... et s'ils voulaient des chalutiers ? - Politique Africaine

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... et s'ils voulaient des chalutiers ? - Politique Africaine

..I.\' . . . . ._ .'IIPar conséquent, les candidats pourdes stages européens devaient cesserd'imp'ortuner ses services pour dessous;De nouveau, il 'ne s'agit pas desavoir qui 'a raison. De toute façon,nos rationalités étant toujours limitées,personne n'a absolumen't raison,et tout le "monde'a relativement tort.I1 s'agit tout simplement &admetme:la possibiiité que 'pas mal de nos partenairés.'du Sud ne demandent'qu'une 'chose : la dliance de 'faire untoùr au Nord. Et on pelit Pes comprendre.Au-delà de 'la possibilité depolivoir ram'asser de près quelquesmiettes 'que des riches corisommatéursattablés 'laisseraient tomber, ily a ,là'réalité d'êtrè -idi?i d',un climatpólitique accablant èt hörs de portée,iemporairement, des prédatéurs cla-'niques. Et que '&re 'du ,prestige,du(( been to n, !de'celui qiïi -a ëté 'volr cé,qÚi 'se passait dans 3'8ldorado '(oul'enfer) aù Nord-?1.1 ,se'peiit'qu'idkdement 'lès'gensdevraient .poiivoir 'trouver sur placeles 'mêmës condïcions favor3Gles 'deforination et thïfoririitiixi!qüe (p+rle 'mómérit'ils de 'rénconfrerít 'qu'enintérëssés )qui'önt tactiquemerit tout4 %áit,rajson de voulöïr Inous;rejóindre'en 'villé, -$ar c'est ,là 'qu'on ,.est'efTectivemerit le mie*.J'ai .c$fondé 'à :la,'fin des années,gij&&fiie-@ &&"fie.O'N'G,& s&+$16$p&,mènt.(&);q~i,&i ,aï!&:gus:rar& :av#ltre,&& le yr$nsfeit .de -de700 millions de francs belges vers leTiers monde. Une partie du transfert'consistait en voitures plutôt qu'envélos, et davantage de tracteursfurent transférés que de motoculteurs.I1 y a .même eu des envois denourriture et de vêtements. a Aum,ieux )) Ont crié des tiermondkesaussi enragés qu',engagés, (( c'est de.I'ik"wce paternaliste, ,alt pire, c'estde la collusion capitaliste D. Je ne peuxpas parler pour les autres membresde notre ONG. Mais les raisons quim'ont podssé personnellement àaccepter et mêm'e à :appuyer cette,politique sont ,assez 'simples, sinonsïmplistes,. Elles ne fònt pas éch0 ànotre acception irraisonnée 'de ledrde,mande ,héfléchie'èt'encore moinsà3 l'dppui ïnconditionné à l'óffred'eritrepreneuik éurdpéens - le codéveloppement&tant äutre chose que'l'ehvoi tous azimu"ts :du :matériel'


NORD-SUDlent toujours tenter leurs chancesavec des chalutiers, reconnaissons aumoins le parti-pris de nos projets etsurtout du Projet dans lequel ilss’inscrivent. Ne voulant pas et surtoutne pouvant pas tout faire, neserait-il pas plus honnête de reconnaîtreplus explicitement nos limitesen même temps que les limites àtoute coopération ? Au cœur étymologiquedu terme coopération il y ala réalité de l’ouvrage - opus - età un niveau d’abstraction certaine, ilne peut pas y avoir trente six œuvres,mais seulement trois : la nôtre, laleur, ou une œuvre commune.Réaliser la n6tre - faire cesserl’excision, abolir la dette, promouvoirdes soins primaires ou mettre de l’eaupotable à la disposition de tous - nedonne pas lien à des initiatives sansgrande utilité. Mais il faut accepterque ces actions ne soient ni idéologiquementinnocentes ni institutionnellementneutres. Elles font partie intégrantedu développement et doncd’une vision occidentaie du mondequi est aussi et surtout une visée surlui. Prenons le cas de la gestion dela santé. Traditionnellement, lemganga africain - qu’on traduithabituellement, mais mal, par (( guérisseur)) - s’occupait tout autant dela météorologie que de la médecine(puisqu’il faisait littéralement la pluieet le beau temps), pour ne pas parlerde ses activités (( magiques )) ducôté de la fertilité des champs. Lemédecin moderne le plus près desgens pourrait4 accéder à la demandequ’ils adressent à son (< homologue n,le tradipraticien, d‘arrêter la pluie oude chasser les sorciers ? Un projetmédical aurait beau proposer d‘éviterl’impasse de la médecine curativeà partir de centres hospitalierssophistiqués, il ne pouvait qu’imposerdes divisions du travail et doncdes visions du monde typiquementoccidentales.A supposer, ce qui paraît plausible,que la plupart des projets de laplupart des ONG occidentales nereprésentent pas des alternatives radicalesau développement, mais desretouches plus écologico-convivialesau paradigme occidental, il est à supposeraussi, par la force des choseset de l’histoire, qu’ils ne rencontrerontailleurs, en règle générale, quedes partenaires qui commencent àpenser et à pratiquer le monde selonl’imaginaire occidental. Jusqu’àpreuve du contraire, il ne doit pas yavoir plus de raisons de croire queces individus soient davantage mandatéspar les masses pour la réalisationdu développement que ne lelürent leurs prédécesseurs européens,instigateurs marginaux de la révolutionindustrielle. Le lien entre le militantismedes tiermondistes et l’opinionpublique en Europe paraît aussiéquivoque que ténu. Peut-on assumera priori qu’il y a plus de continuitéentre la philosophie excentrique deieurs homoiogues dans ie Tiersmonde et le sens pratique des damnésde la terre ? Le rêve des uns n’estpas la réalité des autres. I1 est rareque des pionniers soient plébiscités,et souvent la postérité n’arrive à fairele tri entre ses vrais et ses fauxprophètesqu’une fois les avoir mis àmort.Si réaliser ses bonnes œuvres ailleursne va déjà pas de soi, il estencore plus difficile d’appuyerl’œuvre en cours chez autrui. D’ailleurs,l’appuyer à fond, même sic’était possible et souhaitable, équivaudraitdans beaucoup de cas à laperte de sa propre identité. Bien quepareille conversion soit toujours loisibleet parfois louable, elle n’est pasle sujet de nos propos présents.Néanmoins il n’est pas inutiled‘exemplifier ce que cette relocalisationde soi impliquerait dans le détailpour qu’on ne puisse pas se leurrer124


