Lignes directrices pour l'évaluation des situations d'urgence

foodsecuritycluster.net

Lignes directrices pour l'évaluation des situations d'urgence

1Tabledes matièresAbréviations et acronymes ______________________________ 31 Introduction ________________________ 41.1 Pourquoi une méthodologie de l’évaluation?________ 51.2 À qui s’adressent ces lignes directrices? ___________ 52 Comment utiliser ces lignes directrices? 63 Concepts clés ______________________ 93.1 Cadre relatif à la vulnérabilité et aux capacités ____ 93.2 Le processus d’évaluation ________________________ 103.3 Le cycle d’évaluation ____________________________ 103.4 La collecte d’information _________________________ 134 Planifier une évaluation ______________ 144.1 Responsabilité relative aux évaluations_____________ 154.2 Faut-il procéder à une évaluation? ________________ 154.3 Examen préliminaire de l’information secondaire____ 164.4 Objectifs et définition de la mission _______________ 174.5 Type d’évaluation _______________________________ 175 Travail de bureau ___________________ 225.1 Coordination et évaluations conjointes _____________ 235.2 Équipe d’évaluation ____________________________ 255.3 Examen détaillé de l’information secondaire ________ 285.4 Identification des zones à visiter __________________ 305.5 Liste de contrôle initiale__________________________ 326 Travail sur le terrain:organisation et gestion ______________ 346.1 Principes relatifs au travail sur le terrain ___________ 356.2 Méthodes de collecte de l’information _____________ 366.3 Travail sur le terrain: activités ____________________ 37Table des matières


2Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeTable des matières7 Travail sur le terrain:comment collecter l’information? ______ 407.1 Observation ___________________________________ 417.2 Interviews______________________________________ 427.3 Types d’interviews ______________________________ 427.4 Comment conduire une interview? ________________ 457.5 Interviews générales de groupe___________________ 477.6 Interviews de groupes classés selon leurs moyensde subsistance _________________________________ 507.7 Interviews de ménages __________________________ 547.8 Interviews sectorielles ___________________________ 597.9 Outils _________________________________________ 738 Analyse ___________________________ 788.1 Information incohérente _________________________ 808.2 Résumer l’information ___________________________ 828.3 Faire la synthèse de l’information _________________ 858.4 Propositions de programme ______________________ 919 Rapport d’évaluation ________________ 92FiguresFigure 1 -Organigramme relatif la vulnérabilitéet aux capacités _________________________ 8Figure 2 - Processus d’évaluation ___________________ 11Figure 3 - Le cycle d’évaluation _____________________ 12Figure 4 - Régions, zones et sites____________________ 30Figure 5 - Graphiques circulaires relatif aux groupesclassés selon leurs moyens de subsistance ___ 53Figure 6 - Diagramme d’échantillonnage aléatoire_____ 58Figure 7 - Calendrier saisonnier_____________________ 74Figure 8 - Graphique chronologique_________________ 75Figure 9 - Méthode de l’empilement proportionnel_____ 76Figure 10 - Grille de classement par paires ____________ 77TableauxTableau 1 - Caractéristiques des évaluations ___________ 20Tableau 2 - Avantages et inconvénients des trois typesde structure d’équipe _____________________ 26Tableau 3 - Modèles d’interviews_____________________ 61


3Abréviationset acronymesALNAPCICREVCERUFACTFédérationinternationaleIRAISTONGPAMPEVSGSIDATraitementDOTSUNICEFVIHRéseau d’apprentissage actifpour la responsabilité et l’efficacitédans le domaine de l’humanitaire(Active Learning Network for Accountabilityand Performance in Humanitarian Action)Comité international de la Croix-RougeÉvaluation de la vulnérabilité et des capacitésUnité d’intervention d’urgence(Emergency Response unit)Équipe d’évaluation et de coordination sur leterrain (Field assessment and coordination team)Fédération internationale des Sociétésde la Croix-Rouge et du Croissant-RougeInfection respiratoire aiguëInfection sexuellement transmissibleOrganisation non gouvernementaleProgramme alimentaire mondialProgramme élargi de vaccinationSanté génésiqueSyndrome d’immunodéficience acquiseTraitement directement observé, de courte durée(Directly observed treatment, shortcourse)Fonds des Nations Unies pour l’enfanceVirus de l’immunodéficience humaineAbréviations/acronymes


Introduction


51. Introduction 11.1 Pourquoi une méthodologiede l’évaluation?L’évaluation est un élément essentiel du processus de planification des programmes.Elle fournit l’information qui servira de base aux décisions. Unebonne information ne garantit pas un programme satisfaisant, mais une mauvaiseinformation aboutit de façon quasi certaine à un mauvais programme.L’utilisation d’une méthodologie standard signifie que l’information peutêtre confrontée avec les données collectées lors des évaluations précédentes.2.2 À qui s’adressent ces lignesdirectrices?Ces lignes directrices sont destinées à quiconque entreprend une évaluation:■ Tous les membres du Mouvement international de la Croix-Rouge etdu Croissant-Rouge.■ Les généralistes – l’utilisation de ces lignes directrices ne requiertaucune connaissance technique.Note sur les généralistesLes généralistes jouent un rôle capital dans l’évaluation d’une situation d’urgence,où il faut procéder à une analyse générale dès le début: quels sont les principauxproblèmes et qui concernent-ils? Une équipe de généralistes, utilisant ces lignesdirectrices, peut se scinder pour couvrir une zone étendue en peu de temps. Ceslignes directrices l’aideront à collecter l’information relative à la situation généraleet aux secteurs clés (santé, eau, assainissement, etc.). Le recours aux généralistesaugmente la flexibilité et permet d’économiser du temps et de l’argent. Toutefois,l’intervention de spécialistes reste nécessaire. Les conclusions de l’évaluationgénérale servent de base à une intervention ciblée des spécialistes.Introduction1Références pour ce chapitre:Projet Sphère, Charte humanitaire et normes minimales pour les interventions lors de catastrophes. Genève:Projet Sphère, 2003. Disponible sur le site http://www.sphere project.org/handbook/index.htmFédération internationale. Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et duCroissant-Rouge et pour les organisations non gouvernementales (ONG) lors des opérations de secours en casde catastrophe. Genève: Fédération internationale, 1994. Disponible sur le sitehttp://www.ifrc.org/publicat/conduct/code.aspFédération internationale. Meilleure conception des programmes: une démarche analytique. Genève:Fédération internationale, 2000.


Comment les utiliser?


3. Concepts clés3.1 Cadre relatif à la vulnérabilitéet aux capacités9Toute évaluation s’inspire du cadre de la Fédération internationalerelatif à la vulnérabilité et aux capacités, qui suppose une analysedes problèmes et de la capacité de la population d’y faire face. Uneaction de la Croix-Rouge/du Croissant-Rouge peut être opportunesi les capacités des personnes concernées ne correspondentpas à la nature des problèmes à résoudre. Ce processus est décritpar l’organigramme de la figure 1.Vulnérabilité«Caractéristiques d’une personne ou d’un groupe en termes decapacité d’anticiper l’impact d’une catastrophe naturelle oud’origine humaine, de faire face à cette catastrophe, d’y résisteret de s’en relever». 2■ Les personnes sont toujours vulnérables à quelque chose (parexemple, un agriculteur est vulnérable au manque de pluie).Ne formulez pas d’hypothèses au sujet de la vulnérabilité surla base des expériences vécues dans d’autres contextes.Capacité«…les ressources dont disposent les individus, les ménages, lescommunautés, les institutions et les pays pour résister à l’impactd’une catastrophe». 3Concepts clésStratégies d’adaptationFaçons dont les capacités sont utilisées.2Fédération internationale. Évaluer vulnérabilité et capacités. Un guide de la Fédérationinternationale, 1999.3Idem.


10Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeLe cycle d’évaluation3.2 Le processus d’évaluationLe processus d’évaluation est présenté à la figure 2.MessagecléLes activités ne se déroulent pas toujoursdans cet ordre. L’«analyse» et l’«examende l’information secondaire», par exemple,ont lieu tout au long du processus.3.3 Le cycle d’évaluationLes évaluations sont regroupées en trois catégories: évaluationrapide, évaluation détaillée et évaluation continue.Évaluation rapideEntreprise après un changement majeur, comme un tremblement de terreou un mouvement soudain de réfugiés, cette évaluation fournit desrenseignements sur les besoins, les types d’intervention à envisager etles ressources requises. Une évaluation rapide dure habituellementune semaine au plus. Elle est suivie des évaluations détaillées.Évaluation détailléeUne évaluation détaillée peut être effectuée pour l’une quelconquedes raisons ci-dessous:■ Une évaluation rapide a été réalisée et des renseignements plusprécis sont nécessaires.■ La Croix-Rouge/le Croissant-Rouge envisage d’entreprendre desopérations dans une nouvelle zone et a besoin de renseignementsdétaillés sur lesquels reposera la prise de décisions.■ La Croix-Rouge/le Croissant-Rouge a le sentiment que la situationévolue peu à peu et elle/il a besoin d’un complément d’information(par exemple, une sécheresse qui progresse lentement).■ Les évaluations détaillées durent généralement environ un mois. Ellespeuvent durer plus ou moins longtemps selon l’étendue de la zoneconsidérée, la complexité des problèmes et les ressources disponibles.


12Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeÉvaluation continueLe cycle d’évaluationL’évaluation continue a lieu lorsque la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge a mené à bien une évaluation détaillée et est à l’œuvredans une zone déterminée. C’est un processus par lequell’information est mise à jour de façon permanente.Les évaluations se succèdent normalement tout au long d’un cycle(voir figure 3 ci-dessous).Figure 3.CatastropheÉvaluationcontinueLe cycle d’évaluationÉvaluation rapideÉvaluationdétailléeUne évaluation continue efficace aide à repérer rapidement leschangements survenus. Quand un changement est constaté, onpeut procéder à une évaluation rapide ou détaillée. L’informationdécoulant de l’évaluation continue est utilisée en tant qu’informationsecondaire au cours des évaluations aussi bien rapides quedétaillées.


Planifier une évaluation


154. Planifierune évaluationCette section vise à faciliter les décisions initiales:■ Une évaluation est-elle nécessaire ?■ Quels sont les objectifs de l’évaluation ?■ Quel type d’évaluation est approprié ?4.1 Responsabilité relativeaux évaluationsMessagecléIl est recommandé que les mêmespersonnes se chargent de toutes les étapesdu cycle d’évaluation.On peut ainsi mieux comprendre le contexte, réduire au minimumla perte d’informations et assurer une cohérence accrue entre les différentesphases du programme. Les Sociétés nationales ou les délégationsprésentes sur le terrain sont les plus à même de remplir ce rôle.4.2 Faut-il procéder à une évaluation?Vous pouvez décider de faire une évaluation pour l’une des raisonssuivantes:■ Un choc, ou un changement soudain, est survenu (par exemple,éruption volcanique, offensive militaire).■ Vous pensez qu’une situation d’urgence pourrait se produire(instabilité politique croissante, sécheresse).■ Vous avez besoin d’informations complémentaires sur unesituation d’urgence existante.Cependant, vous pouvez considérer, pour différentes raisons,qu’une évaluation n’est pas souhaitable. Ces raisons sont notammentles suivantes:■ L’accès à la zone touchée est impossible.Planifier une évaluation


16Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougePlanifier une évaluation■ L’information existante (rapports d’autres institutions, etc.) estpertinente et il est donc inutile de procéder à une évaluation.■ De nombreuses institutions effectuent déjà des évaluationsdans la zone touchée, et il y a un risque de «lassitude» au seinde la population.Lassitude à l’égard des évaluationsTel peut être le cas dans une zone qui a fait l’objet de nombreusesévaluations de la part de différentes institutions. La population estcontrariée d’avoir à répondre maintes fois aux mêmes questions,souvent sans résultat visible. Elle est fatiguée des «évaluationshumanitaires». Dans ces circonstances, il est peu probablequ’une évaluation fournisse des informations utiles.4.3 Examen préliminairede l’information secondaireInformation secondaireL’information secondaire a déjà été recueillie, soit par la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge, soit par d’autres organisations.Elle peut porter sur la situation qui existait avant la situationd’urgence ou se rapporter à l’urgence elle-même. Elle peut êtreécrite (rapports, etc.) ou verbale (discussion).Un bref examen de l’information secondaire vous permettra dedécider de l’opportunité de procéder à une évaluation. Vérifiez lesinformations diffusées par les médias; prenez contact avec d’autresorganisations humanitaires et avec les pouvoirs publics; interrogezles personnes ayant quitté depuis peu la zone sinistrée. Définissez:■ la nature de la situation d’urgence (ou de la situation d’urgenceéventuelle);■ l’urgence de la situation;■ les lacunes dans les informations dont vous disposez.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 17Si vous décidez d’entreprendre une évaluation, l’examen préliminairede l’information constitue la base des objectifs et de ladéfinition de la mission.4.4 Objectifs et définitionde la missionPourquoi souhaitez-vous faire une évaluation? Définissez les principauxobjectifs, les questions nécessitant une réponse, et les activitésà réaliser. Définissez, de façon aussi précise que possible, lesrésultats attendus de l’équipe d’évaluation. Soyez réaliste. Quel estle volume minimum d’informations nécessaire pour aboutir aurésultat requis? Prenez en considération les personnes qui utiliserontl’information et leurs besoins. Ces personnes sont, en partieou en totalité, les suivantes:■ le personnel chargé du programme et des opérations;■ les collecteurs de fonds;■ les services de la communication et des médias;■ les représentants de groupes de pression.Rédigez le mandat (définition de la mission) en expliquant defaçon précise ce que l’équipe chargée de l’évaluation devra réaliser.4.5 Type d’évaluationDécidez du type d’évaluation que vous souhaitez faire (rapide,détaillée ou continue). Toutes les évaluations sont fondées sur lemême principe – la définition des vulnérabilités et des capacités.Cependant, la façon dont l’information est collectée dépend dutype d’évaluation.4.5.1 Évaluation rapide et évaluationdétailléeL’évaluation rapide et l’évaluation détaillée suivent le même processus– observation, interviews et collecte d’informations de caractèresectoriel. Elles diffèrent principalement sur les points suivants:■ Nombre de sites visités. Les sites visités dans le cadre d’uneType d’évaluation


18Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeType d’évaluationévaluation rapide sont moins nombreux. Il est donc d’autantplus important de les choisir avec soin (voir la section 5.4).■ Nombre de personnes interrogées. Le nombre de personnesinterrogées lors d’une évaluation rapide est plus limité; dufait de cette contrainte, il y a lieu de consulter un éventail aussilarge que possible de personnes.■ Importance des hypothèses. Les hypothèses jouent un rôleessentiel lors d’une évolution rapide, quand la période de travailsur le terrain est courte. Elles sont fondées sur l’expérienceacquise dans des situations d’urgence similaires et sur laconnaissance de la zone sinistrée. Dans le cadre d’une évaluationdétaillée, la durée des activités sur le terrain est pluslongue et les hypothèses ont un rôle plus restreint.■ Importance de l’information secondaire. Lors d’uneévaluation rapide, la collecte de l’information à la source estplus limitée dans le temps et l’information secondaire revêtdonc une plus grande importance.MessagecléMême lors d’une évaluation rapide,il faut bien comprendre le contexte.Cela peut être crucial pour le bien-êtrede la population touchée. Par exemple, lesbesoins essentiels des personnes déplacéespeuvent paraître évidents. Toutefois, danscertaines circonstances, la distributiond’articles de première nécessité (parexemple, de matériaux pour la constructiond’abris) peut mettre en danger les bénéficiaires,car elle risque d’attirer les pillards.4.5.2 Évaluation continueLors d’une évaluation continue, l’information est collectée par le biais:■ des informateurs clés, auprès de qui il est possible de recueillirrégulièrement une information de qualité;


