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actualités /bibliothèquesLyon : une nouvelle bibliothèqueà La DuchèreDes livres<strong>au</strong> vertÀ l’image du quartier lyonnais deLa Duchère, en pleine réhabilitationdans le cadre du Grand Projet de Ville,la médiathèque du neuvième arrondissementa fait pe<strong>au</strong> neuve. Elleoccupe, depuis juin dernier, des loc<strong>au</strong>xà la pointe du développement durable.Isolation par l’extérieur, raccordement<strong>au</strong> ch<strong>au</strong>ffage urbain collectif à bois,e<strong>au</strong> ch<strong>au</strong>de avec complément solaire,toitures-terrasses végétalisées…La liste des aménagements écologiquesde ce nouvel espace de lecturepublique est encore longue, cequi n’empêche pas la bibliothèquede proposer à ses abonnés 30 000documents, livres, CD ou DVD disponiblessur 700 m 2 , soit le doublede la surface des anciens loc<strong>au</strong>x.Trois résidences d’écrivains enRhône-AlpesÉcrituresen villeÀ Grigny, à Saint-Étienne et à LaRicamarie, trois <strong>au</strong>teurs s’insèrentdans le paysage, quelquessemaines ou quelques mois, pourune résidence. Le temps de fairedes rencontres, de lire et d’écrire.Jean-Noël Blanc est invité à parcourirLa Ricamarie pendant neuf mois ;Stéphane Bouquet réside à Saint-Étienne cet hiver et reviendra <strong>au</strong> moisde mars ; Michel Besnier, lui, a passétout l’<strong>au</strong>tomne à Grigny. Des rythmesdifférents pour ces romanciers,poètes, écrivains pour la jeunesse, quipartagent un objectif : aller à la rencontred’une population et d’un territoirepar l’intermédiaire de leurstextes et de leur travail.Du côté de La Ricamarie, petite citéouvrière de la Loire, Jean-Noël Blancest en résidence jusqu’en juin, avecpour ambition de publier un texte« puzzle, ou kaléidoscope, c’est la4Située sur la place Abbé Pierre, égalementréaménagée de façon plus conviviale,la bibliothèque Annie Schwartzest désormais <strong>au</strong> cœur du quartier.Elle occupe le même bâtiment que laMaison du Département du Rhône,dans des loc<strong>au</strong>x très lumineux,<strong>au</strong>x parois de verre.Plus grande, plusverte, plus centrale,la médiathèque proposeenfin de nouve<strong>au</strong>xservices : unespace numériqueagrandi, une équiperenforcée, un espacepour les tout-petits,un accès Wifi et enfintrois <strong>au</strong>tomates quipermettent d’emprunteret de rendrerapidement lesdocuments. Au programmedes animations,en décembre :« Electro-choc », un/résidencesmême idée ». Pour ce projet porté parla médiathèque Jules Verne, il s’agit,selon l’écrivain, qui récolte les histoiresdes habitants, de leur permettre « dese réapproprier leur ville ». Ville plutôtdéfavorisée, La Ricamarie est une surprisepour l’<strong>au</strong>teur stéphanois qui,depuis octobre, a découvert « plein detrucs bizarres… ». « C’est une ville àtiroirs » , raconte Jean-Noël Blanc, « loinde se résumer à son artère principale,longtemps nommée la Rue sans joie.En fait, la commune peut se révéler trèscampagnarde, avec des paysagesmagnifiques. » Pour le romancier etsociologue spécialiste des questionsurbaines, la surprise naît <strong>au</strong>ssi des rencontres,notamment avec les anciensmineurs et leurs récits d’une <strong>au</strong>treépoque, mais <strong>au</strong>ssi avec les populationsimmigrées venues du Maghrebet d’Europe centrale. Trois interventionsde l’<strong>au</strong>teur à la médiathèque etdes ateliers de lecture sont prévus pendantla durée de la résidence, avantla publication d’un livre, à la manièred’un carnet de voyages.Stéphane Bouquet, poète et critique,<strong>au</strong>teur de Nos Amériques et Un Peuple(Champ Vallon), est à Saint-Étiennepour une résidence en deux temps :© F. Guignard Perret © L<strong>au</strong>rence Danière / Mission Lyon La Duchèreconcert (le 13 décembre à 12h30)et un cycle de rencontres <strong>au</strong>tour desmusiques actuelles avec les élèvesdu Conservatoire de Lyon ; « Petiteshistoires pour grandes oreilles »,lecture d’un conte pour les enfants(les 7 et 17 décembre à 14h). J. B.BibliothèqueAnnie Schwartz4, place de l’Abbé Pierre69009 LyonTél. 04 78 35 43 81Mél. bib9-duchere@bm-lyon.frwww.bm-lyon.frprésent en novembre et décembre,il sera de retour <strong>au</strong> printemps, à laSerre, lieu d’accueil d’artistes à Saint-Étienne. Pour cette deuxième résidenceorganisée par la Ville et lamédiathèque de Tarentaize, soutenuepar la Région et la Drac Rhône-Alpes, la municipalité souhaite offrirà un écrivain du temps et un cadrepropice à son travail d’écriture, mais<strong>au</strong>ssi susciter des occasions de rencontreentre l’<strong>au</strong>teur et les lecteurs.La présence du poète dans la ville estdonc multiforme : animation d’ateliersd’écriture, rencontres <strong>au</strong>tour deses lectures (« Les livres de ma vie »),rendez-vous en librairie.Même esprit à Grigny pour MichelBesnier, poète, romancier, <strong>au</strong>teur deLa Vie de ma femme (Stock) ou deMon Kdi n’est pas un Kdo (Motus), quiclôture le 9 décembre sa résidence<strong>au</strong> Manoir, une belle bâtisse réhabilitéepar la Ville. Cet accueil d’<strong>au</strong>teurorganisé en collaboration avecl’Espace Pandora et soutenu par leCnl et la Drac Rhône-Alpes, s’achèvepar une lecture-surprise, suite à troismois de présence, d’écriture et derencontres avec différents publics.Julie BanoslibrairieUn <strong>au</strong>tretemps pourNotre TempsJean-Louis J<strong>au</strong>don tourne la page.Libraire emblématique de Notre Temps,à Valence, depuis 1985, il prend sa retraitede cette librairie atypique, créée en 1973dans la mouvance des courants politiquesde g<strong>au</strong>che et des mouvements ouvrierset syndic<strong>au</strong>x. « La librairie émane de lavolonté du Parti communiste dans lesannées 50 de créer un rése<strong>au</strong> de diffusiondes livres communistes », explique lelibraire, mais « nous ne sommes pas liésdirectement <strong>au</strong> Parti et il n’y a pas du toutde droit de regard sur le choix des livres »,précise-t-il. Seules trois librairies en Franceont conservé ce fonctionnement, àToulouse, Nîmes et Valence.La librairie propose un rayon conséquentd’ouvrages de sciences humaines et depolitique et participe à de nombreuxévénements en lien avec les mouvementsassociatifs et militants. « Nous sommesà l’origine de la création de la Fête du livrejeunesse de Saint-P<strong>au</strong>l-Trois-Châte<strong>au</strong>x etnous avons également be<strong>au</strong>coup militépour le prix unique du livre », rappelle lelibraire. Généraliste avant tout, NotreTemps a mis cependant l’accent sur lefonds jeunesse, BD et littérature : « nousétions les premiers à vendre des bandesdessinées à Valence, à l’époque où c’étaitun genre très peu développé en librairie »,se souvient Jean-Louis J<strong>au</strong>don. Référenceen matière de livres pour l’agglomérationdrômoise, la librairie a doublé de surfaceet propose désormais un espace de ventede 150 m 2 . Trois libraires – Marie-Ève Dupin,Cécile Reyn<strong>au</strong>d et Véronique Bret – ontrepris les commandes de cette librairieengagée, (deux d’entre elles travaillaientdéjà avec l’ancien libraire), dans le mêmeétat d’esprit que leur prédécesseur, avecl’idée, à moyen terme, de développerencore le rayon jeunesse. J. B.Librairie Notre Temps30, Grande-rue - 26000 ValenceTél. 