V V • V .•

num.equestre.info
  • No tags were found...

V V • V .•

V V • V . •


ENCYCLOPÉDIEMÉTHODIQUE.I ' ' #ARTS ACADÉMIQUES.ÉQUITATION, ESCRIME,DANSE,E T AR T D E NA G E R .A P A R I S ,Chez P ANCKOUCKE, Libraire, hôtel de Thourue des Poiîsvms-,A L i è g E ,Chez PL OMTEUX, Imprimeur des Etats.» i l i • ' i n n i . ' " • • U t a « . .M. D C C. L X X X V LAVEC APPROSATJON ET PRIVILEGS: DU ROI..


AVERTISSEMENT.C E volume réunit les trois arts en feignes dans nos académies ; fçavoir , l'Art del'Equitation , celui de Z'Efcnme ê" celui de la Danfe. On y a joint /'Art de Nager , troppeu répandu parmi, nous, ê* qui ferait fi utile en un grand nombre de circonfiances.L'Ait de l'Equitation , cultivé par les anciens , perdu , pour ainfi. dire , dans les fié desde barbarie qui finivi rent celui d'Augufic , reparut en Italie après le renouvellement deslettres , des arts & des fciences. F rede rie o Grifone , gentilhomme Napolitain, fut h pre-*mier qui en donna des préceptes. Claudio Cu^io , Laurentius CuJJïus , Ce?far Fiafchi,Pafcale Caracciolo ajoutèrent leurs découvertes aux fiennes , & furent imités par un.grand nombre d!autres auteurs. On établit des académies , dont Naples fut le füge principal,& que l es talents fup é rieur s de Jcan-Baptifie Pignatclli rendirent célèbres danstoute f Europe. La no h le fi e de France & d 1 Allemagne alla puifier fous les yeux de cegrandmaître les principes de Fart. Ce fat delà que MM. de la Braue & de F luv imi lesrapportèrent en France,Alors des académies furent fondées à Paris , à Tours, à Bordeaux, à Lyon ; & cesétabliJJ'ements fie fiant multipliés depuis dans tout le royaume.Le duc de Newcafile, gouverneur de Charles II, ayant fiait de Varl de téquitation Jonunique étude , pcrfeäionna les principes de fies prédécejfeurs , fit d'heureufies découvertes,& fut quelque temps le guide le plus fur. Mais comme touts les arts fie perfeclionnent fanscejfie , plufieurs écuyers plus modernes , en reeonnoififant & adoptant les principes de cesgrands maîtres, ont donné des méthodes plus régulières, plus filtres & plus faciles. Ontrouvera dans ce Dictionnaire celles qui nous ont paru expofiées avec le plus d'étendue , d'ordre& de clarté. Il n était pas pojfiible de les donner toutes, & une feule n aurait fiat is faitni touts les auteurs . ni touts lés le cl ear s. Il arrive fiouvent qdune très-bonne méthode agréemoins a certains efiprhs qu une autre qui ne la vaut pas. Enfin la plupart de ceux qui étti*dient revoient avec piai fir les mêmes préceptes fions des formes différentes. De plus , enparcourant plufieurs ouvrages fur le mem 'e an , on a le plaifir de voir ce que chacun d'euxa ajoiLié au travail des autres. M, de la Guérinière a recueilli les préceptes de MM. dela Braue & de Phtvinel, & y a joint ce qu'il avait appris par/on expérience. Nous donnonsici ce qu'il a publié fiur V équitation, en y ajoutant ce qu'en ont écrit les auteurs plusmodernes. Leurs noms indiqueront touts les morceaux tirés de leurs ouvrages ; quant auxarticles qui ne contiennent que l'explicat ion des termes de manège, ils ont été pris dansla première édition de V Encyclopédie , ou plutôt dans le diäionnaire fait pour Tintelligencede Vouvrage du baron d'Elfenberg, d'où, ces articles avaient été tirés pour l'Encyclopédie; nous y en avons feulement ajouté quelques-uns qui avaient été omis.On trouvera A l'article MORS un calcul des forces de cette puijfance par M. De^ , pro-*fejfcur de mathématiques à l'école militaire. S'd n'a pas une grande utilité pour la pratique,il eß du moins curieux pour la ficience.Quant aux planches, nous n'avons donné que ce qui était nécejfaire , & fitipprimé ungrand nombre de celles que Fon voit dans la première Encyclopédie , parce quelles nousont paru ri être que de luxe, & ne contribuer en aucune manière à la cannoiffance dtl'art. La vue d'un beau cheval, très-agréable en gravure , rienj'cigne point à le mener.Ilfieroit inutile de réfuter ici l'ancien préjugé •, qu'on ria bcfoin que de pratique pourconduire un cheval. Il ne pouvait régner que dans un temps où l'art était peu connu. IlVefl généralement aujourd'hui, & on m doute plus qu'il ne f aille le connaître pour lepra*,


AVERTISSEMENT.Quelques perfonnes voudraient le reßrcindre à ce quii a de nécejfaire , & en condamnerà r oubli les fee rets les plus délicats , fous prétexte qu'ils ne font utiles ni pour la cavalerie, ni pour l'ufage ordinaire de la vie. Ils ne font pas attention que pour tirer d'unart tout ce quii a d'utile , ilfaut le connoîtrc & le pratiquer dans toute Jòn étendue. Ceferait fans doute une chofe aujji ridicule qiüabfurde, de vouloir en enfeigaér les delicatejfcsà nos cavaliers , & aux jeunes gens qui ne fe deßinent point par devoir à texercicede V equitation; mais il efl bon quelles foient connues de ceux qui doivent fervir dans lacavalerie , & que les autres en prennent quelque idée. Et pourquoi en inter dir oit-on larecherche& la connoiffance à ceux qui en font leur amu fement ? D'ailleurs elles font utiles, même aux hommes qui ne les connoiffent pas ; ce font les exercices du manège quiaffoupUJJ'ent les chevaux deflinés à leur ufage , qui les rendent doux & obéijfunts , qui lesajfeyent fur les hanches ; Jans eux un cheval de guerre , de chajfe, d'école , ne peut être nicommode ni agréable pour le cavalier. En ceci, comme en beaucoup cCautres chofes , lesprincipes de rigueur jont un préjugé quii ferait dangereux de fuivre.Z'Efcvime efl dans ce dictionnaire à la fuite de V equitation. Les articles en feront facilementdifiingués par P ordre des lettres Ù les réclames. Ce font les mêmes que ceux quiétaient dans la première édition de l'Encyclopédie : on y en a joint quelques-uns tirés dutraité de M. Girard.Ceux de /'Art de la Danfe imprimés dans cette même édition , avaient été pris du traité,de M. Rameau. On les a tous inférés ici avec des additions confidérables tirées du traitéde AI. de Cahufac fur la danfe ancienne & moderne , & des lettres de M. Novene.Ce d ictionnaire eji terminé par /'Art de Nager. On a pris dans Vouvrage de M, Thévenotce qui concerne cet art, & on y a joint la lettre du plongeur Nicolas Roger, qui encontient les préceptes. Il ferait à fouhaiter qù on le fit enfeigner plus généralement à nosenfants & fur-tout à nos militaires.Nous ne joignons point à ce Diclionnairc des arts académiques une table de leclure q uiindique l'ordre dans lequel touts les mots de chacune des parlies doivent être lus , fi l'onvoulait s'en fervir comme d'un traité de fciences , parce que l'eferime & la danfe Jonttrop peu confidérables pour en avoir hejbin. Après avoir lu dans l'un le mot e feri m e , &dans l'autre le mat danfe , touts les autres ne jont, pour ainft dire , que des définitions.Il en ejl de même de Véquitadon , dont tout l'art efl développé en leçons fuivies à l'articleMANEGE.F I N,


A B A•Â.B A ND O N N ER un cheval , c'eft le fairecourir de toute fa vitelle fans lui tenir la bride.Abandonner les étriers, c'eft ôter fes pieds de dedans.S'abandonner, ou abandonner fon cheval après quelqu'un, c'eft le pourfuivre à courfe de cheval.ABATTRE un cheval, c'eft le faire tomberfur le côté , par le moyen de certains cordagesappelles entraves & lacs. On l'abat ordinairementpour lui faire quelques opérations de chirurgie ,ou même pour le ferrer quand il eft trop difhcile.Abattre l'eau , c'eft efluyer le corps d'un chevalqui vient de fortir de l'eau , ou qui eft en fueur,ce qui fe fait par le moyen de la main ou ducouteau de chaleur. S'abattre fe dit plus communémentdes chevaux de tirage , lorfqu'ils tombenten tirant une voiture. On dit aufii d'un cheval quibronche, ou qui tombe , qu'il eft fujet à s'abattre.ACADÉMIE. Manège ou bâtiment deftinéprincipalement à apprendre aux jeunes gens l'artde monter à cheval. On y reçoit des pensionnaires& des externes. Les penfionnairesy logent ,& apprennent à danfer , à voltiger , les mathématiques, à faire des armes, &c. & les externesn'y viennent que pour apprendre à monter à cheval.[ Suivant le duc de Newkaftle , la première Académiefut établie à Naples, par Frédéric Grifon ,lequel, ajoute-t-il, a écrit le premier fur ce fujeten vrai cavalier & en grand maître. Henri VIII ,continue le même auteur, fit venir en Angleterredeux Italiens, dilciples de ce Grifon , qui en formèrenten peu de temps beaucoup d'autres. Leplus grand maître que l'Italie ait produit en ce genrea été Pignatelli de Naples. La Broue apprit fous lui,pendant cinq ans , Pluvinel neuf, & Saint-Antoineun plus longtemps. Ces trois François rendirent lesécuyers communs en France. Jufqu'à eux, on n'yen avoit vu que d'Italiens. (V.).].ACADÉMIS FE. {Homm. Exerc.).Penfionnaireou externe qui fuit les exercices d'une académie.On trouve dans l'ordonnance de Louis XIV, du3 mai 1654, un article relatif aux Académifles.« Détendons aux gentilshommes des académiesde chaffer , ou faire chaffer, avec fufils , arquebufes,halliers , filets, collets, poches, tonnelles ,traîneaux , ni autres engins de chaffe ; mener nifaire mener chiens courants, lévriers , épagneds,barbets Sc.oifeaux ; enjoignant aux écuyers defditesacadémies d'y tenir la main, à peine d'en répondreen leur propre & privé nom , fur p eine de troiscents livres d'amende, confifcation d'armes , chevaux, chiens , oiléaux , & ngins e à chaffer ».ACCOUROIR la bride dans fa main , c'eftSine aftion du cavalier , qui , après avoir tiré versJai le;/ r enes de la bride, en les prenant par leJßyuitutfon j Efcrim e & JJanfc,A 1 Dbout oh eft le bouton avec fa main droite , lesreprend enfuite avec fa main gauche , qu'il ouvreun peu , pour laiffer couler les rênes pendantqu'il les t ire à lui.. ACCOUTUMER un cheval , c'eft le ftiler àquelque exercice-, ou à quelque bruit, afin qu'iln'en ait pas peur.ACCULER fe dit lorfque le cheval qui maniefur les voltes , ne va pas affez en avant à chacunde fes temps & de fes m ouvements ; ce qui faitque fes épaules n'embraffent pas affez de terrein,& que fa croupe s'approche trop près du centre dela volte. Cheval acculé. Votre cheval s'accule &s'entable tout à la fois. Les chevaux ont naturellementde l'inclination à s'acculer en faifant des demi-voltes.Quand les Italiens travaillent les chevauxau repolon, ils affeétent de les acculer. Acculer a u nautre fens vulgaire , 6c fignifie u n cheval qui fejette & s'abandonne fur la croupe en défordrelorfqu'on l'arrête , ou qu'on le tire en arrière.ACHEMINER un cheval, c'eft l 'accoutumerà marcher droit devant lui. Un cheval acheminéefl celu i qui a des difpofitions à être dreffé, quiconnoît la bride & répond aux éperons, qui eftdégourdi & rompu.ACHEVÉ. Un cheval achevé eft celui qui eftbien dreffé, qui ne manque point à faire un certainmanège , qui eft confirmé dans un air ou unmanège particulier. Cheval commcncé, acheminé ÔCachevé , voilà les termes dont on fe fert pour marquerles différentes difpofitions, &, pour ainfi-dire,les différentes claffes d'un cheval qui a de l'école.ACTION fignifie , à l'égard du cheval, unmouvement vif. On dit donc une belle ou unem au vaile aäion du cheval. On dit d'un chevalqui a de l'ardeur , & qui remue perpétuellement,qu'il eft toujours en aElion. Cheval toujours enatiion. Bouche toujours en aSlion , le dit du chevalqui mâche fon mords, qui jette beaucoup d écume,& a la bouche toujours fraîche. C'eft un indice debeaucoup de vigueur 6c de feu. Newkaftle ditau Ili les aSlions des jambes.ADROIT fe dit d'un cheval quVchoifit bienl'endroit où il met fon pied en marchant dans unterrein raboteux ou difficile. Il y a des chevauxtrès mal-adroits, & qui font fou vent des' faux pas,dans ces occafions, quoiqu'ils ayent la jambe fortbonne.AFFERMIR la bouche d'un cheval, ou l'affermirdans la main & fur les hanches, c'eft continuer lesleçons qu'on lui a données, pour qu'il s'accoutumeà l'effet de la bride , &. à avoir les hanches baffes,VOYEI AS SURER.AIDES ( les ) font des fecours & des founenî


% A I IDque le cavalier tire ties effets modérés de la bride ,de l'éperon , du poinçon , du caveçon, de lagaule , du fon de la voix , du mouvement desjambes, des cuiiïes & du talon, pour faire manierun cheval comme il lui plait. On fe fett desaides pour prévenir les châtiments qu'il faut, dansles occafions, employer pour drefler un cheval.Il y a auffi les aid^s fecrettes du corps du cavalier ;elles doivent être fort douces. Ainfi on dit ; cecheval connoit les aides, obéit, répond aux aides ,prend les aides avec beaucoup de facilité & devigueur. On dit aulîi : ce cavalier donne les aidesextrêmement fines, pour exprimer qu'il manie lecheval à propos, & lui fait m arquer avec jufteflefes temps & les mouvements. Si un cheval n'obéitpas aux aides du gras des jambes , on fait venirl'éperon au fecours, en pinçant de l'un ou des deux.Si l'on ne fe fert pas avec dilcrétion des aides ducaveçon , elles deviennent un châtiment qui rebutepeu à peu le cheval fauteur qui va haut & juiteen les fauts & fans aucune aide. Un cheval quia les aides bien fines, fe brouille ; on l'empêchede bien manier ; fi peu qu'on ferre trop les cuilîés ,ou qu'on laifl'e échapper les jambes. Aides du dedans, aides du dehors ; façons de parler relativesau côté fur lequel le cheval manie fur les voltes ,ou travail le long d'une muraille ou d'une haie. Lesaides dont on le fert pour faire aller un chevalpar airs, & celles dont on fe fert pour le fairealler fur le terrein, font fort différentes. 11 y atrois aides diftérentes qui fe font ayant les rênesdu dedans du caveçon à la main. La première eftde mettre l'épaule de dehors du cheval en dedans.La feconde ell de lui mettre auffi l'épaule de dedansen dedans ; & la troifième eft de lui arrêterles épaules.DE L'USAGE DES AIDES. ( LA GUÉRINIERE ).Les cinq fens de la nature, dont touts les animauxfont doués aulîi-bien que l'homme , il y en a troisfur lefquels il faut travailler un cheval pour ledreffer ; ce font la vue, l'ouie , & le toucher.On dreffe un cheval fur le fens de la vue, lorfqu'onlui apprend à approcher des objets qui peuventlui faire ombrage ; car il n'y a point d'animalfi fufceptible d'impreflion des objets qu'il n'a pointencore vus , que le .cheval.On le dreffe fur le fens de l'ouie , lorfqu'on l'accoutumeau bruit des armes , des tambours , &des autres rumeurs guerrières ; lorfqu'on le rendattentif & obéiffant à l'appel de la langue , aufi Element de la gaule, & quelquefois au l'on douxde la voix, qu'un cavalier employe pour les careffes, ou a un ton plus rude , dont on fe fertpour les menaces.Mais le fens du toucher e ft le plus néceffaire,parce que c'eft par celui-là qu'on apprend à uncheval à obéir au moindre mouvement de la maindes jambes, en lui donnant de la fenfibilitéA I Dà la bouche & aux côtés, fi ces parties en manquent; ou en leur confervant cette bonne qualitéfi elles l'ont déjà. On employe pour cela les aides& les châtiments ; les aides pour prévenir les fautesque le cheval peut faire ; les châtiments pour lepunir dans le temps qu'il fait une faute ; & commeles chevaux n'obéiffent que par la crainte du châtiment,les aides ne font autre chofe qu'un avertiffementqu'on donne au cheval qu'il fera châtié s'ilne répond à leur mouvement.D E S A I D E S .Les aides confiflent dans les différents mouvementsde la main de la bride ; dans l'appel dela langue ; dans le fifflement & le toucher de lagaule ; dans le mouvement des cuiffes , des jarrets,& des gras de jambes ; dans le pincer délicat del'éperon , &. enfin d ans la manière de peler furles étriers.Nous avons explique dans le chapitre précédentles différents mouvements de la main, de la bride& leurs effets ; amfi nous paffons aux autres aides.L'appel de la langue eft un fon qui fe formeen recourbant le bout de la langue vers le palais,& en la retirant enfuite tout-à-coup , en ouvrantun peu la bouche. Cette aide fert à réveiller uncheval, à le tenir gai en maniant, & à le rendreattentif aux aides ou aux châtiments qui fuivenScette aélion , s'il n'y répond pas. Mais on doitfe fervir rarement de cette aide , car il n'y a riende fi choquant que d'entendre un cavalier appellercontinuellement de la la ngue ; cela ne fait plusalors d'impreflion fur l'ouie , qui eft le fens furlequel elle doit agir. Il ne faut pas non plus appellertrop -fort : ce fon ne doit, pour ainfi-dire , êtreentendu que du cheval, 11 eft bon de remarqueren paffant qu'il ne faut jamais appeller de la languelorfqu'on eft à pied , & que quelqu'un paffe à chevaldevant nous : c'eft une impoliteffe qui choquele cavalier ; cela n'eft permis que dans une feuleoccafion , qui eft lorfqu'on fait monter un chevalpour le vendre.Quoique la gaule foit plus pour la grace quepour la néceffité, on ne laiffe pas de s'en fervirquelquefois utilement. On la tient haute dans lamain droite , pour acquérir une manière libre defe fervir de fon épée.La gaule eft en même-temps aide & châtiment.'Elle eft aide lorfqu'on la fait fiffler dans la main ,le bras haut & libre pour animer un cheval ; lorfqu'onle touche légèrement avec la pointe de lagaule fur l'épaule de dehors pour le relever ; lorfqu'ontient la gaule fous main , c'eft-à-dire, croiféepar-deffous le bras droit la pointe au-deffus dela croupe , pour être à portée d'animer & dedonner du jeu à cette partie ; & enfin lorfqu'unhomme à pied touche de la gaule devant, c'eftà-dire, fur l e poitrail pour faire lever le devant ;ou fur les genoux, pour lui faire plier les bras.


À I DLa gaule n'eft pas propre pour les chevaux deguerre, qui doivent obéir de la main à la main ;& en avant pour les jambes , à caufe de l'épéequi doit être à la place de la gaule dans la maindroite , qu'on appelle aufli po ur cela la main del'épée, Dans un manège, on doit tenir la gauletoujours oppofée au côté où l'on fait aller le cheval,parce qu'on ne doit s'en lervir que pour animerles parties de dehors.Il y a dans les jambes du cavalier cinq aides ,c'eft-à-dirc, cinq mouvements : celui des cuifles ,celui des jarrets, celui des gras de jambes, celui dupincer délîtat de l'éperon , &. celui que l'on fait enpefant fur les étriers.L'aide des cuifles & des jarrets fe fait en ferrantles deux cuifles , ou les deux jarrets , pour chafl'erun cheval en avant , ou en ferrant feulement lacuifîe ou le jarret de dehors , pour le preffer fur letalon de dedans, ou en ferrant celui de dedans ,pour le foutenir, s'il le prede trop en dedans. Ilfaut remarquer que les chevaux qui font chatouilleux, & qui retiennent leurs forces par malice ,fe déterminent plus volontiers pour des jarretsvigoureux, que pour les éperons , & ordinairementils le retiennent quelque temps à l'éperonavant que de partir.Uaide des gras de jambes , qui fe fait en les approchantdélicatement du ventre , eft pour avertirle cheval qui n'a point répondu à l'aide d es jarretsque l'éperon n'eft pas loin , s'il n'eft point fenfibleà leur mouvement. Cette aide eft encore une desplus gracieulès & des plus utiles dont un cavalierpuifle fe fervir, pour raffembler un cheval dreffé ,& par conféquent fenfible , lorfqu'il rallentit l'airde Ion manège.L'aide du pincer délicat de l'éperon fe fait enl'approchant lubtilement près du poil du ventre ,fans appuyer ni pénétrer jufqu'au cuir : c'eft unavis encore plus fort que celui des cuifles, desîarrets Sc des gras de jambes. Si le cheval ne répondpas à toutes ces aides, on lui appuievigoureufementles éperons dans le ventre , pour lechâtier de fon indocilité.Enfin \aide de pefer fur les étriers eft la plus doucede toutes les aides. Les jambes alors fervent decontre-poids pour redreiïer les hanches, & pourtenir le cheval droit dans la balance des talons.Cette aide fupp ofe dans un cheval beaucoup d'obéiffance&. d e fenfibilité ; puifque, par la feulepreflion qu'on fait en appuyant fur un étrier plusque fur l'autre , on détermine un cheval à obéirà ce mouvement, ce qui fe fait en pelant furl'étrier de dehors, pour prefler Se faire aller decôté un cheval en dedans ; en pefant fur celuide dedans, pour foutenir & retenir un cheval quife prefle trop en dedans ; ou bien en pefant égalementlur les deux étriers, pour l'avertir de diligenterfa cadence, lorfqu'il fe retient plus qu'iljiß doit.Il ne taut pas croire que cette grande fenfibilitéA I D ;de bouche & de côtés puifle fe conferver longtempsdans les chevaux , lorfqu'ils font abandonné:à l'école : les différentes mains qui les mènent leurfont bientôt perd: e cette fineflé & cette juftelfequi font tout le mérite d'un cheval bien drefle ;le fentiment fi délicat du toucher s'émouffe avecle temps. Mais, s'ils ont été dreffés fur des principesfolides, lorfqu'un homme de cheval vientà les rechercher , il fait b ientôt revivre ce qu'unefaufte pr atique avoit amorti.DES AIDES. (DEBOHAN. ).On appelle aides les avertiflements dont fe fertle cavalier pour faire connoître les volontés aucheval.L'infuffifance de l'art dans fon origine les avoitmultipliées à l'infini.Le cheval drefle, comme je le ferai voir parla fuite , n'en doit connoître que deux, fçav'oir, lamain & les jambes de fon cavalier ; ce font letfeules dont il fera queftion dans cette premièrepartie ; car le cavalier, que je fuppofe inftmire ,ne fera de longtemps dans le cas de fe fervir desautres aides auxquelles nous avons recours pourdrefler le cheval , & qui trouveront leur placedans la feconde partie : il fuffit feulement de luiexpliquer ici les moyens qu'il doit employer pourformer, fi je puis m'exprimer ainfi, fes demandesà l'animal, &. le forcer à y répondre par le châtimentqui doit fuivre le refus aux aides.On a toujours regardé le corps , les cuifles &les jarrets comme des aides, je nie qu'ils pulflenten être , puifque , d'après la pofture que j'ai dé-,crlte , ces parties doivent être fans force.J'ai démontré à l'article du corps , la fauffetédes aides q ui en proviennent, j'en d émontreraipar la fuite l'inutilité.J'ai fait voir le danger de ferrer les cuifles &les jarrets , & au contraire , j'ai d émontré la néceftltéd'av oir ces parties lâchées, afin d'en obtenirla pefanteur. Je Crois ces rallons fuffifantespour ne reconnoitre aucune efpèce à'aides pr o­venant du corps, des cuifles, ni des jarrets. Lesfeules aides bonnes & véritables font les jambes& la bride.Je dis que les aides des jambes font bonnes ,puifque les jambes étant une partie mobile, ellespeuvent travailler fans déranger l'équilibre , pourvuqu'elles n'employent aucune force dans leurs opérations; je regarde aulîl la bride comme une aide,puifqu'elle fert fouvent à avertir le cheval fansle punir ni le forcer.C'eft par l'attouchement des jambes au ventredu cheval qu'elles deviennent aides , fuivant lapofition que nous avons donnée aux jambes ;étant lâchées elles fe trouvent tomber entre l'épaule& le ventre du cheval, & même les premierspoints de la jambe, c'eft-à-dlre, Immédiatementau-deffous du jarret, touchent l'animal ;CQtte pofition leur çft très favorable , en ce qu'elle^


4 A I Dfont prêtes à agir fans à coup , S: à portée d'opérerfur l'objet qu'elles doivent mouvoir , qui efl:le centre de gravité du cheval.Four fe fervir des jambes , il faut que les plisdes genoux foient fort liants , afin de pouvoirles approcher par degrés & non à coup ; fansce moelleux, les effets font comme les caufes ,le cheval répond par des à coups ; il efl: furpris ,étonné ; fes mouvements font irréguliers.Suppofons qu'une jambe foit diyifée en troisparties, que nous nommerons degrés ; le premierdegré partira de la jointure du -genou , jufqu'aumilieu à-peu-près du gras de jambe ; le féconddegré partira (m milieu du gras de jambe jufqu'autalon ; le troificme degré comprendra feulementle talon : il fervira de châtiment ; mais il ne doitêtre employé qu'à fon tour, c'efi:-à-dire , lorfqueles deux premiers degrés n'auront pas produit uneffet fufllfant.Nous diviferons encore le premier S- le féconddegré en trois points ; cette divifion bien entendue,on fe fervira des jambes de la manière qui fuit :Lorfqu'on voudra les faire opérer , on commenceraen pliant le genou avec une flexion moelleuse; pour faire porter le premier point du premierdegré, & fi cette aide fait obéir le cheval,en s'en tiendra là ; lorfque le premier point dupremier degré ne fera pas afiez d'effet , on employerale fécond point, & il cette augmentationd'aide ne (iifîu pas , on employera le tvoifièmepoint, ce qui formera la première partie de lajambe, ou le premier degré.Lorfque le premier degré aura fait fon effet, &qu'en continuant de le faire agir il augmenteratrop latiion du cheval, on fe retirera au fécondpoint du premier degré ; & fi la continuité dufécond point fait trop d'effet , on fe retirera aupremier , qui efl: la pofition que la jambe doitprendre naturellement &. par fon propre poids.Lorfque, pour entretenir l'on cheval dans l'allurequ'on lui aura donnée, on aura befoin de n'employerque le premier point du premier degré,il jeroit mal d'employer le fécond , puifqu'il faittrop d'effet.Lorfque le premier degré ne fuffira pas pourfaire obéir un cheval, on employera le premierpoint du fécond degré , & de fuite le fécond &le troifième, fuivant le cas,Lorfqu'enfin les deux premiers degrés ne fuffirontpas , on employera le troifième degré, quieil le talon armé d'un éperon.Les éperons fervent à châtier le cheval qui n'apas répondu aux deux premiers degrés, dont il adû fem ir touts les points avant.Loiiqu'il n'y a pas obéi, on doit , ayant lesjambes fermées, tourner un tant foit peu la pointedes pieds en dehors , fans ouvrir les genoux , leslui faire ftintlr vigoureufement derrière les fangles ,& les y laiffer affez longtemps- pour qu'il lesfeatc bien, mais pas affez pour l'y faire défendre ;A I D&, lorsqu'ils ont produit l'effet qu'on en attertdoit,les jambes doivent fe retirer dans la progreffioninve rfé de celle qu'on a fuivi pour lesfermer. Quoique, dans l'article précédent, nousn'ayons parlé que d'une feule jambe , il efl feniéque la même divifion efl pour les deux.Nous indiquerons , en parlant de la m anière demener les chevaux , les occalions oii elles doiventtravailler, & opérer inégalement ou enfemble.Il faut fe garder de laiffer prendre des éperonsà un commençant, dont les cuiffes & les jambesfe fecouent à chaque temps de trot , parcequ'il n'a pas encore acquis de fermeté dans fonta inette ; car alors , non-feulement les coups d'éperonsqu'il donneroit au cheval feroient très dangereux, mais s'il vouloir fe contraindre & les éviter, ilfe roidiroit & porteroit les jambes en avant.il faut aufli avoir attention , en fermant lesjambes, c'eft-à-dire, en pliant les genoux, queles mufcles ne fe roidiflent point, &. q u'on enfente toujours la pefanteur par touts les pointsoù elles paffent. Comme, en fermant les jambes,ce n'efl qu'un avertiffement que vous donnez aucheval , il ne faut pas chercher à les ferrer ,pourvu qu'elles effleurent le ventre, cela fuffit.Quant à la bride , je la regarde auffi c ommeune aide ; la main gauche eil deflinée à la tenir,afin de laiffer la main droite libre pour tout autreufage, tel que de combattre.Cell pourquoi il faut que le cavalier fache, decette main feule, faire exécuter à fon cheval touteefpèce de mouvement dont la bride efl fufceptible.La pofition de la main la pins commode pourle cavalier , & pour la jufteffe des opérations dela bride , efl généralement à fix pouces du corps,& élevée à quatre au-deffus de l'encolure ; lamain doit être plus baffe que le coude, le poignetarrondi de façon que les nœuds des doigtsfoient direélement au - deflus de l'encolure , lesongles vis-à-vis le corps , & que le petit doigten foit plus près que les autres , le pouce fur leplat des rênes , qui doivent être féparées par lepetit doigt, la rêne droite paffant par - deflus ;voilà la pofition que doit avoir la main gauche& celle où il e lì le plus aifé de fentir les deuxrênes avec égalité, c'efi: celle que doit prendreun homme qui monte un cheval dreffé. ( Lorfqu'onmonte en particulier un cheval neuf, auquelon apprend à connoitrs les rênes, ou un chevalqui fe défend , je n'affujettirai jamais à une poflurefixe, étant permis à celui qui eft en état de le monterde prendre des licences, & une pofition demains où il lui foit plus facile d'opérer ).La main placée comme je viens de le dire , lecavalier doit fentir la bouche de fon cheval, c'eftà-dire, fentir l'appui du mors fur les barres, fanspour cela que le mors faffe un effet qui contraignel'animal ; c'efl feulement pour établir un fentimentcontinuel entre la main de l'homme Se la bouche ducheval.


A II)J ai dit clans ma definition des aides, qu'on appelloitde ce nom tout ce qui avertiffoit le cheval-s intentions du cavalier ;&, effedivement ,quand vous faites agir légèrement une rêne , lai ene droite, je fuppoie , pour redrefter le chevalae ce côté , ce n'eft qu'un avertiflement d'aller àdroite , & ces avertiflements font fuffifants fur lecheval bien mis ; mais s'il s'y refuie, pour lors,augmentant la force de votre rene droite , vouslui faites lentir une douleur fur la barre- du mêmecôte, qui 1 oblige à répondre à ce que vous luidemandez ; c'elt ainfi que l'on fait do la brideune aide , ou un châtiment, fuivant la force que1 on y employe.La main de la bride placée , voyons la façondont elle doit travailler ; comme je fuppofe toujoursque , quand on prend la bride dans la maingauche , avec la pofition que ]e viens de décrire ,on travaille un cheval drefié 5 les mouvements demain doivent être très légers ; mais, quelque petitque foit l e mouvement de la main , le bras doits'en reflentir & agir en proportion, ceux qui veulentne travailler que de l'avant bras font toujours gênéscians leurs mouvements. Il faut, pour travailleravec liberté , que le bras prenne fon point d'appuia 1 épaule, fans lui co mmuniquer aucune force.Lorfqu'on a beioin d'arrêter ou diminuer le traince ;on cheval , les deux rênes doivent opérer également,& le poignet travailler, non de bas enhaut, ni horizontalement, c'eft- à-dire, droit aucorps, mais bien dans la diredtion de la diagonaleou quarré formé par la lig ne horizontale & la perpendiculaire.( Fig. JS. ) .La force fuppofée au point B ne doit point a


6 A I Rrendre leurs chevaux pluf adroits dans les combatsd'épée & de piftolet. Ils s'attachèrent àdonner aux chevaux beaucoup d'obéiffance & devîtefle fur le cercle, pour les rendre plus agiles& plus prompts à entourer diligemment & plufieursfois la croupe , l'oit pou r gagner celle deleur ennemi, ou pour éviter de laitier gagner laleur, en faifant to ujours tête à celle de leur adverfaire; dans la fuite , on fit de cet exerciceun manège de carrière , dans lequel on renfermadavantage les hanches, pour taire voir lafcience du cavalier & l'adrefle du cheval. Celtpourquoi on peut admettre deux fortes de voltes ;celles qui fervent au manège de guerre ,& cellesqui fe font pour le plaifir de la carrièr e.Dans les voltes qui repréfentent le combat , ilne faut point mener le cheval fur un quatre , nialler de deux pities ; parce que , dans cette pofture, on ne pourroit pas joindre la croupe de fonennemi ; il faut que ce foit fur une pitie ronde& tenir feulement une demi-hanche dedans, afinque le cheval foit plus ferme fur fon derrière.Comme l'on tient fes armes dans fô main droite,qu'on appelle pour cette raifon la main de l'épce, il faut qu'un cheval de guerre foit trèsibuple à droite ; parce qu'il eti rare qu'on changede main , à moins qu'on n'ait à faire à un gaucher.A l'égard des voltes qui regardent le manèged'école , elles doivent lé faire d e deux pities ;fur un quarre , dont les quatre coins ou anglesfoient arrondies avec les épaules ; ce qu'on appelle, cmbraß'er la volte. Ce manège de deuxpities , eti tiré de la coupe au mur ; leçon aprèslaquelle on commence à mettre un cheval furles voltes renverfées , qui fervent de principepour bien exécuter les voltes ordinaires.Lors donc qu'un cheval leva obéiflant auxdeux mains la croupe au mur le long d'une muraille, il faudra, en renverfant l'épaule dans chaquecoin du manège , continuer de le tenir danscette potiure le long des quatre murailles, jufqu'àce qu'il obéifie librement à chaque main,il faut enfuite réduire le quand long que formentles quatre murailles du manège dans unquarré étroit ; comme il eti repréfenté dans !eplan de terre , en tenant la tête & les épaules versîe centre , en renverfant, ou plutôt en arrêtantles épaules au bout de chaque ligne du quarré,c'eti-à-dire , à chaque coin , afin que les hanches^puilTent gagner l'autre ligne.Quoique la téte & les épaules d'un chevalqu'on trote à la longe , ou qu'on élargit fur descercles la croupe dehors , foient vers le centre , ilne faut pss croire pov.r cela que ce foient desvoltes renverfées, comme quelques cavaliers confondent; la différence eti bien grande ; car, lorfqu'onmène un cheval fur des cercles la tête dedans,la croupe dehors , ce font les jambes de dedans quij'élargifient, c'eti-à-dire , qui patient par : defiusA I Rcelles de dehors, ce qui eti la leçon que nousavons donnée , pour préparer un cheval à allerl'épaule en dedans ; mais , dans les voltes renverfées,ce font les jambes de dehors qui doiventpaffer & chevalier par-deftus celles de dedans ,comme dans la croupe au mur ; ce qui eti bienplus difficile à faire exécuter au cheval , parcequ'il eti plus raccourci & plus fur fes hanches danscette dernière potiure : c'eti auffi pour cela qu'onne lui demande ce manège , que lorfqu'il c ommenceà bien connoitre la main & les jambes, ßcqu'il va facilement de côté.Toute la difficulté des voltes renverfées confitieà plier le cheval à la main où il va, à fairemarcher les épaules les premières , & à favoirles arrêter dans les q uatre coins du quarré pourranger les hanches fur l'autre ligne ; ce que lecheval ne manquera pas d'exécuter facilement &en peu de temps , li auparavant il a été rendufouple & obéiflant la croupe au mur, à laquelleleçon il faudra revenir , s'il fe défend dans lequarré étroit , dans lequel on doit renfermer uncheval , pour faire «ce qu'on appelle volte renverfée.Si-tôt que le cheval obéira librement , de deuxpities , aux deux mains , fur des quarrés largesßc étroits à la leçon des voltes renverfées , ilfaudra le mettre fur la volte ordinaire , en lui tenantla croupe vers le centre , & la tête & lesépaules vis-à-vis , & à deux ou trois pieds endeçà de la muraille, en forte que les épaules décriventle plus grand quarré , & la croupe étantvers le centre , le plus petit. Il faut arrondirchaque coin avec les épaules, en portant & entournant diligemment la main fur l'autre ligne ,en tenant les hanches dans une ferme potiurelorfqu'on tourne le devant ; mais la pitie des hanchesdoit être tout-à-fait quarrée. En portant aintiun cheval de côté de coin en coin , il n'eti jamaiscouché dans la volte ni entablé ; ce dernier défauteti confidérable , en ce qu'il etiropie leshanches & ruine les jarrets d'un cheval : défordresque quelques hommes de cheval attribuent auxvoltes en général ; mais c'eti fans do ute desvoltes entablées & acculées , dont ils entendentparler, car je ne Äois pas qu'un cavalier fenfépuitie tenir un pareil difeours à l'occauon d'unair qui fait fi bien paroî tre l'obéiffance & la gentillelted'un cheval ; qui embellit fon aäion, &qui donne une grace infinie au cavalier , lorfqu'ilexécute bien ce manège.Le l'avant M. de la Brou e qui le premier atrouvé la jùfteffe & la proportion des belles voltes,donne encore une excellente leçon pour préparerun cheval à cet air. C'eti de le mener d'abordau pas d'école , droit & d'une pille fur les quatrelignes d'un quarré, la tête placée en dedans ; &au bout de chaque ligne , lorfque les hanches^font arrivées dans l'angle qui forme la rencontrede l'autre ligne , de tourner les épaules jufqu'à


A ï Rce qu'elles (oient arrivées iur la ligne des hanches, comme on peut le voir dans le plan de terre.Cette leçon eft d'autant meilleure , qu'elle maintientun cheval droit dans fes jambes , & qu'ellelui donne une grande ibuplefl'e d'épaules. Les pasfaits par le droit, lui ôtent l'occafion de fe retenir& de b'acçuler, & l'arrondiflement des épaulesau bout de chaque ligne du quarré , apprend à uncheval à tourner facilement ; & les hanches enreftant fermes & pliées dans ce mouvement,font occupées à ioutenir l'adtion de l'épaule &du bras du dehors. La pratique de ces règles duquarré bien appropriées au naturel du cheval, enretenant iur la ligne droite celui qui pèfe ou quitire à la main ; en chailant celui q ui fe r etient,& en diligentant les épaules des uns & des autresdans chaque coin , ajufte peu-à-peu & fans violence, la tête , le col, les épaules & les hanchesd'un cheval , fans qu'il s'apperçoive prefque de lafujetion où cette leçon ne laifle pas de le tenir.Afin de pouvoir tourner plus facilement lesépaules, & que les hanches ne s'échappent pas aubout de chaque ligne du quarré, il faut marquerun demi-arrêt , avant que de tourner le devant ;& , après le dêmi-arrêt, il faut diligenter la. mainafin que l'action libre des épaules ne {oit pointempêchée ; il faut auffi que le cheval foit plié àla main où il va , afin qu'il porte enfemble la tête ,la vue & l'aâion fur la pifte & la rondeur de chaquecoin de la volte, Lorfque le cheval feraobéiffant à cette leçon au petit pas d'Ecole, il faudrala lui faire faire au paffage anim é & relevé,pour enfuite la lui faire pratiquer au galop , toujoursdans la même pofture , c'eft-à-dire , droitd'épaules & de hanches, & plié à la main où il va.Chaque reprife , foit au paffage ou au galop ,doit finir dans le centre de la volte, en tournantle cheval au milieu d'une des lignes du quarré ,en l'avançant jufqu'au centre , & en l'arrêtantdroit dans les jambes , après quoi on le defcend.Lorfque le cheval paflagera librement d'une piftefur les quatre lignes du quarré ; qu'il aura acquis ,dans la même pofture , la facilité d'un galop uni,& dans un beau pli , aux deux mains ; il faudraenfuite le pafiager de deux piftes , en obfervant,comme nous l'avons dit plufieurs fois, & commeon ne fçauroit trop le répéter, de faire marcherles épaules les premières , afin de donner à l'épaulehors la volte , la facilité de faire paffer le brasde dehors par-deffus celui de dedans , ce qui eft dela plus grande difficulté ; car en retenant le libremouvement des épaules, le cheval feroit couché& entablé dans la volte ; il faut pourtant tenir leshanches un peu plus fujettes & plus en dedans auxchevaux qui pefent ou qui tirent à la main , afinde les rendre plus légers du devant ; mais il ne fautÇas pour cela que la croupe marche avant lesépaules ; au contraire, ceux qui ont plus de légèretéque de force , ne doivent être fi renfermés deshanches, afin qu'ils puiffent marcher plus libte-A I R 7ment, en les maintenant toujours dans une aftionlibre & avancée.Il ne faut pas obferver trop de jufteffe dans lescommencements qu'on travaille un cheva' fur lesvoltes ; car il arriveroit que celui qui eft naturellementimpatient , entreroit dans une inquiétudequi occaiionneroit beaucoup de défordres, & quecelui qui eft pareffeux & d'humeur flegmatique ,affoupiroit fa vigueur & fon courage. On ne doitpas non plus rechercher d'abord fur les voltes , uncheval qui a eu quelques jours de repos ; il arriveroitqu'étant trop gai, il fe lerviroit de fes reins& fe défendroit. Il faut étendre au galop d'unepifte ces fortes de chevaux , jufqu'à ce qu'ils ayentpaffé leur gaieté & baiffé leur rein ; c'eft pourquoiil eft de la prudence d'un habile cavaljgr d' interromprel'ordre des proportions qui regardent lajufteffe, & de revenir aux premières règles, lorfqu'ilarrive le moindre défordre.11 faut longtemps paffager u n cheval fur lesvoltes de deux piftes, avant de le faire galopperdans cette pofture ; & lorfqu'on le fentira fouple& aifé , pour le peu qu'on l'anime , il prendra delui-même un galop raccourci, diligent, & couléfur les hanches, qui eft le vrai galop des voltes.On appelle voltes redoublées, celles qui fefont plufieurs fois de fuite à la même main ; maisil faut qu'un cheval ait acquis beaucoup de liberté,qu'il foit en haleine , &. qu'il comprenne bien lesjufles propo rtions de cet exercice , avant que dele faire redoubler fur les voltes ; car une leçontrop forte confondroit fes elprits & fa vigueur ;c'eft pourquoi il faut, dans les commencements ,à chaque tin de volte, l'arrêter & le careffer unpeu afin d e ralTurer fa mémoire & fes forc es , &de lui donner le temps de reprendre haleine. Ondoit aufli le changer de main & de place pour luioter l'appréhenfion que pourroit lui caulér cettefujetion.Les changements de main fur les voltes , fe fontde deux manières , tantôt en dehors , tantôt endedans.Pour changer de main en dehors de la volte , ilfaut fimplement lui placer l a tête , & le plier àl'autre main ; & en lui faifant fuir la jambe dededans , qui devient alors jambe de dehors, il fetrouvera avoir changé de main.Le changement de main dans la volte, fe faiten tournant le cheval fur le milieu d'une des lignesdu quarré , le portant enluite en avant (ur uneligne droite vers le centre de la volte, & en lerangeant enfuite de côte julqu a 1 autre ligne , pourle placer & reprendre à l'autre main, Lorfque cedernier changement de main commence & finitles hanches dedans , on l'appelle , dcmï-volu dansla volte.A l'égard de la largeur d'une volte, elle doitfe proportionner à la taille Se à la longueur d'uncheval ; parce qu'un petit cheval fur un grandquarré, & un grand cheval fur un petirauroisnt


àA I lìmauvaife grace. Les hommes de cheval ont trouvéune jufte proportion , en donnant l'efpace de deuxlongueurs de cheval, d'une pifte à l'autre despieds de derrière ; en forte que le diamètre d'unevolte régulière doit être compofé de quatre longueursde cheval.DES DE MI-VOLTE S.La demi-volte eil un changement de main étroitles hanches dedans, qui ie tait, ou dans la volte ,comme nous venons de le dire , ou au bout d'uneligne droite. Une demi-volte doit être compoféede trois lignes ; dans la première , on fait aller uncheval de côté deux fois fa longueur , fans avancerni reculer ; on tourne enfuite les épaules furune feconde ligne d'égale longueur , &. aprèsl'avoir tourné fur la troifième ligne , on porte unpeu le cheval en avant , & Ton ferme la demi-.volte en arrivant des quatre jambes fur la ligne dela muraille pour reprendre à l'autre main. La raifonpour laquelle il faut que le cheval, en finiflant lademi-volte, arrive des quatre pieds fur la mêmeligne ; ce il qu'autrement la demi-volte feroitouverte, & le derrière étant élargi & écarté dela pifte des pieds de devant, le cheval ne re pre n-droit en avant qu'avec la hanche de dedans SE.non avec les deux , ce qui le feroit abandonnerfur les épaules. Il faut donc , à la fin de chaquechangement de main , ou de chaque demi-volte 3que le cheval arrivé droit, afin qu'il puiffe fe fervirde fes deux hanches enfemble , pour chaffer ledevant & le rendre léger.Avant que de commencer une demi-volte, ilfaut marquer un demi-arrêt, le contre-poids ducorps un peu en arrière , afin que le cheval fe mettefur les hanches : il ne faut pas que la parade foitfcible ni défunie, mais vigoureufeSc nette autantque le permet la nature du cheval , afin que lademi-volte foit également fournie d'air, de jufteffe& de vigueur.Il ne taut point mettre un cheval fur les demi-Toltes, qu'il ne fçache auparavant paffager lib rementlur la volte entière , parce que , dans uneproportion de terrein plus étroite , il pourroit feferrer & s'acculer ; ce qui n'arrivera pas, s'il a étéconfirmé dans un paffage d'une pifte , animé &.relevé , fur les quatr e lignes du quatre de la volte ;& lorfqu'ii fe couche ou fe retient, il faut le chafferen avant ; & de même s'il s'abandonne trop fur lamain & fur les épaules, il faudra le reculer. Lorfqu'iiobéira au paffage fur la demi-volte , il faudral'animer à la fin de la troifième ligne , pour luifaire taire quatre ou cinq temps de galop raccourci,bas & diligent, enfuite le flatter ; & quand on lefentira bien difpofé , il faudra commencer 8c finirla demi-volte au galop.Tant dans les voltes que dans les demi-voltes,il faut louvent varier l'ordre de la leçon , en changeantde ma» de place ; car fi on faifoit toujoursA I Rles demi-voltes dans le même endroit, le chevalpréméditant la volonté du cavalier, voudroit lesfaire de lui-même.S'il arrive que le cheval réfifte aux règles de laproportion & de la jufteffe des voltes & des demivoltes, il faudra le remettre l'épaule en dedans &.la croupe au mur ; par ce moyen il paffera fa colère&L diminuera fa foug ue ; mais ces déiordres n'arriventqu'à ceux qui ne fuivent pas la nature , & quiveulent trop prefler les chevaux Ck. les dreßer tropvite: il faut, au contraire , les faire venir à forced'aifance & de foupleffe , & non par la violence ;car à mefure qu'un cheval devient fouple, & qu'ilcomprend la volonté du cavalier , il ne demandequ'à obéir, à moins qu'il ne loit d'un naturelabfolument rebelle , auquel cas , il ne faut pointlui demander de manège régulier , mais une fimpleobéiffance , de laquelle on puiffe tirer le ferviceà quoi on le deftine 5c qui convient à ia dilpofition.D E S PA S S A D E S .La paflade eft, comme nous l'avons expliquédans le chapitre des mouvements artificiels, uneligne droite fur laquelle un cheval paffe & repaffe( ce qui lui a donné le nom de paffade) aux deuxbouts de laquelle ligne on fait un c hangement demain ou une demi-volte.La ligne de la paffade do it être d'environ cinqlongueurs de cheval, £c les demi-voltes ne doiventavoir qu'une longueur dans leur largeur ; enforte qu'elles font plus étroites de la moitié qu'unedemi- vo te ordinaire ; parce que comme cemanège eft fait pour le combat, lorfqu'un cavaliera donné un coup d'épée à fon ennemi, plutôtil peut retourner fon cheval après cette atiion ,plutôt il eft en état de repartir & de fournir unnouveau coup. Ces fortes de demi-voltes de combatfe font aufli en trois temps ; & le dernier doitfermer la demi-volte ; il faut qu'un cheval foitraccourci & fur les hanches en tournant, afind'être plus ferme fur fes pieds de derrière, & dene pas gliffer : le cavalier en eft aufli plus à fonaile & mieux en felle.Il y a deux fortes de paiïades. Celles qui fe fontau petit galop , tant fur la ligne de la paffade quefuries demi-voltes : & celles qu'on appelle futieufes,dans lesquelles on part à toutes jambes , depuis le.milieu de la ligne droite , jufqu'à l'endroit où l'onmarque l'arrêt pour commencer la demi-'volte :ainfi da ns les paffades futieufes après avoir fini lademi-volte , on continue d'aller au petit galop jusqu'aumilieu de la ligne droite , tant pour s'affermirdans la telle , que pour examiner les mouvementsde fon ennemi, fur lequel on échappe fon chevalen partant de viteffe ; & on le raffemble enfuitepour l'autre main.Quand le cheval fera obéiffant aux paffadesle- Ion.? de la muraille , SE qu'il changera de piedfacilement & fans fe defunir en finiilant chaquederni-volte.


A I R«lemì-volte , 11 faudra les lui faire faire fur la lignedu milieu du manège ; car comme cet exercice eflfait pour le c -mbat, il faut qu'il fe faffe en liberté ,afin de pou.oir aller à la rencontre de fon ennemi.On fait auffi dans un manège des paiïades , dontles demi-voltes font de la largeur des demi-voltesordinaires ; Si alors ce n'eft plus un manège deguerre , mais d'école , qui fe fait pour le plaifir ,ou pour élargir un cheval qui fe ferre trop ; demême qu'on fait auffi l a ligne de la paflade plusou moins longue, felon que le cheval s'abandonneou fe retient, afin de le rendre toujours attentif àl'aélion des jambes & de la main du cavalier.Quoique ce manège foit aufll beau que difficileà exécuter , nous n'entrerons pas dans un plusgrand détail, puifqu'on y emploie les mêmes règlesque dans celui des voltes , dont nous venons deparler : fi le cheval refufe d'ob éir, ce fera ou mauvaifenature, ou faute de fouplefle & d'obéiflance ,auquel cas, il faudra avoir recours aux principesque nous avons établis.De la Pirouette.Une pirouette n'eft autre chofe qu'une voltedans la longueur du cheval fans changer de place :les hanches retient dans le centre, &L les épaulesfournirent le cercle. Dans cette aöion la jambe dederrière de dedans ne fe lève point, mais tournedans une place, & fert comme de pivot, autourduquel les trois autres jambes & tout le corps ducheval tournent.La demi-pirouette eft une demi-volte dans uneplace Si. dans la longueur du cheval ; c'eft uneefpèce de changement de main , qui fe fait entournant un cheval de la tête à la queue, les hanchesreliant dans une même place.Les paffades & les pirouettes, de même que lesvoltes & les demi-voltes, font des manèges deguerre , qui fervent à fe retourner promptement depeur de furprife; à prévenir fon ennemi, à éviterfon attaque , ou l'attaquer à avec plus de diligence.Il fe trouve peu de chevaux qui puiflent fournirplufieurs pirouettes de fuite avec la même égalité ,qui eft la beauté de cet air, parce qu'il y en a peuqui aient les qualités qui conviennent à cet exercice, dans lequel un cheval doit être extrêmementlibre d'épaules, très-ferme, & affuré fur les hanches.Ceux, par exemple, qui ont l'encolure & lesépaules trop charnues , ne font pas bons pour cemanège.Avant que de diligenter un cheval au galop àpirouettes, il faut lui faire faire d'abord quelquesdemi-pirouettes an pas à chaque main, tantôt dansune place , tantôt dans une autre ; & à m e fu requ'il obéit fans déibrdre, on le raflVmble au paffage, & on lui en demande d'entieres ; en forte quefans déranger les hanches , la tête & les épaules feretrouvent à la fin d.e la pirouette dans l'endroit£ filiation , E ferirne & Danft,A I R e ,d'où elles font parties : par ce moyen , 11 acq uèrrbientôt la facilité de les faire au galop.Si un cheval après avoir été rendu ûjffifammentfouple & obéiflant, fe défend à cet air, ceft unepreuve que fes hanches ne font pas allez bonnespour foutemr fur fon derrière toutes les parties dedevant, & le poids du cavalier ;mai s s'il a les qualitésrequifes, il fournira avec le temps, autant depirouettes que la prudence du cavalier l'exigera.Pour changer de main à pirouettes , il fautpromptement placer la tête à l'autre main, & foutenirde la jambe de dehors , pour empêcher lacroupe de fortir du centre ; mais il ne faut pas quele cheval foit autant plié dans cet air, que fur lavolte ordinaire ; parce que fi la tête étoit trop dedans,la croupe fortiroit du centre en pirouettant.On varie les pirouettes fuivant la difpofition ducheval : on en feit quelquefois dans le milieu d'un,changement de main fans interrompre l'ordre de'la leçon, que l'on continue à l'ordinaire : mais cequi fait bien voir l'obéiffance & la jufleffe d'un cheval, c'eft lorfqu'en maniant fur les voltes , onétrécit de plus en plus le cheval jufqu'à ce qu'ilfoit arrivé au centre de la volte, où on lui fait fairetout d'une haleine autant de pirouettes que fa reffource& fon haleine lui permettent d'en fournir.Dit Terre-à-terre.Suivant la définition de M. le Duc de Newcaftle ;qui eft très jufte , le terre-à-terre eft un galop endeux temps, de deux piftes, beaucoup plus racourci& plus raffemblé que le galop ordinaire ,&dont la pefition des pieds eft différente , en cequ'un cheval lève les deux jambes de devant en-(émble, & les pofe de même à terre ; les ieds p dederrière accompagnent ceux de devant d'un mêmemouvement, ce qui forme une cadence tride SEbaffe,dans laquelle il marque tous les temps avecun fredon de hanches, qui part comme d'une efpècede reflbrt. Pour en avoir une idée encore plusnette, il faut fe figurer cet air comme une fuite depetits fauts fort bas, près de terre, le cheval allanttoujours un peu en avant & de côté; comme leshanches dans cette pcfture n'avancent pas tant fousle ventre qu'au galop, c'eft ce qui en rend l'aitionplus tride , plus baffe & plus déterminée.Il faut encore obferver qu'au terre-à-terre, lecheval eft plus appuyé fur les jambes de dehonque fur celles de dedans , lefquelles font un peuplus avancées, & entament le chemin , mais pastant qu'au galop : & comme la croupe eft fortaffujettiedans un air fi preffé & fi tride des hanches ,il fe trouve être plus élargi du devant que du derrière, ce qui met l'épaule de dehors un peu enarrière & donne la liberté à celle de dedans.Il eft alfe de juger par la fujétion où cet air tientun cheval, que cet exercice ne laiffe pas d'êtreviolent, &cjuepeu de chevaux font capables del'exécuter avec tçutç la juftçffç & toute la nettçtj


10 A I Itnéceiïaires. Il faut qu'un cheval (bit bien nerveux& bien fou pie pour lui demander ce manège : ceuxqui ont moins de force & de pratique que de légèreté& de courage , craignent la fujétion des règlesfi recherchées ; uuffi le s vrais hommes de chevalregardent ce manège , qui eft devenu très-rare ,comme la pierre de touche , par laquelle on voitia fcience d'un cavalier & l'adrefle d'un cheval.11 ne faut pas tomber dans l'erreur de ceux quidonnent indifféremment le nom de terre-à-terre àl'allure des chevaux qui manient bas & traînent unmauvais galop près de terre , fans aucune aflioniride qui prette & détermine leurs hanches à formercette cadence ferrée &. diligente , dont le feulfredon fait voir la différence d u vrai terre-à-terreau mauvais galop. Souvent faute de fçavoir la véritabledéfinition de chaque air de manège, on n'eftpas en état, ni de juger de la capacité d'un cheval,m par conféquent de lui donner Y air qui convientà fa difpofition. Cette erreur de confondre ainfi les•œirs qui font l'ornement des beaux manèges , faitattribuer à quelques cavaliers, dont la plus grandecapacité confide en routine , un prétendu fçavoir ,qui n'exiffe que dans leur fuffifance mal fondée &dans l'aveugle admiration de ceux qui les prônentfans aucune connoiffance dans l'art de la cavalerie.Comme la perfeSion du terre-à-terre, eft d'avoirîa hanche de dehors ferrée , il faut dans les voltesà cet air, que le quarré foit encore plus parfaitqu'à celles qui fe font au fimple galop de deuxpiftes ; mais il faut prendre garde dans les coins ,que la jambe de derrière de dedans n'aille pasavant les épaules ; car alors le cheval étant tropélargi des hanches, il feroit entablé , & pourroitfaire un élan en forçant la main du cavalier pourfe tirer de cette fauffe pofition. On doit auffi prendregirde de n'avoir pas la main trop haute , car ilne pourroit pas aller bas &. tilde , i ncouler égalementvite. )Les fautes les plus ordinaires qu un cheval faiten maniant terre-à-terre , font de s'acculer, de levertrop le devant, ou de traîner les hanches : ilfaut lorfque quelqu'un de ces défordres arrive , déterminerle-cheval en avant avec les éperons , afinde le corriger, de l'avenir de fe tenir plus enfemble, & de diligenter davantage fa cadence ; &comme dans cet exercice , les parties du chevalfont extrêmement travaillées , il faut toujours fentiren quel état d'obéiffance il tient fes forces & foncourage pour finir la reprife avant que la laffitudelui donne occafion de fe défendre.Les règles pour dreffer un cheval au terre-àterre,fe tirent de la cannoiffance qu'on a de fonnaturel, & de la difpofition qu'on lui trouve pourcet air ; laquelle on connoît facilement, lorfqu'aprèsavoir été aflbupli dans les règles , en e l recherchant& en le raffemblant, il prend de lui-même cefredon de hanches dont nous venons de parler ; ilaura fans doute de la difpofition pour exécuter cemanège j mais il faut bien ménager fes refforts,A I Rfur-tout dans les commencemens, en ne lui demandantque quatre demi-voltes de fuite au plus ,qu'il fournira ailément, s'il a été préparé par lesprincipes qui doivent le conduire à cette leçon. Amefure que fes forces & fon haleine le rendrontplus fouple & plus difpos , on pourra , après qu'ilaura fourni quatre demi-voltes, c'eft-à-dire , deuxà chaque main , le délaffer au petit galop lent Siécouté, pour le raffembler enfuite (ur le quarrédu milieu de la place, 8c le rechercher fur deux outrois voltes de fon air ; puis le finir & le de feendre.DES AIRS RELEVÉS.Nous avons dit que tous les fauts qui font plusdétachés de terre que le terre-à-terre , & qui fonten ufage dans les bonnes écoles , s'appellent airsrelevés. I ls font au nombre de fept ; fçavoir , la:pefade, le mézair, la courbette , la croupade , labalotade , la cabriole & le pas &-le faut.Avant que d'entrer dans le détail des règles quiconviennent à chacun de ces airs, il eft, ce me femble,à propos d'examiner quelle nature de chevauxil faut choifir pour cet ufage ; quelles qualités uucheval doit avoir pour réfifter à la violence desfauts ; & quels font ceux qui n'y ont point de difpofition.Il faut qu'un cheval ait une inclination naturelle& qu'il fe préfente de lui-même à quelquW, pouren faire un bon fauteur, autrement on perdrait fontemps, on le rebuteroit & on le ruineroit au lieu;de le dreffer. Une erreur qui n'eft que trop ordinaire,c'eft de croire que la grande force eft abfolumentnéceffaire dans un fauteur. Cette extrêmevigueur, qu'ont certains chevaux , les rend roides& mal-adroits , leur fait faire des fauts Si des contretempsqui les épuifent , ce qui incommode extrêmementun cavalier , parce qu'ordinairement cesfauts défunis & fans règle font accompagnés d'effortsviol ens que leur fuggère leur malice. Leschevaux de ce caraâèrs doivent être confinés dansles piliers , où une continuelle routine de fautsd'école les punit affez de leur mauvais naturel. Uncheval qui cft d-jué de médiocre force , & qui abeaucoup de courage tk de légèreté , eft incomparablementmeilleur , parce qu'il donne ce qu'ilpeut de bonne volonté, & qu'il dure longtemps,dans fon exercice ; au lien que celui qui a beaucoupde force & de mauvaife volonté , fe trouveufé avant que d'être dreffé, par les remèdes violensqu'il faut employer pour dompter fa rebellion.Il fe trouve encore certains chevaux qui, avec deshanches un peu foibles, ne laiffent pas de formerdes fauteurs paffables, parce qu'ils aiment mieuxs'élever & fe detacher de terre , que de s'affeoirfur les hanches.On appelle un cheval de bonne force , celui quieft nerveux & léger; qui diftribuefes forces naturellement, uniment & de bonne grace ; qui a l'appuide la bouche léger & affuré ; qui a les memi


A î RIres forts, les épaules libres, les boulets, les paturons, & les pieds bons , & qui eft de bonne volonté.Ceux qui n'ont point de difpofuion pour lesdw zWsve'j, font ceux qui font trop fenfibles , impatiens& colères ; qui entrent facilement en fougue& en inquiétude ; fe ferrent, trépignent & refufentde fe lever. Il y en a d'autres qui crient parmalice & par poltronnerie , quand on les recherche; qui font des fauts défordopnés qui témoignentleur vice , & l' envie qu'ils ont de jetter leurhomme par terre : il y en a encore d'autres qui pèchentpour avoir les pieds douloureux ou défectueux,& en retombant à terre , la douleur qu'ilsreflentent les empêche de fournir un nouveau faut :ceux qui ont la bouche faufle & l'appui foible , ontprefque toujours la tête en défordre à la defeentede chaque faut , ce qui eft très-défagréable : ainfiquand on trouve un cheval qui a quelqu'une deces imperfe£tions, il ne faut point fonger à enfaire un fauteur.Il y a encore une chofe à examiner; c'eft lorfqu'ona rencontré un cheval de bonne force & debonne difpofition, de favoir juger quelle naturede faut lui eft propre , afin de ne le point forcer àun air qui ne convient ni à fon naturel, ni à fadifpofition ; & avant que de lui former cet air, ilfaut qu'il ait été affoupli & rendu obéilTant aux leçonsdont nous avons donné les principes. Entronspréfentement dans le détail de chaque air.Des Pefades,La pefade , comme nous l'avons déjà définie, efiyn air dans lequel le cheval lève le devant forthaut & dans une place , tenant les pieds de derrièrefermes à terre fans les avancer ni les remuer.Ce n'eft point à proprement parler un air relevéque la pefade , puifque le derrière n'accompagnepoint le devant, comme dans les autresain, & nele détache point de terre ; mais comme on fe fertde cette leçon pour apprendre à un cheval à leverlégèrement le devant, à plier les bras de bonnegrace , & à s'affermir fur les hanches , pour le préparerà fauter avec plus de liberté , on le met à latête de tous les airs relevés , comme en étant le fondement& la première règle. On fe fert encore^ dela pefade pour corriger k défaut de ceux qui, dansles airs de mézair & dé courbette , battent la pouffièreen maniant trop près de terre , & en brouillantleur air avec les jambes de devant : c'eft auflipour cela qu'à la tin d'un droit de courbettes, on acoutume de faire la dernière haute du devant &dans une place , ce qui n'eft autre chofe qu'une pefade; & que l'on fait non-feulement pour la gracede l'arrêt, mais encore pour entretenir la légèretédu devant.11 ne faut pas confondre la pefade avec le contretempsque font les chevaux qui fe cabrent, quoiqueceux-ci lèvent aufll le devant fort haut & qu'ilsA I R Hdemeurent le derrière à terre: la différence en eftbien grande; cardans, l'aclion que fait le cheval ,lorfqu'il lève à pefade , il doit être dans la main 8cplier les hanches & les jarrets fous lui, ce qui l'empêchede lever le devant plus haut qu'il ne doit ;& dans la pointe que fait un cheval qui fe cabre ,il eft étendu roide fur les jarrets /hors de la main ,& en danger de fe renvérfer.Il ne faut point faire faire de pefades à un cheval,qu'il nefoit fouple d'épaules, obéilTant à lamain & aux jambes, & confirmé au piafer ; SElorfqu'il eft à ce point d obéiffance , on l'anime dela chambrière dans les piliers, en le touchant légèrementde la gaule fur les jambes de devant, dansle temps qu'il donne dans les cordes & qu'il avanceles hanches fous lui : pour le peu qu'il fe lève , ilfaut l'arrêter & le flatter; &àmefure qu'il obéira ,on le touchera plus vivement, afin qu'il lève pinshaut le devant. Comme dans tous les airs relevés ,un cheval doit plier les bras de manière que lespieds fe retrouffeht prefque jufqu'au coude, ( cequi lui donne beaucoup de grace ) , il faut corrigerla vilaine aétion de ceux qui , au lieu de plier lesgenoux, allongent les jambes en avant, en çroifantles pieds l'un par-deffus l'autre : ce défaut qu'oitzypeWs jouer de l'épinette , eft. aifé à corriger en lechâtiant de la gaule ou du fouet, & en lui en appliquantfort fur les genoux & fur les boulets. Unautre défaut, c'eft lorfqu'un cheval fe lève de luimême,fans qu'on le lui demande; le châtimentpour ceux-ci, efi de les faire ruer : c'eft ainfi qu'oncorrige un défaut par fon contraire; & pour éviterqu'il ne continue ce défordre , il faut oujours t commencerchaque reprife par le piafer , lui demanderenfuire quelque pefade & finir par le piafer. Cettevariété de leçon rendra un cheval attentif à fuivrela volonté du cavalier.Lorfqu'il obéira facilement dans les piliers àl'a/Vde pefades, il faut enfuite le monter, & en le paffageanten liberté, lui en demander une ou deuxdans une place fans qu'il fe traverfe , & après ladernière, marcher deux ou trois pas en avant. Sien retombant des pieds de devant à terre, il s'appuieou tire à la main , il faut le reculer, lever enfuiteune pefade, & le careffer s'il obéit. Si au contraire,il fe retient & s'acule , au lieu de lever ledevant, on doit le chaffer en avant ; & lorfqu'ilprend bien les jambes , marquer un arrêt fulvid'une pefade, en fe contentant de peu ; car commeles chevaux les plus fages marquent toujours quelquefentiment de colère, lofqu'on commence à lesmettre aux airs relevés, il ne faut pas ti^er d'euxautant de temps de leur air qu'ils pourroient enfournir, parce qu'il àrriveroit qu'ils s'endurciroient,perdroient l'habitude de tourner facilement, &même fe ferviroient de leur air pour fe défendre,en fe levant lorfqu'on ne leur demande pas • ainfion doit dans les commencemens les ménager beaucoup, & prendre garde qu'ils ne tombent dans aucunde ces vices, qui pourroient les rendre rétifs^


1 2 A I RDu Mé^alr.Le mézair, comme le définiiïent fort bien quelquesécuyers , n'eft autre chofe qu'une demi-courbette, dont le mouvement eû moins détaché deterre, plus bas, plus vite, & plus avancé que lavraie courbette ; mais aufli plus relevé & pluséc'outé que le terre-à-terre.Il efl aifé de voir dans les piliers , fi un cheval aplus de penchant pour le mézair que pour tout autrefaut; parce que fila nature lui a donné de Vinclitiationpour cet air , lotfqu'on le recherchera, il fepréfentera de lui-même dans une cadence plus relevéeque le terre-à terre, & plus tride que la courbette: & quand par plufieurs leçons réitérées , onaura reconnu fa difpofition, il faudra le confirmerdans cet air, en fe fervant des mêmes règles quepour les pefades , c'eft-à-dire , commencer chaquereprife parle piafer, fuivi de quelques temps demézair, en fe fervant de la gaule devant, & de lachambrière derrière ; & ainfi alternative ment. Lorfqu'onjugera à propos de lui faire pratiquer cetteleçon en liberté , il faut, ap rès l'avoir partagé d'unepi/le, le raffembler pour le faire aller de fon air ,foit dans le changement de main , foit dans la demivolte,toujours de deux pifles; car il n'eû pasd'afage d'aller d'une pifte au mézair, ni au terreà-terre.Les aides les plus utiles & les plus gracieufesdont on fe fert, pourfaire aller un cheval à mézair,c'eft de toucher légèrement &de bonne grace, dela gaule fur l'épaule de dehors , en l'aidant & lefecourant des gras de jambes. Lorfque la croupen'accompagne point affez le devant , on croife lagaule fous main pour toucher furia croupe, ce quifait rabattre le derrière plus tride.Si le cheval tombe dans les défauts ordinaires àprefque tous les chevaux qu'on dreffe aux airs détachésde terre, qui font, ou de retenir leur force ,ou de s'abandonner trop fur la main, ou de manierde foi-même fans attendre les aides du cavalier, ilfaut y apporter les remèdes ci-deffus, & les employeravec le jugement, la prudence, & la patiencequi font néceffaires à un homme de cheval.On doit encore dans cet air, obferver la mêmeproportion de terrain qu'au terre-à-terre, c'eftà-dire,le tenir dans le jufte efpace des voltes &des demi voltes ; car comme ces airs ont beaucoupde rapport l'un à l'autre , & qu'ils forment un manègeferré & tride, la pofture du cheval doit êtrela même dans ces deux airs.Des Courbettes,La courbette eft un faut plus relevé de devant ,plus écouté & plus foutenu que le mézair. Leshanches doivent rabattre & accompagner le devantd'une cadence égale, tride & baile , dans l'inftantque les jambes de devant retombent à terre. H y adonc cette différence entre le mézair & la cour-A I &bette ; que dans le premier, le chêval efl moinsdétaché de terre du devant, & qu'il avance & diligenteplus la cadence de fon air que pour la cour"bette, dans laquelle il eft plus relevé , plus foutenudu devant, & qu'il rabat les hanches avec plus defujétion, en foutenant le devant plus longtemps enVoir. Il faut remarquer qu'au galop , au terre-àterre,& à la pirouette, le cheval porre fes jambesl'une devant l'autre, tant du devant que du derrière; mais au mézair, aux courbettes, & à tousles autres airs relevés, elles doivent être égales &n'avancer pas plus l'une que l'autre , lorfqu'elles fepofent à terre , ce qui feroit un grand défaut ,qu'on appelle traîner les hanches.Outre la difpofition naturelle qu'un cheval doitavoir pour bien aller à courbettes , il faut encorebeaucoup d'art pour l'acheminer & le confirmerdans cet air , qui eft de tous ceux qu'on appellerelevés, le plus à la mode di le plus en ufage ; parceque c'eft un faut gracieux dans un manège, qui ,fans êire rude, prouve la bonté des hanches d'uncheval, & fait paroître un cavalier dans une bellepofture. Cet air étoit fort en ufage autrefois parmiles officiers de cavalerie , qui fe piquoient d'avoirdes chevaux dreffès, foit à la tête de leur troupe ,ou dans des jours de parade ; on leur voyoit detemps à autre détacher quelques belles courbettes ,qui fervoient autant à animer un cheval, lorfqu'ilrallentiffoit la nobleffe de fon pas, qu'à le tenir-dansfon obéiffance , & à lui donner enfuite un pas plusrelevé, plus fier & plus léger.Il ne faut point demander de courbettes à uncheval qu'il ne foit obéiffant au terre'-à-terre & aumézair ; car un bon terre-à-terre & un véritablemézair font plus de la moitié du chemin pour arriverà la courbette, au cas qu'un cheval ait de ladifpofition pour aller à cet air. Ceux qui n'y fontpas propres , font les chevaux pareffeux , pcûns ,ou ceux qui retiennent leurs forces par nr,ilice : Side même ceux qui font impatiens , inquiets Sipleins de feu & de fougue ; parce que tous les airsrelevés augmentent la colère naturelle de ces fortesde chevaux, leur font perdre la mémoire & leurôtent l'obéiffance : il faut donc que celui qu'ondeftine à cet exercice , foit nerveux , léger & vigoureux; & ave c cela, fage, docile & obéiffant.Quand avec ces qualités , on verra dans les piliers, que l'air favori d'un cheval eft celui de lacourbette, il faut, après lui avoir appris à bien détacherle devant paf le moyen des pefades, lutanimer enfuite les hanches avec la chambrière pourfaire rabattre la croupe & baiffer le devant , afinqu'il prenne la jufte cad ence & la vraie pofturede fon air. Lorfqu'il y fera en quelque forte réglé ,& qu'il en fournira quatre ou cinq de fuite fansdéfordre , & dans les règles , il faut commencer àlui en faire faire quelques-unes en liberté, fur laligne du milieu du manège, & non le long de lamuraille ; car ceux que l'on accoutume à lever lçlong du mur, ne vont que de routine , & fe dé«


A I Rrangent quand on leur demande la même chofeailleurs. On ne doit pas demander dans les commencemensplufieurs courbettes de fuite ; mais enfaifant partager & piafer un cheval fur la lignedroite , lorlqu'on le fent bien enfemble & dans unbon appui, on lui en derobe deux ou trois biendétachées & bien écoutées ; on continue enfuitequelques pas de paffage, & on le finit par deux outrois temps de piafer ; parce qu'il arriveroit que fion finiffoit le dernier temps par.une courbette, lecheval fe ferviroit da cet air pour fe défendre.Pour bien aider un cheval à courbettes, il fautque le temps delà main foit prompt & agile , in afde lever le devant: les jambes du cavalier doiventfuivre le temps des courbettes fans trop le chercher; car un cheval prend naturellement fon temps& fa cadence propre , quand il commence à s'ajufter.On ne doit point fur-tout roidir les jarrets ,parce qu'en l'aidant trop vivement, il fe prefferoittrop ; il faut au contraire , être fouple depuis lesgenoux jufqu'aux étriers, & avoir la pointe dupied un peu baffe, ce qui lâche les nerfs : le fculmouvement du cheval, lorfqu'on garde l'équilibre'dans une pofture droite & aifée, ?ait que les grasde jambes aident le cheval fans les approcher , àmoins qu'il ne fe retienne , auquel cas , il faut fefer vir plus vigoureufement de fes aides & fe relâcherenfuite. *Les courbettes doivent être ajuftées au natureldu cheval, celui qui a trop d'appui, doit les faireplus courtes & plus foutenues fur les hanches ;&celui qui fe retient, doit les avancer davantage ;autrement les uns deviendroient pefans & forceroientla main , & les autres pourroient devenirrétifs. Pour remédier à ces défauts , on leur metfouvent l'épaule en dedans au paiïage: cette leçonles entretiendra dans la liberté qu'ils doivent avoirpour obéir facilement à leur-jiir.Lotfqu'un cheval obéira librement & fans fetraverfer fur la ligne droite à courbettes , il faudrapour le préparer à aller fur les voltes de fon air ,le promener fur le quarré que nous avons donnépour règle des voltes de galop ; & lo rfqu'on le fentiradroit au paffage & dans la balance des talonsfur les quatre lignes du quarré, il faut de temps àautre lui détacher quelque courbette , excepté dansles coins du quarré, où on ne doit pas le lever ,mais tourner les épaules librement fur l'autre ligne,fans que la croupe fe dérange ; car fz on vouloir lelever en tournant, il s'endurciroit & s'aculeroit.Lorfqu'il exécutera bien cette leçon fur ces quatrelignes & qu'il fera affez av ancé & affez e n haleinepour fournir tout le quarré à courbettes, on pouracommencer à lui apprendre à en faire les hanchesdedans ; & pour cela, il faut le partager la c roupeau mur, & dans cette attitude, lui tirer une oudeux courbettes de deux pirtes : elles ne fe fontpoint en l'aidant quand il ert en Vair, mais dansVinftant qu'il retombe des pieds de devant à terre ,on l'aide de la jambe de dehors, pour le porter enAI R ,,temps de côté , enfuite une cou rbette avec les deuxgras de jambes , en le foutenant de la main, Slainfi.de fuite un pas de côté fulvi d'une courbette. Lorsqu'ilira bien la croupe au mur , il faudra le mettrefur le quarré dans le milieu de la place, & en letenant de deux piftes , l'accoutumer à lever de foaair dans cette poflure , en proportionnant la forcede cette leçon à fon obéiflance &. à fa difpofuion.On ne doit pas tenir autant les hanches dedans furles voltes à courbettes, qu'au terre à-terre & aumézair ; car i fla croupe étoit trop affujettie , il nepourroit pas rabattre les hanches avec affez de liberté; c'eft pourquoi il ne faut feulement tenirqu'un peu plus que la demi-hanche dedans. On nedoit pas non plus plier un cheval autant fur lesvoltes à courbettes qu'au galop & au terre-à-terre ,il doit regarder feulement d'un œil dans la volte ;& lorfqu'on fait des courbettes par le droit, d'unepifte, il ne faut pas qu'il foit du tout plié, maisdroit de tête, d'épaules & de hanches.Outre les courbettes fur les voltes, il s'en faitencore de deux autres manières , qui font, la croixà courbettes, & la farabande à courbettes.Pour accoutumer un cheval à faire la croix àcourbettes, il faut le partager d'une pifle fur laligne droite, d'environ quatre longueurs de cheval, le reculer après fur la même ligne , revenirenfuite jufqu'au milieu de la ligne droite, le porteraprès de côté fur le «Ion droit environ deuxlongueurs de cheval, enfuite de côté furie talongauche encore deux longueurs au-.delà d u milieude la ligne droite ; on revient enfin de coté fur letalon droit finir au milieu de la ligne, où on l'arrête& on le flatte. Lorfqu'il fait partager fur ces lignesfans fe traverfer, en avant, en arrière , & de côtéfur l'un & l'autre talon, on lève une courbette aucommencement, au milieu , &àla fin de chaqueligne ; & fi après plufieurs leçons il n e fe défendpoint, on entreprend de lui faire fournir toute lacroix à courbettes. Lorfqu'on le lève en reculant,il ne faut pas que le corps foit en arrière , maisdroit, & même un tant foit peu en avant fans quecela paroiffe , afin de donner plus de liberté à lacroupe. C'eft quand il retombe des pieds de devantà terre , & non quand il eft en Yair, qu'il faut l'aideren le tenant de la main , afin qu'il recule unpas fans lever; on lève enfuite une courbette, &ainfi alternativement.Dans la farabande à courbettes , on fait deuxcourbettes en avant , autant en arrière, deuxautres de côté fur un talon & fur l'autre-, & ainfide fuite , en avant, de côté & en arrière indifféremment, fans obferver de proportion de terraincomme dans la croix : on lui en fait faire tout d'unehaleine , autant que fa difpofmon & fes forces luipermettent d'en fournir ; mais un cavalier doit êtrebien maitre de fes aides, & le cheval bien ajuflé &bien nerveux pour exécuter ces deux manèges decroix & de farabande à courbettes avec la grace &


T 4A I Rla liberté qu'il doit avoir : außl ce manège s'eftperdu de nos jours.De la Croupade & d: la Balotade,La croupade & la balotade font deux airs qui nediflerententr'eux, que dans la firuation des jambesde derrière.Dans la croupade, lorfque le cheval efl en Vairdes quatre jambes , il tronfie & retire les jambes &les pieds de derrière feus fon ventre , fans fairevoir fes fers : & dans la balotade , lorfqu'il eft auhaut de fon faut, il montre les pieds de derrière ,comme s'il vouloir ruer, fans pourtant détacher laruade , comme il fait aux cabrioles.Nous avons déjà dit, que l'art ne fuEt pas pourdonner aux chevaux deflinês aux airs relevés , cesdifférentes poftures de jambes dans leurs faut s ; lanature jointe à l'art & à la difpofition naturelle,preferir des règles qu'il faut fui vre pour les ajufler& leur faire exécuter de bonne grace ces différentsmanèges.C'efl toujours dans les piliers qu'il faut d'abordfaillr l'air d'un cheval. Ceux qui veulent commencerpar dreffer un fauteur en liberté, fans être affouplini réglé au piaffer, & fans avoir étudié leur airdans les piliers , fe trompent; car tout fauteur,outre fa difpofition naturelle à fe détacher de terre,doit connoître parfaitement la main & les jambes ,afin de pouvoir fauter légèrement $c dans la main ,quand le cavalier l'exige , Se non par fantaifie &par routine.Lorfqu'un cheval fera facilement & fans colèrequelques croupades ou baiotades dans les piliers ,en fuivant la volonté du cavalier, il faudra enfuitelui en demander quelques-unes en liberté , en fuivantle même ordre qu'aux airs ci-defTus , fur-toutcelui des courbettes. Il efl feulement à remarquerque plus les airs font détachés de terre, plus uncheval employe de force pour les fournir ;& quele grand art eft de conferver fon courage & fa légèreté, en lui demandant peu de fauts , fur-tout dansles commencements. Et lorfqu'il a donné de bonnevolonté quelque temps de fon air, il faut le flatter& le defeendre.Lorfqu'il fournit un droit de croupades ou debaiotades en liberté, fans fe traverfer, il faut lepréparer à lever de fon air fur les quatre lignes quiforment la volte , l'y paffageant, & de temps à autrelui dérobant quelques temps : & i fon le fent difpoféà bien obéir, il faudra profiter de fa bonne volonté,en le détachant de terre fur les quatre lignes, excepté, comme nous l'avons dit, dans les coins oùon ne doit point le lever en tournant. Il faut encorefaire attention qu'aux airs d e croupade, de balotade& de cabriole , il ne faut jamais aller de deuxpiftes , mais feulement une demi hanche dedans ;autrement, le derrière étant trop afiujetti, il nepourvoit pas aufll fa cilement accompagner l'aSiondes épaules. On doit aufll prendre garde , que dansles quatre coins de la volte, la croupe ne s'échappe,A I Rlorfqu'on tourne le devant fur l'autre ligne, il faiitla fixer & la foutenir avec la jambe de dehors.Les aides pour les airs relevés font la gaule devant,en touchant légèrement & de fuite fur l'épaulede dehors , & non brufquement & avec degrands coups, comme font quelques cavaliers,qui affomment l'épaule d'un cheval. Pour toucherde bonne grace, il faut avoir le bras plié & le coudelevé à la hauteur de l'épaule. On fe fert au fit,comme nous l'avons expliqué, de la gaule fousmain & croifèe fur la croupe , pour animer leshanches. L'aide du pincer délicat de l'éperon, eftauffi excellente dans les airs relevés, lorfqu'tmcheval ne fe détache pas affez de terre ; parce quecette aide, qui ne lailî'e pas d'être vive , lève plusun cheval qu'elle ne le fait avancer.Quoiqu'on ne doive pas aller de deux piftes,lorfqu'on lève un cheval aux airs relevés, il fautpourtant entretenir un cheval dans cette poflure ,tant au paffage qu'au galop; parce que dans cetteadtion les hanches étant plus ferrées, plus baffes ,& plus fujettes, cela lui rend le devant plus léger'& le prépare à mieux fauter. On ne doit pas nonplus tomber dans le défaut de ceux qui ne femblentdreffer leurs chevaux, que pour leur faire faire degrands efforts qui accablent leurs forces :ce n'eft paslà l' intention de la bonne école ; on doit, au contraire, le maintenir dans la foupleffe, dans l'obéiffance& dans la jufteffe qu 'on tire des vrais principesde l'art; autrement, l'école feroit toujoursconfufc , & l'égalité de mefure que doit avoirchaque air relevé, feroit interrompue ; & c'efl uneperfeSion qu'il ne faut pas négliger.Des Cabrioles,La cabriole eft, comme nous l'avons dit en définiffantcet air, le plus élevé & le plus parfait detouts les fauts. Lorfque le cheval eft en Vair, égalementélevé du devant & du derrière, il détachela ruade vivement ; les jambes de derrière, dansce moment, font l'une près de l'autre, & il lesalonge auffi loin qu'il lui eft pofîible de les étendre ;les pieds de derrière dans cette aétion , fe lèvent àla hauteur de la croupe , & fouvent les jarretscraquent par la fubite & violente extenfion decette partie. Le terme de cabriole, efl une expreffionitalienne, que les écuyers Napolitains ontdonnée à cet air , à caufe de la reffemblance qu'ila avec le faut du chevreuil, nommé en italien,capria.Un cheval qu'on deftine aux cabrioles , doit êtrenerveux , léger, & de bon appui ; avoir la boucheexcellente , les jambes & les jarrets larges & nerveux,les pieds parfaitement bons, & propres àfoutenir cet air; car fi la nature ne l'a formé difpos& leger , c'efl en vain qu'on le travaillera ; iln'aura jamais l'agrément ni l'agilité qui font un bonfauteur.Afin qu'une cabriole foit dans fa perfeélion , lecheval doit lever le devant & le derrière d'égale


A I Rhauteur, c'efi-a-dire, qu'il faut qu'au haut de fonfaut, la croupe & le garot foient de niveau , la têtedroite & affurée , les bras également pliés , & quachaque faut le cheval n'avance pas plus d'un piedde diflance. 11 y en a qui, en fautant à cabrioles ,retombent des quatre pieds enfemble fur la mêmeplace , &c fe relèvent de la même force & de lamême cadence , en continuant autant que leur vigueurleur permet ; ce manège eft très-rare & nedure pas longtemps. 11 s'appelle , faut d'un temps ,ou defirme-à-firme.Pour dreßer un cheval à cabrioles, lorfqu'onlui trouve les qualités & la difpofition qu e nousvenons d'expliquer , il faut, après l'avoir affoupli1 épaule en dedans , & lui avoir donné la connoiffancedes talons au paflage & au galop , le faireenfuite lever à pefades dans les piliers, & qu'elesfe faflent lentement dans les commencements &fort hautes du devant , afin qu'il ait le temps d'ajufterfes pieds & qu il lève fans colère. Lorfqu'ilfait fe lever facilement, & haut du devant, enpliant bien les bras, il faut lui apprendre à detacherla ruade par le moyen de la chambrière, &prendre le temps pour l'appliquer, que le devantfoit en l'air & prêt à retomber ; car fi on lui endonnoit dans le temps qu'il s'élève, il feroit unepointe & fe roidiroit fur les jarrets. Quand il fauradetacher vigoureufement la ruade , le devant enY air ce qui forme la cabriole , il faut peu-à-peu diminuerle nombre des pefades & augmenter celuides cabrioles , & ceder de le faire fauter, lorfqu'ons'apperçoir qu'il commence à fe laffer , car fon courageétant abattu, fes forces feroient défunies, &fes fauts ne feroient plus que des contre-temps &des défenles.Lorfqu'il fera obéiflant à ce manège dans les piliers,on le p.rflagera en liberté , & on lui déroberaquelques temps de fon air fur la ligne droite , enl'aidant de la gaule fur l'épaule, lorfque te devantcommence à s'abaifler, & non quand il fe lève,ce qui l'empêcheroit d'accompagner de la croupe.Quand on fe fert du poinçon, il faut obferver lamême chofe , c'cfl-à-dire , l'appuyer fur le milieude la croupe, lorfque le cheval eft nrét à retomberdu devant, par la m ême raifon. A l'égard des jambesdu cavalier, elles ne doivent po nt être roidesni trop tendues , mais aifées & près du cheval.Lorfque le cheval fe retient, il faut fe fervir desgras de jambes ; cette aide donne beaucoup de 11-' bert é à la croupe ;&. quelquefois aulii le pincerdélicat de l'éperon , lorfqu'il fe retient davantage.On doit audi au haut de chaque faut, tenir un inftantle cheval de la main , comme s'il étoit fufpendu,& c'oli ce qu'on appelle , foutenir.Va ir des cabrioles fur les voltes, c'eû-à-dire,fur le quarré que nous avons propofé pour règledes autres airs , forme le plus beau & le plus difficilede touts les manèges, par la grande difficultéqu'il y a d'obferver la proportion du terrein , d'entretenirle cheval dans une cadence égale, fansA I R Kqu'il fc dérobe ni du devant ni du derrière, ce quiarrive le plus ordinairement. Comme le mouvementde la cabriole eft plus étendu & plus pénibleque celui de tout autre air, il faut que l'efpace duterrein foit plus large & moins limité, afin dedonner plus de vigueur & de légèreté aux fauts. IIne faut mettre qu'une demi-hanche dans ja volte,comme nous l'avons dit ; ce qui rend ce manègeplus jufie, & plus parfait, &l'affiette du cavalierplus ferme & plus belle. On ne doit pas fuivre ducorps les temps de chaque faut, mais fe tenir defaçon, qu'il paroiiïe que les mouvements que l'onfait, foient autant pour embellir fa pofture , quepour aider le cheval,Le Pas S- le faut, & le Galop GaillarJ,Lorfque les chevaux, dreffés à cabrioles cem~mencent à s'ufer, ils prennent d'eux-mêmes,comme pour fe foukger, un a/V auquel on donnele nom de pas & le faut, qui fe forme en troistemps; le premier, eft un temps de galop racourci,ou terre à terre ; le fécond une courbette, & letroifième , une cabriole. On peut auffi régler à cetair les chevaux qui ont plus de légèreté que deforce, afin d e leur donner le temps de raffemblerleurs forces , en fe préparant par les deux premiersmouvements à mieux s'élever à celui de la cabriole;& ainfi de fuite.Il y a une forte de chevaux qui interrompentleur galop , en faifant quelques fauts de gaiete,foit parce qu'ils ont trop de rein , ou trop de repos,ou que le cavalier les retient trop ; c'eft ce qu'onnomme galop gaillard ; mais ce manège ne doitpoint pafler pour un air, puifqu'ii naît du caprice& de la fantaifie du cheval, qui, par-là , fait feulementvoir fa difpofition naturelle à fauter, lorfquecette gayeté eft ordinaire , & qu'elle n'eft pasla fuite d'un trop long repos.DES AIRS BAS. (THIROUX).Des voltes & demi-volt es, 6" quart de voltes exécutésfur deux pißes.Autant on doit épargner les renverfementsd'cjiaules, autant il faut prodiguer les voltes. Onpeut même en faire décrire au cheval combiné lahanche , ou les deux bouts en dedans, fans être,pour cela dans l'intention de le changer de main.Les demi-voltes , & quart de voltes n'ont,au contraire, jamais lieu qu'elles ne changent la direöiondu cheval, ainfi qu'on va s'en aiîiirer par la defcriptionfuivante.Ce que c'efl quune volte, une demi-volte , ou bien unquart de volte, toutes exécutées fur deux pißes. [PI,2, .fg. 4, ; ^ &Quoique les Italiens & les Efpagnols foient reftésloin derrière nous dans la carrière de l'équimtion, il n'en eft pas moins vrai qu'ils nous y ontprécédé, Auffi tenons-nous d'eux la majeure partis


A I Rfigure étant compofée de deux cercles concentriques,dont l'avant-main décrit le plus large, &l'arrière-main articule le plus étroit , il en réfulteque , pour arrondir de deux piftes , une volte régulière, on doit la faire entamer au cheval, de manièreque le premier quart du cercle des épaules,proportion gardée toutefois avec la même divifiondu cercle des hanches, parte, en s'èlevant delàpifte , pofitivement de deffous le timbre du changementde main , & fe termine jufte au milieu dela carrière, que le fécond quart du même cerclecommence enfuite précifément au point où finirlepremier, pour aller, fans rien altérer de fa fupérioritèrelative au cercle des hanches, fe perdredans la pifte parallèle, également deffous l'indicationdu changement de main : que le troifièmequart du cercle de l'avant main , qui doit fortir dupoint où le fécond difparoit, aboutiffe à fon tour,& proportiennément, à celui de l'arrière-main , eni($ AIRde nos termes de manège ; témoins celui de voltes.La fignification de ce mot, qui veut dire marcheren rond , défigne bien, à la vérité, ce que doitêtre cette évolution ; mais il eft diEcile d'avoir uneidée précife , & de la figure qui la caraétérife , &de la manière dont le cheval peut la décrire, àmoins que de fe repréfenter la volte par un doublercirculairement efquifîé fur deux piftes, pendantlequel l'avant-main trace un grand cercle quien contient un plus petit que l'arriere-main defline.A l'égard des conditions requifes pour la fidèleexécution d une volte, voici toutes celles quel'équitation impofe aux académiftes. Premièrement,il faut entretenir le cheval ployé fur le dedans ,ou , ce qui revient au même, qu'il regarde dans lavolte. Secondement, il faut que le cheval fe meuverégulièrement fur deux piftes , en palTant les deuxjambes du dehors par-deffus celles du dedans.Troifièmement, & enfin, il faut , non-feulementque les épaules du cheval entament l'évolution , face du point marqué par la fin du premier quart,mais qu'elles confervent leur fupérioritè fur les & la naiffance du fécond ; enfin que le quatrièmehanches , depuis l'inftant où elles ouvrent la volte, &. d ernier quart du cercle , qui ferme la volte desjiifquau moment où elles la ferment avec le cercle épaules, remette le feul avant-main du cheval dansqu'elles expriment.la pifte q u'il parcouroit, & fur la même furfaceJe crois aflez inutile da m'arrêter à définir les qu'il occupoit. Après avoir mefurè le terrein quefraäions de la volte. Guidé par la defeription que chaque bipède doit embrafler pour former exactementfa volte diftinéle, on eft en état de modifierje viens de faire du produit toial, l'élève peut réduirede lui-même , foit à moitié , (bit au quart, les preflions & les foutiens de la rêne du dehors ,toutes les conditions ci-deffus établies pour l'évolutionentière. Je rappellerai feulement à mes lec­piftes. Ainfi le cheval élargit avec aifance le grandqu'on fait être feule modératrice des airs de deuxteurs que le feul point qui différencie la volte de cercle des épaules, lorfque les preffions de la rênefes dérivés, confifte , ainfi q ue je les en ai déjà du dehors agiffent plus continuement, & d'un tonprévenus , dans l'ufage auquel on les dettine. En plus ferme que les foutiens de la même rène , quieffet, on mène un cheval fur les voltes , ou pour n'ont, dans cette occurence , d'autre objet que dele préparer à changer de main fur deux piftes, ou veiller , en fous-ordre, à la perfeétion du petit cercledes hanches.pour les lui faire exécuter comme air de manège,&, dans ce dernier cas, afin de s'affurer de l'obéiflancedu cheval dont on ne veut pas changer la d'une volte parfaite fert à pofer les limites dansLa connoiffance des quatre points cardinauxdireâion. Au lieu que Fiffue de la demi ou du quart lefquelles les demi-voltes , ainfi que les quarts dede volte étant de replacer le cheval dans la pifte voltes doivent être circonfcrits. Si nous commençonspar efpacer la demi-volte, nous trouverons ,où il travaille, mais tourné de la tète à la queue,chacune de ces portions de la volte équivaut toujoursau changement de main.à la même grande parallèle, tant le premier pointen nous rappellant l'injondlion formelle d'attacherd'où part la ligne circulaire des épaules, que leComment on exécute une volte , une demi-volte, oudernier qui la termine, nous trouverons, dis-je,bien un quart de volte , fur deux pifles.qu'il faut attendre que l'avant-main ait, au moins,Quand on a réellement conçu la combinaifon atteint la hauteur du doubler, avant que d'indiquerproduârice des airs où le cheval fe meut fur deux au cheval, par les effets de la rêne du dehors, lapiftes, on prévoit aufll-tôt la méthode qui commandela manœuvre des voltes, demi-voltes , & mener , de deux piftes , à travers le milieu du ma­demi-évolution dont on fait ufage , & pour le ra­des quarts de voltes. Il eft certain que la parité des nège , & pour le replacer , de la tête à la queue ,conditions entraîne l'uniformité des moyens. Observonscependant qu'il faut afhiellement moduler fuite réduire l'évolution au quart, nous devons pa­dans la pifte où il travailloit. Si nous voulons en-la puiffance des rênes, fuivant le nouveau plan tienter , jufqn'à ce que la fortie d'un coin placequ'on defire tracer; c'eft-à-dire, qu'avec l'intentionde mener, de deux piftes, un cheval fur la lèles. Alors les mêmes temps alternatifs de la rènel'avant-main du cheval fur l'une des petites paral­volte, il faut bien employer des temps de main du dehors repouffçnt féparément chaque bipède ,égaux à ceux précédemment adaptés au changementde main fur deux pifles, mais avoir foin de mettent le cheval, toujours de la tête à la queue,& leur font tracer les deux cercles relatifs qui re­ics proportionner à la figure projettée. Or, cette fur la grande parallèle où il étoit. Le grand principe


A I Rdes évolutions circulaires eft donc de commencerla volte entière dans la partie la plus baffe de lacarrière : ( pl. 2 , fig. 4. ) de faire cheminer un peuplus loin le cheval qu'on veut ramener par unedemi-volte : ( pl. 2 , fig. 5. ) finalement, de quitterabfolument une des deux grandes parallèles , lorfqu'onveut y rabattre par un quart de volte. (Pl. 2,ng. 6. ) Ce font ces deux fraäions de la volte, quiconftituent ce qu'on appelle au manège des changementsde main étroits. Au refte, quelque projetqu'on ait, en exigeant des airs de deux pilles , leurméthode doit donner une confiance aveugle dansles règles de l'équitation , qu'on apperçoit continuellementémanées des mouvements naturels aucheval.Le pajfage.Au fortir de la première clafîe des airs de manège,on n'a pas une feule exeufe admiffible pourrefufer l'effai des airs qui compofent la fecondeclaffe. Prévenu, comme on l'eft, dès l'introductionau travail, que la différence entre les airsterre à terre & les airs relevés provient uniquementdu plus ou du moins d'atiivité qu'on met à l'exécutionde ces derniers, il ne s'agit que de fçavoiramalgamer aux leçons précédentes la quantité d'actionqui permet de les redemander toutes les cinqau paffage, ou feulement quelques-unes d'entr'ellesù la galopade. Or, je demande quel eft l'élève,ayant déjà franchi la diftance qui fépare le pas ordinaired'avec le pas d'école , qui n'appréciera pasl'intervalle qu'on trouve entre le trot & le paffage ?Qu'on m'accorde encore une queftion, & je demanderaice que c'eft que le paffage ?Ce que c 'eft que le pajfage.Les élèves inftruits ont rai fon de répondre :Vufage autorife d'appellar paffage le premier desairs relevés, comme il eft reçu de nommer, pasd'école , le premier des airs terre.à-terre. Cependantil eft de fait que ni l'un ni l'autre ne fontintrinsèquement des airs de manège, mais bienune enveloppe élaftique avec laquelle on entoureles figures effentiellement caraétèriftiques dutravail, telle que l'épaule en dedans, pour l'avantmain; la h anche, ou les deux bouts en dedans ,pour l'arrière-main ; & , pour tout l'enfemble ducheval, les changements , contre-changements demain , renverfements d'épaules , voltes , demivoltes,quart de voltes, tête & croupe au mur. Enconféquence on définit le paffage, un trot artificiel,moins vite , & plus tilde que le trot naturel,afin d'être auffi plus élevé, mais qui lui reffembleabfolument par la combinaifon tranfverfale desquatre jambes que le cheval enlève également deuxpar deux.Comment on met un cheval au pafraçe.Si, clans les éléments , c'eft l'allure tranquille dupas Ordinaire qui donne le temps de difpofer lecheval aux allures knçées du trot &du galop natu-Equitation, Efcrimt & Dar-fe,/A I R 1 7rei, le pas d'école doit être l'origine de toutes lesallures artificielles qu'on veut indiquer au chevalpendant le travail. Ainfi, lorfqu'après un raffemblerexadl des deux colonnes vertébrales refluéesau centre , le cheval, venu dans la main , affis furles hanches, eft en outre ployé fur le dedans, dupas d'école on le met au partage , en fe fervant dela mefure économique des demi arrêts pour réglerle degré de prefieffe du trot faäice, & qu'in accourcit.Se qu'on exhauffe.Manière de conduire un cheval au paffage.Quant à la direflion dii cheval qui répète aitpafl'age les différentes évolutions dont on a ci-devantpris connoiffance, & qu'on vient de lui faireexécuter au pas d'école , tout eft prévu. Que lesdeux bipèdes fc fuivent parallèlement dans la pifte :qu'on en forte, tantôt l'avant tantôt l'arrière-main :qu'on mène le cheval, combiné de deux piftes,fur des lignes droites, obliques, diagonales, oucirculaires, c'eft toujours en raifon de la mêmeméthode que les mêmes procédés ordonnent lesmêmes aâions, à la vîteffe près. Cette dernièreexception annonce la fubflitution obligée du piafferau manier en place.Du piaffer.On a lu dans l'introduélion au travail : le manieren place, ainfi que le piaffer, font des arrêts élégants,imaginés pour terminer les airs , fans leidéparer. Nous fommes donc bien avertis de ne jamaisfortir une finale du ton de Vair a uquel onl'adapte ; conféquemment nous fommes prévenusde former, avec les temps vivement battus dupiaffer, une efpèce de cadence analogue au tri dedu paffage. Voyons adhiellement ce qu'on entendpar le mot piaffer.Ce que c'eft que le piaffer.Touts les diSionnaires définiffent le piaffer une démarchefière & d'une médiocre étendue. Le piafferdu manège a la même lignification ; mais, puisqu'onle defiine à préparer l'arrêt du paffage , il doit, Sepré ferner, & conferver la combinaifon tranfverfaledes deux jambes toujours enlevées à la fois, à telpoint d'exaflitude qu'on puiffe appe ler le piafferun paffage accourci.Comment on met un cheval au piaffer.En confiant aux élèves la clef des /efforts quifont agir le cheval de tête,-on leur enjoint la plusgrande circonfpeêiion dans 1 ufage qu'ils en feront.Il n'eft pas une école de cavalerie où l'on ne profeffejournellement cet axiome, la fauve-garde detous les chevaux de travail, que la fujétion foit lamefure de vos leçons, Ainfi la prudente réduéliond'un paffage ménagé donne le piaffer : ainfi laprompte dégradation du piaffer amène le manier enplace, qui, lui-même , cède bientôt à l'arrêt défi-;nitif.


zlgA IRLa Galopade',Les airs relevés prouvent autant la ionpleffe & lafoumiffion du cheval dreiTà, que les progrès, l'at--îention & la finefl'e du cavalier inRruit. Un élève ,qui les demande avec intelligence & précifion ,femble dire aux tpeflateurs : On m'a fi bien initiédans l'art d'apprécier & de régler les différentsmouvements du cheval , que toutes fes a étionsm'appartiennent. En balançant adroitement lespuiflances avives de mes jambes égales parla retenuemotivée dé ma main , j'ai fçu refferrerle pasd'école , quoique déjà cadencé, jufqu'à l'élever autri de du partage. N'efl ce pas à la même additiondes demi-arrêts que je dois la fubftitution ingénieusedu piaffer a u manier en place ? Eh bien ,nonobftant la déposition de ces vérités, fi vousn'êtes pas encore perfuadé del'efficacitédes moyensque l'éqiïitation employe pour enchaîner la volontédu cheval, la galopade va vous convaincre qu'il eftpofîible d'engager ce même cheval à prendre, ens'élevant, l'efpace qu'on lui refufe en s'étendant.Ce que c'efl que la Ga lopade.La galopade , autrement appellee le galop demanège , offre une répartition abfolument conformeà la combinaifon qui crée le galop ordinaire,Même préparation , même exécution. Mais l'allurediffère d'avec l'jir par l'étendue du terrein qu'ilsembraffent. En effet, à la galopade , au moyend'un raffembler plus exaél, Varrière-main enlèvedavantage l'avant main : elle le retient aulfi pluslong-temps au centre : enfin elle l'en décoche pluslentement qu'au galop ; enforte que le cheval, quife rabat d'une manière plus écoutée, marque diftinäementune mefnre à trois temps, dèlicieufepour les oreilles fenfibles & délicates , dont lajambe de devant du dedans fait entendre le preinier temps ; dont les jambes de devant du dehors& de derrière du dedans battent enfembie le fécond; & dont la percufiîon de la jambe de derrièredu dehors frappe le troifième.Comment on embarque un cheval à la galopade.Puifque , du galop accourci, on fait ta galopadeélevée, à quoi ferviroit de retracer ici tout ce quieft écrit dans la quatrième leçon des éléments. Ilvaut infiniment mieux, Suivant moi, remettre fousles yeux de mes leéleurs les points d'appui queprend forcément un cheval qui galope , quelle quefoit la diftance & la dirsétion de l'allure , afin dechoillr avec difeernement parmi les airs qu'on ajjremiènement efquiffés au pas d'école, dont on afait enfuite une heureuié rép 'tition au partage ,ceux qui, fans nuire aux enlevers du bipède dedevant, favorifent les chaffers du bipède de derlière.Or nous avons invariablement éprouvé queles marte; ne refluent du dedans fur le dehors pendantla préparation du galop, que pour finer avecplus d'abondance du dehors fur le dedans pendantA I Rl'aSion. En conféquence toutes les évolutions cille cheval exécute de dehors en dedans , c'eft-à-direoù les deux jambes du dehors chevalent alternativementcelles du dedans, fympatifent avec la doublerépartition du galop. En effet, fi la jambe dedevant du dedans , arrivée la première à terre poury attendre le retour des martes lancées du dehorsfur le dedans , fert alors de pivot à la jambe de devantdu dehors ; d'après la feule combinaifon dugalop, la jambe de derrière du dehors fe précipitedeffous le centre , & par-deffus cel le du dedans ,pour y recevoir les maffes enlevées du dedans furle dehors.Quelles font les évolutions que le cheval peut répéterà la galopade , avec la définition & exécution despajfades.Le cheval peut donc entreprendre, à la galopade, l'air intitulé la hanche , ou les deux boutsen dedans. 11 peut auffi changer & ccntre-changerde main fur deux piftes. Il peut encore arrondir unevolte entiere , en décrire feulement la moitié , eubien exécuter au galop le quart de volte, commeon a coutume de le tracer au pas d'école & au paffage, ce qui conftitue la demi-volte à pirouette.Enfin il peut galoper, & trés-fûrement, la tête aumur. Au lieu que tout s'oppofeà ce que le chevalfe livre à l'épaule en dedans, au renverfement d'épaules; & même, qu'en galopant, il effaie de lacroupe au mur , quoique la figure en foit deiïïnéede dehors en dedans , à moins cependant qu'iln'aille & vienne en paffades. Les combinaifons rctrogradéesde l'épaule en dedans & du renverfementd'épaules ont une affinité fi palpable avec leserreurs du galop , qu'elles préfentent abfolumentdes dangers égaux , ce qui me difpenfe d'étayerleur exciufion par aucun raifonnement. Mais jedois à mes lefteurs les motifs du refus conditionnelque je fais de la croupe au mur pendant la galopade.Outre l'impoifibilité phyfiquement avérée dedivifer cette leçon avec des changements de mainconnus & ordinaires, je m e fonde fur l'obligationétroite où le cheval fe trouve de ne prendre lescoins qu'en fouettant les hanches : obligation à laquelleil ne peut fe foufiraire, telle régularité qu'ilobferve fur la longueur des pißes, par la raifoaque la croupe file le long du mur. Il réfulte effectivementde cette pofition inverfe , que plus ungalopeur entretient, à la croupe au mur, le planoblique de fes deux bipèdes, lorsqu'ils fraient dedeux piftes , & du dehors fur le dedans , les quatreparallèles du manège, plus la prife des coin î'expofeà fe coucher fur le dehors , puifque, quatre foispar tour de manège, le cheval eft dans la fà cheufenéceffué de rabattre le bipède de devant du dedansfur le dehors, afin que le bipède de derrière, enfe diligentant feul du dehors fur le dedans, traceexclufivement le deflîn des angles. La fècurité renaîtquaad on a la précaution de mener en paffades.


A I RMaïs , diront quelques lefleurs, faites-nous doncconnoître ces palTades tant préconifées.Les paffades de manège font des allées & venuesd'un mur à l'autre , qu'on fait réitérer au cheval, en le menant & le ramenant toujours fur unemême longueur, & fans le changer de combinaifon; confequemment, fans lui permettre, ni lepafTage d'aucun coin , ni la traverfee d'aucune diagonale.Cette explication dévoile l'intention denos premiers maîtres , dont le but, en créant les bette, le mezair, la croupade , la ballotade , la cabriole, le pas & e l faut, autrement appelle le ga­paflades, étoit plutôt de donner une fuite à lacroupe au mur, que de former un nouvel air de lop gaillard.manège : témoin l'exemple bien récent que nousLa PefaJe.en fournit la dern ère leçon du travail terre-à terre,où le cheval reftoit à la même main, fans le fecours On reconno't la pefade, premièrement à ce qued'une palla de prolongée. En effet , les paffades le cheval , cramponné fur l'arriére-main , enlèveétant privées de toute efpèce de combinaifons particulières, ne font, à vrai dire , que des répétitions entretient la pofition perpendiculaire de fa tête ;très-haut l'avant main ; fecondement, en ce qu'ilaffez melquines des airs dont elles offrent l'image , troifièmement, à ce qu'il rettoti lie avec foin lestantôt à la première , tantôt à la feconde main, deux jambes de devant, en ployant également lesMais voyons à nous en fervir pendant que le chevalgalope la croupe au mur, pour efquiver , & la bipède de devant, fans que le bipède' de derrièredeux genoux ; quatrièmement, à ce qu'il rabat leprife des coins, & les changements de main. change de place.On conçoit que les paûlàdes d érangeroient infailliblementle plan des leçons auxquelles on lesZa Courbette,adapte, fi elles n'avoient pas également lieu furLe cheval qui fait une courbette enlève l'avant-"une & fur deux piftes , & , encore , fi elles ne fupportoientpas indifféremment tous les degrés d'ac­main avec les mêmes précautions , mais un peumoins haut qu'à la pefade. Lorfqu'il ramène à terretion que les airs de manège peuvent parcourir.les deux jambes de devant, on voit celles de derrièrecouler enfemble deffous le centre, afin deAuffi, exécute-t on des paffades au pas d'école; lesdemande-t on au paffage : les incorpore-t-on à lafournir une nouvelle affi ette à l'avant-main que legalopade , ( ce font ces dernières que les ancienscheval élève pour une feconde courbette, &ainfiauteurs appellent des paffades furieufes à la fra n-de fuite.çoife ) ; le point eflemiel eft de retourner affezLe Mezair,promptement le pli de l'encolure , avant que deramener le cheval fur lui-même, pour qu'il reviennedans une répartition intérieure, & avec uneSi le nom de ce ttoifième des grands airs annoncequ'il eft mixte, ion rang indique qu'il tientcombinaifon extérieure tout-à-fait femblable à celledu premier & du fécond. En effet, au mezair, ouqu'il avoit en allant. Au furplus, je trouve qu'unmoitié air, l'avant-main s'éleve comme à la pefade, & auffi tôt que le bipède de devant revient àélève fait autant preuve de goût, quand il s'abftientdepaffader au pas d'école & au paffage, qu'il terre, le bipède de derrière , qui s'élève à fon tour ,montre de favoir, lorfqu'il redoute les paffades à& parvient prefqu'au même niveau , n'en glifle pasla galopade , où la plus légère omiffion du cavaliermoins délions le centre comme à la courbette , &diftrait , comme la moindre réticence du chevalavec le même but. En conféqusnce le mézair porteinquiet occafionne des chûtes promptes & prefquele cheval en avant par une efpèce de galop à deuxinévitables.temps alternativement égaux.DES GRANDS A T RS ,ou airs reUvés.Tous les exercices gymnafliques Ce ter minent©rdinairement par certains tours de force, plus brillantsqu'utiles, qu'on.regarde néanmoins comme lefceau du grand talent. L'équitationn'eft pas exemptede pareilles effervefcences, & ce font les bondsréglés d'un fauteur en liberté qui compofent latroifièmç & dernière claffe de s airs de manège ;enforte qu'on franchit, avec les grands airs , cettemême carrière où l'on a paifiblement débuté par)es éléments. Telles défordonnées que paroiffentA I & 19les a (lions impétueuses du cheval qxi'on excite àfauter en liberté , l'art fait lui faire refpeâer leslois naturelles , & les grands airs , au lieu de pré-(enter les réfultats diffus d'une imagination égarée ,confervent entre eux une hyérarchie méthodique ,dont voici la nomenclature, l'cnchainement & ladefeription.Le cheval a la faculté d'exécuter fept fauts différemmentcombinés; fçavoir, la pelade , la cour­La Croupade.La croupade eft un faut où le cheval bondit affezhaut pour enlever les quatre jambes à-la-fois , &les tenir un inftant cachées fous fon ventre, enployant autant les genoux que les jarrets.La Ballotade,Le balloteur fait un bond femblable à celui de lacroupade. La différence eft , qu'après avoir retrouveles quatre jambes , le cheval fe contente debiffer deffous lui celles de devant, & qu'il préfenteles deux pieds de derrière, comme s'il étoitCi,


2 0 A I Rdans l'intention de lâcher une ruade, qu'il ne détachepourtant pas.Li Cabriole.Il en arrive autrement, lorfque le cheval fauteà cabriole. Non-feulement il s'enlève à la mêmehauteur que ceux qui fautent à croupade ou quiballotent ; non-feulement il retrouffe, comme eux,les quatre jambes deffous lui, mais, avant que deretomber , il allonge réellement les deux jambes dederrière, avec lefquelles il lance une vigoureuferuade. C'eft ce que les académifles appellent s'éparer, ou nouer l'aiguillette.Le pjs £> le faut, ou le galop gaillard.Quoique la cabriole (bit le plus hardi de tous lesfauts, on trouve cependant quelques chevaux enétat de la réitérer. 11 eft vrai que même les plus robuftesfont obligés de reprendre haleine. Auffi fontilsfuivre une cabriole par un ou deux pas ordinairesqu'ils emploient à fe préparer pour une autrecabriole. Ce font ces temps fautés, puis marchésafin de pouvoir encore fauter, qu'on nomme lepas & le faut, ou le galop gaillard.Analyfe des grands airs.En avouant que les grands airs de manège ontleur origine dans les défenfes du cheval, j'ajouteraique la peur a fouvent fait redouter des fautsfans conféquence , faute de favoir diflinguer unercfiliance opiniâtre d'avec une gaieté de jeuneffe ,ou d'avec un élan de vigueur. Il faut donc , avantque d'aller plus loin , établir les fignes fenfihles desuns &des autres , qui ne font ni difficiles à connoître, ni longs à décrire.Lorfqu'un cheval irrité faute de rage & de fureur, la tête en Vair, les genoux tendus , dreffé furfes jarrets , n'écoutant que fa fougue, il paroîtméprifer fa propre confervation pour fe défaire ducavalier qui l'incommode. La colère l'aveugle quelquefoisà tel point, que d'horizontal il devient perpendiculaire, ce qu'on appelle faire une pointe.C'eft alors qu'on court les plus grands dangers ;car le cheval qui s'enlève hors de la main , & lesdeux jambes de devant en Vair, n'a pas toujours lapoffibilité de rattraper l'équilibre qu'il perd avecle défaut d'oppofition entre les mafles de l'avant &de l'arrière-main. Nous trouvons un exemple ducontraire dans l'efquifle du premier des grandsairs. On a vu le cheval à pelade fe darder iur lesdeux jambes de derrière, mais, placé dans la main,Tetrouiïer enfuite les deux jambes de devant, enployant les genoux ; enfin retomber doucement,parce qu'il a fu conferver, même en l'air, la figurehorizontale qui fait fon apanage à terre. Eh bien ,d'une pefade la mieux étudiée, rien de fi facile quede former une pointe effrayante. Sortons un momentle cheval de la main ; au lieu de laifler lesdeux jambes de devant retrouffées , portons-les àla fuite 4e la tête déplacée, & voilà le cheval plusA I Rd'à-moitlé renverfé. Conclusion : la fituation dela tête du cheval fert d'interprète à fes volontés.Refie-t-elle perpendiculaire au bout d'une encolurearquée, le cavalier plein de confiance doit feulementélaguer £< diriger l'adiion du cheval, peutêtreun peu trop ardent, mais cependant fournis ;tandis qu'il faut promptement appaifer celui dontla tête, ou brufquement lancée, ou malicieufementplongée , n'annonce que le défefpoir & larévolte. Je retourne à mon élève , qui n'att end quedes confeils pour exécuter les grands airs de manège,en obfervantaux leâeurs que , fi je m'abftiensde parler ici des moyens préfervatifs contreles défenfes du cheval , c'efl: que j'en réferve laméthode pour la quatrième partie de cet ouvrage 9ou j'enfeigne l'art de dreffer les chevaux.Exécution des grands airs.Je fuppofe le cheval fuffifamment préparé ; conféquemmentdans la main & affis. Eft-ce alors unepefade qu'on veut lui demander?De la Pefade.On augmente par degrés les puiffances co ntradidloiresdes jambes & de la main , jufqu'à ce quela réaétion d es deux colonnes vertébrales occalionnece gonflement du centre, qu'on fait être leproduit ordinaire de Vexait ralTembler. Comme onfait encore qu'il eft dangereux de lailfer fuhfiftercet état de contrainte, & que, vu la circonftanceaâuelle, il y auroit une inconféquence évidentede permettre au cheval d'en forti r , en étendantfon avant-main , on fe hâte de préfenîer à la colonnede devant une iflue ouverte de bas en haut,afin qu'obligée de fuivre la direéiion verticale desrênes, elle les traverfe , en s'élevant. Pour celafaire , avec les deux jambes également étendues &fermées hermétiquement, l'élève arrête à demeurela colonne de derrière déjà coulée deffous lecentre, &, avec la main légèrement gliffée le longdu corps un peu renverfé, puis doucement remifeà fa place , il enlève & rabat le bipède de devantfolidement appuyé fur le bipède de derrière qu'ila fixé.De la Courbette,La pefade eil aux airs de la troifième claffe , ceque le pas d'école eft à ceux de la première & dela feconde, c'eft à-dire que , de telle manière qu'o ndefire fauter, on ne doit jamais manquer d'en reveniraux combinaifons provifoires de ce premierdes grands airs, comme étant la bafe des fubféquents.A'mfi ce font toutes les conditions préliminairesde la pefade, mais cependant mitigées , quidifpofetit un fauteur à faire des courbettes. Àuflitôtque le cheval enlève la colonne de devant, lecavalier obferve de baiffer la main, & les jambesI & 2, moins élevées à la courbette, embrafléntaufli plus de terrein qu'à la pefade- A peine l'avantmaina t-il touché terre , qu'une nouvelle prelîioa


A I Rdes jambes égales du cavalier excite l'ondulation dela colonne de derrière. Alors les jambes 3 & 4 ,précipitées deßbus le centre , reprennent une politionqui met l'arrière-main en force pour Contenirun fécond enlever des mafles .& le cheval en étatde fournir une feconde courbette.Du Mé^air,Les grands airs , ai-je dit dans VintroduSion autravail, font plutôt le réfultat de la force que de lavolonté du cheval. En effet, au moyen de ce quetous les airs de la troifième clafl'e ont une préparationcommune, on conçoit que l'obéiffance ducheval dépend moins de fa réfignation & de famémoire , que de la quantité de comraélion aveclaquelle il fe raflemblo. Or la chance que donnecette feule circonftance intérieure , qui tient abfolumentau phyfique de l'animal, laiffe quelquefoisle fauteurau-deflbus de l'élan qu'on en attend, &d'autres fois le lui fait outre-palier. Qui peut doncalîurer qu'un cheval, fi bien confirmé qu il foit auxairs de la dernière clafl'e , ne rendra pofitivementque l'efpèce de faut qu'on cherche à lui dérober ?Quant à nous qui venons de mefurer, échelon àéchelon , les fept diftances auxquelles un chevalpeut s'exhauflér, connoiiïant le petit efpace qui lesîepare , à peine répondrions - nous d'exécuter, àcommandement, une pefade au lieu d'une courbette,&, cependant, ces deux premiers des grandsairs ne font que le prélude des cinq autres. Malgréla rareté des chevaux allez heureufement conßituespour rifquer tous les genres de fauts connus,comme il s'en rencontre , je vais achever d'écrirela méthode qui les leur fait entreprendre.Nous en fommes au mézair', où le cheval élèvealternativement fes deux bipèdes ; favoir, les jambes1 & 2 à l'inftar de la pefade , & celles 3 & 4un peu plus haut qu'à la courbette. En conféquence,lorfque, du haut d'une pefade , la main lâche lacolonne de devant , la prelîion augmentée desjambes égales doit engager la colonne de derrièreà dépafler le point d'élévation marqué par la courbette.C'eft ainfi qu'au mézair le cheval prend unmouvement régulier de bafcule , allant de l'avantà Varrière-main , & revenant de l'arrière à lavantmain.De la Croupadc.Puifqu'on enlève un cheval à pefade, en calculantla retenue de la main fur l'affujettifTement desjambes également fermées ; puifqu'on mène uncheval à courbettes, en motivant la retenue de lamain fur l'aéiion des jambes , d'abord fermées ,mais enfuite modérément prefTées ; puifqu'on metun cheval au mefair, en augmentant féparément lavaleur de ces deux pui(Tances, qui parlent alorsavec autant d'énergie, tantôt à l'une , tantôt àl'autre extrémité du cheval, il ne nous relie donc ,pour demander la croupade , que le feul expédientde refferrer les deux colonnes vertébrales , & dansA I Raila main retenue, & dans les jambes égalementpreflées , jufqu'à ce que la convexité du centreoblige le cheval à s'échapper par un boad desquatre jambes enfemble.De la Ballotadc,Voilà certainement le cheval encore à la difetétiondu cavalier. Avec la pefade , on ébranle lesfeules jambes de devant. Aux courbettes, on difpofel'arrière-main à fu ivre , quoique de loin , lesélans de l'avant-main. Le mézair exiße, parce quechaque bipède fait un e (Tort d'imitation , qui leporte alternativement à la même hauteur. Nousfortons de la croupade , où le débordement ducentre attire à-la-fois les quatre jambes en Va ir.Trouvons adtuellement un moyen, indépendant dela main & des jambes égales du cavalier, pouravertir le fauteur à croupade de fe métamorphoferen balloteur. Or ce moyen ed la gaule tenue dansla main droite. En effet, pendant qu'on préparel'enlever de la croupade , il faut adroitement paßerla gaule entre le corps & le bras droit, de manièrequ'elle arrive perpendiculairement au-demis de lacroupe. Dans cette attitude , on guette l'inliant oùle cheval fe darde à croupade, & alors , en laiflantlégèrement tomber la gaule fur l'arrière-main, onpeut efpérer de fentir le cheval , prévenu plutôtqu'attaqué, répondre par la feule intention de laruade.De la Cabriole,Mais, à la cabriole , il n'eft plus queftîon de ménagement.Qu'un cheval fortement comprimé dansla main & les jambes égales du cavalier s'enlève ,que ce foit à croupade, que ce foit à ballotade , onle frappe vivement fur la croupe , afin d'obtenir ,malgré fon élévation, une vigoureufe ruade, qu'onregarde à jufte titre commele période de la force& de la légèreté., Du pas & le faut, ou du galop gaillard,La définition de ce dernier des grands airs tientlieu de méthode. Ainfi je termine la troifième Sedernière clafl'e des airs de manège, en répétantqu'il eft toujours indiferet, & fouvent dangereuxd'épuifer la bonne volonté du cheval.DES AI n S BA S, (DUPATY).Des Voltes de deux pißes.Un des grands avantages des deux manières qnenous venons de donner de paffer le coin , eft d'acheminerle cheval à manier fur les voltes, & furles voltes renverfées.Dans la leçon de deux piftes d'un mur à l'autre,le cheval parcourt deux lignes droites parallèles,l'une fuivie par les épaules , & l'autre par leshanches : dans la volte, ces lignes font circulaires.Dans la volte ordinaire, les épaules parcourent k


2.2 AIRgrand cercle : c'eft le contraire dans la volte renverfce.De la Folte,lorfqu'un cheval fait bien aller d'un mur àl'autre, on peut le travailler fur les voltes: lesmêmes opérations font employées, & le chevaldoit être difpofé de même, toujours plié, arrondi,foutenu , & fur-tout les épaules allant les premières.J'y réuflîs en les portant fans cefle , & enfixant les hanches, par leur enlever. La main, parcette aäion, arrête & fait tourner le devant, tandisque le derrière foutient & porte , étant maintenu& dirigé par mes deux jambes. Plus la volteeft ronde, & plus les pas l'ont égaux ; plus alorselle cft près de fa perfeâion. Mais cela n'eft pointaifé, & fouvent l'on eft obligé de porter lesépaules en dedans , parce qu'après quelques pas ,les hanches fe trouvent les précéder un peu.Comme les changements de main donnent moinsde peine aux chevaux , que le travail de côté :de même les voltes larges les fatiguent moins.Le temps & la patience conduiront à les faire d'unebonne proportion.Je ne donne cette leçon que lorfque le chevalfait bien les précédentes. Entreprendre de l'exécuterpar d'autres voies , & plutôt, ne me paroîtpas propre à le conduire au bel à-plomb, & à l'yconfirmer. Car travailler d'abord les hanches endedans, c'eft une de ces leçons propres à l'affbupliffememdes reins, il eft vrai, mais contraire audroit & au beau pli ; & j'exhorte de l'employerrarement fur des chevaux que l'on peirnialTouplirfans cela. On doit confidérer l'équilibre comme fieffentiel, qu'il faut toujours chercher à le con feverdans le cheval ; & il le perd toutes les fois qu'il ales deux bouts dedans, & que les hanches vont lespremières.De la Volte renverfée.Si l'on fait décrire au cheval plié & arrondi deuxcercles , dont celui que parcourent les épaules foitle plus petit, & que l'animal regarde fon chemin ,on exécutera cette leçon. Les opérations employéespour palier le coin à celle de la croupe au mur ,font les mêmes dont on fe fert ici.Ce travail n'a d'autre avantage , que de fixer lesépaules dans leur fituation, & de les obliger à femouvoir fans embracer beaucoup de terrein. Cetavantage eft peu confidérable : néanmoins cetteleçon, donnée rarement & avec diferétion, nenuira pas à l'animal.De la Pirouette à plufieurs temps.La pirouette eft une volte que le cheval fait furlui-même , enforte que le pied de derrière de dedanslui fert de pivot, & il ne quitte , pour ainfidire , pas le terrein qu'il occupoit au premier pa$,quoiqu a chacun des fuivants il doive remuer, &marquer fa battue.A I RPour comprendre ceci, il faut ne pas oublierque dans la volte de deux pilles, chacune desjambes du cheval décrit un cercle, ce qui fait quatrecercles concentriques ; mais le plus étroit de cescercles eft éloigné du centre autour duquel ilsfont décrits : dans la pirouette , ce centre eft couvertpar le pied qui fert de pivot. On conçoit ladifficulté d e cette leçon, qui exige de la fouplefle& de la vigueur de la part du cheval, delajufteffe& de la fureté de la part du cavalier.Pour acheminer le cheval à cette manœuvre , jele travaille longtemps fur les voltes ordinaires queje rétrécis de jour en jour , jufqu a ce qu'enfin jeparvienne à les lui faire exécuter fur lui-même.Alors mes aélions pour le contenir font celles-ci :je fixe extrêmement les hanches du cheval par l'enleverdes deux rênes , qui porte tout le poids furla croupe ; je fais marcher le devant en portant lamain en dedans,mais fans vouloir forcer l'aélionde la rêne de dehors, fous prétexte de faire mieuxcheminer les épaules, car cette rêne trop agiffanteles retarderoit ; puis avec ma jambe de dehors , jegarde les hanches & les empêche d'échapper,tandis que celle de dedans fait mouvoir le pivot,& contient le cheval dans fon à-plomb & dansfon pli..Cette leçon bien exécutée eft très-utile pour laplus grande obéiffance du cheval ; el le lui apprendà tourner pour la main de la bride, avec promptitude& fureté , & elle eft très-bonne pour leschevaux de guerre. Mais fi l'on veut bien exécutercette leçon, la principale attention qu'on doit avoirfera de ne point fe preffer, & fur-tout d'éviter quepar l'aélion trop forte de la main , le cheval ne recule, & ne puiffe contenir fes hanches.Dans toutes les opérations de l'enlever de lamain , l'homme habile calcule fa force avec l'objetqu'il fe propofe : là où il ne s'agit que d'enlever ledevant, il n e travaillera pas comme s'il fe propofoit,après l'avoir enlevé, d'en charger les hanches ,à l'effet de les arrêter & de les fixer. Il y a desdifférences de taél & d'aflions , que la pratiquefeule apprend : nous ne pouvons qu'avertir qu'ellesexiftent, fans pouvoir les décrire.Touts ces mouvements demandent, de la partdu cavalier, une a Alette ferme, a durée & moëlleufe,que rien n'ébranle & ne dérange. AlTiettequi ne s'acquiert qu'à la longue ; car les mouvementsde côté font très-propres à faire varierl'homme fur le cheval. C'eft par le liant & uneenveloppe douce , que l'on réuflit : la force déconcertele cheval, & le fatigue mal-à-propos.De Li demi-Volte au galop.On peut changer de main, comme je vais ledécrire, & alors ce fera un changement en demivolte.Après avoir paffé le premier coin , prenezenun fécond fur la ligne du milieu du manège;de là portez de côté en alongeant, jufqu'à l'endroitordinaire du fermer & de la reprife, Ce coin fq


