Madrid - Magazine Sports et Loisirs

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Madrid, capitale de l’Espagne, est la ville la plus vaste et la plus peupléedu pays. Riche en culture, en loisirs et en couleurs, elle marie lesparadoxes, provoque les extrêmes, se pare d’audace. Les madrilènes ontun tempérament qui a toujours enflammé une histoire faite de passion.Visiter Madrid, c’est s’offrir le luxe d’un coup de foudre. C’est rare !LOISIRS ET CULTUREESPAGNEChantal-Anne JacotPhotos : Turismo Madrid,Fundation Lazaro Galdianoet Juan EcheverriaMADRIDun coup de foudresportsetloisirs.ch47


Castillo Manzanarez El RealHISTOIREUne promenade dansl’histoire de MadridVers la fin du IX e siècle, Madrid, fondéepar l’émir cordouan Muhammad I er ,était une forteresse géante protégeantTolède, l’antique capitale wisigoth.En 1217, Saint François d’Assisefonde le monastère de San Francisco.Au cours du XV e siècle, sous le règnede Jean II et d’Isabelle la Catholique,la ville continue son développementà grands pas. En 1525 lors de la bataillede Pavie, le roi François I er deFrance est fait prisonnier durant un anpar l’armée de Charles Quint. Un traitéde paix est signé entre les deux puissances.François I er rentre en France,mais laisse en garantie à Madrid sesdeux fils, jusqu’à l’accomplissementdes clauses dudit traité ! En 1561, unCatedral de la Almudenaévénement important se produit :Philippe II abandonne Tolède, s’installeavec sa cour à Madrid qui devientla nouvelle capitale de l’Espagne.En 1701, Philippe V est le premier roide la dynastie des Bourbons. C’estalors qu’éclate la terrible Guerre deSuccession d’Espagne, qui se terminepar le traité d’Utrecht en 1713 et quiconfirme Philippe V sur le trône.En 1808, le peuple de Madrid, toujoursen effervescence, se soulèvecontre les troupes françaises de Napoléon.Une scène immortalisée par lepeintre Francisco de Goya. C’est ledébut du règne de Joseph Bonaparte,nouveau roi d’Espagne qui devrapourtant fuir en 1812, après la bataillede Majadahonda. Le 13 mai 1814, FerdinandVII fait une entrée triomphaledans les rues de Madrid.Innovations,rébellions, révolutionsSous la dynastie des Bourbons desinnovations voient le jour : en 1850,la reine Isabelle II inaugure le ThéâtreRoyal. En 1851, la ligne de chemin defer entre Madrid et Aranjuez est ouvertepar la souveraine espagnole, tandisque les travaux du canal IsabelleII commencent la même année.De nombreux édifices sont construits:la Bibliothèque nationale en 1866, laCaisse d’Épargne et le Mont de Piétéen 1870, les premiers tramways tiréspar des chevaux en 1871. La cathédralede la Almudena est commencée en1883 et terminée en 1886. L’architecteCarlos Velasco présente son projet deGran Via avec son quartier des affaires.En 1898, on procède à l’électrificationde la première ligne de tramway.Plusieurs attentats marquent égalementl’histoire de Madrid : le 31 mai1906, le couple royal Alphonse XIII etVictoire Eugénie sort indemne d’unattentat dans la Calle Mayor. Le 12novembre 1912, le président duConseil, José Canalejas, est assassinéà la Puerta del Sol par l’anarchisteManuel Pardiñas. Le 8 mars 1921 leprésident du Conseil Eduardo Datoest à son tour assassiné sur la place del’Indépendance.Teatro RealAranjuez Palacio


