Télécharger ce N° au format PDF - La Croix Bleue

croixbleue.fr

Télécharger ce N° au format PDF - La Croix Bleue

leLibérateurN° 163 • hiver 2008 Sans alcool… avec plaisirLA CROIX BLEUE • ASSOCIATION DE PRÉVENTION ET D’AIDE AUX PERSONNES EN DIFFICULTÉ AVEC L’ALCOOLNoël enAuvergne189, rue Belliard, 75018 Paris •Tél. 0142283737www.croixbleue. fr


Témoignage© .shock - Fotolia.comLorsqueje regardederrière moi…Ma vie oscillait entre des périodes calmes etd’énormes beuveries où les verres se vidaient plusvite qu’ils ne se remplissaient.Je me revois évitant le miroir, le matin, « les trous noirs » etles mains tremblantes; la peur d’appréhender la journée, lafaiblesse de retomber dans le labyrinthe infernal des apéros,des « demis », des mensonges pour combler mes absences.Je revois le regard de ma compagne me disant : « Faisattention! Je suis là, ne m’oublie pas. »Je revois la détresse et l’impuissance de ma maman. Que desouffrances!Je repense à la chance de ne jamais avoir causé d’accidentsalors que très souvent c’est la voiture qui me rentrait, quandelle me rentrait…Est-ce la naissance de ma fille, l’instinct de survie, l’envie devivre enfin?En lisant le journal, j’ai découvert un article où Jean, membrede la Croix Bleue, parlait de sa vie, j’ai décidé de dire STOP.J’ai téléphoné.Le samedi suivant, un peu la peur au ventre, je me rendis àma première réunion. « J’allais passer sur le grill!? ». Il n’ena rien été! J’ai trouvé des gens qui ont écouté mon histoire,personne ne m’a jugé, je les en remercie. Ils m’ont narréleurs expériences, m’ont soutenu. Je n’ai raté aucun samedidepuis. J’ai stoppé les cachets. J’ai enchaîné une formationpour mieux comprendre.Aujourd’hui, tout me paraît léger. L’alcool est sorti de moncorps, de ma tête; celui que je prenais pour une aide n’estplus. J’ai retrouvé la liberté, une certaine sérénité, uneconfiance, et le miroir ne me fait plus peur.J’ai retrouvé ma femme, son sourire. Ma fille grandit avec unvrai papa. Je suis heureux d’être là pour elles deux.J’ai retrouvé l’envie d’entreprendre des projets jusqu’alorsirréalisables, me projeter vers le futur.Je ne suis plus l’ombre de moi-même mais quelqu’un sur quil’on peut compter, du moins je l’espère.Ma récompense est arrivée: mon insigne de membre actifm’a été remis lors d’une journée exceptionnelle, gravéepour longtemps. Cela peut paraître dérisoire mais pour moi,c’est un pari gagné.Merci à ma sœur, Babou, à mon frère et à tous mes amis quim’ont supporté toutes ses années et qui me soutiennentencore.C’est à mon tour de faire comme Jacques, Jean, Joachim etles autres. Ils ont cru en moi; merci! À moi de ne pas lesdécevoir, à mon tour d’écouter la personne dans le besoin,de la soutenir pour qu’elle s’en sorte.Un seul regret, cependant: celui de ne pas avoir dit stop bienplus tôt!Laurent FERRYN°163 • Hiver 2008 3


Dossier : Noël en AuvergneÉglise romane d’Orcival.Temple de Mercure au Puy-de-Dôme.Cathédrale de Clermont-Ferrand.vierge_noireVolcan sous la neigeFabrication du boudin à la foireaux dindes de JalignyNoëlen AuvergneDentelle du Puy.4 N°163 • Hiver 2008Procession de Vassivière, la Davalade


Dossier : Ma régionQu'elle est belle ma LozèreQuand elle s'endort pour l'hiverSur les Monts d'Aubrac on rencontreQuelques vaches et quelques taureauxUn cantalès dans la pénombrePrépare un bon aligotSur des sentiers de promenadeLongeant les lacs et les forêtsOn se retrouve par mégardeAu fond d'un village isoléDidier BonnalLes secrets du troubadour – 1991Ma LozèreN°163 • Hiver 2008 5


Dossier : Noël en AuvergnePays d’habitat dispersé, l’Auvergne rassemblait sescommunautés autrefois pour la messe de minuit. Ledîner était simple, une brioche à la lueur de la bougie.Les croyances autour de cette semaineun peu magique de Noël étaienten revanche bien abondantes…La veillée de NoëlLe mois de décembre est synonyme de joie, avec la fête de Noël,appelée ici autrefois Nadal ou Chalendas.On posait sur la table, lors de la veillée, trois bougies quiétaient à l’image de la vie qui passe: une pour les morts,une pour les vivants, une pour ceux qui étaient à naître.Puis on allumait la grosse bûche de Noël dans lacheminée. Cette bûche, marquée d’une croix et bénite,devait protéger toute la maisonnée, hommes et bêtes,pour l’année à venir.Parfois, il n’y avait qu’une bougie. Le soir, sur la tableauvergnate recouverte d’une nappe blanche, on plaçaitau centre d’une grosse brioche un chandelier en cuivreavec la chandelle de Noël. Le vieux pèrel’allumait, se signait, l’éteignait et la passaitau fils aîné qui, debout, tête nue, faisait lesmêmes gestes. Elle passait de main enmain jusqu’au plus jeune qui, aidé de samère, la replaçait sans l’éteindre au centrede la table, puis le repas maigre commençait.La messe de minuitLes villageois venaient de tous les hameaux, se retrouver dans lebourg pour la messe de minuit ce qui faisait comme des myriadesde petites lumières avançant par les chemins dans la nuit.L’un des Noëls les plus chantés dans la région était celui-ci:« Se sabiatz ont es nascut (Si vous saviez où il est né)Jamai z’auriatz crégut ! (Jamais vous ne le croirez)Seria ben melhor nascut (Il serait bien mieux né)S’aviat volgut. » (S’il avait voulu)Le père Janvier ou Bonhomme l’annéeJusqu’à la fin du XIX e siècle, les cadeaux de Noël étaient en fait lescadeaux du Nouvel An. Dans l’Allier, ils n’étaient ainsi distribués nipar saint Nicolas ni par le père Noël mais par le père Janvier ou leBonhomme l’Année, qui eux aussi descendaient par la cheminéeapporter leurs présents.Il déposait des petites choses, surtout des friandises et des fruitssecs, mais parfois aussi des petits personnages en fer-blanc, unepetite trompette ou une poupée.6 N°163 • Hiver 2008© Chris Hellyar - Fotolia.com


