français - Forest Peoples Programme

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Edition spéciale sur le genre Juin 2011Les femmes Karen et Hmong jouentplusieurs rôles significatifs : elles s'occupentdu foyer, prennent soin de la famille etpréparent les repas ; elles pêchent, cueillentles plantes et les fruits, recueillent lessemences pour la sélection des plantes et descultures et entretiennent les terres agricoles ;elles cueillent et utilisent les herbesmédicinales et s’approvisionnent en couleursnaturelles pour les teintures. Elles maîtrisentégalement le tissage, la broderie et lafabrication du whisky.Les hommes Karen et Hmong ont acquisdes savoirs considérables concernant lesanimaux sauvages et savent où trouver etcomment récolter les matériaux pour laconstruction des maisons. Les hommes sechargent des tâches comportant des travauxlourds dans les champs, et notamment dubêchage des nouvelles rizières. Par ailleurs,ils construisent les maisons, fabriquent lesinstruments de musique et travaillent lesmétaux.Dans le domaine des pratiques et descérémonies traditionnelles, les femmes sechargent des préparatifs alors que leshommes dirigent les cérémonies dans laforêt. Certains sites cérémoniels sacrés sontinterdits aux femmes. Les femmeseffectuent la plupart des cérémonies à lamaison (par exemple les cérémoniesrelatives à la préparation des aliments). Tantles hommes que les femmes, et en particulierles personnes âgées, jouent un rôleimportant dans la préservation et latransmission des savoirs et de la langue auxenfants dans les centres culturelscommunautaires.Les femmes Hmong et Karen jouent unrôle essentiel dans le processus dedémarcation des terres agricolescommunautaires à l’intérieur de deux parcsnationaux et/ou aux limites de ces parcs, enindiquant avec précision les zones agricoles,alors que les hommes placent des poteauxafin de démarquer physiquement lesfrontières de la communauté.En règle générale, les hommes Karen etHmong participent à des formations etréunions à l’extérieur de la communauté etacquièrent de nouvelles compétences ettechnologies. Les femmes ont la possibilitéde participer, mais cette participation estparfois limitée à cause du manque demaîtrise des langues utilisées ou parcequ'elles ne connaissent pas bien les thèmestraités. Les femmes tendent à passer moinsde temps loin du foyer puisqu’elles doiventse charger des tâches ménagères. Parconséquent, les femmes se sont retirées duprocessus d’établissement de la cartographie,qui implique plusieurs longs déplacements.Les hommes Hmong et Karen participentaux événements externes et sontresponsables du partage de l’informationavec leurs communautés lors de réunions duvillage et des réseaux principaux. Lesfemmes ont leurs propres groupes etréseaux de partage d’informations, desavoirs et de compétences, notamment enmatière de gestion de la biodiversité desjardins, de préparation des aliments etd'élevage des animaux.Il est intéressant de noter que les femmesjouent un rôle prépondérant dans lesnégociations critiques concernant les limitesdes terres ancestrales avec les fonctionnairesgouvernementaux. Selon les Karen et lesHmong, le fait que les femmes soientd’humeur égale profite au dialogue et onconsidère qu'elles possèdent descompétences naturelles pour la résolutiondes conflits.L'élément général clé souligné dans lesétudes de cas des communautés Wapichanet Hmong/Karen était que les femmes et leshommes jouent des rôles différents maiscomplémentaires pour le fonctionnementdurable de leurs communautés.Pour lire les rapports complets(disponibles en anglais seulement) de laGuyane et de la Thaïlande et d’autres étudesde cas réalisées par des peuples autochtoneset des communautés locales du Suriname,du Bangladesh, du Cameroun et duVenezuela sur l’utilisation coutumière desressources biologiques, consulter :forestpeoples.org/topics/conventionbiological-diversitycbd/publication/2010/customary-usebiological-resources-artic5


