La santé en chiffres - ALCOOL - Inpes

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La santé en chiffres - ALCOOL - Inpes

4( )INTRODUCTION5( )Bien que les ventes d’alcool diminuent régulièrementen France, elles restent parmi les plus élevéesd’Europe, et les conséquences de cette consommationnocive et à risque continuent de préoccuper lesresponsables de la santé publique.Chaque année, en France, le nombre de décès liés à laconsommation d’alcool se situe entre 40 000 et 50 000, soitprès de 10 % de la mortalité toutes causes confondues.On estime à cinq millions les personnes qui ont des difficultésmédicales, psychologiques ou sociales à mettre enrelation avec l’alcool.Le coût sanitaire des problèmes liés à l’alcool serait comprisentre 10 et 20 milliards de francs (la moitié de ce coûtconcernant les soins ambulatoires et l’autre moitié les soinsd’hospitalisation) [1] . Les coûts sociaux sont également trèsimportants : inefficacité et absentéisme professionnels, violence,maltraitance, conflits familiaux, suicides, accidents dela route et domestiques…Les stratégies des politiques de prévention mises en œuvreen France depuis vingt ans ont été plurielles et complémentaires.Elles concernent :- la législation visant à réglementer la publicité en faveur del’alcool et à réguler la distribution des boissons, notammenten protégeant les mineurs ;- l’information et l’éducation du public par des campagnesnationales de sensibilisation et diverses actions de proximité;- la mise en place d’un dispositif spécialisé de prévention etde prise en charge des consommateurs à problèmes ainsi quel’accompagnement des personnes ;- la formation des professionnels de santé et des intervenantssanitaires et sociaux.La prise de conscience ancienne de l’importance de laconsommation excessive d’alcool comme facteur de morbiditéet mortalité a été renouvelée par plusieurs rapportsrécents [1-5] .Ce document présente les principales données épidémiologiquesainsi que les résultats de différentes enquêtes deconsommation menées auprès du public. Il aborde égalementle contexte législatif et réglementaire, ainsi que lesprincipales campagnes de prévention réalisées par le Comitéfrançais d’éducation pour la santé dans le cadre des programmesnationaux menés avec la Caisse nationale del’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) et soutenuspar le ministère de l’Emploi et de la Solidarité.Cette brochure a été rédigéepar et sous la responsabilitééditoriale de Colette Ménard(Comité français d’éducationpour la santé) en coordinationavec François Baudier (Caissenationale de l’assurancemaladie des travailleurssalariés), Noëlle Voirin(Direction générale de la santé)et Christiane Dressen, PierreArwidson, Arnaud Gautier(Comité français d’éducationpour la santé), que nous tenonsà remercier pour leur précieusecollaboration.


6( )DÉFINITIONS7( )De nombreuses définitions de la consommation à risque liéeà l’alcool ont été proposées [3, 4] . L’une d’elles, commune àl’ensemble des substances psychoactives, différencie l’usage,l’usage nocif et la dépendance.L’usageL’usage est caractérisé par la consommation de substancespsychoactives n’entraînant ni complication, ni dommagesocial ou sanitaire.L’usage nocif ou abusL’abus est caractérisé par une consommation répétée de substancespsychoactives, susceptible d’induire des dommagessanitaires et/ou sociaux, immédiats ou à long terme.La dépendanceLa dépendance (pour l’alcool, on préfère parler d’alcoolodépendanceplutôt que d’alcoolisme) se définit comme uneentité psychopathologique et comportementale se traduisantpar l’impossibilité de s’abstenir de consommer de l’alcool, malgréles dommages sanitaires et sociaux subis. Il est admis qu’ils’agit d’une maladie devant être prise en compte et traitéepar une prise en charge médicale, psychologique et sociale.On peut se représenter les trois modes de consommation sur un continuumallant de l’usage à la dépendance. Au cours de sa vie, unindividu peut passer de l’un à l’autre.De l’usage à la consommation à risqueLes risques liés à l’alcool doivent être envisagés de deux manières:D’une part, un risque sur le long termeLes données épidémiologiques font apparaître une corrélationentre la quantité d’alcool consommée et l’augmentationde la mortalité. La mortalité augmenterait au-delà d’uneconsommation de 3 verres par jour (d’après une enquêteauprès de 490 000 personnes suivies durant neuf ans, à l’initiativede l’American Cancer Society) [6] . C’est à partir de cesobservations que sont nées les recommandations de ne pasdépasser une consommation de 2 à 3 verres en moyenne parjour pour les femmes (soit 14 verres par semaine) et de 3 à 4verres en moyenne par jour pour les hommes (soit 21 verrespar semaine).D’autre part, un risque en cas de consommationdans certaines circonstancesLa dangerosité s’explique par la perte des capacités nécessairesà la réalisation de certaines tâches (conduite automobile,conduite d’engins, mais aussi tâches professionnelles oudomestiques). L’alcool diminue les habiletés psychomotrices,et cette diminution est liée à la quantité absorbée.L’alcoolémieDe nombreuses études ont mis en évidence la fréquence dela présence d’alcool dans le sang chez les accidentés de laroute.L’alcoolémie est la teneur en alcool du sang, exprimée engrammes par litre de sang à un moment donné. Le dépistagede l’alcoolémie se fait dans l’air expiré, à l’aide d’un éthylotest.Sa mesure s’effectue soit directement par un dosagechimique de l’éthanol dans le sang, soit indirectement enanalysant l’air expiré (éthylomètre).En 1996 et 1997, la proportion d’accidents mortels liés àune alcoolémie illégale (supérieure à 0,5 gramme par litre)se situait autour de 40 %. En 1998, elle tendait à baisser à31 % (données Inrets).


