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Compilation d'articles - Contacter un comité local d'Attac

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Directeur de la

Directeur de la publication : Edwy Plenel3www.mediapart.frDans le champ français, juge Nicolas Haeringer,« même si un économiste comme Philippe Askenazyne se définira sans doute pas comme héritierde l’altermondialisme, on peut penser que leséconomistes atterrés n’auraient pas eu une tellerépercussion sans le mouvement alter, même s’ilsont su en élargir l’audience. Le conseil scientifiqued’Attac, notamment, a permis à des économisteshétérodoxes d’être entendus, et de montrer que tous leséconomistes n’étaient pas sur la ligne d’Olivier Pastré».En ce qui concerne les mouvements apparus depuisquelques années à Madrid ou à New York, lorsde la conférence de presse organisée à Paris, àune semaine de l’ouverture du FSM, Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du CRID, estimait quela relation « était spontanée et naturelle. Au FSM deDakar, en 2011, la liaison a été faite avec les Y’ena marre ! Et, à Monastir, quand nous préparions leFSM de Tunis, au printemps dernier, de nombreuxreprésentants des indignés et des Occupy étaientprésents, dont on peut dire qu’ils s’inspirent de lacharte du FSM ».Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.Toutefois, précise Christophe Aguiton, « lafiliation me semble moins évidente que pour leséconomistes hétérodoxes. Des mouvements commeOccupy ou les indignés ont certes récupéré uneculture politique altermondialiste, en la radicalisant,notamment l’horizontalité et l’autogestion. Maisdans le mouvement alter, l’horizontalisation estune horizontalisation des organisations, et non desindividus, ce qui change beaucoup de choses, parceque l’altermondialisme n’est pas réticent au principede délégation et de représentation, contrairement auxmouvements apparus récemment ».Pour Nicolas Haeringer, cette donnée modifie leprocessus de décision : « Comme le consensusaltermondialiste se fait entre organisations, il estpossible de donner un poids relatif, en fonction deson importance symbolique ou financière, à telle outelle organisation. Une campagne sur la souverainetéalimentaire accordera sans doute plus d’importanceà Via Campesina qu’à Utopia, et une centrée sur lacitoyenneté universelle sera plus à l’écoute d’Utopiaque de la CGT. »En outre, précise-t-il, une caractéristique desmouvements comme Occupy ou des indignés est« une rupture avec le nomadisme du FSM, qui estun processus quasiment déterritorialisé. Tandis quel’occupation d’une place est un processus sédentaire,qui revendique un lieu. C’est notamment pour celaque, dans les FSM, l’important est d’abord ladiscussion, tandis que les indignés ou les membresd’Occupy accordent plus de place et d’importance àl’expérimentation des manières de vivre », ou à ce quela sociologie américaine a nommé les « politiques depréfiguration », fondées sur l’idée que si l’activismeest déjà démocratique, pacifique, égalitaire et créatif,alors, dans un petit coin du monde, ces élémentsrecherchés ont déjà triomphé.Pour Nicolas Haeringer, s’il existe donc dessimilitudes, il est « important d’insister sur lesdifférences, moins pour réfléchir en termes degénéalogie et de transmission, que pour voir commentle mouvement alter peut rejoindre, aujourd’hui,certaines des exigences et des revendicationssoulevées par le mouvement Occupy ».Alors qu’il n’a pas essaimé de manière suffisammentflagrante pour se renouveler ou se métamorphoser,l’altermondialisme pèse-t-il encore quelque chose,et le processus des FSM n’est-il pas définitivement« routinisé » ? Pour Christophe Aguiton, il fautrevenir à la création du mouvement, à la fin desannées 1990. « Il se produit dans un contexte où,à la fois, la pensée dominante est celle de lamondialisation heureuse et où, du côté des ONG, oncroit pouvoir régler les grandes questions mondialesgrâce à des grandes conférences multilatéralessur les femmes, la dette, le logement socialou l’environnement. L’altermondialisme apparaîtalors comme une aile radicale qui cible lesinstitutions internationales, menant le jeu de lamondialisation ultralibérale en s’appuyant sur deuxréalités : le processus de mondialisation qui3/5