© stephanie le foll - Fotolia.comTraditions et légendes d’Auvergne.Le rendez-vous des sorciers…Selon certains auteurs, après le départ des moines, le sommetdu Puy de Dôme servit de lieu de sabbat aux sorciers.En 1594, ‘’la femme Bosdeau’’, sorcière du Limousin, futcondamnée par le parlement de Bordeaux et brulée vive. Lamalheureuse laissait une confession et c’est ainsi qu’on apprittout.La nuit de la Saint-Jean d’été donc, les sorciers arrivaient là,de l’Auvergne, du Limousin, de la Marche, du Velay, du Vivarais,du Gévaudan, voire du Languedoc.Car ils n’avaient qu’à enfourcher leur balai de bouleau pourêtre rendus en un clin d’œil dans les vents de la nuit.La tradition populaire veut que, pendant une messe noire, àcet endroit du Puy de Dôme qu’on appelle ‘’ le cratère du Nidde la Poule’’, soit apparue une énorme poule noire à troisqueues (elle pondait trois œufs noirs puis disparaissait dansles flammes). Les sorciers se précipitaient alors, brisaient lesœufs et y trouvaient les ordres de Satan pour l’année à venir.Encore aujourd’hui, les bergers montent à la Saint-Jean sur laplus haute montagne pour voir danser le soleil: car il danse,ce jour-là, à son lever, ne sachant s’il doit aller à droite ou allerà gauche. Beaucoup en ces cantons écartés ont dû demeurerlongtemps païens et magiciens dans le secret de leur cœur *.Ce site n’est d’ailleurs pas le seul dans la chaine des Puys àavoir mauvaise réputation: le sommet très étroit du PuyChopine, qui a tant décontenancé les géologues, passe luiaussi, pour avoir été un rendez-vous de sorciers. Et tout lemonde sait bien qu’au Suquet de la Fachineire (la petitemontagne de la fée) entre le puy de Pourcharet et le puy deMontillet, il n’est pas prudent de tenir des troupeaux après lecoucher du soleil.Dossier : Ma régionLalentillevertedu PuyCuire la Lentille Verte du Puy, est aussi facileque cuire des pâtes.Triage et trempage sont inutilesAvant la cuisson, lavez les lentilles sous l'eaufroide et égouttez-les.Prévoyez environ 60 g par personne, ou levolume d'un verre à eau pour 2 personnes.Mettre les Lentilles Vertes du Puy dans unecasserole avec 3 fois leur volume d'eau froide.Ajoutez un 1/2 oignon piqué d'un clou degirofle, carotte et bouquet garni.Laisser cuire à feu doux pendant environ 20 à30 minutes en ajoutant un peu de sel au coursde la cuisson.Goûtez : vous pouvez les garder un peucroquantes – égouttez.En salade ou associée à votre plat principal,la Lentille Verte du Puy séduira à coup sûrpetits et grands…© rainer golch - Fotolia.com* Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, Le livre de poche (1966)Le ColporteurL’Auvergne fut jadis une pépinière de colporteurs et quand ils ne vendaient pas de produit, ils vendaient leursservices. Un couplet en patois auvergnat résume leur condition.O porto so bichasso dhin le mounde enté, po avi d’oudoco, n’o pa son paré, charjer d’enbalo de rossoué, de tuira jucod’hin la chino o porto son pa, uso de soulà po gagné de lha ven d’o é d’argen de cuiare et d’iten.Traduction:Il porte sa besace dans le monde entier, pour l’audace, il n’a pas son pareil, chargé d’un ballot de rasoirs,de ciseaux, jusque dans la Chine il porte son pas, il use des souliers pour gagner des liards, il vend del’or et de l’argent du cuivre et de l’étain.Rapporté par Arlette ROLLINN°163 • Hiver 2008 7


Dossier : Noël en AuvergneLes crèches deLandogneLandogne est un joli village desCombrailles,de 220 habitants environ,situé près de Pontgibaud, à l’ouestdu département du Puy-de-Dôme.Il a acquis une renommée quidépasse les frontières régionales enexposant, depuis 1997, de lami-décembre à l’épiphanie, descrèches du monde entier faites dematériaux aussi divers que papiermâché, plâtre, terre cuite, bois,galets, pierre, tissus, métal,coquillages, vieux outils…Plus de quatre-vingts crèches sontdisposées dans le village derrièreles fenêtres des habitants ou dansdes anciens commerces, dans desbâtiments de ferme, l’église, lechâteau, la mairie, la salle polyvalenteet dans des cabanons vitrés aménagésà cet effet.La ronde des crèches du monde meten valeur, sur un thème universel,la diversité et la richesse desmultiples cultures. Chaque année,une nation ou un continent sontplus particulièrement mis à l’honneuravec expositions, animations…Plus de 15000 visiteurs chaqueannée découvrent à la nuit tombéece spectacle merveilleux!Transmis parLaurent FERRY8 N°163 • Hiver 2008© Anna Khomulo - Fotolia.com