8( )MORTALITÉ9( )FIGURE 1Taux demortalité(pour 100 000habitants) liéeà l’imprégnationéthyliquechroniqueselon le sexe(France 1997).(Source : Inserm SC8 1997)La mortalité due à la consommationd’alcool est difficile à évaluerdans la mesure où l’alcool intervientcomme cause — déterminanteou associée — de décès inscritssous différentes rubriquesdans les statistiques.La mortalité selonles estimations tenantcompte des causesmédicales de décèset des morts violentesPour les décès attribuables à uneconsommation excessive d’alcool,certaines estimations tiennentcompte à la fois des décès parmort violente (accidents, homicides,suicides) et des décès ayantdes causes médicales (y compriscertaines maladies récemment1,8FemmesHommesAlcoolisme,psychose alcoolique7,8 9,927,1Cirrhosealcooliquecorrélées à la consommationd’alcool). Selon Catherine Hill, del’institut Gustave-Roussy [7] , « lenombre de décès attribuables àl’alcool serait en 1995 de 45000(38 000 chez l’homme et 7 000chez la femme). La fraction desdécès attribuable à l’alcool atteint27 % entre 45 et 65 ans chez leshommes et 9 % chez les femmes.Parmi ces 45 000 décès, l’alcoolest responsable de 16 000 décèspar cancer, soit un décès par cancersur 9 (un décès masculin sur 7et un décès féminin sur 33). Dansla population de 45 à 64 ans, plusd’un décès par cancer sur 4 estattribuable à l’alcool chez leshommes et plus d’un décès sur 10chez les femmes ».5,444,4Cancersdes VADSTaux comparatifs d’après la population du recensement de 1990 (sujets de 15 ans et plus).17,079,3Toutes causesconfonduesLa mortalité selonles estimations tenantcompte des principalescauses médicales dedécèsSi l’on considère la mortalitédirectement due à l’alcool, ondénombrait en 1997, d’après lesstatistiques de l’Inserm, 22 611décès, dont 2 302 par psychosealcoolique, 8 864 par cirrhose et11 445 par cancers des voiesaérodigestives supérieures (VADS),causés le plus souvent par uneconsommation conjointe d’alcoolet de tabac. Ces pathologies sontresponsables de 4,3 % de l’ensembledes décès : 6,6 % desdécès masculins et 1,8 % desdécès féminins.Le taux de mortalité lié à l’imprégnationéthylique chroniqueHommesFemmesHommes + femmes0,3 0,1 0,2 2,7 1,2 2,028,87,8 18,2 97,0s’élevait en 1997 à 45,2 pour100 000 habitants (79,3 pour100 000 chez les hommes et 17pour 100 000 chez les femmes).(Figure 1 )La mortalité masculine liée àl’imprégnation éthylique chroniqueaugmente avec l’âge jusqu’à65-74 ans, tranche d’âge oùle taux atteint sa valeur maximalede 219,3 décès pour 100 000habitants.Chez les femmes, le taux maximalest enregistré entre 65 et 85ans (Figure 2 ).À partir de 25 ans, la surmortalitémasculine liée à l’alcool est 2à 5 fois supérieure à celle des femmes.L’écart entre les hommes etles femmes se creuse avec l’âgepour atteindre un maximumentre 65 et 75 ans.25,361,215-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-74 ans 75-84 ans 85 ans et +Taux comparatifs d’après la population du recensement de 1990 (sujets de 15 ans et plus).179,234,6105,2219,341,5121,0FIGURE 2Taux demortalité(pour 100 000habitants) liéeà l’imprégnationéthyliquechronique selonle sexe et l’âge(France 1997).(Source : Inserm SC8 1997)196,140,7100,7188,145,785,7


12( )MORBIDITÉ13( )En populationgénéraleLe nombre de malades alcoolodépendantsen France ne peutêtre déterminé que très approximativement.Les données disponiblescomprennent les statistiqueshospitalières de morbiditépar accidents (circulation, travail,mais aussi accidents domestiques)et certaines enquêtes auprès demédecins [9] .On estime à 5 millions le nombrede personnes que l’usage excessifd’alcool expose à des difficultésd’ordre médical, psychologique etsocial, et entre 2 et 3 millions depersonnes le nombre de sujetsdépendants de l’alcool.- 10 à 20 % des accidents du travailseraient liés à une consommationexcessive d’alcool. À cesaccidents et à leurs séquelles, ilfaut ajouter le poids de l’absentéisme,de la relative inefficacitédu salarié alcoodépendant (oubuveur excessif) et de son impossibilitéà occuper des postes mettanten jeu la sécurité.- 29,5% des hommes et 11% desfemmes de la clientèle des médecinsgénéralistes seraient des buveursexcessifs [10] .- Dans les hôpitaux, 13% des patientshospitalisés seraient alcoolodépendants: 3 % sont directementhospitalisés pour ce motif(plus des trois quarts sont deshommes) ; chez 10 % de cespatients, l’alcool est un facteur derisque (cette proportion est maximalechez les hommes de 40 à 64ans).- En 1998, la file active deconsultants des structures spécialisées— désormais dénomméesCentres de cure ambulatoire enalcoologie — est estimée à plusde 100 000 consultants, dont42,2 % de « nouveaux consultantsbuveurs » [11] .À côté des conséquences sanitairesde l’alcool, on peut égalementévoquer les conséquences socialesliées à son abus : 50 % des rixes,50 à 60 % des actes de criminalité,5 à 25 % des suicides, 20 %des délits seraient commis sousl’emprise de l’alcool [1] .Alcoolisation fœtaleAu cours des vingt-cinq dernièresannées, des études ont montréqu'une consommation d'alcoolpendant la grossesse pouvait êtreà l'origine, chez l'embryon, le fœtusou l'enfant, de retards psychomoteurs,de retards de croissance,de dysmorphie faciale et d’autresmalformations. L'incidence de cesyndrome d'alcoolisation fœtaleserait d'environ 1 000 cas par anen France.La recommandation actuelle desexperts est de ne pas consommerd'alcool en cas de projet deconception et pendant la grossesse,même si les données manquentpour apprécier l'effet d'uneconsommation de faible importance(1 verre par jour ou moins).