Directeur de la publication : Edwy Plenel4www.mediapart.froblige les mouvements à se coordonner à l’échelleinternationale et la possibilité d’identifier sesennemis. »La situation est moins lisible aujourd’hui, alors quel’unilatéralisme américain post-11 Septembre a pris uncoup avec la montée en puissance des pays émergentset que les « ennemis » ont, comme l’altermondialisme,été affectés par des phénomènes de vieillissement etde fracturation.« Le paradoxe, poursuit Christophe Aguiton, est quela mondialisation libérale se poursuit, mais sansleadership identifiable. La Banque mondiale ne faitplus rien, l’OMC est paralysée, le FMI ne s’occupeplus que de l’Europe. » Cet état de fait complique lastratégie des mouvements altermondialistes, commel’explique Gus Massiah, pour lequel il était possible,dans les années 1990, « d’attaquer le systèmeéconomique international à travers ses institutions,alors qu’elles sont aujourd’hui dépassées par lemarché mondial des capitaux ».Le Forum social mondial ne peut plus se présentersimplement comme le pendant de Davos, et nese tient d’ailleurs plus début janvier, à l’instarde son homologue suisse. Isabelle Sommier, qui amené plusieurs enquêtes sur le public des FSM,jusqu’à celui de Dakar en 2011, explique ainsi qu’on« perçoit une évolution de ses participants versla professionnalisation et le plaidoyer. Les FSMressemblent de plus en plus à des rencontres entredes ONG de droits de l’homme ou des organisationshumanitaires, avec un déclin de la revendicationpolitique ».« Le temps des révolutions est un tempslong et n’est pas linéaire »Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.Le fait que le FSM pose aujourd’hui ses bagagesdans la Tunisie révolutionnaire peut-elle redonner àl’altermondialisme une dimension subversive qu’il adu mal à imposer ?Le précédent forum s’est tenu en 2011 à Dakar, entrela chute de Ben Ali et celle de Moubarak, dont ledépart a été annoncé pendant la cérémonie de clôture.Sa localisation, deux ans plus tard, dans le mondearabe libéré des dictatures, porte donc en soi unenouvelle dynamique, veut croire Gus Massiah pourqui « les insurrections méditerranéennes portent uneespérance révolutionnaire », même si « le temps desrévolutions est un temps long et n’est pas linéaire ».À l’origine, il était prévu que le FSM de 2013se déroule au Caire et non à Tunis. Mais pourqu’il puisse se tenir, il faut une rencontre entre desorganisations locales et les structures internationales,dont les conditions n’étaient pas réunies dans lecontexte égyptien. « Le fait qu’il s’installe à Tunis,et non au Caire, comme initialement envisagé, lefrancophonise et le provincialise », estime NicolasHaeringer.Pour redonner des couleurs à l’altermondialisme, leFSM de Tunis devra donc dépasser certaines tensionsinhérentes à sa localisation dans cette région dumonde, notamment les divergences de vues sur leSahara occidental, les tensions entre des mouvementsmaliens favorables à l’intervention française etopposés aux revendications arabo-touaregs soutenuespar certaines organisations de la région présentesau FSM, mais aussi les désaccords sur la situationsyrienne, puisqu’il demeure, au sein de la gauchemaghrébine, un vieux fond de nationalisme arabesécularisé, pour lequel le régime d’Assad demeureun rempart contre l’impérialisme et l’extrémismereligieux.Mais le forum de Tunis, en plus de devoir affronterson rapport à l’islam politique en particulier et à lareligion en général (que nous aborderons dans unsecond article), se trouve surtout face à trois défis queGus Massiah résume par trois questions : « Quelletraduction politique ? Quelles mutations des formes ?Quelles stratégies internationales ? »Trois interrogations qui traversent l’altermondialismedepuis sa naissance, mais que l’hétérogénéitécroissante, à la fois géographique et politique,des organisations qui se rendent au FSM ou desmouvements locaux dont l’altermondialisme estimequ’ils s’inscrivent dans sa logique, rend encore plusdifficile à résoudre.4/5

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