pas particulièrementpopulaires auprès de leurs compatriotes(( conscientisés JJ.Les Antillais qui arrivent par le canal duB.U.M.I.D.O.M. sont employés dans leshôpitaux parisiens: on y décompte actuellement1 6 000 agents dont les 3/ 4 occupentdes emplois subalternes (agents desalubrité, éplucheuses dans les cuisines,employées dans les buanderies). D'autresse retrouvent postiers ou employés de laR.A.T.P. Et tous sont dans la même instabilitéprofessionnelle. Aux P.T.T., parexemple, s'il y a en moyenne un agentauxiliaire pour 4 agents, 3 Antillais sur4 sont auxiliaires!l'administration n'est plus le symbolede la sécurité.la vie en franceQu'il émigre par le canal d'un organismerecruteur (B.U.M.I.D.O.M ., F.P.A., administration,entreprises ...) ou par ses propresmoyens, l'Antillais qui arrive en Francedevra se débrouiller seul.- Parce que l'organisme recruteur aurafait miroiter une situation professionnellequ'il ne trouve pas ...- Parce que le stage de préformation suivine correspondait ni à ses aspirations(les jeunes Antillaises qui suivent les stagesde formation de (( bonne-à-tout-faire JJorganisés par le B.U.M.I.D.O.M., parexemple). ni aux possibilités réelles dumarché du travail.droit et liberté. n° 355. février 1977les conditions de viePlus de 50 % des Antillais vivent dansdes logements de moins de 20 m 2 , 65 %vivent dans une seule pièce habitable,contre 14 % des Français. 50 % des migrantsdes D.O.M. ont connu au moinstrois changements de logement depuisleur première installation. 22 à 25 % deleurs revenus sont consacrés au 'paiementdes loyers contre 12 à 13 % pour lesFrançais (selon les chiffres officiels quiminimisent la part du loyer dans les deuxcas). Ceux qui ont des enfants rêvent deH.L.M. dans la lointaine banlieue... lademande a été déposée depuis des annéesdéjà!découvertedu racismeIl n'est pas nécessaire de citer les casdramatiques de l'émigration sauvage ouorganisée (les cas de suicides ou de maladiesmentales, et aussi de prostitution,qui sont plus fréquents qu'on ne pense)pour comprendre que l'émigré antillaiss'adapte plutôt mal à la vie métropolitaine.Il suffit d'interroger le travailleurantillais qui a toutes les raisons objectivesLa France: un paradis professionnel ou un exil obligatoire ?(travail et logement relativement décents,vie familiale ... ) d'être adapté à la viemétropolitaine; or il répond qu'il ne l'estpas et vous parle immédiatement duracisme des Français.Il voulait être (( reconnu JJ, mais il s'estdécouvert ici noir au même titre quel'Africain, dans un milieu qui ignore lessubtilités, et se voit donc refusé le statutde Français, tant il est vrai qu'être noir etfrançais sont des qualités incompatibles.Par ailleurs, il croyait parler français etil découvre qu'il est mal compris. Il ne peutémailler ses propos d'expressions créoles,car la commu nication se situe au niveaudes messages infra-verbaux, de signes,de mimiques, d'expressions gestuelles quine sont pas les siennes.Et ils expliquent tous ce malaise par leracisme des Français à leur égard. Maisle racisme diffus qui les obsède se manifestequelquefois plus violemment.- A Marseille, lors de la campagne racistede l'été 73, un jeune guadeloupéena été la victime d'un crime raciste.- Le 22 février 1974, Patrick Mirval.jeune Antillais de 20 ans, qui avait subides condamnations mineures pour un volsupposé dans un changeur de monnaie,-15


est retrouvé mort, des suites d'un passageà tabac, près d'un ascenseur en panne,à la prison de Fleury-Mérogis.- Le 29 novembre 1975, un travailleurguadeloupéen de 47 ans, Alexandre Louis,est abattu vers 4 h du matin, devant lesgrilles de Péchiney, alors qu'il se rendait àson travail.- Le 5 avril 1976, à 20 h, au métroCouronnes, un travailleur antillais est sauvagementagressé par 7 policiers pouravoir refusé de présenter son titre detransport.à l'arméeun racismede chaquejourL'an dernier, en Allemagne, dans ladeuxième compagnie du huitième régimentd'infanterie, stationné à Landau,52 appelés ont signé une pétition contreun refus de permission spéciale en mars,pétition qui contenait des attaques racistescontre les soldats réunionnais.- A Mérignac, des militaires auraientmême demandé à être séparés de leurscollègues antillais, en invoquant des argumentsracistes du genre: ils sont insolents,ils parlent trop fort, etc.- Le procès de Draguignan a révélé queles jeunes Antillais qui sont envoyés enFrance pour accomplir leur service mili-Des emplois subalternes.taire, (et l'on sait qu'ils sont ensuite encouragésà rester en France). sont souventvictimes de brimades racistes de lapart des gradés. Parmi les exemples deracisme dénoncés lors de ce procès, citonsun exemple significatif d'un certainétat d'esprit. A l'occasion d'un exerciced'extinction d'incendie, un jeune militaireguadeloupéen est brûlé au visage etimmédiatement évacué. Devant l'émotioncausée par cet accident, l'officier quicommandait la section a déclaré qu'unetache noire sur une peau noire ne severrait pas. Sans parler des corvées attribuéessélectivement, etc.Mais plus quotidiennement, c'est soussa forme indirecte que le racisme s'exercecontre les migrants antillais: ségrégationdans le travail. sous-emploi, etc.les enfants antillaiset le racismeNotre propos n'est pas ici de traiter laquestion de l'enfance antillaise immigréemais d'attirer l'attention sur le racismelatent ou agressif qui se manifeste égaIementà l'égard de ces enfants.Lors d'une communication faite au colloquesur le racisme et les enfants destravailleurs immigrés organisé par laC.G.T., Maître Manville, soulignait précisémentl'existence de ce problème. Lesenfants antillais doivent souvent subirles agressions quotidiennes d'un milieuscolaire qui les rejette pour une part,Et M. Manville donnait plusieurs exemplesd'enfants victimes de moqueries,d'agressions parfois violentes de la partde leurs camarades métropolitains.Un travailleur parlait ainsi des difficultésvécues par sa fille. Arrivée à (âge de8 ans dans une école de la région parisienne,elle s'est vue exclue par ses camaradesmétropolitains (la couleur de sapeau lui est reprochée) et l'enfant qui s'esttoujours vue blanche - on connaÎt cemécanisme d'aliénation qui donne uneimage faussée de soi - ne comprend paset interroge son père en lui montant la~ paume de sa main: « Regarde ma main,- elle est blanche; alors, je suis blanche! »~CI:::::Joal:;;:)Le malaise de l'enfant devint tellementgrave que ses parents se virent contraintsde la renvoyer au pays. Le cas est assezfréquent.Q;~ Mais l'enfant qui revient après un séjouro d'un an ou de plusieurs années connaît~ de nouveau des difficultés d'insertionCl.en raison des mauvaises conditions delogement de sa famille, du mode de vieet des valeurs différentes, de l'isolementlinguistique surtout, puisque le créole estla langue qu'il parlait.Face au racisme et aux difficultés de lavie d'émigré, certains Antillais cherchentà se retrouver dans les bals antillais; lessorties en groupe sont pour eux l'occasionde recréer l'ambiance du pays d'origine.Des ballets folkloriques, des troupes dethéâtre dénoncent à travers leurs spectaclesla politique de l'émigration et posentà leur manière la question de l'identitéculturelle de l'émigré antillais. Il existeégalement des organisations à caractèrepolitique, syndical ou religieux dont lerôle culturel est aussi très important.En conclusion, on constate qu'à l'instarde la plupart des travailleurs immigrés,les travailleurs des D.O.M. subissent demultiples traumatismes dont le racismen'est pas le moindre.Leur adaptation difficile tient autant àla réalité même qu'ils connaissent auxAntilles, le sous-développement de(( départements)) qui ressemblent à s'yméprendre à de bonnes vieilles coloniesdes familles, qu'aux conditions d'accueiloù éclate l'hypocrisie d'un statut qui faitd'eux des citoyens (( entièrement à part )).Le racisme dont ils sont victimes estd'autant plus durement ressenti qu'on leuravait fait miroiter l'image déforméed'une (( mère-patrie)) accueillante et généreuse.Mais ils participent activementaux luttes auxquelles ils sont mêlés auxcôtés des travailleurs français, et de plusen plus, l'immigration devient aussi unmoyen de prise de conscience de l'évolutioninévitable des D.D.M., en mêmetemps que de la société toute entière.Simone LATTESbananasNous avons interrogé Patrice Blanc­Francart, au sujet de l'émission ((Bananas» qu'il anime avec Bernard Lenoir,chaque soir, sur France-Inter. Il nous asemblé intéressant d'entendre les promod'uneentreprise, qui, pour la prefois,a fait entrer en force sur lesnationales un aspect de la vie antillaise: la musique de variété.