Focus#18 : Fiesta des suds (pdf) - Arcade PACA

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Focus festival # 18Fiesta des sudsLa Fiesta des Suds déplace chaque année plus de 50 000 personnes en octobreet cela depuis plus de 20 ans. Véritable institution, en deux décades, la formulea évolué. Basée aux Docks, ancien entrepôt situé près du port, dans un quartieren pleine mutation, la Fiesta affiche une démarche éco-responsable, pas toujoursfacile à élaborer dans un lieu aux infrastructures non-adaptées. Jean Hubert,directeur général de l’association Latinissimo, en charge de la manifestation,liste les points d’amélioration et ceux dont il faudrait encore s’emparer. L’enjeuen termes de sensibilisation du grand public est réel, la Fiesta des Suds est unfestival qui réunit un public large et éclectique, venu de toute la région et au-delà.Comment avez-vous entamé la démarche ?Une prise de conscience, comme beaucoup, que les associations ontune responsabilité vis-à-vis de leur public et de la société et qu’en termesenvironnementaux, nous pouvions nous améliorer. C’était il y a 5 ans. Je porte ladémarche parce qu’il est vrai que je me sentais concerné à titre personnel aussi.Mais, cela prend du temps et nous devons faire avec l’existant, c’est-à-dire lesbâtiments. Suite à l’incendie et au moment de la reconstruction, pour diversesraisons et surtout financières, cette question n’a pas été anticipée. Nous devons donc nous adapter à ce quiest un cube de béton sans aucune isolation.Comment avez-vous priorisé vos axes d’action ?Nous n’avons pas fait d’état des lieux. Les postes les plus impactants, nous les connaissons, notre situationest similaire à de nombreux autres festivals et les priorités s’imposaient comme le transport, d’autant quebasés en ville, nous avions des leviers pour faciliter et sécuriser la venue du public.« Transport »Le tramway arrive devant notre porte, nous avons donc négocié avec les autorités organisatrices de transportpour étendre la plage horaire jusqu’à 2h30. Cela est passé par des accords avec la RTM. Cette année, nousdemandons une prolongation jusqu’à 3h30. Pour inciter à venir en transports en commun, nous avons instauréune politique de tarif réduit pour toute personne, qui à la billetterie présente son titre de transport.Pour favoriser tous les modes de transport doux, nous avons créé un parking à vélo, gardienné. Nous avonsdélégué la gestion du lieu à l’association Vélo En Ville avec qui nous avons convenu un partenariat. Mais celane connaît pas le succès attendu, il nous faut donc augmenter la fréquentation en communiquant plus. Lefestival Marsatac propose ce service dans ce même lieu, mais avec plus de succès, je pense que c’est lié àl’âge de notre public qui n’est pas le même et privilégie d’autre modes de transport.Le public n’étant bien sûr pas que marseillais, des navettes gratuites entre Aix et Marseille, Vitrolles et Mar-page 1/2


seille sont mises en place. Cette année, il devrait y avoir une troisième ville du département concernée, maisle partenariat n’est pas tout à fait finalisé. Et enfin, nous essayons de motiver le co-voiturage en communiquantdessus et en mettant en ligne une bourse au covoiturage rapprochant les usagers.Au niveau interne, nous avons monté un accord avec Citer qui nous fournit une voiture électrique pour le transportdes artistes. Cela a essentiellement un intérêt en matière de sensibilisation.Travailler sur la question du transport, c’est bien sûr aborder la question de la prévention des risques et de lalutte contre l’alcool au volant. Chaque personne qui s’engage à être pilote de soirée pour prendre en charge leretour de ses amis est invitée à laisser ses clefs de voitures en échange de tickets pour des consommationsnon alcoolisées. A la sortie, il est soumis à un test d’alcoolémie et informé de son état avant que ses clefs nelui soient rendues. En revanche, nous ne sommes pas autorisés à l’empêcher de prendre son véhicule s’il leveut vraiment.Vous avez travaillé la question du transport dans ses différentes dimensions, sur quel autre axeavez-vous planché et instauré de nouvelles pratiques ?« Gobelets »Nous avons acheté un stock de gobelets en plastiques lavables qui est utilisé non seulement lors de LaFiesta des Suds, mais aussi pour Babel Med et pour les différents événements qui se déroulent in situ. Audépart, nous avons eu du mal à mettre en place le système, nous avons fait appel à l’aide d’un prestataire.Aujourd’hui tout fonctionne, l’important pour moi est que les barmen soient formés, car ils sont présents sur lesmanifestations organisées aux Docks, lieu dont nous gérons l’animation et le fonctionnement. Pour le catring,c’est plus difficile car les personnes bossent et ont d’autres préoccupations que de conserver leur verre,mais nous allons systématiser la démarche pour l’ensemble du lieu. Systématiser une démarche innovanteest indispensable pour aller encore plus loin. En ce qui concerne les surcoûts, ils ont été absorbés par despartenariats, bien sûr les verres sont ciglés.« Tri sélectif »Evidemment, nous pratiquons le tri sélectif en interne et en mettant à disposition du grand public les équipementsnécessaires. Nous avons aussi une brigade de volontaires dédiés à cette question, fortement facilitée depuisqu’il y a les gobelets réutilisables qui ont permis de limiter les volumes de déchets. Le tri des déchets fait aussipartie du cahier des charges des restaurants avec lesquels nous travaillons. Nous les incitons à utiliser desemballages recyclables comme le pizzaiole par exemple qui a changé ses boîtes. Cependant l’éloignementdes points d’apport pour le tri, nous oblige à faire de nombreux aller retours à la fin du festival. C’est beaucoupde travail.« Toilettes sèches »Le lieu est équipé de sanitaires et quand il nous faut des toilettes supplémentaires, nous installons destoilettes sèches, mais l’expérience a souvent été menée à l’occasion des soirées VIP, donc c’est encore unépiphénomène.Avez-vous obtenu un financement particulier pour supporter la démarche ?Oui, nous avons eu 10 000 euros de la Région dans le cadre du programme AGIR pour l’EnergieVotre démarche de développement durable s’est fortement musclée sur le volet environnemental,mais aussi social. Qu’en est-il ?Justement, nous nous battons pour que La Fiesta reste dans ces bâtiments qui ont d’autres destinations queculturelles. Il nous semble qu’en qualité de producteurs de culture, nous avons un rôle social essentiel à jouerdans ce quartier où il y a de nombreuses difficultés. Chaque année d’ailleurs, nous invitons nos voisins lesplus proches comme les habitants du boulevard de Paris pour compenser les désagréments et depuis 10 ou12 ans, nous offrons 300 places à la Culture du Cœur et nous avons un partenariat avec la Fondation AbbéPierre.Que vous apporte la plateforme aer ?Elle me permet surtout de ne pas m’endormir, de continuer à m’interroger sur la façon de progresser. Noussommes tous pris dans un engrenage quotidien et la plateforme nous aide à nous structurer. C’est une sortede garde-fou et qui réclame un certain niveau d’exigence.Interview de Jean Hubert, directeur général de l’association Latinissimo, en charge du festival marseillaisLa Fiesta des Sudspage 2/2

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