14( )CONSOMMATION D’ALCOOL15( )TABLEAU IConsommationd’alcooldans le monde,expriméeen litres d’alcoolpur par habitantet par an.(Source : « WorldDrinkTrends 1999 » -NTC Publications Ltd© Produktschap voorgedistilleerde Dranken.Schiedman, Pays-Bas)PAYS 1998Luxembourg 13,3Portugal 11,2France 10,8Irlande 10,8Allemagne 10,6République tchèque 10,2Espagne 10,1Danemark 9,5Hongrie 9,4AutricheSuisse9,29,2Grèce 9,1Belgique 8,9Pays-Bas 8,1Italie 7,7Royaume-Uni 7,5La consommation d’alcool d’unepopulation n’est pas simple àdéterminer. D’une part, les donnéesde vente dans un pays nesont pas équivalentes à laconsommation de sa population(achat d’alcool par des touristesétrangers, stockage en cave, etc.) ;d’autre part, on constate unesous-déclaration de la consommationpar la population dont lesraisons sont multiples (sousdéclarationvolontaire, sousestimationinvolontaire, biaisdans les enquêtes – les personnesles plus consommatrices n’étantpas interrogées); enfin, la quantitéréelle consommée varie grandementen fonction de la taille et duremplissage des verres déclarés bus.Les ventesBien que diminuant régulièrementdepuis les années 60, laconsommation d’alcool en Francereste très importante, puisqu’ellese situe au troisième rang despays européens (10,8 litres d’alcoolpur par habitant en 1998,derrière le Portugal : 11,2 litreset le Luxembourg : 11,3 litres).Notons que les comparaisons internationalessont ici réalisées en litresd’alcool pur par habitant, quel quesoit son âge (enfant compris).(Tableau I et Figure 6 )La consommationmoyenne de la populationde plus de 15 ansSi l’on utilise l’indicateur plus satisfaisantdes litres d’alcool par habitantde plus de 15 ans, on constateque la consommation moyennepar adulte est passée de 22,3litres d’alcool pur en 1970 à 20,6litres en 1980 et à 16,6 litres en1990. Pour l’année 1996, laconsommation moyenne est de15,6 litres. À titre indicatif, 10litres d’alcool pur = 36 bouteillesd’alcool fort de 70 cl à 40°, ou111 bouteilles de vin de 75 cl à12°, ou 606 bouteilles de bière de33 cl à 5°.201510517,7 FIGURE 6Quantité d’alcool pur(en litres) vendu parhabitant et par an.01960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995La consommationpar type d’alcool- Si la consommation de vinbaisse chaque année (de plus de50 % entre 1960 et 1998), elledemeure néanmoins prédominante.- La consommation totale debière est en sensible diminutiondepuis 1980.- La consommation de spiritueuxreste relativement stable.(Tableau II )BOISSONS 1960 1970 1980 1990 1998Vin (12°) 126,9 109,1 91,0 73,1 58,1Bière 35,4 41,2 44,3 41,5 38,6Spiritueux (alcool pur) 2,0 2,3 2,5 2,5 2,410,8(Source : « WorldDrinkTrends 1999 » -NTC Publications Ltd© Produktschap voorgedistilleerde Dranken.Schiedman, Pays-Bas)TABLEAU IIConsommation enlitres d’alcool parhabitant et par an.(Source : « WorldDrinkTrends 1999 » -NTC Publications Ltd© Produktschap voorgedistilleerde Dranken.Schiedman, Pays-Bas)


16( )CONSOMMATION D’ALCOOL17( )FIGURE 7Consommationquotidienned’alcool chezles hommes etchez les femmesselon l’âge (enpourcentageparmi lespersonnes ayantdéclaré avoir buune boissonalcoolisée aucours des 12mois précédantl’enquête).(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)Les déclarations desadultes (20-75 ans)Qu’il s’agisse des données des« Baromètres santé » [12, 13] oud’enquêtes menées sur l’alcool [14] ,les résultats des études concordentsur le fait qu’en France,l’alcool est très largementconsommé. D’après le « Baromètre2000 » [13] , seuls 2,3 % desFrançais de 20 à 75 ans déclarentn’avoir jamais bu, ne serait-cequ’une fois, de boisson alcoolisée.La proportion d’abstinents surl’année s’élève à 6,8 %. La prévalencede la consommation serépartit comme suit :- La consommation quotidienne(consommation d’alcool aumoins une fois par jour) est plusfréquente chez les hommes(1 homme sur 3 et 1 femme sur 9)et les personnes âgées. Chez les65-75 ans, plus d’une personnesur deux (65,8 % des hommes ;33,1 % des femmes) consommechaque jour une boisson alcoolisée(Figure 7 ).- La consommation hebdomadaire(consommation d’alcool aumoins une fois par semaine, maispas tous les jours) concerne43,3 % des 20-75 ans (environ1 homme sur 2 et 1 femme sur3). La consommation hebdoma-70 %60 %HommesFemmes56,0 65,850 %41,840 %33,130 %23,121,020 %10,415,310 % 5,06,12,70% 0,720-25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ansdaire est plus fréquente chez les35-44 ans. En regroupant lesconsommations quotidiennes ethebdomadaires, 63,1 % des 20-75 ans consommeraient une boissonalcoolisée au moins une foispar semaine.- Les consommateurs mensuels(consommation d’alcool au moinsune fois par mois, mais pas chaquesemaine) et occasionnels (consommationmoins d’une fois parmois) représentent respectivement15,9% et 14,2% : ces consommationssont plus particulièrementféminines (environ 1 homme sur20 pour 1 femme sur 5).Les produits consommésau cours des sept joursprécédant l’enquêteAu cours des sept derniers joursprécédant l’enquête, 69,2 % desFrançais ont eu au moins uneoccasion de boire une boissonalcoolisée : 83,2 % des hommes ;57,7 % des femmes.Les produits consommés se répartissentainsi :- 54,8 % des Français ont eul’occasion de boire du vin, dont17,8 % tous les jours ;- 20,8 % ont consommé de labière ;- 23,5 % ont consommé desalcools forts ;- 17,2 % ont consommé d’autresboissons alcoolisées.C’est la consommation de vin quiest la plus régulière : 17,8 % deconsommateurs quotidiens, principalementchez les hommes(26,7 %) et les plus de 55 ans.La consommation de bière estplus occasionnelle (1 à 2 joursdans la semaine). Elle est plusparticulièrement marquée chezles 20-44 ans.Les autres alcools, en particulierles alcools forts, font l’objet d’uneconsommation occasionnelle dansla semaine (1 à 2 fois) : cetteconsommation est essentiellementmasculine (27,1 % deshommes versus 12,2 % desfemmes en ont consommé 1 à 2fois dans les sept derniers jours).


