Vue sur Ville 8

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Vue sur Ville 8

imageThéâtres urbainsLes villes ont leurs moments de grâce. Elles sont les témoinsdes heurts et des malheurs de la civilisation qui,comme dans une course relais, passe d’une ville à l’autre.Le palais du Reichstag à Berlin, dont le somptueux dômeest ouvert au public, compte ainsi parmi les bâtiments lesplus emblématiques d’une cité en plein renouveau.Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 3


epèresla ville en brefSint-NiklaasNouvelle affectation pour les Écoles Techniques LibresSituée en centre-ville, l’ancienne implantation scolaire des Écoles TechniquesLibres (ETL) est destinée à devenir un grand complexe de logementset d’espaces socioculturels. Pour ce projet, la ville déboursera1,91 million d’euros pour aménager 6.500 m², une somme qui provientessentiellement de la Politique fédérale des Grandes Villes et de lavente de logements du site Sint-Rochus.Les terrains des ETL accueilleront une cinquantaine de logements neufs,trois squares créés à l’emplacement des anciennes cours de récréation,une garderie extrascolaire, une crèche, un espace réservé à l’Académiedes Beaux-arts, un centre culturel dans l’ancienne chapelle et un passagede la place Onze-Lieve-Vrouw à la Collegestraat.Une villereprésenteplus que sespierres, maisl’ordre danslequel ellessont poséesdéterminesa vitalité.Maurice Culot(Cofondateur de l’ARAU).FédéralContrats pour uneville durableLe gouvernement fédéral vient d’approuver les 17 contratsville durable qui seront conclus avec les villes et les communesd’Anderlecht, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Forest, Gand,La Louvière, Liège, Malines, Molenbeek-Saint-Jean, Mons,Ostende, Saint-Gilles, Saint-Josse-ten-Noode, Schaerbeek,Seraing, Sint-Niklaas. Sur les thèmes urbains de la cohésionsociale, de l’attractivité et du développement durable,67 millions d’euros seront ainsi consacrés en 2009 pour lesquartiers fragilisés de Belgique.Infos : www.politiquedesgrandesvilles.beLogementLancement deséco-prêts en WallonieCes prêts sans frais, à un taux de zéro pourcent, sont désormais proposés pour encouragerles travaux d’amélioration de l’efficacité énergétiquedans des habitations datant d’avant1996. Destinés aux propriétaires de logementet aux personnes qui confient leur bien engestion à un organisme à finalité sociale, cesprêts poursuivent un triple objectif : permettrel’investissement à tous, promouvoir l’activitéde la construction, et contribuer au développementdurable. Ils sont octroyés par la SociétéWallonne de crédit social et les guichets decrédit social, ainsi que par le Fonds du Logementdes familles nombreuses en Wallonie.4Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


RENCONTRELes grandes villesà l’heure de la crise…Quelle est la parade des grandes villes et communes belges face à la crise économique ?Rencontre avec Robert Petit, conseiller à l’Association de la Ville et des Communes dela Région de Bruxelles-Capitale, Olivier Dubois, conseiller finance de l’Union des Villes etCommunes de Wallonie, Jan Leroy, collaborateur aux finances locales de l’Associationdes Villes et Communes flamandes.En ces temps de crise, quelle est la situationfinancière des communes bruxelloises ?Robert Petit : La situation n’est pas brillante. Mais elle n’estpas directement liée à la crise financière actuelle… Elle découlesurtout de la régionalisation du fonds des communesqui est désormais réparti proportionnellement à la population(9.5 % pour Bruxelles). Avant cette régionalisation de1974, les dix-neuf communes représentaient 17 % dufonds encore national. En clair, ces 9.5 % transformésen dotation générale aux communes ne représententplus que 250 euros par habitant bruxellois,alors que pour Gand, Anvers, Liège, ou Charleroi,on est pratiquement à 950 euros/habitant !Qu’en est-il des grandes villes et descommunes wallonnes ?Olivier Dubois : Depuis le 15 juillet dernier, la situationfinancière des grandes villes wallonnes s’estaméliorée, grâce à la nouvelle réforme du Fonds descommunes qui est plus favorable aux grandes et moyennesvilles. Cette réforme a pris ainsi en compte le phénomène desexternalités, c’est-à-dire les services qu’une ville peut fourniraux communes avoisinantes comme les centres sportifs etculturels, etc. La situation de ces villes est donc meilleure,mais il ne faut pas s’en cacher, elle reste problématique.Et la Flandre ?Jan Leroy : Il importe de relativiser. Pour les communes flamandes,l’effet de la disparition des revenus de Dexia va sefaire sentir à courts termes. En outre, la baisse des revenusprovenant des additionnels à l’impôt des personnes physiquespèseront aussi sur les finances communales. Pour mapart, je pense que la crise qui touche Dexia aura surtout desretombées pour les communes bruxelloises comme Schaerbeek.Il faut par ailleurs resituer la portée des sommes quisont en jeu. Les 8,5 millions d’euros qu’Anvers a perduscette année ne représentent, en pourcentage, qu’une saignéemineure par rapport à ce qui attend Ostende. Jusqu’àprésent, je n’ai pas connaissance d’un quelconque refus de“Nous pouvons nous attendre à ce que toutessortes de subsides accordés aux communes etaux CPAS soient remis en question, revus à labaisse, voire tout simplement supprimés ”Jan LeroyJan Leroy6Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


RENCONTREprêt à une commune. Mais il est certain que lesbanques sont moins enclines à accorder des prêtset que les intérêts proposés sont en nette augmentation.Cependant, les communes peuvent essayerde se montrer créatives. Par exemple, nous leurconseillons de ne recourir à l’emprunt qu’en casde réel besoin. Les communes ont également lapossibilité d’émettre des billets de trésorerie, unetendance à la hausse, y compris dans les petitescommunes de Flandre. Elles doivent cependantveiller à disposer des compétences nécessaires.A mon sens, les grandes villes peuvent se lancerdans ce type d’opération.Je pense que les conséquences de la crise vont surtouttoucher les CPAS. Compte tenu de la haussedu chômage, un plus grand nombre de personnesva faire appel au garde-fou de la sécurité sociale.Les CPAS vont devoir aider davantage de personnesqui ont des difficultés à trouver un emploi.A contrario, il subsiste une incertitude de taille :qu’en sera-t-il du refinancement demandé par lesadministrations locales et promis au niveau flamand? Qu’en est-il de la Politique des GrandesVilles ? La Cour des Comptes a émis des critiques.Il est à espérer que si ces moyens étaient transférésaux Régions, la souplesse de leur utilisationactuelle pourra être conservée.Quels seraient, à votre avis, les moyenspour éviter le renforcement de la dualisationdes villes et rendre les quartiersdéfavorisés plus attractifs ?Robert Petit : En Région bruxelloise, beaucoupd’efforts ont déjà été consentis au travers des“Près de la moitié des richesses produites parla capitale profitent aux autres Régions, car unemploi sur deux est occupé par un non-Bruxellois”contrats de quartier, qui, avec l’apport des communes,s’attachent autant à l’embellissementdes quartiers défavorisés qu’au renforcementdes liens sociaux au sein de ceux-ci. Les communeset la Région veillent aussi à mieuxrépartir les nouveaux logements sociaux et/oumoyens au sein des communes et de la Région.Les fonds structurels européens, liés aux effortsde la Région ont rendu possible, dans les quartiersles plus défavorisés, le développementd’initiatives économiques s’appuyant sur l’activitélocale et des expériences de formationsqualifiantes. Ces politiques sont poursuivies etdéveloppées.Et pour la Wallonie ?Olivier Dubois : Je ne dirais pas qu’ilexiste une réelle fracture sociale au seindes villes wallonnes. Par contre, les communesles plus urbaines souffrent de leurpassé industriel. Il conviendrait dèslors de les rendre plus attractives.Personnellement, je ne pensepas que l’option fiscalesoit une solution. Jesuis par exemplesceptique en cequi concerneRobert Petitla diminution du droit d’enregistrement, qui mesemble profiter plus au vendeur qu’à l’acheteurd’un bien. En revanche, je pense que lespouvoirs publics se sont partiellement coupésd’un outil puissant en délaissant les banques.Robert PetitVue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 7