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 19■ des indicateurs, qui sont utilisés pour réunir indirectementl’information et procéder à des comparaisons dans le temps.Les informateurs clésLes informateurs clés sont des personnes qui ont uneconnaissance spécifique de certains aspects de la communauté(voir la section 7.3 pour de plus amples détails).Note sur les indicateursLes définitions des indicateurs sont nombreuses. Dans ce contexte-ci,ils constituent un moyen de collecter l’information de façon indirecte,par le biais de relations préétablies. Par exemple, comparer le prixdes aliments de base avec les taux de rémunération de la maind’œuvrejournalière peut donner une idée précise des tendancesde la pauvreté dans une zone urbaine déterminée. La nécessitéde recourir à de longues interviews est moindre, ce qui réduit le risquede lassitude à l’égard des évaluations.Les indicateurs sont utiles pour l’évaluation continue. Ils sont cependantdifficiles à définir et une mauvaise utilisation peut être dangereusementtrompeuse. Seuls les indicateurs qui ont été élaborés par desspécialistes des secteurs concernés devraient donc être utilisés.■ Méthodes informelles. Dans le cadre de leurs activités habituelles,les employés et les volontaires de la Croix-Rouge/duCroissant-Rouge (notamment ceux qui travaillent au niveaudes sections) sont constamment en contact avec la populationlocale, les représentants des pouvoirs publics et le personneld’autres organisations humanitaires. Ils ont ainsi la possibilitéde se faire une idée plus précise du contexte et d’être attentifsaux changements que connaissent les conditions d’existencedes personnes.Généralement, ces trois approches sont combinées au cours d’uneévaluation continue et l’information est recueillie dans une basede données (électronique ou support papier).Type d’évaluation


20Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeLe tableau 1 ci-dessous résume l’approche adoptée dans chaquetype d’évaluation:Tableau 1Caractéristiques des évaluationsType d’évaluationCaractéristiquesDuréeAccès auxsources del’informationSourcesd’informationshabituellesÉvaluationrapideEnviron unesemaine.LimitéeLe manque detemps empêchede visiter tousles sites et des’entretenir avecl’ensemble desinformateurs.OULa sécurité et/oula sûreté limitentles déplacementset l’accès auxpersonnes.Informationsecondaire,services locaux(santé, eau, etc.),ONG, pouvoirspublics, visitesaux populations/ménages sinistrés(échantillonlimité).ÉvaluationdétailléeEnviron un mois.Possibilitéde visitersuffisammentde sites etd’interviewerles différentsinformateurs.Informationsecondaire,ensemble desinformateurs.ÉvaluationcontinueInformationcollectéerégulièrementtout au longde la périodeopérationnelle.Accès total.Informationsecondaire,informateurssélectionnés,indicateurs,employés etvolontaires de laCroix-Rouge/duCroissant-Rouge.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 21CaractéristiquesImportancedes hypothèsesType d’équiped’évaluationÉvaluationrapideÉlevéeTemps insuffisantpour collecterdes informationscomplètes.Nécessitéde formulerdes hypothèsesd’après lesexpériencesantérieures.Généralistesexpérimentés,ayant déjàconnu ce typede situationd’urgence.ÉvaluationdétailléeLimitéeTemps suffisantpour interrogerl’ensemble desinformateurs.Généralistes,éventuellementsoutenus pardes spécialistes.ÉvaluationcontinueMoyenneHypothèsesfondées sur lesindicateurs etles informateursmais pouvantêtre vérifiéesauprès d’autressources.Personnel(généraliste) dela Croix-Rouge/du Croissant-Rouge menantses activitéshabituelles.Type d’évaluation


Travail de bureau


235. Travailde bureauUne fois que la décision de procéder à une évaluation a été prise,il faut examiner certaines questions avant d’aller sur le terrain.Cela a lieu généralement au siège central de la Société nationale oudans les bureaux de la délégation dans le pays sinistré. Les délégationsrégionales et le Secrétariat de la Fédération internationale àGenève ou le siège du Comité international de la Croix-Rouge(CICR) peuvent apporter leur concours.5.1 Coordination et évaluationsconjointes5.1.1 Le Mouvement international de laCroix-Rouge et du Croissant-RougeUtilisez tous les moyens disponibles et appropriés du Mouvement.Si plus d’un partenaire du Mouvement participe à l’évaluation,examinez les capacités de chacun et définissez les rôles respectifs.Ceux-ci devraient être fondés sur:■ le mandat spécifique et les spécialités opérationnelles de chaquepartenaire;■ les règles et les pratiques de la Société nationale du pays sinistré;■ le Code de conduite pour le Mouvement international de laCroix-Rouge et du Croissant-Rouge et pour les organisationsnon gouvernementales (ONG) lors des opérations de secoursen cas de catastrophe (notamment les annexes 1, 2 et 3) 5 ;■ les ressources humaines et opérationnelles;■ les rôles potentiels dans les opérations futures;■ les contraintes qui pèsent sur des partenaires spécifiques.Évaluations conjointes5Op. cit.


24Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeÉvaluations conjointesMessagecléSi la Société nationale du pays oùl’évaluation est effectuée NE participe PASà cette dernière, il est essentiel que sesmembres soient informés, aussi bien avantqu’après l’évaluation.5.1.2 Partenaires extérieurs:évaluations conjointesIl est possible de mener des évaluations conjointes avec d’autresorganisations (gouvernementales et/ou non gouvernementales).Cela peut présenter les avantages suivants:■ Amélioration de la coopération et de la coordination dans lecadre de la planification et de la mise en œuvre des projets.■ Utilisation efficace des moyens disponibles (partage du personnelet de la logistique etc., au cours de l’évaluation).■ Lassitude moindre de la population à l’égard des évaluations.Il existe de nombreuses façons de répartir les responsabilités durantles évaluations conjointes. Deux scénarios sont envisageables:■ Les institutions spécialisées dans différents secteurs se répartissentles tâches entre elles. Par exemple, une équipe d’évaluationet de coordination sur le terrain (FACT) examine la situationen matière d’approvisionnement en eau et d’accès aux soins desanté, tandis que le Fonds des Nations Unies pour l’enfance(UNICEF) se penche sur la scolarisation des enfants déplacés.■ Les institutions ayant des intérêts similaires divisent la zonegéographiquement. Par exemple, le CICR et le Programme alimentairemondial (PAM) se partagent la zone au cours d’uneévaluation de la sécurité alimentaire.Les évaluations conjointes sont possibles si les organisationsparticipantes:■ ont des valeurs et des principes opérationnels communs;■ appliquent des méthodes d’évaluation identiques ou compatibles.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 25Dans certaines circonstances, les évaluations conjointes ne sontpas souhaitables. Par exemple:■ les évaluations relèvent du mandat d’une organisation donnée(par exemple, les activités de protection du CICR);■ les valeurs organisationnelles et les principes opérationnels nesont pas compatibles;■ la collaboration compromet les principes de neutralité etd’impartialité;■ les organisations et/ou les individus sont perçus comme étantpartiaux.Dans la mesure du possible, passez des accords en bonne et dueforme précisant les rôles et les responsabilités de chaque organisationdans l’évaluation conjointe. Si une évaluation conjointe nepeut être menée, il reste indispensable de savoir qui d’autre effectuedes évaluations. Procéder à des évaluations en série dans une mêmerégion est inefficace et frustrant, et peut avoir des conséquencesnégatives des points de vue de l’exactitude et de la sécurité.L’examen des rapports d’évaluation émanant d’autres institutionsest un élément essentiel de l’étude de l’information secondaire.5.2 L’équipe d’évaluationNommez un chef d’équipe et définissez la structure de l’équipe.Celle-ci peut prendre l’une des formes suivantes:■ Généraliste(s). Une ou plusieurs personnes expérimentéesmais n’ayant pas de formation technique spécifique.■ Spécialiste(s). Une ou plusieurs personnes sélectionnées enraison de leur expérience et de leurs compétences spécifiques.■ Multidisciplinaire. Un groupe de spécialistes représentanttous les aspects du travail de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (ingénieurs, personnel de santé, etc.).L’équipeLes avantages et les inconvénients de chaque approche sont décritsau tableau 2 (voir page 26).


26Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeTableau 2. Avantages et inconvénientsdes trois types d’équipeStructure del’équipeAvantagesInconvénientsGénéraliste(s)L’équipe peut être rapidementconstituée (car il n’estpas nécessaire de chercherdes personnes dotées decompétences spécifiques),ce qui est utile pour lesévaluations rapides.L’absence de compétencesspécifiques signifie que desanalyses de suivi sont nécessairesquand des problèmestechniques sont mis enévidence.L’équipeSpécialiste(s)MultidisciplinairePermet une analyse globalesatisfaisante de la situation.Du personnel de toutesdisciplines peut faire l’évaluation;convient donc pourune évaluation continue.Peut rapidement recenser lesproblèmes dans le domainerelevant de sa compétencetechnique.Possibilité d’étudier lesproblèmes techniques demanière approfondie, cequi évite d’avoir à assurerimmédiatement un suivi.Les problèmes techniques risquentde passer inaperçus.Dans les situations extrêmes,les équipes d’évaluationpourraient avoir à fournirune assistance (par ex.:durant un conflit).Risque de trop se concentrersur des questions spécifiques,au détriment du contexteplus large.Difficulté de regrouperl’ensemble des professions;les évaluations ne sontdonc pas fréquentes.Les expériences différentespeuvent constituer une largebase pour l’analyse.Toutes les spécialitéstechniques ne sont pastoujours nécessaires.Difficulté de coordonnerl’équipe (méthodologiesincompatibles, logistiquecomplexe, etc.).Les grandes équipes peuventprésenter une menacepour la sécurité et intimiderles petites communautés.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 27Choisissez la structure de l’équipe en fonction des circonstancesentourant chaque évaluation. Puis, prenez en considération leséléments suivants:■ Si possible, inclure des personnes parlant la(les) langue(s) de lazone à évaluer. Prévoir un interprète pour les membres del’équipe ne parlant pas la(les) langue(s) locale(s).■ Faire en sorte que l’équipe soit composée d’hommes et de femmes.■ Il est parfois utile d’inclure dans l’équipe des représentants de lapopulation de la zone sinistrée.■ Personne n’est totalement objectif : les perceptions de chacun dépendentdu milieu culturel, de l’expérience, de la formation professionnelleet de bien d’autres facteurs. Soyez-en conscient et veillez à assurerun juste équilibre entre les points de vue des membres de l’équipe.Chaque fois que possible, il est préférable de recourir au personnelbasé dans le pays ou la zone à évaluer (Société nationale ou délégation).De cette façon, des évaluations peuvent être effectuées fréquemment,les dépenses sont limitées (frais de voyage, etc.) et les liens entre l’évaluation,la planification et la mise en œuvre du projet sont renforcés.Une fois que l’équipe est constituée, le chef d’équipe tient uneséance d’information où il expose:■ la définition de la mission ou ce que l’on attend de l’évaluation;■ le plan d’action, notamment la méthodologie à appliquer et lesdélais prévus;■ les relations de travail: responsabilité de chacun des membresde l’équipe, chaînes hiérarchiques, etc.;■ l’organisation logistique de l’évaluation (transport, hébergement,etc.);■ les questions de sécurité : situation existante et procéduresdurant l’évaluation;■ d’autres aspects concernant l’évaluation en question.L’équipeMessagecléToutes les personnes (interprètes compris)participant à l’évaluation doiventimpérativement assister à la séanced’information.


28Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeInformation secondaire5.3 Examen détaillé del’information secondaireL’une des premières tâches du chef d’équipe est de procéder à unexamen détaillé de l’information secondaire. Il s’agit de rechercher:■ des informations générales sur la zone devant faire l’objet del’évaluation;■ des informations directement liées aux questions posées dansla définition de la mission;■ des informations sur les causes et les caractéristiques deschangements récents.Exemples d’information secondaire:■ rapports d’évaluation sur le terrain rédigés par la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge ou d’autres institutions;■ informations diffusées par les médias;■ études sociales, économiques, politiques et historiquesmenées par les pouvoirs publics, les universités et desgroupes de recherche;■ études techniques émanant de ministères, d’universités,d’organisations non gouvernementales (ONG), d’institutionsdes Nations Unies;■ évaluations de la vulnérabilité et des capacités (EVC)réalisées par la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge;■ données de recensement publiées par les pouvoirs publics;■ informations météorologiques;■ cartes;■ récits de témoins oculaires (personnes arrivées depuis peude la zone sinistrée);■ communication verbale avec des experts concernant la zonesinistrée ou les questions techniques pertinentes.Il existe beaucoup d’autres sources d’information possibles.Dans chaque situation, déterminez quelles informations serontutiles et où il serait possible de les trouver.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 29Mesurez le degré d’exactitude et d’utilité de l’informationsecondaire en répondant aux questions suivantes:■ Comment l’information a-t-elle été collectée? Quelle méthodea-t-on utilisé?■ Dans quelle mesure la source de l’information est-elle fiable?■ De quelle façon l’information risque-t-elle d’être faussée?(Tenir compte du but dans lequel elle a été collectée.)■ À quand remonte l’information?■ L’information repose-t-elle sur des faits ou sur des opinions?Faites toujours figurer les détails de l’informationsecondaire dans le rapport d’évaluation.L’information secondaire permet de se faire une première idée desproblèmes éventuels. Elle est utile pour planifier les premièresinterviews sur le terrain. Par exemple, si une zone agricole estéprouvée par la sècheresse, vous devrez notamment parler du rendementdes cultures avec les agriculteurs.MessagecléAttendez-vous toujours à ce que vos idéesinitiales se trouvent contredites et guettezl’inattendu.Information secondaire


30Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge5.4 Identificationdes zones à visiterFigure 4.Régions, zones, sitesRégionZoneSiteZonesIl est rarement possible de visiter toute une région éprouvée par unesituation d’urgence. Il faut donc sélectionner des régions représentatives.Les méthodes statistiques prévues à cet effet sont généralementinapplicables, faute de temps et en raison des difficultés d’accès.Utilisez par conséquent l’information secondaire pour repérerles zones et les populations répondant aux critères ci-après.■ Priorité 1: Zone et/ou population directementtouchée(s)Une zone touchée par un tremblement de terre ou en proieà un conflit armé, par exemple, ou une population déplacéepar la force.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 31■ Priorité 2: zone et/ou population indirectementtouchée(s)Par exemple, les zones subissant les conséquences économiquesd’un conflit armé dans une région voisine.■ Priorité 3: zone et/ou population non touchée(s)ou très peu touchée(s)La situation d’urgence n’a pas d’impact notable sur les conditionsd’existence et les moyens de subsistance (très utile aux finsde la comparaison avec les zones touchées).Lors d’une évaluation rapide, il n’est généralement possible de serendre que sur les sites et auprès des populations relevant de la catégorie«Priorité 1» décrite ci-dessus. Dans le cadre des évaluationsdétaillées et continues, il conviendrait de visiter une sélection de cestrois catégories des zones. Il est parfois impossible, au cours d’uneévaluation rapide, d’accéder aux zones de la catégorie «Priorité 1».Dans ce cas, essayez de parler aux personnes qui en viennent.MessagecléExpliquez les raisons pour lesquelles vous avezchoisi les zones mentionnées dans le rapportd’évaluation. La liste des zones à visiter peut êtremodifiée après les premières visites sur le terrain.ZonesSi, alors que vous déjà avez commencé votre travail sur le terrain,il apparaît clairement que vous avez négligé certaines zones importantes,vous pouvez ajouter celles-ci à la liste. Toutefois, si un délaia été fixé, d’autres zones devront être supprimées de la liste.Si les zones sélectionnées sont étendues et comprennent de nombreuxvillages ou municipalités («sites»), il peut être nécessaired’établir un second niveau de sélection. Deux options sont alorsenvisageables:■ Échantillonnage aléatoire. Applicable lorsque les sites sontsimilaires. Établissez la liste de tous les sites et choisissez auhasard ceux que vous avez l’intention de visiter.


32Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeListe de contrôle initiale■ Échantillonnage dirigé. Si les sites sont très différents les unsdes autres, choisissez divers sites reflétant leurs caractéristiques(appartenance ethnique, situation économique, ville/village, etc.).Il est généralement préférable de visiter plus de sites et d’interrogermoins de personnes dans chacun de ces sites, que le contraire.Mise en gardeDans nombre de situations d’urgence, des«plateformes humanitaires» se développent autourdes principaux centres urbains. Les organisations se regroupentdans ces lieux, et la couverture des besoins est satisfaisante auxabords immédiats. Cependant, des déficits sont souvent constatésen ce qui concerne la couverture des besoins ailleurs. Lorsque vousdéciderez des zones et des sites à visiter, faites en sorte d’inclurecertaines de ces zones «déficitaires».5.5 Liste de contrôle initialeL’équipe d’évaluation dresse une liste de contrôle des besoins eninformation et des sources, avant d’aller sur le terrain. C’est là unélément essentiel du processus d’évaluation, car il oriente les discussionsau sein de l’équipe. Les listes de contrôle sont liées à l’évaluationspécifique. Les listes standard ne sont pas appropriées, car:■ Chaque situation d’urgence est différente.■ Le processus d’élaboration des listes est essentiel.MessagecléLes listes de contrôle sont revuesquotidiennement durant l’évaluationsur le terrain. Les révisions sont fondéessur les nouvelles informations reçueset l’analyse que l’équipe en fait.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 33Les listes de contrôle initiales doivent comporter l’informationsuivante:■ Questions à poser.■ Méthode de collecte de l’information.■ Informateurs (groupes et individus).■ Sites à visiter.■ Responsabilités des membres de l’équipe (quel membre traitede quelle série de questions).MessagecléLes listes de contrôle ne doivent pas êtretraitées comme des questionnaires. Ellessont utilisées comme un aide-mémoire.Au cours des interviews, reportez-vousà l’occasion à votre liste pour veiller à nenégliger aucun point. Demeurez ouvertà toute nouvelle information issue desinterviews. Plus vous gagnerez enexpérience, moins vous aurez besoinde votre liste!Liste de contrôle initiale


Travail sur le terrain: organisation/gestion


356. Travail sur le terrain:organisationet gestion6.1 Principes relatifs au travailsur le terrain 6Les principes suivants devraient être appliqués:■ Il est toujours indispensable de consulter les populationssinistrées. Encouragez les populations sinistrées à expliquerla situation avec leurs propres mots et quand elles en ontle temps. Même dans les situations d’urgence soudaines, il esttoujours possible d’inclure l’opinion de la population locale.■ Examinez les besoins particuliers des différents groupeset individus (hommes, femmes, personnes âgées, enfants, etc.).■ Prenez en compte la fiabilité de l’information. L’informationpeut être basée sur des «faits» (incontestablement réels),une «opinion» (point de vue de la personne donnant l’information)ou la «rumeur» (fondée sur des éléments non vérifiés).■ Penchez-vous sur les a priori. Personne n’est totalementobjectif. Tenez compte du point de vue des informateurs et despersonnes menant l’évaluation.■ Recherchez les groupes marginalisés et veillez à ceque leurs intérêts soient pris en considération. Qui aune forte influence et qui n’est pas entendu? La marginalisationpeut être liée au sexe, à l’appartenance ethnique, au statut socialet/ou à de nombreuses autres caractéristiques.■ Cherchez les changements et les tendances qui ont desrépercussions sur la société. Efforcez-vous de comprendreles facteurs à l’origine de ces changements.■ Guettez l’inattendu. Attendez-vous à ce que vos hypothèsessoient mises en question. Restez vigilant et efforcez-vous dedéterminer les questions les plus importantes pour les personnesavec qui vous vous entretenez.6Cette section est fondée sur la Norme commune 2 du Projet Sphère: évaluation initiale(voir le Projet Sphère, op. cit.) et le Code de conduite (op. cit.).Principes de travail


36Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeCollecte de l’information■ Examinez l’impact des problèmes sur la société dansson ensemble. Par exemple, le VIH/sida n’est pas seulementun problème de santé. Dans de nombreuses parties du monde,il a un impact social et économique dévastateur.■ Tout au long de l’évaluation, pensez à la manièredont l’information sera utilisée. Quel type de programmeserait approprié? Examinez les aspects positifs et négatifs éventuelsd’un programme (la Meilleure conception des programmes7 peut fournir des indications utiles à cet égard).■ Choisissez le bon moment pour effectuer les visites surle terrain. Efforcez-vous d’éviter les moments où les personnessont particulièrement occupées ou en période de vacances ou decélébrations. Tenez compte également de la saison. Certainespersonnes s’absentent durant certaines saisons, et les activités etles vulnérabilités peuvent varier d’une saison à l’autre.6.2 Méthodes de collectede l’informationL’information est collectée par le biais de l’observation et d’interviewssemi-structurées. Ces lignes directrices présentent quatremodèles d’interview:Tableau 3. Modèles d’interviewMéthodeCaractéristiquesInterview générale de groupe.Interview de groupes classésselon leurs moyens desubsistance.Interview avec les ménages.Interview sectorielle.Informations de caractère général sur la communauté.Informations sur les capacités, les ressourceset les stratégies de subsistance des populations.Expérience directe des conditions de vie.Information technique, généralement fournie par lesinformateurs clés travaillant dans les secteurs pertinents(par exemple, le personnel des dispensaires).7 Op. cit.8 Oxfam-UK. Issues we work on: Livelihoods. Disponible sur le sitehttp://www.oxfam.org.uk/what_we_do/issues/livelihoods/introduction.htm


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 37MessagecléD’autres types d’interviews ne sont pas exclus,et les modèles proposés peuvent êtrecombinés (par exemple, une interviewsur les moyens de subsistance peut êtreassociée à une interview avec des ménages).6.3 Travail sur le terrain: activitésChaque journée sur le terrain est différente et doit être planifiéeen conséquence. Le type d’interview dépendra des circonstancesprévalant dans la zone où l’évaluation est réalisée, mais les mesuresdécrites ci-après sont généralement prises.MessagecléIl n’est pas nécessaire que les mesuresdécrites soient prises dans l’ordre proposé;certaines peuvent l’être simultanémentsi l’équipe d’évaluation est suffisammentimportante. Souvent, il faut repasserpar certaines étapes si des contradictionset des incohérences sont constatées(voir la section 8.1).Mesure 1. Planification quotidienneChaque journée sur le terrain doit être planifiée de façon méthodique.Les membres de l’équipe d’évaluation effectue les préparatifssuivants (généralement la veille au soir):■ Décider du(des) site(s) à visiter.■ Dresser des listes de contrôle des principaux besoins en matièred’information.■ Se mettre d’accord sur les types d’interviews et les informateurs(possibilité d’apporter des modifications au cours de la journée).■ Définir les responsabilités (qui mènera chaque interview).Planification quotidienne


38Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougePlanification quotidienneMesure 2. Entretiens avec les autoritéslocalesParlez avec les autorités locales (et autres personnes concernées) àvotre arrivée sur un site. Expliquez qui vous êtes, la raison de votrevisite et la méthodologie à appliquer. Il est parfois utile de fournirune fiche déjà préparée, comportant les coordonnées de votreorganisation. Cela accroît la transparence et la responsabilisation.Mesure 3. Observation (voir la section 7.1)Parcourez la zone à pied avec des membres de la population locale.Vous aurez ainsi une première impression de la communauté.Continuez d’observer tout au long du travail sur le terrain.Mesure 4. Interview(s) générale(s)de groupes (voir la section 7.5)Organisez une ou plusieurs interviews générales de groupes afinde bien comprendre le contexte.Mesure 5. Interviews de groupes classésselon leurs moyens desubsistance (voir la section 7.6)Dans le cadre des évaluations rapides, ce type d’entretien peut êtremené lors d’une interview générale du groupe ou avec les informateursclés. Dans les évaluations détaillées, organisez des interviewsséparées pour chaque groupe de moyens de subsistance.Mesure 6. Visites auprès des ménages(voir la section 7.7)Sélectionnez les ménages par le biais d’un échantillonnage aléatoire.Visitez au moins trois ménages dans chaque site. Si possible,en particulier dans les communautés importantes ou hétérogènes,visitez plus de trois ménages. Toutefois, cette mesure ne sera pasappliquée lorsque les visites auprès des ménages sont culturellementinopportunes ou feraient courir un risque aux informateurs.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 39Mesure 7.Informateurs clés(voir la section 7.3)Repérez les questions importantes découlant de l’examen de l’informationsecondaire et des interviews initiales réalisées sur le terrain;interrogez les informateurs clés sur la base de ces nouvellesinformations. Faites appel à un plus grand nombre d’informateursà mesure que vous rencontrez davantage de personnes et que vousdégagez de nouvelles questions.Mesure 8.Information sectorielle(voir la section 7.8)Collectez autant de données que possible (cela sera fonction de ladisponibilité des informateurs clés concernés).Mesure 9.Réunions de l’équipeLes membres de l’équipe d’évaluation devraient se réunir régulièrementau cours d’une journée sur le terrain (en milieu et en finde journée). Ils pourront ainsi échanger des idées et convenir desmodifications à apporter au programme de travail.Mesure 10. Réunion finale avecla communautéChaque fois que possible, rencontrez des représentants de la communautéà la fin de l’évaluation sur le terrain. Expliquez ce quevous avez réalisé et toutes conclusions que vous avez dégagées(mais ne prenez pas d’engagements et ne faites pas de promessesau sujet de l’assistance).Planification quotidienne


Travail sur le terrain: collecte de l’information


7. Travail sur le terrain:comment collecterl’information?41L’information est collectée par le biais de l’observation et d’interviewssemi-structurées. Cette section donne des orientations surces processus.7.1 ObservationOn sous-estime souvent l’observation en tant que source d’information.Or, elle permet de recueillir très rapidement un volumeconsidérable de renseignements. Elle est d’une importance capitale,car elle donne une idée de la situation – bruits, odeurs etimpressions visuelles. Il s’agit là, après tout, de la raison d’être dutravail sur le terrain.■ Il est judicieux de commencer l’évaluation en parcourant le site.Au cours de l’évaluation, observez autour de vous autant que vousle pouvez. Si vous discutez de l’eau, demandez à voir la source. Sides personnes décrivent un aliment que vous ne connaissez pas,demandez à le voir (et goûtez-le !). Vous pouvez apprendre beaucoupen passant du temps dans les lieux publics (cafés, maisonsde thé, etc.). Regardez autour de vous et parlez aux gens.■ L’observation est utile pour faire des recoupements. Par exemple,on vous dit que tous les animaux d’élevage ont été perduslors d’une sécheresse survenue récemment. Peu après, vousvoyez un grand troupeau de brebis. Cela ne contredit pas nécessairementl’information antérieure – beaucoup d’explicationssont possibles – mais appelle les questions suivantes: «À quiappartiennent ces animaux?», «Comment ont-ils survécu à lasécheresse?» et ainsi de suite.■ Le fait de parcourir la zone sinistrée avec des habitants facilite ladiscussion. L’atmosphère est ainsi détendue et les questions découlentde ce que vous voyez. Cela est plus naturel que de se reporterà une liste de contrôle établie à l’avance. Surtout, marcher etObservation


42Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeInterviewsobserver sont d’excellents moyens de trouver par hasard une informationinattendue (questions qui n’avaient pas été prévues).■ L’observation est l’approche la plus directe pour évaluer l’infrastructureet la logistique. Rouler en voiture sur une route est unmoyen infaillible de déterminer si celle-ci est praticable (maisdans les zones de conflit, méfiez-vous des mines terrestres).■ Enfin, un conseil qui vaut pour toutes les situations : faitespreuve de curiosité !7.2 InterviewsLes interviews sont l’élément central de l’évaluation sur le terrain.Cette section couvre les aspects suivants des interviews:■ Types d’interview. Les interviews de groupes et les interviewsindividuelles (informateur clé).■ Comment faire une interview. Conseils sur la conduite desinterviews semi-structurées.■ Modèles d’interview. Quatre modèles d’interview sont présentés(interviews générales de groupes, interviews de groupesclassés selon leurs moyens de subsistance, interviews de ménageset interviews sectorielles); des indications sur la sélection desinformateurs sont données pour chaque modèle d’interview.■ Listes de contrôle sectorielles. Ces listes sont utilisées lorsdes interviews sectorielles. Neuf sont fournies, chacune couvrantun secteur différent.■ Outils. Ce sont des techniques à utiliser au cours des interviewspour encourager le dialogue avec les informateurs et clarifierl’information qu’ils apportent. Cinq outils sont présentés.7.3 Types d’interviewLes interviews peuvent être réalisées avec des groupes ou des individus.Les interviews de groupes permettent le dialogue entre les personnes.En favorisant une atmosphère propice à un débat constructif,vous pouvez recouper l’information et examiner les questions demanière approfondie. Par exemple, quelqu’un peut dire que les problèmesles plus graves touchent à la qualité des services de santé etd’autres personnes peuvent ne pas partager cet avis. Un débat,même peu concluant, donne une idée de la diversité des problèmesrencontrés par la communauté.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 43Les interviews de groupes sont utilisées de deux manières:■ Vous souhaitez rassembler des renseignements sur un largeéventail de sujets (approche utilisée dans le cadre desinterviews générales de groupes). Réunissez un groupe depersonnes de milieux différents qui, ensemble, peuvent donnerune explication générale de la situation.■ Vous souhaitez avoir une connaissance approfondie dequestions particulières (interviews de groupes classés selon leursmoyens de subsistance). Dans ce cas, l’interview d’un groupede personnes de milieux semblables est appropriée.Des conseils sur le choix des membres du groupe sont donnésdans chacun des modèles d’interview.Lorsque vous procédez à une interview de groupe, soyezattentif(ve) au fait que:■ Certaines personnes sont naturellement plus expansivesque d’autres.■ Certains ont de l’assurance dans un groupe en raisonde leur statut dans la société locale. Inversement, les personnesappartenant à des groupes marginalisés peuvent n’être guèredisposées à parler ouvertement, surtout si leurs points de vuesont controversés.Faites en sorte que l’atmosphère soit détendue, informelle;recherchez l’opinion des personnes peu disposées à parler.«Gérez» ceux qui ont plus d’assurance, de façon àce qu’ils ne dominent pas la discussion.InterviewsSi la société locale est fortement hiérarchisée,la diversité d’un groupe ne peut être que limitée.Si les personnes ne peuvent pas s’exprimerlibrement ou si leur participation risque d’être la cause deproblèmes pour elles ou pour d’autres, il est préférable deconvoquer des groupes séparés où les positions socialessont mieux équilibrées (ou d’interroger les personnesséparément).


44Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeLes interviews individuelles (informateur clé) peuventêtre utilisées pour trois raisons:■ Vous recherchez des renseignements techniques que peuvent fournirdes professionnels comme le personnel de santé ou des employésdes services des eaux.■ Vous vous intéressez à des questions très délicates, qu’il est difficiled’aborder dans les discussions de groupe (par exemple, les sévicessexuels dans les populations réfugiées).■ Vous manquez de temps pour organiser une interview de groupe.InterviewsLes informateurs clés sont des personnes ayant des connaissancesspécifiques sur certains aspects de la communauté, et sont utiles dansles situations d’urgence soudaines, où le temps compte. Agriculteurs,professionnels de la santé, représentants des pouvoirs publics,groupes de femmes, enfants et jeunes, employés des ONG localeset commerçants en sont des exemples. Cependant, toute personne quia des points de vue intéressants et qui est en mesure de les exprimerde manière satisfaisante peut être prise en compte. Tout au long del’évaluation, recherchez les personnes qui ont des avis pertinents.Les interviews des informateurs clés sont fondées sur les connaissancesspécifiques et l’expérience de l’informateur. Si la personne interrogéeest médecin, la discussion sera probablement axée sur les questionsde santé. Toutefois:■ Le fait que l’informateur soit médecin (ou ingénieur ou autre) nesignifie pas qu’il ou elle connaît tous les aspects de son domaine;un chirurgien d’hôpital peut n’avoir que des connaissances limitéessur les soins de santé primaires dans les zones rurales.■ Les professionnels, en raison de leur situation sociale et descontacts qu’ils ont avec d’autres professionnels, peuvent avoir unebonne connaissance du contexte politique et social et être ainsi àmême de fournir des informations qui dépassent leur champd’activité.Il faut faire preuve de discernement pour décider de la catégoried’information que l’informateur peut utilement fournir. Commencezl’interview par des sujets généraux, puis orientez-vous vers desdomaines d’intérêt spécifiques.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 457.4 Comment conduireune interview?La plupart des interviews (aussi bien de groupes qu’individuelles)s’inspirent du cadre relatif à la vulnérabilité et aux capacités (voirla section 3.1). Vous devez comprendre les problèmes auxquels lespersonnes sont confrontées et la manière dont elles y font face.Certains problèmes sautent aux yeux – habitations détruites pardes inondations, par exemple. D’autres, comme les mauvais traitementsinfligés aux civils dans une situation de conflit armé, sontmoins évidents. Des questions qui semblent simples peuvent serévéler compliquées quand vous les examinez de près. Lorsquevous réalisez une interview semi-structurée, efforcez-vous de faireen sorte que la personne interrogée soit détendue. Abordez lesquestions qui figurent sur votre liste de contrôle mais recherchezaussi des informations additionnelles. Posez les questions de différentesmanières afin de recouper l’information que vous recevez.Commencez par une conversation générale sur la vie dans la zoneconsidérée, ce que vous voyez autour de vous, etc. Ne posez pastout de suite des questions directes sur les problèmes, car:■ Cela fausse le ton. Vous voulez avoir des informations sur lesaspects positifs mais aussi négatifs des conditions d’existencedans cette communauté.■ Vous concentrer sur les problèmes laisse penser que vous cherchezà déterminer «ce que la Croix-Rouge/le Croissant-Rougepeut donner». Cela encourage les gens à présenter des «listesd’achats» destinés à couvrir des besoins matériels.InterviewsLes gens vont inévitablement mentionner les problèmes de leurpropre chef. Lorsque cela se produit, encouragez-les à expliquerleurs préoccupations et la manière dont ils font face aux problèmes.Il est normal qu’ils aient des difficultés à exposer tous les élémentsde leurs stratégies d’adaptation ou soient réticents à le faire, car:■ Certains éléments – par exemple, le partage des ressources entreles ménages – font partie de leur vie, au point qu’ils ne lesconsidèrent pas comme des «stratégies» spécifiques.


46Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeInterviews■ Pris séparément, les éléments des stratégies d’adaptation n’ontqu’un rôle limité et les gens ne considèrent pas utile d’enparler. Cependant, ajoutés les uns aux autres, tous les «petits»éléments constituent une part importante des moyens desubsistance.■ Les activités – par exemple, le petit commerce à la sauvette – peuventêtre illégales, et les gens sont peu enclins à en parler à desinconnus. Ils ne décriront pas non plus de façon précise des activitéscomme la prostitution, le vol et la vente d’articles illicites.■ Les gens peuvent à dessein ne pas divulguer l’information afinque leur situation paraisse pire qu’elle ne l’est en réalité, et ce,dans l’espoir que cela incitera la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge à les aider.Tout cela démontre qu’il faut faire preuve de perspicacité. Lesquestions directes ne sont pas souhaitables. Étudiez plutôt lesproblèmes avec circonspection en posant les questions de différentesmanières et en recherchant les aspects complémentaires etles contradictions dans l’information que vous recevez. Soyezréceptif(ve): si vos questions mettent les gens mal à l’aise, n’insistezpas.Quatre modèles d’interviews sont présentés ci-après: interviewsgénérales de groupes, interviews de groupes classés selon leursmoyens de subsistance, interviews de ménages et interviews sectorielles.Ce sont quelques-uns des modèles les plus utiles pour lesévaluations de situations d’urgence – mais il en existe d’autres,qu’il est possible d’utiliser en fonction des circonstances. De plus,ces modèles peuvent être combinés: par exemple, une interviewrelative aux moyens de subsistance pourrait être associée à uneinterview générale de groupe ou une interview de ménage. Desoutils sont proposés pour chaque modèle d’interview.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 477.5 Interviews générales de groupesVous pouvez faire une ou plusieurs de ces interviews, selon letemps dont vous disposez. À cette fin, prenez appui sur le cadrerelatif à la vulnérabilité et aux capacités (voir la section 3.1).Efforcez-vous de déterminer les points suivants:■ Quels sont les principaux problèmes que la communauté doitaffronter?■ Comment la population fait-elle face à ces problèmes?■ La population reçoit-elle une assistance?OutilUn classement par paires (voir la section 7.9) peut être utilisépour déterminer quels sont les problèmes les plus graves.En outre, examinez ce qui suit:■ Les événements à l’origine de la situation d’urgence. Il peuts’agir d’événements qui ont un impact immédiat (par exemple,un tremblement de terre) ou d’une série d’événements se produisantsur une période prolongée (par exemple, changementspolitiques).■ Prévisions pour l’avenir. Qu’attend la population?OutilUtilisez un tableau chronologique (voir la section 7.9) pourrelever les événements qui ont marqué la communauté et pourpréciser les tendances sur le long terme.■ Structure sociale. Quel est l’impact de la situation d’urgencerécente (ou en cours) sur les communautés sinistrées (organisationde la communauté, marginalisation, interaction des différentsgroupes sociaux, etc.)?■ Mouvements de population. Des personnes ont-ellesquitté la zone ou y sont-elles arrivées? Est-ce dû à des activitéssaisonnières (par exemple, recherche de pâturages pour lesGénérales de groupes


48Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeGénérales de groupesOutiltroupeaux), à un arrangement à long terme (migration en vued’un travail) ou à un déplacement traumatique (mouvementforcé de personnes dans ou hors de la zone)?■ Moyens de subsistance. Lors des évaluations rapides, faitesune interview générale pour déterminer quels sont les moyensde subsistance (voir plus bas). Concernant les évaluationsdétaillées, demandez aux personnes participant à l’interviewgénérale de groupe d’identifier les groupes classés selon leursmoyens de subsistance en vue d’interviews ultérieures.■ Environnement. L’environnement subit-il des changements àcourt ou à long terme? À quoi la population attribue-t-elle ceschangements?Un calendrier saisonnier (voir la section 7.9) peut aider à comprendreles différences entre l’année en cours et les années antérieures.■ Fourniture de services. Déterminer l’ampleur et l’efficacitéde la prestation de services: santé (humaine et animale), approvisionnementen eau et éducation. Quel est l’impact des événementsrécents?■ Autres. Toutes autres questions importantes dans la situationd’urgence considérée.MessagecléIl n’est pas possible ou nécessaire de collecterla totalité de cette information dans chaquesituation. Des questions supplémentairesdevraient être envisagées selon lescirconstances. Établissez une liste desquestions qu’il conviendrait de traiter chaquefois que vous procédez à une évaluation.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 49La sélection des personnes composant le groupe devra être faiteavec soin. L’idéal serait de choisir de cinq à dix personnes demilieux divers et ayant des points de vue différents. Faites en sortede parvenir à un juste équilibre homme/femmes, personnesâgées/jeunes. Reportez-vous à la Norme commune 1 du ProjetSphère: Participation. 9Il y a trois manières de sélectionner les personnes composant legroupe:■ Nomination par les responsables des communautés.Cette solution peut être envisagée dans des petites communautésou dans les contextes qui ne sont pas propices à la manipulationde l’information. En général, cependant, elle devrait êtreévitée, car elle tend à favoriser ceux qui détiennent le pouvoir.■ Au coup par coup. Une discussion est amorcée et les personness’y joignent d’elles-mêmes. Cela peut être efficace si lesdélais sont courts et dans les petites communautés, mais attention:le nombre des participants peut devenir ingérable.■ Nomination par les informateurs clés. L’approcheprivilégiée, si les délais le permettent. Les organisations communautaireslocales et des personnes qui connaissent bien lacommunauté concernée (enseignants, responsables religieuxpar exemple) désignent les participants. Si possible, intégrez despersonnes appartenant aux groupes marginalisés.Générales de groupes9Voir le Projet Sphère, op.cit.


50Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeMoyens de subsistance7.6 Interviews de groupes classésselon leurs moyens de subsistanceDéfinitions■ Moyens de subsistance. Ce terme se réfère aux capacités,aux ressources et aux stratégies utilisées par la population pourgagner sa vie. Il s’agit d’accéder à la sécurité alimentaireet à la sécurité du revenu par toute une gamme d’activitéséconomiques productives. 10■ Groupes classés selon leurs moyens de subsistance.Groupes de personnes qui, au sein d’une communauté, ontdes moyens de subsistance semblables (elles ont des capacitéssimilaires et ont recours à des ressources et des stratégiessimilaires).Des interviews de groupes classés selon leurs moyens de subsistancesont effectuées dans la plupart des évaluations, car lesmoyens de subsistance constituent la base de l’existence des personneset des communautés. De préférence, des interviews séparéessont faites auprès de représentants de chacun de ces groupes.Note sur les évaluations rapidesDans les évaluations rapides, les interviews séparées auprès dereprésentants de chacun des groupes classés selon leurs moyens desubsistance peuvent s’avérer impossibles. Dans ce cas, introduisezla discussion sur les moyens de subsistance dans une interviewgénérale de groupe ou faites appel aux informateurs clés. Il faut:■ Identifier les principales sources de revenu et de nourrituredisponibles avant la situation d’urgence.■ Expliquer comment la situation d’urgence s’est répercutée sur lessources en question.L’analyse des moyens de subsistance est complexe et longue.L’approche qui est décrite ultérieurement fournit une informationde base sur ces derniers. Si une analyse rigoureuse est nécessaire, ilest possible d’utiliser la publication de Save the Children, intitulée«L’approche de l’économie des ménages». 1110Oxfam-UK, op. cit.11Save the Children, Royaume-Uni, op. cit.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 51Procédé■ Définissez les différents groupes classés selon leurs moyens desubsistance, en tenant compte de l’information secondaire, desinterviews générales de groupes ou des informateurs clés. Ladéfinition ne doit pas nécessairement être très précise, car il estprobable que vous l’affinerez au cours du travail sur le terrain.■ Organisez des réunions avec les personnes d’autant de groupesclassés selon leurs moyens de subsistance que possible (environcinq personnes par groupe). Au minimum, adressez-vous auxgroupes les plus pauvres ou les plus vulnérables (sur la base del’information secondaire et des données collectées au cours despremières interviews réalisées sur le terrain; une fois encore, celapeut être revu à mesure que progresse le travail sur le terrain).Commencez l’interview par une discussion informelle sur lesconditions d’existence dans la communauté. Orientez peu à peula conversation vers les problèmes et les capacités (voir le cadrerelatif à la vulnérabilité et aux capacités (section 3.1) et les techniquesd’interview semi-structurée (section 7.4). Puis, posez quelquesquestions précises sur les moyens de subsistance:■ Demandez aux membres du groupe d’expliquer comment ilsgagnent leur vie (ce qu’ils font à différentes époques de l’année).OutilÉtablissez un calendrier saisonnier (voir la section 7.9).■ Combien y a-t-il (approximativement) de ménages dans legroupe de moyens de subsistance?■ L’année en cours paraît-elle bonne, mauvaise ou normale entermes de revenu?■ Demandez des précisions sur toutes les sources de revenu disponiblesdont les ménages peuvent disposer durant la saison encours cette année. Quantifiez autant que possible (par exemple,«la famille a récolté 600 kg de blé», ou «le mari a travaillé troismois pour X dollars par mois»).Moyens de subsistance


52Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeMoyens de subsistanceOutil■ Demandez au groupe de préciser toutes les sources de revenudont les ménages peuvent disposer durant la saison en cours lesannées normales.Utilisez la méthode de l’empilement proportionnel (voir lasection 7.9) pour évaluer l’importance de chaque sourcede revenus.■ Quelles sont leurs autres sources de revenus des ménages àd’autres périodes importantes de l’année (par exemple, avant etaprès la moisson, avant et après la distribution de vivres)?■ Demandez-leur d’expliquer les raisons des changements qu’ontsubis leurs sources de revenus. Quel impact, positif ou négatif,de nouvelles stratégies d’adaptation pourraient-elles avoir surles moyens de subsistance à long terme?Lors des discussions sur les sources de revenus, il est souvent plusfacile de parler du groupe en général que de la situation personnellede ceux que vous interrogez. Par exemple, demandez «Quefont les gens quand il n’y a pas de travail?» plutôt que «Que faites-vousquand vous ne pouvez pas trouver de travail?». Vous vousintéressez au ménage type de chaque groupe.Sources de revenusInsérez tout ce qui contribue au bien-être économique duménage:■ Sources de revenus monétaires et non monétaires, y comprisles produits que le ménage produit et consomme lui-même.■ Le revenu de tous les membres du ménage.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence53Par exemple:Dans une année normale, les famillestirent leur revenu des activités suivantes:Consommationde leurspropresproduits(Question : dansquelle mesure cettestratégied’adaptationest-elle durable ?)Vente de culturesde rapport15 %15 %20 %Travail rémunéré(femme)Aide de proches10 %40 %Travailrémunéré(homme)Cette année, une sécheresse a sévi dans la zoneLes sources de revenus traditionnelles sont compromises et la familleest obligée de chercher des solutions de rechange. Il semble y avoirune insuffisance : la population níest pas en mesure de compenserpleinement la perte de revenu.Aide provenant dela communauté religieuseDettesVentede biens5 %5 %25 %AideprovenantVente de cultures de rapportMauvaise récolteInsuffisance(Question : comment la populationcomble-t-elle cette insuffisance ?)5 % 5 % 20 %de prochesMaind’œuvrerémunérée(homme)5 % 5 %25 %Maind’œuvrerémunérée(femme)Peu de travaildisponible dansles fermes en raisondes mauvaises récoltesLes femmes travaillentde plus longues heuresà l’extérieur(Question : quel estl’impact sur leurs autresresponsabilités ?)Consommation de sa propreproductionMauvaise récolteMoyens de subsistance


54Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge7.7 Interviews de ménagesLes visites auprès des ménages sont indispensables dans toute évaluation.Elles permettent en effet de se faire directement une idéedes conditions d’existence et elles sont une excellente occasion deparler aux femmes et aux enfants.Note sur les visites auprès des ménagesMénagesLes visites auprès des ménages sont extrêmement importantes lorsdes évaluations rapides. Il est indispensable de visiter les personnesvivant dans des structures improvisées (par exemple, des camps) oudans des habitations endommagées en raison des événementsrécents (par exemple, inondations, tremblement de terre).Répertoriez les ménages par le biais d’échantillonnages aléatoires(voir ci-après). Les sujets de discussion portent notamment sur lespoints suivants:■ Conditions de logement. Si le logement est pauvre, examinerla capacité de la famille de l’améliorer et ses projets pourl’avenir.■ Régime alimentaire. Ce que les gens mangent et commentcela est-il en train de changer. Utilisez la méthode de l’empilementproportionnel (voir la section 7.9) pour analyser l’importancerelative des différentes denrées alimentaires actuellementet en temps normal.■ Utilisation de l’eau. D’où provient-elle et comment est-ellestockée?■ Questions concernant la santé. Examinez l’état de santédes enfants en particulier.■ Vente de biens. Articles vendus, prix, comparaison avec leniveau des prix en temps normal.OutilsUn calendrier saisonnier (voir la section 7.9) pourrait être utilisépour comparer l’année en cours à une année «normale».


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 55■ Rôles et responsabilités des femmes. Sont-ils en train dechanger et, dans l’affirmative, comment? Le nombre de ménagesmonoparentaux dirigés par une femme a-t-il augmenté?Quelles en sont les conséquences?■ Mode de vie des enfants. Est-il en train de changer et, si telest le cas, de quelle façon? Y a-t-il des enfants chefs de famille?Si tel est le cas, pourquoi? Quels sont les rôles et responsabilitésdes enfants dans les ménages et la communauté? Combiend’enfants sont scolarisés et quel est le niveau d’instruction?■ Taille et composition d’un ménage type. Nombre d’adulteset d’enfants; d’hommes et de femmes; de garçons et de filles.Cela est-il en train de changer? Pourquoi?■ Autres. Tout autre point important.OutilsUn calendrier journalier (voir la section 7.9) peut être utilisé pouridentifier les tâches qui prennent le plus de temps (par exemple,ramasser du bois de feu ou chercher de l’eau). Demandez auxinformateurs de comparer leur calendrier journalier actuel aveccelui des périodes antérieures; cela peut mettre en évidence leschangements en train de se produire. Comparez les calendriersjournaliers des femmes, des hommes et des enfants.Les calendriers saisonniers et les tableaux chronologiques(voir la section 7.9) peuvent être utilisés, le cas échéant, pourcomprendre les changements qui surviennent durant l’annéeet les tendances à long terme.MénagesConseils pour les interviewsChaque fois que cela est possible, l’interview sera réalisée par desfemmes parlant la langue locale. En effet, les femmes sont généralementplus détendues avec d’autres femmes, et les conversationsse déroulent plus naturellement hors de la présence d’un interprète.Tout en dirigeant l’entretien, faites en sorte que la conversationreste informelle et guettez l’inattendu.


56Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeMénages■ Recherchez les conseils de personnes locales sur le choix desujets de conversation appropriés. N’insistez pas pour parler dequestions délicates ou inopportunes.■ Les visites de ce genre peuvent être importunes. Vous voustrouvez chez quelqu’un. Acceptez les offres d’hospitalité (parexemple, le thé). Faites preuve de tact dans la façon dont vousposez vos questions. Le respect et la politesse sont essentiels.Faites en sorte que la conversation soit aussi informelle quepossible. Ne vous hâtez pas.■ Observez. Regardez autour de vous. Remarquez les alimentsqui sont en train d’être préparés. Notez les articles ménagers,leur état et ce qui vous semble manquer (au regard des normesde cette société).■ Posez des questions générales sur les conditions d’existence, lesmoyens de subsistance et les changements qui se produisent.Posez des questions précises sur ce que vous voyez autour devous: «Qu’est-ce que ce légume?», «Quand le mangez-vous?»,et ainsi de suite.■ Essayez. Goûtez la nourriture quand on vous l’offre. Cela aideà instaurer la confiance et constitue une bonne entrée enmatière pour une discussion sur la nourriture.■ Si vous vous adressez à une femme, demandez si vous pouvezrencontrer certains de ses amis, proches ou voisins. Dans l’affirmative,réunissez un petit groupe de discussion (trois à cinqpersonnes) au domicile de la personne.Dans certaines cultures, les étrangers nepeuvent pas visiter les femmes chez elles.Si tel est le cas, n’insistez pas. Parfois, unhomme de la famille doit être présent. Expliquezalors poliment à l’homme (aux hommes) pourquoivous souhaitez faire l’interview et l’importanced’entendre les femmes exprimer leurs points de vueavec leurs propres mots.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 57Sélection des ménagesElle peut être effectuée par un échantillonnage aléatoire ou dirigé.Échantillonnage aléatoire.Ayez recours à l’échantillonnage aléatoire s’il n’y a pas de différencesmajeures entre les ménages de ce site.Étape 1. Décidez du nombre de ménages que voussouhaitez interroger.Cela dépendra du temps disponible et de la taille de la communauté.Effectuez un minimum de trois interviews danschaque site, davantage si vous avez suffisamment de temps.Prévoyez une heure par interview, avec un intervalle de30 minutes entre les interviews.Étape 2. Identifiez les ménages que vous interrogerez.Debout au centre du site, faites tourner une bouteille sur lesol ou lancez un stylo en l’air. Allez dans la direction verslaquelle sont tournés le goulot de la bouteille ou la pointedu stylo, jusqu’à ce que vous atteigniez le bord du site, encomptant le nombre d’habitations devant lesquelles vouspassez. Divisez ce chiffre par le nombre de ménages quevous souhaitez interroger; cela indique l’intervalle entre leshabitations. La figure 6 donne un exemple:■ Vous voulez interroger trois ménages.■ Vous marchez dans la direction signalée et comptez15 maisons sur votre trajet.■ L’intervalle entre les maisons échantillon est donc 15/3 = 5(15 maisons comptées, 3 maisons échantillon requises).■ Choisissez au hasard un chiffre entre 1 et 5; ce sera lapremière maison que vous visiterez.■ Après cette maison, continuez dans la même direction etcomptez cinq autres maisons; c’est celle du deuxièmeménage que vous interrogerez. Enfin, suivez le mêmeprocédé pour choisir le dernier ménage.Ménages


58Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeFigure 6. Diagramme d’échantillonnagealéatoireSens de la marche1514131112Ménage 3910Maisons8Ménage 27654MénagesAutres méthodes possibles d’échantillonnage aléatoire■ Si les maisons sont alignées dans les rues, prenez une rue auhasard puis comptez les maisons comme cela est expliqué àl’Étape 2 ci-dessus.■ Si des données exactes sur la population sont disponibles, lesménages peuvent être choisis au hasard dans une liste de noms.Échantillonnage dirigéUtilisez l’échantillonnage dirigé en cas de différences importantesentre les ménages. Par exemple, vous pouvez souhaiter interrogercertains ménages parce qu’ils sont socialement marginalisés ouont des moyens de subsistance différents.Il existe deux manières de prélever l’échantillon:■ Des groupes sont concentrés dans certains secteurs du villageou de la ville. Procédez à l’échantillonnage aléatoire, commecela est décrit ci-dessus, pour chaque section.■ Les ménages sont éparpillés dans le village ou la ville. Si vous pouvezidentifier les ménages qui vous intéressent à partir d’un recensementde la population du village ou de la ville, choisissez auhasard le nombre souhaité de ménages. En l’absence de donnéesde recensement, demandez aux personnes locales de vous aider àidentifier le nombre requis de ménages de chaque groupe.213Ménage 1Centre du site


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 597.8 Interviews sectoriellesLes interviews sectorielles sont effectuées pour recueillir des informationstechniques, lesquelles sont généralement fournies par lesinformateurs clés travaillant dans les secteurs concernés (parexemple, le personnel des dispensaires). Les listes de contrôle sectorielleset les propositions à l’intention des informateurs clés sontprésentées plus bas. Une personne qui n’a pas de qualificationstechniques peut collecter l’information si elle trouve un informateurclé compétent. Le processus est le suivant:■ Trouvez des informateurs clés dans autant de secteurs que possible.Lors des évaluations rapides, collectez l’information sectoriellecorrespondant aux problèmes les plus urgents.■ Posez aux informateurs clés des questions relatives à leurs secteursrespectifs. Ne vous inquiétez pas s’ils ne peuvent pasrépondre à toutes les questions sur tous les secteurs.Encouragez-les à donner les renseignements supplémentairesqui leur paraissent importants.■ Au retour du terrain, communiquez l’information sectorielleaux spécialistes techniques ou de secteur au sein de la Sociéténationale ou de la délégation. Si les spécialistes concernés nesont pas disponibles, consultez des spécialistes de la délégationrégionale, ou au Secrétariat de la Fédération internationaleet/ou au siège du CICR à Genève.■ Les spécialistes de secteur utilisent l’information pour juger dela gravité de la situation et déterminer s’il y a lieu d’effectuerune évaluation sectorielle détaillée (dans des circonstancesextrêmes, il peut être nécessaire de commencer un programmesur la base de l’information sectorielle, mais cela doit toujoursêtre accompagné d’une évaluation sectorielle complète).SecteurNote sur les spécialistes de secteurSi l’équipe d’évaluation comprend un spécialiste de secteur, il n’estpas indispensable de remplir la grille du secteur concerné, étantdonné qu’il aura sa propre méthodologie. Toutefois, le spécialistepeut considérer que la grille lui est utile.


Listes de contrôle sectorielles60Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeListes de contrôle sectoriellesNotes sur les listes de contrôleCes listes de contrôle ont été dressées par des spécialistes du CICRet de la Fédération internationale dans différents secteurs.L’information s’inspire en grande partie la Charte humanitaire etnormes minimales pour les interventions lors de catastrophes duProjet Sphère. 12SantéSources de l’informationMinistère de la santé, dispensaires locaux, personnel de santé,organisations humanitaires (locales et internationales), communautés(femmes).Questions présentant un intérêt■ Y a-t-il une situation d’urgence sanitaire? Quelle en est lanature? Comment devrait-elle évoluer?■ Le principal problème est-il lié à la santé, aux systèmesde santé et/ou à l’accès aux systèmes de santé?■ Quelle est la capacité existante d’intervention? Qui est responsablede quoi?■ L’intervention comporte-t-elle des lacunes? Une interventionsanitaire est-elle nécessaire?■ Faut-il recourir à des unités spécialisées (unité d’interventiond’urgence (ERU), chirurgicale, etc.)?■ De quelle information supplémentaire a-t-on besoin?12op. cit


S1S2S3S4S5S6S7S8S9S10ObjetLignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 61Répartition par âge(si les proportions diffèrentbeaucoup, étudier lescauses).Taux brut de mortalité.Taux de mortalité des moinsde 5 ans.Infection respiratoire aiguëchez les enfants de moins de5 ans.Maladies diarrhéiques chezles enfants de moins de 5 ans.Paludisme dans la populationnon immunisée (adultesn’ayant pas grandi dans deszones impaludées et enfantsde moins de 5 ans).Couverture vaccinale contrela rougeole.Couverture du Programmeélargi de vaccination (PEV).Prévalence du VIH.Tuberculose.Information à titre indicatifMoyenne pour les pays en développement0-4 ans: 12,4 pour cent;5-9 ans: 11,7 pour cent;10-14 ans: 10,5 pour cent;15-19 ans: 9,5 pour cent;20-59 ans: 48,6 pour cent;Femmes enceintes: 2,4 pour cent.Problème si supérieur à:1 pour 10 000 par jour.Critique si supérieur à:2 pour 10 000 par jour.Problème si supérieur à:2 pour 10 000 par jour.Critique si supérieur à:4 pour 10 000 par jour.Problème si plus de:10 pour cent par mois par tempsfroid.Problème si plus de:50 pour cent atteints par mois.Problème si plus de:50 pour cent atteints par mois.Problème si moins de:90 pour cent de couverture vaccinalechez les enfants de 6 mois à 12 ans.Problème si moins de:85 pour cent de couverture.Données sur la prévalence actuelle.Existe-t-il une politique nationale?Y a –t-il un programme de traitementDOTS (traitement directement observé,de courte durée)?Listes de contrôle sectorielles


Listes de contrôle sectorielles62S11S12S13S14S15S16S17S18S19S20Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeObjetInfections sexuellementtransmissibles (IST).Santé génésique.Y a –t-il des problèmessupplémentaires de santé(maladies endémiques)?Évaluation de la santémentale: cas chroniqueset cas graves.Évaluation de la santémentale: personnes touchéespar la catastrophe en cours.Niveau de destruction desstructures de santé.Accès de la populationatteinte aux services de santé(secteur public et secteurprivé).Comment le système nationalde santé est-il organisé?Autres agents de santé.Médicaments disponibles.Information à titre indicatifExiste-t-il des protocolesde traitement?L’accès aux services ou à la connaissancede la santé génésique est-il facilité?Description.Structures du soutien social, que font lespersonnes souffrant de maladie mentale,qui s’occupe d’elles?Les structures ont-elles été endommagées?Si tel est le cas, où les genssont-ils allés? Y a-t-il d’autres systèmesde soins?Les systèmes de soutien sont-ils intacts(familles, réseaux spirituels /sociaux,pouvoirs publics, etc.)?Les personnes atteintes sont-ellesen mesure de reprendre des activitésnormales? Participent-elles à d’autresactivités?État du secteur des soins de santé: structure,équipement, médicaments, produitsconsommables, vaccins et effectifs.Proportion de la population ayant accèsaux services médicaux, chirurgicaux,gynécologiques, obstétricaux, et auxsoins de santé maternelle et infantile; distancedu centre de santé le plus proche.Groupes/individus n’y ayant pas accès.Système ambulancier? Système d’orientationdisponible et/ou fonctionnant bien.Énumérez.La vente des médicaments est-elleréglementée? Les médicaments sont-ilsdisponibles sur le marché libre?Quelles en sont les conséquencessur le plan de la sécurité?


