L'eau - RUIG-GIAN

ruig.gian.org

L'eau - RUIG-GIAN

L’eauquelles crises dans les régions à fortes contraintes ?


IntroductionCette brochure résume les principauxrésultats d’un programme portant sur lesconflits liés à l’exploitation de l’eau. Uneprésentation plus détaillée est disponiblesur le site Internet du RUIG, ainsi quedans les publications issues du programme.Les recherches en Syrie centrale, dansl’État du Gujarat en Inde, et au Sud Nigeront été menées en collaboration avec desorganisations d’aide au développementconfrontées dans leurs actions de terrainà des problèmes de gestion de l’eau 1 . Dansles trois cas, l’utilisation de l’eau engendredes conflits, avérés ou potentiels, variablesselon les situations, entre les utilisateurs enamont et en aval des bassins versants, entreagriculteurs et éleveurs ou entre les usagesagricoles et domestiques. Mais le conflitcommun aux trois études de cas, et le pluslimitant en matière d’efficacité d’utilisationde l’eau, est d’une autre nature. Il opposeles réalités en matière d’utilisation de l’eauaux principes généraux de gestion découlantdu diagnostic global de « crise mondiale del’eau » et/ou aux présupposés sur lesquelsse fondent les interventions.Le diagnostic de « crise mondiale » del’eau fait l’objet d’un large consensus et acontribué à une prise de conscience desenjeux en matière de gestion des ressourceshydriques. Les organisations des Nationsunies et la Banque mondiale ont suscitédans de nombreux pays du Sud l’élaborationde politiques de l’eau fondées sur lesprincipes directeurs énoncés à l’issue de laconférence de Dublin en 1992. Toutefois, lediagnostic global tend à masquer un autrefait largement admis : la connaissance trèslacunaire des ressources en particulier pource qui concerne les eaux souterraines. Parailleurs, la consommation d’eau, notammentdans le domaine agricole, est souvent malconnue à l’exception éventuellement desgrands périmètres irrigués généralementalimentés par des eaux de surface. Lediagnostic de « crise mondiale » de l’eauaccrédite cependant l’hypothèse d’unesurexploitation généralisée des ressourceshydriques justifiant l’application de prescriptionsstandard visant à en restreindrel’exploitation.Les trois zones d’études ont pourcaractéristique commune d’être situées dansdes régions où l’eau est difficile à mobiliserdu fait de fortes contraintes physiques et/ou économiques. En cela, elles se situentbeaucoup plus dans la règle que dansl’exception. Elles sont cependant toutes troisassez éloignées du diagnostic global de « crisemondiale de l’eau ». L’eau y est certes rare,mais la rareté revêt des formes très diverses.L’eau peut être physiquement abondanteet difficilement mobilisable dans le cas dusud-ouest du Niger ou physiquement rareet ponctuellement abondante dans les casde la Syrie centrale et du Gujarat. « Crisemondiale » ou crises locales ? La distinctionest importante, car si dans le premier cas ladéfinition et l’application de prescriptionscommunes peut se concevoir, dans lesecond, la standardisation des approches nefait pas sens.Les travaux effectués au Sud Nigersoulèvent d’autres questions relatives auxdimensions sanitaires des aménagementshydrauliques. L’importance de ces dernièresest amplement soulignée par plusieursorganisations et ONG internationales.Toutefois, dans des régions telles que leSud Niger où la qualité de l’eau à usagedomestique est un réel problème de santépublique, ces dimensions peuvent êtretotalement ignorées.Ronald JaubertMarika Bakonyi-MoeschlerRégis CalozJorg Winistorfer1 Outre le financementdu RUIG, le programmea bénéficié d’un appuifinancier de la directiondu Développement et de lacoopération du départementsuisse des Affaires étrangères(DDC) et de la fondationAga Khan.5


De la question de l’eau à la « crise mondiale de l’eau »,consensus et principes d’actionLa question de lʼeau telle quʼelleétait posée à la fin des années1970 a fait place dans le discoursinternational à « la crise mondialede lʼeau ».« En ce début du 21 e siècle, laTerre et ses formes de vie diverseset abondantes — notamment ses6 milliards dʼêtres humains —,sont confrontées à une grave crisede lʼeau. Tous les signes suggèrentque cette crise sʼintensifie et que lasituation continuera dʼempirer tantquʼaucune action corrective ne seramenée. » 1Le diagnostic se fonde sur lararéfaction des ressources hydriqueset les risques avérés ou potentielsde pénuries. À lʼhorizon 2025, laquantité dʼeau exploitée au planmondial aura augmenté de 40 %par rapport à 1995 et 30 à 35 %de la population mondiale seraconfrontée à une situation de déficitchronique dʼeau douce 2 . Lʼurgencede la situation et les principesdʼorientation des politiques définieslors de la Conférence sur lʼeau etlʼenvironnement (Dublin, 1992) fontlʼobjet dʼun large consensus au planinternational.Ces principes sont repris dans ledernier rapport mondial sur la miseen valeur des ressources en eau 3 .Ils constituent également la base dela politique de lʼeau de la Banquemondiale structurée autour des troisprincipaux axes suivants 4 :– la mise en place de structuresintégrées de gestion des différentsusages de lʼeau à lʼéchelle desbassins versants en réponse auproblème de fragmentation desinstitutions intervenant dans lagestion des ressources hydriques ;– la gestion participative, ladécentralisation et le recours ausecteur privé dans le but dʼaméliorerlʼefficacité de la gestion ;– le payement de lʼeau par lesutilisateurs afin de réduire lesgaspillages et réguler lʼallocationentre ses différents usages.La tarification de lʼeau et, plusencore, le recours au secteur privésont lʼobjet dʼune vive controverse. Ilnʼen reste pas moins que les politiquesmises en place appliquent souventces principes ou sʼen inspirent pourrépondre aux attentes des bailleurs defonds. Une des questions soulevéespar le programme de rechercheporte sur la validité du diagnosticet des présupposés véhiculés parles prescriptions. Le principe selonlequel lʼeau doit être reconnuecomme un bien économique et queles utilisateurs doivent la payer pourréduire les gaspillages accréditeen effet lʼidée selon laquelle lʼeauest généralement obtenue à faiblecoût, sinon gratuitement, et quʼelleest gaspillée. Les propositions dela Banque mondiale en matièredʼutilisation agricole reposentsur lʼanalyse des projets pourlesquels elle est sollicitée, cʼestà-direles programmes publicsdʼaménagements hydro-agricolesdans lesquels les utilisateursbénéficient souvent dʼun accès gratuità lʼeau ou de redevances réduitesqui, de plus, ne sont fréquemmentque partiellement recouvrées. Lesinstruments de marchés peuvent,dans ce cas de figure, certainementcontribuer à réguler lʼexploitationde lʼeau et à améliorer lʼefficacité deson utilisation. Ceci ne leur confèrepas pour autant valeur de prescriptionuniverselle.Nous pouvons faire lʼhypothèseque pour de nombreux agriculteurs,vraisemblablement la majoritédʼentre eux, lʼaccès à lʼeau a uncoût significatif et que dans certainscas ce coût est prohibitif. Dansces circonstances, lʼaugmentationdes coûts dʼutilisation ne peut queréduire lʼaccès à lʼeau là où unmeilleur accès est généralementune condition essentielle en matièrede lutte contre la pauvreté et dedéveloppement local.Principes directeurs de la déclaration de Dublin– L’eau douce est une ressource limitée et vulnérable, essentielle à lavie, au développement et à l’environnement.– Le développement et la gestion des ressources en eau doivent êtrebasés sur une approche participative incluant les utilisateurs, lesplanificateurs et les responsables politiques, à tous les niveaux.– Les femmes jouent un rôle crucial dans la fourniture, la gestion et laprotection de l’eau.– L’eau a une valeur économique dans tous ses usages, en concurrencel’un avec l’autre, et doit être reconnue comme un bien économique.1 UNESCO-WWAP, 2003, Rapport mondialsur la mise en valeur des ressources en eau, Ed.UNESCO, Paris.2 Shiklomanov, I. A., 1999, World WaterResources and Water Use. Present Assessmentand Outlook for 2025, State HydrologicalInstitute, St Petersburg.3 UNESCO-WWAP, ibid.4 World Bank, 1993, Water ResourcesManagement, World Bank policy paper, WorldBank, Washington.Petit, M., 2003, Développement durable àl’échelle de la planète et gestion des ressourcesen eau et en sols, in C. R. Géoscience, n o 335,p. 643-656, Elsevier.


