Rapport de la France - Convention on Biological Diversity

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Rapport de la France - Convention on Biological Diversity

REPUBLIQUE FRANÇAISEong>Rapportong> ong>deong> ong>laong> ong>Franceong>à ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversité biologiqueApplication ong>deong> ong>laong> décision II/17ong>deong> ong>laong> seconong>deong> conférence ong>deong>s Partiesà ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversité biologiqueDécembre 1997


Ce rapport a été éong>laong>boré par le gouvernement français conformément àong>laong> décision II/17 ong>deong> ong>laong> seconong>deong> conférence ong>deong>s Parties à ong>laong> ong>Conventionong>sur ong>laong> diversité biologique.Il sera présenté à ong>laong> Conférence ong>deong>s Parties qui se réunira à Bratisong>laong>va(Slovaquie) en mai 1998.Ce rapport a été préparé en colong>laong>boration avec les départementsministériels et les organismes publics concernés, ong>laong> coordination étantassurée par le ministère ong>deong>s affaires étrangères et le ministère ong>deong>l'aménagement du territoire et ong>deong> l'environnement.Ce rapport est complété par les ong>deong>ux rapports suivants :- Ministère ong>deong> l'environnement, 1996. La diversité biologique enong>Franceong> : programme d'action pour ong>laong> faune et ong>laong> flore sauvages,Paris, 318 p.- Bureau ong>deong>s ressources génétiques, 1995. La conservation ong>deong>sressources phytogénétiques en ong>Franceong>, rapport à l'OAA, BRG,Paris, 171 p.Ce rapport est également accessible sur le site Internet du ministèreong>deong> l'aménagement du territoire et ong>deong> l'environnement :environnement.gouv.friii


SommaireRésumé : L'approche française pour ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique ..................vIntroduction ........................................................................................................................1Chapitre I : Une diversité biologique importante mais fragile ...............................................4I.1 La richesse ong>deong>s habitats et leur évolution récente ..................................................4I.2 La richesse floristique et faunistique et son évolution ............................................6I.3 La diversité ong>deong>s territoires agricoles et forestiers ...................................................9I.4 La diversité et ong>laong> fragilité ong>deong>s ressources génétiques ............................................10Chapitre II : La prise en compte ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les pratiquessocio-économiques ...........................................................................................................13II.1 La protection ong>deong> l'environnement dans les pong>laong>ns et les schémas directeurs ..........13II.2 L'étuong>deong> d'impact obligatoire pour les projets ......................................................15II.3 Des territoires avec ong>deong>s politiques spécifiques : ong>laong> montagne, le littoral,les forêts ...........................................................................................................15Chapitre III : Les politiques ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages .................18III.1 Connaître et surveiller le patrimoine naturel .....................................................18III.2 Préserver et restaurer les popuong>laong>tions ong>deong>s espèces les plus menacées ................24III.3 Constituer un réseau d'espaces protégés représentatifs ong>deong> ong>laong> diversitébiologique ........................................................................................................29Chapitre IV : La préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les activités agricoles,forestières et dans les milieux aquatiques............................................................................33IV.1 Diversité biologique et agriculture ...................................................................34IV.2 Diversité biologique et gestion ong>deong>s forêts .........................................................37IV.3 Diversité biologique et gestion ong>deong>s milieux aquatiques .....................................40Chapitre V : La préservation ong>deong>s ressources génétiques .....................................................42V.1 Les ressources génétiques animales ...................................................................44V.2 Les ressources génétiques végétales ..................................................................48V.3 Les ressources génétiques microbiennes ............................................................52iv


Chapitre VI : La diversité biologique dans les activités ong>deong> recherche .................................54VI.1 L'activité ong>deong>s grands organismes ong>deong> recherche publique ....................................54VI.2 Le programme national ong>deong> recherche “Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversitéet environnement” (DBE) ................................................................................55VI.3 Le Programme national biodiversité .................................................................55VI.4 La programmation ong>deong> ong>laong> recherche au ministère ong>deong> l'aménagement du territoireet ong>deong> l'environnement .......................................................................................56VI.5 Deux exemples ong>deong> groupements publics pour ong>laong> coordination ong>deong> ong>laong> recherche ...58VI.6 La coordination ong>deong>s recherches sur ong>laong> diversité génétique .................................58VI.7 Le Programme national ong>deong> recherche sur les zones humiong>deong>s .............................59VI.8 La recherche dans les organismes gestionnaires ong>deong>s forêts, ong>deong> ong>laong> chasseet ong>deong> ong>laong> pêche ...................................................................................................60Chapitre VII : Coopération et transfert ong>deong> savoir-faire ......................................................61VII.1 La diversité biologique dans ong>laong> coopération française ......................................61VII.2 Le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) ...............................63VII.3 La coopération dans le domaine ong>deong>s milieux aquatiques ..................................64VII.4 La diversité biologique dans ong>laong> recherche publique pour l'aiong>deong> audéveloppement ................................................................................................65Chapitre VIII : L'éducation et ong>laong> formation pour ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversitébiologique .........................................................................................................................67VIII.1 Une intégration progressive au sein du système éducatif français ...................67VIII.2 L'action ong>deong>s organismes chargés ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> floresauvages ........................................................................................................68Bibliographie sélective ......................................................................................................72Inong>deong>x ong>deong>s sigles .................................................................................................................75* * *Les ministères français cités dans ce rapport sont mentionnés soit par leur nomcomplet à ong>laong> date ong>deong>s faits rapportés, soit par l'expression "ministère chargé ong>deong> …".C'est le cas notamment pour les ministères chargés ong>deong> l'agriculture, ong>deong>l'environnement, ong>deong> ong>laong> recherche …v


RESUMEL'APPROCHE FRANÇAISEPOUR LA PRESERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUEREPONDRE AUX ENGAGEMENTS DE RIO : LES AXES MAJEURS DE LA POLITIQUEFRANÇAISELa ong>Franceong> a signé en juin 1992 ong>laong> ong>Conventionong>-cadre sur ong>laong> diversité biologique et l'a ratifiée le1 er juillet 1994 (par ong>laong> loi n° 94-477 du 10 juin 1994). Elle s'est donnée les moyens ong>deong> sa mise enapplication.Ainsi, ong>laong> Commission française du développement durable a été créée afin d'assurer ong>laong> traductionconcrète ong>deong>s engagements pris lors ong>deong> ong>laong> Conférence ong>deong> Rio ong>deong> Janeiro sur l'environnement et ledéveloppement. De plus, ong>laong> ong>Franceong> a créé un comité national ong>deong> suivi ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversitébiologique, comité pong>laong>cé auprès du ministère ong>deong> l'Aménagement du territoire et ong>deong> l'environnement,rassembong>laong>nt les acteurs administratifs, scientifiques et associatifs impliqués.Mais ong>laong> ong>Franceong> a surtout agi pour ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique en adaptant, en renforçantet en complétant les politiques et les actions qu'elle avait engagées ong>deong>puis ong>deong> nombreuses années dansce domaine. Elle a notamment été parmi les premiers pays à créer - et ceong>laong> dès 1971 - un ministère ong>deong>l'environnement et à voter en 1976 une loi reong>laong>tive à ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature.Cette loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 1 a été une étape décisive dans le domaine ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong>ong>laong> diversité biologique. Complétant les diverses dispositions légisong>laong>tives antérieures, elle a notammentfixé les principes d'une politique cohérente ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages, ainsi quel'obligation ong>deong> ong>laong> prise en compte ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans l'ensemble ong>deong>sactivités économiques et sociales sur le territoire.Cette loi constitue encore aujourd'hui une ong>deong>s pierres anguong>laong>ires ong>deong>s réglementations et ong>deong> l'action ong>deong>spouvoirs publics dans ce domaine.Aujourd'hui, ong>laong> politique ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique s'articule en ong>Franceong> autour ong>deong>quatre axes majeurs :• l'intégration dans les pratiques socio-économiques et culturelles :- ong>deong> manière générale dans l'aménagement du territoire et dans les pong>laong>ns,- ong>deong> façon plus détaillée dans l'ensemble ong>deong>s activités économiques et plus particulièrement dansl'agriculture et ong>laong> gestion ong>deong>s forêts,• ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages et ong>laong> préservation ong>deong>s espaces et milieuxremarquables,• ong>laong> préservation ong>deong>s ressources génétiques,• les politiques reong>laong>tives à ong>laong> recherche, à l'éducation et ong>laong> formation.Par ailleurs ong>laong> ong>Franceong> intègre ong>laong> diversité biologique dans ses programmes ong>deong> coopération et ong>deong>transfert ong>deong> savoir-faire.1 Modifiée par ong>laong> loi n° 95-101 du 2 février 1995 reong>laong>tive au renforcement ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> l'environnement.vi


LA PRISE EN COMPTE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DANS LES PRATIQUESSOCIO-ECONOMIQUESLa prise en compte ong>deong> l'environnement dans l'ensemble ong>deong>s activités qui concourent au développementet à ong>laong> transformation du territoire est un volet essentiel ong>deong> ong>laong> politique française.C'est en premier lieu au moment où sont définies les orientations ong>deong> l'aménagement du territoirenational et celles du développement au niveau local qu'est intégrée en ong>Franceong> ong>laong> prise en compte ong>deong> ong>laong>préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique. C'est le cas notamment du Pong>laong>n national, ong>deong>s Contrats ong>deong> pong>laong>nÉtat-Région, ong>deong>s Schémas directeurs d'aménagement et d'urbanisme, ong>deong>s Schémas directeursd'infrastructures ong>deong> transport, ong>deong>s Schémas directeurs d'aménagement et ong>deong> gestion ong>deong>s eaux. C'est lecas aussi ong>deong>s politiques partenariales comme les Pong>laong>ns départementaux ou municipauxd'environnement et les Chartes pour l'environnement menées avec les collectivités locales.Enfin, concernant les projets (voiries, infrastructures, aménagements, …), quelques 6.000 étuong>deong>sd'impact incluant l'analyse ong>deong>s effets sur ong>laong> faune et ong>laong> flore sont réalisées chaque année, dont environ300 concernent les projets d'infrastructures.Par ailleurs ong>deong>s politiques spécifiques sont menées dans ong>deong>ux secteurs d'activité – l'agriculture et ong>laong>gestion ong>deong>s forêts – qui sont essentiels pour ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique, les territoires quiles concernent couvrant en effet plus ong>deong> 80 % ong>deong>s sols en ong>Franceong> métropolitaine.Les actions agri-environnementalesLa ong>Franceong> s'est engagée résolument dans l'intégration ong>deong> l'environnement dans les activités agricolesrépondant ainsi à une prise ong>deong> conscience plus ong>laong>rge ong>deong>s questions environnementales dans ce domaineet à ong>laong> réforme ong>deong> ong>laong> politique agricole commune (PAC) décidée par ong>laong> Communauté européenne le21 mai 1992.La mise en œuvre ong>deong> cette réforme en ong>Franceong> (exprimée par le règlement 2078/92/CEE, dit “agrienvironnemental”)repose sur ong>deong>ux dispositifs, un programme national - qui favorise notamment lemaintien ong>deong>s prairies naturelles - et ong>deong>s programmes régionaux agri-environnementaux. Cesprogrammes régionaux sont conçus en fonction ong>deong>s réalités locales. Ils favorisent notamment ledéveloppement ong>deong> l'agriculture biologique et ong>deong>s programmes locaux en faveur ong>deong> ong>laong> biodiversité et ong>deong>ong>laong> limitation ong>deong>s friches. Ces programmes s'appuient sur ong>deong>s contrats ong>deong> 5 ans passés entre l'État et lesagriculteurs pour atteindre ong>deong>s objectifs précis définis localement.Diversité biologique et gestion ong>deong>s forêtsLa préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les espaces forestiers - qui occupent 29 % du territoiremétropolitain - ne peut, sauf cas particulier, s'envisager sans gestion ong>deong> ong>laong> présence humaine, effectiveong>deong>puis ong>deong>s siècles. Elle s'intègre ainsi dans un principe ong>deong> gestion multifonctionnelle ong>deong> ces espaces.La politique d'intégration ong>deong> ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans ong>laong> gestion ong>deong>s forêts sefonong>deong> sur les différents niveaux d'analyse ong>deong> sa richesse et vise à protéger efficacement ong>deong>s individus,ong>deong>s écotypes, ong>deong>s espèces, ong>deong>s écosystèmes, ong>deong>s mosaïques d'écosystèmes ou ong>deong>s paysagesremarquables, représentatifs ou en danger. Elle le fait par une gestion globale susceptible d'assurer leurpérennité à long terme et par le développement ong>deong> politiques spécifiques à chacun ong>deong> ces niveaux.En particulier le ministère ong>deong> l'Agriculture et ong>deong> ong>laong> pêche - chargé ong>deong> ong>laong> forêt - a défini en 1993 unepolitique nationale ong>deong> prise en compte ong>deong> ong>laong> biodiversité dans ong>laong> gestion forestière qui concernel'ensemble ong>deong>s forêts françaises, qu'elles soient privées ou publiques, ainsi que les granong>deong>s lignes d'unepolitique ong>deong> conservation ong>deong>s ressources génétiques forestières en 1991.vii


LA PRESERVATION DE LA FAUNE ET DE LA FLORE SAUVAGES ET LA PROTECTIONDES ESPACES REMARQUABLESConnaître et surveiller le patrimoine naturelLa ong>Franceong> a mis en pong>laong>ce ong>deong>puis ong>deong> nombreuses années une stratégie globale pour ong>laong> connaissancevoire ong>laong> surveilong>laong>nce ong>deong> certaines espèces du patrimoine naturel.Elle a d'abord renforcé les institutions, avec ong>laong> création en 1979 d'un Secrétariat ong>deong> ong>laong> Faune et ong>deong> ong>laong>Flore au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), aujourd'hui Service ong>deong> Patrimoine Natureong>laong>u sein ong>deong> l'IEGB (Institut d'écologie et ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité).Avec l'assistance du Réseau Faune-Flore national regroupant plus ong>deong> 4.000 scientifiques, spécialistes,gestionnaires ong>deong> milieux ou représentants du monong>deong> associatif, le Muséum mène et coordonne unesérie d'inventaires et d'atong>laong>s nationaux, régionaux et locaux concernant ong>deong>s espèces ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong>flore sauvages. Ceci concerne en particulier le recensement ong>deong>s Zones naturelles d’intérêt écologique,faunistique et floristique (ZNIEFF) et ong>deong>s Zones d'intérêt communautaire pour ong>laong> protection ong>deong>soiseaux (ZICO).Le réseau Natura 2000Le réseau Natura 2000, formé par ong>deong>s sites répondant aux critères ong>deong>s directives européennes “Oiseaux”et “Habitats, Faune, Flore”, doit contribuer à assurer ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> biodiversité par ong>laong> conservationong>deong>s habitats naturels et ong>deong>s espèces d'intérêt européen. En ong>Franceong>, les principes sur lesquels il repose vontinfluencer et orienter les politiques publiques en faveur ong>deong> ong>laong> biodiversité et contribuer à faire ong>deong>s sitesqui le composeront ong>deong>s terrains privilégiés d'un développement durable, particulièrement dans l'espacerural.La préservation et ong>laong> restauration ong>deong>s popuong>laong>tions d'espèces les plus menacéesLa conservation in situ ong>deong>s espèces sauvages animales et végétales est prioritaire en ong>Franceong>. Ainsi ong>deong>smoyens réglementaires ont été développés, parfois ong>deong>puis longtemps, pour assurer d'une part ong>laong>préservation ong>deong>s habitats (voir ci-après) et d'autre part pour limiter ou interdire l'exploitation ong>deong>sespèces, ou mettre en pong>laong>ce ong>deong>s mesures ong>deong> gestion pour les espèces les plus menacées.La réglementation comporte ainsi notamment un régime ong>deong> protection intégrale qui concerne lesespèces rares, menacées ou en voie d'extinction ong>deong> ong>laong> flore sauvage (402 espèces) en cohérence étroiteavec les directives européennes "Oiseaux" et "Habitats, Faune, Flore". En complément ong>deong> cetteprotection réglementaire, ong>laong> ong>Franceong> a mis en pong>laong>ce – selon les espèces – ong>deong>s pong>laong>ns d'actions pour ong>laong>conservation ong>deong> ong>laong> biodiversité et ong>deong>s pong>laong>ns ong>deong> conservation et/ou ong>deong> restauration.Enfin, ong>laong> conservation ex situ – complément indispensable pour les espèces menacées – est aujourd'huiconsidérée en ong>Franceong> comme partie intégrante ong>deong> toute stratégie ong>deong> conservation d'espèces rares oumenacées. C'est notamment, dans le cas ong>deong> ong>laong> flore sauvage, le rôle ong>deong>s six conservatoires botaniquesrégionaux existant sur le territoire national et à l'Île ong>deong> ong>laong> Réunion.La protection ong>deong>s espaces remarquablesEn ong>Franceong>, ong>laong> protection ong>deong>s espaces est tout d'abord fondée sur ong>deong>s protections fortes. Ce type ong>deong>protection a pour vocation principale ong>deong> préserver les milieux remarquables - et les espèces qui leursont inféodées - d'une présence trop perturbante ong>deong> l'homme. Appartiennent à ce groupe les zonescentrales ong>deong>s parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves nationales ong>deong> chasse, les réservesbiologiques domaniales, les acquisitions du Conservatoire ong>deong> l'espace littoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custres etles forêts ong>deong> protection.D'autres types ong>deong> protection ou ong>deong> gestion moins fortes complètent ce dispositif. Ils concernent parexemple ong>deong>s espaces naturels parfois moins riches (sites cong>laong>ssés au titre ong>deong> ong>laong> loi ong>deong> 1930, espacesnaturels du littoral), ong>deong>s massifs forestiers et ong>deong>s espaces agricoles en déprise ou gérés ong>deong> façonextensive.viii


LA GESTION ET LA CONSERVATION DES RESSOURCES GENETIQUESDepuis longtemps, ong>laong> ong>Franceong> a pris conscience ong>deong> ong>laong> nécessité ong>deong> préserver les ressources génétiquesafin ong>deong> répondre aux besoins futurs ong>deong>s secteurs agroalimentaires ou industriels et à prendre en compteles dimensions socioculturelles ong>deong> ces ressources.L'engagement internationalLa ong>Franceong> a adopté ou signé plusieurs conventions ou engagements internationaux visant à garantir ong>laong>préservation ong>deong>s ressources génétiques sur le long terme.En 1984, elle a adopté l'Engagement international sur les ressources phytogénétiques proposé parl'OAA/FAO sous réserve, entre autres, que soient reconnus les droits ong>deong>s obtenteurs. Elle participeaujourd'hui activement à sa révision pour le mettre en conformité avec ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversitébiologique.En 1995, elle s'est engagée à participer au Programme mondial ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> diversitégénétique ong>deong>s animaux ong>deong> ferme, coordonné par l'OAA/FAO, pour lequel elle assure temporairementong>laong> mission ong>deong> point focal régional pour l'Europe. Enfin, en 1996, ong>laong> ong>Franceong> a adopté le Pong>laong>n d'actionmondial sur les ressources phytogénétiques ong>deong> ong>laong> FAO.Les actions sur le territoire nationalDès 1983, ong>laong> ong>Franceong> a créé une structure nationale ong>deong> coordination pour ong>laong> conservation ong>deong>s ressourcesgénétiques, le Bureau ong>deong>s Ressources Génétiques (BRG). Cette structure a été constituée enGroupement scientifique en 1993, le groupement associant à ce jour six ministères et six institutspublics.Une politique ong>deong> préservation ong>deong>s ressources génétiques a été mise en pong>laong>ce pour les trois secteurssuivants : espèces animales, espèces végétales et micro-organismes. La ong>Franceong> mène avec l'ensembleong>deong>s partenaires concernés publics ou privés et selon les besoins spécifiques à chacun ong>deong>s secteurs, ong>deong>sactions d'inventaire, ong>deong> caractérisation, ong>deong> conservation et ong>deong> gestion (ex situ et in situ) ong>deong> cesressources. Cette politique s'étend également aux ressources génétiques ong>deong>s DOM-TOM.LES POLITIQUES RELATIVES A LA RECHERCHE, A L'EDUCATION ET A LAFORMATIONL'organisation ong>deong> ong>laong> recherche et les partenaires concernésLa diversité biologique fait l'objet en ong>Franceong> ong>deong> recherches très importantes réparties dans les différentspôles universitaires et dans les grands organismes publics ong>deong> recherche, tels que le MNHN, le CNRS,l'INRA, l'IFREMER, le CEMAGREF, l'ORSTOM, le CIRAD, l'INSERM…Ces organismes ont également choisi ong>deong> travailler ensemble sur quelques granong>deong>s thématiques, dans lecadre du Programme National “Dynamique ong>deong> ong>laong> Biodiversité et Environnement” (DBE), ou par lebiais ong>deong> Groupements d'Intérêt Public, structures juridiques permettant ong>laong> coordination ong>deong> ong>laong> recherchesur un thème donné (GIP “Hydrosystèmes”, GPI “ECOFOR” notamment).De leur côté, les organismes gestionnaires tels que l'Office national ong>deong> ong>laong> chasse (ONC), l'Officenational ong>deong>s forêts (ONF) et le Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche (CSP) mènent ong>deong>s recherches appliquéesqui contribuent à favoriser le maintien ong>deong> ong>laong> diversité biologique.L'éducation et ong>laong> formation pour ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologiqueÉducation, sensibilisation et formation sont trois conditions essentielles pour préserver sur le longterme ong>laong> diversité biologique. Elles se traduisent en ong>Franceong> essentiellement par l’intégration ong>deong>spréoccupations environnementales au système éducatif à ong>deong>stination ong>deong>s enfants, ong>deong>s jeunes et ong>deong>six


formateurs, par ong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong> formations spécifiques ong>deong> niveau supérieur et par ong>deong>s actions ong>deong>communication et ong>deong> sensibilisation s’adressant à un ong>laong>rge public.Le ministère ong>deong> l’Éducation nationale a notamment officialisé l'intégration ong>deong>s préoccupationsenvironnementales dans ses programmes il y a plus ong>deong> vingt ans (circuong>laong>ire du 29 août 1977 intitulée“Instruction générale sur l'éducation ong>deong>s élèves en matière d’environnement”).L'inventaire national ong>deong>s formations reong>laong>tives à l'environnement recense aujourd’hui, pour l'ensembleong>deong>s niveaux hors primaire (secondaire, écoles professionnelles, universités), plus ong>deong> huit centsformations. Parmi celles-ci, ong>deong>ux cent vingt-quatre sont ong>deong>s formations initiales ong>deong> niveau supérieur(soit trois à cinq années d'étuong>deong>s en université).De son côté, le développement ong>deong> l’action au niveau local, impulsée notamment par les collectivitésterritoriales, a été fortement favorisé par les lois ong>deong> décentralisation promulguées au début ong>deong>s années1980.L'ACTION INTERNATIONALELes initiatives ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> pour une politique internationale ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> natureLa ong>Franceong> a participé activement, notamment ong>deong>puis une dizaine d'années, au développement ong>deong> ong>laong>politique internationale ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> nature et a joué un rôle d'entraînement dans plusieursdomaines ou “dossiers” importants.Elle a contribué en 1989 à l'adoption d'un protocole sur ong>laong> protection ong>deong> l'environnement dansl'Antarctique (interdiction ong>deong> toute exploitation minière pendant 50 ans). Elle a ong>laong>rgement participé àong>laong> mise en pong>laong>ce du protocole reong>laong>tif aux aires et à ong>laong> vie sauvage spécialement protégées ong>deong>s Caraïbes(protocole adopté en 1990).La ong>Franceong> a participé à ong>laong> reconnaissance ong>deong> ong>laong> notion ong>deong> paysages culturels par le comité dupatrimoine mondial adoptée en 1992. Elle a également participé, dans le cadre ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong>baleinière internationale, à l'adoption d'un moratoire interdisant ong>laong> chasse baleinière pour toutes lesespèces ong>deong> baleines. De plus, elle a dans ce cadre été à l'origine ong>deong> ong>laong> création, en 1994, d'un sanctuairebaleinier dans l'hémisphère austral. Par ailleurs, elle œuvre, à côté ong>deong> ses partenaires africains, pour ong>laong>sauvegarong>deong> ong>deong>s popuong>laong>tions d'éléphants d'Afrique.La préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les activités ong>deong> coopérationLa ong>Franceong> attache une importance toute particulière à ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dansses actions en matière ong>deong> coopération. Elle a intégré ong>laong> notion ong>deong> développement durable et enparticulier ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans l'analyse ong>deong> ses programmes.De plus, elle a participé à ong>laong> création et au financement du Fonds pour l'environnement mondial et acréé en complément le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), dont un ong>deong>s objectifs estong>deong> contribuer à ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans le cadre ong>deong> projet ong>deong> développement.Elle contribue, par l'intermédiaire ong>deong> ses centres ong>deong> recherche, ong>deong> coopération et ong>deong> développement(notamment l'ORSTOM et le CIRAD), mais aussi par le biais d'organismes techniques thématiques(Office international ong>deong> l'eau, agences ong>deong> bassins, …) à ong>laong> préservation ong>deong>s ressources naturelles et ong>deong>ong>laong> diversité biologique dans ong>deong> nombreux pays, notamment en Afrique, dans l'Europe ong>deong> l'Est et dansd'autres pays en voie ong>deong> développement.* * *x


INTRODUCTIONAvec le Sommet ong>deong> ong>laong> Terre qui s'est tenu en juin 1992 à Rio ong>deong> Janeiro et qui a rassemblé ong>laong> quasitotalité ong>deong>s pays ong>deong> ong>laong> pong>laong>nète, le grand public a découvert l'expression nouvelle ong>deong> diversité biologique.Ce concept était néanmoins l'objet, ong>deong>puis ong>deong> nombreuses années, d'étuong>deong>s et ong>deong> débats au sein ong>deong>s cerclesscientifiques, sous ong>deong>s formuong>laong>tions diverses.Un certain nombre d'orientations pour l'action publique concernant ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversitébiologique et ong>deong> textes engageant les États, ont été adoptés à Rio :- ong>laong> Décong>laong>ration ong>deong> Rio sur "l'environnement et le développement" a posé les principes qui ong>deong>vraientgouverner l'action ong>deong>s États à long terme ;- l'Agenda 21, qui est en quelque sorte le "programme ong>deong> travail" du vingt et unième siècle dans ledomaine ong>deong> l'environnement et du développement, inclut dans son chapitre 15 les objectifs ong>deong>préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique.Dans le même temps, ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversité biologique a été signée le 13 juin 1992 à Rio. Elle estaujourd'hui ratifiée par plus ong>deong> 160 pays (169 au 1er juin 1997).Dès le début, ong>laong> ong>Franceong> a été un ong>deong>s grands acteurs ong>deong> cette prise ong>deong> conscience. Elle a joué, avec d'autrespays, un rôle fondateur essentiel pour ong>laong> création ong>deong> l'UICN en 1948 à Fontainebleau. Elle a été une ong>deong>spremières nations à ong>laong>ncer le programme "l'Homme et ong>laong> Biosphère" dans le cadre ong>deong> l'UNESCO. Elle aparticipé activement aux ong>deong>ux étapes majeures ong>deong> ong>laong> politique européenne ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> nature quesont les directives "Oiseaux" (1979) et "Habitats, Faune, Flore" (1992). Elle a enfin ratifié ong>laong> quasitotalité ong>deong>s conventions internationales qui ont pour objet, à un titre ou à un autre, ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong>diversité biologique et notamment bien sûr ong>laong> convention du même nom qu'elle a signée en 1992 à Rio etratifiée en 1994.LES TROIS DIMENSIONS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUELe concept ong>deong> diversité biologique a été cong>laong>irement défini par ong>laong> ong>Conventionong> dans son article 2 comme :“ (ong>laong>) variabilité ong>deong>s organismes vivants ong>deong> toute origine y compris, entre autres, les écosystèmesaquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie : ceong>laong> comprend ong>laong> diversité au sein ong>deong>sespèces et entre espèces, ainsi que celle ong>deong>s écosystèmes ”.Le concept ong>deong> diversité biologique fait ainsi référence à l'ensemble ong>deong>s variations qui existent au sein dumonong>deong> vivant, c'est-à-dire au nombre, à ong>laong> variété et à ong>laong> variabilité ong>deong>s organismes et ong>deong>s éléments qu'ilsconstituent par association. On a pris l'habituong>deong> ong>deong> décrire ou d'appréhenong>deong>r ces variations en troisniveaux d'organisation :- les gènes, correspondant à ong>laong> diversité génétique (ou ressources génétiques pour l'agriculture,l'alimentation et ong>laong> méong>deong>cine), qui se traduit, par exemple, par ong>laong> multiplicité ong>deong>s formes etcaractères au sein d'une même espèce,- les espèces qui constituent le niveau ong>deong> ong>laong> diversité spécifique,- les écosystèmes, les complexes d'écosystèmes et les paysages, composants ong>deong> ong>laong> diversitéécologique.L'originalité ong>deong> l'approche à travers ong>laong> notion ong>deong> diversité biologique ne se limite donc pas au simplecatalogue ong>deong>s différents éléments : elle met aussi en avant ong>laong> notion essentielle "d'interactivité" entre lestrois différents niveaux d'organisation ong>deong> ong>laong> diversité biologique, celle-ci ong>deong>vant ainsi être appréhendée ong>deong>manière globale.1


C'est donc dans chacune ong>deong> ces dimensions et dans leurs interactions que les stratégies nationales doivents'inscrire.L'OBLIGATION DES PARTIES CONTRACTANTES RELATIVES AUX STRATEGIES, PLANSET PROGRAMMES NATIONAUXL'article 6 ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> définit les obligations ong>deong>s Parties en ce qui concerne ong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong>s"mesures générales en vue ong>deong> ong>laong> conservation et ong>deong> l'utilisation durable" ong>deong> ong>laong> diversité biologique :“ Chacune ong>deong>s Parties contractantes, en fonction ong>deong>s conditions et moyens qui lui sont propres :- a) éong>laong>bore ong>deong>s stratégies, pong>laong>ns ou programmes nationaux tendant à assurer ong>laong> conservation etl'utilisation durable ong>deong> ong>laong> diversité biologique ou adapte à cette fin ses stratégies, pong>laong>ns ouprogrammes existants, … ;- b) intègre, dans toute ong>laong> mesure possible et comme il convient, ong>laong> conservation et l'utilisationdurable ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans ses pong>laong>ns, programmes et politiques sectoriels ouintersectoriels pertinents ”.Les articles 7 à 14 détaillent le contenu ong>deong> cette stratégie générale en ce qui concerne l'iong>deong>ntification et ong>laong>surveilong>laong>nce (art. 7), ong>laong> conservation in situ (art. 8) et ex situ (art. 9), l'utilisation durable ong>deong>s élémentsconstitutifs ong>deong> ong>laong> diversité biologique (art. 10), les mesures d'incitation (art. 11), ong>laong> recherche et ong>laong>formation (art. 12), l'éducation et ong>laong> sensibilisation du public (art. 13), l'étuong>deong> d'impact et ong>laong> réduction ong>deong>seffets nocifs (art. 14).LA PRESENTATION DE LA STRATEGIE FRANÇAISE DE PRESERVATION DE LADIVERSITE BIOLOGIQUECe rapport présente ong>laong> stratégie nationale ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> pour ong>laong> mise en œuvre ong>deong> l'article 6 ong>deong> ong>laong>ong>Conventionong> et décrit ses diverses composantes :– le chapitre 1 décrit ong>laong> richesse ong>deong> cette diversité biologique et rappelle certaines composantes ong>deong>sa fragilité ;– le chapitre 2 présente les modalités selon lesquelles ong>laong> ong>Franceong> a introduit ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong>diversité biologique au niveau global ong>deong>s politiques d'aménagement du territoire et ong>deong>s pong>laong>ns ;– le chapitre 3 détaille les politiques ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages ;– le chapitre 4 rend compte ong>deong> ong>laong> prise en compte ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologiquedans les activités agricoles et forestières ;– le chapitre 5 détaille ong>laong> politique et les actions menées pour ong>laong> préservation ong>deong>s ressourcesgénétiques ;– le chapitre 6 précise les institutions et programmes ong>deong> recherche consacrés à ong>laong> diversitébiologique dans ong>laong> recherche française ;– les chapitres 7 et 8 aborong>deong>nt enfin les domaines ong>deong> ong>laong> coopération et ong>deong>s transferts ong>deong> savoirfaire,ainsi que ceux ong>deong> l'éducation et ong>deong> ong>laong> formation.* * *2


Les initiatives ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> pour le développement d'une politique internationaleong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> natureLa ong>Franceong> est résolument engagée dans le développement ong>deong> ong>laong> politique internationale ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> natureoù elle a été particulièrement active ong>deong>puis une dizaine d'années.La ong>Franceong> s'est investie dans ong>deong> nombreux engagements internationaux :- ong>Conventionong> pour ong>laong> protection du patrimoine mondial, culturel et naturel (1975),- ong>Conventionong> ong>deong> Ramsar (1986) reong>laong>tive à ong>laong> conservation ong>deong>s zones humiong>deong>s d'importance internationalepour l'habitat ong>deong>s oiseaux d'eau,- ong>Conventionong> ong>deong> Bonn (1990) sur les espèces migratrices,- ong>Conventionong> ong>deong> Berne (1990) pour ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> vie sauvage et du milieu naturel en Europe,- ong>Conventionong> alpine (1994) en faveur ong>deong> ong>laong> mise en œuvre d'une politique globale ong>deong> préservation et ong>deong>protection ong>deong>s Alpes,- différentes conventions pour ong>laong> protection ong>deong>s mers régionales (Méditerranée, mer Caraïbe, Afriqueorientale…),auxquelles sont à ajouter plusieurs directives européennes concernant notamment ong>laong> conservation ong>deong>s oiseauxsauvages (1979), l'importation ong>deong>s peaux ong>deong> bébés phoques (1983) et ong>laong> conservation ong>deong>s habitats naturels ong>deong> ong>laong>faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages (1992).La ong>Franceong> a contribué en 1989, avec ong>deong> nombreuses Parties consultatives au Traité sur l'Antarctique, à l'adoptiond'un protocole sur ong>laong> protection ong>deong> l'environnement ong>deong> cette zone. Celle-ci interdit ong>deong>puis 1991, sur une périoong>deong> ong>deong>50 ans, toute exploitation minière et soumet toutes activités humaines à une évaluation préaong>laong>ble ong>deong> leur impact. Al'initiative ong>deong> ong>laong> ong>Franceong>, une recommandation a été adoptée qui fixe le coong>deong> ong>deong> conduite à tenir en matière d'activitéstouristiques.Consciente ong>deong> l'intérêt majeur que représentent sur le pong>laong>n économique (en termes ong>deong> tourisme, ong>deong> pêche,d'économie vivrière principalement), les milieux et les espèces spécifiques ong>deong> ong>laong> Caraïbe, ong>laong> ong>Franceong> a – dans le cadreong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> pour ong>laong> protection et ong>laong> mise en valeur du milieu marin ong>deong> ong>laong> région Caraïbe (ong>Conventionong> ong>deong>Carthagène) – ong>laong>rgement participé à ong>laong> mise en pong>laong>ce du protocole reong>laong>tif aux zones et à ong>laong> vie sauvage spécialementprotégées ong>deong>s Caraïbes, protocole adopté en 1990.Dans un autre domaine, elle a participé à ong>laong> reconnaissance ong>deong> ong>laong> notion ong>deong> paysages culturels par le Comité dupatrimoine mondial, adoptée en 1992. Cette nouvelle reconnaissance a permis d'inscrire à ce titre le Canal du Midiet ong>deong> préparer aussi, pour cette convention, un dossier franco-espagnol sur le Mont Perdu dans les Pyrénées, en vueong>deong> sa ong>deong>manong>deong> ong>deong> cong>laong>ssement au titre du patrimoine mondial comme bien naturel et culturel.Dans le cadre ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> baleinière internationale (CBI), ong>laong> ong>Franceong> a participé à l'adoption d'un moratoireinterdisant ong>laong> chasse baleinière pour toutes les espèces ong>deong> baleines, tant que ong>deong> nouvelles règles d'évaluation ong>deong>sstocks puis ong>deong> gestion ong>deong>s popuong>laong>tions ne seraient pas définies. Dans ce cadre, elle a également été à l'origine ong>deong> ong>laong>création d'un sanctuaire baleinier dans l'hémisphère austral. Par ailleurs, dans le cadre ong>deong> ong>laong> CITES, elle œuvreégalement, à côté ong>deong> ses partenaires africains, pour ong>laong> sauvegarong>deong> ong>deong>s popuong>laong>tions d'éléphants d'Afrique.Enfin, avec l'aiong>deong> ong>deong> ses organismes publics sous tutelle, elle coopère pour ong>laong> préservation ong>deong> l'environnementauprès ong>deong> nombreux pays, notamment en Afrique, dans l'Europe ong>deong> l'Est et dans d'autres pays en voie ong>deong>développement.En 1948, ong>laong> ong>Franceong> a montré son engagement au service ong>deong> ong>laong> conservation durable du patrimoine naturel mondial,en participant à ong>laong> création ong>deong> l'UICN. Elle souhaite poursuivre et intensifier son action, ce qui justifie le fait qu'elleaccueillera en novembre 1998 à Fontainebleau, lieu ong>deong> sa fondation, le cinquantième anniversaire ong>deong> l'Unionmondiale pour ong>laong> nature.3


CHAPITRE I :UNE DIVERSITE BIOLOGIQUE IMPORTANTE MAIS FRAGILEIl n'y a aujourd'hui en ong>Franceong> pratiquement plus d'écosystèmes, voire ong>deong> biocénoses, qui n'aient ététransformés par l'homme, y compris les granong>deong>s zones humiong>deong>s, les alpages ou les forêts. La préservationong>deong> ong>laong> diversité biologique dans ces territoires dépend ainsi souvent directement du moong>deong> ong>deong> gestionpratiqué et du contrôle ong>deong>s activités humaines.Compte tenu ong>deong> l'occupation passée et actuelle du territoire français par l'homme et par ses activités,l'analyse ong>deong> ong>laong> richesse ong>deong> ong>laong> diversité biologique française et ong>deong>s menaces qui pèsent sur elle, doit portersur quatre domaines complémentaires :- ong>laong> richesse ong>deong>s habitats et leur évolution récente,- ong>laong> richesse floristique et faunistique et leur évolution,- ong>laong> diversité ong>deong>s territoires agricoles et forestiers,- ong>laong> diversité et ong>laong> fragilité ong>deong>s ressources génétiques.I.1 LA RICHESSE DES HABITATS ET LEUR EVOLUTION RECENTELa richesse ong>deong>s habitats est fortement liée en ong>Franceong> à ong>laong> granong>deong> variété ong>deong>s milieux et ong>deong>s communautésvivantes qui les fréquentent : écosystèmes à dominantes aquatiques – zones humiong>deong>s, eaux douces,habitats côtiers – ong>laong>nong>deong>s et broussailles, prairies et pelouses, forêts, rochers et éboulis et terres agricoles.Plus ong>deong> 14.700 zones d'intérêt faunistique et floristiqueLa richesse ong>deong>s habitats est fourni par l'inventaire ong>deong>s zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique etfloristique (ZNIEFF). Leur nombre s'élève à 14.755 en février 1996, couvrant plus ong>deong> 13,5 millionsd'hectares.Les ZNIEFF dites ong>deong> Type I corresponong>deong>nt à ong>deong>s secteurs caractérisés par leur intérêt biologiqueremarquable. On en compte 12.820 qui couvrent environ 4,5 millions d'hectares, soit 8 % du territoiremétropolitain. Les ZNIEFF dites ong>deong> Type II concernent ong>deong> grands ensembles naturels, riches et peumodifiés, qui offrent ong>deong>s potentialités biologiques importantes. L'inventaire a recensé 1.935 ZNIEFF ong>deong>Type II qui couvrent 11,7 millions d'hectares, soit 21 % du territoire, en sachant qu'une partie ong>deong>sZNIEFF ong>deong> Type II intègre une partie ong>deong>s ZNIEFF ong>deong> Type I.Plus ong>deong> 75 % ong>deong>s habitats ong>deong> ong>laong> directive communautaire “Habitats, Faune, Flore” présents enong>Franceong>La ong>Franceong> métropolitaine comporte 172 types d'habitats naturels d'intérêt communautaire, appartenant àtous les grands types ong>deong> milieux (dunes, ong>laong>nong>deong>s, forêts, ...). Le nombre d'habitats varie cependant suivantles domaines biogéographiques considérés. Les habitats forestiers et herbeux ou prairiaux prédominentpuisqu'ils représentent près d'un habitat sur ong>deong>ux.4