--'~"'~DrQu'attendiez-vous en faisant unetelle émission?J'attendais un succès. Je ne peux pasme permettre d'envisager, sur France­Inter, une émission qui n'ait pas de succès.Il fallait que je fasse entendre (( Bananas))par le plus grand nombre d'auditeurs.Quand j'ai découvert la musique antillaise,je me suis dit immédiatement :(( Comment se fait-il qu'une musiquepareille ne passe jamais à la radio. » Etcomme j'ai une petite responsabilité dansl'affaire, j'ai fait le pari que cette musiquepouvait être autre chose qu'une musiquemarginale.J'ai découvert une musique d'une formidablefraîcheur sur le plan des paroles,qui m'ont un peu rappelé les paroles deBlues. Dans les deux cas, deux minoritésraciales expriment ce qu'elles vivent, leursvaleurs, sans se soucier des règles établiesd'une société qui les rejette à priori.Frédéric François, ou Sardou, que j'aibeaucoup de mal à écouter plus de trentesecondes, peuvent chanter des ritournellessur (( l'amour-toujours! )), dans lamusique antillaise, au contraire, c'est vraimentformidable, on ne se gène pas, onappelle un chat, un chat, et c'est le moinsqu'on puisse dire. Souvent, c'est joyeusementporno, et ça n'est pas que je soisspécialement branché sur le porno, maisc'est marrant, c'est rigolo, c'est vivant!C'est en plus, une musique qui a l'attraitde l'exotisme. Et moi, je ne crache pas surl'exotisme. Je suis un touriste commeles autres, j'aime bien voir ce qui se passe,et je pense que la plupart des gens sontcomme ça .Dans (( Bananas )), on a réussi à jouersur deux tableaux. Tout d'abord, permettreaux Antillais d'entendre leur musiquesans qu'elle soit trahie, et puis aussi, lafaire découvrir, par un biais parfois pluscommercial, aux métropolitains qui n'enavaient jamais entendu et qui considé-raient cela comme de la musique « denègres )).Certains Français ont un peu l'impressiond'être perdus dans toute cette musiquequ'ils écoute rit et qu'ils ignorent?C'est logique, et c'est pourquoi on a unepolitique (( délibérément commerciale »!Nous n'hésitons pas à passer (( Maladied'amour)) d'Elisabeth Jérôme, ou d'autrestitres de ce type; on n'a pas une vocationde puristes. Il faut que les gens qui neconnaissent pas du tout puissent avoirquelque chose à quoi se raccrocher, qu'ilspuissent dire : (( Ah! Ça c'est bien )). Etqu'ils continuent à écouter.Lorsque j'ai commencé à écouter dujazz, à 15 ans, à partir d'un morceau quej'aimais, j'écoutais tout un disque. Et lesoreilles finissent par se former. C'est aussiune des raisons qui nous pousse à varierau maximum, afin que personne ne selasse.Il Y a un problème que l'on se pose auM.R.A.P., c'est celui des émissions(( ghetto n, c'est-à-dire, des émissionsqui sont faitlls spécialement pour uneminorité, et qui permettent ensuite dene plus en parler. Est-ce que Bananasne tombe pas sous ce reproche.(( Bananas )), c'est avant tout une émissionde grande audience. Car ce n'est pasune émission réservée aux Antillais, ouaux Africains, ou à toute autre catégorie,(( Bananas )), c'est pour tout le monde.Une émission pour une catégorie de lapopulation, c'est une idée complètementfausse, ou alors, ça ne peut pas se fairesur une radio de grande audience commeInter, ça serait totalement ridicule. Etmoi, ça ne m'intéresse absolument pas,d'autant plus que ce serait renforcer l'impressionde ghetto qui est celle de beaucoupde communautés qui peuvent sesentir rejettées pour des raisons qui sontpour une part économiques mais quitiennent aussi au racisme.(( Bananas)) n'est pas indifférent au faitque les disques créoles quittent peu à peules maisons spécialisées de Barbès et duXIV· arrondissement et arrivent dans lesFNAC où c'est extrêmement vendu etdans les magasins à grande diffusion.Et je pense que bientôt, ça va arriver cheztous les disquaires.Pourquoi avez-vous choisi le titre de(( Bananas n? N'est-ce pas là un cliché?Oh! Oui, c'est délibérément un cliché.Il nous fallait un titre qui donne à rêver,parce que « Bananas )), c'est aussi uneémission qui est destinée, à travers lamusique, à faire rêver des Îles. Je ne suispas du tout contre l'idée (( palmiers etplages ))!Il ne s'agit pas de nier la misère qui estle cas le plus souvent, à la Martinique, àla Guadeloupe, et évidemment à la Réunion,mais le propos de l'émission n'estpas de dénoncer les inégalités.Maintenant, le régué, par exemple, estune musique qui dénonce le système quipèse sur la Jamaïque, et Dieu sait que làbasaussi, le niveau de vie n'est pasbrillant.Qu 'on me comprenne bien, (( Bananas))est une émission pour le grand public,et je ne refuserai jamais de donner uneimage touristique de certaines choses. Sic'est une façon de faire connaître la musiqued'un pays, je l'utiliserai sans aucuncomplexe. Peut-être est-ce aussi luttercontre le racisme, quoique l'expressionsoit un peu prétentieuse pour une émissionde variétés.Est-ce que vous pensez que l'émissionpeut avoir des effets antiracistes dansla population française qui l'écoute?C'est difficile à dire, parce que le racismeest quelque chose de très étendu. Jeconsidère, moi, comme raciste, même sicela fera hurler certains, celui qui se metà aimer subitement la musique noire qu'iln'a jamais aimé auparavant parce que çadonne une image complètement paternalistedu bon-nègre-qui-roule-des-yeux-etqui-joue-bien-de-Ia-musique.Le racismen'existera plus lorsque la couleur de lapeau n'aura pas plus d'importance que lacouleur des yeux, comme le disent lesNoirs américains. Je crois, honnêtement,que ce n'est pas pour demain! Pour moi,c'est une attitude aussi raciste de dired'un seul coup (( Dh! Homme noir, que tues beau, que tu es grand. » C'est encoreune fois promouvoir la différence.Quant à dire maintenant que l'émissionrendra les gens moins racistes, je ne suisabsolument pas en mesure de l'affirmer.De toute manière, ça n'est pas son butpremier. Mais dans la mesure où noustentons de donner naturellement lesmoyens d'apprécier des éléments d'uneautre culture, et que nous le faisons toutsimplement parce que c'est quelquechose de normal et d'agréable, je croisque, peut-être, l'émission peut permettrede connaître et d'aimer autre chose.Interview réalisée parJean-Louis SAGOT-DUVAUROUX16droit et liberté. nO 355. février 197717


des français entièrement à partLa loi d'assimilation votée aux lendemains de la Libération devaitétablir entre les Antillais et les Français une égalité de droit etde fait. Trente ans après, force est de constater qu'il y a loin de lacoupe aux lèvres, et des intentions aux réalisations.Les années ont passé, sans que cette égalité tant annoncée soitpassée dans les faits, et il semble, à dire vrai, difficile d'y croireencore.Dans le domaine social. le développement de la législation socialeen France accuse les discriminations frappant les DOM etqui sont adoptées au nom des contingences locales et de la situationéconomique et sociale sp écifique de ce s îles lointaines. Maispar là même, celles-ci manifestent l'étrangeté de la fiction juridiquequi en fait des départements identiques aux autres.Ainsi ne sont pas allouées dans les D.O.M., diverses allocationstelles que les allocations prénatales, l'allocation de salaire unique;l'allocation chômage n'existe pas non plus faute d'une définitiondu chômage dans cette île où une grande partie de la populationest contrainte à vivre de petits « jobs )) périodiques ouintermittents.Faute d'une volonté délibérée pour s'attaquer au problème dela création d'emplois, on se contente d'ignorer le phénomènedu chômage, la seule solution proposée étant constituée parl'émigration. Dans cette perspective, aucune indemnisation duchômage n'est prévue, même pas en cas de licenciement collectifou économique.De manière tout à fait significative, a été créée une Agence nationalepour l'emploi, chargée de gérer la pénurie, mais bien18Une économie archaïque sacrifiée au pittoresque.:;,:,uz«il::" c.