Syrie centraleL’accès à l’eau puis sa maîtrise onttoujours constitué un enjeu majeur pourles populations sédentaires ou seminomadesdes marges arides de Syrie.Les populations qui se sont succédédans la région depuis l’émergence del’agriculture il y a 10 000 ans ont toutesété confrontées à l’aridité du milieu. Pourla période contemporaine, l’attention auplan national et international a longtempsété quasi exclusivement focaliséesur le programme d’aménagementde la vallée de l’Euphrate et la questiondu partage des eaux du fleuve. Lapolitique agricole syrienne repose engrande partie sur l’extension des terresirriguées dont la surface a plus quedoublé depuis le début des années 1980.Le projet de l’Euphrate a absorbé plusde 70 % des fonds publics alloués audéveloppement agricole au cours destrois dernières décennies. L’efficacitéde ces investissements est cependanttoute relative. Les programmes d’Étatmobilisant les eaux de surface n’ont eneffet contribué que pour moins d’untiers à l’augmentation des surfacesirriguées dans le pays. Les deux tiers del’accroissement proviennent d’initiativesindividuelles d’exploitation des eauxsouterraines.La Syrie s’est dotée dès les années1950 d’une législation visant à contrôlerl’utilisation des eaux souterraines. Laportée de ces mesures a été pour le moinslimitée, près de la moitié des puits recensésdans le pays ont en effet été forés sansautorisation. Au-delà de la faiblesse desmoyens de contrôle, cette situation traduitune absence patente de volonté politiqued’intervention dans un domaine sensible.Toutefois, après une longue périoded’inertie, la question de la gestion des eauxsouterraines a récemment été mise enavant avec l’aide de la Banque mondiale.Les autorités syriennes ont mis en placeen 2001 un ensemble de mesures visantà réguler et à réduire l’exploitation deseaux souterraines dans les marges arides.Ces dernières sont en effet considéréescomme particulièrement sensibles auxrisques de surexploitation des nappesphréatiques. En l’absence de bilan précis,il s’agit plus d’une perception largementrépandue que d’un diagnostic. L’analysedétaillée de l’exploitation des ressourcessouterraines questionne le bien-fondédes mesures restrictives. Ces dernièressemblent être une réponse, non pas auxproblèmes de régulation tels que nousavons pu les analyser, mais aux attentesdes organisations internationales.7Puits individuel et pompe,à l’est de Salamya(Fondation Aga Khan,J.-L. Ray).


Syrie8Les marges arides de SyriecentraleLa zone d’étude située dans la provincede Hama couvre 325 000 hectares etregroupe 357 000 habitants répartisdans 249 villages. Elle comprenddifférents systèmes de production,caractéristiques des régions arides etsemi-arides du Moyen-Orient, allant desexploitations d’agriculteurs sédentairesaux élevages nomades. Un précédentprogramme de recherche intitulé« marges arides de Syrie du nord »avait mis en évidence de profondestransformations liées à l’exploitationdes eaux souterraines. Par ailleurs, cettezone correspond au domaine d’actiond’une ONG d’appui au développementlocal mise en place par la fondation AgaKhan en 2002.La région subit une aridité climatiquemarquée et croissante de l’ouestvers l’est et le sud-est. Les moyennespluviométriques annuelles décroissentde 300 mm à moins de 150 mm etsont affectées d’une variabilité accrue.Ce territoire est caractérisé par unendoréisme auquel n’échappe, au sudouest,que la cuvette de Salamya drainéevers l’Oronte et la Méditerranée. Lessebkhas, dépressions salées, situéesau nord de la zone d’étude, collectentles apports des oueds méridionauxdescendus du Gabal Bal’as et des bastionsadjacents. Le glacis fondamental,couvert par une épaisse dalle calcaire,s’étend vers le nord et débouche sur uneplaine recouverte de limons calcaires.Au début du XIX e siècle, la steppe,pâturée par les troupeaux des tribusnomades, couvrait la quasi-totalitéLocalisation de la zone d’étude.


SyrieQanat de Al-Sayh Hlal(Fondation Aga Khan,J.-L. Ray).10dont la généralisation date des années1960 et 1970, a permis d’étendreconsidérablement le domaine cultivéau détriment des steppes et la pratiquede la jachère a été progressivementabandonnée. L’implantation de villagesdans les régions plus arides a suivil’extension du front de culture quia atteint un maximum au début desannées 1990, avant que les cultures nesoient interdites en deçà de la limitedes 200 mm de pluviométrie moyenneannuelle. Au début des années 1980,l’agriculture des marges arides semblaitvouée à un déclin inéluctable. Dans lecourant des années 1990, de profondestransformations caractérisées dans ledomaine cultivé par une extension dessurfaces irriguées et de l’arboricultureinversent la tendance.Village de Al-Sayh Hlal et parcelles d’oliviers récemment plantés(Fondation Aga Khan, J.-L. Ray).


Utilisation de l’eau et extension dessurfaces irriguéesL’accès à l’eau demeure sansconteste le facteur le plus puissant detransformation de l’agriculture et dedifférenciation des exploitations desmarges arides. Alors que l’agriculturepluviale est cantonnée, à l’exceptionde quelques secteurs, à la productiond’orge aux rendements aléatoires,l’irrigation permet de diversifier lescultures, d’augmenter et de stabiliser laproduction et les revenus. Les margesnettes des productions irriguées sont eneffet de 3 à 15 fois supérieures à celle del’orge pluviale.Avant l’introduction des motopompes,l’eau souterraine utilisée pourl’irrigation provenait essentiellementdes qanats. Ces dernières alimentaientprès de 1940 hectares dans la plaine deSalamya. La surface irriguée dans cettezone atteignit, à la fin des années 1950,près de 15 000 hectares principalementdestinés à la production de coton.L’expansion rapide de l’irrigation a étépoussée par l’envolée des prix du coton.Mais les pompages entraînèrent unépuisement des réserves ramenant lasurface irriguée à moins 3 000 hectares.Les surfaces irriguées à partir des eauxsouterraines augmentent à nouveaurapidement depuis le début des années1990. La multiplication des puitsindividuels se traduit par une grandedispersion des surfaces irriguées, et parun plus large accès à l’eau. L’utilisationdes eaux souterraines est fonction deplusieurs facteurs : outre la présenced’eau, elle dépend des capacitésd’investissement des agriculteurs etde la nature des sols notamment pourla production de coton, de blé et delégumes. Ces productions ont besoinde sols relativement profonds ce quiles limite aux dépressions et aux fondsde vallées. L’introduction récente desoliviers lève en partie les contraintespédologiques en permettant l’utilisationde l’eau sur les surfaces de dalle calcaire.L’accès à l’eau pour l’irrigation demeurecependant très inégalitaire : 25 % desagriculteurs disposent de surfacesirriguées. De plus, 80 % de la surfaceirriguée est détenue par 20 % desagriculteurs ayant accès à l’eau.11Pompe et bassind’irrigation dans laplaine de Salamya(Fondation Aga Khan,J.-L. Ray).