NutritionSources de l’informationLignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 63Ministère de la Santé, enquêtes de nutrition, enquêtes démographiqueset de santé, dispensaires locaux, organisations humanitaires,communautés (femmes en particulier).N1N2ObjetInformation surla nutrition.Risque de malnutritionlié à des problèmes desanté publique.Information à titre indicatifCote < Z -2 de rapport poids/taille[malnutrition globale]: incidence normale/en augmentation/en diminution.Cote < Z -3 de rapport poids/taille[malnutrition grave]: incidence normale/en augmentation/en diminution.Carence en iode: prévalence de 5à 19,9 pour cent chez les enfants de 6à 12 ans = problème de santé publiquemodéré.Carence en vitamine A: prévalencede plus d’1 pour cent chez les enfantsde moins de 6 ans = problème de santépublique.Infection respiratoire aiguë chezles enfants de moins de 5 ans:Problème si plus de 10 pour centpar mois par temps froid.Maladies diarrhéiques chez les enfantsde moins de 5 ans:Problème si plus de 50 pour centatteints par mois.Couverture vaccinale contre la rougeole:Problème si moins de 90 pour centde couverture vaccinale pour les enfantsde 6 mois à 12 ans.Prévalence du VIH: données surla prévalence actuelle.Listes de contrôle sectorielles


Listes de contrôle sectorielles64N3N4N5EA1EA2Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeObjetRisque de malnutrition liéà la qualité médiocre dessoins.Risque de malnutrition liéà un moindre accès àla nourriture.Activités nutritionnelles ousoutien de la communautédéjà effectif avant lacatastrophe.Eau et assainissementSources de l’informationInformation à titre indicatifMinistère de la Santé, Ministère de l’eau, régie des eaux locale, dispensaireslocaux, organisations humanitaires (locales et internationales),communautés, observation.ObjetMaladie diarrhéique.Diarrhée aiguë aqueuseet/ou sanglante.Changements dans le modede travail.Changement dans la compositiondes ménages: grand nombred’enfants séparés ou orphelins.Méthode normale d’alimentationdes nourrissons (biberon, allaitementmaternel, aliments industrielscomplémentaires).Voir les indicateurs relatifsaux moyens de subsistance,à l’agriculture, au marché.Mandat, politiques et expériencedes composantes du Mouvement.Capacité de la population locale.Information à titre indicatifIncidence normale, en augmentation,en diminution.Incidence normale, en augmentation,en diminution. Si le nombre de casest en augmentation, précisez legroupe d’âge et la zone. Incitez lespouvoirs publics à isoler les personnesatteintes.


EA3EA4EA5EA6EA7EA8EA9ObjetEau: quantité et qualité.Transport et stockagede l’eau.Défécation et miction.Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 65Utilisation des installationscommunes par les femmes.Installations pour le lavagedes mains et/ou le bain.Vecteurs de maladies(mouches, moustiques,poux, rongeurs).Niveau de destruction desinstallations d’adduction d’eauet d’évacuation des eaux usées.Information à titre indicatifAu moins 15 litres par personneet par jour.Dans les cas extrêmes:5 litres d’eau potable par personneet par jour (boisson et cuisine).Précisions sur la source(est-elle manifestement polluée?)L’eau est-elle chlorée et/ou traitée?Moyens de transport et de stockage del’eau (l’eau peut-elle être contaminée?);distance par rapport au point d’eau ettemps mis pour y accéder (500 m àpied au maximum); stockage de l’eaudes ménages; disponibilité auprèsdes institutions.Y a-t-il des toilettes ou s’agit-il de défécationà l’air libre? Y a-t-il des signes dedéfécation à proximité des logements?Un maximum de 20 personnespar latrine ou toilette, situées à50 mètres, au plus, des habitations.Sans risque et/ou culturellementacceptable? Oui ou non; précisez.Existe-t-il des installations? Sont-ellesutilisées? Du savon est-il disponible?Les installations sont-elles sûres et privativespour les femmes et les filles?50 personnes par installation pour le bain.Ces vecteurs sont-ils présents?Y a-t-il des lieux de reproduction(eau stagnante, ordures)?État des installations, équipements,matériaux; effectif de personnel.Listes de contrôle sectorielles


Listes de contrôle sectorielles66AA1AA2AA3AA4AA5Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeAbris et articles ménagersSources de l’informationDossiers météorologiques, levés aériens, pouvoirs publics, communautés,observations.ObjetBesoins en abris.État matériel des abris.Personnes sans abri.Articles ménagers depremière nécessité.Combustible.Information à titre indicatifFacteurs climatiques: nécessité derésister à la pluie, au vent au soleil,au froid.Description, pourcentage d’abrisinadéquats selon S1 ci-dessus,causes de cette insuffisance (dégâtsdus au tremblement de terre, abristemporaires, etc.).Nombre de personnes/ménagessans abri adéquat.Proportion de la population ne disposantpas des articles de premièrenécessité (définis par la populationsinistrée et/ou vulnérable).La population a-t-elle accès aucombustible pour la cuisson desaliments et le chauffage?D’où provient le combustible?La collecte de combustibleendommage-t-elle l’environnement?


AgricultureSources de l’informationObjetLignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 67Agriculteurs, ministère de l’Agriculture, Organisation des NationsUnies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), vendeurs sur les marchés,levé aérien, communautés, travailleurs journaliers.A1A2A3A4A5A6A7Quel est le niveau de la productionde l’année actuellepar rapport à une annéenormale?Y a-t-il des problèmes de productionconcernant certainsarticles?Proportion de terres agricolesendommagées (par exemple,lors d’inondations).État de santé des animauxd’élevage.Degré de disponibilité dessemences et possibilité d’yavoir accès.Vente de ressources dusecteur agricole.Inaccessibilité à la terre enraison de l’insécurité et desrisques naturels.Information à titre indicatifProduction globale de cultures debase par rapport à la productionnormale du pays ou de la province,rendement par hectare par rapportau rendement normal.Tendances des prix de produitsagricoles clés. Comparaison entreproduits (par exemple, céréales etanimaux d’élevage), entre zones(zones sinistrées et zones nonsinistrées) et dans le temps (annéeactuelle et années normales).Pourcentage de terresendommagées et de terresnon endommagées.Bon ou mauvais, accès aux servicesvétérinaires.Quantité et prix du marché parrapport à la normale.Supérieure au taux normal desventes.Proportion de terres inaccessibles.Listes de contrôle sectorielles


Listes de contrôle sectorielles68M1M2M3M4M5M6M7M8Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeMarchéSources de l’informationVendeurs sur les marchés, agriculteurs, travailleurs journaliers,employeurs, entreprises de transport.ObjetLes aliments de base et lesproduits de première nécessitésont-ils disponibles?Effet de la crise actuelle surla disponibilité des produitsde base.Prix des produits de base.D’où proviennent les produitsde base?Rémunération des travailleursjournaliers.Possibilités de travail pourles travailleurs journaliers.Disponibilité et coûtdes camions à louer.Autres articles vendussur le marché.Information à titre indicatifOui ou non. Si la réponse est«non», quels articles font défaut?Ont-ils été remplacés par d’autresproduits?Y a-t-il eu des changementsconcernant la production?L’approvisionnement a-t-il étéperturbé?Collectez les données sur les prixen vigueur; l’année antérieure;tout de suite avant et après unbouleversement survenu peu detemps auparavant; tout de suiteavant et après la dernière récolte;à d’autres périodes importantes.Cela a-t-il changé? Pourquoi?Combien gagnent les travailleursjournaliers? Leur rémunérationaugmente-t-elle ou diminue-t-elle?Pourquoi?Quel est, en moyenne, le nombrede jours de travail disponibles parmois? Augmente-t-il ou diminue-t-il?Pourquoi?Nombre de transporteurs, nombreapproximatif de camions, coût dela location.La vente d’articles ménagers d’occasion(par ex.: vêtements) et debijoux peut indiquer que les genss’appauvrissent.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 69Les marchés peuvent être une bonne source d’information (lesgens y viennent de tous les villages environnants) quand le tempsmanque et/ou que l’accès est limité. Leur analyse est utile dans leszones urbaines où la plupart des gens achètent les produits ménagersdont ils ont besoin. Les marchés peuvent faire l’objet d’unsuivi régulier.L’analyse des marchés est complexe.L’approche présentée ici est simplifiée.Cependant, gardez à l’esprit ce qui suit :■ Pour des raisons commerciales, les marchands peuventêtre réticents à donner des renseignements.■ Les marchés peuvent être manipulés par des cartelsou des acteurs politiques.■ Les commerçants ont tendance à augmenter leursprix s’ils pensent que l’acheteur potentiel (parexemple, un étranger) est riche. Dans ces conditions,chargez le personnel local d’effectuer l’étudeen question et recoupez les prix avec la populationlocale (des femmes de préférence).■ Les commerçants sont des personnes très occupées.Allez droit au but et posez des questions directes.Listes de contrôle sectorielles


Listes de contrôle sectorielles70P1P2P3P4P5P6Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeProtectionSources de l’informationAutorités locales, organisations humanitaires (locales et internationales),responsables religieux, juristes, organisations des droits del’homme, personnel de santé et travailleurs sociaux, communautés(en particulier les femmes et les enfants).ObjetLes droits des personnes déplacéesà l’intérieur de leur proprepays, des demandeurs d’asile,des réfugiés et de la populationlocale sont-ils respectés?Les personnes déplacées, lesdemandeurs d’asile ou les réfugiésqui risquent d’être renvoyésde force dans leur lieud’origine sont-ils relogés ouréinstallés contre leur volonté?Des familles ont-elles été séparées?Y a-t-il des mineurs nonaccompagnés?Les personnes déplacées sontellesenregistrées?Des personnes sont-elles victimesde mauvais traitements,de sévices sexuels, de violencesexiste ou psychologique,d’intimidation ou d’insécurité?Certains individus ou groupessont-ils victimes de discrimination?Information à titre indicatifSi ce n’est pas le cas, donnez desprécisions sur la législation ou le principepertinents et leur non-application (parexemple, les Principes directeurs relatifsau déplacement de personnes à l’intérieurde leur propre pays 13 , la Convention relativeau statut des réfugiés, 1951 14 , etc.).Si tel est le cas, donnez des précisions(par exemple, le principe de nonrefoulement).Indiquez le nombre, le lieu, donnezdes précisions sur le processusd’enregistrement.Dans l’affirmative, précisezla procédure.Indiquez le nombre et fournissez desdétails sur les groupes vulnérables.Indiquez le nombre et donnez desprécisions sur les groupes vulnérables.13Bureau de la coordination des affaires humanitaires. Principes directeurs relatifs au déplacementde personnes à l’intérieur de leur propre pays. Genève, OCHA, 1997.14Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR)Convention relative au statut des réfugiés, 1951. New York, UNHCR, 1951.


P7SécuritéSources de l’informationLignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 71Autorités locales, organisations humanitaires (locales et internationales),communauté.SEC1SEC2SEC3SEC4SEC5SEC6ObjetY a-t-il un problème concernantla gestion des restes humains?Des personnes risquent-ellesd’être inhumées sans avoir étéidentifiées?ObjetMenaces existantes ou potentiellespour la sécurité.Sécurité des voyages.Communications.Réseau connexe.Structures médicales.Plans d’urgence.Information à titre indicatifDans l’affirmative, donnez des détails.Information à titre indicatifPar exemple, conflit, crimes ou délits,mines terrestres.Donnez des détails sur les menacespour la sécurité et les lieux concernés.Y a-t-il des systèmes de communicationpar téléphone et radio?Situation et coordonnées des bureauxde la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,des Nations Unies, des ONG.Situation et coordonnées des hôpitauxprévus pour les interventions d’urgence.Décrivez le système connexe en casde changement de lieu d’opération.Listes de contrôle sectorielles


Listes de contrôle sectorielles72LOG1LOG2LOG3LOG4LOG5LOG6LOG7LOG8Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeLogistique et approvisionnementSources de l’informationObservation, communauté, entreprises de transport.ObjetQuel est l’état des routesreliant la région aux principauxcentres d’approvisionnement?Y a-t-il des zones inaccessiblespar route?Où se trouvent l’aéroport,le port maritime, la stationde chemin de fer les plusproches?Y a-t-il des entrepôts et/oudes installations de stockagedisponibles?Qui recevra les marchandisesexpédiées dans la zoneet en aura la responsabilité?Produits de base disponibleslocalement.Capacité de transport locale.Prix.Information à titre indicatifDécrivez l’état des routes,notamment les facteurs saisonniers,la durée des voyages et les typesde véhicules appropriés.Indiquez les endroits et proposezdes possibilités de transport.Précisez le lieu et l’état.Donnez des détails sur la taille,l’état, le propriétaire (Sociéténationale?).Donnez des renseignements surles bureaux de la Société nationale,etc.Donnez des précisions sur le combustible,les matériaux de construction,les denrées alimentaires(y compris une estimation dela quantité qu’il est possible dese procurer) disponibles.Donnez des détails sur les possibilitéset le prix de la location.Voir les indicateurs du marché.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 737.9 Outils 15Note sur les outilsCes outils sont destinés à être utilisés avec les informateursqui ne sont pas habitués aux études analytiques. Il convientde faire preuve de prudence, car ils ne sont pas adaptésà toutes les situations. Il incombe à l’équipe d’évaluationde décider des outils à utiliser dans une situation donnée.Calendrier journalierLes calendriers journaliers aident l’équipe d’évaluation à comprendrecomment les membres d’une communauté donnée emploientleur temps, et la manière dont cela est en train de changer. Ils peuventaussi aider à élaborer des programmes. Par exemple, si les personnesconsacrent cinq heures par jour à la collecte de l’eau, il y alieu d’envisager la mise au point d’un meilleur système d’approvisionnementen eau. Comparer les emplois du temps quotidiensactuels avec ceux des périodes antérieures permet de cerner lestendances. Ainsi, si les gens doivent marcher deux heures pourtrouver du bois de feu, contre une demi-heure auparavant, vouspouvez en conclure qu’il y a peut-être un problème de déforestation.Un projet visant à promouvoir l’utilisation de réchaudséconomes en combustible pourrait dès lors être utile.■ Il est souvent intéressant de faire des exercices séparés avec différentsmembres d’un ménage (par exemple, enfants, hommeset femmes).■ Demandez aux participants de décrire une journée ordinaire,en donnant autant de détails que possible sur leurs activités etle temps mis pour mener à bien chacune d’elles.Outils15Cette section s’inspire en grande partie de la publication Participation by crisis-affected populationsin humanitarian action: Practioners’ handbook de l’Active Learning Netwok forAccountability and Performance in Humanitarian Action (ALNAP). La publication est disponibleà l’adresse: http://www.alnap.org/gs_handbook/gs_handbook.htm


74Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeOutilsCalendrier saisonnierUn calendrier saisonnier peut indiquer si un fait est normal (seproduit tous les ans) ou nouveau. Par exemple, certaines zonesagricoles connaissent toujours une «disette saisonnière» justeavant la récolte. C’est une période difficile mais la population amis au point des systèmes pour faire face à la situation. Une disponibilitéalimentaire limitée à cette époque de l’année est beaucoupmoins préoccupante qu’elle ne le serait immédiatementaprès la récolte. Les calendriers saisonniers sont utiles également siles activités doivent être coordonnées et menées de manière àconcorder avec des projets locaux. Un exemple évident en est lemoment choisi pour la distribution des semences. Un autre exempleserait la distribution de vivres, qui peut être compromise parl’état des routes à certaines époques de l’année. De plus, vous pouveztenir compte de la charge de travail de la population et planifierles activités conjointes en conséquence. Ainsi, pendant lessemis et les récoltes, les gens tendent à être très occupés et il estdonc préférable de ne pas prévoir d’activités impliquant la participationde la population durant ces périodes.Figure 7.Source ALNAPJ F M A M J J A S O N D J FPluiesTremblement de terreCalendrier saisonnierRécolte de caféAutres culturesEntretien Récolte Entretien RécolteTravail à ManguilaSemisHaute saisonHaute saisonÉcoleVacances religieusesSemaine sainte Vacances locales NoëlJ F M A M J J A S O N D J F


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 75■ Le calendrier peut être établi au cours d’interviews générales degroupes ou de groupes classés selon leurs moyens de subsistance,ou avec des informateurs clés.■ Demandez aux participants d’indiquer quels sont les faits quisurviennent à des moments particuliers de l’année. Ceux-cidevraient inclure le climat (par exemple, pluies, temps froid),l’économie, la culture (fêtes religieuses) et autres événementsimportants pour la communauté.■ Représentez tous les événements et les faits inhabituels (nouveaux)sur un calendrier.Graphique chronologiqueIl s’agit de comprendre l’histoire récente de la zone et de ses habitantsen mettant en évidence les principaux faits qui ont eu desrépercussions sur la vie des gens. Le graphique peut être élaboré aucours d’une interview générale de groupe; la diversité des personnescomposant le groupe permet de se faire une idée plus précisede l’histoire locale.Figure 8.ÉVÉNEMENT1Graphique historiqueÉVÉNEMENT2ÉVÉNEMENT3 AUJOURD’HUIOutilsSource ALNAP■ Tracez une ligne et situez y, par ordre chronologique, deux outrois événements importants survenus dans l’histoire récente.■ Expliquez que l’objectif est de combler les écarts sur la ligne pard’autres événements.■ Demandez aux gens de penser à des événements marquants (à lafois positifs et négatifs) et de les noter sur la ligne. Demandezleurd’expliquer les causes de ces événements et leur impact.Méthode de l’empilement proportionnelCette méthode est utile lors de l’évaluation des quantités et desproportions, notamment quand on travaille avec des personnesqui n’ont pas l’habitude de chiffrer les données. Par exemple, vous


76Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rougeavez besoin de savoir quelle est la proportion de la communautédans chacun des cinq groupes classés selon leurs moyens de subsistanceou le montant des revenus qu’une famille perçoit de plusieurssources différentes.■ Prenez 100 fèves, cailloux ou autres (plus ou moins la mêmetaille).■ Expliquez aux gens l’objectif de cet exercice. En prenantl’exemple des sources de revenu, demandez-leur de décrire,l’une après l’autre, chaque source. Dressez une liste de cessource de revenus, puis demandez aux gens de répartir les haricotsou les cailloux suivant l’importance relative de chacune.OutilsUn exercice d’empilement proportionnel utilisant l’exempledonné plus haut dans ces lignes directrices (voir la section 7.6,interviews de groupes classés selon leurs moyens de subsistance)aurait pour résultat la répartition approximative suivante:Figure 9.Ventede culturesde rapportEmpilement proportionnelAide provenantde prochesTravail rémunéré(homme)Travail rémunéré(femme)Consommationdes propres produitsOutre qu’il est utile pour quantifier les données, l’empilementproportionnel est un bon outil de facilitation. Dans un groupe, cetype d’activité peut contribuer à abattre les barrières. Il peut aussiêtre un sujet central de discussion. Le débat sur la taille relative despiles est généralement animé, ce qui encourage la participation etaccroît l’exactitude de l’information.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 77Classement par pairesLe classement par paires est un bon moyen d’analyser l’importancerelative des différents facteurs. Par exemple, vous tentez dedéterminer quels sont les problèmes les plus graves aux yeux deshabitants. Ceux-ci en ont relevé quatre: services de santé déficients;pénurie d’emplois; indifférence de la municipalité; criminalité.Inscrivez chacun des problèmes dans une grille. Remplissezles cellules le long et au-dessous de la diagonale, comme cela estindiqué à la figure 10 ci-dessous (faute de quoi, vous poserez lesquestions deux fois). Puis comparez chacun des facteurs successivementet notez la réponse dans la grille:Q.: Quel est le problème le plus grave, santé ou emploi?R.: Emploi (inscrivez «E» dans la case pertinente).Q.: Quel est le problème le plus grave, santé ou municipalité?R.: Municipalité (inscrivez «M» dans la case suivante)Et ainsi de suite…Une grille complétée ressemble à ceci:Figure 10Grille de classement par pairesSanté Emploi Municipalité CriminalitéSanté E M CEmploi M CMunicipalitéMOutilsCriminalitéComptez les résultats. Dans ce cas, ils se présentent comme suit:Indifférence de la municipalité: ____________________ 3Criminalité: ____________________________________ 2Pénurie d’emplois:_______________________________ 1Services de santé déficients: _______________________ 0Il apparaît donc que, selon ce groupe, l’«indifférence de la municipalité»est le problème le plus grave, le moins grave étant des«services de santé déficients». Le zéro ne signifie pas que la«santé» n’est pas un problème. Elle est, pour ce groupe, un problèmemoins grave que les trois autres.


Analyse


798. AnalyseL’analyse est le processus par lequel une synthèse est faite desinformations émanant des différentes sources, de façon à vous permettrede répondre aux questions posées dans le cadre relatif à lavulnérabilité et aux capacités (section III.1):■ Quels sont les principaux problèmes?■ Qui est touché par ces problèmes?■ Quelles sont les capacités de la population sinistrée? Dansquelle mesure parvient-elle à faire face à ces problèmes?■ La population sinistrée bénéficie-t-elle d’une autre aide?■ L’intervention de la Croix-Rouge/du Croissant-Rouge est-ellenécessaire? Si tel est le cas, quel type d’intervention est requis?MessagecléVous devez analyser l’information de façoncontinue, tout au long de l’évaluation.Ne laissez pas l’analyse pour la finde l’évaluation.La seule exception au point clé ci-dessus a trait à l’analyse de l’informationsectorielle. Si l’équipe ne comprend pas de spécialistede secteur, l’information est analysée après l’évaluation par le spécialistecompétent. Les généralistes ne devraient donc pas tenterd’analyser l’information sectorielle au cours du travail sur le terrain,à moins qu’elle ne contienne des incohérences flagrantes.AnalyseCette section fournit des conseils sur les points suivants:■ Remédier aux incohérences de l’information que vous collectez.■ Résumer l’information.■ Faire la synthèse des informations provenant de différentessources afin de parvenir à des conclusions.■ Formuler des propositions en vue de l’élaboration de programmes.


80Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge8.1 Information incohérenteDans toute évaluation, vous vous trouverez face à des problèmesd’incohérence de l’information. C’est le cas lorsque des informateursdonnent des réponses différentes à la même question. Parexemple:■ Une personne vous dit que la source d’eau est tarie pendantdeux mois chaque année, tandis qu’une autre affirme qu’elle netarit jamais.■ Quelqu’un dit que tous les animaux du village sont morts.Quelqu’un d’autre assure que la moitié des animaux sontvivants et paissent loin du village.AnalyseCette section présente quelques étapes à suivre pour réduire auminimum les incohérences et y remédier.La première étape consiste à réfléchir à l’information à mesure quevous la collectez. Cela vous aidera à repérer les incohérences. Posezvousles questions suivantes:■ La nouvelle information confirme-t-elle ou contredit-elle l’informationsecondaire?■ L’information provenant d’un informateur confirme-t-elle oucontredit-elle celle d’un autre informateur?■ L’information collectée par différents membres de l’équiped’évaluation est-elle cohérente?■ L’information a-t-elle un sens? Par exemple, si quelqu’un vousdit que le rendement agricole a été nul alors que vous voyez dublé fraîchement moissonné dans le village, il s’agit d’une incohérence.Poser ces questions vous conduira à en envisager de nouvelles ouà rechercher d’autres sources d’information pour clarifier la situation.L’observation est souvent utile (voir la section 7.1).


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 81MessagecléEn règle générale, efforcez-vous de vérifierles renseignements importants en comparantles données recueillies auprès de troissources différentes au moins. Ces dernièresdevraient être aussi variées que possible.Si plusieurs sources donnent la mêmeinformation, celle-ci est probablement exacte.La deuxième étape consiste à analyser régulièrement les donnéesavec les autres membres de l’équipe:■ Durant le travail sur le terrain. Réunissez-vous au moins unefois par jour sur le terrain (normalement à midi). Comparez lesinformations, examinez les incohérences et convenez des modificationsà apporter au programme des interviews.■ À la fin de chaque journée. À la fin de chaque journée detravail sur le terrain, étudiez les données recueillies et lesconclusions que vous avez tirées.■ Après le travail sur le terrain. À la fin du travail sur leterrain, l’équipe se réunit pour se mettre d’accord sur lesconclusions finales.La troisième étape consiste à examiner la cause des incohérences,qui le plus souvent est l’une des trois suivantes:■ Perception. Il n’y a pas toujours de réponse «exacte». L’interprétationdes événements varie suivant la situation de chaqueindividu.■ Accès à l’information. Certaines personnes sont mieuxinformées que d’autres sur un sujet particulier.■ Affirmations mensongères. Parfois, des personnes donnentà dessein des informations trompeuses.AnalyseDéterminez si l’incohérence relevée aura une incidence sur lesconclusions de l’évaluation et les propositions de programmesfuturs. Si elle n’a pas d’incidence majeure, tentez de la résoudremais n’y consacrez pas trop de temps. Sinon, insérez une noteexplicative à ce sujet dans le rapport final.


82Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeSi l’incohérence a des répercussions notables sur les conclusionsfinales, tentez de la résoudre en:■ décidant laquelle des trois causes (ou combinaisons de causes)est pertinente;■ examinant les raisons pour lesquelles les données diffèrent entreelles;■ évaluant le degré de confiance que vous avez dans chacune dessources. L’une des sources peut être plus crédible qu’une autre;■ vérifiant l’information. Parlez de nouveau aux informateurs initiauxou identifiez de nouveaux informateurs susceptibles declarifier la situation.AnalyseSi ces mesures ne permettent pas de gommer les incohérences,vous devrez donner un avis. Dans ce cas, le chef d’équipe se prononcesur la conclusion, sur la base des discussions avec les autresmembres de l’équipe et d’un examen de toutes les informationsdisponibles. Il est essentiel que:■ Les conclusions fondées sur des avis soient clairement répertoriéesdans le rapport d’évaluation, et que des précisions soientdonnées sur les hypothèses qui ont été retenues pour parvenirà ces conclusions.■ Des recommandations soient faites en vue du suivi.8.2 Résumer l’informationVous collecterez l’information auprès de nombreuses sources différentes.Pour qu’elle soit utile, elle doit être résumée. Cette sectionindique comment résumer les informations issues des quatremodèles d’interviews présentés dans ces lignes directrices.8.2.1 Interviews générales de groupesL’information découlant de ces interviews tend à être vaste, et couvrela situation générale dans la zone visitée. Résumez-la aussibrièvement que possible sous les rubriques proposées dans lemodèle de rapport (voir la section 9).


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 838.2.2 Interviews de groupes classésselon leurs moyens de subsistanceDonnez les précisions suivantes au sujet de chaque groupe demoyens de subsistance identifié lors de l’évaluation:Lieu.Nombre approximatif de personnesou de ménages (précisez).Cette année est-elle bonne,mauvaise ou normale?Si l’année est mauvaise, quellesen sont les causes principales?Principales sources de revenuspendant une année normale.Répercussions de la situation d’urgencesur les sources de revenus.Détail des stratégies d’adaptation.Les stratégies d’adaptation pourraient-ellesavoir des effets négatifsà court terme ou à long terme?AnalyseLe revenu actuel suffit-il pour couvrirl’ensemble des besoins?Autres points importants.


84Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge8.2.3 Interviews de ménagesPour chaque site visité, résumez sous les rubriques ci-dessous lesconditions de vie des ménages. Mettez en évidence les changementset les tendances. S’il existe de grandes différences entre lesménages dans un lieu donné, fournissez séparément des renseignementssur chaque type de ménage.Lieu.Nombre de ménages visités.AnalyseNombre approximatif de ménagesde ce type dans ce site.Conditions de logement (satisfaisantes,insatisfaisantes, inacceptables). Si ellessont insatisfaisantes ou inacceptables,donnez de brèves indications.Régime alimentaire (principales sourcesde nourriture et changements par rapportà la normale).Utilisation de l’eau (quantité adéquate,stockage, etc.).Santé (maladies et disponibilité detraitements).Vente de biens. Les gens vendent-ilsdes biens du ménage? Si tel est le cas,lesquels?Rôles et responsabilités des femmes.Comment sont-ils en train de changer?Mode de vie des enfants. Est-il en trainde changer?Taille et composition des ménages(nombre moyen d’hommes, de femmeset d’enfants).Autres questions importantes.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 858.2.4 Interviews sectoriellesL’information collectée lors d’interviews sectorielles est analyséepar des spécialistes de secteur après l’évaluation (à moins quel’équipe ne compte un spécialiste). Par conséquent, ne tentez pasde résumer l’information; joignez des copies de toutes les listes decontrôle complétées au rapport d’évaluation.8.3 Faire la synthèse de l’informationCette section décrit un processus en trois étapes, utilisé pour fairela synthèse de l’information émanant de différentes sources etpour exposer les conclusions sous une forme pratique pour les planificateursde programme. Chaque étape comprend un tableau,ainsi que des notes explicatives sur la manière de le compléter. Leprocessus prend appui sur le cadre relatif à la vulnérabilité et auxcapacités (voir la section 3.1).8.3.1 Étape 1ProblèmeNormal ounouveau?S’il estnormal,quelleest safréquence?S’il estnouveau,quand est-ilapparu?AnalyseClassement des problèmes: tous les informateurs sont-ilsd’accord sur le classement des problèmes? Si ce n’est pas le cas,donnez des précisions (quels problèmes sont considérés commeles plus graves par chaque groupe d’informateurs?).Autres observations sur l’information contenue dans le tableau:


86Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeNotesDressez la liste de tous les problèmes identifiés lors de l’évaluation.Soyez précis. Ne dites pas que les «inondations» sontle problème. Dites que les problèmes dus aux inondationssont, par exemple:■ des morts;■ des blessés;■ la destruction d’habitations;■ la contamination de l’eau potable;■ autres.AnalyseRépertoriez chacun de ces problèmes séparément dans letableau.Classez les problèmes par ordre approximatif d’importance(le plus grave en premier).Précisez, pour chaque problème s’il est «normal» ou «nouveau».Un problème normal se pose régulièrement (parexemple, une «disette saisonnière» avant la récolte). Un problèmenouveau est un problème qui résulte de la situationd’urgence en train de se produire (par exemple, contaminationdes réserves d’eau après des inondations).Pour les problèmes «normaux», notez leur fréquence (parexemple, une fois par an ou une fois tous les trois ans).En ce qui concerne les problèmes «nouveaux», précisez àquel moment ils ont surgi (indiquez la date, si possible).


