Lire le numéro (PDF)

epub.be

Lire le numéro (PDF)

Belgique - BelgiëP.P. - P.B.1070 BruxellesBC 4785Mensuel protestant belge • Église Protestante Unie de Belgique • N° 2 - Février 2013Mensuel sauf août • Prix au numéro : 2,00 • P 505016 • Éd resp. : S. Fuite, Rue Brogniez 44 – 1070 Bruxellesécouterou entendre ?Photo: Yoann Mahieu


ÉditorialPageÉditorial 2Coup de projecteurLéa, ou l’écoute attentive duprochain 3À l’écoute de soi, des autres,de Dieu 4L'éducation des sourds, point devue historique et linguistique 6Les pasteurs,ça parle ou ça écoute ? 8L'écoute et la musique, l'entréedans un nouveau monde 10Place aux JeunesÉcouter c’est aussi comprendre 11Bible ouverteL'écoute dans la Bible 12La bible en 6 ans 13De ci, de làInterview du professeurMarguerat 14Donnons-leur la chanced'avoir une chance! 16MédiasContribution à la Paix ;le rapport de Yanoun 18AgendaAnnonces 19Mois de mars :Les 5 sens : la vue« Voir avec les yeux de Dieu »Nous entamons, avec ce numéro, une série consacrée aux cinq sens. L’ouïe,la vue, l’odorat, le toucher et le goût, cinq manières pour l’être humain dedistinguer le monde qui l’entoure et, pourquoi pas aussi, cinq manières des’approcher de Dieu ?Naturellement, et sans doute un petit peu aussi théologiquement, il noussemblait adéquat de commencer cette séquence par l’ouïe… Entendre, écouter,prêter l’oreille, être attentif, voilà certainement, en effet, une qualité primordialeque tout croyant pourrait mettre en pratique bien plus souvent etbien plus aisément dans sa vie.D’ailleurs, parmi les lecteurs de la Bible, nul ne peut ignorer que le « premieret le plus grand des commandements » commence bien par cette exhortationessentielle : « Ecoute Israël… ». C’est dire si l’écoute attentive, la bonneécoute, s’avère être fondamentale dans notre relation avec le Dieu unique,tout comme dans nos relations avec notre prochain.Et si entendre et écouter devenaient notre véritable programme ? Entendrel’autre, c’est d’abord prendre conscience que nous ne sommes pas seuls aumonde, c’est percevoir une réalité qui, parfois, nous dépasse. Écouter prendraalors généralement un sens plus aigu, car il implique une décision personnelleet une réelle volonté d’accorder de l’importance à ce qui est dit. Écouter,c’est également comprendre, intégrer ce qui peut être enseigné ou partagé.Voilà pourquoi nous vous invitons, tout au long de ce numéro, à « tendrel’oreille » à ces petits ou grands signes de la présence de Dieu ici bas, que cesoit de manière générale, dans une relation d’aide, au travers de la musiqueet même parfois par le biais de l’Église et des pasteurs…Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !Patrick WilmottePAGE2 gMosaïque N° 2


oup de projecteurLéa ou l’écoute attentive du prochain.Le thème de ce mois m’a replongéedans mes cours d’ "ÉducateurSpécialisé" et m’a obligée à réfléchirà la manière dont nous, les chrétiens,nous écoutons.Avons-nous une « oreille attentive »à l’autre ?Avez-vous déjà remarqué dans noslieux de cultes comment nous réagissonsà l’entrée de nouvelles personneslors du culte du dimanche matin ? Lesregards qui se tournent vers nous sontquelquefois dénués de sympathie,quelquefois franchement hostiles etbien souvent indifférentsLorsque je suis arrivée dans la paroissequi est la mienne aujourd’hui aprèsdeux ans d’errance spirituelle, j’ai étéaccueillie par une dame, petite – detaille mais pas de cœur –, menue ettrès douce. Elle a été mon premierregard, la première personne qui m’aécoutée et guidée dans cette communauté.Son écoute et sa disponibilitén’ont jamais failli et aujourd’hui elleva me manquer car elle a rejoint lamaison du Père. Pour moi- et je saispour bien d’autres-, elle était l’oreilleattentive aux nouvelles personnes, àmes besoins du moment !Cela me fait penser à plus d’un titre àla manière dont nous écoutons, nousaccueillons…"Pourquoi êtes-vous là à m'écouter?"Vous êtes-vous déjà demandé pourquoiau juste vous écoutez les gens? Etque signifie écouter quelqu'un? Il nousest tous déjà arrivé d’être assis là, faceà quelqu'un qui parle. Ecoutons-nouspour être confortés dans nos opinions,pour avoir confirmation de notre pensée? Ou écoutons-nous dans le butde découvrir? Voyons-nous la différence?Ecouter pour découvrir a untout autre sens qu'écouter simplementpour avoir la confirmation de ceque l'on pense déjà. Si nous sommesici simplement en quête de confirmation,d'encouragement à suivrenotre ligne de pensée, notre écouten'a guère de valeur. Mais si nous écoutonspour aller à la découverte, alorsnotre esprit est libre, sans obligation;il est vif, acéré, vivant, curieux, interrogatif,donc capable de découverte. Ilest donc capital d'examiner pourquoinous écoutons et ce que nous écoutons,n’est-il pas vrai ?En tant que chrétien nous devonspratiquer l’écoute active qui est lacaractéristique fondamentale de lacommunication. C’est une écoutecompréhensive qui utilise la reformulationpar des questions ouvertes.L’autre ne se sent ni jugé ni évalué nianalysé ni interprété ni guidé par desconseils ni manipulé ni harcelé par desquestions.Nous devons faire preuve d’empathievis-à-vis des autres, voir la situationavec les yeux de l’autre : l’empathieest une relation chaleureuse centréesur l’Autre. Elle résulte d’une qualité,d’une aptitude et d’une volonté. Elledemande de développer une activitéimportante et contrôlée tant intérieurequ’extérieure, tant verbale quenon-verbale. Elle est définie par deuxcomposantes : la réceptivité aux sentimentsvécus par l’autre et la capacitéverbale ou non-verbale de communiquercette compréhension.C’est le psychologue américain CarlRogers qui a développé ce concept.Il (c.à.d. le concept) est égalementnommé écoute bienveillante. Pourpouvoir la pratiquer dans nos communautés,dans nos entretiens, nousdevons exclure nos propres idéespréconçues ainsi que toute idéed’interprétation, nous devons êtrephysiquement disponibles à l’autre.L’écouter sans l’interrompre, le questionnerde manière ouverte en l’incitantà préciser le cours de sa pensée,lorsque celle-ci est vague ou imprécise.Reformuler ses propos avec sespropres termes puis les nôtres, resterpar moment silencieux, mais toujoursneutre et bienveillant. Et toujours luidonner des signes visuels et verbauxde notre intérêt.Faisons-nous preuve de bienveillanceà l’égard du prochain, le regardons-nousavec le regard du Christ ?Avons-nous la capacité de nous dire :« mais que ferait Jésus à ma place ? »Toutes ces questions restent ouvertes.Puissions-nous être chacun selon noscharismes disponibles aux autres et àleur écoute afin d’améliorer notre serviceà l’égard de nos semblables.Brigitte Alessandroni-FominePhoto : BZSFévrier 2013 gMosaïquePAGE3


