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Publié par la CSST et l’IRSSTwww.csst.qc.cawww.irsst.qc.caAutomne 2010 – Volume 23, n o 4Fini le travailsous tension au Québec !RECHERCHE à L’IRSSTScruter les interventions externesPour comprendre le contexte des entrepriseset leur offrir des outils de prévention


Sommaire34571516173233343638404244Mot de la rédaction Les dangers de l’électricitéVient de paraître à la CSSTCherchez l’erreur Sauvetage en espace closDossierFini le travail sous tension au Québec !Avec l’électricité, il n’y a jamais de « petits dangers ». Tous les spécialistes à quinous avons demandé s’il existe des circonstances ou des situations où l’électricitédevient plus risquée pour les travailleurs ont eu exactement la même réponse :dès qu’il y a de la tension, il y a du danger.Droits et obligations Historique législatif de la LSSTAgenda d’ici et d’ailleursRecherche à l’IRSSTSommaireLes accidents nous parlent Décharge électrique et explosionSanté et sécurité en imagesReportagesLe Moulin à images – Un spectacle aux risques insoupçonnésLes presses platines – Un accident qui fait bouger les choses…Les clés d’une bonne méthode de cadenassageLes Olympiades québécoises sur fond de sécuritéUne nouvelle législation pour les plongeurs professionnels43 Portrait d’un lecteur Pierre Bouliane – Profession : conseiller en préventionEn raccourci Une brochure de l’OIT sur les risques émergents • ImprimerieSolisco • Un guide pour les travailleurs non syndiqués • Nouvelle formationen hygiène du travail • Pour mieux s’endormir • L’insomnie fait monter latension artérielle • Déficit d’attention et multitâches • Travail de nuit etsurpoids46 Perspectives Le rôle multitâche et multirisque des soldats du feuMichel Richer, directeur général de l’École nationale des pompiers du QuébecUn magazine pour qui, pour quoi ?Prévention au travail s’adresse à tous ceux et celles qui ont un intérêt ou un rôle à jouerdans le domaine de la santé et de la sécurité du travail.Son objectif consiste à fournir une information utile pour prévenir les accidents du travailet les maladies professionnelles. Par des exemples de solutions pratiques, de portraitsd’entreprises, et par la présentation de résultats de recherche, il vise à encourager la priseen charge et les initiatives de prévention dans tous les milieux de travail.3440746


Automne 2010 | Volume 23, n o 4Le magazine Prévention au travail est publié par laCommission de la santé et de la sécurité du travail(CSST) et l’Institut de recherche Robert-Sauvé ensanté et en sécurité du travail (IRSST).Président du conseil d’administrationet chef de la direction de la CSST,et président de l’IRSSTLuc MeunierSECTION CSSTDirecteur des communicationset des relations publiquesFrançois G. HouleChef du Service de la création, de la publicité,des publications et des médias électroniquesDaniel LegaultRédactrice en chefJulie MélançonCollaborateursHéloïse Bernier-Leduc, Yannick D’Auteuil, Jean-François Desmarais, Paméla Gagnon, Louise Girard,Sophy Lambert-Racine, Valérie Levée, FlorenceMaurice, Diane Mérineau, Anne-Marie Picard,Chantale Rhéaume, Guy Sabourin, Claire Thivierge,André TurcotRévisionTranslatex Communications +Direction artistique, productionet retouche numérique des photosMarie-Ève BilodeauDanielle GauthierSECTION IRSSTPrésidente-directrice générale de l’IRSSTMarie LarueDirecteur des communicationsJacques MilletteRédactrice en chefMarjolaine ThibeaultCollaborateursPhilippe Béha, Mario Bélisle, Pierre Charbonneau,Luc Dupont, Benoit Fradette, Martin Gagnon,Loraine Pichette, Claire Thivierge, Maura TomiDirection artistique, productionet retouche numérique des photosJean Frenette DesignValidation des photographies et des illustrationsMichel Bilodeau, Pierre Bouchard, Jean-FrançoisDesmarais, Louise Girard, Denis Leblanc, AndréTurcotPhoto de la page couvertureHoneywellImpressionImprimeries Transcontinental inc.ComptabilitéDanielle LalondeAbonnementsService aux abonnés30, rue DucharmeGatineau (Québec) J8Y 3P6Tél. 1 877 221-7046© CSST-IRSST 2010La reproduction des textes est autoriséepourvu que la source en soit mentionnéeet qu’un exemplaire nous en soit adressé :CSST1199, rue De BleuryC. P. 6056Succursale Centre-villeMontréal (Québec) H3C 4E1Tél. 514 906-3061, poste 2185Téléc. 514 906-3016Site Web : www.csst.qc.caIRSST505, boulevard De Maisonneuve OuestMontréal (Québec) H3A 3C2Tél. 514 288-1551Téléc. 514 288-7636Site Web : www.irsst.qc.caDépôt légalBibliothèque et Archives nationales du QuébecISSN 0840-7355Mise en gardeLes photos publiées dans Prévention au travailsont le plus conformes possible aux lois etrèglements sur la santé et la sécurité du travail.Cependant, nos lectrices et lecteurs comprendrontqu’il peut être difficile, pour des raisonstechniques, de représenter la situation idéale.Mot de la rédactionLes dangers de l’électricitéEn 1878, à l’Exposition universelle de Paris, le monde découvrel’éclairage électrique. En 1879, une centrale hydraulique de 7 kWest construite à Saint-Moritz, puis en 1883, Lucien Gaulard etJohn Dixon Gibbs créent la première ligne électrique. En 1889,une ligne de 14 km est construite dans la Creuse, entre la Cascadedes Jarrauds, lieu de production, et la ville de Bourganeuf.L’électricité se développe alors progressivement pendant leXX e siècle, d’abord dans l’industrie, l’éclairage public et lechemin de fer avant d’entrer dans les foyers.Pendant ce temps au Québec, en 1944, Hydro-Québec voit lejour et c’est le début de la nationalisation de l’électricité, qui nesera complétée qu’au milieu des années 1960.Aujourd’hui, l’électricité est partout, autant dans les maisonsque dans les milieux de travail. Les risques qu’elle représenteégalement. Ainsi, en 2009, 210 travailleurs ont été blessés aprèsêtre entrés en contact avec le courant électrique. Pis encore, sixtravailleurs ont perdu la vie, victimes d’une électrocution. Pourtant,le meilleur moyen de se prémunir contre le risque de chocélectrique est simple. Il faut effectuer les travaux sur des installationsou des appareils électriques hors tension. Quand ? Toujours !Notre dossier fait un survol complet de l’électricité en milieude travail. Quelles sont les circonstances dans lesquelles on peutsubir un choc électrique ? Quels en sont les effets sur le corps ?Qu’est-ce qu’un arc électrique ? Quelles sont les méthodes detravail qui permettent de réduire les risques d’accident d’origineélectrique ?La rubrique Cherchez l’erreur porte sur le sauvetage en espaceclos. Et pour traiter plus en profondeur le sujet, Prévention autravail a rencontré Michel Richer, directeur général de l’Écolenationale des pompiers du Québec. Dans la rubrique Perspectives,il répond entre autres à nos questions relatives à la nouvelleformation sur le sauvetage en espace clos offerte depuis septembreà tous les services de protection contre les incendies duterritoire.Une recherche financée par l’IRSST a permis de créer des outilsqui soutiennent les organismes et les acteurs externes en sstquand ils prennent des décisions visant à améliorer l’efficacitédes interventions. Une autre recherche s’est penchée sur lapratique d’ergonomes et de préventionnistes dans un projetd’intégration des aspects de sst et d’ergonomie pour un autreprojet de conception. Elle a permis de comprendre d’où vient larésistance des ingénieurs et des autres concepteurs à travailleravec les approches de l’ergonomie. Deux articles à lire dans lasection de l’IRSST.Automne 2010Prévention au travail3


Vient de paraître à la CSSTDéfi prévention jeunesse etSécurité premier emploi 2010DC 200-1038 • BrochureLa brochureprésente leprogrammeDéfi préventionjeunesse,précise à quiil s’adresse etcomment yparticiper, et fournit la listedes thèmes sur lesquels lesprojets peuvent être réalisés.Rapport annuel d’activité2009 : Direction del’indemnisation des victimesd’actes criminelsDC 200-1013-14 • BrochureLe Rapportannuel d’activité2009concernel’applicationde la Loi surl’indemnisationdesvictimesd’actes criminels et la Loivisant à favoriser le civisme.Il contient de l’information etdes statistiques sur les servicesofferts par la Direction del’indemnisation des victimesd’actes criminels (IVAC).Le Belmine, numéro 29,juillet 2010DC 600-410-29 • MagazineCe numérotraite del’importancede l’arrivéedes immigrantseuropéens,entre1920 et 1950,pour l’industrieminière de l’Abitibi-Témiscamingue. Le rôle descomités de santé et de sécuritédu travail pour réduire lesaccidents miniers y est aussiprésenté ainsi que le déroulementd’une enquête de laCSST à la suite d’un accidentgrave.Grille d’incompatibilité etd’entreposage des principauxproduits utilisés pour l’entretiendes piscinesDC 900-215 • AfficheCette affiche présente lamanière d’entreposer les produitsd’entretien de piscines defaçon sécuritaire. Un tableauindique également les incompatibilitésd’entreposage desdifférents produits.RééditionsLes échafaudages :Composant plancherDC 200-1693-1 • BrochureCette brochure décrit lestechniques les plus connueset les équipements utiliséspour installer des planchersd’échafaudage. Elle donne auxintervenants du secteur de laconstruction des renseignementscomplémentaires à laréglementation afin de leurpermettre d’installer desplanchers d’échafaudagesécuritaires.Santé en forêt, 2 e éditionDC 200-1524-2 • BrochureCette brochurecontient unedescription desprincipauxdangers que letravail en forêtprésente pour lasanté, des responsabilitésdel’employeur etdu travailleur en matière deprévention, des moyens àprendre pour éliminer lesdangers ou pour réduire lesrisques ainsi que des mesuresà appliquer en situation d’urgence.Cette édition contientdeux nouvelles sections portantsur les règles à suivre encas d’orage ou en présenced’un ours.Chantiers de constructionrésidentielle - Principalesrègles de sécuritéDC 200-700-2 • BrochureCette brochure aide-mémoire,conçue à l’intention des travailleurs,des employeurs etdes maîtres d’œuvre, a pourobjet de leur présenter lesprincipales règles de sécurités’appliquant aux chantiers deconstruction résidentielle.Pour un plancher cinq étoilesDC 500-160-2 • DépliantCe dépliant illustre les moyensde prévenir les chutes attribuablesaux planchers glissantsdans les cuisines derestaurants.Barre d’assurance horizontaleDC 100-9032-2 • DépliantCe dépliantdécrit lescaractéristiquesd’une barred’assurancehorizontale etprécise pourquoiet quandl’utiliser et oùil est possible de s’en procurer.L’échafaudage sur cadres légersDC 100-9030-1 • DépliantCe dépliant expose les précautionsà prendre lors de l’installationet de l’utilisation d’unéchafaudage. Les neuf étapesessentielles à la sécurité destravailleurs y sont illustrées.SIMDUT - Systèmed’information sur lesmatières dangereusesutilisées au travailDC 900-725-1 • AffichetteCet aide-mémoire fait lanomenclature des matièresdangereuses utilisées au travailet présente les différentssymboles pour les reconnaîtreet les identifier. Des dessinspermettent de constater leseffets d’une mauvaise utilisationou manipulation de cesproduits et les dangers pourla santé et la sécurité destravailleurs.Travailleur ou employeur, laprévention des chutes, çanous concerne tous !DC 500-138-1 • PapillonCe papillon rappelle les obligationsdes employeurs et destravailleurs en matière deprévention des chutes sur leschantiers de construction et ledroit de refuser d’exécuter untravail en cas d’exposition àun danger de chute.Vous avez suivi le coursSecourisme en milieu detravail ?DC 700-223-2 • SignetCe signet sert à la promotionde la capsule de formation enligne sur la réanimation cardiorespiratoire.Celle-ci permetaux travailleurs qui ont suivila formation Secourisme enmilieu de travail de réviser latechnique.Vous travaillez en plein air ?Gare aux insectes piqueurs !DC 200-16158-1 • BrochureCette brochuretraite desrisques deréaction allergiquegravecausée parle venind’insectespiqueurs, desmesures de prévention à appliqueret des mesures à prendreen cas de réaction allergiquegrave.Protocole pour l’administrationde l’épinéphrineDC 100-489-2 • FicheLa fiche décrit les signes etles symptômes qui justifientl’administration d’épinéphrineen cas de piqûres d’insecte. Onpeut y consigner les renseignementsà transmettre au technicienambulancier ou auservice médical consulté.Vous pouvez vous procurer laplupart de ces documents aubureau de la CSST de votrerégion. Vous pouvez égalementsoit les consulter, les téléchargerou les commander à partir du sitewww.csst.qc.ca/publications. PTFlorence MauriceYannick D’Auteuil4 Prévention au travail Automne 2010


15Les erreurs41 Aucun poste de commandement n’a 4 Tous ces badauds penchés au-dessusété installé. Ça sent l’improvisation à de l’accès. Peut-être y aura-t-il une2plein nez…Le périmètre de sécurité n’est pas faitpersonne de plus à secourir…5 L’échelle dépasse à peine l’ouverture.6selon les règles de l’art, pas plus qu’il Le pompier qui s’apprête à descendre3n’est respecté.ne porte pas de harnais. Témérité,73 Aucune détection de gaz nocifs. quand tu nous tiens !Aucune ventilation. La qualité de 6 Même si on est pompier, on ne s’improvisel’atmosphère n’est contrôlée ni à l’extérieurpas sauveteur en espace clos.2ni à l’intérieur de l’espace7 Cordes, outils, fils... Les lieux ne sontclos.pas exempts de tout obstacle.À noter que pour les villes quipossèdent une échelle aérienne, lepoint d’ancrage certifié situé à latête de celle-ci peut être utilisé aulieu d’un trépied.Pour un sauvetage réussi, placeau travail d’équipe et exit l’improvisation!Julie MélançonPhotos : Denis BernierLes correctionsLorsque les premiers pompiers arriventà la rescousse, ils doivent d’abord sécuriserrapidement les lieux pendantqu’un officier prend le commandementde l’intervention et fait l’analyse de lasituation.Ils établissent un périmètre de sécuritécomportant trois zones. La zonedite chaude à accès limité, la zone tièdeoù le poste de commandement est installéet la zone froide, à l’extérieur delaquelle des policiers tiennent les badaudsà l’écart.Comme le sauvetage ne peut être faitde l’extérieur de l’espace clos, on appelleen renfort l’équipe spécialisée. Ces pompiersont reçu la formation et l’entraînementobligatoires pour devenirsauveteurs techniques. Ils possèdent deséquipements ainsi qu’une tenue qui lesdistinguent des autres intervenants.À son arrivée, le responsable del’équipe spécialisée se rend au poste decommandement. Une première équipede sauveteurs lance les opérations pendantqu’une deuxième équipe se tientprête à intervenir. Les sauveteurs quidescendent et ceux qui demeurent prèsde l’espace clos portent un harnais desécurité relié chacun à une ligne de vie.Ils portent aussi un appareil de protectionrespiratoire à adduction d’air, unelampe intégrée au casque, une radioportative ainsi qu’un détecteur multigaz.Une pompière de l’équipe permanentesurveille la capacité des cylindresd’air comprimé tandis que des collèguess’occupent de la seconde corde d’assurance.Du début à la fin des opérations desauvetage, on maintient une analyse del’atmosphère autour et dans l’espaceclos. À l’aide d’un matériel antidéflagrant,on assure une ventilation appropriéequi tient compte du sens du vent,de la température, des infrastructures etde la nature des gaz présents.Comme l’opération est très bien planifiée,tout l’équipement de sauvetage aété déployé sur une bâche à proximité.S’y trouvent donc une civière de sauvetagesouple, une trousse de premierssoins, un coffre à outils, un éclairaged’appoint, des bouteilles d’air compriméde réserve, etc.Nous remercions Élaine Guénette de l’APSAM,Michel Sabourin de l’École nationale despompiers du Québec, le Service de sécuritéincendie de la Ville de Saint-Hyacintheainsi que le district de la Montérégie de laSûreté du Québec pour leur collaboration.Les pompiers : Jocelyn Demers, chef dela division soutien technique, RaynaldDemers, chef à la formation, Gilles Savoie,lieutenant, Amélie Racine, François Brunelle,Jonathan Dozois, Martin Levasseur, MichelGuimond, Patrick Archambault et Simon Garant.Les policiers : Josée Hamel et Ronald Mc Innis.Nos personnes-ressources : Michel Bilodeau,inspecteur expert en espace clos de la Directionrégionale de la Capitale-Nationale, Marie-HélèneBlouin et Serge Huard, inspecteurs à la Directionrégionale de la Yamaska et Denis Leblanc, ing.,conseiller à la Direction générale de la préventioninspectionet du partenariat, tous de la CSST.Coordination : Louise Girard, CSSTPour en savoir plusIFSTA. Manuel de lutte contre l’incendie etd’intervention en matières dangereuses.5 e édition. 2009.National Fire Protection Association. Codes etnormes. Édition la plus récente des normes# 472, 1001, 1006, 1500, 1600, 1670.SARGENT, Chase. Confined Space Rescue.1 st edition. Fire Engineering Publisher. 2000.QUÉBEC. Ministère de la Sécurité publique.Guide des opérations à l’intention des servicesde sécurité incendie. 2000. Édition révisée2007. Partie IV.École nationale des pompiers du Québec.Ministère de la Sécurité publique. 2007.Officier non urbain. Séminaire 1. Gestiond’une intervention. Ateliers 1-2-4.www.apsam.com : Espace clos et sauvetagestechniques spécialisés.6 Prévention au travail Automne 2010


DossierFini le travailsous tension au Québec !Par Guy SabourinLe meilleur moyen de se prémunir contre lePhoto : Honeywellrisque de choc électrique est de travaillerhors tension. Il suffit de presque rienpour qu’un accident survienne. Même unélectricien aguerri n’est pas à l’abri…


DossierAvec l’électricité, il n’y a jamais de « petitsdangers ». Tous les spécialistes à quinous avons demandé s’il existe des circonstancesou des situations où l’électricitédevient plus risquée pour lestravailleurs ont eu exactement la mêmeréponse : dès qu’il y a de la tension, il ya du danger.Photo : CSSTUn message qui passePour enrayer efficacement le risque queprésente l’électricité, toutes les instancesconcernées, y compris la CSST,diffusent le même message depuis quelquesannées dans leurs milieux respectifs: travaillez toujours hors tension.Sauf pour les exceptions, prévues dansla nouvelle norme CSA-Z462, adoptéepar CSA depuis le 1 er janvier 2009, et àlaquelle doivent désormais se référer,comme un guide, tous ceux qui travaillentavec l’électricité.Ce message s’adresse à près de40 000 personnes formées et actives enélectricité. Soit les quelque 3 200 entrepreneursélectriciens du Québec(membres de la Corporation des maîtresélectriciens du Québec, CMEQ) leurs15 000 à 20 000 électriciens, et environ10 000 électriciens qui travaillent horsdes chantiers de construction, principalementdans des usines, des commerceset des institutions de toute nature où ilsfont office d’électriciens d’entreprises,réunis en partie au sein de l’Associationdes constructeurs propriétaires en électricitéet des électriciens d’entretien duQuébec (ACPEEEQ). Contrairementaux maîtres électriciens, ils ne peuventtravailler sur un chantier de construction.L’ASP Construction a égalementservi le même message à ses membres,de même que l’ASP Fabrication d’équipementde transport et de machines(ASFETM). Même son de cloche du côtéde l’ASPHME (qui s’appelle officiellementASP Secteur de la fabricationde produits en métal, de la fabrication deproduits électriques et des industries del’habillement).Les autres métiers qui ne sont pasdirectement liés à l’électricité, maisdont les activités se font typiquement enprésence de tension électrique, sontaussi la cible des formateurs qui traitentdes dangers de l’électricité ; par exempleceux qui entretiennent les systèmes deventilation, qui réparent les électroménagers,qui testent les appareils électriquesdans les entreprises où on lesfabrique. Ils sont environ 50 000 et sontaussi exposés à un risque d’accidentd’origine électrique, d’autant plus qu’ilsn’ont pas la formation d’un électricien.Depuis 2007, la CSST a organisé nombrede rencontres avec la CMEQ et lessyndicats d’électriciens pour améliorerla sécurité lors de travaux sur des installationsélectriques, ainsi qu’avecl’ACPEEEQ et l’ASFETM. L’ACPEEEQse rend aussi dans les écoles de formationpour sensibiliser les apprentis desmétiers ayant un lien avec l’électricité.« Je pense que nous pouvons avoir plusde succès auprès des jeunes parce queles plus vieux travaillent depuis longtempssous tension, se sentent invincibleset sont plus difficiles à convaincre ! », illustreNormand Gosselin, coordonnateurpour l’ACPEEEQ.Le moins qu’on puisse dire, c’est quepersonne ne peut prétendre n’avoir jamaisentendu parler de ce courant deprévention sans précédent dans le secteurde l’électricité au Québec.« L’électricité peut électrocuter (tuer),brûler le corps, électriser ou causer unedéflagration et projeter le travailleur,rappelle Alain Paradis, vice-présidentexécutif adjoint de la CMEQ. Hors tension,aucune de ces catastrophes nepeut arriver. C’est clair, c’est simple. Etc’est comme ça, à mon avis, qu’il fautcomprendre les divers règlements et loisen vigueur. La Loi sur la santé et la sécuritédu travail demande d’éliminer àla source la cause du problème ; pournous, en électricité, ça veut dire couperle courant. »Changer la cultureEn mai 2008, le conseil provincial d’administrationde la Corporation des maîtresélectriciens du Québec prenait unerésolution qu’il qualifie d’historique enincitant tous les membres à toujourstravailler hors tension. « C’est la règle debase et la ligne de conduite à suivre entout temps », précisaient les administrateurs.Alain Paradis rappelle qu’on a longtempstravaillé « sur le vivant » auQuébec. Et chacun sait que ça se faitencore. Les traditions ont la couennedure. De 1990 et à 2006, l’électricité atué 88 personnes et en a blessé des milliersau Québec, rappelle l’ingénieurJean-François Desmarais, inspecteurpour la CSST à Valleyfield. Il ajoute quebon an, mal an, il arrive encore de 5 à8 accidents extrêmement graves sur les180 à 200 liés à l’électricité que doit indemniserla CSST. Le courant coupé,tous ces drames auraient pu être évités.Est-ce trop simple ?« En 2009, lors d’un colloque sur lesrisques électriques que nous avons organisé,et dont le message principalétait de travailler hors tension, racontel’ingénieur Waguih Geadah, coordonnateurà l’ASFTEM, on a découvert chezles 200 participants beaucoup d’étonne-8 Prévention au travail Automne 2010


