ANALYSE DYNAMIQUE DES QUARTIERS EN DIFFICULTE

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ANALYSE DYNAMIQUE DES QUARTIERS EN DIFFICULTE

ANALYSE DYNAMIQUEDES QUARTIERSEN DIFFICULTEdans les régions urbaines belgesULBKULICEDDChristian Vandermotten,Pierre Marissal& Gilles Van HammeInstitut de Gestion et d'Aménagementdu TerritoireUniversité Libre de BruxellesChristian Kesteloot,Katrien Slegers& Lien Vanden BrouckeInstituut voor Sociale enEconomische GeografieKatholieke Universiteit LeuvenBertrand Ippersiel,Stanislas de Bethune& Renaud NaikenInstitut de Conseil et d’Etudesen Développement DurablePODSPPMaatschappelijke IntegratieIntégration Sociale


ANALYSEDYNAMIQUEDES QUARTIERSEN DIFFICULTEdans les régions urbaines belgesChristian Vandermotten,Pierre Marissal& Gilles Van HammeInstitut de Gestion et d'Aménagement du TerritoireUniversité Libre de BruxellesChristian Kesteloot,Katrien Slegers& Lien Vanden BrouckeInstituut voor Sociale en Economische GeografieKatholieke Universiteit LouvainBertrand Ippersiel,Stanislas de Bethune& Renaud NaikenInstitut de Conseil et d’Etudes en Développement Durable


1 INTRODUCTION p.5Table des matières2 METHODOLOGIE, p.11SELECTION ET DESCRIPTIONDES VARIABLES3 RESULTATS ET TYPOLOGIES p.194 DESCRIPTION DES RESULTATS p.27PAR REGION URBAINEAnvers et Malines p.31Gand et Saint-Nicolas p.34Bruges et Ostende p.37Hasselt-Genk p.39Courtrai p.41Liège et Verviers p.42Charleroi, La Louvière, Mons p.45Namur p.48Tournai p.49Bruxelles et Louvain p.505 CONCLUSION p.55TABLE DES MATIERESp. 3


1Introduction


Les villes européennes, et en particulierles plus grandes parmi elles, peuvent être présentéesselon deux images opposées.D'une part, depuis maintenant deux décennies, lesrégions métropolitaines montrent des taux de croissanceéconomique supérieurs ou égaux aux performancesnationales, alors que l'inverse prévalaitdurant les années 1960 et 1970. Ceci traduit l'insertionprivilégiée de ces régions métropolitaines dansles réseaux tertiaires internationaux, dont elles sontles noeuds. A l'inverse, durant les décennies précédentes,elles souffraient de phénomènes de désindustrialisation,maintenant pratiquement menés àleur terme. Dans le contexte actuel d'économie plusflexible, les redéploiements économiques privilégientles régions urbaines disposant des meilleurs potentielsen matière de sous-traitance, en particulier enservices de hauts niveaux, et en matière de diversitéet de qualification de la main-d’œuvre. Il est vrai queces croissances économiques favorables profitentparfois plus aux zones périurbaines qu'aux centresmêmes de ces régions métropolitaines. Il est vraiaussi que les zones urbaines dont les structuresétaient dominées par l'omniprésence d'une industrialisationancienne profitent mal ou pas de cetterevitalisation économique. Elles souffrent particulièrementdes problèmes de vieillissement de la populationet des héritages pesants en matière de qualitéenvironnementale.Les pouvoirs publics, bien plus conscients que jadisdes atouts que représente le patrimoine urbain, del'image que donnent leurs villes dans les compétitionsinter-urbaines qui se développent à l'échelleinternationale, et en même temps soucieux de fixeren ville des habitants susceptibles d'en renforcer lesbases fiscales, renforcent et développent des politiquesd'amélioration des cadres de vie urbains, derénovation des bâtiments anciens et des voiries, decontrôle du développement de la circulation automobileanarchique, de promotion des transportspublics. Elles tranchent par rapport aux politiquesurbanistiques sauvages, destructrices du tissu urbaintraditionnel, à la promotion inconsidérée de l'automobileet de la résidence périurbaine qui avaientprévalu dans les premières décennies de l'aprèsguerre.Le paysage urbain s'est incontestablementamélioré durant les dernières années, même si d'énormesefforts restent à faire.Mais d'autre part, ces villes, et paradoxalement peutêtreplus encore celles qui “gagnent” dans les compétitionsinter-urbaines que les autres, connaissentune exacerbation des dualisations sociales qu'ellesabritent. L'économie urbaine contemporaine fournitproportionnellement moins d'opportunités de travailaux populations peu qualifiées que celle, plus industrielle,de jadis. Au même moment, les formes nouvellesde l'immigration des populations pauvresrecherchent dans les plus grandes villes où elles seconcentrent, les solidarités que peuvent fournir desniches ethniques. Les villes sont aussi souvent deslieux de refuge pour les exclus d'une économiecontemporaine beaucoup plus flexible, qui soumetles firmes aux exigences croissantes d’une rentabilitéà court terme. On comprend donc que les agglomérationsurbaines économiquement dynamiques,au premier rang desquelles en Belgique la Région deBruxelles-Capitale, puissent simultanément souffrirde taux de chômage très élevés. En outre, les succèsmêmes de la revitalisation urbaine peuvent conduire,à travers les hausses des prix de l'immobilier, desbiens et des services dans les quartiers qui en bénéficient,à en éloigner les populations les plus fragiles.Ces dernières se concentrent alors dans les quartiersles plus dégradés, les seuls qui leur restentaccessibles, contribuant ainsi à augmenter les disparitéssociales intra-urbaines en même temps que semaintiennent, voire se renforcent encore, celles entreles villes centrales et leurs grandes périphéries suburbaines.On comprend dès lors l'importance que leGouvernement fédéral accorde aux politiques urbaines.Les grandes tendances évoquées ci-dessus seretrouvent à travers toute l'Europe. Toutefois, chaquepays les décline selon ses spécificités nationales.SUBURBANISATIONTout d'abord, la Belgique a connu après laSeconde Guerre mondiale un mouvement de périurbanisationparticulièrement vigoureux, qui s'estd'ailleurs inscrit dans le prolongement d'un fortdéveloppement de l'habitat semi-rural de navetteurs,déjà présent depuis la fin du 19 ème siècle, dans unpetit pays densément sillonné par les chemins de feret les vicinaux. Cette périurbanisation a concerné delarges fractions des classes moyennes, sans parlerdes classes aisées, et a été soutenue par des politiquesde promotion de l'accès à la propriété privéedu logement. Il en résulte un fort affaiblissement dela base fiscale des communes urbaines centrales. Encontrepartie, le logement social a été moins développéque dans d'autres pays. Il a souvent pris laforme, dès l'entre-deux-guerres, de cités-jardins. Al'inverse, les grands ensembles sont relativementpeu fréquents, à la différence par exemple de lasituation française, où les couronnes de HLM quientourent les villes témoignent des besoins insatis-1IntroductionINTRODUCTIONp. 7


Du point de vue méthodologique, l'étude exploratoireprécédente confrontait deux indices synthétiques,mis au point de manière indépendante par les deuxéquipes universitaires et fondés l'un sur une approcheinductive, l'autre sur une approche déductive. Ilsont permis d’identifier, sur la base d’un ensembled’indicateurs identiques appliqués au territoire des17 plus grandes régions urbaines belges, délimitées àpartir des données du recensement 1991 (H. Van derHaegen & al. 1996), les quartiers cumulant le plus dedifficultés sur le plan socio-économique et urbanistique.La confrontation des deux méthodologiesconduisait à des résultats largement corrélés entreeux, ce qui rend d'ailleurs compte de la lourdeur duphénomène qui affecte ces quartiers. De la sorte, il asemblé souhaitable, pour des raisons évidentes desimplicité, de ne plus retenir qu’un indice synthétiqueunique, plutôt que le couple d’indices initialementproposés. Par ailleurs, il est apparu utile de soumettrele nouvel indice synthétique aux réactions critiquesd’acteurs privilégiés de terrain. Dans cet objectif,une enquête a été menée, sur la base d’un indicesynthétique provisoire, dans toutes les communes oùavaient été identifiés des quartiers en difficulté lorsde la précédente étude. Si les résultats de ces enquêtesn’ont pas fondamentalement remis en cause ni laméthodologie ni la fonctionnalité de l’indice, ils ontcependant conduit à modifier légèrement le choix desvariables participant à sa construction. C’est cet indicemodifié qui sera présenté ici.Cette nouvelle approche méthodologique et le choixde nouveaux indicateurs rendent cependant scientifiquementimpossible la comparaison entre les résultatsdes deux études, au niveau de l’indice synthétique.Nous conseillons donc au lecteur d’éviter cetype de comparaisons et d’estimer cette étude à sajuste valeur.UNE NOUVELLE TYPOLOGIELa typologie des quartiers en difficulté proposéeen 2001 était apparue difficile à utiliser demanière instrumentale, dans le cadre de politiquesopérationnelles. Il a semblé souhaitable de luiadjoindre cette fois des indicateurs thématiques synthétiquespermettant de situer le niveau des quartierssur plusieurs dimensions spécifiques potentiellementliées aux phénomènes de précarité (logement,marché du travail, formation, santé, …).L'analyse qui suit révèle de grandes permanencesstructurelles, mais suggère aussi des évolutionssignificatives. Au rayon des permanences, la meilleuresituation des villes flamandes, la présence denombreux quartiers en difficulté dans les villes wallonnesd'ancienne industrialisation et, dans unemoindre mesure, à Anvers, la gravité particulière desproblèmes et l'ampleur du nombre de personnestouchées à Bruxelles, pour une très large part dansles quartiers caractérisés par une forte populationimmigrée ou d'origine immigrée. A celui des évolutions,la progression du phénomène de gentrificationà Bruxelles, mais aussi maintenant, dans une moindremesure, dans d'autres grandes villes, un optimismetrès prudent quant à l'évolution des quartiersoù se concentrent les populations immigrées, quitémoigne peut-être d'une légère amélioration deleurs conditions d'insertion, mais en revanche unedégradation sensible de la situation dans les quartiersde logements sociaux, qui rend peut-être partiellementcompte d'une meilleure sélectivité dansl'accès à ce type de logements.1IntroductionINTRODUCTIONp. 9