Coupde projecteurPAGE4A l’écoutede soi,des autres,de Dieu• IntroductionÊtre à l’écoute est une disposition del’Homme qui demande de s’asseoirdans sa vie, de se poser et de se reposer.Une telle démarche ne nécessitepas uniquement de la volonté, maisimplique tout un engagement de sapersonne.Dans le repos, il y a cette idée de seposer et de se re-poser…Se poser, c’est arrêter de courir àde multiples activités, de vouloiratteindre de nouveaux défis pourprendre une pause, un temps d’arrêtafin de découvrir ce que chacun est entrain de vivre dans son être intérieur.Pour vivre pleinement cette pause,chacun est amené à se détacher deses préoccupations, de ses soucis, deses tourments, de ses interrogations.Ce détachement ne peut être possiblequi si chacun décide librement de cesserde contrôler les situations de la vie,d’accepter de lâcher prise, pour redécouvrirune certaine maîtrise de soihabitée par l’espérance divine. Celleci,une fois acquise, nous donnera laforce d’avoir une autre lecture de nossoucis, de nos interrogations, d’avoirun autre regard sur la vie, sur la mort.Se re-poser nous rappelle que c’est unacte répétitif qui s’impose à tout unchacun par nécessité vitale, d’ailleurs,le Christ lui-même n’allait-il pas parfoiss’entretenir avec son Père célesteavant de s’intéresser à son entourage ?Se poser… Démarche bien souventmise de côté ou accomplie quand lasouffrance physique et mentale laissedes traces indélébiles dans l’universde la personne. Dans son for intérieur,chacun peut être traversé pardes pensées comme « je n’ai pasle temps ou je n’ai pas de temps àperdre ».Tôt ou tard en son temps, le tempsde chacun… la question vers laquelleje cours dans ma vie s’impose à notreesprit … quel défi je veux relever, quelobjectif je veux poursuivre jusqu’à enperdre parfois la vie ? C’est quoi lavie ? Pour moi et pour Dieu ?• L’écoute de l’autreL’Homme créé à l’image de Dieu estun être destiné à entrer en relationavec les autres, ses semblables. Il areçu des habiletés langagières quisont exploitées de par l’éducation etde par les opportunités de vivre certainesexpériences de la vie. Des habiletésà communiquer, à dialoguer nepeuvent se concrétiser que si chacundécide d’être disponible, d’être présentà l’autre pour co-naître une véritablerencontre.Il ne s’agit pas d’être présent à l’autrepour satisfaire son propre égo, pourse donner une bonne image de soi auxyeux des autres ou encore pour avoir lasatisfaction du devoir bien accompli,mais il s’agit d’accorder une présenceà l’autre empreinte de l’Amour divin.Ainsi je suis à l’écoute de l’autre paramour pour le prochain. Chacun estamené à accueillir l’autre dans sesdifférences personnelles, culturelles,religieuses (Colossiens 3 v.17) sans porterun jugement de valeur.Non seulement chacun va accueillirl’autre, mais il va aussi essayer de lecomprendre dans son univers personnel; comprendre comment il vitles situations en lui-même, commentil perçoit et vit personnellement Dieudans sa dimension trinitaire, commentil vit sous la grâce.Ainsi les échanges entre deux êtrespeuvent se multiplier pour entretenirun dialogue, une relation de confianceoù chacun peut être là et échangersans imposer ses idées, ses croyances,ses conseilsPar une telle rencontre, une connais-gMosaïque N° 2


Coupde projecteursance de soi et de l’autre peut naîtresans se sentir coupable de ce que noussommes, sans vouloir être le sauveurde mon prochain. Qui serions-nous sil’envie de convaincre nous taraudaitl’esprit ? Ne serions-nous pas en trainde prendre la place de Dieu ? Ne serait-cepas l’Esprit Saint qui convaincl’être humain dans son être intérieur ?Être à l’écoute, c’est permettre àl’autre, dans le respect de sa personne,en tant qu’enfant de Dieu, d’investirou d’apprivoiser son être intérieur…Quand notre homme extérieur sedétruit, notre homme intérieur se renouvellede jour en jour (2 Corinthiens4 v.16 à v.18).Cette exploration conduit chacun àdevenir un être libre et responsablede ses choix de vie, de ses décisionsdevant les hommes et devant Dieusachant que Dieu sait quand une «métanoia »* profonde peut s’opérerdans le cœur de chacun.• Être à l’écoute de soiPour devenir un être humain deboutdevant les tempêtes de la vie, l’êtrehumain a besoin d’être à l’écoute desoi et des autres.Il peut être très bien écouté et encouragémais il a aussi besoin de s’écouter.Dans cette écoute chacun va découvrirses dons et les accepter pour lesappliquer dans l’Esprit du Christ (2Timothée 1 v.6). Chacun va connaîtresa vulnérabilité, ses émotions, ses limitesdans l’écoute et la compréhensionde ce qui l’anime. La connaissanceimplique une prise de conscience etune acceptation de sa finitude et deson état d’impuissance devant descirconstances de vie.Février 2013 gMosaïqueÊtre à l’écoute de soi c’est s’autoriserà être vrai, authentique, en lien avecmon histoire, en accord avec des valeurssocioculturelles et religieuses.C’est mettre en lumière quelles sontles émotions, les intentions qui soustendentmes réactions et mes actions.Celles-ci puisent-elles leur force dansl’enseignement du Christ ou dans unegénérosité qui est le fruit d’intérêtspersonnels calculés ?Être à l’écoute de soi, et de l’autreaiguise notre conscience de ce quepeuvent être les différentes expressionsde notre humanité propre enchacun de nous, et cette conscienceà son tour affine la qualité de l’écoutede chacun vis-à-vis de celui qui vientvers nous avec ses joies, ses peines etses interrogations.Même si chacun a reçu certains dons,l’être humain en nous ne peut pas toutconnaître, tout sonder chez soi et chezl’autre, tout comprendre. L’Homme nepeut être maître absolu de sa vie.Plus l’Homme veut contrôler lessituations de son entourage, plus ilse heurte à son impuissance, à sonincompréhension de certaines réalitéshumaines, à une part de mystère…• Être à l’écoute de DieuSi Dieu a mis la pensée de l’éternité enl’Homme, celui-ci ne peut cependantse suffire à lui-même, il ne peut passe sauver lui-même, mais il ressent lebesoin d’être en lien avec ce qui estexterne à lui-même, en lien avec desvaleurs ou des repères qui donnentdu sens à son existence dans la joiecomme dans la peine.L’Homme ainsi créé pour être enlien avec son créateur est amené àêtre à l’écoute de Dieu. Savoir ceque chacun est, qui il est pour Dieu,m’adresser à lui par la méditation etla prière. Écouter et intégrer dans mavie l’enseignement donné pour envivre pleinement permet à chacun denous de mieux supporter et d’accepternotre impuissance, nos limites, d’avoirune autre lecture des événements dela vie en gardant l’espérance, la foid’une possibilité toujours renouveléed’être libéré de toute forme d’asservissement.« Quand chacun se sent faible, il peutdevenir fort » 2 Corinthiens 12 v.10Si chacun veut être à l’écoute del’autre par amour pour son prochain,il est amené à être à l’écoute de soiet de Dieu pour voir quelles sont lespensées et les émotions qui l’animent,pour voir si nous sommes dans unedisposition d’esprit qui accorde unecertaine place à Dieu, afin que chacun,dans la rencontre, puisse s’enrichir enconnaissances et se fortifier dans lagrâce.La place que chacun accorde à Dieudonne accès à une certaine maîtrisede soi, à une confiance dans ce quenous pouvons donner et recevoirmalgré nos imperfections, nos limites.Que le Christ habite votre Hommeintérieur par la foi et que vous soyezenracinés et fondés dans l’amour(Éphésiens 3 v.14 à v.21).Être à l’écoute de l’autre ne peut seréaliser sans l’écoute de soi et l’écoutede Dieu. Si chacun peut y arrivernéanmoins cette habileté se vit d’unemanière singulière ; l’important est deréaliser tout l’apport que cette écouteapporte à chacun.Annick Blanquet,Psychologue clinicienne*NDLR : « metanoia » : terme grecsignifiant « changement d'esprit » ;mot utilisé dans le NT et traduit par« conversion ».PAGE5