A I Rprend comme les autres, feulement on doit avoirattention de ne pas laifî'er échapper les hanches entournant.Di la Volte au galop,La volte au galop, quoique plus difficile quecelle que l'on fait au paflage , s'exécute par lesmêmes règles & demande les mêmes conditions.Elle s'entame comme un changement de main ; &la reprife le fait comme au fermer.Ce travail eft plus difficile à exécuter qu'à décrire: peu de chevaux font en état de le fournir ;peu font affez bien drefles pour travailler d'aifance ;& un petit nombre d'écuyers ont le talent requispour donner cette leçon.Dans toutes les leçons au galop de deux piftes ,on doit donner peu de pli pour mieux tenir l'épaulede dehors ; & la jambe de dedans de l'homme doitbeaucoup porter en avant.De la Pirouette au galop.Les pirouettes au galop ne conviennent qu'à deschevaux très - nerveux & extrêmement fouples ;elles s'exécutent par les mêmes principes que cellesqui fe font au paflage.Touts ces travaux caraâèrifent le maître, & exigentun talent & un ta£l fupérieur, & fur-tout desnatures de chevaux très-rares aujourd'hui.Après avoir aflbupli le cheval , & l'avoir renduobéiflant à toutes les leçons précédentes , il eftagréable de le rendre brillant, autant que fa naturele permet. 11 le devient par la cadence de fes battues, par l'attitude de fa t ête, & par la fierté defon regard. S'il eft bien d a-plomb & a flu ré fur fesjambes , il les remue avec vigueur. Il les enlèveavec vivacité, il les pofe fur le terrein avec Iiardiefle& avec bruit. Les fons qui réfultent de fespofées, forment la cadence. Moins chaque jambeembrafle de terrein , plus alors les pereuffions fontprès les unes des autres : ces intervalles moindresproduifent une m e fu re plus vive.Du Pajfage.Si l'on delire mettre le cheval au paflage , c'eften raccourciflant fon trot, en l'obligeant de fe foutenir,& en excitant fon ardeur, qu'on formeracet air. Touts les temps en doivent être égaux ;l'harmonie & la mefure ifochrones feront continuesfans ralentiflement. A chaque pas, le chevalembraflera un terrein égal ; & fi l'on eft obligéd'en diminuer l'étendue dans les diverfes évolutions, l'oreille du fpeélateur ne s'en appercevrapas.Si la nature n'a donné des difpofhions & une cadencenaturelle au cheval, jamais cette cadencene deviendra brillante , quelque réglée qu'elle foi t.Chaque animal a la fienne; il convient de la perfeclionner,mais non de la changer.Le cheval dant l'allure aura été très-raccourcie,& rendue brillante, pourra alors piaffer,A I R 2 3Du Piaffer.Le piaffer eft un paflage en place , animé, & bienen avant. L'homme ne doit pas avair befoin de labride pour bien exécuter cet air ; car le chevaldoit manier de lui-même, en confervant fon attitude& fon à-plomb.Rien ne met plus les chevaux en équilibre, queces deux airs ; les refforts jouent à-peu-près dansla même place ; & l'homme fe plaît à les manier,lorfque la cadence eft obfervée. Mais il ne faut pasen abufer, car ils deyiendroient pénibles au cheval.Du Tern-à-Terre.Le terre-à-terre eft un galop de deux piftes. Lecheval lève les deux pieds de devant, les remet àterre , en portant de côté l'avant main , puis il enlève& pofe de même l'arrière-main ; ce qui faitdeux temps très preffés & très-vîtes.A moins qu'un cheval ne foit très-fouple , bienmis, & d'un caraâère gai, je ne confeille pas d'effayerdu terre à terre ; car cet air demande beaucoupde jufteffe & de vigueur dans le cheval. S'ilne fuit pas bien librement les talons au paflage ,en fe foutenant de lui-même, & en gardant fabonne pofition, il n'a pas encore les principes quile conduiront à cet air. S'il execute bien tout letravail de deux piftes au paflage pour la jambe dededans, alors il fera temps d'effayer. Je m'y prendsainfi.Après l'avoir manié quelque temps fur les deuxpiftes , je le renferme un peu plus ; je retiens larêne de dehors pour diminuer un trop grand pliqui s'oppoferoit à la liberté du cheval ; puis je lechaffe de la jambe de dedans en l'animant, afinqu'il parte au galop de côté. Si les hanches ne fermentpas comme il faut, je ne fais aucune difficultéd'employer , dans les commencements , l'aidede la jambe de dehors , que je diminue à mefureque le cheval prend du plaifir à la leçon , & quecet air lui devient propre. Alors il exécutera prefquede lui-même, étant maintenu par l'équilibre& la belle pofition de 1 homme.L'animal accoutumé à cet air, peut y travaillerfur toutes fortes de figures, & fur-tout les voltes.Rien de plus beau qu'une volte en terre-à-terre,bien jufte & bien paflee ; mais cela eft ft rare ,qu'à peine en voit on de compiette : on envoiecependant des portions, qui donnent l'idée de latotalité.Du Mèçair.Ce que le terre à ferre eft de côté, le mézairl'efi fur 1s droit : un galop à deux temps bien frappés.Le mézair eft une gaîté du cheval dans laqueleil enlève le devant à une médiocre hauteur, lepofe preftement à terre en même temps qu'il couleles hanches fous lui avec promptitude & vigueur,


5.4 AIR.Si !e cheval ne fe préfente de lui-même à cet air,il fera difficile d e l'y mettre ; mais fa foupleffe ,& fon feu naturel , jui en donneront quelquetemps. En le ménageant & en lui laiffant du repos,fa gaîté fera plus agréable , & il prendra quelquespas de mézair.Pour entretenir le cheval à cet air, on peut feftirvir des aides fuivantes : enlever légèrement dela main, & laiffer tomber moelleufement lesjambes près du corps pour lui donner «ne chafîedouce & fuivie : on doit fur-tout être affuré dansîa felle. De cette manière on pourra y accoutumerle cheval. Mais la gaîté une fois paffée, il n'aplus le même agrément.J'ai mis cet air à la fuite du terre-à-terre, à caufede la grande analogie que je trouve entr'eux.DES AIRS RE LEVÉS EN GÉNÉRAL.Les fauts & les 'bonds que les poulains en libertéfont dans les prés, font proportionnés à leurforce & à leur légèreté , & font produits par leurgaîté & par leur vivacité : ces qualités peuventêtre les mêmes dans tous les chevaux, mais leurconftruétion ayant des différences , ils ne font pointtous capables d'exécuter les mêmes fauts.On exerce les chevaux aux airs relevés plutôtpour la curiofité que pour une utilité réelle. Lesanciens aimoient ce genre de manège : aujourd'huiil eft très-négligé en France. Cependant, comme ileft bon d'avoir des principes pour dreßer des chevauxfauteurs, nous croyons convenable d'en diresn mot.Theorie du Saut.La première aclion du cheval qui veut fauter,eft d'enlever le devant, d'en rapporter toute lamafie fur les jarrets, qu'il plie & qu'il avance autantqu'il lui eft poifible Ions le ventre vers foncentre de gravité, afin de pouvoir enlever plusfacilement & plus haut une grande partie de famafie : car, plus le poids qui fera fléchir les articulationsfera grand, fans excéder les forces desjarrets, & toujours dans une proportion raifonnable; plus alors la détente fera vive ; de mêmeplus la flexion eft grande dans les articulations,plus l'effort eft confidèrable. C'eft pour cela queles chevaux, lorfqu'ils veulent redoubler leursfauts , fe rapetiffent, pour ainfi dire , fur leursjambes de derrière.Les mufcles fléchiffeurs ayant agi avec unegrande vitefîe , & la mafie ayant comprimé lesextrémités des os fémurs fubitement & bien furles lignes d'appui des jambes de derrière, commecette fatuation eft pénible & ne fauroit durer, lesmufcles extenfeurs agiffent à leur tour avec unepromptitude proportionnée à la gêne où ils étoient ;& l'extrémité de la jambe trouvant le terrein quiarrête fon effort & réagit fur elle , toute l'impulftoneft alors pour la mafie mobile qui eft le corpsde l'animal.A I RL'élévation & la longueur du faut font proportionnéesà l'étendue des os ,à la force des mufcles,& au degré de cohérence dans toutes les parties desjarrets.Une articulation formée par des os très-longs ,ouvre un angle plus grand, dont l'extrémité comprimées'éloigne davantage, dans la réaélion , decelle qui appuie fur le terrein ; la force des mufclesaugmente l'aQivité des refforts, & la cohérenceferme des organes des jarrets peut fupporter unplus grand poids fans fouffrir.L'animal, dont le volume eft léger en raifon defes jambes , eft plus propre à fauter ; car les articulations,en s'étendanr après la compreiTion,trouvant une moindre réfiftance, la force de ladétente doit pouffer l e corps plus loin. Il eft certainqu'un petit cheval bien fait & nerveux, eftpins propre au faut qu'un grand animal.Daprès ces principes il nous fera plus facile dedonner les moyens de dreffer d es chevaux auxairs relevés.De la Pefade,La pefade eft un air dans lequel le cheval bienplacé, & bien dans la main , enlève le devant enpliant les deux jambes de devant, fans remuercelles de derrière , & en fléchiffant les jarrets.Pour .exécuter la pefade, il eft nécefiaire de bienrafiêmbler le cheval, & d'enlever la main, enfixant les hanches par une preffion légère des deuxgras de jambe. Les pelades feront médiocrementélevées ; le cheval ne les fera pas de lui-même , &il ne reculera pas avant que de les faire. L'hommefoutiendra le cheval lorfque fon devant retomberaafin que les épaules ne portent pas tout lepoids.Cette leçon eft utile pour accoutumer l'animal àrefter fur fes jarrets , & pour les habituer à fupporterfans remuer toute la mafie du corps.De la Courbette.Dans la pefade, les hanches ne marchent pas,dans la courbette, auffi-tôt que le cheval s'eft enlevéà pefade , le derrière marche en pouffant le devant :les jarrets refient pliés , & ne s'étendent qu'aprèsque l'on a ceffé d'enlever à courbettes ; car fi l'onen faifoit un trait d'un bout du manège à l'autre,les hanches feroient toujours en travail.Pour faire de belles courbettes, les hanches doiventagir preflement, enfenible, & fans traîner.Une cadence tride, vive & bien marquée, caractérifeles belles courbettes. Voici la manière de lesfaire.On enlève à pefade, & dans i'inftant on chafledes deux jambes ; on laiffe tomber le devant, enrendant imperceptiblement la main ; les jambesfe relâchent auffi, & fe raniment pour recommencer.Il faut un tafl particulier pour cet air, très agréable,mais très-rare en France ; car il e fi difficile detrouver


A L Ltrouver un cbeval propre à ce manège. Les anciensécùyers failoient tomes fortes de figures à courbertes.Aujourd'hui ces opérations n'ont lieu quedans les livres. Eft-ce un bien ? eli-ce un mal ? Jene décide point.De la Croupjde, de l a Balotade, & de la Cabriole,Dans la courbette , le cheval s'eft peu élevé deterre, parce que fes articulations de derrière nefe font point déployées ; s'il les étendoit, alors ilfauteroit des quatre jambes. Le faut qu'il feraitprendroit un nom différent felon la difpofition defes jambes de derrière. Si elles font pliées fous leventre dans l'attitude qu'elles ont à la courbette,le faut fe nomme croupade. Si les deux jarrets remontent& touchent les feffes , & fi les fers felaiffent voir, mais fans ruade, ce fera une balotadi.Enfin, quand le cheval bien enlevé détachela ruade entière, il fait une cabriole.Les règles de fes fauts, font que le devant foitbien enlevé, & plus que la croupe , que l'animalfoit droit, & qu'il ne faute pas fans la volonté del'homme.On fait fauter le cheval en enlevant la maia , &en aidant la croupe avec le poinçon, ou la gueuleou la chambrière , jufqu'à ce qu'il foit confirmédans fon air. Sa vigueur & fa légèreté décident dufaut qui lui convient: l'homme ne peut le fixer àl'un plutôt qu'à l'autre.Cefi: un grand abus que de vouloir faire fauterdes chevaux, fans les avoir fait paflerpar les leçonsdu manège , qui les affouplifîent & les rendentobéiiîants : autrement ils ne fautent que de caprice& de colère, & deviennent dangereux.Les chevaux parfaitement exercés, comme l'étoientceux de M. de la Pleigniêre , exécutent toutle manège exaäement, & fautent en liberté , aucommandement de l'homme , fans faire un tempsde plus contre fon gré. Cefi-là dreßer des fauteurs, que l'on peut exercer fans courir rifque dela vie.AJUSTER un cheval, c'eft lui apprendre fonexercice en lui donnant la grâce néceffaire.ALLÉGIR. C'eft rendre un cheval plus libre,plus léger du devant que du derrière. Lorfqu'onveut allé gir un cheval, il faut qu'en le faifant troter,on le fente toujours difpofé à galopper, &que l'ayant galoppi quelque temps, on le remetteencore au trot. Le cheval ert û pelant d'épaules, & fi attaché à la terre , qu'on a de la peineà lui rendre le devant léger, quand même, pourYadégir, on fe ferviroit du caveçon à la Neucaftle.Ce cheval s'abandonne trop fur les épaules; il fautYallégir du devant & le mettre fous lui.ALLURE. Train, marche d'un cheval. Ce chevala Vallure froide, pour dire qu'il ne lève pas a (fezle genou-ni la jambe , & qu'il rafe le tapis : il a debelles allures , pour dire qu'il a la marche belle. Iln'y a perfonne qui puiffe parfaitement dreffer uncheval, qu'il ne fçache exaftement toutes les al-Equhation , E ferirne (y Danfe.A L LIuris naturelles des chevaux, & les aâlons desjambes. Les allures naturelles font le pas , ou petittrot, le trot, le galop. Si ce cheval continue à faififierfon allure , donnez-lui de l'éperon dans lavolte. Neucaftle dit : Ce barbe a les allures belles ,contre l'ordinaire des barbes.DES A Z LU R £ S. {LA GUÉRINIERE).La plupart de ceux qui montent à cheval n'ontqu'une idée confufe des mouvements des jambesde cet animal dans fes différentes allures ; cependantfans une connoiffance aulîi effentielle à uncavalier , il eft impoflible qu'il puiffe faire agir desrefforts, dont il ne connoît pas la mécanique.Les chevaux ont deux fortes failures ; favoir ,les allures naturelles , & les allures artificielles.Dans les allures naturelles , il faut diftinguer lesallures pa rfaites, qui font, le pas , le trot, & legalop ; & les allur es défeéhieufes , qui font, l'amble, l'entre-pas ou traquenard & l'aubin.Les allures naturelles & parfaites , font celles quiviennent purement de la nature , fans avoir étéperfedlionnées p ar l'art.hes allures naturelles & défeflueufes, font cellesqui proviennent d'une nature foible ou ruinée.Les allures artificielles, font celles qu'un habileécuyer fait donner aux chevaux qu'il dreffe , pouliesformer dans les différents airs dont ils font capables, & qui doivent fe pratiquer dans les manègesbien réglés. Voye^ AIRS.DES ALL URES NATURELLES.Le Pas.Le pas , eft l'aélion la moins élevée, la plus lente& la plus douce de toutes les allures d'un cheval.Dans le mouvement que fait un cheval lorfqu'il vale pas , il lève les deux jambes qui font oppofées& traverfées , l'une devant , l'autre derrière :quand , par exemple, la jambe droite de devant eften l'air & fe porte en avant, la gauche de derrièrefe lève immédiatement après, & fuit le mêmemouvement que celle de devant, & ainfi des deuxautres jambes ; enforte que dans le pas, il y aquatre mouvemens ; le premier eft celui de lajambe droite de devant, qui eft fuivie de la jambegauche de derrière , qui it fale fécond mouvement ;ie troifième eft celui delà jambe gauche de^ devant,qui eft fuivie de la jambe droite de derrière ;& ainfi alternativement.Le Trot,L'aiîlion que fait le cheval qui va au trot, eft delever en même-temps les deux jambes qui fontoppofées & traverfées ; favoir, la jambe droite dedevant avec la jambe gauche de derrière , & enfuitela jambe gauche de devant avec la droite de derrière.La différence qu'il y a entre le pas & le trpt, c'eftque dans lettor, le mouvement eft plus violent,


i6 A L Lplus diligent & plus rélevé, ce qui rend cette dernièreallure beaucoup plus rude que celle du pas ,qui eft lente & près de terre. Il y a encore cettedifférence : c'efl qus quoique les jambes du cheval,qui vale pas, foient oppofées& traverfées ,comme elles le font au trot, la pofition des piedsfe fait en quatre temps au pas, & qu'au trot, iln'y en a que deux , parce qu'il lève en mêmetempsles deux jambes oppofées, .& les pofe auflià terre en même-temps couime nous venons del'expliquer.Le Galop.Le galop efi l'aSion que fait le cheval en courant.C'eil une efpèce de faut en avant : car lesjambes de devant ne font point encore à terre ,lorfque celles de derrière fe lèvent; de façon qu'ily a un infiant imperceptible où les quatre jambesfont en l'air. Dans le galop, il y a deux principauxmouvements , l'un pour la main droite, qu'on appellegaloper fur le pied droit, l'autre pour la maingauche, qui eft galoper fur le pied gauche. Il fautque dans chacune de ces différences , la jambe dededans de devant avance & entame le chemin ,&que celle de derrière du même côté, fuive & avanceauffi , ce qui fe fait dans l'ordre fuivant Si le chevalgalope à droite , quand les deux jambes de devantfont levées, la droite eft mife à terre plusavant que la gauche , & la dro ite de derrière chaffe& fuit le mouvement de celle de devant; elle eftauffi pofée à terre plus avant que la gauche de derrière.Dans le galop à main gauche", c'eft le piedgauche de devant qui mène & entame le chemin ;celui de derrière du même côté fuit, & eft auffiplus avancé que le pied droit de derrière. Cettepofition de pieds fe fait dans l'ordre fuivant.Lorfque le cheval galope à droite , après avoirraffemblé les forces de fes hanches pour chaffer lesparties de devant, le pied gauche de derrière fepofe à terrete premier, le pied droit de derrièrefait enfuite la feconde pofition , & eft placé plusavant que le pied gauche de derrière , & dans lemême inflant le pied gauche de devant fcpofe auffià terre; enforte que dans la pofition de ces deuxpieds, qui font croifés & oppofés comme au trot,il n'y a ordinairement qu'un temps qui foit fenfibleà la vue & à l'oreille ;& enfin le pied droit de devant,qui eft avancé plus que le pied gauche dedevant, & fur la ligne du pied droit de derrière,marque le troifième & dernier temps. Ces mouvementsfe répètent à chaque temps de galop , & fecontinuent alternativement.A mam gauche , la pofition des pieds fe fait différemment; c'efl le pied droit de derrière quimarque le premier temps ; le pied gauche de derrière& le pied droit de devant, fe lèvent enfuite& fe pofent enfemble à terre, croifés comme autret , & font le fécond temps ;& enfin le piedgauche de devant, qui eft plus avancé que le pied«irait de devant, & furia ligne du pied gaucheA L Lde derrière, marque la troifième Se d ernière cadence.Mais lorfqu'un cheval a les refforts Hans & lemouvement des hanches tnde, il marque alorsqua;re temps, qui fe font dans l'ordre fuivant.Lorfqu'il galope à droite , par exemple , le piedgauche de derrière fe pofe à terre le premier , lepied droit de derrière fait la feconde pofition , lepied gauche de devant , immédiatement aprèscelui-ci, marque le troifième temps ; & enfin lepied droit de devant, qui eft le plus avancé detous , tait la quatrième & dernière pofition , cequi fait alors , i , 2 , & 3 4 , & forme la vraie cadencedu beau galop , qui doit être diligent deshanches , & raccourci du devant, comme nousl'expliquerons dans la fuite.Quand il arrive qu'un cheval n'obferve pas engalopant le même ordre aux deux mains dans lapofition de fes pieds, comme il le doit, & commenous venons de l'expliquer, il eft faux ou défuni.Un cheval galope faux ou fur le mauvais pied ,lorfqu'allant à une main , au lieu d'entamer le cheminavec la jambe de dedans , comme il le doit,c'eft la jambe de dehors qui eft la plus avancée ;c'eft-à-dire,file cheval, engalopantà main droite,entame le chemin avec la jambe gauche de devant,fuivie de la gauche de derrière , alors il eft faux , ilgalope faux , fur le mauvais pied ; fi & en galopantà main gauche , il avance & entame le chemin avecla jambe droite de devant, & celle de derière , aulieu de la gauche , il eft même faux & fur lemauvais pied. La rai fon de cette fauffeté dans cetteallure , vient de ce que les deux jambes, celle dedevant & celle de derrière, qui font du centre duterrain autour duquel on galope, doivent néceffairementêtre avancées , afin de foutenir le poids ducheval & du cavalier ; car autrement le cheval feroiten danger de tomber en tournant, ce qui arrivequelquefois , & ne laiffe pas d'être dangereux.On court auffi le même rifque quand un chevalgalope défuni.Un cheval fe défunit de deux manières, tantôtdu devant, & tantôt du derrière ; mais plus ordinairementdu derrière que du devant. Il fe défunitdu devant , lorfqu'en galopant dans l'ordre qu'ildoit avec les jambes de derrière à la main où il va ,c'eft la jambe de dehors du devant qui entame lechemin , au lieu de celle de dedans. Par exemple ,lorfqu'un cheval galope à main droite, & que lajambe gauche de devant eft la plus avancée au lieude la droite , il eft défuni de devant ; & de même ,fi en galopant à main gauche, il avance la jambedroite de devant an lieu de la gauche, il eft encoredéfuni du devant. Il en eft de même pour le derrière: fi c'eft la jambe de dehors de derrière quientame le chemin , au lieu de celle de dedans, ileft défuni du derrière. Pour comprendre encoremieux ceci, il faut faire attention , que lorfqu'uticheval en galopant à droite, a les jambes de devantplacées comme il devroit les avoir pour ga-


A L Lleper à gauche, il eft defiini du devant ; & lorfqueles jambes de derrière font dans !a même poficionoù il devroit les avoir à gauche , lorfqu'il galope àdroite , il ert definii du derrière. 11 en eft de mêmepour la main gauche.Il faut remarquenque pour les chevaux dechaiîe& de campagne , on entend'toujours , fur-tout enFrance , par galoper fur le bon pied, galoper furle pied droit. 11 y a pourtant quelques hommes decheval qui font changer de pied à leurs chevaux ,afin de repofer a jambe gauche , qui eft celle quifoi ffre le plus , parce qu'elle porte tout le poids ,au lieu que la droite entamant le chemin , a plu s deliberté, & ne fe fatigue pas tant.V Amble.L'amble eft une allure plus baffe que celle dupas , mais infiniment plus allongée , dans laquelle lecheval n'a que deux mouvements , un pour chaquecôté , de façon que les deux jambes du mêmecôté , celle de devant & celle de derrière fe lèventen un même-temps, & fe portent en avant enfemble,& dans le temps qu'elles fe pofent à terre ,auffi enfemble , elles font fuivies de celles de l'autrecôté, qui font le même mouvement , lequel fecontinue alternativement.Pour qu'un cheval aille bien l'amble, il doit marcherles hanches baffes & pliées , & pofer les piedsde derrière,un grand pied au-delà de l'endroit oùil a pofé ceux de devant, Scc'eftce qui fait qu'uncheval d'amble fait tant de chemin. Ceux qui vontles hanches hautes & roides n'avancent pas ta nt &fatiguent beaucoup plus un cavalier. Les chevauxd'amble ne font bons que dans un terrein doux &uni, car dans la boue & dans un terrein raboteux ,un cheval ne peut pas foutenir long-temps cettealluTe. On voit à caufe de cela, plus de chevaux decette efpèce en Angleterre qu'en France , parceque le terrain y eft plus doux & plus uni, maisgénéralement parlant, un chsval d'amble ne peutpas durer long-temps, & c'eft un figne de foibleffedans la plupart de ceux qui ambient : les jeunespoulains même prennent cette allure dans la prairie ,jufqu'à ce qu'ils aient affez deforce pour troter &galoper. Il y a beaucoup de braves chevaux qui ,après avoir rendu de longs fervices, commencentà ambler , parce que leurs refforts venant à s'ufer,ils ne peuvent plus foutenir les autres allures quileur étoient auparavant ordinaires & naturelles.L'£ntre-pas ou Traquenard.L'entre


-28 A L Lentre la pofée des deux jambes diagonalement oppofées,ne fe font fentu; qu'à l'œil : l'oreille ne fauroitles diftinguer, fi le cheval eft foutenu& égaldans fon devant & dans fon derrière.On defire que le trot foit foutena , allongé ,hardi, cadencé., & brillant.Le foutien n'exifte que par la bonne pofition desjambes dans leur innixion , & dans l'obfervationconfiante des loix de l'équilibre.Le trot allongé aux dépens de fon foutien , eftdélbrJoriné ; & ces deux propriétés doivent fetrouver réunies pour former une bonne ullme.11 eft hardi ft chaque pied dans fa battue pofeavec fermeté & fans tâtonner. Dans la cas où celaarriveroit, on peut penfer que l'animal craint laréaiftion de la part du terreln , & que le contrecoupîe faitfourfrir.Le trot eft cadencé quand les battues qui fe fontentendre confécutivement, font également e (pâtées.Il eft brillant lôrfque les membres fe déploientavec vigueur, que la battue eft prefte , & que lestemps font ferrés & vifs. Un trot lent & tramant,vient de la défunion & du peu d'harmonie desmembres : il eft défeSueux.Dans le galop à quatre temps , le mouvementdes jambes eft le même qu'au pas. Cette allure eftharmonieufe & pleine de graces. Les chevaux liants& nerveux tout à-la-fois , & fur-tout les chevauxde race qui favent fe foutenir, ont cette belle allure: elle n'eft pas vite, mais les membres s'y déploientbien. Les quatre battues y font égalementèfpacées ; & plus elles font vives , plus l'air eftIrillant.1s'Le a;alop ordinaire eft à trois temps. Les deuxjambes, la gauche de devant & la droite de derrièrefe font entendre à-la-fois. Les mêmes conditionss'obfervent dans ce galop & dans le précédent,à l'exception du quatrième temps.Dans le galop à deux temps , on n'entend quedeux battues ; les deux jambes diagonalement oppoféestombent enfemble. Je préférerais ce deriiierair de galop , parce qu'il tient plus de la naturedu faut, qu'il marque plus de liberté, d'aiïance,de légéreté & de nerf dans le cheval, &qu'il paroît le plus propre à produire de la vitelle.Dans ce galop , la détente du reffort eft plus vive& plus prefte : les deux jambes de derrière fontmoins éloignées l'une de l'autre ; & le cheval eftplus long temps enlevé que dans les autres airs degalop , puifque les jambes partent toutes dans unefpace de temps moindre que dans le galop àquatre temps.Si le cheval, à cet air, traîne les hanches , & neramène pas les jambes de derrière près de la ligneyu centre de gravité , fon galop eft découfu ; on•entend deux battues trop éloignées l'une de l'autre,& mollement frappées : l'animal eft fans ame.Mais fi fes jambes agiffent bien , ce galop fera«idjc & brillant. Plus les deux battues feront fer-A M,8rêes , plus il y aura de fierté dans la marche uucheval.Ohfervatim fur les allures.Dans les deux allures les plus lentes , le pas &le trot, le cheval ue quitte pas terre de fes quatrejambes à-la-fois, &i,la toujours fur le terrein unede fes jambes de derrière. Cependant un auteurcélèbre prétend qu'il y a un inftant où aucune jambede derrière ne pofe à terre. Cela eft mal vu: carfi cela étoit , il n'y aurait aucune différence dutrot &du galop. Or il eft confiant qu'il y en aimeconfidérable ; & c'eft une faufte obfervation de lapart de cet auteur, qui apparemment n'a vu quedes chevaux fur les épaules, ou qui ne connoitpas aujufte le mécanifme des a étions du cheval.Dans le galop, le cheval perd terre, il eft iminftant en l'air ; & la même jambe continue toujoursla fonétion d'appui & de reffort, tant que lecheval eft uni à la même main. Le cheval commencefa progreffion par le pas ; il fe met enfuiteau trot ou au galop, felon qu'on le prefte : mais ilne peut partir vivement & preftement au premierébranlement: c'eft une chofe d'expérience. Celuiqui eft lent à raffembler fes forces , pour partir augalop, eft foible ; celui qui part aifément, nettement.Se fans précipitation du pas au galop, eft aucontraire vigoureux.AMBLE. Train, pas, ou certaine allure d'uncheval. Il fe fait lorfque les deux jambes dumême côté s'étant levées & pofées en même temps& enfemble , les deux autres fe meuvent après, cequi continue alternativement. C'eft la première alluredes poulains , quand ils ne font pas affez fortspour trotter. Pour leur entetenir cette allure, onleur met des entraves ,8c on leur attache des bouchonsde foin autour des jambes de derrière. Cetteallure eft bannie des manèges, où l'on ne veut quele pas , le trot & le galop. La raifon eft que fansarrêter un cheval, on peut le mettre du trot augalop ; mais on eft contraint de l'arrêter pour lemettre de l'amble au galop , ce qui fait perdre dutemps, & interrompt la jufteffe & la cadence dumanège. La Haquenée eft un cheval qui va Vamble.On appelle un cheval franc A'amhle lorsqu'il val'amble, quand on le mène en main feulement avecle licol. On ditaufti au plurier, les grands ambles.On a dit amblure en vieux gaulois. Vamble eft, felonVégèce , un petit pas de cheval fort vite , qui plaîtà celui qui le monte , qui vient naturellement, 8cnon par art. Quelques-uns appellent fauffe ja mbedevant, un amble dans la vîteffe du galop , ouïesdeux aàions du trot & de VamhU dans la vîteffedu galop. Il y a plufieurs chevaux, qui, bien qu'ilsne puiffent que troter, étant prfffés au manège ,vont louvent un amè/c confus, 8c quelquefois unamble parfait. Cheval franc d'amble y c'eft-à- dire,qui va bien Vnmble en main par le bout du licol.Il y a différentes manières pour dreffer un jeunecheval ài'amble. Quelques-uns le fatiguent à mareber


A M B-fas à pas dans des terres nouvellement labourées,ce qui l'accoutume naturellement à la démarche deVamble ; mais cette méthode a Ces inconvénients ;car on peut, èn fatiguant ainfi un jeune cheval,J'afioiblir ou l'eftropier.D'autres, pour le former à ce pas , l'arrêtenttout court tandis qu'il galope , & par cette furprife•lui font prendre un train mitoyen entre le galop ;de forte que , perdant ces deux allures , il faut néceffairementqu'il retombe à Vamble ; mais on rifquepar-là de lui gâter la bouche ou de lui donner une«ucartelure, on un nerf-férure.D'autres l'y drefient en lui cha rgeant les piedsde fers extrêmement lourds ; mais cela peut leurfaire heurter & blefler les jambes de devant avecles pieds de derrière. D'autres , leur attachent aupaturon , des poids de plomb ; mais , outre quecette méthode peut caufer les mêmes accidents quela précédente , elle peut aufli caufer au cheval desfoulures incurables, ou lui écrafer la couronne,&c.D'autres, chargent le dos du cheval, de terre,de plomb, & d'autres matières pefantes; mais il-eft à craindre qu'on ne lui rompe les vertèbres enle furchargeant.D'autres, tâchent de le réduire àXamble, à lamain , avant de le monter, en lui oppofant unemuraille ou une barrière & lui tenant la brideferrée, & le frappant avec une verge lorfqu'iltronche , fur les jambes de derrière & fous leventre : mais pat-là, on peut mettre un cheval enfureur, fans lui faire entendre ce que l'on veut delui, ou le faire cabrer, ou lui faire écarter lesjambes , ou lui faire prendre quelqu'autre mauvaisjic , dont on auroit de la peine à le déshabituer.D'autres , pour le même effet, lui mettent, auxyeux pieds de derrière, des fers plats & longs qui•débordent le fabot en devant, autant qu'il, fautpour que le cheval , s'il prend le rot, t fe heurte lederrière des jambes de devant avec le bout desfers ; mais il y a à craindre qu'il ne fe bleffe lesnerfs & n'en devienne eftropié pour toujours.Quelques-uns, pour réduire un cheval à Xamble,lui mettent des lifières autour des jambes en formede jarretières, & l'envoient au verd en cet étatpendant deux ou trois femaines, au bout defquelleson les lui ote : c'eft ainfi que les Efpagnols s'yprennent ; mais on n'approuve pas cette méthode ;•car quoiq u'à la vérité, un cheval en cet état nepuiffe pas troter fans douleur j fes membres n'enibuffriront pas moins; & fi l'on parvient à le mettreà \amble, fou allure fera lente & aura mauvaifegrace , parce qu'il aura le train de derrière tropTarn pant. La manière de mettre un cheval à Xamblepar le moyen du tramali, paroît la plus naturelle& la plus fu re : mais beaucoup de ceux qui s'entiennent à cette méthode, tombent encore en diffé-Tentes fautes ; quelquefois il font le tramai! troplong , & alors il ne fert qu'à faire heurter les pieds4u cheval confufément les uns centre les autres -,A P P ,9ou ils le font trop court, & alors il ne fert qu'àlui faire tournoyer & lever les pieds de derrière fifubitement qu'il s'en font une habitude dont on nevient guère à bout de l'en défaire par la fuite. Quelquefoisaufli le tramali eft mal placé , & eft mis ,dans la crai nte qu'il ne tombe, au-deffusda genou& du fabot; en ce cas, l'animal ne petit paspouffer contre , & la jambe de devant ne peut pasforcer celle de derrière à fui vre : ou fi , pour évi tercet inconvénient, on fait le tramali court & droit,il comprimera le gros nerf de la jambe de derrière& la partie charnue des cuifles de devant, en forreque le cheval ne pourra plu S ( all er qu'il ne bronchepardevant, &. ne fléchiffe du train de derrière.Quant à la forme du tramali, quelques-uns lefont de cuir ; à quoi il y a cet inconvénient, qu'ils'allongera ou rompra ; ce qui pourra empêcherle fuccès d e l'opération. Pour un 'bon tramai!, Hfaut qtie les côtes foient fi fermes, qu'ils ne puiflempas prêter de l'épaiffeur d'un cheveu ; la bouffemollette , & fi bien arrêtée qu'elle ne puiffe pasfe déranger ; la bande de derrière plate, & descendantaiTez bas.En le dreffant à la main , on lui mettra feulementun demi-tramail, pour le dreffer d'abordd'un côté , enfuite on en fera autant à l'autre côté ;Si lorfqu'il fera Vamble à la mnin a vec faciliti &avec aifance, fans trébucher ni broncher, ce qui fefe fait d'ordinaire en deux ou trois heures , on lu imettra le tramali entier.AMBLER , aller à l'amble. Il y a certains chevauxbien forts , qui ambient étant preffés au manège; mais le plus fouvenr, c'eft par tbibleffe naturelleou par laflitude.AMBLEUR. Officier de la grande & petiteécurie du rei.AMBIANT, cheval qui va l'amble,AMENDÉ, Un cheval amendé eft celui qui a prisun bon corps, qui s'eft engraiffé.AMONCELER. Cheval qui amoncèle, ou quis'amoncèle. Cheval qui eft bien enfemble , qui eftbien fous lui, qui marche fur les hanches fansfe traverfer. Ce terme eft vieux & peu ufité dansle manège.AMPLE. Epithête qu'on donne au jarret d'uncheval. Voye^, JARRET.APPELER un cheval de la langue, c'eft frapperla langue contre le palais , ce qui fait un fon quireffemble à tac. On accoutume les chevaux à cetavertiffement, en l'accompagnant d'abord de quelqu'autreaide, afin que , par la fuite , il réveille fonattention pour fon exercice en entendant ce fontout feul.APPUL C'eft le fentiment réciproque entre lamain du cavalier, & la bouche du cheval., par lemoyen de la bride ; ou bien c'eft le fentiment del'aéìion de la bride dans la main du cavalier. Ainfile bon & le vrai appui de la main, eft un foutiendélicat de la bride ; euforie que le cheval retenupar la fenfibilité des parties de la b ouche , n'ofe


.trop appuyer fur l'embouchure , ni battre a la mainpour réfifter. y/ppw qui force la main , marqued'une très méchante bouche. Cheval fans appui,qui n'a point d'appui, c'eft-à-dire , qui craint 1 embouchure, appréhende la main , fcc ne peut loutfrirque le mords appuie tant foit peu fur les parliesde la bride. Ce cheval a Vappui tin , c'eft-à-dire,la bouche délicate. Il a un appui fourd , un appuiqui force la main ; il efl fans appui ; c'eft-a-chre,qu'il obéit avec peine au cavalier , qu il craint embouchure.Un cheval qui a trop d'appui, eft celui1qui s'abandonne fur le mors. La rêne de dedansdu caveçon , attachée courte au pommeau, eft unexcellent moyen pour donner un appui au cheval,le rendre ferme à la main & l afiurer. Cela eitencore utile pour lui aflbuplir les épaules, ce quidonne de l'appui où il en manque, & en ôte où il yen a trop. .Si on veut donner de Vappui a un cheval (% lemettre dans fa main , il faut le galoper, & le fairefouventreculer.Le galop étendu eft au Si très-propreà donner de Vappui à un cheval, parce qu'en galopant,il donne lieu au cavalier de le tenir dans lamain. Appui à pleine main, c'elt à-dirc, appui ferme,fans toutefois pefer à la main & fans battre à lamain. Les chevaux pour l'armée doivent avoir\appui à pleine main. Appui au-delà de la pleinemain , ou plus qu'à pleine main , c eft-à-dire, quine force pas la main , mais qui pèle pourtant unpeu à la main. Cet appui eft bon peur ceux, qui,faute de cuiffes , fe tiennent à la bride.APPUYER des deux , c'eft frapper 8c enf oncerles deux éperons dans le flanc du cheval. Appuyervertement des deux, c'eft donner le coup des deuxéperons de toute fa force.ARMER fe dit d'un cheval qui veut fe defendrecontre le mords , & qui pour cela courbe fon encolureinfqu'à appuyer les branches de la bridecontre fon poitrail , pour défendre fes barres &fa bouche, & ne pas obéir à l'embouchure. Quandun cheval s , ü Gwt legaloper ^rt v.re , & lefaire aller terre-à-terre , pour lui faire palier lesfantaifies. Il y a des chevaux qui s'arment contre lemords, & qui font pourtant fenfibles à la main &très-légers. Il faut donner à un cheval qui s'arme,une branche à genou , qui relève & lui fafle po r­ter en beau lieu. On dit aufli qu'un cheval s'armedes lèvres , quand il couvre fes barres avec feslèvres, afin de rendre l'appui du mords plus fourd& moins fenfible : ce qui eft ordinaire aux chevauxqui ont les lèvres fort groffes. Pour empêcherun cheval de s'armer des lèvres, il lui faut donnerune embouchure dont le canon , ou l'écache , foitbeaucoup plus large auprès des banquets , qu'àl'endroit de l'appui. On dit aufli la lèvre arme labarre, pour dire qu'elle la couvre.ARRÊT. C'eft la paufe que le cheval fait encheminant. Former Varrel du cheval, c'eft l'arrêterfur fes hanches. Pour former l'arrêt du cheval , ilfaut, en le commençant, approcher d'abord le grasA R Rdes jambes pour l'animer, mettre le corps en arrière, lever la main de la bride fans lever le coud e,enfuite étendre vigoureufement les jarrets, & appuyerfur les étriers, pour lui faire former lestemps de fon arrêt e n falquant avec les hanchestrois ou quatre fois. Un cheval qui ne plie pointfur les hanches, qui fe traverfe, qui bat,à la main,forme un arrêt de mauvaife grâce. Après avoirmarqué \'arrêt, ce cheval a fait au bout une ou deuxpefades. Former les arrêts d' un cheval courts &précipités, c'eft le mettre en danger de fe ruinerles jarrets & la bouche. Après l'arrêt d'un cheval,il faut faire enlorte qu'il fournifie deux ou troiscourbettes. Le contraire de l'arrêt eft le partir. Ondifoit autrefois le parer & la parade d'un cheval,pour dire Ion arrêt. Dsmi-ar r'et, c'eft un arrêt quin'eft pas achevé , quand le cheval reprend & continuefon galop, fans faire ni pefades ni courbettes.Les chevaux qui n'ont qu'autant de force qu'il leuren faut pour endurer l'arrêt, font les plus proprespour le manège & pour la guerre.DE L'A R RÉ T ET D U RECULER.(LA GUÉRINIÈRE).Après avoir exercé les jeunes chevaux au trotqui efl le feul moyen de leur donner la premièrefouplefle, dont ils ont befoin pour fe difpofcr àl'obéiffance ; il faut paffer à une autre leçon , quin'eft pas moins utile, puifqu'elle confifte à les préparerà fe mettre fur les hanches pour les rendreagréables & legers à la main.On appelle un cheval fur les hanches, celui quibailfe & plie l es hanches fous lui, en avançantles pieds du derrière & les jarrets fous le ventre,pour fe donner fur les hanches un équilibre natuturel, qui contrebalance le devant, qui eft la partiela plus foible : duquel équilibre naît l'agrément &la légèreté de la bouche du cheval.Il faut remarquer qu'un cheval, en marchant,eft naturellement porté à fe fervir de la force de fesreins, de fes hanches & de fes jarrets, pour pouffertout fon corps en avant; enforte que fes épaules& fes bras étant occupés à foutenir cete aftion , ilfe trouve néceflairement fur les épaules, & parconféquent pefant à la main.Pour mettre un cheval fur les hanches, & luiôter le défaut d'être fur les épaules, les hommesde cheval ont trouvé un remède dans les leçons,qui font l'arrêt & le demi-arrêt & le reculer.De l'Arrêt.Varrêt eft l'effet que produit l'aflion que l'on faiten retenant avec la main de la bride la tête du cheval,& les autres paities de l'avant-main , & enchaflant e n même temps délicatement les hanchesavec les gras de jambes ; enforte que tout le corpsdu cheval fe foutienne dans l'équilibre . en demeurantfur fes jambes & fur fes pieds de derrière.Cette aâion , qui eft très-utile pour rendre un che-


A R Rval léger à la main & agréable au cavalier, eft bienplus diliicile pour le cheval que celle de tourner,qui lui ell plus naturelle.Pour bien marquer un arrêt, le cheval doit êtretin peu animé auparavant, & dans le temps qu'onfent qu'il va plus vite que la cadence de ion train ,il faut, en le fecouant délicatement des gras dejambes, mettre les épaules un peu en arriére , &tenir la bride de plus ferme en plus ferme , jufqu'àce que l'arrêt foit formé ; c'cft-à-dire, jufqu'à ceque le cheval foit arrêté tout-Wait. En mettant lecorps en arrière, on doit ferrer un peu les coudesprès du corps , afin d'avoir plus d'affurance dansîa main de la bride : il eß néceflaire auffi que lecheval fe tienne droit à Varrêt, afin que cette actionfe fa (Te fur les hanches ; car , fi l'une des deuxjambes de derrière fort de la ligne des épaules, lecheval fe traverfant dans cette aclien, il ne peutêtre fur les hanches.Les avantages qu'on tire d'un anét tien fait,font de raffembler les forces d'un cheval, de luiafi'urer la b ouche, la tête, les hanches, & de lerendre léger à la main. Mais autant les arrêts fontbons , lorlqu'ils font faits à propos , autant ils fontpernicieux lorfqu'on les fait à contre-temps. Pourfçavoir les placer, il faut confulter la nature du•cheval; car les meilleures leçons , qui n'ont étéinventées que pour perfeélienner cette nature ,feroient un effet c ontraire, fi on en abufoit, enles pratiquant mal-à-propos.Ala première apparence de légèreté pour le trot,.& de facilité pour tourner aux deux mains , oncommence à marquer des arrêts à un cheval, mais-rarement d'abord, en les retenant petit à petit &doucement ; car, par un arret fai: brufquement &tout-à-coup, comme fi d'un feul temps on le plantoitfur le cul., on affoibliroit les reins & les jarretsd'un cheval ; on pourroit même eftropier pourtoujours un jeune cheval , qui n'a pas pris e n­core toute fa force.Outre les jeunes chevaux , qu'il ne faut jamaispfeffer ni arrêter trop rudement, il y en a encored'autres avec lefquels il faut bien ménager Yarrét,foit par défaut de conftrudlion, ou par foiblefle naturelle; ce que nous allons examiner.i 0 . Comme la tête eft la première partie qu'on•Boit ramener à Varrêt, fi le cheval a la ganache tropétroite , il foutienelra difficilement cette aâio n : demême fi l'encolure eft mal faite, renverfée, cequ'on appelle encolure, de cerf, il s'armera , & Varrel.deviendra dur & courbé : fi les pieds font foibles•ou douloureux , il fuira Varrêt, & il fera encoreplus abandonné fur le devant & fur l'appui de labride, que fi la foibleffe venoit des jambes, desépaules ou des hanches.2°. Les chevaux longs de corfage & fenfibles ,font ordinairement foibles de reins , & formentpar conféquent de mauvais arrêts , parla difficulté•qu'ils ont de raffembler leurs forces, pour fe ra--snener fur les hanches, ce qui caufe-en eux plu-A R R 31fleurs défordres : parce que, ou ils refufent de reprendreen avant après Varrêt , ou ils vont uneefpéce de traquenard ou aubin, ou bien s'ils obéiffent,ils s'abandonnent fur la main, pour fuir lafujétion d'un nouvel arrêt.3 0 . Les chevaux enfellés, qui ont le dos foible& enfoncé, placent avec peine leur tête à l'arrêt,parce que la force de la nuque du col dépend decelle des reins ; & quand un cheval foufire quelquedouleur dans ces parties, il te témoigne par.une aâion désagréable de la tête.4°. Les chevaux tropìcnfibles, impatiens


5?- AHRextrémité à l'autre, il faut qu'il ait la bouche & leshanches excellentes, & comme ces arrêts violen speuvent gâter & rebuter un cheval, on ne les pratiqueque pour l'éprouver.Il n'en eft pas de même du demi-crrct, dans lequelon tient un cheval feulement un peu plusfujet de la main , fans l'arrêter tout-à-fait. Cetteaélion ne donne pas tant d'appréhenfion au cheval,& lui affure la tête & les hanches avec moins defujétion que l'arrêt ; c'eft pour cela qu'il eft beaucoupplus utile , pour lui faire la bouche & le rendreplus léger. On peut le répéter fouvent fansrompre l'allure du cheval ; 8c comme par cetteaide, on lui ramène & on lui foutient le devant,on l'oblige par confèquent en même-temps de baifferles hanches, qui eft ce qu'on demande.Le àem\-arrêt convient donc à toutes fortes dechevaux; mais il y en a de certaines natures fur lefquellesil faut le.ménager. Quand, par exemple ,un cheval fe retient de lui-même , on ne lui marquedes demi'arrêts que lorfqu'on veut lui donnerde l'appui ; & de peur qu'il ne s'arrête tout-à-faità ce mouvement, on le fecourt des jarrets , desgras de jambes , & quelquefois même des éperons, fuivant qu'il fe retient plus ou moins : maiss'il s'appuie trop fur la main , les demi-arrêts doiventêtre plus fréquens , & marqués feulement dela main de la bride, fans aucune aide des jarretsni des jambes ; il faut au contraire lâcher les cuiffes, autrement il s'abandonneroit davantage fur ledevant.Lorfqu'en marquant un arrêt ou un àemi-arrêt,le cheval continue de s'appuyer fur le mors, detirer à la main, & quelquefois même de la forceren allant en avant malgré le cavalier ; il faut alors,après l'avoir arrêté, le reculer pour le châtier decette défobéiffance.Du Reculer,La Situation de la main de la bride pour reculerun cheval, eft la même que celle de \arrêt, enfoneque pour accoutumer un cheval à reculer facilement, il faut. après l'avoir arrêté, retenir la bride,les ongles en haut, comme fi on vouloir marquerXin nouvel arrêt ; & lorfqu'il obéit, c'eft-à-dire ,qu'il recule un ou deux pas , il faut lui rendre lamain , afin que les efprits quicaufentle fentiment,reviennent fur les barres ; autrement on endormi-Toit & on rendroit infenfible cette partie, & lecheval au lieu d'obéir & de reculer, forcerait lamain, ou feroit une pointe.Quoique le reculer (bit un châtiment pour uncheval qui n'obéit pas bien à Y arrêt, c'eft encoreun moyen pour le difpofer à fe mettre fur les hanches, pour lui ajufter les pieds de derrière , lui affurerlàtête, & le rendre léger à la main.Lorfqu'un cheval recule, une de fes jambes dederrière eft toujours fous le ventre, il pouffe lacroupe en arrière, & il eft dans chaque mouveraent,tantôt fur une hanche , tantôt im l'autre ;A R Rmais tl ne peut bien faire cette affion, & on nedoit la lui demander , que lorfqu'il commence às'affouplir & à obéira ['arrêt ; parce que les épaulesétant libres, on a plus de facilité, pour tirer ledevant à foi, que fi elle s étoient engourdies ; 8:comme cette leçon fait de la douleur aux reins 8caux jarrets , il faut dans les commencemcns en ufe-rmodérément.Quand un cheval s'obftine à ne vouloir pointreculer, ce qui arrive à prefque tous les chevaux ,qui n'ont point encore pratiqué cette leçon , unhomme à pied lui donne légèrement de la pointede la gaule furies genoux & fur les boulets, quifont les deux jointures de la jambe , pour la luifaire plier, tk dans le même temps le cavalier tireà foi la main de la bride, & fi tôt qu'il obéit unfeul pas en arrière , il faut le flatter & le careffer ,pour lui faire connoître que c'eft ce qu'on lui demande.Après avoir fait reculer quelques pas uncheval difficile , &. l'avoir flatté, on doit en'uite letenir un peu fujet de la main, comme fi on vouloirle reculer de nouveau, & lorfqu'on fent qu'ilbaiffe les'hanches pour fe préparer à reculer, ilfaut l'arrêter & le flatter pour cette aélion , parlaquelle il témoigne qu'il reculera bientôt au grédu cavalier.Pour reculer un cheval dans les règles , il faut à,chaque pas qu'il fait en arrière le tenir prêt à reprendreen avant ; c'eft un grand défaut que dereculer trop vite; le cheval , précipitant ainfi fesforces en arrière, pourroit s'acculer, & mêmefaire une pointe en danger de fe renverfer s'il a lesreins foibles. Il faut auiïï qu'il recule droit, fans fetraverfer, afin de plier les deux hanches égalementfous lui en reculant.Lorfqu'un cheval commence à reculer facilement, la meilleure leçon qu'on puiffe lui donnerpour le rendre léger à la main , c'eft de ne reculerque les épaules , c'eft-à-dire ramener doucementle devant à foi, comme fi on vouloir le reculer ;&lorfqu'on fent qu'il va reculer, il faut lui rendrela main , & remarcher un ou deux pas en avant.Après avoir arrêté ou reculé un cheval, il fautlui tirer doucement la tête en dedans, pour fairejouer le mors dans la bouche , ce qui fait plaifir aucheval à fe plier du côté où il va. Cette leçon leprépare auffià celle de l'épaule en dedans.DE L'AR-RÉT ET D U RECULER. ( DUPATY).Arrêter un cheval, c'eft interdire toute aélion àfes membres lorfqu'ils font en mouvement. Le reculer, c'eft le faire cheminer en arriére. La premièrede ces aflions conduit à la feconde.Pour arrêter un cheval, il fuffit à l'homme d'affurerfa m ain, & de laiffer fes jambes calmes 8cmoëlleufes , enforte qu'elles ne faffent que contenirles hanches dans leur fttuation. En augmentantl'effet de la main , 8c la douleur que le mors opèrefur les barres , on l'oblige à reculer. Voici le méchanifmede ces deux aäions de l'animal.Siy


y A H RSion fe fouvîent dece que nous avons dit Cueîa démarche du cheval, & fur les reiïbrts qui pouffenttout en avant, on comprendra que Varrêt ducheval eft formé par une compreflion très-forte defes reffons, & par Vimpoffibilité où il eft de vaincrela réfifiance que le mors lui oppofe. Dans cecas, pour éviter la douleur, il refte en place , biendifpofé, fi Varrêt eft fait a vec art & dans le momentoù tout étoit en bonne fnuation. Au premieravertiflement de la main , le cheval diminue lapromptitude dd fes mouvements, & fe grandir ;peu à peu il enlève le devant, & rejette fon poidsfur le derrière , jufqu'à ce que ce poids y étantparvenu , le cheval l'y laiffe, & fe trouve obligéd'arrêter.Mais fi la predion du mors eft trop forte , ou fielle continue , pour l'éviter, le cheval plie les jarretsen pouffant fa croupe hors la ligne d'innixionqu'il doit avoir fur fes jambes de derrière. Ses osfortent de la difpofition où ils f ont en force ; &pour regagner leur aplomb, une des jambes chemineen arrière, tandis que l'autre refte chargéede la m a (Te pour la rejetter & marcher à fon tour :zinfi s'exécute le reculer. Leçon fatiguante , mais«éceflaire pour l'ufage du cheval, & utile pour ledreßer.& d'effayer peu à peu à placer le cheval. Si lesépaules font libres, il cédera bientôt.Il n'y a rien de plus avantageux que le reculer,"pour accoutumer le cheval à plier & à fléchir lesarticulations de l'arrière-main , fouvent roides &engourdies. Les chevaux bas du devant ont biende la peine à reculer, & deviennent dangereux s'ilsfe précipitent: ce n'eft que par des efforts qu'ilsbaiffent les hanches ; &. fouvent le devant s'enlèvetrop vite.On pratique , en reculant, plufieurs leçons trèsbonnes, lorfqu'une fois on a amené le cheval à reculerdroit & fagement. Celle de reculer en rondeft très-utile pour gagner les hanches. Après avoirreculé droit, on range les hanches d'un côté oud'un autre en faifant dominer une des jambes del'homme plus que l'autre. Tout ce qui tend à augmenterl'obéiflance du cheval peut être mis enufage avec fruit: mais, dans cette leçon , on nefauroit apporter trop tic discrétion.Certains chevaux forcent la main à Varrêt & aureculer : ils s'emportent même. Cela vient ou dupeu d'effet du mors , ou de la foi bielle & de la roidzurdes membres, ou de quelque défaut dans letravail de i'écuysr. Il doit remédier aux vices quinuifent à fon travail ,& prendre garde à fà pofition.L'arrêt Sc le reculer ne font bien exécutés qu'autantque le cheval travaille d'aplomb. Il eft diffi­force, donne de la chafle à fon cheval, l'animal ,Si l'homme , en fe roidiffant & prenant de lacile d'y parvenir.déterminé en avant par des aides fortes qui l'obligentde s'y porter, fe trouvera néceffité de forcerLes jeunes chevaux qui ne font pas encore formés, les chevaux roides & peu maîtres de leursla main. Leçon pernicieufe qui retarde les progrèsde l'école, & gâte les organes de la bouche. C'eftmouvements , les chevaux douloureux dans lesdonc l'affaire d'un habile homme , que d'apprendreà reculer à un cheval.épaules ou dans les jarrets , ceux qui ont les reinslongs ou foibles , arrêtent mal , & reculent avecAutrefois , s'il faut en juger par les anciennesplus de peine. Cependant tous le font, ou doiventgravures, le cheval en arrêtant ou en reculant baiffoittellement la croupe , que les jarrets touchoientle faire. Mais je crois qu'on réuffiroit beaucoupmieux, fi on ne fe hâtoit pas , & fi ou don noi t leprefque à terre : c'étoit un grand vice qui mettoittemps au cheval de s'affouplir & de fe fortifier. Al'animal hors de fon aplomb , & ruinoit fes refforts.Il eft bien plus avantageux de le maintenirmefure que les épaules fe gagnent & que l'équilibrefe forme, on fent croître les difpofitions du cheval.On fera donc bien de différer de donner cettedans fon aplomb ; il fera toujours prêt à repartiren avant, & difponible à volonté.leçon ; elle exige des précautions.Je n'ai rien dit ici du àemi-arrci, parce qu'il efttellement employé dans-toute l'équiration, qu'onne peut en faire une leçon particulière.Quelquefois l'animal fe précipite en reculant :fes jarrets, trop foibles ou trop douloureux pourfupporter le poids de la m affé, cèdent fous fa pefanteur,jufqu'à ce que par un effort co nfidérablele cheval faffe une pointe, & même foit prêt à ferenverfer. Dès qu'on fendra le danger, on le préviendraen rendant la main , enforte qu'on diminuele trop grand poids de devant fur le derrière.Alors les jambes de devant en foutiendront unepartie, & ménageront le derrière ; car il eft effenîielde ne pas donner d'humeur au cheval dans untel travail.Il arrive quelquefois que pour éviter de reculer,il laiffe toute fa maffe poier fur le devant, & qu'ilaime mieux fouffvir la preffion du mors, que d'enleverles épaules & de fe porter fur les hanches.Dans ce cas il eff expédient de gagner le devantEquitation, EJ crime & Dan je.DE L'ARRÊT. ( THIROUX ).Voilà comme des éléments diètes d'après la conformationde l'homme, & puifés dans la conflructiondu cheval, placent féparément ces deux individusavec tant d'avantages , que leur réunionn'a rien de pénible , foit que le cavalier exige ducheval, foit que le cheval réponde aux indicationsdu cavalier. Ce dernier, précédemment inftruit dela méthode qui fert à mettre un cheval au pas ,fait aâuellement le porter à droite Si à gauche ,mais il ignore la manière de l'arrêter.Ce que cefi que /'Arrêt.Varrh provient d'une privation graduée de li-


34 A R Rhe rte dans l'avant-main, fuivie de la dlfcontinuationmotivée du mouvement, que l'arrière-maincommunique au centre.Comment on marque /'arrêt.Veut-on arrêter fon cheval, il faut a Ourer lesjambes tombantes également, afin de fixer la colonnede derrière a fiez près du centre pour qu'ilpuiffe foutenir le reflux de la colonne de devant,qu'on ramène alors fur le point milieu, en portantle haut du corps en arrière , & non-feulement enretenant li main , le deffus du poignet bombé ,ainfi que l'avant-bras foutenu, comme il eft enfeignèpour le demi-^rz-et, qui doit annoncer toutesles évolutions du cheval, mais en la rapprochant encoreun peu du ventre. Aulli-tôtles forcés réuniesde la main & des jambes égales du cavalier rapportenten même raifon les deux colonnes vertébralesau centre, & le cheval, qui reçoit une combinaifonabsolument femblable à celle du raffembler, fe remet dans l'état où il étoit un inftantavant que d'entrer en aQion. Dès qu'on fem le chevaltotalement en place , on diminue par degréles puiflances de la main & des jambes ; mais ilfaut avoir attention que l'une ne doit pas abandonn-îrle cheval avant l'autre. Autrement, fi le relâchementde la main prévient celui des jambes, lacolonne de devant mife en liberté, pendant quela preffion des jambes commande encore la colonnede derrière, force le cheval à renouveller leport en avant. Par la raifon contraire, fi les jambesdu cavalier font les premières à quitter prife , lacolonne de devant empiète fur la colonne de derrièreinconfidérément abandonnée , & le chevalîecule.Le Reculer.On a lu dans l'analyfe des mouvements du chevalque l'une des trois combinaifons qui lui fontnaturelles s'appelle le reculer. Comme on lit enfuite, dans la defeription du pas, que le cheval quimarche enlève & pofe tranfverfaiement fes quatrejambes les unes après les autres, en commençanttoujours par une jambe de' devant ; on a droit d'enconclure que le cheval qui recule , en fuivant dansla pofition & l'arrangement de fes jambes le mêmeordre tranfverfal qui préfide à la formation du pas ,doit conftamment entamer cette évolution rétrogradéepar une jambe de derrière.Ce que c'efl que le Reculer.Dès-lors l'adi on du reculer peut fe nommer lepas en arrière, puifque le cheval éloigne d'abordde fon centre une'jambe de derrière , qu'il remplaceà l'inftant par la jambe rie devant oppofée,à laquelle il fait fnccéder l'autre jambe de derrière,qui tire après elle Vautre jam be de devant.De manière que fi le cheval entame le pas en arriérepar la jambe 3 , c'eftla jambe 2 qu'il rapprochrerie l'on centre, après quoi la jambe 4 va rejoin-A R RHre fa voîfme la jambe 3, & la jambe I vienidorre le premier pas du reculer.Comment on nenie un Cheval.Ceux qui feront frappés de l'oppofition parfaitequi exifte entre le marcher & le reculer , trouverontfacilement les moyens propres à cette dernièreévolution, à moins qu'ils n'aient tout-à-faitoublié la méthode donnée pour ébranler un chevalau pas. Mais , pour peu qu'ils fe reffouviennentqu'après avoir réuni les deux colonnes au centre ,c'cft en rendant la main & preffant dans les jambeségales , que l'extenfion de la colonne de devant,aidée de la rétrogradation de celle de derrière, décidele cheval à former le premier pas en avant,lorsqu'ils vendront faire reculer un cheval, duementraflemblé, ils n'héfiteront pas à diminuer la prePfiondes jambes, & à doubler la tenue de la main ,afin que ce foit aäuellement la colonne de derrièrequi s'étende du point milieu à fon extrémité, tandisque la colonne de devant fe reploie , au contraire ,de fon extrémité fur le point milieu. En conféquence,du moment où on juge le cheval fufifammentraflemblé , foit qu'il doive cette heureufedifpofition à Varrêt, foit que le cavalier la lui fafleprendre à deflein d'exiger le reculer, on écarteégalement les deux jambes : alors le cheval laifleéchapper fa colonne de derrière , qui emmène nécefl'airementavec elle une des deux jambes qu'elledirige. Il faut attendre patiemment que le bipèdede derrière fe foit ébranlé , avant que d'efîayer àreculer le bipède de devant. Mais à peine le chevala-t-il cédé, qu'on ne peut trop fe hâter de fairerefluer la colonne de devant fur le centre , enajoutant aux temps du haut du corps, de la main 9du poignet & de l'avant bras indiqués à ïarrêt ,celui de remonter le long du corps les quatre doigtsramenés à-la-fois au ventre. Les forces repoufîantes,qui partent auiïitôt de l'avant-main, ont d'autantplus de prife fur le point central, que l'éloignementd'une jambe de derrière le prive d'unede fes étales. Aufli le cheval, qui apporte fous luila jambe de devant qu'il doit mouvoir tranfverfaiementaprès l'écart delà première jambe de derrière, chafle-t-il promptement l'autre jambe dederrière, dont celle de devant oblique finit le premierpas du reculer. ,Lorfqu'on n'a plus la volonté , ou qu'on n'eftplus dans la néceflité de reculer, il faut rendre lamain & rapprocher les jambes , qui doivent fereflerrer avec la même égalité qu'elles le font écartées.Au moyen de cette double opération , qu'onfait être contraire à celle du reculer, le cheval re*nouvelle l'aâion du marcher. L'élève lui laifle exécuterquelques pas de fuite, qu'il termine par unfécond temps d'arrêt, d'après lequel il fe prépareà defeendre de cheval.Du dcmi-ArrsAvant la formation du premier pas il eft nécef-


A R Rfaire de préparer le cheval à l'exécuter. On n'asûrement pas oublié que le réfultat des opérationscombinées de la main & des jambes produit l'actiondu raflembler. On . doit encore fe reffouvenirque cette aâion démontrée tend à réunir les forcesvertébrales à leur centre, pour qu'elles pniffentde-là f e diftribuer conformément aux defirsdu cavalier. La même néceflité fubfifte , ainfi queje l' annonce à l'article du raffembler, chaque foisqu'il eft queftion d'exiger un nouveau mouvement,avec cette différence que , pour faire forcir le chevalde l'état d'inaâlion totale , il faut rallembler lesdeux colonnes enfemble ; au lieu que , pour réunirle cheval mis en aâion , on n'eft plus obligé qu'àramener la feule colonne de devant, puifqu'aumoyen de U prelîïon motivée des jambes égales ,le cavalier a foin d'alimenter le centre du chevalpar l'apport fréquent de la colonne de derrière.C'eft cette dernière opération qui prend au manègele nom de demi-arrtf.Ce qui cefl que le demi-Arrêt.On diftingue le demi-


36 A SSdement, fans qu'il fe traverfe & fé jette de côté.Pour mieux arrondir un cheval , on fe fert d'unelonge que l'on tient clans le centre,.jufqu'à cequ'il ait formé l'habitude de s arrondir , & de nepas faire des pointes. On ne doit jamais c hangerde main en travaillant fur les voltes, que ce nefoit en portant le cheval en avant & en l'arrondiflant.ASSEOIR. Faire affioir un cheval fur leshanches , c'eâ les lui faire plier, lorfqu'on le galope,qu'on le fait manier, ou qu'on l'arrête..ASSIETTE. Faire prendre à un cavalier unebonne aßlette , c'eft le mettre en une difpofjtionconvenable fur la felle. On dit qu'un cavalier neperd point Yaffiette , pour dire qu'il eft ferme furles étriers. Uaffette eil de fi grande conféquence ,que c'eft la feule chofe qui fait bien aller un cheval.ASSOUPLIR. Rendre fouple un cheval ; luifaire plier le col, les épaules, les côtés & autresparties du corps à force de le manier , de le faire(roter & galopper. Cheval affoupli, ou rendu fouple.La rêne du dedans du caveçon , attachée courreau pom eau , eft très-utile pour ajjouplir les épaulesan cheval. Il faut aider de la rêne du dehors poufaßouplir les épaules. On dit ; ce pli afTouplit extraordinairementle col à ce cheval. Aßouplir &rendre léger eft le fondement de toutes chofes aumanège. Quand un cheval a le col & les épaulesroides & n'a point de mouvement à la jambe , ilfaut e flayer de Vajfoiiplir avec un caveçon à laNeucaille, le troter & le galopper en telle forte ,qu'on le mette, fou vent du trot au galop.ASSUJETTIR la croupe du cheval, & lui élargirle devant. Avec la rêne de dedans & la jambede dehors , on alfujettit la croupe ; & en mettantla jambe intérieure de derrière à l'extrémité dederrière on étrécit le cheval, & on l'élargit pardevant.ASSURER la bouche d'un cheval, c'eft accoutumerun cheval à fouffrir le mords. Bouche affuréeeu accoutumée au mords.ASSURÉ des pieds. Les- mulets font fi ûjfurés despieds , qu'ils font la meilleure montur e qu'on puifleavoir dans les chemins pierreux & raboteux.ATTAQUER un cheval, c'eft lé piquer vigoureufementavec les éperons.ATTEINTE. C'eft un tenne de courfe de bague :il fe dit quand on a feulement touché la bague , aulieu d'y avoir mis dedans pour l'emporter.AVANT, en avant. Cheval beau de la main enavant, eft celui qui. a la tète Se l'encolure plus belleque le derrivre.AVANTAGE. Être monté à fon avantage. c'eftêtre monté fur un bon ou fur un grand cheval. Mon ­ter avec avantage , ou prendre de l'avantage pourmonter à cheval, c'eft fe fervir de quelque chofe furlaquelle on monte avant de mettre le pied à J'étrier.•les femmes, 8c les-vieillards, ou gens infirmes feB A Tfervent s fiez ordinairement d'avantage pour monterà cheval.AVANT-MAIN. C'eft le devant du cheval, la.tête, le col, les épaules. V avant - main délié Semince n'eft pas toujours une marque de légèreté.Dans les fa ins, croupades , balotades , & cabrioles,c'eft de la rêne de dehors qu'il faut aider le cheval,parce qu'il a Yavant-main ferré & la croupe en liberté.Au terre-à-terre , il faut aider de la rêne dededans de la bride, parce qu'alors la croupe eftferrée, & Xayant-main au large.AUBIN. Train de cheval qui tient de l'amble Sedu galop. Un cheval qui va Vaubin eft peu eftimé.AVERTI. Pas avertipas écouté , eft un pas réglé,foutenu , un pas d'école. On difoit autrefoisun racolt, dans le même fens.AVERTIR un cheval, c'eft le réveiller au moyende quelques aides, lotfqu'il fe néglige jlans fonexercice.B.BADINANT. Cheval qu'on mène après un car»rofte attelé de fix chevaux pour le mettre à la placede quelqu'un des autres qui pourroit devenir horsd'état de fervir. On l'appelle auffi.le volontaire.BAGUE, y. COURSE.BALANCER la croupe au pas ou au trot fe ditdu cheval dont la croupe dandine : ces allures fontune marque de foibleffe de reins.BALOTADE. C'eft un faut qu'on fait faire àun cheval entre deux piliers, ou par le droit,avec jufleffe, foutenu de la main , & aidé du grasdes jambes, en fort s qu'ayant les quatre pieds enl'air, il ne montre que les fers des pieds de derrièrefans détacher la ruade Se s'éparer. A la cabriole, il rue ou noue l'aiguillette ; à la croupade,il retire les pieds de derrière-fous lui, au lieu demontrer fes fers , comme il fait en maniant à bu*lotade. C'eft ce qui fait leur diftcrence. Quand uncheval eft lafté d'aller à cabrioles, & que fon grand,feu eft paffé, il fe met de lui-même à balotades, puisà croupades, à moins que le poinçon bien appuyéne lui fafle nouer l'aiguillette, Se continuer l'air des,cabrioles. Faire la croix à balotades, c'eft faire cesfortes d'airs ou de fauts d'une haleine, en avant, enarrière.& fur les côtés, comme une figure de croix.La baloradc eft un faut où le cheval femble vouloirruer , mais il ne le fait pas pourtant ; ce n'eft qu'unedemi-ruade , faifant feulement voir les fers desjambes de derrière, comme s'il avait envie deruer. F. A 1RS.BASSE, ou CALADE. Pente douce d'une colline, -fur laquelle on accoutume le cheval à courir augalop, pour lui apprendre à plier les jambes.BATTRE à plufieurs fens dans le manège, oùl'on dit : qu'un cheval bat à la main , ou bégaie ,pour marquer un cheval qui n'a pas la tête terme ,qui lève le nez , qui braule & fecoue la têt e à toutgioment en. fecouant fa bride, Les chevaux TM£ 3_


B E A& les Cravates fou ïujets a battre à la main. Uncheval bat à la main, parce qu'ayant les barres troptranchantes, il ne peut fouffrir la fujétion du mords,quelque doux qu'il foit. Pour lui ôter l'envie debattre à la main , & lui affermi r la tête, il n'y a qu'àmettre fous fa muferole une petite bande de fer ,platte & tournée en arc ^qui réponde à une martingale.Cet expédient , an relie , ne fait que fufpendrel'habitude; car la martingale étant ôtée , le chevalretombe dans fon vice. On dit aufïi qu'un chevalbat la poudre ou la pouiïière, lorfqu'il trépigne,qu'il fait un pas trop court & qu'il avancepeu ; ce qui fe dit de touts tes temps & mouvements.Un cheval bat la poudre au terre-à terre,lorfqu'il n'embrafîe pas affez de terrein avec lesépaules, & qu'il fait touts fes temps trop courts,comme s'il les faifoit en une place. Il bat la poudreaux courbettes, lorfqu'il les hâte trop & lesfait trop baffes. Il bat la poudre au pas , lorfqu'ilva un pas trop court, & qu'il avance peu , foitqu'il aille au pas par le droit, ou fur un rond, ouqu'il paffage.BEAU-LIEU. Un cheval qui porte en beau-lieu,eft celui qui porte bien fa tê te.BEAU PARTIR DE LA MAIN. Un cheval quip.nt bien de la main , eft celui qui échappe &. partde la main facilement & avec vigueur, fuit uneligne droite , fans s'en écarter ou fe traverfer , depuisfon partir jufqu'à fon arrêt.BÉGAYER fe dit d'un cheval qui bat à la main ,lève le nez, branle la tête & fecoue la bride. Voye^BATTRE A LA MAIN.BERCER fe dit d'un cheval qui fe laiffe alle rnonchalamment d'un côté & d'un autre au pas &au trot, imitant, pour ai ufi dire , i.e mouve mentqu'on fait faire au berceau pour endormir uu enfant.Ce dandinement marque très-fouvent un chevalmou & fans force.BIAIS. Aller en bais, c'eft-à-dire , les épaulesavant la croupe. Faire aller un cheval en biais. Laleçon du biais au paffager. Si les épaules font avantla croupe , le cheval eft en biais, & il a la croupeB O U 37BIEN MIS, c'eft la même cliofe que bien dreûe,c'eft - à - dire, bien mis dans la m am & dans lestalons.•BILLARDER. C'eft lorfqu'un cheval en mar-'chant jette fes jambes de devant en dehrsrs.BOITEUX de l'oreille ou de la bride, eft lecheval qui, par fes mouvements de tête , marquetouts les pas qu'il fait en boitant, foit au pas ou autrot. Touts les chevaux boiteux ne marquent pasces temps en boitant.BOUCHE. Le confentement & l'obéiffance ducheval viennent en partie de la fenfibilité de fabouche, par la peur qu'il a que le mords ne la luibleffe ; & en partie de la difpofition naturelle defes membres , & de fon inclination à obéir. Entirant le cheval en arrière, on juge , en quelquefaçon , de fon obéiffance & de la délicatelfe de fabouche. On dit, boiichc fine, tendre, légère , loyale,quand le cheval s'arrête , pour peu que le cavalierfe jette en arrière, & qu'il lève la main, fans attendremême qu'il tire la bride. Une bouche fraîche& écumante eft une très-bonne marque. Une bouchechat ouilleufe , c'eft-à-dire , qu'il craint trop lemords. Pour affurer une bouche chatouilleufe, quelques-unsfe fervent d'un canon à trompe. ' Lesbonnes leçons font pour cela les meilleurs remèdes, fans elles le canon fera peu d'effet. Pour conferverla bouche d'un cheval, il ne faut pas trop legourmander. Une bouche fauffe eft celle qui n'a aucunefenfibilité , quoique fes parties foient bienformées. Une bouche forte , ruinée & défefpérée ,fe dit des chevaux qui n'obéiffent point, qui s'emportent.Une bouche affurée cft celle qui ne batqui ne pèle jamais à la main. On appelle un chevalfans bouche , celui qui n'obéit point au cavalier.Bouche à pleine main , eft celle qui a l'appui affurc,& qui fouffre qu'on tourne la main fans fe cabrer ,ni pefer fur le mords, qui peut même foufti ir uneébrillade fans s'ébranler, & fe défendre, & celafans avoir la délicateffe & le fentiment fin desbouches excellentes. 11 faut choifir po ur l'armée uncheval qui ait la bouche à pleine main , autrementil feroit en danger de fe cabrer , 1 un autre chevalle venoit choquer dans la mêlée. Bouche au-delà,de pleine main , ou plus qu'à pleine main , eftun peu en dehors. Mettre le cheval en tantôten une main , & puis le pouffer en avant ; tantôtà l'autre, & puis le pouffer de même en avant,& réitérer cela de main en main & en avant, lui faitobéir la main & le talon, & eft une excellente leçon;mais d'autant qu'il eft rais en biais, il faut que lesparties de devant aillent toujours avant celles dederrière. La manière de faire aller un cheval enbiais, de faire faire au cheval des courbettes enbiais, de le mettre au pas en. biais & en courbettesen biais, eft fort détaillée dans Neucaftle. Pouraller en bia.s , il faut à toutes mains aider auffi lecheval de la rêne de dehors , & foutenir , c'eft-àilirecelle d'un cheval qui a de la peine à obéir. Le caveçondoit être fort ferré , & bien oublé d d'un cuirdouble pour le moins, de peur qu'il ne bleffe lecheval ; car bien que ce foit un vieux proverbe ,que nez faigneux fait une bonne bouche, il eft confiantque fi on ne lui fait point mal au nez, la bouchen'en fera, que meilleure.BOUCHE ÉGARliE , eft celle d'un cheval quifuit avec opiniâtreté la fujétion du mords, qui aperdu la lenfibilite des barres & bat à la main., le tenir ferme, fans lui donner aucun temps ; Les imperfeélions de la bouche des chevaux, fontcar le cheval le prend mieux qu'on ne peut le lui lorfque le cheval tire en haut & fuce langue ; qu'ildonner. 11 faut auffi l'aider de la jambe de dehors ; la met par-deffus le morsi; qu'il la double autour duc'eft-à-dire , qu'il faut que la rêne & la jambe foient mors ; qu'il la laiffe pendre hers de la bouche,(oit4'un même côte & toujours en dehors, ' tout droit en ayant, foit de l'un des deux eûtes, Lç;.


38 B OUcheval ne reçoit aucun préjudice de ces vices , auxquelsil n'y a d'ailleurs point de remède,BOULETÉ. Cheval dont le boulet eft hors defa fituation naturelle ,& s'eft jette trop en avant.Un cheval devient bouleté par excès de travail, oulorfqu'il eft court jointe.BOULEUX fe dit d'un cheval de médiocretaille, qui n'a ni noblefle, ni grace, ni légèreté dansl'allure , & qui eft étoffé.BOUT. On dit qu'un cheval n'a point de bout,lorfqu'il recommence fouvent des exercices violents& de longueur fans en être fatigue , & avecla même vigueur. Un cheval à bout eft un chevaloutré de fatigue.BOUTÉ. Un cheval bouté eft un cheval qui ales jambes droites depuis le genou jufqu'à la couronne: ce qui arrive fouvent aux chevaux courtjointes. Cheval long jointe, eft le contraire debouté.BOUTOIR. Nom qu'on donne à un infinimentd'acier tranchant, avec lequel on parc le pied ducheval ; ainfi parer , c'eft couper la corne avec leboutoir. Cet infiniment eft large de quatre doigts ,Se recourbé vers le manche.BOUTON de la bride. Mettre un cheval fous lebouton, c'eft raccourcir & tendre les rênes par lejnoyen du bouton de la bride , qu'on fait defeendrejufque fur le crin. On fe fert quelquefois de cettemanière quand on dreffe les c hevaux d'arquebufepour les arrêter plus facilement & plus vite.BOYAU. Un cheval qui a beaucoup de boyau ,c'eft lorfqu'il a beaucoup de flanc , beaucoup decorps, qu'il a les côtes longues , & qu'elles ne fontni plates , ni ferrées. Cheval étroit de boyau , eftcelui qui n'a point de corps, qui a les côtes refîerréesou courtes , & le flanc retroufle, ce qui luirend le corps efflanqué comme celui d'un lévrier.C'eft ce qu'on appelle un cheval eftrac, qui eftordinairement délicat & peu propre au travail, àmoins qu'il ne foit grand mangeur. On rebute furtoutles chevaux de carroffe qui n'ont point decorps , qui font étroits de boyau , & qui femblentavoir la peau des flancs coufue fur les côtes; UnchaiTcur ne méprife pas un cheval étroit de boyau.Il le préférera même à un autre qui aura plus deflanc, pourvu qu'il foit de grande haleine , debeaucoup de reflburce , léger & grand mangeur.On donne le verd , pour faire reprendre du boyauaux chevaux qui l'ont perdu. Le mot de flanc eftaufîi en ufage.BRACAÌCOURT. BRASSICOURT.BRA1LLEUR. Cheval qui hennit très-fouvent ;c'eft un défaut bien incommode , fur-tout à laguerre.BRAS. Dans le cheval c'eft la partie de la jambede devant qui s'étend depuis le bas de l'épaule jufqu'augenou. On dit qu'un cheval plie bien le bras,pour dire qu'il plie bien la jambe, quoique le brasmême ne plie point. Un cheval qui plie bien lesbras, & lève le devant avec liberté, n'a plus befoinC A Bd'être mis entre deux piliers, pour lui rendre 1$devant léger.BRASSICOURT, ou BRACHICOURT, c hevalqui a naturellement les jambes courbées en arc , àla différence des chevaux arqués , qui les ontcourbées.BRINGUE Une bringue fignifie un petit chevald'une vilaine figure & qui n'efl point étoffé.BRISECOU. On appelle ainfi un jeune hommehardi & de bonne volonté , à qui on fait monterles poulains & les jeunes chevaux, pour commencerà les accoutumer à fouffrir l'homme.BROCHER. Terme dont on fe fervoit autrefoispour dire piquer un cheval avec les éperons , afinde le faire courir plus vite.BRONCHADE Faux pas d'un cheval.BRONCHER. Mettre le pied à faux. Il fe ditproprement des chevaux auxquels les jambes molliftent.Ce défaut leur vient d'avoir les reins 8cl'échiné foibles, & les jambes ufées. Ceux qui difentchoper pour broncher , parlent mal.BROUILLER, c'eft mettre un cheval hors d'étatde bien manier par la faute de celui qui le monte.Cheval brouillé, ou qui fe brouille, c'eft à-dire , quiétant recherché pour quelque manège , fe précipite, fe traverfe, fe défun t par inquiétude ou pouravoir les aides trop fines. Un cheval qui a les aidesfines , fe brouille aifémen t ; on l'empêche de manier, pour peu qu'on ferre trop les cuifies ouqu'on laiffe échaper les jambes.C.CABRER, fe cabrer. Cela fe dit des chevaux quîfe lèvent & fe drefient fur les pieds de derrière enétat de fe renverfer, quand on leur tire trop labride , ou quand ils font vicieux ou fougueux.Lorfque le cheval fe cabre pluficurs fois de fuite,& fe jette fi haut fur les jambes de derrière qu'ileft en péril de fe renverfer , on appelle ce défordre,faire des ponts-levis. Il faut que le cheval aitbeaucoup de force, & lui rendre la main à propos ;autrement ces ponts-levis font très-dangereux. Lemoyen de rendre obéifTant un poulain fujet à fecabrer fouvent & à défobéir, eft de prendre Jetemps que fes pieds de devant retombent à terre ,& lui appuyer alors vertement des deux.CABRIOLE. Petit faut vif, par lequel le chevallève le devant, & enfuite le derrière , imitant lefaut des chèvres. Voyei AIRS.C'eft un faut que fait le cheval fans s'élancer oualler en avant, en forte qu'étant en l'air, il montreles fers & détache des ruades ; ce qu'on appelleRéparer ou nouer Vaiguillette. On la nomme autrementfaut de ferme a ferme. La cabriole eft un manègepar haut & le plus difficile de tous les airsrelevés. On dit qu'un cheval fe préfente de luimêmeà cabrioles , qu'il fe met de lui - même àcabrioles , lorfqu'il fait des fauts égaux & dans I3


C A Dmain, c'eft-à-dire fans forcer la main & fans pcferfuria bride. Il y a plufieurs fortes de cabrioles. Czbrieledroite , cabriole en arrière , cabriole de côié ,cabriele battue ou frifée , cabriole ouverte. Quandle cheval n'épare qu'à demi, fans détacher desruades & nouer l'aiguillette, on donne à la cabriolele nom de ballotade. On lui donne celui de croupade,quand au lieu d'étendre les jambes en arrière, il les trouffe fous lui, comme s'il les vonloitretirer dans le ventre , & retombe prefque lesquatre pieds enfemble, fans avoir montré les fers.Pour apprendre à un cheval à bien manier à cabrioles, il le faut metire entre deux pilliets , & luifaire lever premièrement le devant , enfuite lederrière , lorfque le devant eft encore en l'air.Pour cela on fe fert des aides de la gaule & dupoinçon. Lorfqu'on veut faire faire des cabrioles aucheval & lui faire nouer l'aiguillette , on le foutientde la main & des talons. Quelques-uns ontdit faire la croix à cabrioles , comme on dit faire lacroix à courbettes , faire la croix à ballotades , cequi ne fe peut pas. Les chevaux qui feroient lacroix à cabrioles, fembleroient tenir du ramingue&du rétif, & ne travailleroient pas felon la juftefledu manège ; outre qu'un cheval, quelque vigoureuxqu'il foit, ne peut faire d'une haleine toute lacroix à cabrioles.CADENCE. Mefure & proportion égale que lecheval doit garder en touts fes mouvements, foitqu'il manie au galqp , ou terre-à-terre, ou dansles airs , enforte qu'aucun de fes temps n'embraiïepas plus de terrain que l'autre ; qu'il y ait de la jufteffedans tous fes mouvements, qu'ils fe foutlennentteuts avec la même égalité. Ainfi on dit qu'uncheval manie toujours de la même cadence, qu'ilfuit fa cadence, ne change point fa cadence, pourdire qu'il ob ferve régulièrement fon terrein, &qu'il demeure également entre les deux talons. Lorfqu'uncheval a la bouche fine, les épaules & leshanches libres', il n'a aucune peine d'entretenir facadence. Cheval qui prend une belle cadence furiesairs, fans fe démentir, fans fe brouiller , qui manieégalement aux deux mains.CALADE. Pente d'une eminence, d'un terreinélevé, par où on fait descendre plufieurs fois üncheval au petit galop, le devant en l'air, pour luiapprendre à plier les hanches ou à former fon arrêt, avec les aides du gras des jambes, du foutiende la bride & du caveçon employés à propos. Onl'appelle audi bajje. On dit exercer le cheval dans•anzedade-, le conduire droit ; fe fervir avantageufementde la calade. Les calades rebutent un cheval, & peuvent lui ruiner les jarrets, fi la pente efttrop roide ; & fi avec la calade, on n'accorde pasles aides de la bride & du gras des jambes.CARACOLE, ou CARACOL. Mouvement quek cavalier fait en demi-rond ou demi-tour, à gaucheou à droite, en changeant de main fans obferverde terrein réglé.CARRIERE. C eft le terrein , l'étendue d'unC H A 39champ ou on peut pouffer un cheval jufqu'à ce quel'haleine lui manque. Ce mot lignifie aufll un lieufermé de barrières eu on entre pour courir la bague, ou pour faire quelque courfe de chevaux. Ilmarque aufli la courfe du cheval, pourvu qu'ellen'aille point au-delà de deux cents pas ; ainfi on dit :il a fourni fa cernere, il a bronché au milieu de lacarrière, en entrant dans la carrière. C e cheval aune carrière , c'eft à-dire , il galope fort vite, & ades temps courts Se vîtes.CAVESSON, ou CAVEÇON. Efpèce de brideou de muferole qu'on met lur le nez du cheval,qui le ferre & le contraint, 8c fert à le dompter, à1 aflbuplir & à le dreffer. Les cavejfons de cuir oude corde fervent à mettre les chevaux entre deuxpiliers , & quand on dit que le cheval donne dansles cordes , on entend les cordes ou les longes deces fortes de Ily a auffi d es caveJJ'ons d efer faits en demi-cercle de deux à trois pièces affembléespar des charnières qui fervent à drefferles jeunes chevaux. Ils confervent & épargnent labouche des jeunes chevaux , les accoutumant àobéir à la main , à plier le cou & les épaules, fansles mettre en danger de leur bleffer la bouche Sede leur ruiner les barres avec le mors, ill y en ade tors & de plats, ceux-ci portent également furle nez & font les meilleurs. Le cavejfon à figuette oumordant eft creux par le milieu, & dentelé commeune feie par les deux bords de fa concavité, pourpiquer le nez d'un cheval malicieux & dur de têteou de col. Les cavejfons camards font hors d'ufage, & abfolument bannis des académies. Ilsétoient garnis de petites pointes très-aigues quitourmentoient extrêmement le cheval.CHANGER ua cheval, ou changer de main , c'efttourner & porteria tête d'un cheval d'une main àl'autre , de droite à gauche , ou de gauche à droite.11 ne faut jamais changer un cheval, qu'on ne lechaffe en avant, en faifant le changement de main;& après qu'on l'a changé , on le pouffe droit pourformer un arrêt. Pour laiffer échapper un chevalde la main , il faut tourner en bas les ongles dupoint de la bride; pour le changer à droite, il fautles tourner en haut, portant la main à droite. Pourle changer à gauche, il faut le s tourner en bas &à gauche ; & pour arrêter le cheval, il faut tournerles ongles en haut & lever la main. Quand on apprendà un cheval à changer de main , que ce foitd'abord au pas, & puis au trot & au galop.CHARGÉ d'epaules , de .ganache, de chair, fedit d'un cheval dont les épaules & la ganache fonttrop greffes & épaiffes, &de celui qui eft trop gras.CHARGER. Se charger d'épaules , de ganache ,de chair, fe dit d'un cheval auquel les épaules & laganache deviennent trop großes , & de celui quiengraiffe trop.CHASSER un cheval en avant, ou le porter enavant, c'eft l'aider du gras des jambes, ou le pincer, pour le faire avancer.CHATIMENT. Ce font les coups de gaule ou


4o \ C H Ad'éperon qu'on donne au cheval quand il n obéitpas au cavalier. La chambrière efl auffi un chaùmcntau manège : le maître étant à pied en donnedes coups au cheval qiaand il ne lui obéit pas entreles piliers ; il en donne auffi au cheval quirefifte àfon cavalier, & quelquefois au cavalier même ,pour l'avertir d'avoir attention à fes leçons.Les aides n'étant, comme nous venons de ledire , qu'un avis qu'on donne au cheval qu il ferapuni, s'il n e répond pas à leur mouvement ; leschâtimens ne font par conféquent que la punitionqui doit fuivre de près la défobéiffance du chevalà l'avis qu'on lui donne; mais il faut que la violencedes cdups foit proportionnée au naturel ducheval ; car fouvem les châcimens médiocres, bienjugés & faits à temps , fuffifent pour rendre uncheval aifé & cbéiffant ; d'ailleurs , on a l'avantagede lui conferver, par ce moyen , la difpofition &le courage, de rendre l'exercice plus brillant , &de faire durer longtemps un cheval en bonne école.On emploie ordinairement trois fortes de châtiynens; celui de la chambrière , celui e dla gaule, &celui des éperons.La chambrière efl le premier châûmtnt dont onfe fert pour faire craindre les jeunes chevaux ,lorfqu'on les a fait trotter à la longe , & c'eft lapremière leçon qu'on doit leur donner, commenous l'expliquerons dans la fuite. On fe fert encorede la chambrière pour apprendre à un cheval àpiaffer dans les piliers : on s'en fert auffi pour chafjferen avant les chevaux parefleux qui fe retiennent& s'endorment ; mais ell eft abfolnment néceffairepour les chevaux rétifs & ceux qui font ramingues& infenfibles à l'éperon, parce qu'il faut remarquerque le propre des coups qui fouettent, lorf-«qu'ils font bien appliqués & à temps , eft de fairebeaucoup plus d'impreffion , & de chaffer bien plusxi n cheval malin, que ceux qui le piquent ou quile chatouillent.On tire de la gaule deux fortes de chatimens. Lepremier, lorfqu'on en frappe un cheval yigoureufementderrière la botte , c'efl-a-dire , fu r le ventre& fur les feffes , pour le chaffer en avant. Le fécondchâtiment de la gaule , ce ft d'en appliquer ungrand cfmp fur l'épaule d'un cheval qui détachecontinuellement des ruades par malice , & ce ciuîtimentcorrige plus ce vice que les éperons auxquels ,il n'obéira que lorfqu'illes craindra & les connoitra.Le châtiment qui vient des éperons, eft un grandremède pour rendre un cheval fenfible & fin auxaides, mais ce châtiment Ao\t être ménagé par unhomme fage & favant ; il faut s'en fer vir avec vigueurdans l'occafion, mais rarement, car rien nedé fe (père & n'avilit plus un cheval que les éperonstropfouvent & mal-à-propos appliqués.Les coups d'éperons doivent fe donner dans leventre environ quatre doigts derrière les (angles ,car fi on appuyoit les éperons trop en arrière, c'efià-dire,dans les flancs, le cheval s'arrêteroit &rueroit au lieu d'aller en avant , parce que cetteC H Ap*nie eu trop fenfible & trop chatouilleufe ; & aucontraire,fi on les appuyoit dans lesfsngles ( défautde ceux qui ont la jambe raccourcie & tournéetrop en dehors ), alors le châtiment feroit inutile 8cfans effet.Pour bien donner des éperons, il faut approcherdoucement le gras des jambes , en fuite appuyerles éperons dans le ventre. Ceux qui ouvrent lesjambes & appliquent les éperons d'un feul temps ,comme s'ils donnoient un coup de poing , furprennent& étonnent un cheval, & il n'y répond pas fibien , que lorfqu'il eft prévenu & averti par l'approcheinfenfiblc des gras de jambes. Il y en ad'autres qui, avec des jambes ballantes, chatouillentcontinuellement le poil avec leurs éperons,ce qui accoutume un cheval à quoailler-, c'elt-àdire,à remuer fans ceffe la q ueue en marchant ,adion fort défagréable pour toutes fortes de chevaux, & encor e plus pour un cheval dreffé.Il ne faut pas que les éperons foient trop pointuspour les chevaux rétifs & ramingues ; au lieu d'apporterremède à ces vices, on y en ajouteroit d'autres.Il y en a qui, lorfqu'on les pince trop vertement, piffent de rage, d'autres fe jettent contre lemur, d'autres s'arrêtent tout-à-fait, & quelquefoisfe couchent par terre. Pour accoutumer aux éperonsles chevaux qui ont ces vices, il ne faut lesappliquer qu'après la chambrière, & dans le milieud'un partir de main.L'aide du pincer délicat de l'éperon , devientauffi châtiment pour certains chevaux, qui font trèstinsaux aides , & même fi fenfibles , qu'il faut ferelâcher tout-à-fait & ne point fe roidir fur eux ;car autrement, ils feroient des pointes & des élans ;ainfi le pincer, quelque délicat qu'il foit, produitle même effet fur ces fortes de chevaux & mêmeun plus grand, que les coups d'éperon bien appli,qui.s ne pourroient faire fur ceux qui n'ont qu'uneienfibilité ordinaire.11 faut bien connoître le naturel d'un cheval poii, rfçavoir faire un bon ufage des châtimens, en lesproportionnant à la faute qu'il fait, & à la manièredont il les reçoit, afin de les continuer , de lesaugmenter , de les diminuer, & même de les ceff et.felon fa difpofition & fa force : & il, ne faut pasprendre toutes les fautes qu'un cheval fait pou r desvices , puifque la plupart du temps elles viennentd'ignorance, & fouvent de foibleffe.On doit aider & châtier fans faire de grandsmouvements ; mais il faut beaucoup de fubtilité Sede diligence. Cefi dans le temps que la faute eftcommife qu'il faut employer les châtiments : autre,ment, ils feroient plus dangereux qu'utiles , fu r,tout il ne faut jamais châtier un cheval parhumen r& en colère , toujours de fens froid. Le ménag e_ment des aides & des châtiments eft une des pl Usbelles parties de l'homme de cheval. ( L


C H Etrop fen fib le à l'éperon & trop fin, ne le fuit pasfranchement & n'y obéit pas d'abord ; mais y réfideen quelque manière, fe jettant deffus lorfqu'onapproche les éperons pour le pincer. Les chevauxchatouilleux ont quelque chofe des ramingues , exceptéque le raraingue recule, faute & rue , pourne pas obéir aux éperons ; & le chatoiùlUux y réfi(le q uelque temps, mais enfuite il obéit, & vabeaucoup mieux par la peur d'un jarret vigoureux,lorfqu'il Cent 1 -e cavalier étendre la jambe ,qu'il ne va par le coup même.CHAUSSÉ trop haut, fe dit d'un cheval dont lesbalzanes montent, jufques vers le genou 8c vers lejarret; ce cvii paffe po ur un indice malheureux oucontraire à la bonté du cheval.CHAUSSER Us Etriers, c'e/t enfoncer fon pieddedans, jufqu'à ce que le bas des étriers toucheaux talons. Cette façon d'avoir fes étriers a trèsmauvaifegi ace au manège : il faut les avoir aubout du pied, Se cfiaujjertii la même chofe à l'égarddu cheval, que fe botter.CHERCHER la cinquième jambe, fe dit d'un chevalqui a la tête pefante , & peu de force, & quis'appuie fur le mors pour s'aider à marcher.CHEVAL. Pour conduire parfaitement un cheval, il eil de néceffité abfolue d'en connoître àfond toutes les parties, leur jeu réciproque, &leurs differenti uîbges. Quant à l'anatomie , voyezle diâionnaire d'hifloire naturelle & celui d'hippiatrique.Quant aux ufages, à la perfeéiion &auxdéfauts des parties, relativement à 1 equitation , jevais ralTembler dans cet article ce que les meilleursauteurs en ont écrit jufqu'à préfent.Du NOM ET DE LA SITUATION DES PARTIESEXTÉRIEURES DU CHEVAL, (LA GUÉRINIERE).Pour faciliter la connoiflance du chevd, je ledivife en trois parties principales ; fçavoir , l'avantmain, le corps & l'arrière-main.Les parties qui compofent Vavant-main, font latête, l'encolure, le garot, les épaules, le poitrailou la poitrine, & les jambes de devant.Les parties du corps, font les reins, les rognons,les côtés ou les côtes , le ventre & les flancs.Celles de l'arrière - main, font la c roupe, leshanches , la queue , les feffes, le graffe t, les cuiffes,le jarret & les jambes de derrière.De la ßtuatioi & de la divifwn particulière desParues de C Avant-main.La première partie de l'avant-main , eft la tète ,ui a une divifion particulière, étant compoféees oreilles, du front, des tempes, des falières,des fourcils , des paupières, des yeux, de la ganache& de la bouche.De toutes ces parties, je ne donnerai la définitionque de la ganache & de la bouche, parce queles autres font a fiez connues.La ganache eft une partie compofée de deux osEquitation , Efcrime 6* Da nfe,C PI E 41de la mâchoire inférieure qui touchent la gofitr.Cette partie eft mouvante & fut à mâcher I ealiments.La bouche a fes parties extérieures & fes partiesintérieures.Les parties extérieures , font les lèvres, les nazeaux, le bout du nez, le menton & la barbe,qui eft l'endroit où porte la gourmette.Les parties intérieures de la bouche, font lalangue , le canal, le palais , les barres & les dents.Le canal efl le creux de la mâchoire inférieureoù eftfituée la langue.Les barres , font l'endroit de la bouche où iln'y a jamais de dents , & où fe doit faire l'appuidu mors.Les dents ont auffi une divifion particulière , parlaquelle on connoît Vige (lu cheval ; mais on neparlera de cette divifion que dans le chapitretroifième.L'encolure où eft attachée la tête . eft la fecondepartie principale de l'avant main. Elle eft bordéedans fa partie fupérieure parle crin ou la crinière ,& elle fe termine au garot.Le crin qui tombe fur le front entre les deuxoreilles, & qui fait partie de la crinière , s'appelletoupet.Le gofier eft la partie inférieure de l'encolure. Ilcommence entre les deux os delà ganache, & finità la partie fupérieure Se antérieure du poitrail.Le garot eft placé à l'extrémité de la crinière, &au haut des épaules.Les épaules commencent au garot & finirent auhaut du bras.Le poitrail eft la partie antérieure delà poitrine ,contenue entre les deux épaules , laquelle commenceau bas du gofier, & finit entre les deux bras.Les jambes de devant font attachées aux épaules,& ont encore une divifion particulière , étant composesdu bras , du coude , de l'ars , du genou ,du canon , t'u nerf, du boulet, du paturon, de lacouronne & du pied.Le bras eft cette partie fupérieure de la jambe ,qui eft depuis l'épaule jufqu au genou.Le coude eft Vos du haut de la jambe, qui eftfitué entre les côtes.L'ars eft une veine apparente , fituée au devant& au dedans du bras.Tons les chevaux ont au-defius du geneti en dedans,une éfpèce de corne tendre, fans poil, qu'onappelle chateignes , plus ou moins greffes , maistoujours apparentes. Elles fe trouvent égalementaux jambes de derrière, avec cette différence cependant,qu'à celles-ci elles font placées au-deffousdes jarrets auffi en dedans.Le genou efl la jointure d u milieu de la jambe,qui afîemble le bras avec le canon.Le canon eft la partie de la jambe, qui commenceau genou & finit au boulet.Derrière le canon , il y a un tendon qu'on appellecommunément le nerf de la jambe, qui règne


4 % C H Etout du long , & dont la qualité contribue beaucoupà la bonté de la jambe, comme nous le dironsci-après.Le boulet efl la jointure du canon avec le paturon.Derrière chaque boulet, tant aux jambes dedevant qu'à celles de derrière, il y a un toupet depoil qu'on appelle funon , au milieu duquel il y aune e (péce de corne tendre , qu'on nomme ergot.Le paturon eft la partie fituèe entre le boulet &la couronne.La couronne eft le poil qui couvre & entoure lehaut du fabot.Le pied , qui eft la dernière partie de la jambe ,eft divifé en parties fupérieures & inférieures.Les parties fupérieures font le fabot, les quartiers, la pince & le talon.Le fabot eft toute la corne qui règne autour dupied.Les quartiers font les deux côtés du fabot, depuisla pince jufqu'au talon. On dit quartier de dedans& quartier de dehors.La pince eft le bout de la corne, qui eft au-devantdu pied.Le talon eft la partie de derrière du pied , où feterminent les quartiers , à l'oppofite de la pince.Les parties inférieures du pied font la fourchette ,la foie & le petit-pied.La fourchette eft une corne tendre & molle ,placée dans le creux du pied , qui fe partage endeux branches vers le talon en forme de fourche ,d'où lui vient le nom de fourchette.La foie eft l'efpace de corne qu'on voit dans lecreux du pied, entre les quartiers & la fourchette.C'eft une corne plus dure que celle de la fourchette, & plus tendre que celle du fabot.Le petit-pied eft un os fpongieux , renfermédans le milieu du fabot, entouré d'une chair , quilui fert de nourriture. 11 n'eft point vifible, mêmequand le cheval eft deflblé.De la fituatlon des parties du Corps.Les reins font la partie fupérieure du corps ducheval. Ils prennent depuis le garot jufqu'à lacroupe ; mais ce nom n' appartient proprement qu'àl'extrémité de l'épine la plus voifine de la croupe ,qu'on a appellee jufqu'à préfent rognons ; commel'ufage a donné à cette partie le nom de reins,nous en conserverons la dénomination.Les rognons font proprement les reins; & c'eftla partie de l'épine du dos qui eft la plus proche dela croupe.Les côtés font le tour des côtes, qui renfermentles patties internes contenues dans le ventre ducheval.Le ventre eft la partie inférieure du corps , fituéeau.bas des côtes.Les flancs font placés depuis la dernière côtejufqu'à l'os des hanches, vis-à-vis du graftet, dontla défigition eft dans l'article fuivant.C H EDe la fituaiion des parties de L'Arrière-main.La croupe eft la partie fupérieure de l'arrièremain, qui va en rond epuis d les rognons jufqu'à laqueue.Les fefles prennent depuis la queue en defeendantjufqu'au pli, qui eft à l'oppofite du grader.Les hanches font les deux côtés de la croupe.Elles prennent depuis les deux os qui font au haurdes flancs jufqu'au g raffet. On appelle auffi v ulgairementles hanches, tout le train de derrière oul'arrière-main.Le graflet eft la jointure placée au bas de lahanche , vis-à-vis des flancs, à l'endroit où commencela cuiffe. C'eft cette partie qui avance prèsdu ventre du cheval quand il marche.Les cuiffes prennent depuis le graffet qui en faitpartie, & depuis l'endroit où finiffent les feffes ,jufqu'au pli du jarret.Le jarret eft la jointure qui aflemble le bas de lacuifle avec le canon de la jambe de derrière.Les jambes de derrière étant femblables auxjambes de devant dans les autres parties , il n'eft pasnéceflaire de rapporter ici ce qui en a été dit.Dans les définitions qu'on vient de donner on anégligé de parler de la fituatlon de quelques partiesdu cheval, parce qu'elles font fi généralement connues, que le détail en eut été inutile.Quoique ces définitions foient très-claires , cependantpour avoir une connoiftance encore plus,parfaite & plus intelligible , on peut avoir recoursà ta planche qui eft au commencement de cet ouvrage,dans laquelle toutes les parties extérieuresdu cheval font diftlnguées & marquées par deschiffres de renvoi.De la beauté 6" des défauts des parties extérieures du-Cheval.La beauté d'un cheval confifte dans la conformation& dans la jufte proportion de fes parties extérieures.Comme il eft dangereux dans le choix d'uncheval, de fe laifer féduire par la figure , & par unje ne fçai quoi qui plaît, qui fouvent fafeine lesyeux, & empêche qu'on examine d'aflez près ,qu'on ne détaille au jufte toutes fes parties ; il fan tfuivre en cela le confeil de M. de Soleyfel, auteurdu parfait m aréchal, qui dit : « Quelorfqu'on veut" acheter un cheval, il faut fe prévenir d'abc ni» contre , afin d'être juge févère de tous fes dé-» fauts ».De la beauté & des défauts des parties de V Avantmain.Après avoir donné la définit ion de toutes lesparties extérieures du cheval,\\ faut examiner maintenant, en fuivant le rang que nous avons donnéà chacune de ces parties, feulement celles qui contribuentà la beauté ou à la difformité du cheval.


C H EDe la Tcic.Une belle tête en général eft petite , fèdi e ,courte & bien platée. Quand elle a ces qualités,on voit ordinairement des ramifications de veinesqui régnent le long de la tête , defeendant depuisles yeux jufqu'aux deux côtés des nazeaux , ce quiembellit beaucoup cette partie.Il faut qu'elle foit petite, parce que les têtesgroßes & quarrées, outre leur difformité , pèfentordinairement à la main.Elle doit être fèche, car celles qui font chargéesde chair qu'on nomme tius graffa, font fujettes aumal des yeux. 11 ne faut pourtant pas qu'elle foit fiféche, qu'elle foit privée de nourriture ; car ellefé roi t encore plus fujette au mal des yeux qu'unetête graffe.Il y a des têtes qui font greffes d'offe m ens , quiElèchent contre la beauté feulement, & non contrea bonté.Il faut que la tête foit un peu courte : les têtestrop longues, qu'on appelle tetes de vieilles> fo ntdifformes ; quoique la plupart des chevaux desmeilleures races d'Andaloufie pèchent par cet endroit; mais on leur paffe ce manque de beauté enfaveur de leurs rares qualités.La tête d'un cheval pour être bien placée , doittomber perpendiculairement , ou à plomb , dufront au bout du nez. Lorfqu'elle fort de la perpendiculaireen avant, on appelle ce défaut, tendre lerie^ > porler au vent, tirer à la main : & lorfqu'ellevient en deçà , & que le cheval baifle le nez &. latête , il pèfe ordinairement à la main ; s'il fe ramènetrop , & que la branche de la bride appuiecontre le goder, c'eft ce qu'on appelle un chevaltncapuchonnè.II y a encore un défaut qu'on appelle the mal•attachée ; c'efl lorfque la partie fupérieure de latête, qui eft entre les deux oreilles, le trouve plusélevée que l'encolure.Des Oreilles,La forme des oreilles, leur fituation Scieur mouvement, font les principales chofes à examinerdans cette partie.Un cheval doit avoir les oreilles petites & déliées; quand elles font trop épaiffes , larges & pendantes,ce défaut fait nommer un chevaL oreillard.Beaucoup de chevaux d'Efpagne cependant, & desmeilleurs haras , ont les oreilles longues ; maispour l'ordinaire elles font bien placées, ce qui encorrige le défaut.Les oreilles bien placées doivent être au haut dela tête , peu disantes l'une de l'autre. Quand uncheval marche , il doit avoir les pointes des oreillesavancées ; cette fituation donne un air d'éfronterie,qui fied parfaitement bien à un brave cheval.Par le mouvement des oreilles , on juge du natureld'un cheval. Ceux qui font colères & malins ,portent une oreille en avant, & l'autre couchée enC H E 4 3arrière , & continuent ce mouvement alternativement.Comme cette partie eft le fiêge de l'ouïe, uncheval por te les oreilles du côté où il fe fait dubruit. Sion le frappe fur la croupe, il tourne lesoreilles vers le dos, & s'il eft effrayé de quelqueobjet par devant, il les porte en avant, & baiffeles pointes. Si le bruit fe fait à côté de lui, il tournel'oreille de ce côté. Mais le plus beau port d'oreilles, & la fituation la plus belle & la plus n oble ,c'eft d'avoir en marchant les pointes des oreilleshautesSe en avant ; ce qui forme , comme nousvenons de dire , l'oreille hardie , parce qu'alorsle cheval regarde fièrement ce qui fe préfente à lui.Du Front.La beauté du front d'un cheval, c'eft d'être un peuétroit & uni ; enf orte qu'il ne foit ni trop avancé ,ni trop enfoncé. Les têtes qui ont le bas du frontjun peu avancé , s'appellent têtes hufquées ou moutonnées, comme le font celles de la plupart deschevaux anglois, des barbes, & de ceux nés dansles pays orientaux , & auffi de ceux de leur race.Un défaut èffentiel contre la grace , c'eft lorfquele cheval a le front bas & enfoncé ; on appelle ceschevaux camus.Une marque qui embellit beaucoup la tète ducheval, & qui lui donne de la grace , c'efl lorfqu'ila au milieu du front une étoile ou pelote blanche :cela doit s'entendre des chevaux noirs, bais, alezans,ou qui ont un poil tirant fur le brun.Prefque tous les chevaux ont encore au milieudu front un épi ou molette ; c'eft l e nom qu'ondonne au retour de poil, qui , au lieu d'être couchécomme il l'eft par-tout le corps , remonte d'unfens oppofé. 1) s 'en trouve de femblables auxflancs, au poitrail, & en d'autres endroits.Des Salières.La feule belle qualité que doivent avoir les falières,c'eft d'être pleines, & même un peu élevées.Lorfqu'elles font enfoncées & creufes, c'eftle défaut des vieux chevaux : il fe trouve pourtantquelques jeunes chevaux qui ont cette imperfection; mais par ce figne on connoît qu'ils font engendrésde vieux étalons.Des Yeux.La plus belle partie de la tête du cheval, c'eftl'œil. Cette partie eft auffi difficile que néceffaire àconnoitre.L'œil doit être clair, vif & eflronté , ni tropgros, ni trop petit, placé à fleur & non hors dete te. Un cheval qui a de gros yeux fortant de litête , a ordinairement l'air morne & ftupide ; 8cceux qui les ont trop petits & enfoncés, ( on Usappelle yeux de cochon ,) ont le regard trifte 6c fouventla vue mauvaife.Telles font les remarques générales qu'on doitfaire d'abord fur les yeux, en fuite de quoi il eft néceffairede les examiner plus en détail :& pour enFij


4 4 C H Efaire l'examen rigoureux & en juger fainement, ilfaut, file cheval eft dans un lieu obfcur, le faireconduire dans un lieu clair , & là , lui regarder lesyeux l'un après l'autre, de côté & non vis-à-vis. Ilne faut pas non plus les regarder au foleil ; au contraire, il faut mettre la main au-defTus de l'œil pourrabattre le grand jour & empêcher la réflexion.Les deux parties de l'œil les plus effentielles àconnoître, & qu'il faut examiner avec le plus deloin , font la vitre & la prunelle.La vitre efl la panie extérieure de l'œil, & laprunelle la partie interne , ou le fond de l'œil.Ceft de l'exaéie confidération de la vitre quedépend la parfaite connoiiïance de l'œil. Elle doitêtre claire & tranfparente , enforce qu'on puiflevoir la prunelle fans aucun empêchement. Lorfquecette partie eft trouble & couverte , c'cfl figne quele cheval efl lunatique , c'efl-à-dire , qu'il lui furvientdes fluxions de temps, à autre fur l'œil,îorfque la fluxion a endommagé un œil, il devient•pluspetit que l'autre, alors il eft perdu fans reffource,puifqu'il fe defleche. Quelquefois un œilparoit pins petit que l'autre , parce que par quelqu'accidemla paupière a été feadue , & qu'en ferejoignant elle refte plus ferrée. Mais il efl rareque cela arrive, Se il eft aifé de ne s'y pas tromper,en examinant fi l'œil n'efl ni trouble ni brun.Lorfqu'uncÂcva/jtitte la gourme, ou change lesdents de lait, ou pouffe les crochets d'en haut, ilarrive fouvent que la vue lui devient ai:(fi troubleque s'il étoit borgne ou aveugle; mais lorsqu'il eflguéri, fa vue s'éclaircit. Quelquefois aufïi par cesaccidents, un cheval perd entièrement la vue.Lo prunelle, qui efl la feconde partie de l'œil,doit être grande & large , il faut qu' on pulfie l'appercevoirdiflinflement.Il vient quelquefois au fond de l'œil une tacheblanche , qu'on appele dragon , qui, qtioique trèspetitedans le commencement , couvre avec letemps la prunelle ,& rend le cheval borgne , fansqu'on y puifie apporter aucun remède.Un autre défaut, qu'on appelle ail cul de verre ,c'efl lorfque la prunelle efl d'un blanc verdatre &tranfparent. Quoiqu'un cheval ne foit pas toujoursborgne avec ce défaut, il court grand rifque de ledevenir. Lorfqu'il y a plus de blanc que de verdatre, on L'appelle œil vtrùn : II donne au clitval unair méchant & traîtreuNous ne ferons point ici un plus grand détaildes accidants qui arrivent aux yeux ni aux autresparties dont nous allons décrire les défauts , parcequ'on fe réferve d'en parler plus amplement dans latroifième partie de cet ouvrage , qui traite des maladies.De la Ganache*Les deux os qui compofent ta ganache , doiventêtre peu charnus à l'extérieur , c'efl-â-dire , à cha-«nie coté de la mâchoire inférier.ré , & l'entre-deux,qui eü la partie uni touche au go fier, que quelquesC M Eécuyers appellent la bmye , & quelques maquignons['augei, doit être bien ouvert & bien évidé ,afin que le cheval ait la facilité de bien placer fatête.La ganache quarrée efl une difformité qui provientde ce que les deux os qui la forment fonttrop gros , trop ronds, ou trop chargés de chair; fiavec cela ils font ferrés l'un près de l'autre , enforcequ'il n'y ait point affez de vuide & d'efpace pourque le cheval puifle loger fa tête , il aura beaucoupde peine à fe ramener, à moins qu'il n'ait l'encolurefort longue , peu épaiffe & relevée.Lorfque l'entre-deux des os de la ganache n'eflpas bien évidé , & qu'on y trouve quelque groffeurou glande, c'efl ordinairement un figne degourme , quand le cheval n'a pas pafTé fix ans ;mais s'il a paifé fept ans , & que la glande foit douloureufe, & attachée à l'un des os de la ganache,c'efl prefque toujours un figne de morve. Ontrouve quelquefois dans cette partie plufieurs périrasgroffeurs, qui font une fuite de rhume ou morfbndement,mais elles ne font point dangereufes ,un travail médiocre les diffipe.De la Bouche & de fes parties extérieures..L'ouverture ou plutôt la fente de la bouche doitêtre proportionnée à la longueur de la tête, enfortequ'elle ne foitnitropfendue, ni trop petite. Quancîla bouch e efl trop fendue , le mors va trop avantdans la bouche du côté des dents machelières , cequ'on appelle boire la bride ; & lorfqu'elle n'efl pasaffez fendue ; le mors ne peut porter en fon lieufans faire froncer les lèvres.Ce qu'on entend par une belle bouche, c'efllorfque le cheval éta nt briâé , elle devient fraîche& pleine d'écume , c'efl une qualité qui dénote uri'bon tempérament. On dit d'un tel cheval, qu'ilgoûte bien fon mors.Des Livres.Il faut que les lèvres foient peu épaifles & menues,à proportion de la bouche. Quand elles fonttrop groffes & trop charnues, elles couvrent lesbarres, & empêchent l'effet du mors. C'efl ce qu'onappelle s'armer de la Ihre,Des Naseaux.Un cheval doit avoir les nazeaux ouverts , parceque la rcfpiration en efl plus facile. Cependant cen'efl pas tou jours de cette ouverture des nazeauxque dépend la liberté de la rcfpiration , mais de labonne conflitution des poulmons ; ainfi il n'efl pastoujours fûr de fendre les nazeaux , dans la vue defaciliter la rcfpiration à certains chevaux , commales liuffards & les hongrois le pratiquent. Cetteopération ne produit qu'un feul avantage , qui nelaiffe pas d'être quelquefois utile à la guerre ; c'efbqu'on dit, que les chevaux qui ont les nazeaux fendusne peuvent plus hennir. Lorfqu'un cheval s'ébroueen marchant, & qu'on voit dans le cretis de


C H Efes nazeanx im Vermeil, c'efi figne qu'il a le cerveaubien conûitué.T)i h Barbe.La barbe, que quelques-uns appellent larhouchet,eft une partie qui contribue autant à la bontédelà bouche d'nn cheval que les barres , puifquec'efl l'endroit où la gourmette fait fon effet, laquelledoit porter également par-tout. Il faut pour celaque la barbe ne (bit ni trop plate ni trop relevée.Si la barbe étoit trop plate, c'eft à-dire, que lesdeux os qui la compofent fuffent trop éloignés l'unde l'autre & peu élevés, la gourmette n'appuyeroitqu'aux deux côvis & point dans le mil ieu; & fi aucontraire , les deux os étoient trop élevés & tropprès l'un de l'autre, la gourmette n'appuyeroit quedans le milieu , & alors l'effet en feroit trop fenfibleau cheval, & lui feroit donner des coups detête. Il faut encore pour la perfeéiion d e cette partie, qu'il y ait peu dé chair & de poil, & rien queia peau, pour ainfi dire , fur les os , ce qui rend labarbe plus fenfible. Lorfque cette partie eft bleffée ,ou qu'il s'y trouve de la dureté & des calus , c'eftfigne, ou qu'un cheval appuie trop fur fon mors,ou que la gourmette eft mal faite, ou qu'elle a étémal placée , mais plus ordinairement que le cavalierala main rude.Eie la Langue & des autres partici intérieures de laBouche.Il faut que la langue d'un cheval foit logée dansle canal, c'eft pourquoi elle doit être de même queles lèvres, menue & déliée , parce que fi la langueétoit trop épaiiïe , & qu'elle débordât par-deiîusles barres , cela ôteroit l'effet du mors fur cette partie,& rendroit l'appui fourd. Il faut examiner (1elle n'eft point coupée par l'embouchure ; accidentqui fuppoferoit, ou une mauvaife bouche, ou fouventla rudeffede la main du cavalier.Deux autres chofes défagréables qui fe rencontrentquelquefois dans cette partie, c'eft lorfqu'ellepend d'un côié ou de l'autre & fort de la bouche ,ou qu'elle paffe par-deffusle mors quand un .chevalmarche.Du Palais.Ce qu'on doit rechercher au palais d'un cheval,c'eft qu'il foit un peu décharné. Si les filions étoienttrop gras & trop épais , cette partie feroit chatouilleufe, & le mors en y touchant feroit que le chevalbattroit à la main , & donneroit des coups de tête.Il faut remarquer que le palais d'un jeune chevaleft toujours plus gras que celui d'un vieux ; & àm e fu re qu'un che-^ai avance en âge, les filions dupalais & les gencives fe décharnent.Des Barres.Les barres font la partie de la bouche qu'il fautexaminer avec le plus de foin , puifque c'eft l'endroitoù fe fait l'appui do mors. Les meilleuresC H E 45qualités qu'elles puiffent avoir , font d'être affez.élevées , pour que la langue puiffe fe loger dans lecanal, fans déborder fur les barres, & d'être unpeu décharnées, parce qu'elles en font plus fenfibles; il ne faut pourtant pas qu'elles foient troptranchantes ; car alors le cheval feroit fujet à battreà la main par leur trop de fenfibilité. Lorfque lesbarres font baffes, rondes & trop charnues, c'eftun défaut qui rend cette partie moins fenfible, &qui fait que le mors n'a pas tant d'effet.De l'Eneo!urf.Une belle encolure doit être longue & relevée ;il faut qu'en fortant du garot, elle monte en formede col de eigne jufqu'au haut de la tête , qu'il y aitpeu de chair près de la crinière , cela forme cequ'on appelle encolure tranchante. Elle feroit défcflueule, fi avec cela elle n'étoit proportionnée àla taille du cheval", car lorfqu'elle eft trop longue& trop menue , trop molle & trop étilée , les cAcvdj/xdonnent ordinairement des coups de tête, fiau contraire, elle étoit trop courte, trop épaiffe &trop charnue , le c/icv-iZ peieroit à la main. On remarqueque la plupart des juments, des barbes c


4(5 CHEpardeffbiis, afin qu'ils foient déliés Belongs ; celacontribue à la beauté de la criniere : d'ailleurs lescrinières trop épaiffés font fujettes à la crafle , quiengendre la gale, fi on n'a foin de les laver tousles jours à fond & non fuperficiellement, afin debien nettoyer la racine des crins.Du Garot.Il faut que le garot foit élevé , ng lo & décharné,enforte qu'il n'y ait, pour ainfi dire , que la peaufur les os. Non-feulement ces qualités dénotent laforce d'un cheval, mais elles lui rendent les épaulespins libres ; & elles font néceffaires pour empêcherla felle de tomber fur les épaules, car cela cauferoitde grands accidents dans cette partie. Lorfquele garot eft rond & trop charnu , il eft trés-fujet àfe bleiïér, & la plaie eft longue & dangereufe danscet endroit.Quoique le garot élevé foit une qualité à e (limerdans un cheval de felle, il faut p rendre garde qu'ilne le foit trop pour les chevaux qui portent lairomTe de foura ge à l'armée, Scauffi pour les c/;cvauxde bât, car les uns & les autres font très fujetsà être eftropiés dans cette partie.Des Epaules.les épaules , pour être bien faites, doivent êtreplates, peu charnues , larges, libres & mouvantes.Les défauts contraires à ces qualités font lorfqu'uncheval eft, ou trop chargé d'épaules , evi trop ferré ,ou lorfqu'il les a chevillées.On appelle un ch.val chargé d'épaules , lorfqu'illes a trop großes, charnues & rondes , & quandle joint de l'épaule , qui eft l'endroit où porte lepoitrail de la felle, eft trop avancé, & qu'avec celail y a trop de diftance d'un bras à l'autre ; ce quiprovient aufln de ce que la poitrine eft trop large &trop ouverte. Un cheval trop chargé d'épaules eftfu)et à broncher, à moins qu'il ne les ait naturellementmouvantes : ainfi les chevaux qui ont ce défautne font pas bons pour la felle, mais ils fo ntexcellents pour le tirage , parce qu'ils donnentmieux dans le collier, & qu'ils ne font pas fujetsà être écorchés par les harnois.Il y a des chevaux qui ne paroißent pas chargésd'épaules pardevant, & qui le font dans l'endroitoù portent les arçons de devant de la felle ; lorfquecette partie eft épaifie de chair , le cheval n'eft pasfi libre des épaules , & n'eft pas propre pour lachaffe & pour les courfes de vîteffe , quoiqu'ilpuiffe fervir à d'autres ufages.On doit remarquer que le défaut d'avoir beaucoupd'épaules , qui eft très confideràble pour quelqueschevaux f rançois, eft une qualité à eftimerdans les chevaux d'Efpagne , dans les B arbes &autres des pays méridionaux , ou dans les poulainsqui fortent d'étalons nés dans ces climats , parceque ceux-ci pèchent ordinairement pour avoir lesépaules trop ferrées.C H ELe c/zew/ferré d'épaules, eft celui qui n'a pasla poitrine a fiez ouverte ; enforte que fe trouvanttrop peu de diftance d'un bras à l'autre, les épaulesfe trouvent ferrées l'une près de l'autre. Ce défauteft très-confidérable ; car les chevaux qui n'ont pasa (fez d'épaules manquent de force ordinairement ,ne peuvent pas facilement déployer les bras pourbien galoper , font fujets à tomber fur le nez, àfe croifer & à fe couper en marchant. Les anglois,qui font très-connoHfeurs & très-curieux en c/icvauxde courfe Se de chaffe, examinent avec beaucoupde foin les épaules d'un cheval, & jugent defa force par la ftruélure de cette partie. Ils veulentque l'os de l'omoplate , qui eft , à proprement parler,l'épaule , non-feulement foit large, plat & libre, mais ils veulent encore qu'il defeende basau-deffous du garot, c'eft-à-dire , qu'ils prétendentque plus il fe trouve au-deffous du garot , ce quirend le garot élevé , plus libre en eïl le mouvementde l'épaule ,& c'eft avec raifon.Un troiîième défaut effentiel , eft lorfque lesépaules font chevillées, c'eft-à-dire , engourdies ,liées & fans mouvement, ce qui rend la démarched'un cheval rude & incommode , parce que le mouvementvient feulement du bras & de la jambe.Ces chevaux font fujets à broncher , pefent à lamain pour fefoulager, & font bientôt ruinés desjambes.Lorfqu'un cheval qui a les épaules chevillées ,après quelqu'exercice qui l'aura échauffé, vient àfe refroidir , il demeure roide , comme s'il ètoitfourbu. On remarque aulîi que quoique ce foit unebonne qualité pour un cheval de felle d'avoir lesépaules plates & décharnées ; fi cependant ellesfont trop fèches, enforte qu'on voye les os avancerlous la peau , ces chevaux les ont ordinairementchevillées , & ne peuvent pas fupporter degrands travaux.Il faut encore faire attention à certains c hevauxqui, quoiqu'ils lèvent la jambe fort haut & avecbeaucoup de facilité , ont cependant les épauleschevillées ; ce qu'il eft aifé de remarquer, en prènantgarde que ce beau mouvement en apparencene vient que du bras, & que l'épaule n'y participepoint.Enfin tout cheval trop chargé , ou trop ferré d'épaules,ou qui les a trop fèches , & qui n'a pointcette partie naturellement libre & mouvante , nopeut jamais paffer pour un cheval de maître, & ale devant bientôt ruiné.Du Poitrail,Lorfqu'un cheval a les épaules bien faites , ordinairementle poitrail ou la poitrine l'eft auffi. Cettepartie doit être proportionnée à la taille du cheval :les gros chevaux ôc. les rouffins ont prefque toujoursla poitrine trop large & trop ouverte , ce quiles rend pefans & par conféquent excellents pourle tirage : ceux de légère taille au contraire, pèchentfouvent pour avoir cette partie trop étroite ; enforce


C H E«{lie c'efl une qualité pour ceux-ci que de l'avoirlarge & ouverte.Quand le poitrail eft trop avancé , ce qui feconnoit lorfque les jambes de devant font retiréesfous le derrière des épaules , ce défaut eft confidérahlepour les ch-.vaux de felle ; il eft dangereux degaloper fur de tels chevaux , parce qu'ils font fujetsà tomber fur le nez, & à s'apuyer fur le mors.De: Jambes de devant.Avant que d'entrer dans le détail des parties quicompofent les jambes de devant , il faut d'abordexaminer leur proportion , leur fituation, & la manièredont un cheval place les pieds.La longueur des jambes doit être proportionnéeà la taille ùn-cheval, Lorfqu'il eft trop élevé fur fesjambes , on l'appelle haut monte , & c'eft une difformitéd'autant plus confidérablc, que ces fortes dechevaux ne font pas affurés fur leurs jambes : aucontraire , lorfqu'elles font trop courtes , ce qu'onappelle bas du devant-, non-feulement c'eft nn défautqui fait aller un cheval fur la main & fur lesépaules , mais qui fait tomber la felle fur le g a rot.Les juments font plus fujettes que les chevaux àêtre baffes du devant.Les jambes bien fituées doivent être un peu pluséloignées l'une de l'antre près de l'épaule que prèsdu boulet; & elles doivent tomber par une feuleligne droite depuis le haut du bras ju(qu'au boulet.Un cheval en marchant doit pofer les pieds àplat, tant ceux de devant que ceux de derrière :quand il pofe le talon le premier, c'eft ordinairementun (igne qu'il a été fourbu quand il pofe lapince la première, ce qui le fait nommer chevalrampin , c'eft f ou vent une marque qu'il a tiré à lacharrue ; quelquefois auffi une écurie mal pavéelui occafionne ce défaut, parce qu'il fait e ntrer lapince du pied entre deux pavés , fituation qui eftcaufe que les tendons fe retirent avec le temps.Les pieds, foit de devant, foit de derrière , nedoivent point être tournés ni en dehors ni en dedans, & la pince du pied doif'etre par conféquentdireSement en avant.Après ce premier examen , il faut enfuite détv-:lierto utes les parties de la jambe en commençantpar le coude.Du Coude,Le coude ne doit être ni trop ferré près descôtes, ni trop ouvert en dehors. Un cheval qui ale coude trop ferré, porte la jambe & le pied endehors , & celui qui 'a l trop ouvert, porte les jambes& les pieds en dedans. Ces deux fituation snon-feulement font mal placer les jambes, maismarquent en même temps de la foibleffe dansLcettepartie.Du Bras.La plus grande force de la jambe réfide dans lebras, c'eft pour cela qu'il doit paraître nerveux &C H E 4 7larga, lerfqu'on le regarde de côté ; & ce qui enaugmente la force , c'eft lorfque les mufcles quifont en dehors font gros & charnus.On remarque dans la plupart des chevaux quiont le bras long , qu'ils fe lafîent moins , & qu'ilsfont plus en état de réfifter au travail ; mais que lemouvement delà jambe n'en eft pas fi relevé. Quandau contraire le bras eft court, le mouvement & lepli de la jambe en font ordinairement plus beaux.On tire de cette remarque une conféquence ; fçavoir, qu'un cheval qui a les bras courts eft bonpour le manège & pour la parade , & que celui quiles a longs, eft infiniment meilleur pour la fatigue.Du Genou.Le genou doit être plat & large, & n'avoir quela peau fur les os. Les genoux ronds & enflés, dénotentune jambe travaillée; & lorfqu'ils font couronnés,c'eft à-dire, qnele poil manque au milieudu genou à force de tomber deffus en marchant ,c'eft une marque certaine de jambe ufée , à moinsque cela ne fóit venu d'accident, comme il arriveh ce ux qui fe donnent des coups au genou contrela mangeoire. -On doit faire encore attention à la fituation dugenou. Lorfque le cheval étant en place, a le genouplié en avant, & que les jambes fe retirent endeffous depuis le genou julqu'au boulet, ce qui luifait pa raître la jambe comme pliée en deux ; cettedéfeâuofité s'appelle jambe arquée , parce qu'elleprend la forme d'un arc, ce qui eft une preuve queles nerfs fe font retirés par un grand travail, & ordinairementles jambes leur tremblent après avoirmarché.Il y a des chtvaux qui naiffent avec des jambesarquées : on les appelle br.ijjîcourts , & alors ce n'efiqu'un vice de conformation naturelle , qui ne vientpoint de jambes travaillées ; fi on regarde ces chcvanxdu côté du fervice , cete difformité ne doitpoint empêcher de les acheter. Beaucoup de barbes& de chevaux d'Efpagne font fujets à avoir les jambesarquées, parce qu'on leur met des entravesdans l'écurie, ce qui leur fait mal placer les jambes& les rend arquées avec le temps.Du Canon,L'os du canon doit être uni, gros & court à proportionde la jambe & de In taille du cheval.Quand l'os du canon eft trop menu , c'eft unemarque de foibleffe de jambe. Cependant les chevauxturcs & autres des pays chauds , ont prefqv.etous le canon menu , & avec cela les jambes excellentes, parce que la chaleur du climat confolidecette partie & en augmente la force : mais dans lespays froids & humides , tout cheval qui a le canontrop menu, n'a point de force dans les jambes.11 ne doit y avoir le long de l'os , ni en dedansni en dehors, aucune groffeur, comme furos, offelets,fufées, accidents qui furviennent au canon, &dont nous parlerons dans la troifiême partie.