ment quant à ce message. Ils sont tellementhabitués à travailler sous tension,qu’ils ne pensent pas à couper le courant,même lorsque c’est possible ! Pournous, c’est clair : il reste beaucoup desensibilisation à faire. »« L’attitude de l’électricien l’incite àfaire son travail sans déranger les autres,explique Jean-François Desmarais. S’ilferme la ventilation ou l’éclairage, toutle monde crie ! Il n’aime pas travailleren sentant cette pression, d’une part.Mais le véritable problème est aussi etsouvent du côté des employeurs. Qu’uneusine ou un commerce ne veuille pas ralentirses activités ou les arrêter pendantque les électriciens font leurstravaux, sous prétexte de pertes de productivité,reste une situation courante.L’entrepreneur électricien a beau expliquerqu’il doit faire travailler ses hommeshors tension, l’employeur répliqueque dans ce cas il embauchera quelqu’und’autre. Et ce quelqu’un qui accepte defaire les travaux sous tension, il existe,hélas. Mais le jour où plus personnen’acceptera de travailler sous tension, lavapeur se renversera et les choses pourrontchanger. L’employeur n’aura d’autrechoix que de couper le courant. »C’est dans cette direction et pour quece changement advienne que travaillentactuellement toutes les instances enélectricité, en renforçant le messageauprès de leurs membres.« Nous pourrions nous mettre à distribuerdes amendes à tour de bras,mais ça ne changerait pas les attitudes,croit Jean-François Desmarais. Nous offronsplutôt l’occasion aux électriciensde le faire à leur manière. Ainsi, lesgrands regroupements ont tous embarquéà tour de rôle, après s’être assurésque les autres y participaient aussi. C’estle principe des vases communicants quis’applique maintenant. Les divers regroupementsont aussi demandé à laCSST de jouer son rôle auprès des récalcitrants.»Comment faire ?En y regardant de plus près, on découvrequ’il y a toujours moyen de « fermer »le courant, c’est-à-dire ouvrir le circuit.Les machines dans les industries se brisentà tour de rôle et il faut un jour oul’autre couper le courant pour les réparer.Les arrêts de production sont déjàplanifiés parce qu’inévitables. Prétendrequ’on ne peut pas arrêter la productionpour un travail électrique relève duprétexte et dans certains cas, de la mauvaisefoi. Par ailleurs, il existe des plageshoraires moins sensibles, par exemplela nuit, où il est souvent possible decouper le courant pendant quelquesheures. Une mesure utile, par exemple,pour les commerces de détail, ouverts lejour. Une bonne planification entre l’entrepreneurélectricien et l’employeur oule propriétaire peut grandement faciliterle travail hors tension, soutient laCMEQ, et l’expérience montre qu’il y ade l’ouverture d’esprit à cet égard. Jean-François Desmarais se souvient de cetteanecdote : « Avez-vous prévenu votre directeurqu’en me demandant de faire lestravaux de transfert de l’ancienne entréeélectrique vers la nouvelle, sous tension,un vendredi à 14 h 30, l’hôpital pourraitêtre privé d’électricité en cas d’une erreurquelconque durant les travaux, adit l’électricien au maître d’œuvre, dansun hôpital en région ? Mis au courant,le directeur a sursauté : Pas question !,a-t-il lancé. Les travaux se feront horstension à une heure du matin dans lanuit du dimanche, les patients branchéssur un réseau temporaire », a-t-il décrété.Puisque le message circule sans relâchechez les électriciens depuis deuxans, des changements sont-ils perceptibles?« Oui, sans aucun doute, croitJean-François Desmarais. On le constateavec les questions qu’on nous pose pendantnos présentations, notamment surla façon de faire dans des cas très particuliers.» « J’ai découvert que le matérielpour cadenasser se vend beaucoup plusqu’avant, explique Normand Gosselin.Un vendeur m’a affirmé que lors de lacampagne télévisée sur le cadenassage,il devait remettre un kit de cadenassagesur le comptoir plusieurs fois par jour,tous les jours, alors qu’avant un seul kitpouvait traîner là plusieurs jours avantde se vendre. » Marie-Josée Ross,conseillère technique pour l’ASPHME,le constate aussi lors de ses formations,en raison de la curiosité qu’éprouventles travailleurs à propos des normes etrèglements en vigueur et aussi par lenombre en hausse de questions qu’ellereçoit par téléphone concernant la façonde faire dans des cas singuliers. Leconseiller en prévention pour l’ASPConstruction Marc Dupont croit pour sapart que ça change, oui, mais pas assezvite ; il aimerait qu’il y ait encore plusde sensibilisation. Selon lui, on pourraitaller encore plus loin en organisant unecampagne auprès des employeurs detoute nature afin qu’ils n’insistent jamaispour faire travailler les électricienssous tension.Les situations ayant généré le plusd’accidents au cours des années sont dequatre types : les travaux sur des composantessous tension, les prises de mesureset le dépannage, les travaux àproximité de pièces sous tension, enfinla remise sous tension de circuits pardes gens qui ont enlevé les cadenas sansprévenir ou quand le cadenas était carrémentabsent.Automne 2010Prévention au travailPhoto : iStockphoto9


DossierQue dit la norme CSA Z462 ?Intitulée « Sécurité électrique dans lesmilieux de travail », cette nouvellenorme a d’abord pour but d’harmoniserles normes canadiennes avec la normeNFPA 70-E (National Fire PreventionAssociation) des États-Unis et d’apporterdes améliorations aux méthodes detravail lors de travaux sous tension.« Les Américains sont très proactifs avecla norme NFPA et les sièges sociaux fontbeaucoup de pression sur leurs succursalesquébécoises pour qu’elles mettentcette norme de l’avant et la respectent »,précise Marie-Josée Ross.Pour résumer, la norme dit toutd’abord de travailler hors tension. Toujourset sans condition. Sauf dans deuxsituations particulières. La première :pour poser un diagnostic (trouble shooting),quand il faut tester des circuits électriquespour trouver la source d’anomalies,par exemple sur un système deventilation qui s’arrête et repart sansprévenir, il faut du courant. Certains appellentplutôt ça du dépannage ; c’est lamême chose. La deuxième : si le fait detravailler hors tension menace potentiellementla vie d’autrui ou si couperl’électricité engendre des risques encoreplus grands. Par exemple, couper lecourant dans un hôpital pourrait avoirdes répercussions dramatiques pourcertains malades dont le maintien en viedépend d’appareils électriques. Dans unsilo à farine, où les risques d’explosionsont élevés, on a besoin d’électricitésans relâche pour purifier l’air de sespoussières.Dans ces cas particuliers, après avoiranalysé le risque et déterminé sa catégorie(sur une échelle de 1 à 4), l’électriciendoit absolument travailler avecl’équipement de protection individuelleapproprié. Il faut aussi définir et délimiterun périmètre de protection : accèslimité, restreint ou interdit, selon un tableau(qu’on trouve dans la norme) quidéfinit la distance en fonction de la tensionet apporte toutes sortes de précisionsadditionnelles selon la tâche :vêtements, outils, accessoires de protection,etc. L’électricien doit même être informéde porter les bons vêtements etsous-vêtements personnels : on doit éviterles tissus qui fondent comme lespandex, le nylon, le polyester ; on leurpréfère le coton. En outre, il ne lui fautporter ni bijou ni accessoire métallique,comme montre, bague, chaîne, porteclé,collier, vêtement avec fibres métalliques(soutien-gorge, par exemple),lunettes à monture métallique, piercing.Ses outils et le tapis doivent être isolés,ses échelles portatives non conductrices,etc. Bref, aucun détail n’est laisséau hasard ; le courant électrique ne faitpas de distinction.Effets sur le corpsLe courant électrique a ceci de particulierqu’il cherche toujours le chemin leplus court pour « revenir à la terre ».Lors d’une mauvaise manœuvre, lecorps humain peut devenir exactementcomme du fil électrique sur un segmentdu parcours de l’électricité. En d’autresmots, au moment du choc électrique, lecorps humain constitue lui-même unMême s’il estdifficiled’établir desseuils universels,on aquand mêmefixé desmoyennes. Àtitred’exemple,voici ce quiarrive avec lepassage ducourantdurant deuxsecondes :circuit électrique. Puisque les muscles,le cœur et le cerveau fonctionnent avecde faibles impulsions électriques, toutcourant électrique qui s’introduit accidentellementdans le corps peut les perturber.En plus, le courant qui passeproduit de la chaleur, qui peut carrémentdétruire des tissus selon son intensité.Avec l’électricité, rien n’est simple. Lagravité des blessures dépend à la fois del’intensité du courant électrique, de sontrajet, de la durée de son passage et dela surface de contact avec le corps. Parailleurs, chacun d’entre nous résiste différemmentau courant. Les mains moitesou sèches, la peau coriace ou finepeuvent faire varier grandement l’intensitédes blessures. Ainsi, plus la résistanced’une personne à l’électricité estélevée, plus le courant qui traverse soncorps au moment du choc est faible.Cette résistance est dépendante de l’étatde la peau au moment du contact. Unepeau sèche aura une résistance trèsgrande, alors qu’une peau couverte desueur aura une faible résistance.Sur les 130 à 170 grands brûlés quetraite chaque année le CHUM, 10 %l’ont été par l’électricité. Aux États-Unis,les unités de grands brûlés accueillent2 000 personnes par année gravementbrûlées par l’électricité. À ce qui survientimmédiatement s’ajoutent, dansles heures ou les jours suivants, des effetstardifs comme l’arythmie cardiaque,les pertes de mémoire, la douleurchronique, les infections et les cataractes.Bref, rien de drôle. S’ajoutent égalementles accidents sous-estimés : unecontraction musculaire provoquée parun contact avec l’électricité, entraînantune chute qui cause un traumatismesouvent grave.10 Prévention au travail Automne 2010


Photo : iStockphotoPhoto : Pierre CharbonneauMême une ampoule de75 Watts à 120 volts peuttuer si le courant passe parle cœur lors d’un chocélectrique. Un accident surcinq survenant sur le120 volts est d’ailleursmortel. « Avec l’électricité, etmalgré de faibles courants,tous les accidents ont uncôté roulette russe assezincroyable, même si, enthéorie, le risque augmenteavec la tension », illustrel’ingénieure Marie-JoséeRoss, conseillère techniquepour l’ASPHME(métal, électrique ethabillement).Juste du 120 volts !C’est une erreur, pourtant répandue, decroire qu’il n’y a pas de risque parce quec’est « juste du 120 ! ». Plusieurs lacunesjuxtaposées, sur le 120, peuvent tuer.Pour preuve, ce travailleur, dans un réservoiren métal, utilisant une baladeuseélectrique en mauvais état, avecdouille de lampe à découvert, borne demise à la terre arrachée et prise ordinairesans mise à la terre ; sa main toucheune composante sous tension, secontracte et il ne peut plus lâcher la baladeuse.Électrisé durant plusieurs secondes,son cœur entre en fibrillation etil meurt. Marie-Josée Ross, auteure d’unguide d’information sur la sécurité liée àl’électricité, mentionne que certainessources fixent à moins de 30 V la limitede tension jugée non dangereuse.METTRE LESNON-ÉLECTRICIENSAU COURANTLes émondeurspeuventtoucherdes filsélectriquesavec leursoutils et leurséchelles et êtreélectrocutés.L’électricité ne réserve pas ses chocsqu’aux électriciens ; elle fait plutôt montred’une générosité sans borne pourcauser les accidents. Les émondeurspeuvent toucher des fils électriques avecleurs outils et leurs échelles et être électrocutés.Les maçons et couvreurs peuventcroiser des fils électriques durantleurs travaux. Les échafaudages surroues peuvent entrer en contact avecdes fils électriques quand on les déplaceet tuer ceux qui les touchent, comme cefut le cas pour deux ouvriers en juillet2007. Les chariots élévateurs, grues outout autre appareil à flèche peuvents’électrifier au contact des fils électriqueset électrocuter le conducteur ouquiconque touche le véhicule. Pendantdes travaux d’excavation, on peut trancherdes fils électriques enfouis et s’électrocuter.Sur des chantiers de démolition,il peut y avoir des conducteurs sous tensiondans certains murs. Les livreurs dematériaux sur les chantiers peuvent êtreélectrocutés si leurs camions ou leursbennes s’approchent trop des fils électriques.Dans les usines où l’on fabriquedes appareils ou machines électriques,des non-électriciens les testent pours’assurer de leur bon fonctionnement ;ils sont exposés aux chocs électriques.D’où l’importance capitale de planifierles travaux et d’inclure le danger denature électrique dans la liste des dangerspotentiels non seulement pour lesélectriciens, mais aussi pour toute personnemunie ou non de pièces d’équipementayant à s’approcher d’uneinstallation sous tension.La CSST a, dans son plan d’actionconstruction, identifié le danger d’origineélectrique comme cible de tolérancezéro. Ainsi, lorsque les travauxsont effectués près d’une ligne électrique,toute personne, pièce, équipement ouélément de machinerie doit se trouverplus loin que les distances minimalesd’approche spécifiées dans le tableausuivant. Le Code de sécurité pour lestravaux de construction précise à la sectionV les mesures de prévention à respecterlors de travail près d’une ligneélectrique :Il y a deux types de tension :DistanceTension en voltsd’approcheminimaleMoins de 125 0003 mètres125 000 à 250 000 5 mètres250 000 à 550 000 8 mètresPlus de 550 00012 mètres• Les fils à basse tension font de 120à 600 volts, sont isolés et se situentsous la ligne à haute tension.• Les fils à haute tension font 750 voltsou plus, sont hauts et non isolés.Plus les fils sont hauts, plus ils sontdangereux, résume Hydro-Québec.Automne 2010 Prévention au travail 11


DossierRésumé des lois et règlements envigueurLe chapitre V du Code de constructiondu Québec (2007) fait une large place àl’électricité. Entre autres, on y traite decadenassage obligatoire, de l’impossibilitéde réparer ou de modifier un appareillagesous tension, sauf s’il estcomplètement impossible de le déconnecter,auquel cas il faut utiliser l’équipementapproprié, maintenu en touttemps en bon état. Tout appareillageélectrique doit porter un marquage clairementvisible avertissant les travailleursdes dangers potentiels de chocet d’arc électrique. Le Règlement sur lescertificats de qualification et sur l’apprentissageen matière d’électricité, detuyauterie et de mécanique de systèmesde déplacement mécanisé dans les secteursautres que celui de la construction(c. F-5, r. 1) prévoit que seul un électricienpeut installer, réparer, entretenir,modifier ou faire la réfection d’une installationélectrique. Depuis 2009, unnon-électricien peut effectuer des travauxmais seulement ceux de connexionou de déconnexion d’un appareillage àdu câblage faisant partie d’une installationélectrique, s’il détient un certificatrestreint en connexion d’appareillage.Ce même règlement définit la notion« installation électrique » : il s’agitde toute installation de câblage sousterre, hors terre ou dans un bâtiment,pour la transmission d’un point à unautre de l’énergie provenant d’un distributeurd’électricité ou de toute autresource d’alimentation, pour l’alimentationde tout appareillage électrique, ycompris la connexion du câblage à cetappareillage, les plinthes, les panneauxchauffants et les luminaires qui y sontreliés.D’autre part, l’article 51 de la Loi surla santé et la sécurité du travail édicteles obligations générales d’un employeur.Ces obligations, bien qu’ellessoient générales, encadrent le travailélectrique. L’employeur doit notammentutiliser les méthodes et techniques visantà identifier, à contrôler et à éliminerles risques pouvant affecter la santéet la sécurité des travailleurs. Il doitaussi s’assurer que l’organisation du travailet les méthodes et techniques utiliséespour l’accomplir sont sécuritaireset ne portent pas atteinte à la santé dutravailleur. Il lui incombe aussi d’informeradéquatement le travailleur sur lesrisques liés à son travail et lui assurerla formation, l’entraînement et la supervisionappropriés afin de faire en sorteque le travailleur ait l’habileté et lesconnaissances requises pour accomplirde façon sécuritaire le travail qui lui estconfié.Comment travailler sans dangerselon la norme CSA Z462Pour créer un contexte de travail sansdanger, il faut déterminer toutes lessources d’alimentation électrique, couperle courant de charge (arrêter l’équipement)et ouvrir tous les dispositifs desectionnement, s’assurer visuellementque toutes les lames des sectionneurs ouque les disjoncteurs qui sont débrochablessont retirés, cadenasser selon laprocédure établie, mettre à l’essai chaqueconducteur de phase à l’aide d’unappareil de mesure de tension appropriéafin de s’assurer qu’il est hors tension,enfin, dans certains cas, mettre àla terre tous les éléments de circuit pouvantavoir accumulé de l’énergie électrique.Les conducteurs et autres élémentsde circuit électrique doivent être considéréscomme étant sous tension jusqu’àce que la ou les sources d’énergie aientété retirées.LE FORMULAIRE F6Les EPIQuand il est tout à fait impossible detravailler hors tension, il faut porter unéquipement de protection individuelle(EPI), après avoir scrupuleusementsuivi le protocole de planification destravaux. Ce qui veut dire déterminersoigneusement les dangers, planifierles méthodes de travail, choisir le bonéquipement de protection individuelle,Catégorie 2La CMEQ a mis un formulaire type (leF6, ou Autorisation d’application exceptionnellede procédure de travail sous tension)à la disposition de ses membresdepuis l’an dernier. L’électricien doit lefaire signer par une personne en autoritédans l’entreprise et par le représentanten sst. Il y est dit que le travail soustension ne doit être toléré que pour localiserune défectuosité (diagnostic) ous’il y a risque de compromettre la vied’autrui.« Il est clair que plusieurs directeursou autres personnes en autorité dansl’entreprise, après avoir lu ce formulaired’autorisation, ont finalement décidé defaire les travaux hors tension, ne voulantpas engager leur responsabilité »,rappelle Jean-François Desmarais.« Invités à signer cette autorisationde travail sous tension, les dirigeantsprennent brutalement conscience desrisques qu’elle implique et surtout, surtout,de l’étendue de leur responsabilitéen cas d’accident, ajoute Waguih Geadah.Ils s’étaient toujours imaginé que travaillerhors tension est coûteux et compliqué,parce que ça arrête la production.Mais en lisant le formulaire, ils se rendentcompte que les conséquences d’unaccident ou d’un court-circuit pourraientêtre beaucoup plus coûteuses enpertes matérielles et humaines. Curieusement,plutôt que de signer l’autorisation,le directeur demande alors s’il n’ya pas moyen de faire les travaux horstension ! » Rappelons que si ce formulairea un effet dissuasif, il n’est toutefoispas obligatoire.En cas de travaux sous tension dansl’une des deux situations mentionnéesdans le formulaire F6, il existe undeuxième formulaire, le F6.1 (Procédureobligatoire de travail sous tension), àfaire signer par les mêmes responsables,et qui détaille toutes les mesures desécurité devant être prises par les travailleurset par l’entourage qui travaillentprès des installations électriques, toutl’équipement, le matériel et les outils nécessaires.Photo : SPI12 Prévention au travail Automne 2010


déterminer si le fait de le porter nuit àl’exécution de la tâche, planifier la sécuritéde l’aménagement du lieu où se fait letravail et obtenir enfin l’autorisation duresponsable de l’installation électrique.Voici comment se répartissent lesquatre catégories de risque. Un typed’équipement particulier a été prévupour chacun :Photo : Pierre CharbonneauSimon Massicotte,avocatà la CSST,a délaisséla toge pourl’habitd’électricienafind’accueillirl’auditoire.Soyez au courant !Par Sophy Lambert-RacinePhoto : CMEQTableau 1 : Catégories pour les EPIDéterminer les dangersCatégoriededangerositéCatégorie 4Calcul(Calories par cm 2 lorsde l’arc électrique)1 moins de 4 CAL/cm 22 4 CAL/cm 2 à 8 CAL/cm 23 8 CAL/cm 2 à 25 CAL/cm 24 25 CAL/cm 2 à 40 CAL/cm 2Le résultat du calcul permet de trouverla correspondance de la catégorie dedanger selon les normes CSA Z462-2008ou NFPA 70E-2004. Il y a également descatégories pour les appareils de mesure.Porter un équipement protège contreles brûlures, mais pas nécessairementcontre les chocs électriques et certainementpas contre les chutes ou la propulsionen cas de déflagration. Il y a dessituations où porter l’équipement empêched’avoir la dextérité nécessaire pourexécuter les travaux. « Dans ces cas, iln’y a pas de choix, tranche M. Desmarais,il faut travailler hors tension ! »« Toi, oui toi ma belle jeunesse qui es àl’aube de la vie. Tu te crois invulnérable,hein ? Tu te crois invincible, n’est-cepas ? Eh bien non, non, non ! Travaillersous tension, c’est non ! », s’exclameSimon Massicotte, animateur d’une activitéde sensibilisation pour des étudiantsde formation professionnelle ettechnique. Le 25 mai 2010, la CSST aconvié plusieurs centaines d’étudiantsde la métropole à assister à une conférenceau cégep André-Laurendeau, aucours de laquelle on leur a rappelé decouper le courant lorsqu’ils exécutentdes tâches dans le domaine de l’électricité.L’activité, qui se déroulait pour unedeuxième année d’affilée, a pu être réaliséegrâce à la collaboration d’EntraideGrands Brûlés, de l’Association desconstructeurs-propriétaires en électricitéet des électriciens d’entretien duQuébec (ACPEEEQ), et de la Fraternitéinter-provinciale des ouvriers en électricité(FIPOE).L’événement avait lieu au moment oùla CSST rendait public un rapport d’enquêtesur la mort d’un électriciensurvenue en 2009 dans les locaux deLoto-Québec. Un décès qui aurait puêtre évité si le travailleur avait exécutéses tâches hors tension.« Au Québec, il y a 55 accidents du travailpar jour chez les jeunes de 24 ansou moins et 1 décès par mois. On neveut pas que vous fassiez partie de nosstatistiques ! », martèle M. Massicottedevant des centaines d’étudiants dansles domaines de l’électricité, des télécommunicationset de la mécanique industrielle.Les conférenciers ont profité de l’occasionpour leur prodiguer plusieursconseils afin d’éviter le pire. Les jeunestravailleurs ont ainsi appris qu’ils ont ledroit de refuser toute tâche qu’ils jugentdangereuse sur un lieu de travail. Ilspeuvent compter sur la personne responsablede la santé et de la sécurité àleur travail ou sur leur syndicat pour lesépauler dans leur démarche.Le port d’un uniforme, qui devraittoujours être en coton, et d’un équipementde sécurité, notamment en cuir eten caoutchouc, permet aussi de sauver desvies, tout comme le respect des normes desanté et de sécurité en milieu de travailqui s’appliquent à leur boulot.À la fin de la présentation, afin deprouver qu’il avait bel et bien comprisle message (et surtout à la demande del’animateur Simon Massicotte), l’auditoirefébrile a scandé en chœur le slogande l’événement : « Le travail sous tension,c’est non ! »Automne 2010Prévention au travail13


