La filière chimie, plastique et caoutchouc - Valotech

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La filière chimie, plastique et caoutchouc - Valotech

Bilan scientifique et technologique 2004Perspectives pour le développement cohérentdes entreprises innovantes de la MontérégieLa filière chimie,plastique et caoutchoucRapport présenté au comité aviseur par Valotech Inc.et préparé pour le compte de Valotech et de ses partenaires parM. Albert Juneau, consultant


REMERCIEMENTSValotech tient à remercier les membres du comité aviseur :Béliveau, Claude . . . . . . . . . Ministère du Développement économique et régional et de la RechercheCaron, Jean . . . . . . . . . . . . . Développement économique CanadaCoulombe, Guy . . . . . . . . . . Ministère du Développement économique et régional et de la RechercheFortier, JeanGagnon, Jocelyn . . . . . . . . . Développement économique LongueuilGougeon, Mireille . . . . . . . . Ministère du Développement économique et régional et de la RechercheGravel, Gilles . . . . . . . . . . . . AMETVSJacques, Jean-Marc . . . . . . . Ministère des Affaires municipales, du Sport et du LoisirLacroix, Louis . . . . . . . . . . . Conseil régional de développement de la MontérégieLeroux, André . . . . . . . . . . . Noveko inc.Martel, Jean-Louis . . . . . . . . Université de SherbrookeNoodelman, Jack . . . . . . . . . Développement économique CanadaParis, Jean-Guy . . . . . . . . . . Banque Nationale du CanadaSabourin, Patrick . . . . . . . . . Conseil de développement du bioalimentaire de la MontérégieTimmons, Denis . . . . . . . . . . Emploi-Québec MontérégieLe projet est rendu possible grâce au soutien financier de :Ainsi que :Conseil régional de développement de la Montérégie(maintenant remplacé par les trois conférences régionales des élus)Conférence régionale des élus de LongueuilConférence régionale des élus de la Montérégie EstConférence régionale des élus de la Montérégie OuestDéveloppement économique Longueuil (DEL)Emploi-Québec MontérégieUniversité de SherbrookeValotech remercie les dirigeants d’entreprises qui ont répondu à nos interviewers.


TABLE DES MATIÈRESINTRODUCTION : LE CADRE D'ANALYSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .31. STRUCTURE DE LA FILIERE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42. PERFORMANCE ET POSITIONNEMENT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .193. PORTRAIT DU SYSTEME D'INNOVATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .254. PISTES D'ACTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43


INTRODUCTION : LE CADRE D’ANALYSELe Bilan technologique repose sur deux concepts fondamentaux qui se rejoignent: l’innovationtechnologique et les clusters. Le premier a donné naissance à la notion de système d’innovation,qui fut appliquée tout d’abord au niveau national et, plus récemment, aux secteurs industriels etaux régions. Le second peut être vu comme un système d’innovation réduit à l’échelle d’unsecteur ou de plusieurs secteurs industriels. Le présent bilan porte sur une réalité régionale, laMontérégie, et sur les clusters ou groupes industriels qui la caractérisent.Le cadre d’analyse repose sur quatre composantes qu’illustre le schéma ci-dessous. Le portrait del’innovation est complété par une analyse de la structure de la filière, de sa performance etpositionnement ainsi que par des pistes d’action. L’étude porte sur la Montérégie, mais enprenant en considération son appartenance à la région métropolitaine de Montréal.STRUCTURE DESFILIÈRESPERFORMANCE ETPOSITIONNEMENTPISTESD’ACTIONPORTRAIT DU SYSTÈME D’INNOVATIONCette approche globale permettra aux agents économiques de la région de situer leursinterventions en matière d’innovation en regard de la situation générale qui prévaut dans chacunedes filières. On peut dire par exemple que la conjoncture nord-américaine et mondiale actuelleexerce une forte pression sur plusieurs secteurs d’activité et, qu’en conséquence, l’innovationconstitue une voie privilégiée et urgente pour améliorer la compétitivité et le positionnement desentreprises.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant3


1. STRUCTURE DE LA FILIÈREL’industrie chimique, du plastique et du caoutchouc constitue un cluster stratégique. Il estconsidéré comme un secteur de base en raison de sa forte capacité de diffusion de l’innovationdans les autres industries. Son importance au Québec et en Montérégie tient aussi au fait qu’il estrelié à la fabrication de produits énergétiques, notamment les produits pétroliers et gaziers, quioccupent une place névralgique dans l’économie d’aujourd’hui. Ce premier chapitre abordera lesdeux points suivants :• Caractéristiques du cluster• Relations interindustrielles et la proximité1.1 CARACTÉRISTIQUES DU CLUSTERCette filière comprend quatre groupesd’industries :• Les produits du pétrole et du charbon (324)• Les produits chimiques (325)• Les produits en plastique (326)• Les produits en caoutchouc (327)Trois aspects sont abordés :• Le cluster au Québec, en Montérégie et dans le Grand Montréal• Les industries dominantes en Montérégie• La taille et la localisation des établissements.1.1.1 Québec, Montérégie et Grand MontréalAu Québec : 34 334 emplois et 848 entreprises. Au 5 e rang des filières de la fabrication avec9 % de l’emploi manufacturier total de la province.En Montérégie : fortement représentée avec 29 % des emplois et 26 % des établissements del’ensemble du Québec. La filière constitue 14 % de l’emploi manufacturier de la Montérégie.Elle occupe un poids significatif dans trois des quatre industries (produits chimiques, plastiqueset caoutchouc).Grande région de Montréal : fortement représenté avec 69 % des emplois du Québec dugroupe chimie, plastique et caoutchouc. C’est plus que la part de l’emploi manufacturier de laMontérégie par rapport au Québec, qui est de 60,8 %.Nombre d’établissements : masse critique en Montérégie dans les produits chimiques(116 établissements ou 31 % du Québec) et les produits en plastique et en caoutchouc(93 établissements ou 24 % du Québec).© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant4


La composition du clusterAu premier stade se trouve la fabrication de produits du pétrole et du charbon qui comprend troistypes d’activité :Composition de l’industrie de la fabrication de produits du pétrole et du charbon• Raffinage du pétrole• Fabrication d’asphalte, de papier-toiture asphalté et de matériaux imprégné d’asphalte• Fabrication d’autres produits du pétrole et du charbonCette industrie s’alimente essentiellement du pétrole et du gaz naturel, deux richesses naturellesimportées. Les raffineries jouent un rôle central dans cette industrie car elles alimentent lesentreprises de produits chimiques, notamment les usines pétrochimiques qui fournissent à leurtour des matières premières à d’autres établissements des sous-secteurs du plastique et ducaoutchouc. Elles fournissent peu d’emplois, quelque 1 550, soit 5 % du total de la filière. Cetteindustrie est constituée de quelques grandes entreprises, concentrées essentiellement dans lesusines pétrochimiques.La deuxième industrie est formée des produits chimiques qui comprennent sept groupes :Composition de l’industrie de la fabrication de produits chimiques• Produits chimiques de base (dont la pétrochimie)• Résines, caoutchouc synthétique et fibres et filaments artificiels et synthétiques• Pesticides, engrais et autres produits chimiques agricoles• Produits pharmaceutiques et médicaments• Peintures et revêtements et adhésifs• Savons, détachants et produits de toilette• Autres produits chimiquesLes produits chimiques occupent une place majeure car elles fournissent une partie des matièrespremières que requièrent les secteurs des plastiques et du caoutchouc. Ils comptent le plusnombre d’établissements, 391, et 12 537 emplois : c’est 46 % des établissements et 37 % desemplois de l’ensemble de la filière.Les industries du plastiques et du caoutchouc ferment la chaîne de la filière avec un total de 394établissements et 21 247 emplois. Mais ce sont les produits en plastiques qui dominent la filièreavec 334 établissements et 15 728 emplois. C’est respectivement 40 % et 46 % par rapport à latotalité de la filière. Les secteurs plastiques et caoutchouc sont organisés autour d’un grandnombre de PME. Les produits en plastiques comprennent sept groupes :© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant6


Composition de l’industrie de la fabrication de produits en plastique• Matériel d’emballage et de pellicules et feuilles non stratifiées en plastique• Tuyaux, raccords de tuyauterie et de profilés non stratifiés en plastique• Plaques, feuilles (sauf d’emballage) et de formes stratifiées en plastique• Produits en mousse de polystyrène• Produits en mousse de d’uréthane et en d’autres mousses plastiques (sauf de polystyrène)• Bouteilles en plastique• Autres produits en plastiquesLe sous-secteur du caoutchouc est composé de trois groupes :Composition de l’industrie de la fabrication de produits en caoutchouc• Pneus• Tuyaux souples et courroies en caoutchouc et en plastique• Autres produits en caoutchoucLa filière chimie, plastique, caoutchouc est très présente dans la Montérégie. Il y a d’abord lesproduits chimiques, dans lesquels on retrouve les usines pétrochimiques de Varennes. LaMontérégie fournit 32 % (4046) des emplois de cette industrie et 30 % (30) des établissementsLa région se classe bien également dans les produits en plastique avec 24 % des emplois del’industrie et 25 % des établissements. Il en de même dans les produits en caoutchouc où laMontérégie compte 18 % des établissements de cette industrie et 34 % des emplois. Toutefois,cette industrie comprend seulement 11 entreprises. Il y en a 60 dans l’ensemble du Québec. C’estune industrie fortement représentée dans l’Estrie. La performance de la Montérégie est plusdiscrète dans les produits du pétrole et du charbon où elle fournit 17 % des établissements maisseulement 1 % des emplois.Les industries les plus importantes en MontérégieVoici les industries les plus importantes en Montérégie dans les groupes qui composent le clusterchimie, plastique et caoutchouc.• Dans les produits chimiques : la Montérégie joue un rôle important puisque quatre des cinqindustries qui composent ce groupe y sont fortement représentées. Ces quatre industriestotalisent 83 % des emplois en 1999 pour l’ensemble du Québec (voir le tableau ci-dessous).La part de l’emploi de la Montérégie dans ces industries varie entre 58 % et 32 %.• Dans les produits en plastique, la Montérégie occupe ici aussi une place importante puisque sapart de l’emploi varie de 25 % à 50 % dans quatre des six industries, qui représentent 84 % del’emploi total du Québec en 1999.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant7