RENCONTREL’octroi de prêts à des taux d’intérêt très faibles,par exemple, permettrait de mener des politiquesfavorables à certaines communes ou àcertains lieux. Des politiques qui, certes, mobiliseraientun certain capital, mais qui coûteraientin fine peu aux pouvoirs publics…Quid de la Flandre ?Jan Leroy : Le taux des centimes additionnelssur le précompte mobilier est actuellement uninstrument grossier, qui ne permet aucune diversificationau sein de la commune. De plus,il existe un autre problème, pratique celui-là. Siune ville souhaite faire varier ce taux afin d’apporterun soutien fiscal à la revalorisation decertains quartiers, elle a besoin d’un systèmeélectronique parfait pour que la perception destaxes se passe bien. Par ailleurs, les limites posenttoujours problème. Pourquoi prendre desmesures ici et pas dans le quartier d’en face ?Il en résultera toujours des tensions. Il existedéjà de nombreuses mesures fiscales en faveurdes quartiers défavorisés, qui se limitaient àl’origine à certains quartiers et villes et qui couvrentmaintenant toutes les villes-centres. Lesquestions suivantes se posent alors : pourquoiTermonde et pas Turnhout, pourquoi Drongen– qui est un peu comparable à Sint-Martens-Latem – doit-il être traité comme Ledeberg (unquartier de Gand) ? Les régions plus ruralesconfrontées à un parc immobilier vieillissantse plaignent aussi : pourquoi ne pouvons-nouspas bénéficier de ces mesures supplémentairesalors que nous aussi, nous avons des quartiersdéfavorisés ? Les récentes mesures de relancedu gouvernement fédéral ont toutefois mis finprovisoirement à cette discussion.Selon vous, quelles seraient les solutionspour rendre les communes plusfortes financièrement ?Robert Petit : Certainement pas en augmentantles impôts ! Au vu de la situation sociodémographique,on est déjà, sur le plan fiscal, aux tauxmaximaux à Bruxelles. On a les taux additionnelsles plus élevés du pays (jusqu’à 8,5 %).Et si on augmente trop les taxes sur l’activitééconomique, au niveau du précompte immobilierpar exemple, on rend la proche banlieueplus accueillante… Bruxelles bénéficie definancements complémentaires pour la policede Bruxelles ou pour les sommets européens,par exemple, ou encore les accords BELIRIS.Mais il s’agit surtout d’une série de rustinespar rapport aux véritables besoins. Seulun véritable financement de la Régionbruxelloise -et donc une augmentation sensibledes dotations générales aux communes- peutréellement renforcer les finances communales.Olivier Dubois : Selon moi, le Fonds des communesest le meilleur instrument financier parcequ’il est un outil solidaire et donne la possibilité“C’est la relance économique et la neutralitébudgétaire des décisions des autres niveaux depouvoir qui apporteront des solutions auxdifficultés financières des communes wallonnes”Olivier Duboisaux communes d’affecter librement les montants.Les subsides, quant à eux, bien que non négligeables,permettent moins d’innovation puisqu’ilssont attribués sur base de remise de dossiers.Cela ne facilite pas les prévisions financières etl’anticipation des communes. Ils présentent égalementune charge administrative importante.Nous plaidons donc pour l’instauration d’un droitde tirage, selon des critères objectifs, dans leprocessus d’attribution des subsides, notammenten ce qui concerne les budgets d’investissement.Il faut toutefois que la Région puisse encore impulserdes politiques. On propose donc qu’unepartie des subsides soient attribués selon ce système,le solde permettant au pouvoir régional demettre en œuvre les politiques d’intérêt régional.Jan Leroy : Les grandes villes bénéficient moinsdes rentrées fiscales que les autres communesen raison de la part importante du financementqu’elles perçoivent à travers le fonds. Or, il estimportant qu’elles continuent à générer suffisammentde moyens fiscaux afin d’assurerleur indépendance vis-à-vis du pouvoir fédéral.À titre d’exemple, une commune néerlandaisene tire des impôts que 10 pour cent de ses revenus,ce qui l’oblige à quémander en permanencedes moyens à La Haye.Olivier Dubois8Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


RENCONTREEn Flandre, la perception du précompte immobilierse fait via un système d’acomptes introduitpar la Région, ce qui profite aux financescommunales. Les gouvernements bruxellois etwallons ont bien lancé un appel en ce sens augouvernement fédéral… qui ne veut malheureusementpas entendre parler d’acomptes.Que pensez-vous de l’idée de réserverune partie des taxes additionnelles àl’IPP au lieu de travail plutôt qu’au lieudu domicile ?Robert Petit : Pour les communes bruxelloises,ce serait évidemment un juste retour pour lesservices rendus aux navetteurs. La Région est ladeuxième région la plus riche d’Europe. Dans lesystème actuel, près de la moitié de la richesse,et donc de revenus produits par la capitale profitentexclusivement aux communes des autresRégions, puisqu’un emploi sur deux est occupépar un non-Bruxellois. C’est là un mécanismequi doit être envisagé à défaut d’un véritablefinancement de la Région.Olivier Dubois : Pour la Wallonie, il s’agiraitd’un outil de solidarité parmi d’autres. Mais ilest préférable que cela passe par le Fonds descommunes puisque dans ce cas, la solidarités’applique à l’ensemble du territoire régional.Un système de taxes liées à la commune de travailentraînerait des disparités en fonction de laproximité ou non d’un centre économique.Jan Leroy : Le Fonds des Communes récompensedéjà les communes qui proposent ungrand nombre d’emplois sur leur territoire, enplus des prélèvements anticipés pour les grandesvilles et les villes-centres. Consacrer unepartie de l’impôt des personnes physiques àla commune de travail n’aurait d’ailleurs aucuneffet positif sur le plan financier pour les treizevilles-centres de Flandre. Il suffit de penser àAlost, par exemple, une ville de navetteurs versBruxelles. En Flandre, ce ne sont pas les villescentresmais la commune de Zaventem qui profiteraitle plus de cette mesure. Cette propositiona aussi un aspect communautaire, avec les centainesde milliers de Flamands et de Wallonsqui travaillent actuellement à Bruxelles…Dans ce contexte, quelles opportunitéss’offrent encore aux communesbruxelloises ?Robert Petit : Globalement, l’opportunité la plusforte réside dans le développement internationalde Bruxelles. Jusqu’à présent, de nombreux effortshumains et financiers ont été consacrés àla promotion internationale de Bruxelles. Je croisqu’il est grand temps que des moyens importantssoient dégagés pour aider les communes à mieuxpercevoir les avantages qu’elles peuvent retirerintra-muros de ce développement international, àétudier les conditions nécessaires pour saisir cesopportunités et mettre en œuvre des stratégiesadéquates : accueil des nouveaux habitants, développementéconomique et culturel…Quelles autres opportunités peuventencore espérer les grandes villeswallonnes à l’avenir ?Olivier Dubois : Les villes wallonnes nejouent pas encore un véritable rôle international.Contrairement à Bruxelles, il faudrait plusqu’une réforme du système fiscal pour offrir unemeilleure assise financière à ces villes. Dansce contexte, l’avantage certain de la Wallonie,c’est son grand potentiel de développement !Si la Région se redresse, elle devra notamments’appuyer sur son armature urbaine. Hormis laquestion de la neutralité financière des décisionsdes autres niveaux de pouvoir, c’est larelance économique qui apportera des solutionsdurables aux difficultés financières descommunes wallonnes…Et la Flandre ?Jan Leroy : André Leysen a dit un jour : “Lescrises sont des défis”. La créativité est de mise,non seulement au niveau des administrationslocales mais aussi au sein de toutes les structures,organisations et instances avec lesquelleselles sont liées. Ceux qui s’y attaquentsérieusement peuvent en ressortir plus forts,en posant un regard critique sur leur proprefonctionnement par exemple, et en décidantsi certains moyens ou effectifs ne peuventpas être consacrés à de nouveaux besoins.Il existe également une tendance des administrations,encore plus qu’auparavant, à collaborerafin de diviser les coûts. Dans le nouveaugouvernement flamand, le refinancement desadministrations locales devra en tout cas êtreun thème central.Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 9