DossierAmendes et Loi C-21En vertu de l’article 237 de la Loi sur lasanté et la sécurité du travail (LSST), laCSST a émis 73 constats d’infractiondont le montant varie de 5000 à25 000 $, pour une moyenne de 10 000 $entre 1994 et 2006, soit 21 pour du travailsous tension, 4 pour des appareilsdéfectueux, 45 pour du travail près deslignes à haute tension et 3 pour d’autressituations. Évidemment, ce n’est que lapointe de l’iceberg. Entre 1997 et 2006,274 électriciens ont été en contact avecle courant électrique (pour 27 920 joursd’absence).Depuis juillet 2010les amendesprévues par la LSSTont doubléElles augmenteront de 50 % en janvier2011, puis seront ensuite annuellementindexées, selon ce que prévoient les articles236 et 237 du projet de loi 35 –2009 modifiant la LSST. Une personnephysique pourra se voir imposer jusqu’à12 000 $ d’amende pour une récidive, unepersonne morale jusqu’à 300 000 $.La loi C-21 (qui amende le Code criminelcanadien) a modifié depuis 2004les enjeux en matière de santé et de sécuritéau travail. Entre autres, elle introduitun nouveau devoir incombant àquiconque dirige l’accomplissementd’un travail ou l’exécution d’une tâcheou est habilité à le faire de prendre lesmesures voulues pour éviter qu’il n’enrésulte de blessure corporelle pourautrui. Quiconque contrevient à ce devoirest coupable de négligence criminelles’il en résulte un décès ou unelésion corporelle. La personne qui supervisele travail pourra donc être poursuiviemais toutes les modificationsapportées au code criminel par la LoiC-21 ont été effectuées dans le but defaciliter les poursuites contre les entrepriseset les organisations et d’en simplifierla preuve devant les tribunaux. Lapreuve de diligence raisonnable est devenuela seule ligne de défense en casde poursuite.LA SOURNOISERIEDE L’ARC ÉLECTRIQUEL’arc électrique est en fait du courantqui se propage dans l’air entre deuxconducteurs ou entre un conducteur etune autre composante « mise à laterre ». Par exemple, les éclairs qu’onobserve pendant les orages sont des arcsélectriques entre deux nuages ou entreun nuage et le sol. Dans une installationélectrique, il peut se produire à tout moment,surtout s’il y a détérioration desisolants par vieillissement ou usure,défaut de l’appareil électrique, courtcircuitaccidentel avec un objet métalliquequ’on a fait tomber ou avec la sonded’un multimètre placée au mauvais endroit,ou encore si on utilise un appareilde mesure inapproprié. « Sile court-circuit dépasse la capacitéde l’appareil à contenir la surchargede courant, l’arc se produit », préciseMarc Dupont.L’énergie que dégage l’arc électriqueest extrêmement intense. Lorsque seproduit la boule de feu, phénomène quidure une fraction de seconde, la températurepeut atteindre 20 000 o C et transformerle métal en vapeur instantanément,surchauffer l’air ambiant etcauser une déflagration. Normalementnon conducteur, l’air devient de plus enplus conducteur à mesure qu’il chauffe.Gare à celui qui se trouve à proximité,surtout quand on sait qu’une expositiond’un dixième de seconde à 80 o C peutbrûler au deuxième degré ! L’arc électriquebrûle typiquement les yeux, le visage,les mains et les avant-bras. Ce sontsouvent plus que des brûlures : la peaucarbonise littéralement et devient cassantecomme des croustilles. Les vêtementsprennent feu. Il peut y avoirprojection de métal en fusion. La lumièreintense peut gravement blesserles yeux. L’onde de pression peut endommagerles tympans et projeter untravailleur brutalement. Enfin, c’est unaccident aussi bref que violent, commel’éclair entre les nuages et le sol pendantun orage.L’arc électriquene peut se produireque sous tensionTravailler hors tension annule cerisque. Par ailleurs, pour réduire laforce d’un éventuel arc électrique, onpeut choisir des fusibles et disjoncteursperformants qui coupent le courant enune fraction de seconde, avant mêmeque ne se produise l’arc.Photo : CSST14 Prévention au travail Automne 2010


Droitset obligationsHistorique législatifde la LSSTEn 1979, le Québec a été lethéâtre d’une réforme du régime de préventionau travail, grâce à l’adoption dela Loi sur la santé et la sécurité du travail(LSST). Cette loi a innové en créantdes droits et des obligations aux employeurset aux travailleurs et en instaurantdes mécanismes de participationfondés sur le paritarisme. Ainsi, lesprincipaux protagonistes se voient attribuerla responsabilité de gérer conjointementla santé et la sécurité dans leurmilieu de travail. Par ailleurs, la LSSTa créé un organisme paritaire, laCommission de la santé et de la sécuritédu travail (CSST), et lui a confiél’administration du régime de santé etde sécurité du travail.Au fil du temps, la LSST a subi quelquesmodifications, toujours dans le butd’atteindre son objectif, soit l’éliminationà la source des dangers pour lasanté, la sécurité et l’intégrité physiquedes travailleurs. Voici une revue sommairedes principaux changements apportésà cette loi au cours des 30 dernièresannées.Entreprises fédéralesTout d’abord, en 1988, la Cour suprêmedu Canada a rendu trois jugementsconcernant l’applicabilité de certainesdispositions de la LSST aux entreprisesfédérales. La Cour a décidé que le régimede prévention des accidents dutravail prévu à la LSST touche directementles conditions de travail, les relationsde travail ainsi que la gestion desentreprises. Une loi provinciale ne peutrégir des parties essentielles de la gestiondes entreprises fédérales puisque cettecompétence est exclusive au Parlementdu Canada. De ce fait, les entreprises fédéralesont été soustraites à l’applicationde la LSST.Mécanismes de révisionEn 1997, l’ensemble du processus decontestation des décisions rendues par laCSST a été modifié. Les bureaux de révision,organismes indépendants et paritaires,ont été abolis et remplacés par larévision administrative. Par conséquent,le chapitre de la LSST concernant les bureauxde révision a été abrogé.Cour suprême du CanadaFonds de la santé et de lasécurité du travailEn 2002, la Loi modifiant la Loi sur lasanté et la sécurité du travail et d’autresdispositions législatives 1 a créé une fiducied’utilité sociale, le Fonds de la santéet de la sécurité du travail, constitué parle transfert de la majorité des actifs détenuspar la CSST. La constitution duFonds a eu pour effet de consacrer dansla loi les obligations de fiduciaire de laCSST déjà reconnues par les tribunaux.En effet, la CSST, en tant qu’administratricedu régime de santé et de sécuritédu travail, a toujours eu la responsabilitéde percevoir les cotisations desemployeurs, sommes nécessaires à l’applicationdes lois qu’elle administre.Ainsi, la CSST est fiduciaire du fonds,c’est-à-dire qu’elle en a la pleine administration.Par ailleurs, cette loi permet à laCSST d’acquérir plus d’autonomie en lasoustrayant au contrôle externe de certaineslois d’administration publique.En contrepartie, la CSST est assujettieà une obligation de reddition de comptesplus exigeante comportant une responsabilitédirecte devant l’Assembléenationale.Le projet de loi 35 - 2009 2Juin 2009 est synonyme d’une autre vaguede changements, par l’adoption de la Loi1. Projet de loi n° 133 devenu le chapitre 76des lois de 2002.2. Projet de loi n° 35 devenu le chapitre 19des lois de 2009.modifiant le régime de santé et de sécuritédu travail afin, notamment, de majorercertaines indemnités de décès etcertaines amendes et d’alléger les modalitésde paiement de la cotisation pourles employeurs 3 . Les principaux changementsapportés à la LSST concernentles amendes prévues pour les infractionspénales, la location de personnelainsi que le rapport écrit d’accident.Pour plus de détails, nous renvoyons lelecteur à la chronique « Droits et obligations» parue à l’automne 2009, quitraite exclusivement de l’adoption decette loi.Règlement sur la santé et lasécurité du travailLe Règlement sur la santé et la sécuritédu travail (RSST), adopté en 2001, estl’un des grands règlements qui encadrentl’application de la LSST. Ce règlementest le résultat de la fusion de plusieursrèglements applicables en matière deprévention, notamment le Règlementsur les établissements industriels etcommerciaux (REIC). Le législateur aégalement profité de cette occasionpour actualiser les normes de santé etde sécurité applicables dans tous les établissementsau sens de la LSST.Somme toute, l’évolution de la LSSTet de ses règlements d’applicationcontribue à favoriser la prévention autravail.Paméla Gagnon, avocate3. Pour en savoir plus : www.csst.qc.ca/amendesAutomne 2010Prévention au travailPhoto : iStockphoto15


Agendad’ici et d’ailleurs19 et 20 octobre 2010Montréal (Québec)3 novembre 2010Montréal (Québec)15 décembre 2010Montréal (Québec)Du 28 au 31 octobre 2010Casablanca, MarocGrand Rendez-vous en santéet sécurité du travail 2010 dela CSSTRenseignementswww.csst.qc.ca21 octobre 2010Montréal (Québec)Faites preuve de diligenceraisonnable en prévention27 octobre 2010Montréal (Québec)La conduite préventivedu chariot élévateur et dutranspalette électrique10 novembre 2010Saint-Hyacinthe (Québec)Colloque La charge, on lapartageRenseignementswww.aspimprimerie.qc.caCentre patronal de santé etde sécurité du travail duQuébec22 octobre et 15 décembre 2010Montréal (Québec)Le Règlement sur la santé et lasécurité du travail (RSST)21 et 22 octobre 2010Montréal (Québec)Sécurisation et maîtrise durisque sur les presses28 et 29 octobre 2010Montréal (Québec)« Ergonomisez » vos postes detravail29 octobre 2010Montréal (Québec)Conduite préventive des chariotsélévateurs29 octobre 2010Québec (Québec)12 novembre 2010Montréal (Québec)Troubles de la personnalité– Comment gérer cesemployés… singuliers ?3 novembre 2010Montréal (Québec)Code canadien du travail –Partie IIRèglement canadien sur lasanté et la sécurité au travail5 novembre 2010Montréal (Québec)Identifier les besoins, unefaçon d’optimiser la formationen SST !9 et 10 novembre 20108 et 9 décembre 2010Montréal (Québec)Sécurité des machines17 novembre 2010Québec (Québec)Code criminel du Canada et loisen SST : obligations et diligenceraisonnable16 novembre 2010Québec (Québec)18 novembre 2010Montréal (Québec)Alcool et drogues en milieu detravail24 novembre 2010Montréal (Québec)Sécurité des machines –notions de conception descircuits de commande26 novembre 2010Montréal (Québec)Maux de dos et SST : les faussescroyances coûtent cher !26 novembre 2010Montréal (Québec)Sanctions disciplinaires et SST2 décembre 2010Montréal (Québec)Identifier et contrôler les risquesen milieu de travail6 décembre 2010Montréal (Québec)Planification des mesuresd’urgence7 décembre 2010Montréal (Québec)Plan d’action du comité santésécurité10 décembre 2010Montréal (Québec)Programme de prévention desrisques professionnels au travailLe cadenassageRenseignementshttp://www.centrepatronalsst.qc.ca/25, 26 et 27 octobre 2010Montréal (Québec)OHSAS 18001 : commentimplanter et auditer le systèmesanté-sécurité PER-376Renseignementshttp://www.perf.etsmtl.caColloques régionaux de laCommission de la santé et dela sécurité du travail (CSST)26 et 27 octobre 2010Rouyn-Noranda (Québec)22 e colloque sur la santé et lasécurité du travailde la Direction régionale del’Abitibi-Témiscamingue2 novembre 2010Drummondville (Québec)13 e carrefour en santéet sécurité du travailde la Direction régionalede la Mauricie et du Centredu-Québec10 novembre 2010Rimouski (Québec)2 e colloque sur la santé etla sécurité du travail de laDirection régionale duBas-Saint-LaurentRenseignementswww.csst.qc.ca27, 28 et 29 octobre 2010Montréal (Québec)28 e séminaire annuel del’Association canadienneen vibration de machines3 novembre 2010Montréal (Québec)Colloque Santé psychologiqueDes solutions pourmieux intervenir dans lesmilieux de travailRenseignementswww.irsst.qc.caConférence internationalesur la santé au travail pourtravailleurs du milieu de lasantéRenseignementshttp://www.8hcwc2010.ma2 novembre 2010Québec (Québec)Cadenassage2 novembre 2010Montréal (Québec)Colloque Qualité de vie enhébergement et santé et sécuritédu travail : des inséparables !7, 8 et 9 novembre 2010Montréal (Québec)Congrès annuel de l’OIIQ3 et 4 novembre 2010Québec (Québec)16 et 17 novembre 2010Montréal (Québec)Protection respiratoireRenseignementshttp://www.asstsas.qc.ca2 au 5 novembre 2010Paris-Nord (France)ExpoprotectionRenseignementshttp://www.expoprotection.com22 et 23 novembre 2010Québec (Québec)Groupe Ergo bureauRenseignementswww.asstsas.qc.ca8 décembre 2010Montréal (Québec)Plans et mesures d’urgence27 et 28 janvier 2011Montréal (Québec)Hygiène du travail : notionsde base et apprentissagesRenseignementswww.aqhsst.qc.ca16 Prévention au travail Automne 2010


Rechercheà l’IRSST172023D a n s c e n u m é r oScruter les interventionsexternesPour comprendre le contextedes entreprises et leur offrirdes outils de préventionPortrait des troublesmusculo-squelettiqueschez les mécaniciens,les peintres et les carrossiersConception d’installationsindustriellesDes ergonomes s’immiscentdans le monde du génie25L’IRSST collaborateur du BIT26Une consultation inéditePour une vision communede la recherche en adaptationréadaptation282930Boursière : Marie-Michelle GouinUniversité LavalLes facteurs psychosociauxorganisationnels qui influencentla réintégration de travailleurssouffrant de douleurs chroniquesNouvelles publicationsRecherches en coursScruter les interventionsexternesPour comprendrele contexte des entrepriseset leur offrir des outils de préventionPour organiser la préventiondans leur milieu, les entreprises ontsouvent recours à des intervenantsexternes en santé et sécurité du travail(SST). « En s’intéressant à cesinterventions et à leurs résultats, ons’est rendu compte qu’elles mettent enjeu plus que des habiletés techniques.Il est nécessaire de bien comprendrele contexte social et organisationnelAutomne 2010Prévention au travailIllustration : Philippe Béha17


Rechercheà l’IRSSTdans lequel les interventions sont faites.Cela nous permet de cerner les capacitésexistantes et à créer dans l’entrepriseainsi que les enjeux en SST. C’estde là que nous est venue l’idée de produiredes outils », explique GenevièveBaril-Gingras.L’élaboration des outilsL’équipe de recherche a d’abord prisconnaissance des écrits scientifiques surle rôle du contexte et du processus desinterventions de prévention, puis effectuéune recension des moyens existantsdans ce domaine. L’élaboration desoutils que les chercheurs proposentPoint de départUn modèle explicatif des interventionspréventives en santé et en sécurité dutravail (SST), élaboré au cours d’une rechercheantérieure, a permis de mettreen évidence divers éléments qui contribuentà expliquer que les milieux aientadopté des changements par la suite.Plusieurs de ces éléments sont sociauxet organisationnels plutôt que techniqueset moins intégrés à laformation des professionnelsen SST, d’où l’intérêt de fournirà ces derniers des outils d’analysede ces dimensions des interventions.ResponsablesGeneviève Baril-Gingras 1 , MarieBellemare 2 , Pierre Poulin et JulieRoss, de l’Université Laval.RésultatsQuatre outils d’aide à la décisionpermettent de soutenir les 2organismes de prévention et lesintervenants externes en SST dans leschoix visant à améliorer l’efficacité desinterventions. Ces outils peuvent égalementêtre utilisés pour répondre àun besoin de transmission des connaissancesentre les intervenants expérimentéset leurs collègues plus jeunes.UtilisateursLes intervenants externes qui agissentdans le contexte d’un mandat définipar le régime québécois de SST, principalementles associations sectoriellesparitaires et les équipes de santé autravail du réseau de santé public, ainsique les préventionnistes internes desétablissements.1Un coffre à outils« C’est un coffre à outils trèsexhaustif et formateur pour lesprofessionnels de la prévention quiont à créer ou parfaire une pratiquede consultation en entreprise,commente Marie-Josée Robitaille,adjointe à la direction générale etdirectrice des conseillers à l’Associationparitaire pour la santé et lasécurité du travail du secteur desaffaires sociales (ASSTSAS). Ces outilsrésument très bien les préoccupationsqu’un praticien de l’interventiondoit continuellement avoir entête dans sa relation avec la clientèle.Ils nous offrent la possibilitéd’avoir un langage commun. C’esttrès salutaire, car les professionnelsde la prévention proviennent dedifférentes disciplines et ont intérêtà travailler en collégialité. »s’est appuyée sur deux sources, soit unmodèle d’analyse des interventions quiintègre l’apport de différents travauxscientifiques et la formalisation del’expérience d’un groupe d’intervenants.Les outils ont été conçus encollaboration avec 14 de ces intervenantsen SST, provenant de troisassociations sectorielles paritaireset de trois équipes de santé au travaildu réseau public québécois,qui en ont testé différentes versionsau cours de 27 interventionspour lesquelles ils ont aussi rempli241 journaux de bord.À chacun son utilité« Nous avons élaboré quatre outilsqui correspondent à une séquenced’étapes à suivre au cours d’une intervention.Ils peuvent toutefois être utilisésà n’importe quel moment del’intervention », poursuit GenevièveBaril-Gingras. En premier lieu, il y a leJournal de bord, qui permet de suivrel’intervention au jour le jour, dès lepremier contact avec le milieu de travail.Il sert à l’intervenant pour consignerdes informations sur chaqueactivité qu’il entreprend et sur ce qu’ilapprend du contexte social et organisationnelde l’établissement.L’Outil d’analyse du contexte de l’interventiona précisément pour utilité deguider l’intervenant lorsqu’il souhaitefaire le point sur les aspects sociaux etorganisationnels de l’établissement danslequel il est appelé à travailler. L’utilisateurpeut choisir d’effectuer cette analyseau début d’une intervention afin demieux la planifier ou encore, en coursde route, s’il estime nécessaire d’orienterdifféremment ses actions.La Feuille de route guide l’intervenantdans sa réflexion pour élaborer lastratégie qui lui permettra de définirclairement les aspects sociaux et organisationnelsdu problème de SST ayantmené à l’intervention. Elle permet depréciser les orientations et les ressourcespour y faire face et de formaliser la stratégieretenue.Finalement, l’Outil de bilan de l’interventions’appuie sur la Feuille de routeet en reprend les différents thèmes. Ilsert à faire le point sur les résultatsobtenus et à dresser des bilans de laréalisation des propositions de changement(effets intermédiaires), de lamise en place d’activités préventives,du processus de l’implantation et finalement,du rôle du contexte organisationnel.Il s’agit donc, surtout, d’uneoccasion d’apprentissage, de « retourd’expérience ».18 Prévention au travail Automne 2010


Chaque outil est accompagné d’unguide décrivant ses objectifs et donnantdes indications sur son utilisation et surla façon de faire pour remplir chacunedes sections. Un Document de présentationet un Référentiel sont aussi offerts.Ce dernier propose des questions pourguider l’action, une série de principestirés de la pratique des intervenantsayant participé à l’élaboration des outilset des trucs de métier. Il évoque des dilemmeséthiques et des problèmes possiblesen plus de fournir des exemplesd’interventions où ces principes, trucs etdifficultés entrent en jeu.Des savoirs ou des pratiques ?« Ce ne sont pas des outils prescriptifsou des recettes, commente M me Baril-Gingras. Ils formalisent plutôt des questionsque les intervenants se posentdéjà. Ils sont basés à la fois sur les recherchessur les interventions et sur dessavoirs pratiques et visent à ce que laUne vision globaletransmission des expériences se fasseplus facilement. Essentiellement, dansun édifice en construction, ils constituentune pièce de l’ensemble qui faciliteune meilleure connaissance desconditions permettant aux interventionsde produire les résultats escomptés enSST. » PTBenoit FradetteSelon Josée Saint-Laurent, directrice en santé et sécurité du travail chez IMAC SST :« Ces outils aident à obtenir une vision globale de l’organisation d’une entreprise,ce qui rend les activités de prévention plus efficaces. Ils favorisent aussi une culturede la prévention dans l’entreprise en général, car bien souvent, la SST se déroule envase clos. Enfin, ils permettent le transfert et l’accessibilité des connaissances pourd’autres qui auront à intervenir plus tard. »Photo : iStockphotoPhoto : iStockphotoPour en savoir plusBARIL-GINGRAS,Geneviève, MarieBELLEMARE,Pierre POULIN,Julie ROSS.Conditions etprocessus dechangement lorsd’interventionsexternes en SST –Élaboration d’outils pour les praticiens,Rapport R-647, 139 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-647.pdfBARIL-GINGRAS, Geneviève, MarieBELLEMARE, Pierre POULIN, JulieROSS. Recueil d’outils sur les aspectssociaux et organisationnels des interventionsexternes en SSTPartie 1 – Présentation des outilsRapport RA1-647, 61 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RA1-647.pdfPartie 2 – Guide du journal de bordRapport RA2-647, 18 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RA2-647.pdfPartie 3 – Guide pour l’analyse du contexteRapport RA3-647, 63 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RA3-647.pdfPartie 4 – Guide de la feuille de routeRapport RA4-647, 101 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RA4-647.pdfPartie 5 – Guide de l’outil de bilanRapport RA5-647, 27 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RA5-647.pdfPartie 6 – RéférentielRapport RA6-647, 235 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RA6-647.pdfPour commentaires et suggestions :magazine-prevention@irsst.qc.caAutomne 2010Prévention au travail19


Rechercheà l’IRSSTCeux qui bichonnent nosvoitures ne sont pasépargnés par les troublesmusculo-squelettiquesaux membres supérieurs (TMS-MS). D’aucuns associeront ces lésionsà une posture contraignante, d’autres à la répétition de gestesou au poids de l’outil. Des chercheurs irontmême jusqu’à pointer, comme élémentsdéclencheurs, l’hyperprécision requise pourexécuter certaines tâches.Point de départAux prises avec l’absence d’une duréepréoccupante de travailleurs atteints detroubles musculo-squelettiques (TMS),l’Association sectorielle paritaire Autopréventiona demandé à l’IRSST d’approfondircette question. C’est ainsi qu’acommencé, en 2008, une étude du travaildes mécaniciens de ce secteur quiutilisent de petits outils mécaniques enrelation avec des TMS aux membres supérieurs.Il en est résulté également unerecherche visant à établir des donnéesclaires sur la relation entre l’activité detravail et l’apparition de TMSaux membres supérieurs.ResponsablesDenis Marchand 1 , de l’Universitédu Québec à Montréal, et DenisGiguère 2 , de l’IRSST.RésultatsSelon les observations réaliséessur le terrain, l’importance descontraintes musculo-squelettiquesexercées sur les membressupérieurs n’est pas associée2uniquement et spécifiquementà la masse des différents outils que lestravailleurs utilisent. Il s’agit davantagede l’effet combiné de cette masse avecdes postures contraignantes ou encore,de ces postures avec le degré de précisionrequis pour certaines tâches, toutcela se traduisant par des moments deforce importants sur les articulations.Au final, l’épaule apparaît comme l’undes points particulièrement à risque.L’étude montre également que chacunedes tâches observées possède son propreprofil de risque de TMS.UtilisateursL’Association sectorielle paritaire Autoprévention,qui dispose ainsi de diversesdonnées pour élaborer des moyens deprévention et de formation.1Portrait des troubleschez les mécaniciens,« C’est clair que les designersd’automobile, quand ils conçoivent l’habitableou l’espace moteur, ne pensentpas toujours au confort ergonomiquedes mécaniciens qui y travaillerontpar la suite, dit Denis Marchand, del’UQAM, l’un des deux chercheursresponsables de cette étude. Carune fois la voiture complètementassemblée, l’accès à bien des zonesde travail, pour l’entretien et laréparation, devient très restreintet difficile. »L’étude exploratoire que DenisMarchand a menée avec DenisGiguère, de l’IRSST, combinaittrois approches : ergonomie, biomécaniqueet kinanthropologie.Les chercheurs ont observé et décortiquéquelques-unes des tâchesqu’accomplissent régulièrement lesmécaniciens, les peintres et les carrossiers,afin d’en déterminer les caractéristiquesbiomécaniques (durée des gesteset postures de travail, poids des outils,moments de force sur les articulations)susceptibles de conduire à l’apparitionde TMS aux membres supérieurs.12 garages, 35 travailleursDenis Giguère et Denis Marchand sontdonc allés sur le terrain, grâce à la collaborationde 12 garages et ateliers dela grande région montréalaise. Au total,35 travailleurs ont accepté de se prêterau jeu, c’est-à-dire de « vivre » un certaintemps sous l’œil des chercheursafin que ceux-ci puissent avoir accès àla très grande variabilité des gestesqu’ils font pour accomplir leurs tâches.« On est loin ici de l’uniformité gestuellePhoto : iStockphotoque l’on constate sur une chaîne demontage et de la simple mesure biomécaniquequi en résulte souvent, expliqueDenis Marchand. Dans une PME, mécaniciens,peintres ou carrossiers présententune grande variabilité de gesteset de postures, lesquels varieront encoreselon l’âge, la force musculaire, voire lastratégie de travail. »Une dizaine de tâches jugées « àrisque » de TMS-MS ont donc été cibléesconjointement par un comité desuivi paritaire, des conseillers d’Autopréventionet l’équipe de recherche.Parmi ces tâches, on trouve notammentle travail sous le capot (particulièrementdans la partie arrière du moteur) et sous20 Prévention au travail Automne 2010


musculo-squelettiquesles peintres et les carrossiersToute posture avec les bras plus hautsque les épaules est contraignante. Ladurée du maintien et la masse de l’outilou de la pièce augmentent considérablementla durée de la force exercée auniveau de cette articulation.le véhicule, le service des pneus, lesbranchements électriques sous le tableaude bord, le ponçage de la carrosserieet la peinture avec atomiseur. Pourbien refléter la variabilité des gestes etdes stratégies de travail, il a été décidéque, pour chacune des tâches retenues,cinq situations différentes seraient observées.Au total, les chercheurs ont observéet capté 46 séances de travail survidéo. L’âge des travailleurs, tous deshommes, variait de 25 ans à 45 ans. Ilsavaient entre un et 30 ans d’expérience.Le poids de l’outil :non prédominantDès le départ, les chercheurs ont découvertque chacune des tâches étudiéesaffichait son propre profil de risqued’apparition de TMS aux membres supérieurs.« Les épaules sont les plusà risque, en particulier en raison delongues périodes de maintien des brasplus hauts qu’elles », dit M. Marchand.Les poignets sont également très sollicitésau cours de certaines tâches ;durant l’étude, ils ont rarement été observésen position neutre.Les chercheursont aussi démontréque ce n’estpas tant une postureou un outildonné qui peutconstituer un risqued’apparitiond e T M S , m a i sl’obligation degarder certainespostures pendantde longues périodes,en particulierau niveaude l’épaule. Et ce,même si le travailleurtient unoutil léger. « Touteposture avec les bras plus hauts queles épaules est contraignante, poursuitle chercheur. Si vous ajoutez la duréedu maintien et la masse de l’outil oude la pièce, cela augmente considérablementla durée de la force exercéeau niveau de cette articulation. »Le poids des outils dans l’apparitiondes TMS n’est donc pas un facteur derisque prédominant. Si l’on excepte lespièces les plus lourdes que les mécaniciensmanipulent – jusqu’à 22 kilospour un pneu de camion monté surExécuter destâches au basd’un véhiculenécessitel’adoptionde posturescontraignantesquicontribuentà l’apparitionde troublesmusculosquelettiques.Photo : Mario BélislePhoto : iStockphotoune jante –, la masse moyenne des outilspneumatiques (clés à chocs, clésà rochet, principalement) utilisés dansce secteur est d’environ 1,5 kilo, alorsque celle des outils électriques, commeles cireuses et les polisseuses, est de3,75 kilos.Cependant, dans plusieurs situations,« les pièces à atteindre sont éloignéesdes zones où le travailleur peutprendre appui, soulignent les auteurs.Ainsi, travailler sous le capot, dans lasection arrière du moteur, exige des posturescontraignantes pour les épaules,car pour faire ce travail, les bras setrouvent presque à l’horizontale, avecd’importants angles de flexion par rapportau tronc. Pour pouvoir atteindreces endroits, les mécaniciens doiventsouvent combiner des flexions très prononcéesdes épaules et du tronc. Pendantle maintien prolongé de tellespostures, les travailleurs observés ontdit ressentir de l’inconfort au niveaudes muscles responsables de la flexionou de l’abduction des épaules. »Haute précision :« anesthésiant » de la douleurOn pourrait croire que la pénibilitéd’une tâche, c’est-à-dire la perceptionde l’effort découlant des contraintes,Automne 2010Prévention au travail21


