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Réponses aux idées recues - Syngenta

Agriculture et sociétéRéponsesaux idées reçues


Bousculonsles idées reçuessur l’Agriculture !économiepages 4 à 9productionpages 10 à 17environnementpages 18 à 23alimentationpages 24 à 31santépages 32 à 37semencespages 38 à 432


EditoL’agriculture, de beaux métiers,soyons en fiers !De nombreux consommateurs, loin des réalités du monde agricole, ont une vision déforméede l’agriculture : image idyllique d’une agriculture d’autrefois ou négative d’une agriculturetechnologique perçue comme trop intensive, responsable de tous les maux.Loin des idées reçues, la réalité de l’agriculture d’aujourd’hui est tout autre. Relevant lesdéfis agronomiques, techniques, réglementaires et environnementaux l’agriculture françaiseest un secteur dynamique qui garantit la sécurité alimentaire, se soucie d’environnement,génère des emplois et contribue positivement à la balance commerciale.Agriculteurs, vous faites un beau métier et nous sommes fiers d’y contribuer à vos côtés.Demain, partout dans le monde, vous devrez produire plus et mieux afin de satisfairedes consommateurs exigeants et de répondre aux besoins de plus en plus variés d’unepopulation croissante.Nous avons conçu ce document pour vous afin de vous apporter des éléments factuels deréponse aux interrogations ou critiques sur l’agriculture, cette agriculture qui nous passionne.Nous l’enrichirons par de nouvelles contributions sur notre site internet www.syngenta.fr.Nous vous le dédions ainsi qu’à tous ceux, chercheurs, techniciens ou pédagogues… quis’investissent au quotidien pour répondre au défi de conjuguer compétitivité, environnementet responsabilité sociétale.Flashez pour accéderau document3


Idée reçue« L’agricultureest un secteur économiquede second planpour l’économie française »4Le secteur de la production agricoleest indissociable de l’industrie agroalimentaire, du marché du tourismeet de la réputation de la marqueFrance. Ces secteurs se renforcentmutuellement et constituent un pôlemajeur de l’économie française.L’agriculture française est largementpremière en valeur en Europe. Elleest très diversifiée du fait de la positiongéographique de la France et de la richessede son territoire. On y cultive à la fois descultures du nord et du sud de l’Europe.N°1 mondiale dans de nombreux secteurs(vin, produits laitiers, foie gras…) avecun haut niveau de sécurité alimentaire,l’industrie agroalimentaire est le secteurle plus dynamique à l’exportation : +12.6 %en 2011/2010, loin devant l’automobile(+7 %) et l’aéronautique (+1.1 %).Les exportations du secteur agricole etagroalimentaire représentent 57 milliards € en2011. La croissance repose essentiellementsur les produits agricoles non transformés(céréales) et le secteur des vins et boissons.L’agriculture contribue aussi largement àla beauté des paysages, à la réputationgastronomique, à la richesse des terroirs et àl’attractivité de la France, numéro 1 mondialdu tourisme (70 millions de touristes par an).


Agriculture et économieL’agriculture génère un excédent commercial de 11.4 milliards €,N° 2après l’aéronautiqueAéronautique+ 17,7Parfums, cosmétiques+ 8,3Industries agroalimentaires + + 6,8Produits agricolesDéchetsEquipements autoElectricité et gazPharmacie+ 4,6+ 3,3+ 3,1+ 2,6+ 1,9ExcédentsDéficits-2,5-3,2-4,6-5,1-6,4-7,6-8,4Equipements électriquesMachines ind. & agr.Bois, papierCaoutchouc, plastiqueProduits métallurgiquesProd. Manuf. diversVéhicules auto-12,2-13,6-14,8Textiles, habillementPétroles raffinésInformatique, électronique-54,8Hydrocarbures nat. & Ind. extrac-60 -50 -40 -30 -20 -10 0 10 20Excédents et déficitsen milliards € (Douanes-2011) (1)ZOOM SUR...La génétique française s’exporte !La production de semences génère un chiffred’affaires de 2,9 milliards € en 2011-12. Elleemploie 15 000 personnes de la recherche à laproduction et génère des revenus à 17 000agriculteurs multiplicateurs.Avec 1,2 milliard € exportés en 2011, elle estn° 2 mondial à l’exportation toutes espècesconfondues et n° 1 pour les semences degrandes cultures. Le premier débouché enmatière d’exportation de semences est l’UnionEuropéenne notamment l’Allemagne pour lessemences de maïs et de colza. La demande estforte vers d’autres pays comme la Russie etl’Ukraine en semences de tournesol ( 2) .En production animale, la France est n° 2mondial en génétique aviaire (n° 1 pour lecanard). Elle exporte annuellement 55 000reproducteurs bovins, 9 500 ovins et caprins.Les ventes de reproducteurs en racesporcines ont été multipliées par 6 en 15 ans.La France est leader en Europe pourl’exportation d’animaux vivants (1,3 milliard € en2010 pour les bovins) (3) . Le marché de lagénétique (reproducteurs, embryons, semences)au niveau mondial est très dynamique(+ 10 % / an), offrant de belles perspectives !Sources et références bibliographiques(1) Département statistiques et études économiques de la Direction des douanes et droits indirects,Le commerce extérieur en France, 07/12/ 2012(2) Gnis, Les semences au cœur de l’agriculture durable, décembre 2012(3) France Génétique Elevage, mai 20115


Idée reçue« L’agricultureintensive détruitdes emplois »6L’agriculture compétitive, contribuantà assurer régularité et qualitéd’approvisionnement, permetd’alimenter une filière génératrice devaleur et source d’emplois. Près de 14 %de la population active travaille dans lafilière agricole et agroalimentaire.Un emploi agricole génère 5 emplois !L’évolution du nombre d’agriculteurs bienque négative (3 % des exploitations disparaissentchaque année) ne reflète pas ladynamique de ce secteur.La filière génère un grand nombre d’emploisdits indirects. Il s’agit souvent d’emplois qualifiésà haute valeur ajoutée qui concernent,aussi bien l’amont (recherche, formation,agrofourniture...) que l’aval (industries agroalimentaires,distribution et exportation..).L’agriculture, premiersecteur d’embaucheen 2012Le nombre de contratsà durée indéterminéen’a jamais été aussiélevé dans le secteur agricole depuis 2005.Ce sont 50 000 CDI et plus de 800 000 CDDrecrutés par an (1) . Tous les niveaux dequalification sont représentés, du CAP auxingénieurs et titulaires de doctorats. Lamodernisation de l’agriculture crée de nouveauxmétiers et offre des perspectives attractivesnotamment avec le développement desnouvelles technologies et de la chimie verte.Des emplois au cœur des territoires.L’agriculture est un contributeur clé dumaintien de l’emploi sur le territoire et audésenclavement des campagnes.


Agriculture et économie➜ L’agriculture est un facteur de développement de l’emploi surtout le territoire national.970 000emploisdirectsen agriculture, 1,7 milliond’emploi pour le secteur (2) .Avec 415 000salariés,l’industrie agroalimentaire estle 1 er employeurindustriel français (3) .60 000 emploisen agriculture et10 000 enagroalimentaire ne seraient paspourvus faute de main-d’œuvrequalifiée (4) .ZOOM SUR...Quand les bulles génèrent desemplois grâce aux viticulteurs !La filière Champagne a su s’organiser et créerdes emplois. Depuis les années 1970, lasurface plantée en vigne en Champagne aaugmenté de plus de 50 % et le nombre debouteilles a plus que triplé, créant des emploiset dégageant un excédent commercial trèsimportant. En 2011, avec 34 000 ha, le chiffred’affaires du Champagne s’élève à 4,4 milliards €dont 2,2 à l’exportation pour 323 millions debouteilles expédiées. La production est assuréepar plus de 15 700 vignerons, 67 coopérativeset 300 maisons de Champagne (5) . Celareprésente 30 000 emplois directs dont 15 000salariés et 120 000 vendangeurs. La réputationdu Champagne et la qualité des paysagescontribuent au tourisme qui emploie plus de12 000 personnes dans la région (6) .Sources et références bibliographiques(1) FAFSEA(2) FNSEA 2012(3) Ministère de l’Agriculture et de la Pêche 2012(4) ANIA(5) CIVC(6) UMC7


Idée reçue« La partsubventionsdesagricoles danseuropéenle budgetest démesurée »8Le budget de la PAC* est d’environ57 milliards d’euros en 2011 soit 41 %du budget de l’Union mais c’est laseule politique presque uniquementfinancée par l’Europe. Cela représenteseulement 100 € par an et par habitantpour assurer notre indépendance alimentaire!La PAC répond à des objectifs stratégiquesde l’Union pour les zones agricoles et rurales (1) :Valoriser durablement le potentiel deproduction agricole pour assurer la sécuritéalimentaire à long terme en Europe etrépondre à la demande mondiale dans unenvironnement concurrentiel et volatil.Aider les communautés agricoles qui respectentdes engagements tels que : qualitéde l’eau, santé et bien-traitance des animaux,santé des végétaux et santé publique.*PAC : Politique Agricole CommuneAssurer laviabilité descollectivitésrurales pourlesquellesl’agriculture constitue une activité créatriced’emplois.Le budget de la PAC s’articule autour dedeux piliers :• Le premier pilier concerne les aides directesà l’agriculteur, majoritairement découpléesde la production, ainsi que le financementd’outils de gestion des marchés et depromotion de l’assurance récolte.• Le deuxième pilier concerne le développementrural. En France, au plan de développementrural hexagonal s’ajoutent desplans pour la Corse et les DOM.


