MOUVANCE ET DAMNATION - Decitre

static.decitre.fr

MOUVANCE ET DAMNATION - Decitre

MOUVANCE ET DAMNATION


Christian MARTINMouvanceet damnation-Le naufrage de l’âgeÉditions Bénévent


Éditions Bénévent, 2012Envois de manuscrits:Éditions Bénévent – B.P. 4049 – 06301 Nice Cedex 4Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à uneutilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite parquelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, estillicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Codede la propriété intellectuelle.


SOUVENIR D’UN PASSAGEPRÉFACEAu fil des lunes en lettres Majuscules,Enflammer par l’orgueil d’atteindre la hauteur,L’humanité chérie défigure l’auteurDans la nuit de leurs sens souvent minuscules.Avant même la foi, victime d’un pouvoir,Fidèle d’épouser l’étreinte rebelle,Refuse-toi d’aimer d’une main si belleLa survivance que l’ivresse fait mouvoir.Sur les chemins nouveaux qu’entrebâille la vie,Blessé par le silence quelle que soit l’envie,L’apparence d’être s’oublie dans le décor.Au-delà de mes mots je n’épuise ma haineDont le sang à mes yeux irrigué par un corpsNe nourrit le présent d’effacer ma peine.5


A CONTRE-VISAGEVous qui buvez le temps que son trépas retire,Osez combattre un jour le moi qui vous condamne!Les peuples se sont faits où le besoin profaneÀ contre-visage deux cœurs qui s’attirent.Celui qui teint la vie en esclave vendu,Et loin des premiers traits se refuse à l’autre,Effacera son soi où s’épuise le nôtre,Coupable d’un amour honteusement rendu.L’origine ne vit que sous l’œil qui l’outrage,Elle fuit un lendemain unit au long-métrage,Qui seul, à demi-nu, n’éblouit sa raison.Nous ne sommes qu’un point cherchant la virguleÀ contre visage dans la même maison,Qui liée aux regards, à mes mots ne régule.6


À LA SUEUR DE TON ÂMECelui qui du vivant en a changé l’éclat,A su du moins ouvrir en lui l’être suprêmeAvec un feu si pur, qu’il alluma lui-même,Et qui à la sueur, au moi ne fut ingrat.À ces apprêts nouveaux qu’épouse mieux la main,Et les vertus des sens aux grès de son âge,La vive lumière qui l’unit vers l’ouvrageDans l’âme bien trop nul ressuscite l’humain.Sommes-nous un pays, autrefois une terre?Qui du sang des anciens au franc après-guerre,Fit naître sur un sol une valeur sereine?Il naît une raison où coule la misère,D’arracher le rideau, l’insolente reine,Qui aux teints de son cours, en soi fut sévère.8


À L’ÂME CRIMINELLEAvec le sang du cœur et la plume nouvelle,J’entre dans l’univers d’un asile plus sûr,Construit du poids des mots où s’élève un mur,Qui dévoile les temps d’une face plus belle.Lui promet d’asservir un séjour à sa loiQui doit vers l’âge d’or nous ramener les jours,Trouvant l’art d’adoucir aux clartés d’un cours,La façon d’animer le principe d’un soi.Partout où du torrent les forces se répandent,Les pleurs de mes regards à ma vue s’étendentDans le lit des ruisseaux où meurt le mouvement.Par le fer façonné que mon âme surveilleEt se vante aujourd’hui d’en parler librement,Que de siècles perdus sans que rien ne s’éveille.9


À NICEQUI PASSE NE S’EFFACEDans ses bras délaissés j’entrelace le temps,Retenu dans mon cœur, qu’une pensée ombrageD’un être souverain l’éternel ouvrageIncrusté à chérir l’inflexion d’un printemps.J’éponge du regard si loin de sa naissanceTous les arts différents à semer la lumière,Imprimée sur la face d’une ville côtière,Fidèle à son passé d’en fleurir sa puissance.Au-delà de ce monde, il naît un changement,Il ne fit qu’avancer où se meurt l’ornement,Ensevelis, hélas! Dans un repos courtois.Rajeunis-moi encor la poésie des lieuxQui me retient la main à ce feu d’autrefois,À sa marche fidèle j’en étoffe mes yeux.10


À NOS ÂGES MANQUÉSLorsqu’en des yeux ouverts le temps conçoit l’automne,Le cœur comme à regret fleurit le fond de cale,Image lentement un linge nu et pâleÀ l’an qui pour moi seul ne fut que monotone.Éternisant un manque à mes mots dans l’histoire,Déchirée lentement où s’invite la rage,Quelquefois le besoin d’en tourner une page,N’offre à mon désir un passé en mémoire.Je ne dois oublier au grand bleu des délices,Que les âges manqués des plus douces malices,À ma gloire perdue, apaiserait l’outrage.Il n’est plus temps d’ajuster les flottantes envies,Disparues à mes yeux victimes d’un naufrage,Fidèle, à un passé d’équilibres sans vies.11


