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EVASIONLE QUEBECReportage (texte et photos)Robert SirdeyRallye Aérien InternationalLE QUEBECA VOL D’OISIF48


Création québécoise,le Rallye Aérien Internationalest le plus grand du continent nordaméricain.Cet été, il a conduit une armadad’avions privés, hydravions et hélicoptères,des berges du Saint-Laurent aux confinsde la Baie d’Hudson et du Labrador.Belle occasion de livrer à notreémerveillement la plus vasteforêt du monde et sonmillion de lacs.49sportsetloisirs.ch


Est-ce bien l’aventure, ce volde chaque jour au-dessusd’une mosaïque sans limites deforêts et de lacs ? Est-ce l’action,ce pilotage dans l’inconnu,et la recherche simultanée— un œil sur l’horizon, l’autresur le GPS — des points depassage assignés parmi lesépreuves du concours ? Unsadique les a semés dans l’infinitudeverte et bleue, immuablesemble-t-il, mais belleà couper le souffle. Chaquebonne chose butant sur une fin,est-ce la récompense ou lapunition, cet atterrissage deprécision avant la non moinsrituelle fête du soir dans unepetite ville égarée sur l’immensitéquébécoise ? Mais commentéprouver l’immensité ?Question philosophique.Comment appréhender la plusgrande province du Canada :trois fois la superficie française,pour une population égale àcelle de la Suisse ? Comment ?mais par l’avion, morbleu ! noncelui de ligne, mais le vôtre,l’avion de la liberté dont vousêtes seul maître à bord aprèsDieu et Sa très sainte météo :votre petit monomoteur oubimoteur bien à vous, votrehydravion, votre hélicoptère.Réponse à la question : dans unenvoûtement toujours renouvelé,il multiplie le temps etl’espace, le vrai : celui à troisdimensions. Il en donne la sensationet même la possession.Comme pour toute drogue, ilajoute la dépendance qui faitles pilotes.50


Liberté des pilotes et des ours”Beaver” deHavillandCanada DHC-2Robinson R-44Vers AmosCet été, ils étaient une bonne soixantained’accros au troisième RallyeAérien International disputé auQuébec. Leur flotte rassemblait vingttroisavions, trois hydravions et troishélicoptères, des quadriplaces pour laplupart, parfois plus grands ; alors,vous imaginez le nombre d’accompagnantsnon moins accros arrivés enrenfort des pilotes québécois, ontariens,américains et français. La cuvée2002 avait même accueilli cinq jeunesSuisses venus louer deux monomoteurset vivre la révélation de l’aviationlibre, celle qui peut ignorer les congestionsaéronautiques et le labyrinthe devoies aériennes, zones interdites ouTMA en chapelets. Voulez-vous àvotre tour retrouver cette aviation d’unbon vieux temps revisité, le temps desBeaver de brousse et des pionniers,des navigations vers l’inconnu, dumoins pour vous, toujours plus loin,toujours plus au nord, mais sous latutelle rassurante de la radio, du GPSet des balises du VOR, le tout coiffé parl’encadrement des moustachus du rallye? Après un check en vol, il vous encoûtera 40 dollars canadiens — 40francs suisses — pour l’équivalence devotre licence. Ensuite, bien moins cherqu’en Europe, vous pourrez louervotre avion. Et vogue la galère !Impossible de se perdre, malgré lesheures de croisière sans la moindretrace humaine au-dessus d’espacesforestiers les plus vastes du monde. Niroute, ni maison, ni ligne électrique,rien que la forêt et la myriade de lacsqui grêlent le Bouclier canadien. À elleseule, la province en collectionnepresque un million. Le vol au ras desarbres, au ras de l’eau — cette friandiseinterdite sous d’autres cieux — permetparfois d’offusquer les pudeursd’un ours ou d’éprouver la sereineindifférence d’un couple de caribousou d’orignaux venus se baigner.Avant l’envol51sportsetloisirs.ch