04 75 43 78 79Jean-Noël Blanc : MédiathèqueJules Verne, la Ricamarie (42)http://mediatheque.laricamarie.over-blog.comStéphane Bouquet : Médiathèquede Tarentaize, Saint-Étienne (42)www.bm-st-etienne.frMichel Besnier : MédiathèqueLéo Ferré, Grigny (69)www.mairie-grigny69.fr


actualités /éditionLes aventures de Mosquito en ChineDes bullesà PékinLes Éditions Mosquitoreviennent de Chine…Récit d’un voyageentre les planchesde bandes dessinées d’<strong>au</strong>teurschinois et français.C’est une première pour lesÉditions Mosquito ! L’invitation<strong>au</strong> « 2011 Sino-Europe ComicFestival », un festival de bandedessinée organisé à Pékinpour faire découvrir <strong>au</strong>xétudiants chinois desœuvres européennes, mais<strong>au</strong>ssi leur permettre derencontrer des <strong>au</strong>teurset des éditeurs francophones,a rassembléune dizaine d’acteursfrançais dans le domainede la BD, dont la maison d’éditionrhônalpine, ravie de cet échangedépaysant. Les Éditions Mosquito,installées à Saint-Égrève, dans l’Isère,ont présenté à Pékin un aperçu dutravail de l’<strong>au</strong>teur italien SergioToppi. Des reproductionsDédicade de Lu Mingà Sergio Toppide planches de l’album Sharaz-deet différentes illustrations composentune exposition itinérante prévuepour se déplacer jusqu’en 2013dans les universitésdes villes de Shanghai,Hangzhou, Suzhou etGuangzhou.« Les Chinois connaissentle travail deToppi depuis lesannées 80, c’estsurprenant ! Il estenseigné dans lesécoles d’art, c’estune référence pour certains<strong>au</strong>teurs », explique MichelJans, qui édite l’<strong>au</strong>teur italiendepuis de nombreusesannées : « Nous avons rencontré,<strong>au</strong> cours des conférenceset des dédicaces, desétudiants très curieux de labande dessinée française,mais également une jeunegénération d’<strong>au</strong>teurs quidessine déjà pour différentesmaisons d’éditionen France ».La proximité du graphismechinois avec le travail desillustrateurs français a surpris l’éditeur: « Le manga influence de plusen plus les illustrateurs chinois, mais© Éditions Mosquitola manière traditionnelle de dessinerest encore très présente, et il existeune école de dessin réaliste trèsrigoureuse ». De retour de leur lointainpériple, les Éditions Mosquitoont des projets plein la tête.Pourquoi ne pas publier SergioToppi en Chine ? C’est le souhaitde la société Total Vision qui aconvié les différents acteurs del’Hexagone <strong>au</strong> festival. Michel Jansa surtout envie de faire des livresavec les Chinois qu’il a rencontrés :« Ensemble, nous voulons éditer desbe<strong>au</strong>x livres, des livres chinois, maissurtout universels. » La suite <strong>au</strong>prochain épisode… Julie Banoswww.editionsmosquito.comUn nouvel éditeur,entre noir et grisOriginaire de Roumanie et installéeen France depuis plus de vingtans, Carmen Duca a fondé en avril2011 à Meylan, dans l’Isère, la maisond’édition Galimatias, afin demieux faire connaître la littératureroumaine contemporaine encoretrès peu traduite en français. Deuxlivres ont déjà paru :La Fièvre des corpscélestes, signé par l’éditrice, etMine de petits riens sur un lit à baldaquinde Radu Bata. Sorti dans lacollection « Galimatias Noir » dédiée<strong>au</strong>x littératures policières, le premierest un roman dont l’intrigue se situeen Rhône-Alpes. Le second, accueillidans la collection « GalimatiasGris », est un recueil de chroniquesnocturnes décalées ou, selon lesmots de l’<strong>au</strong>teur, un recueil de« rêves d’insomniaque transcritsdans un journal de bord judicieusementdéraisonnable ». Affaire et éditeurà suivre. Marie-Hélène Boulangerwww.editions-galimatias.frrendez-vousLes publics desmanifestationslittéraires« Manifestations littéraires : publics,territoires et médiations du livre et de lalecture », c’est l’intitulé de la journée organiséepar la Région, la Drac Rhône-Alpeset l’<strong>Arald</strong> à l’occasion de la restitution desrésultats de l’étude sur les publics desmanifestations littéraires en Rhône-Alpes,menée en 2009-2010 par Joëlle Le Marecet son équipe de recherche de l’ENS. Unejournée consacrée <strong>au</strong>x manifestations littéraireset à la portée de ces manifestationsdans le contexte d’une réflexion plus généralesur les pratiques, les médiations et lesterritoires contemporains de la lecture.L’étude dirigée par Joëlle Le Marec (professeuren sciences de l’in<strong>format</strong>ion etde la communication, CERILAC, UniversitéParis 7), suite à une commande de laRégion et de la Drac Rhône-Alpes élaboréeavec le concours de l’<strong>Arald</strong>, est avanttout l’occasion d’apporter des connaissancesinédites sur les pratiques despublics des manifestations littéraires.Elle révèle la densité et la force des attachementsdes visiteurs à l’amour des livreset de la lecture, <strong>au</strong>x valeurs culturelleset politiques qui s’y rattachent, mais <strong>au</strong>ssià l’identité territoriale des manifestationslittéraires, qui sont des moments fortsdans les communes petites et moyennes.Cette étude permet également de sortird’une vision limitée de la manifestationcomme événement ponctuel, avec l’importancedes rendez-vous réguliers <strong>au</strong> fildes éditions successives et l’ancrage dansdes pratiques privées, familiales ou institutionnellesqui lui prêtent, <strong>au</strong> moins partiellement,leurs temporalités. Elle montreenfin quantités de médiations du livre etde la lecture rendues visibles et disponiblesdans ces manifestations, qui deviennentdes éléments d’une culture à la foismédiatique et réflexive des conditionsde la pratique culturelle en général.Cette journée sera également l’occasionde proposer en 2012 une série de séminairesà partir des questions soulevéespar les savoirs, les expériences et les préoccupationspartagées par les chercheurset les professionnels. Il s’agira notammentd’étudier dans quelles conditions les résultatsd’une recherche peuvent nourrir uneréflexion de nature politique chez lesacteurs engagés à tous les nive<strong>au</strong>x dansl’action culturelle – médiateurs, bibliothécaires,libraires, élus et inspirateursdes politiques culturelles.Journée d’étude« Manifestations littéraires :publics, territoires et médiationsdu livre et de la lecture »Lundi 23 janvier à Lyonà partir de 9hProgramme et inscription surwww.arald.org5