• Dans les produits en caoutchouc, nous ne disposons pas de données sur le poids desentreprises montérégiennes dans le Québec.TABLEAU 3Poids de la Montérégie dans les sous-filières de la filière chimie, plastiques et caoutchouc, 1999.IndustriesSous-filièresNombred’établis.MontérégieNombred’emploisMontérégiePart desemploisMontérégie/Québec en %Produits chimiquesProduits chimiques de base 24 1 150 58Résines, pesticides, engrais… 32 466 32Nettoyants 22 751 40Autres produits 20 1 064 43Produits en plastiqueMatériel d’emballage 14 732 25Mousse de polystyrène 7 367 45Autres produits 48 1 901 22Reste 7 466 50Produits encaoutchoucAutomobile 3Tuyaux et courroies 4Pièces moulées 4Autres 7Source : Source: Statistiques principales selon le quartile d'expéditions des produits de propre fabrication, par groupe et classe du SCIAN, Québec, 19991.1.3 La taille et la localisation des établissementsLa taille et la localisation varient fortement d’une composante à l’autre de la filière chimie,plastique et caoutchouc.La taillePar rapport à l’ensemble des industries de fabrication, c’est une filière où il y a plus de grandesentreprises, notamment dans les produits du pétrole et du charbon. Il y en a moins dans lesproduits chimiques et dans les produits en plastique et en caoutchouc. Les données sont de 1999et portent sur la Montérégie. 11 Institut de la statistique du Québec, Évolution de certaines variables des PME et des grandes entreprises, parrégion administrative et par sous-secteur du SCIAN, Québec, 1997-1999.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant8


• Produits du pétrole et du charbon : 8 des 11 (73 %) établissements sont de grandes entreprises.C’est tout près de la moyenne du Québec pour cette industrie.• Produits chimiques : 58 % des établissements sont des PME qui fournissent 31 % des emploiset 26 % de la valeur ajoutée. Les grandes entreprises jouent donc un rôle important. Laproportion des grandes entreprises est légèrement plus élevée en Montérégie que dans leQuébec.• Produits en plastique : Selon le comité sectoriel de main-d’œuvre (PlastiCompétences), laforte majorité des entreprises est formée de PME (les données de Statistique Canadaregroupent le plastique et le caoutchouc).• Produits en caoutchouc. Selon les données du MDERR, la propriété est très concentrée dansl’industrie des produits en caoutchouc où environ la moitié de la valeur ajoutée provient d’unedizaine d’entreprises dont la presque totalité est étrangère. Les entreprises canadiennes sontplus petites et occupent des créneaux spécialisés.• La proportion des PME pour l’ensemble des industries manufacturières de la Montérégie estde 78 % : elle correspond à celle observée dans les produits en plastique et en caoutchouc(79 %) et mais elle est plus élevée que celle notée dans les produits chimiques (57 %) et dansles produits du pétrole et du charbon (27 %).La localisationLes établissements sont fortement concentrés dans la Montérégie EST et dans la MRC deChamplain. On observe également que la répartition entre les sous-régions de la Montérégie est àpeu près la même pour ce qui est des produits chimiques et des produits en plastique et encaoutchouc. On peut y voir un effet de l’attraction industrielle en général et aussi del’interdépendance entre les produits chimiques et les produits en plastique et en caoutchouc. Sitel est le cas, la concentration pourrait contribuer à renforcer le caractère de cluster.TABLEAU 4Filière chimie, plastique et caoutchouc, nombre d’établissements (2002)Produits du pétrole Produits chimiques Produits en plastiqueet du charbonet en caoutchouc TOTALNombre % Nombre % Nombre % Nombre %Montérégie est 11 65 144 55 139 63 294 59Montérégie ouest 3 18 69 27 45 21 117 24MRC Champlain 3 18 47 18 35 16 85 17TOTAL 17 100 260 100 219 100 496 100Source : Emploi Québec : Répartition des établissements en Montérégie, septembre 2002.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant9


On remarque la même tendance dans les enquêtes faites par les comités sectoriels de la maind’œuvredes industries du plastique (PlastiCompétences) et des industries du caoutchouc. Lesdeux tableaux ci-dessous font état des résultats. Les limites de la ville de Longueuil sont cellesde DEL. On note une forte concentration de 15 établissements deproduits en plastique dans la ville de Granby.TABLEAU 5Nombre d’établissement dans l’industrie desproduits en caoutchouc selon les sous-régionsde la Montérégie, 2002Produits encaoutchoucN. %Montérégie est 18 78Montérégie ouest 2 13Longueuil 3 9TOTAL 23 100Source : Comité sectoriel de la main-d’œuvre de l’industriedu caoutchouc du QuébecTABLEAU 6Nombre d’établissement dans l’industrie desproduits en plastique selon les sous-régions dela Montérégie, 2002Produits enplastiqueN. %Montérégie est 48 55Montérégie ouest 14 15Longueuil 26 30TOTAL 88 100Source : PlastiCompétences, le Comité sectoriel de la maind’œuvrede l’industrie du plastique du Québec.1.2 RELATIONS INTERINDUSTRIELLES ET PROXIMITÉLes relations interindustrielles et la proximité jouent un rôle déterminant dans la formation d’uncluster. L’intensité et l’ampleur des liens entre les industries varient d’un secteur à l’autre. Cephénomène a des conséquences majeures en ce qui touche l’innovation, les secteurs ayant unegrande capacité de diffusion pouvant influer sur plusieurs industries. Deux aspects sontabordés dans cette section :• Le tableau d’ensemble du cluster• Le rôle stratégique de la production intégrée (raffinage-pétrochimie).1.2.1 Un tableau d’ensembleLe premier schéma ci-dessous montre que l’industrie chimique est reliée à au moins dix secteursde l’économie, dont quatre reliés aux ressources naturelles et six à des biens manufacturiers.Considérées comme des fournisseurs par les industries en aval, les entreprises de produitschimiques jouent un rôle déterminant non seulement comme source de matière première et aussicomme source d’innovation.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant10


SCHÉMA 1 : LES LIENS DE L’INDUSTRIE CHIMIQUE AVEC LES AUTRESINDUSTRIESPétroleet gazForêt, bois etpapierProduitsélectriques etélectroniquesConstructionINDUSTRIECHIMIQUEÉquipementsde transportRessourcesnaturellesBiensAgricultureMines, métaux etmineraisTextiles etvêtementsAlimentset boissonsPlastiques etcaoutchoucSource : Adaptation d’une présentation de l’Association canadienne des fabricants de produits chimiquesL’industrie des produits chimiques exclut la fabrication de produits pharmaceutiques et demédicaments (3254-SCIAN) qui sont classés dans la filière des sciences de la vie. À noterégalement que la pétrochimie est exclue des produits chimiques de base puisqu’elle a été abordéedans le couple raffinage et pétrochimie. Elle est toutefois incluse dans plusieurs donnéesstatistiques portant sur l’ensemble des produits chimiques.Outre la pétrochimie, qui joue un rôle important dans l’approvisionnement de certains groupesindustriels, il y a aussi les fabricants de résines, qui fournissent la matière à quelques industries.Les résines de base sont employées généralement dans les industries en aval comme les matièresplastiques, la peinture et des adhésifs. La majorité des grandes entreprises en opérationappartiennent à des multinationales américaines ou européennes. NOVA Chemicals est unecelle-là. Pétromont est aussi un des gros producteurs de résine au Canada.Il n’y a pas de données sur les relations interentreprises de l’industrie des produits chimiquesconcernant le Québec ou la Montérégie. On sait qu’elles s’approvisionnent en produitschimiques de base, issus de la pétrochimie, des gaz naturels, des teintures et pigmentssynthétiques et autres. Mais on ignore dans quelle proportion elles sont alimentées par desentreprises québécoises. On observe par ailleurs une tendance chez les grandes entreprises à© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant11


intégrer la production en amont. Par exemple, les gros fabricants de peinture sont portés àintégrer la production de résines.Selon l’enquête de Réjean Landry et Nabil Amara sur les industries des produits chimiques, enplastique et en caoutchouc, 57,8 % des entreprises achètent leurs fournitures dans un rayon demoins de 100 km et 12,89 % aux États-Unis, alors que les pourcentages pour l’ensemble dusecteur manufacturier sont respectivement de 68,03 % et 7,82 %. Les écarts sont de mêmeampleur en ce qui touche les ventes. De fait, cette filière est une des plus ouvertes (en dehors duQuébec) en termes d’échanges commerciaux.TABLEAU 7Répartition des achats des entreprises en % moyen, par cluster, Montérégie, enquête 2004.ClustersProduits chimiques, enplastique, en caoutchoucDans unrayon de 100kmAilleursauQuébecAilleurs auCanadaAuxÉtats-UnisAilleursdans lemondeTOTAL57,80 15,54 10,00 12,89 3,68 100,00TOTAL (industries manuf.) 68,03 15,12 6,50 7,82 2,53 100,00Source : Réjean Landry et Nabil Amara, Bilan scientifique et technologique 2004, Identification des filières dynamiques.TABLEAU 8Répartition des ventes des entreprises en % moyen, par cluster, Montérégie, enquête 2004.ClustersDans unrayon de 100kmAilleurs auQuébecAilleurs auCanadaAuxÉtats-UnisAilleursdans lemondeTOTALProduits chimiques, enplastique et en caoutchouc53,14 18,11 11,04 12,23 5,47 100,00TOTAL (industries manuf.) 63,11 16,54 7,77 9,57 3,01 100,00Source : Réjean Landry et Nabil Amara, Bilan scientifique et technologique 2004, Identification des filières dynamiques.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant12


SCHÉMA 2 : LA FILIÈRE CHIMIE, PLASTIQUE ET CAOUTCHOUC, QUÉBEC ETMONTÉRÉGIE, 1999Pétroleet gaz naturel(importés)63 établissementsMontérégie : 11INDUSTRIE DU PÉTROLE ETDU CHARBON1559 emploisMontérégie : 45391 établissementsMontérégie : 116PRODUITS CHIMIQUES12 537 emploisMontérégie : 4 046Autres produits chimiquesRaffineries de pétroleIntégration raffinage et pétrochimieUsines pétrochimiques60 établissementsMontérégie : 11PRODUITS ENCAOUTCHOUC5 510 emploisMontérégie : 1 842Liens stratégiquesLiens fonctionnels334 établissementsMontérégie : 82PRODUITS ENPLASTIQUE15 728 emploisMontérégie : 3 853Produits prédominants entermes d’emploisProduction intégréeSource : Statistiques principales selon le quartile d’expéditions des produits de propre fabrication, par groupe et classe duSCIAN, Québec, 1999Développement économique et régional et recherche, Québec : L’industrie pétrochimique québécoise, Portrait industriel,février 2003.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant13