Dossier : L’espéranceChapelle Vieille de SouvignyD’espérancemes ailesrestent symboleTelle est la très belle devise de la ville de Moulins, capitale du Bourbonnais au xve siècle.De tout temps,l’espoir a étéun moteurpour l’humanité. Dèsles hommes préhistoriques,les peinturesdécouvertes dans lesgrottes nous amènent à croireque ces précurseurs des civilisationsà naître et en devenir étaientdéjà empreints de spiritualité etd’espoir dans une vie terrestremeilleure,et dans un au-delà possible.Les exemples démontrant qu’il atoujours été question d’espérancesont nombreux. Il suffit pour celade se replonger dans la lectured’anciens auteurs illustres, qu’ilssoient grecs, romains, etc. avecl’éclairage que nous pouvons enavoir aujourd’hui…Plus proche de nous, « Espérance »,fut la très belle devise de Louis II,duc de Bourbon (1337-1410), undes meilleurs capitaines et hommespolitiques de son temps, célèbrepour son esprit chevaleresque.Surnommé le Bon Duc, il dirigea leBourbonnais pendant cinquantequatreans avec courage, esprit etcompassion, alors que guerres(celle de cent ans notamment),peste et brigands étaient le sombrearrière-fond de son époque.Il fut à l’origine de l’essor extraordinairedu Bourbonnais auXIV e siècle. Ses traces restentvisibles de nos jours. Ainsi, on sesouviendra qu’il introduisit à sonretour de captivité en Angleterre,la devise « espérance » et lemot « allen » (pour tous) enBourbonnais comme un secours etun ressort face aux interrogationsN°163 • Hiver 2008 9


Dossier : Noël en AuvergneBlason du Duché du Bourbonnais © ville de SouvignyCeinture d’espérance © ville de Souvignyde son temps. Il s’adressera ainsien ces termes à ses barons à Noël1366: « Et pour le bon espoir que j’aien vous, après Dieu, d’ores en avant,je pourterai pour devise une seintureou il y aura escript ung joyeulx mot:espérance ».Dans cet esprit chevaleresqueteinté de vertu et de perfection, ilcréa à l’occasion de son mariageen 1371 avec Anne Dauphined’Auvergne l’ordre d’espérance(en lien avec la ceinture d’espérance).Il rayonna sur les trois plus grandesvilles du duché, à savoir Moulins,qu’il érigea en capitale duBourbonnais; Montluçon où il fitrebâtir le château et où il meurt le19 août 1410; et Vichy où il avaitfondé le couvent des Célestins.Conformément à ses vœux, il seraenterré dans la Chapelle Vieille àSouvigny, nécropoledes Ducs de Bourbons,rattachée àl’Église de Cluny, etque l’on peut visiteraujourd’hui.Durant plusieurssiècles, le rayonnementspirituel deSouvigny (haut lieude culte de sonépoque) est immenseet apporte un affluximportant de pèlerinsavec de nombreusespossibilités de haltessur les chemins deSaint Jacques deCompostelle. Ceslieux chargés d’espoiret de lumière symbolisentcette quêteéternelle du rapprochementavec ledivin et le sacré.Ce bref retour dansl’histoire de notrebelle province ducaledu Bourbonnaisnous apporte unautre regard sur laportée et la représentationdes mots« espoir » ou« espérance ». Cemessage universelreste encore trèsprésent de nos jours,plus particulièrementdans les fondementset valeurs qui scellentl’action denotre mouvement.Souhaitons que cetélan de générositéhumaine, de don desoi et ce formidabletravail accomplidepuis 125 ans auprès des personnesen mal de vivre, en mald’amour, piégées par l’alcool, perdurepar-delà les années, faisantvivre toujours « L’ESPERANCE ».Marc MARGELIDON,Section de Moulins10N°163 • Hiver 2008


Dossier : L’espéranceC’estquoi l’espoir ?La petite lumière vacillante au fond du tunnel de nos âmes quand il yfait noir, tout noir.Edmond Rostand, nous donne un conseil fulgurant:"C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière!".Dans la guerre, dans le deuil, dans la souffrance, dans la solitude et latristesse, c’est parce que l’on sait garder espoir que l’on réussit à sortirdu trou. C’est parce que des hommes, des femmes, des enfants neperdent pas espoir dans leurs heures les plus noires que l’humanitéévolue, comme guidée par ce flambeau invisible qui est au fond de noscœurs. Seulement l’espoir est comme une plante, il se cultive, il a besoinde soins: c’est la petite fleur sur son astre désert qu’arrose sans cessele Petit Prince afin qu’elle vive et qu’elle soit un témoin d’amour.© Kaj Gardemeister - Fotolia.comPar l’attention qu’on porte aux choses, aux êtres, aux situations et à soimême,l’évolution se féconde, le progrès germe graduellement et lacréation finit par refleurir.Mais l’espoir d’une vie meilleure ne suffit pas: il faut forger cette existencequ’on souhaite et cesser de la rêver; il faut se former soi-même.Garder espoir, c’est toujours faire un pas de plus, quelle que soit ladétresse, quel que soit l’obstacle. L’espoir c’est aussi la confiance quel’on a dans la vie.Enfin l’espérance se partage: il est des trésors en chaque être, il fautsavoir les découvrir. Car avoir l’espoir c’est aussi savoir sourire.Marc de SMEDTN°163 • Hiver 2008 11