C H ESonne lui-même, en s'attrappant les pieds de devantavec ceux de derrière. Quelquefois aulli les•chevaux qui font cramponnés ou ferrés à glace s'attrappentle deffus delà couronne avec le cramponou le clou de glace , & y font un trou qui caufefou vent de grands défordres.Du Pied en gcnérsl & de fes parties.Il faut examiner avec grand foin toutes les partiesdu pied ; car c'eft l'endroit qui porte tout lecorps du cheval. Le pied doit être proportionné à laflruâure du corps & des jambes , ni trop grand ,ni trop petit. Les chevaux ont de grands pieds ,font pour l'ordinaire pefans 8c fujets à fe déferrer ;& ceux qui ont le pied trop petit, l'ontfouventdouloureux, & les talons fe ferrent & deviennentencaïîeles.La forme du fabot, qui eft la par tie extérieurequi entoure le pied, doit être prefque ronde , unpeu plus large en bas qu'en haut, ayant la corneluifante , unie & brune.La corne blanche eft ordinairement cacante ,& les rivets des clous du fer la font facilementéclater.Lorfque la corne n'eft pas unie, & qu'elle eftélevée dans quelques endroits , en forme de cercleautour du fabot ; c'eft le figne que le pied eftaltéré, fur - tout fi les cercles entourent tout lepied.Quand une partie de la corne du fabot eft tombéepar quelque accident, il s'en forme une nouvelle, qu'on appelle avalure o u quartier-neuf • cequi eft ai fé à connoître , en ce que cette partie eftd'une corne molle & raboteufe , qui ne revientprefque jamais fi folide que l'autre , & par conféeuentrend cette partie foible.Lorfque le fabot eft trop large par en bas, &que les quartiers s'élargiffent trop en dehors, onappelle ces fortes de pieds, pieds plats ; défautconfidérable , qui fait que la fourchette porte àterre, & fait fouvent boiter le cheval. Quand aucontraire les quartiers font trop ferrés, que le fabots'étrécit trop auprès de la fente de la fourchette ,& qu'il ne fuit pas la rondeur du pied, c'eft encoretin grand défaut, qu'on appelle, cheval cncafldé.Dans cet accident, les quartiers preflent & ferrentle petit pied, qui, comme nous l'avons déjà dit,eft un os fpongieux, renfermé dans le centre dupied , entouré de chair qui communique la nourritureà toutes les parties du pied. Alors le petitpied, qui eft le feul endroit fenfible de cette partie,n'étant point à fon aife, & étant trop prefTé , celay caufe de la d ouleur, fait boiter le cheval. Leschevaux encaftelés font encore fujets à avoir desftymes , qui font des fentes dans l'un des quartiersdu pied , qui régnent quelquefois depuis la couronnejufqu'au fer.Après avoir examiné le pied à l'extérieur, il fautEquitation, E ferirne 6- Banfe.C H E4^enfmte le lever & en examiner les parties de dedans, qui font la fourchette & le fabot.La cerne de la fourchette doit être bien nourrie,'fans pourtant être trop große ni trop large, ceqtfon appelle , fourchette graffe : défaut qui arriveordinairement aux chevaux qui ont le talon bas;& alors la fourchette portant contre terre, le cAcvalboite néceflairement. De même fi la fourchetteeft trop petite Se defféchée , c'eft le défaut des chevauxencaftelés, & une marque que cette partie eftprivée de nourriture.La foie , qui eft la corne fituée dans le creux dupied , entre les quartiers & la fourchette , doit êtreforte, épaiffe , point defféchée, ni affoiblie paraucun inftrument. Lorfque le dedans du pied n'eftpas creux, & que la foie eft plus haute que la cornedu fabot, c'eft une défeâuofité qu'on appelle,pied comble. Ces fortes de pieds , non-feulementfont difficiles à ferrer, mais ne valent rien pour lafelle, ni pour le carrofle ; ils ne font tout au plusbons que pour la charrue.Il y a encore d'autres accidents qui arrivent aupied : nous en parlerons dans la troifiéme partie.De la beauté & des défauts des parties extérieures daCorps.Avant que d'entrer dans le détail de la beauté& des défauts des parties extérieures du corps d'uncheval, il eft bon de fe rappeler ici, que ce corpseft compofé, fuivant la divifion générale que nousen avons faite dans le premier chapitre, des reins,des regnons , des côtes , du ventre & des flancs.Des Reins.Les reins font, fuivant la dénomination commune, la partie fupérieure du corps , depuis le garetjufqu'à la croupe.La force des reins eft une chofe effentielle pourla bonté d'un cheval. Il faut pour cela qu'ils foiencun peu courts, & que l'épine du dos foie ferme,large & unie.Plus un cheval eft court de reins, plus il raffemblefes forces ; il galope mieux fur les hanches,parce que fes forces font plus unies; mais commefes mouvements fe font près de la felle , ils fontincommodes au cavalier. Il ne va jamais fi bien lepas que celui oui a les reins longs ; parce que cedernier étend tes jambes avec plus de facilité ;mais auffi celui qui a les reins trop longs ne galopepas fi bien , fes forces étant défuntes, ce qui l'empêchede fe raiTembler. ^ ^Lorfqu'un cheval n'a point l'épine du dos unie,'& qu'il a le dos bas & enfoncé , on le nommecheval enfellé. Ces fortes de chevaux ont pour l'ordinaireun bel avant-main , l'encolure fort relevée ,la tête placée haut, & couvrent leur cavalier ; ilsfont affez legers & vont commodément pendant


,o C H Equelque temps ; mais ils fe la fient bientôt parcequ'ils ont peu de forces r & ne peuvent pas porterli pelant que d'autres : out re cela ils font difficiles àle 11 er.Dans un cheval gras, qui eft en bon état, & quia l'épine du dos large , on doit voir au milieu decette partie, un canal qui règne le long de l'épine;c'eft ce qu'on appelle avoir Us reins doubles.Des Côtes.Le tour des côtes doit prendre en rond depuisf épi ne du dosjufques deflbus la poitrine à l'endroitoù'paflfent les fangles ; mais il faut prendre gardeque les dernières côtes .qui joignent les flancs , nefoient trop arrondies & retroufiees , parce qu'uncheval avec ce défaut, ne peut jamais prendrebeaucoup de corps : il mange ord inairement moinsqu'un autre ; & pour peu qu'il travaille, il a leventre coupé comme un levrier.Quand un cheval a \i côte plate, c'eft-à-direquand les côtes font ferrées, plates & avalées , iln a pas la respiration fi libre, & il eft difficile àfeller fans le bleffer. Beaucoup de ces fortes dechevaux ne laiflent pas avec ce défaut, d'avoirles reins bons , mais ils ont toujours une vilainecroupe.Du Ventre.Le ventre ne doit pas defcendre plus bas que lescôtes : il doit être large à proportion de la tailledu cheval.Il y a des chevaux qui ont trop de ventre, &d'autres qui n'en ont pas a (fez. Manquer de ventre, de corps, ou de boyau, font termes fynoiiinies.Un cheval a trop de ventre, lorfque cette partiedefcend trop bas & eft trop pleine : ce qu'on appelle, ventre avalé, ventre de vache.Lorfqu'un cheval maigre commence à s'engraiffer,il paroît avoir trop de ventre : mais quand il a]a côte bien tournée , & qu'il n'a pas le flanc retroufle,le ventre pafle à la croupe. Les fur faix ài'angloile étant très-larges, font excellents peur ç ;fortes de chevaux.Lorfqu'un cheval n'eft pas jeune, & qu'il a leventre grand & avalé, qu'il mange beaucoup &qu'il touffe fouvent, c'eft un acheminement à lapouffe : maladie dont nous parlerons dans la troiiïemepartie.Des Flancs.Les flancs doivent accompagner la rondeur duventre & des COILS jufqu'auprès de la croupe.Un grand défaut dans un cheval, c'eft lorfqu'ilmanque de fianc, c'eft-à-dire, que cette partie n'eftpoint aftez remplie ; en l'appelle flanc retrouffé.Il y a dés chevaux , qui, avec la côte bien tournée,ont le flanc creux. Quoiqu'ils foient gras &qu'ils aient beaucoup dé chair fur les côtes, ilsC H Emanqueront toujours de flanc , & l'on remarqueque tout cheval qui a de l'ardeur, quoiqu'il mangebien , devient toujours éflanqué par le moindretravail.Lorfqu'un cheval a quelque douleur ou quelqueaccident aux jarrets, ou à quelqu'autre partie dutrain de derrière, il eft toujours éflanqué & étroitde boyan.Quand le flanc d'un cheval commence à battreplus qu'à l'ordinaire,"fans avoir été furmené, onl'appelle fi.inc-altèré : & lorfqu'un cheval efl tropéchauffé dans le corps , foit par trop de fatigue,foit qu'il foit afluellement malade, ou qu'il doivebientôt le devenir, le flanc lui bat comme à unpouffif.Il y a .certains chevaux , qui , fans être altérésde flanc , foufflent beaucoup en travaillant ; on lesappelle pour cela fouffleurs ; mais fi tôt qu'on lesarrête, le flanc leur bat naturellement. Les conduitsde la refpiration étant trop étroits, caufent ce défaut.Il y en a d'autres qui font gros d'haleine : ils ontla refpiration un peu plus libre qu'un fouffleur,maii ils ne laiffent pas de fouffler beaucoup en travaillant;ce qui eft très-incommode , fur tout pourles chevaux de chaffe & de carroffe.De la beauté & des défauts des parties extérieures der Arrière - main.Les parties de l'arrière main , font la croupe „les hanches, la queue, les cuiffes , le graffet, le-'jarret & les jambes de derrière.De la Croupe,Il faut que la croupe foit ronde & large à pro*portion du corps du cheval. D ans un cheval quieil gras, il doit y avoir au milieu de la croupe, dansl'endroit où fe place la croupière , une ligne creufedepuis les rognons jufqu'à la qu eue ; c'efl la continuationdu canal dont nous avons parlé au fujetdes reins doubles.Quand la cr oupe ne s'étend point affez en ronddepuis l'extrémité des reins jufqu'au haut de laqueue, & que cette partie paroît extrêmementcourte, on l'appelle , c/oupe avalee . coupée ou culde prune. C'efl un défaut affez ordinaire aux chevauxbarbesefpagnols, & autres nés dans les paysorientaux : mais ce défaut, q ii n eft contraire qu'àla beauté , eft réparé par la bonté de leurs hanches.Lorfque les deux os des hanches, qui font auxdeux côtés de la croupe, font trop élevés , on appelletes chevaux qui ont cette difformité , chevauxcornus.Ceux qui ont la côte plate & le ventreavalé, paroiffent prelque toujours cornus.Des Hanches.Les hanches, qui font partie de la croupe , doî -j


CHEvent être d'une jufle l ongueur. Celi par la fituariondu jarret qu'on juge d e la ftruâure des hanches.Lorfque le jarret vient trop en arrière , leshanches font trop longues ; & quoique les chevauxqui ont ce défaut aillent bien le pas , ils ont beaucoupde peine à galoper affis, & n'ont jamais beaucoupde forceLorfque les hanches defcendent à plomb depuisl'os de la hanche jufqu'au boulet, elles font alorstrop courtes, & les chevaux de cette Ûruâure,marchent ordinairement roides de derrière ; parce,qu'ils ne peuvent pas facilement plier le jarret.De la Queue,La fituation , la force & le port de la queue,font juger de la beauté de cette partie, & en mêmetemps de la force du cheval.Il faut que la queue ne foit placée ni trophaut ni trop has. La queue trop haute rend lacroupe pointue , & la queue trop baffe marque ordinairementfoibleffede reins.Le tronçon de la queue doit être gros , ferme &garni de poil. Si un cheval ferre la queue & qu'ilréfifte ^uand on veut la lui lever avec la main, c'eftun figne de vigueur.Un défaut contre la beauté de la queue, c'efllorfqu'il y a peu de poil, on l'appelle queue de rat.Non-feulement la queue doit être longue & garniede poil, mais pour la grace de cette partie, ilfaut qu'elle defeende en rond en fortant de lacroupe, & non à plomb ; c'eft ce qu'on appelleporter la queue en tramj>e.Des FeJJes & des Cuîjfcs.Les feffes & les cuiffes d'un cheval doivent êtregroßes 8c charnues à proportion de la croupe , &le mufcle qui paroît au-dehors de la cuifl'e , au deffusdu jarret, doit être fort épais, parce que lescuiffes maigres, & qui ont ce mufcle petit, fontune marque de foibleffe au train de derrière. Il fautavec cela que les cuiffes foient ouvertes en dedans.Vn cheval ferré de derrière, qu'on appelle mal gigoté,eft cdai dont les cuiffes font trop près l'unéde l'autre.Des jarrets.Il faut que les jarrets foient grands, larges , décharnés& nerveux. Les petits jarrets font foibles ;& ceux qui ne font pas décharnés, qu'on appellejarrets gras , font fujets à avoir des courbes , desvefligons , & autres accidents dont nous parleronsdans la troifième partie. Ils font encore la fourcede toutes les humeurs qui caufent les maux desjambes.Lorfque les jarrets font ferrés l'un près de l'autre,on appelle les chevaux qui ont ce défaut, crochusou jar tés. C'eft le même défaut que les cuiffes ferfées& un figue de foibleffe dans le train de der-CHEnere. Il fe trouve pourtant quelquefois des chevauxcrochus qui ont affez de reins. Quand les j arretsfont trop tournés en dehors, c'eft un défaut encoreplus confulérable que celui d'être crochu ; jamaisun cheval ne peut s'affeoir fur les hanches.A l'égard des autres parties des jambes de derrière, elles doivent avoir les mêmes qualités quecelles de devant, c'eft-à-dire , être larges , plates ,fèches, nerveufes , peu garnies de poil, exceptécelui du fanon ; & enfin elles doivent tomber furune feule ligne depuis le jarret jufqu'au boulet.Récapitulation des qualités & des défauts dont on a.parlé dans les trois articles précédents , avec la manièred'examiner un cheval avant que de l'ac heter*La première chofe à examiner lorfque la figured'un cAcvrt/qu'on veut acheter nous plaît, c'eft devoir s'il ne boite point, en le faifant n oter en mainfur le pavé.Un cheval qui boite marque tous les temps dutrot avec la tête , & il appuie ferme à terre Szpromptement le pied de la jambe dont il ne boite •point, pourfoulager l'autre.11 y a des chevaux qui, en marchant, badinentde la tête, comme s'ils étoient boiteux, quoiqu'ilsne le foient pas , on les appelle boiteux de la bride.Avant que de détailler toutes les parties d'uncheval, il faut lui regarder à la bouche pour voirfon âge, & s'il n'eft point bégut, contre-marqué Sefdlé, comme il eft expliqué dans l'article fuivant.Puis il faut fuivre la divifion que nous avons faiteci-devant, en commençant par î'avant-main.Voir fi la tête eft petite, féche , courte & bietf\placée.Si le front eft uni, s'il n'eft point camus , ou aïscontraire s'il n'a point la tête trop bufquée.S'il a un épi au front, avec une étoile ou pelote;. Si les falières ne font point enfoncées ou creufcs.Si l'œil eft clair, vif & effronté.Si les yeux ne font point trop gros ou trop petits.Sil n'a point la vitre obfcure, & le fond del'œil noir ou brun. S'il n'y a point quelque tacheou blancheur. Sila prunelle eft grande & large; s'iln'y a point de dragon ; & fi l'œil n'eft point cul deverre ou véron.Si la ganache n'eft point trop quarrée , Se l'entredeuxdes os trop ferré. Si entre les deux os deganache, il n'y a point quelque groffeur ou glande.Si la bouche n'eft point trop fendue , ou troppetite.Si la langue & les lèvres ne couvrent point lesbarres. Si la langue n'eft peint coupée par l'em?bouçhure.Si les barres font affez h autes Se décharnées ,fans pourtant être trop tranchantes ; ou fi elles nefont point trop baffes, trop rondes, ou trop charnues.Si les nazeaux font affez fendus Se affez ouverts.Si la barbe eft trop plate ou trop élevée ; fi elleG ij


,2 C H En'eft point blefTée, & fi elle n'a point de duretésou de calus.Si l'encolure ed relevée & tranchante près de lacrinière ; fi elle n'efl: po int éfilée ou trop épaiffe ,renverfée, faufle ou penchante.Si le garot efl; long & peu charnu ; s'il n'a pointle coup de hache.Si les épaules font plates, décharnées , libres &mouvantes ; fi le cheval n'eft point trop chargé d'épaules, ou au contraire trop ferré; s'il ne les apoint chevillées.Si le poitrail n'efi point trop large, trop avancé ,ou trop étroit.S'il n'efi point trop élevé fur les jambes ; fi ellestombent en ligne droite depuis le haut du bras jufqu'auboulet.Si le bras de la jambe efl large, long & nerveux.Si le genou eft plat, large & décharné ; s'il n'eftpoint phé en avant en forme d'arc ( ce qu'on appellejambe arquée ) ; s'il n'eft point couronné ouenflé.Si le canon efl gros & court à proportion de lataille.S'il n'y a point de furos , d'offelets, de fufées &de furos chevillés.Si le nerf de la ja mbe eft détaché & éloigné del'os , fans dureté ni enflure.Si le boulet efl: nerveux & gros fans enflure nitouronne ; s'il n'y a point de molettes , & s'il n'eftpoint trop flexible.Si le paturon n'eft point trop court ou trop long,c'eft-à-dire , court-jointé ou long-jointé.S'il n'efl point droit fur jambes ou bouleté.Si un côté du paturon n'efl pas plus haut quel'autre ; s'il n'a pas de peignes.Sila couronne accompagne la rondeur du pied,fans être plus haute que le fabot.S'il ne fe donne point des atteintes.Si le pied n'eft ni trop grand ni trop petit.Si la forme du fabot efl ronde, & s'il a la corneunie & brune.Si les talons ne font point ferrés, on l'un desquartiers plus haut que l'autre.Si la fourchette eft bien nourrie fans être tropgrafie & trop large ; fi au contraire elle n'efl pointtrop petite ou trop deflechée.Si le dedans du pied eft creux fans que la foiefoit affoiblie.Si les pieds ne font point plats, encaflelés ,combles, cerclés ; s'il n'y a point de feymes, d'avahire; s'il n'a point été fourbu.S'il place bien les pieds, & que la pince ne foitïii en dedans ni en dehors.Il faut en fuite paffer aux parties du corps & del'arrière mam.Voir fi les reins font afîez courts, & fi l'épine dudos eft large , ferme & unie.Si le chi-vnl n'efl point enfellé ; fi le tour descôtes prend bien en rond, Se s'il ne les a point tropferrées.C H ES'il a trop de ventre ou de boyau , ou au contraire,s'il n'eft point efflanqué ; s'il n'a pas le flanc:retroufTé , altéré ou poufiif.S'il n'eft point fouffleur ou gros d'haleine.Si la croupe efl ronde & large , fi elle n'eft pointavalée ; fi le cheval n'eft point cornu.Si les hanches ne font point trop longues outrop courtes.S'il a la queue bien placée ; s'il la porte entrompe; fi le tronçon efl gros & ferme & garni depoil ; s'il n'a point une queue de rat.Si les cuifîés & les feffes font großes & charnues; fi elles ne font point trop ferrées l'une contrel'autre.Si les jarrets font grands, larges , nerveux &décharnés.Si le cheval n'eft point crochu , ou au contrairefi les jarrets ne font point trop tournés en dehors ;s'il n'a point de veffîgons , de courbes , &c.Si les jambes de derrière font larges , plates „fèches &. nerveufes ; s'il n'a point trop de poil auxjambes.Après avoir ainfi détaillé toutes les parties d'uncheval, il faut le faire monter , pour voir s'il marchebien , c'eft-à-dire , s'il lève les jambes avec facilité, fans fe croifer ni billarder. Celui qui fecroife , porte les deux pieds de devant en dedans sen les paflant l'un par-deflus l'autre en marchant& celui qui billarde fait le contraire , il les jette endehors, & lève les pieds fort haut. Le premier défautfait qu'un cheval fe coupe en marchant, 8ccelui qui billarde fe fatigue & fe ruine bienjôr,.Pour mieux s'appercevoir de ces défauts, il fautfaire venir un cheval droit à foi au pas , & non ezitournant ni au galop , comme font les Maquignons,lorfqu'ils veulent vendre ces fortes de chevaux.Il faut enfuite voir s'il tient les reins droits fansfe bercer ; s'il marche la tête haute & bien placée •s'il ne pèfe point à la main ; s'il ne donne point des,coups de tête ; s'il a un pas hardi fans broncher ;s'il galope légèrement & furement ; s'il prendbien l'éperon ; s'il raffemble facilement fes forces ^l'arrêt après qu'on l'a échappé de la main.Un cheval qui auroit toutes les qualités qu'onvient de décrire, fans en avoir les défauts , feroi tfans contredit un animal parfait ; ce qui eft rare àtrouver: mais comme il eft effentiel à un connoif,feur de tout favoir, j'ai jugé à propos de mettrecette récapitulation à la fin de cet article.Runarijues fur les chevaux de différents payiiTous les auteurs ont donné la préférence aiîcheval d'Efpagnc , & l'ont regardé comme le premierde tous les chevaux pour le manège , à cauf ede fon agilité, de fes refîbrts , & e dfa cadence naturelle: pour la pompe &. la parade, à caufe de f afierté , de fa grace & de fa noblefie ; pour la guerredans un jour d'affaire , par fon courage & fa doci,lité. Quelques-uns s'en fervent pour la ehaffe


C H Epcnr le carrôiïe ; mais c'eft dommage de facrifier àce dernier ufage un fi noble animal.M. le duc de Newcaft'e, qui donne de grandséloges au cheval d'Efpagne , ne lui trouve qu'undéfaut, qui eû d'avoir trop de mémoire , parcequ'il s'en fert pour manier de foi-même & pourprévenir la volonté du cavalier ; mais ce défaut,fi c'en eft un, n'eft que l'effet d e fa gentilleffe &de fa reffource, dont il eft aile de profiter , en fuivantles principes de la vraie école.C'eft des haras d'Andaloufie que fortent lesmeilleurs chevaux. La race en avo it été bien abatardiedans les derniers temps, par l'avarice de ceuxqui les gotivernoient, & qui préféroient les muletsaux chevaux, parce qu'ils en tiroient plus deprofit ; mais depuis quelques années , on a remédiéà cet abus.Le e/uWbarbe eft plus froid & plus négligentdans fon allure ; mais lorfqu'il eft recherché , onlui trouve beaucoup de neri , de légéreté & d haleine.Il réuffit parfaitement aux airs relevés , &dure long-temps dans une école. En France , onfe fert plus volontiers de chevaux barbes , que dechevaux d'Efpagne pour les haras. Ce font d'excellentsétalons pour tirer des chevaux de chaffe : leschevaux d'Efpagne ne réufiiffent pas de même ,parce qu'ils produifent des chevaux de plus patitelaille que la leur; ce qui eft le contraire du barbe.Les napolitains font pour la plupart indociles, &par conféquent difficiles à drefter. Leur figure neprévient pas d'abord, parce qu'ils ont ordinairementla tête trop grofie & l'encolure trop épaiffe ;jnais ils ne laiffent pas avec ces défauts , d'être fiersd'avoir de beaux mouvements. Un attelage dechevaux napolitains bien choifis & bien drefles àcet ufage eft fort efiimé.Les chevaux turcs ne font pas fi bien proportionnésque les barbes & les chevaux d'Efpagne.Ils ont pour la plupart l'encolure éfilée, le dostrop relevé; ils font trop longs de corps, & aveccela ont la bouche fèchc, l'appui mal-aifé , peu demémoire , font colères , pareffeux , & quand ilsfont recherchés, ils partent par élans , & à l'arrêtils s'abandonnent fur l'appui & furies épaules ; ilsont encore les jambes très-menues , mais très nerveufes,& quoique les paturons foient longs, ilsne font pas trop flexibles. Ils font grands travailleursà la campagne avec peu de nourriture, delongue haleine, peu fu jets aux maladies. Par cesqualités & par ces défauts, il eft aifé de juger queles chevaux turcs font plus propres pour la courfeque pour le manège.Les haras d'Allemagne font entretenus d'étalonsturcs , barbes, efpaguols Se napolitains ; c'eft pourquoiil y a dans ce pays de parfaitement beauxchevaux ; mais peu réufliflent b ien à la chaffe ,parce que ceux qui y font nés, n'ont pas ordinairementbeaucoup d'haleine.M. de laBroue dit que les c/zev.iuj; allemands fontnaturellement malicieux & ramingues. Ce e[u'onCHEnattribuoit de fon temps à leur mauvais naturel ,provenoit peut-être de l'imprudence de ceux qui,en les exerçant, les recherchoient d'abord avectrop de violence & de fujétion.Les chevaux danois font bien moulés & ont debeaux mouvements ; on en fait de braves fauteurs.Ils font excellents pour la guerre, & on tire de cepays de fuperbes attelages.Il y a deux provinces en France d'où on tire defort beaux & bons chevaux, le Limoufm & la Normandie.Les chevaux Limoufins tiennent beaucoupdu barbe, auffi font-ils excellents pour la chaffe.Le cheval normand eft meilleur pour la guerre quepour la chaffe. Il a plus de deffous, c'eft-à-dire pliifrde jambes, & eft plutôt en état de rendre ferviceque le Limoufm , qui n'eft dans fa force qu'à huitans. Depuis qu'on a mis en Normandie des étalonsdetaille & étoffés , on en tire de parfaitementbeaux chevaux de Carroffe , qui car plus de légèreté, plus de reffource, & une auffi belle figurequeles chevaux d'Hollande,Les chevaux anglois font les plus recherchés pourla courfe & pour la chaffe, par leur haleine , leurforce, leur hardieffe & la légèreté avec laquelle ilsfranchisent les haies & les foffes. S'ils étoient affouplispar les règles de l'art avant de les faire courre( ce qu'on pratique peu ) , les refforts e n feroientplus Haas , fe conferveroient plus longtemps, 8cle cavalier s'en ferviroit plus commodément; ils auraientla bouche plus affurée, & ils ne feroient pas fifujets, comme le dit M. le duede Newcaftle,à romprele col à leur homme , quand ils ceffent de galoperfur le tapis , c'eft-à dire, fur le terrain uni.Les meilleurs font de la province d'Yorkshre,On ie fert communément en France des chevauxà'iîoihndc pour le carroffe. Ceux de la Norfhollandeou de Frife font les meilleurs.-Il y a beaucoup de chevaux flamands qu'on veutfaire paffer pour chevaux de Hollande ; mais prefquetous ont les-pieds plats ; ce qui eft un des plusgrandsdéfauts qu'un cheval de carroffe puiffe avoir.Des qualités & des vices du cheval«-La connoiffance du naturel d'un cheval eft undes premiers fondements de l'art de le monter , &tout homme de chtval en doit faire fa principaleétude. Cette connoiffance ne vient qu'après unelongue expérience, qui nous apprend à développerla fon ree de la bonne ou de la mauvaife inclinationde cet animal.Quand la jufte dature , & la proportion des partiesfont accompagnées d'une force liante , &qu'avec cela on trouve dans un cheval du courage ,de la docilité & de la bonne volonté , on peutavec ces bonnes qualités mettre aifément en pratiqueles vrais principes de la bonne école : mais;quand la nature eft rebelle, & qu'on n'eft point eraétat de découvrir d'où naît ce tte opiniâtreté , oncourt rifqcie d'employer des moyens plus capables-


^ 4C H Etie produire eies vices nouveaux, que de conigerceux qu'on croit connoître.Le manque de bonne volonté dans les chevauxprocède ordinairement de deux caufes : ou ce fontdes défauts extérieurs , ou c'en font d'intérieurs.Par défauts extérieurs, on doit entendre la foiblefledes membres, foit naturelle , foit accidentelle , qu ife rencontre aux reins , aux hanches, aux jarrets,aux jambes, aux pieds ou à la vue. Comme nousavons détaillé afl'ez au long tous ces défauts dans lapremière partie , nous ne les rapporterons point ici.Les défauts intérieurs , qui forment précifémentle caractère d'un cheval, font la timidité , la lâcheté,la parefîe , l'impatience , la colère, la malice ,auxquels on peut ajouter la mauvaife habitude.Les ch.vaux timides , font ceux qui font dansune continuelle crainte des aides & des châtiments,& qui prennent ombrage du moindre mouvementdu cavalier. Cette timidité naturelle ne produitqu'une obéiiïance incertaine , interrompue , molle& tardive ; & fi on bat trop ces fortes de chevaux,ils deviennent tout-à-fait ombrageux.La lâcheté eft un vice qui rend les chevaux poltrons& fans cœur. On appelle communément cesfortes de bêtes des carognes. Cette lâcheté avilit totalementun cheval, & le rend incapable d'aucuneobéiflance hardie & vigoureufe.La parefîe eft le défaut de ceux qui font mélancoliques, endormis, Se pour ainfi di re hébétés ; ils'en trouve pourtant quelques-uns parmi ceux-ci ,dont la force eft engourdie par la roideur de leursmembres , & en les réveil lant avec des châtimentsfaits à propos , ils peuvent devenir de braves chevaux.L'impatience eftoccafionnée par le trop de fenfifciliténaturelle , qui vend un cheval plein d'ardeur ,déterminé, fougueux, inquiet. Il eft difficile dedonnera ces fortes de chevaux une allure réglée &paifible, à caufe de leur trop grande inquiétude ,qui les lient dans une continuelle agitation, & lecavalier clans une affiette incommode.Les chevaux colères font ceux qui s'offenfent desmoindres châtiments, & qui font vindicatifs. Ceschevaux doivent être conduits avec plus de ménagementque les autres ; mais quand , avec ce défaut,ils font fiers &c hardis , & qu'on fait bien lesprendre , on en tire meilleur parti que de ceux quifont malicieux & poltrons.La malice forme un autre défaut naturel. Leschevaux attaqués de ce vice, retiennent leurs forcespar pure mauvaife volonte , & ne vont qu'àcontre-cœur. Il y en a quelques-uns qui font femblantd'obéir, comme vaincus & rendus; mais c'eftpour échapper aux châtiments de l'école , & fi tôtqu'ils ont repris un peu de force & d'haleine, ils fedéfendent de plus belle.Les mauvaifes habitudes que contraéient certainschevaux ne viennent pas toujours de vices intérieurs, mais fouveni de la faute de ceux qui lesOZIÎ d'abord mal montés : §£ quand çes maimifçsCHEhabitudes fe font enracinées, elles font plus difficilesà corriger qu'une mauvaife difpofition quiviendroit de la nature.Les différents vices que nous venons de définir ,font la fource de cinq défauts effentiels , & d'unedangereufe conféquence ; (avoir, d'être ou ombrageux, ou vicieux, ou rétifs , OH ra mingues, ouentiers.Le cheval ombrageux eft celui qui s'effraie dequelque objet, & qui ne veut point en approcher.Cette appréhension , qui vient fouvent de timiditénaturelle, peut être caufée aufîi pa r quelque défautà la vue, qui lui fait les chofes autrementqu'elles ne font ; fouvent encore, c'eft pour avoirété trop battu, ce qui fait que la crainte des coups ,jointe à celle de l'objet qui lui fait ombrage, luiaccable la vigueur & le courage. Il y a d'autreschevaux qui, ayant été trop longtemps dans l'écurie, ont peur la première fois qu'ils fortent, & àqui tout caufe des alarmes ; mais cette manie ,quand elle ne vient point d'autre caufe, dure peu ,fi on ne les bat point, & fi cm leur fait connoîtreavec patience ce qui leur fait peur.Le cheval vicieux eft celui qui, à force de coups,eft devenu malin au point de mordre , de ruer &de haïr 1 homme : ces défauts arrivent aux chevauxcolères & vindicatifs , qui on t été battus m:il-à-propos;car l'ignorance & la mauvaife humeur de certainscavaliers fait plus de chevaux vicieux que lanature.Le cheval rétif eft celui qui retient fes forcespar pure malice, & qui ne veut obéir à aucun aide ,foit pour avancer , pour reculer ou pour tourner.Les uns font devenus rétifs, pour avoir été tropbattus & contraints ; & les autres pour avoir ététrop refpe£lés par un cavalier qui les aura redoutés.Les chevaux chatouilleux qui retiennent leurs forces, font fu jets à ce dernier défaut.Le cheval ramingue eft celui qui fe défend con-,tre les éperons, qui y réfifte, qui s'y attache & quirue dans une place , qui recule ou fe cabre , aulieu d'obéir aux aides & d'aller en avant. Lorfqu'tmcheval réfifte par poltronnerie , c'eft un indice decarogne, & quoiqu'il faffe de grands & de furieuxfauts, c'eft plutôt malice que force.Le cheval entier eft celui qui refufe de tourner ,plutôt par ignorance Se faute de foupleffe, que parmalice. Il y a des chevaux qui deviennent entiersà une main, quoiqu'ils y aient d'abord paru fouples& obéifTans , parce qu'on aura voulu trop tôt lesaffujettir , & paffer trop vite d'une leçon à l'autre.Un accident, qui vient à la vue ou à quelqu'autrepartie du corps, peut aufîi rendre un cheval e ntierà une main , & même rétif. Le défaut d'être entiereft différent de celui d'être rétif, en ce que le chevalrétif, par malice ne veut point tourner, quoi?qu'il le fache faire ; & l'entier ne tourne point,parce qu'il ne le peut, foit par roideur ou parignorance.Quand les défauts que nous venons de définir,


CHEviennent de manque de cœur & pai* foible fie , îanature du cheval étant alors défedtueufe , & le fondn'en étant pas bon , il eft difficile d'y fuppléer parl'art.L'origine de la plupart des défenfes des chcvaux ,ne vient pas toujours de la nature ; on leur demandefouvent des chofes dont ils ne font pas capables, en les voulant trop preffer & les rendretrop favans : cette grande contrainte leur fait haïrl'exercice,leur feule & leur fatigue les tendons& les nerfs, dont les refforts font la foupleffe ; &fouvent ils fe trouvent ruinés , quand on croit lesavoir drefles : alors n'ayant plus la force de fe défendre,ils obéiffent, mais demauvaife grace, &fans aucune refîburce.Une autre raifon fait encore naître ces défauts:on les monte trop jeunes, & comme le travailqu'on leur demande eft au-deffus de leurs forces, &qu'ils ne font pas encore a (fez formés pour réfifterà la fujétion qu'ils doivent fouffrir avant d'êtredreffés , on leur force les reins, on leur affoiblitles jarrets , & on les gâte pour toujours. Le véritableâge , pour dreffer un cheval , eft fix , fept ouhuit ans, fuivant le climat où il eft né.La rebellion & l'indocilité, qui font fi naturelles, fur tout aux jeunes chevaux , viennent encorede ce qu'ayant contrafté l'habitude d'être en libertédans les haras ,& de fuivre leurs mères , ils ontpeine à fe rendre à l'obéiflance des premieres leçons, & à fe fou mettre aux vol ontés de l'homme ,qui profitant de l'empire qu'il prétend avoir iureux, pouffe trop loin fa domination; joint à cequ'il n'y a point d'animal qui fe reffouviennemieux que le cheval des premiers châtiments qu'onlui a donnés mal-à-propos.Il y avoit autrefois des perfonnes prépoféespour exercer les poulains au fortir du haras , lor f-qu'ils étoient encore fauvages. On les appelloit cavaleadow s de bardelL : on les choifißbit parmi ceuxqui avoient le plus de patience , d'induftrie, dehardieffe & de diligence ; la pei-feAion de ces qualitésn'étant pas fi néceffaire pour les chevaux quiont déjà été montés , ils accomumoient les jeuneschevjux à fouffrir qu'on les approchât dans l'écuîie, à fe laiffer lever les quatre pieds , toucher dela main , à fouffrir la bride , la felle , la croupière ,les fangies , &c. Ils les affuroient & les renaoientdoux au montoir. Ils n'employoient jamais la rigueurni la force, qu'aupa avant ils n'euffent effayéles plus doux moyens dont ils pu (Tent s'a vifer ; &par cette ingénieufe parience , ils rendoient unjeune cheval familier & ami de l'homme; lui confervoientla vigueur & le courage ; le rendoientfage & obéiffant aux premières règles. Si on imitoità préfent la conduire de ces anciens amateurs , onverroit moins de ch. vaux ellropiés , ruinés, rebours, roides & vicieux.Des Chevaux de guerre,L'art de la guerre, & l'art de la cavalerie fe doi-C H EffI vent réciproquement de grands avantages. Le premiera fait connoître de quelle néceffitc il eft de fçavoirmener furement un cheval ; & cette connoiffancea engagé à établir des principes pour y parvenir»Delà eft venu l'établifi'ement des académies, que lesgrands princes fe font toujours fait honneur de protéger.Ces principes mis en pratique, ont contribué àla jufleffe des différents mouvements qui fe font dansles armées. 11 ne fera pas difficile de fe l'imaginer ,en confidérant que chaque air de manège conduit àune évolution de cavalerie.Le paffage, par exemple, rend noble & relevéel'aâion d'un cheval qui eli à la tête d'une troupe.En apprenant un cheval à aller de côté, on luiapprend à fe ranger fur l'un & l'autre talon, foitdans le milieu , ou à la tête de l'efeadron , quand iien faut ferrer les rangs, &. dans quelque occafionque ce foit.Par le moyen des voltes on gagne la croupe defon ennemi, & on l'entoure diligemment.Les paffades ferv ent à aller à fa re ncontre &àrevenir promptement fur lui.Les pirouettes & les demi-pirouettes donnent 1$facilité de fe retourner avec plus de vîieffe dansun combat.Et fi les airs relevés n'ont pas un avantage décette nature , ils ont du moins celui de donner à uncheval la légèreté dont il a befoin, pour franchirles bayes & les fofies : ce qui contribue à la fureté,& à la confervation de celui qui le monte.Enfin , il eft confiant que le fuccès de la plupartdes aéiions militaires, eA dû à l'uniformité desmouvements d'une troupe , laquelle uniformité nevient que d'une bonne inftru£lion; & qu'au contraire, le défordre qui fe met fouvent dans un efcadion, eft caufé ordinairement par ùcs chevauxmal dreffés ou mal conduits.De pareilles réflexions ne fuflîfent-elles pas pourdétruire quelques critiques mal fondées de ce qu'oraenfeigne dans nos écoles ?Le rapport qui fe trouve entre ces deux arts , adonc fait naître l'émulation parmi la nobleffe , pouracquérir de la capacité dans l'art He monter à cheval, afin de fervir fou prince & fa patrie avec plusde fruit. C'eft par un motif fi glorieux que les anciensccuyers fe font efforcés de do ner au publicles moyens de dreffer des chevaux propres pour laguerre : & c'eft en marchant fur leurs traces quenous allons tâcher d'éclaircir ce qu'ils ont dit debon fur cette matière.Il y a deux chofes à obferver dans un cheval deguerre; fes propres qualités, & les regies qu'ondoit mettre en ufage pour le dreffer.Un cheval deftiné pour la guerre , doit être demédiocre ftature, c'eft à-dire de quatre pieds neufà dix pouces de hauteur , & qui efi celle qu'on demandeen France dans prefque tous les corps decavalerie. Il faut qu'il ait la bouche bonne , la têteaffwrée , & qu'il foit léger à la main : ceux quichereheot dans tm cheval d e guerre un appui à


C H Epleine maîn fe trompent ; parce que la laflitude lefait pefer & appuyer fur fon mors. Il doit être debonne nature , fage, fidèle, hardi, nerveux ; d'uneforce pourtant qui ne foit pas incommode au cavalier,mais liante & fouple ; il faut qu'il ait l'éperonfin & les hanches bonnes , pour pouvoir partir& repartir vivement, & être ferme & aifé à l'arrêt.Il ne doit être aucunement vicieux ni ombrageux;car quand même il auroit d'ailleurs a fiez de force,& qu'on Vauroit rendu obéifl'ant, il arrive fou ventqu'après quelques jours de repos, ou par la faude dequelque mauvaife main , il retombe dans fon vice.Comme il faut toujours être en garde fur ces fortesde chevaux , fis n e font bons qu'à être confinésdans une école ; car ce feroit trop que d'avoir fonennemi à combattre ik fon cheval à corriger. Levice le plus dangereux que puiffe avoir un chevalde guerre, eft celui de mordre , & de fe jetter furles autres chevaux ; parce que dans un combat, oùil eft animé - , on né peut lui êter ce défaut.Lorfqu'on trouvera dans un cheval toutes lesbonnes qualités que nous venons de décrire, ilfera aifé à un homme de cheval de le dreffer aumanège de guerre, en fuivant les régies que nousavons données, lefquelles regardent la foupleffe& l'obéiflance , afin de le rendre prompt à obéir àla main & aux jambes , ce qu'il fera facilement, fi,après avoir été affoupli au trot, on l'a confirmé enfuitedans la leçon de l'épaule en dedans & celle dela croupe au mur; fi on lui a appris à tourner diligemment& facilement furies voltes de combat,c'eft à-dire , fur un cercle la demi-hanche dedans ;fi on l'a rendu obéifl'ant au partir de la ligne droitedes paflades ; facile & aifé à fe raffembler aux deuxextrémités de la même ligne pour former la demivolteà chaque main ; fi on l'a rendu prompt & agileà bien exécuter une pirouette & une demi-pirouette.Voilà eflentiellement ce qu'un cheval deguerre doit fçavoir pour ce qui regarde la foupleffe& l'obéiflance ; mais une autre chofe abfolumentnéceffaire, c'eft de l'aguérlr au bruit d,es armes ,en l'accoutumant au feu, à la fumée & à l'odeur dela poudre, au bruit des tambours , des trompettes ,& au mouvement des armes blanches. Il y a detrès-braves chevaux qui tremblent de frayeur à lavue d'un ou de plu (leurs de ces objets; & quoiqu'ilsaient les barres fenfibles & la bouche bonne,ils perdent tout femiment de la bride, des éperons ,& de toute autre aide , aufli bien que des châtiments, & s'abandonnent à d'étranges caprices pourfuir l'objet de leur apprehenfion : il faut même tenirtoujours ces chevaux en exercice lorfqu'ils fontdreffés , car le repos leur fait prendre de nouvellesalarmes ; ce qui prouve que l'art le plus fubtil nepeut tout-à-fait e ffacer, ni vaincre les vices naturels.M. de la Brotie dit, que le remède le plus court& le plus fimple pour accoutumer en peu de tempsnn cheval au bruit des armes à feu, & des autresrameurs guerrières, c'eft de tirer un coup de pif-C H Etolet dans l'écurie, & de faire battre la caiffe unefois le jour par un palfrenkr , pofjtivement dans letemps qu'on va leur donner l'avoine, & que peude temps après ils fe réjouiront à ce bruit, commeils faifoient auparavant au fon du crible.Il y en a de tellement ombrageux , qu'ils demeurentà ce bruit les oreilles tendues & droites ,roulent & blanchiffent les yeux dans la tête , tremblent& fuent d'effroi, tiennent une poignée defoin ferrée entre les dents fans remuer les mâchoires, & enfin fe jettent dans la mangeoire & à traversles barres ; mais avec la patience & l'induftried'un cavalier intelligent, on vient à bout des cAevauxde ce naturel.Il y aune autre façon d'accoutumer lesau feu ; je l'ai fou vent expérimentée & vu pratiquer;c'eft de les mettre dans les piliers : là , fansaucun danger , il eft aifé de les accoutumer à toutce qui peut leur porter ombrage. On leur fait d'abordvoir & fentir un piftolet fans être chargé ; onfait jouer la batterie, parce qu'il y en a beaucoupqui s'effraient au bruit de la détente & du cliquetis.Quand ils font faits à ce bruit, on brûle une amorceen fe tenant loin du cheval, le dos tourné visà-visde fa tête ; on s'en approche après pour luifaire fentir le piftolet & l'accoutumer à l'odeurde la fumée. Il faut toujours le flatter en l'appro-.chant, & lui donner quelque chofe à manger ; carce n'eft que par la douceur & les careffes qu'onapprivoife ces animaux. On met enfuite une noiavelieamorce, en accommodant le piftolet vis-àvisde lui ; & lorfqu'il eft fait à l'odeur & à la fu_mée de la poudre, il faut commencer à tirer enmettant une petite charge d'abord & peu bourrer -on tire le dos tourné & un peu loin , on revientd'abord après le coup lui faire fentir le piftolet 8cle flatter; fuivant qu'il s'acoutume , on augmentela charge , on tire de plus près, & enfin on tire dedeffus. Il faut, avec la même douceur & la mêmepatience , l'accoutumer au bruit des tambours ,mouvement des étendards & au bruit des armesblanches. Les chevaux timides , qui ordinairementont peu de force, & ceux qui n'ont pas la vu ebonne , s'accoutument au feu plus difficilementque les chevaux vigoureux & dont la vue eft faine -& quoiqu'avec le temps on en vienne à bout, jgne confeillerois pas de fe fer vir de pareils chevau^pour la guerre.Ce n'eft pas feulement dans les bornes d'un manègequ'il faut accoutumer un cheval de guerre àce que nous venons de dire ; il faut fouvent i'exer,cer en pleine campagne & dans les grands chemins, où il fe trouve une infinité d'objets q;^effrayent ceux qu'on fort rarement, les moulin sfur-tout, tant à eau qu'à vent & les ponts de boisfont un grand fujet d'alarmes pour bien des chel.vaux', mais s'ils connoiffent la main & les jambesque le cavalier fache fe fervir à propos de fes aides *& qu'il ait le génie & la patience qu'il faut avoir*il viendra bientôt à bout de ces difficultés. Sur-toutit


C H Eil ne faut point dans ces occafions , battre les jeunesckcvaux ; parce que, comme nous l'avons dit ailleurs, la crainte des coups, jointe à celle de l'objetqui leur fait o mbrage, leur accable la vigueur, &les rebute totalement.Des Chevaux de ChaJJe.Quoique la chaffe ne foit regardée que commeun amufement, cet exercice n'en mérite pas moinsd'attention ; puifque c'eft celui que les rois & lesprinces préfèrent à tous les autres. Cette inclinationefl fans doute fondée fur la conformité qui ferencontre entre la chaffe & la guerre. En effet, depart & d'autre on voit un objet à dompter, desfatigues à effuyer, des dangers à éviter, & des rufesà pratiquer. Il n'eft donc pas étonnant, qu'un exercicequi a tant de rapport aux fentiments d'héroifmeinféparables des grands princes , fixe leur goûtdans leurs plaifirs. Ce n'eft point ici le lieu d'exami-jner toutes les différentes parties de la chaffe, nide placer un éloge dont touts ceux qui penfent noblementfont remplis : mais les jours d'un fouveverainfont trop précieux à fes fujeis pour ne lepas exciter à fa confervation autant qu'il eft en leurpouvoir. Nous venons de dire que la chaffe a fesdangers auffi bien que la guerre : la plupart des accidentsqui y arrivent font caufés par des chevauxmal choifis ou mal dreffés j c'eft pourquoi nousavons recherché avec foin tout ce qui peut conduireà la connoiffance d'un bon cheval Ac chaffe,& à la facilité de le dreffer à cet exercice.Bien des gens penfent que la façon de drefferdes chevaux de guerre & de chaffe, eft tout-à-faitoppofée aux règles du manège. Une opinion fi malfondée, & malheureufement trop générale , faitnégliger les vrais principes. N'ayant donc pour guideque la fauffe pratique de ceux qui ont fait naître& qui favorifent cette erreur , on n'acquiert qu'unefermeté fans grace & une exécution forcée & fansfondement. Pourroit-on , avec un peu e djugement,avancer qu'un cavalier capable de pratiquer lesprincipes d'une bonne école, & par lefquels il eft enétat de juger de la nature de fon cheval, & de luiformer un air, n'a pas plus de facilité encore pouraffbuplir & rendre obéiffant celui q u'on deftine àla guerre , & pour étendre & donner de l'haleineà celui qu'il juge propre pour la chaffe , puifquece ne font-là que les premiers éléments de l'artde monter à cheval ?Le choix d'un bon coureur eft très-difficile àfaire ; car, outre les qualités extérieures des autreschevaux, il doit encore avoir particulièrementbeaucoup d'haleine , de légèreté & de fureté. Cesqualités doivent lui être naturelles ; l'an ne peut,tout au plus, que les perfeäionner.Un cheval de chaffe ne doit pas être trop traverféni trop raccourci de corps ; parce que ces fortes dechevaux n'ont pas ordinairement l'haleine & la faciliténéceffairc aux bons coureurs. Il doit être unpeu long de corps , relevé d'encolure, Si avoir lesEquitation , E ferirne 6 s D an ft.C H E 57épaules libres & plates, les jambes larges & nerveufes,fans être trop long jointé ; il faut aveccela qu'il foit n aturellement vite, fenfible à l'éperon, & dans un appui léger.M. delà Broue dit, que « les chevaux qui ne» conviennent point pour la chaffe, font ceux» qu'une timidité naturelle empêche dfe courir vite» par la crainte qu'ils ont de hafarder leurs forces» en courant : ceux qui fe méfient de leurs forces» par quelqu'imperfeétion naturelle oir acciden-» telle : ceux qui font pefants & parefféux de leur» nature : ceux qui font rebutés à force de courir ,» que la fimple appréhenfion de la courfe retient,» rend vicieux & rétifs : ceux qui, avec beaucoup» de reins , aiment mieux fournir un nombre de» fauts, que de diftribuer leurs forces à l'aélion deH la courfe : ceux enfin que la pure malice & poliitronnerie retient ».Quoique tous ces difterens chevaux puiffentabfolument être dreffés à courre, en fuivant lesrègles de l'art, on ne pourra jamais leur donner lesqualités effentielles à un bon coureur, qui font,comme nous venons de le dire, de galoper légèrement, furement & longtemps. Ces qualités ne fetrouvent qu'avec une fouplefle naturelle dans lesmembres , & qu'on perfeélionne par le trot, uneliberté dans les épaules , & un appui léger à labouche , qu'on confirme parle galop ; une haleine& un courage fuffifants qu'on augmente par l'exercice.Le trot, qui eft la première règle pour affouplirtoutes fortes de chevaux, doit être plus étendu &plus allongé que relevé , dans un cheval de chaffe,afin de lui apprendre à bien déployer les bras & lesépaules. Le bridon eft excellent pour donner cettepremière fou pi effe à un cheval : on peut avec cetinfiniment, dont nous avons donné la deferiptiont& l'ufage dans le chapitre troifième , le plier facilement&. fans trop le gêner ; lui apprendre à tournerpromptement &. librement aux deux mains,fans lui offenfer les barres & la place de la gourmette, ni lui déranger la bouche ; e le S rendre auflîfouple que fes forces & la difpofition lui permettentde le devenir. Il faut le troter aux deux mainsfans aucune obfervation de terrain , mais varier àtouts moments l'ordre de la leçon du trot, le tournanttantôt à droite , tantôt à gauche fur un cercle ;quelquefois fur une ligne droite , plus ou moinslongue , fuivant qu'il fe retient ou s'abandonne.On doit le tenir fur la leçon du trot , jufqu'à cequ'il obéiffe au moindre mouvement de la main &des jambes ,& qu'il ait appris la facilité de tournerpromptement 5c librement aux deux mains. Lorfqn'ileft à ce point, on lui met un mors convenableà la bouche ; après quoi on lui donne la leçonde l'épaule en dedans, non-feulement pour luiaffouplir les côtes , lui faire connoître les jambes ,& lui faire la bouche, mais effentieilement pour luiapprendre à avancer la jambe de dedans de derrièrefous le ventre , qui eft une qualité abfohi-


;8 C H Eanient néceffaire clans un chcval de chaffe, afin qu'ilgalope plus uniment, plus c ommodément & demeilleure grace. Il faut suffi le tenir un peu enfemb!een le menant l'épaule en dedans , non pasdans une pofture audi raccourcie que fi on vouloitle drefler pour le manège ; on doit au contrairel'étendre davantage, pour lui donner une grandefacilité de bien déployer & allonger fes bras & fesépaules : il n e faut pourtant pas l'étendre fi fort,qu'il contrade le défaut de pefer à la main , dont ilfati droit le corriger, par les arrêts , les demi-arrêtsCe le reculer.Après la leçon du trot perfeflionnó par celle del'épaule en dedans , des arrêts, des demi-arrêts ,& du reculer ; il faut enfin le galoper pour luiaugmenter la légèreté des épaules, lui aiîurer &.adoucir l'appui de la bouche , & le confirmer dansl'habitude du galop de chaffe. C ette liberté d'épaules, qui eft une partie des plus cfîentielles pourun cheval de chaffe , s'acquiert a'.femetit, fi ap rèsavoir été trote dans les règles, on fait lui étendreles épaules & lui faire déployer les bras fans quele mouvement du galop foit trop relevé , ni tropprès de terre. Par le premier défaut , il feroit cequ'on appelle nager en galop an!. , & il ne pourroits'étendre ;& le fécond ti-1 fa ut le feroit broncherpour la moindre pierre ou eminence qu'il rcncontreroit,en rafant de trop près le tapis.li faut convenir que la nature femble avoir formédes chevaux exprès , auxquels elle a donné ce mouvementd'épaules libre & allongé, qui fait le plusgrand mérite d'un coureur. Les chevaux angloisplus que tous les autres chevaux de l'Europe ontcette qualité , a-uffi leur voit-on fournir avec unevitefle incroyable des courfes de quatre mille d'Angleterre, qui font environ deux petites lieues deFrance , telles que celles qui fe font à Newmarket,où un cheval pour gagner le prix , doit arriver aubut ordinairement en huit minutes, quelquefoismoins. Leurs autres chevaux de chaffe vont fouventdes journées entières fans débrider , & toujoursà la queue des chiens dans leur chaffe durenard , en franchisant les haies & les feffés quife trouvent fréquemment dans un pays couvert &coupé, comme l'Angleterre. Je fuis perfuadé quefiles chevaux anglois avec de pareilles difpofitionsétoient affauplis par les règles de l'art, ils galoperoientplus fura ment & plus commodément; ne feruineroient pas fitôt les jambes, comme il arrive à laplupart, auxquels les jambes tremblent après deuxou trois ans de fervice. La rai fon de cette foibleffequi ne paraît pas naturelle, mais plus vraifemblablementaccidentelle, vient fans cloute de ce qu'on lesgalope trop jeunes, fans avoir été auparavant affouplisau trot ; & de ce qu'on les galope toujoursavec le brldon , duquel on ne doit faire ufage quepour les affuuplir : cet infiniment n'étant point faitpour foHtenir le devant, ni pour donner de l'appui,il arrive qu'un cheval n'eft point foulage dans(oa galop i & que le poids du cavalier joint à laC H Epefanteur naturelle des épaules, du col & de latête du cheval, lui fatigue les nerfs , les tendons 8cles ligaments des jambes ; d'où s'enfuit nécefl'airemeutla ruine de cette partie qui occafionne le défautde broncher: c'eft pour cela que les anciensécuyers ont inventé le mors, afin de foutenir l'actiondu cheval dans toutes fes allures , fur tout celledu galop , où étant plus étendu , il eft plus fujet àfaire de faillies pofnions.Lorfqu'on commence à galoper un chcval deftinépour la chaffe, il ne faut pas lui demanderd'abord un galop trop étendu , parce que n'ayantpoint encore l'habitude de galoper librement, ils'appuieroit fur la main : il ne faut pas non plus uagalop raccourci, qui l'empùcheroit de fe déployercomme il le doit : mais il faut le mener dans ungalop uni, fans le retenir ni le chaffer trop , commes'il galopoit de lui-même n'étant point monté. C eftla main légère, accompagnée de fréquentes defccntesde main , qui donne le galop dont nous parlons.La defeente de main , qui eß une aide excellentepour toutes fortes d'airs, femble avoir étéinventée exprès pour les chevaux de chaffe, afinde leur apprendreà galoper fans bride , & fans quele cavalier foit obl igé de les foutenir à tout moment.Il faut que la leçon du galop fe faffe , tantôtfur un cercle large & étroit comme au trot, Sitantôt fur la ligne droite, & ne pas faire de longuesreprifes dans les commencement : au lieu delui augmenter l'haleine, &de lui donner la facilitédu galop, en Vendurciroit & on le rebuiemit. Ondoit auffi quitter fouvent le galop & reprendre lepas , afin de donner au cheval le temps de relpirer ;& fitôt qu'il a repris haleine, il faut repartir augalop Cette manière de mener un cheval alternativement,fans difeontinuer, du galop au pas, &du pas au galop, lui donne avec le temps autantd'haleine , que fes forces & fon courage lui enpermettent. C'eft au cavalier à juger de la longueurde la reprife du galop ; lorfqu'll fent que l'haleinecommenceà lui manquer, il doit le remettre an pas& de même diminuer les temps du pas , lorfqu'ilfent qu'il peut fournir plus long temps au galop.Une autre attention qui eft de conféqnence , c'eftde faire en forte à chaque arrêt de galop , que lecheval ne faffe pas un feul temps de trot, au lie«de fe remettre au pas, ce qui incommode beaucouple cavalier: il faut l'accoutumer à reprendreau pas immédiatement après le dernier temps dugalop , & de même pour reprendre du pas au galop, il faut que cela fe faffe d'un feul temps.Quand on s'apperçoit qu'un cheval commence àprendre de l'haleine ,& qu'il peut fournir de longuesreprifes au galop , fansfouffler ni trop fuer, ilfaut alors le mener dans un galop plus étendu,qu'on appelle galop de chaffe ; fans affujettir la pofturede fa tête , au principe de la tenir perpendiculairedu front au bout du nez , comme aux chevauxde manège, on la lui doit laiffer un peu plus libre ,afin qu'il puiffe refpirer & ouvrir les nazeaux avec


CHEplus de facilité , fans pourtant qu'S. ait le nez auvent ; car tout cheval qui galope la tête haute &déplacée , eft plus fujet à broncher que celui quivoit fon chemin Se l'endroit où il pofe les piedsen galopant.Une excellente leçon que j'ai vu pratiquer àd'habiles gens, pour tin cÀevaZ de chaffe, c'eft ticgaloper fur un cercle large à main gauche en tenantle cheval un peu plié à droite & uni fur le pieddroit. Cette façon de tournera gauche , quoiqu'ilgalope fur le pied droit, lui apprend à ne fe pointdéfunir, lorfqu'on eft obligé de lui renverfer l'épaule, c'eft- à-dire , [de tourner tout court à gauche;ce qui arriveroit fouvent, s'il n'étoit pas faità ce mouvement, & cauferoit un contre-temps quiincommoderoit le cavalier & dérangeroit fon affiette.Les anciens écuyers avoient une méthodeque j'npprouve fort, pour galoper leurs chcv.iuxde guerre & de chaffe: c'étoit de galoper un chcv'alen ferpentant, c'eft-à-dire, au lieu de galoper furtout le cercle,ils faifolentcontinuellement des portionsde cercle , en renverfant à touts moments lesépaules fans changer de pied, & en décrivant à-peu près le même chemin que celui que fait unferpentou une anguille lorfqu'ils rampent. Rien neconfirme mieux un cheval fur le bon pied , ni luiallure tant les jambes, que cette leçon. Elle eftaifêe à pratiquer, lorfque le cheval y a été préparéen le galopant fur un cercle à gauche , placé & unià droite.Ce n'eft point, comme nous l'ayons dit dans lechapitre precedent, dans les bornes d'un manège,qu'il faut toujours tenir un cheval qu'on dreffe pourla guerre ou pour la chaffe: il faut l'exercer fouventen pleine campagne, afin de l'accoutumer àtoutes fortes d'objets, & de lui apprendre auffi àgaloper furement fur toutes fortes de terrains 1 ,comme terres labourées, terrains gras, prés, defcentes,montagnes, valons, bois.Nous ne répétons point ici ce qu'il faut fairepour accoutumer un chsval au feu , qui ef! un echofe effentielle à un coureur; mais une autre qualitéque doit avoir particulièrement un ihtval dechaffe, c'eft de favoir franchir les haies & lesfoffés , afin de ne pas demeurer en chemin , lorfqu'onrencontre quelqu'un de ces obftacles. M.de la Broue donne à ce fujet une leçon que je croispratiqnable & bonne ; c'eft d'avoir une claie d' environ334 pieds de large (ur io à 12 de long , latenir d'abord couchée par terre, & la faire fauterau cheval au pas , au trot, 6c enfuite au galop , &s'il met les pieds fur la claie, au lieu de la tranchir,le châtier de la gaule & de l'éperon. On la faitenfuite foulever de terre environ d'un pied , & àmefure qu'il la franchit librement , on la lève deplus en plus jufqu'à fa hauteur; enfuite on la garnitde branches & de feuilles. Cette méthode qu'ildit avoir fouvent pratiquée, apprend furement àun cheval à s'étendre & à s'allonger pour le faut deshaies & dee foffés ; mais cette leçon , qui eft né-C H E^9ceffatre pour un cheval de guerre 8c de chaffe , nedoit s'employer que lorfqu'il eft obéiffant au t ourneraux deux mains , au partir des mains, au parer,&. lorfqu'il a la tête placée & la bouche affûtée.*Il y a une autre efpêce de chevaux de chaffequ'on appelle chevaux fiarquebufe, ce font ordinairementde petits chevaux qu'on dreffe po ur chafferau fufil. Ceux-ci doivent avoir à peu près lesmêmes qualités que les coureurs , mais ils doiventêtre parfaitement apprivoifés & faits au feu , enfortequ'ils fuivent l'homme & qu'ils foient inébranlablesau mouvement & au bruit du fufil. I lfaut encore qu'ils ne s'épouvantent pas au partir& au vol dn gibier. On les accoutume d'abord às'arrêter lorfqu'on prononce le terme de how, maisles plus lubtils & les plus adroits apprennent à cesfortes de chevaux à s'arrêter court & fans remuer ,même en galopant, dans le temps qu'ils abandonnenttoute la bride fur le col pour coucher en joue.'Un cAevti/d'arquebufe , bien fage & bien dreffé à-cet ufage , eft très-recherché ; mais comme on atplus befoin pour toutes ces attentions ( qui fontpourtant effentielles ) de patience que de fcience,nous n'entrerons pas dans un plus grand détail,ce que nous en avons dit nous paroiffant fuffifant.Des chevaux de carrojfe.Dans les fiècles paffes la magnificence des équipagesn'étoit en ufage que pour les triomphes ,fans qu'on s'embarraffàt d'y rechercher la commodité.Mais la volupté qui s'eft introduite parmi lesnations , & qui a fait d'âge en âge des progrès incroyables,a contribué à l'invention de plufieursfortes de voitures, dont la plus fimple aujourd'huifurpaffe infiniment, pour la conftruâion ,ces chars autrefois ft fameux.La perfeótion que les françois ont donnée denos jours aux carroffes, par les refforts q ui en.rendent les mouvements imperceptibles, & parlalégèreté , qui diminue confidérablement le travaildes chevaux qui les traînent ; cette perfeäion , disje,en a fait une voiture ii d ouce & fi commode ,que c'eft préfentement le premier tribut qu'onpaye à la fortune.Quand on a cru ne pouvoir rien y ajouter pourleur ftruflurc, on s'eft appliqué à leur décoration ,& on y a fi bien réufîi, que rien ne feroit plus capabled'annoncer la dignité des feigneurs, que lamagnificence de leurs équipages , fi les chevauxqu'on y attelle , étoient mieux choifis & mieuxdreffés pour cet ufage. Cette usg'igence étoit pardonnableautrefois , parce que la peine que leschevaux avoient à ébranler ces pefames machines, les privoient de la grace qui fait la beauté deleur adi on ; mais aujourd'hui il n'y a plus d'obflaclequi puiffe empêcher de donner cette nobleffeaux équipages leftes & fomptueux que nousvoyons.


CoCHEL'Allemagne nous a devancés dans cette exaftitude,& le modèle qu'on nous y donne, n eft fulvidans ce pays-ci, que par un petit nombre de fcigneurscurieux. Il feroità fouhaiter cependant quecette curiofité devînt générale, non-feulement pourn'avoir rien à ajouter à la magnificence , mais particulièrementpour prévenir les accidents auxquelson eft expofé , en mettant au carroffe des chevauxqui n'ont point été afTouplis , & qui n'ont pas labouche faite.On croit faire affez pour mettre fes jours enfureté , que d'atteler deux ou trois fois au char riotdes chevaux neufs , avant que de s'y confier. Cependanton n'a que trop d'exemples qui nous prouventque cette méthode précipitée ne fuffit paspour garantir des dangers ,& pour empêcher leschevaux de carroffe de tirer de mauvaife grace , detroter de -travers, & fur les épaules, de baifler latête , de lever les hanches , de tendre le nez, & deforcer la main , défauts d'autant plus remarquables, que les équipages font magnifiques.Nous allons donc indiquer les qualités que doiventavoir les chevaux de carroffe , & les moyensde les leur donner.En général un cheval de carroffe doit avoir latête bien placée & l'encolure relevée ( ce qu'onappelle porter beau ), & troter droit & uni dans lestraits.La taille ordinaire d'un beau cheval de carrofe eftdepuis 5 pieds jufqu'à 5 pieds ß ou 4 pouces. Il doitêtre bien moulé & fort releve du devant ; quandniême il auroit le rein un peu bas ( ce qui feroitun défaut pour un chcval de felle ) , il n'en paroîtroitque plus relevé du devant au carroffe. Il doitêtre traverfé & affez plein de corps pour n'êtrepoint efflanqué par le travail. Il ne faut pourtantpas qu'il foit trop chargé d'épaules ni qu'il ait lapoitrine trop large. C'eft pour le cheval de charrette, une qualité qui le fait mieux donner dans lecollier, mais c'eft un grand défaut dans les chevauxde carroffe , qui doivent avoir l'épaule plate &mouvante pour pouvoir troter librement & avecgrace. Il ne doit être ni trop long ni trop court,('eux qui font trop courts ont ordinairement lamauvaife habitude de forger, & ceux qui font troplongs fe bercent pour la plupart, & vont fur lemors , n'ayant pas affez d e rein pour fe foutenir.Un cheval de carroffe doit avoir la jambe belle ,plate & large, & l'os du canon un peu gros ; furtoutles pieds excellents : le moindre accident auxpieds eft un grand défaut, qui le fait bientôt boiter ,parce qu'il ne peut pas foutenir long temps ladureté du pavé. Il faut encore bien prendre gardea|UX jarrets, les chevaux de carroffe font plus fujetsà les avoir défedueux, que les chevaux de légèreraille, parce que la plupart font élevés dans despâturages gras , qui engendrent baucoup d'humeurs, lefquelles tombent fur les jarrets 6c fur les/a mbes. Le boulet trop flexible efi encore un grandC H Edéfaut, qui empêche un cheval de carroffe de reculer& de retenir dans les defcentes.Un cheval de carroffe bien choifi. Sequi [a lesqualités que nous venons de décrire, mérite bienqu'on lui donne les deux premières perfe61ions qu etout cheval dreffé doit avoir , qui font , la foupleffe& l'obéiffance. Avec ces qualités il trotera de meilleuregrace , durera plus longtemps, & répondramieux à la magnificence & au bon goût de foamaître.Il faut d'abord le trotter à la longe pour commencerà l'affouplir, le monter enfuite & lui m ettrel'épaule en dedans , pour l'arrondir , lui donnerune belle pofture & lui faire la bouche. On doitauffi lui apprendre à paffer les jambes la croupe aumur, afin qu'il prenne fes tournants avec plus defacilité; car toutes les fois ^u'on tourne un chevalau carroffe, il décrit de côté une ligne circulaireavec les épaules & avec les hanches, ce qui formeune efpéce de demi-volte ; & il faut pour cela qu'ilait appris à paffer librement les jambes lune pardeffusl'autre , tant celles de devant que celles dederrière , fans quoi il s'attrapperoit, traînerait leshanches de mauvaife grace , ou tourneroit lourdement.Une autre leçon effentielle qu'il faut encore,joindre à celle ci, c'eft de lui apprendre à piafferparfaitement dans les piliers, après avoir été affoupliau trot. Rien ne donne à un cheval d e carroffeune plus belle démarche, plus fière , plus libre 8cplus relevée , que l'a£lion du piaffer. Les piliers ontencore cela d'avantageux, qu'outre la grace & l^,liberté qu'ils donnent à un cheval, ils lui imprimentla crainte du fouet, & le rendent pour toujoursobéiffant au moindre mouvement de cet inftrument.Une autre choie qu'on obferve rarement,& quetout cheval de carroffe doit avoir, c'eft d'être plié àla ma in où il va. Celui qui eft fous la main doitêtre un peu plié à droite ;& celui qui eft hors l amain doit l'être à gauche. Cette pofture augmentela grace d'un cheval qui trote bien , lui fait voir fonchemin , lui tient la croupe fur la ligne des épaules, & le fait troter ferme &. uni d'épaules & dehanches. Ceux qui ne trotent pas dans cette poGtureont le défaut, ou de baiffer la tête vers le boutdu timon , ce qui leur fait jetter la crotipe dehors& fur les traits ; ou au contraire, de tendre le nez& tirer à la main , ce qui eft d'autant plus dangereuxqu'ils peuvent forcer la main du cocher ; cequ'on appelle vulgairement prendre le mors auxdents ; & ceux qui font dans le carroffe ou auxenvirons, rifquent de perdre la vie , ou d'être ef.tropiés. On voit fouvent auffi de deux chevaux llun baiffer le nez & l'autre lever la tète, pofturedésagréable, & totit-à-fait dif eordante ; ce qui nefe rencontreroit point, s'ilsavoient été ajuflés.Si quelqu'un trouve étrange que je donne lesmêmes principes pour les chevaux de carroffe quepour ceux de manège , qu'il examine les attelagesdes feigneurs curieux en beaux équipages, qui


CHEfont dreffer leurs chevaux au manège , avant quede les mettre au carroffe , & il fera perfuadé delàdifférence d'un cheval drefié à celui qui ne l'eftpoint. Je ne demande pas qu'on confirme un chevalde carroffe , co me celui de manège , dans l'obéiffancepour la main & les jambes, je veux Amplementqu'on le dégourdiffe , qu'on lui fa fie la bouche, & fur-tout qu'on lui apprenne à piaffer , àcraindre le fouet, & à obéir au moindre mouvementqu'on en fait. Je ne confeillerois pas nonplus d'employer ces règles pour toutes fortes dechevaux de carroffe ; je ne parle que de ceux dontla figure & le prix méritent ce foin , & j'abandonneles chevaux mal bâtis , ou ces gros lourdaïus deftruóture monflruetife au caprice de leur nature,& à la routine des cochers.DE LA BE AUTÉ ET D E LA B ONTÉ DU CH EVAL.( DUPATY. )La beauté eft le choix des formes agréables renferméesdans la nature. Chaque objet, chaque êtrea fes beautés & fes difformités. On en voit peu quiraffemblent toutes les perfections dont ils f ont fufceptibles.Les animaux ont une beauté analogue à leurftruéture : la beauté du taureau ne reffemble enrien à celle du lion. Sans contredit le cheval eftcelui de tous dont les formes font les plus belles,les contours les mieux arrondis, & l'enfemble leplus flatteur à l'œil. Si les hommes euflent confultél'agrément d'un beau cheval, & fon air noble & pacifiqueen même-temps , ils n'euffenc pas balancéà lui donner la prééminence fur la majefté terribledu lion. Cet animal n'a rien de féduifant dans faforme ; tout indique la pefanteur. Le cheval aucontraire , élégamment formé , femble voler &s'échapper comme une nuée légère. Ces animauxfi différents ont tous deux leurs beautés.Le cheval doit la fienne à la perfeélion des proportionsbien établies entre fes membres, au pafiageinfenfible de leurs formes adoucies les unesdans les autres, à l'arrondiffement de fes mufclesbien détachés & affez fenfibles pour être diftingués.C'eft pour cela qu'un cheval maigre plaît moins , &qu'il n'eft connu que des gens inftruits. Le vraiconnoiffeu'r le juge par fon enfemble ; & il préfumeque dans l'état d'embonpoint, les formes détailléesferont d'accord avec la belle proportion.La fierté du regard du cheval, la légèreté de (acourfe, les attitudes nobles & fières fous icfquellesil fe préfente, font encore des beautés. On eftimefur-tout ce feu dans les yeux , & cette ardeur pourla courfe, qui embellit l'animal en animant tousfes membres. La foupleffe de fes mouvements &l'adreffe de fes jambes contribuent fmgulièrementà fa beauté.C'eft dans lés plaines verdoyantes qu'il eft fatisfaifantde voir un jeune courfisr bondir avecgaieté. C'eft là qu'abandonné à la nature, il s'em-C H E6ibellit lui - même en fe l ivrant à l'ardeur qui letranfporte. C'eft au milieu des haras , que le chevalle montre dans toute fa parure naturelle , lorfque,près de la cavale , il s'empreffe à l'envi de ui l faireremarquer la beauté de fon corfage , la nobleffe defon port, & la foupleffe de fes jarrets. C'eft dansla nature , comme dans le meilleur livre, que nousdevons aller prendre cette idée du beau , bien rétréciedans nos villes & dans nos pompes publiques.C'eft là que nous devons chercher les traitsqui le forment. Tout le monde le fent, eft pénétré,emhoufiafmé à fa vue : mais qui peut le définir Sele fixer? Le goût, le goût feul nous di£le d es règlesauxquelles nous nous foumettons par le plaifirqu'elles nous caufent.Outre la beauté générale de l'efpèce, chaque individua la fienne particulière. Il eft bien rare queces beautés fe trouvent tellement réunies , qu'il nes y rencontre quelque défaut. Lorfque le vice eftpeu confidérable , il ne fert qu'à relever les autresperteâions ; autrement il fait regretter la peineque la nature a prife. Comme toutes les beautésne fe rencontrent pas réunies , on appelle beaucheval, celui qui en a le plus.On ne doit pas confondre les beautés de la naturepure & encore brute , avec les bautés faélicesde l'art. Un cheval , naturellement beau , a pourl'ordinaire encore plus de beauté lorfque l'art faitétaler & mettre au jour fes belles formes. Celui aucontraire que l'art feul a façonné , n'a qu'unebeauté d'emprunt qui fe perd aifément , & quiporte une empreinte moins caraflérifée. On vientà bout de donner de la grace au cheval, de le placer, de donner de l'air à fa tête : fi la nature n'afait les premiers frais , ce mafque tombe aifément.La vraie beauté, dans un cheval , eft moins cequi plaît & ce qui eft agréable au premier coupdceil, que le rélultat d'un bel enfemble. Les Maquignonsqui ont intérêt de féduire, donnent aucheval de l'inquiétude & non de la fierté ; un contourforcé , & non des formes bien d'accord entreelles. Celui que le clinquant éblouit court rifqued'acheter un cheval qui dégénérera lorfque la douceur& la fécuritc le rendront à fa nature. Ce n'eftdonc pas dans l'infiant de la fougue & de l'emportement, qu'on petit juger l'animal, c'eft dans uneStuation calme & tranquille , dans laquelle chaquemembre fe déploie avec fageffe , & préfente fansaffeûation les traits purs & coulants de la beauté.Méfiez - vous donc de cet appareil d'inftrumentsapprêtés pour embellir le cheval : ce qu'il fait parcrainte & fous les coups n'eft qu'une grimace arrachéepar la douleur.Si l'art s'unit à la nature pour embellir le cheval,il fera encore plus agréable à voir. Mais ce ne feraque par un ménagement continuel des forces del'animal, qu'on l'embellira. La colère & la furearprennent aifément la place de la fieité & de la vigueur, fi on excite des fenfations doulonreufes.L'animal n'eft beav qu autant que l'attitude facies


62 CHEdu manège nous peint celle de la nature libre: &tel eft l'objet de l'art ; il fe propofe de raflembleren un fnjet, dans un court efpace de temps , lesbeautés éparfes de la nature. Ces infiants de beauténaturelle font ceux où l'animal a de l'ardeur, lifegrandit alors ; il raffemble fes forces ; fes yeuxl'ont animés ; fa tête fe lève avec fierté ; fes mouvementsredoublent , leur cadence fe prede &s'anime. Ce font ces idées que l'écuyer doit employerdans fon travail ; c'eft là l'expreflion qu'ilcherche : mais toutes les conftruétions de chevauxne font pas propres à la produire. La beauté fansla bonté ne fatisfait l'œil qu'imparfaitement, &l'animal n'eft plus alors qu'une belle fiatile.La bonté d'un chcvd ne féduit pas comme fabeauté: celle-ci eli entièrement extérieure ; cellelàeft.le réfultat de combinaifons difficiles à développer.Ce n'eft qu'à l'aide de plufieurs connoiffances& d'une expérience bien fondée , qu'on jugeles qualités d 'un chcvd. L'harmonie & l'accord detoutes les parties de l'animal, conftituentfa bonté;comme celle d'une machine dépend de la proportionde toutes fes pièces mefurées par l'effet qu 'onen attend. Tout corps organile eft une machine desplus compliquées: tout peut en être bon ; mais ilpeut auffi s'y trouver des parties m oins bien conftruites.Les parties folides & les parties molles , ou fi onveut, les os & les mufcles, offrent ce qu'il y a deplus intéreffant dans le méchanifme animal, relativementà fes aflions. La bonté des os vient deleur folidlté, de leur bonne configuration , & de labsnne fabrique de leurs articulations. Les os nedoivent pas feulement être folides par leur nature ,mais encore par leur difpofition; & cette difpofitionn'eft eftimable que par le ferme appui qu'ilsfe donnent les uns aux autres. Leur configurationla meilleure eft celle qui eft la plus commune dansla nature , & on la connoît àia (implicite de l'actionqui en réfulte. Un os tortueux, dans un racinbreoù il eft ordinairement droit, occafionne unmouvement compliqué & embarraffé.La bonté de l'articulation vient du jeu facile deses les uns fur les autres, fans que rien arrête lemouvement auquel ils font deftinés. La fermetédes liens eft encore efîemielle ; & c'eft fouventdelà que dépend la bonté d'un membre. Les mufclesfont ordinairement bons lorfque leur forceeft fupérieure de beaucoup au poids des os qu'ilsont à mouvoir, & lorfque leur aâion ne les fatiguepas. De gros offemenis & de petits mufclesfont des preuves defoibleffe; au lieu que des osmus par de forts mufcles , annoncent la vigueur& la légéreté.Les perfeiStions d e ces différentes p ortions ducorps , ne canftituent pas feules la bonté. Elle confifteplus encore dans l'arrangement de tout lecorps, dans le rapport de touts les membres entre'eux, felon des loix que nous efpérons indiquer.Mais es eafemble extérieur eß fouventC H Epeur: car il arrive que la mauvaife organifation intérieuredément ces belles formes , ces belles proportionsdu corps. Il faut donc que les fondionsvitales fe rempliffent bien ; que les vifeères feientbien conftitués , que l'eftomac & touts les organesde la digeftion foient en bon état. C'eft fur-tout dece vifcére que dépend la force animale : fi le chyleeft mal fabriqué , un fang fans vivacité & fansconfiftance ne peut fournir de la vigueur ; la limpheviciée circule à peine , & ne répare pas lespertes occafionnées par le travail. En général ona éprouvé que les chevaux bien conftruits d'ailleurs, qui fe nourriffent bien , qui ne perdentpoint l'appétit , qui font gais aprè s un long travail,& qui s'y prêtent volontiers, font de bonschevaux.Quelques défauts ne détruifent pas cette qualité.Ceux qui, uniquement attachés à ces défauts , acceptentou refufent des chevaux parce qu'ils ontquelque vice local, font dans le cas de fe tromper.C'eft l'enfemble & l'ufage harmonieux de touts lesmembres , qu'il faut çonfidérer : fouvent un chevalemploie très-bien de mauvais jarrets, & un autreen emploie mal de bons.On ne s'attachera donc pas (implement à l'extérieurdes membres , fi on veut bien choifir le cheval',on confultera fes mouvements & fon ame :car l'ardeur & la bonne volonté ne font point àmépriferdans le cheval ; elles fuppléent à bien deschofes. Je rejetterois un che\d méchant & bienconformé ; car il pourroit arriver qu'on fût obligéde le ruiner pour le mettre en état de fervir. Ladouceur & la fageffe fo nt les plus belles qualitésd'un bon cheval. Si fes mouvements font brillantsavec cela, on a trouvé un plicenix.Méchanifme général des monvement s àu cheval dansja démarche.Le cheval ne nous eft utile que par fes aflions.Le plus beau & le meilleur cheval deftiné à un reposcontinue! , feroit dans une captivité odietifepour lui, & infru£tueuf


CHEJa me garderai bien, pour definif ces fflrfuve•wents , de prendre un cheval défedhieux. Le plusbeau & le meilleur fera toujours celui que je propoferaid'examiner : je lui fuppoferai toutes les perfeifìions.C'AFÌ. à l'écuyer à connoîtrc la nuance desindividus qu'il fe propofe de former.A quelqu'ufage qu'on deftine un chcval, en doitl'infpeéter méchaniquement : car fi Von ignore lesreiTorts & toutes les machines que la nature emploiepour la progreffion de cet animal, on ferafans celîe trompé. Le tati formé & entretenu parla routine, efl incertain & aveugle, s'il n'eft fondéfur des règles fixes & conflamment propofées parla belle nature. C'eft pour cela qu'il eft fi rare detrouver un bon cônnoifîeur en chevaux. Les gensque l'intérêt attache à l'étude de cet animal, n'ontqu'un tact groiTier & fouvent trompeur. Ils ontvieilli dans les écuries & dans les haras ; la naturea fans ceffe frappé leurs yeux ; mais elle n'a jamaisaffeâé leur raifonnement ; un inftinài d'habitudeleur fait faire u n choix capricieux d'un chcval dontles qualités leur font inconnues. Le bon choix eftdonc le réfuliat d'un grand nombre de connoifiances; & le meilleur livre à étudier feroit unepratique réfl 'chie dans l'équitation. Si l'homme n'along-temps fenti les qualités des chevaux, il n'aqu'une idée confufe du bon Ik du mauvais, Aiiiïije fuis perfuadé que les connoiflances, en fait dechevaux, vont de pair avec les talents pour l'ufagede ces animaux. La pratique manuelle donne de laiureté : on combine les qualités d'un individu , parles produits de vous ceux que l'on a connus.On doit donc donner un foin extrême à l'étudedes mouvements du duval. En traitant cette partie,je fuppofe le lefleur inftruit dans l'équitation ;plus il le fera , plus il fentira la vérité de mes atiertions.Avant que d'entrer en matière, nous devonsprévenir que toutes les allures naturelles ont celade commun , que les jambes fe meuvent dans lemême ordre : la célérité des mouvements produitfeule la différence que notre oreille y remarque ;car , par l'infpeâion attentive , les yeux s'affiirentde cet axiome phyfique. La nature, fitnple commeelle eft, n'a pas employé plufieurs moyens pour lemême effet. Il eft plus important que l'on ne croitde fe convaincre, par l'examen, de ce que javan ce.Une autre vérité , c'eft que chaque animal marchele pas, ou quelqu'autre allure que ce foit,d'une manière différente. Une nuance imperceptible, qu'on apperçoit & qu'on fent dans les individusnous empêche d'établir des modèles fans défaut.Ainfi les caculs font trompeurs , fi on prétendles donner pour exafis. Nous nous bornonsà décrire ce en quoi les chevaux fe reffemblent ordinairement.Du Repos formé par F équilibre.L'équilibre du cheval n'eft réellement formé queCHE 6$dans cette fituation des jambes , où elles partagententr'elles le poids de l'animal & du cavalier. Alorstoutesles furfaces des os des jambes fe touchent &font placées les u nes fur les autres dans l'état naturel, & de la manière que la vue du fquelette ducheval n ous le fait connoîtrc. Les mufcles de chaqueextrémité font en un état pareil dans lesquatre jambes. Nous fuppofons l'uniformité la pluscompiette : on ne voit aucune flexion quelconque;& les lignes d'innixion de ces colonnes font parallèles.Cet accord ne fubfifte plus dés l'inftant quel'animal penfe à fe mouvoir : Vaélion & le reposfont incompatibles ; il faut que la nature mêmetrouble cet ordre , & qu'elle fixe à chaque jambeune fonétion différente.Obfervatioas fur les extrémités antérieures du Cheval.Je viens d'indiquer les mouvements naturels dela jambe de devant du cheval, tels que l'anatomienous les fait connoitre. Il eft vifîble qu'ils fontcommuns lorfqu'ils fui vent les avions de l'articulationpar genou , qui eft, à Vhumerus, la feule quipuiffe changer de fituation & de difpofition. Lesautres articulations font toujours les mêmes , & lesdifférentes motions de la jambe viennent de l'humérus.C'eft lui qui agit, foit que la jambe de dedanschevale fur celle de dehors , foit que celle dedehors chevale fur celle de dedans. C'eft donc furtoutfon articulation que l'on doit perfectionnerpour exécuter les leçons de l'équitation. Nous prouveronsque fes principaux mouvements s'opèrentpar différents m oyens qui reviennent toujours à-peu-près au même ; car tout les mufcles qui meuventune articulation par genou , deviennent fucceflîvementcongénérés les uns aux autres. Danstoutes les aflions fans nombre que penveiat produireles articulations par genou , les mêmes mufclestravaillent, mais dans un ordre & avec desdegrés de ten fio n qui varient à l'infini.Les mouvements ne fe reffemblent pas toujours,quoiqu'ils fe paffentdans des membres deftinés auxmêmes fondions. Une jambe peut avoir une motiondifférente de l'autre. Comme un chcval remueune articulation dans un autre fens qu'un autrecheval : c'eft une affaire de conformation, & cefont des exceptions aux loix générales de la nature.Foniïion des jambes du Cheval dans fa démarch ;répartition juccejjlve des poids fur chacune d'elles,Les quatre jambes chargées également ne fe remueroientpas, fi l'une d elles n étoit foulagée auxdépens des autres ; & celle-ci n'eft foulagée que pardes a étions vifibles qui précèdent tout changementde lieu. Le mouvement étant une deftruâion durepos , il faut s'attendre que ce que nous venonsd'obferver ci-deffus fera anéanti ; & cela efì néceffaire: l'égalité de poids fur les quatre jambes eft unempêchement à leur motion. Cglle$ qui feront dé-


6 4 C H EChargées ont la facilité de fe mouvoir les premières; celles fur lefquelles le poids eft reporté , fontplus long-temps attachées à la terre : la mobilitédes corps eft en rai fon de leur moindre poids.Les jambes de devant n'ont d'autre fonflion quede foutenir les poids dont elles font chargées : ellesne peuvent les enlever. Les jambes de derrièrepeuvent au contraire recevoir un poids & le rejecter: leur confirufìion leur donne cette faculté. Jedévelopperai ce fyftème & le méchanifme de cetteaélion.Les jambes de devant ne font point deftinées àfervir d'appui principal dan s les mouvements del'animal ; celles de derrière font employées à cetufage. L'appui principal ne peut être que fur lesjambes de derrière , puifqu'elles feules peuvent fedébarraiTer de leur poids ; celles de devant ferontdonc foulagées. Cefi par-là que l'équilibre commenceà être dérangé.Soit donc le poids de chaque jambe pendant cetéquilibre 10 , les deux jambes de deva nt donneront30 , & les deux de derrière aufli 20.D'abord les deux jambes de devant font foulagées; fuppofons que ce foit de 4 chacune , ce quine donne plus que 12 au lieu de 20. Ce poids eftreporté fur les deux jambes de derrière , ce qui,au lieu de 10 , donne 14 pour chacune de cesjambes.Cela ne fuffit pas; car fi les jambes de devantdemeurent chargées également, elles doivent marcherégalement. Pour qu'il y en ait une qui foitplus libre que l'autre, elle doit encore être foulagée.Suppofons donc que c'eft la jambe droite dedevant qui s'allège encore de 2 livres , refie 4 pourcette jambe. Que deviennent ces 2 livres que nouslui avons ôtées ? Elles ne peuvent pas fe répartirégalement fur les deux jambes de derrière, caralors il fe paiïcroit une aétion inutile fur celle quimarche la première. Ces 2 livres font donc uniquementpour la jambe qui fert d'appui, qui, dansnotre fiippofition , eft la droite de derrière. Cellelàaura donc 16, fa void ne 14, la gauche de devant6, & la droite de devant 4. Auffi verronsnousque ces jambes agi fient en rai fon de letvspoids : la plus légère partant la première. Confidéronsles aSions de la nature, & prouvons la véritéde nos obfervations.Premier Mouvement,Que l'on examine un cheval quelconque avantqu'il fe difpole à marcher, il e nlève fon ^col & fatête, & la porte un peu en arrière. Le cheval leplus vigoureux aura ce mouvement le plusfenfible.Dans quelque attitude que'foit le cheval, ce mouvementde grandiflement fe fa if toujours remarquer: dans l'état même du plus grand abandon ,on l'obferve , qfmique très-peu complet. Lorfquele cheval eft animé & qu'il prend de l'ardeur , cemouvement eft dans toute fa ! valeur. Jamais uncheval qui eft bien conflitué, & qui travaille avecCHEaélion , n'aura la tête baffe : il la porte très-haute ;&. c'eft ce qui lui donne de la fierté.Ce mouvement dont je parle a des propriétésparticulières. Pour les bien concevoir, on fuppol'eraque la tête , l'encolure , & le garot, formentun levier du fécond genre. L'appui fera au bas dugarot : la réfiftance , qui eft compofée des épaules,des jambes , &c. correfpondra au haut du garot ;la puifiance eft au haut de la téte. La puiffance feroittrès-foible fi la longueur de ce bras de levierne furpaflbit de beaucoup celui que l'on prend dela réfiftance à l'appui ; le garot étant très-court, onvoit que la longueur de la puiffance eft confidérable.Ce levier ainfi dé fini, voici comme il agit.Le haut de la tête de l'animal fe porte en arrière.A la tête , font attachés plufieurs mufcles confidérablesqui font mouvoir les épaules, les jambes,&c. Les moindres notions anatomiques fuffifentpour attefler ces faits. Si la tête le porte en arrière ,il ne peut pas fe faire que des membres qui luifont attachés, ne foient enlevés, parce que la conftruâiondu levier l'exige.Il fe préfente ici une objeélion affez forte. Mais,dira-t-on, ce mouvement a-t-il à lui tout feul laforce de charger le derrière , car vous ne pourrezdécharger le devant fans que fon poids foit reportéfur le derrière ; par quel méchanifme cela cefait-il ?Je réponds que la propriété de l'appui du leviereft la folidité ; que fi elle lui manque ; la pefanteurdu levier & celle de fes poids ajoutés, dérangerontcet appui jufqu'à ce qu'il fe trouve un obftaclsinvincible: c'eft ce qui arrive ici. Le garot eft appuyéaux vertèbres dorfales ; ces vertèbres fontflexibles : donc l'appui du levier les foulera fucceiîîvement,& par-là l'appui fera reculé jufqu'auxhanches ; donc la réfiftance du levier le trouveraportée jufques fur les jarrets du chcval. C'eft ainlicjue cette partie eft chargée par un méchanifme(impie & qui dépend uniquement de la volonté ducheval de changer de lieu.Ce fait exiftant, j'ai donc raifon de prétendreque le premier aéle de la volonté de l'animal produit, avant tout déplacement, un foulagementpour les jambes de devant.Second Mouvement.Cette première aélion ayant eu Heu , on voitentrer en contraélion les mufcles qui élèvent Seportent en arrière l'une des deux épaules. Il n'eftpas poflible que l'épaule s'élève fans que le poidsdont elle eft chargée, lui foit ôté. Je conclus doncque cette opération foulage encore cette jambe.Pendant que ceci fe paffe à une épaule, nous n cvoyons aucun mouvement à l'autre. Ne fuis-je pasautorifé à dire que la jambe , du côté de laquellececi s'opère, eft la feule fouiagée.Troifùme Mouvement.Enfin , nous appercevons, quoiqu'avec peine ,une


C H Eune petite adllon dans les vertèbres dorfales &lombaires ;& la hanche , du côté où l'épaule a étéenlevée, bai/Te confidérablement : les articulationsde toute cette jambe de derrière fléchiffent un peu ;mais rien ne quitte terre. L'autre hanche a doncun degré d'élévation confidérable de plus que lapremière. Qui pourra donc contefter que cette premièreeft la plus chargée , puifqu'elle femble fléchirfous le poids.Obftrvations fur les Mowyements précédents.Plus le cheval veut mettre de vîieffe dans fonpas ; plus auffi l'aâion de la tête & du col efl confidérable& vite : plus l'épaule eft libre, & moinselle eft chargée ; plus aufii fou mouvement cft apparent, & plus fon élévation eft fenfible. Un chevalpris dans les épaules, ou fatigué dans fes membres ;fera à peine appercevoir celte contraiSion de mufcles.Si la hanche ne baiftbit pas, on pourroit affurerqu'elle n'eft pas chargée du poids ; plus e llebaifle , plus elle eft chargée. Auffi dans un chevalfur les épaules, les jambes de derrière femblentagir tout d'une pièce , & fans aucune flexion.Tels font les a dies qui précèdent le déplacementde la première jambe.De l'appui fur les jambes.Cette démonflration nous prouve que le poidscft reporté fur le derrière; que par confiquent ledevant ne donne qu'un foutien qui empêche leschûtes. Je dis , de plus , que l'appui de toute lamaffe ne fe peut faire que fur une jambe de derrière; & que cette jambe eft celle du côté de laj^mbe de devant qui part la première.Ordre des Motions des jambes.L'ordre dans lequel fe meuvent les jambes,prouve ma proportion. Le cheval agiffantà drohe,la jambe droite de devant s'avance la première ; lajiimbe gauche de derrière fe porte enfuite en avant,la gauche de devant fait fon mouvement ; enfin , ladroite de derrière quitte la dernière le t.rreiu , &marche à fon tour.Dans l'aflion, nous remarquons que la répartitiondes poids change dès qu'une jambe a fait fafonction & qu'elle eft pofée. Il eft certain que cettejambe-là eft plus chargée que celle qui eft un l'air,parce que la maffe tend à s'appuyer deilus en partie.Je dis en partie ; parce que tout cheval qui fe foutientne s'abandonne pas fur cette jambe lerfqu'elletombe; mais par l'effort de fes reins , il 1: m énage,&ne s'appéfantit pas deffus. Ainfi dans la démarche,quoique les jambes foutiennent alternativement ledevant, & que cela varie la quantité de leurs poids,cependant cela ne change tien à l'ordre établi, parc,equ e l'allure eft formée d'un nombre de pas enjrelacés,qui n'ont qu'une même formation. LeEquitation, Efcrime & Danfs.CHEcheval prend indifféremment l'une ou l'autre Jambede derrière pour fon plus grand appui; ainfi il partégalement à droite & à gauche. Peu de chofe le détermines'il eft fain & net par-tout. S'il eft douloureuxdans quelque partie, qu'il n'ait pas une forceou une foupleffe égale dans les deux côtés , il aimerade préférence à partir du côté où il eft le plusvigoureux. On n'oubliera pas qu'il s'agit ici du chevaldans l'état de nature.Tant que la jambe de derrière eft chargée , lerefte eft léger ,& elle n'eft d échargée que par lemouvement qui lui eft propre : donc tant qu'elle n'apas remué, les autres n'ont d'autre maffe que cellequi leur eft reftée a près les mouvements qui précèdentla marche. Mais cette jambe, en partant ladernière, fe décharge fur fa v oifine, qui, à fontour, devient point d'appui dans la formation dufécond pas. Les deux jambes de derrière deviennentdonc alternativement le principal appui ducheval dans la continuité de l'allure. Cependant ondoit en excepter le galop dans lequel le cheval confervel'appui qu'il a choifi, jufqu'à ce que quelquecaufe intervertiffe l'ordre de fa pmgreflion.Le méchanifme de ce rejet de poids d'une jambefur l'autre, eft intéreffant ;& comme il peut fournirde grandes lumières pour l'ufage du cheval dansl'èquitation , je vais donner la théorie du reffort,par laquelle on jugera plus furemeut des allionsdes jambes de derrière. Car je prétends que l'aftionpar laquelle ces jambes portent la machine enavant, comme l'a penfé M. de Buffon , & d'accordavec lui, le plus grand nombre des écuyers , eft_ exécutée par la compreffion & l'extenfion du reffortqui exifte dans les jambes de derrière ; &, par unefuite de ce principe, je nie qu'il y ait aucune élaftieitédans les jambes de devant.Ceci doit fervir à réfuter le fiftéme de ceux qui,entendant mal l'expreffton mettre le cheval fur fesquatre jambes, croient, que, pour exécuter leurprincipe, les deux jambes de devant dans l'aâiondoivent porter la moitié de la maffe. Siftème démentipar la nature & par l'ufage du cheval, quenotre propre inftinâ & notre fureté nous font de-'firer très-léger du devant.Application de la Théorie du Refjort à la jambe dederrière du. Cheval,Le reffort, en tant qu'il eft machine, eft detoute forme & de toute matière. Ses propriétéseffemielles font de changer de forme & de pofnionpar la compreffion de quelque force étrangère , &de tendre à fe remettre dans fon état naturel dèsque les eau fes n'agiffent plus.Pour notre commodité, nous confîdéreronsicila machine fous la figure d'un angle formé par laréunion de deux branches. Affurément la janil epoftérieure du cheval n ous offre bien l'idée d'unreffort, fur-tout fon jarret. Les ligaments &les tendons quiafferniiflent fes articulations, les rendent


66 C H Etrès-élafliques. Pénétrons dans le méchanifme dureffort, & cherchons des motifs de le comparer aujarret du cheval.Nous diflinguons dans le reffort angulaire , fonfommet, fa réliflance, & fa puifîance. J'entendspar fommet, le point où les deux branches fe réuniffent; par réfiftance , l'objet inébranlable qui appuiele reffort ; par puiffance , le poids qui eft deftinéà le comprimer.Le jarret eft proprement le reffort renfermé dansla jambe de derrière ; les autres os qui l'accompagnentfont deflinés à d'autres ufages, & cependantconcourent à former les branches du reflbrt : lacompreffion eft faite par le poids du corps : la terreeft l'appui ferme qui le foutient.Le corps , placé à loppoßte de la réfiftance dureffort, tend par fou poids à rapprocher fes déuxextrémités. Nous voyons dans le c luv al que , dèsl'inftant qu'une de fes jambes de derrière eft chargéede la mafie de fon corps, toutes les articulationsi-i fléchi "ent, & noiammenr le jarret.L'aCtion o u la force avec laquelle un reffort eftcomprimé, eft la m e fu re de celle avec laquelle ilfe défend. Ceux qui obferveront la flexion desmembres du cheval, reconnoîtront que plus il y ade lenteur a .ru le chargement, plus il y en a dansla détente.La direffon dans laquelle la m affa charge le reffort,eft la même que celle dans laquele il fe détend.C'eft pour cela que dans les allures les plusvîtes du ' hcvul, la jambe qui fert d'appui tombeobliquement fous le ventre ; & quoique dans lesgrandes courfe. nous voyons les quatre jambesété/id nés & fort éloignées du centre de gravité , cependantdans le moment de la foulée , les jambesde derrière foni fous le ventre ; fans cela il feroitimpoffibîe que le c/ieval pût avancer. Nous voyonsauffi que tout chtval dont les hanches traînent, n'avancepas , & que fon appui fe fait loin du centrede gravité., La réfiftance d u reffort doit être inébranlable : fielle ne l'eft pas , le reffort perd de fon aflion , parcequ ii déplace dans le choc une quantité plus oumoins grande de matière. Ainfi le cheval a m oinsce facilité à courir dans le fable que fur un terreinferme.Il n'eft pas néceffaire ejue toute 1 clafticité du reffortfoit employée , ni qu il foit toujours bandé: onpeut aifément varier fes effets & ménager fes facultés.La pratique nous apprend qu'on peut affeoirplus on moins les chevaux. Il y a des degrésdans la compreffion : le bon fens , l'intérêt, & laconfervation de l'animal, exigent que nous ne lapouffions pas à l'extrême.Si le corps qui comprime un reffort, retombe furte reffort après la p remière réaflion , certainementle refiort agira comme à la première fois.Lorfque le cheval a pris fon appui fur une jambede derrière, & que cette jambe ayant fait fon action, visus à fe replacer dans la même diretiion ,CHEje dis que la maffe venant encore à la charger , fereffort fe trouve comprimé de nouveau, & l'alluréfe perpétue.L'égalité qui règne entre la détente & la nouvellecom predion d'un reffort, produit la communicationmutuelle d'un mouvement uniforme : lecheval a une cadence réglée lorfque l'adlion de fesjambes de derrière & celle do fa mafie font égalesà tous les pas.Plufieurs reflorts égaux & rangés à côté les unsdes autres , n'agifient pas plus, à force égale ,qu'un feul. C'eft auffi pourquoi dans la jambe dederrière du cheval, il n'y a qu'un feul refiort, quieft le jarret, les autres articulai ions ne pouvantd'elles mêmes s'étendre , les mufdes extenfeursétant deflinés à cette fonâion.La difpofiiion des articulations des jambes postérieuresàu cheval, nous préfente des angles externe»oppofés ; & cela émit néceffaire pour la flexiondes os de ces membres les uns fur les autres Nousréj étons que le feul refiort de ces articulations eftle jarret. Au fit eft-il compofé tout différemmentdes autres. Car dans les articulations ordinaires, iln'y a que deux têtes d'os ; ici, il y iin a fept, rangésen deux couches. Comme leur» figures ne fonepoint régulières , je penfe qu'ils admettent un certainefpace ent'reux, & un interfiiee rempli pardes matières qui cèdent plus aifément que ces offeletsqui font extrêmement durs. Le centre de lacompreffion eft donc vraiment le jarret, parce qu'ileft le centre de l'aétion occafionnée par le poidsdu corps & par la réaâion du tetrein. Ces deuxpuiffances oppofées f ont refluer vers le centre tontesles particules de matière qu'elles piefiem desdeux côtés ; & ces matières tendent à detruire tentle vuide qui pottrroit s'y trouver. La matière entàfleeà un certain point, ne peut plus être contenuedans des bornes fi étroites ; & elle cherche àfe mettre à l'aife , & à regagner les endroits d'oùelle avoh été déplacée imperceptiblement. C'eftl'effet de ce tte opération qui oblige la jambe dedetrière à quitter terre , parce que le reffort étantdétendu par en haut, toute lä réa£hon du terreinrevient fur lui & le fait fauter.La conllruâion du jarret favorife toute cettethéorie. Une multitude de tendons & de ligamentsle fortifient, & retiennent dans un ordre & un arrangementforcé touts ces os du jarret, qui, nepouvant s'échapper, en deviennent encore plusélaftiques. Les deux couches des os du jarret repréfententun trapeze dont le petit côté eft rians lepli du jarret. Malgré leur dureté , leur compreffionn'eft cependant pas infinie , à cattle des partiesmolles & des vaiffeaux qui les accompagnent ;d'ailleurs les ligaments & les rendons ont unequantité de cohérence qui n'eft pas invincible.11 faut favoir que pendant la compreffion des osdu jarret, il fe paffe à fa pointe une aâion toutedifférente ; car le poids & l'effort de toute la mafietendent à écarter les deux branches de l'angle , &


CHEa détruire leur union. Ainfi il eft avantageux, pourla confervadon de cet organe, que la compreffion neI emporte pas fur la cohérence : il s'enfuivroi t unedeitrußion du reflbrt. Si au contraire le poids eftinodéré , le reiiort fe débande avec vigueurchaffe le corps en avant.La difpofition , ou plutôt la direflion dans laquellele jarret & tdute la jambe reçoivent lepoids, eft la même que celle dans laquelle il eftrejette. Connoiflant cette ligne , on (ait le cheminque décrit le c/ifvti/: s'il pèfe perpendiculairementfur le reftbrt, il fera cliaffé de même. Dans les alluresraflcmblées , trides & raccourcies , le mouvementfe fait de bas en haut, parce que le reflbrt& toutes les articulations ne le déploient pas- enentier; mais dans les allures plus étendues , il y aencore le mouvement d'arrière en avant, produitpar la tête du fémur qui pouffe fa cavité dans cettedirection. Ainfi le cheval décrit une parabole avectout fon corps fi l'allure eft vive , ou feulementavec la partie déplacé e lorfqu'il marche lentement.Jé crois avoir démontré que la jambe de derrièreagit comme un reflbrt, & par là jouit de lafaculté de pouffer'toute la mafie en avant. Je vaisà prèfent démontrer que la jambe de devant a desuiages différents.Les jambes de devant deflinées uniquement à fou tenirla m ijji.S'il y avoit reffbrt dans les jambes de devant,le centre de l'aäion devroit fe paffer dans le genou. par Vefpèce d'analogie qui fe trOuveroit entrefes offeleis & ceux du jarret. Mais je dis que lesgenoux ne font pas élaftiques comme les jarrets,par l'ordre différent qu'ils confervent : car ils nepourroient être comprimés que d'une manière trèségale, moyennant quoi il n'y auroit pas de déplacementde matière ; & dans le choc faute de déplacement, il n'y a pas derétabliffement.Je fuppofe que par leur conftruftion les genouxfoient élaftiques : pour comprimer un reflbrt, ilfaut une puiffance ; & nous avons obfervé quel'aâion qui précède tout mouvement d'une jambe ,cft la contraäion des mufcles de l'épaule , qui, enla foulageant, ôtent le poids & la puiffance ; enôtant la puiffance, ils anéantiffent la réfifiance , &par là il eft évident que la propr iété dy reflbrt eftdétruite. De plus, admettons qu'une grande partiede la mafle porte fur le devant : qu'en arrive-t-il ique les jambes fléchiffent & fuccombent fous lepoids , parce qu'étant dans une pofition droite , &n'ayant aucun angle fixé & arrêté par des ligaments,il y a un dérangement dans leur fituationqu'elles ne peuvent rétablir d'elles-mêmes, parcequ'elles n'ont pas la cohérence des jarrets. Cet ordreétant une fois détruit, la jambe de devant nefert plus à rien tant qu'elle eft dans cet état, tandisque le jarret fe rétablit de lui même.La plus grande dUférence que je trouve dansC H E » 67ces deux organes, c'eft que la compreffion du genouefl to ujours la plus grande dans la ftation ;celle du jarret, au contraire , eft la moindre pcfllble: & que de plus tomos les aâions tendent àfoulager le genou, & à charger les jarrets. Je craisdonc être fondé à croire que les jambes de devantne portent pas , dans l'aäion , un poids, égal à celuides jambes de derrière , & à prétendre qu'elles nepeuvent pas rejetter le poids dont elles font chargées, mais qu'il leur eft ôté par d'autres organes.Il n'y auroit aucune fureté à l'animal à porterfur fon devant ; car il detruiroit l'organifation defes jambes, & feroit fans ceffe des efforts p our fepréferver des chûtes : cela eft bien évident dans lesdefeentes. D'ailleurs comment pourroit il ne pasdétruire le mouvement de fes épaules : toute leurattache confifte dans des mufcles que le poids continuelfur les jambes de devant extendroit & relâcheraitmême avec douleur : ces mufcles perdroientleur jeu & leur mobilité, & l'épaule feroitfixe & fans aucune aêtion.Pour être entièrement convaincu de cette affertion,appelions l'art à notre fecours, & voyons ladifférence des chevaux abandonnés fur leurs jambesde devant. Leurs épaules font immobiles ; leursjambes l'ont arquées ; leur mafle eft fans appui folide; & leur démarche lente , incertaine , traînante, & fans aucune vivacité. Ceux au contrairequi font accoutumés à fe fervir de leurs jarrets ,ont des épaules brillantes, la marche sûre & noble,& une cadence harmonieufe. Enfin nous voyonsque la plus grande partie des chetaux qui ont duCervice, font ruinés dans leurs jarrets , quellesqu'aient été les fondions auxquelles ils ont étédeftinés ; tandis que les genoux ne font prefquejamois attaqués : preuve incontvftable qu'ils nefont point faits pour foutenir des efforts.Les jambes de devant font donc uniquementdeftinées à foutenir le corps lorfqu'il retombe : maiselles ne le foutiennent que tant qu'elles font fansflexion ; comme une canne n'eft un appui fermeque dans fa fituation droite.Diretfion de la ligne d'innixion desjambet du chevalen mouvement.L'examen du fquelette , & même fa connoîffanceparfaite , font d'une grande utilité pour celuiqui veut connoître le cheval • c omment pourroit-ilautrement juger de la bonne ou de la mauvaifeattitude des jambes de l'animal ? Ce n'eft pas feulementla defeription delà charpente animale qu'illui importe de (avoir de mémoire ou autrement,fes yeux doivent encore être exercés à juger lesjambes d'après un examen réfléchi.Le cheval varie prefque fans cefle la pofition defes jambes, mais nous le fuppofons abfolument enrepos. S'il porte également für les quatres jambes ,toutes les Superficies des os feront logées, & leurappui fera bien formé. Cet appui n'a lieu que dansI ij


^8CHEim point très-petit, parce que les os à leur extrémitéfont convexes , concaves , irréguliers , trèspolis& gliflants; & la predion de toutes les partiesdes os eft néceffaire, afin que la ligne d'innixion les traverfe touts : par là il fe forme unecolonne très-ferme^Il eft bien rare que dans l'état naturel, le chevalfe place ainf; fur fes quatre jambes : ordinairementil y en a quelqu'une dont la ligne d'innixion n'eftpoint perpendiculaire. Si c'ett un défordre dansl'harmonie de ces Organes , qui occafionne ce définit,il eft fouvent difficile d'y remédier; quelquefoisle cheval par négligence fe campe mal ; alors lajambe mal poftée contribue peu air foutien ducorps.Lorfque le cheval eft en mouvement, la jambequi re rte à terre reçoit une inclinaifqn , enfortequ'elle s'éloigne infenffblement de la perpendiculairede fon appui : elle perd alors de fa force defoutien, & cela doit être. Dans le pofer du pied, fielle retomboit avec cette obliquité , èlle feroit malplacée , parce qüe fori appui ne fe faifnnt pas dansla perpendiculaire , elle ne férviroit à rien , toutesles têtes des es étant déplacées. Anffi lorfque le'cheyäl eft abandonné '& pooffé çn avant .fins obférvationde principes', il côuri de graqds rifques.Dans une alhire. fdntenue , le terrein qu'il emh rafle eft moindre ;ainti il peut placer fes jambesdans une ligne perpendiculaire d'innixion. C'eftdonc là la règle certaine pour juger de l'état d'équilibredu cheval.Les jambes de derrière rie peuvent pas être confidéréesde; même ,.mais relativement a la propriétédu reiïor.t que nous leur avons attribué. Nous fçavonsque plus un corps eft en équilibre fur unappui , moins fa pefanteur fe fait fentir fur cetappui. Ainfi plus il y aura de mafie hors la perpendiculairetirée de la cavité cotiloïde à la bafe de lajambe ,plus la jambe fera en force. L'expériencenous le prouve. Qu'un, cAev^foi.t bien rafleniblé& pouffé en avant : dans cette attitude certainementil fautera , ce qu'il ne fera pas fi la jamben'eft pas placée obliquement fous le ventre.,. Les jambes de derrière ne font pas fmiées furvfie ligne perpendiculaire ; la nature a mieux ménagéfes reffources. Ces - jambes fe' rapprochent à•mefure. qu'elles font éloignées de. la hanche ducheval ; elles font cambrées : la feule vue peut enconvaincre. Enforte que par là l'animal a moinsd'efforts à faire , moins d'efpace a parcourir , pourrejetter la m affé d'une jambe fur l'autre ; & deplus leur appui eft plus près de la ligne de directionin cheval.Le cheval, en marchant, dénote fa vigueur &fon foutien naturel par une pofition de jambestelle que nous l'avons expliquée: S'il eft las', ouque Quelque membre lui faffe fentir de la douleur,il le dénotera en dérangeant fon attitude : la pefenteurde la maffe entraînera les jambes, & il neCHEcherchera point à les difpofer comme elles fontdans fon état de vigueur & de gaieté.Je recommande fur toutes chofes cl'obferver lesbonnes natures de chevaux , & de bien fentir toutesleurs attitudes : elles doivent pafl'er fous le travailde l'artifte. Si touts les chevaux étoient bons ,il a uroit peu à faire. Le contraire fe trouve : Se,afin qu'il puiffe donner urie bonne attitude à unmauvais cheval , il eft important qu'il fache auvrai les fondions de touts fes membres , & les raifons que la nature lui fournit de préférer les bonnesSituations d'un cheval.Si on a conçu & bien fenti les principes précédents,on pourra, je penfe , fur-tout fi on a del'habitude , juger fainement du méchanifme d'uncheval qu' on voudroit examiner.De la conformation du cheval, démontrée par l' ufagéde fes membres.En vain a-t-on voulu affujettir à des règles fixes& invariables les belles proportions du cheval ;envain les a-t-on circonfcrites dans des bornes arbitrairementpofées : la nature , quoique confiante ,ne fait rien qui fe reffemble également ; ainfi onchercheroit inutilement deux ch.vaux femblables :ce n'eft donc pas avec la règle & le compas à lamain , qu'on peut fe flatter d'achetèr de bons che~vaux. L'examen raifonnédes membres de l'animal ,& la connoiffance des proportions mèchamquesqu'exigent leurs opérations , font les feules règlesà preferire : c'eft à la jufleffe du tad, à l'habitudeinftruite de l'aitheteur, qu'il appartient-de comparertouts les membres , & d'en juger le réfultar.Aucun de ceux qui ont traité jufqu'à préfent d ela connoiffance des chevaux , n'a envifagé l'animalméchaniquement ; touts n'ont donné que des notionsohfcures, fruit de leur pratique .plutôt qi, ede leurs connoiffances phyfiqiies. Gonfulérons l'i^fage des membres-en' méchaniciens : les loix de 1^méchanique nous' donneront des principes gêné,raux d'une grande utilité dans le choix des chevaux •Toutle monde fait que la taille des ch evaux valrie autant que les individus. Les mêmes prOpo r_tions fe trouvent ou peuvent fe trouver dansgrand & dans un petit cheval. Comme il faut ce^pendant choifir une nature qui puiffe no us fervi cde modèle , je crois que nous devons confidérerbeau cheval'à.-: guerre comme celui qui peut reni,"plir nos:vues. La préférence que je lui donnevient de ce qu'il doit avoir les trois allures natu*relies les meilleures poffibles , afin qu'il puife fe^vir utilement l'officier qu i le monte. Les autreschevaux, deftinés à des ufages moins univcrfelsont une allure différente & d'adoption , qui ré*fuite auffi de quelques variétés dans la conform^,tion. Je parlerai donc en général du che* al dcadron : c'eft lui que je propofe comme devantêtre le plus accompli dans fes mouvements na,turels.