1.2.2 Le rôle stratégique de la production intégréeCette filière pourrait être considérée comme fortement intégrée en raison de l’interdépendancedes industries qui la composent aussi bien pour l’approvisionnement que pour l’introductiond’innovations. Plusieurs étapes de transformation sont nécessaires pour obtenir un produit fini àpartir du pétrole ou du gaz naturel. Chaque étape est généralement prise en charge par une usineen particulier. Toutefois, les contraintes du marché et la nécessité de réduire les coûts amènentles fabricants à concentrer les opérations dans des usines de grande taille et de plus en plusintégrées, i.e. qui maîtrisent deux étapes et plus de production.Au sens strict, la production intégrée concerne essentiellement le raffinage et la pétrochimie. Lesgrandes entreprises fonctionnent sur une mode d’intégration physique. Elles sont situées prèsl’une de l’autre et sont approvisionnées par pipeline ou par train suivant des contrats à plus oumoins long terme. L’interdépendance est fonctionnelle et géographique (voir le schéma de lapage suivante).Les produits du pétrole proviennent entre autres du raffinage. Les produits des raffineriesconstituent par la suite une matière première pour les produits chimiques, notamment lapétrochimie, qui à leur tour alimentent d’autres produits chimiques, les produits en plastique eten caoutchouc. Les produits chimiques comme la résine approvisionnent les produits enplastique et en caoutchouc.SCHÉMA 3 : LA PRODUCTION INTÉGRÉE DANS L’INDUSTRIE CHIMIQUE AUQUÉBECPétrole et gaz naturel(importés)INDUSTRIE DU PÉTROLE ETDU CHARBONPRODUITS CHIMIQUESAutres produits chimiquesRaffineries depétrole• Shell• Pétro Canada• UltramarRaffinage et pétrochimie : 3 000 emploisIndustrie pétrochimique20 entreprisesSource : Statistiques principales selon le quartile d’expéditions des produits de propre fabrication, par groupe et classe duSCIAN, Québec, 1999Développement économique et régional et recherche, Québec : L’industrie pétrochimique québécoise, Portrait industriel,février 2003.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant14


La plupart de ces industries font partie d’une longue chaîne de transformation dont le point dedépart est constitué de deux ressources naturelles, le pétrole et le gaz naturel, que le Québecimporte en presque totalité. Le pétrole et le gaz sont transformés, notamment par des raffineriesdont les produits (le méthane, l’éthane, les liquides de gaz naturel (propane et butane), le naphte,les distillats, les condensats et les concentrés) alimentent les entreprises de produits chimiques,en particulier les usines pétrochimiques qui fournissent à leur tour des matières premières àd’autres établissements des sous-secteurs du plastique et du caoutchouc.Le Québec compte 63 établissements des produits du pétrole et du charbon qui fournissent 1550emplois, soit 5 % du total de la filière chimie, plastique, caoutchouc. Les raffineries de pétrolereprésentent une grande part de ces emplois.Au plus fort de son expansion dans les années 70, l’industrie pétrochimique québécoise avait unetaille plus grande en raison de la présence à Montréal de six raffineries qui assuraient sonapprovisionnement. Mais la fermeture de quatre d’entre elles entre 1982 et 1986 a diminué lasynergie en rendant les entreprises pétrochimiques beaucoup plus dépendantes del’approvisionnement extérieur. Aujourd’hui le duo raffinage et pétrochimie comprend troisraffineries et de 17 entreprises pétrochimiques qui totalisent 3 000 emplois. Deux des troisraffineries sont situées sur l’Ile de Montréal : Shell et Petro-Canada. Ultramar est à Lévis. Laproduction de ces raffineries est en équilibre avec la demande québécoise, bien qu’elle soitexcédentaire lorsqu’elle atteint sa pleine capacité.La valeur des livraisons se chiffraient à 1,75 milliards de dollars. Plus de 80 % des produitspétrochimiques (les produits du raffinage sont exclus) sont destinés à l’exportation, dont 86 %aux États-Unis.Il faut donc retenir que ces raffineries jouent un rôle de premier plan dans l’ensemble de la filièreet de sa chaîne d’innovation. L’industrie pétrochimique québécoise illustre cette situation : ellecomprend une production intégrée et une production non intégrée.IndustriepétrochimiqueProduction intégréeProduction non intégrée• Oléfines• AromatiquesLa production intégrée est réalisée par des entreprises qui possèdent cette double caractéristiquede s’alimenter les unes les autres et d’être situées à proximité. Plus spécifiquement, les troisraffineries du Québec fournissent jusqu’à 40 % des matières premières aux usinespétrochimiques de Montréal-Est et de Varennes. Elles sont interdépendantes les unes des autreset s’approvisionnent par des pipelines ou des trains spécialisés. La production intégrée toucheune dizaine d’entreprises qui sont spécialisées dans les deux sous-filières : les oléfines et lesaromatiques.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant15


L’industrie pétrochimique se décompose en deux sous-filières :• les oléfines : éthylène, propylène et butylène ;• les aromatiques : benzène, toluène et xylène.La production intégrée d’oléfinesLa production intégrée l’oléfines repose essentiellement sur six joueurs, dont deux enMontérégie : trois raffineries, les deux usines de Pétromont (Montréal-Est et Varennes) et l’usinede Basell à Varennes. Pétromont est l’entreprise clé. C’est une société en commandite formée deDow Chemical et de la Société générale de financement (SGF). Pétromont fabrique des produitspétrochimiques de base à l’usine de Varennes, tels que l’éthylène ainsi que plusieurscoproduits comme le propylène, le mélange de C4 (butadiène/butylène), des huiles lourdes, desdioléfines, des aromatiques et es gaz industriels (incluant l’hydrogène).Les raffineries constituent une composante majeure de la production intégrée car ellesapprovisionnent Pétromont en charge d’alimentation pétrochimique. L’approvisionnement sefait par pipeline, ce qui contribue à réduire les coûts de transport. C’est pourquoi d’ailleursl’industrie pétrochimique voisine souvent l’industrie du raffinage. Pétromont complète sesbesoins en naphte et en distillats en les important par bateau. Quant aux liquides de gaz naturel,ils sont importés de Sarnia en Ontario par wagons-citernes.L’usine de Pétromont à Varennes produit de l’éthylène, une matière première qui est envoyée àl’usine de Montréal-Est pour la fabrication de polyéthylène à haute densité. De plus, une partiede l’éthylène et du propylène de l’usine de Varennes est acheminée à l’usine de Basell pour laproduction de copolymère et d’homopolymères de polypropylène. Basell est une filiale conjointede BASF et de Shell.La production intégrée d’aromatiques (330 emplois ?)Les principaux joueurs de la production intégrée d’aromatiques sont Pétrochimique Coastal, quifabrique sur benzène et paraxylène), Interquisa Canada, une filiale du groupe espagnol CEPSA,qui produit de l’acide téréphtalique purifié) et Pétro Canada, avec son usine de benzène, toluèneet xylène. Les opérations pétrochimiques de Pétro Canada sont intégrées à sa raffinerie. Cetteentreprise fournit à Coastal une partie du xylène dont elle a besoin pour exploiter son unité deparaxylène. Coatal s’approvisionne également en xylène et en toluène de sa raffinerie de EaglePoint au New Jersey. Coastal avait cessé provisoirement ses opérations en 1998 mais les areprises avec l’implantation récente en 2003 de Interquisa. Coastal fournit à Interquisa duparaxylène qui lui est acheminé par pipeline.Interquisa contribue à son tour à la consolidation d’autres entreprises. Il y a tout d’abord PTTPoly Canada, une usine de polytriméthylène téréphthalate (PTT) installée à Montréal-Est depuisjuin 2002, qui utilisera une partie de la production d’Interquisa. Il y a aussi Petresa Canada, unefiliale du groupe CEPSA qui est établi au Québec, à Bécancour, depuis 1995. Cette usine est lapremière au monde à faire l’emploi d’un nouveau procédé de fabrication (CEPSA-UOP DETAL)© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant16


d’alkylbenzène, qui entre dans la fabrication de détergents. Elle s’approvisionne en benzène dePétro Canada et contribue ainsi à accroître la transformation de matière première au Québec.Jusqu’à maintenant, la filière des aromatiques a fourni moins d’emplois que celle des oléfines,mais elle a attiré des investissements de plus d’un milliard de dollars au cours des dernièresannées, notamment :• PTT Poly Canada : construction d'une usine de classe mondiale de polytriméthylènetéréphtalate (PTT) à Montréal (173 M$)• Interquisa Canada : construction d'une usine d'acide téréphtalique purifié (ATP) (700 M$)• Pétrochimie Coastal : projet conjoint pour le redémarrage de l'unité de paraxylène deMontréal-Est (100 M$)• Borden Chemical : construction d'une usine de résine urée-formaldéhyde à Saint-Romuald(50 M$)La production non intégrée (880 emplois ?)Les entreprises associées à la production non intégrée s’approvisionnent en matières premièresprovenant de l’extérieur du Québec. Ce sont généralement des filiales de multinationalescanadiennes, américaines et européennes. Elles fournissent au total quelque 880 emplois. Letableau ci-dessous présente les seize principales entreprises impliquées dans ce type deproduction.TABLEAU 9Principales entreprises associées à la production non intégrée de l’industrie pétrochimique duQuébec, Nombre d’emplois, 2003Nova 40 ARC Résines Corp. 37Solutia inc. 97 Borden Chemical (St-Romuald) 19Dow Chemical Canada 135 Recochem 150Neste Chemicals 60 Uniboard 19Huntsman Canada 38 Styrochem 36Demilec inc. 24 Plyone 49Borden ltée 43 Tembec 36ARC Résines Corp 60 Nacan 36Les produits chimiques et polymères issus de ces deux filières sont utilisés dans un grandnombre de domaines qu’illustre le schéma ci-dessous.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant17