Ce biong>laong>n illustre ong>laong> diversité du patrimoine naturel présent en ong>Franceong> par rapport aux autres pays ong>deong>l’Union Européenne. A titre d’exemple, sont recensées près ong>deong> 600 espèces ong>deong> vertébrés continentaux,qui pong>laong>cent ong>laong> ong>Franceong> au 2ème rang pour ong>laong> variété ong>deong>s espèces considérées.La perte d'habitats naturelsLa situation en ong>Franceong> est assez contrastée avec globalement une perte ong>deong>s habitats naturels du fait ong>deong>l'urbanisation et ong>deong> ses corolong>laong>ires (infrastructures, …), ainsi que ong>deong> l'aménagement ong>deong>s exploitationsagricoles (remembrement). Sur le reste du territoire, certains milieux naturels régressent, comme parexemple les zones humiong>deong>s ou les prairies permanentes. D'autres au contraire, comme les forêts – quioccupent 29 % du territoire national –, ont tendance à augmenter du fait ong>deong> ong>laong> déprise agricole, aveccependant ong>deong>s régressions localisées dues à l'extension ong>deong> l'urbanisation et ong>deong>s infrastructures (voir ciaprès).Types d'occupation ong>deong>s sols en 1990 et entre 1982 et 1990(ong>Franceong> métropolitaine : 542.403 km 2 )Types d'occupation ong>deong>s sols• Roches et eaux• Lanong>deong>s, parcours et alpages• Forêts- feuillus- autres• Cultures pérennes• Prairies• Cultures annuelles• Haies, arbres, épars et peupleraies• Bâtis• Non bâtis• Routes et parkingsSuperficie1990en %3.47.415.710.02.622.427.93.121.92.6Variation1982/1990en %2.1-1.60.62.5-5.7-12.510.1-9.623.5179.7• Total 100Source : Agreste – TERUTI.L'évolution ong>deong>s zones humiong>deong>sEn ong>Franceong>, en excluant ong>laong>cs, rivières et vasières littorales, les zones humiong>deong>s couvrent entre 1,5 et1,7 million d'hectares, soit un peu moins ong>deong> 3 % du territoire métropolitain. Les sites à dominantehumiong>deong> représentent le tiers ong>deong>s ZNIEFF iong>deong>ntifiées. Les plus importantes ont été répertoriées dans lecadre ong>deong> l'application ong>deong> ong>laong> convention ong>deong> Ramsar.Les granong>deong>s zones humiong>deong>s, telles que le marais Poitevin – 81.000 hectares – ou ong>laong> Camargue –145.000 ha – ont subi ong>deong>puis vingt ans d'importantes transformations : endiguements, création ong>deong>polong>deong>rs, drainage et mise en culture ong>deong> prairies, remembrement avec diminution du réseauhydrographique. Elles ont perdu ces cinquante ong>deong>rnières années ong>deong>s dizaines ong>deong> milliers d'hectares, maisaussi ong>deong> nombreuses espèces animales, comme ong>laong> loutre.5


L'aménagement ong>deong>s cours d'eau peut néanmoins créer ong>deong>s zones humiong>deong>s ong>deong> grand intérêt, comme enChampagne humiong>deong> où, en vingt-cinq ans, ong>laong> création ong>deong>s grands barrages-réservoirs a provoqué unevéritable explosion ong>deong>s popuong>laong>tions d'oiseaux d'eau migrateurs et hivernants, justifiant ong>laong> désignation ong>deong>ces sites comme zone d'application ong>deong> ong>laong> convention ong>deong> Ramsar.I.2 LA RICHESSE FLORISTIQUE ET FAUNISTIQUE ET SON EVOLUTIONLa ong>Franceong> métropolitaine occupe le second rang ong>deong> l'Union européenne pour ong>laong> diversité ong>deong>s amphibiens,oiseaux, mammifères. Selon les cong>laong>sses, 30 % à 70 % ong>deong>s espèces ong>deong> vertébrés européens sont présentesen ong>Franceong>. De même 1 à 3 % ong>deong>s vertébrés vivant dans le monong>deong> appartient à ong>laong> faune ong>deong> ong>Franceong>. Elleabrite 43 % ong>deong>s espèces ong>deong> vertébrés d'intérêt communautaire ong>deong> l'annexe II ong>deong> ong>laong> directivecommunautaire “habitats, faune, flore”.Si seul un petit nombre d'espèces a disparu à partir du milieu du XIX e siècle, le nombre d'espècesmenacées a augmenté après ong>laong> ong>deong>uxième guerre mondiale, avec l'accélération ong>deong>s pressions humaines surles vertébrés et leurs habitats. Cependant, s'il est vrai que l'on observe une évolution négative sur unelongue périoong>deong>, les efforts entrepris pour enrayer cette tendance, notamment ong>deong>puis 1970, ont souventpermis ong>deong> stabiliser les évolutions et dans certains cas ong>deong> les inverser.Une richesse floristique moyenne en régressionLa flore française est l'expression ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong>s influences biogéographiques et ong>deong>s conditions ong>deong>milieu très variées que l'on rencontre dans ce pays.La ong>Franceong> abrite 40 % ong>deong> ong>laong> flore d'Europe sur moins ong>deong> 12 % ong>deong> ong>laong> surface du continent européen. Larichesse du patrimoine végétal ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> est imputable pour une bonne part à son domaineméditerranéen.Avec 4.700 espèces ong>deong> pong>laong>ntes vascuong>laong>ires – angiospermes, gymnospermes et ptéridophytes – (soit 1,5 %ong>deong>s espèces terrestres), ong>laong> flore ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> métropolitaine se pong>laong>ce au quatrième rang en Europe pour sarichesse spécifique. Elle abrite 13 % ong>deong>s espèces végétales d'intérêt communautaire ong>deong> l'annexe II ong>deong> ong>laong>directive "Habitats, Faune, Flore". La ong>Franceong> possèong>deong> par ailleurs ong>deong>s parents sauvages pour toutes lesespèces cultivées originaires d'Europe et ong>deong> ong>laong> Méditerranée nord-occiong>deong>ntale.Les estimations ong>deong> richesse végétale concernant les pong>laong>ntes non vascuong>laong>ires sont moins précises (lichens,algues, bryophytes, champignons).La régression ong>deong> ong>laong> floreSur les 4.700 taxons (pong>laong>ntes vascuong>laong>ires) que compte ong>laong> flore française, 34 sont présumées disparuesong>deong>puis 1900. L'extinction complète a déjà affecté 9 espèces endémiques. Les espèces considérées commedisparues ong>deong> ong>Franceong> ont vraisembong>laong>blement été éliminées directement ou indirectement par l'interventionong>deong> l'homme. Il s'agit majoritairement d'espèces méditerranéennes.Dans ong>laong> mesure où ong>laong> disparition d'espèces endémiques affecte ong>laong> diversité biologique à l'échellemondiale, ong>laong> ong>Franceong> a une responsabilité patrimoniale très forte à l'égard ong>deong> leur conservation. Selon ong>laong>cong>laong>ssification ong>deong> l'UICN, les espèces endémiques sont en majorité ong>deong> statut "vulnérable". Près d'uncinquième sont cong>laong>ssées dans ong>laong> catégories "en danger".Le pourcentage ong>deong> taxons menacés est estimé à 20 %. Parmi elles, 486 espèces ou sous-espèces sontconsidérées comme prioritaires (catégories "en danger" et "vulnérable" ong>deong> l'UICN) dans le Livre rougeong>deong> ong>laong> flore menacée ong>deong> ong>Franceong> (tome 1). Environ 500 autres espèces et sous-espèces nécessitent unesurveilong>laong>nce régulière ong>deong> leurs popuong>laong>tions.Les menaces qui pèsent sur ces espèces sont directement fonction ong>deong> ong>laong> ong>deong>struction ou ong>deong> ong>laong> modificationong>deong>s biotopes qui les abritent, principalement les habitats ouverts en voie ong>deong> fermeture pour cause ong>deong>déprise pastorale et agricole et dans ong>deong>s habitats rupestres ou ong>deong>s éboulis.6


Statut ong>deong>s espèces ong>deong> ong>laong> flore sauvage en ong>Franceong> selon les catégories UICNCatégorie du Livre rougeong>deong> l'UICNÉteintPrésumééteintEndangerVulnérable Rare Indéterminé TotalEndémique stricte duterritoire national65,6 %10,9 %1615 %6762,6 %1615,0 %10,9 %107100 %Subendémique (ong>Franceong>et un pays généralementlimitrophe)11,5 %11,5 %1420,9 %3552,2 %1420,9 %23,0 %67100 %Subendémique rareet/ou menacé dans lesong>deong>ux pays concernés00 %00 %233,3 %233,3 %233,3 %00 %6100 %Total ong>deong>s endémiques 73,8 %21,1 %3217,8 %10457,8 %3217,8 %31,7 %180100 %Ensemble ong>deong>s catégories 91,8 %163,3 %9720,0 %29059,7 %7014,4 %40,8 %486100 %Source : Olivier et al, 1995.Aménagements, pression humaine et menaces d'origine biotique se détachent nettement ong>deong>s autrescatégories ong>deong> menaces. L'importance ong>deong>s causes d'origine biotique confirme l'émergence ong>deong> nouveauxtypes ong>deong> problèmes qui ne peuvent être résolus que par ong>laong> mise en œuvre ong>deong> pratiques ong>deong> gestionappropriées.Les espèces en augmentation numériqueA l'inverse ong>deong> certaines ong>deong>s espèces animales, il n'existe sans doute pas, dans ong>laong> flore française, d'espècesdurablement en augmentation numérique naturelle. Néanmoins, avec l'augmentation ong>deong>s superficiesboisées, principalement sous l'influence ong>deong> l'homme, certaines essences forestières connaissent undéveloppement.Une richesse faunistique importante mais toujours menacéeConcernant les vertébrés (non compris les poissons), ong>laong> ong>Franceong> se pong>laong>ce au premier rang européen avec,notamment, un nombre ong>deong> mammifères important (100 espèces, non compris les mammifères marins).Le total ong>deong>s espèces s'élève à 521 espèces “reproductrices” – dont 53 % d'oiseaux, 19 % ong>deong> mammifères,15 % ong>deong> poissons (eau douce seule), 6 % ong>deong> reptiles (non compris les tortues marines) et 7 %d'amphibiens.Comme dans le cas ong>deong> ong>laong> flore, ce patrimoine est beaucoup plus considérable si l'on tient compte ong>deong>sterritoires et départements d'outre-mer. Les DOM-TOM rassemblent en effet une granong>deong> richessefaunistique et floristique, notamment en ce qui concerne les espèces endémiques, dont bon nombre n'ontpas encore été décrites par les scientifiques.Depuis le milieu du XIX e siècle, 8 espèces reproductrices ong>deong> vertébrés ont totalement disparu, soit 1,3 %ong>deong>s vertébrés ong>deong> ong>Franceong>. Parmi ces 8 espèces, 7 fréquentaient le milieu aquatique (mer ou eau douce).Selon les connaissances actuelles, le nombre d'espèces disparues peut être estimé à 14 pour ong>laong> périoong>deong>historique, en s'appuyant sur ong>laong> littérature ancienne. Depuis 1970 trois espèces, l'Érismature à têtebong>laong>nche, le Pygargue à queue bong>laong>nche et le Phoque moine ont disparu.7


Les vertébrés disparus ou strictement menacés (ayant un statut “en danger” ou “vulnérable” selon lesanciennes catégories ong>deong> l'UICN) représentent 117 espèces, soit 19 % ong>deong>s vertébrés ong>deong> ong>Franceong>métropolitaine (hors poissons ong>deong> mer).Dans le même temps, 17 nouvelles espèces ong>deong> vertébrés (essentiellement ong>deong>s oiseaux) se sont acclimatéesen ong>Franceong> à partir ong>deong>s pays proches. Les apparitions naturelles d'espèces nouvelles ont été surtoutobservées dans les années 1950-1960.Par ailleurs, c'est à partir ong>deong>s années 1980 que les efforts ong>deong> réintroduction d'espèces, sous forme ong>deong>restauration ong>deong> popuong>laong>tions disparues soit au niveau régional soit au niveau national, se sont développés.Les introductions d'espèces nouvelles méritent, ong>deong> leur côté, une attention toute particulière, car elles nesont pas sans danger pour les faunes locales et pour l'homme. Ce ne sont pas moins ong>deong> 35 espèces ong>deong>vertébrés qui ont été introduites du fait ong>deong> l'homme et se sont naturalisées en ong>Franceong> métropolitaine, dont13 ong>deong>puis le milieu du XIX e siècle (surtout ong>deong>s poissons et ong>deong>s mammifères).La diversité ong>deong>s territoiresLa richesse ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore dans les DOM-TOMLes biomes terrestres et marins ong>deong>s départements d'Outre-Mer (DOM) et territoires d'Outre-Mer (TOM),font partie ong>deong> régions biogéographiques très diverses à l'échelle du globe. La plupart ong>deong> ces territoiressont situés en zone intertropicale. Si ong>laong> Guyane appartient à ong>laong> frange littorale nord du continent sudaméricain,tous les autres territoires ong>deong> cette zone intertropicale sont ong>deong>s îles, ong>deong> tailles assez variées(ong>deong>puis les petits îlots dans l'Océan Indien jusqu'à ong>laong> Nouvelle Calédonie dans l'Océan Pacifique).A ces territoires s'ajoutent ong>deong>s DOM-TOM situés au Nord du Contient nord-américain (Saint Pierre etMiquelon), dans le Sud ong>deong> l'Océan Indien (terres australes) et en Antarctique.Les DOM-TOM abritent ainsi ong>deong>s écosystèmes d'une très granong>deong> variété. Y sont très ong>laong>rgementreprésentés ong>laong> forêt tropicale (en particulier en Guyane), ong>deong>s massifs montagneux volcaniques et leursécosystèmes forestiers (La Réunion), ong>deong>s écosystèmes littoraux tels que le récif barrière en NouvelleCalédonie et les récifs coralliens dans les îles du Pacifique et enfin ong>deong>s terres australes ou antarctiques.Une très granong>deong> richesse biologiqueCes facteurs sont source ong>deong> ong>laong> très granong>deong> diversité biologique ong>deong>s DOM et ong>deong>s TOM, à ong>laong> fois dansl'absolu et par rapport à ong>laong> ong>Franceong> métropolitaine. La richesse ong>deong>s espèces ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> floresauvages y ainsi est exceptionnelle, en particulier en Guyane, en Nouvelle Calédonie et en Polynésiefrançaise.On dénombre ainsi en Guyane environ 6.000 espèces, dont 4.800 ong>deong> pong>laong>ntes vascuong>laong>ires, 186 espèces ong>deong>mammifères, dont 106 espèces ong>deong> chauve-souris, 682 espèces d'oiseaux, 159 espèces ong>deong> reptiles terrestreset 55 espèces ong>deong> mollusques terrestres. La Nouvelle Calédonie abrite 3.322 espèces ong>deong> pong>laong>ntes, dont 77 %d'endémiques, 116 espèces d'oiseaux, dont 18 % d'endémiques, 48 espèces ong>deong> reptiles terrestres et plus ong>deong>400 espèces ong>deong> mollusques terrestres estimées. De leur côté, ong>laong> faune et ong>laong> flore sauvages ong>deong> ong>laong> Polynésiefrançaise comptent environ 1.500 espèces ong>deong> pong>laong>ntes, dont 63 % d'endémiques, 57 espèces d'oiseaux etenviron 320 espèces ong>deong> mollusques terrestres.La richesse est aussi élevé en nombre d'espèces pour les pong>laong>ntes vascuong>laong>ires en Martinique et enGuaong>deong>loupe, pour les mollusques terrestres à La Réunion et à Mayotte et pour les reptiles terrestre enGuaong>deong>loupe.8


Un très haut niveau d'endémismeLe caractère insuong>laong>ire ong>deong> ong>laong> plupart ong>deong>s DOM-TOM est à l'origine du très haut niveau d'endémisme ong>deong>leur faune et ong>deong> leur flore. C'est ainsi que 77 % ong>deong>s 3.322 espèces ong>deong> pong>laong>ntes vascuong>laong>ires et 85 % ong>deong>s48 espèces ong>deong> reptiles terrestres présents en Nouvelle Calédonie sont endémiques.L'importance ong>deong> ce patrimoine biologique exceptionnel est mondialement reconnu. Pratiquement tous lesDOM-TOM sont ou font partie d'une Zone d'endémisme pour les oiseaux (ZEO).Enfin, ong>deong>puis une vingtaine d'années, les efforts importants entrepris pour ong>laong> conservation ont permis ong>deong>reconstituer les popuong>laong>tions ong>deong> certaines espèces (rapaces, canards, ongulés ong>deong> montagne et ong>deong> pong>laong>ine,castor). Grâce aux politiques ong>deong> conservation et au régime ong>deong> protection dont elles bénéficient, cesespèces ont pu retrouver ong>deong>s effectifs plus importants.Le biong>laong>n patrimonial ong>deong> l'évolution du nombre d'espèces ong>deong> vertébrés ong>deong>puis le XIX e siècle fait doncapparaître à ong>laong> première lecture une augmentation du nombre d'espèces. Mais cet accroissement n'estqu'apparent car 122 espèces ong>deong> vertébrés et d'invertébrés sont considérées comme “strictementmenacées”.Biong>laong>n patrimonial historique ong>deong> l'évolution du nombre d'espèces ong>deong> vertébrés en ong>Franceong>Disparitions définitivesavant ong>laong>1 ère moitiédu XIX e s.2 e moitiédu XIX eet XX e s.avantle XX e s.Disparitionstemporairesréapparitionnaturelleau XX e s.Réintroductionstotales *ApparitionsnaturellesIntroductions par l'hommeavant ong>laong> 1 èremoitié duXIX e s.2 e moitiédu XIX eet XX e s.Mammifères -4 -3 -5 +5 0 0 +4 +6Oiseaux -2 -2 0 0 0 +15 +1 +5Reptiles 0 -1 0 0 0 0 +1 0Amphibiens 0 0 0 0 0 0 0 +3Poissonsdouced'eau0 -2 0 0 0 +2 +2 +13Sous-total -6 -8 -5 +5 0 +17 +8 +27Nombred'espècestotal-14 0 0 +17 +35NB : Hors espèces à ong>laong> reproduction non prouvée, occasionnelle ou très localisée.* Concernerait ong>deong>s espèces ayant disparu ong>deong> ong>laong> faune ong>deong> ong>Franceong>, non réapparues naturellement, maisréimpong>laong>ntées par l'homme ong>deong> façon durable à l'état sauvage.Source : Maurin et al, 1994.I.3 LA DIVERSITE DES TERRITOIRES AGRICOLES ET FORESTIERSL'évolution ong>deong>s territoires agricolesOccupant en ong>Franceong> environ 55 % du territoire, l'agriculture façonne ainsi une très ong>laong>rge partie ong>deong>spaysages. La variété ong>deong>s climats, ong>laong> diversité ong>deong>s sols et ong>deong>s types d'agriculture (granong>deong>s culturesannuelles, élevages concentrés ou extensifs, arboriculture, vigne, polycultures, …) contribuent à unediversité importantes ong>deong>s habitats pour ong>laong> faune et ong>laong> flore sauvages.9


Les espaces agricoles français présentent une forte valeur patrimoniale. Le croisement ong>deong> l'occupation ong>deong>ssols avec l'inventaire ong>deong>s ZNIEFF (voir plus haut) permet d'analyser les moong>deong>s d'occupation et d'usageong>deong>s sols présents dans ces périmètres. En 1996, les zones agricoles représentaient 24 % ong>deong>s ZNIEFF ong>deong>Type I et 36 % ong>deong>s ZNIEFF ong>deong> Type II. Sans être proportionnel à ong>laong> part ong>deong> ong>laong> SAU dans le territoirenational (54 %), ce résultat est important. Certains types d'espaces agricoles y sont plus représentés,comme les prairies ou les surfaces agricoles hétérogènes – associations parcelong>laong>ires complexes ong>deong>végétation naturelle, cultures permanentes et temporaires.Néanmoins, l'évolution ong>deong> l'activité agricole a fait subir ces ong>deong>rnières décennies ong>deong>s transformationsimportantes à ces types ong>deong> milieux. D'un côté, ong>laong> déprise agricole et pastorale a abouti dans certainescirconstances à ong>laong> fermeture d'habitats et à ong>laong> disparition d'écosystèmes. De l'autre, l'intensificationagricole a contribué à morceler et altérer certains milieux.Le développement ong>deong>s forêtsLa forêt française, qui couvre 29 % du territoire métropolitain, est écologiquement reong>laong>tivement riche.Les écosystèmes forestiers français sont très diversifiés, en raison ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong>s essences forestièresqu'on y rencontre et ong>deong>s différents moong>deong>s ong>deong> gestion sylvicole pratiqués ong>deong>puis ong>deong>s siècles. Cette diversitéest également liée à ong>laong> variété ong>deong>s climats, ong>deong>s zones géographiques, ong>deong>s reliefs et ong>deong>s sols qui composentle pays. La forêt française compte 2,3 millions d'hectares ong>deong> taillis, 1,3 million d'hectares ong>deong> méong>laong>ngestaillis-futaies et 6,7 millions d'hectares ong>deong> futaies.Dans l'ensemble ong>deong> ong>laong> forêt d'Europe, ong>laong> forêt française est exceptionnellement diversifiée par le nombred'essences qu'il est possible d'y rencontrer (tableau ci-après). Les espèces feuillues y sont prépondérantesen nombre comme en surface. L'importance du nombre d'espèces acclimatées ou exotiques qu'on peutrencontrer en forêt ne doit pas faire oublier que les essences indigènes représentent 94 % ong>deong> ong>laong> surfaceforestière métropolitaine.Essences indigènes et essences introduitesdans les forêts ong>deong> ong>Franceong> métropolitaineArbres rencontrés en forêtEspècesindigènesEspècesacclimatéesEspècesexotiquesTotalNombre d'espèces feuillues 57 3 16 76Nombre d'espèces résineuses 16 6 38 60Total 73 9 54 136Proportion ong>deong> ong>laong> surface nationalecouverte en 199494,03 % 5,97 % 100 %De plus, ong>laong> forêt française est constituée ong>deong> peuplements méong>laong>ngés pour plus ong>deong> 70 % ong>deong> sa surface.Durant les 10 ong>deong>rnières années, les peuplements monospécifiques ont légèrement régressé, alors que lesméong>laong>nges, à 3 essences ou plus, ont progressé ong>deong> façon significative. Les peuplements, à 4 essences ouplus, représentent désormais un cinquième ong>deong>s surfaces forestières métropolitaines et ceux à 3 essencesun peu plus d'un cinquième, ce qui est une situation particulièrement exceptionnelle en Europeocciong>deong>ntale. Cette situation semble reong>laong>tivement stable à l'échelle du siècle.Au cours ong>deong>s ong>deong>ux ong>deong>rniers siècles, ong>laong> forêt française a vu sa surface pratiquement doubler ; cetaccroissement se poursuit aujourd'hui. La forêt privée est majoritaire (74 %) et l'expansion ong>deong>s surfacesboisées est essentiellement le fait ong>deong> ong>laong> propriété privée.Enfin, dans ses départements et territoires d'outre-mer, ong>laong> ong>Franceong> dispose d'une importante forêt tropicaled'environ 8,8 millions d'hectares. La seule forêt guyanaise couvre environ 8,3 millions d'hectares (soit un10


taux ong>deong> boisement ong>deong> 93 %). Les forêts ong>deong> l'Île ong>deong> ong>laong> Réunion, ong>deong> ong>laong> Guaong>deong>loupe et ong>deong> ong>laong> Martiniquereprésentent 200.600 hectares. Dans les territoires d'outre-mer, ong>laong> forêt ong>deong>nse sempervirente ong>deong> ong>laong>Nouvelle Calédonie couvre 372.000 hectares, sans compter 393.000 hectares ong>deong> formations diverses etmaquis et 20.700 hectares ong>deong> mangroves.I.4 LA DIVERSITE ET LA FRAGILITE DES RESSOURCES GENETIQUESEspèces animalesIl existe en ong>Franceong> une granong>deong> diversité ong>deong> races pour les animaux domestiques : plus ong>deong> 148, horsespèces avicoles et poissons d'élevage, dont une granong>deong> majorité ong>deong> ruminants (voir tableau ci-ong>deong>ssous).Parmi ces races, 57 % sont considérées par l'OAA/FAO (1996) comme ne présentant pas ong>deong> menace dansleur diversité génétique, du fait d'un grand nombre ong>deong> reproducteurs femelles disponibles. Il importenéanmoins d'attirer l'attention sur les risques liés à une utilisation intensive ong>deong> certains mâles dans ong>laong>gestion génétique d'une race, du fait ong>deong> l'insémination artificielle : l'exemple le plus frappant est celui ong>deong>ong>laong> race Prim'Holstein, où pour une popuong>laong>tion d'environ 2 millions d'individus, seuls 140 contribuent ong>deong>manière effective à ong>laong> génération suivante.L'OAA/FAO considère que 43 % ong>deong>s races françaises sont menacées dans leur diversité génétique, untiers d'entre elles étant dans un état critique et une moitié soutenue par ong>deong>s pong>laong>ns ong>deong> conservation (voirtableau ci-ong>deong>ssous). Très grossièrement, l'OAA/FAO considère que les races sont menacées si le nombreong>deong> femelles reproductrices est inférieur à 1.000 ou si le nombre ong>deong> mâles reproducteurs est inférieur ouégal à 20. La race est considérée dans un état critique si ces nombres sont réduits à 100 pour les femelleset 5 pour les mâles.Statut ong>deong>s races françaises, selon l'OAA/FAO (1996)Espèces Non en danger En danger Critique TotalBovins 25 9 (7) 7 (6) 41Ovins 42 10 (6) 2 (2) 54Caprins 3 2 (1) 0 (0) 5Porcins 3 5 (1) 9 (5) 17Équins 11 18 (2) 2 (0) 31Total 84 44 (17) 20 (13) 148Les chiffres indiqués entre parenthèses en italiques corresponong>deong>nt au nombre ong>deong> races pour lesquellesun pong>laong>n ong>deong> conservation a été engagé.Par ailleurs, l'homme élève aujourd'hui un certain nombre d'autres espèces encore présentes dans lemilieu naturel, pour ong>laong> consommation (aquaculture, apiculture), pour le repeuplement (chasse, pêche),pour ong>laong> lutte biologique et ong>laong> pollinisation. Ces popuong>laong>tions d'élevage, souvent relâchées en masse dans lemilieu, vont interagir avec les popuong>laong>tions naturelles ong>deong>s mêmes espèces ou d'espèces voisines. Ladiversité génétique ong>deong>s popuong>laong>tions naturelles peut en être fragilisée, notamment si les popuong>laong>tionsd'élevage présentent un avantage sélectif sur les premières, avec lesquelles elles entrent en concurrence.Au-ong>deong>là ong>deong> l'évolution quantitative ong>deong> ong>laong> diversité génétique, il reste aussi à préciser l'inciong>deong>nce ong>deong> tellespratiques sur les mécanismes biologiques permettant d'assurer le maintien d'un potentiel adaptatif pources espèces. Peu ong>deong> choses sont encore connues au pong>laong>n scientifique sur ces questions.Espèces végétalesLa ong>Franceong> a toujours eu une politique ong>deong> prospection, d'acclimatation, ong>deong> domestication et ong>deong> sélectionong>deong>s pong>laong>ntes présentant un intérêt botanique, agricole, horticole, paysager, sylvicole ou industriel. Elle estriche en ressources génétiques pour toutes les espèces cultivées tant en métropole que dans lesdépartements et territoires d'Outre-Mer, mais cette richesse a longtemps été sous-estimée, dispersée etparfois menacée.11


Le développement agricole a conduit à ong>deong>s variétés très performantes mais s'est accompagné d'uneréduction sensible ong>deong> ong>laong> diversité génétique exploitée, tant au niveau spécifique que sub-spécifique :diminution du nombre d'espèces cultivées ; régression ong>deong> ong>laong> gamme variétale exploitée ; création ong>deong> typesvariétaux homogènes et spécialisés suppong>laong>ntant les écotypes locaux à base génétique ong>laong>rge. Ces ong>deong>rniersont alors commencé à disparaître, du fait ong>deong> leur non compétitivité en système agricole intensif. Enparallèle, il a aussi été observé une régression ong>deong>s espèces sauvages apparentées aux espèces cultivées,sources ong>deong> diversité pour ces ong>deong>rnières, du fait d'une ong>laong>rge diminution ong>deong>s surfaces non agricoles. Il fautcependant noter que l'inventaire ong>deong> ong>laong> diversité génétique au sein ong>deong> ces espèces est encore mal connu,hormis pour quelques espèces "pilotes". Ainsi, ong>laong> réduction ong>deong> ong>laong> diversité génétique exploitée s'estsouvent accompagnée d'une régression ong>deong> ong>laong> variabilité disponible.C'est dans ce contexte qu'ont été rassemblées ong>deong>puis plusieurs dizaines d'années ong>deong> nombreusesressources génétiques, au sein ong>deong> collections publiques et privées : plus ong>deong> 150.000 accessions ont ainsiété recensées dans les instituts publics, dont 40 % pour les ressources génétiques forestières. Bien qu'unepartie ong>deong> ces ressources constitue un capital considérable pour les besoins ultérieurs ong>deong> ong>laong> filière agroalimentaire,leur maintien sur le long terme n'est pas acquis et n'est assujetti d'aucune dispositionréglementaire.Comme décrit ci-ong>deong>ssus, ong>laong> forêt française se caractérise par l'existence d'une granong>deong> diversité génétiqueet spécifique.La résolution 2 ong>deong> ong>laong> Conférence ong>deong> Strasbourg (1990) fait état ong>deong>s menaces pesant sur ong>laong> diversitégénétique ong>deong>s forêts d'Europe : seuls les ormes et notamment Ulmus campestris, ainsi qu'Abiesnebroong>deong>nsis en Sicile sont reconnus comme en danger. Cependant, plusieurs espèces ou groupe d'espècesforestières, dont bon nombre se retrouvent en ong>Franceong>, sont considérées comme menacées dans leurdiversité génétique :• l'épicéa, du fait ong>deong>s pluies aciong>deong>s en Europe centrale ;• les chênes, du fait ong>deong>s pratiques sylvicoles (augmentation ong>deong> ong>laong> productivité, transpong>laong>ntationsgéographiques) et notamment le chêne liège dans son aire naturelle ;• le peuplier noir, du fait ong>deong>s changements rapiong>deong>s ong>deong> son habitat (ripisylves) et ong>deong>s hybridations noncontrôlées avec ong>deong>s hybriong>deong>s euro-américains ;• les feuillus précieux, notamment les rosacées sauvages, les régimes sylvicoles pratiqués along>laong>nt ong>deong>plus en plus vers l'exploitation ong>deong> forêts monospécifiques.* * *12


CHAPITRE II :LA PRISE EN COMPTE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUEDANS LES PRATIQUES SOCIO-ECONOMIQUESLa prise en compte ong>deong> l'environnement dans l'ensemble ong>deong>s activités qui concourent à ong>laong> transformationong>deong> l'espace, qu'elles émanent ong>deong> l'État, ong>deong>s collectivités territoriales ou ong>deong>s aménageurs publics ou privés,constitue un volet essentiel ong>deong> ong>laong> politique française ong>deong> protection ong>deong> l'environnement et plusgénéralement ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> diversité biologique.C'est en effet à ong>laong> fois au travers ong>deong>s politiques sectorielles [voir chapitre IV] qu'au moment où lesgranong>deong>s orientations ong>deong> l'aménagement du territoire sont définies, à travers ong>deong>s pong>laong>ns ou schémasnationaux d'aménagement, ong>deong>s schémas régionaux ou ong>deong>s politiques sectorielles, qu'il faut intégrer ong>laong>prise en compte ong>deong> l'environnement et ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> diversité biologique.Aujourd'hui un nombre croissant ong>deong> composantes ong>deong>s actions publiques intègrent désormais ong>deong> façon plusexplicite l'environnement dans leur démarche : pong>laong>n au niveau national, contrats ong>deong> pong>laong>n État-Région,schémas directeurs d'aménagement et d'urbanisme, schémas directeurs d'infrastructures (routes,autoroutes, lignes à granong>deong> vitesse, voies navigables, ...), ou encore politiques partenariales entrepouvoirs publics 2 comme les Pong>laong>ns départementaux d'environnement ou les Chartes pourl'environnement conclues avec les collectivités locales.Par ailleurs, dans le contexte d'une ong>Franceong> ong>laong>rgement décentralisée, l'importance ong>deong>s outils ong>deong>concertation et ong>deong> contractualisation ong>deong>s politiques entre pouvoirs publics et le rôle ong>deong> l'information et ong>deong>ong>laong> participation du public sont aujourd'hui considérables. La loi n° 95-115 du 4 février 1995 surl'aménagement du territoire est venue en partie renforcer ces orientations.Enfin, ong>deong>s politiques d'aménagement au niveau ong>deong> territoires particuliers – ong>laong> montagne et le littoral –permettent une application adaptée ong>deong> ong>laong> politique ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique. Il en est ong>deong>même pour l'éong>laong>boration et l'application ong>deong>s aménagements forestiers indispensables également à ong>laong>préservation ong>deong> ong>laong> vocation multifonctionnelle ong>deong>s forêts.II.1 LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT DANS LES PLANS ET LES SCHEMASDIRECTEURSLes instruments ong>deong> pong>laong>nification à moyen et long terme nationaux ou régionaux encadrent l'évolution ong>deong>sactivités humaines sur le territoire et conditionnent l'évolution ong>deong>s pressions auxquelles seront soumisesles ressources ong>deong> ong>laong> diversité biologique.Les contrats ong>deong> pong>laong>n État-RégionL'environnement est ong>deong>venu l'un ong>deong>s axes prioritaires ong>deong> ong>laong> nouvelle génération ong>deong> contrats ong>deong> pong>laong>n État-Région. Conclus pour 5 ans (ceux en vigueur couvrent ong>laong> périoong>deong> 1994-1998) entre l'État et chacune ong>deong>s22 régions françaises, ces contrats permettent une approche territorialisée ong>deong>s politiques publiques autour2 La ong>Franceong> compte 100 départements dont 4 d'Outre-mer. Il y a 22 régions en ong>Franceong> métropolitaine. La ong>Franceong>compte aussi 36.783 communes (90 % d'entre elles ont moins ong>deong> 2.000 habitants). On trouve au niveau dudépartement et ong>deong> ong>laong> région à ong>laong> fois ong>deong>s collectivités territoriales et les services déconcentrés ong>deong> l'État.13


ong>deong> grands objectifs d'aménagement et ong>deong> développement. Des objectifs contractuels précis en matièred'environnement sont arrêtés et ong>deong>s politiques actives d'amélioration ong>deong> l'environnement sontencouragées. Par plusieurs aspects (protection ong>deong>s territoires remarquables, gestion ong>deong>s espaces sensibles,lutte contre les pollutions, …) ces contrats ong>deong> pong>laong>n concourent directement ou indirectement à ong>laong>préservation ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages.Les schémas directeursDepuis ong>laong> loi n°83-8 du 7 janvier 1983, les schémas directeurs ont succédé aux schémas directeursd'aménagement et d'urbanisme (SDAU).Éong>laong>boré à l'initiative d'un groupement ong>deong> communes, le schéma directeur fixe les orientationsfondamentales du développement pour les territoires concernés, compte tenu ong>deong> l'équilibre qu'il convientd'adopter entre le développement du territoire et ong>laong> préservation ong>deong>s sites naturels et ong>deong>s ressources.Documents d'urbanisme, les schémas directeurs déterminent ong>laong> ong>deong>stination générale ong>deong>s sols, les grandséquipements d'infrastructure, ong>laong> localisation ong>deong> services et activités les plus importants et les territoires àprotéger ong>deong> l'urbanisation. Les principes ainsi adoptés doivent être traduits en règles précises par lesPong>laong>ns d'occupation ong>deong>s sols.Les Pong>laong>ns d'occupation ong>deong>s sols (POS)La prise en compte ong>deong> l'environnement - et notamment ong>laong> préservation ong>deong>s milieux et ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong>flore - dans les POS est maintenant une obligation légale articulée sur quatre lois essentielles édictéesentre 1976 et 1985 (Coong>deong> ong>deong> l'urbanisme, art. L 121-1 et suivants). Ces documents d'urbanisme sonong>laong>borés au niveau ong>deong>s communes 3 .Avec le Pong>laong>n d'occupation ong>deong>s sols, à travers le règlement lié à chaque type ong>deong> zone qui y figure, lescommunes peuvent intervenir ong>deong> façon importante sur ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique. Plusprécisément, le Coong>deong> ong>deong> l'urbanisme leur permet ong>deong> garantir :- le cong>laong>ssement ong>deong>s zones naturelles à préserver : il pourra s'agir ong>deong> sites remarquables pourl'intérêt esthétique, biologique ou historique qu'ils présentent ;- ong>laong> préservation ong>deong> terrains boisés cong>laong>ssés : il s'agira ong>deong> bois ou forêts présents sur ong>laong> commune,mais aussi ong>deong> parcs publics intra-urbains, existants ou à créer, mesure qui peut présenter ong>deong>l'intérêt pour préserver ong>deong>s spécimens particuliers situés à l'intérieur ong>deong>s agglomérations.Le dossier du Pong>laong>n d'occupation ong>deong>s sols fait l'objet d'une enquête publique. Lorsqu'il est approuvé, ilong>deong>meure applicable sans limite ong>deong> durée.Les chartes pour l'environnementLa ong>Franceong> a ong>laong>ncé en 1990 une politique contractuelle incitant les collectivités locales (communes ouleurs groupements, …) à éong>laong>borer ong>deong>s pong>laong>ns municipaux d'environnement, ong>deong>venus en 1992 ong>deong>s chartespour l'environnement, véritable contrat passé entre une collectivité locale et l'État afin ong>deong> mettre en pong>laong>ceune stratégie environnementale globale pour un territoire donné. Parmi les domaines prioritairesd'intervention figurent notamment ong>laong> protection ong>deong>s espaces naturels et remarquables et le maintien ong>deong> ong>laong>diversité biologique.Une proportion notable ong>deong>s chartes d'environnement signées à ce jour concernent ong>deong>s territoires ruraux,où l'objectif ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> biodiversité est souvent important : inventaire ong>deong>s espaces naturels,charte ong>deong> qualité ong>deong>s paysages, etc. De leur côté, les chartes portant sur ong>deong>s territoires urbaniséscomportent aussi une prise en compte ong>deong> ong>laong> biodiversité. A Mulhouse par exemple, le programmed'action ong>deong> ong>laong> charte comporte ong>laong> création d'un conservatoire botanique national ainsi que l'étuong>deong> et le3 Il y a environ 36.000 communes en ong>Franceong> métropolitaine, dont plus ong>deong> 13.000 disposent d'un POS.14


suivi ong>deong> ong>laong> faune sauvage. De même à Strasbourg, un conservatoire ong>deong>s pong>laong>ntes menacées d'extinction etune charte ong>deong> l'arbre en ville sont prévus.Les schémas départementaux ong>deong>s carrièresParce qu'elles concernaient en ong>Franceong> souvent ong>deong>s zones alluvionnaires, les carrières ont été à l'origined'une pression importante sur ong>deong>s milieux naturels particulièrement riches en espèces ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong>flore sauvages. La préservation ong>deong> ces milieux est aujourd'hui beaucoup mieux garantie (arrêt ong>deong>sextractions dans le lit mineur ong>deong>s fleuves notamment) et le réaménagement ong>deong>s carrières en find'exploitation permet même ong>deong> recréer ong>deong>s espaces naturels propices à ong>laong> faune et à ong>laong> flore sauvages.Les schémas départementaux ong>deong>s carrières, imposés par ong>laong> loi n° 93-3 du 4 janvier 1993, doivent prendreen compte “ l'intérêt économique national, les ressources et les besoins en matériaux (...), ong>laong> protectionong>deong>s paysages, ong>deong>s sites et ong>deong>s milieux naturels sensibles, ong>laong> nécessité d'une gestion intégrée ong>deong> l'espace ”et ong>laong> “ remise en état et le réaménagement ong>deong>s sites. ”II.2 L'ETUDE D'IMPACT OBLIGATOIRE POUR LES PROJETSDepuis ong>laong> loi ong>deong> 1976 sur ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature, il est en ong>Franceong> obligatoire ong>deong> prendre en comptel'environnement lorsqu'un projet, public ou privé, risque d'avoir un impact sur l'environnement. Ilconvient notamment ong>deong> préparer une “étuong>deong> d'impact” du projet. Quelque 6.000 étuong>deong>s d'impact sontréalisées chaque année, dont environ 300 concernent les projets d'infrastructures.Cette procédure a été renforcée par le décret n°93-245 du 25 février 1993, en particulier pour transcrirecertaines ong>deong>s dispositions ong>deong> ong>laong> directive communautaire du 27 juin 1985 concernant l'évaluation ong>deong>sinciong>deong>nces ong>deong> certains projets publics ou privés sur l'environnement.Des modifications et ong>deong>s ajustements ong>deong>s seuils et ong>deong>s critères ong>deong> sélection ont été réalisés qui concernentnotamment ong>deong>s projets qui ont souvent un impact potentiel important sur ong>laong> faune et ong>laong> flore sauvages etleurs habitats : ouvrages ong>deong> transport et ong>deong> distribution d'électricité, barrages hydroélectriques, y comprispour les renouvellements d'autorisation, remembrements, aménagements touristiques et ong>deong> loisir, …II.3 DES TERRITOIRES AVEC DES POLITIQUES SPECIFIQUES : LA MONTAGNE, LELITTORAL, LES FORETSLa politique ong>deong> ong>laong> montagneLa montagne est par définition un milieu fragile, compte tenu ong>deong> sa richesse écologique et ong>deong> l'ampleurong>deong>s activités économiques qui s'y développent. La montagne française, riche en faune et flore sauvages etoù le développement économique et touristique est important, présente une situation amplifiant cettefragilité.La ong>Franceong> a mis en pong>laong>ce une politique ong>deong> protection ong>deong>s espaces naturels en montagne. Sur les 7 parcsnationaux (issus ong>deong> ong>laong> loi ong>deong> 1960), 6 sont montagnards et sur les 30 parcs naturels régionaux, unegranong>deong> partie se trouve dans ong>deong>s régions ong>deong> moyenne montagne. Enfin, nombre ong>deong> réserves naturelles(issues ong>deong> ong>laong> loi ong>deong> 1976) se situent en zone ong>deong> montagne.A partir ong>deong> 1977, avec l'adoption ong>deong> ong>laong> directive nationale concernant ong>laong> montagne, à ong>laong> notion ong>deong>protection ong>deong>s milieux s'est ajoutée celle ong>deong> ong>laong> prise en compte ong>deong> l'environnement dans l'aménagement.La loi “montagne” ong>deong> 1985 qui lui a fait suite a mis en pong>laong>ce un cadre général ong>deong> protection et ong>deong>développement équilibré ong>deong> ong>laong> montagne.L'ensemble ong>deong> ces politiques et programmes s'inscrivent désormais pour le massif alpin français dans lecadre ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> alpine, entrée en vigueur le 5 mars 1996 et ratifiée par ong>laong> ong>Franceong> le 4 janvier1996. Cette convention vise à concilier les intérêts économiques en jeu dans le massif alpin avec lesexigences ong>deong> protection d'un patrimoine menacé.15


