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Mémoire de fin d’études en vue de l’obtenon du diplôme de Master en ArchitectureLA PARTICIPATION, MOTEUR D’UN HABITAT DURABLEQuesonnement du caractère social énoncé par le concept du développement durable à travers l’étude d’expériences « d’habiter autrement »Pare IPauline FeronFaculté d’Architecture La Cambre-Horta, ULB, 2010


Toute reproducon de ce document, par quelque procédé que ce soit, ne peut être réalisée qu’avec l’autorisaon de l’auteur . Le présent documentn’engage que son auteur.


RemerciementsAu terme de ce travail de fin d’études, il m’est parculièrement agréablede remercier tous ceux et celles qui par leurs aides, leurs conseils et leurssouens ont permis et contribué à sa réalisaon. Ces remerciementss’adressent parculièrement :A Bernard Deprez, promoteur de ce travail et Enseignant, pour ses correconset ses conseils aenfsA Florent, sans qui tout serait moins beauA ma famille pour sa confianceA mes amis pour leur présenceA mes dévoués lecteurs et correcteurs pour leur paenceA Chrisne Schaut, Enseignante, pour son écoute, ses conseils et sonsouenA Hubert Sauvage, Benoit Debuigne et Isabelle Prignot pour leurs partagesd’expériences architecturales et socialesA Olivier, Elise, Ludovic et Patrick, futurs habitants de l’éco-hameau deWavreilleA Bénédicte Dossin, architecte et habitante de la Tarlatane à VirginalA Lorella Pazienza, architecte à la maison de quarer BonnevieAux habitants de Bois del terre à OgniesA Esther Jakober, promotrice immobilière du projet Globe à BruxellesA Serge Fraas, architecte de la phase concepon et futur habitant de Brutopiaà BruxellesA Jean-Paul Hermant, architecte maitre d’ouvrage du projet Biplan à HarenA Frédéric Ancion, membre d’Ecolog, consultant du projet Mundo-b àBruxellesA Catherine de Zuere et Fabien Bourdeau, membres de l’asbl ERUUrbanisme à Bruxelles


Table des maères1 INTRODUCTION ...................................................................72 DEFINITION ET ENJEUX DU CARACTERE SOCIAL DANS LECONCEPT DU DEVELOPPEMENT DURABLE ............................92.1 HISTORIQUE ET INTRODUCTION DU CONCEPT DEDEVELOPPEMENT DURABLE .................................................... 92.2 LE CONCEPT SELON LE RAPPORT BRUNDTLAND ................... 132.3 CRITIQUES DU CONCEPT ET DE SA DEFINITION ..................... 172.4 LES TROIS PILIERS................................................................... 192.5 ASPECT SOCIAL ...................................................................... 252.5.1 L’aspect social pour un habitat durable ................................. 253 EVOLUTION ET CONTEXTE DE L’HABITAT.............................293.1 EVOLUTION ET CHANGEMENTS DES BESOINS ACTUELS DEL’HABITAT ............................................................................... 313.2 REFERENCES THEORIQUES ..................................................... 333.2.1 Emile Durkheim (1857-1917)................................................. 333.2.2 Norbert Elias (1897-1990) ..................................................... 333.2.3 Robert Castel (1933).............................................................. 343.3 L’HABITAT GROUPE : INTRODUCTION AU CONCEPT .............. 374.3.4 La réalisaon des projets ....................................................... 934.3.5 La manière d’habiter projetée ou vécue ............................... 974.4 CONCLUSION DE L’ANALYSE ................................................. 1005 CONCLUSION GENERALE DU TRAVAIL ...............................1036 BIBLIOGRAPHIE ................................................................1077 ANNEXES ..............................................................................7.1 Charte de l’habitat groupé le Verger à Temploux ......................7.2 Charte de l’habitat groupé de la ferme de Buzet .......................0.54 LES PROJETS IMPLIQUANT UNE FORME DE PARTICIPATION:ANALYSE ............................................................................394.1 METHODOLOGIE DE L’ANALYSE .............................................. 414.2 ANALYSE ................................................................................. 434.2.1 Intervenants rencontrés ........................................................ 434.2.2 Projets étudiés ....................................................................... 434.3 QUELLE REPONSE AUX TROIS PILIERS POUR UNE DURABILITEDANS L’HABITAT ? .................................................................. 794.3.1 La constuon des groupes ................................................... 794.3.2 Les movaons et les objecfs visés par les groupes............ 854.3.3 L’implantaon des projets ..................................................... 89


1 IntroduconA l’heure actuelle, le « concept » du développement durable est citémondialement, que ce soit dans la bouche de policiens, d’économistes,d’écologistes, d’anthropologues, voire de consommateurs, mais aussi, biensûr, d’architectes. Mais que recouvre cee expression? Comment un conceptpeut-il mere d’accord tant de disciplines ? Le développement durableserait-il leur but en commun? Sa définion est-elle la même pour chacun oula voit-on adaptée? Est-elle voulue floue et ambigüe pour que chacun puisseen faire ce qu’il veut?Dans le foisonnement des idées autour de ce thème, comment faire letri? Ce sera un objet de ce mémoire. Mais il y sera aussi surtout quesond’architecture : quelle contribuon vient-elle apporter à ce quesonnementautour du « durable » ? Quelles réponses apporte-t-elle à ces enjeux?Nous le verrons, le développement durable est défini (dans le RapportBrundtland entre autre) à travers tois axes: environnemental, économiqueet social. Comment l’habitat met-il en place ces «trois piliers»? Au delàde la vague des énergies vertes, n’y aurait-il pas un enjeu neement plusprofond? L’habitat est-il au centre d’enjeux sociaux, environnementauxet économiques? Les habitats groupés proposent-ils une démarcheparculièrement durable? Le «pilier social» est-il synonyme de parcipaonet un impéraf à ne pas négliger pour créer un habitat durable ? L’objecfdes projets d’architecture est-il d’abour à une architecture plus écologique? Ou, l’architecture écologique est-elle ulisée comme un moyen pour vivreplus durablement?Pour tenter de répondre à ce quesonnement, le présent travail seconcentrera d’abord sur le concept-même du développement durable, enparculier à travers son caractère social énoncé. Ensuite, nous tenterons,au terme d’un travail plus heurisque, de suivre l’évoluon de l’habitat et dele restuer dans le contexte actuel.Cee première pare, relavement théorique, sera contrebalancéepar une seconde qui confrontera ces données aux réalités de terrain, parl’analyse d’une série d’expériences « d’habiter autrement ». Ce sera, àtravers des habitats groupés, collecfs ou encore parcipafs en Wallonieet à Bruxelles, l’étude des différents projets et acteurs.Cee confrontaon entre la théorie et le travail de terrain, basé surdes observaons et des discussions des acteurs d’une architecture dite«durable», permera d’apporter, on l’espère, des réponses les plus nuancéespossible aux quesons posées.1.7


2 Définion et enjeux du caractère social dans le concept dudéveloppement durable2.1 Historique et introducon du concept de développement durableDepuis le 20 ème siècle, l’humanité a de plus en plus de mal à croireet à convaincre qu’elle aurait encore tous les droits sur la surface dela terre. Différents courants et différentes idées émergent depuis desdizaines d’années, montrant les différents rapports entre l’homme et sonenvironnement. Cee prise de conscience ne date pas du 20 ème siècle carnous pouvons retrouver des idées allant dans ce sens bien avant. Un rapidehistorique permet de montrer quelles sont les priorités et comment ellesont évolué.Pour le philosophe Michel Puech 1 , la société industrielle actuelle peutêtre perçue comme le résultat de deux périodes historico-culturelles. Lapremière, au 17 ème siècle, siècle des Lumières, développe la science. Laseconde, aux 18 ème et 19 ème siècles, voit émerger le romansme plaçant lanature et l’homme au centre de sa réflexion. On peut discerner que ces deuxpériodes sont des racines de la société actuelle. Le constat de cee noonpeut se faire, selon moi, à travers les évoluons d’idées qui vont tendrentvers l’un ou l’autre courant. Les priorités vont porter sur l’environnement,l’homme, la jusce, le progrès ou encore l’économie. Certaines de ces valeursvont être jugées plus prioritaires que d’autres par chacun des courants sociopoliquesdéveloppés jusqu’à nos jours. De la préservaon à la conservaon,les acons envers l’environnement et l’homme vont évoluer.A la fin du 19 ème siècle, des mouvements favorables à la proteconde la nature se développent. Par exemple, le Sierra Club, une associaonécologiste américaine, agissait pour une protecon environnementale. En1872, cee organisaon promeut, par exemple, la sauvegarde du célèbre1 P M, Développement durable, un avenir à faire soi-même, Paris, Lepommier, 2010, 239 pparc naonal de Yellowstone aux Etats-Unis. De telles acons, bien quetrès conservatrices de la nature, montrent cependant l’intérêt grandissantenvers cee dernière.Après la seconde guerre mondiale, des opposions face à la sociétéindustrialisée croissante et au capitalisme voient le jour. Ces idées, sousle nom d’écologie polique, cherchèrent, surtout dans les années 1960-1970, à conscienser l’homme face à des problèmes sociaux, poliquesmais également environnementaux. La crique du mouvement portait surle système dans son ensemble, voulant son changement radical. L’écologiepolique n’arrêta visiblement pas la consommaon des ressources naturellesau profit de l’industrie, se développant toujours plus. L’ouvrage de RomainFelli, Les deux âmes de l’écologie 2 , compare l’évoluon de ce mouvementde l’écologie polique jusqu’au développement durable actuel. Felli nommel’écologie polique « écologie par en bas » et le développement durable« écologie par en haut ». Nous allons voir que ces deux mouvements ne sontpas nés l’un à la suite de l’autre, mais bien l’un opposé à l’autre.En 1970 de nouvelles criques émergent, dont celles de l’économiste etmathémacien Nicholas Georgescu-Roegen, montrant que l’impact de nosconsommaons sur l’épuisement des ressources est évident. Par de simplescalculs, l’ulisaon des ressources non renouvelables ne peut visiblementpas produire une consommaon durable.En 1972, le célèbre rapport Meadows « Halte à la croissance » est publiéà la demande du Club de Rome (instuon internaonale, composée dechercheurs dans les domaines de l’économie, des sciences, de la poliqueou encore de l’industrie, s’interrogeant sur les quesons de croissanceet de développement). La conclusion des chercheurs de ce rapport futrelavement alarmante si aucun changement n’arrêtait la croissanceexponenelle de « l’ulisaon » de la terre. On ne peut connuer unecroissance illimitée dans un système limité (nous pouvons entendre parlà les ressources limitées). Le terme « sustainable », soutenable, sous-2 F R, Les deux âmes de l’écologie, Paris, l’Harmaan, 2008, 102 p.2.9


.210entend que le système puisse supporter l’homme et permere à tous uneréponse à leurs besoins (matériels, ressources, etc.). Le rapport Meadowsa fait apparaitre un système davantage « technocraque », c’est-à-direoù le gouvernement donne une place importante aux scienfiques et auxtechniciens pour la prise des décisions. Cee démarche, nous le verrons,s’oppose aux démarches de l’écologie polique.En opposion à l’idée de croissance zéro, le développement durableapparait, avec une idée de progrès « tant quantaf que qualitaf » 3 . Lestermes «développement» et «durable» sont pour certains un pléonasme,tout développement étant durable. Pour d’autres, ces termes sont unecontradicon car tout développement ne peut être illimité et donc durableindéfiniment.En 1987, le concept du développement durable se définit et se traduitdans le très connu Rapport Brundtland. Ce développement durableinterpelle tant son ulisaon apparait être universelle et idéale. Maisquels sont les réels enjeux de ce concept ? Comment peut-il être autantappliqué et défendu dans les disciplines aussi différentes que la polique etl’architecture? Comment peut-il être le moteur de discours tant à l’échellelocale qu’à l’échelle planétaire ? Le concept semble être considéré davantagecomme une stratégie, une démarche à adopter mais quels sens se cachentderrière lui ?En 1990, l’empreinte écologique apparaît pour calculer la surfaceconsommée par l’homme selon ses besoins. Depuis 1990, les donnéesconnuent d’être alarmantes puisqu’en tenant compte de la surfaceterrestre et du nombre d’humains qui y habitent, chaque individu devraitconsommer un maximum de 1,8 gha. L’Européen consomme en moyenne 5ha et l’Américain le double 4 .3 C-V C et O P, L’urbanisme durable : concevoirun écoquarer, Paris, Le moniteur, 20094 données de 2010 sur hp://www.wwf.be/_media/WWF_Report_EF_BE_FR_Les conférences des Naons Unies 5 de 1992 (Rio), de 2002 (Johannesburg)ou encore de 2010 (Copenhague) ont rassemblé différents chefs d’Etats envue de discuter et de progresser dans la geson de l’environnement et duprogrès économique.Cet historique met en évidence que l’écologie polique et ledéveloppement durable sont deux courants qui s’opposent. L’un (appelé parcertains la « deep écologie » ou l’écologie profonde) souent l’autogesonet une vision conviviale de la technique, à la différence de celle praquéepar la société producviste (ulisant une technique aliénante, asservissante,éloignant l’homme de la nature). Cee société producviste finit par rendrel’homme dépendant de la technique et de sa consommaon. Le secondcourant, émanant des instuons étaques, promeut un développement decee technique. L’écologie polique, par sa volonté d’autogeson, poursuiten quelque sorte les mouvements gauchistes. Aujourd’hui, les formaonspoliques se revendiquant « vertes » souennent des démarches deprotecon de l’environnement avec un caractère plus ou moins de gauche.Les discours des pars «écolo» actuels défendent que la geson del’environnement ne peut se faire avec un désintérêt social. Les parsansde la décroissance 6 se placent également dans l’évoluon de l’écologiepolique. L’écologie polique apparait dès le départ en opposion à l’autretendance écologique qu’est devenu le développement durable actuel. Elledénonce même cet autre courant dans « le fait que la geson écologiquepuisse donner lieu à deux développements qui seraient proprement auxanpodes : 1. La créaon d’une dictature écologiste-technocraque. 2.La réappropriaon de l’écologie par le capitalisme. » 7 L’écologie poliquesouent un changement radical du fonconnement capitaliste de la société.718023.pdf5 Voir www.un.org/french/events6 Voir le Journal de la décroissance sur hp://www.ladecroissance.net7 F R, Les deux âmes de l’écologie, Paris, l’Harmaan, 2008, p.25


Le développement durable, lui, souent uniquement son adaptaon « auxlimites » de la planète.Ce développement durable souhaite un développement des recherchesscienfiques pour maintenir ou développer un niveau de vie consommantautrement. Pour l’écologie polique, ou « l’écologie par en bas », la criseenvironnementale actuelle est le résultat de la société capitaliste. On nepourrait donc sorr de cee crise en adoptant la même polique capitaliste.Modifier le système économique, de producon et de marché doit se faireen parallèle à des modificaons sociales individuelles et collecves. Cechangement, pour l’écologie polique, doit être radical et pas seulementdirigé vers un intérêt environnemental. Il serait impensable, pour lesdéfenseurs de l’écologie polique, qu’un système capitaliste, encourageantla croissance économique, prenne en grippe l’environnement. Pour rendredurable son système capitaliste, « l’écologie par en haut » pourrait inventerde nouvelles techniques (la dépolluon, par exemple) pour prolongerl’exploitaon des ressources. Selon André Gorz, dans Leur écologie et lanôtre, repris dans l’ouvrage de Romain Felli, la queson à se poser est :« Que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintesécologiques ou une révoluon économique, sociale et culturelle qui abolitles contraintes du capitalisme, et par là même, instaure un nouveau rapportentre les hommes à la collecvité, à leur environnement et à la nature ? » 8Tout comme l’écologie polique, « l’écologie par en haut » est conscientede son opposion aux mouvements « par en bas ». « L’écologie par enhaut » adopte cependant une autre démarche vis-à-vis de ces opposions.Elle considère ces courants comme utopiques, pas sérieux, gauchistes ouencore répondant avec erreur à des quesons pourtant essenelles. Ledéveloppement durable adopte cee minimisaon de « l’écologie par enbas ». Le tre « Notre avenir à tous » 9 sous-entend une unité générale, une8 F R, ibidem, p.289 L C ’ , Notreavenir à tous (Our Common Future) (Rapport B), Oxford, New York,alliance naturelle entre tous malgré des différentes convicons poliquesdéfendues. « L’écologie par en haut » entreent l’idée de survie collecveet biologique de l’espèce humaine. Cependant, le développement durablepeut-il rassembler ceux qui veulent tout changer et ceux, au contraire, quiaspirent à maintenir un système capitaliste de consommaon en tentantla survie de l’environnement ? Cee unificaon, l’écologie polique s’yoppose en soutenant une diversité polique et sociale. Elle revendiqueune parcipaon de chacun pour revendiquer ses choix personnels. Ladémocrae serait à envisager dans une polique d’autogouvernance à pluspete échelle que celle étaque, pour permere à chacun une parcipaondans les choix et les décisions. L’autonomie de l’individu engendrerait ellemêmela bonne geson des ressources et la sauvegarde de la terre.De nombreuses divergences se constatent entre ces deux courants.L’introducon de celles-ci permet une vision crique et non unanime dudéveloppement durable défendu par les poliques actuelles.Ce rapide historique marque, pour Michel Puech 10 , l’avènement de latroisième révoluon. La première révoluon serait celle du néolithiqueoù l’homme prend conscience de la société, des espèces différentes. Ladeuxième se produit par l’avènement de l’industrie dans la société, l’hommedominant la nature. La dernière, appelée « soutenable » par Michel Puechentre autre, se voudrait à l’échelle de l’homme, de l’individu, en le rendantsoutenable et durable. En retraçant la chronologie de ces révoluons,l’homme évolue.Paul Ehrlich et Robert Pringle, dans leur arcle « Where does biodiversitygo from here ? A grim business-as-usual forecast and a hopeful porolio of1987, paginaon mulple10 P M, Développement durable, un avenir à faire soi-même, Paris, Lepommier, 2010, 239 p.2.11


.212paral soluons » 11 en 2008, retracent également une évoluon. Ils meenten parallèle l’évoluon de l’homme, de l’espèce humaine, avec les étapesde la vie d’un seul homme. A la révoluon industrielle, l’homme, Homosapiens, n’était qu’un adolescent capricieux et irresponsable de ses choix etde ses actes. Maintenant, à la troisième révoluon, il se devrait d’acquérirune conscience de responsabilité. Bien que légèrement simplifiée, ceecomparaison permet de soutenir le fait que l’homme évolue et peut évoluervers de nouvelles habitudes et d’autres manières de vivre. Cee révoluon,par sa définion, sous-entend un changement à adopter et non uneadaptaon.11 Erlich Paul, Pringle Robert, Were does biodiversity go from here ? A grimbusiness-as-usual forecast and a hopeful porolio of paral soluons, Proceedingsof the Naonal Academy of Science, vol 105, août 2008, sur www.pnas.org/cgi/doi


2.2 Le concept selon le Rapport BrundtlandOn tente de définir le développement durable, issu de l’anglais« sustainable development », à travers la définion bien connue du RapportBrundtland: « le développement durable est un développement qui répondaux besoins du présent sans compromere la capacité des généraons futuresde répondre aux leurs » 12 . On retrouve, dans ce rapport, des observaons etdes objecfs à aeindre.En 1992, lors du sommet de la terre à Rio, la définion proposée dansle Rapport Brundtland est développée à travers trois piliers, illustrés dansle schéma ci-dessous. L’objecf de ces trois piliers est de pouvoir définir uncaractère durable si le sujet étudié répond aux trois aspects (économique,environnemental et social) dans leur globalité.Le développement durable n’est donc pas, bien que certains semblenten douter, qu’une affaire environnementale puisqu’il souent toujoursson exploitaon. Le danger serait d’abour à des projets qui ne défendentqu’un ou deux des trois aspects. L’objecf le plus pernent serait, en effet,de les prendre en synergie, en cohésion totale. Cee cohésion est définie12 L C ’ , Notreavenir à tous (Our Common Future) (Rapport B), Oxford, New York, 1987,paginaon mulplecomme: « la réalisaon d’objecfs communs s’appuyant mutuellementet tenant compte des relaons réciproques entre la populaon (social),les ressources, l’environnement (environnemental) et le développement(économique) » 13 . « Le mandat de la Commission est triple : réexaminerles grandes quesons concernant l’environnement et le développementet formuler des soluons réalistes, proposer de nouvelles modalités decoopéraon, suscepbles d’orienter les poliques et les événements versd’indispensables changements et relever le niveau de compréhensionet d’engagement de la part de parculiers, d’organismes bénévoles,d’entreprises, d’instuons et de gouvernements » 14 .Le Rapport Brundtland exprime des objecfs, par exemple:« -Modificaon de la qualité de la croissance-Sasfacon des besoins essenels en ce qui concerne l’emploi, l’alimentaon,l’énergie, l’eau, la salubrité-Maitrise de la démographie-Réorientaon des techniques et geson des risques-Intégraon des considéraons relaves à l’économie et à l’environnementdans la prise de décisions-Intégraon de l’environnement et de l’économie, de l’avenir, de la proteconenvironnementale, de l’équité, de la qualité de vie, de la parcipaon » 15Ces « règles de conduite » ne se jusfient pas seulement à l’échelle mondialecomme on pourrait le croire, mais sont également primordiales à échellelocale. Madame Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l’OMSdepuis 1998, défendait en 2002 : « Mon message, en 2002, aux généraons13 L C ’ , ibidem14 L C ’ , ibidem15 L C ’ , ibidem2.13


.214futures 16 est : réfléchir aux conséquences de nos actes ou de ceux que nousenvisageons, en termes de bénéfices pour la société dans son ensemble,au présent et à plus long terme, à chaque niveau : famille, communautéet monde» 17 . Les textes Acons 21, entre autre, défendent ces aconslocales, faites par des groupements de populaon. « Ce sont les collecvitéslocales qui construisent, exploitent et entreennent les infrastructureséconomiques, sociales et environnementales, qui surveillent les processusde planificaon, qui fixent les orientaons et les réglementaons localesen maère d’environnement et qui apportent leur concours à l’applicaondes poliques de l’environnement adoptées à l’échelon naonal ouinfranaonal. » 18 On peut croire avec force que si une collecvité met enplace une acon défendable et défendue, d’autres suivent ou suivront lepas. L’acon locale est jusfiée par son acon directe sur des domaines quitouchent la populaon. La geson des déchets, de l’énergie, mais égalementla geson urbaine, territoriale ou encore hydrologique sont des thèmesabordés. Mais ces Agendas 21 sont-ils une responsabilité donnée au citoyenou plutôt des tâches émanant « d’en haut » qu’on lui donne à accomplir ?Les acons à faire urgemment, soutenues par les instuons, laissent-ellesla possibilité d’une réelle prise de conscience par les individus ?Bien que se défendant applicable à toutes les échelles, le conceptnous associe, comme énoncé ci-dessus, à une échelle unique. Dans un seulmonde nous devons pouvoir gérer « notre avenir à tous » 19 . Les fronères et16 Nous verrons dans la suite du travail cee implicaon des généraonsfutures17 D A-M, Les nouveaux utopistes du développement durable, Paris,Les édions Autrement, 2002, p.218 S C, Le concept de développement durable : l’exemple des villesfrançaises, Paris L’Harmaan, 2003, p. 1119 L C ’ , Notreavenir à tous (Our Common Future) (Rapport B), Oxford, New York, 1987,paginaon mulpleles identés s’étendent mondialement avec une responsabilité commune.Cee échelle mondiale, à laquelle nous sommes supposés nous idenfier,pourrait poser queson. On ne peut, il me semble, considérer avec unemême définion le concept à l’échelle mondiale et à l’échelle individuelle.Il ne faudrait pas que par ses textes instuonnels, le développementdurable ne reste qu’à l’échelle étaque sans parvenir à l’échelle des réalitéspersonnelles. Marco Keiner dans son arcle de 2003 20 introduit le danger quepourrait courir le développement durable en perdant son intérêt polique.En ulisant le concept à outrance et sans échelle, on pourrait en perdrel’intérêt qu’il peut avoir pour l’homme et sa prise de conscience individuelle.L’intérêt majeur est donc de savoir comment et quand uliser le concept.Comme le souligne Campbell, traduit de l’arcle de Marco Keiner, il faut « lamise en œuvre d’iniaves qui ne se contentent pas du bout des lèvres auxmots, mais acvement rendre jusce au concept original » 21 .Nous pourrions voir, comme le propose Bernard Deprez, quatreéchelles d’acons, d’appellaons et de réflexions. Prenons d’abord le mot« épanouissement » au lieu de développement 22 . Ce terme se rapporte àcelui de «l’empan», à savoir la distante d’une extrémité à l’autre de la mainérée à son maximum. Cee significaon clarifie l’idée d’épanouissementlimité et mesuré dans un environnement, contrairement à un développementillimité et démesuré.20 K M, Re-emphasing sustainable development-The concept ofEvoluonability, on living chances, equity ans good heritage, Zurich, 2003, 14 p.21 K M, ibidem, p. 722 DEPREZ BERNARD, Architecture contre durabilité ? Contre… tout contre ! inL , l’instut supérieur d’architecture de lacommunauté française-La Cambre, Bruxelles, décembre 2007DEPREZ BERNARD, Dérèglement climaque : il faut passer de la peur au projetsur hp://www.lalibre.be/arcle_print.phtml?art_id=332924


L’épanouissement des tous les systèmes vivants (végétal, animal,humain) dépend de ces quatres échelles d’acons. Ces échelles sontintrinsèquement liées:DURABILITE des systèmes abioques : la pérennité, la conservaon dessystèmes climaques, la durabilité des matériaux, etc.SOUTENABILITE des systèmes bioques : ils se régulent en foncon deparamètres précis de geson de flux de nutriments et d’énergie. Le mainenet l’épanouissement du vivant reposent donc sur des équilibres dynamiquessoutenables à long terme entre la consommaon et la préservaon desressources et entre la producon et le contrôle des déchets/impacts.EQUITE entre les humains: les systèmes sociaux humains sont fondés surles deux condions préalables (durabilité des systèmes abioques etsoutenabilité des condions de la vie). Les décisions collecves doivent,elles, être prises de manière à épanouir l’intégraon des individus au coeurdu collecf, c’est-à-dire en assurant des condions d’équité (territoriale,fiscale, légale, etc.) pour tous.RESPONSABILITE de chacun: la vie sociale est régie par le comportementde chacun, dans le cadre de règles communes. Chacun contribue àl’épanouissement de la vie par ses choix personnels en maère deconsommaon, de movaon, etc.A ces systèmes existants, il faut intégrer la noon de généraonsfutures. Cee considéraon intergénéraonnelle sous-entend la priseen compte d’une place pour des ers dans les différentes échelles dessystèmes présentés ci-dessus. L’homme d’aujourd’hui doit donc assurer unépanouissement présent et futur. La demande intergénéraonnelle, quesous–entend la démarche du développement durable, est une tâche difficileet délicate. Comme nous l’avons vu précédemment, le Rapport Brundtlanddéfend davantage la prise en compte des généraons futures. Celles-ci, bienqu’absentes, représentent la connuité biologique de l’espèce humaine.Cee responsabilité est également énoncée envers le milieu, notammentdans livre de Michel Serres, Le contrat naturel. Ce tre sous-entend unaccord, un contrat avec la nature, l’environnement, mais insinue égalementune considéraon de cee nature ayant des droits et l’homme desobligaons envers celle-ci. La nature produit elle-même son évoluon etson épanouissement et la survie de l’homme en dépend. Signer un contratavec la nature, non plus considérée comme objet mais comme sujet, demême qu’un contrat avec les humains futurs, est objecvement impossible.Cee idée de contrat demande une réflexion globale pour comprendrele sens réel du « long terme », de la connuaon de l’espèce humaine etl’épanouissement de l’équité entre les hommes.Enfin, bien que l’idée de développement pourrait porter davantage surle cas des pays sous-développés, l’intérêt pour les pays développés est toutaussi grand. Les problèmes dans les villes et la campagne, s’urbanisant deplus en plus, sont bien présents. « L’accent placé sur les villes du ers mondene signifie pas non plus que les problèmes des villes des pays industrialisésne sont pas graves. Ils le sont. Nombres d’entre elles sont confrontées à ladégradaon de leurs infrastructures et de l’environnement, au dépérissementdu centre des villes et à l’effondrement des quarers. Les chômeurs, lespersonnes âgées, les minorités raciales et ethniques restent souventenfermées dans le cercle vicieux de la dégradaon et de la misère, car lesemplois, les jeunes et les personnes instruites s’éloignent de ces quarers quidépérissent. Les administraons municipales doivent souvent faire face à unhéritage de logements sociaux médiocrement conçus et mal entretenus, àdes coûts qui augmentent et à des bases d’imposion qui diminuent.» 23 .23 L C ’ , ibidem2.15


