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Expériences photographiques et pratique bouleversante. Paul ...

Expériences photographiques et pratique bouleversante. Paul ...

ituels de tous les jours

ituels de tous les jours qui sont les nôtres. L’absence del’objet n’hypothèque pas la compréhension car il s’inscritdans un cadre culturel qui lui donne sens. L’expérienceporte donc à la fois sur le visible et l’invisible, sur leshabitudes mentales et les codes sociaux, mais aussi et plusradicalement sur les rapports que les objets entretiennentavec l’univers et avec nous. Car le but pour Nougé est debouleverser dans un même mouvement la vision, lesrelations humaines matérialisées dans et par les objets, et cequ’il appelle dans la Conférence de Charleroi, « la notiond’esprit humain » de l’époque et sa principale tare, l’attitudecontemplative, définitivement ruinées selon lui par laPremière guerre mondiale et la révolution russe.Quelques temps plus tard, discutant des tableaux deMagritte, Nougé revient plus en détails sur la dynamique dece bouleversement : « Que l’homme aille où il n’a jamais été,éprouve ce qu’il n’a jamais éprouvé, pense ce qu’il n’ajamais pensé, soit ce qu’il n’a jamais été. Il faut l’y aider, ilnous faut provoquer ce transport et cette crise, créons desobjets bouleversants » iv .Mais d’où vient la vertu subversive de l’objet, parquels mécanismes assurer sa charge explosive ? À cettedouble question, le surréalisme belge répond par uneéquation, qui est la suivante : « L’importance humaine d’unobjet est en raison directe de sa banalité » v . Plus un objet estbanal, plus sa puissance potentielle est forte. D’où la volontéde n’user de préférence que d’éléments usuels, d’objetscourants, de lieux communs, mais détournés de leurs usageset contextes, isolés et inscrits dans une sorte de familiaritéde l’abord afin de « gauchir » la représentation jusqu’à lafaire éclater. L’enjeu est de donner à voir, de rendresensible, de faire exister ce qui à force d’être banal étaitinvisible, n’existait plus. Se dessine ici une descaractéristiques de cette théorie : la dialectique entre lebanal et le mystère, le quotidien et le merveilleux ; unedialectique dont le cœur et le moteur sont la révolte.

Le dépaysementLe commun dénominateur à ces diverses opérationsest le dépaysement, « l’efficacité poétique du dépaysement »selon Nougé. Je voudrais poursuivre en confrontant lathéorie de Nougé aux réflexions de l’intellectuel allemandWalter Benjamin et à l’une ou l’autre photo du surréalistebelge Marcel Lefrancq, membre, dans les années 1938-1939,du groupe Rupture, puis du Groupe surréaliste en Hainaut,qui participent de la constellation surréaliste belge. Cettedouble confrontation a pour objectif de donner une portée àla fois plus générale et plus précise à mon propos. De plus,l’intérêt de recourir à Benjamin tient à sa double réflexionsur la photographie et sur le surréalisme au tournant desannées 20, et au fait qu’il est, selon moi, l’un descontemporains de Nougé, Breton, qui, sans jamais les avoirrencontrés, a le mieux compris toute l’originalité dusurréalisme. Alors, bien sûr, je sais que Benjamin s’estmontré par la suite déçu par la photographie surréaliste. Jen’ai pas le temps ici de cerner les contours de cettedéception, ce qu’elle doit à la question de l’aura et aussi à lapropre évolution de Benjamin, et je préfère laisser cettequestion de côté pour m’attacher aux correspondances quiexistent entre sa propre démarche et celle de Nougé.Benjamin a parlé, à propos de la photographiesurréaliste et des photos d’Atget, d’un « regard déterminé »,un « regard politiquement éduqué » opposé au « regarddétaché » vi . Pour Benjamin, ce regard se caractérise par unesorte de libération de l’objet, une dissipation del’atmosphère, de l’aura qui les entoure, et par uneconnexion entre la misère sociale, la misère ornementale del’architecture et des intérieurs et le basculement dans lenihilisme révolutionnaire. Surtout, ce regard nouveauparticipe justement du dépaysement : il renonce « à touteintimité au profit de l’éclairement des détails », préparant « lemouvement salutaire qui rendra l’homme et sonenvironnement étrangers l’un à l’autre » vii , il dépouille leslieux et objets de « leur banale évidence » viii . Par exemple laphoto de Marcel Lefrancq d’un moustique sur un mur prisen gros plan, acquiert une dimension inquiétante, et est

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