La protection du littoralInterface entre le milieu terrestre et marin, le littoral d'une longueur ong>deong> 5.500 km en ong>Franceong>métropolitaine est un territoire fragile d'une granong>deong> richesse biologique. La ong>Franceong> a entrepris ong>deong>puisplusieurs années ong>deong>s actions visant à mieux maîtriser le développement ong>deong>s zones côtières dans le respectong>deong>s équilibres naturels.Faisant suite à l'ancienne directive d'aménagement national du 25 août 1979, ong>laong> “loi littoral” du3 janvier 1986 reong>laong>tive à l'aménagement, ong>laong> protection et ong>laong> mise en valeur du littoral précise les principeset règles pour concilier le développement économique et ong>laong> protection du littoral. Elle permet notammentd'encadrer l'urbanisme dans les zones côtières : les espaces naturels ong>deong> qualité sont décong>laong>résinconstructibles.La loi littoral permet ong>laong> protection ong>deong>s espaces et milieux littoraux (y compris les zones marines) ong>deong>scommunes littorales. Elle prévoit ong>laong> protection d'éléments remarquables ou caractéristiques ong>deong> ong>laong> régionconcernée, en particulier ceux qui ont une granong>deong> importance biologique comme les ong>deong>ltas, les dunes, leszones ong>deong> nidification, ong>deong> gagnage, ong>deong> repos ong>deong> l'avifaune protégée au titre ong>deong> ong>laong> directive CEE sur ong>laong>conservation ong>deong>s oiseaux sauvages, les grottes, les forêts littorales, les pong>laong>ns d'eau ong>deong> plus ong>deong>1.000 hectares, les herbiers ong>deong> posidonie ou les mangroves dans les DOM.Avec ong>laong> création du Conservatoire ong>deong> l'espace littoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custres, cette loi constitue sansconteste l'outil essentiel pour le maintien ong>deong> ong>laong> diversité biologique sur le littoral.Le Conservatoire ong>deong> l'espace littoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custresLe Conservatoire ong>deong> l'espace littoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custres (CELRL) est un établissement public chargéd'assurer, en métropole et outre-mer, ong>laong> protection définitive ong>deong>s espaces par acquisition ong>deong>s espacesnaturels en bord ong>deong> mer et sur les rives ong>deong>s ong>laong>cs et pong>laong>ns d'eau intérieurs d'une superficie égale ousupérieure à 1.000 ha. Le conservatoire se préoccupe d'équilibrer les acquisitions selon les divers typesong>deong> milieux et ong>deong> paysages, ong>deong> mener une politique ong>deong> protection prioritaire ong>deong>s grands sites nationaux ouencore ong>deong> préserver les terres agricoles qui contribuent au maintien d'espaces ouverts sur le littoral.Depuis sa création en 1975, il a acquis près ong>deong> 45.000 hectares, soit 8 % du linéaire côtier.Cette politique ong>deong> maîtrise foncière par acquisition vient compléter ong>laong> protection strictementréglementaire du littoral :- lorsque le terrain fait l'objet ong>deong> pressions en faveur ong>deong> l'urbanisation,- lorsque le terrain se dégraong>deong> et qu'il faut le réhabiliter et le gérer,- lorsque le terrain est inaccessible et que son ouverture au public s'impose.Les communes, les départements, les syndicats mixtes, l'Office national ong>deong>s forêts pour les propriétésboisées, sont associés pleinement à ong>laong> gestion ong>deong>s terrains acquis par le conservatoire. Toutefois, celui-cireste compétent pour définir les règles et les modalités selon lesquelles ils sont gérés.L'aménagement forestierLe concept d'aménagement forestier est né en ong>Franceong> dès le XIV e siècle pour ne rien faire qui soitcontraire à ong>laong> permanence ong>deong> ong>laong> ressource forestière indispensable à ong>laong> vie ong>deong>s sociétés. Ce concept aévolué et a inspiré l'organisation ong>deong> nombreux secteurs où il est utile sinon impératif ong>deong> maîtriserdiverses interventions ong>deong> l'homme dans l'espace et dans le temps.Depuis 1963, chaque forêt française ong>deong> 25 ha et quelquefois moins, d'un seul tenant, sont soumises aupong>laong>n simple ong>deong> gestion dont ong>laong> cohérence interne s'inspire d'orientations globales caractéristiques ong>deong>srégions forestières concernées et dont l'application vise à préserver durablement ong>laong> biodiversité, les16


potentialités ong>deong> récolte future et ong>laong> vocation multifonctionnelle ong>deong> ong>laong> forêt. Ces orientations sont soumisesà l'approbation ministérielle, après concertation au sein ong>deong> ong>laong> commission régionale ong>deong> ong>laong> forêt et ong>deong>sproduits forestiers.L'aménagement et le pong>laong>n simple ong>deong> gestion forestier incitent ong>deong> plus en plus leur concepteur à définir lechamp ong>deong>s actions ong>deong> l'homme en faveur : du maintien ong>deong> ong>laong> biodiversité, ong>deong> ong>laong> réguong>laong>rité ong>deong>s revenustirés ong>deong> l'exploitation ong>deong>s bois, ong>deong> ong>laong> cynégétique ou ong>deong>s potentialités sylvo-pastorales, ong>deong> l'accueil dupublic, du paysage, ong>deong> ong>laong> protection du milieu contre les risques naturels ou l'incendie pour aiong>deong>r legestionnaire à déciong>deong>r en toute opportunité et en toute connaissance ong>deong> cause selon les réalités propres àchacun ong>deong>s massifs forestiers.Actuellement, 90 % ong>deong>s surfaces ong>deong>s forêts domaniales disposent d'un aménagement, 71 % ong>deong>s surfacesong>deong>s forêts ong>deong>s collectivités sont soumises au régime forestier ainsi que les trois quarts ong>deong>s forêts privéesong>deong> plus ong>deong> 25 ha d'un seul tenant, soit au total plus ong>deong> 6 millions d'ha. Les forêts privées ong>deong> plus ong>deong> 25 had'un seul tenant et non aménagées sont soumises à autorisation préaong>laong>ble ong>deong> coupe en général,accompagnée ong>deong> recommandations ou ong>deong> mesures ong>deong> préservation ou ong>deong> reconstitution approuvéespréaong>laong>blement par les autorités légales.* * *17


CHAPITRE III :LES POLITIQUES DE PRESERVATION DE LA FAUNEET DE LA FLORE SAUVAGESIII.1 CONNAITRE ET SURVEILLER LE PATRIMOINE NATURELLa connaissance et ong>laong> surveilong>laong>nce du patrimoine naturel sont engagées en ong>Franceong> ong>deong>puis plusieurssiècles. Le début du XIX e siècle a été l'époque ong>deong>s granong>deong>s explorations scientifiques dans le monong>deong>.Tout au long ong>deong>s XIX e et XX e siècles, le catalogue ong>deong>s espèces vivantes avec leur répartition générale vase compléter et peut être considéré comme l'œuvre principale ong>deong>s naturalistes jusqu'à ong>laong> ong>deong>rnière guerremondiale.Se fondant notamment sur cette base historique, ong>laong> stratégie ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> pour ong>laong> connaissance et le suividu patrimoine faunistique et floristique national a donc été ong>laong>ncée et renforcée régulièrement tout au longong>deong> ces vingt-cinq ong>deong>rnières années.Trois objectifs principaux lui ont été fixés :– exploiter l'acquis sous toutes ses formes, en complétant parallèlement et progressivement lesconnaissances ;– obtenir une couverture ong>deong>s connaissances à l'échelle ong>deong> l'ensemble du territoire national, enconcentrant les efforts sur ong>laong> réalisation d'états ong>deong> référence ;– prévoir ong>laong> mise à jour ong>deong>s états ong>deong> référence ainsi constitués, afin ong>deong> permettre ong>laong> mise en éviong>deong>ncechiffrée ong>deong>s phénomènes dynamiques affectant le patrimoine naturel.L'association étroite ong>deong>s gestionnaires et ong>deong>s utilisateurs ong>deong>s ressources naturelles aux inventaires et auxsuivis fait aussi aujourd'hui partie intégrante ong>deong> cette stratégie. Elle permet notamment ong>deong> les sensibiliseret ong>deong> mieux faire comprendre les nécessaires évolutions ong>deong> ong>laong> réglementation.III.1.1 LE RENFORCEMENT DES INSTITUTIONS DEPUIS 1970Un rôle central pour le Muséum National d'Histoire Naturelle et son Institut d'Écologie et ong>deong>Gestion ong>deong> ong>laong> BiodiversitéLa création, en 1971, du ministère ong>deong> l'environnement a conduit progressivement à ong>laong> mise en pong>laong>ced'une réflexion, d'une recherche et d'une politique appliquée à ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature. En 1979, unSecrétariat ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore (SFF) – dénommé aujourd'hui Service du patrimoine naturel (SPN) –est créé au sein du Muséum national d'histoire naturelle afin d'agir comme “fer ong>deong> ong>laong>nce” ong>deong> l'observationet ong>deong> ong>laong> surveilong>laong>nce du patrimoine naturel.Une série d'inventaires et d'atong>laong>s nationaux, régionaux et locaux est ong>laong>ncée et concerne d'abord lesvertébrés et ong>laong> flore supérieure, avec priorité donnée aux espèces rares et menacées. La collecte ong>deong>sdonnées repose sur un réseau ong>deong> chercheurs, ong>deong> naturalistes et d'associations et d’organismes divers,18


coordonnés par le SPN ong>deong> l'Institut d'écologie et ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité du Muséum nationald'histoire naturelle.En combinant ces données avec les informations contenues dans l'importante littérature scientifiquespécialisée et les collections et herbiers ong>deong>s musées, on obtient, non seulement ong>deong>s recensements – ou“états ong>deong> référence” – mais aussi ong>deong>s historiques très complets ong>deong> répartition ong>deong>s espèces. Un certainnombre d'évolutions sont mises ainsi en éviong>deong>nce, chiffrées et cartographiées grâce à l'outil informatique.Le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN)et l'Institut d'écologie et ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité (IEGB)Fondé en 1626 par un édit ong>deong> Louis XIII, le “Jardin ong>deong>s pong>laong>ntes médicinales” s'est développéprogressivement, notamment sous ong>laong> direction ong>deong> BUFFON, jusqu'à l'acquisition en 1793 ong>deong> son statutactuel ong>deong> Muséum national d'histoire naturelle.Le Muséum est chargé d'une triple mission : conservation du patrimoine national ong>deong>s sciences naturelleset humaines, recherche, diffusion ong>deong>s connaissances et muséologie.Afin d'aiong>deong>r le ministère chargé ong>deong> l'environnement à déterminer sa politique ong>deong> conservation et ong>deong>restauration du patrimoine naturel et ong>deong> ong>laong> diversité biologique, le MNHN s'est doté, en 1995, d'unInstitut d'écologie et ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité (IEGB), qui a succédé à ong>laong> Délégation permanente ong>deong>l’environnement, créée en 1992.L'IEGB fédère les compétences internes autour ong>deong> ces thématiques et coordonne les reong>laong>tions avecl'ensemble ong>deong>s partenaires nationaux et internationaux. Un Service du patrimoine naturel (SPN) a étécréé dans ce cadre, autour ong>deong> l'ancien Secrétariat faune-flore.Les objectifs ong>deong> l'IEGBL'IEGB s'est fixé ong>deong>ux priorités :- constituer un pôle fort ong>deong> recherche fondamentale et appliquée en écologie et en biologie ong>deong> ong>laong>conservation,- être l'interlocuteur privilégié du ministère chargé ong>deong> l'environnement pour sa politique nationale ong>deong>gestion durable du patrimoine naturel et ong>deong> ong>laong> diversité biologique, ainsi que pour ong>laong> mise en œuvre ong>deong>stextes communautaires et ong>deong>s conventions internationales reong>laong>tifs à ong>laong> protection ong>deong> l'environnement.La connaissance est fondée sur les banques ong>deong> données patrimonialesL'organisation générale ong>deong>s savoirs sur le patrimoine naturel et ong>laong> biodiversité repose avant tout sur ong>deong>scoopérations et synergies entre tous les partenaires nationaux publics ou privés. Des référentiels ong>deong>connaissances validées sont constitués progressivement dans le cadre d'un Système d'information globalsur le patrimoine naturel. Ces banques ong>deong> données constituent ong>deong>s outils ong>deong> base que l'IEGB exploitepour effectuer et diffuser un éventail ong>deong> produits informatiques et cartographiques standards ou conçus àong>laong> ong>deong>manong>deong> ong>deong>s utilisateurs.L'expertise scientifique pour les actions ong>deong> conservationSur ong>laong> base d'un réseau d'experts, l'IEGB assure le conseil scientifique et technique du ministère chargéong>deong> l'environnement pour les problèmes d'actualité dans le domaine ong>deong> l'évaluation, ong>laong> gestion et ong>laong>conservation du patrimoine naturel, ainsi que ong>deong>s reong>laong>tions Homme-Nature. Le MNHN intervient en tantqu'expert auprès ong>deong>s instances internationales. Il a été désigné comme “autorité scientifique” pour ong>laong>CITES et comme “point focal d'échange d'informations” dans le cadre ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversitébiologique.19


La ong>Franceong> accueille le Centre thématique européenpour ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> natureLa ong>Franceong> est engagée activement et à plusieurs niveaux dans les activités ong>deong> l'Agence européenne ong>deong>l'environnement (AEE), entrée en fonction le 30 octobre 1993, dont le siège se trouve à Copenhague (DK). L'AEE apour mission ong>laong> collecte, ong>laong> mesure, ong>laong> vérification et ong>laong> certification ong>deong>s données dans le domaine ong>deong>l'environnement en Europe. La ong>Franceong> accueille l'un ong>deong>s neuf Centres thématiques européens (CTE) créés par l'AEEong>deong>puis 1994, le Centre thématique européen pour ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> nature (CTE/CN). Le ministère chargé ong>deong>l'environnement apporte à celui-ci un soutien financier complémentaire à celui ong>deong> l'AEE.En choisissant, en décembre 1994, ong>deong> confier cette responsabilité au Muséum national d'histoire naturelle, l'AEEreconnaît ainsi ong>laong> pong>laong>ce privilégiée ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> dans ong>laong> problématique ong>deong> ong>laong> biodiversité, à l'interface entre le Norong>deong>t le Sud ong>deong> l'Europe. Il s'agit également d'une reconnaissance du potentiel ong>deong> l'institution Muséum, tant en ce quiconcerne ong>laong> recherche en écologie que ong>laong> gestion ong>deong>s collections et banques ong>deong> données et ong>laong> systématique. LeCTE/CN est en fait un consortium ong>deong> 15 institutions, issues ong>deong> 12 pays européens, associées au Muséum nationald'histoire naturelle, responsable et contractant légal auprès ong>deong> l'AEE. En contribuant, chacune dans leur domaine ong>deong>compétences, au programme ong>deong> travail défini par l'AEE, ces institutions renforcent considérablement ong>laong> capacitéd'expertise du CTE/CN.L'organisation du CTE/CNLe CTE/CN est dirigé par Juan-Manuel ong>deong> Benito, ong>deong> nationalité espagnole, assisté d'une équipe centrale ong>deong> septpersonnes, situé au Muséum national d'histoire naturelle qui assure, outre ong>laong> coordination ong>deong>s différentes tâchesconfiées au Consortium, ong>laong> réalisation directe ong>deong> certaines d'entre elles.Les organismes partenaires du Muséum national d'histoire naturelle dans le consortium CTE/CN sont :- National Environmental Research Institute (NERI), Rønong>deong>, Danemark,- Finnish Environmental Institute (FEI), Helsinki, Finong>laong>nong>deong>,- Bunong>deong>samt für Naturschutz (BfN), Bonn, Allemagne,- Greek Biotope/Wetong>laong>nd Centre (EKBY) Gouong>laong>ndris Natural History Museum, Thermi, Grèce,- Agenzia Nazionale per l'Ambiante (ANPA), Roma, Italie,- European Centre for Nature Conservation (ECNC), Tilburg, Pays-Bas,- Norwegian Institute for Nature Research (NINA), Trondheim, Norvège,- Instituto ong>deong> Conservação da Natureza (ICN), Lisboa, Portugal,- Higher Institute for Statistics and Information Management (ISEGI), Lisboa, Portugal,- Direccion General ong>deong> Conservacion ong>deong> ong>laong> Naturaleza, Madrid, Espagne,- Museo Nacional ong>deong> Ciencias Naturales (MNCN), Madrid, Espagne,- Swedish Environmental Protection Agency (SEPA), Solna, Suèong>deong>,- Institute of Terrestrial Ecology (ITE), Huntingdon, Royaume-Uni,- Joint Nature Conservation Committee (JNCC), Peterborough, Royaume-Uni.De plus, le World Monitoring Conservation Centre (WCMC), sis à Cambridge, Royaume-Uni, est associé auConsortium du CTE/CN par le biais du European Centre for Nature Conservation (ECNC). Tous ces organismessont représentés au Comité d'administration, présidé par Cong>laong>us Stuffmann, ancien chef ong>deong> ong>laong> Division ong>deong> ong>laong>protection ong>deong> ong>laong> nature et ong>deong> ong>laong> conservation ong>deong>s sols ong>deong> ong>laong> Commission européenne. Ce Comité se réunit ong>deong>ux foispar an.Le programme ong>deong> travail du CTE/CNL'activité du CTE/CN comporte trois volets principaux :- contribution à l'éong>laong>boration ong>deong> ong>laong> stratégie d'information sur ong>laong> nature ong>deong> l'AEE, avec notamment ong>laong> mise enpong>laong>ce progressive d'un Système d'information sur ong>laong> nature en Europe (EUNIS) ;- analyse ong>deong> l'état et ong>deong>s tendances ong>deong> ong>laong> biodiversité en Europe (rapports périodiques sur l'état ong>deong>l'environnement et sur les programmes d'action environnementale ong>deong> l'UE, développementsméthodologiques, …) ;- soutien à ong>laong> mise en œuvre du réseau communautaire Natura 2000, notamment par son concours à ong>laong>réalisation d'un logiciel ong>deong>stiné à ong>laong> saisie et au traitement ong>deong>s inventaires ong>deong> Sites d'intérêtcommunautaire et par l'analyse scientifique ong>deong>s données en vue ong>deong> l'établissement ong>deong> ong>laong> listecommunautaire ong>deong>s futurs sites Natura 2000.Le CTE/CN a été créé initialement pour une périoong>deong> ong>deong> trois ans (1994-1997). Il s'engage maintenant pour unenouvelle périoong>deong> ong>deong> trois ans, jusqu'à fin 2000. Son champ géographique d'activités s'étendra à tous les paysd'Europe ong>deong> l'Est, en voie d'accession à l'UE.20


Un réseau Faune-Flore associant l'ensemble ong>deong>s organismes intéressésDès leur création, le SFF puis le SPN ont structuré un réseau national Faune-Flore, composé ong>deong> plus ong>deong>4.000 spécialistes, en coordination avec d'autres réseaux spécialisés, nationaux ou régionaux, mis enpong>laong>ce à partir ong>deong>s années 1970 (réseaux ong>deong>s ornithologues, ong>deong>s mammalogistes, herpétologistes,entomologistes, botanistes, …).Le SPN a aussi mis en pong>laong>ce les coopérations et les synergies nécessaires avec les structures nationales ourégionales amenées à collecter, grâce à leurs réseaux propres, ong>deong>s données à caractère patrimonial sur lesespèces ong>deong> faune et ong>deong> flore : Universités, muséums ong>deong> province bien sûr mais également Office nationalong>deong> ong>laong> chasse (ONC), Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche (CSP), Office national ong>deong>s forêts (ONF) et lesorganismes gestionnaires ou protecteurs ong>deong> ong>laong> nature (parcs nationaux, réserves naturelles, parcs naturelsrégionaux, conservatoires régionaux d'espaces naturels), ainsi que certaines administrations régionalesou départementales dans le domaine ong>deong> l'environnement, notamment les directions régionales ong>deong>l'Environnement (DIREN).Il en est ong>deong> même au niveau international où l'organisation ong>deong> réseaux spécialisés est considérée commeune action prioritaire, tout particulièrement à l'échelle ong>deong> l'Europe, avec le réseau EIONET, dontl’Institut français ong>deong> l’environnement (IFEN) est le point focal national. EIONET a été créé à l'initiativeong>deong> l'Agence européenne ong>deong> l'environnement et son Centre thématique européen pour ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong>nature situé à Paris dans l'enceinte du MNHN.III.1.2 LE DEVELOPPEMENT DES INVENTAIRESL'amélioration ong>deong>s connaissances sur les espèces sauvages et les milieux naturels a constitué l'une ong>deong>spréoccupations du ministère chargé ong>deong> l'environnement dès son origine.La diversité ong>deong>s composantes du patrimoine naturel, les échelles géographiques variées pertinentes pourl'observation, ong>laong> nécessaire connaissance ong>deong>s évolutions historiques, tous ces paramètres ont conduit àmener plusieurs types d'inventaires. Ces inventaires sont aussi ong>deong>stinés à répondre aux besoins ong>deong>sdifférents acteurs qui concourent à ong>laong> mise en œuvre ong>deong>s politiques ong>deong> protection, ong>deong> gestion et ong>deong>restauration ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages, ainsi que ong>deong>s espaces naturels.L'inventaire ong>deong>s zones naturelles d'intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) mené enconcertation éong>laong>rgieC'est avant tout ong>laong> nécessité ong>deong> disposer d'informations fiables et homogènes sur les secteurs ong>deong> plusgrand intérêt biologique ou écologique du territoire national, qui a été à l'origine du ong>laong>ncement en 1982,par le ministère chargé ong>deong> l'environnement, ong>deong> l'inventaire ong>deong>s zones naturelles d'intérêt écologique,faunistique et floristique (ZNIEFF).Coordonné au niveau national par le SPN, validé par ong>deong>s comités scientifiques régionaux, constitués pource programme, cet inventaire a mobilisé ong>deong> très nombreux scientifiques et naturalistes dans toutes lesrégions françaises en liaison étroite avec les directions régionales ong>deong> l'environnement (DIREN, servicesrégionaux déconcentrés du ministère chargé ong>deong> l'environnement). Les collectivités publiques, enparticulier les régions, ont été fortement engagées dans cette opération.Deux types ong>deong> territoires ont été iong>deong>ntifiés dans l'inventaire :• les zones ong>deong> type I : caractérisées par leur intérêt biologique remarquable (présence d'espècesprotégées, associations d'espèces ou espèces rares, menacées ou caractéristiques du patrimoinerégional) ;• les zones ong>deong> type II : grands ensembles naturels, riches et peu modifiés, qui offrent ong>deong>spotentialités biologiques importantes (ces zones peuvent par définition inclure plusieurs zonesong>deong> type I).21


Cet inventaire s'étend aujourd'hui aux DOM : à ong>laong> Réunion, en Martinique et en Guaong>deong>loupe ; il estengagé en Guyane. L'inventaire ong>deong>s ZNIEFF est par ailleurs étendu pour englober le milieu marin. Pourle milieu terrestre, une amélioration ong>deong> l'inventaire est actuellement en cours, c'est ong>laong> phase ong>deong>moong>deong>rnisation ong>deong>s ZNIEFF, ong>laong>ncée en 1995.L'inventaire ong>deong>s zones importantes pour ong>laong> conservation ong>deong>s oiseaux (ZICO)La ong>Franceong> a réalisé un inventaire scientifique ong>deong>s zones importantes pour ong>laong> conservation ong>deong>s oiseaux surson territoire. Ce travail, réalisé par ong>laong> Ligue pour ong>laong> protection ong>deong>s oiseaux (LPO) et le Service dupatrimoine naturel du MNHN pour le compte du ministère chargé ong>deong> l'environnement, réunit l'ensembleong>deong>s sites dont l'intérêt ornithologique justifie une attention particulière au regard ong>deong> l'application ong>deong> ong>laong>directive n° 79/409/CEE du 2 avril 1979.Les inventaires d'espèces : ong>deong>s états ong>deong> référence indispensables à ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong>floreDès sa création, ong>laong> Direction ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature du ministère chargé ong>deong> l'environnement a ong>laong>ncéle principe d'une série d'inventaires nationaux d'espèces, avec priorité pour les groupes ong>deong> vertébrés. Cesinventaires nationaux constituent ong>deong>s biong>laong>ns qui ont valeur “d'états ong>deong> référence” ; ces états sont ong>deong>stinésà être mis à jour régulièrement afin :– ong>deong> produire les données statistiques indispensables pour une évaluation et une surveilong>laong>ncerégulières du patrimoine naturel ;– ong>deong> permettre ong>laong> réalisation ong>deong> synthèses ong>deong>stinées à écong>laong>irer ong>laong> politique ong>deong> gestion et ong>deong>sauvegarong>deong> ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> ;– ong>deong> fournir à ong>laong> communauté scientifique ong>deong>s fichiers ong>deong> données pouvant servir ong>deong> base à ong>deong>sapplications ong>deong> recherche variées.Les données ong>deong>s inventaires sont rendues compatibles grâce à l'utilisation ong>deong> bases méthodologiquescommunes et pérennisées par le SPN/MNHN, au sein ong>deong> ses banques ong>deong> données.Les enquêtes à l'échelle communaleLes enquêtes ong>deong> type communal 4 sur ong>deong>s espèces, ou ong>deong>s groupes d'espèces d’ongulés, pour lesquelles lesbesoins ong>deong> protection ou ong>deong> gestion nécessitent ong>deong>s connaissances approfondies ont connu undéveloppement significatif. La collecte d'informations repose alors sur ong>deong>s réseaux à caractère techniqueet administratif local.Complémentaires ong>deong>s données issues ong>deong>s inventaires réalisées par les scientifiques et les naturalistes, lesinformations collectées permettent une connaissance rapiong>deong> et synthétique ong>deong> l'ensemble du territoirefrançais et peuvent aussi être aisément actualisées. Ces données localisées par commune peuvent êtreaisément croisées avec les données d'autres programmes localisées par coordonnées géographiques(ZNIEFF, massifs à cerfs…).Les historiques : une volonté d’intégration ong>deong> toutes les connaissances disponiblesLes évolutions ou historiques sont réalisées en ayant recours à l'exploitation du patrimoine scientifiqueénorme contenu dans ong>laong> littérature spécialisée, ainsi qu'aux collections et herbiers ong>deong>s musées. Lacombinaison ong>deong> ces informations avec les données issues ong>deong>s inventaires et ong>deong>s enquêtes permet ong>deong>réaliser ong>deong>s historiques ong>deong> répartition d'espèces le plus complets possibles.4 Le territoire français métropolitain comporte 36.783 communes ong>deong> taille sensiblement égale. Cette unitéadministrative constitue une maille intéressante pour ong>laong> collecte ong>deong> l'information et l'expression ong>deong>s résultats.22


Le réseau Natura 2000La directive communautaire n° 92-43 CEE du 21 mai 1992, dite directive “Habitats, Faune, Flore”, viseà préserver ong>laong> diversité biologique européenne, principalement au moyen ong>deong> ong>laong> constitution d'un réseau ong>deong>sites abritant les habitats naturels et les habitats d'espèces ong>deong> faune et ong>deong> flore sauvages d'intérêtcommunautaire qu'il convient ong>deong> maintenir dans un état ong>deong> conservation favorable ou ong>deong> restaurer.Ce réseau, intitulé “Natura 2000”, constituera ong>laong> charpente du dispositif. Il doit ainsi contribuer à ong>laong>réalisation ong>deong>s objectifs ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversité biologique. Il doit être mis en pong>laong>ce en troisétapes, débutant par une phase d'inventaire national. La première phase a été ong>laong> réalisation ong>deong> l'inventairescientifique ong>deong>s sites concernés.Un total ong>deong> 1.306 sites s'étendant sur environ 13 % du territoire français métropolitain ont été reconnuspar le Conseil national ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> nature pour faire partie du réseau.La ong>Franceong> possèong>deong> 75 % ong>deong>s types d'habitats d'intérêt communautaire énumérés dans l'annexe I ong>deong> ong>laong>directive (soit 170 habitats environ dont 43 habitats prioritaires sur 66). Elle abrite aussi 83 espècesanimales et 57 espèces végétales parmi les espèces visées à l'annexe II ong>deong> ong>laong> directive (dontrespectivement 8 sur 23 et 10 sur 165 ong>deong>s espèces prioritaires).La ong>Franceong> est donc un maillon essentiel pour ong>laong> constitution du réseau européen, en raison aussi ong>deong> sasituation biogéographique incluant ong>deong>s territoires aux caractéristiques océaniques, continentales, alpineset méditerranéennes.A l'automne 1997, ong>laong> ong>Franceong> a adressé à ong>laong> Commission européenne une liste ong>deong> propositions portant sur535 sites couvrant 890.000 ha ong>deong> partie terrestre et 170.000 ha ong>deong> milieux marins. La consultation ong>deong>sacteurs locaux se poursuit pour compléter ces premières propositions et rechercher ong>deong>s accords sur lesmodalités ong>deong> gestion ong>deong>s sites.Le suivi ong>deong>s milieux naturels : le programme CORINE Land Cover ong>deong> l'Union européenneUn inventaire biophysique ong>deong> l'occupation du sol ong>deong> l'ensemble du territoire métropolitain partélédétection a été réalisé sous ong>laong> direction ong>deong> l'IFEN 5 , en application ong>deong> ong>laong> démarche initiée dans lecadre du programme CORINE ong>deong> l'Union européenne. Cet outil s'intéresse à ong>laong> biodiversité surl'ensemble du territoire et permet d'intégrer plus efficacement ong>laong> connaissance ong>deong> l'environnement àl'ensemble ong>deong> l'aménagement du territoire. La couverture complète du territoire national métropolitain aété terminé en 1996.La gestion informatique à l’aiong>deong> d’un SIG représente l'un ong>deong>s aboutissements du programme CORINELand Cover. Les applications pour ong>laong> surveilong>laong>nce du patrimoine naturel sont nombreuses :- iong>deong>ntification ong>deong>s évolutions ong>deong> l'occupation du sol,- analyse ong>deong> ong>laong> diversité écologique du territoire, par le croisement avec d'autres cartes thématiques(zones naturelles, zones protégées, inventaires forestiers, aires ong>deong> répartition ong>deong>s espèces),- simuong>laong>tion ong>deong>s impacts globaux ong>deong>s grands aménagements.III.1.3 LES MODES DE DIFFUSION DES INFORMATIONSLe transfert ong>deong>s connaissances acquises est effectué en ong>Franceong> grâce à ong>laong> ong>laong>rge diffusion ong>deong>s résultats ong>deong>stravaux d'inventaires sous ong>laong> forme notamment d'atong>laong>s et ong>deong> livres rouges.5 Institut français ong>deong> l'environnement.23


Les atong>laong>sLes atong>laong>s nationaux constituent une bonne base d'évaluation du patrimoine naturel, sous forme ong>deong> cartesong>deong> présentation homogène. Ces cartes donnent une image pertinente ong>deong> ong>laong> répartition spatio-temporelleong>deong>s espèces et, dans certains cas, une approche ong>deong> leur quantification. Ils constituent ong>deong>s états ong>deong>référence et sont un ong>deong>s meilleurs moyens ong>deong> diffuser les informations auprès d'un grand nombre ong>deong>partenaires ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature et du grand public. Une quinzaine d'atong>laong>s ont été réalisés à cejour.Depuis 1970, le ong>laong>ncement ong>deong>s atong>laong>s nationaux a créé une dynamique très importante dans le monong>deong>associatif ; ong>deong>s groupes ong>deong> naturalistes ong>deong> plus en plus nombreux se mobilisent actuellement pour réaliserong>deong>s atong>laong>s régionaux ou départementaux.Les données issues ong>deong>s atong>laong>s nationaux sont utilisées dans le cadre d'atong>laong>s européens. Le SPN a réaliséainsi pour le compte ong>deong> ong>laong> Societas europae herpetologica, l'atong>laong>s ong>deong>s reptiles et amphibiens d'Europe,publié en 1997.Les livres rougesLe concept ong>deong> “Livre rouge” – ou Red data book – a été créé par l'Union internationale pour ong>laong>conservation ong>deong> ong>laong> nature (UICN). En ong>Franceong>, le ministère chargé ong>deong> l'environnement a soutenu ong>deong>puisune dizaine d'années ong>laong> réalisation ong>deong> livres rouges traitant ong>deong>s grands groupes d'espèces sauvagesmenacées sur le territoire national. Depuis lors, le SPN mène une politique active d'éditions ong>deong> livresrouges thématiques, contribuant à ong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong> programmes ong>deong> protection et ong>deong> gestion ong>deong>sespèces.En 1983, grâce à l'appui du ministère et avec l'aiong>deong> financière du Fonds mondial pour ong>laong> nature (WWF-ong>Franceong>), le SFF a édité un premier tome traitant ong>deong>s vertébrés. Un second tome, traitant ong>deong>s espècesmarines et littorales, est paru en 1987. Plus récemment, en 1992, le Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche – avecson réseau ong>deong> 700 garong>deong>s-pêche –, le ministère ong>deong> l'Environnement, le CEMAGREF et le SFF se sontassociés pour mettre à jour et compléter ong>laong>rgement le chapitre ong>deong>s poissons d'eau douce du biong>laong>n ong>deong> 1983.S'inscrivant dans ong>laong> même dynamique, une mise à jour complète pour ong>laong> faune ong>deong> ong>Franceong> menacée a étépubliée en 1994 par le SFF. Enfin, un livre rouge ong>deong>s espèces les plus menacées ong>deong> ong>laong> flore est paru en1995 ; portant ainsi à six le nombre ong>deong>s livres rouges nationaux publiés à ce jour.Des livres ou listes rouges ont également été publiés dans quelques régions ou départements français ; uncertain nombre d'autres sont actuellement en cours d'éong>laong>boration. Les départements et territoires d'outremersont aussi concernés. Le Livre rouge ong>deong>s oiseaux ong>deong>s régions françaises d'outre-mer a été publié en1988 par le Conseil international pour ong>laong> protection ong>deong>s oiseaux.III.2 PRESERVER ET RESTAURER LES POPULATIONSDES ESPECES LES PLUS MENACEESIII.2.1 LA PRIORITE A LA CONSERVATION IN SITUTrois régimes ong>deong> protection graduésLa conservation in situ ong>deong>s espèces sauvages animales et végétales est prioritaire en ong>Franceong>. Elle supposed'une part ong>laong> préservation ong>deong> leurs habitats, d'autre part l'adoption ong>deong> mesures réglementant ou interdisantleur exploitation, ainsi que ong>deong>s politiques et ong>deong>s mesures ong>deong> gestion ong>deong>s espèces les plus menacées. Il24


existe en ong>Franceong> trois outils juridiques possibles pour ong>laong> protection ong>deong>s espèces sauvages, répondantchacun à ong>deong>s impératifs ong>deong> protection différents.La protection intégraleEn ce qui concerne ong>laong> flore sauvage, les espèces rares, menacées ou en voie d'extinction bénéficient d'uneprotection dite intégrale, qui consiste à interdire les activités menaçant l'espèce : coupe, arrachage,cueillette, utilisation, vente, achat, ong>deong>struction, transport, colportage, commercialisation.Pour ong>laong> faune, les directives européennes “Oiseaux” et “Habitats, Faune, Flore” conduisent à unecouverture presque totale ong>deong>s vertébrés (à l'exception d'espèces considérées comme “nuisibles” pour lesproductions agricoles et piscicoles et d'espèces chassables) par ong>deong>s arrêtés ong>deong> protection intégrale, que cesespèces soient ou non menacées.La liste ong>deong>s espèces ong>deong> ong>laong> flore sauvage protégées au niveau national (métropole) a été fixée par arrêté du20 janvier 1982, modifié par l'arrêté du 31 août 1995. Elle comprend 402 espèces intégralementprotégées.Deux espèces marines ong>deong> flore sont par ailleurs protégées. Enfin, ong>deong>s listes d'espèces protégées au niveaurégional sont venues compléter les mesures prises au niveau national pour ong>laong> plupart ong>deong>s régionsmétropolitaines.Nombre d'espèces protégées ong>deong> ong>laong> flore ong>deong> ong>Franceong> métropolitaineEspèces protégées au niveau nationalNombreProtection intégrale 400Protection partielle 27Espèces marines protégées 2Espèces protégées au niveau régional 1478Espèces protégées au niveau départemental 26Source : IEGB/MNHNNombre d'espèces présentes sur les listes d’espèces protégées ong>deong> ong>laong> fauneong>deong> ong>Franceong> métropolitaineEspèces protégées au niveau nationalNombreMollusques 62Crustacés 4Échinoong>deong>rmes 1Insectes 115Nombre total ong>deong>s Invertébrés 182Cyclostomes et Poissons 24Amphibiens 32 (33)*Reptiles 37 (40)*Oiseaux 251 (317)*Mammifères 71 (87)*Nombre total ong>deong>s Vertébrés 415 (501)*Espèces protégées au niveau régionalNombreInsectes 104Nombre total ong>deong>s Invertébrés 10425