CHELe corfage du cheval bien proportionné, eftd'un cinquième plus long qu'il n'efl; é levé. A'mfi ilne pourra être confidéré comme formant une figurepartaitemem quarrée ; mais bien comme un quarrélong.Je partage ce quarré long en trois quarrés parfaits, ce qui me donnera une longueur de corpsmoyenne entre un corfage trop long & un corfagetrop court. Le premier quarré contient les épaules ,& eft terminé par une perpendiculaire abaiflee del'extrémité inférieure du garot. Le tronc fera enfermépar cette ligne, & par une autre perpendiculaireabaiflee à la -dernière des côtes ; c'eft affezla proportion ordinaire. Cependant il y en a qui,fans être conformes à cette règle , ne font ni moinsbelles ni moins bonnes : mais celle-ci femble produireles plus beaux effets.Quant aux proportions particulières des autresmembres , il eft impoflible de fe fixer à aucune ,parce que les bons chevaux font fi différenciés,que f: on vouloir les réduire à une feule cl affé ,on feroit bien Couvent trompé. Il faut donc chercherle détail de chaque partie , connoître le rôlequ'elle joue dans la motion de l'animal ; enfuitelaiffer à i'écuyer le foin d'en former un total convenableà fes deffeins. Je ne puis colnprendre lesraifons qu'on a d'adopter une tournure de cheval,& de fixer d'après elle les règles de la bonne proportion.De lu Tête & de fes différentes parties.Il eft fort indifférent pour les mouvements del'animal , que les organes extérieurs qui ornentfa tète foient efpacés & fntiés d'après un certainordre fixe & confiant j pourvu que ces organesfoient bien conftitués , & que leurs fondions ferempliffent bien , leur beauté ou leur laideur importepeu : c'eft u ne affaire de convention. Telletête eft belle à Paris , qui à Naples fera très-laide. Iln'en eft pas de même de fcn volume.Une tête trop confidérable par rapporta la forcedes mufcles deftinés à la mouvoir , a une tendancecontinuelle à tomber, & fe foutient dirficilement :défaut bien contraire à l'affion p emière de l'animalqui fe difpofe à marcher. L'exceffif poids de la têterend le cheval lourd dans fa démarche ; fes jambesde devant en font fatiguées ; & il eft peu en étatde former l'équilibre artificiel de Véquitation.Une tête trop petite feroit plus avantageufe pourfaciliter les bons mouvements de l'animal Le feuldéfaut qu'elle auroit, ne feroit que contre les règlesdu goût. Certainement fa légèreté la feroit rechercherfans le préjugé des proportions. Le feul rapportutile à confidérer eft celui de l'encolure & dela tête unt, petite ête & ;un gros col, (croientd'une bonne proportion fans être bele: une groffetête & une encolure mince , feroient ridicules &de mauvaife conformation.Une tête courte öc groffe eft défagréable à voir,C H E& peut ne pas nuire à l'harmonie des mouvements.Une tète longue,'fi elle eft légère, ne nuit qu'auxyeux du fpeiiateur.Pour peu qu'on connoiffe l'oftéologie du cheval,on verra qu'il eft impoffible qu e , dans la bonneconftruäion de la tête & du col, la tête tombe perpendiculairement, & qu'on puiffe abaiffer uneperpendiculaire du front au bout du nez. Cette lignene peut être qu'oblique , j'en appelle à l'infpeétiondu fquelette. Il ne feroit pas à defirer quel'animal fût conftruit comme on l'a prétendu. Commentauroit-il été poftible de perfedlionner fes actionspar l'art, fi la nature nous avoit refufè le premiermoyen , l'attitude oblique delà tête fur l'encolure? Je fais que quelques chevaux ont cettedireâion perpendiculaire , mais c'eft un défautnuifible à l'art ; & elle ne part point de l'attache dela première vertèbre avec la tête , parce qu'elle eft:toujours la même, mais de l'attache de la premièrevertèbre avec la feconde nommée axis.Celle-ci eft quelquefois plus haute que duns labelle conformation ; c'eft ce qui donne l'attitude dela tête encapuchonnée. D'autres fois elle eft plusbaffe , & cela force le cheval de porter au vent :du moins c'en eft une caufe naturelle ; car dans letravail, ce défaut, lorfqu'il arrive , provient d'ailleurs.Le front un peu arrondi me femble le mieuxfait; les vifeères du cerveau y ont un efpace fuffifantpour fe loger; & ils peuvent alors être dansla proportion requife par la nature. On a remarquéque les chevaux dont le front étoit plat, étoientquinteux,La grandeur ou la petiteffe des yeux n'eft pasune rai fon d'exclnfion , fi d'ailleurs il s font bons.11 faut être anatomifte pour les bien examiner. Jedirai feulement ici que fouvent un œil paroît bon ,& cependant eft fu jet à des maux fâcheux. Onaura foin , en le vifitant, d'obferver que les paupièresfe joignent bien fi elles font fermées ; quelqu'intervalleentre elles , ou quelques rides qu'onty remarqueroit , feroient de mauvais Ggnes. O nverra files yeux font bien unis, & ft on ne voitpas deffus quelques filets de mticofité , ce qui prouveroitune mauvaife vue. Il eft bon auffi de faireattention fi la paupière inférieure eft mince & colléefur l'os , & fi cet os eft enfoncé ; cela défigneloitun œil dépourvu de nourriture & fujet auxIncommodités.Les - afeaux ne font rien aux mouvements : qu'ilsfoient larges ou petits , cela eft peu important pournous.Quoique la bonté de la bouche du cheval dépendemoins de la conftruélion de cet organe quede bien d'autres caufes. il eft cependant utile de nepas négliger fa forme ; c eft quelquefois un acceffoiredont on peut tirer bon parti. Une bouchetrop fendue eft difficile à emboucher; la gourmetteremonte ton ours ,& les plus grands foins fuffifentà peine pour la faire tenir en fon lieu. Une


70 CHEpetite bouche eft plus cemmode. Le milieu eft déiirableentre ces deux extrêmes.Les barres font l'organe immédiat fur lequell'homme travaille. Avec le temps & de bonnes leçonson peut donner de l'appui à toutes fortes debouches. Mais celles qui font bien conflruites fontplus traitables. Les barres font l'os de la mâchoireinférieure dans l'endroit où elle eli dépourvue dedénis. Elles font couvertes du période & da prolongement des gencives. Il y a peu de fenfibilitédans la partie charnue. L'expérience nous prouveque les chevaux dont la barre eft recouverte avectrop d'épaiffeur, font durs à la main ; du moins àne considérer pour rien dans ce cas, ce que l'équilibre& la foupleffe fournirent à fon obviflance.La raifon ea eft que le mors ne peut exciter defenfation au période qui par lui-même eft fi fenfible.Les barres peu recouvertes ont une qualitécontraire: le mors preffant fans cefi'e l e période ,l'affeäe douloureufement. La rondeur de l'os ,ainfi que fon tranchant trop confidérable, font desvices de conformation qui tendent à produire cesdeux effets.Je crois donc qu'il eft à propos de chercher desbarres bien faites, & qui ne foient ni trop rondesni trop tranchantes. Le mors pourra occafionner,avec le fecours de la main de l'homme, une preffionindifférente , mais fufceptible d'occafionnerdu plaifir ou de la douleur au cheval.La langue trop'épaiffe déborde les barres & interceptetoute l'aftion du mors C'cft un défautconfidérable , & il eft à fouhaiterque cet inconvénientne fubfifte point dans un cheval deftiné à êtredreffé à fond. La langue petite & mince laiffe toutl'ufage du mors.La barbe eft formée par la partie pofterieure desos de la mâchoire inférieure : elle eft recouverted'une peau & de très peu de chair. Si elle eft fèche, elle eft facile à lacérer , & les gourmettes ordinairesla bleffent ; mais il eft poffible d'approprierune gourmette convenable à cette fenfibilité. Sita barbe étoit ronde & charnue , l'animal fetoitpeu affeélé delà predion de la gourmette, & ellerouleroit toujours , ce qui nuiroit à la fixité del'appui.Les lèvres minces font les plus avantageuses ,parce qu'elles ne couvrent pas les barres & ne fontpas un obftacle à fa predion.Il eft utile de connoître exadlement la forme dela ganache : car on ne peut comparer fans avoirdéjà longtemps obfervé. Une ganache ferrée eftun grand obftacle à la belle attitude de la tète ducheval, La partie fupérieure de fon gofier fe placedans le canal qui fépare les deux os de la mâchoire ;£lus il ed évidé, plus le cheval eft aile à placer,'animal fe fatigue lorfqu'il y a défaut d'ouverture,D'ailleurs que la gaoache foit grofie, charnue,&c. c'eft un petit défaut pour l'équitation :cependant la made trop forte augmente le poidsde la tête.CHEDe l'Encolure.L'encolure eft le bras fupérieur d'un levier,qui, comme nous l'avons dit, enlève par fon jeule poids du devant du cheval. L'encolure longue(era donc la meilleure, la longueur dun bras l'encolurerouée, la tète ne fe por c point en arrière, & ,fans cette adtion , le en. val nj peut fe grandir &enlever le devant. L encolure ainfi élevee naturellementeft toujours prête à ébranler l'animal, &favoriie fa progrtflion; cardans notre travail nouscherchons à p accr la tète , de forte que de l'oreilledu cheval on puiii'e abaiffer u ne perpendiculaire àla pince du pied qui eft pofé. Si cette attitude eftnaturelle, c'eti une grande peine de moins.L'encolure de cerf eft celle qui , dans la partieantérieure &, inférieure , fait obferver une faillieconfidérable, & à la partie poftérieure , au deffusdu garot, un efpèce d'enfoncement. Tout chevalcou dru it ainfi eft léger du devant, mais fans appui: & on a bien de la peine à le dreffer , parceque l'encolure n'appuie pas fur ie garot, & queles vertèbres, ne le touchant point dans tomesleurs furfaces , ne peuvent fe foutenir les unes lesautres ; l'aâion du levier eft interrompue : audices fortes de chevaux ne font bons qu'à courir.L'encolure courte n'a pas un jeu affez étendu ;elle enlève difficilement le devant ; elle eft ordinairementgroffe, & d'un poids confidérable pourles jambes de devant.Enfin on fe rappellera qu'il eft bon d'examinerfi les formes des deux côtés de l'encolure fe correfpondentbien. Si les mufcles qui la compofentproduifent des gonflements & des cavités. Si ellesn'étoient pas pareilles des deux côtés, le col ne feplieroit pas également à droite comme à gaushe.On ne trouve que trop de chevaux fujets à cetteirrégularité.Du Garot.Un beau garot paroit uni au col & ea être unprolongement ; il eft bien redorti, peu de chair lerecouvre ; il furmonte de beaucoup l'angle fupérieurde l'omoplate ; enfin il s'étend fort avant


C H Efur le dos. J'ai toujours obfervé que les chevauxqui ont de la légéreté , ont un garot très-long. Onfe fouvient que l'on extrémité inférieure efl l'appuidu levier que nous avons imaginé. Il eft horsde doute que fi cet appui avoifma le centre de gravitédu chival ,\


7 2 C H Enous prouve qu'un canon trop long annonce de lafoibleffe Se préfente un appui chancelant ; s'il eûcourt au contraire , il fera ferme 6l foutiendra bienle poids du corps. Le canon mince e fi léger, maisfi l'os n'eft pas très-compaâ & bien formé, il eftfoible & fragile. Si cet os eft gros , il eft lourd. Labonté des jambes vient de leur pofition & de l'étard'équilibre, plus que de toute autre ciiole. Car à l'afpeft, elles f ont bien minces en comparaiibn detoute la mafie. Àinfi la nature nous indique quenous ne drëfferons le cheval que par 1 équilibre, Lecanon doit être uni fans aucun fur-os.Le tendon fort défigne une quantité de fibresmufcvilaires, & par conféquent de grandes forcesmotrices : bien détaché, il augmente la force desmufcles par leur éloignement du centre du mouvement.Un tendon mince & collé à l'os , eft unepreuve de foiblefte. Le tendon contribue à la beautéde la jambe s'il eft bien égal & s'il n'eft pas failliau-deffous du genou : il fera net & fans großeursquelconques; elles lui feroient étrangères & borneroientfon jeu.Du Boulet,L'articulation du boulet eft foible par elle-même& par la fituation des os qui la forment ; car toutl'effort de la jambe fe fait fur le tendon, les osétant placés obliquement les uns fur les autres. Letravail continuel de cette partie la rend três-fufceptiblede fatigue. Dans 1 extenfion &la flexion ,le boulet eft toujours en mouvement. On delirequ'il foit fee , que tous les tendons en foient forts& bien apparents , que la tête du canon ne foit pasmince, 8c qu'il foit difpofé de manière à donnerun appui naturel à l'os du canon.Des boulets fatigués fe reeonnoiffent à bien desmarques , & les caufes en font multipliées. La pluscommune eft une forte extenfion dans les ligaments,& un épanchement de la fmovie qui produitdes tares que l'on ne négligera pas dans les commencements, fi l'on veut éviter la claudication ducheval.Un boulet foible peut fervir file refte de la jambeeft bon; mais il eft toujours plus prudent de s'attacherà des chevaux dont les articulations foient dans |l'état de la belle nature.\ Du Paturon,' Le paturon eft gros ou menu , court ou long,Son volume doit être proportionné à la jambe : tropgros, il eft plus folide , mais il eft très-lourd ; tropmince & trop long, il eft fi flexible qu'il fembleperdre toute folidité : le jufte milieu eft affez rare.Plus il eft long , plus la réaólion de l'animal furl'homme perd de fa dureté.De la Couronne,Elle doit accompagner la rondeur du pied fansle déborder. Trop élevée , elle dénoteroit quelquevice particulier à elle, ou la fécherefle du fabot.CHEDu Pied,Le pled eft la bafe du corps : c'eft fon appui furle tetrein. Il eft plus important qu'on ne penfe dabien le connoître , de fçavoir l'entretenir dans fonétat de bonté, & de lui approprier un fer qui leconferve, en augmentant la beauté de fa forme. Dubon ou du mauvais état du pied réfulte fou ve netout l'ilfage du cheval. Nous allons rendre comptede l'état dans lequel il d oit être pour donner àl'animal une allure sûre.& ferme.La nature n'a rien fait d'in utile dans la formationdes corps organifés : il n'y auroit donc aucunefiiperrluité d ans le pied , fi nous nous foumettionsaux loix de la nature. Mais en admettant le chevaldans notre fociéié, il a fallu remédier aux vicesqu'occafionne le commerce. Le pavé de nos villesauroit bientôt ufé la corne fi nous ne la revêtionsde fer. Mais ce fer ne doit pas s'appliquer arbitrairement: la conftruélion du pied preferii des règlesau maréchal qui ordonne fa ferrure. Touts les livresparlent de la ferrure ; touts traitent des mauxdu pied & des remèdes convenables : aucun, fanscomparaifon quelconque, n'a mieux connu le pied& fon vrai traitement, que M. de la Fcffe. Nouslui devons une méthode de ferrer que tout hommede cheval adopt era s'il la connoît. Elle prévientbien des maux, & garantit d'un plus grand nombre.Le pied eft enveloppé par le fabot ; le fabot eftd'une fubftance pareille à celle de nos ongles & à lacorne du bœuf. Les parties qu'elles contient, fontla chair cannelée, des os, des tendons, & des vaif.féaux qui ne font point à l'aife dans un fabot troppetit & trop plat. Le pied doit donc être extérienrementhaut & petit ; car s'il eft trop gros , il faitun volume trop lourd , il embarrafte la démarchedu cheval & fatigue la jambe. Les parties contenuesne doivent pas être comprimées ; leurs fondions ferempliroient mal, & il s'enfuivroit de la douleur.Le fabot fe divife en pince & en deux quartiers.Ces trois parties s'arrondiront également, afin qi: erien dans le pied ne foit comprimé. La corne feraépaiffe pour foutenir le choc des corps étrangers& amortir leur adtion. Elle fera douce & liante ,afin qu'elle n'éclate pas dans les heurts, & que lesparties internes ne foient pas expofées à l'air parquelque fente.Les talons font la partie poftérieure du pied ; i] spofent fur la fourchette & s'unifient aux quartierspar les arcs boutants. Leur compofnion eli à-peuprèsla même que celle du fabot ; ils font plus mous& d'un tifili moins ferré. S'ils font durs & trop rap.proches, ils compriment les tendons qui pofent furla fourchette , & arrêtent leur jeu : s'ils font bienouverts , relevés & gros, ils les mettent à l'aife. Cestalons font appuyés fur la fourchette , comme toutle refte du pied eft borné par la foie, La fourchetteeft fpongieufe, épaifle, un peu humide, & impénétrable


C H Enérablc lorfqu'elle n'cft pas amincie pRf le bovtolr.La fole de corne a les mêmes propriétés.La mauvaife couruine de parer le pied, détruittouts ces avantages naturels ; & il en réfulte que lepied étant cveufé, le poids du corps eft foutenu parles quartiers , & tend toujours à enfoncer le légerobfìacle qili fépare la terre, des parties contenuesdu pied. Les os, & fur-tout les tendons, font fufpendusfans appui, & font approcher les quartiersqui, à leur tour, gênent les tendons & les vaiffeaux.Si on évitoit au contraire de toucher au dedansdu pied , toutes les parties internes poferoientà terre, & ne feroient pas fans ceffe tiraillées : lafourchette étant allez molle , réfifteroit à la réaâion,& préferveroit les tendons de toute répereufiion ;l'animal feroit ferme & fe foutiendroit par-tout.C'eft le vœu de la nature : pourquoi la priver desfecours qu'elle s'eft appropriés ? Loin de les conferver,nous chargeons encore les pieds des CACVSKJCde fers lourds , gliflants , & prefque toujours fipeu conformes au contour du pied, que nous leforçons de fe placer dans une attitude qui le contraint.J'exhorte à lire , à étudier , & à bien mettreen pratique, les con fei Is que donne à ce fu jet M.de la Fofle. Il n'eft pas de mon objet d'entrer dansplus de détails fur le pied : c'eft dans le livre decet homme favant, que l'on doit aller s'inftruire.Nous nous contenterons de dire que pour lechoix des pieds il eft important qu'ils (oient bienfaits, réguliers & petits. Jamais un grand pied n'aaffermi la marche de l'animal : tout étant en équilibre,des épingles, bien difpofées, le foutiendroient.Réflexions fur les Jambes.Les Jambes du chivjl font tantôt des appuis quiloutiennent & qui étayent toute la mafle ; tantôtelles font un poids à tranfporter. Dans le premiercas, il faudroit que l'appui fût confidérable ; dansle fécond, que le poids fût léger. C'eft à Vécuyer àchercher une proportion qui participe de ces deuxpropriétés. Il s'attachera à trouver des jambes dontles mufcles (oient aflez forts pour les os, & des osdurs, compaéies &bien conformés. La grpffeurdesjambes eft un défaut, loin d'être un mérite; & leurfinefle eft fouvent une caufe de foibleffe.Du Dos & des Reins.Le dos & les reins doivent être audi hauts versle garot que vers la croupe, droits & fain aucuneinflexion fenfible : car une verge droite à plus deforce qu'une verge pliée & courbée. Comme cettepartie du levier réunit les deux exirémirés du cheval,elle a befoin d'une grande force, & fa forceconfjfte dans la groffeur & l'union de toutes lesparties qui la compofent. La force des ligaments &leur peu de longueur, ainfi que 1 epaiffeur des mufcles, augmentent la vigueur des reins, La flexibirlité doit s'accorder avec la force ; & il eft affezyzre de trouver ces deux qualités réunies. On de,Equitation , E ferirne & Danfc.CHE 73mande que les reins foient larges, bien arrondis,tiés-bien feits , & très-bien proportionnés.Des reins longs rendent cette partie du levier tropflexible; & comme elle eft fujette à une réaflioncontinuelle , fon jeu fe ralentit aifément fi elle eftlongue. Il eft vrai que le mouvement eft plus douxpour le cavalier, parce que plus il y a départiesà déplacer, moins il lui refte d'aétion & de fecouffesà eiïiiyer. D'ailleurs les reins longs rendentl'allure du cheval moins hardie & moins ferme. Lecheyjl court de reins efl plus dur, plus vif, plusfort, & d'un plus long ufage. La bonté des reinsfait prefque toujours le bon cheval-, & pour lesconnoitre il faut le monter. Souvent la belle conformationeft démentie par les mauvaifes qualités.Des Côtes.Un cheval qui a la côte ronde, a ordinairementun bon tempéramment. Les vifeères qui fontcontenus dans des cavités fpacieufes , font plusà leur aife, prennent un bon accroiftement, 8cfourniffent par-là avec facilité aux fondions vitales.Celui au contraire dont les côtes font plates , doitavoir les parties internes moins bien conftituées ;il cfl m oins vigoureux , a moins d'haleine, & nageplus difficilement. Il réfulte d'ailleurs, de ces deuxconformations, des effets cont raires pour l'homme: la côte ronde préfente plus de difficultés pourl'enfourchure ; le cheval plat s'y prête plus facilement.Du Ventre.Le ventre trop gros fait un grand poids dansl'animal; de plus, il empêche que (es mufcles n'agiffentavec force , & que fes jambes de derrièrene fe portent fous le point central. Le ventre retrouvédénote un mauvais tempérament, & desinteftins peu confidérables : il s'enfuit que le chevalprenant une petite quantité de nourriture, n'enconferve que peu , & qu'il ne réfifte pas à de longuesfatigues. Dans ces fortes d'animaux , les mu G-ries du bas-ventre font fouvent minces & petits.& leurs fondions s'en reffentent. Le ventre bierafait eft celui qui ne tpmbe point plus bas que ledeffous d es côtes, & qui ne faille pas plus qu'ellesfur les côtes.Le flanc bien arrondi, fans creux, & uni, e(îtrès-rare. Bien peu de chevaux font dans cet état.Il dénote une bonne difpofition entre la graiffe Sela maigreur. Ces chevaux font ordinairement d'unbon entretien.De la Croupe.La croupe s'étend depuis les reins jufqu'au hautde la queue; elle eft principalement formée par lesos des iles. La largeur ou la diftance de la partie laplus fupérieure de ces os , indique pour l'ordinairede la vigueur. Un cheval dont la croupe efl étroite ,a peu de folidité, tant parce que les vif.ères fontmal logés, que par la ténuité des mufcles, La croupeavalée des chevaux d 'Efpgne ne nuit pas à leur


74 C H Ebonté. On préférera toujours une croupe blefi eh affine& bien conftruite, à moins que l'on ne foit dédommagépar des reflbns très-élailiques. Plus lacroupe eft large , vue de profil, plus l'animal a dereflbrts. La rai (on en eft facile à comprendre : l'ouverturedes angles formés par les os des cuiffes ,étant très-grande , prête une extenfion & un éeartementconfidérable aux branches formées par lesos fémurs, du baflin , &c.La croupe eft dans la hauteur convenable au mechanifmele meilleur du cheval, lorsqu'elle eft deniveau avec le bas du garot. Si elle eft trop haute ,l'aSion continuelle du cheval le précipite fur lesépaules & l'attere ; l'animal a de plus grands effortsà faire pour former l'équilibre de l'équitation, &fon allure n'eft jamais fi légère : le cavalier mêmeéprouve du défagrément de cette ftruélure. On voitpeu de chevaux dont la croupe foit trop baffe : ceuxqui font conftruits ainft, font légers, faciles àaffeoir ; mais les refforts étant compofés de branchestrop courtes, n'ont pas un grand jeu. Il eft àpropos, dans cette partie comme dans les autres,de choifir un m ilieu qui renferme les bonnes qualités.Des Cuiffes,Les cuiffes font formées par le fémur qui eftattaché fortement aux os du baffin. Il eft a fouhaiterque la cuiffe foit large, charnue & compofée demufcles très-forts & bien élaftiques. Dans l'homme,le fémur eft le plus long des os : dans le cheval, iln'en eft pas ainft ; mais il eft très-gros & affez court.S'il eft long , il ouvrira avec le baffin un angle confidérable,& aura beaucoup de jeu. La ffe fe doit êtrebien arrondie & charnue, fur-tout dans le dedansde la cuiffe.Des Jambes de derrière,La première partie eft ce qu'on appelloit improprementla cuiffe : elle doit être plutôt courte quelongue. L'os a plus de folidité, & l'aélion eft plusvive. Elle eft charnue & large dans le bon chcval.On y diftingue touts les mufcles lorfque le.travailles a bien détachés. Le graiïet fera attaché fortement&. de manièse à éviter tout déplacement.Des Jarrets,Tout connoiffetir, ou prétendu tel, s'attache àbien connoître les jarrets d'un cheval & à les choifirbons. On a raifon affurément. Mais il eft malheureuxque fouvent les bons jarrets que l'on a choiftsdeviennent bientôt mauvais ; car la conftrudlionde l'organe ne fuffit pas pour fon bon emploi , fil'homme ne donne à l'animal une dlfpofition danslaquelle les membres foient foulages, même entravaillant beaucoup.Le jarret eft compofé de plufieurs os , de cartilages,de tendons & de va if feux ; mais il ne s'y trouveaucun mufde. Toutes ces parties faines & bienconformées ne laiffeut aucun, interftice , & alorsîe jarret eft fee & bien éyidé. Mais fouvent, par laCHEdéfunîon qui réfulte de quelque dérangement, ortVoit au jarret des parties acceffoires : ce font de vraisdéfauts qui arrêtent l'élafticité, le mouvement, 5cfouvent toute atiion du jarret. Ce déplacement ,occafionné par une compreffion violente, & parune extenfion forcée qui détruit le refibrt des vaiG.féaux , donne lieu à quelques vuides dans lefquelsla (y novi e s'épanche, féjourne & fe durcit; dc-làces tares qui s'oiïifient à la longue ,& qui diminuentla bonté des jarrets. Je ne parle point ici destares occafionnées par des accidents , les livres élémentairesen font d'affez grands détails.Ceux qui comprennent bien le méchanifme dela progreflion de l'animal, conçoivent combien lesjarrets jouent un grand rôle. Quelques défauts particuliersne détraifent pas uniquement le bon effetqu'on en defire; leur union & leur attache avec lesos fupérieurs & inférieurs, eft quelquefois un viceIncorrigible.La bonne pofition du jarret eft celle dans laquelleil appuie , dans le temps de la foulée , à plomb furl'os du canon , enforte que l'effort fe fa (Te dans l aperpendiculaire , afin de repouffer le poids perpendiculairement.Des jarrets clos, ou qui fe touchentpar la pointe, n'ont pas cet avantage ; & l'on voitpourquoi ils ont de plus l'inconvénient de s'embarrafferdans la marche. S'ils font trop écartés, l'animalfe berce, fe balance dans fon derrière , & n'eftjamais ferme & décidé dans fon allure. Les jarretsdoivent être affez plié: en dedans : ils s' font droitsils ont peu eie reffort.Quelques tares ne doivent pas faire rejetter UQcheval : c'eft fon enfemble qu'il eft à propos de rechercher.Son méchanifme total, s'il eft bon , dédommagequelquefois des légères imperfedtionsd'un membre. Le vrai connoiffeur diffère en cel adu maquignon : l'un confulte les qualités du c/z e-val, & l'autre l'exemption de certains défauts extérieurs.Des Boulets de derrière, & des Paturons.Les Boulets de derrière feuffrent plus d'effortsque ceux de devant, ils donnent appui à une p!i lsgrande maffe ; & fi cette m affé eft confidérable, l atrop grande extenfion relâche le tendon. De-l^les expanfions de lymphe, qui, avec le tempsfont boiter l'animal, parce que le jeu d u tendo^eft arrêté.Le boulet doit être net & bien fee , fans aucunegroffeur quelconque : lorfqu'il a cette condition onjuge qu'il eft fain & confervé.Le paturon long eft délicat, peu vigoureux, d'ugreffort len t & ina&f. Cette partie étant courtefoutiendra plus aifément le poids du corps & l-Jréaflion du terrein.Nous renvoyons aux Hippiatres qui ont traitéen détail de toutes les punies du cheval ; nous n'avonspas cru devoir répéter ce qu'ils ont écrit :nous fufiîfoit de joindre, à ce que toir le mondefait, des motifs raifonnés qui puffern démontrer l a


CHEbonté d'une conformation , préférablement à uneautre.Da choix des Chevaux , relativement à l'u/age auquelon les defline.Ce que nous venons de voir fur la conformationdes parties du cheval, nous conduit naturellementà rechercher en quoi & pourquoi tel ou tel chevaleft bon à un fervice plutôt qu'à un autre. Il eftcertain , par une expérience journalière , que lemême cheval n'eft pas propre à touts les travaux : ilen eft un qui lui plaît davantage, & qui lui convientplus particulièrement. En effet une machine rompofée n'a qu'une deftination : le cheval ne peut femouvoir que conformément à fon mèchanifme ;& rien ne peut amener à un ufage ce qui y eft diamétralementoppofé.Du Cheval de Chaffe.Le cheval deftiné à courir a befoin de légéreté :c'eft une de fes plus belles qualités. On tire parti detout cheval qui eft léger ; fouvent même la légéretédédommage de quelques médiocres qualités qui ferencontrent dans l'animal. La légèreté dans le chevaleft relative à la pefanteur & à la lenteur ordinairede l'efpèce : car tel cheval aura réellement de la légéreté, qui, comparé à tel autre, fe trouverait pelant.En général la légèreté du cheval lui vient desrapports qui fe trouvent entre le devant & le derrière, entre les parties qui font deftinées à être enlevées, & celles qui font reftbrt. C'eft donc ici uneaffaire de conftrudiion. Un cheval de courfe eft vraimentléger, lorfque fon devant étant un peu étoffé&, facile à enlever, fes re ins , fes hanches & fesjarrets ont une grande propriété de reiTort, & peuventchaffer aiiément en avant toute la maffe ducheval.Il eft à propos de fe rappeller ce que nous avonsdit fur la progreffion & la conftruclion de l'animal.Si la tète, l'encolure & les épaules font légères,elles formeront un moindre poids , & par conféquentchargeront moins le derrière,La tête d'un coureur fera donc petite & peu chargéede chair, & fur-tout bien attachée : l'encolurefera mince , peu fournie ; & les reins feront bienconformés, ahn que les mouvements fefaffent dansla direétion la plus naturelle.Les épaules du coureur ne doivent pas être étoffées,elles feroient lourdes ; & il eft rare qu'étantplates elles foient mouvantes & bien aflives : c'eftcependant un point bien important. Prefque toutsles chevaux qui ont couru quelque temps, remuentpeu l'omoplate , & certainement l'aélion étant plusbornée, la viteffe eft moindre. Néanmoins fi untel cheval tomboit entre les mains d'un homme fage& inftruit, qui lui remit les épaules par un travaildoux, l'animal pourroit encore s'étendre.Les jambes un peu longues font à defirer pourun cheval de courfe ; car elles embraffent un plusC HE 7,grand terrein , & procurent de la viteffe. Peur lagroffeur du corfage, il eft à fou baite r qu'il fuit bienfait, mais fluet : car en général les coureurs mincesont un branle plus agréable, plus vite & d'une pluslongue haleine. D'ailleurs un corps trop gros avecdes jambes minces & longues , feroit difpropor- .tioné , & les jambes ne le foutiendroient pas. Lesjambes groffes font un poids qui ralentit la viteffe :les pieds gros ont aufli ce défaut. Il eft e (Tenticique les articulations foient bien faites & bien attachées; car c'eft dans une allure vit e, que leurs ligamentsfont aifément forcés.Le dos & les reins d'un coureur font durs àl'homme, s'ils font courts ; mais l'animal en a plusde force , par la raifon qu'une verge courte eftmoins flexible en raifon de fa brièveté. L'épine dudos doit être flexible néanmoins , pour que l'hommen'éprouve pas une réaélion do uloureufe. Lesarticulations qui forment les hanches doivent êtreaffouplies, afin que leur flexion & leur extenfion fefaffent dans le plus grand degré poffible.Les jarrets les meilleurs & pleins de refforts, nefont pas trop bons pour un coureur. Car , comece reffort eft chargé & fe détend avec précipitation& promptitude, il ne peut fe faire qu'ils n'aient fouventdes commotions violentes qui en dérangent labonne économie. Enfin , ils feront bien efpacés ,hier, formés & bien attachés.Une croupe & des cuiiTes charnues dénotent dela vigueur & des reffources bien effemielles au coureur; des pieds foibles & douloureux font*in grandvice pour lui ; chaque fois qu'ils pofent à terre ilsle font fouffrir, Sdniotent cette gaieté fans laquelleun cheval de courfe n'a pas la même vitefe.Si l'on trouvoit un cheval conformé ainfi, quieût d'ailleurs un bon tempérament, furemem ilcourroit vite; mais les chevaux font rarement fuivisdans touts les points. Un cheval de petite taille &ragotè a rarement une grande viteffe. Ceux qui fonttrès-élevés & très-peu corfés, ont des mufcles tropfoibles. On ne trouve que dans les chevaux de racesprimitives les qualités néceffaires; ils ont une forcéde contraflion dans leurs mufcles, & des proportionsfi parfaites, qu'ils font très-propres à la courfe.Les arabes, les barbes, les turcs ontfupérieurementcette grande viteffe; ils la communiquent, jufqu'àun certain point, aux métifs qui fortent d'eux.Prefque toute la force d'un coureur eft dans fesreins & dans fes jarrets. Ceux qui courent aifémentSe d'habitude, le font avec une forte de négligences'ils ne font bien étendus ; ils traînent les hanches,font découfus, & rafent le tapis : ils femblent dédaignerune allure lente. Dans le grand train , lebon cheval ne multiplie pas fes fauts , mais il embraffeplus de terrein.Les chevaux d'une viteffe extrême, ne font pastoujours des chevaux propres à la chaffe. Ces finscoureurs ont un trot très-médiocre pour l'ordinaire,6c comme ils font minces & d'une conformationdélicate , ils ne fupporteroient pas une fatigue quiKij


7 6 C H Edureroit longtemps. D'ailleurs ils ne feroient bonsque dans un pays plat & dans des bois bien percés; dans tout autre terrein , dans les pays coupés, dans les taillis, on eft obligé de trotter, defauter des haies & des foffés, & de donner beaucoupde fatigue à fon cheval. On ne va pas toujoursgrand train , fur-tout aux chafles ord inaires.On doit donc s'attacher à avoir des chevaux d'uneconftruâion différente des coureurs.Les qualités d'un cheval de chaffe propre à toutsles particuliers qui n'ont pas d'équipage en règle ,font une conflruflion folide de touts les membres ;mn bon trot allongé 6i doux ; un galop étendu &un peu enlevé de terre, afin que le cheval ne butepas , & fur-tout de l'hale ine & de la fageffe.Un cheval deftiné à cet ufage feroit donc confiraitainfi. La tête & l'encolure feront toujoursconftituées conformément aux idées que nousavons données dans ce traité. Les épaules feront•bien libres & médiocrement étoffées, afin de nepas former trop de poids : leur liberté facilite laprogrefllon prompte du cheval. La jambe fera unpeu fourme , fans trop degroffeur, afin que l'animalpuiffe foutenir le fardeau de fon corps, & nepas chanceler dans les terreins difficiles & raboteux.Le corfage un peu étoffé convient allez à uncheval de chaffe : comme il a quelquefois à pénétrerdans le fort, il fe fait jour plus hardiment -, &tire fon homme des taillis où il eft obligé de faireplier les branches & les jeunes arbres. La croupelarge &^e bonnes hanches feront bien en proportionavec le devant ; le cheval en aura plus de légèreté;car malgré fon étoffe, il doit fe remuer avecaflivité. De bons jarrets lui fo nt utiles pour fauter& même pour courir : car plus le cheval a de corps,plus les jarrets ont d'ouvrage pour le porter. Si lecheval étoit deftiné uniquement à trotter , des jarrretsmédiocres pourroient lui fer vir ; mais il feroitplutôt ruiné. Enfin un bon cheval AQ chaffe devroitavoir les mêmes qualités qu'un coureur , à l'exceptionde l'étoffe qui eft plus confidérable : car d'ailleursil doit être propre à galoper.Il fe trouve fouvent des chevaux étoffés qui ontun bon branle de galop, & qui tiennent longtemps.On recherche nos chevaux normands pourla chaffe ; ils réuniffent, quand ils font bien choifis, les propriétés que je défirerois. La figure , &3a commodité de l'allure , font les règles du choixqu'on fait d es chevaux de chaffe pour les maîtreseu pour les piqueurs. Les véritables veneurs défirentd'être montés folidement: un cheval trop finse peut pzfs être propre à fuivre les chiens dans unpays coupé.Du cheval de manège.On trouve plus aifément un bon coureur qu'uneheval propre au manège ; c'eft pour lui que lesbelles proportions font à défîrer ; je m'en tiendraià ce que j'ai die furia belle conftruftion du cheval.C'eû en Efpagne qu'on trouve la plus belle ef-C H Epéce de chevaux pour le manège ; ils ont des épaulesbrillantes, des hanches & des jarrets pleinsde reffort, une vigueur & une générofit qu'on,trouve rarement dans les autres efpèces.Prefquc touts les mouvements de chevaux demanège fe font en hauteur. Il feroit dificile de pénétreraffez avant dans la nature pour expliquer cequi donne du tride à l'allure du cheval deftiné aumanège ; car il doit en avoir de lui-même. Je neprétends pas en développer les caufes ; je dirai feulementque ces chevaux ont les mouvemems plii sfoutenus, plus harmonieux & plus d'accord queles coureurs.La beauté eft nn mérite pour un cheval de manège.Elle ajoute beaucoup aux attitudes dans lefquelleson le place. Tout cheval qui a un viceeffentiel dans fa conformation , eft peu propre au^exercices du manège, pour lefquels la nature Sel'art doivent fe trouver d'accord & fe réunir. Il n'eftpas ordinaire qu'on ait des chevaux de manège àdreffer ; le genre le plus commun à touts les amateurseft celui des coureurs : néanmoins il eft avantageuxqu'on fache les connoître,Lu cheval de guerre.Le cheval de guerre doit être bien conformé , folidepar fa conftruélion , libre dans fes membresautant qu'il eft poffible , tage , obéiffant, léger à lamain, & fur-tout aguerri contre les bruits ordinairesde la guerre. Il y a des chevaux naturellementpeureux , que la meilleure éducation neguérit pas. Ceux là font à rejetter. Il n'eft pas néceffaire, il eft même incommode, que les mouvementsd'un cheval d'efeadron foient trop brillants.On fera très-heureux fi toutes fes allures font franches, quoiqu'il n'en ait aucune de bien brillante.La fureté de l'officier dépend fouvent de la bontéde fon cheval. H n'y a rien à négliger dans le choix.Toutes les perfeSions de la conftrufîion fe trouverontdonc dans un tel cheval. Il doit être un peuétoffé ; il fera plus propre à foutenir la fatigue ;•d'ailleurs un cheval mince eft bien mal placé dansun efeadron, & les chevaux hauts montés & étroit^de boyaux font d'un mauvais fervice. Il ferole ^fouhaiter qu'on employât pour les efeadrons beaucoupde chevaux normands ; ils réunifient les meilleuresqualités ; & ils font incomparablement meilleursp jur la fatigue que les danois, leg allemands&c. L'efpèce la plus propre au cavalier, eft le petitcaroffier normand de dix pouces. Il s'en trouvemême dans cette claffe qui font légers, malgré leii rétoffe.Des fens du cheval.Les ferrs font certaines facilités de s corps animés,par lefquelles ils e ntrent en commerce avecles objets extérieurs. Ce font autant de moyensqu'on doit ménager pour mettre le cheval en éiard'obéir. L'exercice des fens eft une fondìion purementanimale ; mais la fenfation qui en réfulte-


C H Efc paffe dans l'efpèce d'intellefi de l'animal, felonle fens dans lequel le fentiment efl excité ; carautre eft lafenfation réfultantede l'organe de l'ouïeaffeflée, autre eft la fenfation qui vient delà vifmn.Il eft bien étonnant qu'on attribue à la matièretant de fenfations diverfes , elle qui eft lamême par-tout. Quelle différence en effet remarqueton dans les nerfs qui occafionnent le fentimentdans touts les organes ? Ne doit-on pas concim ede la reffemblance de leur composition & de la variétéde leurs ufages , que c'eft l'ame ou l'inftinélde l'animal qui diftingue & qui eft averti.C'eft par le canal des fens, & par l'ufage quenous en faifons , que l'homme inftruit le cheval &le difpofe à lui rendre des fervices que l'inftruflionfeule peut procurer. La nature n'a point formé lesfens du chcval , imparfaits en eux mêmes , quoiqu'ilsle foient quelauefois relativement à l'ufagede l'animal : mais l'art les perfeSionne , ou dumoins les approprie davantage à nos befoins.Je n'entre point dans les détails anatomiques desorganes des fens ; je me borne aux obfervationsqu'on fait fur chacun d'eux,De l'ail.L'œil du cheval, Vmfi que celui de touts les animaux, perçoit les objets extérieurs avec une grandepromptitude. Souvent ces objets font fur lui uneimpreffion douloureufe , & qu'il cherche à éviterautant qu'il lui eft poffible. Sans doute le nerf optiquereçoit alors un ébranlement trop confidérablequi porte l'animal à fuir un corps qu'il croit luioccafionner de la douleur.Le cheval a VinftimSt de confidérer avec attention& inquiétude l'objet qui lui eft défagréable ; il yporte la tête , arrondit tout fon corps , éloigne lacroupe; &fi la peur continue, il fe précipite decôté, ou fait une pirouette après laquelle il s'enfuits'il peut. Les corps blancs fur-tout, ou d'une couleurtrès-frappante, effraient les chevaux : quelquefoisauffi la forme & la groffeur des corps leur enimpofent. On doit croire que cette crainte provi entd'un vice dans la conformation de l'oeil, ou de lafoibleffe des nerfs. Il faut accoutumer l'animal peureux, en l'approchant peu à peu des objets ,& enle carreffant. Les gens inftruits évitent fur-tout dele battre lorfqu'il a peur ; ils le portent avec patiencefur l'objet, jufqu'à ce que le chcval l'ayantbien examiné, & ayant vu qu'il ne lui occafionneajticune douleur, prenne l'habitude de paffer à côtéfans appréhenfion.11 eft bon dans le commencement de détournerleurs yeux des corps qu'ils craignent d'approcher,en les pliant du côté o'ppofé, jufqu'à ce qu'ils aientune certaine confiance dans Vhoïnme , & qu'ils felaiflent conduire volontiers. La feule perfedlion àlaquelle on doive tendre à cet égard , eft de fairepaffer le cheval franchement dans touts les endroits& auprès de touts les objets pcffibles.La douceur , la patience & l'ufage diminuentC H E 7 7l'ombrage des chevaux ; mais il en eft que rien nepeut corriger entièrement: il faut alors être fur fesgardes & fe méfier de tout.De fOute.Le fon excite dans tout le genre nerveux del'animal un trémouffement plus ou moins confidérable, felon fon étendue & fon volume. Ce trémouffement, lorfqu'il eft fort, excite l'ardeur & lavivacité du cheval-, il bondit, & il fem ble perdrela tête. L'homme a de la pei ne à le maintenir, à lefaire refter en place , & à le conduire où il veut.Ce n'eft que par l'ufage & l'habitude, qu'il vientà bout d émouffer le fentiment trop vif que lesfons lui font éprouver, & qu'il le rend fage &tranquille. Il y a des chevaux naturellement calmes, tandis que d'autres font très-difficiles à rendreinfenfibles. Touts les bruits de guerre & de chaffeaniment les chevaux, & alors ils s'agitent d'unemanière prompte & brillante.Dt l'Odorat,On connoit peu le degré de fenfibilité de l'organede l'odorat du cheval, & les odeurs qui l'affeôentagréablement ou défagréablement. Car ilne s'en fert d'une manière diliinóie que lorfqu'il apeur & qu'il regarde l'objet qui l'inquiète. Alors ilrenâcle & flaire très-fortement.On ne fait aucun tifage d e ce fens pour drefferle chcval, non plus que de celui du goût.Du Toucher.Le toucher eft le plus général de touts les fens,il s'étend par-tout le corps ; & il renferme poufainfi dire les autres , puifqtie leurs fondions fefont par un attouchement. L'organe du touchereft la peau qui couvre toutes les parties du corps.C'eft un tiffu de fibres , de nerfs & de vaiffeaux ,dont l'entrelacement en touts fens forme uneétoffe fem blable à des femelles de fouliers faitesd'un cuir épais & mou.La fenfation du toucher fe fait à la furface extérieurede la peau. Les extrémités des artères & desveines capillaires, après avoir concouru à formerle tiffu de la peau , fe dépouillent des premiersparois que leur fournit la dure mère , fe partagenten plufieurs lambeaux , fe collent à la furface dela peau , & forment ainfi une efpèce de rézeauqu On n omme corps réticulaire. C'eft entre lesmailles de ce rézeau , que s'épanouiffent les extrémitésdes petits rameaux nerveux dépouillés deleur première tunique ; elles'élèvent & dominentun peu au-deffus eri forme de petites houpesj ellesfont abreuvées d'une lymphe fpiritueufe qui leurdonne la foupleffe & le reffort.Par-tout oli il y a des nerfs , là fe trouve le fensdu toucher ; & il y en a par-tout : mais ils ne fontpas en aurti grande q-uantité dans toutes les partiesdu corps, & par conféquent le fens du toucher n'y


78 C H Eeil pas aufîi parfait. Sa perfeffion même dépendde la tenfion des nerfs & de l'état adtuel de l'animal.Un cheval fatigué & malade-a le (ens du touchermoins délicat que dans l'état de fan té & d'unexercice modéré.L'irritabilité t rop grande du fens du toucher ,rend l'animal chatouilleux. Le chatouillement tientdu plaifif dont il eft l'extrême, & de la douleurdont il eft comme le premier degré. En toute occafion,dans l'équitation , il eft très-incommode aucheval ; & fouvent même lorfqu on ne fait quefrotter fa peau au lieu d'y porter un aide bienfranche & bien décidée , il fe défend & devientrétif par l'incommodité qu'il reffen t. Le chatouillementau refte n'eft tel que lorfqu'il y a de l'intervalleentre les petits contafis des corps fur lapeau ; car fi ce taél eft continu , quoique léger, iln'eft point incommode. Cela eft bien eiïemiel à remarquerpour bien connoître la valeur des opérationsdes jambes à cheval. Si le comaéleft aflezdurpour léfer les hou pes nerveufes de la peau , il enréfulte une douleur plus ou moins confidérable ,que l'animal cherche à éviter en fuyant ou en cédantau corps qui le touche. Un attouchement doux& modéré le flatte & lui fait plaifir.C'eft en employant, felon les circonftances oule befoin, ces deux fenfations oppofées , qu'onvient à bout de drefler le cheval ; car il eft toujoursguidé par le fentiment : c'eft à nous à le rendreparfait par l'exercice ; mais de manière qu'iln'y ait pas d'excès : car alors le cheval eft incommode& prefque toujours inquiet.Les ébranlements que les nerfs éprouvent fontagréables ou défagréables au cheval, lelon qu'ilsfont conformes , ou contraires à la nature. Lesdifférentes imprefiions que reçoit le cheval, fonttranfmifes à fon cerveau , qui en eft comme le dépofitaire, & ils y fubfiftent plus longtemps quedans les fens ; enfortc que l'animal fe rappelle cesdifférentes fenfations très - aifément, dès que leplus petit objet les lui retrace. Mais la durée del'exiftence de ces imprefiions eft proportionnée àcelle de l'ébranlement & à fa vivacité. Ainfi lesaides les plus décidées rendent le cheval promptdans fon obéifiance, & fixent fon attention , parceque le cerveau eft ébranlé fortement. Un ébranlementtrop vif le fait fouffrir ; il craint de l'éprouver, & il obéit par a coup, croyant par là éviter ladouleur : delà tant de défordres qu'on pourroitépargner à l'animal en le flattant avec douceur &tranquillité.La répétition d'un même ébranlement fortifie lamémoire du cheval, parce que les traces deviennentplus profondes dans fon cerveau: & travaillerfur fon entendement n'eft autre chofe que répéterles a êtes qui le conduifent à faire les mouvementsque nous délirons, jufqu'a ce que l'ébranlementait affez aiT eélé le fens intérieur ou le cerveau ,pour que Vimpreflion fe renouvelle au moindrefignal,C H ELa capaciti du cerveau &. l'étendue des nerfs fontque 1 animal peut recevoir iucceffivement & conferverdiverfes fenfations qu'on lui fait éprouver ;& , lorfque le cerveau eft plein de ces fenfations ,l'animal opère machinalement les a étions que chacuned'elles excite. C'eft donc à nous à les opérercomme nous le jugeons à propos, mais de manièreque jamais nous n'excitions une fenfation pourobtenir par elle un mouvement qu'elle ne peutproduire , & que nous ne mêlions pas des fenfationsqui produiroient des aéiions oppofées entreelles , tk qui ruineroient l'animal.La perfévyrance dans les mêmes fenfations confirmeles chevaux : la variété trouble leur tête.Lorfque nous apprenons quelque chofe de nouveauau cheval , l'ébranlement doit être répétélongtemps avant qu'il ait pénétré fortement le cerveau; & ce n'eft qu'alors que l'animal obéit librement.Il eft même quelquefois néceffaire de luifaire fentir de la douleur, afin de l'obliger à faireattention , & à fe rappeller la leçon précédente aulieu de celle dont il s'agit.Ces différentes affertions font autant d'axiomesqu'on doit toujours avoir préfents lorfqu'on travaillele cheval ; ils fon t comme la bafe de nosaides : on ne peut travailler f ur la nature , fi onignore fes procédés.La bouche Scies flancs du cheval font les partiesfur lefquelles nous agitions le plus immédiatementpour exciter le fens du toucher : c'eft d onc encherchant les moyens de les employer convenablement, que nous abrégerons nos travaux, & quenous accélérerons fon inftruäion.De la bouche du cheval, & de là fenfihilitédes barres.Toutes les parties de notre art font liées entreelles; & nul n'en peut comprendre une, s'il n'aune connoiffance fuffifante des autres : c'eft pourcela qu'il eft fi difficile de bien raifonner fur labouche des chevaux. Il y a peu de gens en affétqui aient fend par expérience ce que devient labouche du cheval entre les mains de l'écuyer , &moins encore qui foumettent leur pratique auxprincipes d'une bonne phyfique.L'effet dut mors ne fe détermine pas uniquementpar la conftruétion d e la bouche du cheval & parfa fenfihilité; mais bien plus, par le rapport de fesmembres entre eux, par le méchanifme de fesaélions, & par l'équilibre que le derrière & le devantont acquis dans l'exercice d'une bonne école.Je fuis perfuadé , vu la compofition des partiesqui forment la bouche du cheval, que les barresfont d'une fenfihilité extrême, & que la moindrepreflion fur cet endroit y caufe une vive douletu;.La barre eft compofée, comme on l'a déjà dit ,d'un os, d'un périofte ,& d'un prolongement desgencives. Je compare la fenfibilité de la barre àcelle de nos jambes ; fi la moindre chofe frappe lapartie antérieure du tibia , quelle douleur neprouvons-nouspas ! il efl clair que le période étant peu


C H Erevêtu, le choc de-s corps étrangers l'affeSe plusfortement. Il en cil de même du période de labarre du cheval, & fans doute la fenfation eft lamême.Comme la nature a mis des nuances & des variationsdans les formes de touts les corps de lamême clafle, les barres de touts les chevaux nefe reiïemblent point ;& quoique compofées également, la fenfibilité varie comme les formes, parce,que l'accès eft plus difficile à la douleur dans lesunes , & que les autres font affeâées plus promptement.Si la barre eft tranchante, élevée & peucouverte de chair, alors le périofte n'étant pas défendu,une légère preßion du mors y excite unefenfation fuffilànte : fi au contraire elle eft ronde ,enfoncée & charnue , on parvient avec peine àopérer fur elle la fenfation requifc. La partie fenfiblede la barre n'a pas toujours la même direâion,fa conformation varie : mais c'eft toujours le tranchantqui renferme la portion la plus délicate.Les jeunes chevaux n'ont pas la bouche plus fenfibleque dans l'âge plus avancé : s' ils refufent lemors en commençant, & s'ils le g oûtent dans lafuite , cela ne vient nullement du fond de la bouche.C'eft par la douleur fmgulière qu'on fait éprouverau cheval au moyen de la preßion du mors ,qu'on parvient à le drefler : mais il faut fçavoir employerà propos cette fenfation. Si pour arrêter lafougue d'un poulain on fe fetvoit de cet inflrument,la douleur feroit fi vive, que l'animal, ne pouvantla fupporter, fe jetteroit, pour l'éviter, dans detrès-grands défordres : auffi fe garde-t-on de l'aflujettiravecle mors. Devenu plus fort & plus fouple,il le reçoit avec moins de peine, parce qu'il peutéviter la douleur par l'obéiflance. Enfin , lorsqu'ileft bien drefle , il le goûte & fe plaît à le mâcher,parce qu'il n'en éprouve aucune peine : en voici laraifon.L'animal, encore brut, veut éviter la douleur, &pour cela il fait des efforts & fe rejette fur unepartie éloignée & oppofée à cette douleur. S'il a laforce & la faculté de fe tenir dans l'attitude où lafenfation l'oblige à de fe mettre, il s'y tient, &alors il ne fouflre pas : mais ce n'eft que par artqu'on parvient à l'y difpofer. Si, au contraire ,par ignorance ou par foibleffe , il ne peut fuir lapreffion d u mors , il fe défefpère, & fait tout cequ'il peut pour forcer l'homme à lâcher prife. Ainfi,pourvu que la barre foit fenfible , on peut tirerd'elle tout le fecours qu'elle peut fournir pour drefferun cheval.Cependant, û la barre étoit trop aiguë , la fenfibilitéferoit alors trop grande, & elle deviendroitincommode à l'homme, par la difficulté d'avoir lamain affei légère pour faulagerle cheval. Si, par unexcès eppofé , la barre eft infenfible , il en coûtetrop pour y exciter de la douleur, & pour guiderl'animal. On peut remédier au premier vice parletravail : car une predion continue amortit le fentiment,ou du moins rend le cheval plus difpofé àC H E 79fupporter la douleur. Dans le fécond cas, on y remédiepar la force du mors. Mais on doit chercherdes bouches qui tiennent un milieu entre ces deuxqualités ; enforte que par l'ufage elles deviennentveloutées & agréables à la main de l'homme.De lapoßt'ion du Mors,Le mors excite de la douleur lorfqu'il eft misen aäion par l'homme : l'animal évite cette douleurs'il le peut ; & il le peut toujours lorfque lecavalier travaille doucement & fans précipitation ,en paffant par les degrés de preßion les plus imperceptibles: c'eft ce qu'on appelle avoir la maindouce.Si le mors en lui-même & dans l'état de repos,cxcitoit de la douleur, le chcvM ne le recevroit pas ,& fe défefpéreroit, même avant que de travailler.Pour l'engager à le fupporter, il faut donc que lemors foit le plus lége r poflible, afin qu'il chargemoins la barre ; qu'il pofe également, enforte qu'uncôté ne foit pas chargé plus que l'autre ; qu'il foitaffûté, mais fans trop de jufteffe, afin de ne pointcontraindre les parties, 6c qu'il ne vacille pas, cequi feroit varier les effets, & donnerait de l'incertitudeau cheval : enfin le point d'appui du morsdoit porter jufte fur la partie la plus fenfible de labouche ; ce fera un moyen de s'aflurer de foneffet & de le rendre prompt Se d'une grande valeur.Cette règle fouffrira de s exceptions : dans lesbouches trop délicates, en épargnant le tranchantde leurs barres, on pourra venir à bout de leurdonner de l'appui. On dit qu'une bouche a de l'appuilorsqu'elle fupporte l'auuré de la main de l'homme, & conféquemment une preflion aflez fo rtedu mors fur les barres. L'habitude, & l'exercicebien entendu, donnent cette perfetiion aux bonschevaux.Il ne s'agit pas d'ajufter feulement le canon dumors felon nos principes , on doit aufli penfer à lagourmette. Elle fera pofée en bon lieu, c'eft-à-dire,fur la barbe, a fiez jufle pour ne point balotter, &pas trop pour écorcher le cheval. Si la barb eft tropfenfible , on couvre la gourmette d'un feutre oud'un cuir. Souvent la barbe étant écorchée , le chevalfe défoie, & n'obéit pas avec précifion : carcette partie a quelquefois une grande fenfibilité.Des effets du Mors.Le cheval éprouve de la doul eur au point où lemors comprime fes barres, & la force de la compreffioneft la m e fu re de cette douleur , qu'il fuit avecune promptitude proportionnée à fon intenfité, &dans la direäion du point du cÒhtati qui lui eftdouloureux. Dans le cas où plufieiirs points éprouventde la douleur, il fuit le pLis grand mal, fan»cependant réfifter su moindre; enforte que s'il eftlibre, c'eft à dire mené avec art, il obéit à toutesles impreffions, felon le degré de chacune : car il


8oC H EC H Efe peut faire, & 1 arrive fouvent, qu'une barre fou & rejette une partie de leur poids fur les hanches.Celles-ci a ccoutumées à porter la maffe en avant,plus comprimée que l'autre. , , .Ouoique les barres foient 1 organe immédiat fur font leurs fondions fi elles ne trouvent pas dans lalequel agir le mors , cependant il opère auffi fur main de l'homme une réfiftance , qui ne feroit autretouts les autres membres , parce que Ion enet qu'une douleur nouvelle & plus forte. Le chevalchange la difpofition que ces membres ont entr'eux alors, entre deux douleurs, cédera à la plus violente: il forcera la main , fi l'éperon le chaffe trop,dans l'état naturel du cheval ; difpofition qu'il nepeut conferver lorfque fon équilibre doit fe combineravec le poids de l'homme qui le monte._ou fe cabrera , fi la main le retient avec excès.Ii eft rare , & même affez difficile , que le morsLe mors dans la bouche d'un jeune cheval lui agiiïe également fur les deux barres du ckevd. Sioccafionneroit une douleur infupportable qu'il ne une feule barre relient la douleur, voici l'effet quipov.rroit éviter que par des défordres , fi on s ens'enfuit : \e cheval, pour éviter la fenfation , baiffefervoit indiferettement avant qu il ait acquis la force, l'adreffe & l'intelligence qui lui font néceflaires. que l'os de la ganache appuie fur le haut du go fier,ordinairement le côté qui effcomprimé, enforteQuand la vigueur lui Cera venue , alors des leçons tandis que l'os de la ganache de l'autre côté s'enméthodiques, fondées fur le méchamfme de fes actions, & données avec diferétion , le conduiront, plie, enfuite les épaules, ou du moins les vertèbreséloigne. Si la douleur continue , le haut du col fepar une prdgrefiion infenfible, au point de fouffrir dorfales ;& enfin le cheval tourne, parce que toute& meine de gemer le mors. Dans les commencementsla douleur violente l'oblige à rejetter la maffe jufqiies fur la jambe de derrière de ce côté , cettecette moitié de fa maffe ayant fuccefflvement refluéfur des membres trop foibles pour la fupporter enjambe lui fert de point d'appui. Il eft néceffaireentier, & trop peu élaftiques po ur la pouffer enqu'elle fe déchargé de fon poids qui la fatigue ; &avant : alors les efforts qu'il fait troublent leur pofitionnaturelle ; & le mechanifme animal, derangecela ne peut fe faire qu'en tournant, fuppofé cependantque le cheval loir affez fouple pour le faire ;dès l'enfance, nous laiffe un mauvais cheval, aucar fans cela l'animal e fi dans le défordre.lieu d'un bon que nous aurions conferve, fi nousSi après avoir plié le cheval avec un feul côté dueuffions employé la douceur. C'cff don c fur unmors, on lui fait fentir delà douleur de l'autre côté,cheval vra iment bon & affouph , qu'on peut connoitreles effets du mors.fans diminuer le premier effet ; alors le coté qui auroittourné eft arrêté , parce que l'effet nouveau duSimpofons un bon cheval d'un age fait, & capablede recevoir un mors. Ajuftez-le felon lesmors met obfbcle à la progreffion de c ette partie ,& tout le corps fe plie & s'arrondit. C'eft par lesprincipes ci-deffus; enforte qu'il y ait peu d'intervalleentre l'état de repos du canon & le mouve­combinaifons différentes de ces fenfations, qu'ondonne à la tête 8c au col du che al des attitudes 6cment de compreffion par lequel il excite de la douleur.Sentez les deux rênes autant également quiides dire£tions variées.L'attitude du ckeval, fa vigueur , fa foupleffe ,efl poffible, afin qu'une barre ne foit pas plus affefléeque l'autre, & commencez par une pref-influent beaucoup fur les fenfations que le morsopère en lui : mais ces rapports ne peuvent êtrefion infenfible, que vous augmenterez par degrés.Dès que le cheval la fentira , il retirera aconnus qu'après un long travail ik par un tati bienexercé. La théorie embraffe peu d'objets : la pratiqueoffre des variétés infinies, qu il eft impofîibletête. Augmentez la preffion, & que la douleur a.llechercher l'animal dans l'endroit ou fa tête s eft arrêtée;de décrire.alors, pour éviter la fenfation douloureiile,il l'élèvera. Continuez de fentir le mors fur lesDes propriétés du Alors, de fa proportion avec lafenfibiiité des banes.barres ; la tête du cheval fe port era en arriéré : SiPuifque c'eft par la fenfation d'une douleur modifiée& dirigée à propos, que nous difpofons àfi vous ne ceffez il reculera jufqua ce qu'ayant fatiguéfes jarrets & fes reins, il faffe enfin unenotre gré les différentes parties du corps du du val,pointe, & finifle par fe renverfer.Dans touts les chevaux, le mors produiroit fuccefîivementces effets un peu plutôt, ou un peuil eft néceffaire d'avoir une machine qui fixe le fentimentà un endroit déterminé , afin que la nettete& la fimplicité des opérations produifent des effetsplus tard : ainfi, quelque doux qu'il foit, il ne peutprécis qu'on puiffe connoitre. C eft pour cela quefervir, feul, à l'équitation. Pour en tirer touteles écuyers fe fervent du mors tel que nous 1 avons,l'utilité poffible , il faut donc en modérer 1 aflion ,préférablement à&. la proportionner à la fenfibiiité ot aux forces dutouts les autres inftruments. Lesanciens, & peut-être encore bien des modernes,cheval-, il faut en outre, que l'animal connoifïeaccordoìent une grande propriété au mors : aufli enl'éperon, & qu'il fe porte en avant pour les jambes.Un cheval qui fe décide franchement pour lesont-ils fabriqué de bien des efpèces.^Pour moi, je crois que ce n'eft qu'un moyen fecondaire, & que les véritables propriétés du morsjambes de l'homme , ne fe défordonne point pourla preffion du mors. Il commence, à l'approche defe trouvent dans l'affiette , dans la main , dans lesla douleur, par ralentir fon allure : fi la preffjonjambes d'un bon écuyer. Pourvu que le mors pofçaugmente , il enlève fa tête, fon col, fes épaul?s,bien,


CHECHE 8ique les parties foient bien appropriées à la penfé d'entrer dans des définitions qu'il a très-biendonnées ;& on voit par fon ouvrage qu'il a uugrand talent pour la cavalerie.J'exhorte auiîi à lire ce que dit M. Bourgelat àl'article de la bouche » dans fon premier volume desElémentscCHypïatnque : il explique bien des choiesutiles à fçavoir. Je recommande en général, à ceuxqui ont du goût & du jugement, de ne point négliger-la leäure : un livre enfeigne ce qu'un autre n'apoint dit.De r appui du Mors.L'exercice modéré & donné felon les règles augmenteles forces de l'animal, comme les bonnesleçons augmentent fa foupleffe & fon adreffe. Dèsqu'il eft arrivé au point de ne plus peiner dans fontravail, d'obéir librement, & de fe foutenir toutfeul dans l'équilibre qui lui convient, le mors quilui avoit occafionné tant de fouffrances lui devientagréable, parce qu'il peut éviter la douleur enft ce qu'on defire fur-tout, obéiffant, & qu'il eft affez vigoureux pour pouvoirle faire. Alors le mors ne fait plus que pofer furles barres ; fon poids feul s'y fait fentir ; & il ne Igscomprime plus avec douleur. Tant que l'animal eftbien mené & fournis à des ordres raifonnables, «nebouche ainG formée, a un appui léger fur le mors,& la main du cavalier ne porte que le poids desrênes Î le moindre mouvement fuflit pour avertirle cheval qui obéir fans défordre. Tel eft ordinairementl'appui des chevaux de légère taille, &qui ont de la gentilleffe. Mais tout agréable qu'eftcet appui, il a l'incommodité d'exiger une grandeattention & une grande légèreté dans la main ducavalier , qui fans cela pourroit donner des à-conps qui nuiroient à la bouche. Ç'eft pourquoinous préférons un appui ferme & doux.Une bouche bonne & loyale ne s'étonne pointd'une preffion forte , pourvu qu'elle foit fuivie parprogreflion : mais elle ne fe rencontre que dans unbon cheval, & fur-tout dans celui qui eft bien raf.femblé. Le cavalier qui monte un cheval doué decette perfeflion , éprouve la même fenfation ques'il fepofoit fur du velours, il eft affeété agréablement; & le cheval qui a cet appui, quoique fenfibleàladouleur, n'en eft point atteint promptement,mais feulement par des à coups ou par de*contre-temps. Le cavalier pput afliirer la main , iln'a point de défordre à craindre ; au contraire lecheval ,1e raffemble très bien , & fe trouve pluseu force. Sa bouche écume; il caffè la noifette ,comme on d.it, & témoigne par la beauté de fourendent l'autre , & attitude qu'il fe plaît fous fon cavalier.Au contraire lorsque le cheval pèfe fur le mors,de forte que le cavalier ait peine à lui placer latête où il le defire , c'eft un appui ferme & dur. Sile cheval eft bon parki-même, on pourra le rendreplus léger, & avec le temps plus agréable. Maiss'il manque de reins & de jarrets, il fera toujourstrès-pefant & fans gentilleffe.Il y a peu de bouches auxquelles on ne donnEiuitation , E ferirne & Danjc tbienconformation de la bouche, & que fon effet nevarie point, je fuisperfuadé qu'un habile hommetirera parti de tout mors en l'employant à propos.Le mors le mieux ordonné ne communique pas l'artde bien affouplir le cheval, & de le placer dansdes attitudes qui ne répugnent point à la nature.Ainfi l'art d'emboucher le cheval eft vraiment celuide le dreffer.Il n'y a perfonne, pour peu qu'il foit verfé dansla cavalerie, qui ne connoiffe toutes les parties dumors ,& les procédés vulgairement employés pourl'ajufter. Il eft donc inutile d'entrer dans des détailsqu'on trouve par-tout ; j'y renvoie le letieur:je me contente de lui dire ici que, dès qu'il auratrouvé le point de fenfibilité de la bouche de foncheval, tout mors lui fera bon, pourvu qu'il fachetravailler proportionnellement à ceno fenfibilité.S'il n'excite pas de douleurs exceflives ,& s'il feconduit felon les bonnes règles, il donnera un belappui à fon cheval : ce& ce qui rend l'animal agréable à monter.Un bon cheval eft bien embouché avec touts lesmors qui ne fojit pas durs. Mais fi ou eft obligéd'avoir recours à un mors dur pour afleoir un chevaldont le fond de la bouche eft bon &fenfible,c'eft une preuve de la foibleffe de fes reins, & unavis de ne point excéder leur pouvoir.Je confeille cependant de proportionner la forcedu mors à la fenfibilité primitive de la bouche; carfi elle eft dure par elle-même, on ne réufliroit pasavec un mors doux. Ainfi, pour règle générale, ondoit regarder comme bafe de tout, la douleur modéréeque le mors excite fur les barres lorfqu'on lefait agir.L'ufage du bridon eft uni ver fei pour les jeuneschevaux. Comme fon appui n'eft point fixe, &qu'il porte fur les lèvres plus que fur les barres, il aun effet mo ins grand & plus proportionné au peude force & de foupleffe de ces jeunes animaux.Mais aufll il n'y a jamais d'appui ni d'affurauce dansles chevaux qui n'ont été dreffés qu'avec fon fecours.Certains cavaliers croient, en l'employantà touts propos, même avec de vieux,chevjuix, ménagerla bouche; Us fe trompent : en craignant dela gâter, ils ne la forment pas.On doit évite,r .fur-tout de fe fervir du mors & dubridon tout à-la-fois ; leurs effets font bien différents: ils fe contredirent même; carie bridon enlèvele bout du nez, & le mors,avec de l'appui,le fait baiffer. Les écuyers , qui s'en fcrve.nt, retiennentun temps de l'un , &ainfi alternativement. Mais je n'oferois approuverce travail : il vaut mieux employer l'un des deuxtout feul.Plufieurs a uteurs ont écrit fur l'embouchure ;celui de tous qui raifonne le plus conformémentau?; loix de la nature, eft M. le Baron de Sind. Onfera très-bien de le lire ; il dit beaucoup r?e choies®li ont échappé aux autres écrivams. ïlffl'ji dif-


.SiC H Ede l'appui, file cheval eft bon , pourvu qu'on lemette dans le degré d'équilibre qui lui convient.En dc-çà & en cle-là ue ce point, l'appui vrai &agréable n'exifte plus. Formez donc l'équilibre ducheval, & confirmez le dans les leçons d'une bonneécole , alors vous formerez fon appui.Il y a des hommes qui n'enfoncent jamais leurschevaux , & qui, ne les réduifant pas à l'obéiffancela plus exaâe , ne font , pour ainfi dire , qu'effleulerleurs fenfations. Ces fortes de chevaux n'ontjamais d'appui, 8c font toujours prêts à fe défendredès qu'on leur demande quelque chofe de nouveau.Ils n'ont qu'une petite routine , & point defouplefle ni d'aplomb: on ne fauroit les dire drelîés,ni dans la main. Sous prétexte de les ménager onne leur apprend rien.On doit s'attendre qu'on ne conduira le chevalà l'appui qui lui vient fous l'homme , que par ladouleur. Ainfi il faut fe réfoudre à lui en occafionner,en prenant les tempéraments néceflaires pourqu'il ne lé défefpére pas. On y parvient en relâchantfon travail dès qu'on s'apperçoit que la douleurdevient difficile à fupporter : infenfiblement &par degré on gagne le cheval bien plus furementque par un travail brufque Si forcé. En proportionnantl'effet du mors à la tenue de la main , audegré d'enlevé que le cheval peut fupporter , onlui dosnera de l'appui, pourvu qu'il n'y ait rien derude dans la main : car un à-coup qui exciteroit unedou'leur vive, détruiroit l'appui.Des flancs du cheval, & de leur fenßb'diti.Toute 15 peau de l'animal eft fenfible, mais ellel'eft bien davantage dans les endroits où elle eltplus mince, & où elle couvre des parties aponévrotiques.La peau des flancs eft ainfi conftituée ,& elle eft tellement fenfible dans certains chevaux, qu'ils ne peuvent fupporter l'approche d'aucunscorps étrangers , & qu'ils font touts leursefforts pour les repouffer. Cette fer.fibilité variede degré dans touts les fujets ; les maladies , la fatigue, amortiffent le fentiment, comme la fan té &la vigueur l'augmentent. En général, cette fenfibilitéeft bien moindre que celle de la bouche ; &on peut dire que le cheval ne fent point de douleur,à moins qu'on n'entame les téguments avecl'éperon. Si l'animal a quelquefois été pincé vigoureufement, la moindre approche d'un corpsétranger lui fait appréhender la douleur qu'il areffentie précédemment : fans cela il fuppone patiemmentce qui le touche. La répétition fréquentedu châtiment rend le cheval fi fenfible , qu'il devientdifficile à calmer : aufli a-t-on foin de le ménager.C'eft par le moyen des jambes & par leur approchedes flancs , que le cavalier fait naître cefentiment dans le cheval. La vivacité avec laquellel'homme le touche, & la fermeté plus ou moinsgrande de fes aides, produifent des fenfations différentes.Une jambe qui s'approche mollement fansC H Eaffurance & fans pofition , ne fait que chatouillerle cheval, elle l'inquiète & l'incommode ; alors ilne répond pas avec exadiinide & précifion à cequ'on lui demande. Ceux qui ont toujours lajambe molle 8c relâchée , viennent difficilement àbout d'enfoncer leurs chevaux & de les réduire àune obéill'ance compiette , parce que l'aide varie& eft elle-même incompiette. D'ailleurs avec detelles aides il eft à préfumer que l'homme n'a pasune grande fixité de pofidon. Ceux au contrairequi, avec le même vice dans leur attitude, laiffentéchapper par a-coup des jambes dures & maldirigées fur le flanc du cheval, le furprenanr parune fenfation & une douleur fubite, ne peuventcommuniquer aucune aide fuivie , & même fontrepouffés avec vivacité , parce qu'un corps trèsélaftiqueeft repouffé plus vivement qu'un autre ,s'il choque une mafie confidérable ; & affurémentla jambe roide de l'homme eft plus élaftique danscet état que lorsqu'elle eft molle.11 faut donc , pour produire des effets certains ,chercher un milieu entre la difpofition molle &,inadlive de la jambe , qui, en fe collant au corps ,s'applatit & n'a plus d'aâion à elle ,& la roideiirqui l'en éloigne à proportion qu'elle s'en approche.Pour cela , la cuiflé & la jambe doivent avoir acquis,par un long travail, une pofitio'n aÔurée ;cette affurance vient moins de l'aétion des mufclesqui touchent le cheval & font approcher les cuiftesl'une de l'autre , que de leur propre poids & d'uneattitude qui provienne d'une bonne affiette.La belle affiette, en fixant le bas du corps , laifleà l'homme la faculté d'employer fes jambes à foi*gré : alors fon goût & fes connoiffances le décident.Toutes ces aides qui fe donnent en étendantla cuiffe & la jambe , & en baiffant le talon , ßd'ailleurs la pofition eft bonne, ces aides , dis je ,font meilleures que celles qui proviennent d'unejambe fléchie & molle. Dans le premier cas, lajambe étant ferme fait céder le cheval qui, fentantune prefiion forte , craint le châtiment , & fuitavec promptitude 8c fans réfifter. D ans le fécondcas, il réfifte au co ntraire, parce qu'il n'eft touchéque par un corps mou , dont l'aéiion fe confondavec la réaétion , & ne lui fait rien craindre de fâcheux.Cherchez donc dans les mufcles de la jambe& de la cuiffe , un degré de tenfion qui foit tel quele cheval ne réagifîe pas contre , & qu'il cède àfon approche : fon obéiffance vous charmera alors.Arrivé une fois à cette manière de faire , vousgoûterez les vrais plaifirs de l'équitation. On parvientpar-là à donner au cheval une fenfibilité qu ife perfeélionne fmgulièrement , au point que lapreflion la plus légère de la cuiffe ou du genou eftfuffifante pour le faire agir.La jambe de 1 homme , employée feule, n'a quetrois effets. Par fon attouchement léger , elle faitentrer en contraétion les mufcles qu'elle a approchés, & elle accélère leur mouvement. La preffioudevenue un geu plus forte range un peu les haa.


C H Edies, ou plie le cheval s'il eft fouple. La preffionencore augmentée fait tourner la croupe & la jetteen dehors. Combinez ces aäions, faites-les fuccéderles unes aux autres ; mélangez-les avec le travailde la main & de l'affiette , &. vous aurez toutel'équitation.Si vous approchez les deux jambes bien égales ,vous accélérerez la marche de la croupe, en faifantcontradter vivement touts les mufcles du bas-ventre; & alors l'animal portera fes jambes fous leventre plus qu'auparavant. La main détermineraenfuite ce que l'animal fera; car celle-ci doit précéder& accompagner les aâtons des jambes.Touts les travaux de l'équitation dépendent dela combinaifon de ces quatre opérations , fur lefquellesnous nous étendrons plus amplement dansla deuxième partie de ce fécond livre , parce quela pratique fera connoitre , plus facilement que lathéorie, leur ufage & l'emploi qu'on en doit faire.De la bonru attitude des parties du chevd, démontréepar leur jlrufture anatomique.Le cheval ne fert réellement à l'homme qu'autantqu'il eft obéiffant à fes moindres ordres. Maispour cela il faut qu'il (bit fouple & difpos ; & il nele deviendra jamais fi on le met dans des attitudescontraires à fa conftruäion , ou dans lefquelles ilfoit gêné.L'attitude & l'aiïoupliffement du cheval dépendentl'une de l'autre & marchent enfemble. Par lechoix de la bonne attitude , nous le mettons enforce ; & par l'aflbupliftement , nous donnons àfes membres tout le degré de mouvement que lanature leur a accordé, mais qu'elle laiiTe à l'art &à l'induflrie à développer. Chaque articulation joueplus OU moins , felon la longueur ou la brièveté defes ligaments, ou bien encore felon le peu de jeudes mufcles que l'exercice n'a point encore développés, ou que la nature a mal conformés.En cherchant à développer ces mouvements , ondoit craindre de difloquer les membres. Celt cequi arriveroit certainement fi o n vouloir étendreleur jeu avant que d'avoir placé le cheval. Ceuxqui trottent vivement les jeunes chevaux avantque de les avoir difpofés par la bonne attitude ,les ruinent & les énervent en peu de temps. Ceuxau contraire qui ne preffent leur allure qu'en raifonde leurs forces Se de leur équilibre, parviennent àles dreffer, à les rendre agréables , & à conferverleurs membres bien fains. Il eft vrai que cela n'eftpoint ai fé , & que c'eft le fruit d'un taâ bien sûr& des connoiflances les plus certaines. La bonneattitude eft déterminée par la conftruétion & lerapport des membres du cheval entre eux ; & l'affoupliffementeft fondé fur Vufage fuivi qu'il faitde toutes fes articulations , felon les loix de leurjnéchanifme.Les détails que nous avons donnés fur les alluresdu cheval, fournirent des motifs qui règlentle travail. Notre but aâuel eft de démontrer que laC Pi E 83nature bien en tendue nous fert toujours de guide ,& que nous la confultons plutôt que le caprice &la fantaifie.Celui qui conno» & emploie les attitudes convenablesau cheval, qui fait lui faire exécuter toutsles mouvements poffibles dans toute leur étendue ,& qui ajoute à cela la grace dans fon attitude &dans celle qu'il donne à-l'anima!, eft véritablementun homme de cheval. Mais s'il n'a que del'habitude, un travail embrouillé & peu réfléchi ,s'il ne s'occupe qu'à faire des chofes extraordinaires& éloignées de cette belle fimplicité de la nature ,il ne mérite certainement pas ce titre. Le vrai talentconfide à faire de belles chofes , mais avecdifeernement & avec raifon : celui donc qui, pourquelques beaux inftants propres à furprendre desfpeélateurs peu inftruits , facnfiera les forces & labonne volonté du cheval, bien loin d'acquérir dela réputation , la perdra dans l'efprit des vrais connoiffeurs.Du CHEVAL. ( DE E OH AN ).Jettons un coup-d'œil fur l'efpèce & la quantitédes chevaux qu'on vient offrir aux écoles & deftinerau fervice. Ce ne font plus ces poulains fiers ,gais & vigoureux élèves de ia nature , ce font desanimaux lâches , trifles , mous & défigurés, portantdéjà toutes les marques de la domefticité , &le plus fouvent même mutilés par la cruelle ignorancede leur maître.On oublie que l'éducation de nos haras doit imitercelle de la nature ; on y méprife fes lois fi (impies& fi fûres, pour recourir à des méthodes confacrée s par une antique ignorance, ou plus malheureufementencore par les frivoles raifonnementsde l'art conjeSural de l'hypiatrique. Auffi ,que de fujets tarés , que de poulains déprifés forteiltde ces établiffements élevés à grands frais.L'homme aura beau raifonner, tant qu'il chercheraà corriger la nature au lieu de l'écouter , de la fuivre& l'aider, il fera dans le chemin de l'erreur.Non-feulement nous fommes en faute enversla nature dès la copulation du mâle & de la femelle,mais même avant, par le choix que nousfaifons des pères & des mères dont on veut tirerde la race. La figure & la taille de l'étalon fontles deux feuls objets qui nous occupent. L âge eft:compté pour rien ; il fuffit qu'il puiffe feryir pourqu'on n'y fafle aucune attention ; fes qualités , favigueur , fon épuifement, toutes ces chofes nefont point remarquées ; elles font pourtant pluseffentielles que la figure , car nous rencontrons achaque pas de beaux & mauvais chevaux ; mais jeveux que l'étalon foit bien choifi, qu'il ait toute lavigueur & les qualités requifes, le fervice du harasen fera indubitablement en deux ans un fort mauvaischeval, qui ne produira plus qu'une quantitéde roffes. Pour entretenir cette vigueur, qui doitêtre tranfmife à fa race , il faut que le cheval mèneune vie qui la lui con ferve, le travail lui eft parti-


S* CH ECLihèrement néceflaìre ; cependant, dans to ni S nosharas , il n'en fait point, car on ne peut corner cesera à quelques tours qu'on lui fait faire un e foisou deux par femaine au bout d'une longe & fansêtre monté; le cheval ainfi gouverné peut à juftetitre perdre le nom de cheval, car il n'en a plus lesqualités, pour prendre celui d'étalon ; aufli le degréde leur valeur eft-il toujours mefuré par la quantitéde juments qu'ils font en état de faillir chaquefaifon , 8c par la promptitude avec laquelle ils ferventles juments qu'on leur préfente. Echauffé parles aliments , provoqué par les juments qu'on metauprès d'eux , ls i femblent acquérir touts les joursplus de qualités pour la génération , mais l'art eftici en défaut , la na ture eft toujours la même , elleperd indubitablement en qualité ce qu'elle paroitgagner en quantité.Les anglois , plus amateurs & plus vrais connoiffeursque nous en chevaux , nous donnent à cetégard un exemple qui devroit pourtant nous frapper;ils recherchent avec grand foin les étalonsqui fe font diftingués dans les courfes , ils achettentà dès prix extraordinaires la permiflion defaire faillir de bonnes juments par ces chevaux ;auifi rarement l'effet trompe-r-il leur attente ; fi lepoulain arrive à l'âge de cinq ans fans accident, illeur regagne ordinairement bien au-delà de ce qu'ilcoûte. Il eft indubitable que les qualités fe perpétuent, elles devroient donc déterminer dans lechoix des pères.On eft encore moins délicat fur les mères ;pourvu qu'elles aient un bon coffre, c'eft à-peuprèsla feule qualité qu'on recherche , foient-ellesvicieufes, tarées, lâches 8c molles , eftropiéesmême ; c'eft au haras qu'on les relègue ; il eft rare«l'y voir des juments qui n'y aient pas été envoyéespour quelqu'une de ces caufes : on les fait f ervirpar un étalon frais, ou fatigué, pourvu qu'ellesretiennent, c'eft tout ce qu'on demande. Pendantle temps de la portée , il n'eft point queftion del'exercice de la jument, enchaînée dans une écuriequelquefois trois mois de fuite , d'autres fois tonrmsnréepar un travail qui l'échauffé , fouvent malnourrie ; enfin elle met bas , & donne prefquetoujours un poulain qu i n'a pas même la figure defon père. Ces animaux- ne font pas plutôt nés ,qu'on leur circonferir un terrain, dont les bornesétroites ne permettent pas à leurs corps & à leursmembres de faire de l'exercice & de fe développer; c'eft ordinairement le cercle iufte qnieft abfôhunentnéccffaire à la nourrifure de la mère, nourrituremal faine , par cela même qu'elle eft renferméedans un trop petit efpace, qui ire lur permetpis de la choifir.C'eft dans ce régime de vie qu'on entretient lepoulain , jufqu'à ce que, quittant la mamelle, on!e fépare , on l'enchaîne à l'écurie ; oir, s'il reftedehors, des cordes, des chaînes même, lui lientles jambes, de peur qu'il ne les exerce ; c'eft peuencore de s'oppofer au développement de la na-C H Eture , it faut que la plus cruelle des opérationsvienne l'étouffer : à dix-huit mois on coupe le poulain, c'eft le détruire avant qu'il foit né : auiïi,dès cet inftant, porte-t-il touts les fignes de lafoibleffe qu'il confervera pendant fa Vre , l'encolureceffe de groftir , les mufcles ne prennentpoint ces formes quarrées 8c deflinées qui annoncentla vigueur du mâle, les poils f ont longs , ilen refte beaucoup aux jambes, les crins , au lieude devenir liffes , brillants & ondulés , reffemblentàdes étoupes : enfin , l'âge de le vendre arrive, & on nous amène cas brigues défigurées pournous remonter. Ne reviendrons • nous jamais decette ancienne & bizarre méthode européenne , dehongrer les chevaux, & de détruire ainfi la moitiéde leur force & de leur courage ? L'exp érience a.beau nous démontrer tous les jours qu'il n'y a queles chevaux entiers capables de faire ces travauxexceffifsdu roulage des poftes , des rivières , Sic. -pour le métier de la guerre, qui ne demande pasmoins de force & de réfiftance , nous ne nous fervonsque de chevaux hongres , parce que d'ancienspréjugés nous font fuivre une ancienne routine: que d'accidents, dit-on , il arriveroit ? maisen Perfe, mais en Arabie, où ce barbare ufage eft"inconnu & plus près de nous encore , la cavalerieEfpagnole, comment fait-elle? fes chevaux font-ilsd'un autre acabit que les nôtres, font-ils moins propresà la génération ? cependant on les contient „on les maîtrife , & il n'y a pas plus d'accidents ,pas plus de jambes caffées enEfpagne qu'en France»Mais, pour prouver qu'il y a fur cet objet autantde préjugés que de raifon, il y a vingt ans qu'orçn'auroit pas ofé, dans Paris, atteler fon carroffe dechevaux entiers , on difoit aufli, que de rifques àcourir fi on rencontre des juments ? aujourd hur iln'y a point de femme qui ne monte avec fécuritçdans un carroffe attelé de chevaux entiers; & pointde cocher qui ne fe range dans une cour d'hôtelou de fpe&acle avec confiance , à fon tour , 8cfans s'embarrafîer ft la voiture qui l'avoifme eftattelée de juments. Ne voit on pas chez le roi, Sedans toutes les académies , ces chevaux les uns àcôté des autres , tranquilles dans les rangs on- files des reprifes de manège, quoiqu'ils foient lestrois quarts du temps montés par des en fans cyclesjeunes gens, qui n'ont nulle habitude deschevaux. Quelle objection rcftera-t-il donc à faire ?Les troupes voyagent & rencontrent des juments.Je répons. En vous fervant de chevaux entiers ,vous multiplierez bientôt l'efpèce , & la confommationdeviendioit moindre, parce qu'ils réfîfteroientdavantage à la fatigue. Les juments feroientprefque toutes" réléguées chez le cultivateur oudans les haras. D'ailleurs, les Efpagnols ne voyagentils pas ? les rouliers ne paffent-ils pas leurviefur les grands chemins & dans les auberges s;& ne rencontrent-ils jamais de juments ?Tel eft l'empire de l'habitude, que les reformes&u les projets les plus fimples Si les plus utiles font


- • .C H Edédaignîs ou tournés en ridicule. Avant le maréchalde Saxe, on croyoit impofiible de faire marcherl'infanterie enfemble & alignée ; on faifoitbattre des marches qui ne fervoient qu'à faire dubruit & à s'étourdir. Il fut le premier qui dit qu'ilfalloit la faire marcher en cadence ; cela étoit Cineuf, qu'il prévint qu'il paroîtroit extr avagant enfaifant une pareille propofition : il en eft de même,je paroîtrai peut-être extravagant, mais j'opineraipour que la cavalerie foit montée fur des chevauxentiers , qu'elle foit exercée touts les jours, qu'elleentreprenne des marches qu'on appelle aujourd'huiforcées ; & qu'on l'habitue à paffer les plus mauvaispas, & même à fauter & à franchir des obftaclesqui l'arrêtent aäuellement.Mais revenons aux caufes f écondés de la foibleffede notre cavalerie : le cheval , livré à l'écuyer, ne tombe que trop fouvent entre desmains barbares , qui achèvent fa deftruflion ; riende fi dangereux qu'un artifte ignorant. Il fe trompeavec méthode , & s'égare avec entêtement ; telleeft une grande partie des gens qui font le métierde drefier des chevaux ; incapables , pour la plupart, de donner des définitions juftes de s opérationsles plus Amples de l'art qu'ils veulent profefler.Qu'on ouvre nos traités d'équitation , & onverra par-tout la nature forcée & contredite ; quede milliers de chevaux eftropiés & ufés , avant d'entrouver un capable d'exécuter les tours de forceque nous ont donnés MM. de Neucaftle , la Guériniêre,&c, fous les noms baroques de pjffadts ,terre-à-terre , pefades , rné^air, ballot ade , pas & lefaut, falcades , répolon , &c. Cef t de ce jargon minutieuxdont je p rétemls fur-tout me préferverdans mon école; les chevaux ne connoîtront pointd'allures artificielles , & j'appliquerai toutes les reffourcesde l'art à perfedionner celles que la natureleura données,Afin que rien ne nous échape , & pouf fuivrela même marche dans cette feconde partie que dansla première, nous fuppofcrons un cheval à dreffer,& qui fera cenfé être enrre les mains d'un hommeje cheval, duquel nous décrirons la açon de feconduire , pour parvenir furement à fon but.Vart de dnjjlr les chevaux.Nous avons dit qu'on appelle cheval drejfé, oumis, celui qui connoît les intentions du cavalier aumoindre mouvement, & y répond auffitôt avecjufteffe , force & légèreté.L'aâion méchanique des bras & des jambes del'écuyer, fur un cheval, n'eft pas fuffifante pour ledreffer & lui donner légùreté, fageffe & force. Ilfaut que plufieurs foins raifonnes concourent à cebut. Suppofons un cheval entier, fain , fort óv. vigoureux,tel qu'il en fort encore rif-s haras d Efpagne,ou des forée des Pyrénées. Ce n'eft quepar degrés qu'il faut le faire paffer au nouveaugenre de vie auquel il elt d eftiné: accoutumé jufquà l'âge de quatre ans & demi, cinq ans, à la€ H E S,liberté des prairies , c'eft prefque toujours avecdèfefpoir qu 'il fe voit enchainé dans une écurie ;l'inaäion où il fe trouve , le changement fubit defes aliments, doivent opérer une révolution dansfa nature, dans fon humeur & dans fes forces: ilfaut donc éviter les inconvénients qui doivent naturellements'en fuivre. Il reçoit les premières leçonsde fageffe & de douceur du palfrenier auxfoins duquel il eft confié : c'eft à l'écurie où ondoit le préparer aux leçons du manège ; l in'eft pasindifférent qu'il foit confié aux foins d'un hommedoux, ou brutal ; tout ce qui peut entretenir lafanté & la vigueur du cheval, tel que le panfage ,la nourriture réglée, &c. doit être pratiqué avecune exaäitude fcrupuleufe ; il ne fuffit pas queceux qui ont foin des chevaux les aiment, il fautqu'ils foient forts , adroits, & accoutumés à lesmanier fans les craindre ; car on les rend vicieuxpar timidité & par raal-adreffe aufiï fouveut quepar brutalité : je m'arrête fur toutes ces recommandations, quelques minutieufes qu'elles puiffent paroitre, parce que l'expérience m'a appris combienelles étoient effentielles , & que, remontant auxcaufes des vices qu'on rencontre (i communémentdans les chevaux, j'ai trouvé qu'ils provenoieotfouvent de foins mal entendus, & mal donnés ;c'eft une raifon pour ne jamais donner un chevalneuf à un recrue.Autant il y a de principes différents pour êtreplacé à cheval, autant il y a de méthodes différentespour dreffer les chevaux, mais il en eft uneatifli, la meilleure de toutes , ce fera celle qui, parles principes les plus fimples, s'écartera le moinsde la nature. D'après ces méthodes , multipliées.prefqu'autant que les maîtres, il n'eft pas étonnantde voir un cheval bien mené par un écuyer. Sifort mal par un autre , qui quelquefois eft plusfavant. 11 eft certain , par exemple , que fi on accoutumeun cheval à tourner à droite par la rênegauche, & à gauche par la rêne droite , comme leveut M, Bourgelat, & qu'un autre écuyer exige dece cheval de tourner à droite par la rêne droite,& à gauche par la rêne gauche, ce dernier trouveranéceffairement l'animal rétif, & il foutiendr aqu'il ne fait rien , quoiqu'il foit fort inftruit à obéirà un autre lignai. Les chevaux s'habituent à la leçonqu'on leur donne; un homme de cheval faitpartir fon cheval avec fes jambes , l'arrête avecfes mains, & un poftillon fait partir fon chevalavec les mains.Le cheval s'habitue au cavalier qui le monte; ils'accoutume même à fa fauffe poflure , voila d'oùvient qu'on voit fouvent un homme mal a cheval 9bien mener.Un cheval bien mis doit erre mené par touthomme droit à cheval, & qui fait fe fervir de fes& de fes jambes.Nou> allons montrer que la pofttion que nousavons donnée au cavalier, la plus commode pourlui, a encore l'avantage d'être la plus favorable à


86 C H EVanirla! , c'eft à-dire , celle dans laquelle le fardeaude l'homme lui eft le moins incommode, &lui biffe par conféquent le plus d'ufage de fes forces& de liberté pour agir. \Mettons un cheval en liberté , & examinonsfes mouvements &. fes allures, la nature une foisconnue , nous fervira de loi.Du mouvement 6* de la marche du cheval.Il eft néceffaire de connoitre les différents mouvementsd'un corps , dont tout notre art fe borne àfaire mouvoir lés refforts avec jufteffe ; examinonsdans fes jeux les plus (impies les loix les plus exactesde la méchanique.On peut confidérer le corps du cheval commeune machine foutenue par quatre colonnes , dontle centre de pefanteur tombe toujours dans leurmilieu proportionnel. Dans l'état de repos , lepoids du corps de l'animal doit être réparti égalementfur les quatre colonnes , & ce ft an fil ce quej'appelle un cheval raffemblé. D ans 1 état de mouvement, le poids d e l'animal eft foutemi par le scolonnes qui fe trouvent pofées à terre. 11 eft donccftentiel que le centre de pefanteur du cavalier fetrouve perpendiculaire fur celui du cheval, parcequ'alors , ces deux poids n'en formant plus qu'un ,il fe répartit proportionnellement fur les jambesdu cheval, & le gêne le moins poffible.On a toujours regardé les quatre colonnes decette machine, ou les quatre jambes du cheval ,comme le principe du mouvement ; comme dansla marche de {l'homme , on a prétendu que lesjambes commençoient à fe porter en avant, &que le corps venoit enfuite fe repofer deffus lorfqu'ellesétoient à terre.Heureufement la méchanique , (cience démonftrative,& confultée trop tard , nous a fait vo irnotre erreur ; on eft convaincu aujourd'hui qu'unpetit poids ne peut en attirer un gros , mais qu'aucontraire , il eft naturel qu'un gros en attire unpetit. En recherchant d'ailleurs le principe du mouvementdes corps , on av u qu'il étoit dans le centrede gravité.Il eft même étonnant que, fans la méchanique ,on ne fe (bit pas apperçu du mouvement naturelde la marche ; il n'y a qu'à voir un homme marcheravec vîtelTe , ou courir, on s'appercevra bienque c'eft fon corps qui entame le chemin , & qu'ildépafle de beaucoup fes jambes , qui paroiffent nefaire que fuivre , & qui ne font effediivement quevenir fouténir le corps pendant qu'il chemine.Pourquoi voit-on quelquefois un homme tomberen courant ? c'eft parce que fes jambes n'ont pasaflez de vivacité p our venir (butenir fon corps ,qui part toujours le premier.Examinez bien le cheval en repos & d'aplomb ,& excitez-le doucement à fe porter en avant, ayezles yeux fur l'avant-maiti, vous la verrez d'abordfe mouvoir ; puis , comme fi elle entrainoit lesjambes, vous les verrez venir fe pofer fous leC H Echeval, & ce fera le chemin plus ou moins confidérablequ'il aura fait de fon corps, qui déterminerala jambe à fe porter plus ou moins en avant.Voilà le véritable principe du mouvement : c'efttoujours par leur centre de gravité que les corps femeuvent, & lorfqu'on veut mouvoir un corps ,c'eft toujours fur le centre de gravité qu'il faut appliquerles forces. Quelqtfextraordinaire que ceprincipe puiffe paroître d'abord à ceux qui étoientaccoutumés à croire que les jambes mettoient lecorps en mouvement , & le faifoient primitivementmarcher, pour peu qu'ils réfléchirent, &qu'ils faffent attention à ce que l'expérience leurdémontre fans ceflé, ils s'appercevront bientôt deleur erreur.Tout mouvement doit avoir un objet: fi le chevalchemine, c'eft pour fe tranfporter d'un endroitdans un autre, & fi le cavalier l'y excite , c'eftpour arriverà fon but : c'eft le mouvement que lecheval fait pour fe tranfporter d'un endroit dansun autre qu'on nomme marche.D'après l'objet de la marche , on voit de quellefaçon elle doit s'exécuter: nous favons que le pluscourt chemin d'un point à un autre eft la lign edroite , & que le mouvement le plus naturel à uncorps qui a reçu une impulfion , c'eil de fe mouvoiruniformément, & dans la direélion de laforce qui l'y a mis.Dans la marche , le corps de l'animal doit doncfe mouvoir diredtemem , c'eft-à-dire , toujours enligne droite ; c'eft auili celui dont les jambes s'écartentle moins de cette direélion qui marche lemieux.Ne confiderons dans touts les mouvements quele point pris pour centre de pefanteur ; le centrede pefanteur ou de gravité , mis en mouvement ,ne peut fe mouvoir qu'à une certaine portée , à lamême hauteur & fans fe baiffer; & lorfqu'il y eftparvenu, c'eft le terme du foutien que les jambespeuvent lui donner fans bouger ; pour lors , ellesfont obligées de changer de place, & venir reprendrefous lui la même pofition qu'elles avoient avant,afin de lui renouveller la facilité de recommencerfon mouvement ; c'eft ainfi que fe meut & continuede fe mouvoir l'animal, dont touts les mouvementsfont tellement fuivis les uns des autres, quel'œil le plus attentif ne les diflingue qu'avec peine ;ces mouvements fucceflifs , du centre de pefa nteur& des jambes, doivent avoir un accord & une fucceffionparfaite, fans lefquels le cheval ne (croitplus d'à-plomb , & courroit rifque de tomber.Il eft néceffaire fur-tout que les jambes ne feralenti (Tent pas, qu'elles aient toujours la mêmegradation de vite (Te que le corps, ou le centre degravité, & qu'elles travaillent toujours par le pluscourt chemin.C'eft au cavalier habile , à compaffer les mouvementsde fa main qui doivent rallentir la maffe ,& la quantité des aides qui doivent accélérer l'actiondes jambes ; car s'il n 'a pas le - fentiment de


CHEcette exafle compenfation , qu'on appelle l'accordties mains & d?s jam bes , il lui eft impolMble de mettreun cheval d a-plomb & de le ralïembler ; c'eftà-dire, de mettre le poids du corps du cheval furle milieu proportionnel des jambes pofant à terre.D'après ce principe du mouvement, bien reconnu, continuons à confiderei- le cheval commeune m affé , dont le centre de gravité doit toujourstomber dans le milieu proportionnel des jambes ,qui pofent à terre ; & toutes nos opérations nes'executeront que fur ce centre de gravité , quenous chercherons à mouvoir avec juftefle & fureté.Le cheval a différentes manières de fe mouvoiravec plus ou moins de célérité, ce qui le rend fufceptible de différentes allures ; il en a trois', ditesallures naturelles, fçavoir, le pas , le trot & le galop.J'appelle ces allures naturelles , pour les diftinguerd'avec d'autres que les chevaux n'ont jamaisnaturellement, mais qu'ils p rennent quelquefois,par la manière donjon les mène, telles que l'amble,U haut pas , le traquenard, &c. Dans ces allures factices, le cheval a moins d'aplomb , & n'eft point enforce ; auffi s'ufe-t-il infiniment plutôt. 11 eft cependantdes Bidets en Bretagne & en Normandie, qu'onappelle chevaux d'allures, quifont beaucoup de cheminavec ces manières de marcher. Mais ces chevauxiont rares, & il fau t qu'ils foient excellents po urfoutenir ce train , dont nous ne parlerons pas davantage, puifqu'il n'eft connu que des chevaux depayfans, qui ne changeront certainement pas l eurufage , & qui auroient même tort de le changer ,puilque ces chevaux font fort eftimés parmi eux.Du Pas.Le pas eft de toutes les allures du cheval la pluslente, & celle qu'il peut foutenir le plus longtempsde fuite ; dans cette allure, il n'a qu'une jambe enl'air , à la fois , & leur mouvement fe fuccède diagonalement;je m'explique , la mafie du cheval,une fois en mouvement, ne pourroit plus fe foutenirfi elle n'étoit fecourue : une jambe de de vant,la droite par exemple {fig. i.) fe lève ,& va fe poferen avant, & perpendiculairement au-deffousde l'épaule droite ; en même-temps que le pied droitde devant fe pofe à terre, le pied gauche de derrièrefe lève , & fe trouve tout-à-fait levé, au momentque le droit de devant eft tout-à-fait pofé ; lepied gauche de derrière , une fois en 1 air, va fepofer en avant, plus ou moins, de façon qu'ilpuiffe donner un jufte fupport au centre de gravitédu cheval ; en même-temps que le pied gauchede derrière fe pofe, le pied gauche de devantfe lève, de façon que ce pied fe trouve tout-àfaiten l'air, en même temps que l'autre efttouta-fairpofé ; il va de même fe pofer en avant & perpendiculairementau-deflbus de Vepaule ; lorlqu'ilpofe à terre , le droit de derrière fe lève, & va feporter comme le gauche de derrière, affez en avantpour aider à foutenir le centre de gravité ; puis ,lorfqu'il le pofe, le droit de devant fe lève, &CH E 87ainfi fe reperpétuent fans ceffe ces quatre mouvements, qui font très fuivis, & doivent être trèségauxentr'eux , la maße devant toujours cheminer.On voit par ce détail , que, dans le pas , lam affé de l'animal, ou fon centre de gravité , n'eftjamais foutenu que par trois jambes , fur lefquellesil fe meut continuellement, que fes jambes fe lèvent& changent entr'elles, en proportion de lavîteffe de la mafie. On voit auffi qu e le mouvementdes jambes fe fuccède diagonalement, c'eftla feule manière dont le cheval puife confei v r fafolidité ; puifqu'une jambe doit être déchargée ,avant que celle qui eft en l'air foit tout-à-fait pofée,les deux points d'appui qui retient, étant dans ladiagonale , font dans la pofition la plus forte & laplus favorable pour foutenir la malìe.Le pas a différents degrés de foutien & de vîteffe ;il eft plus ou moins écoulé & allongé ; nous auronsoccafion d'en reparler dans nos leçons où cette allurefera regardée comme la plus avamageufe , 6ccelle dont un habile maître doit fe fervir pour finir& perfeäionner un cheval ; je veux dire pour luidonner la fin effe de la bouche & des jambes. Lefameux M. de Luberfac ne fe fervoit que du paspour dreffer fes chevaux , il s'en emparoit fnôtqu'ils croient ce qu'on appelle détourés ; il l esmontoit pendant dix huit mois , ou deux ans , toujoursau pas , & qu^pd , au bout de ce temps, illes mettoit fous fes plus forts écoliers , ils étoienttouts étonnés de trouver à ces chevaux le paffagele plus cadencé & la galopade la plus écoutée & laplus jufte.Du Trot.L'allure du trot eft beaucoup plus vive que celledu pas ; elle en tire fon origine : fi on hâte le chevalau pas , on voit difliaêlement fes mufcles d orfaux& lombaires fe raccourcir, les angles de l'arrière-mains'ouvrir avec force, & la maffe fe porteren avant avec beaucoup plus de célérité, les jambesdu cheval s'enlèvent auffi avec beaucoup plusd'aSion, pour venir au fe cours de cette mafie , &la fupporter. Auffi l'expérience nous fait-elle voir ,que nombre de chevaux pareffeux bronchent au pas,& fe foutiennent très-bien au trot.Le mouvement fucceffif des quatre jambes nepourroit être affez prompt pour le foutien de lamaffe ; auffi le cheval a t-il deux jambes en l'air ,& deux à terre , qui, étant placées diagonalement,fnflifent p our foutenir la machine en équilibre ,pendant que les deux autres cheminent, & fe relèventmutuellement. Dans l'amble, les deux jambesdu même côté forment un bipède ; pendant quel'un eft l'air, la machine eft vifiblement en dangerde tomber ; car il faut, pour que le cheval puiffemarcher, qu'à l'inflant, par exemple , où le bipèdedroit eft en l'air, tout le poids de fon corps fa fiaun mouvement à gauche pour fe mettre en équilibréfur le bipède gauche 1 , puifque, lorfque le bipedegauche fe lève,il faut que le poids du corps fe jettetur le droit. ( h ig. 2. Le bercement, dans cette al-


88 CHElure, eft contraire au premier principe du mouvement, qui eft, qu'un corps y étant mis doit fe mouvoiren ligne direte, & uniformément a l'impulfionqu'il a reçue. Si quelques corps étrangers viennentàrencontrer les jambes & à occafionner un bercementun peu plus confidérable, le cheval tombe du côtédu dehors, où il n'a rien qui le foutienne ; cette al-Inre doit donc être rejettée, & regardée commefaufle & pernicieufe. Dans le trot, les quatre jambesforment deux bipèdes, fçavoir, la jambe droite gauches dépaflent les jambes droites. ( Fig, 5 ).Un cheval galope à gauche quand les jambesde devant, & la jambe gauche de derrière, l'un ; Un cheval galope faux, quand, marchant à& la jambe gauche de devant & la jambe droite de droite, il galope fur les pieds ga uches, ou que,derrière , l'autre.marchant à gauche, il galope fur les pieds droits.C'eft fur ces deux bipèdes que fe meut continuellementle centre de gravité, qui chemine toujours deux jambes du même côté, qui dépaflent les deuxUn cheval eft défuni quand ce ne font pas lesen ligne droite. ( Fig. 3 ).autres, c'cft-à-dire, quand il galope fur le piedCette allure eu très-vive, & embrafle beaucoup droit de devant & fur le gauche de derrière, ou finiepied gauche de devant, & fur le pied droit de der­de terrein; lorfqu'elle eft allongée , touts les mufclesy font dans un grand jeu , c'eft ce qui la fait rière {Fig. 6 & 7 ) ; dans ce cas, le cheval n'eft pasregarder comme très-propre à aflbuplir & fortifierles jeunes chevaux. Par la pofition des bipèdes, lecorps de l'animal y conferve aifément fon à-plomb;c'eft ce qui la rend aulîi moins fatiguante pour lui.Il me re/ie beaucoup de chofes à dire fur cette allure, mais j'aurai cccafion d'y revenir dans les leçonsqui fuivront, & alors je ferai plus à mêmed'être entendu.Du Galop.Le cheval an pas n'a q u'une jambe en l'air ; autrot, il en a deux en l'air & deux à terre : au galop,il eli un inftant où les quatre font en l'air,c'eft pourquoi cette allure peut être confidéréecomme une répétition de fauts en avant, qui s'opèrent,non-feulement par l'aflion des mufclesdorfaux & lombaires, mais encore par l'ouverturedes angles de l'arrière-main , ou le chaffé des partiespoftérieures , qui, à chaque temps de galop,fe rapprochent plus ou moins de la ligne verticaledu centre de gravité, & enlèvent plus ou moinslajmaffe ;'cette allure eft très-fatiguante pour le che-Val, & fon ufage t rop fréquent ruine la machineentière, les jarrets fur-tout en fouffrent infiniment,fi le cavalier n'a pas ce ta61 qui forme l'accord desmains & des jambes ; il eft clair, par exemple,que fi dans l'inflant où les angles des parties dederrière s'ouvrent pour chaiTer la mafle , & le cavalierforme un temps d'arrêt, il rejette le poidsdu corps de l'animal fur des parties qui ne peuventle fupportçr , & qu'il force & ruine indubitablementles jarrets de fon cheval ; ceci bien reconnu ,il ed aifé de voir combien le galop eft pernicieux àune troupe ; puifque , dans l'efcadron , le çavaliertft obligé de régler le travail de fa main fur lescommandements qui lui font faits , ou pour entretenirfon alignement, & que ces temps d'arrêt nepeuvent prefque jamais s'accorder avec l'allure dpfon cheval.Quand le cheval marche à droite , il doit galoperfur les janjbes droites , Se. quand il marche àC H Egauche, fur les jambes gauches ; quand on mènéun cheval droit devant lui, en plaine ou ailleurs ,ce doit être alternativement & également fur lesdeux jambes.Un cheval galope fur les pieds ou jambes droites, quand la jambe droite de devant, & la jambedroite de derrière dépaflent les jambes gauches.d'aplomb & court un rifque évident de tomber.Il eft eflentiel q u'un cavalier connoifle parfaitementtoutes ces aétions dans les différentes alluresdu cheval, & après l'avoir vu , il faut monter àpoil pour chercher à fentir fous fa partie mobiletout ce que l'œil nous a fait appeteevoir ; fans ctaft, jamais de fineffe.CHEVALER fe dit de l'aSion du cheval quipaflège fur les voltes ; & c'eft lorfqu'en paflageantau pas ou au trot, fa jambe de dehors de devai tcroife , ou enjambe à touts les féconds temps furl'autre jambe de devant.CHEVAUCHER. Ce terme, pour dire aller àcheval, eft hors d'ufage ; mais il eft encore ufitéparmi les écuyers , pour expliquer la manière defe mettre fur les étriers. Chevaucher court, chevaucherlong , à l'angloife, à la turque, &c.CHEVESTRE eft un vieux mot quifignifioitlelicol d'un cheval. Le mot, s cncheveßrcr, fe dit encore.CHEVILLE. Cheval qui n'eft propre qu'à mettreen cheville ; cheval qui n'eft propre qu'à tirer& à être mis devant un limonier.CLAMPONNIER, ou Claponnier. C'eft un chevallong-jointé , c'eft-à-dire qui a les paturonslongs, effilés & trop pliants.CLAPONNIER. FOYE^ CL AMPONNIER.CŒUR. Cheval de deux coeurs , eft celui qui nemanie que par contrainte , qui n'obéit pas volontiersaux aides du cavalier, Ces chevaux tiennentquelque chofe dgs ramingues.CONDUIRE fon cheval étroit ou large : étroit,fienifie le mener en s'approchant du centre du manege; & Ijrge, en s'approchant des murailles.CONFIRMER un cheval, c'eft achever de ledrefler aux airs de manège.CONNOITRE les éperons, les jambes, les talons,la brjde, &c. ; c'eft, de la part du cheval,fentir avec juftefle c e que le cavalier demandelotfqu'il approche les éperons, les jambes QU lestalons, qu'il tire ou rend la bride.CONTRE-POIDS


C O NCONTRE P02DS fe dir d e la liberté d'affiettedu corps que garde le cavalier, pour demeurer toujoursdans le milieu de la Ielle , fans pencher decôté ni d'autre , également fur les deux étriers ,quelque mouvement que fafîe le cheval pour luidonner les aides à propos. Un Cavalier doit fi biengarder le contre-poids, qu'il foit toujours préparécontre les furprifes & les défordres du cheval.CONTRE-TEMPS. C'ert une mefureou cadenceinterrompue en maniant, foit par la malice du cheval, foit par le peu de foin du cavalier qui le monte, comme lorfque le cheval continue des ruades,au lieu qu'il devoir lever le devant. On dit : cecheval a rompu la juflef le & la mefure de fon manège, a interrompu la cadence par deux contretemps, & le cavalier par les aides du talon , a malfécondé les aides de la bride.CORNU. Un cheval cornu , efl ce lui dont lesos des hanches s'élèvent aufli haut que le haut deJa croupe.CORPS. Un cheval qui a du corps efl celui quia beaucoup de boyau , beaucoup de flanc, qui a lescôtes bien tournées, amples & longues. Ce chevaln a point de corps, n'a point de ventre , deflanc , c'eft-à-dire , qu'il a les côtes refferrées , oucourtes , ou plates , & le flanc recourbé , ce qui luirend le corps efflanqué comme à un levrier. Onméprife pour le carroffe, les chevaux qui n'ontpoint de corps; mais un chafleur n'en efl pas pourcela plus méprifable , pourvu qu'il foit de grandehaleine, de beaucoup de reffburce , léger & grandmangeur, On appelle aufli cheval eflrac , celui quia peu de corps.COTÉ. Porter un cheval de côté, c'efl le fairemarcher fur deux pifles, dont l'une eft marquéepar les épaules , l'autre par les hanches.COUCHER. Se coucher fur les voltes, c'eftlorfque le cheval a le col plié en dehors , & portela tête & la croupe hors la volte , comme lorfqu'enmaniant à droite, il a le corps plié & courbé,comme s'il alloit à gauche. Se coucher fur les voltes,eft autre chofe Que volte renverfée.COULER. Le maître de l'académie dit quelquefoisà l'écolier , quand il galope autour du manège,coule^, ceulei, ce qui veut dire ne retenez pastant votre cheval, & allez un peu plus vite : uncheval qui coule au galop eft celui qui va un galopuni & qui avance.COUP DE HACHE. Mauvaife conformation


p oC O Uliers fé rangeoient dans la carrière entre la lice &l'échafaut des princes , éloignés de quarante pasl'un de l'autre ; & là armés da toutes pièces & l'épéeà la main , ils attendoient le fon des trompettespour partir; enfuira baiffant la main de la bride &levant le bras de lepée , ils partoient avec violencel'un contre l'autre, & en pafl'ant, ils fe donnaientun coup d'eflramaçon fur la face en tirant un peudu côté gauche ;& au même endroit d'où fon adverfaireétoit parti , on prenoit une demi-volte ,& on repartoit ainfi" jufqu'à trois fois. Après latroifiéme atteinte, au lieu de palier outre pour allerreprendre une autre demi-volte , on tournoitdepart & d'autre fur les voltes d'une pirte vis-à-visl'un de l'autre, en fe donnant continuellement descoups d'eflramaçon , avec une aflion vive , & oncontinuoit jufqu'à la troifiéme volte : ils s'en retournoientaprès.d'où ils croient partis, faifant mined'aller reprendre une autre demi-volte , & dans lemôme in (tant, deux autres cavaliers venoient remplirla place & exécuter la môme chofe.Le connétable de Monimorenci fe rendit trèscélèbredans cet exercice , il feroit à fouhaiter qu'ilfût encore en ufage, puifque c'eft un véritable manègede guerre, qui apprendrait à fe fervir, tantde l'épée , que du pifiolet ; d'autant plus qu'il n'eftnullement dangereux , les coups d'épée pouvantfe donner au-deiTus de la tête par oppofition , & demême du piftolet, en le tirant le bout en ham.De toutes les courfes qui étolent anciennementen ufage dans les tournois & dans les caroufels ,on n'a retenu dans les académies modernes queles courfes de têtes & de bague.Courfe des Têtes.Les allemands ont pratiqué cet exercice avantles frango is : les guerres qu'ils avoient avec lesturcs y ont donné occafion : ils s'exerçoient àcourre des figures de têtes de turcs & de mores ,contre lefquelles ils jettoient le dard & tiroient lepiftolet, & en enlevoient d'autres avec la poi ntede l'épée, pour s'accoutumer à recourir après lestêtes de leurs camarades , que les foldats turcsenlevoient, & pour lefquelles ils avoient un-e ré -compenfe de leurs officiers.On fe fert dans la courfe des têtes, de la lance ,du dard , de l'épée & du pifiolet.La lance eft compofée de la flèche, des ailes , dela poignée & du tronçon. Sa longueur eft d'environfix pieds.Le dard eft une forte de trait de bois dur, longd'environ trois pieds, pointu & ferré par le bout,il y a dans un endroit du bois de petits boutons defer pour marquer l'endroit où on doit le tenir , afinqu'il foit en équilibre.Dans une courfe bien réglée , il y a ordinairementquatre têtes , qui font toutes de carton. Lapremière , eft celle de la lance , qui eft pofée furune e (péce de chandelier de fer attaché au mur ouà un pilier du manège : ce chandelier eft mobileC O U& tourne fur deux pitons ; il doit être long dedeux pieds , & élevé à huit pieds de terre.La feconde eft une tète de Médufe , plate Selarge d'un pied, plus ou moins, appliqué fur une, forte pla nche un peu plus grande, & on attachecette planche au haut d'un chandelier de bois, quidoit être élevé de terre de cinq pieds , ou bien onla place au-deffus de la barrière.La troifiéme tête eft celle du More ; on la placede même que celle de Médufe, au haut d'un chandelierde bois de même hauteur , ou au-deffus dela barrière.La quatrième tête eft celle de l'épée, qui doitêtre pofée à terre fur une petite eminence à deuxpieds Se demi du mur ou de la barrière.11 faut placer les têtes fuivant la longueur dumanège , qui, comme nous l'avons dit, doit êtreun quarrè long d'environ 120 pieds, & large de36. Cela fuppofé , la tête do la lance doit être placéeaux deux tiers de la courfe , c'eft-à-dire , à 80pieds du coin du manège , où on prend la premièredemi-volte.La tête de Médufe doit être placée à 5 pieds dumur, du même côté que celle de la lance , & àla moitié du manège , fi le lieu de la courfe eftfermé de mur; mais lorfqu'il ne l'eft que par unebarrière , on la pofe fur cette barrière, de mêmeque la tête du More , qui fe place vis à-vis de cellede Médufe de l'autre côté du manège.La tête de lepée fe met à terre du côté de celledu More , à deux pieds & demi du mur , & à 40pieds du coin où on finit la courfe.Quand on fe fert du piftolet, on attache un cartonà la muraille à hauteur de la tête d'un hommeà cheval ; mais quelques-uns tirent fur la tête duMore, au lieu de .fe fervir du dard ; le piftoletétant plus utile que cet inftrument.Une chofe très-difficile dans la courfe des têtes rc'eft de faire de bonne grace la levée de la lance ,il faut pour cela fe placer à trois longueurs de chevalau-deffus du coin où on doit commencer lapremière demi-volte, tenir quelque temps le chevaldroit dans une place , la lance dans la maindroite , & pofée fur le milieu de la cuiffe , cequ'on appelle la tenir en arrêt, la pointe de la lancehaute, un peu panchée en avant , au-deffus del'oreille droite du cheval.Avant que de partir au petit galop , qui doitêtre uni & raffemblé , il faut commencer par leverle bras de la lance , tenir le doigt indice étendu lelong de la poignée , placer le coude à la hauteurde l'épaule , & depuis le coude jufqu'au poignet,le bras placé droit en avant, en forte que de l'épauleau coude , & du coude au poignet, celaforme un angle droit ; car fi la main de la lanceétoit vis-à-vis de la tête , la lance brideroit le vifage, & fi la m ain & le bras étoient placés trophaut ou trop bas, cela feroit de mauvaife grace.La lance étant ainfi placée dans la demi-volte ,il faut enfuite obferver les mouvements néceffaites


c o upout bien faire la levée de la lance en allant à latète. Il y en a quatre principaux. Le premier tempsfe fait en baiffant le doigt indice & un peu le poignet,& levant aufli un peu le coude , fans que lapointe de la lance varie ni s'écarte ; il faut enfuitebaifler infenfiblement le bras n côté du corps , jufqu'auprèsde la hanche , ce qui fait le deuxièmetemps ; & là en ouvrant un peu le poignet endehors , il faut relever le bras à côté du corps ,fans le porter ni en avant, ni en arrière, & letenir étendu jufqu'à ce que la main foit arrivée audeffus& à côté de la tête , ce qui fait le troifiémetemps ; le quatrième temps eft de tourner les onglesdu côté de la tête, & de defcendre infenfiblementla lance dans la pofture où elle étoit avantque de commencer la levée, c'eft-à-dire , le.coudeà la hauteur de l'épaule.La courfe de la tète de la lance fe divife en troisparties. Dans la première , on mène le cheval aupetit galop depuis le coin jufqn'au tiers de la ligne,on échappe enfuite le cheval en baiflant infenfiblementla pointe de la lance jufqu'à la têtequ'il faut enlever d'un coup d'eftocade , c'eft-àdire,allongeant un peu les bras pour la détacherde deiîiis le chandelier.Depuis la tête jufqu'au coin , on remet fon chevalau petit galop , en levant le bras pour fairevoir la tête au bout de la lance.On quitte enfuite la lance , & on prend à l'endroitoù l'équilibre eft marqué , un des deux dardsqui doivent être placés fous les cuiffes, & retenuspar les genoux du cavalier, les pointes du côté dela croupe , de façon qu'ils fe croifent. Il faut enfuiteporter le dard en avant le bras libre, étendu& élevé un peu plus haut que la tète , en obfervantque la pointe du dard foit du côté du coude ,& que le bout qui eft à l'oppofite de cette pointefoit un peu plus haut & au-deffus d e l'oreille gauchedu cheval, le tenant dans l'équilibre & le brasouvert: dans cette pofture , on tourne par le miliendu manège pour venir à la tête de Métfufe ,on tourne le dard par-deffus la tête , pour préfenterla pointe & le lancer ; & il faut un peu retirerle bras en arrière , afin de le darder avec plus deforce.Après avoir jettèld dard, il faut tourner le chevalpour aller à l'autre muraille , & en prenant latroifiéme demi-volte dans le coin du côté de latête de l'épée , faire avec le dard le même mouvement,& venir le lancer delà même manièrequ'on vient de le dire pour la Médufe. Cette têtefe court auffi au piftolet.Il faut enfuite tourner fon cheval, & en arrivantà l'autre muraille , on commence la quatrièmedemi-volte, en tirant l'épée de bonne grace pardeffusle bras gauche, & non par deffous le poignet, parce qu'on peut s'eftropier en la tirant decette manière. On doit la tenir haute & droite, lebras libre, étendu & élevé au-deffus de fa tète, &la faire briller en la remuant; & au tiers de laC O U 9 1courfe, il faut partir à toutes ïambes jufqu'à la tête,en fe baiffant le corps fur l'épaule droite du cheval,faire entrer l'épée de tierce , la relever dequatre , & la placer haut pour faire voir la tète aubout de la courfe.Il y a des chofes eiTemielles à ob ferver dans lacourfe des tètes , qui font de ne jamais g aloperfaux ni défuni, de ne point laiffer tomber fonchapeau, & de ne point perdre fon ètrier : fi l'unde ces cas arrive, on perd la courfe , quand mêmeon auroit pris les têtes, c'eft pourquoi avant quede commencer la courfe , il faut s'affeoir jufte dansla felle, fer/ne dans fes étriers & enfoncer fon chapeau.il faut auffi tenir les rênes un peu plus longuesdans les courfes que dans les manèges renfermés,afin que le cheval ait la liberté de s'étendre, fans pourtant trop abandonner l'appui, afinque le cavalier & le cheval foient plus affurés dansla courfe.Courfe de la bague.Cet exercice n'étoit point en ufagechez les anciens;il fut introduit lorfqu'on fit, par galanterie& par complaifance , les dames juges de ces exercices; & les prix qui ctoient auparavant militaires,furent changés en bagues, qu'il falloir e nlever à lapointe de la lance pour remporter le prix, ce quidonna occafion à la courfe de bague.La bague doit être placée aux deux tiers de lacourfe, comme la tête de la lance ; elle doit êtreà la hauteur du front du cavalier, au-deffus del'oreille droite du cheval.La potence eft un bâton rond & long d'environdeux pieds, au bout duquel pend le canon où eftattachée la bague. Cette potence doit être plusélevée que la bague de 7 à 8 pouces , de crainteque dans la courfe on ne bride la potence, celaveut dire en terme de courfe, la toucher avec latête ou avec la lance, ce qui eftropieroit un cavalier, comme il eft quelquefois arrivé.A l'égard de la levée de la lance, on la fait d ela 'même manière que nous l'avons expliqué enparlant des têtes : la feule différenc eft , que dansla courfe de bague , on ne donne point de coupd'eftocade, comme à la tête.Il faut encore bien obferver , comme nous l'avonsdéjà dit, de ne commencer à baiffer la poin tede la lance qu'au tiers de la courfe , en échappantfon cheval au grand galop, fans remuer la tête niles épaules , tenant le couds haut, afin que le tronçonde la lance ne touche ni au bras ni au corps ,mais que la main feule foutienne la lance ; il nefaut pas non plus que la lance foit trop croifée endehors du côté de l'oreille gauche du cheval, elledoit être au contraire au-deffus de l'oreille droite ;parce qu'autrement, le vent delà courfe l'ébranléroit,& lui feroit p erdre la ligne de direâion. Lebut, ou le point de la courfe, doit être au bordd'en haut de la bague fur la ligne du canon, ce qui


p ic o uC O Udépend de ne pas baiflcr trop vite la pointe de lalance.Après avoir paff; la bague , il faut reprendre aupezit'galop & lever peu à peu la pointe de la lance ,& au bout de la carrière , faire la levée d e la mômemanière qu'on a commencé, fans regarder derrièrefoi , pour voir fi o n a emporté la bague ,comme font quelques cavaliers , quand même onauroit fait un dedans. Il ne faut pas non plus enparant fon cheval au bout de la courfe , mettre lecorps en arriére. Cette aflion n eft point belle lalance à la main.On app-lle en terme de bague,/Hreime atteinte,lorfqu'on touche avec la pointe de la lance , letord de dehors de la bague fans fenfiler ; & onappelle faire a/i dedans, lorfqu'on ta pr end.tl arrive quelquefois qu'on la prend au nombril,qui eft un trou dans la chape où elle eft attachée ,mais la courfe ne vaut rien , à moins qu'on n'aitaverti qu'on vouloit la prendre en cet endroit.A l'égard des prix, tant pour la bague que pourles têtes, chacun fait tvois'courfespour les remporter.Celui qui a le plus de dedans ou le plus d'atteintes,a l'avantage pour In bague ; s ils font égauxen l'un & en l'autre , ou qu'aucun n'ait ni atteintesni dedans, on recommence les trois courfes.Pour les têtes , celui qui en enlève le plus remportele prix ; & en cas qu'elles foient toutes prifes par ceux qui courent , ce fera celui qui lesprendra entre les deux yeux , ou qui approcherale plus près de cet endroit.Il y a dans un caroufel des juges pour cela ,qu'on choifit parmi d'anciens cavaliers, qui fe l'ont,rendus célèbres dans ces exercices.Il y avoit autrefois plufieurs prix ; fçavoir , legrand prix , qu'on donnoit à celui qui avoit faitplus de dedans, qui avoit emporté plus de têtes, ouqui avoit fait les meilleurs coups à la quintaine ; ily avoit enfuite le prix de la courfe des dames ,celui de la meilleure devife , & le prix de celui quiçQuroit de meilleure grace.De la Foule.On appelle en terme Je caroufel faire la foule ,du mot italien , far la fola , lorfque plufieurs cavaliersfont manier à la-fois un certain nombre dechevaux fur différentes figures.Ce manège eft une efpèce de ballet de chevaux ,qui fe fait au fon de plufieurs inft niments : il a étéimaginé par les Italiens , qui ornent leurs caroufels d'une infinité d'inventions galantes, dont lefpeSacle eft auflì ûrrprenant qu'agréable.Il faut des chevaux bien d re fies , bien aj uftés ,& des cavaliers bien habiles & bien adroits , pourexécuter ce manège, à caufe de la diiKculté qu'il ya d'obferver la jufte proportion du terrain, & d'entretenirle cheval dans l'égalité de fon air & de facadence.Pour donner une idre de toutes les foules qu'onvoudra inventer, il fuffit d'en do nner un exemple,Il fri ut placer le long des deux murailles, eu desdeux barrières du manège, fur la même ligne ,quatre cavaliers de chaque côté, éloignes l'un del'autre d'environ dix à douze pas , plus ou moins ,fuivant la longueur du terrain, enibne que les unsfoient placés à droite & les au tres à gauche , visà-visles uns des autres. Il en faut encore placertrois autres fur la ligne du milieu du manège, dontl'un occupera le centre, & les autres fur la mêmeligne , & éloignés de celui du milieu à égale diftance.Ces onze cavaliers doivent être rangés furtrois lignes, & ils do ivent avoir la tète de leurschevaux placée en face d'un des bouts du manège.Les huit qui font rangés le long de la muraille ,c'eft-à-dire, les quatre de chaque côté, font desdemi-voltes , changeant & re changeant toujours demain , chacun fur l'on terrein ; & des trois qui occupentla ligne du milieu, celui qui eft au centre ,tourne à pirouettes , & les deux autres manientfur les voltes , l'un à droite , & l'autre à gauche.Ils doivent tous partir enfemble au fignal q ueleur donne celui qui conduit le caroufel, & arrêterde même, en finiflant la reprife , ou à courbettes ,ou à l'air auquel leurs chevaux ont été dreffés.Touts les exercices dont nous venons de donnerles règles & la defeription dans ce chapitre, furentinflitués pour donner une image agréable & in 11 meuvede la guerre, & pour entretenir l'émulation,parmi la noblefie. Ils étoient fort en ufage en Italievers la fin du feiziême fiècle. Rome & Naples étoientle féjour des plus célèbres académies , dans lefquellesles autres nations venoient fe perfeflionner; & c'eft dans la pratique de ces exercices ,qui faifoient autrefois les divertiffements des princes& de la noblefie, qu'on cherchoit à fe diftirrguerpour fe r endre capables de fervir fon princeavec honneur, & pour acquérir des vertus & destalents, qui doivent être inléparables de touts ceuxqui font profeflion des armes.COURSE. Ce mot, en parlant du cheval, n'eftpas ufité dans les manèges. Hors de-là il fignifie uagrand galop à toute bride. Les barbes, les angloisl'ont très-vîtes à la courfe.COURT. Un cheval court, eft un cheval dontle corps a peu de longueur du garot à la croupe.COURTAUD. Cheval de moyenne taille , auquelon a coupé la queue & les oreilles.COURT-JOINTÉ. C'eft un cheval qui a le paturoncourt, qui a les jambes droites depuis le genoujufqu'à la couronne. Les chevaux court-jointésfatiguent mieux que les long jointes ; mais ils n emanient pas fi bien. Les chevaux court-jointés fontordinairement bouletés & boutés.COUSU fe dit aufli d'un cheval fort maigre : ondit, il a les flâne? confus , ce qui fignifie qu'il y a.fi peu d'épaifleur d'un fianc a l'autre, qu'on croircitqu'ils font confus enfemble.CRÉÂT. Gentilhomme qui eft élève dans uneacadémie pour fe mettre en état d'enfeigner 1 artde monter à cheval. Il fert aufli de fous-écuyer.