Edition spéciale sur le genre Juin 20113. Les efforts de plaidoyermènent à une prise encompte accrue des droitsdes femmes autochtonespar la CommissionafricaineLa reconnaissance des droits des peuplesautochtones représente un développementrécent sur le continent africain. Au cours dela dernière décennie, la Commissionafricaine des droits de l’homme et despeuples a accordé une attention accrue auxdroits des peuples autochtones, notammentà travers la création de son Groupe detravail sur les populations/communautésautochtones (WGIP) en 2000. Ceci estprincipalement le résultat des efforts desorganisations de la société civile qui ont faitétat des obstacles auxquels les peuplesautochtones font face dans la jouissance deleurs droits individuels et collectifs, et quiont soumis à l’attention de la Commissionde nombreux cas de violation de ces droits.Jusqu’à une époque récente, l’attentionaccordée aux droits des peuples autochtonesn’était pas toujours accompagnée d’unintérêt spécifique pour les droits des femmesautochtones. Au Cameroun, des effortsconcertés d’organisations de peuples et defemmes autochtones ont incité laCommission africaine à accorder uneattention particulière à la situation desfemmes autochtones dans le pays et, defaçon plus générale, ces efforts ont influencéla définition de normes pertinentes enmatière de droits humains au niveau régional.À travers ces efforts, la Commissionafricaine a fait preuve d’une sensibilitéaccrue face aux droits des femmesautochtones. Parmi les développementsrécents significatifs, la Commission africainea adopté une importante résolution sur lesdroits des femmes autochtones en Afriquelors de sa dernière session d’avril-mai 2011et, lors de cette même session, laRapporteure spéciale sur les droits de lafemme en Afrique a procédé au lancementde la publication Femmes autochtones et lesystème africain des droits de l’homme et des peuples :trousse d'information sur les mécanismes, rédigéepar le Forest Peoples Programme (FPP) encollaboration avec la Rapporteure spéciale.Activités des partenaires au CamerounEn préparation de l’examen du rapportpériodique de l’État du Cameroun par laCommission africaine en mai 2010, leCentre pour l’environnement et leDéveloppement (CED), en collaborationavec des partenaires locaux, a entrepris desconsultations avec les communautés dansl’Est et le Sud du Cameroun en mars 2010.L’objectif de l’étude était de recueillir desinformations sur la situation des femmesautochtones dans les forêts du Camerounafin de mieux guider l'élaboration d'unrapport alternatif pour la Commissionafricaine et de rendre compte de la situationdes femmes et des peuples autochtones dansle pays. De plus, en mars 2010, des femmesautochtones du Cameroun ont également eula possibilité de faire part de leursinquiétudes lors du Forum national sur lesforêts auquel ont participé 11 femmesautochtones.En janvier 2010, en se basant sur leurrapport alternatif soumis au Comité desNations Unies pour l’élimination de ladiscrimination raciale, 1 CED, le RéseauRecherches Actions Concertées Pygmées(RACOPY), et FPP ont inclus les questionssoulevées par les femmes autochtones etleurs communautés lors des consultations età l’occasion du Forum national sur les forêtsdans leur rapport alternatif à la Commissionafricaine. 21 Le rapport, soumis au Comité des Nations Uniespour l’élimination de la discrimination raciale enjanvier 2010, est disponible sur :forestpeoples.org/sites/fpp/files/publication/2010/02/cerdcameroonsubmissionjan10fr.pdf2 Le rapport soumis à la Commission africaine desdroits de l’homme et des peuples en mai 2010 estdisponible au :http://www.forestpeoples.org/fr/topics/african-6


Edition spéciale sur le genre Juin 2011Ces questions portaient notamment sur lesmultiples formes de discriminationauxquelles sont confrontées les femmesautochtones dans la société ; la violation deleurs droits reproductifs ; le manquecroissant d’accès des femmes autochtonesaux soins de santé, à l’eau et aux ressourcestraditionnelles ; et les obstacles se posant àla conduite de leurs activités traditionnelleset génératrices de revenus, qui contribuent àl'insécurité alimentaire, à une marginalisationaccrue et à la pauvreté extrême. Le rapportrecommandait que la Commission exhortel'État du Cameroun à prendre des mesuresconcrètes pour protéger les femmesautochtones doublement marginalisées.Observations finales de la CommissionafricaineLes observations finales 3 ayant suivil’examen du rapport de l’État du Camerouncontiennent un nombre remarquable derecommandations relatives aux droits