Agriculture et économie➜ La PAC, un levier important pour la compétitivité de l’agriculture.Le budget de la PAC représente moins de1% des dépensespubliques totales au seinde l’Union alors que les budgets des étatss’élèvent en moyenne à 44 % du PIB.Estimation du soutien auxproducteurs en % des recettesagricoles brutes, moyenne 2006-0870%60%50%40%30%20%10%0%113106Nouvelle-ZélandeAustralieEtats-UnisMexiqueCanada2721 2318JaponIslandeSuisseCoréeTurquieOCDEUnion européenneNorvègeEn France, le niveau d’aide en 2011représente environ 15%de la valeur de la production agricole.70% des importationsagricoles de l’Union proviennent despays en développement, témoignant que laPAC ne nuit pas aux pays les plus pauvres (2) .4960 61 6258ZOOM SUR...La tendance s’inverse : L’union devientexportatrice nette !Avec un total d’environ 200 Md € d’échangescommerciaux en 2011 (import et export),l’Union européenne est n°1 mondiale pourl’activité agroalimentaire (3) . La PAC joue unrôle important pour permettre aux agriculteursd’être compétitifs.L’Union est le premier importateur mondial enagroalimentaire avec près de 100 Md € en2010, loin devant les Etats-Unis, la Chine et leJapon (vs 42 Md € en 1990).Les postes principaux d’importation sont lesproduits tropicaux (18 Md €), les aliments pouranimaux (15.4 Md €). Les principaux fournisseurssont le Brésil (14 Md €), l’Argentine (6.3 Md €),les Etats-Unis (8.2 Md €).Les exportations agricoles de l’Unionont atteint 105 Md € en 2011, deux foisplus que celles du Brésil mais inférieures àcelles des Etats-Unis. Les principaux clientssont les Etats-Unis (14.6 Md €), la Russie(10.5 Md €) et la Suisse (6.5 Md €) devant laChine (4.8 Md €) et le Japon (4.7 Md €). Lespostes principaux d’exportation sont le vin(7.6 Md €), les produits laitiers (7.2 Md €) etles céréales (5.8 Md €).L’Union est importatrice nette en produits brutset exportatrice nette en produits transformés.Le secteur des produits finis concerne 4 millionsd’emplois dans l’Union.Sources et références bibliographiques(1) www.ec.europa.eu(2) www.oecd.org(3) www.ec.europa.eu9


Idée reçue« Le modèle d’agriculture actuellemontre ses limiteset ne permettra pas de satisfaireles besoinsde 9 milliards d’habitants »10La généralisation dans le mondedu modèle d’une agriculturemoderne et la poursuite de sonamélioration permettront de produire50 % de plus pour satisfaire lesbesoins d’une population croissantedont les habitudes évoluent.Le niveau d’investissement en rechercheet développement très élevé du secteuragricole dans des domaines diversifiés etcomplémentaires (protection des cultures,génétique, matériel d’équipement, fertilisation,agriculture de précision, irrigation, informatiqueet services) permet des margesde progrès tant en productivité qu’en qualitéet respect de l’environnement. Ainsi certainspays (Etats-Unis, Brésil…) se fixent des objectifstrès ambitieux d’augmentation desrendements (jusqu’à + 50 %). L’imbricationde toutes les technologies va permettre uneaccélération du progrès.Les pays en voie de développement bénéficientrelativement peu de ces techniques.La productivité y reste encore faible. Alors qu’enEurope de l’Ouest un actif agricole produit plusde 1 000 tonnes de grains, en Afrique, il enproduit souvent moins d’une tonne. Il y a 1,3milliard d’actifs agricoles dans le monde (43 %de la population active) mais seulement 30millions d’exploitations sont mécanisées (untracteur pour 150 actifs agricoles en Chine).Avec les besoins croissants en alimentation,biocarburants, textiles, matériaux deconstruction et chimie verte, l’enjeu estd’augmenter fortement la production paractif. Au-delà de la malnutrition, ces progrèspermettent de faire reculer l’analphabétismegrâce au temps libéré.


Agriculture et production➜ L’accès à l’innovation technologique permet de produire pluset mieux et de répondre aux besoins de la population.Sous-alimentation :toujours une réalité !La modernisation de l’agriculture a déjàlargement contribué à réduire la part depopulation sous-alimentée. Elle est passéede 30 % environen 1980 à 13 % en 2012.Aujourd’hui, 870millions depersonnes sont encoresous-alimentées dans le monde (1) .ZOOM SUR...Les comportements alimentairesévoluentDans les pays en développement, plus lerevenu s’élève, plus la demande alimentaires’accroît, se diversifie et plus la part desprotéines animales dans les régimes alimentairestend à augmenter. Les pays en voie dedéveloppement, où va se concentrer l’essentieldu boom démographique, vont égalementconsommer de plus en plus de viande.Compte tenu de ces données, il est prévu undoublement de la demande mondiale deviande et une augmentation de 75 % de celledes céréales destinées à l’alimentation dubétail d’ici 2050.Sur un total d’environ 13milliards d’hectares,les terres arables et cultures permanentesreprésentent 1.5 milliard, les prairieset les forêts respectivement 3,3et 4 milliards. Il existe un potentiel de500 millions d’hasupplémentaires pour les terres arables.Sources et références bibliographiques(1) FAO 201211


Idée reçue« L’agriculturepourrait se passerdes pesticides »12Comme tous les organismesvivants, les plantes cultivéessont attaquées par des parasites(maladies, insectes, ravageurs).Elles sont également concurrencéespar des mauvaises herbes. Les pesticidessont utilisés pour protéger lescultures. Ils préservent les récoltesen qualité et quantité.La production agricole est fragile. Elledépend du climat et du développement desparasites. La régularité de la production estfondamentale, pour sécuriser les approvisionnementsalimentaires, limiter les fluctuationsde prix et assurer d’autres débouchés commele textile.Sans protection, la production des sixcultures principales mondiales (riz, blé,orge, maïs, soja et pomme de terre) chuteraitde 50 % environ dans le monde (1).Ces pertes entraîneraient une augmentationdes prix, provoquant des émeutes de la faim.Pour subvenir aux besoins de 9 milliardsde personnes d’ici 2050, la production agricoledevra augmenter de 70 %. Les produitsphytosanitaires sont indispensables pourassurer une production suffisante et régulière.Les pesticides préservent la qualité sanitaire.Ils évitent par exemple la proliférationdes mycotoxines cancérigènes dans les céréales,ou des mauvaises herbes comme ledatura, qui entraîne des intoxications graves.Ils contribuent à la bonne conservation desaliments.Ils jouent aussi un rôle sur la qualité gustativeen prévenant des maladies qui impactentle goût comme la pourriture grise qui rend lesvins imbuvables et non commercialisables.