DossierFinances communalesVers une gestionresponsable et efficaceComme Jan Leroy de l’Association des Villes et Communes flamandes l’explique dans notrerubrique “rencontre”, le professeur Moesen est convaincu que pour les administrationslocales, le défi de la crise financière consiste surtout à accroître leur créativité etleur efficacité. Bref, qu’une meilleure gestion s’impose. Survol du sujet avec le prof. em.Wim Moesen.Avant-proposLes dépenses des administrations locales belges représententen moyenne 7% du Produit Intérieur Brut.La moyenne est plus élevée à Bruxelles et en Walloniequ’en Flandre. Bien entendu, il existe également unegrande disparité entre les villes et les communes (lesvilles assurent notamment une fonction de “centre” etde “bande d’arrêt d’urgence”). Ces 7% sont nettementinférieurs à la moyenne européenne (Europe des 15)qui atteint les 12%. Chez nous, la décentralisation territorialeest donc moins forte qu’ailleurs. Sur ce plan,les pays scandinaves tiennent le haut du pavé.En Belgique, de nombreux services font partie dusecteur non marchand (enseignement, accueil des enfants,aide à la jeunesse, soins de santé/hôpitaux…)où bien souvent la commune n’intervient pas. Dansd’autres pays, ces domaines sont pour la plupart descompétences communales. La prise en charge de cesservices publics par le secteur non marchand donne debons résultats, d’un point de vue tant objectif que subjectif(80% des Belges déclarent ainsi avoir confiancedans l’enseignement et les soins de santé). La théoriedes finances publiques veut que le bien-être augmentelorsque ces “biens” sont proposés au consommateur àun prix inférieur à leur valeur (mais pas gratuitement,afin d’éviter tout abus). Ainsi, chez nous, le citoyenpaie en moyenne 25% des frais de santé réels, le resteétant pris en charge au niveau national selon le principede solidarité.Le principe du “vote avec les pieds”L’un des principaux critères de choix pour ces servicesest le principe du “vote avec les pieds” : les citoyenschoisissent un hôpital ou un établissement scolaire etle financement se base sur ce choix. Il en résulte unepression à la hausse sur la qualité du service, car moinsil y a de “clients”, moins il y a de financement public.Pour le professeur Moesen, cette concurrence baséesur le principe du “vote avec les pieds” incite égalementles communes à adopter un fonctionnement10Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


Dossierplus efficace. Un contact direct entre le citoyenet les dirigeants porte ses fruits : si lesresponsables politiques sont régulièrementinformés de ce qui existe (de mieux) dans lesautres communes, ils se montreront beaucoupplus vigilants.Cette mesure peut jouer en faveur d’une améliorationde l’efficacité de l’administration publique(improving the efficiency of the publicadministration), formulée clairement par laCommission européenne dans sa recommandationà la Belgique (European Economy 2002,rapport 2001). En tête de liste pour la Belgique,cette recommandation n’a pratiquementpas été adressée à d’autres pays européens.Pas de panique !De manière générale, les finances communalessont saines en Belgique. A ce propos,les communes doivent présenter des budgetséquilibrés qui font l’objet de contrôles stricts.Bien entendu, le degré d’endettement est plusélevé dans les villes que dans les autres communes,surtout en raison des dettes héritéesdes prédécesseurs (voir à ce sujet l’interviewsur Anvers). Dans l’ensemble explique le professeurMoesen, le degré d’endettement n’estpas excessif et les communes disposent denombreux actifs en contrepartie (bâtiments,routes, halls de sport, parcs, etc.).À l’instar des entreprises et des autres niveauxde l’administration publique, les communesdevront faire face aux conséquencesde la crise. Comme d’autres l’ont déjà dit dansce “Vue sur Ville”, ces conséquences se manifesterontnotamment par le non-versementdes dividendes du holding communal Dexia.Mais cela ne doit pas être exagéré : ces dividendesne représentent en moyenne que 1%du budget et cette saignée n’est probablementque temporaire. En fait, cette manne annuelleest entrée dans les habitudes communales, etla disparition de ce petit supplément peut êtremal vécue par certaines communes. Autrepierre d’achoppement en matière de financecommunale : les revenus liés aux additionnelsà l’impôt des personnes physiques vont probablementdiminuer et les dépenses des CPASvont croître en raison de l’augmentation dunombre de bénéficiaires du revenu d’intégration.Pour rappel, ce revenu d’intégration provientpour moitié des CPAS et pour moitié desautorités fédérales. Quant aux conséquencesde la crise chez Ethias pour les communes, ellesse limiteront probablement à la baisse desristournes des primes d’assurance.Compte tenu de cette dynamique, le professeurMoesen est convaincu que le Fonds desCommunes reste un instrument efficace pourrépondre aux besoins des communes. Cetinstrument permet en effet de régler le financementde la fonction de “centre” des grandesvilles ainsi que leur fonction de “banded’arrêt d’urgence” (le fait qu’elles abritentproportionnellement davantage de personnesvulnérables). En outre, il ne pense pas qu’ilfaille redouter une crise comme celle que lescommunes ont connue dans les années 1970Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 11


Dossieret 1980. Selon lui, le plus gros effet sera de naturepsychologique : la pression en faveur d’unfonctionnement plus efficace.Le véritable effet de la crise financière: une gestion responsablepour plus d’efficacitéDans le secteur public, l’accountable governance(“gestion responsable”) est un termeapparenté à celui de good governance. Commentla favoriser ?Outre la possibilité d’exprimer son appréciationou non sur son bulletin de vote, le citoyenpeut aussi “voter avec ses pieds” c’est-à-diredéménager dans une autre commune s’il n’appréciepas la politique locale. Bien sûr, cettemobilité d’une commune à l’autre est limitéepar les frais de transaction qui y sont liés.Il n’empêche qu’il existe une concurrence intercommunalede plus en plus vive pour attirerdes consommateurs-électeurs-contribuables.Dans ce contexte, les informations relativesà la qualité de la politique communale et desservices sont cruciales. Plus les données publiquesseront publiées, mieux le citoyen pourras’informer sur la politique de sa commune etla comparer avec celles des communes voisines.Cette “compétition” pourra accroître lapression exercée sur les responsables politiqueset influencer ainsi la qualité des services.Dans son rapport annuel, l’Agence flamandedes Affaires intérieures inclut déjà des statistiquescomparatives pour certains indicateurs.Selon le professeur Moesen, nous pourrionsaussi imaginer un indicateur global qui résumeraitla qualité des services communauxau moyen d’un score unique. Le cas échéant,celui-ci pourrait même devenir un élémentsupplémentaire des critères de répartition duFonds des Communes, précisément afin d’offrirune impulsion financière supplémentaireaux communes performantes.Une objectivation et une mesure de la qualitéplus importantes s’imposent donc. Ailleurs,on parle d’official benchmarking. Au Japon,ce système est appliqué de manière systématiqueet fait la une des journaux…Pour conclureEn marge de cet entretien, le professeur Moesen a tenu às’exprimer au sujet d’une polémique qui n’est pas spécifiquementliée à la crise : la corporate governance médiocredes intercommunales, qui sont des acteurs importants dansla dynamique publique. Il plaide ainsi pour des Conseils d’administrationefficaces et bien dimensionnés. Idéalement unedouzaine de personnes, dont environ un quart de spécialistesindépendants, pour une complémentarité des compétences.L’époque des Conseils d’administration composés de 100administrateurs et de 24 vice-présidents, comme il l’a unjour noté, est peut-être révolue. Il n’en demeure pas moinsqu’il y a encore du pain sur la planche au registre des compétenceset de l’efficacité.Veiller sur ce point et adapter les procédures est une formed’efficacité que l’on pourrait attendre des autorités politiques,qui attendent cette même efficacité de leur personnel.Elles peuvent donc donner le bon exemple.12Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