2.3 Criques du concept et de sa définionComme nous l’avons vu ci-dessus, le développement durable prendforme à parr de 1970 à travers des textes qui restent des écrits étaques etinstuonnels livrant des constats. Les observaons et les recommandaonsissues de ces textes sont supposées parvenir à l’échelle de l’individu. Ledéveloppement durable, laissé à l’échelle étaque, peut-il aeindre cesobjecfs ? La queson que se pose Michel Puech est : Le développementdurable se « prêche-t-il » ou se praque-t-il ? « Il ne s’agit pas de désenchantervis-à-vis du développement durable, mais de cesser de le chanter seulement.Il s’agit de le désenchanter pour récupérer les bonnes quesons que, le plussouvent, il englue dans son jargon en prétendant les traiter. » 24Le Rapport Brundtland reste un document de base en maère dedéveloppement durable mais se doit d’être discuté. Beaucoup d’auteurstentent en effet d’autres définions du concept pour le préciser et leconfronter à une applicaon concrète.Caroline Speirs dans son ouvrage, Le concept de développementdurable : l’exemple des villes françaises 25 définit ce développement durablecomme « une nouvelle façon de concevoir le développement économique etsocial des sociétés contemporaines, dans l’opque d’une meilleure ulisaondes ressources terrestres, d’un moindre coût imposé aux écosystèmes parl’acvité humaine et d’une plus grande solidarité.» 26Pour le sociologue Marc Mormont, cité dans l’ouvrage d’Edwin Zaccaï,le développement durable est « une volonté de réconcilier le local et leplanétaire, la nature comme ressource et la nature comme système, le tempscourt des besoins immédiats et le temps long des généraons. C’est bien sûrun concept ambigu en ce sens qu’il semble pencher dans un sens et en senscontraire, mere en cause le développement et le légimer, quesonner lascience et appeler à plus de technologie. » 27Le MONET suisse (« Monitoring of Sustainable Development Project »),selon Marco Keiner, modifie la définion donnée dans le Rapport Brundtlanden y ajoutant des intérêts de « jusce, l’équité intra et intergénéraonnelle,l’entreen des opons, réunion des besoins et le mainen de la biodiversité» 28 . On peut traduire sa définion en français : « Le développementdurable implique de garanr le niveau des condions de vie en maèrede droits de l’homme par la créaon et le mainen du plus large éventailpossible d’opons pour définir librement des plans de vie. Le principed’équité entre et parmi les généraons présentes et futures doivent êtreprises en compte dans l’ulisaon des ressources environnementales,économiques et sociales. Mere en praque ces besoins implique uneprotecon complète de la biodiversité, des écosystèmes, des espèces et detoute diversité généque, qui sont les fondements essenels de la vie. »On ne peut se voiler la face, le concept est « un mot valise » uliséà outrance. Les policiens, les publicitaires, les économistes le citent àchacune de leurs campagnes. Des produits non plus uniquement « bio » maiségalement durables apparaissent dans les commerces et le citoyen, commeune évidence, est séduit. Pourtant, comme s’interroge Michel Puech, lesmots sur papier ne sont pas synonymes d’acons réellement durables. Cetabus d’usage ne devrait cependant pas discréditer l’enjeu du concept.2.1724 P M, Développement durable, un avenir à faire soi-même, Paris, Lepommier, 2010, p. 2125 S C, Le concept de développement durable : l’exemple des villesfrançaises, Paris L’Harmaan, 200326 S C, ibidem, p.727 Z E, Le développement durable, dynamique et constuon d’un projet,Ecopolis, 2002, p. 1128 K M, Re-emphasing sustainable development-The concept ofEvoluonability, on living chances, equity ans good heritage, Zurich, 2003, p. 2


2.4 Les trois piliersMarco Keiner, dans son texte Re-emphasing sustainable development-The concept of Evoluonability 29 , propose une définion et une historiquedes trois piliers du développement durable (cités dans le point 2.2 Le conceptselon le Rapport Brundtland). Nous en ferons rapidement un résumé etune crique. Comme nous l’avons vu précédemment, les définions dudéveloppement sont mulples. Elles ont été en évoluon, le sont et leseront encore. Pour Marco Keiner, il existe, parculièrement aujourd’hui,une divergence quant au sens exact du concept. Les noons de « viabilitédes ressources et des écosystèmes » 30 ainsi que « le mainen du niveau devie » 31 et « la croissance économique » 32 se retrouvent dans beaucoup dedéfinions données. Alors que le concept des trois piliers apparait en 1992,sa représentaon en 1995 est dessinée par trois cercles ou un triangle. Ceereprésentaon met en évidence les trois piliers tradionnels.En 1994, les trois piliers sont perçus par un groupe de chercheurs dela Banque Mondiale comme la geson d’un capital, tel un capital bancaire.L’idée est que si nous consommons seulement les intérêts et non le capitalde base, le développement pourra être durable. Ce capital est présent dansles trois piliers. On place, par exemple, la biodiversité dans le «capital stockécologique» ou la cohésion sociale dans le «capital stock social». Le «capitalstock total» pour un développement durable est égal à la somme des stocksdes capitaux environnementaux, économiques et sociaux. Cee addion nesous-entend cependant pas une mise au même niveau des trois piliers.A la fin des années 1990, un quatrième pilier apparait, le pilierinstuonnel, représentant le « capital social » et le pilier social représentantalors le « capital humain ». Avec ces quatre dimensions, des représentaonssous formes de prismes sont proposées. Comme tous les modèles, cesprismes montrent une ulisaon et une significaon différente pour ledéveloppement durable. Certains criquent ce modèle pour le manqued’intérêt accordé à l’environnement.332.1929 K M, Re-emphasing sustainable development-The concept ofEvoluonability, on living chances, equity ans good heritage, Zurich, 2003, 14 p.30 K M, ibidem, p. 131 K M, ibidem, p. 132 K M, ibidem, p. 133 K M, ibidem, p. 3


.220Pour accorder plus d’importance à l’environnement, considéré commela base de tout développement, une représentaon sous forme d’œuf estapparue. Appelé « l’œuf de la durabilité », il permet de donner un rôlecentral à ce pilier environnemental davantage que dans les schémas descercles et des prismes. Dessiné en 1994, cet œuf représente l’environnementenglobant l’homme, comme le blanc de l’œuf englobe le jaune. Cecisignifie que le développement socio-économique de l’homme ne peut sefaire qu’avec l’environnement et son écosystème. C’est en effet grâce à cetenvironnement que l’homme peut praquer une acvité, dont l’économie.Avec une aenon accordée au milieu et au bien-être des hommes, on peutparvenir à un développement durable. De cee illustraon, d’autres ontdécoulé en accordant un rôle différent et plus important à l’économie. Cetœuf ne signifie pas que l’environnement n’est qu’une scène de théâtre surlaquelle l’homme prend acte, mais qu’il détermine toute existence humaineou non.343534 K M, Re-emphasing sustainable development-The concept ofEvoluonability, on living chances, equity ans good heritage, Zurich, 2003, p. 4 et 535 K M, ibidem, p. 6


Michel Puech soumet, lui, l’idée d’une tresse faite par trois brins,chacun représentant un pilier. Une coévoluon de la nature, de l’homme(le progrès) et des artefacts (la technique) serait possible. Les artefactset les hommes évoluent, toujours selon Puech, de la même manière. Onpeut en effet observer l’évoluon de l’homme par les objets qu’il a créé.Cee coévoluon pourrait se faire si l’environnement pouvait évoluer à sonrythme et non en étant soumis à une consommaon qu’il ne peut assumer.Par cee idée de tresse en coévoluon, bien que paraissant utopique,l’auteur introduit l’évidence que l’homme ne peut pas vivre sans un desbrins. Les trois brins de la « tresse » doivent évoluer en parallèle. Si unévolue trop vite, la « tresse » est fragilisée. Vivre sans l’environnement estimpossible; l’homme sans d’autres humains l’est tout autant. La queson desavoir si l’homme peut vivre sans la technique est défendue par l’auteur parle fait que la technique et la science font pare inévitablement de l’homme.Cependant, l’importance donnée à la technique peut, elle, varier. Dans cecas, le pilier économique n’est pas vu par l’idée de croissance économiquesimplement, mais par tous les artefacts faits par l’homme, que ce soitl’ordinateur, la racine bovine blanc bleu belge (race issue d’une sélecon etd’une modificaon généque) ou son habitat.D’autres piliers sont ajoutés par certains acteurs, comme le pilier«culturel» ou «éducaf». Benoit Debuigne, de l’ASBL Habitat et parcipaon,ajoute le pilier «parcipaon». Cet ajout d’autres piliers discrédite lathéorie. En analysant ces trois piliers, nous pouvons affirmer l’autonomiedu pilier environnemental. La nature peut évoluer et s’épanouir elle-mêmedans un « éco-système ». Le pilier social est également autonome en créantson propre « socio-système ». En revanche, le pilier économique posequeson car il ne peut être autonome. Tout produit économique émane dusocial, de la fabricaon humaine. Comme dans « l’œuf de la durabilité »,l’environnement matériel et le social sont deux entés en connexion. Ceeconnexion peut être économique en étant une forme sociale d’agir sur lematériel mais n’est pas la seule possiblité. Le pilier économique peut-il doncêtre considéré comme un pilier autonome? Le pilier économique serait-il misen avant en étant conçu par des acteurs avec un intérêt économique ? Créélors de la conférence des Naons Unies de Rio, rassemblant les puissancesétaques et économiques mondiales, n’était-ce pas une évidence pour cespoliciens et économistes de mere en avant ce pilier économique?Revenons aux quatre échelles introduites à la page 15 pour observerquelle acon économique y est rencontrée. Considérant que dans le pilierenvironnemental, «l’éco-système» se doit d’être durable et soutenable, dansle pilier social, le «socio-système» se doit de maintenir une équité et uneresponsabilité des individus. Considérant l’acon économique émanant dusocial et agissant sur l’environnement, cee acon est soumise aux quatreexigences (durable, soutenable, équitable, responsable). Toute acon,économique ou non, est également soumise à ces quatre exigences. C’estdonc par toutes les acons matérielles que produit le «socio-système» qu’onpeut juger de son impact négaf ou posif sur «l’éco-système», sa durabilitéet sa soutenabilité. La redistribuon des richesses ou des espaces territoriauxpar exemple, doivent répondre aux quatre exigences (durable, soutenablemais également équitable et responsable). L’économie n’est alors qu’unmoyen d’acon créé par l’homme. Il faut éviter de voir ce moyen d’aconunique et caractérisé exclusivement par l’inflaon. Ceci ne veut pas dire qu’ilsuffit de mere l’homme dans la nature, mais que d’autres connexions sontpossibles (culturelles, historiques, symboliques, esthéques, écologiques,etc.).2.21


.222On pourrait proposer d’autres représentaons (voir ci-contre), commele présente Bernard Deprez en s’inspirant de la théorie de médiaon, enconstatant qu’entre les écosystèmes, rendus soutenables, et les humains, enrelaons équitables, de nombreux liens peuvent se développer.Bien que leurs représentaons modifient le sens et les connexions, lestrois aspects majeurs défendus par le développement durable permeent decomprendre et de criquer les direcons défendues pour une durabilité.- Economique : vise à permere l’acon de l’homme sur sonenvironnement 36 , à savoir la possibilité de reproducon durabledans la capacité de travail, de toutes autres acvités économiqueset de ses ouls. Cee acvité économique développe le travail, aumoyen d’ouls et de maères premières.- Environnemental: vise à maintenir ou à prévoir la possibilité dereproducon durable de toutes vies animale, végétale et humaine. 37Ce pilier assure une geson adaptée de l’environnement. On peutvoir des gesons au niveau de l’occupaon des sols et de sesressources en consommant « moins, mieux et autrement », maiségalement une protecon quant aux éventuelles aaques enverscet environnement. L’aménagement du territoire en foncon desacvités humaines (transports, habitabilité, techniques, etc.) est icisouligné.- Social : vise au mainen ou à l’établissement d’une vie sociale etune polique équitable 38 entre les hommes, en tant que personneset groupes. Ce pilier explique une volonté de répondre aux besoins36 Définion inspirée de : DEPREZ BERNARD, Bruxelles Built in Green, à paraîtrepour Bruxelles Environnement, p.3337 Définion inspirée de : DEPREZ BERNARD, ibidem, p.3338 Définion inspirée de : DEPREZ BERNARD, ibidem, p.33


humains et à une équité sociale en misant sur la parcipaon,la convivialité, l’harmonie et la solidarité. Ce pilier sous-entendune possibilité de reproducon durable de la vie sociale, unesocio-reproducon, mais également une qualité de vie sociale.La mauvaise geson des deux piliers précédents (économique etenvironnemental) peut altérer le pilier social « les dérèglementsclimaques et l’insécurité économique peuvent créer des tensions[…] et conduisent à des fractures sociales […] » 39Sébasen et Bradhag propose de décorquer lele joué par les acteursdans une volonté d’accord. Pour cela, il faut avoir en tête trois approchesdu développement durable, les deux premières étant courantes, la dernièreétant souhaitable, voire le moteur même de toute acon.- Envi-centrée, en meant lele environnemental en avant. L’idéeforte de cee approche est une opposion envers le systèmeéconomique de croissance. Cee croissance est vue commenéfaste tant elle touche à l’environnement et le détruit. Ceevision envi-centrée va promouvoir une conservaon du milieu, del’environnement. La nature y est considérée comme le sujet.- Eco-centrée, en meant lele économique en avant. L’éco-centréene peut être indépendant et ne pourra exister qu’en étant produitpar une vision socio-centrée. L’idée dominante de cee visionest de percevoir la nature comme matérielle pouvant être traitéeavec les moyens techniques. Ce « traitement » de la nature va êtrenégocié entre les acteurs qui vont pouvoir prendre une place de« chacun pour soi » ou au contraire de « chacun pour tous » avecune parcipaon éventuelle. La nature y est considérée comme unobjet, une ressource.- Socio-centrée, en meant lele social en avant. Une vision sociocentréesemble moins évidente. Le terme social suggère à sa basedes rapports entre l’homme, la société et la collecvité.39 DEPREZ BERNARD, ibidem, p.33« Replacer l’homme au cœur des problémaques et réfléchir auxrelaons entre les hommes ainsi qu’à ce qui relie l’homme à sonenvironnement, voilà ce qui s’apparente à une approche sociocentréedu développement durable. » 40L’intérêt de la prise en compte des trois piliers et de l’union de cesapproches est la geson du milieu entre « conservaon, négociaon,coopéraons-conflits, liens homme-territoire, cohabitaon-dominaon. » 41L’étude des relaons entre les hommes et leur territoire permet d’évaluer laplace que ces acteurs, présents ou absents, ont ou n’ont pas (conservaon,cohabitaon, dominaon, équivalence, etc.). L’étude des hommes entre euxidenfie leurs relaons et leurs fonconnements (parcipaon, négociaon,conflits, coopéraon, etc.). L’harmonie recherchée est celle entre ces liens.L’enjeu global de ces mulples liens est de trouver un terrain d’entente entretous.Comment parvenir à une geson de l’environnement, à une cohabitaon,à une conservaon en tenant compte de l’homme? Et comment négocieren prenant davantage compte de l’environnement ?Les trois piliers et les approches sous-entendent un croisement général deshommes entre eux, avec la nature et son acvité. Il n’est pas rare de voir seréduire l’harmonie humaine en simple réponse aux besoins de base (eau,nourriture, etc.).L’organisaon sociale n’est-elle pas plus profonde ? En quoi consiste-telle? Y a-t-il des changements à faire dans l’organisaon de nos modes devie, comment et pourquoi ? Quelles sont les réponses que l’individu peuttrouver pour faire face aux menaces qui pèsent sur sa survie ?40 S L B C, A la recherche de la dimension sociale dudéveloppement durable, 2004 sur hp://developpementdurable.revues.org41 S L B C, ibidem2.23


2.5 Aspect socialSi des aspects économiquement durables et écologiquement durablessont appliqués et défendus, ceux sociologiquement durables restent encoreassez flous. Des définions relaves aux aspects environnemental etéconomique sont développées avec chacune un intérêt de développement.Du côté environnemental, on définit plutôt « le fait d’améliorer les condionsd’existence des communautés humaines, tout en restant dans les limites dela capacité des écosystèmes » 42 . Le caractère économique a pour but, lui,de ne pas décroitre le bien-être et la possibilité d’acons économiques desindividus. Dans les deux cas, le développement est un objecf, laissant à ladurabilité la mission de sauvegarder la planète.Ce troisième pilier social qui semble appliqué sous des volontés socioéconomiquesou socio-écologiques est pourtant un objecf en soi. EdwinZaccaï, professeur et directeur du Centre d’Etudes du DéveloppementDurable à l’ULB, résume, dans son ouvrage de 2002, quatre aspects de cepilier : « …des changements culturels, de nouvelles atudes par rapport auxrisques, un accroissement des connaissances, des structures démocraqueset médiaques portant de nouvelles revendicaons… » 43 . En réalité, le piliersocial, permeant la reproducon de la vie sociale, suggère de nombreuxobjecfs aux bénéfices de décisions économiques et environnementales.On pourrait nommer ce pilier social, le pilier polique car il s’apparente àun projet de l’homme sans cesse en évoluon. Le projet socio-polique esten évoluon permanente et en adaptaon à l’homme, à son milieu et à sonacvité.42 UICN, WWF et PNUE, Sauver la planète, stratégie pour l’avenir de la vie, NewYork, ONU, 1991 sur hp://www.europarl.europa.eu43 Z E, Le développement durable, dynamique et constuon d’un projet,Ecopolis, 2002, p. 522.5.1 L’aspect social pour un habitat durableComme le défendent Charlot-Valdieu Catherine et Outrequin Philippe 44 ,le développement durable ne peut ignorer les démarches collecves d’aidessociales par la solidarité tant dans la sphère publique que privée. De plus, pourqu’une démarche de développement durable puisse réellement se mereen place, tant dans les projets d’architecture que dans les entreprises, il fautune prise de conscience de tous les acteurs à travers l’éducaon de ceux-ci,la culture et la parcipaon. Ces trois acons permeront de remere enqueson nos manières de consommer, d’épargner et d’agir avec les autres.Tenir compte de l’aspect social c’est donc, par exemple, développer :• Une démocrasaon parcipave tant au niveau des décisionsque des acons (collecvités, associaons citoyennes locales ou plusglobales, etc.). Ceci sous-entend, par exemple, une communicaon et uneorganisaon appropriées. Cee parcipaon est souhaitable à toutes leséchelles organisaonnelles. On peut soutenir des acons locales commele font, par exemple, les Agendas 21. Caroline Speirs défend les Agendas21 comme « l’instrument principal de ce développement durable urbainest, depuis 1992, l’Agenda 21 local. Le chapitre 28 d’acon 21 encouragetoutes les collecvités locales (villes, communautés,…) à préparer et mereen œuvre ces programmes. Les collecvités travaillent, en partenariat avectous les acteurs de la communauté (citoyens, associaons), pour élaborer unplan d’acons concrètes visant au développement durable de leur territoire.Il doit en reprendre les trois axes, ECO, ENVI, SOCIO. » 45 Il faut toutefoisinsister sur l’intérêt d’impliquer les acteurs dès la phase décisionnelle.Cee parcipaon, dans le domaine de l’architecture, peut se déclinerà l’échelle de la ville mais également à l’échelle d’un projet. La ville de44 C-V C et O P, L’urbanisme durable :concevoir un écoquarer, Paris, Le moniteur, 200945 S C, Le concept de développement durable : l’exemple des villesfrançaises, Paris L’Harmaan, 2003, p. 162.25


.226Vancouver applique ce principe: « des stratégies fondées sur les différentessynergies entre les acteurs parcipant au projet ont été élaborées pourfavoriser l’émergence future d’un plan de ville durable qui assurerait ceedurabilité à long terme. […] ce qui contribue à élaborer de riches soluonsest bien enraciné dans la communauté, ce qui assure la mise en œuvre. Laparcipaon ou l’engagement concerté est donc l’élément principal d’uneplanificaon. » 46• Une responsabilisaon des choix et des acons de l’homme dans sonmilieu et dans son acvité mais également une responsabilité sociale entant que membre d’une collecvité territoriale plus ou moins grande. SelonW. Ury cité par Anne-Marie Ducroux, « dans notre monde de plus en plusinterdépendant, nous nous trouvons devant la plus grande occasion depuisdix mille ans de développer une culture de coexistence, de coopéraon etde confrontaon construcve. » 47 Ignacy Sachts, conseiller du secrétairegénéral de la Conférence des Naons Unies sur l’Environnement et leDéveloppement à Rio en 1992, suit cee idée donnant une définion aumot « développer » : « construire une civilisaon de l’être dans le partageéquitable de l’avoir » 48 .Revendiquer ce pilier social, c’est également affirmer son statut decitoyen et prendre les iniaves de ce développement. Certains dirontque le développement durable ne peut rester qu’aux mains des dirigeantsétaques ou des appareils techno-économiques, d’autres prennent le pli dese dire que c’est l’occasion d’agir. « [...] agir au sein de nouvelles alliances,ponctuelles ou thémaques, locales, parfois en réseau. La conscience socialese développe ! Ils (les citoyens) refusent le «moi d’abord» et le toujoursplus et recherchent des manières quodiennes de vivre en cohérence avecleurs valeurs. […] Défaire un à un tous ces nœuds sociaux pour renouerdes liens, différemment. Selon les visions d’économistes, de sociologues oude philosophes, il s’agit de capital social, ou d’énergie sociale, d’une forcemotrice, d’une ressource ou d’un idéal» 49L’aspect social apparait être un moteur pour certains défenseurs et/oupraquants du développement durable. Dans la praque, le pilier social sevoit souvent mis de côté non pour son inulité, mais probablement poursa difficulté d’acon. En effet, les piliers environnemental et économiqueprennent souvent le dessus. Léa Sébasen et Chrisan Bradhag, dans letexte A la recherche de la dimension sociale du développement durable, entémoignent. « Le développement durable vise à favoriser un état d’harmonieentre les êtres humains et entre l’homme et la nature. Mais si les étudesportant sur les rapports entre l’homme et la nature s’accumulent, cellesportant sur l’harmonie entre les êtres humains trouvent encore assez peud’échos. » 50 Pourtant, le Rapport Brundtland ne l’ignore pas en soutenant« une harmonisaon » à la fois sociale et environnementale. Ne pourrionsnouspas plutôt appeler cee « harmonisaon», à la fois entre êtreshumains mais également entre ceux-ci et leur environnement, « gesondes conflits »? Outre l’objecf de permere la connuité et/ou l’évoluonéconomique et la viabilité terrestre, les acteurs de chaque territoire ont unrôle personnel et collecf à jouer.Le philosophe Michel Puech, dans son ouvrage Le développement durable,un avenir à faire soi-même 51 , propose une réflexion sur ce développementdurable sous-entendant davantage une démarche personnelle par des46 C-V C et O P, L’urbanisme durable :concevoir un écoquarer, Paris, Le moniteur, 2009, p.2547 D A-M, Les nouveaux utopistes du développement durable, Paris,Autrement, 200248 D A-M, ibidem49 D A-M, ibidem50 S L B C, A la recherche de la dimension sociale dudéveloppement durable, 2004 sur hp://developpementdurable.revues.org51 P M, Développement durable, un avenir à faire soi-même, Paris, Lepommier, 2010


acons individuelles au milieu d’une collecvité. Bien que Puech sousentendeun Etat peu acf concrètement, l’intérêt de sa réflexion est de placerl’homme au cœur de la démarche durable et du changement impéraf deses habitudes de consommateur. Par des micro-acons, l’individu peutse donner la responsabilité de contribuer de manière non négligeable àla durabilité de la société et de son milieu. Pourquoi en effet aendre enespérant que les instuons agissent pour des acons qui nous touchentpersonnellement ?Puech propose de revoir notre culture de surconsommaon et non del’adapter. «Les bons déchets sont ceux que l’on ne produit pas, les bonnesénergies sont celles que l’on ne consomme pas ! » 52 . Il voit cee démarche àfaire également dans la culture sociale pour apprendre à placer ou replacerl’homme et ses acvités dans la nature et non opposés à celle-ci. « Il fautchanger de mode de vie et de producon! Il faut aller vers une coévoluon,agir et accepter nos responsabilités » 53 . En responsabilisant nos choix et nosacons, nous pourrions en effet contribuer personnellement à une vie plusdurable. En changeant nos modes de vie et de producon nous pourrionsagir collecvement pour cee durabilité.Personnellement, nous avons donc la possibilité de choisir etd’agir, d’évaluer ce qui est soutenable ou non. Des réflexions sur notreconsommaon, sur notre identé donnée par ce que nous consommons,sur une simplicité de vie, mais aussi sur nos manières de vivre et d’habitersont importantes.L’individu peut évaluer ses priorités et adopter une simplicité. Parl’entraide, le partage d’expériences et l’éducaon, l’individu peut seconstuer un «soi» personnel, en adoptant une révoluon soutenable52 R N, Entreen avec Michel Puech : autour du développementdurable, un avenir à faire soi-même, mai 2010 sur hp://www.actu-philosophia.com/spip.php?arcle23053 R N, ibidempersonnelle. « Chacun peut agir dans son local concret : maîtriser sonhabitat, sa consommaon, ses déplacements, sa reproducon, mais aussiagir posivement, inventer et diffuser de nouvelles manières d’être et depenser, de nouveaux objets, y compris des objets technologiques sophisquésqui s’inscrivent mieux dans les cycles naturels que les artefacts plus primifsde l’ère industrielle » 54 .Par une remise en queson personnelle, par la déterminaon de cequi compte vraiment pour nous au niveau matériel, naturel et social, nouspourrions tendre vers une diminuon de cee consommaon abusive. Lasimplicité volontaire permet de redéfinir notre lien avec la nature et les objetsque nous achetons et que nous consommons. Elle cherche à équilibrer lesliens entre nous, la nature et les artefacts dont nous avons vraiment besoinet non ceux que la société de consommaon nous impose. Aujourd’hui, toutle monde semble devoir avoir un GSM, un mur sur Facebook, un ordinateurportable, un lo de 150 m²/habitant, une chambre d’amis non ulisée,un écran plan dans le salon et deux dans la chambre ou encore un garagesurdimensionné. Se recentrer sur ses besoins, ne permerait-il pas de sedétacher de cee surconsommaon, qui reste l’acon la plus risquée pourl’environnement?L’Etat instaure des lois et des normes pour réduire notre consommaon.Les nouvelles habitaons doivent, par exemple, respecter un coéfficientd’isolaon thermique de K45, mais le constructeur se sent-il réellementresponsable ou répond-il simplement à des obligaons? Aendre que denouvelles restricons soient signées, c’est connuer à vivre dans l’abondance,«de piller et non habiter».Michel Puech énonce l’idée de cycles naturels, sociaux et économiques,qu’il faudrait tâcher de maintenir et non de rompre. Dans l’habitaon, lescycles de l’eau, des énergies ou des déchets prennent une place importante.La geson de l’eau n’est pas sensée se faire uniquement par l’adoponde robinets économiseurs, par exemple, mais plutôt par l’étude de son54 P M, ibidem, p. 1292.27


.228cycle complet (consommaon de viande des habitants, etc.). Le recyclageest naturellement soutenable, entrant dans des cycles complets et nonrompus.Comment prendre donc conscience individuellement? Il sembleévident que changer ses habitudes ne se fait pas facilement et surtout pasen étant isolé. Echanger des expériences s’avère être un moyen efficace etde souen pour un changement des habitudes. Se regrouper n’est pas neuf,mais se regrouper pour accéder à un habitat, adapté et responsable, l’estdavantage. Les habitants des habitats groupés s’idenfient-ils à un groupe ?Portent-ils des valeurs communes environnementales, économiques etsociales? Être en groupe les aident-ils à modifier leur mode de vie ? Enproposant plus de collecvité et de parcipaon, arrivons-nous à ceedémarche plus durable en équilibre globale dans le milieu ?