Rechercheà l’IRSSTPhoto : iStockphotoagirait sur le travailleur comme uncran d’arrêt, protégeant ainsi le systèmemusculo-squelettique. Or, dans lecas de six des dix tâches étudiées, laperception de l’attention requise pourles réaliser était supérieure à la perceptionde l’effort. Il semble que, tropoccupé à maintenir sa position pourbien effectuer ses tâches, le travailleuren arriverait à « perdre » le sens desa douleur et à outrepasser sa capacitémusculo-squelettique. Denis Marchandexplique la chose en donnant l’exempledes hygiénistes dentaires chez lesquellesil a également étudié la question desTMS-MS : « Celles-ci voyaient leurscontraintes musculaires augmenter deplusieurs crans parce qu’elles devaientmaintenir des positions statiques ethyperprécises, ce qui élevait leur chargemusculaire. Dans le cas qui nous occupe,le travailleur armé du pistolet àpeinture – où l’hyperprécision est demise – vit un stress musculaire analogue,surtout s’il doit maintenir unecertaine position statique au-dessus deses épaules ou éloignée de son corps. »Les résultats de l’étude ont d’ailleursindiqué que certaines activités despeintres peuvent représenter « un effortmusculaire statique pouvant atteindrejusqu’à 30 % de la capacité maximaledes muscles, selon l’orientation de lasection à peindre et la quantité de peinturecontenue dans le réservoir ».Si l’hyperprécision joue un rôled’anesthésiant de la douleur, la variabilitédes forces de chaque personneentre aussi en ligne de compte. La variationdans la force musculaire produitepermettrait d’expliquer pourquoi,Trop occupé à maintenirsa position pour bien effectuerses tâches, le travailleuren arriverait à « perdre »le sens de sa douleuret à outrepasser sa capacitémusculo-squelettique.dans certaines situations, des travailleursdoivent développer et utiliser desstratégies différentes afin de produirecelle qui est requise pour exécuter leurstâches.Ainsi, les chercheurs ont constatéque des travailleurs avaient créé leurspropres méthodes pour réduire le stresspostural. « On a observé un travailleur,dans la soixantaine, qui accomplissaitsa tâche de polissage différemment desautres, poursuit Denis Marchand. Iltraînait avec lui un petit banc sur lequelil s’asseyait au moment de polir lebas des portes du véhicule, lesquellesrecèlent une pente négative obligeantà adopter une posture contraignante.Dans son cas, la position assise faisaiten sorte que sa cuisse devenait le soutiende son coude. Très stable, il poussaitégalement sur son coude avec sacuisse de manière à créer une pressionpositive sur son outil. » Sans s’enrendre compte, ce travailleur avait toutoptimisé : il avait trouvé une façon defaire qui allait jusqu’à donner auxchercheurs des pistes précieuses envue de la création d’un programme deprévention efficace.Travailler sousle capot d’unevoiture, particulièrementdans la partiearrière dumoteur, figureparmi lestâches jugées« à risque »de troublesmusculosquelettiquesaux membressupérieurs.À l’insoluble, nul n’est tenu…« Cette recherche a permis de démystifierun problème – l’apparition des TMSdans notre secteur d’activité – qu’oncroyait insoluble, dit Jocelyn Jargot, del’ASP Autoprévention. C’est dire à quelpoint une recherche de ce type peut nouspermettre de changer d’optique. Des aspectspratiques se dégagent maintenant,qui nous permettront d’élaborer des méthodesde travail plus ergonomiques,basées sur des données probantes. »Effectivement, Autoprévention disposedésormais de diverses données,dont une synthèse des caractéristiquesergonomiques de l’outillage mécaniqueet un bilan sur les TMS aux membressupérieurs, qu’elle pourra utiliser pourélaborer des moyens de prévention et deformation dans le secteur des servicesautomobiles. PTLuc DupontPour en savoir plusMARCHAND,Denis, DenisGIGUÈRE.Les risques detroubles musculosquelettiquesauxmembres supérieursdans le secteur desservices à l’automobile– Étudeexploratoire, Rapport R-645,107 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-645.pdfMARCOTTE, Pierre, Rémy ODDO,Jérôme BOUTIN, Rémi BOILLEY,Hugues NÉLISSE, Paul-Émile BOILEAU,Pierre DROUIN, Christian SIRARD,Renaud DAIGLE. Industrie de laréparation automobile – Caractérisation dubruit et des vibrations émis par les outilsportatifs, Rapport R-554, 111 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-554.pdf« Outils portatifs bruyants et vibrants –L’industrie de la réparation automobile ales solutions en main », Prévention autravail, vol. 22, n o 2, p.17-20.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/fr/prev/V22_02/17-20.pdfPour commentaires et suggestions :magazine-prevention@irsst.qc.ca22 Prévention au travail Automne 2010


Conception d’installations industriellesPoint de départDans une étude précédente sur la pratiqued’ergonomes et de préventionnistesdans un projet de conceptiond’une aluminerie, les chercheurs ontnoté à la fois des facteurs favorables àl’intégration des aspects de santé, desécurité et d’ergonomie et des obstaclesà cet égard. L’entreprise était pourtanthabituée à considérer les situations detravail dans ses activités de conception.Il fallait donc comprendre la pratiquedes ingénieurs et d’autres concepteursde même que ce qui détermine leur propensionà travailler avec une approcheergonomique.Des ergonomess’immiscentdans le mondedu génieResponsablesFernande Lamonde 1 , Jean-Guy Richard 2 ,Lyse Langlois, Julie Dallaire et AlainVinet, de l’Université Laval.PartenairesDeux entreprises de dimension internationalemenant des activités au Québec(l’une dans le secteur de la productionet l’autre en génie-conseil), l’IRSST, laCSST, l’Ordre des ingénieurs du Québecet l’Association des ingénieurs-conseilsdu Québec.RésultatsLes chercheurs ont cerné les déterminantsdu travail de l’ingénieuren situant celui-ci dansson contexte organisationnel etinstitutionnel. Ils formulent plusieursrecommandations pouraméliorer le processus et l’efficacitédes activités d’intégrationde l’ergonomie à la conceptiond’une installation industrielle.Utilisateurs potentiels 2Les dirigeants d’entreprise, les gestionnairesde projets de conception et deconstruction, les responsables de l’exploitation,les ingénieurs, les concepteurs,les ergonomes et les préventionnistes.Pour que l’intégration des préoccupationsergonomiques puisse seréaliser dès la conception d’installationsindustrielles, il faut que l’ergonomiesoit perçue comme une expertisecontribuant à parfaire le rendement etla sécurité des lieux, et non comme un1ajout contraignant au processus ;ainsi que comme une approche indirectedes risques pour la santé etla sécurité du travail (SST), complémentairemais différente desanalyses de risques traditionnelles.D’une vision fragmentéeà une vision globaleDaoud Aït-Kadi est professeur titulaireau Département de géniemécanique de l’Université Laval,responsable du démarrage duprogramme de génie industriel àcette institution et directeur du programmede 2 e cycle de cette discipline.Il était membre du comité de suivi decette recherche. Il raconte : « Au stadede la conception, la prise en comptedes risques pouvant résulter de lafabrication, de l’installation, de l’exploitation,de la maintenance, de larécupération et du recyclage de produitsen fin de vie est une pratique quis’impose de plus en plus. Cette façonde faire repose sur une vision globaleet sur la collaboration des différents« Quand nos partenaires d’entreprisesinvestissent pour construireune usine, ils veulent quecelle-ci soit fonctionnelle dès sondémarrage ; ils ne veulent pasavoir à faire des corrections importantespendant les six premiersmois de son exploitation. »intervenants pour reconnaître lesrisques et prendre les mesures appropriéespour les éviter. Il s’agit d’uneapproche proactive qui vise à améliorernon seulement les caractéristiquestechniques de l’équipement, mais égalementà assurer son installation, sonexploitation et sa maintenance d’unemanière efficace et sécuritaire. »Selon la responsable du projet,Fernande Lamonde, ergonome et professeureau Département des relationsindustrielles de l’Université Laval, « auQuébec, l’ergonomie a une image d’outildédié à la SST, en particulier àl’aménagement physique des postesde travail, et visant essentiellement àéliminer un type de problématique,les troubles musculo-squelettiques. Jesuis toujours restée plus proche d’uneergonomie centrée sur les activitésAutomne 2010Prévention au travailPhoto : iStockphoto23


Rechercheà l’IRSSTenglobant tous les aspects du travailréel des opérateurs, la productioncomme la maintenance, les façons defaire en rapport avec l’efficacité opérationnelleet la SST. Tous les aspectsdu fonctionnement humain sont évalués: cognitifs, physiques et psychologiques».« Il est beaucoup plus facile de“vendre” l’ergonomie comme une approchequi permet de produire desspécifications de conception optimiséespour la sécurité et le rendement,ajoute la chercheure. Nos partenairesd’entreprises y sont très intéressés.Quand ils investissent pour construireune usine, ils veulent que celle-ci soitfonctionnelle dès son démarrage ; ilsne veulent pas avoir à faire des correctionsimportantes pendant les sixpremiers mois de son exploitation. »L’étude a réuni plusieurs collaborateurs,dont des chercheurs enéthique, en sociologie, en droit et eningénierie, en plus du comité de suivi,lui-même composé de partenairesde la CSST, de l’Ordre des ingénieursdu Québec, de l’Association desingénieurs-conseils du Québec et dereprésentants de la recherche et del’enseignement. C’était complexemais en même temps intéressant denous astreindre nous-mêmes à cettecontrainte de multidisciplinarité danslaquelle l’ingénieur doit aussi évoluer.– Fernande Lamonde.Les auteurs soulignent en outrel’importance de favoriser uneapproche de coconception réaliséepar les services de projet, encollaboration avec les services del’exploitation, chacun ayant sesresponsabilités : l’un est gardiende la logique du projet et l’autre,de la logique d’exploitation.Faire le lienIl s’agissait donc de trouver le moyend’allier le monde de l’ergonomie à celuide l’ingénierie. En concentrant auparavantleurs travaux sur la pratique desergonomes, les chercheurs en venaientà dire aux entreprises : voici ce que lesergonomes ont à vous offrir. « Mais,poursuit Fernande Lamonde, même sil’ingénieur connaît très bien ses obligationslégales et professionnelles etmême s’il souhaite concevoir des systèmesà la fois efficaces et sécuritaires,qui correspondent à ses valeurs, la recherchemontre qu’il dispose de peud’outils pratiques et de connaissancespour intégrer les principes de l’ergonomiedans sa conception. Cette étudenous a menés à cerner comment onpeut aider l’ingénieur dans son travail. »Ainsi, il importe d’intégrer l’ergonomieaux étapes et aux processus deconception existants. Il faut s’assurerque l’information nécessaire soitdisponible, sous la forme de spécificationssolides, claires et adaptéesà l’avancement du projet, à toutesles étapes de la conception, pour lePhoto : iStockphotobénéfice de l’entreprise. Les conditionsdans lesquelles l’ingénieur travaille dépendentde la gestion du projet, qui,elle, relève de la gestion de l’entreprise.Le principal apport de l’étude estd’avoir démontré dans quel sens influencerces conditions au bénéfice duprojet et de l’entreprise.Les recommandations du rapportpublié par l’IRSST s’adressent aux gestionnaires.Elles leur indiquent sur quoiagir, notamment les valeurs de l’organisation,la définition des objectifs duprojet, des rôles et des responsabilitésdes équipes du projet et de l’exploitation,la formation et les outils permettantla prise en compte des situationsde travail des opérateurs. Les auteurssoulignent en outre l’importance de favoriserune approche de coconceptionréalisée par les services de projet, encollaboration avec les services de l’exploitation,chacun ayant ses responsabilités: l’un est gardien de la logiquedu projet et l’autre, de la logique d’exploitation.De la recherche à l’applicationdes connaissancesJean-Guy Richard est ingénieur, consultantet professionnel de recherche souscontrat à l’Université Laval. Il a travaillépendant 17 ans dans l’équipe d’ergonomiede l’IRSST. « On commence àconnaître pas mal de choses sur l’ergonomiede conception, pas mal plus quece que l’industrie et l’entreprise ont intégréà leurs pratiques à ce jour, affirmet-il.Par le passé, il y a eu beaucoupd’efforts de transfert de connaissancesvers les ergonomes et les professionnelsde la SST. Maintenant, notre objectifest d’aller parler aux utilisateurs, auxgestionnaires d’entreprise, de projet etd’exploitation ainsi qu’aux ingénieursconcepteurs. Cela nous a amenésà proposer à l’IRSST, non pasd’autres projets de recherche,mais de petits projets de transfertde connaissances. »Ainsi, différentsoutils seront conçusen collaboration avecle Service de valorisationde la recherche etdes relations avec lespartenaires de l’Institut.Un argumentaireparaîtra donc bientôtpour expliquer ce quesignifie « prendre en24 Prévention au travail Automne 2010


compte les activités de travailen conception » et pourquoi ilest important de le faire. Cetoutil s’adressera à trois publics: les gestionnaires donneursd’ouvrages, c’est-à-direles dirigeants d’entreprise quilancent un projet ; les maîtresd’œuvre, soit ceux qui réaliserontle projet ; et les gestionnairesde l’exploitation. Ilproposera des capsules vidéooù des gens d’entreprise témoignerontde leurs pratiques et deleur expérience dans le domaine. Lesintéressés pourront également téléchargerune brochure d’accompagnement.« Une fois qu’on les aura convaincus,il va falloir se préparer à répondre àdes questions sur le “comment faire” etsur les outils à utiliser », poursuit Jean-Guy Richard, indiquant qu’un projetd’élaboration d’un guide de pratiquessera mis en branle l’hiver prochain.« Nous nous sommes aussi demandécomment améliorer les compétencesdes ingénieurs. Dans les universités biensûr, mais également dans le contexted’activités de formation continue. Cesont des projets sur lesquels nous aimerionsnous pencher. » PTLoraine PichetteLes chercheurs travaillent actuellementsur un argumentaire pourexpliquer ce que signifie « prendreen compte les activités de travail enconception » et pourquoi il est importantde le faire. Cet outil s’adresseraprincipalement aux donneurs d’ouvrages,aux maîtres d’œuvre et auxgestionnaires de l’exploitation.Photo : iStockphotoDans le programmedegénie industriel,on s’intéresseà toutce qui concernela chaînelogistique,l’aspect réseau,par rapport àun produit, et l’on privilégiebeaucoup cette visionglobale. Je trouvais doncque c’était un milieupropice pour intégrer lesnotions de l’ergonomie deconception dans la formationde futurs ingénieurs.On va faire passer lemessage.– Daoud Aït-KadiPour en savoir plusLAMONDE,Fernande,Jean-GuyRICHARD,LyseLANGLOIS,JulieDALLAIRE,Alain VINET.La prise encompte des situations de travaildans les projets de conception –La pratique des concepteurs etdes opérations impliqués dans unprojet conjoint entre un donneurd’ouvrage et une firme de génieconseil,Rapport R-636, 145 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-636.pdfLAMONDE, Fernande, PhilippeBEAUFORT, Jean-Guy RICHARD.La pratique d’intervention en santé,en sécurité et en ergonomie dansdes projets de conception – Étuded’un cas de conception d’une usine,Rapport R-318, 95 pages.Téléchargeable gratuitement :www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-318.pdfL’IRSSTcollaborateurdu BITLe Bureau internationaldu travail (BIT) a accueilli l’IRSSTdans son réseau des Centres internationauxd’informations de sécuritéet de santé au travail (CIS), en tantque Centre de collaboration pour leCanada.Fondé en 1959, le CIS recueilletoute l’information pertinente sur laSST publiée dans le monde, et ce,sans égard au type de présentation età la langue. Son bulletin bimestriel,Santé et sécurité au travail, publiel’information nouvelle qui s’ajoute àla base de données de l’organisme.Le CIS publie également des textesintégraux présentant de l’informationpratique sur des sujets liés à laSST, tout en continuant de fournirdes renseignements généraux en lamatière, accessibles au moyen derecherches personnalisées dans sabase de données.Le principal objectif du CIS estd’offrir un service de collecte et dediffusion d’information sur la préventiondes accidents et des maladiesprofessionnels à l’échelle internationale.Plus de 120 organismes nationaux(centres nationaux et centresde collaboration) abordant les questionsde SST propres au pays danslequel ils sont établis collaborentavec le Centre.Dans la lettre confirmant l’affiliationde l’Institut au CIS, le BIT écritque « la présence et l’influence del’IRSST sont reconnues mondialementdepuis 30 ans dans la communautédes préventeurs. Nous sommesdonc honorés de compter l’IRSSTdans le réseau des Centres CIS etnous nous félicitons par avance decollaborer avec vous au développementde notre réseau mondiald’institutions dédiées à la collecteet à la diffusion d’informations dansle domaine de la SST ». PTJacques MillettePour commentaires et suggestions: magazine-prevention@irsst.qc.caPour en savoir pluswww.ilocis.org/fr/abcisilo2.htmlAutomne 2010 Prévention au travail25


Rechercheà l’IRSSTUne consultationPour une vision commune de la rechercheen adaptation-réadaptationDes experts qui discutent entre eux d’orientations de recherche, celase produit régulièrement. Que toutes les personnes qui interviennentdans de telles activités scientifiques se joignent à eux pour exprimerleurs besoins, voilà qui est plus rare. C’est pourtant ce qu’a réussi leRéseau provincial de recherche en adaptation-réadaptation (REPAR/FRSQ) en entendant 150 personnes sur le sujet. Prévention au travails’est entretenu avec Bertrand Arsenault, directeur scientifique duREPAR au moment où cette consultation a eu lieu et président ducomité d’orientation des États généraux en adaptation-réadaptationde 2009, que le réseau, le ministère de la Santé et des Services sociauxdu Québec et l’IRSST ont soutenu financièrement.partenaires pour investir dans cinq enjeuxprioritaires.Dans un deuxième temps, nous avonsréuni environ 150 personnes de tousles milieux et de toutes les professionsen leur donnant un objectif : réduire lenombre d’enjeux à 10. À partir de là,nous avons bâti un autre questionnairedans le but d’aller encore une foissonder l’opinion de l’ensemble de nosmembres sur la priorité à accorder àchaque enjeu, sur les problèmes qui lescomposent et sur les solutions possibles.[PT] Quelles priorités les partenairesont-ils retenues ?Photo : Dominique Desjardins, IRSSTBertrandArsenault estresponsabledu champ derechercheRéadaptationau travailde l’IRSST etprofesseurémérite àl’École deréadaptationde la faculté demédecine del’Université de Montréal. Il étaitdirecteur scientifique du REPAR/FRSQ lorsque les États générauxen adaptation-réadaptation ontété tenus en 2009.[Prévention au travail] Qu’estcequi a motivé le REPAR/FRSQ à tenirdes états généraux en adaptation etréadaptation ?[Bertrand Arsenault] Le réseaua démarré en 1994. En 2009, cela faisait15 ans que des chercheurs du milieuuniversitaire et leurs étudiants auxcycles supérieurs effectuaient de la rechercheen clinique, en collaborationavec les gestionnaires, les cliniciens etles patients des milieux hospitaliers.Nous nous sommes dit qu’il était tempsde prendre une pause et de demanderà tous ces collaborateurs ce qu’ils pensaientdes réalisations accomplies etcomment ils entrevoyaient l’avenir.Tous les acteurs du milieu étaientdonc conviés à nous faire part de leurvision : des chercheurs, des gestionnairesde soins, des cliniciens, commeles physiothérapeutes, les médecins, lepersonnel infirmier, les ergothérapeutes,les psychologues, les orthophonistes etles audiologistes, des décideurs, desétudiants des cycles supérieurs, des représentantsdes organisations de financement,du gouvernement, des centresde recherche, etc.La première retombée a justementété de constater l’enthousiasme desgens à pouvoir s’exprimer sur ce quileur paraissait important. Lorsque nousavons présenté les résultats de l’exercice,nos partenaires nous ont clairementindiqué qu’ils étaient intéressés àle poursuivre. C’est très motivant.[PT] Comment avez-vous réussià consulter tout ce monde ?[BA] Nous avons débuté par unepréconsultation, à l’aide d’un questionnaireen ligne, pour établir ce que chacunconsidérait comme étant les enjeuxprincipaux sur lesquels nous devrionsinvestir en recherche dans l’avenir.L’exercice a permis d’en identifier 15.C’était beaucoup trop, bien sûr. Comptetenu de nos ressources, nous pensionsêtre capables de travailler avec nos[BA] De façon générale, pour l’ensembledes répondants, c’est le financementqui est ressorti comme la priorité.Il faut dire que cela a un effet sur lesautres enjeux jugés prioritaires. Toutefois,si l’on observe les résultats en fonctiondu groupe consulté, on s’aperçoitque la question du financement n’a pasla même importance pour les chercheurset les étudiants, qui le classentau premier rang des préoccupations,que pour le groupe des cliniciens, desgestionnaires et des décideurs, quivoient plutôt le transfert de connaissancescomme étant l’enjeu principal,suivi du financement. Le transfertdes connaissances vient d’ailleurs enseconde position dans l’opinion des chercheurset des étudiants. Les autres prioritésétablies par tous les groupes sont,dans l’ordre : l’importance d’adopter unmode de recherche multidisciplinaireet interdisciplinaire, multicentrique, encontinuum de soins et de services, lamise en pratique d’interventions thérapeutiquesdont l’efficacité est documentéeet la nécessité d’avoir accès àdes outils de mesure standardisés.Continuum de soins et de services :soins et services dispensés en complémentarité,sans interruption, comprenantla prévention, les soins aigus etde réadaptation précoce, la réadaptationfonctionnelle intensive ainsi quela réintégration scolaire, sociale etprofessionnelle.26 Prévention au travail Automne 2010


