Mensuel protestant belge

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Mensuel protestant belge • Église Protestante Unie de Belgique • N° 3 - mars 2008 • Mensuel sauf août • Prix au numéro : 1,50 Belgique - BelgiëP.P. - P.B.1050 Bruxelles 5BC 4785© Jean-Marie BarreArrêt sur icône


ÉditorialPageÉditorial 2Coup de projecteur :L’icône nous regarde 4“L’Icône de la Trinité” 4Admirer, Méditer, Approfondir 5Jean Damascène 6Le protestantisme,une foi non figurative ? 7Bible ouverteLe Fils est l’imagedu Dieu invisible 8Voir Pâques ?Voici Pâques….Voir Pâques ? Avec des icônes ?Est-il possible de Voir pâques ? De représenter Pâques ?Qu’est-ce que Pâques, sinon la fête de l’absence ?© Jean-Marie BarreHumeurImage … Cage 9D’ailleursBrèves 10Indicible Rwanda 11D’iciFestivités à Rongy 12“Les cercles du silence ” 12Rassemblement national 13Médi@s et RelationspubliquesRegards dans le rétroet vers l’avenir 14Agenda 15Programme radio, télévision 15Dossier du mois d’avril :Le bouddhisme.Comment ont-ils pu supporter l’absence, ces disciples, ces femmesAprès une mort aussi effroyable que la crucifixion ?Comment, nous, humains du vingt et unième siècle,Pouvons-nous croire en Dieu, en Jésus-Christ, l’éternel absent.Sinon en nous aidant, pour discerner sa présence,De Paroles, Symboles, Signes,Il est bon de se pencher sur la manière dont d’autres figurent cette absenceLes Églises orthodoxes ont choisi de rythmer leur foi à l’aide d’icônes.Nous vous invitons à découvrir leur démarche,à entrevoir la signification de ces images si particulièresSi étrangères aux regards protestantshabituellement ivres de silence esthétique ;Sur l’une des icônes, la coupe de la cène est sur la table… sur Le tombeau.Couverture : Les femmes portantla myrrhe au tombeau vide.Reproduction tirée d’un calendrierédité en 2003 par KatholiekNieuwsblad.L’art comme réponse au terrible samedi – du vide.Élisabeth de BourqueneyÉquipe de rédactionPAGEg Mosaïque N°3


oup de projecteurPréparé par le districtdu Hainaut oriental.“L’icône nous regarde”Comme tout langage religieux, l’icôneutilise un langage chargé d’un symbolismequi nous invite à élever notreregard et notre esprit vers Dieu.Après avoir d’abord utilisé les symbolestraditionnels de l’époque danslaquelle elle baignait, la religion chrétiennea petit à petit emprunté lessiens à sa propre histoire, ce qui aabondamment nourri l’art chrétien.Le symbole nous permet d’approcherune part du mystère pour nous y relierau tout. Porteur d’un message,il est un pont jeté entre le visible etl’invisible, nous conduisant au réel.Le symbole est une découverte…une image suffit pour qu’apparaissenten pleine lumière les choses quinous entourent et que pourtant nousne voyions pas ! La porte est maintenantouverte sur ce jardin dont nousn’avions conscience que des murs quil’entouraient. Nous pouvons maintenantnous y réunir et nous y découvrirfrères et sœurs.Mars 2008 g MosaïqueMme Mireille MaquetDans notre vieille Europe richissimede ce début du troisième millénaire,nos contemporains meurent de soifalors qu’ils sont assis sur LA Sourcede la Vie. Nous vivons bien dans unesociété chrétienne car les valeurs desolidarité et des droits de l’hommequi sont les nôtres sont celles del’Évangile ; elles ne sont pas nées cheznous par hasard… Pourtant, les seules“images” populaires qui sont véhiculéespar les médias sont bien souventsurannées. Elles évoquent desimages de moines rondouillets quimangent du bon fromage, ou autresreprésentations mièvres du mondeangélique, ou bien font référence àdes églises sectaires et autoritairesresponsables de tous les maux quifreinent l’épanouissement des libertésindividuelles…Deux mille ans après la venue denotre Seigneur Jésus-Christ, toutesses Églises ont besoin de se rappelerqu’elles ont une tradition communeet qu’elles ne peuvent s’approprierexclusivement l’héritage de l’Église.Une vision œcuménique nous permetde quitter nos sécurités identitaires.Et l’immense héritage culturelet spirituel dans lequel nous baignonset qui, rappelons-nous, comporte aumoins mille ans d’une Église et d’unethéologie qui nous sont communesà tous, cet héritage est bien là, omniprésent« à chaque coin de rue »pour nous rappeler la présence deDieu dans nos vies… Le problème estque ces œuvres d’art nous sont présentéesde manière technique, et quel’on oublie la fonction première del’art qui est de nous aider à élever noscœurs et nos âmes vers le divin. Nousavons oublié la fonction première deces images, de ces signes.Voilà qui nous amène à l’icône…C’est par nos cinq sens que Dieu nousparle, et parmi eux la vision et le toucherfonctionnent à double sens. Si letoucher peut engendrer une relationfusionnelle, l’œil est prise de distance,évaluation des formes physiques etdes intensités lumineuses. Se regarder“les yeux dans les yeux” impliqueune relation qui respecte la distanceentre deux êtres tout en leur permettantd’atteindre le cœur du mystèrede l’autre. L’icône nous regarde. Selaisser regarder par l’image, la laissernous pénétrer, nous parler, nous toucher…L’icône est Parole de Dieu pour lesyeux comme le récit de L’ÉcritureSainte l’est pour nos oreilles. Pourcomprendre une icône, il suffitd’ouvrir la Bible à la bonne page, delire et contempler …Rappelons-nous le fameux tableau deMagritte sur lequel il peint une pipeen-dessous de laquelle il a écrit :« ceci n’est pas une pipe ». Quandnous contemplons une icône, ce n’estpas une photographie de l’événementou de la personne représentée, maisbien une théologie que nous avonssous les yeux. La neutralité et la sérénitédes visages permettent à chacunde pouvoir approcher le mystère,quel que soit son état d’âme.PAGE


