12.08.2014 Vues

MONDE GREC-DOCUMENTS INTERNET

MONDE GREC-DOCUMENTS INTERNET

MONDE GREC-DOCUMENTS INTERNET

SHOW MORE
SHOW LESS
  • Aucun tag trouvé…

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

B - La signification du sacrificeLe sacrifice, au cœur de la relation hommes/dieuxLes Grecs conçoivent leur relation avec le divin sur le mode désigné par l’expressionlatine do ut des (« je [te] donne pour que tu [me] donnes »), relation de communication,de réciprocité permanente, de confiance (v. 1117). Le sacrifice en est l’élément principal:– des sacrifices à tout moment: sacrifices occasionnels effectués par une catégorie d’individus,en général plus directement concernés par certaines fonctions du dieu: lescabaretières aux petits soins pour Hermès (v. 1120), patron de toutes les activitésd’affaires, licites comme illicites; sacrifices à date régulière aussi (jour anniversaire dudieu, v. 1126);– des sacrifices par anticipation ou a posteriori: sacrifices d’actions de grâce (v. 1179-1180), sacrifices propitiatoires (v. 1181).En retour les dieux doivent veiller sur les mortels: ils n’ont plus d’adorateurs, s’ils nes’acquittent pas bien de leur rôle (« vous vous occupiez trop mal de nous »), et a fortiorisi l’on n’a plus rien à leur demander. Le texte le dit à deux reprises (v. 1113, 1173),depuis que Ploutos a recouvré la vue, les hommes ont tous de l’argent (v. 1178): les genspieux étant riches, ils n’ont plus à craindre désormais de perdre cette richesse, ils n’ontplus rien à attendre des dieux, la donnée de la comédie étant que la richesse suffit àapporter le bonheur. Aussi désertent-ils les sanctuaires où ne s’amoncellent plus que desimmondices. Plus de spiritualité, des éléments matériels seulement (v. 1183-1184)!Le sacrifice ou un statut pour chacun dans la citéLe sacrifice avec sa cuisine, qui n’est pas innocente mais extrêmement codifiée, instaureà la fois la communication et la séparation absolue entre les hommes et les dieux. Iltraduit le statut social de chacun et son rang dans la communauté politique (cf. cours).Ainsi, à travers la nourriture reçue par le prêtre transparaît la conception que l’on se faitde lui: intermédiaire indispensable dans la relation avec les dieux (d’où les parts qu’onlui doit par privilège religieux, ta nomizomena), homme divin (homme, il ne se repaîtpas du fumet des chairs aromatisées; divin, parce qu’il mange à la table du dieu, desmêmes mets que le dieu). Si les sacrifices cessent, c’est toute l’organisation du mondede la cité qui du même coup est remise en cause. La nourriture des dieux est vitale pourles dieux, mais aussi vitale pour l’existence de la communauté politique. Plus de sacrifices,plus de dieux, plus de cité?C - L’homme de théâtre et la vie religieuseIci résident les vraies difficultés du texte: expliquer le sens de la mise en scène.La mise en scène des dieux, de leurs prêtres et des fidèlesLa peinture des dieux– Zeus: tonnant (v. 1106-1109), il ne fait peur à personne et subit la pire des humiliations,puisqu’il est détrôné par Ploutos (v. 1188-1190).– Hermès: incarnation de l’égoïsme (v. 1118), du dieu intéressé, sans reconnaissance(v. 1124-1125), quémandeur (v. 1136-1137), sans conscience professionnelle (désertele service de Zeus pour « une bonne nourriture » ailleurs). Lui non plus n’effraie nullementCarion.La peinture des prêtres– esclaves de leurs appétits gloutons (v. 1174), sans conscience professionnelle non plus(v. 1186-1187);– vantards, conscients de leur rang: « moi le prêtre » (v. 1175).4 7. La vie religieuse dans le monde grec (époques classique et hellénistique)


