ARTS NEGRES ET RACISME - Archives du MRAP

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ARTS NEGRES ET RACISME - Archives du MRAP

NOUVE~DRAME MoA !LOS ANGELES ~En dernière minute nousparviennent des informationsangoissantes (page 2). 1~,~"""""''''''''''''''''''''''~'"'''\15 MARS - 15 AVRIL 1966N" 251Un francNAZI ME PAM RI 1 •• DES ELECTIONS qui donnent, dans certaines localitésjusqu'à 10 % des sièges au parti néo-nazi ; un rapportministériel qui indique une recrudescence des incidentsantisémites et un tirage accru des publicationspro-hitlériennes : ces faits récents, parmi beaucoup d'autres,attirent l'attention sur d'inquiétantes survivancesdu passé en Allemagne fédérale. Il est temps de réagir :la cote d'alerte est atteinte. (Voir page 9).Photo Elie Kagan.SORBONNE 1966• EN FRANCE MEME, des incidents de plus en plusgraves illustrent l'audace que les groupes racistes etfascistes tirent de leur impuIÙté_ Leurs commandos distribuentdes tracts au lycée Buffon, au Quartier Latin,lancent des grenades à la Sorbonne (photo ci-dessus),matraquent un professeur et des étudiants, mettent àsac la Faculté d'Orsay. Alors que se pose d'une façODurgente la nécessité d'interdire ces groupes, la polioereste passive_ Pire : ce sont des militants antiracistesque l'on arrête. (Voir page 8).QUARTIER LATIN 1936• IL Y A lO ANS, les organisations d'extrême droite, quegalvanisait la venue au pouvoir d'Hitler, étaient vaincuespar le Front Populaire, après l'échec du putsch de février1934. Le sénateur Edouard BONNEFOUS, membre del'Institut rappelle (page 7) comment l'antisémitisme étaitutilisé pour combattre la...République, quatre années avantl'occupation.ARTS NEGRES ET RACISMEL'une des raisons qui facilitent le colportage des préjugés raciaux, c'est l'ignorance où s'est compluel'Europe, pendant des siècles, des cultures et des arts des peuples afro-asiatiques. Pour légitimer la colo­IÙsation, il fallait que ces peuples soient arriérés et inférieurs. Trop souvent, les manuels des écoles primairesinculquent des notions de ce genre aux enfan ts.Le premier Festival d'art nègre, qui va s'ouvrir à Dakar au début du mois d'avril, est une manifestationculturelle d'autant plus importante qu'elle va contribuer à pulvériser ce qui reste de ces préjugés.(Voir page 13 l'article de Jacques Maquet, chargé d'enseignement à l'Ecole Pratique des HautesEtudes.)VIVRE ENSEMBLE A NANTERRE• LES BIDONVILLES, que ce soit à Nanterre ou ailleurs,posent bien des problèmes. Quels sont les rapportsde leurs habitants - Algériens dans ce cas - avec lapopulation des quartiers environnants ?... Des hommeset des femmes de bonne volonté, qui recherchent dessolutions humaines, qui combattent le racisme avec résolution,ont répondu aux questions de Marguerite Kag_(page 6).


