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Mensuel protestant belge • Église Protestante Unie de Belgique • N° 4 - avril 2009 • Mensuel sauf août • Prix au numéro : 1,50 Belgique - BelgiëP.P. - P.B.1050 Bruxelles 5BC 4785La joiemalgré tout© Abel Debrue


On ne prête qu’aux riches,aux pauvres, il faut donner.Jean CalvinCoupde projecteurPenser l’avenir tout en pansantles plaies du présentAide sociale d’urgenceDepuis sa création, ESoP panse lesplaies des laissés pour compte de lasociété post-moderne. Sa mission essentielle,telle qu’elle fut instaurée lorsde sa fondation consiste avant tout enl’aide sociale, souvent d’urgence. Ils’agit avant tout d’aides morales, psychologiqueset matérielles (alimentaire,vestimentaire, mobilière) et administratives.L’aide alimentaire est la plus visibleparce que la plus fréquente (et la plus« urgente », et la plus « lourde » entermes d’investissement matériel ethumain). Il s’agit de colis attribués àtout qui connaît une situation matérielleà ce point détériorée qu’il ne luireste que moins de 5€ par jour et parpersonne pour couvrir ses besoinsalimentaires. Lors de la première entrevue,un colis d’urgence peut êtreoctroyé dans l’attente de l’établissementdu dossier.Cette aide sociale est aussi organiséeau bénéfice des étrangers pourlesquels sont assurées diverses interventionsspécifiques, telles que lesuivi de la procédure de la demanded’asile des réfugiés, le suivi de la procédurede regroupement familial, lesuivi des procédures de régularisationde séjour, la vérification de la validitéen Belgique des actes administratifsenregistrés dans un pays étranger,les contacts avec les CPAS en cas dedifficultés relationnelles de l’étranger,l’information sur l’organisation desétudes en Belgique…Citons aussi la collaboration avec laMaison de Justice de Mons, grâce àAvril 2009 g Mosaïquelaquelle des jeunes comme des adultesbénéficient d’un encadrementefficace pour accomplir des mesurescompensatoires, des travaux d’intérêtgénéral. N’oublions pas l’accueilrégulier, en nos murs, de ces adultes,jeunes et moins jeunes, hébergés souventdans des institutions destinéesaux personnes incapables de vivreen autonomie et qui viennent, au fildes jours, trouver chez nous chaleurhumaine et occasions de se réaliserdans des petits bénévolats encadréspar nos permanents ou d’autres bénévolessensibilisés à cette situation.© Abel DebrueFinancer l’aidePour mener à bien ses missions, ESoPs’appuie sur divers types d’actions,dont certaines s’essaient à être autantque possible efficaces au plan économique,sinon rentables.L’aspect le plus connu et le plus visibled’ESoP consiste en la vente en secondemain de vêtements, de meubles,de livres, d’ustensiles de cuisine, debrocantes issus des dons de particuliers.Par ailleurs, ESoP dispose d’uncamion de moyen tonnage et proposeune aide au déménagement ainsi quel’enlèvement gratuit de mobiliers susceptiblesd’être revendus en secondemain… Dans une perspective deprofessionnalisme, ces activités sontactuellement analysées et restructurées: de ces analyses, nous attendonsun apport financier plus important, enmeilleure adéquation avec nos finalitéssociales.De la charité à la justiceMais, panser les plaies du passé n’interditpas de penser à un avenir moinssombre. Les responsables actuelsd’ESoP réfléchissent comment réorienterleurs actions, qui ne se limiteraientdonc plus aux seuls aspectscaritatifs, mais envisagent égalementd’œuvrer pour une société plusjuste, plus tolérante et respectueusede tous en promouvantdes actions formatives, éducatives,bref émancipatrices.Le constat est relativement facile àétablir : celles et ceux qui nous sollicitentsont dépourvus de tous biensmatériels, et il faut indéniablementcontinuer à les aider, à les soutenir,mais ils vivent également - peut-êtresurtout - un cruel déficit de contactssociaux, de convivialité, de motivationà l’action. Leur (re)donner confianceen eux, en un environnement moinshostile, plus fraternel, leur procurerdes outils pour évoluer activement demanière plus efficace dans un mondehostile, qui évolue si vite, constituentpour nous (et pour eux) de nouvellesfinalités autrement enrichissantes àpromouvoir que les simples assistancesponctuelles, indispensables également,rappelons-le ! Cette nouvelleapproche permet en outre de pallierPAGE