18( )CONSOMMATION D’ALCOOL19( )FIGURE 8Nombre moyende verresd’alcool busla veille selonle sexe et l’âge(parmi lespersonnes ayantdéclaré avoir buune boissonalcoolisée laveille del’enquête).(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)43,532,521,53,52,0Les quantités d’alcoolbues la veille del’enquêteChez les personnes ayant déclaréavoir bu une boisson alcoolisée laveille de l’enquête, les quantitésbues varient sensiblement enfonction des sexes.- Chez les hommes, le nombremoyen de verres consommés laveille est de 3 verres ; il est de 3,5verres pour les 20-25 ans. Lesquantités déclarées varient sensiblementsuivant le type debuveurs : 3,3 verres pour les buveursquotidiens ; 2,7 verres pour lesbuveurs hebdomadaires ; 2 verrespour les buveurs mensuels et2,83,0 3,01,8 1,8 1,7 1,6ce, quel que soit l’âge des interviewés.- Chez les femmes, le nombremoyen de verres bus la veilleest de 1,7. Contrairement auxhommes, il n’y a pas de différencesentre les consommatricesquotidiennes et hebdomadaires(Figure 8 ).Une consommationdifférente durantla semaine et le week-endSelon l’enquête CFES/Cnamts/Ipsos [14] , la consommation d’alcoolest plus élevée en fin de semaine(vendredi, samedi, dimanche), ceque confirment les données du« Baromètre 2000 ».3,22,71,5- Les consommateurs masculinsde 20-25 ans déclarent consommeren moyenne 5,1 verres lesamedi (Figure 9 ).3,52,05,14,120-25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ans2,7 2,73,02,03,92,33,21,62,81,7- Chez les femmes, la consommationdurant le week-end est enmoyenne de 2 verres par jourversus 1,6 verre durant la semaine(Figure 10 ).Vendredi Samedi Dimanche3,4 3,4 3,33,13,72,2 2,11,8 2,0 1,93,51,7 1,73,0 3,3 2,7 2,6 2,62,11,4 1,5 1,8FIGURE 9Nombre moyende verres d’alcoolconsommés parles hommes durantle week-endet selon l’âge (parmiles hommes ayantdéclaré avoir bu uneboisson alcooliséedurant le week-end).(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)FIGURE 10Nombre moyende verres d’alcoolconsommés parles femmes durantle week-endet selon l’âge (parmiles femmes ayantdéclaré avoir bu uneboisson alcooliséedurant le week-end).(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)1Hommes0,5Femmes020-25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ans20-25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ans


20( )CONSOMMATION D’ALCOOL21( )FIGURE 11Estimationdes seuilsde dangerositéde l’alcool(nombre deverres d’alcoolpar jour)en fonctiondes fréquencesde consommationdes enquêtés.(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)3,34,3Ivresses déclaréesChez les hommes de 20 à 75 ansqui consomment des boissonsalcoolisées, 23,8 % déclarentavoir connu au moins un étatd’ivresse (selon leur propre définition)au cours des douze derniersmois ; 54,7 % chez les 20-25 ans. Tous âges confondus,2,3 % auraient été ivres au moinsune fois par mois.Chez les femmes, les épisodesd’ivresses déclarées sont plus rares.7,2 % déclarent un état d’ivresseau cours des douze derniers mois;23,9 % chez les 20-25 ans.L’ivresse répétée (en moyenne unefois par mois) n’est pratiquementpas observée chez les femmes.Comportementde dépendanceSelon le test Deta, 9 % de lapopulation auraient ou auraienteu une dépendance vis-à-vis de3,03,72,93,6Femmes2,7l’alcool, dépendance beaucoupplus fréquente chez les hommesque chez les femmes. C’est entre45 et 54 ans que le risque est leplus élevé, aussi bien chez leshommes (19 %) que chez lesfemmes (5,4%). Chez les buveursquotidiens, le pourcentage atteint19 %.Seuils de dangerositéDepuis 1998, les Français ontune meilleure connaissance desseuils de dangerosité liés à l’alcool[14] . Dans le « Baromètre2000 », le nombre de verres quotidiensà partir duquel les enquêtésestiment qu’un homme metsa santé en danger est évalué à 3,7verres par jour, et à 3 verres parjour pour les femme (Figure 11 ).Pour autant, selon l’enquêteCFES/Cnamts/Ipsos de 1998 [14] ,si les risques d’alcoolodépen-Hommes3,42,73,53,03,7dance, de cirrhose et d’accidentsde la route sont bien connus, lesautres risques, notamment lesrisques de cancer et les difficultéssociales liées à l’abus d’alcool,restent mal appréciés.Arrêter ou diminuersa consommation :une éventualité ?Selon cette même enquête [14] , sila majorité des consommateursd’alcool en 1998 (89 %) déclaraitne rien vouloir changer à seshabitudes, 11 % toutefois (15 %des hommes et 7 % des femmes)envisageaient d’arrêter ou dediminuer leur consommation. Lesraisons principales qui motivaientce choix étaient avant tout médicales(liées à la prudence), familialesou professionnelles.25 % des 25-65 ans (chez lesenquêtés ayant consommé uneboisson alcoolisée au moins unefois dans l’année) déclaraient avoirdiminué leur consommation aucours des cinq dernières années.Comme le soulignent lesenquêtes CFES/Cnamts/BVA etCFES/Cnamts/Démoscopie [15, 16] ,modérer sa consommation (à 3verres maximum par jour) estjugé plutôt difficile par 1 buveursur 5 (de 20 à 65 ans).Les déclarationsdes jeunes (12-19 ans)Chez les jeunes, la consommationd’alcool est occasionnelle, maisconcerne un fort pourcentaged’entre eux [13, 17] . D’après le« Baromètre 2000 » [13] , 77,9 %des 12-19 ans ont eu l’occasion deboire, ne serait-ce qu’une foisdans l’année :- 21,1% sont des consommateurshebdomadaires ou quotidiens ;- 21,4 % des consommateursmensuels ;- 35,4% des consommateurs plusoccasionnels.Toutefois, la régularité de laconsommation concerne davantageles garçons : au moins27,5 % de consommateurs hebdomadairesversus 15,1% chez lesfilles.- La bière est la boisson alcooliséela plus consommée (49,8 % des12-19 ans ; 55,7 % des garçons ;44,2 % des filles) ; 21,2 % desgarçons en consomment au moinsune fois par semaine.- 42,6 % ont bu au moins unefois du vin dans l’année ; 20,8 %de façon occasionnelle (moinsd’une fois par mois).- 39,2 % ont consommé desalcools forts dans l’année : 41,5%des garçons ; 37 % des filles.ConsommateurquotidienConsommateurhebdomadaireConsommateurmensuelConsommateuroccasionnelNonconsommateurEnsemble