nouvelles & romansJean-François Dupont : trois longues nouvelles ou trois courts romansVia Dante, la voixde l’adolescenceDans Via Dante et <strong>au</strong>tres issues, Jean-François Dupont se penche sur lesadolescents actuels, avec acuité et empathie.Le lien entre les trois longues nouvellesque Jean-François Dupontpropose dans Via Dante et <strong>au</strong>tresissues est constitué par une périodeprécise, celle de la fin de l’adolescenceet des dernières années delycée. Celle où l’adulte en devenirse fait jour chez celui qui, pourquelques mois encore, n’est pasmajeur. C’est évidemment un âgepassionnant et parfois, contrairementà ce qui est souvent admis,plus déterminant encore que celuide l’enfance. C’est en tout cas ce quitraverse les trois textes du recueilde Jean-François Dupont. On voitcomment les expériences adolescentesévoquées laisseront une traceprofonde chez ceux qui les vivent.Dans la première nouvelle, ondécouvre à travers le regard d’unjeune garçon le singulier voyageen Italie d’une classe de collège.Un périple <strong>au</strong> cours duquel le menuclassique que l’on peut attendred’un séjour scolaire – visites demonuments répertoriés et tuttiquanti – sera loin d’être respecté.En effet, les adultes en charge desélèves, notamment un professeur defrançais déboussolé et un ch<strong>au</strong>ffeurde bus suicidaire, les entraînent dansune dérive nettement moins balisée,qui se révélera à la fois dramatique,instructive et très marquante.Dans la deuxième nouvelle, l’âgeadulte se rapproche. Le narrateur ena un avant-goût lors de ses vacancesd’été, où il expérimente ce quepourrait être sa vie future : celled’un champion de tennisde seconde zone, avecson cortège de matchsdécevants ou exaltants,de rencontres furtives quise présentent dans lespetites villes où il n’estjamais que de passage.Enfin, dans le dernier récit,ce n’est pas l’âge adulte qui s’annonce,mais plutôt l’enfance qui ressurgit.Héros de cette histoire, un adolescenttraque un tr<strong>au</strong>matisme qui l’amarqué lorsqu’il était petit garçon,<strong>au</strong> point de se lancer par les moyensles plus inattendus à la poursuited’un passé enfoui.Dans chacune de ces trois nouvellesqui composent Via Dante et <strong>au</strong>tresissues, Jean-François Dupont dépeintles sentiments contradictoires quicaractérisent cette période de transition: l’enthousiasme et l’abattement,la passion et l’oubli,l’espoir et la résignation.Nicolas Blonde<strong>au</strong>Jean-François DupontVia Dante et <strong>au</strong>tres issuesJacques André Éditeur240 p., 16 €ISBN 978-2-7570-0218-6Sabine Bourgois : dans lelabyrinthe du deuil impossibleAu chevetdu souvenirLes Unités. C’est l’une de ces histoiresdouloureuses qui arrivent<strong>au</strong>x enfants et qui durent secrètementtoute une vie. La mémoirepersistante d’un drame qui finitpar peser sur les fondements del’existence et tout remettre enc<strong>au</strong>se. Un récit de Sabine Bourgois.Lorsqu’elle a neuf ans, la narratricede ce court récit perd l’une de sesplus proches amies dans un incendie,qui s’avère être en réalité unsuicide familial. Drogués par leursparents, le fils et la fille décèdent.Le père meurt également, seule leurmère survit à la tragédie.La disparition de Cécile, camaradede classe et de jeu, creuse dans lanarratrice une cavité de tristessedans laquelle, avec le temps, unepartie de sa personnalité se perdpeu à peu. Non seulement, c’est lapremière irruption de la mort danssa vie, mais cette perte <strong>au</strong>ssi inattenduequ’inexplicable referme<strong>au</strong>ssi très brutalement la porte del’enfance. Juste avant l’âge de dix ans.« Ils sont trois <strong>au</strong> cimetière et la mère6© Olivier Despichtdans un hôpital psychiatriqueou en liberté. Il n’ya <strong>au</strong>cun rapport entre maconscience d’<strong>au</strong>jourd’huiet ce souvenir d’hier dans lequelje ne peux pénétrer qu’avec leregard de mes neuf ans. J’évite depasser devant la maison de Cécile.Je ne m’arrête pas. Je ne suis jamaisentrée dans le magasin qui occupe<strong>au</strong>jourd’hui le rez-de-ch<strong>au</strong>ssée. Jene suis pas retournée <strong>au</strong> cimetière.J’ai totalement oublié le visage desa mère. Je ne m’en souviens pas. »Mais justement, be<strong>au</strong>coup d’annéesplus tard, l’écriture va permettre àSabine Bourgois de chercher le souvenir,de le traquer, de le pousserdans ses retranchements, de leforcer à dire la charge émotionnellequ’il continue de renfermer: « Écrire ce serait pour tirer,séparer, aller <strong>au</strong>ssi loin qu’onpuisse aller, passer <strong>au</strong> crible cetévénement jusqu’à ce que de lamenace il ne reste rien. » Rien,c’est le contraire du malheuret du chagrin qui pèsent sur lasurvivante. C’est l’image retrouvée,c’est la mort bien mortequ’on finit par laisserreposer. Dans la terre,entre les lignes. L. B.Sabine BourgoisLes UnitésComptoir d’éditioncollection« Nous y sommes »100 p., 12 €978-2-919163-01-4À la force dupoignetL’art du tir à trois points<strong>au</strong> basket, la fascinationcréée par les grands champions,le libertinage, l’érotisme,la Guerre d’Espagne,l’écriture et la passionamoureuse… Autant d’élémentsque l’on ne s’attendpas forcément à voir réunisdans un roman. C’est pourtant ce queréussit à mêler Le Poignet d’AlainLarrouquis, le dernier ouvrage deL<strong>au</strong>rent Cachard. Il nous fait partagerla vie d’un jeune homme, le narrateurdu livre, <strong>au</strong> moment où des questionsessentielles s’imposent à lui : f<strong>au</strong>t-ilquitter le basket quand les exploitsparaissent hors de portée et qu’onconnaît trop bien la solitude du joueurcantonné sur le banc de touche ?F<strong>au</strong>t-il se détacher de ce champion,Alain Larrouquis, dont le tir raté lorsd’un match d’anthologie est devenuune sorte de mythe ? F<strong>au</strong>t-il préférerl’érotisme teinté de perversion à unerelation plus stable ? F<strong>au</strong>t-il écriresur la Guerre d’Espagne ou sur soimême? Autant d’interrogations <strong>au</strong>xquellesle personnage principal finitpar répondre, aidé en cela par lesaléas et les surprises que lui réservel’existence qu’il a choisi de menerentre la France et l’Espagne. Ses faitset ses gestes sont finementanalysés, disséqués,comme ces gestessportifs qui font basculerun match dans unsens ou dans un <strong>au</strong>tre.N. B.L<strong>au</strong>rent CachardLe Poignetd’Alain LarrouquisÉditions Raison et Passions184 p., 14 €ISBN 978-2-2917615-15-4