QUE SE PASSE.T.IL3* Suite de la page 2M. Huppé, employé dans la même entreprise,par téléphone. Mme Huppé mit,elle aussi et publiquement, son grain desel dans l'affaire :- C'est dommage q1l'Hitler n'ait pasexterminé votre sale race; le tout accompagnéd'injures assorties : « Saleté;putai1l; sale juive :1>.Mme J aCLJues porta plainte, soutenuepar ses camarades de travail, qui furentbouleversées par l'incident. L'affaire futplaidée le 1« mars dernier, devant laXVII· Chambre Correctionnelle par notreami M' Armand Dymenstajn. Lecouple Huppé n'estima pas devoir assisterà l'audience.Bien que la jurisprudence veuille quele Parquet soit seul habilité pour porterplainte dans des cas de délits racistes,le tribunal s'est estimé moralement obligéde sévir.M. Huppé, qui proféra des injures partéléphone. non-publiquement, donc, estrelaxé. Mais son épouse est condamnéeà deux mois de prison, cinq mille francsd'amende et vingt-cinq mille francs dedommages et interêts.Espérons que la juste sévérité du tribunalservira d'exemple si de telles provocationsnazies se renouvellent.• Les à-èôtés d'unconte princierSIX millions de morts» ; « Fas­« cistes! » ; c Vive la Républiqueli. Des manifestationsviolentes accompagnèrent, le 10 mars, àAmsterdam, le mariage princier deBéatrix, fille de la Reine Juliana et dudiplomate allemand Claus Von Amsber~.Sur les 80.000 spectateurs qui regarderentpasser le cortège (c'est fort peulorsqu'on sait qu'Amsterdam seule compte1.200.000 habitants), on comptaitenviron 10.000 policiers et soldats.Même réprobation lors des cérémoniesofficielles. Sur les 45 échevins de laville, 18 (communistes, socialistes, pacifistes)ont refusé d'assister à la cérémonie.D'autre part la Commission Centraledes Communautés Israëlites hollandaisesd.écida de boycotter les cérémonies nuptiales.-Les raisons de l'hostilité quasi généralen'ont évidemment pas été renduespubliques par cette presse florissante quis'est spécialisée dans l'exploitation commercialedes idylles princières. Personnen'a dit que le charmant fiancé, avantd'être « diplomate », avait été membredes jeunesses hitlériennes et soldat desarmees du Troisième Reich.C'est à la mémoire des centaines demilliers de déportés juifs et résistantsgue furent dédiées ces manifestations.Tandis que des pétards fumigènes exploliaientjusque sous les sabots des chevauxdu carrosse royal, que la police chargeaitbrutalement, plusieurs cortèges allèrentfleurir, en signe de protestation, le « Monumentdu Docker », qui rappelle 1"grève antinazie de 1941.En fin de journée, le quartier dupalais était « bouclé » par la ·police ett>ar la troupe. Plusieurs centaines d'arrestationsétaient effectuées, pour vériiicationd'identité.A l'issue de cette peu enthousiastecérémonie, les époux princiers ont adresséleurs remerciements à la population.Faisant allusion aux troubles, Béatrixdéclara :« Beaucoup d'entr,e VOllS ont dû S1!Pporterdans le passé des sottffrancesqu'on ne peut soulager et éProuver despp.'rtes qu'on ne peut compenser. Nousne voulons pas l'oublier et nos p,enséesvont vers eux aujourd'hui avec respect. »Et le nouveau prince ajouta : « Je voudraisvous demander de nOlis donner lachance de construire avec vous 'lI1I nouvelav,enir. » Mais pas un mot d'! condamnationne fut porté contre les crimesnazis qui motivèrent les manifestations.PROCHE-ORIENT• Le pilotede la paixJE veux voir le Président Nasser;« ma mission est pacifique. » C'estpar ce court message qu'AbieNathan, restaurateur et ancien piloteisraélien, annonça son intrusion dans leslimites de l'espace aenen égyptien.C'était le 28 février; les chasseurs israéliensl'avaient accompagné jusqu'àla frontière; les Migs de la R.A.U. l'escortèrentjusqu'à Port-Saïd, où le gouverneurde la ville le reçut, avec leshonneurs militaires; Nasser ne voulutpas le recevoir lui-même. Puis AbieNathan repartit vers Tel-Aviv, où l'accueillitune foule enthousiaste. Il projettede repartir bientôt, à bord de son petitmonomoteur, en direction du Liban, etde la T ordanie.Une telle action, bien dans la lignéedes actions que popularisa Gary Davisvoici deux décennies, n'attira, de la partdes autorités officielles qu'un intérêt mitigé.« Ce n'est pas la bonne méthode »,déclara-t-on à Tel-Aviv comme au Caire.Abie Nathan fut d'ailleurs inculpé dèsson retour en Israël.De fait, il semble bien que la solutiondu conflit judéo-arabe soit autrementplus complexe. « La politique américaineau Proche-Orient risque de ranimerla course aux armements », câblaitle 19 janvier dernier Philippe Ben, correspondantdu Monde aux U.S.A.Les Etats-Unis, en effet, livrent desarmes, et plus particulièrement deschars Patton, à la fois à la Jordanie(100 véhicules), et à Israël (200 véhicules,plus 80 millions de dollars d'armementsdivers). La Jordanie a obtenuces blindés en faisant valoir qu'à défautde les obtenir elle en acquerrait enU.R.S.S. via Le Caire; [sraël, de soncôté, les a négociés par l'entremise deI"Allemagne fédérale.Plusieurs sociétés françaises coopèrentà la fabrication en Israël de fuséessol-sol Diamant d'une portée de 800kilomètres. Selon le New-York Times,ces fusées doivent, pour être militairementefficaces, être dotées de têtes nuc1éaire~,et le quotidien américain endéduit qu'Israël est décidé à se donnerdes armes atomiques.Face à cette course aux armements,la courageuse tentative d'Abie Nathansemble bien, en effet, « ne pas être labonne méthode ».RHODESIE• Un blocussymboliqueAMESURE que les mois passent,il devient de plus en plus évidentque le blocus décidé à l'encontredes ségrégationnistes blancs de Rhodésien'est guère pris au sérieux. Le Portugalet l'Afrique du Sud continuent, lefait est notoire, à approvisionner SaIisburJ'en pétrole. Contre cette complicité,Londres s'est con~enté de « faire part»au gouvernement portugais des « vivesinquiétudes » que lui procurent ces agissements.Lorsqu'on sait les liens étroitsqui subordonnent l'économie portugaiseà la consommation en Grande-Bretagne,il est évident que Londres aurait desmoyens très efficaces de convaincre Salazarde respecter le blocus.Un expert américain des questionspétrolières, M. Walter J. Levy, a parailleurs rédigé un rapport sur ce sujetpour le compte du secrétariat de l'O.N.U.Les sanctions décidées par Londres,est-il dit dans le rapport, sont beaucoupplus spectaculaires que véritablementefficaces. Le pétrole n'est pas un facteurdéterminant dans l'ensemble des ressourcesénergétiques de la Rhodésie; c'estle charbon qui alimente les chemins defer du pays et qui constitue la sourceénergétique principale. Cela, le gouvernementbritannique le sait fort bien.D'ailleurs, selon le Times of Zamb'ia,la Rhodésie « ne ressent pas l'effet dessanctions. Les magasins regorgent demarchandis,es. Les automobilistes ontmême obtenu des rations supplémentairesd'essence pour vaquer normalemunt àleurs occupations ».Un journal sud-africain, le SundayTimes, affirme pour sa part que les firmespétrolières Agip (talienne) et Total(française) ont offert à Ian Smith del'approvisionner en pétrole brut.Dans ces conditions, on conçoit queles Etats africains et les mouvementsantiracistes doutent de la déterminationde la Grande-Bretagne et de ses alliésde mettre véritahlement les racistes rhodésienshors d'état de nuire. Certainscommentateurs commencent à rappelerl'affaire des « sanctions » décidées contrel'Italie mussolinienne entre les deuxguerres lorsque le~« chemises noires »envahirent l'Ethiopie. Sanctions qui demeurèrentparfaitement symboliques etinefficaces.EUROPE• Un président naziAStrasbourg, le Parlement européena élu, au début de l'année, sonprésident : le belge Victor Leemans.Le scandale n'est pas mince :Leemans est un nazi cie fort longuedate.Il n'a même pas la piêtre excuse del'être devenu par opportunisme ; sespremières activités fascistes datent de1930, à une époque où Adolf Hitlern'est pas encore chancelier du Reich.Il dirige un quotidien, W oolken Staat,qui sera subventionné très vite par lesfonds de propagande de Gœbbels.Dès 1932, il publie une brochure :Qu'est-ce que le N ational-S ocialisme '!où il raconte ses « impressions de voyage» en Allemagne pré-nazie, où ilretourne très souvent :« Grâce à mes relations amicales avecles Nazis, j'ai pu jeter un regard dansleur intimité. Comme ,en un éclair, j'aieu la révélation d'un ordre nouveau etd'une conscience collective de la cohésionnationale... A insi m'en apparait-ilde la pure camaraderie entre le nobleet le so,ns-travail. Et qui pourrait parleravec méPris d1t courage et de la correctiondes S.A. ? ))« J'ai véc1t le1trs imposantes manifestations,dans des salles orné,es de drapeauxnationau:r-socialistes et de banderolescouvertes de slogans contre lesfuifs et les marxistes ».La couverture de la brochure s'orned'ailleurs de deux portraits, l'un d'AdolfHitler, l'autre de Victor Leemans.Lorsque la guerre éclate et que laBelgique est envahie, Leemans se metaussitôt à l'entière disposition du vainqueur; nommé Secrétaire Général duMinistère belge des Affaires Economiques,il « recrute » des travailleurspour l'Allemagne.L'euphorie dure jusqu'aux premièresdéfaites des armées hitlériennes. AprèsStalingrad, à partir de 1943, Leemansrentre dans l'anonymat ; il se fait oublier,et réussit, à la Libération, à sefaire ainsi « blanchir » par les Tribunaux.Il recommence une carrière politiquedans le Parti Chrétien-SocialBelge. Il ne tarde pas à être délégué parce parti pour siéger au Parlement Européende Strasbourg, dont il est auiourd'huile Président.Cette nomination a soulevé une tempêtede protestations indignées. Toutesles associations de résistants, de déportés,de victimes du nazisme, ont entaméune campagne contre la scandaleuse nominationde Leemans. Cette campagnedoit s'amplifier jusqu'à ce que ce compliceavéré des criminels nazis soit éliminéde la scène politique européenne.OMBRES SUR lA MAURITANIE ...DEPUIS quelque temps, des nouvelles Inquiétantes nousparviennent de Mauritanie. Des échauffourées, des grèves,des manifestations de toutes sortes opposant laminorité noire du sud (300.000 individus environ) à la ma­Jorité arabe du nord (au nombre de 800.000) gagnaient rapidementl'ensemble du pays après avoir pris naissance dans,les établissemen~s scolaires.te mobile racial, évident pour beaucoup d'obs·e.rvateurs.co~fère à l'événement un caractère suffisamment grave pourque les antiracistes ' que nous sommes s'en inquiètent etcherchent à mettre cette situation au clair.Mais sommes-nous bien ici en présence d'un conflitracial véritable? Ne s'agit-il pas plutôt d'une flambée nationalistedont les contours, malheureusement trop strictementdécoupés sur la plan éthnique, représentent effectivement undanger d'auhentique raci-sme.La première constatation que l'on peut faire, à la lumièrede l'histoire, est que cet antagonisme racial constitue unphénomène tout à fait récent en Mauritanie. Depuis longtemps,en effet, les deux communautés vivaient en paix sinonen véritable symbiose, chacune d'elles conservant toutefoisses propres traditions et coutumes.Ces bonnes relations ne furent pas sensiblement altéréeslors de la proclamation de l'indépendance en 1960. Dansl'administration, dans ,l'appareil du parti unique, aux postesgouvernementaux, nOirs et maures occupent des fonctions.qui correspondent assez bien à leurs capacités comme à,leur importance respective dans le pays.Cette situation exemplaire n'allait guère durer. Entre lesnoirs de culture française et les maures de culture Islamique,de langue arabe, la procédure ,de divorce devait rapidements'amorcer à la faveur des changements intervenus dans lespays africains limitrophes et même plus éloignés. Il n'estpas douteux que le sentiment national, naguère inexistantdans le cadre de 'l'imprécise entité mauritanienne, se soitréveillé et affermi, pour les noirs en faveur du Sénégal et duMali, et pour les maures en direction des pays arabes.En présence d'une te'lIe conjoncture, il aurait fallu beaucoupde dOigté et de prudence de part et d'autre pour sauvegarderune unité nationaliste fondée sur une base histo­,rique aussi fragile.Malheureusement, loin de s'engager dans la voie descompromis, la majorité maure prétendit, animée peut-êtred'·excellentes intentions, assumer seule la re'sponsabi'lité degouverner le pays.Dans un premier temps, les noirs sont donc écartés desresponsabilités qu'ils occupent à tous les échelons del'appareil d'Etat. Cela revient à simplifier le problème en lecompliquant.A partir de cet Instant au sein de la minorité noire désappointée,un sentiment de vive amertume commence deminer les consciences. L'homme arabe réapparaît soudainaux yeux de l'homme noir comme l'oppresseur séculaire, l'esclavagiste,le spoliateur d'avant l'époque coloniale et qui,semble-t-il, n'a point répudié tout à fait le passé.Notons, en passant, que cette interprétation des faits n'estnullement particulière à la Mauritanie, mais qu'elle est, aucontraire, fort répandue dans nombre de pays du continentnoir. Ici et là les mêmes causes historiques produisent lesmêmes effets sans qu'il soit pOSSible de conclure absolumentau racisme. Le Soudan, le Burundi, Zanzibar, le Tchadont connu des secousses semblables, absolument distinctesdes luttes triba:es qui ont déchiré d'autres régions d'Afrique.Toujours est-il qu'en juillet 1965, l'ambassadeur de Mauritanieau Caire ayant annoncé que la langue arabe deviendraitseule officielle, cette déclaration fut l'étincelle qui mitle feu aux poudres. Les Noirs, souvent dotés d'une culturefrançaise non négligeable, se révoltèrent contre cette décisionqui faisait d'eux véritablement des étrangers dans leurpropre pays.Comme les Flamands en Belgique, comme les CanadiensfrançaiS et comme tant d'autres peuples, ils se saisirenttout à coup du phénomène linguistique comme d'un moyenexemplaire d'affirmer leur droit à l'existence. Il serait souhaitableque les dirigeants mauritaniens en tiennent comptes'ils ne veulent pas voir ce conflit pour le moment solubledéaénérer rapidement en flambée de haine raciste qui déborderaitimmanquablement, à plus ou moins brève échéance,·Ies frontières de la Mauritanie.Guy PLOUVIERNOS DEU ILSC'est une militante au dévouementexemplaire qui disparaît en la personnede notre chère amie Ita Fiszman, décédéeà l'âge de 61 ans, après une péniblemaladie. Depuis la création du M.R.A.P.,elle participait, dans le 20° arrondissementà toutes les activités du M.R.A.P.,et à la diffusion de « Droit et Liberté Il.Que sa famille trouve ici l'expressionde notre sympathique amicale.*Notre ami Henri Citrinot, membre duBureau National du M.R.A.P. vient d'avoirla douleur de perdre sa belle-mère, MmeEugénie HADDED.Nous lui exprimons, ainsi qu'à MmeCitrinot, nos affectueuses condoléances.*Le peintre Victor BRAUNER, qui vien~de mourir à Paris à l'âge de 62 ans,avait manifesté à diverses reprises sasympathie au combat que nous menons,notamment en offrant une œuvre à l'Exposition-Ventedu M.R.A.P., il y a deuxans. Nous exprimons à sa famille nossincères condoléances.DISTINC T IONNous exprimons nos félicitations aupeintre MENTOR, qui vient de recevoirle Grand Prix des Peintres Témoins deleur temps.