DossierBruxellesPour une solidaritémieux financéeles communes bruxelloises jouissent très peu des bénéfices qu’elles dégagent.Des contradictions qui, en temps de crise, méritent plus que jamais d’êtreprises en compte. Autant au niveau du financement de la Région que desdotations communales et de leurs mécanismes de répartition afin de garantirla solidarité nécessaire à l’équilibre des entités bruxelloises.“La régionalisation du fond des communes avéritablement appauvri les outils de solidaritéenvers Bruxelles”, introduit d’emblée, RobertPetit, conseiller à l’Association de la Ville et desCommunes de la Région de Bruxelles-Capitale.“Bien que les communes bruxelloises soientune source de richesses essentielles pour l’ensembledu pays et surtout pour les Provincesdes Brabant flamand et wallon, ces dernièresfinancent désormais les grandes villes de leurrégion respective, et non plus leur pôle d’attractioncentral…”Depuis la réforme de l’État et la régionalisationdu Fonds des Communes, les Régions fixent eneffet de façon autonome les montants et lesrègles de répartition de leur part de ce Fonds.Régionalisée proportionnellement aux populationsrégionales (et non en additionnant ceque les communes recevaient avant la régionalisation),la dotation générale aux communesbruxelloises représente aujourd’hui 250 millionsd’euros à Bruxelles, soit 250 euros par habitant.“De la nuit au jour, Bruxelles passe d’une populationd’un million à un million et demi. ‘Lesexternalités’, ces phénomènes liés à son statutparticulier, n’ont pas été prises en compte dansla régionalisation du Fonds des Communes. Surbase d’études antérieures, de comparaisons entregrandes villes du pays et en termes de besoinsréels, c’est grosso modo un milliard d’euros enplus par an (500 millions d’euros pour la Régionen tant que telle et 500 millions d’euros pour lescommunes) qu’il faudrait injecter afin d’arriverà un fonctionnement correctement et justementfinancé des entités bruxelloises !”Si la solidarité ne s’opère plus entre les différentesrégions, elle continue d’être de mise au seinde celles-ci. “La dotation générale aux communesbruxelloises est répartie selon une sériede critères tenant surtout compte des disparitéssocio-économiques. Ainsi, les communesbruxelloises les plus nanties reçoivent, au titrede la dotation générale, quelque 60 euros parhabitant, tandis que les moins favorisées perçoiventun peu plus de 470 euros par habitant.A titre informatif, la moyenne pondérée des quatreautres grandes villes du pays est de quelque1.000 euros par habitant.”Et au niveau des dépenses ? “De nombreux effortsde rationalisation ont été consentis. Lesservices propreté, incendie et aide médicaleurgente relèvent déjà de la Région et la policecomporte désormais 6 zones (plus de 150.000habitants par zone). Certaines matières pourraientencore être regroupées… mais, pourl’Association de la ville et des communes, il esttotalement exclu de fusionner les communes !En moyenne par commune, on en est déjà à plusde 50 000 habitants. C’est nettement supérieurà la moyenne wallonne ou flamande. De plus,les communes doivent conserver une certaineautonomie afin de garantir leur bon fonctionnementet assurer des services de proximité et dequalité à leurs habitants.”Pour compenser leur manque de moyens financiers,les communes bruxelloises pourraientaugmenter la fiscalité. “Impossible !”, confirmeRobert Petit. “Les taux de taxation sont déjàles plus élevés du pays !” Dans ce cas, quelleest la solution pour améliorer les financescommunales ? “Seuls un financement juste etcorrect de la Région bruxelloise et donc uneaugmentation conséquente de la dotation généraleaux communes pourraient rétablir uncertain équilibre.” conclut-il.Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 13


DossierAnversLa dette de la ville estsous contrôleL’équipe qui dirige actuellement la ville d’Anvers ne souhaite pas que ses successeursconnaissent la même mésaventure : devoir faire face à des dettes historiques et parconséquent, prendre des mesures d’assainissement douloureuses. Le budget communal 2009d’Anvers et le plan financier pluriannuel couvrant la période jusqu’en 2013 sont en équilibre.Les réserves déjà constituées au cours des années précédentes sont aujourd’hui en partieutilisées en vue de la mise en œuvre de l’accord politique. Wilfried De Goeyse, conseiller del’échevin des finances Bungeneers, apporte son éclairage sur la dette de la ville.Dans le budget ordinaire 2009, les dépenses courantessont estimées à 1.358 millions d’euros.L’excédent budgétaire s’élève à 123 millions d’euros,ce qui permet d’être optimiste quant à la possibilité decompenser d’éventuels effets négatifs de la crise économiquedu côté des dépenses. La ville a de quoi voir venir.Wilfried De Goeyse prévoit une augmentation des bénéficiairesdu revenu d’intégration auprès du CPAS, maisles effets de ce phénomène se feront surtout sentir auniveau fédéral et non communal. Il sera proposé de supprimerles dividendes Dexia (8,5 millions d’euros inscritsau budget) en 2009 et de les réintégrer progressivement :de 200.000 euros en 2010 à 3 millions d’euros en 2013.Le budget (d’investissement) extraordinaire 2009 semonte à 181 millions d’euros. Ce programme d’investissementest financé au moyen de 65,7 millionsd’euros de fonds propres, 72,8 millions d’euros empruntéset 42,3 millions d’euros de subsides ou definancements externes.Cette année, les dépenses liées à la dette représentent10% des dépenses totales, c’est-à-dire 137 millionsd’euros. Les emprunts d’assainissement représententencore près de trois quarts de cette sommecontre un petit quart pour les investissements.Ce montant est le plus bas depuis de nombreusesannées. Et il est également plus bas que celui estimépour les années à venir. En effet, il passera à203 millions en 2013. Cette augmentation s’expliquepar la comptabilisation des emprunts différés. Cesdernières années, les investissements ont en effetété préfinancés grâce aux fonds propres et aux réserves,notamment avec les revenus uniques de la vented’actions d’Electrabel, Suez et Telenet.En 2019, la dette historique de la Ville sera épongée.Entre 2019 et 2023, ce sera au tour des dettes reprisesdes hôpitaux du CPAS devenus indépendants d’êtreapurées, soit 300 millions d’euros…En 1995, la dette s’élevait encore à 1.713 millionsd’euros. En comptabilisant les emprunts, la dette évolueracomme suit : de 1.214 millions d’euros en 2009 à828 millions d’euros en 2018.14Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