La peinture des fidèles– guère mieux…: prêts à s’en remettre aux plus offrants! à ceux qui servent leurs intérêtsmatériels (v. 1179-1181);– sans le moindre sentiment religieux: caractère purement mécanique de la relationhomme/dieu: plus de besoin des dieux, sur-le-champ (cf. la formule répétée « depuisl’heure et la minute », v. 1113, 1173) plus de sacrifices;– les Athéniens fréquentent les temples pour se soulager physiquement et non plus spirituellement(v. 1183-1184).Sous le comique, quelle(s) critique(s)?Une telle peinture est de tradition dans la comédie, qui utilise toutes les ressources del’anthropomorphisme et se veut irrespectueuse à l’égard de la société des hommes et desdieux. Dans le Prométhée d’Eschyle, dans la Paix ou encore dans les Oiseauxd’Aristophane, Hermès est tout aussi pleutre, vil et ridicule (le dieu ailé « en panne »,v. 1123). Zeus en fait tout un plat (sa fricassée, v. 1108-1109!).Le poète ne néglige aucune des bonnes vieilles ressources du comique (caricature, répétition,renversement des valeurs) et use avec beaucoup d’habileté de ce qui dans le vocabulaireet les actes du culte permet précisément les jeux de mots. Pour nous, entraduction, ils sont parfois très difficiles à percevoir: double sens du v. 1110 « on coupela langue au dieu », i. e. aussi pour le dieu, ce qu’attestent les documents épigraphiqueset que tout Hellène sait, parce qu’il connaît les coutumes ancestrales. Ce morceau toutefoisn’était pas réservé au seul Hermès, comme les modernes l’ont cru, à la suite desintellectuels qui, en Grèce ancienne, avaient déjà souligné la correspondance entre lalangue et le dieu-messager, grand utilisateur d’un tel organe de par ses fonctions.Du pur comique? Aristophane caricature les dieux, mais ne les fait pas toutefois totalementdisparaître à la fin de sa pièce. Si Hermès quitte le service de Zeus, c’est pour unnouveau dieu, qui s’appelle à son tour Zeus Sôter et pour qui l’on se remet à cuisiner, endieu terre à terre (matériel: la richesse) qu’il est. Le poète réclamerait-il seulement desfidèles moins intéressés et des dieux autres, plus compétents, vu la situation internationale(des pauvres de plus en plus pauvres, des riches de plus en plus riches) et les aspirationsnouvelles de son temps, nées au lendemain de la guerre du Péloponnèse?4 - Intérêt du texteUne mise en scène plaisante du sacrifice, de sa fonction alimentaire, mais aussi de safonction d’organisation du monde des hommes et des dieux. Plus de sacrifices, c’est ledésordre absolu qui s’installe… la faim, mais non encore la fin des dieux!7. La vie religieuse dans le monde grec (époques classique et hellénistique)5


Documents proposésAPOLLON, DIEU « TOUT OR ».D’or est son manteau, et aussi l’agrafe ; d’or la lyreet l’arc lyctien, et le carquois ; d’or aussi lessandales. Apollon est tout or, et toute richesse ; onle voit bien par Pythô. Dieu toujours beau, [v. 35]Dieu toujours jeune ; jamais aucun duvet nerecouvrit ses tendres joues. Sa chevelure répand àterre l’huile parfumée qu’elle distille ; mais lesgouttes n’en sont point l’humeur grasse ; non,c’est la panacée même ; là, dans la ville où larosée en glisse au sol, là tout est salut. [v. 42] Nulautre qu’Apollon n’a tant d’arts en la main. Il adans son lot et l’archer et l’aède - car l’arc est sonbien, et le chant aussi. À lui prophétesses etdevins ; et de Phoibos aussi les médecins tiennentla science de retarder la mort. Phoibos, nous l’invoquonscomme Pasteur aussi, depuis le jour[v. 45] qu’aux bords de l’Amphryssos, il se fit legardien des cavales d’attelage, brûlé d’amourpour le jeune Admète.Le parc aura bien vite plus de bétail, et les chèvresde troupeau auront des petits, si les regards dudieu protègent leur pâture. Les brebis ne manquerontpas de lait ni de portée […] ; [v. 50] C’est surles pas de Phoibos qu’on trace l’enceinte descités ; Phoibos se plaît à leur établissement, et samain en bâtit les fondements. Dieu de quatre ans,il fit pour la première fois tel ajustement dans labelle Ortygie, [v. 55] près du lac arrondi. Artémisen chasse amassait têtes sur têtes des chèvres duCynthe ; Apollon en arrangeait un autel. De cornesil en fit la base ; de cornes il en ajusta la table ; toutautour les parois furent de corne. [v. 60] Telle futsa première école, à bâtir les cités.Phoibos encore à Battos désigna ma ville au solfécond, guida, corbeau divin, à la droite du chef,l’entrée de son peuple en Libye, et fit promesse deremettre un jour ces murailles aux mains de nosrois. Toujours Apollon tient sa parole. [v. 65]Apollon, on t’appelle Dieu Secourable, on t’appelleClarien ; sous bien des noms on t’invoque entout lieu. Mais moi je te dis Dieu Carnéien ; telleest ma tradition. Carnéien, Sparte fut ton premierséjour, Théra le deuxième, le troisième fut la villede Cyrène […].Callimaque, Hymne à Apollon, vers. 32-100 ; traduction Cahen, E., Paris, Les Belles Lettres, CUF, 1939, modifiée.Comprendre le texte et ses centres d’intérêt– Étudier la représentation, par un auteur hellénistique, d’une divinité majeure dupanthéon grec;– analyser ses différents attributs et domaines d’intervention (cf. les épiclèses).Présenter le document– Un hymne à la gloire d’Apollon, pièce religieuse, patriotique, mais aussi de circonstance,car écrite, selon toute vraisemblance, pour les fêtes d’Apollon Carneios àCyrène;– auteur: Callimaque, poète de l’aristocratie de Cyrène, né à la fin du IV e siècle.Construire le plan à partir des centres d’intérêt suivants(qui ne constituent pas le plan en soi)– L’anthropomorphisme: le dieu et sa représentation;– les fonctions d’Apollon: le dieu « à l’arc » et « à la lyre »;– un art poétique, pétri d’érudition mythologique, qui sert la religion et aussi la polis deCyrène.6 7. La vie religieuse dans le monde grec (époques classique et hellénistique)