* Les chiffres sans parenthèses corresponong>deong>nt au total ong>deong>s espèces hors acciong>deong>ntelles ; les chiffres entreparenthèses incluent les espèces acciong>deong>ntelles.Source : IEGB/MNHN, mai 1996.La protection partielleLa protection partielle (article L. 212-1 du Coong>deong> rural) consiste à soumettre à une autorisationadministrative certaines activités portant sur l'espèce à protéger, par exemple, ong>laong> production, ong>laong> détention,l'utilisation… Vingt-sept espèces végétales sont soumises à ce régime.Autres régimes ong>deong> protection partielleCertaines espèces animales non menacées et gibier chassable sont néanmoins protégées par l'interdictionong>deong> ong>laong> commercialisation. Il s'agit d'espèces d'oiseaux dont ong>laong> chasse est et restera autorisée mais quel'interdiction ong>deong> commercialisation met à l'abri ong>deong> prélèvements massifs.Enfin, certaines espèces ont un statut particulier qui interdit leur commercialisation, mais permet ong>laong>ong>deong>struction d'individus et leur capture.La réglementation préfectoraleL'interdiction dans ce cas ne concerne que le ramassage et ong>laong> cession (vente) ong>deong> certaines espèces dont ong>laong>liste a été préaong>laong>blement fixée par arrêté ministériel. Le préfet du département (représentant ong>deong> l'État auniveau ong>deong> chacun ong>deong>s 96 départements du territoire métropolitain) a donc ong>laong> possibilité d'interdire ou ong>deong>réglementer, ong>deong> façon permanente ou temporaire, ong>laong> cueillette et ong>laong> vente ong>deong> ces pong>laong>ntes afin d'enpermettre une exploitation durable.Sanctions pénalesDes sanctions pénales sont appliquées en cas d'infractions aux protections décrites ci-ong>deong>ssus.Le fait ong>deong> ne pas respecter les dispositions ong>deong>s arrêtés interministériels fixant ong>deong>s listes d'espècesintégralement ou partiellement protégées (liste nationale ou listes régionales) constitue un délit prévu etréprimé par l'article L. 215-1 du Coong>deong> rural. Le délinquant risque une peine d'amenong>deong> pouvant allerjusqu'à 60.000 francs (le double en cas ong>deong> récidive) ou une peine ong>deong> prison pouvant aller jusqu'à six mois.L'infraction à un arrêté préfectoral réglementant ong>laong> cueillette est passible ong>deong>s peines prévues pour lescontraventions ong>deong> quatrième cong>laong>sse, à savoir, une amenong>deong> d'un montant maximal ong>deong> 5.000 francs.26


Droit communautaire et droit internationalen matière ong>deong> protection ong>deong>s espaces et ong>deong>s espèces sauvagesDeux directives et un règlement communautaires - et donc applicables en ong>Franceong> - concernent ong>laong>protection ong>deong>s espèces sauvages :La directive 79/409/CEE du 2 avril 1979, concernant ong>laong> conservation ong>deong>s oiseaux sauvages,ong>deong>rnièrement modifiée par ong>laong> directive 94/24/CEE du 8 juin 1994. Elle prévoit ong>laong> protection ong>deong>s habitatsnécessaires à ong>laong> reproduction et à ong>laong> survie d'espèces d'oiseaux considérés comme rares ou menacés àl'échelle ong>deong> l'Europe et inscrites à son annexe I.La directive 92/43/CEE, du 21 mai 1992, concernant ong>laong> conservation ong>deong>s habitats naturels ainsi que ong>laong>faune et ong>laong> flore sauvages, qui est un instrument juridique très complet visant à protéger à ong>laong> fois certainshabitats naturels, certaines espèces sauvages et leur milieu ong>deong> vie. Les habitats naturels et les espècesdont les habitats sont menacés sont énumérés dans les annexes I et II ong>deong> ong>laong> directive. Outre les espècesdont les habitats doivent être protégés, certaines espèces ong>deong> faune et ong>deong> flore, énumérées dans l'annexeIV, font l'objet d'une protection stricte.Le règlement CEE n° 338/97 du 9 décembre 1996 vise à assurer ong>laong> protection ong>deong>s espèces ong>deong> faune et ong>deong>flore sauvages par le contrôle ong>deong> leur commerce.Plusieurs conventions internationales ratifiées par ong>laong> ong>Franceong> concernent ong>laong> protection ong>deong>s espècessauvages et ong>deong>s espaces :La ong>Conventionong> ong>deong> Berne du 19 septembre 1979, reong>laong>tive à ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> vie sauvage et du milieunaturel ong>deong> l'Europe, ratifiée par ong>laong> ong>Franceong> en 1989.La ong>Conventionong> ong>deong> Bonn du 23 juin 1979, reong>laong>tive à ong>laong> conservation ong>deong>s espèces migratrices appartenantà ong>laong> faune sauvage, ratifiée par ong>laong> ong>Franceong> en 1989.La ong>Conventionong> ong>deong> Washington, du 3 mars 1973, sur le commerce international ong>deong>s espèces ong>deong> faune etong>deong> flore sauvages menacées d'extinction, ratifiée par ong>laong> ong>Franceong> en 1978. Le règlement 338/97 assurel’application ong>deong> ong>laong> convention sur le territoire européen.La ong>Conventionong> ong>deong> Ramsar du 2 février 1971 reong>laong>tive aux zones humiong>deong>s d'importance internationaleparticulièrement comme habitats ong>deong>s oiseaux d'eau, ratifiée par ong>laong> ong>Franceong> en 1986, fait obligation auxParties contractantes ong>deong> désigner au moins une zone humiong>deong> d'importance internationale par référence àong>deong>s critères adoptés par ong>laong> Conférence ong>deong>s Parties afin d'en assurer ong>laong> conservation.III.2.2 LA GESTION ET LA RESTAURATION DES ESPECES EN COMPLEMENT DE LAREGLEMENTATIONLa protection réglementaire est un outil fondamental d'une politique ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong>flore. Cependant cette protection ne peut, à elle seule, enrayer le déclin ong>deong> certaines espèces ou restaurerleurs popuong>laong>tions et doit s'accompagner d'actions ong>deong> gestion et ong>deong> restauration sur le terrain. C'est dans cedomaine que l'accent doit être mis à l'avenir puisque ong>laong> ong>Franceong> dispose aujourd'hui d'un arsenalréglementaire à peu près complet. Cette gestion et cette restauration sont précisées en fonction ong>deong>sespèces concernées dans ong>deong>ux types ong>deong> documents : les pong>laong>ns d'action et les pong>laong>ns ong>deong> conservation et/ouong>deong> restauration.Les pong>laong>ns d'actionLes pong>laong>ns d'action ont été mis en œuvre par le ministère chargé ong>deong> l'environnement ong>deong>puis 1988. Ils sontdénommés ong>deong>puis 1991 “pong>laong>ns d'action pour ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> biodiversité”. Définis par groupesd'espèces, ils doivent permettre d'assurer principalement une surveilong>laong>nce générale ong>deong> l'état (notion ong>deong>27


veille écologique) ong>deong> certaines popuong>laong>tions animales protégées ou sensibles et ong>deong> réaliser une évaluationcritique ong>deong>s actions d'information et ong>deong> gestion déjà menées.Des pong>laong>ns d'action ont déjà été éong>laong>borés pour chacun ong>deong>s groupes d'espèces suivants : insectes, reptilesamphibiens, tortues marines, mammifères marins, oiseaux d'eau et chiroptères.Les pong>laong>ns ong>deong> restaurationA partir ong>deong>s pong>laong>ns d'action et ong>deong>s résultats qu'ils mettent en lumière, il a été nécessaire ong>deong> mettre enœuvre ong>deong>s pong>laong>ns ong>deong> restauration ou ong>deong> conservation établis par espèce. Ces pong>laong>ns visent à permettre àcourt et moyen terme un maintien, voire une augmentation ong>deong>s effectifs ong>deong> popuong>laong>tions animalesparticulièrement menacées, ou ong>deong> popuong>laong>tions pour lesquelles un nouveau développement rapiong>deong> ong>deong>spopuong>laong>tions pose ong>deong>s problèmes à certaines activités humaines. Ces pong>laong>ns présentent un objectif affichéen termes ong>deong> niveaux ong>deong> popuong>laong>tions souhaitables en vue d'une conservation durable et harmonieuse ong>deong>sespèces avec leur environnement immédiat.Ces pong>laong>ns se traduisent par différents types d'interventions concrètes à court terme. Celles-ci peuventconcerner l'espèce directement : renforcement ong>deong> popuong>laong>tions, réintroduction, coopérations ong>deong>nourrissage, surveilong>laong>nce ong>deong>s aires ong>deong> reproduction (pour tous les rapaces par exemple), contrôle ong>deong>sprélèvements autorisés, ajustements ong>deong>s périoong>deong>s ong>deong> prélèvements autorisées et ong>deong>s moong>deong>s ong>deong> chasse ouong>deong>s moong>deong>s ong>deong> piégeage ; ou bien pour ong>deong>s espèces totalement protégées : opérations d'effarouchement, ong>deong>dépong>laong>cement, voire en ong>deong>rnier ressort d'élimination d'individus ou ong>deong> réduction volontaire ong>deong> leurprogéniture.Ces interventions peuvent concerner l’habitat et il peut s'agir alors : ong>deong> mise en protection totale oupartielle ong>deong>s zones indispensables à l'espèce ; du réaménagement et ong>deong> ong>laong> révision totale ong>deong>s moong>deong>s ong>deong>gestion pour ong>deong>s milieux qui ont perdu leur capacité d'accueil initiale ; d'aménagements très localiséspour éviter les problèmes posés par les infrastructures linéaires.Chaque pong>laong>n d'action, ong>deong> conservation et/ou ong>deong> restauration donne actuellement lieu à un cahier ong>deong>scharges permettant d'établir un état ong>deong>s connaissances ong>deong>s popuong>laong>tions et d'instituer pour chaque espèceou groupe d'espèces un suivi régulier ong>deong>s popuong>laong>tions les plus fragiles.La rédaction ong>deong>s cahiers ong>deong>s charges correspondant aux pong>laong>ns d'action existants a été réalisée par leministère chargé ong>deong> l'environnement. La mise en œuvre est alors immédiate sans autre consultationrégionale ou locale, ces pong>laong>ns se situant à l'échelle nationale. La rédaction ong>deong> ong>laong> plupart ong>deong>s cahiers ong>deong>scharges correspondant aux pong>laong>ns ong>deong> conservation et/ou ong>deong> restauration a été confiée aux Directionsrégionales ong>deong> l'environnement concernées territorialement, avec dans certains cas une participation forteong>deong>s autres acteurs locaux (élus, associations, …).La réintroduction d'espècesDepuis plusieurs années le ministère chargé ong>deong> l'environnement conduit une politique active dans ledomaine ong>deong> ong>laong> réintroduction ong>deong>s espèces.L'objectif à terme est ong>deong> reconstituer en qualité et si possible en abondance le patrimoine faunistique ong>deong> ong>laong>ong>Franceong> et ong>deong> permettre à certaines espèces ong>deong> recouvrer au minimum ong>deong>s effectifs convenables à unniveau européen, en les réintroduisant dans ong>deong>s habitats d'où elles avaient disparu.28


III.2.3 LA GESTION DES ESPECES VEGETALES : LE RESEAU DES CONSERVATOIRESBOTANIQUES NATIONAUX (CBN)Les premiers conservatoires botaniques, spécialisés dans ong>laong> conservation ong>deong>s pong>laong>ntes sauvages ont été misen pong>laong>ce à ong>laong> fin ong>deong>s années 1970 et officialisés par un décret en 1988. Les CBN - sans équivalents dansle monong>deong> - sont ong>deong>s établissements à caractère scientifique agréés par le ministère chargé ong>deong>l'environnement pour accomplir trois types ong>deong> missions :– connaître les pong>laong>ntes menacées et les localiser ong>deong> manière précise ;– veiller à ong>laong> conservation ong>deong> ces espèces dans leur milieu ong>deong> vie et les mettre à l'abri ong>deong> ong>laong> disparitionen les cultivant ou en constituant ong>deong>s stocks ong>deong> leurs semences ;– développer l'information et l'éducation du public pour l'inciter à respecter le patrimoine végétal.Le réseau actuel ong>deong>s CBN - actuellement cinq en métropole et un dans l'Île ong>deong> ong>laong> Réunion - couvre ong>laong>moitié du territoire français. L'objectif est ong>deong> disposer à terme ong>deong> 10 conservatoires pour couvrirefficacement ong>laong> ong>Franceong> métropolitaine et 2 pour les départements d'outre-mer. Trois établissements sontd'ores et déjà en cours ong>deong> mise en pong>laong>ce. Ils concernent le Bassin Parisien, le Massif Central et lesPyrénées.Les CBN ont en outre ong>laong> responsabilité d'assurer le transfert ong>deong> ces connaissances vers tous ceux quiinterviennent dans ong>laong> gestion du milieu naturel : communes, propriétaires privés, services administratifsdépartementaux ou régionaux, organismes ong>deong> gestion foncière, etc.III.2.4 LA CONSERVATION EX SITU, COMPLEMENT INDISPENSABLE POUR LESESPECES MENACEESLa conservation ex situ est aujourd'hui considérée comme partie intégrante ong>deong> toute stratégie ong>deong>conservation d'espèces rares ou menacées. Son objectif premier est ong>deong> mettre à l'abri et ong>deong> constituer ong>deong>s“copies ong>deong> sauvegarong>deong>” ong>deong>s différentes popuong>laong>tions naturelles d'espèces rares et menacées. De ce fait, ong>laong>récolte ong>deong> matériel vivant dans ong>laong> nature, ong>deong>stinée à être conservée ex situ doit être soignée et aboutir à ong>laong>constitution d'un échantillon dont ong>laong> diversité doit être représentative ong>deong> celle ong>deong> ong>laong> popuong>laong>tion d'origine.L'exemple ong>deong> ong>laong> floreL'objectif ong>deong> ce moong>deong> ong>deong> conservation consiste pour ong>laong> flore à mettre à l'abri ong>deong>s “effectifs (potentiels)”suffisamment significatifs (sous ong>laong> forme ong>deong> semences, ong>deong> pollen d'individus complets ou ong>deong> méristèmes),c'est-à-dire un véritable stock ong>deong> variabilité (génétique).Il fait ainsi appel à ong>deong>s techniques rigoureuses et souvent sophistiquées, ong>deong> tri ong>deong>s lots et ong>deong>conditionnement en conteneurs étanches, ong>deong> stockage à long terme, d'évaluation ong>deong> ong>laong> diversitébiologique, d'étuong>deong> ong>deong> mécanismes ong>deong> ong>laong> reproduction et ong>deong> mise au point ong>deong> techniques ong>deong> propagation.Un ong>deong>s intérêts majeurs ong>deong> ong>laong> conservation ex situ reste ong>laong> disponibilité ong>deong> matériel végétal qu'elle offrepour ong>laong> conduite d'actions ong>deong> renforcement ong>deong> popuong>laong>tion, ong>deong> réintroduction ou d'introduction. Cesopérations sont ong>deong>stinées au maintien ong>deong> ong>laong> diversité biologique en général et ong>laong> variabilité ong>deong>s espècesrares et menacées dans ong>laong> nature.Les conservatoires botaniques nationaux sont les principaux artisans ong>deong> ong>laong> préservation ex situ dupatrimoine végétal. (Voir également ong>laong> stratégie ong>deong> préservation ong>deong>s ressources génétiques, chapitre 5).29


III.3 CONSTITUER UN RESEAU D'ESPACES PROTEGESREPRESENTATIFS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUEIII.3.1 PROTEGER ET GERER LES ESPACES : LA SPECIFICITE DE L'APPROCHEFRANÇAISELa ong>Franceong> mène ong>deong>puis un siècle et ong>deong>mi une politique ong>deong> préservation ong>deong> ces espaces naturels (coong>deong>Forestier ong>deong> 1827, loi ong>deong> 1930 pour ong>laong> protection du patrimoine naturel). Mais seul l'intérêt "scientifique,historique ou légendaire" était pris en compte. C'est au début ong>deong>s années 1960 qu'est reconnu dans lestextes légisong>laong>tifs l'intérêt écologique ong>deong> ong>laong> protection ong>deong>s espèces sauvages et ong>deong> leurs habitats. D'unepolitique centrée sur les espèces, on est progressivement passé à une politique donnant priorité à ong>laong>protection ong>deong>s biotopes.La ong>Franceong> a développé ong>deong>puis 1960, année du vote ong>deong> ong>laong> loi sur les parcs nationaux, une politiqueoriginale construite sur l'engagement conjoint ong>deong>s propriétaires, ong>deong>s collectivités locales et ong>deong> l'État. Eneffet, contrairement à d'autres pays, notamment nord-américains, qui disposent ong>deong> vastes espaces publics,ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature n'a pu se faire en ong>Franceong> que sur ong>deong>s terrains en majorité privés. Elle exigeainsi une concertation développée entre les différents acteurs publics et privés et un minimum ong>deong>consensus entre les partenaires, quitte à le susciter avec ong>deong>s avantages fiscaux ou ong>deong>s financementsspécifiques.Cette démarche s'exprime dans les règlements adaptés à chaque cas. Elle comporte ong>laong> mise en pong>laong>ce d'uneprotection lourong>deong> qui, parce qu'elle s'oppose au libre usage ong>deong>s espaces ainsi protégés, ne peut êtreinstituée qu'à l'issue d'une enquête publique approfondie. Elle comporte ong>laong> mise en pong>laong>ce d'une gestion ong>deong>ong>laong> nature protégée déléguée à ong>deong>s organismes locaux (établissement public, collectivité locale,association, etc.) et le développement ong>deong> mesures contractuelles (réserves naturelles volontaires, parcsnaturels régionaux, mesures agri-environnementales, chartes, etc.).Par ailleurs, les conservatoires d'espaces naturels associatifs ont développé, ong>deong>puis 1976 ong>deong>s programmesong>deong> maîtrise foncière et d'usage, soutenus par l'État, les collectivités territoriales et le public.En ong>deong>hors ong>deong>s espaces bénéficiant d'une protection forte, il s'agit, tout en préservant les milieux, ong>deong>considérer le patrimoine naturel comme un élément positif susceptible ong>deong> favoriser le développementéconomique ong>deong>s territoires concernés. Ceong>laong> est particulièrement le cas dans les parcs naturels régionauxmais également partout où une démarche sembong>laong>ble apparaît possible.III.3.2 DES PROTECTIONS REGLEMENTAIRES DE FORCE GRADUEELes modalités ong>deong> protection ong>deong>s territoires sont adaptées en fonction ong>deong>s objectifs et ong>deong>s menaces quipèsent sur les territoires concernés.En premier lieu, il faut recenser les propriétés foncières ong>deong> l'État qui sont gérées dans une perspective ong>deong>conservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique. Il s'agit ong>deong> ong>laong> totalité ong>deong>s propriétés du Conservatoire ong>deong> l'espacelittoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custres, ong>deong>s réserves biologiques domaniales et forestières dans le cadre ong>deong>s forêtsgérées par l'Office national ong>deong>s forêts. Les propriétés ong>deong>s conservatoires régionaux ong>deong>s sites naturelsacquises le plus souvent avec l'appui ong>deong> l'État ou ong>deong> ong>laong> Communauté européenne peuvent y être ajoutées.En second lieu, il faut répertorier les espaces bénéficiant d'une réglementation limitant les activitéshumaines pour sauvegarong>deong>r ong>laong> diversité biologique. Ce sont pour l'essentiel ong>laong> zone centrale ong>deong>s parcsnationaux, les réserves naturelles, les forêts ong>deong> protection, les réserves naturelles volontaires et lesréserves nationales ong>deong> chasse.30


Il est ensuite possible ong>deong> prendre en compte ong>deong>s espaces rendus inconstructibles sauf autorisationministérielle (sites cong>laong>ssés) et ong>deong>s territoires où ong>deong>s limitations ong>deong> leur transformation sont imposées(arrêté ong>deong> biotopes).Les ong>deong>ux premières catégories représentent 1,2 % du territoire métropolitain. Les trois catégories prisesensemble en représentent quant à elles 2,3 %.D'autres espaces s'accommoong>deong>nt d'une protection plus souple dans ong>laong> mesure où leur gestion actuelle nemenace guère ong>laong> diversité biologique. Il s'agit ong>deong>s territoires ong>deong>s parcs naturels régionaux, ong>deong>s zonespériphériques ong>deong>s parcs nationaux et d'une granong>deong> partie ong>deong>s forêts gérées par l'Office national ong>deong>s forêts.L'ensemble ong>deong> ces espaces représente environ 15 % du territoire.Les gestionnaires accompagnent leurs actions ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> biodiversité d'une politique active ong>deong>sensibilisation et d'éducation du public. Les espaces fortement protégés (première et ong>deong>uxième catégorie)constituent ong>deong>s milieux ong>deong> référence où sont expérimentées ong>deong>s méthoong>deong>s ong>deong> gestion et ong>deong> communicationpour l'ensemble du territoire.Principaux espaces protégés ong>deong> ong>Franceong> métropolitaine *Nombre Surface (ha) % du territoirenationalParcs nationauxzone centralezone périphérique66353.865905.0220,651,66Réserves naturelles 122 131.418 0,24Réserves naturelles volontaires 98 10.842 0,02Réserves biologiques domaniales 139 15.000 0,03Parcs naturels régionaux 31 5 015.302 9,22Sites cong>laong>ssés 2.583 / /Arrêtés ong>deong> protection ong>deong> biotope 430 107.120 0,19Acquisitions du CELRL 322 44.142 0,08Sites gérés par les CREN ** 651 17.167 0,03(*) Catégories représentant plus ong>deong> 10.000 ha.(**) Source : Espaces naturels ong>deong> ong>Franceong> (1995).données au 1 er juillet 1996Source : - SPN–IEGB/MNHN et ministère ong>deong> l'environnement-DNP.31


Principaux engagements internationaux en matièreong>deong> protection d'espaces naturels (ong>Franceong> métropolitaine)Nombre Surface (ha) % du territoirenationalZPS (directive "oiseaux") 103 730.502 1,34Zones Ramsar 14 662.035 1,22Réserves ong>deong> biosphère (MAB) 6 507.650 0,93Réserves biogénétiques du Conseil ong>deong> l'Europe 34 42.438 0,08données au 1 er juillet 1996Source : - SPN–IEGB/MNHN et ministère ong>deong> l'environnement-DNP.III.3.3 LE CADRE LEGISLATIF ET LE ROLE DES POUVOIRS PUBLICSLe cadre légisong>laong>tif dans lequel s'inscrit ong>laong> protection ong>deong>s espaces définit tout à ong>laong> fois le niveau ong>deong>reconnaissance ong>deong> ong>laong> richesse du patrimoine naturel et précise les responsabilités ong>deong>s pouvoirs publics quiont en charge l'application ong>deong> cette réglementation. Parce que ong>laong> ong>Franceong> appartient à l'Union européenne,les espaces protégés peuvent être iong>deong>ntifiés et définis à trois niveaux (Union européenne, niveau nationalet niveau local). Par ailleurs, ong>laong> ong>Franceong> inscrit son action dans un contexte international plus ong>laong>rge, dansle cadre ong>deong> politiques du Conseil ong>deong> l'Europe ou ong>deong>s Nations Unies et ong>deong> l’UNESCO (ong>Conventionong> ong>deong>Paris : sites du Patrimoine Mondial, Programme MAB : réserves ong>deong> ong>laong> biosphère).Les réglementations ong>deong> l'Union européenneLa directive communautaire 79/409/CEE du 2 avril 1979 sur ong>laong> protection ong>deong>s oiseaux sauvages et ong>deong>leurs habitats a été ong>laong> première à être mise en œuvre. Toutes les zones importantes pour ong>laong> conservationong>deong>s oiseaux (ZICO) ont été inventoriées. Il est ong>deong> ong>laong> responsabilité ong>deong> l'État ong>deong> traduire ces orientations enactes ong>deong> protection à long terme, par ong>deong>s mesures juridiques ou contractuelles, en cong>laong>ssant notammentcertaines zones en zones ong>deong> protection spéciale (ZPS).Il en est ong>deong> même pour ong>laong> directive 92/43 du 21 mai 1992, qui a pour objet ong>deong> “ contribuer à assurer ong>laong>biodiversité par ong>laong> conservation ong>deong>s habitats naturels ainsi que ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages ”.La directive vise à conserver les habitats naturels et les habitats d'espèces d'importance communautairepour qu'ils constituent un réseau écologique européen cohérent ong>deong> zones spéciales ong>deong> conservationdénommé “NATURA 2000”.L'évolution ong>deong> ong>laong> politique communautaire, notamment en matière agricole, a également un effetdéterminant : mesures agri-environnementales, réforme ong>deong>s fonds structurels européens. A titred'exemple, les mesures agri-environnementales visant à concilier plus étroitement ong>laong> production agricoleet ong>laong> protection ong>deong> l'environnement concernent environ six millions d'hectares d'herbages.La réglementation concernant les espaces d'intérêt national et les responsabilités ong>deong> l'ÉtatLes lois françaises donnent à l'État sur certains territoires ong>deong>s responsabilités particulières et ong>deong>sinstruments d'intervention ong>deong> protection ong>deong>s espaces qui vont au-ong>deong>là du droit commun et ceong>laong> ong>deong>puislongtemps.La loi du 2 mai 1930 sur les sites, ainsi que ong>laong> légisong>laong>tion sur ong>laong> forêt domaniale ont été ong>deong>puis ong>deong>sdécennies à l'origine ong>deong> nombreux dispositifs ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> nature.32


Aujourd'hui, les textes réglementant ong>laong> protection ong>deong>s espaces naturels d'intérêt national concernentprincipalement :- les parcs nationaux (loi du 22 juillet 1960) ;- le Conservatoire ong>deong> l'espace littoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custres (CELRL, loi du 10 juillet 1975) ;- les réserves naturelles ;- les arrêtés ong>deong> biotopes pris au niveau préfectoral.Ils sont regroupés dans le Livre II nouveau du Coong>deong> Rural.Les lois sur ong>laong> montagne (n° 85-30 du 9 janvier 1985) et sur le littoral (n° 86-2 du 3 janvier 1986)introduisent également ong>deong>s objectifs et ong>deong>s procédures particuliers qui concernent, sous certains aspects,les milieux naturels.Les espaces principalement protégés par l'État au titre ong>deong> ong>laong> nature portent ainsi sur ong>deong>s territoires trèslimités (moins ong>deong> 1 % du territoire national pour l'ensemble ong>deong>s mesures ong>deong> protection fortes gérées parl'État), car ong>deong> granong>deong>s précautions sont prises pour ne pas léser arbitrairement le droit ong>deong> propriété(concertations diverses, enquêtes publiques, etc.).Deux textes sont venus compléter ce dispositif légisong>laong>tif : ong>laong> loi n° 93-24 du 8 janvier 1993 sur ong>laong>protection et ong>laong> mise en valeur du paysage ; et ong>laong> loi n° 95-101 du 2 février 1995 reong>laong>tive au renforcementong>deong> ong>laong> protection ong>deong> l'environnement.Les instruments ong>deong> ong>laong> maîtrise foncièreLa maîtrise foncière, qui passe par ong>laong> propriété publique ong>deong>s territoires concernés, est justifiée pour lesespaces ong>deong> granong>deong>s valeurs biologiques nécessitant un haut niveau ong>deong> protection et une gestion trèsprécise. En ong>deong>hors ong>deong>s forêts publiques, cette maîtrise foncière est particulièrement développée sur lelittoral par le CELRL qui, en vingt ans, a acquis près ong>deong> 45.000 ha et 550 km ong>deong> rivages en ong>Franceong>métropolitaine. Ces terrains une fois acquis, considérés comme "domaine propre du Conservatoire", sontquasiment inaliénables. Des acquisitions ont été effectuées aussi dans les DOM.Ailleurs, ong>laong> maîtrise foncière est assurée par l'intermédiaire ong>deong>s conservatoires régionaux d'espacesnaturels (associations régies par ong>laong> loi ong>deong> 1901) qui prennent en charge ong>laong> maîtrise d'usage ong>deong> 17.000 haparticulièrement dans le Nord-Est ong>deong> ong>laong> ong>Franceong>. Toutes ces démarches sont ong>deong> plus en plus coordonnéesavec les départements qui, avec ong>laong> taxe d'espaces naturels sensibles, disposent ong>deong> moyens importants.Le rôle ong>deong>s collectivités territoriales décentraliséesLes collectivités locales disposent pour leur part ong>deong> moyens d'intervention importants en faveur ong>deong> ong>laong>protection ong>deong>s espaces : documents d'urbanisme pour les communes, politique ong>deong> périmètres sensiblespour les départements …. Certaines régions ont institué ong>deong>s incitations fiscales ou techniques dans ledomaine ong>deong> l'environnement par le biais d'agences régionales pour l'environnement. Ces agences existentdéjà ou sont en projet dans ong>laong> plupart ong>deong>s régions.Un ong>deong>s principaux instruments ong>deong> ong>laong> protection ong>deong>s espaces naturels pour les collectivités territorialesreste le parc naturel régional. Les parcs naturels régionaux ont été institués par le décret du1 er mars 1967 ; ils ont reçu une base légale - et non seulement réglementaire - du fait notamment ong>deong> ong>laong>loi du 8 janvier 1993 reong>laong>tive au paysage ainsi que ong>deong> ong>laong> loi du 2 février 1995 reong>laong>tive au renforcement ong>deong>ong>laong> protection ong>deong> l'environnement.L'originalité ong>deong> ces parcs vient ong>deong> leur cong>laong>ssement par l'État sur proposition ong>deong>s collectivités locales, pourong>deong>s territoires intégrant ong>deong>s espaces d'intérêt national et sur une base contractuelle (ong>laong> charte). Il existeactuellement 32 parcs naturels régionaux (dont un dans les DOM) couvrant 50.150 km 2 en métropole et700 km 2 dans les DOM.* * *33


CHAPITRE IV :LA PRESERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUEDANS LES ACTIVITES AGRICOLES, FORESTIERESET DANS LES MILIEUX AQUATIQUESL'importance ong>deong> l'agriculture et ong>deong> ong>laong> forêt pour ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique en ong>Franceong> tientd'abord au fait qu'ensemble, ces ong>deong>ux types d'utilisation ou d'occupation ong>deong> l'espace couvrent plus ong>deong>80 % du territoire national. L'agriculture occupe 30 millions d'hectares et ong>laong> forêt 15 millions pour unterritoire métropolitain dont ong>laong> superficie totale est ong>deong> 55 millions d'hectares. Les terres agricoles serépartissent à raison ong>deong> ong>deong>ux tiers en terres cultivables et d'un tiers en prairies permanentes.De leur côté, les milieux aquatiques abritent une richesse biologique très importante qui joue un rôleessentiel dans l'équilibre ong>deong>s hydrosystèmes. Cette richesse est due notamment à ong>laong> diversité : outre les270.000 km du réseau hydrographique - fleuves, rivières, ruisseaux et rus - irriguant l'ensemble ong>deong> ong>laong>ong>Franceong> métropolitaine et qui présentent ong>deong>s situations hydrogéologiques très contrastées dans le temps etdans l'espace, les milieux aquatiques comprennent ong>deong> nombreuses zones humiong>deong>s (vallées alluvialesinondables, ong>laong>cs naturels et profonds, retenues artificielles et profonong>deong>s, étangs naturels et artificiels,étangs du littoral, tourbières et ong>laong>nong>deong>s humiong>deong>s, zones d'estuaires ou ong>deong> ong>deong>lta, …).L'exploitation agricole a été longtemps en ong>Franceong> en reong>laong>tive symbiose avec le milieu. L'intensificationaccélérée ong>deong>s pratiques, l'usage toujours accru ong>deong> machines et ong>deong> produits chimiques, en particulierong>deong>puis ong>laong> ong>deong>uxième guerre mondiale, les bouleversements dus à l'aménagement ong>deong>s terres ong>deong> granong>deong>scultures et aux remembrements ont exercé une pression importante sur le milieu et sur ong>laong> diversitébiologique.Pour ong>laong> forêt, au contraire, ong>laong> pression humaine (prélèvements massifs et sélectifs) a été forte jusqu'audébut du XIX e siècle. L'intensification ong>deong> l'agriculture, citée ci-ong>deong>ssus et l'augmentation spectacuong>laong>ire ong>deong>srenong>deong>ments agricoles a libéré ong>deong>s terres qu'une évolution naturelle a rendu à ong>laong> forêt. De plus, l'utilisationong>deong> nouvelles sources d'énergie (charbon, pétrole, nucléaire) a fait diminuer les prélèvements surbeaucoup ong>deong> massifs forestiers, permettant ong>deong> nouveau à ces espaces ong>deong> retrouver une dynamique procheong>deong> ong>laong> nature tout en satisfaisant ong>deong> nouvelles ong>deong>manong>deong>s industrielles (bois d'œuvre, bois d'industrie).Même si quelques espèces sont gérées ong>deong> manière intensive, ong>laong> gestion forestière française s'est toujoursexercée avec ong>deong>s objectifs ong>deong> préservation ong>deong>s ressources à long terme.Les évolutions récentes, tant dans le domaine ong>deong> l'agriculture que ong>deong> ong>laong> gestion forestière, témoignentaujourd'hui d'un plus grand souci ong>deong> concilier ces domaines avec ong>laong> protection ong>deong> l'environnement et ong>laong>préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique, y compris en ce qui concerne ong>laong> préservation ong>deong>s ressourcesgénétiques [voir chapitre V].Par ailleurs, avec notamment ong>laong> loi sur l'eau ong>deong> 1992, ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique a étérenforcée ces ong>deong>rnières années pour en faire une composante intégrante ong>deong>s politiques ong>deong> gestion ong>deong>smilieux aquatiques.34


IV.1 DIVERSITE BIOLOGIQUE ET AGRICULTURELa qualité ong>deong>s espaces naturels et ong>deong>s paysages, ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique ne peuvents'envisager indépendamment ong>deong>s pratiques agronomiques et ong>deong>s techniques agricoles en vigueur.Interface entre agriculture et environnementL'agriculture et l'environnement sont ong>laong>rgement interdépendants. A l'instar d'autres activités humaines,l'agriculture influence l'environnement mais elle est, plus que beaucoup d'autres activités économiques,conditionnée par l'environnement.Ainsi l'agriculture a traditionnellement contribué, notamment en ong>Franceong> ong>deong>puis ong>deong>s siècles, à façonner lepaysage, les milieux et leur richesse biologique, ong>deong> sorte qu'aujourd'hui dans un certain nombre ong>deong> cas lepaysage rural et les habitats ong>deong> certaines espèces ne peuvent être conservés qu'en poursuivant et en gérantles activités agricoles. De ong>laong> même manière, l'agriculture et l'élevage ont créé ong>deong> nombreuses races etcultivars qu'il s'agit ong>deong> maintenir car elles font aussi partie ong>deong> notre patrimoine naturel.Cette agriculture est ong>deong> son côté ong>laong>rgement tributaire ong>deong> ong>laong> disponibilité en ressources naturelles et ong>deong> ong>laong>qualité ong>deong> celles-ci, et a donc intérêt à leur maintien.Pour autant, l'agriculture modifie l'environnement naturel avec parfois ong>deong>s effets négatifs. Ainsi l'impactong>deong> l'agriculture intensive est .non négligeable dans le domaine ong>deong> ong>laong> pollution ong>deong>s milieux aquatiques etong>deong>s sols, ou par ong>laong> disparition d'écosystèmes – haies, bosquets… – liés aux remembrements etregroupements fonciers.Le rôle ong>deong> l'agriculture dans ong>laong> préservation et ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> diversité biologique doit également sesituer dans le contexte essentiel du défi alimentaire pong>laong>nétaire pour le XXI e siècle. Les agriculteurs sontdonc au cœur d'une problématique qui comprend ong>deong>s dimensions contradictoires, techniques,économiques, sociologiques et politiques qui renong>deong>nt sa gestion ong>deong> plus en plus complexe.Agriculture, occupation du territoire et préservation ong>deong>s ressources naturellesLe secteur agricole et agro-alimentaire met en valeur plus ong>deong> 50 % du territoire français. L'évolution ong>deong>l'utilisation ong>deong>s territoires ong>deong>puis le siècle ong>deong>rnier fait apparaître diverses évolutions :• le territoire agricole non cultivé a été réduit ong>deong> moitié entre 1840 et 1960 ; il s'est ensuitestabilisé autour ong>deong> 3 millions d'ha ong>deong>puis 1980 ;• les superficies en terres arables n'ont pas cessé ong>deong> diminuer ong>deong>puis le début du XIX e sièclejusqu'en 1940 pour finalement se stabiliser ong>deong>puis 1960 autour ong>deong> 18,3 millions d'ha.La ong>Franceong> bénéficie ong>deong> granong>deong>s façaong>deong>s maritimes (océan Atong>laong>ntique, mer du Nord et mer Méditerranée)qui lui confèrent un climat tempéré, très favorable à l'agriculture : climat océanique à l'Ouest et au Nord,climat semi-continental à l'Est et climat méditerranéen au Sud.Les sols ong>deong> ong>Franceong> présentent une granong>deong> variété liée principalement à ong>laong> diversité géologique etclimatique du territoire. La qualité ong>deong>s sols sur le pong>laong>n chimique et physique est en partie à l'origine ong>deong> ong>laong>différenciation ong>deong>s régions naturelles telles que l'on peut les trouver aujourd'hui. C'est cette qualité ong>deong>ssols qui a déterminé au cours ong>deong> l'histoire un moong>deong> d'occupation du territoire qui est spécifique à chaquerégion. Cependant l'organisation ong>deong> ce territoire a constamment évolué au cours du temps, notamment dufait ong>deong> l'action ong>deong> l'homme.Durant ong>laong> ong>deong>uxième moitié du XX e siècle, ong>laong> transformation ong>deong> l'agriculture a été accompagnée ong>deong>travaux importants d'aménagement comme le drainage et le remembrement. Depuis le début duXIX e siècle, ong>laong> surface occupée par les forêts a augmenté grâce à ong>laong> reforestation ong>deong>s zones marginales.dans les sols cultivés, ong>laong> fertilisation a généralement permis ong>deong> remédier au phénomèned'appauvrissement naturel ong>deong>s sols.35


Le territoire agricole français (1950-1995)unité : milliers d'ha1950 1980 1995Surface agricole 33.465 31.744 30.075- terres arables 18.573 17.169 18.341- superficie toujours en herbe 12.279 12.850 10.551- vignes, vergers 2.049 1.422 1.183Territoire agricole non cultivé 5.687 2.757 3.018Forêts 11.301 14.615 15.043Territoire non agricole 4.466 5.803 6.647Total 54.919 54.919 54.919Source : SCEES.En ong>deong>hors ong>deong> sa fonction ong>deong> production, l'agriculture joue un rôle social et écologique dans l'occupationdu territoire. Dans les zones ong>deong> montagne et les zones rurales défavorisées, ong>laong> présence d'une activitéagricole contribue à l'entretien ong>deong>s paysages ouverts et façonnés par l'homme. Dans les zonesméditerranéennes, ong>laong> présence ong>deong> l'agriculture est déterminante dans ong>laong> lutte contre les incendies ong>deong> forêt.Enfin, l'usage agricole du sol est fortement déterminant pour le maintien ong>deong> certaines espèces animalesou végétales.L'agriculture n'est donc plus seulement perçue comme pourvoyeuse ong>deong> biens marchands, elle apparaît ong>deong>plus en plus aujourd'hui comme partie intégrante du patrimoine national et doit ong>deong> ce fait contribuer àpréserver les éléments constitutifs ong>deong> ce patrimoine.Le développement d'une agriculture durable résultera ainsi ong>deong> ong>laong> convergence entre les politiquesagricoles et les politiques ong>deong> l'environnement. Sur ce point, l'amorce d'un virage peut être notée dans lecadre ong>deong> ong>laong> Politique agricole commune ong>deong> l'Union européenne, avec ong>laong> mise en pong>laong>ce à partir ong>deong> 1993 ong>deong>programmes agri-environnementaux nationaux.La réforme ong>deong> ong>laong> politique agricole commune ong>deong> l'Union européenne et les mesures agrienvironnementalesLe rapport entre agriculture et environnement s'est substantiellement modifié ces ong>deong>rnières années sousl'effet d'une prise ong>deong> conscience plus ong>laong>rge ong>deong>s questions environnementales d'une part et ong>deong> ong>laong> réforme ong>deong>ong>laong> politique agricole commune (PAC) décidée le 21 mai 1992 d'autre part. La réforme ong>deong> ong>laong> politiqueagricole commune n'obéit pas bien sûr en tant que telle seulement à ong>deong>s motivations ong>deong> protection ong>deong>l'environnement. Elle peut même susciter ong>deong>s inquiétuong>deong>s si ong>laong> maîtrise ong>deong>s productions s'accompagne ong>deong>leur concentration sur le territoire. Aussi les mesures concernant l'organisation ong>deong>s marchés ont-elles étécomplétées par le règlement 2078/92/CEE, dit “agri-environnemental”.Ce règlement concerne ong>deong>s méthoong>deong>s ong>deong> production agricole compatibles avec les exigences ong>deong> ong>laong>protection ong>deong> l'environnement, ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> biodiversité et d'entretien ong>deong> l'espace naturel. Dansce but, il institue un régime communautaire d'aiong>deong>s cofinancées à hauteur ong>deong> 75 % dans les régions ditesen retard ong>deong> développement et ong>deong> 50 % dans les autres régions.Le règlement poursuit trois objectifs : accompagner les divers changements dans le fonctionnement ong>deong>sorganisations communes ong>deong> marchés ; respecter les politiques agricoles et d'environnement ; offrir auxagriculteurs un revenu approprié.36


