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CAHIER D’ACTEURSCOMMUN AUX DEUX DÉBATS PUBLICSProjet de réseau de transport public du Grand Paris et Projet Arc ExpressJanvier 2011VAL D’OISEENVIRONNEMENTL’association loi 1901 Val d’OiseEnvironnement (VOE) s’est constituéeen 1995 pour rassembler lesassociations de protection de l’environnementet de la qualité de viedans le Val d’Oise.Son action s’étend, notamment, enmatière :• d’aménagement du territoire :occupation des sols, moyens decommunication de toutes sortes,politique paysagère.• de prévention des pollutionset nuisances de toute nature, àdéfaut d’actions correctrices.• de protection de la nature, de lafaune et de la flore.L’association est agréée au titre de laprotection de l’environnement etmembre d’Île-de-France Environnement(IDFE).VAL D’OISEENVIRONNEMENT19, allée du Lac95330 DomontTél. : 01 39 35 00 50bernardloup@wanadoo.frPour un projet de transport au servicedu projet d’aménagement et non l’inverseVOE conteste la situation qui conduit àdébattre du projet de transport alors quele projet d’aménagement régional(SDRIF) n’est toujours pas arrêté.Les milliards d’euros d’investissement dansun projet de transport n’amélioreront pasles conditions de transport :• si le schéma d’aménagement vise àconcentrer l’activité en Île-de-France, ày accroître encore la population,• s’il n’est pas mis fin à l’étalement urbain,• s’il n’y a pas une meilleure répartition desemplois et des logements réduisant ladistance entre le domicile et le travail etsi la ségrégation sociale des territoiresn’est pas réduite.Le Val d’Oise se compose d’une grande diversité de territoires : des communestrès urbanisées au Sud, deux parcs naturels régionaux, le Vexin au Nord-Ouestet Oise-Pays de France au Nord-Est, des espaces agricoles importants, le Vexinet la Plaine de France, une ville nouvelle, Cergy, aux portes du Vexin. Si unepartie de ses habitants a choisi d’y vivre pour cette diversité, une autre partiey a été repoussée au gré des opérations de renouvellement urbain de lazone centrale. Pour toutes et tous, la question des déplacements dans et horsdu Val d’Oise est un enjeu important de leur qualité de vie comme de leursconditions de travail.Dans le Val d’Oise : 54 % des déplacements se font en voiture, plus de 500 000véhicules (en 25 ans le parc a doublé), 62 % des actifs utilisent un véhiculeparticulier, déplacements quotidiens (1,9 million en voiture et 0,5 million entransport en commun). (Source enquête globale des transports, 2007)Les cahiers d’acteurs sont des contributions sélectionnées par les Commissions Particulières du Débat Publicqui décident de les publier sous forme de cahiers d’acteurs. Le contenu des textes n’engage que leurs auteurs.


La loi Grand Paris reflète la volontéhistorique d’un État centralisateurQue dit la loi du Grand Paris ?Article 1:« Ce projet intègre un objectif de croissance économiqueafin de soutenir la concurrence des autres métropolesmondiales.Il doit permettre des liaisons plus rapides et plus fiables avecchacune des régions de la France continentale et éviter les engorgementsque constituent les transits par la région d’Île-de-France. »L’objectif n’a ainsi aucun rapport avec l’amélioration destransports publics actuels en Île-de-France.Article 2 : « La réalisation de ce nouveau réseau de transportest coordonnée avec les mesures de création, d’amélioration etde modernisation du réseau existant en Île-de-France ».Il ne semble pas que cette coordination ait eu lieu. Nousen voulons pour preuve l’organisation de deux débatspublics : Grand Paris porté par la Société du Grand Paris,émanation directe de l’État, et Arc Express porté par leConseil régional d’Île-de-France dans le cadre de sa compétenceen matière de transports régionaux.VOE regrette, à ce propos, les décisions des CommissionsParticulières des Débats Publics qui fontque le projet Arc Express n’aura été présenté àaucune des six réunions publiques en Val d’Oise.Le Grand Paris :un projet d’aménagement contestableL’objectif principal du projet Grand Paris est desoutenir le développement économique.Ce développement est basé sur la théorie du Cluster (pôled’excellence) de Michaël Porter qui date de l’an 2000. Or,depuis, le développement foudroyant d’Internet, y comprisde la vidéoconférence, pose à ce jour la question de lanécessité des échanges de personne physique à personnephysique et de la pertinence de cette théorie, génératrice àla fois de concentrations et de déplacements. Ce projetaura pour conséquence d’augmenter la désertification de laprovince.L’Île-de-France n’est pas la région la moins bien lotie enpôles d’excellence existants. Il serait plus facile de renforcerles pôles existants connus que d’en créer de nouveauxqui mettront plus de 10 ans à émerger. Les pôles d’excellencepeuvent être développés ou créés en province. Nousen avons de bons exemples : Toulouse en aéronautique,Sophia-Antipolis. De même, les grandes universités américainesne sont ni à New York, ni à Washington.L’objectif du Grand Paris est de mettre en réseau les pôlesd’excellence, les gares TGV, les aéroports : il s’agit des deuxgares TGV d’interconnexion (Massy et Roissy) et desaéroports d’Orly et Roissy (la clientèle du Bourget neprend pas souvent les transports en commun !).Sans la création de nouveaux sites de pôles d’excellence enÎle-de-France, il n’est pas nécessaire de concevoir un telréseau.La mise en réseau se fera de plus en plus via letélétravail, Internet, la mise en synergie pour lescentres de recherche, les laboratoires et les universités,et de moins en moins par les déplacementsphysiques. Plutôt qu’un métro automatique,il y a nécessité de lier tous ces pôles d’excellencepar le très haut débit et les moyens les plus performantsde télécommunication.L’objectif démographique d’augmentation de la populationde l’Île-de-France de 1,8 million de personnes se feraau détriment de la qualité de vie et d’un aménagement duterritoire équilibré.Le financement n’est pas assuré : si le projetGrand Paris est retenu, il sera cause de difficultésfinancières pour les collectivités régionales etlocalesComment la Société du Grand Paris va-t-elle financer untel projet en 10 ans ? Quelles dépenses de fonctionnementlaissera-t-elle à la charge de la Région Île-de-France en luicédant une infrastructure pour laquelle elle n’aura riendécidé et qui ne répondra pas aux besoins des Franciliens ?


