équitation savante - Centre de documentation de l'Ecole Nationale d ...

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CAPITAINE DE SAINT - PHALLEEQUITATION-TOME IIÊQUITJTION SAVANTELEGOUPY, 5, Boulevard de la Madeleine, PARIS.CHAPELOT, 30 Rue Dauphine, PARIS. | LESOUDIER, 174,8''St-Germam, PARIS.Librairie MILON, ROBERT, Successeur, SAUMUR, /'9"7


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ê•EQUITATION


DU MEME AUTEUR:Dressage et Emploi du Cheval de Selle2 E ÉDITIONOuvrage honoré dune Souscriptiondu Ministère de la Guerreet récompensé d'une Médaille de Yennedpar la Société des A gnculteurs de France.


SCAPITAINE DE SAINT - PHALLE5*'/lEQUITATIONTOME IIÉQUITATION SAVANTELEGOUPY, 5, Boulevard de la Madeleine, PARIS.CHAPELOT, 50 Rue Dauphine, PARIS. | LESOUDIER, 174,B' 1 St-Germain, PARIS.Librairie MILON, ROBERT, Successeur, SAUMUR.1907> E/V >: m d» /


L'Auteur réserve expressément ses droits de traductionet de reproduction en France et à l'Étranger, ycompris la Suède et la Norvège.


TABLE DES MATIÈRES DU TOME IIConsidérations généralesEQUITATION SAVANTEPagesniTITRE I erLES AIDESCHAPITRE I"LES AIDES ENGÉNÉRAL§ I e '. — Différentes aides i§ II. — Mode d'action des aides 5§ III. — Aides conventionnellesCHAPITRE IILES JAMBES§ I er . — L'impulsion et l'action 19§11, — Action physiologique des jambes 24HI. — La jam be et l'éperon 27CHAPITRE IIILES MAINS§ I er . — Rôle des mains 33§ II. — La légèreté 37§ III. — Position de la tête 45CHAPITRE I VL'ASSIETTE , S 9


—— 11TITRE IIAPPLICATIONSCHAPITRE I"ACCÉLÉRATIONS ET R ALENTISSEMENTS DAL LURE 65CHAPITRE IICHANGEMENTS DE DI RECTION. — L'INCLINAISON 69CHAPITRE IIIDEPARTS AU GA LOP. — CHANGEMENTS DE PIED . — LA RE CTITUDE , . 77CHAPITRE IVQDELCIUES AIRS D'ECOLELe pas d'Ecole 85Galop sur trois jambes. 90Galop en arrière 97Changements de pied au galop en arrièremCHAPITRE VMise au pointnj


EQUITATION SAVANTECONSIDÉRATIONS GÉNÉRALESL'équitation savante comprend l'étude et l'applicationde procédés destinés à donner au cheval de selle la légèretécomplète.Ce n'est donc que par la perfection à laquelle elletend que cette équitation diffère de l'équitation ordinaire.Son but est le même : il est de faire obéir le cheval ;mais tandis que l'équitation courante n'obtient la soumissionque par l'emploi relativement fort des aides, lecheval obéissant avec des mouvements plus ou moinsheurtés et irréguliers parce qu'il n'est ni assez souple niassez justement équilibré pour les exécuter sans effort nifatigue, l'équitation savante établit exactement les équilibresnécessaires, grâce auxquels les mouvements sefont facilement, avec souplesse, élégance et brillant. Lecavalier acquiert la possibilité d'être obéi instantanémenten ne faisant qu'indiquer sa volonté par les effets les pluslégers, sans qu'aucune de ses aides ait à user de con-


•— IVtrainte ni de force. En raison d'abord de cette absencecomplète de résistance de la part du cheval à la volontédu cavalier, et grâce ensuite à l'empire absolu que cettesoumission donne au cavalier sur l'équilibre, les évolutionsde l'ensemble se font avec aisance et justesse,chaque mouvement est d'accord avec le résultat qu'ildoit produire.Voilà ce que donne l'équitation savante, rien de plus ;elle s'applique donc à l'usage du cheval dehors ou aumanège, sur l'obstacle ou sur la route, au travail d'armesou en reprise, ou à la chasse, etc., elle n'est quela perfection utile en toutes circonstances et dans la mesureoù la perfection est possible.Il ne faut p as confondre equitation savante et Haute-Ecole : celle-ci est un ensemble de mouvements, d'airsspéciaux et brillants, qui exigent une éducation appropriée.Or le cheval peut être parfaitement fini commedressage, complètement équilibré, c'est-à-dire en unmot, absolument apte à être savamment monté et à secomporter de même, sans cependant avoir été dresséaux airs d'Ecole. L'équitation savante se comprend doncen dehors de la Haute-Ecole. On peut même ajouter,malheureusement, que celle-ci est souvent comprise endehors de l'équitation savante. ' C'est ainsi que l'on voitdes chevaux dits d'Ecole dressés comme des chiens savants,routinés de manière à exécuter avec plus ou moinsd'exactitude les airs ou quelques-uns des airs dont l'ensembleconstitue la Haute-Ecole : trop souvent ils n'ontmême pas la première et la dernière des qualités que ledressage doit donner et développer : la soumission com-


plète. Ils obéissent c'est vrai, mais contraints et forcéspar des aides sévères, c'est-à-dire sans obéissance vraie.Beaucoup sont mous, traînants, se meuvent sans actiondans un équilibre douteux ; d'autres, sous prétexte debrillant, se montrent violents, désordonnés, secouésqu'ils sont d'un côté par des éperons sans miséricorde,maintenus de l'autre par des embouchures sévères : ilsne sont légers, c'est-à-dire obéissants, ni aux jambes niaux mains qui, les unes et les autres, ont alors non seulementà les commander, mais aussi à les contraindre.Ce n'est pas là de l'équitation savante, tant s'en faut.Mais si la Haute-Ecole est quelquefois pratiquée endehors de l'équitation savante, est-ce à dire qu'il y aincompatibilité entre elles ? Assurément non ; les airsd'Ecole ainsi exécutés ne sont que des contrefaçons ;pour que la Haute-Ecole ait sa raison d'être, il faut queles airs en soient enseignés et demandés par les procédésque nous enseigne l'équitation savante ; alors on nerisque pas de voir des chevaux exécuter des mouvementsplus ou moins extraordinaires sans être même capablesde tourner correctement. La Haute-Ecole ne se confonddonc pas avec l'équitation savante, mais elle en est uneapplication brillante.A côté de l'utilisation pratique de l'équitation savantepour l'emploi habituel du cheval ou pour l'exécution desairs d'Ecole, l'étude de cette equitation a encore, aupoint de vue de la théorie, une importance capitale enpermettant d'établir les grands principes d'où se déduisentles procédés. Il en est ici comme de toute science ;au sommet se trouve l'étude des hautes difficultés dont


la solution peut quelquefois n'avoir pas par elle-mêmed'application 'directe, mais fait face par ses conclusionsaux nécessités de la pratique. C'est ainsi qu'en mathématiquessupérieures, pour ne prendre qu'un exemple,nombreux sont les théorèmes qui ne peuvent s'appliquerimmédiatement à la construction d'une machine ; c'estcependant grâce à eux qu'on peut établir les calculs nécessaires.De même Féquitation savante permet d'établirdes principes dont on chercherait quelquefois en vainl'application directe, mais qui permettent par voie dedéduction le choix des procédés nécessaires à l'utilisationdu cheval.


TITRE ILES AIDESCHAPITRE rLES AIDES EN GÉNÉRAL§ 1. DIFFÉRENTES AIDESLes aides sont les intermédiaires dont se sert le cavalierpour communiquer sa volonté au cheval. Celles dontl'usage est le plus indiqué sont les jambes, les mains etl'assiette, on peut même dire que ce sont les seules àemployer : susceptibles d'être délicates avec les millenuances nécessaires à l'emploi du cheval, elles portenten elles-mêmes leur puissance ; elles ont eu à l'affirmerassez souvent dans les débuts du dressage pour que lecheval ne la méconnaisse pas et puisse être maintenupar le sentiment qu'il en a dans la plus étroite dépendance.Ces aides ont donc, en un mot, toutes les qualitésrequises pour assurer l'entière domination du cavaliersur l'animal par les effets les plus légers. Et cependant.


il arrive souvent qu'elles n'obtiennent pas complètementce résultat. La cause peut en être dans l'insuffisance ducavalier, je n'insiste pas sur ce point, ou dans les procédésqui ont été employés dans le premier dressage etdans la suite pour établir l'autorité des aides. Il est bienévident, en effet, que toutes les fois q ue le cavalier imposesa volonté autrement que par ses aides, il ne faitrien pour les rendre efficaces ; je dirai plus : il les discrédite.Le cheval ne met pas longtemps à s'apercevoirque son maître ne compte pas sur elles pour le domineret il reste ignorant de leur puissance parce que le cavalierne la lui rend pas évidente. Le dressage se poursuitdans ces conditions sans que les aides naturelles imposentpar elles-mêmes leur autorité et par conséquent,sans qu'elles puissent jamais dominer par la délicatesseet la légéreté. C'est quelque chose d'analogue à ce quise passe entre un supérieur faible et ses subordonnés ;son autorité méconnue n'obtient qu'un médiocre rendementet lorsque, les choses allant de mal en pis, il estenfin obligé de réagir, il y a désaccord entre sa sévéritéde commande et sa pusillanimité ordinaire : il donn e unà-coup qui ne fait qu^augmenter le désordre. Si, au contraire,il sait se montrer ferme dès le début et se fairerespecter, personne n'est tenté d'encourir sa disgrâce,sachant que les effets ne s'en feraient pas attendre.Ainsi en est-il des aides naturelles : si le cavalier n'assurepas leur autorité d'une manière imprescriptible en obtenantd'elles seules les effets qu'elles doivent produire, iln'en faut pas plus pour que le cheval ne les respecte paset attende pour leur obéir qu'elles agissent sévèrement.


Inutile de dire que dans ces conditions la légèretédevient impossible ; mais il faut se bien persuader quec'est là qu'on en arrive fatalement, toutes les fois qu'onne dresse pas le cheval aux aides par les aides.On dira peut-être qu'il y a certainement des chevauxtrop puissants, trop violents, présentant dans quelquepartie des résistances trop fortes pour qu'on puisse lesvaincrepar les moyens ordinaires, et qu'il peut y avoirlieuderecourirau caveçon, àia martingale, au filet de naseaux,etc. A cela je répondrai premièrement que si ces chevauxavaient été dressés, dès le debut, suivant les principesd'une saine équitation et avec des aides suffisammentsavantes, celles-ci auraient pris à ce moment l'autoriténécessaire. Deuxièmement, toute règle a ses exceptions,celle-ci comme les autres ; mais on reconnaîtraqu'elles sont fort rares si, du nombre des chevaux quiprésentent des résistances très violentes, on déduit ceuxqui le font pour des raisons pathologiques relevant plusdu vétérinaire que de l'écuyer. Troisièmement, les résistancesque les aides ne peuvent pas vaincre, bien que lecheval soit bien conformé et ne souffre pas, viennent dece qu'il se sent de taille à désobéir et à lutter. Or à cemoment, il ne s'agit pas de l'amener à sentir les finessesdes aides, mais à reconnaître que par un moyen ou parun autr e le cavalier peut le dominer. Pour en venir là, ilpeut être utile de recourir à des moyens à côté ; maispour que les aides prennent l'ascendant dont elles sontsusceptibles, il est nécessaire qu'elles redeviennent lesseules éducatrices, dès que la soumission momentanée,acquise par le moyen spécial auquel on a eu recours, met


l'animal en état d'écouter son cavalier : il e n estalors au même point que l'immense majorité deschevaux neufs qui sont parfaitement ignorants, maissans révolte. A ce moment, il est inutile e t mauvais decontinuer l'emploi du procédé dont on s'est servi endehors des aides naturelles : inutile, parce que la soumissionqu'on a momentanément obtenue permet aux aidesde produire leurs effets et d'assurer seules l'obéissanceà l'avenir ; mauvais, parce qu'il est bien évident quesi le cavalier continue à avoir recours à des procédésétrangers aux aides lorsqu'elles devraient faire preuved'autorité, elles n'en acquièrent pas. Dans ces conditions,il ne saurait être question non seulement d'équitatationsavante, mais même de dressage juste.Les aides autres que les jambes, les mains et l'assiettedoivent donc être d'un emploi extrêmement restreint,parce que, s'il faut admettre qu'on y peut quelquefoisrecourir, ce n'est que d'une manière absolument exceptionnelleet passagère.Aussi, au seuil de l'équitation savante, doit-on direadieu à ces pratiques et à ces accessoires qui ont nomtravail à pied, piliers, p oulies et longes plus ou moinscompliquées, martingales, mors et éperons sévères, etc.,etc. S'ils sont inutiles et nuisibles dans le dressage ordinaire,ils sont un contre-sens en équitation savante dontla caractéristique est de pouvoir obtenir les effetsles plus difficiles par les moyens les plus doux,et dorénavant, lorsque j'emploirai ces mots « lesaides » ce ne sera que pour désigner les jambes et lesmains et, éventuellemment, l'assiette.


