Tests efficacité 2011 : Médicaments AMM de lutte contre varroa

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Tests efficacité 2011 : Médicaments AMM de lutte contre varroa

LSA n° 249 • 5-6/2012Des tests réaliséssur un dispositif de341 colonies…Les cinq médicaments disposantd’une AMM pour la lutte contre varroaont été distribués et mis en test sur plusde 400 colonies après la récolte de l’été2011. Après analyse des résultats reçus,il ressort que le protocole a été respectépour 341 colonies, à savoir 198 coloniestestées avec Apivar, 71 colonies testéesavec ApiLife Var et 46 colonies testéesavec Apistan. Les résultats obtenus pourles médicaments Apiguard et Thymovarne seront pas présentés ci-dessous enraison du nombre trop faible decolonies sur lesquelles ont porté lestests.…répartiesdans 17 départementsLa répartition géographique destests d’efficacité montre une bonne participationdes OSAD de plusieursdépartements des régions Bretagne,Normandie, Rhône-Alpes et de un oudeux départements d’Auvergne, dePACA, de Bourgogne, de Picardie et dePoitou-Charentes. Il doit être soulignéque, malgré la plus forte participationdes apiculteurs aux tests coordonnéspar la FNOSAD, il reste de nombreusesrégions du Nord-Est et du Sud-Ouest dela France non couvertes (cf. cartep. 280), alors même que les contextesclimatiques et les spécificités localesentraînent probablement des réponsesdifférentes en terme d’efficacité et denombre de varroas résiduels.En 2011,une infestation plus forteque les 3 dernières saisons…Ne disposant pas de méthode demesure non destructive permettant dedénombrer précisément les varroasdans les colonies à un moment donné, ilfaut se contenter des niveaux d’infestationcalculés par addition des varroascomptés pendant le traitement et pendantle traitement de contrôle.Ce niveau d’infestation est bienentendu approximatif puisqu’il s’agitd’un cumul des chutes de varroas pendanttoute la durée du traitement. Ilintègre donc des varroas issus de reproductionet de ré-infestation. En outre, cechiffre n’intègre pas les varroas quiauraient pu se protéger contre les traitementsacaricides et sous-évalue en conséquencele nombre d’acariens dans lescolonies.Néanmoins, cet indicateur, permetde comparer la pression parasitaireentre les différentes années et entre lesdifférents ruchers.Atteignant en moyenne 2 232 varroassur les 341 colonies suivies en 2011,le niveau d’infestation est important, nettementplus que celui des trois dernièresannées (respectivement 1 128 en 2010,1 649 en 2009 et 1 304 en 2008).…mais très hétérogèneSi elle est élevée en 2011, l’infestationdes colonies par varroa reste très279


Tests d’efficacité 2011 : nombre de colonies par département.Département Nb de tests07 3213 3617 526 1429 3435 1348 2549 1456 1258 1460 661 3563 1471 4073 1774 1576 15Répartitionpar départements.280LSA n° 249 • 5-6/2012


hétérogène, comme le met en évidencel’écart type (2 285). La configuration estdonc proche de celle constatée en 2007avec un pourcentage à peu près équivalentde colonies pour lesquelles l’infestationsoit ne dépasse pas 500 varroas, soitdépasse 4 000 varroas. Signalons en particulierque pour 5 colonies toujoursactives à l’issue des tests, il a été dénombréplus de 10 000 varroas.Le graphique ci-dessous illustre lecaractère hétérogène de la distribution descolonies concernant ce taux d’infestation,quelles que soient les années. La particularitéde la saison 2011 repose dans le faitqu’il yaun important pourcentage decolonies dans les classes de varroasélevés: respectivement 24 % et 13 % dansles classes « 2000 à 4 000 varroas » et« Supérieur à 4 000 varroas ».Ce profil moyen masque d’importantesdisparités au niveau départemental.Si l’on retrouve également un pourcen -tage important de colonies dans les clas -ses d’infestation élevée dans les départementsdes Bouches-du-Rhône, de l’Ardè -che, du Finistère, de l’Orne et du Puy-de-Dôme, ce n’est pas le cas de départementsvoisins de certains listés précédemment.Ainsi par exemple dans le département dela Drôme (contigu de celui de l’Ardèche),moins de 500 varroas ont été dénombréssur plus des 2/3 des colonies. De même,en Lozère, près de la moitié des coloniestestées avaient des infestations inférieuresà 1000 varroas.Signalons par ailleurs et comme lesannées précédentes que l’hétérogénéitédes niveaux d’infestation peut se retrouverau sein d’un même rucher sur lequelles tests d’efficacité ont été réalisés,alors même que par ailleurs les colonieschoisies ont des profils similaires et desconduites homogènes.Hétérogénéité de l’infestation.LSA n° 249 • 5-6/2012281