Agriculture et production➜ La protection des plantes assure la sécurité alimentaire tant enquantité qu’en qualité.Insectes et maladies :des pertes importantes ! (2)Blé tendre : Les ravageurs du sol peuventdétruire jusqu’à 20 % des plantes. Pour 5millions d’hectares, en l’absence de protectioninsecticide, cette perte correspondrait à laconsommation moyenne de pain de40 millions de français sur 3 ans (2) .Betterave : La jaunisse virale transmise par lespucerons représente un risque de perte au niveaunational de plus de 5 % auquel s’ajoutent les dégâtsdes ravageurs souterrains. Sans protectioninsecticide, pour 380 000 ha, l’ensemble des perteséquivaudrait à la consommation annuelle moyennebrute de sucre de 46 millions de français (2) .Haricots pour l’industrie : Sans protectiondes semences, les fontes de semis peuvententrainer jusqu’à 40 % de pertede plantes à la levée (2) .ZOOM SUR...Le parasitisme se mondialise !De tous temps les échanges commerciauxont favorisé l’arrivée de nouveaux bioagresseurs: phylloxera, oïdium et mildioude la vigne, doryphore… Ce rythmes’accélère avec l’augmentation deséchanges commerciaux qui favorisentl’apparition de nouveaux ennemis descultures malgré les précautions sanitairesprises aux frontières.Entre 2000 et 2005, plus de 41 nouvellesespèces d’insectes ravageurs ont étéintroduites sur le territoire français dont lachrysomèle du maïs qui peut entraînerjusqu’à 80 % de pertes des récoltes (4) .Les conséquences liées à la proliférationde ce ravageur sont telles que la filières’est mobilisée pour créer un dispositifprofessionnel d’indemnisation.Pomme de terre : Le mildiou de la pommede terre est un champignon qui peut détruireles cultures en quelques jours. En 2007,la pression de maladie a été si forte que sansfongicide, il n’était pas possible de soignerles cultures et sauver les récoltes.Sources et références bibliographiques(1) Organisation Mondiale de la Santé et FAO, 2005(2) CETIOM, COOP de France, FNA, Gnis, ORAMA, UFS, UIPP, UNILET, Protéger les semences unesolution d’avenir pour protéger les récoltes, janvier 2013(3) Martinez et Streito, 2005(4) MAAP- DGAL13


Idée reçue« L’agriculturebiologiquepeut nourrirle monde »L’agriculture biologique ne permetpas d’atteindre les niveaux deproduction de l’agriculture conventionnelleni de garantir un approvisionnementrégulier.14En agriculture biologique, la variabilitédes rendements est très forte en raison desaléas du parasitisme. En maïs, le différentielde rendement moyen entre agriculture biologiqueet conventionnelle en France a variéde - 29 à -36 % entre 2008 et 2010, un écartdifficile à gérer pour l’agriculteur et la filièrede transformation.Le tout bio en France obligerait à importerune part significative et variable d’une annéesur l’autre de notre alimentation, creusantla dette. Le surcoût de main-d’œuvre et lacompensation des pertes à la production età la conservation, entraînent un renchérissementdes prix : en 2011, les produits biologiquesétaient 58 % plus chers que ceux del’agriculture conventionnelle (1) .Au niveau mondial, il faudrait défricher plusde terre accentuant la pression de l’hommesur les milieux naturels. En 2007, le directeurde la FAO a déclaré « compte tenu des donnéeset des modèles concernant la productivitéde l’agriculture biologique par comparaisonà l’agriculture traditionnelle, le potentielde l’agriculture biologique n’est pas suffisant,loin s’en faut, pour nourrir le monde. »


Agriculture et production➜ La diversité des modes d’agriculture est essentielle, maisles rendements de l’agriculture biologique ne répondront pas àl’augmentation des besoins.Rendements de l’agriculturebiologique comparés à ceux del’agriculture conventionnelle en % (2)1009080706050403020100En moyenneSojaMaïsTomateOrgeBléProduction agriculture biologiqueProduction agriculture conventionnelle100%75%ZOOM SUR...L’agriculture biologique protègeaussi ses cultures !L’argument souvent avancé par les promoteursde ce type d’agriculture est une moindre expositionaux résidus de produits chimiques.Or l’AB traite aussi les cultures.Les agriculteurs utilisent par exemple des produitsà base d’élément comme le soufre ou lecuivre. Comme les autres produits phytosanitaires,ces produits sont encadrés par une réglementationtrès stricte. Les études montrentque suivant les années entre 6 et 30 % desdenrées issues de l’AB contiennent des résidusdétectables (3) .L’agriculture biologiquene garantit pas un aliment plussain.Comme toute filière, l’agriculture biologiquen’est pas à l’abri d’accident. Récemment, enEurope, des produits issus de l’AB contaminéspar des organismes toxiques ou pathogènespour l’homme ont provoqué des accidentsgraves chez les consommateurs : Escherichiacoli sur graines issues de l’AB est responsablede 53 morts et 3971 malades dont 862 cas avecdes syndromes hémolytiques et urémiques (4) .Sources et références bibliographiques(1) Enquête Linéaire 2011(2) Nature, Seufert et al., compilation d’études, 2012(3) Quae, Le tout bio est-il possible ?, 2012(4) ANSES, O104/H4 Escherichia coli entérohémorragique-L’énigme d’une crise présentation, 201115


Idée reçue« Les agriculteurssont de plus en plusdépendantsdes lobbiesindustriels »16Pour faire face à la concurrence etrépondre aux exigences du marché,les agriculteurs ont besoinde technologies. Elles nécessitent desinvestissements conséquents en rechercheet développement. L’accèsà l’innovation est une condition indispensableau maintien de la productivitédes exploitations agricoles et de l’industrieagroalimentaire française.Différents modèles de production agricoleexistent en France liés à la diversité dessols, des climats, de l’histoire. Ils ont tousun point commun : le besoin de productivité.Celle-ci répond à des exigences en termesde quantité, de régularité de production, dequalité et de conformité aux normes. Elledoit, de plus, répondre aux enjeux de l’agriculturedurable et tout cela dans un contextede concurrenceinternationale.Pour répondreaux évolutionsdu marché, lesagriculteurs doivent pouvoir s’appuyer surdes technologies performantes : variétés,produits de protection des plantes, mais aussimachinisme, génétique animale, aliments dubétail, outils informatiques…Le développement de ces technologiespasse par des recherches plus complexeset toujours plus coûteuses. Elles sontassurées par des organismes de recherchepublics mais surtout des sociétés privées,seules à même de supporter de tels investissementsjusqu’à la mise en marché.


Agriculture et productionVous avez ditpuissants lobbiesindustriels ?Il faut relativiser. Le marché annuelmondial de la protection des plantesen 2011 est de l’ordre de50 milliards d’€ (1) .En comparaison, c’est :• 82 % du budget du ministèrefrançais de l’éducation nationale• 7 jours deconsommation mondiale de pétrole• 11 % du chiffre d’affairesde Walmart (1 er groupe mondial degrande distribution)ZOOM SUR...Pesticides : une mise sur le marchésélective et onéreuse !La mise sur le marché de nouvelles solutionsde protection des cultures nécessite enmoyenne dix années de travaux de rechercheet développement. De la découverte dela substance active au produit utilisé parl’agriculteur, il y a de nombreux obstaclesà franchir : études toxicologiques, écotoxicologiques,tests de laboratoires, essaissous serres et de plein champ, développementde formulation… 1 molécule sur 150 000arrive au bout du processus de sélection.L’investissement est d’environ 200 millionsd’€ (2) . Seuls des groupes industriels de taillesignificative peuvent supporter de tels coûts.Pour les anciennes matières actives, afinde répondre aux nouvelles exigences, uneprocédure de révision a été entreprise auniveau européen. En 1993, il y avait plus de800 substances actives (3) ! En 2012, il en restemoins de 400.Sources et références bibliographiques(1) Etude Phillips Mac Dougall 2011(2) ECPA, Innovation and new technologies in agriculture, 16/10/2012(3) INRA, Pesticides agriculture et environnement, expertise scientifique collective, décembre 200517


Idée reçue« La Franceest le premier paysconsommateurde pesticidesen Europe »La France est un grand pays agricoleavec de vastes surfaces cultivées.Sa consommation de pesticides,rapportée à la surface cultivée, se situeen 4 éme position européenne.La France est le premier pays agricoled’Europe avec près de 31 millions d’hectaresde surfaces cultivables, soit 56 % du territoirefrançais. Elle fait partie des acteurs majeursde la production mondiale :• 5 ème producteur de céréales après la Chine,les États-Unis, l’Inde et la Russie.• 5 ème producteur d’huile de colza après laChine, le Canada, l’Inde et l’Allemagne.• 5 ème exportateur mondial de maïs et 3 èmeexportateur mondial de vin.C’est pourquoi il n’est pas pertinent pourjuger de la consommation de pesticides enFrance, de se référer à la quantité globale.En Europe, la France est le 1 er marché pourles produits phytosanitaires mais, rapporté àla surface cultivée, elle est dans la moyennedes autres pays et n’est en fait que le 4 èmeutilisateur de pesticides après les Pays-Bas,la Belgique et le Portugal (1) .18