§ II. MODE D'ACTION DES AIDESPour comprendre comment on doit faire agir les aidespour produire un effet voulu, il faut savoir comment ellesimpressionnent le cheval depuis le moment où le cavalierles met en Jeu jusqu'à celui où il est obéi. Or les phénomènesqui se succèdent peuvent se ramener à quatre :premièrement, mise en jeu de la sensibilité ; deuxièmement,intervention des facultés intellectuelles, c'est-àdire,comparaison des sensations, usage de la mémoireet détermination de la volonté ; troisièmement,actionnement des organes moteurs ; quatrièmement, enfin,lorsque l'habitude et le dressage sont suffisants,l'obéissance devient réflexe.IMise en jeu de la sensibilité.Il est clair que plus les agents de la sensibilité réagis-•sent fortement et rapidement sous l'influence des phénomènesextérieurs et en particulier des contacts, mieuxl'obéissance aux aides peut se manifester sans retard. Ilest donc important que la sensibilité soit aussi grandeque possible : une pratique ou un dressage défectueuxpeuvent en atrophier les effets ; l'emploi savant des aidesl'augmente.Les errements qui peuvent ralentir ou diminuer lesréactions de la sensibilité so nt malheureusement.nom­


eux ; ils ont le mauvais effet commun de donner aucheval l'indifférence aux aides.Dans ce sens, les plus grandes fautes que puisse commettrele cavalier sont i 0 de ne pas donner à ses aidesl'intensité réciproque qui convient ou, 2° d'en continuerencore l'action après qu'elles ont été obéies.1° Si, par exemple, les jambes agissent trop, le chevalrépond par un développement d'action hors de proportionavec le résultat à obtenir : les mains doivent alorsintervenir pour ramener l'impulsion au degré voulu ; autrementdit il y a désaccord : l'ordre donné par les jambesa été suivi d'un contre-ordre donné par les mains.Si ce défaut d'harmonie se produit souvent, ilamène vite le cheval à répondre plus lentement etmoins complètement aux jambes parce qu'il prend l'habitudede s'attendre à être ralenti après avoir étéactionné. Ainsi se perd peu à peu la sensibilité naturelleaux jambes ; pendant ce temps, les résistances à la mainaugmentent parce que l'effet exagéré des jambes engagele cheval à échapper aux rênes qui ont alors à agir plusfortement pour obtenir un résultat moindre. Le chevalfinit pour elles comme pour les jambes par n'obéir quedans les proportions médiocres qui lui so nt permises ;autrement dit, il perd sa sensibilité aux unes et auxautres.Ce résultat peut-être dû non seulement au manque depondération dans l'intensité des aides, mais aussi à leurmanque d'à-propos. Prenons pour exemple le déplacementdes hanches : si la jambe intérieure agit sans quece soit utile, le déplacement est insuffisant, la jambe exté


ieure est par conséquent obligée d'intervenir plus fort.L'action des aides a été hors de proportion avec l'effetfinal; on les a fait se contredire l'une l'autre ; cela ne peutse reproduire souvent sans qu'elles perdent de leur autorité.2° Enf in, on a souvent le tort de continuer une actiondes aides lorsque l'effet de mandé est déjà obtenu. Parlà, on donne au cheval l'habitude de ne plus considérerles aides comme l'expression bien déterminée d'un ordreauquel il doit se soumettre. Aussi, en dehors de toutacte de volonté, simplement par habitude physique, envient-il à ne plus leur prêter la même attention que lorsqu'ilsait devoir leur obéir exactement dans la proportionoù elles le lui demandent.Mais ce n'est pas tout que de ne pas donner au chevalde mauvaises habitudes, il faut arriver à un résultat pluspositif et lui en donner de bonnes, grâce auxquelles laperception des sensations provoquées par les aidesdétermine instantanément les phénomènes tant physiquesque psychiques qui doivent amener l'exécution de l'ordreperçu.Pour y arriver, il faut d'abord laisser aux aides touteleur autorité en leur donnant seulement le rôle que leurassignent leurs effets physiologiques et mécaniques, àl'exclusion de toute signification conventionnelle ; il fautensuite cherchera augmenter de plus en plus l'acuité del'action des aides, de manière à ce qu'elles en viennentà obtenir les mêmes effets, tout en agissant de moins enmoins fort.


Je parlerai plus loin des aides conventionnelles et deleurs inconvénients ; voyons seulement, pour le moment,comment on peut augmenter la sensibilité aux aides.Supposons qu'elles aient dû agir avec une certaine forcepour mettre le cheval dans un équilibre et dans un mouvementdonnés. Pour obtenir le même résultat, en devenantplus légères, il faut que, dès que leur effet est produit,elles se fassent sensiblement plus clémentes et restenttelles tant que l'impulsion ne change pas et que l'équilibrereste stable ; elles ne redeviennent plus pressantesque si l'impulsion ou l'équilibre varient. On en arriveainsi à ce que, les aides ayant o rdonné un mouvement,leur concours devient presqu'inutile à sa continuation.L'intensité nécessaire à leur intervention décroit ainsiconstamment : les jambes n'ont plus à agir lorsque l'impulsiona été donnée, parce qu'elle subsiste seule; lesmains peuvent maintenir et diriger cette impulsion pardes actions très faibles.Il faut du tact pour mener ce travail à bien ; le cavalierdoit sentir le moindre changement qui se produitdans l'impulsion et l'équilibre à la suite du relâchementdes aides, afin que celles-ci n'aient qu'à agir imperceptiblementpour remettre les choses en ordre, sinon il seproduit des à-coups successifs qui excluent toute stabilitéet rendent, par suite, insuffisante la délicatesse d'actiondont on cherche à se contenter.Il faut en outre que l'écuyer se rende un compte exactdes progrès de son cheval et sente dans quelles proportionsils permettent aux aides de se faire plus l égères.Sans cela, il leur donne plus de force qu'il n'est utile et


FLEXION


PLANCHE IIRAN. — Ch. h. — P . S. A". — Par Gigès et Bareine. —(Passage).Le cheval fait une concession de nuque et de mâchoire quiamène un léger relâchement des rênes : il y a abandon ducontact du mors et de la bouche. Il est indispensable que lerésultat soit très bref, que le contact léger de la main soitrepris aussitôt que perdu et que la tête revienne immédiatementen avant de la verticale ; sinon, le cheval se renfermeraitde lui-même et sans que le mors, qui n'agit plus, l'ycontraigne ; il pécherait contre l'impulsion.


PLANCHE I


amène son cheval indéfiniment au même point : les progrèss'arrêtent. C'en en raison de fautes semblablesqu'on voit des cavaliers ne jamais pouvoir dépasser uncertain degré de dressage : il leur manque le tact nécessairepour sentir exactement où leur cheval en est et ilsle traitent avec une délicatesse moindre que celle qui suffirait: dans ces conditions, il n'y a plus de progrès possibles,le cheval ne pouvant, bien entendu, s'affiner qu'autantque les aides s'affinent elles-mêmes.Enfin . quelle que soit la légèreté à la main qu'on chercheà obtenir, il faut se garder de laisser les rênes abandonnerle cheval; la perte du contact peut se produire, i'est vrai, au moment où la main d emande une concession1 , mais elle n'est licite qu'à la condition d'être ins"tantanée, car si elle durait, le cheval, dans l'impulsion'glisserait dans l'accélération, puisqu'on supprimerait labarrière qui doit seule pouvoir l'en empêcher. D'ailleurs,la constance du contact entre la main e t la bouche neporte en rien préjudice à la légèreté dont elle suppose,au contraire, le facteur le plus nécessaire : l'impulsion.Mais le contact peut être'si ténu, si liant, la bouchepeut le conserver avec une telle absence de résistances,qu'il ne suppose aucun effort; il indique seulement aucheval qu'il ne doit pas laisser son centre de gravité e^l'impulsion s'écouler en avant.2° Intervention des facultés intellectuelles.La faculté de comparer les sensations est très développéechez le cheval. C'est grâce à elle qu'il reconnaîti. Voir planche I.


l'action des aides, rapproche les contacts qu'il perçoitde ceux qu'il a déjà perçus et répond de la même façonaux mêmes demandes. C'est enfin par la comparaisondes sensations, aidée de la mémoire, qu'il saisit la relationexistant entre les demandes du cavalier, les réponsesqu'il leur a faites et les récompenses ou les punitionsqui s'en sont suivies. Comparant ainsi et se souvenant,il fait intervenir sa volonté et se détermine.D'après cela, voici comment ces facultés concourentà l'obtention de l'obéissance : lorsque nous adressonsune demande pour la première fois, le cheval n'y répondpas exactement et commence par tâtonner. Peu à peuagit l'influence mécanique de l'équilibre dans lequel lesaides ont mis la masse en vue de faciliter le mouvementdemandé : le cheval se déplaçant plus ou moins longtempsdans cet équilibre, finit par céder à son influenceet par se mouvoir en conformité avec lui 1 ; le mouvementcherché s'esquisse alors mécaniquement, grâce à l'équilibreétabli. Le cheval a obéi par le fait d'une action mécaniquedue à la disposition appropriée de la masse et derimpulsion. Après cette première ébauche du mouvement,on a récompensé ; la faculté de se souvenir et de comparerdont l'animal est doué commence à agir. Grâce àelle, une nouvelle action des mêmes aides éveille simultanémenten lui le souvenir du mouvement par lequel illeur a répondu et de la récompense qui en est résultée.L'appât de cette récompense lui fait alors répéter leI. C'est ce qui a permis de dire qu'en dressage le tout est de savoir place ret attendre.


— '3 ~mouvement par voie d'association. Plus tard, enfin, intervientl'habitude grâce à laquelle se font simultanément etinstantanément les associations qui relient ces trois faitsconcrets : action des aides, mouvement correspondant,récompense ou châtiment. En raison de ces associations,la volonté se détermine.3 0 Mise en jeu des organes moteurs.Dès que les facultés intellectuelles o nt rempli leurrôle, leur travail fait place, par une transition mystérieuse,à celui des organes moteurs dont le premier effetest de mettre la masse dans l'équilibre commandé par lesaides ; celui-ci entraîne alors l'exécution du mouvementdésiré. Cette obtention de l'équilibre e t inexécution dumouvement correspondant suivent l'ordre venu des aidesavec une rapidité d'autant plus grande que le dressageavance davantage, absolument comme on parle une langued'autant plus vite qu'elle devient plus familière. Il arriveenfin un moment où, comme nous le verrons tout àl'heure, l'intervention morale est virtuellement supprimée,le cheval n'agissant plus que par réflexes.Tant que le dressage n'en est pas à ce dernier degré,les facultés morales dont nous nous sommes occupésplus haut jouent leur rôle d'une manière bien déterminée,d'abord lentement : c'est la période de tâtonnement; ensuite plus vite : c'est la période d'accoutumance.Mais, tant qu'elles agissent, l'obéissance n'est pas instantanée.Il leur faut, en effet, percevoir d'abord la sen-


— M —sation, la reconnaître et la comparer ; ensuite vouloir etenfin passer de la volition à l'action. Comme nous allonsle voir, une obéissance plus rapide est possible et nécessaire.4° O béissance réflexe.Il serait hors de mon sujet d'étudier ici en détail l'origineet le rôle des réflexes. 11 nous suffit, pour nous rendrecompte de ce qu'ils sont et de leur mode d'action,de constater comment ils interviennent chez l'homme. Sipar exemple, nous heurtons du pied un obstacle imprévu,les réflexes nous font, instantanément et sans aucune ingérancedes facultés intellectuelles, exécuter les contractionsmusculaires destinées à éviter la chute : aussitôtque l'obstacle est rencontré, les réflexes agissent.Leur rôle est le même chez le cheval : grâce à eux,un mouvement peut suivre instantanément le phénomèneextérieur qui le détermine sans que celui-ci ait à êtreexaminé et apprécié et sans que la volonté ait à intervenird'une manière immédiate. Cela doit être utilisé parl'écuyer à son profit en obtenant la possibilité de provoquerpar le contact de ses aides la mise en jeu des réflexes.Elles obtiennent ainsi directement l'exécution dumouvement qu'elles commandent. 11 est nécessaire qu'ilen soit ainsi dans l'équitation savante pour que leurseffets puissent se succéder et se nuancer avec une rapiditésouvent indispensable. Cette rapidité serait aussiimpossible à obtenir si les aides n'éveillaient pas directe­


ment les réflexes qu'il serait impossible à un pianiste dejouer sur un instrument dont les touches ne feraient pasvibrer instantanément les sons.Une obéissance aussi parfaite s'acquiert en assurantl'absolue souplesse morale et physique et en exaltantl'impulsion qui tend toutes les énergies pour leur permettrede se dépenser sans le moindre retard suivant lesindications des aides. Cet ensemble constitue la légèretéqui se trouve être ainsi le couronnement du dressage,puisque c'est elle qui assure la domination entièreet sans marchandages de l'écuyer sur le cheval.§ III. AIDES CONVENTIONNELLESLa légèreté ne peut être complète que si l'autorité desaides l'est aussi. Or cette autorité ne peut être et resterentière que si elle partage la puissance des lois mécaniqueset physiologiques d'après lesquelles l'animal semeut nécessairement. En faisant intervenir ces lois, lesaides se montrent au cheval, dès le premier jour de sondressage, comme douées d'une force contre laquelle il sereconnaît peu à peu incapable de lutter ; il en vient alorsà leur obéir sans même supposer qu'il peut faire autrementparce que, toutes les fois qu'il a voulu se soustraireà leurs exigences, il s'es t vu obligé de les subircoûte que coûte.Il en est autrement si les aides n'agissent que pardes indications conventionnelles : elles ne peuventen rien forcer l'animal à l'obéissance parce qu'elles


— 16 —n'ont de valeur qu'autant qu'il acquiesce à une convention,à un acc ord passé entre lui et le cavalier ; que sabonne volonté fasse défaut, la base sur laquelle s'étayaituniquement l'autorité des aides s'effondre d'un coup etelles sont incapables d'empêcher les effets d u mauvaisvouloir. Le cheval s'en aperçoit et en vient r apidementà ne plus même compter avec elles ; s'il est d'un caractèrevolontaire, sa soumission diminue chaque jourdavantage ou, s'il est d'un caractère facile, il e n vientvite à ne répondre que sans empressement à des ordressi faiblement donnés.La différence de puissance des aides, suivant que leurusage est réglé d'après leurs effets physiologiques ousuivant qu'elles ont seulement une signification con ventionnelle,peut se démontrer avec évidence.L^action latérale des jambes, entre autres, nousservira d'exemple. On déplace les hanches vers la droitepar l'action isolée ou prépondérante de la jambe gauche.L'action de cette aide est d'une efficacité certaine qu'ona démontrée au cheval pendant le dressage s'il a voulului échapper, parce que la demande de plus en plussévère de la jambe et surtout celle de plus en plus douloureusede l'éperon, si elle est devenue nécessaire,forcent le cheval à les fuir en portant ses hanches du côtéopposé à celui d'où vient la douleur. Si des résistancesreparaissent, des actions identiques des mêmes aides ymettent fin en éveillant le souvenir de la contrainte inévitablementefficace qui les a déjà suivies. La jambetrouve ainsi, dans la douleur qu'elle peut provoquer, lemoyen matériel d'imposer son action latérale.