Syrie121 World Bank, 2001, SyrianArab Republic IrrigationSector Report, Report22602-SYR, World Bank,Washington.2 World Bank, 1993, WaterResources Management,World Bank policy paper,World Bank, Washington.Réglementation de l’exploitation deseaux souterrainesÀ la demande du gouvernement, laBanque mondiale a réalisé en 2000une évaluation de l’irrigation en Syriedans le but d’identifier des projetshydro-agricoles pouvant faire l’objetde financements d’organisationsinternationales ou d’autres bailleursde fonds 1 . Les recommandations durapport découlent en droite ligne desprincipes de gestion définis par laBanque mondiale au début des années1990 2 . Elles préconisent notammentune suppression des subventions descultures irriguées et une augmentationde la tarification de l’eau. En matière detarification, la Syrie fait cependant déjàfigure de relativement « bon élève »,même si la redevance de 3 500 LS/haappliquée dans les grands périmètresirrigués, ne couvre pas la totalité del’amortissement des aménagements etdes charges estimées à 4 500 LS/ha. Dansle cas des eaux souterraines, le rapportrecommande une augmentation des prixde l’énergie pour inciter les agriculteurs àréduire la consommation et à améliorerl’efficacité d’utilisation de l’eau. Au planinstitutionnel, le rapport suggère lamise en place d’un système de gestiondécentralisée donnant aux utilisateursun pouvoir accru de décision.Les recommandations de la Banquemondiale se heurtent à plusieurscontraintes notamment politiques etsociales. Elles s’inscrivent dans uneperspective à moyen ou à long termede libéralisation économique. Si leprocessus est initié en Syrie depuis lesannées 1990, il demeure cependantlent. Les autorités ont toutefois réagià la demande en prenant une série demesures visant à réguler l’utilisationdes eaux souterraines dans le bassin dela steppe où se situe notre zone d’étude.La situation y est jugée critique du fait del’intensification rapide de l’exploitationdes eaux souterraines et de l’apparitiondans plusieurs villages de problèmesd’approvisionnement en eau domestique.Ces mesures comprennent :– l’interdiction de nouveaux foragesà l’exception de ceux destinés àl’approvisionnement en eau deboisson ;– la légalisation des puits existants souscondition pour les utilisateurs de seconformer à des règles d’utilisation del’eau incluant :• l’interdiction des cultures d’été,• la pose de compteurs volumétriques,• la limitation du volume d’eauutilisable à 7 000 m 3 par hectare,• le respect des surfaces autoriséespour l’irrigation,• l’interdiction de la vente de l’eau.Compteur volumétrique,Freytan(M. Al-Dbiyat).


À la différence des réglementationsprécédentes, ces mesures semblentsoutenues par une réelle volontépolitique. Les puits légalisés font l’objetde contrat et sont équipés de compteursvolumétriques. De plus, l’interdictionde la culture de coton dans la zone 4 aété mise en application en 2001. Cetteinterdiction avait été prise en 1992, maisétait restée sans effet.Les ressources en eauLes ressources en eau souterraineont fait l’objet d’une étude spécifique,menée en collaboration avec le centred’hydrogéologie de l’Université deNeuchâtel. Elles comprennent desnappes phréatiques peu profondes et unaquifère beaucoup plus profond exploitéexclusivement au nord de la zoneétudiée. La recharge principale de cetaquifère se situe dans le Gabal al-Bal’as,au sud de la zone d’étude. Cette rechargene peut pas être précisément quantifiéeavec les données disponibles. En régimenaturel, l’aquifère profond se déchargedans la région des sebkhas. Les récentspompages intensifs ont cependantfortement réduit dans cette région lacharge de l’aquifère profond.Les travaux ont porté plus particulièrementsur les nappes phréatiquesqui constituent la source d’approvisionnementde la grande majoritédes villages étudiés. En effet, en sebasant notamment sur les relevéspiézométriques effectués sur les nappesphréatiques durant ces dernières annéeset en tenant compte des prélèvementsd’eau effectués pour l’irrigation, ilest possible de calculer de manièresdifférentes et simplifiées la rechargelors des années humides ou sèches.Les résultats ont permis d’évaluerde manière relativement précise larecharge annuelle de ces nappes. Lavariabilité des précipitations se traduitpar une variabilité plus grande encoredes recharges annuelles. En effet, plusles précipitations sont importantes,plus l’infiltration est élevée. A contrario,cette part devient presque insignifiantelors des années très sèches. La rechargemoyenne estimée est de 10 à 15 mm,soit environ 6 % du volume total desprécipitations.Sur- et sous-consommation de l’eau,quelle régulation ?Les ressources en eau sont-ellessurexploitées et gaspillées ? La réponsene peut être univoque car la réalitéest plus complexe. L’exploitation del’aquifère profond a débuté en 1995,elle s’est rapidement intensifiée, entre1996 et 2002. La consommationannuelle est passée de 13 à 21 millions13Recharge annuelle /précipitations annuelles,zone de Al-Sa’an.


Remplissaged’un bassind’alimentation d’unréseau d’irrigationpar goutte-à-goutte(Fondation Aga Khan,J.-L. Ray).production de coton. Si globalement lesnappes phréatiques offrent un potentield’augmentation des prélèvements, uneanalyse plus détaillée met toutefois enévidence une grande hétérogénéité dessituations au sein des villages étudiés.Dans plus de la moitié des villages l’eaun’est pas utilisée, ou n’est utilisée qu’àmoins de 10 % de la recharge estimée.Dans 28 villages les prélèvements sontsupérieurs à 75 % de la recharge. Ils’agit de villages bénéficiant de surfacesimportantes de terres permettantla culture du blé et du coton avantson interdiction. Dans ces zones desurexploitation des nappes phréatiques,plusieurs villages sont confrontés à desproblèmes d’approvisionnement eneau domestique. La surexploitation desnappes est un problème potentiel ouavéré dans 9 % des villages. La réductionde la consommation est dans ces cascertainement nécessaire notammentpour préserver l’approvisionnement eneau domestique. Mais dans 80 % desvillages, la réduction de la consommationn’a pas de justification. L’enjeu dans cesvillages est au contraire d’améliorerla mobilisation de l’eau. Le principalfacteur limitant n’est pas la quantitéd’eau renouvelable mais la qualité desterres et la capacité d’investissement.L’arboriculture apparaît de ce pointde vue comme une option intéressanteautorisant l’utilisation de l’eau sur desterres impropres à la production decéréales irriguées avec une efficacitééconomique nettement supérieure.Quelle sera la portée des mesuresde restriction de l’utilisation des eauxsouterraines ? La réglementation del’exploitation des eaux souterrainessera vraisemblablement peu efficacedans les zones de surconsommation, enparticulier dans les villages exploitantl’aquifère profond. Dans ces derniers,la consommation d’eau a en effetaugmenté de 75 % entre 1996 et 2002bien que la production de coton aitcessé suite à son interdiction en 2001.Le volume d’eau autorisé par hectaren’est pas restrictif pour la productionde blé et permet un dépassement,difficilement contrôlable, des surfacesautorisées. À l’opposé, les restrictionssont extrêmement pénalisantes dansles villages n’ayant pas ou très peude terres irriguées. L’interdiction denouveaux forages et la limitation de lavente d’eau réduisent considérablementles possibilités d’accès à l’eau là oùelle est généralement utilisée le plusefficacement.15


IndeGujarat, district de Saylaressources hydriques et de proposer desorientations pour l’élaboration d’unepolitique à moyen et long terme degestion de l’eau 1 .161 IWMI-IRMA, 2001,Gujarat’s Water Future:Issues, Alternatives andStrategies, IRMA.Localisation de la zone d’étude.L’État du Gujarat, dont plus de lamoitié du territoire est soumis à unclimat aride ou semi-aride, s’est engagédans un processus de définition d’unepolitique de l’eau. Le programme delutte contre les effets des sécheressesdont l’État est doté a montré ses limitesen 1999 et 2000. Les mesures tellesque la fourniture d’aliments du bétail,les emplois d’intérêt public visant àaméliorer les disponibilités en eau etfournir un revenu aux populationstouchées et les forages de puits ontété impuissantes à juguler la pénuried’eau douce qui affecta 25 millions depersonnes, soit près de la moitié de lapopulation de l’État. L’épuisement desréserves d’eau de surface engendra unesérie de conflits dont les plus sévères,opposant des populations urbaines etrurales, ont déclenché des troubles dansles villes et les périphéries de Rajkot etJamnagar.À la suite de cette sécheresse, legouvernement de l’État a commanditéune mission d’évaluation auprès del’UNICEF et du PNUD dans le but dedresser un bilan de l’exploitation desPour l’État dans son ensemble, plusde 89 % de l’eau exploitée est destinéeà l’agriculture dont les surfaces irriguéesont triplé depuis les années 1970. Lesinvestissements publics en matièred’aménagements hydro-agricoles ontété concentrés pour l’essentiel sur lamobilisation des eaux de surface. Lesterres ainsi arrosées ne représententcependant que 20 % environ dessurfaces irriguées. De plus l’efficacitéde l’utilisation de l’eau y est très faible.Les pertes en cours d’acheminementsont estimées à 40 ou 50 % du volumeprélevé et celles induites par le systèmed’irrigation gravitaire à 50 % ou 60 %.Outre les défaillances techniquesdu système d’approvisionnement, leproblème est attribué au mode de gestionet au fait que les redevances versées parles agriculteurs sont très faibles.La sécheresse de 1999-2000 a mis enavant la question de l’exploitation deseaux souterraines qui constituaient,après l’épuisement des réservesd’eau de surface, la seule sourced’approvisionnement pour l’agriculture,l’industrie et les usages domestiques.Près de 80 % des surfaces sont irriguéesà partir de puits pour la plupartindividuels. La situation en termed’exploitation des eaux souterraines esttrès variable selon les régions. Les zonesde surexploitation se situent au nord etau centre de l’État et dans trois districtscôtiers. Il s’agit généralement de régionsdisposant de nappes superficielles etde nappes profondes. Les régions danslesquelles l’exploitation est inférieure à65 % de la recharge n’ont généralement