1. Au sujet des charges de l’accusation, juges,vous voilà éclairés de façon appropriée ; mais jevous prie d’écouter encore quelques explications :il faut que vous sachiez quel homme je suis, avantde voter sur mon sort.J’ai subi l’examen de majorité sous l’archontat deThéopompe ; nommé chorège pour le concours detragédie, j’ai dépensé trente mines, et deux milledrachmes deux mois après, aux Thargélies, où j’airemporté le prix avec un chœur d’hommes, puis,sous l’archontat de Glaukippos, aux GrandesPanathénées, huit cent drachmes pour desdanseurs de pyrrhique. 2. En outre, j’ai été vainqueuraux Dionysies, sous le même archonte, avecun chœur d’hommes et j’ai dépensé, y compris laconsécration du trépied, cinq mille drachmes ; plustrois cents pour un chœur cyclique, aux PetitesPanathénées, sous l’archontat de Dioclès. Dans lemême temps, pendant sept années, j’ai été triérarque,et j’ai dépensé six talents.RELIGION ET VIE CIVIQUE.3. Malgré toutes les dépenses que j’avais faites etles périls de chaque jour que j’avais courus pourvous loin d’Athènes, je n’en ai pas moins verséune première contribution de trente mines, puisune autre de quatre mille drachmes. […]4. Sous l’archontat d’Euclide, j’ai été chorègepour le chœur de Kèphisodoros au concours decomédie ; j’ai été vainqueur, ayant dépensé, avecla consécration de l’équipement, seize mines.Aux Petites Panathénées, un chœur de danseursde pyrrhique imberbes m’a coûté sept mines.5. J’ai été vainqueur également avec une trière àla course de Sounion où j’ai dépensé quinzemines. Ajoutez-y les frais d’une archithéorie,d’une arrhéphorie et autres liturgies analogues,qui s’élevèrent à plus de trente mines. Pour lesliturgies que j’ai énumérées, si j’avais voulu m’entenir aux termes de la loi, je n’aurais pas mêmefait le quart de ces dépenses.Lysias, Défense d’un anonyme, 1-5 ; traduction Gernet, L. et Bizos, M., modifiée, Paris, Les Belles Lettres, CUF, 1926.Comprendre le texte et ses centres d’intérêt– Le curriculum vitae d’un bon citoyen, participant aux affaires de la cité;– l’interpénétration des domaines civique et religieux;– les principales fêtes athéniennes: Grandes Dionysies, Thargélies, Petites (trois anssur quatre) et Grandes (un an sur quatre) Panathénées.Présenter le document– Un plaidoyer relatif, semble-t-il, à une affaire de corruption jugée peu après l’archontatd’Euclide (404/403) où le plaideur arrête l’énumération de ses liturgies;– son auteur: Lysias (440-380), un logographe actif à Athènes, fils du métèqueKéphalos.Construire le plan à partir des centres d’intérêt suivants(qui ne constituent pas le plan en soi)– L’exercice des différentes liturgies au service de la cité;– la place de l’activité religieuse dans la vie d’un citoyen;– l’utilisation de cette même activité religieuse (prouvant richesse et générosité) dansune affaire judiciaire.7. La vie religieuse dans le monde grec (époques classique et hellénistique)7