LES BDossier : Noël en AuvergneConduite automobile sousl’emprise de l’alcool, ivresse surla voie publique, crimes et délitscommis avec la circonstanceaggravante d’une alcoolémieélevée : tout cecipeut conduire en prison.Je prends l’exemple simplede madame ou monsieurtout le monde, qui,après un pot exagérémentalcoolisé entre amis a unaccident en rentrant à la maisonavec mort d’homme ; il ou elleva directement en taule. Entreun et deux ans.« Parce que vous êtes dangereuxpour vous et pour les autres, jevous enferme pour un mois »:voici ce qu’a dit le juge en 1989après que les gendarmes m’eurentarrêté avec 3 g 80.Parce qu’une peine a toujours undébut et une fin, je suis ressortitrois semaines plus tard maisretournais rapidement pour sixmois avec 4 g 20.Chaque mois, un détenu bénéficied’une semaine de remise depeine pour bonne conduite.Même une peine de perpétuité aune fin après 22 ans de périodede sûreté et une libération aubout de 30 ans maximum. Lesprisons seraient ingérables si lesdétenus n’apercevaient pas lebout du tunnel. Ils n’auraientplus rien à perdre.Le problème du choix s’étaitposé à ma première sortie. Aupremier bistrot, c’était: un blancou un café. Ce furent deux outrois blancs. La suite était déjàtracée.La deuxième sortie ne fut guèreplus brillante. Le temps de l’abstinencen’était pas venu…Quoique l’on pense, l’alcool estprésent en prison, ne serait-cequ’au parloir où le visiteur peutamener une fiole.À mon troisième séjour j’avaiscessé de boire et avais trouvé unposte au mess, genre de cafétériaoù l’on cuisinait cent vingtrepas. Vins et spiritueux entrentdans la confection des plateaux.Le dimanche le matonde service nous offrait l’apéro,mais, pour moi la décision d’abstinenceest restée inflexible,inébranlable.Parce qu’il y a toujours undemain, je restais sobre.Avec l’aumônier, je m’occupaisde Vie Libre Prison, associationvoisine de la nôtre, qui est présentedans trente-cinq centresde détentions. Aider les autresdétenus à préparer leur sortieétait devenu pour moi unepriorité en ce lieu de privations;c’était un vital besoin departager.J’ai souvenir de ce garçon de 29ans, incarcéré à quatre reprisespour un total de neuf ans, toujourspour des méfaits commissous l’emprise de l’alcool, et quidepuis sa dernière sortie en2005 ne pose plus le moindreL’ESPOIR12N°163 • Hiver 2008


Dossier : L’espérance© OutdoorPhotos - Fotolia.comHafiz a dit:« En pleine angoisse, neperds jamais espoir, carla moelle la plus exquiseest dans l’os le plusdur »problème et mène une vieexemplaire avec famille, travailet une petite fille de deux ans.Parfois je me dis que, où que l’onsoit, surtout dans le pire deslieux, on a toujours un rôle, uneflamme à tenir, un témoignage,une écoute et une aide à apporteraux plus fragiles.Il faut savoir que plus de 70 %des détentions sont le fait d’addictionsdiverses (shit, alcool,herbes, cocaïne, héroïne)L’espoir est omniprésent en prisoncar chacun, pour des raisonsles plus diverses, ne regarde quevers DEMAIN, quel qu’il soit.Les activités scolaires permettentde s’instruire, de préparerdes examens, de chercher unemploi pour « après ». Despermissions de courtes duréessont offertes pour rencontrerd’éventuels employeurs. Lesactivités sportives nous aident àentretenir notre corps et notreéquilibre moral.Noël et le jour de l’an sontmarqués par l’améliorationsubstantielle des plateaux-repaset la possibilité de cantiner: chocolats,plats cuisinés, bûche…Et c’est aussi pour les détenusl’occasion de participer à unemesse célébrée traditionnellementpar Monseigneur l’Evêquede Moulins. Il lui tient à cœurd’ap- porter à la population carcéraleun message d’amour etd’espoir.Je fus le témoin d’une expérienceparticulière qui consistaità faire effectuer à des détenusà moins d’un an de la sortie,une partie du chemin deCompostelle, du Puy en Velay àla frontière espagnole. Environtrois semaines de marche, de vieen commun et de méditationsur le sens profond de la vie;avec au bout du périple une libérationconditionnelle anticipée.La moitié des dix volontairesréussirent cette spectaculaireinitiative. Imaginez des prisonniershors des murs, en liberté,sans argent ni papiers, encadréspar du personnel para-pénitentiaire: Le SPIP (Service dePrévention et d’in-sertionPénitentiaire).Je ne sais si j’ai su faire passer lemessage, mais la notion d’espoirest essentielle à notre vie.Elle nous différencie du mondeanimal où règne le simple régimede la survie et de la continuitéde l’espèce. L’espoir, l’espérancese marient parfaitement avec lesentiment de confiance en soi eten les autres.Jacques BEURRIERSection de MOULINSDERRIEREARREAUX© Windowseat - Fotolia.comN°163 • Hiver 2008 13


Dossier : Noël en AuvergneL’activité volcanique enAuvergne est à l’origine deskilomètres de rivières, cascadeset sources bouillonnantesaux vertus plus riches les unes queles autres et de lacs paisibles quiemplissent les cratères.La force de l’eau et du feu a façonnéun paysage sauvage et admirable.Cette puissance extraordinaireest à la fois réconfortante etangoissante.L’eau donne la vie, elle purifie. Maiselle donne aussi la mort. Le délugeest un mythe fondateur de nombreusescivilisations.Mythe ou réalité? L’un n’empêchantpeut-être pas l’autre, il est porteurde sens.Malgré les appels de Noé, personnene croit à la catastrophe imminentecausée par la violence deshommes. Le déluge arrive quidétruit tout ou presque. Et l'arcen-cielsurvient en signe de réconciliation.Le monde est renouvelé,recréé.À l’échelle du monde et de nos viespersonnelles, c’est parfois le déluge.Pouvions-nous éviter la catastrophe?Vivrons-nous d’autres déluges?Comment avons-nous pu laisserdégénérer certaines situations ?Nous arrivons au point de nonretour,nous ne voulons pas y croire,c’est la catastrophe!Les dégâts sont là!Et quand même, l’espoir d’unchangement surgit annoncé parl’arc-en-ciel. Il est déjà visible aumilieu de sombres nuages. Onreprend courage. On se mobilise.L’eau s’est retirée, la terre fumeencore et déjà une jeune poussesort de terre et la vie reprend,autrement.Si l’on sait marier toutes lescouleurs de l’arc-en-ciel, toutesuniques, importantes et nécessairespour un bel équilibre, l’existenceretrouve son éclat. Un si bel effetest possible parce qu’aucunecouleur n’a été oubliée. Elles sereflètent dans le ruisseau qui courten chantant. La vie est belle.Françoise BRULINL’arc-en-ciel14N°163 • Hiver 2008© roger pilkington - Fotolia.com