SCHÉMA 4 : La production intégrée de l’industrie pétrochimique du Québec :les oléfines et les aromatiquesPRODUCTION DES OLÉFINESRaffineriesTransformationPétroCanadaShellUltramar(St-Romuald)PipelineTrainTrainPétromont(Varennes)(210employés)PipelineBasell(Varennes)(260 employés)Liquides degaz naturel(Sarnia)Pétromont(MTL-Est)(230 employés)PRODUCTION DES AROMATIQUESRaffineriesTransformationPétroCanada(Montréal-EstRaffinage etpétrochimieintégrée dans lamême usinePétro CanadaOpérationspétrochimiquesPetresa(Bécancour)(63)Shell(Montréal-Est)CoastalParaxylène(80)PipelineInterquisa(Montréal Est)(140)Coastal(Xylène)(Eagle Point, New Jersey)BateauPTT Poly Canada(Montréal-Est)(49): Approvisionnement par des entreprises situées à proximité ou au Québec: Approvisionnement par des entreprises situées à l’extérieur du Québec.: Usines de transformation© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant18


2. PERFORMANCE ET POSITIONNEMENTBien que les industries qui composent cette filière soient fortement interreliées, chacune affrontedes défis particuliers. Leurs perspectives de croissance divergent, au moins partiellement. Ellespartagent toutefois des enjeux communs, notamment en ce qui concerne l’énergie,l’environnement et les matériaux avancés. Quatre points sont traités :• Productivité et perspectives d’emploi• L’industrie chimique• Les produits en plastique• Les produits en caoutchoucLes obstacles liés à la hausse du dollar sont traités dans le rapport synthèse. 22.1 PRODUCTIVITÉ ET PERSPECTIVES D’EMPLOILa filière chimie, plastique et caoutchouc forme une sorte de composite dont les élémentspossèdent des attributs différents. On le constate à l’examen de la productivité et desperspectives d’emploi. Le graphique ci-dessous montre que le ratio de productivité du Québecpar rapport à l’Ontario est de 79,7 pour les produits chimiques et de 94,3 pour les produits enplastique et en caoutchouc.GRAPHIQUE 1Ratio Québec/Ontario de la productivité des industries manufacturières, 1999Produits minéraux non m.Matériel de transportProduits chimiquesAlimentsBoissons et prod. tabacMeubles et produits con.MachinesProduits métalliquesPétrole et charbonProduits en coaout et plast.Produits en cuir et anal.Maté., app. et comp. élect.74,576,879,779,784,586,789,490,992,994,39598,10 20 40 60 80 100 120RatioSource: MDERR, Jules Dufort, Direction de l'analyse des relations économiques extérieures, mai 20042 Albert Juneau, Bilan scientifique et technologique 2004, Vue d’ensemble des filières© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant19


L’interprétation de ces données n’est pas simple dans la mesure où elles peuvent refléter desfacteurs qui peuvent affecter la compétitivité, comme la proximité du marché et la spécialisationdans certains produits. Le même graphique fait également ressortir les autres industries dont leratio est inférieur à 100, donc qui peuvent potentiellement être considérées comme moinscompétitives que celles de l’Ontario.Les perspectives d’emploi d’Emploi Québec pour 2003-2008 confirment les différencesobservées entre les industries de la filière chimie, plastique et caoutchouc au chapitre de laproductivité. Le groupe pétrole, charbon et produits chimiques enregistrera un taux de croissanceannuel de l’emploi de 1,1 %, alors que le rythme moyen pour toute l’économie du Québec (etpour la Montérégie également) atteindra 1,4 %. Il en sera autrement pour les produits enplastique et en caoutchouc qui connaîtront une hausse annuelle qui dépassera la moyenne, soit2,0 %.TABLEAU 10Perspectives de l’emploi sectoriel, 2003-2008, croissance annuelle enpourcentage, QuébecPétrole, charbon et produits chimiques 1,1Produits en plastique et en caoutchouc 2,0EMPLOI TOTAL 1,4Source : Emploi-Québec : Le marché du travail et l’emploi sectoriel au Québec, 2004-2008Les produits en plastique et en caoutchouc font partie des sept branches industrielles quibénéficieront d’un taux de croissance annuel supérieur à la moyenne de 1,4 % (voir tableauci-dessous).Aliments, boissons et tabac 3,5Machines 3,0Services prof. scient. et technique 2,5Produits en plastique et en caoutchouc 2,0Transport et entreposage 1,8Activités diverses 1,5Produits métalliques 1,5© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant20


2.2 L’INDUSTRIE CHIMIQUELe développement de l’industrie chimique est lié à des constats et des enjeux dont voici les plusimportants.• Selon le MDERR, 3 «L’industrie pétrolière québécoise a atteint un stade de maturité. Sesmarges bénéficiaires sont basses et la concurrence est sévère dans le contexte actuel de laglobalisation des marchés. Les raffineries québécoises sont aussi concurrentielles que cellesdu reste du Canada. Toutefois, elles doivent affronter une forte compétition de l’essence etde brut à bas prix provenant de différents pays. Étant donné que les raffineries fournissentaux entreprises pétrochimiques une part très importante de leurs matières premières, ellesoccupent donc une place stratégique dans l’ensemble de la filière. La bonne santé desraffineries conditionne celle de la pétrochimie.»• La production intégrée est au cœur de l’industrie pétrochimique. Les deux usines dePétromont jouent un rôle de premier plan. Celle de Montréal est de taille mondiale. Sonefficacité est donc comparable à celle des usines concurrentes du continent. Selon leMDERR, il en est autrement de l’unité de Varennes dont la compétitivité est limitée par deuxfacteurs.Le premier concerne le prix d’approvisionnement de liquides de gaz naturel qui proviennentde Sarnia par wagons-citernes. L’exploitation éventuelle des réserves de l’Ile de Sable prèsdes cotes de la Nouvelle-Écosse permettrait sans doute à Pétromont de négocier de meilleursprix.Le deuxième facteur a trait à la taille de l’usine de Varennes qui est de 50 % en-deça duniveau des installations de classe mondiale. Comme Pétromont de Varennes alimententl’usine de Basell, à Varennes, qui fabrique du polypropylène, un des scénario d’expansionconsisterait à doubler la capacité des deux usines. Basell possède également une usine àSarnia, en Ontario. Ces deux unités de Basell ne sont pas de niveau mondial, bien que cellede Varennes est plus moderne que celle de Sarnia. Mais il faudrait attendre quelque tempsencore car il y a actuellement une surcapacité de production de polypropylène en Amériquedu Nord.• Le Québec est avantagé sur le plan des coûts. Selon KPMG, les coûts de main-d’œuvre sont35 % moins élevés qu'aux États-Unis. Les coûts d'opération sont aussi de 12 % plus bas. LeQuébec offre également un accès avantageux au vaste marché du Nord-Est américain. Cedernier constitue un avantage certain en matière de frais de transport. Plus de 30 % deslivraisons sont exportées, principalement aux États-Unis.• La taille du centre pétrochimique québécois est restreinte par rapport au pôle concurrent de lacôte américaine du golfe du Mexique. Malgré son approvisionnement local significatif, lapétrochimie montréalaise dépend beaucoup des importations de matières premières. En3 Développement économique et régional et recherche, Québec : L’industrie pétrochimique québécoise, Portraitindustriel, février 2003.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant21


conséquence, elle est moins orientée vers les produits de commodité et ses produits sont peudiversifiés.• Selon l’industrie des produits chimiques, le refus des États-Unis de signer les accords deKyoto fait peser une menace sur la compétitivité de la filière québécoise et canadienne.• Pour réduire ses coûts, l’Association pour le développement de l’industrie chimiquequébécoise (ADICQ) s’est associée récemment au gouvernement pour créer le premierregroupement coopératif d’achats intégrés, la Coopérative d'achats stratégiques intégrés(CASI). C’est le premier du genre à voir le jour au Québec.• Il existe un portail de transactions électroniques (B2B) à l’échelle internationale :Elimina.com. Il ne semble pas y avoir de données sur la participation d’entreprisesquébécoises ou canadienne à ce réseau.2.3 LES PRODUITS EN PLASTIQUELes produits en plastique sont voués à une croissance soutenue, mais l’industrie québécoise etmontérégienne devra combler des lacunes au chapitre de l’innovation afin d’accroître sacompétitivité et faire face et la concurrence de la Chine. Voici les principaux constats.• Une industrie en pleine croissance : depuis 1995, les livraisons canadiennes ont augmenté de8,6 % par an. On prévoit une expansion annuelle moyenne de 5 à 7 % d’ici 2008 à l’échellemondiale. Cette expansion sera particulièrement forte dans la région de l’Asie-Pacifique.• Les exportations ont progressé à un rythme annuel moyen de 12,9 % depuis 1995, soit prèsdu double de l'ensemble du secteur manufacturier québécois (6,9 %).• L’emballage représente le marché le plus important ; il devrait continuer à augmenter plusrapidement que l’ensemble de l’économie. Mais le remplacement d’autres matériaux par leplastique progresse plus lentement qu’autrefois. On prévoit de bons débouchés égalementdans la construction.• Le transport offre de bonnes perspectives pour les pièces en plastique et en matériauxcomposites, car cette industrie est soumise à une réglementation environnementale de plus enplus sévère (réduction des émissions de polluants dans l'atmosphère et recyclage des pièces).Les matières plastiques sont toutes désignées pour permettre aux constructeurs de satisfaireadéquatement ces exigences.• Les entreprises sont presque toutes de propriété canadienne.• L’industrie québécoise et canadienne fait face à des défis qui tiennent pour beaucoup à sadifficulté d’innover et de produire à des prix aussi compétitifs que ceux des Américains. Cen’est pas semble-t-il tout à fait nouveau. Les marges bénéficiaires brutes de l’industriecanadienne des produits en plastique ont toujours été moindres que celles de l’industrieaméricaine. Cette situation désavantage l’industrie canadienne qui ne peut investir autant que© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant22


les concurrents du sud dans l’achat d’équipements et la R&D. Cette situation mérite d’êtreregardée de près, d’autant que lorsqu’une entreprise canadienne atteint une certaine taille,elle s’interroge sur l’opportunité de rester au Canada ou de s’implanter aux États-Unis où ellepourrait accroître plus facilement ses profits.• Un autre obstacles vient de la concurrence de la Chine. Selon l’industrie, les prix descompétiteurs chinois sont de 15 à 25 % inférieurs. Les entreprises québécoises cherchent à serepositionner dans le cadre de démarches initiées par la division québécoise de l’Associationcanadienne de l’industrie des plastiques. Une réflexion est en cours avec l’Institut desmatériaux industriels (IMI) et un plan d’action est attendu prochainement.TABLEAU 11Marché de l’utilisation finale des produits en plastique au Québec et au Canada, 2003Marchés Québec (%) Canada (%)Emballage 47 34Construction 29 26Matériel de transport (1) 5 18Autres marchés 19 22Source : Industrie Canada et MDERR.(1) : Les données sur le Canada ne concerne que l’industrie automobile.2.4 PRODUITS EN CAOUTCHOUCVoici les principaux constats.• L’industrie des produits en caoutchouc a été complètement rationalisée en Amérique duNord. Composée de grandes entreprises, l’industrie a changé les mandats de fabrication quisont désormais axés sur une gamme restreinte de produits pour le marché plus étendu del’ALÉNA. Cette tendance a commencé bien avant l’ALÉNA.• Une grande partie de l’industrie canadienne est composée de filiales de sociétésmultinationales américaines. Ces sociétés avaient à l’origine établi des usines au Canada engrande partie pour avoir accès au marché canadien en raison des tarifs qui avaient étéimposés sur les produits importés. Depuis l’ALÉNA et l’abolition de tous les tarifs, cesmultinationales ont tendance à desservir l’ensemble du marché nord-américain en axant leurproduction sur des créneaux spécifiques. Leur défi est de poursuivre leur mandat de desservirle marché de l’ALÉNA à partir du Canada et de convaincre leur maison mère de continuer àinvestir au pays pour demeurer concurrentiel.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant23