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 878.3.2 Étape 2ProblèmePopulationsinistrée(description,nombre)BesoinsStratégiesd’adaptationAssistanceLieu(x) où se trouve(ent) la(les) population(s) sinistrée(s).Est-ce son(leur) lieu de résidence habituel? Si ce n’est pas le cas,pourquoi a-t-elle(ont-elles) été déplacée(s)? Quand?Quel est le degré d’accessibilité de ces sites? Donnez des détailssur les contraintes liées aux saisons, à l’infrastructure (routes,aéroports, etc.), à la situation en matière de sécurité et à lasituation politique.L’une quelconque des stratégies d’adaptation a-t-elle des conséquencesnégatives sur le bien-être et/ou les moyens de subsistanceà long terme de la population?AnalyseCertaines personnes sont-elles exclues de l’aide? Si tel est le cas,pourquoi?NotesIdentifiez la population concernée par chacun des problèmesrépertoriés au cours de l’étape 1. Décrivez chaque population.Par exemple: «les gens qui vivent à proximité de larivière»; «les habitants du village X»; «les membres du clanT»; ou «les enfants du village Z».


88Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeÉvaluez l’effectif de chaque population sinistrée, sur la basede l’information collectée au cours de l’évaluation.AnalyseIl est souvent difficile de procéder à des estimations, lorsque lesdonnées émanant des différentes sources ne concordent pas.■ Si les estimations de différents informateurs sont raisonnablementproches les unes des autres, faites en unemoyenne. Par exemple, l’informateur A évalue le nombrede personnes à 500; l’informateur B à 550 et l’informateurC à 575. Le nombre utilisé pour le rapport final estla moyenne de ces chiffres: (500 + 550 + 575) + 3 = 540.■ Si les estimations des différentes sources sont très différentesles unes des autres, vous devez déterminer laquelleest la plus fiable. Par exemple, l’informateur X donne uneestimation de 500 personnes, l’informateur Y de 1500 etl’informateur Z de 1600. Vous savez que l’informateur Xest plus fiable que les deux autres. Vous pourriez doncutiliser le chiffre 700 (ou 800 ou 900, ou une autremoyenne, selon vos suppositions).Expliquez les besoins résultant de chaque problème. Parexemple:■ Problème 1: le puits s’est tari. Les habitants ont besoind’une source fournissant au moins 15 litres d’eau parpersonne et par jour, à 500 mètres de chez eux au plus.■ Problème 2: Les habitants n’ont pas accès à suffisammentde nourriture. Ils ont besoin pendant trois mois d’uncomplément équivalant à 50 pour cent de leurs besoinsalimentaires.Chaque fois que cela est possible, quantifiez les besoins. Parexemple, «chaque ménage a besoin d’un supplément de75 kg de céréales par mois».Décrivez les stratégies d’adaptation existantes, en rapportavec chaque problème et chaque population sinistrée. Parexemple:■ Problème: le point d’eau est à sec.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 89■ Population sinistrée: village X.■ Stratégie d’adaptation 1: les femmes et les enfantsmarchent trois heures pour atteindre une autre source.■ Stratégie d’adaptation 2: les gens se lavent moins souvent.■ Autres stratégies d’adaptation.Décrivez l’aide que reçoit actuellement la population. Ellepeut provenir de la communauté ou de l’extérieur, de systèmestraditionnels ou de systèmes spécifiquement mis enplace pour faire face au problème. Par exemple:■ Systèmes traditionnels: les groupes religieux à l’intérieurd’une communauté apportent toujours une aide auxfamilles les plus pauvres.■ Systèmes spécifiques: les secours sont fournis par une institutioninternationale réagissant à cette situation d’urgence.8.3.3 Étape 3PopulationsinistréeBesoinsLesstratégiesd’adaptationetl’assistancecouvrentelleslesbesoins?Pourcentagedesbesoinscouvertspar lesstratégiesd’adaptation(A)Pourcentagedesbesoinscouvertsparl’assistance(B)Insuffisanceenpourcentagede lacouverturedesbesoins(100 - A - B)AnalyseIndiquez comment les pourcentages ont été calculés.NotesPour chaque population sinistrée, énumérez les besoins quiont été recensés au cours de l’étape 2.


90Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeIndiquez si les stratégies d’adaptation et l’aide existantessuffisent pour couvrir les besoins (oui ou non).AnalyseLorsque cela est possible, évaluez dans quelle mesure les stratégiesd’adaptation et l’assistance couvrent ces besoins. Parexemple:■ Problème. Les habitations ont été détruites par les inondations.■ Stratégies d’adaptation. Les habitants achètent desmatériaux de construction, récupèrent des matériauxdans les débris de leur maison et cherchent du matérieldans les décharges. À travers la technique de l’empilementproportionnel, vous estimez que ces stratégies couvrent65 pour cent des besoins. (A)■ Assistance. La municipalité donne quelques matériauxde construction, qui couvrent 10 pour cent des besoins. (B)■ En combinant ses propres stratégies d’adaptation et l’assistancede la municipalité, la population est en mesure decouvrir environ 65 + 10 = 75 pour cent de ses besoins enmatériaux de construction.■ L’«écart» (besoins à couvrir) est donc de 100 – 75 = 25pour cent (100 - A - B). Il pourrait être comblé par laCroix-Rouge/le Croissant-Rouge.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 918.4 Propositions de programmesL’équipe d’évaluation n’est pas censée élaborer un projet completde programme. Toutefois, ses idées sont extrêmement utiles auxplanificateurs de programmes. L’évaluation peut aboutir à troisconclusions (voir le cadre relatif à la vulnérabilité et aux capacités,section 3.1):■ Il n’est pas nécessaire d’intervenir (la population a une capacitésuffisante pour surmonter les problèmes).■ Il est nécessaire d’intervenir, mais la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge n’est pas l’institution adéquate pour mener cette intervention.■ Il est nécessaire d’intervenir et la Croix-Rouge/le Croissant-Rouge est l’institution adéquate.Si vous concluez qu’il est nécessaire que la Croix-Rouge/leCroissant-Rouge intervienne, résumez brièvement vos idées dansle tableau figurant dans le modèle de rapport (section 9).MessagecléIl n’est pas utile de donner desrenseignements précis. Ces propositionsconstituent la base des premièresdiscussions sur la conception desprogrammes.Analyse


Rapport d’évaluation


939. Rapportd’évaluationCette section contient un modèle à utiliser pour les évaluationsrapides et détaillées. Pour chaque évaluation, établissez un rapportselon les rubriques données. La quantité de données fourniessous chaque rubrique dépendra des circonstances de chaqueévaluation.Il est important de présenter les conclusions de l’évaluation aussiclairement que possible. Le recours à un modèle standard permetau lecteur de retrouver rapidement l’information, car il saitcomment elle est structurée.MessagecléFaites en sorte que le rapport d’évaluationsoit aussi court que possible mais veillez àce qu’aucune information importante nesoit omise.Des précisions sont données quant à la longueur des sectionsdescriptives. Elle peut être réduite ou augmentée, selon le cas.Rapport d’évaluation


94Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeRapport d’évaluationModèle de rapport:Évaluations rapides et détailléesPartie 1. RésuméDate du rapport:Raison de l’évaluation:Date et type de catastrophe (le cas échéant):Lieu(x) de la catastrophe:Nombre de personnes sinistrées:Résumé des conclusions de l’évaluation: Décrivez brièvement(1/2 page) les problèmes et la(les) population(s) touchées.Quels sont (le cas échéant) les besoins de ces populations?Une intervention de la Croix-Rouge/du Croissant-Rougeest-elle recommandée?Si tel est le cas, définissez-la brièvement.Une évaluation de contrôle est-elle recommandée?Dans l’affirmative, donnez des détails et précisez la date.Partie 2. Informations généralesÉquipe d’évaluation: Nom, organisation, profession de chaquemembre.Zones visitées: Nom des zones et explications sur les raisonspour lesquelles elles ont été choisies.Itinéraire: Sites visités chaque jour.Informateurs: Personnes et groupes consultés chaque jour.Sources de l’information secondaire: Précisions sur lesdocuments et les informateurs consultés.Contraintes: Quelles contraintes sont apparues pendantl’évaluation (temps, accès, sécurité, etc.)?


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence95Partie 3. DétailsInformation descriptive: Expliquez brièvement (1/2-1 page):■ la(les) cause(s) de la situation d’urgence;■ les prévisions pour l’avenir.Décrivez brièvement (1-2 pages) la situation générale et l’impactde la situation d’urgence, en prenant appui sur l’information collectéepar le biais des interviews générales de groupes (et autresinformations pertinentes):■ structure sociale;■ mouvement de population;■ moyens de subsistance;■ environnement;■ prestation de services;■ autre.Hypothèses et opinions: Quelles hypothèses et opinions ontété formées?Incohérences: Y avait-il des incohérences notables dans l’informationcollectée?Vulnérabilité et capacités: Résumez les problèmes, les besoinset les stratégies d’adaptation en remplissant les tableaux ci-dessous(voir les explications à la section VIII.3).ProblèmeNormal ounouveau?S’il estnormal,quelle est safréquence?S’il estnouveau,quand est-ilapparu?Classement des problèmes: tous les informateurs étaient-ils d’accordsur le classement des problèmes? Si ce n’est pas le cas, donnez des précisions(quels problèmes étaient considérés comme les plus graves parchaque groupe d’informateurs?).Rapport d’évaluation


96Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeAutres observations sur l’information figurant dans le tableau:Rapport d’évaluationBesoins, stratégies d’adaptation et assistanceProblèmePopulationsinistrée(description,nombre)BesoinsLieu(x) où se trouve(ent) la(les) population(s) sinistrée(s).AssistanceEst-ce son(leur) lieu de résidence habituel? Si ce n’est pas le cas, pourquoia-t-elle(ont-elles) été déplacée(s)? Quand?Quel est le degré d’accessibilité de ces sites? Donnez des détails sur lescontraintes liées aux saisons, à l’infrastructure (routes, aéroports, etc.),à la situation en matière de sécurité et à la situation politique.L’une des stratégies d’adaptation a-t-elle des conséquences négativessur le bien-être et/ou les moyens de subsistance à long terme de lapopulation?Certaines personnes sont-elles exclues de l’aide? Si tel est le cas, pourquoi?Stratégiesd’adaptationPopulationsinistréeBesoinsLesstratégiesd’adaptationetl’assistancecouvrentelleslesbesoins?Pourcentagedesbesoinscouvertspar lesstratégiesd’adaptation(A)Pourcentagedesbesoinscouvertsparl’assistance(B)Insuffisanceenpourcentagede lacouverturedesbesoins(100 - A - B)


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 97Indiquez comment les pourcentages ont été calculés.Lorsqu’une couverture insuffisante des besoins est constatée, indiquezsi une intervention de la Croix-Rouge/du Croissant-Rougeest recommandée et pourquoi.Quel type d’intervention de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est recommandé?Propositions de programmesExpliquez brièvement (1/2 page) les propositions de l’équiped’évaluation:Rapport d’évaluation


98Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-RougeDétails du programme proposéRapport d’évaluationProblème(s) à régler.Type de programme (santé, eau,sécurité alimentaire, etc.).Principales activités.Durée du programme.Population(s) bénéficiaire(s).Nombre de bénéficiaires.Lieu où se trouvent les bénéficiaires.Conséquences négatives éventuellesdu programme proposé.Qui mettra en œuvre le programme?(Société nationale, Fédération internationale,CICR, etc.).La Croix-Rouge et le Croissant-Rougetravailleront-ils avec despartenaires? (communauté,pouvoirs publics, ONG, etc.).Coordination avec les organisationsnon partenaires.Contraintes.Besoins approximatifs en personnel.Budget approximatif.


Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence 99Annexes au rapport d’évaluationIncluez les documents suivants:■ Mandat (définition de la mission) pour l’évaluation.■ Résumés des interviews de groupes classés selon leurs moyensde subsistance et des interviews des ménages (section VIII.2).■ Listes de contrôle sectorielles complétées (section 7.8).Rapport d’évaluation


Les Principes fondamentauxdu Mouvement internationalde la Croix-Rougeet du Croissant-RougeHumanitéNé du souci de porter secours sans discrimination aux blessés des champsde bataille, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, sous son aspect international et national, s'efforce de prévenir etd'alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes. Il tend àprotéger la vie et la santé ainsi qu'à faire respecter la personne humaine.Il favorise la compréhension mutuelle, l'amitié, la coopération et une paixdurable entre tous les peuples.ImpartialitéIl ne fait aucune distinction de nationalité, de race, de religion,de condition sociale et d'appartenance politique. Il s'applique seulementà secourir les individus à la mesure de leur souffrance et à subvenir parpriorité aux détresses les plus urgentes.NeutralitéAfin de garder la confiance de tous, le Mouvement s'abstient de prendrepart aux hostilités et, en tout temps, aux controverses d'ordre politique,racial, religieux et idéologique.IndépendanceLe Mouvement est indépendant. Auxiliaires des pouvoirs publics dansleurs activités humanitaires et soumises aux lois qui régissent leur paysrespectif, les Sociétés nationales doivent pourtant conserver une autonomiequi leur permette d'agir toujours selon les principes du Mouvement.VolontariatIl est un mouvement de secours volontaire et désintéressé.UnitéIl ne peut y avoir qu'une seule Société de la Croix-Rouge oudu Croissant-Rouge dans un même pays. Elle doit être ouverteà tous et étendre son action humanitaire au territoire entier.UniversalitéLe Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,au sein duquel toutes les Sociétés ont des droits égaux et le devoirde s'entraider, est universel.


La Fédération internationale desSociétés de la Croix-Rouge et duCroissant-Rouge soutient les activitéshumanitaires des Sociétés nationalesparmi les populations vulnérables.En coordonnant les secoursinternationaux en cas de catastropheet en encourageant l’aide audéveloppement, elle vise à préveniret à atténuer les souffranceshumaines.La Fédération internationale,les Sociétés nationales et le Comitéinternational de la Croix-Rougeconstituent le Mouvement internationalde la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.71600 02/2006 F 1 000