Construction de commissariats et de gendarmeries ... - Ile-de-France

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Construction de commissariats et de gendarmeries ... - Ile-de-France

© isabelle Eshraghi/agence vuEN en VUE vue 3Je suis heureux là où jePar rapport au Canada et à la78Issouvis, “ au calme, avec tout àScandinavie, “ où j’ai vécu, il y a iciColombes92disposition : la gare de l’Estune vie nocturne. En revanche,9477en 13 min, le bus à partir dule matin, il y a moins d’activité :château de Vincennes. les Parisiens se lèvent tard !Louis SOGO, Chelles (77) ’’Susan DESJARDINS, Paris (XVII ’’e )en chiffres | focus |1 445hectares ont étéurbanisés dans leszones inondablesentre 1982 et 1988.(Source :IAU Île-de-France.)63 % deslibrairesfranciliens répondent« oui » à la question :« Si vous deviezrecommencer, seriezvouslibraire ? »(Source : Le Motif.)© isabelle Eshraghi/agence vu30 % desFranciliensconsommentl’eau en bouteille et23,8 % ne boiventque de l’eau durobinet. (Source :ORS Île-de-France.)concertation Jusqu’au 31 janvier 2011Arc Express : le débatpublic bat son pleinDepuis le 30 septembre, les Franciliens sontappelés à se prononcer sur Arc Express, le projetrégional de métro automatique autour de Paris. Ilsont jusqu’au 31 janvier 2011 pour assister à l’unedes 21 réunions publiques organisées dans denombreuses communes concernées.transport h Ce 4 novembre, la salle desfêtes de Saint-Maur-des-Fossés (94) a desallures de RER A. On se presse, on peine àentrer. L’objet de cette mobilisation exceptionnelle: Arc Express. Il est vrai qu’ici leprojet offre plusieurs variantes, avec destracés rose, bleu ou vert. « Le vert répondaux attentes des salariés, lance Pierre. J’espèreque Saint-Maur ne ratera pas le train. »Un président d’association de commerçantss’inquiète de l’impact des travauxet revendique « le droit au bonheur ». « Laqualité de vie, ce n’est pas que le calme,rétorque Laurent. C’est aussi réduire lestemps de transport. » Certains plaidentpour une infrastructure aérienne, surpilotis. D’autres voudraient une variantepassant au sud de la boucle de la Marne.« Nous allons faire un test en termes de trafic,vous aurez les moyens de comparer »,répond Jean-François Hélas, au nom dumaître d’ouvrage, le Syndicat des transportsd’Île-de-France (Stif).Avec ses 60 kilomètres de long et 74 communestraversées, Arc Express est le projetphare des opérations de transports prévuespar la Région pour améliorer les déplacementsen banlieue. Ces réunions publiquespermettent au Stif de présenter le projet etaux riverains, associations ou élus de poserleurs questions et de formuler leurs suggestions.Quant à ceux qui ne peuvent pas sedéplacer : un site internet dédié leur permetde poster des questions et de contribuerainsi au débat. • j. v. et p. c.hhwww.arcexpress.fr. Sur la concertation et les réunionspubliques : www.debatpublic-arcexpress.org.© David Sauveur/Agence Vu© David Sauveur/Agence VuFin de l’Expositionuniverselle de Shanghai.Consacré aux bonnespratiques urbaines,le pavillon Paris Île-de-France a reçu 1,8 millionde visiteurs en six mois.www.iledefrance.fr.Jean-François Hélas, directeur du projetArc Express au Syndicat des transportsd’Île-de-France (Stif).« Cette réunion à Saint-Maur a faitprogresser le débat. La participationétait importante et les échangesétaient proches des préoccupations duterritoire. La position d’un certain nombred’habitants de la boucle, un secteur biendesservi par le RER A, était attendue. »Charly Florandeau,Saint-Maur-des-Fossés (94).« J’avais unequestion à posersur la gare deChampigny etson éventuelleconnexion avecArc Express.J’ai trouvé laréponse un peuévasive… Maisle projet de métroautomatiquea l’air alléchant,avec beaucoup depoints positifs. »« Je voulais ensavoir plus surla variante vertedu tracé quim’intéresse.Le problème,c’est que laplupart des gensqui participentà ces débatssont rarementceux qui utilisentdes transportsen commun. »Jacqueline Barrée-Alini, La VarenneSaint-Hilaire (94).© David Sauveur/Agence VuH(75)Paris 12 eBien vu !L’Institut de lavision accueilledésormais unincubateur d’entreprisesdédiéesà l’ophtalmologieafin de les accompagnerdansleurs projets.(77) Roissyen-BrieEn route. En plusdu Pam 77, unnouveau servicede transportexiste, avecRoissy’lien, quis’adresse aussiaux personnesrencontrantdes difficultésde mobilitépassagères.(78)Maisons-LaffitteClap. Passageau numérique,rénovation de lafaçade, aménagementdu halld’accueil : lecinéma d’art etd’essai L’Atalantefait peau neuve,douze ans aprèssa construction.(91)MontgeronVictoire pourRosa Parks.Le lycée deMontgeronportera le nomde cette figureemblématiquede la lutte contrela ségrégationracialeaux États-Unis.(93) Aulnay-Sous-BoisLa ville a la mainverte. Elle a reçule prix Natureparifrécompensantses efforts pourla biodiversité etl’entretien de ses225 ha d’espacesverts.© Franck Ferville/Agence Vu© Bertrand Desprez/Agence VuTEMPS FORTS| |Un mois d’ivresses,sans modérationL’automne, vu des arbresChellesSaint-Maur-des-FossésAux Vaux de Cernay (78), le texte de Cueco, Dialogueavec mon jardinier, lu avec gourmandise par Jean-PierreMarielle, répond aux œuvres de Satie et de Debussy.Musiques japonaises, grands crus de cacao, lectures,mezze, chants iraniens ou chœurs des îles Féroé : du5 septembre au 10 octobre, le Festival d’Île-de-Francea transformé en terres de rencontres artistiques lesplus beaux sites de la région : le musée du Quai-Branly(75), la ferme de la Haute Maison à Saint-Loup-de-Naud(77), l’abbaye de Port-Royal-des-Champs (78), etc. •Mieux que quiconque, Alfred Sisley savait saisir l’écoulementdes saisons. L’impressionniste aimait les arbres,les peupliers de Moret-sur-Loing (77) ou les châtaigniersséculaires du bois de Tournebride, à La Celle-Saint-Cloud (78). Un travail d’observation désormaisrepris par tous les Franciliens, invités par Natureparifà prendre part à un exercice de science participative.Jusqu’au 30 novembre, 12 espèces d’arbres, dont leschâtaigniers, les chênes, les platanes ou encore lessaules, sont auscultées et les moindres signaux de l’arrivéede l’automne sont recensés. But de l’opération :mieux comprendre l’influence de l’élévation de la températuresur le calendrier des saisons. •îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