Coupde projecteurLoin de toute superstition, l’icônen’a bien sûr aucun pouvoir en soi. Cequ’elle nous apporte est de l’ordre dutémoignage : en deux mille ans d’histoirechrétienne, du nord de la Russieà l’Éthiopie, en passant par le bassinméditerranéen et notre vieille Europe,malgré les différentes cultureset leurs styles propres, chacun peutreconnaître les mystères et les personnages…Pierre, Joseph, Notre SeigneurJésus-Christ et tous les autressont toujours reconnaissables ! UneNativité ou une Pentecôte aussi ! Labeauté témoigne de la Beauté, nouséduque à la beauté, et nous donneenvie de la partager. Elle fait de nousdes témoins.Arrêt sur icôneDieu crée. L’homme, créature, essaiede s’organiser au milieu des merveilleset des difficultés de cette création.Le Créateur fait quelque choseavec rien, l’homme n’est qu’un “organisateur”.Voici le peintre d’icônes :un simple pécheur devant Dieu etles hommes qui se risque à organiserla matière pour louer le Créateuret annoncer la Bonne Nouvelle, unartiste qui a choisi de mettre son talentau service de Dieu. Voici le donà accueillir : le Salut est à l’œuvre ! Lepeintre en témoigne, avec les limitesde ses instruments, couleurs et formes.Renonçant à la culture du soi,Il travaille pinceau en main et Bibledans l’autre pour un changement deVie, une conversion à demander coucheaprès couche.Être un artiste chrétien c’est servir, annoncer,célébrer, c’est rendre présentle mystère. Je peins parce que c’est lemieux que j’aie et que ce mieux est lemoindre que je puis. Quand je peins,je n’ai plus d’âge, plus de problème,plus de douleur… Je rends grâce auSeigneur de m’avoir donné ce talentà chaque instant de ma vie et j’espèreavoir la grâce de pouvoir encore chanterses louanges !Mireille MaquetProfesseur en iconologieC’est sur l’iconostase de l’église attenante à son couventque fut peinte, par Roublev, cette icône de La Trinité ouPhiloxénie d’Abraham. La composition de cette scène esttotalement symbolique. Ainsi, le décor, la couleur du vêtementdes anges pèlerins, leurs regards et la position deleurs mains et jusqu’au mobilier, tout renvoie à des notationsthéologiques.La Trinite (Roublev) © Jean-Marie BarreLa coupe en est le centre, posée sur un autel avec une sortede tiroir évoquant le tombeau de Jésus, lui-même placé,selon certains, sur les portes du Royaume des morts.Une autre coupe se fait voir entre les deux anges placésaux extrémités. À l’intérieur de cet espace, le personnagecentral : certains l’identifient au Père, d’autres au Christ.Contemplant l’icône, les humains sont ainsi invités à latable de Dieu.M. W.PAGEg Mosaïque N°3


Coupde projecteurADMIRERCette icône met en scène les visiteursd’Abraham lors de la 6 e des 8 rencontresentre Dieu et le patriarche (Gen12 à 22). Dans une confirmation répétéede l’Alliance de grâce ont été faites3 promesses inséparables :- un peuple saint sortira de la semenced’Abraham- une terre sainte sera donnée à cepeuple- toutes les nations de la terre serontbénies en et par cette descendance.L’icône de Roublev est considérée àjuste titre comme le plus haut stadeprimitif de cette forme d’art. Tousles motifs sont peints avec une tellejustesse de proportion, une tellecorrélation entre eux que l’ensembleforme un tout harmonieux. Lesmains sont très finement dessinéeset très belles. Les têtes bouclées inclinées,les charmantes figures desanges sont merveilleuses d’amour etde mutuelle compréhension. Sansentrer dans les détails, relevons quelquessymboles : la montagne pourl’ascèse ou l’élan vers Dieu, l’Arbrepour l’arbre de vie, la table et la coupepour la cène mais aussi en ce quiconcerne la coupe peut-être le sortamer que connaîtra Jésus (Matthieu20 :22). Remarquons surtout l’unitéspirituelle et indivisible des 3 figuresce qui exprime l’unicité et la gloirede la Trinité. Car Abraham a pressenticette apparition ce qui lui permetde dire : TU aux Trois (Gen 18 : 3) et Vous à l’Un (Gen 18 : 4et 5)Mars 2008 g MosaïqueMÉDITERMais le Christ nous dit en Jean 8, 56 : « Abraham a vu mon jour et s’est réjoui». Et un triplet de jours témoignede cette attente messianique du patriarche:Gen 15 : dans une profonde obscurité,devant Abraham saisi de terreur,le Seigneur passe sous forme d’unefournaise fumante et d’une torchede feu, à travers des animaux coupésen deux. Dieu conclut seul l’alliance(“coupe” en hébreu) en assumantseul le poids de la malédiction si l’allianceétait rompue.Gen 18 (l’icône) : ici est scelléela promesse d’une descendance etle Seigneur, l’auteur et le garant despromesses se manifeste à Abraham.D’un couple, usé par les ans, sort unPeuple…APPROFONDIRGen 22 (sacrifice d’Isaac) : Abrahamavait la conviction que Dieupouvait ressusciter un mort mais aussiil a vu le signe d’une victime substitutivepar lequel sa descendanceserait rachetée… À la Croix ce sera leFils bien-aimé qui sera la victime ultime…En plus, le patriarche a gravi lamontagne de Morija sur laquelle serabâti le Temple. Sur l’icône, nous découvronsune construction qui peutsymboliser ce Temple mais aussi laJérusalem céleste (Apo 22) car Abraham: « attendait la cité qui a de solidesfondements, celle dont Dieu estl’architecte et le constructeur » (Héb11 : 9-10).Tirons quelques conclusions. Pour nous, une icône est une œuvre d’art à admirermais certainement pas à vénérer. Cependant, elle peut nous amener commetoute œuvre d’art religieux à méditer et à approfondir notre connaissance bibliqueet notre foi. D’autre part, Abraham a cru et sa foi a permis à Dieu dele déclarer juste. Efforçons-nous, nous aussi, de croire en toutes les promessesde Dieu, non seulement en celles qui concernent le salut, mais aussi en cellesde Sa présence, de Son aide donc de Son amour. En plus, comme nous avonsconnaissance de la source ultime de bénédiction, le Messie ressuscité, pensonsà adorer et à rendre grâce.Jean-Marc Pater(EPUB Marchienne)avec l’aide pour la théologie dePierre Courthial et deRonald BergeyPAGE