2Méthodologie,sélectionet descriptiondes variables


2Méthodologie, sélection et description des variablesMETHODOLOGIELa stratégie indirecte utilisée ici pour définir etdélimiter les quartiers en difficulté est fondée sur desdonnées agrégées à partir desquelles il est proposéde localiser les lieux où se concentrent une série deproblèmes.Dans une telle méthodologie indirecte, les quartiersdéfavorisés sont définis sur la base d'indicateurs qui,en fonction d’une connaissance du terrain, traduisentdans leurs combinaisons les difficultés sociales dansles quartiers, même si chaque indicateur pris isolémentne rend pas nécessairement compte de manièreunivoque de détresses sociales Cette méthodologierend ainsi compte des effets spatiaux cumulatifsqui conduisent à renforcer les effets de la pauvretélà où se concentrent spatialement des précaritésrelevant de plans différents.Du point de vue des unités spatiales, les analysesqui suivent seront menées à l’échelle du secteur statistique.Ce choix s’impose, le secteur statistiqueétant le seul découpage infra-communal permettantde réunir régulièrement un ensemble de statistiqueshomogènes et cohérentes pour l’ensemble des17 régions urbaines ici prises en considération. Parailleurs, certains secteurs statistiques réunissent desquartiers en réalité fortement hétérogènes. Lesrésultats doivent alors être lus avec précaution.SELECTION ET DESCRIPTIONDES VARIABLESLes deux centres d’études universitairesassociés en 2001 avaient alors opté pourune sélection non concertée des variables. L'IGEAT(ULB) avait sélectionné des variables de manièreinductive, en veillant à inclure dans son analyse toutescelles ayant une forte relation présumée avec différentesdimensions de la précarité et des difficultésdes quartiers urbains. L'ISEG (KULouvain) avait, poursa part, sélectionné un jeu de variables de façon plusdéductive, en se basant sur ses travaux antérieurs.La très bonne corrélation (0,95) entre les deux indicesainsi obtenus, ainsi qu’une volonté de simplification,ont conduit pour cette nouvelle étude àfusionner les deux méthodes. Les vingt-deux variablessuivantes ont ainsi été retenues:1)Part des logementsoccupés par leur propriétaire(Source: enquête socio-économique 2001)Le fait d’être propriétaire de son proprelogement peut n’être pas incompatible en soi avec lemaintien d’une réelle situation de précarité, voireavec une aggravation de la pauvreté, entre autreslorsque l’accès à la propriété s’accompagne de troplourdes charges d’endettement. Certains logementsoccupés par leur propriétaire peuvent être inadaptésà la taille du ménage, ou avoir été acquis dans unétat fortement dégradé, sans que leur propriétairepuisse faire face, faute de moyens, aux travaux derénovation nécessaires, ou même aux dépenses desimple entretien. Cela se produit, entre autres quandl’achat est contraint par la hausse des loyers et/oupar la menace d’être refoulé hors d’un quartier oùl’on a accès à des infrastructures et des réseauxsociaux indispensables au ménage. Inversement, unepartie du secteur locatif n’est accessible qu’à desménages à hauts revenus, par exemple aux ménagesliés aux hautes fonctions internationales, que la fortemobilité spatiale détourne souvent du secteur acquisitifhors de leur pays d’origine.L’insertion des ménages sur le secteur locatif n’entraduit pas moins, en moyenne, un moindre pouvoird’achat et une moindre capacité d’accumulationpatrimoniale, associée non seulement à une qualitéde logement souvent inférieure, mais aussi à uneplus grande mobilité résidentielle qui empêche lacréation et l’entretien de réseaux sociaux de voisinagedurables et efficaces.L’exception de ce point de vue était, jusqu’il y a peu,le logement social, pour lequel la combinaison d’unprix de logement avantageux et d’une qualité suffisanteexpliquait une stabilité résidentielle très forte.Mais les difficultés financières des sociétés de logementsocial et la précarité financière croissante dupublic occupant ce secteur du logement entraînentune érosion de cette stabilité.2)Indice de disponibilitéen espaces intérieurs(Source: enquête socio-économique 2001)Liée aux revenus, et dépendante en moyennedu standing du ménage, la disponibilité en piècesau sein du logement conditionne aussi la possibilitépour les membres du ménage de s’isoler, ce qui peutpar exemple avoir des conséquences importantesp. 12METHODOLOGIE , SELECTION ET DESCRIPTION DES VARIABLES


pour le travail scolaire et les activités réclamant desefforts de concentration. On notera néanmoins qu’àstanding égal, les logements des quartiers centrauxsont en moyenne plus petits.moyenne à des logements plus récents et/ou demeilleure qualité. Il permet aussi d’identifier assezprécisément parmi les quartiers en difficulté, les citésde logement social récentes (ou rénovées).L’indice retenu ici résume 5 variables liées au nombreet aux types de pièces disponibles :- part des logements disposant d’un living(salon+salle à manger);- part des logements disposant d’une sallede jeux, de loisir, etc.;- part des logements disposant d’un bureauséparé à usage privé;- part des ménages disposant d’une sallede bains;- nombre de pièces par habitant (non compris lescaves, greniers, halls, vérandas, garages, etc.).3)Indice de l’état perçu du logement(Source: enquête socio-économique 2001)et4)Part des logements non équipésdu chauffage central(Source: enquête socio-économique 2001)L’état du logement est potentiellement lié àla précarité sociale d’un double point de vue. D’unepart, un logement en mauvais état peut constituer unfacteur important d’aggravation de la pauvreté etpeut contribuer à compromettre la santé comme lebien-être, et limiter par exemple le maintien ou ledéveloppement de certaines relations sociales.D’autre part, et de manière plus générale, le faitmême d’occuper un logement en mauvais état est leplus souvent en soi indicateur de moyens financiersfaibles, ne permettant d’accéder qu’à la partie la plusdépréciée et la plus mal entretenue du marché locatif(ou ne permettant pas, pour certains types de propriétaireséventuellement confrontés à de lourdescharges d’emprunts, d’entretenir suffisamment leurlogement).Ces différentes remarques ont incité à prendre encompte, à côté de l’appréciation subjective de l’étatdu logement, une variable plus objective telle que leniveau d’équipement des logements en chauffagecentral. S’il ne peut être considéré comme un indicateurunivoque de la qualité des logements, ce dernierreste néanmoins significativement associé en5)Indice de perception de la qualité del’environnement du logement(Source: enquête socio-économique 2001)Comme le mauvais état du logement,la mauvaise qualité de l’environnement du logementpeut être envisagée à la fois comme une causeaggravante de la pauvreté (au travers des effetsdirects de différents types de nuisances, ou indirectsen terme de limitation de certaines relations sociales),et comme une de ses conséquences (commeindicateur de l’incapacité matérielle à mieux se placerdans l’espace socio-résidentiel urbain). La qualitéde l’environnement global des quartiers peut êtreconsidérée comme une des bases majeures sur lesquellesse reproduisent, par l’intermédiaire du niveaude la rente foncière, les ségrégations socio-spatialesconduisant à des phénomènes de concentrationaggravante de la pauvreté dans certains quartiers(phénomènes qui peuvent contribuer à leur tour à ladétérioration de leur environnement).6)Part des ménages monoparentauxoù aucune personne ne disposeau moins d’un diplôme dusecondaire supérieur(Source: enquête socio-économique 2001)et7)Part, parmi les ménages, des ménagesd’isolés n’ayant pas au moins undiplôme du secondaire supérieur(Source: enquête socio-économique 2001)Ce n’est évidemment pas le lieu de discuterici de la mesure dans laquelle la présence dedeux parents constitue ou non, toutes choses égalespar ailleurs, un atout pour le développement de l’enfant.Une configuration familiale monoparentale peutcependant conduire à une nette limitation desmoyens financiers, dans le cadre d’un revenu unique,et être associée à de moindres possibilités d’insertiondans des réseaux de solidarité et d’entraidesociaux ou familiaux, ou à une moindre capacité à2Méthodologie, sélection et description des variablesMETHODOLOGIE , SELECTION ET DESCRIPTION DES VARIABLESp. 13


2Méthodologie, sélection et description des variablesfaire appel à différents services payants. Les ménagesmonoparentaux sont majoritairement constituésde femmes avec enfants. Ces femmes doivent assurerseules la double tâche du travail domestique etdu travail rémunéré pour l'ensemble du ménage, cequi se solde souvent par un accès réduit au marchédu travail. Cette configuration est aussi souventassociée à une réduction des possibilités de choixrésidentiel, conduisant à une localisation plus spécifiquedans les parties des centres urbains où domineun secteur locatif généralement de moindre qualité,et où l’instabilité résidentielle est généralementplus grande, restreignant de ce fait la mise en placede certains liens sociaux.8)Part des détenteurs d’un diplômesupérieur parmi les personnes ayantterminé leurs études(standardisée par l’âge)(Source: enquête socio-économique 2001)et9)Part des ménages avec enfant(s)où une personne au moins disposeau minimum d’un diplôme dusecondaire supérieur(Source: enquête socio-économique 2001)et10)Part des 12-25 ans suivant unenseignement du secondaire généralou du supérieur, ou ayant undiplôme d’au moins le secondairesupérieur général(Source: enquête socio-économique 2001)Le niveau de diplôme ne joue pas seulementun rôle important dans l’accès aux postes lesplus valorisés et les mieux rémunérés de la hiérarchiesociale du travail. Il influe aussi sur la capacitédes individus à faire face à différents problèmes dela vie quotidienne, comme par exemple les problèmesde santé.Il occupe par ailleurs une place essentielle dans lesmécanismes de reproduction transgénérationnelledes inégalités sociales au travers de l’appareil scolairelui-même. Un faible niveau d’instruction corresponddonc à la fois à une restriction immédiatedes possibilités d’insertion favorable des individussur le marché du travail, mais aussi, le cas échéant,à une restriction des chances futures d’insertionfavorable de leurs enfants. La différence de capacitéd’encadrement par les parents, en fonction de leurpropre capital scolaire, n’est du reste certainementpas seule en cause. Induite par les mécanismességrégatifs liés au marché du logement, et renforcéeau niveau des écoles par différents mécanismes plusou moins volontaires de tri et de relégation, la surconcentrationdes enfants socialement défavorisésdans une partie seulement des établissements scolairespeut aussi contribuer à limiter la capacité d’encadrementet de formation au sein de ces derniers.Ainsi, et à même niveau d’instruction des parents, laprobabilité de voir les élèves suivre des itinéraires derelégation sera bien plus grande dans les quartierscumulant par ailleurs le plus de difficultés.Les trois variables qui ont été retenues ici mettenttour à tour l’accent sur le niveau d’instruction au seinde la population totale, sur la capacité d’encadrementscolaire par les parents, ou sur le type d’itinérairesscolaires suivis par les jeunes générations.11)Part, parmi les actifs occupés dansle tertiaire, des actifs travaillant dansun secteur d’activité fournissant desservices peu qualifiés(Source: Banque Carrefourde la Sécurité Sociale, 2002)et12)Part des ouvriers dans la populationactive occupée(Source: Banque Carrefourde la Sécurité Sociale, 2002)Les niveaux de qualification des activitésexercées sur le marché du travail ne peuvent êtreconsidérés comme une traduction immédiate et systématiquedes niveaux de formation scolaire. D’unepart, une partie des qualifications réelles ne fontl’objet d’aucune reconnaissance en terme de diplôme.D’autre part, les possibilités de valorisation d’unmême diplôme, outre qu’elles sont souvent trèsouvertes, peuvent aussi varier selon les caractéristiquesdes structures économiques locales, voireselon l’importance de différents mécanismes de discriminationà l’embauche jouant davantage enmoyenne au détriment des habitants issus des quartiersdéfavorisés.p. 14METHODOLOGIE , SELECTION ET DESCRIPTION DES VARIABLES


13)Part des demandeurs d’emploidans la population active(Source: enquête socio-économique 2001)et14)Part, dans la population active, desdemandeurs d’emploi depuisplus de deux ans(Source: Banque Carrefourde la Sécurité Sociale, 2002)et15)Part, parmi les actifs occupés,des salariés engagésà durée indéterminée(Source: enquête socio-économique 2001)et16)Part, parmi les ménages,des ménages dont aucun membrene dispose d’un revenu du travail(Source: enquête socio-économique 2001)Les difficultés d’accès à l’emploijouent un rôle majeur dans les mécanismes de précarisationet d’exclusion sociale, non seulement enraison de leurs effets en terme de revenus et de leursconséquences directes en matière de logement oud’accès à certains biens et services de base y comprisculturels ou médicaux, mais aussi à travers demultiples phénomènes associés de désocialisation etde déclassement. Au-delà de ses multiples conséquences,le chômage peut par ailleurs être aussiconsidéré comme un révélateur sélectif de différentsdéficits, entre autres en terme de qualification et deformation.La prolongation de l’inactivité contrainte conduit fréquemmentà des effets négatifs fortement cumulatifs,en matière d’endettement par exemple, ou de déqualificationprofessionnelle. Il y a dès lors lieu, en plusde la seule part des demandeurs d’emploi dans lapopulation active, de prendre également en comptede manière spécifique l’importance du chômage delongue durée. Cependant, la simple instabilité del’emploi, même lorsqu’elle n’est pas associée à despériodes d’inactivité prolongée, implique elle aussides difficultés spécifiques, par exemple sur le plande l’accumulation de savoir-faire professionnelscohérents, sur les possibilités d’accès à la propriétéou plus généralement sur les possibilités de stabilisationconjugale et résidentielle. Le niveau de stabilitéde l’emploi a donc également été pris en compte.Il a été mesuré ici par la part des salariés travaillantsous contrats à durée indéterminée, lesautres types de contrats étant non seulement plusinstables, mais exposant aussi à des difficultés financièresplus fortes et plus rapides à partir de lacessation de l’activité.Soulignons enfin que les conséquences matérielles,sociales et psychologiques de l’exclusion de la sphèredu travail, outre qu’elles peuvent toucher aussi –quoique différemment – une partie des personnespensionnées ou prépensionnées, ne peuvent êtreuniquement analysées sur le seul plan individuel.Elles peuvent ainsi s’avérer plus graves en moyennepour les personnes isolées, ou lorsque plusieurssituations de non-activité se conjuguent au sein d’unmême ménage, et de manière générale dans lesménages ne bénéficiant d’aucun revenu du travail.17)Part des logements disposantd’un téléphone fixe(Source: enquête socio-économique 2001)Eu égard à l’avènement du portable,l’absence d’un téléphone fixe ne peut plus aujourd’-hui être systématiquement considérée comme un facteurd’isolement des ménages. Cette variable n’enconserve pas moins une réelle valeur heuristique enmatière de délimitation des quartiers précarisés.L’analyse des évolutions de ces dernières annéesmontre en effet que l’usage du portable ne s’est nullementdéveloppé en moyenne au détriment deslignes de téléphone fixe, puisque la part des ménageséquipés est au contraire passée de 78% en 1991à 83% en 2001.La part des ménages raccordés progresse très nettementen Flandre, alors qu’elle stagne à Bruxelles etqu’elle régresse en Wallonie (et davantage encoredans une ville comme Charleroi, où elle tombe de73 à 67%). Il est assez probable qu’une partie desménages ayant renoncé à un abonnement fixe passepar des épisodes d’utilisation d’un portable commerécepteur passif seulement, et que la variable continuede correspondre aussi, au moins en partie, à unelimitation bien réelle des moyens de communication.2Méthodologie, sélection et description des variablesMETHODOLOGIE , SELECTION ET DESCRIPTION DES VARIABLESp. 15