~::;;;Eif.évidemment incapable de résoudre le manque chronique d'emplois.La loi de juillet 1975 sur les licenciements collectifs s'.appliquebien là-bas quant aux procédures et aux formalités, mais ellen'a pas été étendue pour ce qui concerne l'allocation de 90 % dusalaire d'attente. Ainsi tronquée, cette réforme ne coûte pas trèscher et ne signifie plus grand chose.Pour les allocations familiales, il existe un taux dégressif brutalà compter du quatrième enfant, et pour les premiers déjà, le tauxest nettement inférieur à celui appliqué en France.A l'origine, cette différence de taux était justifiée par le systèmedit de la « parité globale » selon lequel était mis à la disposition dudépartement d'outre-mer un volume de prestations tel que lamoyenne des allocations consenties par famille soit identique àcelui des familles en France.A noter que ce système pénaliserait déjà les familles antillaisesplus nombreuses en général.Mais surtout, estimant sans doute que les habitants des D.O.M.n'étaient pas assez adultes pour gérer correctement leur budget,on décida de distribuer en grande partie ces prestations sous uneforme collective par l'intermédiaire d'un Fonds d'Action SocialeObligatoire (F.AS.O.) et le surplus directement aux intéressés.Le F.AS.O. utilise les fonds reçus à des œuvres d'intérêt généraicomme des cantines scolaires, des crèches, ou assez curieusement,le planning familial.Toutefois, au fil des ans, on put se rendre compte que la péréquationn'était plus assurée et que les fonds reçus par le F.AS.O.et les actions menées par lui ne pouvaient suffire à expliquer ladifférence considérable du taux des allocations, surtout pour lesnon-fonctionnaires.En ce qui concerne l'allocation logement, dont l'institution avaitété fortement souhaitée par le Conseil Economique et Social lorsde son avis en date du 12 mars 1974, sa mise en place se faitmodestement et lentement. Or, le Conseil Economique et Socialavait souligné l'intérêt que présentait une telle prestation dansun pays où nombre d'habitants sont encore logés dans des bidonvillesou dans des conditions de confort sommaires, et où lebâtiment sur lequel -elle' a une influence favorable occupe unnombre non négligeable de personnes,Par ailleurs, alors qu 'i l est reconnu de tous que le coût de la vieaux Antilles est supérieur de beaucoup au coût de la vie en France,les salaires sont pourtant inférieurs dans le. ecteurs secondaireset tertiaires par rapport à ceux pratiqués en France. Eneffet, la plupart des salariés sont payés au SMIC, lequel est inférieurde près de 15 % au SMIC métropolitain. Le SM IC est en effetfixé chaque année pour chaque D.O.M . par décret en Conseil desMinistres, en fonction de la situation économique et sociale dansle département. La même disparité affecte le salaire minimumgaranti aux ouvriers agricoles.Cette situation explique en partie pourquoi la consommationglobale des ménages est inférieure de 40 % à celle des ménagesfrançais, en dépit du coût supérieur de la vie.Quant aux artisans et commerçants, jusqu'en 1964, ils nebénéficiaient absolument d'aucune protection sociale. Depuiscette date a été créé en leur faveur un régime d'assurances vieillesse,mais il n'existe toujours aucune caisse obligatoire d'assurancemaladie, maternité ou de prestations familiales.Au regard de cette situation générale, les fonctionnaires quiperçoivent l'indemnité de 40 % pour vie chère et qui touchentdes allocations familiales à un taux plus élevé que les autres fontfigure de privilégiés. Toutefois, si on compare leur situation aveccelle de leurs homologues métropolitains, là encore l'assimilationn'est pas encore concrétisée.En effet, il existe une différence considérable de statut entre lesfonctionnaires originaires des Antilles et ceux originaires deFrance. Ils ne doivent l'attribution des 40 % de vie chère qu'àune grève très dure et déterminée. Mais divers autres avantagesalloués aux fonctionnaires français aux Antilles, tels que primesd'installation, d'éloignement, etc., qui gonflent substantiellementles traitements ne sont pas accordés aux fonctionnaires antillaisen France. De même, ils ont droit à un congé tous les cinq ansalors que pour les Français, ce congé est accordé tous les deuxans.Jusqu'à une époque récente, pour ne pas accuser par trop cetteségrégation, les deux statuts étaient appliqués distributivement enfonction du lieu de recrutement du fonctionnaire concerné. Maispetit à petit la pratique administrative se fonda essentiellementsur l'origine et non plus sur le lieu de recrutement.De la sorte, un fonctionnaire antillais, recruté en France et mutéultérieurement aux Antilles, se voit refuser le bénéfice du statutdes fonctionnaires français. Il est censé en effet, avoir transférédans le D.O.M. ce qui constitue le centre de ses intérêts.On voit ainsi un fonctionnaire d'origine guadeloupéenne, ayantvécu longtemps en France, s'il est muté à la Martinique, être réputéy avoir transféré le centre de ses intérêts, même s'il ne s'agitpas de son île d'origine.Cette pratique manifeste bien qu'il existe selon l'administrationdeux catégories de fonctionnaires, les Français et les autres.Au regard de tous les avantages consentis aux fonctionnairesPRESIDENT: Pierre PARAF;VICE-PRESIDENTS : Charles PALANT, AbbéJean PI HAN, Me George PAU-LANGEVIN,Dr François GREMY;SECRETAIRE GENERAL: Albert LEVY;COMITE D'HONNEUR: Henri ALLEG, GeorgesAURIC, Robert BALLANGER, BâtonnierAlbert BRUNOIS, Aimé CESAIRE, Charles deCHAMBRUN, André CHAMSON, Pierre COT,Louis DAQUIN, Alain DECAUX, Hubert DES­CHAMPS, Henri DESOILLE, Maurice DRUON,Pasteur André DUMAS, Henri FAURE, JeanFERRAT, Max-Pol FOUCHET, Jean HIER­NAUX, Pierre JOXE, Alfred KASTLER, JeanLACOUTURE, Gérard LYON-CAEN, JacquesMADAULE, Albert MEMMI, Robert MERLE,Théodore MONOD, Henri NOGUERES, EtienneNOUVEAU, Jean PICART LE DOUX, EmilePOLLAK, Marcel PRENANT, Alain RESNAIS,Monseigneur Guy RIOBE, Emmanuel ROB LES,Armand SALACROU, Jean-Paul SARTRE,Laurent SCHWARTZ, Georges SEGUY, JeanSURET-CANALE, Alain TERRENOIRE, JacquelineTHOME-PATENOTRE, VERCORS,Jacqueline VICTOR-BRAUNER, Docteur PierreWERTHEIMER, Bernard ZEHRFUSS.Bâtonnier Paul ARRIGHI, Robert ATTULY,Vincent AURIOL, Docteur Jean DALSAGE,Georges DUHAMEL, Yves FARGE, FrancisqueGAY, Jacques HADAMARD, Georges HUIS­MAN, Jules ISAAC, Frédéric JOLIOT-CURIE,Henri LAUGIER, Jean LU RCAT, René MAHEU,André MAUROIS, Darius MILHAUD, FrançoiseROSAY, Marc SANGNIER, André SPIRE,Chanoine Jean VIOLLET.droit et liberté. nO 355. février 1977francais mutés aux Antilles, force est de constater que les Antillaisqui émigrent dans l'autre sens pour coopérer à leur manièredans les Hôpitaux, les Postes ou la RATP, ne bénéficient guère dela réciproque.Il leur a fallu de longues luttes pour obtenir le droit à un congétous les cinq ans dans leur île natale et encore doivent- ils pourl'obtenir cumuler, c'est-à-dire se priver chaque année d'une partiede leurs congés annuels.Toutes ces dtsparités, si objectivement qu'on les considère,laissent rêveur, car elles soulignent la contradiction intrinsèqued'un statut qui s'adapte mal à la réalité. Soit en effet, il s'agit despécificités rendues indispensables par des différences objectivesde situations économiques et sociales, et alors il convient d'entirer les conséquences sur un plan institutionnel; soit il est entenduune fois pour toutes, comme on nous le répète à l'envie, queles Antilles sont des départements français comme les autres, etalors il convient d'appliquer en tout des lois identiques au méprisde l'histoire, de la géographie, voire de la sociologie.Mais rien n'est plus inconfortable pour les intéressés que cettehésitation perpétuelle entre deux positions inconciliables.Il serait injuste toutefois de terminer sans signaler un domaineoù précisément il n'y a pas eu de discrimination. On se souvientque la décision gouvernementale d'évacuer entièrement la régionde Basse-Terre, au mois d'août 1976, a jeté sur les routes desmilliers de réfugiés et compromis d'une manière qui semble irrémédiablel'économie de cette région, et du moins ruiné pour l'instantnombre de ses habitants.Le député de la Guadeloupe, lors du vote du budget, demandadonc très logiquement que les habitants de cette région soientdispensés du paiement de l'impôt supplémentaire de solidaritéaux victimes de la sècheresse en France.Là, cette demande discriminatoire a été rejetée, car il s'agitbien de Français comme les autres et ils doivent donc payer.Désireux de m'informer et de soutenir l'action contre le racisme,l'antisémitisme et pour la paixJ'adhère au m.r.a.p .