El EscorialMadrid reçoit en 1923 la visite d’AlbertEinstein, accueilli par la familleroyale, qui participe à plusieurs conférencesscientifiques à l’université, àl’Athénée de Madrid et à la Real Academia.Les travaux de construction de l’aéroportde Madrid Barajas vont débuteren 1929. En 1931, la Seconde Républiqueespagnole est proclamée avecson premier Conseil Municipal Républicainprésidé par Pedro RicoLópez. Les nouvelles arènes deMadrid, la Plaza de Toros de LasVentas, sont inaugurées en 1934.Le 15 février 1936, Madrid fête lavictoire du Front populaire emmenépar Manuel Azaña. Malheureusement,la capitale plonge rapidementdans une période chaotique lorsque lelieutenant de la Guardia de Asalto(corps de police républicain) José Castilloest assassiné le 12 juillet. Quelquesheures plus tard, le député JoséCalvo Sotelo est assassiné à son tour.Suite à des incendies et des bombardementsde la ville par des troupes rebelles,le gouvernement décide dequitter Madrid pour établir la capitalede la République à Valence. Madrid,courageuse, se défend corps etâme contre les attaques rebelles. Maisdans la nuit du 5 au 6 mars 1939, uncoup d’Etat du colonel Casado renversele gouvernement présidé parJuan Negrín. Le 28 mars, les troupesdu général Franco font leur entrée àMadrid.Le 23 juin 1972, le zoo de Madridest prêt, situé à la Casa de Campo.Le 20 décembre 1973, l’organisationséparatiste basque ETA (Euskadi TaAskatasuna, soit « Pays basque etliberté ») assassine le président duGouvernement, Luis Carrero Blanco,dans la rue Claudio Coello.Le 20 novembre 1975, FranciscoFranco meurt à la suite d’une gravemaladie. Juan Carlos est proclamé roid’Espagne. Le 27 décembre 1978 ilsigne la nouvelle Constitution faisantde l’Espagne une monarchie constitutionnelle.En 1981, le colonel Antonio TejeroMolina prend d’assaut le Congrès desDéputés. Juan Carlos I er est soutenu parla population espagnole qui s’opposefermement au coup d’Etat. En 1992,Madrid est nommée capitale européennede la culture. Elle est ensuitefrappée par les attentats islamistes du11 mars 2004.Madrid accueillera en 2011, la Journéemondiale de la jeunesse (JMJ), suite àl’annonce faite par le pape Benoît XVIlors de la cérémonie de clôture des JMJde Sydney, en juillet 2008.Aujourd’hui, Madrid s’affirme commeune des grandes capitales européennesdynamiques en constante expansionsur les plans économique,culturel et touristique. La mode et ledesign occupent une place primordialedans le contexte contemporaininternational.HISTOIREBiblioteca NacionalPlaza de Toros Las Ventassportsetloisirs.ch49


Une escapade culturelleEnvie de changer d’air, de s’offrir un week-end prolongéen amoureux, en famille ou entre amis ? Madridest l’endroit idéal. Se rendre dans la capitaleespagnole est simple. L’avion est le meilleur moyen.Sur place, la ville a été conçue de manière logique.L’office du tourisme madrilène – en accord avec lesautorités locales – a réussi à faciliter l’ouvertureaux passionnés d’art, d’architecture, de shopping etde gastronomie. Toutes les saveurs sont au menu.Toutes les tentations sont envisageables de jour…comme de nuit.Avant de visiter cette ville somptueuse, il faut savoirque son climat est méditerranéen, voire continentalselon les saisons. Les hivers sont frais, parfois froids.Les étés très chauds avec des températures dépassantles 30°C. On peut dire que la ville est sèche,ART&CULTURECasa Lope de Vegamême si cette année, l’hiver a étépassablement enneigé et le printempsparticulièrement pluvieux.En moyenne, on compte une cinquantainede jours de pluie par an.Les sécheresses sont donc usuelles.Les musées, richessesintemporellesLa rédaction a choisi de présenterles plus célèbres, mais au coin decertaines rues, la surprise est grandelorsque l’on découvre un petit palaistransformé en un espace artistiquesurprenant. Il suffit de se laisser emporterpar la magie des lieux.Le Musée du PradoIl est l’une des plus grandes pinacothèquesdu monde exposant desœuvres picturales magistrales. Ilprésente des peintures européennes,flamandes, espagnoles, françaises,italiennes et allemandes duXIV e siècle au début du XIX e , collectionnéespar les Habsbourgs et lesBourbons.Les œuvres des peintres DiegoVélasquez, Francisco Goya etJérôme Bosch sont celles qui sont leplus souvent citées, mais il y a aussicelles du Greco, de Pierre PaulRubens, Raphaël, Titien, Tintoretto,Bartolomé Esteban Murillo, Franciscode Zurbarán, José de Ribera,ainsi que des tableaux de Botticelli,Caravaggio, Albrecht Dürer, AndreaMantegna, Rembrandt, NicolasPoussin, Claude Gellée, Véronèse…Le Prado expose près de 1000 pein-50