2Méthodologie, sélection et description des variables18)Equipement des ménages enordinateurs personnels et enconnexions internet(Source: enquête socio-économique 2001)Malgré la baisse très significative du coûtdes ordinateurs personnels et la banalisation desqualifications nécessaires pour en faire usage, l’équipementdes ménages en PC, et plus encore enconnexions Internet, s’avère en moyenne très révélateuren terme de revenus et de niveaux de scolarisationou de qualification. Dans un contexte de diffusiontrès rapide des moyens de communicationélectroniques, y compris les messageries personnelles,l’absence de maîtrise de ces moyens tend dureste à devenir socialement, matériellement, intellectuellementet professionnellement de plus enplus invalidante.19)Nombre de ménages ne disposantd’aucune voiture(Source: enquête socio-économique 2001)L’absence de voiture dans un ménage peutcorrespondre à un faible niveau de revenus. Eu égardà l’offre actuelle en transports publics, elle peut égalementcontribuer à l’isolement social et à une réductiondes possibilités d’accès à différents services,voire au travail. Elle est donc assez fréquemmentassociée à des situations de précarité. A mêmeniveau de revenus cependant, les ménages sans voituresont plus fréquents dans les quartiers centrauxque dans les périphéries urbaines, et restent égalementplus fréquents parmi les ménages de personnesâgées (du reste surreprésentés en moyenne dansune portion des parties centrales des agglomérations).Il est vrai que le déficit de mobilité lié à l’absencede voiture est partiellement compensé dansles centres-villes par une offre en transports publicsnettement supérieure.20)Revenu médian par déclaration(Sources: INS, Statistiques fiscales,exercice 2002, revenus 2001)S’il est sans doute superflu d’insister icisur l’importance du revenu comme indicateur susceptiblede mettre en évidence des phénomènes depauvreté et de précarité, il est par contre nécessairede souligner certaines limites de cette variable, quine peut donner qu’une mesure très imparfaite desniveaux de revenus réels des ménages. D’une part,un même revenu peut correspondre à des tailles deménages très différentes, et correspondre dès lors àdes disponibilités financières par personne trèsvariables. La taille des ménages pourrait certes êtreprise en compte en utilisant non pas le revenumédian par déclaration mais un revenu moyen parhabitant obtenu en divisant le revenu total imposablepar le nombre total d’habitants (ou, selon uneméthode plus fine, par un nombre d’unités deconsommation tenant compte de la structure desménages). Une telle méthode revient cependant àconsidérer comme nuls les revenus non imposables.Elle reste soumise plus qu’un calcul sur les médianesaux aléas des valeurs extrêmes des revenus déclarés.Elle donne du reste des résultats assez instablesdans le temps. Par ailleurs, les revenus médianscomme les revenus moyens ne prennent pas encompte les différences locales du pouvoir d’achat,alors même que plusieurs postes essentiels deconsommation (comme par exemple le logement)connaissent de très fortes variations spatiales deprix. Notons enfin que ni le revenu médian ni le revenumoyen ne rendent compte des mécanismes detransferts entre les ménages. Les quartiers étudiantspeuvent ainsi afficher des revenus très faibles, malgrél’origine sociale souvent favorisée des jeunespoursuivant des études supérieures : les dépensesde ces jeunes continuent pour une large part d’êtrefinancées par leurs parents. Les allocations familialesqui représentent parfois une part importante, si pasmajoritaire, du revenu des familles nombreuses nep. 16METHODOLOGIE , SELECTION ET DESCRIPTION DES VARIABLES


font pas partie du revenu imposable. Les seuils derevenus imposables, les abattements divers, les revenusforfaitaires dans certains cas, ainsi que la fraudefiscale contribuent tout autant à affaiblir la précisionde l'indicateur. Néanmoins, cette variable approcheles revenus du travail et reflète dès lors aussi bienles niveaux de formation que la position des personnessur le marché du travail.21)Indice de santé perçue(standardisé par l’âge)(Source: enquête socio-économique 2001)Reflétant à la fois des aspects liés aux revenus,aux niveaux de formation, aux conditions de travailprésentes ou passées, aux conditions de logement,etc., le niveau de santé a également, de par sasignification propre, une importance majeure. Il pourraitêtre considéré à lui seul comme une variablesocio-économique de synthèse. Certes, il est pratiquementimpossible d’obtenir une estimation objectivedirecte de l’état de santé des habitants auniveau des secteurs statistiques. Les seules donnéesstatistiques utilisables à cette échelle proviennentd’une appréciation subjective demandée aux habitantssur leur propre état de santé lors de l’enquêtesocio-économique 2001. L’hypothèse peut êtrecependant avancée que la perception qu’ont leshabitants de leur propre état de santé est en partieharmonisée par l’intermédiaire des indications quileur sont renvoyées plus ou moins régulièrement parl’appareil médical lui-même.22)Part dans la population despersonnes étrangères nonressortissantes des 15 anciensmembres de l’Union Européenneou des pays riches développés(Source : INS, 2003)Une partie des droits continuant de n’êtrereconnus qu’aux ressortissants de certains pays seulement,au niveau électoral par exemple, ou enmatière de permis de travail, la nationalité peutconstituer un facteur de risque supplémentaire defragilisation socio-économique. Sur le plan individuel,des problèmes spécifiques se posent, entreautres du fait des restrictions d’accès au marché del’emploi. Sur le plan social, la faible présence d’électeursdans certains quartiers, souvent accompagnéed’un déficit d’élus locaux y résidant, peut conduire àcertains déficits en matière d’investissements et dedépenses publiques.2Méthodologie, sélection et description des variablesMETHODOLOGIE , SELECTION ET DESCRIPTION DES VARIABLESp. 17


3Résultatset typologie


INTRODUCTION3Résultats et typologieLes quartiers caractérisés par un indice synthétiqueidentique n’ont pas nécessairement les mêmesdifficultés. L’un peut être surtout confronté à des problèmesde qualification, l’autre à des problèmes desanté ou de logement, ou encore à de mauvais positionnementssur le marché du travail. Une analyse declassification sur une sélection de variables permet demettre ces différences en lumière. Une telle analyseregroupe les quartiers ayant la même combinaison dedifficultés dans un type commun. Pour inclure dans l'analyseles secteurs en marge du seuil de difficulté,nous avons classé les secteurs en ordre décroissant dedifficulté et repris parmi les moins bien classés ceux quitotalisent 30% de la population des 17 régions urbaines.En d'autres termes, nous considérons les 30% dela population urbaine qui habite les quartiers les moinsaisés. Ceci représente 1369 secteurs statistiques.Chacune des 17 régions urbaines contient de tels secteurs.Pour rappel, le seuil de difficulté était fixé à15 % dans l'étude précédente.Pour éviter les effets de petits nombres, nous avonséliminé de cette sélection les secteurs comptant moinsde 200 habitants.Tableau 1.UNE TYPOLOGIE DES QUARTIERS EN DIFFICULTEQuartiers en difficulté 2006Région urbaine Nombre Populationdes quartiers dans cesen difficultés quartiersBruxelles 295 503 549Charleroi 274 257 906Liège 267 280 959Mons 140 136 084Anvers 76 156 361La Louvière 102 96 891Verviers 36 38 564Namur 31 32 425Gand 38 77 051Tournai 28 25 135Hasselt 15 26 278Ostende 20 27 315Courtrai 11 9 638Louvain 9 5 923Saint-Nicolas 11 13 857Malines 12 12 525Bruges 4 2 536TOTAL 1 369 1 702 997La classification est appliquée sur la base de9 indicateurs, représentant au mieux la variété desdifficultés (voir tableau 2 et figure 1).Une typologie en 10 types a été arrêtée. Ceux-ci ontensuite été regroupés en fonction de leurs caractéristiquesmoyennes et de leurs situations géographiquesen 8 types principaux.Tableau 2.Valeur moyenne des indicateurs par type de quartiers(seuil: 30 % de la population totale des régions urbaines)type nombre population revenu santé chômeurs indice indice chauffage proprié- isolés étrangers indicede médian diplôme état du central taires généralsecteurs supérieur logement (*10)type 1 31 37730 12171 67,1 47,5 8 23,1 8,8 10,1 36,2 10,1 -23,74type 2 42 33968 13696 70,4 38,9 4,4 27,6 55,1 16,6 32,9 2,8 -20,92type 3 95 211055 13827 77,6 37,5 13,4 20,6 36,3 43,8 30,4 22,7 -18,88type 4 47 46859 13906 80 28,7 11,4 -0,1 9 18,6 28 6 -13,21type 5 152 197556 14489 77,2 33,1 12,4 13,2 33,8 47,8 34,3 6,7 -15,79type 5 238 225697 14343 72,2 32,3 6,9 10,3 51,3 61,7 25,3 3,1 -13,82type 6 106 169259 16070 90,1 24,2 43,5 15,5 25,5 35,2 34,2 10,4 -10,57type 7 374 346016 16638 80,4 24 9,8 7,4 38,5 72 23,6 1,9 -8,33type 7 278 432062 16242 91,2 19,5 20,4 7,7 33,1 51,5 29,5 6,8 -8,71type 8 6 2795 15403 117,1 29,3 86,1 6,4 11,7 19,9 33,9 45,1 -9,43TOTAL 1369 1702997 15390 80,9 27,7 14,8 10,9 36,6 53,4 28,3 6,3p. 20RESULTATS ET TYPOLOGIE