Au lieu de lui faire produire cet eflet de cette manièresimple et naturelle, on le lui demande quelquefois d'unefaçon qu'aucune disposition physiologique n'explique etdont la valeur est toute de convention : elle consiste à faireagirla jambe à la sangle, action qui aurait pour effet defaire incurver le cheval du côté de cette jambe, en sortequ'en agissant ainsi la jambe droite, par exemple, feraitvenir les hanches à droite. Quoiqu'on ne prétende pasobtenir ainsi un déplacement très prononcé des hanches,il semble que, même avec cette restriction, cette manièrede faire est encore contraire au maintien et surtout àl'augmentation de l'autorité des jambes agissant latéralement.En effet, rien au monde ne peut obliger le chevalà se porter sur les coups. Il le fait quelquefois p arrage ou par affolement, c'est-à-dire précisément lorsqu'iln'obéit pas. Aussi, lorsqu'on est arrivé par des moyensquelconques à enseigner à l'animal à s'incurver ainsi surla jambe, l'action plus forte de la jambe ou de l'éperonne peut pas l'inciter à obéir s'il n'en a pas envie et même,plus l'aide se fait violente pour imposer son effet, plusle cheval fuit la douleur en jetant s es hanches du côtéopposé à celui où on veut les faire aller, c'est-à-direqu'il désobéit de plus en plus. En outre, la jambe déplaçantles hanches soit de son côté, soit du côté opposésuivant le point où elle agit, provoque de l'indécision ;ou bien il faut qu'elle agisse à des endroits nettementdifférents et éloignés les uns des autres, ce qui excluedans son emploi cette discrétion, c'est-à-dire cette invisibilitéd'action, qui est incontestablement pour la jambe


— 18 —comme pour la main, un des plus beaux apanages del'équitation savante. ,Ceci n'est qu'un exemple de la différence d'autoritéque peuvent acquérir respectivement les aides conventionnelleset les aides normales. On pourrait en citerd'autres qui tous viendraient à l'appui de la mêmethèse.On doit donc condamner l'usage des aides conventionnellesparce que le jour où le cheval s'aperçoit qu'ilpeut leur échapper, le cavalier est dans l'impossibilitéde s'y opposer et la soumission se trouve amoindrie dece fait. Gardons jalousement à nos aides le rôle qui leurest départi par les lois physiologiques ou mécaniquesqui régissent le cheval. Ainsi e mployées les aides sontamplement suffisantes pour obtenir tous les effets nécessaires: ainsi seulement elles conviennent à l'équitationsavante parce qu'ainsi seulement elles sont capables decommander une obéissance immédiate et d'être par conséquentassez respectées pour que leurs moindres indicationssoient écoutées.


CHAPITRE IILES JAMBES§ 1. — L'IMPULSION ET L'ACTIONi" Définition de limpulsion.L'impulsion est la tendance constante au mouvementen avant.Elle est la première des qualités à exiger du chevalparce qu'il est construit pour se mouvoir en avançant etparce que s'il ne reste pas immuablement en concordanceavec sa conformation, il est hors de ses facultés,en contradiction avec ses aptitudes physiques et, parsuite, aussi incapable de rendre les services qu'il nousdoit que le serait une machine appliquée à un travailautre que celui en vue duquel elle a été construite.L'impulsion doit, du reste, subsister quel que soit lemouvement, fût-il rétrogade. En effet, c 'est grâce à elleque nous pouvons maintenir l'équilibre auquel est dû unmouvement quelconque, car c'est elle qui amène le chevalsous le commandement des rênes et leur permet dedisposer la masse par le placer dans la position favora­


20 —~ble. Elle est donc nécessaire à l'obtention de tout mouvementcomme la pression de la vapeur est nécessaire àla machine quel que soit le sens de son travail.Il ne faut pas confondre l'impulsion ni l'action avec lavolubilité, l'agitation, le désordre. L'impulsion doit allerde pair avec le calme sans lequel il n'y a ni légèreté, niobéissance complètes. 11 est donc d'une mauvaise équitationde bousculer et d'agiter un cheval à coups d'éperonssous prétexte d'obtenir du brillant. Le véritableécuyer en obtient autant qu'on ^ peut désirer dans lecalme le plus complet, grâce à la légèreté et à l'autoritéde ses aides.L'effet de l'impulsion e st double : premièrement ellepermet de placer le cheval, autrement dit de l'équilibrer,en vue des exigences du moment ; deuxièmementelle provoque la détente des forces c'est-à-direl'action.2° Rô le de l'impulsion dans le placer.L'impulsion est nécessaire pour que les rênes agissentsur la masse avec légèreté. Elle tient en effet lesforces prêtes à agir dans la proportion autorisée et dansla forme voulue parles mains. Si le contact de la bouchereste léger et si, en le prenant, le cheval ne lui demandequ'une indication, l'impulsion permet aux moindresactions de la main de provoquer le déplacement du centrede gravité, comme un faible poids fait osciller la


2 1 —balance de précision : le placer alors s'obtient et seconserve ou se change par des effets insignifiants.Si, au contraire, l'impulsion n'existe pas ou se trouveêtre insuffisante, le placer devient impossible à obteniravec légèreté ; le mors est obligé, pour agir, de veniren arrière ; il trouve des forces tout au moins détenduessinon opposées à son action. Le cheval, peu pressé de semouvoir, attend que les effets de la main soient sévèreset ne leur obéit que comme à regret. L'action rétrogradede la main se faisant sentir dans ces conditions rejetteles jarrets en arrière, l'engagement des postérieursdevient impossible et par conséquent le piacerle devientaussi si ce n'est par des effets d e force. On voit parlà que l'impulsion est une des dispositions les plusnécessaires à la finesse de l'équitation et à la légèretéaux aides.3° L'impulsion origine de L'action.C'est à l'impulsion qu'est due la détente des forcesou l'action. Celle-ci se manifeste à des degrés différentssuivant les indications des aides. Si le chevalsent que le contact du mors lui permet d'étendre l'encolure,il le fait dans la proportion permise ; il se trouvealors dans des conditions qui lui permettent d'accélérerl'allure et il augmente sa vitesse tant qu'une indicationcontraire ne vient pas l'en empêcher ou le ralentir. L'actionse confond alors avec l'accélération. 11 est à noterque cette accélération n'entraîne pas le changement d'al-«


22lure -, celui-ci, en effet, n'est pas dû au déplacementplus ou moins prononcé du centre de gravité vers l'avant,mais à la combinaison d'aides qui commande l'alluresupérieure, chaque allure comportant en effet des positionsplus ou moins avancées ou reculées du centre degravité, celui-ci peut se déplacer suivant l'axe sans quel'allure change ; la vitesse seule varie.Si les mains marquent une opposition sans que lesjambes agissent, l'action diminue parce que le centre degravité recule et charge de plus en plus les postérieurssans que ceux-ci soient sollicités de se détendre ; il enrésulte des ralentissements successifs et l'arrêt. Mais siles jambes ont commandé la détente des forces en mêmetemps que les oppositions de main empêchent cettedétente de se produire d'arrière en avant, c'est de basen haut qu'elle va agir et l'action se manifeste en élevantles gestes.En principe, l'impulsion et l'action qu'elle donne doiventse maintenir d'elles-mêmes et sans le secours desjambes, lesquelles n'ont à agir que si on veut augmenterl'action ou la maintenir au même degré bien que la mainait à marquer des oppositions. Mais en pratique, il estrare que l'impulsion conserve ainsi so n intégrité l ongtempsde suite et qu'elle ne fléchisse pas quelque peuau bout d'un certain temps ; c'est une imperfection, certes,mais une imperfection presqu'impossible à éviterparce qu'elle est due à ce que les chevaux les plus bravesne sont cependant pas réfractaires à la fatigue ou à ceque certains tempéraments n'ont pas une excitabilité suffisantepour s'entretenir d'elle-même. Aussi dans la pra-• •


tique, les jambes ont-elles à intervenir quelquefois pourentretenir l'impulsion et avec elle l'action, bien que lamain ne fasse pas de nouvelles oppositions ; mais cetteintervention est d'autant plus rarement utile que le dressageest plus parfait et le cheval plus généreux.4° L'impulsion naturelle et l'impulsion acquise.Le cheval actif et entreprenant est par cela même dansl'impulsion : ces qualités d'allant sont les premières àdésirer chez le cheval de selle. Elles comportent quelquefoisdes inconvénients tels que la nervosité, l'excitabilitéou m ême une tendance plus ou moins marquée àgagner à la main ; mais des procédés appropriés permettentà l'écuyer de ramener les choses au point où ellesdoivent être. 11 n'en est pas toujours de même avec leschevaux mous et veules : ils sont bien plus difficiles àactiver que les chevaux chauds ne le sont à calmer.Mais en dehors des lâches, il est des animaux qui, sansêtre vibrants par nature, sont susceptibles de le devenir :il faut faire acquérir par les uns comme par les autres,par les paresseux comme par ceux qui manquent seulementd'activité naturelle, l'impulsion indispensable àleur utilisation délicate et à leur légèreté. C'est dès ledébut du dressage qu'on y doit tendre, d'abord endonnant aux jambes, aussitôt qu'on le juge possible, unesévérité qui assure leur autorité complète, absolue;ensuite, en évitant les procédés et les combinaisons d'aides


qui pourraient avoir pour effet dediminuer chez l'animal lerespect qu'il doit aux jambes.T1 semble bien que la tactilité n'est pas la même cheztous les sujets neufs : excessive chez les uns, elle paraîtquelquefois nulle chez les autres. Mais, s'il est possibled'adoucir comme il convient son extrême acuité, on peutaussi, quand c'est nécessaire, l'augmenter dans desconditions suffisantes et l'amener au degré utile. En effetlorsqu'elle paraît le moins développée, elle n'est en réalitéqu'à l'état latent : l'animal sent bien les contacts étrangersmais ne manifeste pas vivement qu'il les sent. Il fautarriver parle dressage à obtenir que la sensibilité se montred'une manière plus tangible et plus prompte. C'est ainsique des chevaux auxquels on a permis de s'appesantirsur le contact des jambes, comme cela se voit souventde la part des chevaux à l'entraînement, en viennent àréagir très suffisamment et même très parfaitement à cemême contact lorsqu'ils ont appris à connaître de quellesévérité il e st susceptible. Evidemment rien ne vaut l edésir inné de s'employer; mais l'activité peut et doits'acquérir, au moins dans certaines limites, et en veniren tous cas à se manifester lorsque les jambes le demandent.Nous avons vu plus haut les moyens d'arriver à cerésultat.§ II. ACTION PHYSIOLOGIQUE DES JAMBESLa jambe a-t-elle une action directe, immédiate sur lesmuscles contre lesquels elle agit? Autrement dit, si son


— 25 —contact ou celui de l'éperon se fait sentir en avant de lasangle, à la sangle ou plus ou moins en arrière de lasangle, actionne-t-elle particulièrement les muscles quise trouvent dans la région intéressée ? Je ne le crois pas,et si l'on a dressé un certain nombre de chevaux sansavoir contrecarré ou altéré les effets naturels des jambes,on s'aperçoit que ces effets sont en réalité bien plussimples.Supposons que nous fassions agir nos jambes pour lapremière fois sur un cheval absolument neuf, que va-t-ilse produire? Ou bien il se défend contre cette actionqu'il ignore ; il frappe ou se couche sur la jambe commeil a pris l'habitude de le faire sur les contracts étrangers,celui d'une mouche par exemple, lorsqu'il était en liberté ;ou bien, ne se sentant pas offensé, il en vient, sinon desuite du moins dès que la persistance ou l'augmentationde la pression l'y incite, à faire le mouvement qui lui e stle plus naturel, celui d'arrière en avant.Dans le premier cas, il croit à une attaque dont il neprévoit pas les suites et il essaye de l'éloigner. Mais lecavalier insiste en y mettant le tact et la progressiondésirable, lui parle, le met en confiance et finalementl'apprivoise, lui enlève sa crainte ; à ce moment , l'animalentre, si je puis ainsi parler, dans une disposition d'espritqui lui fait accepter le contact de la jambe sans s'irritercontre lui et il y répond non plus en s'insurgeant maisde la même manière que le cheval que nous avons considérédans le deuxième cas et il se met en marche. S'il nel'a pas fait d'abord, c'est parce qu'il a craint une attaqueet s'est mis en garde contre elle.


— 20En réalité, on peut donc conclure qu'à partir du momentoù le contact des jambes n'effraie pas le cheval, l'effetnaturel de ces aides est en somme tout simplement deprovoquer un mouvement et, parce que celui d'arrièreen avant est le plus facile et le plus naturel, c'est celui-làqu'elles obtiennent. Les récompenses lorsqu'il s'estproduit, l'augmentation des demandes lorsqu'il se faitattendre, finissent par en faire une conséquence habituellede la pression des jambes. La suite du dressage augmentece résultat et l'équitation savante l'exploite pour leurrendre le cheval parfaitement soumis et sensible.Cette théorie, que j'ai vu vérifier par la pratique, estaussi celle que soutiennent les biologistes. Voici sur cepoint le résumé de l'opinion de M. Joly, le si distinguédirecteur de la clinique vétérinaire de l'Ecole d'applicationde cavalerie :«... Jamais un muscle ne travaille« seul. L'éperon et la cravache touchant le flanc peu-« vent très bien provoquer la mise en œuvre des mus-« des de l'épaule en ne produisant aucun mouvement« réflexe des muscles du flanc... L'intelligence ou


produit de la manière qui est la plus familière, la plusnaturelle et en même temps la plus indiquée, étant donnéque le contact est symétrique, c'est-à-dire d'arrière enavant. Dans les débuts, l'instinct et la volonté interviennent; plus tard, en raison de l'habitude acquise, cesfacultés n'interviennent plus et le mouvement d'arrièreen avant devient réflexe.Les mêmes lois régissent l'action latérale de la jambe :que son contact se fasse - sentir en avant de la sangle, àla sangle ou en arrière, son effet n e varie que d'intensitésuivant la sensibilité de la région intéressée et sa distancedes épaules pivots ; mais la fin alité que se proposel'animal est de s'éloigner de ce contact, surtout si l'on aeu à le rendre douloureux. Au début on facilite cet effetpar des déplacements de poids ; plus tard, le résultatest obtenu par l'intervention des réflexes.§ III. — LA JAM BE ET L'ÉPERONJe ne reprendrai pas, sur la question de savoir sil'éperon est une aide ou un châtiment, une discussion quifinit par ne plus porter que sur des mots et après laquellechacun reste sur ses positions ; discussion inutile dureste, les faits ayant seuls ici une importance. Mais cequ'on ne peut controverser c'est que l'action de l'éperonest plus énergique, plus sévère que celle de la jambe etque, par conséquent, s'il faut recourir à l'éperon, c'estque la jambe et à fortiori les actions légères de la jambene suffisent pas à déterminer l'impulsion. Le cheval qui


— 28 —exige l'usage de l'éperon n'est donc pas aussi impulsifqu'il le doit être pour avoir la légèreté à laquelle tendl'équitation savante et grâce à laquelle, suivant une belleexpression, l'animal se meut au « vent de la botte ». Unepareille finesse n'existe évidemment que si le cheval estassez prêt au mouvement en avant pour que la sollicitationla plus infime suffise à le lui faire produire ou augmenter: alors, non seulement l'éperon n'est pas nécessaire,mais il est de trop et ne peut qu'apporter le désordreou, à la longue, déflorer la belle sensibilité.L'éperon ne peut se comprendre qu'avant que lecheval soit complètement soumis ; il doit alors s'employerviolemment et momentanément pour donner auxjambes toute leur autorité ou pour châtier la désobéissanceet la mauvaise volonté. Mais si le cheval estdocile et si le dressage aux jambes est parachevé,l'emploi de l'éperon ne se conçoit plus.On dit quelquefois qu'il permet de donner plus de brillantaux gestes : c'est parfaitement inexact. Si le chevalest à la fois réellement impulsif et bien équilibré, sonaction peut être portée au plus haut degré parles jambesseules et même par leur contact le plus léger. 'Tout ce qu'on peut admettre c'est qu'il est commodede se servir d'éperons à boule ou sans molettes ; nonpas qu'ils donnent plus d'impulsion que les jambes car ilsne sont pas plus douloureux ou actifs qu'elles, mais ilspermettent de mieux localiser, lorsque cela est nécessaire,la sensation qui reste diffuse tant qu'elle n'est dueI. Voir Planche X.