livres & lectures /poésieRencontre avec l’Association des amis de Benjamin PéretPéret, comme si vousy étiezBenjamin Péret, le poète surréaliste,<strong>au</strong>teur de Dormir,dormir dans les pierres, LeGrand Jeu ou encore Jesublime, vous vous souvenez? Non ? Alors abonnezvousde toute urgence àTrois cerises et une sardine,le bulletin de l’Associationdes amis de Benjamin Péret,domiciliée à Lyon (lire cidessousl’entretien avec sonprésident Gérard Roche).28 numéros et <strong>au</strong>tant defaçons de redonner des nouvellesde l’exilé mexicain qui n’avaitpas sa langue dans sa poche, forten calembours et roi de l’écriture<strong>au</strong>tomatique, la seule, la vraie,celle qui se pratique comme on secouche, ou se lève, ça dépend, lelit de la langue défait et les motsencore tout ch<strong>au</strong>ds. À signalerparmi les dernières rééditions quel’on doit à l’Association, un virulententretienQuand et comment est néel’Association des amis deBenjamin Péret ?Elle a été fondée en mai 1963 àl’initiative d’André Breton et de sesamis surréalistes français et étrangers.Au départ, cette associations’est donnée comme but de défendre lamémoire du poète injustement calomniéet surtout de défendre son œuvre en lapubliant tout d’abord chez Éric Losfeld puischez José Corti. Aujourd’hui, c’est chosefaite puisque <strong>au</strong> total sept tomes ont paru.Vous éditez un bulletin, Trois cerises etune sardine…Depuis 1995, nous publions un modestebulletin dont le titre est celui d’un recueilde Péret. Nous avons réalisé en tout 28numéros à raison de deux numéros paran. Au cours des années, nous avonspublié un assez grand nombre de textes :articles, correspondances et des poèmesinédits ou qui n’avaient pas été recueillisdans les œuvres complètes.Et vous rééditez <strong>au</strong>ssi Péret… (cf. lerécent Je ne mange pas de ce pain-là)Oui, mais avant cette réédition <strong>au</strong>x éditionsSyllepse, nous avons organisé en septembre2009 à la Maison de l’Amérique Latine àPéret vers la fin de sa vie à une terrasse de café.Je ne mange pas de ce pain-là, quifait du bien à notre couarde époque.On y entend Péret comme s’il yétait, grossiers gros mots qui s’affichentcomme <strong>au</strong>tant de viscéralesconvictions. Lisez pour l’exemplel’Épitaphe sur un monument <strong>au</strong>xmorts de la guerre. De l’humour,du grand humour, avec un H…assassin. R.-Y. R.Paris, pour le cinquantième anniversairede la mort du poète, une exposition :Benjamin Péret et les Amériques. Leparadoxe est le suivant : alors quePéret demeure encore un inconnu, ilne cesse de se produire <strong>au</strong>tour de luides manifestations et des rééditionsà travers le monde.Péret n’est pas un surréaliste commeles <strong>au</strong>tres.Il y a incontestablement une singularitéde Péret et de son rôle dans le mouvementsurréaliste. Comme le préciseCl<strong>au</strong>de Courtot, dont l’ouvrage écrit en1965 demeure l’une des meilleures introductionsà l’œuvre de Péret, ce dernierest celui qui, <strong>au</strong> sein du mouvement, apratiqué l’écriture <strong>au</strong>tomatique avec leplus de ferveur, de régularité et de spontanéité.En même temps, sans être unthéoricien, sa curiosité intellectuelle, sonengagement militant, lui permettentd’explorer des domaines très divers dansle champ de la connaissance et de laculture. Son intransigeance et sa rigueurfont de lui un redoutable polémiste et unsurréaliste de combat qui tranche et piquecomme une « fourchette coupante » – titred’un article d’hommage que lui a consacréson ami le poète Jehan Mayoux.© Carmen MartinezByron enbe<strong>au</strong>téLord Byron (1788-1824) :difficile d’imaginer vie plusromanesque. Œuvre plusromantique. Ceci contredisantcela ? Voyez plutôtses frasques amoureuses,quand elles ne sont pasincestueuses, ses mœurs decanard douteuses, etc., etc. Et puislisez le poème qui ouvre cesMélodies hébreuses que les éditionsFougerouse ont eu la bonne idéede rééditer : « Elle avance en be<strong>au</strong>té,telle la nuit des climats sans nuageet des cieux étoilés ; et tout ce qu’ontde mieux le sombre et le brillantse retrouve dans son aspect et dansses yeux : ainsi fondus en cettelumière tendre que le ciel dénie <strong>au</strong>jour éclatant ».Les Mélodies hébreuses n’est certespas le recueil le plus connu de Byron.Les poèmes sacrés qu’il écrivitpour le compositeur Isaac Nathanlui valurent quelques critiquesacerbes, venant de contemporainsindignés, jaloux, perplexes, maisOn a dit de lui qu’il avait vécu sa viede surréaliste par procuration, dansl’ombre très, trop massive de Breton.Rien n’est plus inexact et me paraîtrelever plutôt de la méconnaissance,pour ne pas dire de la malveillance àson égard. Nulle procuration dans cettevie amplement remplie pendant prèsde quarante ans <strong>au</strong> cœur de l’activitésurréaliste, en France, <strong>au</strong> Brésil, dansle combat révolutionnaire en Espagneou bien encore <strong>au</strong> Mexique, où il entreprendun vaste travail sur les mytheset les légendes de l’Amérique. On avoulu faire de lui un suiveur, l’ombreportée de Breton. Au contraire, plus sonœuvre me devient familière et plus jesuis frappé par l’extraordinaire complémentaritéentre lui et Breton.Quels sont les projets de l’Association ?Nous préparons actuellement la parutiondes Cahiers Benjamin Péret, c’està-direune revue qui nous permettrad’aborder l’œuvre dans toute sa diversité.Bien des aspects de celle-ci demeurent eneffet encore inexplorés.Propos recueillis par R.-Y. R.Lord ByronMélodies hébreusesÉditions Fougerouse164 p., 18 €ISBN 978-2-9527483-4-6rendez-vousils sont à redécouvrir.D’<strong>au</strong>tant plusque l’ensemble estcomme toujourschez cet éditeurd’une grande qualité.Be<strong>au</strong> papier,appareil critique etannexes à l’avenant.R.-Y. R.Bacchanales,47 e épisodeLe numéro de novembre deBacchanales, revue de la Maisonde la poésie Rhône-Alpes, seprend à rêver sur le thème de l’arbre.