accès qu’aux nappes superficiellesalimentées par les précipitations locales.Ceci est le cas par exemple du districtde Surendranagar, dans la péninsuledu Saurashtra où se situe notre zoned’étude. Par ailleurs, les possibilitésd’exploitation des eaux souterraines ysont aussi limitées par la nature des solset la topographie.Les orientations proposées enmatière de gestion des ressources eneau s’inscrivent dans les principesd’actions définis par les organisationsinternationales. Elles portent sur quatreregistres :– l’optimisation technique de lamobilisation et de l’exploitationde l’eau. Il s’agit d’améliorer lessystèmes d’approvisionnement enparticulier des eaux de surface et lessystèmes d’irrigation par l’adoptionde techniques telles que le goutte-àgoutte;– la réforme des institutions et ladécentralisation de la gestion qui viseen particulier à assurer une meilleurecoordination entre les instancespubliques intervenant dans la gestiondes différents usages de l’eau. Enmatière de décentralisation, lespropositions portent sur un transfertaccru de responsabilités vers les ONGet les instances locales ;– la mise en place d’instrumentséconomiques de régulation del’exploitation. Ces instrumentsconstituent le noyau central desorientations proposées. Ils visent àréduire les gaspillages et à régulerla répartition entre l’agriculture etl’industrie. Ils incluent la tarificationde l’eau, l’augmentation du prix del’électricité alimentant les pompeshydrauliques et la mise en placed’un système de droits d’usageséchangeables ;– l’adoption de mesures législatives,non définies, corrigeant les « imperfections» du marché pour assurerl’approvisionnement en eau domestique.17Taux d’exploitation des eaux souterraines en % de la recharge.


Inde18Les villages du district deSurendranagarLa zone d’étude est située dans ledistrict de Surendranagar dans ledomaine semi-aride de l’État du Gurajat.Les pluies de mousson sont concentréessur une période de quatre mois dejuin à septembre et la pluviométrieannuelle moyenne est de 400 mm.Au plan régional, les disponibilités eneau déterminent des situations trèscontrastées. Dans quelques zones,les ressources en eau de surface et/ou souterraine autorisent l’irrigationintensive de larges surfaces continues.Mais dans la majorité des villages dudistrict, l’eau est rare. L’irrigation yest très éparse et généralement peuintensive. L’action de AKRSP se focalisesur ces dernières zones où l’augmentationdes disponibilités en eau est unenjeu majeur en matière de productionet de revenu agricole. Le programme del’ONG visait essentiellement, jusqu’àune date récente, à capter l’eau grâceà la construction de barrages dont lafonction est de contribuer à la rechargedes nappes phréatiques et/ou de créerdes réservoirs.La définition de la zone d’étudeest étroitement liée aux questionsauxquelles est confrontée AKRSP enmatière d’aménagements hydrauliques.La collaboration avec le programmeRUIG visait en particulier à analyserl’accès à l’eau et l’efficacité de sonl’utilisation. Ceci dans le but d’unepart, de développer des instrumentsde définition et d’évaluation des interventionset, d’autre part, de fournirdes éléments permettant d’orienterles négociations avec les autorités del’État. Grâce à l’implantation de AKRSPdans la zone d’étude, les donnéesSurfacesirriguéesen saisonsèche,district deSayla(2002).


Topographie ethydrographie dela zone d’étude.19disponibles et celles collectées dans lecadre du programme fournissent uneinformation détaillée de l’utilisationde l’eau à l’échelle des parcelles. Lestravaux ont été réalisés dans cinq villagesadjacents ; Dhamrasala, Mota Sakhpar,Nana Sakhpar, Titoda et Mangalkui. Ilscouvrent une surface totale de près de3 100 hectares dont un peu plus de lamoitié est cultivable.D’après le recensement réalisé parAKRSP, les cinq villages regroupent4 176 habitants. Cette population estdivisée en castes aux rapports codifiés,au sein d’une société fortement stratifiée.De plus, les relations économiquesrelatives à la propriété des terres, autravail et au crédit, restent influencéespar des réminiscences du systèmeféodal qui a longtemps prévalu dansla région. Les cinq villages regroupentplusieurs castes avec, dans tous les cas,une majorité d’agriculteurs, les Koli, etd’éleveurs semi-nomades, les Bharwadet les Rabari.La division du travail, initialement trèsmarquée, sous-tendue par le systèmede castes, s’est estompée. L’agricultureet dans une moindre mesure l’élevageconstituent la principale source derevenu de la majorité de la population dela région. La part de l’agriculture tend àaugmenter chez les membres des castesd’éleveurs semi-nomades ainsi que pourles intouchables, Harijan et Vaghari, ayantbénéficié des redistributions de terresd’État. Par ailleurs, la plupart des famillesdisposent de revenus issus d’activitéssecondaires, souvent temporaires. Lessécheresses transforment les migrationsen exode massif.La grande vulnérabilité aux sécheressesde la majorité des familless’explique, entre autres, par la taille desexploitations dont la surface moyenne estlégèrement supérieure à trois hectares.Les principales cultures pratiquées sontle sorgho, le millet, le sésame, l’arachideet le coton. Le sorgho et le millet sontdestinés à la consommation familiale, à


IndeIrrigation d’unchamp de cotonpar gravité(R. Jaubert).20la différence du sésame ou de l’arachide,dont une partie de la production estcommercialisée, et du coton.Le sorgho, le millet, le sésame etl’arachide sont produits pendant lamousson. Ces cultures pluviales peuventcependant bénéficier d’une irrigationde complément visant à pallier lesdéficits pluviométriques assez fréquentspendant la saison des pluies. Le cotonest semé pendant la mousson maisachève son cycle de développement enhiver, et nécessite une irrigation totalependant deux mois.Mobilisation et concentration desressources en eauL’action de AKRSP en matièred’aménagements hydrauliques dansle district de Surendranagar avaitpour double objectif d’augmenter levolume d’eau disponible et de créerdes groupements locaux de gestiondes installations. Ces orientations sejustifient par le déficit hydrique marqué,les sécheresses, ainsi que par le faitque les aménagements réalisés par lesservices d’État étaient délabrés et pourcertains abandonnés faute d’entretien.La question de l’efficacité de l’utilisationde l’eau a été soulevée lorsqueles capacités de captage fournies parles barrages ont atteint, dans certainsvillages, leurs limites maximales. Bienque dans ces villages les disponibilitésen eau ont été nettement accrues et quedes groupements d’utilisateurs assurentl’entretien des aménagements, la majoritédes agriculteurs n’ont pas accès àl’eau ou n’y ont qu’un accès très limité.Par ailleurs, l’approvisionnement en eaudomestique pose parfois problème et lesaménagements réalisés par AKRSP ontété à l’origine de conflits opposant lesusages agricoles et domestiques.L’efficacité de l’utilisation de l’eauest étroitement liée à la production decoton. Cette culture fournit le revenunet le plus important par unité desurface mais au prix d’une très forteconsommation d’eau. Le revenu netpar m 3 est beaucoup moins favorable aucoton. De plus, la production de cotoninduit en année de faible pluviositéd’importantes déperditions d’eau. Pourachever son cycle de développement,le coton est en effet tributaire d’uneirrigation totale et en conséquence desdisponibilités en eau en fin de mousson.Ces dernières sont souvent insuffisantesen année de faible pluviosité et tout oupartie des surfaces en coton doiventêtre abandonnées entraînant ainsi laperte de l’eau utilisée pour l’irrigationde ces parcelles pendant la mousson.