3 Evoluon et contexte de l’habitatNous venons de le voir, le lien entre l’homme et l’environnement n’estpas uniquement économique par une ulisaon des ressources. L’hommepeut au contraire innover dans une nouvelle manière de vivre avec sonterritoire et son environnement en proposant une convivialité, un partageou une cohabitaon entre lui, la nature et son acvité. L’habitat est doncun lien majeur entre tout homme et son territoire mais n’est pas (on peutaussi avoir un espace esthéque, naturel ou encore culturel, plutôt qu’uneconsommaon de ressources), ou plutôt ne devrait pas (on voit commentla publicité dans l’habitat cherche à réduire notre mode de vie à de laconsommaon de ressources) être uniquement économique par l’ulisaondes ressources. L’habitat est un lieu central pour inventer de nouvelles formesde fonconnement, pour un développement durable à toutes les échelles etsystèmes. Nous allons voir dans ce chapitre l’évoluon de l’habitat et quellessont ses possibilités en termes de durabilité.La crise que le logement subit, avec la difficulté voire l’impossibilitéd’accès à un logement pour bon nombre de la populaon, n’est pasqu’économique et environnementale mais également sociale. Un constatpeut en pare expliquer ce phénomène: l’augmentaon du prix del’immobilier non proporonnelle à celle du budget des ménages. Le prix del’immobilier ne cesse de grimper.Depuis 2000, on observe que les prix en Belgique ont quasi doublé 55 . Lasituaon ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines années. Les salairesne suivent évidement pas cee même augmentaon. Acheter voire louer,un logement devient de plus en plus difficile pour certaines personnes. Lebudget accordé au logement devient trop important pour de plus en plus defamilles. A Bruxelles et en Région wallonne, le nombre de logements sociauxlocafs était de 38.840 et 103.117 en 2004-2005. 30.219 et 49.996 menages55 hp://statbel.fgov.be/fr/binaries/print%20A4_FR_babouw%202010_tcm326-95386.pdffiguraient sur liste d’aente 56 . Les délais d’aente variaient entre un et six anspour ces familles bruxelloises et six ans minimum pour les familles wallonnes.Selon les stasques de 2008, 14,7% 57 de la populaon belge vit avec unrevenu inférieur à “60% du revenu médian équivalent”, soit avec un importantrisque de pauvreté. Parmi ces ménages, les parents seuls avec au moins unenfant à charge et les personnes seules de plus de 65 ans sont fortementsoumis à ce risque de pauvreté (voir le graphique de la page suivante). 58Ces deux profils sont pourtant fréquents en Belgique. «En Belgique, prèsd’un ménage sur dix se compose, en 2004, d’une personne isolée avec unenfant, et de femmes vieillissantes célibataires.» 59 Ces ménages dépensentplus de 30% de leur budget mensuel pour leur logement. 60 Toujours selonces stasques, 44% des belges, en 2008, affirmaient avoir eu des difficultéspour «joindre les deux bouts». 61 Ces chiffres soulignent la difficulté pour denombreux ménages à subvenir à leurs besoins essenels, dont celui de seloger.L’ajout du caractère durable auquel doit répondre le logement rendle défi doublement important. Il contribue en effet à une grande part desénergies fossiles totales consommées, à savoir 40% dont 85% pour les besoins56 hp://ec.europa.eu/employment_social/social_inclusion/docs/2006/nap/belgium_annex_fr.pdf p.8557 hp://statbel.fgov.be/fr/binaries/EU_SILC2008FR_tcm326-97685.pdf58 hp://ec.europa.eu/employment_social/social_inclusion/docs/2006/nap/belgium_annex_fr.pdf p.39 et hp://statbel.fgov.be/fr/binaries/EU_SILC2008FR_tcm326-97685.pdf59 Le Développement durable vu par les européens : tendances (et idées reçues)sur hp://www.developpementdurable.be60 hp://ec.europa.eu/employment_social/social_inclusion/docs/2006/nap/belgium_annex_fr.pd p. 1461 hp://statbel.fgov.be/fr/binaries/EU_SILC2008FR_tcm326-97685.pdf3.29


.330du chauffage de l’habitaon 62 . La nécessité est de réduire son empreinteécologique en diminuant, entre autre, sa dépendance en consommaond’énergies fossiles, en ressources limitées, épuisables et polluantes. Pour cefaire, construire de manière durable s’impose, mais, comme nous l’avons vudans le chapitre précédent, la durabilité n’est pas uniquement synonymed’intérêt environnemental.hp://statbel.fgov.be/fr/binaries/EU_SILC2008FR_tcm326-97685.pdfCe graphique met en évidence les difficultés financières pour les famillesmonoparentales et pour les personnes de plus de 65 ans, entre autre.62 D B, Architecture écologique et durable, queson d’architecture,ISACF La Cambre architecture, Bruxelles, 2007


3.1 Evoluon et changements des besoins actuels de l’habitatLe logement doit répondre à une manière d’habiter qui évolue sans cesse.Ce changement, que ce soit dans le cas de nouvelles construcons ou derénovaons, peut s’expliquer d’abord par une réacon aux logements anciensqui, par leur tailles, leurs espaces ou encore leurs techniques, ne répondentplus aux aentes et aux changements de la famille contemporaine. En effet,la définion de la famille évolue. Certaines deviennent plus petes, d’autreséclatent, confrontant l’individu seul à la tâche de se loger. Le noyau familialtel que représenté dans les sociétés précédentes a aujourd’hui changé. Lelien intergénéraonnel qui persistait dans la société de nos grands-parents,eux-mêmes vivant avec leurs parents, a aujourd’hui disparu dans nos paysdéveloppés. La comparaison est frappante quand on observe la solidarité etl’importance donnée à la famille dans les pays en voie de développement,n’ayant pas « encore subi » l’appareil techno-économique qui impose laproducon et la consommaon chez l’individu. La vie contemporaine sebase davantage sur le travail, sur l’économie mondiale, la mondialisaonen étant le signe. L’individu devient une personne consommatrice. Commenous l’avons vu pour les trois piliers du développement durable, nouspourrions représenter ce passage de l’individu devenant personne. Toutcomme le lien entre le pilier social et le pilier environnemental ne peut êtrequ’économique, le lien entre l’individu et sa parcipaon dans la société nepeut être donné que par sa consommaon. L’individu ne prend pas (ou nedevrait pas prendre) une place dans la société juste par sa consommaon,mais aussi par son identé, sa place et sa responsabilité familiales, sessenments, sa culture, son histoire, etc.Trouver un logement adapté à ces changements de vie devient difficile.Un des aspects pouvant être relevé est, comme énoncé dans l’introduconci-dessus, l’augmentaon de ménages constués d’une seule personne.On remarque que des jeunes personnes décident de quier le nid familialpour vivre seules et non plus en couple comme voilà 50 ans. Les chiffresde la Commune d’Ixelles montrent que 65,3% des logements 63 sont pourdes personnes seules, jeunes ou âgées. Les parents seuls sont de plus enplus fréquents également. Isabelle Prignot exprime cee observaond’éclatement familial, causé par un divorce par exemple. Les enfants ducouple, en garde alternée chez l’un puis l’autre parent, sont logés dansdeux habitats. Les espaces ainsi que la surface « consommée » pour vivreau quodien sont doublés. Les familles recomposées doivent aussi adapterl’habitat au vieillissement des parents et des beaux-parents.Un autre phénomène lié est celui de la diminuon del’intergénéraonnalité des habitats. Gabrielle Lefèvre, dans son texte« Habiter la coexistence des âges » 64 , relate le phénomène de la cohabitaondes âges, dans la ville et dans l’habitat. Vivre avec sa famille est de plusen plus rare, peut-être parce que deux généraons de personnes âgéesdevraient côtoyer les enfants. Par exemple, les parents âgés de 90 ans onttoujours leurs enfants de 60 ans, eux–mêmes parents de jeunes parents de30 ans. Le noyau familial regroupant plusieurs généraons éclate, chacunevivant sa vie et son habitat. Vieillissante, la populaon veut donc adapter sonlogement. Le problème majeur reste le nombre sans cesse en évoluon deces personnes âgées. Toujours dans le texte de Gabrièle Lefèvre, d’ici 2050,la populaon des plus de 65 ans devrait représenter 30% de la populaoneuropéenne, soit avoir doublé depuis 1995 65 . Avec ces chiffres, commentgérer l’évoluon familiale et une quelconque solidarité ? Les personnes âgéesveulent rester chez elles le plus longtemps possible, mais leur quodiendemande des soins et des aides. Les enfants, eux-mêmes devenu âgés, ont63 L , Voyage en Pentagonie, 2029, l’avenirdu quodien, n°7, l’instut supérieur d’architecture de la communauté française-LaCambre, Bruxelles, décembre 2008, p. 16964 L G, Habiter la coexistence des âges in L , Voyage en Pentagonie, 2029, l’avenir du quodien, n°7, l’instutsupérieur d’architecture de la communauté française-La Cambre, Bruxelles,décembre 2008, p. 163-17265 L G, ibidem, p. 1683.31


.332souvent des difficultés à assurer cee tâche. Financièrement, le logementdes parents est souvent vendu pour permere ces soins et un confort devie le mieux et le plus longtemps possible. En parallèle, l’avenir des pensionsdevenant incertain, la tâche est parfois difficile pour les enfants. L’habitatdoit donc répondre à de nouvelles demandes, en proposant d’autresmanières d’habiter et des nouvelles poliques d’habitat.


3.2 Références théoriquesL’individu d’aujourd’hui jeune ou moins jeune est devenu solitaire, isolédans la société. Comment l’individu fait-il société ? Comment l’individu peutilavoir un senment d’appartenance, de solidarité dans un groupe et unesociété et en même temps le senment de liberté et d’autonomie? Nouspourrions, pour expliquer ce phénomène de changements dans la manièrede « faire société » et comprendre l’évoluon de la société actuelle, étudierles idées d’Emile Durkheim, de Norbert Elias ou encore de Robert Castel,comme nous le propose la sociologue Chrisne Schaut.3.2.1 Emile Durkheim (1857-1917)Le sociologue français Emile Durkheim étudie, dans son ouvrage « Dela division du travail social » 66 de 1967, les liens sociaux possibles entreles individus et leurs évoluons. Il disngue deux formes de solidaritéqu’on peut retrouver dans la société mais aussi (surtout) dans la divisiondu travail: la solidarité mécanique et la solidarité organique. La première,rencontrée dans les sociétés plus anciennes, regroupe des individusidenques, addionnés, sans spécialisaon. La seconde, caractérisée parles sociétés modernes, regroupe des individus différents pour des tâches etdes places divergentes dans la société et le travail. Ces individus différentsforment société et solidarité. Ce passage d’une solidarité à l’autre marquele développement de la société moderne, avec une division du travail pluscomplexe et plus spécialisée. Au milieu de tous ces individus différents,une force de cohésion peut se manifester par des règles ou des moralescommunes. Pour Durkheim, « Le droit et la morale, c’est l’ensemble des liensqui nous aachent les uns aux autres et à la société, qui font de la masse desindividus un agrégat cohérent. Est moral, peut-on dire, tout ce qui est sourcede solidarité, tout ce qui force l’homme à compter avec autrui, à régler ses66 D E, De la division du travail social, Paris, Presses UniversitairesFrance, 1967, paginaon mulplemouvements sur autre chose que sur les impulsions de son égoïsme, et lamoralité est d’autant plus solide que ces liens sont plus nombreux et plusforts.» 67 Les individus par l’instauraon de mêmes valeurs vont donc pouvoirformer une cohésion et des liens sociaux. Ces valeurs peuvent se manifesterdans la famille, à l’école, au travail, mais aussi, pourquoi pas, dans l’habitat.Les exemples d’habitats groupés partagent-ils des valeurs communeset créent-ils une solidarité en les défendant? Comme le souligne Durkheim,on peut observer une solidarité organique, faite d’individus riches dans leurdiversité mais ayant un même senment d’appartenance en soutenant lemême objecf de vie.3.2.2 Norbert Elias (1897-1990)Appelons la société le « nous » et l’individu le « je » comme le proposele sociologue allemand Norbert Elias dans son ouvrage Société des individus 68de 1987. Actuellement on se concentre davantage sur les qualités del’homme qui font qu’il est différent des autres, pensant à son « je », plutôtqu’à l’intérêt de la collecvité, au « nous ». La famille, qui pensait autrefoisen termes de « nous », pense aujourd’hui en « je », avec l’idée que chaqueindividu trouve son autonomie. Le poids de la valeur du « nous » étaitautrefois, comme dans l’exemple de la Rome anque mais également dansdes sociétés plus récentes, beaucoup plus marqué et représentait l’identéde l’individu. Celui-ci n’était pas considéré comme une personne unique,isolée, mais comme appartenant à un groupe social. Les Grecs allaientencore plus loin puisque le terme individu, venant de « idiote », signifie « lesexclus de la société », ceux-ci ne voulant pas prendre part à la vie polique.Aujourd’hui, nous pouvons faire une nee opposion entre la société et67 D E, De la division du travail social, Paris, Presses UniversitairesFrance, 1967, traduit en version numérique par le professeur de sociologie TremblayJean-Marie, 2008, livre III p. 137 sur hp://classiques.uqac.ca68 E N, La société des individus, Paris, Fayard, 1991, 301. p3.33


.334l’individu, la société ne représentant pas l’individu. Chacun est idenfiépour lui, pion parculier dans le jeu social. « Faire société » aujourd’huisignifierait donc pour l’individu d’être un « je », devenu une personneconstruite et connectée symboliquement aux autres par sa différence. Nouspouvons ajouter que cee différence se marque aujourd’hui par le «je»consommateur. La société devient individualiste par la consommaon queles individus voient plus privée que collecve.Comme vu précédemment, le développement durable renforcecependant l’idée d’appartenance de chacun à un groupe social « planétaire »,tous les états étant rassemblés sur le même « bateau ». Il prend en comptela globalité de l’humanité et la survie de son environnement, qui plus est laprise en compte des généraons futures dans leur ensemble. Le danger decee vision planétaire serait que l’homme se sente dans une compéonpour se différencier des autres et non dans une collaboraon solidaire.Cee compéon se fait ressenr, de nouveau, dans la consommaon.Chacun veut le dernier I-pod et la firme Apple ne cesse de profiter de ceeconcurrence.La manière de « faire société » est connuellement en changement. Lerapport entre les individus et la société, selon Elias 69 , se modifie et la placede l’individu également. Alors que les peuples nomades (par exemple lesTurkanas au Kenya ou encore les Bédouins du Moyen-Orient) se regroupenten clan d’une vingtaine d’individus et se protègent d’un quelconque dangercar un individu isolé ne peut espérer survivre, l’homme d’aujourd’hui se dirigevers une société globalisée avec des individus de plus en plus confrontés aumonde en solitaire (et probablement encore moins capables de survivre, sansla structure et l’infrastructure sociale, que les peuples nomades). L’évoluonqui est toujours en train de se produire peut s’observer dans les pays en voiede développement où cee expansion de l’appartenance sociale ne s’est pasencore autant étendue. Les liens entre les individus s’idenfiant à la familleet à un lieu natal comme le quarer ou le village apparaissent beaucoupplus forts. La société maghrébine met en évidence ce degré relaonnel par69 E N, La société des individus, Paris, Fayard, 1991, 301. ple senment d’appartenance très marqué à la famille, qui domine l’identéd’un « je ». Par exemple dans certains cas, les jeunes filles doivent se marieravec un homme choisi par leur père ou encore des crimes d’honneur sontpraqués par les hommes d’une famille à l’encontre d’un membre de ceemême famille. Ces meurtres sont considérés par la famille comme interneset ne concernent pas la jusce publique. Le principe d’honneur prime dansces familles, chacun y recevant un rôle défini.Les sociétés dites développées entreennent moins ces rôles et cesplaces familiales. Pourtant, l‘homme a besoin des autres pour exister carpour être un individu, il faut pouvoir se différencier des autres. Le rapportindividu et société est indissociable, mais en changement.3.2.3 Robert Castel (1933)Gérôme Truc commente, dans son arcle Une généalogie del’individualisme possessif 70 , le travail du sociologue Robert Castel dansson ouvrage de 2001 Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi.Truc s’interroge sur la société où l’individualisme prend place et confrontechaque individu à un repli sur lui-même. L’étude de la « société salariale », del’ulisaon de l’oul, de l’inhumain/objet par l’humain, permet d’observerune certaine connexion entre les individus en faisant pare. Castel soulignel’individualisme possessif avec des « supports », comme par exemple la« propriété privée » et la « propriété sociale ». Cee propriété des individuspeut donc être matérielle mais aussi sociale. Cee forme de propriété vaévoluer avec la société. L’individu va, à un stade de son évoluon, se définirpar rapport à son travail, à sa maitrise sur la nature et non plus par rapportaux autres individus. La possession d’une propriété va lui permere de sedéfinir, dans son indépendance et non par rapport aux autres.70 T G, Une généalogie de l’individualisme possessif, Propriété privée,propriété sociale, propriété de soi, de Robert Castel et Claudine Haroch, 2003 surhp://www.melissa.ens-cachan.fr


Comme le souligne Chrisne Schaut, la bourgeoisie a contribué à uneindividualisaon dans l’habitat par l’achat de la propriété personnelle. Larévoluon française a permis ce droit d’accès à la propriété. Les bourgeoisvont montrer leur statut supérieur aux paysans ou aux ouvriers qui ne peuventacquérir une propriété privée. Au 19 ème siècle et durant l’industrialisaon,ces idées sont criquées car des individus non propriétaires méritent aussiune place sociale dans la société. Les types de logement vont évoluerde même que l’inmité. Ces valeurs, à leur origine bourgeoise, vont sedémocraser par un accès au logement de plus en plus possible. Pour sedisnguer, les bourgeois vont transformer leur habitat, leur propriété,comme, par exemple, par la construcon des maisons quatre façades. Ellessont devenues accessibles à la majeure pare de la populaon aujourd’hui.Selon Pierre Bourdieu, sociologue français du 20 ème siècle, les classessociales s’imitent ou se disnguent. Ceux « plus haut » veulent se disnguerde ceux « plus bas ».Alors que durant la première révoluon industrielle, l’homme recevaitune place dans la société grâce à son statut social et son sexe masculin, en1960, chacun devient responsable de sa vie, de ses choix et de son parcours.On pourrait nommer ce phénomène le « processus de modernisaon » 71 .Robert Castel disngue dans cee société «l’individualisme posif» et«l’individualisme négaf», l’un se disnguant par un individualisme conscientet l’autre par un individualisme subi où l’individu ne comprend pas. RobertCastel ajoute également que chacun est sommé de prendre la responsabilitécomplète de sa posion dans la société actuelle. Il est responsable de sesréussites et des échecs de sa vie professionnelle et donc de sa place dansla société. La reconnaissance par le travail dans la société est appelée parRobert Castel la « société salariale ». La personne n’est plus reconnue parses propriétés matérielles mais bien par ses capacités au travail.71 L B F P, Rapports fédéral sur le développement durable,accélérer les transions vers un développement durable, décembre 2007, p.125 surhp://sustdev.plan.beLe fait que l’homme se sente responsable de lui-même et se concentresur ses propres responsabilités va reconfigurer les liens avec sa famille(symbolisant la tradion, la coutume, etc.). De plus en plus autonome, il vadavantage se conscienser par rapport à ses choix et non par rapport auxcoutumes et aux schémas culturels instaurés. Il va développer, par exemple,des liens avec les autres partageant des mêmes idées, des mêmes choix etdes mêmes objecfs de vie. Le changement du lien familial peut s’expliquerpar une « détradionnalisaon ». Alors que les us et coutumes guidaientles hommes vers des parcours familiaux plus ou moins similaires, leurresponsabilisaon développe des parcours de vie très différents. Les valeurset les modèles de vie se mulplient. Le mariage ou vivre avec sa famille nesont plus les uniques alternaves. L’individu développe d’autres schémas devie, d’habitat et de cohabitaon.Aujourd’hui, les choix qui sont laissés à l’individu dans cee sociétéindustrialisée portent sur des choix ou des diktats consuméristes. Cesdiktats ne libèrent pas vraiment l’individu. Musil, dans son ouvrage L’hommesans qualités, énonce l’évidence que les choix donnés à l’individu sont sansqualité.Comment, si on se réfère au pilier social du développement durable,pouvons-nous aeindre une convivialité dans une société s’individualisantde plus en plus? A quel « nous » nous idenfions-nous ? Le travail et laconsommaon sont-ils encore les seuls « moyens » pour « faire société » ?Comment l’habitat peut-il soutenir la collaboraon solidaire plutôt que lacompéon ? Est-il le lieu de cohésion sociale et de solidarité ?L’habitat écologique et les habitats groupés, seraient-ils une nouvelleforme de disncon? Ces exemples d’habitats permeent-ils à l’individude faire des choix existenels et non seulement consuméristes ?Bernard Roudet, dans son arcle Entre responsabilisaon etindividualisaon : les évoluons de l’engagement associaf 72 , énonce72 R B, Entre responsabilisaon et individualisaon : les évoluons de3.35


.336l’idée d’une responsabilité des individus par une parcipaon collecve.Les organisaons associaves permeent un renforcement de l’idée degroupe et d’une cohésion. « Pour rompre l’isolement individuel et limiterl’emprise de l’État, il serait nécessaire de responsabiliser les individus enfavorisant une parcipaon civique et une prise de conscience, par lesintérêts parculiers. Intercalées entre l’individu et l’État, les associaonsconstueraient autant d’instances démocraques localisées, renforçant lacohésion sociale, promouvant des relaons ouvertes sur la société globaleet sur le polique » 73 .Ces nouveaux liens possibles, Mark Granoveer les nomme les « liensfaibles » 74 , en opposion aux liens forts de la famille ou de l’appartenancereligieuse, par exemple. Ces liens faibles se font sans obligaon parculièreet en totale spontanéité (aimer le même groupe de musique, être dans lemême club de sport ou encore le même immeuble ou la même rue). Lesliens faibles développent chez l’individu un senment d’appartenance qui lefait exister en tant que personne. Selon Michel Puech, ces liens créent unesociété soutenable acve. Toujours selon l’auteur, ils meent en marche desacons, tandis que les liens forts et convenonnels produisent uniquementdes grands discours passifs. Une réelle convivialité et une cohésion socialepeuvent être créées et vécues par ces aaches.Comme le suggère Gérôme Truc, « […] l’idéologie individualiste devantfaire de l’individu-autre (et non plus de l’individu-ego) le centre du lien social.Un nouveau principe de « commune humanité » doit être inventé. Celuicidoit supplanter une définion par la propriété privée ou encore par lapropriété de droits sociaux par le travail, et en même temps doit connuer àfaire tenir ensemble l’individualisaon croissante des hommes et l’impérafd’une cohésion sociale viable et démocraque.» 75L’habitat semble être un domaine qui peut ramener la collecvité etl’entraide, pour à la fois permere l’acquision du logement mais également,pour, pourquoi pas, l’accomplissement des tâches quodiennes. S’organiserune manière d’habiter différente semble être une réacon logique de la partde certains individus. Les habitats analysés sont pour certains formés par desgroupes, développant des formes de solidarité, à la fois pour la construcondu logement mais également pour soutenir un changement dans la manièred’habiter.l’engagement associaf, paru dans la revue «Lien social et poliques» sur le thème :Engagement social et polique dans le parcours de vie, 2004, p. 17-2773 R B, ibidem, p. 1774 P M, Développement durable, un avenir à faire soi-même, Paris, Lepommier, 2010, p.17675 T G, Une généalogie de l’individualisme possessif, Propriété privée,propriété sociale, propriété de soi, de Robert Castel et Claudine Haroch, 2003 surhp://www.melissa.ens-cachan.fr


3.3 L’habitat groupé : introducon au conceptL’habitat groupé ou collecf offrant une réponse marginale à sesdébuts, l’est aujourd’hui beaucoup moins. Nous pourrions commencerpar introduire la noon de collecvité déjà apparue dans les construconsdu 19 ème siècle. Le Phalanstère de Fourier ou le Familistère de Godin sontdes introducons à une première forme d’habitat « en groupe » dans unesociété industrielle et s’individualisant. Cependant ces construcons étaientdes éléments isolés ne semblant pas pouvoir être réellement comparées auphénomène actuel. Ces projets n’étaient que trop peu parcipafs au profitd’une autorité et ne devraient donc pas être, il me semble, cités à outrancedans de nombreux ouvrages sur les habitats groupés.Dans les années 1960-70, la formule d’habitat groupé apparaît dansles pays nordiques comme une réponse évidente aux quesons sociales,écologiques et environnementales posées à ce moment (voir Chapitre2.1 Historique et introducon du concept de développement durable).C’étaient principalement des couples qui se rassemblaient pour construireleur habitat en commun. Le concept ne traduit pas, et ce dès le départ, unhabitat communautaire où les habitants vivraient en proximité, partageanttout, telle une communauté isolée du monde dans un élan utopiste. Cescouples avaient le désir de vivre autrement en gardant chacun leur inmité,partageant « simplement » un lieu, un terrain ou des espace extérieur ouintérieur. Ces familles avaient le désir de voir leurs enfants grandir dans unlieu partagé. Le « cohabitat » répondait à de meilleures condions sociales,économiques et déjà sensiblement environnementales. L’ensemble apportaitune relaon collecve de voisinage. Dans les années 70, le Danemarkpropose aussi des nouvelles formes d’habitats. Des « habitats autogérés» 76apparaissent proposant des immeubles de logements individuels maisparcipant à une vie en communauté.76 L G C, Habitat groupé, Ecologie, parcipaon, convivialité, Mens,Terre vivante, 2008, p. 10Le mouvement s’est agrandi aux pays scandinaves, anglo-saxons etaujourd’hui c’est l’Europe enère qui développe ce type d’habitat. EnBelgique également, des projets se développent dans le courant des années1970. Les démarches étaient généralement prises par des pets groupes,de manière très ponctuelle et encore peu fréquente. En plus de la miseen commun de lieux, d’aides et de services, les habitants se partagaientleurs qualités personnelles. En opposion au marché de l’immobilier, cesconstrucons se voulaient, et se veulent toujours, créatrices de nouveauxrapports humains, financiers, territoriaux et écologiques. Entre le marchélocaf et l’acquisif tradionnel, les habitats groupés sont de nouvellesalternaves. Des habitants d’un tel projet à Meudon (France) construit dansles années 1970 en témoignent encore aujourd’hui. Leurs volontés étaientde « vivre autrement la cellule familiale » 77 en partageant une part de leurquodien avec d’autres personnes. En 1970, le projet de Sart Saint Nicolas seconstruit près de Charleroi en Belgique. Le projet regroupait 14 familles. Cesfamilles avaient, et ont toujours, leur logement privé mais se partageaientdes espaces communs intérieurs et extérieurs. Fait en autoconstruconet autogéré, le projet souent encore aujourd’hui des volontés sociales etéconomiques surtout, environnementales sensiblement. Les familles ontchangé mais la dynamique subsiste.Les habitats groupés peuvent donc se caractériser par un regroupementde logements et un partage social et physique de certaines foncons.Hier comme aujourd’hui, la volonté sociale s’oppose à l’individualisme,tout en gardant la privacité de certaines foncons de l’habitat. Commentl’architecture rend-elle possible ce rapport entre le privé et le collecf ?Depuis quelques années, le critère écologique prend de l’ampleurdans ces construcons, devenant le maître-mot pour construire unenvironnement durable. Des exemples se mulplient et intéressent de plusen plus des journalistes, des architectes ou des futurs habitants. Souvent, legroupe d’habitants, formé par des connaissances ou non, met en commundes valeurs sociales, poliques, économiques et environnementales. En77 L M, L’habitat parcipaf en mode écolo, Vendredi 29 octobre 20103.37


38.3réfléchissant individuellement et en groupe sur leurs volontés de vie, spaaleset quodiennes, le groupe définit son habitat et les espaces partagés. Cesespaces communs varient. Certains optent pour une buanderie, d’autres pourune chambre d’amis ou encore une bibliothèque. Former le groupe, définirses objecfs, son statut et concevoir le projet prend souvent beaucoup detemps et d’énergie. Les habitants s’invesssent pleinement pour abour,dans le meilleur des cas, à une vie et une cohésion sociale. Outre l’aspecténergéque fortement soutenu dans les projets contemporains, il sembleque les piliers social et économique y soient toujours défendus.Les habitats groupés sont-ils des exemples pour un quodien et unavenir soutenables?