inédite[PT] On voit bien l’intérêt decette consultation...[BA] En effet. Les cliniciens et lesgens du milieu hospitalier veulent avanttout que la recherche serve à quelquechose, qu’elle ait des retombées directessur leur travail. Ils souhaitent, entreautres, que nous leur donnions demeilleurs outils pour évaluer les patients,pour ensuite les guider vers desinterventions dont l’efficacité a été démontrée.C’est là que le transfert deconnaissances prend toute son importance.Tous les partenaires considèrentaussi important que la recherche soitréalisée en continuum de soins. Prenonsl’exemple d’un patient souffrant d’untraumatisme, qui entre en phase aigüe àl’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.Lorsqu’il est stabilisé sur le plan médical,on l’envoie à l’Institut de réadaptationGingras-Lindsay de Montréal pourune période de réadaptation intensive.On le dirige ensuite vers le Centre deréadaptation Lucie-Bruneau pour uneétape de réinsertion sociale. Voilà un patientqui passe par trois établissementsde santé. On voudrait connaître le degréde succès de la démarche appliquée,pour pouvoir améliorer l’efficacité dusystème dans le cadre du continuum desoins. Éventuellement, il serait primordiald’impliquer également les usagersdans le processus de consultation.[PT] Maintenant que vous avezles résultats, que comptez-vousfaire ?[BA] Nous avons de nouveau réuninos partenaires pour en décider. Questionde ressources et d’efficacité, nousavons décidé de débuter par les deuxenjeux les plus importants, soit le financementet le transfert de connaissances,et de créer une instance chargée degarder vivant l’intérêt des membres etde leur communiquer les résultats denotre travail. Professeure titulaire àl’Université de Montréal, Sylvie Nadeau,qui est aujourd’hui la directrice scientifiquedu REPAR/FRSQ, assure ainsi laprésidence du comité de suivi. CarolRichards, professeur titulaire à l’UniversitéLaval, préside le comité de financementqui nous fera des recommandationssur de nouvelles façons de financer la recherche.Quant au comité sur le transfertdes connaissances, présidé par LucNoreau, directeur du Centre interdisciplinairede recherche en réadaptation etintégration sociale (CIRRIS) du Québecet professeur titulaire à l’UniversitéLaval, il est déjà bien avancé dans sestravaux. Quand nous aurons en mainsles rapports de ces comités, avec leursrecommandations, il va falloir retournerauprès de nos partenaires pour lesconvaincre d’investir conjointementdans des initiatives structurantes.Le défi, maintenant, c’est de garderle dialogue ouvert. L’expertise et lesconnaissances de l’un enrichissentl’autre. En partageant leurs connaissances,les nouveaux professeurs etles nouveaux chercheurs contribuent àaméliorer la pratique des cliniciens qui,eux, alimentent les chercheurs et les professeursen connaissances et en questionnementdans un contexte où toutle monde est débordé, où l’on manquede ressources humaines et d’argent.Une chose est claire, pour améliorerles soins et les services, il faut générerde nouvelles connaissances à l’aide dela recherche. Par la suite, avec la participationactive des cliniciens, il faut implanterces nouvelles connaissances quinous permettront de bien évaluer les patients,de poser des diagnostics éclairésavec des outils éprouvés, de suivre lespatients dans leur réadaptation et d’évaluerles résultats. Ces connaissancesnous permettent également de pouvoirchoisir des interventions dont l’efficacitéest prouvée et documentée, le tout,idéalement, à des coûts moindres. PTLoraine Pichette100806040200ChercheursUniversitairesCliniciensGestionnairesDécideursÉtudiantsFinancementModesde rechercheTransfertde connaissancesInterventionsdocumentéesOutilsstandardisésParmi les dix enjeux présentés aux États généraux en adaptation-réadaptation,l’ensemble des répondants a jugé que le financement était prioritaire pour l’avenirde la recherche. Parmi les cinq autres enjeux jugés prioritaires, les répondants ontindiqué : le transfert de connaissances (71,2 %), la recherche multidisciplinaire etinterdisciplinaire, multicentrique, en continuum de soins et de services (65,9 %), lesinterventions thérapeutiques dont l’efficacité est documentée (63,3 %), et les outilsde mesure standardisés (46,9 %).Pour en savoir pluswww.repar.ca/admin/files/images/REPAR_EtatsGeneraux2009.pdfPour commentaires et suggestions :magazine-prevention@irsst.qc.caAutomne 2010Prévention au travail27


Rechercheà l’IRSSTBoursièreMarie-Michelle GouinUniversité LavalLes facteurs psychosociauxorganisationnelsqui influencent la réintégrationde travailleurs souffrantde douleurs chroniquesLe parcours scolaire de Marie-Michelle Gouinest inusité. Après avoir acquis un diplôme d’étudescollégiales en sciences de la nature, elle termine unbaccalauréat en psychologie à l’Université Laval.Sous la direction de Manon Truchon, elle entreprendensuite une maîtrise, puis un doctorat en relationsindustrielles, et s’intéresse au processus de retour enemploi des travailleurs aux prises avec des douleurschroniques. « Au cours de mes études, je me suisrendu compte que j’avais des intérêts pour la recherche,particulièrement celle qui a une portéesociale. C’est durant mon baccalauréat que j’aidécouvert la santé et la sécurité du travail, pendantun cours optionnel en relations industrielles. Je m’ysuis intéressée tout de suite. »Obstacles et facilitateurs« Aujourd’hui, le rôle des facteurs de risques psychosociauxet médicaux individuels sur l’incapacitéliée aux lombalgies est reconnu, explique Marie-Michelle Gouin. On sait, par ailleurs, que les lombalgiescoûtent cher à tous points de vue. Pour mapart, je souhaite décrire le processus de retour en emploi,plus spécifiquement les facteurs qui pourraientl’influencer de manière positive ou négative dans lemilieu de travail. Ainsi, dans ma thèse, je veux déterminer,entre autres, les obstacles et les facteurs organisationnelsqui facilitent le retour ou les tentatives deretour au travail. »Un questionnement en trois étapesDans le cadre de sa thèse, Marie-Michelle Gouin tenterade répondre aux questions suivantes : Quels sontles obstacles et les facilitateurs organisationnels duretour ou des essais de retour au travail ? Quel rôlejouent les facteurs psychosociaux de nature organisationnelledans le processus de réintégration autravail ? Comment les membres d’unprogramme d’intervention spécialiséprocèdent-ils pour résoudre lesproblèmes organisationnels dans leprocessus de réintégration en emploi ?D’ici peu, les participants serontrecrutés en collaboration avec l’Institutde réadaptation en déficiencephysique de Québec (IRDPQ). Ainsi,cinq à dix travailleurs québécoisindemnisés pour des douleurs chroniqueset participant à une interventionde réadaptation spécialisée prendront part auprojet de doctorat de Marie-Michelle Gouin. Lapartie de l’intervention qui se déroule dans le milieude travail sera le principal objet de son étude. Lesparticipants devront répondre à certains critères, notammentavoir la possibilité de retourner en emploidans la même entreprise.Un atout pour la préventionCe projet est novateur, car il permettra de mieuxconnaître les risques psychosociaux inhérents auxmilieux de travail, tant du point de vue du travailleurque d’un point de vue extérieur, c’est-à-dire celuides intervenants en réadaptation et d’autres acteursdans l’organisation. « Avec mes recherches, je souhaitemieux comprendre les facteurs organisationnels quivont faciliter le retour au travail ou, au contraire, l’entraver.Cela permettra éventuellement d’orienter plusefficacement les interventions en milieu de travailpour la réintégration des travailleurs atteints de douleurschroniques. Enfin, il faut voir qu’une meilleurecompréhension de ces facteurs permettrait aussi derenforcer les efforts de prévention primaire », conclutMarie-Michelle Gouin. PTBenoit FradetteLe programme de bourses de l’IRSSTMarie-Michelle Gouin est une des étudiantes qui bénéficient duprogramme de bourses d’études supérieures de l’IRSST. Celui-cis’adresse à des candidats de 2 e et de 3 e cycle ou de niveaupostdoctoral dont le programme de recherche porte spécifiquementsur la prévention des accidents du travail et des maladiesprofessionnelles ou sur la réadaptation des travailleurs qui ensont victimes.Un programme de bourse thématique existe également pourles champs de recherche Équipements de protection et Sécuritédes outils, des machines et des procédés industriels.Pour obtenir des informations sur le programme de boursesde l’IRSST, on peut téléphoner au 514 288-1551, écrire à :bourses@irsst.qc.ca ou visiter le site www.irsst.qc.ca.28 Prévention au travail Automne 2010


NouvellespublicationsToutes ces publications sontdisponibles gratuitement enversion PDF dans notre siteWeb. Elles peuvent aussi êtrecommandées par la poste. Lesprix indiqués comprennent lataxe et les frais d’envoi.Dépistage précocede l’incapacité chroniqueliée aux lombalgies –Élaboration et validationd’un questionnaireTRUCHON, Manon, MichelROSSIGNOL, MichelTOUSIGNANT, Marie-JoséDURAND, Marie-ÈveSCHMOUTH, Denis CÔTÉ,Rapport R-639, 72 pages, 8,40 $Bien que l’incapacité chroniqueliée aux lombalgies touche unfaible pourcentage de travailleurs,elle occasionne des coûtsmajeurs, tant sur le plan humainque financier. Une fois installé,ce phénomène complexe requiertdes interventions multidisciplinairescoûteuses. Les auteurs dece rapport ont élaboré un nouveauquestionnaire de dépistageprécoce de l’incapacité chroniqueliée aux lombalgies, fondé surun modèle conceptuel découlantd’une étude antérieure, et l’ontvalidé auprès de travailleurslombalgiques en arrêt de travail.Au moment d’entreprendre cetteétude, en 2004, seuls deux questionnairesde dépistage avaientété publiés et présentaient deslimites non négligeables.Les auteurs considèrent queleur questionnaire est fidèle etvalide, et qu’il pourrait constituerun outil efficace de dépistagedes travailleurs indemnisésen phase subaiguë de douleursusceptibles de vivre une situationd’incapacité prolongée.Toutefois, d’autres études sontnécessaires, selon eux, pourmieux établir l’utilité clinique decet outil. Ultimement, il pourraitservir notamment aux intervenantsde première ligne pourdépister les individus concernéset pour adapter des modalitésd’intervention en conséquence,ainsi que pour utiliser de façonplus efficiente les ressourcesexistantes en ce domaine.Sécurisation des pressesplieuses hydrauliquesDamien BURLET-VIENNEY,Sabrina JOCELYN, RenaudDAIGLE et Serge MASSÉ.Guide technique RF-634,32 pages, 8,40 $Ce guide a été conçu pour éclairerles entreprises sur les moyenspermettant de sécuriser lespresses plieuses hydrauliques,principalement par rapport aurisque de coincement et d’écrasementde l’opérateur de productionentre les matrices. Il metl’accent sur deux moyens deprotection récents : le rideauoptique de sécurité et le dispositifà faisceaux laser, et s’adresseà toutes les personnes qui participentaux décisions relativesà la sécurisation de pressesplieuses hydrauliques.La première partie du documentétablit certaines notions desécurité ainsi que le vocabulairelié aux presses plieuses hydrauliques.La partie suivante définitles variables de production dontil faut tenir compte pour choisirle moyen de sécurisation le plusadapté. Divers moyens poursécuriser les zones avant, arrièreet latérales sont ensuite expliqués.Abondamment illustré, ledocument propose égalementdes exemples de solutions adaptéesà des situations problématiquesen termes de sécurité sur cetype de presses.Les outils portatifs – Protégezvos oreilles et vos mainsBOUSQUET, Louis, PierreMARCOTTE, Fiche techniqueRF-648, 6 pages (PDF seulement)Les outils portatifs pneumatiquesgénèrent des niveaux de bruit etde vibrations qui, avec les années,peuvent causer la surdité et entraînerle syndrome de Raynaud.Cette fiche présente les niveauxde bruit et de vibrations émispar cinq catégories d’outils régulièrementutilisés dans les ateliersde réparation d’automobiles :meuleuse, ponceuse, clé cliquet,clé à impacts et marteau pneumatique.Les auteurs indiquent lesniveaux d’exposition au bruit etaux vibrations à ne pas dépasserpour différentes périodes detemps. Ils fournissent égalementdes recommandations pour travaillerde façon sécuritaire avecces outils ainsi que des référencespour ceux qui souhaitent obtenirdavantage d’informations sur lesujet.Conditions d’intégrationdes nouveaux travailleursdans le secteur minier :une étude exploratoireOUELLET, Sylvie, Élise LEDOUX,Esther CLOUTIER, Pierre-Sébastien FOURNIER, RapportR-650, 38 pages, 6,30 $Cette étude de cas, menée dansdeux entreprises minières, apermis de confirmer les défisde recrutement et d’intégrationdes nouveaux travailleurs queles entreprises doivent relever :l’une d’elles a dû renouveler72 % de sa main-d’œuvre de 2003à 2008. Des mesures (rencontresd’information, formation sur lasécurité et compagnonnage) ontété mises en place pour accueilliret intégrer ces travailleurs. Or,la transmission des savoirs demétier repose essentiellementsur les bonnes intentions et leshabiletés de communication destravailleurs expérimentés, ainsique sur les conditions de formationou de travail. Certaines deces conditions peuvent nuire àla transmission des savoirs, parexemple l’exiguïté des cabinesdes véhicules qui empêchel’accompagnement du nouvelopérateur. Par ailleurs, il n’estpas toujours facile pour lestravailleurs expérimentés deverbaliser certains de leurssavoirs devenus inconscients.Selon les auteurs, il serait nécessairede rendre visibles les savoirsque les travailleurs expérimentésont acquis et de favoriser leurverbalisation pour en faciliterla transmission. Il serait aussisouhaitable d’analyser en profondeurles conditions d’intégrationet de transmission des savoirsafin de proposer des pistes desolutions aux entreprises.Document d’informationpour la sélection des gantsde protection contreles risques mécaniquesDOLEZ, Patricia, KATAYOUN,Soulati, Chantal GAUVIN,Jaime LARA, Toan VU-KHANH,Guide technique RG-649,65 pages (PDF seulement)L’IRSST a mis en ligne un Guidede sélection des gants de protection(www.irsst.qc.ca/gants/fr/index.html) qui permet auxutilisateurs d’avoir accès à del’information rapidement.Le document d’informationPDF qui y est intégré offre uneprésentation des lois et desrèglements pertinents, du principedu contrôle des risques,surtout mécaniques, des typesde gants, des méthodes de fabrication,des matériaux, des différentsrisques et des méthodesde caractérisation contre lesagresseurs mécaniques. Il inclutégalement quelques exemplesde mises en situation qui facilitentl’utilisation du guide desélection.Marjolaine ThibeaultAutomne 2010Prévention au travail29


Rechercheà l’IRSSTRecherchesen coursSécurité des outils,des machines et desprocédés industrielsÉtude exploratoire sur lecadenassage dans le secteurdes affaires municipales(0099-8350)En septembre 2008, la CSST arévélé que six décès et plus de5 000 accidents ont lieu annuellementau cours de travauxd’installation, d’entretien et deréparation effectués sur desmachines mal ou non cadenassées.En raison de la naturedes tâches qu’ils sont appelésà exécuter et des équipementset des machines qu’ils utilisent,les travailleurs du secteur desaffaires municipales sontconcernés par le cadenassage.Ce secteur emploie près de80 000 personnes au Québec.Cette étude exploratoiredéterminera des situations detravail et des équipements pouvantnécessiter le recours aucadenassage et documentera lespratiques et les programmes àcette fin actuellement en usagedans le secteur des affairesmunicipales. Les résultatscontribueront à mieux outillerles organismes municipauxdésireux de rédiger ou de mettreà jour un programme de cadenassage,ainsi qu’à soutenir lestravaux de l’Association paritairepour la santé et la sécurité dutravail du secteur des affairesmunicipales (APSAM) sur cettequestion.Responsable : Yuvin Chinniah,École polytechnique de MontréalSubstances chimiqueset agents biologiquesDéveloppement d’uneméthode d’analysedes nitrosamines dans l’airpar la chromatographieliquide couplée à laspectrométrie de masse(0099-8530)Les N-nitrosamines forment unefamille de composés chimiquesrépandus dans les industries ducaoutchouc et dans celles quiutilisent des amines secondairespour la conservation et la transformationdu poisson et du cuir,entre autres. L’important travailde recherche des laboratoiresde l’IRSST depuis 2007 a permisde mettre au point une méthoded’analyse des nitrosamines dansl’air par phase gazeuse avec undétecteur d’azote phosphore(CG-DAP). Cependant, cette analyseprésente parfois des limitationsquant à la sensibilité et àla spécificité selon le milieu detravail.Les chercheurs veulent créerune méthode d’analyse sensibleet spécifique des nitrosaminesprésentes dans l’air en milieude travail en utilisant la chromatographieliquide couplée à laspectrométrie de masse. Parailleurs, ils feront une revue dela littérature et des essais enlaboratoire afin de déterminer laprocédure adéquate pour traiterles échantillons.Équipe de recherche : SimonAubin, IRSST ; Huu Van Tra, UQAMOptimisation de l’outilde calcul du temps de servicedes cartouches respiratoirespour les vapeurs organiques(0099-5080)Les travailleurs utilisent desappareils de protection respiratoirelorsque les concentrationsde polluants dans l’air mettentleur vie ou leur santé en danger.Munis d’un filtre en forme deboîtier ou de cartouche, cesdispositifs ont une durée de vielimitée qui dépend de plusieursfacteurs, tels que les caractéristiquesdes contaminants, leurconcentration, l’humidité del’air ambiant, ainsi que les particularitésdu charbon contenudans les filtres. Depuis plusieursannées, des chercheurs del’IRSST réalisent des études surla capacité de filtration des cartouchesrespiratoires et sur leurdurée de vie lorsqu’elles sontexposées à un polluant simpleou à des mélanges. Au coursd’un projet mené conjointementavec l’Institut de recherche surl’hydrogène (IRH), ils ont misau point un outil de calcul dutemps de service des cartouches,appelé Saturisk. En établissantla séquence de remplacementdes cartouches et des boîtiers,celui-ci permet une meilleuregestion des équipements deprotection respiratoire.Le présent projet vise àoptimiser et à enrichir cet outilen mettant à profit les donnéesprovenant d’un plus grandnombre de cartouches et decontaminants. Saturisk est disponiblesur le site Web de l’IRSST.Équipe de recherche : Jaime Lara,IRSST ; Richard Chahine, Institut derecherche sur l’hydrogène, UQTR ;André Dufresne, Université deMontréalTroubles musculosquelettiquesDéveloppement d’indicesradiologiques prédictifs dela chronicité des problèmesd’épaule chez les travailleurs(0099-8250)Les lésions aux membres supérieursreprésentent près de 23 %des atteintes professionnelles etplus de 50 millions de dollarssont déboursés annuellementpour des plans de réadaptationindividualisés. Parmi les problèmesque les cliniciens et lesscientifiques soulèvent, il y a ladifficulté d’établir un pronosticclair sur le risque d’avoir deslimitations fonctionnelles importantes,à la suite d’une lésion àl’épaule. Par exemple, certainstravailleurs ayant des blessuresdiagnostiquées au moyen d’imageriepar résonance magnétique(IRM) ont peu de limitations auxmembres supérieurs, tandis qued’autres, ayant subi des blessuressimilaires, sont incapables delever leur bras au-dessus de leurtête ou de mettre leur manteausans ressentir de grandes douleurs.Il serait dont primordialde disposer d’indices cliniquesfiables permettant de prédirele risque de chronicité d’uneblessure à l’épaule afin de proposerdes plans de réadaptationadaptés.Ce projet a pour but d’établirun indice radiologique quantitatifqui pourrait être corrélé avecle niveau fonctionnel des travailleursayant subi une blessure àl’épaule. Cet indice pourra êtreutilisé pour identifier les patientsdont la situation risque d’évoluervers un stade chronique, et quipourraient bénéficier d’une priseen charge thérapeutique mieuxadaptée.Équipe de recherche : NicolaHagemeister, ÉTS ; PatriceTétreault, André Roy et NathalieBureau, CHUM ; DominiqueRouleau, Hôpital du Sacré-Cœurde MontréalÉvaluation biomécaniquedes déterminants dela stabilité lombaire :une étude exploratoire(0099-8310)Les maux de dos touchent de58 % à 84 % des gens à un momentdonné de leur vie, ce qui enfait le plus important problèmede santé dans les pays industrialisés.Selon un rapport dela CSST publié en 2008, ilsreprésentent près de 30 % del’ensemble des lésions professionnellesindemnisées. Larégion lombaire est touchéedans 60 % des cas d’affectionsvertébrales survenues de 2004à 2007. Il est donc impératif decréer des outils de mesure valides30 Prévention au travail Automne 2010