Coupde projecteurPortrait de l’artisteQui était cet Andreï Roublev (prononcer“roubliov”) dont l’œuvre estconsidérée comme le sommet de l’artrusse des icônes ? On sait peu de chosesde lui-même si, de son vivant, sontalent était déjà pleinement reconnu.Il a vécu de 1370 à 1430 environ, à unmoment où, à la faveur de la victoiresur les Tartares, le Grand-duché deMoscou commençait à se développer.Il était moine au monastère de laSainte-Trinité, dans l’actuelle ville deZagorsk.En 1405, il réalisa avec Théophane leGrec – parfois considéré comme sonmaître – et Prokhor de Gorodets, laplus ancienne iconostase encore existante,laquelle se trouve à la cathédralede l’Annonciation au Kremlin deMoscou. L’iconostase est une cloisonqui sépare le sanctuaire où se trouvel’autel de la nef réservée aux fidèles.Elle est un présentoir d’icônes soumisà un agencement strict de celles-ci.Ladite iconostase de Moscou devintvite un modèle. Le style de Roublevs’y distingue de celui des deux autrespeintres, notamment par la finessedes visages.C’est dans sa maturité, vers 1422-1423,que Roublev aurait peint La Trinitépour l’iconostase de l’église de soncouvent ; il complètera cette iconostaseavant sa mort, avec d’autres personnages.Un musée Roublev existe à Moscou.D’autre part, malgré le peu d’élémentsbiographiques le concernant,le cinéaste russe Andreï Tarkovski aréalisé, en 1966-1967, un Andreï Roublevqui fut interdit par les autoritéscommunistes mais qui se trouve êtreun film remarquable de spiritualité.Martine WarletFaisons connaissance avec Saint Jean Damascène.Jean de Damas dit Jean Damascène (env. 650 – env. 750) est le premier grand théologiendes images sacrées dont il s’est fait le défenseur pendant la crise iconoclastequi a secoué le christianisme oriental entre 726 et 843L’iconographie byzantine le représente avec un turban.Jean Damascène s’illustre surtout dans la lutte contre les iconoclastes, qui ébranlale VIII e siècle, et qui mettait en question l’art chrétien. Il défend, alors, par sa paroleet ses écrits le culte des images. À la suite de saint Basile et avant le concile de NicéeII de 787, il explique que l’honneur rendu à l’icône n’est pas synonyme d’idolâtrie,mais qu’il va au prototype, au saint représenté sur l’icône.Représenter l’invisibleComment faire l’icône de l’invisible, dessiner ce qui n’a ni quantité, ni mesure, ni limite,ni forme ? […] tant que Dieu est invisible, n’en fais pas l’icône, mais dès lors que tuvois l’incorporel devenu homme, fais l’image de la forme humaine […] propose à lacontemplation celui qui a accepté d’être vu, exprime […] sa naissance de la Vierge, lebaptême dans le Jourdain, la transfiguration au Thabor, la Passion qui donne l’impassibilité,les miracles, […] le tombeau salutaire du Sauveur, l’Ascension au ciel ; illustrealors tout cela en paroles et par la peinture, dans les livres et sur le panneau de bois.PAGEExtraits de : Saint Jean Damascène, La Foi orthodoxe, suivi de Défense des icônes,trad. E. Ponsoye, Éd. de l’Ancre, 1992.g Mosaïque N°3


Coupde projecteurLe protestantisme, une foi non figurative ?Point n’est besoin de longues recherchespour se rendre compte que leprotestantisme, là où son implantations’est surtout inspirée du calvinisme,comme c’est le cas pour la plupartdes paroisses réformées belges,se défie des images : il n’est que d’entrerdans un temple pour constaterl’absence totale d’image voire, dansles cas extrêmes, un dépouillementqui confine à l’absence même de toutedécoration.Si, à l’approche du cinq centièmeanniversaire de la Réformation, ilconvient sans doute de s’interrogersur la validité actuelle d’une foi sansimage car « on ne supprime pas les images(…) La question (…) porte plutôtsur la qualité des images, et donc surnotre capacité à rejoindre – vraiment– le lointain 1 , il nous revient toutefoisd’examiner les raisons qui ont pousséà écarter l’image de la liturgie protestante,ainsi que les implications spirituellesde cette mise à l’écart.Au Moyen Âge, l’habitude de la vénérationdes images s’était développéepar suite de l’analphabétisme du peuplechrétien combiné à l’usage exclusifdu latin par l’Église qui barrait auxfidèles tout autre accès à l’instructionMARS 2008 g Mosaïque© Jean-Marie Barrereligieuse : les vitraux, les peintures,les sculptures des églises (qui donnèrentlieu à quelques-uns des chefsd’œuvredu patrimoine chrétien occidentaltel le tympan de la cathédraled’Autun) permettaient aux hommeset aux femmes du peuple, parfoiscantonnés dans le narthex, de les observertout au long de leur vie, et des’imprégner des histoires de la Biblequi y étaient figurées. Pour Luther,l’Écriture sainte seule compte, toutautre moyen de connaissance religieusedoit être banni, à plus forte raisontoute vénération portée à des objetsforcément extérieurs au contenude la Parole. Tout étant lié, il n’est pasinutile de rappeler que ce recentragede Luther et Calvin sur les textes survientà l’époque de la Renaissance quiredécouvre les langues anciennes,et, parmi elles, les langues bibliques.Il n’est pas de hasard non plus dansla formation progressive d’une unitéde la langue allemande – grâce à latraduction de la Bible par Luther enlangage vernaculaire – pas plus quedans le combat que les protestantsmèneront pour l’apprentissage de lalecture dans un but d’édification biblique.Quant à l’iconoclasme dont on a souventaccusé les réformés du XVI e siècle,on peut affirmer que Calvin, quiy voyait un trouble à l’ordre social, yétait opposé et que, précisément, ils’agissait bien plus d’une protestationdes moins nantis contre les richessesde l’Église que d’un conflit de doctrinesreligieuses.Pour autant, il reste à se pencher surle sens de l’absence d’images dansnos temples réformés. Constatonstout d’abord que, dans nos templeswallons du Réveil, là où le mobilier liturgiqueest resté inchangé depuis leXIX e siècle, c’est la chaire qui constituele centre de l’espace liturgiquedu temple, symbole de l’importancede l’Écriture, rappel spatial du solascriptura luthérien. Dans la gravure allégoriquede Cranach le Jeune représentantle sacrement de l’eucharistie,c’est bien la chaire sur laquelle est poséela Bible qui délimite les espacesdu paradis et de l’enfer. D’un point devue symbolique, au-delà du caractèrecentral de la chaire, il convient de sedemander si l’absence d’image n’estpas déjà une image. En 1918, le peintreabstrait Kasimir Malévich composaitsa célèbre toile Carré blanc sur fondblanc, qui par l’absence qu’elle représentait,ouvrait sur l’infini et la quêtespirituelle. Sans exclure l’image et l’artde nos temples, on pourrait penseraussi que la blancheur de leurs murs,aujourd’hui comme au XVI e siècle,nous incite à respecter la perfectionde Celui en qui nous croyons, que l’onne peut représenter, voire, pour certains,que l’on ne peut nommer.Jean-Christian SombreffeHistorien1 Préface de Gabriel RINGLET au livre de LaurenceVAN YPERSELE, Le roi Albert. Histoired’un mythe, Éditions Quorum, 1995PAGE