22( )CONSOMMATION D’ALCOOL23( )FIGURE 12Nombre moyende verresd’alcoolconsommésla veille selonle sexe et l’âge(chez les jeunesayant déclaréavoir buune boissonalcooliséela veille del’enquête).(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)FIGURE 13Nombre moyend’ivresses aucours des douzederniers mois,selon le sexeet l’âge (chez lesjeunes ayantdéclaré avoir étéivres au cours del’année).1,51,21,11,32,62,2Les quantités d’alcoolbues la veille de l’enquête12 % des jeunes de 12 à 19 ansont déclaré avoir consommé del’alcool la veille de l’enquête :15,3 % des garçons et 9 % desfilles. Chez ceux qui déclarentavoir bu de l’alcool la veille,la quantité consommée est enmoyenne de 2,4 verres.La consommation des garçonsest proche de celle des filles, sauf à15-17 ans, où les garçons consommenten moyenne 0,5 verre deplus que les filles (Figure 12 ).Ivresses déclarées21,6 % des 12-19 ans déclarentavoir connu au moins un épisoded’ivresse dans l’année. Ces épisodesaugmentent avec l’âge etsont plus fréquents chez les garçons.À 18-19 ans, 47,7 % desgarçons déclarent au moins unépisode d’ivresse dans l’annéeversus 26,3 % des filles.2,5 2,5 2,6 2,512-14 ans 15-17 ans 18-19 ans1,7 1,5Garçons Filles Ensemble4,82,94,05,33,64,7Chez ceux qui déclarent avoir étéivres au moins une fois dansl’année, le nombre moyend’ivresses déclarées dans l’annéeest de 4.À tous les âges, les garçons déclarentplus d’ivresses que les filles :5,3 ivresses au cours des douzederniers mois à 18-19 ans versus3,6 chez les filles (Figure 13 ).Le nombre moyen d’ivresses n’estqu’un reflet de l’ensemble desivresses de l’échantillon desbuveurs. Il existe en fait de grandesdisparités individuelles et lesépisodes répétés sont souventle fait de consommateurs réguliers.L’analyse des différents comportementsde santé indique que lesconsommations de tabac, d’alcoolet de haschich sont souvent associées:- près de 2 jeunes fumeurs sur5 (38,4 %) déclarent boire del’alcool une fois par semaine versus13,8% chez les autres adolescents;- les jeunes fumeurs réguliers sontaussi plus nombreux à avoirconnu un état d’ivresse dansl’année : 48,2 % versus 13,8 %chez les autres jeunes ;- 45,6% des expérimentateurs decannabis déclarent avoir bu del’alcool au moins une fois parsemaine au cours de l’année précédente(13,7 % chez les nonconsommateurs).Seuils de dangerositéComme les adultes, les jeunes de12 à 19 ans commencent à êtresensibilisés aux repères deconsommation d’alcool. Ils estimentque les seuils de dangerositéde l’alcool sont de 3,3 verrespar jour pour les femmes et de4,1 verres par jour pour leshommes. On constate une légèresurestimation principalementchez les 12-14 ans (seuil de 3,45verres par jour pour les femmes etde 4,4 verres par jour pour leshommes).(Source : Baromètre santé1 ers résultats 2000 - CFES)12-14 ans 15-17 ans 18-19 ans


24( )CONTEXTE LÉGISLATIF ET RÉGLEMENTAIRE25( )Comme l’indique le rapportd’évaluation de la loi Évin [18] ,« l’action contre la consommationexcessive d’alcool trouve sonorigine dans l’initiative privée,associative, à la fin du siècle dernier.L’intervention des pouvoirspublics traduit une évolution, unintérêt nouveau et croissant portéà l’aspect sanitaire de l’alcoolisme.Les professionnels de lasanté se mobilisent dans le mêmesens ».En France, le contexte législatif etréglementaire repose sur troisvolets :Le codede la santé publique« L’alcoolique, un malade »La loi du 15 avril 1954 inscritedans le code de la santé publiqueconcerne les alcooliques dangereuxpour autrui. L’alcoolique yest traité en tant que malade, etnon en tant que délinquant :« l’alcoolisme » n’est plus seulementconsidéré comme une causede troubles de l’ordre public,mais aussi comme responsable deméfaits pour la santé. Cette loi aété peu appliquée et ne figureplus dans le nouveau code de lasanté publique.La prévention et letraitement des alcooliquesrelèvent de l’ÉtatTrois circulaires (1970, 1975,1983) organisent le dispositifspécialisé de prévention et detraitement des malades. Cettecompétence relève de l’État enpartenariat avec les Comitésdépartementaux de préventionde l’alcoolisme (CDPA). Depuis1999, les CHAA (Centres d’hygiènealimentaire et d’alcoologie)sont devenus CCAA (Centres decure ambulatoire en alcoologie)et sont financés par l’assurancemaladie (loi 98-657 du 29 juillet1998 relative à la lutte contre lesexclusions, Journal officiel du31 juillet 1998 et décret du30 décembre 1998).Le code des débitsde boissonsLe code des débits de boissons etdes mesures contre l’alcoolisme aété progressivement mis en placeà partir de 1915. Depuis, il a étémodifié et complété à diversesreprises. Il est aujourd’hui intégréau code de la santé publique.Les principales mesures portentsur :- l’encadrement des débits deboissons alcooliques : ouverture,exploitation des débits de boisson,vente et distribution aupublic ;- l’accessibilité des boissonsalcooliques : modalités de venteet d’offre de boissons alcooliquesà certaines heures, dans certainslieux ; interdiction de distribuerde l’alcool dans les établissementsd’activités physiques et sportivesou sur les lieux de manifestationssportives ;- la protection des mineurs :interdiction de délivrer de l’alcoolaux mineurs de moins de 16 ansdans tous les commerces ou lieuxpublics ;- la réglementation de la publicitéen faveur de l’alcool : la loin° 91-32 du 10 janvier 1991,dite « loi Évin », relative à lalutte contre le tabagisme etl’alcoolisme, est la dernière modificationnotable du code desdébits de boissons et des mesurescontre l’alcoolisme.Cette loi renforce le dispositifjuridique préexistant. Elle comprendcinq types de mesures :- La limitation de la publicité etdu parrainage : la loi encadre lapublicité directe et indirecte; elleinterdit le parrainage.- L’amélioration de l’informationdu consommateur : le conseil demodération figurant sur la publicitédes boissons alcooliques