Figure 1.Caractéristiques des typesécart par rapport à la moyenneLa valeur moyenne de chaque variable a été recalculéeséparément pour chaque type. Le graphique montrel'écart que représente cette moyenne par rapport àla moyenne générale pour chaque variable. La moyennegénérale se lit dans la ligne reprenant le total dutableau et dans la légende de la figure. Les écarts ontété ordonnés de façon à ce qu'une valeur négativeindique une situation plus défavorable que la moyennegénérale. Enfin les types sont rangés selon leurrevenu médian en ordre décroissant, sauf pour letype 8 qui regroupe des campus universitaires.TYPE 8:6050403020100-10-20-30-40-50type 8revenu médian 15390 EURsanté 81%chômeur 28%type 7 type 7 type 6 type 5 type 5 type 4 type 3 type 2 type 1“campus universitaires”indice diplôme supérieur 15indice état du logement 10,86chauffage central 37%Le type 8, que l'on peut labelliser “campus universitaires”se caractérise par des écarts élevés, saufpour le revenu et le chômage. La santé, la qualificationet le logement sont nettement meilleurs quedans la moyenne des quartiers retenus, mais lescaractéristiques de la population étudiante résidentesur les lieux expliquent aussi le taux très faible depropriétaires, le nombre élevé d'étrangers et enmoindre mesure d'isolés. Ce type n'apparaît qu'àLouvain, Woluwé-Saint-Lambert et Ottignies-Louvainla-Neuve,ce qui indique que tous les campus universitairesne partagent pas ces mêmes caractéristiques.Cela dépend bien sûr du nombre de logementsdisponibles et des caractéristiques de leurpopulation. Ainsi le Campus de la Plaine à Ixelles estclassé dans le type 5, ce qui signifie la nécessité d’éliminerce type de secteurs de façon manuelle, puisqu’ilspeuvent difficilement être considérés commeen difficulté.TYPE 7:quartiers en légère difficultéLes deux types suivants sont regroupésen un seul type 7. Ils décrivent une variante urbaineet périphérique de “quartiers en légère difficulté”. Ilest à noter cependant que la santé et la qualificationsont moins favorables dans les quartiers périphériquesque dans les quartiers centraux.TYPE 6:propriétaires 53%isolés 28%étrangers 6,3%quartiers gentrifiésou en voie de gentrificationLe type 6 pourrait être qualifié de “quartiers gentrifiésou en voie de gentrification”, sur la base d'unequalification fort élevée de leurs habitants.Cependant, les remarques concernant le type 8 s'appliquentici aussi: ce type ne regroupe pas systématiquementtous les quartiers gentrifiés ou en coursde gentrification. En effet, il se peut que la gentrificationsoit déjà fort avancée, ou qu'elle se situe dansun contexte urbain relativement peu défavorisé.Finalement il se peut aussi qu'au contraire la gentrificationn'ait pas encore réussi à changer profondémentles caractéristiques de certains quartiers, sicelle-ci n'a pris son essor que récemment.3Résultats et typologieRESULTATS ET TYPOLOGIEp. 21


3Résultats et typologieTYPE 5:quartiers moyennement en difficultéLe type 5 regroupe à l'instar du type 7 deux groupesde “quartiers moyennement en difficulté”, qui sedifférencient par leurs écarts sur les indicateursurbains. Tous deux ont des écarts franchement négatifssur les variables transversales et économiques(qualification et emploi). Le sous-type urbain a descaractéristiques de logement proches de la moyenne,tandis que le sous-type périphérique est marqué parun manque de confort (chauffage central). Ce dernierest nettement plus présent dans l'axe industriel wallonet cet écart reflète le logement nettement plusancien.TYPE 4:quartiers de logementssociaux en difficultéLe type 4 est caractérisé par des écarts positifspour les deux indicateurs de logements et un taux depropriétaires fort faible. Il s'agit d'une situationtypique pour les “quartiers de logements sociaux endifficulté”. Les limites de revenus réglant l’accès aulogement social expliquent aussi le revenu médiannettement plus faible que pour les types précédents.Cette caractéristique du logement social classe cesquartiers dans une situation plus défavorable que lestypes 5 en termes de revenus, mais non sur l’indicesynthétique.TYPE 3:quartiers immigrésen grande difficultéLe type 3 rassemble les secteurs avec une forteprésence d'étrangers issus de pays pauvres. Il s’agitdonc de “quartiers immigrés en grande difficulté”.Tous les indicateurs ont des écarts négatifs, à l'exceptiondu chauffage central qui est très proche dela moyenne générale. Ces quartiers se distinguentaussi par un niveau de qualification moins défavorableque pour les types au revenu médian de mêmeordre (à savoir les types 4 et 2), ainsi qu’un état desanté sensiblement meilleur que dans le type 2. Lapart d'isolés y est logiquement relativement faible :les Turcs et Marocains y sont souvent les nationalitésdominantes et les isolés sont rares parmi leursménages.TYPE 2:quartiers à population plutôt belgeen grande difficultéLe type 2 concerne des quartiers avec moins d'étrangersque la moyenne des secteurs retenus, maisqui présentent des écarts fort défavorables pour l'ensembledes autres indicateurs. Il s'agit donc d'un type“quartiers à population plutôt belge en grande difficulté”.Il s'agit dans pas mal de cas de quartiers delogements sociaux anciens. Ceci explique et le faibletaux de propriétaires et l'absence de chauffage central.On peut supposer que par manque d'investissementsces quartiers ont continué à se dégrader etqu'ils abritent, par leur manque d'attrait une clientèlemarginalisée des sociétés de logement social.TYPE 1:quartiers de logements sociauxen grande difficultéLe type 1 est similaire au précédent, avec desproblèmes de revenu, de santé et de chômage encoreplus profonds. Par contre l'écart pour le chauffagecentral est positif, ce qui indique des quartiers delogements sociaux plus récents. Ils sont aussi engénéral plus accessibles aux étrangers. Il s'agit dutype de " quartiers de logements sociaux en grandedifficulté ", ce qui met d'autant plus l'accent sur l'urgenced'interventions visant à améliorer la situationde cette population.Près de 800.000 habitants vivent dans des quartiersen légère difficulté, qui sont relativement bien répartisdans toutes les régions urbaines. La gentrification,qui se présente chaque fois dans des quartiers reliantles zones aisées de la ville avec le centre, est fortmarquée à Bruxelles. Elle y touche près de 120.000habitants, mais est aussi présente à Liège (plus de20.000) et, en moindre mesure, à Mons, Tournai,Namur, Charleroi, Gand, Verviers, Louvain et Malines.La présence d'institutions d’enseignement supérieurjoue sans doute un rôle dans la plupart des villesconcernées. Les quartiers en difficulté regroupentprès de 425.000 habitants et sont surtout présentsdans les villes wallonnes et, en moindre mesure, àAnvers. Les quartiers immigrés en grande difficulté,qui abritent 210.000 habitants, restent une spécificitébruxelloise, avec quelques cas similaires à Hasselt-Genk, Anvers, et, en moindre mesure encore, àVerviers et Charleroi. Les trois autres types (social endifficulté, belge et social en grande difficulté) sont,p. 22RESULTATS ET TYPOLOGIE


3Résultats et typologiecomme on l'a vu, tous liés à la problématique dulogement social. Chacun de ces types abrite entre35.000 et 40.000 habitants. Chaque région urbaine, àl'exception de Bruges et d'Ostende, compte au moinsun secteur statistique dans un de ces types. Il s'agitd'ailleurs de secteurs assez importants en termes depopulation. Saint-Nicolas et Courtrai n'en comptentqu'un seul, mais y logent respectivement 858 et772 habitants. Contrairement aux autres types, onpeut supposer que la presque totalité de la populationde ces secteurs est touchée par les difficultés,puisque l'accès au logement social est nécessairementsélectif. C'est à Bruxelles et à Charleroi que lasituation est la plus inquiétante avec dans les deuxcas plus de 11.000 habitants concernés.Figure 2.Population vivant dans des quartiers en difficulté par type et par région urbainepopulation50000450004000035000300002500020000campus universitaireen légère difficultéen gentrificationen difficultésocial en difficultéimmigré en grande difficultébelge en grande difficultésocial en grande difficulté150001000050000BruxellesLiègeCharleroiAnversMonsLa LouvièreGandVerviersNamurOstendeHasseltTournaiSaint-NicolasMalinesCourtraiLouvainBrugesRESULTATS ET TYPOLOGIEp. 23


Tableau 3.Population résidant dans les quartiers en difficulté selon leur type et les régions urbaines(pour chaque type, la colonne de gauche indique la population concernée et celle de droite le nombre de secteurs statistiques)social en grande “belge” en grande “immigrants” en social en en en voie de en légère campus TOTALdifficulté difficulté difficulté difficulté difficulté gentrification difficulté universitairepopulation nombre population nombre population nombre population nombre population nombre population nombre population nombre population nombre population nombrede secteurs de secteurs de secteurs de secteurs de secteurs de secteurs de secteurs de secteurs de secteursBruxelles 17958 13 3697 4 180113 80 11957 17 12521 11 117460 65 157409 100 2434 5 503549 295Liège 3417 1 10966 14 334 1 4162 7 90133 72 20215 14 151732 158 280959 267Charleroi 8799 9 6558 8 2724 4 1119 3 136030 139 3662 3 99014 108 257906 274Anvers 717 1 931 1 11595 4 11144 4 25017 11 106957 55 156361 76Mons 2985 4 3375 5 365 1 96810 93 8293 7 24256 30 136084 140La Louvière 2823 2 3438 4 661 1 21416 27 68553 68 96891 102Gand 1677 3 8797 5 3366 2 63211 28 77051 38Verviers 3820 2 541 1 14311 14 2262 1 17630 18 38564 36Namur 2012 2 13881 12 3923 4 12609 13 32425 31Ostende 27315 20 27315 20Hasselt 12469 4 3165 4 4953 2 5691 5 26278 15Tournai 7153 7 7815 6 10167 15 25135 28Saint-Nicolas 858 1 12999 10 13857 11Malines 1314 1 3318 2 670 1 7223 8 12525 12Courtrai 772 1 534 1 8332 9 9638 11Louvain 1031 1 1593 3 2938 4 361 1 5923 9Bruges 2536 4 2536 4Total 37730 31 33968 42 211055 95 46859 47 422759 389 169259 106 778572 653 2795 6 1702997 13693Résultats et typologiep. 24RESULTATS ET TYPOLOGIE


4Descriptiondes résultats parrégion urbaine


4Description des résultats par région urbaineINTERPRETATION DELA CARTOGRAPHIENous présentons dans le chapitre 4, 3 cartespour chaque région urbaine: une carte “aveugle”avec l’indication des communes qui font partie de larégion urbaine, une carte avec l’indicateur synthétiqueet une carte avec la typologie des quartiers.Vous trouverez les cartes plus détaillées par indicateurthématique sur notre site web:www.politiquedesgrandesvilles.bep. 28DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


LES GRANDES VILLES:INDICE SYNTHETIQUELegende de la cartographie des indices% DE LA POPULATION CONCERNEEQuartiers concentrantune populationtrès fortement précariséeQuartiers concentrantune populationnon précariséeIndicateur synthétiqueLa représentation cartographique de l'indicateur synthétique et des indicateursthématiques est faite au niveau des secteurs statistiques. Ils sontreprésentés selon un continuum de couleurs.Dans la mesure où les valeurs des indicateurs n'apportent en elles-mêmes quepeu d'information concrète, il n'est pas relevant de les utiliser comme base dela représentation cartographique en tant que telles. C'est bien la position relatived'un secteur statistique en regard de l'indicateur qu'il importe de mettre enévidence, plus la valeur étant faible, plus grande étant la chance d'être confrontéà des problèmes de détresse sociale dans le quartier. Les classes ont été définiespour rendre compte de la part de la population résidant dans les quartiers,des plus défavorisés à ceux qui le sont le moins . Les secteurs en blanc sontdes secteurs dont le nombre d’habitants est inférieur à 1000 habitants.


LES GRANDES VILLES: TYPOLOGIELégende de la typologie des quartiersnon pris en compteen difficultéen légère difficultéimmigré en grande difficultéen gentrificationsocial en grande difficultébelge en grande difficultésocial en difficultécampus universitaireTypologie des secteursDans la cartographie des quartiers en difficulté, chaque secteurstatistique est colorié selon le type auquel il appartient.Ceux-ci se rattachent directement aux types mis en évidencedans le chapitre 3.


