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Element n°8 - Université de Mons

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Sommaire ////////////////////////////éditorial 310 Instituts pour une recherche encore mieux structurée 4- Interview <strong>de</strong> Philippe Dubois, Vice-Recteur à la recherche 4- Des thématiques <strong>de</strong> pointe 6- Dans l’assiette <strong>de</strong>s abeilles 10- Les secrets <strong>de</strong>s mécanismes d’adhérence chez les étoiles <strong>de</strong> mer 11- Les écosystèmes open source : une recherche interdisciplinaireentre la biologie et l’informatique 12- Le système éducatif et complexe 14- MADSCELLS ou l’avenir d’un photovoltaïque plus performant 15- Discipline et flexibilité <strong>de</strong>s produits micro-financiers 17- La diversité ethnoculturelle à l’école mauricienne 19- Ecologistics, une logistique verte pour l’Europe à la portée <strong>de</strong>s PME 20- Parolpathos, les maux <strong>de</strong> la parole 22- MediaWorkFlows – La navigation hypermédiaau service <strong>de</strong> la postproduction 23- Medianeum – La machine à remonter le temps 25- OPTI 2 MAT, <strong>de</strong>s nouveaux revêtements auto-cicatrisants 26- Rotterdam et New Orleans, <strong>de</strong>s stratégies face au risque d’inondation 29- Polyris, prévenir les acci<strong>de</strong>nts majeurs dans l’industrie 30- MAGDIMAL, Mieux diagnostiquer la malaria, c’est mieux la traiter ! 32Editeur ResponsablePr C. Conti, RecteurRédacteurs en chefValéry Saintghislainvalery.saintghislain@umons.ac.bePascal Dammanpascal.damman@umons.ac.bePierre Cornutpierre.cornut@umons.ac.beMaquette & ProductionEx Nihilowww.exnihilo.beContact : Luc Van<strong>de</strong>nsteeneT. : 065 62 25 58M. : 0475 96 12 42Toute remarque, question, suggestion peut êtreadressée à valery.saintghislain@umons.ac.be- Partenariat UMONS – CHU Ambroise Paré 34Le boson <strong>de</strong> Brout-Englert-Higgs est-il CERNé ? 36Un nouveau patron pour l’Administration et Valorisation<strong>de</strong> la Recherche à l’UMONS 38Sciences et Techniques au Carré… première ! 40Le SUSA, vingt ans au service <strong>de</strong> l’autisme 4211 19 36


# 8éditorial ////////////////////////////////////Les missions <strong>de</strong>s universités se sont considérablementélargies ces <strong>de</strong>rnières années. La mission fondamentalereste certes celle d’assurer une formation <strong>de</strong> qualitéassociée à une recherche <strong>de</strong> haut niveau avec celien essentiel entre enseignement et recherche héritédu modèle <strong>de</strong> Humboldt. Mais aujourd’hui, cette missionest <strong>de</strong>venue indissociable d’enjeux stratégiquescapitaux. La formation et la recherche scientifiqueconstituent aujourd’hui les socles sur lesquels notresociété doit pouvoir s’appuyer pour relever les défissociaux, culturels et économiques auxquels elle estconfrontée. Les services à la société, l’innovation etle transfert <strong>de</strong> technologies ont ainsi intégré le spectre<strong>de</strong>s missions <strong>de</strong>s universités qui s’investissent pouraméliorer la qualité <strong>de</strong> vie ou atténuer les menacesqui pèsent sur l’environnement tout en permettant ànos économies <strong>de</strong> rester compétitives.C’est dans ce contexte que l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong> aréorganisé ses activités <strong>de</strong> recherche en les fédérantau travers d’une structure s’appuyant sur une dizained’instituts <strong>de</strong> recherche. Elle l’a fait dans le souci <strong>de</strong>consoli<strong>de</strong>r l’excellence <strong>de</strong> sa recherche fondamentaleen favorisant le regroupement <strong>de</strong>s équipes <strong>de</strong>recherche <strong>de</strong> ses diverses facultés au sein <strong>de</strong> thématiquestransdisciplinaires qui caractérisent les principauxaxes forts <strong>de</strong> sa recherche. Elle l’a égalementfait en étant particulièrement attentive aux activités <strong>de</strong>transferts au service <strong>de</strong> la société au sens large biensûr, mais aussi particulièrement au service <strong>de</strong> sa région.où il faut toujours se former, toujours se remettre enquestion, en vivant avec l’incertitu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s résultats quiparfois se font attendre, en vivant aussi parfois avecl’incertitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> contrats en perpétuelle négociation.Un grand merci en tout cas à chacun d’entre eux pourleur implication et pour l’apport déterminant à la vie<strong>de</strong> notre institution et <strong>de</strong> nos instituts <strong>de</strong> recherche.Vous trouverez également dans ce numéro, un articlerédigé par le Groupe <strong>de</strong> Physique <strong>de</strong>s Particules élémentaires<strong>de</strong> notre université qui participe aux expériencesmenées par le CERN ainsi qu’un <strong>de</strong>scriptif<strong>de</strong>s activités du SUSA, une structure au service <strong>de</strong>sautistes créée il y a plus <strong>de</strong> 20 ans, au départ <strong>de</strong> notreuniversité. Vous seront également présentés notrenouveau service <strong>de</strong> Sciences et Technologies au Carré,chargé <strong>de</strong> la diffusion <strong>de</strong>s sciences ainsi que notrenouveau responsable du Service d’Administration et<strong>de</strong> Valorisation <strong>de</strong> la Recherche, Pierre Cornut.Ce nouveau numéro d’Elément vous donnera un aperçudu large potentiel scientifique <strong>de</strong> notre institution.17 thématiques <strong>de</strong> recherche assez diversifiées ysont présentées au travers <strong>de</strong>s activités <strong>de</strong> plusieurschercheurs venant d’intégrer notre nouvelle structure<strong>de</strong> recherche.Il n’y a pas <strong>de</strong> recherche sans chercheurs, c’est une évi<strong>de</strong>ncemais on ne soulignera probablement pas assezleur importance. Pour avoir eu la chance d’en côtoyerbeaucoup durant toute ma carrière, je peux vous direcombien leur dynamisme est communicatif, combienils ne <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt qu’à s’impliquer dans <strong>de</strong>s projetsporteurs, combien ils en veulent bien qu’ils aient choisiun métier difficile, où il faut toujours aller <strong>de</strong> l’avant,Calogero Conti,Recteur <strong>de</strong> l’UMONSélément 3


d’accompagnement au quotidien. Quand on saitque la vie d’un chercheur (ou d’un doctorant) n’estpas toujours facile, on comprend vite l’avantageque cela apporte.D’autre part, en étant ouvert aux autres, lechercheur est beaucoup plus informé sur lespossibilités qu’il peut rencontrer en termes <strong>de</strong>collaborations scientifiques dans le bâtiment voisin,par exemple. On peut donc conclure que lastructuration <strong>de</strong> la recherche telle que nous lavoyons peut contribuer à son amélioration.De plus, en croisant les thématiques <strong>de</strong> recherche,nous en faisons apparaître <strong>de</strong> nouvelles. Il sembleque, <strong>de</strong> ce regroupement, résulte quelque chosequi est plus qu’une simple addition, c’est une forme<strong>de</strong> synergie qui n’aurait jamais vu le jour s’il n’yavait pas eu cette dynamique <strong>de</strong> rassemblement<strong>de</strong>s chercheurs. Cela va aussi <strong>de</strong> pair avec <strong>de</strong> nouvellesthèses <strong>de</strong> doctorat sur <strong>de</strong>s sujets innovants.Enfin, cette structuration apporte également unavantage aux autorités <strong>de</strong> l’UMONS. En effet, ilest maintenant plus facile <strong>de</strong> communiquer, <strong>de</strong>donner un aperçu global <strong>de</strong> la recherche, tant auniveau quantitatif que qualitatif.Quelles sont les missions qui sontattribuées aux Instituts ?Une <strong>de</strong>s premières missions <strong>de</strong>s Instituts estd’améliorer la formation par la recherche qui estmenée en son sein. Nous connaissons l’importance<strong>de</strong> former les plus jeunes grâce à une recherche<strong>de</strong> qualité, en passant par le doctorat. En ce sens,un <strong>de</strong> nos objectifs est d’augmenter le nombre<strong>de</strong> doctorats effectués dans notre Institution etpermettre <strong>de</strong> la sorte d’offrir <strong>de</strong> belles perspectivesen ce qui concerne le futur <strong>de</strong> notre recherche.Comme je le mentionnais précé<strong>de</strong>mment, la nouvellestructuration facilitera la création <strong>de</strong> nouvellesthématiques <strong>de</strong> recherche innovantes et porteuses.Cela me porte à croire que nous sommes sur labonne voie.Une autre mission importante <strong>de</strong>s Instituts est <strong>de</strong>lancer <strong>de</strong>s procédures groupées pour la recherche<strong>de</strong> financements <strong>de</strong> plus gran<strong>de</strong> envergure. Grâceà leur force <strong>de</strong> frappe plus importante et à unenvironnement <strong>de</strong> recherche mieux défini, lesInstituts sont maintenant mieux équipés afin <strong>de</strong>répondre aux exigences internationales dans cedomaine. Je pense par exemple au 7 e programmecadre européen ou au programme Horizon 2020.Pouvez-vous nous décrire le fonctionnementet la composition <strong>de</strong>s Instituts ?Chaque Institut dispose d’un Conseil <strong>de</strong> Directiondont les membres ont été proposés et désignésen son sein. Les autorités <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> ne sontdonc pas intervenues pour ce choix.La composition <strong>de</strong> ce Conseil <strong>de</strong> Direction dépend<strong>de</strong> la taille <strong>de</strong> l’Institut mais il est ,en général,composé d’un prési<strong>de</strong>nt, d’un co-prési<strong>de</strong>nt etd’un secrétaire. En tout cas, rien n’est imposé.Nous avons aussi souhaité que chaque Conseil <strong>de</strong>Direction puisse bénéficier, à l’instar du Conseild’Administration <strong>de</strong> l’UMONS, <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong> d’un Comitéd’Orientation Stratégique. Ce <strong>de</strong>rnier est composé<strong>de</strong> membres extérieurs, du secteur public ou privé.L’objectif étant ici d’ai<strong>de</strong>r le Conseil <strong>de</strong> Direction àorganiser ses activités à court, moyen et surtoutà plus long terme.Comment s’articule l’action <strong>de</strong> l’AVREdans cette nouvelle structuration ?Naturellement, les activités <strong>de</strong> la DirectionAdministration et Valorisation <strong>de</strong> la Recherche setrouvent facilitées par cette nouvelle structuration.D’une part parce que chaque Institut bénéficie dusuivi et <strong>de</strong> l’appui d’un interlocuteur privilégié ausein <strong>de</strong> l’équipe <strong>de</strong> l’AVRE. Tout d’abord, l’AVREest donc informée <strong>de</strong>s décisions prises au sein duConseil <strong>de</strong> Direction mais peut aussi détecter plusfacilement les besoins <strong>de</strong> l’Institut. Cette interactionpermanente facilite également l’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>résultats valorisables.Enfin, lorsque qu’un industriel exprime le besoin <strong>de</strong>faire appel à l’expertise <strong>de</strong> nos chercheurs, l’AVREcible plus facilement les interlocuteurs capables<strong>de</strong> répondre à cette sollicitation.L’ai<strong>de</strong> qui est ainsi apportée au chercheur parl’AVRE, que ce soit au niveau <strong>de</strong> l’administrationou <strong>de</strong> la valorisation <strong>de</strong> la recherche, lui permet<strong>de</strong> rester concentré sur son travail <strong>de</strong> recherche.Cela ne veut pas dire que l’AVRE est là pour leremplacer mais bien pour le gui<strong>de</strong>r et le conseillerdans ses démarches. Il est primordial que lechercheur reste informé.Comment voyez-vous l’avenir <strong>de</strong> larecherche à l’UMONS ?Je pense que nous avons fait un grand pas grâce àcette structuration. Le plus important maintenantest <strong>de</strong> consoli<strong>de</strong>r ce qui a été fait. L’objectif <strong>de</strong>sautorités <strong>de</strong> l’UMONS étant d’améliorer la qualité<strong>de</strong> la recherche, nos prochaines actions s’inscrirontcertainement dans une dynamique qui permettra<strong>de</strong> renforcer le potentiel existant au sein <strong>de</strong> cettenouvelle structuration. Pour le moment, il s’agit<strong>de</strong> laisser aux Instituts l’occasion <strong>de</strong> travailleravec ces nouvelles données et <strong>de</strong> laisser mûrirles choses. Les autorités <strong>de</strong> l’UMONS feront toutce qui est possible pour les ai<strong>de</strong>r dans cette phase<strong>de</strong> maturation. •élément 5


Actuellement, nos mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong> production et <strong>de</strong>consommation <strong>de</strong> l’énergie sont clairementdans une logique non durable. Les conséquencesà moyen terme seront sensibles pourla société: augmentation <strong>de</strong>s inégalités sociales (problème<strong>de</strong> l’accès à l’énergie à <strong>de</strong>s prixabordables), perte <strong>de</strong> rentabilité <strong>de</strong>s secteurs industrielsfortement dépendants <strong>de</strong> l’approvisionnementen énergie, impact négatif sur le climat et la biodiversité, risque accru <strong>de</strong> tensions géopolitiques.Cela nécessite <strong>de</strong>s développements nouveauxdans tous les secteurs <strong>de</strong> la société.La problématique énergétique est en effet unethématique essentiellement multidisciplinaire.Elle couvre <strong>de</strong>s aspects scientifiques, technologiques,sociétaux, législatifs, économiques etpolitiques. Elle nécessite donc une approcheintégrée <strong>de</strong> nombreuses disciplines.L’Institut ENERGIE est désormais la structureorganisationnelle <strong>de</strong> l’UMONS concernée parles activités <strong>de</strong> recherche et développementdans cette thématique. Sa création se basesur les acquis du Pôle Energie <strong>de</strong> la Facultépolytechnique mis en place en 2005.ÉNERGIE en quelques chiffres : 20 unités <strong>de</strong> Recherche 80 chercheurs et enseignants 20 thèses <strong>de</strong> doctorat en cours 20 projets <strong>de</strong> Recherche/an bénéficiantd’un financement extérieurContact :Pr. Marc FrèreT. : +32 (0) 65/37.42.06E-mail : energie@umons.ac.bewww.umons.ac.be/energieL’Institut <strong>de</strong> recherche en développement humainet <strong>de</strong>s organisations <strong>de</strong> l’UMONS vise àfaciliter, développer et valoriser les recherchessur le changement en lien avec le développementhumain et les organisations.Le changement est entendu ici dans son acceptiontechnologique mais aussi sociétale, cequi focalise l’attention sur les transformationssocioéconomiques et les innovations sociales.Le développement humain renvoie principalementaux changements qui élargissent pourles individus leurs possibilités et qui renforcentleurs capacités <strong>de</strong> vivre dans <strong>de</strong>s conditionsen accord avec leurs besoins et leurs intérêts.L’organisation peut être vue comme un objetd’étu<strong>de</strong> en tant que tel dans la mesure où elleest constituée <strong>de</strong> multiples parties prenantespouvant être reliées à son fonctionnement. Unangle quelque peu différent est <strong>de</strong> considérerl’organisation en lien avec les changements quila traversent et qui influencent son comportementet sa performance. Cette perspective, quiest privilégiée au sein <strong>de</strong> l’Institut, est à relier àla notion <strong>de</strong> développement <strong>de</strong>s organisations.HUMANORG en quelques chiffres : 3 Facultés et 2 Ecoles 22 équipes <strong>de</strong> recherche Près <strong>de</strong> 100 chercheurs Multiples projets <strong>de</strong> recherche internationauxet nationaux Nombreux partenariats avec le mon<strong>de</strong> économique,social, associatif, etc.Contact :Pr. Alain Finet | T. : +32 (0) 65/37.32.91 | E-mail : humanorg@umons.ac.bewww.umons.ac.be/humanorgLes années 2000 ont vu se développer lessciences et technologies <strong>de</strong> l’information et <strong>de</strong> lacommunication associant l’informatique, l’internetet les télécommunications et ce, largementsoutenues par l’essor <strong>de</strong> la microélectronique,<strong>de</strong>s disciplines associées au traitement et àl’exploitation <strong>de</strong> l’information et du signal. Enparallèle à ces développements, <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s plusfondamentales ont été menées concernant lessystèmes logiciels, les systèmes d’informationet les systèmes <strong>de</strong> communication.Les chercheurs <strong>de</strong> l’UMONS actifs dans cedomaine se sont associés dans l’Institut <strong>de</strong>recherche en technologies <strong>de</strong> l’informationet <strong>de</strong>s sciences <strong>de</strong> l’informatique. Cet Institutregroupe, outre les sciences <strong>de</strong> l’informatiqueet les sciences <strong>de</strong> l’ingénieur, les scienceshumaines (sociologie, psychologie). Grâce auxsynergies ainsi créées offrant un large éventail<strong>de</strong> compétences et d’équipements, l’Institutvise à promouvoir les activités <strong>de</strong> recherchedans le domaine et ses applications ainsi qu’unemeilleure diffusion <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> recherchetant au niveau formation que vers l’extérieur. Ilmaintient <strong>de</strong>s relations étroites avec les centres<strong>de</strong> recherche agréés <strong>de</strong> la Région wallonne actifsdans le domaine <strong>de</strong>s technologies <strong>de</strong> l’information,à savoir MULTITEL et le CETIC.INFORTECH en quelques chiffres : 4 Facultés 13 Services <strong>de</strong> recherche 26 académiques 95 assistants et chercheurs dont une moitié<strong>de</strong> doctorants Pour 2011 : 18 projets acceptés, dont5 européens, 1 fédéral, 4 FWB, 8 RW 7 thèses défenduesContact :Pr. Joël Hancq | T. : +32 (0) 65/37.47.30 | E-mail : infortech@umons.ac.bewww.umons.ac.be/infortechélément 7


dossierL’Institut a pour objectif la coordination, lapromotion et le développement <strong>de</strong> recherchescentrées sur le langage dans tous ses aspects,par-<strong>de</strong>là les cloisonnements classiquementliés aux secteurs professionnels et académiquesoù œuvrent d’ordinaire séparémentles divers spécialistes du langage (littérature,logopédie, traduction, mé<strong>de</strong>cine, traitementdu signal, psycholinguistique, etc.). Il vise,par la mutualisation <strong>de</strong>s efforts <strong>de</strong> toutes lescomposantes <strong>de</strong> l’UMONS ayant <strong>de</strong>s activitésscientifiques concernant à quelque titreque ce soit le langage, non seulement audéveloppement scientifique <strong>de</strong> chacune <strong>de</strong>celles-ci dans son secteur propre, mais encoreà l’émergence <strong>de</strong> recherches en collaborationmulti- et interdisciplinaire.Ses recherches peuvent viser tant à décrire et/ou comprendre le langage qu’à développer <strong>de</strong>smétho<strong>de</strong>s et dispositifs permettant d’agir surle langage dans <strong>de</strong>s perspectives d’analyse,<strong>de</strong> traitement, <strong>de</strong> simulation, <strong>de</strong> modification,d’assistance, d’éducation, <strong>de</strong> soin, etc.LANGAGE en quelques chiffres : 4 Facultés (Faculté <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine et<strong>de</strong> Pharmacie, Faculté Polytechnique,Faculté <strong>de</strong> Psychologie et <strong>de</strong>s Sciences<strong>de</strong> l’Éducation, Faculté <strong>de</strong> Traduction etd’Interprétation) 16 Services d’enseignement et <strong>de</strong> recherche 111 chercheursContact :Pr. Bernard HarmegniesT. : +32 (0) 65/37.31.45E-mail : langage@umons.ac.bewww.umons.ac.be/langageL’Institut MATERIAUX fédère les compétences<strong>de</strong> trois centres <strong>de</strong> recherche. Deux sontissus <strong>de</strong> la Faculté <strong>de</strong>s Sciences. Il s’agit duCIRMAP (Centre d’Innovation et <strong>de</strong> Rechercheen Matériaux Polymères) et le CRPM (Centre<strong>de</strong> Recherche en Physique <strong>de</strong>s Matériaux). Le<strong>de</strong>rnier provient <strong>de</strong> la Faculté Polytechnique,il s’agit du Centre <strong>de</strong> recherche en Ingénierie<strong>de</strong>s Matériaux (CRIM) anciennement le PôleMatériaux. Le Programme d’ExcellenceOPTI²MAT, financé par la Région wallonne,est le point fondateur et moteur à l’origine <strong>de</strong>la création <strong>de</strong> l’Institut.Pour le gui<strong>de</strong>r dans ses missions, l’Institut s’estadjoint les conseils d’un comité d’orientationstratégique comprenant <strong>de</strong>s industriels, <strong>de</strong>sacadémiques et les centres <strong>de</strong> recherche associés.L’Institut MATERIAUX se compose <strong>de</strong> plus<strong>de</strong> 270 personnes (en majorité <strong>de</strong>s chercheurs,doctorants et post-doctorants) qui collaborentétroitement avec les centres <strong>de</strong> recherchemontois: Materia Nova et l’INISMa/CRIBC quiconstituent <strong>de</strong>ux entités fortes <strong>de</strong> l’EMRA.MATÉRIAUX en quelques chiffres : Membres du CIRMAP: 152 Membres du CRPM: 25 Membre du CRIM : 110 Plus <strong>de</strong> 100 publications référencées par an Près <strong>de</strong> 10 brevets déposés par an 75 thèses en cours en 2011 Plus <strong>de</strong> 100 collaborations scientifiques Plus <strong>de</strong> 50 contrats industriels en cours Plus <strong>de</strong> 15 contrats européens en coursContact :Pr. Marjorie OlivierT. : +32 (0) 65/37.44.31E-mail : materiaux@umons.ac.bewww.umons.ac.be/materiauxL’Institut NUMEDIART pour les Technologies<strong>de</strong>s Arts Numériques a été créé en 2010 enprolongement du programme d’excellenceNUMEDIART financé par la Région wallonne(2007- 2012). Il est le fruit <strong>de</strong> nombreuses années<strong>de</strong> préparation qui ont permis à l’UMONSd’acquérir une expertise reconnue au niveauinternational dans le domaine du traitement duson, <strong>de</strong> l’image, <strong>de</strong> la vidéo, <strong>de</strong>s gestes et <strong>de</strong>sbio-signaux pour les applications où l’interactionhomme-machine vise à faire naître l’émotion.L’Institut a pour mission d’assurer <strong>de</strong>s activités<strong>de</strong> formation et <strong>de</strong> recherche dans le domaine<strong>de</strong>s technologies <strong>de</strong>s arts numériques, tout encapitalisant sur la dynamique enclenchée dansle cadre <strong>de</strong> <strong>Mons</strong> 2015, et <strong>de</strong> contribuer à lavalorisation et à la création <strong>de</strong> nouvelles activitésdans le secteur <strong>de</strong>s industries créatives.L’Institut a établi <strong>de</strong>s collaborations: avec les écoles du Pôle Hainuyer dans ledomaine <strong>de</strong>s arts numériques, avec les entrepreneurs wallons dans lesecteur <strong>de</strong>s industries <strong>de</strong> la création, avec les incubateurs régionaux susceptibles<strong>de</strong> porter <strong>de</strong>s projets d’entreprise liés auxtechnologies <strong>de</strong> création numérique, avec <strong>de</strong> nombreuses universités et centres<strong>de</strong> recherche en Europe et au Canadacentrés sur le domaine « arts/ sciences/technologies ».NUMEDIART en quelques chiffres : 10 Services <strong>de</strong> recherche 4 Facultés 70 chercheurs 19 thèses <strong>de</strong> doctorat en cours en 2011 Plus <strong>de</strong> 2 millions d’euros annuels <strong>de</strong> chiffred’affaire 4 brevets exploités 2 partenariats public/privéContactPr. Thierry DutoitT. : +32 (0) 65/37.47.74E-mail : numediart@umons.ac.bewww.umons.ac.be/numediart8 élément