4 Les projets impliquant une forme de parcipaon: AnalyseChanger et adapter son mode de vie, c’est également (surtout) changer,adapter et inventer sa manière d’habiter. L’architecture se trouve au centred’enjeux durables qu’elle ne peut soluonner, il me semble, par de simplesintenons techniques. L’architecte se doit de repenser et complexifier sonsavoir-faire à travers les aspects environnemental, économique et social pourrépondre à la nécessité de vivre autrement. La société peut évoluer et fairesociété de manière innovante par, pourquoi pas, une parcipaon. A traversdes cas d’architectures dites écologiques et où le caractère social sembleêtre un moteur, nous allons tenter de comprendre comment, pour qui etpourquoi ces habitats sont ou non de « bons » exemples de durabilité.Les habitats groupés proposent une forme de parcipaon. Evidemment,d’autres projets appelés collecfs ou autres peuvent également s’invesrdans d’autres démarches sociales. Par exemple, le quarer Vauban à Fribourgen Allemagne souent une intégraon et une parcipaon sociale ainsique des démarches d’économies énergéques. On peut aussi observer desexemples de logements sociaux où les locataires ont pu choisir et donnerleur avis sur les rénovaons. Ces exemples de démarches illustrent unevolonté de parcipaon dans l’habitat proposées par des pouvoirs publicset des acteurs extérieurs aux habitats, à l’échelle d’une ville ou d’un quarer.De tels projets ne seront pas étudiés dans ce travail. Les projets analysésci-dessous se veulent à l’échelle de l’iniave privée meant en avant lesiniaves et les objecfs de vie désirés pour un habitat. L’autopromoon,l’autoconstrucon ou encore l’autogeson sont des mots clés défendus parcertains habitats, le partage d’espaces et la mutualisaon des équipementspar d’autres.Parmi les cas étudiés en profondeur, quatre projets d’habitats groupéssont issus d’une autopromoon (les habitants étant les concepteurs), unprojet de logements collecfs est en autopromoon avec une parcipaonpublique et deux projets de logements collecfs et d’habitat groupé émanentde promoons immobilières.Deux démarches indépendantes sont étudiées : un projet d’immeublede bureaux en autopromoon ayant soutenu une démarche parcipaveet une organisaon citoyenne dans les quarers durables bruxellois. Ceuxciont été étudiés pour leur dynamique et leur parcipaon citoyenne aucœur d’un quarer. Cee parcipaon ne porte donc pas sur un bâmentconstruit mais bien sur un vécu dans un morceau de territoire. Ces deuxprojets sont très différents des autres par leurs foncons et leurs démarchesmais traitent le caractère parcipaf en priorité. Bien qu’ils ne concernentpas directement l’habitat, ils entrent donc dans la réflexion générale.Cinq autres projets sont cités au cours de l’analyse. Ceux-ci sont desprojets d’habitats groupés en autopromoon.La richesse des projets et la diversité des expériences profitentà ce travail. Tous les projets ont une histoire et un vécu différents. Lapremière évidence est donc qu’il n’y a pas de formule toute faite dans lamanière d’habiter et de vivre, mais de nouvelles soluons sont possibleset enrichissantes. Un nouveau lien entre l’homme et son environnementsemble possible, autrement que par la consommaon incessante.4.39


4.1 Méthodologie de l’analyseDès le départ, le travail s’est voulu « de terrain ». Les informaonscitées, comparées et criquées ont été récoltées lors de visites, d’entrevueset de discussions avec les acteurs des projets groupés ou collecfs.Les discussions ont porté sur leurs movaons et la traducon de cesmovaons par l’architecture, mais également sur leurs visions et leursdémarches parcipaves. Les entrevues se déroulaient sous forme dediscussions. Celles-ci tournaient autour de quesons principales. Parexemples : « Quelles étaient vos movaons pour le projet ? » « Quelleparcipaon se manifeste ?» «La parcipaon mène-t-elle à un mode devie plus durable, selon vous ?» «Comment voyez-vous votre quodien?»L’étude a été possible grâce à un partage d’expériences des étapes vécuespour le projet et au quodien. La plupart sont des projets contemporains,certains terminés et habités depuis quelques années et d’autres en cours detravaux.Plusieurs entrevues ont eu lieu pour les projets, avec différents acteursy ayant parcipé : des habitants, des architectes, des intervenants diverscomme une associaon soutenant la parcipaon, un consultant, un agentimmobilier ou encore une architecte de maison de quarer. Les acteursrencontrés peuvent donc se partager en deux types. Premièrement lespersonnes ayant un avis ou une démarche dans toute forme de parcipaon,à savoir une sociologue, des architectes, l’ASBL Habitat et parcipaon quijoue un rôle moteur dans toute forme de parcipaon au sein de l’habitat(autoconstrucon, collecvité, etc.), la maison de quarer Bonnevie ouencore les promoteurs de ces habitats. Deuxièmement, ce sont les acteursau quodien, les habitants ou futurs habitants.Le choix des acteurs et des projets s’est voulu varié pour tenter d’avoirune idée la plus large possible. Le choix des projets a été difficile car ilexiste plus de 100 habitats groupés, tous types confondus, en Wallonieet à Bruxelles ainsi qu’une multude de logements collecfs et d’habitatsappelés «durables» en émergence. Je ne pouvais donc les rencontrer touspour ensuite les séleconner. Nous avons donc séleconné les projets aumoyen d’un inventaire où figurent les noms et les caractérisques deshabitats groupés ou par des expériences ou des publicaons (notammentpar leurs parcipaons à l’appel à projets exemplaires de l’IBGE à Bruxelles).Le nombre de projets devait également être limité pour éviter toutdébordement du travail. Un nombre maximal de dix a donc été fixé, neufcas ont été étudiés en profondeur, cinq sont cités pour certaines de leurscaractérisques.L’objecf, par ce travail de terrain, est de comprendre, d’analyserl’expérience de toute forme de parcipaon au sein d’habitats qui défendentune démarche sociale, environnementale et économique. Notons égalementque des informaons manquent, inévitablement, puisque celles-ci viennentdes discussions, tout n’a donc pas pu être cité. Cependant, cela met enévidence les éléments considérés comme les plus importants selon chaqueacteur des projets.4.41


.442


4.2 Analyse4.2.1 Intervenants rencontrés1) Chrisne Schaut, docteur en sociologie et chargée de cours à LaCambre, Faculté d’Architecture ULB2) Hubert Sauvage, architecte de projets d’habitats groupés dontLe Verger à Temploux, la ferme de Buzet, à Lonzée, le Hameau àWavreille (1) et la Tarlatane à Virginal (2).3) Isabelle Prignot, architecte de l’habitat groupé à Maisoncelle etdes construcons dans le village de Mesnil l’église, assistante à Lacambre, Faculté d’Architecture ULB, et membre de URBs, le serviceFacilitateur Quarers Durables pour Bruxelles Environnement4) Benoit Debuigne pour Habitat et parcipaon, ASBL de Louvainla-Neuveactrice et aide dans tout projet intégrant un degré deparcipaonHabitat et parcipaon est une associaon créée par l’universitécatholique de Louvain-la-neuve en 1982. Reconnu comme pôle ressourcepour la parcipaon par la Région wallonne, l’ASBL prend aujourd’hui desrôles divers avec les acteurs dans l’habitat. L’accompagnement, gratuit pourles demandeurs et subsidiés par la Région wallonne, répond par une aide surmesure à des quesons méthodologiques, techniques ou organisaonnellespour tout habitat impliquant une forme de parcipaon, dont l’habitatgroupé principalement. L’ASBL propose une éducaon permanente pardes formaons pour les différents acteurs (habitants, architectes, etc.),des animaons citoyennes, un accompagnement individuel ou collecf ouencore un pôle ressource d’informaons.4.2.2 Projets étudiés4.2.2.1 Carte de localisaon des projets(1) Le Hameau à Wavreille(2) La Tarlatane à Virginal(3) La rue Fin à Molenbeek(4) Le Bois del Terre à Ognies(5) Globe à Uccle(6) Brutopia à Forest(7) Biplan à Haren(8) Mundo-b à Ixelles(9) ERU et les quarers durables bruxelloisAutres projets cités• Le verger à Temploux• La ferme de Buzet• A tous vents à Gembloux• l’habitat groupé à Maisoncellele village de Mesnil l’église• Le Sart Saint-Nicolas à travers le travail de fin d’études de Jean-Sébasen Houyoux 784.2.2.2 Cartes d’identé des projets78 H J-S, Sart saint Nicolas, ISACF La Cambre architecture,20064.43


.444Localisaon de Wavreille parmi les villes de + de 1000 habitants en Région wallonne


1) Habitat groupé L’éco-hameau à Wavreille (Rochefort)(En cours de travaux)4.45Entrevues: Patrick, Olivier et Elise et Ludovic, futurs habitants.Objecf principal : un mode de vie basé sur la simplicité volontaire, une écologie raisonnable mêlant l’individu et le groupe, les échanges et les liens sociauxCarte situaonRue du couvent, 5580 Wavreille (Rochefort)Implantaon dans le village rural en deux blocs de bâments autour d’une placee semipubliqueet d’un four à pain. Le terrain a une superficie de deux hectares en copropriétéet de deux hectares supplémentaires appartenant à Monsieur Dotremont.Architectes/autres acteurs-Le bureau Architecture et Nature(Hubert Sauvage) et reprise de lamission par l’architecte Marchal.Mobilité /proximité des transports encommun: lignes de bus :n°162 Libramont-Jemelle (2/jour)n° 62 Rochefort-Mirmart (8/jour)-Gare SNCB à 10 km-Souen de l’éco-mobilité par l’usagedes vélos.Habitants/logements/autresfoncons-Groupe de cinq familles en copropriété,en aente d’une sixième.-Six habitaons basse énergie (quatreen cours de chaner), une maisoncommune (avec gîte, salle polyvalente,cave, grenier, bibliothèque), unegrange et un four à pain. Le budget dela construcon aeint 1000 €/m², maisles habitants espèrent le diminuer.M²: de +-100 m² (2 chambres),+-142 m² (3 chambres) à +-160 m²(2 chambres)K22 à K26


.446Schémas issus du plan d’implantaon, hors échelle, bureau Architectue et Nature


4.47420107424221468389381381à848322à384à906083068527251072831416163710026510135119527382201381706 945211HallHall28170 181 2767970Sa leàWcWc21216014218517381Hall12728414Wc191273 08731421631108132053 90 244423202129Wc547410583416459105459396381380848382981931075161616137668 90Wc10090 1Hall6411521512838238127079Wc80151971 3124242117378831340Wc5492 0160Wc3 01090341084781 7326213326160421176482CuisineBuanderieSallemangerVOLUME 2 : ELEVATION ARRIERE PARRALLELE1043 484 60 40625 156 150 132 220 97 220 68 108 90 101 185 60 98 270 38BuanderieCuisineSalonSallemangerPlans rez et 1er étage du bâment 1, hors échelle, bureau Architecture etNatureConstrucon-Structure en bois (poteaux-poutres ou ossature ou encore panneaux de bois)avec parement extérieur en briques et un bardage bois (mélèze).-La toiture est en ardoises naturelles et les châssis en bois avec du doublevitrage.-Chaque habitaon a pu développer l’intérieur selon ses besoins et préférencesde matériaux, avec une forte dominance du bois.-Le chauffage se fait par un poêle à bois dans le séjour de chaque habitaon.-Présence de panneaux solaires permeant la producon d’eau chaude.-Pas de système de producon d’électricité, raccordement au réseau.-Des citernes de récolte de l’eau pluviale seront enterrées. Une citerne de10000 litres par logement est prévue.VOLUME 2 : ELEVATION ARRIERE PARRALLELE50 183 1 0 40 47190 11 24443 94560 393VOLUME 2 : ELEVATION ARRIERE PARRALLELE129 180 80SalonSalleCuisinemanger51 40 1 0 183 5036 90 1075 30 90 20282 90 80SalonBuanderie BureauBuanderiemanger20 90 1 3 280 26 5 190 104 25400 2729 90 55 90 99169 90 10217 90 17HallSalonBureauPassage190 70 190 24945 212 11 310 11 90 11 301 45 90 11 170 16 59126 81 16 2 6279 1 305 3 129189 1 329 1 3 182 19381 16 38175 90 267 90 51 40 96 70 40 70 83 48 40 46 90 266 70 188 70 112972 930 14050 90 9 40 4240 9 90 50130 1 32 16 29495 50 85 50 62 1 0 13270 40 70 93 5 190 37831 28210 90 4064 90 8381 16 291 10 70 1028 90 12VOLUME 2 : ELEVATION AVANT PARRALLELEVOLUME 2 : PLAN REZ-DE-CHAUSSEEIGNON GAUCHEVOLUME 2 : ELEVATION AVANT PARRALLELEVOLUME 2 : ELEVATION AVANTVOLUME 2 : ELEVATION AVANT PARRALLELEChambre 2351 11 308 11 308Chambre 3Chambre 1Chambre 4Chambre 2Salle de bainChambre 1320 11 115 59 94 16 283Chambre 2Chambre 3Chambre 15 90 293130 11 79 90 130 90 185 11 27740 80 26Chambre 4Salle de bainTe rasseDégagement coin bureauSalle de bain1048 954 123192 90 227 90 227 90 240 90 164 90 35 60 185 90 133145 40 96 90 4545 90 28124 90 825 90 5287 90 8235 90 946 90 21Dressing245 284 10 63 10 28374 1 372405 1 370381 16 381Chambre 145 212 11 310 11 90 11 301 45 271 16 312 16 26369 90 267 90 51 40 96 70 40 70 191 140 23190 170 90 106965 93514 90 1649 90 106 40 4141 40106 90 49Sa le de bain Chambre 256 90 1 6 170285 16 29785 12410 70 10168 1 147176 140 13 70 40 70 184839 271283 90 479 50103 90 160emplacement à voir avec MO90 78VOLUME 2 : PLAN ETAGE


.448Localisaon de Virginal parmi les villes de + de 1000 habitants en Région wallonne


2) Habitat groupé La Tarlatane à Virginal(Terminé en 2006)4.49Entrevue: Bénédicte Dossin, une des architectes et habitante de l’habitat groupé.Objecf principal : avoir un mode de vie opposé à l’individualisme ambiant, répondre à la crise économique et de logements ou encore faire des économies d’échelleCarte situaonRue du Centre, 1460 Virginal (Ire).Le bâment est une ancienne école mitoyenne rénovée. Situé au centre du village deVirginal, le bâment est mitoyen, à front de rue et ouvert sur le parc surplombant lacampagne à l’arrière.Architectes/autres acteurs-Quatre architectes ont travaillé sur leprojet dont le bureau Architecture etNature (Hubert Sauvage) responsablede la division des logements et dedeux aménagements de ceux-ci,l’architecte Laurent Aglave, Labelarchitecture avec Thibault Rome etl’architecte Bénédicte Dossin.Mobilité /proximité destransports en commun: lignes debus :n° 65 Braine-Nivelles 25/journ° 474 Tubize-Fauquez 11/jour-Gare SNCB à 3 kmHabitants/logements/autresacvités-Huit familles en copropriété et unecoopérave commune.-Huit habitaons, deux sallespolyvalentes à des fins socio-culturelles,cinq bureaux et un parc d’un hectare. Lebâment de 4500 m² comprend 1500 m²de communs. Les bureaux ont été louéstemporairement en logements. Certainsétages des logements sont égalementloués à des familles extérieures auprojet.M²: de +-240 m² (3 chambres) à+-650 m² (6 chambres)K24 à K65


.450Schéma issu du plan d’implantaon, hors échelle, Bénédicte DossinSchéma issu du plan du niveau D, hors échelle, Bénédicte Dossin


salles polyvalentes,...etTƒl/Fax : 081/56 94 87 04Construcon-Rénovaon et divisions intérieures par des murs en béton, isolés, allant de lacave au grenier. La rénovaon s’est faite en autoconstrucon ou non et avec desmatériaux très divers selon les habitaons (béton, acier, bois, etc.).-Tous les aménagements intérieurs des habitaons ont été faits de manièreindividuelle, chacun choisissant ses préférences.-Chauffage et eau chaude fournis par des chaudières à gaz individuelles.-Panneaux photovoltaïques et pompe à chaleur pour le chauffage dans un deshuit logements.-Panneaux solaires thermiques dans quatre des huit logements.-Citerne de récolte des eaux pluviales mais ne peut pas encore être ulisée (lestoitures conennent de l’amiante qui se retrouve dans cee eau). Deux logementsprévoient d’installer des citernes d’eau de pluie dans les mois à venir.4.51AB+22,42+18,78+12,66+12,66+12,66+11,75+8,12+8,10+7,40+7,40+7,40+7,40+7,40+4,24+4,24+4,24+3,50+2,090,000,000,000,00Caves communesCave du logement 3-2,88 -2,90-3,09-3,29Coupe CC, hors échelle, Bénédicte DossinACave du logement 2B-3,70 -3,73Transformation de l'ƒcole Logen logements, bureaux, AmLauArcRue Sainte Wivinne,n°2 Rue5020 TEMPLOUX 11THIBAULT ET CELINE ZALESKIDrève du Château, 371083 GANSHOTREN0473/52.30.96 et 0498/26.3DAVID LARIVIÈRE ET ELISABETRue Jacques Mornard, 31390 GOTTECHAIN010/23.71.93JEAN-AXEL JUNG ET DELPHINEChaussƒe de Waterloo, 4161050 IXELLES02/540.01.24INCONNURue inconnue102TRANSFORMATI


.452Axonométrie, hors échelle, bureau Damien CarnoyCoupe AA, hors échelle, bureau Damien CarnoyFaçade sud (avant), hors échelle, bureau Damien Carnoy


3) Logements collecfs à caractère social à la rue Fin à Molenbeek (Bruxelles)Bâment exemplaire de l’appel à projets lancé par l’IBGE en 2007(Terminé en septembre 2010)4.53Entrevues: Lorella Pazienza, architecte à la maison de quarer Bonnevie, partenaire du projet et Damien Carnoy, architecte du projet.Objecf principal : acquision d’un logement pour les familles avec plusieurs critères apparus au fil de la démarche (passif, en ossature bois et économe en énergie ; etc.)Carte situaonArchitectes/autres acteursRue Fin, 1080 Molenbeek Saint-Jean (Bruxelles).Situé à l’angle de la rue, le bâment est au centre de Molenbeek, entre des rues degabarits hauts et la rue Fin, avec des gabarits de taille moyenne.-L’architecte Carnoy en adjudicaon mixte concepon et réalisaon avecl’entreprise de construcon Entre-bois de Graeve (début de la construcon enfévrier 2009, fin des travaux en septembre 2010).-La maison de quarer Bonnevie de Molenbeek (subsides régionaux)-Le CIRE (subsides régionaux)-La Commune de Molenbeek-Le Fond du Logement bruxelloisMobilité / proximité transports en commun:-Lignes de bus : n°63, n°82, n° 86, etc. +200/jour/ligne-Lignes de tram : n° 51, etc. + 200/jour-Lignes de métro : n°1 Stokkel-Gare de l’Ouest +250/journ°5 Erasme- Herrmann-D. +250/jour-Gare SNCB à 1,6 km-Souen de l’éco-mobilité par les transports en commun et les parkings pourvélos.


.454Schémas issus des plans du rez et 1er étage, hors échelle, bureau Carnoy


Habitants/logements/autres acvitésLe Fond du Logement est le maitre d’ouvrage avec pour but la revente du bâmenten copropriété aux 14 familles. Ces familles sont d’origines étrangères, réfugiées oubelges, demandeuses par le passé de logements sociaux.Les 14 logements passifs sont en duplex (sept duplex sur le rez et le premier étage,sept autres aux second et troisième étages) avec un parking de 20 places en sous-solqui n’est pas ulisé par les habitants.Le bâment fait 1833 m² dont 1712 m² de logements et 120 m² de circulaons.Les espaces extérieurs (jardins et terrasses) totalisent près de 630 m². Plus de 70personnes habitent dans le bâment.Les logements sont de tailles différentes, avec leurs espaces extérieurs privafs et unespace commun extérieur à l’avant du bâment.Chaque logement est traversant, de la façade sud (avant) à nord (arrière).Le budget admeait 1200 €/m² maximum, le projet totalise moins de 1150 €/m² horsTVA et primes. Le coût moyen pour un appartement à Bruxelles était de 2.167 €/m²en 2009 1 . Grâce à la passivité du bâment, les habitants diminuent de 460 € leurfacture énergéque, selon l’architecte.M² : de +-80 m² (2 chambres) à +-140 m² (5 chambres)K15Construcon-Structure en ossature bois poteaux/poutres pour faciliter la mise en œuvre etl’adaptabilité.-La structure a été calculée pour répondre à une grande résistance en vent, le boisléger lui étant défavorable.-Le parking (le socle où repose le bâment en bois) est fait en béton.-Le bois est choisi pour ses caractérisques durables et renouvelables, sa faibleconsommaon en énergie grise (l’énergie ule à sa fabricaon), son prix raisonnable,sa facilité d’exploitaon et sa non-toxicité.-Les parois extérieures sont faites de caissons en bois isolés par de la cellulosesoufflée.-Les matériaux intérieurs répondent à des impérafs écologiques.-Les parois intérieures sont en plaques de plâtre et les sols sont recouverts delinoléum.-les conduits de la venlaon mécanique controlée double flux sont placés dans lesplanchers.-L’acousque générale du bâment a été faite (en dédoublant la structure bois desparois par exemple) pour éviter les perturbaons entre voisins.-Les ouvertures apportent beaucoup de lumière naturelle aux espaces intérieurs.-Des panneaux solaires thermiques sont placés en toiture.-Une citerne de 10000 litres assure la récolte de l’eau pluviale.-Toiture verte et façades avec végétaon.4.55


.456Localisaon d’Ognies parmi les villes de + de 1000 habitants en Région wallonne


4) Habitat groupé Bois del Terre à Limelee (Ognies)(Terminé en 2007)4.57Entrevues: les habitantsObjecf principal : avoir un autre contact avec son voisin, plus de convivialité avec un intérêt écologiqueCarte situaonArchitectes/acteurs33 rue du Blanc-Ry à 1342 Limelee (Ognies)-Bureau d’architecture CoupezMobilité: proximité des transportsen commun: lignes de bus:n°31 Ognies-Bruyères 28/jour-Gare SNCB à 1,4 km-Souen de l’éco-mobilité par l’usagedes vélos et transports en communHabitants/logements/autresacvités-Six familles (cinq couples et unecélibataire) en copropriété.-Sur un terrain de 1,5 ha, sixhabitaons basse énergie et unemaison commune.M²: de +-135 m² (1 chambre)à +-250 m² (4 chambres)K25 à K35


.458Schémas issus du plan d’implantaon, hors échelle, bureau Coupez


Construcon-Ossature en bois pour les habitaons et en blocs silico-calcaire pour le bâmentcommun.-Briques et bardage bois pour les façades extérieures.-Argile, roseaux ou encore liège pour les murs intérieurs, chacun choisissantl’aménagement de son habitaon.-Venlaon mécanique double flux pour certaines habitaons avec récupérateurde chaleur individuel.-Cogénéraon au gaz produisant, pour 100 kWh de gaz, 25 kWh d’électricitépour les habitaons et le commun. Le reste de la chaleur est récupérée pourle chauffage des habitaons. Le système de chauffage est mural, dans des mursd’argile produisant un rayonnement et non une convecon de chaleur. Les pertesde chaleur dans les circuits enterrés sont minimes. Le système de chauffage estégalement ulisé pour l’eau chaude sanitaire.-L’électricité produite en excès n’est pas revendue au réseau car peu d’intérêtfinancier, selon les habitants.-L’eau de pluie est récoltée et ulisée par certains habitants sans que ce ne soitobligatoire pour tous.4.59Plans du rez des bâments 1 et 2, hors échelle, bureau Coupez


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5) Projet Globe, logements collecfs à Uccle (Bruxelles)Bâment exemplaire de l’appel à projets lancé par l’IBGE en 2007(En fin de travaux)4.61Entrevue: Esther Jakober, promotrice immobilière du projet Globe à BruxellesObjecf principal : amener sur le marché des logements de qualité avec un intérêt durableCarte situaonLa parcelle est implantée entre deux rues, rue Bernaerts et chaussée d’Alsemberg, 1180Uccle (Bruxelles)A r c h i t e c t e s / a u t r e sacteurs-Esther Jakober pourl’agence Greenimmo-Le bureau d’architectureFhwMobilité : proximité destransports en commun:-Lignes de bus : n°43, n°98,etc. +200/jour-Lignes de tram : n°4, n°33,n°51, n°97, etc. +200/jour-Gare SNCB à 5 km-Souen de l’éco-mobilitépar les facilités pour lesvélos et proximité destransports en communHabitants/logements/autres acvités-Une surface professionnelle (160 m²), 13appartements passifs, un espace commun (65 m²)avec un accès extérieur (70 m²), une buanderiecommune et un local pour le tri des déchets ainsiqu’un parking souterrain et des caves. Le bâmenta une surface totale de 1726 m². Le budget de laconstrucon totalise 1700 €/m²HTVA et primes.Les acheteurs doivent compter 3000 €/m².M² : de +-70m² (1 chambre) à +- 160 m² (4chambres)K14 pour le bâment rue Bernaerts et K13pour celui de la chaussée d’Alsemberg


.462Schémas issus des plans du rez et 1er étage, hors échelle, bureau Fhw


Construcon-Ossature en béton.-Tous les matériaux ont été choisis avec un intérêt écologique et selon la normeNIBE.-Le béton et le fibro-ciment composent la façade.-L’isolaon est faite de mousses résolliques et des polystyrènes expansés.-Les châssis sont faits en bois avec un capot en aluminium et du triple vitrage.-Les peintures et bois intérieurs sont choisis avec un intérêt écologique et naturelet l’ulisaon de moins de colle possible.-L’inere du bâment, grâce aux matériaux comme le béton ou le silico-calcaire,améliore les aspects thermiques. Les balcons ou autres éléments architecturauxrégulent naturellement les apports solaires.-La venlaon double flux système D assure la pulsion et l’extracon de l’air.-L’eau chaude et le chauffage nécessaire sont produits par un système decogénéraon à l’huile de colza. L’électricité est également produite par ceecogénéraon (22000 kWh/an), associée à une installaon de panneauxphotovoltaïques (18000 kWh/an) individuelle à chaque logement.-Une économie électrique a été préférée pour tous les équipementsélectroménagers, les ascenseurs, les éclairages, etc.-Les deux toitures sont vertes et l’eau de pluie est récoltée dans des citernes(10000 litres). Cee eau récupérée servira à l’entreen des espaces collecfs etaux arrosages. Pour l’usage individuel, Le choix s’est porté pour des équipements(robinets, chasses, douches, etc.) permeant une économie d’eau.-Une façade végétale est également prévue.4.63


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6) Habitat groupé Brutopia à Forest (Bruxelles)Bâment exemplaire de l’appel à projets lancé par l’IBGE en 2009(En cours de concepon)4.65Entrevue: Serge Fraas, architecte de la phase concepon et futur habitant de l’habitat groupé.Objecf principal : se regrouper pour resser des liens sociaux et rendre possible l’accès à un logement écologique pour un prix intéressant. Le projet se veut dans la ville,écologique, économique et collecfCarte situaonAvenue Van Volxem et rue de Mérode, 1190 Forest (Bruxelles)Terrain de 5000 m² avec des deux façades à rue de +- 35 mArchitectes/autresacteurs-Bureau d’architectureStekke+Fraas pour la phaseconcepon et le bureaud’architecture A+A+A+Apour la phase réalisaon.Habitants/logements/autres acvités-ASBL Brutopia constuée de 27 entés (ménages).-27 appartements, un parking à vélos et une buanderiecommune, des circulaons sociabilisantes, un jardincommun central et deux surfaces commerciales aurez-de-chaussée. En sous-sol, un parking est prévu.Mobilité / proximitédes transports encommun:-Lignes de bus : n°12,n°49, n°50,-Lignes de tram : n°32,n°82,-Lignes de métro (arrêtgare du midi) :n°2 Simonis +250/journ°6 Roi Baudouin +250/jour-Gare SNCB à 1,5 km-Souen de l’éco-mobilitépar l’usage des vélos et laproximité des transportsen communM² : de +-80 m² à +-190 m²K13 à K20Les habitaons sont passives et basse énergie, cecidépendant de leur localisaon dans le bâment. Surles 27 logements, 15 sont passifs et 12 sont basseénergie. Les valeurs K varient donc sensiblement,avec des K13, 14 et 15 pour les passifs, et K20 pourceux basse énergie.


