La Loupe 03/2010 - Emission juillet 2010Le - La Poste Suisse

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La Loupe 03/2010 - Emission juillet 2010Le - La Poste Suisse

«La magie du petit rectangle joue toujours

encore un peu pour moi»

J’écris depuis que je sais lire. Des histoires,

des poésies. Et des lettres. Quand j’étais

en vacances chez mes grands-parents

à Schönenwerd, j’écrivais presque chaque

jour à mon frère, qui lui était en vacances

chez nos autres grands-parents à Bienne.

Et ce qui faisait qu’une lettre était véritablement

une lettre, c’était le timbre.

Une lettre coûtait 20 centimes, une carte

postale 10, et 5 pour seulement cinq

mots. Intrigué par ce tarif, je me prenais

à réfléchir sur le poids des mots. Sans

doute qu’une carte écrite serré pesait plus

lourd que juste «A bientôt, Franz».

Je me mis tout naturellement à collectionner

des timbres. J’en remplissais des

boîtes, rêvant de classeurs et de l’album

Müller pour la jeunesse Suisse-Liechtenstein.

Je faisais des razzias dans la famille

et chez les connaissances. Je ne manquais

jamais de jeter un œil sur le courrier familial,

trop rarement revêtu à mon goût

de timbres spéciaux, et commençais à

développer des stratégies. Dans les timbrestaxe,

il me manquait par exemple le

«20 centimes». Une série relativement

sobre, juste le montant à payer en italique,

avec un petit goût mêlé de reproche

et d’encouragement. Alors j’ai fini par

envoyer à mes grands-parents de Bienne

une carte de Nouvel an non affranchie,

sous le prétexte de leur demander s’il y

avait de la neige chez eux aussi. Et j’ai ainsi

pu récupérer lors de ma visite suivante la

carte revêtue du timbre-taxe, qui figure

aujourd’hui toujours dans mon album

d’entiers postaux.

Mon frère collectionnait aussi, et souvent

nous demandions pour Noël chacun un

bloc émis durant l’année, que nos parents

mettaient de côté jusqu’à la distribution

des cadeaux. Ils avaient d’ailleurs si bien

caché les «Lunaba» bleus de 1951 avec les

quatre lanceurs de drapeau que nous

n’avons jamais pu remettre la main dessus.

Mon père étant convaincu de les avoir

glissés dans un livre, mon frère et moi avons

feuilleté une bonne partie de sa bibliothèque,

sans retrouver les fameux blocs.

Or ledit bloc a pris pas mal de valeur, même

si aujourd’hui son prix a un peu rebaissé.

Mais, à l’époque où mes propres enfants

s’intéressaient aux timbres, il figurait dans

les catalogues à près de 1000 francs. C’était

presque devenu une tradition, quand

nous passions Noël chez mes parents, de

nous amuser à voir mes enfants et ceux

de mon frère farfouiller fébrilement les

vieux bouquins de leur grand-papa à la

recherche du fameux trésor. Mais toujours

en vain.

La recherche est indissociable de la colle ction,

comme la patience du pêcheur

au bord de l’eau. Le timbre à 20 de la série

ordinaire de ma jeunesse montrait le

lac de retenue du Grimsel, surplombé par

l’usine sur son éperon rocheux. Sur une

partie du tirage, le bâtiment présentait une

erreur d’impression, juste un trait manquant

en bas. Nous recherchions fébrilement

cette «variété» (un mot qui fleure

bon la philatélie!) sur le moindre courrier

adressé à nos parents, mais c’était comme

l’espoir de gagner le gros lot au Sport-

Toto, nous nous fatiguions les yeux sur

d’innombrables bâtiments sans défaut. Ce

fut peine perdue. C’est la philatélie qui

m’a appris qu’un défaut pouvait avoir de

Timbre-poste spécial Franz Hohler

la valeur.La magie du petit rectangle joue

toujours encore un peu pour moi.

L’essentiel de mon courrier passe certes

désormais par les voies électroniques,

mais je continue néanmoins à recevoir de

vraies lettres et de vraies cartes, de Suisse

et de l’étranger, et je prends toujours le

temps de découper soigneusement les

beaux timbres bien affranchis et en bon

état, pour les ranger dans une boîte. Et les

petits collectionneurs qui viennent me

dire bonjour sont autorisés à fouiller dans

cette boîte pour y pêcher qui des animaux,

qui des plantes, ou les vignettes des pays

lointains qui les font rêver.

A propos, s’il y a des enfants qui s’intéressent

aux nains, ils pourront en ajouter

un à leur collection dès le 3 septembre.

Venez écouter Franz Hohler

En tant que lecteur ou lectrice de La Loupe, nous

vous donnons l’occasion de faire personnellement

connaissance avec Franz Hohler et son œuvre.

Nous vous proposons 120 invitations pour

une lecture exclusive à Berne.

Cette rencontre littéraire commencera le 9 septembre

prochain dès 18 heures au Musée de la communication

à Berne. A cette occasion vous pourrez

faire la connaissance de l’auteur à succès Franz

Hohler et l’entendre lire des extraits de son œuvre.

Vous pouvez obtenir des invitations gratuites (max.

deux par commande) en envoyant votre adresse

complète et votre n° de client à l’adresse suivante:

La Poste Suisse

Réseau postal et vente

Timbres-poste et philatélie

Kurt Strässle

Viktoriastrasse 21

3030 Berne

Franz Hohler

Les réservations seront enregistrées dans l’ordre

d’arrivée des commandes. Les bénéficiaires

des invitations seront informés personnellement.

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