Les catastrophes naturelles, les acci<strong>de</strong>ntsmajeurs ou les crises socioéconomiques nousmontrent les vulnérabilités <strong>de</strong> notre sociétéface aux aléas.Afin <strong>de</strong> mettre en évi<strong>de</strong>nce son expertisedans le domaine <strong>de</strong>s sciences et <strong>de</strong> la gestion<strong>de</strong>s risques, l’UMONS a décidé <strong>de</strong> fédérer, <strong>de</strong>coordonner et <strong>de</strong> promouvoir les activités <strong>de</strong>recherche <strong>de</strong>s Services académiques actifsdans les disciplines scientifiques liées auxrisques au sein <strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong>s Sciences et duManagement <strong>de</strong>s Risques.De toute évi<strong>de</strong>nce, la prévention ou l’atténuation<strong>de</strong>s risques repose sur <strong>de</strong>s métho<strong>de</strong>s scientifiquestransversales à plusieurs disciplines,permettant aux déci<strong>de</strong>urs d’i<strong>de</strong>ntifier rapi<strong>de</strong>mentles signes précurseurs <strong>de</strong>s risques, <strong>de</strong>les quantifier, les analyser et <strong>de</strong> développer<strong>de</strong> nouvelles formes <strong>de</strong> gouvernance <strong>de</strong> cesrisques. Ces développements méthodologiquesprésentent <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s perspectives du point <strong>de</strong>vue <strong>de</strong> la recherche scientifique universitaire.L’Institut dispose <strong>de</strong> collaborations scientifiquesavec <strong>de</strong> nombreuses universités et institutionsbelges et étrangères et d’une place <strong>de</strong> choixdans plusieurs groupements scientifiques etprojets européens.RISQUES en quelques chiffres : 5 Facultés 15 Services académiques 80 académiques et chercheurs Près <strong>de</strong> 100 publications par an (revues,congrès, rapports <strong>de</strong> recherche) 18 thèses <strong>de</strong> doctorat en cours (2011-2012) 1 Spin-offContactPr. Christian DelvosalleT. : +32 (0) 65/37.44.03E-mail : risques@umons.ac.bewww.umons.ac.be/risquesélément 9


dossier : Institut BiosciencesDans l’assiette <strong>de</strong>s abeilles» Maryse Van<strong>de</strong>rplanck, FNRS au laboratoire <strong>de</strong> Zoologie (Faculté <strong>de</strong>s Sciences)Maryse.van<strong>de</strong>rplanck@umons.ac.be« Mes recherches s’inscrivent dans le contextetrès diversifié et parfois complexe <strong>de</strong>s interactionsplantes-insectes. Je m’intéresseplus particulièrement au rôle <strong>de</strong> la contraintediététique dans l’évolution <strong>de</strong> la nutrition <strong>de</strong>sabeilles solitaires.Outre les traditionnels composés nutritifs étudiés(aci<strong>de</strong>s aminés, protéines, carbohydrates),nos travaux portent également sur les stérols.Leur rôle <strong>de</strong> constituant cellulaire et leur implicationdans <strong>de</strong> nombreuses voies métaboliquesen font <strong>de</strong>s composés clefs pour les abeilles.En particulier, ils constituent les précursseursd’hormones majeures.Contrairement aux vertébrés, les insectes nesont pas capables <strong>de</strong> synthétiser leurs propresstérols et sont contraints <strong>de</strong> les puiser dans leuralimentation. Les insectes carnivores utilisentle cholestérol <strong>de</strong> leur proie. Les abeilles, quise nourrissent exclusivement <strong>de</strong> pollen et <strong>de</strong>nectar, ont dû développer d’autres stratégiesafin <strong>de</strong> le remplacer par <strong>de</strong>s phytostérols. Cettesubstitution est rendue possible grâce à <strong>de</strong>svoies métaboliques particulières ou grâce à<strong>de</strong>s symbioses avec <strong>de</strong>s micro-organismes.Par tous ces aspects, l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s contraintesalimentaires est une thématique originalepluridisciplinaire mêlant entre autre biologieet chimie ainsi que travail <strong>de</strong> laboratoire etphases <strong>de</strong> terrain. De plus, par l’importanceécologique et économique <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>sabeilles, cette thématique présente un intérêtnon seulement en recherche fondamentalemais aussi appliquée.Les stérols sont <strong>de</strong>s éléments clefs pour comprendrel’apparition et la diversification <strong>de</strong>sabeilles sauvages mais ils sont égalementimpliqués dans la pérennité <strong>de</strong> nos espèces.A ce titre, ils constituent un paramètre nonnégligeable dans la conservation <strong>de</strong> notreapidofaune, elle-même étroitement liée à laconservation <strong>de</strong> notre flore. Pour <strong>de</strong>s raisonsencore largement méconnues, les plantes àfleurs arborent une variabilité dans la compositionchimique du pollen, même au seind’un genre. Si cette gran<strong>de</strong> diversité participeà l’équilibre <strong>de</strong> notre écosytème, elle en soulignela fragilité. Le fait que les ressourcesne soient pas toutes équivalentes impliquequ’elles ne soient pas toutes universellementexploitables. Toute disparition d’une espèceflorale peut mener à une disparition massive<strong>de</strong>s espèces d’abeilles sauvages qui lui étaientétroitement associées.De tels phénomènes <strong>de</strong> disparition se retrouventau cœur <strong>de</strong> l’actualité et inquiètent scientifiqueset autorités politiques. Outre <strong>de</strong>s travauxsur l’impact <strong>de</strong>s disparition <strong>de</strong>s ressourcesalimentaires (évolution <strong>de</strong> la qualité nutritionnelle<strong>de</strong> ressources, système immunitaire<strong>de</strong>s pollinisateurs, ...), notre laboratoire s’estpar ailleurs associé à 19 autres universitésréparties à travers l’Europe afin <strong>de</strong> mesurerl’ampleur <strong>de</strong> ces disparitions (projet Status andTrends of European Pollinators (STEP), http://step-project.net/).En collaboration avec la Faculté agronomique<strong>de</strong> Gembloux (<strong>Université</strong> <strong>de</strong> Liège), nous avonsétabli la plus grosse banque <strong>de</strong> données aumon<strong>de</strong> qui comprend près <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux millions<strong>de</strong> données sur les abeilles sauvages (Banque<strong>de</strong> Données Fauniques <strong>de</strong> Gembloux et <strong>Mons</strong>).Nous avons ainsi reçu la charge <strong>de</strong> cartographierles espèces d’abeilles d’Europe. Celapermet non seulement d’élaborer une listerouge <strong>de</strong> ces pollinisateurs en régression maisaussi <strong>de</strong> poser les prémices d’un programme<strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong> ces espèces.Toutes ces thématiques, bien que distinctes lesunes <strong>de</strong>s autres, convergent en donnant lieu à<strong>de</strong>s résultats inattendus. Nos recherches nousfont continuellement prendre conscience <strong>de</strong> lacomplexité <strong>de</strong>s interactions insectes-plantesdans nos écosytèmes actuels. » •Photo du haut: Femelle <strong>de</strong> Colletes halophilus butinantl’aster maritime (© Nicolas Vereecken)Photo du bas: Femelle <strong>de</strong> Melitta nigricans butinant lasalicaire (©Yvan Barbier)« Toute disparitiond’une espèceflorale peut menerà une disparitionmassive <strong>de</strong>sespèces d’abeillessauvages qui luiétaient étroitementassociées. »10 élément


Les secrets <strong>de</strong>s mécanismesd’adhérence chez les étoiles <strong>de</strong> mer» Elise HENNEBERT, FRS-FNRS, Laboratoire <strong>de</strong> biologie <strong>de</strong>s organismes marins et biomimétisme,Faculté <strong>de</strong>s Sciences, Elise.hennebert@umons.ac.be« Depuis mon mémoire <strong>de</strong> licence en sciencesbiologiques, présenté en 2005, je m’intéresseaux mécanismes d’adhérence développés parles étoiles <strong>de</strong> mer. Ces invertébrés marins ont eneffet la capacité <strong>de</strong> s’attacher fermement maistemporairement à différents types <strong>de</strong> substratsà l’ai<strong>de</strong> d’une multitu<strong>de</strong> d’organes locomoteursappelés podia.L’épi<strong>de</strong>rme <strong>de</strong> la partie distale <strong>de</strong> ces organesest spécialisé pour l’adhérence et la dé-adhérencedurant la locomotion. Lorsqu’un podionentre en contact avec une surface, <strong>de</strong>s cellulesadhésives libèrent leurs sécrétions quiforment une couche adhésive entre le podionet la surface. Lors du détachement du podion,<strong>de</strong>s cellules dé-adhésives libèrent leur contenu(probablement enzymatique) et le matérieladhésif <strong>de</strong>meure sur le substrat sous la formed’une empreinte.C’est à l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la structure fine du matérielconstituant ces empreintes ainsi qu’à leurcaractérisation biochimique préliminaire que futconsacrée ma thèse <strong>de</strong> doctorat. L’observationdu matériel adhésif à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> différentestechniques microscopiques (dont certainesen collaboration avec le laboratoire <strong>de</strong> Chimie<strong>de</strong>s Matériaux Nouveaux) montre qu’il se compose<strong>de</strong> nanostructures globulaires formant unréseau déposé sur une fine couche homogène.La fraction organique du matériel adhésif estprincipalement constituée <strong>de</strong> protéines et <strong>de</strong>Podia <strong>de</strong> Marthasterias glacialiscarbohydrates. En particulier, l’importance<strong>de</strong> la fraction protéique dans l’adhérence estdémontrée par le décollement <strong>de</strong>s empreintesd’une surface lorsque la trypsine, une enzymeprotéolytique, y est appliquée.Actuellement, je suis Chargée <strong>de</strong> recherchesdu F.R.S.-FNRS et mon projet <strong>de</strong> recherche viseà pousser plus avant la caractérisation <strong>de</strong> cetadhésif très particulier. Les protéines adhésivessont étudiées à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> techniques biochimiques(western blots, spectrométrie <strong>de</strong> masse ;collaboration avec le Service <strong>de</strong> Protéomiqueet Microbiologie) et <strong>de</strong> techniques <strong>de</strong> biologiemoléculaire (RT-PCR, étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> transcriptome).Certaines <strong>de</strong> ces protéines sont <strong>de</strong>s glycoprotéinesdont la partie carbohydrate est étudiée àl’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> lectines, <strong>de</strong>s molécules se liant spécifiquementà certains motifs saccharidiques, ainsiVue en microscopie électronique à balayage d’unpodion d’Asterias rubensqu’en spectrométrie <strong>de</strong> masse (collaborationavec le Groupe <strong>de</strong> Recherches en Spectrométrie<strong>de</strong> Masse). Les résultats obtenus permettrontla production <strong>de</strong> molécules biomimétiques dontles capacités d’adhérence sous l’eau pourraientreprésenter un impact économique et industrielimportant (applications dans la constructionsubaquatique ou dans les domaines <strong>de</strong> la mé<strong>de</strong>cineet <strong>de</strong> la <strong>de</strong>ntisterie). » •élément 11


dossier : institut complexysTémoignage d’un jeune chercheurLes écosystèmes open source :une recherche interdisciplinaireentre la biologie et l’informatique» Prof. Tom MENS, Service Génie logiciel (Faculté <strong>de</strong>s Sciences), tom.mens@umons.ac.beProf Philippe Grosjean, labora toire d’Ecologie Numérique <strong>de</strong>s Milieux aquatiques (Faculté <strong>de</strong>s Sciences), philippe.grosjean@umons.ac.beAu sein du service <strong>de</strong> Génie logicieldu Prof. Tom Mens, qui fait partie duDépartement d’Informatique <strong>de</strong> laFaculté <strong>de</strong>s Sciences, nous étudionsl’évolution <strong>de</strong>s systèmes logiciels.Les objectifs sont d’augmenter laqualité <strong>de</strong>s logiciels, <strong>de</strong> permettreaux équipes <strong>de</strong> développeurs <strong>de</strong>travailler plus efficacement, etd’optimiser le potentiel d’évolution<strong>de</strong>s produits logiciels. Pour cefaire, le service analyse surtout leslogiciels open source, grâce à leurpopularité et disponibilité.D’où vient cette idée d’effectuer unerecherche interdisciplinaire avec la biologie ?« Je suis co-fondateur et secrétaire du nouvelInstitut <strong>de</strong> Recherche COMPLEXYS <strong>de</strong> l’UMONS, »explique le Prof. Tom Mens. « Cet institut encouragela recherche interdisciplinaire, en rassemblant<strong>de</strong>s chercheurs <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 15 services venant<strong>de</strong> 5 Facultés différentes et couvrant plusieursdisciplines. L’Institut COMPLEXYS a comme butd’étudier, d’analyser, <strong>de</strong> modéliser, <strong>de</strong> simuler et<strong>de</strong> comprendre les systèmes complexes. C’estdans ce cadre-là que j’ai démarré une Action <strong>de</strong>Recherche Concertée (ARC) avec le Prof. PhilippeGrosjean du Département <strong>de</strong> Biologie <strong>de</strong> la Faculté<strong>de</strong>s Sciences. »« Les thématiques <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> mon laboratoired’Ecologie Numérique <strong>de</strong>s Milieux aquatiques(ECONUM) sont <strong>de</strong> trois types, » précise le Prof.Philippe Grosjean. « L’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’écophysiologie <strong>de</strong>scoraux bâtisseurs <strong>de</strong> récifs, la classification automatiséedu plancton marin par analyse d’imageet par techniques d’apprentissage automatique,et le développement d’outils logiciels open sourcespécifiques pour l’écologie. De part ces diversesactivités <strong>de</strong> recherche, je côtoie donc autant lemon<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’écologie que celui du développementlogiciel open source. La collaboration <strong>de</strong> rechercheavec le Prof. Mens me paraît donc une opportunitéintéressante et originale. »d’évolution biologiques afin d’étudier et d’optimiserles écosystèmes logiciels. Le projet a démarré enoctobre 2012 en engageant Maelick Claes, diplômémaster en Sciences Informatiques, pour travaillersur ce projet comme chercheur doctorant.<strong>Mons</strong>ieur Claes, pouvez-vous nous expliquerqu’est-ce qui vous a motivé pourtravailler dans ce domaine <strong>de</strong> recherche?« J’ai obtenu mon diplôme <strong>de</strong> Master en SciencesInformatiques à l’UMONS en septembre 2012. Lapremière raison qui m’a poussé à me lancer dansla recherche en évolution logicielle est le fait queMaelick ClaesLe projet <strong>de</strong> collaboration ARC qui durera 5 années estintitulé «Ecological Studies of Open source SoftwareEcosystems». L’idée originale consiste à choisir etadapter <strong>de</strong>s modèles écologiques et <strong>de</strong>s théories12 élément


je suis intimement convaincu que les mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong>travail collaboratif utilisés pour développer leslogiciels open source présentent <strong>de</strong>s avantagestechniques et éthiques qui peuvent profiter à toutela société. Déjà avant le début <strong>de</strong> mes étu<strong>de</strong>suniversitaires j’ai porté un intérêt particulier à ceslogiciels open source pour leur aspect éthique. Parla suite, les cours <strong>de</strong> génie logiciel et <strong>de</strong> l’évolutionlogicielle enseignés par le Prof. Mens ontattiré mon attention sur le fait que les mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong>développement propres aux logiciels open sourcesont très différents <strong>de</strong> ceux utilisés dans l’industrielogicielle traditionnelle. »D’où vient votre intérêt pour unerecherche interdisciplinaire ?« Je me suis toujours fortement intéressé auxsciences en général. En entrant à l’université j’aidû choisir une branche <strong>de</strong>s sciences à étudieret j’ai choisi les Sciences Informatiques. Je mesuis alors concentré sur cette branche ; maisdurant ma <strong>de</strong>rnière année <strong>de</strong> Master, je me suisrendu compte que, <strong>de</strong> plus en plus, j’avais aussienvie <strong>de</strong> me diriger vers les autres disciplinesque j’avais dû laisser <strong>de</strong> côté quelques annéesauparavant. Cette motivation personnelle en plus<strong>de</strong> la motivation sociétale expliquée précé<strong>de</strong>mment,m’ont motivé pour travailler sur ce sujet<strong>de</strong> recherche. »Pouvez-vous nous décrire brièvementen quoi consisteront vos travaux <strong>de</strong>recherche?« Mon but principal est donc d’étudier ce que l’onappelle <strong>de</strong>s écosystèmes logiciels. Un écosystèmelogiciel est un ensemble <strong>de</strong> projets logiciels quiévoluent au sein d’un même environnement, c’està-direqu’ils sont développés avec les mêmesoutils par les mêmes communautés <strong>de</strong> développeurs,et qu’ils sont utilisés par les mêmescommunautés d’utilisateurs. Pour arriver à comprendrecomment <strong>de</strong> tels écosystèmes évoluent, etdonc pour permettre <strong>de</strong> les améliorer, je m’inspire<strong>de</strong>s théories évolutionnistes biologiques telles quele Darwinisme. Étant donné que les logiciels etles organismes vivants sont fort différents, il estnécessaire d’adapter ces théories biologiques.Ensuite, mon objectif est <strong>de</strong> vérifier empiriquementsi ces théories adaptées peuvent décrirela manière dont évoluent certains écosystèmeslogiciels open source. »Quel est l’intérêt <strong>de</strong> ces travaux<strong>de</strong> recherche ?« Pour arriver àcomprendre comment<strong>de</strong> tels écosystèmesévoluent, et doncpour permettre<strong>de</strong> les améliorer,je m’inspire<strong>de</strong>s théoriesévolutionnistesbiologiques tellesque le Darwinisme. »« L’objectif à moyen terme consiste à exploiter lesrésultats <strong>de</strong> mes recherches pour fournir <strong>de</strong>s outils<strong>de</strong> supports aux communautés d’écosystèmesopen source étudiés. Ainsi, sur base <strong>de</strong> l’analysehistorique <strong>de</strong> l’évolution et <strong>de</strong>s interactions entredéveloppeurs et utilisateurs en leur sein, je vaistenter <strong>de</strong> déterminer quelles sont les stratégiesgagnantes sur le long terme. Une telle approchepourrait mener à <strong>de</strong>s outils <strong>de</strong> diagnostic <strong>de</strong> l’étatprésent <strong>de</strong> projets logiciels, et à <strong>de</strong>s conseilsd’ordre stratégique pour améliorer l’adéquationet la compétitivité <strong>de</strong> tels projets à l’avenir. •Historique d’un sous-ensemble <strong>de</strong> distributions GNU/Linux. Un rapprochement et clairement envisageableavec les arbres phylogénétiques en biologie.élément 13


dossier : institut complexysLe système éducatif et complexe» Jonathan HOUREZ, Assistant <strong>de</strong> recherche, Service <strong>de</strong>s Systèmes d’Information (Département d’Informatique), jonathan.hourez@umons.ac.beNathanaël FRIANT, Assistant, Service <strong>de</strong> Méthodologie et Formation (Faculté <strong>de</strong> Psychologie et <strong>de</strong>s Sciences <strong>de</strong> l’Education), Nathanael.friant@umons.ac.beComment <strong>de</strong>ux services aux préoccupationsa priori très différentes ont-ils puêtre amenés à travailler ensemble ?Jonathan : Notre association a débuté suiteà un appel à projet commandité par le réseaud’enseignement organisé par la FédérationWallonie-Bruxelles. Cette recherche visait à fournir<strong>de</strong>s outils <strong>de</strong> pilotage aux cadres du réseau. Aprèsconcertation, nos chefs <strong>de</strong> service respectifs, MarcDemeuse et Jef Wijsen, ont répondu à cet appel àprojet. Pour atteindre les objectifs fixés, plusieursoutils informatiques ont été créés dont un outil <strong>de</strong>visualisation d’indicateurs, un outil <strong>de</strong> recherched’implantations et un outil <strong>de</strong> simulation individuscentrée.C’est principalement ce <strong>de</strong>rnier qui nousréunit dans le cadre <strong>de</strong>s systèmes complexes.Les simulations réaliséespermettent <strong>de</strong> mieuxcomprendre le fonctionnementdu système, enétudiant notamment lestransferts d’élèves entreécoles. Cette figurereprésente <strong>de</strong>s écoles par<strong>de</strong>s cercles colorés enfonction <strong>de</strong> leur compositionsocio-économique(rouge = défavorisé ; vert= favorisé). Les flèchesreprésentent les élèvesqui évitent une écoleproche <strong>de</strong> leur domicilepour préférer une écoleun peu plus éloignée.Comment expliquer qu’un service spécialisédans les sciences <strong>de</strong> l’éducationtravaille dans les systèmes complexes ?Nathanaël : Voir le système éducatif comme unsystème complexe est une approche originalequi nous semble utile pour mieux comprendrele fonctionnement du système et pour apporterCette figure illustre le test d’un scénario : l’ajout <strong>de</strong> nouvellesécoles à Bruxelles dans trois zones critiques pourrépondre à un éventuel manque <strong>de</strong> places dans les écolesexistantes.<strong>de</strong>s pistes <strong>de</strong> solutions à un certain nombre<strong>de</strong> problèmes qui se posent au niveau <strong>de</strong> sagestion. Avec Jonathan, je me suis ainsi intéresséà la ségrégation socio-économique entreécoles. Comment expliquer la formation <strong>de</strong> tellességrégations dans un système accordant uneplace prépondérante à la liberté <strong>de</strong> choix <strong>de</strong>sélèves et <strong>de</strong> leurs familles ? Notre approche est<strong>de</strong> considérer qu’il s’agit là d’une situation oùun grand nombre d’agents posent <strong>de</strong>s choix quivont s’agréger et faire émerger <strong>de</strong>s propriétésau niveau du système, propriétés qui vont à leurtour influencer les choix <strong>de</strong>s agents. On s’estattachés à modéliser ce système complexe età en simuler le comportement en faisant variercertains paramètres.Jonathan : C’est en suivant ce raisonnement quenous nous sommes tout naturellement dirigés versune approche individus-centrée. L’outil <strong>de</strong> simulationdéveloppé permet <strong>de</strong> représenter un systèmeréel à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong>s agents qui le composent. Il permetensuite <strong>de</strong> mieux comprendre le fonctionnementdu système, d’extrapoler les connaissances quel’on en a pour éclairer les décisions <strong>de</strong> gestion àprendre (simulation prédictive) mais également <strong>de</strong>prédire l’impact <strong>de</strong> changements potentiels surle système réel, sans pour autant les appliquerconcrètement (test <strong>de</strong> scénarios).Dans le cadre <strong>de</strong> ces travaux, vos compétencessemblent complémentaires. Commentexploitez-vous cette complémentarité ?Jonathan : Il est clair qu’avec un Master enSciences Informatiques, les connaissances quej’avais du système éducatif en Belgique étaientassez limitées. Pour concevoir un modèle représentantun tel système, il est important d’avoir unebonne compréhension <strong>de</strong> celui-ci. Cela permetd’autant plus <strong>de</strong> vérifier que les résultats <strong>de</strong>s simulationsconcor<strong>de</strong>nt aux éventuelles observationsou à ce que prévoit l’état <strong>de</strong> l’art.Nathanaël : Un chercheur en sciences <strong>de</strong> l’éducationqui travaillerait seul ne pourrait sans doutepas mettre en pratique l’approche que nous avonsadoptée. Elle nécessite en effet <strong>de</strong> modéliser et <strong>de</strong>simuler le système en concevant <strong>de</strong>s programmesinformatiques. Les compétences <strong>de</strong> Jonathan noussont donc indispensables. De plus, travailler <strong>de</strong>façon interdisciplinaire a une réelle valeur ajoutée,car cela nous amène à clarifier notre pensée et àadopter un autre point <strong>de</strong> vue. •14 élément


dossier : institut énergieMADSCELLS ou l’avenir d’unphotovoltaïque plus performant» Roberto LAZZARONI, Chimie <strong>de</strong>s matériaux nouveaux / Faculté <strong>de</strong>s SciencesRoberto.LAZZARONI@umons.ac.beL’utilisation rationnelle <strong>de</strong> l’énergie, en particuliercelle provenant <strong>de</strong>s sources fossiles, constitue unenjeu majeur pour nos sociétés avancées, à lafois pour tenter d’atténuer les effets du réchauffementglobal et pour préserver les ressourcespétrolières, qui sont précieuses pour d’autresapplications (transport, matériaux synthétiques,industrie pharmaceutique). Dans ce contexte, ledéveloppement <strong>de</strong>s énergies durables, notammentl’énergie solaire, représente une voie d’actionmajeure, en termes technologiques, industrielset économiques.Les cellules photovoltaïques, ou cellules solaires,sont <strong>de</strong>s dispositifs qui convertissent la lumière dusoleil en un courant électrique. Les performances<strong>de</strong> ces dispositifs sont régies par trois fonctions: lafaculté <strong>de</strong> la couche active à absorber la lumière;l’efficacité du mécanisme <strong>de</strong> transformation <strong>de</strong>l’énergie lumineuse en charges électriques; etl’efficacité <strong>de</strong>s processus <strong>de</strong> transport <strong>de</strong> cescharges vers les électro<strong>de</strong>s métalliques entourantla couche active.Actuellement, le développement industriel <strong>de</strong>scellules solaires porte sur <strong>de</strong>s dispositifs à base<strong>de</strong> semi-conducteurs inorganiques, en particulierle silicium. Bien que les ren<strong>de</strong>ments <strong>de</strong> ces systèmessoient très appréciables (<strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> 15%dans les applications « grand public »), leur coûtreste très élevé et les projections à long termene prévoient pas <strong>de</strong> diminution drastique <strong>de</strong> cecoût. Parmi les technologies alternatives qui sontexplorées, l’association <strong>de</strong> matériaux organiques(basés sur la chimie du carbone) et <strong>de</strong> matériauxinorganiques apparaît très prometteuse.un colorant. Ce composé, qui est représenté parles points bleus sur le schéma ci-<strong>de</strong>ssous, estimprégné sur la surface d’une couche d’un oxy<strong>de</strong>semi-conducteur, qui se présente sous la forme <strong>de</strong>particules <strong>de</strong> taille nanométrique. L’absorption <strong>de</strong>la lumière permet la promotion d’un électron <strong>de</strong>smolécules <strong>de</strong> colorant dans un état d’énergie élevé,à partir duquel cet électron peut être transféréaux particules <strong>de</strong> l’oxy<strong>de</strong> (souvent du TiO 2). Cettecharge électrique négative peut alors se déplacerdans la couche d’oxy<strong>de</strong> et rejoindre l’électro<strong>de</strong>pour être injectée dans le circuit électrique. Pourpouvoir continuer à fonctionner, le colorant doit êtrerégénéré dans son état initial. Ce processus, quis’assimile au déplacement d’une charge positivejusqu’à la contre-électro<strong>de</strong>, s’effectue par l’action<strong>de</strong> l’électrolyte à base d’io<strong>de</strong>. Le circuit électriqueest ainsi complet et un appareil électrique (appelé« charge » dans le schéma) peut être alimenté.Ces dispositifs hydri<strong>de</strong>s organiques-inorganiquessont donc appelés cellules solaires à colorant (ou‘Dye-sensitized solar cells – DSSC’). Par rapportaux semi-conducteurs traditionnels, ces celluleshybri<strong>de</strong>s présentent <strong>de</strong>s avantages majeurs. Leurprix <strong>de</strong> fabrication est beaucoup plus faible. Leurspropriétés optiques et électriques peuvent êtremodulées par <strong>de</strong>s modifications contrôlées <strong>de</strong> lastructure chimique <strong>de</strong>s colorants et <strong>de</strong>s oxy<strong>de</strong>s.Enfin, ces matériaux peuvent être mis en œuvre sousla forme <strong>de</strong> films minces souples <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s dimensions,ce qui ouvre <strong>de</strong>s perspectives immensesnotamment pour les applications photovoltaïquesdans le domaine du bâtiment (qui, dans le jargon,sont appelées « Building Integrated Photovoltaics »).Les meilleurs ren<strong>de</strong>ments <strong>de</strong>s cellules à colorantssont actuellement proches <strong>de</strong> 13%. En outre, cescellules sont plus efficaces que les dispositifs àbase <strong>de</strong> silicium sous illumination diffuse, c’est-àdirepar temps nuageux, ce qui est particulièrementappréciable dans nos contrées. Cependant, l’électrolyteà base d’io<strong>de</strong> est un liqui<strong>de</strong> corrosif et ilexiste donc <strong>de</strong>s risques <strong>de</strong> fuite <strong>de</strong> cet électrolyteet <strong>de</strong> corrosion <strong>de</strong>s dispositifs.Surmonter ce problème et encore augmenterle ren<strong>de</strong>ment <strong>de</strong>s cellules sont les objectifs duDans ce type <strong>de</strong> cellule, le matériau organiqueabsorbe une partie <strong>de</strong> la lumière solaire ; c’estélément 15