LA JAMBE ET L'ÉPERON


PLANCHE IIIRAN. — Ch. h. — P. S. A 0 . — Par Gigès et Bareine. —(Passage sur deux pistes de droite à gauche).Grâce à l'éperon sans molette, la jambe extérieure peut nereculer que d'une manière insensible pour commander lemouvement latéral, même si l'autre jambe doit se faire sentiren même temps.


PLANCHE II


— 3i -qu'à la pression du mollet. C'est utile lorsqu'une jambeayant éventuellement à agir pour donner l'impulsion, l'autredoit en outre avoir un effet latéral, comme dans le travailsur deux pistes, les départs au galop, etc. Dans lecas du travail sur deux pistes, par exemple, l'éperon àboule permet à la jambe extérieure de ne se déplacerqu'insensiblement pour faire sentir son action un peu plusen arrière que l'autre, et cela par un déplacementimperceptible qu'il serait difficile de garder aussi discret,si l'éperon à boule ne permettait de différencier exactementla demande des deux jambes. 22. Voir Planche IL


CHAPITRE IIILES MAINSS 1. — ROLE DES MAINSLa finesse aux jambes est indispensable à l'équitationsavante, mais ne lui est pas particulière. Si elle peut êtreaugmentée par l'habileté de l'écuyer, elle doit être obtenueaussi dans des limites assez étendues en équitationcourante, vu que l'emploi du cheval ne peut être assuréque si celui-ci est parfaitement soumis aux jambes. 11n'en est pas complètement de même de la délicatessede bouche. Cette qualité, si utile pour obtenir l'obéissanceimmédiate et l'équilibre parfait, n'est pas indispensableà la direction. Quand elle n'est pas complète, lemaniement est possible sinon aisé ; aussi n'est-elle pasde première nécessité en équitation courante ; elle est dudomaine de l'équitation savante dont elle est une des plusbelles manifestations. Elle donne à l'écuyer la dominationsur tous les ressorts, et cela sans efforts, sans résistance,avec cette précision grâce à laquelle le cheval travailleavec le maximum de rendement et le minimum defatigue. Aucune contraction inutile ne s'opposant au


— 34 —mouvement ou ne le gênant,, les seules forces nécessairessont mises en jeu e t cela dans la proportion vouluepour que les gestes soient exactement ce qu'ils doiventêtre en vue de l'exécution de la volonté de l'écuyer. Lafinesse de la bouche permet aux rênes de remplir entièrementet exactement leur rôle qui est de régulariserl'impulsion et de la distribuer pour obtenir l'équilibre,parce que c'est la décontraction complète de la mâchoireet de la nuque qui permet à la main d'agir avec exactitudeet efficacité sur ce balancier qu'est l'encolure.Le resserrement des doigts, en effet, perçu par unebouche décontractée en amène le retrait ; celui-ci, jointàia flexion delà nuque, rapproche du cavalier le pointd'appui du mors. Si, à ce moment, la main recule en mêmetemps que la bouche, la tête et l'encolure s'élèventet leur poids recule en reportant du même coup vers lesjarrets le centre de gravité de toute la masse et, si l'impulsionsubsiste, l'engagement des postérieurs se produit.Si l'impulsion fléchit, les jarrets restent en arrière, le reinse creuse, le cheval, suivant l'e xpression consacrée, secasse en deux et le poids coule de nouveau vers les épaules.Ce résultat prouve une fois de plus la nécessité del'impulsion : suivant qu'elle est ou n'est pas suffisante, lemême effet de main est excellent ou déplorable. Il estvrai de dire que si le manque d'impulsion est tel que lesjarrets restent en arriére, la décontraction qui a reçul'effet de main originel s'oblitère instantanément pourfaire place à des résistances.L'élévation d'encolure ou ramener est le résultat leplus important des effets de mains, car c'est lui qui per-


melde rendre le cheval maniable en rapprochant le centrede gravité du moteur, disposition indispensable pourque celui-ci puisse déplacer la masse dans tous les sens.C'est ainsi, en effet, que si nous voulons, par exemple,soulever un poids de 20 kil., nous y arrivons sans peineen nous mettant au-dessus de ce poids ; mais cela nousdeviendrait bien plus difficile si nous nous en éloignonset si nous essayons de le soulever en le mettant au boutd'une canne.Il en est de même du cheval ; pour qu'il puisse manieraisément son poids, il faut qu e le point d'appui de sesforces, c'est-à-dire le point de poser de ses postérieurs,soit sous sa masse autant que le permet sa conformation: il peut alors déplacer aisément son poids en toussens parce qu'il le porte. Si au contraire, le centre degravité est vers les épaules, les postérieurs en sont éloignésde toute la l ongueur de la colonne vertébrale etn'agissent sur lui que de loin. Dans ces conditions, ils nesont en bonne posture que pour pousser la masse d'arrièreen avant et même ils ne sont maîtres de régler cemouvement que dans certaines proportions en raison del'entraînement des forces de la pesanteur, entraînementd'autant plus grand que le centre de gravité est plus prèsdes épaules ; le moteur étant en arrière du poids àmouvoir peut le pousser, le lancer d'arrière en avant,mais il est mal placé pour le retenir ou le diriger danstous les sens ; ce qu'il fait au contraire aisément lorsqu'ilest dessous. C'est aux mains qu'est dévolu le rôled'amener ainsi la masse au-dessus des jarrets en même


— 3 ótemps que l'impulsion empêche ceux-ci de rester enarrière pour se refuser à la recevoir.Mais encore faut-il, pour que les mains puissent remplircet office, que leurs actions soient reçues avec légèreté.Si, en effet, la mâchoire résiste, toute la tige resteraide, en sorte que les effets de main se transmettent intégralementen tous ses points et l'impressionnent égalementsur toute sa longueur ; par suite les postérieurssont maintenus en arrière et ne peuvent pas prendre possessionde la masse. Nous verrons au paragraphe suivantcomment nous pouvons obtenir l'indispensable souplessede la mâchoire et de la nuque.Les mains n'ont pas seulement à reculer le centre degravité, elles doivent souvent lui perm ettre d'avancer ;il suffit pour cela, comme on le sait, que les doigts fassentune légère concession ; le cheval perçoit la latitude quelui laisse la main et, se sentant la permission de passer,il tente de le faire et étend l'encolure : le centre de gravitéavance et l'allure s'accélère. Cela suppose que 1 impulsionest complète et que le cheval est habitué à ladescente d'encolure telle que je l'ai exposée et préconisée'.Il va de soi que, lorsque les doigts permettent au centrede gravité d'avancer quelque peu en vue d'obtenirune accélération d'allure en conservant le rassembler,la légèreté n'en doit pas être diminuée. Celle-ci nepeut se perdre que lorsque la descente d'encolure s'accuseassez pour mettre le poids vers les épaules, carI. Dressage et emploi du cheval de selle, 2 e édit. p. 52


cette disposition est contraire à la légèreté qui n'estpossible qu'avec l'équilibre sur les hanches.§ II. LA LÉGÈRETÉLa légèreté est l'état grâce auquel le minimum d'actiondes jambes et des mains détermine et dirige le maximumd'impulsion.La légèreté aux jambes ne peut être mal comprise ;elle réside dans l'instantanéité avec laquelle les propulseursse détendent à la plus infime sollicitation des jambes,soit obliquement si l'une agit plus que l'autre, soitd'arrière en avant si elles agissent également et si lamain n e s'y oppose pas, soit enfin de bas en haut oud'avant en arrière si la main empêche l'impulsion des'écouler en avant.La légèreté aux rênes peut, au contraire, être comprisede différentes manières. Elle comporte dans tousles cas l'absence absolue de résistances à la main ; maiselle est juste ou fausse, excellente ou détestable, suivantla cause qui la détermine.Le cheval qui reste en arrière du mors, qui ne vientpas sur le mors, ne présente pas de résistances à lamain ; mais il est dans une fausse légèreté parce qu'ilmanque de l'impulsion qui l'amènerait à venir chercherle commandement de la main. A partir du moment où ila l'habitude de rester ainsi en arrière d'elle, rien ne l'empêcheplus de lui échapper et de continuer dans la voieoù il e st engagé jusqu'à s'acculer pour refuser le mors


— ^ 8 —si celui-ci revient en arrière essayer de prendre la bouche; l'organe essentiel de direction est faussé, sinonbrisé.La descente de main de La Guérinière et de Baucheret les attaques telles que les a comprises ce dernier sontles prototypes des exercices qui peuvent donner naissanceà ce vice.La légèreté du cheval qui est au contraire sur lesépaules et qui cependant ne cherche pas à accélérer savitesse, bien que rien ne s'y oppose, est aussi une fausselégèreté. On voit l'animal galoper l'encolure basse, lesrênes flottantes à une allure ralentie : le cavalier, quin'a aucun effort à faire pour l'y maintenir, peut le croireléger. Il n'y a cependant, là encore, qu'un manque d'impulsion.L'allure lente dans laquelle le cheval reste delui-même, alors que sa position l'incite au contraire continuellementà allonger, prouve uniquement que l'impulsionlui fait défaut, qu'il se retient. Si l'on essaie simplementde le faire tourner un peu court, on verra ce quedevient sa prétendue légèreté : ses jarrets, placés tropen arrière de la masse, ne peuvent la manier, les épaulestrop chargées ne peuvent opérer leur déplacementlatéral ; il y a incompatibilité entre l'équilibre et le mouvement; aussi, au lieu d'obtenir un changement de directionfacile et réglé, on trouve des résistances sans nombre.Il n'y avait pas de légèreté ; le cheval manquaitd'impulsion, voilà tout.La descente d'encolure sans accélération prédisposeavec évidence à ce détestable défaut.


- 39 —On voit que le manque de résistances à la main nesuffit pas pour constituer la légèreté qu'on doit rechercher.Dans les deux cas que nous venons d'examiner,cette absence de résistances n'est que le résultat d'unmanque d'impulsion d'où naissent les graves inconvénientsque j'ai signalés et d'autres encore. J'ai indiquéquelques-uns des procédés- qui donnent cette légèretési déplorable qu'il faut lui préférer les résistances ducheval qui se braque mais qui marche. Au rang de cesprocédés on doit mettre encore tous ceux qui courent lerisque d'amoindrir l'impulsion et même ceux qui ne ladéveloppent pas.Si le rôle de l'équitation était de faire briller un chevajau manège, il pourrait être commode, pour l'y raccourcircomme il convient, de lui ôter l'idée de s'étendre.Mais il en est autrement. Le dressage a pour but de rendrele cheval apte à nous 1 porter à l'extérieur où nousvoulons, quand nous voulons, à l'allure que nous voulons:pour cela il faut,.il est vrai, que l'animal soit souple etsoumis moralement et physiquement, mais surtout qu'ilsoit doué d'un allant qui le rende toujours prêt à selivrer courageusement. Pour être rationnel, le dressagene doit avoir pour but que d'obtenir ces qualités. Lesairs savants eux-mêmes, en dehors des progrès qu'ilsfont faire àTécuyer, n'ont d'autre raison d'être que depréparer le cheval à mieux remplir son véritable rôle enlui donnant l'obéissance aux aides, l'adresse et l'habitudede s'équilibrer avec une rapidité et une justesse quiengendrent la puissance et l'extension des allures. C'estsurtout par cette utilité de premier ordre que vaut la


Hautè-École. Aussi doit-on rigoureusement excluretous les procédés qui ne tendent pas à l'utilisation pratiquedu cheval et qui, sous prétexte de légèreté, luiôtent l'allant, le perçant qui lui sont indispensables pournous bien servir.Est-ce à dire qu'il faille renoncer à avoir des chevauxlégers ? Non certes, il faut môme admettre que le chevaln'est réellement prêt à remplir son rôle que lorqu'il estabsolument léger; mais pour cela, il fa ut qu'il soit dansla légèreté vraie.Celle-ci consiste dans la délicatesse avec laquelle lecheval soumis et tendant sans cesse au mouvement enavant, prend contact avec la main pour lui demander, enquelque sorte, la permission de passer. Si les doigts cèdent,l'encolure s'allonge, le centre de gravité avance,l'allure s'étend; s'ils résistent, le cheval reste moelleusementfléchi, courbé sur la main, prêt à se détendredès qu'elle ne s'y opposera plus, tel le ressort élastiqueet fin qu'une force imperceptible suffit à tenir tendu,mais qui se débande instantanément dès qu'elle disparaît.Cette tendance continuelle du cheval à se détendredifférencie à première vue la vraie légèreté de la fausse ;elle n'est autre chose que l'allant, autrement dit, l'impulsionnaturelle ou acquise. Le cheval, allégé sans qu'onprenne sur son impulsion, est donc un être vibrant prêt às'employer ; mais, rendu obéissant, il soumet son désirà l'autorisation de son maître, se laisse placer par lui etse contient sans résistance ou se livre et se dépense sanscompter. Voilà la légèreté dans l'impulsion ; voilà ce queje crois être la vraie légèreté.