4« L 'INSTRUCTION » AU THEATR~Pleins feux sur le SYSTEME d'AuschwitzV1)1 CT mo)~ de procédure. troiscent ci nquante-neuf témoins. sixcondamnations il la prison à "iechât iment suprême en A lIemagne fédérale- onze peines de prison à temps.trois acquittements, le procès des bourreauxcI'Auschwitz a pris [in. ù Francfort.C'était le 18 août 1965.A la même époque, des répétitions de« UI nstruction ». la pièce de Peter\ Veiss. écrite il pa rtir des lllin utes duprocès. débutait dans quatorze théàtresdes deux Allemagnes qui all aient la présente)'simul tanément. le 19 octobre1965, à r()ccasion du ,:ingtièllle alllli ,'ersairede la libération des call1lh D essemaines durant, « L'Instruction » futle centre cles préoccupatiolls des thé:lyingt-quatreacteurs, n'est pas ce soirau complet. Mais on reconnaît pourtantici et là Robert Porte, A rmand Mesfre.Jean Bolo. Marc D udicourt, A ndréeI·ainsy. Henri Delmas, Claude Debord,et... Pierre Dac.;\ rais oui, Pierre Dac, le créateur dela S.D,L. (Société des Loufoques) et ciel'Os à Moelle. Pierre Dac, dont c'est lepremier rôle dramatique - il incarnerale juge :- Quand Garran m'a proposé le rôledu .fu.qe da/ls « L'I/lstruction », je lll iait fait tout de suite remarquer qu'avecl'étiquette que je porte ... Il a balayé mesobjcctiolls : « Mais nou, a-t-il dit, vousêtes le persol1nage. » A lors j'ai acceptéd'cllthousiasllle; la lecture du lIIa1l11scritUne répétition au THEATRE DE LA COMMUNE de l'œuvre de Peter Weiss(ci-dessus ). Pierre Dac (ci-contre), y joue le premier rôle dramatique de sacarrière. Photos Elie Kagan .tres, des journaux, des radio, des télévisionsallemands.Peu cie temps après, on annonça lacréation cie la pièce clans de nombreux~ays : Ingmar Bergman la met en scènea Stockholm . Peter Hall à Lonclres. E ll edoit être créée en I sraël, il Broadway.F idèle à sa ligne de conôuite, « l'élaborationd'H1Ie chronique colleciiv,e deshommes ». le Théâtre de la Communed'Aubervi l1ers l'a inscrite à son répertoire.C'est donc le 25 mars, qu'aura lieu lacréation francaise de cette œuvre, dansun texte d'Ai1Clré Gisselbrecht, un dispositifscénique cl' André Acquart et unemise en scène de Gabriel Gan-an, à quisera remis, le 30 mars, le Pri.t: de laFraterllité décerné au Théâtre de laCommu1/e pour l'ensemble de ses créationsen 1965.UNE VALEURDE TEMOIGNAGEC'est en pleine répétition que noustrouvons Gabriel Gan"an, perdu der rièreson vaste pupitre. La troupe forte de/n'm'ait littémlement « emballé ».- Vous êtes donc le président dutribunal et vous êtes sur scène toutau long cie la pièce. C'est un rôletrès lourd, plein cie respon sabilités ...- C'est beaucoup plus qu'un rôle, carje ne m e place pas seulement sur le plandn comédien. C'est lm hommage que je'l'e ux rendre à la lllémoÏ1'e de tous lesdéportés, c, e ll ~: qui SOlLt l'estés et ce u.rqui sont reve1/ IIS des camps de la 1/Iort.- Au fond, vous considérez votreparticipation à la distribution commeun acte d'engagement qui aura valeurde témoignage?- Mais bien sûr, et je SltiS très fierde l'honneur qui m'a été fait. Car c'estmU? œuvre absolumel1t l'emarquable ettrès l~tile, wrtout pour la jeunesse qlûn'a pas vécll ce dl'alne. NO liS savons d'aillelwsql~'en Allemagne, L'Instruction aelt un retentisselnel1t extraordinaire auprèsdes jeltneS qu'i souvent découvrai,entPOltr la première fois la réalité et l'i11/­portance des crimes ttazis.De telles œuvres, qu'elles soient littél'aires,théâtrales ou cinématograPhiques,sont nécessaires, tant que le danger subsiste.l'al' le réconfort qu'il apportait enparti cÎf)ant, durant l'occupation, à l'émission« Les Français parlent aux FralL­(ais », Pierre Dac a mont ré qu'il avaitla force de caractère nécessaire pours'adapter aux situations d'exception.N'en faut-il pas dans cette pièce où tousles dialogues se rapportent aux crimeset aux horreurs d'At!schwitz?POURQUOI UN ORATORIO?11 est « ce persoJlnage essentielleme11thumain, attentif, apparemment serein,capable de polariser l'attention d l ~ public,un homme avant tOl/t », comme ledéfinit un peu plus tard Gabriel Gan'an,qu i, malg-ré trois heures ininterrompuesde travail avec les comédiens, répond à110S questions avec la gentillesse que nouslui connaissons.- Il semble que le titre de l'œuvrede :peter Weiss peut s'interpréterde diverses façons. E t pourquoi ladéfinit-on comme un oratorio, motqui relève du vocabulaire techniquede la musique?- « L 'Instruction », qui est la traductionlittérale du titre allemand, dé finitplus précisément une forme d'inve~tigation qui doit nolts amener à la décoltvertede la vérité, mais aussi uneaction pédagogique, ltn ,enseignement apportépar la vision des faits.Si on parle d'oratorio, c'est qu'il s'agitici d'une vo~onté précise de Peter Weissde donner à cette œuvre w~e architecturequi lui soit particulière, et qui s'inspil'ede « La D wine Comédie » de Dante.Peter Weiss avait d'ailleurs e.t:primé publiquementson projet d'écrire une DivineComédie moderne, dont Auschwit:::constituerait ... « le Paradis ». C'est U 1lparadoxe : le paradis des b01trreaux.E n fait, il s'agit - Peter Weissl'a lui-même exPliqué d'lin vaste« collage dialecttque » dont le matériauIL été fourni par les dix-huit mille jelûlletsdit procès -de Francfort : c'est unpoème en forme de procès-verbal.Respectant le schéma de Dante, PeterWeiss décrit en onze· chants très précisle parcours temporel, psychologique 1ftpresque métaphysique de l'homme entraînédalls le mécanisme, dans l'engrenagede la vie concentrationnaire.Tout d'abord l'arrivée G1~ càmp, lasélection avec le « chant de la rampe »,l'exi,Itence quotidienn,e et les torturiSdans « le chant dtt camp », et le « chantde la balançoire ». Ensuite le chant leplus important de la pièce, celui de « lapossibi lité de survivre », d'où se dégagentplusieurs idées : l'organisation dela résistance, l'ambiguité de la sttrvie Oltca mp qui nécessite à la fois ttne certaineadaptation et une participation plus oulIloins CO/lsciente alt système.Viennent s'intercaler deux chants dedestin individuel : celui d'ume victime,la détemœ Lili Tofler; celui d'un baurl'eaH,le gradé 55. Stark. Et enfin, divantnous, défilent ce qlt'On pourrait appelerles modes grandissants et hallucinantsde l'extermination qui passent pa?'les fusillades ait « mur noir », les injectionset piqûres mortelles de « phénol», l'asPhyxie dans les « cachots »,le « Zyclon B » des chambres à ga:::, les[1'é11latoires pour finir.« L 'I nstruction» est 1~ne œnvre grmldiose,sans précédent dans le théâwccontemporain. Il s'agit plus de théâtrevéritéque d,e théâtre-docttment : onpeut dire ici que toute ressemblance avecdes personnages !l!xistants est totalementdépel1datlte de notre volonté.L'HOMME VICTIME DE L'HOMME- Peut-on dire que le choix de cetteœuvre correspond aux préoccupationsdu T héâtre cie la Commune ?- Nous tentons d'élaborer à traversnotre l'épertoire ttne sorte de chroniquecollective des hommes. Et il se trouveque l'ensemble formé pdr « A ndorra ».« La mort d'un commis-voyageur », c LesChiens» et enfin « L'Instruction », illustrele. thème de l'homme victime de l'hontme.C ette tenlati~'e de transcl'iption esthétiquedtt monde contemporain a rarementété poussée aussi loin que dans lapièce de feter W eiss. Et~ effet, il ne fautpas y voir wze œuvre de 1945. Commesouvent chez Alain Resnais, Weiss Ctvouln montrer comment cette éPoque -celle dit nazisme et des camps de lamort - sttrvit en 1965 datlS la mémoireet dans les faits.Je voudrais conclltre en indiquant quepour nO ltS les conflits idéologiques et leracisme oppresseur sont les grands actellrsde la tragédie iifOder1te.(Propos recuei ll is par JeanineLANGIERT.)LA POSSI BI LITENou s publi ons ci-dessous avec l'a uto ri sation des éditions du Seuil, un extrait de « L'Instruction »,la piècede Peter We iss, dans une tradu ction de Jean Baud rillard , à paraître au mois de mai.Le Chant Il (,la Possibilité de Su rvivre) d'où est tiréce passage, in siste particulièrement sur ·le rôle importantdes mouvements de résistance à l'intérieur ducamp, et sur la nécessité où étaient les déportés decoll aborer plus ou moins consciemment au mécanismede l'unive rs concentrationnai re s 'i ls vou laient garderla vie ,TEMOIN N° 3Quand ;nous parlons aujourd'huide ce que nous avons vécu dans le campà ceux qui n'y ont pas étéil reste toujours pour euxquelque chose d 'incompréhensiblePourtant ce sont les même gensqui étaient là·bas gardiens ou détenusPuisque nous étions ~ i nombreuxdans ce campet puisque d 'autres furent si nombreuxà nous y enfermerIl faut bien qu'aujourd'hui encorel'événement soit compréhensibleNombre de ceux qui étaient destinésà faire des détenusavaient grandi dans les mêmes conceptionsque ceux qui allaientprendre le rôle des gardiensIls s'étaient dévoués à la même nationils avaient travaillé au même essoraux mêmes bénéficeset s'ils ne s'étaient pas retrouvé dans la peau d'undétenuils auraient pu aussi bien se retrouverdans celle d'un gardienNous devons abandonner cette distance sublimeau nom de laquelle l'univers du camp nous estincompréhensibleNous connaissons tous la sociétéd'où est sorti le régimequi a pu produire ces campsL'ordre qui y régnaitnous était familier dans sa structure et sa formec'est pourquoi nous avons pu nous y fairejusque dans ses dernières conséquencesquand l'exploiteur fut enfin libred'exercer son pouvoirà un degré inouï et où l'exploité dut fournir lacendre de ses osLE DEFENSEURNous déclinons de façon péremptoirecette sorte de théoriesoù se dessineune vision idéologique erronnéeTEMOIN N ° 3La plupart de ceux qU'on aébarquait sur la rampene trouvaient évidemment plus le tempsde réfléchir aux causesMuets et défaitsils allaient leur dernier cheminet se laissaient tuerparce qu'ils n'y comprenaient rienNous en faisons des hérosDE SURVIVREmais leur mort fut vaineNous les voyons devant nousces millions d'êtressous la lumière des projecteurssous les injures et l'aboiement des chienset le monde extérieur se demande aujourd'huicomment fut-il possiblequ'ils se soient laissé anéantirNousqui vivons encore avec ces imagessavonsqu'il est possible que des millions de genssubissent encore une fois sans réagirleur anéantissementet que cet anéantissement dépasserade loin en efficacitéles vieilles méthodesLE DEFENSEURTémoinAviez-vous eu déjàavant votre déportation au campdes activités politiquesTEMOIN N° 3OuiEt c'était notre forceque de savoirpourquoi nous étions làCela nous aidaità préserver notre identitéMais cette force mêmerares sont ceux qui l'ont gardéejusqu'à la mortLes plus forts même pouvaient être brisés