dossier : institut énergieprojet <strong>de</strong> recherche MADSSCELLS (MultifunctionalMAterials for Dye-Sensitized Solar Cells). Pouratteindre ces objectifs, il s’agira <strong>de</strong> concevoir, synthétiseret incorporer dans les cellules solaireshybri<strong>de</strong>s <strong>de</strong> nouveaux matériaux multifonctionnels.Ces matériaux seront en effet appelés à remplirplusieurs fonctions essentielles : ainsi, la couched’oxy<strong>de</strong> <strong>de</strong>vra à la fois possé<strong>de</strong>r une structuremicroscopique assurant un contact maximal avecle colorant et une gran<strong>de</strong> capacité à recueillir lescharges négatives et les transporter efficacementjusqu’aux électro<strong>de</strong>s. De même, le matériau organiqueofficiera à la fois comme colorant, pourabsorber la lumière, et comme transporteur <strong>de</strong>charges positives en remplacement <strong>de</strong> l’électrolyteliqui<strong>de</strong> traditionnel.Cette recherche requiert <strong>de</strong>s compétences trèsdiverses en chimie, physique et ingénierie <strong>de</strong>smatériaux et c’est seulement par l’action conjointe<strong>de</strong> plusieurs laboratoires que le développement <strong>de</strong>ces nouveaux matériaux pourra être mené à bien ;c’est d’ailleurs l’essence du Programme d’Action<strong>de</strong> Recherche Concertée qui soutient financièrementMADSSCELLS.Quatre groupes <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong><strong>Mons</strong> ont donc joint leurs forces pour mettre enœuvre ce projet : il s’agit <strong>de</strong>s laboratoires <strong>de</strong> Chimie<strong>de</strong>s Matériaux Nouveaux (SCMN-R. Lazzaroni), <strong>de</strong>sMatériaux Polymères et Composites (SMPC-Ph.Dubois) et <strong>de</strong> Chimie <strong>de</strong>s Interactions Plasma-Surfaces (ChIPS-R. Sny<strong>de</strong>rs), <strong>de</strong> la Faculté <strong>de</strong>sSciences, et du laboratoire <strong>de</strong> Science <strong>de</strong>s Matériaux(SDM-A. Decroly), <strong>de</strong> la Faculté Polytechnique.Le SCMN proposera les structures <strong>de</strong>s colorantsaux propriétés optiques et électriques les plusprometteuses, sur la base <strong>de</strong> calculs <strong>de</strong> chimiethéorique, et modélisera les propriétés <strong>de</strong>s interfacesentre ces colorants et les oxy<strong>de</strong>s. Le SMPCsynthétisera ces composés par <strong>de</strong>s métho<strong>de</strong>s <strong>de</strong>polymérisation contrôlée et les mettra en œuvresous forme <strong>de</strong> films minces hybri<strong>de</strong>s. Le ChIPSfabriquera les couches d’oxy<strong>de</strong> aux propriétésspécifiques et étudiera leurs interactions avec lescolorants imprégnés dans ces couches. Enfin, leSDM fabriquera les cellules solaires et évalueraleurs propriétés électrochimiques et leurs performancesphotovoltaïques. Ce sont quatre doctorantsqui seront au cœur <strong>de</strong> ces activités <strong>de</strong> recherche,sous la supervision conjointe <strong>de</strong>s responsables<strong>de</strong>s quatre laboratoires. Notons enfin que le projetMADSSCELLS s’inscrit dans <strong>de</strong> développement <strong>de</strong>s<strong>de</strong>ux Instituts <strong>de</strong> Recherche ‘Matériaux’ et ‘Energie’récemment mis en place par l’UMONS. •Moncef Gazdallah, chercheur qualifié dans leService <strong>de</strong> Thermique et CombustionPouvez-vous nous résumervotre parcours ?J’ai vécu en Tunisie jusqu’à l’obtention <strong>de</strong> mondiplôme d’ingénieur civil en énergétique. En1987, j’ai intégré la FPMs. Après l’obtentiond’une maîtrise en sciences appliquées, j’aientamé une thèse <strong>de</strong> doctorat en sciences appliquées.En 1996, j’ai été engagé en tant quechercheur au sein du Service <strong>de</strong> Thermique etCombustion. En 2001, j’ai présenté ma thèse <strong>de</strong>doctorat ce qui m’a permis d’obtenir le gra<strong>de</strong><strong>de</strong> chargé <strong>de</strong> recherche. Actuellement j’ai lestatut <strong>de</strong> chercheur qualifié.Quelles sont les thématiques surlesquelles vous travaillez ?La modélisation et la simulation <strong>de</strong>s systèmesthermiques constituent les <strong>de</strong>ux thématiques <strong>de</strong>base <strong>de</strong> mon travail <strong>de</strong> recherche où j’abor<strong>de</strong>divers sujets liés à la combustion, la mécanique<strong>de</strong>s flui<strong>de</strong>s, la thermique et l’informatique.Ainsi, la modélisation <strong>de</strong>s gaz <strong>de</strong> combustion,l’adaptation et le développement <strong>de</strong> métho<strong>de</strong>s<strong>de</strong> calcul du rayonnement, la modélisation <strong>de</strong>sécoulements <strong>de</strong> gaz, m’ont permis, <strong>de</strong> développer<strong>de</strong>s simulateurs <strong>de</strong> systèmes thermiquespour répondre aux <strong>de</strong>man<strong>de</strong>s du secteurindustriel, spécialement la sidérurgie, où lasimulation du fonctionnement <strong>de</strong>s fours est uninstrument indispensable pour, d’une part, maîtriserles processus <strong>de</strong> réchauffage <strong>de</strong> brames,leur laminage et le recuit <strong>de</strong>s bobines <strong>de</strong> tôleset d’autre part, améliorer la qualité <strong>de</strong>s produitsfinis et réduire la facture énergétique.Dans cette optique, j’ai développé quatrelogiciels <strong>de</strong>stinés à la comman<strong>de</strong>, la modélisationet la simulation <strong>de</strong> fours <strong>de</strong> réchauffages<strong>de</strong> brames et du recuit continu pour le comptedu groupe ArcelorMittal qui continue à faireappel à notre savoir-faire pour entretenir et lesfaire évoluer les outils développés.Deux grands projets financés par la Régionwallonne m’ont permis <strong>de</strong> valoriser l’expérienceacquise dans le domaine <strong>de</strong> simulation endéveloppant un logiciel et un module <strong>de</strong> calcul.Le logiciel utilise la technique <strong>de</strong> la programmationorientée objet pour généraliser lasimulation <strong>de</strong>s systèmes thermiques. Quantau module <strong>de</strong> calcul, il a été développé dans lecadre d’un projet du plan Marshall. Il intègre lamétho<strong>de</strong> <strong>de</strong>s volumes finis avec modèle <strong>de</strong> diffusiondans la version commerciale du logicielCFD FINETM/Open <strong>de</strong> la société NUMECA. Cetteversion sera commercialisée fin 2012.Qu’est-ce qui distingue le travail d’unchercheur débutant <strong>de</strong> celui d’unchercheur senior ?Quand on est chercheur débutant, rechercherime souvent avec travail où on mesure trèsincomplètement les tenants et les aboutissantsdu projet. Au fil <strong>de</strong>s projets réalisés,l’expérience acquise permet d’abor<strong>de</strong>r lessujets avec beaucoup plus d’aisance <strong>de</strong> clairvoyancemais surtout avec beaucoup plusd’efficacité.Quelles évolutions souhaiteriez-vousdans la politique <strong>de</strong> recherche ?Une réflexion doit être menée pour la formulationd’une future politique <strong>de</strong> recherchequi permettra à la recherche d’être en phaseavec les contextes économiques et sociauxactuels. Cette formulation doit aussi favoriserle développement professionnel et personnel<strong>de</strong>s chercheurs et réduire ainsi l’insécurité quirègne sur leur avenir.Plus d’infos ?moncef.gazdallah@umons.ac.be16 élément


dossier : institut humanorgDiscipline et flexibilité <strong>de</strong>sproduits micro-financiers» Service d’Economie et Gestion <strong>de</strong> l’Entreprise (EGEE)carolina.laureti@umons.ac.beLe service d’Economie et Gestion <strong>de</strong> l’Entreprise(EGEE), rattaché à l’Institut humanOrg <strong>de</strong>l’UMONS, est un <strong>de</strong>s membres fondateurs duCentre Européen <strong>de</strong> Recherche en Microfinance(CERMi). Le CERMi rassemble les chercheurs <strong>de</strong>ce service et <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> Libre <strong>de</strong> Bruxellesqui développent <strong>de</strong>s recherches dans le domaine<strong>de</strong> la microfinance.Au sein <strong>de</strong> l’équipe du service EGEE, MlleCarolina Laureti mène une recherche doctoralesous financement ARC (Action <strong>de</strong> RechercheConcertée). Cette recherche effectuée en cotutelleavec l’<strong>Université</strong> Libre <strong>de</strong> Bruxelles (ULB)est codirigée par les Professeurs Marc Labieet Ariane Szafarz.La recherche doctorale <strong>de</strong> Carolina Laureti portesur la question <strong>de</strong> la discipline et <strong>de</strong> la flexibilité<strong>de</strong>s produits micro-financiers <strong>de</strong>stinésaux personnes pauvres. Cette recherche combineréflexion théorique et expérience pratiquesur le terrain, et elle implique par ailleurs <strong>de</strong>spartenariats entre le CERMi et <strong>de</strong>s institutionsspécialisées sur le terrain.La thématique <strong>de</strong> rechercheLa recherche vise à étudier la création par lesinstitutions <strong>de</strong> microfinance <strong>de</strong> produits financiersbien adaptés à <strong>de</strong>ux besoins <strong>de</strong>s personnespauvres : la discipline et la flexibilité.D’une part, la discipline permet aux personnesd’épargner et <strong>de</strong> ne pas gaspiller leur argenten dépenses non nécessaires. Les personnespauvres, comme les personnes riches, peuventrencontrer <strong>de</strong>s problèmes <strong>de</strong> discipline dansla gestion <strong>de</strong> leur argent. La littérature économiqueparle à ce sujet d’ « incohérencetemporelle » et d’ « actualisation hyperbolique ».Une plus gran<strong>de</strong> discipline financière –c’est-à-dire un meilleur suivi <strong>de</strong>la gestion <strong>de</strong>s dépenses –permet aux personnespauvres d’accumuler<strong>de</strong> l’argent, qu’ilspeuvent ensuite<strong>de</strong>stiner à <strong>de</strong>s investissementsutiles, parexemple pour développerleurs activités ougarantir une meilleure éducationà leurs enfants, ou encorerestructurer leur habitation.L’inclusion <strong>de</strong> la disciplinedans les produits financierspeut prendre différentesformes. Par exemple, lemicrocrédit dans sa forme plusstandardisée est remboursé enpetites tranches hebdomadaires.Ce système garantitune certaine discipline du faitque les tranches sont fréquenteset représentent <strong>de</strong>s petits montants. Cette fréquenceélevée <strong>de</strong> remboursement permet àl’argent <strong>de</strong> ne pas rester trop longtemps « dansles poches » <strong>de</strong> l’emprunteur avant la date duremboursement, réduisant ainsi la tentation <strong>de</strong>le dépenser. Les petits montants s’adaptent bienaux petits flux <strong>de</strong> trésorerie (cash-flow) norma-élément 17


dossier : institut humanorglement gérés par les personnes pauvres. Dansle cas <strong>de</strong>s produits d’épargne, un exemple <strong>de</strong>mécanisme <strong>de</strong> discipline est l’interdiction <strong>de</strong>retirer <strong>de</strong> l’argent avant l’échéance fixée, commec’est le cas pour un compte d’épargne à terme.D’autre part, la flexibilité permet aux personnespauvres <strong>de</strong> mieux se prémunir <strong>de</strong>s évènementsindésirables et imprévus, telles qu’une inondationou plus simplement une maladie. Dansà propos <strong>de</strong> CarolinaAprès avoir obtenu son diplôme <strong>de</strong> Masteren Economie à l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> Rome« La Sapienza », Carolina a suivi le MasterComplémentaire Conjoint en Microfinance(European Microfinance Programme)organisé par l’Académie UniversitaireWallonie-Bruxelles (ULB et UMONS)en partenariat avec les universités <strong>de</strong>Paris-Dauphine et <strong>de</strong> Wageningen. Entreces <strong>de</strong>ux Masters, Carolina a voyagé ettravaillé pendant plusieurs années pourdifférentes ONG dans divers pays en développement,notamment en Afghanistan, auPakistan, en Angola, en Iraq et en In<strong>de</strong>. Ellea également travaillé comme consultantefreelance pour <strong>de</strong>s agences gouvernementales,notamment pour le Ministère<strong>de</strong> l’Economie italienne, pour l’IFAD etpour l’European Agricultural Fund for RuralDevelopment (EAFRD), le fond <strong>de</strong> l’Unioneuropéenne pour le développement rural.Elle a rejoint le service EGEE <strong>de</strong> la FacultéWarocqué en novembre 2010.<strong>de</strong>s cas pareils, ces personnes ont besoin <strong>de</strong>pouvoir revoir leur budget. La flexibilité pour eux,c’est par exemple d’avoir la possibilité <strong>de</strong> sauterle paiement d’une ou <strong>de</strong> plusieurs tranches<strong>de</strong> remboursement ou <strong>de</strong> mieux rééchelonnerleur crédit dans son intégralité. Pour les produitsd’épargne, la flexibilité est par exemplela possibilité <strong>de</strong> retirer <strong>de</strong> l’argent du compted’épargne avant le terme fixé.La recherche <strong>de</strong> Carolina analyse la disciplineet la flexibilité <strong>de</strong>s produits financiers sous différentsangles. Au niveau <strong>de</strong> la <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, elleétudie les préférences <strong>de</strong>s personnes pauvresentre flexibilité et mécanismes <strong>de</strong> discipline. Ducôté <strong>de</strong> l’offre, elle examine dans quelle mesureles institutions <strong>de</strong> microfinance adaptent leursproduits à ces différents besoins. En créant<strong>de</strong>s produits financiers adaptés aux besoinsréels <strong>de</strong>s clients, les institutions <strong>de</strong> microfinancepeuvent améliorer leurs performancesfinancière et sociale.L’expérience sur le terrainau Bangla<strong>de</strong>sh et les partenariats<strong>de</strong> rechercheCarolina a rédigé un <strong>de</strong> ses premiers papiersdans le cadre d’un partenariat avec l’InternationalFund for Agricultural Development (IFAD),l’agence <strong>de</strong>s Nations Unies spécialisée dansle développement rural <strong>de</strong>s pays en voie <strong>de</strong>développement. Cet article commissionné parle Microcredit Summit Campaign 2011, uneconférence mondiale où spécialistes du secteurse rencontrent pour réfléchir sur l’état <strong>de</strong>l’art <strong>de</strong> la microfinance, propose une réflexionthéorique sur la manière <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s produitsfinanciers qui combinent <strong>de</strong>ux aspects : ai<strong>de</strong>r lesclients à se discipliner et, en même temps, leurdonner la flexibilité nécessaire pour faire faceaux imprévus. Ce papier examine neuf produitsinnovateurs qui sont proposés dans différentsendroits du mon<strong>de</strong> et qui combinent ces <strong>de</strong>uxaspects, discipline et flexibilité.Outre la réflexion théorique, la recherche <strong>de</strong>Carolina comprend également une expériencesur le terrain. Celle-ci a effectué un séjour àDhaka en septembre 2012 grâce un accord <strong>de</strong>partenariat signé avec la coopérative d’épargneet <strong>de</strong> crédit SafeSave, au Bangla<strong>de</strong>sh. SafeSaveest particulièrement reconnue au niveau internationalpour les aspects innovants <strong>de</strong> sesproduits, tant d’épargne que <strong>de</strong> crédit. Cetteexpérience sur le terrain permet <strong>de</strong> comprendreles préférences <strong>de</strong>s personnes pauvres à traversl’analyse <strong>de</strong> leur choix par rapport aux différentsproduits financiers offerts par SafeSave. Unepremière base <strong>de</strong> données a été constituée avectoutes les transactions financières <strong>de</strong>s clients <strong>de</strong>SafeSave via leur compte d’épargne. Un autreséjour au Bangla<strong>de</strong>sh est prévu pour Carolinadébut 2013. Une <strong>de</strong>uxième base <strong>de</strong> donnéessera alors constituée sur la base d’enquêtesmenées auprès d’un échantillon <strong>de</strong> clients. Celapermettra <strong>de</strong> lier les caractéristiques démographiques,sociales et économiques – par exemplel’âge, le sexe et la profession – <strong>de</strong>s clients avecleurs choix financiers.Ces séjours à Dhaka permettent également auCERMi <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s liens avec <strong>de</strong>s institutions<strong>de</strong> recherche locales, telles que l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong>Dhaka et l’Institute of Microfinance (in.M), etavec <strong>de</strong>s organisations actives sur le terrain,comme ASA et BRAC – <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>s plus gran<strong>de</strong>sinstitutions <strong>de</strong> microfinance du Bangla<strong>de</strong>sh –ainsi que la Palli Karma-Sahayak Foundation(PKFS), une fondation qui finance plus <strong>de</strong>s 250institutions <strong>de</strong> microfinance. •« La flexibilité permet aux personnes pauvres<strong>de</strong> mieux se prémunir <strong>de</strong>s évènementsindésirables et imprévus, telles qu’uneinondation ou plus simplement une maladie. »18 élément


La diversité ethnoculturelleà l’école mauricienne» Dimitri Cauchie, Service <strong>de</strong> Développement humain et traitement <strong>de</strong>s données/Faculté <strong>de</strong> Psychologie et <strong>de</strong>s Sciences <strong>de</strong> l’EducationDimitri.Cauchie@umons.ac.beNotre recherche doctorale, menée sous la direction <strong>de</strong> la Prof. M.Bruyninckx, a pour finalité <strong>de</strong> contribuer à la valorisation <strong>de</strong> la diversitéethnoculturelle mauricienne dans le champ scolaire du pays, au travers <strong>de</strong>l’action <strong>de</strong> ses enseignants. En analysant et en tentant <strong>de</strong> comprendre aumieux les représentations et les conceptions que les futurs enseignantsprimaires mauriciens ont <strong>de</strong> la diversité ethnoculturelle <strong>de</strong> leur pays,et <strong>de</strong>s différentes communautés qui y cohabitent, nous cherchons àévaluer les possibilités <strong>de</strong> prise en compte <strong>de</strong> l’interculturalité dans leurspratiques pédagogiques, et la manière dont ils envisageraient <strong>de</strong> le faire.Maurice est un pays en plein développement humain et économiquemais reste marqué par <strong>de</strong>s discriminations importantes qui entraventl’équité <strong>de</strong>s opportunités <strong>de</strong> développement personnel <strong>de</strong>s individusmembres <strong>de</strong> certaines communautés. L’école, par son fonctionnementorganisationnel, entérine et reproduit ces inégalités à base culturelle.La reconnaissance <strong>de</strong> l’altérité culturelle est un processus développementalpsychosocial long et complexe. La compréhension et la <strong>de</strong>scription <strong>de</strong>sstéréotypes et <strong>de</strong>s préjugés mutuels, comme celles <strong>de</strong>s représentations queles futurs enseignants ont <strong>de</strong> leur métier, sont nécessaires pour que la miseen œuvre d’une politique scolaire interculturelle ne reste pas superficielleet puisse atteindre <strong>de</strong>s objectifs d’égalité <strong>de</strong>s chances pour tous. Dans uncontexte sociétal en pleine évolution, où la religion semble <strong>de</strong>venir le principalfacteur i<strong>de</strong>ntitaire <strong>de</strong>s Mauriciens, entraînant tolérance respectueuse <strong>de</strong>sautres mais aussi distance relationnelle, notamment entre enseignantset élèves, la prise en compte <strong>de</strong> ces transformations sociales, au regard<strong>de</strong> sentiments d’appartenance culturelle divergents, s’avère essentielle.L’interculturalité mauricienne semble s’orienter vers une constructiondouble où cohabiteraient l’appartenance ethnocommunautaire particulière,religieuse, et la citoyenneté nationale commune, «confédérante» mais vidée<strong>de</strong> contenus culturels valorisables, le métissage apparaissant être peuconsidéré. Le développement d’une véritable culture commune reconnuesemble utopiste. Mais la société mauricienne, où émergent libéralisationet individualisation, doit éviter l’écueil <strong>de</strong>s replis communautaires.Le Mauritius Institue of Education travaille à la préparation et à l’insertiond’un programme <strong>de</strong> «formation à l’interculturel» dans le cursus <strong>de</strong> sesétudiants. Les apports <strong>de</strong> notre recherche, par ses résultats et lesrecommandations conséquentes qui seront adressées à ses responsables,pourraient en favoriser l’efficacité. La formation <strong>de</strong>s enseignants, si elleest ambitieuse et réaliste, peut être un facteur favorisant le dialogueinterculturel et, dès lors, un développement humain plus équitable. •élément 19


dossier : institut infortechEcologistics, une logistiqueverte pour l’Europe à la portée<strong>de</strong>s PME» Joël Hancq, Service <strong>de</strong> Théorie <strong>de</strong>s Circuits et Traitement du Signal (FPMs)joel.hancq@umons.ac.beLe domaine <strong>de</strong> la logistique est un secteuréconomique crucial dans l’Europe Nord-Ouest(ENO), avec le cœur <strong>de</strong> la “banane logistique”situé autour <strong>de</strong>s pays suivants : France,Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagneet Royaume-Uni.Les frontières s’effacent <strong>de</strong> plus en plus sous l’effet<strong>de</strong> transits internationaux en rapi<strong>de</strong> expansion,au sein d’une société <strong>de</strong> l’information croissante,exigeant <strong>de</strong> plus en plus d’échanges mais combinéeà un besoin urgent <strong>de</strong> diminuer l’empreintecarbone dans ces échanges économiques.Toutefois, à l’ère <strong>de</strong> cette mondialisation <strong>de</strong>séchanges, les différents partenaires <strong>de</strong> la SupplyChain n’opèrent pas avec les mêmes moyenset les mêmes métho<strong>de</strong>s : contrairement auxgrands groupes industriels, les PME n’ont ni letemps ni les ressources suffisantes pour adapterleurs mo<strong>de</strong>s opératoires disparates à la nécessité<strong>de</strong> flux standardisés (flux physiques, fluxd’information).Le projet Ecologistics ambitionne <strong>de</strong> combler cefossé entres gran<strong>de</strong>s entreprises et PME grâceà un démonstrateur concret, véritable réseaud’échange <strong>de</strong> données <strong>de</strong> traçabilité, s’appuyantsur les standards européens <strong>de</strong> l’ElectronicProduct Co<strong>de</strong> Network (EPC-Network).<strong>de</strong> meilleurs remplissages <strong>de</strong>s camions, <strong>de</strong>stransferts intermodaux facilités (y compris <strong>de</strong>fret ferroviaire), <strong>de</strong>s flux routiers plus flui<strong>de</strong>s, uneempreinte carbone réduite par une logistiqueplus efficace et plus écologique.Dédié en priorité aux PME, ce démonstrateur doitaussi être bénéfique aux gran<strong>de</strong>s entreprisesayant intégré ces innovations, ces <strong>de</strong>rnièresayant un besoin crucial d’avoir une visibilité surtoute la chaîne, en partageant leurs donnéesstandardisées avec chacun <strong>de</strong> leurs partenaires,petits ou grands.Un tel challenge doit être gagné non pas àl’échelle d’une seule région, mais à l’aune d’unelogistique internationale intermodale utilisant<strong>de</strong>s moyens <strong>de</strong> communication interopérables.Dans ce cadre, le projet rassemble 13 acteurs <strong>de</strong>6 pays <strong>de</strong> l’ENO ayant <strong>de</strong>s compétences diversesdans le domaine <strong>de</strong> la logistique, on citera outrel’UMONS avec son institut INFORTECH, lea<strong>de</strong>rdu projet et MULTITEL,centre <strong>de</strong> rechercheagréé issu <strong>de</strong> la FPMs, largement actifs dansl’ICT au service du transport et <strong>de</strong> la logistiqueentre autres au travers <strong>de</strong> divers projets duplan Marshall : 3 clusters (LU : Cluster for Logistics, BE :Logistics in Wallonia, FR : TTP), Les antennes françaises et belges d’uneassociation mondiale <strong>de</strong> création et <strong>de</strong>promotion <strong>de</strong> standards internationaux encommerce et logistique : GS1, créateur <strong>de</strong>sstandards <strong>de</strong> l’EPC-Network. Des centres <strong>de</strong> formation dans le secteur(BE : Forem, G : IPL), Un Centre <strong>de</strong> Recherche en organisationlogistique (NL : TU/e), Un acteur <strong>de</strong> régulation et d’intégration <strong>de</strong>sréseaux <strong>de</strong> transports urbains : (UK : MT). Des universités (FR : EC-Lille, <strong>Université</strong>d’Artois),Ce démonstrateur ICT <strong>de</strong>s standards EPC-Network s’inscrit dans une communicationdirecte entre les objets transportés et les acteurs<strong>de</strong> la Supply Chain (application du concept<strong>de</strong> l’Internet <strong>de</strong>s Objets) offrant à la fois unevisibilité globale et <strong>de</strong> la planification collaborative,avec une réduction <strong>de</strong>s trajets inutiles,20 élément