despeuples autochtones. Beaucoup d’entre ellespeuvent être considérées comme étantfondées sur les informations exposées dansle rapport alternatif soumis à la Commission.Outre le fait de recommander à l’État duCameroun «[d’]harmoniser la législation nationaleavec les normes régionales et internationales sur lesdroits des populations/communautés autochtones »et « [d’]oeuvrer à la prise en compte de leursspécificités culturelles », la Commission africainea également expressément ordonné à l’Étatdu Cameroun de « prendre des mesures spécialespour assurer la protection et la mise en œuvre desdroits des femmes autochtones en raison de leurextrême vulnérabilité et de la discrimination dontelles peuvent être l’objet». Ces recommandationssont des normes juridiques importantes ethuman-rights-system/news/2010/10/lacommission-africaine-preoccupee-par-les-violation3 Les observations et recommandations finalespour le Deuxième rapport périodique de laRépublique du Cameroun, adoptées par laCommission africaine lors de sa 47 ème sessionordinaire en mai 2010, sont disponibles en anglaisau :achpr.org/english/other/Con_Oberservations/Cameroon/3rd_rpt_.pdfreprésentent une étape significative pour lespeuples et les femmes autochtones. Ellespeuvent désormais être utilisées au niveaunational pour la reconnaissance et la mise enœuvre de leurs droits.Développements récents en matière dedroits des femmes autochtonesD’importants développements pour lesfemmes autochtones ont émergé de ladernière session ordinaire de la Commissionafricaine, qui s’est tenue du 25 avril au 13mai 2011 à Banjul, en Gambie. Le 28 avril,la Rapporteure spéciale sur les droits de lafemme en Afrique, la Commissaire SoyataMaïga, a procédé au lancement d’unenouvelle publication intitulée Femmesautochtones et le système africain des droits del’homme et des peuples : trousse d'information sur lesmécanismes réalisée par FPP et ses partenairesen collaboration avec le bureau de laRapporteure spéciale. La Rapporteurespéciale a salué cette publication et l'aqualifiée d'outil important pour lesorganisations de la société civile dans lapromotion et la protection des droits desfemmes autochtones sur le continentafricain. Elle a émis le souhait qu’à traversles éléments fournis dans la troussed’information, les organisations seraient enmesure de mieux comprendre comments’impliquer auprès de la Commissionafricaine et le système africain des droitshumains en général.Un autre important développementayant émergé de cette session fut l’adoptionpar la Commission africaine d’une résolutionsur les droits des femmes autochtones en4Afrique. Pour la première fois, laCommission aborde spécifiquement lesdroits des femmes autochtones dans unerésolution. Se fondant sur les observationsfinales de 2010 de la Commission relativesau Cameroun ainsi que sur plusieurs4 CHPR/Res.183 (XLIX )2011 : Résolution sur laprotection des droits des femmes autochtones enAfrique, disponible au:achpr.org/francais/_info/49eme_%20resolutions_fr.html7


Edition spéciale sur le genre Juin 2011recommandations du Groupe de travail surles populations/communautés autochtonesémises dans plusieurs rapports de visites depays, la résolution confirme l'attentionaccordée désormais par la Commission à lasituation spécifique des femmes autochtones.La résolution reconnaît entre autres le « rôlecrucial que jouent les femmes autochtones dans laconservation et la préservation des ressourcesnaturelles, ainsi que dans le développement et latransmission des connaissances et de la cultureautochtones» et a exhorté les États parties à :« Procéder à la collecte de données désagrégées sur lasituation générale des femmes autochtones; [a]ccorderune attention particulière au statut des femmesautochtones dans leurs pays et à adopter des lois,politiques et programmes spécifiques visant apromouvoir et a protéger tous leurs droits»Elle demande en outre à «tous les autres acteursconcernés, notamment les ONGs et les partenairestechniques et financiers a soutenir les efforts desEtats parties dans la mise en œuvre des politiques etprogrammes destinés aux femmes autochtones»L’attention accrue accordée aux peuples etaux femmes autochtones réaffirme la placede la Commission en tant qu’instanceeffective pour que les femmes