• Les entreprises québécoises exportent plus de la moitié de leur production. Elles exportentessentiellement sur les marchés canadiens et américains. Elles commencent toutefois à sefaire une place en Europe et en Asie.• Selon les études du MDERR, l’avenir de cette industrie dépendra en grande partie de sacapacité à tirer parti de ses forces et de surmonter ses faiblesses.Parmi les forces, il faut compter la solide implantation dans les secteurs du pneu et deproduits spécialisés ainsi que la formation d’un comité sectoriel de la main-d’oeuvre. Cesforces sont consolidées par la prédominance du marché du transport dans l’industrie ducaoutchouc, l’accessibilité des marchés étrangers et la surcapacité mondiale qui limite lesinvestissements dans les nouveaux pays producteurs.Quant aux faiblesses, il y a la petite taille des établissements qui ne favorise pas deséconomies d’échelle (par rapport aux concurrents américains notamment), le retardtechnologique, les stratégies d’entreprises qui négligent le marketing et la planificationstratégique, le retard technologique, l’absence d’une association corporative sectoriellequébécoise et les difficultés d’éliminer les déchets de fabrication en les recyclant (il est plusfacile de recycler les matières plastiques que le caoutchouc). Ces faiblesses sont accentuéespar des menaces plus générales qui planent sur l’industrie canadienne, notamment laconcurrence croissante de la Chine, la hausse des prix de l’énergie, la crainte d’un contrôlede la distribution des matières premières par les grands donneurs d’ordre comme GM et,enfin, le que pour les Américains, il n’est plus nécessaire d’être établi au Canada pour yvendre au prix des États-Unis.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant24


3. UN PORTRAIT DU SYSTÈME D’INNOVATIONQuel système d’innovation appuie le développement de la filière chimie, plastique etcaoutchouc ? Il est relativement complet, bien que ces composantes industrielles ne soient pasaussi intégrées ou coordonnées que dans la filière bioalimentaire par exemple. La filière chimie,plastique et caoutchouc fait partie du secteur de base, i.e. du secteur économique qui produit leplus d’innovations. C’est une caractéristique qui lui confère un rôle stratégique dans l’ensemblede l’économie. Cette filière est bien organisée, notamment dans l’industrie chimique et lesproduits en plastique.Le portrait du système d’innovation s’appuie sur ladéfinition généralement reconnue 4 et que résume leschéma ci-contre. Les entreprises innovantes enforment la base et le cœur. Elles opèrent dans unenvironnement immédiat et global qui peuvent jouer unrôle déterminant.Deux dimensions du système d’innovation n’ont pastoutefois été prises en compte. Il s’agit du financementet de la culture scientifique et technologique. Lapremière a été examinée en profondeur dans l’enquêtedu Bilan technologique. Quant à la seconde, nous nedisposions pas de données pour l’aborder de manièresatisfaisante.Environnement global• Ressources humaines• Base scientifique de recherche• Environnement législatif, réglementaire et fiscal• Culture scientifique et technologiqueEnvironnement immédiat• Réseaux d’entreprises• Universités et collèges• Financement• Gouvernements et autresENTREPRISESINNOVANTESCette partie aborde les deux principales dimensions du système d’innovation :• Les entreprises innovantes ;• L’environnement immédiat et global3.1 LES ENTREPRISES INNOVANTESJusqu’où les entreprises de la Montérégie sont-elles innovantes ? Trois facteurs sont pris encompte ici. Le premier renvoie à la variation du taux d’innovation selon les secteursmanufacturiers. L’appartenance à une industrie particulière détermine, dans une certaine mesure,le niveau d’innovation des entreprises. Le deuxième concerne la R&D effectuée par lesétablissements. Le troisième facteur considère les relations avec les fournisseurs et les clientscomme sources majeures d’innovation. Trois points sont abordés ici :• L’hétérogénéité des secteurs• La R&D et l’innovation• Les relations avec les fournisseurs et les clients.4 Albert Juneau, Bilan scientifique et technologique 2004, Vue d’ensemble des filières© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant25


3.1.1 L’hétérogénéité des secteursLes possibilités technologiques varient d’un secteur à l’autre. Le tableau ci-dessous présente uneclassification des clusters selon trois secteurs. Le secteur de base est celui qui réalise le plus forteproportion d’innovations (48 %), alors que le secteur autre en produit le moins (29 %) et que lesecteur secondaire affiche une performance intermédiaire (34 %). La filière chimie, plastique etcaoutchouc fait partie à la fois du secteur de base et du secteur secondaire. La question del’hétérogénéité des secteurs est abordée plus en détail dans le rapport intitulé Bilan scientifique ettechnologique 2004, Vue d’ensemble des filières. 5Les produit du pétrole et les produits chimiques appartiennent au secteur de base avec lamachinerie, les technologies de l’information et les sciences de la vie, alors que les produits enplastique et en caoutchouc font partie du secteur secondaire. Cette classification rejoint lesobservations faites dans la section précédente à l’effet que les produits chimiques constituent unedes sources d’approvisionnement des industries des produits en plastique et en caoutchouc. Dansla même veine, nous pourrions ajouter que ces industries des produits en plastique et encaoutchouc ont également besoin de machines, de technologies de l’information et de produitsémanant des sciences de la vie pour soutenir leur développement technologique.TABLEAU 12Classification des clusters selon leurs possibilités technologiquesSecteur de base Secteur secondaire Secteur autre• Raffinage du pétrole • Matériel de transport • Bioalimentaire• Produits chimiques • Première transformation des métaux • Vêtements• Cuir et produits connexes• Machines • Produits métalliques • Textiles• Technologies de l’information • Produits en plastique et encaoutchouc• Produits textiles• Produits du bois• Sciences de la vie • Produits minéraux non métalliques • Produits du papier• Meubles• Impressions et activités connexes• Activités diversesSource: Baldwin, JR. et P. Hanel, Knowledge Creation and Innovation in a Small Open Economy, Cambridge University Press5 Albert Juneau, Bilan scientifique et technologique 2004, Vue d’ensemble des filières© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant26


3.1.2 La R&D et l’innovationCette classification se reflète dans les résultats de l’enquête du Bilan technologique. Les tableauxci-dessous montrent que la proportion des entreprises de la filière chimie, plastique et caoutchoucqui réalisent de la R&D est de 65,4 %, soit plus de 10 points de pourcentage au-delà de lamoyenne des industries manufacturières (53,1 %).TABLEAU 13L’innovation des entreprises selon les clusters,Montérégie, 2004Produitschimiques,plastique etcaoutc.TOTAL(moyenne)InnovantesType d’innovationMajeureMineure71,2 33,7 37,566,2 31,9 34,3TABLEAU 14Proportion des entreprisesréalisant de la R&D,Montérégie, 2004Produits chimiques,plastique et caout.65,4TOTAL (moyenne) 53,1Source : Réjean Landry et Nabil Amara, Bilanscientifique et technologique 2004,Identification des filières dynamiquesSource : Réjean Landry et Nabil Amara, Bilan scientifique ettechnologique 2004, Identification des filières dynamiquesLa part des entreprises innovantes dans cette filière (71,2 %) est plus élevée que dans l’ensembledu secteur de la fabrication (66,2 %). Les écarts sont à peu près du même ordre en ce quiconcerne les types d'innovation, majeures ou mineures.Par ailleurs, les analyses faites par lndustrie Canada et les associations industrielles à l’échellecanadienne font ressortir un retard technologique par rapport aux Etats-Unis notamment. Troisobservations ressortent :• Dans les produits chimiques, l’intensité de R&D au Canada était de 2 % contre 5 % auxÉtats-Unis. L’écart tient à l’effet « siège social », la majeure partie des activités de R&D desentreprises sous contrôle étranger étant effectuées à leur siège social plutôt qu’au Canada.• Dans les produits en plastique, les dépenses de R&D sont nettement inférieures à la moyennedes industries manufacturières. En outre, peu d’entreprises réalise de la R&D.• Dans l’industrie du caoutchouc, la situation ne semble pas fondamentalement différente, si cen’est que l’industrie est composée de grandes entreprises, la plupart sous contrôle américain.Bien qu’elles doivent importer une grande part de leur savoir technologique de la maisonmère et qu’elles puissent ainsi obtenir les technologies dont elles ont besoin à l’intérieur deleur réseau, il n’en reste pas moins que le Québec tout comme l’ensemble du Canada est loinderrière les leaders mondiaux en matière de R&D dans cette industrie.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant27