Une plate-forme logistique (FR : EURA)Une phase <strong>de</strong> dissémination importante impliqueune forte coopération entre les acteurs pour : Sensibiliser les PME à l’optimisation <strong>de</strong>s fluxlogistiques grâce aux outils ICT, Réduire les disparités entre les mo<strong>de</strong>s opératoires<strong>de</strong>s entreprises par un large usage<strong>de</strong> standards, Édifier une supply chain unifiée, efficaceet durable s’appuyant sur <strong>de</strong>s solutions <strong>de</strong>tracking & tracing interopérables pour lesmarchandises, les véhicules et les personnes, Renforcer la compétence <strong>de</strong>s opérateurs,grâce à <strong>de</strong>s outils leur permettant <strong>de</strong> sefamiliariser avec ces solutions ICT, et à <strong>de</strong>sformations à la pointe, intégrant ces technologies, Et plus globalement, défragmenter les différentspérimètres d’action (métiers, filières,régions) afin <strong>de</strong> favoriser la croissance <strong>de</strong>sPME tout en jugulant leur impact sur l’environnement.Bernard Piette | Manager, Logistics in Wallonia« Dans nos régions, la prise <strong>de</strong> conscience <strong>de</strong> l’importance du secteur du transport et <strong>de</strong> lalogistique est relativement récente. Alors qu’elle était vue comme une activité relativementsimple (transport et entreposage) jusqu’alors, cette activité s’est complexifiée au cours <strong>de</strong>s<strong>de</strong>rnières années suite notamment à la globalisation <strong>de</strong> l’économie (et l’ouverture <strong>de</strong>s frontièreseuropéennes) ou la montée en puissance <strong>de</strong> nouveaux mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong> consommation tels que l’ecommerce.La logistique apparaît donc <strong>de</strong> plus en plus comme une discipline complexe, <strong>de</strong>plus en plus intégrée dans les processus industriels et visant à une corrélation parfaite entre<strong>de</strong>s flux <strong>de</strong> matières, d’information et financiers.En Wallonie, un événement majeur est assurément la reconnaissance <strong>de</strong> la logistique commevecteur <strong>de</strong> développement lors du lancement du Plan Marshall et <strong>de</strong> la reconnaissance <strong>de</strong>spôles <strong>de</strong> compétitivité. Parmi ceux-ci, un est effectivement dédicacé au transport et à lalogistique : Logistics in Wallonia. Depuis son lancement, ce sont 12 projets <strong>de</strong> recherche et 5projets <strong>de</strong> formation qui ont été labellisés impliquant plus <strong>de</strong> 60 acteurs différents. Le 9èmeappel à projets vient d’ailleurs d’être lancé.Un projet comme Ecologistics s’inscrit parfaitement dans cette dynamique. En effet, ce projetvise à développer <strong>de</strong>s outils informatiques et d’i<strong>de</strong>ntification automatique permettant auxentreprises <strong>de</strong> rendre leurs chaînes logistiques plus durables. A travers ce projet, la Wallonierenforce sa volonté <strong>de</strong> compter parmi les régions logistiques <strong>de</strong> premier plan en Europe ».Celle-ci sera réalisée au travers <strong>de</strong>s réseauxainsi mobilisés qui pourront disséminer dansles meilleures conditions les résultats d’Ecologisticsafin d’atteindre les objectifs <strong>de</strong> transfertet <strong>de</strong> partage <strong>de</strong> compétences, et d’efficacitééconomique.Ces actions <strong>de</strong> communication <strong>de</strong>vraient toucher20.000 entreprises (et essentiellement <strong>de</strong>sPME) dans une démarche allant <strong>de</strong> l’analyse <strong>de</strong>sbesoins à une large sensibilisation à l’optimisation<strong>de</strong>s flux logistiques grâce aux outils ICT,ce qui permettra : aux déci<strong>de</strong>urs <strong>de</strong> la chaîne logistique <strong>de</strong>mesurer l’efficacité et la maturité <strong>de</strong> cesnouvelles technologies, pour un échange<strong>de</strong> données fiable et sécurisé, aux opérateurs, d’améliorer leurs compétencesgrâce à l’intégration <strong>de</strong> cedémonstrateur dans les modules <strong>de</strong> coursexistants, et par la création <strong>de</strong> nouveauxcours, le cas échéant.Les partenaires se sont engagés à faire vivre cedémonstrateur, unique en Europe, après la findu projet. Cette pérennité sera assurée grâce à : sa validation par les utilisateurs eux-mêmes,dans le cadre d’étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> cas sélectionnéesavec les entreprises, et déployées concrètementà l’ai<strong>de</strong> du démonstrateur, son intégration dans les cours par les centres<strong>de</strong> formations partenaires, son utilité dans l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’impact environnemental<strong>de</strong>s ICT en logistique (empreintecarbone, qualité <strong>de</strong> l’air, ...).Plus spécifiquement, outre son rôle <strong>de</strong> coordination,l’UMONS prendra en charge l’élaboration dudémonstrateur <strong>de</strong>puis son architecture jusqu’àsa construction avec l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> MULTITEL pourles interfaces d’i<strong>de</strong>ntification d’objets mobiles,et <strong>de</strong> l’Ecole Centrale <strong>de</strong> Lille pour l’interfacageavec un ERP open source. En effet, l’UMONS aparticipé à plusieurs projets <strong>de</strong> recherche visantà accroître la performance <strong>de</strong>s flux d’informationen logistique grâce aux ICT pour une meilleurevisibilité <strong>de</strong>s flux physiques au long <strong>de</strong> la supplychain : cette expertise technologique et lesrelations ainsi nouées avec <strong>de</strong> nombreusesentreprises en Belgique et en Europe serontprécieuses pour mener à bien l’élaboration <strong>de</strong>ce démonstrateur.Ensuite, l’UMONS participera activement auxphases <strong>de</strong> test du démonstrateur et à sonl’intégration dans <strong>de</strong>s modules <strong>de</strong> formationdédiés aux professionnels <strong>de</strong> la logistique. Cesoutils didactiques <strong>de</strong>vront aussi être disponiblesdans une version distante sur le portail webd’Ecologistics, permettant aux opérateurs <strong>de</strong> sefamiliariser facilement à l’optimisation <strong>de</strong>s fluxlogistiques à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong>s outils ICT, aussi bien dansles entreprises du transport et <strong>de</strong> la logistique,qu’au sein <strong>de</strong> l’industrie et du commerce. •élément 21


dossier : institut langageParolpathos,les maux <strong>de</strong> la parole» Bernard HARMEGNIES, Prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> l’Institut Langage, Métrologie et Sciences du langage, Faculté <strong>de</strong> Pyschologie et <strong>de</strong>s Sciences <strong>de</strong> l’Educationbernard.harmegnies@umons.ac.beL’Institut <strong>de</strong> Recherche sur les Sciences etTechniques du Langage a fait choix <strong>de</strong> se concentrersur un objet unique : le langage. Mais cet objetest tellement vaste et polymorphe qu’il requiertl’articulation interdisciplinaire <strong>de</strong> regards trèsdiversifiés et d’expertises originaires <strong>de</strong> secteurstrès variés <strong>de</strong> la science.Le projet ARC Parolpathos en fournit un excellentexemple : porté par quatre équipes <strong>de</strong> l’Institut(le laboratoire <strong>de</strong> phonétique et les servicesd’anatomie humaine, d’orthopédagogie cliniqueet <strong>de</strong>s sciences <strong>de</strong> la famille), il se centre surl’évaluation acoustique et auditive du signal <strong>de</strong>parole <strong>de</strong> locuteurs francophones en situation<strong>de</strong> handicap mais également sur les apports<strong>de</strong> la phonétique clinique au développement <strong>de</strong>procédures d’évaluation holistique du sujet communicantsitué dans son écosystème.C’est au sein <strong>de</strong> l’équipe multidisciplinaire chargée<strong>de</strong> ce projet qu’a été recruté le Dr Jérôme Lechien,jeune mé<strong>de</strong>cin <strong>de</strong> 24 ans. Jérôme Lechien a débutéses étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine à l’UMH en 2005, oùil obtenu le gra<strong>de</strong> <strong>de</strong> Bachelier en Mé<strong>de</strong>cine en2008 avec Gran<strong>de</strong> Distinction ainsi que le prix <strong>de</strong>l’European Resonance Magnetic Forum (décernéau major <strong>de</strong> promotion dans les enseignementsd’anatomie et d’imagerie médicale).Tout en gardant un pied à l’UMONS en tant quecollaborateur volontaire dans le service d’anatomiehumaine et <strong>de</strong> biologie cellulaire, il obtientà l’ULB son diplôme <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cin avec gran<strong>de</strong>distinction en juin 2012. Son mémoire <strong>de</strong> find’étu<strong>de</strong>, réalisé au sein du laboratoire d’Anatomie<strong>de</strong> l’UMONS, portait sur l’implication du MIF et<strong>de</strong> son récepteur, le CD74, dans les cancers <strong>de</strong>svoies aéro-digestives supérieures.En parallèle <strong>de</strong> ses étu<strong>de</strong>s en mé<strong>de</strong>cine, Jérômes’est investi dans la vie étudiante <strong>de</strong> ses <strong>de</strong>uxuniversités formatrices ; au conseil d’administration<strong>de</strong> l’UMH, d’abord, puis au conseild’administration <strong>de</strong> l’ULB. De plus, il développaet présida le CIUM, comité représentant les étudiantsen mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong> Belgique Francophone.Le Dr Lechien étant passionné par la recherchefondamentale, en particulier dans le domaine <strong>de</strong>l’oto-rhino-laryngologie, c’est très logiquementqu’il s’est vu proposer une bourse <strong>de</strong> doctoratdans le cadre du projet Parolpathos.Jérôme a ainsi débuté une thèse en sciencesmédicales (co-dirigée par les Profs. Saussezet Harmegnies), un Master Complémentaire enSciences du langage à l’UMONS ainsi que sa spécialitéen ORL et chirurgie cervico-faciale à l’ULB.Sa thèse concerne les modifications du signalvocal dans les pathologies ORL et neurologiques.Ses motivations sont multiples et étroitementliées à la discipline médicale dans laquelle il seforme, l’ORL. En effet, outre les aspects psycholinguistiquesindispensables à prendre enconsidération, les données <strong>de</strong> la littérature portantsur l’évaluation objective <strong>de</strong> la voix ne sontque trop peu développées malgré une inci<strong>de</strong>nceimportante <strong>de</strong>s troubles vocaux dans la populationgénérale. Ce projet interdisciplinaire pourra égalementapporter <strong>de</strong>s informations dans la priseen charge médico-chirurgicale <strong>de</strong>s pathologieslaryngées fréquemment rencontrées en ORL.Dans un domaine où la recherche clinique enréinnervation laryngée et greffe <strong>de</strong> larynx n’enest qu’à ses débuts, nul doute que ce projet passionnantanimera vivement les quatre prochainesannées <strong>de</strong> ce jeune chercheur.Jérôme Lechien22 élément


dossier : institut numédiartMediaWorkFlowsLa navigation hypermédia auservice <strong>de</strong> la postproduction» Thierry Dutoit, Professeur ordinaire à la Fpms, Prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> l’Institut NUMEDIART pour les technologies <strong>de</strong>s arts numériques <strong>de</strong> l’UMONSthierry.dutoit@umons.ac.beSi « moteur <strong>de</strong> recherche»évoque encore aujourd’huiprincipalement d’idée <strong>de</strong>recherche alphanumériquedans un ensemble <strong>de</strong> donnéestextuelles, les choses pourraientbien changer dans un avenirassez proche…Depuis plus <strong>de</strong> dix ans, les chercheurs <strong>de</strong> laplanète s’attachent en effet à repousser leslimites <strong>de</strong> nos navigateurs actuels, en cherchantà les rendre sensibles au contenu implicite <strong>de</strong>sobjets numériques que nous consultons quotidiennement: sons, images (2 et 3D), vidéos.La quatorzième édition <strong>de</strong> la conférenceinternationale sur la recherche documentairemultimedia (MIR2013) se tiendra ainsi cetteannée à Dallas (http://www.icmr2013.org/). Unepartie <strong>de</strong> ces recherches commence à émerger,comme par exemple dans l’application GoogleImages (voir figure).Recherche par similarité à partir <strong>de</strong> la photo <strong>de</strong> l’auteur <strong>de</strong> cet article, dans Google Images. La pertinence<strong>de</strong>s résultats est évi<strong>de</strong>mment subjective. Notons cependant que l’interface n’a renvoyé que <strong>de</strong>s photosd’hommes, <strong>de</strong> face ou <strong>de</strong> ¾.Participant à cet effort collectif, <strong>de</strong>s chercheurs<strong>de</strong> l’Institut NUMEDIART (à savoir StephaneDupont, Christian Frisson, Alexis Moinet, ThierryRavet, Xavier Siebert, Guy Van<strong>de</strong>nBem<strong>de</strong>n)travaillent <strong>de</strong>puis 2007 au développement <strong>de</strong>librairies logicielles pour l’analyse automatique<strong>de</strong> contenu audiovisuel sous différentes facettes(par exemple analyse du timbre, du rythme,<strong>de</strong> l’harmonie pour la musique, <strong>de</strong>s couleurs,textures, et formes pour l’image, <strong>de</strong>s vitesseset accélérations <strong>de</strong> composantes d’image pourla vidéo, <strong>de</strong> caractéristiques morphologiquespour le visage, etc.).Ces librairies <strong>de</strong> calcul sont associées à<strong>de</strong>s interfaces intuitives et couplées à <strong>de</strong>stechniques d’in<strong>de</strong>xation et <strong>de</strong> classificationautomatique, rendant ainsi possible larecherche d’information multimedia (MIR -«Multimedia Information Retrieval»). Le tout estassemblé pour constituer la plateforme clientserveurgénérique « MediaCycle » développéeau sein du projet, qui sert <strong>de</strong> base aux travaux<strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> notre université autour ducontenu multimedia et intervient dans diversesdémonstrations et prototypes que nous avonseu l’occasion <strong>de</strong> produire <strong>de</strong>puis 5 ans. Une<strong>de</strong>s nombreuses vidéos disponibles sur le site<strong>de</strong> l’Institut résume assez bien la constructionprogressive <strong>de</strong> « MediaCycle », à travers lesprojets successifs réalisés par les chercheursdans ce domaine. Elle est disponible sur lapage du projet : http://www.numediart.org/tag/mediacycle/.élément 23


dossier : institut numédiartParmi les principales réalisations liées à« MediaCycle », il faut citer : Dancers, installation et site web promu parle chorégraphe américain Bud Blumenthal,et offrant <strong>de</strong>s possibilités <strong>de</strong> recherche parsimilarité <strong>de</strong> chorégraphies <strong>de</strong> danse, via lesfonctionnalités <strong>de</strong> MediaCycle.Le site web propose <strong>de</strong>ux types <strong>de</strong> navigationparmi les centaines <strong>de</strong> vidéos disponibles.La première, celle qui vient par défaut, estla plus classique : on spécifié l’âge, le sexe,l’origine du danseur, son style <strong>de</strong> musique,etc., et on finit par sélectionner une vidéodans une liste. La secon<strong>de</strong> (http://www.dancersproject.com/interactive/)est basée surmoteur MediaCycle : les vidéos sont classéesautomatiquement en fonction <strong>de</strong> leur contenu(et non par leur métadonnées), et affichéesdans le plan <strong>de</strong> l’écran en respectant uncritère <strong>de</strong> similarité <strong>de</strong> contenu. LaughterCycle, un prototype <strong>de</strong> site weboffrant <strong>de</strong>s possibilités <strong>de</strong> recherche dansune base <strong>de</strong> données <strong>de</strong> rires enregistrés,par analyse <strong>de</strong>s similarités, permettant ainsi<strong>de</strong> retrouver <strong>de</strong>s rires proches d’un rire <strong>de</strong>départ. Ce projet a notamment permis àl’Institut <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir en 2012 le coordinateurd’un grand projet Européen FET (Futureand Emerging Technologies) baptisé ILHAIRE(www.ilhaire.eu). LoopJam, une installation interactive sociale,permettant à un groupe <strong>de</strong> personnes <strong>de</strong>créer collectivement <strong>de</strong>s « grooves » sonoresà base <strong>de</strong> boucles musicales. Les bouclessont affichées dans un plan, où MediaCyclepermet un groupement par similarité <strong>de</strong>ssons instrumentaux. Cette installation a étéexposée notamment au Château <strong>de</strong> Seneffe,au Centre Wallonie Bruxelles à Paris, au saloneuropéen NEM (Networked Electronic Media),à CitySonics, et au KIKK festival à Namur.Ces diverses possibilités ont été récemmentmises à profit dans le cadre d’un projet « Proofof Concept » subsidié par la Région wallonne àtravers l’Académie Wallonie-Bruxelles : le projetMediaWorkFlows. L’idée est ici <strong>de</strong> produire unprototype permettant <strong>de</strong> retrouver au plus viteun fragment sonore (un bruitage) dont le contenucorrespond à un modèle mental donné.Le projet est soutenu par la société DameBlanche SA (Genval), studio <strong>de</strong> postproductionspécialisée en doublage et en bruitage, intéresséepar la possibilité <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s recherchesassistées dans <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s bibliothèques <strong>de</strong> sons<strong>de</strong> bruitage. Aujourd’hui, le recours à ce type <strong>de</strong>bibliothèque reste long et peu productif, conduisantsouvent à la re-création du son en directpar <strong>de</strong>s techniques traditionnelles plutôt qu’àl’utilisation <strong>de</strong> banques <strong>de</strong> sons. La techniqueproposée permettrait <strong>de</strong> rendre cette consultationbeaucoup plus productive et d’une réelleutilité au sein <strong>de</strong>s studios <strong>de</strong> postproduction. •Placement <strong>de</strong> sons dans un plan, par similarité acoustiqueLe projet Dancers« Ces diversespossibilités ont étérécemment misesà profit dans lecadre d’un projet «Proof of Concept »subsidié par la Régionwallonne à traversl’Académie Wallonie-Bruxelles : le projetMediaWorkFlows. »24 élément


MedianeumLa machine à remonter le temps» Thierry Dutoit, Professeur ordinaire à la FPMs, Prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> l’Institut NUMEDIART pour les technologies <strong>de</strong>s arts numériques <strong>de</strong> l’UMONSthierry.dutoit@umons.ac.beL’interface graphiqueDepuis l’apparition en septembre2011 <strong>de</strong> l’interface TimeLine<strong>de</strong> Facebook, il est <strong>de</strong>venunaturel <strong>de</strong> présenter <strong>de</strong>sdonnées multimédia sous formechronologique - à vrai dire,on ne se souvient même déjàplus <strong>de</strong> comment Facebook seprésentait avant. Plusieurs outilslogiciels permettent aujourd’hui<strong>de</strong> construire <strong>de</strong>s applicationsbasées sur ce principe. Le projetMedianeum, mené par l’InstitutNUMEDIART sur une <strong>de</strong>man<strong>de</strong>initiale du Mundaneum, s’inscritdans ce mouvement.Consulter une ligne du temps sur un écran d’ordinateur,quoi <strong>de</strong> plus naturel aujourd’hui ? Que cesoit pour raconter l’histoire d’individus, <strong>de</strong> groupes,<strong>de</strong> mouvements <strong>de</strong> pensée, ou <strong>de</strong> lieux, les lignesdu temps offrent une interface directement compréhensibleet permettant souvent une meilleuremémorisation <strong>de</strong> l’information.Le Mundaneum, œuvre <strong>de</strong>s visionnaires Paul Otletet Henri Lafontaine, a précisément pour mission <strong>de</strong>rendre accessible les idées <strong>de</strong> ses concepteurs,en les replaçant dans leur époque. L’expositionRenaissance 2.0, visible dans ses murs jusqu’enjuillet 2013, retrace ainsi magistralement l’histoiredu Web. C’est dans ce cadre que s’inscrit une<strong>de</strong>man<strong>de</strong> du Mundaneum à l’Institut NUMEDIART,visant la mise au point d’une interface <strong>de</strong> navigationvirtuelle dans la vie et l’œuvre <strong>de</strong> HenriLafontaine, dont on fêtera cette année la 100èmeanniversaire du prix Nobel <strong>de</strong> la paix à travers uneexposition qui ouvrira ses portes en février 2013.Médianeum – c’est le nom du projet – est bâti sur<strong>de</strong>ux piliers. D’une part une interface graphique,basée sur l’outil open source TimeLineJS développépar VéritéCo et la NorthWestern University(http://timeline.verite.co/). Développé en Java,TimeLineJS permet la création <strong>de</strong> pages weboffrant une navigation <strong>de</strong> type chronologique dansun ensemble <strong>de</strong> données multimédia. L’équipe <strong>de</strong>l’Institut NUMEDIART a modifié ce logiciel pourl’interfacer avec ProcesSwing, une version opensource « maison » <strong>de</strong> l’environnement <strong>de</strong> programmationProcessing embarquée dans la librairieSwing <strong>de</strong> Java. D’autre part, MELON, un moteur<strong>de</strong> contrôle <strong>de</strong> cette interface graphique créé parNUMEDIART et basé sur une caméra 3D (la caméraKinect <strong>de</strong> Microsoft). Partant d’une analyse dumouvement <strong>de</strong>s bras d’un utilisateur, <strong>de</strong>s comman<strong>de</strong>ssont envoyées à l’interface graphique, etsimulent <strong>de</strong>s déplacements et <strong>de</strong>s clics <strong>de</strong> souris.Les résultats <strong>de</strong> ce projet portés par les chercheursFrançois Zajega, Cécile Picard, Julie René, AntoninPuleo, et Christian Frisson sont également utilisésdans le cadre du projet Européen IP LinkedTV(Future Television Linked to the Web), dont l’Institutest partenaire et qui a débuté en 2012. •élément 25


