Jean-Jacques Rousseau - Magazine Sports et Loisirs

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La fuite du« chenapan » de GenèvePour fuir sa morne existence, unbeau jour, à l’aube de ses 16 ans,il s’abandonne accompagné dedeux camarades de virée, l’espaced’une soirée, dans de modestesguinguettes, hors des remparts dela Cité de Calvin, à goûter à un peude joie de vivre. Horreur, de retour,il trouve le pont-levis hissé devantla porte d’accès. Dans lacrainte d’un châtiment sévère,l’adolescent s’enfuit de la Républiquede Genève et vagabondedes jours entiers sur les routes deSavoie, sans le sou. Il est toutd’abord effrayé par ce qui lui arrive,mais très vite, il ressent uneliberté. La frontière qui délimitaitla République de Genève et sesvoisins ne ressemblait pas à unefrontière d’Etat. Aucune guéritedouanière, aucun poste decontrôle ni de barrières avec des« argousins» en uniforme. Il yavait, à l’époque, quelques routesoù les carrosses passaient, l’unemenant, au Nord ou à l’Ouest, versla France, d’autres en directionde Nyon ou Lausanne, ou en directiondu Duché de Savoie.Tout d’abord, il erre aux portes deGenève en cherchant un peu denourriture et des lieux abrités pourdormir dans des fermes alentours.Puis, il songe à faire amende honorableauprès de son père, installéà Nyon qui vient tout juste dese remarier. En fait, il est complètementterrifié par ce qui lui arrive.Mais la peur de la correction estplus grande. De plus, il s’ennuyaità mourir dans sa ville. Alors, ildécide de jouir de sa nouvelle libertéet de vivre cette aventure, enavançant par les chemins. C’estainsi qu’il arrive à Confignon, rattachéalors au pays de Sarde, ettombe sous la coupe d’un curéqui le fait abjurer la religion réforméeet le convertit à la religioncatholique, avant de le confier àM me de Warrens, de quinze ansson aînée, qu’il appellera plus tard« maman » bien qu’elle devintson amante, un peu malgré lui,puisque ce fut à l’initiative seulede son hôtesse, aux fins de le déniaiser,qu’il vécut ses premiersébats.Les errances du jeuneJean-JacquesNée à Vevey le 31 mars 1699, orphelinede mère un an après sanaissance, puis de père à l’âge de6 ans, M me de Warrens a été élevéepar sa belle-mère, puis mise enpension à Lausanne où elle reçoitune éducation digne d’une fillede bonne noblesse protestante quiconsiste à savoir bien tenir unemaison, et à cultiver les arts :chant, musique, lettres, affaires.Le point commun qu’elle a avec lejeune Jean-Jacques, c’est que,comme lui, elle a fait acte d’apostasie,reniant sa confession protestantepour se convertir à lareligion catholique qui dominaitdans le Pays de Savoie. Mariée à14 ans et demi à Sébastien deLoys, un ancien soldat mercenairesuisse de petite noblesse qui « intègre» la bourgeoisie, puis le PetitConseil de la ville, M me deWarrens s’avère être une opportunistede la première heure. Deuxans avant que le jeune Jean-Jacques s’enfuit de Genève, elledécide de s’échapper de Veveyavec un fidèle serviteur, embarquantvaisselle et argenterie,bijoux, linge, petit mobilier et...la caisse, pour rejoindre Evian, del’autre côté du lac Léman.En premier lieu, l’adolescent vas’installer avec M me de Warrensà Annecy, dans sa coquette maismodeste maison, non loin del’église Saint-François et du couventdes Cordeliers, proche d’unruisseau dominé par un jardin deverdure. Sa bienfaitrice « au visagepétri de grâce, de beaux yeuxbleus pleins de douceur, un teintéblouissant, le contour d’unegorge enchanteresse », rencontréequinze mois plus tôt, l’accueilled’un « Pauvre petit, te revoilàdonc ? » et lui offre l’hospitalité.Enfin, il se sent heureux. La tableest bonne, le lit est douillet. « Dèsle premier jour, la familiarité laplus douce s’établit entre nous aumême degré où elle a continuétout le reste de sa vie. Petit futmon nom ; Maman fut le sien ; ettoujours nous demeurâmes Petit etMaman, même quand le nombredes années en eut presque effacéla différence entre nous », écrirat-ilbien plus tard.ANNECY38


« Une maison isolée au penchant d’un vallonfut notre asile, et c’est là que dans l’espace dequatre ou cinq ans j’ai joui d’un siècle devie.»Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneursolitaire, X e promenade.Les charmettes.© musée de ChambéryLithographie J.-Perrin, dessinde J. Werner,La Savoie historiqueet pittoresque, 1854.«J’avais désiré la campagne,je l’avais obtenue : je nepouvais souffrir l’assujettissement,j’étais parfaitementlibre, et mieux que libre, carassujetti par mes seuls attachements,je ne faisais quece que je voulais faire. Toutmon temps était rempli pardes soins affectueux ou pardes occupations champêtres.»Jean-Jacques Rousseau,Les Rêveries du promeneursolitaire, 10 e promenade.Les Charmettes, maisonde Jean-JacquesRousseau, viennentd’être distinguées parle label Maison desIllustres du Ministèrede la Culture et de laCommunication, aumême titre que 110autres lieux, parmi900 recensés.40Les Charmettes.© Ville de Chambéry - Gilles Garofolin