•Je m'abonne à droit et liberté.Nom (en capitale)Prénom ............ . .... âge ....Profession .. .. ...Adresse.Code postal .. ... .............. Vill e .............................. ..Le montant de la carte d ' adhésion (à partirde 30 francs) est laissé à l'appréciation dusouscripteur, selon ses possibilités, comptetenu de la nécessité d ' apporter le soutien leplus efficace à l'action du M.R.A.P.Me George PAU-LANGEVINAbonnement d'un an à DROIT et LIBERTE(50 F). Abonnement de soutien (100 F) .Etranger (75 F) . .C.C.P. 9239-81 Paris• Rayer la mention inutile.mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix (m.r.a.p.)120, rue saint-denis - paris (2· ) - tél. : 233.09.57 - C.c.p. : 14-825-85 paris19


pleins feux _ pleins feux _ pleins feux _ pleins feux _ pleins feux _cinémala presse, ne sert aucune cause, si ce n'est celle de ceux qui ne veulentsurtout pas que les choses puissent aller mieux, un jour, au Proche­Orient,1\!lICHEI RUCROBESCHEMISIERSBLOUSES HABILLÉES108, rue Réaumur, 75002 Paris - Téléphone 233,86,02 et 236.16,79Le second film, « Raid sur Entebbe )J. se présente comme un classiqueproduit hollywoodien, La situation est présentée néanmoins de faconbeaucoup moins schématique que dans « Victoire », Il se situe dans ~nedéfense astucieuse de la position israélienne dans cette affaire, C'estson droit, certains diront son devoir. On regrettera toutefois un psychologismequi nie, en fait, tout le contexte politique et historique, et ne permetpas, là encore, d'aider à la compréhension d'un problème difficile etdouloureux,Le mieux est donc peut-être d'attendre la sortie de la production israélienne,qui aura au moins pour elle d'être réalisée par les protagonisteseux-mêmes,siège socialtél. (20) 54,65,0336 bis, 38, 40, rue de Béthune, Lillelesfabriquesdu templeMAROQUINERIE EN GROSSACS FANTAISIE CUIR87, rue du Temple, Paris-3 e3, rue Michel-le-Comte, Paris-3-_1CONSTRUCTEURET MATIERES MODETéléphone------272 17.3427999.15SASPORTËS-MEYER35, rue Louis Faure 59000 LILLEtél (20) 57,21.42 0chocolatièresmachines à cafépièces détachées toutes marquesprévenirvautmieuxqueguérirhebdomadaire protestantRéformevous propose :ses dossiers, où s'expriment, sur unmême thème, des opinions contradictoires;ses articles d'actualité, reflétant lescombats des chrétiens dans le monde;son forum: deux pages entièrementrédigées par les lecteurs;ses chroniques, littéraires, artistiques,etc.Réforme• affirme son espérance en Jésus-Christ,• s'engage au service des hommes,• invite au partage entre chrétiens et nonchrétiens.Réforme. Le na : 4 F. Abonnement annuel: 160 F.53-55, avenue du Maine, 75014 Paris.Tél. : 633.32.67. CCP 4306-31.(Service de 4 numéros gratuits sur demande)(D et L)la marche triomphaleNouvelle étape dans la démarche de Marco Bellochio, qui après avoirjeté son dévolu critique sur diverses institutions, telles les collèges religieux( «Au nom du Père »), les asiles psychiatriques (


H •••••••••••••••••••••• Fpleins feux -pleins feux _ pleins feux _ pleins feux _ pleins feux _affreux, sales et méchantsle « sous-prolétariat » de Rome, vu à travers l' objectif à peine déformant,je pense, d'Ettore Scola (Nous nous sommes tant aimés). l'humourcorrosif du réalisateur lui évite de sombrer dans la démagogie etfait de ce film, même s' il existe une trame romanesque, un témoignageaccablant sur les conditions de vie dans les bidonvilles de la Ville-Sainte(ou d'ailleurs). la dernière image de ce jour qui se lève sur le bidonvillede la périphérie romaine prouvera s'il en était besoin, la non-gratuité dece film ... et la tendresse de Scola.Pascal POUillOTcicilivresce qu'en ditla presseC'est par l'insolite, le fantastique même dela situation que la pièce atteint à la « tragédieoptimiste Il.Une osmose parfaite dans la qualité de jeusert un travail théâtral impeccable.(L 'Humanité-Dimanche).le TPl présente un travail accompli, maîtrisé,qui touche au cœur par l' intelligence etle respect du public, comme des personnages.Du très beau travail.(Réforme).le comédien, devant son reflet revit un tragiquequi le rend à ce qu'il a de plus authentique.Il s'agit d'un théâtre-vérité, mais aussid'un théâtre rituel, où chaque geste symboliseune résistance, un instant de survie.(Les Nouvelles Littéraires)Il se dégage (de la pièce) une puissanced'évocation, au premier degré, qui balaie lesscories et les imperfections.(L'Aurore).Toute la troupe s'est personnellement ettotalement engagée dans ces Histoires del'oncle Jakob, le meilleur spectacle du T.P.l.(Le Monde).Par petites touches : du juste, du vrai, duvécu. l'analyse de caractères de JacquesKraemer est captivante, émouvante.(La Croix).Non seulement c'est un très beau spectacle,mais c'est un spectacle exemplaire pour notretemps.(Tribune Socialiste).une soirée théâtre du m.r.a.p.Jacques Kraemer a tiré du roman « Jacob le Menteur )) de Jurek Becker (paru aux E.F.R.J.une admirable pièce, dont il a assuré la dramaturgie avec Charles Tord/man.C'est une histoire tendre et cruelle, violente et chaleureuse, qui fait rire et bouleverse ... noussommes dans le ghetto de Lodz en 1941 ... mise en scène remarquablement. En bref un théâtrequi touche à la perfection et véritablement populaire.Le Théâtre Populaire de Lorraine dont J. K. et C. T. sont tous deux directeurs, après avoir remportéde nombreux succès dans plusieurs villes de province et au Luxembourg, depuis sa créationà Metz en 1976, nous la présente à Paris.Fidèle à son répertoire en relation avec l'Histoire, c'est là, son œuvre la plus .ache.vée. ~s t- ceparce que le T.PL est efficace et touche les larges masses, que les POUVOtrS publiCS lUi appltquentla censure « libérale avancée » ?----------------------------------------BON DE COMMANDENom: .................................................................. ........................ ...... . Prénom :Adresse complète :.................................................................. Tèléphone : ..... .à30FD à50FD Règlement total: . ••••••••••Adressez votre règlement au m.r.a.p. - 120, ru~ sai~t-denis , 75002 paris - ~ 233.09.57C.C.p. 14.825.85 paris (joindre une enveloppe tlmbree)vietnam:voyage à traversune victoirePour les auteurs de ce (( Voyageà travers une victoire )), le prodigeest autant pour les Vietnamiens,d'avoir vaincu la plusgrande puissance militaire dumonde que d'être restés indépendantsde Pékin et de Moscou.Après trente ans de guerre etde dévastations, le pays ravagéa retrouvé une unité que l'histoireet la civilisation commu nes, endépit de forts particularismes duNord et du Sud, avaient déjàconsacrée dans le passé.Mais comment va se fai re larencontre d'un Nord marxistepuritain et structuré et d'un Sudt raumatisé par la corruption etl'occupation? La bu reaucratietatillonne mais souvent efficace- en tout cas, absolu ment passanguinaire - venue du Nord,saura-t-elle respecter les particularismesdu Sud. Le vivace catholicismesaïgonais coexistera-t-ilavec le marxisme d' Hanoï?Le Vietnam pacifique de demain,qui a réussi jusqu'ici à voir la victoired'un de se s- « camps» surl'autre, sans effusion de sangaprès la signature de la paix,n'aura de longévité que s'il admetles variantes d'une société qui,quoique l'une des plus homogènesd'Asie, n'en a pas moins connuune division, coloniale d'abord,politique ensuite, la guerre entredroit et liberté. nO 355. février 1977socialisme et capitalisme ayantété autant civile qu 'étrangère.Ce «( Voyage ... » des Lacouturepose les questions essentiellespour quiconque est attentif à l'évolutiondu nouveau Vietnam.Par S. et J . La couture, éd. du