dossier : institut matériauxOPTI 2 MAT,<strong>de</strong>s nouveaux revêtementsauto-cicatrisants» Freddy BENARD, Rony SNYDERS, Marjorie OLIVIER & Philippe DUBOIS, Institut Matériaux, Projet Opti 2 Matfreddy.benard@umons.ac.beLe Programme d’Excellence OPTI²MAT est àl’origine <strong>de</strong> la création <strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong> rechercheen Science et Ingénierie <strong>de</strong>s Matériaux. Grâceau Programme d’Excellence OPTI²MAT, l’ensemble<strong>de</strong>s chercheurs <strong>de</strong> l’UMONS actifsdans le domaine <strong>de</strong>s matériaux, associés auxcentres <strong>de</strong> recherche INISMA et Materia Nova,sont regroupés au sein d’un même Institut favorisant<strong>de</strong> la sorte les interactions en interne maissurtout sa visibilité et lisibilité extérieures. LeProgramme d’Excellence a démarré le 1 er avril2009 pour 5 ans avec un budget global <strong>de</strong> 12millions d’euros financés pour moitié par laRégion wallonne et pour moitié par l’UMONS etMateria Nova. Six doctorants ont été engagésdans le cadre <strong>de</strong> ce projet.Fig. 1. Revêtement multicouche mis au point dans leProgramme OPTI²MATL’une <strong>de</strong>s premières applications du Programmed’Excellence OPTI²MAT est la protection <strong>de</strong>ssubstrats métalliques par <strong>de</strong>s revêtementsauto-cicatrisants en développant <strong>de</strong> nouvellestechnologies <strong>de</strong> dépôts. Ces revêtements sonttrès <strong>de</strong>mandés dans <strong>de</strong>s secteurs tels quel’aérospatiale et l’automobile pour la protection<strong>de</strong>s alliages d’aluminium ou <strong>de</strong>s aciers <strong>de</strong> typegalvanisé. Le nouveau procédé <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong>surface développé allie les performances <strong>de</strong>spolymères plasma à celles <strong>de</strong>s polymères ditsconventionnels, tout en tirant bénéfice <strong>de</strong> leursinconvénients respectifs (Figure 1). Le revêtementest susceptible <strong>de</strong> conférer au substrat métallique<strong>de</strong>s propriétés d’auto-cicatrisation à la corrosionet à la griffe : régénération simultanée <strong>de</strong> lacouche <strong>de</strong> passivation (souvent inorganique) etdu revêtement organique. La secon<strong>de</strong> applicationvise quant à elle à se doter d’outils <strong>de</strong> suivi et<strong>de</strong> prévention <strong>de</strong>s phénomènes <strong>de</strong> corrosion enutilisant les fibres optiques comme détecteursd’espèces chimiques.Parmi les nombreux types <strong>de</strong> plasmas, certainssont utilisés à gran<strong>de</strong> échelle au niveauindustriel entre autres pour le traitement <strong>de</strong>surface (fonctionnalisation chimique, synthèse<strong>de</strong> films minces,…) 1 . Pour certains <strong>de</strong>s filmsminces synthétisés, l’inconvénient majeur estla génération en surface <strong>de</strong> radicaux libres trèsréactifs susceptibles <strong>de</strong> réagir avec l’oxygène <strong>de</strong>l’air. Ces réactions non contrôlées induisent unvieillissement prématuré et donc une durabilitélimitée <strong>de</strong>s propriétés <strong>de</strong> ces revêtements. Cetinconvénient majeur est utilisé comme uneopportunité dans le cadre <strong>de</strong> nos recherches.En effet, ces radicaux inévitablement présentssont utilisés pour la génération, via un procédéradicalaire, d’un polymère conventionnel. Cetteidée est à la base d’un procédé <strong>de</strong> dépôt multicoucheà forte potentialité <strong>de</strong> par sa modularité.Pour mener à bien cette recherche, les équipes<strong>de</strong>s services SMPC (Matériaux Polymères etComposites), SDM (Science <strong>de</strong>s Matériaux) etCHIPS (Chimie <strong>de</strong>s Interactions Plasma Surface)tous trois membres <strong>de</strong> l’Institut Matériaux sesont dotées d’un outil polyvalent permettantd’allier les procédés plasma avec la synthèse<strong>de</strong> brosses <strong>de</strong> polymères (Figure 1). Cet outilpermet <strong>de</strong> synthétiser le multicouche en combinantles traitements plasma sous vi<strong>de</strong> et lapolymérisation conventionnelle radicalaire à <strong>de</strong>spressions atmosphériques sans exposition <strong>de</strong>l’échantillon à l’atmosphère.La première couche, déposée par pulvérisationmagnétron réactive dans un mélange Ar/O 2,est une couche amorphe d’oxy<strong>de</strong> <strong>de</strong> cérium(Figure 3). Les sels <strong>de</strong> cérium sont en effet<strong>de</strong>s sels <strong>de</strong> terre rare reconnus pour leurspropriétés inhibitrices. Une étu<strong>de</strong> critique <strong>de</strong>leur mécanisme d’action par <strong>de</strong>s métho<strong>de</strong>sélectrochimiques généralisées et locales estd’ailleurs menée en parallèle dans le service<strong>de</strong> Science <strong>de</strong>s Matériaux.La variation <strong>de</strong> la teneur en oxygène dans leplasma impacte directement sur la composition26 élément


<strong>de</strong> la couche déposée. Les caractérisations parmétho<strong>de</strong>s électrochimiques <strong>de</strong> couches d’oxy<strong>de</strong><strong>de</strong> cérium déposées sur <strong>de</strong>s substrats d’aluminiumont permis d’i<strong>de</strong>ntifier les conditions <strong>de</strong>dépôts permettant l’obtention <strong>de</strong> couches appelées« couches <strong>de</strong> conversion » suggérant <strong>de</strong>sinteractions entre la couche d’oxy<strong>de</strong> <strong>de</strong> cériumet la couche d’alumine naturellement présente àla surface <strong>de</strong> l’aluminium qui peuvent être associéesà <strong>de</strong>s phénomènes d’auto-cicatrisation 2 .La couche suivante est un film polymère plasmapour lequel le précurseur utilisé est l’isopropanol.La métho<strong>de</strong> <strong>de</strong> greffage <strong>de</strong>s brosses <strong>de</strong>polymère au départ <strong>de</strong> cette couche s’appuiesur l’exploitation <strong>de</strong>s radicaux libres créés à lasurface du polymère plasma pour amorcer lapolymérisation radicalaire <strong>de</strong> monomères <strong>de</strong>type acrylate. Pour optimiser les paramètresexpérimentaux <strong>de</strong> ce greffage, une métho<strong>de</strong> <strong>de</strong>labellisation <strong>de</strong>s radicaux a été mise au pointen utilisant le monoxy<strong>de</strong> d’azote (NO) commemolécule marquante. L’intérêt du NO rési<strong>de</strong>,entre autres, dans le fait que cette moléculepermet <strong>de</strong> différencier les radicaux primaires etsecondaires (donnant <strong>de</strong>s oximes par réactionavec le NO) <strong>de</strong>s radicaux tertiaires (donnant <strong>de</strong>sdérivés nitros, nitroso ou nitrates,…) 3 .Des brosses <strong>de</strong> poly(ethylhexyl acrylate) sontainsi greffées à la surface du film <strong>de</strong> polymèreplasma avec les paramètres expérimentauxajustés pour une plus gran<strong>de</strong> <strong>de</strong>nsité <strong>de</strong>greffage. Pour cela, après avoir subi la polymérisationplasma à basse pression, l’échantillonest transféré dans la chambre <strong>de</strong> polymérisationà pression atmosphérique où il est recouvertdu monomère puis chauffé à 50 °C. Après rinçage,la présence <strong>de</strong>s brosses <strong>de</strong> poly(ethylhexylacrylate) ancrées <strong>de</strong> manière covalente à lasurface du polymère plasma est vérifiée parXPS et mesures <strong>de</strong>s angles <strong>de</strong> contact.Pour compléter le multicouche, un top-coatFig. 3. Microstructure d’un film <strong>de</strong> CeOx déposé en mo<strong>de</strong>est déposé par spin-coating. Ce top-coat estoxygéné - Section transversaleun copolyacrylate dans lequel sont incorporées<strong>de</strong>s nanoparticules <strong>de</strong> silice obtenues insitu par voie sol-gel (Figure 4). Caractérisé parailleurs, ce top-coat présente d’excellentes propriétésbarrières. De surcroît, l’incorporation<strong>de</strong>s nanocharges <strong>de</strong> silice permet d’augmenterconsidérablement les propriétés mécaniquesen surface 4 .Sur les trois premières années du Programmed’Excellence, les chercheurs ont travaillé sur lemontage <strong>de</strong> l’enceinte et sur la préparation <strong>de</strong>sdifférentes couches séparément. Aujourd’hui,les chercheurs se penchent sur la mise en Fig. 4. Morphologie du top-coat chargé à 30 pourcentsévi<strong>de</strong>nce <strong>de</strong>s synergies entre ces différentes <strong>de</strong> précurseur <strong>de</strong> silice - 5.0 x 5.0 µm²couches. Pour cela, <strong>de</strong>s multicouches ont étésynthétisés et sont actuellement caractériséset optimisés. Les premiers résultats s’avèrenttrès prometteurs. •Fig 2. Enceinte combinée du Programme d’ExcellenceOPTI²MAT. (A) : Chambre PVD (Physical Vapor Deposition– Magnetron Sputtering) ; (B) : Chambre PECVD (PlasmaEnhanced Chemical Vapor Deposition) ; (C) : Chambre <strong>de</strong>polymérisation et <strong>de</strong> dérivatisation ; (D) Chambre <strong>de</strong> chargement<strong>de</strong>s échantillons ; (E) : Spectromètre Infra-Rouge1. F. Renaux, R. Sny<strong>de</strong>rs, M. Hecq. <strong>Element</strong>:1 (2008) 82. S. Ershov, F. Khelifa, P. Dubois, R. Sny<strong>de</strong>rs. Langmuir (Article soumis)3. S. Ershov, M.-E. Druart, M. Poelman, M.-G. Olivier, R. Sny<strong>de</strong>rs, Applied Surface Science (Article soumis)4. F. Khelifa, M.-E. Druart, Y. Habibi, F. Benard, P. Leclère, M. Olivier, P. Dubois. Progress in Organiccoatings (Article soumis)élément 27


dossier : institut matériauxJulie PILATE, 26 ans, diplômée <strong>de</strong> la Faculté<strong>de</strong>s Sciences, Master en chimie« Toujours attirée par les sciences à l’école, c’esttout naturellement que j’ai choisi <strong>de</strong> faire mesétu<strong>de</strong>s à la Faculté <strong>de</strong>s Sciences <strong>de</strong> l’UMONS.Après un Master en chimie en 2009, aujourd’huije suis en quatrième et <strong>de</strong>rnière année <strong>de</strong> thèse.Je la réalise au sein du Programme d’ExcellenceOPTI²MAT qui implique plusieurs laboratoires <strong>de</strong>l’Institut Matériaux <strong>de</strong> l’UMONS. Mon projet <strong>de</strong>recherche vise à créer et mettre au point <strong>de</strong>scapteurs chimiques sur fibres optiques. Les fibresoptiques sont souvent mieux connues commesimple système <strong>de</strong> transmission d’informations.Or, si on modifie le cœur <strong>de</strong> la fibre avec une série<strong>de</strong> petits réflecteurs (appelée réseau <strong>de</strong> Bragg),on peut ainsi créer <strong>de</strong>s systèmes capables <strong>de</strong>son<strong>de</strong>r le milieu extérieur. De plus, en revêtantla fibre optique d’une fine couche sensible, nousavons les conditions nécessaires à la créationd’un capteur chimique. Grâce aux caractéristiquesgénérales <strong>de</strong>s fibres (leur petite taille etleur inertie chimique), les capteurs sur fibresoptiques présentent <strong>de</strong> nombreux avantages.Leur capacité à transporter l’information sur<strong>de</strong>s longues distances est un réel atout dans ledomaine <strong>de</strong> la sécurité : en effet, ces capteursplacés dans les canalisations peuvent être enmesure <strong>de</strong> détecter précisément et en tempsréel une fuite <strong>de</strong> gaz ou d’un liqui<strong>de</strong> dangereux.Dans le domaine médical, <strong>de</strong> tels capteurs trouventégalement <strong>de</strong> nombreuses applications :grâce à leur petite taille, ces capteurs peuventtraverser une aiguille. On peut donc imaginer unsuivi <strong>de</strong>s paramètres corporels directement dansun organe ne nécessitant pas <strong>de</strong> prélèvementsou <strong>de</strong> chirurgie invasive.La création <strong>de</strong> ce type <strong>de</strong> capteur nécessite3 étapes : la synthèse <strong>de</strong> la couche sensible,l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s propriétés <strong>de</strong> cette couche et legreffage <strong>de</strong> cette couche sur la fibre optique.Depuis le début <strong>de</strong> mes travaux <strong>de</strong> recherche,je travaille simultanément dans plusieurslaboratoires <strong>de</strong> l’UMONS. Les synthèses sontréalisées au sein du Service <strong>de</strong>s MatériauxPolymères et Composites (SMPC), l’étu<strong>de</strong>globale <strong>de</strong>s paramètres <strong>de</strong> ces couches dansdifférents milieux est réalisée au sein du serviceInterfaces et Flui<strong>de</strong>s Complexes (INFLUX),mon laboratoire d’affectation. Lorsque tousces paramètres sont maîtrisés, le greffage <strong>de</strong>ces couches sur les fibres optiques peut êtreenvisagé et les premiers tests <strong>de</strong> nos capteursPlus d’infos ?Julie.pilate@umons.ac.bepeuvent être effectués au sein du Serviced’Electromagnétisme et Télécommunications(SET) <strong>de</strong> la Faculté Polytechnique. Depuis plus<strong>de</strong> trois ans, j’effectue <strong>de</strong>s allers et retoursfréquents entre ces trois labos pour bénéficier<strong>de</strong> leurs équipements et <strong>de</strong> leurs expertisesrespectives. Comme le disent certains <strong>de</strong>mes collègues, j’ai l’un <strong>de</strong>s badges qui permetd’ouvrir le plus <strong>de</strong> portes à l’université.Il m’arrive fréquemment <strong>de</strong> commencer unemanipulation dans un labo, <strong>de</strong> l’affiner dans lesuivant et <strong>de</strong> la finaliser dans le <strong>de</strong>rnier. Jamaisaucune expérience n’est réalisée à un seul etmême endroit. Au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> <strong>Mons</strong>, ce projet m’apermis d’aller jusqu’à Cambridge. Cela m’apermis évi<strong>de</strong>mment d’améliorer mon anglaismais surtout <strong>de</strong> poursuivre mes recherchessur la physique <strong>de</strong>s polymères.En septembre 2013, mes travaux <strong>de</strong> thèses’achèveront. La rédaction et le bilan se profilent.Je peux déjà dire aujourd’hui que ce projetau caractère interdisciplinaire qui m’a attiréeen fin <strong>de</strong> Master m’aura permis d’apprendre<strong>de</strong> nombreuses techniques dans différents domaines.J’ai pu travailler avec <strong>de</strong> nombreusespersonnes, et même si parfois ce n’est passimple <strong>de</strong> concilier l’avis <strong>de</strong> tous, c’est uneexpérience enrichissante autant sur le planpersonnel que professionnel ».JOURNÉE D’ÉTUDESUR LA LÉGIONELLOSEÀ L’UMONSA l’occasion du 175 ème anniversaire <strong>de</strong> la FacultéPolytechnique et dans le cadre <strong>de</strong> la création<strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong>s Sciences et du Management<strong>de</strong>s Risques, l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong> a organiséune Journée d’Etu<strong>de</strong> sur la légionellose le jeudi25 octobre 2012 en l’amphithéâtre RichardStiévenart à <strong>Mons</strong>.Ce risque biologique n’est pas à sous-estimerdans <strong>de</strong> nombreux secteurs d’activités (industries,institutions <strong>de</strong> soins <strong>de</strong> santé, bâtimentspublics et privés, piscines,…). Les bactéries à labase <strong>de</strong> cette maladie sont très présentes dansla nature et se développent à <strong>de</strong>s températurescomprises entre 25°et 40°C, dans les milieuxhydriques ou humi<strong>de</strong>s. Si <strong>de</strong>s mesures préventivesne sont pas prises, elles prolifèrent et contaminentles installations et les équipements. Circuits <strong>de</strong>production d’eau chau<strong>de</strong> sanitaire, systèmes <strong>de</strong>refroidissement par voie humi<strong>de</strong>, climatiseurs,bacs laveurs, douches,... sont <strong>de</strong>s points sensiblesoù la concentration <strong>de</strong>s germes <strong>de</strong> légionnelle peut<strong>de</strong>venir critique et présenter, in fine, <strong>de</strong>s risquespour la santé <strong>de</strong>s habitants, <strong>de</strong>s travailleurs,<strong>de</strong>s visiteurs et <strong>de</strong>s riverains ayant inhalé unaérosol <strong>de</strong> gouttelettes d’eau contaminée.La prévention <strong>de</strong> la légionellose nécessite uneprofon<strong>de</strong> réflexion sur le sujet et la mise en œuvred’actions qui s’articulent autour <strong>de</strong>s domainesmédicaux – réglementaires – techniques et organisationnels.C’est dans ce contexte que <strong>de</strong>sconférences <strong>de</strong> haut niveau ont été dispenséespar douze experts <strong>de</strong> différentes disciplines lors<strong>de</strong> cette journée d’étu<strong>de</strong>.Le succès <strong>de</strong> l’événement s’est traduit par lenombre d’inscrits avoisinant les 300 participants,issus <strong>de</strong> différents secteurs socio-économiques :conseillers en prévention, mé<strong>de</strong>cins du travail,hygiénistes hospitaliers, ingénieurs <strong>de</strong>s techniquesspéciales <strong>de</strong>s bâtiments, responsables <strong>de</strong>maintenance,… Par ailleurs, la complémentaritéet l’originalité <strong>de</strong>s exposés prestés par les douzeexperts furent également relevées par la presse.Bien que la Légionellose <strong>de</strong>meure complexe etpluridisciplinaire, les différents débats tenuslors <strong>de</strong> cette journée ont lancé <strong>de</strong>s réelles perspectives<strong>de</strong> développement dans les domaineslégislatifs et techniques. •Plus d’infos ?christian.<strong>de</strong>lvosalle@umons.ac.belahcen.elhiki@umons.ac.be28 élément


dossier : institut risquesPortrait d’une jeune doctorante à l’Institut <strong>de</strong>s RisquesRotterdam et New Orleans,<strong>de</strong>s stratégies face au risque d’inondation» Vincent BECUE, Projets, Villle et Territoire, Institut <strong>de</strong>s Risques (Faculté d’Architecture et d’Urbanisme), Lahcen EL HIKI, Institut <strong>de</strong>s RisquesVincent.becue@umons.ac.be, Lahcen.elhiki@umons.ac.beAprès avoir obtenu le diplôme d’ingénieur généralisteà l’Universitat Politècnica <strong>de</strong> Catalunya(Espagne) en 2010, Mireia Balsells a effectué unMaster en Génie Urbain au département <strong>de</strong> GénieUrbain à l’<strong>Université</strong> Paris-Est Marne-la-Vallée(France). Depuis novembre 2011, elle effectue unethèse <strong>de</strong> doctorat au sein <strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong>s Risques-Faculté d’Architecture et d’Urbanisme, sous laDirection du Professeur Vincent BECUE. Le choix<strong>de</strong> s’investir dans ce projet <strong>de</strong> thèse s’inscrit dansle continuum d’un travail <strong>de</strong> recherche qu’elle aréalisé au sein <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> la Nouvelle-Orléans(USA). Ce travail porte sur l’analyse et l’évaluation<strong>de</strong> la résilience d’un quartier <strong>de</strong> la Nouvelle-Orléanspendant et après l’ouragan Katrina.Contexte <strong>de</strong> la thèseLes travaux <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> cette thèse relèventd’enjeux sociétaux, techniques et environnementauxet gravitent autour <strong>de</strong> la résilience et lavulnérabilité <strong>de</strong>s écosystèmes urbains, particulièrementconcernés par les interactionsentre le territoire urbanisé et son environnementnaturel. Par ailleurs, force est <strong>de</strong> reconnaître queles changements récents du système urbain et <strong>de</strong>son environnement, induits par une urbanisationrapi<strong>de</strong> et par le changement climatique notamment,augmentent la probabilité et l’impact <strong>de</strong>sinondations. Et comme le confirme la littérature, lerisque d’inondation <strong>de</strong>vrait augmenter <strong>de</strong> manièresignificative dans les années à venir. Sur le planéconomique, le rapport publié par l’EEA (EuropeanEnvironment Agency : www.eea.europa.eu) en 2008souligne que les coûts liés au risque d’inondation<strong>de</strong>vraient atteindre dans le mon<strong>de</strong> la valeur <strong>de</strong> 100milliards d’Euros par an à la fin du siècle. Par conséquent,il est opportun pour les villes à risques<strong>de</strong> s’adapter aux changements à la fois climatiqueet socio-économique en développant <strong>de</strong> nouvellesstratégies <strong>de</strong> gestion du risque d’inondation.Maîtrise du risque d’inondation :vers un changement du paradigmeActuellement, les stratégies d’adaptation et <strong>de</strong>gestion du risque évoluent mais elles s’inscriventsouvent dans <strong>de</strong>s approches réactives plutôt queproactives. Dans cette logique, l’adaptation <strong>de</strong>szones urbaines existantes privilégie généralement<strong>de</strong>s mesures isolées et sectorielles qui légitimentl’usage <strong>de</strong>s mesures structurelles (digues, barrages…).Pourtant, d’autres stratégies, basées surune approche systémique, peuvent être intégréesdont notamment la résilience urbaine. Rappelonstout <strong>de</strong> même que la reconstruction <strong>de</strong> nos mo<strong>de</strong>s<strong>de</strong> gestion <strong>de</strong>s risques sur base du concept <strong>de</strong> larésilience urbaine impose une pensée créative etune modification profon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s stratégies existantes.Et ce, pour s’ancrer dans une approche dynamiqueet intégrée prenant en compte l’ensemble <strong>de</strong>s dimensionsdu système urbain et <strong>de</strong> ses interactions,<strong>de</strong> façon organisée et multi scalaire.La résilience urbaine, une perspectiveà explorer…Le concept <strong>de</strong> résilience urbaine se traduit par<strong>de</strong>s actions <strong>de</strong> réduction <strong>de</strong>s conséquences duesaux perturbations susceptibles d’affecter un systèmeurbain, en considérant qu’au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> certainsseuils, ces perturbations peuvent agir commeune opportunité pour un développement urbainplus durable. Dans notre recherche, la perturbationn’est pas approchée comme un évènementnégatif mais comme une composante du fonctionnementdu système urbain. Ainsi, dans uncontexte d’incertitu<strong>de</strong> et <strong>de</strong> changement inattendu,nous acceptons l’état du non-équilibre commecaractéristique fondamentale du système urbain.L’objectif et les axes<strong>de</strong> développement…L’objectif <strong>de</strong> cette recherche est d’investiguer commentle concept <strong>de</strong> résilience peut être intégrédans la gestion du risque d’inondation dans laphase <strong>de</strong> la conception du système urbain afind’améliorer sa résilience. La question principaleest : « Comment améliorer la résilience du systèmeurbain face aux inondations dans la phase <strong>de</strong> laconception urbaine à l’échelle du quartier ? ».Dans cette perspective, nous allons étudier plusieursquartiers <strong>de</strong> villes qui sont touchés par le risqued’inondation, analyser les principaux problèmesgénérés par les inondations, les actions mises enplace ainsi que les besoins importants pour y faireface. Nous pouvons déjà citer <strong>de</strong>ux sites d’étu<strong>de</strong>choisis : la Nouvelle-Orléans et Rotterdam qui sontsituées sur un <strong>de</strong>lta et au long d’un fleuve. Ayantsubi d’importants dommages physiques, sociauxet économiques suite aux inondations, ces <strong>de</strong>uxvilles doivent faire face au risque d’inondationsà cause d’une vulnérabilité liée à leurs positionsen-<strong>de</strong>ssous du niveau <strong>de</strong> la mer. Nous étudieronset analyserons ces <strong>de</strong>ux villes en détail. •élément 29


dossier : institut risques,prévenir les acci<strong>de</strong>ntsmajeurs dans l’industrie» Nathaël CORNIL et Fabian TAMBOUR, Polyris, Aurélie GODART, Institut <strong>de</strong>s Risquesnathael.cornil@polyris.be, fabian.tambour@polyris.be, aurelie.godart@umons.ac.bePassionnés par la sécurité <strong>de</strong>puis leursétu<strong>de</strong>s à la Faculté Polytechnique,Fabian Tambour et Nathaël Cornil ontconcrétisé un rêve d’entrepreneursdans leur spin-off baptisée Polyris. Unesociété spécialisée dans la gestion <strong>de</strong>srisques industriels majeurs. Un secteuroriginal, pointu et présentant un réelpotentiel <strong>de</strong> développement.Rencontre avec un duo <strong>de</strong> choc.30 élémentNathaël Cornil : Le début <strong>de</strong> l’aventure, c’était en5 ème année d’étu<strong>de</strong> à la Faculté Polytechnique <strong>de</strong><strong>Mons</strong> ; j’ai participé à un projet « Sécurité » chezPolyol, une industrie chimique <strong>de</strong> Tertre. J’aitout <strong>de</strong> suite apprécié ce domaine ! Par la suitej’ai intégré le Service <strong>de</strong> Génie <strong>de</strong>s ProcédésChimiques du Professeur Christian Delvosalle,en tant qu’assistant <strong>de</strong> recherche, où j’ai rejointFabian Tambour.Nous avons travaillé ensemble pendant huit anssur <strong>de</strong>s projets <strong>de</strong> gestion <strong>de</strong>s risques indus-triels pour la Région Wallonne. Dans ce cadre,nous avons visité toutes les entreprises classées‘SEVESO’ en Wallonie, c’est-à-dire ayant<strong>de</strong>s sites industriels présentant <strong>de</strong>s risquesd’acci<strong>de</strong>nts majeurs. Lors <strong>de</strong> ces rencontres,nous avons perçu l’insatisfaction <strong>de</strong>s entreprisespar rapport à l’offre <strong>de</strong> consultance engestion <strong>de</strong>s risques, qui souffrait d’une vision‘court-terme’ et inadaptée. Cela a nourri notreréflexion. Nous avons i<strong>de</strong>ntifié leur besoind’accompagnement, voire d’encadrement, surun projet à long terme, un besoin <strong>de</strong> proximité