Coupde projecteurL'éducation des sourds, point de vuehistorique et linguistiquePAGE6L'histoire des Sourds est liée à leur éducation mais celle-cifut longtemps négligée.Cette chronologie révélera les tentatives de remodelagede la personne sourde la considérant comme un individuà normaliser. Elle mettra aussi l'accent sur ceux qui ont étéà l'écoute des personnes sourdes, les ont accueillies avecreconnaissance telles qu'elles se définissaient elles-mêmes,sans se substituer à elles pour dire ce qu'elles devaient être.C'est dans l'Antiquité grecque qu'il faut remonter poursaisir les premières discriminations dont les sourds ont silongtemps été les victimes.Aristote assimilait l'absence de parole à une carence de laraison et en déduisait que les sourds étaient "irrémédiablementignorants", inéducables."De tous les sens, c'est l'ouïe qui contribue le plus à l'intelligence"Histoire des animauxLa conception moderne d'un sourd limité dans ses capacitésd'abstractions trouve également son origine dans lapensée aristotélicienne.La Bible hébraïque, quant à elle, appelle à la compassionet au respect:"Tu ne maudiras pas le sourd"Lévitique 19 v.14Le langage gestuel de Jésus..."On lui amène un sourd qui, de plus, parlait difficilementet on le supplie de lui imposer la main. Le prenant loin de lafoule, à l'écart, Jésus lui mit les doigts dans les oreilles, crachaet lui toucha la langue. Puis, levant son regard vers le ciel, ilsoupira. Et il lui dit : « Ouvre-toi. » Marc 7 v.34On le supplie de lui imposer la main...mais Jésus prend l'initiatived'intervenir par les gestes et le regard..."Intercéder, c'est entrer dans le langage de l'autre pour l'adresserà Dieu"Daniel BourguetAu II ème siècle, le Talmud recommande de ne pas placer lessourds et les muets dans la catégorie des idiots et des irresponsablescar ils peuvent être instruits.Pour la première fois, il est question d'enseigner les sourds.Au IV ème siècle, Saint Augustin, dans sa correspondanceavec Saint-Jérôme, évoque l’existence d’une famille sourdetrès respectée de la bourgeoisie milanaise et dont les gestesforment les mots d’une langue.« N’avez-vous pas vu comment les gens entretiennent unesorte de conversation par gestes avec les sourds, de la mêmefaçon comment les sourds-muets posent des questions etrépondent, enseignent et indiquent tous leurs désirs, ou toutau moins la majeure partie. De la sorte, non seulement sontdécrites les choses visibles, mais aussi des sons et des chosesdu goût… ».De Magistro, ch.3Contre les représentations de la surdité chargée à l'époquede connotations civilement discriminantes, St Augustinfournit les armes idéologiques d'une réhabilitation en défaisantl'association de la parole et de la raison et en situantfermement la vérité, indépendamment de tout langagehumain, dans l'intimité du cœur, là où Dieu s'entend et serencontre.Les signes, quels qu’ils soient, n’enseignent rien parce quetoute vérité est intérieure à chaque homme, en qui résideDieu, le Maître intérieur.Puisque enseigner c’est faire signe, tout type de signe, mot,geste ou mime, est équivalent dans sa fonction d’indice quitourne l’attention de l’enseigné vers une vérité qu’il portedéjà en lui.Mais il faudra attendre le XVIII ème siècle pour que le célèbreAbbé de l'Épée fasse prendre à l'éducation des sourds untournant important. C'est en 1760 qu'il fonde à Paris la premièrevéritable école publique pour sourds.Pour son enseignement, il privilégie la connaissance dufrançais écrit par rapport à l'articulation en recourant pource faire au langage gestuel.Sa démarche montre qu'il admet que le langage intérieurexiste indépendamment de l'expression orale.Plus tard il écrira que c'est à partir des textes de St Augustin,qu'il s'interrogera sur la nature du langage.gMosaïque N° 2


Coupde projecteur"Être sourd, c'est d'abord ne pas être entendu"Bernard Mottez, sociologue, 1991Les démonstrations qu’il fait avec ses élèves sourds ont ungrand retentissement dans l’Europe entière.En 1817, Laurent Clerc, professeur à l'Institution de Paris,part aux États-Unis pour y fonder la première école poursourds avec le pasteur Thomas Gallaudet.Au XIX ème siècle la langue des signes accède au statut delangue d'éducation. L'épanouissement intellectuel dessourds progresse de façon impressionnante.Dans les pays nordiques, les sourds ont leur propre paroisseà laquelle est rattaché un pasteur sourd.Gallaudet)Mais en 1880, à Milan, se tient un congrès de spécialistesfavorables à l'éducation oraliste qui préconise la prohibitionde la langue des signes dans les établissements scolaires. Lalangue des signes est alors peu à peu interdite dans toutesles institutions scolaires européennes. Cet événement sesitue dans un contexte politique plus global : l’instructionobligatoire pour tous implique l’uniformisation desméthodes d’instruction et l’unification linguistique. C'estdonc au nom de l'égalité que les signes ont été interdits etremplacés par le seul apprentissage des sons.En réalité, la première conséquence visible du congrèsde Milan sera d’interdire aux sourds la pratique du métierd’enseignant. Les élèves sourds eux se trouvaient privés demodèle d’adultes sourds et sans recours à la langue dessignes pour expliquer le fonctionnement du français écrit.On imagine l'effort intense que devaient fournir alors cesenfants placés dans des conditions où la plupart des informationspassaient par l'audition.Ainsi, En France, les psychologues relevaient déjà en 1909que la méthode purement orale n’était efficace que pourun élève sourd sur cinq.Que deviendront alors les sourds profonds ou sévères, massivementréfractaires à la méthode orale ?En Allemagne en 1889, Naecke recommande la stérilisationdes "dégénérés".En 1933, Hitler promulgue une « loi sur la prévention de latransmission des maladies héréditaires » dont la surdité.De 1940 à 1942, 1600 sourds au moins sont transféréspuis exterminés dans les camps d’Hadamar, Sonenstein,Grafeneck…Ce n'est qu'en 1980, au Congrès de la Fédération Mondialedes Sourds de Hambourg, qu'un accord unanime se dégagepour reconnaître l’erreur commise à Milan et regretter sesconséquences néfastes pour la communauté des sourds.En 1994, lele des langues des signes dans l'enseignementest consacré par la déclaration de Salamanque del’UNESCO.En 1997, plusieurs enquêtes, menées par les universités, ontmontré que depuis l’interdiction de la langue des signes,80% des sourds sont sous éduqués.En 2008, un rapport universitaire concernant la protectionet la promotion des langues des signes et des droits de leursutilisateurs dans les États Membres du Conseil de l'Europea été établi.Il mentionne que les langues signées sont pour les personnessourdes la clé de leur intégration sociale.Pour toutes ces raisons, il est indispensable que les enfantssourds aient un accès suffisant à la langue des signes dèsleur naissance.Pour répondre à ce besoin l'ASBL SIGNATOUT a créé, en2009, les ateliers "Signeur en herbe".Notre équipe bilingue et biculturelle informe, conseille etsoutien les familles à travers un programme varié de conférences,formations et ateliers pédagogiques.Notre association désire faciliter et promouvoir la généralisationde la langue des signes afin de garantir le droit desenfants sourds à grandir bilingues.En Allemagne et en Italie on verra des enfants sourdsinaptes ou réfractaires à l'articulation entrer dans des institutionsasilaires pour enfants débiles.Danièle ManouvrierPlus d’info.www.signatout.be Tel. 0488.14.05.28PAGEFévrier 2013 gMosaïque 7