26( )CONTEXTE LÉGISLATIF RÉGLEMENTAIRE27( )destinée au grand public est complétépar un message à caractèresanitaire précisant que « l’abusd’alcool est dangereux pour lasanté ».- L’encadrement de l’offre de produits: des dispositions renforcentles interdictions de vente d’alcoolaux mineurs et de vente d’alcooldans les lieux où se pratiquent lessports ainsi que dans les points devente de carburants entre 22 h et6 h ; de plus, l’offre d’alcool pardistributeur automatique est totalementinterdite.- Le renforcement du rôle desassociations : la loi permet auxassociations œuvrant dans ledomaine de la lutte contrel’alcoolisme depuis plus de cinqans de poursuivre en justice lesinfractions à la loi.- L’aggravation des peines destinéesà ceux qui enfreignent la loi.En mettant l’accent sur cinq typesde mesures, le législateur seconforme à la stratégie préconiséepar l’Organisation mondiale de lasanté. Pour être efficace, l’ensembledes moyens de lutte contre laconsommation excessive d’alcooldoit être utilisé simultanément.Évaluationde la loi ÉvinLe rapport d’évaluation de la loiÉvin élaboré sous l’égide duCommissariat au Plan [18] indiqueque :- les arrêtés utiles à l’applicationde la loi n’ont pas tous étépubliés. Le volet « alcool » de laloi a été progressivement vidé deson contenu par des amendementssuccessifs (publicité paraffichage dans les zones de production,règlement des buvettessur les stades sportifs…) ;- la loi Évin a cependant constituépar elle-même un messageimportant de santé publique. Ens’attaquant de façon privilégiée àla publicité en faveur de l’alcoolet surtout du tabac, elle a tentéd’infléchir un moyen de communicationet une forme de promotiondont l’incidence exactedemeure sujette à questions, maisqui est certainement aussi l’undes véhicules par lesquels unesociété « affiche ses valeurs ».Cette loi ne pouvait donc laissercette société indifférente ;- les affaiblissements successifs dela loi Évin trouvent en partie leurorigine dans la contradiction quiexiste entre la persistance d’unepromotion publicitaire importanteet continue des boissonsalcooliques, alors que les campagnesde prévention contrel’abus d’alcool demeurent encoretrop limitées et espacées.Le rapport conclut que la luttecontre la consommation excessived’alcool constitue un enjeuimportant de santé publique etque l’effort de prévention etd’éducation pour la santé ne doitpas être relâché. « Il appartientaux parlementaires de renforcer laloi, les actions de prévention etl’éducation pour la santé. »Le codede la routeDans le cadre de l’harmonisationdes législations européennes, laFrance a opté pour un renforcementde la lutte contre l’alcool auvolant et un abaissement dutaux d’alcoolémie autorisé à0,5 gramme par litre dans le sang.La valeur de 0,5 gramme par litredans le sang est sanctionnée parune contravention, la valeur de0,8 gramme par litre correspondà un délit.


28( )PRÉVENTION29( )Les campagnesnationalesLes campagnesdu Comité françaisd’éducation pour la santéEn 1984, les pouvoirs publicsconfiaient au CFES la mise enœuvre de la première campagnede prévention de la consommationexcessive d’alcool.1984-1986 Entre un verreet un verre de trop :l’axe de la responsabilitéindividuelleLa campagne « Un verre ça va,trois verres bonjour les dégâts ! »avait pour objectif de susciterauprès de tous les milieux sociauxune attitude de modération endonnant à chacun la possibilité derésister avec humour à la pressionsociale.En 1986, la campagne fut prolongéepar une série de nouveauxspots « Pensez au deuxième verrepour l’eau » dont l’objectif, audelàde la modération, était defavoriser la maîtrise individuelleet d’introduire une propositionde substitution.1991-1995 Un nouveauregard sur les jeuneset l’alcoolIl fallut « une longue périoded’abstinence » pour voir apparaîtreles premières campagnesdestinées aux jeunes adolescents.En effet, ce n’est qu’en 1991, avecle soutien de la Cnamts, que futlancée la campagne « Tu t’es vuquand t’as bu ! ».Dans la mesure où les jeunesbuveurs excessifs ne se considèrentpas « accros » à l’alcool, lacampagne « Tu t’es vu quand t’asbu! » insiste sur les conséquencesnégatives de l’alcool utilisécomme facilitateur relationnel.Une campagne quiinterpelle : le programmede la Cnamts et du CFESDepuis 1997, la Cnamts et leCFES ont mis en place un nouveauprogramme de communicationsur trois ans.Autour de l’interrogation « Etvous avec l’alcool, vous en êtesoù? », les campagnes ont eu pourobjectif de faire prendre consciencede l’abus en désignant lesalibis de l’excès et de donnerdes points de repère sur lesnotions d’excès et de modération.L’alcool, une substancepsychoactive reconnue :le cadre d’actionde la Mildt et du CFESDepuis juin 1999, la Mildt(Mission interministérielle delutte contre la drogue et la toxicomanie)s’est vu confier la coordinationdes politiques de préventionsur les substances psychoactiveslicites et illicites : tabac,alcool, drogues et usage détournéde médicaments, dopage.Comme le rappelle le rapport duprofesseur Bernard Roques [5] , lesétudes neuro-bio-pharmacologiquesmontrent que ces substancesagissent toutes sur le systèmenerveux central, et sur unou plusieurs neuromédiateurs,entraînant des modifications decomportement chez les consommateurs,avec des caractéristiquescliniques souvent identiquescomme le risque de créer unedépendance. L’existence d’effetscommuns à l’ensemble de cesproduits a conduit à regrouperces comportements sous le cadregénérique de comportementsd’usage, d’usage nocif et dedépendance aux substances psychoactives.D’après le rapport du professeurPhilippe-Jean Parquet [4] , l’approchepar comportement d’usageopposée à celle de l’approche parproduit doit permettre uneconstruction plus efficace desmessages de prévention.Les actions de communicationmises en œuvre depuis avril2000 par le CFES et la Mildt,« Drogues, savoir plus risquermoins », ont eu pour objectif lamise à niveau des connaissancesde la population sur les comportementsd’usage de l’ensemble dessubstances psychoactives, à traversla mise à disposition d’informationsscientifiquement validées [19] .La communicationde la Sécurité routière :le « conducteur désigné »L’alcool au volant reste un facteurmajeur d’accidents pour laSécurité routière. Ces cinq dernièresannées, plusieurs campagnesnationales leur ont été consacrées.