C R OCROCHU. Cheval crochu , c'ert celui a lesjarrets trop près l'un de l'autre. D'ordinaire leschevaux crochus font bons. Dans quelques provinces, on dit Jarretier pour crochu.CROIX. Faire la croix à courbettes, àballotades,c'eft lorfqu'on fait ces fauts en avant', en arrière &aux côtés, tout d'une haleine , parce que cela faitla figure d'une croix. Quelques-uns ont dit auffifaire la croix à cabrioles, ce qui ne fe peut pas ;car les chevaux qui feraient des cabrioles en arrière,fembleroient tenir du ramingne & du rétif, & netravailleraient pas felon la juîieiïe du manège.; outrequ'un cheval, quelque vigoureux qu'il foit, nepeut faire d'une haleine toute la croix à cabrioles.CROUP ADE. Cefi un faut plus r elevé que lacourbette, & qui tient le devant & le derrière ducheval à une hauteur égale, enforte qu'il troufleles jambes d e derrière fous le ventre , fans nouerl'aiguillette, c'eft-à-dire, fans séparer, en allongeantles jambes, fans montrer Ces fers ; & c'eflce qui met de la différence entre cet air, la ballotadeoù le cheval s'épare à demi, & la cabriole oùle cheval s'épare de toute fa force. Les hautes croupadesfont des croupades plus relevées que lescroupades ordinaires. Manier à croupades. Mettreun cheval à l'air des croupades. Cheval qui fe préfenteà croupades , qui fait des croupades.CROUPE. La partie du derrière du cheval quicomprend depuis l'endroit où la la felle porte, jufqu'àla queue. On a dit qu'il faut qu'un cheval, enfaifant des voltes, ait les épaules oppofées à lacroupe ; & on a voulu dire par-là que , le chevalcheminant de côté & fur deux pifles, il faut quefes épaules tracent un chemin, tandis que, fansfe traverfer , fa croupe en trace nn autre. Cette faconde parler, n'efi pourtant pas tout-à-fait jurte ;car alors les épaules ne font pas oppofées en droiteligne à la croupe ; parce que la moitié des épaulesmarche vers le dehors & avant la croupe qui s'approchevers le centre, & que le cheval regardeclans la volte en pliant un peu le cou. Gagner lacroupe, c'eft l orfqu'un cavalier eft en préfenced'un autre, & qu'il fait un demi-tour pour le prendreen croupe. Dans un combat, il faut faire lademi-pirouette au bout delà paiïade, pour gagnerla croupe d'un ennemi qui p.-effe. Sans que la croupeéchappe. On fe fert de certe expreflion pour lesvoltes & pour le galop , & elle lignifie, fans que lecheval fe travede , fans que la croupe forte de lavolte ou de la pifte du galop. Lorfque le cheval ales c'uiiTes fournies & proportionées à la rondeurde la croupe , il s'appelle bien gigoté ;& mal gigoté, lorfque cette proportion ne s'y trouve pas.CRUD, à crud ; un homme armé à crud, botté àcrud , c'cfl-à-dire , fans bas,-fur la peau. Monter uncheval à crud, c'eft le monter à poil, fans felle nicouverture.D.DÉBOURRER un cheval, c'eft; rendre les mou­D E M 93vements d'un jeune cheval fouples & liants , parl'exercice du trot. Dehourrer les épaules d'un cheval, c'efl, pour ainfi dire, les dégeler, quand iln'y a pas afïez de mouvement.DEDANS. Terme employé de plufieurs façonsdans le manège. Avoir un, deux , trois dedans;c'eft en courant la bague, l'enlever une , deux-,trois fois. L e talon du dedans , la rène du dedans ,la jambe du dedans , par oppofition à celle de dehors.Cette façon de parler eft relative à plufieurschoies, felon que le cheval manie à droite ou àgauche fur les voltes, ou felon qu'il travaille lelong d'une muraille, d'une haie ou de quelqueautre chofe femblable ; ainfi, elle fert à diftinguevà quelle main, ou de quel côté il faut donner lesaides an cheval qui manie. Auprès d'une muraille ,la jambe de dedans eft la jambe du côté oppofé aucôté de la muraille. Sur les voltes, fi le chevalmanie à droite , le talon droit fera le talon du dedans, la jambe droite fera la jambe du dedans.Quelques académiciens, pour fe faire mieux entendre, fe fervent ordinairement des expreffions àdroite , à gauche, & difent : Aidez le cheval dutalon droit, de la rêne droite , de la jambe droite,felon la fituation des talons & des rênes au refpeâde la volte. Un cheval a la tête & les hanches dedans,quand on fait paflager, ou que l'on porteun cheval de biais , ou de côté, fur deux lignes.Mettre un cheval dedans, c'eft le dreßer, le mettrebien dans la main 8c dans les talons. Chevalqui s'eft bien mis dedans , c'eft-à-dire , cheval quis'eft bien drefle.DÉFENDRE. Se défendre fe dit d'un chevalqui réfifte, en fautant ou en reculant, à ce qu'onveut qu'il fafle : c'eft fouvent ligne qu'il n'a pas laforce de l'exécuter. Se défendre des lèvres , c'eft lamême chofe que s'armer de la lèvre. Voye^ ARMER.DEHORS. Terme de manège , c'eft le côté oppoféà celui fur lequel le cheval tourne ; fi le chevaltourne à droite , toutes les parties gauches ducheval & du cavalier, comme les hanches. lamain , l'épaule , Sic. font les parties de dehors ;enfin , c'eft l'oppofè de dedans.DÉLIBÉRER fe dit d'un cheval qu'on accoutume, qu'on réfout, qu'on détermine à certainsairs , comme au pas, au trot, au galop, on h quelquesmanèges relevés. Il ne faut point délibérerun cheval à cabrioles, qu'on ne l'ait bien délibéréau manège de guerre, & au terre-à-terre. Il ne fautpoint faire lever le devant d'un cheval qu'il nefoit délibéré , & n'obéiflè à la main & aux aides dutalon ; qu'il n'échappe de vitelle & forme bien fonarrêt.DEMEURER fe dit du cheval lorfque l'écolierne le détermine pas allez à aller en avant, alors lemaître dit, votre cheval demeure.DEMI-ARRET (le) eft un arrêt qui n'eft pasachevé par une pelade ; deforte que le cheval,après avoir falqué trois ou quatre temps fur les


94 I) E Mhanches, reprend Se continue fon galop , fans faireni courbettes ni pefades.DEMI-VOLTE, demi'courbette, demi-hanche,demi-terre-à-terre, demi-air. Voye^ VOLTE , REPO-LON & PASSADE , COURBETTE , HANCHE , TER­RE-A-TERRE & MÉZAIR.DÉROBER. Se dérober fous l'homme fe ditlorfqu'un cheval en galopant fait tout-à-coup, &de lui-même , quelques temps de galop plus vifs &précipités pour défarçonner le cavalier , 8c s en défaires'il peut. . „ ., .DÉSARÇONNER fe dit du cheval qui fait fortirle cavalier de la felle en fautant ou en taifant quelquemouvement violent.DÉSARMER un cheval, c'eft tenir fes lèvres fujettes& hors de deffus les barres. Lorfque fes lèvresfont ß großes, qu'elles couvrent les barres oùconfide le fentiment du cheval , & ôtent le vraiappui de la bouche , il faut lui donne r une embouchureà canon coupé, ou des olives, pour lui désarmerles lèvres.MANIÈRE DE DESCENDRE DECHEVAL.(THIROUX).Pour defeendre régulièrement de deffus le cheval, remis dans l'état du repos, on commence parabandonner le bridon , afin de pouvoir paffer entreles rênes de la bride & l'encolure la gaule que lamain droite tient, la pointe en bas. On met cettecaule dans la mnin gauche , fans que cette mainlache les rênes, enfuite, avec la main droite entièrementdébarraffée, on prend une poignée de crinsqu'on place encore dans la main gauche , & donton entoure l'index. Enfin on pofe la main droite, devenuelibre pour la feconde fois, fur la batte droitede l'arçon de devant, les quatre doigts en dedans,le pouce en dehors, le poignet bombé, l'avantbrastrès-rapproché du ventre , & le coude ferrécontre la hanche , pour avoir , du côté droit, unpoint d'appui qui, quoique faâice , puiffe cependantcontre-balancer celui que forme naturellementle pied gauche dont la pointe porte fur l'étrier. Cen'eft qu'à la fuite de ces diverfes préparations qu'ona la poffibilité de s'enlever de deffus la felle, fansdéranger la perpendiculaire du haut du corps, Auffitôtqu'on a quitté la felle, on enlève la jambe droitequi paffe avec aifance au-deffus d e la croupe,lorfqu'on a l'attention de maintenir les hanchesportées en avant & le bas du rein creufé. Finalement, on allonge la jambe droite à terre. Alors lecavalier fe retrouve prefqu'en face de l'épaule gauchedu cheval, & dans la difpofnion où il étoit enfe préparant à monter deffus ; ceft-à-dire, étayé ,d'un côté, par la poignée de crins mife dans lamain gauche, foutenu de l'autre par la maindroite qui, pendant le paffage de la jambe droite ,abandonne l'arçon de devant pour venir s'accrocherà celui de derrière, & ayant à l'étrier le piedgauche dont la pointe , abfolument deffous fon genôu» fe trouve diçeâe au ventre du cheval. AuffVE B Atôt qu'on fent le pied droit folidement remis àterre , on ôte de l'étrier la pointe du pied gauche,&, après avoir quitté les crins & les rênes , logésdans la main gauche , on s'éloigne du cheval, enfe reculant, jufqu'à ce qu'on foli hors de (a portée.DÉSUNI. Un cheval eff défuni. lorfqu'ayantcommencé à galoper en avançant la jambe droitela première , il change de ambe, j & avance la jambegauche la première : il eft défuni de derrière ,quand il avance la jambe droite de derrière au galopen même-temps que la jambe droite de devant ;car à toutes les allures, excepté à l'amble, la jambegauche de derrière doit marcher avec la jambedroite de devant, & ainfi des deux autres.DÉVIDER. Un cheval dévide, lorfqu'en maniantfur fes voltes, fes épaules vont trop vite, &que la croupe ne fuit pas à proportion, enfortequ'au lieu d'aller de deux piftes, il n en marquequ'une. Cela vient de la réfiflance qu'il fait en fedéfendant contre les talons, ou de la faute du cavalierqui hâte trop la main.D IGUER un cheval, c eft lui donner del'éperon.DONNER la main ou DONN ER la bride , c'eftlâcher la bride. On dit auffi rendre la main, rendrela bride, pour dire donner la main, donner labride. Donner haleine. Voye^ HALEINE.DONNER des deux à un cheval,c'eft le frapperavec les deux éperons. Donner le pli, c'eft lamême chofe que plier. Donner dans les cordes , fedit d'un cheval qu'on a attaché avec le caveçon entreles deux piliers. 11 donne dans les cordes , lorfqu'enavançant entre les deux piliers , il tendégalement les deux cordes qui tiennent par unbout au caveflon , & par l'autre à chaque pilier.DOUBLER ou DOUB LER la rge, terme de manège;c'eft to urner fon cheval vers la moitié dumanège, & le conduire droit à l'autre muraille fanschanger de main. Doubler étroit, c'eft tourner foncheval en lui faifant décrire un quarré à un coindu manège oujaux quatre coins. Doubler les reins,c'eft un faut que le cheval fait plufieurs fois de fuiteen voûtant fon dos , pour renverfer fon cavalier.DROIT. Cheval droit fe dit d'un cheval qui neboite point, & qu'on garantit droit chaud & froid ,c'eft-à-dire , lorfqu'il eft échauffé ou qu'il eft refroidi,c'eft-à-dire, qu'il ne boite , ni quand on lemonte & quand il eft échauffe , ni apres quii a étémonté & qu'il s'eft refroidi. On dit auffi q u'uncheval eft droit fur fes jambes, quand le devantdu boulet tombe à plomb fur la couronne , enforteque le canon & le paturon font en ligne droite. Ondit auffi faire des courbettes également bien par ledroit & fur les voltes. Promener un cheval parledroit, le guider droit, le faire partir & reculer droit,c'eft-à-dire , le faire aller fur une ligne droite , fansfe trayerfer ni fe jetter de côté.E.EBALAÇON, Cheval qui fait des Ebalaçons;


E B RVieille exprefîion qui fignifioit donner t'efirapnde.EBRILLADE. C'eft un coup de bride que le cavalierdonne parla fecouiïe d'une rêne à un chevalqui refufe de tourner. La facade fe fait par la fecoufledes deux rênes. Beaucoup de gens confondentces deux mots, fous celui de coup de bride.De quelque façon que ce foit, c'eft toujours unchâtiment & non pas une aide, & l'ufage en eftbanni des académies.EBROUER, fe dit des chevaux pleins de feu,qui font une efpèce de ronflement, comme s'ilsvouloient faire fortir des nafeaux quelque humeurqui les empêche de prendre leur haleine. Cefi unebonne marque quand le cheval s'ébroue, quand onle veut retenir. Si on veut empêcher qu'il ne s'ébroue, on l'effouriffe.ECAVESSADE. Vieux mot qui fignifioit unefaccade, que le palfrenier , qui tient un cheval parla corde du caveflon , lui donne pour l'arrêter oupour le châtier : on dit à préfent coup de caveflon.ÉCHAPPÉ. Un échappé eft un cheval engendréd'un cheval & d'une jument de races différentes,& pays différents. Un échappé de barbe, un échappéd'Efpagne.ECHAPPER. C'eft pouffer un cheval à toutebride, le faire échapper ou partir de la main. Onf.ùfoit aut refois dans le manège ce verbe a£lif, Seon difoit échapper un cheval delà main ; mais ona reâifié cette exprefîion , & on dit faire échapper,laiffer échapper. Partir & échapper ont la même fignificationdans le manège. Pour laiffer échapperun cheval de la main , il faut tourner les ongles enbas , & le conduire droit, baiffer la bride de troisdoigts , & appuyer délicatement les talons, ou leeras des jambes.BECOLE. V. DiSion. Encycl. Inffru£lzon quel'écuyer donne, tant au cavalier qu'au cheval ,^nle faifant travailler. On dit, ce cavalier n'a qu'un ,deux ou trois mois d'école. Voilà un cheval qui ade l'école, qu'on a remis à l'école, qui fournit bienà l'école, qui eff bon cheval d'école, c'eft à-dire,qui manie bien. On ditauffi un pas d'école, pourdire un pas averti, un pas écouté.ECOLE fignifie aufli manège dans quelques occafions.La baffe-école , ce font les acadcmiftes quicommencent à apprendre à monterà cheval. Uncheval d'école , cefi un cheval de manège.ÉCOUTÉ. On dit du pas d'un cheval qu'on promènedans la main & dans les talons, pas écouté.C'eft un pas d'école, un pas r accourci d'un chevalqui eft balancé entre les talons , qui les écoutefans fe jetter ni fur l'un ni fur l'autre : ce qui arrivequand il prend finement les aides du talon & dela main.Ê C O U T ER fon cheval, terme de manège,c'eft être attentif à ne point le déranger de fes airsde manège quand il manie bien.ÉCOUTEUX. Un cheval écouteux eft celui quieft retenu, qui ne part pas de la main franchement,E C U 9;qui faute en avant, qui ne fournît pa& tou£ ce qu'onlui demande.ÉCURIE. Bâtiment deftiné pour y attacher , ymettre à couvert, & y nourrir les chevaux. L'écurie(impie n'a qu'un rang de chevaux , &' un efpacederrière pour aller d'un bout à l'autre. L'écuriedouble fe pratique de deux façons ; elle a deuxrangs de chevaux, les croupes vis-à-vis l'une del'autre , & un efpace entre deux, ou bien on metle râtelier dans le milieu, alors les têtes des chevauxfont vis-à-vis l'une de l'autre, & il y a deuxefpaces pour paffer derrière les croupes des deuxrangs. Ecurie fignifie aufil n on-feulement le bâtiment;fait pour les chevaux , mais encore tout cequi y a rapport, c'eft-à-dire, les logements detouts les officiers , palefreniers, &c. lorfque le toutne forme qu'une enceinte de bâtiment : ainfz, lesécuries du roi & des princes s'entendent dans esdernier fens. Les écuries du roi de France font féparéesen deux bâtiments ; l'un deftiné pour leschevaux de manège & de guerre, & pour les chevauxde felle & de chaffe, ce qui s'appelle lagrande écurie; l'autre écurie, appellee lapu'ue écurie,eft faite pour les chevaux de car:offe. M. le Grandvend toutes les charges de la grande écurie du harasqui en dépend , & delà petite écurie ; il ordonne lesfonds pour les dépenfes defd. écuries , comme auflide toute la livrée. Nul maître d'académie ne peutmontrer ni établir d'académie fans fon ordre & permifììonformelle , avec des lettres pour prendre lenom d'académie royale. Des officiers des écuries, iiy en a qui font communs à la grande & à la petite :tels fent, premièrement, le grand écuyer , un intendant& contrôleur ancien, alternatif & triennal,un ttéforier , deux juges d'armes & génàalogiftcs ,huit fouriers, douze chevaucheurs, autrement couriersdu cabinet, douze hérauts , y compris le roid'armes, deux pourfuivants d'armes, trois porteépéede parement, deux porte-Manteaux , deuxporte-caban ( qui eft un manteau de pluie) , deuxmédecins, quatre chirurgiens, deux apothicaires.D'autres officiers néceffaires,comme garde-malade,garde-meubles, lavandiers, portier , drapier, paffememiers,merciers, tailleurs, felliers , eperonniers,charron, bourrelier, brodeur & menuifier des deuxécuries. Trompettes , joueurs de violon, haut-bois,faqueboutes , cornets , haut-bois , mufettes de Poitou, joueurs de fifres & tambours ,cromornes &trompettes marines , un ambleur Se un conduSeurdu chariot. Maîtres en fait d'armes , des exercicesde guerre , à danfer , de mathématiques , à écrire,à defliner & à voltiger. Les officiers delà grandeécurie font, un argentier-provifeur, un écuyerconnnandant,quatre écuyers pour le manège?dont deux ordinaires & deux calvacadours, unécuyer ordinaire & un cavalcadôpr. Il ya encorequatre ou cinq charges d'écuyer ordinaire fansfondiions , quarante pages portant la livrée du roi,la poche en travers, un gouverneur, deux fousgûuverneurs,un précepteur, un aumônier, huiî


26 E CUpremiers valets des pages, quatorze palfreniersquatre maréchaux, un arrofeur de manège , un concierge, quarante-deux grands valets de pied. Leliaras du roi a pour officiers, un écuyer capitainedu haras , fix gardes du haras , deux maréchaux,deux pages , médecin , chirurgien , apothicaire ,taulpier. Les officiers de la petite écurie font, unécuyer de main ordinaire, Si vingt écuyers demain, appelles écuyers de quartier, qui doiventdonner la main au roi quand il fort & par-tout oùil va , un écuyer ordinaire , commandant la petiteécurie, & deux autres écuyers ordinaires, vingtpages portant la livrée du roi, les poches en long ,un argentier provifeur, un gouverneur, un précepteur,un aumônier. Tous les pages doivent faireleurs preuves anciennes & militaires de quatre générationspaternelles. Tous les officiers des écuriesl'ont co mmenfaux de la maifon du roi. La petiteécurie a feize petits valets de pied par commiffion.ECUYER fe dit de celui qui tient une académie ,qui fait le manège, & qui enfeigne aux jeunesgentils-hommes l'art de manier les chevaux, & deles dreiïer. On dit auffi d'un homme qui fe tientbien à cheval & de bonne grace , qui fe connoîtjbien en chevaux, que c'eft tin bon écuyer.BCUYER cavalcadour, chez le roi & chez lesprinces, eß celui qui commande l'écurie des chevauxqui fervent à leur perfonne. Il y a dans lamaifon du roi, le grand-écuyer , auquel appartiennent,à la mort du roi , les chevaux & lesjiarnois de l'écurie ; le premier écuyer & desécuyers de quartier, qui aident au roi à monter àcheval & à en defeendre , le fuivent à cheval, &portent foi) épée. Il y a auffi des écuyers de main ,dont l'emploi efl de donner la main à la reine, auxprincefles & aux dames de la première qualité.EFFET fe dit des mouvements de la main quifervent à conduire un cheval. On diftingue quatreeffets de la main , en fe feryant de la bride pourpouffer un cheval en avant, le tirer en arrière ,ou pour le changer de main, à droite ou à gauche.EFFILÉ. Cheval effilé , c'eft celui qui a l'encoluredéliée.EFFLANQUÉ. Un cheval efflanqué eft celuidont le ventre va en étréciflant v ers les cuifles.Cheval efflanqué panine courfe trop violente ,oupar un trop grand effort de travail.EGARER, la bouche d'un cheval, c'eft en diminuerla fenfibilité par ignorance ou par brutalité.EHANCHÉ. Cheval dont la hanche a fouffertun fi grand effort, que l'os qui la fo rma efl defcenduplus bas que celui de l'autre côté ; on ditauffi ép ointé.ÉLANCÉ. Cheval long & qui a peu de ventre.ELARGIR fe dit lorfqu'on fait embraffer unplus grand terrain à un cheval que celui qu'il occupoit,ou le faire marcher large. Cela fe pratiquelorsqu'un cheval travaille fur un rend , ou maniefur les voltes , & que s'approchant trop du centre ,on veut qu'il gagne du terrain. Pour faire élargirE N Cun cheval, il faut pincer des deux talons , pul'aider des deux gras dts jambes , & porter lamain en dehors. Lorfqu'un cheval fe ferre , ous'accule à main droite, il faut l'élargir en le pinçantdu talon de dedans , & en le loutenant avecla jambe de dehors pour le porter en avant, &faire marcher les épaules. Dans ces occafions lesécuyers difent feulement large , large.EMBRASSER fe dit d'un cheval qui maniantfur les voltes , fait de grands pas & embraffe beaucoupde terrain, C'eft le contraire de battre laî pou dre , qui fe dit , lorfque le cheval ne fortprefque point de fa place. Le cheval embraffe biendu terrain . quand de l'endroit où il a pofé les piedsde devant, jufqu'à l'endroit où il les pofe encore ,il a parcouru ou embraffe à-peu-près l'efpace d'unpied & demi ; & il bat la poudre, lorfqu'il pofe fespieds de devant tout auprès de l'endroit d'où il lesa levés. Un cheval ne faureit trop embraffer deterrain , pourvu que fa croupe n'échappe point ,c'eft à-dire , qu'elle ne forte pas de la volte.EMBRASSER fon cheval, ou le tenir embraffe ,c'efl ferrer médiocrement les coiffes , & tenir fesjambes près du ventre de fon cheval quand on efl:deffus.EMPORTER ( s' ) fe it dd'un cheval qui, n'ayantpoint de fenfibilité à la bouche, & ayant de l'ardeur, va toujours , fur-tour au galop , malgré toutsles efforts aue le cavalier fait pou r l'arrêter.ENCAPUCHONNER ( s' ) ou être encapuchonné, fe dit du cheval qui baiffe la tête Ses'arme. Voye^ S'ARMER.ENCASTELÉ. Un cheval encaftelé , c'eft uricheval dont le talon efl trop étroit & la fourchettetrop ferrée.ENCOLURE. Quelques-uns difent encoulure.Partie du cheval depuis la tête jufqu'aux épaules.On dit qu'un cheval eft chargé d'encolure, qu'ill'a fauffe , renverfée , qu'il 1 a trop épaifle , pourle méprifer ; & au contraire qu'il l'a fine , bientournée & bien relevée , pour le louer. On appelleencolure Je jument, celle qui efl trop effilée, tropmince , où il y a peu de chair. On dit auffi dtcharo'éd'encolure. On cherche fur-tout une encolure finedans les chevaux de parade, rien n'étant plus effentielà un beau cheval qu'une belle encolure -mais un cheval de harnois n'en vaut pas moinspour avoir l'encolure un peu épaiffe & charnue ; ilen rend même plus de fervice & de profit. On ditd'un cheval qui a l'encolure élevée & tournée eaarc , ou comme un eigne , & qui tient la tête hautefans contrainte, ferme & bien placée , qui foutientbien fon encolure , qu'il porte beau, qu'ilporte en beau lieu. On dit d'un cheval qui a l'encolurenaturellement molle , mal formée , quibaiffe trop la tête , qu'il porte bas. Quand un chevalporte bas, il a l'encolure mal placée & maltournée ; lorfqu'il s'arme, il a l'encolure trop foupie, & il veut fuir la fujétion de la bride.ENCRAINÉ. Cheval ençrainé, pour dire égaroté.


E N Fro;e. Cette exprefilon a vieilli.ENFORC1R, prendre des forces, devenir fort& vigoureux. Ce cheval enfereit touts les jours, ila enforci de moitié & enforcira encore.ENGRENER fe dit des chevaux qu'on nourritde bon grain , pour les rétablir lorfqu'ils font maigresou qu'ils ont été malades.ENSELLÉ. Cheval enfellé fe dit du cheval quia l'épine du dos encavée. Les chevaux enfellésfont relevés de cou & de tête , & on t les reins bas ;c'eft pourquoi ils couvrent bien leur homme.ENSEMBLE fe dit d'un cheval qui, en marchant, approche fes pieds de derrière de ceux dedevant, enforte que le devant eft léger, que leshanches foutiennent en quelque manière fes épaules, & que le cheval ne peut s'atterrer, ni galoperfur les épaules. On dit mettre bien enfembleun cheval ,1e mettre bien fous lui , quand on le metfur les hanches. Un cheval qui eft court de reins ,& qui a de la foupleffe , fe met bien mieux enfembleque celui qui eft long; mais outre la foupleffe,il faut qu'il ait une force pliante dans leshanches. Mettre bien un cheval enfemble , ou furles hanches, ou le mettre fous lui, eft une des.leçons les plus néceflaires du manège.ENTABLER fe dit d'un cheval , lorfque facroupe va avant fes épaules, lorfqu'il manie furles voltes, & qu'il ne manie pas avec jufteffe ;car pour manier avec juftefîe , il faut que la moitiédes épaules aille toujours avant la croupe. Uncheval s'entable , parce qu'en maniant d'un côté,il a l'inclination de fe jetter fur le talon du mêmecôté. On prévient cette faute en prenant la rênedu même côté, en tenant fort près la jambe de cecôté , & en éloignant la jambe du côté oppoféjufqu'à l'épaule du cheval. Un cheval ne peut s'entablerqu'il ne s'accule ; mais il peut s'acculer fanss'entabler.ENTAMER le chemin , commencer à galoper.ENTAMER du pied droit, du pied gauche. M.de Neucaftle s'eft fervi le premier de ce terme, quia été adopté dans le manège, parce qu'il eft trèsexpreffi f.ENTERRER (s') fe dit du cheval , lorfquecherchant un point d'appui fur la main du cavalier, il baiffe la tête & s'abandonne fur les épaules.ENTRERAS eft un train ou amble rompu , quine tient ni du pas , ni du trot. C'eft le train quevont ,les chevaux qui vont fur les épaules , qui ontles jambes ruinées , ou les reins foibles. On l'appelleautrement le traquenard. Voyez TRAQUE-MARD.ENTRER dans les coins, fe dit du cavalier lorfqu'iltourne fon cheval dans les quatre coins dumanège en fuivant exadement la muraille.EPARER, fe dit d'un cheval qui détache desruades , & qui noue l'aiguillette. Un cheval doits'éparer de toute fa force à l'air des cabrioles. Ilne s'épare qu'à demi aux ballotades, & point duExultation, Efcrime S» Dan/r.ET R 97temt aux croupades, &tout cheval qui s'épare e#rude.EPAULE, en termes de manège , fe dit delàpartie du train de devant d'un cheval, comprifeentre le garot, le poitrail & les côtes. Un bon chevaldoit être léger dps épaules & fu jet des hanches.Le coup de lance eft une marque que quelquesbarbes & chevaux d'Efpagne&de Turquie ont àl'épaule. C'eft un figne de bonté. On dit aufli qu'uncheval a les épaules chevillées , quand elles footengourdies & fans mouvement. Il faut avoir rendu,les épaules d'un cheval fort fou pies, avant que delui demander des fauts, Lorfqu'un cheval ne s'affeoitpas fur les hanches, & ne plie pas les jarrets ,il s'abandonne trop fur les épaules , & pèfe à lamain. Il faut faire enforte que les hanches d'uncheval foutiennent les épaules & le train de devant,pour le rendre léger à la main & le mettre bienenfemble. Cheval chargé d'épaules , qui les a greffes, trop charnues & pefantes. On dit qu'un chevalforge, lorfqu'il va trop fur les épaules. OHaftbuplit un cheval qui a les épaules & le cou roidesavec un caveçon à la Neucaftle.EQUITATION. Conduite du cheval. Voyt^MONTER.ESCAPADE. C'eft l'aSion fougueufe & emportéed'un cheval qui n'obéit pas au cavalier.ESCLAME. Vieux terme qu'on employoit pourdéfigner un cheval trop fatigué & qui n'a point deboyau.ESQUIAVINE s'eft dit autrefois dans le manèged'un long & fèvère châtiment qu'on faifoitfoufi'rir au cheval, pour le rendre fouple & obéiffant.ESTRAC fe dit d'un cheval qui a peu de corps ;peu de ventre, peu de flanc, qui eft ferré descôtes. On dit plus communément cheval étrofi deboyau , cheval qui a peu de flanc.ESTRAPADE eft une défenfe du cheval quine veut pas obéir , qui en même temps lève le devant& détache des ruades avec furie. Il porte lacroupe plus haut qu'il n'a la tête , & pendant cecontre-temps, il recule plutôt que d'avancer. Donnerdes eftrapades , redoubler l'eftrapade.ESTRAPÀSSER un cheval, c'eft le fatiguer àforce de lui faire faire un violent & trop long manège.On dit furmenerun cheval, quand il eft fatiguépar un trop long voyage.ETENDRE un cheval. Quelques-uns fe ferventde cette exprefilon pour dire élargir, faire allerlarge.ÈTRECIR ou SERRER. Cheval qui s etrécit,qui fe ferre , eft celui qui perd de fon terrain , quine va pas affez large, qui s'approche trop près ducentre de la volte.ETROIT , en termes de manège, fe dit d'uncheval qui a les côtes plates, ferrées, ou raccourcies, qui a le flanc retrouffé tel que celui d'unlévrier. On l'appelle aufli eßrac, ou étroit de boyau.Il travaille & mange peu , parce qu'il a trop d'aï-


\G A Gd'eli ainfi que le cavalier lui fait fuir les talons.G.Le galop diminue & ahaiffe la vig ueur fu perfinede certains chevaux , qui fe fervent de leurs reinspour des fauts défmiis 8c des contre-temps qui incommodent& dérangent un cavalier ; parce quedans le mouvement que le cheval fait en galopant,G A Lp c jles jambes de devan. le ti cuvant éloignées tieceltes de derrière , les reins , qui font la partie fupérieuredu corps , ioni nécef airement contraintsde fe baifter dans cette atiion , ce qui par confcquentdiminue la force de cette partie : ceci doits'entendre du galop étendu qui eft propre à cesfortes de chevaux , car le galop raffemblé leurdonneroit occafion de continuer leurs défordres.C'eft une règle pratiquée par touts les habilesmaîtres , qu'il ne faut jamais galoper un chevalfans l'avoir alîbupli au trot, de façon qu'il fe pr;'-fente de lui-même au galop, fans pefer ni tirei àGAGNÉ. L'épaule, la hanche eft gagnée, lorfquele cavalier eft parvenu à empêcher que le chevalne pouffe fon épaule ou fa hanche du côté qu'il neveut pas en fai faut fon exercice. La volonté gagnéefigiiifie que le cheval eil devenu obéifîant à ceque le cavalier exige de lui.GALOP. Allure d'un cheval qui court en falfantun faut en avant, & levant prefque en même temps la main : il faut donc att endre qu'il foit fo'llple c'eks jambes de devant, & enfuite celles de derrière, tout fon corps, qu'il foit a rrondi l'épaule en dedans, qu'il obéiffe aux talons au paffage de laen quoi le mouvement du galop diffère du pas & dutrot, qui font touts les deux uniformes. Cheval qui croupe au mûr, & qu'il foit devenu léger au piafera le galop léger, qui prend le galop, qui fe met au dans les piliers; & fitôt quii fera parvenu à cegalop. Cheval qui a un bon galop , c'eit à-dire, qui point d'obéiffance, pour le peu qu'on l ébranle augalope fur les hanches, qui ne pèfe pas fur la bride, galop , il le fera avec plaifir. Il faudra le galoperdui plie beaucoup les buis, qui a un beau mouvement,qui ne s'abandonne pas fur les épaules, qui ment pour le rendre plus libre & plus obéiflant,dans la pofture de l'épaule en dedans , non-feule­eft bien cnfemble St. bien fous lui. Marcher égalementbien le pas , le trot & le galop. C'eft un dé­prefque touts les chevaux, de galoper la jambe demais pour lui ôter la mauvaife habitude qu'ontfaut à un cheval que dt: fiffler e n galopant. Grand dedans de derrière ouverte , écartée & hors de lagalop , ou galop de chaffe , ou galop étendu , c'eft ligne de la jambe de dedans de devant. Ce défauteitd'autant plus confidérable , qu'il incommodeimecourfe de vîtefle, un galop à toutes jambes.Petit galop, c'eft celui qui eft plus lent. Galop à fort un cavalier & le place mal à fon aife , commel'angloife, ou quirafe le tapis, c'eft un galop près il eft facile de le remarquer dans la plupart de ceuxde terre , quand le cheval ne lève guère les jambes. qui galopent ; par exemple , fur le pied droit ,On dit auiïi ga lop écouté , galop raccourci, galop qui eft la manière de galoper les chevaux de chaffed'école.S'ébrouer en galopant, eft dans un cheval & de campagne , on verra qu'ils ont prefque tousune marque d'un bon poumon & de beaucoup l'épaule gauche reculée, & qu'ils font panchés àd'haleine.gauche: la rai fon en eft naturelle ; c'eft que lecheval, en galopant la jambe droite de derrière;Du GALOP. ( LA GUÉRINIERE ).ouverte & écartée de la gauche , l'os de la hanchedans cette fituation , pouflè & jette néceffairementOn tire du galop trois avantages confdérables, le cavalier en dehors & le place de travers. C'eft(ijui font d'affurer la bouche trop fenfible, d'augmenterl'haleine, & d'abaiiT. r la vigueur fuper-un cheval l'épaule en dedans, pour lui apprendredonc pour remédier à ce défaut qu'il faut galoperfiue d'un cheval qui a trop de rein.à approcher la jambe de derrière de dedans deTours les hommes de cheval conviennent que celle de dehors, & lui faire baiffer la hanche ; &k galop donne de l'appui & afture les bouches lorfqu il a été affoupli & rompu dans cette pbfiure,fenlibles ; parce que dans l'aflion que le cheval il lui cft ailé de galoper enfuite les hanches uniesfait en galopant , il lève les deux épaules & les & fur la ligne des épaules , enforte que le derrièredeux bras en l'air; & ks pieds de devant retombant chaffe le devant, ce qui eft le vrai & le beau galop.enfemble à terre après ce mouvement, le cheval Un autre défaut qu'ont beaucoup de cavaliers ,eft namre'lemcnt porté à prendre de l'appui fur le c'eft qu'ils ne s'attachent point dans les commencementsà fentir leur galop , ce qui eft pourtant unemors , & le cavalier a le temps de lui faire fentirdans ce moment l'effet de la bride.chofe effentielle; c'eft pour cela que j'ai jugé àLe gnlop augmente l'haleine , parce que le chevalétant obligé d'étendre toutes les parties de l'on peu de temps, je ie tiens d un ancien e'êuyer quipropos d'enfeigner ici un moyen de le fentir encorps , pour mieux diftribuer fes forces , les miil'- étoit en grande réputation pour les chevaux decles de la poitrine fe dilatent, & les poumons fe courfe.rempliffent d'une plus grande quantité d'air, ce Ce moyen eft de prendre un cheval de campagnequi aille un pas allongé & étendu , & de s'atta­Gui procu re une refpintion plus libre.cher à fentir la polit ion des pieds de devant. Pourfentir cette pofitiori , il eft néceffaire de regarderdans les commencements le mouvement de l'épaule,pour voir quel pied pofe à terre & quelpied lève en comptant ce mouvement dans fa


j ooGALtête;, & en difant, un , deux. Par exemple, lorfqu'sle pied g auche de devant fe pofeh terre, ilfaut en foi même dire, un; Se quand le pied droitfti pofe à fon tour, il faut dire , deux , &c ainfi de/fuite en comptant toujours , un , deu x.Ce n'eB pas une chofe bien difficile que decompter à la vue cette pofition de pieds ; maisl'effentiel eft de faire paffer ce fentimenr dans lescuifles & dans les jarrets ; enforte que l'impreflionque fait, par exemple , le pied gauche lorfqu il fepofe à terre , paffe dans le jarret gauche , fans plusregarder le mouvement de l'épaule, en comptantt Aijours , comme on l'a fait, en le regardant, un;&. de même lorfqu e le pied droit fe pofe , il faut,fans regarder le mouvement de la jambe dire ,deux. Avec un peu d'attention, en obfervant cetteniithode, on fentira en peu de temps dans fesjarrets, quel pied pofe & quel pied lève ; & qu andon fera bien fur de ce mouvement au pas , il faudrapratiquer la même choie au trot, qui eft un mouvementplus détaché de terre , plus vite, & parconsequent plus difficile à fentir ; c eft pourquoi ilfaut dans cette allure recommencer par regarder lemouvement de 1 épaule pour être fur de fa pofition,& faire paffer cj fentiment dans les jarrets ,comme on a fait au pas.Lorfqu'on fentira bien au trot la pofition despieds de devant, fans regarder l'épaula, on le fentiraen peu de temps au galop, parce que la pofitiondes pieds de devant au galop , fe fait en deuxtemps, comme au trot, un, deux.Quand on fera fur de fon galop , il fera facilede fentir quand il fe défunira ; car un cheval défunia l'allure fi incommode , que pour peu qu'onfoit bien en felle , il faudroit être privé de toutfentiment pour ne pas fentir le dérangement quecaufe ce changement déréglé dans fon alîieite.Quoique ce foit une chofe qui mérite plus d attentionque de fcience , que de fentir bien IonPalop , elle eft pourtant abfolument néceffaire àîcavoir, pour mener un cheval dans les règles; &tout cavalier qui ne fent pas le galop du cheval,ne peut jamais paffer pour homme de cheval.M. de la Broue dit que le beau galop doit êtreraccourci du devant & diligent des hanches. Cettedéfinition regarde le galop de manège , dent nousparlons ici ; car pour celui de chaffe ou de campagne,dont nous parlerons dans le chapitre deschevaux de chaffe, il doit être étendu. Cette diligencedans le train de derrière , qui forme la vraiecadence du galop , ne s'acquiert que par les enviesd'aller, les demi arrêts ,& les fréquentes defeentesdemain. Les envies d'aller déterminent un chevalplus vite que fa cadence ordinaire le demi-arrêtfoutlent le devant du cheval , après l'avoir déterminéqtiehues pas ; &, la def eente de main eft larécomojnf- q-ai doit fui vre immédiatement aprèsVobéiffance du cheval, & qui l'empêche de prendrela mauvaife habitude de s'appuyer fur le mors.Lorfqu un cheval prend facilement l'envie d'alG A L1er , qu'il eft affnré & obéiffant à la ma'n au demiarrêt, & qu'il ne met po int la tête en défordre dansla defeente de main, il faut alors le régler dansun galop uni, qui eft celui dans lequel le derrièrechaffe & accompagne le devant d'ime cadenceégale fans traîner les hanches , 8c que, l'envie d'aller& les demi-arrêts fuient, pour ainfi dire, imperceptibles, & ne foient fenfiblcs qu'au cheval.Pour parvenir à donner ce galop cadencé &uni,il faut examiner foigneufement la nature de chaquecheval, afin de pouvoir difpenfer à propos les leçonsqui lui conviennent.Les chevaux qui retiennent leurs forces doiventêtre étendus Se déte rminés fur de longues lignesdroites , avant que de régler leur galop ; ceux aucontraire qui ont trop d'ardeur, doivent être tenusdans un galop lent & raccourci, qui leur ôte l'enviede fe hâter trop , ce qui en même temps augmenteraleur haleine.Il ne faut pas toujours galoper fur des ligneidroites , mais fouvent fur des cercles, les chevauxqui ont trop de rein , parce qu'étant obligésde tenir leurs forces plus unies pour tourner quepour aller droit, cette aäion leur diminue la forcedes reins, leur occupe la mémoire & la vue , leurôîe la fougue & l'envie de tirer à la main.Il y a d'autres chevaux qui avec affez de rein ,ont de la foiblefîe , ou reffentent de la douleur ,foit dans les épaules ou dans les jambes, ou dansles boulets , ou dans les pieds , par nature ou paraccident. Comme ces fortes de chevaux fe défientde leurs forces, ils fe préfentent ordinairementde mauvaife grace au galop; il ne faut pas leur demanderde longues reprifes , afin de conferverleur courage & de ménager leur peu de vigueur.11 y a encore deux autres natures de chevaux adont la manière de galoper eft differente. Quelques-unsnagent en galopant , c'eft à-dire , qu'ilsallongent les jambes de devant, en les levant trophaut ; d'autres au contraire galopent trop près deterre. Pour remédier au défaut des premiers, ilfaut bailler la ma in & pouffer le talon bas en appuyantfur les erriers, dans le temps que les piedsde devant fe pofent ù terre : & il faut rendre lamain quand le devant eft en l'air, à ceux qui galopenttrop près de terre, & qui s'appuient fur ]


G A Lpour oBeir, pouv le peu qu'on l'anime de la langue& qu'on le diligente de la jambe de dehors , ilprendra de lui-même le galop, qu'on continueraquelques pas feulement , l'arrêtant & le flattantaprès, & en lui faifant pratiquer cette leçon detemps à autre , jufqu'à ce qu'on le fente en étatde fournir une reprife entière.Toutes ces leçons bien exécutées , appropriéesà la nature de chaque cheval, perfeétionnées parl'épaule en dedans , & la croupe au mur , iuiviesde la ligne droite par le milieu du manège , ur f laquelleligne il faut toujours finir chaque reprife ,pour unir & redreffer les hanches , rendront avecle temps un cheval libre, aifé & obéiffant dansfon galop , qui ed une allure qui fait autant deplaitir à ceux qui voient galoper un cheval debonne grace, qu'elle eft commode & agréable aucavalier.Du GALOP ( BOURGELAT ).Le mot galop , felon Budè , Saumalfe , Vofluis,Boudelot, Ménage , & touts les étimoiogiftes, efttiré du grec ou KaX-prx, d'où dérivent KCSÀTSV ,Ka>.vaiin. Les latins o nt dit calcare &. caipaere ,& les François galoper , galop. Telle eft l'origine& la filiation de ce mot confacré à l'expreffion dela plus élevée & de la plus diligente des alluresnaturelles du cheval.Cette allure confifte proprement dans une répétition& une fuite de fauts en avant : il fuffit deconfidérer un cheval qui galope , pour s'appercevoirqu'elle n'eft effectuée que conféquemment àdes élancements fuccefîlfs & multipliés , qui nefont & ne peuvent être opérés qu'autant que lesparties poftérieures , chargées d'abord du poids dela raaffe , font proportionnément aux flexionsqu'elles fubiffent, un effort p our chaffer les portionsantérieures qui font détachées de terre ; &les ayant déterminées en effet, fe portent & prennentelles-mêmes après chacune des foulées & desrelevées de l'avant-main, & plus ou moins près dela direäion perpendiculaire du centre de gravitéde l'animal , un appui au moyen duquel elles follicitent,par de nouvelles pereuffions , la continuationde cette atiion , dans laquelle , & chaque àpas complet, il eft un inftant où toute la machineeß vifihlement en l'air.Si les pieds qui terminent les extrémités de l'arrlère-mainne parviennent pas l ors des foulées ,extrêmement prés de ce centre, la flexion de cesmêmes extrémités eft moindre , leur détente fefait dans une direäion plus oblique de l'arrière àl'avant: l'animal s'allonge donc davantage ; il embraceplus de terrein: mais fon allure étant moinsraccourcie, eft aulîl moins haute ; & c'eft c e quiarrive dans le galop ordinaire , qui ne nous faitentendre que trois battues exécutées, par exemple,à main droite , l'une par la jambe du montoir dederrière , l'autre par les jambes droites d e derrière& gauche de devant enfemble ; la troiiième , parG A Li c ila jambe de devant de dedans. Si au contraire laflexion des reins, ou pour parler plus exaäement,la flexion des vertèbres lombaires eft telle que lederrière foit c onfidérablement abaiiïé, & que lesangles qui réfultent des articulations des extrémitéspoftérieures , foient rendus très-aigus , les fouléesde ces extrémités étant beaucoup pins rapprochéesde la direäion du centre dont il s'agit, lamafie entière eft plus élevée que chaffée ; l'aäioneft moins allongée, mais elle eft plus foutenue ; &delà les différents genres de galop plus ou moinsfonores , plus ou moins cadencés ; & dans lefquelsnotre oreille eft frappée du fon de quatre battuestrès-diftinéies , dont la première eft fournie par lajambe de derrière de dehors; la feconde, par lajambe qui, avec celle-ci, compofe le bipède postérieur;la troifième, par la jambe poftérieure dedevant de dehors ; & la quatrième, par la jambequi l'avoifme. F. MANÈGE,Ici la kiccefllon harmonique des mouvementsdes membres du cheval, diffère de l'ordre ob fervèpar ces membres dans les autres allures naturelles.Les foulées des bipèdes poftérieur & antérieur nefont pas mutuellement interrompues & diagonalemententrecoupées les unes parles autres , ain.1qu'on le remarque à l'aäion du pas. Chaque jambedu bipède antérieur n'agit pas, & ne foule pas toujoursdiagonalement avec celle du bipède poftérieur, ainfi qu'on le voit dans le trot uni. Labattue d'une jambe de l'un de ces bipèdes eftCQnftamment fuivie de celle de l'autre jambe dece même bipède ;& de plus, un des bipèdes latérauxdoit toujours devancer l'autre. Je m'explique :foit un cheval galopant à main droite ; les jamèesdroites , qui forment un bipède latéral, doiventrégulièrement outre - paffer les jambes gauchesdans leur marche & dans leurs foulées : commelorfque l'animal galope à gauche, les jambes gauches, qui forment enfemble un autre bipède latéral.doivent outre-paffer les jambes droites. Danscet état, le galop eft réputé j afte & uni ; la jiifteffadépendant fpécialemen; de la ja mbe de devant quioutre-paffe fa voifme , c'eft-à-dire qui mène ou quientame : car l'allure eft falfifiée, fi à droite lajambe gauche, & àgauche la jambe droite devancent, & l'union ne naiffant que de l'accord desmembres de derrière , étant néceffa irement aftreintà fuivre le mouvement de la jambe à Inquelle i lrépond latéralement: enforteque l'une de devantentamant, celle de derrière du même côté doitentamer audi ; fans cette condition , l'animal eftdéftmi, & fa marche eft d'ailleurs chancelante &peu fure. MANÈGE.Quelque notable que foit la différence de l'arrangementdes membres au trot, l'expérience nousapprend que fi le cheval eft preffé au-delà de lavitefte de cette allure , l'ordre en eft bientôt intervertipar-la foulée plus prompte de l'un despieds de derrière , dont la chute accélérée hâtecelle de l'autre pied du même bipède poftérieur ,


lozGALqui au moment où il fe meut & fe porte en avantpour efîeâuer fa battue, mène & entame d'accordavec le pied de devant du même côté de manièreque dès lors les quatre jambes procèdent par unefuite de mouvements qui n'a rien de diflsmblable ,& qui eft prccifément la même que celle qui conftituevéritablement le galop.Pour découvrir la raifon de ce changement fubit8c indifpenfable, il fuffit d'o bferver que dans untrot médiocrement vite, l'intervalle ou le pied dedevant doit fe détacher de terre, à l'efet d élivrerla place qu'il occupoit fur le fol au pied de derîièrequi le fuit immédiatement , eft en quelquefaçon imperceptible. Or, foit fenfiblement diminué,à raifon d'une augmentation confidérable decélérité, l'efpace de temps nécaffaire & accordépar Vaccompliflement des deux doubles fouléesdiagonales qui caraétérifent cette allure ; il eft évidentque l'inftant donné à chaque bipède latéralpour completter fon aäion , fera fi court & fi limité, que le pied antérieur qui doit toujours céderle terrein , ne pouvant aflez promptement s'élever ,& étant conféquemment atteint , rencontré 8cheurté à chaque pas par le pied poftérieur qui lechaffc,la chute de l'animal fera inévitable: tellesfont donc les bornes preferite; à la rapidité dutrot, que fi elle eft portée à un extrême degré , lecheval, par une efpèce diiiinâ , pafe de lui-mêmeà une autre allure, dans laquelle les jambes q uicompofent les bipèdes latéraux , fourniffant enfembleSe de concert au mouvement progreflif, ne peuventabfolument s'entre-nuire , & qui lui donnantencore , au moyen des perculîiens plus obliques,l'avance da porter par l'effort d e chacun de cesmembres, dontl'aflion.n'eft néanmoins pas ré ellementplus prompte , la maffe totale de fon corpsbeaucoup plus avant, le met en état de répondre& de fatisfaire fans crainte & fans danger à l'excèsde vitefte dont le trot n'eft pas fufceptible.Mais parce que cette interverfion forcée & fugeêréepar la nature, a conftamment & généralementlieu dans touts les chevaux qui trottent, lorfqueleur marche eft vivement hâtée , s'enfuit-ilque l'allure née de cette interverfion doive toujourseflentiellement reconnoitre pour fondementcelle à laquelle elle fuccède dans cette circonf-Uince ? Le duc de Neucaffle l'a penfè , & j'avouequ'une déférence trop aveugle pour fes fentimensm'a induit en erreur , dans un temps où , par undéfaut de philofophie, de réflexion & de lumières,je jugeois iudiferètement & fans examen, du mérited'une opinion, fur la foi du nom & de la réputationde fon ant.nr. ( Nouv. Newcaßle, edit.1744.) Conclure du changement qui réfuite de lavéhémence du trop , que cette aéìion eft le principedu galop , c'eft avancer & foutenir que la céléritéfeule en eft la bate ; or rien de plus faux qu ecette maxime. Nous voyons en effet que , quelquelente que foit l'allure de l'animal, pourvu qu'ellefait foutenue , elleft plus prochaine ju degré requispour le porter à ce mouvement prompt 8cpreffé , que celle qui, étant abandonnée, eft dansun plus grand degré de vitefte. Suppofons, parexemple , un cheval dans l'aétion tardive d'un pasparfaitement écouté & d'un trot exaâement uni,il eft inconreftable que, malgré la lenteur de laprogreffion dans l'un & dans 1 autre de ces cas , fesforces fe tro uvant raffemblées , il fera plus libre &plus difpofé à pafler d e ces mouvements à une actionrapide & diligente , que du pas a llongé ou decampagne , ou que d un trot Amplement déterminé: il faut donc neceffairement convenir quele fondement & la condition réelle d'un vrai galopfe rencontrent principalement dans le point -d'unionou d'où naît la po/fibilité & la plus grandefacilité que l'animal a de percuter & de s'enlever ,8c non dans une célérité qui, s'éloignant de cetenfemble, ne fauroit produire qu'une aélion baffe ,rampante, & également précipitée fur les épaules& fur l'appui.C'eft fur cette vérité que porte évidemment larègle qui nous preferir de ne point galoper uncheval qu'il ne fe préfente ailément Se de luimêmeà cette allure, & qui, fixant d'une manièrepofitive les progrès qui dans l'école doivent p récédercette leçon , nous aftreint à ne l'y exercerqu'autant qu'il a acquis la franchife, la foupleffe& l'obéiffance qui doivent en favorifer l'intelligence& l'exécution ; il eft temps alors de l'y foliiciter: l'aßion du galop étant infiniment moinscoûteufe 8c moi ns pénible à l'animal par le droitqu'en tournant, on le travaillera d'abord fur deslignes droites.La difficulté qu'il éprouve fur des cercles, eftnéanmoins une reflburce dont un homme de chevalprofite habilement dans une foule d'occurrences.11 eft des chevaux naturellement ardents, quis'animent toujours de plus en plus en galopant,qui s'appuient Se qui tirent de manière qu'à peinele cavalier peut les maîtrifer ; il en eft encore qui,doués do beaucoup d'agilité & defineffe, fe défuniffentfouvent : plulieurs, non moins fins Senon moins fenfibles que ceux-ci , mais dont lecorps pêche par trop de longueur, communémentfalfifient ; quelques uns ne partent jamais du piedqui doit amener le moyen d'appaifer la vivacité despremier;, de donner aux féconds l'habitude de lajufteffe des hanches, 8c aux autres celle de la jufteffedes épaules, & de les entamerpréférablementfur un rond dont l'efpace foit toujours relatif àleur aptitude & aux vues qu'on fe propofe ; parceque la pifle circulaire exigeant une plus granderéunion de forces, & o cupant, pour ainfi .parler,toute l'attention de l'animal, en modère la fougue,& captive tellement fes membres, qu'il ne peutque reffentir une peine extrême , lorfqu'il veut felivrer aux mouvements défonlonnés d'une allurefauffe & défunte. Après qu'ils ont été exercésainii, & lorfqu'ils font parvenus au point ilefiré detranquillité de d'affurançe, il eft bon de les gaio-:


G A Lper devant eux, de même que de porter infenfiblcmentfur les cercles ceux qu'on a commencés parle droit ; car laifance Si la perfcäion de cette actiondans un cheval qui d'ailleurs y a été préparé ,dépend véritablement de la fucceflion & mêmedu mélange éclairé des leçons fur ces terreins diverfementfigurés.Le trot a paru en général, eu égard aux premièresinflruûions , l'allure la plus propre & la plusconvenable pour partir & pour enlever l'animal.Elle eft telle en effet, quand elle eft fontenue ,parce que la vitefie & Venlemble étant alors réunis,pour peu que les aides ajoutent au degré de perctiftionque l'une & l'autre Cu (citent, le cheval eftbientôt & facilement déterminé. 11 importe cependantd'en mefurer & d'en régler avec art la véhémence& le foutien ; elle ne doit être abandonnéedans aucun cas : mais relativement à des chevauxqui tiennent du ramingue , ou qui font pourvusd'une union naturelle, ou


134 GALélèvera ce même corps, & donnera une nouvelleviteffe s u mouvement progreflîf qu'il a déjà reçu ;après quoi les deux jambes de devant, qui, dès quevous rendrez légèrement la main , & que vous pafferezàl'appui doux, percuteront à leur tour Sc'effectucrontà c haque battue, le foutien du corps lorsde fa chûta, & la relevée de lavant-main aprèscette chute tombant alternativement, toute l'atiionfe trouvera pleinement accomplie. Sa durée dépendra, son de l'application confiante de toutes lesforces étrangères qui l'ont produite , puifqu'ellepeut fe foutenir fans ce continuel fecours , mais dela fermeté liante de votre corps, dont l'équilibredoit être tel que l'avant & l'arrière-main dans leurélévation fe chargent eux-mêmes de fon poids, &de l'adrefie avec laquelle vous préviendrez dansl'animal le ralentiffement des efforts des partiesqui, en conféquence du premier mouvement imprimé, fe preffent mutuellement, 8c f ont contraintesd'accourir en quelque façon pour étayerfuccelTivement la machine. Soyez à cet effet attentifau moment de la defcente des épaules , Se furtoutà l'inflant précis où les pieds atteignent le fol,(i dans ce même inflant le cheval eft légèrement renfermé; & fi vos rênes aglffent en raifon du tempsde lapercuflion de chacun des membres qu'elles dirigent,la relevée du devant étant aidée , la mafiefera plus furement & plus facilement rejetée furle derrière, & les flexions étant par conféquententretenues & occafionnant toujours une vélocitéà peu-près égale dans les détentes, vous fersz difpenfèd'employer fans ceffe vos jambes , dont l'ufog e non-imerrompu endurcit l'animal, & dentl'approche réitérée n'eft réellement utile & néceffaireque fur des chevaux moux, pefans, foibles,parefieux, indéterminés , & qui traînent leur allure.La leçon du galop, bornée à use feule & uniquemain, ne rempliroit pas toutes nos vues. Le chevaln'eft propre aux différents airs, qu'autant qu'il eften quelque façon ambidextre ; c'eft-à-dire, qu'autantqu'il a une même fouplcffe, une même légèreté,& une même liberté dans les deux épaules &dans les deux hanches. On ne doit donc pas fecontenter de le travailler fur une même jambe , &nous fommes indifpenfablement obligés de luifaire entamer lé'chemin, tantôt de l'une 6c tantôt del'autre. Après l'avoir quelque temps exercé à droite& larfqu'il s'y préfente avec quelque franchife,on peut, ou le partira main gauche , ou le conduirede la' première fur celle-ci. Les chevaux qui demandentà être partis , !om ceux en qui l'on obferve, lorfqu'on les galope à droite, un penchantextrême à la falfiiìcation & à îa défunion ; on les yconfirmeroit en les faifant changer de pied dans iscours & dans la fuite de l'aflion ; & l'on doi t attendrequ'ils commencent à être affurés aux deuxmains, avant d'exiger d'eux qu'ils y four ni fient fartsinterruption. Nous avons au furplns fumfammentexpliqué les moyens de ce départ, & on fe rappelleraque pour le galop à gauche , la rêne gau-G A Lclic , par fon croifement, opère le renverfementde l'épaule fur le dehors; la rêne droite retientl'épaule contraire, & la jambe droite du cavalieraide principalement.Les conditions du changement, méritent quenous nous y arrêtions. Ce feroit trop entreprendreque de le tenter d'abord fur la ligne droite parcourue.On l'abandonnera pour en décrire une diagonaleplus ou moins longue, d'une feule pifte, & aubout de laquelle l'animal, paffant à l'autre main ,tracera une ligne femblable à celle qu'il a quittée.Ici la rêne gauche agira; elle déterminera le chevalà droite & fur cette diagonale ; mais il eft à craindreque le port de cette rêne en dedans charge lesparties droites , & délivrent les parties gauches dela contrainte dans laquelle elles font; or, obviezà cet inconvénient par une aélion femblable , maislégère, de l'autre rêne , ou par l'atiion mixte &fuivie de la première que vous croiferez & quevous mettrez à vous d'un feul & même temps ; &foutenez , s'il en eft befoin , de votre jambe de dehors, le tout pour contenir le derrière & pour lerefferrer ; car dès que vous gênerez la croupe &vous l'empêcherez de tourner, de fe jener , & defortir, il eft certain que, conféquemment au rapport,à la rélation intime, & à la dépendance mutuellede la hanche & de l'épaule gauche , ou même desdeux épaules & des hanches , les jambes gauchesdemeureront affervies & dans cet état de mjétionqui leur ravit la faculté de devancer & de mener. Ceprincipe doit vous être préfent encore au momentoù , parvenu à l'extrémité de la ligne dont il s'agit,vous chercherez à gagner l'autre, & à efteéiuer lepafi'age médité. SaifilTez l'infiant qui précède lachute du devant, pour détourner l'épaule avec larêne de dehors ,& pour retenir celle de dedansavec la rêne droite, & fubftituez votre jambe dumême côté à la jambe gauche qui aidoit ; l'épaule& la hanche qui étoient libres cefferont infailliblementde l'être , & les autres membres feront indifpenfablementaftreints à entamer.Soit que les changements de main s'exécutentfur les cercles , ou d'une ligne droite fur une autreligne pareille, ou fur un terrein quelconque plusou moins vafle & plus ou moins limité , les aidesdoivent être les mêmes. Je fais que des ècuycrs quine pratiquent & n'enfeignent cependant que d'aprèsune routine , qui ne leur a procuré qu'uneconnoiffance très-fuperficielle de ces opérations ,m'objeûerozn qu'elles tendent à tr averfer le cheval& à p rovoquer par conféquent une allure défeflueufe, puifque dès-lors le derrière fera tellementélargi, que la jambe de dedans qui en dépendfe trouvera écartée de l'autre , & lors de la pif te derelie avec laquelle elle mène , tandis que leursbattues & leurs foulées devroient être marquées furune feule ligne ; l'aétion dont je traite exigeant queles hanches fuivent exaSement celle des épaules ,je conviendrai de la vérité & de la folidité de cettemaxime : mais je répondrai que l'animal ne peutarriver


G A Larriver à la perfe£Vion que par des voies infenfiblss, & que l'ignorant feul a le droit de fe persuadertrès Couvent qu'il l'y conduit, dans le tempsmême qu'il l'en éloigne : les premières leçons fontuniquement deûinées à rompre , pour ainfi di re,le cheval, à lui donner l'intelligence neceflaire ;& nous ne [aurions être trop occupés du foin delui en rendre l'exécution facile ; or, rien n'eft plusCapable de fatisfaire à ces divers objets , que desaides qui ne lui fuggèrent d'abord que des mouvementsconformes à ceux auxquels nous voyonsque la nature l'engage , quand il fe livre de luimêmeau galop, & qu'il change de pied fans la participationde celui qui le monte. Sa volonté eft-ellegagnée ? Part-il librem ent ? Commence-t-il à êtrea Jirmi à droite & à gauche dans l'union & dans lajurteffe de cette allure relativement à l'ordre danslequel les membres doivent fe fuccéder ? Alors ,mettez à vous la r êne de dedans , mais obfervezque fa tenfion foit en rai fon des effets qu'elle doitproduire fur les hanches du même côté , fans altérernotablement l'aflion de l'épaule qui mène ; &pour rencontrer cette proportion , mul tipliez, en lacherchant, les temps de votre main : dès que vousl'aurez atteinte , le derrière fera rétréci ; & aprèsavoir redreffé ainfi & peu à-peu l'animal dans lecours de fa progreffion, vous parviendrez à le partirexaélement droit & devant lui.Il eft deux manières de procéder pour l'y déterminer.L'élévation du devant & l'abaiflement de''extrémité oppofés s'opèrent, dans touts les cas,par les moyens que j'ai déjà preferits ; mais lesaides qui doivent accompagner la chute de l'extrémitéantérieure, diffèrent ici de celles que nousavons indiquées. Si vous croifez, ainfi que je l'aidit, la rêne de dedans, & que vous mettiez l'autrerêne à vous, dans l'intention de contraindre lepie al de dehors à fouler le premier, le temps deces rênes doit être moins fort ; & bien loin de diminuerle fecours que la hanche de dedans attend& doit recevoir de votre jambe de ce-côté, l'approcheen fera telle qu'elle paiffe obvier à ce quel'arrière-main cède & fe meuve, conféquemmentà l'aflion combinée delà main ; tandi s que d'uneautre part, vous modérerez l'appui de votre autrejambe, qui contrarieroit infailliblement les effetsque vous pouvez vous promettre de celui de la première, fi vous n'en bornez la puiffance au (impiefeutien , d'où réfulte la plus grande facilité de ladétente de la hanche qui eft chargée. 11 eft effentielde remarquer que, malgré la rapidité de cetinftant, les unes & les autres de ces aides doiventêtre diftinâes & fe fuivre. Car les rênes & lajambe de dedans du cavalier agiffant enfemble &au même moment, l'avant & l'arrière-main entreprisparticiperoient d'une roideur extrême, & l'animalpartiroit faux ou défuni, felon celle de cesforces qui l'emporteroit.La feconde façon de pratiquer, qui nous mèneEquitation , Efcrlmc 6» Dtnfe,G A Lïo^au même but, & à laquelle il eft néanmoins bon dene recourir qu'après s'être a (Tu rè des fuccês del'autre par Vobéiffance du cheval, ne demande pasmoins de fin effe & de précifion. Elle confifte uniquementquand le devant eft en l'air, & à la fin defon foiitien , à retenir fubtilement, au moyen de latenfion de la rêne de dehors, le membre qui doitatteindre d'abord le fol, tandis qu'on diminue pardegrés ce'le de la rêne de dedans, qui dirige celuiqui doit entamer. Le membre retenu tombant néceffairertientle premier en arrière, & celui qu'onceffe de contraindre , ne frappant que la fecondebattue & embraffant plus de terrein ; tours font futvantl'arrangement defiré, d'autant plus que leshanches de dehors & de dedans n'auront pu quefe reflèntir , l'une de la fujètion , & l'autre de 1$liberté des parties de l'extrémité antérieure, auxquelleselles correfpondenr. Il n'eft queftion enfuiteque de maintenir l'animal fur la ligne droite , &


io 6 GALqué par quatre battues ; telle autre eft ftifceptible dugalop le plus fonore &le plus cadencé , contentez -vous de mettre infenfiblement le premier au moyende la tenfion proportionnée de la rêne du dedansàvous, dans le pli léger qui doit unir & perfedtionperfon aSion ; 8c a ugmentez auffi par degrés la'lenfion de cette même rêne , dont vous dirigez &dont vous aiderez encore l'eSet par l'appui de votrejambe de dehors, pour raccourcir de plus en plusJes temps des féconds, & pour en fixer la meiure.Celui-ci ne déploie pas toutes les forces que vouslui connoiffez : vous n'appercevez point dans lejeu de fes reffons la preftefle & le tride dont ilsfont capables ; hâtez, à diverfes reprifes, plus oumoins vivement la cadence ,& faites qu'il la preffe,qu'il la rallentiffe, & qu'il y revienne alternativement; il ac querra d'une part plus de franchile, &de l'autre, cette diligence dans les hanches, d'oùnaît la plus brillante, la plus régulièie, & laplus belle exécution. Celui-là s'élève extrêmementdu devant,- cet autre du derrière; modérez toutsces excè^, foit en fecourant des gras de jambes , &en rendant la main, foit en renfermant & en pingantplus ou moins en arrière; mais ne perdez jamaisde vue le point où vous devez vous arrêter,& que vous ne pourriez franchir qu'en aviliffantl'animal, puifque vous en forceriez la difpofition &la nature.A toutes ces différentes leçons, vous pouvezfaire fuccéder celles qui préparent le cheval à galoperde deux pifles. Si on fe rappelle les principesque j'ai'détaillés, en parlant des moyens del'inftruire à cheminer de côté ( V. fuir les talons) ,Jes règles les plus effentielles à obferver pour ledéterminer à cette allure , feront bientôt connues,& on ne pen fera pas que la fujétion des hanchesdans cette aéiion, ne puiffe être due qu'à l'effort deeelle des jambes du cavalier qui les pouffe, ouqui communément, &très-mal-à-prepos,les chafîedans le fens où elles font portées. Repréfentons-JÎOUS la ligne diagonale , à l'extrémité de laquelleG A Ltie l'avant-main cft celui du port de la première cfîdehors, comme le moment de fa retombée eft celuidu port de la feconde fur le dedans. Je remarqueraiau furplus que ces mouvements, d'ailleursfi fubtils qu'ils ne peuvent fe voir , ne font efficacesqu'autant qu'ils dérivent du véritable appui, &que la main agit dans un certain rapprochementdu corps; car fi elle en étoit éloignée, ils tendroientà déplacer l'animal. Quant à nos jambes, nous n'enferons ufage que lorfqu'il fera queffion de l'affermirdans fon allure , d'en prévenir & d'en empêcherle rallentiflement, ou de fuppléerà l'impuiffancedes rênes , qui feules doivent diriger la m a­chine ; ainfi, par exemple , dans le cas où il fe retient, où il péfe , où il mollit, nous les approcheronségalement pour le déterminer, pour l'unir ,pour l'animer, tandis que la main fera toujourschargée de régler Vaftion des m embres ; 8c danscelui-ci, où la rêne de dedans croifée, & mêmeaidée de la rêne de dehors à nous , éprouveroitune réfiftance de la part de la croupe , nous nousfervirons de la jambe de dehors, dont le foutieadeviendra dès-lors un fecours néceffaire.Telles font les voies qui conduifentle plus furementà une obfervation non forcée des hanches ,dans l'allure prompte & preffee du galop. Plus cemouvement raccourci, diligent & écouté , qui occupetoujours confidérablement les reins Se le derrièrede l'animal, doit être pénible, plus il im--porte de ne l'y inviter que par une longue répétitionde ceux qui infenfiblement l'y difpofent r l'habitudeen étant acquile, nous parvenons bientôt,& fans violence, à en obtenir l'exécution fur toutesfortes de plans. S'agira-t-il en effet d'obliger le chevalà fournir ainfi un changement de main large ?Il l'entamera fans difficulté : premièrement, fi vousformez un demi-arrêt qui ne peut que l'unir davantage; fecondement, fi une légère tenfion qui nedoiten aucune manière lui faire abandonner le pljdans lequel je fuppofe que VOBS l'avez placé , fixefùbtilèment & à temps le poids de fon corps fur lahanche du même côté, ce qui , augmentant laflexion des parties de cette extrémité, en folli,citera une plus violente détente ; troifiémement ,fi le croifement fu bit & fu ivi de cette même rênefur le dedans, met les épaules fur le chemin qu'ellesdoivent décrire , il le continuera dès que la renesous avons induit l'animal à changer ; c'eft dans lecours de cette même ligne que nous devons commencerà engager légèrement & de temps en tempsla croupe, foit à l'une, foit à l'autre main, en croifantd'abord foiblement la rêne de dedans, pourlui fuggérer une obliquité imperceptible , & en leremettant droit auffi-tôt qu'il a fourni quelques pas. de dedans portée fur le dehors , aff ujettira fuccelfi-;A m e fur e que nous entrevoyons de l'obéiflance & vement le derrière-tlans le fens où les épaules ferontfucceflîvement déterminées par l'autre, & dèsde la facilité, nous multiplions & nous continuonsles temps de cette même rêne, & nous en augmentonspeu-à-peu la force & la diredlion fu r le de­ou à ce qu'il s'entable , ou à une altération quel­qu'on s'oppofera foigneufement à ce qu'il dévuidehors , dans l'intention de le fol liciter à ce jufte bir.is conque de la m e fu re & des dißances ; à ce qu'ildans lequel il doit être. Cette force pouvant jeter dévuide par la force fur-le-champ accrue de la rêneles épaules dans une telle contrainte , qu'elles feroientdans 1 impoflìbllité de devancer les hanches , reélion de celle qui régit le devant & qui fera fixéequi captive les hanches; par le changement de di-nous la proportionnons encore avec foin aux effets pour le moment au corps du cavalier, & par l'ap,que nous nous propofons de produire, & nous en put de la jambe de dehors ; à ce qu'il s'entablecontrebalançons la puiffance par l'aélion de la rêne par des aélions femblables , mais opérées par lesoppofée, de manière que le moment de la relevée rênes & par la jambe oppofée j a ce que les m*-


G A Lfu res & les dlfhmces foient altérées par Vnoprocliedes deux jambes, & la modération de l'cnet de lamain, fi le degré de tîteiïe diminue, & fi l'animaln'embrafle pas affez de terrein ; par le raffermilTementde la main feule , s'il fe porte trop en avant& û la vîteffe augmente; par fon relâchement, files hanches font entreprifes & trop chargées ; parfon foutien & celai des jambes enlémble , s'il n'ya plus d'union , &c. Il le fermera avec précifion ,lorfqu'on fera exaél, en employant ces différentesaides, felon la nécellité & les circonflances , à lemaintenir dans fon attitude & dans fa marche , jufqu'àla ligne qui termine l'efpace qu'il parcourtobliquement ; &. il reprendra enfin avec jufteffe enentrant fur cette même ligne dés qu'il y fera in ­vité par l'un ou l'autre des moyens qui le follici,tent à changer, ou à partir droit & devant lui.L'efficacité d e celui gui n'exige que la fimpleattention de retenir les jambes du bipède qui entame,& de laiffer à l'autre la liberté de s'étendre &de devancer, eft fur-tout évidente, fi du galopd'une pifte fur une volte , vous paiïez à une autrevolte éloignée & femblable , par un changementde deux piftes que vous entreprenez, & que vousentretenez à la faveur des fecours indiqués, alorsne fermez pas au mur ou à la barrière du manège ;coupez & interrompez les lignes diagonales tracéesdans fa longueur, à quelques pas de ce même mur,par l'aiSion de la réne de dedans mife à vous , &de la rêne de dehors dont vous tempérerez infenfiblementla tenfion. Dans ce même inftant, & ûvous avez agi dans celui où toute la machine efldétachée du fol, les jambes de dedans fe trouverontchargées, & celles de dehors qui, dans l'accompliffementde la nouvelle volte fur laquellevous êtes arrivé, deviendront les jambes de dedans,mèneront infailliblement. Pliez enfuite l'animaldans le centre, comme il étoit à l'autre main ;formez un fécond changement, & revenezplufieursfois fur le premier cercle quitté , en opérant toujoursde même ; vous vous conva increz, par votrepropre expérience , de la folidité d'une théorieconfirmée par les fuccès des élèves même qui s'yconforment, mais qu'on fera peut-être intéreffé àcondamner, parce que le facrifice d'une ancienneroutine , & l'obligation d'adopter de nouveauxprincipes , après avoir vieilli, ne peuvent quecoûter infiniment, & bleffent toujours l'amourpropre.On conçoit, au furplus, que toutes les aidesdont j'ai parlé , conviennent également au galopde deux piftes fur la ligne du mur, fur les changementsétroits , ainfi que fur les voltes. A l'égard descontre-changements, on les entame de même queles changements, & ils feront effeétués parla rênede dedans à vous, & par le croifement foudain decette même rêne, qui portera l'épaule à fe mouvoirdu côté contraire à celui fur lequel elle étoitmue, & qui, faifant p ar çonféqueat l'office de UG A L 1 0 7réne de dehors, fera contre - balancée dans feseffets par l'autre rêne, qui fera dès-lors la rênede dedans.Nous terminerons cet article par l'exailien &. laréfolution des deux points fuivants.1 0 . Quel eft le temps jufle qu'il faut prendrepour enlever le cheval du pas, du trot, &. del'amble même au galop ?2 a . Quels font l.es moyens qu'on pourroît employerpour le remettre, dans le cas où il fe défuniroit& falfifieroit?La première de ces queftions n'offrira rien dedifficile & d'épineux à quiconque confidérera quele temps qu'il s'agit ici de découvrir, n'eft & nepeut être que l'inftant où les membres du cheval,dans les unes ou les autres des allures fuppofées,& d'où on fouhaite le partir , fe trouvent difpofésà peu-près co mme ils le font lors de l'aäion âlaquelle on fe propofe de le conduire.Soit donc faifi à l'effet d e l'enlever fur la maimdroite, le moment où la jambe de devant fe détacherade terre ; dans ce même moment la jambede derrière du même côté eft encore en mouvementpour fe porter en avant; la jambe du montoir,& la jimbe de derrière du montoir, eft encoremoins avancée que celle de dedans. Or, fidans cet état & lors de cet arrangement du derrière,qui eft te feul à la faveur duquel il foit poffiblede fubftituer aux a étions intercalaires des membresaux pas, les aâions fucceffives qui effeclue ntle galop ; vous aidez par un demi-arrêt proportionné,la levée de l avant-main qu'opèrent principalementla battue & la percufljon de la jambegauche de devant qui s'eft pofée , vous rejetiezle poids du corps du cheval fur les hanches : lefoutien de l'extrémité antérieure , le premier momentde l'intervention follicitée , & la nouvelledifpofition des quatre jambes étant précifément lamême que celle qui eft requife pour l'accompliffementdu mouvement preffé , auquel vous defirezde porter l'animal, le temps recherché & qui doitêtre tiré de fa progreiTion naturelle & de fa pre-,mière allure, fera inconteftablement pris.La vîteffe du trot abrégeant infiniment la duréede l'aflion de chaque membre, ce temps par uneconféquence néceffaire, fuit & s'échappe avec uneextrême rapidité : delà ré fu lté la plus grande difficultéd'agir dans une précifion parfaite. Auflitôtquela jambe de devant de dedans fe lève , la jambegauche de derrière va fe détacher de terre , & elleeft encore plus en arrière que la droite de l'arrière-main,qui étoit prête à fe pofer près de ladireétion du centre de gravité , au moment oùl'autre alloit s'enlever. Cette pofition ert donc encoreconforme à celle de ces deux jambes au galopà droite. Or , entreprenez dans ce mêmeinßant de déracher du fol le devant, la chute dela jambe gauche de cette extrémité, ou fa foulée


108 gr a lfur le terrein , tavorifera l'effet de vos' aides; ladroite, fa voifine, qui qiiiitoit la te rre pour feporter en avant , s'y portera réellement en attendantla retombée de 1 avant-main. La droite dederrière fera fixée fur le terrein , moins avantqu'elle ne s'y feroit fixée elle-même , mais plusavant que la gauche, qui demeurera à l'endroit oùvous l'aurez furpris ; & vous trouverez enfin dansla fituation des membres de l'animal tout ce qui•peut vous affurer de la juftelTe du temps faifi.Quant à l'amble , perfonne n'ignore que cetteaiSlion eft beaucoup plus baffe que celle du pas &du trot ; elle ne peut être telle , qu'autant que lesreins & tout l'arrière-main baifleroient davantage.Le temps qu'exige le pafFage de cette allure au galop, ne diffère en aucune manière de celui quenous venons d'indiquer , parce que dès que cetemps n'efl aune chofe , ainfi q ue nous l'avonsoblervé., que l'inflant où les jambes du chevalfigurent, s'il ni'eft permis d'ufer de cette expreffwn, comme elles figurent lors de l inftaiu dupartir , il ne peut être qu'invariable. Il fe préfenteauffi bien plus aifément, attendu le plus de rapportdu mouvement de l'animal ambulant avec le.mouvement de celui qui galope : mais on doit admettrequelque diftinâion , eu égard aux aides.Celle de la main fera modifiée, parce qua-le derrièrede l'animal flédiiffànt au point de chaquepied de derrière outre paffé dans fa portée , la.pifte de celui de devant qu'il chaffe , le poids réfide naturellement fur les hanches , & l'extrémitéantérieure doit sire conféquemment plus aifémentenlevée; d'ailleurs, outre que l'effort de la maindoit diminuer, l'aâion des jambes doit être plusvive , & dès-lors le cheval e m h rafle ta plus de terrein, que fi les aides étoient les mêmes que cellesqu'on doit mettre en ufage pour paffer du pus augalop , &(i le temps de la main & des jambes étoiten égalité de force,il efl certain que fes pieds dederrière n'opéreroient en percutant que l'élévation, & non le transport du corps en avant ,comme fi l'appui des jambes ne l'emportoit pas furJa force de la main , on courroit rifque de provoquerfa ch ute en l'acculant.On peut encore enlever l'animal du moment deparer , de l'inflant du rjpos, de l'aéiion de reculer,& de touts les airs bas & relevés auxquels ilmanie ; mais quelqu'inréreffans & quelque curieuxque (oient & que puiffent être les détails auxquelsJa difa.fîion des temps & des moyens de le partirdans les uns & d'ans les autres de ces cas nousaffujettjroit, nous les facrifions au defir & à la nécefîitéd'abréger, & nous nous bornerons aux réflexions que nous fuggère la feconde difficulté quenous nous fommes propofé d'éclaircir.L'obligation de rappeller à la jufteffe & à l'union, un cheval dont le galop eft ir régulier & dèfeflueux, fuppofe d'abord dans le cavalier uneconnoiffance parfaite de l'ordre exaél & précis danslequel les membres de l'animal doivent agir & feg a lfuccéder, & un fentiment intime né de l'impreflîonou de la ferte de réaélion de leurs divers mou vementsfur lui. Cette connoifTance infruétueufe , fielle n'eft jointe à ce fcntiment, eft bientôt acquife:mais ce fentiment inutile auffi , s'il n'efl joint àcette connoiffance, eft infiniment tardif dans laplupart des hommes ; 8c on peut dire qu'il en eftmême très-peu qui parviennent au degré de fineflenéceffaire pour juger du vice de l'aét on du cheval, dans le premier moment, c'eft-à-dire , dans celuioù le foutien de devant doit être filivi de fa retombée& de fa chûte. Quelle eft donc la caufe decette extrême difficulté, de difcerner l'accord oule défaut de contentement des parties mues dansunanimal qu'on monte ? Elle réfide moins dansl inaptitude des élèves que dans le peu de lumièresdes maîtres , dont le plus grand nombre eft incapablede les habituer à é:outer dans les leçons quidoivent précéder celles - ci , des temps, fans lafcience & fans l'obfervanon defquels on ne peutmaîtrifer le cheval, en accompagner l'aifance & endévelopper les reffons , & qui négligent encore deleur faire appercevoir dans cette allure , par Lacomparaifon du fentiment qui les affeile quandl'animal eft jufte, &de celui qu'ils éprouvent quandil eft faux , la différence qui doit les frapper dansl'inflant & dans le cours de la falfification & de ladéfunion. Le cheval- ga'ope-t-il dans l'exaflituriepreferite ? il eft certain que votre corps fuit & feprête à fon ailion avec une facilité fiirgulière , S;que votre épaule de dedans reçoit en quelque façonla principale impreflìon de fa battue. La ja mbede dedans de devant n'enrame t elle pas ? l'incommoditéqui en réfulre s'étend jufqu'à votre poitrine, & il vous paraît même que l'animal fe retient& chemine près de terre, ce qui arrive réellementfur les cercles , car fon- épaule étant horsdu mouvement & de la proportion naturelle duterrein, il ne peur fe porter en avant U fe releverque difficilement. La jambe qui doit mener mènet-elle, niais n'eft elle pns accompagnée par l ahanche ? vos reins & toutes les parties q ui re lofentfur la felle en reffentent une atteinte défagréahle; la mefure ceffe de s'imprimer ur votreépaule de dedans , & votre épaule de dehors efl;follicitée à fe mouvoir , à s'avancer & à marquermaigrevous La fin de chaque pas. Enfin le bipèdequi devoir entamer refi e t-ll totalement en arrièretandis que l'autre irène fia cadence vous fem M ejufte ; mais vous reconnoiffez que cette jufteiTeprétendre eft dans les parties de dehors ; & fi lecheval n'eft pas auffi accoutumé à galoper à cettemain qu'à l'autre , il efl impoffible que la dureté cl efon allure ne vous en apprenne l'irrégularité. Voilàdes faits fur lefquels, lorfljue d es difciples n'ontpoint été inflruits à fentir&à difltnguer dansdes actionsplus lentes, le lever, le foutien, le pofei & l'a p.pui de chaque membre, il feroit du moins p! Usavantageux d'arrêter leur attention, que de leur permettrede fe déplacer, pour confidérer dans l'editi«


G A Lmite antérieure, des mouvements dont l'appréciationmême la plus vraie ne détermine rien de pofitif,relativement à ceux du bipède pofiérieur auquelles yeux du cavalier ne peuvent atteindre. Ilfaut avouer cependant que ces diveries réadtionsfont tantôt plus foibles , & untôt plus fortes ; ellesfont moins fenfibles de la part des chevaux qui ontbeaucoup d'union , de légèreté, & une grande agilitéde hanches ; elles l'ont plus marquées de lapart de ceux dont les battues font étendues , peupromptes & abandonnées ; niais l'habitude d'uneexécution réfléchie fur les uns & furies autres , nepeut que les rendre également familières. 11 eft encoredes circonflances où elles nous induifent enerreur ; un inftant fuffit alors pour nous détromperQue l'animal jette, par exemple, la croupehors la voire , 1 effet que le premier temps produirafur nous , fera le même que celui qui nousavertit que le cheval eft faux , & nous ferons obligésd'attendre le fécond pour en décider , parceque dans ce même fécond temps, les hanches étantdéjà dehors, & l'animal continuant à galoper déterminément,dès qu'il eft demeuré jufle , nousn'appercevons aucun changement dans notre affette.Quoi qu'il en fuit, & à quelque étude qu'on felivre pour acquérir cette faculté néceffaire de percevoir& de itntir, il eft de plus abfolument effentielde s'attacher à celle de la nature du chevalqu'on travaille. Les dérèglements de l'animal dansVaäion dont il s agit, comme dans toutes les autres, provienent en général & le plus fouvent dela faute de» marnes qu. l'y exercent inconfidérénient& irò,!» tôt, ou du peu dail'urance du cavalier, dont l'irrélolution de la main & l'incertitudedes jambes & du corps occafionnenr tes défordres:mais il eft certain que les voies dont il e fert pourfe défunir tx pour falfifier, font toujours relativesà fa co formation , à fon inclination , à fon plusou moins de vigueur, de fouplefle, de légèreté,de fineffe , de volonté , d'obéiffance & de courage. Un cheval chargé d'épauL-s & tie tète , oubas du devant, falfiiiera ou fe défunira en s'appuyantfur la main &. en chaulTant le derrière. Uncheval long de corps , en s'a^hngeant davantage ,pour diminuer la peine qu d a à raflembler fesforces & s'unir; un cheval foible de reins, enmolli^ant & en ralentiiïant fon mouvement; unch .val mi a beaucoup de nerf & de légèreté, enfe ortant fubitement en avant ; un cheval qui adu courage & de 1 ardeur, en augmentant encoreplus coniidérablement la véhémence de fon allure;un cheval entier ou moins libre à une main qu'àl'au re, en portant la croupe en dedans ; un chevalqui tient du rainingite , en la portant en dehors ;un heval qui joue vivement des hanches & quic;1 fort nerveux ri échine , en la jettant tantôt d'uncôté & tantôt d'un autre ; un cheval d'une grandeunion , en le retenant & en fe raffemblant de luimême,otc. Or comment, fi on n'eft pas en étatde fnivreSc d'obferver toutes ces var iations , faireun choix prudent & éclairé des moyens qu'il Convientd'employer pour le remettre ? Il eft deschevaux tellement fins , fenfibles, que le mouvementle plus léger & le plus imperceptible porteatteinte à l'ordre dans lequel leur progrefiion s'effeélue.Si les aides qui tendent à les faire reprendre, ne font adminiilrées avec une précifion & unefubtilité inexprimables, elles ne fervent qu'à enaugmenter le trouble ,& on eft coniraint de lesfaire paffer à une adlion plus hnte, & même quelquefoisde les arrêter pour les repartir. Il en eftencore qui falfifient quelques inftants, & qui reviennentd'eux-mêmes à la jufteffe ; on doit continuerà les galoper fans aucune aide violente ; &comme ils pèchent par trop d'union , ils dem andentà être étendus dans les commencements, 8cà êtr e ramenés enfuite & infenfiblement à uneallure fo utenue Se. plus écoutée. Nous en voyonsdont l'aélion n'eft telle qu 'elle doit être qu'aiirantque nous les en voyons échappés, parce que , conftituéspar la falfification dans un défaut réel d'équilibre,ils reffentent dans la courfe une peine encoreplus grande que dans la battue d'un galop ordinaire, & que la fatigue qu'ils éprouvent, lesoblige à chercher dans la fucceffion harmonique& naturelle de leurs mouvements, l'aifance & lafureté qui leur manquent: c eft ce que nous remarquonsdans le plus grand nombre des chevauxqui galopent faux par le droit & aux paffades ; ilsreprennent (ans y être invités auffitôt qu'ils entrentfur la volte & qu'ils l'entament. Quelques-uns aucontraire & qui ne font point confirmés , deviennentfaux lorfqu'on les échappe. FI ti fleurs ne fe rejettentfur le mauvais pied & nefe défuniffent, queparce qu'ils jouiflent d' une grande liberté. En unmot, il eft une foule & une multitude de caufes ,d'effets, d'exceptions & de cas particuliers, que levéritable maître a feul le droit de difeerner, &qui ne frappent point la plupart des hommes vainsqui s'arrogent ce titre , parce qu'il en eft peu quiaient une notion mé ne légère des difficultés qu'ilfaut vaincre pour le mériter;Dans l'impoffibilité où nous (ommes de nous,abandonner à toutes les idées qui s'offrent à nousnous fimplifierons les objets, & nous nous contenteronsde tracer ici en peu de mots des régies fu res& générale'., i 0 , pour maintenir le cheval dans lajufteffe de fon allure , 2". pour l'y rappeller.Il eft inconteftable en premier lieu , que TaiSionde falfifier & de fe défunir eft toujours précédéedans l'animal d'un temps quelconque , qui en altèreplus ou moins imperceptiblement la cadence , ouqui change en quelque manière & plus ou moinsfenfiblement la direifìion de fon corps ; fans cetemps quelconque ,il feroit dans l'impuiffance abfolue& totale de fauffer fa bat tue, & fon allureferoit infailliblement & conftamment fournie dansune même (uite & un même ordre de mouvement.Or, ce principe étant certain & connu, pout»


î i og a lrions-nous indiquer un moyen plus afluré de l'entretenirdans ce même ordreque celui d'en prévenirl'interverfion en faififfant fubtilement cemême temps , à l'effet de le rompra par le fecoursdes aides qui doivent en empêcher l'accompliflement?En fécond lieu, fi nous fuppofons , enfuite del'omiffion de cet inftant à faiiir, la fauffeté ou ladéfunion du cheval, & fi nous confidérons quel'irrégularité à réprimer en lui eft toujours accompagnée, ainfi que nous l'avons obfervé , de quelqueaflion relative à fa difpofition, aux vices &aux qualités qui font propres , il efi indubitableque nous ne pourrons le remertre qu'autant quenous le folliciterons d'abord à une aflion contraire :ainfi fe précipite-t-il fur les épaules , s'appuie-t il ?vous le rejetterez fur le derrière, & vous le relevetez; mollit-il ? vous l'animerez ; rallentit-il fa m e-fure? vous la prefferez ; fuit-il? vous le retiendrez; fe retient-t il ? vous le chaflerez ; fe traverfeil? vous le replacerez fur la ligne droite; le toutpour affurer l'efficacité des aides qui le rediineront,& qui, foit q u'elles doivent provenir de la mainfeule, ou delà main & des jambes enfemble, nediffèrent ni par le temps, ni par l'ordre dans lequelelles doivent être données, de celles dontnous fai fon s ufage lors du partir, car elles font pofitivementles mêmes.\Du GALOP. (DUPATY)S'il eft effemiel de fe rappeller fouvent ce quenous avons dit fur les allures du cheval , & fur lereffort renfermé dans les jarrets , c'efi ici f ur-toutque toutes ces obfervatians vont devenir utiles.Nul auteur n'a donné les moyens vrais & les plusfimples pour ébranler un cheval au galop, quoiquetouts aient affez bien décrit c ette allure,ainfi quefes variétés. Appliquons nous à y fuppléer.Tout cheval qui galope prend un point d'appuiprincipal fur une jambe de derrière, & , s'il efluni , il enlève l'épaule oppofée plus que fa voifine.Dans Vinflant qu'il prend ce point d'appui, ilmarque une foulée plus forte qu'à l'ordinaire decette jambe, qui tombe avec plus de vîtelTe , ainfique celle de devant oppofée. Enfone que ledépart au galop cft exécuté par les deux jambesqui fe meuvent les dernières, loffque le pas degalop eft bien formé : affértien très-effentielle àfçavoir , fi Von veut faifir le temps jufte du départfur une jambe donnée.Comme le pas de galop efl véritablement nnfaut, il efl nêceffaire, vu l'élévation que prendtome la maffe, que le reffort qui doit la poufferreçoive une compreflîon forte, de laquelle ils'enfuive une détente plus violente '; c 'eff ce quifait précipiter la battue : & comme les jambesfont en l'air e n raifon croi fée, fi la gauche dederrière eft enlevée pour retomber & faire appuià la maffe, il en réfulte que la droite de devant eftauffi enlevée.g a lCe prìncipe étant certain , polir faire partirl'animal à volonté , foit à droite , foit à gauche ,il s'agit d'accélérer la chute de la jambe qui doitfaire appui, & d'animer fon reffort ; mais demanière que l'opération étant jufte , nette & précifs, le cheval ne puiffe c onfondre pour quellejambe eft l'avertiffement.Pour y réuflir , je difpofe le cheval de façonqu'il ne puiffe, quand il le voudroit, fe tromper,ni réfi H er à mes atìions. Le cheval étant plié , Sebien dans le droit, je marque un demi-arrêt de lamain , par lequel il fe grandit & fe fixe fur leshanches ; je (ens la rêne de dehors qui retardel'épaule de dehors & contient les hanches : par-làl'épaule de dedans marche mieux , & la jambe decette épaule eft prête à chevalet. Enfuite faififfancl'infiant que la jambe gauche de derrière va tomberà terre, je lailfe tomber mes deux jambes pourhâter la chute du pied gauche de derrière ducheval, & par conféquent celle du pied droit de vdevant, & le cheval part jufie au galop. J'ai foiad'avoir la main légère, afin de diminuer la douleurdu cheval & l'objet de fa refinance : mes deuxjambes, moëlleufes & affurèes, l'accompagnent,& portent l'animal en avant.Ou fe louviendra que fi la rêne de dehors n'a pasl'effet d'arrêter l'épaule de dehors, ou que le chevalforce cette rêne pour prendre un grand pli , ilpartira faux, parce que cette épaule, par cecontre-temps, fort beaucoup & fe déploie conféqueminentla première ; & que le cheval, enforçant cette rêne , laiffe paffer l'infiant de la chûtede la jambe gauche de derrière, pour ne partirqu'à la battue de la jambe droite de derrière. Pourcorriger le cheval de ce défaut, je le pars lespremières fois en élargiffant les épaules d'un tiersde leur largeur avec la rêne de dehors , que je nelâche point, & avec laquelle je lui réfifte fo rtements'il veut en éviter l'effet. Par-là, il v iendraen peu de temps à partir jufte.Il arrive encore que le cheval manque, parceque la jambe de dedans de l'homme venant àtoucher trop fubitement ou trop fortement le flancdroit, la croupe fe jette en dehors, & le côté dededans ledouble d'aélion , enforte que le premiertemps eft encore perdu , & même employé à dérangerla pofition. Il eft donc à propos, en faififfantles temps, & en plaçant bien le cheval, de luidonner des aides qui ne le troublent point, & nefa fient que l'avertir d'obéir. Mais l'écolier peu sûrde fon affette , cu de fes opérations, devancefouvent les infiants, & n'eft pas certain d'arriveravec eux. Le temps & la bonne pofition apprendrontà fentir : parvenu à fentir , on opérera jufle.Telle eft la meilleure manière de partir, foit aupas, foit au trot. Mais touts les chevaux ne s'yprêtent qu'à mefure que leurs épaules font gagnées; & s'ils préfentent des difficultés plutôtd'un côté que de l'autre, c'eft que ce côté n'eftpas a fiez affoupli. Il eft bon de travailler égale.


G A Ljfnefit, & de partir tantôt à droite , tantôt àgauche , mais toujours en gardant le pli.Si cependant on a affaire à un animal brute &ignorant, on pourra, pour le faire partir juftä,fe contenter de bien l'unir au trot, & de faifiravec l'aide des deux jambes égales l'inflant de lachute du pied qui doit porter la mnffe, en tenantle cheval droit &, bien devant lui. Mais on ne doitpoint admettre la mauvaife pratique des maquignonsqui plient à gauche & pincent de ce côté ,pour laiffer la jambe droite fe développer & partirla première. Celi écrafer un cheval & le ruiner,que de travailler ainfi.Le cheval étant bien parti, ne doit être, ni troprafiemblé, ni trop alongé : trop raffemblé, il lefatigueroit, & n'avanceroit pas : trop alongé , lederrière ne chalTeroit pas allez le devant, & lajambe qui fait reflbrt n e fero it pas dans la ligned'innixion convenable pour mettre le cheval enforce. Chaque individu a un degré de vitefle danslequel il eft maître de fe fontenir. En-deçà ou audelà, il eft mal à fon alfe , & il déplaît à l'hommequi le monte. C'eft à nous à fentir & à juger lesdefirs de la nature.lieft d'un écuyer inflruit de la marche de lanature , de ne pas galoper trop tôt un jeunecheval ; fes efforts étant plus grands qu'à uneallure moins enlevée , fes jarrets fatiguent plus ;& s'ils ne font pas bien formés & bien forts, ilséprouveront quelque défordre dans leur organlfation: & par-là on fera privé des mouvementsvigoureux & précis qu'ils auroient eus, s'ils eufîentéié conferve:. On évitera auffi de le galoper troplongtemps : outre la fatigue d es jarrets, on exciteroitune tranfpiration trop abondante, qui eftdangereufe pour les jeunes chevaux; elle appauvritleur iflng , diminue leurs forces digeflives, & lesfait tomber dans 1 epuilement.Lorfque le cheval, bien a flou pli an trot, &bien exercé aux leçons précédentes, galopera bienfur le droit, il pourra alors exécuter ces mêmesleçons au galop. Mais, fans une grande modéralion, il ne les foutiendra pas : il faut donc favoirarrêter à propos , & ne travailler qu'avec précaution.Du Changement de pied du galop au galop.Si l'on vouloir faire reprendre à gauche un chevalqui galope à droite, avant que d'avoir changé fadifpofition totale , il feroit de travers. Le premierfoin fera donc de le déplier du côté droit, pour leremettre à gauche , en changeant les opérations ;il eft même plus facile dans les premiers temps dele tenir un inftant fans pli. Alors on marque undemi-arrêt a fiez fenfible, par lequel on retarde uninftant fa marche ; puis on le part comme on a ditplus haut.Quelquefois on le laiffe trotter un ou deux paspour le repartir; mais ce n'eft pas là le changementtloflt nous voulons parler , qui eft celui qui fe faitG A L mfans arrêter, & du galop au galop.Après avoir rédreiïé le cheval en diminuantl'effet de la rêne de dedans, & augmenté l'effetde celle de dehors pour donner le pli, il fe trouveradroit, foit que vous preniez le mur pour lepoint du changement, ou que vous ayez choifi toutautre endroit pour cela : le cheval étant toujoursau galop , élargiffez un peu l'épaule droite , Aippoféque vous changiez de droite à gauche , en laretardant un peu à l'inftant de cette opération,mais imperceptiblement, de peur que la croupene vienne en dedans ; marquez un demi-arrêttrès - foible, & en même temps fentez la jambegauche dans l'iiiuant que le pied droit de derrièredu cheval tombera à terre. Par le demi-arrêt, vousle fixez f ur ce pied, qui devient point d'appuiprincipal ; & par l'aide de voire jambe gauche,vous accélérez la marche de la hanche droite quiavoir été retardée dans le galop à droite : ainfi vousavez tout changé, & donné un nouvel ordre , enemployant des moyens très-fimples , mais, je l'avoue, très-difficiles.Le mérite de cette opération, efl que le chevalfoit bien droit ; qu'il ne change qu'à la volonté ducavalier ; qu'il ne fe précipite pas en arrivant, Sequ'il reprenne étant plié comme il faut.On peut faire reprendre, en fentant la rênedroite & la jambe droite : mais cela n'eft pas fijufte ; on excite un contre-temps dans l'animal.Cependant pour arriver au vrai travail, on eftobligé de commencer par-là ; car le plus difficileeft de retarder l'épaule qui étoit de dedans.Le cheval en reprenant , commence fon galopà gauche , par la chute du pied droit de derrière ,& du pied gauche de devant ; enforte que la battuedes deux autres pieds eft fnpprimée par le demiarrêt, qui a fixé le cheval fur la jambe gauche dederrière dans l'inftant que le jarret alloit fe déployer.Ce n'eft qu'après s'être affuré de la ' facilité ducheval à prendre le galop à droite, comme àgauche , que l'on doit etiayer de le faire reprendre.Si l'on donnoit cette leçon trop tôt, il fe defimiroitaifément, & ne refieroit pas fur le même pied.Du Changement de main de deuxpißes au galop.Les obfervations phyfiques , faites dans le cou-irant de ces leçons , fervirontà expliquer ce travail^Il s'agit fimplement d'indiquer comment il s'exécuteau galop.Dans le changement de main, on dillingne lemoment de l'entamer, fon milieu , & le temps dele fermer.Pour entamer le changement de main , onmarque un demi-arrêt, afin de fixer le cheval ; oi>détermine les épaules en dedans ; & avec les deuxjambes , & .fur-tout celle de dedans, on portelamachine animale en avant & de côté. An milieu ,on commence à redreffer le cheval, & on continuele chemin. EH arriva nt au mur , on ferme le


î i lg a lchangement, en faifant reprendre comme ilvient d'être dit, toujours bien en avant.Le cheval doit être bien fini, pour exécuteravec jufieffe ce changement de main.Du GALOP. (THIRO UX)Pour mettre dans tout leur jour les définitionsÎHféparables de la matière qu'on va traiter, il fautafligner au volume du cheval une quantité quelconque, divifible en quatre parties, afin quechacune d'elles correfponde à la pofition de lamafie placée fur chaque jambe. Si nous choififfons, pour ce poids fiâiif, le nombre 24 , alors ,le cheval étant égal à 24 , chaque bipède équivautà 12, & chaque jambe porte 6. Ainfi la jambedroite de devant, remplacée par le numéro 1,fupporte 6 ; le numéro 2 , qui tient la place de lajambe gauche de devant, foutient pareillement 6 ;le numéro 3 , qui repréfente la jambe droite dederrière , étaye 6 ; enfin la jambe gauche de derrière, à laquelle le numéro 4 eft fubfiiiué, fe trouvechargée du même poids de 6. Ces conventionsétablies , avant que d'indiquer la méthode propreau galop, on croit premièrement devoir définir ceque c'efi que l'allure appellée galop : f econdementdémontrer comment un cheval peut galoper :troifièmement preferire les règles qui fervent àdiftinguer le galop vrai d'avec le galop faux. Enfuite, après avoir enfeigné la façon d'embarquerun cheval au galop, nous donnerons au cavalierla pofition relative à cette allure, & finirons parlui dévoiler les (enflions qu'il éprouve , lorfqu'aulieu d'entamer le galop yrai, le cheval prend legalop faux.Ce que c'ejl que le Galop.A l'infpeSion du galop, l'écolier le plus novice,fans pouvoir rendre compte des moyens créateursde cette allure , apperçoit cependant qu'elle eft leréfultat de plufieurs fauts confécutivehient réitérésen avant, Quant à notre élève, qui n'a jamais fibien remarqué le jeu diftinä de chaque bipède ducheval que pendant le galop, non-feulement lesélans des jambes de devant, & les chaffers decelles de derrière ne lui échappent pas , mais, plusinftruit, il remonte jufqu'à la fource de cette doublecombinaifon. Sa première obfervatidn tombefur l'avant-main qu'il voit s'élever à l'aide de l'arrière-main, & tirer fa force ce ntrifuge de l'appuiqu'il en reçoit. Il reconnoit enfuite que le bipèdede devant, une fois lancé & remis à terre , ne peuttEcommencer la môme opération fans le fecours dubipède de derrière qui revient précipitamment fousle centre , afin de lui prêter un nouvel appui, enrenouvellant fa pereuffmn. D'où il conclut que , fila colonne de devant fe reploie fur le centre, pourpomper, dans la colonne de derrière, cette puiffanceélaftique , motrice du premier bond, qui lamet en état d'en fournir un fécond & ainfi defuite, donc le galop exige un accord parfait entreG A Lles deux bipèdes du cheval, puifqu'il faut abfoîuJment que le bipède de derrière fe retrouve à pointnommé fous le point central , pour foutenir Serechafler le bipède d e devant, dont les élans aind'répétés entretiennent la progreflion de cette allure.Ccrament un cheval peut galoper.Quelque fuperficielle qu'ait été l'attention d'unélève, durant i'analyfe des deux premières allures, il doit néanmoins avoir retenu que , pour femouvoir à celle du pas , qui eli la plus lente , lecheval lève & pofe tranfverfalement fes quatrejambes les unes après les autres , enforce qu'à cettedémarche tardive, les 24 de fa mafie font confiammentétayés par trois jambes alternatives, qui font itantôt une de devant & deux de derrière , tantôtdeux de [devant & une de derrière. Il n'a fûrementpas oublié davantage, qu'au moyen dece que l'alluredu trot dépend d'un degré d'aäion plus accéléré ,le troteur eft obligé d'enlever à-la-fois deux jambestranfverfales , de manière que le même volume,qui, au pas , repofe fur trois jambes , antrot, ne s'appuie plus que fur deux. En partantde ces deux combinaifons, différemment calculéesdans le jeu tranfverfal des quatre jambes, dont lecheval retranche toujours le fupport d'un à mefurequ'il augmente de vîteffe, ne peut-on pas inférerque la troi fième allure, défignée par le nom degalop, & reconnue pour le période du mouvement, force le cheval à détacher de terre troisjambes à-la-fois, & conféqUemment à n'en bifferqu'une deffous les 24 de fa m affé ? C eft effeélivementd'après ce procédé que le galop reçoit l'exiftence.Mais la nature , attentive à la confervatietidu cheval qu'elle met un inftant en équilibre furune feule jambe, comme s'il était un bipède, pourle dédommager des trois étaies dont elle le privependant les enlevers du galop , furveille la jufieffequ'il doit obferver dans la répartition de fes maffes,& lui rappelle, qu'à cette allure rapide , il nepeut enfreindre la loi tranfverfale qui lui efl impofée, fans courir des dangers encore plus certainsqu'aux deux précédentes. Examinons aéiuellementle cheval prêt à s'embarquer au galop, 8cgardons-nous de confondre la préparation de cetteallure avec fon effet,J'ai dit plus haut que le galop étoit le réfultat deplufieurs fauts confécutivement répétés en avant.J'ajoute ici que cette dernière façon de fe mouvoiroblige le cheval à s'enlever fur une feule jambe ,comme feroit un bipède. Or, cette jambe uniqueà laquelle il fe fie ne peut être qu'une de celles dederrière, d'après le principe que toute aéiion nedevient progreffive qu'en vertu d'une puiffancepulfative d'arrière en avant. En conféquence, fidèleobfervateur des lois tranfverfales , le cheval, quiveut prendre le galop , choifit d'abor d une jambede devant fur laquelle il fe panche, afin de luifaire fupport er les 12 de fon avant-main. Cettepréparation amène naturellement la répartitioninverfç


g a lînverfe des iî de l'arrière main , qui pafîent aiiiîîtôtfur la jambe de derrière oppofée , ainfi qu'il eftaile de s'en appercevoir au jeu du bipède de derrière; car, lorfque l'ondulation de cette colonnemet en marche les jambes qu'elle dirige , non-feulementon voit une des jambes de derrière annoncerfa légèreté , en s'avançant fous le centre plusque l'autre , mais cette jambe allégée fe trouveencore être la tranfverfale de celle primitivementdéchargée des 12 de l'avant-main. Voila l'inftantoù , la préparation du galop abfolument terminée,l'aélion commence ; inftant que le cheval fai fit pourenlever brufquement fon avant-main fur le centre ,qui lui-même s'afleoit fur rarriére-rnain. Dans cetétat, des deux jambes de derrière, certainementla plus avancée fous le centre doit refter chargéede la totalité de la mafie , puifque le cheval, devenubipède au moyen de fon enlever, ne peut,ainfi que nous,fe lancer en avant qu'à l'aide dela jambe qu'il a plus près de lui. Aufli, lorfqu'aprèsavoir reployé la colonne de devant fur le pointcentral, afin de fe débarrafler du poids qui nuiroità fon premier élan , le cheval fait repai ler les iade l'arrière-main fur la jambe de derrière qui s'eftobliquement diligentée, la pofition de cette jambe,prife fous le centre, la met en force pour Supporterles 24 de la mafie, pendant que les trois autresjambes s'élèvent plus ou moins. On dit plus oumoins, parce qu'en fuppofant que le cheval commencepar alléger la jambe 1 aux dépens de lajambe 2, infailliblement la jambe 4 , légère à fontour des 6 qui lui font aficàés, s'avance fous lecentre plus que la jambe 3 chargée feule des 12de l'arrière-main. D'après cette préparation , lorfquele cheval enlève, pour la première fois, lehipède de devant, toute la charge de l'avant-mainpalle bien à travers le centre , & vient fur la jambe4, mais la jambe 2, à peine délivrée du poids quila furchargeoit, ne recouvre la faculté de partirqu'à la fuite de la jambe 1, qu'on voit s'élever audefilis d'elle , & conféquemment à fon premierdegré de légèreté ,& conféquemment au fupportde fa tranfverfale la jambe 4. Le bipède de devant& le centre une fois appuyés fur la jambe4, lecheval, qui n'a plus le choix d'en faire jouer d'autreque la jambe 3 , puifqu'elle eft tranfverfale dela jambe 2 élevée la feconde, achève de fixer àterre cette jambe 4 , déjà chargée des 12 de l'avant-main, en faifant repalîer les 12 de l'arrièremainde la jambe 3 fur la même jambe 4. Sufpendonsle cheval h fon premier élan , & nous pourronscompter les trois jambes qui font en l'air pargradation: fçavoir, la jambe j partie la première& très-élevée ; rla jambe 2 qui l'a fuivie de près ,& un peu au defibus ; & la jambe 3 prefqu'à fleurde terre. On apprécie le temps que le cheval refteen équilibre fur la feule jambe 4 , fi on obferve quela jambe 3 , ébranlée la première dans le faut quefait le bipède de derrière , ne perd terre qu'au moîneiitoù le bipède de devant eft à la veille d'yEquitation, Efcritm & Danfe,g a li i jredefcendre, parce qu'alors le cheval, dreffé furla jambe 4 , repouffe à travers le centre les 24 dela mafie , qu'il renvoie tranl'verfalement, de l'arrièreà l'avant main , fur la jambe 1. Remettonsafhiellement le cheval en aâion, & fuivons l'effetdu galop avec autant de fcrupule que nous venonsd'en analyfer la caule. Le refiort de la jambe 4 ( jecontinue la même fuppofition dans le jeu des jambesdu cheval ) n'ett pas plutôt détendu , que lecheval rabat le bipède de devant , fans dérangerl'ordre tranfverfal qui préfide à fon enlever. C'eftainfi que , d'après le dardement de la jambe 4 , lajambe 1, partie la première /commence à toucherterre où la jambe 2 revient auffitôt. C omme cesdeux jambes de devant gardent, dan» le ur retourfur ia pifte, le rang qu'elles avoient en la quittant,la jambe 1 , plus exhaufiée , fe pofe au-def fus de lajambe 2 , afin de recevoir , à fon tour, les 24 de lam affé , lorfqu'enfin , pour quitter terre , la jambe4 les lance horifontalement à travers le centre. Al'égard de la jambe 3 , enlevée à la fuite de lajambe 2 , elle reprend près du cheval, en mêmetemps que cette jambe 2 fa tranfverfale, le poftequi leur convient à toutes deux, afin de fe charger, feulement en paffant, des 12 de leurs bipèdes, pendant la préparation du fécond temps degalop. Alors le cheval achève le premier pas dugalop, en précipitant l'ondulation de fa colonnede derrière, dont le bipède imite parfaitement lapofition inégale de celui de devant ; c'eft-à-direque la jambe 4, pour figurer avec fa tranfverfalela jambe 1 , avance autant fous le centre que cellecife place au-delà, enforte que la même jambe dederrière, qui cqnfomme le premier temps du galop,fe trouve prête à fournir le nouvel appui dufécond.Après avoir démontré que le branle du galop faperpétue par la vibration des 24 de la m affé, quiportent à-plomb , pendant l'enlever du bipède dedevant, fur une jambe de derrière que le chevalrange exprès, afin de foutenirle centre, & quil'ont reportés en entier, pendant le chaffer du bipèdede derrière , lur la jambe de devant oppoféeque le cheval avance à deffein de recevoir cemême centre, on va prouver combien cette allure ,quoique naturelle au cheval , devient dangereufe ,toutes les fois que , dans fa préparation , le chevalrebelle aux ordres de la nature , ou yiclime des circonfiances, difpofe à cet ufage de ux jambes parallèles, au lieu d'employer deux jambes tranfverfales.Règles qui fervent à difllnguer le gahp vrai d'avecle galop faux. (V. ALLURE ).Il eft à préfumer , qu' claire par les différentescombinaifons du pas, du trot, & du faut entre lespiliers , l'élève ne doit plus héfiter à croire que lamoindre irrégularité dans la diftributibn des maffes,qui dérange le jeu tranfverfal des quatre jambes, peut avoir, au galop , Içs plus funeftes con-


I-14 GALféquences. Au furplus , la convidion devient compiette, lorfqu'on parcourt la décompofition desallures précédentes, où le cheval, d'après ce principe, a toujours foin de répartir la portion dont ilfoulage les jambes qu'il veut mettre en mouvement, fur celles qu'il defline à fervir de point d'appui.Ainfi le cheval, au pas , efl alternativementporté par trois jambes, qui ballotent entre elles les34de fa maße , tandis que la quatrième, exemptedes 6 qui lui font affcélés, entretient l'allure entamée.Ainfi le cheval, au trot, s'enlève fur deuxjambes tranfver fales , qui, dès ce moment, partagententre elles les mêmes 34 , afin que le troteurdétache aifément les deux autres jambes , affranchiesdes 6 perfonnels à chacune d'elles , & lesdécoche auffiiôt proportionnéznent à l'étendue decette allure. Ainfi le fauteur entre les piliers commencepar alléger le bipèd e de devant, qu'il a deffeind'élever à la fois , en faifant fupporter à l'arrière-mainles 12 de la colonne de devant lorfqu'ildefire lancer le bipède de d errière, non-feulementil rapporte les 12 de la colonne de devantfur l'avant main, mais il y ajoute encore ceux dela colonne de derrière. A la faveur d'une remarqueauffi importante, on découvre dans l'enfemble deces diverfes répartitions , que fi la nature intime aucheval l'ordre exprès de rendre légères les jambesqu'il doit faire jouer, elle lui commande en outrede coapofer du total de fa mafie une ligne deforce qui lui tienne lieu d'un contre-poids. L'utilitéde cette ligne, dont la gravité fait la puiflance ,fe manifetie toutes les fois que , traverfant diagonalementle point central, fa correfpondance tranfverfaleentretient l'aplomb des autres parties ducorps , que le cheval peut alors faire agir avectoute fécurité. Quelqu'allure qu'on veuille confulter,il n'en eft point qui fourniffe, à cet égard ,de preuve moins équivoque que celle du pas ,puifque, malgré le plan équilatéral des 24 de lamaffe , on peut cependant toujours appercevoirleur propenfion diagonale. En effet, comme lecheval qui marche , lève fucceffivement une jambede devant & celle de derrière oppofée , il efl unmoment où ces deux jambes tranfverfales , fansêtre tout-à-fait en l'air , ne font pourtant pas abfolumentàterre , & ce moment exirte , lorfque lajambe de devant fraule la pifte, parce qu'elle yrevient, pendant qu'au contraire la jambe de derrièrel'effleure, parce qu'elle l'abandonne. Or,tant que ce léger intervalle fubfifte, les 24 de lamaffe repofent évidemment fur les deux autresjambes traufverfales. Afin de diffiper jufqu'à l'ombredu doute, on croit devoir reprendre au moinsles premières opérations du cheval qui cherche às'ébranler au pas. Si nous continuons à prêter aucheval l'intention d'entamer par la jambe 1, aprèsavoir entièrement fait paffer les 12 de la colonnede devant fur la jambe 2 , le cheval , dont le bipèdede devant incline en conféquence à gauche,lève à la vérité b jambe 1 , qu'il vient d'alléger ,G a lavant que de toucher à l'arrangement des 12 del'arrière-main; mais auffi n'a-t-il pas encore totalementremis cette même jambe 1 à terre , qu'avecl'intention de lui faire fuccéder la jambe 4 , les izde la colonne de derrière , déjà répartis fur lajambe 3 , font pencher le bipède de derrière àdroite. Comment alors ne pas reconnoitre la lignede force qui coupe diagonalement le centre , pouratteindre, d'un côté, la jambe 2 que la jambe rvient retrouver, & , de l'a utre , la jambe 3 que lajambe 4 s'apprête à quitter ?Sila ligne de force, admife au nombre des véritésqui font la bafe des principes de l'équitaiion ,préfente le germe des divers mouvements du cheval, ce n'ert qu'en vertu de fa correfpondancetraniverfale qu'elle peut acquérir le degré de confiance, d'où naît la fécurité du cavalier. En vainlignorance cherche-t-elle a couvrir de fleurs lesaccidents inféparables de toute direâion parallèle ,l'élève , en garde contre leurs effets pernicieux ,loin de fe laifferéblouir par les titres impofantsdont elle décore les allures défeôueufes qui en.émanent, fait les apprécier à leur jufle valeur. Pourlui l'amble, malgré le fafte qui l'entoure , n'efl quele trot faux , puifqne la ligne de force ,- indifpenfablementétayée par une jambe de devant & cellede derrière du même côté, au lieu de contrebalancerles efforts de chaque bipède , n'agit que pourhâter la chûte de l'ambulant, obligé d'enlever enfembleles deux autres jambes parallèles. L 'ambleune fois démafqué , de quelles confidérations peuventêtre fes dérivés, tels que l'entre-pas, beaucoupmieux nommé le traquenard, engendré del'amble & du pas: l'aubin que produifent l'amble Sele galop, & tant d'autres d'autant plus perfidesqu'ils doivent leur exiftence moins à la volontéqu'à la foibleffe du cheval ? Mais c'efl trop nousappefantir fur des combinaifons tellement découfuesqu'elles n'ont pas même é té jugées dignes dunom d'allures ; il faut promptement retourner àcelle du galop, & démontrer les hafards périlleuxque fait courir la pofition du cheval qui l'entameà faux.Dans la fefllon précédente , où on efquiffe lecheval qui fe prépare à prendre le galop , on diftingue, premièrement, l'avant-main penché furiajambe 2 ,& l'arrière-main incliné fur la jambe 3 ,conféquemment le centre obliquement traverfé , degauche à droite , par la ligne de force qu'on vientde rendre palpable , & chaque bipède réciproquementcontre balancé l'un par l'autre. On efl enfuitefrappé de la précaution du cheval qui, pourentamer fon premier élan, ramène fur le centreles 12 de la colonne de devant qu'ilr affeoit e n entierfur le bipède de derrière. Enfin , d'après cettedernière répartition , on voit les de ux jambes dedevant fe détacher de terre prefqu'à la fois, vu quela jambe 2 , qui fe refient encore d'avoir fupportéles 12 de l'avant-main , pendant la première diftributiondç? maffes, ne peut que foivre la jamba


G A LI , font la fupenonté conferve au bipede de devant, quoiqu'on l'air , la même inclination à gauchequ'il avoir étant à terre. Pour achever l'ébauchedu galop , il fuff it de rappeller qu'auflhôt l'enleverdes jambes i & 2 , le cheval, dreffé fur lajambe 4 afin de repouffer horifontalement à traversle centre les 24 de la m affé fur la jambe 1 ,met en jeu la jambe 3 , enforte que les deux eminencesoppofées de l'épaule droite qui prime lagauche, & de la hanche gauche plus élevée que ladroite, forment une efpèce de lit diagonal, danslequel la ligne de force coule, tantôt de la jambeI à la jambe 4 , & tantôt de la jambe 4 à la jambeI. Mais, lorfque la répartition de l'arrière-main nequadre plus avec celle de l'avant-main., & qu'àla place d u point d'appui de la jambe 4 tranfverfalede la jambe 1 , c'eft fa parallèle la jambe 3 qui ,libre à contre-ftns des 12 delà colonne de derrère , arrive la première fous le centre pour yattendre le poids de la colonne de devant, joint auretour du volume de la colonne de derrière , auflitôtl'allure devient fauffe, parce que le cheval ,fans ce (Te entraîné par le débordement de la lignede force parallèlement épanchée fur les jambes 1& 3 , eft évidemment en danger de s'abattre àdroite , faute d'avoir , à gauche , une puiffancetranfverfale qui lui facilite les moyens de fe retenirau moment où l'une de fes bafes vient à luiipanquer.L'élève , vivement affeélé des malheurs que lam"ble mène à fa fuite , doit envifager avec encore plusd'effroi ceux qui accompagnent le galop faux. Eneffet, fi on confidère , qu'au moyen de fon dandinement, l'amblcur fe réferve toujours l'ufage dedeux jambes parallèles, il refte au moins l'elpoir,pourvu toutefois qu'il chemine fur un tei rein biencal , que la précipitation avec laquelle il berce les24 de (a maffe, peut aider à la confervation d'unedémarche auffi pér illeufe. Il n'en eft pas ainfi dugalop pris à faux. Je regarde chaque pas qui s'achèvecomme un vrai miracle, puifque non-feulement,ainfi qu'à l'amble , la direéiion parallèle de la lignede force détruit jufqu'à l'apparence d'aucun contrepoids, mais qu'en outre , après l'enlever du bipèdede devant, le cheval, qui ne peut exécuter le fautde celui de derrière , qu'en reftant en équilibre furune feule jambe d e derrière, eft obligé de fe confierà celle que les 24 de fa maffe fatiguent en raifonde leur chûte direéle; car il eft reconnu qu'unvolume quelconque, direélement lancé, doubleen vîteffe & en puiffance la même quantité qui n'arriveau but que par le tracer d'une diagonale.Pour nous réfumer : au galop vrai, le cheval doitprendre fon point d'appui fur la jambe de derrièreoppofee de celle de devant qu'il veut enlever la première, afin que pendant l'élan du bipède de devant& le faut du bipède de derrière, cette jambe de derrière, chargée des 24 de la maffe, refte forcémentI 3 dernière à terre : fmon l'allure eft fauffe , puifquaiors la jambe de derrière que le cheval ne dé-G A L 11 ;tache la quatrième, que parce qu'elle fupporte mailt-proposla totalité de fa maffe, fe trouve la parallèlede celle de devant, qui revient la première àterre pour attendre le retour du même volume. Ladifférence entre ces deux efpèces de galop provientuniquement de la répartition des 12 de chaquebipède, que le cheval à faux , balance dans fapréparation , fur les jambes de devant & de derrièredu même côté, de façon que les 24 de lamaffe offrent une ligne parallèle ; tandis qu'au galopvrai, la même quantité , portée par une jambe dedevant & celle de derrière oppofée, préfente laligne de force diagonalement appuyée fur deuxjambes tranfverfales. Ainfi, lorfque la jambe 4avance la première fous le centre, il faut, de toutenéceflité, que les 12 de l'avant-main viennent delàjambe 2 , pour que la jambe 1, première allégée ,après avoir entamé l'allure , foit immédiatementfuivie, & dans fon départ, ôc dans fon retour, parles jambes 2 & 3 , conféquemment à l'ordre quidoit régner entre quatre êtres qui fe meuvent tranfverfalement.Mais , fi la jambe 3 précè de la jambe4, & s'empare des 12 de l'avant-main, que la jambe2 rejette fur le centre, auflî-tôt le jeu des jambes1 & 2, on a le chagrin de voir la jambe 4 venirinconfidérément troubler l'ordre tranfverfal, poury fubftituer le jeu parallèle qui rend le galopfaux.Comment on met u n Cheval au Galop,Il eft inconteftable que la nature, en donnantau cheval la faculté de prendre le galop , lui laiffele choix des jambes qu'il deftine à cet ufage, fousla feule condition que la jambe de devant, qu'ilélève la première , doit être la tranfverfale de callede derriere , dont il fait fon point d'appui. Ain fi ,l'allure eft parfaitement égale , foit que le chevalentame par la jambe 1, & qu'il s'élance à l'aide dela jambe 4, ou que ce foit la jambe 2 qu'il enlèved'abord, pourvu qu'il emploie le reffort de la jambe3 , puifque, dans l'une & l'autre circonftance ,1aplus légère des deux jambes de devant, & la moinschargée d es deux jambes de derrière font toujourstranfverfales , & pendant la préparation , & pendantl'aflion. Mais toutes les fois que cette allures'exécute fur un terrein dont la circonscriptionoblige le cheval à tourner fouvent du même côté,tel que la carrière d'un manège, il eft alors de fortintérêt d'abjurer le libre arbitre, pour fe Soumettreavec réfignation aux règles diétées par l'art. Ceuxqui confulteront, à cet égard, le code de l'équitation, liront l'injonQion formelle d'embarquer uncheval au galop par la jambe de devant du dedans,afin, dit la loi, que la jambe de derrière du dehors,plus avancée fous le centre que fa voifme, fetrouve placée , & pour recevoir avec fureté les 24.de la maffe à chaque enlever du bipède de devant,& pour les repouffer avec avantage à chaque fautdu bipède de derrière. E n effet, au moyen de ceque la fucceffion rapide des coins donne une mé-Pij


ï 1 ( y G A Ldiocre propenfion fur le dedans à celui qui parcourtl'enclos d'un manège , toutes les fois qu'ils'agit de prendre un coin , fi le point d'appui n'eftpas exaâement pris fur la jambe de derrière du dehors,le galopeur eft privé de la feule jambe qui puiffevalablement lui fervir d'étaie. Veut-on en acquérirune preuve irréiiftible? Il faut fe repréfenter un chevalau galop , qui, dirigé de gauche à droite , par lajambe 2, & faute fur la jambe],&le prendre lorfqueJa forde d'un coin ouvert à gauche, le force de tournerà droite. L'élève fe rappelle, fans doute ,que ,dans le faut du bipède de derrière, la plus légéredes deux jambes de ce bipède fuit toujours de trèsprèsl'élan de celui de devant. En conféquence,dans la fuppofition préfente, les 12 de l'avant-main,après avoir reflué fur le centre , & s'être confondusfur la jambe 3 avec ceux de l'arrière-main , reviennentprécipitamment, pendant l'enlever, dudehors fur le dedans , précifément au moment où,par la combinaifon même du galop, aucune destrois autres jambes ne peut refier à terre pour foulagerla jambe de derrière du dedans, autrementla jambe 3 , puifqu'aufli-tôt l'enlever fucceflif desjambes 2 & 1 , c'eft la jambe 4 qui part à fon tour,fuiyant l'ordre tranfverfal ci-deffus établi : enfortedonc que, dans cette occurence , le galop le plusjafte, vu la répartition des maffes, & le jeu tranfverfaldes quatre jambes, devenu faux relativementau local fur lequel il a lieu , expofe dès-lorsaux mêmes dangers que celui démontré faux pareffence. Voilà pourquoi, lorfqu'on fuit la pifte degauche à droite , c'eft la jambe 4 qui doit donnerie point d'appui, pendant que la jambe 1 entam-Hie l'aâion : ( combinaifon caraSénfiiqne du galopà droite ) comme, en revenant de droite à gauche, il faut que le cheval fe drefte fur la jambe3 , & que la jambe 2 commence à quitter terre.( combinaifon conftitutive du galop à gauche ) ,quoiqu'au manège celui qui viole cette règle foitmenacé d'une chute qui peut avoir des fuites auflifuneftes que celles conféquentes du galop faux,cependant , eu égard à la jufteffe de l'allure, dontJa fauffeté dérive feulement de la direâion qu'onfait fuivre au cheval, on a coutume d'avertir decette méprife parla périphrafe, votre cheval n'y eflpas. C'eft comme fi on difoit aux élèves , les répartitionsfont exatiement calculées , mais leur totalne quadre pas avec le plan q ue vous tracez,parce qu'à la fonie de chaque coin , vos chevaux,en équilibre fur la feule jambe de derrière du desfans, courent rifque de fe coucher de ce côté,comme feroit une planche fubitement abandonnée.Qu'il s'en faut qu e l'équitation garde autant deménagement avec le galop vicieux par fa combinaifonintrinsèque 1 L'épithète,/^«.* , qui l'accompagnecrûment, n'annonce que trop combien il eftpérilleux de s'y livrer, quelle que foit la pifte qu'onait intention de fuivre.Après avoir analyfé le galop ; après avoir dif felecheval galopant ; après avoir indiqué leG A Lpoint qui fépare le galop vrai d'avec le galop faü* 5enfin , après avoir juftifié l'importante préférenceque l'équitation accorde à la jambe de derrière dudehors, il devient tout aufli facile d 'expliquer,qu'aifé d'entendre la méthode particulière à cetteallure , fur-tout quand le zèle donne ce coup-d'eeilavide qui dévore jufqu'aux moindres attitudes ducheval dont les mouvements font le réfultat d'unevolonté librement déterminée. Par exemple , queleft l'élève imbu des fïflions précédentes, pour quil'afpeél du cheval ardent, impatienté de refter dansl'inaâion, ne foit un précis animé du paragrapheoù on décrit comment un cheval peut ga loper, &par conféquent un acheminement à l'art de l'embarquera ti galop ? O n ne fauroit effeétivement r encontrerdeux combinaifons plus femblables, quoiJque dirigées par une intention différente. Commenotre élève a déjà parcouru la pofition du chevalprêt à s'élancer a u galop , nous allons nous contenterde rapporter ici la façon dont fe campe celuiqui, pour exprimer fon dépit, grate , avec unde fes pieds de devant, la place fur laquelle on lecontraint d e refter. La première opération du chevaleft de ramener la colonne des vertèbres dederrière au centre, ainfi qu'on en peut juger, 8cpar le pofte avancé qu'occupent les jambes 3 & 4abfolument coulées fous fon ventre, & par l'ar cque forment les jarrets plo yés, & par la tournurecambrée que prennent les hanches. Dans cet état,le cheval exadlement raflemblé , puifqire la pv, iffance qui le retient nécefîhe le reflux de la colonnede devant fur le centre, regarde la jambe de d e­vant qu'il a deftein de mettre en mouvement. Ceport de tête , ainfi qu'on le fait, produit conftammentl'effet d'alléger la jambe regardée. AulTi, àpeine le cheval eft-il ployé , que le bomber del'épaule comrai/e au pli annonce allez l'effort qu'ellefait pou r fupporter les 12 de l'avant-main, qui fui»vont la pente du bipède de devant. Mais , pendantqu'on s'occupe de la nouvelle combinaifon decebipède, il faut bien prendre garde de laiffer échapperle changement qui arrive dans la répartitiondes 12 de celui de derrière, afin de s'aflùrer que lecheval, en bombant une de fes épaules, porteréellement la croupe de l'autre côté. Car, fi la vérificationrépond à l'attente, on a droit d'en inférerqu'au même inftant où l'épaule bombe , parcequ'elle fe charge des 12 de la colonne de devant,ceux de la colonne de derrière paffent réellementfur la hanche oppofée , puifqu'en rangeant fa croupe, le cheval fait également bomber la hanche furlaquelle il penche ion bipède de derrière. L'élèvedoit trouver ce dilemme d'autant plus conféquent,qu'il voit diftinflement, au moyen de la pente contraftéede l'avant & de l'arrière-main , le centre ditcheval diagonalement traverfé par la ligne de forcequi ferpente entre deux éminences obliques d'uneépaule & d'une hanche tranfverfale. C'eft alors quele cheval , dans la ft ride préparation de celui quiveut prendre le galop , détache la jambe qu'il re»


g a lgarda , pour en fnipper précipitamment la terrequ'il paraît dédaigner.Celui qui fait une étude aufli féiieufe du principedes mouvements du cheval, trouve bientôt,dans leur comparaison , cette chaîne non interrompuequi lie la première allure avec la dernière , &tire tant d'avantages de ce parallèle viäorieux pourcréer arbitrairement les diverfes évolutions qui enémanent, que le cheval, loin de tenter la moindreréfiftance , croit les exécuter de fa propre volonté.Ainfi, nulle ambiguïté n'arrête un élève parvenuà ce degré de rayonnement, & qui, d'ailleurs ,confirmé dans les leçons du tourner , difiingue larêne du dedans d'avec celle du dehors ; fait apprécierleurs puiffances fcparées , ou réunies ; calculerleurs effets ; enfin les employer aved connoiffancede caufe. Ses juges v eulent ils d'abordéprouver fa théorie du galop ; il fatisfait à leursquefiions, en leur répondant, qu'après avoir raffembléle cheval qu'on deffine à cette allure, il fautemployer les temps de main préparatoires au tourner, afin d e commencer à lui donner le pli ; enfuitequ'en opérant, comme pour entrer dans lescoins, les épaules balancées d'un côté font néceffairementfaillir la croupe de l'autre : finalementque , du concours de la main retenue & de la preffiondes jambes égales, réfultent & l'enlever du bibédede devant, & le chaffer de celui de derrière :chaffer que le cheval eft forcé de réitérer, lorfquele cavalier a l'attention de rendre la main , fansaltérer la valeur de fes jambes , qu'il doit au contraireentretenir au même degré de preffion. Lesexaminateurs defirent-ils enfuite être les témoins defon exécution; voici quelle eft la fuite de fes operationsrelatives au canevas d'une leçon de manège.Pendant que notre élève va trouver le cheval quil'attend à la porte de la levée, on croit devoir profiterde cet intervalle pour lui rappeller que chaque'reprife , qui s'ouvre de gauche à droite, demande.que cette dernière leçon s'entame par le galopadroite : en conféquence, qu'il ne peut efpérer dedéterminer fon cheval à partir de la jambe i plutôtque de la jambe 2 , s'il n'a la précaution de faire aumoins une longueur de manège au pas. Premièrement,afin de pouvoir fuffifamment rafferhbler foncheval, & lui donner le pli fur le dedans; en fécondlieu pour avoir la facilité d'écouter attentivementles pieds qui fe pofent à terre , & les diflinguerd'avec ceux qui font en l'air, non pas dansl'intention de faifir, prefqu'à la v olée, le port àterre de la jambe d e devant du dedans, & conféquemmentd'enlever furtivement le cheval fur cellede derrière du dehors , mais bien avec le deffeinformé de fentir fi le cheval, en refiant plus longtempsfur les jambes de devant du dehors & dederrière du dedans que fur les deux autres tranfverfales,fuit ponéluellement les temps de maincréateurs de la préparation du galop ; en forte quela jufteffe de cette allure foit moins l'efl'et d'un dépanhafardeux, que le produit faûsfaifant d'un calga liiycul exafì. L'eleve , arrêté par cette nouvauté , neconçoit pas trop comment, hifle deffus le cheval,il elt polîible d'appeller jufle , les jambes fur lesquellesil porte , ou celles qu' il enlève. Mais il fautle hâter de le tirer d'inquiétude , en lui donnantune recette infaillible qui l'empêche de confondrel'enlever des pieds du cheval avec leur placement àterre. Sans voir le canon de la jambe, cependant,au léger balancement que fait éprouver la rotationde chaque épaule mife en mouvement, on jugeaifement quelle eft la jambe de devant qui fe détachede terre, ou celle qu i revient fur la pi/te.Or, chaque fois qus le cheval s'appuie fur la jambede devant du dedans , le cavalier doit compter intérieurementu ne & deux, lorfquec'eft le tour decelle du dehors. A l'égard des jambes de derrière,on les pafle fous filence , attendu que, la combinai fon de l'avant-main emportant de droit celle del'arriére main, il eft conftanf que la jambe 4 fuit1 a£tion d e la jambe 1 , commela jambe 3 fuccèdetoujours à la jambe 2. Ainfi , règle générale , la répartitiondes maffes de l'avant-main mérite feule defixer l'attention du cavalier, puifqu'il a la certitudeque la puiffance de fes jambes égales fuflit, & pourramener au centre l'ondulation rétrogradée de lacolonne de derrière , & pour faire jouer les bafesde l'arrière-main , qui lui font fubordonnées , conformémentà la combinaifon de la colonne dedevant.Poßt'wn à prendre, a u galop.Après avoir indiqué tous les écueils qui peuventfaire échouer le cheval au galop, il ne refte plusqu'à donner la pofnion convenable à la rapiditéde cette allure. Le galop , quoique beaucoup plusvite que le trot, caufe cependant ime fecondemoins dure à Supporter. D 'un autre Coté, lorfqu'onfait attention au jeu des deux bipèdes, on apperçoir,dans la fucceflion des enlevers & des chaffers dugalopeur, un] air de refiemblance avec la vibrationdu fauteur entre les piliers. En rapprochant cesdeux idées, ne peut-on pas en induire que la pofitionà prendre au galop doit tenir le milieu e ntrecelle analogue an trot, & celle récemment prifefur le fauteur ? En conféquence, l'élève doit feplacer avec autant de foin que lorfqu'il étudioitcette dernière leçon; mais il peut, en mêmetemps, profiter de la foupleffe du galop pour mettre, dans Tenfemble de fa pofition , le liant & lagrace dont elle eft fufceptible. De là , h baut ducorps en arriére devient libre & aifé. 1 loin d'e m­ployer la moindre contradlion , afin de fixer furiafelle le milieu du corps, les trois points d'appuitriangulaires du haut des deux cuiffes & du croupiondoivent leur immobilité plutôt à l'aplomb duhaut qu'à l 'extention du bas du corps. C'eft a lorsque les preflions Savamment réitérées des jambesdu cavalier, compagnes inféparables de l'arrièremaindu cheval, entretiennent, fans effort, leschaffers qui clofent & renouvellent êbaque tempsdu galop.