avec l’expert en gestion <strong>de</strong>s risques et <strong>de</strong> stabilitédans la collaboration.Fabian Tambour : Parallèlement à ce projet, nousnous sommes formés au métier <strong>de</strong> Conseiller enPrévention. Deux après-midi par semaine pendant<strong>de</strong>ux ans et avec le soutien du ProfesseurChristian Delvosalle, le Certificat d’<strong>Université</strong><strong>de</strong> Conseiller en Prévention <strong>de</strong> Niveau 1 nousa permis <strong>de</strong> comprendre le travail quotidien,les préoccupations et les contraintes <strong>de</strong>sConseillers en Prévention, qui sont maintenantnos principaux interlocuteurs chez nos clients.Outre un gage <strong>de</strong> crédibilité, cette formationnous a également permis d’étoffer notre réseau<strong>de</strong> contacts.« Nous étudions et évaluons <strong>de</strong> manière trèspointue les risques industriels majeurs liés àleurs installations et activités, nous quantifionsles conséquences <strong>de</strong>s acci<strong>de</strong>nts et concevonsles documents qui sont à la base <strong>de</strong> la gestion<strong>de</strong> la sécurité par l’entreprise.»Après avoir capitalisé 8 ans d’expérience dans laRecherche à l’UMONS, le moment était venu pournous <strong>de</strong> concrétiser notre rêve, tout en gardantun lien fort avec l’<strong>Université</strong> qui l’avait vu naître.Nous avons pu bénéficier <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’AVRE(Direction <strong>de</strong> l’Administration et <strong>de</strong> la Valorisation<strong>de</strong> la Recherche <strong>de</strong> l’UMONS) qui nous a permis<strong>de</strong> faire mûrir le projet <strong>de</strong> Spin-off.Ensuite, nous avons rencontré la Maison <strong>de</strong>l’Entreprise, qui nous a renseigné certainesai<strong>de</strong>s auxquelles nous pouvions prétendre,en tant que jeune entreprise, et avons suivila formation PME 3000, organisée par le PôleHainuyer (Haute Ecole Condorcet). En raison ducaractère innovant <strong>de</strong> notre entreprise, nousavons bénéficié du soutien financier <strong>de</strong> l’Agence<strong>de</strong> Stimulation Economique.Notre spin off Polyris a officiellement été créée le1 er novembre 2011. En ce jour <strong>de</strong> congé officiel,pas <strong>de</strong> repos pour les nouveaux entrepreneurs!Au service <strong>de</strong> la sécuritéNathaël Cornil : Aujourd’hui nous offrons nosservices dans le domaine <strong>de</strong> la prévention <strong>de</strong>srisques d’acci<strong>de</strong>nts majeurs, directement auxentreprises. Nos clients sont par exemple L’Oréalà Libramont (Cosmétiques), INEOS à Feluy(Industrie chimique), Yara à Tertre (Engrais),Chimac à Liège (Industrie chimique), l’Aéroport<strong>de</strong> Charleroi, …Pour nos clients, nous étudions et évaluons <strong>de</strong>manière très pointue les risques industrielsmajeurs liés à leurs installations et activités,nous quantifions les conséquences <strong>de</strong>s acci<strong>de</strong>nts,concevons et rédigeons les documentsqui sont à la base <strong>de</strong> la gestion <strong>de</strong> la sécurité parl’entreprise : le rapport <strong>de</strong> sécurité, l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>sûreté, la notice d’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>s dangers, …Nous assistons également les entreprises dansleur dialogue avec les autorités publiques, oudans l’amélioration <strong>de</strong> la collaboration avec lesservices <strong>de</strong> secours et les autorités locales.Nos clients apprécient le « style Polyris » : 100%d’adaptation aux besoins du client pour unesolution sur mesure, une approche et <strong>de</strong>s outilsoriginaux et universitaires.Un lien fort avec l’Institut<strong>de</strong>s Risques <strong>de</strong> l’UMONSFabian Tambour : Le fait d’être en lien directavec l’Institut <strong>de</strong>s Risques <strong>de</strong> l’UMONS estclairement un atout. Participer à <strong>de</strong>s congrèsspécialisés et s’appuyer sur les <strong>de</strong>rniers développementsscientifiques nous permet d’être‘à la pointe’ en matière d’analyse <strong>de</strong>s risques.La casquette universitaire nous offre aussi <strong>de</strong>savantages <strong>de</strong> visibilité, crédibilité, confiance etsympathie <strong>de</strong> la part du client.En cas <strong>de</strong> besoin, nous faisons appel àl’expertise <strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong>s Risques sur quelquesthèmes très spécifiques, comme récemmentpour simuler le développement <strong>de</strong>s incendies etla propagation <strong>de</strong>s fumées, avec le ProfesseurSylvain Brohez.Nathaël Cornil : L’Institut <strong>de</strong>s Risques peut aussifaire appel à Polyris pour son approche concrètedu terrain, pour accompagner <strong>de</strong>s étudiantsdans leur projet, leur TFE, pour contribuer à unprojet <strong>de</strong> recherche, etc.Faut-il rappeler que notre projet d’entreprisea été possible parce que, il y a vingt ans, leProfesseur Delvosalle a perçu l’importance <strong>de</strong>la gestion du risque industriel et qu’il a travaillépour mettre en place une structure et développerl’expertise <strong>de</strong> l’UMONS dans ce domaine. Nouslui sommes extrêmement reconnaissants pourl’énergie et la passion qu’il nous a transmises.Il nous a fait confiance ; il est co-fondateur etactionnaire <strong>de</strong> Polyris.Des développements à venirA moyen terme, nous élargirons la gamme <strong>de</strong>notre offre <strong>de</strong> services et travaillerons aussiavec <strong>de</strong>s entreprises qui ne sont pas SEVESO.Nous répondrons évi<strong>de</strong>mment aux prochainesévolutions réglementaires. Pour ces raisons,nous élargirons certainement l’équipe.Nos conseils aux futursentrepreneurs <strong>de</strong> l’UMONSNathaël Cornil : Pour une personne curieuse etqui a <strong>de</strong> l’initiative, être chercheur à l’UMONSest une magnifique opportunité <strong>de</strong> démarrer sonprojet d’entreprise. Je pense que nous n’aurionspas pu démarrer Polyris à la sortie <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s ;nous avons pru<strong>de</strong>mment attendu nos trenteans… Pour créer son entreprise ce n’est pastout d’avoir une bonne idée, il faut l’encadrer !La motivation et la persévérance sont <strong>de</strong>s maître-mots,car les démarches administrativespeuvent être lour<strong>de</strong>s. Enfin - et cela peut paraîtreparadoxal pour <strong>de</strong>s experts du management<strong>de</strong>s risques - pour lancer son idée, il ne fautpas avoir peur … <strong>de</strong> prendre <strong>de</strong>s risques ! •Plus d’infos ?www.polyris.beélément 31


dossier : institut santéMAGDIMALMieux diagnostiquer la malaria,c’est mieux la combattre !» Philippe N. Okusa*, Bertrand Blankert** et Pierre Duez**Service <strong>de</strong> Chimie Thérapeutique et Pharmacognosie, contact: pierre.duez@umons.ac.be**Service d’Analyse Pharmaceutique, contact: bertrand.blankert@umons.ac.be32 élémentLa malaria, un <strong>de</strong>s fléaux majeurs <strong>de</strong> notre planète,touche chaque année plus <strong>de</strong> 200 millionsd’individus, causant plus <strong>de</strong> 600.000 morts.Les traitements existants sont très souventutilisés à mauvais escient car les métho<strong>de</strong>s<strong>de</strong> diagnostic disponibles actuellement sontsoit trop coûteuses, trop peu sensibles ou difficilesà mettre en œuvre sur le terrain. Il existedonc une <strong>de</strong>man<strong>de</strong> très importante au niveauinternational pour une technique robuste et peuonéreuse <strong>de</strong> diagnostic <strong>de</strong> la malaria.Le projet MAGDIMAL vient <strong>de</strong> démarrer dansles services <strong>de</strong> Chimie Thérapeutique etPharmacognosie (Professeur P. Duez) et d’AnalysePharmaceutique (Professeur B. Blankert)dans le cadre d’un programme FIRST spin-offfinancé par la Région Wallonne. Ce projet <strong>de</strong> 2ans, dont le porteur est le Dr Philippe Okusa, estdéveloppé en collaboration avec le Laboratoired’Electronique et d’Electrotechnique <strong>de</strong> la HauteEcole <strong>de</strong> la Communauté Française du Hainaut(Professeur Richard Avaert). Il vise à mettre aupoint une métho<strong>de</strong> innovante pour déterminerla parasitémie en se basant sur les propriétésphysico-chimiques du pigment malarique, l’hémozoïne.Ce projet s’inscrit dans la continuité <strong>de</strong>travaux réalisés par le Dr Alain Roch qui, avant<strong>de</strong> prendre sa retraite, en était co-promoteur.A terme, une Spin-off sera créée afin <strong>de</strong> commercialisercet instrument <strong>de</strong> diagnostic quipermettra d’assurer une médication adéquate,contrôlée systématiquement par un diagnosticspécifique et pourra contribuer à diminuer lerisque <strong>de</strong> mortalité et la pression sélectivesur le parasite.La malaria, due à différents protozoaires du genrePlasmodium transmis par les moustiques anophèles,est présente <strong>de</strong> manière endémique dans 106 pays.Les victimes sont principalement <strong>de</strong>s enfants et<strong>de</strong>s femmes enceintes d’Afrique sub-saharienneet d’Asie. Dans le mon<strong>de</strong>, en 2010, quelque 216millions <strong>de</strong> cas avérés <strong>de</strong> malaria ont été enregistréset environ 655.000 personnes en sont mortes. EnAfrique notamment, la malaria représente 20 % <strong>de</strong>sdécès infantiles; chaque minute, un enfant meurt<strong>de</strong> cette maladie (OMS, 2012).La malaria a également une inci<strong>de</strong>nce considérablesur la croissance économique <strong>de</strong>s pays du sud;par exemple la perte <strong>de</strong> productivité suite à cettemaladie ampute le PIB africain <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 12 milliards<strong>de</strong> dollars par an. Cette somme représente25% <strong>de</strong>s revenus <strong>de</strong>s ménages africains et 40%<strong>de</strong>s dépenses publiques <strong>de</strong> santé (RBM, 2008).A l’heure actuelle, les traitements antimalariquessont souvent délivrés et administrés sans diagnosticobjectif <strong>de</strong> la maladie, ce qui résulte enune surconsommation en traitements (800 millions<strong>de</strong> fièvres traitées annuellement par <strong>de</strong>s antimalariques),environ quatre fois supérieure à celle dunombre d’infections réelles traitées. Plus graveencore, ces 600 millions <strong>de</strong> traitements utilisésinutilement font défaut à autant <strong>de</strong> mala<strong>de</strong>s qui n’yont pas accès. Une partie <strong>de</strong>s traitement appliquésn’est plus appropriée car le parasite responsableDiagnostic efficace(fiable et accessible)<strong>de</strong> la maladie a développé une résistance contreune majorité <strong>de</strong>s principes actifs disponibles. Dansles régions endémiques, une cause importante <strong>de</strong>mortalité consiste en une prise en charge souventinappropriée (sous-dosage, traitement trop court,…)<strong>de</strong> par l’absence fréquente d’un outil <strong>de</strong> diagnostic.Pour pallier à tous ces problèmes, l’OMS rechercheune technique <strong>de</strong> diagnostic fiable, sensible et dontle prix soit inférieur à celui <strong>de</strong>s traitements <strong>de</strong> qualitésubventionnés et <strong>de</strong>s traitements douteux proposéssur les marchés parallèles.Avantages du développement d’un outil<strong>de</strong> diagnostic efficaceDeux gran<strong>de</strong>s approches sont actuellement utiliséesau niveau du diagnostic :1. La métho<strong>de</strong> la plus ancienne reste la plus sensibleet la plus fiable pour une analyse sur leterrain. Elle consiste en une observation microscopiquedu sang du patient et en un comptage«manuel» du nombre <strong>de</strong> globules rouges infectés.Quoique peu coûteuse et d’une sensibilitéconforme aux normes <strong>de</strong> l’OMS quand elle estréalisée dans <strong>de</strong> bonnes conditions, elle présentel’inconvénient majeur <strong>de</strong> mobiliser unopérateur qualifié et aguerri (microscopiste)pendant environ trente minutes; la qualité etl’état du microscope ainsi que la fatigue <strong>de</strong>l’opérateur en limitent l’utilisation (Hassanpouret al., 2011).Réduire la surconsommationFreiner le développement <strong>de</strong>chimio-résistancesPrise en charge ciblée<strong>de</strong> la malaria


UMONSHECFHParrains du projetSupport à la mise enplace du projetActeurs <strong>de</strong> pays endéveloppementActeurs du projetAlain Roch (Etu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s propriétés physico-chimiques <strong>de</strong> l’hémozoïne concept <strong>de</strong> base)Pierre Duez (Application diagnostique; développement et validation <strong>de</strong> l’instrumentation)Bertrand Blankert (Développement et validation <strong>de</strong> l’instrumentation)Philippe Okusa (Porteur <strong>de</strong> projet; développement laboratoire; formation entrepreneuriale;business plan)Richard Avaert (Conception électronique et développement <strong>de</strong> l’instrumentation)Philip Mathuis, Ovizio Imaging SystemsDenis Dufrane, Directeur Prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la HECFHJonathan Pardo (AVRE, UMONS)Marlène Genlain (AVRE, UMONS)Françoise Van<strong>de</strong>r Porten (Responsable du Centre <strong>de</strong> Recherche, HECFH)Dominique Deckers (Directeur <strong>de</strong> la catégorie Technique HECFH)Martin Kiendrebeogo, Moustapha Ouedraogo (UNIOUAGA, Burkina Faso) et Télésphore SoméJoseph Kahumba,Jean-Baptiste Lumbu (UNILU, RD Congo) Gabriel Kalaba (UNILU, RD Congo)Développer une métho<strong>de</strong> innovante pourdéterminer la parasitémie à Plasmodiumen se basant sur les propriétés physico-chimiquesdu pigment malarique,l’hémozoïne Diagnostic <strong>de</strong> la malaria Outil pour la recherche <strong>de</strong> nouveauxremè<strong>de</strong>s antimalariquesButs : Contribuer au recul <strong>de</strong> la malaria et doncau développement <strong>de</strong>s pays du sud(> 100 pays concernés) Développer une activité viable en RégionWallonne2. La secon<strong>de</strong> approche repose sur <strong>de</strong>s testsimmunologiques faciles à mettre en œuvre etne nécessitant pas l’intervention d’un opérateurqualifié. Cependant ces techniques, rassembléessous le vocable <strong>de</strong> RDTs (Rapid DiagnosticTests), présentent trois inconvénients majeurs(WHO, 2009 and 2011): le coût (~ 3 $) est supérieur à celui <strong>de</strong> traitementssubventionnés (0,5 à 1 $) les résultats sont parfois peu fiables au regard<strong>de</strong>s limites <strong>de</strong> sensibilité aujourd’hui requisespar l’OMS (200 parasites par microlitre <strong>de</strong> sang) leur fabrication à gran<strong>de</strong> échelle se heurteau problème <strong>de</strong> production <strong>de</strong> quantités suffisantes<strong>de</strong> protéines plasmodiales.<strong>de</strong> l’hème sanguin par le parasite. La mesure <strong>de</strong>la concentration <strong>de</strong> ce pigment dans le sang totalpermettra d’établir le diagnostic <strong>de</strong> la malaria.Outre le diagnostic, le procédé à mettre au pointpourrait également être utilisé en tant qu’outil <strong>de</strong>criblage et <strong>de</strong> sélection <strong>de</strong> nouveaux remè<strong>de</strong>santimalariques issus <strong>de</strong> la synthèse organiqueou, notamment, <strong>de</strong> plantes médicinales utiliséesen mé<strong>de</strong>cine traditionnelle. Deux collaborationsavec <strong>de</strong>s laboratoires <strong>de</strong> pays en développement(au Burkina Faso et en RD Congo) sont d’ores etdéjà intéressées à évaluer la transférabilité locale<strong>de</strong> la métho<strong>de</strong> qui sera développée. •Pour en savoir plus :Par conséquent, une réelle <strong>de</strong>man<strong>de</strong> d’innovationpour la création d’une métho<strong>de</strong> <strong>de</strong> diagnostic <strong>de</strong> lamalaria existe. Celle-ci <strong>de</strong>vra répondre aux spécificationssuivantes : prix <strong>de</strong> revient inférieur à 0,5 $par analyse, pas d’intervention d’un opérateurqualifié et sensibilité suffisante.Le projet <strong>de</strong> recherche MAGDIMAL s’inscrit danscette volonté d’apporter une solution nouvellevis-à-vis du diagnostic objectif du paludisme,clé d’un traitement efficient. Il vise à mettre aupoint un instrument novateur afin <strong>de</strong> détecter lespatients atteints par la malaria et d’en mesurer laparasitémie. Ce dispositif <strong>de</strong>vra répondre à <strong>de</strong>uxdéfis majeurs : (i) permettre l’évaluation d’uneparasitémie inférieure ou égale à 200 parasitespar microlitre (seuil pathologique); et (ii) réduire lecoût <strong>de</strong> diagnostic par une utilisation minime <strong>de</strong>consommables et par l’utilisation d’une instrumentationla plus simple et la plus robuste possible.L’innovation majeure du projet consiste à exploiterles propriétés physico-chimiques du pigmentmalarique (hémozoïne) généré lors <strong>de</strong> la digestion« Le projet <strong>de</strong> rechercheMAGDIMAL s’inscritdans une volonté d’apporter une solutionnouvelle vis-à-vis dudiagnostic objectif dupaludisme, clé d’untraitement efficient.»Les partenaires dans les pays en développementDéfis : Sensibilité à atteindre (< 200 parasites/µl) Coût final du diagnostic (~ 0.5 $/test) Applicabilité large en pays en développementHassanpour G et al., 2011. Detection of malaria infectionin blood transfusion: a comparative study among real-timePCR, rapid diagnostic test and microscopy: sensitivity ofMalaria <strong>de</strong>tection methods in blood transfusion. ParasitolRes. 108(6), 1519-1523.OMS (2012). Statistiques sanitaires mondiales, http://www.who.int/gho/publications/world_health_statistics/2012/fr/in<strong>de</strong>x.htmlRoll Back Malaria Partnership (2008). Plan d’action mondialcontre le paludisme, http://www.rollbackmalaria.org/gmap/gmap-fr.pdfWHO (2009). List of known commercially available antigen<strong>de</strong>tectingmalaria RDTs: Information for national publichealth services and UN Agencies wishing to procureRDTs. http://www.wpro.who.int/NR/rdonlyres/3AB3492B-4E2D-42FF-9904-58EDD3BA7921/0/ProductssubmittedforRnd1_Rev_24MAR09.pdfWHO report (2011). Good practices for selecting and procuringrapid diagnostic tests for malaria http://www.who.int/malaria/publications/atoz/9789241501125/en/in<strong>de</strong>x.htmlélément 33


dossier : institut santéPartenariat UMONS – CHU Ambroise Paré« UMHAP MEDICAL« Scientific Inspiration for Medical» Yasmina Bouko 1 , Bertrand Blankert², Jean-Marie Colet³1Unité <strong>de</strong> Recherche Clinique – CHU Ambroise Paré <strong>Mons</strong>² Lab. d’Analyse Pharmaceutique – FMP – Institut Santé - U<strong>Mons</strong>³ Lab. <strong>de</strong> Biologie Humaine & Toxicologie – FMP – Institut Santé – U<strong>Mons</strong> (infos : sante@umons.ac.be)(e) L’organisation par l’UMONS, dans <strong>de</strong>s domainesscientifiques spécifiques, et sous réserve <strong>de</strong> ladisponibilité <strong>de</strong> ses ressources budgétaires ethumaines, <strong>de</strong> sessions <strong>de</strong> formations <strong>de</strong>stinéesaux mé<strong>de</strong>cins du CHU ;(f) La prestation commune <strong>de</strong> services à caractèrescientifique au profit <strong>de</strong>s tiers.Le caractère prometteur et vecteur <strong>de</strong> synergies aété souligné par les autorités <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux institutionslors <strong>de</strong> la signature <strong>de</strong>s documents officiels.Les <strong>de</strong>ux institutions collaborentétroitement <strong>de</strong>puis <strong>de</strong> nombreusesannées et ont décidé <strong>de</strong> matérialiserce lien au travers d’un partenariatambitieux. Ce vendredi 26/10/2012,les autorités du CHU Ambroise Paré(CHUPMB) et <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong><strong>Mons</strong> (U<strong>Mons</strong>) ont signé un Accord-Cadre qui institue un partenariatscientifique concret et ambitieux enmatière <strong>de</strong> recherche liée à la Santé.34 élémentIl porte sur :(a) Le développement conjoint <strong>de</strong> projets <strong>de</strong> recherchesselon <strong>de</strong>s axes <strong>de</strong> recherche préétablis ;(b) La réalisation conjointe d’étu<strong>de</strong>s scientifiqueset cliniques, l’organisation d’évènements liésà ces étu<strong>de</strong>s, la participation conjointe à <strong>de</strong>sgroupes <strong>de</strong> travail scientifiques, la publicationconjointe <strong>de</strong> ces étu<strong>de</strong>s et <strong>de</strong>s documents <strong>de</strong>travail y afférents, <strong>de</strong>s expertises ponctuelles ;(c) La mise en commun <strong>de</strong>s équipements et du matériel,et le partage <strong>de</strong>s données et connaissancespour la mise en œuvre <strong>de</strong> travaux <strong>de</strong> recherche ;(d) L’accueil <strong>de</strong>s étudiants et <strong>de</strong>s chercheursnotamment dans le cadre <strong>de</strong> la réalisation <strong>de</strong>leur travail <strong>de</strong> fin d’étu<strong>de</strong>, <strong>de</strong> leur stage d’étu<strong>de</strong>ou <strong>de</strong> leur thèse ;« L’UMONS dispose d’un potentiel scientifique importantdans le secteur <strong>de</strong> la santé, notamment dans lesdomaines traités par <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>s dix nouveaux Institutscréés récemment suite à la restructuration <strong>de</strong> sarecherche : l’Institut <strong>de</strong>s Sciences et Technologies<strong>de</strong> la Santé mais aussi l’Institut Biosciences. Cetaccord concrétise aussi notre volonté <strong>de</strong> consoli<strong>de</strong>rnos relations avec différentes unités <strong>de</strong>s hôpitauxpartenaires, en particulier ici avec le CHU AmbroiseParé. Ce type <strong>de</strong> partenariat ne peut qu’être profitableà notre institution en termes <strong>de</strong> possibilités<strong>de</strong> stages pour nos étudiants », estime le Recteur<strong>de</strong> l’UMONS, M. Calogero Conti.« Le CHU Ambroise Paré entend apporter ses compétenceset son expertise dans le domaine médicalclinique et celui <strong>de</strong> la recherche clinique. De plus,cet accord contraint notre institution a toujoursviser l’excellence, que ce soit dans les soins maisaussi au niveau <strong>de</strong> toute l’organisation », résumepour sa part Nicolas Martin, le Prési<strong>de</strong>nt du Conseild’Administration du CHU Ambroise Paré.Lors <strong>de</strong> la conférence <strong>de</strong> presse, le Dr. YasminaBouko (CHU Ambroise Paré/Département <strong>de</strong> rechercheclinique) et le Pr. Jean-Marie Colet (U<strong>Mons</strong>/