ible ouverteLe Fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né detoute la création… (Colossiens 1/15)PAGELes exégètes reconnaissent unanimementle caractère liturgique de cepassage de l’épître aux Colossiens quicontraste avec l’ensemble du vocabulaireet du style de la lettre, ce qui laisseà penser que Paul aurait introduitun hymne de l’Église primitive dansle développement de sa pensée. Voulait-ilpar ce procédé mettre les Colossiensen garde contre l’attrait deshérésies de l’époque qui mettaient endoute la prééminence du Fils, uniquemédiateur de la création et de la rédemption? 1Peut-être était-ce un texte appartenantà la liturgie en usage dans lesÉglises et utilisé par Paul parce qu’illui était utile à ce qu’il voulait dire auxColossiens qui adoraient bien sûr leChrist mais également d’autres puissancescélestes à qui ils faisaient jouerle rôle de messagers divins. Cette situationn’était pas nouvelle, il suffitde rappeler la célèbre interpellationdu prophète Élie au peuple d’Israëlen pleine dérive spirituelle: « Jusqu’àquand sauterez-vous d’un pied surl’autre ? » 2Le mot sur lequel il est intéressant des’arrêter, dans le contexte de ce numérode Mosaïque, est le mot « k »(dans le texte grec) traduit par « icône» ou « image. »Il faut savoir que dans la penséegrecque, à laquelle Paul était rompu,l’image n’est pas le simple reflet d’unobjet non plus qu’une imitation, elleparticipe à la nature de l’objet ; lorsqueJésus dit de lui-même : « Celui quim’a vu a vu le Père » 3 , il veut exprimerpar là qu’il est la révélation, l’expressionauthentique de Dieu.Ce Dieu « invisible » - parce qu’iln’est pas une réalité de ce monde -est donc rendu visible et présent auxyeux des hommes par son Fils porteurdu dessein de son Père à l’égard de cemonde.L’auteur de l’épître aux Hébreux illustrebien le sens à donner à ce terme“icône” à savoir qu’il exprime la “substance”divine tout comme un rayonlumineux est une émanation directedu soleil : « Rayonnement de la gloire »et empreinte de sa personne ». 4Cette notion d’image nous transporteimmanquablement vers le livre dela Genèse où il est dit de Dieu qu’ilcréa l’homme à son image.Il y a cependant là une nuance importantequi ne nous permet pas d’établirune simple équation entre les deuxcitations, d’une part « le Fils, image deDieu » et « l’homme créé à l’image deDieu. » 5En effet, si l’homme est créé à l’imagede Dieu, le Fils, lui, est l’image mêmede Dieu et se trouve en tant que telau cœur de l’histoire du salut. Il n’estpas « image de Dieu » par créationmais bien à cause d’une relationavec Dieu qui n’est pas de l’ordre dela création. « L’homme fait à l’imagede Dieu », n’exprime pas une identitésubstantielle comme on peut le diredu Christ.Lorsque la Genèse parle de l’hommecréé à l’image de Dieu, c’est peut-êtrepour souligner, entre autres, la différencequi existe entre l’homme et lesanimaux et cela en réaction contre lesreligions de l’époque qui donnaientune forme animale à leurs dieux.Cet hymne est plein d’espérancepour les humains que nous sommescar si le péché a faussé l’image divinedans la nature humaine, l’image deDieu dans le Fils a gardé sa perfectionet c’est à cette image que nous sommesappelés à être transformés. Leprojet de Dieu, c’est que nous soyonsrendus conformes à l’image de sonFils, le premier-né d’une multitude defrères, que par lui nous devenions desfils et des filles en qui Dieu peut se reconnaître.6Jacqueline WillameEPUB Marchienne1 Voir « L’épître aux Colossiens » N.Hugedép.49-50 Labor et Fides 19682 Rois 18, 21a3Jean 14, 94Hébreux 1, 35Genèse 1, 266Romains 8, 29g Mosaïque N°3