Agriculture et environnement➜ La consommation française de pesticides à l’unité de surfacecultivée se situe dans la moyenne européenne.Au plan mondial, avec3,2 kgde substance activepar hectare et par anla consommation française de pesticides sesitue environ au 10 e rang mondial. (2) .Le saviez-vous ?Les zones non agricoles, qui incluentles jardins familiaux, les espacesverts, les golfs ou les voies ferréesreprésentent 10 % de la consommationde pesticides (3) .ZOOM SUR...Réduction d’usage des pesticides : des progrès considérableset des objectifs ambitieux !Entre 2001 et 2009 la consommation de pesticides a baissé en quantité de 36 % grâceà une innovation constante et un meilleur ciblage des interventions (3)Les pesticides représentent un coût non négligeable que les agriculteurs cherchent à minimiser.C’est ainsi qu’ils combinent plusieurs techniques pour limiter les problèmes de maladies ou deparasites dans leurs cultures afin de pouvoir réduire l’usage des produits phytosanitaires :utilisation de variétés tolérantes ou résistantes, rotation des cultures, méthodesmécaniques. L’application des produitsphytosanitaires se fait en dernier recoursde façon raisonnée en utilisant parexemple des outils d’aide à ladécision (OAD) qui renseignent sur leniveau d’infestation et aident à appliquerle bon produit à bon escient.Les consommations de pesticidesramenées à la tonne de blé produitemontrent d’ailleurs que la Franceoptimise bien l’utilisation de cesfacteurs de production (3) .$706050403020100Comparaison des dépensespesticides/t de blé produite2002/03 2004/05 2006/07 2008/09 2010/11FranceGrande BretagneCanadaUkraineArgentineSources et références bibliographiques(1) INRA, Pesticides agriculture et environnement, expertise scientifique collective, décembre 2005(2) Eurostat/ECPA, 2010(3) UIPP, Les démarches de progrès de l’UIPP et de ses adhérents, 2011(4) ECPA, Innovation and new technologies in agriculture, 16/10/201219


Idée reçueintensive« L’agricultureentraîne une pertede biodiversitéabeilles et tue les »Les agriculteurs sont les premiersacteurs de la biodiversité !L’agriculture entretient des interrelationsétroites avec la biodiversité : elle enbénéficie, elle la modifie, elle en est aussicréatrice en ouvrant les paysages. En toutétat de cause, l’agriculture qui gère environ50 % du territoire en est dépendante et sonrôle est donc fondamental dans le maintiende la biodiversité.Les pesticides sont souvent tenus pour responsablesde la perte de biodiversité. S’ils nesont pas anodins, en cas de mauvais usage,leurs actions ne sont jamais irréversibles.De nombreuses données démontrent qu’unegestion adaptée des bords de champs, l’implantationd’inter-rangs en vigne ou de haiesen zones humides etl’adaptation du travaildu sol permettent deretrouver de bons niveauxde biodiversitésans mettre en cause la productivité (1) (2) . Cesactions positives sur la biodiversité sont d’ailleursconsidérées comme des services écologiquesque rend l’agriculteur à la société (3) .En revanche, de nombreuses autres étudesmontrent que les destructions et modificationsd’habitats naturels liées aux activitéshumaines telles que l’installation de routes,parkings, appelées « artificialisation dessols » sont à l’origine de pertes souventirréversibles de biodiversité. C’est ainsi quel’équivalent d’un département français disparaîttous les 7 ans !20


Agriculture et environnement➜ La perte de biodiversité : une conséquence de la disparitionde nombreux habitats.Évolution de l’occupation des sols entre 1993 et 2003 en France métropolitaine (4)en 000 ha6005004003002001000-100-200-300-400-500-600-700-800ZOOM SUR...Prairies-5,7%Arbresisolés,Landes,parcourshaies,chemins, Culturesalpages peupleraies pérennesQue dire des pollinisateursen général et des abeillesen particulier ?De nombreuses études mettent en lumière undéclin des insectes pollinisateurs et souventles pesticides en sont tenus pour responsables.Toutefois, il faut distinguer les abeilles domestiquesdes pollinisateurs sauvages. Ces derniersont besoin de sites naturels de nidificationet de ressources florales pour senourrir soit, « le gîte et le couvert ». Ils sontaffectés par la réduction des espaces naturelset la simplification des systèmes de cultures.Des aménagements fleuris permettent derestaurer les populations.-8%-8,6%Rocheset eaux-3,5% -1%0,4%Culturesannuelles15,8% 10,7% 21,1% 3,9%SolsartificielsbâtisRoutesetparkingsSolsartificialisésnon bâtisForêtsConcernant les abeilles domestiques, lenombre de ruches est passé de 1,3 à 1 millionentre 2006 et 2010 en France. Au contraire,dans le monde, leur nombre a augmenté de45 %. Il n’y a donc pas de risque de disparitionde l’abeille domestique. En revanche,l’élevage des abeilles est devenu pluscomplexe en raison de nouveaux parasitesdifficiles à maîtriser tel que le varroa arrivé enFrance au début des années 80, de nouvellesmaladies, des déficits de ressources alimentairesdans certaines zones agricoles et d’uneintensification des méthodes de productionapicole devenue fréquente en raison de laconcurrence internationale.Sources et références bibliographiques(1) UIPP-ACTA-ONCFS , Productions végétales pratiques agricoles et faune sauvage(2) ONCFS-Arvalis-Cetiom-ITB-FNC-Syngenta, Gestion des bords de champs(3) Ministère de l’Agriculture, Prospective et évaluation, mars 2009(4) IFEN, L’environnement en France-les synthèses21


Idée reçue« Les pesticidespolluent l’eau »Il ne faut pas confondre détection derésidus dans l’eau et toxicité.Au fil des années, les seuils d’analyse deslaboratoires sont devenus de plus en plus bas :c’est pourquoi on détecte plus fréquemmentdes pesticides et des particules polluantesdans l’eau. Les traces de pesticides quipeuvent être détectées dans l’eau au seuilréglementaire européen ne mettent pas endanger la santé du consommateur.Les seuils réglementaires pour l’eaude boisson en Europe sont très stricts. Ilssont fixés indépendamment de la toxicitéintrinsèque de chaque pesticide et sontplusieurs milliers de fois plus sévères queles normes préconisées par l’OrganisationMondiale de la Santé, basées elles surla toxicité de chaque matière active. Parailleurs, les seuils varient selon les pays :sur certaines molécules, comme l’atrazine,l’Europe recherche des seuils 300 fois plusbas qu’aux Etats-Unis.Le niveau fixé en Europe par moléculeest de 0,1 microgramme (µg) par litre etde 0,5 µg/l pour la somme des traces dematières actives trouvées. 0,1 µg/l équivautà la détection de seulement 1 g dans untronçon de rivière qui ferait un mètre deprofondeur sur un mètre de large et 10 kmde long.Une eau conforme n’est jamais exempte dematières polluantes. Elle est consommableà condition que leur concentration ne mettepas en danger la santé du consommateur.22


Agriculture et environnement➜ Le respect de la réglementation et des bonnes pratiquespar les agriculteurs permet de prévenir les pollutions et contribueà assurer la distribution d’une eau de qualité.En France, plus de 26millionsd’analyses ont été effectuéesdepuis 13 ans par les autorités.Elles montrent que 73 %des eaux de surfaceet 99 % des eauxsouterraines sont conformesau seuil réglementaire établi pour l’eaude boisson, le seuil le plus exigent aumonde. (1)ZOOM SUR...Prévention des pollutions en amont :l’après-pulvérisation réglementée !Après pulvérisation, il reste toujours desreliquats de bouillie dans les fonds de cuve et ilest nécessaire de rincer tuyaux et machine.Ces opérations, si elles sont mal gérées, sontsource de pollutions. C’est pourquoi elles sontstrictement encadrées. 2 possibilités existent :• Epandre les reliquats de bouillie sur laparcelle traitée à condition de diluer lesfonds de cuve au 6 ème . La vidange totale dupulvérisateur et son épandage sur la parcelleest autorisée sous réserve d’avoir divisé laconcentration initiale de la bouillie par 100.Dans tous les cas, l’épandage doit se faireen respectant la dose maximale autoriséesur la culture et les distances réglementairespar rapport aux points d’eau et habitations.• Eliminer les effluents phytosanitairesrésiduels en équipant l’exploitation avec l’undes systèmes de gestion reconnus par le Ministèrede l’Environnement. Plusieurs dispositifsexistent utilisantles principes de déshydratation,lit biologique,floculation ouosmose inverse, oucombinant ces différentesméthodes.Sources et références bibliographiques(1) UIPP, Posture de l’UIPP, Les résidus de pesticides dans l’eau, avril 201223