autochtonesd’Afrique puissent faire entendre leurs voixet participer aux différents mécanismes dedéveloppement des normes de laCommission.4. Les femmes autochtonesfaçonnent les droits de lafemmeLes voix des femmes autochtones ont répétéà maintes reprises aux gouvernementsnationaux, aux organes des droits del’homme et aux autres instances nationaleset internationales, que leurs droits humainsen tant que femmes doivent être examinésen tant que droits des femmes autochtones.Par conséquent, les femmes autochtones ontappelé les organes et les processus desNations Unies relatifs aux femmes à adopterla Déclaration des Nations Unies sur lesdroits des peuples autochtones « commenorme minimale pour la réalisation et lajouissance des droits par les femmesautochtones » 5 .Cet appel comprend l’affirmation selonlaquelle les objectifs du vaste mouvementdes femmes, notamment pour l’égalité destatut et de salaire, ainsi que pour la pleineparticipation des femmes à la prise dedécision et la prise en compte del’intégration des perspectives de genre,resteront dénués de sens si les inégalitésentre les nations, les races, les classes et lesgenres ne sont pas remises simultanémenten question. 6 Les droits des femmes doiventpar conséquent être compris dans uncontexte économique, social et culturel plusvaste, et les normes appropriées pour traiterdes violations auxquelles sont confrontéesles femmes autochtones doivent tenir5 Rapport du Asian Indigenous Women’s Network(Réseau des femmes autochtones d’Asie) àl’occasion de la 8 ème session de l’Instancepermanente des Nations Unies sur les questionsautochtones du 18 au 29 mai 2009, deuxièmerecommandation.6 Déclaration de Beijing des femmes autochtones,Forum des ONG, Quatrième Conférence mondialedes Nations Unies sur les femmes, Huairou,Beijing, République populaire de Chine, 7septembre 1995, alinéa 16.8


Edition spéciale sur le genre Juin 2011compte de leur statut spécifique de femmeet de personne autochtone. 7Droits des peuples autochtones et droitsdes femmesComme dans d'autres domaines des droitsdes peuples autochtones, les droits à la terreet aux ressources sous-tendent lesinterventions et les déclarations publiquesdes femmes autochtones. Les femmesautochtones ont souligné que les terres et lesressources sont liées à leurs rôles essentielsde gardiennes des savoirs traditionnels enmatière de santé et de médecine par lesplantes, d’utilisation coutumière desressources naturelles, ainsi qu’en matière delangue et de transmission des savoirsautochtones dans toutes les sphères. Lesopérations militaires et le développementd’industries extractives orientent égalementla lutte des femmes autochtones contre laviolence fondée sur le genre, dans lecontexte du déni de leur droit de posséder etde contrôler leurs territoires.Les femmes autochtones ont utilisé lemécanisme de rapport étatique prévu par laConvention internationale sur l'éliminationde toutes les formes de discrimination àl'égard des femmes (ICEDAW) pourdemander réparation pour les défis auxquelselles sont confrontées. 8 Le Comité chargé de7 Voir entre autres : Déclaration de Beijing desfemmes autochtones, Forum des ONG, QuatrièmeConférence mondiale des Nations Unies sur lesfemmes, Huairou, Beijing, République populaire deChine, 7 septembre 1995 ; Déclaration deManukan du Indigenous Women BiodiversityNetwork (Réseau des femmes autochtones pour labiodiversité), Manukan, Sabah, Malaisie, 4-5février 2004 ; Bringing Indigenous Perspective tothe International Arena: An Indigenous Women’sConference (La prise en compte de la perspectiveautochtone sur la scène internationale :conférence des femmes autochtones), Déclarationdu Forum international des femmes autochtones,New York, 27 février 2005.8 Pour une liste des normes adoptées par leCEDAW, voir : Compilation : recommandationsgénérales et observations finales portant sur lesfemmes autochtones, adoptées par le Comité pourl’élimination de la discrimination à l’égard dessuperviser l’ICEDAW s’est généralementmontré réticent, au fil des années, à déclarerdes normes spécifiques claires pour lesfemmes autochtones. Les observationsfinales adoptées par le Comité associent biensouvent les droits des femmes autochtonesaux droits d’autres « groupes vulnérables »,notamment les femmes vivant