RESEACH CENTER »Excellence in <strong>Mons</strong> »Département <strong>de</strong> biologie humaine et toxicologie)ont présenté la «Biomedical Profiling Unit», toutepremière unité mixte issue du centre <strong>de</strong> recherche.L’objectif principal <strong>de</strong> cette première unité est<strong>de</strong> développer <strong>de</strong>s tests cliniques permettant undiagnostic, un suivi et <strong>de</strong>s traitements sur mesurepour les patients atteints <strong>de</strong> plusieurs pathologiesnotamment certains cancers mais égalementles maladies neurologiques graves (ex : maladied’Alzheimer), les problèmes <strong>de</strong> stérilité ou encorecertaines maladies orphelines.à la rencontre d’objectifs communs...1. La recherche clinique : <strong>de</strong>puis trois ans, l’hôpitalAmbroise Paré s’est doté d’une infrastructure<strong>de</strong> recherche clinique <strong>de</strong> haut niveau et est unpartenaire clé <strong>de</strong> nombreuses firmes pharmaceutiquespar l’intermédiaire <strong>de</strong> sa participationà <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> phase I à IV. Cela permet auxmé<strong>de</strong>cins <strong>de</strong> tester <strong>de</strong> nouvelles molécules maisqui à ce sta<strong>de</strong> du développement ne garantissentpas nécessairement une efficacité etne permettent pas <strong>de</strong> prédire <strong>de</strong> la toxicité dumédicament spécifique par patient. Ces sociétéssont du reste à la recherche <strong>de</strong> nouveauxbiomarqueurs qui permettraient <strong>de</strong> mettre enévi<strong>de</strong>nce le « proof of concept » ou le « proof ofmechanism » <strong>de</strong> ces molécules. Dans ce partenariatl’hôpital y voit la possibilité d’adjoindre,<strong>de</strong> transposer les connaissances obtenues parles chercheurs <strong>de</strong> l’UMONS à l’humain. Il esttrès important que toutes ces informationsobtenues soit par le biais <strong>de</strong> tests in vivo ou invitro puissent être appliquées à l’humain afin <strong>de</strong>permettre les avancées scientifiques et offrir auxpatients un niveau <strong>de</strong> traitement le plus sûr etle plus efficace possible, en tenant compte <strong>de</strong>chaque individu et <strong>de</strong> ses spécificités. Parmi lesnombreux projets en cours, un projet concerne lecancer du rein métastasé. Trois traitements sontactuellement reconnus et remboursés dans cetteindication, chaque traitement montrant une efficacitéet une toxicité plus ou moins importanteselon l’individu. Etant donné qu’il est impossible<strong>de</strong> prédire lequel <strong>de</strong> ces traitements sera le plusfavorable à un patient particulier, le choix <strong>de</strong>traitement reste difficile pour le mé<strong>de</strong>cin. Or,cette prédiction <strong>de</strong> toxicité et/ou d’efficacité nesera possible qu’avec l’apport <strong>de</strong> la recherchefondamentale. Celle-ci est indissociable <strong>de</strong> toutdéveloppement.2. La formation scientifique <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins du CHUet l’échange d’expertise : cliniciens et chercheurs<strong>de</strong> chaque Institution possè<strong>de</strong>nt une expertise quileur est propre. Or, cette connaissance lorsqu’elleest partagée permet véritablement d’abor<strong>de</strong>r laprise en charge du patient différemment ou <strong>de</strong>comprendre <strong>de</strong>s mécanismes pathologiques. Laconnaissance pointue <strong>de</strong> certains domaines (lemilieu cellulaire, la génomique …) permet aumé<strong>de</strong>cin <strong>de</strong> mieux comprendre encore pourquoicertaines maladies se développent. Or, dans sapratique quotidienne, le mé<strong>de</strong>cin est amené àsans cesse parfaire sa connaissance et à suivreune formation continue. Cette nouvelle forme <strong>de</strong>collaboration s’intègre à ce <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> formationpermanente.3. La prédiction <strong>de</strong> certaines maladies : les mé<strong>de</strong>cinsdu CHU sont amenés à prendre en charge préventivement<strong>de</strong>s patients. Ces patients peuvent soitavoir eu un symptôme en l’absence d’une étiologiebien définie (ex : crise d’épilepsie) et présenterun risque accru <strong>de</strong> refaire ce même problème soitd’être porteur d’une anomalie qui pourrait entraînerune maladie. Ces patients vivent dès lors avecplusieurs inconnues : le risque <strong>de</strong> récidive ou <strong>de</strong>développement <strong>de</strong> la maladie, le moment où cettemaladie peut apparaître et dans certains cas,l’angoisse <strong>de</strong> se <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r s’il ne sera pas troptard au moment du diagnostic ou si <strong>de</strong>s séquellesne seront pas présentes. Ces incertitu<strong>de</strong>s sontégalement difficiles à vivre pour le praticien quine peut rassurer son patient pleinement et qui doitjongler entre un suivi proche mais sans générer<strong>de</strong> surcoûts pour le patient ou accentuer soninquiétu<strong>de</strong> en augmentant la fréquence d’examens.Cette situation se présente dans le casdu myélome multiple, maladie précédée par unsta<strong>de</strong> appelé gammopathie monoclonale d’origineindéterminée (MGUS). Au sta<strong>de</strong> <strong>de</strong> MGUS, lespatients sont asymptomatiques et n’ont aucuneplainte, la découverte est du reste faite par hasardau cours d’un contrôle annuel ou lors d’uneintervention pour un tout autre problème mêmebénin. Une fois diagnostiquée, la maladie ne peutêtre ignorée mais aucun test ne permet <strong>de</strong> direau patient s’il va développer un myélome oupas (certains en effet restent au sta<strong>de</strong> <strong>de</strong> MGUStoute leur vie) ni quand ce myélome pourraitse développer.Savoir que cette maladie ne seguérit pas permet <strong>de</strong> comprendre l’angoisse dupatient. Un <strong>de</strong>s projets en cours vise à i<strong>de</strong>ntifiersans ambiguïté un patient au sta<strong>de</strong> MGUS età déterminer <strong>de</strong>s caractéristiques biologiquesqui pourraient amener à i<strong>de</strong>ntifier les patients àrisque <strong>de</strong> développer ce myélome et permettreainsi à ceux qui n’auraient pas ce profil type <strong>de</strong>vivre plus sereinement et diminuer les coûts <strong>de</strong>santé liés aux examens multiples. •élément 35


Le boson <strong>de</strong> Brout-Englert-Higgsest-il CERNé ?» Service <strong>de</strong> Physique nucléaire et subnucléaireEvelyne Daubie, evelyne.daubie@umons.ac.be, Clau<strong>de</strong> Semay clau<strong>de</strong>.semay@umons.ac.be,Thierry CAEBERGS, Thierry.CAEBERGS@umons.ac.be, Grégory HAMMAD ,Gregory.HAMMAD@umons.ac.be,Nikita Beliy, Nikita.beliy@umons.ac.beService <strong>de</strong> Physique théorique et mathématiqueYves BRIHAYE, Yves.BRIHAYE@umons.ac.beLe LHC, acronyme <strong>de</strong> Large Hadron 1 Colli<strong>de</strong>r,est un collisionneur protons-protons situé auCERN, dans un tunnel souterrain creusé <strong>de</strong> partet d’autre <strong>de</strong> la frontière franco-suisse. D’unecirconférence <strong>de</strong> 27 km, il accélère 2 faisceaux<strong>de</strong> protons circulant en sens inverse jusqu’à uneénergie <strong>de</strong> 4 TeV avant <strong>de</strong> les faire entrer encollision. 2 Des détecteurs géants, à la pointe <strong>de</strong>la technologie, entourent les points d’interaction<strong>de</strong>s faisceaux afin d’i<strong>de</strong>ntifier les nouvelles particulesproduites après collisions et d’en mesurerles propriétés. Depuis fin 2009, le LHC fournit<strong>de</strong>s données permettant d’étudier le ModèleStandard <strong>de</strong> la physique <strong>de</strong>s particules à <strong>de</strong>sénergies jamais atteintes auparavant en laboratoire.Le but majeur <strong>de</strong>s recherches est (était ?)<strong>de</strong> découvrir l’élément manquant encore à l’appelpour une vérification complète <strong>de</strong> la théorie, laparticule qui serait à l’origine <strong>de</strong> la masse <strong>de</strong>sparticules rencontrées dans notre Univers : leboson <strong>de</strong> Brout-Englert- Higgs.Les conditions <strong>de</strong> fonctionnement du LHC sontextrêmes; outre ses 27 km <strong>de</strong> composants supraconducteursrefroidis à -270°C, la fréquence <strong>de</strong>croisement <strong>de</strong>s faisceaux est <strong>de</strong> 20 MHz (1 croisementtoutes les 50 ns) avec une moyenne <strong>de</strong> 20collisions protons-protons à chaque croisement,soit 400 millions <strong>de</strong> collisions protons-protonspar secon<strong>de</strong>. Une telle fréquence est nécessairevu le faible taux <strong>de</strong> production <strong>de</strong> bosons BEH1 Hadron, nom générique pour particules composées <strong>de</strong> quarkscomme le proton ou le neutron.2 TeV = 10 12 électronvolt, à comparer par exemple à l’énergie cinétique<strong>de</strong> l’ordre du MeV = 10 6 eV <strong>de</strong>s particules α, β et γ émises<strong>de</strong> sources radioactives.36 élémentattendu par rapport à celui <strong>de</strong>s autres processusphysiques, d’autant plus faible que la masse duboson est élevée, ainsi que par la faisabilité <strong>de</strong>sa détection 3 .Deux expériences à buts généraux, ATLAS etCMS, exploitent les données du LHC au moyen<strong>de</strong> leur détecteur, aboutissement <strong>de</strong> 20 ans <strong>de</strong>travail <strong>de</strong> conception, mise au point, constructionet assemblage. Elles comptent chacune quelques2000 physiciens et ingénieurs qui décèlent lesparticules intéressantes issues <strong>de</strong>s collisions protons- protons, les enregistrent et les analysent.En juillet 2012, ces <strong>de</strong>ux expériences ont annoncéla mise en évi<strong>de</strong>nce d’un nouveau boson 4 à unemasse d’environ 125 GeV/c 2 (environ 125 fois lamasse du proton) avec une certitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> 99,9999%.Le boson BEH étant une particule à durée <strong>de</strong> vietrès courte (10 -22 s), ce sont ses produits <strong>de</strong> désintégrationque l’on détecte. Il se désintègre ainsisuivant plusieurs canaux possibles. L’évi<strong>de</strong>nce estla plus manifeste dans les états finaux permettant<strong>de</strong> déterminer sa masse avec le plus <strong>de</strong> précision,soit les états finaux à 2 photons ou à 2 bosons Z.Le boson est observé pour <strong>de</strong>ux énergies dansle centre <strong>de</strong> masse : 7 TeV en 2011 et 8 TeV en2012. Les résultats obtenus dans les cinq canaux<strong>de</strong> désintégration actuellement étudiés sont enaccord avec les prédictions du boson BEH.3 Il avait été prévu que, si le boson BEH avait une masse <strong>de</strong>1 TeV/c 2 , on en produirait, dans les conditions <strong>de</strong> fonctionnementnominales du LHC, ≈10000 bosons par an dont une vingtaineseulement étaient détectables.Peter Higgs a visité l’expérience CMS en avril 2008.Le Groupe <strong>de</strong> Physique <strong>de</strong>s ParticulesÉlémentaires <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong> participeà l’expérience CMS <strong>de</strong>puis sa création il y a20 ans; quatre physiciens <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong><strong>Mons</strong>-Hainaut signaient la «Lettre d’intention»publiée en octobre 1992. Le groupe,actuellement composé <strong>de</strong> quatre scientifiques,contribue à l’acquisition et l’analyse<strong>de</strong>s données <strong>de</strong> CMS; il travaille en étroitecollaboration avec les physiciens <strong>de</strong>s particules<strong>de</strong>s cinq autres universités belgesimpliquées dans l’expérience CMS (UAnvers,UCL, UGent, ULB, VUB).Un document qui décrit <strong>de</strong>s aspects théoriquesfondamentaux <strong>de</strong> la découverte <strong>de</strong>Brout, Englert et Higgs et rédigé <strong>de</strong> manièreà être accessible aux membres <strong>de</strong> la communautéuniversitaire a été écrit par NicolasBoulanger et Yves Brihaye suite aux sollicitationsdu rédacteur en chef <strong>de</strong> ce journal.Ce document peut être obtenu par simple<strong>de</strong>man<strong>de</strong> aux auteurs.


La physique <strong>de</strong>s particules & le bosonBEH en quelques phrases.La physique <strong>de</strong>s particules a pour but d’étudierles constituants ultimes <strong>de</strong> la matière et lesinteractions qui les gouvernent pour constituernon seulement la matière qui nous entoure maiségalement la matière instable, créée dans le rayonnementcosmique ou auprès <strong>de</strong>s accélérateurs <strong>de</strong>particules et ayant existé dans notre Univers dansses tous premiers instants.A ce jour, 12 constituants élémentaires <strong>de</strong> matièreont été mis en évi<strong>de</strong>nce : 6 leptons et 6 quarks,classés en 3 familles i<strong>de</strong>ntiques du point <strong>de</strong> vue<strong>de</strong> leurs interactions et différentes uniquement parleur masse (cf. tableau 1). Alors que les leptons(comme l’électron) peuvent être observés à l’étatlibre, les quarks sont confinés dans <strong>de</strong>s particulescomposites appelées hadrons (comme le protonet le neutron composés <strong>de</strong> quarks <strong>de</strong> type u etd). Leptons et quarks sont considérés à l’heureactuelle comme <strong>de</strong>s particules sans structureinterne, <strong>de</strong> dimension inférieure à 10 -18 m (limite<strong>de</strong> la technologie actuelle).Sur le plan théorique, chacune <strong>de</strong>s trois interactionsagissant au niveau <strong>de</strong>s particules élémentairesest véhiculée par <strong>de</strong>s particules <strong>de</strong> même nature :bosons <strong>de</strong> spin 1. Ainsi les interactions entreparticules électriquement chargées sont décritescomme <strong>de</strong>s échanges <strong>de</strong> photons, les interactionsfortes entre les quarks comme <strong>de</strong>s échanges <strong>de</strong>gluons (théorie basée sur la charge <strong>de</strong> « couleur »portée par les quarks et les gluons) et les interactionsnucléaires faibles via l’échange d’un <strong>de</strong> ces3 bosons: W + et W - chargés et Z 0 neutre. Alors quele photon et les gluons sont <strong>de</strong> masse nulle, lesbosons W et Z doivent être lourds car la portée <strong>de</strong>l’interaction faible est très courte (≈10 -18 m).Les particules élémentaires sont décrites dans uncadre théorique complexe incorporant les principesquantiques et relativistes : la théorie quantique <strong>de</strong>schamps. De plus, afin <strong>de</strong> rendre compte <strong>de</strong>s lois <strong>de</strong>conservation auxquelles ces objets obéissent (laconservation <strong>de</strong> la charge électrique par exemple),on fait appel à une classe particulière: les théories<strong>de</strong> jauge 4 Celles-ci s’appuient sur <strong>de</strong>s propriétés<strong>de</strong> symétrie comparables: les symétries <strong>de</strong> jaugequi supposent <strong>de</strong>s particules <strong>de</strong> matière et <strong>de</strong>sbosons d’interaction <strong>de</strong> masse nulle.Afin <strong>de</strong> conférer une masse aux particules, on faitappel à un mécanisme mathématique proposé en1964 indépendamment par le physicien écossaisPeter Higgs d’une part, et Robert Brout et FrançoisEnglert physiciens <strong>de</strong> l’ULB, d’autre part. De cemécanisme découle l’existence d’une particule 5 <strong>de</strong>nature différente <strong>de</strong> toutes les autres : un bosonneutre scalaire (à spin nul) appelé boson <strong>de</strong> Brout-Tableau 1 : particules élémentaires <strong>de</strong> matière (fermions <strong>de</strong> spin 1/2)(*)Chargeélectrique QFamille 1Tableau 2 : particules <strong>de</strong> force (bosons <strong>de</strong> spin 1)Types d’interaction(*)ForteElectromagnétiqueFaibleLEPTONSObservés à l’état libreNeutres(Q = 0)Famille 2 νµM< 0,19Famille 3Intensité relative(**)Chargés(Q = -e)νee-M< 2 10 -6 M=0,511ντM< 18,2µ-M=106τ-M=1777Interaction entreQuarks (hadrons)110 -14 leptons et hadrons10 -2Particules chargéesQUARKSComposants <strong>de</strong>s HADRONSChargés(Q = 2/3e)uM ≈2cM ≈1275tM ≈173500Masse M exprimée en MeV/c 2Chargés(Q = -1/3e)dM ≈5sM ≈95bM ≈4650(*) Par souci <strong>de</strong> simplicité, ce tableau ne reprend pas la charge <strong>de</strong> couleur <strong>de</strong>s quarks, ni les états gaucheet droit <strong>de</strong>s particules; <strong>de</strong> plus, il faudrait aussi mentionner l’existence, pour chaque particule, <strong>de</strong>son antiparticule (<strong>de</strong> charge électrique opposée).Particules échangées(bosons <strong>de</strong> jauge)8 gluons g M=0photon γ M=0bosons W + , W − , Z 0M = 80 (W) et 90 (Z) GeV/c 2(*) la 4 e interaction fondamentale, la gravitation, n’apparaît pas dans ce tableau vu sa très faible intensitéau niveau <strong>de</strong>s particules élémentaires.(**) Intensités relatives à une échelle d’énergie <strong>de</strong> 1 GeV, normalisées à la force forte.Englert-Higgs, et noté H 0 . Il est à remarquer que lesmasses <strong>de</strong> toutes les particules, y compris celle SPINdu H 0 , sont <strong>de</strong>s paramètres libres <strong>de</strong> la théorie quidoivent donc être déterminés expérimentalement;la théorie prédit cependant que le boson <strong>de</strong> BEH secouple préférentiellement aux particules lour<strong>de</strong>s.Le boson BEH est activement recherché <strong>de</strong>puis30 ans. Dans les années 1990, les expériencesauprès du collisionneur LEP ont notamment poséune limite inférieure <strong>de</strong> masse <strong>de</strong> 114 GeV/c 2 .D’autre part, l’excellente compatibilité entre lesdonnées mesurées dans les expériences <strong>de</strong> physique<strong>de</strong>s particules et les prédictions du modèlestandard favorisait un boson BEH léger (< 166 GeV/c 2 ). Les expériences au collisionneur TEVATRON duFermilab à Chicago avaient récemment exclu <strong>de</strong>szones <strong>de</strong> masse entre 156 et 175 GeV.Après <strong>de</strong>s années d’expériences excluant le bosonBEH dans certains domaines <strong>de</strong> masse, voici lesannées <strong>de</strong> découverte et d’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s propriétés<strong>de</strong> la particule nouvellement découverte au LHCet présentant les caractéristiques du boson tantrecherché ! •Mon<strong>de</strong>qui nousentoureMasseOutre leur charge électrique, leur masse, leurtemps <strong>de</strong> vie, ..., les particules possè<strong>de</strong>nt égalementune autre propriété «le spin», propriétépurement quantique caractérisant le momentangulaire intrinsèque. Ainsi, les particules élémentaires<strong>de</strong> matière ont <strong>de</strong>s spins 1/2 (cesont <strong>de</strong>s fermions) tandis que les particulesmessagères <strong>de</strong>s 3 interactions fondamentales(forte, électromagnétique et faible) observéesau niveau <strong>de</strong>s particules élémentaires ont unspin égal à 1 (bosons dits «vectoriels»). A noterque la théorie prévoit un boson BEH à spin nulou boson «scalaire». Les premiers résultats duLHC indiquent que le nouveau boson découvertn’est pas <strong>de</strong> spin 1; reste à prouver que sonspin est égal à zéro.4 Les théories <strong>de</strong> jauge se basent sur un lagrangien invariant localement.Un terme <strong>de</strong> masse briserait la symétrie du lagrangien.5 Un seul boson scalaire est attendu dans la version minimale <strong>de</strong>la théorie unifiant les interactions faibles et électromagnétiques.Des extensions du modèle standard prévoient plusieurs bosonsscalaires (neutres et chargés).élément 37


Un nouveau directeurpour la Direction Administrationet Valorisation <strong>de</strong> la Recherche<strong>de</strong> l’UMONS» Par Gerardina Curcio, Administration et Valorisation <strong>de</strong> la RechercheGerardina.curcio@umons.ac.bePierre Cornut est le nouveauDirecteur <strong>de</strong> la DirectionAdministration et Valorisation <strong>de</strong>la Recherche <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong><strong>de</strong> <strong>Mons</strong> (AVRE).Interview et présentationen bonne et due forme …Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?J’ai effectué un doctorat en géographie en tantqu’aspirant FNRS et j’ai ensuite fait <strong>de</strong> la recherchefondamentale et appliquée pendant près <strong>de</strong> 5 ans.Il m’arrivait <strong>de</strong> plus en plus régulièrementd’ai<strong>de</strong>r mes collègues à obtenir <strong>de</strong>s contrats<strong>de</strong> recherche et ce rôle me plaisait assez. C’estdonc naturellement que j’ai déposé ma candidaturelorsqu’un poste s’est ouvert au service<strong>de</strong> valorisation <strong>de</strong> l’ex <strong>Université</strong> <strong>Mons</strong> Hainaut.C’est là que j’ai pu affiner mes connaissancesen administration et valorisation <strong>de</strong> la recherche.En 2008, un peu avant la création <strong>de</strong> l’UMONS,nous avons obtenu le financement d’un projetinteruniversitaire : MIRVAL (pour « MIse en Réseau<strong>de</strong> la Valorisation »). Celui-ci nous a permis <strong>de</strong>renforcer substantiellement l’équipe au momentmême où les services <strong>de</strong> valorisation <strong>de</strong> l’UMH et<strong>de</strong> la FPMs fusionnaient. Je suis alors <strong>de</strong>venu responsable<strong>de</strong> la coordination du projet MIRVAL pourl’Académie Wallonie – Bruxelles. Je me suis doncfortement impliqué dans le réseau LIEU (LiaisonEntreprises-<strong>Université</strong> 1 ). Ensuite, lorsque la précé<strong>de</strong>ntedirectrice <strong>de</strong> l’AVRE est partie, j’ai réfléchi àla situation <strong>de</strong> manière posée. Nous nous trouvionsà un moment charnière pour notre direction et j’aicompris que je voulais être partie prenante <strong>de</strong> sondéveloppement futur.Quelles sont les prochaines étapes que vousprévoyez pour relever ce défi ?La première étape serait, selon moi, d’assurerle renouvellement du programme MIRVAL qui se1 Ce <strong>de</strong>rnier regroupe les services <strong>de</strong> valorisation <strong>de</strong>s universités ethautes écoles <strong>de</strong> la Fédération Wallonie-Bruxelles, aussi appelés KTOpour «Knowledge Transfer Offices»38 élément