Revenu netpar cm d’eaud’irrigation.L’efficacité économique de l’eau disponibleserait sensiblement accrue enconcentrant son utilisation sur l’irrigationde complément des cultures demousson.La part de l’eau allouée au coton variede 23 % à 83 % selon les villages. Lesquantités utilisées pour cette culturesont étroitement liées à la répartitionde l’eau entre les agriculteurs. Dans levillage de Dhamrasala, dans lequel lapart de l’eau destinée au coton est laplus élevée, la moitié des agriculteursayant accès à l’eau pour l’irrigationmonopolisent 90 % de la ressource.L’accès à l’eau est en partie déterminéepas la topographie et la géologie dela zone d’étude qui induisent uneinégale répartion des eaux de surfaceet souterraines sur le territoire desvillages étudiés. Par ailleurs, la salinitédes eaux souterraines réduit leurutilisation dans certains secteurs. Lesdisparités constatées sont cependantlargement dues aux aménagementshydrauliques et à leur mode de gestion.Les grandes retenues se justifientdans une perspective de maximisationdes captages des écoulements desurface. Mais elles concentrent lesdisponibilités et en limitent l’utilisationaux agriculteurs dont les terres sesituent à proximité des retenues. Laconcentration des ressources au profitd’un nombre restreint d’exploitantsest de plus renforcée par le mode degestion des aménagements. L’utilisationde l’eau pour l’irrigation est en effetlimitée aux agriculteurs ayant contribuéfinancièrement à la réalisation desbarrages. Les groupements d’utilisateursainsi constitués peuvent être confrontésà des conflits d’utilisation pour l’approvisionnementen eau domestique, ce quifut le cas pour le principal barrage duvillage de Dhamrasala. En accord avecles familles puisant de l’eau de la retenuepour leur consommation domestique, legroupement concerné a fixé une hauteurminimum d’eau en dessous de laquelleles pompages doivent cesser. Parcontre le groupement s’oppose à toutélargissement des droits d’accès pourune utilisation agricole.Ce principe de participation financièreauquel souscrit AKRSP, ainsi que denombreuses ONG, vise à assurer lapérennité des aménagements. De ce pointde vue, l’approche donne satisfaction sion compare l’état des aménagementsgérés par des groupements d’utilisateursau délabrement des autres barrages.Toutefois, dans le cas des villages étudiés,ce principe pose clairement question en21


IndeBarrage dansle village deDhamrasala(R. Jaubert).22terme d’efficacité d’utilisation de l’eau.Les résultats des études montrent queles groupements d’utilisateurs, tels qu’ilssont constitués, excluent 50 % ou plus,selon les installations, des bénéficiairespotentiels des barrages. Les retenues degrande taille et leur accès limité créentune abondance relative d’eau pourun petit nombre de bénéficiaires quiindividuellement ont intérêt à produiredu coton.Au-delà d’une redéfinition desorientations dans certains villages danslesquels les capacités de captage ontété réalisées, ces résultats suggèrent lebesoin d’une révision beaucoup plusprofonde de l’approche en matièred’aménagements et de mode de gestion.Si une participation est certainementnécessaire, ses modalités peuvent êtreredéfinies afin de réduire leurs effetsd’exclusion. Par ailleurs, la planificationSurfaces irrigableset irriguées à partirde la principaleretenue deDhamrasala.


des aménagements peut prendre encompte d’autres facteurs que la capacitéphysique de captage.Au plan politique, les négociationsentre AKRSP et les autorités, dans lecadre des orientations proposées pourune gestion des ressources hydriques,portent sur les moyens techniquespermettant d’améliorer l’efficacitéd’utilisation de l’eau. La situationdes villages étudiés échappe en effeten grande partie au cadre d’actionproposé. Ce dernier est défini dansle but de répondre aux problèmes desurexploitation des eaux souterrainesdans les zones d’exploitation intensives.À l’exception de l’introduction de techniquesd’irrigation plus performantes,les mesures envisagées ne correspondentpas aux réalités de ces villages.Des techniques telles que le goutte-àgouttepeuvent effectivement améliorerl’efficacité de l’utilisation de l’eau mais,nous l’avons vu, le fond du problème estailleurs. L’accès à l’eau et sa répartitionentre les familles constituent desquestions centrales, non seulement entermes d’équité, dimension semblet-ilsacrifiée au nom de l’efficacité,mais également en termes d’efficacitéd’utilisation.23


NigerSud Niger,arrondissement de Gaya24La région de Gaya, située au sud dupays, dispose de ressources hydriquesconsidérables. Outre le fleuve Niger,celles ci sont principalement localiséesdans deux vallées fossiles, les dallolsFoga et Maouri, qui abritent unecentaine de mares temporaires oupermanentes. Ce potentiel est très peuutilisé à des fins agricoles. Jusqu’à unedate récente, l’eau était en effet exploitéeuniquement sous forme d’irrigationnaturelle sur le pourtour de certainesmares propices aux cultures de décrueet à l’arboriculture fruitière.Cette zone d’étude a été sélectionnée àla suggestion du bureau de coordinationde la Direction du développement et dela coopération suisse au Niger (DDC) 1 .Active depuis plus d’une vingtained’années dans la région de Gaya, la DDCy finance plusieurs programmes d’aideau développement. Les recherches ontété menées en collaboration avec leProgramme d’appui au développementlocal (PADEL) et le Fonds de soutienaux investissements locaux (FSIL). Toutdeux sont confrontés à des demandesd’agriculteurs recherchant un appuipour la réalisation d’aménagementshydro-agricoles. Les programmes dela DDC ont pour principe de ne pasdonner suite à ces requêtes. Cetteposition, inconfortable pour les agentslocaux des programmes, est justifiéepar les nombreux conflits directement1 Les recherches ont étémenées en collaborationavec la cellule Géoconseil dudépartement de géographiede l’Université Abdou-Moumouni de Niamey, dansle cadre d’un programmede collaboration entrel’Université Abdou-Moumouniet l’Université de Lausanne.Localisation de la zone d’étude.


Mare de Malgorou(R. Jaubert).ou indirectement liés à l’accès à l’eauet aux terres agricoles de la région.L’objectif des travaux était d’analyserles possibilités d’assouplissement decette position de principe. Ceci dansle but de permettre aux agents desprogrammes de répondre à certaines aumoins des demandes, dans une régionoù l’eau est physiquement abondantemais inaccessible pour la plupart desagriculteurs.Cette étude de cas nous amène surle terrain des perceptions. Les conflitsexistent bien et sont parfois complexes,mais l’attention trop exclusive qui leurest portée aboutit à une vision biaiséedes réalités. Elle occulte notammentle potentiel d’exploitation des eauxsouterraines. Le volet nigérien duprogramme de recherche abordaitde plus les dimensions sanitaires desaménagements hydrauliques. L’importancedes pathologies d’originehydrique incitait en effet à analyser lesincidences sanitaires des actions visantà améliorer l’approvisionnement en eaudomestique. Plusieurs programmes,financés par divers bailleurs de fonds oupar les services publics, ont équipé lesvillages de puits. Les analyses effectuéesdemandent à être approfondies. Ellesrévèlent toutefois que les puits peuventêtre hautement contaminés. Par ailleurs,compte tenu des caractéristiques desnappes phréatiques, le problème estvraisemblablement général à l’ensemblede la région.La maîtrise de l’eau et l’améliorationdes conditions sanitaires semblentdéterminantes en terme de développementlocal, thème central desprogrammes de la DDC. Pourtant, tantl’une que l’autre, ces dimensions sontabsentes des actions menées dans lesvallées. Ce paradoxe interroge la validitédes priorités des programmes d’aide auxpopulations locales.Les dallols Foga et MarouiLa région étudiée bénéficie desconditions climatiques les plus favorablesdu Niger. Les températures sontrelativement plus clémentes que dans ledomaine sahélien et les précipitationssensiblement plus abondantes. Lapluviométrie annuelle décroît du sudvers le nord de notre zone d’étude de800 à 650 mm. La saison pluvieuse estcependant de courte durée et s’étend surquatre mois de juin à octobre. Dès lors,25