Idée reçuealiments« Noscontiennentdes résidusde pesticides »24C’est vrai, il sont parfois détectéset on en analyse même de plusen plus car les plans de surveillancesont plus importants et les méthodesd’analyse plus précises.Détection ne veut pas dire dégradationde la qualité sanitaire de l’alimentation !L’évolution technologique permet de détecterdes substances introuvables il y a 10 ans.On peut détecter 0.001 mg de résidus d’unesubstance dans 1 kg d’aliment, soit une précisionqui équivaut à 1 seconde sur 32 ans !L’innocuité des résidus est évaluéeavant toute mise en marché d’un produitphytosanitaire. La présence d’un résidu estnormale dès lors qu’elle ne dépasse pas unelimite maximale autorisée (LMR) publiée auJournal officiel de la Communauté Européenne.L’étude des expositions alimentaires auxsubstances chimiques de l’ANSES (1) , la plusimportante au monde, porte sur 445 substancesdont 283 phytosanitaires recherchées dans desaliments couvrant 90 % de l’alimentation desfrançais. Sur ces molécules « 210 n’ont jamaisété détectées » et « 73 dans moins de 1 % des146 000 analyses ». L’étude conclut que lerisque pesticides peut être écarté pour lapopulation.Les aliments issus de l’agriculture biologiquene sont pas exempts de résidus car l’utilisationde certains produits de traitements y estautorisée (dont certains ont une LMR).


Agriculture et alimentation➜ L’alimentation n’a jamais été aussi saine ni aussi surveillée.Tous les résidusne sont pas issus dela chimie !Les plantes peuvent aussi produire dessubstances chimiques naturelles susceptiblesde se retrouver dans l’alimentation.Elles sont sécrétées par les plantes pourse défendre contre les prédateurs.Certaines comme les mycotoxinesou les alcaloïdes ont des toxicités trèssupérieures aux matières activesphytosanitaires.99,99 % dessubstances chimiques ingérées dansl’alimentation sont d’origine naturelle.En moyenne, une personne ingère entre5 000 et 10 000 pesticides naturelsdifférents.A hauteur de 1,5 milligramme par jour,c’est 10 000 foissa dose quotidienne de résidus desubstances phytosanitaires ! (2)ZOOM SUR...Qui surveille notre alimentation ?Au niveau de l’Union européenne, c’est l’EFSA,autorité de sécurité sanitaire, qui réalise lesrapports scientifiques des programmes desurveillance et de contrôle des pays membres.Le nombre d’analyses a considérablementaugmenté ces dernières années. En 2009,834 substances actives phytosanitaires dans70 000 échantillons de denrées alimentairesont été analysées (3) ce qui représente plus de14 millions d’analyses !Les prélèvements sont réalisés de manièrealéatoire ou ciblée, en incluant les produitsimportés des pays tiers.En France, les plansde surveillance etde contrôles sontréalisés par la DGAL(Direction Généralede l’Alimentation)et la DGCCRF (DirectionGénérale dela Concurrence, dela Consommationet de la Répressiondes Fraudes).Sources et références bibliographiques(1) ANSES, Etude de l’alimentation totale française 2 EAT 2 - Edition scientifique, juin 2011(2) Bruce N. Ames et Lois Swirsky Gold, Neuf idées reçues passées au crible de la science – La Recherche,octobre 1999(3) EFSA, The 2009 European Union report on Pesticides in Food – Scientific Report of EFSA, Journal2011; 9(11) : 2430, avril 2012.25


Idée reçue« Les alimentsétaient meilleursavant »26On reproche aux modes deproductions agricoles actuels defavoriser la quantité au détrimentde la qualité. Au contraire, qualitésvisuelles, gustatives, nutritionnelles,sanitaires et technologiques y sontpréservées, voire enrichies.Le contrôle des champignons ou des insectessur les fruits et légumes peut nous faireoublier qu’avant, ces attaques dégradaientnos denrées. C’est le cas des vers dans lespommes, des pucerons dans les laitues oules légumes.La qualité gustative est un critère majeurpour la commercialisation. Le développementdu champignon botrytis sur le raisin entrainela production de mauvais goûts et détériore lacouleur dès 10 à 20 % d’attaque suivant lescépages, rendantles vins invendables.La sélectionvariétale desfruits et légumesjoue un rôle essentiel dans l’amélioration dugoût et l’élargissement de l’offre.Parce qu’elle permet de contrôler moisissures,mycotoxines, bactéries…, la protectionphytosanitaire contribue à l’améliorationde la sécurité sanitaire. Il y a moins derisque d’intoxication alimentaire aujourd’huique du temps de nos grands-parents.La qualité technologique est primordialepour répondre aux exigences des filières detransformation. Elle est le fruit des travauxde sélection mais également des pratiquesagricoles en amont.


Agriculture et alimentation➜ Les techniques actuelles de production contribuent à la qualité.Quand la qualitéest officiellementreconnue !Dès 2003, l’autorité sanitaire française (1)statuait sur l’équivalence entre la qualiténutritionnelle et sanitaire des produitsissus de l’agriculture biologique et desproduits issus de l’agricultureconventionnelle. Plus récemment, desmédecins américains (2) ont étudié237 publicationscomparant les aliments biologiques etconventionnels. Sur le plan nutritionnel ousanitaire, les auteurs concluent qu’il n’y apas de différences significatives.Les reconnaissances de la qualité sedéveloppent depuis plusieurs annéesavec des cahiers des charges rigoureux.En France, les signes officielsd’identification de l’origine et de la qualité(AOC, AOP, IGP, Label Rouge, …)concernent plus de 1 000 produits (3) .ZOOM SUR...Les plantes sont parfois toxiques !La contamination de farine de sarrasinbiologique contaminée par des graines dedatura a occasionné fin 2012 plusieurs casd’intoxications et 18 hospitalisations.Cette plante contient des alcaloïdes trèstoxiques. Le datura est difficile à contrôler enproduction biologique alors que la gestion durisque par le désherbage est très efficace.D’après le recensement agricole de 2010,une exploitationagricole sur 4 est inscritedans ces démarches.Sources et références bibliographiques(1) Rapport AFSSA 2003(2) Standford University, Annals of Internal Medicine, Méta analysis, septembre 2012(3) INAO, Les produits sous signes officiels de la qualité et de l’origine, Chiffres clés 201127


Idée reçuepesticides,« A cause desIl faut acheter de l’eauen bouteille »L’eau délivrée au robinet en Franceest tout à fait potable. Elle fait l’objetd’un suivi sanitaire très rigoureux.28Selon la Direction Générale de la Santé duMinistère des affaires sociales, 97 % de la populationa été alimentée en 2011 par une eaudont la qualité a respecté en permanence leslimites de qualité fixées par la réglementationeuropéenne en matière de pesticides qui estparmi les plus strictes au monde.À chaque étape de son cycle, l’eau estcontrôlée par les sociétés responsables dutraitement de l’eau et les pouvoirs public.L’eau brute prélevée et celle fournie auxusagers après traitement doivent toutesdeux être conformes aux normes en vigueur.Sur l’eau du robinet, 63 paramètressont mesurés. Dans les agglomérationsimportantes, plusieurs contrôles sontréalisés par jour et certains paramètres sontconstamment suivis.En matière de polluants d’origineagricole, les statistiques fournies parles autorités mettent en évidence desaméliorations d’année en année.Par exemple, en Mayenne, départementagricole majeur avec 9 % des actifs travaillantdans l’agriculture (1) , l’eau non conformeconcernait 23,3 % des habitants en 2001contre seulement 0,7 % en 2010.