Coupde projecteurPenser l’avenir tout en pansant les© Abel Debrue© Abel Debrue© Abel Debrueles phénomènes de dépendance stérile,induits par les seules aides quenous continuerions à leur apporter.L’expérience acquise à l’occasion dela pratique, pendant plus d’un an, denos ateliers cuisine, français et informatiquesous-tend notre réflexionactuelle. En effet les denrées variées,en provenance de la Banque alimentaire,n’étaient pas nécessairementutilisées efficacement par ceux à quielles étaient destinées, souvent incapablesde les cuisiner. De là est venuel’idée d’enseigner, par la pratique, desrecettes simples à mettre en œuvre àtrès bon compte. Et s’en est suivie l’initiatived’inviter des convives à partagerles repas ainsi concoctés. L’atelier« cuisine - restaurant » était né, qui apermis la découverte et le partage derecettes en provenance des artisansissus de cultures diverses, notammentd’Afrique centrale et du Maghreb, atelierqui s’est, en outre, prolongé par lamise sur pied d’une cellule d’éditiondont la première réalisation a été unlivret reprenant les recettes mises enœuvre tout au long de l’année.Vers une économie socialeForts de ces expériences, nous envisageonsun projet intégré, entrantdans un cadre d’activités d’économiesociale, centré sur la mise surpied d’un restaurant social couplé àune entreprise de maraîchage artisanal.Ce projet, bicéphale, est ambitieux: pour le mener à bien il faudrarésoudre la quadrature du cercle :instaurer un cadre d’activités porteusesd’avenir, dans un premier tempsmalheureusement moins rentables,tout en maintenant une viabilité économiquetelle que les actions d’aidessoient pérennisées.Le volet « accueil convivial - restaurantsocial » : un premier axede notre projet.Dans un grand espace que nousvoyons polyvalent, nous nous proposonsd’installer un restaurant social,s’appuyant sur un matériel de cuisineprofessionnel dont nous disposonsdéjà. Des coins d’alphabétisation etde détente pourront y être aménagésà moindre coût. Nous disposons déjàd’une connexion WI-FI, et de quelquesbons ordinateurs, acquis dans d’excellentesconditions grâce à une collaborationétroite avec le magasin Oxfamde Mons, ainsi que de bons programmesd’apprentissage du français.Un accueil convivial permanent seraainsi possible : se restaurer à moindrefrais, se détendre dans un coin lecture(un dépôt permanent de livres et derevues existe déjà), avoir accès auxnouvelles technologies dans un autrecoin, à la disposition permanente d’unécrivain public intéressé par nos projets,bénéficier de la présence d’outilslinguistiques de qualité, facilitant l’acquisitionde compétences de base enfrançais… sont autant d’atouts mobilisablesimmédiatement.Une photocopieuse performante, généreusementofferte il y a peu, constituerale cœur d’un mini-centre d’édi-© Abel DebruePAGEg Mosaïque N° 4


ible ouverteJésus, la gloire des pauvresPAGEUne des constantes majeures de l’attitude de Jésus, dansles évangiles, est son attention aux pauvres. Dans l’œuvrede Luc, il invite souvent à partager ses biens avec eux ; et sila communauté de Jérusalem est présentée comme celledes temps ultimes – elle a reçu l’effusion du Souffle saint– c’est parce qu’elle réalise l’idéal social et la promesse divineentrevus par le livre du Deutéronome : il n’y avait pasde pauvres parmi eux. Ce qui se passe dans les cœurs seprolonge et se vérifie dans le partage des biens.Mais Jésus a une manière tout à fait originale, plus radicale,de prendre la défense des pauvres : il libère les pauvres enles réhabilitant, et cela en partageant leur condition. Le Filsde l’homme, le responsable de l’humanité, est plus vagabondque les renards et les oiseaux du ciel ! Et c’est encorel’évangile de Luc qui souligne le plus la pauvreté, la précaritéde l’existence entière de l’homme Jésus. Celui-ci estmême socialement déconsidéré : compté au nombre descriminels.C’est cependant l’évangile de Matthieu qui révèle la profondeuret la vérité inouïes de la façon dont Jésus s’identifie auxpauvres. Dans la grande scène symbolique du jugement ultime1 , Jésus prend la figure du Fils de l’homme. Sans doutepour dire sa responsabilité face à l’humanité, mais aussipour exprimer sa qualité messianique et sa manifestationfuture en gloire.Si Jésus, Fils de l’homme en espérance, était un “sans domicile”,le Fils de l’homme glorifié par l’événement de Pâquesfait savoir qu’il aura élu domicile en la personne des pauvres.C’est eux qu’il désigne comme ses frères. Et ses discipleseux-mêmes seront jugés sur leur attitude vis-à-vis de ces“petits”. Il y a donc une tension féconde entre cette doubleparenté du Fils de l’homme : les disciples – nous – et lespauvres. Les pauvres peuvent bien entendu être disciples,mais avant de le devenir, ils sont déjà les frères du Fils del’homme, du simple fait qu’ils sont dans la pauvreté et ledénuement.Dans les évangiles, le ministère de Jésus est présenté commeun accomplissement : celui de l’espérance des pauvres :le salut, le bonheur. Cet accomplissement de l’œuvre desalut et de création de Dieu laisse voir l’éclat de son amournon seulement dans l’annonce du Royaume aux pauvres etdans le service actif qui les en fait bénéficier et les réhabilite,mais aussi et d’abord dans la pauvreté volontaire, dansle “videment” de soi-même du Fils partageant l’existenceet le destin des plus petits de l’humanité qu’il appelle sesfrères.Dans la scène du grand jugement, l’Église est certes relativisée: les bénis du