— 41 —Voyons maintenant comment elle s'obtient. Nousavons étudié déjà, et je n'y reviens pas, les moyens parlesquels on donne une extrême sensibilité aux jambes etles procédés par lesquels on peut nuire à ce résultat leplus nécessaire de tous. A en juger par sa rareté, la légèretéà la main est plus difficile à obtenir peut-être. Elleest préparée et obtenue dans certaines proportions enequitation courante par le dressage au ramener et auxflexions. En equitation savante, elle doit être pousséeplus loin. L'écuyer y arrive en perfectionnant les résultatsobtenus, en affinant ses aides et en augmentant sesexigences proportionnellement aux progrès du cheval.En particulier, on ne doit pas laisser celui-ci travaillersur une résistance comme on le lui perme t tant qu'on necherche pas un dressage très fini. Dès qu'une contractionse produit, il faut d'abord s'occuper de la faire cesser,au besoin même en changeant d'allure et en abandonnantle mouvement en cours d'exécution. On en vientainsi à rendre les résistances de moins en moins nombreuseset persistantes, d'autant plus que, pendant ^cetravail, le cheval s'équilibre avec une facilité croissanteet devient par ce fait même moins enclin à se contracter.Enfin on achève d'affiner la légèreté par l'emploi dedeux procédés que les anciens maîtres appelaient ledemi-arrêt et le badinage des rênes.La Guérinière définit ainsi le d emi-arrêt: « M arquer« un demi-arrêt, c'est lorsqu'on retient la main de la« bride près de soi pour retenir et soutenir le devantl


— 42 —« d'un cheval qui s'appuie sur le mors ou lorsqu'on veut« le ramener ou le rassembler. »Le demi-arrêt est une résistance instantanée desdoigts qui, en raison de l'obéissance complète donnéeau balancier, suffit à provoquer une élévation de l'encolureet à rejeteter ainsi en arrière l'excès de poids queles forces musculaires auraient amené sur les épaules.Si le demi-arrêt est bien exécuté, il se fait sans ralentissement: le centre de gravité, en se rapprochant del'avant-main, aurait occasionné une accélération, ledemi-arrêt empêche seulement cette accélération de seproduire.Le badinage des rênes peut se faire de différentes façonségalement bonnes suivant l es cas. Son nom quidate de l'ancienne école mérite d'être conservé commetrès clair et moins exclusif que celui de « vibrations »que Gaucher a voulu lui substituer.Est un badinage des rênes tout ce qui fait jouer lesembouchures dans la bouche soit par un va-et-vientrapide et léger, soit par une agitation imperceptible desrênes, soit par une action alternée des mors de bride etde filet. Ces différents procédés sont également efficacessuivant les chevaux et les circonstances.Boisdeffre explique très nettement l'effet du badinagedes rênes en disant : « Le cavalier aura soin de badiner« les rênes toutes les fois que l'animal vo udra prendre« un point d'appui ou résister à la bride et il rapprochera« en même temps les jambes. Ainsi, il parviendra à le« rendre léger à la main si une construction trop vicieuse« ne s'y oppose pas. »


— 43 —Et plus loin : « Si l'animal y résiste (au reculer), on« badinera légèrement les rênes ; de cette manière, le« point d'appui, lui échappant, le disposera plus facile-« ment à obéir. »Le badinage des rênes, sous une de ses formes, trouveson emploi lorsque la résistance ressentie par la main seproduit sans que les forces musculaires aient changé laposition de la masse.Il est assez difficile de définir les circonstances où ilfaut agir par demi-arrêts et celle où l'on doit badinerdes rênes. Cependant, on peut dire que les premièressont caractérisées par ce fait que le cavalier sent commeune pesée s'opérer sur la main ; tandis que, dans lessecondes, il éprouve plutôt la sensation d'agir sur unebarre rigide.Ces différents moyens nous permettent d'avoir deschevaux soumis et légers. Ces deux qualités, qui s'entretiennentmutuellement et se confirment l'une par l'autre,sont également nécessaires pour assurer l'exécutionimmédiate de notre volonté avec le plus de justesse et lemoins de fatigue. Elles sont toutes les deux issues del'impulsion que nous retrouvons ici encore comme la basenécessaire de l'équitation.Il résulte de ce qui précède que la légèreté n'estcomplète et réelle que si elle subsiste sans le secoursd'aucun instrument de contrainte. Il est de toute évidenceque tant qu'il est nécessaire d'avoir recours à des intermédiairespuissants pour obtenir la décontraction et lasoumission, celles-ci ne sont que précaires, autrementdit le cheval n'est pas léger.


— 44 —Nous avons déjà vu que la complète légèreté auxjambes rend l'éperon inutile. Dans le même ordre d'idées,le mors de bride n'a pas sa raison d'être avec un chevalabsolument léger à la main : l'instrument le plus douxsuffit pourvu qu'il transmette intégralement à la boucheles indications de la main. Le mors de filet remplit cesconditions et suffît à commander les tâches les plus difficilessi aucune force n'est dirigée par le cheval contrel'action des rênes, ainsi que cela est s'il est parfaitementléger. Le mors de bride sans gourmette est aussi trèsdoux et, employé avec le filet, il constitue une embouchuredouble qui permet de nuancer les effets de mainautant que cela peut être utile en Haute-École avec uncheval mis à un grand nombre d'airs 1 .Il va de soi que le cheval léger en filet peut sans inconvénientêtre embouché avec un mors de bride : l'obéissanceimmédiate aux actions de doigts exclue touterésistance et par conséquent le cheval qui jouit de cettequalité ne peut sentir la sévérité de l'embouchure; dèsque celle-ci agit et avant qu'elle ait pu être sévère, labouche a cédé.Quelques chevaux, rendushabituellement légers par ledressage, n'ont cependant pas les barres douloureusementimpressionnables. S'ils sont en même temps unpeu verts ou nerveux, ils peuvent en venir, sous l'influencede circonstances extérieures, à échapper, mêmeinvolontairement, à la main ; il est bon de les emboucheravec un mors de bride et un filet. C'est de celui-ci qu'oni. Voir Plan che X.


— 45 —se servira habituellement et on aura recours momentanémentau mors de bride en cas de besoin.Nous avons vu que la légèreté ne peut exister sansl'impulsion : elle suppose aussi le calme et la rectitude.Si le cheval est surexcité, il ne peut apprécier sainementles aides; il y a par conséquent désaccord entre lui et lecavalier, ce qui rend les résistances inévitables. Larectitude n'est pas moins nécessaire à la légèreté parceque, si elle n'existe pas, les forces ne se répartissent paséquitablement et, en se heurtant, provoquent encore desrésistances. En sorte que le cheval léger est en mêmetemps, par définition, impulsif, franc, calme et droit:c'est dire qu'en le rendant léger, l'équitation savante luia donné les plus précieuses qualités.§ III. POSITION DE LA TÊTELa position de la tête a une très grande importance :si sa direction se rapproche de l'horizontale, la colonnevertébrale s'incurve en tournant sa convexité vers le sol,ce qui est l'inverse de ce qui doit être pour que le poidsse rapproche des hanches et pour que l'animal sedécontracte.Si au contraire, la direction de la tête se maintientconstamment en arrière de la verticale, l'impulsion manqueou est insuffisante, puisqu'en se plaçant ainsi et en refusantde prendre la main plus en avant, le cheval évited'entrer dans la position qui entraîne l'accélérationd'allure. De plus, si l'encapuchonnement se produit,


46comme cela est habituel, avec l'encolure basse et rouée,le centre de gravité reste sur les épaules. Enfin cetteposition de tête en arrière de la verticale va le plussouvent avec trop de mollesse dans l'encolure qui, dansces conditions, ne transmet plus à la masse les actionsde main dans les proportions où cela est utile.Les positions extrêmes entre lesquelles peut varier latête sont, d'une part, celle où la nuque s'incurve et sedécontracte et, d'autre part, la verticalité. Entre ces deuxpositions, l'élasticité de la colonne vertébrale et la transmissionexacte des effets de main peuvent être assuréesdans de bonnes conditions. Pour qu'elles le soient eneffet, il faut que l'écuyer trouve, entre ces deux extrêmes,la position qui convient au cheval et à l'équilibre. Cetteposition varie avec la conformation des sujets : avecl'un,, le rassembler complet peut être obtenu bien que lenez soit sensiblement en avant ; avec tel autre, au contraire,le rassembler ne s'établit qu'avec la tête plusproche de la verticale. Il appartient à l'écuyer de sentircomment se comporte l'organisme qu'il dirige et quellessont ses exigences. Ce serait une faute grosse de conséquencesfâcheuses que de vouloir imposer à toute forceune même position de tête, verticale ou non, à tous leschevaux et les contraindre tous à entrer dans le mêmegabarit. Si la légéreté s'obtient en plaçant la tête verticale,c'est bien ; mais si on sent que, pourdevenir léger,le cheval a besoin, comme cela arrive souvent, d'avoirla nuque moins ployée, il serait mauvais de vouloir' luiimposer une autre position qui, dans ces conditions, nepeut être maintenue que par une contraction permanente.


POSITIONS DE LA TÊTEI


PLANCHE IIIMARSEILLE II. — J'. — P.S. — Par Val on Baudres etMina. — (Pas espagnol).Le pas demandé est long et le mouvement se fait en avançant: pour ces raisons, la position de la tête est un peu plusbasse que dans le mouvement représente sur la planche suivanteet exécuté en reculant.


PLANCHE III


POSITION DE LA TÊTEII


PLANCHE IVMARSEILLE II. — J'. — P.S. — Par Val ou Baudres etMina. — (Pas Espagnol en arrière).En raison du sens de la marche, l'encolure s'élève un peuplus que dans le mouvement précédent.Dans les deux cas, la tête est fléchie sur l'encolure autantque la jument peut le faire pour être et rester légère. Cetteconstance de l'angle de la tête et de l'encolure fait que la têtes'éloigne de la verticale lorsque l'encolure s'en rapproche.Ce cas et le précédent montrent l'utilité de faire varier laposition de la tête d'après l'équilibre et le mouvement, mêmelorsqu'o'n conserve la mise en main ou le rassembler.


PLANCHE IV


POSITION DE LA TÊTEIII


PLANCHE VMENTHOL. — Ch. h. — P.S. — Par Courlis et Marjolaine.— (Passage).Dans le cas présent, le passage est exécuté assez étendu ;pour lui permettre de l'être, la tête est laissée plus libre quedans le passage plus court représenté sur la planche suivante,ou que dans le piaffer représenté sur la planche vu.


PLANCHE V


POSITION DE LA TÊTEIV


PLANCHE VIMENTHOL. — Ch. h. — P. S. — Par Courlis et Marjolaine.— (Passage).La tête est sensiblement plus verticale que sur la plancheprécédente parce que le passage était demandé plus court.Le cheval gagne moins de terrain en avant ; le rassembler estplus accusé.


PLANCHE VI


1POSITION DE LA TÊTEV5-


PLANCHE VIIMENTHOL. — Ch. h. — P.S. — Par Courlis et Marjolaine.— (Piaffer).Le mouvement sur place demande un équilibre plus surles hanches, que le mouvement en avançant ; c'est pourquoile cheval est plus renfermé au piaffer qu'au passage étenduet rapproche sa tête de la verticale.C'est un autre exemple de la nécessité de faire concorderla position de la tête avec les exigences de l'équilibre.


PLANCHE VII


— 57 —Non seulement cette contraction est par définition contraireà la légèreté, mais encore, elle a sa répercussionsur les postérieurs qu'elle éloigne. Une partie de l'impulsiondoit alors être employée à les rapprocher et setrouve, par suite, inutilisée pour le mouvement ; commeelle doit nécessairement être rétablie dans les proportionsvoulues, les jambes ont à intervenir constamment, ce quiest loin de l'idéal de l'impulsion se maintenant d'elle-mêmeau degré dans lequel on l'a établie. C'est dans cesconditions que les jambes ont besoin d'être sévères etconstamment secourues par les éperons; vouloir ployerla nuque plus que sa conformation le permet facilement,amène donc à perdre la légèreté aussi bien aux jambesqu'à la main. Cela n'enlève rien, bien entendu, à lanécessité d'abaisser le nez dans des proportions suffisantespour que la direction des rênes par rapport à cellede la tête permette aux effets de main d'être reçus avecintégrité par les barres ; le travail destiné à donner lalégèreté place la tête dans la position où elle doit être :il n'y a donc pas à rechercher à en obtenir une déterminéed'avance.Il est à noter d'ailleurs que l'impulsion et l'équilibrepeuvent amener à faire varier légèrement chez un mêmecheval la position de la tête, soit qu'on ait à maintenirl'angle à la nuque en faisant varier la hauteur de l'encolure,soit, au contraire, qu'il faille faire varier le premieren conservant la secondeI. Voir Planches III, IV, V, Viet VII.


CHAPITRE IVL'ASSIETTEA côté des aides des mains et des jambes, il convientd'en considérer une, qui a surtout son importancedans les débuts du dressage, mais qui a aussi à intervenirquelquefois en équitation savante : l'assiette. Lecentre de gravité du cavalier, sensiblement plus élevéque celui du cheval, a sur lui une grande influence ; sajuste disposition permet d'aider efficacement l'animal às'équilibrer comme les mains et les jambes le lui demandent.Pendant le premier dressage, il est par suite souventfort utile de recourir à cet adjuvant et de demanderaux déplacements d'assiette, de commander ceux ducentre de gravité de l'ensemble. Il en est de mêmepour le dressage aux airs d'Ecole.En équitation savante, l'utilité de ces déplacementssubsiste, on a seulement à en faire un usage plus rare etplus discret : la mobilité acquise par le cheval, grâce àsa décontraction et à sa soumission, ainsi que l'autoritécomplète des mains et des jambes, permettent aux déplacementsd'assiette, de produire utilement leur effet.


— 6o —tout en restant invisibles. Leur rôle est de faciliter lemouvement à exécuter soit en dirigeant le centre degravité dans le sens voulu, soit en chargeant, lorsquecela est utile, le membre dont la détente doit déterminerle mouvement.Le type des mouvements où le déplacement d'assiettesert à entraîner le centre de gravité dans le sens de lamarche est le travail sur deux pistes. Quelle que soit lasouplesse du cheval, ce travail ne lui est pas facile ; lanécessité de faire chevaler les membres les uns par dessusles autres et de donner obliquement leur détente,rend cette progression pénible et peu propice au développementde l'impulsion. Celle-ci est utilement secondée,si l'assiette vient à son secours en entraînant lamasse du côté vers lequel on marche.L'assiette a encore pour rôle de rendre plus efficacela détente d'un membre. En effet, pour qu'un ressortqui doit projeter un objet produise tout son effet utile,il faut que la direction de sa détente passe par le centrede gravité de cet objet ; il en r ésulte qu'en equitation lamasse doit être disposée dans la direction de la détentedemandée aux postérieurs, faisant office de ressorts : lesaides obtiennent cette disposition pour l'ensemble de lamasse, l'assiette la confirme en ce qui concerne le poidsdu cavalier. C'est ainsi que dans les départs au galop parexemple, les mains et les jambes permettent à l'écuyerde charger le postérieur dont la détente détermine ledépart et leur effet est rendu plus efficace, plus complet,si le cavalier s'asseoit en même temps du côté de cepostérieur.


— 61 —En equitation savante, les déplacements d'assiettepeuvent être invisibles, tout en étant suffisants pour impressionnerl'extrême mobilité du cheval ; plus accentués,ils sont disgracieux et nuisibles, comme affectanttrop fortement l'instabilité de l'équilibre : ils démontrentl'impuissance des aides, le manque de mobilité du chevalet une délicatesse insuffisante dans les procédés ducavalier.


TITRE IIAPPLICATIONSLes principes que j'ai exposés dans le titre précédenttrouvent pratiquement leur utilisation dans toutesles circonstances où l'écuyer a à diriger son cheval.Nous allons en étudier l'application dans trois cas quisynthétisent les autres et qui sont : les accélérations etralentissements d'allure, les changements de direction etenfin les départs au galop et les changements de pied.J'examinerai ensuite quelques airs d'Ecole : l'un, le Pasd'École, parce qu'un oubli m'a fait omettre d'en parlerdans le Dressage et Emploi du cheval de selle, bienque ce mouvement soit excellent à plusieurs points devue ; les autres, parce qu'ils ont donné lieu à des contestationsqu'il est à propos de remettre au point.


