Calédonie - Bois et forêts des tropiques - Cirad

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Calédonie - Bois et forêts des tropiques - Cirad

24BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERREPLANTATION / REHABILITATINGPeuplement d’Araucaria rulei en cours dedestruction par l’exploitation minière.Stand of Araucaria rulei being destroyedby mining.Photo O. Voisin.Impactde la minesur la végétationOn observe en Nouvelle-Calédonieune flore riche de plus de 3 000espèces de végétaux à fleurs. Leniveau d’endémisme est exceptionnelpuisque les deux tiers des espècesn’existent que sur cet archipel. Cinqfamilles sont propres à la Nouvelle-Calédonie. La richesse en gymnospermesest inhabituelle ; ainsi, onrecense quinze genres, dont troisendémiques, et quarante-troisespèces (Jaffré, 1995). Par exemple,treize espèces d’araucaria sur les dixneufque compte la planète sont néocalédoniennes.C’est en Nouvelle-Calédonie que se trouve la seulegymnosperme parasite au monde,Parasitaxus ustus, qui vit au détrimentd’une autre espèce de la mêmefamille des podocarpacées, Falcatifoliumtaxoides. Une telle variétéconcentrée sur un petit espaceentraîne une grande vulnérabilité.Des espèces disparaissent avantd’être recensées, ou même étudiées.En tout, 1 137 espèces sont à la foisendémiques du territoire et des terrainsminiers.Sur les sols formés à partir deroches ultrabasiques (péridotites etserpentinites), se développe une formationvégétale arbustive appeléelocalement « maquis minier ». Elles’est formée aux dépens de la forêthumide détruite en partie par l’exploitationforestière et surtout par lesfeux. Aussi, d’après l’Union mondialepour la nature (UICN), 32,4 % desespèces de la flore du maquis présententun risque plus ou moins fortd’extinction. Même s’il existequelques réserves de faune et deflore, la gestion d’un tel patrimoinedépend donc essentiellement desmesures de protection que lescentres miniers prendront à l’égardde cette végétation.La reconstitution de la floredétruite est difficile car elle s’effectuesur des sols qui ont une faible fertilité(carence générale en phosphore,potassium et azote) et une grandesensibilité à l’érosion. De plus, lesteneurs en fer, chrome et cobalt sontélevées. La richesse de ces sols ennickel et manganèse les rendtoxiques pour les plantes. Le déséquilibrecalcium-magnésium aggrave lescontraintes chimiques. Le processusnaturel de recolonisation des espacesdégradés est excessivement lent etpeut même être inexistant. Malgré laprésence aux alentours de nombreusesespèces pionnières, la reconquêtevégétale est compromise parles conditions de stress – vent, ensoleillement,pluies cycloniques maisaussi sécheresse prolongée – qui prédominent,et surtout par le manquede matière organique. A fortiori, lesgraines d’espèces forestières, placéesdans ces conditions, n’ontaucune chance de survie.Aussi, au-delà d’un simplereverdissement pour assurer unecouverture végétale et protéger lessols contre l’érosion, paraît-il nécessairede demander aux sociétésminières d’œuvrer à la restaurationécologique durable des terrainsdégradés par leurs activités.La rechercheLes premiers essais ont commencéil y a une trentaine d’années,dans le sud de la Nouvelle-Calédonie,avec le soutien financier des sociétésminières. Le CTFT a travaillé dans unpremier temps sur les espèces introduitescar, en termes financiers, lestechniques faisant intervenir dessemences d’espèces commerciales,ligneuses ou herbacées, sont lesmoins coûteuses. Mais les essaismenés avec ces plantes n’ont pasdonné les résultats escomptés. En cequi concerne les essences ligneuses,ni les acacias australiens, ni les eucalyptusn’ont pu s’adapter aux conditionsde pauvreté chimique et à latoxicité des sols (nickel et magnésium).Seuls les pins ont relativementbien survécu, mais il leur est reprochéun port trop éloigné des essenceslocales (pollution visuelle), une tendanceà l’envahissement et une litièredéfavorable à la régénération naturelle.Trois espèces de pins tropicauxont été testées (Pinus caribaea, P.oocarpa, P. elliottii), ainsi que denombreuses légumineuses de la


26BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERREPLANTATION / REHABILITATINGment sur ce substrat et peuvent êtrerécoltées assez facilement sous formede graines, ou sont faciles à multiplierpar boutures. Les espèces amélioratricesdu sol ont été particulièrementrecherchées ainsi que les espèceshyper-accumulatrices de nickel.Ces végétaux amorcent la successionécologique, pour une restaurationdu milieu initial. Un essai a étémis en place en altitude (730-770 m),à Thio, dans trois sites différentsreprésentant les zones d’extraction duminerai et les décharges (tableau I).Grâce aux résultats de ces essais,il a été possible de proposer aux sociétésminières et aux services provinciauxdes espèces et des techniquessuffisamment fiables pour entreprendredes programmes de reboisementà grande échelle. Mais on seheurte encore aux coûts trop élevés dela revégétalisation pour envisager larestauration de l’ensemble des terrainsdégradés par l’activité minière. Aussia-t-il été décidé récemment de mettreen place des expérimentations pourréduire au minimum les intrants nécessairesà la réussite de ces opérations.Elles portent sur les modalités d’incorporationdes engrais minéraux, lesquantités de matière organique (compost,fumier, litière), l’incorporationd’hydrorétenteur au trou de plantation(diminution du stress hydrique,meilleure absorption de l’engrais),l’apport de chaux ou d’acides humiques.Ces essais ont été mis en place,presque simultanément, près deNouméa (mine de Rouvray), sur la côteouest (mine de Tomo) et sur la côte est(mine Monastir).Analyse destechniques derevégétalisationAprès 1975, les dégradations dela couverture végétale, l’érosion desversants et la pollution des rivièressont devenues catastrophiques, etles plaintes des habitants ont commencéà affluer. De plus, l’émergenced’un souci écologique a commencé àporter ses fruits. La mise au point denouvelles techniques modernes parla Société Le Nickel (SLN) a permis laconstruction de routes sans usage debulldozers, le stockage stable desmatériaux pauvres en nickel et l’édificationde barrages faisant office dedécanteurs. Depuis, ces méthodessont devenues la règle et ont étéadoptées par toutes les compagnies,y compris les plus petites.Ce n’est, cependant, que depuisle milieu des années 1990 quequelques grandes sociétés minièresont commencé les travaux de revégétalisationà grande échelle. Il s’agitessentiellement de la SLN, à partir de1993, et de la SMSP (Société minièredu Sud Pacifique), en 1997. Faute decadre légal, chacune développe,selon ses propres critères, sa stratégie.Les moyens financiers mis en jeupour la protection de l’environnementsont affectés essentiellement austockage des produits stériles et à lamise en place d’ouvrages de protection.Selon les données publiées parla SLN (réunion Nappec 1997), lesmontants engagés sont les suivants :▪ création des verses et modelage,19 millions de francs (3 millionsd’euros) par an ;▪ ouverture propre des routes,5,5 millions de francs (800 000 euros)par an ;▪ barrages filtrants, contrôle deseaux, 2,8 millions de francs (430 000euros) par an ;▪ revégétalisation, 2,8 millionsde francs (430 000 euros) par an.La revégétalisation proprementdite ne représente donc qu’environ10 % des travaux liés au maintien del’environnement de la mine.Reverdissement par desespèces introduitesPour réduire l’érosion que leseaux de ruissellement provoquent surles talus, les sociétés de revégétalisationutilisent des végétaux allochtonescomme des acacias ou des graminéespour réaliser rapidement, et àbon prix, un reverdissement rapidequi permet d’enrayer sans tarderl’érosion. Cela nécessite, au préalable,l’apport d’engrais minéral etsurtout organique. Dans ces conditions,l’utilisation d’herbacées tellesque le « Rhodes grass » (Chlorisgayana) ou le vétiver (Vetivera), expérimentéesen 1996, à Poya, s’est avéréeintéressante pour stabiliser lestalus. Mais il est difficile d’empêcherles espèces introduites de concurrencerles espèces endémiques, quiassurent pourtant le reverdissementà plus long terme.Tableau I.Hauteur moyenne (en cm) des différentesespèces par site après huit ans(1992-2000). Essai 508 à Thio.Espèces Moyenne Décharge Crépuscule Décharge Haut-Crépuscule Mine NingaCasuarina collina 342 395 208 422Gymnostoma webbianum 148 109 128 208Gymnostoma poissonianum 148 135 159 149Acacia spirorbis 125 155 108 113Grevillea exul exul 74 96 83 43 (cyclone)Grevillea exul rubiginosa 72 84 84 47 (cyclone)Carpolepis laurifolia 65 52 84 57Gymnostoma chamaecyparis 63 55 54 81


BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERRÉVÉGÉTALISATION / RESTAURATION27La technique qui consiste àrecouvrir les verses par des matériauxplus propices à la croissancedes espèces végétales, en transportantdes sols alluvionnaires de la valléevers la mine, coûte cher ; elle nepeut donc s’appliquer qu’à des surfaceslimitées, et pour des résultatscontradictoires. En effet, on assisteparfois à une invasion de plantesadventices qui nuisent à l’installationde la flore locale, puis qui disparaissent.Des résultats positifs ont étécependant constatés à Kouaoua(SLN). De meilleures performancessont obtenues avec l’utilisation, surdes verses, de la couche superficielledu sol à l’ouverture de la mine. Cettetechnique a été employée par la SLN,à Kongouhaou, mais le décapage et larécupération de la couche humifèresont souvent rendus difficiles par laminceur de cette couche et la présencefréquente d’une cuirasse de fersuperficielle. Pour être efficace, cetteméthode ne doit pas nécessiter unlong stockage avant l’épandage, souspeine de perdre la plus grande partiede l’intérêt de cet apport.Il est cependant possible d’envisagerla revégétalisation par desplantations de végétaux endémiquesadaptés au substrat. Les essences àcroissance rapide, comme Acacia spirorbiset Casuarina collina, sont desespèces fixatrices d’azote et doncamélioratrices des conditions demilieu. Autres avantages, elles sonttrès répandues, produisent degrandes quantités de graines et ellessont faciles à élever en pépinière. Cesont donc les plantes locales qui sontles moins onéreuses à produire. Parcontre, en plantation dense, cesessences empêchent, au moins dansun premier temps, la régénérationdes espèces pionnières du maquisminier. C’est le cas de la plantationréalisée par la province Sud près deNouméa (mine « De Rouvray »), où8 ha ont été revégétalisés avec cesdeux espèces. Cinq ans après, l’importantelitière produite par cesplantes se transforme en humus,mais les plantules observées sontencore essentiellement de l’Acaciaspirorbis. Tant que ces espèces couvrenttotalement le sol, le développementd’autres végétaux sembleimpossible. En revanche, dans lesessais datant de plus de vingt ans, ledépérissement progressif de cesdeux ligneux permet la régénérationd’espèces locales variées.On peut aussi planter la plusgrande gamme possible d’espècesendémiques, de façon à reconstituerdès l’origine une végétation proche dela diversité de la flore du maquis. Onsait aujourd’hui assurer la multiplicationd’environ trente espèces et, sinécessaire, la multiplication d’espècesemblématiques d’une région donnée.La plupart des espèces ainsi mises enplace ont une croissance lente (parfoisquelques millimètres de hauteur par an)Essai sur la croissance du bois de fer et des espèces endémiques à la mine de Tomo.Test on growth of ironwood and species endemic to the Tomo mine.Photo J.-M. Sarrailh.Revégétalisation par desespèces endémiques


28BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERREPLANTATION / REHABILITATINGPlantation d’Acacia spirorbis (gaïac)à la mine de Rouvray.Plantation of Acacia spirorbis (gaïac)at the Rouvray mine.Photo J.-M. Sarrailh.et, pour assurer une couverture suffisantedu sol, il convient de maintenirdes densités élevées (10 000 pieds àl’hectare). Heureusement, certainsarbustes se développent suffisammentvite pour permettre des plantations àdes densités raisonnables. C’est le casd’espèces de la famille des protéacées(Grevillea exul, G. gillivrayi…) et decelle des myrtacées (Carpolepis laurifolia,Arillastrum gummiferum…).Plusieurs espèces de la famille descasuarinacées (Gymnostoma deplancheanum,G. chamaecyparis) et decelle des mimosacées (Serianthes calycina)donnent aussi de bons résultats.Sur les talus, des techniquesd’ensemencement hydraulique sontutilisées avec des mélanges de graminéesà reprise immédiate et de cypéracéesendémiques dont la germinationest souvent lente (Costularia comosa,Schoenus juvenis…). Cette techniqueest encore d’un coût élevé (275 à1 100 FF le kilo) car la récolte desgraines de cypéracées fertiles nécessiteune main-d’œuvre abondante. Cecoût peut encore augmenter avec l’utilisationde nattes végétales importéespour le maintien des graines et la stabilisationdu talus. À titre d’exemple, laSLN annonce des montants de l’ordrede 550 000 FF l’hectare (84 000 euros).Cette technique se heurte pour l’instantà un problème d’approvisionnementen graines (5 000 graines parmètre carré), mais la mise en place dechamps semenciers débute et devraitpermettre, dans le futur, de disposerdes stocks de semences nécessaires etd’abaisser ces prix.Politique dessociétés minièresChaque société applique sespropres méthodes pour réaliser cestravaux. La SLN travaille directementavec une société spécialisée dans larevégétalisation : la Société internationalede réhabilitation et d’aménagementdes sites du Pacifique (Siras-Pacifique). À partir d’un programmedéfini par la compagnie minière, cettesociété réalise elle-même les différentesétapes nécessaires à cetterevégétalisation, depuis la récolte desgraines et l’élevage des plants enpépinière jusqu’à la plantation ou l’ensemencementhydraulique (hydroseeding).Elle peut ainsi planter presqueexclusivement des plantes endémiques(92 %), ce qui accroît le coûtde la réhabilitation. Le budget de laSLN pour la revégétalisation étantactuellement limité, les surfacesconcernées sont donc réduites. Maiscela permet à cette société d’afficherune politique volontariste de sauvegardedes espèces. Dans le cas de lamine de Tiebaghi, au nord de l’île, ellea mis en place un programme de plantationd’espèces rares menacées(Araucaria rulei, Macadamia angustifolia…).Au total, ce sont plus de300 000 plants qui ont été mis enplace depuis 1993 par cette société.La SMSP, qui possède son propreservice de l’environnement, travailleavec de petites entreprises qui s’occupentprincipalement de la mise enplace des plants. À charge pour laSMSP ou les entreprises de récupérerles plants chez les pépiniéristes. Pourrevégétaliser des superficies importantesavec un budget un peu pluslimité que la SLN, cette société a privilégié,dans un premier temps, l’utilisationd’espèces exotiques ou locales àcroissance rapide (Acacia spirorbis,Casuarina collina). Ainsi, à Poya, lesemis de graminées associé à la plantationde vétiver et de Calliandra calothyrsusou d’Acacia ampliceps a permisd’obtenir, dans un délai court, uncouvert végétal qui stabilise les sols.Cela nécessite au préalable une améliorationdu sol, par une fertilisationminérale, l’apport de matière organiqueet l’utilisation d’hydrorétenteur.Des plantes endémiques sont aussiplantées (Xanthostemon aurantiacum…).Depuis 1997, la SMSP a réaliséla plantation de près de 50 000 plantssur ses sites miniers.Goro-Nickel, qui a inauguré finoctobre 1999 l’installation d’une usinepilote dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, a mis elle-même en placeune pépinière d’espèces endémiquesavant le début de l’exploitationminière. C’est ainsi que cette société amis en avant le concept de « revégétalisationanticipée », puisque 30 000plants d’espèces endémiques (dontles espèces rares de gymnospermesRetrophyllum minor et Araucaria muelleri)ont été élevés en pépinière et undébut de plantation a été réaliséautour de la base-vie, sur d’anciensstocks de latérites et des versantsdégradés.On peut ajouter à cette liste, lestravaux de la Société minière GeorgesMontagnat (SMGM) à Tontouta, à partirde 1999, et ceux de Falconbridge,commencés en 2000 sur le massif duKoniambo (près de Pouembout).


BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERRÉVÉGÉTALISATION / RESTAURATION29Politiquedes collectivitésLa Nouvelle-Calédonie estdésormais un pays d’outre-mer. Elledoit respecter les conventions internationalessignées par la France(convention sur le commerce desespèces, par exemple), mais, selonson statut, les lois nationales surl’eau, la protection de la nature et dulittoral n’y sont pas applicables. Dansle cas de la réhabilitation des vieillesmines abandonnées, fermées avant1976, la plupart des entreprises quiœuvraient alors n’existent plus.Comme la compétence environnementaledépend, en Nouvelle-Calédonie, des provinces, elles sontamenées à réaliser des travaux derevégétalisation. Ainsi, en 1993, laprovince Sud a réhabilité la mine « DeRouvray », située à quelques kilomètresde Nouméa. Couvrant 8 ha,ces travaux ont été réalisés avec dugaïac et du bois de fer, en plantationspures, à la densité de 2 500 tiges àl’hectare. L’utilisation, dans le trou deplantation, de 1,6 litre de fumier depoule et, en surface, de 2 litres delitière à base d’écorce de pin a favoriséle développement des arbres etla réussite de cette plantation estspectaculaire. Une deuxième tranchede travaux a été réalisée en 1999, sur13 ha, avec une évolution des techniques,puisque les deux espècesdéjà utilisées n’ont été plantéesqu’en bordure de talus, tandis que lespentes et les replats étaient plantésen espèces endémiques (Grevilleaexul, Carpolepis laurifolia…) ou indigènes(Dodonea viscosa). Les communes,ou la Nouvelle-Calédonie,peuvent également réhabiliter dessites miniers. La commune de Thio apu ainsi réaliser entre 1991 et 1994 laplantation d’environ 27 000 gaïacs etbois de fer sur les mines du plateaude Thio. La Nouvelle-Calédonie, grâceau Fonds de concours pour le soutienconjoncturel du secteur minier(FCSCM), a entrepris, fin 1999 àCanala, des travaux de plantation surla mine Monastir et sur des versesdans la vallée de la baie Ouango. Plusde 7 000 plants d’espèces du maquisminier et près de 10 000 gaïacs etbois de fer ont été plantés sur 3,3 ha.Plantation d’Acacia spirorbis et de Carpolepsis laurifolia réalisée par le Siras-Pacifiqueà la mine de Thio. À gauche, on aperçoit également Alphitonia neocaledonia.Plantation of Acacia spirorbis and Carpolepsis laurifolia established by the Siras-Pacifiquecompany at the Thio mine. On the left we can also see Alphitonia neocaledonia.Photo Guinaudeau.Ensemencement hydraulique d’espèces endémiques sur le massif du Koniambo.Projet Koniambo Falconbridge-SMSP.Hydraulic seeding of endemic species in the Koniambo range. Koniambo Falconbridge-SMSP project.Photo J.-M. Sarrailh.


30BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERREPLANTATION / REHABILITATINGConclusionPendant longtemps, les techniquesd’extraction minière ont défigurécertaines régions de la Nouvelle-Calédonie sans véritable réaction despopulations. La Nouvelle-Calédonie adésormais un nouveau statut (accordsde Nouméa du 5 mai 1998), permettantla mise en place d’une nouvelleréglementation minière. Le réaménagementdes sites miniers deviendraprobablement obligatoire. Cette revégétalisationdevra concilier desmoyens budgétaires limités avec unminimum de restauration écologiqueet des surfaces à traiter importantes.Déjà la réhabilitation des sites commenceà tenir compte de la diversitédes espèces du milieu original et de laconservation d’espèces rares localiséesautour de la mine.Face à la diversité de la flore dumaquis minier, les techniques utiliséestentent d’amorcer à faible coût lasuccession écologique normale pourque le milieu puisse s’enrichir naturellementen termes de biodiversité, afind’aboutir à une restauration progressivede la flore et de la faune.La plantation du gaïac et du boisde fer permet des résultats rapides,mais désormais le service des minespréconise de ne plus les utiliser enplantation pure et à trop forte densité.Aussi, aujourd’hui, ces espèces sontellesprincipalement utilisées en bordurede talus, dans un but paysager.Sur les plates-formes, les plantationssont le plus souvent assuréesavec des espèces du maquis minier, àcroissance moins rapide, commeGrevillea exul, Carpolepis laurifolia,Dodonea viscosa, Arillastrum gummiferum,Alphitonia neocaledonica. Leprix de ces plants est désormais àpeine supérieur à celui du gaïac(Acacia spirorbis) et du bois de fer(Casuarina collina). On a ainsi un boncompromis pour réaliser la reconstitutionrelativement rapide de la végétationoriginelle.Malgré la baisse régulière duprix des plants, la plantation reste unetechnique onéreuse. Le semis directpar ensemencement hydrauliquesemble la seule voie qui permetted’abaisser véritablement le coût de larevégétalisation. Pour l’instant, on seheurte encore à la difficulté de fournitureen quantité suffisante de grainesd’espèces locales. La mise en placede vergers à graines et l’améliorationdes techniques de récolte devraientpermettre de résoudre ce problèmeassez rapidement.RéférencesbibliographiquesJAFFRÉ T., RIGAULT F., SARRAILH J.-M.,1994. La végétalisation des ancienssites miniers. Bois et Forêts desTropiques, 242 (4) : 45-55.JAFFRÉ T., 1995. Distribution andEcology of the Conifers of NewCaledonia. In : Ecology of the southernconifers. Enright Neal J., Robert S.(éd.). Hill, Australie, MelbourneUniversity Press, 171-196.MERCKY S., 1998. Rhizobactériesnatives de Nouvelle-Calédonie, promotricesde la croissance des plantes.Thèse de doctorat, Universitéfrançaise du Pacifique, Nouméa,Nouvelle-Calédonie, 122 p.SARRAILH J.-M., 1997. Native or exoticplants for mining sites. Experimentsin New Caledonia. In : Forage productionand rehabilitation of mine sites,NAPPEC Regional workshop.Nouméa, Nouvelle-Calédonie,Commission Pacifique Sud, 41-44.Revégétalisation d’une verse sur unemine de la SMSP, à Poya.Replantation of a tip on the SMSP mine,at Poya.Photo J.-M. Sarrailh.