30( )PRÉVENTION31( )De 1995 à 1997, les campagnesde la direction de la Sécurité routière« Autotestez-vous » ont eupour objectif d’inciter les automobilistesà évaluer leur tauxd’alcoolémie avant de prendre levolant et de renoncer à conduiresi ce taux était trop élevé.En 1999-2000, une nouvelletonalité a été donnée aux campagnes,avec un nouveau registrede communication sur le thèmedu « conducteur désigné » : « Celuiqui conduit, c’est celui qui neboit pas », campagne dont ladéclinaison a été menée avec denombreux partenaires.La communication duministère de l’Éducationnationale : une premièredans les lycéesL’éducation pour la santé à l’écoleest entreprise dans les écoles,collèges et lycées depuis unevingtaine d’années. Les enseignantset personnels de santéscolaires participent activementà différents projets d’actionséducatives.Inquiet de l’évolution de laconsommation d’alcool chez lesjeunes, le ministre de l’Éducationnationale, de la recherche et de latechnologie a étendu les mesuresdéjà mises en place dans nombred’établissements scolaires et a réaliséune campagne de prévention« L’alcool, parlons-en aussi aulycée ». Même si elle met plusparticulièrement l’accent sur lesconséquences sociales de l’abus dela consommation d’alcool, cettepremière campagne s’inscrit dansle cadre du plan national de luttecontre la drogue et de préventiondes dépendances [19] , adoptépar le conseil des ministres enjuin 1999.Les actionsde proximitéÀ la suite des conférences régionalesde santé, 11 régions sur 22ont choisi comme déterminant desanté prioritaire la consommationd’alcool (deux régions ayantchoisi les pratiques addictives); cechoix souligne l’ampleur désor-mais reconnue à cette problématique.De nombreuses institutions, tantpubliques que privées, spécialiséesou généralistes, participent àcet effort de prévention :- les Caisses d’assurance maladiedépendant de l’assurance maladie(Cnamts) ;- les Comités départementauxde prévention de l’alcoolisme(CDPA), associations composéesde bénévoles et de professionnelsaffiliés à l’Association nationalede prévention de l’alcoolisme(ANPA) ;- les structures d’alcoologie intégréesà des établissements publics(hôpitaux, centres municipaux desanté, Ddass) ou à des associations;- les associations d’aide aux personnesen difficulté avec l’alcooltelles que Vie libre, Croix d’or,Croix bleue, Alcooliques anonymes,Joie et santé, etc. ;- les Comités départementauxd’éducation pour la santé dépendantdu Comité français d’éducationpour la santé (CFES).


32( )PRISE EN CHARGE DES PERSONNES EN DIFFICULTÉ AVEC L’ALCOOL33( )Qu’il s’agisse du système de soinsdu dispositif ambulatoire ou dusystème de soins hospitaliers, lesprofessionnels de santé devraienttous être impliqués dans le dispositifde prise en charge des personnesen difficulté avec l’alcool.Les lieux spécialisésLes 230 Centres de cures ambulatoiresen alcoologie (CCAA)accueillent chaque année environ100 000 consultants. Ces structuress’adressent à des patients àtous les stades de l’alcoolisation etoffrent un accueil de proximité,un accompagnement médical,relationnel et social.Cette prise en charge comporteplusieurs stades :- le diagnostic et l’évaluation durisque des maladies liées à l’alcool;- le conseil et le suivi des personnesen difficulté avec l’alcool ;- l’accompagnement des personnesdans les différentes phasesdu sevrage ;- l’aide personnalisée à la familleet à l’entourage ;- le suivi de la réinsertion sociale.Les CCAA assurent égalementune fonction d’information,d’éducation pour la santé, voired’enseignement et de recherche,en liaison avec les Comités départementauxde prévention del’alcoolisme (CDPA).Une enquête de 1997 a répertoriéenviron 2 000 lits dans lesunités d’alcoologie, au sein desétablissements publics (centresde cure, services de gastroentérologie,de médecine interne, depsychiatrie).Il faut également mentionner leslieux de postcure aidant le patientalcoolique à se réadapter à la viesociale.Les lieuxnon spécialisésL’hôpitalIl joue un rôle important dans ledomaine des soins aux personnesen difficulté avec l’alcool : 18 %des personnes hospitalisées enmédecine, chirurgie et obstétrique,et 25 % en psychiatrieont un problème avec l’alcool ;6 % des patients sont hospitaliséspour une maladie liée à l’alcool; 26 % des sujets arrivantaux urgences ont une maladieliée à l’alcool ; 12 % sont hospi-talisés pour une conséquence del’alcool [1] .Comme le souligne le rapportReynaud-Parquet [1] , les serviceshospitaliers et les servicesd’urgence devraient s’impliquerdavantage dans le dépistage et lessoins, permettre l’action d’uneéquipe d’alcoologie de liaison,proposer des soins alcoologiquesspécifiques ne se limitant pas à laprise en charge des complicationsou comorbidités.Les médecins généralistesDe par sa proximité, la médecinede ville occupe une placestratégique dans le repérage despersonnes en difficulté avec l’alcool,que ce soit en termes deprévention primaire ou secondaire.Les données du « Baromètremédecins généralistes » [20]indiquent qu’au cours des septjours précédant l’enquête, prèsd’un médecin sur deux a reçudes patients pour sevrage alcoolique.Toutefois, 70 % des médecinsgénéralistes se sententpeu efficaces dans la prise encharge des buveurs à risque. Lesmodalités de prise en chargeindiquent que les médecins ontde plus en plus tendance àsuivre leurs patients avec l’aided’une structure spécialisée.Les médecins du travailLes médecins du travail occupentune place privilégiée au sein desentreprises pour faire de la préventionet orienter les patients endifficulté avec l’alcool. Toutefois,comme le souligne le rapportReynaud-Parquet [1] , la stratégiede prévention en entreprisesouffre de certaines résistances etde l’absence de directives réglementairesprécises. La formationinitiale et la formation spécifiquedes médecins du travail concernantles problèmes liés à l’alcoolen milieu professionnel sont àrenforcer.En conclusionIl est important de renforcer lessynergies entre les différentsintervenants et de favoriser le travailen réseau. Former à la priseen charge des patients alcoolodépendantsest une recommandationmajeure de la conférencede consensus organisée en 1999par la Société française d’alcoologie(SFA) en collaboration avecl’Agence nationale d’accréditationet d’évaluation (Anaes) [21] .


34( )CONCLUSION35( )La diminution de la consommation d’alcool depuis unetrentaine d’années est le signe de l’évolution desmodes de consommation des Français. Comme le soulignentdifférentes études, on assiste à une diminutionsensible de la consommation quotidienne au profitd’une consommation au cours des week-ends. Les disparitésentre sexes restent élevées : boire régulièrement ou enquantité demeure un comportement beaucoup plus fréquentchez les hommes.En dépit de cette baisse générale de la consommation,l’alcool reste l’un des déterminants majeurs de maladies etde morts potentiellement évitables, et des inégalités socialesface à la santé. La consommation excessive d’alcool estimpliquée dans la survenue de 16 000 cancers par an, de10 000 décès par traumatismes (accidents, suicides, homicides),de 10000 maladies gastro-intestinales (y compris cirrhose),de 10 000 décès liés à des maladies mentales et cardiovasculaires.Elle est également une cause importanted’accidents, en particulier de la route, et de diverses violences.Face à la communication puissante des alcooliers, les effortsdes politiques publiques doivent être poursuivis et amplifiés:- en renforçant l’application de la réglementation ;- en développant encore davantage l’information du publicsur les conséquences sanitaires et sociales de l’alcool.Les programmes d’éducation pour la santé des années àvenir devront aussi :- aider ceux qui ne boivent pas ou qui boivent peu à faire respecterleur choix ;- aider la population à quantifier la modération (développerla notion de seuil de consommation à moindre risque) etaccompagner cette information d’une argumentation précisefondée sur des éléments scientifiques indiscutables : seuilsde toxicité, niveau de risque, etc. ;- aider les consommateurs à risque à diminuer leur consommation.L’ensemble de ce programme passe par des actions de communicationpublique et d’information, mais aussi par desactions de proximité et une implication renforcée de tous lesacteurs de santé : personnels éducatifs et sociaux, animateursspécialisés, personnels des associations, professionnels desanté et structures spécialisées. La cohérence et la synergiedes actions de prévention sont nécessaires.Un travail d’amélioration des indicateurs de suivi de laconsommation d’alcool par la population, de la morbiditéet de la mortalité liées à l’alcool est en cours. Un travailpluri-institutionnel de tous les producteurs de données estnécessaire.