D'AUBERVILLIERSLa Divine TragédietionIL était un jeune homme, demi-Juii matoires qui, dans le langage SS., separ son père d'ailleurs converti, qui comptent par « unités» ou par « têtes» :traversa toute la dernière guerre c'est la mort mécanisée, ou, comme ditsans être inquiété. Ses parents exécrés le divin Marquis dans « Marat-Sade »,l'emmenèrent d'Allemagne juste à temps, avec un anachronisme calculé, « technocratique». Dévoiler, à la lumière de!>il vécut d'abord en Angleterre, puis enTchécoslovaquie, qu'il quitta également œuvres antérieures, largement autobiojusteavant l'entrée des troupes nazies;il finit par se fixer en Suède, où le vagabondfut admis et naturalisé, parceque, dit-il dans son autobiographie,PARPoint de fuite, il était d'un milteu aisé(son père possédait une fabrique de tissusimprimés). Depuis, il vit à André GISSELBRECHTStockholm, mais il est devenu l'un desplus grands écrivains allemands, aprèsavoir tenté jusque vers 1952 d'écrire ensuédois. Aussi sa souffrance morale ne graphiques, de Weiss, ce fond existentielde l' « I nstrnc t ion » n'est pas rabais­fut-elle pas d'avoir été persécuté, lui oules siens, mais d'avoir été protégé de la ser son entreprise à une complaisancepersécution; de n'avoir connu la N nit dans l'horreur; car précisément, l'Histoire,c'est-à-dire le fascisme, en don­de Cristal que par ouï-dire; de n'avoirentendu le fracas des batailles que derrièreles buildings de Stockholm la neuvesénormes, rendait aux yeux de Peternant au sadisme des dimensions collectitre,la prospère, l'indifférente.Weiss le sadisme impossible : commentLongtemps, Peter Weiss n'a voulu, jouir de cette violence-là? Le sadismecomme ce Marquis de Sade dont il a osé est retourné comme un gant : de macérationindividuelle, il devient condam­faire un personnage de théâtre, ne s'occupergue de soi, il a considéré de haut nation d'une société sadique. Du coup,et de loin ceux qui s'effacent devant une le fils d'un monde qui a engendré Auschwitzrend productifs - c'est-à-dire dé­cause, « quelle qu'elle soit » (commeMarat, comme le Hoderer de « Point nonciateurs - ses propres pqantasmes;de fuite »); il s'est enfermé volontairementdans ses phantasmes, q.ue lui renvoyaientlivres et tableaux et qu'il projetaità son tour dans des tableaux etdes livres. Apatride, lié à aucune nation,émigré, mais pas par choix ou parconviction, « condamné à la liberté »,il se sentait coupable de n'être pas quevictime.Longtemps, il n'a fait qu'observer, décrireQ..ar le menu, parfois au millimètre,comme dans « L' omQ1'e d~t corps du cocher», un monde « en désagrégation»;tenter de cerner, de fixer par la phrase,de postes d'observation tels que les latrines(comme le Bloom de Joyce) oules fentes de porte chers aux voyeurs,les gestes élémentaires du milieu le plusélémentaire : la famille, dont tout soneffort douloureux tendait à lui « direadieu » (


6VIVRE ENSEMBLE A NANTERRELi habi/e:::-'iJolls!« O - Rlle des l'rh', ail bidoll'i,ille.. ,Lc vi~agc de l'interlocuteur ~c ierme,li n'est plus du tout aimablc, « COlnl/lell1peut-on habiler l/1t bidonville? », doit-ilse demander avec un vague sentiment depeur.Oui, comment pcut-on yi \'re ct gardersa dignité d'hommc dans cet univers dcmisère, de tristesse, de boue : cahutesaux planches mal équarries, cabanes detôle ondulée ou de carton goudronné;vieux wagons, roulottes brinquebalantcs;semblants de fenêtres, ouverture sur unmondc d'injustices et de hontes; yenellestortueuscs que la pluie transforme encloaques; un uniCJue point d'eau verslequel se dirigent et se groupent patiemmentdes files d'enfants, Et puis tout demême, ça et là, un sourirc : dcs rideauxaux couleurs vives, du linoléum Ileu[posé avec l'espoir souvent déçu dl' protégerdu froid,Telle peut être la brèl-e dcscriptionémotionnelle d'un bidonville, Pour parlerplus sèchement, selon la définition officielle,il s'agit de « loeau.t· 011 illstallali01ISil/lproprcs à loute occllpa/iou dallsdes cOl/diliolls régulières d'h:ygiènc, desél'1wité et de salubrité .. , 1ftilisées « alt.'!:fills d'habitations »,Deux cent cinquante millc Françaisct immigrants essaient pourtant de yivredans les quelquc quatrc ccnts hidollvillesqu'on dénombre en France et, parmieux, cnvi ron cinquante mille Algéricnssur les cinq ccnt mille qui sc sont établis autour dc ['aris et des grandcs yilles,UNE IMMIGRATION UTILEDécriéc, difiaméc, réprou\'l:'e (


Il Y a trente ans7LES RACISTES CONTRE LE FRONT POPULAIREVOÎci trente ans, le Front Populaire arrivait au pouvoir. Le peuple français ripos.tait ainsi aux ligues racistes et fascistes qui, le 6 février 1934, avaient 'lenté d 'étran·gler la Ré publique, et qui, depuis, ne cessaient de comploter pour étendre à la Francel'ordre hitlérien. M. Edouard Bonnefous, qui vient de publier un ouvrage sur l'his·toire de la III< République, rappelle pour les lecteurs de « Droit et Liberté » le rôl eodieux joué par l'antisémitisme dans les campagnes antirépublicaines.L·:\ NTISE.\llTI S .\IE il trop longtempsété, hélas, une tradition decertains mi lieux français. Avantl"aUaire Dreyfus on pouvait déjà liresous la plume du général de Bonnefond :« Comment! Vous savez où s'achètentnos renseignements sur les arméesétrangères, et que juifs italiens. juifsallemands. juifs roumains nous vendentur" ehacune de leurs patries les rense i­gnements que nous pouvons désirer. Etvous yeudriez placer les juifs à notreEtat-:\fajor? Pourquoi le juif françaisferait-i l autre chose que les autres? »Quand Léon Blum arriva au pouvoiren 1936. la campagne antisémite repritavec violence. En ordonnant la dissolutiondes ligues qui ayaiellt fai ll i re1l\Trr.-1l1/idll l'ellple. le JOllr, .le suis 1'artOllt, de dé"elopper une campagne antisémite.Qu'on Cil juge par les manchettesde r.·lctiol/ I;ral/caise pendant leIlloi s de juill 193ô : « tcs ,'a(a/l(CS jlli­,'cs de la' !t~9


10---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------VivreensembleNanterre(Suite de la page 6)qui s'avém e_r/rêlll elilent cu llfuse. J'intervillsm! 1lom du syndicat de quartier.Bien slÎr, notre organisa/iol!, qui sertd'ùl/erlllédiaire entre la IIlIt1IiciPalité etles habilallls, s'occupe plus exactementdes revelldicatiolls de ces derniers quantà r él(!t des .XlteS OH la viabilité dl! quartier.Dalls celte affaire, qui dépassait enfait ILOS 011 ribntions, nous nous sentîmescepe1ldallt concernés en tallt qn'hommes.»Unc réunion commune fut con\'oquéele 12 décelllbre par le syndicat de quartier,la municipalité et lcs responsablesdes péti tions et tracts. Ce fut un francsuccès, par le nombre èt la diversité ,del;assistance ; membres de l'Association