faits et gestes 5États généraux de la conversion écologique et socialeEncourager un nouveaumodèle de développementAccompagner territoires et secteursd’activités vers une croissancedurable, sociale et environnementale,c’est l’objet des états généraux lancéspar la Région.économie h Transport, bâtiment,agriculture, tourisme, économienumérique… Ces secteurs porteursde l’économie franciliennese retrouvent en première lignepour le développement d’un nouveaumodèle économique et social.Une conversion se révèle doncnécessaire pour accompagnerces secteurs vers une croissancedurable. C’est tout particulièrementvrai dans le domaine agricole.Actuellement, 90 % de lasurface agricole utile est réservéeaux grandes cultures « conventionnelles», soumises aux évolutionsconjoncturelles. L’horticulture etle maraîchage résistent difficilement.Parallèlement, la demandeen agromatériaux (végétaux pourisolants…) et en énergie verte (résidusde récoltes pour chaufferies…)s’accentue, offrant de nouveauxdébouchés. Pour accompagnercette adaptation de l’économie, laRégion lance des états généraux dela conversion écologique et sociale,une conversion porteuse, à terme,de bénéfices écologiques, sociaux etéconomiques pour tous les Franciliens.Ces états généraux, lancés dèsle début de l’année 2011, pour unedurée d’au moins deux ans, viserontà rendre opérationnels lesprincipes de « Territoires écologiquementprioritaires » et de « HauteQualité sociale ». Ils comprendrontdes groupes de travail thématiques,des ateliers locaux, un site Internetet des cahiers d’acteurs. •Le recyclage, une filière d’avenir.à Limay (78), les huiles de frituredeviennent du biodiesel.© Isabelle Eshraghi/Agence VuAGENDA| |Jusqu’au 20 janvierExposition L’Île-de-Franceau fil de l’eau.Sur les murs du conseil régional,35, bd des Invalides, Paris 7 e .Du 15 au 17 décembreSession du conseil régional.Débat budgétaire.Hémicycle du conseil régional,57, rue de Babylone, Paris 7 e .Le 6 janvierDébat public sur Arc Expressà 20 heures. Réunion territoriale.Salle Le Tapis rouge,rue de la Liberté, Colombes (92).le 13 janvierDébat public sur Arc Expressà 20 heures. Réunion territoriale.Espace Francis-Delage,Asnières-sur-Seine (92).le 18 janvierDébat public sur Arc Expressà 20 heures. Réunion territoriale.Espace Fraternité,Aubervilliers (93).le 20 janvierDébat public sur Arc Expressà 20 heures. Réunion territoriale.Hôtel de Ville, Pantin (93).du 3 au 5 févrierFinales nationalesdes 41 es Olympiadesdes métiers. Salon des métiers.Parc des expositions,Porte de Versailles, Paris 15 e .en image |Cergy95LimayAulnay-sous-Bois7578 93Porte MaillotDe la vie animale en ville !Des lapins gambadant sur le centre du rond-pointde la Porte Maillot (75), des chevreuils s’aventurantdans le parc du château de Ferrières (77)…Quand patrimoines culturel et naturel se rencontrent,cela donne 73 clichés, réalisés par Laurent Geslinet des photographes de l’Association sportivede la chasse photographique française. •hhJusqu’au 31 mars 2011, au Parc floral de Paris.www.natureparif.fr.© Laurent Geslinbaromètrece que pensent les franciliensLe bonheur de vivreTrès heureuxAssez heureuxActuellement, êtes-vous heureuxPas vraiment heureuxou pas non de vivre en île-de-France Île-de-France ?Pas du tout heureuxNe se prononcent pasLa qualité des relations entre les gensDiriez-vous Là où vivez, qu’en est-ce moment, quel’activité les relations économique entre les gens sont…en île-de-France est…La qualité de l’environnementLà Êtes-vous où satisfait vivez en île-de-France,est-ce ou non que de la les qualité relations entre lesgens de l’environnement sont… ?Le climat économiqueActuellement, Diriez-vous que, là en où ce vous moment, vivezen l’activité Ile-de-France, économique diriez-vous est…que les inégalités sociales sont…Le logementEn à votre Ile-de-France, avis, pensez-vousqu’un trouve-t-on jeune puisse un logement… trouverun premier emploi…Très bonnesAssez bonnesPas vraiment bonnesPas du tout bonnesNe se prononcent pasTrès satisfaitAssez satisfaitPas vraiment satisfaitPas du tout satisfaitNe se prononcent pasTrès dynamiqueAssez dynamiquePas vraiment dynamiquePas du tout dynamiqueNe se prononcent pasTrès facilementAssez facilementPas vraiment facilementPas du tout facilementNe se prononcent pas33 %55 %9 %3 %0 %17 %72 %9 %2 %0 %13 %59 %22 %6 %0 %5 %45 %38 %10 %2 %1 %8 %42 %47 %2 %Un climat économique plus dynamiqueEn dépit des tensions sociales, lesFranciliens sont toujours heureuxde vivre dans leur région.Les habitants de la région sonttoujours aussi heureux de vivreen Île-de-France (88 %). C’estparticulièrement le cas dans lesHauts-de-Seine (91 %) et dans leVal-de-Marne (92 %), ainsi quepour les plus jeunes des Franciliens(92 % parmi les moins de25 ans). Parallèlement, la perceptiondes relations entre les gensdemeure toujours aussi positivedans la région (89 %), en dépit ducontexte social tendu qui a prévaluces dernières semaines avecle mouvement de grève contre laréforme des retraites.Dans le même temps, la perceptiondu climat économiquerepart à la hausse (+4 pointsdepuis septembre). Désormais,50 % des Franciliens trouventl’activité économique régionaledynamique. Cette confianceaccrue se constate notammentdans le Val-de-Marne (59 %) maisne gagne pas les Parisiens intramuros(45 %) pour le moment.En revanche, après une haussecontinue depuis octobre 2009, lasatisfaction à l’égard de la qualitéde l’environnement baissede 7 points en cet automne 2010.Cette satisfaction demeure toutefoisélevée (72 %) et bien supérieureà son niveau d’avant 2009,surtout auprès des habitants dela grande couronne (76 %). Trouverun logement reste le principalproblème pour 89 % des Franciliens.Pour les plus jeunes et lescatégories populaires, on atteintmême 92 %. La situation est particulièrementcritique dans lesHauts-de-Seine, avec seulement3 % d’habitants considérant qu’ilest facile de trouver un logement.Bruno Jeanbart,directeur général adjoint, OpinionWaySondage réalisé par téléphone pour « Île-de-France » entre le 2 et le 6 novembre 2010 sur un échantillon de 905 personnes, représentatif de la population francilienne âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


6planète© Isabelle Eshraghi/agence vuFRANCEBrésilSalvador de BahiaL’Île-de-France donne de la voix. Au moment où les fondseuropéens vont être réformés, elle avance ses arguments.Objectif : faire en sorte que les territoires franciliens lesplus fragiles ne soient pas oubliés à partir de 2014.lobbying h Bienvenue au Tipi, dans le populaire18 e arrondissement de Paris ! Cet espace dynamiqued’insertion (EDI) se veut un lieu de transitionvers l’insertion professionnelle pour desjeunes en difficulté sociale ou comportementale.« Avec les jeunes, nous faisons un travail individuelsur mesure, explique Joaô Fatela, directeurde l’association Parcours, qui gère le Tipi. Celademande du temps, donc de l’argent. Sans lesfonds régionaux et européens, nous ne pourrionsremplir cette mission. »à Aulnay-sous-Bois (93), ce sont 110 logementssociaux exemplaires sur le plan énergétique quiverront le jour grâce à ce coup de pouce de l’Europe.à Chanteloup-les-Vignes (78), c’est toutun projet urbain structuré autour de la filièreécoconstruction qui est soutenu. Au total, enadditionnant le Fonds social européen (FSE) etle Fonds européen de développement régionalBelgiqueBruxellesVietnamHanoiSri Lankadistrict de Trincomalee2007-2013 700 millions d’euros d’aides en Île-de-FranceIndispensablesfonds européensAu Tipi, à Paris : cet espace dynamique d’insertion aide les jeunes à aller à la découverte d’eux-mêmes et à trouverun emploi grâce à des ateliers comme celui d’arts plastiques. Il bénéficie d’une aide du Fonds social européen.(FEDER), près de 700 millions d’euros ont étéalloués par l’Europe au territoire francilien pourla période 2007-2013. Mais l’année prochaine, lastratégie européenne va être redéfinie, avec lerisque que ces subventions ne soient reconduitesqu’en partie, à partir de 2014.Une stratégie en trois tempsFace à cet enjeu, la Région joue la carte de laprudence… et de la mobilisation. En juin dernier,dans un courrier adressé à la Commission européenne,elle réaffirmait sa position sur le sujet :« Toutes les régions européennes peuvent tirer utilementpartie [de la politique européenne] pouraméliorer la cohésion territoriale dans l’Unioneuropéenne, en réduisant les écarts de développemententre régions mais également en s’attaquantaux disparités infrarégionales. »C’est ce message qui a été au cœur de la visiteen Île-de-France, en septembre dernier, du commissaireeuropéen en charge de la politiquerégionale, Johannes Hahn. Nouvelle étape decette mobilisation, début décembre : l’organisationdes journées de l’Île-de-France, à Bruxelles.Histoire d’entretenir la pression. • Xavier DiazHPrésidencefrancilienneLa viceprésidenteduconseil régionald’Île-de-France,Michèle Sabban,a été réélueà la têtede l’Assembléedes régionsd’Europe.Cette institutionrassemble270 régionsissuesde 33 pays.Explique-moil’Europeà Houjarray (78),la Maison Jean-Monnet prévoitd’accueillir, cetteannée scolaire,des classes issuesde 60 lycéesfranciliens etdes groupesd’une quinzainede centres deformation desapprentis et demissions locales.Au menu, l’histoirede la constructioneuropéenne,les institutions,les programmescommunautaires…Une aidepour tousEngagée auSri Lanka dansdes actionsde coopérationdepuis le tsunamide 2004, la RégionÎle-de-Francecontinued’œuvrer pourla reconstructiondu districtde Trincomalee.Elle vientd’apporterson soutienà l’associationSolidarité laïquequi, avec sespartenairessri-lankais,poursuit soncombat en faveurde l’éducation.Réhabilitationd’écolesmaternelleset formationdes enseignantssont prévues,avec le soucid’éviter toutediscriminationentre lespopulationstamoules,cinghalaisesou musulmanes.© Justin Mott/agence vu © Sophie Adriansen/agence galiléeétranger en île-de-france | |Lula SUASSUNA,32 ans, Brésilien,guide et comédien,habite aux Lilas(93).Lula aux Lilas« J’ai toujours su que je vivrais ici unjour. » Fils d’une professeure de français,Lula Suassuna est fasciné depuislongtemps par la culture française.En 2002, ce natif de Salvador de Bahia(Brésil) prend un aller simple pourtraverser l’océan. Passionné d’art,il s’inscrit à la Sorbonne et devientguide-interprète. « Ma clientèle estinternationale : touristes français,anglophones etde plus en plusde Brésiliens ! », explique le jeunehomme, habitant des Lilas (93).Comédien, il a joué Amadeus au festivald’Avignon 2010 et s’essaie aussiau cinéma. Pour conjuguer ses passions,il prépare des visites guidéesde la capitale sur le thème du 7 e art.« J’aimerais faire découvrir aux Parisiensun autre Paris. J’ai déjà visionnéplus de 60 films pour relever au mieuxce défi. » Le clap de début est prévuau printemps prochain. •http://www.lulasuassuna.com/francilienne à l’étranger | |Audrey charles,25 ans,originaire d’Orsay(91), est designertextile à Hanoi(Vietnam).De fil en aiguilleUn BTS de design textile en poche,Audrey Charles, 25 ans, a terminéses études à Berlin, avec une licenceinternationale Textile et calligraphie.Ne trouvant pas de travail dansla capitale allemande, elle contacteBatik International, qui propose desformations via des stages à l’étrangerpour les demandeurs d’emploi. Aprèsson stage, elle est embauchée par unesociété fabriquant du tissu d’ameublement.« J’ai des responsabilités queje n’aurais pas eues en France avant10-15 ans ! Au Vietnam, il manque desdesigners, le secteur est à la recherchede créatifs. » Audrey observe les techniquesde broderie à la main, « unsavoir-faire qui n’existe plus en France,ou alors en haute couture ! » Bienadaptée à Hanoi, Audrey reconnaîtcependant que le rythme de vie esttrès stressant. « Quand je rentre dansl’Essonne, le calme me fait du bien. » •îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