3.1.3 Les relations avec les fournisseurs et les clientsLes fournisseurs et les clients constituent les principales sources externes d’innovation pour lesentreprises. Deux constatations ressortent pour ce qui est de la filière bioalimentaire.Premièrement, l’influence des fournisseurs et des clients (dans un rayon de 100 k, ou ailleurs auQuébec) auprès des entreprises de cette filière est moins grande qu’elle ne l’est pour la moyennedes industries. La deuxième constatation est reliée à la première : l’apport des sources venant desautres provinces canadiennes et d’ailleurs dans le monde est nettement plus important dans cettefilière que dans l’ensemble des industries manufacturières.Les tableaux ci-dessous montrent que les sources d’innovation provenant des États-Unis etd’ailleurs dans le monde sont nettement plus utilisées dans la filière chimie, plastique etcaoutchouc que dans l’ensemble des industries manufacturières. Par exemple, 39 % desentreprises innovantes de cette filière ont recourt à des clients des États-Unis comme sourced’innovation contre seulement 27 % dans tous les secteurs manufacturiers. Un écart de 12 pointsde pourcentage L’écart est du même ordre en ce qui concerne les fournisseurs.TABLEAU 15Fréquence d’utilisation des clients comme source d’information pour le développement de l’innovationselon les clusters, Montérégie, enquête 2004 (en pourcentage des entreprises innovantes qui utilisent cessources)ClustersDans unrayon de100 kmAilleurs auQuébecAilleurs auCanadaAuxÉtats-UnisAilleursdans lemondeChimie, plastique et caoutchouc 53,60 46,90 28,30 39,00 34,60TOTAL (moyenne) 59,20 41,90 29,20 26,90 18,50Source : Réjean Landry et Nabil Amara, Bilan scientifique et technologique 2004, Identification des filières dynamiquesOn peut donc conclure que l’innovation technologique de la filière chimie, plastique etcaoutchouc repose sur un réseau de fournisseurs et de clients qui ont une dimensioninternationale. Cette filière partage cette caractéristique avec celles, entre autres, du matériel detransport, l’aéronautique, les TI, la métallurgie et la machinerie.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant28


TABLEAU 16Fréquence d’utilisation des fournisseurs comme source d’information pour le développement del’innovation selon les clusters, Montérégie, enquête 2004 (en pourcentage des entreprises innovantes quiutilisent ces sources)ClustersDans unrayon de100 kmAilleurs auQuébecAilleurs auCanadaAuxÉtats-UnisAilleursdans lemondeChimie, plastique et caoutchouc 53,50 44,40 34,40 32,80 25,00TOTAL (moyenne) 62,30 37,80 24,80 24,00 14,90Source : Réjean Landry et Nabil Amara, Bilan scientifique et technologique 2004, Identification des filières dynamiquesPar ailleurs, les analyses réalisées par Industrie Canada et les comités sectoriels de main-d’œuvreont mis en lumière des constats qui illustrent l’importance stratégique des relations avec lesfournisseurs et les clients.• Les relations avec les fournisseurs et les clients jouent un rôle stratégique dans la filièrechimie, plastique et caoutchouc. Les industries du plastique et du caoutchouc sontparticulièrement touchées par les changements survenus au cours des dernières années.• Dans l’industrie du plastique, les sous-filières en amont ne supportent plus autant lesentreprises sur le plan de l’innovation. Ainsi, les transformateurs de matières plastiquesbénéficient des innovations faites dans les secteurs des machines, des moules et des résinessynthétiques. Ces industries en amont ont rationalisé leurs activités et ne fournissent plusautant de services techniques qu’autrefois. Selon Industrie Canada, cette situation a contribuéà ralentir la diffusion de la technologie par les fournisseurs, notamment auprès des PME quidominent largement l’industrie du plastique.• Même constat dans l’industrie du caoutchouc où un grand nombre de petits fabricantsdépendent entièrement des fournisseurs de matières premières, de produits intermédiaires etde machineries pour mettre au point de nouveaux produits. Les fabricants de produitsspécialisés doivent dépenser plus que la moyenne des industries pour demeurerconcurrentielles. Il semble que les petits fabricants souffrent d’un manque de soutientechnique de la part de leurs fournisseurs qui sont des sources très importantes d’innovation.Le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec (CSMOICQ)note à ce sujet : « La plupart des petits fabricants de produits de caoutchouc dépendententièrement des fournisseurs de matières premières ou des «formulateurs» pour obtenir l’aidetechnique nécessaire à la mise au point de nouveaux produits et à l’amélioration de leursprocédés de transformation». La Commission scolaire des Sommets offrira bientôt desformations appropriées afin que les entreprises puissent suppléer à leurs déficiencestechniques.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant29


3.2 L’ENVIRONNEMENT IMMÉDIAT ET GLOBALL’environnement immédiat et l’environnement global sont traités dans la même section demanière à en dégager une vision intégrée. Quatre dimensions sont abordées :• Les infrastructures de soutien à la R&D et à l’innovation• La concertation des partenaires• Les ressources humaines• Le cadre législatif et réglementaireIl est important de noter qu’il n’y a pas d’organisation pour l’ensemble de la filière chimie,plastique et caoutchouc. Qu’il s’agisse de la R&D, du transfert technologique, de la formation,des associations industrielles, les organisations sont structurées autour des sous-filières, i.e.l’industrie chimique (chimie, pétrochimie et raffinage), l’industrie du plastique et l’industrie ducaoutchouc. Il existe toutefois des centres de recherche qui ont des fonctions multi filières.3.2.1 Les infrastructures de soutien à la R&D et à l’innovationLe portrait des infrastructures de soutien à la R&D et à l’innovation se résume ainsi :• Parmi les infrastructures multi fonctionnelles, la Montérégie peut compter sur une institutionmajeure, l’Institut des matériaux industriels (IMI) du CNRC. Les entreprises de cette filièresont également soutenues par le CRIQ et par l'Institut de technologie des procédés chimiqueset de l'environnement (l’ITPCE du CNRC), situé à Ottawa.• Il n’y a pas d’infrastructure de soutien à la R&D et à l’innovation en Montérégie pour aucunedes trois industries qui composent la filière. Mais il y en a deux dans le Grand Montréal. Ils’agit de deux centres de transfert en technologie spécialisés dans les produits chimiques etdans les produits en plastique. Il n’y a pas de ressources pour l’industrie des produits encaoutchouc.Les infrastructures multi filières• L’Institut des matériaux industriels (IMI) du CNRC est une des principales infrastructures deR&D non seulement de la Montérégie mais de tout le Québec. Créé il y a plus de 25 ans,l’IMI a eu le temps de s’implanter et de développer liens stratégiques avec les entreprises. Ila franchi une nouvelle étape l’an dernier en contribuant à l’établissement, dans ses locaux, duCarrefour d’innovation en matériaux industriels animé par Valotech. La plasturgie,l’emballage alimentaire et les technologies nouvelles et améliorées du point de vueenvironnemental comptent parmi les domaines de R&D couverts par l’IMI.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant30


• En fonction depuis 1978• 160 employés et 70 travailleurs invitésINSTITUT DESMATÉRIAUXINDUSTRIELSSaguenayCentre destechnologies del’aluminiumConception dematériaux de pointeBouchervilleModélisation etdiagnosticSource : D’après les informations de l’Institut des matériauxindustriels du CNRC• Chaque année : 150 partenaires et plusde 200 projets• Depuis le début, 110 brevets, ce quicatalysé la création de 15 nouvellesentreprises• 80 publications et 70 rapportstechniques.LE CARREFOUR D’INNOVATION ENMATÉRIAU INDUSTRIEL(BOUCHERVILLE)Programmes de R&D :• Aérospatial, biomédical, transport,sidérurgie, plasturgie, emballagealimentaire, énergie, sports et loisirs,technologies de l’information.• Fabrication virtuelle et développementde technologies nouvelles ouaméliorées du point de vueenvironnemental.• L’Institut de technologie des procédés chimiques et de l’environnement (ITPCE) constitueune autre infrastructure important de R&D. Bien qu’elle ne soit pas située au Québec, elle esttout près, i.e. à Ottawa. D’ailleurs d’après le répertoire des entreprises qui travaille avec cetinstitut, il y en a certaines qui proviennent de Montréal. Toutefois, on ne le retrouve pas dansl’inventaire des ressources de R&D du gouvernement du Québec.L'ITPCE met au point des technologies des procédés chimiques et des matériaux à valeurajoutée pour aider l'industrie canadienne à améliorer la viabilité commerciale de ses produits,à réduire ses coûts, à gérer la performance environnementale et à accroître l'efficacité de sesprocédés. L’ITPCE s’est affirmé particulièrement dans les domaines suivants : capteurschimiques, mesure des émissions des particules, modélisation de la qualité de l’air, systèmesde contrôle de l’humidité, technologie pour le raffinage du pétrole, conception rapide depiles à combustible, technologie pour la transformation des aliments et science du génietissulaire.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant31


L’industrie chimiqueL’environnement de l’industrie chimique se caractérise par un appui de plus en plus significatif àla R&D et à l’innovation technologique. Deux principales fonctions ressortent : le transferttechnologique (associée à la formation) et la veille technologique.Le principal acteur de cette industrie est le Collège de Maisonneuve qui remplit une doublemission de formation et de soutien au transfert technologique. Le Collège de Maisonneuve a toutd’abord créé l'Institut de chimie et de pétrochimie (ICP). Mis sur pied en 1990 en partenariatavec l'Association des représentants en formation de l'industrie chimique et pétrochimique duQuébec et le Collège de Maisonneuve, l'ICP est chargé de la formation des diplômés qui fontcarrière dans tous les secteurs où l'on fabrique ou utilise des procédés chimiques : raffinage,pétrochimie, traitement des métaux, matières plastiques, produits pharmaceutiques et produits debeauté.En 1997, l’ICP mit sur pied le Centre d'études des procédés chimiques du Québec (CÉPROCQ).Le CÉPROCQ est un organisme conseil auprès des entreprises pour ce qui est du choix destechnologies, de la solution des problèmes de production, du développement des programmes deformation, etc.TRANSFERTTECHNOLOGIQUE ETFORMATIONVEILLE TECHNOLOGIQUECollègeMaisonneuveLe RéseauChimieL'Institut de chimie et depétrochimie (ICP)Centre de transferttechnologiqueLe Centre d'études desprocédés chimiques duQuébec (CÉPROCQ)Le Réseau Chimie fournit un service de surveillance d’information stratégique aux entreprises del’industrie chimique. Il peut s’agir par exemple de nouveaux produits, de technologies enémergence, de tendances des marchés et d’occasions d’affaires. Le Réseau Chimie est le seul dugenre au Québec et au Canada. Les spécialistes sélectionnent à chaque mois l’information la plusrécente et la plus pertinente sur des sujets d’intérêt, analysent et résument l’essentiel de cetteinformation et livrent uniquement la plus utile avec leurs propres commentaires.Les partenaires fondateurs du Réseau Chimie sont le Centre de recherche industrielle du Québec(CRIQ), l’Institut de chimie et de pétrochimie du Collège de Maisonneuve (ICP) et leLaboratoire des technologies électroniques et des électrotechnologies d’Hydro-Québec (LTEE).Le Réseau Chimie compte une trentaine de collaborateurs à travers le Québec. Les bureaux sontsitués à Ste-Foy, Québec.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant32