ANVERS ET MALINESLa répartition des quartiers pauvres dans lastructure urbaine anversoise est marquée par troiséléments importants qui apparaissent sur quasi l'ensembledes cartes. Il y a d'abord les activités portuaireset les industries le long de l'Escaut qui dès le19ème siècle ont concentré un habitat ouvrier,aujourd'hui fort diversifié. Au sud, Hemiksem etHoboken (cette dernière fait aujourd'hui partie de laville d'Anvers) concentrent une industrie métallurgiqueancienne (p. ex. Umicore) qui explique la présencede logement ouvrier, complété de complexesde logements sociaux plus récents (Kiel). Au nord età l’ouest par contre, l'extension du port d'Anverss'est accompagnée de la création de complexes delogements sociaux d'après-guerre, tels que Luchtbalet Europark sur la Rive gauche. Le canal Albertconcentre également, en direction de l’est, des activitésindustrielles plus tardives, en particulier auxabords du centre-ville à Anvers-Dal, Deurne-Noord etMerksem Dokske, et la main-d'oeuvre ouvrière qu'ellesont attirée se manifeste sur la carte des professionsde bas standing, des logements de piètre qualitéet sur celle des chômeurs et des groupes à faiblerevenu.Ensuite, la planification de la croissance de la ville àla fin du 19 ème siècle a fixé les quartiers ouvriers aunord, entre les enceintes du 16 ème et du 19 ème siècle.En effet, alors qu'une bonne partie du sud et de l'estde la ville a été planifiée afin d'attirer une populationplus aisée en ville, le croissant nord fut laisséaux spéculateurs pour y édifier du logement ouvrier,bien situé par rapport au port et plus tard à l'embranchementdu canal Albert. Depuis les années1960, cette ceinture du 19 ème siècle se caractérise parune forte concentration de ménages en situation deprécarité, surtout d’origine étrangère. La présence delogements ouvriers abordables couplée à une positioncentrale à proximité du centre-ville en a fait unezone attrayante mais problématique. Anvers-Nord etBorgerhout se distinguent par leurs logements debasse qualité, un faible taux d’occupation, une grandediversité ethnique et un niveau de formation peuélevé. En outre, ces quartiers doivent faire face à unedisparition progressive des fonctions commerciales,qui laisse vides de nombreux locaux commerciaux.Des tendances récentes montrent toutefois un légerprogrès dans plusieurs quartiers du centre deBorgerhout du fait du renforcement du sentimentcommunautaire de la population et des premierssignes de gentrification. Finalement, dans la partieméridionale de l’agglomération, on retrouve sur larive nord du Rupel les effets de l'industrie de labrique, désormais disparue. A Boom et Rumst, oùs'exploitait l'argile rupelienne, les traces de ce passéindustriel se manifestent dans les caractéristiquessociales de la population et le logement de bassequalité. Contrairement aux deux zones précédentes,cette activité industrielle n'a pas attiré de maind’œuvreimmigrée, en raison de l'arrêt relativementprécoce des activités.Les populations aisées, fortement périurbaniséesdans le cas anversois, se concentrent dans la partienord-est de la région, en Campine anversoise.Cependant, l'extrême limite nord-est n'est pas encoreatteinte par le front de périurbanisation et présentedes caractéristiques encore rurales. En moindremesure, on reconnaîtra plus particulièrement unruban de lotissements d'après-guerre au sudd'Anvers, le long des routes vers Boom et Malines(Edegem, Aartselaar, Kontich). Cette zone prolongeun secteur à revenus élevés, qui s'amorçait au Parcde la ville, mais qui se manifeste aujourd'hui beaucoupplus en dehors des limites de la ville du19 ème siècle. Cependant, en ville, les types de logementde ce secteur y interdisent encore toujours l'accèsaux groupes les plus précarisés. Le caractère élitistes'est quelque peu effacé dans les quartiers lesplus anciens aux alentours du Parc, tout comme àBerchem, commune autonome au 19 ème siècle quiavait développé sa propre industrie indépendante duport et s'était dotée du logement ouvrier nécessaire.Celle-ci attire également de jeunes ménages belgesdésireux de vivre en ville.Coincée entre Bruxelles et Anvers, la région urbainemalinoise est peu étendue, surtout dans l'axe nordsud.Le contraste urbain/périurbain est aussi le plusclair dans le sens est-ouest, d'autant plus que lesactivités industrielles de la ville ont eu tendance à seconcentrer au nord et au sud, le long de l'autorouted'Anvers. Cependant, la présence d’une populationtrès peu qualifiée dans la périphérie nord (Sint-Katelijne-Waver) va de pair avec les activités d'horticulturequi caractérisent la région. L'ouest est restérelativement peu périurbanisé, puisqu'il s'agit d'unebande moins accessible, coincée entre la Senne, lecanal de Willebroek et l’autoroute E19. Par contre, àl'est de la ville, sur le territoire de Bonheiden, s'amorceun axe fort aisé qui se situe sur une bandesablonneuse et boisée en direction d'Aarschot.Bien que les contrastes sociaux soient en généralmoins frappants qu'à Anvers, la ville se marque pardes valeurs systématiquement plus défavorables quecelles de sa périphérie, et ce sur l'ensemble desvariables. Il en ressort une concentration plus grandedes problèmes au nord qu'au sud, où la gare a4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 31


ANVERS ET MALINESCOMMUNES4Description des résultats par région urbaineINDICESYNTHETIQUEp. 32DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


ANVERS ET MALINESTYPOLOGIE4donné naissance à un quartier plus bourgeois. C’estuniquement dans les environs du Begijnhof au nordouestdu centre qu’un certain nombre de rues ont étérénovées, bien que ceci ne soit pas encore visible surles cartes.De plus, trois quartiers en dehors de la ville concentrentégalement des difficultés. Il s'agit en premierlieu d’un quartier proche de la gare et s’étendant lelong de la chaussée de Louvain au sud-ouest, là oùles ateliers de la SNCB (Arsenaal) alternent avec l’industrieet les habitations ouvrières. Ensuite, nousavons deux importants complexes de logementssociaux au nord de la ville (Oud Oefenterrein), ainsiqu’au sud (Geerdegemweld), où a commencé laconcentration extra-muros des immigrés. Enfin, on ytrouve également des habitations vétustes et malentretenues abritant une population ouvrière ancienneet peu formée. Des projets de rénovation et unrajeunissement de la population devraient, à relativementcourt terme, améliorer cette situation.Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 33


GAND ET SAINT-NICOLASLa structure socio-spatiale gantoise estdéterminée en grande partie par le développementde l'industrie, et surtout du secteur textile. Celle-ciétait liée au cours de l'Escaut, puis au port maritime.La ville connut une forte croissance économique etdémographique dès la première moitié du 19 ème sièclegrâce à la mécanisation de l'industrie textile etl'usage de la vapeur. Puis, de nouveaux quartiersouvriers furent créés, surtout au nord et à l'est du4centre-ville. Après la Seconde Guerre mondiale, ladiversification industrielle le long du canal a favorisél'extension de la zone ouvrière de Gand vers le nord.Cependant, contrairement aux conditions de logementextrêmement misérables du 19 ème siècle (lesimpasses gantoises, appelées 'beluiken'), ces développementsd'après-guerre répondent à des normesde confort plus importantes et sont en partied'ailleurs des logements acquisitifs.Description des résultats par région urbaineAinsi, la zone ouvrière de Gand prend la forme d'uncroissant contournant le centre urbain au nord et àl'est, avec une excroissance vers le nord liée au canalde Terneuzen. A l'autre bout du canal, sur le territoirede Zelzate, réapparaissent des quartiers ouvriersqui trahissent l'industrialisation de cette zone dès laseconde moitié du 19 ème siècle. Aujourd'hui cependant,ce sont les installations de Sidmar, producteurd’acier sur le territoire gantois (Muide-Sifferdok), quidéterminent le caractère ouvrier de la zone. Au sud,quelques zones industrielles le long de l'Escaut(Zwijnaarde) et du chemin de fer (Ledeberg) concentrentaussi une population ouvrière, mais enpetit nombre. Par contre, le complexe de près de2000 logements sociaux de Nieuw Gent, coincé entrele campus universitaire et l'hôpital académique,engendre la seule concentration de taille de populationaux revenus modestes en dehors de la zonecontinue décrite plus haut.Ledeberg doit cependant faire face, depuis quelquesannées, à un retard socio-économique considérable. Lefait qu’on retrouve ici principalement des logementsouvriers petits et relativement bon marché, mais aussique les habitants d’origine commencent à quitter lequartier, a rendu cet endroit attrayant aux yeux defamilles défavorisées et de demandeurs d’asile.La croissance industrielle et urbaine précoce de Ganda vite fait de chasser les classes supérieures hors dela ville. Très vite, une partie de la bourgeoisie gantoises'est retirée dans un chapelet de châteaux etdomaines qui entourent la ville à distance respectable,pour éviter la confrontation avec le manqued'hygiène, les épidémies et la révolte ouvrière. Lesautres se sont repliés vers le sud, dans le quartier dela Citadelle, puis dans le fameux quartier des millionnaires,construit sur le terrain de l'Exposition universellede 1913 au sud du chemin de fer, enfin dans labelle vallée de la Lys au sud-ouest de la ville (Sint-Martens-Latem et De Pinte). Mais le caractère centrifugede la périurbanisation se manifeste aussi pardes quartiers relativement aisés à l'est et à l'ouestde la ville, plus particulièrement à Destelbergen etHeusden, à Mariakerke et Wondelgem. Au nord, depart et d'autre du canal à Lochristi et Lovendegem,l’indice de formation est de nouveau inférieur, ce quiindique une diminution de l’attrait de la zone pourles classes moyennes gantoises.Les travailleurs immigrés, en grande majorité turcs,ont été attirés à partir de la seconde moitié desannées soixante pour travailler d'abord dans l'industrietextile, graduellement abandonnée par lesBelges. A cette époque, les sources d'immigration del'Europe méridionale s'étaient déjà taries. Tant l'immigrationen groupe, liée aux entreprises faisantappel à cette main-d’œuvre, qu'une immigration enchaîne, partiellement clandestine à la fin des années1960, expliquent une origine commune des Turcs etune tendance forte à se concentrer dans les mêmesquartiers. Ainsi les Turcs d'Emirdag, majoritaires,occupent les anciens quartiers ouvriers du port(Sluizeken-Muide), tandis que d'autres groupes sesont concentrés dans différents quartiers de la périphériedu croissant ouvrier du 19 ème siècle. Cette présenceturque n'est cependant pas continue, puisqu'àcertains endroits la rénovation par des particuliers(Patershol) ou la présence de logements sociauxlogeant une population belge, les empêchent des’implanter.Un petit pourcentage de la population turque est parvenuà se hisser dans la classe moyenne, ainsi qu’onpeut le voir par la présence de ressortissants turcsdans les localités plus tranquilles telles queMariakerke.Saint-Nicolas doit sont statut de région urbaine à undéveloppement industriel important à partir desannées 1960, suite aux lois d'expansion économique.Traditionnellement textile (confection et bonneterie),l'industrie s'est fortement diversifiée, entre autrespar la création de plusieurs zones industrielles. Cedéveloppement n'a pas influencé fondamentalementla répartition des groupes sociaux dans la ville.Malgré une périurbanisation bien marquée, le centrehistorique est resté relativement aisé, plus particulièrementle long des axes relativement plus prestigieuxliant la Grand Place à la gare au nord et à laroute nationale Anvers-Gand au sud. C'est doncp. 34DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


GAND ET SAINT-NICOLASCOMMUNES4INDICE SYNTHETIQUEDescription des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 35


TYPOLOGIE4Description des résultats par région urbaineautour de cet axe central que se situent les quartiersrelativement moins aisés de la ville. A Saint-Nicolas,on ne trouve que deux quartiers concentrant unepopulation relativement précarisée: d’une part, nousavons un quartier ouvrier près de la briqueterie àl’ouest du centre-ville, et d’autre part un quartierd’habitations sociales plus récent au sud. Ce dernierne connaît pas de trop graves problèmes de logement,mais la population s’y distingue par un faiblestatut social (nombre important de personnes âgéeset de ménages d’une personne, état de santé relativementmauvais, revenus peu élevés, faible niveaud’instruction).Les travailleurs immigrés, Turcs et Marocains surtout,engagés dans l'industrie textile, mais aussi dans laconstruction (Turcs), habitent presque exclusivementdans ces quartiers défavorisés urbains. Les Turcs,tout comme à Gand, ont une plus forte tendance àse regrouper dans la partie occidentale de cettezone. Par contre, les ménages marocains, moins tentéspar l'achat d'anciens logements, ont réussi àaccéder aux logements sociaux de bonne qualité,soit au sud-est de la ville, soit dans un quartier debanlieue plus récent, au nord de la gare.La périurbanisation ne se fait pas tant sous forme delotissements que de constructions en ruban le longdes routes, accessibles à des revenus relativementmoyens, qui créent un chapelet de noyaux d’habitationtant vers le nord (vers Stekene) que vers le sudet l’ouest, entraînant une moindre concentration dehauts revenus et de hauts niveaux de formation encomparaison avec d'autres régions urbaines.p. 36DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