.466Schémas issus du plan du rez, hors échelle, bureau Stekke+Fraas


4.679 66941959MAL1MAL3MAL2SL1MAL4(X2)lavoirEUSL2SL4SL320 m23499 826145210752320316+gri fe20 mHL 218HL 205RF 30'3655HL 205RF 30'935(X4)193250 280 270270 270 270 27021556163411954655250 300 280 280 280 2802244622421526198215512371934112068592154141361985585219341215714161559 820920921541314630024415423480210- étanchéité- isolation laine minérale 24 cm- dalleprofil rue de Mérode 439NIV 2630- structure bétonNIV 2632- isolation laine minérale 20 cm- bardage métalliqueR+4R+3R+2R+1RDCNIV 2209NIV 990NIV 2403coursivecoursiveM11 duplexNIV 2280M11 duplexNIV 1965M4 duplexNIV 1650M4 duplexNIV 1335M1 zone d'activités productivesbiens immatérielsNIV 1000NIV 1789profil mitoyen(sortie secours centre sportif)JARDIN COMMUN- dalle- étanchéité- drainage- terres (min. 60cm)profil van volxem 391 (centre sportif)NIV 1629profil du n°379NIV 7054,5%PARKINGNIV 1825- étanchéité- isolation laine minérale 24 cm- dalleNIV 2768V17 simplexNIV 2445V12 duplexNIV 2140V12 duplexNIV 1835profil van volxem391 (centre sportif)NIV 1694V5 duplexNIV 1530V5 duplexNIV 1225V2 zone d'activités productivesbiens immatérielsNIV 910NIV 615NIV 1865- structure béton- isolation laine minérale 20 cmNIV 2784 - bardage métalliqueprofil van volxem 379R+5NIV 2317coursiveR+4R+3R+2NIV 1415coursiveR+1NIV 913RDCniv 884ONSEcourprojetMaison des jeunes(en cours)zone de stationnementtro toir21tro toirzone de stationnementRUE DE MERODEcourSASniv 900.3niv 895.1niv 914.8niv 913.8niv 911.7niv 912.5niv 887.2niv 901.2niv 897.1niv 901.4niv 897.414 21 311447niv 940.3communascenseurmonospace 9pers./675 kgHL 218HALLD'ENTREE(X3)NIV. 910HSD : 280 cmHL 205RF 30'HL 205RF 30'HL 205RF 30'dévidoir+gri fe2AVENUE VAN VOLXEMRDCcourPASSAGEda les en bétonSAS17%rampe parkingascenseurmonospace 9pers./675 kg6%4%dévidoirHALL D'ENTREENIV. 1000HSD. 300PRE FLEURILOCAL VELOS75placesNIV. 1000HSD. 300V2 295m2zone d'activités productivesbiens immatérielstrait emprisesous-solPRE FLEURIJARDINCOMMUNPASSAGEda les en bétonV1zone d'activités productivesbiens immatériels116m212 51326954 249 8 0 181 196 246 316 182 23 145 349 170 3 0 150 406 53 250 62153 365 509 172 1 2 181 152 428 2 6180 364476 2 4 212 1 2 4 3 104 3 1 5714175 4 136 3951273niv 921.9niv 922.21239M1 272m2zone d'activités productivesbiens immatériels62 476 1 6 393 986 05412 0niv 999.9niv 995.6niv 995.5niv 982.12 143461196 4 0 1 204 326129010721224 56224 56224 5622456Coupe 2, hors échelle, bureau Stekke+FraasConstrucon-Ossature en béton avec un remplissage isolant de façade.-Revêtement et éléments de façades extérieurs en aluminium, en verre et enbois.-Présence de citernes pour récolter l’eau de pluie et l’uliser pour l’entreen,les wc et l’arrosage.Plan du rez, hors échelle, bureau Stekke+Fraasniv 988.6 niv 993.1


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7) Habitat groupé Biplan à HarenBâment exemplaire de l’appel à projets lancé par l’IBGE en 2008(En cours de travaux)4.69Contacts:Jean-Paul Hermant, architecte maitre d’ouvrage du projet.Objecf principal : construire un habitat groupé écologique pour le vendre à un groupe constué et leur épargner le temps des décisions de concepon et réalisaon duchaner. Des espaces ont été construits avec l’intenon d’être partagés et de renforcer la cohésion sociale des habitants. Les logements sont toutefois à aménager selon leschoix des futurs habitants (les revêtements de sol, les murs, etc.)Carte situaonArchitectes/autres acteursHabitants/logements/autres acvitésRue du Biplan 21-25 1130 Haren (Bruxelles)-Les architectes Jean-PaulHermant, Philippe Lauwers etl’entrepreneur Claude Rener sousla sprl bxléco créée en 2007-Le bureau d’architecture Fhw-Habitat et parcipaon : lesfuturs habitants constuerontun groupe avec l’aide d’Habitatet parcipaon en tant queconseiller de groupe.Mobilité / proximitétransports en commun:-Lignes de bus : n°11, n°21, n°45,n°59, n°64, etc.-Lignes de bus de Lijn : n°271-Lignes de tram : n°33, n°55,n°59-Gare SNCB à 1 km-Souen de l’éco-mobilité parles facilités pour les vélos etla proximité des transports encommun. Le projet prévoit quel’ensemble soit équipé de deuxvoitures électriques ainsi que devélos partagés.-Six appartements avec, en commun, unecave, une buanderie, une chambre d’amis,un toit terrasse avec potager, un espace pourle tri des déchets, un espace polyvalent etun jardin avec compost, poulailler, ruches.Deux appartements doivent encore êtreconstruits dans le bâment B.-Le bâment a une surface de 810 m². Lebudget de la construcon s’élève à 2000€/m² hors TVA et primes.M² : +-80 m² (2 chambres) à +-110 m²(3 chambres)K13


.470Schéma issu du plan du rez, hors échelle, Bxléco


Construcon-Ossature en bois.-Les matériaux sont choisis pour leur intérêt écologique. Le mur de façade est faiten bois par des éléments préfabriqués en atelier.-L’isolaon varie pour les parois extérieures, ulisant de l’isolaon en fibres debois et de la cellulose soufflée.-Les châssis sont faits avec des triples vitrages.-Les parois intérieures sont recouvertes d’une plaque de Fermacel. Les châssis etplanchers intérieurs sont faits avec un bois labélisé.-L’architecture du bâment parcipe à son efficacité énergéque. L’orientaondu bâ et ses ouvertures apportent une venlaon naturelle (appartementstraversants), des apports solaires par les vitrages mais contrôlés en été par dessystèmes de stores, de la végétaon, etc. La venlaon nocturne des espacescommuns est assurée par des ouvertures en sous-sol. La mise en œuvre et lechoix des matériaux, en créant une inere, parcipent également au mainende la chaleur dans la masse et à son rejet durant les périodes plus froides de lajournée .-Une venlaon de type double flux mécanique contrôlée est installée dans tousles logements avec un système de récupéraon de chaleur. Le puits canadienassure le refroidissement ou le préchauffage de l’air apporté par la venlaon-Une pompe à chaleur assure le chauffage d’appoint selon les besoins. Ceepompe à chaleur est un système air/eau qui permet le chauffage de l’eau descircuits du chauffage. Les circuits sont intégrés dans les planchers, les conduitsétant espacés différemment selon les espaces (plus dense près des ouvertures).Des conduits sont également intégrés dans les parois des salles de bain. L’eaudans ces conduits est chauffée entre 25° et 35°.-Des panneaux solaires thermiques assurent la producon d’eau chaude etl’appoint à un éventuel besoin pour le chauffage.-Producon électrique par les panneaux solaires photovoltaïques. Le bâmentest équipé de lampes économiques comme par exemple les lampes LED-L’acousque du bâment a été étudiée pour éviter tout dérangement desbruits extérieurs, dont les avions à proximité.-Les eaux pluviales sont récoltées dans une citerne enterrée. Cee eau est uliséepour les WC, la buanderie, le neoyage et l’arrosage extérieur. L’usage de toileessèches est proposé pour diminuer davantage cee consommaon d’eau4.71


.472Le projet Mundo-b (et Mundo-n à Namur en cours) est un cas à part carc’est le projet d’un immeuble de bureau, regroupant plusieurs associaonsacves dans le domaine du développement durable. Nous ne pouvonspas directement le comparer aux autres cas car il n’offre pas la fonconde logement. Cependant, la démarche parcipave qu’il a produit et sesobjecfs peuvent être mis en parallèle aux autres cas de logements. Leconcept inial est en effet de rassembler ces associaons dans un mêmelieu pour partager des foncons, les services et les savoirs. Le bâmentMundo-b, rénové en basse énergie, se situe à Ixelles, au centre de la ville, uncritère primordial ! 37 associaons partagent ce lieu, depuis 2009. Un projetsimilaire va ouvrir ses portes à d’autres associaons en novembre à Namur.Ce bâment va encore plus loin que le précédent puisque, toujours en étantune rénovaon, il est passif et également au centre de la ville.


8) Immeuble de bureaux collecfs Mundo-b à Ixelles (Bruxelles)Bâment exemplaire de l’appel à projets lancé par l’IBGE en 2008(Terminé en 2009)4.73Entrevue: Frédéric Ancion, membre d’Ecolog, consultant du projet.Objecf principal : rassembler des associaons actrices dans le domaine du développement durable pour éviter leur éparpillement dans la ville dans des bureaux maladaptés et énergivores.Carte situaonRue d’Edimbourg 18-26 1050 Ixelles (Bruxelles)Architectes/autresacteurs-Bureau d’architectureA+A+A+A-Ecolog pour la consultancedu projet et Ethical PropertyCompany, partenairefinancier, ainsi que la Région.Un coordinateur de chaner(Manerco) et un bureaud’étude spécialisé (Ecorce) ontégalement pris une grandepart dans la concepon etréalisaon du projetBureaux/autres acvités-37 associaons en coopérave(2/3 d’associaons bruxelloises et 1/3internaonales).-Le bâment est composé de bureaux, d’uncentre de documentaon commun, de cinqsalles de réunions communes, d’un auditoirepolyvalent commun, d’ une cafeteria avec unespace extérieur commun, d’un magasin, etd’un accueil communs également. Le budgetde la rénovaon s’élève à 630 €/m² hors TVA etprimes.Mobilité / proximitétransports en commun :-Lignes de bus : n°21, n°34,n°54, n°64, n°71, n°80, etc. +200/jour-Lignes de métro :n°2 Simonis +250/journ°6 Roi Baudouin +250/jour-Gare SNCB à 1 km-Souen de l’écomobilitépar l’usage des vélos ettransports en communM²: 3688 m²K54 (avant K138)


.474 « Je crois vraiment que c’est une réponse durable. On peut voir que deshabitaons, même si elles sont passives, n’apportent qu’une réponseenvironnementale. C’est bien, mais la durabilité ce n’est pas que ca!Il faut également un aspect économique et social. Mundo-b, c’estenvironnemental (éco-rénovaon et éco-geson), social (entreprises à uncaractère social pour les travaux, mutualisaon, etc.) et économique ( leprojet est viable pour les associaons et leur coopérave). Même si on aeu des subsides, ceux-ci sont accessibles à tout constructeur. On est arrivéà un total de 10% d’aide financière publique seulement. Si on avait eu40 ou 50% …On reste autant dépendant et au final ce n’est pas vraimentdurable. »Frédéric AncionCoupe AA bâment n°18, hors échelle, bureau A+A+A+ASchéma issu du plan du rez, hors échelle, bureau A+A+A+A


Construcon-Rénovaon avec conservaon de la structure existante.-Tous les matériaux choisis ou conservés ont été étudiés sous différents aspects à toutmoment de producon, du transport et de la mise en œuvre, mais aussi pour leursintérêts d’économie et de confort.-Pour le bâment n°18, les façades sont faites de crépi placé sur l’isolant (isolant de10 cm préexistant conservé et amélioré d’un isolant en polystyrène expansé). L’étageajouté est en bois avec une isolaon en cellulose.-Les châssis sont en bois avec des doubles vitrages.-Pour le bâment n°26, les façades ont été conservées en maçonnerie ainsi que lesrécents châssis en aluminium. La toiture n’a pas non plus été changée ou améliorée.-Les isolaons thermiques ont été faites en cellulose, en chanvre, en liège ou en fibresde bois. L’isolaon acousque est elle préférenellement en fibres de bois ou lainesvégétales.-Les peintures intérieures sont naturelles et issues d’un commerce équitable. Les solssont recouverts de linoleum, choisis principalement pour les qualités énergéques etde durabilité.-Les performances techniques et énergéques ont porté sur un équilibre entrel’écologie et un budget raisonnable. Un choix adapté des matériaux, des équipements(favorisants une rentabilité énergéque comme des panneaux solaires ou un systèmede venlaon), des espaces confortables (comme les jardins extérieurs), une ulisaonquodienne du bâment basée sur l’éco-mobilité et l’éco-geson, des aménagementsréfléchis en termes environnemental, économique et social, une vision dans le longterme, etc. sont des objecfs de la rénovaon.-Deux types de chaudières ont été placés : la chaudière à gaz et l’autre à pellets.L’opon de prendre deux types de chaudières a été prise car si le pellet manque,l’autre combusble sera là, de même si une des deux chaudières est en panne, laseconde prend le relais. Enfin, d’un point de vue économique, il se peut que le prixd’un des deux combusbles devienne excessif, l’autre créera l’équilibre. Le systèmede chauffage, récent, du bâment n°18 a été conservé. Les radiateurs en acier avecdes vannes thermostaques ont été conservés. Le même type d’installaon a été faitdans le bâment n°26. Le nombre de radiateur étant supérieur au nombre nécessaire,l’eau peut être chauffée à une température plus basse dans les conduits de chauffage.Un système régulateur gère le système de chauffage en foncon des espaces, desbesoins et des heures d’occupaon de tout le bâment.-La venlaon double flux avec échangeur de chaleur gère la circulaon de l’air etévite une venlaon excessive et non gérée.-En plus d’une ulisaon réfléchie des équipements économiques en électricité, lebâment est pourvu de panneaux solaires photovoltaïques placés en toiture sur 89m².-La récupéraon des eaux de pluie est assurée par des citernes (30000 litres)placées dans une ancienne fosse en béton. L’eau de pluie est ulisée pour les WCprincipalement.4.75


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9) ERU Urbanisme, centre d’études et de recherches urbaines àBruxelles, accompagnateur des quarers durables bruxellois4.77Entrevues: Catherine de Zuere et Fabien Bourdeau, membres de l’ASBL ERUurbanisme à Bruxelles.ERU est une ASBL qui accompagne les projets d’animaon des quarersdurables existants et se développant à Bruxelles. A l’iniave de l’appel àprojets lancé par l’IBGE, des groupes de citoyens souennent des démarchesdurables au sein de leur quarer et de leur habitat. Une dynamiquecitoyenne est mise en place dans chacun d’eux, partant d’iniaves dequelques parculiers, voisins ou non mais rassemblant un quarer. Bienque ces démarches de dynamique sociale soient à l’échelle urbaine, ellessont aussi portées par des individus allant individuellement de leur espaceinme, l’habitat, au quarer habité.


4.3 Quelle réponse aux trois piliers pour une durabilité dans l’habitat ?L’analyse complète, évaluant le caractère durable des projets et leurmise en praque des trois piliers grâce aux informaons récoltées lors desentrevues et des visites, est reprise dans le Carnet d’analyse (voir Pare II).Les réponses aux quesons suivantes sont issues des conclusions de ceeanalyse.1) La constuon des groupes2) Les movaons et les objecfs visés3) L’implantaon des projets4) La réalisaon des projets5) La manière d’habiter projetée et/ou vécue4.3.1 La constuon des groupesLa constuon du groupe est une étape importante qui souligne diverspoints sociologiques, économiques et environnementaux. La manière dontse constue le groupe semble influencer le degré de parcipaon au seinde celui-ci mais également du groupe avec les acteurs extérieurs au projet,dont l’architecte.• La sélecon de ses voisinsD’un point de vue social, un élément majeur est le choix des voisinssouvent opéré dans les habitats groupés. On observe cee étape à Wavreille(1), Virginal (2), Ognies (4), Brutopia (6) et peut-être Biplan (7), soit cinqcas sur les sept habitats étudiés. Ce choix des voisins, à la différence dunon choix de la famille, marque une responsabilité de l’individu et des choixqu’il doit faire. Comme dit dans le « Chapitre 3. Evoluon de l’habitat »,des groupes se forment par la mise en commun d’intérêts similaires. Dansce cadre, le groupe se forme par un choix d’individus différents ou aucontraire défendant les même idées. Le projet de Wavreille (1) montre unetendance collecve à la décroissance, soutenant « moins de biens, plus deliens ». Pour les habitants de ce projet, former des relaons dans le groupe,avec des personnes connues et d’autres non, est le moteur de l’habitat.Les modalités de rencontres et de sélecons peuvent être différentes. Onretrouve le bouche à oreille avec une interview ou une lere de movaon(Virginal (2) et Brutopia (6)), la présentaon et le recrutement à des salons(Wavreille (1)) ou encore la publicaon d’annonces sur internet ou dans lesjournaux (Ognies (4) et Biplan (7)). Les associaons de Mundo-b (8) se sontégalement choisies mais dans le contexte différent du travail. Le projet de larue Fin (3) ne montre pas un choix fait par les futurs habitants mais bien dela part de la maison de quarer Bonnevie. En étant séleconnées pour leurscritères financiers et sociaux, les familles ont soudé une solidarité. Le projetGlobe (5) est tout à fait différent puisqu’on ne retrouve pas cee volontéde constuer un groupe ou une entraide pour vivre au quodien. L’idéede la promotrice ne va pas dans ce sens. Elle propose le projet pour son4.79


80.4efficacité écologique et économique (notamment par le partage d’espaceset la mutualisaon des équipements), par la diminuon des dépensesénergéques, mais aussi par la plus-value présente et future du bâment.Elle ajoute que ces personnes qui constuent des groupes le font, selonelle, par obligaon et contrainte et non par choix. Ceci voudrait dire que semere en groupe est la seule soluon pour survivre économiquement. Unbâment ne proposant pas cee collecvité serait donc pour des personnesavec des revenus élevés. Les exemples d’habitats groupés nous prouvent lecontraire.Les quarers durables bruxellois (9) se meent en place à parr degroupes de citoyens, qui par leurs affinités et leurs rencontres décident d’agirpour améliorer le caractère environnemental de leur quarer. Ces groupesse forment donc depuis le citoyen lui-même et non par une sélecon faitepar des organismes extérieurs.• Le profil des ménages : l’intergénéraonnalitéUn second point dans la constuon des groupes est le profil desindividus. Dans les projets de Wavreille (1), Ognies (4) et Brutopia (6) lavolonté était de mélanger les âges et la composion des ménages avec plusou moins d’intensité. L’intergénéraonnalité et la mixité dans la taille desménages meent en évidence différents points. Tout d’abord, comme vudans le « Chapitre 3. Evoluon de l’habitat », la populaon vieillit et devientsolitaire. Entre les jeunes qui quient l’habitat familial pour vivre seuls, lesfamilles monoparentales et les personnes âgées qui se retrouvent seulespour plusieurs années, l’habitat se modifie. Benoit Debuigne enregistreà l’ASBL Habitat et parcipaon quatre demandes sur une semaine depersonnes de plus de 75 ans voulant trouver une alternave à la maison derepos tradionnelle. Dans les cas d’habitats groupés proposant une mixitédu nombre et des âges dans les ménages, on retrouve, d’une part, la volontéde répondre à ce changement de l’habitat en tentant d’avoir un logementadapté et, d’autre part, la volonté de pouvoir maintenir la philosophie del’habitat à travers un roulement dans le temps. Les plus vieux parront petà pet, les plus jeunes accueilleront de nouveaux habitants et le cycle, tel uncycle familial, pourra connuer. Ces personnes d’âges différents montrent lechoix que font les individus pour vivre et aider des personnes âgées qui nesont pas leurs parents. Vivre avec sa famille n’est plus synonyme de solidarité,d’identé et d’épanouissement. L’individu veut choisir son cadre qui luidonne une cohésion sociale. L’habitat devient le lieu central de la cohésion,la famille et le travail n’y répondant plus suffisamment (voir Chapitre 3.Evoluon de l’habitat). Dans le projet de la rue Fin (3), les familles et leursenfants semblent davantage compter sur le roulement familial, leurs enfantsreprenant le logement, que sur le roulement de la philosophie de l’habitatcollecf. Les cellules familiales semblent très soudées entre elles. Le projetGlobe (5) ne montre pas d’intérêt pour cee mixité des âges et de taillesdes ménages. Pour la promotrice cela ne la regarde pas et ne concerne pasle projet. Le projet Biplan (7) offre des possibilités de mixité généraonnellepar la configuraon des appartements. Par exemple, un appartement estprévu pour une personne à mobilité réduite. Dans le projet de Virginal (2),le groupe constué de trentenaires avec ou sans enfant, va vieillir en mêmetemps et rencontrer les mêmes problèmes de vie. Comme le relate BenoitDebuigne, des projets sans intérêt intergénéraonnel se sont développésdans les années 70 dans le Brabant Wallon. Aujourd’hui ces projets enparculier n’existent plus car n’ont pas été renouvelés par une nouvellegénéraon. Certains mainennent une dynamique, d’autres passent à autrechose.Cee intergénéraonnalité est-elle réellement indispensable ? Il sembleque non. En effet, le projet de Sart Saint-Nicolas mainent une dynamiquedepuis 30 ans avec des nouvelles arrivées dans le groupe. L’étude de Jean-Sébasen Houyoux de 2006 montre que seulement trois familles sur les 14iniales du projet habitent toujours celui-ci. Récemment plusieurs nouvellesfamilles sont en effet arrivées. Un roulement connue donc de se maintenir.même si la plupart des porteurs du projet ne sont plus présents. Les objecfsdu projet ont changé et amené de nouvelles quesons de vie.La queson qui peut être posée est celle de la solidarité entre les


généraons. Dans le projet de Virginal (2), cee solidarité peut se faire entreles ménages trentenaires (garde des enfants du même âge, par exemple).Une fois qu’ils seront tous plus âgés, il va leur être difficile de s’entraiderdans les tâches quodiennes.• Le profil des ménages : mixité socio-économiqueDans l’étude des profils des habitants, un élément essenel ressort:la présence, dans tous les projets à l’excepon de Globe (5) et Biplan (7),de profils «plus faibles» socialement et économiquement. Comme vudans l’étude stasque socio-économique du SPF Economie (voir Chapitre3. Evoluon de l’habitat), les personnes âgées seules et les ménagesmonoparentaux sont les plus soumis aux risques de pauvreté. Dans tousles habitats groupés, nous retrouvons ces ménages. Les projets groupéssemblent profitables à ces entés plus fragiles. Ce phénomène soulignel’émergence d’un grand intérêt à se regrouper, s’associer, collaborer pouréviter, ou en tous cas diminuer, les difficultés sociales et économiquescroissantes dans notre société.Une réelle volonté de mixité, soutenue par la plupart des iniateurs,semble cependant difficile. En Belgique, Benoit Debuigne constate quesouvent l’habitat groupé est homogène, à l’excepon d’une ou deux entésdans le groupe. Tous sont demandeurs d’une mixité mais rares sont ceux quil’appliquent.Une grande différence se manifeste entre tous les projets et celui de larue Fin (3). Si la rue Fin (3) est un projet pour des profils socio-économiquesplus faibles, des personnes en difficultés économiques, immigrées ou non,en exclusion sociale ou non, les autres projets (Wavreille (1), Virginal (2),Ognies (4), Brutopia (6)) sont composés d’une majorité de ménages àrevenus moyens à aisés. Cependant, bien que tous ont un budget différent,tous souhaitent le diminuer pour aeindre des chiffres plus bas que lamoyenne du marché. Pour parvenir à cee diminuon, certains projetsoptent pour de l’autoconstrucon, par exemple. Les tranches budgétairesdes projets (sachant que les localités sont très différentes) varient demoins de 1000 €/m² (Wavreille (1)), 1150 €/m² (rue Fin (3)) à 3000 €/m²(Globe(5)).Bien que les quarers durables (9) se concentrent dans les quarersmoyens à aisés de Bruxelles, des acons sont proposées avec des populaonsplus défavorisées. Il est difficile, selon Fabien Bourdeau, accompagnateurdes quarers, pour les populaons les plus en difficulté, de penser à uneautre consommaon quand la vie au quodien est financièrement difficile.• L’accès à la propriétéMalgré un budget différent, tous les habitants sont propriétaires. Ceconstat va à l’encontre des observaons sociologiques (voir Chapitre 3.Evoluon de l’habitat) disant que les plus riches montrent leur dominaonpar leur propriété. Les habitants de la rue Fin (3) sont propriétaires alorsqu’ils reçoivent un revenu bas, voire uniquement des allocaons. Le systèmede dominaon par les riches est mis à l’envers. L’achat du logement a pourcertains été « normal », dans la connuité de leur parcours social, mais pourd’autres (les habitants de la rue Fin (3), par exemple) il a été une « élévaonsociale ».• La geson de conflitsLa diversité des profils des habitants implique inévitablement desdiscussions et des éventuels conflits. Tous les habitants en sont conscientset aucun ne veut l’éviter. Le conflit est le symptôme de l’existence d’unerelaon forte. La vie dans un groupe, même si la vie privée de l’individu estconservée, peut en effet créer des divergences et des tensions. Le but estde, comme le dit Benoit Debuigne, « désamorcer les conflits », mais aussid’apprendre à accepter l’autre. L’élément posif, comme négaf, prend unedimension plus grande à l’intérieur d’un groupe. L’indifférence et l’absencede relaon, seraient des dangers surtout pour les habitats groupés solidairesde (Wavreille (1), Virginal (2), rue Fin (3), Bois del terre (4) et Brutopia4.81


82.4(6)).• Un processus démocraqueToute décision se fait par des discussions et des compromis tantdurant la phase de concepon que durant la phase de geson quodienne.L’habitant acquiert une place centrale dans toutes les discussions surl’habitat et la manière de vivre. Par ces décisions, prises par le groupe etpour ce dernier, un processus démocraque est mis en place. La mise enplace d’un système démocraque permet à chaque individu de négocier, dediscuter et d’apprendre à faire des concessions. Collecvement, le groupe,avec ses idées soutenues collecvement, va décider et évoluer par lui etpour lui. Les promoteurs des projets de Globe (5) et Biplan (7) n’appliquentbien sûr pas cee démarche.• La taille du groupeSuite aux discussions avec les habitants, la taille du groupe peutinfluencer les affinités et les conflits. Les groupes rencontrés se nomment,entre eux, des entés. Pour eux, ils ne sont ni des simples voisins, ni desamis, ni de la famille, mais des entés (des ménages) qui toutes formentun groupe et le projet. Les différents projets sont composés d’un nombred’entés varié. Ce nombre va de six entés à Wavreille (1), Bois del terre(4) et le futur groupe de Biplan (7), 14 entés à Virginal (2) et à la rue Fin(3) et 27 entés à Brutopia (6). Le projet Globe (5) est composé de 13appartements. Cependant, dans ce cas, il est difficile de considérer quel’ensemble formera un groupe et donc des entés. Le projet de Mundo-b(8) est composé de plus de 30 associaons et les quarers bruxellois (9)regroupent des dizaines de citoyens. Il semble qu’un grand groupe (par lestémoignages, «grand» signifierait plus de 20 entés) va inévitablement sesubdiviser en plus petes entés. En effet, le projet Brutopia (7), composéde 27 entés, applique cee division par les différents groupes de travail(un groupe «architecture», un groupe «communauté», ou encore un groupe«finance»), chacun créant des affinités parculières.• Le statut juridiqueLes systèmes juridiques ulisés ne sont pas encore totalement adaptéspour des projets d’habitats groupés. On disngue trois grands statutsjuridiques ulisés dans les projets étudiés. Tout d’abord, la copropriétéulisée dans les projets de Wavreille (1), de la rue Fin (3), d’Ognies (4) etde Globe (5). Ce statut est adopté dans les habitats groupés en Belgique à85%. Ensuite, l’ASBL est ulisée pour le projet de Brutopia (6) et dans unemoyenne de 10% en Belgique. Enfin, le troisième statut est la coopérave,ulisée par Virginal (2), Biplan (7) et Mundo-b (8). Ce statut est ulisédans 5% des cas d’habitats groupés en Belgique. Les habitants du projetde Sart Saint-Nicolas se sont également mis sous ce statut de coopéraveen 1976. Une fois la construcon terminée, ils ont modifié ce statut pourse mere en copropriété avec un président élu. La propriété est encorele symbole de la réussite sociale pour beaucoup d’habitants. Le statut decoopérave est différent de celui de la copropriété car il se marque par undroit d’usage et d’occupaon du logement ou de l’acvité et non d’un droitde propriété tradionnel. Dans une copropriété, tous les habitants paientla même chose et dans une coopérave, chacun peut payer différemment.La coopérave appliquée pour le logement est une démarche plus longue àmere en place mais elle ouvre d’autres portes. Certains habitat ont optépour une coopérave et développent du maraîchage ou d’autres acvités(à la Tarlatane, c’est l’organisaon socio-culturelle). Pour les logements encoopérave, ceci signifie qu’ils sont la propriété de la coopérave et non deshabitants. Les habitants versent donc une part, comme un aconnaire, à lacoopérave pour disposer du logement. Dans un système de coopérave,appliqué comme dans une société commerciale car aucune adaptaon n’estprévue pour les habitats, un capital doit cependant être versé au départ. Cestatut ne suit habituellement pas les hausses des prix du marché. Par unecosaon stable, le logement pourrait donc peut-être devenir accessible plusfacilement à des pets revenus. Enfin, les primes possibles pour le logementsont plus difficilement accordées dans ces cas de coopéraon.En Suisse la coopérave d’habitat existe et la France s’y essaie. Les gens


ont cependant peur d’être propriétaire de parts et non d’un logement ener.Dans le système de l’ASBL, les logements apparennent également à celle-ci.Habitat et parcipaon propose un tableau récapitulaf et explicaf de cestrois modes juridiques 79 . Deux ou trois de ces statuts peuvent être associéscomme le propose Virginal (2) et Biplan (7). Par exemple, en instaurant lacopropriété pour le logement, la coopérave pour les communs et l’ASBLpour des acvités.Dû à ce regroupement dans le quodien de l’habitat, certains se voientoctroyer le statut de cohabitants. Ce statut peut créer des désavantagesfinanciers car l’individu ne pourra plus accéder au chômage et aux aidesfinancières de la même manière. Juridiquement, le concept du logementgroupé n’est donc pas encore clairement étudié.• Les mécanismes d’entrée et de soreLe statut juridique a son importance pour le fonconnement dugroupe mais également pour toute volonté d’une enté de sorr de celuici.Les habitants de Wavreille (1), Virginal (2), rue Fin (3), Ognies (4) etBrutopia (6) ont réfléchi et prévu ce mécanisme de sore, étant tout aussiimportant que le mécanisme d’entrée et de constuon du groupe. Biplan(7), en statuant les espaces partagés en coopérave, n’appartenant doncpas réellement aux habitants, ancipe parellement ce partage lors de lasore. Le projet Globe (5) n’envisage pas de mesures spécifiques de sore.Une fois acheté, le logement est la propriété de l’acquéreur, à lui à gérer sasore éventuelle par la revente.Qui dit mécanisme de sore, dit une nouvelle arrivée. Tous les projets,excepté Globe (5) où les acheteurs n’ont pas d’avis à donner sur le voisin,optent pour une sélecon du nouvel arrivant. Différents mécanismes ontété mis en place dans les projets pour pouvoir contrôler les arrivants, enveillant à leur adhésion à la philosophie et à la charte du projet. De nouveau,une grande sélecon se fait !79 Voir hp://www.habitat-parcipaon.be/• L’autopromoonTous les groupes constués, à l’excepon des cas de Globe (5) et Biplan(7), le font dans la volonté d’autopromoon. Le projet de la rue fin (3) n’estpas une promoon mais peut se différencier des cas d’autopromoonpar la parcipaon entre des organismes extérieurs et les habitants.L’autopromoon est une volonté capitale car elle illustre le besoin pour lesfuturs habitants de gérer leur quodien, leurs choix de vie, leurs manières devivre mais aussi leurs responsabilités. La volonté pour les autopromoteursest d’avoir un habitat adapté spaalement, économiquement, socialementet écologiquement selon leurs convicons. Le futur habitant, en concevantet soutenant son projet, connait le bâment et l’apprivoise. Les habitants dela rue Fin (3), grâce à la parcipaon, ont appris à connaitre leur bâmentet son fonconnement. Que ce soit d’un point de vue construcf ou spaal,tout résulte de choix et de discussions entre les habitants. En prenant partacvement au projet, ce dernier devient le leur. Le fait de prendre consciencede sa part de responsabilité peut permere « d’en prendre soin », d’y prêterune aenon parculière et d’essayer de la maintenir.Le projet d’habitat groupé Biplan(7) est issu d’une promoonimmobilière, Bxléco, constuée par deux architectes et un entrepreneur.Leurs volontés étaient d’éviter l’étape de concepon à un groupe defuturs habitants. Ils esment que le temps et l’énergie dépensés lors de laconcepon sont des épreuves qu’on peut éviter à un groupe. Il me semble,et l’étude des projets autopromoonnels le prouve, que cee étape estpourtant très importante, à la fois pour le groupe, mais aussi pour les choixconstrucfs et spaaux de l’habitat.• D’autres proposions de logementCertains projets accueillent des locataires pour une période temporaire,comme à Wavreille (1), Virginal (2) et l’habitat groupé de Gembloux. AWavreille (1), le gîte est desné à la locaon ou au prêt à des amis ou àdes personnes de passage rencontrées. A Virginal (2), les bureaux ont4.83