Père ne sont pas seulement des disciplesmais sont toutes celles et tous ceux qui sont venus en aide àl’humain en détresse sans autre motivation que de le réconforteren diverses situations de dénuement, de souffrance,de solitude et ont ainsi rejoint le Fils de l’homme dans lagénérosité de son “videment” volontaire.Il n’empêche que si l’Église est une fraternité qui anticipe leRoyaume de Dieu dans l’histoire, elle apprend ici l’ouvertureet l’amplitude insoupçonnée de cette fraternité : lamultitude anonyme des pauvres. Elle apprend que sonSeigneur a d’autres frères, qu’il est présent en un autrelieu qu’elle-même et qu’elle ne peut “se boucler” sur ellemême.L’Église n’a aucune identité, aucune raison d’êtresans les pauvres. Car si les pauvres sont les frères du Christ,il est manifeste qu’on ne peut se déclarer frère du Christsans être frère des pauvres. L’Église a donc pour missiondans l’histoire de promouvoir à sa manière la libération despauvres à tous les niveaux de l’existence et de jouer le rôled’éveiller la société civile à l’importance décisive de cettetâche libératrice.1Matthieu 25, 31-46J.-M. Degrèveg Mosaïque N° 4


umeurPsychologie et repassageToutes celles (ceux ?) qui repassent ont déjà rencontré lessituations suivantes : exemple 1 : le t-shirt bon marché oupas dont les coutures déraillent, torchent, prennent la tangenteau grand désespoir de la repasseuse.Exemple 2, plus solide, le jeans mal coupé dont les couturesse font la malle chaque fois qu’on veut passer le fer.Exemple 3, la culotte de pyjama, vraie occasion achetée surle marché, dont les coutures trônent quasi au milieu de lajambe…Une repasseuse novice va vouloir prouver sa dextérité : ellepasse la langue, lance son cri de guerre et attaque. Premieressai : on redresse les coutures et on y va ! Mmmm, un fauxpli, non deux. Le dos résiste, s’unit pour saper le moral del’agresseur. Deuxième essai : on va contourner la difficulté.Hop, le résistant se retrouve autour de la planche et on vale repasser en rond. Plus question de se singulariser ! Vientle moment du pliage et du triomphe silencieux de la matièrerebelle : les coutures reprennent leur vie autonomeet singulière.Le jeans attend d’un air narquois qu’on veuille bien s’occuperde lui. Il roule des hanches chaque fois que le fer passe.Ses grosses coutures se tordent les côtes devant les ambitionsde la ménagère…Et la culotte de pyjama achève le combat et se révèle être laplus hypocrite de tout le linge : calme apparemment anodin,pacifique, qui se transforme en rébellion ouverte à lapremière tentative du fer.La repasseuse chevronnée, philosophe ou démissionnaire(vous avez le droit de le penser), a pris son parti depuislongtemps de la situation et ne considère plus la planche àrepasser comme un champ de bataille. Elle prend parti dela situation telle qu’elle est. Elle repasse sans état d’âme let-shirt qui tourne et, ma foi, si on veut qu’il rentre dans lapile, il faut bien composer. De toute façon, celui ou cellequi va le porter n’y verra rien et, le soir, le roulera en bouleAvril 2009 g Mosaïqueou le laissera tomber sur le parquet sans plus de cérémonie,pour le remettre, le lendemain, bien chiffonné.Pareil traitement pour le jeans et le pyjama : la négociationet la diplomatie plutôt que l’affrontement direct.Dans la manne des relations humaines et de la société, nousaurons envie de trouver des êtres facilement repassables,dont les coutures tiennent droit, qui entrent du premiercoup dans la pile, on dirait maintenant « formatés ».Or, que trouvons-nous dans les familles, au travail, dans leséglises et ailleurs ? Des autres, des différents, des couturésde toutes sortes, des blessés, des paumés.Nous aimerions qu’ils prennent la forme que nous leuravons assignée d’avance, pour les ranger dans nos catégories: les chaussettes avec les chaussettes, les chemisesavec les chemises et nous repassons sans relâche, sans nousrendre compte des faux plis que nous créons. Nous aimonssimplifier les choses, nous aimons que les autres nous ressemblent,nous avons envie qu’ils partagent notre route.Ce n’est pas au linge de faire un effort, mais à la repasseuse! Ce n’est pas aux autres de venir à nous, mais bien à nous desortir, de traverser la rue pour faire un bout de chemin aveceux, de leur demander si leur route n’est pas trop difficile,trop solitaire.À ce prix-là, l’harmonie peut régner dans le trousseau !À ce prix-là, les relations humaines deviennent plus profondes,plus riches, plus vraies…Au matin de Pâques, demandons à devenir des repasseuseset repasseurs pleins de psychologie, de bonté, de tendressepour la grande lessive qu’est l’humanité !Yvette VanescotePAGE