« Poémons-nous dans les bois » paraît<strong>au</strong> moment du 16 e Festival internationalde poésie, jusqu’<strong>au</strong> 15 décembre.68 poètes d’ici et d’ailleurs composentce numéro illustré par les créationsvisuelles de Guth Joly, en résidence àla Maison de la poésie jusqu’en janvier2012. Linda Maria Baros, Jean-Pierre Chambon, Alain Chanéac, DeniseDes<strong>au</strong>tels, Pavlina Pampoudi, JamesSacré… Le tour de l’arbre qui est ennous à travers 68 regards : « offrir / offrirmes jambes / à l’arbre / qui est en moi /qui pousse / qui veut / veut savoir / cequ’est le chemin / ce que sont les pas. »(Michel Reyn<strong>au</strong>d).Côté festivités, on ne manquera pas laGrande fête de la poésie et des motsà L’heure bleue, à Saint-Martin-d’Hères,les 3 et 4 décembre. Rencontres poétiques– « Poésie-Pratiques artistiques& éducation populaire » –, ateliers,lectures avec de nombreux poètes :Jean-Pierre Bobillot, Jean-PierreSiméon, L<strong>au</strong>rent Poncelet, Yves Béal,Francis Combes…Bacchanales n°47Poémons-nous dans les bois204 p., 20 €ISBN 978-2-918238-07-2www.maisondelapoesierhonealpes.com7


livres & lectures /poésieDans la collection « poésie » deLa Passe du ventPluralitédes voixTrois nouve<strong>au</strong>x recueils dans lacollection « poésie » de La Passedu vent lancée en 2009 : Étrangers<strong>au</strong> coin du pourpre, de MayaOmbasic, Par-delà le grand fleuve,de Francis Pornon et Ligne de partagedes e<strong>au</strong>x, de Fabienne Swiatly.Fruit de la résidence à Lyon de MayaOmbasic en 2009, organisée dansle cadre des échanges entre laRégion Rhône-Alpes et le Conseildes arts et lettres du Québec, cettepublication comprend une série depoèmes et un entretien avec l’<strong>au</strong>teur,qui vit à Montréal et dont on attendle troisième roman, Mostarghia.Découvrir la poésie de Maya Ombasic,née à Mostar, en Bosnie-Herzégovine,en 1979, c’est découvrir les tourmentsde son histoire, la douleur du déracinement,la cicatrice des frontières,l’impossibilité de la langue maternelleet le paradis perdu d’uneenfance yougoslave. Dans Étrangers<strong>au</strong> coin du pourpre,il est question desœurs fugitives à traversle temps et l’histoire,de danses quitentent de rassurerl’incertitude des corps,d’amours qui patientent,de pays qui secherchent à travers lesêtres et les sentiments,mais <strong>au</strong>ssi et surtoutdans l’écriture. « Les cyprès de lavallée », poème <strong>au</strong> père, mort enexil, évoquent tout cela : « Ta valléelumineuse / Demeure intacte /Malgré la haine / Qui ronge lessquelettes / Au moins / Maintenant /Tu as une demeure / Éternelle ».La poésie est là« Une main appuyée sur le bure<strong>au</strong> /l’œil sur l’écran / le dossier du siège /qui tient : il dit / il dit ce qu’il y a dansmon ventre / ce qui s’y trame / ce quipourrait prendre forme / ce qui est / ildit le dedans / il dit la période / il ditla date / il emploie des termes justes /il nomme le vivant sur l’écran / ilmesure en noir et blanc / Je n’ai pasregardé ». Une musique minimale etla précision des mots, le squelettiquedes phrases, le rythme dela scansion – « il dit » –, c’est toutcela qui frappe le lecteur de Lignede partage des e<strong>au</strong>x. FabienneSwiatly se montre là <strong>au</strong> plus prèsd’une émotion tue, qui traversecette longue forme poétiqueretraçant un avortement. On s’accroche,la poésie est là.« Je n’ai jamais abstrait l’écriturede la parole », confie FrancisPornon dans l’entretien quiclôt son recueil, Par-delà le grandfleuve, justement sous-titré« Poèmes dits ou à dire ». Un aveuqui éclaire la poésie et le parcoursde l’écrivain. Textes dits, « parolesà chanter », mélange des genres,la vie de ses mots se traverse à© Nicolas Rincon© J.-P. Gasparl’état s<strong>au</strong>vage, convoquant les grandsaînés tels Pier Paolo Pasolini et JeanB<strong>au</strong>dou. Le travail, l’immigration,l’exil, l’altérité… une colère poétiquebouillante et désespérée : « Nous <strong>au</strong>tresqui sans le vouloir / Sommes poissonsdans l’océan / Au fond que pouvonsnoussavoir / Des visages qui nousentourent / De leurs malheurs,de leurs espoirs /De ceux qui cherchent lalumière / Et ne rencontrentque le noir / Deceux qui aiment la chanson/ Et s’en vont sourdsdans le noir ». L. B.Aux éditionsLa Passe du ventFabienne SwiatlyLigne de partagedes e<strong>au</strong>x54 p., 10 €ISBN 978-2-84562-168-8Francis PornonPar-delà le grandfleuve128 p., 10 €ISBN 978-2-84562-175-6Maya OmbasicÉtrangers <strong>au</strong> coindu pourpre64 p., 10 €ISBN 978-2-84562-178-7Opus posthumusEt certains oise<strong>au</strong>x meurent en vol [opus posthumus].Un livre de Michel Deux, pour Michel Deux.Torturé et tortueux. Comme un hommage àun homme de passage.Il est des livres non identifiables,comme les objets volants du mêmenom ou presque, qui nous (re)viennentde nulle part et que leur <strong>au</strong>teurmême n’<strong>au</strong>rait sans doute jamaisosé imaginer. Et certains oise<strong>au</strong>xmeurent en vol est de ces livres-là.Un opus bigarré, morcelé, inachevé.Et pour c<strong>au</strong>se.C’est que trop vite Michel Deux futet ne fut plus. 38 ans <strong>au</strong> compteurde la vie et c’est déjà le comptoirde la mort. Heureusement, il y eutun avant. Au pluriel : littérateur età travers, traducteur à ses heures,musicien-plasticien, animateur deradio, manipulateur de rése<strong>au</strong>xet organisateur d’événements (cequi revient un peu <strong>au</strong> même !),Deux fut une figure de proue de8l’undergroundstéphanois, unpersonnage quitraversa le cielpunk/rock des annéesquatre-vingt, quatre-vingtdix à la vitesse de l’ombreet de la lumière. Les fanzines ontété ses repères, la revue VoluptiareCogitationes son repaire – 6 numérosparus-disparus. Qui s’en souvient ?Nous maintenant.Entre le temps de la vie et celui dela mort, Deux devient donc écrivain,ou plutôt est en passe de. Car onsent l’œuvre en gestation, les motsencore un peu frais, trop vite criéspeut-être. Mais qu’importe ! Cescris sont de ceux que n’<strong>au</strong>raientpas reniés les poètes des annéessoixante-dix, les Bulte<strong>au</strong> et Messagierdu Manifeste électrique <strong>au</strong>x p<strong>au</strong>pièresde jupes par exemple :« Au travers d’une tache nousvoyons voir, par l’action d’unegoutte notre raison vacille.De ne pas voir nous cherchonsà entrevoir. Nous percevonsen cet « entre » lacru<strong>au</strong>té de notre condition ».Michel Deux se fait <strong>au</strong>ssigribouilleur d’idées-images,de celles que l’on trouve dansles manifestes du surréalisme etailleurs, du