Il va errer pendant dix ans, usant ses semelles leplus souvent, parcourant des kilomètres, deChambéry à Genève, puis Nyon, part à Turin oùil tente de gagner sa vie. Brillant, il apprend lalangue de Dante Alighieri rapidement. Il va devenirainsi maître de musique, caressant le rêvede pouvoir un jour devenir un grand compositeur; puis, précepteur, diplomate au service duroi de France avec, sans cesse, l’immense désirde s’instruire, une soif inapaisable de connaissancesdans tous les domaines et ce dans unseul but: apprendre davantage le genre humainpour se mieux connaître lui-même. Ces emploismultiples et inédits lui vaudront mille aventuresqui l’ont conduit sur les routes : Annecy, bien sûr,puisqu’il y rencontra M me de Warrens pour lapremière fois aux Charmettes où il vécut épisodiquementà ses côtés, Thônes où J.J. Rousseaua vécu sa célèbre idylle des cerises, Annemasse,Lyon où il a formé son cœur, son jugement et sonesprit, la Franche-Comté (notamment Besançon)et toute la Suisse romande qu’il a sillonné, le plussouvent à pied. Et puis, au-delà : Vincennes,Dijon, Chenonceau, Turin où, ébloui par la ville,il s’y établit, déchanté : « J’entrai à son service,non pas tout à fait en qualité de favori, mais enqualité de laquais... » en parlant de M me deVercellis. Et surtout, Paris où il rencontre ThérèseLevasseur avec qui il se mettra en ménage (1745)et où son destin va complètement changer aprèssa rencontre avec Diderot et M me d’Epinaydevenant le « penseur universel de la destinéehumaine ».Jean-Jacques Rousseau ou l’homme de la nature.« S’il est une petite ville au monde oùl’on goûte la douceur de la vie dansun commerce agréable et sûr,c’est Chambéry ! »© Ville de Chambéry© Ville de Chambérysportsetloisirs.ch41


Tricentenaire de sa naissance : une foison d’événementsDébats, événements, musique, théâtre, cinéma,promenades, ouvragesBibliographie :Toutes ses œuvres et l’excellentouvrage de Claude Mazauric auxéditions « Au Diable Vauvert »« Jean-Jacques Rousseauà 20 ans ».GENEVEVille de Genève : 2012, Rousseaupour tous : programme complet detoutes les manifestations:www.rousseau2012.chGenève Tourisme :http://www.genevetourisme.ch/?rubrique=0000000242CHAMBERYProgramme complet :www.chambery.fr/rousseau20122012, année Rousseau, programmecomplet des manifestationsà Chambéry et aux Charmettes :http://lumieresur.chambery.fr/Portraitde J.-J.Rousseaupar Jean-BaptistePEYTAVIN.© Ville deChambéry« Voilà pourquoi j’ai toujourstant redouté les bienfaits,car tout bienfait exigereconnaissance ; et je mesens le cœur ingrat par celaseul que la reconnaissanceest un devoir. En un mot,l’espèce de bonheur qu’ilme faut n’est pas tant defaire ce que je veux que dene pas faire ce que je neveux pas. »Lettre de J.-J. Rousseau àMonsieur de Malesherbe, 1762.Bibliothèques municipales deGenève : www.ville-ge.ch/bmVideo «Rousseau 1712,La naissance ; Rousseau 1762,Orages» : http://www.villegeneve.ch/cultureLes MAH s’inscrivent dans la manifestationRousseau pour tous, lancéepar le Département de la culture et dusport, avec la Maison Tavel qui serasur le devant de la scène avec unesérie de rencontres offrant un voyagedans la Genève du XVIII e siècle. Puis,le 28 juin, s’ouvrira au Rath une expositionintitulée Enchantement dupaysage au temps de Jean-JacquesRousseau. A l’automne enfin, c’est auMusée d’art et d’histoire que petits etgrands remonteront le temps pourdécouvrir costumes, divertissements,arts de la table, musique et vie de salonà travers un riche programmed’activités.Visite des Charmettes :http://musees.chambery.fr/416-les-charmettes-maison-de-jeanjacques-rousseau.htmVisite de Chambéry,réservation d’hôtels, balades, restaurants: www.chamberytourisme.com/Chambéry Promotion :www.chambery-promotion.comHôtel de ville de Chambéry :www.mairie-chambery.frRHONE-ALPESRégion Rhône-Alpes :http://www.rhonealpes.fr/Programme complet « RousseauRhône-Alpes 2012 » :http://www.rhonealpes.fr/622-rousseau-2012.htm© Ville de Chambéry42

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