Dossier : L’espéranceQue© rakka - Fotolia.comferons-noussans eau?1Un filet d’eauQui court au creux d’un vallonEt les oiseaux qui chantent sur tous les tonsAccompagnant le murmure du courantCette mélodieChante la joie et la vie!RefrainCe don du cielQue trop souvent l’on gaspilleEst essentielLa source de toute vieDu fond des ansAvec l’air que l’on respireC’est l’élément qui ne doit jamais tarirNe laissons pasCe don du cielDevenir une raisonDe voir surgirUn conflit entre nation.2Un filet d’eauQui devient source de viePetit ruisseauQui grandit comme par magieForce tranquilleQue l’on ne peut arrêterQui se faufilePour soudain tout inonder.RefrainCe don du cielIl nous faut le préserverEtre sentinelleNe pas user sans compterEtre gardienDe ce bien, ce trésorPour que demainNos ruisseaux coulent encoreNe laissons pasCe don du cielDisparaître à tout jamaisL’eau c’est la vieSans elle plus rien ne vivraitL’eau c’est la vie, sans elle, tout disparaîtrait!Robert MILLOTN°163 • Hiver 2008 15


Dossier : Noël en AuvergneIl existe chez nous des lieuxhors du commun.Objectivement on peut penserque l'Auvergne volcanique enfait sûrement partie. Parmiles paysages fascinants qui lacomposent, la chaîne desPuys présente un spectaclenaturel unique, conçu hier,presque aujourd'hui... Oui,les nuées se sont dissipées, lessouffles brûlants se sont tus,les fontaines ardentes se sontéteintes, mais, ces volcanssont-ils endormis pourtoujours… ?Sommes-nousendormis ?Et si les volcans étaient ailleurs…Nos volcans vont-ils se réveiller?Les derniers se sont éteints il ya 7000 ans. Depuis il n’y a pas eu demanifestations reconnues. Ce tempsest trop court à l’échelle géologiquepour conclure que la chaîne des Puysest définitivement endormie. La probabilitéd’une reprise d’activité n’est pasnégligeable. Où? Quand? Les étudesne permettent pas de répondre àcette question.Et nous, allons-nous attendre que lesvolcans se réveillent pour faire demême?Le sommeil est, certes, réparateur etnécessaire à la vie, mais au réveil, nousdevrons faire des choix (thème denotre dernier congrès): se réveillervraiment ou rester endormi?De ce choix dépend notre comportementpour tous les événements àvenir. Soit je subis dans une attitudepassive, soit je m’engage dans unedémarche active et j’agis. Souvent,nous restons en sommeil parce quecela nous arrange…Pourquoi prendre le risque de passer àl’action, de faire l’effort, d’oser semanifester?Souvent, nous attendons que la« coupe soit pleine » avant de nousexprimer et nos propos risquent,alors, d’être explosifs!Nous nous satisfaisons d’un quotidienqui se répète inlassablement. Quiviendrait déranger cette quiétudeapparente ? Un volcan ? Nous n’ycroyons pas…Pourtant, tous les jours, peut survenirun événement pas comme les autres…Sommes-nous, serons-nous réveilléspour le voir venir, l’accueillir ou, aucontraire le détruire dans l’œuf avantqu’il ne se propage? Pas si sûr, si noussommes endormis…Soyons toujours prêts à observer leschangements et leurs signes avantcoureurs.Il ne s’agit parfois que d’unefumerolle, mais il faut savoir la détecter,être là pour venir en aide au bonmoment et ainsi éviter l’explosion.C’est toute l’attention que nousdevons porter à ceux qui nous entourent,à ceux qui souffrent en silence etqui masquent parfois cette souffrancederrière un sourire de convenance.Le vœu que je formule en cette veillede Noël, est que nous soyons toujoursen éveil.Jésus que nous célébrons a été toutesa vie à l’écoute de son prochain etjusqu’à la mort n’a pas renié ses idées.Alors, donnons du sens à notre vie.Alors, osons exprimer notre penséedevant tout ce qui nous bouleversemais aussi osons recevoir ce qui nousémeut pour nous ouvrir à l’amour desautres.Plutôt que d’attendre que notre volcanexplose, libérons les forces qui sont ennous, laissons-les se répandre sur nosflancs pour rendre nos jardins plusfertiles.Yves FENICE16N°163 • Hiver 2008


Nous avons lu…Un fauteuilversCompostelleChristine CalapristiCertains ne partiraient pas en voiture pour Compostellesans savoir où ils vont dormir chaque soir. N’ayant plusl’usage de ses jambes à la suite d’une maladie, ChristineCalapristi, elle, est partie seule de Louvain sur sonfauteuil roulant, accompagnée de sa chienne Léa sanssavoir où elle dormirait au-delà de la frontière avec laFrance. Elle s’est « engagée pour une marche au longcours de plusieurs semaines ». Son récit, sobre et clair,nous fait partager ses découvertes, ses joies, sesémotions. Elle est consciente que rien ne lui est dû,sereine devant les inévitables difficultés, émerveillée detout ce qu’elle reçoit. Les pointes d’amertume sont raresdans ce récit qui pourrait en comporter beaucoup. Il estune belle leçon de vie, un chemin d’ouverture.LA BÊTEDUGEVAUDANJean-Marc MoriceauArtésis Editions,Collection O fil du temps,97 rue de l’Arbre bénit, 1050 Bruxelles,18 eurosAu printemps 1764, une femme est attaquée près deLangogne, en Gévaudan, par une « bête » que ses bœufsparviennent à mettre en fuite. C’est le début de troisannées de terreur pour la population de cette région deLozère. Malgré la venue du lieutenant des chasses royaleset de nombreuses battues, plus d’une centaine depersonnes sont victimes de la bête, la plupart atrocementmutilées… Depuis lors de nombreuses hypothèses ont étéavancées faisant de la bête du Gévaudan un loup, un molosse,un homme… Reprenant l’enquête, Jean-Marc Moriceau,retrace toute l’histoire de la traque et analyse tous lestémoignages dans un récit extrêmement vivant.BrochéEditeur: Larousse (14 mars 2008)Collection: L’histoire comme un roman17,10 eurosN°163 • Hiver 2008 17