‘ici…« Regards critiques sur Calvin »Le 4 mars dernier, la Faculté universitaire de théologie protestante deBruxelles et le Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de lalaïcité (ULB) ont organisé une intéressante journée de réflexion surCalvin, approche historique et critique. Destinée avant tout aux étudiantsdes deux institutions, elle était aussi ouverte au public.Après une introduction du professeurJean-Loup Seban (FUTP), retraçantles grandes étapes de la vie et del’œuvre du Réformateur, le professeurBernard Hort (FUTP) présenta quelquespolémiques récentes autour duCalvinisme, depuis un Jean Zieglerqualifiant celui-ci de source du totalitarismedu capital jusqu’à tel auteurse plaignant d’une excessive et pernicieuseinfluence des protestants surla société française…Fabien Nobilio (FNRS-ULB) fit unremarquable exposé comparatif desrapports à la Bible de Martin Luther,Thomas Müntzer et Jean Calvin, lepremier y puisant sa doctrine des deuxrègnes, le second un illuminisme dévastateur,le dernier une incitation àl’engagement citoyen du chrétien.Jean-Charles Ducène (ULB) fit un exposéoriginal sur l’inquiétude, voirel’aversion, des protestants du 16esiècle et Calvin en particulier enversl’Islam des conquêtes ottomanes atteignantalors les portes de Vienne,un Islam avec lequel, pourtant, unFrançois Ier opportuniste n’hésitaitpas à s’allier pour affaiblir son rivalCharles Quint…JL Seban revint au pupitre pour évoquerle rôle de la femme en protestantismecalviniste : bonne épouse, bonne mèreet éducatrice instruite de sa progéniture.Dans sa foulée, une historienne(ULB) fit part de ses recherches sur uncertain nombre de personnalités fémininesréformées du 16e siècle dontplus d’une connut le martyre.De son côté, Monique Weil (FNRS-ULB) évoqua les divers moyens depropagation du Calvinisme au 16e siècle: on pense bien sûr à l’imprimeriemais elle souligna aussi le rôle de latradition orale parmi les non-lettrés,la circulation de gravures et autres placards(TV de l’époque).Le professeur Anne Morelli (ULB)rappela le Roi-soleil cherchant àéradiquer le protestantisme et samémoire et, dès le milieu du 19e siècle,le rôle restaurateur de cette mémoiretenu par la Société d’histoiredu protestantisme français avec sesmultiples créations de musées en diverslieux de l’Hexagone (on peut icisignaler aussi l’existence toute récentesur le net d’un musée virtuel du protestantismefrançais). Et A Morelli desouhaiter que le protestantisme belgefasse semblable publicité à sa propremémoire.Enfin, l’orateur le plus décapant futsans nul doute un parpaillot, le théologien-philosophePierre-Yves Ruff,qui se fit un devoir de montrer leséclosions de dérives totalitaires chezun Calvin devenant calviniste…Fruit d’une excellente collaborationentre les deux institutions académiques,cette journée a interpellé. Unprotestant qui se respecte aime ça !Marc LombartLe 21 avril la Fondation Eugène Bersier - Meromedia sortira un documentaireen DVD dans lequel des jeunes issus des trois grandes religions monothéistesdisent, face caméra, comment ils croient, dans un esprit de dialogue etd’ouverture à l’autre. Une vaste réflexion sur la manière dont la jeune générationchoisit de construire ses convictions, sans rien céder aux progrès de lamodernité critique. Un DVD conçu pour la catéchèse, l’enseignement ou toutsimplement pour inviter à la réflexion en église, en groupe ou en famille. Pouradolescents et adultes. Informations et vente sur www.dieuetmoi.netPAGE10g Mosaïque N° 4


e làLa crise aujourd’hui,rencontre avec Michel ROCARD© Wilfrid EstèveUne économie en criseLa crise révèle d’abord une confusionmentale décisive dans la langue française.En anglais les libéraux représententla gauche, et par exemple la moitiégauche des démocrates américainsen opposition aux conservateurs. EnFrance, les libéraux incluent des ultralibérauxà droite, ce qui crée la plusgrande confusion sémantique.À l’origine le libéralisme est issu desLumières et prône la liberté commefondement majeur de l’organisationsociale. Les inventeurs de ce courantsont des moralistes ou des philosophestels que Adam Smith, DavidRicardo, John Keynes et le pasteurThomas Malthus. La liberté est tout cequi ne nuit pas à autrui. La Déclarationuniverselle des Droits de l’Homme etdu citoyen en 1789 reprendra cetteaffirmation. La liberté suppose qu’uncadre légal la définisse. La loi garantitces libertés. Aucun des fondateurs dulibéralisme n’avait imaginé que l’onpuisse se passer de règles, ni que l’onpuisse éviter que l’État ne soit l’agentchargé d’édicter ces règles.Le XIX e siècleÀ l’ère de l’industrialisation, le capitalismeva vivre une révolution avecl’invention de la machine à vapeur,Avril 2009 g MosaïqueMichel Rocard, ancien Premier Ministrefrançais , commente pour la PresseRégionale Protestante sa vision de lacrise financière et économique mondialequi est la conséquence de convictionspolitiques et stratégiques en marche depuisde nombreuses annéespuis de l’électricité qui permet defaire travailler de nombreux salariéssur un même site, c’est-à-dire unesource unique d’énergie. La deuxièmerévolution