à la une 7Quelques exemplesde décisions votéesdepuis trois ans.LÉGENDECommissariats, gendarmerieset antennes de police construits(travaux effectués, en cours ouà programmer).Commissariats, gendarmerieset antennes de policerénovés, mis aux normes ouréhabilités (travauxeffectués, en coursou à programmer).Commissariats et gendarmeriesconstruits ou rénovés avec l’aide de la Région9295Arnouville-lès-GonesseChanteloup-les-Vignes78Sevran77MauleCergySaint-Nom-la-BretècheVersaillesHoudan-MauletteTavernyParis16eErmontBois-ColombesParis17 eIssy-les-MoulineauxMeudonParis2 eParis4 e7593Paris18 ePantinBondy Clichy-sous-BoisParis20 e Noisy-le-SecChellesParis19 eParis3 eGagnyParis1 erNoisy-le-GrandParis12 eVillejuif94Saint-Maur-des-FossésSaint-SouppletsRebais© «1001 Rêves-Kartel»Depuis 2008, la RégionÎle-de-France a votéles crédits nécessairespour participerà des travauxde constructionde 13 casernesde gendarmerieou commissariatsde police.Ablis91Villiers-Saint-GeorgesFontainebleauBray-sur-SeineLorrez-le-BocageConstruction de commissariats, sécurité dans les lycéesLa Région en renfortLa sécurité demeure une attente forte des Franciliens, surtout dans les territoiresles plus pauvres et les plus exposés à la crise urbaine, économiqueet sociale ou dans les quartiers les plus concernés par le recul des servicespublics. La Région prend ses responsabilités, agit et interpelle l’État.Coproduction h La sécurité, c’est l’affaire del’État, c’est entendu. Et les Franciliens le savent.Au gouvernement la responsabilité de protégerles citoyens et leurs biens, de déployer sur le territoireles effectifs de police et de gendarmerie làoù les besoins sont les plus criants. à lui encorede donner à la justice les moyens de travaillerconvenablement. Cependant, sur le terrain, leschoses s’écrivent souvent différemment. De plusen plus, les collectivités locales sont sollicitéespour participer au maintien de l’ordre et de latranquillité. Selon l’Institut d’aménagement etd’urbanisme (IAU), on dénombre actuellementprès de 380 services de police municipale enÎle-de-France. Quant aux conseils généraux, ilsconcentrent l’essentiel de leur action pour la préventionde la délinquance.Les Régions ne sont pas en reste. En Île-de-France, une convention a même été signéeavec l’État pour prendre en charge une partiedes travaux de construction ou de rénovationde commissariats et de gendarmeries. Le17 novembre dernier, dans le cadre d’une aide àl’implantation locale des forces de sécurité, lesélus régionaux ont ainsi voté les crédits nécessairesau réaménagement de commissariat deFontainebleau (77), à la mise aux normes deslocaux de garde à vue dans le commissariatde Versailles (78) et à la réalisation de travauxd’accessibilité dans ceux des 2 e , 3 e , 4 e , 18 e et 19 earrondissements parisiens. Ajoutez à cela laconstruction d’une nouvelle caserne de gendarmerieà Bray-sur-Seine (77). Au total, depuis1998, ce sont quelque 107 millions d’euros decrédits qui ont été votés pour ces chantiers.Avec des opérations d’envergure, comme àErmont (95) ou à Clichy-sous-Bois (93), où l’aiderégionale atteint les 6 millions d’euros. CetteîLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - j a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


8à la uneprotégées d’éventuels jets de pierres. Celles dessalles de chimie du lycée Arthur-Rimbaud deGarges-lès-Gonesse (95) disposent maintenantde barreaux. À épinay-sur-Seine (93), des travauxsont prévus pour sécuriser les livraisons à la cantinedu lycée Jacques-Feyder. Quant aux clôturesdu lycée Louis-Armand, à Nogent-sur-Marne (94),elles vont être rehaussées avant la fin 2010.Tranquilliser les voyageurs© Michael Zumstein/agence vuà Ermont (95), le nouveau commissariat, en partie financépar la Région, est quatre fois plus grand que l’ancien.implication du conseil régional dans le champde la sécurité est unique en France (lire le Faceà Face avec Jean-Paul Huchon page 4). La Régionapporte son aide financière à l’État – un soutienqui va jusqu’à 60 % du montant des travaux si leprojet concerne un quartier prioriaire de la politiquede la ville – et celui-ci s’engage à affectersur place le nombre de fonctionnaires adéquat.Avec, parfois, des déconvenues : à Taverny (95),la construction d’un nouvel hôtel de police est aupoint mort alors qu’elle était annoncée par l’Étatdepuis… 2001. Les subventions de la Région etdu conseil général ont cependant bel et bienété votées. En attendant le début des travaux,un syndicat vient d’attribuer au commissariatactuel de Taverny un « 17 d’or » dans la catégorie« gruyère géant » pour dénoncer son étatde délabrement. Autre situation délicate dansplusieurs gares franciliennes : plusieurs postesde police y souffrent d’un manque chroniqued’effectifs. Pourtant, la Région a voté les créditspour les travaux nécessaires, dans les gares deCergy (95), Massy-Palaiseau (91), Juvisy (91),évry (91), Villeneuve-Saint-Georges (94), Melun(77), Chanteloup-les-Vignes (78) ou encoreSarcelles (95). Autant d’exemples qui éclairerontles débats entre l’État et la Région lors de larenégociation, début 2011, de ces conventions.Lycées mieux protégésPartenaire exigeant, la Région agit aussi pour renforcerla sécurité dans les établissements placéssous sa responsabilité directe, comme les lycées.Certes, impossible de se substituer à l’État pourcréer ou rétablir des postes de surveillants jugésindispensables afin d’éviter des intrusions de personnesextérieures à l’établissement (*). Mais face àun phénomène qui se traduit parfois par des actesd’une grande violence, des travaux sont engagéspour mieux protéger les bâtiments et ceux qui ytravaillent : élèves, enseignants ou techniciens. Aulycée professionnel Jules-Michelet de Fontenaysous-Bois(94), un grillage a été posé pour empêcherles intrusions côté gymnase. À Sceaux (92),les fenêtres du lycée Lakanal vont être désormais© Michael Zumstein/agence vuOuvert depuis le 30 septembre, le commissariat deClichy-sous-Bois a été financé à 60 % par la Région.En attendant la constructiond’un bâtiment, le commissariatde Taverny s’est vu attribuerun « 17 d’or » dans la catégorie« gruyère géant ».études | Institut d’aménagement et d’urbanisme |La sécurité observée à la loupeDepuis 2000, l’Institutd’aménagement etd’urbanisme (IAU)créé par la RégionÎle-de-France s’estdoté d’une missionétudes sécurité.Quatre objectifslui sont assignés :apporter aux élusrégionaux une aideà la décision, organiserdes échanges et desdébats autour despratiques de sécuritéurbaine, animer laréflexion sur les métierset les formationset rendre plus lisiblel’action du conseilAu lycée Jean-Vilar, à Meaux (77), 12 caméraspermettront d’avoir constamment un œilsur les lieux stratégiques, des portes d’accèsjusqu’à l’abri à vélos… Avec cet établissement,ce sont plus de 300 des 469 lycées franciliensqui sont équipés en vidéosurveillance, toujoursà la demande des proviseurs et après unvote positif de leur conseil d’administration. Sile rôle dissuasif des caméras n’est pas à négliger,des études réalisées à Londres montrentcependant que leur présence est de plus en plusintégrée par les délinquants dans leurs déplacements.Faut-il pour autant enterrer la vidéosurveillance? Les spécialistes jugent qu’elle estsurtout efficace dans les bâtiments, les trains,les bus, les métros…C’est d’ailleurs dans les transports – et notammentdans le RER – que les Franciliens se sententle plus en insécurité. Or, tranquilliser lesvoyageurs dans un territoire où l’on compte,chaque jour, plus de 12 millions de déplacementsen transports collectifs est un vrai cassetête.Tout nouveau tout beau, le train expressrégional, le Francilien, offre des réponses pouréviter les actes de dégradation volontaires oules agressions de voyageurs. Des caméras ontcertes été installées à bord des rames, maiselles sont ici un maillon de la chaîne parmid’autres : les éclairages ont été bien pensés et,surtout, les voyageurs prennent place dans un« train boa », constitué d’une seule et même voituresur un seul niveau. Conséquence : on voittout, d’un bout à l’autre du train et, surtout, onne se retrouve jamais isolé. Parce que, décidément,la présence humaine reste, là encore, lameilleure des protections. • Pierre Chapdelaine(*) Après l’agression au couteau d’un élève, le 2 février 2010,au lycée Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine (94), les enseignantsavaient dénoncé le manque d’encadrement, soulignant que cetétablissement constitué de 14 hectares d’infrastructures scolaireset accueillant 1 500 élèves comptait alors 11 surveillants.régional. À côté de cetravail, la mission mènedes enquêtes sur lesentiment d’insécuritédes Franciliens.Tous les deux ans,elle réalise ainsiune enquête auprèsde la population.Enfin, elle fournit desétudes détaillées surdes questions souventsensibles : l’impactde la vidéosurveillance,la sécurité dans lestransports, les métierset les politiques desécurité, l’état des lieuxdes polices municipalesen Île-de-France.îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