36( )RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES37( )[1] REYNAUD M., PARQUET P.-J. Les personnes en difficulté avecl’alcool (Rapport de mission 1998). Vanves : CFES, coll.Dossiers techniques, 1999 : 294 p.[2] HAUT COMITÉ DE LA SANTÉ PUBLIQUE. La santé en France,1994-1998. Paris : La Documentation française,1998 : 310 p.[3] PARQUET P.-J. Pour une politique de prévention en matièrede comportements de consommation de substances psychoactives.Vanves : CFES, coll. Dossiers techniques, 1997 : 108 p.[4] PARQUET P.-J. Pour une prévention de l’usage des substancespsychoactives : usage, usage nocif, dépendance. Vanves : CFES,coll. Dossiers techniques, 1998 : 46 p.[5] ROQUES B. La dangerosité des drogues. Paris :La Documentation française-Odile Jacob, 1999 : 316 p.[6] THUN M.J., PETO R., LOPEZ A.D. ET AL. Alcohol consumptionand mortality among middle-aged and elderly US adults.New England Journal of Medicine 1997 ;337 (24) : 1075-1714.[7] HILL C. Alcool et risques de cancer. THS La revue des addictions1999 ; 1 (3) : 46-49.[8] FÉDÉRATION NATIONALE DES OBSERVATOIRES RÉGIONAUXDE LA SANTÉ. La santé observée dans les régions de France.Synthèse nationale des tableaux de bord régionauxsur la santé. Paris : Fnors, 1997 : chap. 8 :« L’alcool et ses conséquences sur la santé ».[9] ASSOCIATION NATIONALE DE PRÉVENTION DE L’ALCOOLISME.Statistiques 1999. Paris : ANPA, 1999 : 11 p.[10] HUAS D., ALLEMAND H. ET AL. Prévalence du risque et desmaladies liées à l’alcool dans la clientèle adulte du généraliste. LaRevue du praticien-Médecine générale 1993 (203) : 39-44.[11] DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SANTÉ. Le dispositif spécialiséde lutte contre l’alcoolisme en 1998. Informations issues del’exploitation du rapport-type. Paris : ministère de l’Emploiet de la Solidarité, mai 2000 : 17 p.[12] ARÈNES J., BAUDIER F. (DIR.) Baromètre santé adultes 95/96.Vanves : CFES, coll. Baromètres, 1997 : 288 p.[13] Baromètre santé, premiers résultats 2000. Vanves : CFES,septembre 2000.[14] CFES/CNAMTS/IPSOS OPINION. Les habitudes de consommationd’alcool des Français. Étude quantitative Francemétropolitaine, septembre 1998.[15] CFES/CNAMTS/BVA. Évaluation de la campagne de communicationsur la prévention de la consommation excessive d’alcool.Rapport de synthèse, novembre 1999.[16] CFES/CNAMTS/DÉMOSCOPIE. Évaluation de la campagne decommunication sur la prévention de la consommation excessived’alcool. Rapport de synthèse, novembre 2000.[17] ARÈNES J, JANVRIN M.-P., BAUDIER F. (DIR.) Baromètre santéjeunes 97/98. Vanves : CFES, coll. Baromètres, 1998 : 328 p.[18] COMMISSARIAT GÉNÉRAL DU PLAN, CONSEIL NATIONAL DEL’ÉVALUATION. La loi relative à la lutte contre le tabagisme etl’alcoolisme. Rapport d’évaluation. Instance présidée par GuyBerger. Paris : La Documentation française, 1999 : 560 p.[19] MISSION INTERMINISTÉRIELLE DE LUTTE CONTRE LA DROGUE ETLA TOXICOMANIE. Synthèse du plan gouvernemental de lutte contrela drogue et de prévention des dépendances, 1999-2000-2001.Vanves : CFES/Mildt, coll. Drogues savoir plus,1999 : 34 p.[20] BAUDIER F., ARÈNES J., GUILBERT P. (DIR.) Baromètre santémédecins généralistes 98/99. Vanves : CFES, coll. Baromètres,1999 : 218 p.[21] AGENCE NATIONALE D’ACCRÉDITATION ET D’ÉVALUATIONEN SANTÉ ET SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’ALCOOLOGIE. Conférence deconsensus : objectifs, indications et modalités du sevrage du patientalcoolodépendant. Texte du consensus et texte desrecommandations. Paris : Anaes, 1999 : 32 p. + 12 p.


38( )ORGANISMES RESSOURCESAssociation nationale de prévention de l’alcoolisme (ANPA)et son réseau régional et départemental20, rue Saint-Fiacre, 75002 ParisCaisse nationale de l’assurance maladiedes travailleurs salariés (Cnamts)et son réseau régional et départemental66, avenue du Maine, 75014 ParisComité français d’éducation pour la santé (CFES)et son réseau régional et départemental2, rue Auguste-Comte, BP 51, 92174 Vanves CedexLigue nationale contre le canceret ses comités départementaux1, avenue Stephen-Pichon, 75013 ParisMinistère de l’Emploi et de la Solidarité8, avenue de Ségur, 75007 ParisMission interministérielle de lutte contre la drogueet la toxicomanie (Mildt)10, place des Cinq-Martyrs du lycée Buffon, 75014 ParisSITES INTERNETANPA (français)http ://www.anpa.asso.frCentre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies(français, anglais)http ://www.ccsa.caCFES (français)http ://www.cfes.sante.frCnamts (français, anglais)http ://www.cnamts.frHaut Comité de la santé publique (français)http ://www.hcsp.ensp.frMildt (français)http ://www.drogues.gouv.frOMS (français, anglais)http ://www.oms.chSecrétariat d’État à la Santé (français)http ://www.sante.gouv.fr/alcoolConception graphique et réalisation : Véronique Boniol

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