CHAPITRE [ACCÉLÉRATIONS ET RALENTISSEMENTS D'ALLUREOn peut dire que le rôle le plus important de l'équitationsavante est de conserver la légèreté pendant lesaugmentations ou diminutions de vitesse ou d'étenduedes allures. Lorsque la légèreté demeure sur le droit,bien qu'on fasse osciller le centre de gravité d'arrière enavant et d'avant en arrière, il faut peu de chose pourqu'elle se maintienne dans les autres cas qui se présentent.L'accélération de la vitesse ou de l'étendue d'uneallure résulte de la latitude laissée à l'impulsion des'écouler en avant ou de l'augmentation donnée à l'impulsion.Tant que l'impulsion est complète, le secoursdes jambes est inutile pour obtenir les accélérations.Grâce à elle, en effet, le cheval vient constammentdemander à la main la permission de passer ; pour qu'ille fasse, il n'y a qu'à lui donner cette autorisation parune concession appropriée des doitgs et proportionnéeà la vitesse désirée. Le résultat est une extension et unabaissement plus ou moins prononcés de la tête et de


— 66 —l'encolure, amenant le centre de gravité vers l'avant. Ladifficulté est d'obtenir que cette oscillation du centre degravité soit tout à la fois rapide pour que l'obéissancesoit aussi immédiate qu'elle doit être, et néanmoins progressivepour pouvoir être réglée sans effort et sansheurt au moment précis déterminé par la main. Pourcela, il faut que la mâchoire, l'encolure et la nuqueaient été assouplies au degré voulu, dans le plan verticaldassantpar l'axe du cheval. Elles font alors ressort, et ressortmoelleux, entre l'afflux du poids vers les épaules etla résistance de la main limitant cette translation depoids. L'élasticité de la tige, incurvée des hanches augarrot, évite ainsi à la main de recevoir fortement lamasse et permet à celle-ci, grâce à sa mobilité, de s'établirdans la position où la main veut la fixer et où les postérieursla maintiennent.Les choses se passent ainsi si l'élasticité des articulationsde la mâchoire au garrot a été enseignée et obtenuepar des flexions bien faites dans l'impulsion. Si- cesdernières ont été mal enseignées, ou bien les articulationssont insuffisamment d écontractées et le poids, envenant vers l'avant, butte en quelque sorte contre lamain : il n'y a plus de légèreté ; ou bien au contraire, latige flexible a été rendue trop molle, trop indépendantedes épaules par des flexions mal faites, parce qu'on n'apas eu le souci de veiller sur l'entretien de l'impulsionou pour toute autre cause. Alors le ressort fléchit trop,l'obstacle présenté par la résistance des doigts est préoaireet le poids, ployant trop la tige flexible, continue àvenir vers l'avant plus que l'écuyer ne le veut : il y a, dans


— 6 7 —ces conditions, manque de justesse et d'exactitude dansl'oscillation demandée au centre de gravité.La conservation de la légèreté pendant les accélérationssuppose qu'elles sont peu considérables et restentcompatibles avec le maintien du rassembler ; sinon lepoids vient vers les épaules dans des proportions quirendent impossible la légèreté absolue. Il est nécessaireen effet, pour que la vitesse soit grande, que les rupturesd'équilibre entraînent violemment le centre de gravitéen avant de la base de sustentation ; dans ces conditions,le cheval ne se porte plus et ne peut par conséquentêtre léger au sens strict du mot. De plus les contractionsmusculaires produisant le grand développementdes allures sont incompatibles avec la flexibilité de la mâchoireet de l'encolure. C'est par une conséquence dece fait que, dès qu'un cheval lancé à une allure très vivelâche son mors, la décontraction de sa mâchoire et deson encolure entraîne le relâchement du reste de l'organismeet l'allure se ralentit.Les allures employées avec les hacks ne sont généralementpas assez étendues pour exclure complètementla légèreté, mais elles le sont suffisamment pournécessiter que le cheval soit dans l'équilibre horizontalet non dans l'équilibre sur les hanches propreaux allures plus ralenties. Les forces de la pesanteuragissent alors dans des proportions telles que l'animalne se porte pas complètement lui-même et ne peut, parconséquent, pas être absolument léger. A ces allures, ildoit être dans la mise en main, il ne saurait être dans lerassembler. Le hack soumis aux exigences de l'équita-


— 68 —tion savante en retrouve le bénéfice dès qu'on lui demandede se laisser reprendre vivement quoique délicatement,ralentir, tourner, arrêter, manier en un mot ; s'ilest susceptible d'être complètement léger, il s e prête àces demandes instantanément et sans effort de sa partni de celle de l'écuyer.Si l'on veut que le ralentissement soit accompagnéd'une diminution d'action, les jambes n'ont qu'à resterpassives : les postérieurs étant plus chargés sans êtreplus activés, diminuent d'eux-mêmes leur détente. Toutefoisla diminution de l'action et le ralentissementdoivent, bien entendu, être proportionnés au reculimposé au centre de gravité, sinon il serait impossible àl'écuyer de graduer les ralentissements; si une faute seproduit dans ce sens les jambes doivent intervenir pourramener l'action au point auquel elle aurait dû se tenirpour empêcher les postérieurs de rester en arrière.


CHAPITRE IICHANGEMENTS DE DIRECTIONL'INCLINAISON§ I. — CHANGEMENTS DE DIRECTIONLorsque le cheval est complètement léger sur ledroit, même pendant les changements d'équilibre, il netarde pas à l'être aussi sur les lignes circulaires, car il nelui est guère plus difficile de se porter lui-même en déplaçantson centre de gravité latéralement qu'en le déplaçantsuivant la direction de l'axe.Pour conserver la légèreté en changeant de directionil est nécessaire de donner au centre de gravité exactementle déplacement latéral exigé pour établir lamarche sur le cercle ou arc de cercle choisis. S'il y adisproportion entre l'inclinaison de la masse, le rayondu cercle et la vitesse de l'allure, il y a désaccord entrela tendance de l'animal cherchant à s'établir dans l'équilibrequi lui est mécaniquement nécessaire et les effetsde mains, de jambes et d'assiette qui essaient, à tort, de


— yo —lui en imposer un a utre. Si au contraire, les aides sontexactement ce qu'elles doivent être, la légèreté obtenuesur la ligne droite en vient rapidement à se retrouverpendant la marche circulaire.A partir du moment où le cheval reste léger en changeantde direction, l'aide déterminante du tourner est larêne directe du côté vers lequel on veut se diriger : elledonne à l'encolure le pli utile et nulle résistance ne s'élevantcontre son effet, elle suffit à incliner l'avant-maindans les conditions voulues. La rêne extérieure n'a pas àaider au déplacement de l'équilibre; elle ne doit être quejuste assez soutenue pour limiter le pli et l'inclinaison.Gaucher n'admettait pas cette manière de faire ou dumoins lui en préférait une autre qui était de demander letourner par la rêne extérieure d'appui. Il enseignait quecette aide doit non seulêment provoquer le tourner, maisencore donner le pli du côté du tourner qui est précisémentle côté opposé de cette rêne.La justesse et l'utilité de ce procédé ne sont pasfaciles à défendre, car si l'on conçoit, ce qui est facile,que la rêne gauche d'appui peut faire tourner à droite,on comprend moins facilement comment elle peut donneilepli à droite. Il est certain que ce résultat peut s'obtenir: on peut enseigner au cheval tout ce que l'on veut ;mais il y a là un effet purement conventionnel et quicomplique inutilement l'action des rênes sans être d'aucunsecours pour la légèreté ni même pour la conduiteà une main du cheval léger. A une main on peut faireagir, dans les proportions utiles, n'importe quelle rênecomme rêne directe; il suffit d'amener légèrement la


— 7' —main du c ôté de cette rêne. En raison de la mobilité dueà la légèreté, l'effet produit dans ces conditions par larêne directe est amplement suffisant pour déterminer telchangement de direction qu'on désire en donnant le pli.Cela est plus naturel et moins fantaisiste que de demanderà une rène qui agit s ur la barre gauche de faire tournerla tête à droite. Il est vrai que Gaucher suppose soncheval dans la descente de main ; mais, même dans cetteposition, l'effet attribué à la rêne d'appui ne se peutjustifier et de plus j'ai déjà exposé dans ce travail et plusen détail dans le Dressage et Emploi du cheval deselle que la descente de main est un procédé à rejeter.Dans les changements de direction, le rôle des jambesest plus facile à remplir que celui des mains. Elles ontéventuellement à agir ensemble si c'est utile pour entretenirl'action au moment où les effets de mains pourraientl'affaiblir; puis, lorsqu'elles lui ont donné l'intensitéqu'elle doit avoir, elles ne doivent plus intervenir tantque cette intensité se maintient d'elle-même.L'action latérale des jambes dans le tourner ne peutguère se définir d'avance : elle est inutile si le chevals'incurve de lui-même sur le cercle, ce qui lui est assezhabituel lorsqu'il est léger et a pris l'habitude de prendreles positions les plus favorables aux mouvements qu'ilveut faire. Toutefois, il peut arriver que la tendancenaturelle qu'a l'arricre-main de se maintenir directementderrière l'avant-main empêche le cheval de s'incurver seulet fasse sortir les hanches du cercle suivi par les épaules ;les postérieurs progressent alors comme s'ils marchaientsur deux pistes tandis que les antérieurs tournent en6,


— 7 2 —avançant. Le manque d'harmonie entre la progression del'avant-main et celle de l'arrière-main compromet lalégèreté. Pour éviter cette faute, il est nécessaire demaintenir les postérieurs sur le cercle décrit par lesantérieurs; si, pour le faire, le cheval ne s'incurve pasde lui-même, la jambe extérieure l'y amène.On peut dire d'une manière générale que le chevalléger et impulsif ne laisse pas ou n'amène pas seshanches à l'intérieur du cercle pendant les tourners ;pour qu'il commette cette faute, il faut une raison exceptionnelle.Toutefois si elle se produit, c'est naturellementla jambe du dedans qui doit ramener les postérieurs surla piste des antérieurs.C'est au galop que la légèreté s'oblitère le plusfacilement pendant les changements de direction. 11 y aà cela deux raisons ; la première est due à ce que, en vuedu tourner, le poids doit être amené du côté du dedans,disposition gênante pour le galop qui s'exécute du mêmecôté. La deuxième raison réside dans la manière dont lecheval s'oppose, aux différents temps du galop, à l'actionde la force centrifuge.L'influence de cette force ne se fait pas sentir au2° temp s ni au temps de suspension ; au 2" te mps,F avant-main et l'arrière-main lui résistent égalementgrâce à l'appui simultané d'un antérieur et d'un postérieur;et, au temps de suspension, nul m embre n'étant à l'appui,toutesles parties du cheval sont déplacées égalementet ensemble, en sorte que leur position respective estsauvegardée ; mais pendant le i er et le y temps, il n'enest plus de même. Au i" temps, en effet, les deux


— 7? —membres de devant sont au soutien et le cheval défendson avant-main contre l'effet de la force centrifuge parle postérieur à l'appui. De même, au 3 0 temps, les deuxpostérieurs étant au soutien, l'antérieur qui est à l'appuipeut seul lutter contre la déviation de l'arrière-main. Or,cette résistance à l'action de la force centrifuge est évidemmentplus efficace de la part du postérieur quigouverne l'avant-main, que de celle de l'antérieur quigouverne l'arriére-main. Il en résulte que, dans unefoulée de galop sur un cercle ou un arc de cerle, l'avant-. main est moins dévié que l'arrière-main; celui-ci a doncune tendance constante à être rejeté en dehors, ce quiest l'inverse de sa position normale dans le galop. C'estpour cette raison qu'on voit souvent un cheval raide sedésunir sur le cercle.Pour ces deux motifs, les tourners au galop ne se fontpas sans une certaine gêne rendant la légèreté difficile ;c'est en reconstituant cette dernière patiemment etsoigneusement, lorsqu'elle diminue, qu'on arrive à laconserver définitivement.§ il. — L'INCLINAISON• • >L'inclinaison est la position par laquelle le centre degravité est rapproché d'un des côtés de la base de sustentationou le dépasse, le cheval se penchant en quelquesorte d'un côté ou de l'autre.On peut distinguer deux sortes d'inclinaisons. Lapremière est celle que le cheval prend de lui-même pour


— 74 —résister à la force centrifuge dans les changements dedirection rapides. De celle-ci, je ne dirai rien : elle estcommandée par l'instinct ; le cavalier n'a pas à l'imposer,pas plus qu'il ne pourrait, je pense, arriver par ses aidesà empêcher l'animal de la prendre suivant les besoinsdu moment.La seconde sorte d'inclinaison est celle qui dépenddes aides et qu'on obtient par le placer latéral. Suivantson degré, ou bien elle fait intervenir les forces de lapesanteur pour entraîner la masse en dehors de la directionde son axe et permet de déterminer alors lesmouvements circulaires ou parallèles; ou bien, ellecharge simplement un membre ou un bipède latéral, avecle concours de l'assiette. Trop faible, dans ce cas, pourentraîner la masse hors delà direction de l'axe, elle donneseulement au membre ou au bipède déchargés la facultéde s'étendre plus que leur congénère. Du degré d'inclinaisonet, par conséquent, de l'intensité du placer latéral,dépendent donc des effets absolument différents.Suivant le but qu'on se propose, l'inclinaison doit êtreobtenue soit par le placer latéral avec pli, soit par leplacer latéral direct. Si, en effet, on veut que l'inclinaisonentraîne un mouvement se produisant en dehors dela direction de l'axe comme le tourner ou le travail dedeux pistes, c'est au placer latéral avec pli qu'il fautgénéralement avoir recours, parce qu'il y a ordinairementlieu, en pareilcas, de diriger la tête de l'animal dansla nouvelle direction. Si, au contraire, l'inclinaison nedoit pas: faire sortir le centre de gravité de la base desustentation, mais seulement le rapprocher quelque peu


_ 75 —d'un membre ou d'un bipède latéral, comme cela estutile pour le départ au galop par exemple, la marche nechange pas de direction ; il n'y a par suite pas de raisonde déplacer la tête du cheval. 11 est alors indiqué dedonner l'inclinaison par le placer latéral direct.La légèreté est nécessaire à la disposition exacte del'inclinaison. Celle-ci, en effet, ne suppose que de faiblesdéplacements latéraux qui, pour être justes, demandentà être parfaitement nuancés, ce qui n'est possibleque s'ils peuvent être commandés sans force de la partdu cavalier et sans résistance de la part du cheval.