et fidèles permettant de quantifierla présence de déficiencesou d’incapacités associées à cespathologies, ainsi que des modalitésde traitement efficaces pourfavoriser le retour au travail despersonnes atteintes.Cette recherche vise à implanteret à évaluer trois mesuresrelatives au contrôle musculairede la stabilité lombaire, à parfairele protocole d’évaluationafin d’adapter les paramètres destests et à recueillir des donnéespréliminaires pour de prochainesétudes. À la fin de ce travail, leschercheurs auront établi un protocoled’évaluation réalisable ence qui a trait à la difficulté destâches et à la tolérance de laclientèle visée, tout en offrantdes mesures valides et reproductibles.Les mécanismes d’actionque différents programmesd’exercices mettent en œuvre,et que cette activité aura permisde mesurer, feront l’objet derecherches futures.Équipe de recherche : ChristianLarivière, IRSST ; Denis Gagnon,Université de Sherbrooke ;Aboulfazl Shirazi-Adl, Écolepolytechnique de Montréal ;Robert E. Kearney, UniversitéMcGillRéadaptationau travailLes facteurs influençantle retour au travailde personnes ayantune dépression(0099-8360)Au Canada, les coûts associésaux soins de santé et à la pertede productivité attribuables auxtroubles mentaux s’élèvent àplusieurs milliards de dollarsannuellement. Parmi les troublesles plus communs, on comptela dépression majeure, dont l’incidenceà vie se situe entre 7 %et 9 % de la population adulte.Malgré l’émergence de programmesde retour au travaildestinés aux personnes atteintesde troubles mentaux, seule unefaible proportion de celles-ciréintègrent un emploi.L’objectif principal de cetteétude est d’évaluer auprès dequatre groupes d’acteurs clés(employeurs, supérieurs immédiats,représentants syndicaux ettravailleurs faisant une dépression)les éléments qui favorisentle retour au travail des personnesqui ont reçu un diagnostic dedépression majeure. Cette étudeévaluera les perceptions, lesexpériences et les actions desemployeurs, des supérieursimmédiats et des représentantssyndicaux vis-à-vis du retour autravail des personnes atteintesd’une dépression majeure. Cellesciseront aussi interviewéesquant à leurs perceptions, leursexpériences et leurs actionsdurant le processus de leurretour au travail.Les résultats permettront demieux saisir les composantes àconsidérer au cours du processusde retour au travail de cespersonnes et les meilleures interventionspour faciliter un retourdurable.Équipe de recherche : MarcCorbière, Université deSherbrooke ; Louise Saint-Arnaud,Université Laval ; Marie-JoséDurand et Marie-France Coutu,Université de Sherbrooke ; TaniaLecomte, Université de MontréalProjet-pilote pour ledéveloppement d’unedémarche « sentinelle »permettant de passer d’uneapproche individuelle deréadaptation à une approcheorganisationnelle deprévention des problèmesde santé mentale au travail(0099-8750)Les problèmes de santé mentalesont l’une des plus importantescauses d’absence du travail.Au cours des dernières années,plusieurs études ont révélé quela majorité des travailleurs quise sont absentés en raison deproblèmes de cette nature ontinvoqué les difficultés vécuesdans le cadre de leur travail pourrendre compte de la détériorationde leur état de santé. Il seraitdonc important d’orienter lespratiques de retour au travailvers la modification des facteurspsychosociaux qui influencentd’une manière négative la santémentale des travailleurs.Ce projet vise à déterminerles interventions organisationnellessur les facteurs psychosociauxqui pourraient favoriser leretour et le maintien en emploides travailleurs qui s’en sontabsentés en raison d’un problèmede santé mentale. De plus, il analyserales éléments qui favorisentou nuisent à l’implantation desinterventions organisationnelles.Sa réalisation permettra de passerd’une approche de réadaptationindividuelle à une approche deprévention organisationnelle.Équipe de recherche : LouiseSaint-Arnaud, Michel Vézina etPascal Paillé, Université Laval ;Catherine Briand, Université deMontréalBruit et vibrationsÉvaluation des alarmesde recul à large bandede fréquences (broadbandalarm)(0099-7180)Plusieurs accidents graves impliquantdes véhicules faisantmarche arrière sont enregistréschaque année. Il est donc primordiald’assurer la conceptionoptimale des signaux avertisseursde recul afin d’alerter les travailleurset de les aider à localiser levéhicule, tout en limitant la gênedue au bruit. Les avertisseurssonores présentent un avantagesur les signaux visuels puisqu’ilscaptent habituellement l’attentiondes individus. Toutefois, desaccidents peuvent survenir dansdes environnements de travailbruyants lorsqu’ils ne sontpas entendus ou sont ignorés.Récemment, un nouveau typed’alarme de recul a été mis aupoint en Europe et a fait sonapparition en Amérique du Nord.Cette alarme, qui repose surl’utilisation d’un bruit à largebande de fréquences, présenteraitplusieurs avantages, mais aucuneétude approfondie n’a encorepermis d’en évaluer la performanceen milieu de travail.Ce projet permettra de vérifiersi cette technologie améliorela détection et la localisation auditivedes alarmes des véhiculesfaisant marche arrière. Ses résultatsaideront les milieux detravail dans leur choix d’alarmesde recul pour assurer la sécuritédes travailleurs.Équipe de recherche : ChantalLaroche et Christian Giguère,Université d’Ottawa ; HuguesNélisse, IRSSTDiversEstimation des coûts deslésions professionnelles :une étude de faisabilitédans le secteur minier(0099-8570)Le secteur minier a connu unebaisse significative du nombrede lésions indemnisées cesdernières années. Toutefois, lafréquence des accidents et leurgravité en font un secteur encoretrès à risque. Étant donné quele plan triennal 2009-2011 del’IRSST cible les problématiquesliées à la santé et la sécurité dutravail dans le milieu minier,le Groupe de connaissance etde surveillance statistiques del’Institut a choisi ce secteur pourmettre à l’essai la méthode quisera retenue pour estimer lescoûts directs et indirects deslésions professionnelles.Équipe de recherche : MartinLebeau, Patrice Duguay etAlexandre Boucher, IRSSTMaura TomiAutomne 2010Prévention au travail31


Les accidentsnous parlentDéchargeélectriqueet explosionQue s’est-il passé ?Le 29 mai 2009, en fin de soirée, unélectricien compagnon et un apprenti serendent dans une tour à bureaux poury raccorder un dispositif d’alimentationstatique sans coupure. Ce dispositif permetde brancher des équipements surune batterie, lorsqu’il y a une panne decourant ou un transfert sur génératrice.La plupart des travaux doivent être exécutésdans un cabinet de grandeur restreinte.On y retrouve notamment desbarres omnibus près du sol et des barresomnibus verticales à un mètre et demidu plancher, aisément accessibles. Cesoutillages, en cuivre ou en aluminium,assurent la conduction de l’électricitédans l’appareillage électrique.L’électricien compagnon connaît leslieux. Il a exécuté des travaux dans cetimmeuble pendant une dizaine d’années.Les travailleurs mettent d’abord lesystème électrique hors tension. En débutde nuit, l’électricien compagnoncoupe le courant de plusieurs pièces desappareillages électriques, dont les barresomnibus au sol. Les travailleurs enlèventensuite les panneaux devant lesdisjoncteurs de 600 ampères et le panneaulatéral du cabinet. De cette façon,l’apprenti électricien a accès aux disjoncteursdirectement à l’intérieur ducabinet. Il s’installe sur les barres omnibusau sol. Le compagnon, toujours àl’extérieur du cabinet, monte sur un escabeauet passe six câbles à l’apprenti parune ouverture dans le haut du cabinet.L’apprenti dénude et courbe les câblespour les connecter aux disjoncteurs. Ilsne sont toutefois pas encore assez tiréspour être connectés. Le compagnonprend donc la place de l’apprenti à l’in-Un électricien travaillesous tension etmeurt électrocuté.térieur du cabinet tandis que ce derniergrimpe sur l’escabeau à l’extérieur de lapièce et redonne tous les fils à son chefd’équipe. Soudain, l’apprenti entendune importante déflagration. Son collèguevient tout juste d’être victime d’uneélectrocution, car il est entré en contactavec les barres omnibus verticales toujourssous tension. Les premiers secourssont appelés sur les lieux, mais l’électriciencompagnon ne survit pas à l’accident.Il avait 34 ans.Qu’aurait-il fallu faire ?Selon le Code canadien de l’électricité,« on ne doit procéder à aucune réparationou modification d’un appareillagesous tension, sauf s’il n’est pas possiblede déconnecter complètement cet appareillage». S’il s’avère techniquement impossiblede réaliser la mise hors tensionde toutes les pièces à nu dans l’appareillage,les mesures de prévention doiventêtre mises en application commel’énonce la norme CSA Z462-08, Sécuritéen matière d’électricité au travail. Deplus, l’employeur doit informer ses électriciensde l’obligation d’accomplir destravaux seulement sur des équipementshors tension et doit s’assurer que les travauxexécutés sur ses installations sontfaits en toute sécurité.Toujours selon le Code, les travailleursdoivent couper l’alimentation électrique,cadenasser l’installation et faire des testssur les différents éléments de l’appareillagepour s’assurer qu’aucun n’estélectrifié. Il faut rappeler fréquemmentaux travailleurs toutes les normes de sécuritéqui concernent leur métier, afinde maintenir leur vigilance. Le respectdes procédures de sécurité établies parles entreprises, de la Loi sur la santé etla sécurité du travail et du Code canadiende l’électricité peut aussi minimiserle risque d’électrocution. PTSophy Lambert-RacineNotre personne-ressource : André Turcot, ingénieuret chef d’équipe à la Direction générale dela prévention-inspection et du partenariat de laCSST.Illustration : Ronald DuRepos32 Prévention au travail Automne 2010


s Sulfure d’hydrogène : une questionde vie ou de mortCote DV-000455 – Durée 20 minutesAppelé gaz aigre, hydrogène sulfuré, acide sulfhydrique ou sulfured’hydrogène, le H 2 S est un gaz toxique utilisé dans les industriespétrolières, gazifières, minières et dans le traitementdes eaux usées. Sa dangerosité vient du fait qu’il est invisible,explosif et inflammable et qu’il est mortel à faible concentration,avant son seuil d’explosion.Bien qu’il soit soluble dans l’eau et dans l’huile, le sulfured’hydrogène perd sa solubilité s’il est agité ou chauffé, ce quiprovoque des émanations à forte concentration. De plus, il estcorrosif et dégage un produit dérivatif appelé sulfate de fer,inflammable en présence d’air, qui se retrouve dans lesconduits et la tuyauterie contenant du H 2 S.Ce DVD a donc pour objectif d’informer les travailleurs desprincipales caractéristiques et propriétés du sulfure d’hydro-Santéet sécurité en imagesl Manœuvres des chariots élévateurs :tous les mouvements conformesCote DV-000448 – Durée 26 minutesUne série de défis à relever font de la conduite d’un chariotélévateur un travail difficile et exigeant. Une seule erreurpeut entraîner le renversement du chariot, la chute de lacharge ou l’écrasement d’un collègue. C’est pourquoi il estessentiel que les caristes soient bien informés des risquesliés à la conduite des chariots élévateurs. C’est dans cetteoptique que ce DVD présente les principales mesures de sécuritéque les caristes doivent respecter. 1Le film présente d’abord de façon détaillée les facteursqui influencent la stabilité du chariot : surfaces inégales,charges élevées, virages exécutés avec une charge, inclinaisonde la charge, charge mal équilibrée. On insiste sur lesdangers liés à la conduite sur les pentes, les rampes et lesquais de chargement. Le DVD aborde également toutes lesquestions touchant la manutention des charges : levage,transport, gerbage et dégerbage. Il présente aussi les règlesgénérales de sécurité concernant la vitesse de conduite, lamarche arrière, la surveillance des piétons et la mise à l’arrêtdu chariot.Le DVD comprend des versions française, anglaise et espagnole.Il comprend également une section DVD-ROMcomportant une présentation PowerPoint et des notes deformation.Une production de Coastal Safety Environmental.1. Il est à noter que cette vidéo ne remplace pas l’obligation prévue dansle RSST en ce qui concerne la formation des caristes (article 256.3).gène, des effets sur la santé que cause l’exposition à ce gaz,des principaux types d’équipement de protection individuelleà porter pour s’en protéger et des premiers soins à prodigueren cas d’exposition.Une production de Coastal Training Technologies.s n Électricité statique : risquesd’explosion et mesures de protectionCote DV-000403 – Durée 15 minutesDes chaussures qui frottent sur un tapis, un vêtement qu’onenfile sont susceptibles de créer un phénomène de charge électriquede la personne. Au contact d’un élément métallique misà la terre, une étincelle peut se former et enflammer une atmosphèrede poussières explosibles.C’est ce que nous apprend ce DVD dont l’objectif est demontrer ce qu’est l’électricité statique, comment elle se formeet surtout, comment prévenir les explosions. On y explique lespropriétés électrostatiques des liquides, des gaz et des particuleslors d’un transvasement. On y apprend qu’une personneou une surface isolante chargée électriquement peut enflammerun gaz, des vapeurs ou des poussières combustibles.La prévention des explosions doit nécessairement incluredes techniques pour empêcher la formation d’atmosphère explosive(remplacement des produits, diminution des concentrationset ventilation) et la suppression des sources d’ignition. Lefilm insiste sur l’utilisation de matériaux conducteurs et de l’emploide la mise à la terre pour tous les équipements servant autransfert, au transport ou au transvasement de liquides.Une production de SuvaPro. PTAnne-Marie PicardModalités d’emprunt à l’audiovidéothèque de la CSSTLes documents annoncés peuvent être empruntés gratuitementà l’audiovidéothèque de la CSST. La durée du prêt estd’un mois. L’emprunteur peut passer prendre les documentsou les recevoir par courrier. La CSST paie les frais d’expédition,mais les frais de retour sont à la charge de l’emprunteur. Levisionnement peut aussi se faire sur place.Vous pouvez communiquer avec nous du lundi au vendredi,de 8 h 30 à 16 h 30.1199, rue De Bleury, 4 e étage, Montréal (Québec) H3B 3J1Tél. 514 906-3760 ou 1 888 873-3160 • Téléc. 514 906-3820@ documentation@csst.qc.cawww.centredoc.csst.qc.cal Information grand publics Information spécialiséen Avec document ou guide d’accompagnementAutomne 2010Prévention au travail33


Le Moulin à imagesUn spectacle aux risques insoupçonnésPar Valérie LevéeLes silos qui servent d’écran deprojection ne constituent pas un murde béton ordinaire. Situés sur le terminalcéréalier de l’entreprise Bunge du Canada,ils abritent des milliers de tonnes decéréales. « Quand les bateaux ou lestrains arrivent et que les travailleursprennent les céréales pour les ensiler, çadégage de la poussière, explique MarioBrien, et la poussière de céréales en suspensiondans l’air, c’est explosif. Ce n’estpas une raffinerie de pétrole, mais c’estdangereux quand même. » En conséquence,Ex Machina a dû collaboreravec l’entreprise Bunge et adhérer auxmesures de sécurité extrêmement strictesqui encadrent tous les travaux à l’intérieuret aux abords des silos. Ainsi, lestravailleurs doivent se conformer à uneprocédure de circulation permettantd’enregistrer tous les déplacementspour que l’on sache qui est où en casd’urgence. Ils ont aussi suivi une formationsur les objets ou matériaux autorisésà entrer dans le terminal. En particulier,il fallait éviter tout ce qui peut générerdes étincelles ou dégager de la chaleur.« On n’entre pas avec un cellulaire ouun trousseau de clés », illustre MarioBrien. On conçoit donc que la Bunge aiteu quelques réticences quand il s’est agid’installer des appareils d’éclairage oudes lasers qui dégagent de la chaleur. ExMachina a dû opter pour des projecteursrépondant aux normes IP66 àl’épreuve des intempéries et de l’infiltrationde la poussière. Quant aux lasers,la Bunge a exigé des analyses indépendantespour connaître la densité depoussières dans l’air et déterminer lerisque d’explosion en fonction de latempérature générée par les lasers.L’Institut national d’optique a mené cesanalyses et assuré que les lasers ne dé-En 2008, Robert Lepage et Ex Machina nous offraient une fresquehistorique de la ville de Québec projetée sur un écran gigantesque.Les spectateurs ont été plus que séduits, le maireLabeaume aussi probablement puisqu’il a reconduit le contratpour cinq ans. Massée sur les quais, la foule s’abreuve au fleuved’images et s’enthousiasme pour cette performance technologique.Elle est loin de soupçonner la complexité des risques et lamultitude des mesures de sécurité qu’il a fallu déployer pourprésenter un tel spectacle. Lors du congrès de l’Associationquébécoise pour l’hygiène, la santé et la sécurité du travail quis’est tenu à Lévis en mai dernier, Mario Brien, directeur de laproduction d’Ex Machina, a dévoilé l’ensemble des mesures desécurité qui sous-tendent cette projection hors norme.« Le Moulin à images, c’est plus de risques à gérer que pour unautre spectacle », prévient-il.gageaient pas suffisamment de chaleurpour présenter un risque d’explosion.L’ensilage des céréales entraîne unautre type de risque, l’exposition à desgaz toxiques. En effet, la Bunge doitprocéder à des fumigations pour assurerla qualité sanitaire des céréales. « Ilfaut souvent se munir d’un détecteurde gaz et ne pas accéder aux lieux si lateneur en gaz est trop élevée », expliqueMario Brien.Un écran démesuréL’écran sort aussi de l’ordinaire par sesdimensions. Avec ces 81 silos, il mesure600 m de long sur 40 m de haut. « Quandon a présenté le Moulin à images en2008, on s’est aperçu qu’un spectacle decette ampleur n’avait jamais été réaliséet on a obtenu le record Guiness pourla plus grande projection architecturaleau monde. »Spectacle multimédia, le Moulin àimages intègre aussi, en plus de la projection,une série de systèmes d’éclairageet d’effets spéciaux qu’il fautinstaller sur le toit de l’établissement dela Bunge. Des échelles et des échafaudages,interdits au public, permettentaux employés d’accéder au bâtiment.Or, fait remarquer Mario Brien, « c’estpeu commun dans le monde du spectaclede travailler à 40 m de hauteur ». Lestravailleurs sont donc formés au travailen hauteur et à l’utilisation des lignesde vie qui ont été installées. Celles-cisont reliées à des embases de béton parun absorbeur de choc pour amortir uneéventuelle chute. Les travailleurs sontéquipés d’un baudrier complet, d’unelonge reliée à la ligne de vie et d’uncoulisseau pour arrêter la chute. Letout est approuvé par des ingénieurs.Ex Machina a également établi une34 Prévention au travail Automne 2010


mesures de sécurité concernant le travailen hauteur sont en vigueur. Cestours abritent un coûteux matériel deprojection qu’il faut protéger de lafoudre. On se doute que pour parer lesrisques d’incendie dans les silos, laBunge avait elle-même équipé le terminald’un paratonnerre, mais sa protectionne s’étend pas aux tours deprojection qui ont donc dû en être égalementéquipées.silos pour rehausser la restitution desincendies qui ont ravagé Québec auXIX e siècle. L’effet est tellement réussique « le Service de protection contrel’incendie recevait des appels à proposd’un feu sur la Bunge », évoque MarioBrien. Ex Machina doit donc coordonnerson action avec le service municipalet donner l’heure exacte à laquelle sontproduits ces effets.procédure d’urgence avec le Service deprotection contre l’incendie de la Villede Québec. Les travailleurs forment deséquipes de deux et sont munis d’unwalkie-talkie pour communiquer, avec lacollaboration du Service de protection.En cas de chute, il est prévu que le travailleurvalide décrive le lieu de l’accidentet l’état de la personne accidentée,que les pompiers arrivent, déploient leséchelles et procèdent au sauvetage. « Ona eu une très bonne collaboration de laVille de Québec », tient à signaler MarioBrien. Outre les travailleurs, tous les appareilsinstallés sur le toit sont égalementmunis de câbles de sécurité.Les travailleurs sont formésau travail en hauteurOù sont les projecteurs ?Les yeux rivés sur l’écran qui envahitl’espace, les spectateurs oublient presquel’existence des tours de projectionpourtant érigées devant eux, entre lebassin Louise et le terminal. Installerces tours et creuser le réseau souterrainqui achemine l’alimentation électriqueet la fibre optique a nécessitébeaucoup d’excavations. Des firmesspécialisées ont réalisé des analyses dusol excavé pour en évaluer le niveau decontamination et éliminer celle-ci efficacement.Il fallait aussi vérifier que lanature du sol permettait d’édifier destours suffisamment stables pour la projectiondes images. En haut des tours,comme sur le toit du terminal, lesDes effets spéciaux risquésL’écran et les tours de projection sontprêts et les images peuvent défiler, amplifiéespar les effets spéciaux qui nesont pas sans risque.Le laser, déjà évoqué pour son risqued’explosion, comporte aussi des risquesde lésions optiques s’il est dirigé vers lafoule. Et s’il est dirigé vers le ciel, il y arisque d’altérer la vision des pilotesd’avion et de les éblouir. Le laser ne balaiedonc pas l’espace aléatoirement etsa trajectoire est rigoureusement calculée.À l’issue de ce calcul et en plus d’obtenirl’autorisation de la Bunge, ExMachina a dû demander une permissionà Transport Canada pour l’utilisationdu laser dans l’espace aérien.Transport Canada a accordé une courtefenêtre temporelle pour une région duciel strictement délimitée et tous lessoirs, l’aéroport de Québec avise les pilotesd’éviter la zone pendant l’utilisationdu laser. Conséquemment, lespectacle ne peut souffrir le moindreretard, faute de quoi le déploiement dulaser ne concorderait plus avec la permissiondu ministère.Autres effets spéciaux, 24 générateursde fumée ont été installés sur lesUne foule à contenirTous les éléments du spectacle sont enplace. Il ne manque plus que la foule.Entre 6 000 et 10 000 personnes envahissentles quais chaque soir et commepour tout regroupement de foule, certainesmesures doivent être prises pour restreindreles accès aux lieux dangereuxet prévoir un plan d’évacuation.Pour améliorer la qualité de l’image,les réverbères entre le bassin Louise etles silos sont éteints pendant le spectacle.L’obscurité ambiante pouvant provoquerquelque accident, l’accès au pieddes silos est interdit au public. Les spectateurssont plutôt invités à s’installerdans les zones sonorisées pour vivrel’expérience pleinement.Quant à l’évacuation du lieu, elle aété planifiée en concertation avec laVille de Québec, le port de plaisance etle port de Québec.Finalement, les spectateurs pourrontcontinuer à profiter du spectaclejusqu’en 2013 sans se soucier de la sécurité.Tout est maîtrisé et si les silos dela Bunge disparaissent le soir, ce n’estpas pour cause d’incendie ou d’explosion,mais par la magie du Moulin àimages. PTPhotos : Ex MachinaPrévention au travail35Automne 2010