ii8c a lLi Galop à droht".L'élève n'eft pas plutôt à cheval que , mettant àprofit les dernières inftrufHons qu'il vient de recevoir, il débute, dans la carrière par l'allure dupas. Lorfqu'il fent fon cheval exactement rïflemblé, & qu'au moyen de la règle ci-deffus, il s'efta flu ré que la jambe 2 eft fur le point d'arriver àterre , il arrondit la main , jufqu'à ce que la tenfiotide la feule rêne du dedans apporte la tète du chevalà droite, & lui fa il e regarder la jambe i. Enfuite ,fans applatir la main , il la porte fur le dehors.L'égalité, que l'arrondifiement de la main a voitfait difparoître, fe rétablit à Finftant dans la valeurdes deux rênes. La tenfion continuée de celle dudedans preffe l'épaule droite qu'elle pouffe fur ledehors, pendant que la rêne du dehors, re.mifedans touts fes droits, travaille à chaiTer la hanchegauche fur le dedans. A la difpofnion du bipède dedevant, ainfi balancé de droite à gauche , fuccèdela répartition des 12, de l'avant-main entraînés furla jambe 2 , ce qui, non-feulement met le cheval enpleine pofleEon de fa jambe 1, mais même le contraintde la placer au-delîus de fa jambe 2. De plus,le renverfement d'épaules, qui réfulte du fécondtemps de la main portée fur le dehors , ébauche lafortie de la croupe fur le dedans, enforte que lapuiffance de la rêne gauche , croiflant à mefure quel'élève retient fa main toute arrondie fur le dehors,achève de poufler le bipède de derrière, que lecheval balance de gauche à droite. Alors les 12. del'arrière main pafient furia jambe 3, & néceflitentleport de la jambe 4 qui s'avance toujours fous lecentre, en devançant la jambe 3, Auffi-tôt que lesdeux temps confècutifs de la main arro ndie, puisportée fur le dehors, ont obtenu , avec le pli, lecontrafte de l'avant-main appuyé fur la jambe 2,tandis que l'arrière-mai 11 eft étayée parla jambe3 , l'élève ramène à lui la main dans la pofition oùelle fe trouve, &, du même-temps , il augmentela predion de fes jambes égales , afin d'exiger lepremier enlever du cheval. La main 8c les jambesdu cavalier ont à peine difpofé les d eux colonnesvertébrales comme on vient de les efquifler, quele cheval, régulièrement préparé, fe livre gaiementà l'aäion du galop. Les 12 de la colonne dedevant, que ia retenue de la main fait couler lelong des rênes dirigées de gauche à droite , abandonnentla jambe 2 pour refluer fur le centre. Aumême inflant les 12 de la colonne de derrière, précédemmentrépartis fur la jambe 3 , repaient fur lajambe 4, que la predion des jambes égales du cavalierretient diagonalement avancée fous le centre,afin de lui faire fupporterles 24 de la m affé pendantl'enlever fucceffif des jambes 1, 2 & 3. L'obéiffancedu cheval avertit l'élève qu'il eft temps derendre la main , ce qu'il exécute à la minute, enobfervant de laiffer fubfift er fon arrondiffement,dans la crainte que le cheval déployé ne brouilleto combinjùfoa de fa çelonne. de cuvant, mais ilgaln'oublie pas que la preflion de fes jambes égales doitconftamment entretenir l'arrière-main fous le centre.D'après la dsfcente de main , le cheval, drefféfur la jambe 4 , rabat le bipède de devant dont lajambe 1 , partie la première , & qui fe trouve auffila plus élevée, embraffe l'étendue du terrein proportionnéeà la vùeffe du galop. Au moment où les jambesI, 2 & 3 reviennent à terre , on voit les 24 de lam affé dardés par la jambe 4 , fuir la preflion réitéréedes jambes égales du cavalier, & repaffer brufquementàtravers le centre pour forcer la jambe 1 à leurdonner, pendant le chaffer, le même appui queleur fourniffoit la jamb e 4 pendant l'enlever. Alorsla jambe 4 , autant allégée qu'elle étoit chargée,confomme le premier pas du galop. L'élève n'eftpoint inquiet de la pofition que les deux jambes dederrière du cheval reprennent fous le centre. Al'affurance que la jambe 4 chargée de toute la maffe,ne peut fe détacher qu'à la fuite de la jambe 3 ,il joint la certitude phyfique , d'après le- calcul immanquablede l'effet des rênes, que le cheval,quoiqu'obligé d'apporter vivement cette jambe 3fous le centre, puifqu'elle partage la totalité dela maffe avec fa tranfverfale, la jambe 2 pendant la.préparation du fécond temps de galop, l'a fait cependanttoujours précéder par la jambe 4, qui,remife en force par cette pofition , redonne au bipèdede devant le nouvel appui fauteur du fécondélan , & ainfi de fuite.Actuellement que l'élève parcourt rapidement &furement l'enclos du manège, il faut récapituleravec attention les différents produits des rênes quiviennent de créer le galop à droite. Premièrementtouts les temps de la main dénotent le plan méditéde porter les ia de la colonne de devant de droiteà gauche , & de pouffer ceux de la colonne de derrièrede gauche à droite. Lorfqu'on fait enfuite lapreuve de cette double opération , on trouve , qu'augalop à droite , les 24 de la maffe reviennent fur lajambe 4 pendant les enlevers du bipède de devant& le faut de celui de derrière , comme ils font reportésfur la jambe 1 pendant les chaffers du bipèdede derrière & la retombée de celui de devant : combinaifonsqui forcent le cheval à mettre en aflion lajambe 1 avant la jambe 2 ,& à détacher la jambe 3ayant la jambe 4 , d'où on peut conclure que lesfauffes pofuions de la main , ou la négligence desjambes du cavalier font les feules caufes des erreursdu cheval. En effet, fi l'arrondiffement de lamain d onne Se conferve le pli fur le dedans ; fi ladirection des rênes , d'abord tendues du dedans furle dehors, enfuite ramenées du dehors à leur vraieplace, contient l'épaule droite au-deffus de la gauche,& la hanche gauche primant la droite ; furtoutfi la preflion motivée des jambes égales accorapagneces diverfes combinaifons , le cheval perdjufqu'à la poflibilité de chercher , dans le plus légerretardement, l'occafion de fub'îituer le trop redoutablepoint d'appui parallèle de la jambe 3 à celuitranfverfaL de la jambe 4 , en continuant de faire


g a lrouler les 14 de fa maffe entre les deux eminencesd'une épaule & d'une hanche o pofée.Prendre un coin au galop à droite.Dans le détail q u'on a ci-devant donné d'uneleçon de manège , on trouve la méthode particulièreà la prife des coins qui fe préfentent à gauche.Ce font les mêmes temps de main qui s'emploientavec fuccès, pour cette évolution , pendant le galopà droite , fi ce n'eft qu'il en faut retrancher ledemi-arrêt, dont la préparation, eßentielle auxdeux précédentes allures , deviendroit préjudiciableà celle du galop qu'elle retarderait. Outre lafuppreffion du demi-arrêt, on doit encore obferverde ne pas déranger l'arrondiffement de la main ;car la deflruiSion du pli, qui s'enfuivroit infenfiblement,pourroit anéantir fans refTource la c ombinaifondes deux bipèdes. Audi, à l'approche descoins, fe contente-t-on de porter la main toutearrondie fur le dehors, afin que les rênes reprennentune puiffance équivalente à celle qui procurele premier élan. Le pli du cheval ne l'empêche certainementpas d'obéir. On le voit s'approcher, toutployé qu'il eft , des bornes de la carrière, & profiterde fa tombée pour placer les jambes 1, 2 & 3le plus près de l'angle qu'il lui eft poffible. On doits'attendre à toujours retrouver la jambe 1 plus enavant, en raifon de la fupériorité qu'elle confervefur la jambe 2. Comme , au galop, les deux jambesde devant ainfi que celle de derrière du dedans femeuvent prefqu'à la fois, foit qu'elles s'él èvent,foit qu'elles retombent, on a foin d e prévenir lefécond enlever du bipède de devant, en rapportantla main arrondie fur le dedans. Pour lors lecheval, à qui la preffion des jambes égales du cavaliera fait exécuter le chaffer du bipède de derrière,&qui, par conféquent, a repris fon point d'appuifur la jambe 4, pirouette fur le talon de cette jambede derrière du dehors, jufqu'à ce que l'avant-mainfe foit rabattu dans la nouvelle pifle où les jambesI, 2 & 3 font incontinent fuivies par la mêmejambe 4. Nous croyons inutile d'ajouter que , fi laprefiefle de s mouvements de la main n'eft pasexaólement calquée fur la vélocité de l'allure , lafuite des opérations du cheval fouffre à coup sûrde la lenteur de celles du cavalier.Frtm'ur changement de main au galep à droite.Il n'exifte point de leçon où les changementsde main foient d'une exécution plus facile qu'àcelle du galop. Tout femble favorifer cette évolution,Au moyen de l'arrondiffement de la main ,qui ploie le cheval, lorfque le cavalier veut ouvrirle premier changement de main , qu'on trace degauche à droite, il ne lui refte plus que la main àrapporter toute arrondie fur le dedans , & auffitôt. es rênes , combinées de gauche à droite, pouffent,fur le dedans , le cheval qu'elles éloignent par gradationde la pifle, pour le faire en trer dans la diagonaledu premier changement de main,g a l ï 1 9Le galop à gauche!Si l'ouverture des changements de main exige ,au galop , une fuite de procédés audi fimples, laclôture de cette évolution entraîne plus de difficultés.P ar exemple, On n'a pas plutôt parcouru lapremière' diagonale qui coupe le manège de gaucheà droite, que le mur, en fe préfentant de ce derniercôté , avertit du moment où le galop à gauchedevient urgent. L'élève fait qu'il tenteroit inut ilementde faire entamer par la jambe 2 Je chevalembarqué furia jambe 4, fans la précaution abfüllted'un temps d'arrêt complet. Comment, en effet,pouvoir décompofer la répartition des irrafles faitespour le galop à droite ; calculer, en même temps ,la combinaifon inverfe qui doit créer le galop àgauche. Enfin quel autre intervalle peut-on choifirpour que le cheval ait la faculté de fuivre les tempsdeftruâeurs & reproduêieuts de la main de fon cavalier, tous relatifs au changement total de fa pofit;on? D'après ces principes , l'élève , à peine arrivéau bout de la première; diagonale, ramène à luifa main dont il fait difptvroitre la rondeur. L'anéatitiffementdu pli , auquel fuccède immédiatementl'égalité entre les épaules & les hanches , remet lecheval autant d'aplomb fur fes quatre jambes qu'ill'étoit au pas, pourvu toutefois que la preffion modéréedes jambes du cavalier donne un peu de relâcheà la colonne de derrière. L e cavalier, quin'a rien de plus à coeur que de toucher', pour ainfidire , au doigt la jufte répartition des 34 de lamafie , conféquente de l'égalité des rênes, aprèsun nouveau raffembler , profite avec avidité dupremier appui de la jambe 1, afluellement d u dehors,pour cambrer la main. Lorfque la tenfion dela rêne gauche, nouvelle du dedans , a fufRfammentployé le cheval, on porte la main toute cambréefur le dehors. Auffitôt, la rêne gauche dontla preffion occafionne le reflux des 1 2 de l'avantmainfur la jambe 1, vient s'unir à la rêne droite ,pour qu'en raifon de leurs puiffances combinéesles 12 de l'arrière-main, tranfmis à la jambe 4 ,affurent, & la fortie de la croupe fur le dedans, &le jeu de la ja mbe 3 à préfeut du dehors. Enfuite ,fans perdre un feul inftant, on rapporte la main àfa place. Alors les 12 de l'avant main , qui filent àtravers les rênes , paffent de la jambe 1 au centre ,pendant que la jambe 4 fe débarraffe de la totalitédes 12 de l'arrière-main pour en charger la ja mbe3 , prife deffous le centre. Cette dernière répartitionpermet, & l'enlever du bipède de devant oùla jambe 2 , tranfverfaîe de la jambe y, paroît ,cette fois, avant fa compagne la jambe 1 , & lefaut du bipède de derrière que le cheval entamepar le jeu de la jambe 4. L'éleve n'oublie pas derendre la main , rétorapenfe ordinaire de l'obéiffancedu cheval, &, en vertu de la preffion d efes jambes égales, il lui fait exécuter le chaffer dabipède de derrière pendant lequel la jambe 3 joue,,au galop à gauche, le rôle important que la jambe


n o G A L4 rempliflbit au galop à droite. Intimement perfuadéque le paffage alternatif des 24 de la maffe nes'eû précédemment entretenu fur les jambes 1 &4, qu'au moyen de la main containment arrondie, on peut être afluré que cette efpèce de balancierne quittera jamais fon étui diagonal, aiSbellementformé de la jambe 2 à la jambe 3 , tant que lacambrure accompagnera les temps de la main prifeou rendue , & tant que la valeur des jambes égalesfera quadrer les chaffers de l'arrière-main avecles enlevers de l'avant-main.Prendre un coin au galop à gauche.Dès qve le paffage des coins ouverts à gauche ,pendant le galop à droite , s'eft effectué d'après uneméthode peu compliquée , fûre & l'atisfaifante , laprife de ceux qui fe préfentent à droite , lors dugalop à gauche, ne doit pas eau fer la moindre inquiétude.Comme les conditions (ont absolumentpareilles, on croit fuffilunt de repréfenter leur enchaînementpour voir l'élève approcher fop chevalde chaque angle, & l'en éloigner aveç la mêmeaifance.Premièrement, il faut s'abftenir du demi-arrêt.Secondement, il faut po rter la main cambrée jvifquesfur le dehors. Troifzèniement, il faut faifirle court intervalle qui fi pare la tombée du bipèdede devant & de la jambe de derrière du dedansd'avec le chaffer fubféquent d e celle de derrièredu dehors , pour rapponer la main toute cambréedu dehors fur le dedans. Par ce moyen la com binaifondes rênes prime toujours l'élan avec lequell'avant-main s'éloigne du coin , enforte que le cheval dreffé fur la jambe 3 , s'en fait un pivot qui luifert à fe tourner en face de la pifte qu'il va chercher. Quatrièmement, il faut que la modulationdes temps de la main foit en raifon de la vivacitédes opérations du cheval. Cinquièmement & enfin,il faut que la preffi on des jambes égales, en proportionnantles chaffers de Varr'ère-main fur lesenlevers de l'avant-main , entretienne les deux bipèdesdans cet accord parfait, d'où réfulte une cadencefi flat teufe pour toute oreille un peu délicate.Sicond Changement de main au galop à gauche.Le fécond^ changement de main , dont la diagonale, figurée de droite à gauche , ramène }e chevalfur la pifte par laquelle il entre dans la carrière,dérive d'une méthode fimple comme celle quidonne l'exiitence au premier changement de main.La cambrure de la main diffipe également jufqu 'àl'ombre d'une d'fficulté. Mais elles fe raffe mblcntde même en foule , lorfqire le dedans , en reprenantla place du dehors , ordonne la prompte fubftitutiondes jambes du cheval. Ainfi les jambes 2 ,I & 4 s'écartent d'abord de la pifte, à mefure quela main cambrée , feulement reportée fur le dedans, les attire fur la diagonale qui caraólèrifecette feconde évolution. Ainfi les jambes égalesdu cavalier, toujours au fecours du bipède de derga trière, pouffent enfuite fur la même ligne la jambe3 , qu'elles font fuccéder au placement d e celles2, I & 4. De retour dans la première pifte , pourtirer la quinteffence du temps d'arrêt, il faut que lamain parcoure tous les degrés qui fe comptententre fa cambrure & fon arrondiffement : de cettefaçon , après que le déploiement du cheval atotalement effacé le calcul du galop à gauche, lenouveau pli, qui fuit l'arrondiffement de la main ,crayonne l'efquiffe du galop à droite qu'on perfectionneenfuite comme on l'a ci-devant enfeignè.Avant que de terminer cet article, on croit devoirfaire obferver que la prompte obéiffance du cheval >foit pour la prife des coins, feit pour les ch. ngemenisde main , dépend uniquement de l'attentiondu cavalier à ne jamais lui demander aucune évo.limon , qu'au moment où le faut du bipède dederrière annonce l'enlever des trois autres j ambes.En effet, la maffe du cheval au galop étant alternativementfur une feule jambe à terre contre trois.en l'air , ou fur troi; jambes à terre contre Une enl'air , la moindre indication de la main devient unepuiffancé irréfiftible, lorfqu'elle agit fur le cheval >dans l'inflant où la combinaii'on du galop l'obligeàrefter en équilibre fur la feule jambe de derrièredu dehors.Preuves de la jufleffe du galop.Les combinaisons les mieux foignées, lorfqu'ellesfont dénuées d'une preuve concluante*, doiventêtre reléguées d ans la claffe des probabilités. Laleçon du galop fubiroit le même fort, & les élèvespourraient révoquer en doute la folidité des principesqui en font la hafe , fi nous n'étions à portéede rendre palpable la vérité de ces principes établisd'après la polliion que prend naturellement toutdieval à l'allure du galop.Si nous diftinguons en equitation le galop dófuni,foit du devant, foit du derrière , d'avec le galopfaux, quoique toute défunion entraîne fauffetéc'èft afin de faire obferver aux élèves que le cheval'qui s'embarque à faux, prend, fans h éfiter, fb^point d'appui fur la jambe de derrière parallèle decelle de devant par laquelle il entame l'aftion ; ailiieu que, pour fe défunir, il faut que l e chevald'abord mis au galop vrai, change, dans le courantde la le çon, ou l'enlever de la jambe de devant( ce qui donne le galop défunt du devant ) ou variedans le point d'appui de la jambe de derrière •(ce qui produit le galop défuni du derrière )double pofition d'où réfulte toujours le galop fauxainfi q u'on peut s'en convaincre en confultant l erapport des différentes combinaifon s du cheval kl'allure du galop. A l'égard du galop faux d 'encolure5 il eft évident qu'il n'exiite qu'autant qu'o nomet totalement la condition du pli, ou lorfqu'o ncontraint, mal à-propos, le cheval à regarder lajambe primitivement chargée des 12 de l'avantmain.Dans le premier cas, la diftraâion du cavalierle met à la merci du hafard, puifqó'on aprécédemment


g a lprécédemment démontré que c'eft le pli qui commenceà dilpufcr les 2.4 do la malìe , qu'on répartitenluite à fon gré. Or, fi leur répartiti@n fe trouveheureufement diftribuée conformément aux règlesdu galop, mais fans que le cavalier en foit ledifpenfateur, il dépend du premier événement quela même répartition , devenue vicieufe , fulTeéprouver fuccefiivement tous les genres de galopfaux : conjonéture périlleufe d'où le cavalier n'ad'autre polîibilité de fonir que par l'interruptionfubite des boutades du cheval. On nVft pas longtempsen balance fur le fort de celui qu'on embarqueavec le pli à contre-fens. Les 24 de lamalic , que les chaffers inclinent continuellementfur la jambe de devant, qui devroit au contraire enêtre foigneuiement garantie , nécefiitent bientôt lecheval a fe défunir du devant, & , dé s-lors , àcourir touts les dangers du galop faux. Voici l emoment favorable pour dévoiler le taél, à l'aideduquel on diflingue , d'une manière certaine , lesdifférentes pofitions que prend le cheval pendantchaque efpéce de galop. Mais , afin de ne pas interromprel'ordre jufqu aétuellement établi , nousallons commencer par 1 efquiffe du cheval au galopvrai à droite.Ployé à droite , nous favons que le cheval,pendant la préparation, en rentrant 1 épaule droite& la hanche gauche , fait bomber l'épaule gaucheainfi que la hanche droite. On voit alors l avantmainc reu fé fur la droite , & l'arrière-main fur lagauche donner à la colonne vertébrale la figured'une S : tournure qu'elle conferve même pendantl'aéiion , ptiifqne les 24 de la mafie vont & viennentcontinuellement de la jambe 1 à la jambe 4 ,& de la jambe 4 à la jambe 1. O r , le cavalier jugeque la répartition des ma (Tes a fidèlement fuivi lacombinaifon des temps de fa main , d'abord lorfqu'à chaque pas qui précède le premier enlever,fa cuiffe droite roule, d'arrière en avant, dans levuide de l'épaule droite, & fa cuiffe gauchetombe , d'avant en arrière, dans la concavité queforme la hanche gauche. Il s'affure en fu ite de lavérité de l'aélion par l'enlever de fa cuiff e droite ,que le reffort de la jambe 4 envoie avec les 24 dela m affé dardés fur la jambe 1.La feconde efpéce de galop eft celui, faux àdroite , où le cheval, ployé comme au précédent,après avoir r entré l'épaule droite, a l'indifcrétiond'en faire autant de la hanche droite qu'il devroitau contraire faire bomber. Dans cette fimation,la colonne vertébrale, abfolument convexe àgauche , prend la figure d'un C ouvert à droite.On apperçoit la fauffe répartitio n des maffes autournoiement qu'elle occafionne dans l'afliette dumilieu du corps : tournoiement qui provient de ceque les cuiffes du cavalier, au lieu de rouler enfens contraire, font portées en avant l'une aprèsl'autre ; fçavoir, la cuiffe droite conféquemmentau rentrer de l'épaule droite , qui commence lapréparation du cheval, & la cuiffe ga uche, non-Equitation , E/crime 6* Danfc.g a lî 2 1feulement en raifon du bombement irrégulier de lahanche gauche , mais encore d'après la détenteinverfe eie la jambe 3.Comme le galop défuni du devant à droite offreune diflribution de maffes abfolument oppofée àcelle qui précède , à la réfsrve du pli qu'on trouveencore à droite, la colonne vertébrale , afluellementconvexe à droite , imprime néceffairementaux cuiffes d u cavalier une fenfation totalementcontraire à celle dont il vient de faire l'expérience.Le tournoiement du milieu du corps vient ici de lachine imprévue de la cuiffe gauche dans le vuideiiiforme de l'épaule du dehors , pendant que ledardement de la jambe de derrière du même côtérepouffe la cuif fe droite.Le galop defuni du derrière à droite, & le galopfaux à droite étant exaélement calqués l'un furl'autre , le fentiment, qui prévient le cavalier decette défunion , ne peut être que le même qui luifait furprendre le cheval à faux ; piiifque deuxcaufes abfolument par eilles doivent enfanter deuxeffets femblables.A l'égard du galop faux d'encolure à droite , c'eftle galop vrai à droite, oit le cheval regarde à gauche.Ainfi les yeux du cavalier font les feuls juges de lafauffeté de ce dernier genre de galop.Les combinaifons qui créent les cinq efpéces degalop à gauche, font trop conformes à celles doncon vient de rendre compte , pour efpérer d'entrouver le détail à leur fuite. D'ailleurs, fi quelqu'undoutoit d elà jufleffe des opérations dont ilauroit potè les calculs tout fetil, le rapport desdifférentes combinaifons du cheval à l'allure dugalop lui fera de la plus grande utilité pour reflifierles erreurs qu'il auroit pu faire. Au refte, dèsqu'on fent, par le faux enlever de la cuiffe , lecheval s'éloigner du galop vrai , foit à droite, foità gauche , il faut, à la minute , recourir au tempsd'arrêt confolateur qui feul facili te les moyens derétablir l'ordre, conformément à ce qu'on a ludans la feflion des changements d e main pendantla leçon du galop.VArret du galop.Des trois différen tes allures dont nous venonsde rendre compte, celle du galop eft , fans contredit,la feule q ui, même prife volontairementpar un cheval en liberté, dépend d'autant decirconftanecs. On ne doit donc pas être étonné detrouver une feétion entière def tince, nonjfeulementà raffembler fous un même point de vue lesdivers procédés épars dans le courant de cette leçonpour marquer les temps d arrêt conditionnels dugalop , mais encore les réflexions qui leur font donnerla préférence fur tous les autres. Je foupçonnequ'on n'a pas oublié qu il faut replacer la main,avant que de marquer le temps d'arrêt préliminaireà chaque changement de jambe. Ce tte conditioneffentielle précéd é aufll l'arrêt final du galon. Maison ne doit le porter à fa perfeélion, qu'après avoir


122 gallaitïè marcher le cheval, fulvant l'axiome qui dît,U galop doit naître du pas , &• mourir au pus. Legalopenr ainfi préparé pour fon arrêt, on le luit'ait exécuter, en portant le haut du corps enarrière ; ramenant la main , l'avant-bras foutenu &je deffus du poignet bombi ; & diminuant pardegrés prefqu'imperceptibles la paiffincc des jambeségales , dont on augmente l'extenfion autant qu'ileit poffible. La méthode folidement établie , nousallons pafter à la dccompofition des effets qui enémanent.Lorfqu'il s'agit d'arrêter un cheval lancé augalop , nul doute qu'on parviendroit à rompre facoude , en retenant brufquement la main. Maisalors les 24 de la m affé écraferoient infailliblement,ou la jambe de devant, ou celle de derrière furlaquelle ce temps d'arrêt inattendu les reti endrait,öi le bipède, viêtime d'u n pareil contre-temps,pourroit fuccomber, malgré fes efforts multipliés,i'ous l'immenfité du poids qui viendro it l'accabler.Au lieu que la main replacée telle qu'elle doit êtrepour diriger le cheval fur une ligne droite , éloignetoute efpèce de danger. Dès ce moment la rênedu dehors , plus tendue que celle du dedans , attireà elle la tête du cheval qu'elle commence par retlreffer,& preffe enfuiie l'épaule qu'elle régit,jufqu'à ce qu'elle l'ait mife au niveau de celle dudedans. Pendant que cette première opérationparcourt fon période , les 12 de la colonne dedevant, qui reprennent leur dircÉVion pri mitive,fe répartiffent également fur chacune des jambesde devant. £n conféquence , les enlevers du bipèdede devant, fans être entièrement fupprimés, fontau moins confidérablement rallemis. Or, lorfqu'onporte en fuite le haut du corps en arrière, qu'onramène la main en foutenant l'avant-bras, & qu'ontombe le deffus du poignet, l'ondulation de lacolonne de devant cède infenfiblement à la tendonléciproque des rênes , & finit par fe fixer au centre ,à mefure que la preffion modérée des deux jambeségales du cavalier, feulement affujetties fur lecorps du cheval, laiffe détendre peu à peu lereffori de la colonne de,derrière, dont l'ondulation, vivement rétrogradée, fourniffoit aux chaffersdu bipède de derrière. Ceux de mes leéleurs à quile terme de réciproque peut paroître hafardé,voudront bien confidérer que les épaules du chevalne font pas plutôt direäes à la pifte qu'il décri t,que chaque rêne reprend & conferve le ton quiles met d'accord pour la fui:e des opérations relativesà l'arrêt du galop. On a vu la première diftributiondes maffes, préparatoire à l'allure dugalop , s'effcâuer d'après le port de la main fur ledehors , & ce temps de main avoir pour réfultatles épaules attirées fur le dehors &. les hancheschaffées fur le dedans. De même la dernière répartition,conféquente de là main replacée, difpofele cheval à marquer l'arrêt du galop , enrai fon de l'égalité la plus fcrnpuleufe que ce tempsie main rétablit daus l'avant ainfi que dans l'yrierega lmain du cheval, dont les hanches reprennent de r­rière les épaules la pl ace qu'elles occupoienr avantla préparation. Les deux colonnes vertébralesexactement redreffées, qui peut douter que larépartition des 12 de l'arrière-main n'ait ponfluellementfu ivi la divifion apperçue dans ceux del'avant-main ? Au rede, la preuve la moins équivoqueque chaque jambe de derrière reprend (iules24 de la maffe les 6 qu'elle doit fiipporter, 8ccela dans le moment où chaque jambe de devantreçoit la même charge , fe tire du port égal de sjambes 3 & 4, qui n'embraffent autant de terreinI tine que l'autre , qu'à la minute précife où les.jambes 1 & 2 , en s'avançant du même pas dans lapifie, annoncent que chacune eft rechargée des 6qui lui font perfonnels. Les chofes en cet état, lapuiffance de la main, calculée iur celle des jambes ^produit une réaêtion proportionnée dans le refluxde chaque colonne , en forte que leur ondulation ,également reportée fur le centre , fait palier lecheval par tous les points fuccefilfs qui lient l'aflionla plus rapide avec la démarche la plus lente , avantque d'en venir à l'arrêt final. O n doit fe rappellerque , l'arrêt une fois marqué, il ne faut ent retenircettepulfation mutuelle des deux bipèdes, qui metle cheval dans l'occafion toujours prochaine du pasen avant ou du pas en arrière, que le temps fufhfantpour s'affurer de l'exaS raffembler, & qu'ondoit enfuite relâcher en fem Me , & par degrés , lesmoyens qui ont fervi avec tant d'efficacité à éviterque le plus petit à-coup ne vint forcer l'arrêt dugalop. La méthode ci-d effus do nnée pour vérifierla jufîeffe du galop , s'étend jufqu'à l'arrêt de cetteallure. En eÉet, au fil tôt que le cavalier travailleà la dêcompofition des maffes, néceffairement leroulis de fa cuif fe du dedans doit fe calmer e:iproportion du moins d'élé vation du cheval. Si onfai fit à point nommé cet infiant favorable à l'arrêt 5le cheval, reconnoiffant de la facilite qu'il trouve àrépondre aux indications de fon cavalier, fait lerécompenfer à fon tour d'une complaifance aiifftbien motivée, en le faifant jouir d'un arrêt d ontl'efpèce de palpitation démontre la précifion del'un & l'exaaitude de l'autre.GALOPADE, aftion de galoper. Galop écouté >raccourîi, galopade unie , galopade belle , d'école, c'eft celle qui eli faite fuivant les loix di$manège. Cefi un galop dans la main , & lorfque lecheval galopant d'une pifie ou de deux piftes, eftuni. bien raccourci , bien cnfemble , bien fouslui. On dit, ce cheval fait la galopade &' travailleune hanche dedans. Un cheval travaille la hanchededans , lorfque faifant la galopade , au lieu d'allerd'une pifie, foit par le droit, foit en rond , onlui tient une hanche fujette , quelque changementde main qu'on fa fie , enforte que la hanche de dedansqui regarde le centre du terrein . eft plus ferrée& s'approche plus du centre que l'épaule. Le chevalne marche pas alors tout-à-fait de côté ; ù manièrede travailler eli un peu plus que d'une pifie ,


G A L& «n peu moins que de deux, La uiiTirence qu'il ya entre travailler une hanche en dedans , ou galoperfur les voltes , ou manier au tene-à terre ,ce ft que galopant fur les voltes , ik. maniant auterre-à-terre , on tient les deux hanches fuiettes ,oa les deux hanches dedans, c'eft-à-dire, au de ­dans de la volte ; mais quand on galope la hanchededans , on n'en tient qu'une.GALOPER , aller au galop, faire galoper uncheval. C e cheval galope bien. Il galope à l'angloife, c'eft-à-dire, près de terre & fans leverbeaucoup les jambes. Galoper uni ou fur le bonpied, c'eft lorfque le cheval continue à galoper furle même pied qu'il a entamé le chemin. Par exemple, lorfque la jambe droite de devant a commence& entamé le chemin avant la jambe gauchede derrière , il faut aufii que la jambe de derrièreparte toujours avant la jambe gauche de derrière ,& que l'allure continue dans cet ordre. Galoperfaux , ou fur le mauvais pied , traîner fur les hanchesou fe défunir, aller ou courre fur le fauxpied , c'eft quand le cheval change de pied. Parexemple lorfque le cheval qui galope ayant entaméle chemin par une des jambes de devant ,l'oit la droite ou la gauche , ne continue pas defaire toujours partir cette même jambe la première, & que la jambe de derrière oppofée à cellede devant qui a entamé le chemin, ne continuepas aulE de partir toujours avant l'autre de derrière, & que cette allure ne dure pas toujours dansle même ordre. Le cheval qui galope faux, galopede mauvaife grace , & incommode le cavalier.Remettre fur le bon pied un cheval qui galopefaux. Pour remettre fur le bon pied & bien unirdés hanches un cheval qui galope faux , ou quife défunit, il faut approcher le gras de la jambe ,& enfuite l'éperon de dehors, c'eft-à-dire, l'éperonoppofé au côté par lequel le cheval fe défunit.S'il s'eft, par exemple, défunt à la main droite, onle pincera du talon gauche. O n dit encore galoper, pour dire faire galoper un cheval ; on dit aufficourir dans la même fignification.GENETTE. Manière de fe tenir à cheval. Ondit, porter les jambes à la genette , c'eft-à-dire,tellement raccourcies , que l'éperon porte vis-à-visles flancs du cheval. Cet ufage eft entièrement rejettéen France ; mais il eft en vogue chez lesEfpagnols & autres nations. Mon ter à la genette,FI MONTER.G1GOTTÉ, bien gigotté , fe dit d'un chevalqui a les cuifles fournies , & proportionnées à larondeur de la cr oupe. Cheval mal gigotté fignifieun cheval maigre , & dont les cuilles n'ont pas unejufle proportion avec la croupe.GOÜRMANDER un cheval, c'eft le tourmentertrop en le menant. Gourmander la bouche d'uncheval, c'eft lui donner des faccades avec labride.GOUSSAUT. Cheval court dereins, qui a l'encolureépaifte & charnue , 6i les épaules greffes.H A N i t ;Les chevaux gouHauts l'ont bon s limoniers.GOUTER la bride. On dit d'un cheval qui com ­mence à s'accoutumer aux effeis du mots, qu'ilcommence à g où; er la bride.GUEULART. Le cheval eft gutulart quand il a .la bouche forte , & qu'il l'ouvre quand on lui tirela bride.GUILLEDÎN. Cheval hongre d'Angleterre quieft extrêmement vite en fa courfe.H.HACHE. Coup de hache. V. COUP.HANCHES fe dit du train de derrière du chevaldepuis les reins jufqu'au jarret. Mettre le cheval furles hanches , le mettre bien enfemble , le mettrefous lui, c'eft le dreffer à plier & à bailler les hanches.L'art de monter à cheval n'a point de leçonplus néceffaire , que celle de mettre un cheval (urles hanches. Le cheval qui ne peut plier & baifferles hanches , s'abandonne trop fur les épaules, &pèfe fur la bride, au lieu qu'il faut que les hanchesfoutiennenr les épaules & le train de devant.Un cheval eft achevé , quand il eft bien dans lamain & dans les talons , & qu'il eft bien affis fürles hanches. On dit, ce cheval a les hanches fujettes, elt fujet des hanches & falque fort bien. Enfaifant fes Alcades , l i tient les hanches fort baffes ,-il les plie bien. Ce cheval eft bien fous lui , leshanches accompagnent parfaitement bien les épaules.Pour faire plier les hanches à un cheval, il fautle tirer fonvent en arrière, fe fervir des aides de lamain & du gras des jambes en lui faifant faire debons arrêts. Si cela ne réuffit pas , il faut fe fervirde la calade à l'Italienne. AfTeoir un cheval fur leshanches , c'eft les lui faire plier , quand on le galope, qu'on le fait manier, ou qu'on l'arrête. U ncheval qui eft court des reins & qui a de la fou*pleffe, le met bien mieux fur les hanches, quecelui qui eft long ; mais outre la fou pleffe il fautqu'il ait une force pliante dans les hanches. Chevalqui traîne le» hanches , c'eft celui qui galope faux,qui fe défunit. Pour le remettre fur le bon pied &le bien unir des hanches, il faut approcher le grasde la jambe & enfuite l'éperon de dehors , c eftà-direl'éperon oppofé au côté par lequel il fe défunit; s'il fe défunit à la main droite, on le pinceradu talon gauche. Sentir un cheval fur les hanches, c'eft remarquer qu'il les plie , ce qui eft lecontraire de s'abandonner fur les épaulés. Chevalqui travaille une hanche dedans, c eft lorfqu'enfaifant la galopade , au lieu d'aller d'une pifte , foitpar le drott, foit en rond , on lui tient une hanchefujette, quelque changement de main q u'onfaflè. La différence qu'il y a entre travailler unehanche dedans, & galoper fur les voltes , ou manierau terre-à-terre, c'eft que là on ne tient qu'unehanche fujette , & qu'ici on les tient toutes lesdeuït Paffager un cheval la tète dedans & les han-


114 H A Qches atìflì, c'ert le porter de biais fur deux lignesparallèles , au pas ou au trot.HAQUENÉE. Cheval qui va la haquenée, c'eftun cheval qui va l'amble.HAQUÈT. Mot peu ufité, qui fignifie un chevalpetit & mince..HARIDELLE. Cheval mince & fort maigre.HARPER le dit d'uu cheval quand il lève lesjambes du train de derrière précipitamment & fansplier le jarret. Quelquefois un cheval harpe desdeux jambes , & quelquefois d'une feule. Lorfqu'ilharpe des deux jambes , il les lève toutes les deuxà-la-fois , & les haufle en même temps avec précipitation, comme s'il manioit à courbettes. Il harped'une feule jambe, quand il la lève précipitammentplus haut que l'autre , fans que le jarret joueou plie. Lorfqu'un cheval harpe , il faut qu'il aitdes éparvins fees au jarret. 1 1 faut donner le feuà UN cheval qui harpe, f. TROUSSER.HATER la main, hâtez, hâtez. C'eft une expreffiondont les écuyers fe fervent, quand un écolierfait manier un cheval fur les voltes , & qu'ils veulentobliger l'écolier à tourner la main plus vite ducôté qu'il manie ; enforre que fi le cheval manie àdroite, il aille plus vite des épaules à droite. Demême s'il manie à gauche.HAUT. Haut, exprefllon dont le maître fe feriau manège lorfque l'écolier fait des courbettes,pour l'avertir que fon cheval ne lève pas affez ledevant : haut du derrière , haut du devant, haut dutalon. Les talons hauts , la main haute. Voyez TA­LONS & MAIN. Haut monté fe dit d'un cheval dontles jambes font trop longues à proportion du corps.,HOBßlS . c'eft un cheval d'Irlande.HOB IN. Vieux mot qui défignoit une certaineefpèce de chevaux.HOCHER avec la bride fe dit du cheval quihjuiffe & bai (Te Is bout du nez p our faire aller &venir le mors dans fa bouche, pour s'amufer , foieen marchant, ou lorfqu'il eft arrêté.HORS la main. Cheval qui manie hors la main.Cette exprefllon n'eft plus en ufage. O n s'en fervoitpour défigner un cheval qui manioit fansobéir à la bride. On dit main tenant, ce cheval n'eftpas dans la main , n'a point d'appui, n'obéit pas àJa main.HOU. Exprefllon du cavalier pour faire arrêterfon cheval fans lui tirer la bride. Les chevaux qu'onaccoutume le plus à s'arrêter tout court en criantÄOK , font les chevaux d'arquebufe , parce qu'ona befoin de fes deux mains pour tirer un coup deMil.J.JAMBE. Les jambes de devant du cheval, & lesjambes de dernere. La jambe du côté du montoir& hors du montoir. Des quatre jambes du cheval,les deux de devant ont plufieiirs parties , qui ontchacune leur nom sufferem. D'où yiciu que par lej a rnom de jambe , on entend ordinairement la partiedu train de derrière comprife entre le jarret & leboulet. La partie qui lui correfpond dans le trainde devant, s'appelle le canon ; mais en parlant engénéral, on dit les quatre jambes du chexal, &. onconfond le train d e devant & le train de derrière.On dit qu'un cheval a des jambes de cerf, quandil les a maigres & menues, & qu'il n'a point dejambes quand il les a ruinées , ou arquées, ou gorgées,& alors on entend parler des jambes de devant; & que la jambe lui mollit quand il bronche.Ou dit qu'un cheval cherche fa cinquième ja mbe,pour dire qu'il efl las, & qu'il auroit befoin d'unenouvelle jambe , qu'il charge la main du cavali er,& s'appuie fur la biide. On dit qu'il va à trois,quand il boîte bien fort d'une jambe. On dit aufficl es méchants chevaux , qu'on leur fera bien trouverdes jambes à force de les piquer Cheval droitfur les jambes, c'eft quand le devant du boulettombe à plomb furia couronne , & que le canon& le paturon font en ligne droite. On dit à l'égarddes jambes du cavalier, qu'un cheval connoit bienles jambes , qu'il prend les aides des jambes , qu'ilrépond aux jambes , qu'il obéir aux jambes , pourdire qu'il luit les mouvements du cavalier. Parrapportati cavalier, on dit, aide des jambes, aidedu gras des jambes. L'atiion des jambes du cavalierfaite à propos eli une aide qui confifte à approcherplus ou moins , le gras de la jambe contre le flancdu cheval, felon lesoccafions. C'eft une aide quele cavalier doit donner délicatement & avec fin effepour animer le cheval , & elle eft d'autant plusbelle qu'elle eft fecrette ; car en étendant le jarret,on fait craindre l'éperon au cheval ; & cette craintefait fur lui autant d'effet que l'éperon m :me. Jambede dedans , jambe de dehors ; ces expreflîous ferventà dillinguer à quelle main , ou de quel côté ilfaut donner les aides au cheval qui manie ou quitravaille le long d'une muraille ou d'une haie. Lelong d'une muraille, la jambe de dehors fera celledu côté de la muraille , & l'autre jambe fera cellede dedans. Sur les voltes, fi le cheval manie àdroite , le talon droit ferale talon de dedans, &de même la jambe droite fera celle de dedans. Parconféquent la ja mbe & le talon gauches feront prispour la jambe & le talon de dehors. Le contrairearriverall le cheval manie à gauche. M aintenanton dit aider de la jambe gauche , pour dire d e lajambe de dehors , de la jambe de dedans. V. ELAR­GIR , HARPER.JARRETÉ fe dit des chevaux & des mulets,qui ont les jambe s de derrière tournées en dedans y& fi peu ouvertes , que leurs deux jarrets fe touchentprefque quand ils marchent. Cheval jarreté.Cavalle jarreté. On dit auffi cheval crochu. PoyeçCROCHU.JARRF.TIER eft un nom qu'on donne au chevalqui a les jarrets trop proches l'un de l'autre. Cenomvieillit. On dit plutôt cheval jarreté , oucrochu.


J O IJOINTE s'e/l dit pour paturon. Jointe pliante& flexible , c'eft-à-dire , paturon pliant & flexible ,défaut ordinaire aux chevaux long-jointes.JOINfÉ. Le cheval long-jointe eft celui qui ale paturon long , effilé & pliant ; & court-jointé,ou droit des jambes , celui qui a le paturon court.JOINTURE ie dit pour paturon dans les occafions fuivantes. La jointure grolle , c'eft-à-dire , lepaturon gros , ce qui eft une bonne qualité. Lajointure menue eil une mauvaife qualité, fur-toutquand elle eft pliante, c'eft-à-dire, que le bas dupaturon eft fort en devant. La jointure longue oucourre fait dire d'un cheval qu'il eft long ou courtjointé.JOUER avec fon mors fe dit d'un cheval quimâche & fecoue fon mors dans fa bouche pours'amufer. Jouer de la queue fe dit du cheval quiremue foiivent la queue comme un chien , principaleaientquand on lui approche les jambes. Leschevaux l[ui aiment à ruer & à fe défendre font fujetsà ce mouvement de queue qui déligne fouventleur mauvaife volonté.JUCHÉ. Un cheval juché eft celui dont les bouletsdes jambes de derrière font le même effet queceux des jambes de devant. Lorfqu'on dit que lecheval eft bouleté. FVY-Ç B OULETÉ. A infi, juchéne fe dit que des boulets des jambes de derrière ,& bouleté fe dit feulement des boulets des jambesde devant.JUSTESSE' Cheval bien.ajnfté. Finir un cheval& lui donner les plus grandes juftefles. Ces expreffionsdéfignent u n cheval achevé dans quelque airqu'on lui demande. Toutes k x s juftefles dépendentde celle de ferme à-ferme Afin qu'un cheval foitparfaitement ajufté , il faut , après les premièresleçons, le promener de pas fur les demi-voltes ;apiés 1 avoir promené quelque peu , lui faire faireune demi vo te jufte ; quand il y répond fans héfiter, lin en faire faire trois o u quatre tout d'unehaleine ; lui apprendre enfivte à manier fur lel e vaides de la langue. On dit audi les aides de la voixà-peu-près dans le même fens. On dit encore carelierun cheval de la langue & de la main , lorfqu'ilobéit ou qu'il fe met en tievoir de le faire.LARGER. Aller large. C'eft gagner le terrein ens'èloignant du centre de la volte , Ck en traçant ungrand rond. Cheval qui va trop large , qui s'étendfur un trop grand terrein , qui ne demeure pas fujet.Il faut conduire large , en approchant le talonde dedans , un cheval qui de lui-même fe ferretrop. Elargir un cheval , le faire marcher large ,lorfque s'approchant trop du centre, on vent qu'ilgagne du terrein. Dans ces occafions, les écujersdilent feulement large, large.LÉGER. Légèreté. On dit qu'un cheval eft léger, lorfqu'il eli vite & difpos ; qu'il eft de légèretaille, quand il eft de taille déchargée, quoiqued ailleurs lourd & pefant ; qu'il eft léger à la main ,quand il a bonne bouche , quand il ne pèfe pas furle mors. On dit auffi qu'un cheval de carrofte eftléger, lorfqu'il fe remue bien & qu'il craint lefouet, ou qu'il trotte légèrement. Tout cheval decarrofle qui eft léger eft bon. Dut au fouet efl, euce fens, le contraire de léger. Avec un cheval léger& ramingue, il faut tenir lapaflade plus courtequ'avec un cheval pefant ou engourdi. Les chevauxqui font déchargés du devant, qui ont peud'épaules, font ordinairement légers à la main. Uncheval doit être léger du devant & fujet des hanches.En parlant du cavalier, les termes de léger& de légèreté s'emploient dans plufieurs fens. Unbon écuyer doit monter à cheval & fe placer fur latelle avec toute la légèreté poffible, de peur del'intimider & de l'incommoder. Un cavalier qui eflléger & qui fe tient ferme , fatigue moins fon chevalqu'un autre qui fe iaifle appefantir deffus , & ileft toujours mieux en état de foulFrir fa d.'fenfemalicieufe. Enfin un homme de cheval doit avoirla main très légère , c'eft-à-dire , qu'il faut qu'ilfente feulement ion cheval dans la main , pour luicôté , de ça & de là & en avant ; on e l finit & on réfilter quand il veu; s'échapper; & au lieu de s'attacherà la main , il faut qu'il la baiffe, dès qu'il alui donne les juftefles les plus parfai'es en lui apprenantà aller & à manier en arriére , & pour rèfifté au cheval. C'eft une des meilleures marquescela il n'y a rien de meilleur que les voltes bien d'un homme de cheval, que d'avoir la main légère.rondes.V. MAIN.LEVÉE. Terme de courfe de bague ; il fe dit deL.l'aélion de celui qui court la bague , lorfqu'il v ientà lever la lance dans la courfe. Faire une levée deLANCIER. On appelle ainfi l'ouvrier qui fait bonne grace.des lances. Le lancier de la grande écurie. Foye^ Lever fe dit au manège en parlant des diverfesECUUIE.façons de manier un cheval. Levez le devant à ceLANGUE. Aides de la langue fe dit quand le cheval. Levez-le à cabrioles, à pefades, à courbettes, c'eft-à-dire , maniez-le à cabrioles , à pefa-cheval s'anime & fe réveille par un certain cri, uncertain fon que fait le cavalier. C'eft un bruit, une des , à courbettes. Il faut lever le devant à un chevalaprès l'arrêt formé. Quand le cheval eft déli­efpèce de glapiflement qu'on ne peut guère exprimer, & qu' on forme en portant la langue contre le béré au terre-à-terre , on lui apprend à lever haut ,palais, & en l'en détachant vivement, en l'abaiffanten même temps que la mâchoire intérieure. poffible , pour donner à fon air une meilleureen l'obligeant de plier les jambes le plus qu'il eftCheval qui prend bien les aides de la l ingue, qui grace ; & lorfqu 'il eft bien délibéré à fe lever hautfe réveille, qui s'anime, qui s'encomage par les du devant, on le fait at tacher entre les deua pi-


L I Eliers pour lui apprendre à lever le derrière, Sirutfrdes deux jambes à-la-fois. Obliger le cheval à leverdemi à courbettes & demi terre-à-terre, eft uneméthode qui contribue beaucoup, s'il eft peu afluré, à le ré foudre & à le déterminer à bien emtrafferlavolte, à le relever & à alléger davantage .Lever haut le devant fert auffi infiniment à fabonne grace. On dit lever un cheval de fon air,lorfqu'il ne s'y préfente pas.LIEU. Ce terme fe dit de la pofture & de lalituation de la té:e du cheval ; ainfi un cheval qui-porte en beau lieu , ou Amplement qui porte beau ,c'eft celui qui foutient bien fon encolure , qui l'aélevée & tournée en arc, comme le cou d'un eigne, & qui tient la tête haute fans contrainte ,ferme 8C bien placée. Voye^ PORTER.LIGNE de la volte. C'eft la ligne circulaire ouovale que le cheval fuit en travaillant autour d'unpilier, ou d'un centre imaginaire.LIGNES du quarré. Ce font quatre lignes droites, égales , difpofées en quarré , également éloignéesd'un pilier ou de quelque autre centre qui lerepréfente ; & que le cheval en travaillant fuitexaâement, tournant à chacun des coins que ceslignds forment, & partant ainfi d'une ligne à l'autre.LONG-JOINTÉ fe dit du cheval qui a le paturonlong, effilé & pliant. Un cheval long-jointén'eft pas propre à la faiigue , parce qu'il a le paturonfi pliant & fi foible, que le boulet donne prefqueà terre. Cheval droit fur fes jambes eft lecourt-jointé , le contraire du long-jointé. Il y apourtant quelques chevaux long-jointés , qui manientmieux que les court-jointés ; c'eft lorfqu'il sfont nerveux & qu'ils ne plient le boulet que cequ'il faut. Le cheval long-jointé eft fujet aux molettes.Voye? CHEVAUCHER.LONGE. Lanière de cuir ou corde qu'o n attacheà la tètière d'un cheval. Donner dans les longes ,ou cordes, fe dit d'un cheval qui travaille entredeux piliers.LONGUEUR. Paflager un cheval de fa longueur, c'eft le faire aller en rond , de deux piftes ,foie au pas, foit au trot, fur un terrein fi étroit, queles hanches du cheval étant au centre de la volte ,la longueurdu même cheval foità-peu-près le demidiamètrede la volte, & qu'il manie toujours entredeux talons, fans que la croupe échappe , & fansqu'il marche plus vite ou plus lentement à la finqu'au commencement.LOYAL. Cheval loyal eft celui qui étant recherchétie quelque manège , donne librement ce qu'ila , qui emploie fa force pour obéir, & ne fe défendpoint, quoiqu'on le maltraite. Bouche loyaleeft une bouche excellente, une bouche à pleinemain.LUNETTES de cheval. Petites pièces de feutrerelevées en boffe, rondes & concaves , qu'on appliqueiur les yeux d'un cheval vicieux, qui veutmordre, ou qui ne veut point fe laifter ferrer nimçaeer. Il y a des chevaux fi rétifs, fi colères Sç ûM A ifenfibles, que le fecours des lunettes leur eft entièrementinutile ; & il faut prendre garde , à l'égardde ceux à qui les lunettes peuvent être dequelque utilité , à ne pas les fain! manier fur lesvoltes à yeux clos. Ils s'étourdiroient & tomberoientà terre.M.MAIN. Ce mot eft de grand ufage dans le manège,& fignifie d'abord les pieds de devant ; maisce terme , dans ce fens eft peu ufité. Main fe ditaufti de la divifion du cheval en deux parties àl'égard de la main du cavalier. Les parties de lamain en avant font la tête, l'encolure, le train dedevant. Ce cheval eft beau de la main en avant ,c'eft-à dire, ala tête & l'encolure belles. Il eft malfait de la main en arrière , c'eft à-dire, de la croupe,du train de derrière. Main de la bride , c'eft la maingauche du cavalier; main de la lance ou de l'épée ,c'eft la dro ite. On dit qu'un cavalier n'a point demain , quand il ne fe fert de la bride que mal à-propos, ne fait pas d onner les aides de la brideavec jufteffe. Il y a plufieurs autres expreflions quife rapportent à la main de la bride ; parce qu ecette main donne le mouvement à l'embouchure,& fert beaucoup plus à conduire le cheval que nefont les autres aides. Le cavalier doit tenir la mainde la bride, deux ou trois doigts au-deffus du pommeaude la felle. Tenir fon cheval dans la main ,c'eft en être toujours le maître ; c'eft le feu tir dansl'appui de la main , & êt re toujours préparé à éviterles furprifes , les contretemps les , caprices ducheval. Un cheval qui eft bien dans la main , eftcelui qui obéit à la main , qui ne refufe jamais l amain, qui répond à la main du cavalier, qui l aconnoit & y obéit. Rendre la main , ou donner lamain , ou lâcher la main , baiffer la main , c'eft làcher,donner, rendre la bride. Soutenir , ou tenirla main , c'eft tirer la bride. Travailler, ou conduireun cheval de la main à la main , c'eft-à-direle changer de main. Il faut qu'un cavalier s'étudièà mettre fon cheval dans la main & dans les talons.Pour mettre un cheval dans la main, & l'obligerà donner librement dans l'appui, il faut 1 U{faire connoitre la main peu à peu & avec douceurle tourner ou changer de main , e lretenir ,& ménageravec adreffe l'appui de la bouche, enforteque le cavalier remarque que le cheval fouffre librementl'effet d e l'embouchure fans peler à l amain, & fans tirer à la main. On dit, cheval quin'a point d'appui, qui ne veut point donner dansla main, & qui pour s'en défendre bat à la main.Le petit galop fait bien donner les chevaux dansla main. Un bon homme de cheval doit avoir l amain légère , c'efi-à-dire, qu'il faut feulement qu'ilfente fon cheval dans la main pour lui réfifter ,quand il veut s'échapper, & qu'au lieu de s'attacherà la main, il faut qu'il la baiffe dès qu'il a réfiftéau cheval. Si par un défir exceßjf d'aller en


M A Iavant, le chfval donne trop dans la main , il fautrendre la main à temps, c'eli-à-dire à point nommé,& la tenir aufli à temps ; enfone que le cheval netrouve plus le moyen d'appuyer continuellementfur le mors. C'eft par cette facilité ou liberté ducavalier à rendre ou à tenir la main à p ropos & àtemps , qu'on dit qu'il a la main bonne. On dit,votre cheval manie bien ; mais vous vous attacheztrop à la bride. Au lieu de fe tenir à la bride,il faut fe fervir des cuifles, & avoir la main légère ;c'eft ce qui fait manier un cheval avec juiteffe.C'eft une des plus grandes marques d'un bonhomme de cheval , que d'avoir la main légère ,tk de voir manier un cheval avec la bride balançante.On dit qu'un cheval bat à la main , quandil fecoue la tête, ou quand il la bra nle, ou quandil lève le nez. L'appui de la main eft le fentimentréciproque que le cavalier donne au cheval, oule cheval au cavalier, provenant du maniment dela bride. Le bon & le vrai appui de la main eft unfoutien délicat de la bride , enforte que le chevalretenu par la fenfibilité des parties de la bouche ,n'ofe trop appuyer fur l'embouchure , ni battre à lamain pour y réfifter. Po ur donner à un cheval unbon appui & le mettre dans la main , il faut legaloper & le faire reculer fouvent. Le galopétendu eft auflì très propre à le mettre dans lamain. Appui à pleine main , bouche à pleine main ,fe difent d'un cheval qui a l'appui ferme , fanspefer, fans battre à la main. Appui au-delà de lapleine main , bouche plus qu'à pleine main , fe difentd'un cheval qu'on arrête avec force, qui obéitavec peine, mais fans qu'il force la main. Pefer àla main fe dit d'un cheval qui s'abandonne par foibleflede reins ou de jambes, par laflltude, ouautrement. Pefer à la main n'eft pas un auffi granddéfaut que tirer à la main. Un cheval tire à lamain, quand i! réfifte aux effets de la bride , auxaides de la main. On dit auffi faire couvrir les cavalesen main , c'cft à-dire en les tenant par lelicôu ou parla bride. Faire partir un cheval de lamain , ou le lailTsr éc happer de la main , c'èft lepouffer de vîteffe , & un beau partir de main fe ditde la courfe qu'on lui fait faire ou qu'il fait de luimêmefur une ligne droite fsns fe traverfer depuisfon partir jufqu'à fon arrêt. Pour bien faire partirun cheval de la main , il ne faut pai qu'il fe mettefur l'efquiffe , mais il faut qu'il baifle les hanches.On dit auffi qu'un cheval tourne à toutes mains,pour dire qu'il manie & tourne au pas , au trot, augalop. On dit qu'il eft entier à une main , quandil n'a de la difpofition à tourner que d'un côté , àune même main. Changer de main , c'eft tourner& porter la tête d'un chevali d'une main à l'autre ,de droite à gauche, ou de gauche à droite. Il nefaut jamais changer de main , qu'on ne chaffe lecheval en avant en changeant de main , & aprèsqu'on l'a chang-' , on le pouffe droit pour formerun arrêt. Pour laiffer échapper un cheval de lamain, il fam tourner en bas Its ongles du poingM A N ! 2 7de la bride. Pour le changer à droite, il faut lestourner en haut portant la main à droite. Pour lechanger à gauche , il faut les tourner en bas & àgauche ; & pour arrêter le cheval , il faut tournerles ongles en haut & lever la main. Quand on apprendà un cheval à changer de main , que ce foitd'abord au pas , & enfuite au trot & au galop. Effetsde la main fe dit pour aides de la main , pour lesmouvements de la main qui fervent à conduira uncheval. 11 y a quatre effets de la main, ou quatremanières de fe fervi r de la bride ; fçavoir pourchaffer un cheval en avant , pour le tirer en arrière,& pour le changer à droite ou à gauche.Hâter la main fe dit à un écolier qu'on veut obligerà tourner la main plus vite du côté qu'il manie.Sentir un cheval dans la main, c'eft remarquerqu'on tient fa volonté dans la main , qu'il goûte labride, qu'il a un bon appui pour obéir au mors.Hors la main fe difoit autrefois d'un cheval défobéiffantà la main , lourd à la bride , qui n'eft pasdans la main. Forcer main, c'eft être infenfible auxaides de la bride, s'emporter malgré le cavalier.Travailler un cheval de la main à la m ain, c'eftà-dire,le travailler par le feul effet d e la bride ,fans que les autres aides y contribuent, excepté legras des jambes dans le befoin. Mener un chevalen main, c'eft le trotter en main , le promener enmain , c'eft-à-dire , fans qu'il foit monté. Pour connoîtrefiun cheval eft boiteux , il faut le faire trotteren main fur le pavé. On appelle un cheval demain , celui qu'on mène en main , c'eft à-dire , fansmonter deffus, & qui eft réfervé pour monter lemaître , lorfqu'il veut changer de cheval. On appelleun cheval à deux mains, un cheval communqui peut fervir à la felle & àia charrue , ou au carrofle, qui porte & qui traîne. On dit enfin d'uncheval de carroffe , qu'il eft fous la main , quand ileft du côté dont le cocher tient fa verge.MANÈGE. Lieu propre & deftiné à manier & àfaire travailler les chevaux. Il y a un terrein marquépour les voltes autour d'un pilier, une carrièrepour courre la bague, & à côté , des piliers deux àdeux entre lefquels on met les chevaux deftinésaux airs relevés. Quelquefois les manèges fontcouverts , comme dans les grandes académies , afinde travailler à couvert des injures du temps ; 8tquelquefois ils font découverts , pour donner plusde liberté 8i de plaifir aux cavaliers & aux chevaux.MANÈGE fignifie aufil l'exercice du cheval &la façon particulière de le faire travailler. 11 y aplufieurs fortes de manèges. Chaque cheval a fetimanège particulier. Ce cheval n'eft pas encoredreffé à ce manège. Recherchez ce cheval d'un telair, d'un tel manège. Il y a de la jufteffe , de laméthode au manège de ce barbe ,& il travailleradu manège qu'on voudra.MANÈGE par haut. Cefi la façon de faire travaillerles fauteurs, qui s'élevant plus haut que leterre-à-terre, manient à courbettes,à croupades&


jz8a4 a nà ballotades. On appelle autrement ce manège >les airs relevés.MANÈGE de guerre (le) e# le galop inégal ,tantôt plus écouté, tantôt plus étendu, dans lequelle cheval change aifément de main dans toutes lesoccafions où on en a befoin.MANÈGE fe dit aufli en général de l'art d'inftru ire les chevaux à obéir, & les hommes à lesconduire.Abrégé des principes.11 faut qu'un homme qui s'exerce au manège ,foit bel homme de cheval, c'eft-à-dire, qu'il feplace bien fur le cheval, qu'il y foit ferme, qu'ily ait bon air. Il efl écuyer parfait , lorfqua cettequalité il joint celle de bon homme de cheval ,c'efl-à-dire, qu'il a la pratique des chevaux,.qu'il faitles conduire & les dreifer à toutes fortes d'airs &de manèges ; qu'il connoît leur force ; qu'il étudieleurs inclinations , leurs habitudes, leurs perfections& leurs défauts. Par un bon homme de cheval, on entend encore celui qui s'applique à connoîtreà quoi un cheval peut être propre , pourn'entreprendre fur lui que ce qu'il pourra exécuterde bonne grace. Il eft bon de dreffer l'homme plutôtque le cheval, ou du moins de proportionnerl'un à l'autre.On étudiera d'abord le naturel du cheval, quellesfont fes défenfes , comment il fe gouverne dans lafougue. Un des points les plus effentieis pour ledreffer promptement, eft de ne le châtier pointmal-à-propos , fur-tout lorfqu'il n'a befoin que desaides ; la douceur, les carefles, lorfqu'il obéit ouqu'il cherche à obéir , & la patience lorfqu'il réiifle,étant les plus courts & les plus fürs moyensde le bien dreffer. On ne peut l'appeller dreffé ,que lorfqu'il répond parfaitement aux aides de lamain & aux deux talons. Pour le faire parfaitementobéir à ces deux aides , qui font les principales, il faut d'abord donner au cheval les leçonsles plus difficiles. On commence par l'inftruire àtourner pour faire de bonnes voltes , terre-à-terre ,e'eft en quoi confide la plus grande difficulté ; chaquecheval ayant naturellement un air particulier,fans avoir celui de tourner fi on ne l'y inflmit. Onle lui apprend néanmoins très-aifément, fi on lemet à la longe , & qu'on le faffe marcher au pasdeux on trois jours de fuite fans le battre, puis autrot pendant dix ou douze jours ; après quoi ilfait connoître fon inflinâ, fa force & tout ce qu'ilpeut avoir de bon en lui. Il eft effentiel de ne lepoint preffer jufqu'à ce qu'il marche & trotte facilement, & qu'il s'ac coutume à débarraffer parfaitementles jambes. On le pouffe enfuite au galop,où étant alili ré on pourra l'animer davantage pourl'obliger , en fe mettant fur les hanches , à manierfeul, & à faire quelques temps terre-à-terre , cequi fe doit pratiquer plutôt à gauche qu'à droite.Si un cheval eft impatient, malicieux ou colère ,pa (p doynera de garde de le battre, s'il va enm a n .avant. S'il s'arrête , foit en allant en arrière , foiten fe jettant c ontre le pilier , il faudra l'intimideravec la chambrière ; ayant attention pourtant à lecareffer lorfqu'il obéit. Cette alternative le rendrabientôt docile aux leçons du maitre. Il faut vigoureufementemployer la chambrière , à l'égard d'uncheval parefleux & lâche. Ce n'eft que par les careflesqu'il faut accoutumer à prendre un appuijulte & à fe mettre fur les hanches , un cheval quia la bouche mauvaife. On traite de même avecdouceur les chevaux que la pefanteur empêched'obéir à ce qu'on demande d'eux , ou ceux qui ,à la pefanteur , joignent la malice.Après avoir commencé à lui donner fa leçon à lalonge , on l'attache enfuite entre deux autres. L e-cuyer qui fe met derrière , lui apprend avec lemanche de la houffine ou celui de la chambrière ,à fuir les coups & le faire marcher doucement & decôté, de-çà & de-là. Si le cheval refufe d'obéir, onle ramènera autour du pilier, où on racourcit lacorde du caveffon ; on l'y fait marcher doucementdes hanches avec le manche de la houffine ou de lachambrière. Il y connoitra bien plutôt ce qu'on luidemande, qu'au milieu de deux pili rs, où il fetrouve bien plus contraint, & il réfulte de cetteméthode plufieurs avantages confidérables. Un chevalai ufi dreffé n'eft jamais fort en bouche, nirétif, ni entier & opiniâtre à tourner à droite & àgauche.Avant que de faire monter le cheval, il fautqu'il obéiffe fans répugnance aux leçons qu'on luidonne, & lorfqu'on le voit ainfi alTuré, on lemonte avec la felle & la bride. Si on le travailleavec la felle & la bride feulement lans le monter,on aura foin d'abattre les étriers. L'écuyer quimonte un cheval pour commencer à le dreffer oted'abord fes éperons , & l'accoutume , fans fe remuerdu tout & fans lui faire fetirir la bride , àporter fon homme volontairement, tandis que celuiqui tient la chambrière continue a lui donner laleçon. Dès que le cheval a pris cette habitude, ilfaut lui donner un cavalier qui entende un peu lemanège, & qui ait de la pratique à la main & auxtalons ; qui l'accoutume peu-à-peu à fentir la main& à s'y laiffer conduire , qui le faffe, mais avecbeaucoup de diferétion , manier tout feul, tandisque l'animal commencera à pr endre l'appui de lamain. Il s'inftruit toujours bien, quand on commencepar le faire obéir à la main, plutôt qu'auxtalons , qu'on n'emploie que dans la dernière exitrémité : par exemple , lorfqu'on voit le chevalaffûté au pas, au trot ou au galop , & jamais terreà-terre.On oblige le cheval à prendre une cadenceterre-à-terre, lorfqu'aprés fa leçon on l'attache entreles piliers. Ap rès l'avoir fait aller de côté, deçà& de-là , le cavalier defeend , lui frappe doucementla poitrine avec la houffine, & à l'aide dela langue , lui apprend à faire des courbettes.Le cheval eli il colère & ftupide , le cavalleriefrappe de la houffine fur une jambe de derrière,ou


M A N«su fu r toutes les deux, pour le faire mer. Si cemoyen n'opéroit rien , & que le cheval ne voulûtpoint lever le devant, on fera tenir un gros bâtonhaut de terre d'environ un pied & demi, & tenantune des cordes du caveflbn, on obligera le chevalà fauter par deflus ; & à mefure qu'il s'en approchera, le cavalier l'aidera de la langue & de lahouiîine fur l'une & fur l'aut re de fes épaules : c'eAun moyen infaillible d e lui apprendre à faire unebonne courbette; & par une bonne courbette, ilfaut entendre une courbette que le cheval fait librement, à l'aide de la langue feule , toutes les foisqu'il plaît au cavalier de la lui demander; & lorfqu'ilaccompagne bien enfemble le devant & lederrière. On n'oubliera pas fur-tout de careffer lecheval toutes les fois qu'i l obéit & qu'il exécutebien ce qu'on lui demande; rien ne l'encouragemieux à bien faire , & rien ne le rebute plus que lafévériié. Lorfque le cheval fait franchement troisou quatre bonnes courbettes de fuite , on fera allonger, pendant cinq ou fix leçons, les cordes ducaveflon, afin qu'il prenne un bon appui dans lamain. On Le fera marcher de côté , de-ça & de là ,ties hanches feulement; & de pas , en approchanttantôt un talon & tantôt l'autre. On fera la mêmechofe à courbettes , deux ou trois de chaque côté ;& on lui apprendra à manier de côté pour les talons, lorfqinl s'appuie de la main, en l'aidant dela houfline, au cas qu'il ne fe lève pas affez de devant& de derrière. Un bon écuyer, au refte, entretienttoujours un cheval à la cadence qu'il prendlui-même, foit cabrioles, foit baloiades, fait croupades.Le cheval naît t oujours avec un air qui lui eftnaturel & particulier; il faut l'étudier, il faut l'yinftruire , pour dreßer cet animal promptement &parfaitement. Il faut auili fe donner bien de gardede le battre, quand il prend quelque cadence debonne volonté ou par défenfe. Qu'on le faiîe fauter,& qu'on l'y maintienne , fi on obfer ve qu il fe défendedes fauts. Il fe rabaiffera afltz de lui même,quand il n'aura plus affez de force pour continuerles cabrioles, les balotades & les croupades, àcourbettes ou au terre-à-terre. On fe reffouviendraaulii de continuer & de finir entre les deux piliersla leçon qu'on donne au cheval ; c'eft le feul en ­droit où l'on trouve tout ce qui eft néce.Taire pourle bien inflruire, & teures les juftefîesdépendentde-celle de ferme-à-ferme. Attacher un chevalentrîles deux piliers avec les longes d'un filet qu'il auradans la bouche au lieu de bride, l'y fai.c manierfans felle &l'y châtier foi-même, eft un excellentmoyen de lui affermir promptement la t ête, delui faire prendre un bon appui à la main Je labride, de le faire manier fur les hanches, de luigagner l'haleine fur les courbettes.Une des leçons les plus efîentielles &ks plusutiles, à plufieurs égards , qu'on puiffe donner à uncheval irréfolu & peu gii tiré de fa cadence , de fouappui & de fes aides , c'eft de le remettre autourEquiiation, E ferirne & Dan/e.M A Bf ,19du pilier avec une longe attachée au banquet dumors comme unefauffe rêne, & de l'y faire leverdemi-à courbettes & demi-terre-à-terre. Cela fepratique en l'obligeant à lever le devant & à chafferfort en avant. Rien ne contribue mieux à le réfoudre& à le déterminer à bien embraffer la volte ;rien ne le relève & ne l'allège davantage ; rien deplus propre à le rendrefouple &prompt à donner toutce qu'on lui demande. Pincer un cheval délicatement& le fçavoir faite à propos, eft une des principalesaides , & des plus néceffaires à fçavoir à l'homme& au cheval. Sans cette connoiffance , il eft impoffiblequ'un cavalier puifie faire manier fon chevalde bonne grace. Siippofez qu'on ait à accoutumerà l'éperon, un cheval qui y eft extrêmement fenfible; ce n'eft que par degrés qu'on furmonte cettefenfibilité. Voici comment il faut s'y prendre. Onle fait attacher entre les deux piliers, tenant lescordes courtes, après avoir commencé fa leçon autourdu pilier feul, pour l'entretenir feul dans fabonne cadence. Le cavalier ôte les éperons, oulie deux balles à jouer à la paume à leurs molettes.Il oblige , en appuyant du talon ieul, ou avec fesballes, le cheval à aller doucement de côté, de-çà& de-là.Quand le cheval a pris l'habitude d'aller de côtéau pas, il faut le tenir droit en une place, & approcher,de fois à autres, les deux talons enfemble, afin qu'il les fente en même-temps ; & quandil eft accoutumé à les fentir de cette manière fansmanier, on commence à lui donner fa leçon entreles deux piliers, de crainte qu'il ne rompe fa cadence, en faifant quelque défordre. 11 faudra alorslui approcher doucement à tous les temps, les deuxtalons, ou feuls , ou armés de balles. Lorfque lecheval fouffrira l'une & l'autre maniere, on prendrades éperons qui ne piqueront point; & enfuite,en continuant les mêmes leçons qu'on lui auradonnées, on reprendra les éperons ordinaires,qu'on lui appuiera doucement ou fort, s'il en eftbefoin.Il n'eft point de cheval, quelque impatient qu'ilfoit, qui ne s'habitue enfuite à fouffrir les aides dutalon au contentement du cavalier. Le cheval eft-ilréduit à ce point, on commence toujours à luidonner fa leçon autour du pilier & furies voltes.On l'attache enfuite entre les deux piliers, en obfervantde tenir les cordes un peu plus longues.Enfin, on commence à le faire aller doucement decôté, au pas, de-çà & de-là, & à reprendre fa cadenceau fecours des deux talons , fans s'arrêter.Le cheval qui ne fait pas manier de cote , n'eft quepar hafard capable de faire de bonnes voltes. Lorfqu'ilvient à s'élargir, quoique bien inftruit à fairetes voltes, l'éperon le refferre ; & lorfqu'en maniantpat le droit, il lui arrive de fe jetter d'uncôté ou d'autre, l'un ou l'autre des éperons l'oblisd'aller droit. Lorfqu'un cheval manie à courbsîresde la même pile, celui qui le monte doitl'aider des deux talons, pour lui faire porter fes


130 MANépaules e n avant, & appuyer un peu plus fermecelui du côté duquel il le chaffc, afin qu'il y obeifle.Suppofé qu'on ait à dreßer un cheval, qui, quoiquevigoureux 6c malgré la b onté de fes pieds &de fes jambes, eft , faute de courage , très-lourd &irès-infenfible , voici la méthode qu'il faut fuivrepour le réveiller. On le laifle pendant 536 femainesdans une écurie très-fombre, où on lui donne àmanger tant qu'il veut, fans l'en faire fortir. Si cettemanière de le gouverner ne le rend pas propre àl'exercice , en le mettra autour du pilier, où on leréveillera avec la chambrière , de la houfilne & dela voix , afin que par ce moyen il parte plus librementpour les talons. Si cette méthode eft fans fuccès,il eft inutile de vouloir dreßer un pareil chevalau manège, il n'y réulBra jamais. Le cheval eftilforti des piliers, on lui apprend à fe laifîer conduirede plein gré par la bride , & à s'arrêter droitoù l'on veut. L'arrêt doit fe faire toujours à troisou quatre temps feulement.Si le cavalier trouve de la difficulté dans cetteconduite ,11 fe fervira des deux rênes, qu'il tiendrafé parées dans les deux mains , comme on fe fertdes longes du caveffbn. L'ufage d'une fequillecontribue beaucoup à empêcher le cheval de branlerla tête ; de même que celui d'une corde, großecomme la moitié du petit doig t, niife autour de lamuferole , paflee dans la felle, le long du fiêge ,arrêtée enfuite au pommeau & ajuftée, à la longueurqu'on fouhaite que le cheval obéilTe , on luiapprend à faire de bonnes paffades terre-à-terre.Des paiïades relevées à courbettes font tout ce quele cheval parfait peut faire de mieux, c'eft tout cequ'il y a de plus excellent dans l'art de monterà cheval, c'eft par où on achève ordinairementun cheval. On mefure ordinairement la longueur& la largeur des paffades à la force , à lagentilLeffe & à l'inclination du cheval. La véritableproportion eft que la palfade n'e xcède pas cinq oufix fois la longueur de cet animal. La demi-volteaura deux pieds de largeur ou environ, fera ovale,& faite au troifiême temps de l'arrêt. Après l'avoirfermée à droite , de la main & du talon , on faitrepartir le cheval de toute fa force, & on la fermeà gauche , en arrêtant au troifiême temps. Le cavalierobfervera de ne point obliger l e cheval à enfaire plus qu'il ne peut, afin qu'il les fafle toutes debonne grace. Cinq ou fix paffades fuffifent dans unecarrière. Les paffades relevées, lorfqu'elles fontbonnes & bien foutenues, couronnent les plusgrandes jufte ffes d'un cheval. La manière de fairepartir de bonne grace un cheval de la main , n'eftpas moins effent ielle. Pour y réiiflir , il faut, dansla première leçon, lâcher de trois doigts ia mainqui tient la bride ; preffer les talons en l'état où onfe trouve , fans aller chercher fon temps plus loin ,& accoutumer le cheval à partir de cette manière ,en fe don nant fur-tout bien d e garde d'ouvrir lesjambes & le bras droit. Quant au nombre des couribettes, il en faut neuf dans un arrêt, trois en ar-M A Nrêtant; trois dans la demi-volte en tournant, 82trois avant que de partir. Le paffage fait felon lesproportions & les diftances nêcef faires eft le feulmoyen d'ajufler les chevaux à toute forte d'airs. Cepaffage fe fait, lorfque le cheval en tournant ouen marchant de côté , croife les jam bes, un peumoins celles de derrière q ue celles de devant ; 5cpour faire le paffage des voltes bien proportionné eil faut que les jambes de devant faffent un cercleà-peu-près de la longueur du cheval, & celles dederrière un autre plus petit des deux tiers. Ce n'etlau refte que fagement & avec diferétion , qu'il fautufer de ce paffage ; c'eft ce qu'il y a de plus difficileà apprendre dans le manège.Le cheval eft-il parvenu jufqu'à manier parfaitementautour du pilier & à obéir au paffag e , à lamain & aux talons, le cavalier le mènera de paspar le droit, c'eft-à-dire, le long d'une haie oud'une muraille -, il lui fera faire après cela trois ouquatre courbettes, puis marcher trois ou quatrepas, continuant ainfi de le travailler en levant 8cen marchant de temps à autre , jufqu'à ce qu'il fachele faire de fuite, & qu'il manie parle droit defon plein gré. On le promène enfuite rondemenefur les voltes du même paffage, jufqu'à ce qu'il ymarche fans s'embarraffer les jambes, ni fe les choqueren aucune manière. S'il fe préfente de l'airqui lui eft naturel, dans la jufteffe de fa pifte ;le cavalier faifira ce moment, & l'aidera tout doucementpour l'obligera faire un quart de volte. S'ilne fe préfente pas de lui-même comme on le fouhaite, le cavalier l'y engagera par le moyen desaides de la langue , de la houffinefur le devant, 8cdes talons , qu'il appuiera m ême vigoureufementencas que le cheval refufe de fe préfenter, jufqu'àce qu'il foit toujours prêt à exécuter ce qu'on luidemande.Quant aux chevaux qui fe pre (entent à fairequelques courbettes par le droit, mais qui répugnentà tourner & à plier en maniant fur les voltes, on partage la volte en quatre, Se on les arrêtefur quatre parties , droit & puffe. Chaque fois quele cavalier les arrête, il les lève en une place quatrecourbettes feulement fans fon tourner, il continuetournant de pas, arrêtant Se levant quatr ecourbettes e n une place ; & dès que le cheval eftparfaitement inftruit de cette leçon, au lieu défaireles quatre courbettes en une place , le cavaliertourne doucement la main, 8c en l'aidant à propos,l'obftge infenfiblement à faire les quatre courbettesen tournant. D'autres lui apprennent d'abord àtourner fur une volte juftement quarrêe, 8c enfuitefur un quarré long . la méthode revient au même.Pour achever d'ajufter un cheval , on le promènerade pas fur les demi-voh es, commençant parune, deux ou trois, ou davantage de demi-volte ,d'ime haleine , felon qu'on le jugera aff uré Se inftruit.Car il faut prendre pour maxime générale dene jamais ennuyer, rebuter , trop fatiguer un chevalen lui donnant fes leçons. Si on le met au reftef


m a nfur les demi-voltes, plutôt que fur une autre leçon, fance, & de fuir les talons avant que de le chercherde plus près. On le fait lever haut à la fin dec'eft qu'il eft bien plus facile au cheval de faire unedemi-volte feule qu'une volte entière. Outre que la leçon, & on l'oblige à plier les jambes autantcette méthode lui gagne plus aifément l'haleine que qu'il eft poffible. Qu'on évite for-to ut, s'il arrivafur les voltes ; car s il fait bien une demi-volte , il alors qu'un cheval fe défende de l'efquine, de lutlera (ans doute capable d'en bien faire une entière , demander quelque chofe mal-à-propos. Il fuffit qu'ilqu'il redoublera autant de fois que fa force & fon n'aille pas en arrière , fi ce n'eft: que le cavalier lehaleine le lui permettront. Ce n'efl pas allez qu'un veuille bien. Du refte, s'opiniâtrer à vouloir l'empêcheralors de faire ce qu'il voudroit, feroit s'ycheval manie bien fur les voltes, il faut encore luiapprendre à manier fur le côté. On y parviendra prendre très-mal.ailément en le faifant promener de pas, de côté, Le cheval délibéré à fe lever haut du devant &de la main & du talon. Lorfqu'il obéit de pas , on à bien plier le s jambes, commence fa leçon parle lève deux ou trois courbettes à-la-fois, & on le terre à-terre. On le fait enfuite attacher entrecontinue ainfi de pas & à courbettes. Après cette les deux piliers, & on obferve que les cordesleçon ,& l'avoir promené de côté , deçà & de-là , du caveffon foient un peu courtes, pour lui apprendreà lever le, derrière & à ruer des deux à-on le chafle'en avant. Pour l'achever & lui donnerenfin les plus grandes juftefles, il faut lui apprendre la-fois. On le frappe enfin fur la croupe pour l'obligerà ruer. S'il obéit, on le careffe. S'il ne répondà aller & à manier en arrière. Rien de meilleur aurefte, pour le perfeflionner entièrement, que les que mollement à ce qu'on lui demande, on luivoltes bien rondes ; mais elles doivent être larges , préfente un bacon qui a environ cinq ou fix piedsmoyennes & étroites, autant qu'il plaît au cavalier.pomme fert de molette d'éperon ; on l'en touche,de long & une petite pomme de fer au bout. CetteOn remarquera encore , qu'il faudra pour conduireun cheval rondement fur les voltes, qu'il prendre au cheval à ruer facilement. Il faut, aus'il en eft befoin. Ce moyen eft infaillible pour ap­fouffre la main , qu'il y obéiffe , que fon appui foit refte, que ce foit également des deux pieds, que febon & jufte , fans branler la tête pour quoi que ce faffe cette ruade , & on l'y déterminera en lui mettantun bâton de chaque côté, jufqu'à ce qu'il lefoit ; qu'il aille en avant pour les talons, & qu'ils'arrête toutes les fois qu'il plaît au cavalier ; qu'il connoiffe. S'il faifoit le pareffeux, on l'obligeroitobéiiïe aux talons de çà & de là, & qu'il prenne à ruer par le moyen d'une efpèce d'aiguillon qu'onune cadence jufte & égale ; qu'il fouffre enfin les appelle pamçon. Celui qui le monte , lève devantaides & les châtiments de la main & des talons dans le temps que le cheval retombe à terre; on prélenteen même temps les bâtons au cheval, qui, neQuant à l'ufage des lunettes, il eft fouvent inutileà l'égard des chevaux trop rétifs , trop impatients, manquant pas de répondre à cette aide, fait d'abordtrop colères , & qui n'ont pas de mémoire. Pour une bonne cabriole, la redouble chaque fois qu'enen tirer quelqu'avantage , l'écuyer yui veut s'en levant on lui préfente les bâtons ; & il la fera enfinpar le feul moyen de la gaule. D'abord le ca­fervir pour ajufter fon cheval, prendra garde dene les lui point donner, lorfqu'il maniera fur les valier n'en exige qu'une, il gagnera enfuite furvoltes. Il prendra le cheval à pied & d'une main, l'haleine du cheval d'en faire davantage , & il continueraà le travailler de cette forte, à plufieurs re-par une des rênes près de la branche du mors,pour le tirer en avant. Il fera reculer le cheval, le prifes, & fur-tout fans le forcer.pouffant fur la main droite , & le tirant fur la gaucheen changeant de main. En paffant enfin de à fe lever devant à l'aide de la langue & de la bouf­Quand le cheval eft affuré entre les deux piliersl'autre côté du cheval, & le pouffant fur la main fi ne , on lui donne quelques leçons pour le biengauche , ile tirera fur la droite en le frappant doucementan ventre du manche de la houffme, pour fauts égaux dans la main , fur fa foi & fans s'aban­mettre dans la main, & pour lui faire faire feskii faire faire la croupe de l'autre côté, & par ce donner fur les cordes du cavelîbn. Si on remarquemoyen il lui apprendra touts les mouvements de que le cheval répugne dans le temps qu'il eft enla main qui tient la bride. Touts les airs dont on liberté & fur fa foi, à o béir à la main , au talon ,fe fervo it autrefois font maintenant réduits à cinq, aux aides de la langue & du poinçon ; on ne doitau terre à-terre , aux courbettes , aux cabrioles, au pas & au faut. Pour inftruire un cheval à niâtreté. Cette difficulté étant furmontée , on metpoint aller plus avant, qu'on n'ait vaincu cette opi­l'air des cabrioles , on commence par le mettre au le cheval autour du pilier où on commence fa leçonde pas. Se préfente-t-il lui-même de fon air, onpilier, fans qu'il y ait perfonne deffus. On tâchetie l'y rendre obéiffant au pas , au trop, & à fouffrir prend ce temps pour tirer de lui deux ou trois fauts,la main au galop , à s'y laiffer conduire , & à fuir s'il ne s'y préfente point, on continue terre à-terrela gauche de çà & de-là, après avoir été attaché avant que de le lever. C'eft en levant & en marchantainfi de pas , à plufieurs reprifes, qu'il feraentre les deux piliers. Lorfqu on peut lui mettrefans danger un homme deffus, on fait faire au chevalle même manège. On tâche de le délibérer au entières. 1bientôt réduit à fournir une ou plufieurs voltesterre-à-terre, de le faire aller en avant par obéif-Auffvtôt que le cheval cft affuré fur les voltesRi,m a n 151


jjiMANautour du pilier, on l'attache entre les deux pilietsi& après que celui qui eft deffus l'a fait aller de pas,de côté , de-çà & de-là , à l'aide des de ux talons,il faut qu'il le lève de l'air des courbettes , il s' lesfait faire & qu'il lui apprenne^d'aller de côté à courbettes.On en exceptera les chevaux inßruits auxcabrioles, & qui manient à courbettes , lorfqu'onl'exige d'eux, & qu'on fe gardera bien d'aider de lalangue, d'autant que cette aide n'eft propre quepour les cabrioles, & que pour les voltes on n'arefoin que de la houfline , dont on les frappe furle cou ou fur l'épaule. Pour achever d'inftruire uncheval à faire des cabrioles en perfeólion , le cavalierpeut lui apprendre les voltes ,en le promenantde pas, affez large, & fans le ferrer des hanches«]iii, à l'air des cabrioles , doivent être dehors &fujettes , parce qu'il fuffit qu'il y en ait une. 11 fefervira auffi de la main pour mener le cheval rondementdes épaules & des hanches ; & après l'avoirpromené , tant à droite qu'à gauche, fi le chevalfe préfente , il prendra ce temps & l'aidera , fecontentant d'une feule demi-volte, s'il a fait bien.En continuant quelque temps cette leçon , le chevalfera franchement des voltes en peu de jours.Qui voudroit le faire alors aller en arrière, agiroitmal ; parce que cela n'eft pas propre à l'air descabrioles ; il ne s'agit que de l'entretenir dans cetteleçon.L'air, un pas & un faut eft différent des trois autrès dont on a parlé , quoique compofé de touts lestrois , qu'il faut que le cheval exécute quand ilmanie; de forte, que le cheval qui manie à unpas & un faut, manie en même temps terre-à-terre,à courbettes & à cabrioles. Pour le faire parvenirà ce degré de perfeélion , il faut que le cavalier lâchela main , afin que le cheval faffe le pas avecun peu de colère , comme s'il manioit terre-à-terre ;il la retire promptement comme quand le chevalmanie à courbettes ; il le foutient enfuite pour luifaire faire la cabriole fort haute. Si le cheval étoitpareffeux , il lui prefleroit les deux talons au ventrepour le faire avancer en lui lâchant un peu la bride >les appuieroir enfuite plus fortement pour l'obligerà fauter, tireroit & foutiendroit la main de la bride,jufuu'à ce qu'il fçût manier parfaitement, & qu'ilfût a (Turc de fa cadence. Il diminueroit alors fesaides pour relier jufle fur la felle & en belle poftiire.On mettra le cheval autour du pilier; quandil y aura marché de pas, on le lève à courbettes;enfuite, en marchant de pas , on lui demande unfailt par intervalle : de certe manière , s'il s'acconlumeà fe lever en marchant de pas, on lui demandenn faut par intervalle : de cette manière,ii s'accoutume à fe lever en marchant, & à répondreau faut, quand on le fouhaite. Le cavalier fefera fu ivre, & donnera un peu plus de fougue aucheval après le faut ; puis il en tirera ux de ou troislumps. Si l'animal répond imparfaitement à ces aides,s'il réfifte à prendre cette cadence , on l'attatliera entre les deux piliers, ou la tête contre lem a nmur; on l'y lèvera à courbettes; 8c fi-tôt qu'il yaura obéi, on lui fera faire un faut en lui montrantle bâton & le foutenant de la main & des talons. Ilfe portera en avant parce qu'il y eft attaché, 8ccontinuant à fe dreffer de la forte, il aura bientôtpris cette cadence. Auffi-tôt qu'il y fera affuré , 8cqu'il ira librement dans la main & pour l'aide destalons, il fe laiffera facile ment conduire par ledroit & fur les voltes , étant déjà dreffé aux cabrioles.La méthode eft la même, fi on veut commencerun cheval de l'air d'un pas & un faut, avantque de le commencer de l'air des cabrioles. La différencene confifteroit en ce cas qu'à lui donnerla cadence d'un pas & un faut.TRAVAIL DU MANÈGE.V. Pofition , Trot, Rèncs , Dcfcendre, Galop lAirs , 6v.DI L'EPAULE EN DE DANS. (LAGUERINIERE),;Nous avons dit ci-devant, que le trot eft le fondementde la première foupleffe & de la premièreobéiffance qu'on doit donner aux chevaux ; & ceprincipe eft généralement reçu de touts les habilesécuyers ; mais ce même trot, foit fur une lignedroite, foit fur des cercles, ne donne à l'épaule Seà la jambe du cheval, qu'un mouvement en avant ,lorfqu'il marche fur la ligne droite ; & un peu circulairede la jambe & de l'épaule de dehors , lorfqu'ilva fur le cercle : mais il ne donne pas une démarcheaffez croifée d'une jambe par deffus l'autre,qui eft l'aäion que doit faire un cheval dreffé,connoiffant les talons, c'eft-à-dire, qui va librementde côté aux deux mains.Pour bien concevoir ceci, il faut faire attentiorîque les épaules & les jambes d un cheval ont quatremouvements. Le premier, eft celui de 1 épaule enavant, quand il marche droit devant lui. Le deuxièmemouvement, eft celui de l'épaule en arrière,quand il recule. Le troifième mouvement, c'elllonqu'il lève la jambe & l'épaule dans une placefans avancer ni reculer, qui eft l'aäion du piafferlEt le quatrième, eft le mouvement circulaire 8ccroifé que doivent faire l'épaule & la jambe ducheval, lorfqu'il tourne étroit, ou qu'il va de côté.Les trois premiers mouvements s'acquièrent facilementpar le trot, l'arrêt & le reculer ; mais ledernier mouvement eft le plus difficile, parce quedans cette aâion , le cheval étant obligé de erpifer& de chevaler la jambe de dehors par-deffus cellede dedans, fi d ans ce mouvement le paffage dela jambe n'eft pas avancé ni circulaire , le chevals'attrappe la jambe qui poie à terre , & fur Jequelleil s'appuie, & la douleur du coup peur lui donnerune atteinte, ou du moins lui faire faire une fauffepofition : ce qui arrive fouvenr aux chevaux quine font pas affez fouples des épaules. La difficultéde trouver des règles certaines, pour donner àl'épaule & à la jambe la facilité de ce mouvementcirculaire d'une jambe par deffus l'autre, a toujours


M A NCihbarfaffé les écuyers, parce que fans cette perfeétion, im chevaine pent tourner facilement, nifuir les talons de bonne grace.Afin de bien approfondir la leçon de l'épaule endedans , qui eft la plus diffi cile & la plus utile detoutes celles qu'on doit employer, pour afîouplirles chevaux ; il faut examiner ce qu'ont dit M. dela Broue & M. le duc de Newcaftle , an fu jet ducercle, qui, felon le dernier, eitle feul moyend'aflbuplir parfaitement les épaules d'un cheval.« M. de la Broue dit que toutes les humeurs &« complexions des chevaux ne font pas propres à3< cette fujétion extraordinaire , de toujours tournner fur des cercles p our les aflbuplir ; & leurs» forces n'étant pas capables de fournir tant dei> tours tout d'une haleine, ils fe rebutent & fe roi-» diffent de plus en plus , au lieu de s'alîbuplir.M. le duc de Newcatile s'explique ainfi :« La tête dedans , la croupe dehors fur u n cer-» cle, met d'ahord un cheval fur le devant , ilV prend de l'appui & s'aflbuplit extrêmement les» épaules, &F-Trotter & galoper la tète dedans , la croupe delihors , fait aller tout le devant vers le centre; &« le derrière s'en éloigne, étant plus preffé des» épaules que de la croupe.«Tout ce qui chemine fur un grand cercle tra-* vaille davantage , parce qu'il fait plus de chemin,t» que tout ce qui chemine fur un plus petit ceri>eie , ayant plus de mouvemens à faire, & il« faut que les jambes foient plus en liberté ; lesi> autres font plus contraintes & fujettes dans le» petit cercle, parce qu'elles portent tout le corps,„ & celles qui font le plus grand cercle, font pluslì longtemps en 1 air qu'elles.37 L'épaule ne peut s'allduplir, fi la jambe de der-» ri ère de dedans n'eft avancée & approchée , en„ travail!an: , de la jambe de derrière de dehors ».On voit par le propre raifonnement de ces deuxgrands hommes , que l'un & Vautre ont admis lecercle; mais M. de la Broue ne s'en fert pas toujours,& il préfère fouvent le quarré.Pour M. le duc de Newcaftle, dont le cercle eftla leçon favorite , il convient lui-même des inconvénientsqui s'y trouvent, quand il dit, que dansle cercle la tête dedans, la croupe dehors , les partiesde devant font plus fujettes & plus contraintesque celles de derrière, dt que cette leçon met uncheval fur le devant.Cet aveu que l'expérience confirme , prouveévidemment que le cercle n'eft pas le vrai moyend'aiîbuplir parfaitement les épaules ; puifqu'unechoie contrainte & appefantie par fon propre poidsne peut être légère : mais une grande vérité , quecet illufire auteur admet c'eftque l'épaule ne peuts'aflbuplir, fi la jambe de derrière de dedans n'eftavancée & approchée en marchant de la jambe dederrière de dehors : & c'eft cette jndicieufe remarquequi m'a fait cherçhçr & trouver la leçon deM A N 1 3 3l'épaule en dedans dont nous allons donner l'explication.Lors donc qu'un cheval faura trotter libremen taux deux mains fur le cercle & fur la ligne droite ,qu'il faura fur les mêmes lignes , marcher un pastranquille & égal ;& qu'on T'aura accoutumé à formerdes arrêts & demi-arrêts , & à porter la tête endedans ; il faudra alors le mener au petit pas le nt& peu raccourci le long delà muraille, & le placerde manière que les hanches décrivent une ligne ,& les épaules une autre. La ligne des hanches doitêtre près de la muraille, & celle des épaules , détachée& éloignée du mur environ un pied &demi ou deux, en le tenant plié à la main où il va.C'elt-à-dire , pour m'expliquer plus familièrement,qu'au lieu de tenir un cheval tout-à-fait droitd'épaules & de hanches fur la ligne droite le longdu mur , il faut lui tourner la tête & les épaules unpeu en dedans vers le centre du manège, commeli eSeólivement on vouloit le tourner tout-à-fait,& lorlqu'il eft dans cette pofture oblique & circulaire, il faut le faire marcher en avant le long dumur , en l'aidant de h rêne & de la jambe de dedans:ce qu'il ne peut abfolument faire dans cetteattitude , fans croifer ni chevaler la jambe de devantde dedans par-deffus celle de dehors, & dememe la jambe de derrière de dedans par-deffuscelle de derrière de dehors , comme il eft aifé de levoir dans la figure de l'épaule en dedans , qui eftau commencement de ce chapitre, & dans le plande terre de la même leçon , qui rendront la choieencore plus fenfible.Cette leçon produit tant de bons effets à-la-fois,que je la regarde comme la première & la dernièrede toutes celles qu'on peut donner att cheval, pour lui faire prendre une entière foupleffe ,& une parfaite liberté dans toutes fes parties. Celaeft fi vrai, qu'un cheval qui aura été affoiipli fuivantce principe, & gâté après ou à l'école, ou parquelqu ignorant, fi un homme de cheval le reihetpendant quelques jours à cette leço n, il le trouveraa Ulli fouple & auffi aifé qu'auparavant.Premièrement, cette leçon affouplit les épaules ,parce que l'a jambe de devant de dedans, croifant& chevalarit à chaque pas que le cheval fait dan scette attitude, en avant par-deffus celle de dehors ,& le pied de dedans allant fe pofer au-deffus dupied de dehors, & fur la ligne de ce même pied,le mouvement auquel l'épaule eft obligée da nsceite aétion, fait agir néceffairement les refforts decette partie, ce qui eft facile- à concevoir.2 0 . L'épaule en dedans prépare tin cheval à femettre fur les hanches, parce qu'à chaque pas qu'ilfait dans cette poftute, il porte en avant fous leventre , la jambe de derrière de dedans , & va laplacer au-deffus de celle de derrière de dehors ,ce qu'il ne peut faire fans baiffer la hanche ; il eftdonc toujours fur une hanche à une main, & toujoursfur l'autre hanche à l'autre main , & par conféquentil apprend à plier les jarrets fous lui ; e'eft


134" MANce qu'on appelle être fur les hanches.'3°. Cette même leçon difpofe un cheval à fuirles talons, parce qua chaque mouvement , étantobligé de croifer & de paffer les jambes l'une pardcflusl'autre, tant celles de devant que celles dederrière , il acquiert, par-là , la facilité de bienchevaler les bras & les jambes aux deux mains ,ce qu'il faut qu'il faffe , pour aller librement decôté. Enforte que lorfqu'on mène un cheval l'épauleen dedans à main droite, on le prépare àfuir les talons à main gauche, parce que c'eft l'épauledroite qui s'affouplit dans cette poflure : &lorfqu'on lui met l'épaule en dedans à main gauche,c'efl l'épaule gauche qui s'affouplit, & qui leprépare à bien palfer la jambe gauche pour allerfacilement de côté à main droite.Pour changer de main dans la leçon de l'épauleen dedans: par exemple, de droite à gauche, ilfaut conferver le pli de la tête & du col; & enquittant le mur , faire marcher le cheval droit d'é 1 -paules & de hanches fur une ligne oblique, juf-«]u'à ce qu'il foit arrivé dans cette pofture fur laligne de l'autre muraille ;& là , il faudra lui placerla tête gauche & les épaules en dedans, & détachéesde la ligne de la muraille, en l'élargiffant & luifaifant croifer les jambes de dedans à cette mainm a n' mains à la leçon de l'épaule en dedans, on lui ap;prendra à bien prendre les coins, ce qui eft leplus difficile de cette leçon. Pour cela il faudra àchaque coin, c'efl à dire au bout de chaque lignedroite , faire entrer les épaules dans le coin , lui.confervant la tête placée en dedans ; & dans letemps qu'on tourne les épaules fur l'autre ligne ,il faut faire paffer les hanches à leur tour dans lecoin par où les épaules ont paffé. C'eft avec larêne de dedans & la jambe de dedans qu'on portele cheval en avant dans les coins ; mais dans letemps qu'on tourne fur l'autre ligne , il faut quece foit avec la rêne de dehors , en portant la mainen dedans , & prendre le temps qu'il ait la jambede dedans en l'air & prête à retomber, afin qu'entournant la main dans ce temps-là , l'épaule dedehors puiffe paffer par-deffus celle de dedans; 8ccomme l'aide de tourner ed une efpèce de demi,arrêt, il faut en tournant la main, le chaffer uqpeu en avant avec le gras des jambes. Si le chevalrefufe de paffer la croupe dans les coins, en fetenant large de derrière, & en fe cramponnant fuilajambe de dedans, ( défenfe la plus ordinaire deschevaux, ) il faudra le pincer du talon de dedansen même temps qu'on tournera les épaules furl'autre ligne. Voilà, felon moi, ce qu'on appelleprendre les coins, & non pas comme font la plupartdes cavaliers , qui fe contentent de faire entrer latête & les épaules dans le coin, & négligent d'ypaffer la croupe ; de manière q ue le cheval tournetout d'une pièce , an lieu qu'en y faifant paffer leshanches après les épaules, le cheval dans ce paffaged'épaules & de hanches s'aflbuplit no n-feulementces deux parties, mais encore les côtes , dontla fouplefle augmente beaucoup l'agilité des r éf.forts du reffe de fon corps.Sion examine laffruaure & la méchanique ducheval, on fera aifément perfuadé de l'utilité d el'épaule en dedans , &on conviendra que les raifonsque j'apporte , pour autorifer ce principe ,font tirées de la nature même, qui ne fe démentjamais, quand on ne la contraint pas au-delà defes forces. Et en même temps, fi on fait attenti onà l'aäion des jambes du cheval, qui va fur uu cer­par-deffus celle de dehors , le long du mur, & dela même manière que nous venons de l'expliquerpour la droite.Comme le cheval manquera dans l'exécution despremières leçons de l'épaule en dedans , foit enmettant la croupe trop en dedans, foit au contraireen tournant trop les épaules en dedans & en quittantla ligne de la muraille -, pour éviter la fujétionde paffer & de croifer fes jambes dans unepofture qui lui tient touts les mufcles dans unecontinuelle contraélion , ce qui le gêne quand iln'y eft pas accoutumé, le cercle alors doit fervirde remède à ces défenfes. On le mènera donc aupetit pas fur un cercle large, & on lui dérobera detemps en temps des pas croifés des jambes de dedanspar-deffus celles de dehors ; enforte qu'enélargiffant le cercle de plus en plus, infcnfiblementon arrivera fur la ligne de la muraille, &le chevalfe trouvera dans la poflure de l'épaule en dedans ; cle la tête dedans la croupe dehors, il fera ai fé de& dans cette attitude , on lui fera faire quelques pas concevoir que ce font les hanches qui acquièrenten avant le long du mur ; enfuite on l'arrêtera, onlui pliera le col & la tête , en faifant jouer le morsdans la bouche avec la rêne de dedans ; on le flat­cette fouplefle , qu'on prétend donner aux épaulespar le moyen dn cercle , puifqu'il eft certain quela partie qui fait un plus grand mouvement, eftcelle qui s'affouplit le plus. J'admets donc le cerclepour donner aux chevaux la première fouplefle,& auiîi pour châtier & corriger ceux qui fe défendentpar malice, en mettant la croupe dedans mal­tera , & on le renverra.S'il arrive qu'un cheval fe retienne & qu'il fedéfende par malice , ne voulant point fe rendre àla fujétion de cette leçon , il faudra la quitter pourquelque temps, & revenir au premier,principe gré le cavalier ; mais je regarde enfuite l'épaule endu trot étendu & hardi, tant par ligne droite que dedans comme une leçon indifpenfable pour acheverd'affouplir les ép aules, & leur donner la faci­fur des cercles ; & lorfqu'il obéira , on le remettraau pas l'épaule en dedans fur la ligne de la muraille; & s'il va bien quelque pas, il faut l'arrêter, l'autre, qui eft une perfetiion que doivent avoirlité de paffer librement les jambes l'une par deffusle flatter & le defeendre.touts les chevaux qu'on appelle bien mis & bienLorfque le cheval commencera à. obéir aux deux dreffés.


M A NDe la Croupe au muriCeux qui mettent la tête d'un cheval vis-à-visdu mur, pour lui apprendre à aller de côté , tombentdans une erreur dont il eft facile de faire voirl'abus. Cette méthode le fait plutôt aller par routineque pour la m ain & les jambes ;& lorfqu'onl'ôte de la muraille, & qu'on veut le ranger decôté dans le milieu du manège, n'ayant plus alorsd'objet qui lui fixe la vue , il n'obéit qu'imparfaitementà la main & aux jambes, qui font les feulsguides dont on doive fe fervir pour conduire uncheval dans toutes fes allures. Un autre défordrequi naît de cette leçon, c'eft qu'au lieu de pafferJa jambe de dehors par-deffus celle de dedans , fouventil la pafle par-deffbus , dans la crainte de s'attrappevavec le fer la jambe qui eft à terre , ou defe heurter le genou contre le mur, dans le tempsqu'il leve la jambe & qu'il la porte en avant pourla paffer par-deffus l'autre.M- de la ßroue eft de ce fentiment, quand ilconfcilie de iie fe fervir de la muraille, pour fairefuir les talons aux chevaux, que pour ceux qui pèfentou qui tirent à la main : & bien loin de leurplacer ia tête fi près du mur , il dit qu'il faut tenirle cheval deux pas en deçà de la muraille, ce quifait environ cinq pieds de diflance de. la tête ducheval au mur.Je ne vois donc pas pourquoi tant de cavalierspour faire connoître les talons à un cheval , luimettent la tête au mur, en le forçant d'aller de côtéavec la jambe , l'éperon , & même la chambrière ,qu'ils font tenir par un homme à pied. Il eft bienplus fenfé, felon moi, pour éviter cet embarras &les défordres qui peuvent en arriver, de lui mettrela croupe au mur. Cette leçon eft tirée de l'épauleen dedans.Nous avons dit dans le chapitre précédent, qu'enM A N 1 3 5la jambe gauche, pour lui dérober quelque tempsde côté fur le talon droit , & s'il obéit deux outrois pas, l'arrêter & le flatter, pour lui faire connoîtreque c'eft là ce qu'on lui demande.Comme la nouveauté de cette leçon embarraffeun cheval les premiers jours qu'on la lui fait pr a­tiquer , il faut, dans les commencements, le menerles rênes féparées &. t rés-doucement , afin depouvoir mieux retenir les épaules j & ne pointchercher à le plier, mais lui donner feulement une(impie détermination pour aller de côté, fansobferver de jufteffe. Si-tôt qu'il fuira la jambedeux ou trois pas fans héfiter, il faudra l'arrêter unpeu de temps, le flatter, & reprendre enfuite decôté, en continuant toujours de l'arrêter & de leflatter, pour le peu qu'il obéi ffe, jufqu'à ce qu'enfinil foit arrivé dans cette pollure au bout de la ligne ;le long du mur, & à l'autre coin du manège.Apres l'avoir laiffe repofer quelque temps dans laplace où il a fini, on revient enfuite à gauche furla même ligne, en fe fervant de la jambe droitepour le faire aller de côté , & obferver la mêmeattention qui efl d e le flatter dès qu'il aura obéitrois ou quatre pas de bonne volonté, & continuerainfi jufqu'à ce qu'il foit arrivé au coin d'où l'on eftparti d'abord.Si le cheval refufe abfolument de fuir les talonsà l'une des deux mains , c'eft une preuve qu'il n'apas été affez affoupli à l'autre main. Et alors il faut,le mettre l'épaule en dedans ; c'eft-à-dire, que fi lecheval refufe, par exemple, de fuir le talon gauche ,la crou pe au mur , qui eft l'aide qu'on donne pouraller de côté à droite, il le faut remettre l'épaule endedans à gauche , jufqu'à ce qu'il paffe facilemen tla jambe gauche par deffus la droite. Et afin qu'il fetrouve, tans, s'en appercevoir , aller de eôté lacroupe au mur à droite, qui eft la main où nousfuppofons qu'il efl rebelle, on lui tourne la tête &menant un cheval l'épaule en dedans à main droite ,on lui afîbupliffoit l'épaule droite , ce qui donnela facilité à la jambe droite , lorfqu'il va de côté àmain gauche , de chevaler par-defl'ns la jambe gauche, & de même en le travaillant l'épaule en dedansà gauche , c'eft l'épaule de ce côté qui s'affotiplit, &qui donne à la même jambe le mouvement qu'elledoit avoir pour chevaler librement par - deffus ladroite , lorfqu'on mène un cheval de côté à mainles épaules de plus en plus en dedans, jufqu'à cequ'elles foient vis-à-vis de la croupe ; alors en luiplaçant la tète droite, & en continuant de lui fairefuir la jambe .gauche , comme s'il alloit toujoursl'épaule en dedans à gauche, il fe trouvera allerde côté à droite. De même , fi le cheval refufe defuir le talon droit, qui eft aller de côté à gauche „il faudra le mener l'épaule en dedans à droite ,&infenfibl-ment en tournant les épaules fort en dedans, & jufqu'à ce qu'elles fe trouvent vis-à-visdroite. Suivant ce principe, qui eft incomèftable ,il eft ailé de convertir l'épaule en dedans en croupeau mur. On s'y prend de cette manière,Lorfqu'un cheval eft obéiffant aux deux mainsà la leçon de l'épaule en dedans, & qu'il fait parconféquent paffer librement les jambes de dedanspar-deffus celles de dehors, il faut, en le travaillantpar exemple à droite , après l'avoir tourné dans lela croupe, le cheval fe trouvera fuir le talondroit, Se aller par confcqutnt de côté à maingauche.Suivant ce que nous venons d'expliquer, il eflalfé de remarquer, que ce qu on appelle, épauleen deo 'us à une main, devient épaule de dehors ,lorfqu'on met la croupe au m tir ; parce que lacoin à un des bouts du manège , l'y arrêter la m err . épaule continue fon mouvement, quoiquecroupe vis-à-vis & environ à deux pieds rie diflance le cheval aille, à 1 autre mam. Mais comme dans lade la muraille , de peur qu'il ne fe frette la q eue !:po'.'ure tie la croupe au mur, le cheval allant decontre le mur ; & au lieu de continuer d'ail ,r en côté , doit être prefque droit d'épaules & de hanavant,il faut le retenir de la main & le preffer d e 1 clie s, l'afìion del épaule efl alort plus circulaire ,


136 MAN _ MAN& par confequent le mouvement eft plus pénible j quelquefois même des éperons, fuivaiU qu'ils fd& plus difficile à faire au cheval, que celui qu'il [ retiennent plus ou moins. Avec ces précautions onfait l'épaule en dedans. Un peu d'attention fera j maintiendra les uns & les autres dans l'ordre Ssaifément concevoir cette différence , & prouvera I dans i'obéiflance de la main & des jambes.en même temps évidemment, qu'un des avantages l De peur qu'un cheval, en allant de côté, nede l'épaule en dedans, elt d'apprendre à un cheval, I tombe dans le défaut de fe traverfer & de poufferà bien paffer & à chevaler librement fes jambes i ou de fe jeiter fur un talon ou fur l'autre, malgrél'une par deffus l'autre , & que c'eft un remède à | l'aide du cavalier ;,il faut, à la fin de chaque retoutesles fautes qu'il peut faire quand on lui apprend i prife, le mener droit dans les talons d'une pifle,à fuir les talons. | fur la ligne du milieu de la place : on lui apprendLorfque le cheval commence à obéir & à aller | auffi fur la même ligne à reculer droit dans lalibrement de côté aux deux mains la croupe au 1 balance des talons.mur, il faut le placer dans la pofture où il doit | Quoique la leçon de l'épaule en dedans & celleêtre pour fuir les talons avec grace ; ce qui fe fait | de la croupe au mur, qui doivent être infépaenobfervant trois choies cffentielles,j rabies, foient excellentes pour donner à un chevalLa première, c'eft d e faire marcher les épaules j la foupleffe , le beau pli, 8i la belle pofture dansavant les hanches ; autrement le mouvement cir- j laquelle un cheval doit aller, pour manier avecculaire de la jambe & de l'épaule de dehors, qui j grace & avec légèreté; il ne faut pas pour celafait voir la grace & la foupleffe de cette partie , ne I abandonner la leçon du trot fur la ligne droite Sefe trouveroit plus. Il faut tout au moins que la j fur les cercles ; ce font les premiers principesmoitié des épaules marche avant la c roupe ; en j auxquels il faut toujours revenir, pour l'entretenirforte que ( fuppofant, par exemple, qu'on aille à I & le confirmer dans une aSion hardie & foutenuedroite) la polition du pied droit de derrière, foit I d'épaules & de hanches. Par ce moyen on divertitfur la ligne du pied gauche de devant, comme on | un cheval, & on le délaffe de la fujétion dansle peut voir dans le plan de terre. Car lì la croupe I laquelle on eft obligé de le tenir, lorfqu'il eft dansmarche avant les épaules, le cheval eli entablé ,& I l'attitude de l'épaule en dedans & de la croupe aula jambe de derrière de dedans , marchant & fe 1 mur. Voici l'ordre qu'il faut obferver pour mettreplaçant plus avant que celle de devant du même j à profit ces leçons.côté, rend le cheval plus large du derrière que du j De trois petites reprifes que l'on fera chaquedevant, & par conféquent fur les jarrets; car I jour , & chaque fois que l'on montera un chevalpour être fur les hanches, un cheval en marchant j qui fera avancé au point d'exécuter ce que nousdoit être étréci de derrière.j avons dit dans ce chapitre, la première doit fe faireLa feconde attention qu'on doit avoir, lorfqu'un j au pas l'épaule en dedans ; & après deux change,cheval corn mençe à all er librement de côté la croupe j ments de main , qui doivent fe faire d'une pifte ,au mur, c'eft de le plier à la main où il va. un j (car il ne faut point encore aller de côté), on luileau pli donne de la grace à un cheval, lui attire j met la croupe au mur aux deux mains, & on lel'épaule du dehors & en rend l'aélion libre & I finit droit tic d'une pifte au pas fur la ligne duavancée. Pour l'accoutumer à fe plier à la main où j milieu du manège. La deuxième reprife doit feil va , il faut à la fin de chaque ligne de la croupe j faire au trot hirdi, foutenu , & d'une pille ; & o nau mur, après l'avoir arrêté, lui tirer la tête avec j finit dans la même aäion fur la ligne du milieu dela rêne de dedans, en faifant jouer le mors dans j la place, fans lui mettre la croupe au mur. Lala bouche ; ßi lorfqu'il cède à ce mouvement, le j troifième & dernière reprife, il faut le remettreflatter avec la main du côté qu' on l'a plié. On doit j l'épaule en dedans au pas, enfuite la croupe auobferver la même choie en finiffant à l'autre main j mur, & toujours le finir droit par le milieu. Enfur l'autre talon ; & par ce moyen le cheval i mariant ainfi enfemble ces trois leçons d'épaule eziprendra peu-à-peu l'habitude de marcher plié, & j dedans, de trot, & de croupe au mur; on verrade reearder fon chemin en allant de côté. I venir de jour en jour, &; augmenter la foupleffeLa troifième chofo qu'on doit encore obferver j & l'obéiffance d'un cheval, qui font, commedans cette leçon , c'eft de faire enforte que le j nous l'avons dit, les deux premières qualités qu'ilcheval décrive les deux lignes; favoir , celle des | doit avoir pour être dreffé.épaules & celle des hanches, fans avancer ni te i Chaneencnts de main , & de U manière de doublenculer ; enforte qu'elles foient paralleles. Comme5cela vient en partie du naturel du cheval, il arrive Ce qu'on appelle communément changement deordinairement que ceux qui font pelants ou qui I main, eft la ligne que décrit un cheval, lorfqu'iltirent à la main , fortent de la ligne en allant trop j va de droite à gauche ou de gauche à droite ; &en avant; c'eft pourquoi il faut retenir ceux-ci de 1 comme cette leçon eft en partie fondée fur lala main de la bride , fans aider des jambes. Il faut manière de doubler, nous expliquerons d'abordau contraire chaffer en avant, ceux qui ont la | ce que c'eft que faite doubler un cheval.mauvaife habitude de fe retenir & de s'acculer, en 1 Le manège, regardé comme le lieu où l'oqfc fervant des jarrets, des gras de jambes, & J exercs les chevaux, doit être un quarré long; 8cU


m a nla divlfion de ce quarré en plufieurs antres plus oumoins larges, forme ce qu'on appelle, doublerlarge & doubler étroit.Cette façon de doubler , foit large, foit étroit,fuivant la volonté du cavalier, rend le chevalattentif aux aides , & prompt à obéir à la main &aux jambes ; mais le difficile de cette a£iion , eftde tourner les épaules au bout de la ligne du quarréfans que la croupe fe dérange. 11 faut pour cela ,en tournant au bout de chaque ligne du quarré ,former un quart de cercle avec les épaules , & queles hanches demeurent dans la même place. D anscette aâion , la jambe de derrière de dedans doiti efter dans une place , & les trois autres jambes ,fçavoir , les deux de devant, & la jambe de derrièrede dehors , tournent circulairement autour decelle de derrière de dedans , qui fert c omme de.pivot. Lorfque les épaules font arrivées fur la lignedes hanches , on continue de paflager droit dansles talons, jufqu'à l'autre coin du quarré ; & cetteleçon fe répète au bout de chaque ligne , exceptédans les coins où les angles du quarré font formésparla rencontre des deux murailles. Alors ce fontles hanches qui doivent fuivre les épaules par oùelles ont pafle, c'eft- à-dire , par l'angle du coin ,& cela dans le temps qu'on tourne les épaules furl'autre ligne.C'eft du quarré dans les quatre coins & dans le•milieu du manège, qu'on tire toutes les proportionsqui s'obfervent dans les manèges bien réglés ,& qui fervent à garder l'ordre qu'il faut tenir dansles changements de main larges & étroits, dans lesvoltes & dans les demi-voltes ; car quoique quelqueshommes de cheval négligent cette régularité,il n'eft pas à propos de les imiter dans une pratiquecontraire à la jufleffe.H y a des changements de main larges, & desdiangements de main étroits, des contre-changementsde main , & des changements de main renverfés.Le changement de main large, cft le cheminque décrit le cheval d'une muraille à l'autre , foitd'une pifte , foit de deux piftes, fur une ligneoblique.Les deux lignes du changement de main large dedeux piftes, dans le plan de terre, donneronti idéede la proportion qu'on doit obferver pour changerlarge.Il eft à remarquer que lorfqu'on change de mainde côté de deux piftes, la tête & les épaules doiventmarcher les premières, &dans la même pofturequ'à la croupe au mur; avec cette différencepourtant, que dans le changement de main , le chevaldoit marcher en avant à chaque pas qu'il fait,ce qui donne beaucoup de liberté à l'épaule dedehors, & tient le cheval dans une continuelleobéiflance pour la main & pour les jambes.Le changement de main étroit fe prend depuisja première ligne du double étroit, & va fe termi-Zier à la murail'e fur une ligne parallèle à celle duEpilation' } Efcrimc & Danfe.%î a n 137changement de main large, comme on le voit anplan. Quelques cavaliers confondent mal-à-proposla demi-volte avec le changement de main étroit.A la fin de chaque changement de main, foitlarge, foit étroit, il faut que les épaules & les hanchesarrivent enfemble , ce qu'on appelle/ormcr lechangement de main , en forte que les quatre jambesdu cheval fe trouvent fur la ligne de la muraille ,avant que de reprendre à l'autre main. On n'a repréfentéici que la main droite , parce qu'il eft aiféde fe figurer les mêmes lignes pour la gauche.Le contre-changement de main eft compofé dedeux lignes. La première eft le commencementd'un changement de main large ; & lorfque le chevaleft arrivé au milieu de la place, au lieu de continuerd'aller à la même main, il faut marcher droiten avant deux ou trois pas ; &. après lui avoir placéla tête a 1 autre main , on le ramène fur une ligneoblique , pour arriver fur la ligne de la muraillequ'on vient de quitter; Si on continue d'aller à lamain où on étoit avant que de changer.Le changement de main renverfé fe commencecomme le contre-changement de main , & dans lemilieu de la feconde ligne oblique , au lieu d'allerju (qu'au mur, on renverfe l'épaule pour fe retrouverà l'autre main. Voyez dans le plan de terre lerenverfement d'épaule où le cheval fe trouve à-gauche en arrivant à la muraille d'où il eft parti kdroite.Touts ces différents manèges de changements demain , contre changements & renverfements d'épaules, font faits pour empêcher les chevaux d'allerpar routine , c'eft le défaut de ceux qui manientplus de mémoire que pour la main & les jambes.Du manège. (BouRGELAT ).Nous défignons dans nos manèges , la haute, lamoyenne & la baffe école. Les chefs des académiesfe chargent des élèves les plus avancés ;& l'inftnictiondes autres, qu'ils ne perdent pas de vue, eftconfiée à des écuyers qui font fous leurs ordres.• Cette divifion relative aux gentilshommes, enfuppofe une femblable relativement aux chevaux ;l'une & l'autre font également néceffaires. Si d'unepart les académiftes ne peuvent faire de véritablesprogrès qu'autant qu'on leur fera parcourirune chaîne de principes qui naiiTent les uns desautres, & qui fe fortifient mutuellement , il eft indifpen fable d'un autre côté de leur fournir des chevauxmis &ajuftés de manière à leur en faire fentirl'évidence.Dès les premières leçons il ne s agit que de preferireau cavalier les règles d une belle a Alette &d'une jufte pofition ; mais ces règles font bientôtoubliées , fi on ne frappe l'intelligence du difciplepar l'explication des raifons fur lefquelles elles fontappuyées : peut-être que la plupart des maîtres négligenttrop ce point important. Quoi qu'il en foit,on comprend qu'un cheval fixé dans les piliers , &auquel on ne demande qu'une àdiion de piaffer dans


ißs m #nune feule & même place , dérangera moins un académifie, uniquement occupé du loin de fè placerconlormément.aux préceptes qu'on lui a déduits ,que fi on l'obligeoit à monter fur-le-champ un chevalen liberté, qu'il redouteroit, qu'il voudroit retenirou conduire , & qui le diflrairoi: des uniquesobjets fur lefqucls fon attention doit fe fixer.Ce n'efi que lorfqtVil a connu quel doit être l'arrangementdes différentes parties de fon corps, &qu'on apperçoit qu'elles fe préfentent en quelquefaçon à fa volonté, qu'on peut lui donner un fécondcheval accoutumé à cheminer au pas. Alorson lui indique les différents mouvements de la main,afin qu'il puiffe librement tourner fon cheval àdroite & à gauche , le laifler aller en avant, l'arrêter& même le reculer : on ob ferve fans ceffe ennié me temps les défauts de fa pofition , & on les luiindique fcrupulenfement, dans la crainte qu'il necontrade de mauvaifes habitudes , qu'il eft trèsdifficilede corriger dans la fuite. Plufieurs écuyersne font aucune diftintiion des élèves qui leur fontfournis ; ils diffèrent n éanmoins beaucoup, fi onconfidére le plus ou le moins de facilité de leur efprit,& la difpofition plus ou moins favorable deleur corps ; ainfi tel d'entre eux dont la conceptioneft heureufe, ne fera point troublé par un énormedétail de fautes qu'on lui repro che , tandis qu'unautre ce (fera d e nous entendre , fi nous le reprenonsde deux défauts à la-fois. T el fera de vainseflorts pour fe pliiir de manière à rencontrer l'attitudequ'on exige de lui ,& dont une conftruflionplus ou moins difforme , ou une aptitude naturelleJ'éloigne. C'eft donc au maître à fe mettre à la portéedes élèves , à juger de ce qu'il eft d'abord e lientielde ne pas faire, & à leur faciliter, par l'exaéteconnoiffance qu'il doit avoir de la relation & de lafimpathie du jeu des parties dont leur corps eftformé, les moyens d'exécuter & d'obéir. Un autreabus eft de les obliger trop promptement à trotter ,parce que dès tors ils ne font attentifs qu'à leur tenue, & qu'ils ne penfent plus ni à l'exaâitude dela pofition , ni aux mouvemens d'une main à laquelleils s'attachent; en fécond lieu, on n'eft pointfcmpuleux fur le plus ou le moins de dureté on deviteffedu mouvement des chevaux;il eft cependanttiès-conftant qu'on devroit obferver des degrés àcet égard : l'animal, dont les refîons font Hans, Sidont l'adlion n'eft point prefîee , offre to ujoursmoins de difficultés à l'élè ve, qui peut fe rendreraifon à lui-même de ce qu il efl capable de faire &d'entreprendre. Ne fouffre-t-il en effet aucun dérangementà raifon d'une telle célérité ? 1 1 peuttoujours augmenter de plus en plus la viteffe ; confetve-t-i! f.i fermeté dans le trot le plus, étendu ? ondoit lui donner un cheval qui, dans cette allure ,ait moins d'union & plus de reins, & ainfi de fuitejufqu a ce qu'il ait acquis par cet exercice continué,ce que nous nommons proprement le fond de lafelle. J ajouterai que les leçons au trot doiverit toujoursêtre entremêlées des leçons-au pas. Celles-cim a nfont les feules où nous puiffians exaflemem fuivrenos élèves, les retiifier , leur propofer une multitudede lignes différentes à décrire, & les occuperpar conféquent fans ceffe , en mettant continuellementleur main à l'épreuve , & en faifan t accompagnerles aides qui en partent, de celles de l'une &de l'autre jambe féparément ou enfemble. La pratiquede ces opérations étant acquife par ce moyen ,ces mêmes leçons fe répètent au trot ; du trot onpaffe aux chevaux dreffés au galop , & de ceux-ciaux fauteurs dans les piliers , & à ceux qui travaillenten liberté a u fon de la voix , ou à l'aide del'éeuyer ; c'eft ainfi qu e fe termine la marche de labalìe école ; marche dont on ne peut s'écaner fanscraindre de précipiter les élèves dans une roideur ,une contention, une incapacité à laquelle ils d e-vroient préférer leur première ignorance.Guidés & conduits luivant cette méthode, nonfeulementils ont reconnu cet équilibre néceffaire ,mefuré & certain , d'où dépend la fineffe, la pré cifion, & la f ureté de l'exécution ; mais ils ont apprisen général les effets de la main & des jambes a& leurs membres font, pour ainfi dire , dénouéspuifqu'on a fait fréquemment mouvoir en eux toutesles parties dont l'aélion doit influer fur l'animal.A toutes ces leçons fuccèdent celles d'où dépendla fcience de faire manier des chevaux de paf.fage. Ici touts les principes déjà donnés, reçoiventun nouveau jour , & tout concourt à en démontrerla certitude ; de plus il en dérive d'autres , & l edifciple commence à s'appercevoir de la chaîne ^de la liai fon des règles. Comme il ne s'agit plus t,| e.la peftiion & delà tenue, on peut lui déveiopp erles raifons de tout ce qu'il fait, & ces rai fon s Injferont entrevoir une multitude de chofes à apprendre& à exécuter. On exige plus de fineOe & plu sd'harmonie dans fes mouvements, plus de réciprocitédans le fentiment de fa main & dans celui cj ela bouche du cheval, plus d'union dans fes aidesun plus grand enfemble , plus d'obéiffance , pi Ugde précifion de h part de l'animal. Les demi-arrêts,multipliés,les changements de main, les voltesles demi-voltes de deux piftes , les angles de manègefcmpuleûfement obfervés , l'aition de l acroupe ou de la tête au mur, la plus grande jufteffedu partir, du parer & du reculer, le pli danslequel on affujeftit le cheval , &c., font un acheminementà de nouvelles lumières qui doiventfrapper l'académifte , lorfqu'après s'être convaincude la vérité de toutes les maximes dont on a dû luifaire fentir toutes les conféquences, foit au paffagefur des chevaux fucceffivement pins fins , plus difficiles,& dreffés différemment, foit au trot, (bitau galop, il eft en état de paffer à la haute école.Alors il p'eft pas fimplemem queftion de ce qopron entend communément par,l'accord de la inaiti& des jambes, il faut aller plus loin n c et égard,c'eff à-dire faire rechercher à l'élève la proportionde la force mutuelle & variée des rênes ; l'obligerà n'agir que par elles ; lui faire comprendre les sii


m a nfets combinés d'ime feule rène mue çn deux feus,les effets combinés des deux rên;s enfemble muesen même fens , ou en fens contraire ; & le convaincrede l'infuffifance réelle de l'aétion des jambes,qui ne peut être regardée comme une aide principale,à moins qu'il ne s'agiffe de porter &. dechaffer le derrière en avant, mais qui dans toutautre cas n'eft qu'une aide fubfidiaire à la main. Laconnoiffance de ces différentes proportion s & detouts ces effets ne fu flit pas encore. La machinefur laquelle nous opérons , n'eft pas un être inanimé; elle a été conftruite par la nature , avec lafaculté de fe mouvoir ; & cette mère commune adifpofé fes parties de manière que l'ordre de fesmouvements, confiant, invariable , ne peut êtreinterverti fans da nger ou fans forcer l'animal à lacléfobéiffance. Il efl donc important d inftruire noiredifciple de la fucceiïion harmonique de ces mêmesmoirements , de leurs divifions en plufieurstemps , & de lui indiquer touts les infiants poflibles, inliar.ts qu'il doit néceffairement fai (ir dèsqu'il voudra juger clairement d e l'évidence des effetsfur lefquels il a été éclairé , conduire véritablementle cheval de tête , diriger toutes fes actions,& non les déterminer feulement, & rapporter•enfin à lui-même toutes celles auxquelles il le contraint& le livre. Voyc^ MANEGF.Ce n'eft qu'avec de tels fecours que nous pouvonsabr.-ger les routes de la fcience , & dévoilerles myfiêres les plus fecrets de l'art. Pour en parcourirtouts les détours, nous fuivrons la mêmevoie dans les leçons fur touts les airs relevés ; nousferons enfuite l'application de touts les principesdonnés fur des chevaux neufs , que nos difciplesentreprendront fous nos yeux ;& il n'eft pas douteuxque dès-lors ils fortiront de nos écoles avecmoins de préfomption , plus de capacité, & qu'ilspourront même nous laifler très-loin derrière eux ,s'ils perfévérent dans la carrière que nous leur auronsouverte , & dans laquelle on ne doit avoird'autre guide que la patience la plus confiante &le raifonnement le plus profond.PREMIERE LEÇON SUR LE DROIT , sou,s L'HOMME.( DUPATY ).Le cheval étant une fois afîagi par la leçon delonge, je confeille de le monter & de le menerdehors fur le droit, fans lui demander autre chofeque d'aller en avant & de trotter le mieux qu'ilpourra, & fans preferire à fa tête & à fon col uneattitude trop gênante. Menez-le le plus droit poiïible, en forte qu'il fente les deux rênes. Donnez-luide la liberté , & qu'd foit porté en avant par vosjambes bien égales. A m e fu re qu'il obéira , raccourciflez les rênes & enlevez fa tête & fon col, nonpas en mettant de la force dans les mains , commequelques-uns, mais en badinant avec les rênes &en jouant avec elles. Comme ces petits à-coupspourroient rallentir le cheval ,fentez davantage lesjambes, mais fans force.man13 ofEvitez fur-tout de chagriner l'animal ou par de*à coups trop forts , ou par d es châtiments déplacés, ou même en voulant exiger de lui au-delà defes forces. On doit fçavoir que le cheval a bien peude moyens d'obéir dans les commencements, ß:qu'il faut lui demander le moins poflible. Je nefaurois approuver ceux qui, dès les premiers jours,tiennent les rênes du bridon très tendues , & fermentles jambes avec force , prétendant par-là déciderle cheval. Cefi une grande erreur ; car commentcomprendra t il qu'on lui demande d'aller enavant, lì on le retient avec force ?& comment foutiendra-t-ilavec fon peu de vigueur ces deux opérationscdntradiétoires ?On ne doit jamais oublier que la main doit êtretrès-légère dans les commencements fur-tout, ÖCqu'elle ne doit faire qu'avifer la tète. Les jambesdel homme venant enfuite à travailler , portentl'animal en avant. Cefi avec le temps & la douceur, qu'on placera la tête & le col : il ne faut pastenter de le faire trop tôt, on ruine le cheval. Lagrande leçon à lui donner efl de le porter bienen avant:non pas qu'il faille le trotter très-vite &très-allongé ; au contraire, on ne doit pas le pieffcrdans les commencements ; mais il fau t qu'il n'arrêtepas de lui-même, & qu'il fente les jambes del'homme en les fuyant fans leur réfifier.Les jeunes chevaux ont ordinairement une allurequi n'eft ni le pas ni le trot. Si on les preffe d'allertrop vire, leur allure ne prend aucun caraâère,parce qu'elle ne fe forme qu'autant que les forces& l'équilibre fe perfeflionnent. Cefi donc mal fai:de les trotter très vite , ils fe difloquent fans s'affouplir,ils s'énervent & fe ruinent. Par un trucallongé, les mufcles fouffrent une diftenfion tropgrande, ainfi que les ligaments qui s'étendent trop ,ce qui fait que les os fortent de leur place plus oumoins; & il arrive que les mufcles affoibüs nepeuvent remuer que lentement des os incertains& variant fur leur appui. Je ne prefle donc moncheval qu'à mefure qu'il place fon col & fa tète ,parce que , lorfqu'il efl ainfi préparé , tout foncorps s'ajufte fur l'attitude du col j & il fe foutientde lui-même. Lorfqu'il a de la vigueur , je le trottefranchement, enforte que fon allure foit nette ,bien unie & hien cadencée ; c'eft-à-direque chaquetemps de trot foit marqué par u ne battue régulière.Si l'animal cefî'e d'être d'accord, je rallentis ,car c'efl une marque qu'il n'y a plus ni équilibre niunion ; & je perdrois tout fi je continuois cetteallure défordonnée.Lorfque le cheval a fait un temps de trot, je lefais repofer en le lahlant aller au pas. Cette allurefe forme , comme le trot , par l'équilibre & labonne difpofition d e la tête & du col. Je laifTed'abord le cheval entièrement a fa liberté : fatiguédelà leçon du trot, il prend un pas -qui lui convient, & j'étudie de quelle nature il eft. Je raccourcisinfenfiblement mes rênes, en plaçant fa tête& en enlevant. Dès que je fens qu'il veut prendre


î4o MA Nle trot, je conclus qu'il efl trop enlevé pour allerau pas : je lui rends la main & je le remets au pasfranc & uni, dont les quatre temps doivent êtrebien marqués & également efpacés.Telle eft la première leçon que je donne au cheval, fans exiger de lui autre chofe. Lorfqu'il l'exécutebien , & qu'il va bien devant lui, on peut luifaire connoître d'autres travaux., Je ne fixe aucun temps au cheval pour me fatisfaire.: cela, dépend de fes forets & de fon âge ;mais plus on le tiendra à cette leçon fur le droit ,plus il acquerra de franchife, 6c mieux il fa décideraen avant.De Vèquilibre au cheval.Lorfque le cheval commence à tourner librementaux deux mains, je crois très à propos de lemener alors au manège , & de l'y travailler d'unemanière plus fuivie , fur-tout fi c'eft un cheval deftinépour l'école. Comme le terrein dans UH manègeeft moins vafte, l'allure du cheval doit êtreplus raccourcie ,, &le travail plus exaél.Leçon du pas & du trot fur le droit.Il eft bon , lorfqu'on commence à exercer unchevalde lui faire faire une reprife au pas, afinqu'il fe dégourdiffe , fe rappelle ce qu'il a déjà appris, & fe place fous l'homme. Cette reprife doitM A Nafin de foulager le cheval. Pour cela, portez m$peu les deux mains en dedans , & fentez vos deusjambes comme fi vous vouliez tourner : pour peu*que le cheval fe ral le n riffe , un appel de langue leranimera, & un peu plus de jambes la portera enavant.On trottera ainfi le cheva l aux deux mains, Seenfuite on finira par lui donner une reprife au pas.Rien n'eft meilleur que le trot pratiqué ainfi finiedroit mais on ne doit pas négliger le trot fur le :cercle ; car lorfque cette leçon , dont nous allonsparler,eft bien donnée, de manière que le cheva';ne fe couche point , & fe tienne le plus en équilibrequ'il eft poffible , il eft certain qu'elle affouplitles reins de l'animal, & l'achemine à une obéifianceplus compiette..Legan du pas & du trot fur le cercle.-Si on veut que la colonne vertébrale du cheval"s'affoupliffe par la leçon du pas & du trot fur le--cercle , il faut de toute néceffué que fon corps s'arrondiffe& fe mette ainfi à chaque pas fur une por-; tion du cercle qu'il décrit. Suppofons une lignequi partage également le corps du chevalen pariant.• entre les deux oreilles , & qu'elle vienne aboutirau milieu des os des lies ; fi le cheval va bien droitdevant lui, cette ligne fera droite : mais fuppofons--là flexible , elle s'arrondira file cheval va fur le cerclefe faire à un pas franc, & le cheval étant à fon aife,il fera alors bien plus en état de commencer fa reprifeau trot.Cette reprife fe fera en tenant les deux rêneségales autant qu'il eft poffible , & en fentant lajambe de dedans plus que celle de dehors, afind'accoutumer de bonne heure le cheval à fe plierpour la jambe de dedans. On trottera un peu pinsraccourci que dans le dehors ,& on enlèvera fouventles deux rênes ensemble , en fort e que le chevals'affeye & fe grandiffe davantage.Il eft bon de temps en temps , lorfque le chevalfe foutient bien , de le chaffer dans les deux jambesun temps ou deux, fans lâcher les rênes, & enmaintenant la tête & le col dans leur degré d'élévation.On doit fentir , dans ce temps de cliaffe ,que l'a Aio n des hanches s'accélère fans que le chevalretombe fur le devant. En effet, c'eft ce quidoit réfulter de la predion un peu plus forte desjambes ; car elles excitent une contraétion plus fubite, & elle partagera toujours également le corpydu cheval. Je dis que cette ligne , fi on veut affou,plir le cheval , doit correfpondre à une ligne pareillequ'on traceroit fur le terrein pour y promenerle cheval.On doit ohferver que la partie du corps du che~val,qui eft en dedans du cercle , eft plus raccourcieque celle de dehors , & que par conféquent elle.-eft plus comprimée , tandis que la partie de dehors-:a plus de jeu. Il y a donc une grande disproportion;dans les poids que les jambes de dedans & cellesdedehors fupportent, ainfi que dans la compreffiondes refforts: le reffort, ou la jambe de derrièrede dehors , étant plus à fon aife , a plus d'aflivité,& rejette promptement la maffe fur celui cl adedans , qui alors n'a pas une égale élafticité, parce,que fa charge eft plus confidérable. De plus l'épaulede dehors eft plus avancée que celle de dedans,ainfi que la cuiffe de ce côté-là ;& fi on n'yprenoit garde, l'aétion plus forte de la partie de& plus entière dans- les mufcles abdominaux , dehors chargeroit tellement celle de dedans , que& par-là il arrive que les jambes de derrière fe portentl'animal fe coucheroit en dedans & que fes jambespromptement fous le centre de gravite.En pratiquant ce que je viens de dire, on donne feroient trop gênées , & fon équilibre détruit..D'après ces obfervations , il eft évident qu'ilplus de franchife au cheval à fe porter en avant : faut employer des aides qui rétabliffent cet équilibrel'exercice qu'on' donne avec diferétion augmenteautant que cela eft poffible afin que l'animalles refforts du cheval ; & la crainte qu'il a des jambesfe foutienne. Un cheval qui veut changer de direäion» fait qu'il ne s'y endort pas , & qu'il fe décidefans tâtonner.Quand on arrive aux coins , il faut bien fe garderde vouloir les prendre avec exaéiitude ; mon.jjfage eft au contraire de les arrondir beaucoup ^, étant en liberté, ou malgré l'homme qui-le conduit, met les hanches du côté oppofé à celuides épaules ; fi celles-ci vo nt à droite, celles-làvont à gauche, & ainfi il n!eft pas arrondi. Pourqu'il le foit, il faut que Us hanches fuivent régu-


M A Nîièrement le clièmin que parcourent les épaules ,•& cela eft très •difficile à faire exaäement. Ce fontlias opérations bien combinées qui captivent toutesks parties du cheval, tk qui le rendent obciffant-Voici celles que je crois les plus sûres pour le •mener fur le cercle.Après avoir placé mon cheval & l'avoir enlevéautant que cela eft néceffaire, je fens la réne droiteun peu plus que la gauche , (je fuppofe le chevalà droite) pour ramener un peu la tète , le col && les épaulés en dedans ; je lui fais fentir majambe droite , elle achève de le plier, & porte enavant tout ce côté-là , qui eft retardé dans famarche : puis j'approche ma jambe gauche qui fixeles hanches ,& même les jette u n peu en dedanspour arrondir la colonne vertébrale du cheval ;enfin je fonti ens un peu de la rêne gauche, afin quel«s épaules n'aillent pas trop en dedans, & quel'épaule de dedans du cheval ne (bit pas trop gênée.Ces opérations ne fauroient être égales entreelles ; la réne de dedans doit primer ainfi que lajambe de dehors : néanmoins dans certains inftantson doit faire primer les aides contraires ; ces inftantsfont ceux où l'on fent que la marche du côtéde dedans eft rallentie.Lorfqu'un cheval fe plie difficilement à unemain , il faut faire primer les aides de ce côté ,j-ufqu'à ce qu'il foit gagné ; alors on reviendra autravail ordinaire pour la leçon fur le cercle.C'eft ainfi que l'on doit, au pas & au trot ,mélanger fes opérations pour affouplir & arrondirle cheval, en le menant fur le cercle. Si, aprèsl'avoir bien préparé , on veut, avec la bride & lesdeux rênes égales dans une feule main, le menerfur le cercle , il fera à propos de fe rappelier ceque j'ai dit au fujet des changements de direétiondans la théorie de {'equitation.Il y a des écuyers qui prétendent que le chevaldoit fe coucher fur le côté de dedans dans le cercle.Je conviens que l'animal fe place ainfi , fi l'on négligede le plier & de le foutenir de la jambe dededans , ênforte qu'il s'arrondiflé. Mais fi on afoin de le travailler comme il faut, il ne fe coucherapas : les temps de chafle de l a jambe de dedansaccéléreront l'aâivité de la jambe de derrière dumême côté du cheval ; elle fe portera fous lecentre de gravité , & aura affez de force pour resetterla mafie fur l'autre jambe, lorfque fon tourde le-fai re fera venu.Temps de rnutre le mors au cheval,Jufqu'ici nous.nous fommes uniquement fervisdu bridon. Si l'animal, au pas & au trot, fe portebien en avant fur le droit, & s'arrondit fur lecercle , aux deux mains , affez po ur qu'on puiffele mener en rond, quelqu'imparfait que foit lecercle qu'il décrit, je penfe qu'il eft temps alorsde l'emboucher, pour commencer à le placer corrediement,& pour lui donner des leçons plusGriftes. J'ai déjà d it que fes forces , fa fouplefle &M A NÎ 4 Êfori adreffe, décidoient de cet ittßartt. Si on l'emboucheà propos, il ne refufera pas le mors, & ilobéira d'abord comme il faifoit au bridon, cependantavec plus de réferve , parce que cet inftrumentnouveau lui caufe plus de douleur, & qu'il ef[obligé de fe foutenif de lui-même pour l'éviter.Cefi pourquoi il faut le contenir moins , afin q u'iljouille de plus d e liberté dans les premiers jours ,& qu'il fe familiari fe avec le mors : fi l'on vouloicVaffujetdr, il fe retiendroit , ne fe porteroit pas Cibien en avant, & finiroit par fe défendre. C'eftpour cela que je confeille de le relâcher les premiersjours ; enfuite de le reprendre peu-à-peu &par des degrés infeniibles, toujours en lui faifantfentir les jambes, afin qu'il ne retarde pas fonallure lorfqu'il fendra le mors opérer un peu plusfur fes barres. On fe fervira d'abord des rênesféparées, en en mettant une dans chaque main ,& on exécutera fimplement les leçons que j'aipreferites pour le travail du bridon.Après chaque reprife il eft bon d'agiter l'gèrc»ment chaque réne de la bride , en détachant la rénedu col du chevai , & en l'enlevant. Ce travail, quel'on doit faire très-délicatément, amène la tête ducheval jnfqu'au genou de l'homme , lui plie le col,& l'accoutume à obéira l'aétion de chaque rêne. 11faut en cela beaucoup de prudence , car il y a deschevaux fi fenfibles , que ce travail le s défefpéreroitfi on ne prenoit bien des précautions. Ondoit travailler à rendre également fouples & obéiffantsles deux côtés du cheval : ainfj ce que l'onfait à une main , on le fera auffi à l'autre.Puifque nous commençons à nous fervir de labride, il eft temps de parler de l'attitude du cheval,& d'indiquer celle que nous regardons comme lameilleure & la plus sûre pour les deux individus.De la belle Attitude du cheval.Nous avons déjà dit un mot de l'attitude ducheval, en parlant de fa démarche , mais nous .n'avons pas donné les- proc édés de l'art -pour yamener le cheval. 11 eft dans fa nature de cherchertoujours à foulager fes parties foibles & douloureufes,& par-là il détruit l'accord fi néceffaire pourl'équilibre & pour l'obéiffance aux volontés del'homme.C'eft ici qu'on doit fe rappelier ee qSe nousavons dit fur l'anatomie ; car c'eft d'après la conftruélionde chaque individu qu'on doit le placer.Le cheval fe place relativement à l'attitude de fatête : ejeft donc par la belle difpofition d e cettepartie que nous devons commencer celle de toutle corps. Nous ne devons pas avoir pour objet uniquela grace & le coup-d'oeil, il faut s'occuper desmoyens les plus propres à faire agir touts les membresconformément à leur deftination naturelle.Nous réduirons à quatre principales ce grandnombre d'attitudes que prend la fête du cheval. Lapremière eft celle de l'animai en liberté , & lorfquen'étant gêné par rien il s'abandonne fur l$s épaules-.