tures. Toutes les contempler en une fois est impossible.Par contre, le musée propose des visitesguidées par thèmes : Les chefs-d’œuvredu Prado de A à Z, Un artiste au Prado, LePrado par genres, Le Prado par écoles, LePrado par sujets… Le site www.guidesmadrid.compermet de s’octroyer une balade personnaliséevirtuelle avant de définir le momentprécieux et inoubliable que l’on passera réellementau Prado ou dans les autres musées dela capitale.A ne pas manquer au Prado cet été, la présentationtant attendue (90 ans) de « Vision d’Espagne» de Sorolla à Madrid (du 26 mai au6 septembre).Museo del PradoMuseo Thyssen BornemiszaMuseo Reina Sofia (Extension)Le Musée Thyssen-BornemiszaL’origine du Musée Thyssen-Bornemisza tientdans l’acquisition qu’a faite le Gouvernementespagnol en juillet 1993 de la majeure partiede la collection d’art réunie par la familleThyssen-Bornemisza. Le musée a deux établissements,l’un à Madrid, dans le Palais de Villahermosaet l’autre à Barcelone, au Muséenational d’Art de Catalogne.En 2004, Carmen Thyssen, veuve de HansHeinrich Thyssen, l’a enrichi de près de200 œuvres. Du 6 juin au 20 septembre, lesamateurs de Matisse peuvent admirer l’exposition« Matisse : 1917-1942 », qui reflète la périodede maturité du grand maître français.Musée national Reine-SophieLe Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofíaest le musée national espagnol d’art moderneet contemporain, qui couvre la périodes’étalant de l’année 1900 à nos jours. On découvrede nombreux tableaux et sculptures desplus grands artistes du XX e siècle comme lesSalvador Dalí ou les Pablo Picasso dont l’impressionnanteœuvre Guernica. Le musée a étéinauguré à Madrid en 1992, et baptisé en l’honneurde Sophie de Grèce, l’actuelle reine d’Espagne.Son architecture est particulière. Elle demandede s’y attarder. L’édifice central du musée étaitl’ancien Hôpital de San Carlos, construit sousla direction de José de Hermosilla et ensuitede Francesco Sabatini, à la fin du XVIII e siècle.L’architecte français Jean Nouvel a réalisé uneextension inaugurée en 2005, qui a augmentéla surface du musée d’environ 27’000 m 2 .Le Musée national Reine-Sophie est un dessommets du Triangle d’Or de l’Art. Les autresétant le Musée du Prado et le Musée Thyssen-Bornemisza.51sportsetloisirs.ch


ART & CLUTUREJose LazaroMusée Lázaro GaldianoLe musée Lázaro Galdiano, anciennedemeure patricienne del’éditeur et financier José LázaroGaldiano (1862-1947), a été rénovéet mis aux normes de sécurité dansle respect de son caractère villamusée.La collection exceptionnellede cet amateur est accessibledans un havre de paix, loin de l’agitationdes musées médiatisés ducentre de la capitale.Le Musée expose les collectionsrassemblées par José Lázaro Galdiano,un passionné d’orfèvrerie,de joaillerie, d’émaillerie, de sculptures,de mobiliers et d’ivoires,ainsi qu’une fantastique galeried’œuvres de grands maîtres espagnolset européens, dont unensemble de toiles et de gravuresde Goya.La diversité culturelle de laville emmène le touriste dansd’autres musées comme parexemple le Musée archéologiquenational, à côté de laPlaza de Colón, partageant seslocaux avec la Bibliothèquenationale d’Espagne. Ce muséea été fondé en 1867 parun décret royal de la reineIsabelle II. Il était un lieu dedépôt un lieu de dépôt pourles collections royales espagnoles: numismatiques, archéologiques,ethnographiqueset en arts décoratifs.Les collections actuelles comprennententre autres desantiquités préhistoriques,celtes, ibériques, grecques etromaines et des objets médiévaux(wisigothiques, musulmanset chrétiens).1 2 31) Le SabbatFrancisco de Goyay Lucientes1798, Huile surtoile, 43 x 30 cm.2) San Francisco en extaseDomenico Theotocopuli,El GrecoXVI e Siècle, Huile surtoile, 89 x 57 cm.3) Méditations deSan Juan BautistaHieronymus Bosch, El BoscoXV e Siècle, Huile surtableau, 49 x 40.5 cm.52