Agriculture et alimentation➜ Les pratiques agricoles sont encadrées pour prévenir les pollutions.Un français utilise en moyenne 151 litres d’eau par jour, soit l’équivalent de100 bouteilles d’eau. L’alimentation en eau potable est assurée par près de30 000 captages produisant chaque jour 18,5 millions de m 3 d’eau !ZOOM SUR...Des règles très strictes pour prévenir les pollutions !Les zones de captages font l’objet d’uneréglementation particulière. Trois périmètres deprotection sont définis par le code de la santé :- le périmètre de protection immédiate :c’est l’environnement proche du point d’eau.Il est acheté par la collectivité et est clôturé.Toute activité y est interdite sauf celle liée à laproduction d’eau.- le périmètre de protection rapprochée :un périmètre de quelques hectares, àl’intérieur duquel toutes les activitéssusceptibles de provoquer une pollutionsont interdites ou soumises à desprescriptions particulières (constructions,rejets, épandages, etc.) ;- le périmètre de protection éloignée : il estcréé si certaines activités sont susceptiblesd’être à l’origine de pollutions.L’activité agricole est soumise à desrègles très strictes afin de limiter l’impactsur la qualité des eaux. Il est obligatoire parexemple de créer des bandes enherbées lelong des cours d’eau.Pour chaque produit phytosanitaire des zonesnon traitées (ZNT) le long des points d’eau sontréglementairement définies. Elles vont de 5 mminimum à 100 m suivant les produits entenant compte de leurs caractéristiques.La gestion des fonds de cuve par épandagesur la parcelle après dilution ou par récupérationsur des aires spécifiques est obligatoire.Pour un particulier, l’équivalent serait un bacspécifique réservé au rinçage des verres oudes cuillères après leur utilisation pour unmédicament.Sources et références bibliographiques(1) Chambre d’agriculture de la Mayenne(2) CNRS, www.cnrs.fr, les dossiers scientifiques de l’eauNB : La direction générale de la santé (DGS) et de la santé publie mensuellement les statistiques surl’eau potable dans chaque commune.http://www.sante.gouv.fr/resultats-du-controle-sanitaire-de-la-qualite-de-l-eau-potable.html29


Idée reçuealiments« Noscoûtentde plus en pluschers »En valeur absolue les dépensesd’alimentation augmentent maisla part consacrée à l’alimentationdans le budget des ménages enFrance ne cesse de diminuer.30La modernisation de l’agriculture a permisd’augmenter les rendements tout enréduisant les coûts de main-d’œuvre,contribuant à diminuer le prix de l’alimentation.Dans la seconde moitié du 20 ème siècle, lesprix des matières premières agricoles de basetelles que les céréales, les oléo-protéagineux,les viandes ou le lait ont été divisés par 3 ou 4dans les pays développés (1) .L’augmentation et la régularité de laproduction conduisent à augmenter l’offreet à réduire les prix. La gamme de produitsde qualité, accessibles au plus grand nombres’est élargie contribuant à démocratiserl’accès à une alimentation variée.En valeur absolue, le budget alimentation(hors boissons alcoolisées) a beaucoupaugmenté. En euros constants, il représentele double de sa valeur en 1960 mais sapart dans le budget des ménages s’estconsidérablement réduite : il représentait21.5 % des dépenses en 1959, contre 13.4 %aujourd’hui (2) .


Agriculture et alimentation➜ Grâce à la modernisation des pratiques, les produits alimentairessont accessibles au plus grand nombre.Les produits Biosont plus chers !Le marché des produits issusde l’agriculture biologique aquadruplé en dix ans mais ilne représente aujourd’hui que2,7 % de laconsommationalimentaire nationale (3) .Malgré des subventions etbien que l’écart de prix entreproduits bio et conventionnelsse réduise (-14 points en deuxans) il se situerait encore à+ 58 % (4) .Plus gourmande en maind’œuvreet plus aléatoire,l’agriculture biologique revientplus cher à la production.ZOOM SUR...Que cache le prix de la baguette ?Depuis 1960, le prix de la baguette de pain aété multiplié par 12 alors que celui du SMIChoraire a été multiplié par 35, celui d’une placede cinéma par 36, celui d’une consultationmédicale par 18.Selon la Chambre professionnelle des artisansboulangers de Paris, la hausse du prix de labaguette est d’abord due à l’augmentation ducoût de la main-d’œuvre, du coût de l’énergie,et de façon mineure à la hausse du prix du blé.La farine ne représente que 10 % du prixdu produit fini, le blé de l’ordre de 70 % ducoût de la farine. Le blé ne compte donc quepour 5 % à 10 % maximum du prix soit,moins de 10 centimes pour une baguetteà 0,90 €. Une augmentation de 10 €/t du prixdu blé augmente le prix de la baguette de 0,03centimes (5).Décomposition du prix de la baguette traditionnelleBlé5%Frais et charges35%Masse salariale50%Résultatnet10%Sources et références bibliographiques(1) Sénat, rapport sur le défi alimentaire à l’horizon 2050, 2012(2) DGCCRF, 2012(3) Recensement agricole 2010(4) Audrey Garric, Le Monde.fr, M planète, octobre 2012(5) Fdsea60.fr, 201131


Idée reçue« A cause despesticides,les agriculteurssont maladesde cancers »La population agricole souffresignificativement moins de cancersque la population généraleet l’espérance de vie des agriculteursest supérieure de près de 2 ans à lamoyenne française.Selon les 1 ers résultats de l’enquêteAGRICAN (1) , la plus vaste étude mondialesur la population agricole, celle-ci présenteun meilleur état de santé que la populationgénérale qui s’explique en particulier par unemeilleure hygiène de vie (alimentation plussaine, activité physique).Le risque de cancer est significativementplus faible dans la population agricole(-27 % de risque de décéder d’un cancerpour les hommes et -19 % pour les femmes).Seuls certains cancers sont un peu plusprésents, mais en général de façon nonsignificative. Ces cas justifient une investigationplus poussée des facteurs de risquespécifiques à ce métier comme le soleil,les produits chimiques (fuels, pesticides,détergents, solvants), les poussières, lesvirus animaux, etc.32


Agriculture et santé➜ Des chiffres rassurants sur la santé des agriculteurs,un encouragement à poursuivre les efforts de prévention !Sur la période 2000-08 (2) , l’espérance devie d’un agriculteur à 35 ans est de+ 44,6 années,soit plus que celle d’un ouvrier (40,9),d’un inactif (30,4) ou de la moyenne deshommes (42,8).Espérances de vie à 35 ans,INSEE octobre 2011.50403020HommesCadresProfessions intermédairesAgriculteursArtisans, commerçants, chefs d’entrepriseEmployésOuvriersInactifs non retraitésEnsembleZOOM SUR...Agriculteurs : quels sont vos plusgros risques professionnels ?Etre agriculteur reste un métier à risque mêmesi le secteur agricole est moins durementfrappé par les maladies professionnelles ou lesaccidents du travail que les secteurs du BTPou de la métallurgie.Au niveau des maladies professionnelles, plusde 8 cas sur 10 concernent des troublesmusculo-squelettiques (TMS) dus à des travauxphysiques répétitifs.Du fait de l’utilisation de matériels agricoles etde la proximité avec le bétail, les accidentsmécaniques et les coups de pied d’animauxsont les principales causes des arrêts detravail.Quant aux intoxications ou incidents avec desproduits phytosanitaires, le réseau Phyt’Attitudemis en place par la MSA recueille environ 200signalements annuels avec comme 1 èrecause, les projections accidentelles (période1997-2007). Ces signalements sont à mettreen regard des 5 à 6 millions de cuves depulvérisateurs préparées et pulvérisées chaqueannée (estimation Syngenta) ou encore desquelques 91 000 accidents du travail déclarésen une année pour d’autres motifs (3) .Sources et références bibliographiques(1) Enquête AGRICAN [AGRIculture et CANcers], Centre François Baclesse (et al.), rapport juin 2011(2) INSEE, L’espérance de vie s’accroît, les inégalités sociales face à la mort demeurent, n° 1372,octobre 2011(3) MSA, Atexa-Annuaire stat, 200833


Idée reçue« Les pesticidessont dangereux,d’ailleursles agriculteurs traitenten “tenue de cosmonaute” ! »Les pesticides d’aujourd’hui n’ontplus rien à voir avec ceux d’hier !Les savoir-faire de l’industriephytosanitaire ont permis de lessécuriser considérablement selon 3axes d’amélioration.Grâce à l’innovation chimique, les moléculesd’aujourd’hui sont de l’ordre de 6 fois moinstoxiques qu’il y a 65 ans selon le paramètrede la DL50 (mesure la toxicité aiguë enlaboratoire). Dans le même temps, les dosesd’utilisation ont été divisées par 25 depuis lesannées 1950 et sont passées d’un ordre degrandeur moyen de 2 kg de substance activepar hectare à environ 50 g (1) .Les nouvelles techniques de formulationdes produits permettent de limiter le contactde l’utilisateur avec lessubstances actives. Lespoudres d’autrefois ontété transformées engranulés dispersablesqui génèrent moins depoussières, donc moins de risque d’inhalation.Elles sont aussi remplacées par des liquidestechnologiques qui contiennent par exemple desmicro-capsules emprisonnant les molécules.Les emballages aussi s’améliorent. Plusde fûts métalliques, de moins en moinsde boîtes ou de sacs mais des bidons enplastique recyclable spécialement étudiéspour réduire les risques de contact lorsdes manipulations : poignées et goulotslarges, disparition progressive des operculesthermo-scellés, évents anti-éclaboussures.34