Coupde projecteurLes pasteurs, ça parle ou ça écoute.... ?PAGE8Que répondre ? Apparemment unpasteur ça parle, ils n'ont pas fait cinqannées d'études, appris le grec et l'hébreupour analyser, creuser, découvriret expliquer la bible et d'autres bonsouvrages de théologiens réputés, pourrien. Ne serait-ce que le vieux mot deprédiquant (predikant en néerlandais)répond bien à la question. Il s'agit derépercuter, de commenter, de prêcherla parole de Dieu, celle qui est contenuedans la Bible, l'Ancien Testamentet le Nouveau... Dans ces textes Dieua parlé ou plutôt des auteurs ont discernésa volonté, ses exigences. Ils ontsoupesé les paroles véhémentes etcelles d'amour, celles de réprobationet celles de confiance... Et maintenantnos pasteurs analysent ces mêmestextes, les décortiquent et cherchentà nous expliquer la volonté de Dieu...Quelle gageure !Un peu de modestie et ils n'enmanquent pas forcément...Comment distinguer à travers destextes si différents écrits dans des périodessi diverses par des auteurs parfoisconnus, mais bien souvent inconnus,la volonté de Dieu, ses paroles, cequ'il dirait à chacun de nous. Surtoutcomment distinguer son appel ? ....Etun appel à quoi ?On peut tout de même dire que degrands thèmes traversent ces écrits.Mais là aussi selon les périodes et lessensibilités on accentuera diversestendances. De grandes lignes sedétachent. Mais selon la spiritualitéde l'homme (ou de la femme) lesaccents seront différents, selon lesépoques également. On ne dit pasla même chose en période de guerreou de souffrance qu'en période oùl'on cherche à promouvoir le serviceet l'entraide...Et c'est aussi cela qui est formidable !Bien des choses peuvent être dites,prêchées, recommandées tant lesécrits sont vastes.Si je me remémore le pasteur qui nousvisitait à Paris pendant la guerre, ils'asseyait dans un coin de la cuisine oùma mère repassait. Il s'installait danscette seule pièce chauffée. Puis il parlait.... Je ne sais plus de quoi. C'étaitun très brave homme, monté de sonArdèche natale dans notre banlieueparisienne. Comme nous, il affrontaitles pénuries, les rationnements,les arrestations, les alertes et parfoisles bombardements. Plus tard je sauraiqu'il est venu parler à ma mère del'arrestation de deux personnes dela paroisse d'origine juive. Elles nereviendront pas. L'une était un ancienéclaireur de mon père.... Qu'a-t-il dit ?Je ne le sais pas. Paroles de désespoirou paroles d'espoir ?Plus tard il prendra sa retraite et je leperdrai de vue ainsi que ses filles, nosmonitrices d'école du dimanche etnos cheftaines du temps du groupedes '' Mésanges du Vieux Pont '', notregroupe de gamines.J'en ai rencontré d'autres. J'ai appris àles estimer ou au contraire à les rejeter,comme celui qui a enterré monpère mort d'une crise cardiaque à 40ans '' Vous devez savoir que vous avezun père dans les cieux qui vous consolera.....''Je me souviens avoir répondutout au fond de mon cœur par unegrossièreté et avoir claqué la portedu catéchisme.....Et c'est ainsi que chacun s'essaie avecmodestie ou aplomb à transmettrela Parole, la Volonté du Seigneur.J'aimerai plutôt parler du Désir ou duSouhait, car je crois que Dieu respectenotre liberté. Et puis comment l'appeler? J'aime la manière de faire des Juifsqui ne prononcent pas le nom de ceque nous appelons Dieu. Déjà là il y aune borne, un arrêt qui en dit long. Onpeut aussi parler du Seigneur ou duPère. J'aime cette manière de faire, demarquer la différence entre '' Lui '' etnotre voisin : Pierre, Paul ou Jacques...Donc les pasteurs parlent et commententla Bible. Ils enseignent, maisaussi réconfortent, aident à réfléchir...Et c'est peut-être là que vient le secondterme de la question. Écoutentils? Pour certains cela ne fait pas dedoute, mais pour d'autres ne vont-ilspas trop vite vers leurs textes favoris,les idées qui leur tiennent la tête etle cœur, les sentiments qui les fontvivre ?Les pasteurs emplis de paroles sagesprennent-ils le temps d'écouter lecommun des mortels, monsieur X oumadame Y qui ont peut-être aussi deschoses à exprimer. Savent-ils créer unclimat d'écoute attentive ? Certes ilsgMosaïque N° 2


Coupde projecteurTelle est la question.ne sont pas '' psys '', mais là aussi il ya des formations et de plus en plus depasteurs les suivent. Savoir écoutersans parti pris sans savoir tout de suitela parole qui va arrêter le discours quis'essaie, en vis-à-vis....C'est aussi toute une éducation. Celas'apprend et cela se pratique. Tantde gens ont besoin d'être entendusdans leurs recherches, leurs tâtonnements,leurs erreurs, leurs balbutiements,leurs divagations. Tant degens manquent de confiance en euxmêmes,la vraie confiance pas l'apparente,celle de tous les jours, cellequ'il faut déployer devant les autres,la famille, le travail, les relations...Alors peut-on parler et écouter ? Êtretour à tour dans un rôle et puis dansl'autre ? N'est-ce pas trop demander? Les hommes et des femmes quiessaient de mettre leur confiance enDieu ne sont ni des surhommes ni dessuper-femmes. ? Même les meilleuresformations, les bonnes lectures, lesstages et les diplômes ne donnerontpas cet équilibre, ce savoir-faire, cesavoir-être, pour simplement avoir labonne attitudeQuadrature du cercle ? On l'a dit : lespasteurs ne sont ni des surhommes nides super-femmes, mais simplementdes gens qui essaient de mettre leurconfiance en Dieu et qui essaientpetitement, modestement d'être auservice de ceux qui les entourent. Latâche pastorale est à la fois de parler,de proclamer les bienfaits et la grandeurde Dieu, mais aussi sa faiblesseet son attention. C'est aussi d'écouterceux qui nous entourent, ceuxqui vivent avec leurs difficultés, leursproblèmes, leurs doutes, leurs questions,leurs situations personnelleset familiales nouées, leur imbrogliode vie. Certains sont plus doués pourl'une de ses tâches, d'autres associentl'une et l'autre en alternance. Histoirespersonnelles.Quoi qu'il en soit il faudrait un baroudd'honneur (mais discret) pour ceux quisavent témoigner par leurs paroles etceux qui savent approcher, écouter etentendre les perdus, les paumés touten sachant bien que tout évolue etbouge et que ''le bloqué d'aujourd'hui''sera peut-être celui qui révélera à sontour une parole de sagesse, porteusede joie et transmetteur d'amour.Pasteur Jeanne Somer-GottelandPhoto: BZSPAGEFévrier 2013 gMosaïque 9


Coupde projecteurNoël est tardifdans L’écoute l’histoire et la musique, l’entrée dans undu nouveau christianisme monde …Dans la société actuelle la musiqueest partout et sous différentes formes.Elle est présente dans la rue, dans lemétro, dans les maisons, dans lesvoitures, dans les églises, … Nousentendons de la musique presque partoutmais est-ce que nous l’écoutonsvraiment ? Est-ce que nous prêtonsattention à cet ensemble de notes quiforme une harmonie ?Imaginons ensemble que l’être humainsoit incapable d’écouter, quese passerait-il ? Combien de conflitsentre pays, entre familles, entre amisou encore dans les couples y auraientilen plus des actuels ? L’écoute estindispensable pour une meilleureharmonie dans le monde. Elle est égalementindispensable pour l’existencemême de la musique à deux niveaux.Pour sa création et pour son public.Certains pourraient dire après cela« D’accord l’écoute est primordiale,mais à quoi sert la musique ? ». Si lamusique est omniprésente dans nosvies, c’est parce qu’elle existe sousdiverses formes (musique classique,variété française, rap, …), parcequ’elle touche les personnes de tousles milieux, de tous les âges, parcePhoto: ECqu’elle peut provoquer des rires etdes larmes, de la joie et de la tristesse ;elle peut aussi nous faire réfléchir surun sujet, sur une personne ou encoresur nous-même. Tout cela parce quela musique est une manière différenteet surtout plus plaisante d’écouterun message ou un ressenti. Ce quinous pousse par plaisir à prêter plusd’attention à ce qui se dit. Comme parexemple les paroles d’une chanson :n’est-il pas plus attractif et plus simplede mieux les comprendre, de mieuxles retenir que lorsqu’elles sont simplementlues ?Plus nous entendons la musique, pluselle nous parle, nous touche et par làaugmente notre compréhension,notre sensibilité ainsi que nos connaissances.Comme disait Apollinaire « Lamusique est de la littérature pure ».Certains maintenant pourraient direque la musique c’est beau mais cen’est pas fait pour eux, ils n’ont pas lescapacités. Il faut savoir que la musiqueest sous différentes formes et à desniveaux différents. Nous pouvons parexemple retrouver dans nos paroissesdes groupes de personnes qui pensaientne pas avoir les capacités pourfaire de la musique, mais qui, à forcede volonté et d’écoute, ont finalementcréé des chorales et réussi à toucherd’autres personnes, d’autres paroisses.Faire de la musique, ce n’est qu’unequestion de participation, de volonté,d’amour et d’écoute.PAGE10Raphaël CoulonOrganiste à JemappesgMosaïque N° 2