Seuil.des livresd'afrique à parisUne nouvelle maison d'édition,A BC ( 1), avec CLE de Yaoundé etNEA d'Abidjan, vient de se créerà Paris pour présenter au public,dans des livres de bonne vulgarisation,les grandes réalisationset les grands hommes du passéafricain. La coll ection « Mémoirede l'Afrique » a déjà sorti deuxalbums ill ustrés sur la « Diasporanoire» dans le monde, et sur les« villes historiques» du continentdont Djénné, Tombouctou, Bénin,Zimbabwé, Kano, A ddis-Abébasont les plus illustres fleu rons.Par ailleurs, des petits volumesde poche, au prix modique, sontchacun consacré à de grandesfigures de l'histoire noire, qui seront,vraisemblablement, une découvertepour le publi c européen.Ainsi un volume nous conte lavie de Salau Casais, la belle Songhaiqui, au XV· siècle s'éprit d'unjeune seigneur toulousain voyageuret le su ivit en Occitanie.Dans la même série, nous est présentéDjouder, conquérant négromarocaindu Songhai, au XVI"siècle; ou bien El Hadj Omar, leprophète armé du XIX" siècle devenule maître d'un véritable empiremusulman; ou, enfin, Béhanzin,roi d'Abomey et résistant àl'invasion f rançaise.Cette intéressante tentatived'ouvri r l' histoire africaine à unlarge publi c mérite d'être soutenuepar tous ceux qui veulent connaîtreet fa ire connaître l'Afrique profonde.Yves THORAVAl(1) ABC, éditions, 23 ru e Daubenton,75007 Paris.livres reçusLe paradoxe juifMalgré une ce rtaine au to-satisfaction,le grand leader sionistese livre, sans ajouter grand choseà l'excellente auto-biographiepubliée en 1974 chez Fayard. Sapersonnalité hors pair jette deslumières sur un sionisme totalementimpliqué dans les dessousde la politique internationale etoù les Arabes apparaissent sousun jour complètement ma nichéiste.Par N. Goldman, éditions Stock.la chrysalideUn des mondes les plus secretsqui existent nous est révélé par lecri bouleversant qu'est ce livre :le monde apparemment recl us,mais doué d'une immense force derévolte, des femmes musulmanes,dont la plupart sont soumises àdes coutumes ancrées dans la nuitdes temps qui semblent bien loindes idéaux de liberté individuellechéris sous d'autres cieux 1 Pourtant,plus qu'un réquisitoire, celivre est un témoignage non seulementde la vie d'une j eune musulmanequi dévoile les abus d'uneexploitation qui vient autant deshommes que des autres femmes,mais aussi de la vie de la majoritédes femmes du Tiers-Monde.Par Aicha Lemsine, éd. des Femmes.Motifs pour le temps saisonnierL'un des plus grands poèteshaïtiens, en exil à Montréal, qui,par certains aspects peut êtrecomparé à son glorieux compatrioteDepestre, lui exilé à Cu ba,vient de publier ce nouveau recueilde poèmes qui vient, après « Monpays que voici» et nombre deromans au Canada. Il y exhaleune incantation-révolte qui t ireses racines à la fois du contexteurbain nord-américa in et des« mornes ») de sa patrie tropicalemuselée. Ses rythmes fécondentnotre langue d'accents orageuxinsoupçonnés.Par A. Ph elps, éditions P.J. Oswald .le règne de BarbarieA. Laabi est l'un des meilleurspoètes marocains. M ilitant degauche, torturé et emprisonnépour 10 ans dans les geai es d' HassanIl, il crie une révolte que lesba rreaux n'étouffent pas, et un espoirindéfectible dans la fin destyrans.Y.T,Ed. Barbare, Maisonnette des Evavas,Pelleautier, 05000 Gap.23


_ action _initiativesLes comités locaux du M.R.A.P. fourmillentd'idées, et ce qui est encore mieux,d'idées d'actions originales.Nos comités, dans la mesure de leursmoyens, répondent toujours aux actesracistes qui se produisent dans leur région.Cette riposte au racisme va de soi, maiselle ne peut être efficace que dans la mesureoù un comité local du M.R.A.P. existepar une activité permanente. Or, unetelle implantation n'est possible que sinos amis se sont fait connaître auprès dela population, tout au long de l'année, etce, sans attendre l'incident raciste. Cetteimplantation en profondeur est liée à uneaction d'information au sens le plus largedu terme.Les différentes initiatives dont nousrendons compte ci-dessous se situentdans une telle prespective. Elles sont lapreuve d'un antiracisme optimiste.théâtres de rueLe comité du Loiret inaugure une nouvelleformule de militantisme antiraciste :il prépare une intervention dans la rue àl'occasion de la Journée internationalecontre le racisme le 21 mars. Une cinquantained'amis du M .R.A.P. mimerontsur une place d'Orléans les massacres deSharpeville et de Soweto. Des hommessandwichesportant des panneaux duM.R.A.P. auront, auparavant, parcouru laville, constituant une vivante exposition,un appel à la fraternité entre les hommes,à la solidarité internationale avec lesenfants de Soweto.Le comité d'Amiens descend aussi dansla rue. « Le Grand Manipulateur JJ, c'est lenom d'une marionnette géante (2 m 70),symbole du racisme et de l'intolérance.En trois courtes histoires, et quelqueschansons, les mécanismes essentiels dudéveloppement du racisme sont démontéssous une forme à la fois sérieuse et humoristique(pourquoi pas?) par ce « grouped'intervention JJ.L'élaboration de ces spectacles représenteen lui-même, par les débats qu'il24engendre, une aide aux comités qui s'yconsacrent, car ils sont ainsi amenés àdécouvrir de nouveaux amis dans les milieuxintéressés; ils approfondissent leurargumentation antiraciste, en mêmetemps qu'ils se dotent d'une force defrappe très efficace tant pour l'informationde l'opinion publique que pour le recrutement- tâche prioritaire.fêtes et débatsLes « grosses têtes JJ d'Amiens ont faitleur apparition lors de la Fête de l'Amitié,qui s'est déroulée dans cette ville pour laseconde année consécutive, le dimanche6 février. Musique, chants, danses, poèmes,expositions, spécialités culinaires,animations en tous genres, notammentpour les enfants, font de cette fête uneinoubliable rencontre entre Français etimmigrés de toutes les nationalités présentesdans la région (Algériens, Capverdiens,Marocains, Portugais, Vietnamiens,Laotiens et Cambodgiens).La Commission Municipale des Immigréss'appuie, pour la réaliser, sur unedizaine d'associations, parmi lesquellesle M.R.A.P., qui peut nouer à cette occasiondes liens fraternels dans les milieuxles plus divers.C'est toute une Semaine antiraciste quele comité de Massy, dans la banlieue parisienne,a organisé, quant à lui, pour sonpremier anniversaire, avec l'appui de lamunicipalité qui a prêté des locaux, notammentl'accueillante salle du CentreSocio-Educatif, et fait venir, le samedisoir et le dimanche après-midi, LionelRocheman et son spectacle « Chant desdeux continents JJ avec Lamine Konté,Fausi AI Aiedy, Than Quang Hai.La semaine comportait une soirée surl'apartheid (avec projection de « La dernièretombe à Dimbaza JJ et « Namibie:une confiance trahie JJ, débat animé parJ.L. Sagot-Duvauroux), une expositionpermanente, visitée notam ment par desélèves des établissements scolaires, desdébats avec Pierre Paraf et Albert Lévy.Citons encore le comité de la Haute­Marne, qui a trouvé sur place, et en sonsein, des chanteurs : André Delamare etChristophe Bind, pour une soirée tenue le3 décembre au Centre Gérard- Philipe, àSaint- Dizier, et organisé le 17 décembrela Fête du Travailleur Immigré, avec l'orchestremaghrébin « Nadjah JJ, dans uneambiance des plus sympathiques.Deux initiatives de cette sorte en quinzejours? Cela ne fait pas peur au M.R .A.P.52. D'ailleurs le bilan de ses activitésdepuis septembre 76 est si long, que nousne pouvons l'énoncer ici. Quant aux prévisions,pour les prochains mois, en voiciquelques-unes: exposition et gala à Chaumont,session départementale de la « miseen procès de l'apartheid », « soirée-couscousJJ, exposition sur le racisme quotidienet une Journée portes ouvertes sur leM.RAP.