REPÈRES| |à la une 9© Isabelle Eshraghi/Agence VuReportage Lutte contre la récidive« C’est pas une fierté, maisc’est mieux d’être utile ! »L’association CPCV Île-de-France, soutenuepar la Région dans son action de prévention dela récidive, encadre des chantiers de travauxd’intérêt général destinés à des condamnéspour des petits délits.alternative h « Y a pas photo : les travauxd’intérêt général, c’est largement mieux quela prison ! Même si, là, il fait un peu froid… »Mahmoud, 42 ans, parle en connaissancede cause : c’est pendant qu’il purgeait unepeine de prison qu’il a écopé d’une sanctionpénale de 140 heures de travaux d’intérêtgénéral (TIG), parce qu’il refusait dedonner son ADN. Son jeune compagnon dujour, S., ne veut rien dire de lui et de ce quil’a mené à une condamnation… Pour lui,les TIG sont avant tout « un moyen de rattraperses conneries ». « C’est pas une fierté,même si c’est mieux d’être utile ! »Ce matin-là, les deux hommes ramassentdes déchets dans la forêt de Montmorency(95). Ce chantier est l’une des actionsmises en place depuis 2001 par l’associationCPCV Île-de-France, à la demandede l’administration pénitentiaire du Vald’Oiseet avec l’aide de la Région, en vued’appliquer les peines de travaux d’intérêtgénéral ordonnées par les tribunaux pourles petits délits. L’Office national des forêts(ONF) décide des lieux des chantiers etrépartit les tâches entre les « tigistes » suivispar le CPCV. Les condamnés effectuententre 40 et 240 heures de TIG : nettoyer leschemins, ramasser les déchets laissés parles promeneurs… « Ce n’est pas trop désagréable,on est au milieu de la nature, raconteMahmoud. Depuis que je nettoie la forêt,je ne jette plus mes déchets n’importe où. »Ancien travailleur social dans des centresd’hébergement d’urgence, Fritz Lemaineles encadre : « J’ai déjà été menacé… maisça se règle toujours à l’amiable. Parfois, ilsne viennent pas, ou refusent de descendre ducamion ou de travailler. Les jeunes, surtout,sont difficiles ; les plus mûrs assument leurserreurs et essaient de se racheter. » Le CPCVpropose à tous ses tigistes une démarched’insertion, en plus des travaux : une demijournéepour la recherche d’emploi, uneaide aux démarches, des contacts pour dutravail ou pour un logement…En lien avec la sociétéLes résultats ? « On ne les revoit pas ! »,résume Jean-Marc Evrard, coordinateurdu dispositif. « Mais le public concerné estparticulier car il s’agit souvent de premièrescondamnations, pour vols, dégradations…Le but est de ne pas les couper de la société,et de leur faire réaliser leur chance de ne pasêtre incarcérés. » En 2009, le CPCV a accueilli129 personnes pour des TIG sur les chantiersforestiers et les chantiers tags. De soncôté, la Région a soutenu, la même année,35 organismes pour des actions de préventionde la récidive. • Julie VédieLes chantiers forestiers, effectués dans le cadre des travaux d’intérêt général, permettent aux« tigistes » d’exécuter leur peine. Ici, dans la forêt de Montmorency, on ramasse les déchets.6,4% desFranciliensinterrogés en2009 par l’Institutd’aménagement etd’urbanisme déclarentavoir été victimesd’agression.48% despersonnesinterrogées danscette même enquêtedéclarent avoir peur,au moins de tempsen temps, dans leurenvironnement procheou dans les transportsen commun. Ellesétaient 51 % en 2001.17 organismespilotant desprogrammes d’aidepsychologique auxvictimes ont perçuun soutien financier duconseil régional en 2009.263commissariats,gendarmeries et postesde sécurité ont reçul’aide de la Régionentre 1998 et 2009,soit pour des projetsde construction, soitpour des travaux derénovation et de miseaux normes. L’aiderégionale varie de30 à 60 % du montantdes travaux, selonle territoire concerné.1 209 agentsde sécuritéRATP, 1 200 agentsfranciliens de lapolice ferroviaire et115 médiateurs dansles bus du réseauOptile sont cofinancéspar le Syndicat destransports d’Île-de-France.75% des2 100 busdu réseau Optile(en grande couronne)seront équipésen vidéosurveillanceet radiolocalisationavant fin 2011.SAVOIR +| |• Les Villes face àl’insécurité, n°155 desCahiers de l’Institutd’aménagement etd’urbanisme d’Île-de-France. En vente à l’IAU,15, rue Falguière,Paris 15 e . www.iau-idf.fr.© bertrand desprez/agence vupoint de vue |« Soyonsexemplaires »Abdelhak Kachouri, vice-présidentdu conseil régional chargé de la citoyenneté,de la politique de la ville et de la sécurité.h En signant avec l’État desconventions en matière de sécuritéet en participant à la constructionde commissariats et de gendarmeries,la Région améliore un servicepublic. Elle contribue à mettreà la disposition des Franciliensdes équipements indispensables.J’ai malheureusement vu trop de lieuxqui étaient indignes, pour le publiccomme pour les personnes qui ytravaillent. Aujourd’hui, ce partenariatavec l’État mériterait d’être renforcé.h Nous arrivons dans la phasede renégociation de ces conventions.Mon souhait, c’est que la Région soitmieux considérée, qu’elle participe leplus en amont possible à l’instructionde ces projets. Ainsi, nous pourronsà la fois être un partenaire de l’Étatet un soutien des collectivités localespour les aider à développer leursterritoires. Il faut aussi aller plusloin sur le contenu de ce travail avecl’État. Nous demandons un effortparticulier pour un meilleur accueildes victimes, notamment les femmesayant subi des violences, les mineurset les personnes à mobilité réduite.Enfin, l’État doit mettre en place dansles locaux créés ou réhabilités parla Région, les effectifs nécessaires,sans lesquels l’action en matièrede sécurité ne peut être efficace.h Dans les lycées comme dansles bases régionales de loisirs quisont des priorités de la Région,nous devons être exemplaires enmatière de sécurité. Ce sont deslieux qui accueillent un public trèsnombreux. C’est notre responsabilité.Nous avons malheureusementrégulièrement des exemples deproblèmes de sécurité dans lestransports et dans les lycées.Je note que l’action de la Régionn’a été mise en cause dans aucunde ces cas, mais cela nous fait quandmême réfléchir aux moyens que nouspouvons mettre en œuvre afin d’éviterau maximum que de tels événementsse reproduisent.îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


10tendancessortir| |vu etcirqueFestival des Rêveurs éveillésPour ses 20 ans, le festival invite petitset grands à découvrir l’univers enchanteurdu cirque. Clowns, acrobates, danseurs,jongleurs, comédiens et musiciens venusde Finlande, d’Allemagne, de Belgiqueet de toute la France débarquent dansla caravane des Rêveurs, installée dansdifférents lieux de Sevran (salle des fêtes,bibliothèques, maisons de quartier).h Du 15 janvier au 5 février 2011.Renseignements et réservations : 01 49 36 51 75.www.ville-sevran.fr.CinémaFestival L’enfant et le 7 e artPour ses 18 ans, le festival itinérantpropose comme chaque année troiscatégories de films, de fictions,de documentaires et d’œuvresd’animation pour le jeune public.Avec, cette année, Bébés de ThomasBalmès, Swing de Tony Gatlif...h Du 8 janvier au 8 avril 2011.Dans plusieurs villes de Seine-et-Marne,d’Essonne et des Yvelines.Renseignements : 01 60 65 70 50.www.enfant7art.org (rubrique festival).approuvépar vous© Fabrice AYGALENGNotre société valorise la performance. Le sportif de“ haut niveau est présenté comme un héros. C’est un modèleidentificatoire fort pour des jeunes en situation difficile.Promouvoir le sport de haut niveau dans les banlieues estindispensable pour donner aux jeunes l’envie de réussir.Béatrice Barbusse, chercheur en sociologie du sport à l’Université Paris-Est et présidente de l’US Ivry ” handballSPORT Les médaillés attirent de nouveaux licenciésL’Île-de-France,l’autre pays du judoMusiques© Deidi Von SchaewenFestival Sons d’hiverVingt ans déjà pour le festival du Valde-Marneconsacré aux musiquesactuelles ! Au programme, cette année :du rap avec Kokayi & The Ceasarz,du flamenco avec Carmen Linares, ouencore du jazz contemporain, avecSteve Coleman… Mais aussi desateliers, des stages, des expositions…h Du 21 janvier au 12 février 2011.Dans une quinzaine de villes du Val-de-Marne.Renseignements : 01 46 87 31 31. www.sonsdhiver.org.DesignAndrée Putman,ambassadrice du styleLa première grande rétrospectiveconsacrée à l’œuvre de la designeret architecte d’intérieur AndréePutman : création de mobilier,aménagement de boutiques, inventiondu concept de « boutique-hôtel »…Cette artiste touche-à-tout revendiquaitun design accessible à tous.h Jusqu’au 26 février 2011.Hôtel de Ville de Paris, 5, rue Lobau, 75004 Paris.Accès gratuit. Tous les jours sauf dimancheset jours fériés, de 10 h à 19 h.© Isabelle eshraghi/agence vuLes jeunes judokas du Levallois Sporting Club (LSC), qui compte 750 licenciés, s’entraînent dans les pas de leur champion TeddyRiner. Certains sont même allés l’accueillir à l’aéroport à son retour de Tokyo, en septembre, après un quatrième sacre mondial.Né il y a 120 ans au Japon, le judo est désormais tendanceen Île-de-France. C’est d’ailleurs ici que se tiendront lesprochains championnats du monde. Avec, à la clé, une augmentationattendue du nombre de licenciés dans les clubs.émulation h C’était à Tokyo, en septembre dernier.Les sportifs franciliens décrochaient pas moins desix médailles lors des championnats du monde dejudo, dont deux en or : une pour Lucie Decosse,l’autre pour Teddy Riner ! Aucun des jeunes judokasdu Levallois Sporting Club (LSC) ne peut ignorerque le champion fait partie des 750 licenciés de leurclub. Ces succès pourraient alimenter le judo ennouveaux licenciés. « L’effet “vu à la télé” fonctionnetoujours auprès des jeunes, confirme DominiqueGeorges, directeur du club de Levallois-Perret (92).Désormais, les championnats du monde ont lieu tousles ans, ce qui augmente l’exposition médiatique. »Jusqu’ici, le judo était surtout porté par les jeuxOlympiques. « Notre meilleure année en matièrede recrutement d’adhérents a été 1996, confirmePascal Renault, président du SGS Judo à Sainte-Geneviève-des-Bois (91). Les JO d’Atlanta avaientlaissé des images fortes, comme celle de Marie-ClaireRestoux embrassant la caméra après sa médailled’or. » Maintenant, les spécialistes guettent avecHPour ensavoir plus• Le judo estapparu enFrance dans lesannées 1930.• Natif de Clichy(92), Jean-LucRougé fut lepremier Françaischampion dumonde, en 1975.• L’Île-de-Francecompte à elleseule plusde 100 000licenciés.• Pour trouverun club prèsde chez vous,contactez la FFJpar Internet(www.ffjudo.com) ou partéléphone :01 40 52 16 16.impatience les prochains championnats du monde,qui auront lieu à Paris entre le 23 et le 28 août 2011.De Frédéric Demontfaucon à Aurore Climence,les portraits des champions locaux ornent l’entréedu dojo de Sainte-Geneviève-des-Bois. « Les performancesde nos combattants attirent surtout descadets (15-16 ans). Mais nous mettons toujours envaleur le groupe », précise Pascal Renault. Pour lacoupe d’Europe des clubs 2010, le SGS Judo, club« émergent » soutenu par la Région, a ainsi envoyé14 licenciés en Russie, alors que cinq, seulement,étaient appelés à combattre. Et ils sont rentrés avecun titre de vice-champion !Des valeurs éducativesSi un Français sur deux a déjà pratiqué le judo,c’est que celui-ci véhicule des valeurs. « Ce n’estpas par hasard si, à Levallois, nous mettons enavant l’escrime, le judo et le tennis de table. Cesont trois sports à vocation éducative, proches desvaleurs de l’olympisme », souligne DominiqueGeorges. Même son de cloche à Sainte-Geneviève,où l’on met en exergue les huit points ducode moral du judo : politesse, courage, sincérité,honneur, modestie, respect, contrôle de soi etamitié. De quoi attirer les plus jeunes tout enrassurant leurs parents • Emmanuel SchafrothîLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