84.4été adaptés en logement. De petes tailles, ces espaces sont idéaux pouraider temporairement des familles monoparentales, par exemple, ou desjeunes couples. Le projet d’habitat groupé A tous vents de Gembloux, encours de concepon, prévoit cinq habitaons pour les propriétaires et deuxappartements locafs. Ces locaons se développent pour répondre à desdemandes mais aussi à des aides.Les habitants et acteurs extérieurs de la rue Fin (3)• Le système locaf/acquisifD’autres systèmes d’achat pourraient aussi profiter aux habitats, groupésou non, comme le « Pass foncier » proposant d’acheter le bâ d’abord etle terrain ensuite ou encore le « Community land trust » permeant dedifférencier le bâment et le terrain en ne payant que le bâment. Cessystèmes semblent pouvoir permere l’accès d’un logement à des revenusplus pets. Cee opon «Community land trust» est développée au sein dela maison de quarer Bonnevie à Molenbeek.Des futurs habitants de Brutopia (6) Les habitants de Virginal (2) Les habitants d’Ognies (4)


4.3.2 Les movaons et les objecfs visés par les groupesNous allons voir dans cee queson les movaons qui ont émergédes groupes une fois constués. Ces movaons vont devoir être traduites,par l’architecte, dans le projet.• L’autoconceponLes projets d’autopromoon et d’autoconcepon permeent àchaque ulisateur d’évaluer et de définir ses propres besoins dans toutesles foncons quodiennes de l’habitat. Chaque enté peut concevoir etquesonner ses propres espaces. Les foncons privées et communes sontdéfinies et jusfiées. Ces espaces personnels sont supposés s’ajuster auxvolontés collecves pour les espaces communs. L’architecte doit assumer cerôle de synthèse privée et collecve.• Une charteTous les projets (dont Mundo-b(8)), à l’excepon des projets Globe (5)et Biplan(7) à ce jour, ont rédigé et signé une charte illustrant et soutenant lesmovaons et les objecfs du groupe. Les quarers durables bruxellois (9)signent également une charte avec les autorités communales et régionales.La charte est un oul important dans les projets étudiés car elle cadre lesobjecfs. Comme vu dans l’étude de Durkheim (voir Chapitre 3. Evoluonde l’habitat), l’individu a besoin d’établir des règles pour se senr dans uncadre, appartenir à un groupe se référant à ces mêmes règles de conduite.Les groupes ont le besoin d’encadrement pour ne pas dévier de leurs idées.Il est important pour le groupe d’afficher clairement ce qui le move. Cee“officialisaon” des idées est importante chez les habitants pour ne pasperdre de vue, pendant les conflits ou les moments creux, les objecfs qui leslient. Cet affichage des objecfs et des convicons est également importantpour les personnes extérieures. Les projets de Virginal (2) et Ognies (4)n’ont pas reçu une compréhension directe de la part des voisins extérieurs.A Virginal (2), les voisins ont très vite compris et mis leur crainte sectairede côté. Par la charte ou d’autres moyens (convenon, pacte, contrat, etc.),les idées sont officialisées et mises sur papier. Cee réflexion permet decontribuer au mainen de ces règles dans le long terme. Comme la normeest établie de leur propre chef, les acteurs sont moins enclins à ne pas larespecter. En effet, cela n’aurait que peu de sens d’établir quelque chosepour ensuite ne plus y adhérer. Dans cee mise en évidence d’objecfs devie, de manière de vie voulue, il faut tout de même veiller à ne pas mere la« barre trop haut » afin d’éviter toute décepon. Des exemples de chartessont repris en annexe (voir Chapitre 7).• L’évaluaon de ses besoins et de sa responsabilité desconsommaons : Le social par l’écologieLes movaons sont différentes d’un habitat et d’un individu àl’autre. Elles varient entre des degrés sociaux, économiques et écologiquesdifférents. Les trois piliers peuvent y être appliqués différemment, commedes moyens ou des résultats. On pourrait faire une disncon entreles projets d’autopromoon où les futurs habitants créent leur modèled’habitat et ceux issus de la promoon immobilière. Le projet de la rue Fin(3) a également été conçu avec les futurs habitants. Dans les projets de lapromoon, le logement n’a bien sûr pas été conçu précisément pour sesusagers.Dans les projets d’autopromoon (Wavreille (1), rue Fin (3), Ognies(4) et Brutopia (6)), des tendances ressortent clairement. Par exemple, dansle projet de Wavreille (1), les volontés d’une décroissance, d’une diminuonde consommaon au profit d’un développement des relaons ou encore d’unchangement face à la normalité d’acon, de la populaon ne se posant plusde queson, se manifestent. L’écologie et la simplicité des construcons etdes consommaons ont permis la réalisaon de ces objecfs. L’écologie estulisée, dans ce cas, comme un moyen pour aeindre les objecfs sociauxvisés par le groupe. La parcipaon et l’autopromoon de son propre habitatpermet de définir ses besoins, d’en évaluer l’importance et de garder lesplus importants. Par cee réflexion, une autre manière de vivre est possible.Une implicaon de l’individu dans son cadre de vie est profitable. Le projet4.85


.486de la rue Fin (3) a soutenu cee parcipaon. Grâce à la solidarité née entreles familles et les différents acteurs du projet, le groupe a pu développerson logement selon des besoins primordiaux. Le projet répond de manièreadaptée aux impérafs financiers, identaires et techniques. Au moyen del’écologie et du caractère passif du bâment, celui-ci répond aux impérafsdes familles de la rue Fin (3). Ne pas réfléchir sur sa manière de vivre et deconstruire n’aurait probablement pas permis une telle augmentaon de laqualité de vie des familles. L’habitat écologique permet une manière de vieplus durable pour tous les habitants.Le projet de Virginal (2) pose queson. Outre sa volonté de combarel’individualisme quodien, d’éviter le «métro-boulot-dodo», le projet nepropose pas de réelle démarche écologique. Certains logements offrentdes diminuons des consommaons énergéques, mais pas de manièreunanime. Il semble que dans ce cas le carcatère social soit davantage prisen compte.Les citoyens acfs dans les quarers durables (8) créent une dynamiquecollecve pour toutes acons en faveur de l’environnement. Que ce soit parla créaon de composts, d’achats solidaires ou de potagers, ensemble ilsparviennent à abour à des projets concrets.• La parcipaon pour apprendre à vivre plus durablementCee idée de parcipaon, Lorella Pazienza la souent, à juste tre,pour tout habitat social ou non, passif ou non, acheté ou loué. Commentimpliquer des familles locataires de logements sociaux pour qu’ellesdeviennent elles-mêmes actrices, responsables de l’occupaon des lieuxdans son ulisaon opmale? Le passif est un changement dans la manièred’habiter. « C’est indispensable, les familles sont également demandeuses decee parcipaon car ce n’est pas facile culturellement. Tous les logementscommunaux et à caractère social vont être construits en passif ou basseénergie, c’est quand-même un pas énorme ! Ici (à la rue Fin (3)) on parle depropriétaires, mais des locataires vont devoir vivre dans du passif. Commentfaire comprendre ça ? Pour un locataire, ça va être encore plus difficile. Ilfaudra une sensibilisaon et une informaon sur comment habiter.» 80 AlainHubert, parrain de l’associaon l’Espoir de la rue Fin (3), témoigne 81 de cebesoin d’éducaon chez l’usager pour habiter de manière adaptée à uneconstrucon basse énergie ou passive. Il faut impliquer les habitants dansleur logement, c’est capital pour apprendre à vivre durablement, la simpleconstrucon ne semble pas suffire. Il est nécessaire que le logement puisserépondre à un besoin moral et physique. Il faut aussi inventer une autremanière d’habiter et de trouver un accès au logement. La parcipaonentre habitants permet également, nous le verrons à travers l’idée de forcesindividuelles à disposion du collecf, une éducaon de chacun plus éfficacegrâce au partage d’expériences.• L’économie par l’écologie?Les deux projets issus de la promoon sont très différents. Pour leprojet Globe (5), la durabilité souhaitée dans l’habitat n’a rien à voir avecun caractère social à donner à celui-ci. Le confort physique de l’individuest souhaité, n’entrant pas du tout dans son confort collecf ou identaire.Alors que dans les cas précédents, l’habitat semble pouvoir permerel’épanouissement durable des individus, dans ce projet, cet épanouissementse limite au confort. L’écologie est davantage ulisée dans ce projet commeun moyen rentable. Un bâment écologiquement intéressant assurerala réponse au pilier économique. Le projet Globe (5) propose une autremanière d’habiter par l’écologie et l’économie grâce à la buanderie communepour diminuer le coût des techniques et des espaces, le local pour le tri desdéchets facilitant la bonne geson de l’environnement ou encore le localvélo pour permere une mobilité plus douce, etc. Cee écologie, le projetGlobe (5) la développe comme une rentabilité supplémentaire assurée, lesbâments devant tous y répondre dans les années futures. Le problèmede la mobilité a posé queson. Comme pour les individus se rassemblant80 Lorella Pazienza, maison de quarer Bonnevie81 be.passive, Labels 05, Octobre-novembre-décembre 2010, p.63


pour vivre, Madame Jakober conçoit que ceux qui ulisent le vélo en villeaujourd’hui, le font plus par défaut de moyens que par convicon. Soutenantque son bâment est conçu pour des personnes pouvant se permerel’achat d’un appartement à Bruxelles, pourquoi mere un local vélo danscet immeuble? Pour répondre aux besoins futurs d’éco-mobilité? L’objecfde ces démarches écologiques est d’assurer la durabilité du bâment maisaussi sa durabilité sur le marché. Vu les poliques actuelles, il sera imposé,de plus en plus dans les années à venir, l’usage d’une mobilité plus douce enville. Le bâment innovant se projee pour durer.Le projet Biplan (7) est encore différent. Malgré une absence deparcipaon des futurs habitants dans la concepon et la réalisaon del’habitat et donc une non adaptaon des techniques et des logements,Bxléco désire un changement de la manière de vivre, une identé collecve,une solidarité et une cohésion entre les individus. Bxléco discerne une forcedynamique pour le projet dans une manière de vivre différente. Commedans les cas d’autopromoon, l’écologie, l’indépendance énergéque etun mode de vie basé sur l’environnement au quodien sont ulisés commemoyens et vecteurs de liens sociaux. Cependant, ce changement de manièrede vivre est-il possible sans une parcipaon dès le départ du projet? Lestémoignages des habitats en autopromoon et la difficulté de constuer ungroupe pour le projet Biplan(7) semble témoigner le contraire.Lors de la réalisaon du projet de Sart Saint Nicolas, l’environnementne prenait pas encore une place majeure comme dans les projets actuels.Les objecfs des habitants étaient de développer une vie sociale dansun cadre sécurisé et agréable (espaces verts calmes, espaces de jeux,etc.). Des volontés économiques étaient également soutenues par uneautoconstrucon, des achats groupés de matériaux, etc. Une fois laconstrucon terminée, cee volonté d’économie s’est traduite par l’entraideentre les habitants. L’environnement n’a donc pas été un objecf ni un réelmoyen pour parvenir aux objecfs sociaux et économiques. Aujourd’hui, lavoiture est toujours présente dans l’habitat, n’ayant pas entrainé une autreforme de consommaon.• Les forces individuelles à disposion du collecfLe groupe permet d’exploiter les forces individuelles de tous lesmembres. Dans tous les projets étudiés, excepté Globe (5) et Biplan (7),mais y compris les quarers durables bruxellois (9), les caractérisqueset les avantages de chacun sont profitables pour tous. Que ce soit pardes connaissances ou des expériences dans la construcon, l’écologie, lesociale ou le milieu culturel, chaque groupe s’élargit. Comme l’expliquentles habitants de Wavreille (1), certains étaient plus doués en négociaon,d’autres en construcon ou encore en écologie. A Virginal (2), certainsétaient plus connaisseurs dans la rénovaon ou dans l’organisaon d’acvitéssocio-culturelles, par exemple. A la rue Fin (3), une pare s’est sene plusintéressée par l’écologie ou une autre par l’organisaon quodienne desfamilles. Chaque projet a pu mere en valeur les avantages personnels etles rendre collecfs. Tous, par l’éducaon collecve, ont découvert d’autresfaçons de faire et d’habiter.• Une force collecve supérieure à l’addion des forces individuellesLe groupe acquiert une force collecve. On peut constater que ladynamique et la puissance d’un groupe sont supérieures à celles des membresaddionnées. Tous les projets dont Mundo-b (8) et les quarers durables(9), mais excepté Globe (5) et Biplan (7), montrent cee caractérisque. ERU(9) vise d’ailleurs cee dynamique de groupe plutôt qu’une idée ponctuellede projet. Si cee dynamique est installée, d’autres projets pourront semulplier. Les habitants de Wavreille (1) parlent d’une force collecve, d’unsepème homme. L’identé est visiblement donnée à ce groupe et rendl’individu plus fort, plus mové pour développer de nouvelles acons. Legroupe, avec des convicons fortes et soutenues, va créer des relaons avecl’extérieur pouvant être aussi bonnes que difficiles. Nous verrons, dans laqueson de l’implantaon, qu’avec l’architecte, le rapport avec ce groupepeut être très différent.4.87


.488• De nouveaux objecfs dans l’habitatLes changements des comportements semblent visibles avec plusou moins d’intensité dans les différents projets. Que ce soit de la part duconcepteur ou de l’habitant, une réflexion émerge sur de nouveaux objecfsdans l’habitat. Si en 1970 le projet groupé de Sart Saint-Nicolas avait desvolontés sociales, urbanisques, économiques, et techniques, aujourd’huiles projets défendent davantage des démarches écologiques en faveurd’une protecon environnementale. Les habitants inventent des nouvellesdémarches sociales, économiques et écologiques. Comme en témoigneIsabelle Prignot, ce sont les comportements qu’on doit quesonner. Commentvoulons-nous vivre ? Que peut-on partager pour économiser et améliorernos dépenses et nos consommaons des ressources environnementales ?


4.3.3 L’implantaon des projets• L’accès à un terrainLa polique de lossement actuelle rend difficile la recherche d’unterrain. Les terrains et les bâments de grande taille intéressent lespromoteurs immobiliers. Le groupe doit parfois se bare pour acquérir sonterrain face à la concurrence des promoteurs. Les autorités communales, danscertains cas, imposent également une pression sur ces terrains convoités.Les villes ne semblent pas aider les démarches d’habitat groupé. Dans lesprojets étudiés (excepté à la rue Fin (3) bien sûr) aucune aide communalen’a contribué aux projets.• L’implantaon rurale ou urbaineLe choix de l’implantaon des projets semble primordial pour unearchitecture durable. Elle définit la geson écologique, économique etsociale du l’habitat au quodien. La situaon des projets de Wavreille (1) etOgnies (4) occasionne, bien qu’un intérêt pour une mobilité douce y soitsoutenu, l’urbanisaon d’une zone verte. Cee périurbanisaon, bien queconsciensée par des démarches écologiques de la part des habitants dansces deux cas, est le facteur d’un étalement territorial. Elle met cependant enévidence la volonté des habitants de vivre dans un cadre vert, plus grand etplus sain qu’en ville. De tels terrains permeent de développer des acvitéscomme le jardinage et la culture de son alimentaon. Pour les habitants deces deux projets, la volonté de s’éloigner physiquement et techniquementdu monde de la consommaon, des grandes surfaces d’alimentaon estréelle. Un autre constat qui peut être fait est celui de la séparaon totaleentre l’habitat et le lieu de travail. Dans ces deux projets étudiés, tous ontun emploi à l’extérieur de l’habitat, de la ville ou encore plus loin. Une villepourrait-elle être durable malgré cee périurbanisaon?• L’éco-mobilitéOutre l’ulisaon de l’espace, dans la campagne ou dans la ville, lamobilité découle de cee implantaon. Bien que la mobilité douce soitsoutenue dans tous les cas étudiés, la présence de la voiture est visiblementtoujours importante. Tous les projets, excepté Biplan (7), ont, en effet, unespace de parking facile et à proximité. Si des mesures pour un changementde mobilité sont défendues, en réalité, la tentaon de la voiture persiste.Le projet Biplan (7) se différencie sensiblement en proposant des voituresélectriques partagées. Cependant, bien que les idées soient proposées,ce sont aux futurs habitants à vouloir les praquer. Le projet de Mundo-b(8) offre, lui, un réel changement de mobilité vers le lieu de travail et uneabsence de la voiture.• La proximité des commerces et des servicesMême si certains défendent une autonomie par des potagers et desvergers comme à Wavreille (1) et Ognies (4), l’accès aux commerces etservices devra inévitablement se faire. La proximité de ces commerces estdonc un élément à prendre en compte. Les projets implantés à Bruxelles (larue Fin (3), Globe (5), Brutopia (6), Biplan (7), Mundo-b(8) et les quarersdurables (9)) ont cet avantage de proximité. Les projets de Virginal (2) etOgnies (4), bien que plus éloignés, sont également proches de commercesde proximité et plus importants. Le projet de Wavreille (1) semble le seulisolé, les services et les commerces les plus proches étant entre cinq etdix km. Dû a cet éloignement, les habitants du projet veulent adopter unchangement de producon et de consommaon.• L’environnement existantL’ulisaon du patrimoine naturel et culturel du lieu a été traitée demanière différente dans les projets. Les projets de Wavreille (1), Virginal (2)et Ognies (4), par leur cadre verdoyant, donnent une place très importanteà ce cadre naturel et à la protecon de la végétaon, entre autre. Les projets4.89


.490urbains, (la rue Fin (3), Globe (5), Brutopia (6), Biplan (7) et Mundo-d (8)),tentent chacun avec plus ou moins d’intensité de conserver ou de créer uncadre végétal vert et un paysage naturel lié directement à l’habitat.Le bâ existant a été maintenu dans l’unique projet de Virginal (2). Lesprojets Globe (5) et Brutopia (6) ont, eux, opté par une démolion et unereconstrucon du bâ existant. L’usage des espaces extérieurs varient danstous les projets, que ce soit pour créer un espace semi-public ou un jardincollecf plus ou moins grand. Les espaces semi-publics proposés offrent despossibilités d’acvités avec le quarer et le voisinage, comme dans le projetde Wavreille (1) et Ognies (4). Les espaces privés et communs des sixautres projets sont davantage réservés aux habitants.• Le type d’implantaonL’implantaon des logements varie. On peut voir deux grandestendances. D’une part les logements sont implantés en deux blocs de bâ,avec une densité variable. Cee typologie se retrouve dans les zones ruralesdes projets de Wavreille (1) et Ognies (4), proposant une densité plusfaible comparée aux projets urbains de Brutopia (6) et Globe (5) avec unedensité plus élevée. Cee implantaon permet un espace extérieur semipublic,comme dans les deux premiers cas, ou plus privasé et enserré parle bâ dans les deux autres cas.La seconde tendance est l’implantaon des logements (ou des bureauxdans le cas de Mundo-b (8)) dans un bâment unique. Cee configuraonse retrouve dans les projets de Virginal (2), de la rue Fin (3), de Biplan (7)(pour l’instant uniquement le bâment A est construit) et de Mundo-b (8).La densité dans cee configuraon varie fortement. Allant du projet deVirginal (2) où très peu (trop peu!) de densité se manifeste au projet dela rue Fin (3) beaucoup plus dense. Ces deux implantaons permeent unrapport avec l’espace extérieur et le voisinage différent. Cee implantaond’un unique bâment est également adoptée par le projet de Gembloux.Les futurs habitants ont souhaité une mitoyenneté et une densité du bâpour diminuer les déperdions énergéques et les coûts financiers.D’autres implantaons peuvent se voir dans les habitats groupés,comme dans le projet du Verger à Temploux où les habitaons sont pluséparpillées sur le terrain, l’espace extérieur étant le résiduel du bâ.Implanter les bâments de cee manière ne permet pas une réelle efficacitéénergéque.


• L’innovaon urbanisqueCes implantaons innovent en proposant de nouveaux rapports entrele sol et le bâment. Par exemple, le projet de Wavreille (1) démontre quela mitoyenneté et une densité plus élevée que la moyenne est possible dansun milieu rural. La placee de Wavreille (1) ou d’Ognies (4), ainsi que lesjardins communs et privés sont des éléments parculiers pour une nouvelleurbanité. L’habitat groupé A tous vents de Gembloux propose égalementune démarche urbanisque intéressante. Esmant que les parcelles àvendre avaient un coût trop élevé, les membres du groupe ont opté pourl’achat de trois parcelles qu’ils ont ensuite redivisé en cinq et d’une sixièmepart commune. Les cinq logements mitoyens, ainsi que les deux logementslocafs en copropriété, produisent un vaste espace extérieur et une densitééconomique, écologique et sociale dans le bâ. Comme on peut le constater,les projets, avec plus ou moins d’innovaon, développent des nouveauxrapports entre le bâ et le territoire.• L’architecteSur les sept projets d’habitat, un (Wavreille (1)) a subit un arrêt demission de l’architecte et un autre (Ognies (4)) est déçu du travail faitpar l’architecte. Se pose la queson du choix de l’architecte qui a un rôleextrêmement différent et qui, visiblement, peut être difficile dans des projetsd’habitat groupé. L’ASBL Habitat et parcipaon, apportant un souen auxgroupes, offre les possibilités de rencontres par des salons et des foiresaux projets où les futurs parcipants et habitants ont la possibilité de serencontrer. L’ASBL offre également des aides à la réflexion sur « commentdéfinir ses envies et ses besoins dans le logement » ou d’autres sujets entout genre. Cependant, des conseils peuvent être faits pour le choix del’architecte mais aucune informaon et formaon pour les architectesn’existent réellement. La geson d’un groupe n’est pourtant pas évidente etla place, lele de chacun, est à définir dès le départ de la mission. Commentl’architecte pourra-t-il y répondre dans la limite de sa mission ?Le rôle de l’architecte est totalement différent dans un projet individuelou collecf. L’architecte, dans le cas d’habitat groupé, se doit de mereen forme ce que le groupe a établi auparavant. Le programme émane deréflexions individuelles ou collecves sur la manière dont on veut vivre etcomment on veut fonconner dans chaque espace. Les expériences desarchitectes rencontrés sont très différentes et dépendent du groupe. Onpeut voir des groupes bien constués qui confrontent leurs points de vuepour avoir un consensus où personne n’impose. Les groupes ont alors unedemande claire (pour les espaces privés et communs). A l’inverse, on peutêtre face à un groupe qui n’a fait aucune réflexion ni développé aucunedémarche pour réfléchir au projet commun. Dans les deux cas, l’architectedoit gérer un groupe, leurs convicons privées et communes plus ou moinsfortes et les traduire en plan.Isabelle Prignot souligne que la définion de la collaboraon del’architecte pour des projets individuels ou collecfs est difficile, davantagequand on est confronté à de l’autoconstrucon de la part des maitresd’ouvrage (comme c’est le cas dans plusieurs des projets étudiés). L’architectepeut avoir sa vision, voulant faire passer ses convicons, ce qui l’empêched’entendre la demande des clients. Le groupe est parfois difficile à gérer.Les projets autoconstruits augmentent, probablement à cause de la crisefinancière mais aussi de la crise environnementale et sociale. Dans ces cas,la relaon architecte-client est davantage basée sur de la confiance.Outre la geson du groupe, des convicons en faveur d’une architecturedurable se développent chez certains architectes. Pour établir des « règlesdu jeu » et s’imposer une architecture durable, Isabelle Prignot s’est, parexemple, fixé en 2008 des commandements, qu’elle appelle le DOGMARCHI.Ces règles lui permeent de s’imposer une architecture de qualité durablemais aussi d’informer le client pour qu’il sache à quoi s’aendre et àquelles nécessités répondre. Elle le voit « comme un acte de sauvetagepour s’élever contre une certaine tendance de l’architecture d’aujourd’hui.DOGMARCHI s’élève contre l’architecture individualiste, cosméque, contreles illusions technologiques et la prévalence de l’esthésme dans l’acte de4.91


.492bâr. DOGMARCHI veut épurer l’architecture pour ensuite laisser la viedes usagers en jusfier l’évoluon. » On peut par exemple citer « Art. 1 :construire un volume chauffé de maximum 75 m³ par habitant » ou encore« Art. 6 : construire un volume […] dont 100% des énergies consomméesseront de source renouvelable ». Bien que les objecfs s’apparentent auxprojets étudiés, certains (Virginal (2) principalement) ne semblent pasrépondre à ces deux exemples d’arcles.• Une économie d’échelleL’économie d’échelle est possible lors de l’achat d’un terrain ou d’unbâment. La taille importante des terrains ou bâments de certains projetsétudiés (Wavreille (1), Virginal (2), Bois del terre (4) et Brutopia (6)) lesrend moins chers que la même surface découpée en parcelles individuelles(un terrain de 10.000 m² coute moins cher que cinq fois 2000 m²). Nous leverrons, la mututalisaon peut également générer une diminuon des coûts.Par contre, le travail de l’architecte va être équivalent (voire plus important)dû à cee geson de groupe.Au quodien, le partage et la geson, par exemple du terrain, partoutes les entés, permeent une augmentaon de la qualité du cadre devie. Les habitants peuvent se permere un cadre de vie de qualité, à la foisintérieur et extérieur qu’ils n’auraient probablement pas su se permereseuls.• L’évoluon du bâL’implantaon peut être déterminante pour l’évoluon du bâmentet pour son éventuelle extension pour les généraons futures. Les projetsétant réfléchis par les habitants eux-mêmes, excepté Globe (5) et Biplan(7), les espaces et les volumes sont très adaptés à leurs manières de vivre.Le projet de Virginal(2) s’oppose à cee juste adaptaon aux modes devie puisqu’on remarque que la grandeur des logements est déjà tropimportante pour les familles actuelles (certaines louant des étages de leurlogement). Dans les projets faits sur mesure par les habitants, la quesonde l’évoluon possible se pose pour des changements futurs. Les projetsimplantés à Bruxelles auront probablement plus de difficultés à modifier legabarit du bâment pour une éventuelle extension. Les projets de Wavreille(1), de Virginal (2) et d’Ognies (4) pourraient envisager une extension ouune densificaon. Cependant, parmi tous les projets, aucun n’a réellementprévu cee démarche pour les généraons futures.