lace aux jeunesÉcouter c'est aussi comprendreÉcouter est probablement l'un des éléments que nousdevons être capables de faire en tant que chrétiens. Carcomment aimer, aider, prier et agir si on ne s'emploie pas àécouter avant quoi que ce soit ?Tout d'abord, j'aimerais dire qu'écouter est probablementl'une des démarches les plus « actives » que l'on puisse imaginerau quotidien. Rares sont les actes qui requièrent quel'on se donne tant. Car quand on écoute, on s'oublie un peu,en laissant la place à ce que l'autre a à nous dire.Écouter, c'est d'abord être attentif à ce qui peut s'adresser ànous. C'est reconnaître que ce dont nous avons besoin (derecevoir, tout comme de donner) ne nous tombe pas sur latête, ni entre les mains, mais que nous devons être ouvertsà chaque instant et éveillés. Il s'agit donc d'être actif. Lefrançais permet de bien faire la différence : il ne suffit pasd'entendre, il faut écouter. On peut entendre une musique,sans y prêter attention ; on peut entendre quelqu'un sanschercher à le comprendre. Entendre appelle à une réactionnon prévue, de l'ordre du réflexe, alors qu'écouter requiertune attente, un comportement d'ouverture. Les deux sonttout aussi importants pour recevoir de la part de celui etde ceux qui veulent nous donner et pour donner à ceux quiont besoin de notre attention.Écouter, c'est aussi pouvoir comprendre l'autre avec ceque nous sommes. Il ne suffit pas d'écouter simplementles éléments racontés comme des faits, mais Jésus nousdemande de ressentir en quoi notre vie peut aider à comprendre.Un simple mot désigne cela : la sympathie. L'unedes premières choses que l'on retient d'une personne, c'estsi elle est sympathique ou pas...Finalement, on pourrait dire qu'aujourd'hui, il est très difficiled'écouter. On nous demande sans cesse de dire. Dedire quelque chose. De donner notre avis, de donner notrehumeur, de commenter, de dire « I like » ou « I don't like »,parfois sans même comprendre. On « dit » tellement qu'onfinit par ne rien dire, et on en arrive à ne même plus savoirce qu’« écouter » signifie. On en devient blasé d'écouter. Àtel point qu'on refuse même le début de cette démarche.Qu'il s'agisse d'un ami, d'un prof, d'un parent, d'un frère,nous avons finalement peut-être un peu peur d'écouter.Car si l'on a souvent le contrôle de ce que l'on dit, ce qu'onécoute peut, au contraire, nous déranger ou nous bousculer.Seulement voilà, combien de fois n'avons-nous pasbesoin d'être bousculés ?!Simon-Pàl SchümmerPhoto : BZSFévrier 2013 gMosaïquePAGE11


ible ouverteL’écoute dans la BibleL’écoute dans la BibleNotre époque est placée sous le signe de la communicationet est balisée de messages sonores censés attirer notre attention,par ailleurs déjà très sollicitée par les publicités, lesdébats politiques et les chansons tronquées, car il faut allertoujours plus vite pour maintenir l’intérêt des auditeurs.Le bruissement de toutes ces paroles nous donne le tournis! Que croire ? À qui faire confiance ?Comment démêler le vrai du faux ?En même temps, nous constatons que beaucoup d’entrenous ont l’impression de ne pas être écoutés, ni entendus.D’ailleurs, pour pallier ce manque, des personnes se sontformées à l’écoute et des mouvements d’écoutants ont étécréés. S’il suffit d’être deux pour communiquer, il n’est passi facile que cela d’écouter efficacement !La Bible présente Dieu comme le Dieu-Parole qui parleet appelle à l’écoute ; mais la relation ne se vit pas à sensunique : les humains s’adressent à lui, l’interpellent, le prientd’entendre leurs attentes, comme l’expriment les auteursdes Psaumes ou du livre de Job, par exemple.ΑΚΟΥΩ – ακουω(2)ΑΚΟΥΩ – ακουω(2)Écouter dans l’Ancien TestamentLes 2 verbes hébreux employés pour désigner l’écoute sont« azan » et « shama ».« Azan » signifie « écouter, entendre » mais aussi « prêterl’oreille et ouvrir l’oreille ». Son usage est surtoutpoétique.Un des passages célèbres où apparaît Shama est le textecentral de la foi juive, connu sous l’appellation « ShemaIshraël » (Écoute Israël) 1 , sorte de condensé de la Torah,inaugurant les prières quotidiennes juives pour replacertoutes les activités du croyant dans l’ouverture à une paroleextérieure. Cette « confession de foi » n’incite pas à lapassivité mais invite à une écoute attentive qui entraînel’engagement de la personne et qui se laisse guider par laconfiance en Dieu, seul Seigneur de la vie.Mais Dieu ne se contente pas de parler et les Psaumes,Job ou certains prophètes l’implorent avec insistance deles écouter et parfois même, ils ne se gênent pas pour seplaindre de la lenteur apportée à sa réponse. La fin du livrede Job nous apprend que l’on peut parler à Dieu, lui soumettrenos peines, mais qu’il faut aussi savoir se taire et semettre à l’écoute de celui qui nous aime et nous offre jouraprès jour sa Grâce.Ainsi, on peut discerner, dans les textes bibliques, un dialogueentre Dieu et l’humanité, dans lequel l’écoute et laparole revêtent la même importance.« Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’ilentende ! » 2La Bible est parcourue des premiers textes jusqu’auxévangiles et à l’Apocalypse, par une injonction que nousconnaissons bien et que Jésus prononce après avoir racontéla parabole du Semeur et des différents terrains « Que celuiqui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »PAGE12« Shama » est le verbe le plus utilisé, près de 1100 fois dansl’Ancien Testament !, : il signifie « entendre » mais en fonctiondu contexte, il est traduit par « entendre, - écouter,- obéir, - mettre en pratique, - comprendre, - exaucer,- apprendre »(1) האזן(1) האזןשמעA placer dans le texte שמעÉcouter dans le Nouveau TestamentNous en arrivons alors à la notion d’écoute telle que l’exprimentles rédacteurs du Nouveau Testament, au moyendu verbe grec akouô pour signifier l’action d’entendreou d’écouter, mais aussi « apprendre, exaucer, comprendre,obéir... » .ΑΚΟΥΩ – ακουω(2)gMosaïque N° 2