ARCHITECTUREPASSÉE ET PRÉSENTEPalacio RealPalais, jardins etmonastèresVille verdoyante, Madrid dévoiledes palais – des édifices harmonieux– et des jardins magnifiques.S’arrêter au Palais Royal, appeléaussi Palais d’Orient en vaut réellementla peine. Il a été construitentre 1738 et 1755 sous les ordresde Philippe V et a été habité par leRoi Charles III en 1764. Aujourd’hui,il est la résidence officielleaux fonctions protocolairesdu Roi d’Espagne. Le roi Juan Carloset sa famille habitent en dehorsde Madrid au Palais de la Zarzuela.Les monastères et les sanctuairesfont partie intégrante du patrimoinereligieux : le Monastère des DéchausséesRoyales, le Monastèrede l’Incarnation, la Cathédrale del’Almudena et la spirituelle Eglisede San Antonio de la Florida dontla coupole a été peinte par Goya.L’urbanisme,une architecturecontemporaineLa Tour Picasso est un gratte-cielsitué sur la place Pablo Ruiz Picasso,au sein du parc d’affaires etcommercial AZCA, dans le quartierfinancier de la capitale espagnole.Elle a été conçue par l’architecteaméricain Minoru Yamasaki,qui a aussi dessiné les tours duWorld Trade Center à New York. Saconstruction a débuté en 1982 pours’achever en 1988. Sa hauteur impressionnanteest de 157 m. LesTours blanches et la Tour de la banquede Bilbao sont également desmonuments grandioses et spectaculaires.Puerta de Alcala53sportsetloisirs.ch


Panoramica Palacio RealLa Puerta de EuropaIglesia de San Antonio de La FloridaAzca54


Baladeen ville… de jour…La place la plus célèbre est laPlaza Mayor érigée en 1619 parJuan Gómez de Mora. Elle remplaceun ancien marché. Unestatue de Philippe III est installéeen son centre et une bâtissemagnifique, la Casa de la Panadería,est facilement reconnaissablegrâce aux fresques quidécorent sa façade. La PlazaMayor est depuis le XVII e siècleun des centres les plus actifsde Madrid : de la corrida,aux jugements de l’Inquisitionavec ses bûchers ou aux manifestationspubliques auxquellesassiste la foule depuis lesbalcons qui la surplombent.Une place emblématique avecses cafés et ses boutiques.SHOPPINGET ANIMATIONSpant les grandes institutions artistiqueset scientifiques de la ville. Dansla partie est, il sauvegarde les zonesvertes, notamment la zone appeléeLe Retiro. La partie nord du Retiroest chic, élégante, calme avec sespalais ancestraux, sans oublier lesrendez-vous de la haute couturedans des boutiques de marques internationales.L’animation est constante entoute saison et spécialementdurant les fêtes religieuses etlocales.Les amoureux de shoppingsont ravis à Madrid quels quesoient leurs budgets et leursgoûts. La plupart des magasinsse trouvent le long de la GranVía, autour de la Plaza Mayoret de la Puerta del Sol.Plaza MayorDe grands centres commerciauxcomme la Vaguada, auNord de la capitale, compteplus de 350 magasins. Il estaisé de s’y rendre en métro.El Corte Inglés est une enseigneconnue mondialement. Impossiblede faire du lèche-vitrinessans se promener dans cettegalerie marchande. El Barriode Salamanca est le quartier leplus ancien du Nouveau Madrid.Au XVIII e siècle, le roiCharles III d’Espagne réussit àagrandir la ville vers l’est encommençant par la constructiondu Paseo del Prado regrou-Plaza MayorEdificio Metropolis Gran ViaCentro Comercial Plaza Norte55sportsetloisirs.ch