Agriculture et santéExaminons ce querévèle la « toxicité » !L’indicateur le plus courant de la toxicité aiguëd’une molécule est la DL50.La Dose Létale 50 est la dose qui, administréeen laboratoire, tue 50 % d’une population-test(rats ou souris). Plus la DL50 est faible,plus la substance est toxique !Molécules naturelles ou de synthèse, certainessont très toxiques, d’autres le sont beaucoupmoins… dans tous les cas, c’est l’usage ou« la dose qui fait le poison » :• la caféine est 20 à 50 fois plus toxique quebeaucoup de pesticides.• le sulfate de cuivre, fongicide utilisé enagriculture biologique est plus toxique quede nombreux pesticides de synthèse.(> à 5 000) mésotrione •(> à 5 000) fludioxonil •(> à 5 000) pymétrozine •(4 320) glyphosate •(10) parathion •DL 50 rat (mg/kg)10 0001 000100101• sel de cuisine (3 000)• acide acétyl-salicylique= aspirine (1 200)• caféine (150-200)• nicotine (50)• sulfate de cuivre (30)• vitamine D (10)• aflatoxine B1 (5)• solanine (5)[ • toxine botulique (< 10 -6 ) ]➜ Réduire le risque,c’est utiliser des produitsmoins dangereux maisc’est aussi limiter l’expositionà ces produits.ZOOM SUR...Des « tenues de cosmonaute »pour limiter l’exposition !De la même manière que tous lesprofessionnels utilisent des équipementspour se protéger des expositionsspécifiques à leurs métiers (gants etmasque du chirurgien, visière du soudeur),les agriculteurs utilisent des équipementsde protection, tels que des gants, desmasques voire des combinaisons deprotection qui peuvent faire penser àdes «tenues de cosmonautes».Ces équipements doivent également êtreutilisés en agriculture biologique lors destraitements avec du soufre ou du cuivre.Les améliorations techniques sur lematériel de traitement jouent aussi unrôle important pour diminuer le contactdes agriculteurs avec les pesticides.L’incorporateur facilite le remplissage dupulvérisateur et évite éclaboussures etdébordements. Les cabines de tracteurspermettent aujourd’hui de travailler dansdes conditions plus sécurisées.Sources et références bibliographiques(1) UIPP, Les produits phytopharmaceutiques et la santé, octobre 201135


Idée reçue« Les agriculteursutilisent des pesticides,à tort et à traverset sans se soucierde leur voisinage ! »Les pesticides sont parmi lesproduits les plus strictementréglementés à chaque étape deleur vie.La commercialisation des produits phytosanitairesest soumise à l’obtention d’une autorisationde mise en marché. Cette AMMrepose sur l’évaluation préalable et approfondiedes risques. Seuls les médicamentsprésentent un même niveau d’exigence etune AMM.L’entreprise doit établir un dossier afin d’évaluerle risque vis-à-vis du consommateur,de l’utilisateur et de l’environnement, soit environplus de 300 études pour un investissementde l’ordre de 200 millions d’eurospar molécule.Ce dossier jugé par des comités d’expertseuropéens et français détermine l’AMM, délivréepour 10 ans, assortie des conditions d’usagedu produit (cultures autorisées, parasitesciblés, dose, délai avant récolte, etc). Aucunproduit présentant un risque jugé inacceptablepour l’homme ou l’environnement, selon descritères réglementaires, ne peut être autorisé.Cette réglementation existe depuis près de40 ans, bien avant la mise en place dela réglementation REACH qui concerneles autres produits chimiques (produitsménagers, colles, peintures, etc) ! … et ellene cesse de se renforcer : aujourd’hui 75 %des molécules disponibles au début desannées 1990 ont été retirées du marchésuite à l’application de critères d’évaluationplus exigeants (1) .36


Agriculture et santé➜ La mise en marché des pesticides est réglementée pourl’industriel, leur utilisation strictement encadrée pour l’agriculteur…jusqu’à la gestion des déchets.Recyclage desdéchets : l’agriculturepionnière !Dès 2001, la filière agricole crée ADIVALORpour récupérer et éliminer en toute sécuritéles pesticides obsolètes et les emballages (2) .2012 :53 000 tonnesd’emballages et plastiquesusagés collectésUn bénéfice pour l’environnement et unedeuxième utilité pour ces déchets :production d’énergie, fabrication de tubeset gaines, etc.5 bidons de 10 litresrecyclés= 1 mètre de tubepour l’industrie.73 % des emballagesde pesticides sontvalorisés contre 50 %pour les déchets desparticuliers !ZOOM SUR...Permis de traiter, contrôletechnique des pulvérisateurs…des obligations de plus en plusstrictes pour les agriculteurs !De la même manière qu’il faut un permis deconduire pour utiliser une voiture, d’ici 2014,tout applicateur devra détenir un «Certiphyto»pour pouvoir acheter et appliquer des produitsphytosanitaires… certificat à renouveler tousles 10 ans.Du côté du matériel, depuis 2010, le pulvérisateurdoit passer un contrôle techniqueafin de garantir qu’il délivre la juste dose,sans dérive vers le voisinage et l’environnement…pulvérisation qui n’aura pas lieu si lavitesse du vent est supérieure à 3 surl’échelle de Beaufort (maximum 19 km/h).Sur l’exploitation agricole, le stockage desproduits dans un local spécifique fermé à cléou la préparation du pulvérisateur sur une airedédiée sont également réglementés. Il en va demême des effluents (fonds de cuve ou eaux derinçage) dont l’élimination par dilution dans leschamps ou le traitement dans des équipementsspécifiques à la ferme sont strictementencadrés (3) .Sources et références bibliographiques(1) UIPP, Les produits phytopharmaceutiques et l’environnement, juin 2009(2) www.adivalor.fr(3) Arrêté 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits visés àl’article L.253-1 du code rural37


Idée reçue« Modifier les plantes,c’est contre nature »Améliorer les plantes se fait depuistoujours et permet d’adapter lesmodes de production agricolesaux enjeux du moment.Toutes les espèces que nous consommonsaujourd’hui sont issues de l’améliorationdes plantes, processus né il y a 10 000 ans,quand nos ancêtres ont commencé à vivred’agriculture et d’élevage. Ils domestiquentalors les plantes sauvages et les adaptent àleurs besoins, en sélectionnant et resemantde manière empirique les plus intéressantes.Depuis, le principe est toujours resté le même.Ce sont les méthodes et les enjeux qui ontévolué. (1)Le travail de sélection a permis d’adapter desplantes venues d’ailleurs à nos terroirs :artichauts, épinards et aubergines originairesd’Orient, ou encore tomates, pommes de terreet maïs qui nous viennent d’Amérique. Grâceà une meilleure productivité, une plus granderésistance aux maladies, aux ravageurs, aufroid et à la sécheresse, les rendements ontaugmenté et sont devenus plus réguliers,mettant fin aux famines en Europe.La qualité n’est pas en reste. Fruits sanspépin, légumes plus goûteux ou croquants (2) ,blé mieux adapté à la panification. Denombreux critères ont été améliorés grâce àla main de l’homme.38


Agriculture et semences➜ L’amélioration des plantes est pratiquée depuis le néolithique,avec des bénéfices considérables.La sélectionvariétale a permisdes gainsconsidérables :• Blé :> Des rendementsmultipliés par 3en 40 ans.> La qualité a été améliorée :78 % de bléspanifiablessupérieurs en 2012contre 46 % en 1997 (3) .• Tournesol :> La teneur en huile est passéede 20 % à 50 %,> La qualité a évolué :les variétés oléiques offrent un meilleurprofil d’acides gras.ZOOM SUR...Amélioration variétale : le principereste, les méthodes évoluent !L’amélioration variétale a commencé de manièreempirique : les graines des « meilleurs individus »étaient choisies comme semences pour la culturesuivante. Répétée de génération en génération,cette opération a permis d’améliorer les performancesdes cultures. La découverte de la sexualitédes végétaux à la fin du 19 e siècle a permisd’améliorer cette méthode, en contrôlant les croisements.(4)Enfin, la découverte de la génétique à la fin du19 e , puis de la molécule d’ADN dans les années1950, ont forgé la sélection variétale modernequi permet de gagner un temps précieux.Là où on estimait « à vue de nez » les critères desélection, il est dorénavant possible de cibler lescaractères d’intérêt d’une plante, grâce à desméthodes d’investigations précises.Les biotechnologies représentent un outilde travail précieux pour les sélectionneurs, enleur permettant d’étudier précisément lesfonctions des gènes. Dans le cas des OGM,les gènes d’intérêt sont directement intégrésdans le génome de la plante au lieu d’être inséréspar des croisements successifs sur denombreuses années.Sources et références bibliographiques(1) Gnis, Dossier Amélioration des plantes, Semence Mag(2) Interfel, Fiches « fruits et légumes » du site Fraîch’Attitude(3) France AgriMer, Arvalis, ANMF(4) Cetiom, De nouveaux outils pour la sélection variétale39