est la création de la sociétéanonyme vers 1810 qui permet le groupementde beaucoup d’actionnairesdans le même projet. Le capitalismecommence ainsi au début du XIX e siècledans l’Angleterre, le nord de l’Allemagne,le nord de l’Italie, le Benelux…La France part dans cette aventuresoixante ans après ! Cette accélérationtranche avec une grande permanencedu marché qui, depuis plus de 3 500ans permet de réguler simplement deséchanges économiques entre personnesisolées.L’émergence d’une crisemondialeDès 1922, c’est la déclaration d’HenriFord qui explique : « Je paye mes salariéspour qu’ils achètent mes voitures». Le capitalisme est basé sur uneconsommation de masse. Les sociétésoptent pour ce type de capitalismeindustriel en essayant d’atténuer sesaspects les plus agressifs. Cela comporteune instabilité que traduit unecrise, tous les dix ans. En 1929, unecrise plus profonde entraîne de gravesconséquences mondiales et la montéeau pouvoir et l’élection d’Hitlerqui entrainera donc plus de 50 millionsde morts par la Seconde Guerremondiale. À la fin de cette guerre il estreconnu nécessaire de réguler ce capitalismepour en atténuer les conséquences.Avec la création de la sécuritésociale, l’objectif est d’humaniserle capitalisme et par là de le stabiliser.Un tiers de la population bénéficie decette protection. D’autre part, avec sathéorie de 1936, John Keynes fournitaux gouvernements des guides depolitique monétaire et budgétairequi limitent les oscillations donc lescrises du système. Malgré cela, le marchémondial a été affecté par la crise.Il faudra attendre les années 70 pourrevenir à un niveau d’échanges dansle monde qui soit égal à celui de 1913.La crise se fait donc sentir sur les cinquantedernières années.Les Trente GlorieusesDès 1945 est mis en place un systèmeplus rigoureux pour encourager lacroissance : politiques keynésiennes,mise en place des sécurités sociales.En outre, les gouvernants vont inciterles patronats à négocier auprèsdes syndicats pour pousser à ce queles salaires augmentent comme laproductivité. Cependant, en France iln’existe pas une force syndicale suffisantepour de telles négociations.C’est le Commissariat au Plan qui vay inciter.Dans un monde à reconstruire qui aspireà la paix, le capitalisme (Amériquedu Nord, Europe de l’Ouest et Japon)vit une phase inouïe sans précédent.Sa croissance est rapide, régulière etPAGE11


De làLa crise aujourd’hui, rencontrePAGE12génère du plein emploi, seulement2 % de chômage, et surtout constante,de + 5 % de croissance pendant vingtans, sans crise financière majeure.Ceci tient à ce que le capitalisme étaitardemment régulé par des outils telsque la sécurité sociale et les impôts.Par exemple le PNB des pays scandinavesatteignait 50 % d’impôts, pourune sécurité sociale performante. Cerythme de croissance qui est fabuleuxpour les bénéficiaires, est unefolie dans l’exploitation des richessesnaturelles !La thèse de FriedmanMilton Friedman obtient le prix Nobel1976 d’économie, il exprime une visionmonétariste de l’économie baséesur l’équilibre des marchés - que sathéorie proclame optimal. De ce faittoute intervention publique seraitnéfaste. Milton Friedman considèreque l’on a inventé un moteur extraordinairepour la civilisation avec lecapitalisme, dont le carburant est leprofit, lui aussi d’une efficacité inespérée.Dans cette logique « tout iraitmieux si chacun pouvait faire plus deprofit ». La condition est de se libérerdes règles et des impôts. Le marchéa une vertu inouïe car son équilibreest optimal. Cette thèse bat le recorddu monde de l’adhésion populaire àune doctrine en moins de vingt ans.Pour les gouvernements des trois plusgrandes puissances et pour la Banquemondiale et le Fonds monétaire international,cette doctrine devient laréférence. Peu à peu cette économieultra libérale renonce à se connecteraux autres sciences humaines et àtoute forme de contrôle. En réalité,cette doctrine ultra libérale est uneperversion de l’esprit et une violationmajeure du libéralisme historique enfranchissant sa ligne jaune, puisqu’elledécide contre les vrais libéraux qu’iln’y a pas besoin de règles ni de sanctions,ni d’État, pour les fixer.La crise financière de 1971Depuis 1944, le dollar était étalonné :35 dollars équivalent à une once d’or.En 1971, Dick Chesnay pousse le présidentNixon à décrocher le dollarde l’or (notamment à la demande deremboursements de créances de l’Allemagne).Les États-Unis ne peuventen effet plus tenir la parité avec l’or. Enparticulier face aux besoins financiersde plus en plus importants tels que laguerre du Vietnam.Le décrochage du dollar par rapportà l’or, cette année-là, va abolir la fixitédes taux de changes. Ceux-ci deviennentflottants, avec des pointes à lahausse ou à la baisse intolérables pourle commerce. Pour limiter ces dégâts,la banque et l’assurance mondialesvont pousser à l’invention des produitsdérivés. D’autre