Les jeunes, qu’est-ce que vous en dites ?Le père© Ghost - Fotolia.comNoël a troquésa hotteDeux milliards de personnesau moins dansle monde célèbrent lafête de Noël mais uncertain nombre ne saitplus ce que c’est…Famille, amour et bonheur réunis cejour-là! Et pourtant il y a quelquesannées nous n’avions pas tout cela à lamaison…Noël c’est beau, magique et drôle maisça peut être aussi affreux!Ma mère, mon frère et moi, nous nousefforcions de décorer la maison, defaire le sapin, mon père participait,même assez souvent. Cette préparationétait un des rares momentsde joie car, vite, après la réalité nousrattrapait.Je redoutais tous les soirs de l’annéeque mon père rentre ivre, mais encoreplus le soir du réveillon et le jour unnoël… Souvent nous faisions bonnefigure avec mon frère mais je ne pensepas que nous ayons passé de noëlserein pendant notre enfance…Je peux même dire que le Père Noëlportait dans sa hotte un cadeaumaudit… : l’alcool!Si la trêve de noël avait lieu, elle nedurait pas et l’alcoolisation recommençaitles jours suivants…Puis mon père a pris conscience dece qu’il risquait de perdre. Il a faitplusieurs tentatives de sevrages, toutessans succès, jusqu’au jour où il arencontré les amis de la croix bleue. Etlà le soutien de tous envers mon pèremais envers nous aussi a été le plusfort. À ce moment-là il a pris la plusgrande décision de sa vie, celle departir en postcure à Virac… décisiond’autant plus difficile à prendre qu’ildevait partir en pleine période defêtes. Pour ma part ce fut le plus beaunoël depuis longtemps, non pas parceque mon père n’était pas là mais parcequ’il était parti se faire aider. Et j’ycroyais… avec raison.Depuis ce fameux noël, mon père estabstinent, plus de cris, plus debagarres, plus de tristesse ce soir defête. Maintenant tous les ingrédientssont réunis: famille, amour et bonheur…Nous avons retrouvé la magiede Noël! Le père Noël a troqué sahotte maudite contre une hotte pleinede rires, de tendresse, de lumières etde joie…Merci à tous de votre aide, merci àPapa de s’être battu contre l’alcool, etmerci au Père Noël d’avoir changé nossoirées de Noël…Joyeux Noël à tous…Nathalie NIORT18N°163 • Hiver 2008


Ca fait chaudJe m'appelle Nicolas, j'ai bientôt 20ans... l'âge des excès et des essais,l'âge où rien ne peut nous arriver,où l'on est invincible.Et pourtant, l'alcool n'est pas monami. Je ne viens pas d'une famille oùrègne la bouteille, je n'ai jamais faitde mauvaises expériences personnellesd'abus et pourtant...Mon secret: maman est membre actifsolidaire de la Croix Bleue.Auprès des jeunes, cela peut prêter àdérision et pourtant...je suis fier de dire que ma mère a faitle choix de l'abstinence depuis plus de10 ans, qu'elle en parle avec ferveur etsurtout qu'après toutes ces années,elle y croit plus que jamais.Qu’est ce que cela m'a apporté? Devoir qu'il est aujourd'hui toujours possiblede vivre ses convictions et pourun ado, c’est hyper important.Comprendre que l'adulte est fiableparce qu'il affirme y croire et n'a pashonte de le dire, que l'on peut aller audelàdes railleries parce que ce enquoi on croit est plus important.au cœur !Ma mère ne m'a jamais interdit deboire, tout est dans la quantité et lerythme dit-elle.Lorsque mes copains la voient rire (etje peux vous dire qu'elle rit souvent debon coeur!!) son verre de jus de fruità la main eh bien ça peut les laissersans voix.Je suis content: maman s'investit dansquelque chose et cela n'a jamais étépesant pour moi.Une fois par an,j'essaie de l'accompagnerà une réunion et cela me fait toujourschaud au coeur d'être accueilli commeje le suis.J'ai même décidé que si un jour je memarie, non… mon mariage ne sera passans alcool, mais j'aimerais que lechant croix bleue "vivre" soit entonnéce jour-là et que la Croix Bleueaccompagne ce jour qui sera le plusbeau jour de ma vie!Nicolas DERANGERE© Gilles Cohen - Fotolia.comN°163 • Hiver 2008 19© Pavel Losevsky - Fotolia.com