en milieurural, les minorités et les enfants. Cetteconception des femmes autochtones nie leurrôle en tant que détentrices d'un ensemblespécifique de droits et de responsabilités etfait d’elles des victimes. Cette approche n'aen outre pas permis de fournir aux preneursde décision au niveau national des normesclaires visant à traiter de façon adéquate lesproblèmes auxquels sont confrontées lesfemmes autochtones, et a exclus les droitscollectifs et les droits fonciers liés à leursrevendications. L’une des raisons expliquantcette absence de normes spécifiques est quela structure et l’essence de l’ICEDAWn'englobent pas naturellement les questionsdes femmes autochtones. Les organisationsdes femmes autochtones qui souhaitentutiliser les mécanismes relatifs à laConvention pour promouvoir leurs droitshumains se voient contraintes de reformulerleurs préoccupations dans un cadre quimanque de sensibilité à l'égard de leursituation spécifique en tant que femmesautochtones.Le mouvement dominant pour les droitsdes femmes n’a pas toujours été unpartenaire facile pour la défense des femmesautochtones. Les discours féministes ont engénéral été critiqués par les femmesautochtones comme étant des « mots écritspar des femmes blanches, pour des femmesblanches » 9 . Des préoccupations similairesont été exprimées au sujet du discours desdroits humains en général dans le cadre del'ICEDAW, des objectifs du Millénaire pourle développement et de la Plateforme defemmes (CEDAW) 1993-2010 , Forest PeoplesProgramme, mai 2011.9 Cité dans : Myrna Cunningham, ‘IndigenousWomen’s Visions of an Inclusive Feminism’Development, 2006, 49(1), (55–59) 1011-6370/06,www.sidint.org/development9


Edition spéciale sur le genre Juin 2011Beijing. Néanmoins, certains organes etinstitutions ont reconnu ces difficultés ettentent de les surmonter, comme laCommission de la condition de la femmequi a recommandé la participation effectivedes femmes autochtones au suivi, à la miseen œuvre et à la surveillance des droits desfemmes. 10La demande pour un cadre de protectioninclusif des droits des femmesautochtonesLes mécanismes généraux des droitshumains peuvent être des outils de plaidoyerefficaces pour les droits des peuplesautochtones. Le Comité des Nations Uniespour l’élimination de la discriminationraciale a joué un rôle actif dans l’affirmationde la relation entre les droits fonciers despeuples autochtones et les droits humainsdes femmes autochtones, à travers sesobservations finales ainsi que l’adoptiond'une recommandation générale sur lesaspects de la discrimination raciale liés augenre. 11 La Commission africaine des droitsde l’homme et des peuples a égalementexaminé des questions relatives aux femmesautochtones du point de vue des droits despeuples autochtones, en établissant desnormes spécifiques, d’abord principalement10 « Consciente du profond fossé qui existe entreles femmes autochtones et d’autres groupes et quiaura une incidence défavorable sur la réalisationdes objectifs du Millénaire pour le développement,recommande que les gouvernements, lesorganismes intergouvernementaux, le secteurprivé et la société civile adoptent des mesures quigarantissent la participation pleine et effective desfemmes autochtones à l’application et au suivi duProgramme d’action de Beijing et des objectifs duMillénaire pour le développement ». Les femmesautochtones au-delà de l’examen décennal de laDéclaration et du Programme d’action de BeijingE/CN.6/2005/L.10, Commission de la condition dela femme, quarante-neuvième session, 28 février -11 mars 2005.11 Comité pour l’élimination de la discriminationraciale, Recommandation générale n° 25 : ladimension sexiste de la discrimination raciale :1391 ème séance 20 mars 2000, contenue dans ledocument A/55/18, annexe V.dans le cadre du mandat de son Groupe detravail sur les populations/communautésautochtones (WGIP). Plus récemment, laRapporteure spéciale sur les droits de lafemme en Afrique, qui est égalementmembre du WGIP, a mis en place desprogrammes et des normes spécifiques auxfemmes autochtones.Le Forest Peoples Programme (FPP)soutient ses partenaires dans l’utilisation deces mécanismes de développement denormes en matière de droits humains ainsique d'autres mécanismes, afin que soientreconnues les questions spécifiquesauxquelles font face les femmes autochtones.Au sein de la Commission africaine, unintense travail de plaidoyer d‘organisationsautochtones a mené aux réalisationssuivantes : l’adoption des premièresobservations finales contenant desrecommandations spécifiques sur lesfemmes autochtones 12 ; la mise en évidenceexplicite par la Rapporteure spéciale sur lesdroits de la femme en Afrique du lien directentre les droits des peuples autochtones etles droits des femmes appartenant à cescommunautés 13 ; et l'adoption d'unerésolution sur les droits des femmesautochtones en Afrique par la Commissionafricaine. 