termine en 2014. En effet, le salaire <strong>de</strong> la majorité<strong>de</strong>s personnes travaillant à l’AVRE est financégrâce à ce programme. Sans cela, notre Directionne pourrait pas remplir son rôle <strong>de</strong> soutien auxchercheurs et cela serait très dommageable pourl’université. Ensuite, nous avons beaucoup travailléces <strong>de</strong>rnières années à l’amélioration <strong>de</strong> nos servicesen matière d’administration <strong>de</strong> la recherche.Il est temps aujourd’hui <strong>de</strong> se concentrer sur lavalorisation <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> recherche. Nous avonsdéjà <strong>de</strong> bonnes réalisations à notre actif <strong>de</strong> cecôté mais je crois qu’il faut aller un pas plus loin,passer à la vitesse supérieure.Pouvez-vous nous faire un bref rappel <strong>de</strong> ceque l’on entend exactement par Administrationet Valorisation <strong>de</strong> la recherche ?Ce sont <strong>de</strong>ux activités qui s’interconnectent. Pourl’Administration, l’idée est <strong>de</strong> fournir un soutienà la politique et aux activités <strong>de</strong> recherche quisont menées au sein <strong>de</strong> l’université. Ce soutiense marque par une ai<strong>de</strong> active aux chercheurs quiont besoin <strong>de</strong> financements, par exemple, pourengager <strong>de</strong>s doctorants, acheter <strong>de</strong>s équipements,etc. Pour cela, nous diffusons les appels d’offreslancés par les bailleurs <strong>de</strong> fonds. Nous aidons aussiles chercheurs à déposer leur projet et nous lesaidons dans son suivi quand celui-ci est accepté.La Valorisation, c’est rendre les résultats <strong>de</strong>recherche et le savoir-faire <strong>de</strong> nos chercheursaccessibles au mon<strong>de</strong> socio-économique qui nousentoure, en particulier aux entreprises. Admettonspar exemple qu’un chercheur découvre un procédéindustriel innovant, celui-ci pourra être brevetéet ensuite licencié à une entreprise et lui apporterainsi un avantage compétitif sur ses concurrentes.Un autre exemple <strong>de</strong> valorisation <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> larecherche se situe aussi dans la création d’une spinoff.Il s’agit ici d’une société privée créée dans le but<strong>de</strong> commercialiser une invention ou un savoir-fairequi a été développé dans un laboratoire universitaire.Pouvez-vous décrire brièvement les avantagesqu’apportent les services rendus parl’AVRE aux chercheurs <strong>de</strong> l’UMONS ?D’abord, les programmes <strong>de</strong> financement sont <strong>de</strong> plusen plus compliqués. Il n’est plus question <strong>de</strong> soumettreun simple <strong>de</strong>scriptif <strong>de</strong> la recherche qui va être menée.Il faut établir <strong>de</strong>s budgets prévisionnels, mettre larecherche dans une perspective socio-économique,prévoir un scénario <strong>de</strong> valorisation <strong>de</strong>s résultats, etc.Il est <strong>de</strong> plus en plus crucial pour le chercheur d’avoirune ai<strong>de</strong> spécialisée pour répondre à ces nouvelles<strong>de</strong>man<strong>de</strong>s. De plus, nous avons <strong>de</strong>s contacts trèsréguliers avec les bailleurs <strong>de</strong> fonds et sommes doncinformés facilement <strong>de</strong> toutes les contraintes administrativesliées aux différents appels.Ensuite, nous aidons les chercheurs dans les démarchesadministratives, en interne à l’université(mise en conformité <strong>de</strong>s conventions par rapportau règlement <strong>de</strong> propriété intellectuelle, accord <strong>de</strong>l’Administrateur, signature du Recteur, etc.) commeen externe (accord <strong>de</strong> confi<strong>de</strong>ntialité, accord <strong>de</strong>consortium, partage <strong>de</strong> la PI, etc.)Enfin, du point <strong>de</strong> vue <strong>de</strong> la Valorisation, pour queles inventions puissent être mises sur le marché, ilfaut <strong>de</strong>s connaissances spécifiques (économiques,juridiques, etc.) que les chercheurs ont rarementpu acquérir durant leur formation. Le KTO est aussilà pour leur apporter ce complément d’expertiseet les mettre en relation avec <strong>de</strong>s entreprises.Quelle est la composition <strong>de</strong> l’équipe <strong>de</strong> ladirection AVRE ?Tout d’abord, nous bénéficions <strong>de</strong> l’expertise <strong>de</strong>conseillers scientifiques. Il s’agit le plus souvent<strong>de</strong> personnes qui ont fait <strong>de</strong> la recherche et sontspécialisées dans un domaine particulier (les biotechnologies,les matériaux, etc.). Ces <strong>de</strong>rnierssont le point <strong>de</strong> contact initial <strong>de</strong>s chercheurs,c’est d’ailleurs pour cela que chacun <strong>de</strong> ces« valorisateurs » est le répondant d’un Institut <strong>de</strong>recherche <strong>de</strong> l’UMONS. Nous bénéficions aussidu travail d’experts en communication car nous<strong>de</strong>vons accrocher les entreprises et ensuite lesdiriger vers les laboratoires. Nous communiquonsaussi beaucoup vers les chercheurs pour leurtransmettre <strong>de</strong>s informations utiles pour leur travailquotidien. Notre équipe est aussi aidée par <strong>de</strong>sjuristes qui sont chargés <strong>de</strong> vérifier les conventionsqui passent par l’AVRE et <strong>de</strong> tenir à jour les règlements<strong>de</strong> propriété intellectuelle. Une personne <strong>de</strong>notre équipe s’occupe également du secrétariatdu comité Propriété Intellectuelle (Comité PI), quiest l’organe en charge <strong>de</strong> la gestion <strong>de</strong>s brevetset licences <strong>de</strong> l’UMONS.Nous bénéficions aussi <strong>de</strong> l’expertise <strong>de</strong> BusinessDevelopers. Il s’agit <strong>de</strong> personnes au profil orientééconomie et gestion, dont le rôle est d’éclairer lesdécisions en matière <strong>de</strong> valorisation (par exemple,sur le prix <strong>de</strong> nos technologies). Enfin, n’oublionspas notre soutien administratif sans lequel rien neserait possible car nous travaillons très souventdans l’urgence.Existe-t-il une différence entre l’AVRE et lesautres services administratifs <strong>de</strong> l’UMONS?L’AVRE est bel est bien un service administratif<strong>de</strong> l’UMONS. Il existe toutefois quelques petitesdifférences. Tout d’abord, dans la plupart <strong>de</strong>suniversités du mon<strong>de</strong> les KTO sont les <strong>de</strong>rniersnés <strong>de</strong>s services administratifs, et souvent lesmoins bien compris: si on sait bien à quoi sert unNous aidons leschercheurs dansles démarchesadministratives,en interne àl’université commeen externe (accord <strong>de</strong>confi<strong>de</strong>ntialité, accord<strong>de</strong> consortium, partage<strong>de</strong> la PI, …)service comptable, on sait rarement à quoi sertun service <strong>de</strong> valorisation. Il n’est pas rare d’ailleursque nos amis ou parents nous disent qu’ilsne comprennent pas vraiment notre travail! Deplus, nous dépendons fortement <strong>de</strong> financementsexternes. Cela veut dire que nous avons parfoisplus <strong>de</strong> moyens financiers mais nous <strong>de</strong>vons aussitravailler à la conservation <strong>de</strong> ceux-ci, en rendantnos travaux visibles auprès <strong>de</strong>s pouvoirs publics,par exemple. Enfin, nous sommes aussi souventen déplacement, en partie à cause <strong>de</strong> nos contactsavec les bailleurs <strong>de</strong> fonds, les entreprises maisaussi parce que nous travaillons en réseau avecles autres universités.Quel est l’avantage <strong>de</strong> travailler en réseaupour les KTO ?Les avantages sont multiples. Dans un premiertemps, il s’avère que les entreprises ne souhaitentpas multiplier leurs contacts lorsqu’elles sont àla recherche d’une expertise scientifique : ellespréfèrent avoir un seul point d’entrée plutôt quecinq. D’autre part, certaines actions sont plusefficaces lorsqu’elles sont menées <strong>de</strong> manièreglobale, je pense notamment à la sensibilisation<strong>de</strong>s chercheurs mais aussi à la définition d’uneméthodologie <strong>de</strong> valorisation. Cependant, pourpouvoir faire leur travail correctement, les KTOdoivent en même temps rester proches <strong>de</strong> leurschercheurs, c’est pour cela qu’elles sont toutesrattachées à leurs universités respectives. •Plus d’infos ?www.umons.ac.be/avreélément 39


Sciences et Techniquesau Carré… première !» Francesco LO BUE, Sciences et Techniques au Carré (UMONS)Francesco.lobue@umons.ac.beOyé Oyé !Sciences et Techniques au Carré est né !L’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong> vient en effet <strong>de</strong> se doterd’un nouveau centre <strong>de</strong> diffusion <strong>de</strong>s scienceset <strong>de</strong>s techniques, Sciences et Techniques auCarré (SciTech²), fruit <strong>de</strong> la fusion d’ApplicaSciences(Faculté Polytechnique) et du Carré <strong>de</strong>sSciences (Faculté <strong>de</strong>s Sciences et Faculté <strong>de</strong>Mé<strong>de</strong>cine et Pharmacie).Ce nouveau centre permettra à terme le déploiementd’une organisation non seulement plusrationnelle et efficace, mais aussi <strong>de</strong> développer<strong>de</strong>s projets plus ambitieux. Les raisons en sontnombreuses : mise en commun <strong>de</strong>s énergies,partage <strong>de</strong>s expériences et <strong>de</strong>s bonnes pratiques,positionnement interfacultaire du centre, etc.Quant aux objectifs <strong>de</strong> SciTech², ils sont clairs :sensibiliser les élèves aux sciences et aux techniques,favoriser l’émergence <strong>de</strong> vocations, jouerle rôle <strong>de</strong> relais entre le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la recherche etceux <strong>de</strong> l’enseignement et <strong>de</strong>s médias, réintroduireles sciences dans le champ <strong>de</strong> la culture…Le chantier est vaste !Montée en puissance progressiveLa montée en puissance <strong>de</strong> SciTech² seraprogressive d’ici 2015. Si les potentialités <strong>de</strong>développement sont importantes, les défis à releversont <strong>de</strong> taille. En effet, les <strong>de</strong>ux équipes menaientdéjà <strong>de</strong> très nombreux projets, qui doivent êtrepoursuivis et menés <strong>de</strong> front avec le développementdu nouveau centre !Évi<strong>de</strong>mment, SciTech² ne serait rien sans la collaborationquasi permanente <strong>de</strong>s chercheurs <strong>de</strong>l’UMONS. La force <strong>de</strong> Sciences et Techniques auCarré sera <strong>de</strong> pouvoir compter sur <strong>de</strong>s savoirset savoir-faire complémentaires issus <strong>de</strong>s différentesfacultés <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong>. De fait, la création<strong>de</strong> SciTech² n’est pas seulement l’affaire <strong>de</strong> laFaculté <strong>de</strong>s Sciences, <strong>de</strong> la Faculté <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cineet <strong>de</strong> Pharmacie et <strong>de</strong> la Faculté Polytechnique, maiselle concerne également la Faculté d’Architectureet d’Urbanisme. Les collaborations avec la Faculté<strong>de</strong> Traduction et d’Interprétation vont se renforcer,tant les projets en préparation visent <strong>de</strong>s publicsmultilingues ! Et ne parlons pas <strong>de</strong>s apports <strong>de</strong> laFaculté <strong>de</strong> Psychologie et <strong>de</strong>s Sciences <strong>de</strong> l’Éducationet <strong>de</strong> la Faculté Warocqué d’Economie et <strong>de</strong>Gestion, notamment pour les questions <strong>de</strong> Scienceet Société... SciTech², par la nature même <strong>de</strong> sesactivités, est amené à travailler avec l’ensemble<strong>de</strong>s composantes <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong>.Il va sans dire que Sciences et Techniques au Carré, àl’instar du Carré <strong>de</strong>s Sciences, représentera l’UMONSau sein du réseau interuniversitaire <strong>de</strong> diffusion <strong>de</strong>sSciences Scité (www.sciences.be), composé également<strong>de</strong> ScienceInfuse (UCL), InforSciences (ULB),RéjouiSciences (ULg) et AtoutSciences (UNamur).SciTech² hérite également <strong>de</strong> toutes les collaborationstissées au fil <strong>de</strong>s ans avec les musées, ASBL, théâtres,administrations, entreprises, etc.Des conférences toujoursaussi passionnantes !Le nouveau centre continuera bien entendu à proposer<strong>de</strong>s conférences grand public. Toujours trèsattendues, leur succès ne se dément pas. Ainsi, enoctobre <strong>de</strong>rnier, après 15 années d’existence, ellesont même battu un record <strong>de</strong> fréquentation : pasmoins <strong>de</strong> 400 personnes se sont rendues à l’auditoireVan Gogh, à l’occasion <strong>de</strong> la première conférencedu Cycle Univers 2012-2013 pour écouter FrançoisRaulin, spécialiste <strong>de</strong> la recherche spatiale en exobiologie,venu tout droit <strong>de</strong> Paris pour l’occasion ! Cecycle Univers a proposé en clôture, le 20 février 2013à 20h, un autre ren<strong>de</strong>z-vous <strong>de</strong> taille. Nous avonseu la chance d’accueillir François Englert (ULB), l’un<strong>de</strong>s trois papas du fameux boson <strong>de</strong> Higgs-Brout-Englert, probable prochain Prix Nobel <strong>de</strong> Physique.Cette soirée a permis <strong>de</strong> répondre aux questionsque nous nous posions sur cette étrange particulequi a fait la une <strong>de</strong> l’actualité il y a quelques mois !Quant au cycle Entre Rêve et Réalité, proposéen collaboration avec l’équipe du Mundaneum, ilcomporte trois conférences, présentées par <strong>de</strong>sscientifiques <strong>de</strong> haut niveau, excellents vulgarisateurs,et tous trois passionnés <strong>de</strong> science-fiction. Clau<strong>de</strong> Semay (UMONS) nous a emmené le30 janvier vers les étoiles lointaines, à bord<strong>de</strong> prodigieuses nefs spatiales ; Richard Taillet (<strong>Université</strong> <strong>de</strong> Savoie), nousparlera, le 13 février, images à l’appui, <strong>de</strong>l’apesanteur dans le cinéma <strong>de</strong> science-fiction ; Roland Lehoucq (CEA-Saclay) nous plongera le 7mars dans le mon<strong>de</strong> fascinant du film Avatar, pourtenter <strong>de</strong> comprendre où s’arrête le plausible etoù commence l’imaginaire purement onirique…Sciences et techniques dans<strong>de</strong>s lieux… d’art et d’histoirePrendre conscience <strong>de</strong> la rotation <strong>de</strong> la Terre enregardant osciller le pendule <strong>de</strong> Foucault, c’estquelque chose. Vivre sa construction sur mesurepour la collégiale Sainte-Waudru, en compagnied’une équipe <strong>de</strong> techniciens talentueux, c’estgrisant. Passer du temps à comprendre, et faireensuite découvrir le phénomène à un publicenthousiaste, est inoubliable.40 élément


Le SUSA, vingt ansau service <strong>de</strong>s personnesayant <strong>de</strong> l’autisme» Eric Willaye, Directeur général <strong>de</strong> la Fondation SUSA (Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme)Eric.willaye@umons.ac.beLe SUSA est né pour donner suite aux activités<strong>de</strong> formation <strong>de</strong> parents rési<strong>de</strong>ntielles organisées,milieu <strong>de</strong>s années 80, par le ProfesseurGhislain Magerotte et l’équipe du Départementd’Orthopédagogie <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong>-Hainaut/ Belgique. En effet, les parents ayant participéà ces formations souhaitaient pouvoir bénéficierd’un suivi éducatif pour leur enfant. L’APEPA(Association <strong>de</strong> Parents pour l’Epanouissement <strong>de</strong>sPersonnes avec Autisme), sous l’action énergique<strong>de</strong> Jean-Charles Salmon, papa d’un adulte avecautisme, a, à la même époque (1988), recommandéla création d’un service d’ai<strong>de</strong> éducativeambulatoire et longitudinal pour les familles ayantun enfant avec autisme.Les activités du SUSA vont finalement démarrer en1991 grâce à l’ai<strong>de</strong> d’une Fondation privée. Bienqu’intimement associé à l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong>, leSUSA poursuit et développe ses activités grâce à<strong>de</strong>s fonds publics et privés.Maintenant organisé lui-même en Fondation d’Utilitépublique, il organise un ensemble d’activitésarticulées autour <strong>de</strong> principes et <strong>de</strong> valeurs édictéesdans la Charte dont elle s’est dotée. En voiciquelques éléments :En ce qui concerne le diagnostic.Etant donné son attachement au consensus scientifiqueinternational, il établit les diagnostics dansle cadre du DSM IV TR ou <strong>de</strong> la CIM 10. Les diagnosticssont établis sur base <strong>de</strong>s meilleurs outilsactuellement en notre possession et du jugementclinique <strong>de</strong>s informations recueillies.42 élémentLe diagnostic est une activité pluridisciplinaire etrésulte d’une décision d’équipe. Ainsi, l’annonce <strong>de</strong>diagnostic aux consultants n’est réalisée qu’aprèsune décision collégiale <strong>de</strong> l’équipe. Dans le cadre dudiagnostic étiologique du spectre autistique (troubleenvahissant du développement), la priorité est donnéeà une investigation <strong>de</strong>s étiologies organiques.La condition dont le SUSA s’engage à tenir compteest la condition handicapante <strong>de</strong> l’autisme enraison <strong>de</strong> ses caractéristiques. Celle-ci résulte<strong>de</strong> l’interaction (CIDIH) ou <strong>de</strong> la confrontation : <strong>de</strong>s déficits organiques (dysfonctionnementscérébraux, lésions, troubles métaboliques,syndromes génétiques, etc.), <strong>de</strong>s déficiences qui en découlent (altérationsqualitatives, adaptation au changement etroutines, déficiences cognitives en termes <strong>de</strong>cohérence centrale, <strong>de</strong> théorie <strong>de</strong> l’esprit et<strong>de</strong>s fonctions exécutives) et <strong>de</strong> l’environnement social dans lequel vit lapersonne.Cette condition est reconnue par la Communautéfrançaise <strong>de</strong> Belgique ainsi que par la Régionflaman<strong>de</strong>.En ce qui concerne l’accueil etl’accompagnement <strong>de</strong>s personnesayant un trouble envahissant dudéveloppement et <strong>de</strong> leur famille.En accord avec les valeurs et besoins exprimés parles familles et/ou les personnes, les membres <strong>de</strong>séquipes du SUSA adhèrent aux priorités suivantes: utilisation <strong>de</strong>s services ayant un caractèrele plus « normalisé » possible en fonction <strong>de</strong>l’âge (jardin d’enfants, école, loisirs, travail ouactivité valorisée, logement); priorité donnéeà une approche éducative ou <strong>de</strong> formationcontinue (telle que le Programme TEACCH),comprenant notamment un Programmed’interventions Personnalisé (P.I.P, P.E.I.,P.I.I., P.I.A., P.I., etc.); soutien (support) auxfamilles, notamment en terme <strong>de</strong> formation<strong>de</strong> celles-ci; développement <strong>de</strong> la communicationalternative - pictogrammes, photos,objets - en complément à ou en remplacementd’une communication verbale ; EvaluationFonctionnelle <strong>de</strong>s troubles du comportementet intervention dans le cadre <strong>de</strong>s principes duSupport aux Comportements Positifs; collaborationactive avec les services (médicaux,psychologiques, sociaux, ...)Les activités du SUSA s’articulent autour<strong>de</strong> différents pôles : Diagnostic dans le cadre du Centre <strong>de</strong>Référence Jean-Charles Salmon en autismefinancé par les soins <strong>de</strong> santé (INAMI); Accompagnement psycho-éducatif <strong>de</strong>spersonnes et <strong>de</strong> leur famille, ainsi que <strong>de</strong>s professionnelsimpliqués. Cet accompagnement aprincipalement lieu en milieu naturel (famille,école, établissement spécialisé, activité <strong>de</strong> loisir,etc.). Il se déroule partout en Région wallonne(AWIPH) et en Région Bruxelles-Capitale (PHARE); Travail et Logement, actuellement au sein d’unService d’Activités <strong>de</strong> jour pour jeunes adultes<strong>de</strong> tout niveau <strong>de</strong> fonctionnement (AWIPH); Loisirs/répit : après avoir été à l’initiative,avec la collaboration <strong>de</strong>s étudiants <strong>de</strong> laFPSE, d’une maison d’accueil temporairesituée à Gembloux (La 2 ème Base asbl), leSUSA-Bruxelles développe <strong>de</strong>s activités hebdomadaires<strong>de</strong> répit (ainsi que <strong>de</strong>s stagesdurant les vacances scolaires); Formation <strong>de</strong>s parents et <strong>de</strong>s professionnels(en Belgique et à l’étranger) aux stratégies d’interventionauprès <strong>de</strong>s personnes avec autisme(P.E.I., stratégies éducatives, communication,troubles du comportement, valorisation, etc.); Troubles du comportement : ESCAPE (Equipe<strong>de</strong> Soutien Comportemental Ambulatoire pourles Personnes et les Equipe) apporte sonai<strong>de</strong> aux personnes, familles et services quirencontrent <strong>de</strong>s troubles importants du comportement(CoCoF et AWIPH).


En 2013, le SUSA développera une nouvelle entitésubsidiée par l’INAMI (Soins <strong>de</strong> santé) qui assureraun traitement, sous <strong>de</strong>s modalités à la fois rési<strong>de</strong>ntielleset ambulatoires, <strong>de</strong> personnes (6-25 ans) quiprésentent <strong>de</strong>s troubles très graves du comportement.Cette intervention portera à la fois sur lesdimensions personnelles (santé, compétences) quesur les conditions environnementales (organisation<strong>de</strong> l’environnement, cohérence, formation). Cettedémarche s’effectuera en totale INTER-ACTION(d’ou le nom <strong>de</strong> ce projet) avec le milieu «naturel<strong>de</strong> vie» <strong>de</strong> la personne. Cette initiative prendraplace au sein d’un Centre Universitaire d’Expertise<strong>de</strong>s Troubles Graves du Comportement (CUETGC). Le SUSA est sollicité dans plusieurs commissionsscientifiques ou Comités d’avis nationauxou étrangers (Haute Autorité en Santé – France ;Anesm – France ; Conseil d’orientation scientifiquehandicaps rares - Caisse Nationale <strong>de</strong>Solidarité pour l’Autonomie – France ; Conseilscientifique Fondation Marguerite MarieDelacroix – Belgique ; Commission Wallonnepour l’Intégration <strong>de</strong>s Personnes Handicapées ;Conseil Wallon <strong>de</strong> l’Action Sociale et <strong>de</strong> la Santé ;Directeur <strong>de</strong> Collection et Conseiller éditorialchez De Boeck <strong>Université</strong> ; Conseil scientifiqueet Conseil d’Administration <strong>de</strong> l’Associationpour la Recherche en Autisme et la Prévention<strong>de</strong>s Inadaptations – France ; Groupe <strong>de</strong> TravailGran<strong>de</strong> Dépendance/Troubles du comportement– Ministère fédéral <strong>de</strong> la Santé - Belgique ;Conseil scientifique <strong>de</strong> Participate ! - Belgique) Le SUSA est également sollicité pour contribuerà <strong>de</strong>s programmes d’enseignementsdans d’autres <strong>Université</strong>s : Toulouse-Le Mirail(France), Andorre, Fribourg (Suisse). Il a suscitéla création, au sein <strong>de</strong> la Faculté <strong>de</strong> Psychologieet <strong>de</strong>s Sciences <strong>de</strong> l’Education <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong><strong>de</strong> <strong>Mons</strong>, d’un Certificat d’<strong>Université</strong> dédié àl’autisme. Dans le cadre <strong>de</strong>s activités d’enseignement,Eric Willaye assure un cours au sein <strong>de</strong>la FPSE, cours pour lequel <strong>de</strong>ux ouvrages sontparus, tout <strong>de</strong>ux rédigés en collaboration avecGhislain Magerotte (Willaye, E. & Magerotte, G.(2008), Evaluation et intervention auprès <strong>de</strong>scomportements-défis : Déficience intellectuelleet/ou autisme. Bruxelles : De Boeck. ; Magerotte,G. & Willaye, E. (2010), Intervention comportementaleclinique. Bruxelles : De Boeck.) Enfin, ces <strong>de</strong>rnières années, <strong>de</strong> nouveaux projets<strong>de</strong> développement méthodologique ont étésubsidiés par <strong>de</strong>s fonds publics. Parmi d’autres,on citera : le programme TEdDI (soutenu par l’AWIPH)qui vise à soutenir l’i<strong>de</strong>ntification précoce<strong>de</strong>s troubles envahissants du développementchez les jeunes enfants ainsi qu’à fournir <strong>de</strong>soutils <strong>de</strong> stimulation pour les environnementsd’accueil ; le programme Transfert (soutenu parle cabinet <strong>de</strong> la Ministre <strong>de</strong> l’Enseignementobligatoire - FWB) vise àl’amélioration <strong>de</strong>s pratiques professionnelles<strong>de</strong>s équipes éducatives <strong>de</strong>l’enseignement spécialisé adapté auxélèves ayant <strong>de</strong> l’autisme et ce, au travers<strong>de</strong> modifications <strong>de</strong>s processus<strong>de</strong> formation ; Le programme Option (soutenu parle cabinet <strong>de</strong> la Ministre <strong>de</strong> l’Actionsociale <strong>de</strong> la Fédération Wallonnie-Bruxelles et par la Fondation Axelle)vise, quant à lui, à fournir aux établissementsrési<strong>de</strong>ntiels pourpersonnes avec déficienceintellectuelle et/ou autisme <strong>de</strong>s outils <strong>de</strong> gestion pédagogique<strong>de</strong>s projets individualisés. Ce projetconduit à la sortie prochaine d’un ouvrageainsi qu’à la production d’un site internet.Enfin, le SUSA contribue activement à l’élaborationet à l’actualisation du site <strong>de</strong> l’AssociationParticipate (www.participate-autisme.be) ! Ce siteest dédié aux familles qui viennent <strong>de</strong> recevoir undiagnostic pour leur enfant et qui sont en attented’un service pour répondre aux besoins <strong>de</strong> celuici.Le site fournit une information relative à cediagnostic d’autisme, aux moyens <strong>de</strong> soutenir ledéveloppement <strong>de</strong> l’enfant en milieu familial ainsiqu’un ensemble d’informations sociales relativesà tous les types <strong>de</strong> soutiens dont peut bénéficierune personne avec autisme en Belgique.Pour terminer, le SUSA est conseiller éditorial pourla collection TED auprès <strong>de</strong> l’éditeur De Boeck.Le SUSA réunit à l’heure actuelle 52 collaborateurs(mé<strong>de</strong>cins, psychologues, paramédicaux, enseignants,éducateurs, personnel administratif) pour37 équivalents temps plein. L’année 2013 <strong>de</strong>vraitvoir doubler cette équipe <strong>de</strong> collaborateurs.Voilà, en quelques lignes, les initiatives développéespar le SUSA <strong>de</strong>puis une vingtaine d’annéesau sein <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> <strong>de</strong> <strong>Mons</strong> et ce, à l’aube <strong>de</strong>nouveaux projets. •La Fondation SUSA tient ici à remercier les pouvoirs publics(INAMI, AWIPH, PHARE, Cabinets ministériels <strong>de</strong> l’Action sociale<strong>de</strong> la FWB, <strong>de</strong> l’enseignement obligatoire <strong>de</strong> la FWB, <strong>de</strong> la personnehandicapée en région Bruxelles-Capitale), les organismesprivés (Services-Clubs, CAP 48, Fondation Marguerite-MarieDelacroix, Fondation Lippens, Fondation Axelle) qui ont soutenuou soutiennent activement ses activités.élément 43


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