Il peut aiong>deong>r sept types d'engagement ong>deong>s exploitants agricoles :• favoriser le maintien ong>deong> races locales domestiques menacées ong>deong> disparitions ;• diminuer l'emploi et les effets ong>deong>s polluants ;• favoriser l'extensification ong>deong>s productions végétales ou animales ;• protéger et améliorer les paysages, les ressources naturelles, les sols et ong>laong> diversité génétique ;• entretenir ong>deong>s terres agricoles ou forestières abandonnées pour prévenir ong>deong>s risques ;• retirer ong>deong>s terres agricoles sur le long terme, soit au moins vingt ans, en vue notamment ong>deong> ong>laong>protection ong>deong>s milieux ;• aiong>deong>r à ong>laong> conversion vers l'agriculture biologique.La mise en œuvre ong>deong> ce règlement communautaire en ong>Franceong> repose sur ong>deong>ux dispositifs :- un programme national reong>laong>tif à ong>laong> prime au maintien ong>deong>s systèmes d'élevage extensif ou “primeà l'herbe” ;- ong>deong>s programmes régionaux agri-environnement.La prime à l'herbe et ong>laong> protection ong>deong>s races menacées ong>deong> disparitionLa prime à l'herbe est avant tout un appui à une filière reong>laong>tivement défavorisée, notamment après ong>laong>chute du prix ong>deong>s céréales qui profite à l'élevage intensif. Elle est ong>deong>stinée à inong>deong>mniser l'entretien dupaysage par ong>laong> pérennisation ong>deong> l'élevage extensif sur environ 50% ong>deong>s surfaces toujours en herbe.Mis en pong>laong>ce en 1993, le versement ong>deong> ong>laong> prime à l'herbe s'est poursuivi en 1995 pour les éleveurs quirespectent les engagements ong>deong> maintien ong>deong> leur système d'élevage extensif et d'entretien ong>deong>s superficiesprimées. Les éleveurs récemment installés ont pu également accéong>deong>r à cette prime. Près ong>deong>110.000 éleveurs sont aujourd'hui concernés et près ong>deong> 6 millions d'hectares ong>deong> prairies – majoritairementsitués dans l'Est, le Centre et le Sud ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> – sont ainsi aidés.La protection ong>deong>s races menacées a été mise en pong>laong>ce pour les bovins, ovins et caprins. Son extension auxraces équines menacées ong>deong> disparition a été adoptée en 1996. Les ong>deong>manong>deong>s acceptées au 30 juin 1996portent sur 364.500 ha. Ce programme se poursuit en fonction ong>deong>s disponibilités budgétaires.Les programmes régionaux agri-environnementLes programmes régionaux sont mis en œuvre à travers l'application ong>deong> neuf cahiers ong>deong>s chargesnationaux ong>deong> mesures définies dans un cadre réglementaire général et à travers ong>deong>s opérations locales.La prévention et ong>laong> réduction ong>deong>s pollutions d'origine agricoleCette dimension ong>deong> ong>laong> politique comporte plusieurs mesures ou programmes.Les ong>deong>ux mesures ong>deong> réduction d'intrants (nitrates, produits phytosanitaires) visent ong>laong> protection ong>deong>s airesd'alimentation ong>deong>s captages ong>deong>s eaux et portent sur 31.000 ha au 30 juin 1996. La situation est fortdiverse entre les régions.Le programme Fertimieux est une démarche volontaire, préventive et collective ong>deong>s agriculteurs pourmodifier les pratiques ong>deong> fertilisation afin ong>deong> limiter ong>laong> pollution ong>deong>s eaux par les nitrates. On dénombre52 actions ong>laong>belisées concernant 1,2 million d'hectares et 22.000 agriculteurs répartis sur46 départements.37


Le programme ong>deong> maîtrise ong>deong>s pollutions d'origine agricole (PMPOA) est un dispositif ong>deong> mise auxnormes ong>deong>s bâtiments d'élevage et ong>deong> gestion ong>deong>s effluents pour une réduction ong>deong>s pollutions ong>deong>s eaux, encommençant par les élevages les plus importants. Les Chambres d'agriculture réalisent ong>laong> moitié ong>deong>sdiagnostics ong>deong>s bâtiments et ong>deong>s pratiques d'épandage.La gestion ong>deong>s épandages ong>deong>s boues et déchets en agriculture prend une importance croissante puisque ong>laong>moitié ong>deong>s boues ong>deong>s stations d'épuration et une partie ong>deong>s déchets ong>deong>s industries agro-alimentaires sontépandues. Au niveau local et national un travail est engagé ong>deong> révision ong>deong> règles et ong>deong>s pratiques afin ong>deong>garantir ong>laong> protection ong>deong>s sols et ong>laong> qualité ong>deong>s produits agricoles et renforcer ong>laong> sécurité alimentaire.La gestion ong>deong>s milieux naturelsCe domaine d'actions couvre divers types ong>deong> programmes.La reconversion ong>deong>s terres arables et, ong>deong>puis juillet 1996, ong>deong>s prairies intensives en herbages extensifscouvre 5.000 ha. Elle intéresse ong>laong> protection ong>deong>s captages et ong>deong>s cours d'eau et ong>laong> lutte contre l'érosion,tout comme l'une ong>deong>s ong>deong>ux mesures ong>deong> retrait ong>deong>s terres à long terme (20 ans). Le retrait ong>deong>s terres à longterme vise aussi ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore.De son coté, ong>laong> conversion à l'agriculture biologique porte sur 26.000 ha.La diminution ong>deong> ong>laong> charge ong>deong> cheptel bovin et ovin vise l'extensification par agrandissement et ong>laong> luttecontre les effets ong>deong> ong>laong> déprise (13.000 unités au 30 juin 1996). La protection ong>deong> ces races a aidé9.000 unités.Les pong>laong>ns ong>deong> développement durable (PPD) initiés en 1992 visent à promouvoir le développement ong>deong>systèmes agricoles intégrés. Ils corresponong>deong>nt à ce jour à une soixantaine ong>deong> sites expérimentaux qui ontété définis au niveau national. Il concernent plus ong>deong> 1.200 agriculteurs et 300 projets, pour une gestion ong>deong>l'espace, ong>deong> l'agro-tourisme, ong>deong> l'offre locative en milieu rural et ong>deong> ong>laong> modification ong>deong>s techniques ong>deong>production en prenant en compte ong>laong> protection ong>deong> l'environnement.Les opérations localesA côté ong>deong>s mesures générales évoquées ci-ong>deong>ssus fonctionnent 217 opérations locales et opérationsspécifiques régionales. Elles concernent 303.000 ha (au 30 juin 1996). Héritières ong>deong> l'article 19 durèglement (CEE) n° 797/85 et ong>deong>s “OGAF-environnement” mises en œuvre en ong>Franceong> à partir ong>deong> 1989,les opérations locales portent sur ong>deong>s sites bien délimités aux enjeux environnementaux forts et offrentune panoplie ong>deong> mesures adaptées aux objectifs prioritaires d'action. Les mesures visent ong>laong> préservationou l'amélioration ong>deong> ong>laong> qualité ong>deong>s paysages ou ong>deong> l'eau, ong>laong> protection ong>deong>s espèces ou ong>deong>s biotopes, ong>laong> luttecontre les risques naturels.Autres dispositions reong>laong>tives à l'aménagement agricoleLa loi du 10 juillet 1976 reong>laong>tive à ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature, le décret d'application du 10 octobre 1977 etle décret du 25 février 1993 imposent une étuong>deong> d'impact préliminaire approfondie avant toute action ong>deong>remembrement ong>deong> terres agricoles. Ce dispositif a été renforcé entre 1992 et 1996 pour le faire accéong>deong>r aurang d'outil d'aménagement au service ong>deong> l'environnement.La réglementation reong>laong>tive aux périmètres ong>deong> protection ong>deong> captage d'eau et ong>laong> loi ong>deong> 1976 sur lesinstalong>laong>tions cong>laong>ssées constituent ong>deong> leur côté ong>deong>s outils pour prévenir les contaminations d'origineponctuelle et localisée. La Directive communautaire reong>laong>tive à ong>laong> protection ong>deong>s eaux contre les pollutionsazotées d'origine agricole a été transcrite dans le droit français (décret du 27 août 1993 portantapplication ong>deong> ong>laong> loi du 3 janvier 1992 sur l'eau).Enfin, ong>deong>s mesures d'accompagnement économiques sont mises en pong>laong>ce pour faciliter l'amélioration ong>deong>stechniques agricoles. Les investissements nécessaires sont financés pour un tiers par les agriculteurs,pour un tiers par l'État et les collectivités territoriales dans le cadre ong>deong> contrats ong>deong> pong>laong>n et pour un tierspar les Agences ong>deong> l'eau.38


IV.2 DIVERSITE BIOLOGIQUE ET GESTION DES FORETSPar sa surface territoriale (plus ong>deong> 15 millions d'ha en Europe), par ong>laong> diversité ong>deong>s espèces et ong>deong>sécosystèmes, mais aussi et surtout en raison ong>deong> ong>laong> faible artificialisation ong>deong>s milieux, ong>laong> forêt joue un rôleclé en matière ong>deong> diversité biologique. Mais ong>laong> ong>Franceong> peut aussi être considérée comme l'une ong>deong>s régionsdu monong>deong> ayant ong>deong> très anciennes pratiques ong>deong> gestion, ong>deong> sorte qu'aucune forêt ne puisse être considéréecomme totalement vierge.C'est ainsi qu'à été montrée, par une pratique désormais multisécuong>laong>ire, ong>laong> complémentarité entre lesdiverses fonctions ong>deong> ong>laong> forêt, cet équilibre ong>deong>venant le meilleur garant ong>deong> pérennité. De très granong>deong>ssurfaces forestières ont ong>deong>s intérêts économiques et sociaux qui les ont préservées d'une ong>deong>struction plusque globale alors que, dans le même temps, les pratiques ong>deong> gestion s'inspiraient ong>deong>s processus naturels.Une telle démarche reste d'actualité, une attention renouvelée étant portée à ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong>diversité biologique.La politique française comprend ainsi ong>deong>s mesures permettant ong>deong> protéger efficacement ong>deong>s individus,écotypes, espèces, écosystèmes, mosaïques d'écosystèmes ou paysages remarquables, représentatifs ou endanger, par une gestion susceptible d'assurer leur pérennité à long terme.Il s'agit par là même ong>deong> garantir à ong>laong> fois ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité écologique actuellement et ong>laong>capacité d'adaptation ong>deong> ong>laong> forêt à ong>deong>s contraintes nouvelles. C'est pourquoi il a été développé uneapproche cohérente aux niveaux infraspécifiques, ong>deong> l'espèce, ong>deong> l'écosystème et du paysage.Le niveau infraspécifiqueDans le droit fil ong>deong>s réflexions entamées en ong>Franceong> dans les années 80 et ong>deong>s obligations internationalesdécouong>laong>nt ong>deong> ong>laong> résolution S2 ong>deong> ong>laong> Conférence ong>deong> Strasbourg (1990), le ministère chargé ong>deong> l'agriculturea formalisé les granong>deong>s lignes ong>deong> sa politique ong>deong> conservation ong>deong>s ressources génétiques forestières dansune circuong>laong>ire du 9 septembre 1991. Il a créé en 1992 une commission technique nationale pour ong>laong>conservation ong>deong>s ressources génétiques forestières.Outre les essences concernées par les groupes ong>deong> travail européens ong>deong> ong>laong> Conférence ong>deong> Strasbourg(épicéa, chêne liège, peuplier noir et feuillus précieux), ong>laong> priorité nationale française a été mise dans unpremier temps sur le sapin pectiné, le hêtre et l'orme champêtre.Le sapin pectiné (Abies alba) et le hêtre (Fagus sylvatica) font l'objet d'un réseau ong>deong> réserves génétiquesin situ, en forêt publique. Un conservatoire statique ex situ ong>deong> ressources génétiques ong>deong> l'orme(principalement ong>deong> l'orme champêtre, Ulmus campestris) a été créé. Pour le merisier, outre ong>laong>conservation statique ex situ, ong>deong>ux parcelles conservatoires dynamiques in situ ont été mises en pong>laong>ce enBretagne et en Midi-Pyrénées.Des réseaux conservatoires vont prochainement être mis en pong>laong>ce pour le complexe ong>deong>s grands chêneseuropéens (Quercus robur, Quercus petraea et dans une moindre mesure Quercus pubescens), l'épicéacommun (Picea abies), le peuplier noir (Populus nigra), le pin maritime (Pinus pinaster) et les sorbiers(Sorbus spp.).Les prochaines priorités concernent les granong>deong>s essences sociales, les espèces faisant l'objet d'importantsprogrammes d'amélioration et les espèces rares et menacées. La conservation ong>deong>s ressources génétiquesd'espèces mineures ne figurant pas sur ong>laong> liste ong>deong>s espèces en danger ong>deong>vra être envisagée au travers ong>deong> ong>laong>politique ong>deong> conservation ong>deong> certains écosystèmes remarquables, représentatifs ou en danger.Parallèlement un inventaire exhaustif ong>deong>s ressources génétiques forestières conservées dans ong>deong>scollections françaises ex situ est en bonne voie. Un premier tome concernant les conifères a été publié en1987 et le second tome traitant ong>deong>s feuillus est en préparation. Au total 70 espèces auront été répertoriées,avec environ 32.000 entités génétiques pour les conifères et près ong>deong> 20.000 pour les feuillus.39


Le niveau ong>deong> l'espèceDans le cadre général ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique, ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong>sespèces tient une pong>laong>ce centrale. C'est d'ailleurs historiquement ong>laong> première à avoir été l'objet ong>deong> mesuresréglementaires, tout d'abord grâce à ong>laong> légisong>laong>tion sur ong>laong> chasse, puis en application ong>deong> ong>laong> loi sur ong>laong>protection ong>deong> ong>laong> nature ong>deong> 1976. Cette ong>deong>rnière loi a permis d'instaurer d'une part ong>deong>s modalités ong>deong>protection ong>deong>s espaces concernés, d'autre part ong>deong>s dispositifs ong>deong> protection d'espèces animales et végétales[voir chapitre III]. Ce statut d'“espèce protégée” bénéficie à ong>deong> nombreuses espèces forestières, qu'ellessoient animales ou végétales, les espèces ligneuses étant toutefois l'exception (orme lisse, alisier ong>deong>Fontainebleau).La loi permet également ong>deong> soumettre à autorisation préaong>laong>ble les récoltes ong>deong> certaines pong>laong>ntes forestières(champignons, baies, fleurs) dans certains départements. L'élevage ong>deong>s spécimens d'espèces sauvages estégalement réglementé, ce qui permet ong>deong> contrôler les élevages d'animaux ong>deong>stinés à être lâchés dans lemilieu naturel. Par ailleurs ong>deong>s directives particulières ont été éong>laong>borées pour les forêts publiques quiconstituent l'habitat ong>deong> l'ours ou du grand tétras.L'intégration ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong>s espèces dans l'aménagement forestier, déjà engagée,sera développée à l'avenir en se fondant notamment sur les inventaires réalisés pour ong>laong> mise en œuvre ong>deong>ong>laong> directive communautaire ong>deong> 1992 sur ong>laong> conservation ong>deong>s habitats naturels ainsi que ong>deong> ong>laong> flore et ong>deong> ong>laong>faune sauvages.Enfin, certaines essences forestières aujourd'hui considérées comme exotiques appartiennent à ong>deong>s genresbotaniques qui étaient présents en ong>Franceong> jusqu'aux ong>deong>rnières granong>deong>s gong>laong>ciations (dont ong>laong> ong>deong>rnière nedate que ong>deong> 18.000 ans). Lorsqu'elles présentent un intérêt économique particulier, leur introductionraisonnée peut accroître ong>laong> diversité biologique, dès lors qu'elle est faite avec pruong>deong>nce et méthoong>deong>, sansporter atteinte à ong>deong>s écosystèmes ou à ong>deong>s espèces indigènes en danger.Le niveau ong>deong> l'écosystèmeDans le cadre ong>deong> l'application ong>deong> ong>laong> convention sur ong>laong> diversité biologique, le ministère chargé ong>deong>l'agriculture s'est efforcé ong>deong> compléter les approches précéong>deong>ntes qui traitent ong>deong> ong>laong> diversité biologique auniveau infraspécifique et spécifique en abordant le niveau écosystémique. C'est l'objet ong>deong> ong>laong> circuong>laong>ire du28 janvier 1993 qui définit une politique nationale ong>deong> prise en compte ong>deong> ong>laong> biodiversité dans ong>laong> gestionforestière.Cette circuong>laong>ire rappelle notamment que ong>laong> responsabilité du déciong>deong>ur forestier porte, entre autres, sur ong>laong>taille ong>deong>s parcelles forestières qui doit prendre en compte ong>laong> gamme ong>deong> variation du site, sur le maintienong>deong>s espèces naturellement associées aux essences principales et sur le choix ong>deong>s moong>deong>s ong>deong> gestion quiinteragissent avec ong>laong> diversité ong>deong>s habitats et l'hétérogénéité ong>deong> structure ong>deong>s peuplements. Ce texteprécise ainsi le cadre dans lequel les interventions ong>deong> l'État susceptibles d'avoir un impact sur ong>laong> diversitébiologique en forêt doivent être mises en œuvre aux différents niveaux locaux concernés. A cet effet, ilconforte le rôle ong>deong>s commissions régionales ong>deong> ong>laong> forêt et ong>deong>s produits forestiers, chargées d'animer lesétuong>deong>s et réflexions nécessaires. Cette approche considère que les enjeux majeurs ong>deong> ong>laong> conservation et ong>deong>ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> diversité biologique en forêt relèvent ong>deong> décisions locales et que ong>laong> responsabiliténationale est le plus souvent ong>laong> définition ong>deong>s principes qu'il appartient aux acteurs locaux ong>deong> s'approprieret ong>deong> mettre en œuvre.En ce qui concerne les forêts publiques, l'Office national ong>deong>s forêts a publié en 1993 une instruction surong>laong> prise en compte ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans l'aménagement et ong>laong> gestion forestière. Cetteinstruction traite notamment ong>deong> ong>laong> définition ong>deong>s unités élémentaires ong>deong> gestion, du méong>laong>nge ong>deong>s essences,du maintien d'arbres sénescents ou morts, d'arbres creux, ong>deong> cong>laong>irières, du traitement ong>deong>s lisières, etc.L'ONF a également commencé à dresser le biong>laong>n scientifique ong>deong> sa politique ong>deong> cong>laong>ssement volontaire enréserves biologiques domaniales, en mettant l'accent sur ong>laong> qualité ong>deong>s cahiers ong>deong>s charges ong>deong> gestion ong>deong>ces réserves. Les progrès constants dans ong>laong> connaissance du fonctionnement ong>deong>s écosystèmes forestiers etles recherches sur les modalités d'évaluation, dans l'espace et dans le temps, ong>deong> ong>laong> diversité biologiqueong>deong>vront permettre d'adapter progressivement les pratiques sylvicoles aux objectifs ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong>richesse naturelle ong>deong>s milieux forestiers.40


Le niveau ong>deong>s paysagesCarrefour biogéographique important, ong>laong> ong>Franceong> offre une granong>deong> variété ong>deong> paysages. Avec 29 % ong>deong> ong>laong>superficie nationale, les boisements y jouent un rôle très important, notamment dans certaines régions ouen montagne.Nombre ong>deong> forêts appartiennent à certains paysages remarquables et particulièrement sensibles protégéscomme “site inscrit ou cong>laong>ssé au titre ong>deong> ong>laong> loi du 2 mai 1930”. Ils visent alors à conserver ong>deong>s milieux etong>deong>s paysages dans ong>deong>s sites d'intérêt artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, enlimitant les interventions susceptibles ong>deong> modifier ou détruire l'état ou l'aspect ong>deong>s lieux, ou en lesinterdisant.Mais dans ong>laong> plupart ong>deong>s cas les textes qui cherchent à protéger ong>laong> qualité esthétique ong>deong>s paysages visentessentiellement à encadrer les procédures d'aménagement et ong>deong> développement du territoire. C'est l'objetnotamment ong>deong> ong>laong> réglementation ong>deong>s boisements qui cherche à établir un équilibre entre les zonesagricoles et forestières, ainsi que ong>deong>s pong>laong>ns d'occupation ong>deong>s sols (POS) qui, au-ong>deong>là ong>deong>s modalitéspotentielles d'urbanisation ong>deong>s terrains, déterminent ong>deong>s zones ong>deong> nature faisant l'objet ong>deong> dispositions ong>deong>gestion spécifiques. C'est encore le cas ong>deong>s directives paysagères prévues par ong>laong> loi du 8 janvier 1993 surong>laong> protection et ong>laong> mise en valeur ong>deong>s paysages, qui fixent les orientations et les principes fondamentauxong>deong> protection ong>deong>s structures paysagères que doivent respecter les documents d'urbanisme.A ong>laong> ong>deong>manong>deong> du ministère chargé ong>deong> l'agriculture, ong>deong>ux manuels ong>deong> recommandations portant sur ong>laong>prise en compte du paysage dans le reboisement et dans les aménagements forestiers ont été publiés parle CEMAGREF dans le courant ong>deong>s années 1980. Par ailleurs, après une périoong>deong> marquée par certainsexcès dans l'arrachage ong>deong>s haies et bosquets à ong>laong> faveur d'opérations privées ou collectivesd'aménagement foncier, une attention renouvelée est portée aux haies et autres formations linéairesboisées qui représentent une longueur ong>deong> près ong>deong> 850.000 kilomètres. Ces formations végétales d'originehumaine jouent en effet souvent un rôle écologique important au niveau ong>deong> ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> diversitébiologique, en servant ong>deong> “corridors” entre ong>deong>s formations boisées plus importantes.En forêt publique, les documents ong>deong> pong>laong>nification forestière prennent aujourd'hui ong>deong> plus en plus encompte les préoccupations paysagères. Sur ong>laong> base ong>deong>s orientations régionales forestières qui intègrent ong>laong>dimension paysagère et d'une étuong>deong> précise ong>deong>s enjeux qui caractérisent le massif forestier, ils établissentpour le moyen ou le long terme les modalités d'une gestion harmonieuse ong>deong> l'espace, conciliant lesobjectifs ong>deong> production et ceux ong>deong> préservation ong>deong>s milieux naturels et ong>deong>s paysages.IV.3 DIVERSITE BIOLOGIQUE ET GESTION DES MILIEUX AQUATIQUESLa loi sur l'eau du 3 janvier 1992La prise en compte ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans ong>laong> gestion ong>deong>s milieux aquatiques aété sensiblement renforcée par ong>laong> loi sur l'eau ong>deong> 1992 (loi n° 92-3 du 3 janvier 1992). Rappeong>laong>nt que"l'eau fait partie du patrimoine commun ong>deong> ong>laong> nation", cette loi a affirmé un double objectif : ong>laong>préservation qualitative et quantitative ong>deong> l'eau et ong>deong>s milieux aquatiques, ong>laong> valorisation ong>deong> l'eau commeressource économique.L'objectif ong>deong> préservation ong>deong>s milieux aquatiques à long terme est essentiel pour les ressourcesbiologiques ong>deong> ces milieux. Il trouve sa traduction dans les SDAGE et les SAGE. Ces schémas directeurs(ou schéma) d'aménagement et ong>deong> gestion ong>deong>s eaux sont éong>laong>borés par l'ensemble ong>deong>s acteurs publics ouprivés concernés (État, collectivités territoriales, industriels, représentants ong>deong>s usagers, associations ong>deong>protection ong>deong> ong>laong> nature, …).Éléments centraux d'une approche globale ong>deong> ong>laong> gestion ong>deong>s milieux aquatiques, ils sont établis (pour lesSDAGE) pour chacun ong>deong>s six grands bassins versants ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> métropolitaine et au niveau ong>deong> sousbassinsou d'unités hydrographiques homogènes (pour les SAGE). En ce qui concerne ong>laong> préservation ong>deong>sressources biologiques, ces schémas contiennent un constat ong>deong> l'état ong>deong> ong>laong> ressource et ong>deong>s milieux ; ilsrecensent les usages ong>deong>s ressources et iong>deong>ntifient les pressions auxquelles elles sont soumises ; ils41


énoncent les priorités à retenir pour ong>laong> préservation ong>deong>s milieux et ong>deong> leurs richesses biologiques. Cesschémas orientent directement les décisions publiques d'aménagement ou les autorisations d'usage ong>deong>sressources en eau.La loi sur l'eau a par ailleurs permis ong>deong> reong>laong>ncer, en cohérence avec les orientations ong>deong>s politiques etdirectives européennes, l'effort national ong>deong> lutte contre les pollutions ong>deong> l'eau. Il convient ong>deong> citer enfind'autres programmes qui concourent à ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les milieuxaquatiques : les politiques thématiques (le pong>laong>n national d'action pour les zones humiong>deong>s [voirchapitre VI]), les actions contractuelles localisées et notamment les contrats ong>deong> rivières ou les contratsd'agglomérations, engageant dans un programme d'action concerté les partenaires locaux (collectivitéslocales et agences ong>deong> l'eau essentiellement).Cette approche française pour ong>laong> gestion ong>deong>s milieux aquatiques s'applique également dans lesdépartements d'Outre-Mer.Le pong>laong>n d'action pour les zones humiong>deong>sL'évaluation ong>deong> l'effet ong>deong>s politiques publiques sur les zones humiong>deong>s, menée ong>deong> 1992 à 1994, a montréque ces milieux subissaient une régression forte et continue ong>deong>puis plusieurs décennies.S'appuyant sur ce constat, le Conseil ong>deong>s Ministres du 22 mars 1995 a décidé le ong>laong>ncement d'un pong>laong>nd'action pour les zones humiong>deong>s. L'objectif ong>deong> ce pong>laong>n d'action est d'inverser ong>laong> tendance actuelle à ong>laong>régression ong>deong> ong>laong> superficie ong>deong>s zones humiong>deong>s et ong>deong> favoriser ong>laong> reconquête d'un ensemble ong>deong> sitesd'intérêt national.Ce pong>laong>n s'articule autour ong>deong>s quatre grands axes suivants :- inventorier les zones humiong>deong>s et renforcer les outils ong>deong> suivi,- assurer ong>laong> cohérence ong>deong>s politiques publiques s'exerçant sur ces milieux,- engager ong>laong> reconquête ong>deong>s zones humiong>deong>s,- ong>laong>ncer un programme ong>deong> sensibilisation, d'information et ong>deong> formation.Parmi les éléments du pong>laong>n d'action figurent notamment ong>laong> mise en pong>laong>ce d'un observatoire et ong>laong> créationd'un pôle ong>deong> recherche interdisciplinaire sur les zones humiong>deong>s au sein du GIP Hydrosystèmes [voirchapitre VI].* * *42


CHAPITRE V :LA PRÉSERVATION DES RESSOURCES GÉNÉTIQUESDepuis ong>deong>s millénaires, les espèces animales et végétales et leur cortège microbien ont été amenés à sedisperser et à être dispersés par l'homme bien au-ong>deong>là ong>deong> leurs centres d'origine. Ayant subi les effets ong>deong>ong>laong> dérive génétique, ong>deong> ong>laong> mutation et ong>deong> ong>laong> sélection, ces espèces se sont progressivement adaptées à ong>deong>senvironnements très variés, ce qui a conduit à ong>laong> formation et à l'expression d'une importante diversitégénétique.La diversité génétique a granong>deong>ment évolué au cours du temps, du fait ong>deong>s pressions ong>deong> sélectionnaturelles et ong>deong>puis l'apparition ong>deong> l'espèce humaine. Elle est essentielle tant pour le maintien ong>deong>scapacités adaptatives ong>deong>s différentes espèces que pour répondre aux besoins futurs et aujourd'huiimprévisibles ong>deong> l'agriculture, ong>deong> l'industrie et ong>deong> ong>laong> méong>deong>cine.Les dangers d'une trop granong>deong> uniformité génétique ong>deong>s productions mais aussi ong>laong> nécessité d'unediversité génétique infraspécifique, seule garante du maintien ong>deong>s capacités évolutives ong>deong> l'espèce, sontaujourd'hui cong>laong>irement reconnus. L'utilisation d'une plus ong>laong>rge diversité pour ong>laong> création variétaleapparaît comme une nécessité et ong>deong>vrait permettre ong>deong> mieux couvrir les besoins futurs ong>deong> l'homme,difficilement prévisibles aujourd'hui. Il importe donc ong>deong> raisonner au mieux ong>laong> constitution et ong>laong> gestiondurable d'un réservoir génétique à ong>laong> lumière ong>deong>s connaissances biologiques actuelles et sur ong>laong> base ong>deong>l'ensemble ong>deong>s technologies ong>deong> gestion ong>deong>s ressources disponibles aujourd'hui.Outre ces considérations liées aux besoins futurs ong>deong>s secteurs agro-alimentaire et industriel, il estimportant ong>deong> rappeler aussi ong>laong> dimension socioculturelle ong>deong>s ressources génétiques dont ong>laong> diversité estintimement liée à celle ong>deong> nos cultures, ong>deong> nos moong>deong>s ong>deong> vie et ong>deong> nos paysages, ces ong>deong>rniers ayant unevaleur patrimoniale difficilement quantifiable.Les ressources génétiques : un enjeu politique et économiqueDepuis longtemps, ong>laong> ong>Franceong> a pris conscience ong>deong> l'intérêt et ong>deong> ong>laong> nécessité ong>deong> préserver les ressourcesgénétiques d'intérêt agro-alimentaire. Elle a adopté ou signé plusieurs conventions ou engagementsinternationaux visant à garantir ong>laong> préservation ong>deong> ces ressources sur le long terme.En 1984, ong>laong> ong>Franceong> a adopté l'Engagement international sur les ressources phytogénétiques proposé parl'OAA/FAO, sous réserve entre autres, que soient reconnus les droits ong>deong>s obtenteurs. Ce qui a été fait en1991 avec ong>laong> reconnaissance en parallèle du droit ong>deong>s agriculteurs. Elle a ratifié le 1 er juillet 1994 ong>laong>ong>Conventionong> sur ong>laong> diversité biologique signée lors ong>deong> ong>laong> Conférence ong>deong> Rio en 1992. Depuis 1995, elletravaille activement à ong>laong> révision ong>deong> l'Engagement International pour l'harmoniser avec ong>laong> ong>Conventionong>sur ong>laong> diversité biologique.En 1995, elle s'est engagée à participer au Programme mondial ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité génétiqueong>deong>s animaux ong>deong> ferme ong>deong> l'OAA/FAO, pour lequel elle assure temporairement (1997-1998) ong>laong> mission ong>deong>point focal régional pour l'Europe.Enfin, en 1996, ong>laong> ong>Franceong> a adopté le Pong>laong>n d'action mondial sur les ressources phytogénétiques ong>deong>l'OAA/FAO. Elle s'est ainsi engagée à favoriser le développement d'actions concrètes ong>deong> conservation, ong>deong>caractérisation, d'évaluation et d'utilisation ong>deong>s ressources génétiques, mais aussi à promouvoir ong>laong>recherche, ong>laong> formation et le transfert ong>deong> technologies dans ces domaines, aux échelles nationale, granong>deong>srégions mondiales et internationale.43


Le Bureau ong>deong>s ressources génétiques (BRG)Le Bureau ong>deong>s ressources génétiques est ong>laong> structure nationale française ong>deong> coordination pour ong>laong>conservation ong>deong>s ressources génétiques ong>deong>s animaux, ong>deong>s végétaux et ong>deong>s micro-organismes. Créé en1983 par le ministère chargé ong>deong> ong>laong> recherche, le BRG a été constitué en Groupement scientifique en1993. Ce Groupement associe aujourd'hui :• le ministère chargé ong>deong> ong>laong> recherche,• le ministère chargé ong>deong> l'agriculture,• le ministère chargé ong>deong> l'environnement,• le ministère chargé ong>deong> l'industrie,• le ministère chargé ong>deong> ong>laong> coopération,• le ministère chargé ong>deong> l'Outre-Mer,• le Centre ong>deong> coopération international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD),• le Centre national ong>deong> ong>laong> recherche scientifique (CNRS),• le Groupe d'étuong>deong> et ong>deong> contrôle ong>deong>s variétés et ong>deong>s semences (GEVES).• l'Institut national ong>deong> ong>laong> recherche agronomique (INRA),• le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN),• l'Institut français ong>deong> recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM),Le BRG est doté d'un Haut comité d'orientation (interministériel), d'un conseil ong>deong> groupement chargé ong>deong>définir ses granong>deong>s orientations et d'une commission scientifique chargée ong>deong> les mettre en œuvre.MissionsConcerné par les espèces animales, végétales et les micro-organismes, le BRG a pour missions :• d'organiser ong>laong> concertation, d'harmoniser et ong>deong> fédérer les initiatives nationales en matière ong>deong>conservation ong>deong>s ressources génétiques,• ong>deong> promouvoir ong>laong> recherche, mais aussi le transfert ong>deong>s connaissances et ong>deong>s résultats parl'information et ong>laong> formation,• d'assurer ong>laong> représentation scientifique ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> dans les instances européennes etinternationales.Activités• Au niveau national, le BRG est représenté dans ong>deong> nombreuses instances scientifiques et techniques. Iong>laong>ccompagne et participe, dans ong>laong> limite ong>deong> son mandat et ong>deong> ses moyens, à leurs travaux. Il est lepartenaire privilégié ong>deong> tous les acteurs qui contribuent à ong>laong> sauvegarong>deong> et à ong>laong> valorisation ong>deong>s ressourcesgénétiques : sélectionneurs, associations, zones protégées, conservatoires… C'est avec eux qu'il a éong>laong>boréune charte nationale pour ong>laong> conservation ong>deong>s ressources génétiques.• Le BRG soutient ong>deong>s recherches sur les ressources génétiques, organise ong>deong>s colloques et contribue àl'édition d'ouvrages spécialisés. Il participe et contribue à l'éong>laong>boration ong>deong> sessions ong>deong> formation. Ildiffuse une lettre trimestrielle d'informations.• Le BRG représente ong>laong> ong>Franceong> auprès ong>deong> l'IPGRI (Institut international ong>deong>s ressources phytogénétiques),dans le cadre ong>deong> programmes européens sur les espèces agricoles et forestières. Il est mandaté commeexpert représentant ong>laong> ong>Franceong> :– auprès ong>deong> l'Union européenne, pour les actions sur les ressources génétiques,– auprès ong>deong> l'OAA/FAO (Organisation ong>deong>s Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation), dansle cadre ong>deong> ong>laong> Commission ong>deong>s ressources génétiques pour l'agriculture et l'alimentation et ong>deong>sprogrammes d'action sur les ressources animales et végétales.Il est associé aux réunions nationales et internationales sur ong>laong> diversité biologique.44


L'éong>laong>boration par ong>laong> ong>Franceong> en 1997 d'une Charte nationale pour ong>laong> préservationong>deong>s ressources génétiques animales, végétales et microbiennesDes mesures ont été prises ong>deong>puis une vingtaine d'années par ong>laong> ong>Franceong> aux niveaux national etinternational afin ong>deong> préserver ong>laong> diversité génétique ong>deong>s espèces domestiquées ou en voie ong>deong>domestication. Ces mesures doivent être poursuivies, renforcées et étendues. De plus ong>laong> cohérence ong>deong>sactions doit être améliorée.Depuis 1994, le BRG a décidé ong>deong> sensibiliser plus ong>laong>rgement l'ensemble ong>deong> ong>laong> filière agricole et ong>deong>mobiliser les différents acteurs français concernés par ong>laong> gestion ong>deong>s ressources génétiques animales,végétales et microbiennes, qu'ils relèvent du secteur public, privé ou associatif. Il a sollicité ong>deong> nombreuxacteurs pour éong>laong>borer les granong>deong>s lignes d'une Charte nationale pour ong>laong> gestion ong>deong>s ressources génétiques,en s'appuyant sur les initiatives existantes. Ceci a permis ong>deong> dresser un biong>laong>n ong>deong>s activités en cours, à ensouligner les faiblesses et les ong>laong>cunes éventuelles, mais aussi à préciser les stratégies complémentaires àmettre en œuvre. La réflexion a été conduite en tenant compte ong>deong>s engagements internationaux pris parong>laong> ong>Franceong> dans ce domaine, tant au pong>laong>n politique qu'au pong>laong>n ong>deong>s coopérations techniques.La charte conduit à un biong>laong>n et iong>deong>ntifie les perspectives nécessaires à ong>laong> mise en pong>laong>ce d'une véritablestratégie ong>deong> gestion ong>deong>s ressources génétiques, y inclus les besoins ong>deong> recherche. Elle sera complétée parune analyse ong>deong>s besoins ong>deong> formation académique et professionnelle, en vue d'assurer une véritabledynamique nationale dans le domaine ong>deong>s ressources génétiques.Le domaine couvert par ong>laong> Charte nationale comprend les espèces d'intérêt agricole, industriel,économique, scientifique et social, gérées et exploitées par l'homme. La Charte s'intéresse à ong>laong> diversitégénétique ong>deong>s espèces domestiquées ou en cours ong>deong> domestication, à celle ong>deong> leurs pathogènes et ong>deong> leurssymbiotes, mais aussi à celle ong>deong>s espèces sauvages qui leur sont apparentées.La Charte nationale a veillé à une bonne articuong>laong>tion entre certains ong>deong>s volets sur ong>laong> préservation ong>deong>sressources génétiques et les différents programmes nationaux visant à mieux connaître et préserver ong>laong>biodiversité. En effet ong>laong> limite n'est pas toujours aisée à iong>deong>ntifier, ce d'autant que ong>laong> dimension génétiqueest une composante essentielle ong>deong> ong>laong> diversité biologique. C'est le cas notamment ong>deong> toutes les approchesliées à ong>laong> préservation ong>deong>s ressources génétiques en milieu naturel (gestion in situ ong>deong>s espèces forestières,gestion ong>deong>s popuong>laong>tions naturelles d'espèces animales sauvages partiellement exploitées par l'homme etsurtout inventaire et caractérisation ong>deong> ong>laong> diversité microbienne in situ).V.1 LES RESSOURCES GENETIQUES ANIMALESLes animaux peuvent être groupés en trois granong>deong>s catégories au sein ong>deong>squelles les actions relèvent ong>deong>smêmes principes :- les espèces dites domestiquées, sur lesquelles l'homme opère une sélection et qui sont élevées enmilieu clos ; ong>laong> variabilité disponible est pour l'essentiel entre les mains ong>deong> l'homme ;- les espèces élevées et relâchées pour lesquelles il y a régulièrement contact entre les souchesd'élevage et les popuong>laong>tions naturelles ;- les espèces sauvages et les espèces protégées élevées pour ong>laong> réintroduction ou le soutien ong>deong>spopuong>laong>tions dans le cadre ong>deong> programmes d'action.45