14Un rapport préparé par Fuerza deMujeres Wayuu, une organisation12 Les observations et recommandations finalespour le deuxième rapport périodique de laRépublique du Cameroun, adoptées par laCommission africaine lors de sa 47 ème sessionordinaire en mai 2010 sont disponibles en anglaisau :achpr.org/english/other/Con_Oberservations/Cameroon/3rd_rpt_.pdf13 Soyata Maiga, Rapporteure spéciale sur lesdroits de la femme en Afrique dans : « Femmesautochtones et le système africain des droits del’homme et des peuples : trousse d'information surles mécanismes », Avant-propos, Forest PeoplesProgramme, 2011.forestpeoples.org/fr/topics/systeme-africain-desdroits-humains/publication/2011/trousse-dinformation-sur-les-droits-d-014 achpr.org/francais/_info/49eme_%20resolutions_fr.html10


Edition spéciale sur le genre Juin 2011colombienne de femmes autochtones, àl’occasion de la visite de l’Instancepermanente des Nations Unies sur lesquestions autochtones (UNPFII) enColombie en juillet 2010, a mis en exerguedifférents problèmes, notammentl’insécurité du régime foncier, l’impactdisproportionné de l’accaparement desterres sur les femmes autochtones et laviolence sexuelle perpétrée par les forcesmilitaires sur le territoire Wayuu. Suite à savisite en Colombie, l’UNPFII a publié uncommuniqué de presse et un rapport quicontient des recommandations spécifiquesaux femmes Wayuu. 15Des organisations de femmesautochtones d’Asie ont également reçu unsoutien dans l'organisation d'un atelierrégional aux Philippines en novembre 2010.Le rapport de l’atelier souligne encore unefois le rôle central des droits fonciers pourles femmes autochtones en Asie et insistesur la nécessité d’une participation accrue,en connaissance de cause, des femmesautochtones aux mécanismes des droitshumains, y compris aux mécanismes del’ICEDAW. Le Asian Indigenous WomenNetwork (AIWN) (Réseau des femmesautochtones d’Asie) prépare actuellement unguide sur les mécanismes et les normes del’ICEDAW pour les femmes autochtonesd’Asie.À l’occasion de l’examen du rapport deleurs États par le Comité, en octobre 2010 eten juillet 2011, les femmes autochtonesougandaises et népalaises ont saisi cetteopportunité pour soumettre des rapportsalternatifs au Comité de l’ICEDAW. Dansleurs rapports, les femmes Batwa ont15 « The United Nations Permanent Forum onIndigenous Issues concludes visit to Colombia »communiqué de presse de l’UNPFII, 8 septembre2010, disponible en anglais au :un.org/esa/socdev/unpfii/documents/Colombia_press_release_2010.pdf ; Situation des peuplesautochtones menacés d’extinction en Colombie,résumé du rapport et recommandations issues dela mission de l'Instance permanente en Colombie,Instance permanente sur les questionsautochtones, E/C.19/2011/3, 11 février 2011,alinéas 23, 24,26, et 83.souligné la nécessité d’établir un lien entreles violations de leurs droits humains etl’expulsion de leurs peuples de leurs terresancestrales et la dépossession des terres àlaquelle ils sont désormais confrontés. LeComité a pris note « avec préoccupation dela forte marginalisation des femmes batwa »et a exhorté l’Ouganda « à continuerd’intensifier l’exécution de programmes dedéveloppement et de lutte contre la pauvretétenant compte des sexospécificités dans leszones rurales et urbaines et à accorder uneattention particulière aux femmes batwadans l’élaboration de ces programmes ». 