AlcoologieAlcool pendant la grossesse :le bébé a des risques de trinquerLa journée internationale de sensibilisation au syndrome d'alcoolisation foetale (SAF)s'est déroulée le mardi 9 septembre avec pour slogan :Zéro alcoolpendant la grossesse© oleg filipchuk - Fotolia.com209septembre. Neuvième jour duneuvième mois de l’année.Pouvait-on trouver plus bellejournée pour parler de grossesse?Sans doute pas.Une date symboliqueretenue, au niveauinternational, pourévoquer un problèmede santé : l’alcoolpendant la grossesse.C’est ainsi que le9 septembre est devenula journée de sensibilisationau syndromed’alcoolisationfœtale (SAF,N°163 • Hiver 2008en jargon médical). Derrière ce sigle secachent des lésions irréversibles pourle bébé, comme le dysmorphisme quise caractérise par un faciès très particulierde l’enfant, à la naissance. Unepathologie grave, et fréquente, mêmesi, comme en témoigne une puéricultrice.« En douze ans de pratique, jen’ai vu que quatre cas de SAF irréversiblesdans le service. » Les chiffrescommuniqués à l’occasion de la journéedu 9 septembre évoquent eux« 1 % des naissances dans tous les paysoccidentaux, ce qui représente500 000 Français ».Mais, sans aller jusqu’à cette pathologieextrême, une consommation d’alcool,quelle qu’elle soit, lors de la grossessepar la future maman, peut êtrepréjudiciable à l’enfant. «Tout ce que lamaman boit, le bébé le boit aussi »,indique une psychologue en serviced’alcoologie. Elle précise: « le tauxd’alcool qu’on trouve dans le sang dela mère est identique dans le sang dubébé. Or, comme on ne sait pas à partirde quelle dose c’est mauvais, il fautappliquer le principe de précaution etdire, comme l’affirme le slogan de lajournée : zéro alcool pendant lagrossesse ».Elle s’empresse d’ajouter: « Mais, iln’est jamais trop tard pour bienfaire, pour stopper sa consommationd’alcool ».Un message qui semble compliqué àfaire passer.« On ne se fait pas d’illusions,explique, une infirmière en serviced’alcoologie. Les gens ne vont pasvenir d’eux-mêmes nous voir. Bien sûr,les photos de bébés qu’on a affichéessur notre stand vont attirer l’œil, maisdès que les gens vont se rendre comptequ’on parle en fait d’alcool, ils risquentde passer leur chemin. » La psychologueconfirme ces propos: « Il y aencore un tabou avec l’alcool et surtoutchez la femme entraînant un sentimentde culpabilité en particulier lorsqu’elleest enceinte. » D’où la difficultéd’aborder le sujet.Le sujet, elles, elles l’abordent tranquillement,avec le sourire et un jolibadge rose, dans une galerie marchande.Animatrice santé de la caisse primairemaladie ou membre de la protectionmaternelle infantile du conseil général,elles n’hésitent pas à aborder lesclients avec un questionnaire.Le débat s’engage entre parents etenfants qui ont accepté de répondre.Le message est plutôt bien passé,notamment dans la jeune génération.Dehors, une future maman finit sacigarette. On ne sait pas si elle vas’intéresser au problème de l’alcool etde la grossesse. Une chose est sûre.Dans le domaine de la préventionsanté, il reste du travail…D’après Hervé VAUGHANjeudi 11.09.2008La Voix du Nord -


L’associationL’ARCHIPELOUVREGenèse du projetEn 2000, à la suite d’une nouvellerépartition des centres dans la régionet sous l’impulsion de l’AgenceRégionale du Nord Pas de Calais, naissaitle projet « Archipel », établissementde 16 lits.Après l’étude de plusieurs orientations,en 2002, nous avons opté pourl’implantation directe sur le terrain dela Croix Bleue où est déjà notrecentre pour femmes, la Presqu’Île.Cette même année, la décision d’autorisationde création d’un centre pourhommes a été validée par laCommission Exécutoire de l’ARH.Le permis de construire a été accordéle 20 juin 2006. Les travaux ont débutéen juillet 2007.L’Archipel est donc le quatrièmeCentre de la Croix Bleue et a bien saplace dans le Schéma d’OrganisationRégional Sanitaire du bassin de vie dulittoral du Nord Pas de Calais.La réalisationL’ouverture est prévue en cette find’année 2008.Elle permettra la création de 12emplois ETP (Équivalent Temps Plein).L’implantation à proximité de laPresqu’Île permettra de mutualisercertains modes de gestion avec celleci- la direction, la comptabilité qui seretrouvent entre les deux structures,la cuisine et l’entretien — et de professionnalisernotre équipe d’intervenants(médecin alcoologue, infirmiers,assistante sociale, éducateur techniquespécialisé, ergothérapeute, diététicienne.).Les travaux, financés par l’emprunt, seterminent cet automne. L’installationdes mobiliers, le passage des commissions(sécurité, conformité de laDDASS) suivent. L’accueil des premierspatients est prévu avant la fin del’année 2008.Nous envisageons l’inaugurationde ce nouvel et bel outilde l’association lors d’unejournée « portes ouvertes »en mai 2009. Nous espéronsque les membres de la CroixBleue seront nombreux àvenir découvrir l’Archipel.Mais dès à présent venez suivre l’actualitéde notre établissement sur lesite:www. lapresquile-larchipel. frAlain CHARPENTIERCoordonnées du centre :1 rue du Président Allende,62219 LONGUENESSETél. : 03 21 98 99 50Fax : 03 21 98 99 57E-mail :info@lapresquile-larchipel.frN°163 • Hiver 2008 21