Idée reçue« En brevetantdes plantes,l’industrie s’accaparevivant le »Loin de « privatiser » les plantes, lesystème mis en place en Francegarantit le libre accès aux variétéstout en protégeant la création.Que ce soit en littérature, arts ou sciences,pour encourager la création, il faut la protéger.Et le domaine végétal ne fait pas exception.La création variétale exige en effet desinvestissements longs et coûteux. Sansun système équitable de protection, cesefforts seraient mis à mal, et les agriculteursne se verraient plus proposer des variétéssans cesse améliorées.Deux systèmes coexistent pour protégerla création variétale : le brevet, tel qu’onle connaît dans les autres domaines et lecertificat d’obtention végétale (COV),pensé spécifiquement pour le vivant. LeCOV protège la création variétale (seul le« créateur » a le droit d’accomplir des actestels que produire, vendre, etc.) mais laissedans le même temps la variété libre de droitspour des travaux de recherche. En Europe,c’est ce système qui a été retenu pour protégerles nouvelles variétés créées (1) . Seulesles innovations biotechnologiques, parexemple une variété dans laquelle on a incorporéun gène naturellement absent del’espèce, peuvent prétendre à une protectionpar brevet.40


Agriculture et semences➜ Les variétés protégées sont librement accessibles pourquiconque veut les utiliser à des fins de recherche.Les semenciers français investissentchaque année 12 % deleur chiffre d’affairesdans la recherche, un taux comparableà la pharmacie.Il leur faut en moyenne11 ans pour créerune nouvelle variété.Pour rétribuer ces investissements, desroyalties sont prélevées sur les ventesde semences certifiées, par exemple7,5 €/q en blé tendreen 2011-2012.Chaque année, plusde 400 nouvellesvariétés sont ainsi inscrites aucatalogue français, qui comptedorénavant plus de 6 500variétés potagères et agricoles (2) .ZOOM SUR...Les semenciers, acteursde la biodiversité cultivéeParce qu’elle représente la palette dans laquelleils pourront puiser, les semenciers ont toutintérêt à conserver une biodiversité aussilarge que possible. La diversité génétique est labase du travail du sélectionneur, qui vise àassocier les gènes les plus favorables d’uneespèce dans une même variété. Préserver lavariabilité génétique (environ 30 000 gènespour la plupart des espèces cultivées) estessentiel pour répondre à des enjeux quiévoluent constamment, dans le temps maisaussi selon les régions.En France, les ressources génétiques végétalessont conservées par 27 réseaux associantsélectionneurs privés, instituts publics etassociations (3) . Ils sont organisés par grouped’espèces (maïs, céréales à paille, fourragèreset gazons, melon, etc.). Pour le blé et l’orge parexemple, la collection compte plus de 2 000variétés aussi bien anciennes que récentes.A l’international, des initiatives similaires sonten place. Basé à Mexico, le Centre internationald’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT)maintient une grande collection dans le but dedévelopper des variétés adaptées aux pays envoie de développement.Sources et références bibliographiques(1) Gnis, www.gnis.fr, Guide – Loi sur les obtentions végétales et les semences de ferme(2) UFS, www.ufs-semenciers.org(3) Gnis, www.gnis.fr, Semences et biodiversité - Préservation et enrichissement de la biodiversité parla filière semences41


Idée reçuelobbies« A cause desindustriels,les agriculteurs ne peuvent plus semerleur proprerécolte »En France, les semences de fermesont autorisées, moyennant un« droit d’auteur » à payer aucréateur pour les variétés protégées.L’agriculteur est libre de resemer une partiede sa récolte. Dans le cas où il s’agit de variétésprotégées, une participation financière auxefforts de recherche lui est alors demandée (1) .Pour le blé, elle représente par exemple 20 kgà l’hectare, pour un rendement moyen de7 000 kg. Les variétés tombées dans ledomaine public (450 en France) sont parailleurs libres d’utilisation.En pratique, le recours aux semences deferme n’est pas toujours possible car pourcertaines espèces et variétés, la descendancene présentera pas les mêmes caractèresd’intérêt. L’agriculteurtrouve souventplus d’intérêt à racheterchaque annéedes semencescertifiées. Cela luipermet de gagnerdu temps (il n’a pas à préparer ses semences,les trier, les manipuler, les stocker) et il est sûrde disposer de semences de qualité (puretéspécifique, variétale et faculté germinative).Les semences certifiées sont en effetissues d’un processus de multiplication etde tri particulièrement contrôlé. Leur qualitéest garantie par un certificat officiel apposésur chaque emballage. Elles sont protégéescontre les parasites par une techniqued’enrobage de produits strictement maîtrisée,qui permet d’assurer une meilleure levée.42


Agriculture et semences➜ Quand l’agriculteur choisit d’acheter des semences certifiées,c’est qu’il y trouve son intérêt.De quoi se composele prix d’unesemence certifiée ?Pour fabriquer des semences de qualité,plusieurs acteurs sont mis à contribution.Leurs investissements se retrouventPrix des céréales45,8%Coût de la fabrication19,1%Achat sacs, palettes etprotections de semences18,7%Droits de licence15,3%Gnis 1,1 %ZOOM SUR...Maïs : le choix des variétéshybrides !En maïs, quasiment toutes les surfaces en Francesont cultivées avec des semences certifiées. Laraison : les variétés les plus intéressantesaujourd’hui sont des variétés hybrides qui,resemées, ne permettent pas d’obtenir unedescendance « équivalente » (rendement diminuéde 20 à 30 % et population hétérogène).L’agriculteur a alors tout intérêt à acheter chaqueannée des semences certifiées plutôt que deresemer une partie de sa récolte.Cette caractéristique des variétés hybrides est dueau modèle de sélection dont elles sont issues.La technique d’hybridation, née aux Etats-Unisau début du 20 e siècle, repose sur le croisementde deux lignées. L’avantage est l’effet d’hétérosis(l’hybride est supérieur à la moyenne des deuxparents) mais l’inconvénient est que cet hybridedonnera une descendance hétérogène.Pour certaines espèces, comme le maïs,l’hybridation représente néanmoins la meilleuretechnique d’amélioration variétale à ce jour carl’effet d’hétérosis est particulièrement fort.L’hybridation permet d’obtenir des variétés biensupérieures techniquement (rendement, qualité,résistance…) aux variétés issues des voiesd’amélioration variétale classiques. (3)dans le prix. (2) 43Sources et références bibliographiques(1) Gnis, www.gnis.fr, Guide - Loi sur les obtentions végétales et les semences de ferme(2) Gnis, Statistique annuelle, céréales et protéagineux, 2010-2011(3) Gnis, www.gnis.fr, Techniques d’amélioration des variétés de maïs


Syngenta Seeds S.A.S.12, chemin de l’Hobit - 31790 Saint Sauveur.Tél. : 05 62 79 98 00 ; Fax : 05 62 79 99 90Capital social : 51 800 840 Euros ; SIREN 443 716 832 RCSToulouse - 443 716 832 RSAC Toulouse -N° TVA Intracommunautaire FR 11 443 716 832Syngenta Agro S.A.S.1, avenue des Prés - CS 10537 - 78286 Guyancourt Cedex.Tél. : 01 39 42 20 00 ; Fax : 01 39 42 20 10.Capital social : 22 543 902,80 Euros ; SIREN 433 886 934 RCSVersailles - 433 886 934 RSAC Versailles - Identification TVAFR 63 433 886 934. Agrément IF01749 : distribution de produitsphytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels.www.syngenta.frFlashez pour accéderau documentGuide MKG Trans Idees reçues_06_02/13 - ATRI - édition février 2013 - Photos : Istockphoto,Jupiter Image, Getty Images, Shutterstock, Thinkstock, Watier © 2013

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