« Oui, vraiment, je te bénirai... » (hébreuBible ouverteAprèsBLe en 6 ansCe verbe apparaît à de nombreuses reprises dans la bouchede Jésus, notamment chaque fois qu’il appelle les foules àrecevoir son enseignement.Bien entendu, il ne suffit pas simplement de l’entendre maisil faut aussi le comprendre et l’appliquer. Au travers de celarge éventail de significations, le verbe akouô, induit unedynamique qui part d’entendre (de façon diffuse), passe parécouter (de manière plus précise), ensuite par comprendre(intérioriser) et aboutit enfin à mettre en pratique (doncs’approprier).En outre, l’étymologie de ce verbe nous révèle que l’écoutedoit se faire avec acuité et discernement pour bien choisirentre les messages perçus. 3Ce trop bref parcours biblique nous interpelle en tout cassur notre façon d’écouter l’autre, le monde, nous-mêmeset l’Autre. Avec quelle qualité d’attention et quel discernementpour faire la part de ce qui vient réellement de nous,de l’autre et de Dieu ?À poursuivre...Michèle Browet-Duquène« Ecoute Israël, le Seigneur, notre Dieu, leSeigneur est Un.Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout toncœur, de toute ton âme et de toute ta force.Ces paroles que j'institue pour toi aujourd'huiseront sur ton cœur. ... »Févr. Lecture suiviePrieravec lesPsaumesV 1 Jacques 3.1-12 106S 2 Jacques 3.13-18 107D 3 Jacques 4.1-10 71L 4 Jacques 4.11-17 108Ma 5 Jacques 5.1-6 109Me 6 Jacques 5.7-20 110J 7 Lévitique 17.1-16 111V 8 Lévitique 18.1-30 112S 9 Lévitique 19.1-37 113D 10 Lévitique 20.1-27 138L 11 Lévitique 21.1-24 114Ma 12 Lévitique 22.1-33 115Me 13 Luc 8.1-21 116J 14 Luc 8.22-39 117V 15 Luc 8.40-56 118S 16 Luc 9.1-17 119.1-32D 17 Luc 9.18-36 91L 18 Luc 9.37-56 119.33-64Ma 19 Luc 9.57–10.16 119.65-96Me 20 Luc 10.17-24 119.97-144J 21 Luc 10.25-42 119.145-176V 22 Lévitique 23.1-44 120S 23 Lévitique 24.1-23 121D 24 Lévitique 25.1-54 27L 25 Lévitique 25.55–26.46 122Ma 26 Lévitique 27.1-34 123Me 27 Luc 11.1-13 124J 28 Luc 11.14-26 125Dimanchet fêtesJérémie 1.4-191 Corinthiens12.31–13.13Luc 4.21-30Esaïe 6.1-81 Corinthiens 1Luc 5.1-11Deutéronome 2Romains 10.8-1Luc 4.1-13Genèse 15.5-18Philippiens 3.17Luc 9.28-361Deut. 6, 4-62Marc 4,9 ; Apocalypse 2,7.11.17.29 ; 3,6.13.22 ; 13,93Deux racines composent akouô : « ak » et « ous ». La racine « ak » fait référenceà quelque chose de pointu, d’aigu que l’on retrouve d’ailleurs dansle latin « acutus » lequel a donné, en français : acuité (clairvoyance), acmé(sommet) ou encore acupuncture ! L’autre terme « ous » désigne l’oreille etla combinaison des deux racines aboutit à l’idée d’avoir une oreille pointueou de pointer l’oreille.Fédérationprotestantede Francewww.protestants.org© Fédération protestante de FrancePAGEFévrier 2013 gMosaïque 13


e ci, de làInterview du professeur MargueratPAGE14Photo©unil.chLa rédaction de Mosaïque vouspropose de prendre connaissanced’un entretien avec le professeurMarguerat avant la tournée qu’il effectueraen Belgique en février 2013.C'est une première francophone. Prèsde cinq siècles après celui du réformateurJean Calvin en quatre volumes, unNouveau Testament Commenté (NTC)sort de presse; mais en un volume.Dix-neuf biblistes ont mis la main à lapâte. Interview de la cheville ouvrièredu projet éditorial, le professeur honoraireDaniel Marguerat.ProtestInfo: Daniel Marguerat,il existe aujourd'hui un NouveauTestament commenté en allemand,en anglais, mais pas enfrançais. Pourquoi?C'est une question de culture dela recherche. Les Américains et lesAnglais disposent depuis le débutdu 20e siècle de commentaires qui,dans la ligne du piétisme anglo-saxon,permettent à tous les croyants d'êtreautonomes dans leur lecture de laBible. Or l'exégèse francophone, sielle participe à la recherche internationale,n'avait pas jusqu'alors doté leslaïcs d'un instrument qui met à leurdisposition les derniers résultats dela recherche exégétique. C'est chosefaite.Etre destiné aux laïcs faits doncla marque de fabrique du NTC?Il y a en fait un double public. Le premier,ce sont les prêtres et les pasteurs.Le second public, ce sont leslaïcs intéressés à la Bible, mais pas forcémentle chrétien lambda. J'entendspar là qu’on n’explique pas au lecteurce qu'est le temple de Jérusalem oula Loi ou les Sadducéens: une culturebiblique de base est requise. Mais àpartir de là, le lecteur reçoit tous lesrenseignements nécessaires à sa compréhension.Nous avons cherché parmi lesmeilleurs spécialistes de chaquelivre du Nouveau Testament celuiqui était capable de présenterune explication du texte àla fois lisible et à la pointe de larecherche.Comment avez-vous choisi les 19exégètes de France, d'Italie, duQuébec et de Suisse?Avec le comité éditorial, nous avonscherché parmi les meilleurs spécialistesde chaque livre du NouveauTestament celui qui était capable deprésenter une explication du texte àla fois lisible et concise; il fallait aussiqu’elle soit à la pointe de la recherche,donc pas une simple paraphrase.Cette double contrainte était redoutable.Certains ont décliné, d'autreséchoué et nous avons dû les remplacer.Le dialogue a été constant avecles auteurs auxquels nous avons plusd’une fois fait réécrire une partie deleur texte.Comment ce projet éditorial estilné?J'avais ce projet en tête depuis longtemps.J'avais participé à la premièreédition d'une Bible commentée de cetype en allemand, à Zurich il y a deuxans. Il a alors été question de traduirecet ouvrage en français. Mais j'ai aussitôtdit non à Gabriel de Montmollin(ndlr: directeur de Labor et Fides).D'une part parce que l'exégèse francophoneavait les moyens de le réaliseret, d'autre part, parce qu'une lecturebiblique se fait au sein d'une culture.Vous avez aussi voulu l'entrepriseœcuménique. Pourquoi?Parce que depuis cinquante ans, l'approchedu texte biblique est ouvertementœcuménique. J'ai donc proposél'entreprise à Camille Focant, de l'Universitécatholique de Louvain, qui m'asuivi. Au final, de fait, il y a 60 % d'auteursprotestants et 40 % de catholiques.Mais nous avons voulu bloquertoute lecture et toute référence tropstrictement confessionnelle.Pourquoi ne vous êtes-vous paslancés dans un commentaire dela Bible en entier?Parce que les exégètes de l'AncienTestament ont estimé que c'étaitbeaucoup trop lourd. Du coup,nous sommes allés de l'avant avecle Nouveau, qui a été réalisé en deuxgMosaïque N° 2