Vaste entrepriseCamil DumontDans la troupe, aucun cassecou,malgré la liberté loin de toutregard réprobateur ! Pour beaucoup,la pratique fréquente del’aviation ne le tolère pas ; pourtous, l’esprit même du rallye. Siles prévisions météorologiqueslaissent du champ à l’interprétation,sinon à l’intimidation, lespilotes chevronnés aident lesnouveaux à faire face. Race envoie de raréfaction par la multiplicationdes aérodromes et deslignes, les pilotes de brousse sontles premiers inspirateurs de l’événement.D’expérience, ils débordent,ainsi leur ex-vice-présidentCamil Dumont, devenu broker envaleurs mobilières et chevilleouvrière du rallye (à titre bénévole,bien sûr). Ajoutons beaucoupde charisme médiatique et d’ubiquitédans la gestion, sansoublier, juste pour la gourmandise,son beau parlé canadien, biensûr commun à tous, et qui faittoujours chaud au cœur.Multiforme, une telle entreprisene saurait reposer sur lesépaules d’un seul. De nombreuxautres bénévoles complétaientl’éventail des compétences,ainsi Robert Dewar, DirecteurIngénierie chez l’avionneur canadienBombardier Aéronautique.Grand sportif, expert à la modestiedésarmante, il s’occupait dudisptach, de la gestion desdéparts, des transports et résultas.La bonne conduite des volset leur sécurité : autre responsabilité,et non des moindres. Elleincombait à David Bonnalie,grand diable d’instructeur IFR,chaleureux, omniprésent. Aumilieu de toutes ses activités etdes problèmes quotidiens, il trouvaitmoyen de donner leur baptêmede pilotage à certains accompagnants.Comment demeurerimmunisé au virus aérien quandvous avez vécu votre premierdécollage et — plus bouleversantencore — votre premier atterrissageaux commandes d’un avionapparemment docile ? Le rallyefut une fête pour tous ! Mais revenonsà vous avant de revenir àcette fraternité du ciel et de laterre.52


Passion, oui ! défi, oui !mais encadréset réfléchisSi le temps est incertain,les avions IFR décollent les premierspour ajouter l’observationdirecte aux prévisions, car le rallyerécompense deux catégoriesde pilotes : ceux du vol à vue, etceux du vol aux instruments.Mais vous, passager, vous piloteou copilote, êtes-vous de cesprudents qui jamais ne s’aventureraient— et à raison — danscertaines conditions marginalesde brume, plafond ou front orageux? Sans malmener votresaine vocation de survivant, lerallye risque pourtant de vousaguerrir, mais juste d’un cran.Ainsi que les autres, vous allezcontinuer hardiment, et vaincreles difficultés en toute sécurité,sur la foi et la houlette desgrands frères professionnels.Certains semi-bizuths ont ainsibeaucoup appris. " Je l’ai fait !I did it ! " exclamation entenduesur tous les tons lors des débriefings*festifs. L’aventure n’implique-t-ellepas le défi, mêmedans cette compétition qui seveut bon enfant, presque familiale? Cependant, les organisateurset instructeurs d’encadrementrefusent le moindre risque,et toujours à raison. Quand lesconditions se firent délicatespour un pilote moyen, unDash 8, avion de ligne construitet aimablement prêté parBombardier Aéronautique, estvenu embarquer toute la tribuVFR renforcée de ses accompagnants.Ainsi a-t-elle rallié lesconfins du Labrador pourrépondre à l’invitation desIndiens innus : belle aventuredans l’aventure. Bombardierétait l’un des nombreux et prestigieuxpartenaires du rallye.Pour rester sur les cimes aéronautiques,citons égalementRolls Royce Canada.*Débriefing. Comment traduire ? Relisons Kessel : " Et l’on commençait ce quis’appelle en argot d’aviation “à expliquer le coup”, c’est-à-dire à commenterles vols… " L’analyse a posteriori du parcours et le décryptage des coups avecles organisateurs et les instructeurs étaient riches d’enseignements.53sportsetloisirs.ch