Arc Express : un projet inscrit dans unplan d’aménagement de l’Île-de-FranceLe projet Arc Express fait partie du projet d’aménagementde l’Île-de-France qui a fait l’objet d’une concertation de2005 à 2008 dans le cadre de la révision du SchémaDirecteur d’Île-de-France (SDRIF). Il s’inscrit dans le PlanRégional « Mobilisation transports ».Bien que les tracés des deux rocades Grand Paris et ArcExpress diffèrent peu dans leur partie Nord qui concernele plus directement le Val d’Oise,• VOE s’exprime favorablement pour la réalisation duprojet de rocade d’Arc Express dans sa variante vertela plus éloignée de Paris à la condition d’un maillageavec toutes les lignes ferrées RER et Transilien.• VOE demande que la ligne H ne soit pas oubliéecomme c’est le cas dans le dossier actuel du maîtred’ouvrage.Pour l’amélioration urgente de l’existantPendant des décennies la priorité a été donnée, en Vald’Oise, à la réalisation d’infrastructures routières au détrimentdes transports en commun et des circulations douces.Le réseau de transport ferroviaire est organisé vers Parissous la forme de grandes radiales. Les besoins de mobilitése renforcent continuellement : migration de travail, fluxde loisirs, fréquentation des équipements de santé, éducatifs,sportifs, culturels et commerciaux. Excepté pour unepartie des déplacements domicile-travail en direction deParis, l’automobile est le moyen le plus utilisé, y comprispour des déplacements courts et ce au détriment de l’environnementcomme de la qualité de vie et de la santé.Les lignes RER (A, B, C et D) ainsi que les lignes H etJ du Transilien sont très sollicitées. Les doléances expriméespar les usagers en dénoncent les innombrables déficiences: retards, trains supprimés, défauts desynchronisation entre trains, entre trains et bus commeentre bus. Il est inadmissible que des trains « petits gris »soient toujours en service à des heures d’affluence sur laligne H et que n’existe aucun aménagement correct pourle public en gare du Nord-banlieue.Le rapport de la Cour des comptes de novembre2010 sur les transports par rail en RégionÎle-de-France demande avant tout l’améliorationimpérative de l’existant et son constat estparticulièrement sévère.Les améliorations nécessaires sont connues etfigurent dans le plan régional « Mobilisationtransports ». Les débats en cours ne doivent passervir de prétexte pour en retarder la réalisation :• amélioration des RER et Transiliens pour une plusgrande régularité, un meilleur confort et accueil desusagers ;• réalisation de la tangentielle Nord (Sartrouville/Noisyle-Secpar Epinay et Le Bourget) et de la tangentielleOuest Cergy/Saint-Quentin pour améliorer les déplacementsde banlieue à banlieue et réduire la part desdéplacements en voiture. Ces tangentielles utilisant desvoies existantes peuvent être rapidement mises enservice. Elles permettront de réduire la fréquentation deslignes radiales, faciliteront les déplacements de banlieueà banlieue et réduiront l’usage de la voiture ;• réalisation du barreau de Gonesse : avec mise en servicedès 2013 d’un BHNS (Bus à Haut Niveau de Service) etBHQE (Bus à Haute Qualité Environnementale) reliantles RER D et B, préfiguration du barreau ferré. Il permettraaux actifs qui travaillent sur la plate-forme de larejoindre rapidement ;• prolongement des lignes de tramways en zone dense,par exemple le T8 vers la Vallée de Montmorency ;• création de lignes transversales de bus en sites propres: Cergy-Roissy, Vallée de Montmorency. La ligneCergy-Roissy existe, mais est tributaire des encombrementsde la Francilienne. Avec un investissementmodeste, il est possible d’extraire le service de bus desencombrements en lui donnant la possibilité d’utiliser lavoie d’arrêt d’urgence, en suivant l’exemple de Grenoble.Cette ligne devrait desservir la zone d’activité de Saint-Ouen l’Aumône ;• renouvellement des bus existants au profit de bus àgaz (GNV) qui n’émettent ni NOx, ni particules, sontmoins trépidants, plus silencieux.

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