$42. M A N& tend le col fans le fomenir. La fcconde e!i celleeu ii porte, au vent, lorfque , cherchant à le cabrer, ou fe roidiiTant fous l'homme , il jette lehaut de fa tête fort en arrière. La troifième eft celleoù il s encapuchonné ; c'eft l'attitude de touts leschevaux detilnés dans les auteurs , excepté dans laGuérinière:le cheval au lieu de fe foutenir & d'êtrefur les hanches , arrondit fon col, mais en baiflantfa partie fupérieure ainfi que fa tête, en forte quele menton s'appuie prefque fur le poitrail. La quatrièmeeft celle que tout cheval bien placé d oitavoir, celle qu'il prend en liberté lorfqu'il s'animede lui-même & qu'il étale toute fa beauté, celle quel'art adopte, parce que la nature la favorife, &parce qu'elle contribue à l'équilibre du cheval ;c'eft aufli celle que j'ai donnée aux chevaux dansles eilampes de ce livre, n'en ayant jamais vu d'autresaux chevaux drefl'és par d'habiles maîtres , aumoins en France.D'après l'examen réfléchi du fquelettc du cheval, d'après une étude exaâe de toutes fes articulations, & de la tournure naturelle de chaque membre,il fera facile de juger que fi les os des jambesfont hors de la direftion qu'ils doivent avoir , néceffairementl'animal eft: prêt à tomber : or cettedireétion eft inconteftablement celle dans laquelletoutes les furfaces des os fe touchent autant qu'ilcft polîible. On fera île plus convaincu que cetteloi n'cfl point obfervée dans un cheval en repos,dont le col eft allongé , ou la tète encapuchonnée.En effet, fi on élève une perpendiculaire quipaffe exaflement par le centre des os de la jambede devant du cheval, & que cete ligne foit celle defon innixion , le col étant allongé forme un poidstrop éloigné de cette jambe pour ne la point furcharger.Plus le poids de la tête eA éloigné de cetteligne perpendiculaire , plus il eft grand, parce qu'ileft plus éloigné de fon appui. Auftl arrive-t-il queles jambes ne font point placées lorfque la tête aune fi mauvaife attitude ; au lieu de s'appuyer perpendiculairement,elles forment une ligne oblique,& vont fous le ventre du cheval, enforte que lepoitrail, les épaules, le col & la tête , font horsde la ligne d'appui. Il ne faut que des yeux pourjuger de la défeéiuofité de cette attitude & de fonpeu de grace : elle déplaît m ême aux gens lesmoins inftruits.L'attitude delà tète encapuchonnée a des défauts& des inconvénients d'un autre genre. Ordinairementces chevaux pèfent à la main ; & co meleur tête & leur col débordent encore extérieurementla ligne d'appui des jambes, ils les fatiguent,quoiqu'elles foient bien placées pour l'ordinaire.Comme les poids font très-mal répartis, les hanchesfont fort à leur aife, &. pouffent la maffe furles jambes de devant, ce qui augmente la pefanteurnaturelle du devant. Lorfque le cheval ayantvaincu les forces de l'homme, appuie fur fon poitrailfa tête mal placée, il fe livre à fes capricesûns que l'homme puiffe aifement s'y oppofer :m a nd'ailleurs 11 court rlfque de s'abattre à chaque inftant.Cette pofition d e tête a de plus l'inconvénientque le cheval ne voit pas fon chemin , parce quela conformation de l'œil ne lui permet de voir queles objets qui font dans la direäion du rayon vifuel.Outte cela , jamais le mors n'a de véritableseffets , parce que rien n'eft difpofé felon les loixde la nature. Le cheval ne fauroit être libre ni vraimentaffoupli ; il travaille toujours fur les épaules ,& n'eft point tenu par le cavalier.Quoique l'attitude oppofée , celle où le chevalporte le nez au vent , ne paroiffe pas dev oir chargerles épaules & les jambes de devant, elle nelaiffe pas deles fatiguer , parce que la pofition defon col & de fa tête ne contribue point à les fuulager& à les enlever. Expliquons ceci.Les vertèbres du col font au nombre de fept ;elles font emmanchées l'une dans l'autre , de manièrequ'elle^ forment allez bien la figure d'une s.Les deux premières forment une courbure , ons'arrondiffent ; les deux dernières en font autant,& vont s'appuyer à la première des vertèbres dugarrot. Si je veux enlever la tête du cheval, demanière qu'elle foit trop haute, & qu'elle fe portetrop en arriére, ncceffairement je déplie le haut del'encolure , en obligeant les deux vertèbres fuperieuresà quitter la pofition qui leur eft la pluscommode. Si je continue à tirer la tête en arrière ,il fe formera dans l'encolure un faux pli; les deuxextrémités de l'encolure chercheront à fe joindrecomme on voit dans les encolures de cerf; & ladernière des vertèbres cherchera à fe féparer de lapremière du garot. C'eft précif;ment tout le con^traire que nous devons defircr : car plus il y aurad'union entre les vertèbres du col , plus nous feronssûrs d'enlever toute la machine. Il faut tellementdifpofer la colonne des vertèbres de tout lecorps , qu'en la prenant par le bout, c'eft-r.-dire parla tête du cheval, nous puiffions l'enlever toutefans aucune interruption , & qu'en nlevant e la première, notre aâion fe communique jufqu'à la dernière.Or , pour arriver là, l'expérience, l'infpectiondu fquelette , & la raifon, nous apprennentque ce ne fera jamais en laiffant le cheva l porterau vent ; car dans ce cas il n'y a que le col & latête d'enlevés, & jamais le garot & le dos ne leferont : moyennant cela le cheval fe fatigue 5cs'ufe, comme on le voit touts les jours.Je fuis cependant d'avis qu'on emploie quelquefoiscette attitude lorfqu'un cheval a la tête attachéeun peu trop bas. Il faut diminuer un peu larondeur du haut de l'encolure , & faire prendre ,s'il fe peut avec le temps , une autre attitude à latête : pour cela, on enlève le bout du nez du cheval.De plus,lorfque le cheval s'encapuchonne ,ce travail y remédie à la longue.Si le cheval porte de lui-même le nez au ventfans vouloir le baiffer , c'eft une preuve de roideurou de foibleffc. Dans l'un & l'autre cas, on


m a nemploie en France avec fuccès la martingale ; elleoblige lu cheval de baiffer un peu le nez & peu àpeu on lui fait courber la tète.L'ufage de la martingale efl très-bon ; mais il nefaut pas prétendre trop captiver le cheval : retenuqu'il eft par la muferole, il déploie difficilementfon col, & il n'eÜ jamais à fon aife. Il eft à proposdelà tenir un peu aifée , fur-tout lorfque le chevalcommence à fe bien placer. La martingale , en affujetti/lantla tête du poulain dans ks premières leçons, donne à l'homme une grande facilité pour lecontenir, & pour lui faire fentir l'effet de fa main.Il eft confiant que dés qu'un cheval a le nez auvent, il peut emporter fon homme impunément.Nous obvions à cet inconvénient par la martingaleajuftée avec difeernement.Si je donne quelquefois la leçon de la tête hauteau cheval pour l'accoutumer ù fe grandir, je reviensbienrôt à l'attitude qui lui eft la plus naturelle& la plus belle. Illa prend de lui-même à m e fu requ'il acquiert de la force & de l'appui dans la main.Mais pour le conduire là, il faut de l'affiette & l'emploides jambes du cavalier. Car jamais le chevalne fera bien placé, ft on confie à la main de la bridefeule tout le foin & l'attitude du cheval. Il eft d'ailleurstrès néceffaire que tout le corps foil bien difpofépour que la tire (oit placée.L'attitude des chevaux gravés qui accompagnentcet ouvrage, rend au juite mon idée. Si on compareleur pofition avec celle des 'chevaux gravésdans touts les anciens livres de cavalerie , on verraune grande différence. On peut dire qu'il n'y a paslong temps qu'on connoit la véritable attitude ducheval, à en juger par les anciennes gravures. Caril eft à préfumer qu'elles ont été delfinées d'aprèsnature ; que l'artifte a rendu au moins les enfembless'il a négligé les détails , & que les grandshommes qui ont écrit fur cet art ont préfidé auxdeiïins, & ont voulu que leurs idées fuffent fuivies.Lorfque le cheval eft placé comme je le deftre ,il eft dans toute fa force , dans le plus bel enfemble& dans fon grand degré de mobilité. Parcourons tout fon corps , & examinons comment chaquepartie eft difpofée par rapport à la tète : fuppofonsle cheval en repos.Touts les os de l'épaule & des jambes de devantfe foutiennent parfaitement ; les deux jambes pofentbien & font dans la plus belle attitude ; le piedporte bien à plat & égale ment de la pince & destalons. Si de l'extrémité de la pince on élevoit uneperpendiculaire , elle rencontreroit , à quelquechofe près , l'oreille du cheval ; aflurément le devantne pèfe point à terre ; rien ne déborde la ligned'appui des jambes de devant, & toute cette mafien'a aucune propenfion en avant. La croupe eft auffihafte qu'elle puiffe l 'être, puifqu'elle eft chargéeou prête à l'être ; les reins font dans la pofition oùils ont le plus de force ; leur extrémité eft appuyée.Avantage qu'elle n'a pas lorfque le cheval eft furM A N 1 4 3les épaules. Les jambes de derrière ne font pointéloignées de la croupe ; 6c fi de l'extrémité desfeiles on abaiffoit une perpendiculaire, cette lignene lomberoit fur aucune partie de la jambe. Oaconçoit que le cheval bien pofté fur fes quatre colonnes,eft très ailé à ébranler ; &fi, en marchant,il conferve fa bonne attitude, il fera plus léger &plus sûr dans fa marche.Il n'y a peint de cheval, à moins qu'il ne faitconflruit ridiculement, qui ne puilTe &. ne doiveêtre difpofé ainfi. S'il eft très-roide, ou très foible ,il fera plus de temps à y parvenir, mais il y viendraenfin.On auroît tort de prétendre que cette attitudecharge & fatigue les hanches. Car tout cheval auraaiïcz de torce dans fon derrière pour porter fesépaules, fi, après avoir placé le devant, infenfiblement& par degrés, on n'affure pas trop la main ,& fi on ne veut pas trop le renfermer. De plus onne doit jamais oublier que la réfiftance que le chevaltrouve dans la main du cavalier qui l'arrête ouforme des demi-arrêts , eft un obftacle confidérablepour lui & une augmentation du poids qu'il a à rejetterfur les hanches. Si un cheval bien placé fe porteavant pour la main très-légère, & qu'on veuille affurerun peu plus la main , l'animal fe rejette d'autantfur fon derrière, & par là le charge davantage.Si l'aétion de la main eft trop augmentée , alors lecheval, trop chargé fur les hanches, fe défendra.On doit donc proportionner la tenue delà main à laforce des hanches, & on n'écrafera point le cheval.Un cheval ne travaille jamais de bone grace , àmoins qu'il ne foit placé ainfi : à m e fu re qu'il s'affouplit,on s'apperçoit que fa pofition fe reiftine ,& qu'il devient plus brillant.Touts les chevaux ne fortent pas des mains de lanature a fiez bien conformés, pour que l'art les conduifeprornptement à la belle attitude ; à moins quela proportion de touts les membres entre eux nefoit parfaite, il faut du temps & de la patience pouliesbien difpofer ; & encore n'arrive-t on point à lavéritable beauté , fi la nature eft ingrate.Les chevaux font difficiles à placer, foit à cautede la mauvaife difpofnion de la têt e , foit à caufede la conformation vicieufe de quelqu'autre partie.La tètre attachée trop bas eft celle dont l'encolureremonte trop haut au defitis de l attache desdeux oreilles. L'atrondiffement que forment lesdeux premières vertèbres cervicales , s'oppofe à lavraie attitude. On en approchera à la longue, aprèsavoir fait porter le nez au vent : il n'y a au cun rifqueà donner cette attitude jufqu'à ce que le col fegrandifie & fefoutienne de lui-même, car 1g boutdu nez tombera toujours a fiez.Si la tête eft au contraire trop haute, & que l'occiputfoit plus haut quel atlas, il fera difficile d efaire baifler le nez. Pour y parvenir il faut uferd'une martingale courte, & l'arrondifiement del'encolure viendra de celui de la troifième & de Isquatrième vertèbre^ car à la longue elles s'arron-


ï44 MANdili'ent dans leur longueur: mais ce travail efl difficilepour le cavalier & pour !e cheval.Un grand nombre de chevaux ont beaucoup deganache ,& par là font empêchés de donner dansla main. 11 fan,t av ec ceux-là employer le mêmemoyen que pour la conformation précédente 5 ilsarriveront enfin à la portion, Obfervezque fi aprèsavoir gagné ce pli, vous n'enlevez pas la tète, 11pourra fe faire que le cheval finiiïe par s'armer &s'encapuchonner. Je confeille donc d'enlever ledevant en çliaflam les hanches , afin que le chevalle grandjffe.L'encolure de cerf oppofe des difficultés invincibles; il ne faut point penfer à y remédier. Lecoup de hache eft moins défavantageux : mais onne peut jamais efpérer d'avoir une tête bien aflurée.Le garot bas , charnu & rond , s'il eft accompagnéd'épaules immobiles, große* & mal attachées,s'oppofe auffi à la bonne diipofition du cheval. C'eftune règle générale que, lì ces parties font tropatterées, le cheval a beaucoup de peine à enleverle devant, fur-tout fi les hanches font foibles. Mais,quelque bonnes que foient ces dernières, elles font.bientôt ruinées par les efforts qu'elles ont à fairepour compenfer la pefameur du devant.Les reins bas, la croupe haute, les mauvais jarrets, font autant d'obftacies que la nature oppofe àl'art. Si on vient à bout de placer de tels chevaux,ils ne gardent pas longtemps leur pofition-, & ilsfont ruinés avant que d'être ajuflés.Choififfez donc toujours les plus belles natures :il eft défagréable d'employer fa peine & fes talentsà contredire cette nature qu'il faut embellir fans laforcer. ( Cependant il eft utile de les employer àia reâifier ).Du cheval mené droit & du cheval mené plié.Le devant du cheval eft plus étroit que la croupe.d'environ ijn tiers. Si on appliquoit une règle dechaque côté du cheval, les deux règles ne feroientpoint parallèles. Si on vouloir les mettre parallèles,11 y auroit de chaque côté du cheval un intervalleégal entre la règle & l'épaule de l'animal, dans cecas le cheval feroitbien droitd'épau!e& de hanche.Un cheval qui marcheroit ainfi feroit à mon avisle mieux placé poffible. Mais cette perfediion n'eftqu'idéale. Il faudroit pour avoir une parallèle applicableà nos deux règles, que les deux côtés ducheval fuffent bien égaux, que les jarrets euffentle même degré de refort, les épaules la même liberté, que les vertèbres fuffenî fans aucune inflexiondim côté ni d'un autre. On juge que c'eftdefirer l'impoffible. Mais quand la nature nous offriroitun tel animal , quel eft l'écuyer afîez habile ,aflez adroit pour ofer concourir avec elle à formerce droit fi parfait ? D'ailleu rs cette direélion. droiteaepourroit fervir que fur le droit, & non lorfqu'ilfaut tourner , ou conduire le cheval fur des lignesdifférentes : ainfi nous ne le trouverions pas faciley manier, fi une épaule n'avançoit plus que l'autre._ m v i nIl eft vrai que fi on peut mener le cheval le plusdroit poffible , on parviendra plutôt à mettre lesépaules furies hanches : mais dans les tournants ,il faut de toute nécelfité qu e cette égalité ceflé.Penfons donc à profiter de cette indication de lanature , pour manier le cheval en touts les fens,& ne perdons point de vue nos deux règles parallèles.A niefure que le cheval fe plie , la diftance del'épaule à la règle du côté oppofé au pli deviendradouble, parce que l'épaule du côté du pli toucheraà l'autre règle. L'articulation de la tête avec l'atlas,toutes les vertèbres cervicales & dorfales contribuerontà cet arrondiffement, qui vient plutôt deleur part que de l'épaule de dedans : celle-ci a une, toute autre aäion. On fent bien que l'omoplate &l'humérus font des corps trop folides pour s'arrondir; mais la pofition & le mouvement qu'ils adoptentcontribuent à faire paroître arrondies les partiesextérieures du cheval,Dans l'état de liberté du cheval, s'il va d'un côtéil s'arrondit de l'autre : s'il va à gauche, le pli eft àdrohe ; l'épaule gauche avance , & la droite , fortgênée , prouve que le mouvement de cette épauleeft rallenti. Auffi le cheval porte fur la partie nonpliée , de manière qu'il eft toujours prêt à tomber.Pour obvier à cet accident qui feroit terriblepour l'homme , & afin de facil'ter l'ufage du cheval, il faut le faire marcher du côté où il eft plié,& ce pli doit venir des côtes. Si le col feul eft plié ,le cheval n'en eft pas moins de travers ; & l'épaulede dedans eft toujours reculée, 11 faut la faire avancer.• par-là la jambe fera plus prompte à foutenirla maffe, & a fe porter où il faut- Pour cela, il eftplus naturel & plus facile au cheval de faire pafferl'épaule de dedans fur celle de dehors, que cellede dehors fur celle de dedans. Avec le temps & lafoupleffe , l'une & l'autre manières font faciles ;mais la première eft la plus prompte & la plus commodeau cheval.Lors donc que les côtes font arrondies , l'épauledu côté du pli fe porte en avant, & eft toujoursprête à devancer l'autre, en forte que touts fesmouvements naturels font libres, & le cheval eftdifpofé à les employer.Voici les moyens d'amener le cheval au verità.1blepli, qui n'cft cependant tel qu'après que les' épaules font bien gagnées , & que l'épine du doseft bien flexible en tout fens.Du pli de l'épaule*Tout cheval, dans la conformation de fon col,a des moyens de fe plier. L'attache des vertèbrescervicales , Couvent inégale des deux côtés, demauvaifeshabitudes, & d'autres raifons e ncore,rendent ce pli plus difficile d'un côté que de l'autre;cependant avec delà patience & de l'intelligenceon parvient à l'égalifer : égalité indifpenfablc, fi on veut que le cheval fe mette dans le;deux rênes, Loifquon a donné au cheval la pro


M A Ninìère (onpleße au bridon , il fe prêtera moins difficilementà plier fa tête & Ion col pour la preffiond'une rêne.M A Npli, on fentoit plus la jambe de dehors que celtede dedans, les hanches iroient de ce côté, & lecheval feroit ce qu'on appelle les deux bouts dedans.Ce pli eft faux , parce que le cheval ne peutAprès avoir placé le cheval devant lui, lui avoirenlevé la tête, & avoir formé fon équilibre, fentez pas faire un ufage égal de fes deux jarrets ; carla rêne de dedans , en l'enlevant, Se en la détachantdu col du cheval ; mettez de la fuite & de la maffe fe portant prefque toute deffus , Se. fon acti­celui de dedans eft plus chargé que l'autre , ladouceur dans la preffion du mors fur la barre: sûrementle cheval pliera le col. Le col étant plié, laif-le cheval eft moins beau & moins à fon aile dansvité n'eft point redoublée à proportion. D'ailleursfez tomber la jambe de dedans , prés & le long des ce pli, qui eft généralement défapprouvé.cotes, fans la porter en arriére : vous obligerez parlàl'épaule de dedans de s'enlever & de marcher , qu'ils prennent d'eux-mêmes, & fans les opéra­Quelquefois les chevaux fe préfentent à un pli& alors vous appercevrçz l'arrondiffement du pli. tions de l'éçuyer. Ce pli eft encore faux , parce11 ne faut pas lâcher la rêne de dehors , car le pli que pour l'ordinaire il dénote roideur dans la colonnevertébrale : il faut donc que le cheval fe pliepourroit devenir trop confidérable ; alors il feroitfaux, & les épaules ne feraient point enlevées. pour l'homme.Votre jambe de dehors empêchera les hanches de Il arrive encore qu'après être demeuré plié d.e ,forcir de leur alignement, ik fe réunira à celle de l'épaule quelque temps , fi on lâche la jambe dededans pour porter l'animal en avant.dedans, cette épaule tombe ou s'arrête , & il n'yLes opérations qui déterminent le cheval à fe a plus d'arrondilfement que dans le col ; il eft sûeplier, ont des effets généra ux & des effets particuliers, qu'il eil elTentiel de bien fentir & de bien rappeller le pli par ija rêne & la jambe de dedans.qu'alors le cheval fe foutient bien m oins. Il fautdifeerner.On a beaucoup gagné lorsqu'on tient bien lesL'effet général des ëcux rênes eft d'enlever le épaules : on n'y parvient que par adreffe & nondevant.par force. Cela n'eft point aifé fur les chevaux quiL'effet particulier de chaque rêne eß , pour celle ont les épaules froides, ferrées, & même roulantes.de dedans , d'emmener le pli en dedans ; pour Il cft encore plus difficile de donner le beau pli àcelle de dehors , de le fixer au degré convenable. ceux qui ont le nez au vent, qui ont l'encolureL'effet général des deux jambes eft d'aligner la fauffe, r.enverfée & penchante3 ces derniers n'ontcroupe , & de porter l'animal en avant.jamais de grace.L'effet particulier d e chaque jambe eft , pour Le cheval fe plie-t-il librement, trottez-le fur lecelle de dedans , de faire avancer l'épaule & la hanchede dedans , & de plier les côtes ; pour celle de par un appel de langue, & augmentez l'effet de vosdroit ;& de temps en temps ranimez fa cadencedehors , d'arrêter la hanche qui voudrait échapper. jambes : mais que la main foit légère à proportion.Si l'homme lent & diflingue tous ces effets néceffairesdans le beau pli, le cheval en doit faire place mieux , qu'il s'embellit, & devient bien plusOn doit fentir alors que le cheval fe grandit & feautant. Mais pour l'amener là , il faut ne point léger.brouiller les opérations ; il faut au contraire les lui Il ne faut pas abufer de ces temps , ni les répéterrendre claires par la fimplicité , & les faire toujoursdans une direêlion qu i ne change pas touts refforts, Il y a bien de la diferétion à apporter à cestrop fouvent : il s écrafent les hanches & ruine-nt lesles jours, enforte que la répétition fréquente laiffe, moments, dont on dédommage le cheval en le relâchantenfuiteun peu plus.dans le cerveau de l'animal, des" traces profondesqui ne puiffent s'effacer.Des coins & des doublés.Dans les commencements on eft obligé de mettremoins de régularité & d'accord dans les opérations,jufqu'à ce que le cheval réponde bien à tou­coin. Prendre un coin, c'eft mener fon cheval leDeux murs difpofés à angle droit forment untes en général, & à chacune en particulier . Enfuite plus près poffihledu fom.met de l'angle. Commeil vient au point de n'avoir plus befoin que d'être le cheval ne peut; pas devenir quatre, il ne peut,avifé.pour bien garnir le coin , que paffer fur une portionde,cercle extrêmement petite : opération im-Pour accoutumer le cheval à fe plier lorfqu'il cflToide à une main, on baiffe la rêne de dedans, & poffible, file cheval n'eft très-fouple;très-pénible,on la fait beaucoup travailler, jufqu'à ce que le col lorfqu'il l'eft ; mais très-utile pour le.confirmer dansfoit bien affoupli.Lorfque l'aflion delà jambe opère bien ,que le Pour bien paffer un coin, 1 animal doit etre danscheval conçoit ce qu'elle demande de lui, & qu'il le pli ; fans cel a on ne peut dire que le coin foitfe plie pour elle & pour les deux rênes égales , il pris dans les règles. Conduifez le cheval plié, jufqu'aucoin , avec les mêmes aides qui ont gagneeft confirmé dans le pli. Alors, après avoir égaliféles rênes, on porte un peu la main en dedans ; en ­ fon pli. U n inftant avant que d'arriver, marquezforte que les épaules fe détachent du mur, & Je un demi-arrêt de la main, fans changer le rapportjcheval eft bien droit. Mais fi , pour augmenter le dçs aides les unes avec les autres, Par ce demi-pjuitation j Efcrime & Danfe*1 4 J


i^6M A Narrêt , le clftval fe raff eoira, & fe mettra en force.Dès que vous le fentir'ez léger à la main & bienfout en u , augmentez la pfélìion de vos deux jambes, fans que leur accord celfe d'être le même ;par-là vous accélérerez VsiSion des hanches. Etcomme le cheval e(l déjà arrivé plié , il garnira lecoin, & le paflera fans s' arrêter, ni fans changeria difpofition de l'es membres . A Vinflam oti le che^val paffe le coin , il faut porter un peu la main endedans , afin que les épaules fe remettent fur lanouvelle ligne qu'elles doivent parcourir.11 arrive fouvent que le cheval, même bien mis ,en pnöant le coin lâche fon épaule de dedans, &. lapouiTe en dedans. C'eft une preuve que les vertèbresne font pas affez arrondies , & l'épaule affez•tenue. Dans ce cas il eïl n propos de forcer un peude la jambe de dedans, & d augmenter le pli avecles rênes i de manière que toutes les vertèbres faffsnt,les unes après les autres, un mouvement deflexion en dedans , pour paffer fur une portion decercle qu'on décriroit le plus près du fommet del'angle formé par les deux murs. • *Un autre inconvénient qu'on voit arriver, c/tcelui de laiffer échapper les hanches dn cheval lorfqu'ila pafTé le coin : on fent alors qu'elles frottentle mur, & que fi elles n'en étoient retenues, elleséchapperoient. C'ert une preuve qu'elles ne fontpas affez chargées. ni aflez fixées par les jambes del'homme dans la ligne à parcourir. On remédie àcet accident, en fentant un peu la rêne de dehorspour faire rentrer les hanches , & on les maintientdans leur ligne avec un peu de jambe de dehors,fi celle de dedans les range trop. Si cette dernièrejambe peut être modérée, & fi , en diminuant foneffet, on maintient containment le pli , il fuifirade la relâcher un peu ; alors les hanches , moinsrangées , feront nveux dans la ligne à parcourir.Telle eft , à mon avis , la manière de paffer lecoin. C'eft la plu; brillante , parce que le chevaln'arrête point , & qu'il eft toujours dans le droitle plus parfait. Mais ces beaux moments ne fontréfervés qu'aux chevaux fou pie s , liants , & pleinsde bonne volonté. Ceux dont les épaules fon gênées,les reins foibles & roides, les jarrets délicatson douloureux , ne fauroient paffer le coinrégulièrement. Il faut d'ailleurs ne foutnettre lecheval à cette épreuve, que dans un âge & à undegré de fouplelle qui nous Taffenr espérer qu'il nefouifrira pas quand on la lui fera fubir. - •Il y a des écuyers qui, en paffant le corn , élargiiîenfle cheval arec la rêne de dehors, & y portenti'épaule de ce côté, èttforré que cette épaulefe rapproche du mur ; pendant ce temps ils dégagentle col & la tête a vec la rêne de dedans, &tirent les épaules en portant la main en dedans.Màis cette dovnpUcàtion d 'aScs miit à la fimplicitédu travail, & interrompt l'allure d u cheval. Deplus, comme nous l'avons dit précédemment, enrapprochant du'mur l'épaule de dehors, il y a untiers des hunches qui rentre en dedans : ainfi le che­M A Nval eft néceffairement de travers ; & pour remettreenfuite le cheval droit, il faut que les épaules parcourentun grand terrain.Par les moyens que j'indique , le cheval a toujoursles épaules à une égale diflance du mur ,puifque le principe de mon paffage du coin eft lebeau pli bien gardé. Le col & les épaules , étantbien difpofês , y entrent facilement, & en fortentd'eux-mêmes : c'eft à moi à ne pas laifler tomberl'épaule de dedans.Pour accoutumer le cheval à fe foutenir & àbien garnir le coin , je l'exerce au pas , & je letiens même dans le coin quelque temps fans enfortir, en le careffant, & en lui faifant comprendre, par la fixité de mes aides , que je lui demanded'y refter. S'il force la jambe , & s il v eut mettreles hanches dedans, c'eft à moi à avifer aux moyensde lui faire refpeéler mes opérations , & de lui donnerde l'attention. L'animal cherche fans ceffe à fefouliger ^ & comme il fait tirer avantage de fes propresfau:es même , dès qu'il s'apperçoir que lecavalier lui en pardonne quelqu'une, il cft prompt& induftrieux à en commettre de nouvelles.Des doublés.Les doublés font des coins pris dans un endroitquelconque; & ils fe prennent parles moyens quifont paffer le coin au cheval. Il faut (çavoir doublerpar-tout , & n'avoir pas befoin d'un mur pour exécutercorreflement.Dans le paffage du coin , comme dans celui dudoublé, la jambe de derrière de dehors fatiguebeaucoup. C'eft celle qui fert de point d'appui àtoute la m affé ; aufli cft elle toujours prête à manquerfon office , fi la rêne de dehors ne la fixe dan&la poftion où fon reffort efl bien compofé. La jambede derrière de dedans fatigue moins.Sonvênt le cheval laiffe échapper fes hanches,& s'abandonne les épaules en dedans ; alors elles vvont trop, & les hanches ne les portent plus, ilfaut dans ce cas redreffer le cheval en enlevant ledevant, & en 1 elargifl'ant par le port des deux rênesvn peu en dehors. Dans ce moment la j ambede dehors fe fait femir ; & fi le cheval y réfifle , ileft bon alors de le pincer de l'éperon , afin qu'il f elaiffe foutenir par cette jambe.C eft une aélion difficile pour le cheval que detourner en s'arrondiffant & en fe plaçant convenablementfur fes. jambes. Cependant il faut être mainede toutes fes parties dans cette aélion , fans quoion ne peut être, affuré de pouvoir en tirer du fervice, ni de le conduire à fon gré.De V^paule en dedans le leng du mur,Lorfque le chev::l a été préparé par les moyensque nous avons donnés 'ufqu'icr, on peut aifémentletravailler l'épaule en dedans Et il eft tempsde chercher à donner un affo u pli fferri Silt completà touts fes membres, en les maniant les uns aprèsles autres.


M A NJe prie d'obfcrver que le principe de toutes mesleçons eli toujours le beau pli de l'épaule , &qu'elles en dérivent toutes. Quand on ne donnerapoint les autres leçons, que celle du pli de l'épaulene foit bien comprife & bien exécutée par lecheval, on aura la fatisfaäion d'obtenir de lui uneobéiffance prompte & facile.Le cheval étant bien placé fur fes jambes, bienplié, & autant dans les deux rênes qu'il fe puilTe ,je porte les deux rênes en dedans, en les enlevantun peu : par-là les épaules s'éloignent du mur , &le pli augmente plus ou moins, felon que je continueà porter la main en dedans. Ma jambe de cecôté contient les côtes dans leur arrondiflement,& celle de dehors travaille avec elle, mais plusfoiblement, pour contenir les hanches, & porterl'animal en avant.Le cheval ainfi difpofé , j'augmente l'aide de majambe de dedans. Cette jambe alors remplit troisfondions qu'il eft important de bien diftingusr &


Ï4§ MANmeure su point cju il cherchc % tourner, Sc cjXi il l eferoit fi la rêne de dehors ne venoit au fecourspour élargir l'épaule de ce côté. La jambe de dedansde derrière du cheval travaille plus que lesautres, puifqu'elle parcourt le plus grand chemin,tandis que fa veifme fert le plus fou vent de pointd'appui. Ainfi l'objet de cette leçon eft de donnerdu développement à l'articulation du fémur Si deses du baffin. ,H faut obferver que fi le cheval n eft bien enleve,il traîne la jambe de dedans de devant, & s'appefantitfur fa voifine ; qu'en outre fon travail eft mou,& deftruäif du bel équilibre ; & ur-tout f que , fil'articulation fe dénoue dans l'arrière-main, le reffortne s'augmente pas, puifqu'il eft alors peu comprimé: ce qui eft contraire au but de tous ces mouvements& de toutes les leçons la croupe en dehors,dont l'objet principal eft de donner la plusgrande èlafttcité aux jambes de derrière , qui par-làfe fortifient, & deviennent d'an ufage plus sûr ikplus agréable pour le cavalier.Ou fait précéder les hanches par les épaules ; &après plufieurs pas on remarque que ces dernièresfont éloignées du centre, parce qu'elles ont marchéun peu de côté : alors en rapportant ta main en dedanson les y ramène. Si les hanches précédoient,la rêne de dehors, ou l'enlever de la main redrefferoitle cheval, & le placeroit comme il doitl'être.L'homme qui fent bien , & qui fait diriger fesopérations , fait avec un cheval fouple deux cerclesnon interrompus & bien formés, l'un avec les„hanches, l'autre avec les épaules ; enforte qu'à chaquepas les deux extrémités embraflent un terrein'proportionné à l'étendue refpeSive des cercles* M A Nen donne d'écartement aux d.ux jambes de dcVStflou de derrière, plus on les ménage , Si plus ontient le cheval d'aplomb : mais aufli, en les éloignantl'une de l'autre, on développe davantage 1 articulation& les mufcles qui la meuvent.C'eft à l'écuyer intelligent à régler fa leçon furla nature de l'animal qu'il dreffe. On ne fauroit luidonner de règles certaines fur cela.De VEpaule renverfée , fur la ligne oblique.La leçon du pli renverfé conduit à celle-ci Si eiieft le principe. Prenons donc le cheval allant àdroite & plié à gauche. Au lieu de le faire chemineravec la jambe qui eft la plus près du centre du manège, lai (lez-la lé mollir , Si fentez davantage cellequi lui eft oppofée , & qui eft devenue par-là cellede dedans, puifqu'elle donne le pli. Enlev ez lesdeux rênes, en élargiflant d e celle de dehors , 8{pouffez le cheval de côte avec la jambe de dedans.Toutes ces aides bien enfemble feront donnéesdans le même temps , fans dureté , fans à-coups 6cfans preffer le cheval ; car il faut que l'animal, avantque de fe décider, ait le temps de fe raffeoir Si defe mettre en force. La main doit travailler plus queles jambes, mais fans arrêter le cheval.Toutes ces opérations étant bien exécutées , onfentira que le cheval marque un demi arrêt en fegrandiffant, qu'il s'arrondit, qu'il paffe la jambe dededans de devant fur celle de dehors, & va la placerdu côté du centre du manège. Enfuite celle dededans de derrière en fait autant. Les épaules fon;bien plus éloignées que les hanches, du mur qu'onquitte ; & fi ou cominuoit ainfi , on formeroit unefuite de pas obliques , d'un mur à l'autre.Dans cette leçon , on obferve de pouffer le che­qu'elles parcourent : c'ef t la perfeétion de cette leçon, fur-tout fi la cadence & l'harmonie des mouvalde côté ; car fans cela il ne chevaleroit pas. Ottle met bien dans fon aplomb, afin qu il ne fe culbutepas de côté ; & on ne donne pas un pli excefll'fvements répondent à l'uniformité des pas.Les chevaux foibles des reins font marcher lesau col pour ne point trop gêner l'aflion de la jambehanches fans les épaules , parce qu'ils les prennentde dedans. La colonne vertébrale fe plie Si s'arronditpour la jambe de dedans de l'homme , Si pref-pour lotir point d'appui : c'eft un défaut très-grand.Dans ce cas l'animal nous avertit de différer cetteque fans le fecours de la rêne , pour peu que l'animalait été exercé. Le derrière Si le devant doiventleçon & de la donner modérément, car elle fatigueextrêmement le train de derrière.s'accompagner à chaque pas, afin de former la ligneoblique.' £ n effet, îorfque le cheval travaille fur le droit,chacun de fes membres parcourt à-peu-piès la mêmeétendue de terrein k tous les pas ; il fe charge De VEpaule renverfée , fur le cercle.de la mafie Sc la rejette de manière à être foulagepromptemerit, & les efforts f ont partagés. Mais Si , après avoir accoutumé le cheval à la leçondans les leçons, furie cercle la croupe en dehors , précédente , on vent la donner far le cercle , onle derrière, qui a plus de terrein à embrafler que le arrêtera un peu la main en l'enlevant Si en élargiffantde la rêne de dehors : alors le cheval fe fixeradevant, eft chargé plus longtemps fi l'animal eftbien placé, & la jambe qui travaille le plus a de plus davantage fur les hanches ; & comme dans cet inftanton donnera un temps de jambe de dedans pourgrands cäorts à faire, & eft plus longtemps horsde Ton aplomb : car plus une jambe eft éloignée de augmenter le pli Si pouffer d-e côté, les épaules décrirontune portion de cercle autour des hanches;fa voifine, plus elle elt fatiguée par l'extenfion desituifcles Si des Ugaments capfulaires, & par l'effort En continuant on formera le cercle.des mufcles adduéteurs dans l'aflion de fe rapprocherde l'autre ; celle-ci même fotiflVe , parce qu'elle vant , afin d'afûijettir les hanches, fans quoi ellesOn aura l'attention de toujours élargir en enle­porte le poids bien plus longtemps. Ainfi , moins oublieroient leur principale fonâion, & le cheval


M A Ntraîneroit la jambe de dehors de devant, au lieu del'enlever pour la faire marcher.Dan cette leçon comme les jambes de derrièrefont pins occupées à porter qu'à embrafier du terrein, elles ne font pas très-fatiguées ; auffi leurs articulationsne s'afloupliflent-ellés pas. Les épaulesau contraire travaillent plus ; mais comme ellesdoivent être bien vnlevées, elles ont plus de facilitéà agir.Cette leçon , comme on le voit, eil moins ruineufepour le cheval que la précédente ;& elle gagneplus les épaules , puifqu'elles ont plus de mouvementsà faire. C eft aulfi , à mon gré, une desmeilleures de 1 equitation , & celle qui rend le chevalle plus maniable en tous fens ;dar s'il la connoitbien , on pourra le mener de tous côtés fans aucunedifficulté. On peut la donner au pas , au trot & augalop , fans ruiner les jarrets , pourvu qu'on s'y entende.11 n'en eft pas ainfi des autres.Jufqu'au moment où j'ai parlé de plier le chevalpour lui procurer la première fouplefîe, mon travailétoit préparatoire , & devoir le difpofer à des leçonsplus régulières , plus pénibles aufli, pluspropres à lui donner l'extrême fouplelîe & le finiqui contribuent aux belles af lions. Jufques-là j'avoisfulvi la nature avec attention, faifant fuccéderles leçons les unes aux autres , felon qu'elleme les indiquoit, & chaque leçon fervant de bafeà celle qui la fuivoit. Le cheval faifoit ainfi tous lesjours de nouveaux progrès fans fe fatiguer.J'ai fulvi la m ême méthode à mefure que monmanège eft devenu plus fa vant &. plus difficile;car la leçon du p'i eft le principe de toutes les autres.Lorfque le cheval la connoît bien , il peutpaffer fucceflivement aux fuivantes ,& par-là on leconduit infenftblement à toutes celles dont l'objeteft de mouvoir l'épaule de dedans fur celle de dehors: but ef t'entiel des leçons de la troifième daffe.Auffi avons - nous principalement fait agir cetteépaule dans toutes les pofitions que peut prendrele cheval.Ces leçons ont une grande resemblance, foitpour les aides à employer, foit pour les aóìions ducheval. S'il les exécute bien toutes aux deux mains,il a acquis une grande foupleffe , & on eft alorsmaitre des parties de dedans.Mais il refte encore à faire agir celles de dehorsfur celles de dedans, ce qui eft plus difficile) & nousavens dû commencer par les chofes les plus fimples,d'autant plus que les leçons que nous venons ded crire , fervent d: bafe à celles que nous allonsexpofer.Comme les premiers éléments nous ont conduitsaux travaux dont nous avons déjà parlé, je me fuisfait une loi de mettre dans cet ouvrage un ordreconforme à celui que la nature exige de quiconqueveut la conduire à une plus haute perfectionen fuivant les indications qu'elle lui d onne.Céft ainfi que doit faire l'écuyer, & ne pas entreprendrelégèrement une leçon quelconque , fansM A N 1 4 9avoir obtenu préalablement les développementseffentiels qui peuvent la faciliter.D'après ce principe , nous continuerons de fairefuccéder les leçons, les unes aux autres , dans l'ordrele plus propre àfoulager l'animal en l'inftruifant.L'expérience fera voir que je ne précipite rien,& que par l'arrangement de mes travaux j'accélèreles progrès, & même que je m'affiire du fuccès. Cependantje ne blâme la méthode de perfonne , &je m'interdis toute critique : chacun a fa manièrede voir.Ds l'achèvement du Cheval.Dans les leçons précédentes, la jambe de dedansdu cheval a pafTé fur celle de dehors , & l'épaulede dedans étoit plus enlevée & plus portée enavant : l'épaule , la jambe & tout le côté de deho rsétoient retenus & arrêtés. Il s'agit afluellement deconferver à la partie de dedans fon pli , fon arrondiflement,& de faire paffer la jambe de dehors pardeffuscelle de dedans.Acheminons le cheval à ce nouveau travail, encommençant par les aftions les plus faciles, fuivantla méthode que nous nous fommes preferite.Du Changement de main d'une pifle.Le changement de main eft l'aiSion par laquellele cheval fe déplie & fe déplacé d'un côté, afin defe plier & de fe placer de l'autre. Pour produirecette aflion dans le manège, on quitte le mur oùon eft, pour aller gagner le mur oppofé & travaillerà l'autre main. Le chemin décrit par le cheval eftune ligne oblique.Le cheval étant, le long du mur, bien plié Sebien placé , à l'inflant deftinéà le lui faire quitter,on enlève les deux rênes, & on porte la main endedans : par-là, le cheval eft fixé fur les hanchesil fe grandit, & porte les deux épaules en dedans'en les éloignant du mur. On contient fon pli avecla jambe de dedans; & celle de dehors venant àl'aider, l'animal parcourt d'une pifte une ligne oblique, les hanches fuivant les épaules.Le cheval marchant ainfi, avance l'épaule de dehorsplus que celle de dedans, qui fe trouve par-làplus retenue & plus gênée. Le principal point d'ap.put eft la jambe de derrière de dedans : le re/Tortqui pouffe & agit le plus, eft le jarret de dehors.Le jarret de dedans fatigue davantage , quoiqu'iln'ait pas la peine de re etter la maffe fur l'a utre ;mais comme il la porte toujours, la compreffioncontinue lui eft fenfible.Quelques pas avant que d'arriver à l'autre mur ,on travaille à changer le pli & les aides qui le donnoient,Pour cela il s'agit de fentir la rêne de dehorsen relâchant celie de dedans. Le pli diminue,& change par ce moyen. On le décide par une preffionde la jambe rlevenue de dedans , & par l'enleverde la rêne devenue de dehors ; puis, avec lesdeux :ambes approchées n linftant où on arrive aumur, on remet le cheval en avant.Par cette leçon, on voit que je déploie l'épauîe


ï c oM A Nde dehors , qiiî, dans les leçons de la III' claffeavoit toujours été retenue & reculée par la manièredont je pliois le cheval, & dont je failbis faillir fonépaule de dedans. J'habitue ainfi l'animal a une actioïl nouvelle , principe du travail de deux piûes,Oi objet des leçons de cette IV e claffe.Cette leçon-ci eft fort douce, & il n'y a pointde çheval, plié Si un peu arrondi, qui ne l'exécutefacilement.Il n'en eft pas ainfi de la fuivante ; s'il n'eft dejagagné dans les épnules^ il fe défendra : mais on préviendrafes caprices avec l'attention de ne la donnerqu'après avoir obtenu de lui une entière obéiffanceaux leçons de la troifième claffe, & en nelui demandant que ce que la nature lui permet defaire, Si ce que l'art lui a appris par gradation.Des Changements de mains de deux pifles.Je commencerai par avertir que les aides dont jeviens de me fervir, ne font pas celles que j'emploielorfque le cheval a acquis toute la foupleffe &toute l'intelligence que je delire : mais elles étoientles plus propres à l'y conduire. C eft pourquoije diftingue le cheval mené de deux piftes pour lajambe de dehors , & le cheval qui s'y porte foutenude la jambe de dedans. Je confeille la premièremanière pour commencer : avec l'autre , on finira,on.ajuftera & on perfeflionnera le cheval.Pour aller de deux piftes , il faut que le chevalplié , porte la jambe de dehors un peu en avant del'autre, en croifaiit plus ou moins par defluì;&que la même chofe s exécutant dans le train dederrière , celui-ci foie détaché du mur en mêmetempsque le devant, & l'accompagne toujoursfans quitter la difpofition première qu'on lui a donnée,Voici mes opérations pour la jambe de dehors.Changement de main de deux plßes pour la jambede dehors.Je marque un demi-temps d'arrêt ; je déterminetes épaules en dedans, en enlevant la main , & endétachant & fentant la rêne de dedans , & je placeje cheval dans l'attitude de l'épaule en dedans. Jele contiens avec la jam be de dedans qui garde lepli : puis je laiffe tomber plus ou moins fort majambe de dehors , qui force la croupe du cheval àaller en dedans. Rendons compte des motifs deces opérations.Si l'épaule de dehors n'eft enlevée iV avancée ,la jambe de ce côté ne pourra chevaler : c'eft la raifonde l'enlever des deux rênes. Si l'épaule de dedans, qui concourt au pli, Si. qui par cette difpofitiontenda avancer, n'eft retardée , elle s'oppoferaà la marche de la jambe de dehors ; c'eft ce quioblige de fentir la rêne de dedans. Comme tout lepoids le porte fur la jambe de derrière de dedans ,fans l'aflion de ma jambe de dedans elle perdroitfon reflbrt, & fans une forte predion de l'aide detu3 jambe oppofée, les teins ne s'arrondiroientM A Npoint, & la croupe n'iroit pas en dedans, parceque l'animal n'a pas encore l'idée de ce travail.Les premiers jours il re nife d'obéir à la jambe dedehors ; il eft bon de lui faire fentir l'éperon afinqu'il craigne cette jambe, & en même temps onfixe fon pli, en afin rant & en détachant la rênequi le donne. On répétera ces aides jufqu'à ce quele cheval s'arrondiffe volontiers. Alors il ne réiifteraplus à la ja mbe, & il la prendra bien.On doit alonger ces premiers changements demain, afin qu'il s'accoutume à les faire bien enavant & fans fe tenir; d'ailleurs cela le foulage. Ileft à propos que la jambe de dehors chevale complettement,afin de faciliter cette aéiion ; ainfi, ondonnera au cheval tout le temps d'agir fans lepreffer.C'eft ainfi que je prépare le cheval. Je conviensque ces opérations ne le mettent pas dans un parfaitaplomb; car pour qu'il chevale , je fuis obligéde lui donner un très-grand pli avec ma rêne dededans , & de contenir les hanches avec la jambede dehors, ce qui le met les deux bouts dedans.Mais il n'y a pas d' autre moyen de réuffir & del'acheminer à un travail plus parfait. Le cheval, ileft vrai, s'écrafe fur les jambes de dedans ; mais ilarrondit la colonne vertébrale & dénoue l'épaule dedehors. C'eft à moi à ne le pas tenir trop longtempsà une leçon défeétueufe , qui n'eft utile quepour un temps.Changement de main de deux pißes peur la jambede dedans.C'eft ici une autre combinaifon d'aides, & d'au-itrès réfnltats dans les aéiions du cheval.L'animal ira de deux piftes fans chevaler, en pofantle pied de dehors un peu en avant, & vis à visde celui de dedans ; & l'épaule de ce côté fera déployée,autant qu'il fe pourra, afin que tout marcheenfemble.Pour y parvenir, après avoir redreffé & enlevéle devant avec les deux rênes , je fens un peu cellede dehors ; je chaffe de la jambe de dedans, & j elaiffe tomber l'antri très-doucement. Ma rêne de dedansn'a que très-peu d'adlion , & el le ne fertquepour l'enlever du devant ; à moins que le pli ne feperde , ou ne diminue trop. Mes aides dominantesfont la rêne de dehors, qui arrête ce côté & fixe famaffe fur la jambe de dehors ; & ma jambe de dedans, qui plie & enlève l'épaule & accélère l'actiondelà jambe du cheval parla comraâion desmufcles abdominaux, qui, étant touchés , fe con?-tratient toujours. Il ne faut pas croire que la rênede dehors mène en dedans ; ce n'eft pas a ffondlion :mais les deux épaules étant déterminées à s'y porter, cette rêne ne fait que retarder la marche del'épaule de dehors. Cela étant fait, la crainte que lecheval aura de l'éperon de dedans l'engagera à yporter les hanches , mais fans fe jetter fur le jarretde dedans, parce que ce jarret, dont l'aflion e/1augmentée par ma jambe de ce côté, ne refte pas


M A Nlongtemps fans fe mouvoir, & il le fait en avant.D'ailleurs avec le foin de porter toujours la mainoù l'on va , on fait devancer les épaules. On diminueauili cet arrondiflement total qui mettoit lesdeux bouts dedans , & e l cheval eft dans un véritableéquilibre mobile en tous (ens: preuve qu'aucunmembre n'eû excelîivement chargé.Dans ces leçons, c'eft la jambe de dedans quis'élargit, & qui par conféquent fait une atiionqu'elle n'avoit pas exécutée jufqu'à préfent. C'eftdonc encore un mouvement naturel que nous perfeâionnons.Rien n'eft plus propre que cette leçon à bien fairetonnoître les jambes à un cheval-, carl'aéiiondecelle de dedans, qui ne doit pas le laiffer en reposqu'il ne faffe bien cheminer tout ce côté , redoublefon attention , & augmente fes refforts. To ut chevalpeut l'exécuter, mais plus ou moins bien felonla bonté de fes épaules ; car fi elles font libres, lederrière eft toujours affez bon. Avec le temps il feplacera, & feconderà ainfi le devant.Comme le propre de cette leçon efl (le faire cheminerle cheval autant en avant que latéralement,l'animal fatigue moins qu'à aller uniquement decôté: ainfi on peut la répéter trés-fouvent, maisfans exiger trop à-la-fois. S il parvient àia bien exécuter, on pourra alors lui faire fuir les talons d'unmur à l'aune.Du Travail de côté d'un T alon fur tautre.Dans la leçon précédente, le cheval, en allantda côté, gagnoît du terrein en avant, ce qui donnoità fes épaules une efpèce de déploiement , enmême temps les jarrets étoient moins de tempsdans l'état de flexion , & tout le reffort étoitmoins longtemps comprimé de fuite. Ici il eft tenuplus ftriâement fur les hanches : dans la détentedu reflbrt, il ne pouffe pas la maffe fi en av ant,elle retombe dans le même endroit ; & épaules,après avoir pris la pofuion conforme à la diredtionqu'on prétend leur donner, n'en changent pas,jufqu'à ce qu'on ceflé le travail. Voici comme j'opère.Après avoir mis le cheval très droit, je le pliecomme à l'ordinaire : je marque un demi-arrêt ; jeporte avec les deux rênes les épaules un peu en dedans, afin qu'elles marchent les premières,puis enanimant le cheval, je laifle tomber mes deux jambescomme dans la leçon fuivante, avec cette différenceque leur ufage principal eft de maintenirl'an mal dans fon attitude , car elles ne doiventpoint, accélérer fa marche , puifque l'effet d e lamain eft fur tout derejetter la maffe furie derrière,en arrêtant le devant, & en lui preferivant la routequ'il doit fuivre. Le premier temps étant bien fait,tout* les autres pas fuccèdent aifément avec lesmêmes opérations.Si l'homme ne conferve pasta pins grande régularité,l'aplomb le plus parhiit-& le foutien le plus'-'gai dans fa pvfuivn, il rendra le cheval incertainM A Nï r fStinexaft dans fon travail. Le cavalier bien maîtrede fon propre équilibre , ménagera la predion defes cuilies, car fouvent elles agi (lent trop , & parlà,portent trop en avant ; il s'enfuit que l'animalne peut pas s'alieoir comme il convient pour cetteleçon , qui exige de fa part un équilibre parfait ,lequel eli perpétué par l'exécution du cavalier &par le mouvement des jambes du cheval , qui s'écartentpeu öt font trés-voifmes de leur point d'innix',on: ce qui fuppofe de fa part une grande foupleffe, & de la part de l'homme une difpofition ,dont l'objet (bit de foulager l'animal par une jufterépartition de la maffe fur fes appuis. Il le maintientdans cette jufteffe, par un léger attouchement defes jambes, qui ne font que diriger & foutenir.Souvent la volonté du cheval efl fi grande , qu'ilfe porte trop de côté & rop t vite : alors notre jambede dedans acquiert une dellination que nous ne luiconnoiffions pas ; elle arrête le cheval, en la lui faiiantfentir ferme. Il trouve alors une force qui arrêtefon ardeur, il fe calme, fe replace, & felaiffe g uider au gré du cavalier. S'il vient à poufferles hanches en dedans, & à les faire marcher lespremières, l'aide de la jambe de dedans l'arrête ; 8cli en même temps on porte les deux rênes en dedans, on y conduit les épaules , 6c l'animal eAdroit autant qu'il fe peut.Ce travail doit fe faire de bonne volonté de lapart du cheval: s'il faut le forcer, on ne réufilrapas.Si je veux reporter le cheval fur l'autre talon ,voici mon procédé. Etant à l'autre main, je le porteen avant deux pas avec ma jambe de dedans quiarrête fon allure de côté; en même temps je leredrefîe dans mes deux rênes, je défais fon pli, jele replie à l'autre main , &, en portant les deuxrênes en dedans, je le fais cheminer comme s'ilcommençoit la leçon.C'eft un bon moyen pour l'accoutumer à êtreattentif, que de varier lé lieu de ce travail, de l'arrêter,de le reprendre, dele changer de mairi dansrouts les endroits du manège, afin d'éviter touteroutine. S'il en contracte , il ne travaille plus quepour lui , & il oublie les ordres de fon maître.C'eft une règle généta'e , que pour changer l'étatde la leçon qu'on donne aél'uellemènt a u cheval, il eft néceflàire de le redreffer, pour lui donnerune autre difpofition. En effet, il eft obliged'arranger fes membres relativement au travail qu ilexécute : tel ordre convient alors , qui s'oppoferoich une opération contraire. Pour l y conduire ,&même lui faciliter quelque leçon que ce foit, ilconvient de le mettre dans la (ituation d'où ellesdérivent toutes : cette pofition eft détre droit d'épaule& de hanches > alors on donne au cheval telpli qu'on delire , & on le manie avec facilité.1II eft expédient de changer fouvent la leçon aucheval, de le faire paffer d'un travail à un autrefans le laiffer s'accoirtumer à un genre d'exercice:il s'y endort & perd fon attention.


151 M A NQuelques écuyers préfèrent la leçon de la croupeau mur à.celle que nous venons de décrire , parceque le cheval manœuvre par les aides de 1 homme ,& qu'il n'efi pas contenu par le mur : cela eft vrai ;niais cet avantage eft également procuré par la l e­çon d'un mur à l'autre. Celle dont il s agit n endiffère que par le paffage du coin , que je fais ainfi.Arrivé à l'endroit où je veux le prendre, j'enlèvela main pour affurer le devant, & le porterfur les hanches ; alors je les pouffe en dedans , deforte qu'elles décrivent une portion de cercle plusgrande que celle des épaules, dent je diminue leM A Npli, & queje'rallentis par l'effet de la main ; puis jeDe la tête au mur*continue ma leçon.On a foin de tenir le devant comme fufpendu ,Après cette leçon , nous faifons paffer le cheval afin qu'il ne devienne pas le pivot autour duquelà une autre plus Aride & plus pénible. Au lieu de tourne la croupe.le porter de côté, d'un mur a l'autre , fans captiverNous avons en vue, dans nos précédents travauxl'a marche en avant autrement que par la mainde la bride , ici il trouve l'impénétrable refinanced'un mur, A cela près les opérations ont le mêmerapport que ci-deffus, feulement les jambes fontplus d'effet que la main , par la raifon fimple que lemur engage plutôt le cheval à reculer qu à avancer.Le but de cet exercice eft d'obliger le cheval às'affeoir de lui-même & fans le fecours du mors.Bien des écuyers défapprouvent cette leçon : jecrois qu'elle peut e tre utile dans bien des cas, &qu'en l'employant avec difcrétion , il pe ut en résulterbeaucoup d'utilité ; mais il faut une grandeprudence.La leçon fe donne d'une extrémite du mur al'autre, par les mêmes moyens ; & alors on redreffele cheval, & on le met à l'autre main, comme dansle travail précédent.Si on veut paffer le coin, & remettre le chevalfur l'autre mur , voici comme on s'y prendra., de perfeétionner , par une habitude artifi­cielle, les mouvements dont la nature a doué lecheval. Nous délirions les développer, les rendrecomplets , & les approprier aux fervices que nousattendons de cet animal. Notre projet eft-il r empliì notre fpéculation Se nos fuccès font-ils d'accordiPour en juger, confrontons les mouvementsde la nature encore brute, avec ceux que nous ontprocurés les leçons du manège.Chacune de celles que nous donnions à l'animalavoit pour objet principal l'affoupliffement d'unmembre. Nous avons d'abord placé l'animal fur fesjambes, conformément au méchanifme de fes actionsnaturelles : nous avons en fuite do nné à foucol, par le moyen du pli, à fes jambes de devant8c de derrière, ainfi qu'a fa colonne vertébrale ,toutes les flexions & les mouvements indiqués parla nature, & que le fecours de l'anatomie nous afait c opnoître, Nous avons varié les attitudes duOn contient les hanches de droite & de gauche , cheval, afin de l'obliger à varier fes a étions ; &par l'approche des deux jambes ; puis en enlevantles deux rênes, &en les portant en dedans, on faitdécrire aux épaules une portion de cercle plusgrande que celle des hanches. En trois ou quatrepas au plus, on a paffé le coin , Si on fe trouve àpailla il nous a été poffible de les perfeflionnertoutes. Nos moyens & nos opérations ont été lesplus fimples & les plus relatifs au x fenfations ducheval, ainfi qu'à la conformation de fon fquelette.Jamais nous n'avons voulu produire des effets parun autre mur. „ , . , . hafard : le raifonnement nous a conduits ; &. nousOn doit éviter , en paffant le coin , que le chevalne s'accule, au liev de fe porter en avant : lamain légère & douce y remédiera. S'il vient à laifferéchapper fes hanches, on les- contiendra avec lajambe de dehors : mais il vaut mieux prendre toutesles précautions pour les maintenir, que de fevoir réduit à cet expédient,Il faut dans cette leçon fe foutenir fol-même, &conferver foigneufement la bonne pofnion ; car fiavons exigé de l'animal une obéiffance te lle quefa naturç le permettoit.Nous n'avons preferit aucun terme pour obtenirde lui cette obéiffance. Prétendre le dreffer en peude temps ; fixer une époque pour donner une leçon,& paffer fucceffivement par tours les degrés ;efpérer amener touts les chevaux au même point ;c'eft ignorer l'art & la nature. Il eft difficile de parvenirà bien finir un cheval d'un bon naturel, àon perd le centre de gravité du cheval, on arrête moins de deux ans d'un travail fage & réfléchi ;fa belle exécution. Il eft contraire au bel enfemble , fouvent même ce temps ne fufHt pas. Cependantde jetter les feffes en dehors : la règle générale entout, eft de fe placer do manière que la colonnevertébrale foit d'aplomb fur celle de l'animal.De la croupi au mur.on peut tirer du fervice de l'animal, fans qu'il aitacquis toutes les perfeâions de l'art, Mais on nedoit pas regarder comme drefié celui qui n'a d'autreavantage que d'être affoupli par les ufages journaliers, quoique fon utilité foit plus réelle. Uncheval bien fini, bien jufte , & brillant dans fesmouvements , prouve l'art du cavalier , & la facilitéqu'jl a à trouver des reffources dans l'animal.Les ménagements & la modération de l'écuycrdans fon travail, font plus propres à accélérer lesprogrès du cheval que des leçons longues & fouventrépétées. La douceur & la patience déterminentmieux cet animal' à obéir que les coups & lesprocédés violents. L'expérience engage l'homme àfe fervir de la voie de la perfuafion : il femble quele cheval fe rende volontiers aux bons traitements,& qu'ils étendent fon intelligence.Dû


M A NDu MANÈGE. (THIROUX)La furface d'un manège préfente un qmrrélong,entouré d'un mur, & formant quatre anglesdroits , qu'on nomme les coins. Ainfi, pour affeoirun manège régulier , il faut en tracer la largeur furla moitié de fa longueur. On nomme la pfâ ggg gle chemin que les chevaux frayent le long du mur.Vers l'un des bouts, & quelquefois aux deuxextrémités du manège , on trouve deux piliersh h h h , hauts de fix pieds , efpacés de cinq, &plantés au milieu de la portion du terrein qu'ilsoccupent, afin de ne pas gêner la manœuvre quis'exécute fur la pifte. Comme le chef de l'académiefe tient ordinairement aux piliers, on a foin dyfufpendre le fouet d'ufage au manège, diftinguépar le mot chambrière, dont il a feul le droit de felervir i i. L'utilité des piliers n e fe borne pas àmarquer la place de l'écuyer, & à foutenir lachambrière , leur véritable deftination efl de recevoirun cheval dreffé à fauter , qui en retient lenom de fauteur dans les piliers, fur lequel onéprouve la tenue perfeélionnée par la g rande habitudedu trot. Pour ne rien omettre de ce quientre dans la conßrufHon d'un manège, il nousrefte à décrire la levée kk, qui eft un efpace quelconqueréfervé en dehors des limites de la carrière,où les académifies, lorfqu'ils font montés à cheval,viennent attendre l'infiant de commencer leurleçon , & d'où ils peuvent examiner tout ce qui fepaffe dans le manège.M A N 1 ^ 3fur chacun defquels il fait deux temps de travail,sppellés reprifes, parce qu'ils f ont féparés par unintervalle ; qu'ainfi la totalité d'une leçon comportefix reprifes exécutées fur trois chevaux différents.Il fait enfuite que chaque reprife eft coupéepar deux changements de main, enforte qu'entaméede gauche h droite, après la première divifionelle fe continue de droite à gauche , jufqu'à ce quele fécond changement de main oblige à la finir tellequ'elle a été commencée. Il fait enfin que, nonfeulementle dehors eft le côté de la pifte qui règnele long du mur , &, conféquemment, le dedanscelui qui borde le manège , mais encore que cettesdénomination pafte al ternativement à toutes leuparties du cavalier & du cheval : c'eft-à-dire, qu'aecommencement de la reprife, où l'on fuit la pifisde gauche à droite, le dehors eft à gauche ; qu'aprèàle premier changement de main, le dehors paffe ;droite, puifqtVon ch emine de droite à gauche',finalement qu'à la fuite du fécond changement 'toutes chofes étant remifes dans leur ordre primitif, le dehors fe retrouve à gauche & le dedan S -à droite.Cette digreffion finie en même temps que lareprife de ceux qui occupoient la carrière , le motcntrei, que l'écuyer vient de prononcer, s'ad refteà l'élève , & l'avenit de l'inftant o ù il doit commencerfa leçon. En conféquence , ce dernier raffemblefon cheval, Se le porte en avant pour ouvrirla première reprife qu'il entame, ainfi qu' il eftd'ufage, en fuivantla pifte de gauche à droite.Comment on fa'ue.Commint on y reçoit la Leçon.Chaque fois qu'on commence une reprife , onC'eft l'écuyer qui nomme le cheval qu'on doita pour habitude de faluer l'écuyer. Outre la déférencequi lui eft due, cette coutume honnête ap­monter, car les chevaux de manège ont chacunleur nom. Alors un palefrenier va chercher ceprend à faluer avec grace & fuivsnt les règles decheval défigné, qu'il amène jufqu'à la porte de lal'équitation. A pied , c'eft avec la main gauchelevée/, en le tenant d'une main & une courroiequ'on ôte fon chapeau ; mais le cavalier fe fert ded'étrier de l'autre. Si les feiles à piquer, qui ferventla main droite , attendu que la gauche, remplie parau manège, font dénuées d'étriers, en revancheles rênes de la bride, fe trouve chargée du foinelles ont un pommeau où le palefrenier accrochede diriger le cheval. Ainfi, lorfqu'on paffe d evantl'étrier polliche m mm qu'il apporte, & qu'il necelui qui tient la chambrière, on abandonne le bridonplacé dans la main droite , & en élève le brasremporte qu'après qu'on eft totalement arrangé furle cheval. Enfuite on vient prendre place dans laqu'on arrondit, en ployant fucceffiverv.ent les jointuresdu coude & du poignet , jufqu'à ce que lalevée. Pendant que le nouvel élève attend l'ordred'entrer au manège , il ne tient qu'à lui d'employerutilement Vinaâion où il eft contraint de refter,main foit parvenue à la hauteur du chapeau. Tantpuifqu'attentifàla leçon dont il eft témoin, il feque cette préparation fubftfte, il faut laiftér la têtemet en état de tirer tout le parti poflible de celleimmobile , dans l'appréhenfion qu'on ne la foupçonnede venir au-devant de la main. Après avoirqu'il s'apprête à recevoir. Sans cette précaution ,enlevé le chapeau, on déploie moëlleufement leétonné de la rapidité d'une alluri avec laquelle ilbras, en obfervant, cette fois, de faire jouer lan'eft pas encore familiarifé ; occupé , d'ailleurs ,jointure du poignet avant celle du coude , & ondu foin de conferver la jufteile de fa pofition , ildefeend la main qui apporte le bouton du chapeaupourroit comprendre afiez difficilement certainesdireélement fur la cuiffe , afin que le fond foitexpreffions confacrées par l'ufage, &, dans l'incertitude, hêfiter à fuivre les confeils qui lui fe-tourné du côté des épaules du cheval, & que laforme regarde les hanches. La méthode enfeignéeroient adreffés e n langage d'équitation. Au lieupour faluer ne doit paroître minutieufe dans'fesqu'ayant une entière connoiflance de la formedétails, qu'autant qu'on ne fait pas attention à laordinaire au canevas d'une leçon, il fait d'abordgaule qui eft refiée dans la main droite. Mais fi onqu'un écolier monte fuccelîivement trois chevaux ,Eyuhution , Efcrimc & Danfe.


154 MANréfléchit que le cheval n'apperçoit jamais l'inftmmentde fa correélion , fans chercher à le fuir,alors on découvre la neceiïué de ces prétenduesbagatelles qui tendent toutes, & à lui dérober unfpeäaclc au (fi défagrcable , & fur-tout à éviter lesmouvements dé.fordonnés que l'attouchement involontairede la gaule pourroit lui occafionner. Eneffet, lorfqu'on la fuit dans fa route , depuis l'inftantoù la main droite lâche lebridon , jul'qu'à celuioù elle apporte le bouton du chapeau fur la cuifle,on voit la gaule , toujours en oppofiîion avec lepouce de cette main , s'éloigner d'abord infenfibleinentdu cheval, à'mefute que le bras s'élève pours'approcher de la tête du cavalier, & paffer enfuiteau deffus de la croupe, ati m oyen de fa direéiionhorifontale au pouce, que le cavalier ramène pourlors fur fa cuiffe : euforie que la rondeur de cettepartieforme une élévation qui empêche néceffairementla gaule de toucher, l'oit à la hanche, foit àla croupe du cheval.Ce n'efl pas feulement dans le choix de la main ,avec laquelle on ôte le chapeau, que la façon defaluer d'un homme à pied diflère de celle ufitée parle même homme à cheval. Le piéton ne s'en tientpas à fe découvrir , il baife par gradation la tête &le corps. Mais le cavalier ,• qui ne doit connoîtreaucun pretext! pour déranger la perpendiculaire du.fien, n'incline pas même la tête qu'il fe conientede tourner pour regarder celui qu'il falue. Au/Titôtqu'on eft totalement pafîe, on replace la tête diïvâeà celle du cheval , afin de fe conformer auprécepte qui enjoint de regarder entre fes oreillesla pifte qu'on veut lui faire fuivre : puis on relèvele bras , & on remet le chapeau , fans omettre aucunedes précautions prifes pour l'otcr. Enfin onredefeend le bras pour reprendre le hridon. Quoique, dans leurs recherches , les inventeurs du bridonaient moins confidéré l'aplomb du cavalier quecelui du cheval, cependant les élèves, en attendantqu'ils fâchent l'employer à ce dernier ufage ,doivent continuerà fe fervir du bridon, afin de placer, à la même hauteur, les deux mains égalementoccupées, & pour que les deux épaules, maintenuesdirectes à la ligne qu'on décrit, confolident hjufteiïe de la pofition , en confervant le haut ducorps perpendiculairement affis fur le milieu ducorps.Prendre un coin qui fe prèfente à gauche.Dès qu'on s'afîùjettit à fuivre exafiiement le pland'un manège , on contracte auflitô t l'obligation tacitede faire paffer le cheval dans les quatre angles


M A Ntemps de la main foutcnue fur le dehors, avant l'arrondifiementde la même main , qui puifle a flu r ciquele cheval, incliné pour lors fur la jambe 2,portera la jambe 1 dans l'angle, afin qu'elle fervede pivot au bipède de devant pendant la fortie ducoin trouvé à gauche.Dans l'appréhenfion que l'élève ne conferve encorequelque doute , on va fuivre avec lui les opérationsdu cheval qu'on fait palier dans un coinouvert à gauche. AuiTnôt le demi-arrêt, le cavalier,en foutenant la main fur le dehors , change ladirefiion des rênes, fans en altérer la valeur : enforteque, refiées au même degré de tenfion , quoiquedirigées du dedans fur le dehors, la rêne droitepoufls la colonne de devant qu'attire la rêne gauche.D après cette difpofition de l'avant-main , chaquepas du cheval, incliné à gauche, s'entame indifpenfablementavec la jambe 1 allégée aux dépensde la jambe 2, & , conféquemment, indiquele port tranfverfal de la jambe 4. Ainfi la main foutenuefur le dehors , fur-tout précédée du demiarrêt, & fecourue par la predion des jambes égalesdu cavalier, fuffit p our que le cheval exécute régulièrementl'entrée dans le coin à gauche. Quant auxrélultais tirés de l'arrondiffement de la main , defon retour fur le dedans, & de fa defcente, accompagnéede l'affiette portée fur le dedans , qui procurentla fortie du même coin , ils font totalementégaux a ceux reconnus lors du tourner de gnudie àdroite. Celi pourquoi le cheval entré dans le coinavec les jambes 1 ik 4 , porte la tête à droite ; enfuitele poids combiné, tant de l'affiette du cavalierque de la colonne de devant, entièrement revenufur la jambe 1 , facilite le chevaler de la jambe 2 ;enfin la defcente de main, d'accord avec la prefliondes jambes égales du cavalier , nécefiîte le jeutranfverfal de la jambe 3 , par laquelle le chevalachève la fortie régulière du premier coin qui fepréfente à gauche.Premier changement de main de gauche à droite.Lorfqu'on a fait plu fleur s fois le tour du manège >en fuivant la pifle d e gauche à droite , l'écuyeravertit de changer de main , af in de procurer à fesélèves l'occafion d e répéter le même exercice dedroite à gauche. Comme le changement de mainoblige à couper la carrière par le tracer d'une diagonale, & au moyen de ce qu'une ligne ne devientdiagonale qu'autant que , partie d'un angle, elle s'élèveà travers le centre pour aller fe perdre dansI angle oppofé H n n n , il faut que celui qui préfideà la leçon, ait foin de ne commander cette evolutionqu'au moment où la fortie d'un roin placele cheval fur une des deux grandes parallèles: fituationfeule convenable au projet qu'on médite, puifqualors , au-defîbus de la furface qu'il veut partager,le cheval, en quittant le coin , fe trouve preßqu'en face de celui dans lequel la diagonale doitdifparoitre. Après avoir décrit les obligations quele changement de main , pris en général, impoléM AN 155à l'écuyer, nous allons preferire aux élèves les devoirsqui font relatifs au premier qu'ils vont exécuterde gauche à droite,Si la prife des coins ouverts à gauche s'efi terminéepar la méthode du tourner à droite , à plusforte raifon les mêmes procédés ferviront-ils aupremier changement de main , dont la figure repré fente un demi - tourner prolongé de gauche àdroite. Cette définition admife , fachant d'ailleursqu'une demi-évolution engage à reflreindre de moitiétoutes les valeurs qui créent l'évolution entière ,l'élève doit modifier, & le foutien de la main furle dehors , & fon arrondiflement, & fon port furle dedans, qui fuccèdent au demi-arrêt, pour quetouts ces effets modérés parviennent au cheval enraifon moyenne. Atifli le cheval, balancé fur ledehors, répond d'abord à la demi-rondeur de lamain, en tournant moins la tête à droite que lesyeux : & conféquemment au port mitigé de lamain fur le dedans , il fe contente de pofer lajambe 2 au-defîus de la jambe 1 , au lieu du che valertotal qu'il exécutoit conformément au tourner;abfolu de gauche à droite. Enfuite , d'après la def-icente de main unie à la predion des jambes égalesdu cavalier , on voit le cheval détacher fucceffivement,& la jambe 3, & la jambe 1 , & la jambe4, qui reprennent toutes fur la diagonale le rangtranfverfal qu'elles occupoient fur la pifle.Quoiqu'on ait pofitivement allure , & qu'il foieuniverfellement reconnu qu'une diagonale doit fortird'un angle pour entrer dans un autre oppofé ,l'élève a certainement remarqué , fans en êt re furpris, la néceffité où on e fi au manège d'éluder la•" gueur de cette loi générale. Comment, en effet,pourroit-on tracer, avec autant de régularité , laligne qui caradlérife le premier changement demain exécuté de gauche à droite ? D'un côté , lafortie du coin , qu'on abandonne a gauche, exigeque le cavalier ouirepaffe, au moins de toute lalongueur du cheval, le premier angle d'où la diagonaledoit tirer fa fource : de l'autre, l'entréedans le coin , dont il veut prendre pofleffion àdroite , le force à fe ménager une pareille diiianceen-deçà du fécond angle qui attend la fin de ladiagonale. Voilà l'origine des deux c c qui timbrentchaque grande parallèle 0000. L'un empêcheque l'écuyer, par difiraâion , ordonne à faux l'ouverturedu changement de main ; l'autre dirige lepoint de vue des élèves pour le fermer exaflement.Prendre un coin qui fe prefente a droite.Pendant qu'on chemine furia diagonale du premierchangement de main, il faut fe reffouvenirque la pifle où elle conduit apporte une inverfiontotale dans le plan de la leçon. Au lieu d'avoir ledehors à gauche , comme il e fi afluellemcnt àdroite, les jambes 1 & 3 le dépouillent du titre dejambes du dedans en faveur de celles 2 & 4 , quiperdent auflhôt la qualification de jambes du dehorspour en revêtir celles i & 3. A l'aide d 'une


156 MANremarque aiiflì utile , l'élève n'eft pas plutôt entrédans la nouvelle pille, qu'il difpofe le cheval àprendre le premier coin qui fe préfente à droite.Au moyen de ce que le changement de main aboutitprefque dans un angle , le peu d'intervalle quifépare la clôture de la première évolution d'avecl'ouverture de la feconde , pourroit embarraiïercelui qui tarderoit à fe rappeller l'analogie ptécéd^mmentapperjçue entre la prifed'un coin & l'actiondu tourner. Mais notre élève ne balance pas àfoutenir fa main fur le dehors, bien perfuadé quela colonne de devant, répartie pour lors fur lajambe 1 , force le cheval d'apporter dans le coinla jambe 2 , & néceflairement de placer tranfverfalementla jambe 3 fur la crête de l'angle. En fuite ,fidèle obfervateur de la méthode du tourner à gauche,il exécute la forti e du coin ouvert à droiteavec la cambrure de la main , qu'il ramène auûîtôtfur le dedans , & termine ces deux opérations parune defeente de main étroitement liée à la predionde fes jambes égales. Le cheval , qu'entraîne une 'nuiffance irrèfiliible, après avoir porté la tète àgauche , paffe fa jambe 1 fur fa jambe 2 , 8c nit fi lafortie du coin par le jeu tranfverfal de la jambe 4.Je fais qu'il eft d'ufage , à chaque changement demain , de faire paffer les rênes dans la main du dehors: je conviens même que c'eft ce palî'age de srênes d'une main dans l'autre qui donne le nom àl'évolution dont je viens de parler. Mon but, ennégligeant cette règle pour les feuls éléments, edde mettre mes élèves à portée de bien fe confirmerdans les deux évolutions du tourner , de la feulemain gauche, avant que de leur confeiller de s'aiderde la main du dedans.Le Doubltr,Il arrive quelquefois que l'écuyer invite un defes élèves à doubler ; c'ett-à -dire qu'il lui confeillede partager la l ongueur du manège de façon à neprendre, dans le quarré long qu'offre fa fuperficie, que l'efpace néceflaire pour décrire un quarréparfait plus ou moins régulier. Ainfi le doubler eftcompofé de deux faux coins contre deux vrais. Dèsqu'on entend commander celte évolution , il fautfe figurer avoir totalement parcouru la carHère,& opérer, en conféquence, comme à la prife descoins, fuivant la main où on efl, fans oublier des'étendre fur le dedans. Quoique le doubler n'aitété imaginé qu'afin de garantir les chevaux des atteintesqu'ils pourroient fe donner en travaillanttrop près les uns des autres, cependant on s'enfert avec avantage pour éprouver le degré desforces de celui qui double. En effet, prefque toutsles chevaux de manège ont une fi grande habitudedes diverfes évolutions qui compofent chaque leçon, qu'ils les exécuterolent volontiers à la voix ,enforte que, fans injuftice , on peut foupçonnerles nouveaux élèves d'avoir peu de part, foit à laprife des coins, foit aux changements demain.Mais, la première pifte du doubler étant indéter-M A Nminée, ainfi que les deux premiers coins flâifs quilient cette piße ordonnée, & à celle qu'on abandonne, & à celle qu'on va chercher, c'eft aloi$réellement la feule volonté du cavalier qui fait agirle cheval le plus routé. On doit feu tir combien ilefl avantageux de doubler de temps en temps,quoique fans néceflité, puifque la précifion aveclaquelle on demande cette dernière évolution faitlapreuve de la jufteffe de toutes celles qui la précèdent.LorfqiVun élève reçoit une leçon particulière, il eft le maître de fixer le point d'où il veutpartir pour doubler de fon propre mouvement. Aulieu qu'entre plufzeurs académiftes , travaillantconcurremment fur la même pifte , celui qui mènela file , ou qui la termine , a feul la permiflion dedoubler fans en être averti : encore faut-il, qu'arrivéprécifément au milieu de la pifte , il fe rouve tau centre d'un des deux longs côtés.Second Changement de main de droite à gauche^C'eft aufii l'écuyer qui annonce Iq fécond changementde main dont la diagonale, tracée de droiteà gauche , q q q q , ramène l'élève fur la premièrepifte deftinée à voir commencer & finir chaque reprife.Nous nous contentons d'indiquer ici la directiondu fécond changement de main , afin de rappeller, qu'après la préparation du demi-arrêt, lestemps de main foutenue fur le dehors, cambrée& reportée fur le dedans , comme pour le tournerà gauche, doivent être en raifon proportionnelleau demi-tourner repréfentatif des deux changementsde main.Fin de la leçon.Lorfqu'on entend prononcer le mot hin, ons'apprête à marquer l'arrêt définitif. Pour parvenirà mettre le cheval en état d'interrompre , fans,effort, l'aélion e ntretenue depuis le commencementde la r eprife, on doit avoir foin de le fairepaffer, par degré, du trot au pas , du pas au demiarrêt, & du demi-arrêt à l'arrêt total. On reculeenfui te un ou deux pas , & on retourne dans la levéepour y attendre i'inflant de commencer la fecondereprife.Quelqu'appliquè qu'on fuppofe un nouvel élève, ne peut-on pas imaginer, fans blefîer fa délîcatïiîe,qu'il n'a pas encore eu le temps d'apprécierl'utilité des deux ouvertures ménagées dans lemur d'appui qui fépare ordinairement la carrièred'avec la levée r r ? En effet,-cette dernière, toujoursoccupée par ceux qui commencent ou finiffentune reprife, deviendroit le théâtre d'une confufioninévitable, fans l'ordre expreffément adrefféaux entrants & aux fortants de ne jamais fe fervird'autre paffage que de celui qui s'offre à leur gauche.Touts les chefs d'académie ont fi bien fenti la.nêceffité de cette règle (qui fympatife d'ailleursavec Vufage d'ent amer chaque reprife de gauche àdroite ) qu'elle s'obferve à la rigueur, même dansles manèges où la difpoßtion du terrein n'a permis


M A Nqu'une levée fiflive. Alors, pour y fuppléer, il eflenjoint aux élèves de fe porter à gauche, foit qu'ilsarrivent, foit qu'ils s'en aillent. Quoique l'univerfalitéd'une loi faffe fon apologie, cependant,afin de gagner la confiance du leiSeur le plus Sceptique, on va rendre compte des motifs de l'admiffionde celle-ci.Nul doute que le premier maître de manège , àqui les avantages d'une levée régulière fe font montrésdans tout leur jour , n'ait fur-tout été féduitpar la certitude d'empêcher qu'aucun obflacle n'interrompitcette efpéce de courant que l'enchaînementdes reprîtes établit depuis le moment où lepremier cheval fort de la levée pour entrer dansla carrière, jufqu'à celui où le dernier fort de lacarrière pour rentrer dans la levée. Auffi n'a-t-ilpas manqué , en prefcrivant à fes fuccefîeurs lesdeux iflues qui font tout le mérite de cette partied'un manège en forme, de leur obferver que, fi onen fupprime une, auffi tôt on voit les élèves, inquiétéspar la rencontre de leurs camarades, héfiterd'abord quelques inftants avant que de chercherà paßer, mais bientôt, entraînés par la foule ,fe précipiter pêle-mêle , & forcer mmukueufementle feul débouché qui leur foit accordé. Quelle différence, lorfqu'on rétablit les deux portes d'unelevée feinte ou réelle ! Alors, qu'un élève fe préfenteavec l'intention d'entrer au manège , ou qu'ilait deffein de changer de cheval, ou bien dans l'attentede fa feconde reprife, ou enfin pour fortirtout-à-fait, pourvu qu'il ait l'attention de confer'ver fa gauche , jamais aucun embarras ne l'arrête.Cefi ainfi que chacun paffe à fon tour de la levéedans le manège , & du manège , dans la levée.Travail du Manège,Les éléments qui font la bafe de l'équitation ;ces éléments où l'on prüfe des notions anatomiquesde l'homme & du cheval ; qui enfeignent la façonde monter fur un cheval ; qui donnent la méthodepour s'y placer furement & agréablement ; danslefquels on démontre la mécanique des mouvemensdu cheval ; où on indique comment, après avoir furaflembler un cheval, on peut le porter en avant,foit au pas, foi.t au trot, foit au galop ; qui traitent dela néceffité aibfoiue de marquer un demi-arrêt avantque de tourner, ou de gauche à droite, ou de droiteà gauche ; dans lefquels on tro uve les moyens d'arrêterun cheval, enfuite de le reculer, enfin la façond'eü defcendre ; ces éléments qui contiennent& la defcription d'un manège, & le détail des leçonsquii s'y prennent ; ces éléments enfin où onexplique tout ce qui concerne la leçon du faut dansles piliers ; ces éléments, dis-je , malgré leur étendue,ne peuvent jamais fatisfaire q ue ceux quin'ont d'autre but, en venant au manège , que defavoir ce qu'on entend ordinairement par fe tenirfur un cheval. Ce n'efl que la parfaite intelligencedes airs de manège qui mène à l'art de l'équitation, & cjui, feule , peut faire acquérir le titreM A N 1 5 7d'homme de cheval. Comme on s'aftendoit peutêireque j'allois dire le titre d'écuyer, je me voisobligé d'appuyer la diflinâion que je fais ici de cesdeux perfonnages, en appréciant la dofe de favoirpropre à chacun d'eux,Dißinftion de l'homme de chtval d'avec técuycr.L'homme de cheval efb celui qui fait monter danstoute l'étendue de l'exprcffion ; qui fai t encore mener, à leurs airs, les différents chevaux qu'on luipréfente, Se ce , avec le degré de jufteffe qu'ilsexigent ; qui peut même , à l'aide de l'exécutionprécife qu'il s'eft rendue familière , parvenir à drefi'erquelq ues chevaux.Non-feulement l'écuyer poffède éminemmenttout le talent qui conftitue le meilleur homme decheval, mais il a , de plus que lui, la connoiffmceintime de la charpente du cheval : connoiffance quilui donne ce tafl pour diflinguer, au premier coupd'œil,le cheval dont la confiruflion peut s'adapterà l'équitation, ou que cette même conflrudîion euéloigne : connoif fance qui lui fert, avec beaucoupplus d'avantages, en lui prefcrivant ce qu'il peutattendre de chaque individu. Auffi ics chevaux afféz heureux pour tomber entre les mains d'unécuyer , ayant toujours la poffibilité de répondre àce qu'on leur demande , fe prêtent-ils , fans répugnance,à recevoir le genre d'éducation qu'il feplaît à leur donner.Je ne m'étendrai pas davantage fur les diff érencesqui féparent l'homme de cheval d'avec l'écuyer.Ceux qui liront cet ouvrage dans fon entier, ferontà même de décider fi j'ai eu tort d'en fairedeux claffes. Cependant je n e puis m'empêcher defaire obferver que , i fl'écuyer eft celui qui prépareà 1 homme de cheval le théâtre fur lequel ce dernierfait pa rade de fon fçavoir, donc l'écuyer eftcréateur en cette partie, où le plus habile hommede cheval n'efl que créature.Confirmé dans les premiers principes , l'élèveabandonne les éléments pour fe livrer tout entierau travail. Arrêtons-le un infiant à l'entrée de cettenouvelle carrière, premièrement, afin de lui définirce qu'on entend au manège , par le mot travail,& lui donner enfuite les moyens de foigner l'exécutiondes différents airs qui compofent ce travail ,dont la fcnipuleufe régularité fait tout le mériteiDéfinition du travail.Travaîller, en terme de manège, c'eft avoir l'artd'exiger du cheval une certaine manière de fe porteren avant, qui, quoique conforme aux alluresnaturelles, quant à la combinaifon tranfverfale desquatre jambes , efi cependant tantôt plus mefurée ,tantôt plus cadencée, tantôt plus élevée. On peutdonc aflimiler les allures artificielles du cheval, autrementfon travail, àia danfe de l'homme. Cettecomparaifon me paroît d'autant moins choquante ,que les chevaux peuvent varier leur travail parl'exécution de plufieurs pas diverfement figurés.


i;3 ^ M A NLes mis , près de terre , repréfentent notre danfeterrc-à-terre ; d'autres, plus élevés , ont de l'analogieavec la danfe de caraâère ; enfin des fautsabfolunient en l'air nous rappellent la haute danfe.Cef! du réfultat de ces différentes co mbinaifonsartificielles du cheval, connues en equitation fousle nom d'airs de manège , que les premiers maîtresde notre art ont compofé ce qu'on appelle encoreaujourd'hui le travail, & dont, à l'inftar de ladanfe , ils ont formé trois claffes , qui font, les airsterre-à-terre, les airs relevés, & les grands airs.La première claffe , ou les airs terre-à-terre,comporte l'exécution de cinq leçons ; fçavoir , lepas d'école , qu'on termine ordinairement par lemanier en place ; l'épaule en dedans ; la hanche endedans , plus connue fous ia dénomination desdeux bouts en dedans , dans laquelle les changementsde main ont toujours lieu fur deux piftes ,& qu'on peut rendre très-intéreflante , au moyendes contre-changements de main, renverfementsd'épaules, voltes , demi-voltes, quart de voltes ;quatrièmement, la tête au mur;finalement la croupeau mur.On compte dans la feconde claffe, ou les airs relevés, le paffage, dont on fe fert pour exécuter,de la façon la plus féduifante, les cinq leçons cideffusdétaillées ; Je pia ffer qu'on fubflitue pour lorsau manier en place: enfin la galopade qui permet ,quoique très-difficilement , de rendre quelquesunesdes mêmes leçons , & à laquelle on adapteles voltes , ou , pour parler plus jufle, les demivoltesà pirouettes.La troifième claffe, ou bien les grands airs, comprendla pefade, la courbette , le méfair,la croupade,la balotade, la cabriole , le pas & le faut, oule galop gaillard.En rapprochant les différents produ its de cestrois ciaffes d'airs, on trouve que , les fauts exceptés, toutes les figures qui compofent le travailconfident dans l'épaule en dedans ; la hanche, oubien les deux bouts en dedans ; la tète , infi a que lacroupe au mur; les changements , contre-changementsde main, & renverfements d'épaules, toutsfur deux piftes; bref dans les voltes, demi-voltes& quart de vohes , tant étendues qu'à pirouettes.Ce n'efl effectivement que le degré d'aâlion qu'onmet à l'exécution de ces diverfes évolutions qui lesrange, ou dans la première , ou dans la fecondeclaffe, puifque le pas d'école , le paffage , la galopade, ne diffèrent du pas , du trot, du galop , lepremier, que par fa mefure plus écoutée, le fécond, que par fa cadence plus tride , la troifième ,que par ion élévation plus fou te nue. A l'égard dumanier en place & du piaffer , on apperçoit aifémentqu'ils ne font que des arrêts élégants imaginéspour terminer les airs fans les déparer. Il n'eneft pas ainfides grands airs: ils f ont, &' doiventréellement faire une claffe à part, étant plutôt lesrèfultàîs de la force que de la volonté du cheval.Voilà,lags doute, l'origine du nom diftinäifdeM A Nfauteurs en liberté que portent les chevaux refervéspour cette dernière claffe , tandis que ceuxdreffés aux deux premières s'appellent tous indifféremmentchevaux de tête, ou de haute école. Letravail analyfé, nous allons enfeigner comment ilfaut préparer un cheval à l'exécuter avec cette précifionqu'exigent les airs de manège.Préparation au travail.Toute aflion demande une préparation , & pluson veut que l'aäion projettée foit élevée , plus ondoit foigner la préparation qui va lui communiquerl'élaflicité. De là , nous voyons un homme, aveclafimple intention de marcher, fe placer d'une façonmoins avantageufe que celui qui s'avance aumilieu d'un cercle pour figurer un menuet ; & lapofition que prend ce dernier nous paroîtra négligée,fi nous la comparons à la manière dont fecampe un danfeur prêt à s'enlever pour battre unentrechat. Mais pourquoi chercher mes preuvesailleurs que dans la claffe des animaux fournis àl'équitation ì Rappelions-nous la première leçondes éléments, & retraçons-nous le cheval à l'inftantoù fon cavalier veut l'ébranler au pas. Noustrouvons cet inftant précédé de la fage préparationdu raffembler, qui met le cheval d'à plomb fur fesquatre jambes. Paffons enfuite à l'allure plus vibréedu trot. Nous la voyons éclorre du même raffembler,auquel fe joint alors le demi-arrêt ; conditioneffentielle , afin que la détente des mufcles du chevalau trot, montés d'un ton plus haut que ceuxdu cheval au pas, puiffe lancer le trotteur conformémentà laviteffe de l'allure qu'on veut lui faireentamer. Continuons notre recherche, & fuivonsle cheval au galop. Que de précautions, avant quede créer cette allure rapide ! répartition tranfverfaledes maffes de l'avant & de l'arrière-main ; enleverconféquent du bipède de devant fur le centre : finalementla maffe entière mile en équilibre fur unefeule jambe de derrière, pour que le reffort decette jambe , pouffé jufqu'à fon dernier période ,darde le galopeur en rai fon de la contrainte que lapréparation du galop lui fait éprouver. Si les alluresnaturelles du cheval dépendent d'autant de circonflancespréliminaires, combien les allures artificiellesdoivent-elles en entraîner ? Je m'arrête, enpenfant que mon élève débute dans la carrière dela haute école. Ce fer oit, en effet, furcharger fon.attention par des differtarions prématurées , quipourroient au moins l'effrayer , fi leur longueur indifpenfahlene le dégoutoit pas. Je me borne doncà preferire ici les conditions générales du travailfur le droit. Elles fe réduifent à mettre le chevaldans la main , à l'affeoir fur les hanches, & à luidonner le pli fur le dedans. A l'égard des airs compofès, ceux qui fuivront l'ordre des leçons quivont fe fuccéder , parviendront, par gradation , àcelles où le cheval fe met fur deux pifiss ; c'eftà-dire , où le bipède de devant trace une pi fie, tandisque le bipède de derrière chemine fur une autre.