Welcomeet bienvenueCréation québécoise, lerallye veut se démarquer del’étiquette francophone. Cetteannée, les mordus des autresprovinces et des Etats-Unis formaientles deux tiers des effectifs.Par hommage à la majoritéanglophone du pays, le rallyeest même parti d’Ottawapour rallier immédiatementToronto, plus grande villecanadienne et capitale del’Ontario, mi-british par la culture,mi-américaine par l’architecture.Ajoutez un grand zested’humour non moins britishchez ses pilotes.Nouveau décollage aupetit matin, rapide boucleautour du quartier central desaffaires pour toiser les 410mètres de la tour du CanadianNational et le toit ouvrant dugigantesque skydome, puis capau Nord ! Le long du lac, l’agglomérations’étend sur 80kilomètres, mais elle est étroite.Très vite, l’urbanisation lecède à une nature qui seranotre univers pendant huitjours. Il n’est pas indifférentque l’un des partenaires du rallyesoit " Conservation de laNature " organisme canadien etquébécois lancé depuis quaranteannées dans l’acquisitionet la sauvegarde de vastes territoiresau sud de la BelleProvince. Vastes, mais presqueperdus dans cette immensitéque sa dimension mêmesemble défendre de la conquêtehumaine. L’avion n’en prendpas possession ; il se contentede la révéler à l’embrassementdu regard, et de sauter d’unepetite ville d’escale à la prochaine.Par sa beauté entrevue,sa vie à l’écart du monde, parses habitants toujours chaleureux,chacune mériterait votrevisite. L’itinéraire des pages 60à 66 propose un très rapide survol,alors qu’il vous faudraitatterrir, vous aussi. Fête pourles participants, disions-nous,fête également pour les habitantsdes localités hospitalières.Les avions y plongentchaque soir comme une voléed’étourneaux découvrant unnouvel arbre. Les officiels sontlà, les comités, les bénévoles,les sympathisants… tout unpetit monde animé d’une joiede l’accueil et d’une spontanéitédont nos longitudes blaséesse sont privées. La jeuneAmérique se révèle riche desélans de son âge.Action écologique exemplaireConservation de la Nature est unorganisme sans but lucratif. Enpartenariat avec les groupeslocaux et régionaux, ainsi que dessociétés privées et publiques, ils’efforce de préserver la diversitébiologique du Québec par la protectionde milieux naturels à grandevaleur écologique. Depuis1973, Conservation de la Nature aacquis au Québec plus de 100sites naturels, qui totalisent 8 334hectares et le désignent commepremier propriétaire de sites privésprotégés de la province. Sonrenom actuel reflète la grandequalité des interventions menéesdepuis 1974 avec les autoritésscientifiques.54


De sacrés personnagesPuisque nous en sommes àl’humain, parlons des participants,gens d’exception pourbeaucoup. Leur âge d’abord.Oubliez l’archétypal " 7 à 77ans" pour un plus réaliste, maistoujours panoramique " 16 à 77ans". Flanqué de son pèrecomme copilote, le petit dernier— 16 printemps — s’est mêmepayé le luxe d’un prix final, eten IFR, s’il vous plaît ! Quant àl’aîné, venu des Etats-Unis —en vol, évidemment ! — il pilotaitle plus gros hélico de l’armada.La personnalité ensuite !mais par qui commencer ?Prenons Gaston Lepage, acteurde cinéma et de télévision trèsconnu au Québec ; vous pouvezle voir dans Les InvasionsBarbares. De lui, Jean Genetaurait dit : " Un gars qui a de lagueule ", mais sans impliquerune gueule d’adonis. Le facièsde Gaston est un instrumenttrop fécond pour cette seulepalette expressive. Lors du rallye,il n’avait même pas à enjouer, tant sa bonhomie naturellele projetait avec chaleur à larencontre de chaque participantou, dès l’atterrissage, de chaquequémandeur d’autographe. Deplus, Gaston est un excellentpilote d’hydravion et d’hélico.Avec son hélico personnel, unjoli quadriplace Robinson R44,il " va voir les amis " dans ce territoiredémesuré.55sportsetloisirs.ch