côté des situationnistes.Il n’a de cesse de (se) programmer,de (se) projeter : « Nous nous voulonséblouis par le silence des signes.Habités, nous ne le sommes, pas dedémons à pourfendre. Nous ne pouvonsnous effacer, nous ne cherchonspas à apparaître. » Il <strong>au</strong>rait fallu dutemps pour parfaire l’œuvre, luidonner un peu plus de corps. Tantpis. À la fin, c’est quand même lelivre qui gagne. Le livre qui (re)donnevie à l’<strong>au</strong>teur. Le livre qui fait la niqueà la mort. Roger-Yves Rocherendez-vousLa Scène poétiqueLe « cycle de poésie parlée » organisépar Patrick Dubost propose unnouve<strong>au</strong> rendez-vous alléchant le14 décembre à 18h30, avec LucienSuel et Julien d’Abrigeon. Les œuvreset les prestations scéniques du premier« couvrent un large registre, allantde coulées verbales beat à l’expérimentationde nouvelles formes, du collageet du caviardage à la performance »(http://luciensuel.blogspot.com) ; quant<strong>au</strong> second, « poète stéréophonique àfacettes », il est membre du collectifBoXoN, fondateur du site TAPIN, et arécemment publié Le Zaroff (Léo Scheer,2009. http://tapin.free.fr).La Scène poétiquemercredi 14 décembre, 18h30École normale supérieureSalle Kantor15, Parvis René Descartes69007 Lyon - Tél. 06 21 11 22 54Michel DeuxEt certains oise<strong>au</strong>xmeurent en vol[opus posthumus]Fage Éditionscollection « particulière »119 p., 18 €ISBN 978-2-84975-223-4


egardchronique Géraldine Kosiak 26 /Chaque mois, retrouvez Géraldine Kosiak, en texte et en image,pour un regard singulier, graphique, tendre et impertinent surl'univers des livres, des lectures et des écrivains...Au travailPas facileL’<strong>au</strong>teur contemporain a souvent tendance à se plaindre del’époque dans laquelle il vit. Les nouvelles technologiesl’inquiètent, la peur de ne pas vendre assez d’ouvragesle panique, le refus d’un manuscrit l’anéantit, la mortannoncée du livre le paralyse, tous les problèmesliés <strong>au</strong> petit monde de l’édition le tourmentent.Pour l’<strong>au</strong>teur, tout serait forcément plus simpledans un <strong>au</strong>tre temps. Il ignore ou il oublie qu’iln’a jamais été facile de faire exister un livre, etcela quelle que soit la période.Prenons l’exemple de l’édition américaine dansles années 1830, <strong>au</strong> moment où Edgar Allan Poeécrit son œuvre.Entre 1825 et 1850, les États-Unis vivent un véritable âge d’or despériodiques, conduisant <strong>au</strong>x short stories. Le public américain estpourtant friand de romans, mais les éditeurs préfèrent publier lesœuvres à succès des <strong>au</strong>teurs anglais, et cela pour des raisons financièresbien précises : il n’existe pas d’accord international entre l’Angleterreet les États-Unis sur le copyright.En 1836, Edgar Allan Poe a 28 ans, il est rédacteur en chef de la revueSouther Literary Messenger et n’est plus un inconnu, ce qui n’empêchepas l’éditeur new-yorkais Harper de refuser son premier volumede contes : « (…) Nous avons trois raisons de décliner l’édition devotre ouvrage. La première est qu’une partie de ces textes sont déjàparus dans des périodiques. La seconde, qu’il s’agit de contes et demorce<strong>au</strong>x indépendants… deux sérieuxobstacles <strong>au</strong> succès d’un livre. Les lecteursde ce pays ont une préférencemarquée pour les ouvrages dans lesquelsune intrigue unique et cohérenteoccupe tout le volume (…) et nous avonstoujours constaté que la reproduction de textesde magazines, connus comme tels, est le moinsrentable des produits littéraires. La troisièmeobjection est également importante: (…) (vos textes) ne seraient compriset goûtés que par un petit cercle etnon par la masse des lecteurs (…). Il estextrêmement important pour un <strong>au</strong>teurque son premier volumesoit populaire (…) ».Poe réagit rapidementen écrivant son premierroman Les Aventuresd’Arthur Gordon Pym.Il suivra à la lettre les conseilsde Harper ; très peu de publications dansune revue, un récit pris en charge par un narrateurunique racontant une seule histoire,celle d’un périple maritime riche en rebondissements.Le sujet est populaire, un romand’aventures. Le thème est bien affiché, unvoyage d’exploration vers le pôle sud. Leroman sera publié en 1838 chez Harper.L’accueil à la sortie du livre est cependantglacial. Malheureusement, rienne parviendra à faire le succès dece magnifique roman.Edgar Allan PoeLes Aventuresd’Arthur Gordon PymFolio GallimardENSSIBDix ans d’histoireculturellesous la direction d’EvelyneCohen, Pascale Goetschel,L<strong>au</strong>rent Martin etPascal OryAu terme d’une décennied’activité, l’Associationpour le développement del’histoire culturelle souhaitaitfaire un bilan et tracerde nouvelles perspectives.Cette anthologie desconférences et tables rondesorganisées dans le cadredu congrès annuel del’association propose unpanorama unique del’histoire culturelle vue parles plus grands spécialistes.314 p., 39 €ISBN 978-29102-2794-4FAGE ÉDITIONSLyon. Vues dessinéesde Vincent Brunot,textes de L<strong>au</strong>rent BonzonL’ouvrage invite à découvrirla ville de Lyon à travers unebalade illustrée dans sesdifférents quartiers : Croix-Rousse, Confluence, Vieux-Lyon, Part-Dieu, Fourvière...Les « vues dessinées » deVincent Brunot, tendres etsubtiles, sont accompagnéesdes textes vifs et piquantsde L<strong>au</strong>rent Bonzon.150 p., 29,90 €ISBN 978-28497-5239-5GUÉRINLes Grandes Premièresdu Mont-Blancde Gilles ModicaIllustré de 260 photographiesen noir et blanc, l’ouvrageretrace les principales premièresdu massif du Mont-Blanc, deHorace-Bénédict de S<strong>au</strong>ssure en1786 jusqu’<strong>au</strong>x enchaînementsrécents de Patrick Berh<strong>au</strong>lt.Alpiniste lui-même, l’<strong>au</strong>teurraconte chacune de cesascensions historiquesavec précision et poésie.328 p., 55 €ISBN 978-23522-1054-2LIEUX DITSÊtre librairede Frédérique LeblancDernier-né de la collection« Être », cet ouvrageenvisage le métierde libraire sous toutesses facettes, des pluspassionnantes <strong>au</strong>x plusdures, comme lamanutention, la gestiondes stocks ou de l’entreprise.Émaillés de témoignages,les chapitres donnerontles clefs nécessaires <strong>au</strong>xpersonnes qui seraientintéressées pour exercerce métier de passionné.128 p., 12 €ISBN 978-23621-9013-3LES MOUTONSÉLECTRIQUESMonty Python !Petit précisd’iconoclasmede Patrick Marcel1969-1989. En vingt ans,le groupe désormaismythique a imposé unstyle décapant et unique.Ce livre examine lesorigines des MontyPython, leurs biographies,les circonstances de lacréation du groupe, sacarrière jalonnée descandales, sa fin tragiqueet sa postérité.244 p., 23 €ISBN 978-23618-3069-4PULRousse<strong>au</strong>Introduction à unepensée vagabondede Robert WoklerCet ouvrage est la premièretraduction française d’untexte de Robert Wokler(1942-2006) paru en 1995.L’<strong>au</strong>teur, l’un des plus finsconnaisseurs de la penséephilosophique du siècle desLumières, montre commentla pensée de Rousse<strong>au</strong>a eu une profonde influencesur l’histoire intellectuellede l’Europe moderne.188 p., 12 €ISBN 978-27297-0847-410