CHAPITRE IIIDÉPARTS AU GALOP. — CHANGEMENTS DE PIEDLA RECTITUDE§ I. — DÉPARTS AU GALOPJe laisse de côté l'étude pratique des aides nécessairespour obtenir les départs au galop et le changementde pied, parce que je l'ai traitée avec les développementsqu'elle comporte dans le Dressage et Emploi du chevalde selle. Nous allons seulement voir d'une manièreplus détaillée la manière de demander ces mouvementsd'après les exigences de l'équitation savante, c'està dire dans la légèreté et la rectitude.M. le comte d'Aure est l'écuyer qui a préconisé lameilleure façon de demander les départs au galop.D'après lui, si l'on veut partir à droite par exemple, leplacer s'obtient par l'appui de la rêne droite secondéedans les proportions utiles par la rêne gauche directe ;la jambe gauche agit la première comme pour engagerle cheval à porter ses hanches à droite, ce qui met le


— y8 —latéral droit en avant du gauche. Le départ est commandépar l'action de la jambe droite suivant immédiatementcelle de la jambe gauche. La jambe droite intervientainsi pour empêcher le cheval de se traverser etpour déterminer, concurremment avec la jambe gauche,le surcroît d'impulsion nécessaire à l'exécution du mouvement.Cette manière de faire a l'av antage de laisseraux aides leurs attributions naturelles sans leur demanderles effets plus ou moins artificiels dont je parleraitout à l'heure, et de leur permettre, grâce à cela, d'obtenirrapidement et complètement le juste équilibre d'oùrésulte la légèreté.La rêne droite, en s'appuyant sur l'encolure donnel'inclinaison; mais comme il peut se faire que le chevalobéisse à son indication plus qu'il n'est utile, la rêne gauchedoit être prête à maintenir dans les limites vouluesl'inclinaison de mandée par la rêne droite. La rêne gauchedoit en outre empêcher la tête de tourner par l'effetde la rêne droite et la maintenir directe. Le chevaldevant marcher droit devant lui, il n'y a aucune raisonpour donner le pli. Les anciens maîtres le demandaienttoujours : c'était, semble-t-il, surtout une questiond'usage et, en outre, le cheval était plié en vue deschangements de direction sur le pied du dedans. Cesdeux raisons ne paraissent pas suffisantes pour justifierque la tête soit constamment tournée même lorsque lecheval marche droit.D'après le procédé du comte d'Aure, les jambes ontà contribuer au placer et en outre à donner le surcroîtd'action nécessaire à l'exécution du départ. Tandis


— 79 —que l'inclinaison dégage l'épaule droite et lui permet dedevancer l'autre, l'arrière-main reçoit une dispositionconcordant avec celle de l'avant-main pour que le postérieurdroit puisse facilement, lui aussi,devancer son congénère,ce qui achève defaire dépasser le latéral gauche parle droit comme cela doit être dans le galop à droite. Dansce but, la jambe gauche agit la première ou augmente lapremière son action ; le cheval dispose alors ses forcespour porter ses hanches vers la droite : à ce moment etavant que cet effet ne soit dessiné, la jambe droite jointson action à celle de la jambe gauche ; elle empêcheainsi le déplacement des hanches de devenir effectif et,,en même temps, en agissant concurremment avec la gauche,elle détermine l'impulsion nécessaire à l'exécutiondu départ. Si les aides se font sentir comme je viens dele dire et avec à propos et justesse, aucune indécisionn'est possible car les mains et les jambes ne demandentque les effets simples auxquels le cheval obéit avec légèretédans les autres circonstances.On n'en peut pas dire autant si l'on demande le départpar les aides intérieures. Dans cette manière de faire, larêne droite agit encore comme il vient d'être exposéplus haut ; mais c'est à la jambe droite qu'incombe lerôle d'amener les hanches vers la droite par un effet dontj'ai déjà plusieurs fois, dans les pages précédentes, contestéla justesse. Je ne reviens pas sur les raisons quej'en ai données ; je dirai seulement qu'on peut assurémentobtenir ainsi les départs ; mais ce qui condamnecette méthode c'est qu'elle est basée sur une action conventionnelledont la puissance est précaire.


— 8o —L'assiette concourt à faciliter le départ au galop etpar conséquent à en assurer la légèreté. Elle se portedu côté opposé au départ afin d e charger le postérieurqui doit enlever la masse et de rendre ainsi son effortplus efficace et plus utile. Mais elle doit, bien entendu,ne s'accuser que très légèrement de côté pour les raisonsque j'ai déjà données.Le départ au galop de pied ferme est un des mouvementles plus difficiles à obtenir dans la légèreté et avecrectitude. Il faut en effet que les jambes ne donnentqu'exactement la dose d'impulsion nécessaire, ce qui estparticulièrement délicat à l'arrêt. Les doigts aussi, quiont à recevoir cette impulsion de la manière voulue pourobtenir le bon équilibre, doivent sentir que cet équilibreest obtenu sans pouvoir reconnaître quelle est la dispositiondes forces aussi facilement que lorsque lecheval est déjà en mouvement.§ II. CHANGEMENTS DE PIEDAinsi qu'on l'a dit, le changement de pied est undépart du galop au galop. Aussi ce qui vient d'être ditdu départ au galop trouve encore ici son application.Il est plus difficile d'obtenir le changement de piedléger que le départ léger parce que l'inversion complèteà apporter au mécanisme est moins aisée pour le chevalque la constitution de ce mécanisme en partant du pasou du trot. A ces allures, en effet, il est des moments oùles membres sont les uns ou les autres associés ou dis­


— 8[ —sociés comme ils doivent l'être et il n'y a pas d'inclinaisonpréalable contraire à celle qu'il faut prendre. C'estl'inverse qui a lieu pour le changement de pied. Au galopà gauche, le cheval est incliné à droite et il fau t qu'ils'incline à gauche pour changer de pied. De plus lesmembres associés doivent se dissocier et réciproquement; enfin ces différentes opérations doivent se faireinstantanément. Pour ces diverses raisons, on peut aboutirfacilement à un équilibre inexact et par conséquent àla rupture de la légèreté : la justesse des aides peutseule triompher de ces difficultés.Pour passer du galop à gauche au galop à droite, larêne droite devient d'appui ; son effet demande à êtresurveillé par la rêne gauche avec encore plus de soinque pour le départ au galop, parce qu'il faut un effet plussenti, et par conséquent plus susceptible d'erreur, pourinverser l'inclinaison que pour l'établir directement enpartant d'un équilibre symétrique par rapport aux deuxépaules. De même les jambes peuvent plus facilementmanquer de justesse en inversant leurs actions qu'enprenant directement celles qui déterminent le départ.Enfin, la demande des aides doit se faire exactement autroisième temps ', seul moment où le changement depied peut se faire. Sinon le cheval attend d'être arrivé àce temps et jusque-là il continue à galoper à gauche bienque les aides soient devenues celles du galop à droite :il est donc en désaccord avec les aides pendant l'instantqui précède le changement de pied, cela suffit pourI, Dressage et Emploi du cheval de selLe } 2 e édit., p. 250.


•— 82rompre la légèreté et pour que ce mouvement se fassesur une résistance ; les contractions ressenties à ce momentn'ont souvent pas d'autre cause.§ 111. LA RECTITUDELa rectitude absolue du cheval marchant sur ledroit est une qualité souvent difficile à obtenir, enparticulier au galop et surtout pendant les départs augalop et les changements de pied. Elle est cependantindispensable à la légèreté. La marche directeexige que l'effort musculaire se produise exactementd'arrière en avant par rapport à l'axe ; or il n'en es t pasainsi si le cheval marche de travers ; la détente des forcesse fait obliquement, en sorte qu'en portant le chevalen avant, les postérieurs n'agissent pas dans le sensde la marche : il en résulte que l'équilibre est soumisà des perturbations continuelles qui détruisent lalégèreté. De plus, le travail oblique des postérieursneutralise une bonne partie de leur détente sans qu'ilsoit, comme dans la marche sur deux pistes, secondépar un équilibre spécial : il en résulte la nécessité d'unusage des jambes plus fréquent et plus accentué qu'ilne serait utile sans cela.Le manque de rectitude ne nuit pas seulement à lalégèreté dans la marche directe mais aussi dans la marchecirculaire. Si l'on veut tourner à droite, par exemple,il est également mauvais que le cheval soit à ce momenttraversé à droite ou à gauche. S'il est traversé à droite,


— 8^ —la détente des postérieurs est dirigée de manière àpousser les épaules vers la gauche, ce qui est le contrairede ce que l'on cherche : le mouvement de l'avantmainnon seulement n'est pas aidé par l'arriére-main,mais encore est gêné par lui.Si le cheval est traversé à gauche au moment de tournerà droite, les hanches ne peuvent pas soutenir Tavantmaindans son mouvement circulaire et la position traversées'accentue par le fait même du changement dedirection, de sorte qu'il y a désaccord entre les épaulesqui vont à droite et les hanches qui vont à gauche. Dansces conditions, la légèreté est encore impossible.On considère habituellement le manque de rectitudecomme dû à une position défectueuse de l'arrière-main ;il arrive cependant souvent que le cheval se traverse desépaules et non des hanches. Pour le remettre droit, ilest évidemment nécessaire d'agir sur la région qui sortde la rectitude et non sur l'autre. Au galop, par exemple,le cheval peut être traversé par une inclinaison exagéréedes épaules vers l'extérieur, l'arrière-main restant droit,ou par un déplacement des hanches vers l'intérieur, lesépaules n'ayant que l'inclinaison voulue. Dans le premiercas, c'est aux rênes à intervenir, vu que si les jambesagissent sur les hanches qui sont droites pour les remettrederrière les épaules, elles les dirigent vers l'extérieuret faussent ainsi l'équilibre du galop : le cheval changede pied malgré la position de l'avant-main ou se désunitde derrière et dans les deux cas sort de la légèreté.Si la rectitude est perdue par les hanches, les épaulesétant dans une position exacte, c'est sur l'arrière-main


84qu'il faut agir pour le remettre à sa place, car si l'onvoulait redresser par les épaules et les mettre devant leshanches, on changerait leur inclinaison bien qu'elle soitjuste : le cheval se désunirait du devant ou changeraitde pied et sortirait de la légèreté.L'écuyer doit donc s'efforcer de sentir où gît l'originedu manque de rectitude afin d e s'en prendre à l'extrémitéqui n'est pas droite et à ne pas impressionner celledont la position est bonne. Dans le galop sur le droit etsurtout dans les départs au galop et les changements depied, l'action diagonale des aides destinées à établir leplacer peut facilement amener la r upture de la rectitudepar l'avant-main en raison de l'appui de la rêne intérieure,ou par l'arrière-main à cause de l'action préliminairede la jambe extérieure, ou même par les deux bouts à lafois. C'est à l'écuyer à éviter ces fautes par la juste applicationdes principes étudiés plus haut, c'est-à-dire ensurveillant avec la rêne extérieure l'effet de la rêne intérieureet en agissant de sa jambe intérieure au momentprécis où l'effet de l'autre jambe a été seulement de déterminerle latéral du dedans à passer en avant de celuidu dehors.


PAS D'ÉCOLEI


PLANCHE ViliIRAN. — Ch. h. — P. S. A 0 . — Par Gigès et Bareine. —(Pas d'Ecole).Le diagonal droit qui est au soutien va se mettre à l'appuiavant que le gauche ait quitté le sol. Les diagonaux prennentainsi l'un après l'autre leurs appuis et leurs soutiens en restantassociés.


PLANCHE Vili


PAS D'ÉCOLEII


PLANCHE IXIRAN. — Ch. h. — P. S. A". —Par Gigès et Bareine. —(Pas d'École sur deux pistesj.Les aides sont les mêmes que pour commander le travaisur deux pistes au pas ordinaire. Dans le cas présent, le mouvements'exécute de droite à gauche ; la jambe droite est plusen arrière que la gauche ; la rêne droite est d'appui ; la gaucheest directe. Le postérieur du dedans s'engage plus quependant la marche directe.


PLANCHE IX


CHAPITRE IVQUELQUES AIRS D'ECOLE§ I. LE PAS D'ÉCOLE 1Cette allure s'exécute par l'appui successif des deuxdiagonaux ; ce qui la différencie du trot, c'est qu'il n'y apas de temps de suspension, chaque diagonal se mettantà l'appui avant que l'autre se soit mis au soutien.Le Pas d'Ecole s'obtient en diagonalisant le pas. Aumoment où l'antérieur droit se porte en avant, la rênedroite marque une opposition qui racourcit le geste ; enmême temps, les deux jambes empêchent toute diminutiond'action et la jambe gauche se fait légèrementprépondérante de manière à incliner l'arrière-mainsur la hanche droite et à permettre ainsi au postérieurgauche d'accuser plus rapidement son mouvement. Ceteffet combiné des rênes et des jambes amène l'antérieurdroit à retarder son poser et le postérieur gauche àavancer le sien : ces deux membres en arrivent à s'assoi.Voir Planches Vili et IX.


C)0 —cier. Les choses se passent de même pour le diagonalgauche.Toutefois les aides ne peuvent avoir l'effet désiré quesi le cheval est léger à la main, sans cela les résistancesque rencontrent les rênes se propagent jusqu'aux postérieurset les empêchent de s'avancer aussi rapidementqu'ils doivent le faire pour s'associer aux antérieurs.A cette allure le cheval est doué de plus de mobilitéqu'au pas, parce qu'il est presque constamment soutenupar une base bipédale ; de plus, comme celle-ci est diagonale,il est très facilement maître de son équilibre.Aussi le Pas d'École, en dehors de ses qualités de brillant,est-il excellent pour entretenir et développer l'impulsionet la légèreté.§ II. GALOP SUR TROIS JAMBES 1Cette allure s'effectue comme le galop ordinaire aveccette différence que l'antérieur du troisième temps ne sepose pas à terre et reste étendu en l'air pendant tout letemps qu'on conserve l'allure.L'avant-main n'étant plus porté que par un membre,doit être aussi déchargé que possible. Il en résulte pourl'arrière-main un afflux de poids considérable déterminantdans le diagonal du deuxième temps une dissociationqui fait mettre le postérieur à l'appui avant l'antérieur.I. Voir Planches X et XI.


GALOP SUR TROIS JAMBESI


PLANCHE XTHÉO. — J'. — 1/2 S. — Par Saint-Pair-du-Mont et unefille de Colporteur (Galop sur trois jambes à gauche).Les appuis ont commencé par celui du postérieur droit; lepostérieur gauche a pris le sien ensuite ; l'antérieur droit vas'associer avec lui en se mettant à terre et battre ainsi letemps correspondant au deuxième temps du galop ordinaire.L'antérieur gauche, étendu au-dessus du sol, ne se met pas àl'appui.Le postérieur du dedans est venu franchement en avant del'autre, comme dans le galop ordinaire.


PLANCHE X


GALOP SUR TROIS JAMBESII


PLANCHE XIMADEMOISELLE D'ÉTIOLLES, «-PANOUILLERE. —J'. — P.S. — Par Clocher et Pompadour (Galop sur troisjambes à gauche).Le mouvement se décompose comme celui de Théo. Morssans gourmette et filet permettant de différencier les effets demain pour commander sans ambiguïté chacun des nombreuxairs d'Ecole que savait exécuter cette jument.Pas d'éperons d'aucune sorte, cependant l'élévation desgestes et l'action sont aussi grandes que possible.