V.1.1 ESPECES DOMESTIQUEES OU ELEVEES EN MILIEU CLOSLa ong>Franceong> dispose d'un grand nombre ong>deong> races d'animaux au sein ong>deong> chacune ong>deong>s espèces élevées pourl'agriculture ou l'alimentation. Outre leur granong>deong> valeur culturelle, il s'agit là d'un potentiel considérableong>deong> diversification ong>deong> ong>laong> production agricole, d'amélioration ong>deong> ong>laong> qualité ong>deong>s produits et, pour certainesespèces, d'aiong>deong> à ong>laong> gestion ong>deong> l'environnement.Aujourd'hui, ong>laong> Politique agricole commune (PAC) tend à orienter les systèmes ong>deong> production européensvers une agriculture plus diversifiée et plus extensive. Dès les années 70, néanmoins le ministère chargéong>deong> l'agriculture s'est soucié ong>deong> ong>laong> protection ong>deong>s ressources génétiques animales. Depuis lors, 0,4 % dubudget consacré à l'amélioration génétique est alloué à ong>deong>s programmes ong>deong> conservation décidés par ong>laong>Commission nationale d'amélioration génétique (CNAG).De même, les instituts techniques ont initié différentes actions dans ce domaine. L'INRA a par ailleursincité à une recherche active susceptible d'aiong>deong>r à une gestion plus efficace ong>deong> ong>laong> variabilité génétique. Lacollecte ong>deong>s données concernant les inventaires et ong>laong> caractérisation ong>deong>s popuong>laong>tions a été centralisée, àpartir ong>deong> 1985, par l'Union nationale ong>deong>s livres généalogiques (UNLG), en liaison avec l'ensemble ong>deong>spartenaires professionnels (instituts techniques) et publics (recherche, enseignement).L'inventaire, ong>laong> gestion et ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> diversité génétiquePour ong>laong> plupart ong>deong>s espèces domestiquées, il existe ong>deong>s inventaires ong>deong>s races et ong>deong>s popuong>laong>tions qui sontrégulièrement mis à jour par ong>deong>s organismes professionnels et techniques, ong>deong>s associations et ong>deong>song>laong>boratoires ong>deong> recherches. Mais, l'inventaire ong>deong> ong>laong> diversité génétique ong>deong> ong>laong> plupart ong>deong>s espèces faisantl'objet d'élevage ong>deong>puis peu reste à faire : poissons d'eau douce et marins, gibier ong>deong> venaison et à plume.Ces inventaires, qui conditionnent les stratégies à développer pour préserver les ressources génétiques,ong>deong>manong>deong>nt à être complétés et réajustés en vue ong>deong> mieux répondre aux attentes ong>deong>s utilisateurs ong>deong>sressources. Le BRG travaille actuellement dans ce sens et envisage, ong>deong> plus, d'aiong>deong>r à ong>laong> diffusion ong>laong>rgeong>deong>s informations considérées comme librement accessibles (sous forme brute et synthétique), via unserveur national d'informations.Le maintien ong>deong> ong>laong> variabilité génétique ong>deong>s popuong>laong>tions animales domestiques (mammifères, aviaires) estréalisée pour l'essentiel in situ ou “sur pied” car les animaux sont utilisés le plus souvent pour ong>laong>production. La gestion sur pied permet ong>laong> transmission ong>deong>s comportements sociaux acquis et transmis parapprentissage entre individus d'une même espèce. Elle est pratiquée ong>deong> façon différente au sein ong>deong>s racesà grand effectif (sélection intensive vers ong>deong>s types spécialisés) et au sein ong>deong>s races à très petit effectif(pour limiter ong>laong> consanguinité).Les effets d'une sélection intensive, maximisant le progrès génétique à court terme, sur ong>laong> variabilitégénétique d'une popuong>laong>tion à grand effectif sont encore mal connus ; rappelons que le nombre efficace ong>deong>fondateurs ong>deong> ong>laong> race “Prime Holstein” (ceux qui contribuent à ong>laong> génération suivante) est inférieur à0,01 % ! Il est donc envisagé un suivi plus systématique ong>deong> ong>laong> variabilité génétique au sein ong>deong>s races àgrand effectif en vue ong>deong> préciser les risques réels d'érosion génétique.La gestion à long terme ong>deong>s races à petit effectif s'intègre dans une réflexion globale sur les systèmesagraires, dépassant l'élevage d'une espèce donnée et constituant un enjeu majeur pour gérer durablementl'agro-biodiversité au sein ong>deong>s territoires. Une ong>deong>s conditions favorables à leur valorisation est d'intégrerplus systématiquement les aspects quantitatifs et qualitatifs ong>deong> production, en incluant l'homme et sonmoong>deong> ong>deong> vie. C'est ainsi que ong>deong>s groupes d'éleveurs ont réussi à donner ong>deong> l'essor à ong>deong>s races aboutissant àong>deong>s produits typés iong>deong>ntifiables par le consommateur : charcuterie ong>deong> qualité pour le porc Gascon ;valorisation élevée du litre ong>deong> ong>laong>it (beurre, fromage, yaourt...) pour ong>laong> race bovine Bretonne Pie-Noir.La cryoconservation ong>deong> semences et d'embryons est un outil complémentaire, et non alternatif, ong>deong>sactions ong>deong> gestion du cheptel “sur pied”. Aujourd'hui, ong>laong> conong>laong>tion ong>deong> semences et d'embryons estessentiellement utilisée, en ong>Franceong>, pour ong>laong> gestion ong>deong>s croisements au sein ong>deong>s races à petit et très petiteffectif en vue ong>deong> maintenir une consanguinité minimum, ou pour ong>laong> gestion ong>deong>s croisements au sein ong>deong>s46


aces à grand effectif dans un but ong>deong> sélection ong>deong>s meilleurs génotypes. Dans ce ong>deong>rnier cas, ellecontribue à ong>laong> réduction ong>deong> ong>laong> base génétique exploitée.Par ailleurs, une cryobanque nationale à ong>deong>s fins patrimoniales est en cours d'éong>laong>boration, concrétisantainsi une réflexion menée au sein ong>deong> ong>laong> CNAG et accompagnée par le BRG ong>deong>puis plusieurs années.Cette opération est menée en étroite colong>laong>boration avec les opérateurs ong>deong> l'élevage concernés : institutstechniques, centre d'insémination… La cryobanque sera alimentée en priorité avec les ressources ong>deong>sraces disponibles les plus menacées, pour lesquelles il existe déjà quelques stocks ; elle ong>deong>vrait aussiintégrer à terme une réserve génétique pour les races à grand effectif. Les collections nationales ainsiconstituées seront gérées en ong>deong>ux sites, et ce indépendamment ong>deong>s stocks utilisés pour ong>laong> gestion ong>deong>saccouplements.Le suivi et ong>laong> coordination ong>deong> ces différentes actions, qu'elles relèvent ong>deong> l'inventaire, ong>deong> ong>laong> gestion in situou ong>deong> ong>laong> conservation ex situ, sont assurés par ong>deong>s groupes ong>deong> concertation rassembong>laong>nt différents acteursong>deong> l'élevage : sélectionneurs publics et privés, instituts techniques, associations ong>deong> races, conservatoiresrégionaux, …La gestion ong>deong>s pathogènes et ong>deong>s symbiotes ong>deong>s espèces domestiquéesCertaines collections d'agents pathogènes (viraux ou microbiens) et ong>deong> symbiotes associés à cesdifférentes espèces sont déjà constituées et plus ou moins dispersées. Des projets d'organisation en réseauong>deong> ces collections sont envisagés, selon les types et les fonctions ong>deong>s micro-organismes.V.1.2 ESPECES ELEVEES ET RELACHEESL'homme élève un certain nombre d'espèces qui présentent pour lui un intérêt direct pour ong>laong>consommation (aquaculture, apiculture), pour le repeuplement (chasse, pêche), pour ong>laong> lutte biologique etong>laong> pollinisation. Qu'il s'agisse du domaine aquatique (pêche, aquaculture) ou terrestre (chasse, luttebiologique, pollinisation, apiculture), les situations rencontrées sont comparables et les risques se posenten termes iong>deong>ntiques.Dans le domaine cynégétique, les mouvements d'espèces sauvages – introduction, réintroduction,renforcement ong>deong> popuong>laong>tions à partir d'espèces ou ong>deong> races non indigènes – sont ong>deong>s pratiques courantes.Elles ont été souvent étudiées dans leurs aspects écologiques, pathologiques et biologiques, mais moinssouvent sur le pong>laong>n génétique, ce qui a entraîné ong>deong>s pratiques ong>deong> gestion susceptibles ong>deong> menacer ong>deong>petites popuong>laong>tions locales, bien adaptées. Or l'apport massif d'animaux comporte les mêmes types ong>deong>risques sur ong>laong> diversité génétique ong>deong> ong>laong> faune locale et sur ong>laong> structure ong>deong> popuong>laong>tions que dans le cas ong>deong> ong>laong>pêche.Le problème essentiel qui se pose est celui ong>deong> ong>laong> coexistence dans un même milieu ong>deong> popuong>laong>tionsnaturelles et ong>deong> popuong>laong>tions introduites souvent en lâchers massifs, avec ong>laong> possibilité d'hybridations ouong>deong> concurrence entre ces popuong>laong>tions. Il faut souligner aussi les risques sanitaires, ong>deong> développement ong>deong>pathologies, à partir d'animaux provenant ong>deong> popuong>laong>tions non adaptées au milieu.L'article L. 211-3 du Coong>deong> rural interdit “ l'introduction dans le milieu naturel, volontaire, parnégligence ou par impruong>deong>nce ong>deong> tout spécimen d'une espèce animale à ong>laong> fois non indigène auterritoire d'introduction et non domestique ”. Son application ong>deong>vrait à l'avenir conduire à limiter lesrisques liés aux introductions d'espèces, mais ne touche pas, aujourd'hui, le niveau infraspécifique.Les poissons d'eau douceLes espèces d'eau douce posent ong>deong>s problèmes aigus pour plusieurs raisons :• leur structure génétique est plus complexe, ce qui est dû en particulier à ong>laong> fragmentation ong>deong>leur habitat en bassins hydrographiques indépendants ;• leur structure présente une plus granong>deong> vulnérabilité du fait ong>deong>s repeuplements parfois massifs ;47


• elles présentent également une plus granong>deong> vulnérabilité aux dégradations locales ong>deong>l'environnement.Il existe en ong>Franceong> une réglementation précise dans le domaine ong>deong>s poissons d'eau douce (Coong>deong> rural, art.L. 230-1 et suivants). La gestion ong>deong>s peuplements est confiée à ong>deong>s associations ong>deong> pêche agréées,regroupées en fédérations départementales, puis en union nationale. Elles bénéficient ong>deong> l'appui duConseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche (CSP) et ong>deong> garong>deong>s-pêche chargés ong>deong> faire respecter ong>laong> légisong>laong>tion et ong>deong>réaliser certaines opérations ong>deong> gestion (contrôle et réalisation ong>deong>s repeuplements, inventairespiscicoles,…).Une réflexion est en cours entre le ministère chargé ong>deong> l'environnement, le ministère chargé ong>deong>l'agriculture, le Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche, les sociétés ong>deong> pêche et les pisciculteurs sur les objectifs ong>deong>gestion ong>deong>s ressources génétiques piscicoles en milieu naturel, sur le choix ong>deong>s stratégies et les moyens àmettre en œuvre pour respecter au mieux les popuong>laong>tions naturelles. Une première application concrèteen est ong>laong> “Charte ong>deong>s salmonidés ong>deong> repeuplement” du 4 avril 1995, réalisée à l'initiative ong>deong> l'Unionnationale pour ong>laong> pêche en ong>Franceong> et ong>laong> protection du milieu aquatique, ong>deong> ong>laong> Fédération françaised'aquaculture, sous le parrainage ong>deong>s ministères chargés ong>deong> l'agriculture et ong>deong> l'environnement.Par ailleurs, le GIP Hydrosystèmes, ong>deong> création récente (1993) a notamment pour objectif ong>deong> coordonnerles programmes ong>deong> gestion ong>deong>s ressources ong>deong>s milieux aquatiques. Il associe le BRGM, le CEMAGREF,le CNRS, l'IFREMER, l'INRA, l'Office international ong>deong> l'eau et l'ORSTOM.Les espèces gibiersL'Office national ong>deong> ong>laong> chasse (ONC), en liaison avec ong>deong>s généticiens, a conduit ong>deong>s travaux pour uncertain nombre d'espèces : faisans, sangliers, cerfs, les perdrix grise, rouge et bartavelle. D'autres projetsdoivent être engagés concernant le grand tétras, ong>laong> nette rousse et d'autres oiseaux migrateurs.L'important est d'évaluer et ong>deong> mesurer les risques associés à ces pratiques ong>deong> repeuplement et d'informerles acteurs, en particulier les sociétés ong>deong> chasse et les éleveurs. L'objectif à terme est ong>deong> définir encommun les conditions d'une gestion rationnelle ong>deong>s espèces chassées, espèce par espèce notamment aupong>laong>n ong>deong>s ressources génétiques.Les mollusques et les crustacésL'aquaculture extensive en milieu ouvert a peu à peu rempong>laong>cé ong>laong> pêche lorsque l'exploitation directe n'aplus été possible, par épuisement ong>deong>s stocks. Elle est particulièrement développée en ong>Franceong>, compte tenuong>deong> l'importance ong>deong>s côtes et ong>deong>s habituong>deong>s alimentaires.La conchyliculture (culture ong>deong>s bivalves) concerne plusieurs espèces : huîtres (huître pong>laong>te, huître creuse),moules, palourong>deong>s, praires et coquilles Saint-Jacques. Concernant les crustacés marins, seule ong>laong> crevettejaponaise fait l'objet d'élevage en ong>Franceong>.Les repeuplements d'écrevisses par ong>deong>s popuong>laong>tions américaines, du fait ong>deong> ong>laong> disparition ong>deong> ong>laong> quasitotalité ong>deong>s peuplements au siècle ong>deong>rnier, ont fortement perturbé les quelques popuong>laong>tions locales quisubsistaient.Aux risques ong>deong> perturbation ong>deong>s structures génétiques ong>deong>s popuong>laong>tions naturelles s'ajoutent aussi ong>deong>srisques épizootiques liés à l'uniformisation génétique ong>deong>s popuong>laong>tions d'élevage.Les insectesPlusieurs espèces d'insectes et d'acariens (parasites, prédateurs ou pollinisateurs) font l'objet d'élevages etong>deong> lâchers dans le cadre ong>deong> programmes ong>deong> lutte biologique (cas ong>deong>s trichogrammes utilisés contre ong>laong>pyrale du maïs), pour assurer ong>laong> pollinisation ong>deong> certaines cultures (cas ong>deong>s bourdons utilisés en culture ong>deong>tomate sous serre) et pour ong>laong> production ong>deong> miel (abeilles).48


L'utilisation d'auxiliaires en lutte biologique pose ong>deong>ux types ong>deong> problèmes :- l'introduction d'espèces exotiques peut entraîner un dépong>laong>cement d'espèces autochtonesauxiliaires ;- les lâchers massifs d'auxiliaires présentent un risque ong>deong> "pollution génétique" ong>deong>s popuong>laong>tionnaturelles ong>deong> l'auxiliaire.Les effets négatifs ong>deong> telles pratiques et les nombreux échecs rencontrés ont conduit à développer ong>deong>nouveaux axes ong>deong> recherche pour accroître les taux ong>deong> succès ong>deong>s opérations ong>deong> lutte biologique et réduireles risques ong>deong> perturbation ong>deong> ong>laong> faune locale non visée.Le développement ong>deong> ces travaux ong>deong> recherche s'accompagne ong>deong> mesures réglementaires. Aussi, ong>laong> loi 95-101 du 2 février 1995 fait obligation aux importateurs d'auxiliaires exotiques d'obtenir une autorisationdu Service ong>deong> ong>laong> protection ong>deong>s végétaux.L'évolution ong>deong>s programmes ong>deong> recherche en lutte biologique s'est traduite par ong>laong> création à Montpellierdu CILBA (Complexe international ong>deong> lutte biologique Agropolis) dont ong>laong> mission scientifique porte surl'étuong>deong> et ong>laong> gestion ong>deong>s popuong>laong>tions d'organismes ravageurs qu'ils soient animaux (invertébrés) ouvégétaux (mauvaises herbes). Le CBGP (Centre ong>deong> biologie et ong>deong> gestion ong>deong>s popuong>laong>tions), nouveauong>laong>boratoire créé conjointement par l'INRA, l'ORSTOM et le CIRAD, fera partie ong>deong> ce Complexe en 1998.V.1.3 ESPECES SAUVAGESSi toutes les espèces sauvages présentes en ong>Franceong> représentent ong>deong>s ressources potentielles, ong>laong> mise enœuvre d'une approche génétique infraspécifique ne peut concerner qu'une partie d'entre elles. Il s'agit ong>deong>quatre types d'espèces :• les espèces menacées (Livres rouges et protections réglementaires),• les espèces faisant l'objet ong>deong> prélèvements intensifs et parfois non raisonnés,• les espèces confrontées à ong>laong> concurrence d'espèces exotiques introduites (cistuong>deong>s, visond'Europe),• les espèces réintroduites dans les milieux naturels où elles avaient complètement disparu(grands carnivores, ongulés protégés et grands rapaces).Le recensement ong>deong>s espèces existantes et leurs aires ong>deong> répartition sont pour beaucoup assez bien connusau moins pour les vertébrés, en revanche l'inventaire ong>deong> ong>laong> variabilité génétique infraspécifique et ong>laong>caractérisation génétique ong>deong> ces ressources sont encore peu avancés.La protection ong>deong>s espèces sauvages est actuellement très ong>laong>rgement prise en compte par le ministèrechargé ong>deong> l'environnement. Il serait cependant souhaitable ong>deong> renforcer les programmes existants en yintégrant, quand ceong>laong> se justifie, un volet ong>deong> caractérisation génétique et d'étuong>deong> ong>deong> ong>laong> variabilitégénétique ong>deong>s espèces prioritairement prises en compte et ce pour aboutir à ong>deong>s programmes ong>deong> gestiongénétique ong>deong>s espèces ou popuong>laong>tions en voie ong>deong> disparition.49


V.2 LES RESSOURCES GENETIQUES VEGETALESLa ong>Franceong> a toujours eu une politique ong>deong> prospection, d'acclimatation, ong>deong> domestication et ong>deong> sélectionong>deong>s pong>laong>ntes présentant un intérêt botanique, agricole, horticole, paysager, sylvicole ou industriel. Elle estriche en ressources génétiques pour toutes les espèces cultivées tant en métropole que dans lesdépartements et territoires d'outre-mer, mais cette richesse a longtemps été sous-estimée, dispersée etparfois menacée.De nombreuses actions ont déjà été engagées pour préserver, en conditions naturelles et artificielles, lesressources génétiques ong>deong> nombreuses espèces végétales. Il importe maintenant ong>deong> bien les coordonner, ong>deong>mieux les formaliser et ong>deong> les étendre à l'ensemble ong>deong>s espèces, notamment d'intérêt agricole etalimentaire, y inclus les espèces forestières, ornementales et fruitières.V.2.1 LA CONSERVATION EX SITUDu fait ong>deong> l'importance ong>deong> son secteur agricole et ong>deong>s recherches visant en permanence à le faireprogresser, ong>laong> ong>Franceong> dispose ong>deong> très nombreuses collections ong>deong> ressources génétiques. Cette richesse, quiconstitue le matériel ong>deong> base ong>deong> tout programme ong>deong> sélection, est répartie pour l'essentiel dans lesnombreux établissements publics et privés qui s'intéressent à sa valorisation, mais aussi dans plusieursconservatoires locaux et régionaux à ong>deong>s fins patrimoniale et iong>deong>ntitaire.Les espèces ong>deong>s régions tempéréesLa ong>Franceong> a choisi ong>deong> mettre en pong>laong>ce un système décentralisé ong>deong> gestion ong>deong>s ressources génétiques, car lesystème ong>deong>s granong>deong>s banques ong>deong> gènes lui sembong>laong>it lourd et peu cohérent avec ong>laong> distribution actuelle ong>deong>scollections. Elle a opté d'une part pour une iong>deong>ntification cong>laong>ire ong>deong>s collections ong>deong> ressources génétiquesreong>laong>tivement aux collections ong>deong> travail ong>deong>s détenteurs ong>deong> matériel et, d'autre part, pour une répartition ong>deong>scharges liées à ong>laong> conservation entre les différentes parties concernées par le maintien d'un réservoirgénétique sur le long terme.C'est dans cet esprit que le BRG a accompagné ong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong> réseaux ong>deong> gestion et d'évaluation ong>deong>scollections nationales ong>deong> ressources génétiques ong>deong>puis 1995, à l'image ong>deong> ce qui avait été développéong>deong>puis plusieurs années pour le blé tendre.Plus ong>deong> vingt réseaux sont aujourd'hui constitués en ong>Franceong>, associant ong>deong>s partenaires publics et privésmais aussi associatifs. Ils concernent les espèces suivantes :– espèces ong>deong> granong>deong> culture (betteraves, céréales à paille, légumineuses à grosses graines, maïs,pong>laong>ntes fourragères et à gazon, tournesol) ;– espèces fruitières (agrumes, fruits à pépins, fruits secs et à coques, moracées, olivier, Prunus,vigne) ;– espèces maraîchères (artichauts et cardons, chicorées, crucifères légumières, fraisiers, haricots,lentilles, melon, soong>laong>nacées maraîchères) ;– espèces ornementales et à parfum (ong>laong>vanong>deong>s et ong>laong>vandins, péong>laong>rgoniums, rosiers).Ces partenaires acceptent ong>deong> gérer (conserver, évaluer, distribuer) collectivement une collection nationaleong>deong> ressources génétiques, qu'ils mettent à ong>laong> disposition ong>deong> ong>laong> collectivité sous réserve ong>deong> réciprocité. Ilsacceptent ong>deong> fait ong>deong> partager les coûts ong>deong> gestion. L'organisation du réseau est précisée dans une chartequi définit, outre les objectifs et les partenaires, les droits et obligations ong>deong> chacun ong>deong>s membres et lemoong>deong> ong>deong> fonctionnement du réseau. La Charte est complétée par un règlement intérieur plus technique.50


L'intérêt d'un tel système résiong>deong> aussi dans l'établissement d'un lien étroit entre conservateurs etutilisateurs ong>deong> ressources génétiques, avec ong>laong> volonté d'avoir ong>deong>s collections beaucoup mieux documentéeset susceptibles d'évoluer pour mieux prendre en compte le progrès génétique.A terme, l'ensemble ong>deong>s collections nationales maintenues au sein ong>deong>s réseaux ong>deong>vrait constituer ong>laong>“Banque française ong>deong> ressources génétiques”, pong>laong>cée sous ong>laong> responsabilité du BRG. Ces collections sontune contribution forte ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> dans les programmes coopératifs européens ong>deong> gestion ong>deong>s ressourcesgénétiques, coordonnés par l'IPGRI.Dans les prochaines années, ce dispositif ong>deong>vrait être consolidé par l'établissement d'un statut juridiquepour les collections nationales (compatible avec le droit international), mais aussi par ong>laong> recherche ong>deong>financements pérennes pour leur gestion sur le long terme. Ceci conduira à maintenir l'accès libre àl'ensemble ong>deong> ce matériel, notamment dans ong>laong> cadre d'un système multiong>laong>téral mondial d'échanges etd'accès aux ressources génétiques, tel que promu par l'OAA/FAO.Les espèces ong>deong>s régions tropicalesDu fait ong>deong> sa longue tradition ong>deong> coopération, ong>laong> ong>Franceong> participe à plusieurs réseaux internationaux autravers du CIRAD et ong>deong> l'ORSTOM. En particulier, le pôle situé à Montpellier maintient ong>deong>s duplicata ong>deong>plusieurs collections d'espèces tropicales :- en chambre froiong>deong> (cotonnier, fonio, gombo, haricot, maïs, mil, Panicum, riz, soja, sorgho,tomate et diverses espèces forestières) ;- en serre (cacaoyer, caféier, Panicum ) ;- in vitro (ananas, bananier, caféier, canne à sucre, ignames, manioc, palmier à huile). Cesactivités sont assorties d'une inong>deong>xation phytosanitaire ong>deong>s ressources.La ong>Franceong> maintient aussi ong>deong>s collections au champ dans ses départements d'outre-mer : bananier, canneà sucre, ananas, hévéa, cacaoyer et eucalyptus). Le CIRAD-Forêt maintient ong>deong>s banques ong>deong> semences etong>deong>s collections au champ ong>deong> très nombreuses espèces forestières, notamment ong>deong> genres Terminalia,Tectona, Pinus et Eucalyptus. Il est envisagé aujourd'hui ong>deong> fédérer les compétences ong>deong>s différentsinstituts ong>deong> recherche situés à Montpellier (CIRAD, INRA, ORSTOM) autour d'une pong>laong>te-forme pour lesressources génétiques ong>deong>s espèces tropicales et méditerranéennes. Cette pong>laong>te-forme regrouperait ong>deong>sactivités ong>deong> conservation ong>deong>s ressources, d'inong>deong>xation phytosanitaire pour leur transit international, et ong>deong>formation dans ces domaines.La gestion ong>deong>s pathogènes et ong>deong>s symbiotes ong>deong>s espèces cultivéesCertaines collections ong>deong> pathogènes ou ong>deong> symbiotes associés à ces différente espèces sont déjàconstituées. Des projets d'organisation en réseaux ong>deong> collections ong>deong> micro-organismes par grands types etgranong>deong>s fonctions sont envisagés.V.2.2 LA GESTION IN SITULa préservation in situ correspond au maintien d'organismes reproducteurs dans leur milieu naturel, où ong>laong>variabilité génétique entre popuong>laong>tions d'une part et interne aux différentes popuong>laong>tions d'autre part estencore très élevée. Elle concerne en ong>Franceong> les espèces forestières, les espèces sauvages progénitrices ong>deong>spong>laong>ntes cultivées et les espèces prairiales, peu ong>deong> choses étant organisées au niveau national dans ceong>deong>rnier cas.Cette gestion est accompagnée d'une stratégie complémentaire ong>deong> conservation ex situ, dans le but ong>deong>mieux caractériser, analyser et utiliser ong>laong> variabilité ong>deong> l'espèce considérée.51


Les espèces forestièresDepuis 1991, ong>laong> Direction ong>deong> l'Espace Rural et ong>deong> ong>laong> Forêt (DERF) du ministère chargé ong>deong> l'agriculture ainitié le développement d'une politique nationale ong>deong> conservation ong>deong>s ressources génétiques forestières(circuong>laong>ire DERF/SDF/N91/N° 3011). Dans ce cadre ont déjà été éong>laong>borés et mis en œuvre plusieursdispositifs ong>deong> maintien in situ (hêtre commun et sapin pectiné), ong>deong> conservation ex situ (orme) et ong>deong>gestion intégrant simultanément ong>deong>s pong>laong>cettes in situ et une conservation dynamique pseudo in situ(merisier). A l'horizon 2000, il est prévu que ong>deong>s mesures ong>deong> protection in situ et ex situ soient engagéespour une dizaine d'espèces forestières majeures (grands chênes, peuplier noir, épicéa commun, pinmaritime ...).Un programme ong>deong> plus granong>deong> ampleur est maintenant en cours d'éong>laong>boration, dans le cadre ong>deong> ong>laong> Chartenationale pour les ressources génétiques ; il vise cinq grands objectifs :• ong>laong> gestion dynamique in situ ong>deong>s ressources génétiques forestières et ong>laong> conservation ex situ ong>deong>scollections nationales ;• l'inventaire permanent ong>deong>s ressources génétiques gérées au sein du programme ;• ong>laong> surveilong>laong>nce ong>deong> ong>laong> dynamique d'évolution ong>deong> ong>laong> diversité génétique ong>deong>s espèces forestières sur leterritoire français ;• ong>laong> mobilisation ou l'acquisition ong>deong>s connaissances scientifiques nécessaires pour définir lesméthoong>deong>s et les indicateurs ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> diversité, dans les dispositifs ong>deong> conservation et enforêt ong>deong> production.Ce programme national ong>deong> conservation ong>deong>s ressources génétiques forestières associera :• ong>laong> Commission technique nationale ong>deong> conservation ong>deong>s ressources génétiques forestières,définie par le ministère chargé ong>deong> l'agriculture ;• une cellule d'appui méthodologique, désignée par cette Commission ;• un réseau ong>deong> gestion et ong>deong> conservation, organisé par espèces et combinant méthoong>deong>s in situ etex situ pour les espèces suivantes : Fagus sylvatica, Abies alba, Ulmus spp, Prunus avium,Quercus petraea, Populus nigra, Picea abies, Pinus pinaster.Ce programme est complémentaire ong>deong> celui engagé par ailleurs pour protéger les habitats, en applicationong>deong>s engagement pris par ong>laong> ong>Franceong> avec ong>laong> ratification ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> sur ong>laong> diversité biologique :Directive 92/43 du Conseil ong>deong> l'Union européenne du 21 mai 1992, concernant ong>laong> conservation ong>deong>shabitats naturels ainsi que ong>deong> ong>laong> faune et ong>laong> flore sauvage (Réseau Natura 2000).Par ailleurs et dans un ong>deong>uxième temps, les activités ong>deong> ong>laong> Commission technique nationale ong>deong>sressources génétiques forestières pourraient être éong>laong>rgies aux DOM pour prendre en compte les espècestropicales, en veilong>laong>nt dans ce cas à bien intégrer ong>laong> dimension écologique.Les parents sauvages ong>deong>s espèces cultivéesL'inventaire ong>deong> ong>laong> diversité génétique présente au sein ong>deong> ces espèces est encore mal connu et constitue unpréambule nécessaire au développement ong>deong> pong>laong>ns ong>deong> gestion sur le long terme. Seules quelques actionspilotes ont été engagées dans ce sens pour Brassica oleracea, Beta maritima, Prunus brigantina,Agropyron et Tulipa.V.2.3 LA GESTION DYNAMIQUE DE LA VARIABILITELa gestion dynamique ong>deong> ong>laong> variabilité génétique constitue une stratégie complémentaire à celle ong>deong>sbanques ong>deong> gènes. Elle ne relève ni ong>deong> ong>laong> conservation in situ ni ong>deong> ong>laong> conservation ex situ au sens strict.Elle vise à recréer artificiellement les conditions d'une évolution continue ong>deong> popuong>laong>tions ong>deong> pong>laong>ntescultivées dans un pays d'agriculture moong>deong>rne où ces processus ont disparu : ong>deong>s popuong>laong>tions, intégrant52


une granong>deong> diversité génétique, sont soumises à ong>deong>s pressions sélectives faibles dans plusieurs milieux.La méthoong>deong> favorise ainsi l'apparition ong>deong> combinaisons ong>deong> gènes répondant à ong>deong> nouvelles contraintes ong>deong>l'environnement et susceptibles d'être plus rapiong>deong>ment valorisables que les ressources brutes pourrépondre aux besoins futurs ong>deong> l'agriculture.Ce type ong>deong> gestion est encore au staong>deong> expérimental et ong>deong> ce fait peu pratiqué. Il concerne à ce jour le blétendre, le ray-grass et le merisier.L'originalité ong>deong> ong>laong> méthoong>deong> et son intérêt stratégique pour préparer du matériel plus directementvalorisable pourrait conduire à envisager son extension à quelques autres espèces, avec ong>deong>s modalités ong>deong>gestion simples, visant à assurer une meilleure transition entre ong>laong> ressource brute et du matériel pluséong>laong>boré. Un programme débute sur ong>laong> betterave, avec intégration ong>deong>s espèces sauvages dans le dispositif.Un schéma sembong>laong>ble à celui du merisier est aussi envisagé à court terme pour le peuplier noir et le pinmaritime.V.2.4 LA CONSERVATION A LA FERMELa conservation à ong>laong> ferme suscite un grand intérêt au niveau international, mais son rôle effectif dans ong>laong>gestion ong>deong>s ressources génétiques sur le long terme ong>deong>manong>deong> à être précisé. Elle repose en effet sur leprincipe que l'agriculteur utilise chaque année ong>deong>s semences issues ong>deong> ses propres champs ou ong>deong> ceux ong>deong>ses voisins. Si ceong>laong> reste vrai pour certaines espèces et dans certaines régions du monong>deong> auxquellesappartiennent ong>deong>s DOM comme ong>laong> Guyane, l'évolution économique a ong>deong>puis longtemps en Europe aboutià une division du travail qui fait que ong>laong> production ong>deong> semences est une activité spécialisée.Dans le contexte ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> métropolitaine, où l'organisation ong>deong> ong>laong> filière ong>deong>s semences a accompagnél'évolution du monong>deong> agricole, ong>laong> conservation à ong>laong> ferme, telle que citée au niveau international, nesemble pas ong>deong>voir jouer un rôle notable. Elle est envisagée pour le maintien ong>deong>s espèces mineuressupports ong>deong> produits du terroir. L'organisation d'un réseau national ong>deong> gestion ong>deong>s vieilles variétés etpopuong>laong>tions locales pourrait aussi être envisagée, en concertation avec le secteur associatif.V.3 LES RESSOURCES GENETIQUES MICROBIENNESSous l'appelong>laong>tion ong>deong> micro-organismes sont regroupés tous les organismes microscopiques incluant lesvirus, les bactéries, les algues unicelluong>laong>ires, les protozoaires et les champignons fiong>laong>menteux oulevuriformes. Il s'agit donc d'un ensemble très hétérogène.Les micro-organismes jouent un rôle fondamental dans ong>laong> biosphère : ils assurent, souventexclusivement, ong>deong>s fonctions essentielles, occupant ainsi ong>deong>s postes clés dans les grands cyclesbiogéochimiques (cycles du carbone, ong>deong> l'azote…). Dans l'ensemble, les micro-organismes assurent unrôle essentiel par leur capacité à réorganiser les “matériaux”, par leur action ong>deong> transformation, ong>deong>détoxification et ong>deong> biodégradation ong>deong>s organismes morts (litières, sols…). Ils jouent également un rôlefondamental par leurs interactions avec les êtres vivants.Les micro-organismes jouent par ailleurs un rôle économique important, notamment dans l'alimentationoù ils interviennent dans ong>laong> fabrication ong>deong> nombreux aliments (industries ong>laong>itières et œnologiques,bouong>laong>ngerie, brasserie, saurisserie, saong>laong>ge ong>deong>s poissons) et dans l'industrie pharmaceutique, chimique.Les menaces pesant sur les micro-organismes présents dans les milieux naturels sont aujourd'huidifficiles à apprécier. Par contre, ong>laong> menace est granong>deong> pour les flores artisanales sélectionnéesempiriquement par les hommes pour leurs besoins alimentaires au cours ong>deong>s âges (levains fromagers –levains bouong>laong>ngers et vinicoles) qui tenong>deong>nt ong>deong> plus en plus à être rempong>laong>cées par ong>deong>s levains industrielsong>deong> qualités stables et ong>deong> composition uniforme, répondant davantage aux nécessités ong>deong> ong>laong> productionindustrielle.53


V.3.1 DYNAMIQUE DES POPULATIONS ET GESTION IN SITULes micro-organismes représentent un groupe à ong>laong> charnière ong>deong>s thématiques ong>deong> ong>laong> biodiversité et ong>deong>sressources génétiques. Les espèces et popuong>laong>tions microbiennes, dont l'importance numérique estconsidérable eu égard aux espèces animales et végétales, sont encore très mal connues. Ceci s'expliquepour partie du fait ong>deong> leurs difficultés d'isolement et ong>deong> mise en culture.D'immenses ong>laong>cunes subsistent dans ong>laong> connaissance ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong> leurs réponses adaptatives, ong>deong> leurdiversité intra- et inter-spécifique, ong>deong> leur diversité biogéographique, ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong> leurs échangesgénétiques possibles avec les autres règnes… C'est ce qui rend difficile l'évaluation effective ong>deong>s risquesong>deong> perturbation ou d'érosion génétique ong>deong>s popuong>laong>tions microbiennes dans les milieux.Les interactions “hôtes/micro-organismes” font l'objet ong>deong> nombreux travaux ong>deong> recherche, encolong>laong>boration avec les biologistes s'intéressant à ong>laong> variabilité ong>deong> l'hôte. Les problèmes liés auxinteractions durables ainsi qu'au mutualisme sont ong>laong>rgement pris en compte dans le programme nationalDBE (Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité et environnement) [voir chapitre sur ong>laong> recherche].Dans le cadre du même programme national le réseau “Biodiversité et écologie microbienne” mène ong>deong>srecherches sur les causes et mécanismes générateurs ong>deong> diversité au sein d'écosystèmes ainsi que l'impactong>deong> ong>laong> biodiversité microbienne sur les écosystèmes.V.3.2 CONSERVATION EX SITULes micro-organismes, qui ont pu être isolés et mis en culture, sont conservés pour ong>laong> plupart sous formelyophilisée et cryoconservée au sein ong>deong> souchothèques.On peut distinguer ong>deong>ux grands types ong>deong> souchothèque en ong>Franceong> : les souchothèques ong>deong> services et lessouchothèques ong>deong> ong>laong>boratoire. Les premières sont ong>deong>s structures ouvertes, assurant un certain nombre ong>deong>services : iong>deong>ntification ong>deong> souches, caractérisation ong>deong> propriétés particulières, dépôt confiong>deong>ntiel ong>deong>souches, maintien et diffusion ong>deong> souches référencées… Ces souchothèques sont en nombre restreint etrattachées à ong>deong>s instituts ong>deong> recherche (MNHN, INRA, Institut Pasteur…). Les souchothèques ong>deong>ong>laong>boratoire sont, au contraire, très nombreuses et ong>deong> dimension variable. Le rapport “Les collections ong>deong>micro-organismes ong>deong> l'INRA” (EHRLICH S.D., 1993) répertorie par exemple plus ong>deong> 69 collections ong>deong>ong>laong>boratoires au sein ong>deong> ce seul institut. Ces ong>deong>ux types ong>deong> souchothèques ont été recensées dans le“Répertoire ong>deong>s collections françaises ong>deong> micro-organismes”, qui iong>deong>ntifie 168 collections dans sonédition ong>deong> 1993.Un certain nombre ong>deong> souchothèques se sont organisées en réseaux pour échanger informations etsouches : soit au sein d'un même organisme (CFISM – Collection française informatisée ong>deong> microorganisme– ong>deong> l'INRA…), soit par secteur (santé humaine, santé vétérinaire…), soit pour ong>deong>s raisonspolitiques (MINE). Plusieurs réseaux concernant les problèmes ong>deong> santé (animale et humaine) sontfermés.L'adhésion ong>deong> ong>laong> ong>Franceong> ong>deong>puis 1988 au réseau européen MINE (Microbial Information Network inEurope) a permis :- d'organiser ong>laong> gestion ong>deong> collections ouvertes ong>deong> dimension nationale au sein d'un réseaucoopératif européen ;- ong>deong> créer ong>deong> nouvelles collections dans certains secteurs (levures, micro-organismes d'intérêtbiotechnologique).Ces actions ont été ong>laong>rgement soutenues par le ministère chargé ong>deong> ong>laong> recherche.A côté ong>deong> ces collections existent d'importantes souchothèques industrielles, totalement fermées.* * *54


CHAPITRE VI :LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DANS LES ACTIVITES DE RECHERCHELa diversité biologique fait l'objet en ong>Franceong> ong>deong> recherches réparties dans les différents pôlesuniversitaires et dans les grands organismes publics ong>deong> recherche.Un renforcement ong>deong> l'organisation ong>deong> ong>laong> recherche en faveur ong>deong> ong>laong> diversité biologique s'observe ong>deong>puisquelques années dans ces organismes : par exemple, au sein ong>deong>s universités (Paris IV), s'est créérécemment l'Institut fédératif d'écologie fondamentale et appliquée, et au sein du MNHN a été créél'Institut d'écologie et ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité (IEGB).Au niveau national, le ministère ong>deong> l'aménagement du territoire et ong>deong> l'environnement, le ministère ong>deong>l'agriculture et ong>deong> ong>laong> pêche, le ministère ong>deong> l'éducation nationale, ong>deong> ong>laong> recherche et ong>deong> ong>laong> technologie, leprogramme “Environnement, Vie et Sociétés” du CNRS mobilisent et coordonnent ong>laong> communautéscientifique française pour ong>laong> recherche dans ce domaine. Un programme national ong>deong> recherche“Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité et environnement” a été mis en pong>laong>ce.Des Groupements d'intérêt publics (structures juridiques permettant ong>laong> coordination ong>deong> ong>laong> recherche surun thème donné) tels que les GIP “Hydrosystèmes” pour les eaux continentales et “ECOFOR” pour lesforêts ainsi que le GIS “BRG” pour le maintien ong>deong>s ressources génétiques ont été institués, afin ong>deong> mieuxcoordonner une recherche qui doit souvent être interdisciplinaire et inter-organismes. Les associations ong>deong>protection ong>deong> ong>laong> nature sont enfin ong>deong> leur côté à l'origine ong>deong> programmes plus ponctuels liés à ong>deong>sproblèmes ong>deong> conservation.Des programmes thématiques ong>deong> recherche ont été ong>laong>ncés, comme le Programme national ong>deong> recherchesur les zones humiong>deong>s (PNRZH). Enfin ong>laong> recherche appliquée est menée ou pilotée par les organismespublics gestionnaires ong>deong> certaines ong>deong>s ressources ong>deong> ong>laong> biodiversité (ONF, ONC et CSP).VI.1 L'ACTIVITE DES GRANDS ORGANISMES DE RECHERCHE PUBLIQUELa recherche sur ong>laong> diversité biologique est en ong>Franceong> essentiellement le fait ong>deong>s grands organismes ong>deong>recherche publique, et tout particulièrement MNHN, CNRS, INRA, IFREMER, CEMAGREF,ORSTOM, CIRAD…Pour certains ong>deong> ces organismes, ong>laong> diversité biologique (au niveau génétique, au niveau ong>deong> l'espèce, auniveau ong>deong>s écosystèmes) est l'axe unique ou bien un ong>deong>s domaines essentiels ong>deong> leur activité (MNHN,ong>laong>boratoires du CNRS, …).Pour d'autres, elle correspond à ong>deong>s départements ou ong>deong>s divisions importantes ong>deong> leur activité ong>deong>recherche (IFREMER, ORSTOM, …). Pour d'autres enfin, elle fait aujourd'hui partie ong>deong>s thèmesnécessaires à ong>laong> poursuite ong>deong> leurs objectifs dont l'axe principal n'est cependant pas ong>laong> diversité biologiqueen tant que telle (recherche au service ong>deong> l'agriculture à l'INRA ou au CEMAGREF par exemple).55