multimédiaLa Vallée du Rhône : nature et paysages humainsRécits le longdu fleuveLe Milieu du Rhône est une série de magazinesdocumentaires créée par Pascale Puéchavy etFranck Miyet, réalisateurs et récolteurs de témoignagespour l’Atelier du platane mobile.Le premier numéro de cette série de magazinesdonne le ton d’un projet éditorial singulier. Paru enjuin 2008, Le Vigneron et le potier invite à faire unpas de côté <strong>au</strong>-delà de la Route Nationale 86 ainsiqu’un arrêt <strong>au</strong> bord de la Route Nationale 7, poursuivre le récit de deux artisans qui vivent entre leRhône, la Drôme et l’Ardèche. Un vigneron deCharnas, sur la terre du Saint-Joseph, côtoie dansce récit sensible et documenté un responsabled’entreprise coopérative, qui façonne des objetsde h<strong>au</strong>te technologie en électro-céramique.Pascale Puéchavy, réalisatrice, glaneuse de récits devie et de témoignages, et Franck Miyet, réalisateurdessinateur,souhaitaient créer une collection documentairesur l’activité des hommes en Vallée duRhône afin de valoriser ce patrimoine. Chaquenuméro de ce magazine <strong>au</strong>diovisuel baptisé Le Milieudu Rhône se compose d’un DVD et d’un livret quirassemble archives et articles inédits. Pour PascalePuéchavy, « c’est une démarche originale qui rendcompte d’un territoire à travers deux entrées : les activitéset le paysage ». L’équipe s’est agrandie depuispeu avec l’arrivée de Maryline Fournier, chargée dela diffusion, et Caroline Heretynski, chargée de développement.Le projet a bénéficié du plan Rhône, undispositif interrégional soutenu par l’État, l’Europe,la Région et la Compagnie nationale du Rhône.Sous tous les angles« Chaque thème présente plusieurs facetteset tous les types d’activités nous intéressent :histoires individuelles, professionnelles, dansle milieu agricole, culturel, ou industriel… »,précise Pascale Puéchavy. « Nous sommes à larecherche de l’extraordinaire variété des lieuxde ce territoire, où sont implantées des industriesnucléaires face <strong>au</strong>x vignobles des grands crus ».Les projets sont en effet le reflet de cette diversitéavec des sujets traités subjectivement, àtravers des entretiens, des images poétiques,des reportages.« Les constructeurs de rése<strong>au</strong>x d’énergie et legamelan des terres d’e<strong>au</strong>x », numéro 9 de lacollection, mêle des histoires entre terre etfleuve : la rencontre d’une troupe de musiciensjouant du gamelan (instrument collectif indonésien)sur une île du H<strong>au</strong>t-Rhône ; le portraitd’une famille d’entrepreneurs spécialisésdans la pose de canalisations<strong>au</strong> Pouzin, en Ardèche.Trois numéros du Milieu du Rhônesont édités chaque année et diffusésdans le cadre d’un partenariatprivilégié avec les bibliothèques dela région, abonnées <strong>au</strong> magazine.L’Atelier organise également desprojections publiques dans la Valléedu Rhône et souhaite développerla diffusion <strong>au</strong>près des habitantsde la région. J. B.distinctionUn Prix Territoria 2011pour Savoie-biblioParmi les récompenses annuelles de l’Observatoirenational de l’innovation publique, un Territoriad’argent mention « Presse en ligne et liseusesdans toutes les bibliothèques » a été décerné àl’Assemblée des Pays de Savoie pour l’expérimentationmenée par Savoie-biblio sur les ressources numériques.Dans le cadre de cette action menée avec22 bibliothèques de Savoie et de H<strong>au</strong>te-Savoie, lesusagers ont bénéficié d’un accès en ligne gratuit à labase de données Europresse, c’est-à-dire à des milliersd’articles de presse, consultables par les abonnés dansles établissements et depuis chez eux. Par ailleurs, cetteexpérimentation numérique s’est poursuivie en septembre2011 par le prêt de liseuses contenant, sous laforme électronique, une trentaine d’ouvrages de littérature,ainsi que des essais et des livres pour la jeunesse.Une opération de mise à disposition qui s’est accompagnéed’un travail de médiation et de suivi.www.savoie-biblio.comFilms à la demandeLa Bibliothèque municipale de Grenoble propose désormais àses abonnés un système de cinéma VOD (Vidéo à la demande).Le Milieu du Rhône n°940 p., avec un DVD, 15 €Atelier du platane mobile14, rue Ferdinand Rey69001 LyonTél. 04 78 21 11 54www.lemilieudurhone.euLE VAMPIRE ACTIFBrueghel en mesdomainesde Lionel-Édouard MartinCe recueil présente centquarante proses poétiquesqui disent l’itinéraire de lacréation, ses explorations etses méditations. L’œil <strong>au</strong>xaguets, l’oreille tenduevers les accords du monde,l’écriture de Lionel-ÉdouardMartin transforme etfaçonne les éléments,les rencontres, les aléasdu quotidien en uneparole charnelle.174 p., 16 €ISBN 978-29170-9406-8« Nous avions jusqu’à maintenant accès <strong>au</strong>x filmsde la BPI sur place, nous étions également abonnésà l’offre d‘Arte VOD, mais ni l’un ni l’<strong>au</strong>tren’étaient entièrement satisfaisants. Nous avonsdonc imaginé un système sur mesure pour lesGrenoblois », explique Thierry Maillot, responsablede la coordination cinéma des bibliothèquesde Grenoble. La participation à un appel àprojets sur les pratiques numériques innovantesdu Ministère de la Culture et de laCommunication a fourni à la bibliothèquela somme de départ pour mettre en placecette offre de vidéo à la demande.Environ 1 000 films sont désormais accessiblesen ligne pour les abonnés, dans la limite de 20heures de visionnage par mois. Œuvres de fictionou documentaires, l’offre est variée, l’idée dela bibliothèque étant d’offrir un service supplémentaire,en lien avec l’actualité, tout enmettant en avant la création locale. La catégorie« Vues d’ici » du portail d’accès en ligne CinéVODde la bibliothèquerépertorie ainsiune sélection defilms réalisés enpartenariat avecdes institutionslocales : le Centrechorégraphiquede Grenoble, leMusée de la montagne,mais <strong>au</strong>ssides œuvres documentaires d’<strong>au</strong>teurs de la région.Pour Thierry Maillot, il s’agit maintenant de« continuer à enrichir la liste des films, de proposerun contenu plus éditorialisé <strong>au</strong>x abonnésavec des critiques de films, par exemple, et dedévelopper le nombre d’utilisateurs ». Quelquesbe<strong>au</strong>x projets pour cette bibliothèque en ligneouverte 24h/24… J. B.Portail VOD des bibliothèques municipales de Grenoblewww.bm-grenoble.fr/669-vod.htm11