BRUGES ET OSTENDELa structure socio-spatiale de la régionurbaine brugeoise est relativement simple. Les activitésindustrielles sont concentrées au nord et ausud de la ville médiévale. Au nord, il s'agit d'activitésliées au port de Bruges, au sud du complexe deconstructions métalliques de Bombardier (ex-Brugeoise et Nivelles), lié au chemin de fer. Ces activitéséconomiques influencent la composition socialede la population intra-muros, voire extra-muros aunord. Les quartiers ouvriers se concentrent au norddu centre (Sint-Jozef et Sint-Pieters), et plus loin lelong du canal jusqu’à Lissewege et Dudzele. On trouveégalement dans cet endroit une offre importantede logements sociaux. Tout au nord du territoire,Zeebrugge réplique les caractéristiques socio-spatialesliées au port intérieur de Bruges.On remarquera également l'absence quasi absolue detravailleurs immigrés dans la région, phénomène lié àl'absence d'industries ayant fait appel à ce type demain-d’œuvre, couplé aux dimensions relativementmodestes de la ville, alors que la population aisée seretrouve principalement en périphérie, où les logementssont plus grands que dans le centre, et s’installeà l’est (Sint-Kruis et Assebroek) ainsi qu’à l’ouestde la ville (Sint-Andries et Sint-Michiels). Ces quartiersont poussé radialement le long des autoroutes et parune conquête continue des sols sablonneux.Bruges connaît toutefois une faible emprise spatialede la périurbanisation, puisque toutes les communesde banlieue ont conservé de larges zones dans lesquellesla qualité de l’habitat est plutôt médiocre.L’agglomération urbaine d’Ostende est limitée aunord par la mer, à l’ouest par la présence de l’aéro-port et à l’est et au sud-est par la combinaison port,chemin de fer et autoroute. En outre, la structurespatiale est contrainte par le développement linéairede la ville le long de la côte. Les caractéristiquesliées aux villes centrales s'étendent ici le long de cetaxe, de façon nettement dominante à l'ouest du port.Le long du littoral vivent majoritairement des ménagesrelativement aisés, en grande partie retraités,venus chercher un accès à la côte sous forme de résidencessecondaires. Les quartiers plus aisés se trouventd’une part à l'extrémité orientale de la zoneurbaine (Bredene), et d’autre part dans un secteursud-sud-est partant du Parc Maria Hendrika jusqu'àla partie occidentale de la commune d’Oudenburg.Ces deux zones auraient pu former un demi-cerclecontinu, si celui-ci n'était interrompu par des quartiersouvriers (Konterdam et Meiboom, Sint-Antoniusplein, Sas-Slijkens) le long du triple axe del'autoroute, du chemin de fer et du canal vers Gentet par les industries qui l'accompagnent. Les logementsde cet axe et les extensions de la ville àl'ouest le long de la chaussée de Torhout etNieuwpoort abritent une population ouvrière qui afort souffert du recul des activités portuaires ostendaises(suite à l'ouverture du Channel et en moindremesure au déclin de la pêche).Cet ensemble est assez hétérogène, puisqu'il comprenddes quartiers situés dans l'ancienne ville,des extensions du 19 ème siècle et de l'entre-deuxguerres(Westerkwartier), avec un nombre parfoisimportant de logements sociaux également et,enfin, des quartiers de logements sociaux plusrécents (Nieuwe Stad, sector Cardijn). Comme àBruges, les travailleurs immigrés sont quasiabsents à Ostende.4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 37


BRUGES ET OSTENDECOMMUNES4INDICESYNTHETIQUEDescription des résultats par région urbaineTYPOLOGIEp. 38DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


HASSELT-GENKCette région urbaine est marquée par unbipôle urbain et au nord, par une partie du sillonminier limbourgeois. Hasselt, en tant que ville d'originemédiévale et capitale provinciale, présente unestructure socio-spatiale concentrique claire. Enrevanche, le développement urbain de Genk n'adémarré qu'après la Première Guerre mondiale avecl'ouverture des charbonnages de Winterslag,Waterschei et Zwartberg dans la partie septentrionaledu territoire communal. La fermeture de ce dernierdès 1966 a encouragé l'attraction d'investissementsindustriels étrangers le long du canal Albert au sudde la commune. Ford Genk y est le plus grosemployeur. Les activités liées à l’industrie minière enbordure septentrionale d’une part, autour des zonesindustrielles dans le sud de l’autre, expliquent lastructure urbaine nettement plus diffuse que celle dela ville tertiaire de Hasselt.C'est pourtant l'essor économique lié aux charbonnagesqui donne le coup d'envoi à la formation dela région urbaine, relayé ensuite par l'industriemanufacturière et le tertiaire. La population y estjeune, en grande partie allochtone, puisqu'il a falluattirer une main-d’œuvre abondante pour l'exploitationdes mines, ce qui se traduit aussi par le caractèrerécent du logement. Des îlots de logement socialsont venus s'ajouter aux cités minières, soit pourabriter une population ouvrière liée aux industries,soit pour pallier les rares concentrations de taudis àHasselt. L'évolution économique en a fait des quartiersconcentrant bas revenus et chômeurs, nombreuxdans la région avec la fermeture totale descharbonnages, malgré la jeunesse de la populationet l'engagement des femmes sur le marché du travail.Les populations allochtones sont les premièresvictimes du chômage.Certains de ces quartiers accueillent également desétrangers à la recherche d'un meilleur logement queceux dont ils disposaient dans les plus anciennescités minières où les logements sont exigus et demauvaise qualité. Les anciens mineurs ont d'ailleursété privilégiés dans l'accès au logement social. Onreconnaît ainsi sur plusieurs cartes le chapelet decomplexes de logements sociaux allant de l'ouest ausud-est du centre de Genk (Winterslag Tuinwijk II&IV,Termien Tuinwijk, Kolderbos et Nieuw Sledderlo). Ontrouve également des quartiers sociaux dans le nord(Banneuxwijk), le nord-ouest (Rode Rok) et le sud deHasselt (Ter Hilst), où sont en majorité concentrés lesétrangers ayant pu accéder à ce type de logement.Les extrémités nord et sud de la région urbaine (lenord de Houthalen-Helchteren, Alken et Kortessemd'autre part), sont encore fortement marquées parleur caractère rural. Le nord partage les caractéristiquesdu plateau campinois, alors que le sud faitpartie de la Hesbaye, qui présente un habitat plusancien et une population un peu moins jeune. Lesquartiers occidentaux de Houthalen-Helchterensont de surcroît proches de la cité minière deZolder, ce qui explique les piètres performances deces quartiers.Les classes aisées ne se concentrent pas dans unezone continue bien distincte. On peut deviner un axeallant de la périphérie sud-est de Hasselt au centrede Genk, ce qui finalement correspond à l'axe centraldu bipôle urbain et traduit de façon quelque peuexceptionnelle une position centrale, bien que horsville, des élites. Mais cette structure est complétéepar quelques quartiers à hauts revenus dans la périphériede Hasselt et en moindre mesure à Alken.4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 39


HASSELT-GENKCOMMUNES4INDICESYNTHETIQUEDescription des résultats par région urbaineTYPOLOGIEp. 40DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


COURTRAIConnue pour sa production de lin lelong de la Lys depuis plusieurs siècles, Courtraiaurait pu présenter une structure socio-spatiale fortementmarquée par ce cours d'eau. Cependant, lesdestructions importantes de la ville lors des deuxconflits mondiaux et une forte décentralisation desactivités industrielles, le long des axes ferroviaires etdu canal Courtrai-Bossuyt (construit dans la secondemoitié du 19 ème siècle pour relier la Lys à l'Escaut), etfinalement le long des axes routiers après la SecondeGuerre mondiale, ont contribué à estomper cettestructure. La dispersion de logements sociaux surl'ensemble de la région urbaine en complexes peuimportants (ils ne dépassant jamais les 250 logements),contribue également au morcellement desstructures socio-spatiales.On reconnaît cependant clairement une tendance dela population aisée à s'établir au sud de la ville, auxabord immédiats de la KULAK (située juste de l'autrecôté de l'E3 au sud-est de la ville) et, plus loin,sur les reliefs entre la Lys et l'Escaut, le long deschaussées vers Lille (Marke) et Tournai (Bellegem), àl’unique exception de quelques quartiers ouvriersd’Aalbeke et Rollegem à l’extrême sud.Les anciens quartiers ouvriers autour du centre(Veemarkt, Vredelaan-Heulte et Meensepoort), lesquartiers de logements sociaux (Lange Munte,Astridark) ainsi que la cité-jardin de Venning, à l'em-COURTRAICOMMUNESTYPOLOGIEbranchement du canal et de la Lys, concentrent lamajeure part de la population immigrée. Celle-ci estd'origine maghrébine et a pour une part immigrédepuis le nord de la France pour trouver un emploidans l'industrie florissante du “Texas flamand”, où letextile reste important malgré une forte diversificationéconomique.La carte des logements construits avant 1945 montrel'extension de la périurbanisation courtraisienne. Lapartie occidentale de Wevelgem et le nord deHarelbeke ne sont pas touchés. De même, la partieméridionale de Courtrai est encore en large partierurale, à l'exception des lotissements mentionnésplus haut et accueillant une population aisée. Ceuxcine forment en effet pas un espace continu, maisse situent aux abords des rares parcelles boisées oudes anciens villages. Alors que les extensions périurbainesvers le sud sont l'effet des classes aisées, cellesde Wevelgem à l'ouest, Kuurne et Harelbeke aunord-est rappellent cependant l'axe industriel de laLys, bien plus visible à l'échelle régionale où il estrenforcé par le parcours du chemin de fer et de l'autoroutevers Gand. Ceci se traduit surtout dans lecentre de Harelbeke par la présence de quartiersouvriers regroupant un nombre assez important depersonnes sans formation, de professions de basstanding, et de logements de piètre qualité.INDICESYNTHETIQUE4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 41


LIEGE ET VERVIERS4Liège a longtemps, mieux que Bruxelles, conservéune population bourgeoise dans son centre-ville.Cela résulte probablement d’un sentiment spécifiqued’attachement à une ville chargée d’histoire, mais ilfaut sans doute aussi tenir compte des blocages desphases initiales de la périurbanisation bourgeoiseque pouvaient représenter le relief vigoureux des versantsencadrant la cité, parsemés de charbonnagesautour desquels s’étaient développés des quartiersouvriers et, dans l’axe de la vallée de la Meuse, leszones industrielles lourdes, tant vers l’aval (le port etHerstal) que vers l’amont (Tilleur, Ougrée, Seraing,Jemeppe, Flémalle).La région urbaine de Liège abrite plus de 280.000personnes présentant un statut socio-économiqueprécaire. A l’échelle de la Belgique, elle arrive endeuxième position après Bruxelles. Les situationsrencontrées sont cependant spatialement assezcontrastées.Le centre-ville fixe principalement une population oùles universitaires et les professions à standing élevésont bien représentés et où une certaine bourgeoisievieillissante reste très présente. Les populations lesplus précarisées s’y mêlent avec comme corollairel’émergence d’un phénomène de gentrification deplus en plus marqué, expliqué notamment par leretour en ville de certains ménages.Globalement le centre-ville historique présente desproblèmes d’emploi particulièrement importants etest également caractérisé par un taux élevé de logementsvides. On y retrouve aussi un taux élevé deménages isolés, Liège occupant la première place entermes de proportion d’isolés.Description des résultats par région urbaineLIEGE ET VERVIERSCOMMUNESp. 42DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