-52. Quel dynamisme!Aussi, consacrerons-nous un grand articleà ce comité, dans notre prochainnuméro.Les réalisations que nous signalons ici nesont pas isolées. Nous n'avons retenu que lesplus récentes et les plus exemplaires.souscriptionGrâce aux dons reçus, une première tranchede travaux a pu être réalisée, au siège duM.R.A.P., pour réparer les dégâts provoquéspar l'agression du « groupe Peiper ». Maisd'autres travaux restent nécessaires et, plusgénéralement, l'action du M.R.A.P. doit encorese développer. Aussi, la souscription continue,et toutes les contributions seront les bienvenues.Fédération des Œuvres Laïques de Paris (donet collecte) : 230 F; enseignants de l'InstitutGustave Bagner, Asnières (collecte) : 30 F;N. Guillaume, Moulins : 100 F; R. Gay, LeM esnil-St-Denis : 50; H. Fauré, Paris : 50 F;M . Monod, Paris : 100 F; J. Meizel, Gap :100 F; Amicale des Anciens Déportés deNeuengamme : 100 F; M . Bardos, Villetaneuse: 50 F; J. Sarfis, Paris : 50 F; H. Rack,Paris : 50 F; J. Goldstein, Paris : 100 F; U.D.­C.G .T. du Val-de-Marne : 100 F; J.P. Bitard,Isle : 70 F; C. Guillier, Paris : 100 F; F. Martin,Villeurbanne : 50 F; R. Colomer, Perpignan:20 F; Rosenbaum, Paris : 50 F; J . Outin, Paris :100 F; H. Danant, Paris : 100 F; 1. Bourdet,Paris: 100 F; P. Berman, Paris: 200 F; Dr. F.Lazard, Paris : 100 F; A. Bouvier, Paris : 120 F;P. Kerharo, Etang-la-Ville : 100 F; A. Feydman,Paris : 300 F; H. Taillardat, Paris : 100 F; C.Hubault, Fourqueux : 100 F; E. Bussières,Ivry : 100 F; Perez, Coursan : 50 F; Novat,Annecy : 100 F; Paris, Mulhouse : 100 F;Dussau, Nantes : 100 F; Vasarely, Paris :100 F; R. Mougin, St-Ouen-l'Aumône : 100 F;D. Strier, Gonesse : 200 F; Douek, Boulogne :100 F; Joncourt, Nîmes: 100 F; Antok, Trésigny: 40 F; Virassamy, Carcassonne : 200 F;Chombart de Lauwe, Antony : 100 F; Tomiche,Arthoz : 50 F; M . Hubert, L'Hay-les- Roses :100 F.au ministère de l'intérieurUne délégation su M.R.A.P., comprenantMgr Guy Robié, évêque d'Orléans,le pasteur Bertrand de Luze, l'abbé JeanPihan, vice-président du Mouvement,Albert Lévy, secrétaire général, et MmeMarie-Louise Imerglik, avocat à la Cour,a été recue le 15 décembre à sa demande,au M'inistère de l'Intérieur, par M . Masson,Directeur-adjoint du Cabinet duMinistre. Quatre députés, membres duComité d'Honneur du M .R.A.P., s'étaientassociés à cette démarche: Mme JacquelineThome-Patenotre, ancien ministre,MM. Robert Ballanger, Pierre Joxe etAlain Terrenoire, ainsi que Mme VincentAuriol, le professeur Alfred Kastler, PrixNobel, et le Professeur Gérard Lyon­Caen.La délégation a exprimé sa vive émotionà la suite des agressions de type nazi etdes menaces de mort qui se sont renouveléesdepuis quelques mois contre leM.R.A.P. et d'autres organisations.• Une délégation du M.RAP. a participé aucongrès du Syndicat des Avocats de France,qui s'est déroulé à Bobigny les 21, 22 et 23janvier. Elle était composée de Me GeorgePau-Langevin, vice-présidente du Mouvementet d'Albert Lévy, secrétaire général - qui a prisla parole - et Isabelle Versini, responsable dela Permanence juridique.• Le M .R.A.P. était représenté par GeorgesCukierman, secrétaire national, à la soirée du30· anniversaire de l'Association Internationaledes Juristes Démocrates, le 10 décembre,à l' U.N.E.S.C.O., et à la réception organisée le12 décembre, à Drancy, par l'Amicale desAlgériens en Europe.• A l'occasion de la « Quinzaine Français -Immigrés Il organisée par le Secrétariat d' Etatà l'Immigration, plusieurs organisations de laSomme, dont le M.R.A.P., ont publié un communiquécommun attirant l'attention sur les« vrais problèmes des travailleurs immigrés JJet sur la nécessité de mesures efficaces pourles résoudre.• Le comité du M .R.A.P. de Haute-Savoie s'estassocié à un (1 Jeûne de réflexion Il, qui a eulieu à Annecy, en signe de solidarité avec lesopprimés; le comité de Grenoble a apportéson soutien aux étudiants iraniens faisant lagrève de la faim pour protester contre lesmesures arbitraires ayant frappé plusieurs deleurs camarades; le comité de Chalon-sur­Saône était représenté au rassemblementdroit et liberté. n° 355 • février 1977Soulignant la gravité de ces menées etaffirmant leur opposition à toutes violences,les délégués ont demandé que lescoupables soient activement recherchéset mis hors d'état de nuire en vue d'assurerla sécurité de la population et la sauvegardedes libertés démocratiques. L'assuranceleur a été donnée que les mesuresdans ce sens seront renforcées.• A la suite de la nouvelle agression commisepar le « groupe Peiper» (peinture deslogans nazis et tentative d'incendie)contre les locaux de l'Union des Juifspour la Résistance de l'Entraide (U.J.R.E.),une délégation de plusieurs organisationsa été reçue le 31 janvier par le Préfet dePolice. Cette délégation était conduite parMe Charles Lederman et le professeurVladimir Jankélévitch. Le M.RAP. y étaitreprésenté par Pierre Krausz, responsablede la Commission antisémitisme etnéo-nazisme.d'Amnesty International qui a eu lieu le 21novembre dans cette ville.• Alain Gaussel, membre du Bureau nationaldu M.RAP. est intervenu auprès des éditionsDalloz, pour signaler que la Loi sur le racisme,du 1 er juillet 1972, ne figurait pas dans le« précis JJ sur le Droit à l'Information (1976).Dans sa réponse, l'auteur de l'ouvrage indiquequ 'elle sera signalée dans la prochaine édition.• Contre l'apartheid, Jean-Pierre Garcia, secrétairenational du M .R.A.P ., a animé des débatsà Neuilly-Plaisance (93), le 11 décembre,et à La Baule, le 14 janvier; Jean-Louis Sagot­Duvauroux, membre du Bureau National,dans un C.E.T. de Gennevilliers, le 11 janvier.Le comité du M .R.A.P. de Clermont-Ferrand aprésenté le film « Témoignages Il, le 1 0 janvier.• Assemblées générales organisées par lescomités locaux du M.R.A.P. : à Lyon, le 15décembre; à Gennevilliers, le 21 janvier (avecla participation d'Albert Lévy); à Marseille, le28 janvier.• Le comité local de Choisy-le-Roi - Orly -Thiais (94) a élu son bureau : président d'honneur: pasteur Pierre Roy; présidente: JacquelineBardinat; vice-président : Omar Seddik;secrétaire général : Michel Naumann; trésorier: Emile Menahem.• Le M.RAP. a participé à la Quinzaine deI1mmigration, organisée du 3 au 14 novembrepar l'Office communal des Loisirs et de laCulture de Dugny (93).• Le comité départemental du Loiret annoncela création d'un comité local du M .R.A.P., àMontargis; et celui du Gard, un nouveau comitéà Alès.naissancescarnet• Nous avons la joie d'annoncer la naissancede Myriam, fille de nos amis Geneviève etPierre Krausz, de Massy, et celle de JulietteLévy Rennes, petite-fille de notre secrétairegénéral, Albert Lévy. Nos cordiales félicitationset nos vœux les plus chaleureux.nos deuils• Gabriel d'Arboussier, qui était alors secrétairegénéral du Rassemblement DémocratiqueAfricain et vice-président du Conseil Mondialde la Paix, participa à la 1 re Journée Nationalecontre le Racisme, l'Antisémitisme et pour laPaix en 1949, où fut créé le M.RAP. Il vientde mourir à Genève, après une longue carrièrediplomatique, notamment comme secrétairegénéral-adjointde l'O.N.U. et ambassadeurdu Sénégal en France. Nous présentons à safamille nos sincères condoléances.• Le sculpteur Emile Gilioli, qui vient de mourirétait l'un de ces artistes de renommée mondialequi honorent de leur soutien la cause quenous défendons. Que sa famille, ses prochestrouvent ici, dans leur douleur, l'assurance denotre sympathie.• Nous avons appris avec une vive émotionla mort de Mosché Wajman, président de lasociété mutualiste juive des originaires deCentochow, dont le soutien n'a jamais manquéau M .R.A.P. Alexandre Chil- Kozlowski, secrétairenational, était présent à ses obsèques aunom de notre Mouvement. Nous exprimonsà sa famille nos amicales condoléances.• Nous avons ressenti beaucoup de peine à lamort de Georges Kravetz, président de la sociétémutualiste « Bichor Cholim de Mont·martre JJ, qui était un fidèle ami de notre Mouvementdepuis sa création. Albert Lévy secrétairegénéral du M.R.A.P. et Joseph Creitz,membre du Bureau national étaient présents àses obsèques, où ils ont exprimé à sa familleles condoléances du Mouvement.• Notre ami, le peintre et graphiste RafaelVega-Querat dont l'une des œuvres illustraitnotre numéro 349, grand militant antifascistequi vivait en France depuis le coup d'Etat auChili, vient de mourir d'une longue et douloureusemaladie. Nous exprimons ici à sonépouse et à ses proches, nos sincères condoléances.• Nous venons d'apprendre la mort accidentellede Jacques Kotzki. Nous présentons àses parents, nos amis M. et Mme Kotzki et àsa femme Maria, nos amicales condoléances.• Nous avons appris avec une vive émotionle décès subit de Mme Emma Nouveau épousede M. Etienne Nouveau, membre du Comitéd' Honneur du M .R.A.P. Nous exprimons ànotre ami la fraternelle sympathie de notreMouvement tout entier.distinctions• Nos félicitations au grand peintre Marc Chagall- l'un des fondateurs du M.R.A.P. quivient d'être élevé à la dignité de grand-croix dela Légion d' Honneur.25