part, de 1970 à1980, c’est l’organisation collective desactionnaires en fonds de pension, enfonds d’investissements et en fondsd’arbitrage. Il y a déplacement d’épargneen tâches et intérêt. L’objectif estde prendre des minorités de blocage,sinon des majorités, pour avoir despositions dominantes et assurer ainsile dividende maximal.Pour des questions de profit : l’objectifest d’écrémer les fonds de recherche,les frais de représentation, de publicitéde culture et de limiter la hausse dessalaires. De 1960 à 1970 Général Motorsou Peugeot Citroën, fabriquent 80 %de la valeur de leurs véhicules. Peu àpeu ils deviennent des assembleurs,en favorisant la sous-traitance avecdes PME peu syndiquées. Cette externalisationest donc une pressurisation.Après trente ans de plein emploi, et envingt ans, 15 à 20 % du personnel travaillentdans des conditions précaires.Le chômage n’est pas réductible, lessalaires baissent ; alors que la pauvretédisparaissait, elle réapparaît dans lesclasses les plus défavorisées avec destravailleurs pauvres : les pauvres nesont plus seulement ceux qui sont auchômage, mais ceux qui travaillent, etsurtout ceux qui sont exclus du marchédu travail.La crise est pour demainLes produits dérivés offrent alors despromesses d’achats de produits à desprix convenus d’avance qui permettentde réguler les hausses et les baissesde ces produits. L’avantage est delisser le cours des matières : la financea inventé alors un système génial !En 1971 l’équilibre était assuré : 1 dollarcommercial circule face à 1 dollarfinancier. En 2007 : pour 1 dollar commercialcirculent 60 à 80 dollars financiers,soit 5 à 6 fois le produit brutmondial. Le marché devient déréguléet déséquilibré, la vraie crise n’est passeulement financière. Elle est uneperte de moralité du système et uneffondrement du tabou qui veut quel’équilibre du marché soit optimal.Tous les paradigmes économiquesdeviennent caducs. Le déclencheurg Mosaïque N° 4


De làavec Michel ROCARDMichel Wagner, Michel Rocard, Daniel Cassouse situe dans le secteur du logement.Tout logement est cher : cinq ans desalaire en moyenne. De longue tradition,les prêts hypothécaires sont desapports de 80 à 85 % de l’achat. En1990 Bush veut sortir du clivage entrepatrons et salariés et propose que tousdeviennent propriétaires : on prêtealors à tous. Les rentrées de la banquene dépendent plus de la régularité del’emprunteur mais l’investissementest dans la valeur de la pierre et évidemmentil faudra exproprier beaucoup! Si ce changement de moralitén’est pas du vol, c’est un scandale ; ilrévèle la gravité sociale et la cruautédu système économique.L’immoralité croissanteLes banques américaines mettent aupoint le nouveau système basé surles surprimes ou surprime. Trois anssans remboursement de capital, seulementles intérêts. Et ensuite des tauxvariables. En 2007, dans l’incapacitéde rembourser, 3,5 millions de foyerssont en phase d’expropriation quidéstabilise le système financier. Lesbanques américaines mélangent alorsdes créances « subprimes » douteusesavec d’autres créances plus sainespour faire de l’ensemble des paquetsAvril 2009 g Mosaïque© La Voix protestantede titres dont chacun devient un élémentactif au bilan. C’est un vol qualifié,un délit de vendre des créancespourries dans le monde entier qui estcontaminé par ces créances douteuses(Europe, Japon). L’année 2008 estl’année de la découverte : les banquesne connaissent pas le montant deleurs créances pourries. Cela engendreune perte de confiance totale. Lesystème interbancaire se bloque ettout le système économique en pâtit.C’est ainsi qu’une méga crise financièrevient frapper des économies réellesdéjà anémiées.Pendant ce temps, les produits dérivés,de 2003 à 2008, investissent denouveaux supports, en particulier lesmatières premières. Soutenus par lacroissance de la Chine de + 20 %, lescours du blé, riz, soja et maïs, sont infestéspar ces nouveaux produits dérivés.Sur un plan physique les stockssont identiques, mais les produitsdérivés ont modifié leur cours qui lesrend plus difficilement accessibles etengendre alors un début de récession.C’est notamment la cause des émeutesalimentaires qui se sont produitesen Afrique en 2007 et 2008. Demanière générale, la crise financièretouche de plein fouet une économiemondiale fragilisée avec la précarisationdu travail pour une part de 20 %de la population de 1980 à 2005.La responsabilité des pouvoirs publicsavait accentué la crise de 1929 par desdécisions erronées. À l’inverse en2008, les pouvoirs publics sont intervenusrapidement et avec bon sens.Leur réaction a été d’aider dans l’urgenceles banques et de corriger leseffets de la crise. Par exemple NicolasSarkozy a été à l’initiative de la créationdu G20 qui permet aux grandespuissances du G7, et des pays émergents,de se rencontrer et pour sa premièreréunion, d’arrêter en octobre2008 une liste de