Nigerl’accès à l’eau en dehors de la saison despluies est un élément déterminant del’économie essentiellement agricole etpastorale de la région.26Les travaux effectués dans le cadre duprogramme de recherche portent plusparticulièrement sur les vallées fossiles,les dallols Foga et Maroui. Ces valléesd’origine fluviatile, ont été creuséesdans le plateau latéritique par d’anciensaffluents du fleuve Niger lors d’épisodesplus humides. D’une largeur de cinqà dix kilomètres, elles ont été par lasuite remblayées par des sables éoliensqui ont interrompu les écoulementsde surface. Ces vallées présentent dessous-écoulements quasi permanentsqui constituent une des sourcesd’alimentation des nappes phréatiques.Ces dernières sont subaffleurantes dansde nombreux secteurs des vallées et leurtoit se situe en saison sèche à quelquesmètres de profondeur. L’extensiondes nappes phréatiques s’expliquepar la porosité du sous-sol constituéde sables et de graviers fluviaux. Deplus, le matériel grossier permet uneexcellente infiltration des précipitations.Les mares et les nappes phréatiquessont par ailleurs alimentées par desrésurgences d’aquifères profonds dontla recharge est assurée par les eauxinfiltrées sur une étendue de plusieursmilliers de km 2 . Pour compléter la revuedes ressources en eau, il faut y ajouterquelques sources jaillissantes des flancsdu plateau. La diversité des apports renddifficile une estimation des volumesd’eau disponible. Ceci nécessiterait desmoyens excédant largement ceux duprogramme de recherche. L’inventairedes ressources indique cependantque dans les vallées étudiées l’eau estprésente en très grande quantité.La présence des mares et des terreshumides, fadama, dans les bas-fondsexplique la concentration de la populationrurale de la région dans ces valléesLocalisation des surfaces humides ouirriguées en saison sèche.fossiles. Ces ressources ont attiré desmembres de diverses ethnies d’agriculteurs,Tchanga, Maouri, Zarma, Dendy,Béribéri, Adarawa, auxquels s’ajoutentles éleveurs peuls. Les vallées ont étéconquises et occupées au XVII e sièclepar l’empire peul de Sokoto. Elles ontété pacifiées pendant la colonisationfrançaise durant laquelle des terroirsvillageois bien délimités ont été attribuésaux différents groupes peuplant larégion. Les Peuls ne renoncèrentcependant pas aux herbages utilisés pourle pâturage de leurs troupeaux en saisonsèche ni aux accès aux mares utiliséespour l’abreuvement des animaux.


Parcelle de bas fond(R. Jaubert).Les tensions qui en résultent entreagriculteurs sédentaires et éleveursnomades ne sont pas récentes.Les principales cultures annuellespratiquées dans les bas-fonds sontpar ordre d’importance la patatedouce, le riz, la canne à sucre, le maïs,auxquels s’ajoutent selon les mares desparcelles maraîchères et des vergers,principalement de manguiers et degoyaviers. Pour l’ensemble des valléesla surface moyenne exploitée par familleest de 4,3 ha mais dans le cas des basfondsplus de la moitié des famillesdisposent de surfaces inférieures à 2 ha.Les surfaces cultivées par famille seréduisent rapidement du fait du très forttaux d’accroissement démographiqueestimé à 3,7 % par an. Il en résulte unepression croissante sur l’ensemble desterres agricoles et sur celles des basfondsen particulier.Multiplication et complexification desconflitsLes études effectuées dans le cadredu programme confirment, en partie aumoins, le point de vue du PADEL et duFSIL. Elles précisent la nature et l’originedes tensions avérées et potentielles.Les conflits d’usages liés aux diversesutilisations de l’eau et des terres humidesdes pourtours des mares sont lesplus nombreux. Outre la productionagricole, les eaux de surfaces sont utiliséespour l’abreuvement des troupeauxtranshumants, l’extraction de sel dansles bas-fonds des mares salées et lapisciculture. La pression croissante surles terres humides des bas-fonds, du faitde la croissance démographique, tendà multiplier les conflits entre les différentsutilisateurs. Les conflits historiquementles plus nombreux opposentles éleveurs aux agriculteurs à propos del’accès des troupeaux aux mares et desdégâts occasionnés aux cultures par lesanimaux. Mais les tensions constatéesont également pour origine la disparitionprogressive des surfaces pastoralesà cause de l’extension de l’usageagricole des fadama. La pisciculture estaussi perçue par les éleveurs comme unrisque de restriction d’accès aux marespour l’abreuvement des troupeaux.La pression croissante sur les terrespermettant des cultures de décruesinduit également, ceci est plus récent,des conflits entre agriculteurs à proposde l’appropriation de ces surfaceshumides. Les conflits sont d’autantplus fréquents que la distinction entre27


Niger28droit d’usage et appropriation privéepeut être floue et fluctuante selon leslieux. Certaines mares sont considéréescomme publiques, d’autres commecollectives ou privées. Elles sontencore, pour quelques unes, des biensde chefferies dont l’usage est concédéà des familles. Ces concessions tendentsouvent, avec le temps, à être assimiléesà un droit d’appropriation. Dès lors,les bases légales des ventes ou deslocations de fadama, qui se développentdepuis quelques années, sont pour lemoins ambiguës et laissent craindrel’émergence à terme de nouveauxconflits entre les exploitants des terreset les ayants droit des vendeurs oudes bailleurs. Les conflits d’usage oud’appropriation peuvent être localementexacerbés par des enjeux politicoadministratifsopposant des villages.Par ailleurs, pour ce qui concerneles services publics intervenant dansla région, les mares et les pourtoursinondables sont des propriétés d’État.La gestion de ces conflits par desopérateurs extérieurs tels que desONG ou des programmes d’aide audéveloppement est incertaine et difficileà maîtriser de par le pluralisme juridiqueprévalant dans la région. Il existe en effetplusieurs instances d’arbitrage allantdes autorités coutumières aux servicesde police et de justice en passant parles différents échelons des autoritésterritoriales. Ces instances, se référantà des codes différents, s’articulent dansdes circuits de résolution de conflitsvariables selon les cas et les personnesimpliquées.Les demandes d’appui pour laréalisation d’aménagements hydroagricolesutilisant les eaux des mareset les terres humides sont de touteévidence à considérer avec précaution.Outre les tensions immédiates qu’uneaide financière ou technique estsusceptible de générer, elle participerainévitablement à l’accroissement de lapression sur ces ressources. Dans cescirconstances, la non-prise en comptedes requêtes d’aide aux aménagementshydro-agricoles semble justifiée pour cequi concerne l’eau des mares. Par contre,la position de principe du PADEL et duFSIL n’a guère de fondements pource qui est de l’exploitation des eauxsouterraines.L’exploitation des eaux souterrainesLes nappes phréatiques constituent lapart la plus importante du potentiel dedéveloppement d’une agriculture irriguéeet peuvent contribuer à réduire lapression sur les terres humides en étendantles possibilités d’irriguer des terresau-delà du seul pourtour des mares. Lecas le plus ancien attestant du potentield’exploitation des eaux souterraines estcelui du village de Koutoumbou. Lesvillageois ont en effet mis à profit unforage réalisée par l’Organisation nationaled’aménagements hydro-agricoles(ONAHA). Le projet qui visait à aménagerdes surfaces de rizières irriguées aété abandonné dès après la réalisationdu forage. Ce dernier n’exploite pas lesnappes phréatiques mais un aquifèreprofond dont la pression engendre unartésianisme aérien. L’eau ainsi disponiblealimente un réseau de distribution,construit par les villageois, irriguant desvergers de manguiers et des parcelles decultures maraîchères.Ce cas particulier a cependant pucontribuer à accréditer l’hypothèseselon laquelle l’exploitation de l’eauà des fins de production agricole estintrinsèquement source de conflits. Levillage est en effet soumis à une vivetension dont la nature est toutefoistrès différente des conflits mentionnésprécédemment. L’ONAHA envisage dereprendre le projet initial de création derizières, ce qui entraînerait la destruction