tendances 11© DRrepérages| |Un objet | Une antenneTNT écolo designFabriquée avec des matériaux naturels,comme le bois composite de sa base,traitée anti-UV pour sa durée de vieet ne nécessitant aucune source d’énergie,la première antenne TNT écologiqueringardise la classique antenne télé« râteau » ! Le design a été travaillé pourpermettre à l’antenne de se fondre dansle paysage, tandis que sa petite taille et salégèreté la rendent facile d’installation.Mise au point par Antengrin, une entreprisede Vitry-sur-Seine (94), cette éco-innovationa été soutenue par la Région, à travers l’AIR(aide à l’innovation responsable).h Plus d’info : www.antengrin.com.Tournage du téléfilm anglais de la BBC« The Impressionists » dans le Val-d’Oise (95).Un lieu | Le hall 7 du parc desexpositions de Paris-Nord VillepinteTout nouveau, tout beau… et écologiquementperformant ! Le hall 7 du parc des expositionsde Paris-Nord Villepinte (93) a été inauguréle 14 septembre. Les enjeux de cette extensionde 36 000 mètres carrés sont avant toutéconomiques : le marché des congrèset des salons représente 5 milliards d’euros deretombées et 100 000 emplois pour la Région.Mais c’est d’abord en matière de respectde l’environnement que le bâtiment se montreinnovant. Le hall est recouvert d’une toiturevégétalisée de 15 385 mètres carrés…h ZAC Paris Nord 2, 93420 Villepinte.Téléphone : 01 40 68 22 22.© dr© agence galiléeLa première antenne TNT écologique se fonddans le paysage !Une idée | Un site pour sensibiliserles pros du cinéma à l’environnementLa commission du film d’Île-de-France,qui assure la valorisation de la filière cinéma,a créé Ecoprod, un outil de sensibilisationau respect de l’environnement. Concevoirdes décors non polluants, utiliser descosmétiques bio pour le maquillage, utilisermoins d’énergie pour l’éclairage…Le site propose des fiches pratiquesafin de rendre plus « propres » tousles aspects d’un tournage de film et uncalculateur, Carbone Clap, en vue d’évaluerl’impact « gaz à effet de serre » des activitésde production cinématographique.h www.ecoprod.com.Le hall du parc des expositions de Paris-NordVillepinte a reçu la certification HQE.© franck ferville/agence vuactions| |Le vélo entreen gare…Trente nouveaux boxesà vélos à Savigny-le-Temple (77), autant àOzoir-la-Ferrière (77),88 emplacements àChelles-Gournay (77),40 autres à Choisy-le-Roi (94). Constatant quecertains cyclistes ne serendent pas à bicyclettejusqu’à la gare parcrainte de se fairevoler ou abîmer leurvélo, la Région financedes emplacementssécurisés dans lesgares. •NuageinformatiqueUne capacité destockage massive, desserveurs liés en réseau,une puissance decalcul et des logicielsmutualisés : ce sont lescaractéristiques d’unnuage informatique.Plusieurs utilisateurspeuvent ainsi avoiraccès à de nombreuxservices, sans gérerl’infrastructure. Portépar des établissementscomme l’écoleinternationale dessciences du traitementde l’information (EISTI),à Cergy (95), le projetMarguerite viseà mettre en placece nuage informatique. •îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


12histoirelesdatesclés29 octobre 1931Pose de la première pierredu sanatorium.5 octobre 1940Ouverture du camp, « centrede triage » des prisonniers,essentiellement des cadres,des élus et des militantscommunistes de la région,vers les camps deRavensbrück ou d’Auschwitz.Mai 1942Fermé aux hommes enfévrier, le camp commenceà accueillir des femmes.15 septembre 1942Fermeture du camp.Novembre 1942Création d’une école de policedans l’ancien camp formantdes « groupes mobilesde réserve ».L’école est dissoutele 13 septembre 1943.1994Une stèle commémorativeest édifiée sur les lieux.COMMéMORATION Il y a 70 ans, dans le Vexin…Aincourt, premier campd’internement françaisQuart d’heure historiqueLa nouvelle viede l’hôpital Richaudà VersaillesClassé aux Monuments historiques,l’ancien hôpital Richaud de Versailles(78), édifié au XVIII e siècle, fut d’abordune modeste « maison de charité », puisun important hôpital jusqu’aux années1960. Fermé en 1997, le bâtiment estlaissé à l’abandon depuis. D’ici à 2013,l’ensemble, d’une surface de 6 000 m 2sur un terrain de plus de 21 000 m 2 ,sera réhabilité et transformé enappartements haut de gamme,tandis que les bâtiments non classésseront remplacés par d’autres abritantdes logements sociaux et une crèche ;une ancienne chapelle seratransformée en espace culturel…Le tout, réhabilité par l’agenced’architecture Wilmotte.Retour sur la naissancede l’autoroute du SudLa naissance de l’autoroute A6 s’estfaite dans la douleur. Tandis que l’idéede construire une autoroute au sud deParis remontait à l’entre-deux-guerres,l’ouvrage ne sera achevé qu’en 1964,après d’âpres batailles, entre projetsavortés, combats politiques etrésistance des riverains. Alors quele premier tronçon, Paris-Corbeil, fêteses 50 ans, ce livre revient sur les troisdécennies de controverses qui ontjalonné la construction de cet axemajeur de l’Île-de-France.h La Difficile Genèse de l’autoroute du Sud,Jean-Luc France Barbou, Presses de l’Écolenationale des Ponts et Chaussées.© DR1940-1941 : le pavillon Adrien Bonnefoy Sibour, bâtiment principal de l’ancien hôpital-sanatorium d’Aincourt, est converti en campd’internement pour les communistes de la région parisienne. Les premiers prisonniers arrivent dès le 5 octobre 1940.Entre 1940 et 1942, environ 1 500 hommes et femmes ontété enfermés à Aincourt (95), un sanatorium transforméen camp d’internement, le premier de la France occupée.régime de vichy h Aincourt, dans le Val-d’Oise.Un nom oublié, pourtant encore vivace dans lamémoire des quelque 300 personnes qui se sontréunies le 2 octobre dernier pour commémorerles 70 ans de l’ouverture de ce qui fut le premiercamp d’internement de la France occupée pendantla Seconde Guerre mondiale. Une cérémonieorganisée par l’association Mémoire d’Aincourt,dont le président, Fernand Devaux, 88 ans, estl’un des rares survivants du camp. à l’origine, ils’agit d’un sanatorium, dont les malades ont étéévacués lors de l’offensive allemande de juin 1940.En septembre 1940, Vichy propose à la Gestapoparisienne d’ouvrir un camp pour les communistesde la région. Berlin donne son accord, à lacondition que les prisonniers soient arrêtés et quele camp soit gardé par des Français… Le préfet deSeine et Oise réquisitionne le sanatorium. FernandDevaux a 18 ans lorsqu’il est arrêté à Saint-Denis,pendant qu’il distribue des tracts pour le particommuniste. « Au début, ça allait, on mangeaità notre faim », raconte-t-il, « mais, très vite, on s’estretrouvés à plus de 600 dans un endroit prévu pour150 malades. » Avec la complicité de gardiens, desdocuments politiques ou scolaires entrent dans lecamp ; les jeunes obtiennent du matériel de volleyball; Fernand Devaux évoque même avec émotionles batailles de polochons dans le dortoir ! Les dirigeantsdu camp, eux, tentent de « retourner » lesmilitants et de les rallier à Pétain en échange de laliberté. Des tensions naissent, une grève s’organisepour obtenir, avec succès, le droit de visite.Rien de commun avec AuschwitzLes prisonniers sont éparpillés dans les campsouverts par la suite en France. Certains, commeJean-Pierre Timbaud, partiront à Châteaubriant(alors Loire-Inférieure, devenue Loire-Atlantique)Fernand Devaux quitte Aincourt en 1941 pour lecamp de Rouillé (Vienne), puis celui de Compiègne(Oise), avant d’être déporté à Auschwitz en juillet1942… « Il n’y a rien de commun entre Aincourtet Auschwitz, à part la privation de liberté », préciseFernand Devaux. Les bâtiments, abandonnés,devraient être réhabilités pour accueillir une résidencepour personnes âgées. L’association pourra yorganiser chaque année sa cérémonie du souvenir,et la plaque posée à la mémoire des prisonnierssera conservée sur le bâtiment. •julie védieHEn savoir plus• AssociationMémoired’Aincourt,M me Primard,57, avenue de laPaix, 78520 Limay.Téléphone :01 30 92 28 50.• Aincourt, le campoublié, RogerColombier (éditionLe Temps desCerises, 2009).• http://photo-hieraujourdhui.wifeo.com/aincourtlhistoire.php: desphotos et l’histoiredes lieux, dusanatoriumà nos jours.Henri IV, prince de paix,patron des artsLe musée d’Archéologie nationale deSaint-Germain-en-Laye (78) met envaleur, dans son exposition consacréeà Henri IV, deux aspects majeurs dela vie d’un des rois les plus populairesde France : son œuvre pacificatricedans le domaine de la vie politique etreligieuse et son rôle de mécène. Prèsde 120 œuvres (manuscrits, peintures,sculptures, estampes, imprimés…)conservées au Louvre, à Versailles,aux Archives nationales et ailleursont été réunies pour l’occasion.h Jusqu’au 3 janvier 2011.Musée d’Archéologie nationale, château deSaint-Germain-en-Laye, place Charles-de-Gaulle,78105 Saint-Germain-en-Laye. Tél. : 01 39 10 13 00.www.musee-archeologienationale.fr.Henri IV s’appuyant sur la Religion pourdonner la paix à la France (vers 1590).© RMN/René-Gabriel OjédaîLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