De sacrés personnages (suite)Et puis, chaque fin de semaine,en compagnie de sa blonde— entendez sa femme — ilrejoint son camp — entendezson chalet — seule constructionau bord d’un lac inatteignableautrement. Tel est cepays si favorable à l’hélicoet l’hydravion. Combien debraves gens de classe moyenneamarrent-ils le soir, devantleur maison, l’hydravion familialcomme d’autres attachentle chien et rentrent la voitureau garage ?56


L’ami de Gaston Lepage, son frèrede beaucoup de vols, s’appelleNormand Dubé.Autre propriétairede R44 etNormand Dubéautre phénomène,il a construitson premier avion- un vrai ! - à l’âgede 16 ans.Depuis, ses ateliers,modestespar la dimension,mais ambitieuxpar les spécialisations,enont produit unepetite centaine :les Aerocruiser.Parlons encore de Paula et DonLounsbury, couple de fermiers qui aouvert sur ses terres d’Ontario sonpropre terrain d’aviation. Faut-il lepréciser ? tous deux sont pilotes, etmême pilote professionnel pourmadame. À leurs moments perdus,ils élèvent les poussins d’une racede volatiles en voie d’extinction : lesgrues blanches. La becquée ne suffisantpas, ils leur enseignent ensuitela migration, car aucun adulteemplumé n’est là pour imprégnerles mémoires vierges. Paula, Don etquelques autres, tant au Canadaqu’aux Etats-Unis, y suppléent parl’ULM. Cinquante petites journéesen tête du vol migrateur pour fairedécouvrir et mémoriser aux oiseauxleur villégiature hivernale : laFloride.sportsetloisirs.ch57


Dans notre galerie de fortes personnalités,impossible de mentionnertout le monde ! Alorsjuste la dernière romance pourThierry Pouille, venu dans sonbimoteur Baron B58 avec toutesa petite famille. Français émigrélui aussi en Floride, il s’estfait une spécialité de voler entête, non des grues, mais deflottes d’avions privés. Départsfréquents de Miami vers lesBahamas, les Caraïbes oul’Amérique Centrale. Amateursd’aventure, certes, mais d’aventurebien préparée, les piloteslui confient une organisationhaut de gamme. Beau métier !58Beau rallye aussi, et magnifiqueentreprise qui a conjugué troisdécouvertes. D’abord, l’étendueet la splendeur québécoisesrévélées par la lévitation aéronautique.Ensuite, les hommeset les femmes, tant participantsqu’invitants, dont chacun, danscette convivialité de paroxysme,inspirait un fantasmed’amitié à vie. Enfin, la découvertede soi-même… Oui, vousl’avez fait ! Oui, vous êtes arrivéau terrain de Drummondville,ultime étape du Rallye AérienInternational. Peut-être avezvousmême gagné un des prixgénéreusement dotés. Alors, àl’an prochain ? Trois modulesde quatre jours sont prévus.Inscription ouverte pour l’und’eux ou pour tous.La nature dans le sang.Sur les amis de rencontre, les sophisticationscitadines et culturelles ont surimpriméune empreinte de bonne compagnie,mais leur constitution profondetransparaît. Avocats, professeurs oumédecins, commerçants, industriels oupilotes professionnels, ils gardent uneattirance affirmée pour la forêt. Leurfor intérieur, mais aussi leur vigoureuseapparence semblent moulés par sagrandeur. Leur manière d’être projette larondeur simple et chaleureuse de l’hommedes bois qu’ils redeviennent chaquefin de semaine : bûcheron pour agrandirla cabane de rondins, pêcheur, chasseur,randonneur, campeur… et explorateuraéroporté.