umeurIMAGE… CAGE.Quand j’étais écolière, l’institutricedistribuait bons points et mauvaispoints, selon les mérites et les fautesde l’incorrigible bavarde que j’étais.Ma voisine et copine Sonia, qui fréquentaità la fois l’école catholiqueet le catéchisme à l’église Saint Julien,recevait, elle, des images, si messouvenirs ne me trahissent pas. C’estqu’on ne badinait pas avec la discipline,à cette époque, à des annéeslumières de la nôtre !Il fallait rentrer dans le cadre ! Je nedirai pas qu’on nous formatait, mais ils’agissait de marcher droit. Malheurà celle qui se singularisait, répondaitavec impertinence… Je me demandemême si le mot existait déjà ! J’exagèreà peine. Je parle bien sûr d’écoleprimaire.Maître Céline Verbrouck, avocatebelge, a remporté le prix du Concoursinternational de plaidoiries pour lesdroits de l’homme, à Caen, au débutde février. À travers l’histoire deSalimatou, jeune Guinéenne, l’avocateplaidait en faveur des 130 millions defemmes excisées à travers le monde.Elle s’occupe par ailleurs des grévistesde la faim de la rue Royale.Mars 2008 g MosaïqueLe Soir © Marie van VyveAu lycée (non mixte) l’ambiancedifférait quelque peu, mais toujoursdans une discipline très stricte. Lesélèves étaient-elles d’un autre boisque celles d’aujourd’hui ? Probablementpas, nous avions élevé l’art derire en cachette à un niveau inégaléde nos jours. Car nous riions, mesamis, et pas un peu ! Chaque joursans doute. Coups tordus pour fairerire celle qui suait au tableau, batailleà coup de gommes ou de boulettes depapier, parties de cache-cache dansles armoires scolaires qu’il nous estmême arrivé de retourner… Pendantles intercours, évidemment et avecune vigie dans le couloir pour sonnerl’alerte et la fin de la « récré ».Nous étions en cage, mais libres dansnos têtes, tenues par les parents, maisévadées en rêve.Un monde de différences séparecette ère de dinosaures des écolesd’aujourd’hui. Disparus, les bonspoints et les images ! À l’école, oui.Dans les familles et la société dansson entier je n’en suis pas si sûre.Essayez de sortir de l’ordinaire, soyezdes originales, riez haut et fort, soyezde fortes têtes, osez dire ce que vousavez sur le cœur et vous verrez ce quivous arrivera. On essaiera de vousmettre en cage, les copines, de vousapprendre les bonnes manières, devous rogner les ailes, de vous remettreen place, et, dans les pires des cas,de vous empêcher d’être vous-mêmes.Et si ce ne sont pas les autres quiessaieront de vous (re)dresser, vousvous censurerez vous-même, vouspèserez le pour et le contre, vousn’oserez pas, vous hésiterez.Malheur à vous, si vous n’êtes pasconstamment égales à vous-mêmes.Ne changez pas, les autres ont unecertaine image de vous, image qu’ilsont construite à leur goût, à leur idée,comme des sculpteurs antiques façonnaientdes déesses hiératiques.Ne venez pas troubler ces images.Humoristes ? Vous serez condamnéesà rire votre vie entière. Sérieuses? Il faudra bien vous tenir au longdes jours. On vous cataloguera, mesbelles, on vous étiquettera, on voudravous mettre en bouteille, en cage, encarcan, en prison.Je parie que vous n’oserez pas êtrevous-mêmes en toute circonstance, ilfaut tellement se surveiller !Osons briser les fausses images qu’onnous impose, retrouvons notre vraienature, notre personnalité profonde,nos aspirations les plus secrètes. Necachons plus nos larmes, n’étouffonsplus nos fous rires. Soyons des êtresde chair et de sang, vivantes, terriblementvivantes, vulnérables, faibles,fortes, contradictoires, tendres, violentes,fonceuses, hésitantes…Vraies.Ce 8 mars, journée des femmes, jedédie ce texte aux femmes du mondeentier et de tous les temps, qui ontmordu et mordent encore sur leurchique, se taisent, subissent, viventpar procuration, s’étouffent, rampent,trinquent, aspirent tout simplementà être elles-mêmes, librement.Yvette VanescotePAGE


D‘ailleursIndicible Rwanda de Gérard van’t SPIJKERÉditions Clef, Yaoundé2007 p.130.De très nombreux ouvrages ont paruqui rendent compte de la tragédie quia frappé le Rwanda en 1994. Le livredu pasteur van’t Spijker vient à pointnommé combler un vide. Non seulementpour tous ceux qui continuentde s’interroger sur la tragédie qui afrappé le Rwanda en 1994 mais plusparticulièrement pour les protestantsde Belgique ; étant donné les liensparticuliers qui les unissent aux Églisesprotestantes du Rwanda. L’auteurdu livre a passé de longues années auRwanda, avant et après le génocide.Le livre tente d’apporter une réponseà la question que beaucoup se sontposée : comment expliquer le fait queces Églises qui « avaient la réputationd’être vivantes et fortes n’ont pasété capables de créer une résistancecontre la violence et la haine ? » 1L’auteur commence par rappelerMars 2008 g Mosaïquebrièvement le développement del’Église Presbytérienne du Rwandaqui, tout en étant une église minoritairepar rapport à l’Église Catholiqueromaine a fini par prendre une placedans la vie de la société rwandaise enprenant position sur des questionsde société. Cependant, il relève, enfaisant référence à des documentsofficiels, que face au conflit ethniquequi sévit dans le pays bien avant legénocide, l’EPR se montrera timoréedans la dénonciation des atteintesaux droits des personnes mêmesi certains pasteurs et membres decette Église des deux communautéssauvèrent des hommes et des femmesau péril de leur vie.Gérard van’t Spijker revient au Rwandaen 1995 ; le pays se relève alors avecd’énormes difficultés du massacredont a été victime une grande partiede l’ethnie des Tutsi. Il refuse toutefoisde mettre toute la faute sur l’ethniedes Bahutu. On ne peut comprendre,selon l’auteur, ce qui s’est passéen 1994 si l’on ne tient pas compte detout ce qui a précédé et notammentla guerre civile qui a sévi au Rwandaen 1990. La position de l’auteur va àl’encontre de la thèse officielle maiselle est pleinement assumée et d’ungrand intérêt car outre qu’elle introduitla notion de durée indispensabledans tout jugement qui porte sur desfaits historiques, elle ouvre égalementà terme des perspectives pourune véritable réconciliation entre lesdeux communautés.Indicible Rwanda se signale par rapportaux nombreuses publicationsqui ont paru sur le Rwanda par uneapproche croisée du contexte politiquedepuis la colonisation jusqu’àaujourd’hui et du mouvement missionnaireà l’origine des Églises et plusparticulièrement de l’Église Presbytériennedu Rwanda. Un chapitre quiporte le titre provocateur « Les missionnaires: apôtres du racisme » y estconsacré. Ce n’est pas le moindre méritde ce livre que de nous amener ànous interroger, nous occidentaux etprotestants, sur notre part de responsabilitédans les événements qui ontensanglanté l’histoire du Rwanda. Celivre s’efforce de mettre à nu ce queparfois nous préférerions couvrir dumanteau de l’oubli.Le dernier chapitre s’ouvre sur unenote d’espoir ; celui d’une réconciliationentre les différents protagonistesdu conflit qui ont agité la scène dudrame rwandais. Mais là aussi l’auteurne se départit pas de son réalisme dethéologien réformé ; il sait que la routeest longue et semée d’embûches.En conclusion, un regard décapant etfinalement libérateur sur le Rwandaet l’EPR qui a traversé cette terribleépreuve. À mettre entre les mains detous ceux qui cherchent une réponseà la question : comment cela fut-ilpossible ?Le livre est disponible au secrétariatde l’EPUB uniprobel@skynet.be auprix de 10€, il a pleinement sa placedans les bibliothèques paroissiales.1 Cf Indicible Rwanda p.7Marc LendersJanvier 2008PAGE11