DossierWallonieChronique d’une crise annoncée ?Depuis mi-2007, l’économie est frappée par de nombreuses crises. Bien avant d’entendreparler de la chute du secteur bancaire, l’inflation a touché l’ensemble de la société. Lescommunes wallonnes n’échappent bien évidemment pas à la règle. Bien que cette flambéedes prix se soit atténuée début 2009, son impact est encore palpable sur les financescommunales. La crise annoncée de “l’économie réelle” pourrait encore assombrir cetableau maussade.On a beaucoup entendu parler de la détériorationdu secteur bancaire et des sommes quel’état a dû injecter dans les banques Fortis ouDexia, pour ne citer qu’elles. Une situation sansprécédent qui ne sera évidemment pas sansconséquence sur les finances communales.Mais si, selon Olivier Dubois, conseiller financede l’Union des Villes et Communes de Wallonie,la problématique n’est pas négligeable,d’autres effets de la crise menacent plus directementles finances communales.Car bien qu’en 2009, le taux d’inflation annuelsoit descendu à 0,5 %, il a atteint des sommetsen 2008 avec un taux de 4,49 %. “Cette inflationa de fortes répercussions sur les dépensescommunales, notamment au niveau des chargessalariales… Dès le 1 er janvier 2009, ellesont dû pleinement supporter les trois sauts d’indexde 2008 sans pour autant avoir déjà perçules recettes IPP augmentée du même ratio.Au final, pour les communes wallonnes, cela représenteun coût estimé de 50 millions d’eurossur l’ensemble de 2008 auxquels s’ajoutent encore25 millions d’euros en 2009 .”Ville de Namur“Pour Dexia par exemple, la perte des dividendespour les recettes communales s’élève àquarante millions d’euros. C’est évidemmentune somme importante mais, in fine, cela nereprésente qu’un pour cent des recettes. Celaaura sûrement comme résultat d’empêcher laréalisation de certains projets innovants …Cet impact doit être replacé dans un contexteplus large, où les communes doivent faire faceaux effets de la forte inflation qui a marquél’année 2008, ainsi qu’aux nombreuses conséquencesde la crise sur l’économie réelle.”Parallèlement à cette poussée inflationniste,les effets de la crise financière sur l’économieréelle se font de plus en plus présents. Licenciement,chômage technique, baisse de production…,la conjoncture économique subit deplein fouet le contrecoup de la chute boursière.“En 2009, la baisse du PIB est estimée à – 2 %.La diminution de la capacité contributive desménages aura naturellement un impact directsur les recettes de l’Etat fédéral, mais aussi surcelles des communes à travers les recettes additionnellesà l’IPP. Il faut néanmoins remarquerqu’il s’écoule environ deux ans entre l’effet d’uncontexte économique et son impact sur les recettescommunales…”Conséquences sur lesdépenses communalesOutre son influence sur les recettes, la crise financièreaura également des conséquences sur lesdépenses communales, comme le souligne notreinterlocuteur : “En période difficile, les CPAS sontévidemment plus sollicités. Avec la nouvelle politiquede contrôle des chômeurs, ils doivent déjà faireface à une augmentation des demandes venant depersonnes exclues du droit aux allocations de chômagequi n’ont d’autres choix que de se tourner versle revenu d’intégration… Le CPAS de Charleroi a,par exemple, vu le nombre de ses bénéficiaires augmenterde 30 % entre janvier 2006 et août 2008. Encette période de récession, les dépenses des CPASseront certainement les premières touchées par lacrise annoncée de l’économie réelle…”Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 15


énergieOstendeDes prêts sans intérêt pourstimuler les économies d’énergieDes cafés énergie dans lesquels les clients peuvent demander un audit énergétique gratuitde leur habitation. Voilà comment la ville d’Ostende encourage ses habitants à prendredes mesures d’économies d’énergie… et à solliciter un prêt sans intérêt à cette fin.Panneaux solaires photovoltaïquesDepuis 2007, la Belgique propose un Fondsfédéral de Réduction du Coût global de l’Énergie(FRCE), doté d’un budget de 50 millionsd’euros. Les particuliers peuvent obtenir auprèsde ce fonds un prêt d’un montant maximal de10.000 euros. Grâce à ce prêt sans intérêt oubon marché, ils peuvent faire installer du doublevitrage, une meilleure isolation, une chaudièreà condensation ou des panneaux solaires.Ils remboursent le prêt par mensualités, pendant5 ans. En cas d’emprunt du montant maximal, lamensualité s’élève à 166,67 euros.Ce prêt peut être demandé auprès des autoritéslocales. Ostende a endossé un rôle de pionnieren la matière. La ville côtière a créé une régiecommunale autonome Energiesparing Oostende(EOS) épaulée par le CPAS et le logementsocial. EOS souhaite inciter tous les Ostendaisà réaliser des économies d’énergie et à recouriraux sources d’énergie alternatives. Le messaged’EOS vers les citoyens est le suivant : “Ne pasgaspiller l’énergie est aussi important pour l’environnementque pour votre portefeuille. Grâceà des audits énergétiques gratuits et à des prêtssans intérêt, nous vous aidons à consommermoins d’énergie. Vous pouvez ainsi économiserde l’énergie dès aujourd’hui, sans sacrifier votreconfort et en gagnant de l’argent”.“Après un an, nous avons déjà accordé1,5 milliond’euros répartis sur 210 dossiers. Noustouchons notre groupe cible : 15% de la populationmoins favorisée participent. Ce sont cespersonnes qui vivent dans les habitations lesplus énergivores”, explique Tom Germonpré,l’échevin compétent.En principe, le prêt sans intérêt est accordéaux personnes qui ne disposent que de peu deressources. Les autres particuliers paient 2%d’intérêts. Pour favoriser cette dynamique anti-gaspiénergétique, les autorités communalesostendaises ont décidé de prendre ces frais àleur charge. La Ville a ainsi déjà versé 250.000euros à EOS par mesure compensatoire. “Nousavons calculé que les investissements énergétiquesréalisés dans les logements d’Ostendereprésenteraient une économie de 5,4 millionsd’euros sur cinq ans”, poursuit l’échevin.Outre Ostende, Gand, Anvers et cinq communesde l’intercommunale malinoise Igemo ont rejointle Fonds. En Wallonie, Charleroi participe.“Le Fonds dispose de moyens financiers. Nousne demandons qu’à en faire profiter tous ceuxqui le désirent”, affirme Isabel Haest, administratricedéléguée du FRCE. Elle espère que d’autrescommunes suivront le mouvement. Le fonds peutaccueillir une septantaine de communes. Parailleurs, il n’est pas exclu qu’en cas de succèsmassif, de nouveaux moyens soient octroyés.Les cafés énergiePour s’adresser à la population défavorisée avec un maximum d’efficacité, Ostende mise sur des “cafés énergie”,avec des stands, des orateurs et des animations dans les quartiers. Les habitants peuvent y solliciter un auditénergétique gratuit. 700 de ces audits ont déjà eu lieu. Les audits révèlent les besoins des personnes et de leurlogement. “Nos équipes visitent toujours deux fois le logement”, explique Tom Germonpré. “La deuxième fois, ilsremarquent que les gens sont déjà plus conscients du problème énergétique. Ils sont donc beaucoup plus ouvertsaux interventions.”16Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