Chaleureuse présentatricede télévision, Diane Royconduisait les interviewsd’un documentaire tournépendant tout le rallye parl’équipe du réalisateur JohnLovelace. L’émission" Wings over Canada ",le présentera à plus desoixante millions de téléspectateurscanadiens etaméricains. Diverses versionsseront reprises parles télévisions du monde.Quelques heures derépit, et nous partonsà la pêche… le plusrapidement dumonde. Le poissonse fait-il prier ? Dixminutes d’un nouveauvol conduisentà un autre lac, parmitous ceux que leredécollage révèleimmédiatement.59sportsetloisirs.ch


7000 kilomètres nautiquesLe kilomètre, vous connaissez,le mile nautique aussi ; mais lekilomètre nautique ? Nouvelleunité, nous la devons au lyrismed’un journaliste dont laplume voulait encenser lespilotes du rallye. Comprenezqu’ils ont parcouru un peumoins de 7000 kilomètres, euxmêmesmoins nautiques qu’aéronautiques.En voici les étapes.Rockliffe et le premiersiècle d’aviationPrès d’Ottawa, Rockliffe sedevait de célébrer le rallye.N’est-elle pas le sanctuairecanadien de l’aviation ? Leterme aviation est né françaissous la plume d’un certain LaLandelle, voici 140 ans déjà,mais le premier mode d'emploiest américain. Sans oublier lesursaut enfumé — 50 mètres dedistance, 20 centimètres d’altitude— du Français ClémentAder en 1890sur un avion àvapeur, il fautglorifier les frèresWilbur et OrvilleWright pour lavéritable premièreaérienne, uncertain 17 décembre1903, surune plage de Caroline du Nord.Fête nord-américaine, le RallyeAérien International ne pouvaitignorer cet anniversaire. C’esten hommage au premier siècled’aviation que les participantsse retrouvèrent dans un desplus beaux musées du mondeconsacrés à leur passion, celuide l’aéroport de Rockcliffe. Plusde 140 aéronefs historiquesconféraient la solennité derigueur. Entre les discours, l’excellentemusique des Cadets del’Air (venus spécialement) ajoutaitla note joyeuse.Guide du péripleMarkham et latechnologie de demainCapitale de la haute technologie,Markham accueille 800entreprises spécialisées. Ellerevendique même le titre officieuxde Silicone Valley canadienne.Tous les grands nomss’y retrouvent, mais dans unenvironnement qui sait préserverde vastes espaces vertset multiplier les événementssociaux et culturels. Il fait bonvivre à Markham. Amphitryondu rallye pour un dîner champêtre,l’Angus Glen Golf Clubjoue son rôle dans cette qualitéd’existence.sportsetloisirs.ch61


North Bay etla mise en jambesAmos. Grande natureet grande eauDéjà loin au Nord, dans le paysage trèssauvage d’un pays très accueillant, Amosest une petite ville poussée en 1910 surMichel PageauPetite ville sur un grand lac, elleponctue le second vol, relativementbref, simple mise enjambes (ou en ailes), mais renforcéedes pièges de navigationque propose une grande enveloppeattribuée à chaque équipage.D’autres enveloppes desecours donnent la solution auxnuls, afin que toute la voléerejoigne à temps le bercail dusoir. Que celui qui n’a jamaisouvert une enveloppe salvatriceleur jette la première pierre !les bords de la rivière Harricana : 500kilomètres de décors indomptés jusqu’àl’embouchure dans la Baie James. Lespassionnés de nature s’y retrouvent : randonnées,chasse et pêche l’été, randonnéeset motoneige l’hiver. Encore dans saphase débutante, l’organisation touristiquen’en est que plus agréable. Unpoint fort : le refuge Pageau, où MichelPageau " l’homme qui murmure àl’oreille des loups " recueille toutes sortesd’animaux orphelins ou blessés. Renducélèbre par plusieurs documentaires, lerefuge forestier met en place une archede Noé canadienne. A la beauté desloups, orignaux, ours, ratons laveurs…sans oublier le fleuve, la forêt et les lacs,Amos ajoute un trésor d’avenir : une desmeilleures réserves d’eau minérale duCanada.62