‘iciCoup d’envoi du 120 e anniversaire du temple de RongyDevant un auditoire nombreux etaprès une introduction musicale dela chorale de Quaregnon, Sonia Cantineau,présidente du consistoire deRongy, a ouvert la séance en prononçantdes mots d’accueil et de bienvenue.Le pasteur JC Diez présentaensuite les motivations et le contenudes festivités du cent vingtième anniversaireet finalement, le présidentdu conseil synodal, le Dr Guy Liagrebrossa un survol de quelques faitsmarquants et souvent méconnus duprotestantisme belge. C’est enfin lachorale de Quaregnon qui clôturacette première partie, par une prestationd’une demi-heure.La deuxième partie prévoyait d’unepart, la présentation de la fresquepeinte sur le mur longeant le templede Rongy, et d’autre part, la visited’une galerie de portraits des pasteursde Rongy depuis 1886 ainsi quedes colporteurs, organistes, instituteurs.Tout cela s’est terminé par un apéritifcopieux qui, visiblement, a réjoui toutle monde. Ce fut donc un bon départpour ce 120 e anniversaire de notretemple. Encore un grand merci à tousceux qui nous ont soutenus et honorésde leur présence.“Les cercles du silence” pour les Sans-papiersChorale de Quaregnon.JC DiezPAGE12Rappelons-nous : début du moisd’avril 2007, seize Afghans, en grèvede la faim depuis un mois, sont accueillisdans les locaux de la paroissede Bruxelles Botanique. Après denombreux contacts avec l’Office desétrangers, les négociations aboutissent: les Afghans obtiennent la recevabilitéde leur demande et ils pourrontêtre régularisés. Heureuse issuepour eux.Mais d’autres, beaucoup d’autresn’ont pas eu cette chance.Vous le savez probablement, malgréles nombreuses actions, malgré lescampagnes de sensibilisation qui ontété menées ces derniers mois, malgrél’accord politique intervenu sur cesquestions le 10 octobre dernier sousla coalition « orange-bleue » et malgréles engagements d’autres partisd’aller de l’avant sur cette question,rien n’a bougé du côté de la prise encompte des attaches durables ;C’est pourquoi 150 personnesont décidé le 2 janvier dernierd’arrêter de manger.C’est pourquoi le CIRÉ (Coordinationet Initiatives pour et avec les Réfugiéset Étrangers) organise un rassemblementintitulé “Les Cercles du silence”,chaque mercredi en diversendroits du pays. Cette action viseà rappeler chaque semaine que denombreux sans-papiers mais aussi lesassociations qui les soutiennent, desavocats et des citoyens belges restentmobilisés et attendent des responsablespolitiques qu’ils prennent rapidementles mesures qui s’imposent.• Le principePas de slogan, pas de cris. Le silencesignifie que tout a déjà été dit sur laquestion et qu’il est temps maintenantque les politiques agissent. Ilest urgent d’interpeller nos responsablespolitiques sur la situation dessans- papiers. Cette action se répètetous les mercredis à 18h en différentslieux de Belgique. Elle dure 1/2 heureenviron.• En pratiqueEn ce mi-février, les rendez-vous onteu lieu à Bruxelles, Liège, Verviers, Jodoigne,Louvain-La-Neuve, Antwerpen,Sint Niklaas, Arlon, Izegem,Roeselare et nul doute que quandvous lirez ces lignes, si une solutionn’a pas été trouvée, d’autres lieux seseront ajoutés à cette liste. Le CentreSocial Protestant de Bruxelles, leService Social des Étrangers de Lièges’associent à cette action.J.L.Des téléphones et des sites où vous renseigner:CIRÉ : 02 629 77 35 http://www.cire.be/Centre Social Protestant : 02 500 10 11Service des Étrangers Liège : 04 223 58 89Site de l’Assemblée des voisins et voisines:http://www.papieren-papiers.be/spip.php?sommaire&lang=frg Mosaïque N°3