socialLa LouvièreDes boutiques au servicede la cohésion sociale !Inaugurés en 2006, les “Magasins Citoyens” de La Louvière n’ont pas tardé à devenir unmodèle du genre en Wallonie. Ouvert à tous les habitants de La Louvière dans un soucide mixité sociale, l’espace commercial sert également de laboratoire grandeur natureaux stagiaires en insertion socioprofessionnelle.Aménagée dans un ancien magasin de peinturepar le CPAS de La Louvière, une petite galeriemarchande propose désormais une successionde modules commerciaux entrecoupés de patiospaysagers. Les clients peuvent ainsi y trouverleur bonheur parmi une série de boutiques :Vesti-bulle, magasin de vêtements de secondemain, de jouets d’occasion et de petit matérielde puériculture, “Zen Latitude”, salon de coiffureet de soins esthétiques, le “Lavoir/ séchoir”,l’Art du meuble qui permet de se meubler à petitprix, ainsi qu’un restaurant “Au Pré Vert” proposantune cuisine saine et équilibrée et l’EspaceInfo des services du CPAS.Un espace ouvert à tousImaginé par Jacques Gobert (bourgmestreactuel de La Louvière) alors qu’il était encorePrésident du CPAS, ce concept de “MagasinsCitoyens” s’inscrit dans la stratégie dedéveloppement urbain de la ville. “Ce projetd’aménagement est étroitement lié à une dynamiquesociale en faveur des plus défavorisés.A l’origine, nous avons voulu relocaliser en centre-villeun magasin pilote de vêtements de secondemain. Autour de ce projet, nous avons développéun concept de boutiques citoyennes.”Implanté en centre-ville, ce petit complexe estaujourd’hui fréquenté par un public très diversifié.Habitants et commerçants du quartier s’yretrouvent volontiers, séduits par l’ambianceconviviale du lieu.“Nous avons tout d’abord voulu en faire un lieude convivialité en évitant de tomber dans le piègedu misérabilisme”, ajoute Jacques Gobert.“Pour attirer le chaland, nous devions proposerun cadre agréable, sobre et élégant. Parallèlement,les services offerts par les MagasinsCitoyens permettent de renforcer “l’image desoi” (coiffure, esthétique, vêtements…) despopulations plus fragilisées qui apprécient lesavantages qui leur sont proposés.”Par mesure d’équité par rapport aux autrescommerçants, les prix pratiqués dans les boutiquesont été fixés en fonction de ce qui sefait dans les commerces alentours. Des conditionsd’accès et des tarifs préférentiels sontcependant proposés à tous les bénéficiairesdu CPAS et des organismes partenaires viaune carte “avantages”.Insertion socioprofessionnelleL’autre axe important du projet réside dans sadimension d’insertion socioprofessionnellepour les bénéficiaires du CPAS. Conçu commeune filière privilégiée de mise au travail, les“Magasins Citoyens” accueillent les personnesdésireuses de se former et de (re)trouverun emploi : vendeur, coiffeuse, esthéticienne,restaurateur, menuisier ébéniste, technicien desurface… ont l’occasion de mettre en pratiqueleurs compétences. “Notre objectif a été d’offrirune filière concrète pour valoriser le travail desstagiaires et leur permettre d’évoluer dans unvéritable environnement professionnel”, expliqueencore Karine Bailly, responsable du projet.“C’est l’occasion pour eux de gérer la relationclient, apprendre à se mettre à leur disposition,faire face à des crises… ils sont bien entenducoachés par des formateurs professionnels.”Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 17


FocusPatrimoineMusées de ville et d’industriesEn Belgique, beaucoup de villes tentent de préserver les dernières tracesde leur passé industriel, mémoires du quotidien laborieux des citadinsd’alors. Dans cet esprit, le textile gantois, les manufactures bruxelloiseset les charbonnages wallons se déclinent au gré de trois musées deville incontournables, reflet patiné d’un passé à jamais révolu.Le STAM présente le passé, leprésent et l’avenir de GandLe nouveau musée de la ville se dressera bientôtsur le site historique du Bijloke. Vers le milieude l’année prochaine, le STAM, le nouveaumusée de la ville de Gand, ouvrira ses portes.Le STAM ne se contentera pas d’être la vitrinede la ville actuelle de Gand, il permettra aussi dedécouvrir son passé et son avenir. Une fonctionparticulière sur un site particulier. A l’issue duprojet, le STAM transformera le fameux site duBijloke en un véritable campus culturel. Durantdes siècles, l’endroit a en effet été dévolu auxsoins des malades et bien des Gantois ont jadispoussé leurs premiers cris à la maternité du Bijloke.Hendrik Defoort et Christine De Weerdt,les responsables de ce projet ambitieux, nousl’expliquent plus en détail.“La première activité de construction sur le sitedu Bijloke date du XIIIe siècle et n’a jamais vraimentcessé depuis. Aujourd’hui, elle se fait dansun respect beaucoup plus grand du précieux patrimoineexistant. La transformation du site aété précédée d’une campagne de restaurationapprofondie, selon les règles de l’art, et baséesur des recherches historiques et archéologiquesdu lieu.”Il en va de même pour l’architecture choisiepour le site. Ainsi, le nouveau bâtiment duSTAM a été construit sur le front bâti du XVII esiècle tandis que les axes de circulation revalorisentceux qui existaient au XIV e siècle.La nouvelle construction qui fera office d’entrée,confère au STAM un aspect résolumentcontemporain sur ce site historique. Le rezde-chausséeentièrement vitré permet de garderune vue d’ensemble du site. La terrassedu café, exposée au sud, est installée entreune paroi vitrée du XXI e siècle et un mur debriques de l’abbaye du XIV e siècle.Après une présentation de la ville de Gand aupremier étage, le visiteur pénètre dans l’abbayerestaurée. Dans ce magnifique bâtiment,l’histoire culturelle et industrielle de la villefait l’objet d’un récit chronologique basé surdes pièces issues de différentes collections.C’est là que débute le circuit muséal permanent.Mais ce n’est pas tout. De nombreusesmanifestations et expositions temporairessont prévues autour de toutes les facettespossibles de la vie urbaine, avec Gand pourservir de modèle.“Tout ce qui se passera au STAM aura un rapportavec la ville. Et tout ce qui se passera dansla ville pourra être abordé au STAM. Il va de soique la ville elle-même sera impliquée au maximumdans le fonctionnement du musée et ensera même l’épicentre. Cela sera clairement misen évidence dès la fête d’inauguration en 2010.La première exposition temporaire, Belichtestad. Dag en nacht in Gent (ouverture en octobre2010) ne restera par ailleurs pas confinée dansles murs du STAM.”Info : STAM - Godshuizenlaan 2 - 9000 Gand.T +32 (0)9 269 87 90 - F +32 (0)9 233 07 09E stam@gent.be18Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