ans et demi. Mais je suis convaincuqu'il y aura aussi, dans cinq ou dix ans,un Ancien Testament commenté. Jel'appelle de mes vœux: il est encoreplus nécessaire!Double public, double utilisation1250 pages pour 26 livres bibliquescommentés, une belle couleur rougede la couverture jusque sur la trancheet un texte agrémenté de notices etde cartes utiles à la compréhension.« Nous avons voulu éviter l'obésitéet donc limiter la longueur du commentaireet le nombre des notices »,explique le professeur Marguerat. « Jesuis convaincu qu'il va figurer danstoutes les bibliothèques pastorales etde laïcs intéressés à la Bible », soulignele professeur.L'utilisation visée est double: d'unepart la lecture continue, « sans qu'il yait pour chaque passage trente pagesde commentaires à lire ». « D'autrepart, poursuit M. Marguerat, le cas dulaïc qui doit préparer un recueillementsur Galates 3, 1 à 6 et qui veut savoir demanière rapide quel est le sens de cetexte. » Ceux qui veulent une lectureplus fouillée sont renvoyés à des commentairesscientifiques.Daniel Marguerat ne doute pas uneseconde du succès commercial duNTC. « Mon souhait est qu'il y ait dansun second temps une version numériséeou sur CD. Mais on se heurtelà à des contraintes commerciales,à savoir que les éditeurs n'ont pasvoulu prendre un double risque. » Defait, le texte biblique est celui de laTraduction œcuménique de la Bible(TOB, 2010), éditée par le Cerf etBibli'O. Labor et Fides et Bayard, leséditeurs du NTC, doivent donc payerdes droits de reprise. Date de parutionannoncée de l'ouvrage: mardi 25 septembre2013 (à vérifier – se renseigner).Dans le courant de l'automne,des manifestations sont prévuesen lien avec cette sortie, à Fribourg,Lausanne et Genève (www.laboretfides.com)Le Jugement dernier et la destructiond'un outil précieuxDaniel Marguerat, qu'est-ce quivous occupe en ce moment?Mon champ de travail principal estla rédaction du 2e volume du commentairesur les Actes des apôtres, àl'horizon 2014. Et puis un livre sur leJugement dernier, Nous irons tous auparadis, sort en novembre chez AlbinMichel. C'est un ouvrage à deux voixavec Marie Balmary, psychanalystefreudienne qui vit à Paris et qui estimequ'elle s'est trompée (s’il s’agit deMarie B., c’est une femme) danssa réduction pathologique du religieux.Elle est donc connue pour avoirun rapport d'adhésion, une empathiepar rapport à l'Écriture et non systématiquementsoupçonneuse. Outreles conférences, le plus souvent àl'étranger, je planche aussi sur unemonographie sur le Jésus historique.Arrivé au soir de ma carrière, je réaliseles œuvres où se récapitule un savoiracquis de longue date et qui permetune lecture panoramique.Avez-vous un avis sur les évolutionsdu paysage académiqueromand en théologie?Ce qui est en cours à Lausanne, sion ne le stoppe pas, c'est la destructiond'un instrument scientifiquereconnu internationalement de hautniveau ainsi que d'un lieu de formationthéologique destiné aux Églises.Heureusement que l'Université deGenève a une faculté de théologieforte. Quand on considère qu'il y aquinze ans, la Suisse romande comptaittrois facultés de théologie fortes...L'évolution interne de la Faculté deLausanne est désastreuse, mais lesÉglises portent leur responsabilité:elles se sont tues durant tout ce processusde décadence.N'avez-vous pas alerté les Églises?Si, j'ai été un de ceux qui les ont alertéesdepuis plus de dix ans en leurdisant qu'elles perdaient un lieu oùl'Évangile s'articule à la culture. Que leprotestantisme vaudois, par exemple,qui reste encore fort quoiqu'on endise, n'ait plus de référence locale etdoive importer des théologiens deGenève ou de France pour que desparoisses puissent avoir accès ausavoir exégétique, voilà qui signe ladécadence.Propos recueillis par Samuel Ramuz,Publié avec l’aimableautorisation de ProtesinfoPAGEFévrier 2013 gMosaïque 15


De ci, de làDonnons-leur la chance d'avoir une chance!L’Inde. Peut-être vous y êtes-vousdéjà aventurés, peut-être ce nomvous fait-il rêver, ou peut-être pas?On dit souvent de ce pays qu'on enrevient changé... Par quoi? Par qui?Comment? C'est comme ça! L’Indevous bouscule, vous réapprend lesodeurs, les couleurs, les saveurs... Enun mot: fascinant! Un terrien sur sixy a vu le jour. Avec une telle population,l'Inde s'est rapidement distinguéeparmi les nations émergentespour devenir, aujourd'hui, une puissanceéconomique majeure. La maind’œuvre bon marché a attiré les plusgrandes multinationales de la planète:Honda, Suzuki, Coca-Cola sontvenus y installer leur production. Aupied de ces méga-entreprises, desfamilles, des femmes, des enfants,des hommes prêts à travailler pourun salaire de misère. Au pied de cesentreprises, ce n'est pas un vain mot,puisque c'est là, littéralement auxportes des fabriques que l'on retrouveces milliers de personnes, vivant dansdes abris de fortune.à petit l'atelier de l'occident, Robin etAngeleena mettent sur pied un programmede scolarisation pour les enfantsdéfavorisés. Leur but: permettreaux oubliés de trouver une place danscette société en soudaine mutation.Le projet évolue, le couple Masih introduit"Habitat for Humanity" sur leterritoire indien et construit plus de1000 maisons sur l'entité de Rewari!En 1989, Robin Masih rencontre PaulVandenbroeck, pasteur à l'EPUBd'Uccle. Paul crée l'ASBL Rewari-International qui devient l'organe desoutien du projet humanitaire initiépar Robin et Angeleena.tutorats disséminés dans différentsquartiers de la ville. Puis, en 2007, estposée la première pierre d'un projetspectaculaire: une véritable école quigrandira en plusieurs étapes pourêtre définitivement inaugurée le 29octobre 2012. L’École du Bon Berger.Grâce aux dons récoltés en Belgique,le travail avance, évolue... Dans latransparence la plus totale. Les raisonsde ce succès: une équipe d'Indienspour aider d'autres Indiens! Cela permetune compréhension et une efficacitémaximale. Puisque Robin et sonépouse sont aidés pour leurs besoinspersonnels par d'autres institutions,l'argent qu'ils reçoivent est totalementinvesti dans l'aide humanitairesur place. De plus, en Belgique, lecomité de soutien travaille bénévolement,ce qui nous permet d'accomplirde grandes choses même avec depetites sommes.A travers les différents domainesPAGE16Fascinant, disions-nous, saisissant,touchant, écœurant parfois,c'est l'autre réalité de la terre desMaharadjas. La réalité de ceux quiont eu moins de chance ... Puisquenés "intouchables"! Un terme quiprend tout son sens lorsqu’on va à larencontre de cette caste délaissée,négligée. C'est précisément à euxque Robin Masih a décidé de tendrela main! C’est en 1984 qu’il débarqueavec son épouse à Rewari, une petiteville à 80km au Sud-Ouest de NewDelhi. Au cœur de ce qui devient petitL'action prend de l'ampleur, les activitésse multiplient... En quelquesannées, près de 10.000 enfants onreçu un enseignement grâce au travaileffectué sur place. Sans distinction decroyance ou de religion, Robin tend lamain à ceux qui désirent faire l'effortde se remettre en selle. Un dispensairevoit le jour, puis une ferme de plantesmédicinales... L'enseignement auxenfants se regroupe dans plusieursd'activités, le projet de Rewari-International se fonde sur trois axesmajeurs: restaurer la dignité humaineen répondant aux besoins physiqueset sociaux de la population, accompagnerles déshérités dans leur luttegMosaïque N° 2