Les populations en situation de précarité sont surtoutconcentrées dans les quartiers anciens de lapartie septentrionale de la ville, vers Féronstrée etau-delà, sur la rive gauche, en Outremeuse, de mêmequ’en rive droite dans le grand ensemble de logementssociaux de Droixhe, quartier repris commesocialement en grande difficulté et pour lequel unprojet de requalification est en cours. C’est dans cesdifférentes parties de la ville que l’on trouve le plusfréquemment la conjonction des quatre dimensionsexpliquant la précarité de ces populations (emploi,formation, logement et santé).La configuration de la ville de Liège est égalementcaractérisée par un noyau urbain entouré de zonesindustrielles et ouvrières péricentrales datant du19 ème ou du début du 20 ème siècle. On y retrouvenotamment les populations d’étrangers issues despremières vagues de l’immigration ouvrière.Contrairement à la situation bruxelloise, ces populationsse concentrent en périphérie, sur les versantset les plateaux de rive gauche (Saint-Nicolas, Grâce-Hollogne), dans l’axe de la vallée de la Meuse, enaval et en amont et, dans une moindre mesure,autour de quelques noyaux charbonniers à l’est(Fléron) ou dans des zones industrielles de la bassevallée de la Vesdre.La région urbaine liégoise se caractérise égalementpar le taux le plus important de population à dominantebelge se localisant dans les quartiers en grandedifficulté (type 2). Cette situation concerne prèsde 11.000 personnes. On retrouve ce type de populationtout aussi bien dans la partie amont de la valléede la Meuse à hauteur d’Engis et de Flemale quilocalise plusieurs quartiers de ce type, à Herstal, àSeraing, que dans la basse-Meuse sur la communed’Oupeye. Ces quartiers correspondent en grandepartie à des cités sociales assez vastes.Globalement, ce sont bien les zones périurbainesqui, comme ailleurs, fixent les populations aux plushauts revenus constituées des propriétaires, dans leslogements les plus récents. L’extension périurbaine laplus aisée et la plus diffuse s’est principalementdéveloppée vers le sud, en direction des paysagesvariés et vallonnés du Condroz (Neupré, Esneux).La région de Verviers présente un modèle relativementsimple de concentration des bas statuts socioéconomiquesdans la vieille zone industrielle textiledu fond de la vallée de la Vesdre, alors que les quartiersaisés occupent les topographies plus élevées duversant sud de la vallée et les zones périurbaines quiles prolongent vers les hauteurs de l’Ardenne.Une partie importante de la population, près de31.000 personnes, se localise dans des quartiers endifficulté ou en légère difficulté. La situation restepréoccupante et s’aggrave même pour les quartiersabritant de forte concentration d’étrangers issus depays pauvres, avec des problèmes aigus de qualificationet d’emploi et l’émergence de phénomènes deghettoïsation.4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 43


LIEGE ET VERVIERSINDICE SYNTHETIQUE4Description des résultats par région urbaineTYPOLOGIEp. 44DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


LE SILLON INDUSTRIEL HENNUYER:CHARLEROI, LA LOUVIERE, MONSAvec la région bruxelloise, le sillon industrielhennuyer regroupant Charleroi, La Louvière etMons est la région la plus préoccupante en matièrede précarité. Elle concentre d’importantes populationsprécarisées, mais surtout, c’est dans cetterégion que l’on retrouve le plus grand nombre dequartiers concernés et présentant les difficultés lesplus marquées.On soulignera cependant la légère améliorationconstatée dans la région urbaine de La Louvière,dont certains quartiers sont désormais qualifiéscomme étant “en légère difficulté” (type 7). On ylocalise cependant encore plusieurs quartiers engrande difficulté relevant du type 2 et du type 1, cequi concerne principalement la problématique descités sociales tant anciennes (La Louvière,Morlanwelz, Chapelle-lez-Herlaimont) que plus récentes(La Louvière).La région urbaine montoise, et plus particulièrementsa partie occidentale (Quaregnon, Frameries,Colfontaine, Boussu, Dour), est surtout caractériséepar des quartiers moyennement en difficultés. Lesproblèmes d’emploi y sont très présents. Les différentsindices relatifs à la qualité du logement reflètentun bâti ancien, peu rénové et de mauvaise qualité.C’est globalement une caractéristique communeà l’ensemble du sillon hennuyer où on retrouve unhabitat médiocre fortement inséré dans l’ancien tissuindustriel et qui tant morphologiquement que fonctionnellementne présente pas une forte urbanité.La région urbaine de Charleroi est l’une des plus problématiques.Les situations liées aux problèmes derevenu, de santé et de chômage y sont très ancréeset se retrouvent souvent en bordure immédiate desgrands ensembles industriels ou à proximité dessites charbonniers désaffectés. Les taux élevés de4CHARLEROI, LA LOUVIERE, MONSCOMMUNESDescription des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 45


4ménages dont aucun membre ne dispose d’un revenudu travail et d’isolés caractérisent, comme c’esten général le cas, le centre-ville de Charleroi. C’estégalement à Charleroi que se localisent les quartiersavec une forte présence d’étrangers issus de payspauvres (type 3). On retrouve également une fortereprésentation de quartiers du type 2 et du type 1liés à la dégradation des conditions de vie dans certainescités sociales qui abritent tant des populationsautochtones qu’issues des pays pauvres. Celaconcerne principalement la ville de Charleroi, maisaussi des communes plus périphériques telles queCourcelles ou Aiseau-Presles.Contrairement à Liège et à des villes moyennes tellesque Namur et Tournai, le sillon hennuyer n’est pastouché par le phénomène de gentrification, à l’exceptionnotoire de l’intra-muros montois qui se dégageclairement.Seules font exception dans ce tableau, les zonespériurbaines aisées de la ceinture verte du sud deCharleroi, de Montigny-le-Tilleul à Gerpinnes, desextensions périurbaines moins aisées au nord-est,vers Fleurus, quelques quartiers aisés au sud-est età l’est de Mons, en direction du bois d’Havré. Maisles zones périurbaines aisées sont bien moins développéesautour de Charleroi qu’elles ne le sont enpériphérie liégeoise, traduisant à la fois une faiblessehistorique de la bourgeoisie carolorégienne et unpositionnement moindre de la ville dans la hiérarchieurbaine.Les problèmes des quartiers en difficulté et des interventionsà y mener relèvent donc ici non seulementde la problématique sociale en région d’ancienneindustrialisation, mais aussi d’une problématiqueplus spécifique d’aménagement du territoire et destructuration spatiale.Description des résultats par région urbaineCHARLEROI, LA LOUVIERE, MONSINDICE SYNTHETIQUEp. 46DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


CHARLEROI, LA LOUVIERE, MONSTYPOLOGIE4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 47


NAMUR4Description des résultats par région urbaineCapitale de la Région wallonne, Namur apparaîtcomme une ville prospère par comparaison aux difficultésque doivent affronter l’agglomération liégeoiseet la conurbation du sillon hennuyer. Le pourcentagede la population vivant dans des quartiers endifficulté est plus de deux fois moindre que dans cesdernières. Historiquement, cette situation s’expliquepar le fait que Namur n’a pas développé un tissuindustriel important et ne doit pas en gérer sa reconversion.Elle n’a donc pas, en corollaire, connu defortes concentrations d’étrangers issus des premièresvagues de l’immigration et offre encore actuellementune faible représentation d’ouvriers. La situationrelativement favorable de Namur dans le contextewallon ne doit cependant pas faire oublier qu’en termesrelatifs de part de la population vivant dans desquartiers en difficulté, la situation y est néanmoinsmoins favorable que dans des villes flamandes comparablestelles Hasselt ou Malines.NAMURINDICESYNTHETIQUELes populations précarisées sont principalementconcentrées dans la corbeille namuroise. L’analysetypologique montre que la gentrification s’accentuedans le centre ville. Dans le cas de Namur, ce processusdoit être nuancé par le fait qu’il s’agit d’uneville polarisante en matière d’enseignement supérieur,abritant donc une population importante d’étudiants.La revalorisation du centre-ville opéréedepuis plusieurs années, associée à un bâti historiquede qualité, joue sans conteste un rôle d’attractionmettant plus encore en difficulté les populationssocialement les plus fragilisées.Outre ce phénomène propre au centre ville namurois,les quartiers les plus défavorisés se localisent dansles faubourgs immédiats, ainsi que dans les quartiersde logements sociaux s’allongeant le long desanciennes chaussées. C’est ainsi que Belgrade, Saint-Servais, Salzinnes abritent des quartiers en difficultéou en légère difficulté. On y remarquera que la problématique“santé” y est particulièrement importante,ce qui est caractéristique de ces quartiers périphériques,tout comme la question de l’insertion surle marché du travail.Deux zones ressortent comme étant en grande difficultéavec une forte proportion de population belge(quartier d’Herbatte et Seden), ce qui concernepotentiellement plus de 2000 personnes. Ces quartierssont caractérisés par une accumulation de problèmesliés à l’emploi, à la formation, au logementet à la santé. Ils concentrent les cités socialesimplantées historiquement dans la première couronnenamuroise.TYPOLOGIECOMMUNESp. 48DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


TOURNAITournai est une ville moyenne de 67.000 habitantsdont la région urbaine correspond en grandepartie aux limites du territoire communal, fait expliquépar l’ampleur exceptionnelle des fusions de communesdont elle a bénéficié. C’est, parmi les régionsurbaines wallonnes, celle où la part absolue de lapopulation vivant dans des quartiers en difficulté estla plus faible et où les contrastes sociaux sont endéfinitive le moins prononcés.Les différenciations sociales reproduisent un modèleclassique centre – périphérie où les bas statuts sontconcentrés dans le noyau urbain historique. On souligneraune très faible présence d’étrangers issus depays pauvres. Aucun quartier appartenant à la typologie3 ne s’y retrouve, ce qui est commun à l’ensembledes villes moyennes wallonnes.La principale caractéristique de Tournai est l’importancedu processus de gentrification observée dansson intra-muros, puisque ce phénomène semble toucherà présent la majorité des quartiers du centreville.On y constate en effet une forte proximité entrepopulations précarisées et populations plus aisées.L’amplification de ce processus s’explique en partiepar les effets d’une politique de rénovation urbaineet de revalorisation des espaces publics entraînantglobalement une amélioration du cadre bâti et enTOURNAICOMMUNESTYPOLOGIEcorollaire l’arrivée d’un nouveau type d’habitant. Laproximité du pôle lillois et son influence grandissantesur le marché immobilier local est probablementun autre élément explicatif. L’effet de centralité de laville pour des populations plus précarisées, avecnotamment la présence de grands équipements(hôpital, maisons d’accueil, …), reste cependantentier et explique cette importante mixité spatiale. Laproblématique dominante du centre-ville reste la difficultéd’insertion sur le marché du travail, comme lemontre l’indice thématique consacré à l’emploi.Pour le reste, il s’agit de quartiers moyennement précarisés,avec à nouveau des indicateurs négatifs entermes d’emploi et de qualification. Spatialement,ces quartiers correspondent en grande partie auxentrées de la ville qui historiquement ont concentréles populations précarisées à Tournai et qui globalementprésentent encore une mauvaise image demarque.Les statuts sociaux plus élevés sont quant à eux lesmieux représentés dans une couronne à 4-5 kilomètresdu centre et se localisent dans les zones périurbainesvers le Nord-Ouest. L’influence du Pays desCollines et de la région du courtraisis se fait ici clairementsentir.INDICE SYNTHETIQUE4Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 49