Les presses platinesUn accident qui fait bouger les choses…On retrouve différents types de presses dans plusieurs entreprises, principalement dans lesecteur de l’imprimerie. En fait, on estime qu’une entreprise sur trois dans ce secteur possèdeune presse platine à alimentation manuelle. Cette presse sert à la découpe à l’emporte-pièce(papier, carton ou plastique), à l’embossage et au débossage, à l’estampage à chaud et à lanumérotation par impression. Malheureusement, ces machines présentent plusieurs risquespour les travailleurs. Il est toutefois possible de rendre l’utilisation de presses platines sûre.Par Héloïse Bernier-LeducComme pour bien d’autresmachines, on doit s’assurer de maintenirla sécurisation des zones dangereusesdes presses platines, porter une attentiontoute particulière aux méthodes de travailet faire un entretien préventif desplus rigoureux. Prenez connaissance detout ce qu’il vous faut savoir pour comprendreles risques associés à l’utilisationdes presses platines.Autopsie d’un accidentUn accident mortel survenu en septembre2007, à Montréal, illustre bien lagravité des accidents pouvant survenirsur une presse platine. Ce jour-là, un travailleurs’affaire à découper du cartonsur une presse platine à alimentationmanuelle, qui fonctionne en mode automatique.Un carton tombe entre les deuxplatines. Le pressier appuie sur unebarre sensible qui sert à arrêter la presseau moment où celle-ci entre dans soncycle d’arrêt momentané. Pensant avoirstoppé définitivement la machine, il sepenche dans la presse par le côté, au momentoù la machine se remet soudain enmouvement et l’écrase mortellement.Alain Lajoie et Marc Ayotte, inspecteursde la Direction régionale deMontréal 2 à la CSST, ont fait enquête surce tragique accident. Selon eux, il auraitpu être évité. En effet, l’enquête a révéléque la conception du poste de travailpermettait au travailleur d’avoir accès àune zone de coincement, car il n’y avaitaucun dispositif de protection latéralesur la presse. De plus, la conception dusystème de freinage était déficiente etson efficacité n’avait jamais été vérifiée.Selon M. Lajoie, un test pour vérifier ladistance d’arrêt aurait permis de détecterqu’elle était d’un mètre, soit bien supérieureà la limite de 30 cm permise dansles normes. On aurait donc pu corrigerla situation avant qu’il ne soit trop tard.« La barre sensible mal réparée de lapresse et le manque de supervisionétaient aussi en cause », précise M. Lajoie.On avait remplacé les ressorts d’originepar des ressorts trop souples et, pourcompenser, on avait ajouté des piècesde carton sous la barre pour éviter lesarrêts provoqués par le démarrage de laplatine mobile. Lorsque le travailleur apressé la barre sensible, le système nes’est pas mis en marche correctement.Dans un premier temps, un dispositif deprotection latérale aurait dû empêcherl’accès à la zone de coincement. De plus,avec une supervision appropriée, le travailleuraurait utilisé la procédure dedéblocage qui consistait à stopper lamachine à l’aide d’une clef avant derécupérer le carton coincé sur lapresse, et appliqué une méthode decadenassage.Principaux dangersZone de coincement entrela platine mobile et laplatine fixeSurfaces chaudesRisques de brûlures lorsde l’estampage à chaud.Fonctionnement enmode temporisé(mode automatique)Risque de démarrageinattendu de l’équipement.Zone de coincement entrela platine mobile et le bâtide la machineZone de cisaillement entrele bras transporteur et laplatine mobileDes actions qui font la différence« Cet accident mortel a eu beaucoupd’écho. L’imprimerie est un petit milieuet ça a touché beaucoup de monde »,nous dit Marie Ménard, directrice généraleà l’Association paritaire de santé etde sécurité du travail, secteur imprimerieet activités connexes.« C’est un équipement très utilisé eton retrouve souvent de vieilles pressesqui ne respectent pas les normesd’aujourd’hui en matière de santé et desécurité du travail », signale M me Ménard.L’ASP Imprimerie a donc décidé desensibiliser les entreprises de son secteurpour qu’un accident de cette graviténe se reproduise pas. Elle a ainsipréparé une fiche qui présente les principauxdangers des presses platines.Cette fiche, qui a été transmise à toutesles imprimeries, figure toujours sur leAngles rentrantsformés par la courroied’entraînementPièces mobilesAccessibles à l’arrièrede la machine.Équipement soustensionRisquesd’électrocutionet d’électrisationRisque d’entraînement parla roue d’inertiePhotos : ASP imprimerie36 Prévention au travail Automne 2010


site Web de l’ASP. Élaborée en collaborationavec des chercheurs de l’IRSST,cette fiche est un outil en or pour faireconnaître les dispositifs de protectiondont les presses doivent être munies, demême que les autres précautions àprendre.Car il faut rappeler que les normesen matière de santé et de sécurité dutravail sont strictes pour les machinescomme les presses platines. « Depuis2005, la CSST mène un plan d’actionpour sécuriser les machines. Ses inspecteursvisitent les établissements et appliquentune politique de tolérance zéropour toutes les zones dangereuses accessibles», déclare Benoit Laflamme, ingénieuret conseiller à la Directiongénérale de la prévention-inspection etdu partenariat de la CSST. Depuis 2006,la CSST poursuit les fautifs lorsque lesinspecteurs constatent l’existence d’undanger lié à l’accès à des pièces en mouvement.À l’avenir, la CSST compte bienévaluer l’opportunité d’intenter unepoursuite pénale dans le but d’inciter aurespect de la Loi sur la santé et la sécuritédu travail et de ses règlements,lorsqu’une telle situation se présente surun lieu de travail.Les zones dangereuses sont nombreusessur une presse platine : zone decoincement entre les platines mobile etfixe, angles rentrants formés par lacourroie d’entraînement, pièces mobilesaccessibles par l’arrière de la machine,risque d’entraînement par la roued’inertie et zone de cisaillement entre leDispositifs de protectionFonctionnement temporiséUn témoin lumineux situé dansle champ de vision de l’opérateurindique que la pression fonctionneen mode temporisé.Protecteurs latérauxde la bordure en UEmpêchent l’accès à lazone dangereuse entre labordure sensible en U etla platine fixe.Barre de protectionSituée sur le devantde la presse, la barrede protection limitel’accès à la platinemobile et commandel’arrêt de la platinelorsqu’elle est activée.bras transporteur et la platine mobile.Sans parler des risques de brûlures surles surfaces chaudes ou celui d’électrisationou d’électrocution si les équipementssont sous tension pendant desmanœuvres de maintenance.« La première étape pour sécuriserune presse, c’est d’abord de s’assurerqu’elle répond aux prescriptions duRèglement sur la santé et la sécurité du travailen matière de sécurité des machines »,affirme M me Ménard. Ainsi, on s’assureque des dispositifs de protection empêchentl’accès aux zones de coincement,à l’aide de protecteurs fixes, de borduressensibles en U, de tapis sensibles, debarres de protection, de faisceaux laser,de rideaux optiques et plus encore. Lafiche de l’ASP imprimerie illustre biences différents dispositifs et explique lescaractéristiques de chacun. Le recoursaux normes est aussi utile, car elleséclairent sur les caractéristiques deséquipements. Ainsi, dans le cas despresses platines à alimentation manuelle,les normes ANSI B65.5-2006 SafetyStandard – Stand Alone Platen Presseset AFNOR 1010-5 Sécurité des machinesfournissent des informations précieusesen matière de sécurité.Si les dispositifs de protection sontindispensables et obligatoires, les entreprisesne doivent pas oublier que l’organisationdu travail, les conditions defonctionnement, l’application de méthodesde travail sécuritaires, la formation destravailleurs et les consignes de sécuritésont tout aussi importantes. ToutBordure sensible en UEncadre la platine fixe etcommande l’arrêt de lapresse lorsqu’elle estactivée.Protecteur fixeEmpêche l’accès auxpièces dangereuses tellesque la roue d’inertie, lemoteur, les courroies etles engrenages.Tapis sensiblesSitués au sol sur les côtésde la platine, les tapissensibles commandentl’arrêt de la platinelorsqu’une pression estexercée dessus.comme assurer l’application d’un programmed’entretien préventif. En cas dedéfaillance des dispositifs de protectionsur les presses comme sur d’autres machines,ce sont des éléments qui gardentle travailleur à l’abri des dangers.Rappelons que les conseillers del’ASP imprimerie peuvent aider les entreprisesà évaluer leurs presses et, sibesoin est, à établir des priorités quantaux modifications à faire en fonctiondes risques les plus évidents. Pour apporterles correctifs, les divers spécialisteset ressources – fournisseurs,manuel du fabricant et firmes-conseils– sont aussi d’une aide précieuse.En plus de soutenir les entreprisesdirectement dans leurs milieux, l’ASPoffre des formations, des plus généralesaux plus avancées sur la sécurité desmachines.Remonter à la sourceMentionnons qu’à la suite de l’accidentmortel, la CSST a rencontré les deuxplus importants fournisseurs de pressesplatines au Québec. Depuis, ces derniersne vendent que des machines conformesà la norme AFNOR 1010-5 et à la réglementation.Du côté de l’ASP, on constate aussiune évolution de la situation. Depuis ladiffusion de la fiche, « on en est à l’étapede prise en charge par les entreprises.Elles ont toute l’information et les outilsnécessaires pour sécuriser les presses »,précise M me Ménard.« Malgré les difficultés, beaucoup d’entreprisesont agi et en ont retiré le plusprécieux des bénéfices : plus de sécuritépour les travailleurs », ajoute-t-elle.Il est vrai que le manque de temps,de ressources humaines et financièrespeut rendre difficile la mise en place denouvelles façons de faire en matière desanté et de sécurité du travail. Parfois,il y a aussi réticence au changement.Toutefois, une fois le projet lancé et lesmodifications faites, tous en ressortentgagnants. En ce sens, il importe de rappelerque les travailleurs et les employeursont tout intérêt à travaillerensemble à identifier les risques et àagir pour les corriger.Le travail d’équipe est un gage desuccès, c’est garanti ! PTPour en savoir plusDispositifs alternatifs pour limiter l’accèsaux côtés de la presse• Tables fixées au sol (avec une largeur de1 000 mm)• Rideaux optiques• Protecteurs mobiles interverrouillés• Faisceaux laserCertaines presses platines sont équipéesd’un chasse-main sur la platine mobile. Celui-cidoit être muni d’un dispositif sensiblequi commande l’arrêt de la presse ou êtreremplacé par une bordure sensible. L’espacecréé entre le chasse-main et la platine mobile– lorsque celle-ci est fermée – doit êtreprotégé par un protecteur accordéon.ASP imprimerie et Centre de documentationde la CSST. Hyperlien du rapportd’enquête : www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed003718.pdfAutomne 2010Prévention au travail37


Les clés d’une bonne méthodede cadenassageUn travailleur, juché sur une plateforme élévatrice, exécute quelques travaux dans lecâblage informatique au plafond d’un entrepôt. Devant la plateforme, la porte de l’entrepôtse met en mouvement, s’ouvre, heurte la plateforme et projette le travailleur au sol. Il n’apas survécu à ses blessures. Cet accident s’est réellement produit en 2008 et, selon la CSST,il aurait été évité si l’interrupteur de la porte avait été cadenassé en position arrêt. Près de4 300 accidents attribuables à une faute de cadenassage sont survenus en 2008 au Québec.Lors du Forum santé et sécurité du travail qui s’est tenu en avril dernier à Québec,Mario Saucier et Lisane Picard, respectivement président et directrice des opérations deGroupe ID, ont rappelé les principes essentiels du cadenassage.Par Valérie LevéeCet accident n’est donc pasun cas isolé. Pourtant, l’article 185 duRèglement sur la santé et la sécurité dutravail exige qu’avant d’entreprendretout travail de maintenance, de réparationou de déblocage dans la zone dangereused’une machine, les sourcesd’énergie de la machine doivent être cadenasséespour éviter toute mise enmarche de la machine pendant la duréedes travaux. La norme CSA Z460-05 vadans le même sens en statuant que lecadenassage est la principale méthodede maîtrise des énergies dangereuses.Pour éviter l’accident évoqué, il auraitfallu couper l’alimentation électrique,mais il ne faut pas oublier les autres formesd’énergie comme la pression dansun système pneumatique ou hydraulique,l’énergie chimique, nucléaire, thermiqueet aussi l’énergie potentielle d’unobjet en hauteur. Il faut non seulementcouper ces sources d’énergie, mais aussiveiller à éliminer les énergies résiduellescomme la pression ou la chaleur.Dans ce dernier cas, il n’y a parfois pasd’autre solution que d’attendre que lamachine refroidisse.De nombreux accidents impliquantl’absence de cadenassage pourraient êtreévités si les mécanismes de participationprévus à la loi étaient mis en œuvre.Ainsi, selon l’article 49 de la Loi sur lasanté et la sécurité du travail, le travailleurdoit participer à l’identificationet à l’élimination des risques et doit êtreen mesure de protéger sa sécurité, sasanté et son intégrité physique. Et selonl’article 51 de cette loi, l’employeur doits’assurer que le travail est exécuté entoute sécurité et informer et entraînerson personnel. Dans le contexte de réparationou d’entretien d’un appareil,cela revient à dire que l’employeur doits’assurer de l’implantation d’une procédurede cadenassage sécuritaire, que lestravailleurs en sont informés et qu’ilsappliquent les méthodes de cadenassage.« C’est la responsabilité de tout lemonde », résume Mario Saucier.Malgré ce cadre juridique et réglementaire,et bien que le non-respect dela loi entraîne une amende, le cadenassagereste souvent déficient et son implantationinopérante. Les raisonsévoquées sont variées. L’employeur jugeparfois que ce n’est pas prioritaire oujustifié, ou encore que cela ne concernepas ses installations. Lui et ses travailleurspeuvent être réticents à apporterdes changements au fonctionnementde l’entreprise, surtout si aucun accidentn’est survenu relativement à un défautde cadenassage. La configurationdes machines, qui ne permettent pastoujours de faire des essais de démarragepour vérifier que les sources d’alimentationsont coupées, compliqueparfois la procédure de cadenassage.Cela devient particulièrement vrai avecl’automatisation. « J’ai vu des installationsqui n’avaient aucun bouton-poussoir pourPhoto : CSST38 Prévention au travail Automne 2010


Photo : Groupe IDfaire ces essais de démarrage », illustreMario Saucier. Une autre raison est toutsimplement que l’implantation du cadenassageest plus compliquée qu’il n’y paraîtet que l’ampleur de la tâche estsous-estimée.L’implantation du cadenassageEn effet, comme le souligne Lisane Picard,« le cadenassage, ce n’est pas juste uncadenas ». Cela demande de la planification,de l’organisation et de la gestion.Mario Saucier explique que la premièrechose à faire pour mettre en placeune bonne méthode de cadenassage estd’examiner la situation actuelle, de repérerles éléments déjà en place et leslacunes afin d’établir un plan d’actiondétaillé. Il faut ensuite accorder les ressourcesfinancières et humaines appropriéeset un échéancier réaliste. « Unepersonne seule n’y arrivera pas », assureMario Saucier. Il est nettement préférablede distribuer les responsabilités demanière à maximiser l’intégration duprocessus au sein de l’entreprise. Quantà la réalisation, il donne l’exemple irréalisted’une personne qui pensait pouvoirimplanter le cadenassage de 800 machinesen une seule semaine. « Mais neprenez pas cinq ans non plus parce quevous allez perdre le momentum »,ajoute-t-il.L’implantation du cadenassage comportela rédaction d’un programme quidoit contenir ce que Lisane Picard appelle« les règles du jeu », c’est-à-dire lesdécisions, l’identification des machineset des énergies dangereuses, les procéduresde cadenassage à appliquer,les rôles et les responsabilités.Un autre élémentd’organisation quifacilitera l’applicationdu cadenassageest la station decadenassage quiregroupe tous leséléments au mêmeendroit.Une fois le programme écrit, il fautorganiser le cadenassage. Sur place, aumilieu des machines, Lisane Picard insistesur l’identification des machines etdes points d’isolement en évoquant ladifficulté qu’il peut y avoir à repérer lavanne en amont ou la vanne en aval enprésence d’une tuyauterie complexe.Elle suggère aussi l’utilisation d’un codecouleur pour déterminer la nature desénergies en jeu ou la nature des cadenas.Il existe une diversité de dispositifsselon le type d’énergie à neutraliser etla configuration de l’équipement. L’enjeuconsiste donc à disposer d’un ensemblevarié de mécanismes de cadenassage quis’adaptent aux différentes situations. Cependant,dans le cas des fluides, si lesvalves sont de plusieurs dimensions,l’idéal est d’avoir des dispositifs d’isolementdirectement cadenassables. Dansle cas d’une alimentation électrique,elle rappelle qu’il faut veiller à couperl’alimentation de l’équipement et nonpas seulement celle du panneau decontrôle.Le cadenas ne s’installe pas n’importecomment, mais selon une procédurenotifiée dans une fiche decadenassage qui doit être remplie selonles exigences de la norme CSA Z460.Elle doit comporter des instructionsclaires sur l’arrêt de la machine, l’isolementdes sources d’énergie et aussi lesfaçons de vérifier que la machine n’estplus alimentée par aucune sourced’énergie.Un autre élément d’organisation quifacilitera l’application du cadenassageest la station de cadenassage qui regroupetous les éléments au même endroit.« Si pour appliquer le cadenassageje dois monter deux étages plus hautpour chercher la fiche et redescendredeux étages plus bas au magasin chercherle dispositif qui convient, ce n’estpas efficace », déplore Lisane Picard.Enfin, organisation veut aussi direune bonne gestion des cadenas, de leuremplacement et détenteur, des équipementset des fiches de cadenassage.« Avec 50 ou 100 machines, il y a unefoule d’informations à gérer », prévientMario Saucier et « ça devient vite uncasse-tête », renchérit Lisane Picard.Faire vivre le cadenassagepour qu’il rapporteCependant, « le défi n’est pas seulementd’implanter un système de cadenassage,mais de le faire vivre, souligne MarioSaucier. On met parfois beaucoup d’effortpour implanter le système et onpense que ça va marcher tout seul ensuite.Il y a un suivi à faire, comme pourtout autre système de gestion en matièrede santé et de sécurité qu’on meten place ». « Une industrie, c’est vivant,poursuit Lisane Picard. On fait des modifications,on ajoute une vanne, on enenlève une autre. Tous ces changementsdoivent vivre avec le programme de cadenassage». Les fiches de cadenassagedoivent être mises à jour. De nouvellespersonnes seront engagées qu’il faudrainitier au programme, sans oublier quela formation d’un directeur est aussi importanteque celle d’un travailleur. « Lesystème de cadenassage n’a pas de fin »,insiste Mario Saucier.Faire un suivi à long terme du programmede cadenassage permet ausside vérifier que les résultats sont atteints.C’est le moyen de rentabiliser l’opération,car c’est un investissement qui rapporte.Si le cadenassage est bienappliqué, les accidents seront moinsnombreux et les frais consécutifs diminueront.Mario Saucier assure aussiqu’un bon système de cadenassage aurades répercussions positives sur le personnel.La sécurité du milieu de travaildiminuera le niveau de stress, améliorerala motivation, la satisfaction, lemaintien des travailleurs dans l’entrepriseet facilitera le recrutement de nouveauxemployés. Tous ces effets positifsse traduiront par un gain de productivité.Enfin, l’image de marque de l’entrepriseen bénéficiera. PTAutomne 2010Prévention au travail39


Nicolas Richard, médaillé d’or en briquetage.Michael Hudon, médaillé d’or en soudure.Les Olympiades québécoisessur fond de sécuritéDu 5 au 8 mai dernier, les 11 es Olympiades québécoises de la formation professionnelle et technique faisaientvibrer le Centre de foire de Québec. Trois cents jeunes représentant 35 métiers aussi variés que la pâtisserie,l’infographie, le soudage ou l’aménagement paysager sont venus démontrer leur habileté professionnelle etsurtout donner le meilleur d’eux-mêmes. Issus de sélections régionales, ils s’affrontaient sur la scène québécoisedans l’espoir de décrocher une place aux Olympiades canadiennes qui se déroulaient du 20 au 23 mai enOntario et ultimement au Mondial des métiers qui aura lieu en 2011. Les jeunes Québécois ont de bonnesraisons d’y croire, car ils se sont régulièrement illustrés sur le plan national et ont remporté 20 médaillessur le plan mondial depuis 1995. Et si le Québec devient un chef de file au Canada, c’est notamment parce« qu’ils ont développé des façons de faire exemplaires en matière de sécurité », affirme Guylaine Tremblay,conseillère en concertation à la Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CSST.Par Valérie LevéeIl faut imaginer le Centre defoire comme un village des métiers avecle quartier des coiffeurs, le quartier desferblantiers, des plombiers, des menuisiers…Chaque quartier est divisé enaires de travail où s’activent et seconcentrent les concurrents dans laréalisation de leur tâche sous le regardvigilant des spécialistes et des juges.Marie-Noëlle Côté est relationniste pourCompétences Québec, qui organisel’événement. Elle explique que lesépreuves sont rigoureusement conçuespar un spécialiste en fonction du marché.« Les concurrents sont en situationréelle de travail », soutient-elle. C’estaussi le rôle du spécialiste de réunir lematériel et d’organiser les aires de travailpour que les concurrents partentsur un pied d’égalité. Enfin, le spécialisteest aussi chargé de recruter les jugesqui auront à évaluer les jeunes sur laqualité de leur réalisation, leur habiletéprofessionnelle et aussi sur leur gestionde la sécurité.La sécurité avant…Cependant, on ne peut pas exiger desconcurrents de travailler en toute sécuritésans leur offrir un espace de travailet le matériel approprié. AlexandraMiranda-Chang, inspectrice à la CSST,devait justement veiller à la sécurité deslieux avant les compétitions.Tous les métiers ne présentent pas lemême niveau de risque. Les infographistesou les coiffeurs n’utilisent pasd’équipements particulièrement dangereux.Il en va autrement de la ferblanterie,du briquetage, de la charpenterie,de la menuiserie, de l’ébénisterie, del’usinage et de la mécanique industrielle.Pour ces derniers, l’inspectricedevait vérifier que les machines et lematériel utilisés par les concurrents répondaientaux exigences de la réglementationen santé et en sécurité du travail.En fait, il ne s’agit pas d’une inspectionsurprise, mais plutôt d’une collaborationentre la CSST, Compétences Québecet les centres de formation professionnelle,qui fournissent les machines, et lesenseignants qui encadrent les jeunes etpréparent les aires de travail. Plus précisément,Compétences Québec a fournila liste des machines à la Direction généralede la prévention-inspection et dupartenariat de la CSST. Celle-ci, aprèsexamen, a précisé à Compétences Québecles exigences ou améliorations à apporterpour rendre les machines sécuritaires.L’information a ensuite été relayée auxcentres de formation professionnelle. Il40 Prévention au travail Automne 2010


Jenifer St-Hilaire, médaillée de bronze en électricité.En plomberie, un compétiteur en a mis plein la vue.Photos : Compétences Québec et PhotoMags’agissait par exemple d’installer uneprotection autour des pièces en mouvementou de fixer une perceuse à unétabli. Dans les centres de formation,les enseignants devaient apporter lescorrectifs.La CSST communique aussi les règlesgénérales de sécurité pour l’utilisationdes machines, des équipements et desoutils portatifs à moteur. Il s’agit de prévoirl’usage des équipements de protectionindividuelle appropriés ou un dégagementminimum entre les machines.« Les jeunes doivent avoir un milieu detravail propre et dégagé comme ce devraitl’être en milieu de travail », résumel’inspectrice.M me Miranda-Chang a mené son inspectionla journée précédant les compétitionset n’a relevé aucun manquementsignificatif. « Les enseignants sont trèsfiers de montrer que tout est beau, queles fils sont bien rangés, que les correctifssur les machines ont été apportés,que leur secteur de compétition est sécuritaire», évoque-t-elle. M me Miranda-Chang finalise son inspection par unrapport d’intervention qui récapitule lespoints observés et les points modifiés ouà améliorer.La sécurité pendant…Le jeudi matin, tout est donc en placepour l’arrivée des concurrents. Ils disposentde deux journées de six heures pourréaliser le projet conçu par le juge del’épreuve. Les briquetiers montent leurmur, les plombiers raccordent des élémentsde tuyauterie, les paysagistesdéplacent des roches, les cuisiniers assemblentleur menu, les infographistesconçoivent un dépliant, les mécaniciensinspectent un véhicule, les menuisiersinstallent portes et fenêtres…Autour d’eux, les allées fourmillentde l’incessant va-et-vient des jeunes visiteursdes écoles primaires et secondairesvenus découvrir ces métiers.Car les Olympiades ne sont pas quedes compétitions. « Notre objectif estaussi de valoriser ces métiers grâceaux Olympiades », soutient Marie-Noëlle Côté. Ces métiers techniquesrestent souvent mal considérés et beaucoupde préjugés persistent, laissantcroire qu’ils sont tout ce qui reste auxjeunes qui n’ont pu poursuivre leursétudes. Du coup, les jeunes hésitent àsuivre cette voie et s’ils s’y engagent,parfois les parents acceptent à reculonsle choix de leurs enfants. Des activitéssont déployées à travers les Olympiadespour faire participer les élèves et susciterleur intérêt pour les formations professionnelleset techniques.Malgré toute cette agitation ambiante,la concentration des concurrentsest impressionnante. Ils semblent dansleur bulle et n’ont d’yeux que pour leurtravail. Ils se savent étroitement surveilléspar les juges qui vérifient que lemur de briques est d’aplomb, que lapièce usinée est fidèle au plan, que leserveur n’oublie pas de remplir le verred’eau du client… Les juges sont aussiaux aguets des fautes de sécurité. Ils vérifientque les lunettes de sécurité sontportées, que les copeaux métalliquessont balayés... Les concurrents de laplupart des disciplines sont évalués pourleurs bonnes pratiques de sécurité.Le pâtissier Alain Bolf, juge del’épreuve de pâtisserie, insiste spontanémentsur les questions de sécurité. « Lesaccidents, c’est ce qui coûte le plus cher,affirme-t-il. Les jeunes doivent travaillerde façon sécuritaire et s’il y a unebrûlure ou si le jeune se promène avecun couteau, il perd 10 points à chaquefaute. »Le samedi, après des heures de stress,les verdicts tombent et les médaillesbrillent au cou des vainqueurs. Pour lesconcurrents, les Olympiades québécoisessont finies et ils peuvent relâcher leurattention.La sécurité aprèsPour les organisateurs, il reste à toutranger. Les machines, le matériel, toutest démonté et repart en un balletd’allées et venues de chariots élévateurs.Le volet sécurité des Olympiades sepoursuit sous l’œil attentif de SoaveGioseffini, inspecteur de la CSST. Ilfait des tournées pour vérifier que lesvoies de circulation sont dégagées,que les chariots élévateurs ne circulentpas plus vite que la vitesse demarche d’une personne, que lesconducteurs de chariots ont reçu laformation de caristes et que les chargessont bien arrimées. De plus, il s’assureque la plateforme élévatrice ne sedéplace pas lorsqu’elle est soulevée.« On a une excellente collaboration detous les participants. Les gens rangentet nettoient les aires de travail »,confirme-t-il.Alors seulement ont pris fin les11 es Olympiades québécoises. Cependant,les gagnants n’ont eu qu’un court répitavant de se rendre aux Olympiades canadiennesen Ontario pour rencontrerleurs homologues canadiens. Sur les44 concurrents de la délégation québécoise,37 se sont illustrés en remportantune médaille et 17 participeront auMondial des métiers à Londres en 2011.L’équipe québécoise peut être fière, carelle compose près de 50 % de la délégationcanadienne. PTAutomne 2010 Prévention au travail 41