D‘iciLe RassemblementInvitationMars 2008 g MosaïqueLEVENDEFFICACESCHÄRFER(HEBR 4.12)Car la parole de Dieu est vivante et efficace,plus tranchante qu`une épée quelconque àdeux tranchants, pénétrante jusqu`à partagerâme et esprit, jointures et moelles; elle juge lessentiments et les pensées du cœur. Héb 4,12L’auteur du livre des Hébreux établit un parallèle entre lagénération de l’Exode et ses lecteurs, une communautéjuive de disciples de Jésus. Ces derniers subissent des pressionsvisant à les faire abandonner leur foi en Jésus. S’ilscèdent, ils risquent de perdre le repos promis par Dieudans l’avenir. En s’appuyant sur les paroles du Psaume 95,l’auteur les exhorte : Ne reproduisez pas l’attitude de la générationde l’Exode mais au contraire, gardez fermementla foi !Pour ce dernier, c’est de cette manière que la parole deDieu est rendue vivante et puissante. La Bible ne restepas une parole sacrée du passé mais devient pertinente etplace les auditeurs devant un choix : « Aujourd’hui, si vousentendez sa voix », dit le Psaume 95. La parole de Dieu estpuissante, elle donne la vie et nous met en mouvement. Jetrouve cela extraordinaire : ces mots si anciens sont toujourstellement vivants, nous parlent et nous changent.L’auteur va plus loin encore avec l’image brutale d’uneépée qui traverse le corps. La parole pénètre de manièreplus acérée qu’une épée jusqu’au plus profond de notrepersonnalité et fait la séparation entre nos pensées et nosréflexions, si bien que nos motivations et les considérationsles plus profondes de notre vie deviennent claires.Ainsi cette parole nous éclaire là où nous sommes et nouspousse à prendre une décision face à Dieu.Jésus est la parole vivante de Dieu parmi leshommes. Héb 1, 2[…]Qu’en est-il de ce texte pour notre temps ? D’après moi,ces mots sont en contradiction flagrante avec notre manièreoccidentale de penser et de vivre, où une attitudeneutre et distante dans le domaine philosophique et éthiqueest devenue primordiale, où les choix de vie sont souventlonguement reportés à plus tard et où nous attachonsplus d’importance à des choses compliquées qui ne sontpas très claires.En tant qu’individu aujourd’hui, nous entendons la parolede Dieu et nous sommes appelés à la partager avec lesautres. Je trouve cela passionnant. Est-ce que ce côté tranchantde la parole pénètre encore comme une épée dansnos oreilles et notre cœur? Et comment pouvons-nous lireet traduire le texte biblique afin qu’aujourd’hui encore ilsoit vécu comme étant vivant et pénétrant ? C’est avec cesquestions que je me rendrai plein d’attentes au RassemblementNational.Johan Visser, AnversCette journée de rencontre aura lieu le samedi 26 avril2008 au Provinciaal Vormings-centrum à Malle, de 9.30hà 17hContact : akerkv@gmail.com,ou 03 248 93 96 ou 03 231 02 56Toutes les informations pratiques générales :http:// www.epub-rana.be/Martin OluwadiranPAGE13


édi@s et relations publiquesRegards dans le rétro et vers l’avenirLe protestantisme belge est multipleet varié, il est aussi minoritaire et parce fait peu ou mé –connu. C’est pourquoi,très tôt se sont développés desoutils pour le rendre visible qui existentencore aujourd’hui . Par ordrechronologique, on peut signaler quedès les débuts de l’Institut Nationalde Radiodiffusion “ INR-NIR” qui futcréé en 1930, la Fédération des ÉglisesProtestantes de Belgique “FEPB”s’impliqua pour qu’il y ait une présenceprotestante à la radio. Qui déboucherasur une présence protestantepermanente d’abord mensuelle puishebdomadaire sur les ondes de l’INRà partir de 1945.Dès la naissance de la télévision, sesresponsables envisagèrent d’accorderune place aux émissions protestanteset c’est le 2 avril 1958 qu’eutlieu la première émission protestantede télévision sur les ondes de l’INR.Aujourd’hui, l’APRT (AssociationProtestante pour la Radio et la Télévision)est chargée d’assurer les émissionsprotestantes et évangéliques deradiodiffusion et de télévision, diffuséesen français sous la tutelle de laCommunauté “Wallonie-Bruxelles”par la RTBF.En ce qui concerne la presse écrite, unmensuel à usage interne appelé “Info”commence à circuler dès les débutsde l’EPUB. Prioritairement destinéà un usage interne, on y retrouve lesnouvelles officielles, les modificationsà apporter à l’annuaire,… Audébut des années 2000, une réflexionest amorcée sur l’opportunité d’élargirle public et donc le contenu de cecahier. Une équipe est chargée de laréflexion et de l’élaboration d’un nouveausupport. C’est ainsi que Mosaïquevoit le jour en 2003. Si l’objectifest toujours de diffuser l’informationdes paroisses, il s’élargit en proposantdes coups de projecteurs, des regardsprotestants sur différents thèmes desociété. Le lectorat s’est ainsi élargi :aujourd’hui, des curieux, des autrescroyants s’intéressent à la foi protestante.Dès le départ, le journal s’est intégréau groupe de travail de la presseprotestante régionale. Il y a puisé del’inspiration, des contacts mais aussiune façon de travailler qui invite chaquedistrict à prendre conscience dece mode particulier du témoignage.Aujourd’hui, Mosaïque est passé àla couleur. Il a déjà quelques annéesmais rafraîchit régulièrement sesrubriques et se place délibérémentdans une démarche d’ouverture etde remise en question. Il projette des’inscrire sur un portail internet dela presse protestante régionale française.Ce panorama ne serait pas completsans évoquer l’outil de communicationincontournable du XXI e siècle.Dès le milieu des années nonante etl’émergence de l’internet pour lesparticuliers, les protestants s’inscriventsur la toile avec un site qu’ilsenvisagent comme un site représentatifdes différents visages du protestantismebelge. Au fil du temps, lecontenu et la structure ont exigé unemise à jour. Depuis novembre 2007,vous avez ainsi accès à un site relookéqui reste un chantier à améliorer .Ces outils je les découvre et les apprivoisedepuis maintenant 4 mois.Les défis sont nombreux mais ilsimpliquent une réelle dynamiqued’échange des savoirs et de coopérationpour être surmontés. Lors d’unbref séjour à Paris, j’ai pu bénéficierde l’expérience de rédacteurs expérimentés,de webmasters ou encore dedifférentes personnes en charge de lacommunication dans les différentesstructures protestantes de France(ERF, FPF, EPAL,DEFAP…) et déjà,d’autres collaborations se tissent audelàdes frontières linguistiques, ecclésialespour que la Parole rayonne.Dorothée Bouillon• Envoyez vos informations à la rédaction -Rue du Champ de Mars 5,1050 Bruxellesou par courriel : j.lombart@epub.betél.: 02 377 66 57Les opinions exprimées dans Mosaïquen’engagent que leurs auteurs.• ABONNEMENTS ANNUELSAbonnements individuels :envoyez vos nom et adresse ainsi que votrerèglement de 15,00€• Site Internet :à MOSAÏQUEhttp://www.protestanet.be/EPUBRue du Champ de Mars 5,1050 Bruxelles1 Merci de respecter les délais suivants :Je me limiterai ici aux médias protestants francophones.Compte : 068-0715800-64• le 5 mars pour le numéro de avril.2 • Collaborateurs régionaux :Voir • le le 5 site avril http://www.aprt.be pour le numéro de mai. pour les programmes, Abonnement l’écoute d’émissions de soutien et autres : 25,00€ informations concernant cette association. 3 http://www.protestanet.be• le 5 mai pour le numéro de juin.Abonnement de groupe :Veuillez contacter la rédaction pourles conditions : mosaique@epub.be• Éditrice responsable : Dorothée BouillonRue du Champ de Mars, 5 – 1050 Bruxelles• Équipe de rédaction :Rédactrice en chef : Jacqueline LombartRédacteurs : Élisabeth de Bourqueney,Martine Warlet, Jean-Marc Degrève.• Collaborateurs : Yvette Vanescote,Samuel Charlier, Robert Hugues BoudinHainaut Occidental : A Benini, C Godry,C RouvièreHONL : N. Lebrun, J-P LecomteLiège : B. DennisBrabant : Jean-Marc Degrève• Imprimerie : sa N. de Jonge, GrimbergenPAGE14 g Mosaïque N°3