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 11 -------BELGIQUESyMpTÔMESLe dimanche 27 mars se tiendra, àBruxelles, la première Journée Nationaledu M.R.A.P.-Be1gique. Sonprésident, Léon Griner, fait le pointdu climat dans lequel va se déroulercette manifestation.DANS son édition de mercredi 9 mars,le journal Le Soir se penche sur lasituation faite en Belgique, aux étudiantsétrangers.Au cours des tragiques événements duLimbourg, certaines autorités s'en prirentavec une hargne particulièr-e aux mineursétrangers, tendant par des mesures d'expulsionet ,d'ar-restation, à troubler l'opinionpublique et à la tromper.te M.R.A.P. est intervenu avec fermetédans la défense des étrangers menacésd'expulsion. Des assur-ances nous ont étédonnées, certes, mais un épais silencea tôt recouvert ceUe affaire, et même desparlementaires de la majorité n'ont puconnaître ,les intentions du pouvoir àl'égard des mineurs étrangers.~ ........êtfi18"jJBie JjrUber5cbaft"T,upponkome,odschalt do, 28. Pz .. Gron. Div. SS • W •• IMIe. _, 27. F .. Iw. Div.SS • lo ....... rck _, 34. F .. Iw. Gren. Div. SS ..... re. ... _, 33. Pz. Div. SS • ~ _BezugBel,ilftSochbearbeiterUe •• ieur ••,am 18 janTier 1906~ la faveur de 1& ·victoir.~m4t'ri.ll. d •• ploutocrate.Anglo-aaxonl allié. au bolch'vi ••• contre l'Europe , TOUlOT •• durant plua de d.uz a'aod.o foloifi'. l'hiotair •• 4.aini.tr •• terrori.t •• 4e l'ombre , ~ •• a •• in. de, f •• u •• ,~·.nfaD.et de Ti.illara. "par un tour de pa •• e-p •••• ini~&ainabl' _•• D.la cOl~pl ioit" ae la J:l.~i.tr .. tur. et de la bourgeoiaie rondueouette d. peur J TOUl vou. tranlformi •• In ·L1lIIlnlu:I; H6rol cl,la ~é.i.t .. nc.· 1Le préSident de la Fé_dération des Centresdes étudiants étranger-s, M. MarcVan Gehuchten y déclare : « ••• Les étudiantsétrangers éprouvent quelquefois desérieuses difficultés à se procurer un 10·gemen~. Non pas que les chambres àlouer fassent défaut, mais parce qu'il ar·rive qu'elles ne soient pas libres ... poureux. »Il faut avoir le courage de l'avouer: laBe lgique n'est pas à l'abri du complexexénophobe de l'altérité. Trop souvent -lecitoyen de notre pays, s'il accepte le faitde la présence d'étrangers sur " son »sol, n'accepte pas de l'admettre commeun être à part égale.Un bourgmestre de la région de Char­-Ieroi, M . E. Golinne, me fit part, il y a peud'e jours, des difficultés qui lui surviennentdu fait de ses électeurs en ce quiconcerne la situation scolaire : des parentsbelges voudraient voir créer desclasses " d'étrangers » pour que ceux-cine se mêlent pas aux enfants du terroir! « Accepter, me dit-il, ce serait fairede la ségrégation. Voilà une chose à laquelleje me refuserai toujours dans macommune ... tant que je garderai l'écharpemayorale. "A la première du Vicaire, des jeunesgens se 'levèrent dès qu'i-I fut questiondes juifs assassinés par les Nazis, ethurlèrent : « C'est bien fait... les juifsà Auschwitz ... "PARLéon GRINERPn;sidc/lt dll M.RA.P. - BelgiqllcM. Crayebeckx, bourgmestre de -la villed'Anvers, a interdit la présentation duVicaire dans sa vill-e ; et ce:la par unedécision du Conseil communal ! On sesouviendra que c'est le même Crayebeckxqui, peu avant les élections communales,,déclara dans un bistrot, tout de go : « Lesmoulins d'Auschwitz n'ont pas tourné as·sez vite pour supprimer tous les juifs " ...Ce qui n'empêche M. Crayebeckx de sedéclarer un " ami " des juifs, lesquels,il est vrai, sont fort nombreux à AnverseL, de plus, électeurs. M. Crayebeckxs'est excusé et -les officie-Is de la communautéjuive l'ont absout ! ... Et maintenant,il interdit un spectacle d'art qui legêne... Ainsi, il n'y a pas rupture decontinuité: interdire Le Vicaire, autoriserles conférences d'un nazi comme l'excpèreBrauns, ce sont là les signes pathologiquesd'une conscience bien trouble.DE VIGOUREUSESPROTESTATIONSUn couple d'amis du M.R.A.P. assistaitdernièrement au bal de la Saint-Valentin.ANNE FRANK LES GENE ENCORE* Suite de la page centraleu II Y a un u racisme " dont onne parle presque jamais, qui n'estpas une doctrine d'idéoloques pervers,qui n'est ni fanatique, ni aveu·gle, ni sanglant, ni criminel et quiconsiste seulement à constater età respecter ces différences naturellesque l'homme n'a ni inventées nicréées. " .Mais il y a un monde entre laconstatation de différences naturelles,effectivement indéniables, mai sdont la science a prouvé qu'elles nesont pas psychiques, et :Ia fabricationde théories douteuses ou criminelles.Certaines sectes re,fusentpar exemple les soins médicaux pareeque ,la ma-Iadie est" nature'lle » .L'homme n'a u ni inventé, ni créé"le cancer, les épidémies ou lesfléaux naturels. Il lutte pourtantcontre, sans répit.Europe-Action, lui, n'a pas de cesfausses pudeurs, H ne s'embarrassepas de ,fausses justifications ni dedemi- teintes:« Pour un homme blanc, il y adans le monde trois hommes decouleur ", écrit Dominique Venner,le " penseur" de la maison (N° 39 -mars 1966). Dans vingt ans, la proportionsera passée de 1 à 5 ...u C'est là et pas ailleurs que setrouve le risque d'un conflit atomique.Il est en effet possible d'imaginerqu'un pays occidental menacédEI submersion serait amené à uti·liser ses armes pour survivre, puis·qu'aucune solution n'est pr~vuepour endiguer à l'avance ce déferlementde haine. "On aurait aimé qu'il précise aussiquelle" solution " il préconiseraitpour « endiguer à l'avance ,, ' ledéferlement ", à défaut d'unbombardement atomique.Rivarol, quant à lui, s'-emploie un8fois de plus à défendre le nazismeet à favoriser sa renaissance. LucienRebatet y écrit (24 février) :u Le communisme est la plaie duXX· siècle. Tous nos maux procèdentde lui. Si Hitler fut un personnageapocalyptique (admironsau passage le choix du terme), il(j'est pas permis d'oublier que l'Allemagnel'élut parce qu'il dressaitla seule digue contre la marée rouge,les six millions de communistesencadrés de Berlin, Hambourg, dela Ruhl' ... Si ce destin a été épargnéen 1945 à notre mince frange deterre occidentale, nous le devonsaux S.S. qui ont lutté pied à piedcontre l'invasion russe .. "REGLEMENTS DE -COMPTESNe polémiquons -pas contre LucienRebatet ; ,laissons plutôt ,laparo,le à Aspects de la France qui,(le 24 févrièi' 1966) lave son lingesale en famille:u Lucien Rebatet, le masochistedes Décombres, écrit qu'il n'a jamaispardonné à Maurras de n'avoirpoint renversé la République le 6février 1934 alors que lui, Rebatet,était arrivé si près du Palais-Bourbon.Nul doute qu'il ne fût plus va·leureux à cette époque qu'el! août1944, où les carnets de Herold.Paquisnous dépeignent d'une plumeméprisante la venette de Rebatetdans sa fuite vers l'Allemagne ...Charler. Maurras, lui n'emportapoint sa patrie aux semelles de sessouliers et se tint droit devant sesjuges. Moyennant quoi, à Clairvaux,il serrait volontiers la main d '~ Cousteau(qui collabora également àRivarol, N.D.L.R.) et foudroyait duregard le malheureux Rebatet quiferait mieux de ne pas monter aumât de cocagne avec sa chemisebrenneuse, J)Les carnets de Herold-Paquis (publiéssous -le titre Des illusions, désillusions),ne sont pourtant pasnon plus un modèle de dignité etde fermeté: il s'y aplatissait et s'yjustifiait à plaisir en insultant sesamis de la veil-le; tout comm8 CèlineoJ.e fit dans D'un château l'autre.Quand ces messieurs -se jugent entreeux, ils sont d'une remarquable'lucidité.•WLa r6.iatADcI .. fait c~=n.r 24 heur •• aux 1.111'.·( Ei.enhower , .'goirea)... ,~O1l8 avon. tu6 le IIlAuvaia cochon·(Churchill, m6moir •• J.Pour ces 24 heure, eOw~ieD d'ataC •• fusill'. avez-vous sur laconscience • ~eB8ie~rl lee -n6ros" ?Âujoura.(hui par .1e Ju:e1:lent de vie!me - qui nou~ chanc:e a.oaproc~8 de Rois nà:rea que nous Avons connUI A la -11D6ration M -la vérité historique °rer>rend scs