MORT ET RITUEL FUNÉRAIRE À IOULIS, SUR L’ÎLE DE CÉOS, AU V e SIÈCLE.Voici les lois relatives aux défunts : le mort seraenseveli conformément aux prescriptionssuivantes, dans trois linceuls blancs, un à placersous le corps, un pour le revêtir, un pour le recouvrir(même s’il y en a moins, c’est permis), dont leprix global ne dépassera pas les 100 drachmes.On emportera le corps sur un lit à pieds en formede coin ; on ne le couvrira pas entièrement avecles linges. On apportera du vin au tombeau, pasplus de trois conges et de l’huile, pas plus d’un ;les vases seront remportés. On portera le mortenveloppé et en silence jusqu’au tombeau. Pour lesacrifice (précédant l’enterrement ?), on se conformeraà l’usage ancestral. Le lit et les linceulsseront rapportés du tombeau à la maison.Le lendemain, une personne libre aspergera lamaison d’abord avec de l’eau de mer, puisla lavera à l’eau vive après l’avoir frottée avec dela terre. Une fois nettoyée, la maison sera pure, etl’on fera des sacrifices sur le foyer. Les femmesqui seront allées à la cérémonie reviendront dutombeau avant les hommes. On ne fera pasde cérémonie au trentième jour pour le défunt. Onne placera pas de coupe sous le lit funéraire, on neversera pas l’eau (de la phiale), on ne portera pasau tombeau les offrandes habituelles. Dans lamaison mortuaire, il ne pénétrera, après l’enterrementdu corps, pas d’autres femmes que cellesqui sont souillées, à savoir la mère, l’épouse, lessœurs, les filles ; outre ces dernières pas plus decinq femmes et comme enfants ceux des filles etdes cousins germains ; personne d’autre sinon ;que les hommes souillés, après avoir pris unbain…SokolowskI, F., Lois sacrées des cités grecques, Paris, 1969, n° 97 A, traduction Le Guen, B.Comprendre le texte et ses centres d’intérêt– Les funérailles: une réglementation stricte et pointilleuse;– la mort: affaire de la cité; affaire de femmes et de parents;– la mort, source de souillure.Présenter le document– Un texte épigraphique: une « loi sacrée »;– date et lieu de promulgation: Ioulis, cité égéenne de l’île de Céos, au V e siècle.Construire le plan à partir des centres d’intérêt suivants(qui ne constituent pas le plan en soi)– Enterrement et rites funéraires: la loi d’une cité visant à réprimer les manifestations dedeuil excessives (cf. Platon, Lois, XII, 958 d);– souillure et purification;– les femmes, la famille, la vie religieuse et la mort.8 7. La vie religieuse dans le monde grec (époques classique et hellénistique)


Dissertations proposéesUne « citoyenneté cultuelle » pour les femmes ?Réfléchir aux termes et intentions du sujet– Une formule volontairement paradoxale, dans l’air du temps;– le rôle des femmes, sans statut politique, dans la vie religieuse;– leur participation: une contrepartie positive de leur exclusion?Recenser les aspects à étudier– Le service des prêtresses, prophétesses, jeunes filles et autres femmes;– la présence et l’implication des femmes dans la vie cultuelle;– de l’intégration à l’exclusion dominante des femmes, liée à leur non-citoyenneté.Le type de sujet et les articulations possibles du planUn plan thématique s’impose, qui introduira à bon escient la chronologie.– Quelles femmes participent et à quel titre?– Modalités et limites de leur intervention dans la vie religieuse.– Inadéquation de la formule à commenter.Théâtre et vie religieuse du V e au III e siècleRéfléchir aux termes et intentions du sujet– Étudier en quoi le théâtre est un élément à part entière de la vie religieuse;– analyser les permanences et les changements entre le V e et le III e siècle.Recenser les aspects à étudier– Le théâtre: édifice, genre littéraire, cérémonie civique et religieuse;– le théâtre, élément du culte de Dionysos (cadre religieux, temps sacré, statut des exécutants,sujets souvent religieux des pièces), puis de divinités autres;– la multiplication des représentations dès le III e siècle, avec reprise des anciennes piècesdu répertoire et créations nouvelles, les modifications architecturales.Définir les articulations possibles du planUn plan à base chronologique, combinée à une étude thématique s’impose vu le libellédu sujet: un théâtre religieux au V e -IV e siècle, divertissement ensuite?– le bâtiment et le dieu;– les pièces, leurs sujets et leur représentation;– le public et les acteurs.7. La vie religieuse dans le monde grec (époques classique et hellénistique)9

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!