… Et de nuitAu début des années 1980 après lamort du général Franco, La movidaest le mouvement culturelcréatif et festif qui a touché l’ensemblede l’Espagne pendant lafin de la période de la transition démocratiqueespagnole.A l’heure de l’apéritif – 19h pourcertains, 21h pour d’autres – il estintéressant de se promener dans lesruelles de la cité ancienne et degoûter sans hésiter aux fameusestapas. Comment faire ? Emprunterla Calle Latina ou l’une des multiplesrues qui entourent la PlazaMayor, entrer dans un bar, consommerune ou deux tapas avec uneboisson, puis changer d’endroit etrépéter le processus… Le but : selaisser emporter par l’hospitalité etl’engouement sympathique desMadrilènes. En général, les endroitssont « pleins à craquer » et après unverre ou deux, les masques tombentet – même si on ne parle pas l’espagnolou peu – les langues se délientrapidement. Attention, les tapasse dégustent debout accoudésau bar ! Elles sont des amuse-gueule– fruits de mer, seiche, tortillas, fritures,fromage manchego, jambonserrano, saucisses, calamars, croquettesou encore brochettes depoulet ou d’autres viandes – quifont partie de la culture culinaire del’Espagne. Servies en petites rations(ración), elles accompagnent unebière ou un verre de vin. Des miniportionspas toujours très légères,mais typiques et qui ont l’avantagede caler quelque peu l’estomacavant de dîner vers 23h puis desortir faire la fiesta !Les plats régionaux sont le Cocidomadrileño, un ragoût de viande etpois chiches ; le Cochinillo asado:du cochon de lait rôti ; le Rabo detoro : la queue de taureau ou debœuf à l’étouffée ; les Callos a lamadrileña : tripes en sauce tomateépicée ; la Bocata de calamares :sandwich de calamars ; la Tortillade patatas : tortilla (pommes deChinchonterre, oignons, œuf) ; les Patatasbravas : des pommes de terrerissolées avec mayonnaise etsauce piquante; les Huevos rotos: des œufs accompagnés defrites ; la Sopa castellana : lasoupe à l’ail ou les Porras : versionplus épaisse que les churros: pâtisseries sous formed’une pâte frite et sucrée enforme de beignet allongé, souventdégustées avec un chocolatchaud ou du café.Puerta de AlcalaPlaza de CibelesEdificio Metropolis Noche56


La mode, un chapitretrès tendanceLa mode espagnole a toujoursété en marge de l’italienne ou dela française.La ville de Valence avait acquisau Moyen Age une forte réputationpour la qualité du tissage dela soie. Les reines et la noblessedes cours européennes se paraientdes tissus ibériques élégantset raffinés.MODEET PHILOSOPHIELes femmes espagnoles sont fières.Elles arborent une éléganceparticulière tantôt extravagantetantôt sobre. Etre bien habillée,porter des accessoires originauxrelève presque d’un devoir pourles dames. Tous les prétextessont les bienvenus pour dénicherla robe, le sac et les chaussuresqui métamorphosent lequotidien !La mode en Espagne joue un rôleimportant sur le plan philosophique,mais aussi économique.En 2007, le chiffre d’affaires descréateurs espagnols s’est élevé à1,25 milliard d’euros pour encoreaugmenter en 2008. Elle acommencé à rayonner à l’étrangergrâce à Amancio Ortega, unmodeste employé galicien. Il rêvaitque les femmes soient lesplus belles sans dépenser tropd’argent. Il en parle à sa mère età sa sœur. Ensemble, ils s’inspirentdes modèles de grands couturiers,les reproduisent dans unpetit atelier pour des connaissances,des amies, des proches.Le succès arrive. La suite del’histoire, vous la connaissez :650 boutiques Zara (et MassimoDutti) dans 48 pays, 70’000 employéset un chiffre d’affairesannuel de près de 2 milliardsd’euros (2007).Agatha Ruiz de la Prada est lacréatrice préférée de l’actriceVictoria Abril, Jesús del Pozoest le couturier attitré de la PrincesseLetizia, Roberto Torretaest le styliste en vogue offrantdes lignes de vêtements conçusavec des matières travaillées,fluides, sensuelles ou encoreManolo Blahnik dont les starsAgatha Ruiz De La PradaJesús Del Pozohollywoodiennes s’arrachentses escarpins « manolos »...Même la mode nuptiale a largementdépassé les frontières espagnoleset les robes de mariéede Pronovias sont disponiblesdans les magasins spécialisésde Suisse.57sportsetloisirs.ch