recommandationsaux états – seuls décideurs en droit– fort pertinentes, à exécuter d’ici le31 mars 2009, mais pour l’essentiellimitée aux aspects financiers de lacrise. Le second G20 devra se consacrerdavantage à l’économie réelle. Laposition de Nicolas Sarkozy a évoluétrès rapidement, en particulier lors dudiscours de Toulon le 25 septembre2008 par un changement d’attituded’une situation d’ultra libéralisme rejetanttoute régulation publique à unlibéralisme plus vrai, insistant sur lerôle régulateur et normatif de l’État.Il rejoint en partie ici Gordon Brown.Mais ce dernier a souhaité davantagenationaliser les banques en difficulté,et cherché aussi à soutenir le pouvoird’achat avec en particulier une baissede la TVA ou la revalorisation duSMIC. Le président Sarkozy préfèrejouer sur les investissements. Le pariest risqué.Ce qui est sûr est que l’avenir sera basésur une exigence écologique et sur undéveloppement durable respectueuxde l’humanité, qui doivent être intégrésdans les mesures de traitementde la crise, sinon un cataclysme estprévisible.Propos recueillis parDaniel Cassou et Michel WagnerPAGE13


édi@s et relations publiquesProfusion d’événements médiatisés :essayer de suivre ?Avec le retour du printemps, des initiatives en tout genreémergent et s’enchaînent à un rythme effréné. Les journéesmondiales qui visent à attirer l’attention sur telle outelle problématique, les années « à thème » comme Pauldans l’Église catholique ou Calvin chez les protestants, lesactions plus ponctuelles qui font appel aux citoyens en sontdes exemples.J’ai particulièrement retenu quelques événements qui réveillenten moi des défis, des combats qui me semblentprioritaires (au regard de la quantité d’événements, j’ai optépour la subjectivité comme critère de sélection). Il y a eu laJournée mondiale de prière, le vendredi 6 mars, organiséepar un mouvement mondial de femmes chrétiennes qui s’intéressentau statut de la femme, en particulier dans les paysdéfavorisés. Deux jours plus tard, la Journée de la Femmeramène les questions d’inégalité hommes/femmes sur ledevant de la scène. Elle est l’occasion de sondages souventsommaires puis l’information est balayée pour laisser la placeà d’autres sujets et revenir l’année suivante. Le 28 mars, de20.30h à 21.30h, des millions de personnes à travers le mondeont éteint leurs lumières. Un geste symbolique très puissantpar lequel le WWF veut démontrer qu’en travaillant ensemble,les hommes peuvent créer une différence dans la luttecontre le changement climatique. Des individus, des entreprises,des pouvoirs publics y participent. Et la liste est loind’être terminée, beaucoup d’autres causes essayent d’êtreainsi médiatisées. On compte 15 journées mondiales en mars,auxquelles il faut ajouter les journées nationales… 1 .Outre l’effet de saturation que toute cette accumulationprovoque, il y a aussi les questions liées à l’accessibilité àcette médiatisation. Derrière chacun de ces événements, ily a toute une stratégie de communication. Telle journée ouévénement bénéficiera d’une plus grande diffusion si telle outelle grande entreprise y participe. Tel lobby pourra s’offrirde la publicité sous couvert d’un débat auquel il est le seul àparticiper puisque parmi ses opposants, personne ne peutinvestir dans une campagne médiatique similaire 2 .Dès lors les raisons pour lesquelles un événement fait la unedes journaux plutôt qu’un autre ne sont pas toujours liéesà sa pertinence ou sa qualité. Des raisons économiques, derecherche de l’audimat, d’influence ainsi que de la mode oul’air du temps sont des critères parfois décisifs. Le besoinparfois compulsif de remplissage et d’immédiateté n’estsans doute pas étranger à cette démultiplication. En boutde chaîne, le lecteur, l’auditeur se trouvent confrontés à unnombre d’informations, d’événements tellement nombreuxqu’il y a un risque réel qu’ils s’y perdent, qu’ils saturent.Une fois que l’on a pris conscience de cet état de fait, onpeut choisir, en définissant ses propres critères, comment onreste connecté aux informations et événements qui touchentson réseau local, national, international. On peut choisir sespriorités et on ne se les laisse pas dicter. On peut égalementchoisir de s’arrêter, de prendre du recul pour se recentrer surce qui tient la place centrale.1Dorothée BouillonVoir notamment http://www.journee-mondiale.com2 La récente campagne en faveur de l’énergie nucléaire financée par des grandsgroupes du secteur (www.nuclearforum.be) en est un triste exemple.Il y avait un bûcheron épuisé qui persistait à gaspiller son temps et ses énergiesà fendre du bois avec une hache émoussée, parce que, disait-il,il n’avait pas le temps de s’arrêter pour en affûter la lame.Site : www.aprt.bePAGE14 g Mosaïque N° 4