BOIS ET FORÊTS DES TROPIQUES, 2002, N° 272 (2)DOSSIERRÉVÉGÉTALISATION / RESTAURATION31SynopsisTHE REPLANTATION OFMINING SITES: THE NEWCALEDONIAN EXAMPLEJean-Michel SARRAILHThe impact of mining on vegetationNew Caledonia is an archipelagoof 19 000 km 2 covered by a significantlayer of ultrabasic rocks on onethird of the area of the main island,making it the world’s number threeproducer of nickel. The island is characterizedby having an outstandingnumber of endemic species, with 1137 species endemic to NewCaledonia and its mining land. Thelarge number of gymnosperms (softwood)is unusual, with 43 species(including 13 species of araucaria)recorded. One third of the species inthe scrubland where mining is carriedout risk becoming more or lessextinct. For lack of any restrictive regulations,up until the mid-1970s, companiesmining for nickel systematicallydumped rocks and sterilelaterites in valleys. This resulted inthe destruction of vegetation downstream,degradation of watercourses,and pollution of the lagoon.Over the past few years, in addition tomodern methods used to reduce theimpact of mining on erosion, replantationprogrammes are being introducedby the major mining companies.ResearchProjects have involved the study offactors favourable to the establishmentand development of plantspecies: selection of suitable speciesand ecophysiological description ofthese species; speeding up propagationprocesses (germination, cuttings...);seed conservation; environmentalimprovements (fertilizers,organic matter, reduction of hydricpressures, introduction of bacteriaand mycorrhizae.Résultat de la revégétalisation 15 ans après.Result of a replantation programme, 15 years later.Photo J.-M. Sarrailh.Research work is still being conductedtoday on micro-organisms inthe soil and environmental improvements.A project will shortly be eembarkedupon to model the growth ofscrubland plants in relation to theenvironment.Analysis of replantation techniquesTechniques involving seeds of introducedcommercial species, ligneousand herbaceous alike, are the leastcostly, but tests carried out on thesespecies have very frequently ended infailure. However, leguminous specieslike Calliandra calothyrsus and Acaciaampliceps are being used with somesuccess.Two local nitrogen-fixing species,Casuarina collina and Acacia spirorbis,are fast-growing. But in pureplantations they do not encouragenatural regeneration. Some speciesfound in mining scrubland grow sufficientlyfast to be used at reasonabledensities. This is the case withspecies belonging to the family Protaceae(Grevillea exul, Grevillea gillivrayi...)and the family Myrtaceae(Carpolepsis laurifolia, Arillastrumgummiferum...). Good results are alsobeing obtained with several speciesbelonging to the family Casuarinaceae(Gymnostoma deplancheanum,Gymnostoma chamaecyparis)and the family Mimosaceae (Serianthescalycina). On slopes and embankments,hydraulic seeding techniquesare being used with mixtures of grasseswith instant take-up and endemicCyperaceae, whose germination isoften slow (Costularia comosa,Schoenus juvenis...). This method isstill expensive because the harvestingof fertile seeds of Cyparaceaecalls for a lot of labour.Mining companies have developeddifferent strategies for complyingwith the three main targets of replantation:erosion control, landscaperehabilitation, and ecological restoration.So the Le Nickel company usesendemic species almost exclusively,despite their high cost. The SudPacifique mining company makes abroader use of introduced and fastgrowingspecies, to cover largerareas.

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