PLANCHE XI


PLANCHE XIIIRAN. — Ch. h. — P. S. A'. — Par Gigès et Bareine. —(Galop sur place.)Deuxième temps du galop surplace à droite, en tous pointssemblable au même temps du galop en avançant, si ce n'estque les appuis postérieurs sont plus près du centre, ce quipermet à la détente de se produire de bas en haut.


PLANCHE XII


— 97 —Le galop sur trois jambes présente deux difficultés.La première est d'empêcher le garrot de s'élever beaucoupmalgré la hauteur d'un antérieur et la décharge del'avant-main. Si le garrot s'éléve trop, la dissociationdu diagonal s'accentue exagérément et les foulées sechangent en lançades : dans ces conditions le mouvementn'a plus rien d'une allure ni du galop.La deuxième difficulté du galop sur trois jambes estd'obtenir que le postérieur du dedans passe carrémenten avant de celui du dehors comme dans le galop ordinaire.La grande surcharge apportée à l'arrière-main etl'effort qui lui e st demandé pour assurer à lui seul laprogression font que si l'action est insuffisante, et ellepeut le devenir, facilement dans une allure qui en exigeautant, le postérieur du dedans n'accuse pas assez safoulée et se pose à hauteur ou à peine en avant de l'autre; ce n'est plus du galop, ce n'est plus qu'une gesticulationqui échappe à toutes les règles.Pour demander le galop sur trois jambes, il fautd'abord que le cheval sache donner la jambette et onutilise ce dressage d'une manière que j'ai déjà exposéeassez longuement dans le Dressage et Emploi ducheval de selle, pour n'y pas revenir.§ III. — GALOP EN ARRIÈ RE 1Le galop en arrière est une allure dans laquelle lesassociations et dissociations se produisent comme dansI. Voir Planches XIII, XIV, XVet XVI.


— 98 —le galop ordinaire, les membres se posant dans le mêmeordre ; la seule différence est que le cheval donnant soneffort d'avant en arrière au lieu de le diriger d'arrière enavant, les membres qui se posent en avant de leurcongénère dans chaque foulée de galop en avançant,se placent ici en arrière. En effet les règles de lalocomotion veulent que dans les autres allures, pas,trot, passage, etc., les membres qui prennent leursappuis en avant les uns des autres, quand le mouvementse fait en avançant, les prennent en arrière les uns desautres quand le mouvement se fait en reculant. Il n'y aaucune raison pour qu'il n'en soit pas de même dugalop, en sorte que les membres intérieurs quiprennent leurs appuis en avant de ceux des membresextérieurs dans le galop en avançant, doivent les prendreen arrière dans le galop en reculant. Si nousdécomposons une foulée de galop en arrière à droite,nous voyons par suite que les appuis se prennent de lamanière suivante :1° Postérieur gauche.2 0 Diagonal gauche ; le postérieur droit se posant enarrière du postérieur gauche.y Antérieur droit prenant son appui en arrière del'antérieur gauche.4 0 Temps de suspension.La nécessité pour les membres du latéral intérieur deprendre leurs appuis en arriére des autres ressort nonseulement de la comparaison avec les autres allures,mais aussi de ce fait que s'il en est autrement, ledépart au galop de pied ferme et le changement de


GALOP EN ARRIÈRE(/ or temps)


PLANCHE XIIIIRAN. — Ch. h. — P. S. A 0 . — Par Gigcs et Bareine. —(Galop en arrière à droite ; i cr temps).La photographie représente la fin du I er temps pendantlequel Je cheval pivote sur le postérieur gauche qui setrouve seul à l'appui.Le postérieur droit a passé en arrière du gauche, inversementà ce qui se serait produit dans le galop ordinaire, et vaprendre son appui ; l'antérieur gauche va se mettre à terre ets'associer avec lui pour manquer le 2 e temps tel qu'il est représentépour l'autre diagonal dans le galop à gauche, sur laplanche suivante.


PLANCHE XIII


GALOP EN ARRIÉRE(2" temps)


PLANCHE XIVIRAN. — Ch. h. — P. S. A". — Par Gigès et Bareine. (Galopen arrière à gauche ; 2 e temps.)Le diagonal droit associé est à l'appui exactement commedans le galop ordinaire, mais il fait effort d'avant en arrièreau lieu d'agir d'arrière en avant. L'antérieur gauche est surle point de prendre son appui pour marquer le 3 e temps,comme dans le galop ordinaire, mais en arrière de l'antérieurdroit, ce qui est l'inverse de ce qui se produit en avançant.


PLANCHE XIV


GALOP EN ARRIERE( 3 = te mps)


PLANCHE XVIRAN. — Ch. h. — P. S. A c . — Par Gigès et Bareine.(Galop en arrière à gauche ; y temps.)L'antérieur gauche est seul à l'appui après que le diagonaldroit a quitté terre. Les postérieurs s'élèvent]pour se porteren arrière.


PLANCHE


GALOP EN ARRIÈRE[Temps de suspension)


PLANCHE XVIIRAN. — Ch. h. — PS. A". — Par Gigès et Bareine. —(Galop en arrière à gauche, temps de suspension.)Le cheval rebondit et ne repose plus sur aucun membre.Le postérieur droit se porte en arrière pour prendre son appuiet marquer le I ER temps de la foulée suivante. L'antérieurgauche vient de quitter terre et s'achemine vers sa positionde la Pl. XIII.Ainsi s'achève une succession de temps exactement sembableà celle du galop en avant : mêmes associations et dissociations,même ordre dans l'exécution des appuis et dessoutiens ; même temps de suspension. Une seule chosediffère; le sens de la détente qui se fait d'avant en arrière etse trouve caractérisée par les positions réciproques des appuisqui se prennent en arrière les uns des autres comme dans lereculer aux autres allures.


PLANCHE XVI


— I oy —pied sont impossibles comme je vais le démontrer ;par suite le mouvement exécuté dans ces conditionsn'est conforme ni aux règles de la locomotion ni àcelles du galop qui est une allure pouvant se prendrede pied ferme et susceptible de changements de pied.J'ai dit que le départ au galop en arrière ne peut sefaire de pied ferme que si le latéral intérieur prend sesappuis en arrière de l'autre : je le prouve. Supposons lecheval arrêté et droit, c'est-à-dire ayant ses deux antérieursd'une part et ses deux postérieurs d'autre part, à lamême hauteur. Pour partir au galop en arrière à droite,le cheval s'enlève sur son postérieur gauche en donnantson effort d'avant en arrière pour reculer la masse et, parsuite, le postérieur droit ne peut prendre son appui qu'enarrière du gauche. Nécessairement cette disposition s econtinue aussi longtemps que l'allure ; nécessairementaussi elle entraîne l'appui d e l'antérieur droit en arrièredu gauche ; on voit donc que le départ de pied ferme àdroite exige que les membres du latéral droit prennentleurs appuis en arrière de ceux du latéral gauche.Il n'est pas plus difficile d e prouver que les changementde pied au galop en arrière ne sont possibles, euxaussi, que si les appuis du latéral intérieur se prennenten arrière de ceux du latéral extérieur. S'il en est autrement,le postérieur gauche, dans le cas du changementde pied de droite à gauche, aurait à se poser en avant dudroit après le changement de l'arrière-main. Pour qu'ilpuisse prendre son appui dans ces conditions, il faudraitqu'alors qu'il est au soutien pendant l'exécution du changementde pied, il reste immobile ou même fasse un mou-


— 108vement d'arrière en avant, c 'est-à-dire en sens inversede la marche, ce qui est contraire à toutes les lois de lalocomotion.Des différents chevaux que j'ai mis au galop en arrière,un seul n'a jamais pu venir à bout de mettre sonlatéral intérieur à l'appui en arrière de l'autre. Ce chevalqui appartient à l'Ecole de cavalerie était défectueuxdans son dessus et douloureux dans ses jarrets : il arrivaitassez facilement à reculer au galop en prenant lesappuis intérieurs en avant des autres, c'est-à-dire en nefaisant que des demi-foulées; mais dès que j'essayaisde le faire sortir de cette allure bâtarde et d'obtenirl'effort nécessaire pour augmenter ses foulées, je retrouvaisle manque de puissance qui se manifestait toutes lesfois qu'un réel effort lui était demandé. C'est qu'eneffet le galop en arrière n'est pas difficile à obtenir d'unemanière incomplète et avec des demi-foulées, laissantles membres à mi-chemin ; il est au contraire peu aiséd'atteindre la dose d'action nécessaire à l'exécution desfoulées entières et bien détachées.Les aides à employer pour obtenir le galop en arrièresont les mêmes que celles par lesquelles on demande unralentissement d'allure sans diminution d'action. Le chevalraccourcit ses foulées jusqu'à e n venir au ga lop surplace ; puis la continuation des aides qui ont amené lesmembres à donner leur détente sur place les conduit àla donner d'avant en arrière. Le galop en arrière ne doitse demander que lorsque le galop sur place s'exécuteaisément et avec légèreté : c'est une première difficultéqu'il est nécessaire de vaincre avant d'en aborder une


CHANGEMENT DE PIED AU GALOPEN ARRIÈRE


PLANCHE XVIIIRAN.— Ch. h. P. S. A 0 .— Par Gigès et Bareine. —(Changement de pied de droite à gauche au galop en arrière.)Bien que le cheval soit au y temps du galop à droite, caractérisépar l'appui unique de l'antérieur droit, les postérieurssont cependant au galop à gauche ainsi que le montre lepostérieur droit qui est plus élevé que le gauche comme aumême temps du galop à gauche. (V. Planche XIV). Cela tientà ce que le changement de pied est en cours d'exécution et sefait exactement comme le changement de pied ordinaire ;c'est-à-dire qu'il commence par les postérieurs et au y temps.Les aides qui le demandent sont les mêmes, comme lemontre la photographie : jambe droite un peu plus en arrièreque la gauche ; rêne gauche d'appui, rêne droite directe ;assiette légèrement à droite.


PLANCHE XVII


— I I I —plus grande. Pour de plus amples explications, je renvoieà ce que j'ai dit dans le Dressage et Emploi du cheval deselle.§ IV. — CHANGEMENTS DE PIE D AU GA LOPEN AR RIÈRE 1Lorsque le cheval, galope en arrière avec toute l'aisanceque donne la légèreté complète, il n'est pas difficilede le faire changer de pied : sa mobilité et son impulsionsont extrêmes, il ne présente aucune résistanceet les appuis se prennent très près les uns des autres.Pour ces différentes raisons, l'inversion des appuis sefait aisément. Il est à remarquer, comme on peut le voirsur la photographie, que le changement de pied enarrière s'exécute exactement suivant les mêmes règlesqu'en avançant, c'est-à-dire qu'il commence au troisièmetemps et par l'arrière-main.Par suite, les aides qui le demandent sont exactementles mêmes que celles du changement de pied ordinaire,sauf que le rapport de leurs intensités est tel qu'ellesmaintiennent le. mouvement d'avant en arrière. La difficultéest d'empêcher les postérieurs de se poser à terreensemble ou de faire un saut de pie, bien qu'on maintiennela rectitude. C'est la justesse du placer et del'assiette et l'à-propos de la demande qui doivent parerà cette faute.I. Voir Planche XVII.


CHAPITRE VMISE AU POINTSous ce titre : Réponse à une critique, je répon dais, ily a deux ans, à M. Fillis, écuyer en chef à l'Ecole decavalerie de Saint-Pétersbourg; il avait fort mal comprismes écrits et m'attribuait des dires qui m'étaientcomplètement étrangers ; je me suis vu dans l'obligationde remettre les choses au point dans la deuxième éditionqui paraissait alors du Dressage et Emploi du cheval deselle.M. Fillis désirait, en outre, que j'exécute devant quelquesécuyers différents airs d'Ecole, sur l'exécution desquelsil émettait des doutes, bien que j'en eusse énoncéles règles. Je n'avais pas de raisons de lui refu ser ceplaisir ; aussi ai-je entrepris le dressage d'un cheval etd'une jument, en vue de lui donner satisfaction. Cedressage, commencé en mars ou avril 1904, a subi, parforce majeure, de longues interruptions, dont une dedeux et une autre de quatre mois, en sorte que je n'aipu le terminer qu'au commencement d'août 1905, peu


I I Z|.de temps avant d'être obligé de quitter l'Ecole decavalerie et d'y abandonner définitivement le s chevauxque j'y avais dressés.Malgré la demande que je leur en ai faite, la plupartdes écuyers désignés par M. Fillis n'ont pas pu se rendreà Saumur pendant le temps qui a séparé le moment oùmes chevaux ont été prêts, de celui où j'ai dû quitterl'Ecole. M. le général L'Hotte, du reste, étaitmort, et M. le général de Bellegarde souffrait déjàde la maladie qui devait l'enlever à l'affection, à lareconnaissance et à l'admiration de tous ceux quil'ont connu. Dans l'impossibilité de montrer meschevaux au jury proposé par M. Fillis et tel qu'ill'avait constitué, je me suis contenté de prier troisécuyers du cadre de l'Ecole, présents à Saumur aumoment de mon départ, de vouloir bien examinerl'exécution des mouvements contestés. Voici commentils en rendent compte :« Les écuyers désignés par M. Fillis pour examiner« le travail des chevaux de M. le capitaine de Saint-« Phalle, n'ayant p as pu se rendre à Saumur en temps« opportun, les officiers soussignés, écuyers à l'Ecole« de cavalerie, les ont remplacés et déclarent avoir vu« M. le capitaine de Saint-Phalle exécuter, de la ma-« niére qu'il a exposée dans son livre, les mouvements« suivants :« i" Galop sur trois jambes sur la ligne droite, sur« deux pistes et sur le cercle, juste et à faux ;


« 2° Galop en arrière ;« 3° A cette allure, des changements de pied bien« caractérisés.« Fait double à Saumur, le 17 août 1905.«. M. DE MAISTRE. A. DE LA BROSSE. LAFONT '.»La Brague, Mars 1906.I. J'ai adres sé un double de cette attestation à M. Fillis pour lui donner leplaisir d'apprendre la réalisation du désir qu'il a énoncé de voir, comme il ledit, juger par mes pairs les mouvements qu'il a désignés. J'espère qu'il ne mesaura pas mauvais gré de ce qu'une impossibilité matérielle m'a empêché dem'en référer au jury qu'il avait constitué. 11 tr ouvera, d'ailleurs, dans lesphotographies qui précèdent, la preuve que les signataires ne se sont pastrompés. Si l'œil peut faire erreur, i l n'en est pas de même de l'objectif,critique sévère quelquefois, mais observateur toujours infaillible.HOURGHS. — TYP. TARDY-l'lGBLHT.

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