entretien 13ÉTATS GÉNÉRAUX DES NUITS parisiennes Luc Gwiazdzinski, géographe et chercheur au CNRSLes nuits franciliennes,dans la lumière de ParisLuc Gwiazdzinski (*) a participé auxétats généraux des nuits parisiennesles 12 et 13 novembre. Il souligne lesévolutions récentes, comme l’extensiondes horaires du métro ou le succès duNoctilien et appelle de ses vœux la créationd’« une métropole 24 h sur 24 ».IDF : Collectivités, commerçants, artistes,riverains... Tout le monde s’est passionné pources états généraux des nuits parisiennes.LUC GWIAZDZINSKI : Tout le monde sesent concerné, la nuit est la fois lacompétence de tous et de personne,elle contient une dimension sensibleet même affective… Elle est devenueun enjeu pour les collectivités locales,car les activités du jour colonisent peuà peu la nuit, ce qui crée des décalagesentre la ville qui dort et la ville quis’amuse. Mais la nuit doit être traitéedans sa globalité, avec ses aspectsfestif, économique, social. C’est unsystème particulier, souvent soumisà la caricature, qui parfois génère destensions, des inégalités. Si on n’a pasde débat sur la question, ce sont lesplus faibles qui vont en pâtir. Parexemple, si on ne pense pas à l’opportunitéd’ouvrir des crèches la nuit, cesont toutes les personnes en horairesdécalés, dont les mamans seules, quiseront pénalisées.IDF : Pour vous, il n’y a pas un seul Paris lanuit, mais plusieurs. Qu’en est-il du reste del’Île-de-France ?LUC GWIAZDZINSKI : Effectivement,quand on parle de la nuit, on n’évoquepas que la fête ! à Paris, on distinguela ville de garde (casernes, police,hôpitaux…), la ville festive (bars,restaurants, discothèques, etc.), laville marché (magasins, locations devidéos, épiceries…), la ville qui dort,les coulisses de la ville de jour (entretiensréseaux, travaux, nettoyage…)et, enfin, la ville des marges, avec lessans-abri, la prostitution, les traficsde rue. Comment les faire cohabiter ?à l’échelle régionale, la nuit peut êtrel’occasion de repenser la métropole :créer de nouveaux pôles d’activité etde vie, organiser les transports… avecle risque de faire du sous-Paris, carc’est difficile de vivre dans la lumièred’une telle ville ! Il faut réfléchir à laqualité des espaces publics, améliorerles lieux d’attente dans les gares,dans les arrêts de bus. Mais sortir lanuit en banlieue reste compliqué :actuellement, on ne compte qu’unesoixantaine d’établissements ouvertsen périphérie après 2 heures du matin,contre près de 1 000 dans Paris !IDF : Quelles sont les évolutions récentesde la nuit en Île-de-France, notamment parrapport à d’autres capitales ?LUC GWIAZDZINSKI : On peut citer labanalisation du travail de nuit, l’extensiondes horaires d’ouverture dessupérettes, celle des heures du métrole week-end, la création du réseau debus Noctilien, l’apparition du Vélib’,mais aussi l’interdiction de fumer,la banalisation du portable, les initiativesdes pouvoirs publics quiorganisent la Nuit blanche, les Nuitscapitales. Quant aux conflits qui sedéveloppent entre les riverains ou lescommerçants et les propriétaires etclients des lieux festifs, ils existentpartout ! Mais si Paris reste dans leTop 5 sur le côté festif, la métropoleparisienne est en retard sur la mobilité: on pense à New York, Londres ouAthènes, qui font circuler des métros24 h sur 24, à Barcelone et ses 70 lignesde bus nocturnes, ou à la ville deZürich, devenue une ville de la nuit.DATES1966Naissance àVillerupt (54).2000Doctorat engéographie àl’universitéLouis-Pasteurde Strasbourg.2001Crée la Maisondu temps etde la mobilité,à Belfort.2003Publie La Ville24 heuressur 24 (éd.de l’Aube).2008CopubliePériphéries,un voyageà pied autourde Paris(L’Harmattan).2010Copublie Urbiet orbi, Parisappartientà la villeet au monde(éd. de l’Aube).IDF : Quelles sont les attentes des différentspublics de la nuit en Île-de-France ?LUC GWIAZDZINSKI : Pour les travailleursfranciliens, l’attente n°1 est l’augmentationde l’offre de transportscollectifs. Puis vient le besoin de commercesouverts la nuit et de servicesnocturnes, comme des crèches. Plusglobalement, les attentes portent àla fois sur la sécurité, l’éclairage, oumême l’information : quand on estparisien, on connaît les lieux et lescodes ; quand on est francilien, c’esttout de suite plus compliqué – d’oùl’intérêt d’une cartographie des lieux.IDF : Quelles sont vos pistes de réflexion pourl’avenir des nuits parisiennes ?LUC GWIAZDZINSKI : La nuit est l’occasiond’ouvrir une réflexion sur « la métropole24 h sur 24 », et sur la question dutemps. Car en Île-de-France cohabitentdes populations qui n’ont pasles mêmes rythmes, et où les tempssociaux sont souvent désynchronisés.Le temps est la seule chose qui nousappartienne, alors pourquoi ne pasmettre la nuit à l’agenda du jour ? •Entretien réalisé par Julie Védie(*) Chercheur au CNRS, au sein du laboratoirePACTE, et enseignant à l’université Joseph-Fourier de Grenoble.à l’échellerégionale, lanuit peut êtrel’occasion derepenser lamétropole :créer de nouveauxpôles d’activitéet de vie, organiserles transports…Chiffresclés47 lignes de busNoctilien desserventplus de 200 communesd’Île-de-France entre00 h 30 et 05 h 30.8 430 000 voyages ontété effectués sur ceréseau en 2009.4 Franciliens sur 10 sontconcernés par le travailde nuit, dont 60 %d’hommes. 54 % d’entreeux se déclarentsatisfaits de travailler lanuit, et 44 % souhaitentcontinuer à travaillerpendant ces horairesatypiques.95 % des 2,2 millionsde personnes recenséessur Paris se couchentavant minuit.© pierre-olivier deschamps/agence vuîLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