M A NDu chcval dans la main.Le cheval dans la main eft celui qui, non-feulementplace fa tête de manière que le bout du nezfoit perpendiculaire au chemin qu'il fuit, mais encorequi conferve cette pofition avantageufe pendantIon travail.Du chiViil far Us funches.Le cheval eft fur les hanches , lorfque Varrièremiin, abfolument coulée défions le centre, fert depivot élaftique à la toialité de la mafie qu'elle enlève& pouffe, pendant que l'avant-main , trésélevéd'après fon a (flette fur le même point central, ne garde le volume que l'arrière main luidécoche , qu'autant de temps qu'il en faut pour entretenirla progreffion du cheval. Il réfulte de cettedouble combinaifon que, fi touts les compas dubipède de derrière fe ferment un peu plus , & pluslongtemps av. travail qu' aux éléments, auffi le légereffort qu'ils font pour s'ouvrir produit-il toujoursla cadence qui diftingue l e moindre pas d esairs de manège d'avec touts ceux des allures ordinaires.J'ai fouvent obfervé que les élèves rèuffiffoientmieux à remplir la première de ces conditions, qu'ils n'exécutoient la feconde. Je me fuisen même temps convaincu que les difficultés qu'ilséprouvent alors , proviennent de ce qu'ils veulentaffeoir l e cheval, avant que prêliminairemént ilfoit dans la main. Or, comme dans cet état, aulieu d'enlever la maffe fur les hanches, ils l'apportentinévitablement fur les jarrets , le cheval, horsde la main de fon cavalier, autrement le nez enl'air , n'a d'autre poflibilité d'agir qu'en employantdes mouvements faccadés, qui préfagent,ffinoii desdéfenfes prochaines , au moins des douleurs adtuelles.La démonftration qui fuit va prouver ce quej'avance ici.Soit A, le front du cheval, (fig. 13 );B , la hauteurde fon œil ; C , le milieu de fon chanfrein ;D , fa bouche ; £, fes épaules ; F, fes bras ; G ,fes jambes de devant ; H, fon garot ; I, fon corps ;K, fes hanches ; L , fes jarrets ; enfin, M , fes jamliesde derrière. Pofons aSuellement la main ducavalier au-deffus du garot H ,& nommons-la N.D'après ce plan , abaiflons d'abord une perpendiculaireO, de A,qui pafle par D, & aboutiffe parallèlementà G. Attachons-en une autre P à K, &menons-la de même parallèlement à M. Elevonseni'ui:e de D à N, une ligne Q , repréfentative desrênes, & du même point N, tirons une feconde"ligne R , qui forme angle droit avec la première ,Q. 11 eft évident que cette feconde ligne R tombefur K, hanches du cheval. En conféquence > chaquefois qu'on defire met tre fur les hanches uncheval préalablement mis dans la main , on a pourfokition l'avant-main enlevé de Dà N par Q, qui,affis fur le point central I, ne peut refluer fur l'arriéremain que de N à K , hanches du cheval, parR. Changeons pour up inftant la feule pofition duM A N 1 5 9bout du nez, & au lieu d'avoir le point D perpendiculaireau point A , plaçons-le horifontalement,( %• 1 4- ) i aulTitot érant obligés d'allonger la premièreligne Q de N à D, nous ne pouvons retrouvernotre angle fans conduire la feconde limiteR de N à L , jarrets du cheval.Si quelqu'un réfifioit à la vérité des calculs, ouqu'il doutât de la jufteffe de mes opérations , je luiconfeille d'abandonner la règle & le compas pours'en rapportera la nature. En effet , examinons lecheval libre de fes attitudes , tel que lelimonnierd'une charrette lourdement chargée , & nous netarderons pas à croire au principe inconteftablequ'il faut abfolument commencer par mettre dansla main un cheval dont on cherche à tirer parti ,quel que foit le genre de travail qu'on veuille enexiger. Je fais qu il n'eft cependant pas rare de rencontrerdes chevaux qui cheminer,t péniblementfur les épaules, quoique dans la main , en apparence,ou pour mieux dire, la tête baffe ; car , enreprenant la fuite de mes démoniïrations, on voit( fig-13 que ie cheval ne vient régulièrementdans la main , qu'alors qu'on peut mener une lignedroite S de fon garot H au milieu de fon chanfreinC,& non-feulement que cette ligneS coupsle diamètre du cercle T, mais encore que le pointB, hauteur de l'œil du cheval, fe trouve exatiementparallèle au point N, main du cavalier. Lamême ligne S paffe-t-elle au deffous du point C( fig- 14 J, le cheval eft dit hors de la main, 011le nez au vent : par la raifora contraire, on le taxed'avoir la tête baffe , ou de s'encapuchonner, lorfquecette ligne S paffe au-deffus. Or, l'une & l'autrepofition de la tête du cheval le fait évidemmentfortir de la main de fon cavalier , puifque lepoint B commande le point N, ou lui refte inférieur.Mais accufera t-on le cheval du vice radicalde cette double combinaifon de l'avant-main ? Eneft et, rinftinfl feul lui fuffiroit pour en reâifierl'erreur, fi le concours de circonftances étrangères,ne s'oppofoit pas à ce mouvement naturel!' Parexemple, nous avons la preuve journalière quec'eft la foiblefic du cheval attelé qui l'engage à felaiffer aller fur les épaules , afin d'effayer, %n additionnantle poids de fa maffe entière au peu deforces qui lui retient, d'ébranler le fardeau qu'ons'obftine à lui faire traîner. A l'égard du chevalmonté , le cavalier répond toujours des fuites de fanégligence, ou de fon inexpérience, lorfqti'il luipermet de marcher autrement que dans la main.Les deux cercles, U, V , (fig. 13 ), qui enveloppentle cheval dans la main, ainfi que ceux U V( fig. 14 ) , dont le cheval hors de la main eft entouré, ont été ajoutés avec l'intention de prouverqu'on a la plus grande facilité d'affeoir un chevalune fois mis dans la main , quand même il iroitjufqu'à s'encapuchonner, mais qu'il eft phyfiquementimpoffiblc de mettre fur les hanches un chevalqui porte le nez au vent. Dans la premièrefuppofition, nous ayons le quart de cercle X dans


i t f oM A NU, ( fig. 13 ) > qui forme le triangle Z avec lespoints D , E, N. Or, ce dernier étant le pointl'aillant du triangle , la main du cavalier N tientfans celle les épaules du cheval E au-defTus deshanches K, triangle, & E , N, K, dans V , parle quart de cercle Y. Dans la feconde hypothèle ,la même divifion du cercle X dans Ü, (tig. 14 ),defeend trop au-deflous des épaules E , triangle 2,D , F , N, pour que la main N puifle jamais e (pérer de les élever plus haut que les jarrets L , triangle, & F, N, L dans V , par le quart de cercle Y,d'où il réfulte que la m äffe du cheval, qui fuit alorsune vibration direéte , furcharge également les deuxbipèdes , foit qu'elle remonte , en fuivant la ligneQ , ( fig. 14) , de Dà N , par le quart de cercleX dans U , triangle Z , D , F, N, pour refluer lelong de la ligna R de N à L , par le quart de cercleY dans V , triangle , & F , N , L fur , les jarretsdouloureufement affedlés ;foit qu'elle reprenne précipitammentla route inverfe pour écrafer les épaulesdéjà foulées. On doit donc mettre au nombrede ces vérités géométriquement démontrées , quele cheval n'eft & ne peut jamais être en force , illes deux colonnes vertébrales de l'avant & de l'arrière-main, également amenées au centre I , neplacent d'abord la tête perpendiculairement aubout d'une encolure arquée , ( fig. 13 ) , & pourcomparaifon ( fig. 14 ), ß , D , N , triangle W,dans le cercle T ;& fi la même combinaifon necommande enfuite la tendon modérée du reiîbrtdes hanches K ,( fig. 13 ) , tria ngle Z , dans U ,par le quart de cercle X, D , E , N, au lieu de latenfion forcée des jarrets -L, (fig. 14) , mêmetriangle Z , dans U , par le quart de cercle X , D ,F, N , qui ne viennent fe gliffer délions le pointcentral I, ( fig. i" ) triangle , & dans V , par lequart de cercle Y , E , N ,K, ( voyez la différence(fig. 14 ) triangle , & dans V par , le quart de cercleY , F , N L ,) , qu'afin de favorifer l'enleverdes épaules ; conléqucmment de recevoir avec foliditéla made combinée de l'homme Se du cheval,de la foutenir avec aifance, de l'éléver avec force ;enfin de la décocher avec la rapidité convenable aude^ré d'atiion que le cheval met dans la fuite defes mouvements.Après avoir prouve combien il eft dangereuxpour le cavalier de fe fier au cheval hors de la main,par la raifem qu'il eft douloureux pour le chevalde travailler autrement que fur les hanches , ( commeon peut s'en convaincre par les divifions comparéesdes figures 13 & 14 ) j je vais m'attache r àfaire fentir la néceffité de ployer fur le dedans lecheval qu'on veut mener aux airs qui compofentles différentes daffes du travail.Du pli fur le dedtinuVoici, ce me femble, l'inflant de réunir fous unmême point de vue les lueurs que je n'ai pu m'empêcherdelaiffer échapper dans la pr emière partiede cet ouvrage, chaque-fois qu'il a fallu parler deM A Nla répartition des maffes du cheval. Pour peu qu'ilen ait été queftion , j'ai fait preffentir que l'art demener les chevaux , fans employer vis-à-vis d'euxune force au moins inutile , lans mettre une contrainteévidemment nuifible à la pofition du cavalier; enfin fans avoir recours à des châtiments quifiniflént ordinairement par les irriter , émanoit del'exaflitude avec laquelle on faifoit cette répartition.Achevons aéludlement de nous convaincre ,& montrons le pli comme la première règle ducalcul volontaire ou contraint des forces du cheval ;couféquemment comme le premier inftigateur d efes évolutions libres ou déterminées. En reprenantla chaîne des principes qui fervent de bafe aux éléments, on la trouve compofée d'une fuite d'obfervationsqui,toutes preferivent la condition expreffede ployer préliminairement fur le dedans un cheval, avant que d'en exiger le moindre mouvementcompliqué. Dès la première leçon , nous voyonsles deux aélions du tourner s'effefluer avec cetteaifance que donne la fureté, parce que le port dela tête fur le dedans engage le cheval à retenir prèsde lui, & à placer deffous l e centre de l'avantmain, celle des deux jambes de devant fur laquelleil fe prépare à tourner. Mais c'eft fur-tout au galopoù l'effet du pli devient palpable. On fe rappellequ'à cette leçon difficile dans fa préparation , 8cpérilleufe dans fou exécution, quoique le produitd'une allure naturelle, le pli tend à l'allégement dela jambe de devant que le cheval regarde ; par cou,féquent qu'on a toujours la faculté d'obligercheval, préalablement ployé, d'entamer le r.aloppar ceite jambe regardée privativement à toute autre.Ce principe, que je crois avoir fuififammentétabli dans la dernière leçon des éléments, va donnerune folution abfolument femblable dans tovtescelles du travail. Premièrement, au moyen d'unpli modéré, les parties du dedans de l'avant-mainfont allez allégées pour que le cheval, fans cependantencourir le reproche d'être couché fur le dehors,ne puiffe de même jamais ouvrir les différentesévolutions auxquelles on le difpofe , que par | ajambe de devant du dedans. La feconde propriétédu pli, réfultante de la première, eft d'indiquer ancheval, & d'annoncer en même temps aux fpeétateursla main où on travaille , que ce foit fur uneou fur deux pilles. Au furplus, le cheval eft ployéfuivant les règles de I equitation , lodqus le cavalier,en confervant la perpendiculaire du haut ducorps, apperçoit de profil l'œil du dedans, & ei)_core lorfqu'il a l'attention de lui maintenir le hontdu uez fcrupuleufement au-deffous des oreilles. O nneiauroit trop obferver ce dernier précepte, cars'il arrive qu'au lieu d'amener la tête fur le dedans,en faifant fucceffivement prêter la totalité d e l'encolure,on en contourne feulement les deux premièresvertèbres, alors les épaules, qui relient égalementchargées, laiffent le cheval maitre de commencerl'aSion par telle jambe qu'il lui plaît, aumépris de toute indication contraire de la part ducavalier „


m a ncavalier,puifqiie 1'efFet du pli, forcément arrêté'âl'endroit où l'encolure biftournée forme un coude,dérange la tête de fon aplomb , fans influer f ur lereite de la mafie. On appelle au manège ce pli dif-- forme , le pli de perroquet.La récapitulation générale de tout ce qui précèdedoit mettre l'élève dans le cas d e ne plus douterque, pour mener un cheval avec fureté, juftelîè &.précifion , tant aux allures naturelles , qu'auxallures artificielles , il faut commencer par ra!-fembler les deux colonnes des vertèbres au centre :comblnaifon préliminaire qui fait toujours venir lecheval dans la main , & qui donne la faculté del'affeoir pl us on moins fur les hanches. Secondement, que l'obéiffance du cheval fuit uniquementla diftribution calculée des maffes de l'avant-main,à laquelle fuccède aufll-tot, & naturellement, larépartition tranfverfale de celles de l'arrlère-main :deux conféquences ordinaires du pli fur le dedans.Troifièmement, que les temps de la main font lesfeuls agents de la conduite du cheval. Quatrièmement, & enfin, que l'utilité des jambes du cavalierfe borne, en équitation, aux prelfions m otivées,& à l'enveloppe ; favoir, les preffions plus oumoins aâives , afin de communiquer au cheval ledegré d'aâion proportionnel au degré de mouvementqu'on veut lui donner : l'enveloppe . afin des'oppofer au déplacement du cavalier qu'elle maintientfolidement afiis fur les trois points d'appuireconnus indifpenlables. Telles font les Ic-ix fondamentalesde l'équitation ; loix extraites du livrede la nature, dont on ne s'écarte jamais fans errer.En vain , d'après une fauiTe & aveugle companionfe récrie-t-on fouvent fur la prétendue fatigue quedoit éprouver un cheval raffemblé. L a plus l égèreteinture de l'anatomie du cheval; que dis-je , lafeule infpeélion de les quatre bafes, raffure complètementà cet égard. Cette dernière façon d'apprécierl'aétion du raffembler me paroît mêmepréférable dans ce moment, vu qu'au point d'avancementoù je fuppofe mon élève, il lui fufiitcertainement de tirer ces preuves des différencesévidentes qu'il n'a pu s'empêcher d'appercevoirentre les proportions des jambes de devant, & ksdimenfions des jambes de derrière , fans e ntrerencore dans aucune differtation anatomique. Eneffet, l'arc formé par les hanches, les cuiffes, lesjarrets & les canons de derrière, mis e n comparaifonavec la perpendiculaire des épaules, desbras,des genoux & des canons de devant, annonceafiez que la force , conféquemment que Vélafticitédu cheval réfide dans fon arrière-main, tandis queles fondions de l'avant-main font uniquementd'étayer la maffe pe ndant l'efpace de temps où lebipède de derrière fe hâte de revenir deffous lecentre, afin d e reprendre le même volume qu'ilvient de lancer, & pour le darder une feconde foisfur le bipède de devant. Concluons donc de nouveauque toute progreffion d'arrière en avant, (bitqu'elle donne l'exiftence à l'une des trois alluresEquitation , Eferine 6' Dan/e.m a ni 6 inaturelles, foit qu'il en émane un des airs artificiels,ne peut ni s'entamer ni s'entretenir » fi lesarticulations coudées de l'arrièi e-main ne fe fermenten raifon de l'action que leur reffort va créer ; c'eftà-direque , s'il faut feulement raffembler de plusen plus le cheval qu'on veut fucceffivement fairepaffer de l'inaflion au pas ; du pas au trot ; du trotau galop ; on doit réellement affeoir fur les hanchescelui qu'on prépare à l'exécution de tel air de manègeque ce puiffe être , en ayant, toutefois , ladiferétion de mefurer la durée des reprifes du travailfur le degré de contratiion qu'il entraîne, & ce,par la raifon qu'on danfe moins longtemps qu'onne marche.Il ne me reffe plus qu'à remettre fous les yeuxde mes leäeurs les différents fignes dont je me fuisfervi dans les éléments pour repréfenter, tant levolume animé du cheval, que les quatre jambes quile fupportent. On a précédemment vu que 'ai j choifila première quantité fiélive parmi les nombresquarrés , afin d'avoir une divifion exaâe. Or, cettefigure repréfentative de la maffe entière étant 24, ilen rèfulte que chaque bipède équivaut à 12 , & e quchaque jambe, foit de devant, foit de derrière,porte 6. De là, le numéro 1, qui remplace lajambe droite de devant, fe trouve chargé du poidsde 6. Il en eff de même du numéro a, que je metsà la place de la jambe gauche de devant. Enfuitej'appelle, 3, la jambe droite de derrière; enfin,j'ai fubffitué le numéro 4 à la jambe gauche de derrière,& chacune de ces deux dernières jambesfoulève le même poids de 6. Paffons aâuellementà la première leçon des airs terre-à-terre.Comment on met un Cheval dans la main, fur lishanches, & comment on lui donm le pli fur lededans.Il faut moins de favoir que de réflexion pourappercevoir dans la leçon du pas d'école, matricedu travail, la manière d'apprendre à mettre uncheval dans la main , & à l'affeoir fur les hanches.Le moindre parallèle ne va laiffer aucun doute à cetégard. On vient de lire que le pas d'école s'effectuoitpar la réunion des deux colonnes vertébralesfur le centre, & que c'étoient des demi-arrêts,favamment ajoutés au raffembler primitif, quientretenoient ce premier air terre-à-terre. De mêmec'efl la marche de la colonne de devant fréquemmentretardée par la main du cavalier, qui force lecheval à fe débarraffer , pour ainfi dire, du furplusde fon encolure , & qui l'oblige d'en former unarc au bout duquel ilplace fa tête perpendiculaireà la pifte qu'il fraie. De même encore, ce font lespreffions égales des jambes du cavalier qui, diligemantla colonne de derrière, contraignent leshanches du cheval à refier plus baffes que les épaules, autant par l'apport calculé de l'arrière-ma.in ,qui fait exaàement couler les jambes 3 & 4 deffousle centre, que par le rapport motivé de l'avantmain, qui contient très-près d u même centre lesX


ì6IMA Njambes i Si 2 à mefure qu'elles reviennent à terre.A in fi tout cheval vient dans la m ain, & s'afleoltfur les hanches, d'après les mêmes procédés quilui font régulièrement exécuter le pas d'école : procédésqui confiflent dans le préalable d'un raiTemblerexaS , & dans la fréquence des demi-arrêts.On parvient plus aifémem au pli fur le dedans ,puifqu'il fuffit, pour le faire paroitre , de diminuerpar degrés la tenfion d'une rêne, Si d'augmenteren même raifon la valeur de l'autre.Des différentes manicres de mener le cheval an travail.Tant que le cheval répète la fuite des mouvementsqui lui font naturels , d'où réfultent fes troisallures, le cavalier peut , & même ne doit faire«fage que des temps Amples de la main. La p remièrepartie de cet ouvrage en offre fept : la mainplacée ; la main rendue ; la main reprife ; la mainarrondie ; la main cambrée ; la m ain rapprochéedu corps ; la main re montée le long du corps. Aujourd'huique notre élève apprend l'art de conftruireun nouvel enchaînement des avions du cheval,afin d'en obtenir fes allures artificielles , nonfeulementil faut lui décompofer les temps de mainci-deflus rap pelles,.& extraire les divers effets quechaque rêne reçoit féparément de leur combinaifon, mais lui démontrer la puiffance immédiate deces mêmes rênes , & fur l'enfemble du cheval, Si.fur telle ou telle divifion de fa malìe. En remontantau principe établi dans les éléments , que les rênesfont deux barrières mobiles entre lefquelles lesjambes égales du cavalier font cheminer le cheval,& fuivant pied à pied les conféquences qui en émanentpendant les leçons de la baffe école, on trouvepremièrement que le cheval demeure au milieu deces barrières feintes , abfolument droit d'avantmain, de corps & d'arnère-main , toutes les foisque Vaétivité des jambes égales du cavalier eft équivalenteà la re.enue de fa main. Secondement, quele cheval pafle à travers les rênes, dans la mêmedireâion , lorfque l'aètivité des jambes égales l'emportetur la retenue de la main. Troifiémement,que le cheval fort d'entre les rênes, toujours fur ledroit, fi La rete nue de la main prime à fon touri'aci.vité des jambes égales. Delà, les te mps de lamain placée, de la main rendue , de la main reprife,de la iruiii rapproc hée du corps, de la mainremontée le long du corps , ne peuvent produirefur tout l'enfemble du cheval que des effets con f-taniment égaux entre eux , puifqus les deux rênestoujours maintenues dans la plus fcrupuleufe égalité, quoique parcourant ditîérems degrés d e tenfion, preffent alternativement , mais très-également, chacun des côtés du cheval qu'elles go uvernent.C eft ainfi que le cheval ; balancé par les pulfationsréciproques de la main & des jambes égalesde fon cavalier, refle dans l'attente du port enavant ou du port en arrière. Voilà le raffembler.Cefi ainfi que les rê nes détendues permettent ausheval de les traverfer, pour fuir les prefiions desM A . Njambes égales du cavalier, qui mollit alors la puiffancede fa main. Voilà le port en avant. Ce ftainfi qu'une main modérément reprife communiqueaux rênes la feule tenfion qu'il leur faut pourne pas empiéter fur les prefiions réitérées , & néceffairementprimantes des jambes égales. Voilà ledemi-arrêt. Cef! ainfi que le cheval defeend d'entreles rents pour s'en échapper , lorfqu'enfin lesprefiions des jambes égales du cavalier cèdent à lapuiffance augmentée de fa main. Voilà le port enarrière. Conféquemment touts les temps de maindont je viens de faire l'analyfe, ne rèuffiffent àtenir le cheval droit de tête, d'épaules , de corps& de hanches, qu'alors que les deux rênes gliflentparallèlement, ik en raifon proportionnelle , furles deux colonnes vertébrales qu'elles maîtrifentchacune de leur côté. La main arrondie , ainfi quala main cambrée , qui difpofent le cheval aux deuxévolutions du tourner, lui font éprouver des fenfationsbien différentes & plus compliquées. Quece foit le port à droite ou le port à gauche qu'onexige , on fe rappelle qu'il faut toujours commencerpar gagner le bout du nez : aufli, dans l'une &l'autre de ces circonftances, la main pivote-t-ellefur fou poignet avec l'intention de tendre une feulerêne, qui ne devient préparatoire à l'aftion projettésqu'à l'inftant où la main du cavaiier forme angleavec l'épaule du cheval. Vient enfuite le portde la main , qui, loin d'anéantir la première tenfionobfervée dans une rêne, y joint auffitôt, 5cd'après le même procédé , la pulfation de 1 autre.Or , l'angle une fois ouvert de la tête du cheval àfon épaule, au moyen de la tenfion primitive del'une des deux rênes , le port fecondaire de la maina pour premier effet de prolonger le point de Conradde cette rêne tendue , qui fait fucceiTivementrentrer toutes les parties qu'elle atteint :& pourfécond effet, de donner à l'autre rêne une valeurpulfative , dont les efforts travaillent à redrefferles divifions qui bombent, afin qu'elles remontentdans la nouvelle combinai fon des rênes, à mefureque les jambes égales du cavalier obligent le chevalde les travet fer.D'après toutes ces obferVations, qu'une multituded'expériences met au rang des faits les mieuxprouvés , on a reconnu d'abord quatre divifionsmobiles dans l'enfemble du cheval ; fçavoir, latête que l'encolure fait agir , les épaules qui femeuvent d'elles-mêmes , ainfi que le corps & leshanches. On s'eft e nfuite a flu ré que chacune deces divifions du cheval cédoit au gré du cavalier ,dès que fa main éloignoit ou rapprochoit les rênesd'une des portions mobiles de la mafie qu'il vouloirdiriger. En confcquence, les principes du travailont été fondés fur la fcience de ménager lesangles rentrants ou fortants qui peuvent réfulterdes différentes pofitions des rênes. La méthode oùon apprend l'art de mener le cheval à fes alluresartificielles en préfente huit, quatre pour chaquecôté : la tenfion qui régit la tête & l'encolure , la


M A Np'reflìon qtii mène les épaules , l'écart qui contientle corps , le foiuien qui gouverne les hanches. Latention a lieu chaque fois qu'une main arrondie oucambrée augmente en valeur la rêne qu'elle tient.Pour que la pruffion opère fur le cheval, il faut quele cavalier approche la rêne de l'épaule qu'il veutprefler. L'écart fe fan fentir aulTitùt qu'une rêne arriveà la hauteur de la cui (Te du cavalier ; & lamima rêne écartée pafle au foutien , fi de fa cuiiTele cavalier la remonte au niveau de fa hanche.Comme il y auroit autant d'injuftice à vouloirqu'un élève , quoique montant un cheval bien misaux airs , traçât avec la feule main de la bride ,l'immentiré des combinaifons qui peuvent fortirde ces huit efîéts des rênes , que d'exiger qu'unccuyer fût reftre'mt au même expédient vis-à-visdu jeune cheval qu'il inftmit, on a divi fé les .huittemps de main , qui leur donnent l'exiflence danstrois manières de les compofer. La première s'appellemener les rênes fépàrées. On connoit la fecondefous la dénomination de mener les rênesréunies dans la main du dehors , en s'aidant de lamain du dedans. La troifiêmefe nomme mener dela feule main gauche. Je vais enfeigner commenton mène un cheval les rênes fépàrées.Premiere façon de mener le cheval nu pas d'école, lesrénes ft parées.La pofnion à donner aux deux mains pour menerles rénes fépàrées , n'embarrafle pas longtempsun élève qu'on avertit qu'elles doivent reprvfcmerla main feule. Accoutumé, dès la premièreleçon des éléments , à placer fa main gaucheà la hauteur & vis-à-vis du nombril ; à la teniréloignée de la felle , ainiì que du corps , d'environquatre doigts ; à maintenir les ongles tournés versle ventre; à conferver le petit doigt exaâement audefîotisdu pouce; enfin , à laiffer les jointures dumilieu des doigts abfolument eppafées à l'os ducoude ; il avance, fans héficçr , les mêmes phalangesdes doigts de la main droite auprès de cellesde la main ga uche, & il ne lui relie , pour arriverau fini de la pofnion des deux mains, qu'à les reculer,jul'qu'à ce que les pouces, dont alors les extrémitésfe regardent, foient perpendiculairement aude fili s des épaules du cheval. Je pourrois peut-êtrene pas ajouter que chaque rêne entre , comme dansla main feule , par le petit doigt de la main qui ladirige, & fort par le pouce qu'on appuie de mêmeferme dclTiis , afin d'empêcher qu elle n'échappe.Mais je crois i ndifpenlable de rappeller que lacondition expreffe du pli exige la tenfion plus óumoins continue de la rêne du dedans. Or, dans lafuppofirion de la feule main .gauche , cette tenfionne pouvant jamais avoir lieu qu'avec l'arrondiffementou le cambrer, fuivant la direäion où oneft , & ces deux opérations de la main mettant toujou-sla rêne du dedans au-deffous de celle c-iu dehors, il faut, tant qu'on travaille les rênes fépai;ees, que la main du dehors prime conflammcntM A N 1 6 3celle du dedans. En conféquence, après avoir falué,au lieu de prendre le bridon avec la maindroite , on fépare les rênes tel que je viens de l'indiquer, mais en même temps on a l'attention debailler la main du dedans, de manière que le poucede cette main fe trouve au niveau du petit doigtde la main du dehors. Reprenons aSuellement l'aluite ordinaire aux leçons de manège, & repréfentons-nousl'élève entrant, de gauche à droite ,avec 1 intention de travailler au pas d'école.A peine le cheval a-t-ii formé quelques pas droitde tete , d'encolure , d épaules, de corps & dehanches, qu'on voit l'élève faifir avec adreße lapofition avantageuse de fes deux mains perpendiculairementplacées au-defius des épaules du cheval,pour chercher à le mettre dans la main, istfuccellivement à l'afleoirfur les hanches. Lorfqusla répétition calculée des demi arrêts, qu'on fait êtrele ralfembler de 1 action , a fait exécuter ces deuxconditions préliminaires du travail, on fonge auflitôtà remplir la troifième. Cefi alors que la maindroite, aciuelle du dedans , non-feulement abandonneà la main du dehors la primauté qui lui convient, & qu'elle doit conferver , mais encorequ'elle raccourcit la rêne du dedans, & afin de laplacer très-près de l'épaule droite du cheval, &afin que fa tenfion lui donne le pli du même côté.Comme je ne foupçonne pas qu'on ait oublié lespofnions indicatives de la tête du cheval venu dansla main, & régulièrement ployé, & que j'ai cidevantappris à diiimgucr le cheval qui travaillefur les hanches, d'avec celui qu'on écrafe impitoyablementfur les jarrets, je me contente de renvoyeraux feélions précédentes les leéieurs dont lamémoire feroit en défaut, & je pom fuis.Le cheval bien mis dans la main , fuffifammenta fils fur les hanches , & noblement ployé fur lededans, le cavalier doit s'occuper du foin intérefiantde rendre & reprendre très fouvent, dans lacrainte que la fenfibili té des barres ne s'émouffedeflousia preflion trop continue du mors. La premièrefois que j'ai fait fentir la né ceffi té de rendrela main & de la reprendre, c'étoit aux éléments,où l'élève menoit de la feule main gauche. On luiconfeille alots de bai fier lavant-bras , en augmentantle creux du delïus du poignet ; comme , pourreilituer aux rênes la quotité que la main rendueleur ôte , il eli enjoint de remonter l avant-bras ,en bombant la même fur fa ce du poignet.Atinellementqu'on mène le> rên es féparùes , & (ur roued'après l'ubfervation précédente', qu'à cette manièrede mener, les deux mains doivent repréfenter lamain feule on pourroir en conclure qu'il fuut encorebaifier & remonter les mains, pourvu néanmoinsqu'elles refient dms la proporiiou où ellesfe trouvent , c'eft-a-dire , celle du dedans confervêeplus baffe , & plus près de l'épaule du chevalque celle du dehors ^ Toute julle que paroît cetteinduäion , je vais démontrer qu'au travail la façond'opérer ces deux aäions, rendre & puis reprendre


164 m a nciifi'ère de celle employée pendant les leçons deséléments. En effet, lorfqtie l'élève encore novice,parcouroit la gradation des connoiffances multipliéesqui viennent de l'acheminer aux airs de manège, les fmefies de l'art qu'on auroit voulu luidonner, trop précoces , l'auroient infailliblementempêché de profiter des principes élémentaires quidcvoient naturellement les précéder. Mais aujourd'huique la pratique des grands mouvements dela main le met à portée de les exécuter plus enraccourci , fans cependant les confondre , il eittemps qu'il fache qu au travail, rendre c'efi cefî'erde tenir, & que reprendre c'eti continuer à tenir ;enforte qu'au lieu de faire féparément les deux opérationsindiquées dans les éléments, baiffer & remonterla main, ces deux temps fe réuniffent enun feul, qui confirte à fermer & ouvrir avec précautionles trois derniers doigts de la main : parconféquent, atix rênes féparées, les trois derniersdoigts de chaque main. A l'égard du temps demain , enfeigné dans les éléments pour rendre , ilchange , au travail, de nom & d'ufage : on le connoiticifous le nom de defeente de main, quiapour but de clone les airs où le cheval eft plus;ilîis qu e de coutume, & pour effet de laiffer détendreles refforts néceflairement un peu compriméspendant l'exécunon de ces airs. Au furplus ,les deux rênes exigent une égale attention de lapan du caval e- : car fi c'eff aux dépens de la rênedu dehors qu'il l'oigne celle du dedans, non-feulememle pli trop forcé devient défagréable à voir,mais l'impulfion de cette rêne n'éfant contre-balancée par aucune puiffance , couche inévitablement1 avant main fur le dehors. Dans la fuppofitloncontraire , la pulfarion venant de la feule rênedu dehors, le pli s'anéantit, cklarriêre-main rentreauiftôt fur le dedans. On doit donc travaillerles deux r^-nes de façon que le pli n'aille jamais a udétriment de l'aplomb des épaules, qu'il faut entretenirdans la plus fcrupuleufe égalité , tant qu'onVeut que les deux bipèdes du cheval cheminent aumilieu de la pifte.Pnndre un coin qui fe préfente à gauche.Quelque foin qu'on apporte à l'exécution de cedernier précepte , on ne peut éviter que la rêne dudedans, en raifon du pli, ne donne à la colonnede devant un commencement d'impulfion plus fentiefur le dehois que fur le dedans ; impulfion qui,quoique feulement efquiffée , commande cependantau cheval l'enlever primitif de fa jambe dedevant du dedans. Oit fait, en fécond lieu , quel'angle ouvert fur l'épaule du cheval, toujours d'aprèsla renfion de cette rêne du dedans , la metcontinuellement dans l'occafion prochaine de s'oppoierajiix moindres écarts des autres parties dumême côté, ou au moins de les reóìifier , puifqued'un tres-perit mouvement la main du dedans acquiertla poffibilité d'ajouter graduellement , &fuivant les circonflances, tantôt la predion à laM A Nten (ion , tantôt l'écart à la preiîion , tantôt le Coutienà l'écart. Si les angles rentrants , que produifentles différentes petitions de la rêne du dedans,la r endent feulement préparatoire , & quelquefoisconfervatoireau travail, on mène donc réellementiiiì cheval fur le droit avec la feule rêne du dehors.Ce l'ont effeflivement les pulfations motivéesde cette dernière rêne qui déterminent viäorieufementtoutes les aäions du cheval , dans ladireélion fuppofée , au moyen de ce qu'elles applatilfcntà propos , ou laifl'ent fubfifter les angl esiortants , à mefure qu'ils paroiffent f ur le dehors»Ainfi le jeu de la rêne du dehors ne peut jamaisinquiéter un cheval fuffifamment préparé par latenfion d elà rêne du dedans, vu que les trois dernierseffets qui retient à la rêne conduärice, preffion, écart, foutien, répondent aux mouvementsnaturels du cheval, qui fe fent alors pouffé fur lesjambes qu'il auroit de lui-même placées defiousfon centre, s'il avoit eu naturellement 1 intentionque l'art lui prête. La rencontre du premier coinqu'on trouve à gauche établit une preuve fatisfail'antedes effets compofés que la nouvelle combinaifond es rênes féparées peut enfanter. Quoiquela méthode qui fertà prendre les coins (bit écritedans les éléments , cependant comme le travail demandeencore p us de précifton , je vais répéterles circouftances qui caraäerifent la prife entière dacesangles ti difficiles à paffer avec exaflitude. Lapremière règle confttie à faire entrer les épaulesde manière que la jambe de devant du dedans poféedans le coin , folt enfuite cli evalée par la jambede devant du dehors. La feconde exige que leshanches garniffent à leur tour le coin , enforte queles jambes de derrière doivent fuccéder tranfverfalemem,& dans la même proportion , aux jambesde devant, à mefure que celles-ci quittent l'angle, pour fe placer fur la nouvelle pitie qu'on vachercher. Il faut donc trouver quatre potitions quidonnent aux rênes la faculté de mener alternativementdans chaque angle les quatre jambes du cheval, tk d'après leur combinaifon tranfverfale. Peufamilier avec le travail, notre élève a befoin fansdouted'ufer de toutes fes reffources , afin d e nepas laiffer échapper le sinftants propices à l'exécutiondes quatre temps de main qui vont déterminerles mouvements du cheval. Cette réflexion engageà rappeller ici la petite rubrique enfeignéelors dela préparation au galop , qui eti de compter une,quelle que foith main où on travaille, chaque foisque la jambe de devant du dedans vient à terre , &de compter deux, quand le cheval s'appuie fur celledu dehors. Affuré, d'après ce calcul, que le chevalparvenu à la hauteur du coin enlève la jambe i ,qu'on fait être afìiiellement celle de devant du dedans,on ajoure fucceflivemem la predion de larêne du dedans à fa tenfion primitive , en éloignantmodérément la rêne du dehors de l'épaulegauche du cheval. Le produit de la double combinaifonde la rêne du dedans, aidé par l'éloigné-


M A Nment motive de celle du dehors , préfente le cheval, toujours avec le pli fur le dedans , étayé parla jambe i abfolument mife dans le coin , & pat lajambe 4 un peu plu,- delfotis le centre de l'arrièremainque du coutume. Les épaules entrées dansl'angle , on change aufliior la comb inaifon des rênes.C'eft à la prefiion de la rêne du dehors qu'euramine à cet effet fur l'épaule gauche du cheval,qu'eft dû le pafîage de la jambe 2 par-deffus lajambe 1. Comme on fait, à n'en pouvoir douter ,qu'au chevaler de la jambe 2 fuccède iranfverfalementl'enlever de la jambe 3 , aétuelle du dedans,& qu'il faut , pour que les hanches remplacent lesépaules, que des deux jambes de derrière , ce foitcelle du dedans qui entre à fon tour la premièredans le coin , on fe hâte de fubftimer l'écart de larêne droite à fa prefiion , & afin d'inviter le chevalà porter cette jambe 3 derrière la jambe 1 , & afinde permettre à cette jambe 1 de fe dégager de deffousla jambe 2, pour venir fe mettre à côté d'elle.Ainfi, du feul écart fecondaire de la rêne droite,entire le double avantage d'obliger l'arrière-mainà remplacer l'avant-main dans le coin , & d' en faciliterla forti e à cette première divifion du cheval.L'imagination du cavalier n'a pas plus d'effort àfaire pour achever le paffage d u coin , que le chevalde peine à fe donner pour en fortir fon arrièremain.En effet, puifque le bipède de devant efi entrédans l'angle par la preffion d e la rêne du dedans,aidée de la rêne du dehors, & qu'il en eftforti d'après le calcul inverfe de la preffion de larêne du dehors , filivi par l'écart de la réne du dedans; donc le bipède de derrière , entré dans lemême angle au moyen de ccs deux derniers temps,écart de la rêne du dedans, & prefiion de la rênedu dehors, non feulement doit en fortir en vertudes deux temps contraires , écart de la rêne du dehors, & preffion de la rêne du dedans , mais ilfaut encore que ces deux demies temps contrairesplacent le cheval dans la nouvelle pifte , tel qu'ilétoit avant que d'abandonner l'ancienne. Muni decette pièce de comparaifon , l'élève redonne à fesmains la poftion qu'elles avoient pendant qu'il alloittrouver le coin , Se la rêne gauche à l'inftantécartée, pouffe la jambe 4par-deffus la jamb e 3.A l'égard de la prefiion qu'occafionne le retour dela réne droite fur l'épaule du dedans, toute légèrequ'elle eft , fon aflivité fuffit pour confervcr le plidu cheval ; le balancer en même temps fur les jambes2 & 3 ; & conféquemment lui faire entamer lanouvelle pifle par le jeu primitif de celles 1 & 4.J'ai fi fouvent prouvé la nécefiité de chaffer lecheval dans chaque nouvelle combinaifon des rênes, en fe fervant de la preffion des jambes égales,& tellement appuyé fur l'impoffibilité d' en attendreaucune évolution , fms le préalable du demiarrêt, que je me crois difpenfé de jamais renouvellerces deux confeils. Je paffe donc tout de fuite àla récapitulation , & a l'analyfe des moyens que jeviens d'indiquer, pour prend.e, au pas d'école , lem a n 165premier coin qui fe préfente à gauche.Il e/t confiant que les épaules viennent d'entrerdans l'angle ouvert à gauche , avec la jambe droitede devant, parce que la prefiion de la rêne du dedansa chargé les 12 de la colonne de devant fut lajambe 2, tandis que l'écart d e la réne du dehorsrepart les 12 de la colonne de derrière fur lajambe 3. Delà , le jeu fucceffif, trar.fverfal & nécefiitédes jambes 1 & 4 , autant allégées qu'ellespeuvent l'être, dont celle de devant prend d'abordpoffeffion du coin près duquel fe pofe celle de derrière.Les chofes en cet état, le cavalier provoquefubitement la répartition inverfe des 24 de la malie,A la minute, les i2de la colonne de devant, quifuient la pulfation de la r êne du dehors, reviennentbrufquement fur la jambe 1 , que cette furchargefixe deflbus le centre de l'avant-main, &les 12 de la colonne de derrière, mus par l'écart dela rêne du dedans, fe balancent obliquement furla jambe 4 , qu'on fait être un peu plus delTous lecentre de l'arrière-main que de coutume. C'eftalors qu'on voit les jambes.2 & 3, légères à leurtour, quitter la pifte. La première cheval e fa voifme, pour fortir les épaules du coin où la fecondeentre auffitôt, & d'après le même procédé. Ainfi ,des que les épaules entrées dans l'angle ouvert àgauche, avec la jambe droite de devant, l'abandonnentavec la jambe gauche de devant, les hanchess'en emparent avec la jambe droite de derrière;conféquemment, des deux conditions exigéespour le paffage régulier des coins, l'une eftexécutée , & l'autre entamée. Les jambes 2 & 3 nefont pas plutôt remifes à terre, que le cheval, cédantà l'impulfion du pli, profitant d'ailleurs, & dela petite preffion que le retour de la rên e du dedansfait éprouver à fon épaule droite, & de lapuiffance que reprend fur la hanche gauche la rênedu dehors écartée pour revenir à fa place , rétablitpromptement la première diflribution de fes maffes.Ce nouveau calcul offre la jambe 1 , toujours pluslégère, en raifon-du pli, que la jambe 2, tantque le cheval eft fur le droit, qui s'avance à côtédelle dans la nouvelle pifle ; d'après quoi la jambe4 , l'aide à de la même combinaifon primitive , fedébarraffe du fardeau de la colonne de derrière ,qu'elle fupportoit en entier , & chevale aufii lajambe 3. Donc le p.iffage de l'angle ouvert à gauchefe trouve co ufo m mê dans routes les règles ^puifque les hanches entrées avec la jambe droitede derrière, en (orient avec la jambe gauche.Premier changement de main de gauche à droite.L'élève trouvera certainement dans la fuite dutravail des évolutions plus compliquées en apparenceque celle dont il vient d'achever la figure,mais il n'en rencontrera sûrement aucune qui demandes au fond , plus d cxaôitude & de précifion.Je puis même avancer qu'un coin fidélemcnî fuividans fes déiails. doit être regardé comme la pierrede touche dvx vrai talent. Comment, sn effet, ha»


j 66MANfarder le paffage de ces angles , avant qu'une pratiqueconiomuiée des huit temps de main ait rendumaitre des quatre divilions mobiles du cueval ?Toutes font mifes à contribution. Apres avoir fugagner le pli, ne faut-il pas fçavoir 1 entretenir ?Ne faut il pas encore fçavoir poufier les épaulesdu dedans fur le dehors , & puis les repoufler apropos du dehors fur le dedans ? Ne faut-il pasen fui te (cavoir donner au corps cette tournuredemi-circulaire qui lui fait imiter l'avant nuin dansfa marche , & montrer l'exemple à l'arrière-main ?Ne faut-il pas enfin fçavoir imprimer fur les hanchisles deux impulfions inverfes qui mènent & ramènentles épaules ? Je le redis avec confiance, laprife exaéle d'un coin eft la mère-évolution de toutescelles qu'on exige au travail fur le droit. Le premierchangemeut de main à faire de gauche àdroite en donne une preuve inconteftabk.La comparaifon du travail avec la danfe unefois admife , on fent que la fcrupuleufe régularitéde l'exécuter a feule le droit de commander 1 intérades fpeflateurs. En conféquence, on doit attendrepatiemment, Si que l'avant-main du chevalfoit au niveau du timbre qui marque le changementde main , & que le cheval , aìnfi qu a 1 entreedans le coin , s'apuie fur la jambe i. On fait alors,à peu de chofe près, ufage de la combinaifon desrenés ci-devant enfeignée pour demander la forticdu coin , tant avec les épaules qu'avec les hanches.On dit , à peu de chofe près, parce qu'au moyende la demi évolution projettée , il faut fe contenterde fixer d'abord la rêne droite fur l'épaule ducheval, au lieu d'ajouter la predion de cette rênedu dedans à fa tendon, & fi bien proportionnerenfuite , foit la preffion, foit 1 écart de la rênegauche , que les jambes 2 & 4 embraßem ftridte-Àient dans la diagonale le tei rein néceflaire pourarriver tranfverfalement au-deflus de celks 1 c*3. On auroit tort de ne pas s'affurer du placementà terre des jambes du cheval , avant que d'eifayerà lui demander l'ouverture du changement demain ; car , c'eft en comptant une pour le port dela jambe de devant du dedans , qu'on doit fixer larêne droite ; de même qu il ne faut pas laifleréchapper l'intervalle qui le trouve entre une c mptée& deux à compter , pour faire agir la rênegauche.Malgré l'ennui que peuvent caufer les repetitionstrop fréquentes , j'aime mieux encourir celéger reuroche , & rappellçr à mes Iséisurs que lesmaffes de chaque colonne vertébrale font toujoursen oppofition oblique : qu'ainli les 12 de lavantmainentièrement balancées fur la jambe i , d a-près la prefiion de la rêne gauche , & contenuesfur cette jambe du dedans , conféquemment aufixer de la rêne droite, les 11 del arriéré-main portentauifuor à-plomb fur la jambe 4 , pendant lejeu tranfverfal & fucceffif des jambes 2 & 3, Lajambe 2 entrée la première dans la diagonale , &mife au-deflus de la jambe 1, on voit la jambe 3m a ndefeendreà terre, afin de recevoir à fon tour ks12 de la colonne de derrière, que l'écart de larêne gauche repoufl'e du dehors fur le dedans , tandisque la prefiion continuée par le fixer de la rênedroite fait repaifer les 12 de la colonne de devantdu dedans fur le dehors. A cette tranfpofiiion des24 de la maffe, aâuellement étâyés par les jambes2 & 3 , fuccède l'enlever des jambes 1 Se 4 . Cellede devant file à côté de la jambe 2 lur la diagonaleou celle de derrière arrive également, en le plaçantau deßiis de la jambe 3Lorfque le bipède de devant abandonne la diagonaledu premier changement de main ouvert degauche à droite , & paiïe fur la pifle qu'on vafrayer de droite à gauche, on détruit le pli pallinedefeente abfolue des deux mains. L'élève n'apas oublié qu'au travail , defeendre la main , 'eft cpréciférnent ce qu'on appelle aux éléments la rendre.Mais avant que de reprendre le cheval, dontla tête & les épaules font feulement entree., dansla nouvelle pille , on a deux oblervations effentiellesà faire. La première nous apprend que toutchangement de main refte imparfait, ou pourparlerla langue de l'équitation , n'eft point fermé, tantque 1g bipède de derrière ne fe remet pas exactementà la fuite de celui de devant. La fecondeavertit notre élève qu'il chemine à prélent dedroite à gauche ; qu'en conféquence , la rênedroite & les jambes 1 & 3 , de dedans qu'ellesétoient, deviennent du dehors : comme , par lamême raifon , la rêne gauche , ainfi que les jambes2 8c 4, font du dedans. Cette dernière remarqueengagea donner aux deux mains une pofition totalementinverfe à celle qu'elles avoient avant lechangement de main. Eu égard à la nouvelle directiondu cheval, le cavalier emploie la main gauche, qu'il la;fle au-detTous de fa droite, à fan e reparûitrele pli fur le nouveau dedans , & c'eft lamain droite , at uielle du dehors , qui fe charge demener. Les effets qui fortent de l'hiverfion des rêness accordent en tout point avec la première obfervation.A moins que , pendant la traverfée dela diagonale , le cheval n'ait dérangé l'ordre tranfverfalde fes jambes, il eft évident que, forti del'ancienne pifte avec les jambes 2 & 4 alors du dehors, & ce d'après la prefiion & l'écart de la rênegauche aidés par le fixer de la réne droite, il eftévident, dis je , que les premiers pas qu'il formedans la nouvelle pifte doivent être imprimés, degauche à droite , par les mêmes jambes du dehors ,pjif u elles font encore founiifes à la même combinaifondes rênes Or , la jambe 2 pouffée dansla pifte au-deftus de la jambe 1, nul doute que cefoit la jambe 3 qui vienne obliquement fe mettrederrière elle. Voilà Vinftant où les rênes détenduesperdent leur valeur avec leur nom , pour remonteren puiflance & dénomination in erie. De là leprolongement du premier changement de main ne.peut avoir lieu que par le port intermédiaire de lajambe I, la clôture de cette évolution par le


m a njeu de la jambe 4. L'élévation de la réne droitepermet à la jambe 1 de venir fe ranger le long dumur à côté de la jambe 2. A l'égard de la jambe4 , el le cède indifpenfablement à l'impulfion , quoiquerécente de la iène gauche, à qui fa nouvellequalité de rêne du dedans communique a fiez depuiflance , & pour donner le pli , & pour chaffercette jambe de derrière , au moment où elle devientdu dedans , à la place qu'elle doit occuperdans la pifte parallèlement à la jambe 3. Pour peuqu'on veuille approfondir la combinaifon des rênesqui ferme le changement demain de gaùcbe àdroite , on apperçoit que le pli formé à gauche déterminele cheval à s'appuyer fur les jambes 1 &4 , dernières mifes en action : par conféquent on ala.fatisfaâion devoir le cheval entamer la nouvellepifle , qu'il fuit aâuellement de droite à gauche ,par la jambe 2 , devenue du dedans , avec la mêmeaifance qu'il a débuté dans l'ancienne par la jambe1 , qui jouiffoit alors du même titre.Prendre un coin qui fe prifente à droite.Les procédés qui font prendre au cheval les coinsà droite , étant exadtement calqués fur ceux qu'ona ci devant détaillés , fo;t pour l'entrée dans lescoins à gauche , foit pour leur fortie , 'élève l petitexécuter de lui même l'évolution qui fe préfente ,puifqu'il ne s'agit que d'adafftèr ù la rêne gaucheles temps de main qui influoiev.t auparavant fur larêne droite ,& d'attendre de cette dernière les effetsémanés de la première à l'autre main. En fuivantavec attention le jeu mnfverfal des quatrejambes du cheval, on voit les deux bipèdes fournisà cette nouvelle combinaifon^des rênes , entreralterna ivement avec !e< jambes 2& 4 dans lecoin qui fe pivfeme à droite, d'où les mêmes divifionsfonent enfuite avec les jambes 1 & 3.Second ck internent le main de droite à gmiche.L'élève efl pareillement à même de fe paffer decoilf-ils pour liguer le fécond changement demainde drohe à ga iche. La parfaite reffemblance entrel'évolution à demander & celle précédemment opérèe, indique a liez Ls feu Is temps de main dont onpuiffe faire ufage. Je me borne donc à répéter iciqu'aufiuot qee la colonne de devant efl rentréedans la pifie par où 011 e ntame la reprife , il fautfoig.-ieufement fermer le fécond changement deniuiu , afin que , les hanches rtmifes à la fuite desépaule-., le cheval reparoifle ployé à droite .commeen commençant.L' Artet.A cette première leçon du travail, ainfi qu'àtoutes celles qui vontxfuivre , la condition exprefiéde ployer le cheval fur le dedans entraîne l'obligationindifpenfable de faire précéder l'arrêt par 1 a-néantiffement to:al du pli. En conféquence , quelques pas avant que de marquer un arrêt, on y préparele cheval, au moyen d'une diminution gra-M A N 167duelle de la tendon delà rêne du dedans, & augmentanten proportion égale la puiffance de celledu dehors. Les deux mains revenues dans la pofitionoù elles étoient ramènent le bout du nez ducheval direéi à la pifte qu'il fraie. Voilà l'inftantmarqué pour former tin arrêt définitif.Du Mdtiier en place.L'accord parfait qui doit régner entre les tempsimpulfifs de la main & des jambes égales du cavalier, & les temps impulfés des quatre jambes ducheval : cette unité d'aâion , qui donne toute prééminenceri la belle expreflion du travail, demandeque les différents airs dont il efi compofé ne perdentjamais la cadence qui fait leur ca'raéière diftinêiif.Bien loin de feuffrir qu'elle fe ralentiffependant les évolutions des coins, ou celles deschangements de main , on ne permet paS mêmeaux élèves d'interrompre fubitement les mouvementsdu cheval qu'ils travaillent ; de là , l'ufagereçu de clorre les airs terre à-terre par le manieren place.Ce que c'eß que le Manier en place.On reconnoii le manier en place à ce que lecheval entretient le jeu fucceflif &. tranfveri'al deles quatre jambes qu'il fait mouvoir pofitivementcomme pour former le pas, & que, cependant,il n e fe porte ni en avant ni en arrière. L'avantageque procure le manier en place, ïubftitué au reculer,eft de prouver qu'on a, fu maintenir lecheval dans ce jufte aplomb qui lui conferve l'aifancede répondre promptement & préciférhentaux feules indications de fon cavalier.Comment on mit v.r. cheval au Manier en place.L'explication précédente amène les vrais moyensqui font exécuter le manier en place. En effet, dèsqu'à cet air, le cheval doit mouvoir fes quatrejambes comme à l'allure du pas, mais fans avancerni reculer, on ne peut donc exciter un cheval àmanier en place, qu'en opérant comme pour leporter en avant, & contrariant à la minute cesmêmes opérations par d'autres qui les annullenr.Chaque fois qu'on veut établir un principe, oune ûuroit répandre trop de clarté fur ies préceptesqui le développent. En conféquence , je croisdevoir reprendre le cheval dans la fuppofitioud'un anôt le mieux formé, ce qu'on appelle aumanège , parer un arrê t. Alors , dans la main & furles hanches , d'après l'exafle réunion des deuxcolonnes vertébrales au centre, le cheval eft reellem-m balancé dans les mains & les jambes de foncavalier, il n'exifte plus de pli ; difpofnion des 24de la maffe qui met fi bien le centre en équilibre furle> quatre j.nibcs, que la moindre liberté offerte ùta colonne de devant feroit renouveller an chevaltes temps du pas d école; de même qu'il reculeroitau puis petit relâchement de la preffion des jambeségales du cavalier. Or, fi ce dernier profite tls


i68manl'aptitude où fe trouve le cheval de répondre atelle impulfion qu'on veuille lui communiquer , &que , l'arrière-main contenue défions le pointcentral, il pouffe l'avant-main avec l'une des deuxrênes, la predion qu'occafionne cette rêne , devenueobligatoire, incline inévitablement les 12 dela colonne de devant fur une des jambes qui lafoutiennent. Suppofons que ce foit la rêne gauchequ'on faffe agir, Dès cet inftant, l'équilibre que lajufie répartition des 24 de la m affé avoit établi fetrouve abfolument dérangé. La jambe 1 fuporte àpréfent les 12 de la colonne de devant, déterminésde gauche à droite , tandis que la jambe 4 eft obliquementchargée des 12 de la colonne de derrière :combinaifon naturelle qui ne laiffe au cheval d'autrepoffibilité de répondre aux incitations des jambeségales de fon cavalier, qu'en détachant fuccetiivementles jambes 2 8c 3. Tel court que foit l'intervalleque ces deux jambes tranfverfales mettentà quitter terre, & à y revenir, il donne le tempsde fubftituer la pulfation de la rène droite à lapuilTance de la rêne gauche , qui laiffe auffi-tôtrefluer les 12 delà colonne de devant de droite àgauche. Dans cet état, le cheval, dont l'avantmainincline à gauche , & l'arrière-main penche àdroite , remet fubitement à terre les jambes 2 & 3qu'il n'a pas eu le temps d'étendre ; mais, toujoursexcité par la preffion non-interrorapue des jambesfermées de fon cavalier, il enlève avec la mêmepreftêffe les jambes t & 4. Le premier temps dumanier en place une fois confommé , nulle difficultéd'en exiger d'autres. Tant que chaque rènebalance les 12 de la colonne de devant inverfementàchaque jambe en l'air, & tant qu'on a foinde maintenir la colonne de derrière deffbus lecentre, incertain du genre de mouvement qu'ildoit entreprendre, le cheval lève & rabat à lamême place, les unes après les autres & tranfverfalement,fes jambes de devant &. de derrière,ou manie en place.L'arrit du Alanler en place.De touts les airs de manège, il n'en eft point deplus attrayant, & qui demande autant de diferètionde la part du cavalier que le manier en place.Au moyen de l'affette exaâe du cheval, & vu ledéfaut d'ondulation des colonnes vertébrales quireviennent fans ceffe fur elles-mêmes , les hanchesauroient à foufirir d'une exécution trop fuivie decet air. En effet, toujours inférieures aux épaules ,ce font les hanches qui fupportent la majeure partiedes maffes combinées de l'homme & du cheval,fans employer à la vérité beaucoup plus d'effortsqu'à la formation du pas d'école , mais cependantavec une forte de contrainte relative à la fujétionqui caraflêrife le manier en place. Quant à l'arrêtqui clôt définitivement cette première leçon dutravail, on le marque au cheval, en diminuant inrfenfîblemein la pulfation réciproque de chaquexàns- A mefure qu'on fent le cheval rallentir l'enma nlever tranfverfal de fes quatre jambes', le cavaliera ioin de relâcher la preillon des tiennes , afin delailïer détendre les deux colonnes des vertèbres ,& pour que le cheval recouvre la faculté de fe remettredans l'inaétion, où il n'efl pas plutôt, qu'onl'y fixe par ime defeente entière de la main quitermine & le manier en place, & le premier desairs terre-à-terre.Poficion du cavalier pendant Li leçon da pas d'école.Ou les principes d'un art font radicalement faux,ou les conféquences tirées de fedtion en feéliondoivent avoir leur bafe écrite dans la première leçondes éléments. Conformément à cet axiome , finous interrogeons notre élève fur la pofition quedemande la leçon du pas d'école, voici quel ferale dilemme qui diéiera fa réponfe. L'injonction formellede regarder entre les oreilles du cheval ,qu'on mène aux allures naturelles , ayant pour butde placer les clavicules du cavalier perpendiculairementau-deffus de fes hanches , & par fuite , demettre fes hanches parallèles aux épaules du cheval, & le cheval à l'allure du pas ordinaire , étântabfolument droit de tête , d'épaules, de corps &de hanches , il n'eft donc pas au pouvoir du cavalierd entretenir la perpendiculaire du haut de foncorps dans la diteéiion de l'avant-main du chevalqui travaille au pas d'école , à moins que de tournertin peu la tête fur le dedans, &. de reculermédiocrement fon épaule du même côté , puifquela condition du pli détermine auffi le cheval à rentrerl'épaule du dedans. Ajoutons cette règle générs'eaux vérités fondamentales dont nous avonsprécédemment fait une épreuve fatisfaifante, qu'ilfaut toujours le deffiner à l'inftar de la tournurequ'on donne au cheval , afin de le conferver d'aplombdans toutes fes évolutions, en pefant aveclui fur les jambes qu'il prend alors pour pointsd'appui.Seconde façon de mener le cheval au pas d'école , lesrênes réunies d ans la main du dehors , en saldanede la main du dedans.L'élève, qu'une pratique raifonnée de la leçondlî pas d'école aux rênes féparées a confirmé dansl'exécution de ce premier air terre-à-terre , peutaéiuellement entreprendre la même leçon , enrèunifTant les rênes dans la main du dehors, & nefe fervant de la main du dedans que comme d'uneaide avec laquelle il donne le pli , & maîtrife toutesles parties du dedans. A cette feconde façon demener, la reptife commençant toujours de gaucheà droite , le cavalier place fa main gauche fuivantla méthode diQèe dans les éléments. Il avance enfuitefa main droite fur la rêne du dedans : impofi.tion qui la met plus baffe que celle du dehors , Siploie le cheval fur le dedans. Pour contrebalancerles prtffions motivées qu'occafionne l'appui de l amain du dedans, le petit doigt de la main gaucli efait plus ou moins vibrer la rêne du dehors qu'on


M A NCut être en poffeffion de mener le cheval au travail.Prendre un coin qui fe préfente à gauche.L'obéiflance du cheval ne peut être que la même,foit qu'il réponde aux rênes féparées, ou bienqu'il agiffe d'après les rênes réunies dans la mainou dehors, pourvu que les indications qui lui parviennent, aient une valeur relative à l'exécution attendue.Quelle que foit la manière qu'on emploie ,le cheval prend les coins qui fe présentent à gauche, lo rfque l'influence des rênes , d'abord dirigéesdu dedans fur le dehors , & enfuite du dehorstnr le dedans, poufle alternativement fes deux bipèdesdans l'angle, & les en fait fortir. La preuveen eA , quà cette feconde façon de mener, lajambe i entre dans le coin , en vertu de la preffiondelà rêne du dedans foumife à la main roite, d aidéepar l'écart de la rêne du dehors, que le petit doigtde la main gauche éloigne de l'épaule du cheval ;comme la jambe 2 fort du même angle-auffitôt quela main gauche ramène la rêne du dehors, pendant«ne la main droite emmène à fon tour la réne dudedans. Quant aux jambes 3 & 4 , elles fuiventtranfverfalement ainii qu'aux rênes féparées , &par les mêmes moyens.Premier changement de main de gauche à droite.Je me difpenferois volontiers de retracer à mesMeurs les détails des deux changements de main,fans la tranfpofition des rênes, indifpenfàble à cettefeconde façon de mener, & qui demande une méthodeparticulière. En .effet, celle écrite jufqu'acmellementfait bien con noi tre le prçduit de l'évolution, qui ne peut jamais être, quant au cheval,que l'aâion de traverfer diagonalement la carrièredu manège, mais elle lai (Te a bfolument ignorerl'étymologie de changer & changement de main,relative au cavalier. Or, ces mots viennent de ceque les élèves, lorfqu'ils mènent de la main du dehorsen s'aidant de celle du dedans , paffent réellement, à ch aque changement de main , leurs rênesd'une main dans l'autre , en s'y prenant de la manièreque je vais décrire.Le premier changement de main de gauche àdroite entamé comme à l'ordinaire , en raifon dufixer de la rêne du dedans que commande la maindroite ,& d'après le pouller de la rêne du dehorsque fait agir le petit doigt de la main gauche ,s'ouvre, ainfi qu'on l'a déjà vu , par le port de lajambe 2 qui s'avance feulement au-deflus de lajambe 1. Les épaules du cheval entrées dans lanouvelle pifte qu'on va fu ivre de droite à gauche ,il faut ôter la main droite de defliis la rêne du dedans,& profiter de l'inftant où cette rêne devientdu dehors pour opérer avec la main gauche cequ'on appelle une defeente de main. Cefi pendantl'intervalle qui fe trouve entre la defeente & laremontée de la main qu'on tranfporte les rênesde la main gauche dans la droite. Comme cettenouvelle main du dehors doit les recevoir inverfe-Equitation , lifciime &• D anje.M A N 1 ^ 9ment à la pofition qu'elles avoîent darts la maingauche , le cavalier gliffe fa main droite toute ouverteentre fon corps &les rênes, de manière quela paume de la main le regarde. Alors la main gauchedépofe les rênes fur le plat de la main droitequi les fépare avec l'index, & les empoigne avecles autres doigts. De cette façon, le bouton desrênes qui fortoit par le pouce de la main gauche &flotoit fur l'épaule droite du cheval, s'échappe actuellementdeffous le petit doigt de la main droite& retombe fur l'épaule gauche. Lesïênes prifes avecla main droite reprennent la valeur que la defeentede main leur a fait perdre , auffitôt que le cavaliermet cette main du dehors à la place qu'occupoitauparavant la gauche, & que celle-ci prendpoffeffion de la nouvelle rêne du dedans, dont latenfion faite pour ployer le cheval à gauche , fermeen même temps le premier changement de mai 11de gauche à droite,Prendre un coin çd fe preferite à droite.Si l'évolution precidente exige une feflion àpatt, il n'en eft pas ainfi de la prife des coins quife préfentent à droite. Au moyen de ce que l'entréede ces angles & leur (ortie reconnoiffent à chaquemain des caufes femblables, il me fuflit d'observerque les effets de la rêne du dedans émanentafluellement de la main gauche , tandis que l'indexde la main droite remplit deffous la rêne dudehors les fonctions attribuées au petit doigt dela main gauche, avant ta tranfpofition des rênes.Second changement de main de droite à gauche.Comme je ne connois d'autre différence entreles évolutions du premier & du fécond changementde main que dans le tranfport des rênes, j'abandonneun moment le cheval pour fu ivre l'exécutiondu cavalier. Suppofant l'avant-main du chevalde retour dans la première pifte par où on entamela reprife , on s'attend à trouver la maindroite encore du dehors, non-feulement defeendue,mais prête à remonter: circonftance qu'onfait être le prélude de la fubftitution des rênes. Enconféquence, l'élève avance fa main gauche pardeffusla droite, qui ne lâche les rênes qu'après lesavoir conduites dans la main gauche , rede^nuedu dehors , dont le petit doigt les fépare à l'ordinaire; Si la main droite vacante reprend auffitôtfur la rêne droite fes fondions avec fon titre^demain du dedans Au furplus , à cette feconde façonde mener, les deux changements de main qui onttrait au cavalier, font à leur vrai point de perfection, lorfque le paflage des rênes ne rallentit pasles afìions du cheval, qui ne doit en interromprela mefure que pour l'arrêt.Ü Arrêt.On prépare l'arrêt par l'abandon total de la rênedu dedans, & on l'effeSue par le foutien graduédes deux rênes , dont les preffion s égales avertifj


lyoMANlent le cheval, abfolumeut déployé, qu'il cft tempsde former un arrêt.Du manier en place.Si notre élève, curieux de pouffer la leçon dupas d'école à fon dernier période, toujours avecl'aide de la main du dedans, veut elfayer de fairemanier le cheval en place, il faut alors que la maindroite , étendue fur les deux rênes, lui ferve à balancerinverfement les 12 de chaque colonne vertébrale.On conçoit aifêment comment l'influenceds la main du dedans peut déterminer l'avant mainà paffer tantôt fur une jambe, tantôt fur l'autre ,tandis que la main gauche marque à propos lestemps qui contiennent l'ondulation de l'arrière-Hiain , excitée par la preßton des jambes égales ducavalier, & s'oppofe au déplacement du chevalque cette contrariété d'effets oblige à manier enplace.L'arrêt du manier en place.Bien convaincu de la nécefïïté d'abréger la duréedu manier en place, l'élève fe hâte d'en marquerl'arrêt, qu'il exécute ainfî qu'aux mains féparées; c'eft-à-dire qti'on lailî'e amortir infenfiblenientles vibrations de la colonne de devant, &qu'on ceffe d'alimenter le centre par l'apport de lacolonne de derrière. L'élève faiftt l 'inftant où lecheval revient dans l'inaâion , & pour l'y confirmer,il enlève la main droite de deffus les rênes ,afin qu'une defeente de la main gauche favo rife laclôture du manier en place.Troißeme façon de mener le cheval au pas d'école, de •IJ feule main gauche.Sans la grande habitude des detfx précédentes-façons de mener le cheval au pas d'école , dont lafeconde exige beaucoup plus de précifion & dejudeffe que la première, l'élève auroit raifon d'êtreeffrayé de la proportion de tenter la troifième , quile reftreint au fcul ufage de fa main gauche. Mais,cfpérant de réuffir , il commence par égaler ferupuleufementles deux rênes, & après le falut, illaiffe retomber jufques deffus fa cuiffe la maindroite fufpendue dès-lors de toutes fonéìions. Lorfque1» légèreté du cheval annonce fon affiette, tkconfequemment fa difpofition à répondre aux moindresindications , le cavalier e (Taie de lui donner lepli. Pour cet effet, la main arrondie travaille comuneà la préparation du tourner. Atiffitoi que lecheval abandonne fa tête, on rend promptement nla rêne gauche fa tenfion primitive , afin qu'elleempêche l'avant main d'être couchée fur le dehors..Dans cette intention , non-feulement il faut remonterdoucement la main toute arrondie , maisavec le petit doigj modérateur des diftances graduéesde la rene gauche , écarter ou Soutenir , fuivantle befoin, cette rène du dehors reconnue motricedes différentes fenfations qui coopèrent à latûndulte du cheval. Tant qu'on fuit la première j IM A Nplfle de gauche à droite , on doit s'attacher à contenirle pli, fans qu'il dérange l'aplomb des épaules ,foiten employant avec adreffe le plus ou le moinsd'arrondiûemenc de la main, loit en faifant joueralternativement les rênes fous les deux derniersdoigts de cette main. L'élève entrevoit toutes lesfineffes dont la troisième façon de mener eft fufeeptible, puifque les temps de main font uniquementréfervés pour les effets obligatoires des rênes, maisque ceux préparatoires & confervatoites fortencaétuellemem de duffous les doigts. D'où il r éfulteque , fi le cavalier n apprend pas à contrebalanceravec l'annulaire, qui pèfe fur la rêne droite, uneimpuifion que je fuppofe , dans ce moment, tropmarquée par la réne gauche foumife au petit doigt,le cheval pirouette à droite, & manque la leçon.J'obferve encore , avant que de paffer outre , queles temps des doigts dont je viens de parler, font lesfeuls expédients qu'on ait à préfent pour rendre lamain & la reprendre.Prendre un coin qui fe p^éfente à gauche.Quoique le cheval fui ve la direflion des rênes J& jamais la manière qui les dirige , cependant, vule raccourci des mouvements que cette troifièmefaçon de le mener nous laiffe, on ne peut trop s'affurerde l'efficacité des petits moyens qu'on emploieaduellement , avant que de rien entreprendred'un peu compliqué. Or, la meilleure preuve qu'onpuiffe donner de la jufteGe de leurs combinaifons ,eft , fans contredit, de montrer le cheval toujoursdroit d'épaules , de corps 8^ de hanches, malgré lapli fur le dedans. Parvenu à ce degré d'exécution 5de il m pie s réminiicences aideront notre élève dansle paflage du coin qui fe préfente à gauche. On ferappelle qu'après le demi-arrêt, ce font les rênes ,d'abord.tendues du dedans fur le dehors , qui pouffentles épaules dans le coin : qu'enfuite les rênestendues du dehors fur le de.dans . repouffent lesépaules hors du coin , & font aufliiôt entrer leshanches. Finalement , que les rênes remi (es à leurplace achèvent la fortie du coin. Travaillons maintenantà tirer touts ces différents effets de la feulemain gauche , & portons la précifion au point quele cheval ne conçoive pas même l'idée d'y réfifler^.La méchanique enfeigne que plus un reffort eflcomprimé 7 moins fa detente coûte d'effort. Confê.quemment on marque affez ferme le demi-arrêt ,précurfeur de toutes les évolutions , pour que leraffcmbler exaêt qu'il produit falle defirerau chevald'entrer en aéllon. Dès que le cavalier apperçoitl'heureufe difpofition où fe trouvent les deux'bipèdes-du cheval, il ne tarde pas à porter fa mainarrondie fur le dehors, fans oublier L'écart du petitdoigt, qui met la rêne gauche à quelque diflancede l'épaule du cheval. Voilà bien certainement lesdeux rênes, deflinées du dedans fur le dehors, 6cle cheval, empreffé de les traveder , qui a déjàpôfé la jambe 1 dans le coin. Pour favorifer le cher-valer de la jambe,: y folliciter en même temps la


^ A Njambe 3 à la remplacer dans l'angle, Sr remettre lajambe 1 en liberté , on rapporte la main , toujoursarrondie, du dehors fur le dedans, & ce qui déterminele cheval le plus viflorienfement, on refferrele petit doigt, en écartant l'annulaire. Toutemodique qu'eft cette combinaifon intérieure, onlui doit cependant le fini de la contrepofnion desrênes braquées à préfent de gauche à droite, &feule elle commande le port alternatif & tranfverfaldes jambes 2 , 3 & 1 ; car on fait qu'en raifondu pli, la jambe de devant du dedans doit conflammententamer chaque pi/le. Il nous rede doncla jambe 4 à faire palier dans le coin ouvert à gauche,& par-delius la jambe 3. Mais les trois tempsfuccefîifs de la main replacée, de l'annulaire fermé ,du petit doigt écarté, ne repréfentent-ils pas lesrênes dans leur ordre primitif, fur-tout l'arrondiffementde la main étant entretenu ? Aufli le cheval, fenfible n la vibration de la rêne du dehorstendue fous l'écart du petit doigt, confirmé d'ailleursfur les jambes 2 & 3 par la preflion de larêne du dedans qu'abandonne l'annulaire, avancela jambe 4 à la fuite de la jambe 1 , & par-deffus lajambe 3 ; ce qui termine dans toutes les règles lepaffage du coin qui fe préfente à gauche.Premier changement de main de gauche â droite.Il n'eft point de récompense plus attrayante pourvn cheval qui travaille , que d'abréger la durée defes reprifes.il faut donc longer à demander promptementau nôtre le premier changement de mainqu'on ouvre de gauche à droite. En conféquence ,on écoute avec une nouvelle attention l'enleverprogredir des jambes de devant, jufqua ce qu'onlurprenne à terre celle du dedans. A l'inftant oùl'élève compte une , pour cette jambe de devant,non-feulement il ceffe toute aûion du petit doigt,mais il ramène modérément la main arrondie Turle dedans , afin d'obtenir de la jambe 2 le feuldemi-chevaler qui,fait entamer au cheval la diagonaledans laquelle on delire le porter. En analyfantle produit de ces deux temps de main, ontrouve au réfultat, premièrement , que l'inaâiondu petit doigt laiiïb à la rêne du dedans, arrêtéefur l'épaule droite du cheval par l'arrondiffementprimitif de la main , le fixer qu'elle communiqueaufiitôt à la jambe 1 : fecondement, que la predionde la rêne du dehors, qu'efTeäue le port fecondairedelamain arrondie, décide enfuitela jambe2 à décrire le quart de cercle qui l'amène au dedevantde fa compagne. Le cheval entré dans ladiagonale avec la jambe 2 , on redonne à la mainfa première pofition , en forte que la jambe 4 ,contenue par l'écart du petit doigt , quitte la pifleà fon tour , pour mettre le bipède de derrière diagonaletnemà la fuite de celui de devant. Lorfqueles épaules du cheval font arrivées dans la fecondepifie où la diagonale aboutit, lé cavalier fait unedefeente entière de la main arrondie , mais il afvin de là remonter cambrée, & afin d'attirer lam an17 etète fur le nouveau dedans, & afin de fermer lepremier changement de main de gauche à droite.A l'égard de la conduite du cheval, qu'on dirigeaâuellemcnt de droite à gauche, elle dépend autantde la tournure cambrée de la main, que del'extenfion motivée de l'annulaire , dont on tire iciles mêmes fervices que le petit doigt rendroit àl'autre main.Prendre un coin qui fe prefenic à drohe;Jamais le cheval ne re fu fera de pénétrer dans lescoins ouverts à droite, & l'élève confervera lafaculté de l'en fortir à volonté , s'il adapte à lamain cambrée les temps ci-deffus employés par lamain arrondie , & fur-tout fi l'annulaire paroîtdans les occafions où on occupoit le petit doigt.Second changement de main de droite à gauche.L'ouverture ainfi que la fermeture du fécondchangement do main de droite à gauche , auront àcoup tur la même réuffite. Ainfi je fuppofe le chevalrevenu dans la première pifle , & conféquemmentà fa dlreäion aSiuelle de gauche à droite , lamain du cavalier remontée , placée & arrondie.L arret.Le deflein dn cheval mis à l'air du pas d'école, nedifférant d'avec l'efquiffe du cheval qu'on ébranleà l'allure du pas ordinaire que par le pli, donc unefois le pli détruit, le temps d'arrêt exprimé dansla première leçon des éléments, eft le même quecelui qui termine la première leçon du travail, oùon mène de la feule main gauche.Du manier en place.On fait que les temps du manier en place réfultenttoujours du balancement oblique des 24 dela malìe. Or, toutes les fois qu'à cette dernièrefaçon de mener , la main, feule motrice de la vibrationqu'on attend, répartit alternativement les12 de chaque colonne vertébrale, tantôt fur unejambe , tantôt fur l'autre, le cavalier ne doit avoird'autre foin que de fu ivre avec la plus grande attentioncet enleverfucceffif des jambes, afin qu'àmefure que le cheval en pofe une à terre, la preflioncalculée , foit du petit doigt, foit de l'annulaire, précède le temps de main inverfe qui luifait détacher l'autre;Varrêt du manier en place.Quant à l'arrêt qui clôt définitivement, & l'airdu manier en place ,&'a première leçon du travail, on le marque avec la feule main gaucheexaßement comme on a fait aux deux précédentesfaçons: c'efvà-dire , qu'on détruit infenfiblementle balancement de la mafie , en dégradant les pùlfationsqui le produifent, Si qu'on patiente, jufqu'àce que le cheval en foit au (Impie ébranle-;ment, pour Un demander l'arrêt total.


lyzM A NDe Tépaule en dedans.Pendant que la nature articuloit les quatre divisionsmobiles du cheval, elle préparoit en mêmetemps les loix de l'équitation , qui le ren dent autantutile qu'agréable, & dont les premiers écuyersprofefTeursnous ont tranfmis le code. Pour nous ,éclairés parles obfervations de nos prédécefîeurs,notre empire s'eft tellement établi fur ce fier quadrupède, que, fi nous favons maîtrifer defpotiquementla totalité de fon individu , nous avons égalementl'art de ployer, à volonté, telle ou telleportion diflinäe de fori être. L'élève quitte la leçondu pas d'école où on apprend à travailler un chevaldroit d'épaules, de corps & de hanches, quoiqueavec le pli fur le dedans ; je va is lui montrer ,dans celle intitulée l'épaule en dedans, commenton peut amener les épaules du cheval à la fuite dela tête, fans altérer la marche ordinaire aux deuxdernières divifions du corps & des hanches. Commeje n'ai jamais trouvé de méthode qui donnâtautant l'intelligence des différents airs de manège,que de crayonner la figure qui leur eft propre, jecommence par décrire de quelle façon il fautqu'un cheval foit contourné pour être l'épaule endedans.Ce que ctß que l'épaule en dedans.On difllngue la combinaison de l'épaule en dedans, & à la pofition du cheval qui s'y prépare, &à la marche de celui qui s'y prête. Pour la pofition ,le cheval ployé fur le dedans , a l'avant-main entièrementdehors de la pi (le où l'arrière-main relie.Pour la marche , le cheval, toujours avec le pli, faitpaiïer fa jambe de devant du dedans par-deiTus celledu dehors, tandis que les jambes de derrière continuentleur jeu parallèle. Il réfulte de ce différentcalcul des deux colonnes vertébrales, que les 24de la mafie du cheval en place font étayés, fçavoir,par la jambe de devant du dedans abfoluir.entfortie de la pille; par celle de devant du dehorsmife fur la crête de la pille ; & par les deuxjambes de derrière placées dans la pille même. Lafigure de l'épaule en dedans reconnue , dif féquonsenla marche. Or, d'après fa pofition , le cheval nepeut former le pas analogue à cet air qu'avec lajambe de devant du dedans , ébranlée la première ,qui che va le d'abord celle du dehors r qu'avec lajambe de derrière du dehors, qu'il avance enfuitedroit dans la pifte qu'elle fraie : qu'avec la jambede devant du dehors, mue la troifième, qu'il retirede deflbus fa voifine pour la remettre encore fur .le bord de la pifte : enfi n qu'avec la jambe de derrièredu dedans, qui, pofée dans la pifte à côtéde fa compagne, termine le pas de l'épaule en dedans,où on retrouve l'avant-main dans la pofitiondemi - circulaire qu'il a reçue. Voici la premièrefois que le cheval fe meut de deux piftes , c'eftàdire que les jambes 1 & 2 tracent une ligne ,pendant que les jambes 3 & 4 en fuivent une au-M A Ntre. Cette nouvelle façon de marcher, de la paridu cheval, demande qu'on inftruife l'élève desnouveaux procédés faits pour exiger la formationdu pas en avant, avec une différence aulïi marquéedans le jeu des deux bipèdes.Comment on met un cheval à l'épaule en dedans.L'épaule en dedans définie dans touts fes points ,je crois pouvoir , fans indiferétion, entamer laméthode, non-feulement qui combine, mais encorequi détermine un cheval à cette feconde leçondes airs terre-à-terre. L'élève vient de lirequ'aux trois conditions préliminaires & communesà chaque leçon du travail, d'être dans la main ,fur les hanches , & loyé p fur le dedans , le chevaldoit ajouter , à celle que nous traitons , d'avoirl'épaule du dedans abfolumem dehors de la pifte ,d'où l'épaule du dehors oft un peu moins fortie,où les deux hanches reftent. En conféquence ,lorfqu'on veut deiliner un cheval à l'air de l'épauleen dedans , il faut que la preftion de la rêne du dehors,unie à l'écart de la rêne du dedans , dont latenfion primitive a déjà ployé le cheval, chiffede la pifte les deux épaules balancées enfemble dudehors fur le dedans. D'après ce plan préparatoire ,on oblige le cheval à l'exécution du même air ,premièrement avec la preffion de la réne du dedans, afin d'obtenir le chevaler de la jambe de devantdu dedans, & fucceflivement le port tranfverfalde la jambe de derrière du dehors; fecondement,avec l'écart de la rêne du dehors, à l'aideduquel le cheval avance fa jambe de devant dudehors, dégagée de deffous celle du dedans, 8cqui lui permet l'enlever oblique de la jambe dederrière du dedans.Je vais obferver, dans la leçon de l'épaule endedans , l'ordre établi dans les feflions de la leçondu pas d'école. Ainfi notre élève va commencerpar mener les rênes féparées : on les lui fera réunirenfuite dans la main du dehors , en s'aidant de lamain du dedans ; enfin il travaillera le cheval h l'épauleen dedans de la feule main gauche.Je ne m'expoferai pas davantage au reprochequi pourroit être fondé dans ce moment, de tropre battre les mêmes principes. Au fil , fans répéterà mes leélcurs les quantités choifies pour remplacerla maffe du cheval, dans fon entier & dans fes divifions,fans leur rappeller, ni les huit pofdonsdes rênes, ni les huit temps de main qui les produifent: fans leur redire combien la correfpondanceintime entre les preffions des jambes toujourségales du cavalier, & les opérations émanéesde fa main eft effentielle, afin de fournir unecaufe aux divers effets qu'on attend de l'aßion ducheval ; finalement,fans leur repréfenter l'eppofitionnaturellement tranfverfale qu'on apperçoitperpétuellement entre les épaules & les hanchesdu cheval d'une part; de l'autre » en tre les jambesde devant & celles de derrière, je fuis mon élève


M A NHans la carrière où je vais l'aider à mettre fozi chevalà l'épaule en dedans , les rênes féparées.Premure façon de mener le cheval à l'épaule en dedans,les rênes féparées.On commence la leçon de l'épaule en dedans ,aind que toutes celles qui compofent le travail, enfuivant, de gauche à droite , quelques longueursde manège, le cheval droit de tête , d'épaules , decorps & de hanches : intervalle qu'on emploie àraffembler le cheval jufqu'à ce que , dans la main&. a fils , il foit encore régulièrement ployé fur lededans , & dont nous allons profiter pour faire laremarque fuivante. Nul doute qu'on ne puiffe difpolerle cheval à l'exécution de l'épaule en dedans,fur telle furface où on fe trouve , puifque L préparationde cet air confifte uniquement dans la preffionde la rêne du dehors, & l'écart de la rêne dudedans. Mais fi notre élève ebferve que ces deuxtemps de rênes font-abfolument ceux qui déterminentl'avant - main du cheval à fortir des coins ,pourquoi n'attendroit- il pas que le palla g e d'unangle lui facilitât, & au cheval, le placement préalabledes épaules fur le dedans? Lors donc que .conféquemment à la predion de la rêife du dehors ,la jambe 3., fortie d'un coin ouvert à gauche, faitplace à la jambe 3 , & qu'on fent le cheval au momentde retirer la jambe 1 , on lui marque trèsfenfiblementl'écart de la rêne du dedans, au moyend'un mouvement circulaire de la main droite ,qu'on éloigne allez ds l'épaule du cheval pourqu'elle arrive au niveau de la cuiffe du cavalier.Cette pofirion de la rêne du dedans augmente lepli , qui s'étend alors jufqu'aux premiers cotés ducheval, & néceflue évidemment la jambe 1 à quitterla pifte. Dans la crainte que l'extenfion un peuforcée de cette jambe de devant du dedans ne dérangel'aplomb du cheval, on a foin de réitérer lapreïlion de la rêne du dehors , afin de chaffer , pre!. -qu'enfenible , les deux épaules fur le dedans ; enforteque le cheval, qui détache pour la fecondefois la jambe 2 à la fuite de la jambe 4 , l'amènefur la crête de la pifle à côté de la jambe 1 ,& finitla préparation de l'épaule en dedans par le porttranfverfal de la jambe 3 , qui s'avance auprès dela jambe4 reftée dans la pifte. L'avant-main n'eneft pas plutôt dehors, que la preflìon de la rênedu dedans , ramenée par un fécond mouvementcirculaire de deflus la cuiffe du cavalier à l'épauledroite du cheval, commande à la jambe 1 de chevalerla jambe 2. Voilà l'inftant où on doit faireagir l'écart fecondaire de la rêne du dehors , dontl'effet eft de contenir la jambe 4 dans le milieu dela pifte. Le cheval folidement appuyé fur les jambes1 & 4, on efface promptement l'écart de larêne du dehors , qu'on remplace auffitôt avec lapreflìon renouvellée de la même rêne , en faifantreparoître le premier écart circulaire de la rêne dudedans. A cette nouvelle combinaifon des deuxrênes, fuccède le jeu tranfverfal des jambes 2 &m an 1733. La première, maintenue fur le dedans par lapreffion de la rêne gauche , reprend indifpenfablementfon pofte fur la crête de la pifte : la fecondefile droit de (fou s l'arrière-main , ainfi qu'a fait précédemmentla jambe 4 foumife à l'écart de la rênedu dehors , & confomme dans toutes les règles lepremier pas de l'épaule en dedans, puifqu'on retrouveles épaules en dehors de la pifte, au milieude laquelle les hanches font reftées, & que , par lacombinaifon même des quatre jambes, le chevalne peut fe mettre en marche qu'avec celle de devantdu dedans.11 eft bien pardonnable à ceux qui n'ont d'autreguide dans la carrière de l'équitation que la foiblelueur des éléments , d'imaginer que l'exécution ,très-pénible fuivant eux , des allures artificielles ,dépend d'une multitude effrayante de temps demain & de jambes, Mais notre élève , affuré parpratique & par théorie, de la Simplici té des moyensqui combinent un cheval au pas d'école ; fur-toutrécemment convaincu de l'eflicacité de ces mêmesprocédés, quelque peu compliqués qu'ils (ont;,pour exiger l'épaule en dedans , pourroit-il efpérecla même indulgence ? Non fans douté. Cependant,afin d'ôter jufqu'à l'ombre d'une incertitude , nousajouterons ici la démonftration calculée de cette,feconde leçon du travail à l'expérience qu'on vientd'en faire.En reprenant la pofmon relative à l'épaule endedans, & faififfant le cheval à la fortie d'un coin ,nous trouvons que, fi le bipède de devant abandonnela pifte où refte le bipède de derrière, & file pli gagne les premières/côtes 3 c'eft que l'écartcirculaire de la rêne du dedans , accompagné parla preffion de la rêne du dehors, entraîne lès épaulesau moment précis où le cheval tient la jambe 1en l'air. Alors les 12 de la colonne de'devant, autantattirés à droite que pouffés à gauche , ob ligentle cheval, menacé de perdre l'équilibre de cettepremière divifion, pris fur la jambe 2 , d'éloignerla jambe 1 , afin de la mettre deffous le centre deVavant-main , dont le volume penche du dehorsfur le dedans. La répartition inégale des 12 de lacolonne de devant quadre bien avec l'exécutionprojettée de l'épaule en dedans , puifqu'il faut queles jambes 1 & 2 travaillent en dehors de la pifte;mais , à moins que d'invoquer l'art pour entretenirla marche parallèle des hanches , nonobftant le plandiagonal des épaules , le calcul inverfe des 12 dela colonne de derrière , qui fuit naturellement,anéantiroit, à coup fur, la tournure préparatoireau même air. L'élève apperçoit afhiellement la néceffitéd'étendre le premier écart circulaire de larêne du dedans, jufqu'à ce qu'elle arrive au niveaude la cuiffe du cavalier. Par fon moyen , on évited'abord l'oppofition direcìe de la rêne du dedansavec la hanche droite du cheval , dont l'avant»main , apporté feul en dedans , préfente un arcbandé fur le dehors, enforte que l'aéiion de cettei rêne droite ne parvient à l'arrière-main que de con-


174 M A Ncei t avec la rêne gauche. Par fon moyen encorela même réne droite, qui repréfente la corde denotre arc fiäif, tendue fur les premières côtes ,excite le cheval à rentrer cette partie de fon corps :conféquemmenr l'invite à rétablir , de lui-même ,l'égalité détruite dans la difiribution des mafies dela colonne de devant, fans toucher cependant à lapofition primitive des jambes i Se 2 placées fur lededans. Par fon moyen enfin , les valeurs difiinflesde chaque rêne, qui viennent de chaffer fé pa rémentles deux épaules hors de la pille , fe réuniffentpour former une feule puiÛance capable aucontraire d'empêcher les hanches d'en fortir.Après avoir démontré comment les rênes peuventfaire prendre au cheval la tournure préliminaireà l'épaule en dedans, je vais décompoferleur produit pendant la marche du même air. Lepremier pas de l'épaule en dedans s'entame envenu de la p reffion de la rène du dedans, rapportée circulairement de la cuiffe du cavalier à 1 é-paule du cheval : preffion qui pouffe la jambe 1par defius la jambe 2. Rien de plus conféqv.ent quele rhcvaler de la jambe 1, puifque ce temps de lajambe de devant du dedans fuit les 12 de la colonnede devant , balancés de drohe à gauche.Mais , où je regarde comme très e/î'emiel de veniraXi feco urs de mon élève , c' efl: afin de lui faire obferver,qu'auffitôt le paffage de la jambe 1 , lacorde de l'arc , autrement la rêne du dedans, fetrouve direvlement tendue fur la hanche droite ducheval. Le rentrer des premières côtes donne unepreuve trop récente de la puiffance direâe d'unerêne , pour ne pas fentir la néceflité de contrebalancerpromptement l'oppofirion aéluelle de etiledu dedans. Cette remarque amène l'explication del'écart intermédiaire de la rêne du dehors , qui a lapropriété de confsrver la figure demi circulaire del'avant-main , en obligeant les jambes 3 & 4 à conlinuerleur marche parallèle. En effet, on enjointexprefîement d'écarter la rêne gauche prefqu'enmême temps qu'on pouffe avec la rêne droite ,afin que la rêne du dehors , éloignée à fon tour del'épaule du cheval ..prenne un appui relatif furles parties qu'elle gouverne , & a mortifie ainfi lapuiffance trop adive delà réne du dedans fur lahanche droite. Conformément à cette dernièrecombinaifon des rênes, le cheval, qui a la jambeI par-deffus la jambe 2, cédant en outre à la preffiondes jambes égales de fon cavalier, ramène aucentre l'ondulation de la colonne de derrière ,dont les 12 , balancés de gauche à droite , appefanti fient la jambe 3 , de manière à permettre leport tranfverfal de la jambe 4. Puifque les jambes. a & 3 ne terminent régulièrement l'exécution del'épaule en dedans, qu'alors que le cavalier faitleur faire reprendre, à l'une fur la crête de la pifie,à l'autre dans ht piße même , la place qu'elles occupoientpendant la préparation , on ne doit pasAttendre ici la répétition fervile des détails qu'on adéjà lus. J'ajouterai feulement, comme une preuveM A Nde iflcs calculs, que fi la pofition du cheval à l'épauleen dedans émane des caufes qui donnent la-fonie des coins avec l'avant main , ( preffion de larêne du dehors , écart de la rêne du dedans ) , lamarche de cet air doit être, & eff effeâivement lefruit des combinaifons analogues à l'entrée dansles coins, avec la même divifion du cheval. ( Preffionde la rêne du dedans, écart de la rêne du dehors),L,es leâeurs qui fe feront impofé la loi deme fuivre page à page, auront à l'addition de cesd.verfes combinaifons , premièrement, l'impoffibilitéd'entretenir la figure de I épaule en dedans ,fans faire paffer le cheval de la préparation à l'action, & fuccefiivement de l'adtion à la préparaton , fecondement, que les parties les plus fenfible?ducheval , conféquemment les plus intéreffantesà ménager pour le cavalier , qui font lesbarres', fe trouvent anfii les moins afieéiées , nonobfiantla marche différente des deux bipèdes ,puifqu'une fois le pli donné, le plus grand effet desrênes a lieu , tantôt fur 1 avant-main qu'elles pouffent, tantôt .fur le corps qu'elles maintiennent.Examinons à préfent, dans la prife des coins , commentelles peuvent influer fur l'arrière-main.Prendic un coin qui fe préfente à gauc he.Les écuyers rédatHeurs du travail ont établi pourprincipe général, que le paffage des angles ne doitpoint détruire la figure caraétériflique des airs demanège. De-là cette règle univerfellement adoptéede prendre les coins feulement avec les jambes quele cheval laiffe dans la pifie. Il faut donc, à l'épauleen dedans, trouver les moyens de mener danschaque angle les deux feules jambes de derrière ducheval, avec autant d'exaâitude qu'on y a conduitles deux bipèdes pendant la leçon du pas d'école.Avant que notre élève entreprenne de faire entrerexclufivement les hanches dans le premier coin quife préfente à gauche, & de les en faire fortir, il cflà propos de lui rappeller l'oppofition oblique ton,jours exifiante entre les deux extrémités du chevalafin qu'il fente la néceflité de contenir l'avant-mainfur le dedans, lorfqu'il veut, comme dans l'occurrenceaélueilc, que l'arriére-main travaille fur ledehors. Comment, en effet , fe flatter de rcuflîr ,fi la jambe de devant du dedans, fixée à terre , nefert pas de pivot aux trois autres, & pendant l'entréedes hanches, & pendant leur fonie,' En conféquence,les épaules du cheval font à peine en facerie l'angle ouvert à gauche, qu'on faifit l'inflant oùla preffion de la rêne du dedans excite la jambe 1 àcheval er la jambe 2 , pour employer , cette fois,la preffion de la rêne du dehors, au lieu de l'écartde la même rêne, précédemment ordonné. Lanouvelle opération de la rêne gauche, que doitencore fuivre l'écart circulaire de la rêne droite,fa ti s fa it à tout ce qu'on peut defirer , bien entendulorfqu'on a foin de foutenir modérément les deuxrênes dans la valeur qu'elles viennent de recevoir.Car, alors, non-feulement les 12 de la colonne de


M A N'devant, balancés de gauche à droite, en chargeantla jambe i de tour le volume de l'avant-main ,s'oppofeni au déplacement de cette jambe de(levant du dedans , mais il en réfultc naturelleinentu.i commencement d'impuldon de droite agauche, pour les 12 de la colonne de derrière,qui détermine l'élolgnemunt tranfverial de In jambe4 que le cheval avance près du coin. Aufli tôt leplacement à terre des jambes 1 & 4, le cheval,eue la prefiion des jambes égales de fon cavalierinvite de traveder la piême diretiion des rênes,, cependant, retenu p*r la tenfjon motivée deces barrières fiäives tracées du dehors fur le dedans, enlève la jambe r, légère des 6 qui lui fontaffeù'.és, & lui fait chevaler à fon tour la jambe 1.Quant à la jambe 3 , également débarrafïve dej 6qu'elle a coutume de fupporter, obligée d'ailleurseie céder à la puiflance direéìe de la rêne du dedans, elle va jufqu'au fond de l'angle oit le chevalla pole aù-deffus de la jambe 4. L'arrière mainentree feule dans le coin à gauche avec la jambe 3 ,travaillons à l'en faire fortir avec la jambe 4. Or,la même combinaifon des rênes, c'eft-à-dire, larêne du dehors tendue de nouveau fur l'épaulegauche du cheval, & la rêne du dedans maintenuedireéleù lacuiffe du cavalier, ne laiflent les 24 dela mafie fur les jambes 2 & 3 , dernières miles enaâion , que le temps qu'il faut à la jambe 1 pourqu'elle pivote fur le talon , & à la jambe 4 pourqu'elle forme le pas qui l'amène dans la nouvellepifle par-de H us la jambe 3. Ces deux jambes tranfverfalespofêes , l'une prefqu'à la même placequ'elle a quittée, l'autre mife dehors dn coin, lecheval ne peut obéir à la puiflance relative desrênes & des jambes egalrs de fon cavalier, qu'endétachant d'abord la jambe 2 , qu'il avance unefeconde fois au-deflus de la jambe 1 : enfuite ilentre tout à-fait dans la nouvelle pifle , après avoirretiré la jambe 3 de deffous la jambe.4. Enfin , aumoyen du fécond mouvement circulaire de la rênedu dedans , la jambe 1 renouvelle le pas de l'épauleen dedans, où la jambe 4 lui fuccède commeauparavant. Je prie mon leéieur d'obferver , enpremier lieu, dans, le chevaler oblique des jambes2 , 3 & 4 , que ,fi la jambe de devant du dehorspaffe flriéiement au - deflus de celle du dedans ,tandis que les deux jambes de derrière embradentalternativement autant de terrein que leur extenfionle permet, favoir la jambe 3. afin d'aller réellementprendre poffeflion du coin ouvert à gauche,& la jambe 4, afin deh fortir, c'efl qu'en raifonde leur retenue, les rênes ont une aâiion plusabfolue fur les hanches que fur les épaules. Secondement,qu'à tel air que ce foit, les rênes fontcombinées de manière que celle qui travaille , oucomme préparatoire, ou comme obligatoire, ouAmplement comme confervatoire, agit toujours-,par. prefiion , fur des parries que le cheval bombe ;témoin le pafiage du coin à gauche, d'où'l'élèvefore ) & donc la préparation n'eû p as plutôt en-M A N1 7 ^ramée parla preflion de la rêne dn dedans, que cefont les preffions réitérées de la rêne du dehors quifont pivoter les épaulés , pendant que l'écart de larêne du dedans pouffe les hanches. Or, dans laci,confiance préfente, vu la t ournure demi circulairequ'exige la figure de l'épaule en dedans, l'écartde la rêne du dedans équivaut bien certainement,pour l'arriére-main, à la preflion de la rêne dudehors , pour l'avant-main.Premier Changement de m ain de gauche à droite.L"s deux changements de main , qui divifent làleçon de l'épaule en dedans , font de la plus facileexécution , puifque , d'après la pofirion du cheval ,les épaules, déjà forties de la pifte , (epréfententd'elles-mêmes à chaque diagonale. Ainfi, le projetformé de changer de main pour la première fois ,évolution qui fe trace de gauche à droite, on n'ad'autre foin que d'attendre le moment où le cheval,appuyé fur les jambes 1 & 4 , répond, & à lapreflion de la rêne du dehors, & an renouvellementde l'écart circulaire de la rêne du dedans 5(l'élève n'a point oublié que cette feconde combinaifondes rênes a pour but la confommation deichaque pas de l'épaule en dedans, & qu'à la mainoù nous fommes , ce font les jambes 2 & 3 qui lesterminent) , alors on marque en demi-arrêt. L'égalitéqui fuccède dans la tenfion mutuelle desrênes, entraîne l'exaéle répartition des 24 de lamafie, en forte que la preflion des jambes égalesdu cavalier , fuite ordinaire du fourien modéré dofes deux mains, oblige le cheval de paffer fur ladiagonale du premier changement de main degauche à droite, qu'il traverfe droit d'épaules, de 1corps , de hanches , mais , conformément auxloix du travail, avec le pli fur le dedans. L'évolutiondu premier changement de main , s'ouvrantà la leçon de l'épaule en dedans abfolument commeà celle du pas d'édble, doit aufli fe fermer de lamême manière. En conféquence , je laifle monélève opérer feut, jufqu'à ce que le cheval, ployéfur le nouveau dedans , annonce qu'il e fi: en étatde recevoir telle impreflïon qu'on voudra lui communiquer.Quoiqu'il faille, àia rigueur, qu'aûflïtôtla fermeture du changement de main , le chevalreparoifie l'épaule en dedans, cependant je confetteraitoujours aux élèves d'attendre la fonie dncoin où la diagonale aboutit, afin d'avoir , Sux deuxmains, la certitude acquile d'entamer avec prée fionles temps d'une leçon intérefl'anie à touts égards.Les chofes remifes dans leur ordre, c'efi à-dire,notre élève exigeant aSuellemerit les pas de l'épauleen dedans , au moyen des prefiions de larêne gauche , & le cheval marchant à cet air avecle chevaler de la jambe 2 , le jeu füccefilf de lajambe 3 , l'écart de la jambe 1 , fuivi du .port tranfverfalde la jambe 4 , on doit fe préparer au paffageexclufif de 1 arrière-main dans le premier coinqu'on va- trouver à droit®.


M A NPrendre un coîn qui fs préfente à droits , & fécondchangement de main de droite à gauche.Lu prife des angles ouverts à droite, ainfi que lefecoad changement de main de droite à gauche ,ne pouvant émaner que des caufes qui produifentles mêmes évolutions à gauche, & de gauche àdroite, je renvoie mes lecieursaux deux Cédionsprécédentes , tant pour la méthode à fuivre, quepour la décompofition des rênes , & l'analyie deliurs effets.Varrêt.Comme on ne peut déterminer aifément un chevalaux leçons du travail, qu'après l'avoir préparéfur le droit, de même il ne faut penfer à marquerl'arrêt de tel air que ce foit, qu'après avoir remisle cheval dans fa première direction. Or, conformémentà la tournure demi-circulaire de l'épauleen dedans, les deux conditions préliminaires de3 arrêt doivent être la rentrée de l'avant-main , &la deftruftion du pli. Ainfi l'élève indique qu'il vafinir la reprife , lorfqu'avec la predion réitérée dela rêne du dedans , &'écart l fecondaire de la rênedu dehors, il repouffe tes épaules du cheval devraitles hanches. Il replace enfuite fes deux mainsà la même hauteur, afin d'anéantir le pli. Bref,pour s'affurer que la répartition des n de chaquecolonne des vertèbres eft exaéìement faite fur lesquatre jambes du cheval, il le mène encore quelques pas abfolument droit, & finalement il lui demandel'arrêt de la manière dont on a coutume declorre toutes les leçons, tant des allures que des-airs,.Vcßnon du cavalier pendant la. leçon de F épaule endedans.Sans avoir fait une étude bien particulière desloix du mouvement, on fait cependant que l'aplombde tout eprps mobile eft le réfultat du rapport proportionnelentre l'élan du centre & le jet de la bafe.Je ne préfume pas qu'il faille une connoiffance plusétendue , pour appercevoir qu'un corps fupporté,


M A Nencore à propos de renou vallar fou attention avantCue de lui demander une évolution nouvelle.Aiafi, lorfque le temps approche de prendre lepremier coin qui fe préfente à ganclie, on doit marquerun demi-arrêt, afin de répartir enfuite ,d'unemanière certaine , les 24 de la mafie fur les jambesI & 4, en ramenant la rêne du dehors près de l'épaulegauche du cheval, tk laiflant la rêne du dedansà la diftance du premier écart circulaire de làmain droite. Le réfulrat de cette double combinaiiondes rênes produit, comme aux deux mains féparées,le fixer de la jambe 1 , l'é cart de la jambe4,1e demi-chevaler de la jambe 2 , & l'entrée dansie coin avec la jambe 3. La même pofition desmains, aidée toutefois par la preßion des jambeségales du cavalier, donne en fécond lieu , le pivotementde la jambe 1 , la Ibrtie du coin avec lajambe 4 , la répétition du demi - chevaler de lajambe 2 , & l'enlever ttanfverfal de la jambe 3.Auiïliôt le paffage exclu (If d e l'arnère-main , cefont les temps de rênes ci-devant enfeignés qui remettentl'avant-main en marche par le port de lajambe 1.Prtmicr changement de main de gauche à droite.Depuis que nous travaillons l'épaule en dedans ,on a dû remarquer que les diverfes évolutions dela prife des coins & des changements de main n'avoientaucunes difficultés , a cette leçon , pourquiconque faififibit adroitement le repos à terredes jambes de devant du dedans & de derrière dudehors. On vient d'éprouver que ce temps eft notammentle feul favorable aux changements demain , puifqu'un demi-arrêt des deux rênes {eparées,en fixant le bipède de devant placé fur lededans , fufpend la marche des épaules du chevalpofityvement en face de la diagonale que la prefîiondes jambes égales du cavalier lui fait enfuite tra-•verfer. L'élève obtiendra la même réufllte , les tênesréunies dans la main du dehors , s'il attendpatiemment, pour demander le premier changementde gauche à droite, que la feconde combinaiion des rênes, c'eft-à-dire, la prefîion de la rênegauche & l'écart de la rêne droite , commande l'en-'lever ttanfverfal des jambes 2 & 3. Alors le demiarrêtcharge également les quatre jambes , enforteque, d'après le calcul alternatif des deux bipèdes ,& d'ailleurs en rai fon du pli conferve fur le dedans, le cheval entame indifpenfablement la diagonalepar les jambes 1 & 4. Aufiuôt que les épaulesdu cheval font entrées dans la nouvelle pifte ,on exécute la tranfpomion des rênes , que la maindroite reçoit de la gauche , comme la première leçonVenfeigne. L'élève n'ignore , ni les circonftancesqui caraâénfent la fermeture des changement^de main , ni les procédés qui leur font particulièrementanalogues : il fait encore combien il eftintéreffant, malgré l'ufage contraire, d'attendre laforne du coin .où on touche , avant que de reprendre, & la tournure, & la marche de l'épaule enEquitation, Efcrim: & Danfe.M A N 177deJans. En un mot il fe rappelle que la combinaifonde cet air fuit aéiuellement le jeu de l'index dela main droite, qui gouverne la rêne du dehors, &fort de deffous la main gauche , qui difpofe de larêne du dedans ; en conléquence , je le laifTe allerfeul trouver le premier coin qui fe préfente à droite»Prendre un caia qui fe préfente à droite , & fecor.dch&ng:7n'.nt ie main de d roite à gauche.Après avoir conduit, pour ainft dire, les mainsde mon élève , lorfqu'il tenoit les rênes féparées ;après l'avoir fuivi pas à pas jufqu'au premier changementde main, dans la feconde façon de menerà l'épaule en dedans , j'ai la préfomption de croiremes confeils fuperflus , tant pour le paflage descoins ouverts à droite, que pour revenir de droiteà gauche , à travers la diagonale du fécond changementde main,V Arrêt.La fedlion particulière à l'arrêt ne peut pas avoirplus d'étendue, puifque, de telle manière qu'onmène, les préparatifs doivent être les mêmes. Eneffet, que les rênes foient dirigées du dedans furle dehors , par une ou par deux mains, leurs puiffaticesobligent toujours le cheval de rentrer fonavant-main dans la pifle. Cell enfuite à l'abandontotal de la rêne droite qu'on doit le déploiementdu cheval, conféquemment la répartition égale desmaffes : répa rtition qui s'opère, & dont on s'affurependant les derniers pas qu'on lui permet de formerfur le droit, avant que de le fixer en place.Troißeme fi-çon de mener un cheval à l'épaule en dedans, de la feule main gauche.Le fiftème de l'équitation , démontré par le calculdes rênes , a pour principe général les prefîionsmotivées des jambes égales du cavalier, en caqu'elles excitent l'ailion du cheval, & pour caufesparticulières les pofitions variées des mains , quine conduifent qu'autant qu'elles ont l'art de modifierà propos cette même aflion. Il eft donc évidentque la conduite du cheval augmente en difficultés ,à niefure qu'on refterre dans une feule main lesagents de fa direéiion. Or, pour aider l'élève à réparercette difette de moyens par la précifion deceux qui lui reftent, je vais tracer ici l'échelle graduéedes différents effets de chaque rêne , ainfi quedes temps de main qui les occauonnent. En fe repréfentantles quatre diviftons mobiles du cheval,qui font la tête , l'épaule , le corps , la hanche, onfe rappellera qu'une rêne tendue fur elle-mêmeamène la tête : que la même rêne preffée contrel'épaule chaffe cette feconde divifion ; que le corpsfléchit fous une rêne écartée : nfin e qu'une rêne ,qui paffe de l'écart au fmitien , re pouffe la hanche.Conféquemment on fait, d'après expérience faitedans la leçon du pas d'école , que le pli à droite fuitl'arrondifi'ement de la main , parce que ce tempsproduit la tenfionde la rêne droite, comme le pli à


lysma ngauche émane du cambrer de la main qui tend Tarêne gauche. On fait encore que les épaules cèdelità l'approche de la main arrondie ou cambrée , parceque la predion fuccède alors à la tenfion. Onl'ait aulTi que le corps creufe, lorfque la main écarteune rêne déjà tendue par r?,rrondilTement ou lecambrer. Finalement on fait que la même rêne,d'abord tendue , quelle qu'en foit la caufe, puisécartée, qui devient enfiate loutenue , détruit, à lavolonté du cavalier, les points d'appui des hanchesdu cheval. D'où il réfulte que , fi l'arrondiffementcommunique à la main le pouvoir qu'elle exercefur toutes les parties droites du cheval, c'efì lacambrure qui lui donne prife fur les parties gauches.Appliquons ces principes à la leçon de l'épauleen dedans, & que la feule main gauche dirigeles huit effets des rênes , dont nous connoiffon s la valeur, avec tant de jufteffe , que le chevalimagine encore être fournis aux impulfions plusénergiques des deux mains féparées.Avant que de paffer dans la carrière, on a foinde vérifier fi la main gauche eft placée de manièreque les rênes foient également tendues deffous lesdeux derniers doigts qui les commandent. Auffiîôtcet examen , on entre le cheval affez raffemblépour le voir fuccelîivemént venir dans la main , &le fentir fe mettre fur les hanches. On remplit enfuitela dernière condition du travail, en ployantle cheval avec Varròndiffement de la main. Il y aureit un peu de préfomptiom à négliger l'avantagequ'on retire de l'évolution du coin. Mais , lorfqueles hanches ont remplacé les épaules dans l'un desangles ouverts à gauche, c'eft alors qu'il faut porterla main arrondie fur le dedans, afin d'obtenir les itemps du premier écart circulaire de la rêne droite ,& de la preffion de la rêne gauche, qui procurentla fonie des épaules , que le cheval chaffe prefqueenfemble dehors de la pifte. Le bipède de devantune fois placé fur le dedans , on reporte fur ledehors la main toujours arrondie , & modérémentfoutenue vers le corps. Cette double précaution ,en donnant le fécond mouvement circulaire, affurela preffion de la rêne droite ramenée fur l'épauledu dedans , & produit en même temps l'écartSecondaire delà rêne gauche, d'où provient le chevalerde la jambe i, & le port tranfverfal de lajambe 4. Après avoir fait exécuter au cheval lamoitié du premier pas de l'épaule en dedans, riende plus ai fé que de le lui faire achever , puifqueles temps de main effentiels à la confommation dece premier pas font absolument les mêmes queceux qui le préparent à l'entamer. Ainfi la mainarrondie reportée fur le dedans fu Et, & pour demanderle jeu fucceffif des jambes tranfverfales 2& 3 , & pour difpofer le cheval à réitérer l'enleveroblique de celles 1 & 4.Vnndri un coin qui fe preferite à gauche.Les épaules du cheval font-elles en face du premiercoiii qu'on rencontre à gauche, le cavalierM A Nfixe fa main arrondie , dans l'inftant où, déjà portéefur le dedans, elle commande l'enlever des jambes2 & 3. Dès-lors Vimpulfion de la rêne gauche entretenuefur l'épaule du dehors , Se l'écart de larêne droite laiffée diïefte à la hanche du dedans,confervent la répartition des 24 de la maffe , Supportéspar les jambes 1 & 4. Enforte qu'avec la feuleattention de toujours pouffer la main arrondie finiededans, à mefure que le cheval pouffe fa croupefur le dehors , non-feulement 011 fait entrer l'arrièremain dans les angles ouverts à gauche , mais encoreon l'en fait fortir.Premier Changemint de main de gauche à d roite.Il n'eft pas plus difficile de 'changer de main àcette troifième façon de travailler l'épaule en dedansqu'aux deux précédentes. Lori qu'on delire entamerle premier changement de gauche à droite,on doit également attendre que le cheval apporteà terre les jambes 2 & 3 , qui confomment chaquepas de cet air. Alors , vu la fituation avantageufedes deux épaules tournées vers la diagonale, fi ledemi arrêt fuit à point nommé la pofkion que vientde prendre le cheval, on l'oblige de traverfer lacarrière droit d'épaules, de corps & de hanches ,mais on a grand foin de l'entretenir ployé fur lededans , en laiflant fubfifter l'arrondiffement de lamain , jufqu'à ce que les épaules foient entrées dansla pifte qu'on va chercher. Quant à la clôture deschangements de main , l'élève fait que ces évolutionsouvertes fur le droit, doivent fe fermer demême. En ccnfêquence, il defeend la main arrondiepour la remonter cambrée. Comme on a vu,qu'avant de reprendre la combinaifon de l'épauleen dedans, il eft prudent de faire pafl'er le cheval,ployé à gauche , dans un angle à droite , on fe conformeaux règles écrites dans la leçon du pas d'écolepour la prife des coins à droite. Aulîi-tôt lafortie du coin , il faut que la main cambrée travailleà placer les épaules du cheval fur le nouveaudedans, afin de lui faire enfui te renouvellerde gauche à droite, les pas caraâlériftiques de l'épauleen dedans, par un calcul des rênes , égalà celui qui les lui faifoit exécuter de droite à gauche,& avec autant de précifion qu'il les figuroitdeffous la main arrondie.Prendre un coin qui fe préfente h droite , & fécondchangement de main de droite a gauche.Le paffage exclufif de l'arrière-main dans les anglesaêluellement ouverts à droite , ainfi que l'évolutiondu fécond changement de main de droite àgauche, s'opèrent avec la main cambrée, d'aprèsles mêmes procédés qui font précédemment reuffirla main arrondie.Ü Arret.•Il f audroit un entier oubli des deux conditionspréliminaires à l'arrêt qui doit ctorre la leçon del'épaule en dedans, pour en interrompre brufque-


M A Nment la marche. Mais les épaules du cheval rentréesclans la pitie où les hanches travaillent encoie ;mais, le pli totalement efiacé , la main redrefféepeut alors valablement marquer un arrêt, que lecheval remis d'aplomb fur fes quatre bafes , peutformer en toute affurance.De la Hiinche , ou des deux Bouts en dedans,Lorfqu'on débute dans la carrière du travail parle pas d'école, rien n'annonce qu'il exifle un air demanège où le cheval foit obligé de marcher autrementque fur le droit. Mais , au fortir de l'épauleeu dedans, comment pourroit-on trouver injuftecelui qui douterait de la folidité d'une méthode ,dont les principes propres à diriger l avant-maindu cheval, feroient infuffifants pour maîtrifer fonarrière main ? Le troifième air terre-à-terre, quej'intitule la hanche en dedans, quoiqu'il foit plusconnu fous le titre des deux bouts en dedans , diffipetouts les foupçons , nés & à naître. En effet,cette leçon , la plus épineufe de celles qui compofentle travail, applanit les difficultés éparfes dansl'exécution des airs de la première claite , & facilitefinguliérement l'intelligence de ceux comprisdans les deux dernières.Ce que c'efl que la Hanche, ou les deux Boutsen dedans.Le deffin de la hanche, autrement des deux boutsen dedans , préfente le cheval avec la tête & lacroupe en dehors de la pifle , ce qui donne à la totalitéde fon corps la figure d'un demi-cercle ouvertfur le dedans. La marche particulière au mêmeair, veut que les deux jambes de devant jouent parallèlementdans le milieu de la piße; que la jambede derrière du dedans chemine plus fur ce côté quecelle de derrière du dehors , dont les pas doiventfeulement s'imprimer fur la crête de la pifte. Laconformité qu'on eft à portée de remarquer,d'une part entre la préparation de l'arnère-main,i'aâion du bipède de derrière d'un cheval répartitla hanche en dedans ; de l'autre part entre les mêmesconditions analogues , foit à la pofition del'avant-main , foit au marcher du bipède de devantd'un cheval combiné l'épaule en dedans , ne peutéchapper aux élèves qui paflent de la feconde à latroifième leçon du travail. La refTemblance efl ûfrapante que, fans le pli qui juflifie le nom desdeux bouts en dedans, on ne pourroit pas appellercette dernière combinaifon autrement que lahanche en dedans. Cornine notre élève a la mémoiretoute récente des points d'appui créateursde l'épaule en dedans , & qu'il peut en appliquerla répartition , quoiqu'inverfe , à la formation despas de la hanche en dedans , je vais tout de fuitedonner la manière de mettre lin cheval à ce troifièmeair terre à terre.Comment on met un Cheval la hanche , ou les deuxtouts en dedans.Si la feâlon précédente nous montre un rapportm a n ! 7 9extérieur entre l'avant-main du cheval mis à l'épauleen dedans ,& l'arnère-main du cheval quitravaille la hanche en dedans , elle nous avertit,en même temps , que ce produit apparent émane ,pour l'une de ces circonflances, du contrade intérieurde la répartition des m affé s faites pour l'autre ;contrafte que la marche comparée de ces deux airsmet dans le plus grand jour. En effet , le bipède dederrière ne peut aéVuellement fuivre la route quele bipède de devant lui frayoit auparavant en dehorsde la pifte , qu'autant que la jambe de derrièredu dehors chevale celle du dedans, commefaifoit, à l'air d'où l'on fort, la jambe de devantdu dedans, en s'avançant par-deffus celle du dehors.Ainft, puifque , par effence , l'air qu'on entameeft absolument l'inverfe de l'air qu'on quitte ,il faut donc employer des temps de main oppofés,ou étrangers à l'épaule en dedans, chaque fois qu'onveut avoir la hanche en dedans. Or, quels ont étéles temps confeillés pour la feconde leçon ? On ferappelle que les preffions récidivées de la rêne dudehors, & l'écart delà rêne du dedans ont donné lapréparation. L'aélion eft venue de la preffion de larêne du dedans , aidée par l'écart de la rêne du dehors.Conféquemment, les temps propres à la troifièmeleçon feront, quant à la préparation , la preffionmodérée de la rêne du dedans, fuivie du foutientrès-marqué de la rêne du dehors , & on compléteral'aâion avec la preffion de la rène du dehors, calculée fur l'écart de la rène du dedans.Malgré la pratique réfléchie des deux premièresleçons du travail, au moyen de la nouvelle combinaifonde celle qu'on médite, fur-tout eu égard àla manière variée dont on opère les changements demain , je ne me difpenferai pas encore d'entrerdans le détail des trois différentes façons de menerun cheval, la hanche ou les deux bouts en dedans.Je préviens auffi qu'on va retrouver les numérosrepréfentatifs , tant du poids total ou partiel de laniaffe , que des quatre jambes qui la fupportent.Première façon de mener un Cheval, la hanche ou Usdeux bouts en dedans , les rênes féparées.Avant que de le livrer à l'exécution de tel airde manège que ce foit, on fait qu'il faut prendrecertaines précautions , dont les unes font communesà toutes les leçons du travail, tandis que lesautres n'ont de relation qu'avec l'air qu'on exige.Témoins les deux précédentes leçons qu'on entamede même fur le droit, quoiqu'ayam enfuite unemarche bien différente, afin d'être également affi,réd'affeoir le cheval préalablement venu dans lamain ,& de le ployer fur le dedans. Ces trois conditionspréparatoires, feront encore les préliminairesde la hanche , ou des deux bouts en dedans.Mais , toujours en raifon d un calcul inverfe à celuide l'épaule en dedans , au lieu d'attendre la fonied'un angle , comme je l'ai ci-devant confeillé, onprofite ici de l'entrée dans le coin. Alors la preffionde la rêne du dedans, ajoutée à la tendon de la


3§o MANmême réne, en affujenißant les 12 de l'avant-main,inclinés cìèja furia jambe a , qui, dans la circonftanceadhielle eft celle de devant du dehors , indiquela répartition oblique des 12 de l'arrière-mainqui paffent fur la jambe 3 , enforte que le foutienfubféquent de la rêne du dehors fixe à terre cettejambe de derrière du dedans, pour qu'elle ferve depivot à la jambe 4 pendant qu'elle avance , de gaucheà droite, fur la crête de la pifte. Aufii-tôtqueles deux temps de la rêne droite preffée fur l'épauletlu cheval, & de la rêne gauche fou tenue à la hauteurde la hanche du cavalier, ont ébranlé lesjambes 1 & 4, on fait promptement fuccéder lesdeux temps oppofés de la rêne gauche preffée , &de la rêne droite écartée ; & le cheval, qui pofe lajambe 2 dans le milieu de la piiîe à côté de la jambe1, retire la jambe 3 de deffous fa voifine pour l'apporterfur le dedans, & la mettre en dehors de lapifte pò fui ve m eut à la place qu'occupoit la jambeI pendant la combinaifon de l'épaule en dedans.Tels font tes procédés qui deffinent un cheval, lahanche ou les deux bouts en dedans , & telle eft lamanière dont le cheval eft obligé de marcher pourentretenir à la fois la tête & la croupe placées furle dedans.Autant i ai cru devoir approfondir les deux premiersairs du travail, autam j'eftime devoir abrégerl'analyfe du troiiième. En effet, je regarde commetrès-fufflfant de répéter à mes leâeurs, inftruits descaufes produélrices de l'épaule en dedans, que nousopérons à préfent par les contraires , & pour lapréparation , & pour l'aâion de la hanche, ou dene laiffantau milieu de cette pifte que les deux jambesde devant, puifque celles de derrière cheminent,plus ou moins fur le dedans, il en réfultequ'il doit fuflire de renouveller les deux temps detmin préparatoires de l'air qu'on exécute , qui foutla preffion modérée de la rêne du dedans ,& lefoutien très-marqué de la rêne du dehors, pourque les épaules entrent feules dans le coin ouvertà gauche. D'après ces deux temps de main , dontle premier commande la répartition des maffesde la colonne de devant fur la jambe 3 , conféquemmentengage le cheval , balancé de droiteà gauche, à porter la jambe î jufqu'au fond:du coin ; pendant que le fécond charge obliquementla jambe 3 du volume de la colonnede derrière, ce qui détermine le placement tranfverfalde la jambe 4 en face du point faillantde l'angle , il faut opérer la fortie du coin à gauche,encore avec les feules épaules. Or, on obtientla réuffite,. en employant la preffion de larêne du dehors, immédiatement fuivie du foutienun peu fonti de la même réne : foutien de la rênegauche, qu'on fubftitue, cette fois, à l'écart dela rene droite , qui n'a , pour le moment, que lafonflion d'entretenir le pli, dans la vue de repoufferviflorieuferaent le cheval incliné de gaucheà droite. Alors la jambe 1, qui fupporte à fon tourla totalité des 12 de l'avant-main > fouflre que lajambe 2 s'avance au-deffus d'elle, & vienne femettre la première dans la nouvelle pifte qu'on vachercher à droite. Quanta la jambe 3 , containmentchargée des 12 de l'arrière-main, tous fesefforts fe rèduifent à tourner feulement fur ellemême.Au. moyen du jeu tranfverfal des jambes z& 3 , les épaules du cheval fe trouvent direélesà la nouvelle pifte qu'il ya parcourir de gauche àdroite : enforte que les deux temps, cï-devantcon feil Lis , de la réne du dedans modérément preP-!ée fur I épaule droite du cheval, & du foutien delarêne du dehors élevée au niveau de la hanchegauche du cavalier , font reprendre la marche analogueà l'air qu'on figure. A Infi le cheval attentifaux impulûons que fon conduéteur fait lui communiquer,retire d'abord la jambe Î de deffous lajambe 2 , & l'apporte à côté d'elle au milieu de lanouvelle pifte qu'il entame. Vient enfuite le renouvellementdu ehevaler oblique de la jambe 4 , quireprend fon premier pefte en dehors de la pifte.Bref y on voit le cheval achever le pas de la handle, ou des deux bouts , en dedans, avec l'enleverfucceffif des p.mbes 2 & 3 pofées-, l'une dans-là.pifte même d'où l'autre s'éloigne.Des changements de mah exécutés Jur di ux pißes*Il étoit- dans l'ordre que !a découverte des quais^


M A Nidivifions mobiles du cheval fit imagînèr quatre différentsairs de manège, qui mifient ces portionsinouvantes , pour ainfi dire, en détail dans la maintlu cavaiier lL'élève en connoit déjà trois; le pas d'école, dont l'empire fe borne au pli : Vépaule en dedans,qui maicrife l'avant-main entier : la hanche,autrement les deux bouts en dedans , avec lefquelson gouverne defpotiquement l'arrière-main. Relieà prendre connoifîance d'une quatrième manière detendre les relions du cheval, qui l'excite à conduiredingonalement chacun de fes bipèdes , qu'onvoit albrs frayer deux piftes très difiinâies. Confidéréefeulement comme air de manège , cette dernièrefaçon de marcher peutparoitre extraordinaire;mais la bifnrrerie qu'on fe croit en droit de lui reprocherdifparolt, aufìì-tòt qu'on fe rappelle qu'ileft de règle ftrifte , en equitation , de tellement entretenirla combinaifon conftitutive de chaque leçon, que les évolutions qui leur font propres, loind'en altérer le carnière primitif, doivent toutes enémaner. Or, où feroit la polnbilité de conferverau cheval la figure demi-circulaire que lui donnent,& la tète & la hanche en dedans , fi les changementsde main de la troifième leçon du travailav oient encore lieu fur une feule pille, comme auxprécédentes ? Aufil ne fe permet-on jamais de diviferce troifième air terre-à-terre autrement quepar le jeu des deux bipèdes conjointement dirigésfur un plan diagonal. Lorfque j'adapte les changementsde main exécutés fur deux pi/tes à l'air dela hanche, ou des deux bouts en dedans, je neprétends pas en priver les autres airs de manège.Cependant j'obferve que , conformément à la règlegénérale ci-defTus rapportée de tirer les différentesévolutions du fond même de chaque leçon, cellede l'épaule en dedans eft évidemment la feule aveclaquelle la marche fur deux pifles foit incompatible: incompatibilité qui met la dernière main à l'oppoutionintrinsèque toujours exiiiante entre l'épaule& la hanche en dedans.Da Changement de main exécuté fur deux pifles.On dit qu'un cheval change de main fur 2 pifles,lor'fqu'au lieu d'entrer droit d'épaules, de corps,de hanches , dans chaque ligne oblique qui divifela carrière, il s 'y préieme de profil, eniorte quele corps glifie lu r la diagonale; que les épaulespaffem an-defîus , & que les hanches refient autieffous.Il faut donc, pour avoir un changementde main fur deux piftes, exécuté felon toutes lesrègles de l'èquitation, que le cheval, ployé fur lededans , entame l'évolution par le chsvaler de Jajambe de devant du dehors, & qu'il l'achève avecune enjambée pareille'& proportionnelle de celiede derrière du dehors, afin que le jeu des jambes 3& 4 imite parfaitement VaCiior. des jambes 1 & 2.Comment en exécute un Changement de main furdeux pifles.Rapprochons les deux circonftanccs effenticllesm a ni 8 iau changement de main exécuté fur deux piftes ,& nous appercevrons que cette évolution dépenduniquement de l'adreffe avec laquelle on répartle; 12 de chaque colonne vertébrale fur les deuxjambes du dedans, à mefure qu'on veut avoir lechevaler fucceflif des deux jambes du dehors. Ainfi,le pli donné par la tenfion de la rène du dedans ,ce fera d'abord à la preliiön de la rêne du dehors ,non-feulement qu'on fera redevable de la répartitiondes 12 de l'avant-maln fur la jambe de devantdu dedans, mais la puifîance pulfative de la mêmerène déterminera les 12 de l'arrière-main à chargerla jambe de derrière du dehors : pr emière opérationdes deux rênes y qui engage la jambe de devantdu dehors à chevaler celle du dedans, & d'oùré fuite aufîi-iôt l'écart tranfverfal de la jambe dederrière du dedans. Ce feront enfuite, & la preffionlégère de la rêne du dedans ,& le foutien unpeu marqué de la rêne du dehors, qui, produifànila contre-pofition des 24 de lamaffe, afluellemeneétayés par les jambes de devant du dehors & dederrière du dedans, qui, dis-je , favoriferom autantl'écart de la jambe de devant du dedans ,que le paffage imitatif de la jambe de derrière dudehors.Des contre - changements de main exécutés fur deuxpifles,La tournure demi-circulaire que le cheval combiné, la hanche ou les deux bouts en dedans, eilobligé de fe donner, reconnue très - analogue àl'exécution des changements de main fur deuxpifles , on ne doit pas trouver étonnant que le troifièmeair terre-à-terre réunifie les variétés fucceffivementimaginées , & pour rendre le travail plusintéreflant, & pour faire valoir la précilïon du cavalier, & pour faire admirer l'obeiffance du cheval.Tels font les contre-changements de main ;les renverfements d'épaule ; les voltes, toutes variantesdu changement de main fur deux piftes ».qui portent le même caractère d'exécution , & dontje vais rendre compte avant que de reprendre lefil de notre leçon, dans la crainte que des digreffionsfop multipliées ne puiffent diftraire les lecteurs.Ce que c r efl quun contre-changement de main exécutéfur deux pifles.Qiieile que foit la manière dont on fe décide kcontrc-changer de main , c'eft toujours interrompreIV.étion d'un cheval qui traverfe diagonalementla carrière par un changement de main, & l'obli»ger ä revenir fur fes pas, en fe fervant de la même,combinaifon , comme s'il partoit de la pifie où onavoit intention de le mener. Au moyen de quoi ,l'évolution aâuelle n'étant autre que îa précédente,mais exécutée en fens contraire , le dedans prendla place du dehors, qui devient à fon tour le dedans..'in confeqiience , lorfqu'on veut contrechangerde main fur deux piftes, fans enfreindreles loix du changement de main également for


i 8 ;M A Ntibux pifles, on commence par déployer le chevalpour le reployer auflitôt fur le nouveau dedans ,qui conferve cette dénomination jufqu'à ce qu'onait regagné la pifte d'où on eft parti. Quant à l'enleverdes quatre jambes du cheval , celle de devant& de derrière qu'on allégeoit avec foin commejambes du dehors pendant le changement deitiain fur deux pilles , & ce, pour faciliter leurchevaler oblique, mctamorphoîées en jambes dudedans , lors du contre-changement de main avflîfur deux pilles , & en cette dernière qualité , chargéesdes 12 de leur colonne, attendent à préfent,pour fe mouvoir , qu'elles aient été primées parcelles qui les fecondoient avant l'interruption dela première évolution.Comment on exécute un contre-changement de mainfur deux pifles,Puifque les circonftances du changement demain font encore les mêmes au contre - changementde main , on n'a donc aucune innovation àfaire pour la nouvelle conduite du cheval, Ainfi lafeule difficulté doit être de chercher un temps quimarque très-fenfiblement le point de féparationentre ces deux évolutions. Or, de touts les tempsde main dont nous connoiflons la valeur, il n'eneft aucun qui puifîe , je ne dis pas remplacer ,mais équivaloir au demi-arrêt. En effet, fans lefecours de ce temps intermédiaire , comment pouvoirfaire précéder la feconde combinaifon à donnerau cheval par la deïirudlion indifpenfable dela première ? D'ailleurs , n'eft-ce pas au momentoù le demi-arrêt efface le pli, que le dedans & ledehors difparoiffent ? Alors, incertain de l'impulfionqu'il va recevoir, le cheval, abfolument fur ,le droit, rede un inftant dans l'attente : inaéiion ,toute momentanée qu'elle paroit, qu'il faut employerà redonner promptement le pli fur le nouveaudedans, que le port de la tête du cheval établitpar fon feul fait. Du même temps on ramènefur l'épaule du cheval la rêne nouvellement conftituéedu dehors, afin que la predion qu'elle produitexcite le chevaler de la jambe de devant actuelledu dehors. Enfin, avec le foutien de la mêmerêne , on détermine le paflage fubféquent & femblab le de la jambe de derrière du dehors.Des renverfements d'épaules exécutés fur deux pifles.Le plus ingrat de touts les airs de manège qu'onpuifle exiger fur deux pifles, celui qui réunit leplus de désavantages pour le cheval, & dont l'exécutionfältle moins d'honneur au cavalier, eil ,fins contredit , le renverfement d'épaules. Auflidoit-on prefque toujours fe faire prier pour employercette évolution , & encore ne jamais la demanderau cheval, qu'après avoir captivé la bienveillancedes fpeâateurs par un contre-changementdç main c ïécutc felon toutes les règles de l'art, *M A NCe que cefi qrfun renverfement d'épaules exécuté furdeux pifles.Je fuis intimement convaincu que le renverfementd'épaules exécuté fur deux pilles feroit bannide toute école bien dirigée , fans l'ufage dont il eftpour atténuer la réfiflance de quelques chevaux indociles, ainfi que je me propofe de le démontrerdans l'art de drefler les chevaux. Il eft confiantque les élèves doivent regarder avec a fiez d indifferencela combinaifon de l'épaule renverfée , puifqu'ellene leur apprend rien de nouveau : je displus, au moyen du défagrément inévitable de coucherfur le dehors le cheval qu'on mène les épaulesrenverfees, il ne feroit point du tout étonnantqu'on répugnât à demander ce genre de travail. Eneflet, qu eft-ce qu'un renverfement d'épaules exécutéfur deux pilles ? finon un contre-changementde main aufli lur deux pilles , pendant lequel on nedéploie pas le cheval. Or, on apperçoit aifémencque cette feule omiflîon fuffit pour ternir le brillantdu travail. Premièrement, en ce que le plan dela leçon, qui rede dans le même état, laide le dedans& le dehors tels qu'ils étoient lors du contrechangementde main fur deux pides. Secondement, en ce que les jambes de devant & de derrièredu dedans, par leur chevaler inverfe au pli,entraînent évidemment l'équilibre fur le dehors ;enforte que , non-feulement les difficultés , quidonnent du relief au contre-changement de mainfur deux pides , s'évanouiflent au renverfementd'épaules également fur deux pides , pour faireplace à la plus inlìpide combinaifon que 1 equitationadmette , mais encore, qu'en railbn du pli cotifervè,circonftance qu'on fait être indicative de larépartition des 12 de l'avant main inclinés fur l'épauleoppofée , on ne peut éviter au cheval, réellementporté du dedans fur le dehors , une pentequi devient.fi préjudiciable à fon aplomb. Ce n'eftdonc pas avec l'intention d'enfeigner un nouvel airde manège que j'entreprends la defeription du renverfementd'épaules fur deux pides, j'ai pour butde faire connoître une manière de calculer lesmaffes du cheval; calcul qui n'a précifément d'autrepaffe-port que le produit, fi j'ofe le dire , rebroud'éd'une combinaifon inverfe.Comment on exécute un renverfement d'épaules furdeux pifles.Quelque peu d'edime que mérite le renverfementd'épaules , pris comme air de manège , cependant,puifqu'en confidération de fon utilité future pourl'éducation du cheval, on le foudre encore dansles académies , il faut que notre élève , qui nedoit rien ignorer de ce qui concerne l'équitation ,foit inftruit de la méthode particulière à cette dernièreévolution. En conféquence , lorfqu'au lieu decontre-changer de main , on fe détermine à retournerdans la pitie par un renverfement d'épaules,exécuté fur deux pille», on emploie d'abord les


M A Nprcflions de la rêne du dedans k maintenir les i2de 1 avant-main fur la jambe de devant du dehors ,qui fe foumet auîiitôt, quoique inverfement, auchevaler inattendu de la jambe de devant du dedans.L'arrière main du cheval fu hit enfuite unerépartition femblable , en vertu dirfoutien de lamême rêne du dedans, dont la tendon direâe à lahanche Commande aufli le chevaler de la jambe dederrière, du dedans qui pafl'e par-dtflus celle dudehors. Pendant^ue la rêne du dedans, tout enployant le cheval , pouffe alternativement lesdeux jambes du dedans par-deffus celles du dehors,de fon côté la rêne du dehors s'occupe à recevoirles divifions dont elle a coutume de difpofer, afind'empêcher le cheval, déterminé par la futile rênedu dedans , d'être par trop couché fur le dehors.Premier changement de main de gauche à droite, exécutéfur deux pißes , coupé par un comre-changemencde main également exécuté fur deux pißes :repris enfuite , & interrompu par un renverjenuntd'épaules encore exécuté fur deux pifles ; enfin entamépar une volte , ou bien une demi-volte , oufermé par un quart de volte.Malgré les digrefiions qui coupent la leçon de lahanche , autrement les deux bouts en dedans , jeme vois encore obligé d'en retarder la fuite parune dernière remarque , qui me paroît d'autant plusintérelTàme qu'elle e/1 applicable, non-feulementà touts les airs de manège d'une ou de deux pi fies,mais même qu'elle a rapport aux diverfes alluresqu'on demande au cheval. Cette obfervation effentiellea pour but de rappeller aux élèves le confeil,précédemment donné dans plufieurs autres occafions,d'apporter la plus fcrupuleufe attention à ceque la valeur des temps de leur main , & le degrédes preflions de leurs jambes égales foient refpectivementcalculés fur la quantité d'obéiflance ducheval. Le cavalier fe trouve bien dédommagéd'une fujétion aufli fruétueufe par la fineffe qu'ellecommunique au cheval , dont l'ondulation de chaquecolonne des vertèbres n'agit plus alors qu'enproportion de la liberté qu'on lui offre , on qu'onlui ravit, de forte que tout le reflbrt vertébral, furle centre duquel on efi affi s , peut être artiflementtendu ou relâché, fuivant que les pu i flan ces de lamain & des jambes égales du cavalier augmententou diminuent, tantôt féparément, tantôt concurremment.Si notre élève a déjà recueilli quelques fruits desfoins qu'il a pris pour fe former une alTiette inébranlable& finie, c'eft fur-tout pendant l'exécutiondes airs où le cheval fe meut fur deux piftesqu'il en fait la plus abondante moiffon. Et de fait,fupprimons un infiant le repos a fili ré de l'un destrois points d'appui d'équsrre , tant recommandésdans les éléments , dès-lors, nonobflant toutes lesqualités conftitutives d'une bonne main , on voitdilparoître cet enfemble qui doit confiamment régnerentre la retenue de la main & les preflions des -m an1s3jambes égales. Qu'on laiffe fubfifter un dèfordreauffi préjudiciable , il devient aulîltôt la fource desdiiïbnances qu'on apperçoit dans les aflions desdeux bipèdes du cheval : car, fans parler des effetspernicieux qui s'échappent d'une main vacillanteik égarée, comme le moindre déplacement de l'affietteentraîne infailliblement la titubation du basdu corps, les prelïions réfultant d'une enveloppeincertaine produifent néceffairement fur l'arrieremaindu cheval des pulfations inégales 8c. diffules,qui, loin d'alimenter le centre par l'apport de lacolonne de derrière , déterminent , au contraire ,l'ondulation de cette même colonne vertébrale plusd'un côté que de l'autre , & brouillent à coup furles opérations du cheval, inquer d'une pareille irrégularité.'Cefi afin de donner une preuve compiettede ce que j'avance ici, que je vais fuivre lesmouvements involontaires d'un cheval combiné furdeux pilles , à qui, dans La fuppofition précédente ,le cavalier ballote indifcrètémènt les jambes. Repréfentons-nousl'efquifîe d'un cheval qui travaillede deux pifies , 6# qu'on porte de gauche à droite ,nous voyons que la feule jambe gauche du cavalier, inconfidérément approchée , hâte forcémentla marche du bipède de derrière , que le cheval diligentebeaucoup plus qu'il ne le doit, & mêmejufqu'à lui faire dépaffer le bipède de devant, & cepour éviter uniquement une pre Ilio n auffi gênante.Le retard qu'on fuppoferoit enfuite provenir duballotement de la jambe droite , préjudicieroit autantà la combinaiibn du cheval, en contrariant larépartition du même bipède de derrière que cettefeule raifon met dans limpolTibilité d'imiter le jeude celui de devant. On n'a donc pas tort de reconnoitrela fo.lidité de l'afliette du milieu du corpscomme le vrai principe de la bonne exécution ,puifqu'à la privation d'une qualité fi précieufe àcheval, fuccèdent des preflions inégales & chancelantesqui s'o[ pofent aux opérations les mieuxcalculées de la main, (bit qu'on prépare les deuxbipèdes du cheval à fe fuivre fur une ligne droite ,foit qu'on veuille leur donner alternativement unediredtion diagonale.Il 'faudroit accorder bien peu de pénétration ànotre élève, pour ne pas le croire aéhiellement enétat d'entreprendre un changement de main furdeux pifies orné de touts fes agréments. Aufii,dans la perfuafion où je fuis d'avoir appiani lesdifficultés prcfque inféparables de cette évolutioncompliquée, ne balancé-je plus à reprendre le filde notre leçon interrompue auflitot après la Ioniedu premier coin qui fe préfente à gauche.Premier changement de m ain de gauche à droite , exécutéfur deux piße?,Lorfqn'on a la noble émulation de divifer latroifième leçon du travail par des changements demain exécutés fur deux pifies, & accompagnés detoutes leurs variantes, il efi fur-tout effentiel dsménager le terrein , de façon à n'être pas gêné dan?


1^4MANIn fuite des contre-changements de main, renvcrlementd'épaules , Sic. Conféquemraent, le centredu cheval, que nous avons laiffé dans la combinaifonde la hanche, ou des deux bouts en dedans ,auflitôt la forti e du premier coin ouvert à gauche,arrive à peine au niveau du timbre indicatif dupremier changement de main de gauche à droite ,que le cavalier emploie avec le plus grand fuccès ,d'abord les preffîons réitérées de la rêne gauche ,afin d'engager l'avant main à s'éloigner de la pifleparle chevaler de la jambe 2 aäuellement du dehors.Les foutiens alternatifs de la même rêne gauchetravaillent enfuite fur l'arrière main , jufqu'àce que le cheval, en partant la jambe 4 par-deffusla jambe 3 , confomme le premier pas du changementde main fur deux pines, dont l'exécution ,de gauche à droite , parvient à fon vrai point derégularité, chaque fois qu'on a foin d'aider unepredion de la rêne gauche, avec un écart de la rênedroite, & de faire agir une predion de la mêmerêne droite concurremment avec un foutien de larêne gauche.Si la théorie des changements de main exécutésfur deux pifles n'en précedoit pas la pratique , notreélève fe rendroit, peut être , difficilement raifondu chevaler des deux jambes gauches qu'il fentyenir obliquement par-deffus les deux jambes droites.Mais ,prévenu que les airs où le cheval marchefur deux pilles , n'exiflent qu'autant qu'on mèneféparément chaque bipède fur un plan diagonal ;( condition qui, pour aller de gauche à droite ,oblige les jambes z Se 4 à paffer par-deffus cellesI & 3 ) inflruit d'ailleurs que c'eft au moyen dela répartition des 24 de la maße, fupportés parles jambes 1 & 4 , qu'on obtient, & le paffage primitifde la jambe 2 , & l'écart fnbféqnent de lajambe 3 , il tire la conclufion fui vante. Puifque cesdeux dermêres'),ambes tranfverfales fe chargent àleur lourdes mêmes 24, fçavoir la jambe 2, afin(gue le cheval recouvre la liberté de retirer lajambe 1 . pendant que la jambe 3 facilite le chevalerde la jambe 4 , donc les mêmes jambes 1 &4 , qui viennent de confommer le premier pas dedeux pifles, en recevant encore une fois le totalde la maffe , permettront aux jambes 2 & 3 d'entamerun fécond pas. Donc, ajouterai-je , l'examenréfléchi des quatre baies du cheval dirigé furdeux pilles fair appercevoir dans le chevaler de lajambe de derrière du dehors, qui clôt chaque pasde cette combinaifon diagonale, le germe d'un autrepas, dont la clôture lért encore de principe aufuivant, & ainfi de fuite.On ne m'acculera (urement pas d'avoir omis laplus légère occahon de faire valoir la puiffance absoluedes jambes du cavalier. Leur égalité relativeà l'enveloppe me femble irrévocablementprouvée dans la première partie de cet ouvrage.Toutes les leçons , tant des éléments que du travail, démontrent cette même égalité du bas duçprps comme la caule uniyerfelle de la foumifliopM A N& de l'obéiffance du cheval. Tout récemment jeviens d'indiquer les principaux inconvénients quiréfultent du brandiilement iqégal des jambes ballotantes.Le cavalier fe met dans le cas d'éprouverun autre genre de défagrémentt dans l'exécutiondes airs de deux pMles , lorsqu'il néglige ou d'apporter, ou de contenir la colonne vertébrale del'arrière-ntain deffous le centre avec les preffionsdefes jambes toujours égales; car aloisun chevalle mieux dréffé, autant furveillé dans la conduitede fon avaut-main , qu'abandonné dans la progreffionde fon arrière-main , ne peut éviter de faucher: c'ef t-à-dire, de paffer les deux jambes du dehorspar-deffous les deux jambes du dedans , aulieu de les étendre par - deffus ; & ce , d'aprèsl'axiome qu'on profeffe en équitation, que la mainconduit le cheval, parce qu'elle motive, jufqu'àl'anéantiffement, l'aâion que les jambes du cavalierlui donnent.li­Premier contrc'chiingancnt de main, de droite àehe , sxéeuté fur deux pißes.Tout changement de main ouvert fur deux plftes,qui porte le caraélère d'une exécution auflipréciie que celui qui précède , eil du meilleur augurepour la jufteffe des variantes qu'on veut luitaire iuccéder. Au moyen de ce que je puis préfumerque mon élève , en garde contre les renverfemeatsd'épaules, préférera de retourner, par uncontre-changement de main entrepris de droite àgauche , dans la piûe qu'il vient d'abandonner , enchangeant de main de gauche à droite , j'eßime devoirretracer ici ce que j'ai dijt p lus haut au fujetde cette contre-evolutipn.« Quelle que foit Ja manière dont on fe décide àM contre-changer de main , c'efl toujours interrom-» pre l'aâion d'un cheval qui traverfe diagonale-» ment la carrière par un changement de main, Se» l'obliger à revenir fur fes pas, en fe fervant de» la même combinaifon, comme s'il partoit de lan pifte ou on a voit intention de le mener n.En conféquence de cet averti'ffement, avant quede travailler au contre changement de main, il fautclorre le changement de main, qu'on interromptau milieu de la carrière , avec autant d'exaélitudeque fi le cheval étoit arrivé dans la pifte où on paroiffoitvouloir le conduire. On n'a fùrement pasoublié la méthode écrite dans les autres leçons pourfermer un changement de main quelconque. On ferappelle que cette méthode, qui preferir de poufferles hanches immédiatement à la fuite des épaulesdans la pifle qu'on va chercher .offre la deftrufliorç& la reconflruciion du pli pour le feul moyen d'uneentière réufliie. Or , fi nous avons la curiofité decomparer tours les rcfultats de nos précédentesopérations, nous trouverons leur quotient toujoursappuyé fur le d-mi-arrêt. Donc , lorfque nous délironscontre changer de main fur deux pilles , dçdroite à gauche, ( feconde évolution qui doit fui-Yr.e d'affez prgs la première entanté@ de gauche £droite.