FOCUSLa mémoire liégeoise des minesà BlégnyInauguré en 1980, quelques mois seulementaprès la fermeture définitive de la mine decharbon, le site de Blégny-Mine reste l’un desplus beaux fleurons de l’histoire industrielleliégeoise. Situé à quelques encablures de laCité Ardente, le site qui s’inscrit dans le passéindustriel de la ville illustre à merveille les activitésminières emblématiques de cette partiedu bassin mosan.Fleuron de l’archéologie industrielle wallonne,le site de Blégny présente un triple intérêt.Technique d’abord : le site qui dispose d’uneinfrastructure assez récente propose uneexploration grandeur nature de ce qu’étaitl’activité des mines. Toujours en activité, lepuits n° 1 permet en effet aux visiteurs dedescendre vers les étages -30 et -60 mètrespour découvrir une taille et les équipementsd’abattage. Humain ensuite : certaines visitessont encore assurées par des anciens mineursde fond. Et cette proximité avec les “gueulesnoires” confère à la découverte technique uncôté affectif et émotionnel particulièrementattachant. Scientifique enfin : le Centre Liégeoisd’Archives et de Documentation de l’IndustrieCharbonnière (CLADIC) propose unevaste documentation sur les mines liégeoiseset les techniques minières consultable gratuitementsur place.Domaine Touristique de Blégny-MineRue Lambert Marlet, 23 - 4670 BlégnyTél. : +32 (0)4 387 43 33Infos : www.blegnymine.be -domaine@blegnymine.beLa Fonderie : toute l’histoire d’un Bruxelles industrieuxFondé par Guido Vanderhulst, le Musée bruxelloisde l’Industrie et du Travail a installé sesquartiers à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles)sur le site d’une ancienne fonderie : la Compagniedes Bronzes.Qu’y a-t-il de commun entre une malaxeuse demayonnaise, un modèle de fonderie, un poêled’atelier, un adressographe et une foreuse àcolonne ? Ces pièces qui appartiennent toutesaux collections de la Fonderie témoignent enfait du labeur des Bruxellois au cours de cesdernières décennies. Depuis juillet 2008, cesmachines, outils, objets et documents sontexposés sur palettes, comme dans un entrepôtde jadis. Point de scénographie muséologiquedonc, le visiteur accède à une étonnantesalle des tourneurs en compagnie d’un guidedu service éducatif. Et c’est lui qui fera revivrel’histoire de ces objets en la raccrochantà l’histoire plus vaste des industries dansla ville. Passionnant ! Le musée, qui se veutavant tout espace vivant, est en fait en coursde construction. Et son aménagement completdevrait vraisemblablement aboutir aux alentoursde 2010.Centre d’Histoire économique et sociale dela Région Bruxelloise, la Fonderie proposeégalement un centre de documentation etde recherche particulièrement riche, despublications, ainsi que des découvertes urbaineset portuaires d’un Bruxelles oublié.Pour les amateurs d’histoire industrielle,des croisières en bateau-mouche et desparcours pédestres (guidés) explorent différentsquartiers de Bruxelles-ville et deMolenbeek-Saint-Jean. A voir…La Fonderie – Musée bruxelloisde l’Industrie et du TravailRue Ransfort 27 à 1080 BruxellesTél. : +32 (0) 2 410 99 50Fax :+32 (0) 2 410 39 85Infos : www.lafonderie.be /parcours.lafonderie@skynet.beVue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 19


logementBruxellesLe Vivier : une maison“peule” hospitalité admise !En 1989, un projet de maison solidaire défraie la chronique. Son originalité ? Desreprésentants de la communauté peule accueillent des personnes en difficultépsychologique afin de soulager leur souffrance… Près de 20 ans plus tard, le projettient toujours la route et fait même des émules. Animatrice à l’association l’Autre“lieu” - R.A.P.A. (Recherche Action sur la Psychiatrie et les Alternatives), VéroniqueDubois nous raconte cette formidable aventure humaine.Fin des années 80, une collaboratrice de l’associationl’Autre “lieu” propose une idée qui vafaire son chemin. Son conjoint d’origine peule –une ethnie d’Afrique de l’Ouest - entretient desliens très étroits avec sa communauté d’origineà Bruxelles. Fascinée par la sérénité quiémane de cette dynamique sociale, elle prendconscience que les Peuls ont une propension àvéhiculer naturellement des valeurs traditionnellescomme la solidarité au sein du groupe,l’hospitalité envers l’étranger, le respect desdifférences et l’affirmation d’une identité cohérente.“De cette réflexion est née l’idéeoriginale de créer une maison communautairerassemblant, sous un même toit, des Peuls etdes personnes en souffrance psychique, moraleou sociale”, précise Véronique Dubois.Accueillants et accueillissous un même toit“Ce qui prédomine chez les Peuls, c’est avanttout l’attention que l’on porte l’un enversl’autre”, raconte-t-elle encore. “Alors que dansnotre société occidentale, la solitude est trèssouvent la cause de troubles psychiques, il estimpensable pour un Peul de laisser quelqu’unseul avec ses souffrances. Ainsi, ils sont trèsattentifs à l’exclusion sociale.”Au Vivier, il est rare en effet qu’un Peul se retrouveseul dans la salle commune. Et si d’aventurec’était le cas, il serait vite rejoint par unautre Peul. Pour les résidents, l’hospitalité estgarantie : une parole, une accolade, un échangede salutation, un sourire qui font tant de bien…Deux typesd’accompagnement“A l’inverse des communautés thérapeutiquesclassiques, c’est la parole, la présence, le sentimentd’exister sans être jugé, sans être stigmatisépar la maladie qui domine ici”, souligneencore Véronique Dubois. Pour assurer la cohésiondu projet, l’Autre “lieu” se contente eneffet de mettre en place un accompagnement àla fois collectif et individuel, sans interférer surla spontanéité de l’équilibre social.“L’accompagnement collectif consiste en despalabres communautaires qui se déroulent unefois par mois avec tous les locataires Peuls etaccueillis. On y discute de tout ce qui va et detout ce qui ne va pas : de la gestion collectivedu logement à la vie interne de la maison. Lorsde l’accompagnement individuel, les accueillisont l’occasion de parler “sans tabou” de leur maladie,de leurs projets personnels, de formationsqu’ils peuvent suivre. Les accueillants peuls pourleur part, bénéficient d’un logement décent etsont également aidés par l’Autre “lieu” dansleurs démarches administratives.” Cette expérienced’accueil originale de solidarité transculturellemet en évidence des personnes soumisesà des exils de nature différente. Pour les uns, ils’agit pour la plupart d’immigration, réfugiés politiquespour certains, et pour les seconds, d’exclusionssociales, de psychiatrisation.Aujourd’hui, le Vivier héberge huit “accueillants”peuls et deux personnes ensouffrance psychique. Outre ces accueillants,de nombreux Mauritaniens et Sénégalais fréquententquotidiennement la maison. L’occasionpour eux de parler “le pulaar”, de partagerle plat commun…Infos : ASBL l’Autre “lieu” – RAPA -Rue Marie-Thérèse , 61 à 1210 Bruxelles.Tél. : 02 / 230.62.60 - www.autrelieu.beL’accueil en première ligneCréée en 1980, L’asbl L’Autre “lieu” gère et animetrois maisons communautaires non thérapeutiques.Parmi ces structures, deux maisons, dont le Vivier,sont habitées par des Peuls.20Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009