,26f"tlrDSociété à Responsabilité Limitée au Capital de 20.000 FIMPORTEXPORTRE P RÉ S E NTATIONSelbe50/ Rue RicherPARIS - g edécoration41. boul. barbès paris 18 - tél. 606.74.52.,siegesameublementGEORGESBEHRMAISON FONDËE EN 1920WiB~1i8f1" ~ MM-a~28000 - ~/4~,bt.fTil. 21./~.119rêl a...BERNARDTIMBRES CLASSIQUES ETRARETES TOUS PAYS26 . AVENUE DE L 'OPÉRA . PARIS 1"~: 742-39-39 TIMBROPHIL . PARISBEHRA LOUERbureauxde grand standing66, Chemf's Elysé2s75008 fbrisJAMIePRÊT A PORTER DE LUXE32, RUE RENÉ BOULANGER, 75010 PARISTEL. , 208 43-42fourruresSERVICEAPRÈS­VENTEet 208 57-96IIAU RENARDBLEU"modèles IIlanvin"68, avenue des Gobelins75013 PARISTéléphone 331.16.85- éducation à la fraternité _les enfants de migrants en europeS'appuyant sur les rapports présentés à un colloque organisé par le C.I.E. en 1973, Yves Charbit (1) brosse en 20 pagesun tableau de la situation des enfants de migrants en Europe et tente d'apporter des solutions. Il se limite à deux critères,à la fois essentiels et spécifiques, de l'enfance: les besoins de santé, et les besoins éducatifs.C'est dans la population immigrée quela mortalité infantile est la plus élevée enEurope, particulièrement la mortalité exogène(enfants âgés de plus d'un mois).Les causes sont multiples: insalubrité del'habitat, responsable de maladies etd'accidents (incendies), mauvaise surveillancede la grossesse de femmes que laméfiance empêche d'aller à l'hôpital, carencesnutritionnelles des enfants, quisouffrent fréquemment de rachitisme oud'anémies.Les enfants de migrants sont sous-scolarisés.Les parents entrés clandestinementcraignent d'être repérés par l'inscriptionde leurs enfants à l'école, descontraintes matérielles peuvent jouer(garde des nombreux frères et sœurs plusjeunes), le logement en bidonvilles encouragela marginalisation. Ces enfants ontpar ailleurs à affronter d'énormes difficultésliées à l'ignorance fréquente de la langueparlée dans le pays d'accueil, et àleur situation d'infériorité culturelle. Aussile taux d'échecs scolaires est-il très élevé.Les tests de Q.1. jouent un rôle néfaste:comme on peut s'y attendre, les enfantsde migrants réussissent bien aux épreuvesde performance, mais échouent auxépreuves linguistiques; or, les tests étantemployés comme moyen de sélection, cesenfants sont assimilés à des débiles légerset dirigés vers des SES (sections d'éducationspécialisée) avant de fournir à l'économieune main d'œuvre sans aucunequalification. Ainsi, on les « classe )} ,sans résoudre le problème.Mais la raison essentielle de ces échecsn'est-elle pas à rechercher dans les normesd'assimilation, d'intégration que lespays d'accueil imposent à ces enfantscomme à leurs parents? Ce qui leur estrefusé, c'est le droit à la différence, à uneidentité culturelle propre. C'est donc de cecôté qu'il faut placer les responsabilités.Dans cette situation, l'éclatement de lafamille est fréquent : le fils, qui parle lalangue du pays d'accueil mieux que lepère, supplante celui-ci, refuse sa cultured'origine, détruisant les structures traditionnelles.Désireux d'une assimilationtotale, l'enfant reçoit la découverte duracisme comme un choc terrible, souventdroit et liberté. nO 355. février 1977créateur de névroses. L'angoisse des filles,tiraillées entre des rôles féminins contradictoires,est particulièrement aigüe.En matière de santé, l'auteur fait despropositions concrètes: opposé à la créationde services sanitaires spécialisés,ségrégationnistes, il incite à développer,mais surtout à coordonner, les servicesexistants, sanitaires, sociaux et scolaires." évoque une expérience, faite à Bruxelles,d'hospitalisation à domicile, encouragele recours à des interprètes auprèsdu médecin, qui devraient être des femmespour tout ce qui touche à la sexualité; ilinsiste sur l'éducation des mères, délicatecar il faut enseigner l'hygiène sans imposerun modèle de comportement maternelopposé à celui du pays d'origine.Pour ce qui est de l'éducation, Y. C. faitune rapide étude critique de diversesexpériences européennes. Les aménagementsde la scolarité (classes d'accueil,d'initiation, etc.), pratiqués en France eten RFA. sont un pis-aller le plus souventinefficace; la politique anglaise de dispersiondes enfants de migrants, basée sur latrès contestable théorie du seuil de tolérance,a un relent de racisme et n'aide en~zo>>=Cio.c:tl.rien ces enfants. Beaucoup plus prometteusessont les expériences suédoises demaintien de la langue d'origine pour toutl'enseignement durant les trois premièresannées de la scolarité, et l'expérience desclasses interculturelles; en France, à Fontenay-sous-Bois,on tente d'appliquer undouble principe (avec des enfants portugais): maintenir les deux cultures, rendrepossible la réinsertion éventuelle dans lepays d'origine; en Suède, des journéesnationales sont organisées avec l'aide desenfants et des parents, leur permettantd'être fiers de leurs origines.L'article d'Y.C., très dense, parfois mêmeallusif, soulève de nombreux problèmesfondamentaux. Limité à la fois par sataille et par son sujet (les enfants, et nonl'ensemble du problème de la migration),il incite à lire autre chose; car comme lesouligne l'auteur lui-même, de véritablessolutions ne peuvent être trouvées quedans le cadre d'une politique globale.Viviane ROSEN(1) D'Yves CHARBIT, Chargé de recherche à l'institutNational d'Etudes Démographiques (INED) ln :Carnets de l' Enfance, (extraits du nO 32, oct. déc.75), UNICEF.Les sections d'éducation spécialisée,' pour des O.S. à perpétuité.27


•à travers la pressedes choses et des gens, il subit les conséquencesde son environnement culturelet politique ... Trop souvent, il n 'a pas suse départir de cette soi-disant neutralitéqui fut érigée en vertu et qui l'oblige àgarder le silence ... ii.Les enseignants ne sont pas racistes,mais font-ils tout ce qui est en leur pouvoirpour ne pas le devenir? Font-ils toutce qui devrait être fait pour que leursélèves ne le deviennent pas? ii_ nouvelle _aichaLe problème des enfants de migrantsest évoqué deci-delà dans les journauxet les magazines. Le danger de racismechez les jeunes également.L'Express, 18-24 octobre 1976 :(( Les écoliers de la Goutte d'Or )}.Les écoles de ce quartier accueillent40 à 60 % détrangers, de 17 à 20 nationalitésdifférentes : « enfants de nullepart, habitués à un sabir approximatif )).L'école maternelle de la rue Marcadetest, depuis 1971 , le terrain approximatifde Mme Michèle Berthoz et de son équipe.(Mme Berthoz a participé à notre colloquede Marly en 1974.) Résultats excellents.« Mais à quoi ça sert? objecte unsociologue ... Ce n 'est pas en sécurisantleur enfance à la maternelle qu'on peutrésoudre l'angoisse de leur avenir. )) C'estaprès que les vraies difficultés vont seposer. Mais il fallait bien commencer,ne serait-ce que pour prouver qu'il faudraitcontinuer.Le Nouvel Observateur, 30 octobre1976, publie la lettre d'une jeune institutricesuppléante qui déclare s'être trouvéedans les mêmes conditions qu 'AnnickM enu (d'un C.E.S. de Reims) qui s'estsuicidée 10 jours après la rentrée.