Aménagementshydrauliques,Koutoumbou(R. Jaubert).des aménagements réalisés par lesvillageois ainsi que des vergers et desparcelles de maraîchage beaucoup plusrentables pour les producteurs que lariziculture. Ce conflit entre les villageoiset les services publics oppose deuxlogiques ; l’une d’État, de substitutionaux importations, et l’autre locale,combinant les ressources disponibles etles opportunités commerciales résultantde la position frontalière de la région.Un des objectifs de l’étude étaitd’identifier les circuits et réseauxpermettant de commercialiser lesproductions agricoles. Ce volet sejustifiait par le fait que dans d’autresrégions du Niger, l’accès au marché estun obstacle certain au développementd’une agriculture irriguée. Tel n’est pasle cas dans la région étudiée qui est uncarrefour important d’échanges entrele Bénin, le Nigeria et l’agglomérationde Niamey. Les principaux circuits decommercialisation se situent au nord dela zone d’étude pour la canne à sucre etau sud pour les fruits et le riz produit surles berges du fleuve.Cet accès aux marchés et lesdisponibilités en eaux souterrainesont été récemment mis à profit pardes investisseurs privés ayant achetédes pompes hydrauliques permettantd’exploiter les nappes phréatiques. Cesaménagements, encore peu nombreux,sont principalement localisés au nordet au sud de la zone étudiée et semblentgéographiquement liés aux circuitsde commercialisation identifiés. Cedynamisme économique contraste avecl’impression, émanant du PADEL et duFSIL, de fort blocage des possibilitésd’exploitation de l’eau à des finsagricoles. Les zones dunaires, où sesituent les surfaces irriguées à partir desnappes phréatiques, peuvent aussi êtrel’objet de conflits fonciers. Toutefois,l’étendue du territoire et des nappesphréatiques donne une beaucoup plusgrande latitude pour mettre en eaudes parcelles dont le statut n’est pascontesté. Par ailleurs, à l’exceptiondes vergers, les installations peuventaisément être déplacées.Un aspect remarquable de cettedynamique de développement del’agriculture irriguée est qu’elle résulted’initiatives collectives ou individuellessans appui extérieur. Cette absence desservices publics et des programmesd’aide au développement n’esttoutefois pas sans conséquence. Ilfavorise, à terme, une monopolisationdes ressources hydriques par une29


Niger30Source : Enquêtes, Olivier Walther ; fond de carte, Lawali Dambo.Circuits de commercialisation de la canne à sucre, du riz et des agrumeset localisation des motopompes (2003).élite économique au détriment dela majorité de la population locale.Ces investisseurs sont généralementdes fonctionnaires ou des hommespolitiques ayant accumulé un capitalleur permettant de financer l’achat depompes et l’acquisition ou la location deterres. Les initiatives villageoises sontquant à elles limitées de par le manquechronique de disponibilités financièreset l’absence d’aide au financement desaménagements hydro-agricoles. Audelàdu bien-fondé de leurs priorités,ce constat pose la question des effetslocaux des choix stratégiques duPADEL et du FSIL dans une région oùles services publics sont très faibles.Les programmes de la DDC sont undes premiers employeurs de la ville deGaya. Leur volume financier et leur forteimplantation contribuent probablementà expliquer la très faible présence d’ONG,tel qu’il en existe ailleurs dans le pays,susceptibles de couvrir d’autres champsd’action dont l’aide aux financementsd’investissements productifs.


La contamination des mares et des puitsLes premières causes de morbiditérépertoriées dans la région de Gayasont liées à des pathologies d’originehydrique. Les mares sont des sources deprolifération des vecteurs du paludismeet de la bilharziose et l’eau présentedes taux élevés de contaminationbactérienne. Les résultats d’enquêtesindiquent que les villageois sontconscients de l’insalubrité des maresainsi que des risques de contaminationsauxquels ils s’exposent en travaillantdans les bas-fonds, d’autant plus qu’ilsne disposent d’aucune protection. Laconsommation de l’eau des puits est parcontre perçue comme étant beaucoupmoins risquée pour la santé. Lesrésultats des analyses d’eau de 14 puitsen sont d’autant plus alarmants. Cespuits présentent en effet des tauxélevés à très élevés de contaminationbactérienne d’origine fécale. De plus,pour trois puits, les analyses indiquentdes concentrations excessives ennitrates.Les analyses ont été répétées à troisreprises espacées d’une semaine.Les variations des concentrations degermes suggèrent une contaminationdes nappes phréatiques par les eauxde ruissellement et/ou d’infiltration.La faible profondeur des nappesphréatiques qui peuvent être affleurantesune partie de l’année, renforcel’hypothèse d’une contamination parles eaux d’infiltration. La qualité del’eau de la plupart des puits analysésn’est guère différente de celle desmares. Les caractéristiques des nappesphréatiques donnent à penser que leproblème est généralisé à l’ensemble duterritoire des deux dallols. L’insalubritéet les voies de contamination des pointsd’eau domestique induisent une grandevulnérabilité de la population auxmaladies d’origine hydrique et expliquela propagation rapide des épidémies decholéra.Les programmes de fonçages depuits semblent avoir été réalisés dansla région de Gaya de la même façonque dans les autres régions du Nigeroù les risques de contamination desnappes sont moindres, c’est-à-dire sansanalyse, le plus souvent, de l’eau mise àdisposition et en l’absence générale desuivi de la qualité de l’eau. Les cas defluorose osseuse dus à la contaminationde l’eau de boisson dans la régionde Tibiri ont récemment incité lesopérateurs à plus de précautions. Lesprojets ont longtemps fonctionné dansune logique d’urgence. Dans la plupartdes régions sahéliennes et désertiquesdu pays, l’approvisionnement en eaude la population et des troupeaux, était,et reste, effectivement une questioncritique. Cette urgence peut contribuerà expliquer que les normes de l’OMSen matière de construction de puits ontété largement ignorées. Dans la régionde Gaya, l’urgence porte moins sur laquantité d’eau mise à disposition quesur sa qualité. Un puit cimenté, mêmefinancé par une agence de coopération,n’offre pas nécessairement une eau demeilleure qualité que celle des mares.En informer les utilisateurs semble êtrele moindre des devoirs vis-à-vis despopulations bénéficiant des programmesd’assistance. Au-delà de l’informationdes villageois, la recherche, l’exploitationet la protection de points d’eau demeilleure qualité, tels que les sourcesdes flancs du plateau, sont une prioritéen matière de santé publique. Aussibien pour les aménagements hydroagricolesque pour l’approvisionnementen eau domestique, les objectifs dedéveloppement local s’accommodentmal d’approches fondées plus sur desperceptions que sur une analyse desréalités sur lesquelles elles entendentagir.31