INTERVIEWA la veille d’un défilé présentantsa collection automnehiver2009-2010, la rédactiona rencontré en exclusivité undes stylistes très tendance :Roberto Torreta.Demain c’est le grand jour. Voussemblez bien serein ?Je suis styliste depuis 1972. Avec lesannées, on se calme un peu. Je suismieux connu aujourd’hui et cela merassure, mais je sais que les critiquessont parfois dures. Je prépare une collectionen 6 mois, je suis jugé en 15 minuteslors d’un défilé !RobertoTorretaLumière,chaleur,soleilEst-il facile de se faire connaître endehors de l’Espagne ?Je pense à la mode italienne ou souventun créateur décolle lorsqu’il semet en partenariat avec une grandemarque. Ainsi, le financement est plusaisé. En Espagne, c’est plus difficile.Madrid est la petite ville qui monte àcôté de New York, Paris, Milan. En4 e position, nous sommes en compétitionavec Londres. Madrid est le centrede la création et de l’avant-gardedans le milieu de la mode internationale.La marque Good Year m’a demandéd’imaginer une collection pourhommes nommée «RT by RobertoTorreta» dans le but d’attirer un publicplus jeune. La banque Caixa m’acommandé un modèle de montredont j’ai esquissé les lignes. Aprèsavoir travaillé pour Almodovar, jedessine aussi les étiquettes des bouteillesd’un vin Rioja « Reserva Larchago1997 » que j’apprécie beaucoup, ainsique celles de flacons de parfum. J’aiégalement signé un contrat avecPronuptia pour des robes de mariées.Je suis connu aux Etats-Unis et maintenantdavantage en Europe. Ce n’estpas évident. J’ai été patient. Je suisun artisan et je reste un artisan.58


MODEET PHILOSOPHIEQuelle est votreproduction annuelle ?Je suis entouré d’une équipe de25 personnes et je produis entre 8000et 9000 pièces de prêt-à-porter.Ce qui caractérise votre style ?Je suis originaire de Buenos Aires. Jetravaille avec mon épouse Carmenqui vient des Asturies. Nous créonsdes modèles gais. Ils reflètent notremanière de vivre : la lumière, le soleil,la chaleur… J’ai un concept, unstyle, un esprit, une signature quiwww.spain.infowww.hthoteles.com (hôtels)sont bien définis. Je désire offrir deshabits féminins, urbains, sensuels,intemporels, sophistiqués ou épurésdont on ne se lasse pas. Je mise surla précision de mes croquis et sur laqualité des matières choisies.Quelles sont les matièresque vous chérissez ?La soie naturelle, le jersey, le lin, lalaine sèche, le cashmere, le cuir et ledaim. J’aime travailler les matières etleur donner l’aspect matelassé ou duchevron ou encore du raphia. Les couleursque j’ai choisies cette année sontl’aubergine, le noir, le gris, le marron.Les robes du soir sont ou très sobresou surpiquées de paillettes.Quelle la relation entrela Madrilène et la mode ?Les Latines aiment bien s’habillerqu’elles aient peu ou beaucoup demoyens. La Madrilène est coquette,séduisante, extravagante à ses heures.Des maisons comme Mango ouZara sont des exemples de « successstories » qui ont permis à tout lemonde de suivre la mode selon sonbudget. Elles n’apportent pas deplus-value aux dessins. Leur butétant avant tout la réussite dans lebusiness. Hennes & Mauritz parexemple a frappé très fort en invitantdes créateurs à imaginer des collectionspour la marque. La Madrilèneaime également les habits individualisésqui sortent de l’ordinaire. J’essaiede répondre à leur demande enimaginant l’inédit.Avez-vous un mannequin fétiche ?Oui, Nieves Alvares que j’appréciebeaucoup pour son professionnalismeet sa simplicité. Je ne suis pasle seul d’ailleurs : Gianfranco Ferré,Swarovski, Yves Saint Laurent,Christian Dior, Hermès, Armani…59sportsetloisirs.ch

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