14tribunes© Olivier Pasquiers/le bar floréal© nathalie mohadjer/le bar floréalGroupe SOCIALISTE ET APPARENTÉSL’insécurité ou l’échec du sarkozysmePS et app | 62 membresGuillaume BalasPas une semaine sans queNicolas Sarkozy ne s’offre unesortie médiatique sur la questionsécuritaire. Or, depuishuit ans qu’il est le premierpolicier de France, quelle aété l’efficacité de celui quivoulait nettoyer les quartiersau Kärcher ? On peut le direfermement, le sarkozyme estun échec, il n’a pas fait reculerl’insécurité.Au contraire, les chiffresdu ministèrede l’Intérieur arrangés par monsieurHortefeux démontrent quela politique répressive du gouvernements’est accompagnée d’unehausse des agressions envers lespersonnes, qui sont le principalindicateur du sentiment d’insécuritédans notre société. Commentpourrait-il en être autrement,lorsque la méthode du gouvernementse résume à de l’affichage età du mépris ? Pour l’affichage, leschiffres parlent d’eux-mêmes : depuis 2004, lesofficiers et les commissaires de la police nationaleont perdu, au total, 4 610 postes. De leurcôté, les gardiens de la paix et les brigadiers ontvu leurs effectifs décroître, entre 2008 et 2010,de 1 580 postes. D’ici à 2012, si l’on tient comptedes chiffres prévisionnels annoncés par la hiérarchiepolicière à ses fonctionnaires, ces troiscorps pourraient finalement devoir assumerles départs, principalement à la retraite, de prèsde 10 104 policiers en huit ans. Alors que lesmaires franciliens s’alarment, depuis plusieursannées, de voir leurs commissariats dépeuplésou supprimés (dans le Val-d’Oise, par exemple,le commissariat d’Eaubonne est maintenantfermé la nuit et les week-ends, et celui de Cergy,« Nous devonsaffirmer que lasécurité réelleet pour tous nese construit pasavec des opérationscoups de poing.Elle s’élabore aucontact des citoyens,au plus prèsde leur quotidien. »le samedi), l’incidence de cette baisse des effectifssur la sécurité au quotidien est dramatique.Mais ces chiffres seraient seulement déplorables,s’ils ne se conjuguaient à un discoursméprisant d’une rare violence de la part de responsablespolitiques de la Majorité présidentielle.De ses petites phrases sur la « racaille »des cités jusqu’au scandaleux discours de Grenoblesur les Roms, Nicolas Sarkozy a toujoursdésigné des boucs émissaires pour justifier sapolitique sécuritaire inefficace. Il aurait pourtantmieux à faire que d’attiser les tensionsentre les citoyens et les forces de l’ordre. Legouvernement a oublié que lapolice est un service public, quesa mission est d’être au servicede la population, et non l’instrumentd’une politique aussiinefficace que stigmatisante.On comprend combien l’espoirde la population a été rogné parles promesses non tenues et parla stratégie agressive du sarkozysme.C’est aujourd’hui auxcollectivités locales que les habitantsfont le plus confiance pourrépondre intelligemment aux problèmes d’insécurité.Nous devons affirmer que la sécuritéréelle et pour tous ne se construit pas avec desopérations coups de poing. Elle s’élabore aucontact des citoyens, au plus près de leur quotidien.C’est en ce sens que la Région finance larénovation et la construction de commissariatset de casernes de gendarmerie, qu’elle sécurisel’entrée des lycées, en rappelant toujoursque la présence humaine sur le terrain est lameilleure des politiques en matière de tranquillitépublique. •Groupe socialiste et apparentés.Contact : said-benmouffok@orange.fr.Téléphone : 01 53 85 68 95.Site : www.psidf.com.FRONT DE GAUCHE – PARTI COMMUNISTE, GAUCHE UNITAIRE ET ALTERNATIVE CITOYENNEVers des assises régionales de la santéFdg | 14 membresAttaquée de toutes parts par les politiques libérales, la santé publique est en danger.La droite organise le démantèlement du service public de la santé au profitd’une logique de rentabilité financière de l’offre de soin. La mise en place dela loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires)et celle des agences régionales de santé ont accéléréle processus de privatisation de la santé.Nous avions proposé pendant la campagne quela Région organise des assises régionales de lasanté, une proposition reprise par un appel de50 personnalités d’Île-de-France. À notre initiative,le conseil régional s’est engagé à les organiserdès 2011. Les assises permettront de dresser« La droite organisele démantèlementdu service publicde la santé au profitd’une logique derentabilité financièrede l’offre de soin. »Gabriel Massouensemble – professionnel-le-s, patient-e-s, élu-e-s… – un état des lieux et d’élaborerdes propositions alternatives. La Région peut être un appui aux mobilisations : la preuve ! •http://www.frontdegauche-pcfguac-idf.org.© jean-Christophe bardot/le bar floréalEUROPE ÉCOLOGIE – LES VERTSRépondre au déficlimatiquePour lutter contre les changementsclimatiques et limiter les impactsirréversibles, les experts sont sansappel : nous devons réduire nosémissions de gaz à effet de serre(GES) de 80 % à 90 %, et ce, àl’horizon 2050. Or, avec l’échecretentissant des négociationsde Copenhague l’an dernier, lesommet sur le climat de Cancún,eelV | 49 membres au Mexique, était déterminantcar il avait pour objectif de limiterla hausse des températuresCécile Duflotsur la planète à 2°C. Face auxdifficiles négociations entre les États, riches, émergentsou en développement, nous, élus régionaux, nepouvons nous permettre d’être résignés face à l’urgenceclimatique. Ainsi, dans l’attente de l’adoptiond’un traité contraignant qui engagera tous les États,les collectivités locales ne doivent pas se dédouanerde leurs propres responsabilités, à commencer parles régions, qui ont un rôle essentiel à jouer dans lalutte contre le changement climatique. Leur proximitéaux territoires les rend même incontournablespour le passage à l’acte des politiques de maîtrise del’énergie et de développement des énergies renouvelables.Plus de 70 % des émissions de GES dans lemonde proviennent de l’activité des zones urbainestelles que la nôtre. Face au défi climatique, la RégionÎle-de-France s’est fixé pour objectif de diviser parquatre ses émissions de GES, à l’horizon 2030. EnFrance, chez nos voisins européens ou encore à traversle monde, l’échelon régional est crucial. Ainsi,la Région Île-de-France a lancé, début octobre,une large concertationpour l’élaboration d’unplan climat régionalambitieux, qui seraadopté au printemps.Cet indispensable outilpermettra d’engager laconversion écologiqueet sociale de la région.De nouveaux outilsseront nécessaires pour« La RégionÎle-de-Frances’est fixépour objectifde diviserpar quatre sesémissions de gazà effet de serre,à l’horizon 2030. »atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.À commencer par la création d’un « service publicrégional de l’énergie », sous l’impulsion d’HélèneGassin, vice-présidente à l’environnement, àl’énergie et l’agriculture. Cette structure sera destinéeà lutter contre la précarité énergétique dontsouffre plus de 10 % de la population francilienne(souvent des personnes âgées) et à produire desénergies renouvelables nécessaires à la transitionénergétique de la région. En cela, loin d’êtreune contrainte, la lutte contre les changementsclimatiques se révèle une opportunité pour créerun nouveau modèle plus juste socialement et plusrespectueux de notre environnement. Les tempschangent ! •Groupe Europe écologie – Les Verts Île-de-France.Contact : eelv@iledefrance.fr. Tél. : 01 53 85 69 45.îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