Répartition des colonies par classe d’infestation dans les départements participants.Ce constat met en évidence la difficultédu traitement du varroa etsouligne la nécessité de surveiller lesniveaux d’infestation par le varroa despopulations d’abeilles à l’issue duretrait des médicaments, pour être enmesure, en cas de forte pression parasitaire,d’entreprendre un traitementcomplémentaire.Une efficacitépas toujours suffisanteL’efficacité des médicaments delutte contre le varroa est appréciée pardeux critères:k Le pourcentage de varroasdétruits: il s’agit du rapport entre lenombre de varroas tombés à l’issue dutraitement et le nombre total de varroas.Ce critère, qui sera dénommé « effica -cité » dans la suite de l’article, n’est passuffisant, puisqu’en cas d’une forteinfestation de varroas, un pourcentaged’efficacité important laissera un nombrede varroas potentiellement dangereuxpour la colonie. C’est pourquoile second critère d’appréciation de l’efficacitédu traitement est égalementnécessaire.k Le nombre de varroas résiduels:ce sont les varroas tombés lors du traitementde contrôle. Au-delà du seuil de 50varroas résiduels, les dommages causéspar le parasite et les virus dont il est levecteur sont tels que la colonie risque de282LSA n° 249 • 5-6/2012


souffrir, voire de s’effondrer avant leprochain traitement contre varroa.L’analyse des résultats du premiercritère d’efficacité obtenus avec lestrois médicaments Apivar, Apistan etApiLife Var laisse entrevoir de grandesdifférences.Une bonne efficacité d’Apivarpour plus de 2 colonies sur 3Avec 77 % des colonies pourlesquelles l’efficacité dépasse 95 % et70 % pour lesquelles le seuil de 50 varroasn’est pas dépassé à l’issue dutraitement, Apivar reste le médicamentvétérinaire qui présente la meilleureefficacité pour lutter contre le varroa etqui permet d’obtenir une efficacitémoyenne de 98 % à l’issue de 70 joursde traitement.Toutefois, face à ce résultat moyenqui paraît satisfaisant, il est importantde mettre en exergue plusieurs points:s Sur les 198 colonies du dispositifde test du médicament Apivar en2011, le taux d’efficacité du médicamentn’a pas atteint le seuil de 95 %dans 23 % des cas, soit 45 colonies.Tenant compte du fort niveau d’infestationdes colonies par le varroa au coursde l’été 2011, ce sont 60 colonies qui, àl’issue du traitement, comptaient plusde 50 varroas résiduels et qui n’étaientpas suffisamment protégées par unemonothérapie.s Les résultats doivent être mo -dulés suivant les départements. Ainsidans les départements bretons, le tauxd’efficacité était supérieur à 95 % pour8 colonies sur 10 alors qu’en Lozère eten Seine-Maritime, ce taux ne concernaitque respectivement 44 % et 60 %des colonies. À noter aussi que l’efficacitémesurée sur les 7 colonies misesen test en Savoie, n’a pas dépassé 80 %.s La courbe cinétique de chutemontre que l’efficacité moyenne deApivar: 198 coloniesEfficacitéVarroas résiduelsRépartition des colonies par classe d’efficacité et de varroas résiduelspour les tests réalisés avec Apivar.LSA n° 249 • 5-6/2012283


Évolution de l’efficacité d’Apivar au cours des 70 jours de traitement.98 % n’est atteinte qu’à la dixièmesemaine de traitement. Après sixsemaines de traitement (durée minimaled’application prévue dans le cadre del’AMM), l’efficacité moyenne atteinttout juste 80 %. Cela signifie quedurant toute la période de traitement,les colonies subissent un haut niveau deparasitisme ce qui souligne l’importanced’entreprendre des traitementsprécoces.Avec Apistan,une efficacité satisfaisantedans moins d’1 cas sur 2Les résultats obtenus en 2011 avecle médicament Apistan confortent ceuxobservés lors des exercices précédents àsavoir:u Moindre efficacité qu’avec Api -var: à l’issue des 8 semaines de traitement,la valeur moyenne obtenue sur les46 colonies testées est de 90 %.u De façon plus détaillée, l’illustrationpage 285 montre qu’une effica -cité supérieure à 95 % n’a été obtenueque pour 54 % des colonies ce qui setraduit par le fait qu’à l’issue de la pé -riode d’application de 8 semaines,26 co lonies ont plus de 50 varroas rési -duels (soit 57 % des colonies). Cela metclairement en évidence que, si Apistanreste une alternative précieuse au traitementà base d’Apivar, dans les départementsoù le tau-fluvalinate n’a pas étéutilisé depuis 3 ou 4 ans, son emploiimplique un suivi très rigoureux et lanécessité d’envisager un traitementcomplémentaire en tout début de saisonapicole.284LSA n° 249 • 5-6/2012