12artsau Mu~,ée du eO-UfJJiet héâ t r eDI BAGDADLe Musée du Louvre présente actuellement une exposition d'art mésopotamienlà où est née, pensent les archéologues, la civilisation. Ces trésors, plusieursfois millénaires, s'inscrivent en faux, de façon magistrale, contre la thèse racistequi oppose l' « Occident) civilisé aux « masses asiatiques » incapables cie création.LES trésors de Bagdad... Ces motsdéjà suffisent à faire rêver. Il yavait foule dans la Galerie Mollien,quand je suis allée voir ces vases d'ar·«îles, ces colliers, ces statues de bêtes,de rois, de dieux, qui représentent quelquehuit mille ans de vie et d'effort humains.André Parrot, qui dirige les missionsarchéologiques françaises de Mésopotamie,évoque Bagdad et le vieux musée de larue El-Amin d'où viennent ces merveillesexhumées des limons qui les recouvraientjusqu'au siècle dernier. On ne les rapporterapas, au retour, « dans les sallesminnuscules, où les tOuristes du mondeentier côtoyaient les grands nomades dudésert, éblouis par la vaisselle d'or _destombes royales d'Ur. » Un nouveau muséevient d'être achevé pour elles sur la rivedroite du Tigre. Le chemin de leur transfert,pour notre bonheur, traverse Pariset quelques autres capitales.De Khorsabad à TelloN'est-ce pas un Français, d'ailleurs,Paul-Emile Botta, consul à Mossoul, quile premier eut l'idée de chercher, sousles alluvions du Tigre, les vestiges de.inive ? C'était en 1842. Botta, s'U ne putdécouvrir les ruines de Ninive, mit à jourà Khorsabad le palais du ro1 Sargon II,et toute une collection d'œuvres en relief...Une vingtaine d'années plUS tard, leGOllSul de France à Bassorah, E. de Sarzee,découvrait Tello, où ies Bédouinsvenaient de mettre à jour des statues deGudéa. Les Français ne furent pas seuls,bien sûr, à ressusciter de m. nuit qui lestenait englouties les civilisations des Assyrienset des Sumériens.Les grandes photos qui accompagnentl'exposition donnent une idée précise despaysages dans lesquels se poursuivent lesSouilles, tels qu'on peut les voir aujourcinémad'hui. Elles situent les objets arrachésà ia profondeur des temps dans uneperspective émouvante et vraie. Car cesœuvres ne prennent toute leur significationque si l'on comprend comment ellesfurent trouvées, déchiffrées au besoin,situées dans le temps et dans la civilisationqui leur donnèrent naissance. Celatouche prOfondément l'imagination devoir ce qu'il reste aujourd'hui des jardinssuspendus, des portes ou des palaisémergeant du sol. On ne finira plus derêver aux cités endormies sous des collinesqui longtemps semblèrent sanssecret.Grandeur des SumériensLa plongée dans le temps commenceici avec des vases en forme de gren ade,ces coupes et ces cruches d'argile cuite,admirablement ouvragées, qui parviennentpour la plupart des fouilles d'Hassuna,et traversèrent souvent intactes sixou sept millénaires. Il y eut aussi lesvases de pierre 0\.\ de marbre, les vasesmerveilleusement peints de noir et derouge, les coupes de calcaire incrustéesde nacre, gravées ou sculptées de bêtesen relief ...Rien n'est poignant comme ces premièresfigurines que les archéologuesnous ramenèrent du fond des temps, cesminuscules statuettes, aux yeux Obliques,jambes et pieds soudés, curieusementcoiffées d'un cône de bitume. PremièreSCulptures, jetées comme des sondes dansle mystère que furent toujours le passagede l'homme sur terre, le sens de sadestinée.Viennent ensuite les Sumériens, et labeauté de leurs créations nous est éblouissement,vertige. Un monde s'ouvre ici,qui représente un sommet de civilisation,un art élaboré avec une préciSion extrême'.Il importe de connaître ces ta-La stè le de Neirab (600 ans avant Jésus.Christ). Elle est ornée d'inscriptions dansle premier alphabet connu inventé parles Phéniciens .blettes, ces cachets, la perfection qu'avaità l'origine l'écriture, ces canards de dimensionsdiverses qui servaient à peser,ces colliers d'or, de cornaline, de lapis·lazuli, ,ces couronnes précieuses... Onimagine les femmes qui portaient cesbijoux à l'image de la Dame de Warkadont le visage sculpté dans l'albâtre estl'un des plus fascinants que l'on con·naisse. Tout un peuple vient à nous, uncortège d'hommes et de femmes en prière,taillés dans le calcaire ou la pierre noire,les mains croisées sur la poitrine, ouvrantétrangement leurs grands yeux incrustés.Leurs princes bâtiront les zigguJrats,ces temples d'une géométrie extraordinaireen sa rigueur. L'un d'eux sera ceGudéa dont les statues hantent l'imaginationdes sculpteurs contemporains. Etje me souviens comment Alberto Giacomettinous parlait d\.\ prince de Lagash,de la statue de diorite sombre que possèdele musée du Louvre, de la simplicitéimpressionnante donnée à sa longue tuniquesur laquelle des signes sont inscrits.Les Sumériens vont disparaitre et versl'an 2000 s'installeront aux alentours deBabylone les Amorrites, que viendra illustrerHammurabi, le roi du Code. LesAssyriens succèderont aux Kassites, puisles Mèdes, les Babyloniens ... Ninive serabrûlée en '612 avant Jésus-Christ, etBabylone en 539.Aujourd'hui, les statues enterrées ouvrentles yeux à la clarté du jour.L'homme contemporain se découvre héritierd'un passé prodigieux dont l'originerecule presque indéfiniment.Juliette DARLE.1IIIIIl i iII () IIIIIIR 1111 lE llllir 11~llllllllc IIIIIIP 1IIIIIl () ~IIIIIIIII[IIBUNjour, nous conte Voltaire, legénie Huriel, lassé de la folie etdes excès qui règnalent à Persépolis,y envoya un enquêteur, le simpleet sage Babouc, pour lui faire un rapportcirconstancié. « Et je me déterminerai,sur ton rapport, à corriger laville 01t à l'exterminer » expliqua Hurielà Babouc. Tel est aussi le sujetdu film d'Alam Cuniot, à cela près quePersepolis s'appelle Paris et que noussommes en 1965.Deux jours après avoir vu L'Or etle Plomb je suis encore embarrassé pourporter un jugement lapidaire. On nepeut mettre sur le même pied une œuvrede réflexion et une œuvre cie circonstance.Il ne viendrait certainementpas à l'idée du lecteur de louer la vivacitédu style de SlI-ius, le réalisme despersonnages de Fajon et la profoncleurdes analyses psychologiques de Louis­Gabriel Robinet. Est-ce à dire que L 'Oret le Plomb s'apparcnte ù l'éditorial ouau reportage ?Oui, puisque l'auteur a délibérémenttourné le dos à la fiction, qu'il a employéle style utilitaire clu reporter et,parfois, le ton didactique de l'éditorialiste; qu'il a accepté l'allusion à desévènements qui n'auront plus guère derésonance clans l'esprit du spectateur de1980 - et peut-être même avant - que,!lans ajouter le vernis de 1 art à la réalitébrute, il a bravement assumé defaire une œuvre qui sera moins bonnedemain qu'aujourci'hui, selon la définitionmême du journalisme.Non, puisqu'à cette partie que l'ona\>pellerait improprement « cinéma vérité», alors qu'elle s'apparente plutôtà un magazine télévisé, viennent se grefferquelques oasis que l'on appelleraittout aussi improprement « cinéma-mensonge», sauf à employer ce terme enantinomie pour qualitier l'intrusion dequelques sequences « dirigées » dansune œuvre où tout est « en direct ».Cela nous vaut la lente et savante rondede la caméra autour de la Régie Renault,ce rugissant enfer du travail. Ouencore un banquet révélateur qui, parla grâce d'un rêve où chacun peut faireexactement ce qu'il a envie de fait'e,tourne en une scène baroque, écheveléeet très « bunuelesque ».Travail composite on le voit et qu'ilest difficile {le cerner d'un trait, le nlmd'Alain Cuniot est le premier qui s'attaqueouvertement aux problèmes denotre temps : la paupérisation, l'aliénation,la g-uerre, le logement. Il ouvreune nouvelle voie à un cinéma qui segalvaude dans la recherche du succèscommercial à tout prix ou qui s'étioledans dc savants exercices de style. Ilfaut féliciter l'auteur de cette singulièreaudace et aller voir L'Or -et lePlomb non comme une œuvre consacréemais comme le défrichage d'un pionnier.« LE MIROIR AUX ALOUETTES »Ce film a le tort de porter égalementdeux autres titres, Le Nœud coulant etLa Boutique sur la rue principale, cequi ne nous aidera guère à le garder enmémoire. C'est une sorte de co-productionpuisque l'amer humour juif s'ymarie - mal parfois - avec une insistancepédagogique un peu lourde à digérer.C'est enfin une œuvre à fortedominance folklorique et si l'art unit leshommes, le folklore il tendance à lesenfermer dans letù's particularités.Ces restriçtions faites, Le Miroif auxalouettes est un beau film qui, à traversune situation parti cuL ère, nous dépeintle sort tragique d'une communauté juivedans une petite ville slovaque, en 1942,avec un pathétique sobre et juste. Maintesséquences, tendres ou douloureuses,sont inoubliables et les deux acteurs,Idij- Kaminska - la grande Kaminskadu Théâh'e en langue yiddish de Varsovie- et Jan Kac1ar, ont tout simplementmérité leur prix d'interprétationau dernier festival de Cannes en marquantleurs personnages d'une forte véritépsychologique.René DAZY.Hierà AndersonvilleHIER à AndersonvilIe, d'Alexandre Rivemale(d'après Saül Levitt, au théâtrede Paris) pose manifestement 'leproblème de la culpabilité des chefs decamps de concentrations nazis. On saitqu'ils se sont tous réfugiés derrièrel'obéissance aux .ordres reçus, et qu'ilsse sentent aujourd'hui en bonne conscience,terminant leur existence en bonsbourgeois et bons pères de famille.Or voici le procès du capitaine Wirtz.Gravement blessé aux deux bras, il a étéaffecté au commandement du camp deprisonniers d'Andersonville où, sur 40.000prisonniers, 14.000 sont morts du manquede p'lace, du manque d'hygiène, dumanque de nourriture, de l'extrême cha­-leur en été (le camp se trouvant sansombrage dans une clairière articielle défrichéeau milieu d'une forêt de pins), desgrands froids en hiver, avec leurs vêtementsen ·Iambeaux. 1·1 est prouvé queWirtz a refusé de laisser entrer vivres etvêtements recueillis par les gens desal'entours ; mais c'est 'Ie général Winter,qui, présent sur les lieux, en avait donnéJ'.ordre. Cela parce que le général nordisteLee brûlait les fermes sur son passage.On accuse encore Wirtz d'avoir lancé·ses chiens sur les évadés et de lesavoir laissés déchiqueter ; mais son avocat,dont le rôle est admirablement jouépar Raymond Rouleau, détruit ,les témoignages; on n'a pas vu, à proprementparler, les chiens se jeter sur les prisonniers; ceux-ci ·se sont sans douteeux-mêmes déchirés aux ronces en courantpour s'échapper. De même on nepeut accorder aucun crédit au meurtre·de Chicomaga, ni à celui de Stewart.C'est pourtant pour ce chef d'accusation,sur un faux témoignage retenu par laCour de justice miJ.itaire, toute heureusede l'aubaine, que le capitaine Wirtz serapendu.« AU PERIL DE SA VIE »La Cour, en effet, ne pouvait retenir lemotif invoqué fi nalement par le procureur: Raymond Pellegrin, nous transporte.à la fin du drame, sur ,le plan véritableoù se situe ·Ie cas de conscience. Commele dirait le philosophe Kant, on n'a jamaisle droit de se réfugier derrière lesordres reçus pour obéir purement et simplement.Ce n'est pas que le procureur- ni Kant - prône la révolte ouverte,comme dans la strophe ·classique del'Internationale où « les premières ballesseront pour nos généraux » ; non, il n'estpas un anarchiste, un 'libertaire, mais uno'fficier à toujours le devoir de ne pasexécuter un ordre inhumain'. Wirtz avaitsignalé les ·excès, i'I avait demandé d'êtremuté ; on ne .Ielui accorda pas ; et.ajoute-t-il, on en aurait nommé un autrequi n'aurait pu agir autrement que ,lui.puisqu'il aurait été placé dans les mêmesconditions. Mais ,le procureur, quitte àrisquer lui-même de passer en conseil deguerre, pense cependant que Wirtz avait'le devoir de soutenir lui-même ce risqueet qu'il ne fa pas fait ; il considère qu'ilest trop Simple, trop facile de se réfugierderrière les ordr·es reçus et derrière,les nécessités de fait.Le procureur a'joute encore qu'à forced'assister à des scènes pénibles. certeson devient insensible, et qu'on finit mêmepar introduire un fossé entre sonexistence privée, celle de Wirtz rentrantchez lui 'Ie soir, dans sa f"1mme, faisl'l'ltréciter la prière à ses enfants, et celledes concentrationna ires, pauvres typesamoindris, avilis par leur situation même.Edgar WOLFF,EN VENTE dans toutes les bonnesMaisons de Literie et d'Ameublementet les grands Magasins.