Une nouvellelégislation pour lesplongeursprofessionnelsDes modifications au Règlement sur la santé et la sécuritédu travail et au Code de sécurité pour les travaux deconstruction sont entrées en vigueur le 10 juin dernier.Ces changements visent à encadrer les pratiques de plongéesous-marine en milieu professionnel.Par Sophy Lambert-RacinePhoto : Serge Lavoie- IMQ« La plongée professionnelleet la plongée sportive, ce sont deuxmondes complètement différents ! »,s’exclame Claude Rochon, ingénieur dela Direction générale de la préventioninspectionet du partenariat de la CSSTà Québec. Ce dernier mentionne que lesconditions de plongée au Québec sontparmi les plus difficiles au monde.« L’eau est froide et souvent opaque àun point tel que la visibilité est presquenulle. C’est sans compter le courant etles risques liés aux infrastructures »,énumère l’ingénieur spécialiste.Plusieurs années de délibérationsauront permis la publication de 91 articlesqui spécifient des mesures de santéet de sécurité au travail pour les plongeurs.Ces articles couvrent plusieurs aspectsde la plongée sous-marine, lesnormes applicables à la formation desmembres de l’équipe de plongée, à sacomposition et à son fonctionnement, àl’équipement et au matériel requis, aumélange respirable à utiliser, aux documentsde plongée, aux mesures de surveillancemédicale et aux normes desécurité particulières à certains types deplongée.La plupart des plongeurs suivaientdéjà les règles de sécurité de l’Associationcanadienne de normalisation. Cependant,étant donné le statut réglementairedes modifications apportées auxnormes québécoises, les inspecteurs dela CSST pourront s’assurer que les nouvellesconsignes sont respectées. « Lavoie réglementaire a été privilégiée afind’assurer une meilleure protection de lasanté, de la sécurité et de l’intégrité physiquedes plongeurs », mentionne SamHamad, alors ministre du Travail, dansun mémoire du Conseil des ministres.Un des points saillants de la nouvelleréglementation concerne l’instaurationde cours obligatoires. Tout plongeurprofessionnel devra s’assurer d’avoirsuivi une formation en plongée auprèsd’un établissement d’enseignementautorisé. De plus, le plongeur qui pourraitêtre confronté à des différentiels depression dans le cadre de ses fonctionsdevra suivre une formation sur les techniquesd’intervention à privilégier etparfaire ses connaissances dans ce domainetous les trois ans. Les plongeursprofessionnels sans formation devronts’assurer de remplir ces obligationsdans les 12 mois suivant l’entrée en vigueurde ce règlement.Les différentiels de pression sont trèsrisqués pour les plongeurs professionnels.Ce phénomène est caractérisé parun mouvement de succion sous l’eau, cequi peut arriver notamment lorsqu’il ya une fissure dans une infrastructure de« Une fissure dans unbarrage peut créer unesuccion qui aspire leplongeur et le collecontre la paroi.Il devient alors trèsdifficile de le dégager »,mentionne Claude Rochon.rétention d’eau à proximité. Il y a auQuébec environ 10 000 digues et barrages,et plusieurs accidents ont déjà eu lieudans ces milieux de travail. PTPhoto : Robert Etcheverry42 Prévention au travail Automne 2010


portraitd’un lecteurPierre Bouliane a fait des étudesuniversitaires en philosophie eten anthropologie. Il a d’abordtravaillé deux ans au ministère del’Immigration du Québec dans lecadre du programme de parrainagequi visait ceux qu’on appelait alors« les réfugiés de la mer » (boat people).Il est conseiller en prévention àl’Association sectorielle transportet entreposage (ASTE) depuismaintenant 28 ans.Pierre BoulianeProfession : conseilleren prévention[PT] Vous arrive-t-il d’utiliserPrévention au travail à des f ins deformation ?[PB] Les « Cherchez l’erreur » seprêtent particulièrement à l’exercice. Jeles utilise aussi lors de conférences oùils servent à « relancer » les participantsen leur faisant découvrir d’eux-mêmesce qui cloche sur la photographie illustrantle côté anormal d’une situation.[Prévention au travail] D’oùvous vient votre intérêt pour lasanté et la sécurité au travail ?[Pierre Bouliane] J’ai eu lapiqûre immédiatement à cause de ceque je désignerais comme « la missionsociale » qui est attachée au domaine dela prévention des accidents du travail.Aux débuts de la CSST, de l’IRSST, desassociations sectorielles paritaires, toutétait à faire, à bâtir, autant la déterminationdes risques que le savoir-faire quirestait à mettre au point. Je crois qu’unecertaine effervescence, pour ne pas direun emballement, le goût d’assumernos responsabilités vis-à-vis des acteurspatronaux et syndicaux dans nos milieuxde travail respectifs animait beaucoupd’entre nous.[PT] Depuis quand êtes-vousabonné à Prévention au travail etcomment avez-vous entendu parlerdu magazine ?[PB] J’ai été abonné dès le commencementpar l’entremise de l’Associationsectorielle transport et entreposage(ASTE). Déjà, la qualité des articles, lavariété des sujets traités, l’informationqui y était communiquée, en faisaientune mine d’or de renseignements. Encoreaujourd’hui, si vous voulez prendrele pouls de la sst au Québec, vous devezlire Prévention au travail ![PT] Quelle est votre rubriquepréférée ? Pourquoi ?[PB] Même si je lis intégralement lemagazine, certaines rubriques m’interpellentdavantage. Entre autres, « Cherchezl’erreur » à laquelle j’ai collaboré à denombreuses reprises et qu’on retrouvesouvent affichée sur les babillards dansles établissements. Signe que je ne suispas le seul à l’apprécier ! D’un coupd’œil, on saisit de quoi il retourne. Larubrique atteint toujours son but.L’inventaire des recherches à l’IRSSTest un complément indispensable : onest au cœur de la prévention ! Lesdossiers spéciaux font le tour d’un problèmeet campent le décor de ce qui esten jeu. Et puis dernièrement, la page« Les accidents nous parlent » s’est ajoutée.Un accident du travail y est traitéde A à Z, comme si vous étiez aux premièresloges.Je suis un lecteur assidu, en effet…[PT] Quels sont les sujets quivous intéressent particulièrementen santé et sécurité ?[PB] Évidemment, ceux qui traitentdu transport et de l’entreposage me rejoignentprofessionnellement.[PT] Vous arrive-t-il de fairelire un article à un collègue ou àun proche ?[PB] Il m’arrive régulièrement d’envoyerpar courriel un article qui fait lepoint sur tel ou tel aspect de la sst.[PT] Quels sujets aimeriez-vousvoir traités dans la revue ?[PB] Je suis curieux de voir commenton s’y prend ailleurs pour résoudre ouaffronter les mêmes problèmes auxquelsnous faisons face ici, au Québec. Donc,« une page d’information étrangère » seraitune idée à creuser…[PT] Votre plus grande f iertéou réalisation en santé et sécuritédu travail…[PB] Comme me l’exprimait un collègueaujourd’hui retraité, c’est peutêtred’avoir piloté avec des collèguescertains dossiers, et de les avoir rendus« à bon port », je pense entre autres àchariot élévateur, à palettier…À nos successeurs de poursuivre ![PT] Finalement, si j’étais rédacteuren chef de Prévention autravail, je…[PB] Je continuerais à être ce queje suis, en innovant, en enrichissant leslecteurs des multiples expériences vécuessur le terrain, en les conscientisantencore et encore à l’importance de laPrévention au travail ! PTPropos recueillis par Julie MélançonVous aimeriez vous aussi fairel’objet d’un portrait d’un lecteurou d’une lectrice ? Écrivez-nousen répondant aux questions de larubrique à Préventionautravail@csst.qc.ca.Automne 2010 Prévention au travail 43


En raccourciUne brochure de l’OITsur les risques émergentsLe Programme sur la sécurité et la santé au travail et sur l’environnementdu Bureau international du travail (BIT) a édité unebrochure d’information. À la disposition des internautes sur www.ilo.org, elle dresse un état de la question « Risques émergents etnouvelles formes de prévention dans un marché du travail en mutation». Elle préconise l’élaboration et l’application de stratégieset de programmes innovateurs aux niveaux national et régional,tout en soulignant le rôle des gouvernements, des organisationsd’employeurs et de travailleurs et des acteurs en prévention. Ellereconnaît également le rôle du BIT dans la diffusion d’une culturepréventive de sécurité et de santé pour faire reculer les décès liésau travail ainsi que les accidents et les maladies, par l’intermédiairede ses normes et de son savoir-faire technique.Source: Travail et sécuritéUn guide pour les travailleursnon syndiquésL’organisme Au bas de l’échelle vient tout juste de publierla 10 e édition du document L’ABC des personnes nonsyndiquées : vos droits au travail. Ce document contientune panoplie d’informations juridiques qui s’adressentà la main-d’œuvre québécoise. Il contient notammentdes informations sur les normes du travail, sur le processusde syndicalisation, sur la santé et la sécurité autravail, sur le contrat de travail selon le Code civil etsur les assurances collectives. Les personnes désireusesde le commander peuvent s’adresser directement à l’organisme.SLRImprimerie Solisco, gagnantedu Prix graphiprévention 2010L’Association paritaire de santé et de sécurité du travail, secteurimprimerie et activités connexes, connue sous le nom d’ASP imprimerie,a décerné le Prix graphiprévention 2010 à Solisco. L’entrepriseétablie à Scott, en Beauce, est spécialisée dans le court etmoyen tirage et compte 385 travailleurs, dont 75 à sa division deQuébec, Caractéra.Nouvelle formation en hygiènedu travail à l’Université deMontréalPhoto : ASP imprimeriePhoto : iStockDe gauche à droite : Normand Sarault et Dany Mailloux,ASP imprimerie, Jean Turcotte et Marco Bégin, Solisco etMichel Handfield, ASP imprimerie.Solisco s’est distinguée par la conception d’un outil qui facilitela manipulation des rouleaux de papier pouvant peser jusqu’à1 500 kg. Il s’agit d’une plaque de métal courbée pour épouser laforme du rouleau de papier, et soudée à un manche. La plaqueest disposée sous le rouleau. À l’aide du manche, le travailleur faitpivoter le rouleau dans le sens désiré avec beaucoup d’aisance, cequi réduit ainsi les risques de troubles musculo-squelettiques.Le Prix graphiprévention a été créé en 1989 pour souligner lesinitiatives des entreprises du secteur de l’imprimerie qui améliorentde façon significative les conditions de santé et de sécuritédans leur milieu et pour les faire connaître.Source : ASP imprimerieDepuis septembre 2010, le Département de santé environnementaleet santé au travail (DSEST) de l’Universitéde Montréal offre une nouvelle option en hygiène dutravail dans son programme de maîtrise ès sciences(M. Sc.) en santé environnementale et santé au travail.Le cursus comporte dix cours obligatoires (30 crédits)auxquels s’ajoute un stage ou un travail dirigé (15 crédits).L’objectif de cette nouvelle option est de former deshygiénistes du travail qui pourront exercer leur professiondans les secteurs privés et publics. Ce programmed’étude s’adresse à ceux et celles qui possèdent un diplômede premier cycle universitaire en génie, sciencespures ou sciences de la santé.Les futurs diplômés auront les connaissances debase requises pour se présenter à l’examen du Conseilcanadien d’agrément des hygiénistes du travail donnantdroit à l’utilisation du titre d’hygiéniste du travail agréé(ROH).Pour plus de renseignements concernant ce programmed’étude, veuillez vous adresser au :514 343-6134Courriel : info@dsest.umontreal.caSite Web : www.dsest.umontreal.ca44 Prévention au travail Automne 2010


Pour mieux s’endormirLe saviez-vous ?Abaisser sa températurecorporelle aideà l’endormissement.Faire du sport le soirn’est donc pas indiquési on veut biendormir, car la dépendancephysique faitmonter la températuredu corps et désynchronisenotrehorloge biologique.Idem pour le bainchaud avant le coucher.En revanche,pour les plus courageux,une douchefroide, de 10 à 15 °Cpendant deux minutesmaximum estune solution radicale pour refroidir le corps. Autre astucecontre les insomnies : porter des chaussettes au lit favorisela dilatation des vaisseaux sanguins, utile au corps pour serefroidir.Source : VigilanceL’insomnie fait monter la tensionartériellePhoto : ShutterstockDéficit d’attention et multitâchesVous surfez sur le Web en prenant vos courriels et en regardantla télé ? Vous lisez un document important tout en parlantau téléphone et en twittant ? Bravo ! Vous êtes multitâches.Mais peut-être souffrez-vous également d’un déficit de l’attention…C’est du moins ce que suggère une nouvelle étude quiconclut que ceux qui « multitâchent » sont également ceux quiéchouent le plus aux tests où ils doivent se concentrer parrapport à ceux qui ne « multitâchent » qu’occasionnellement.Un des chercheurs, Eyal Ophir, de l’Université Stanford, explique: « ceux qui multitâchent de manière occasionnelle maîtrisentdavantage leur propre attention et l’information quipénètre leur esprit, tandis que ceux qui le font de manière intensivesont plus réactifs à leur environnement. »Bref, être multitâches peut être très pratique lorsqu’on préparele souper tout en faisant faire les devoirs, mais moinsquand on essaie de lire un rapport de recherche. JMSource : Agence Science PressePhoto : ShutterstockPhoto : ShutterstockVous avez des problèmes de sommeil ? Une étude a été menéepar des chercheurs de l’Université de Montréal, duCentre d’étude du sommeil et des rythmes biologiques del’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et de l’UniversitéLaval. Conclusion ? Les personnes souffrant d’insomnie ontune tension artérielle élevée la nuit, ce qui peut entraînerdes troubles cardiaques. Paola A. Lanfranchi, professeureà la faculté de médecine de l’Université de Montréal etchercheuse au Centre d’étude du sommeil de l’Hôpital duSacré-Cœur, explique : « alors que la tension artérielle diminuependant la nuit chez les personnes au sommeil normalet permet au cœur de se reposer, l’insomnie provoqueune hausse de la tension artérielle pouvant augmenter lesrisques cardiovasculaires à long terme et causer des problèmescardiaques ». L’insomnie se manifeste par des difficultéschroniques à s’endormir ou à rester endormi ettouche jusqu’à 48 % de la population au cours de la vie.Source : U de M - Nouvelles JMTravail de nuit et surpoidsDes chercheurs de l’Université de Chicago ont démontré quele fait de se nourrir la nuit contribue à l’obésité. En effet, selonleurs expériences réalisées sur des souris, se nourrir trèstard, à l’heure où l’on est censé dormir, pourrait contribuersingulièrement à une prise de poids, peu importe la compositiondu repas. Les travailleurs de nuit représentent 20 %de la main-d’œuvre dans les pays industrialisés. Et ils ont effectivementsouvent des problèmes de surcharge pondérale.Leur horloge biologique serait désynchronisée. Il faut doncnon seulement manger sainement, mais également à labonne heure ! JMSource : Le FigaroPrévention au travail est maintenant sur le Web :preventionautravail.comAutomne 2010Prévention au travail45


PerspectivesLe rôle multitâchedes soldats du feuParce qu’il présente des dangers majeurs, le sauvetage en espace clos compte parmi lesinterventions les plus hasardeuses qui soient. Pour structurer et normaliser les techniquesde cette spécialité, l’École nationale des pompiers du Québec offrira en 2011 une nouvelleformation à tous les services de protection contre les incendies du territoire.Directeur général de cette institution depuis 2007, Michel Richer est diplômé en administrationpublique et en sciences. Il cumule plus de 30 ans d’expérience en prévention, en interventionet en enquête en matière d’incendies. Il explique l’importance de la formation sur le sauvetageen espace clos et parle des changements récents dans un métier à haut risque, notammentsous l’influence de l’arrivée des femmes.[Prévention au travail] Quelssont les dangers particuliers dusauvetage dans des espaces clos ?[Michel Richer] Que ce soitdans un silo, dans une tranchée, dansune fosse à purin ou autre, l’espaceétant clos, on ne sait pas si l’air estcontaminé ou non. Il peut y avoir desgaz ou du liquide inflammable qui peuventasphyxier une personne. De plus,l’espace peut être dépourvu d’oxygèneet si un travailleur descend dans cetteatmosphère, c’est presque immédiatementfatal pour lui.[PT] Est-il fréquent que despompiers se blessent pendant detelles interventions ?[MR] Oui, souvent, ou ils ont desétourdissements qu’ils ne mentionnentà personne. Ou encore, ils entrent dansun espace clos avec un appareil respiratoireet un habit de pompier qui ne sontpas conçus pour ce type d’intervention.Il y a des milliers d’espaces clos auQuébec où les pompiers peuvent êtreappelés à intervenir rapidement. Certainssont morts en faisant du sauvetagespécialisé, entre autres dans un espaceclos, et des enquêtes ont décelé des problèmesconcernant les infrastructures,l’équipement et la formation.[PT] La nouvelle formation del’École nationale des pompiersveut donc combler les lacunesdans l’exercice de ces techniquesspéciales ?[MR] Il faut savoir que la formationdes pompiers n’était pas obligatoireavant la réforme de la Loi sur la sécuritédes incendies, en 2004. Il y a plusde 750 services d’incendie au Québec,lesquels regroupent 25 000 pompiers,dont la majorité travaille à temps partiel.Avec la fondation de l’École nationaledes pompiers en 2000, l’adoptionde la loi et de son règlement, la volontéétait d’améliorer la santé et la sécuritédu travail ainsi que l’efficacité des interventions.Les pompiers doivent maintenantrespecter des dates butoirs poursuivre leur formation, ce qui était ungrand pas à franchir, surtout dans lespetites localités, parce qu’il faut y investirdu temps. Par exemple, la formationde pompier 1, c’est 275 heures répartiessur 18 à 24 mois. Dans les petites localités,les pompiers peuvent faire une interventiondans un espace clos tous lescinq ans. Il est donc difficile pour ellesd’investir en vue de maintenir les compétencesde ce type.C’est pourquoi, en collaboration avecla CSST et l’ Association paritaire du secteurdes affaires municipales (APSAM),l’École a mis en place une formation de20 heures sur la sensibilisation au sauvetagespécialisé, comprenant les espacesclos, qui sera intégrée au programme depompier 2, et également offerte en formationcontinue. Cela est avantageuxpour les instances régionales, car cellesd’une même municipalité régionale decomté (MRC) ou de plusieurs régionspourront se regrouper pour offrir desservices de sauvetage spécialisé.Partant du principequ’il vaut mieux prévenirque guérir, la préventionet l’éducation ont prisune grande place dansce métier.[PT] Bien que l’équipement despompiers se soit amélioré, queceux-ci disposent de nouvellestechnologies, que la prévention sesoit accrue et que de nouvellesrègles aient été adoptées, le travailde pompier ne reste-t-il pas unmétier à risque ?[MR] En effet, mais étant dans ledomaine depuis plus de 30 ans, je peuxaffirmer que les pompiers ont connuPhoto : Marie-Josée Legault46 Prévention au travail Automne 2010


et multirisqueSelon Michel Richer, directeur général de l’École nationaledes pompiers du Québec, la sécurité incendie est donc beaucoupplus structurée qu’elle l’était. La formation et les schémas ontprofessionnalisé le travail du pompier.une très grande évolution depuis les10 dernières années. Le schéma de couverturede risques, la loi et le règlementont mis l’accent sur la prévention. Desinvestissements majeurs ont été consentisdans la construction de casernes etdans l’acquisition de matériel, dans larestructuration d’organisations régionaleset municipales, ce qui a permis d’évaluerl’efficacité des communications etle temps de réponse à un appel. À celase sont ajoutées l’éducation du public enmatière de prévention, qui reste le premierobjectif de tout service d’incendie,et l’arrivée des avertisseurs de fumée.Au début des années 1980, il y avait plusde 160 décès causés par les incendieschaque année. Actuellement, la moyenneest de 60. Depuis les cinq dernières années,on s’assure que tous les pompiersreçoivent une formation qui correspondà des critères et à des normes provinciales.Cette formation est reconnue ailleursau Canada et 10 autres pays ont adoptéles mêmes règles de qualificationprofessionnelle. Lasécurité incendie est doncbeaucoup plus structuréequ’elle l’était. La formation etles schémas ont professionnaliséle travail de pompier.[PT] Cela étant, cemétier ne reste-t-il pastrès exigeant, tant surle plan physique quepsychologique etmental ?[MR] Bien sûr. Il y a10 ans, on ne parlait pasde stress post-traumatique,alors qu’aujourd’hui,lorsqu’un pompier vit unesituation traumatisante, desressources interviennentauprès de lui. Certainspompiers ont vécu des situationsd’horreur qui les ont marquésà vie. Aujourd’hui, on est plus conscientsde cette possibilité et on s’assure qu’ilreste moins de traces négatives chez l’individu.Avant d’être pompier, on estd’abord un être humain.[PT] Le champ d’action despompiers ne s’est-il pas aussibeaucoup élargi, puisqu’ils agissentégalement comme premiers intervenantsdans des cas d’urgence ?[MR] Autant dans des cas d’urgencequ’en sécurité civile, lors d’inondationset de tremblements de terre, ils sont là.De plus, ils sont aussi souvent les premiersrépondants dans toutes sortes desituations, au point que combattre lesincendies ne représente plus qu’environ10 % de leur travail. Partant du principequ’il vaut mieux prévenir que guérir, laprévention et l’éducation ont pris unegrande place dans ce métier.[PT] Même si ce métier attirebeaucoup les jeunes, on compteencore moins de 4 % de pompièresau Québec. Malgré leur petitnombre, la venue des femmesa-t-elle changé des aspects de cetravail ?[MR] Elles ont changé la culture,c’est évident. Il ne faut pas se le cacher,c’est un monde macho et l’arrivée desfemmes a bousculé le travail dans certainesorganisations. Le premier changementconcerne l’équipement, dont lesinstallations comme les douches et lesdortoirs dans la caserne. Aujourd’hui,avant qu’une organisation reçoive unefemme dans un milieu d’hommes, quece soit chez les pompiers, les policierset les ambulanciers, il faut préparer lafemme. Mais il faut également préparerles hommes lorsqu’ils vont travaillerdans des secteurs majoritairement féminins,comme l’infirmerie ou le secrétariat.Il faut que les femmes aient lesoutien de la direction et qu’elles soientacceptées dans le groupe, au même titrequ’un homme. La société évolue et jevois très bien la gent féminine dans lemétier de pompier.Au début, on voyait les femmes enprévention beaucoup plus qu’en interventionet jusqu’à maintenant, il n’y aqu’une femme directrice d’un serviced’incendie à temps partiel au Québec.Lorsque celles qui ont commencé dansle métier il y a environ 10 ans aurontacquis de l’expérience, de la maturité etde la formation pour devenir officiers,elles serviront de modèles à d’autresjeunes femmes. On peut penser que celase passera comme dans la police. Les premièresfemmes policières sont arrivéesil y a 20 ans, et aujourd’hui, certainesont accédé à un poste de cadre ou dedirection d’un service de police. PTClaire Thivierge47Automne 2010 Prévention au travail


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