Cafés ThéologiquesBruxelles• Lundi 10 marsà 20.00h“L’approche laïque de la mort ”Avec Marc Meyer, aumônier laïc àl’hôpital Érasme.Lieu : La taverne “Le Liberty”, place dela Liberté 7, 1000 Bruxelles.Contact : SPEP (02 510 61 63) ou cafetheobruxelles@yahoo.frRixensart• Mardi 11 marsà 20.00h“La Foi et la Raison : une tentativede réconciliation par la peinture”Avec Jean-Marie de Bourqueney, pasteurà l’église du Musée à Bruxelles.Lieu : Centre culturel protestant deRixensart, rue Haute, 26a.Contact : Philippe Romain(010 61 40 67 ou 0494 113 087 ouphilippe@romain.beEn collaboration avec le SPEPCONCERTSLes concerts de laChorale Royale Protestantede Bruxelles• Samedi 15 mars à 20.00h• Dimanche 16 mars à 15.00h“Jesu, meine Freude”BWV 227 de J.S.Bach“Stabat Mater” a 10 voci de D. Scarlatti“Agnus Dei” from Adagioop.11 de S. BarberDirection : Daniel BurdetLieu : église de Bruxelles Musée, 2 Placedu Musée à 1000 Bruxelles• Vendredi 21 mars à 18.15h“Les sept paroles du Christ en croix”de J. HaydnIllustré par des textes originaux defrère P-Y Émery de la Communauté deTaizé .Lieu : temple de TournaiContact : pasteur J-J HUGÉ069 22 43 93Libre participation aux frais.• Lundi 24 mars à 20.00hGroupe Gospel “Les Mas”Lieu : Foyer socioculturel Antoingrue du Burg, 7 – 7640 AntoingContact : pasteur JC DIEZ,069 66 76 09Conférences• Jeudi 6 mars à 20.00h“Protestantisme et laïcité,adversaires ou partenaires ?”Avec Madame Danielle Torfs-Masquelier,licenciée en Histoire ULB, ancienmembre de consistoire.Lieu : Maison de la Laïcité de Courcelles-Souvret (rue É. Vandervelde, 5– 6182 Souvret)Contact : 071 46 53 26• Vendredi 14 mars à 19.00h“Parole et communication…Les médias dans l’Église”Avec Madame Dorothée Bouillon,théologienne, porte-parole del’EPUB.Lieu : temple de DourContact : pasteur A Benini,065 66 88 05• Samedi 15 mars à 20.00h“La cote argus des valeurs morales”Avec Paul Clavier.Lieu : Salle de l’Arc, Place GénéralJacques, 16 à VerviersContact : Centre culturel protestantde Verviers, pasteur Jean LieutenantÉMISSIONS de RADIO,le samedi à 19.35h. RTBF Radio PremièreSamedi 01.03 “Une montée risquée vers Jérusalem” par le pasteur Martin Keizer.Samedi 08.03 “Un repas chargé de signification” par le pasteur Jacques Hostetter.Samedi 15.03“Gethsémani” par le pasteur Georges Quenon.Samedi 22.03 “Le Séder de Pessa’h” par le pasteur Florent Spits.Samedi 29.03 “Les apparitions du Ressuscité” par le pasteur Vincent Tonnon.Culte de Pâques, vers 9.30h RTBF Radio PremièreDimanche 23.03 par les pasteurs Jacques et Robert Hostetter.ÉMISSIONS de TÉLÉVISION :Présence protestante (10 min.)Dimanche 16.03 à 11.50 h. sur R.T.B.F. La DeuxUne émission de Robert HostetterPrésence protestante (30 min.)Dimanche 23.03 à 09.00 h. sur R.T.B.F. La UneUne émission de Robert HostetterCultes TVDimanche 09.03Dimanche 23.03à 10h sur RTBF La DeuxDepuis l’église protestante de Dour (EPUB), le service sera présidé par le pasteur Aldo Benini,avec la participation de Laurence Vilain, organiste.à 10h sur RTBF La DeuxCulte de Pâques en Eurovision, retransmis de l’église réformée d’Enghien-les-Bains.Mars 2008 g MosaïquePAGE15


La Trinite (Roublev) © Jean-Marie Barre

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