13 -------L'ART NEGREET LE RACISMEPendant trois semaines, du 1" au 24 avril 1966, se déroulera à Dakar le premierf estival mondial des Arts Nègres. Jacques Maquet, chargé d'enseignement à 'l'EcolePratique des Hautes Etudes, explique ce qui fait toute l'importance de cette manifestationsans précédent.p ARCE qu"ils sont irrationnels, lesracistes sont répétitifs. Ils s'efforcentde justifier leur position par des« arguments » cent fOlS réfutés mais


14 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------LE Il PRET A PORTERVA DE L'AVANTILS étaient quelques-uns, en novembre, dernier, pour décider la création d'unComité d'Action Antiraciste du Prêtà Porter. Un mois après, un appel étaitrendu public, signé d'une vingtaine denoms formant le Comité provisoire. Le23 février, plus de deux cents personnesse pressaient dans la salle de réunionsde l'Amicale du Prêt à Porter, rue Pigalle: jamais on n'avait vu, en ces lieux,assemblée aussi nombreuse, aussi chaleureuse.PAS UN HASARD ...Pourquoi ce succès ? Daniel Hechter,qui préside, l'explique. La rencontreentre des militants du M.R.A.P. et plusieursexposants, au dernier Salon duPrêt à Porter, ne fut qu'une .-Occasion.Mais par-delà cette circonstance « ilexistait préalablement, chez ceux qui ontjeté les premières bases du Comité, lesentiment qu'une action contre le racisgrandsproblèmes qui assaillent les hommesde notre temps devraient-elles fatalementdéboucher sur des divisions irréductibles? Au M.R.A.P., chacun considère,au contraire, que ces différencesde conceptions religieuses ou politiquessont autant de moyens d'aborder lesproblèmes qui nous concernent par desvoies différentes, et qu'il en résulte uneconjugaison d'intelligences, qui concourentà l'efficacité de notre action... LeM.R.A.P. ne se reconnaît d'autres ennemisque ceux qui, pour la honte de notresiècle, perpétuent le racisme et l'anti·sémitisme, et cela sous quelque ciel quece soit ... »IL EST PLUS FACILEDE SE COMPRENDRE ...Et le débat commence. Un débat pleinde spontanéité et d'animation, riche, positif.Un débat parfois passionné, toujourspassionnant,d'idées, on peut citer aussi le Centre deLiaison des Educateurs contre les Pré·jugés Raciaux... Récemment, ce sont lestravailleurs de la métallurgie qui ontlancé / un appel à l'action antiraciste.- Mais ne s'agit-il pas d'un corporatis·me moyennageux ? ..- Non. En aucun cas, ces rencontresn'ont lieu dans un esprit particulariste,mais elles visent à étendre, à approfondirl'action contre le racisme sous desformes variées.Solange Pelta. - C'est très simple.Chacun de nous n'aurait sans doute paseu l'idée de se rallier individuellementau M.R.A.P., de participer à la lutte contrele racisme. Nous nous sommes réunisparce que nous avons des activitéscommunes, des problèmes communs, etnous sommes approximativement du mêmeâge. Quand on est « dans le mêmebain », il est plus facile de se comprendre,d'agir ensemble.Léo Berger. - Combien parmi nousagissent déjà contre le racisme ? (quel·ques mains se lèvent). S'il avait falluattendre une conversation, une adhésionindividuelle, beaucoup d'entre nous n'auraientpas bougé ... Mais nous sommeslà. Je trouve cette initiative extraordinaire.à l'action antIraciste, je ne peux vousexprimer ma joie de voir qu'au sein d'unecorporation comme la nôtre, il a pu secréer un tel Comité.Pour montrer que le Comité professionnel« peut déterminer, en tant quetel, des actions d'une grande importance», Charles Palant cite un journal duMidi qui publiait récemment des calomniescontre les commerçants juifs, touten bénéficiant de la publicité de certainsd'entre eux, C'est un exemple de circonstances,dit-il, où une intervention sur leplan professionnel pourrait s'avérer trèsefficace.M. Guilbert. - Je pense que notre actionne doit pas se dissocier de celle quiest menée sur un plan plus généraLPlusieurs voix. -dent.Bien sûr, c'est évi·M. Guilbert. - Bravo! Alors entrons enfoule au M,R.A.P ...M. Aulagnon. - Je ne représente pasici la Chambre Syndicale. Mais, je suislà en sympathisant. Il est bien entendu,je suppose, que le Comité n'a pas à agircontre le racisme à l'intérieur de notreUne vue de la tribune: De gauche à droite: Elie Jacobson, Solange Pelta, DanielHechter, Charles Palant, Julien Aubart, Jean Kolpa, Dans la salle, il n'y avait pasassez de sièges pour tout le monde.Photos Elie Kagan,Débats fructueux à lapremière réunion duComité d'Action antiraciste.me était nécessaire et qu'il fallait y participer».En toute indépendance, ce Comité d'ActionAntiraciste collabore avec le M.R.A.P. Pourquoi? « Là aussi, souligne DanielHechter, il y a plus qu'un simplehasard. Comme nous le disons dansnotre appel, nous apprécions le dynamismeet l'efficacité de ce Mouvement.Nous apprécions le fait qu'il s'appuiesur les milieux les plus larges, sans distinctionpolitique ou sociale, touchantaussi bien les plus hautes autorités queles simples gens des entreprises et desquartiers. Nous apprécions surtout lefait qu'il n'hésite pas à combattre, sans, distinctions, et avec une même vigueur,toutes les formes de racisme, quellesqu'en soient les victimes. »Daniel Hechter rappelle que le Comitéprovisoire a pris déjà diverses initiatives,outre la convocation de la présenteréunion. Deux numéros successifs de« Droit et Liberté » ont été adressés à5.000 fabricants et commerçants du Prêtà Porter. Le numéro de mars leur parviendraégalement. Une enquête a étéfaite, au moyen d'un questionnaire, dontplusieurs dizaines d'exemplaires ont étéremplis et retournés au Comité. Enconclusion, le président invite les participantsà apporter leurs suggestions, etsurtout à renforcer le Comité provisoire.UNE CONJUGAISONPuis, après avoir salué la présence deM. Mitz, président de l'Amicale du Prêtà Porter, Daniel Hechter donne la paroleà Charles Palant, secrétaire 'général duM.R.A.P. « C'est, croyons-nous, l'honneurd'une corporation, déclare celui-ci, quedes hommes, que leur dynamisme et lavitalité de leurs entreprises ont portéà des postes de hautes responsabilitésse soient concertés pour décider ensemblede donner vie à un Comité d'actionantiraciste. Dans cette corporation, oùle racisme hitlérien a causé naguère tantde deuils, quoi de plus juste que la générationdes hommes dont l'enfance gardele souvenir du cauchemar, soit préoccupéede tout ce qui survit de racisme etd'antisémitisme... »Charles Palant évoque de nombreuxfaits, en France et dans le monde, quimontrent l'ampleur du mal et la nécessitéd'une vigilance active. Il précise lesmultiples aspects de l'action du M.R.A.P.,qui, faisant appel à l'opinion publique,et plus particulièrement à la jeunesse,riposte sans défaillance aux menées racisteset antisémites, en même tempsqu'il poursuit un profond travail de préventionet d'éducation. '« Pourquoi, dit-il, les conceptions diffé·rentes des uns et des autres sur tant deUne lettre de Pierre PARAFPIERRE PARAF, président du M.R.A.P., absent de Paris, avait envoyé une lettrede sympathie, dont Daniel Hechter a donné lecture.« Mes. regrets sont d'autant plus vifs, écrivait-il notamment, qu'il s'agitd'une chose qUI nous est chère entre toutes et que les initiateurs de cette réunionreprésentent un secteur de notre économie dont l'importance ne cesse de croîtredans la vie de la nation.« ta lutte à laquelle vous apportez votre précieux concours intéresse directementle destin de chacun d'entre nous. Elle se situe sur un plan largement humain oùvotrE) dynamisme saura, là aussi, donner sa mesure C.. ) ,« Nos moyens doivent être à l'échelle de nos devoirs : ceux qu'impose la fidélitéà des souvenirs, comme le souci de l'avenir d'un monde en pleine mutation C .. )" A vouz qui nous aidez dans ce grand combat, permettez-moi d'exprimer nosvœux cordiaux, notre gratitude et notre amitié. »- Pourquoi donc se cantonner dans lePrêt à porter ? demande quelqu'un dansla salle. Est-ce que d'autres professionsne peuvent pas se joindre à nous ? ...- D'autres secteurs professionnelsagissent d'une façon concertée, constateDaniel Hechter. Par exemple l'Industriedu Meuble.- Il existe au M.R.A.P. des commissionsde juristes, de médecins, ajouteCharles Palant. Dans le même ordreprofession, où il n'existe pratiquementpas, à ma' connaissance. Par contre, ils'agit de s'unir pour engager une luttecontre le racisme partout où il existe.Nous sommes bien d'accord là-dessus?De nombreuses voix. -Bien sûr.Absolument.M. Manson. - Moi qui vais à des réunionssouvent et qui ai déjà participéQU'EST-CE QUE LE RACISME ?Une autre question soulevée par MmeHelvasser : « Comment peut· on parler duracisme sans aborder les questions politiques» oriente' bientôt le débat dansune nouvelle direction.Mme Helvasser. - Le racisme est unproblème essentiellement politique. Sion veut le faire disparaître, il faut connaîtreses causes et le combattre dansses racines mêmes.Les remarques fusent de toutes parts- A l'origine le racisme n'est pas unphénomène politique, c'est après qu'ille devient...- Le racisme est politique, mais l'anti·racisme ae l'est pas ...- Il Y a des racistes de tous lesbords ...- Définissons d'abord le racismeCharles Palant répond :- Qu'est·ce que le racisme ? C'est lacontestation à un prochain, en raison deson origine, quelle qu'elle soit, des droitsà la dignité et à la liberté dont on jouitsoi-même. C'est une définition qui peutparaître simpliste. Mais elle est fondamentale,et à partir de là, nous pouvonsfaire un bon travail, tous ensemble ...Bien sûr, on peut, on doit approfondir,comparer ou opposer les conceptions :c'est la tâche permanente d'une organisationantiraciste. Cependant, cette étudedoit aller de pair avec l'action. De·vant le racisme, une seule attitude estpossible: la réplique, la vigilance, l'union.L'analyse, elle, doit nous permettre demieux comprendre tous les aspects, toutesles causes du mal que nous combattons,et de perfectionner, en conséquence,nos méthodes. Le livre « Les Françaiset le racisme », écrit sur la based'une enquête du M.R.A.P., nous est parexemple d'une grande utilité ...Approuvé par toute l'assistance, lesecrétaire général du M.R.A.P. ajoute:- Tout honnête homme pense, évidemment,que la philosophie à laquelle iladhère, qu'elle soit politique ou religieuse,constitue un garant contre leserrements du racisme. Il estime que sicette philosophie triomphait, le racisme* Suite page 1 S.