L’associationCamping de la Croix Bleue162, Chemin de Greignac - 07240 Vernoux en VivaraisTARIFS 2009 inchangés par rapport à 2008Location de caravane à la semaine : 67,00 €- - - - - - - à la journée : 12,00 €Garage mort (particulier ) par an : 70,00 €Forfait 1 ou 2 personnes par/jour : 6,00 €Par personne supplémentaire p/jour : 2,00 €Adulte ou enfantEDF p/jour : 2,40 €Animal p/jour : 0,80 €Emplacement (particulier) p/jour : 2,50 €semaine : 15,00 €Vacancier venant avec son matérielVisiteur p/jour : 1,60 €Taxe de séjour à partir de 13 ans : 0,22 €Lessive (produit fourni) : 3,30 €Douche (le jeton) : 0,50 €LOCATIONCafetière électrique à la semaine : 1,50 €Couverture durée du séjour : 1,50 €NOUVEAU TOILE DE TENTE (semaine) 5,00 €(journée) 1,00 €AUCUNE NUITEE NE SERA DECOMPTEE© Philippe GR - Fotolia.comCet été le camping a accueilli 137 personnes dont 36 enfants, 67 personnes venant pour la 1 ère fois. L’ambiance étaitexcellente, les nouveaux ont apprécié les soirées d’accueil, le repas pris en commun une fois par semaine, mais aussi laqualité des prestations proposées, la propreté du camping. Ce camping est particulièrement bien placé, situé en Ardèchedans un bel environnement, au calme tout en étant à proximité des commerces, de la piscine et du lac.Le camping loue 13 caravanes équipées d’un auvent, (vaisselle complète, réfrigérateur, gaz, salon de jardin).Si vous souhaitez vous inscrire ou avoir des renseignements vous pouvez contacter :Jean-Pierre ou Nicole GARCIA 10, rue Pierre Iselin25310 HERIMONCOURT (03 81 30 97 13 le soir de préférence)Ouverture le 4 juillet - fermeture le 22 août 2009Les inscriptions se feront à partir du 1 er mars 2009À retourner à:Association la Croix Bleue, 189 rue Belliard, 75018 Paris.Bulletin d’abonnement et /ou de donLe Libérateur quatre numéros par an 18 € (prix inchangé) Mme Melle M. : ................................................................................................................Adresse: ....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Vous pouvez aussi parrainer une personne de votre choixen offrant un abonnement !Abonnement simple ............................................................ 18 € ouAbonnement & don .................................... plus de 18 € ouDon* simple ........................................................................................................ Ci-joint un chèque du montant choisi établi à l’ordre de la Croix Bleue*DonL’association, reconnue d’utilité publique, est habilitéeà recevoir legs et dons. La déduction fiscale est de 66 % dumontant du don. Pour les sommes supérieures à 15 euros,un reçu fiscal sera envoyé.


La section de Saverne a50 ansCette section, qui est à l’origine de plusieurs autres sections alsaciennesa fêté ces cinquante ans d’existence. Le Pasteur Kopp célébra un culteà cette occasion. Linda Winter, responsable régionale, et MauriceZemb, président, rappelèrent les objectifs de la Croix Bleue et son messaged’espérance, en présence de 150 personnes, dont le député maire de Saverne,Emile Blessig, le Conseiller Général Thierry Carbiener et plusieurs maires de larégion. Une personne fut reçue membre actif.Alfred Reichel était également àl’honneur, il fêtait soixante-dix ans deCroix Bleue ayant été membre de lasection de Strasbourg en 1958. Unconcert anima cette journée riche etréussie.D’après Article ARF SV 01 n° 224Mercredi 24 septembre 2008Belle Histoire d'amourNous souhaitons vous faire partager le bonheurde Serge et Corinne qui se sont mariés cetété.Après plus d'une dizaine d'années deconsommation excessive qui aurait fini parune séparation certaine avec sa compagneet ses enfants, Serge décide d'en finir avecl'alcool.Malgré plusieurs sevrages non concluants, il persévèresoutenu par sa famille et décide de rentrerau centre de Virac sur les conseils de sa section.Voici maintenant deux années que Serge est abstinenttotalement et depuis mars 2008 il est devenumembre actif de la section de Nyons.Le 23 Août dernier Serge et Corinne semariaient. Nous avons eu le plaisir de les accompagnerdans ce bonheur. Quelle belle revanche surla vie !Merci pour cette belle histoire d'amour quenous avons partagé avec vous !Section de Nyons.Les sectionsAprès le congrès la réflexionse poursuitLe thème de ce week-end de formation pourles sections francs comtoises était dans leprolongement du congrès: « Choisir, c’estpossible ». L’intervenante, professeur delettres Anne Anerli Narbel de Valentigney,porta notre attention sur la conception dulibre arbitre à travers des œuvres de lalittérature française du XVI e siècle à nos jours.Rabelais, Pascal, La Fontaine (relisez Le loup etle chien !), Zola, Giono, Ionesco… Laquarantaine de participants fut ravie de lafaçon inattendue d’aborder cette notion duchoix. Nous avons pu visionner l’historique dela Croix Bleue en soirée et ce week-end s’estterminé avec une autre surprise: un slam écritet interprété par nos membres.Groupe Franche ComtéForum desAssociations àNyonsle 14 septembre 2008Notre stand au forum a eu un certain succèsavec l'espace jeunesse en particulier.Beaucoup sont très inquiets par l'alcoolismedes jeunes et nous envisageons des interventionsde prévention en partenariat.L’association d'aide aux familles en milieu rurala été intéressée par nos informations.Christine PEZZATISection de NyonsEngagement d’abstinenceForts de leur expérience, femmes et hommes de la Croix Bleue ont acquis la conviction que peut devenir possible ce quine l’a pas été jusqu’alors. Ils affirment qu’à partir de la rupture avec l’alcool, un renouveau intervient.La guérison est possible. Nombreux sont ceux qui vivent la confiance en Dieu comme une force essentielle.Nom, Prénom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Adresse: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Je promets de m’abstenir de toute boisson alcoolique pendant: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Motif de la signature: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .engagement du. . . . . . . . . . . . . . . . . au . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .À découper et à renvoyer à: La Croix Bleue, 189 rue Belliard, 75018 Paris


La Caisse Nationale d’Assurance Maladie, le Ministère de la Santé et la Mutualité Sociale Agricole subventionnent en partie le fonctionnement du siège de la Société Française de la Croix Bleue.Une fête intérieure aussiIl y a toujoursNoël qui arrive,Il y a toujours dans le plus noir des noirsde la lumière à supposer,à voir déjà monter,même en dehors de soi.Surtout lorsque la nuit où l’on pataugeest la plus longue.C’est un tunnel sans voûtequi débouchedès maintenantsur un enfant dans la lumière.(Guillevic, 1907-1997, "De l’hiver", dans "Etler")© JENNY SOLOMON - Fotolia.com

More magazines by this user
Similar magazines