« ... // n 'y avait dans mes classes quecinq ou six élèves maÎtrisant la languefrançaise (et uniquement à l'oral). //sétaient tous pour la plupart immigrés :de nationalités tunisienne, marocaine,espagnole, portugaise, turque, en Francedepuis seulement quelques années etparfois quelques mois. Les trois ou quatreFrançais qui fréquentaient ces classesétaient tous des cas sociaux, ou descaractériels, tous issus de milieux modestes.iiLa rédactrice de la lettre analyse lecomportement de ces enfants, leur agressivité,les ressources latentes au fond deleur cœur : « le plus terrible, c'est leurabsence d 'espoir face à la vie ... La structureéducative n 'est pas adaptée; ils yétouffent... On comprend que la bonnefoi et la volonté innocente d'une jeuneinstitutrice restent impuissantes ... Avantde faire quelque chose dans l'enseignement,faudra -t-il attendre que l'angois-28sant et triste exemple d'Annick se multiplie?))La Croix, Il novembre 1976, rendcompte d'un séminaire international consacréà (( l'enfant dans la société industrialisée})qui s'est déroulé du 4 au 8novembre près d'Orgeval (Yvelines). Ilétait organisé par l'International FalconMovement Socialist Educational, lesFrancs et Franches Camarades, l'Institutde formation, de recherches et de promotion.On y a beaucoup parlé des relationsparents-enfants, rendues plus difficilespar les conditions de travail (fatigue,temps de déplacement quotidien, etc.).du manque de structures de garde etd'accueil pour les enfants et les jeunes.On a été sévères pour la bande dessinéequi présente « des héros invincibles, volantde victoire en victoire, dans unesociété où il n 'y a ni famille, ni école, niusine, ni bureau, où la science est utiliséeà des fins destructives et meurtrières,où le racisme, le fascisme et la violences 'étalent à chaque page, où la femmen 'est présentée que comme un appât i).Education et développement, nO 112octobre 1976 (11 ru e de Cli chy, Paris g e ).publie un court article de notre ami,Pierre Grange : (( Les enseignants etles enfants sont-ils racistes? )} (le nO :9 F.)L'auteur montre que le petit Françaisentre à l'école « imprégné de poncifs racistes)i. Et l'école est d'elle-même « ségrégasionniste,parce qu'élitiste ii. Deplus, les films et les 8 .0 . entretiennentle s préjugés de l'enfant. Une enquête faitedans des écoles maternelles fait apparaître« qu'une des formes de racisme latentne demandant qu'à exploser était un sentimentde peur ii. Si bien que, alors quetous les psychologues s'accordent à direque l'enfant n'est pas spontanémentraciste, on voit apparaître le concept ra ­ciste vers 4 ou 5 ans, en provenance« d 'images mal regardées, de conversationsmal comprises ii.Et l'enseignant? « Comme tous sescompatriotes, il possède sa propre visionBon article à méditer. Rappelons que larevue Education et développementavait publié en mai 1975 un numéro spécial(prix 7 F) : Enfants de travailleursmigrants, recherches et expériences,orien~tions pédagogiques. Notre collaboratrice,M. C. Munoz, y a collaboré.Excellent numéro. Nous avons seulementregretté qu'une abondante bibliographie,accompagnée d'une liste d'organismes,ignore les travaux du C.L.E.P.R. et mêmeson existence, ainsi que les ouvrages denotre président honoraire, M . A. Bloch :Philosophie de l'éducation nouvelleet Racisme et enfance (ce dernier travaildans l'ouvrage collectif Racisme et société,Maspéro 1969). Ceci dit, nous neserons jamais de trop pour traiter de cesproblèmes et dénoncer les insuffisancesdu « système ii éducatif actuel.J.P.c.i.e.p.r." Education à la Fraternité" est la rubrique mensuelledu Centre de liaison des éducateurs contreles préjugés raciaux (C.l.E.P.R.).. Le C. l.E.P.R. développe ses activités: en organisant des rencontres et des débats entre éducateurs, en favorisa nt l'échange d'expéri ences entreense ignants, en leur fou rni ssa nt de la documentatio n.Président d'honneur : Marc-André Bloch. Présidence : Yves Boulongne, Jean Pihan, Olga Wormser-Migot.Montant de la cotisation:Membre actif: lOF.Membre donateur : 20 F. Membre bienfaiteur :à partir de 30 F.Adresser les adhésions au C. l.E.P.R. - 120, rueSaint- Denis - 75002 Pari s avec un chèque postal(3 volets) à l'ordre de Mlle Baboulène, Institut ri ce -C. L.E .P.R . (C.C. P. 18 177 3 5, Pari s) .Une nouvelle d'Albert Bensoussanen exclusivité pour droit et liberté- Jamais je n'ai voulu m'appeler Aicha. Passe encore au village,mais à la ville ... Passe encore à la Rampe Vallée avec laCasbah devant et ton père à la caserne, mais dans les beaux quartiersquand on a déménagé ... Passe encore à Alger, mais à Paris ...Moi, la seule avec un prénom arabe. Ma sœur, c'est Marie, passeencore pour Mariem, mieux encore pour Myriam, ça fait américain.Ma sœur, c'estJulie, alors là bravo, il y a même une opérette,mais ta tante est noire de cheveux et la peau brune, enfin, Julie,c'est bien français. Même mes frères, ils en ont de la chance, ily a Léon le tailleur, il y a les forgerons, Samuel et Simon, et il y aAlfred, le bourrelier, tous réinstallés en France et sans aucun problème.Mais moi, sur ma carte d'identité, sur le livret de famille,à la sécurité sociale, et pour le moindre mandat que tu m'envoies,mon fils, Dieu te bénisse : - C'est vous, Aicha? La honte! Et leregard lourd sur tout ce qui sent la terre lointaine d'Algérie, laterre perdue, et moi avec cet héritage d'un nom que je n'ai pasvoulu. Je rugissais: le chat,il est à la cuisine ... Le chat? Il n'y a pasde chat ici ... C'est qu'elle est terrible, Tétère, avec ses façons defaire et de m'appeler, et en beuglant encore, que tout le mondel'entende! Ça fait cinquante ans qu'on a quitté le village, et elle,ma cousine, comme si le temps s'était arrêté: Aicha! Aicha!. .. Lechat, il est resté là-bas.- Avec mémé Sultana et pépé Messaoud.- Oui. ..Papa me réveillait le matin avec le premier rayon, avec le premiercafé de la journée, et il me disait: Aicha ... ya benti •.. ma fille ...larziza ... ma chérie ... Aicha. Et quand je partais à la fin des vacances,il rabattait son turban .sur ses yeux et m'embrassait, mais samoustache était toute mouillée ...- Il parlait arabe tout le temps?- Mon père, il parlait très bien le français. Et pourtant il n'yavait pas d'école encore dans la commune mixte de Montagnac.- Vous l'appeliez Remchi, le village ...- Maintenant il n'y a plus de doute, mais à l'époque c'étaitMontagnac, du nom d'un général. A cette heure, ils sont touseffacés sur les cartes les Montagnac, Nemours, Clauzel, Randon,et les batailles de l'Empereur, Marengo, Rovigo, Echmühl. .. touta été balayé, il paraît. Nous, on l'appelait Remchi, notre village,tant qu'on a habité là-bas, mais à la ville, si l'on me demandaitd'où je venais, je francisais, forcément, je disais Montagnac. Ily a toujours eu les deux noms ... Alors pourquoi moi je n'ai pasdeux prénoms? L'un pour la bouche de pépé et l'autre pour lesgens de la ville, et maintenant en pleine capitale : Aicha, qu'ellem'appelle Tétère, quelle honte! Tétère, je t'en supplie, appellemoiAlice, ici on est en France.- A Remchi c'était mieux Aicha, tu avais tous les caïds au magasinen toute confiance.- Ils me respectaient tous ... Ils me saluaient poliment en baidroitet liberté. nO 355 • février 1977... Au village où nous n 'irons plus.sant deux doigts de leur main, et moi je leur vendais tout ce que jevoulais, la semoule, l'huile, le sucre, les grands pains comme despetits pains ... Sauf celui- là à qui ils embrassaient la tête, lesArabes du village, comme si c'était un saint, un marabout, quoi!Moi je disais à Yahia : tu n'as pas peur des poux? Ne parle pascomme ça, Aicha, il me disait, la lèvre navrée, c'est un hadj, sidiBoumendjel. Un hadj, lui? Un voleur, oui. Ne te moque pas, mademoiselleAicha, tu vas nous porter millheur ... Alors Je l'ai caché,Yahia, derrière le comptoir, on s'est cachés tous les deux quandsidi Boumendjel est entré dans le magasin et s'est arrêté devantle sac de blé sans interrompre ses prières. On l'a bien vu, il dégrafaitsa djellabah, il avait une petite poche cousue à la ceinture qu'ilapprochait discrètement du sac, et il poussait d'une main nonchalanteet pieuse non pas les grains de son chapelet mais unebonne poignée de la récolte tout en psalmodiant : Et allez dedanset Allah est grand et allez dedans et Allah est grand ... J'ai arrêtéle bras de Yahia et je me suis levée d'un bond en criant au soi-disantMarabout: Allah il est dans ton pantalon ... Du coup il a vidéson sac et il est parti en nous laissant ses babouches. Et on n'aplus jamais entendu parler de sidi Boumendjel. Moi je savais veillerau grain.- Quand tu t'appelais Aicha, au village où nous n'irons plus.Albert Bensoussan est, en particulier, l'auteur de «Frimaldjezaf)i,roman paru chez Calmann-Lévy (voir d.1. n° 352, p. 27).29


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