agendacolloques, rencontres et séminaires26 MAI 2009Ville de Bruxelles. Climat.Dans le cadre de ses journées thématiques surle développement urbain durable, la Politiquefédérale des Grandes Villes organise une journéeconsacrée à la réduction de l’empreinteécologique des villes. Au programme : conférence-débat,présentation de pratiques belgeset étrangères, visite sur le terrain (projets deBruxelles Environnement (IBGE)) …Lieu : Hôtel de Ville, Grand-Place à 1000Bruxelles. Infos : mail :politiquedesgrandesvilles@mi-is.be,tél :02/508 85 86,web : www.politiquedesgrandesvilles.be29 MAI 2009Bruxelles. 6 ans de rénovation urbaineen Flandre. En 2002, le gouvernement flamanda approuvé un “Décret relatif à l’appui deprojets de rénovation urbaine” en partenariatavec le secteur privé. Six ans après le dépôt dece texte, les instances flamandes proposent uneévaluation des projets réalisés dans ce domaine.Lors du Congrès, les participants recevrontégalement la publication “Stadsvernieuwing inVlaanderen, ontwerp aan zet”.Lieu: Flagey, Studio 4, Place Sainte-Croixà 1050 Bruxelles. Infos : Tél. 02/553 40 38,E-mail: info@thuisindestad.be,web : www.thuisindestad.be15 JUIN 2009Charleroi. Les métiers urbains.Dans le cadre de ses rencontres thématiquessur le développement urbain durable, la Politiquefédérale des Grandes Villes organise unejournée consacrée aux métiers urbains et aumarché de l’emploi en ville. Au programme :conférence-débat, échange de bonnes pratiques,présentation de projets-pilotes, visite surle terrain (Porte Ouest à Charleroi) …Lieu : Hall des Cultures Urbaines (PorteOuest) à Charleroi. Infos : mail : politiquedesgrandesvilles@mi-is.be,tél :02/508 85 86,web : www.politiquedesgrandesvilles.beJUSQU’AU 20 JUINGenève (CH). De la Cité-jardin à l’écoquartier.Exposition consacrée à la démarcheparticipative du quartier de la Concorde où deshabitants se sont mobilisés pour le renouvellementdu bâti dans une perspective d’écoquartier.Lieu : Bibliothèque de Saint-Jean –Infos : www.forum1203.ch24 - 26 JUIN 2009Paris (Fr) - Salon International des Energiesrenouvelables et de la Maîtrise del’Energie. Ce salon présente des solutions et desinnovations liées à la performance énergétique desbâtiments et aux énergies renouvelables dans lesvilles. Lieu : Porte de Versailles - Pavillon 7.2(Paris) – Infos : www.sireme.fr25 - 26 JUIN 2009Anvers - Atelier projet urbain européen.L’atelier Projet urbain, “Anvers, faire aimer la ville”,tentera d’illustrer les enjeux contemporains de laville européenne, lieu de conflits, de cohabitationsdifficiles, de régénération urbaine coûteuse, maisaussi de potentialités quant à l’ancrage dans uneidentité et dans les opportunités du vivre ensemble.Infos : eric.fallon@developpement-durable.gouv.fr28 - 30 JUIN 2009Marseille (Fr) - 5 e Symposium mondial de larecherche urbaine “Villes face au changementclimatique”. Organisé à l’initiative de la BanqueMondiale, ce symposium propose d’analyser l’impactdes changements climatiques sur les villes. Auprogramme : mesures et anticipation des conséquencesde ces changements climatiques sur la qualité devie et les économies locales. Propositions de solutionspar un panel d’experts. Infos : www.urs2009.net- urbansymposium@worldbank.orgJUSQU’AU 30 JUINBruxelles. Le nouveau visage de Bruxelles…vers une ville durable ! Exposition desmaquettes de l’appel à projet “Bâtiments exemplaires”sur le plan de l’environnement lancé par la Régionde Bruxelles-Capitale. Lieu : Parc face au parvisde la cathédrale Saints Michel et Gudule.Infos : www.bruxellesenvironnement.beProjet VEGAUn nouveau répertoire pour “expertes”Le manque de visibilitédes femmes,pourtant spécialiséeset professionnellesdans beaucoupde domaines,reste un problème.Le constat est identique pour les femmes et les hommesspécialisés dans l’approche de genre. Pour pallier cettelacune, l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes,par le biais du centre de ressources Amazone, vientde mettre en place le projet VEGA afin de promouvoir laValorisation des Expertes et de l’Approche de Genre.Le projet s’articule autour d’un vaste répertoire électroniquede femmes expertes possédant des profils variés(académique, culturel, politique, associatif… ) dans lesdomaines tant politique, scientifique, social que culturel.Il comprend également des informations sur des personnes(f/h) ayant une expertise ‘genre’. Objectif du projet :permettre aux institutions publiques, mais aussi aux acteursdu monde des médias, des ONG… à la recherche decompétences spécifiques, de faire appel à des femmes.Les expertes et experts qui possèdent une connaissanceapprofondie dans un ou des domaines spécifiques sont eneffet également disposés à partager cette connaissance.Si vous vous reconnaissez dans ce profil ou si vous connaissezune personne qui y correspond, n’hésitez pas àcontacter les promoteurs du projet par courriel à vega@amazone.be. Plus d’informations: www.amazone.beVue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009 21


LivresLes nouveautésThomas BouvierEditions Pour la SolidaritéMars 2009Prix : 12 e le tome, 20 eles deuxTéléchargement gratuit surwww.pourlasolidarite.euConstruire des villeseuropéennes durablesCette étude unique en deux volumes illustrele caractère opérationnel du développementdurable au niveau urbain. Elle consiste àmettre en valeur près de 60 villes de l’Unioneuropéenne, provenant des 27 États-membres,qui ont mis en œuvre des actions enfaveur d’un développement urbain durable.L’étude ne donne pas la recette pour “changerla ville”, elle aide à comprendre pouragir, et construire non pas “la” mais “des”villes européennes durables.Catherine Charlot-Valdieu,Philippe OutrequinEditions Le MoniteurEditionsFévrier 200959 eISBN: 978-2281193619L’urbanisme durable :Concevoir un écoquartierCet ouvrage analyse un certain nombre deprojets d’aménagement et de renouvellementurbain à l’aide d’opérations de référenceréalisées en Europe et au Canada(Vancouver au Canada, Malmö en Suède,Bristol et Bedzed en Grande-Bretagne,Barcelone en Espagne, Rennes et Nantesen France). L’auteur cherche à donner desoutils à la fois conceptuels, méthodologiqueset opérationnels aux professionnelsde l’urbanisme. Son approche pragmatiquedevrait aider tous ceux qui ont la volonté demettre en œuvre une démarche de développementdurable dans leurs projets urbains.Lydie LaigleEditions PUCAFévrier 200915 eISBN: 978-2110970336Vers des Villes Durables -Les trajectoires de quatreagglomérations européennesDans quelle mesure le développement durableproduit-il, à l’échelle des villes, desconfrontations et des arbitrages inédits entredéveloppement économique et processusd’urbanisation ? À partir de l’analyse dequatre agglomérations européennes – Barcelone,Hanovre, Copenhague et Naples –cet ouvrage rend compte du parcours singulieremprunté par chacune d’elles et ouvresur une nouvelle génération de politiquesde développement urbain durable couplantla problématique de l’énergie aux acquisobtenus par l’articulation entre urbanisme,aménagement du territoire et transports…Julien DamonEditions PressesUniversitairesde FranceSeptembre 200814,00 eISBN : 978-2130568841Line Van Hemel (HIVA) etRaphaël Darquenne (FUSL)Fondation Roi BaudouinMars 2009GratuitGilles PinsonEditions Les Pressesde Sciences PoFévrier 200926 eISBN : 978-2724611014Vivre en VilleCet ouvrage de référence sur la ville s’appuiesur une enquête originale menée dans14 métropoles, sur les cinq continents.Destiné à être renouvelé tous les deux ans,l’ouvrage constitue un baromètre sur la manièredont les urbains, majoritaires depuis2008 dans le monde, ressentent leur ville,et sur ce qu’ils en attendent. Les différentstextes proposent également un panoramade la situation, des préoccupations et desproblématiques urbaines (développementdurable, mobilité, stratification sociale, pauvreté,gouvernance, démographie).Recommandations et facteursde réussite pour l’insertionprofessionnelle des jeunespeu qualifiésLes jeunes chercheurs d’emploi peu qualifiéssont plus exposés que d’autres au risque dechômage de longue durée. Ces jeunes sontmajoritairement issus de milieux urbains socialementprécarisés. Ce rapport est une synthèsed’un vaste rapport de recherche sur l’insertiondes jeunes chercheurs d’emploi peu qualifiéssur le marché du travail belge. Il contient lesdéterminants, les facteurs de succès et les recommandationsles plus importants qui mènentà une intégration socioprofessionnelle réussie.PDF : www.kbs-frb.be/publication.Gouverner la ville par projet :urbanisme et gouvernancedes villes européennesLe renouveau des pratiques d’urbanisme,de planification et de prospective urbainesa été un vecteur essentiel de renaissancede la capacité d’action politique autour d’uninstrument d’action spécifique : le projet.Marseille, Nantes, Venise, Turin, Manchester,toutes ces villes se sont engagées dansde grandes opérations de restructurationurbaine. L’auteur présente ici la genèse,les acteurs, les réalisations et les conséquencestant en termes de régénérationphysique que de transformations socialeset politiques.22Vue sur Ville/Revue de la Politique Fédérale des Grandes Villes/N°8 - Juin 2009

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