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Expériences photographiques et pratique bouleversante. Paul ...

Expériences photographiques et pratique bouleversante. Paul ...

d’Atget, que c’est l’émeute qui donne son vrai visage à uneville. Et on retrouve ce même regard dans les photos de laville de Mons la nuit de Marcel Lefrancq (Rue verte, le soir,Dernière allumette, Sans titre (26/10/1938), Quartiers calmes,La porte triste, Sans titre (26/10/1938, Fig. 7 xii )). Des ruesdésertes, vidées, éclairées comme un décor étrange etinquiétant.Fig. 8 Cils coupésParfois, il y a quelqu’un dont la présence et lasolitude soulignent un peu plus l’isolement des rues et de lanuit. Quelqu’un en position de guetteur ou d’attente, dedisponibilité, « à tout le possible ». D’où les affinités entre lecriminel, le conspirateur et l’amoureux, posant un regarddéterminé, investissant les lieux et les objets d’une épaisseurnouvelle, corrigeant et détournant la banalité et les faussesévidences, fouillant l’espace à la recherche d’indices et designes, de passages et de rencontres. D’où également, cetteproximité avec le regard ethnologique, interrogeant leschoses et leurs significations, leur utilisation rationnelle etleur usage symbolique, fétichiste, leur être et leur fantôme :fantômes d’Afrique comme de Paris ou de Mons.Pratique de la guérillaNougé et Benjamin usèrent de la même image pourqualifier le surréalisme de « machine infernale ». Nombred’essayistes ont fait l’analogie entre la démarche de Nougéet la pratique de la guérilla. Il s’agit là d’une spécificité belgepar rapport à Paris, qui découle d’un positionnementdifférent par rapport au monde de la culture et au parcourspolitique. De manière générale, du côté belge, la défianceétait plus grande, la vigilance plus tendue envers l’institutionlittéraire et artistique et sa capacité de « récupération ». Cettedifférence peut se lire dans Cils coupés (Fig. 8). Elle fait biensûr référence à la fameuse scène de l’œil coupé dans le filmde Bunuel et Dali, Le chien andalou, sorti peu de tempsauparavant. L’attaque violente, directe prend un tour ici plussubtil, plus métaphorique. Les Belges font plutôt confiance àune lutte irrégulière, opérant par déplacements insidieux etcoups de force. Si cette tactique a leur préférence, c’est

qu’elle est selon eux plus efficace, que la surprise résultant« d’une légère différence entre ce que nous avions prévu etce qui arrive » xiii assure un maximum d’effet bouleversant.La situation idéale serait d’arriver à faire naîtrel’illumination, à provoquer ce bouleversement del’introduction « d’une seule virgule (…), le jeu d’un seul traitd’encre noir » xiv . C’est le pendant de l’équation entre l’objetbanal et ses effets bouleversants : la force d’une surprise, savertu subversive est étroitement liée à l’économie desmoyens utilisés. Nougé et ses complices se méfient del’inflation verbale, du recours incantatoire aux motsmagiques de « révolution », « désir ». Là aussi, la stratégie deNougé est étonnement proche de celle de Benjamin pourqui la misère devient objet de consommation, les scandalesartistiques épuisent leur « signification politique » xv et l’instantde décision s’annule dans une forme de contemplationconfortable. Dès lors, l’objectif ne peut plus être d’alimenterl’institution littéraire en déclarations fracassantes aussi viteassimilées et débitées en objets de mode, mais de changer lafonction de la littérature, d’organiser la refonte de la formeartistique et le dépassement du cadre littéraire. « L’efficacitélittéraire, pour être notable, écrit Benjamin – et cette phraseaurait pu être écrite par Nougé – ne peut naître que d’unéchange rigoureux entre l’action et l’écriture » xvi . Moded’échange auquel renvoie également de manièremétaphorique … Les oiseaux vous poursuivent, Fig. 4, qui lieles oiseaux et les ciseaux, la découpe et le vol, l’écriture etle montage. Ainsi, l’usage détourné par les surréalistesbelges de formes non littéraires comme la publicité, un livrede grammaire et la photographie correspond à cette volontéde faire éclater le cadre artistique en usant de médium dontla distance à l’art assure une plus grande efficacité. Cetteliberté par rapport aux moyens utilisés, le refus de se laissercirconscrire par un médium ou un métier – celui de peintreou d’écrivain – se double d’une volonté expérimentale dontles objets bouleversants constituent l’un des pointsculminants.Dans la Conférence de Charleroi, Nougé évoquel’anecdote de la discussion entre le peintre Degas et le poète

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