coups de cœurUne lecture marquante parmi toutes celles de 2011… En cette find’année, les collaborateurs de Livre & Lire choisissent un roman, unalbum pour la jeunesse ou une bande dessinée dans la production des<strong>au</strong>teurs, illustrateurs ou éditeurs de Rhône-Alpes.AnamoureuxpréparturientAlain Turgeon a fait de sa vie unfeuilleton dont il est l’antihéros. Lesépisodes les plus drôles deviennentdes livres, portés par une écritureinimitable, où les jeux de mots« capillotractés » sont monnaie courante,tandis que les plus petits événementsdeviennent des épopéescomiques. Pour son dernier opus,on pourrait parler de crise de la quarantaine…si cette crise ne duraitdepuis plus de vingt ans. S<strong>au</strong>f queça empire. Les comportements adolescentssont regardés avec moinsd’indulgence, l’absence de revenusréguliers pose un sérieux problèmeet l’alcool peut finir par en être un…Mieux v<strong>au</strong>t en rire, et Alain Turgeon,ça, il sait ! Nicolas Blonde<strong>au</strong>L’Amour à Londres& en d’<strong>au</strong>tres lieuxÀ Londres, sur le rocher, c’est-à-direen Sardaigne, à Rome, à Florence,en Ligurie, à Naples ou dans les villesdu sud – ce pourrait être partoutailleurs –, Flavio Soriga, écrivainsarde, fait résonner la petite musiquedouce et triste de l’évanescenceamoureuse, de la fragilité des sentiments,de leur profondeur <strong>au</strong>ssi.La rencontre et la perte, l’amouret l’ailleurs, les erreurs d’aiguillage,les maris qui disparaissent et leshistoires qui renaissent, ce recueilde nouvelles donne une chancelittéraire à l’hypothèse de l’amour.L<strong>au</strong>rent BonzonLa ChoseL’idée n’est pas neuve : raconter un(heureux ?) événement du point devue des chiens de la maison, forcémentcritique, forcément distancié.Les deux canidés évincés parlentcomme de vieilles Anglaises pincéesqui prêtent à sourire <strong>au</strong>tant qu’às’attendrir. La belle découvertetient <strong>au</strong>x illustrations de la jeuneLyonnaise Alexandra Huard, 23 ans,dont c’est le premier album. À lagouache, elle combine charme rétroet composition intelligemmentcontemporaine, avec ses couleursraffinées et son trait girly, dynamiqueet délicat. Myriam GallotLa Lettre deBuenos AiresQui se souviendra de nous ?, questionneà mi-voix un homme, un deshommes humbles qui traversent cesneufs nouvelles. Qui sera là pour sesouvenir de l’humanité, de l’infimeconsolation, de la nuit fraternelle ?Pour dire sur une note sobre l’errance,la mort ou la forêt des rêves ? Pournouer le silence des êtres à la s<strong>au</strong>vagebe<strong>au</strong>té de la nature, renouer les brasd’un père à l’amour du fils ? Réponse :Hubert Mingarelli. Danielle M<strong>au</strong>relSang damnéAlexandre Bergamini revient sur certainséléments biographiques quihantaient déjà son précédent livre,le fulgurant Cargo Mélancolie – lesuicide du frère, l’affirmation de sonhomosexualité, la séropositivité –,en les inscrivant dans les dimensionssociale, politique et historique d’unegrande partie du XX e siècle. Constituéde divers matéri<strong>au</strong>x, ce be<strong>au</strong> romanintrospectif et subversif prouve laradicalité, la force et l’engament d’un<strong>au</strong>teur absolument admirable. LisezBergamini ! Yann NicolLa Maison de paind’épiceAncien meneur du groupe lyonnaisL’Affaire Louis’ Trio, le chanteurHubert Mounier est <strong>au</strong>ssi réputépour les illustrations qu’il signeCleet Boris. Avec La Maison de paind’épice - Journal d’un disque, Cleets’est fait le diariste d’Hubert : dansun style admirable d’épure, ce fande Jijé et digne émule de Chalandraconte l’élaboration de son CDéponyme, des phases de galère <strong>au</strong>xinstants de grâce. Une plongéeintime et inspirée dans l’acte decréation ; l’une des BD de l’année.Vincent RaymondPas d’inquiétudeParce qu’un livre n’est jamais <strong>au</strong>ssijuste que lorsqu’il contient en luila – vraie – vie qui le fait naître. Lamanière banale, presque bancale,qu’on a de basculer dans le mondede la maladie. Parce que le romande Brigitte Gir<strong>au</strong>d ose encoreemprunter la voie du réel et dire Jecomme il f<strong>au</strong>t parfois dire Je : à voixbasse. Parce qu’un <strong>au</strong>teur n’oubliepas la littérature et ses fantômes,Palab<strong>au</strong>d qui revient de chezReverzy et qui échange sa conditionde grand malade contre celle dep<strong>au</strong>vre médecin. Parce que les motssont toujours plus forts que lesm<strong>au</strong>x. Roger-Yves Rochenous écrire > > > > > >livreetlire@arald.orgAlain TurgeonAnamoureux préparturientLa Fosse <strong>au</strong>x ours190 p., 17 €ISBN 978-2-35707-023-3Flavio SorigaL’Amour à Londres& en d’<strong>au</strong>tres lieuxTraduit de l’italien (Sardaigne)par Marc PorcuRouge Inside108 p., 16 €ISBN 978-2-918226-109Textes Béatrice FontanelIllustrations Alexandra HuardLa ChoseÉditions Sarbacane32 p., 14,90 €ISBN 978-2-848654619Hubert MingarelliLa Lettre de Buenos AiresBuchet-Chastel180 p., 15 €ISBN 978-2-283-02486-7Alexandre BergaminiSang damnéSeuil236 p., 17 €ISBN 978-2-02-103495-0Cleet BorisLa Maison de pain d’épiceJournal d’un disqueDupuis112 p., 22 €ISBN 978-2-8001-4828-1Brigitte Gir<strong>au</strong>dPas d’inquiétudeStock266 p., 19 €ISBN 978-2-234-06505-5Livre & Lire : journal mensuel, supplément régional à LivresHebdo et Livres de France, publié par l'Agence Rhône-Alpespour le livre et la documentation.Directeur de la publication :Geneviève DalbinRédacteur en chef :L<strong>au</strong>rent BonzonAssistante de rédaction :Julie BanosOnt participé à ce numéro :Nicolas Blonde<strong>au</strong>,Marie-Hélène Boulanger,Myriam Gallot,Géraldine Kosiak,Danielle M<strong>au</strong>rel, Yann Nicol,Vincent Raymond etRoger-Yves Roche.Livre & Lire / <strong>Arald</strong>25, rue Chazière - 69004 Lyontél. 04 78 39 58 87fax 04 78 39 57 46mél. livreetlire@arald.orgwww.arald.orgSiège social / <strong>Arald</strong>1, rue Jean-J<strong>au</strong>rès - 74000 Annecytél. 04 50 51 64 63 - fax 04 50 51 82 05Conception :Perluette & Albane DerenneISSN 1626-132112

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