.~. , ,.. . .. . .. _ . ~. __ . - .-... ... . . ~~. . .. . . .. . . ..~ MXGAZINE.!~sur ses coûts. Puisqu’il s’agitd‘appuyer des projets élaborés pardes gens du cru et en voie d‘exécution,cela voudrait dire, entre autres,que nous serions prêts :- à financer des mouvementsmessianiques marginaux. Or, puisquela bourgeoisie ne s’est pas montréemassivement encline à contribuerfinancièrement au christianisme naissant,on ne voit pas pourquoi sonhomologue contemporaine voleraitau secours des équivalents africains,surtout que le message n’a pas variéentretemps : la fin imminente dumonde rend caduques ses valeursfondamentales - respect de la familleet sa propriété, soumission à 1’Etatet ses lois, fréquentation du templeet support de son clergé ;- à opter pour des campagnesd’élimination des sorciers responsablesdu mauvais climat des communautésvillageoises plutôt que de promouvoirl’amélioration de l’adductionde l’eau, l’installation d‘un dispensaireou le renouvellement dessemences ;- à chercher de l’argent pourmieux structurer un groupe de femmesdont la fonction manifeste est decontrôler la possession par les esprits.Même si nous arrivions sans tropde schizophrénie ni de restrictionsmentales à aligner nos options et nosoptiques sur celles sus-mentionnées(qui reprennent des projets indigènesqui nom sont personnellement connus),il est peu probable que nouspuissions gagner le grand public philanthropiqueà ces causes sans entaire leurs caractéristiques affichées.Une troisième voie où nous etnos partenaires serions prêts à renoncerà nos œuvres respectives et doncà quitter ensemble les lieux que nousoccupons, pour cheminer de concertvers l’inconnu, reste imaginable etpeut-être possible. Cela s’est fait, celadevrait sans doute se faire. Mais denouveau, on a tout intérêt à abordercette hypothétique via media avec undevis détaillé en main. A l’encontredes sentiers battus, pour ne pas parlerdes routes royalement suivies,cette piste pionnière ne peut qu’êtreembrouillée. Parmi le peu de gensqui osent l’emprunter, beaucoupferont des détours parallèles sinondes retours en arrière. Au-delà d’unpoint, vite atteint d‘ailleurs, ceux quifoncent en avant risquent de perdrecontact avec ceux qui suivent pluslentement. Et, de toute façon, ondevra vite ne compter que sur sespropres forces, car les chances detrouver des sponsors pour des explorationsaux buts purement heuristiqueset aux retombées intangibles,seront plutôt rares.En attendant des nouvelles deceux qui sont partis au loin, nous quirestons en arrière pourrions au moinsnous montrer plus attentifs autant àce que les gens d’autres cultures fontd’eux-mêmes qu’à ce qu’ils nousdisent. Et si les Indiens de 1’Amazoniese mettaient à troquer leurs étuispéniens dont le symbolisme fait lajoie des structuralistes, contre desblue jeans (6) moins accrocheurs enforêt, qui suis-je pour les leur refiser- surtout quand j’en portemoi-même ?Michael Singleton(6) Le Père Caron, Curé d’Indiens (Paris,Union générale d’éditions, 1971, p. 352), s’estvu rappeler à l’ordre par les autorités brésiliennesresponsables de la protection et la promotiondes peuples indigènes de l’Amazonie.(( Ses )) Indiens auraient réclamé à un des fonctionnairesde l’agence en question des (( chemiseset caleçons : (( c’est donc que je ne leuren donne pas suffisamment i). Je ne critiquepas l’auteur et encore moins n’approuve l’agentdu gouvernement. Tout ce que je voudraisfaire naître, c’est le soupçon que les gens sontrarement là où les activistes les situent.125

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