Contributeurs32Malek ABDEEN, Ministère de lʼagriculture, Bureau de lʼolive, Idlib, Syrie.Angela ADJOUB, Ministère de lʼagriculture, service agricole de Salamya, Syrie.Nathalie BLASER, Institut de géographie, Université de Lausanne.Mohamed AL-DBIYAT, Institut français du Proche-Orient, Damas, Syrie.Asma AL-DBIYAT, Ministère de lʼagriculture, service agricole de Salamya, Syrie.Hachem AL-JUNDI, Ministère de lʼagriculture, service agricole de Salamya, Syrie.Mohamed ARSELAN, agronome, Salamya, Syrie.Marika BAKONYI-MOESCHLER, Centre universitaire dʼécologie humaine et des sciences de lʼenvironnement, Université de Genève.Mathieu BECK, Institut de géophysique, Université de Lausanne.Sebasiano BELLONI, Centre dʼhydrogéologie, Université de Neuchâtel.Luis BORDA, Laboratoire de systèmes dʼinformation géographique, École polytechnique de Lausanne.Robert BOS, Organisation mondiale de la santé, Genève.Régis CALOZ, Laboratoire de systèmes dʼinformation géographique, École polytechnique de Lausanne.Florence CHÂTOT, DEA « sciences sociales », EHESS-Marseille.Lawali DAMBO, Département de géographie, Université Abdou-Moumouni, Niamey, Niger.Nomaou DAN LAMSO, Faculté dʼagronomie, Université de Niamey, Niger.Françoise DEBAINE, Institut de géographie et dʼaménagement régional, Université de Nantes.Karim EL-HAMWI, Fondation Aga Khan, Salamya, Syrie.Yoann FAYOLLE, Institut universitaire dʼétudes du développement, Genève.Claudie GATINEAU, Institut universitaire dʼétudes du développement, Genève.Bernard GEYER, Maison de lʼOrient et de la Méditerranée (CNRS-Université Lyon 2), Lyon.Denis GIRARDET, Institut de géophysique, Université de Lausanne.Yadji GUERO, Faculté dʼagronomie, Université de Niamey, Niger.Ahmed HADJ, DESS « Développement durable des espaces et sociétés à fortes contraintes », Université de Genève, Université deLausanne.Yacouba HAMBALLY, Département de sociologie, Université de Niamey, Niger.Salisou IBRAHIM, Département de géographie, Université Abdou-Moumouni, Niamey, Niger.Yahaya Sani JANJOUNA, Département de sociologie, Université de Niamey, Niger.Ronald JAUBERT, Institut universitaire dʼétudes du développement, Genève et Université de Lausanne.Huma KHAMIS, Centre universitaire dʼécologie humaine et des sciences de lʼenvironnement, Université de Genève.Maha KIRATA, DESS « Développement durable des espaces et sociétés à fortes contraintes », Université de Genève, Université deLausanne.Waziri MAMATO Département de géographie, Université Abdou-Moumouni, Niamey, Niger.Ewa MARIÉTHOZ, Centre universitaire dʼécologie humaine et des sciences de lʼenvironnement, Université de Genève.Adamou MATTI DAN MALLAM, DESS « Développement durable des espaces et sociétés à fortes contraintes », Université de Genève,Université de Lausanne.Henri Kokou MOTCHO, Département de géographie, Université Abdou-Moumouni, Niamey, Niger.Kollé MOUTARI, sociologue consultant, Niamey, Niger.Amal NASSER, Ministère de lʼagriculture, Bureau de lʼolive, Idlib, Syrie.David NYGAARD, Aga Khan Development Network, Genève.Apoorva OZA, Aga Khan Rural Support Programme, Ahmedabad, Inde.Raman PATEL, Aga Khan Rural Support Programme, Ahmedabad, Inde.Abram POINTET, Laboratoire de systèmes dʼinformation géographique, École polytechnique de Lausanne.Jean-Luc RAY, Digimage, Mies.Marie-Odile ROUSSET, Maison de lʼOrient et de la Méditerranée (CNRS-Université Lyon 2), Lyon.Caroline ROZENHOLC, Institut de géographie, Université de Lausanne.Marie THORNDAHL, Institut universitaire dʼétudes du développement, Genève.Mahaman TIDJANI ALOU, Laboratoire dʼétudes et de recherches sur les dynamiques sociales et le développement local, Niamey,Niger.Mansukh VIRUGAMA, Aga Khan Rural Support Programme, Ahmedabad, Inde.Arif VOHRA, Aga Khan Rural Support Programme, Ahmedabad, Inde.Olivier WALTHER, Institut de géographie, Université de Lausanne.Jorg WINISTORFER, Institut de géographie, Université de Lausanne.François ZWAHLEN, Centre dʼhydrogéologie, Université de Neuchâtel.


Publications et travauxArticlesJaubert R., al-Dbiyat M., 2005, Ground Water Regulation and Water Crisis Rhetoric, in (Brown Weiss, E.et al., éd.) Fresh Water and International Economic Law, Oxford University Press.Jaubert R., Debaine F., al-Dbiyat M., 2005, Transformation des zones cultivées, différenciation desexploitations et extension de l’irrigation, in (Jaubert, R., Geyer, B., éd.), Les marges arides du Croissantfertile, milieu, peuplements et contrôle des ressources en Syrie du nord, Maison de l’Orient et de laMéditerranée, Université Lyon 2 - CNRS.Jaubert R., al-Dbiyat M., Zwahlen, F., el-Hamwi, K., 2005, Sur et sous exploitation des eaux souterraines,quelle régulation ?, in (Jaubert, R., Geyer, B., éd.), Les marges arides du Croissant fertile, milieu,peuplements et contrôle des ressources en Syrie du nord, Maison de l’Orient et de la Méditerranée,Université Lyon 2 - CNRS.33Jaubert R., Geyer B., Debaine F., al-Dbiyat M., 2002, L’exploitation des eaux de subsurface des margesarides de Syrie : dégradation ou transformation ?, in Sécheresse, vol. 13 n o 1.MémoiresAdjoub A., 2002, Étude économique et sociale de la production d’olives dans la région de Salamya,Mémoire de fin d’étude, Faculté d’agronomie, Université d’Alep (en Arabe).Fayolle Y., 2003, Un SIG gestion de l’eau en milieu aride : application aux programmes d’actiond’AKRSP, Gujarat, Inde, Mémoire de DESS, « Développement durable des espaces et sociétés à fortescontraintes » Universités de Genève et de Lausanne.Gatineau C., 2003, Les bases d’une réforme de la politique de l’eau au Gujarat (Inde) : perspectives d’unegestion durable de la ressource, Mémoire de DESS, « Développement durable des espaces et sociétés àfortes contraintes » Universités de Genève et de Lausanne.Hadj A., 2003, L’olivier et la rationalité de l’utilisation de l’eau dans les zones 4 et 5 de la région deSalamieh en Syrie, Mémoire de DEA, Institut universitaire d’études du développement, Genève.Kirata M., 2003, La gestion de l’eau, objet de conflits dans la zone semi-aride en Syrie, Mémoire deDESS, « Développement durable des espaces et sociétés à fortes contraintes » Universités de Genève et deLausanne.Matti Dan Mallam A., 2003, Conditions d’intégration des dimensions sanitaires dans les projetsd’aménagement hydraulique au Niger : cas de quelques ong/projet, Mémoire de DESS, « Développementdurable des espaces et sociétés à fortes contraintes » Universités de Genève et de Lausanne.Walther O., 2004, Économie spatiale des réseaux marchands liés aux productions de rente de la régionde Gaya (Niger), Mémoire de DESS, « Développement durable des espaces et sociétés à fortes contraintes »Universités de Genève et de Lausanne.


Rapports de rechercheBlaser N., Rozenholc C., 2004, Étude socio-économique des mares permanentes dans l’arrondissementde Gaya, Institut de Géographie, Université de Lausanne.Beck M., Girardet D., 2003, Les ressources en eau du Dallol Maouri dans l’arrondissement de Gaya :aspect géophysique, Institut de Géophysique, Université de Lausanne.Chatôt F., La place des femmes au sein des comités villageois de gestion et autour de l’exploitation desmares dans l’arrondissement de Gaya, LASDEL, Niamey.GÉOCONSEIL, 2004, Enquêtes sanitaires dans l’arrondissement de Gaya, Géoconseil, Département degéographie, Université Abdou-Moumouni, Niamey.GÉOCONSEIL, 2003, Sormo, comprendre pour mieux agir, Géoconseil, Département de géographie,Université Abdou-Moumouni, Niamey.34GÉOCONSEIL, 2002, Étude régionale des milieux physique et humain des vallées de Foga et Maouridans l’arrondissement de Gaya, Géoconseil, Département de géographie, Université Abdou-Moumouni,Niamey.Guero Y., Dan Lamso N., 2004, Mise en valeur agricole des bas-fonds dans le département de Gaya : casdes villages de Bengou et Sormo, Faculté d’Agronomie, Université de Niamey.Hambally Y., Janjouna Y. S., Moutari K., 2003, Analyse des capacités des structures locales de gestiondans la résolution des conflits autour des mares, arrondissement de Gaya (Kizamou, Sormo et Bengou),Département de Sociologie, Université de Niamey.Khamis H., 2004, Étude préliminaire sur la qualité de l’eau dans le Dallol Maouri dans l’arrondissementde Gaya, Niger, et ses incidences sanitaires, CUEH, Université de Genève.Tidjani Alou M., 2003, La négociation des conflits autour des mares dans le canton de Bana, LASDEL.État au 31 octobre 2005

More magazines by this user
Similar magazines