4.3.4 La réalisaon des projetsL’applicaon des movaons et des objecfs dans l’architecture dubâment est un défi pour l’architecte. Dans cee architecture, on observeune réflexion sur les besoins et sur les valeurs qu’on veut partager ou non.• Les surfacesLes surfaces des logements varient énormément dans les projets. Letableau comparaf ci-dessous des m²/nombre de chambres illustre ceegrande différence. Le projet de la rue Fin (3), bien que ne partageant aucunespace, offre les surfaces les plus petes. Viennent ensuite les projets deBrutopia (6), Biplan (7) et Globe (5). Ces projets partagent certains espacesquodiens. Notons que ces quatre «meilleurs» projets au niveau de leur«rentabilité» surfacique sont situés à Bruxelles et sont tous totalement ouparellement passifs (K15 maximum). Les projets de Wavreille (1) et Ognies (4) sont les suivants. Par uneimplantaon rurale, ces projets proposent un effort de densité. le projetde Wavreille (1) est complètement basse énergie (K 22 à 26) tandis queOgnies (4) ne l’est que parellement (K25 à K35). Enfin le projet de Virginal(2) possède des surfaces exagérément grandes et surdimensionnées. Lescoéfficients K y sont les plus défavorbales, très peu de logements arrivantau niveau de basse énergie. Ce classement souligne la place accordée auxperformances énergéques dans les projets (nous le reverrons ci-dessous),allant du plus technique et passif, au moins consciensé dans une démarchede diminuon énergéque.Pour comparer à un exemple plus ancien, les logements du projet deSart Saint Nicolas ont des surfaces allant de 80 à 230 m², ce qui correspondà la moyenne actuelle.• L’autoconstruconL’autoconstrucon est très présente dans les projets rencontrés (commeà Mesnil l’Eglise, la ferme de Buzet, Wavreille (1) et Virginal (2)).. Dans levillage de Mesnil l’Eglise, l’un vient aider la construcon en paille ou en boisdu voisin et vice et versa. L’autoconstrucon permet en effet une diminuondu coût et une implicaon personelle et parfois collecve dans la créaon deson habitat. Par cee autoconstrucon, le bâment est aussi mieux connu etcompris. Enfin, on peut souligner l’entraide en foncon des compétences dechacun. Dans le projet de Buzet, la solidarité s’est manifestée entre tous. Lesdeux femmes célibataires ont reçu l’aide des autres entés. Si elles n’avaientpas reçu celle-ci, il leur aurait été impossible, ou du moins difficile, de créerleur logement. En ulisant le « low-tech », comme le souent IsabellePrignot, des matériaux (bois, paille, etc.) et des techniques plus simples,la construcon en devient faisable, économiquement, écologiquement etsocialement. Opter pour le « low-tech » permerait-il une entraide plusfacile et un renforcement du pilier social?Pour l’architecte Hubert Sauvage, cee autoconstrucon a de nombreux4.93


.494avantages mais peut également créer des tensions liées au temps ou aurespect du budget. L’aspect financier est un problème récurrent dans leshabitats groupés. Souvent,nous l’avons vu, l’habitat accueille des personnesdans des situaons financières plus difficiles (familles monoparentales,personnes âgées célibataires, etc.). Dans beaucoup de cas, des difficultéspour clôturer financièrement les travaux communs apparaissent. L’habitantayant limité au maximum son budget pour son logement privé, se retrouveparfois face à des difficultés pour financer le bâment commun, surtout s’ila été décidé de le faire construire par une entreprise.Pour les travaux faits par entreprise, un habitant de Buzet énoncele problème du choix de cee entreprise. Les projets devant souventconstruire plusieurs habitaons en même temps, on ne peut aendre quela pete entreprise construise les trois ou quatre habitaons. Cet habitantregree d’avoir du choisir une plus grosse entreprise et de ne pas avoir pula mutualiser.• L’équilibre entre privé et collecfIsabelle Prignot le partage, on ne peut plus se permere d’avoir chezsoi tout ce dont on a besoin pour organiser toutes les acvités pouvantse produire occasionnellement (toutes les fêtes, accueils d’amis, etc.).Que sommes-nous prêts à partager? On peut répondre à cee quesonen observant le partage de la buanderie, des locaux techniques, desrangements, des locaux à vélos, des chambres d’amis, des bibliothèques, etc.Avec l’augmentaon des divorces et les chambres inoccupées des enfantsune semaine sur deux, serions-nous prêts à partager cee chambre avec lefils du voisin aussi divorcé ? Serions-nous prêts à faire des chambres pourtous les enfants? Pour être durable, nous allons devoir inventer et créer unautre lien entre l’environnement et l’homme, entre l’homme et son acvitéet entre les hommes eux-mêmes. Tous les projets étudiés proposent avecplus ou moins d’intensité des nouveaux espaces et de nouvelles fonconsquodiennes privées et collecves.Une des valeurs partagées par l’ensemble des projets est celle de laséparaon entre le privé et le collecf. Aucun des projets ne souhaite unevie communautaire ou trop collecve. La disncon entre ces deux typesd’espaces doit donc être forte pour éviter toute ambigüité. Entre ces deuxtypes d’espaces, des zones de transion sont créés pour agir comme un« tampon ». Dans les projets étudiés, l’implantaon des foncons communesvarie. L’espace de transion est intérieur dans certains cas et extérieur dansd’autres.Les espaces « voulant » être partagés varient également. Le projetde la rue Fin (3) ne partage pas d’espace, à l’excepon des circulaons.Le projet de Virginal (2) partage des espaces socio-culturels mais pas defoncons quodiennes. La transion entre le privé et ces espaces communsse fait par les couloirs de distribuon. Le projet d’Ognies (4) possède unesalle commune pour y partager des foncons non quodiennes et l’espacetechnique (avec le système de la cogénéraon). La transion entre le privéet cet espace se fait par l’extérieur. Le bâment commun étant isolé deslogements, la séparaon est évidente. Les projets Globe (5) et Brutopia (6)partagent également les espaces plus techniques, que ce soit la buanderie,le local vélo ou le local technique. Le projet Globe (5) a également un espacecommun sans foncon spécifique. La transion entre le privé et ces espacesse fait par les couloirs de circulaon. Ces espaces sont, dans les deux cas,placés au rez-de-chaussée, laissant les logements privés aux étages. La toituredu projet Brutopia (6) ainsi que les circulaons font excepon en créantune collecvité aux étages, mais sans ambigüité avec le logement privé.Dans ce projet, les couloirs de circulaons sont élargis pour leur donner unrôle «sociabilisant». On peut donc y faire d’autres acvités qu’uniquementcirculer. Le projet de Wavreille (1) partage des espaces qu’ils ne voulaientpas «gaspiller» chez eux alors que leur usage n’est qu’occasionnel et doncpeut être mis en commun. Ces espaces sont techniques ou non, comme legîte, la bibliothèque, la grange ou encore la cave. La transion du privé versces espaces collecfs se fait par l’extérieur. Le bâment commun est mitoyenaux logements mais disncf dans son architecture plus dirigée vers l’espacesemi-public. Le projet Biplan (7) partage également des espaces techniques


ou non, comme la chambre d’amis, la cave, la buanderie, le débarras, etc.La transion entre le privé et ces espaces se fait par la circulaon centraledu bâment. On le voit, les espaces communs varient, allant d’un partagede foncons non quodiennes (fêtes, cours, concerts, etc.), à des espacestechniques (électricité, chauffage, etc.) ou encore à des foncons plusquodiennes (buanderie, bibliothèque, chambres d’amis, etc.). Les espacesde transion varient tout autant, selon le type d’espaces partagés.• Une dynamique pour une économie énergéqueL’économie de l’énergie et des ressources est capitale. Pour ceeéconomie, un minimum de connaissances doit être acquis. Par l’échange etle partage de ses propres connaissances, le message peut circuler. Selon uneétude de Françoise Beraux « Socio-technical factors influencing residenalenergy consumpon » commentée dans l’arcle « Economiser l’énergie : ony croit mais on n’agit pas » 82 une personne sur sept fait le lien évident entreles diminuons énergéques et les économies financières. On remarque queles changements réellement visibles de comportements et des habitudesdans le bâment sont trop rares. Sur 49 habitaons ayant accompli uneétude d’audit énergéque et ayant donc reçu des conseils pour améliorer lebâment énergéquement, seulement 11% de ces conseils ont réellementété réalisés. L’étude avance plusieurs freins possible à la faisabilité desconseils ou toute autre acon: « La pression sociale à consommer, la volontéde confort et la peur de ne plus l’avoir ou de le remere en queson, lesrounes et habitudes, le senment d’impuissance, l’aspect technique ouencore un faible revenu. » 83 Un de ces freins suffit pour bloquer toute aconde changement ou d’amélioraon dans l’habitat. Un habitant isolé auraégalement beaucoup plus de mal à maintenir sa volonté d’un changementdans son logement. Seul, l’individu se démove rapidement. Dans un82 B O, Economiser l’énergie : on y croit mais on n’agit pas, 7 avril 2007sur www.developpementdurable.be83 B O, Economiser l’énergie : on y croit mais on n’agit pas, 7 avril 2007sur www.developpementdurable.begroupe, au contraire, il s’implique dans un partage de mêmes intérêts.Dans ces démarches écologiques, on remarque qu’un Européen surtrois (soit environs 30%) 84 opte plus facilement et préférenellement pourun recyclage et une geson de ses déchets. On peut mere cee stasqueen parallèle aux projets étudiés. Dans ceux-ci, le recyclage et la geson desdéchets sont, en effet, récurrents. Tous les habitants adoptent sans contrainteces acvités, collecvement pour la plupart, plus individuellement pour larue Fin (3). La geson de l’eau prend également une place importante. Lestechniques d’eau chaude sanitaire ou de chauffage varient dans les projets,avec des systèmes plus ou moins complexes.Cet intérêt pour la technique varie dans les projets. Une réflexions’opère sur la consommaon tant quantave que qualitave. Que ce soitpar des nouvelles techniques de construcon, de nouveaux équipements dechauffage ou par la mutualisaon et le partage, les habitants diminuent avecplus ou moins d’intensité leur empreinte écologique. Certains optent pourle «low tech» afin de favoriser les liens sociaux. Les projets de Wavreille(1), surtout, et d’Ognies (4) témoignent de cee volonté. A l’opposé,certains projets proposent des techniques très développées. Les projets dela rue Fin (3), Globe (5), Brutopia (6) et Biplan (7) sont des projets passifs,et inévitablement, semble-t-il, où la technique est fortement présente. Leprojet de Virginal (2) se différencie des autres par un intérêt énergéqueplus faible, une absence de la technique mais également d’architecturebioclimaque. Le projet de Sart Saint-Nicolas, bien que ne soutenant pasune démarche écologique, innovait déjà en 1970 par une isolaon de 15 cmdans les parois extérieures.• La mutualisaon et le partage de biensLa mutualisaon par la mise en commun d’espaces et d’équipements84 L L E, Le Développement durable vu par les européens : tendances(et idées reçues), 12 juillet 2010 sur hp://www.developpementdurable.be4.95


.496est soutenue par tous les projets étudiés, excepté à la rue Fin (3) où lesfamilles ont voulu limiter le partage pour diminuer le risque de conflit. Lescirculaons y sont également très peu partagées. La façade avant mulplieles accès vers les logements. Chaque cage d’escalier ne dessert en effetque deux ou trois logements alors que de l’espace aurait pu être gagnéet donc le coût diminuer. Le projet de Mundo-b (8), bien que proposantdes espaces communs (cafétéria, sanitaires, jardins, etc.) a privilégié desbureaux individuels aux associaons plutôt que des bureaux communsfacilement modulables selon les acvités. Cee préférence d’espaces privésaux espaces communs soulèvent des quesons : « où se retrouve-t-on enprivé et en collecf? » Les familles de l’Espoir (3) qui ont développé unesolidarité pour abour à ce projet de logement sont sans espace propiceaux partages et aux discussions. Les associaons de Mundo-b (8) possèdent,elles, d’autres lieux communs. Un seconde queson est : « jusqu’où sommesnousprêts à partager ? » Partager une buanderie, par exemple, permet àchaque ménage de faire inévitablement des économies, des rencontres etdes diminuons de consommaons. Pourquoi ne proposons-nous pas plusde telles démarches ? La peur du conflit ? L’envie d’être chacun chez soi ? Seprouver qu’on peut le faire seul ou plutot l’avoir ? L’absence de partage duquodien de la rue Fin (3) témoigne du besoin de consommaon personnelletoujours présent, symbole d’une certaine place sociale acquise.• L’évoluon des espaces intérieursLes espaces, comme vu dans la queson précédente, devraient pouvoirpermere l’adaptaon des besoins futurs. Une réponse est donnée par leshabitants concepteurs : «la construcon intérieure n’est pas structurelle etpourra donc être modifiée». Cee modificaon spaale est plus aisée quandles construcons sont faites en panneaux (de bois par exemple) facilementdémontables. Les bâments ou les aménagements intérieurs en bois semblentdonc plus adaptés. Les projets de Wavreille (1), Virginal (2), Ognies (4) etBiplan (7) pourraient être plus propices à un changement. Cependant, leprojet de Sart Saint Nicolas soutenait des espaces intérieurs modulables enfoncon de ses usagers grâce à l’ulisaon de modules standards industriels.Sur près de 40 ans d’ulisaon, seulement deux habitaons sur 14 ontulisé, de manière minime, cee possibilité de changement. Cet exemple(bien qu’unique) nous témoigne que même si les espaces intérieurs sontfacilement adaptables, peu d’habitants les modifient.Un habitant de Wavreille (1)praque l’ autoconstruconLa maison communed’Ognies (4)


4.3.5 La manière d’habiter projetée ou vécue• L’autogesonLes projets autopromoonnels praquent leur propre gesonquodienne. Que ce soit pour les dépenses énergéques, l’entreen desconstrucons ou le lancement d’acvités, les habitants s’organisent entreeux. En énonçant les règles de départ (part un règlement d’ordre intérieur,une charte, etc.), ils s’obligent mutuellement à assumer leur place dans legroupe et l’habitat. Ils portent tous une responsabilité. Comme nous l’avonsvu dans le chapitre 2 (voir Chapitre 2. Définion et enjeux du caractèresocial dans le concept du développement durable), cee responsabilité estimportante pour l’individu.• Un changement des modes de vieLes cas de promoon et d’autopromoon vont jouer un rôle différentdans l’ulisaon du bâment et dans la manière de vivre dans son logement.On peut voir que les cas de Globe (5) et Biplan (7) doivent compter surun changement réel et instantané des futurs acquéreurs pour adopter lesfoncons et les acvités prévues dans le bâment. Le projet Globe (5),en prévoyant un local vélo et une buanderie commune, suppose que lesfuturs habitants changeront d’eux-mêmes leur quodien et le rendront plusdurbale. Le projet Biplan (7) est différent puisque les promoteurs prévoientd’accompagner et d’apprendre aux futurs acquéreurs groupés d’adopterleur logement et les foncons proposées pour vivre plus durablement.Cependant, les projets en autopromoon le confirment, la parcipaondes futurs usagers permet une meilleure appropriaon et un changementpossible dans l’habitat. Le projet de la rue Fin (3) illustre ce changement quia été possible par les familles, ne sachant pas comment, ni pourquoi, vivred’une manière différente dans un bâment passif. Certains des habitants,par cee parcipaon et consciensaon, ont parcipé à des formaonssur l’énergie et tentent aujourd’hui de faire passer leur apprenssage àd’autres.• Le quodien entre privé et collecfLes espaces intérieurs et extérieurs organisent différemmentles praques sociales dans les projets étudiés. Allant d’une envie plusindividualiste à collecve, l’organisaon et les échanges quodiens différent.Le projet Globe (5) ne souent pas une parcipaon quodienne entre leshabitants. Le projet de la rue Fin (3), alors qu’une grande parcipaon s’estmise en place dès la concepon, ne souent également pas une parcipaonquodienne. Les habitants formant un groupe soudé envisagent cependantplusieurs projets et une geson du bâment collecve. Le projet de Virginal(2) propose une certaine collecvité quodienne. Les habitants ne partagentpas de foncons quodiennes, excepté les couloirs et espaces extérieurs oùils se croisent et s’entraident. Les acons quodiennes, comme conduireles enfants à leurs acvités, se font spontanément ensemble. La geson dubâment est également collecve, par une réunion et un souper mensuel.Les habitants de Wavreille (1) désirent partager beaucoup, meant encritère principal les relaons dans la manière de vivre, mais ne pas êtreétouffés par le groupe. Les projets voulus au quodien vont varier selonl’envie d’individualisme désiré par chacun à un moment précis. Le groupeleur permet d’envisager des acvités sans se senr marginal. Les futurshabitants de Wavreille (1) veulent aller à vélo à l’école ou faire leurs courses.La movaon collecve va permere de porter des projets pour lesquels,seul on se sent dépassé. Leur envie de simplicité volontaire souent cesprojets relaonnels en se laissant vivre comme on le souhaite et non commela société de consommaon l’impose. Ils proposent un changement. Cechangement crée un quodien plus durable, par exemple en diminuantles dépenses matérielles ou énergéques. Il faut souhaiter que les futurshabitants des projets de promoon (Globe (5) et Biplan (7)) suivent cechangement visiblement possible. La solidarité et la collecvité sembleréellement porter de nouvelles iniaves comme consommer moins, mieuxet autrement par et grâce au groupe.4.97


98.4• L’ouverture vers l’extérieurLes projets de Wavreille (1) et davantage celui de Brutopia (6) sont lesdeux cas les plus tournés sur le quarer. Les projets proposent des fonconsouvertes au voisinage. Le four à pain de Wavreille (1) ne répond pas à ungrand besoin du quarer mais permet un lien vers des erces personnes. Lescommerces du Brutopia (6) sont, eux, une ouverture et un partage possiblesavec le quarer. Les projets de Virginal (2) et Ognies (4) proposent ouproposeront, des acvités (concerts, spectables, cours de sport, etc.)ouvertes également au public. A l’opposé, le projet Globe (5) avec unesurface professionnelle n’a pas pour objecf de créer un lien privilégié avecle quarer. Cependant tous les habitants, excepté ceux encore inconnusde Globe (5) et Biplan (6), souennent une ouverture vers l’extérieur pouréviter un enfermement sectaire.Mundo-b (8) organisent également des acvités ouvertes au publicmais il y a très peu de réponse de la part du quarer. Cee difficulté pourcréer des relaons souligne la complexité d’abour à de la mixité entredes populaons différentes, avec des acvités et des objecfs tout aussiéloignés.• Une concepon-réalisaon longueL’expérience partagée avec les habitants met en évidence la duréenécessaire pour abour au projet ainsi que les efforts ules pour développeret créer le projet. Par exemple, après la construcon, les habitants d’Ognies(4) témoignent d’un épuisement général. Ils prennent le temps de «rechargerleurs baeries» pour reprendre un quodien ambieux en projets divers.L’avantage de la promoon se fait senr sur ce point. Les habitants de cesprojets (Globe (5) et Biplan (7)) n’auront pas dû subir ce temps long de laconcepon et réalisaon. Cependant, comme déjà énoncée dans le travail,cee tâche, parfois lourde de la créaon du projet, semble importante.• Une communicaon en réseauTous les habitants, excepté Globe (5) et Biplan (7), ont créé un siteinternet. Formant un réseau et se connaissant entre eux, les habitantspartagent leurs expériences. Les quarers durables (9) possèdent égalementun site internet pour se maintenir en lien et savoir qu’ils ne sont pas seuls àproposer d’autres fonconnements. Cependant, les projets de Globe (5) etBiplan (7) possèdent également un site internet. L’objecf financier de cessites (se faire connaitre et vendre plus facilement) s’oppose à l’objecf socialdes autres projets.• La pérennité des dynamiques des projetsLa pérennité de certaines dynamiques des projets étudiés peut êtremise en queson. On pense au projet de Virginal (2) surtout où, par manqued’intergénéraonnalité, nous l’avons énoncé, la dynamique communepourrait «vieillir» avec le groupe. Cee pérennité peut également êtrequesonnée dans le projet Globe (5) dans lequel les habitants vont avoirplus de difficulté à instaurer une réelle philosophie de vie écologique, parexemple, dans l’immeuble. Il nous est impossible d’assurer la pérennité desprojets car la dynamique entre les habitants pourrait se maintenir avec lesobjecfs du projet ou au contraire disparaitre.Le projet de Sart Saint-Nicolas nous montre que sur les 14 entés,aujourd’hui, neuf prennent réellement part à la dynamique de l’habitatgroupé. L’arrivée de nouveaux habitants (11 entés) semble se faire demanière naturelle, comme un cycle généraonnel. Ceux-ci partagent engénéral les mêmes modes de vie.Les quarers durables bruxellois (9) sont «jeunes» mais mainennentdes acvités. Pour se faire une idée de la pérennité de ce type de projet,penchons-nous, par exemple, sur des cas étrangers plus anciens. Certainspays européens ont développé des quarers durables depuis plusieursannées. Nous pourrions voir comment, pourquoi et si de tels quarers sont


toujours en acvité. Pour cela, nous pouvons, par exemple, observer lequarer de Hedebygade à Copenhague, vieux de dix ans, qui n’a visiblementpas su garder sa dynamique d’autrefois. Ce projet est cependant différentdes quarers durables bruxellois par son acon sur le bâ et par l’iniavedes autorités publiques. Il y a 20 ans, la ville voulait restaurer des quarersdu centre-ville, dont celui de Hegebygade, avec ses habitants. Les jeuneshabitants étudiants ont donc pris part au projet de restauraon en 1991avec une idée de développement durable. Le début des travaux ne s’est faitque fin des années 1990 pour se terminer début 2000. Des idées soutenuesaujourd’hui par les quarers durables avaient été mises en place, comme lageson des déchets, des eaux pluviales, des espaces verts, de l’énergie, etc.Alors qu’à cee époque les aides publiques étaient importantes, aujourd’hui,le quarer de Hedebygade n’apparait pas si durable économiquement,écologiquement et socialement que prédit. Une mauvaise ulisaon destechniques, mais aussi une mauvaise adaptaon des techniques aux modesde vie des habitants font pare des causes de l’échec. « Les architectes n’ontpas assez tenu compte de leur vie quodienne. » 85 témoigne un habitant.Une autre ajoute : « On a eu des panneaux solaires mais il a fallu réclamerpendant deux ans l’installaon de séchoirs à linge. […] Nous ne sommes pasassez écoutés » 86 . La dynamique lors de l’élaboraon du projet a disparu,de même que la plupart des habitants fondateurs du projet. La rénovaonavait pourtant permis un meilleur confort de vie dans des logements souséquipés.Aujourd’hui, l’aide publique à la base du projet a diminué et lespopulaons n’ont plus su, sauf excepon, subvenir à leurs besoins dans leslogements. Avec la monté des prix des logements, les occupants ont étéremplacés par une populaon ne semblant pas s’intéresser, ou peu, à unmode de vie plus durable et collecve. Le jardin collecf s’est individualisé,l’espace commun s’est transformé en espace locaf mais l’espace pour le trides déchets a lui été maintenu. Cet exemple illustre la difficulté à pérenniserdes dynamiques, surtout quand d’autres facteurs viennent les court-circuiter,comme ici la pression immobilière montante, entre autre.Ce phénomène souligne plusieurs aspects défendus par les projets étudiésdans le travail. Tout d’abord, la parcipaon des habitants avec les instancespubliques n’a été que parelle et non complète. L’aenon ne semble pasavoir porté sur leurs façons de vivre au quodien, leurs movaons etleurs objecfs. Ensuite, la pérennité de la dynamique semble mise à malpar l’absence d’autopromoon et d’autogeson. Dirigé par une instancepublique, le projet s’est vu court-circuité par des autorités préférant larentabilité économique (en soutenant la venue d’une populaon plus aisée),plutôt qu’une cohésion et une collaboraon sociale et environnementale.L’absence d’implicaon des habitants et de démocrasaon a empêché lamise en place d’une dynamique réellement soutenable, économiquement,écologiquement et socialement.4.9985 hp://www.terra-economica.info86 hp://www.terra-economica.infoGarde d’enfants collecve à Virginal (2)


.41004.4 Conclusion de l’analyse« La simplicité et les rapports sociaux, c’est développerdurablement. Réduire la consommaon c’est plussimple et plus durable ! Si tout le monde pouvait êtreplus raisonnable et réfléchir à ses besoins et non pas auxbesoins supposés...alors tout le monde pourrait vivreplus durablement»Olivier« Ce projet montre la force du partenariat, de la geson collecve, de ladémocrae parcipave et d’une diminuon des coûts au maximum. Oncombine habitat collecf (social), construcon passive (environnement) etaccès à la propriété et au logement (économique).»Lorella PazienzaWavreille (1)Virginal (2)Rue Fin (3) Ognies (4)« C’est en tous cas un choix alternafau modèle de la société individualisteactuelle, non durable. On a aussirevalorisé un bâment ancien. On vientrecréer un ssu où il disparaissait. »Bénédicte Dossin


« Pour les habitants de Buzet, le terme « habitat groupé» ne devrait pas exister. L’idée est de recréer un ssu, desliens car les liens de qualité n’existent plus. Pour eux, ilsjouent aux assistants sociaux en proposant une entraide eten tentant de recréer ce qui a disparu.»Un habitant de BuzetGlobe (5) Brutopia (6) Biplan (7)« Idéalement, habiter c’est quelque chose d’importantdans la vie donc forcement il faut veiller à ce que cethabitat corresponde à une demande actuelle et àun développement durable. L’enjeu du durable c’estd’aussi répondre aux besoins réels. »Esther Jakober« J’ai eu la chance de parciper aucalcul du bilan carbone sur le territoired’une Commune bruxelloise. De ceeétude on a reré la part des émissionsliées aux comportements (les achats,les modes de consommaon deshabitants, etc.) parce qu’ils prenaientune place tellement importante quedes thèmes comme la mobilité oule logement en devenaient un peutrop minimes dans les résultats. LaCommune avait peur que les gensse disent «la mobilité et le logementça ne représente pas grand-chose, ilne faut pas agir là-dessus » et qu’ilslaissent ça de coté...Tout ça pour direque si on a une maison passive maishabitée par des personnes qui ne sontpas du tout sensibilisées à un mode devie et de comportement différent, cesera plus nocif, avec plus d’impact surl’environnement, que des personnesqui sont consciensées, sensibiliséesà avoir une vie plus responsable dansune maison qui n’est pas forcementpassive ou basse énergie. Je penseque la parcipaon et surtout laparcipaon pour aller vers une plusgrande responsabilisaon de la partdes habitants est essenelle pourl’habitat durable. »Fabien Bourdeau4.101