16Cette recommandation traitait toutefois decette question du point de vue des droitsindividuels et n’examinait pas la place deleurs droits humains dans le cadre juridiqueplus vaste des droits des peuplesautochtones. Les femmes autochtonesnépalaises soumettront leur rapport auComité de l'ICEDAW ce mois-ci, en faisantdes droits fonciers un élément central deleur soumission, avec l’espoir que cet organedes droits humains adopte desrecommandations claires qu’elles pourrontutiliser pour défendre la pleine réalisation deleurs droits au niveau national.Rapports des femmes autochtones :- rapport alternatif du Cameroun à laCADHP- rapport de Fuerza de MujeresWayuu à l’UNPFII à l’occasion de savisite en Colombie- rapport alternatif relatif au rapportde l’Ouganda au CEDAW- genre et droits fonciers en Asie –rapport d’atelier16 Comité pour l’élimination de la discrimination àl'égard des femmes, Observations finales del’Ouganda, CEDAW/C/UGA/CO/7, 22 octobre 201011


Edition spéciale sur le genre Juin 2011Nouvelles publications du FPP5. Compilation : recommandations générales et observations finales adoptées par le Comité pourl’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) 1993 – 2010Anglais: forestpeoples.org/topics/gender-issues/publication/2011/compilation-general-comments-andconcluding-observations-adoptFrançais: forestpeoples.org/fr/topics/problematiques-de-genre/publication/2011/compilationrecommandations-generales-observations-fEspagnol: forestpeoples.org/es/topics/las-cuestiones-de-genero/publication/2011/recopilacionrecomendaciones-generales-y-observaci6. Lancement d’une trousse d’information sur les droits des femmes autochtones en AfriqueLe lancement d’une nouvelle publication intitulée «Femmes autochtones et le système africain des droits del'homme et des peuples: trousse d'information sur les mécanismes » a eu lieu à la fin du mois d’avril 2011 dans lecadre de la session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à Banjul, Gambie. Cettetrousse d’information a été développée en consultation avec des partenaires qui travaillent avec des organisationsde femmes et peuples autochtones aux niveaux local, régional et international. Elle consiste en une série denotes d’information qui traitent des standards en matière de droits humains des femmes autochtones en Afriqueainsi que des différents mécanismes disponibles pour promouvoir ces droits et assurer leur protection. Latrousse d’information vise à fournir aux ONG et aux organisations de femmes autochtones en Afrique uneressource utile qui leur permettra de guider leur utilisation efficace des différents mécanismes africains de droitshumains. Le lancement de la trousse d’information a été présidé par la Commissaire Maître Soyata Maïga,Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique, qui a aussi contribué à la publication. La trousse estdisponible en ligne en anglais et en français au:Anglais: forestpeoples.org/topics/african-human-rights-system/publication/2011/toolkit-indigenous-women-srights-africaFrançais: forestpeoples.org/fr/topics/systeme-africain-des-droits-humains/publication/2011/trousse-dinformation-sur-les-droits-d-0Prochaines publications du FPP7. Trousse d'information sur les droits des femmes autochtones et le système interaméricain des droitshumains)Dans cette publication à paraître, les mécanismes du système interaméricain des droits humains seront analysésselon une approche centrée sur les droits des femmes autochtones. Des partenaires ont à cette fin tenu uneréunion avec le Forest Peoples Programme en avril 2011 afin de développer cette trousse d'information. Dessessions préliminaires de formation auprès d’organisations de femmes autochtones sont prévues, afin de tester etd'améliorer le matériel de formation avant sa publication finale plus tard cette année.8. AIWN et FPP : Guide CEDAW pour les femmes autochtones d’AsieLe Asian Indigenous Women’s Network (Réseau des femmes autochtones d’Asie) et le Forest Peoples Programmeont réalisé une série de brochures consacrées au cadre de protection des droits humains, aux droits des peuplesautochtones et aux droits des femmes tels que consacrés et protégés dans la Convention sur l’élimination detoutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Les brochures ont été conçues pour traiterspécifiquement des situations des femmes autochtones en Asie et comprennent une compilation détaillée de lajurisprudence existante du CEDAW en matière de femmes autochtones.12

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