Radisson, Grand Nordet gigawattsNous sommes à 1000 kilomètresau nord de Montréal,mais encore à 1000 kilomètresdes confins polaires du Québec.Déjà rabougrie par les rigueursdu climat, la forêt boréale précèdela toundra. (Dernièreglace, le 11 juin, cette année).Radisson est un grand villagemonté en 1974 pour le " projetdu siècle " : le complexe hydroélectriqueLa Grande, en particulierla centrale Robert-Bourassa,plus vaste centrale souterrainedu monde, que les participantsne manquèrent pas devisiter. Taillée dans le roc etlongue d’un demi-kilomètre, lasalle abrite 16 groupes turbinealternateurd’un diamètre de 12mètres. Cette crypte cyclopéennene représente qu’un desgrains du chapelet hydro-électriqueétendu sur 800 km. Luimêmetaillé dans le roc, ledéversoir de crues forme unescalier également cyclopéendont nous avons gravi chaquemarche, mais en hélicoptère.L’immense complexe fournitnon seulement le Québec, maiscertains Etats de Nouvelle-Angleterre. Ogre électrophage,l’Oncle Sam en est donc tributairepour chauffer sa bouillotteélectrique. Quand l’ensemblesera terminé (en 2010), sa capacitéatteindra 20 fois celle dufameux barrage Hoover sur leColorado.Guide du péripleÀ sa vocation énergétique,cette porte du Grand Nord ajoutela touristique, mais pour untourisme aventureux où lecanoë, la motoneige, l’hydravionet le traîneau doiventseconder les jarrets amateurs degrand large terrestre.Chibougamau, au paysdes bûcheronsAutour du lac et de la ville, l’habituelparadis des randonneurs,pêcheurs et chasseurs. Commeune bonne moitié du Canada,Chibougamau est située sur lazone géologique du Bouclier,riche de tous les minéraux possibles.Elle exploite donc plusieursmines, mais l’industrieforestière prédomine. Les virilsconcours de bûcherons entémoignent. La ville est lecentre de gravité d’un vaste territoireoù vivent plusieurs communautésamérindiennes.Baie-Comeau. Noces de l’ourset de la baleineDevenue incertaine, la météo acontrarié notre visite de la villede Baie-Comeau surl’estuaire du Saint-Laurent, large à cetendroit comme unemer. Dommage, carc’est un pays à l’hospitalitélégendaire. ÀBaie-Comeau, vouspratiquerez le kayakde mer, et tiendrezconversation avec lesours, les loups, et tousles animaux du ParcBoréal. Ajoutons lesbaleines, dont leSaint-Laurent formeun vrai palais descongrès.sportsetloisirs.ch63


Et tout ce que nousn’avons pas vu !L’aviation est certes le moyen inégalabled’une découverte d'ensemble.Cependant, si l’émerveillement nese conclut pas au sol, elle peut s’assimilerau supplice de Tantale.Combien de régions merveilleusesavons-nous survolées, qui demandentun autre voyage, lui terrestre ?Ainsi la magnifique Côte-Nord duSaint-Laurent. Vu d’avion, l’invraisemblableentrelacs d’îles, de caps etde baies forme un tableau surréaliste,mais au sol, il révèle une mine decoins superbes dans une nature miterrestre, mi maritime, immense etsauvage. Même frustration pour lapresqu’île de la Gaspésie, pour lefjord, les montagnes sauvages, lespetits ports d’artistes du Charlevoix,pour le Bas-Saint-Laurent et quesais-je encore. Le régal aérien devraiten précéder un second : celui d’unedécouverte par le détail des vingtrégions du Québec. L’organismeTourisme Québec vous guidera.Tourisme Québecwww.bonjourquebec.comRallye Aérien Internationalwww.airrally.comInformation sur les voyages etvacances en hydravionctobenas@airrally.comAir TransatVieux réflexe d’habitué duvoyage, nous avons privilégiéune compagnie du pays pourl’approche transatlantique :Air Transat, spécialiste desvacances. L’amical serviceà bord de l’Airbus A-330semble présager l’accueilque les Canadiens vousréservent là-bas.66

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