.5104La parcipaon entre les futurs usagers et l’architecte souligne uneresponsabilisaon et une consciensaon dans l’habitat. Le rôle del’architecte n’est pas d’agir en temps qu’expert seulement, mais biend’écouter, de proposer, d’inventer un mode de vie plus soutenable.Les enjeux énvironnementaux, économiques et sociaux apparaissentinévitablement liés. Les projets étudiés montrent des failles dans cesimpérafs, par une réponse inachevée, ou au contraire dominatrice, à l’unde ces trois piliers.En n’assurant pas cet équilibre, le projet n’apparait que parellementsoutenable. L’exemple de Virginal (2) le confirme où l’aenon a davantageporté sur l’économie et la cohésion sociale. L’environnement apparaitcomme un objecf secondaire. En étudiant le bilan global, la durabilité duprojet pourrait être mise à mal par ce manque.Le projet Globe (5) a soutenu avec force les piliers environnemental etéconomique. Sa durabilité est affaiblie par le désintérêt du pilier social. Mêmepar l’adopon d’une technique moins énergivore et plus économique, rienn’indique qu’un changement dans la manière de vivre va réellement êtrefait. Il n’y a aucune parcipaon souhaitée, que ce soit pour la conceponou la geson du bâment.Le projet Biplan (7) a, lui, tenté d’instaurer, voire d’imposer, ce changementde manière de vivre. Les concepteurs ont voulu adopter des techniques etdes procédés écologiquement et économiquement intéressants tout ensoutenant un quodien mutualisé et collecf. Par un manque de parcipaon,de programmaon adaptée et de responsabilisaon des choix, la durabilitévoire le bon fonconnement du projet, sont mis à mal.Les projets de Wavreille (1) et d’Ogines (4) tentent un équilibre entreles trois piliers. Par une consciensaon et une autre consommaon,les habitants se responsabilisent pour tenter de rendre plus soutenableleur quodien. Bien qu’il y ait des éléments discutables dans les projets,l’ensemble apparaît cohérent.Le projet Brutopia (6) semble également équilibré. Cependant, la cohésionsociale du groupe apparait sensiblement moins forte que les intérêtséconomique et environnemental. Bien que tous s’idenfient au mêmegroupe, leur nombre important tend à diviser sa cohésion. Un minimum de27 entés sous-entend une cinquantaine d’adultes avec ou sans enfant. Parla séparaon en une dizaine de groupes de travail différents (“architecture”,“financement”, “communauté”, etc.) lors de la concepon du projet, on peutse poser la queson de savoir si chacun se sent responsable et conscientdes choix faits par le projet, lors de la concepon et de la future gesonquodienne.Il apparait évident que l’analyse de tout projet architectural doit se faireselon ces trois enjeux. Les piliers environnemental et social sont, selon moi,capitaux et des moteurs pour un réel changement. Le pilier économique,représentant l’acon du social sur l’environnement, se doit d’être modifié,innové pour rendre l’ensemble soutenable.Pour conclure, revenons sur le tre du travail «La parcpaon, moteurd’un habitat durable». Les acons DURABLES proposées entre l’homme (lesocio-système) et son milieu (l’éco-système) ne sont pas que économiqueset synonyme de consommaon du second par le premier. A travers lesdifférentes étapes de concepon et de réalisaon, différentes valeurset liens sont établis (bien-être, entraide, partage des valeurs, écologie,recherche pour s’adapter au milieu, historique, esthéque, etc.). Beaucoupde ces valeurs sont certes liées, mais chacune d’elles touche à des intérêtsdivers, autre qu’uniquement l’économie, la consommaon et la producon.Ces intérêts montrent somme toute qu’un indicateur de qualité de vie, autreque la prospérité financière, est possible.Venons-en ensuite à l’HABITAT. Nous l’avons vu, les projets proposent desespaces, des foncons et des connexions différents. Tous varient selon lescritères d’implantaon (en deux blocs de bament connectés par un jardin


commun ou privé, en un bament unique avec jardin en fond de parcelle,etc.), des surfaces voulues et construites (rélfexions ou non sur ses besoins,quelles foncons à partager pour diminuer la surface individuelle, etc.), desmatériaux de mise en œuvre (matériaux écologiques et durables divers) etdes espaces communs (allant des foncons collecves à des foncons plusprivasées, cfr. figure ci-dessous).Terminons par la PARTICIPATION et ce qu’elle permet de développer ausein de l’habitat. Nous l’avons vu tout au long de ce travail, la parcipaonprésente et/ou future entre acteurs est proposée de manière différente.Elle va permere des décisions, acons et une idée plus ou moins grande degroupe (groupe entendu comme un système, différent d’une enté seule).Nous pouvons souligner que cee parcipaon met en place :-Une responsabilisaon de chacun : tous sont responsables de leurs choixet acons individuels et collecfs. Chaque membre parcipant acquiert uneplace depuis laquelle il peut amener quelque chose (une réflexion, un avis,une volonté, etc.)-Une démocrasaon parcipave : les décisions sont discutées, acceptéesou non.-Une éducaon (co-éducaon) des acteurs : les acteurs peuvent s’échangerdes savoirs et expériences, meent en place des discussions et criques.C’est un apport de chacun pour tous (le cas de la rue Fin traduit davantagecee co-éducaon).-Une programmaon plus réfléchie : au moyen des discussions et réflexions,une évaluaon des besoins réels peut se faire. Cee évaluaon est égalementcomparée aux besoins des autres habitants. Dans cee programmaon, laséparaon entre le privé et le commun est établie. « Qu’est-ce qu’on peutpartager et qu’est ce qu’on garde chez nous ? »-Une mutualisaon : il y a mutualisaon de certaines foncons et espaces.Le degré de partage va cependant être différent chez chacun. Cependant,tous ont la volonté d’uliser, de consommer à plusieurs. Cee mutualisaonapporte un nouvel objecf dans l’habitat, un nouveau quesonnement surles foncons dans le logement.-Une solidarité : il y a le souen d’entraide dans la construcon des logements(pour les projets d’auto-promoon) et un souen de conseils entre les futurshabitants. Cee solidarité se rencontre également au quodien. Ceci neveut pas pour autant dire qu’il y a une vie communautaire, mais un partagepour certaines acons uniquement.-Une parcipaon entre plusieurs acteurs : les futurs habitants et habitantsparcipent entre eux. D’autres acteurs viennent cependant se greffer, commel’architecte et le promoteur. L’architecture acquiert un rôle d’éducaon parle transfert de son savoir/expérience, un « devoir » de responsabilisaonet de démocrasaon. Le promoteur se devrait probablement de laisserdes possibilités aux futurs acquéreurs de s’adapter, lui permere de fairedes choix dans l’ulisaon de son logement. L’acheteur pourrait égalementêtre responsabilisé et consciensé, comme le propose Biplan par unaccompagnement du groupe pour lui permere d’apprivoiser l’habitat.Enfin, les acteurs rencontrés défendent un discours durables et desapplicaons très diverses. Une tendance au « moins de bien plus de liens» se manifeste, engendrant une volonté de diminuer la consommaon, etd’augmenter la parcipaon. Chacun défend un senment de responsabilitéde soi, de l’autre, de l’habitat. Les projets tentent de soutenir une iniavecollecve et non une compéon. Les informaons recueillies ont éténombreuses (ce qui a pu élargir la réflexion) mais tous ont soulevés deséléments récurent. Ce travail m’a permis de voir des manières de vivrediverses poussant la réflexion sur « comment habiter aujourd’hui ? »5.105


6 BibliographieLivres- B P, Ecoquarers en Europe, Mens, Terre vivante, 2009- BB, Vert Bruxelles architectures à suivre, Bruxelles, Racine,2009- C F, Les connexions invisibles, Monaco, Edions du Rocher,2002- C-V C et O P, L’urbanismedurable Concevoir un écoquarer, Paris, Le moniteur, 2009- D P, L’homme et sa maison, Paris, Gallimard, 1972- D B, Architecture écologique et durable, quesond’architecture, Bruxelles, ISACF La Cambre architecture, 2007Deprez Bernard, IBruxelles Built in Green, à paraître pour BruxellesEnvironnement, 43p.- D A-M, Les nouveaux utopistes du développementdurable, Paris, Autrement, 2002- D E, De la division du travail social, Paris, PressesUniversitaires France, 1967, traduit en version numérique par leprofesseur de sociologie Tremblay Jean-Marie, 2008, sur hp://classiques.uqac.ca- E N, La société des individus, Paris, Fayard, 1991- F R, Les deux âmes de l’écologie, Paris, l’Harmaan, 2008- G A, Maisons passives, Paris, L’Inédite, 2008- J F, Vers un nouvel habitat, Bruxelles, Aparté, 2010- L G C, Habitat groupé, Ecologie, parcipaon,convivialité, Mens, Terre vivante, 2008- L E, Une écologie du bonheur, Paris, Le pommier, 2009- P-M J, La maison, espace social, Paris, Espace etliberté, 1983- P C, La ville écologique : contribuons pour une architecturedurable. A.S Architecture-Studio , Paris, Archives d’ArchitectureModerne, 2009- P M, Développement durable, un avenir à faire soi-même,Paris, Le pommier, 2010- S C, Le concept de développement durable : l’exempledes villes françaises, Paris L’Harmaan, 2003- Vanneste Dominique, Le logement en Belgique, enquête socioéconomique2001, Direcon générale stasque et informaonéconomique, 2007- Z E, Le développement durable, dynamique et constuond’un projet, Bruxelles-Berne-Berlin, Ecopolis, 2002Documents- H , Grille d’analyse de la durabilité de votreprojet d’habitat groupé, 2010- L C ’ ,Notre avenir à tous (Our Common Future), Oxford, New York, 1987(Rapport B)- L B F P, Rapports fédéral sur le développementdurable, accélérer les transions vers un développement durable,décembre 2007 sur hp://sustdev.plan.be- L R, Halte à la croissance (The limits of Growth), 1972(Rapport M)- L I PANI, Rapport Stratégique surla protecon sociale et l’inclusionsociale 2006-2008, Plan d’AconNaonal Inclusion Sociale, Bruxelles, Septembre 2006- OCDE, Développement durable, Quelles poliques ?, Paris, OCDE,2001- ONU, Earth Summit Agenda 21, The United Naons Programme ofAcon From Rio, Genève, United Naons Publicaons, 1993- UICN, WWF et PNUE, Sauver la planète, stratégie pour l’avenir de lavie, New York, ONU, 1991- URB, Sustainable Check-up et Mémento pour les Quarers Durables :deux ouls d’aide à la concepon de Quarer Durables en RégionBruxelles Capitale, Bruxelles, Bruxelles Environnement, 20096.107


.6108Arcles- B O, Economiser l’énergie : on y croit mais on n’agit pas, 7avril 2007 sur www.developpementdurable.be- B J, D J-L M F-R,A la recherche du développement socialement durable :concepts fondamentaux et principes de base, 2010 sur hp://developpementdurable.revues.org- be.passive, Labels 05, Octobre-novembre-décembre 2010, p.60-63- D A, Une lente prise de conscience, dans Science et vien°243 hors série, Construire un monde durable, p 143, juin 2008- D B, Architecture contre durabilité ? Contre… tout contre! in L , l’instut supérieurd’architecture de la communauté française-La Cambre, Bruxelles,décembre 2007- D B, Dérèglement climaque : il faut passer de lapeur au projet sur hp://www.lalibre.be/arcle_print.phtml?art_id=332924- D B, Durabilité : lost in translaon ?, Les nouvelles dupatrimoine, n°113, juillet-août-septembre, 2006- Gleizes J , Et si le club de Rome avait eu raison … en avance ?,2003 sur hp://www.dossiersdunet.com- K M, Re-emphasing sustainable development-The conceptof Evoluonability, on living chances, equity ans good heritage,Zurich, 2003- L L E, Le Développement durable vu par les européens: tendances (et idées reçues), 12 juillet 2010 sur hp://www.developpementdurable.be- L M, L’habitat parcipaf en mode écolo, Vendredi 29 octobre2010- L P, Propriétaires, unissez-vous, Le soir 30 septembre2010- L , Voyage en Pentagonie,2029, l’avenir du quodien, n°7, Bruxelles, L’instut supérieurd’architecture de la communauté française-La Cambre, décembre2008- M J-M, Qu’y a-t-il donc dans le rapport du club deRome ?, 2003 sur hp://www.manicore.com- R B, Entre responsabilisaon et individualisaon : lesévoluons de l’engagement associaf, paru dans la revue «Liensocial et poliques» sur le thème : Engagement social et poliquedans le parcours de vie, 2004- R N, Entreen avec Michel Puech : autour dudéveloppement durable, un avenir à faire soi-même, 2010 sur hp://www.actu-philosophie.com- S L B C, A la recherche de ladimension sociale du développement durable, 2004 sur hp://developpementdurable.revues.org- S I, Le développement durable, une nouvelleapproche ?, dans Alliage n°40, 1999- T G, Une généalogie de l’individualisme possessif,Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi, de Robert Castelet Claudine Haroch, 2003 sur hp://www.melissa.ens-cachan.fMémoires- T A, Se baser sur l’habitat groupé pour imaginer lesnouvelles formes d’habiter ? , Université de Nantes, 2009- G L, S’approprier la maison bruxelloise pour y vivregroupé, ISACF La Cambre architecture, 2008- H J-S, Sart saint Nicolas, ISACF La Cambrearchitecture, 2006Notes de conférences- Café-réno : l’habitat groupé à Bruxelles, une alternave au logementindividuel, organisé par le Centre urbain ASBL à Bruxelles le 21


Sites internet- hp://statbel.fgov.be- hp://www.bruxellesenvironnement.be- hp://www.ladecroissance.net- hp://www.developpementdurable.be- hp://www.habitat-parcipaon.be/- hp://www.habitat-groupe.be/- hp://www.ibgebim.be/Le Hameau à Wavreille :- hp://habitat-groupe-a-wavreille.skynetblogs.beL’Espoir rue Fin à Molenbeek :- hp://www.carnoy-crayon.be- hp://bonnevie.vgc.be/fr/bonnevie.asp- hp://espoirmolenbeek.blogspot.com- hp://www.cire.irisnet.be- hp://www.fondsdulogement.beLa Tarlatane à Virginal :- hp://www.tarlatane.beBois del terre à Ognies :- hp://boisdelterre.blogspot.com- hp://www.bureaucoupez.be/galerie/101-g-habitats-groupesBrutopia à Forest :- hp://brutopia.wordpress.com/Biplan :- hp://www. Biplan.be- hp://www.jeanpaulhermant.be/Mundo-b :- hp://www.ecolog.be/- hp://www.mundo-b.org/Quarers durables bruxellois :- hp://www.ERU-urbanisme.be/- hp://www.bruxellesenvironnement.be- hp://www.oxy-durable.be- hp://www.broebelair.be- hp://helmetqddw.blogspot.com/- hp://www.selpinoy.be/- hp://www.citeforestvert.be/La ferme de Buzet :- hp://fermedebuzet.over-blog.com/A tous vents à Gembloux:- hp://www.aar-c.be/?p=equipe&id=1Autres quarers durables :- hp://www.terra-economica.inf6.109


.6110octobre 2010- Conférence de l’architecte Pierre DERU, Atelier architecture etdéveloppement durable : Comment aborder le projet architecturalen habitat groupé ?, organisé par Habitat et parcipaon lors dusalon de l’habitat groupé à Louvain-la-Neuve le 25 avril 2010Reportages vidéoHabitat et parcipaonRue Fin- hp://www.dailymoon.com/video/xd3u3v_salon-de-l-habitatgroupe-a-lln_lifestyle- hp://www.telebruxelles.net/portail/emissions/les-journaux/le-journal/11467-170910-qlespoirq-une-nouvelle-maniere-deconstruire-Biplan- hp://www.dailymoon.com/video/xcyx_le- Biplan-interviewclaude-rener_lifestyle- hp://www.dailymoon.com/video/xcyhzm_le- Biplan-1-introducon_lifestyle- hp://www.dailymoon.com/video/xd4r5j_ Biplan-l-isolaon_lifestyleQuarers durables- hp://www.dailymoon.com/video/x9o2lu_jardin-collecf-detours-taxi-a-br_lifestyle


7 Exemples de chartesCes exemples de charte sont publiés sur les sites des habitats groupés ou del’ASBL Habitat et Parcipaon.7.1 Charte de l’habitat groupé le Verger à Temploux 87PROJET de CHARTEpour le « V.E.R.G.E.R. »HABITAT GROUPÉ ÉCOLOGIQUE, à 5020 TEMPLOUXInié par Francis BUSIGNY, en 2002, le projet d’habitat groupé, clos convivial etécologique, portait au départ le nom de «G.E.D.E.R.» : Geson durable de I’Eau,recyclage des Déchets en permaculture et ulisaon des Énergies Renouvelables.Le projet proposé vise donc le respect de l’environnement dans toutes sescomposantes, en priorité la geson durable de l’eau.Son implantaon à TEMPLOUX (village à 10 Km du centre de NAMUR), dans unverger de 80 ares environ (à l’angle des rues Saint-Antoine et Lieutenant-ColonelManniee), a conduit le groupe des 9 (futurs) propriétaires qui se sont ralliés auxbuts de Francis BUSIGNY, à choisir le nouveau nom de « V.E.R.G.E.R.» (significaonderrière chaque iniale : voir, ci-dessous,1. Les VALEURS qui SOUS-TENDENT NOTRE PROJET COMMUN)Ce site consiste donc en : - 9 parcelles privaves (5 ares, en moyenne) : habitaonsavec jardin ;- un verger commun (35 ares, environ), avec 2 mares.1. 2. PROJET et COMMUNIl s’agit donc bien d’un PROJET COMMUN qui :- pour être PROJET doit être commun, partagé : ce n’est que nourri par lavolonté et le désir de chacunqu’il existera ...- pour être COMMUN doit être projet : pour que ce qui concerne et préoccupechacun de nous s’inscrive dans la réalité, il faut un « contenant » à nos désirs.Il s’agit donc bien de s’engager personnellement pour que les priorités résuméesderrière les iniales V.E.R.G.E.R. soient respectées, mûries, embellies, …1. 3. 3 ATTITUDES87 hp://www.habitat-groupe.be/chartes.htmComme l’a écrit Daniel CAUCHY : Adoptons une atude construcviste :la mulplicité des choix garant qu’un système est adaptableet, pour ce qui concerne les êtres humains, qu’il est sain ;remplaçons la noon d’objecvité par celle de responsabilité. Adoptons une atude de coopéraon :inventons des « jeux » à somme nulle ;si « je gagne » quelque chose, je m’assure que, toi aussi, « tu gagnes » ;pour chaque décision, recherchons celle qui va avantager égalementles autres personnes avec lesquelles « je joue ». Adoptons enfin une atude de quesonnement :privilégions les quesons plutôt que les réponses,le dynamisme du chemin plutôt que la certude du but ...Retrouvons-nous au V.E.R.G.E.R. pour y vivre « ensemble, chacun chez soi »,en partageant le projet d’enraciner dans la réalité de la terre l’éthique d’unquodien écologique !2. Une CHARTEPourquoi une charte ?Une charte, c’est une loi, une règle fondamentale qui se rapporte à l’essenel, quifonde un projet, le protège et garant à chaque parcipant d’y être « sujet ».1. Les VALEURS qui SOUS-TENDENT NOTRE PROJET COMMUNDerrière chaque iniale du « V.E.R.G.E.R. », nous pouvons synthéser les valeursdont nous voulons que notre projet soit porteur :V. comme Vie simple, naturelle et de qualitéSobriété, éco-consommaon.Recours aux ressources naturelles.Recherche de cohérence, d’équilibre entre inmité et convivialité.E. comme Energies renouvelablesUne énergie renouvelable (É. R.) est une énergie ulequi provient de la transformaon d’une source renouvelabled’énergie (S. R. É.).Les sources renouvelables d’énergie sont des sources naturelles,non fossiles,qui ne s’épuisent pas par leur ulisaon.7.


.6112Parmi les principales : l’éolien, le solaire, la géothermie,l’hydroélectrique, la biomasse.R. comme Respect de l’environnementG. comme Geson de l’eauUlisaon raonnelle.Toilees sèches vivement souhaitées (ou au minimum lagunage),compostage, assainissement des eaux usées (grises), depréférence, sans producon d’eaux fécales (= brunes, noires).E. comme Eco-bioconstruconRecours aux services d’un géo-biologue.Orientaon opmale de chaque maison.Construcon au prix du « tradionnel ».Ulisaon de matériaux naturels, « respirants » (extérieur etintérieur).Isolaon acousque et thermique soignée.Bonne inere thermique (accumulaon de calories).Installaon électrique saine.R. comme Recyclage des déchetsPrévenon, limitaon et tri sélecf.Compostage, permaculture (couverture du sol).2. La GESTION de NOTRE PROJET COMMUN2. 1. PRINCIPESLes habitants du V.E.R.G.E.R se proposent de tendre à la réalisaon de principesliés à l’écologieau sens large, ce qui implique :• le respect de la diversité des approches culturelles, philosophiques etspirituelles de la Vie ;• un mode de geson construcf des différends et des conflits (voirDaniel CAUCHY, plus haut) ;• un processus de décision parcipaf et transparent, avec une responsabilitéstructurelle et administrave par mandats renouvelables (voir plus loin) ;• une structure juridique qui permee de maintenir le type de propriété etle mode de fonconnement, malgré les changements d'occupants ou deparcipaons financières.Le projet devrait permere à des personnes disposant de ressources limitéesd'accéder à la terre et à un toit,à des condions abordables. Ainsi, les personnes qui ne seraient pas en mesurede financer la totalité de leur quote-part du projet, pourraient combler leurmanque de moyens par une parcipaon acve (force de travail manuel ouintellectuel) dans l'auto-construcon des habitaons, la geson et l'entreen,le fonconnement des biens et des équipements collecfs, … Pour ce faire, unsystème d’échange de services sera proposé.2. 2. MATIÈRES• approbaon de la personne d'un nouvel occupant (et de sa famille), en cas devente ou de locaond'une habitaon et/ ou d'un jardin ;• organisaon des tâches et des décisions concernant l’aménagement,l’affectaon et l’entreendes pares communes ;• décisions concernant la présence d’animaux sur la pare commune ;• geson d’un compte commun, des décisions quant à son approvisionnement età son affectaon ;• organisaon d’un système d’échange de services ;• organisaon éventuelle d’acvités ou d'événements privés sur la parecommune ;• organisaon éventuelle d’acvités ou d'événements par l’ensemble ou par unepare des habitantsdu V.E.R.G.E.R.(notamment des visites du site, par souci d'ouverture et d'éducaonpermanente à l'écologie).Et dans la phase de mise en place du projet :• décisions concernant la construcon des habitaons et les aménagements desespaces communs,en concertaon avec l’architecte.2. 3. INSTANCES de DÉCISIONSL'Assemblée Générale annuelleL’Assemblée Générale se compose de tous les habitants du V.E.R.G.E.R. âgés de16 ans au moins.Elle élit un Comité de Geson, à la majorité des 2/3.Le Comité de GesonPour organiser le processus décisionnel, concernant la geson de notre projetcommun dans le respectdes principes énumérés plus hauts, les habitants du V.E.R.G.E.R. désignent unComité de Geson.Ce dernier est élu par l’Assemblée Générale, pour une durée d’ 1 an


La présence d’au moins 1 membre par habitaon y est alors requise.Assemblée Générale annuelle1 fois par an, le Comité de Geson convoque l’Assemblée Générale deshabitants du V.E.R.G.E.R.,pour la discussion de points d’actualité en maère de geson de notre projetcommun (point 2. 2.).La présence de tous les habitants est requise à cee réunion générale annuelle.Celle-ci a pour objet :- d’élire le Comité de Geson ;- d’approuver les comptes ;- de faire le point sur l’année écoulée ;- de discuter les projets à mere sur pied pour l’année suivante.2. 7. PRISES de DÉCISIONSLes décisions se prennent de préférence par consensus. En cas de désaccord, ellessont soumises à un vote.2. 8. VOTES• Nécessitent un vote à la majorité des 2/3 par l’ensemble des propriétaires (oulocataires mandatés) présents ou représentés via procuraon (1 personne parhabitaon) les décisions concernant :- tout amendement (ajout, suppression, modificaon, …) de la présentecharte ;- l’affectaon, l’aménagement et le type d’entreen des pares communes ;- l’approvisionnement et les affectaons du compte commun ;- une dépense extraordinaire par habitaon, non couverte par le comptecommun ;- l’adopon d’un système de compensaon, consécuf au non respectd’engagements prisdans la réparon des tâches communes et dans la parcipaon financière dechacun(e).• Nécessitent un vote à la majorité des 2/3 par l’Assemblée Générale deshabitantsles décisions concernant :- l’élecon des membres du Comité de Geson ;- l’adopon d’un système d’échange de services ;- l’organisaon et la réparon des tâches communes ;- l’organisaon d’acvités ou d’événements privés sur la pare commune ;l’organisaon d’acvitésou d’événements par l’ensemble ou par une pare des habitants duV.E.R.G.E.R.,notamment des visites du site, par souci d’ouverture et d’éducaonpermanente à l’écologie.(la parcipaon aux acvités du V.E.R.G.E.R. reste toujours le libre choix dechacun) ;- la présence d’animaux sur la pare commune ;- la parcipaon éventuelle à des événements extérieurs.Pour pallier à la constuon d’une minorité de blocage, le vote sera déclarévalable, même si 1 ou plusieurs habitant(s) est (sont) absent(s) à une réunion oune s’y est (sont) pas fait représenter (via procuraon).2. 9. La GESTION des CONFLITSSi un conflit concernant la geson du projet commun ne trouve pas de soluonau sein de l’Assemblée Générale des habitants, elle fait appel aux services d’unmédiateur extérieur. Celui-ci aura pour missionde faciliter la résoluon du conflit, afin d’éviter le recours à une procédurejudiciaire.Approuvé et signé à 5020 TEMPLOUX, le 7 décembre 2004Les habitants7.


7.2 Charte de l’habitat groupé de la ferme de Buzet 88Notre Charte de vie communePuisqu’il y a autant de types d’habitats-groupés qu’il existe de projets d’HG, nousdésirons présenter la philosophie de notre projet. Voici le contenu de notre Chartecommune, qui fait pare intégrante de l’acte notarial de créaon de notre copropriété:ARTICLE 47 - REPRODUCTION DE LA CHARTE FONDATRICE – PORTEE JURIDIQUE1.- La Charte fondatrice du projet d’habitat groupé s’énonce comme suit : «Le projetd’habitat groupéconcerne au départ la transformaon d’une ancienne ferme située rue de Malonne,n°11 à Buzet en huit habitaons avec jardins privafs, d’une maison, d’une couret d’infrastructures communes et d’un terrain d’environ deux hectares communégalement.»Des valeurs à la base :1. L’habitat groupé se veut convivial. Vivre ensemble favorise l’émergence de projetsindividuels et collecfs.2. Nous souhaitons pouvoir effectuer un maximum des choix individuels librestout en étant dans une dynamique de mutualisaon et de projets communs. Nousfavorisons l’entraide, les rencontres et les échanges au quodien tout en respectantla vie privée, l’espace et l’identé de chacun.3. Soucieux de l’environnement, le groupe tend à adopter un mode de consommaonécologiquement responsable. Il vise par le groupement des maisons une ulisaonplus raonnelle de l’espace et des ressources.4. L’habitat groupé veille à culver des relaons harmonieuses avec le voisinage et seveut ouvert sur l’extérieur : relié au village et au monde, il cherche à s’ y ’impliquer.5. Des règles de vie commune, des buts à aeindre. Outre les règles inscrites dansl’acte de base,a) Le groupe se réuni régulièrement. Tous les habitants s’engagent à être présentsaux réunions le plus possible. Il est hautement souhaitable que chaque enté y soitreprésentée. Le groupe veillera à l’équilibre des genres au sein des réunions.b) Le groupe a la volonté de rechercher un consensus, de prime abord, pour toute prise88 hp://fermedebuzet.over-blog.com/de décision. Le groupe met tout en œuvre afin que, même s’il reste des frustraons,les aspiraons et souhaits personnels soient entendus. Ceci étant donné que tousdésirent que chacun se sente bien dans l’habitat groupé. c) Afin que chacun puisses’exprimer, le groupe favorise l’usage de moyens de communicaon diversifiés. Encas de désaccords et de conflits interpersonnels, les habitants concernés tententde résoudre le problème entre eux. Chaque réunion sera précédée d’un « tour desressens » : chaque personne exprime un bref ressen sans que débat s’ensuive.Chaque personne sera animateur ou secrétaire de réunion à tour de rôle.d) En cas de «blocage» ou de «conflit» autour d’une décision à prendre, le groupeenvisage une médiaon par une personne extérieure neutre, éventuellement d’unautre habitat groupé, avant de passer à la procédure légale.e) Les adultes de l’HG sont des personnes responsables vis-à-vis des enfants présents,mais les règles existantes au sein de chaque enté doivent être respectées par tousceux qui s’y trouvent.f) Les copropriétaires organiseront un «conseil des enfants.6. Le groupe n’est lié à aucune tendance polique, religieuse ou philosophique defaçon exclusive.7. Chacun des membres du groupe est responsable du patrimoine commun etdes intérêts de la collecvité. Il s’engage à prendre part aux tâches concernantl’organisaon, l’entreen et l’aménagement des pares communes.8. Le groupe recherche un système de services à la collecvité qui soit justeet profitable à chacun. Ce système inclura des taches obligatoires réaliséeséquitablement par tous (comptabilité des heures) et du travail plus spontané. Lesystème doit permere de s’adapter aux aléas de l’existence pour prévenir tous lesécueils liés à des processus trop rigides.9. Le terrain est un espace commun permeant la créaon de nombreux projetsindividuels, communs ou en groupe plus restreints tel qu’un espace de jeu, un espacede culture, etc; ceux-ci ne seront appliqués qu’après le consentement des autresconformément aux disposions énoncées dans les statuts et le règlement d’ordreintérieur. Le groupe veillera à ce que le terrain soit un espace agréable à regarderdepuis les habitaons.10. Afin qu’elle soit le coeur de l’habitat groupé, le groupe a la volonté de préserveret d’améliorer la maison commune.11. Les habitants s’appliquent à garder une bonne dynamique de groupe enprivilégiant des moments de réunions, de fêtes, de repas communs, de jeux, despectacles, de travail collecf, de relaxaon, de palabres,d’écriture, etc,12. Le groupe désire éviter l’exposion de l’habitat à toute polluon électromagnéqueou autre.7.


.713. Le groupe veille dans toute la mesure du possible à préserver l’égalité en sonsein, indépendamment des quotés aribuées à chacun des lots ».2.- Aux disposions juridiques régissant l’ensemble immobilier, se superpose unprojet socio-culturel dynamique visant notamment au développement harmonieuxet à l’épanouissement de chacun des futurs copropriétaires et occupants. En casde lacunes ou de silence des disposions normaves des statuts et du règlementd’ordre intérieur, les présentes s’interprètent à la lumière de la Charte, qui reçoit laportée d’une direcve interprétave.

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