L’industrie des produits en plastiqueIl n’y a pas de ressources de R&D publiques de l’industrie des produits en plastique enMontérégie. Il y en a une toutefois dans le Grand Montréal, dans la région des Laurentides. Ils’agit du Centre de développement des composites du Québec (CDCQ) du Cégep de Saint-Jérôme. Il y en a un autre dans la région de Chaudière-Appalaches, le Centre de technologieminérale et de plasturgie (CTMP) Le CDCQ et le CTMP sont deux des 28 centre collégiaux detransfert de technologie du Québec.TRANSFERTTECHNOLOGIQUECégep deSaint-JérômeLe Centre dedéveloppement descomposites du QuébecLe CDCQ offre des solutions sur les sujets suivants : recherche de matériaux, de procédés oud’équipements, le prototypage, le développement et le démarrage de procédés, les essais demoulage, l’expertise ou la contre-expertise, la caractérisation de matériaux ou de produits etl’assistance technique, la formation du personnel et la mise à la disposition d’équipements.3.2.2 La concertation des partenairesLa filière chimie, plastique et caoutchouc se caractérise par un organisation et concertationpoussées des acteurs. Les industries des produits chimiques et des produits en plastique sontparticulièrement bien structurées. En comparaison, l’industrie des produits en caoutchouc estplutôt dépourvue.L’industrie des produits chimiquesLa concertation de l’industrie des produits chimiques est assurée entre autres par trois acteurs : legouvernement du Québec, l’Institut de chimie et de pétrochimie (le Collège Maisonneuve) et lesassociations industrielles. Il faut noter que la concertation implique autant les partenaires del’innovation que ceux de la formation et de la représentation auprès des gouvernements.• Le gouvernement du Québec joue un rôle central dans l’organisation de la filière via la Tablede concertation de l’industrie chimique et pétrochimique. Mise en place en 1992 et composéed’une vingtaine de membres de l’industrie, elle est coordonnée par le MDERR et le ministèredes Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs (MRNF). Elle tient deux rencontres parannée et deux groupes de travail ont été formés, le premier sur les coûts d’électricité et lesecond sur les coûts de chantier. La Table de concertation a contribué à la création du Comitésectoriel de main-d’œuvre de la chimie, de pétrochimie et du raffinage du Québec.La Table de concertation a aussi contribué à l’établissement du Forum pour ledéveloppement de l’industrie chimique québécoise. Il s’agit d’un événement annuel quidonne l’occasion aux entreprises de faire le point sur les grands enjeux de leurdéveloppement et à favoriser les échanges entre elles.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant33


• L’implication des milieux de l’enseignement, de la R&D et de l’innovation via l’Institut dechimie et de pétrochimie du Collège de Maisonneuve contribue également à renforcer laconcertation des acteurs.• Les associations industrielles jouent aussi un rôle important. Il est à noter que la plupart fontpartie de réseaux canadiens. Les principales associations sont les suivantes :• Association canadienne des fabricants de produits chimiques (directions régionales : CB, Alberta, Ontario,Québec).• Association pour le développement de l’industrie chimique québécoise (ADICQ) (Répentigny)• Association canadienne des fournisseurs de produits sanitaires (Laval)• Association des fabricants d’engrais du Québec (Bromont)• Association canadienne de l’industrie de la peinture et du revêtement (Montréal)• Société des chimistes en cosmétique (chapitre Québec à Montréal)LA CONCERTATION DESPARTENAIRES• Gouvernement du Québec (MDERR)• Institut de chimie et de pétrochimie• Associations industriellesRéalisations• Table de concertation de l’industrie chimique etpétrochimique.• Forum pour le développement de l’industrie chimiquequébécoise.• Comité sectoriel de la main-d’œuvre de la chimie, dela pétrochimie et du raffinage du Québec.• Réseau Chimie.• La Coopération d’achats stratégiques intégrés(CASA).L’industrie des produits en plastiqueLe gouvernement semble jouer un rôle plus distant dans l’industrie des produits en plastique, dumoins en regard de celui qu’il remplit dans l’industrie des produits chimiques. Le principalacteur se trouve dans le champ de la formation ; il s’agit de PlastiCompétences. Les associationsindustrielles occupent également une place importante.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant34


• PlastiCompétences. Cet organisme tient lieu de comité sectoriel de la main-d’œuvre. Le rôleplus effacé du gouvernement dans cette industrie tient peut-être au nombre fort élevéd’entreprises (alors que celle des produits chimiques compte de grandes entreprises) et au faitque les produits en plastique interpellent moins le gouvernement en termes de besoinsénergétiques.LA CONCERTATION DESPARTENAIRESPlastiCompétences• Les associations industrielles sont relativement nombreuses et diversifiées. Voici la liste desprincipales associations :• Association canadienne des industries du plastique – Bureau du Québec (ACIP)• Association canadienne pour les structures et matériaux composites (ACSMA)• Le Regroupement des industries des composites du Québec (RICQ, à Saint-Jérôme)• Société des ingénieurs du plastique• Association canadienne de l’emballage• Conseil de la flexographie (ACIP)• Packaging Association of Canada• Plastic Film Manufacturers Association of CanadaLa plus importante est l’Association canadienne des industries du plastique – Bureau duQuébec (ACIP).L’industrie des produits en caoutchoucSauf erreur, il n’y a pas d’organisation qui regroupe l’ensemble des acteurs de l’industrie desproduits en caoutchouc du Québec. Le principal joueur semble être le Comité sectoriel de lamain-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec. Quant aux associations, on en comptequelques-unes : l’association canadienne de l’industrie du caoutchouc et l’association desélastomères du Québec, l’association des spécialistes du pneu du Québec, the International Tireand Rubber Association et Robber Manufacturers Association.LA CONCERTATION DESPARTENAIRESComité sectoriel de la main-d’œuvre del’industrie du caoutchouc© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant35


3.2.3 Les ressources humainesLa gestion des ressources humaines est assurée principalement par un comité sectoriel de lamain-d’œuvre pour chacune des trois industries de la filière chimie, plastique et caoutchouc :• Le comité sectoriel de la main-d’œuvre de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage ;• PlastiCompétences ;• Le comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie du caoutchouc du Québec.La formation de ces comités sectoriels sur la base des trois industries composant la filière reflètela diversité de la filière en dépit des interdépendances qui la caractérisent.L’industrie chimiqueTrois volets sont décrits : le comité sectoriel, la formation et les pénuries de la main-d’œuvre.• Le Comité sectoriel de main-d'œuvre de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage. Créé en1995, il agit à titre d'organisme paritaire de concertation, de coordination et d'orientation parl'identification des besoins et de solutions concrètes en matière de formation et dedéveloppement de la main-d'œuvre. Son but est de favoriser le développement descompétences de la main-d'œuvre afin de contribuer à la compétitivité des entreprises et à lacroissance de l'emploi pour son secteur d'activité.• La formation est assurée par les établissements suivants :• Niveau secondaire : Commissions scolaires Marguerite-Bourgeois et de la Pointe-de-l’Île,toutes deux situées sur l’Île de Montréal (aucun établissement en Montérégie).• Niveau collégial : le Collège Maisonneuve et, aussi, les cégeps de Jonquière et deLévis-Lauzon.• Niveau universitaire : toutes les universités du Québec.• Les besoins de main-d’œuvre s’annoncent particulièrement importants dans trois catégoriesd’emploi pour lesquels des pénuries d’emploi sont anticipées : les techniciens de procédés,les mécaniciens industriels et les ingénieurs de procédés.Techniciens de procédés. Au cours des cinq prochaines années, les raffineries devrontremplacer 65 % de leur personnel occupant les postes de techniciens de procédés. Ellesdevront recruter environ 200 techniciens de procédés, ce qui pourrait entraîner undéplacement massif des techniciens de procédés les plus qualifiés à l'emploi des entreprisesdes autres sous-secteurs de l'industrie vers le sous-secteur du raffinage qui offre généralementde meilleures conditions. Durant la même période, l'industrie chimique devra en plus recruterenviron cent soixante (160) techniciens pour renouveler sa main-d'oeuvre. Les institutionsd'enseignement éprouveront des difficultés majeures à former un nombre suffisant dediplômés.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant36


Mécaniciens industriels. Dans l'ensemble de l'industrie, on remarque un vieillissement de lapopulation chez les mécaniciens d'entretien. Le quart des mécaniciens a plus de 50 ans et 55% a plus de 20 ans d'ancienneté. Les besoins sont estimés à environ 125 mécaniciensindustriels durant les 5 prochaines années.Ingénieurs de procédé. Plus de la moitié des cadres reliés à l'exploitation devront êtreremplacés au cours des 5 prochaines années. Environ 50 % des postes de cadres del'exploitation seront comblés par des ingénieurs de procédés. L'industrie aura besoin de 30 à35 diplômés en génie de procédés.L’industrie des produits en plastiqueTrois aspects sont abordés : le comité sectoriel, la formation et les besoins de main-d’œuvre.• PlastiCompétences est un comité sectoriel de main-d’œuvre qui vise à promouvoir etcoordonner la formation professionnelle dans l’industrie des plastiques et des composites.Créé en 1996, il avait été précédé en 1993 par un Comité d’adaptation de la main-d’œuvre(CAMO).• La formation est assurée par les établissements suivants :Niveau secondaire :MontérégieGrand Montréal :Autres :Marie-Victorin (Centre de formationprofessionnelle Pierre-Dupuis), Hautes Rivières(Saint-Jean-sur-Richelieu),Montréal, des Affluents (Terrebonne),Marguerite-Bourgeois,Commissions scolaires de la Côte-du-Sud,Beauce-Etchemin, des Sommets(Memphrémagog),Niveau collégial :Niveau universitaire :Collèges de l’Amiante, Ahuntsic et Saint-Jérôme.Toutes les universités. À noter le certificat etconcentration en plasturgie de l’Université Lavalet l’École polytechnique de Montréal.• Les besoins de main-d’œuvre dans l’industrie des produits en plastique semblent chroniques.L’enquête menée par PlastiCompétences fait ressortir que les entreprises se proposentd’embaucher quelque 800 personnes au cours des deux prochaines années. Or, 70 % desentreprises considèrent que les difficultés de recrutement constituent un problème sérieux.Dans les plastiques, la moitié des postes en demande sont des opérateurs, des aide-opérateurset des ajusteurs-monteurs. Dans les composites, une forte demande est prévue pour lesstratifieurs/lamineurs.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant37