tribunes 15MOUVEMENT RÉPUBLICAIN ET CITOYENLa sécurité pour tousn’est pas négociableLe gouvernement a choisi de brandir le thèmede la sécurité pour tenter de dissimulerson échec sur les questions économiqueset« L’État doit assumers o c i a l e s .sa mission dePour lessécurité pour tous. »élus MRC,autour de Jean-Pierre Chevènement, lasécurité pour tous n’est pas négociable.MRC | 7 membres Ils défendent ainsi la politique de sécuritéde la Région (construction de commissariats,sécurisation des lycées…).Jean-Marc NicolleMais, loin des gesticulations du gouvernement,l’État doit, lui aussi, assumer son rôle. Et donc cesserde réduire les moyens humains et matériels qu’il consacre àla sécurité. • www.mrc-idf.fr.© nathalie mohadjer/le bar floréal© jean-christophe bardot/le bar floréalPARTI RADICAL DE GAUCHEET MOUVEMENT UNITAIRE PROGRESSISTEÉconomie humanistePour faire de la croissance un véritablelevier de progrès social et environnemental,nous militons en faveur de l’économiesociale et solidaire. Créatrice d’emploisnon délocalisables,elle« La notionde valeurest porteuseajoutée socialed’innovationsdoit prévaloir. »pour remettrePRG-MUP | 5 membres l’humain au cœur de ses projets.Une croissance engagée, dépassant leMuriel GUENOUX profit pour rechercher l’utilité sociale,est possible. C’est l’un des messages queles élus PRG-MUP porteront lors des états généraux de laconversion écologique et sociale de l’Île-de-France (2011). •www.prg-mup-idf.fr. Tél. : 01 53 85 69 46.© nathalie mohadjer/le bar floréalFRONT DE GAUCHE ET ALTERNATIFSLa bande du Fouquet’scourt toujours !FdG et A | 5 membresPascaleLe NéouannicMalgré un appareil répressif qui s’accroîtet des caméras de vidéosurveillance toujoursplus nombreuses, aux dernièresnouvelles, la bande du Fouquet’s courttoujours ! Ces multirécidivistes vont-ilslong tempsencore violerla loi,notammentfiscale, et se« L’accumulationdes richessesattise égoïsmeet violence. »partager impunément le butin de nosretraites et de nos droits sociaux ? Lescomplicités dont ils bénéficient au sommetde l’État vont-elles cesser ? Humour ? Oui et non. Carc’est bien cette oligarchie du bling-bling, du « chacun poursoi » et de l’accumulation obscène de richesses qui attise égoïsmeet violence. •Contact : frontdegauche-alters@iledefrance.fr.MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLERenouveler le pacte État-Régionpour votre sécuritéQue le conseil régionalconsacre ce journal à lasécurité ne doit pas masquerune double réalité. Lapremière : c’est à l’initiativede la droite que laRégion, en 1998, a décidéde s’intéresser à la sécurité.La seconde : en dépitMP | 57 membres de l’opposition du groupeMP, la gauche ne cesse deValérie Pécresse réduire les crédits consacréspar la Région à votresécurité. Ils étaient de 44 millions d’euros en2006 ; ils sont tombés à 26 millions d’euros en2010 : une chute vertigineuse de plus de 40 %© olivier pasquiers/le bar floréal© nathalie mohadjer/le bar floréalen 4 ans ! Les crédits destinés àsécuriser les lycées ont ainsi baisséde 25 % sur la période tandis queceux destinés à sécuriser les transportsont été divisés par 8 !Aujourd’hui, et ce journal en est l’illustration,la Région a clairementfait le choix de la communicationcontre celui de votre sécurité : avec14,9 millions d’euros, ses crédits de communicationsont supérieurs de 40 % aux créditsdestinés à assurer votre sécurité dans lestransports et celle de vos enfants dans leslycées. Ces choix budgétaires (0,5 % du budgetconsacré à la sécurité) traduisent-ils vospriorités ?À l’écoute de vos préoccupations, le groupeMP vous propose de mettre en place unevraie stratégie régionale de sécurité accompagnantles efforts déterminés du Gouvernementpour assurer votre tranquillité. Celle-cipasse par une convergence des efforts del’État et de la Région, avec la signature d’unpacte de sécurité état-Région.La Région doit mobiliser tous les leviers dontelle dispose pour vous protéger. Elle pourraitainsi financer la vidéoprotection, en prioritédans les rames de transports, les centrescommerciaux et aux abords des maisons desanté isolées. Mais également des commissariatset des équipements dans les communescréant une police municipale et pourraitaider les policiers à se loger. Elle pourraitenfin, c’est son devoir et une absolue priorité,engager immédiatement, comme nousl’avons demandé, les travaux recommandéspar le diagnostic sécurité réalisé par l’Étatdans les lycées.La formation, qui est au cœur des compétencesde la Région, est en effet la meilleurearme contre la délinquance. Notre Régiondoit s’imposer commepionnière en recourant àdes solutions innovantes,comme la création d’internatsde réinsertionscolaire ou de réinsertionprofessionnelle pour luttercontre la déscolarisationdes jeunes.Enfin, les métiers de la sécurité offrent desperspectives d’emploi aux Franciliens, àtous les niveaux de qualification, à conditiond’être accompagnés d’une formationde qualité. Le groupe MP propose que laRégion construise une vraie filière, autourd’un grand campus des métiers de la sécurité,à Melun, en lien avec les formations de lapolice, de la gendarmerie et des avocats.Plutôt qu’un journal, votre sécurité mériteune politique forte et déterminée. Face à unexécutif qui se contente de communication,le groupe MP choisit résolument les propositionset l’action ! •Site Internet : www.ump-iledefrance.fr.Téléphone : 01 53 85 68 05.« La Régionconsacre 40 % decrédits de plus à lacommunicationqu’à votre sécuritédans les transportsou dans les lycées. »NOUVEAU CENTRE ET APPARENTÉSSécurité : vrai problème et faux débatNC ET App | 10 membresNous, élus du groupe Nouveau Centre au conseil régional, défendons l’idée que lasécurité est le premier des droits, et constitue un préalable au « vivre ensemble »harmonieux et apaisé que nous appelons de nos vœux. S’il fait bon vivre enÎle-de-France, l’insécurité chronique frappenéanmoins dans trop de territoires. La luttecontre les inégalités territoriales est doncprimordiale. Sans tomber dans une logiquedu « tout sécuritaire » et d’exclusion sociale,nous réaffirmons la nécessité d’un vrai travaild’éducation et de réinsertion sociale. À nous,« Nous pouvons agir,dès aujourd’hui, etde manière concrète,pour l’égalité desterritoires en matièrede sécurité. »conseillers régionaux, de prendre nos responsabilités et d’agir concrètementLaurent Lafon en faveur de la sécurité pour tous. Or, l’exécutif régional se détourne de cettepréoccupation majeure. Notre groupe défend ainsi la mise en place de systèmesde vidéosurveillance dans l’ensemble des lycées franciliens ou dans les gares. La sécuritéconstitue une préoccupation majeure des Franciliennes et des Franciliens. •Contact : nouveaucentre.idf@gmail.com.îLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31


16alentoursYvelines Sur les pas de Zola, Ronsard, Maeterlink… à MédanPar ici les sorties littérairesMédanDans l’une des pièces réservéesà l’affaire Dreyfus.© Franck Ferville/Agence Vu© Franck Ferville/Agence Vuà la mort de Zola, sa maison fut donnée à l’Assistance publique. Aujourd’hui, l’association de la Maison Zola, dont l’arrièrepetite-fillede l’écrivain est la vice-présidente, reçoit 10 000 visiteurs annuels.Médan est une petite commune des Yvelines, nichée aubord de la Seine. De la Renaissance au XIX e siècle, ellesemble attirer irrésistiblement peintres et écrivains...Balade littéraire sur les pas de Ronsard, Zola, Maeterlinck.plume h « J’ai acheté une maison, une cabane àlapins, entre Poissy et Triel, dans un trou charmantau bord de la Seine. » Quand émile Zola écrit ceslignes à Gustave Flaubert, en août 1878, il ne saitpas que c’est dans cette maison de Médan (78),achetée avec les droits d’auteur de L’Assommoir,qu’il écrira ses plus grands romans (Nana, Germinal,La Bête humaine…). En 24 ans, la « cabaneà lapins » va devenir une grande propriété : Zolafait ajouter deux tours, la « tour Nana » et la « tourGerminal », du nom des romans qui ont permisde payer les travaux ; il rachète quatre hectares deterrain et une île au milieu de la Seine. Les journéesde Zola y sont rythmées de façon immuable : il selève tôt, se plonge dans un bain, déjeune, marchepuis travaille entre 9 h et 13 h, selon sa devise « nulledie sina linea » (“ aucun jour sans une ligne ”), sesaprès-midi étant réservés au courrier, aux promenades,et ses soirées aux amis. Chaque pièce de lamaison fait revivre la vie et l’œuvre de l’écrivain,de la salle à manger où la vaisselle est décorée desaynètes de L’Assommoir au salon agrémenté dereproductions d’œuvres de son ami Manet jusqu’auHInfospratiques• Pour y aller :- par lesautoroutesA13 et A14,sortie 7 Poissy-Orgeval-Villennes, suivreVillennes puisMédan à 2,5 km ;- par le traindepuis la gareSaint-Lazarejusqu’à la garede Villennes-sur-Seine, puis1,8 km à piedjusqu’à Médan.• Maison d’émileZola :01 39 75 35 65.www.maisonzolamuseedreyfus.com• Château deMédan :01 39 75 86 59.www.chateaude-medan.fr.cabinet de travail surplombant le jardin, où lesdescendants de ses chats paressent au soleil. Deuxpièces sont réservées à l’affaire Dreyfus, en attendantla création, dans l’ancienne ferme de la propriété,du musée Dreyfus, grâce au mécène PierreBergé (lire l’encadré ci-contre).Peint par CézannePlus haut dans le village, la grande bâtisse duchâteau de Médan domine la route. Cet ancienpavillon de chasse, édifié au XV e siècle, accueillit àla Renaissance Ronsard et les poètes de la Pléiade.Trois siècles plus tard, le site est peint plusieurs foispar Paul Cézanne. En 1924, un prix Nobel de littérature,le Belge Maurice Maeterlinck, s’y installe,et y écrit notamment L’Araignée de verre. Dans l’aileajoutée au XVIII e siècle, il construit un théâtre où ilfait jouer L’Oiseau bleu. En 1977, quand Marion etJean-Pierre Aubin de Malicorne rachètent le château,cette partie de l’édifice est tellement dégradéequ’ils la font détruire. « Après Maeterlinck, lechâteau a été occupé par les Allemands, puis il aabrité l’imprimerie du journal Combat, puis dessquatteurs ont déclenché un incendie… », racontele propriétaire. Pendant dix ans, le couple va travaillerpour redonner au château les volumes et labeauté de son époque Renaissance. Une réussiteque peuvent aujourd’hui découvrir les groupes quiviennent le visiter. • julie Védie© Franck Ferville/Agence VuMaurice Maeterlink s’installeau château de Médan en 1924.Rencontre |« Je suis la gardiennedu temple »Martine Le Blond-Zola, arrière-petitefilled’Émile Zola etvice-présidente del’association MaisonZola-Musée Dreyfus.élevée dans le culte de Zola, je mesens un devoir moral de m’occuperde cette maison. L’endroit a inspiréle titre du livre écrit avec ses amisMaupassant, Hennique, Huysmans,Alexis et Céard, Les Soirées deMédan, en hommage au sens del’hospitalité d’Alexandrine Zola.Le couple Zola s’impliquait dansla vie du village : lui a siégé auconseil municipal, elle participaitaux bonnes œuvres de l’église.Depuis 1998, Pierre Bergé est notremécène. Grâce à lui, nous allonscréer un musée sur l’affaireDreyfus. Je suis la gardiennedu temple, je protège la mémoirede Zola, l’homme. L’écrivain,je le laisse aux universitaires.© Franck Ferville/Agence VuîLE-DE-FRANCE | d é c e m b r e 2 0 1 0 - J a n v i e r 2 0 1 1 | Nº 31

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