contre la pauvreté et promouvoir lasolidarité et le développement communautaireà travers la région. Il y adeux ans, nous avons pu financer undispensaire mobile grâce auquel unmédecin peut aujourd’hui visiter lesbidonvilles environnants et soignergratuitement celles et ceux qui enont besoin. Cette année, nous avonseffectué l’achat d’un bus scolaire liéau programme de la nouvelle école!Nous touchons donc aujourd'hui unepartie la population incapable de sedéplacer et fidélisons les enfants àl'enseignement de base. L'école estaujourd'hui reconnue par le Ministèrede l'éducation nationale, ce qui permetaux enfants de recevoir un diplômeofficiel qui vient ouvrir leuravenir. Si aucune subvention n'estliée à cette reconnaissance, la qualitéde l’enseignement donné a pu attirerles enfants de familles plus aisées quipaient un minerval. Ce minerval permetaux plus pauvres d'être scolariséset à terme, l'école devrait d'ailleurspouvoir s'autofinancer et accueillir350 enfants.spécifique, réelle et efficace à traversles différents outils que nous avonsmis en place.Le programme AVASARALes besoins restent énormes. Commedans toute aide au développement,notre objectif ultime est évidemmentde devenir inutile. Nous n’en sommespas encore là: le travail doit se poursuivreet même s’intensifier. A l'heureactuelle, plus de 200 familles sontsuivies quotidiennement et c'est évidemmentle cœur de notre mission: leprogramme Avasara. Avasara veutdire « chance » en hindi, cette chance,pour eux, c'est vous, c'est nous! Etcette chance, pour nous, c'est eux...Nous avons la chance de pouvoirleur donner la chance d'avoir unechance dans la vie, quelle chance!Avec un don mensuel de 20€ (déductiblesfiscalement à partir de 40€/an),nous nous engageons à soutenir unefamille du point de vue de l'éducation,de la scolarité, de la santé, ainsi qued’une aide de première nécessité enfonction des besoins, qu'ils soientvestimentaires ou nutritionnels.Parce que ces besoins sont ciblés,ces familles sont accompagnées demanière efficace.Évidemment tout don ponctuel constitueégalement un aide précieuse. Sivous souhaitez vous engagez avecnous dans cette aventure, visitez notresite www.rewari-international.org oudécouvrez les dernières nouvellessur le www.selprojets.be/sel/rewari.Toute aide est précieuse et accueillieavec une vive reconnaissance!Rewari-International est une œuvrede l’asbl SEL projets.Yoann MahieuSEL - Rewari International243, Rue Provinciale -1301 BIERGESTél. : +32 (0) 10/ 65.08.51IBAN: BE09 0015 8509 2457BIC: GEBABEBBC'est véritablement un lien, un accompagnementquotidien, une main quenous voulons tendre vers toutes cesfamilles démunies en offrant une aidePAGEFévrier 2013 gMosaïque 17


édi@sGroupe de travail " Eglise dans la Société"Contribution à la Paix ; le rapport deYanounLe pasteur Gerrit Buunk est depuis le 17 novembre à Yanoundans les territoires palestiniens. Il y est en tant que volontaireEA (accompagnateur oecuménique). Son séjour s'y prolongerajusqu'au 15 février 2013. EAPPI est un programme desEglises de Palestine et d’Israël mené en collaboration avec leConseil Œcuménique des Eglises.Il s'agit d'exercer un rôle d'observateur à Jérusalem Est et àYanoun. La présence de ces accompagnateurs contribue àdiminuer la tension ; parfois il leur est possible de s'interposeren tant que médiateur. Gerrit Buunk a été envoyé parKerk en Aktie (Pays-Bas) avec l'appui de l'EPUB (groupe detravail Eglise dans la Société)Nous nous sommes rendus auprès de deux mères courageuseset leur famille dont le village subit la violence descolons et des militaires. Ces deux familles habitent dansdes villages entourés de colonies (résidences israéliennes).Elles sont l'objet de vexations d'autant plus que leur habitationest située en retrait à un endroit plus élevé à unecertaine distance des autres habitations et plus proche des"colonies". L'une des familles nous a raconté que les colonsdescendaient souvent de la montagne pour endommagerleurs oliviers rendant ainsi difficile la vie de ces familles depaysans qui avant cela se sont vues privées d'une partie deleurs terres afin d'augmenter le territoire que les colonsse réservent. L'autre famille nous a raconté que les colonsdescendaient souvent pour jeter des pierres sur leur maisondans le but d'en effrayer les habitants, adultes et enfants.Ces deux femmes toutefois refusent de lâcher prise; elleset leur famille tiennent bon, en dépit des menaces.Nous venions de quitter une des deux femmes lorsque nousavons reçu un coup de téléphone d'une personne de contacthabitant un village tout proche; des colons accompagnésde militaires encerclaient une maison et la pilonnaient avecdes pierres provoquant la peur des résidents. Lorsque noussommes arrivés dans ce village la violence des colons s'étaitarrêtée, des militaires et une jeep étaient encore sur place.Nous avons été témoins de l'arrestation d'un jeune garçonde 16 ans que les militaires emmenaient dans leur jeep. Nousnous sommes alors avancés calmement vers eux afin designaler notre présence en tant qu’observateurs internationaux.Au moment où nous étions encore dans cette ruenous avons vu qu'un deuxième garçon était emmené et quela famille suivait afin d'éviter qu'il soit arrêté. Lorsque lesmilitaires nous ont vus, nous avons découvert en nous approchantd'eux, qu'il s'agissait de jeunes (ils devaient avoirautour de 18 ans) pour qui le fait d'avoir une arme à l'épauleleur donnait manifestement un sentiment de puissance. Laprésence d'observateurs internationaux a semblé toutefoismodifier leur attitude. Nous n'avons pas pu nous opposerà l'arrestation mais les villageois étaient reconnaissantsd'avoir eu des témoins de cette scène. Nous avons pu leurrecommander un avocat. Ce dernier s'informera sur le sortde ces jeunes et tentera de les faire libérer. Nous n'avonspas pu connaître le motif de leur arrestation, nous pensonsqu'il s'agit de "petits jeux" destinés à rendre la vie difficileaux villageois. N'oublions pas que les prochaines électionsen Israël auront lieu en janvier. De toute façon, il ne s'agitpas d'un jeu d'enfantsLorsque vous lirez ce rapport un mois se sera écoulé. J'auraipassé Noël à Bethléem et j'espère que la paix se sera rapprochée;Inch Allah, Deo Volenteweblog: www.kerkinactie.nl/blogeappi3Gerrit Buunk.Les paroisses peuvent inviter Gerit Buunk à venir partagerses expériences à partir du 1er mars 2013. Les personnesà contacter sont Greet Heslinga email: (greetheslinga@skynet.be) ou Vincent Dubois (spep.epub@skynet.be)PAGE18 gMosaïque N° 2


L’Index Mondiale de la persécution est sorti de presseet a été présenté à Strasbourg le 8 janvier dernier.Découvrez les faits marquants de l'Index Mondialde Persécution 2012. La Corée duNord et ses camps de travaux forcés,l'Afghanistan oû le christianismeest rejeté mais également les conditionsde vie des chrétiens en Iran, enArabie Saoudite etc.Site : www.aprt.beVous pouvez demander et recevoir le trimestriel « Son et Lumière » en écrivant à l’APRT , rue Brogniez, 44 – 1070 Bruxelles• Envoyez vos informations à la rédaction –Rue Brogniez 441070 BruxellesOu par courriel mosaique.epub@hotmail.frTél : 071 52 91 03 - 0473 66 21 39• Site Internet :http ://www.epub.be/mosaique• Merci de respecter les délais suivants :• le 24 janvier pour le numéro de mars.• le 24 février pour le numéro d'avril.• le 24 mars pour le numéro de mai.Les opinions exprimées dans Mosaïquen’engagent que leurs auteurs.• ABONNEMENTS ANNUELSIndividuel : 20 €€Groupe : 15 €Soutien : 30 €envoyez vos nom et adresse ainsi quevotre règlement suivant formule choisieà MOSAÏQUERue Brogniez 44,1070 BruxellesCompte : Iban : BE 29068071580064Bic GKCCBEBB• Éditeur responsable :S. Fuite,Rue Brogniez 44 – 1070 Bruxelles• Équipe de rédaction :Brigitte Alessandroni Fomine,Patrick Wilmotte,Pr. Jeanne Somer- GottelandJoëlle Maystadt• Collaborateurs : R. H. Boudin, S-P. Schümmer,J. Van Damme-Fercot , V. Dubois, B. Lopez• Collaborateurs régionaux :Hainaut Occidental : A. Benini.HONL : B. Alessandroni, R. Browet.Liège : L. Sotiaux.Brabant : J. Maystadt, P. Wilmotte• Imprimerie : sa N. de Jonge, GrimbergenFévrier 2013 gMosaïquePAGE19


Écouteretcomprenez…Mt.15,10

More magazines by this user
Similar magazines