15------DIMANCHE 8 MAIou Palais de l'UNESCOC'EST le dimanche 8 mai qu'aura lieucette année, au Palais de l'UNESCO,la Journée Nationale contre le racis·me, l'antisémitisme et pour la paix.A cette initiative prise par le M.R.A.P.sont invités à se joindre, soit individuel·lement, soit par leurs associations, tousles citoyens qui portent intérêt au com·bat antiraciste. Ainsi s'instaurera commeles années précédentes, un débat fruc·tueux qui contribuera à de nouveaux suc·cès dans la défense de l'idéal de frater·nité humaine commun à tous les démo·crates.Au centre des travaux de la JournéeNationale, il y aura la Convention interna·tionale pour l'élimination de toutes lesformes oe discrimination raciale. adoptéele 21 décembre dernier par l'assembléegénérale de l'O.N.U. Quelle est la portéede cette Convention ? Pourquoi est·il né·cessaire de 'la ratifier ? Comment peutelleêtre appliquée ? Tels seront les problèmesessentiellement débattus. Nuldoute qu'il résultera des échanges devues un enrichissement et un renforce-dournée nationale•contre le raCisme, l'antisémitisme et pour la paixment de l'action à poursuivre dans la prochainepériode.Cinq CommissionsDans le cadre de la Journée Nationalesiegeront cinq commissions :1. DROIT ET JUSTICE : Elle examineraplus spécialement les aspects juridiquesde la Convention, et les problèmes de législationantiraciste ;2. EDUCATION ET CULTURE: Elle préciserales moyens les meilleurs dans cesdeux domaines, pour faire reculer les pré.jugés racistes ;3. TRAVAILLEURS FRANÇAIS ET IMMI­GRES face à la xénophobie et au racisme: Ses travaux revêtent une grandeactualité;4. ORGANISATION ET COORDINATIONDES ACTIVITES LOCALES : Les militantsdu M.R.A.P. et de toutes les associationsintéressées mettront au point des métho·des pour développer l'action et la diffu-sion des idées antiracistes dans les différentesrégions;5. PRESSE ET PROPAGANDE: Elle débattradu rôle des grands moyens d'informationdans l'action contre le racisme etl'antisémitisme.Précisons que ces commissions siègeron~le samedi 7 mai, à partir de 14 heures,à l'U.N.E.S.C.O. également. Mais ellescommenceront à fonctionner bien avant.Des débats préparatoires au sein de chacuned'elles auront lieu dès ,le débutd'avril...CES COMMISSIONS SONT OUVERTESA TOUS LES LECTEURS DE « DROIT ETLIBERTE n. JI vous suffit donc de nousécrire (30, rue des Jeûneurs, Paris-JI')pour demander votre inscription à cellequi vous intéresse le plus.Rencontres RégionalesDans différentes villes, la Journée Nationalesera précédée par des RencontresRégionales contre le racisme et l'antisé·tisme. Ces manifestations prendront desformes diverses selon les circonstance.locales.Pour la région parisienne, la Rencontreaura lieu le dimanche 24 avril, salle Saul.nier, 7, rue Saulnier, Paris·IX', toute lajournée. Les participants débattront de.deux thèmes suivants :• Le racisme est un mal qui sévit aussien France ;• Comment agir contre le racisme etl'antisémitisme?3 avrilSession du Conseil Nationaldu M.R.A.P.Pour préparer le succès de la JournéeNationale, le Conseil National du M.R.A.P.se réunira le dimanche 3 avril à Paris.salle de l'Encouragement, 44, rue de Ren·nes, de 9 h. 30 à 12 h. 30 et de 14 heuresà 18 heures.A l'ordre du jour figure également l'exa.men de différentes autres manifestationsprévues pour les prochains mois.IElfIl AU FOYER DE L'UNION CHRE·TIENNE DES JEUNES GENS, 14, ruede Trévise, Paris·ge, le mardi 22 mars à:JO h. 30, conférence de MO Marcel MAN·VILLE, membre du Conseil National duM.R.A.P, : « L'immigration noire et al·.gériellne : la crainte d'une ségrégation-en France est·elle fondée? ».• ROMAIN ROLLAND: de l'Af·faire Dreyfus au combat contre lefascisme et la guerre. Tel est lethème :de la conférence que don·nera Pierre PARAF, président duM.R.A.P., le vendredi 1" avril à20 h. 45 à l'Hôtel Moderne, placede la République. Cette soirée estorganisée particulièrement à l'in·tention des membres des Socié·tés et organisations juives. Ellesera présidée par Charles Palant,secrétaire général du M.R.A.P.• « FACE A FACE : LES JUIFS ETLES AUTRES» : sur ce thème, le Club.J.U.M. organise un débat le mardi 22114CIIIElfmars à 21 heures, salle Lancry, à Paris.Les orateurs prévus sont : Jean Sehapira,secrétaire national du M.R.A.P., etRoger Berg.• A GRENOBLE, le Comité du M.R .A.P. a organisé avec un grand succèsun débat sur le livre « Les Français etle racisme » dans une Maison de Jeu·nes. Un autre débat semblable, dansune autre Maison de Jeunes est prévuprochainement. La venue de l'expositionLincoln aura lieu en mai.• A BOULOGNE·SUR·MER a eu lieuavec le concours du M.R.A.P., une ex·position sur le racisme, avec projectiondu film « La Chaîne » suivie de débat.Cette soirée était organisée par l'Asso·ciation Jean Vilar, animée par M. Achil·le Chassot.• A LA CITE UNIVERSITAIRE deParis, la rencontre du Comité étudiantdu M.R.A.P. avec les résidents du Pavillondes Provinces de France a connuSCIENCE ET RACISMELe Comité des Etudiants du M.R.A.P. organise, le jeudi 24 mars. à 20 h 30, à'la Sorbonne (amphithéâtr·e Richelieu) un grand débat sur 'le thème : ~ Science etracisme ». Sous la présidence du professeur Georges HEUYER, de l'Académie deMédecine, prendront la parole les professeurs Pierre BOilEAU, Paul CHAUCHARD,Jean HIERNAUX, Théodore MONOD et Joseph STOLKOWSKI, ainsi que Pierre PARAFprésident du M.R.A.P.'-Il 4C IlIElfle 15 mars, un vif succès. Après la pro·jection de « Come back Africa », devantles 300 participants, un débat animé surle racisme a eu lieu, anirr.é par M'Médioni, Jean·Pierre Hirsch et PierreCoula.• LE COMITE DES LYCEENS duM.R.A.P. a organisé une séance au ci·néma « Le Marais », le dimanche ma·tin 13 mars. Après la projection de« Haines », de Losey, un intéressantdébat a eu lieu, avec la participationd'Alain Gaussel et Pierre Coula, membresdu Bureau National.• A LEVALLOIS (Seine), l'ExpositionLincoln a connu un vif succès. Inauguréele 22 février, dans le hall de l'Hôtel deVille, par le maire, M. Jans, et Albert Lévy,secrétaire national du M.R.A.P., elle areçu de nombreuses visites, notamment dejeunes.A cette occasion, une réunion a eu lieu,le 26 février, sur le thème « Y a·t·il duracisme en France ? » Animé par CharlesPalant, secrétaire général du M.R.A.P.ayant à ses côtés Mme Cohen et M. Atlan,adjoints au maire, le débat a permis dejeter les bases d'un Comité du M.R.A.P. à Levallois.• A CHAMPIGNY, où l'exposition setient du 11 au 17 mars, c'est Pierre PA·RAF, président du M.R.A.P., qui l'a inau·gurée, en présence de la municipalité etdu Comité local de notre Moûvement.De nombreuses adhésions au M.R.A.P.sont enregistrées.Quinzaineantiracisteà ToulouseLe comité du M.R.A.P. cie Toulousea pris l'initiative d'une quinzaine antiraciste,qui se cléroulera du 19 au 28mars, et à laquelle se sont associés leCercle Universftaire International deToulouse (Club U.N.E.S.C.O.), et leComité cI'Accueil Universitaire auxEtudiants Etrangers.De multiples manifestations sont prévues,clont voici les principales :Le 19 mars à 21 heur.es, salle clu Sénéchal: conférence de M. Ph. cie Marne,ethnologue au C.N.R.S. : « Les Tsiganeset les Gitans ».Le 21 mars à 21 heures, au cinéma« Espoir» : projection cie « La Marche»(James Blue) et cie « Samson :.(A. Wajda).Le 22 mars à 18 h. 3D, salle cles E:.


16( "~~ .~Pete Seeger ( à gauche) transmet ses amitiés MIXlecteurs de « Droit et Liberté ». Ci·dessus, Les Bad's,qui interprètent quelques·unes de ses chansonsIIIIIID Iliiiie1IIIIIl11llft IIIIIIIIIIIII~IIIIIID Il t\! § 1IIIIIl(1IIIIHI~1111l t\! §G) t\!~enè&e d' un notWeauLF. Folklore est à la musique ce qu'était la prosepour Monsieur Jourdain, tout le monde en fait ...sans le savoir. Qu~une jeune femme chantonne,« Il fait beau, il fait beau » le matin à sonréveil ; qu'un groupe de jeunes scande

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