BRUXELLES ET LOUVAIN4Description des résultats par région urbaineLa localisation de la pauvreté et de la richesseprésente à Bruxelles un modèle relativement originaldans le contexte urbain européen, dont lesconséquences sont accentuées par les limites politiquesqui séparent la partie centrale de la régionurbaine de sa couronne périphérique. En effet, labourgeoisie bruxelloise a très précocement déserté lecentre-ville au profit de banlieues toujours plus éloignées,séduite par le modèle de la maison unifamiliale,alors que le centre impose souvent l’appartement,fut-il luxueux. Ces départs du centre, renforcéspar des opérations urbanistiques de grande ampleur,dont la Jonction ferroviaire Nord-Midi et, après laseconde guerre mondiale, l’extension considérabledu parc des bureaux, ont fait de Bruxelles la villeeuropéenne qui, avec Londres, est la plus clairementcaractérisée par un Business District central vided’habitants (est du pentagone, Quartier Léopold-Schuman, Quartier Nord). Se superpose à cettelogique centre - périphérie, une division est - ouestde l’espace bruxellois qui s’est dessinée dès les premierssiècles du développement de la ville.Le versant oriental, au relief accusé, a vu dès l’originel’installation de l’aristocratie, en direction duPalais ducal. Au 19 ème siècle, les premiers faubourgsbourgeois et aristocratiques le prolongent sur le plateau,poussant ensuite en direction du Bois de laCambre et de la Forêt de Soignes. Aujourd’hui, lesattractions linguistiques s’ajoutent aux attraits paysagerspour favoriser la périurbanisation en directiondu Brabant wallon.La large vallée alluviale et le versant occidental de laSenne, au relief peu accentué, ont à l’inverse toujoursconcentré les populations pauvres, puis leszones industrielles. L’affaiblissement numérique progressifde la classe ouvrière bruxelloise traditionnelle,les logements libérés par la classe moyenne et labourgeoisie quittant les quartiers centraux, l’absencede destructions du fait des guerres, ont dégagé unhabitat ancien, individuel ou en petites maisons derapport, pour le logement locatif des populations lesplus fragiles en bordure du centre d'affaires, surtoutau nord, à l’ouest et au sud de celui-ci. Bruxelles,comme en général les villes belges d’ailleurs, neconnaît que peu l’habitat des plus pauvres en HLMet en banlieue, comme il s’est développé en Francepour répondre aux énormes besoins en logementsapparus après la seconde guerre mondiale suite à lafaiblesse de la construction entre les deux guerres,au comblement brutal du retard d’urbanisation queconnaissait ce pays et aux afflux de populations ruraleset immigrées. Quant aux classes moyennes, siquelques ensembles de blocs de logements ont bienété construits pour elles dans les quartiers de laseconde couronne dans les décennies d’après guerre,il ne s’est jamais agi là que d’un phénomèneminoritaire par rapport à celui de la constructionmitoyenne d’immeubles individuels d’abord, depavillons périurbains ensuite.Il en résulte aujourd’hui une opposition socio-spatialeparticulièrement forte, entre d’une part uneconcentration de la pauvreté dans les quartiers del’ouest du pentagone (le cœur historique intramuros),les faubourgs de première couronne du19 ème siècle et le long de l’ancien axe industriel de lavallée de la Senne, et d’autre part l’aisance plus oumoins marquée des quartiers du haut de la villeintra-muros, de seconde couronne et périphériques.C’est dans les parties occidentales du pentagone etde la première couronne que s’observent les plus fortesconcentrations en quartiers fragilisés, dans uncroissant s’étendant de Saint-Josse et l’ouest deSchaerbeek au bas de Saint-Gilles et au nord deForest, incluant les quartiers du pentagone correspondantà la ville basse et aux Marolles. A partirdes années 1960 et le déclin industriel de Bruxelles,les anciens logements ouvriers, souvent vétustesmais abordables financièrement, seront peu à peuréinvestis par une population en grande partie immigréeet peu qualifiée, aux faibles chances d’insertionprofessionnelle dans une ville en pleine tertiarisation.Depuis une dizaine d’années néanmoins, certains deces quartiers font l’objet, surtout après rénovation del’espace public, d’une reconquête par des ménagesjeunes à niveau élevé de formation socio-culturelle,issus de la bourgeoisie, voire d’étrangers aisés dontla présence est liée aux fonctions internationales deBruxelles. Il s’agit surtout de quartiers centraux duPentagone, mais ce phénomène s’observe, quoiqu’encore timidement, dans certains quartiers plus occidentaux(rue Dansaert, quartier Maritime deMolenbeek, …), riches en bâtiments industriels aménageablesen lofts notamment.L’est du pentagone et de la première couronne apparaissentnettement moins précarisés. Il s’agit ici d’anciensquartiers princiers au-delà desquels se sontdéveloppés, à partir des années 1840, des faubourgsbourgeois, voire aristocratiques, atteignant les boulevardsde la deuxième ceinture à la veille de laPremière Guerre mondiale. A partir des années 1960,de nouveaux quartiers monofonctionnels de bureauxse sont installés dans ces faubourgs, remplaçantp. 50DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


4Description des résultats par région urbaineBRUXELLES ET LOUVAINCOMMUNESRÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE1. Ganshoren2. Jette3. Schaerbeek4. Evere5. Berchem-Sainte-Agathe6. Koekelberg7. Molenbeek-Saint-Jean8. Bruxelles9. Saint-Josse-ten-Node10.Woluwe-Saint-Lambert11. Anderlecht12. Saint-Gilles13. Ixelles14. Etterbeek15. Woluwe- Saint-Pierre16. Forest17. Uccle18. Watermael-Boitsfort19. Auderghemdans un premier temps les hôtels de maître du quartierLéopold, puis s’étendant vers l’est, en directiondu rond-point Schuman (quartier européen). La spéculationimmobilière que ces développements ontentraîné dans les quartiers voisins a contribué àdégrader le parc de logements, réinvesti par unepopulation beaucoup plus pauvre, souvent issue devagues d’immigration. Néanmoins, davantage qu’àl’ouest, les signes de gentrification y sont patents,notamment du fait de la proximité de l’université etdes institutions européennes, mais aussi d’opérationsprécoces de rénovation urbaine (haut de Saint-Gilles, quartier Saint-Boniface à Ixelles).Les zones les plus aisées correspondent aux faubourgsde deuxième couronne et périurbaines. Onretrouve malgré tout une nette dichotomie entre unquadrant sud-est bruxellois particulièrement privilégié,d’Uccle aux Woluwe, et le reste de la secondecouronne moins favorablement positionné.La seconde couronne bruxelloise présente néanmoinsplusieurs quartiers en situation précaire, correspondantaux quelques cités sociales construitesen région bruxelloise, des cités jardins, tels le BonAir et La Roue à Anderlecht ou le Homborch à Uccleaux blocs sociaux, tels le Peterbos à Anderlecht ou laCité Modèle à Laeken. La situation de leurs occupantsapparaît davantage précaire à l’ouest et aunord de la Région, alors que dans le quadrant sudest,ces logements sociaux sont en partie occupéspar des ménages plus aisés.Enfin, quelques quartiers largement peuplés d’étudiants– les campus Erasme à Anderlecht, de laPlaine à Ixelles, de l’UCL à Woluwe-Saint-Lambert etle centre de Louvain-la-neuve - se démarquent particulièrement,car cette population échappe encore aumarché du travail, y loge dans des meublés généralementexigus et concentre une grande part d’étudiantsétrangers.DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 51


BRUXELLES ET LOUVAININDICE SYNTHETIQUE4Description des résultats par région urbaineUne analyse plus détaillée de Louvain révèle deprime abord une structure nord-sud à l'intérieur dela ville, avec une population plus aisée au sud etplus pauvre au nord. L'ancienne présence d'industriesle long du canal Louvain-Malines, aujourd'huidominée par InBev Belgium N.V., et le fait que laplupart des logements sociaux (dont le fameux complexede tours du Sint-Maartensdal) sont situés aunord de la ville, expliquent le caractère plus ouvrierdes quartiers.On retrouve ce genre de quartiers dans le centre deKessel-Lo à l’est-nord-est de la ville, aux prises avecde nombreuses friches, des problèmes de mobilité etun sentiment d’insécurité croissant. Certaines tendancesrécentes montrent toutefois que de nombreuxjeunes ménages et de nouveaux venus sur lemarché du travail sont intéressés par ces quartiersouvriers où ils ont la possibilité d’acquérir uneancienne maison à rénover, de sorte que bien souventla population d’origine ainsi supplantée se tournevers les logements sociaux.De plus, des logements initialement conçus pour étudiantssont parfois habités par des ménages ensituation précaire çà et là dans la ville.Cependant, le poids de l'université, de l'enseignementsecondaire et du siège du Boerenbond font deLouvain une ville essentiellement tertiaire dans l’ensemble,ce qui explique aussi l'absence d'immigrationouvrière (en revanche, les réfugiés et demandeursd'asiles sont relativement surreprésentés suiteau caractère international de la population étudiante)et la faiblesse des précarités.Au sud, le Bois d'Heverlee et la Forêt de Meerdaljouent un rôle parallèle à celui de la Forêt de Soignespour Bruxelles et attirent depuis longtemps l'élitelouvaniste dans cette direction, jusqu'à Oudp.52DESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINE


BRUXELLES ET LOUVAINTYPOLOGIE4Heverlee. Cependant, la périurbanisation plus récentes'étend concentriquement autour de la ville. Eneffet, les communes de Rotselaar, Lubbeek, Herent etBierbeek combinent leurs paysages verdoyants etondulés, avec une accessibilité autoroutière fortaccrue depuis le début des années quatre-vingt (E40au sud et A2 au nord de la ville), ce qui attire unepopulation aisée, parfois autant tournée versBruxelles que Louvain.Tout au sud de la région urbaine, on remarquera unquartier peu performant, surtout en termes d’emploi,dans le contexte louvaniste. Il s'agit d'un quartierrural de Oud-Heverlee, en bordure de forêt, où sesitue un camping accueillant des résidents permanentsn'ayant accès ni au travail ni au logement dansla ville.Description des résultats par région urbaineDESCRIPTION DES RESULTATS PAR REGION URBAINEp. 53


5Conclusion


Ce nouvel atlas des quartiers en difficulté couvre, avec le précédent, une période de plus de dixans. Si on ne peut que comprendre et approuver la nécessité de mener des actions politiques ponctuelleet efficientes dans ces quartiers, force est de constater que, pour des raisons structurelles et / ou historiques,ils n'en restent pas moins toujours marqués par les stigmates le plus négatifs des inégalités sociales.Les effets des inégalités sociales qui affectent les individus se trouvent en effet renforcés par leurconcentration spatiale.5ConclusionUn premier type de quartiers en difficulté se situe dans les ceintures ouvrières des grandes villes, héritées du19ème siècle. Le chômage y a accompagné la désindustrialisation, aggravé par le manque de formation. Lasituation de ces quartiers est d'autant plus difficile que les conditions d’habitat et les équipements n’y ontjamais été d’une qualité équivalente à celle des quartiers anciens plus favorisés. Selon les villes, et à Bruxellesen particulier, la classe ouvrière traditionnelle a été ici plus ou moins substituée, à partir des années 1960 et1970, par une immigration étrangère, qui a remplacé les populations belges en ascension sociale. Les stigmatesde l’origine ethnique ne font toutefois que renforcer un destin commun aux quartiers défavorisés restésmajoritairement peuplés de Belges de souche : la crise et son corollaire, la recherche de flexibilité et decompétitivité accrues de l’économie ont profondément ancré le chômage structurel dans ces quartiers.Un deuxième groupe de quartiers en difficulté se retrouve le long de l’axe industriel wallon et en partie dansla région minière du Limbourg. C’est la même histoire qui se répète ici, celle d’un changement économiquestructurel et de forces de travail devenues inutiles, à cette différence près que la fermeture des mines de charbonet la crise de l’industrie lourde (en Wallonie) sont en grande partie à l’origine des problèmes. Les principalesdifférences résident dans le fait que la concentration des travailleurs a été déterminée dans ce cas-cipar la présence des matières premières et de l’industrie, plutôt que par la concentration urbaine.Enfin, on trouve des quartiers de logements sociaux, tant dans les centres que dans la périphérie des agglomérations,et pour une large part autour des zones industrielles à centralité urbaine peu marquée. Il existe unlien évident entre les règles d’accès au logement social et les critères qui caractérisent ce type de quartiersen difficulté. Ces règles d’accès font que, vu l’incapacité des mécanismes du marché à procurer à chaque ménageun logement décent, les ménages les plus défavorisés se retrouvent concentrés dans les logements sociaux.En dépit des avantages financiers de la construction groupée, ils forment dans le paysage belge des quartiersassez caractéristiques, bien que leur ampleur n’ait jamais atteint les dimensions observées dans les pays voisins,en raison de la priorité placée en Belgique sur l'accès au logement individuel.Les quartiers en difficultés concentrent des groupes de population confrontés à des problèmes économiqueset sociaux, voire culturels, souvent couplés à un manque de représentation au niveau politique. Beaucoup deleviers nécessaires au changement se situent à l’échelle de la Région et de la Communauté, ou au niveau fédéral,voire européen. L’atlas précédent a dressé la carte d’un grave problème de société. Celui-ci en confirmel'importance. Il faut espérer qu’il contribuera à accentuer la prise de conscience, par les autorités compétenteset aux niveaux supérieurs du pouvoir, de la difficile relation entre le global, les problèmes locaux et leurssolutions.CONCLUSIONp. 57

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