L’industrie des produits en caoutchoucTrois aspects sont traités : le comité sectoriel, la formation et les besoins de main-d’œuvre.• Le Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie du caoutchouc du Québec (CSMOICQ) aété créé en 1995. C’est un organisme de concertation où les représentants des entreprises etdes travailleurs de l'industrie s'impliquent activement pour trouver et mettre en œuvre desstratégies communes afin de favoriser le développement des ressources humaines et del’emploi. Cette mission s'inscrit dans une perspective d'amélioration de la compétitivité et dela productivité des entreprises.• La formation est assurée par les établissements suivants :• Niveau secondaire : seul le Centre de formation de Memphrémagog de la Commissionscolaire des Sommets offre des formations directement reliées à la transformation ducaoutchouc (l’attestation d’études professionnelles en transformation du caoutchouc et lediplôme d’études secondaires en conduite et réglage de machines à mouler (plastique etcaoutchouc).La formation de niveau secondaire sera améliorée avec la mise en place à Magog d’uncentre intégré en caoutchouc, plastique et composites. Suscitée par le CDL de la région etla Commission scolaire des Sommets, ce centre offrira un DEP destiné aux opérateurs demachines et aux régleurs. Actuellement en construction, il doit ouvrir ses portes l’anprochain. Il est le résultat d’une coopération fructueuse avec PlastiCompétences, le CSMOde l’industrie du plastique.• Niveau collégial : il n’existe aucune formation collégiale consacrée à l’industrie ducaoutchouc. Toutefois, le diplôme d’études collégiales de transformation des matièresplastiques est le plus susceptible de répondre aux besoins de l’industrie en raison de lasimilitude des procédés de fabrication. Le Collège de l’Amiante est le seul à offrir 60heures à la transformation du caoutchouc.• Niveau universitaire : toutes les universités• Les besoins de main-d’œuvre sont majoritairement concentrés dans les deux programmes deniveau secondaire cités plus haut.3.2.4 Le cadre législatif et réglementaireDeux aspects sont abordés :• L’incidence des accords commerciaux• L’impact des contraintes environnementale sur le développement de la filière.En matière d’accord sur le commerce international, il n’y a aucune contrainte en ce qui toucheles produits chimiques. Il en est ainsi pour les produits en plastique dont les derniers tarifsdouaniers entre le Canada et le Mexique ont été abolis en 2003.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant38


La situation n’est pas différente pour les produits en caoutchouc. La grande majorité desimportations provenant des États-Unis entrent au Canada en franchise. La moitié de celles-ci sontadmises en vertu de l'accord concernant les produits de l'industrie de l'automobile, signé par leCanada et les États-Unis (Pacte de l'automobile). Depuis le 1er janvier 1998, entrent en franchiseégalement toutes les composantes négociées dans le cadre de l'Accord de libre-échangenord-américain (ALENA), ainsi que certaines composantes utilisées dans la fabrication desmachines agricoles.Le développement de la filière chimie, plastique et caoutchouc peut produire des impactsmajeurs sur l’environnement. C’est la raison pour laquelle les gouvernements ont été amenés àadopter des mesures de protection et de prévention qui constituent aujourd’hui un encadrementqui fait partie intégrante de la cette filière. On peut dire que les politiques gouvernementalesvisant cette filière - ainsi que les autres comme le transport - ont directement favorisél’émergence de la filière environnement.En revanche, l’extension de nouvelles exigences environnementales contribue à favoriser ledéveloppement de certains matériaux, donc de certaines industries. C’est la cas par exemple despièces en matière plastique et en matériaux composites qui répondent bien à la réglementationplus sévère visant l’allégement des véhicules, la réduction des émissions de polluants dansl'atmosphère et le recyclage des pièces. Dans cette perspective, le Canada possède un avantagecar la gestion des permis environnementaux y est plus rapide qu’aux États-Unis.Il importe de signaler toutefois que l’industrie du caoutchouc rencontre des difficultés plusgrandes à recycler ses produits que ceux de l’industrie du plastique. C’est une contrainte qui estconsidérée comme une menace à moyen terme pour l’industrie dans la mesure où les matériauxconcurrentiels peuvent être recyclés à coûts avantageux.L’accord de Kyoto doivent être situés dans ce contexte. Leur incidence devrait être nul sur leplan des coûts à la condition que les États-Unis y adhèrent suivant des conditions comparables.Mais comme le gouvernement fédéral américain n’a toujours pas ratifié l’accord de Kyoto,l’industrie redoute de ne plus être compétitive. C’est un enjeu très important.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant39


L’ENVIRONNEMENT IMMÉDIAT ET GLOBALInfrastructures de soutien à la R&D et à l’innovation :• Montérégie : Institut des matériaux industriels (IMI) du CNRC• Multifilières :• Ottawa : l’Institut de technologie des procédés chimiques et de l’environnement(ITPCE) du CNRC.• Transfert technologique et formation : Montréal (Collège Maisonneuve : Institut de• Chimie :chimie et de pétrochimie et le Centre de transfert technologique)• Veille technologique : Montréal (Le Réseau Chimie)• Plastique :• Caoutchouc : aucune• Transfert technologique : Laurentides (Cégep de Saint-Jérôme : le Centre dedéveloppement des composites du Québec)Concertation des partenaires :• Chimie :• Secteur stratégique lié à l’approvisionnement énergétique• Table de concertation, Forum pour le développement de l’industrie chimique québécoise,CSMO de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage du Québec, Réseau Chimie, laCoopérative d’achats stratégiques intégrés (CASA)• Plastique et caoutchouc : concertation moins poussée (CSMO et associations industrielles)Les ressources humainesChimie :• CSMO : Comité sectoriel de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage• Besoins : techniciens de procédés, mécaniciens industriels et les ingénieurs de procédés.• Le niveau de R&D est généralement inférieur auconcurrent américain.• Plastiques : l’effort de R&D des entreprises estnettement inférieur à la moyenne des industriesmanufacturières canadiennes.• Caoutchouc : les filiales© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant40


UN PORTRAIT DU SYSTÈME D’INNOVATION (résumé)Le niveau d’innovation• R & D: Le niveau d’investissement est inférieur à celui des États-Unis.• Relations avec fournisseurs et clients:Rôle stratégique des fournisseurs, notamment dans le plastique et le caoutchouc, les entreprises en amont ne supportent plus autant lesentreprises sur le plan de l’innovation.Infrastructures de soutien à la R&D et à l’innovation :R & D (CNRC) Montérégie : Institut des matériaux industriels(IMI) du CNRCMultifilières : R & D (CNRC) Ottawa : l’Institut de technologie desprocédés chimiques et del’environnement (ITPCE) duChimieTransfert technologique etformation :MontréalCNRC.(Collège Maisonneuve : Institutde chimie et de pétrochimie et leCentre de transferttechnologique)Veille technologique : Montréal Le Réseau ChimiePlastique Transfert technologique Laurentides Cégep de Saint-Jérôme : leCentre de développement descomposites du QuébecCaoutchoucAucuneConcertation des partenaires :• Secteur stratégique lié à l’approvisionnement énergétique• Table de concertation, Forum pour le développement de l’industrie chimique québécoise, CSMO de laChimiechimie, de la pétrochimie et du raffinage du Québec, Réseau Chimie, la Coopérative d’achats stratégiquesintégrés (CASA)Plastique et caoutchouc : Concertation moins poussée (CSMO et associations industrielles)Les ressources humainesChimieCSMO : de la chimie, de lapétrochimie et du raffinagePlastiqueCSMO :PlastiCompétencesCatoutchoucCSMO de l’industrie ducaoutchoucSecondaire :Collégial :Université :Secondaire :Collégial :Université :Secondaire :CollégialUniversité :Aucune en Montéérégie, 2 CS de l’Île de M.Col. Maisonneuve, cégeps de Jonquière et de Lévis-Lauzon.Toutes les universitésMontérégie : CS Marie-Victorin, 4 CS du Grand Mtl et3 autres.Coll. Amiante, Ahuntsic, Saint-JérômeToutes les universitésAucune en Montérégie, CS des Sommets(Memphrémagog)Aucune formationToutes les universitésBesoins : techniciens de procédés,mécaniciens industriels et lesingénieurs de procédés.Besoins : 800 personnes d’ici deuxans. Surtout opérateurs, aideopérateurset ajusteurs-monteurs.Besoins : opérateurs et régleurs demachines.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant41


Le cadre législatif et réglementaireAccords commerciauxContraintes environnementalesAucune contrainte• Une filière qui a des impacts importants sur l’environnement• Dimension importante de l’économie de cette filière• Recyclage difficile du caoutchouc• Importance de l’adhésion des É.-U. à Kyoto afin de maintenirnotre compétitivité.© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant42


4. PISTES D’ACTIONL’intégration de l’industrie chimique constitue un atout capital de la région, qui doit êtrepréservé et même renforcé.Par ailleurs, trois grands enjeux ressortent : l’énergie, l’environnement et les matériaux. Cesenjeux influent directement sur le développement de la filière chimie, plastique et caoutchouc.Les deux premiers se répondent l’un à l’autre. Autant l’énergie est-elle vitale pour ledéveloppement de l’industrie chimique, autant les pressions sont fortes pour assurer la protectionde l’environnement. La mise au point de nouveaux matériaux peut contribuer à concilier tous lesenjeux. L’industrie du plastique en particulier est en mesure de tirer parti de cette conjoncture.D’où les recommandations suivantes :• En coopération avec les partenaires de la région de Montréal, renforcer l’intégration del’industrie chimique afin d’accroître sa compétitivité.• Concerter les acteurs de cette filière pour favoriser des développements qui privilégient desinterventions en matière de R& D, d’innovation et de ressources humaines autour des enjeuxde l’énergie, de l’environnement et des matériaux.ÉnergieProduits chimiques, enplastique et en caoutchoucEnvironnementMatériauxInfrastructures de R&Det d’innovationRessourceshumaines© Valotech 2005Albert Juneau. Consultant43


Tous les rapports sont disponibles sur le site de Valotech : www.valotech.orgLe projet est réalisé grâce au soutien financier des partenaires suivants :Avec la participation de :• Ministère du Développement économique et régional et de la Recherche• Emploi-Québec MontérégieConférence régionale des élus• Longueuil •Conférence régionale des élus• Montérégie Est •Conférence régionale des élus• Montérégie Ouest •Partenaire des activités de Valotech :

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