Année Calvin 1 Avril 2009Jemappes – samedi 4 avril, 15h– Conférence : Liberté ouprédestination, J.L.Wrincq Égl. prot. 826 av Foch.Flémalle – du mardi 14 au mardi 28 avril– Exposition : Jean Calvin – Égl. prot. :256 r de la Fontaine.Quaregnon – vendredi 17 avrilConférence : Biographie populairede Jean Calvin, Éric DenimalÉgl. prot. 100 r Pastur.Bruxelles – mercredi 22 avril de 17 à 19hConférence-débat : Calvin se dit,Calvin s’expose, Patrick ÉvrardCafés ThéologiquesBruxelles• Lundi 6 avril dès 19.30h“Les rapports entre l’ islam etle christianisme dans la société belge.”Avec Dr. Altay Manço, directeurscientifique de l’Institut de recherche,de formation et d’action sur lesmigrations (IRFAM, Belgique)Lieu : Le Liberty - 7, place de laLiberté 1000 BruxellesContact : SPEP 02 510 61 63Concours : Calvin en questionQuestion n°7 : quel est le prénom del’enfant né en 1542 de l’union entreIdelette de Bure et Jean Calvin ?Centre LUMEN, chée de Boondael, 341050 Bruxelles + exposition à découvrirpendant la pause et après.Bruxelles – jeudi 23 avril, 18hConférence : Calvinisme etcapitalisme, deux frères jumeaux ?Examen du cas belge, R.H. Boudin,Recteur hon. Fac. Théol. prot.BruxellesÉgl. prot. 40 bd Bischoffsheim.Flémalle – samedi 25 - dimanche 26avrilAnimation : Autour de l’expo CalvinÉgl prot. 256 r de la Fontaine.Rixensart• Mardi 14 avril à 20.00h“Le criminel peut-il être mn prochain ?”Avec William Rey, visiteur de prisonLieu : Centre culturel protestant deRixensart, rue Haute, 26a.Contact : Sylvie Gambarotto(02 653 44 20) ouPhilippe Romain (010 61 40 67)En collaboration avec le SPEPMons – mardi 28 avril, 19.30hConférence : Héritiers de Calvin !Engagés socialement ? Aperçuhistorique, actualité et perspectives desœuvres protestantes en France. Jeunesseet diaconie, Olivier Brès Féd. EntraideProt. – Égl. prot. 17 bd Dolez.Seraing-Centre – du mercredi 29 avrilau mercredi 13 maiExposition : Jean CalvinÉgl. prot. 100 r Ferrer.Pour fêter l’année Calvin, participez au grand jeu proposé par laPresse Régionale Protestante. Huit questions pour gagner.Chaque mois une question est posée. À vous d’y répondre, avant le 201509 avril,– 2009soitpar courriel : contact@lavoixprotestante.org ou par courrier à La Voix protestante,14 rue de Trévise 75009 Paris.1Plus de détails : voir chroniques paroissialesen pages intérieuresMidis du SPEPBruxelles• Mercredi 22 avril à 12.15h“Repos ou travail dominical ?”Avec Maître Antoine Rasneur,expert auprès de Madame JoëlleMilquet, vice-première ministre etministre de l’emploi.Lieu : 5, rue du Champ de Mars,1050 Bruxelles.Café et sandwiches sur place, libreparticipation aux frais.Contact : SPEP 02 510 61 63Réponse à la sixième question : la devise en latin de Jean Calvinest Tibi offero cor meum prompte et sincere qui se traduit par jet’offre mon cœur, Seigneur, avec empressement et sincérité.Daniel Cassou• Envoyez vos informations à la rédaction -Rue du Champ de Mars 5,1050 Bruxellesou par courriel :mosaique-redaction@epub.betél.: 02 377 66 57• Site Internet :http://www.epub.be/mosaiqueMerci de respecter les délais suivants :• le 5 avril pour le numéro de mai.• le 5 mai pour le numéro de juin.• le 5 juin pour le numéro de juillet.Les opinions exprimées dans Mosaïquen’engagent que leurs auteurs.• ABONNEMENTS ANNUELSAbonnements individuels :envoyez vos nom et adresse ainsi quevotre règlement de 15,00€à MOSAÏQUERue du Champ de Mars 5,1050 BruxellesCompte : 068-0715800-64Abonnement de soutien : 25,00€Abonnement de groupe :Veuillez contacter la rédaction pourles conditions :mosaique-redaction@epub.be• Éditrice responsable : Dorothée BouillonRue du Champ de Mars, 5 – 1050 Bruxelles• Équipe de rédaction :Rédactrice en chef : Jacqueline LombartRédacteurs : Martine Warlet, Jean-MarcDegrève, Marc Lombart, Philippe Fromont• Collaborateurs : Yvette Vanescote,Samuel Charlier, Robert Hugues Boudin• Collaborateurs régionaux :Hainaut Occidental : A Benini, C Godry,HONL : J-P Lecomte , R BrowetLiège : B. DennisBrabant : Jean-Marc Degrève• Imprimerie : sa N. de Jonge, GrimbergenAvril 2009 g MosaïquePAGE15


Témoins d’espéranceMerci Seigneur,pour les contemplatifs,témoins de l’invisible dans un monde anxieuxd’efficacité immédiate,et pour les hommes d’actiondont l’engagement stimulema responsabilité à l’égard du monde.Merci Seigneur,pour les poètes et les artistesdont le rêve ouvre des brèches dans les mursqui ferment mon horizon,et pour les économistes,dont la rigueur parfois implacableme ramène à la dure réalité des situations.Merci Seigneur,pour ceux qui croient à un monde meilleuret dénoncent inlassablement la médiocrité,les injustices et l’absurditéauxquelles je suis tenté de me résigner,et pour les techniciensaux prises avec les limites du possibleafin d’obtenir qu’elles reculent encore.Merci Seigneur,de nous donner ces témoins d’espérance :que d’autres se lèvent par toute la terre.Alliance nationale des Églises luthériennes de France© Bruno Bernier - Fotolia

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