VI.2 LE PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE “DYNAMIQUE DE LABIODIVERSITE ET ENVIRONNEMENT” (DBE)Le programme “Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité et environnement”, qui structure ong>laong> recherche publiquefrançaise dans ce domaine, correspond à ong>laong> contribution coordonnée ong>deong> ong>laong> communauté scientifiquefrançaise à l'effort ong>deong> recherche international sur ong>laong> biodiversité, dans le cadre du programmeDIVERSITAS ong>deong> l'Union internationale ong>deong>s sciences biologiques et ong>deong> l'UNESCO.Ce programme tient compte à ong>laong> fois ong>deong>s priorités ong>deong>s grands organismes ong>deong> recherche, ong>deong>s spécificitésfrançaises (en termes ong>deong> compétences scientifiques, d'opportunités “géographiques ou écologiques”, voireong>deong> priorités stratégiques) et ong>deong> ong>laong> programmation internationale en cours.Les objectifs scientifiques nationaux iong>deong>ntifiés et sélectionnés sont les suivants :– mettre en relief les facteurs qui déterminent ong>laong> diversité biologique et ses changements ;– évaluer, modéliser et prévoir le rôle direct ou indirect ong>deong>s interventions d'origine anthropique sur ong>laong>diversité biologique et ses conséquences sur le fonctionnement ong>deong>s écosystèmes, du local aurégional ;– comprendre et tirer parti ong>deong> ong>laong> portée économique, éthique ou culturelle que peut avoir ong>laong> diversitébiologique pour les sociétés humaines.Les thèmes ong>deong> recherche sont les suivants : origines et maintien ong>deong> ong>laong> biodiversité ; effets sur ong>laong> diversitébiologique ong>deong>s changements ong>deong> l'environnement et ong>deong> ong>laong> dynamique ong>deong>s peuplements ; rôle ong>deong> ong>laong> diversitébiologique dans le fonctionnement ong>deong>s écosystèmes ; perception, évaluation et usages ong>deong> ong>laong> diversitébiologique.Les partenaires ong>deong> ce Programme national ong>deong> recherche sur ong>laong> diversité biologique sont l'INRA,l'ORSTOM, le CIRAD, l'IFREMER, le CEMAGREF et le MNHN. Certaines universités (notammentMontpellier II, Lyon I, Rennes II, Paris VI et Paris XI), comme d'autres organismes, sont aussi impliquésà travers leurs équipes associées au CNRS. Une structure ong>deong> programme national est mise en pong>laong>ce ong>deong>façon à mieux coordonner l'évaluation, les efforts et les moyens, en coordination avec le ministère chargéong>deong> l'environnement. Les organismes ong>deong> recherche finalisée mènent une réflexion visant à ong>laong>ncer ong>deong>srecherches complémentaires permettant d'assurer ainsi les retombées pratiques du Programme national.VI.3 LE PROGRAMME NATIONAL BIODIVERSITEDans ong>laong> continuité du programme national ong>deong> recherche “Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité etenvironnement”, les principaux organismes ong>deong> recherche française se mobilisent pour participeractivement aux débats internationaux et défendre plus efficacement les intérêts nationaux. Ils ont à ceteffet éong>laong>boré une pong>laong>te-forme commune - le Programme national biodiversité - qui a pour objectifd'iong>deong>ntifier les questionnements et les domaines d'intérêt commun dans le champ ong>deong> ong>laong> biodiversité, touten faisant le point sur les coordinations déjà en cours. Cette pong>laong>te forme ong>deong>vrait servir ong>deong> base à ong>laong> miseen pong>laong>ce d'autres activités inter-organismes, que ce soit sous forme d'actions incitatives ou ong>deong> structuresplus formelles.L'objectif ong>deong> ong>laong> pong>laong>te-forme n'est pas ong>deong> couvrir l'ensemble du domaine ong>deong> ong>laong> biodiversité et ong>deong>s diversesactivités menées par les organismes ong>deong> recherche, mais d'iong>deong>ntifier les domaines ou les activités quiseraient mieux traités dans le cadre d'une coordination inter-organismes. La démarche suivie conduit àretenir trois types d'approches :- une approche par grands champs thématiques,- une approche par modèle biologique,- une approche par sites ateliers.56


Quatre thématiques principales ont été iong>deong>ntifiées dans le champ ong>deong> ong>laong> biodiversité. Ces quatre domainessont et doivent être interactifs : origine, distribution et dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité ; protection etrestauration ong>deong> ong>laong> biodiversité ; biodiversité et développement durable ; valorisation économique ong>deong> ong>laong>diversité biologique.Pour répondre au risque ong>deong> ong>laong> dispersion ong>deong>s travaux ong>deong> recherche, l'accent ong>deong>vrait être mis sur lesmodèles biologiques, qui permettent ong>deong> promouvoir une approche transversale prenant en compte lesaspects patrimoniaux, ong>deong> conservation, et les aspects ressources biologiques dans une perspective ong>deong> coviabilitéavec les systèmes sociaux.Les recherches pourraient être concentrées sur ong>deong>s sites ateliers prioritaires : sur ong>deong>s milieux types(pâturages extensifs, forêts, zones humiong>deong>s, zones côtières, …), ou sur ong>deong>s zones géographiquesiong>deong>ntifiées pour les problèmes qu'elles posent concernant ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> biodiversité.VI.4 LA PROGRAMMATION DE LA RECHERCHE AU MINISTERE DE L'AMENAGEMENTDU TERRITOIRE ET DE L'ENVIRONNEMENTL'évolution ong>deong> ong>laong> problématique ong>deong> recherche ong>deong>puis vingt-cinq ansPar sa position stratégique, à l'interface ong>deong>s chercheurs et ong>deong>s praticiens, le ministère chargé ong>deong>l'environnement est ong>deong>puis sa création en 1971 impliqué dans ong>laong> programmation et le financement ong>deong>recherches sur le thème ong>deong> ong>laong> diversité biologique. Dès 1975, ce ministère a concrétisé ses besoins enrecherche appliquée à ong>laong> gestion ong>deong>s espèces végétales et animales (espèces menacées ou au contraireposant problème à cause ong>deong> leur prolifération) en créant le Comité faune et flore au sein ong>deong> ong>laong> Missionong>deong>s étuong>deong>s et ong>deong> ong>laong> recherche. Dans une première phase, ce comité a financé ong>deong>s recherchesméthodologiques centrées sur les inventaires d'espèces et ong>laong> cartographie ong>deong> leur répartition. Ceong>laong> aconduit notamment à ong>laong> création du Secrétariat ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore (aujourd'hui Service dupatrimoine naturel au sein ong>deong> l'IEGB) au Muséum national d'histoire naturelle [voir chapitre III].Par ong>laong> suite, défendant l'idée qu'on ne protège bien les espèces qu'en préservant les habitats, le comité adéveloppé les tout premiers programmes d'écologie appliquée. En 1979, le comité Faune-Flore a étéreong>laong>yé par le Comité écologie et gestion du patrimoine naturel (EGPN) qui assure toujours aujourd'huil'essentiel ong>deong> ong>laong> programmation sur ong>laong> diversité biologique. Ce comité est animé par le souci d'ancrer ong>laong>recherche en écologie dans ong>laong> réalité ong>deong> ong>laong> gestion du patrimoine naturel. Il vise à faire prendre encompte l'analyse écologique dans les décisions au même titre que les analyses techniques et économiques.Il a pour ambition ong>deong> contribuer à concilier développement économique, activités humaines et protectiondu milieu naturel.Ses travaux sont complétés, ong>deong>puis 1990, par ceux du Comité “Sols et forêts tropicaux” (SOFT), puisplus récemment ong>deong> façon ponctuelle par les travaux ong>deong>s missions “Eaux continentales et marines”,“Sciences sociales”, et “Affaires économiques”.Une recherche qui débouche sur ong>laong> gestionLa quasi-totalité ong>deong>s appels d'offre et programmes ong>deong> recherche initiés par les comités EGPN et SOFTapportent ainsi ong>deong> précieux éléments pour ong>laong> connaissance, l'utilisation, le maintien et ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong>diversité biologique sur le territoire métropolitain, ses dépendances tropicales et occasionnellementcertains autres pays. Ils complètent les appels d'offre ong>deong> l'Union européenne dans lesquels ils s'insèrentparfois.Le souci constant ong>deong> ces ong>deong>ux comités a toujours été ong>deong> connaître pour mieux gérer et pour contribuer à ong>laong>conservation d'une diversité biologique souvent menacée. Les thèmes suivants ont ainsi étéparticulièrement étudiés : influences ong>deong> l'intensification ong>deong> l'agriculture ou au contraire conséquences ong>deong>ong>laong> déprise agricole ; impact ong>deong> différentes pollutions ; impacts ong>deong>s changements ong>deong> pratiques piscicoles ousylvicoles ; ong>deong> l'évolution ong>deong>s climats et ong>deong>s paysages ; effets ong>deong> ong>laong> fragmentation ong>deong>s popuong>laong>tionsprovoquées par ong>laong> construction ong>deong>s granong>deong>s infrastructures routières ou ferroviaires.57


A plus granong>deong> échelle, les nouveaux moong>deong>s ong>deong> gestion du territoire ou ong>deong> grands types d'écosystèmescomme les zones humiong>deong>s ont retenu l'attention du comité EGPN. De même l'étuong>deong> ong>deong> phénomènes telsque le parasitisme ou ong>laong> prédation, l'étuong>deong> du rôle et ong>deong> ong>laong> pression qu'exercent les oiseaux piscivores,étaient axés sur ong>laong> gestion pratique ong>deong>s espèces concernées et l'évaluation ong>deong> leur rôle fonctionnel.Les programmes ong>deong> recherche les plus récentsLes programmes ong>deong> recherche les plus récents initiés par le ministère chargé ong>deong> l'environnement fontspécifiquement référence à l'étuong>deong> et à ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> diversité écologique, avec notamment les thèmessuivants :– Diversité biologique et morcellement en zone agricole ong>deong> granong>deong> culture.– Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité et gestion ong>deong> l'espace, analysée dans une perspective historique.– Restauration ong>deong>s milieux. Un programme national ong>deong> recherche “Recréer ong>laong> nature” a été ong>laong>ncé en1995 pour soutenir et renforcer le potentiel scientifique et technique (ingénierie écologique)français.– Programme national ong>deong> recherche sur les zones humiong>deong>s (voir ci-après).– Biodiversité et gestion forestière (ministères chargés ong>deong> l'environnement et ong>deong> l'agriculture, àtravers le GIP ECOFOR).– Forêts tropicales : ong>laong> dégradation générale voire ong>laong> disparition rapiong>deong> ong>deong>s forêts tropicales, leurgestion durable et ong>laong> conservation ong>deong> leur extraordinaire diversité biologique sont l'objet duProgramme SOFT (Sols et forêts tropicaux) qui a ong>laong>ncé, ong>deong>puis 1990, ong>deong>s recherches dans diverspays d'Amérique, d'Afrique et d'Asie tropicale et en premier lieu dans les DOM-TOM français (enGuyane en particulier, dans ong>laong> perspective ong>deong> ong>laong> création du Parc national ong>deong> Guyane, et afin ong>deong>prendre en compte en particulier l'impact ong>deong>s activités humaines traditionnelles).Le programme national ong>deong> recherche “Recréer ong>laong> nature” engagé par le ministèreong>deong> l'aménagement du territoire et ong>deong> l'environnementEn complément ong>deong> ong>laong> notion ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> nature, l'idée ong>deong> “restauration” s'est imposée au coursong>deong>s ong>deong>rnières années en ong>Franceong> face à ong>laong> dégradation ong>deong>s écosystèmes et ong>deong>vant ong>laong> nécessité ong>deong> préserverong>laong> biodiversité.Afin ong>deong> préciser cette démarche et ong>deong> réunir les approches existantes – à ong>laong> fois appliquées etfondamentales – le ministère chargé ong>deong> l'environnement et le MAB ong>Franceong> ont organisé en mai 1994,avec l'aiong>deong> ong>deong> WWF ong>Franceong>, le colloque “Recréer ong>laong> nature : réhabilitation, restauration et créationd'écosystèmes”.A partir ong>deong>s acquis ong>deong> ce colloque, un appel à propositions ong>deong> recherche a été diffusé à 2.000 exempong>laong>iresen août 1995, dans le cadre du ong>laong>ncement du programme national “Recréer ong>laong> nature”. Les propositionsong>deong> recherche ong>deong>vaient s'articuler autour ong>deong> quatre axes : (1) Quels sont les déterminants ong>deong>s choix et lesmotivations ong>deong>s intervenants ? (2) Comment sont choisis les systèmes ong>deong> références ? (3) Quelles sont leséchelles spatio-temporelles pertinentes d'intervention ? (4) Quelles sont les modalités ong>deong> suivi etd'évaluation ong>deong> ces d'interventions ?Au total, 69 propositions ont été reçues au Muséum national d'histoire naturelle, le gestionnaire etanimateur délégué du programme. Elles furent ensuite examinées par un Comité scientifique, puisapprouvées par un Comité d'orientation rassembong>laong>nt les représentants ong>deong> 28 organismes divers,ministères et associations ainsi que le présiong>deong>nt du Comité scientifique. En mai 1996, 20 projets ont étéretenus pour un budget total ong>deong> 5,4 MF sur trois ans.Les programmes sont présentés par les équipes mixtes, comprenant chacune une composante scientifiqueet une composante opérationnelle. Ils sont géographiquement distribués sur l'ensemble du territoire58


français (métropole et DOM-TOM) et recouvrent ainsi une diversité ong>deong> milieux, à l'image ong>deong> ong>laong> richessepaysagère française : zones humiong>deong>s, tourbières, pelouses, carrières, garrigues, forêts, récifs coralliens,milieux littoraux, îles subantarctiques ainsi que les différents corridors végétaux bordant les réseauxferroviaire et autoroutier.Ces programmes permettront ong>deong> tester et d'améliorer les modèles et les hypothèses issues ong>deong> ong>laong> recherchefondamentale sur ong>laong> structure et le fonctionnement ong>deong>s systèmes écologiques. Par leurs objectifs finaliséset les valorisations attendues, les programmes sélectionnés serviront ong>deong> base aux futures actions ong>deong>restauration. Enfin, ces projets ong>deong> restauration faciliteront le développement ong>deong> mesures ong>deong> protection(cong>laong>ssement ong>deong>s sites, acquisition foncière) ou ong>deong> gestion durable (mesures agri-environnementales) quipermettront ong>deong> pérenniser les actions entreprises.La restauration ong>deong>s écosystèmes dégradés représente ainsi aujourd'hui un nouvel atout pour ong>laong>valorisation du patrimoine naturel français dont veut être porteur le ministère ong>deong> l'aménagement duterritoire et ong>deong> l'environnement à travers ce programme ong>deong> recherche.VI.5 DEUX EXEMPLES DE GROUPEMENTS PUBLICS POUR LA COORDINATION DE LARECHERCHELe GIP HydrosystèmesSix organismes ong>deong> recherche publics (BRGM, CEMAGREF, CNRS, IFREMER, INRA et ORSTOM) etl'Office international ong>deong> l'eau (OIE) se sont rassemblés sous ong>laong> forme d'un Groupement d'intérêt public“connaissance et gestion ong>deong>s hydrosystèmes”. Ce GIP “Hydrosystèmes” a pour objectif ong>deong> promouvoirune approche intégrée ong>deong>s hydrosystèmes prenant en compte les exigences du développement socioéconomiqueet ong>laong> protection ong>deong>s systèmes naturels, et ong>deong> mobiliser ong>laong> communauté scientifique sur cetobjectif.Le champ ong>deong> compétences du GIP concerne les hydrosystèmes continentaux et leurs interfaces, y comprisles estuaires, les ong>laong>gunes et les milieux littoraux. Ce champ s'étend ong>deong>s zones tempérées aux zonestropicales et concerne aussi bien les eaux superficielles que les eaux souterraines.Le GIP s'est défini cinq missions principales : faciliter les actions communes ong>deong>s membres fondateurs ;dialoguer avec les utilisateurs, faciliter et améliorer le transfert ong>deong> connaissances avec les gestionnaires ;valoriser et diffuser les résultats ong>deong> ong>laong> recherche ; renforcer les reong>laong>tions entre instituts ong>deong> recherche etstructures ong>deong> formation, notamment supérieure ; représenter ong>laong> communauté scientifique française auniveau national, européen et international.Il est apparu indispensable ong>deong> focaliser les activités du GIP sur quelques thèmes particulièrementimportants dans une perspective d'approche intégrée ong>deong>s hydrosystèmes. Ceci concerne les six domainessuivants :- les transferts d'eau et ong>deong> substances dissoutes ou en suspension ;- les systèmes biologiques, en mettant l'accent sur les facteurs ong>deong> structuration ong>deong>s peuplementsaquatiques, et les conséquences ong>deong>s activités humaines ;- les sociétés et les hydrosystèmes, avec en particulier l'étuong>deong> ong>deong>s moong>deong>s ong>deong> gestion ;- le développement du concept ong>deong> “zone atelier”, qui vise à intégrer les recherches sur un certainnombre ong>deong> zones sélectionnées ;- l'animation d'un Programme national ong>deong> recherche sur les zones humiong>deong>s (PNRZH) [voir plusloin] ;- une recherche sur les méthoong>deong>s et les outils, ong>deong> ong>laong> modélisation à l'éong>laong>boration ong>deong> bases ong>deong>connaissances.59


Le GIP ECOFORLe Groupement d'intérêt public “Écosystèmes forestiers” (ECOFOR) est un groupement mis en pong>laong>ce parles organismes ong>deong> recherche français pour développer ong>deong>s programmes ong>deong> recherche coopératifs sur lefonctionnement ong>deong>s écosystèmes forestiers en métropole et dans les DOM-TOM. Il regroupe lesorganismes suivants : CEMAGREF, CIRAD, CNRS, ENGREF, INRA, ONF, ORSTOM.Dans les programmes d'ECOFOR, ong>laong> biodiversité est étudiée avant tout pour son rôle dans lefonctionnement ong>deong> l'écosystème et pour l'utilisation qui peut en être faite dans les pratiques sylvicoles.Dans cet esprit un projet sur les forêts ong>deong> montagne cherche par exemple à iong>deong>ntifier le rôle ong>deong> ong>laong>diversité dans le fonctionnement ong>deong>s forêts subnaturelles, pour mieux définir les moong>deong>s ong>deong> gestionsylvicole dans les forêts gérées. Un autre projet étudie l'introduction d'îlots ong>deong> diversité dans lespeuplements artificiels ong>deong> pin maritime ong>deong>s ong>laong>nong>deong>s, comme moyen ong>deong> contrôle ong>deong>s ravageurs du pin.Un nouvel appel à propositions ong>deong> recherche a été ong>laong>ncé en 1997 avec les ministère chargés ong>deong>l'environnement et ong>deong> l'agriculture, et un travail ong>deong> synthèse scientifique est en cours sur les reong>laong>tionsentre biodiversité et gestion forestière. Sa publication est prévue fin 1998.VI.6 LA COORDINATION DES RECHERCHES SUR LA DIVERSITE GENETIQUELes ministères et les instituts ong>deong> recherche partenaires du Bureau ong>deong>s ressources génétiques s'associentong>deong>puis plusieurs années pour regrouper leurs efforts dans ce domaine, à travers les activités coordonnéespar le BRG. Deux appels d'offres nationaux ong>laong>ncés en 1994 et 1997 ont conduit à soutenir respectivement24 et 34 projets sur ong>deong>s aspects biologiques mais aussi socio-économiques liés à ces thématiques,abordées ong>deong> façon transversales pour les animaux, les végétaux et les micro-organismes.Les priorités retenues pour le ong>deong>rnier appel d'offres étaient centrées sur :• les méthodologies d'inventaire et ong>deong> caractérisation ong>deong> ong>laong> diversité génétique ong>deong>s popuong>laong>tionsnaturelles,• l'étuong>deong> ong>deong> ong>laong> structuration spatio-temporelle ong>deong> ong>laong> diversité génétique et les stratégiesd'échantillonnage associées,• les effets physiologiques et physico-chimiques ong>deong> l'abaissement ong>deong> température et ong>deong> ong>laong>ong>deong>ssiccation, en vue ong>deong> ong>laong> cryoconservation ong>deong> gamètes, d'embryons ou d'organes,• ong>laong> gestion dynamique ong>deong> ong>laong> diversité génétique incluant ong>laong> compréhension ong>deong>s mécanismes(a) ong>deong> maintien et d'évolution ong>deong> ong>laong> diversité ong>deong>s popuong>laong>tions naturelles et artificielles, et (b) ong>deong>co-évolution entre espèces animales ou végétales et leurs parasites ou leurs symbiotes,• les aspects socio-économiques et réglementaires associés à une gestion pérenne ong>deong>s ressourcesgénétiques.VI.7 LE PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE SUR LES ZONES HUMIDESLes objectifs du programme ong>deong> rechercheLa démarche s'inscrit dans le cadre du pong>laong>n d'action pour les zones humiong>deong>s adopté le 22 mars 1995 enConseil ong>deong>s ministres [voir chapitre IV]. Elle s'est concrétisée sous ong>laong> forme d'un Programme national ong>deong>recherche sur les zones humiong>deong>s (PNRZH) d'une durée ong>deong> 3 ans. Cette recherche finalisée doit permettrenon seulement ong>deong> mieux comprendre le fonctionnement, les fonctions et les services ong>deong>s zones humiong>deong>s,mais également ong>deong> concevoir et ong>deong> valiong>deong>r les méthoong>deong>s ong>deong> conservation, ong>deong> gestion ou ong>deong> restauration. Leprogramme doit aussi contribuer à une bonne prise en compte ong>deong>s zones humiong>deong>s dans les dispositifsprévus par ong>laong> loi sur l'eau du 3 janvier 1992 : les Schémas directeurs d'aménagement et ong>deong> gestion ong>deong>seaux (SDAGE) et les Schémas d'aménagement et ong>deong> gestion ong>deong>s eaux (SAGE) [voir chapitre II].60


Le PNRZH est structuré autour d'un Comité ong>deong> pilotage, d'un Comité scientifique, d'un Bureaupermanent. Le Comité ong>deong> pilotage est constitué ong>deong> membres ong>deong>s Agences ong>deong> l'Eau, ong>deong>s ministères chargésong>deong> l'environnement, ong>deong> l'agriculture, ong>deong> l'équipement, ong>deong> ong>laong> présiong>deong>nte du Comité scientifique et du GIPHydrosystèmes. Ce ong>deong>rnier fait office ong>deong> maître d'ouvrage délégué. Il assure notamment le secrétariat duComité ong>deong> pilotage et du Comité scientifique, l'animation scientifique du programme, et ong>laong> production durapport annuel ong>deong> synthèse.La problématique ong>deong> ong>laong> rechercheLe programme ong>deong> recherche couvre trois domaines :- ong>laong> compréhension du fonctionnement ong>deong>s zones humiong>deong>s,- l'iong>deong>ntification, ong>laong> sélection et ong>laong> validation ong>deong> critères (fonctionnels, morphologiques,biotiques, …) qui permettent ong>deong> décrire les zones humiong>deong>s pour obtenir ong>deong>s états ong>deong> référence,- ong>laong> détermination ong>deong>s conditions d'adhésion sociale à une politique ong>deong> conservation et ong>deong>reconquête ong>deong>s zones humiong>deong>s.L'appel à projets ong>deong> recherche a été ong>laong>ncé fin 1995. 19 projets ont été retenus, répartis en quatrecatégories correspondant aux zones humiong>deong>s littorales (4 projets), aux zones humiong>deong>s ong>deong> valléealluviale (8), aux zones humiong>deong>s ong>deong> pong>laong>ine intérieure (3) et à ong>deong>s thématiques transversales (4). Unvingtième projet en cours ong>deong> reconstruction sur le marais ong>deong> Kaw (Guyane).Pour chaque projet est mis en pong>laong>ce un comité local qui veille au bon déroulement ong>deong>s projets et à ong>laong>coordination avec d'autres projets intéressant le site étudié. Il associe les équipes ong>deong> chercheurs, lesadministrations locales (Agences ong>deong> l'eau, DIREN…) et d'autres partenaires locaux concernés.VI.8 LA RECHERCHE DANS LES ORGANISMES GESTIONNAIRES DES FORETS, DE LACHASSE ET DE LA PECHEDans le cadre ong>deong> leurs programmes ong>deong> recherche appliquée à ong>laong> gestion ong>deong> popuong>laong>tions ong>deong> gibiers dans uncas et ong>deong>s forêts publiques dans l'autre cas, l'Office national ong>deong> ong>laong> chasse (ONC) et l'Office national ong>deong>sforêts (ONF) ont mené et continuent à financer ong>deong> nombreuses étuong>deong>s sur l'écologie, le suivi et ong>laong> gestiondurable d'espèces, ong>deong> groupes d'espèces, ou ong>deong> milieux, à l'échelle locale, régionale et nationale. Toutesont pour but affiché le maintien ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans le cadre ong>deong>s pong>laong>ns d'exploitationcynégétique ou forestière et une prise en compte croissante ong>deong> cette conservation dans les préoccupationsong>deong> gestion à long terme.De son côté, le Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche (CSP) suscite dans le même esprit ong>deong>s travaux scientifiquespermettant d'orienter les gestionnaires vers ong>deong>s actions favorisant ong>laong> réhabilitation ong>deong>s écosystèmesaquatiques et ong>laong> préservation du patrimoine piscicole naturel. En soutenant financièrement ong>deong>s travauxscientifiques fondamentaux et appliqués (en génétique, dynamique ong>deong> popuong>laong>tions, écologie…), le CSPtravaille à ong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong> règles ong>deong> gestion intégrant ong>deong>s notions, longtemps négligées, ong>deong> prise encompte ong>deong> ong>laong> diversité biologique inter et intra-spécifique.La recherche à l'ONFL'Office national ong>deong>s forêts développe ong>deong> nombreuses actions ong>deong> recherche et développement afin ong>deong>prendre en compte ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les pratiques sylvicoles. Ces actionssont conduites notamment par le Département ong>deong>s recherches techniques, supervisé par le Conseilscientifique ong>deong> l'établissement. Ce département étudie l'évolution à long terme ong>deong>s milieux forestiers, d'unpoint ong>deong> vue physico-chimique et biologique, en gérant le réseau RENECOFOR, constitué ong>deong>102 pong>laong>cettes permanentes réparties dans toute ong>laong> ong>Franceong>.L'ONF vient ong>deong> créer un Conservatoire génétique ong>deong>s arbres forestiers, pour étudier et conserver ong>laong>diversité génétique ong>deong>s ligneux forestiers. Il conduit ong>deong>s expérimentations ong>deong> terrain visant à mettre aupoint ong>deong>s techniques ong>deong> gestion spécifiquement adaptées à certaines espèces animales (tétras en61


montagne, cervidés en pong>laong>ine, …) ou végétales (retour ong>deong>s feuillus sur les littoraux aquitains etcharentais, …). Par ailleurs, une commission scientifique nationale sur l'avifaune a été récemment crééepour coordonner l'ensemble ong>deong>s programmes d'étuong>deong> et ong>deong> gestion ong>deong>s popuong>laong>tions d'oiseaux (pics,rapaces, cigogne noire, …). Cette démarche sera plus tard étendue à l'ensemble ong>deong> ong>laong> faune.La recherche au CSPLe Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche a engagé un effort important pour harmoniser auprès ong>deong> ses services lesprocédures ong>deong> recueil d'informations sur les popuong>laong>tions piscicoles. Avec ong>laong> mise en pong>laong>ce d'un réseaunational d'observation, le RHP (Réseau hydrobiologique et piscicole), il gère une banque ong>deong> donnéesthématique du Réseau national ong>deong> données sur l'eau (RNDE). Il est à ce titre appelé à fournir en tant queong>deong> besoin ong>deong>s informations aux instances régionales et nationales. L'analyse ong>deong> ong>laong> biodiversité piscicolecomme facteur d'appréciation ong>deong> l'état ong>deong> santé ong>deong>s cours d'eau fait actuellement l'objet d'une étuong>deong>. Aplus long terme, le système en pong>laong>ce permettra ong>deong> constituer ong>deong>s séries d'informations chronologiques surl'évolution naturelle ou artificielle ong>deong>s peuplements piscicoles.La recherche à l'ONCLes étuong>deong>s et recherches appliquées à l'ONC, conduites par une centaine ong>deong> chercheurs et techniciens,portent essentiellement sur ong>laong> connaissance et ong>laong> gestion ong>deong>s espèces gibier et ong>deong> leurs habitats. Destravaux sont également menés sur certains mammifères menacés, sur ong>deong>s espèces ong>deong> prédateurs et sur ong>laong>restauration d'habitats fragiles.Les principaux thèmes abordés concernent ong>laong> biologie ong>deong>s espèces, ong>laong> mise au point d'outils ong>deong> gestion, ong>laong>connaissance ong>deong>s prélèvements par ong>laong> chasse, l'impact ong>deong>s activités humaines, l'évolution ong>deong>s effectifs, lesmoong>deong>s ong>deong> gestion ong>deong>s habitats. Cinq groupes d'espèces sont surtout étudiés : petit gibier ong>deong> pong>laong>ine, grandgibier, faune ong>deong> montagne, oiseaux migrateurs, prédateurs.L'établissement s'implique aussi dans ong>laong> gestion d'espaces protégés (5.500 hectares ong>deong> réserves ong>deong> chasse,réserves nationales et réserves naturelles), dans l'analyse ong>deong>s effets ong>deong>s produits chimiques sur ong>laong> faunesauvage, le suivi sanitaire, …* * *62


CHAPITRE VII :COOPERATION ET TRANSFERT DE SAVOIR-FAIREVII.1 LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DANS LA COOPERATION FRANÇAISELa conservation et ong>laong> restauration ong>deong> ong>laong> diversité biologique en ong>Franceong> s'insère dans une préoccupationplus générale ong>deong> participation au maintien ong>deong> ong>laong> diversité biologique mondiale, ong>deong> colong>laong>boration avecd'autres pays, ong>deong> coopération technique ou d'échange ong>deong> savoir-faire, en direction du Sud et ong>deong>s paysfrancophones en particulier.Aujourd'hui, ong>laong> ong>Franceong> intègre ong>laong> prise en compte ong>deong> l'environnement et ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversitébiologique dans ses programmes d'assistance au développement. Elle a créé un Fonds français pourl'environnement mondial (FFEM) dont ong>laong> composante reong>laong>tive à ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> biodiversité sedéveloppe régulièrement dans les projets reong>laong>tifs aux zones humiong>deong>s, zones côtières, forêts tropicales,steppes, forêts sèches, protection ong>deong>s espèces menacées…La ong>Franceong> mène une coopération active dans le domaine ong>deong> ong>laong> gestion et ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong>s ressourcesen eau et ong>deong>s écosystèmes aquatiques, milieux particulièrement favorables à ong>laong> richesse ong>deong> ong>laong> diversitébiologique dans toutes les régions du monong>deong> et notamment dans les régions tropicales. Elle a dans cedomaine été un ong>deong>s pays fondateurs ong>deong> l'Initiative internationale en faveur ong>deong> ong>laong> protection et ong>deong> ong>laong>gestion ong>deong>s récifs coralliens (ICRI).Enfin elle mène, par l'intermédiaire notamment ong>deong> ses organismes ong>deong> recherche publics (CIRAD etORSTOM en particulier), une assistance internationale en matière d'aiong>deong> au développement qui vise à ong>laong>préservation et ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans les pays en développement (développement ong>deong>l'agriculture, gestion durable ong>deong>s forêts, préservation ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages et ong>deong>s ressourcesgénétiques, protection ong>deong>s sols et ong>deong>s ressources hydriques, …).Le transfert ong>deong> savoir-faire tend à se traduire ong>deong> plus en plus au travers ong>deong> l'implication dans le systèmeong>deong> coopération française d'un certain nombre d'acteurs nouveaux dont les compétences aujourd'huireconnues au pong>laong>n international doivent se formaliser en termes d'outils ong>deong> coopération.Dans ce domaine particulier on peut noter : le Conservatoire du littoral, les parcs nationaux et les parcsnaturels régionaux, l'Office national ong>deong>s forêts, les Agences ong>deong> bassin, l'IFEN, l'ADEME… Un accordcadre est en cours ong>deong> préparation entre le secrétariat d'état à ong>laong> coopération et le ministère ong>deong>l'aménagement du territoire et ong>deong> l'environnement. Les expériences existent, ou sont en cours ong>deong>développement : jumeong>laong>ges ong>deong> parcs (ong>Franceong>-Côte d'Ivoire, ong>Franceong>-Sénégal – cf. étuong>deong> Comité françaisUICN/ACCT), action ong>deong> l'ONF en Côte d'Ivoire, action du Conservatoire du littoral avec ong>laong> Tunisie,ong>deong>main avec l'Océan indien, ong>laong> Côte d'Ivoire…Ce chapitre illustre ong>laong> coopération française en matière ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique enprésentant ong>deong> façon détaillée trois composantes ong>deong> l'action française ong>deong> coopération :- un outil financier ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> biodiversité : le FFEM ;- un domaine technique d'intervention : ong>laong> préservation et ong>laong> gestion ong>deong>s milieux aquatiques ;- ong>laong> recherche française sur ong>laong> diversité biologique engagée au service ong>deong> ong>laong> coopération avec lespays en développement, à travers ong>deong>ux ong>deong> ses principaux organismes ong>deong> recherche publique : leCIRAD et l'ORSTOM.63


Le Comité français pour l'UICN et son action ong>deong> coopérationLe Comité français pour l'UICN (Union mondiale pour ong>laong> nature), a été créé en novembre 1992. Cet organisme estl'un ong>deong>s 40 comités nationaux ong>deong> l'UICN et le quatrième en importance par le nombre ong>deong> membres.Il est actuellement fort ong>deong> 45 membres issus du réseau associatif, d'agences publiques (MNHN, Office national ong>deong>sforts, Conservatoire du littoral, …) et ong>deong> ministères (affaires étrangères, coopération, environnement). Il regroupeégalement quelques 150 membres-experts répartis en fonction ong>deong> leurs compétences dans les différentescommissions (survie ong>deong>s espèces, parcs nationaux et aires protégées, stratégies et pong>laong>nification ong>deong> l'environnement,légisong>laong>tion et droit ong>deong> l'environnement, éducation et communication) et groupes ong>deong> travail thématiques(Méditerranée, montagne, départements et territoires d'Outre-Mer, forêts, …) organisés par le Comité.En 5 ans d'existence, le Comité a défini ses méthoong>deong>s ong>deong> fonctionnement et s'est définitivement structuré ; il aégalement engagé les premières réflexions stratégiques et ong>laong> conception ong>deong> programmes d'actions, en liaison avecl'UICN-International. Les commissions et groupes ong>deong> travail ont produit ong>deong>s étuong>deong>s et recherches intéressant ong>deong>sécosystèmes régionaux sensibles (Méditerranée, montagnes, forêts, notamment forêts tropicales, …).Le Comité français pour l'UICN s'est plus particulièrement investi sur ong>deong>s opérations ong>deong> coopération et ong>deong> transfertd'expertises avec un certain nombre ong>deong> régions, une priorité étant donnée, conformément aux statuts ong>deong> l'association,aux pays francophones. Ces interventions ont été menées dans les domaines suivants :– l'organisation ong>deong> conférences (préparation pour les pays francophones ong>deong> ong>laong> Conférence ong>deong>s Parties à ong>laong>CITES, tables ronong>deong>s, …) ;– l'organisation ong>deong> sessions ong>deong> formation ;– ong>laong> réalisation d'étuong>deong>s, notamment sur les aires protégées (Gabon, Guinée, Mauritanie, Niger, jumeong>laong>gesd'aires protégées ong>Franceong> - Afrique francophone, …) ;– l'éong>laong>boration d'accords ong>deong> partenariat (Comité espagnol ong>deong> l'UICN, CMS – ong>Conventionong> ong>deong> Bonn) ;– ong>laong> traduction en ong>laong>ngue française et l'adaptation ong>deong> publications ong>deong> l'UICN-International.Les activités ong>deong> coopération du comité MAB ong>Franceong>en matière ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> biodiversitéLe comité MAB ong>Franceong> mène différentes activités en coopération qui concourent à ong>laong> mise en œuvre ong>deong> ong>laong>ong>Conventionong> sur ong>laong> biodiversité. Ces actions visent à ong>laong> mise au point ong>deong> méthoong>deong>s et ong>deong> guiong>deong>s pour leur diffusion, àong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong> coopérations ong>Franceong>/pays en développement entre gestionnaires d'espaces protégés audéveloppement ong>deong>s projets, à l'aiong>deong> à ong>laong> formation. On peut citer notamment les actions suivantes :- mise au point d'une méthoong>deong> d'éong>laong>boration ong>deong> guiong>deong>s d'aiong>deong> à ong>laong> gestion pour les réserves ong>deong> biosphère etl'application ong>deong> cette méthoong>deong> dans les pays en développement ;- coopération entre ong>laong> réserve ong>deong> biosphère ong>deong>s Vosges du Nord et celle ong>deong> Berezinsky (Beong>laong>rus) ;- éong>laong>boration d'un projet ong>deong> développement communautaire et ong>deong> conservation ong>deong> ong>laong> Mata Atong>laong>ntica dans ong>laong>région d'Iguape Jureia au Brésil ;- coopération entre ong>laong> réserve ong>deong> biosphère d'Iroise et celle ong>deong> l'Archipel ong>deong>s Bijagos (Guinée Bissau) ;- organisation d'un séminaire international ong>deong> réflexion sur l'avenir ong>deong>s espaces protégés en coopérationavec le Comité français pour l'UICN ;- initiation au niveau européen et nord-américain ong>deong>s rencontres bisannuelles ong>deong>s gestionnaires ong>deong>sréserves ong>deong> biosphère ;- soutien au Réseau ong>deong>s zones humiong>deong>s.Le comité MAB ong>Franceong> accorong>deong> par ailleurs son ong>laong>bel à différentes opérations ong>deong> recherche en coopération enparticulier en zone sahélienne, reong>laong>tives à ong>laong> restauration ong>deong>s terres dégradées et à l'établissement ong>deong> systèmesd'utilisation durable ong>deong>s ressources naturelles.64


VII.2 LE FONDS FRANÇAIS POUR L'ENVIRONNEMENT MONDIAL (FFEM)La ong>Franceong> a créé en parallèle au Fonds pour l'environnement mondial un fonds à vocation simiong>laong>ire, maismis en œuvre ong>deong> manière biong>laong>térale : le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM). Sonmontant a été fixé à 440 MF (75 M US$), pour ong>laong> périoong>deong> 1994/1997. Les projets “biodiversité”corresponong>deong>nt à 40 % ong>deong> ces sommes. Les ressources du FFEM, comme celles du FEM multiong>laong>téral, sontong>deong>s ressources additionnelles à celles allouées budgétairement à l'aiong>deong> publique française audéveloppement. Les critères généraux d'éligibilité ong>deong> ce Fonds sont calqués sur ceux du Fondsmultiong>laong>téral.La ong>Franceong> s'efforce, avec l'appui ong>deong> ce nouvel outil, ong>deong> financer ong>deong>s projets exempong>laong>ires s'intégrant dansong>deong>s programmes plus ong>laong>rges ong>deong> développement durable. L'accent est mis en particulier sur lerenforcement ong>deong>s capacités nationales et le processus d'apprentissage ong>deong> techniques et technologiesnouvelles y tient une pong>laong>ce prépondérante.Les critères d'éligibilité au titre ong>deong> ong>laong> biodiversitéLes projets présentés au financement du FFEM doivent présenter ong>deong>ux caractéristiques :• répondre aux priorités et critères généraux ong>deong>s conventions internationales (ozone, climat etbiodiversité) et aux conditions d'intervention du FEM multiong>laong>téral ;• être, en priorité, ong>deong>s composantes ong>deong> projets ong>deong> développement afin d'assurer une meilleureintégration ong>deong>s questions d'environnement global dans les secteurs du développement.Le financement par le FFEM doit pouvoir exercer un effet ong>deong> levier et d'internalisation ong>deong> ong>laong> prise encompte ong>deong> ong>laong> biodiversité dans les politiques ong>deong> développement. Il doit être capable, à terme, d'induire ong>deong>smodifications ong>deong>s stratégies ong>deong> développement dans les pays concernés. Les projets doivent porter sur ong>deong>szones présentant ong>deong>s caractéristiques environnementales riches en matière ong>deong> biodiversité et/ou ong>deong>s zonesmenacées.Les grands types d'interventions du FFEMTrois granong>deong>s catégories d'interventions du Fonds peuvent être proposées en faveur ong>deong> ong>laong> biodiversité :– ong>deong>s actions à effets directs sur ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> biodiversité et ong>laong> gestion ong>deong>s zones protégées :mécanismes ong>deong> financement, projets intégrés ong>deong> conservation et ong>deong> développement, gestionparticipative ong>deong>s ressources naturelles, inventaires, évaluations rapiong>deong>s, étuong>deong>s d'impact etdéfinition d'indicateurs ong>deong> biodiversité, formation du personnel ong>deong> gestion ;– ong>deong>s actions agissant sur les facteurs directs ou indirects ; ces actions doivent contribuer à iong>deong>ntifieret à favoriser ong>laong> réalisation ong>deong>s conditions techniques, économiques, sociales, sociologiques d'unegestion durable ong>deong>s milieux en agissant sur les politiques et sur les pratiques ;– ong>deong>s actions favorisant ong>laong> valorisation économique durable ong>deong> ong>laong> biodiversité.Les projets soutenus par le FFEM (biong>laong>n au 1-06-97)Le Comité ong>deong> pilotage du FFEM a accepté (fin mai 1997) 22 fiches d'iong>deong>ntification au titre ong>deong> ong>laong> biodiversité dont16 ont déjà conduit à ong>laong> rédaction ong>deong> rapports d'évaluation ong>deong> projets et à ong>laong> signature ong>deong> conventions ong>deong>financements. La répartition géographique ong>deong>s financements est ong>laong> suivante : Afrique (54 %), Asie/Pacifique (9 %),Méditerranée (9 %), Amérique ong>laong>tine/Caraïbes (23 %), Europe ong>deong> l'Est (5 %).Les types d'écosystèmes concernés par les financements corresponong>deong>nt aux zones suivantes : zones humiong>deong>s (14 %),zones côtières (18 %), forêt tropicale humiong>deong> (36 %), steppes/forêt sèche (32 %).La recherche et les étuong>deong>s sont intégrées dans les composantes ong>deong>s projets et toujours subordonnées à un objectifd'appui, d'orientation d'une composante opérationnelle. Sur les projets soumis à évaluation, ong>laong> répartition dufinancement est ong>laong> suivante : recherche/étuong>deong> (25 %), formation/renforcement ong>deong>s capacités (35 %), investissement(40 %).65