Apistan: 46 coloniesEfficacitéVarroas résiduelsApiLife Var: 58 coloniesEfficacitéVarroas résiduelsRépartition des colonies par classe d’efficacité et de varroas résiduelspour les tests réalisés avec Apistan et ApiLife Var.ApiLife Var, des résultats nettementmoins satisfaisants qu’en 2010Concernant les résultats obtenusavec le médicament ApiLife Var, forceest de constater qu’ils sont nettementmoins satisfaisants que ceux observésen 2010. Ainsi si l’on tient compte des58 colonies sur lesquelles 4 applicationsd’ApiLife Var ont été réalisées 1 :^ L’efficacité moyenne calculéeest proche de 88 %.^ Ce sont donc 59 % des coloniespour lesquelles ApiLife Var ne permetpas de détruire plus de 95 % des varroas.Soulignons que l’efficacité n’apas même dépassé 80 % pour 10 des 15colonies testées en Saône-et-Loire etpour 7 des 14 colonies testées dans laDrôme.^ En conséquence le seuil de 50varroas résiduels est dépassé dans unetrès grande majorité des colonies misesen test avec ApiLife Var (67 % des 581 – Pour 13 colonies du dispositif, seules 3 applications d’ApiLife Var ont été réalisées, en raison d’un niveau d’infestationqui restait élevé à l’issue des 3 applications et qui laissait craindre pour la survie des colonies.LSA n° 249 • 5-6/2012285


colonies qui ont reçu 4 applicationsApiLife Var).Ces résultats doivent être relativisésau regard de la forte infestation descolonies notée cette année, ce qui peutexpliquer la situation nettement moinssatisfaisante que celle constatée en2011. En outre, comme signalé précé -demment, sur 13 colonies, les tests ontété réalisés avec 3 applications d’Api -Life Var seulement alors que les conseilsd’utilisation inscrits sur l’emballagestipulent la réalisation de « 3 ou4 passages pour un traitement complet». La réalisation d’une quatrièmeapplication aurait probablement amé -lioré le niveau d’efficacité globale,mais en l’occurrence, les apiculteursinquiets face au nombre de varroasrésiduels constatés à l’issue de latroisième application, ont souhaitéorganiser le traitement de contrôle àbase Taktic au plus vite.Rapidité et durée d’actiondes traitementsLes courbes cumulant les chutesmoyennes de varroas tout au long destraitements mettent en évidence des différencesde cinétique. Ainsi l’action desmédicaments Apistan et ApiLife Var estplus efficace que celle d’Apivar pendantles 5 et 7 premières semainesrespectivement. Après ces temps d’applications,les 2 médicaments perdenten efficacité et approchent le seuil de90 % d’efficacité, sans le dépasser.Apivar, par contre, reste efficace audede la septième semaine et jusqu’àla dixième semaine pendant - laquelleune chute moyenne de 50 varroas estencore comptabilisée.Évolution de l’efficacité des traitements Apivar, Apistan et ApiLife Var.286LSA n° 249 • 5-6/2012


Évaluer le taux d’infestationdes coloniesLes résultats des tests d’efficacitéréalisés en 2011 mettent à nouveau enévidence qu’aucune solution thérapeutiquede lutte contre le varroa n’est toutà fait satisfaisante permettant de protégerrapidement l’ensemble des colo -nies traitées contre le varroa et seseffets pathogènes.Néanmoins le recours aux cinqmédicaments AMM disponibles sur lemarché français reste indispensablepour limiter la pression parasitaire del’acarien par un traitement approprié enfin d’été.Dans les semaines qui suivent leretrait des médicaments, il est aussiimportant de surveiller le niveau d’infestationdes colonies par le varroa etd’organiser un traitement complémentaire,dès lors que la pression du varroaest trop importante 2 et préjudiciablepour la colonie.Tenant compte des résultats présentésprécédemment, il est vraisemblableque l’utilisation des médicamentsApistan, ApiLife Var, mais égalementdes médicaments Apiguard et Thymovar, impliquent une stratégie de luttebithérapeutique, conduisant les apiculteursà entreprendre un nouveau traitementcontre le varroa en période horscouvain ou au début du printemps.Les tests d’efficacité 2012La FNOSAD remercie vivement les17 OSAD et les nombreux apiculteursqui ont contribué à réaliser les testsd’efficacité en 2011, ce qui permetd’avoir une idée plus précise concernantl’impact des médicaments AMMsur l’acarien Varroa destructor.Les remerciements de la FNOSADvont également vers les entreprisesVéto-Pharma, Vita Europe etChemicals Laïf pour leur contributiondans la défi nition des protocoles et lafourniture des médicaments testés.En 2012, la FNOSAD organisera ànouveau des tests d’efficacité desmédicaments AMM en tenant compted’une part des résultats obtenus concernantla résistance du varroa aux subs -tances actives acaricides et d’autre partdes lignes directrices proposées parl’Agence Européenne du Médicamentau sujet de l’efficacité des médicamentsde lutte contre Varroa destructor (cf.article p. 289).Vous serez donc à nouveau sollicitéspour participer aux tests réalisés en find’été 2012. Vous pouvez dès à présentvous manifester auprès des coordinateursde la FNOSAD pour notifier votreintérêt pour la participation à ces tests.n2 – Voir l’article Évaluation du taux d’infestation – LSA 243 pp 247 - 255.LSA n° 249 • 5-6/2012287

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