VII.3 LA COOPERATION DANS LE DOMAINE DES MILIEUX AQUATIQUESFace à ong>laong> montée attendue ong>deong> ong>laong> ong>deong>manong>deong> en eau dans les prochaines décennies, notamment dans les paysen développement, ong>laong> ong>Franceong> met son expérience et son expertise au service ong>deong> ong>laong> protection ong>deong>sressources en eau, ong>deong>s milieux aquatiques et ong>deong>s besoins ong>deong>s popuong>laong>tions. Cette expertise est fondée sur ong>laong>politique très active qu'elle mène sur son territoire en matière ong>deong> préservation ong>deong>s milieux aquatiques etong>deong> gestion ong>deong>s ressources en eau.Les dimensions prioritaires ong>deong> ong>laong> gestion ong>deong>s ressources aquatiquesLa ong>Franceong> souhaite promouvoir un programme d'actions internationales dans le domaine ong>deong>s eauxdouces, combinant l'affirmation au pong>laong>n international ong>deong> principes reconnus en matière ong>deong> gestion ong>deong>sressources en eau, le développement ong>deong> ong>laong> coopération décentralisée et le renforcement ou l'extensiond'instruments juridiques existants à l'instar ong>deong> ong>laong> ong>Conventionong> CEE/NU sur les cours d'eau transfrontièreset les ong>laong>cs internationaux. Elle est ong>deong> même active dans ong>laong> mise en œuvre ong>deong>s conventions reong>laong>tives à ong>laong>protection ong>deong> l'environnement dans les mers régionales (Méditerranée, …).La ong>Franceong> soutenant une gestion ong>deong>s ressources en eau par bassins hydrographiques, participe ong>deong> manièreactive aux commissions internationales pour ong>laong> protection ong>deong>s fleuves et ong>deong>s ong>laong>cs dont elle partage ong>laong>responsabilité avec ses voisins (Rhin, Moselle, Lac Léman, …), incluant ong>laong> préservation ong>deong>s ressourcesong>deong> ong>laong> diversité biologique.Des coopérations techniques sectorielles à l'aiong>deong> à ong>laong> mise sur pied d'Agences ong>deong> l'eauA côté ong>deong>s thèmes cong>laong>ssiques ong>deong> ong>laong> coopération technique en matière d'eau (maîtrise et valorisation ong>deong> ong>laong>ressource, lutte contre les pollutions, hydraulique agricole, …), ong>laong> ong>Franceong> fournit une assistance à ong>laong> miseen pong>laong>ce ong>deong> démarches du type Agence ong>deong> l'eau, agences publiques ong>deong> gestion ong>deong> l'eau établies à l'échelleong>deong>s bassins versants. Plusieurs pays ont engagé avec son concours ong>deong>s actions dans ce domaine,notamment l'Indonésie, le Brésil et ong>laong> Pologne, qui a souhaité bénéficier ong>deong> l'expérience française dans cedomaine, et qui met sur pied plusieurs agences ong>deong> l'eau. A travers ong>laong> gestion globale ong>deong>s ressources en eauet ong>deong>s milieux aquatiques et ong>laong> mobilisation ong>deong>s moyens financiers spécifiques sur ong>deong>s bassins versants,l'approche préconisée par les Agences ong>deong> l'eau contribue à ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique,notamment aquatique.La gestion ong>deong>s grands bassins et ong>deong>s grands fleuvesLa ong>Franceong> dispose dans ce domaine d'un ensemble d'expériences et ong>deong> pratiques qu'elle peut mettre à ong>laong>disposition ong>deong>s pays en développement, notamment : un modèle institutionnel original partageant lesresponsabilités entre l'État, les collectivités et les groupes privés (les agences ong>deong> bassin, le système ong>deong>concession, les sociétés d'aménagement…), ong>deong>s acteurs économiques ong>deong> dimension internationale, ong>deong>sbureaux d'étuong>deong>s expérimentés, ong>deong>s instituts ong>deong> recherche (CEMAGREF, ORSTOM, CIRAD, INRA…) etong>deong> formation, ong>deong>s colong>laong>borations avec ong>laong> recherche internationale (IIMI, IPTRID, IBSRAM). La ong>Franceong>dispose aussi, avec l'Office international ong>deong> l'eau, d'un organisme fédérateur ong>deong>s compétences françaises.L'Office international ong>deong> l'eau : un opérateur ong>deong> ong>laong> coopérationL'Office international ong>deong> l'eau (OIE) a été créé le 24 janvier 1991 à l'initiative ong>deong>s ministères chargés ong>deong>l'environnement, ong>deong> l'agriculture, ong>deong>s affaires étrangères, ong>deong> ong>laong> coopération, ong>deong> l'industrie et ong>deong> ong>laong> santé. L'OIE estchargée ong>deong> six missions principales :- diffusion d'une information générale, spécialisée et institutionnelle sur l'ensemble ong>deong>s domaines concernantl'eau ;- gestion ong>deong> bases ong>deong> données permettant l'observation ong>deong> ong>laong> qualité ong>deong>s milieux aquatiques et ong>deong>s ressourcesen eau ;- animation ong>deong> programmes d'étuong>deong>s, expertises et évaluations,- mise à disposition d'une documentation scientifique, technique, économique et institutionnelle ;- formation aux métiers ong>deong> l'eau.66


VII.4 LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DANS LA RECHERCHE PUBLIQUE POUR L'AIDE AUDEVELOPPEMENTLa ong>Franceong> soutient ong>laong> prise en compte ong>deong> l'environnement et ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans sesprogrammes ong>deong> coopération. Elle est aussi attentive à ce que ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> biodiversité fasse partieintégrante ong>deong> ong>laong> recherche au service du développement ong>deong>s pays avec lesquels elle a engagé ong>deong>scoopérations. C'est le cas notamment à travers les travaux ong>deong> ses organismes ong>deong> recherche publique, etnotamment du CIRAD et ong>deong> l'ORSTOM.Le CIRAD (Centre ong>deong> coopération internationale en recherche agronomique pour ledéveloppement)Le CIRAD est un organisme scientifique spécialisé en agriculture ong>deong>s régions tropicales et subtropicales.Sous ong>laong> forme d'un établissement public, il est né en 1984 ong>deong> ong>laong> fusion d'instituts ong>deong> recherche en sciencesagronomiques, vétérinaires, forestières et agro-alimentaires ong>deong>s régions chauong>deong>s.Le CIRAD a pour mission ong>deong> contribuer au développement ong>deong> ces régions par ong>deong>s recherches, ong>deong>sréalisations expérimentales, ong>laong> formation, l'information scientifique et technique. Il travaille dans sespropres centres ong>deong> recherche, au sein ong>deong> structures nationales ong>deong> recherche agronomique ong>deong>s payspartenaires, ou en appui à ong>deong>s coopérations ong>deong> développement. Il emploie 1.800 personnes, dont900 cadres, qui interviennent dans une cinquantaine ong>deong> pays.La biodiversité s'inscrit au CIRAD dans le cadre ong>deong>s perspectives résumées sous les termes ong>deong>“durabilité” et ong>deong> “révolution doublement verte”. Aux objectifs ong>deong> lutte contre ong>laong> pauvreté et ong>laong> pénuriealimentaire s'ajoute aujourd'hui une vision environnementale ong>deong> maintien du potentiel ong>deong>s milieux et ong>deong>ong>laong> biodiversité pour les générations futures.Le CIRAD participe activement à ong>laong> conception et à ong>laong> mise en pong>laong>ce ong>deong> plusieurs grands projets“écorégionaux” en Afrique et en Asie, en s'appuyant sur un partenariat avec les différents typesd'opérateurs économiques, et en s'associant aux compétences issues ong>deong>s organismes nationaux ong>deong>recherche ong>deong>s pays partenaires, d'autres institutions scientifiques du Nord, et ong>deong> certains centres dusystème international ong>deong> recherche agronomique.Le CIRAD intervient en matière ong>deong> biodiversité principalement dans les domaines suivants : restaurationong>deong>s milieux, préservation ong>deong>s milieux, interaction entre biodiversité et activités agricoles, pratiquessocioculturelles, recherches socio-économiques, gestion ong>deong> ong>laong> diversité génétique et ong>deong>s ressourcesgénétiques.L'ORSTOM (Institut français ong>deong> recherche scientifique pour le développement en coopération)L'ORSTOM est un établissement public à caractère scientifique et technologique, pong>laong>cé sous ong>laong> tutelle ong>deong>sministères chargés ong>deong> ong>laong> recherche et ong>deong> ong>laong> coopération. Il comprend 2.500 agents dont 600 originairesong>deong>s pays du Sud et dispose ong>deong> 54 représentations en ong>Franceong>, dans les départements et territoires d'outremeret dans les pays en développement.L'ORSTOM a notamment pour mission ong>deong> promouvoir et ong>deong> réaliser tous travaux ong>deong> recherchesusceptibles ong>deong> contribuer au progrès économique, social et culturel ong>deong>s pays en développement, parl'étuong>deong> ong>deong>s milieux physiques, biologiques et humains ong>deong> ces pays menée par ong>deong>s actions conduites enpartenariat. Il participe au renforcement ong>deong>s capacités scientifiques du Sud, à ong>laong> formation à ong>laong> rechercheet à ong>deong>s appuis spécifiques.La dimension biodiversité est prise en compte dans les unités ong>deong> recherche ong>deong> l'ORSTOM suivantes :- dynamique et usages ong>deong>s ressources en eau et ong>deong>s milieux aquatiques tropicaux,- dynamique et usages ong>deong>s milieux terrestres tropicaux,- dynamique et usages ong>deong>s écosystèmes marins et littoraux et ong>deong> leurs ressources,- bases biologiques ong>deong> ong>laong> valorisation agricole et agro-industrielle ong>deong> ong>laong> biodiversité.67


A un niveau plus détaillé ong>deong> programmes ong>deong> recherche, ong>laong> prise en compte ong>deong> ong>laong> biodiversité estnotamment réalisée au niveau ong>deong> ong>laong> connaissance ong>deong> ong>laong> biodiversité tropicale, au niveau ong>deong> ong>laong> gestiondurable ong>deong>s espèces et ong>deong>s ressources et au niveau ong>deong>s ressources génétiques.La recherche française sur ong>laong> diversité biologique dans les récifs coralliensLa ong>Franceong> est un ong>deong>s pays initiateurs ong>deong> l'Initiative international sur les récifs coralliens (ICRI). Elle estainsi particulièrement active en ce qui concerne ong>laong> connaissance, ong>laong> gestion et ong>laong> protection ong>deong>sressourcesdans les récifs coralliens. Elle est, par ses départements et territoires d'outre-mer, présente dans trois ong>deong>sgranong>deong>s zones ou mers régionales concernées : les Caraïbes, l'Océan indien et le Pacifique.En matière ong>deong> recherche elle a mis en pong>laong>ce un Programme national ong>deong> recherche sur les récifs coralliens(PNRCO). Ce programme a actuellement retenu les thèmes suivants :- carbonates passés et actuels,- fonctionnement ong>deong> l'écosystème récifal et ong>laong>gunaire,- océanographie récifale.Plusieurs organismes ong>deong> recherche sont engagés dans ces travaux : Université dans les DOM-TOM,ORSTOM, MNHN, EPHE, CNRS. Les recherches qui sont réalisées reong>laong>tives à ong>laong> diversité biologiquedans les récifs coralliens sont les suivantes :- inventaire floristique et faunistique,- richesse en espèce,- diversité ong>deong>s habitats et ong>deong>s paysages,- origine et maintien ong>deong> ong>laong> biodiversité,- inciong>deong>nce ong>deong>s espèces introduites.* * *68


CHAPITRE VIII :L'EDUCATION ET LA FORMATION POUR LA PRESERVATIONDE LA DIVERSITE BIOLOGIQUEÉducation, sensibilisation et formation sont trois conditions essentielles pour préserver sur le long termeong>laong> diversité biologique. Elles s’effectuent essentiellement par l’intégration ong>deong>s préoccupationsenvironnementales au système éducatif à ong>deong>stination ong>deong>s enfants, ong>deong>s jeunes et ong>deong>s formateurs, par ong>laong>mise en pong>laong>ce ong>deong> formations spécifiques ong>deong> niveau supérieur et par ong>deong>s actions ong>deong> communication et ong>deong>sensibilisation s’adressant à un ong>laong>rge public.En ong>Franceong>, l’éducation pour l’environnement est réalisée par ong>deong> nombreux partenaires : associations,ministères, MNHN, collectivités locales, etc. Dans ce domaine, l’action au niveau local a connud’importants développements favorisés par les lois ong>deong> décentralisations au début ong>deong>s années 1980 et parle rôle important joué par le monong>deong> associatif.VIII.1 UNE INTEGRATION PROGRESSIVE AU SEIN DU SYSTEME EDUCATIF FRANÇAISC’est cinq ans après ong>laong> Conférence ong>deong> Stockholm ong>deong> 1972, que le ministère chargé ong>deong> l’éducationnationale officialise l'intégration ong>deong>s préoccupations environnementales dans ses programmes par ong>laong>circuong>laong>ire du 29 août 1977 intitulée “Instruction générale sur l'éducation ong>deong>s élèves en matièred’environnement”. Ce texte fait figure ong>deong> charte constitutive ong>deong> l’éducation à l’environnement en ong>Franceong>.Par ong>laong> suite, ong>deong>vaient s'ajouter les protocoles signés les 15 février 1983 et 14 janvier 1993 avec leministère chargé ong>deong> l'environnement.Destiné à organiser et à renforcer l’intégration ong>deong> l’environnement, incluant ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> natureet ong>deong> ong>laong> diversité biologique dans l’éducation, le ong>deong>rnier protocole s'articule autour ong>deong> quatre thèmes :- l'amélioration ong>deong> ong>laong> formation initiale et continue ong>deong>s maîtres ;- l'introduction ong>deong> l'environnement dans les programmes scoong>laong>ires, l'environnement étantconsidéré non pas comme une discipline à part, mais comme un concept transversal ;- l'amélioration et ong>laong> rationalisation ong>deong>s ressources éducatives par ong>laong> constitution ong>deong> banques ong>deong>données ;- ong>laong> mise en pong>laong>ce d'un observatoire ong>deong>s métiers ong>deong> l'environnement.L'éducation à l'environnement, concernant notamment ong>laong> préservation ong>deong>s milieux naturels et ong>deong> ong>laong> fauneet ong>deong> ong>laong> flore sauvages, possèong>deong> une double entrée dans le système éducatif : une entrée disciplinaire,toutes les matières d'enseignement, sans exception, pouvant y contribuer, dans le cadre ong>deong> leursprogrammes respectifs ; et une autre, interdisciplinaire, dans le cadre ong>deong>s sujets d'étuong>deong> à l'école primaire,ong>deong>s thèmes transversaux au collège, ong>deong>s projets d'actions éducatives ou ong>deong>s cong>laong>sses ong>deong> découverte. Cesong>deong>rnières notamment privilégient ong>laong> connaissance in situ ong>deong> l’environnement par le biais ong>deong> visites sur leterrain animées par ong>deong>s spécialistes et ong>deong>s pédagogues.Aujourd’hui, l'inventaire national ong>deong>s formations reong>laong>tives à l'environnement recense, pour l'ensembleong>deong>s niveaux hors école primaire (secondaire, écoles professionnelles, universités), plus ong>deong> huit cents69


formations. Parmi celles-ci, ong>deong>ux cent vingt-quatre sont ong>deong>s formations initiales ong>deong> niveau supérieur (soittrois à cinq années d'étuong>deong>s en université). Cette formation supérieure dans le domaine ong>deong>l'environnement est offerte notamment par ong>deong> nombreuses universités. Elle est par ailleurs dans ong>deong>nombreux cas intégrée étroitement à ong>laong> formation ong>deong>s ingénieurs et techniciens, notamment dans lesecteur ong>deong> ong>laong> formation agricole (voir encadré).L'intégration croissante ong>deong> l'environnement dans ong>laong> formation agricoleAu niveau ong>deong> l'enseignement agricole (lycées agricoles, établissements d'enseignement supérieur), onassiste au fort développement ong>deong> nouvelles formations qui intègrent l'insertion ong>deong> l'agriculture dans lesystème productif et l'économie nationale et ong>laong> prise en compte ong>deong>s aspects reong>laong>tifs à l'occupation ong>deong>l'espace, ong>deong> préservation ong>deong> ong>laong> biodiversité,…De ong>laong> même façon ong>deong>s formations se mettent en pong>laong>ce au niveau ong>deong>s universités et ong>deong>s cyclesd'enseignement professionnel et technique. L'Assemblée permanente ong>deong>s chambres d'agriculture et sonservice ong>deong> formation ont également mis au point une série ong>deong> formations dispensées auprès ong>deong>stechniciens et ong>deong>s agriculteurs dans le domaine ong>deong> l'environnement (lutte contre les pollutions, paysages,prise en compte ong>deong> ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique).Les Projets d'action éducative (PAE)Depuis 1979, le Projet d'action éducative s'inscrit dans le cadre d’un d'établissement scoong>laong>ire et reposesur l'initiative d'une équipe d'enseignants et d'élèves qui choisissent ong>deong> travailler en commun sur unprojet avec l'aiong>deong> ong>deong> partenaires extérieurs. L’environnement constitue l’un ong>deong>s thèmes privilégiés ong>deong> cesactions.Certains projets très ancrés sur ong>deong>s préoccupations ou ong>deong>s problèmes locaux témoignent ong>deong> ong>laong> richesse dupartenariat. Ainsi ong>deong>s élèves ong>deong> 5 e du collège ong>deong> Fleury-sur-Anong>deong>lle (académie ong>deong> Rouen) entreprennentong>laong> découverte du milieu naturel en liaison étroite avec l'équipe d'animation du Parc régional ong>deong> Brière.Dans l'académie ong>deong> Poitiers, ong>deong>s élèves du collège les Salières ong>deong> Saint-Martin ong>deong> Ré (dans l'Île ong>deong> Ré)bénéficient d'une information sur les techniques ong>deong> ong>laong> pêche à pied afin ong>deong> protéger l'estran ong>deong>dégradations irrémédiables. L'opération est menée avec l'IFREMER et l'Office ong>deong> tourisme.Dans ong>laong> vallée d'Aspe dans les Pyrénées, une action interdisciplinaire autour ong>deong> ong>laong> protection ong>deong>s oursassocie ong>deong>s établissements français et espagnols. La colong>laong>boration du Parc national et ong>deong>s collectivitéslocales a permis ong>laong> production ong>deong> documents pédagogiques remarquables.VII.2 L’ACTION DES ORGANISMES CHARGES DE LA PROTECTION DE LA FAUNE ET DELA FLORE SAUVAGESL'éducation à l'environnement se fait aussi au niveau local par ong>deong>s sorties sur le terrain et un travail avecong>deong>s partenaires, qu'il s'agisse ong>deong>s associations ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> nature ou ong>deong>s représentants régionauxong>deong>s ministères concernés (Direction régionale ong>deong> l'Environnement, Délégation régionale à l'actionculturelle, Office national ong>deong>s forêts) ; ong>deong>s collectivités territoriales ; ong>deong>s entreprises, etc.Ce partenariat s'exerce dans le cadre ong>deong> nombreuses structures, comme les centres permanentsd'initiation à l'environnement (CPIE), les parcs nationaux ou régionaux, les conseils d'architecture,70


d'urbanisme et ong>deong> l'environnement (CAUE), les conservatoires botaniques nationaux, etc. Il s’agit d’offrirau public, qu’il appartienne au monong>deong> rural ou urbain, ong>laong> possibilité d’une sensibilisation et d’uneformation en contact avec les réalités ong>deong> l’environnement naturel et humain et notamment ong>laong>connaissance, le respect ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore sauvages et les enjeux ong>deong> leur préservation afin quechacun puisse se sentir responsable vis-à-vis ong>deong> son cadre ong>deong> vie.L’ensemble ong>deong>s organismes et ong>deong>s partenaires ong>deong> ong>laong> protection et ong>deong> ong>laong> gestion du patrimoine naturel ontpour ong>laong> plupart d’entre eux une mission éducative dans leur champ d’activités. C’est en 1981 que l’actionéducative ong>deong>s parcs nationaux et ong>deong>s parcs naturels régionaux a été officialisée à travers ong>deong>s réalisationstelles que sentiers, maisons à thèmes et centres d’informations et ong>deong>s actions d’initiation en direction dumilieu scoong>laong>ire. L’information du public quant aux menaces qui pèsent sur le monong>deong> végétal, sur sadiversité et ses richesses est une action que mènent quotidiennement les conservatoires botaniquesnationaux sur ong>laong> base ong>deong>s collections végétales vivantes.Le milieu ong>deong> l’éducation, les associations, les organismes ong>deong> formation et le grand public ont ainsi à leurdisposition ong>deong>s supports d’information adaptés (services pédagogiques, ateliers ong>deong>stinés aux scoong>laong>ires,expositions, conférences, diaporamas, visites à thèmes, bibliothèques, etc.).Parallèlement, le développement du tourisme “vert” qui s’appuie sur ong>laong> qualité du patrimoine naturel aaussi conduit à une sensibilisation du public pour ong>deong>s comportements plus respectueux vis-à-vis ong>deong>l’environnement.Les encadrés ci-après détaillent le rôle et l'action spécifiques ong>deong> trois types d'acteurs fortement engagésdans l'action éducation en faveur ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> ong>laong> nature :- les centres permanents d'initiation à l'environnement (CPIE),- le MNHN,- les associations ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> nature,et présentent un programme d'action éducative : le programme Citoyenneté-Environnement etDéveloppement.Les centres permanents d'initiation à l'environnement : “chercher, développer, transmettre”Pour une action au niveau régional, les quarante-trois centres permanents d'initiation à l'environnement(CPIE) constituent ong>deong>s reong>laong>is essentiels. Ces associations contribuent, ong>deong>puis leur création en 1972, à ong>laong>préservation ong>deong> ong>laong> diversité biologique, à travers ong>laong> sensibilisation, ong>laong> formation, l'étuong>deong> et ong>laong> participationà ong>deong>s projets ong>deong> développements locaux. Rassembleurs ong>deong> compétences, elles agissent en partenariat avecl'ensemble ong>deong>s acteurs ong>deong> leurs territoires, en milieu rural ou urbain. Les CPIE se sont constitués enunion nationale et fonctionnent ainsi en réseaux.Les CPIE jouent un rôle ong>deong> médiateur alliant le conseil et l'action, maniant ong>deong>s disciplines aussi diversesque ong>laong> biologie, les sciences ong>deong> l'éducation, l'histoire, ong>laong> géographie, l'économie... Dans cet esprit, lesCPIE ont défini les trois facettes ong>deong> leurs métiers : chercher, en offrant ong>deong>s services d'étuong>deong>s ong>deong>l'environnement et du patrimoine et développer, en agissant concrètement avec leurs partenaires pourvaloriser leur pays – en 1994, 250 étuong>deong>s ou actions ong>deong> développement local ont été réalisées –,transmettre, dans une démarche à ong>laong> fois scientifique, sensible et culturelle adaptée à chaque public.Les CPIE réalisent 440.000 journées ong>deong> stages par an et 45.000 journées annuelles ong>deong> formation. Ilsorganisent chaque année ong>deong>s séjours d’initiation à l’environnement à ong>deong>stination ong>deong>s publics scoong>laong>ires.71


Le programme “Citoyenneté-Environnement et Développement”La Ligue ong>deong> l'enseignement et ong>deong> ong>laong> formation permanente, à l’origine ong>deong>s cong>laong>sses et séjours ong>deong>découverte, a ong>laong>ncé en 1992 un programme spécifique pour l'éducation à l'environnement dénommé“Citoyenneté-Environnement–Développement” (CED). Ce programme fait l'objet d'un ong>laong>bel ong>deong> qualitéqui s’applique aux activités et aux moong>deong>s ong>deong> fonctionnement ong>deong> structures d’accueil ong>deong> cong>laong>sses et séjourséducatifs, ainsi qu’à ong>deong>s centres ong>deong> loisirs et ong>deong> vacances. Dans ce cadre et avec le WWF, ong>laong> Ligue aong>laong>ncé une action ong>deong> sensibilisation et d'éducation autour du thème ong>deong> ong>laong> diversité biologique. Des dossierset supports éducatifs ont été réalisés. Dans chaque lieu d'accueil CED ong>deong>s panneaux d'expositionpermettent aux jeunes ong>deong> parfaire leurs connaissances.En 1996, vingt-quatre centres en ong>Franceong> sont tituong>laong>ires du ong>laong>bel CED. Au cours ong>deong> ong>laong> ong>deong>rnière annéescoong>laong>ire ils ont accueilli plus ong>deong> 1.500 cong>laong>sses et leurs enseignants soit quelques 55.000 personnes.72


L'action du MNHN dans l'éducation, ong>laong> formation et ong>laong> sensibilisationLe MNHN est un établissement public d'enseignement supérieur, pong>laong>cé sous ong>laong> tutelle principale du ministère ong>deong>l'éducation nationale, ong>deong> l'enseignement supérieur et ong>deong> ong>laong> recherche et ong>laong> tutelle secondaire du ministère chargé ong>deong>l'environnement.Sa mission ong>deong> diffusion ong>deong>s connaissances dans le domaine du patrimoine naturel, telle qu'elle a été fixée par sesstatuts au sein ong>deong> l'Éducation nationale, s'adresse à tous les publics, qu'ils soient scoong>laong>ires, généralistes ouprofessionnels. Cette même mission, plus particulièrement à ong>laong> ong>deong>manong>deong> du ministère chargé ong>deong> l'environnement,concerne les acteurs ong>deong> ong>laong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité dans ong>deong>ux contextes très différents, les espaces protégés d'unepart et l'aménagement du territoire d'autre part.La formation initialeLa formation initiale est celle qui est pratiquée par le système éducatif jusqu'à l'obtention d'un diplôme et l'entréedans ong>laong> vie active.Dans le cadre ong>deong> l'enseignement supérieur et ong>deong> ong>laong> formation à ong>laong> recherche, ong>deong> nombreux membres du Muséumparticipent à ong>deong>s DEA (diplôme d'étuong>deong>s approfondies) et DESS ainsi qu'à l'École doctorale du Muséum notammentsur les sujets suivants : systématique animale et végétale ; DEA Environnement : temps, espaces, sociétés (gestionong>deong> ong>laong> biodiversité et développement durable) ; DEA Biodiversité ; DEA Muséologie ong>deong>s sciences naturelles ethumaines.L'enseignement secondaire général et l'enseignement primaire sont ong>deong> leur côté centrés sur ong>laong> biodiversité dans lesmilieux. Ils sont organisés par le “Service ong>deong> l'animation pédagogique” sous différentes formes : “cong>laong>sses Muséum”,production ong>deong> films et d'émissions ong>deong> télévision et ong>deong> radio…Enfin le Muséum intervient en matière d'enseignement technique supérieur agricole dans les formations ong>deong> Brevetong>deong> technicien supérieur (BTS), en spécialité “aménagement du territoire” sur ong>deong>s sujets comme les enjeux ong>deong> ong>laong>biodiversité et l'écologie du paysage.La formation continueLa formation continue est celle qui est pratiquée en complément ong>deong> ong>laong> formation initiale ; les personnes formées,déjà dans ong>laong> vie active, sont en session d'approfondissement ou ong>deong> remise à niveau ong>deong> leurs connaissances. Ce typeong>deong> formation concerne par exemple les professionnels suivants :- ong>deong>s agents gestionnaires ong>deong>s espaces naturels protégés ainsi que ong>deong>s responsables administratifs régionauxong>deong> ong>laong> politique ong>deong> l'environnement ;- ong>deong>s agents ong>deong> contrôle ong>deong> l'application ong>deong>s arrêtés ong>deong> protection ong>deong>s espèces menacées ;- ong>deong>s gestionnaires et acteurs ong>deong> l'aménagement du territoire, en particulier dans le cadre d'une conventionavec l'ENGREF ;- ong>deong>s enseignants ong>deong>s lycées ong>deong> l'Éducation nationale et ong>deong>s lycées agricoles.Formation et information à ong>deong>stination du grand publicLe MNHN a une obligation statutaire ong>deong> diffusion ong>deong>s connaissances en matière ong>deong> patrimoine naturel vers tous lespublics, c'est-à-dire ceux qui s'intéressent à ong>laong> biodiversité au travers ong>deong> conférences, d'expositions, ong>deong> forums…Le Muséum offre à ses divers publics ong>deong>ux types d'exposition :- ong>deong>s expositions permanentes, comme ong>laong> Galerie ong>deong> l'Évolution, totalement dévolue à ong>laong> connaissance ong>deong> ong>laong>biodiversité (ong>laong> diversité du monong>deong> vivant, l'évolution et ong>laong> vie, l'homme facteur d'évolution). Ces galeriesd'exposition permanente ong>deong>stinées à un public généraliste sont éviong>deong>mment un outil majeur d'éducationscoong>laong>ire à tous les niveaux d'enseignement.- ong>deong>s expositions temporaires, d'importance et ong>deong> durées variables. On citera ong>deong>s expositions comme “ong>laong>forêt et les hommes”, “le développement durable” (1996) et “Sacrée nature, gérer ong>laong> biodiversité” (1997).73


Le rôle ong>deong>s associations dans l'éducation et ong>laong> formation à ong>laong> natureLa préservation ong>deong> ong>laong> nature, si elle est scientifiquement et socialement justifiée, ne pourra être efficaceque si ong>laong> perception ong>deong> sa nécessité est partagée par le plus grand nombre. Elle peut être justifiée aussibien pour ong>deong>s raisons éthiques que pour ong>deong>s raisons utilitaires ong>deong> préservation ong>deong>s ressources.Dans les ong>deong>ux cas, elle suppose une sensibilité ou une connaissance, indispensables à l'adhésion auxmotivations ong>deong> ong>laong> protection et aux conséquences ong>deong> sa mise en œuvre. Si les mesures ong>deong> protection sonten général bien perçues par un public “contempong>laong>tif”, elles le sont moins si l'on considère les catégoriesong>deong> popuong>laong>tion directement concernées. Au cours ong>deong> ong>laong> reong>laong>tivement courte histoire ong>deong> ong>laong> protection ong>deong> ong>laong>nature, on a déjà pu s'apercevoir combien ong>laong> sensibilisation ou l'éducation du public est une conditionnécessaire au succès d'actions ong>deong> préservation.Cet impératif se retrouve également dans les missions ong>deong>s associations ong>deong> protection ong>deong> ong>laong> nature quiconsacrent pour ong>laong> plupart une part importante ong>deong> leurs activités à ong>deong>s actions ong>deong> découvertes, ong>deong>sensibilisation ou d'éducation à ong>laong> nature. D'abord menées essentiellement au sein ong>deong>s associations ong>deong>protection ong>deong> ong>laong> nature, ces actions ont donné lieu progressivement à ong>laong> création ong>deong> structures spécifiques(CPIE et Centres d'initiation à ong>laong> nature) et ong>deong> réseaux aujourd'hui plus ou moins soutenus par lespouvoirs publics. Un ong>deong>s objectifs que l'on pourrait assigner au développement ong>deong> ces structures serait ong>deong>constituer un mailong>laong>ge territorial ong>deong> maisons ong>deong> ong>laong> nature réparties en fonction ong>deong>s entités écologiques etaccompagnant les mesures ong>deong> protection dans un souci ong>deong> contribuer au développement local.Pourtant ces orientations ne sont pas toujours suivies d'effets, malgré l'accroissement apparent ong>deong>s créditsconsacrés aux actions d'éducation. Le concept en vogue d'éducation reong>laong>tive à l'environnement atendance à noyer dans le terme d'environnement toute une série d'actions très disparates et floues, aurisque d'occulter l'éducation à ong>laong> nature proprement dite. Or c'est justement dans le domaine ong>deong>l'éducation à ong>laong> nature que les besoins sont les plus criants tant il est vrai que le moong>deong> ong>deong> vie citadin,mais aussi ong>laong> dégradation ong>deong>s milieux naturels ong>deong> proximité, éloignent le public du contact avec ong>laong>nature, particulièrement avec ong>laong> nature sauvage. La mise en contact avec cette nature, afin d'éveiller ong>laong>sensibilité à ong>laong> beauté et à ong>laong> spontanéité d'une nature non contrôlée par l'homme, est un formidablevecteur en faveur ong>deong> sa protection.Le rôle ong>deong>s associations est là aussi fondamental, dans ong>laong> mesure où elles sont proches du public et oùelles ont développé un savoir-faire éducatif appuyé sur une soliong>deong> connaissance ong>deong> ong>laong> nature. C'estjustement à travers leur approche sensible et en même temps scientifique ong>deong> ong>laong> nature, que lesassociations sont capables ong>deong> transmettre un message fort en faveur ong>deong> sa préservation.Ainsi, à titre d'exemple en Alsace, les connaissances sur le fonctionnement complexe et dynamique dusystème alluvial du Rhin ont été rendues accessibles au public et aux riverains du fleuve à travers ong>deong>sactions ong>deong> sensibilisation menées pendant plusieurs années par les associations ong>deong> protection ong>deong> ong>laong>nature. C'est grâce à ces actions que l'État a dans un premier temps pu mettre en œuvre un pong>laong>n ong>deong>protection d'ensemble ong>deong> ces milieux exceptionnels et peut aujourd'hui envisager ong>deong>s mesures ong>deong>restauration ong>deong> ong>laong> dynamique alluviale du fleuve, bénéfiques aussi bien du point ong>deong> vue du maintien ong>deong> ong>laong>biodiversité que ong>laong> préservation ong>deong> ong>laong> ressource en eau.* * *74


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Inong>deong>x ong>deong>s siglesADEMEAEEBRGBRGMCAUECBGPCBNCEECELRLCEMAGREFCFISMCILBACIRADCITESCNAGCNESCNRSCPIECRBPOCRENCSPCTE/CNDATARDBDBEDDAFDIRENDNPDOMDOM-TOMECOFORFEMFFEMFNEGEVESGIPIEGBIFENIFREMERINRAINSEEINSERM: Agence ong>deong> l'environnement et ong>deong> ong>laong> maîtrise ong>deong> l'énergie: Agence européenne ong>deong> l'environnement: Bureau ong>deong>s ressources génétiques: Bureau ong>deong> recherche géologique et minière: Conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement: Centre ong>deong> biologie et ong>deong> gestion ong>deong>s popuong>laong>tions: Conservatoires botaniques nationaux: Communauté Économique Européenne: Conservatoire ong>deong> l'espace littoral et ong>deong>s rivages ong>laong>custres: Centre d'étuong>deong>s du machinisme agricole, du génie rural et ong>deong>s forêts: Collection française informatisée ong>deong> micro-organismes: Complexe international ong>deong> lutte biologique Agropolis: Centre ong>deong> coopération internationale en recherche agronomique pour le développement: ong>Conventionong> sur le commerce international ong>deong>s espèces ong>deong> faune et ong>deong> flore sauvagesmenacées d'extinction: Commission nationale d'amélioration génétique: Centre national d'étuong>deong>s spatiales: Centre national ong>deong> ong>laong> recherche scientifique: Centre permanent d'initiation à l'environnement: Centre ong>deong> recherche sur ong>laong> biologie ong>deong>s popuong>laong>tions d'oiseaux: Conservatoire régional ong>deong>s espèces naturelles: Conseil supérieur ong>deong> ong>laong> pêche: Centre thématique européen pour ong>laong> conservation ong>deong> ong>laong> nature: Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale: Diversité biologique: Dynamique ong>deong> ong>laong> biodiversité et environnement: Direction départementale ong>deong> l'agriculture et ong>deong> ong>laong> forêt: Direction régionale ong>deong> l'environnement: Direction ong>deong> ong>laong> nature et ong>deong>s paysages: Départements d'outre-mer: Départements et territoires d'outre-mer: GIP Écosystèmes forestiers: Fonds pour l'environnement mondial: Fonds français pour l'environnement mondial: ong>Franceong> Nature Environnement: Groupe d'étuong>deong> et ong>deong> contrôle ong>deong>s variétés et ong>deong>s semences: Groupements d'intérêt public: Institut d'écologie et ong>deong> gestion ong>deong> ong>laong> biodiversité: Institut français ong>deong> l'environnement: Institut français ong>deong> recherche pour l'exploitation ong>deong> ong>laong> mer: Institut national ong>deong> ong>laong> recherche agronomique: Institut national ong>deong> ong>laong> statistique et ong>deong>s étuong>deong>s économiques: Institut national ong>deong> ong>laong> santé et ong>deong> ong>laong> recherche médicale79


IPGRILPOMABMINEMNHNOAA/FAOOGAFONCONFONGONUORSTOMPACPMPOAPNBDEPOSPPDSAGESCPNSDAGESDAUSFFSFMSOFTSPNUEUICNUNESCOUNLGWWFZICOZNIEFFZPS: Institut international ong>deong>s ressources phytogénétiques: Ligue française pour ong>laong> protection ong>deong>s oiseaux: Programme Man and Biosphere: Microbial Information Network in Europe: Muséum national d'histoire naturelle: Organisation ong>deong>s Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation: Opération groupée d'aménagement foncier: Office national ong>deong> ong>laong> chasse: Office national ong>deong>s forêts: Organisation non gouvernementale: Organisation ong>deong>s Nations Unies: Institut français ong>deong> recherche scientifique pour le développement en coopération: Politique agricole commune: Programme ong>deong> maîtrise ong>deong>s pollutions d'origine agricole: Programme national biodiversité et dynamique ong>deong> l'environnement: Pong>laong>n d'occupation ong>deong>s sols: Pong>laong>ns ong>deong> développement durable: Schémas d'aménagement et ong>deong> gestion ong>deong>s eaux: Système ong>deong>s comptes du patrimoine naturel: Schémas directeurs d'aménagement et ong>deong> gestion ong>deong>s eaux: Schémas directeurs d'aménagement et d'urbanisme: Secrétariat ong>deong> ong>laong> faune et ong>deong> ong>laong> flore (aujourd'hui SPN/IEGB): Société française ong>deong> microbiologie: Comité scientifique sols et forêts tropicaux: Service du patrimoine naturel: Union européenne: Union mondiale pour ong>laong> nature (anciennement Union internationale pour ong>laong>conservation ong>deong> ong>laong> nature et ong>deong> ses ressources): Organisation ong>deong>s Nations Unies pour l'éducation, ong>laong> science et ong>laong> culture: Union nationale ong>deong>s livres généalogiques: Fonds mondial pour ong>laong> nature (World Wildlife Fund): Zones importantes pour ong>laong> conservation ong>deong>s oiseaux: Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique: Zones ong>deong> protection spéciale* * *80

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