AU CŒUR DES MOTS, UN MAL S’IMPOSEÀ traîner ta patrie au gré de ton caprice,L’ampérage des mots dévoile ta racineAux saintes paroles que ton parlé calcine,Ouvertement au jour, d’une voix séductrice.Sur une ancre appuyée qui fait parler d’elle,S’exprimer librement ne doit point contenirSur la portée vivante, un droit d’y soutenirL’enfer fratricide que la haine rappelle.Le pain de tes cercueils facilite l’orage,Triste folie des ans, abonnés à la rage,Qui, suivant sa folie, voile la lumière.Né d’un sang qui jamais dans un cœur se mélange,Dans le sombre nuage offrant la matière,Trouve comme ami un vent qui dérange.12


AIME LÈVE TOISoumis à tous les vœux qui ne pourront s’éteindre,La mort n’épargnera un courage inutileÀ mes justes désirs d’une vie tranquille,À qui j’avais pour moi vanté le droit d’atteindre.Il me faut essayer un excès de colère,L’arrachant à mon moi sans mesure et sans fin,Que d’un instant qui fuit à gagner son destinDans son aveuglement à mépriser misère.J’ai ri de la menace au nom de cet amour,À suivre son exemple où fléchira le jour,Celui qui m’a séduit à ma juste valeur.Aime, lève-toi achever ton ouvrage!Et si de tant d’amour tu peux être ma fleur,Le bouquet sur terre suffit au mariage.13


AIMONS-NOUS LE CŒUR DANS L’AUTRELe globe est un exil et un trop dur complice,La couleur nous divise la parole et l’image,Et vivre sans aimer les fruits du premier âge,L’humanité fuyante impose le supplice.En toi seul est la vie, elle en grossit le cours,De nos divisions, croyantes et culturelles,Aux vols poétisés de simples tourterelles,La mort entre nos mains efface les discours.La défunte douceur que la tendresse anime,Regorge et s’admire dans un songe anonymeDont le feu modéré ressuscite l’ivresse.Levez-vous et vivez, passer donc la première,Une ombre réveillée au siècle nous agresse!Libère son silence du poids de sa lumière.14


AU BLEU DE MES RÊVES UN SOMMET À MON CŒURJe n’ai pu résonner à mon cœur favorableLe temps d’un renouveau en des flots de clarté,Et de ses longs combats, l’insolente fiertéDevant mon oasis au vent fut déplorable.Si j’avais à répondre à mes tristes larmes,Et qui au grès des maux sont lues à travers moi,L’infortune saveur reconnaissant l’émoi,Ne put selon le fait me conduire aux charmes.Nous espérons toujours le fruit des paysages,L’étoffe qui pensait dans le bleu de nos âges,Nous rime au présent la teinte des bonjours.Pourquoi pour un désir nous rendre misérable?De tant de biens promis à partager nos jours,Le rêve serait-il un bien plus tolérable?15


AU CŒUR D’AVANTÀ son premier séjour l’humain s’est égaré,Et dans ce faible corps s’éteint son avenir,De tout bien qui périt, j’en cherche le souvenirSoumis à l’univers d’un silence comparé.En être éclairé tristement je la visSur ses degrés sanglants d’un feu inévitable,Qu’un jour à peine clos ne fût que déplorableSur notre bulle bleue où se meurt la survie.Le vent a dévoré le présent dans les larmesAvant même la peur sous le poids des armes,D’un soleil rapide et maître des hauteurs.N’ose plus aujourd’hui avec un cœur avideOù la mort prend naissance et cherche les auteurs,Soulager ton esprit où s’engouffre le vide.16


AU CŒUR DES LARMES ET DES REGARDS PARLANTSÀ l’abri de ses maux noyés dans les larmes,S’écoule deux mille ans d’aucune éternité,Ne mêlant dans l’orage de son intimitéLes flots d’un âge pur neutralisant les armes.L’humilité du cœur sur le fruit de nos yeux,Égare sa lumière dans l’ombre de son âmeSoulevant dans ses feux une vivante flammeTraversant tous les temps d’ombrages délicieux.Dans l’égoïsme étroit, la vertu dans le vice,La raison humaine enchaîne l’édificeDans la haine d’aimer le fruit des libertés.Nous mangeons dans les pleurs le pardon dans l’offense,La clarté dans la nuit cherchant les véritésD’unir à ses desseins la meilleure défense.17


AU CŒUR DES TAUPESAmis entends-tu le vent chaud des haleines!Plus tranquille et plus froid sous un épais manteau,L’âme a froissé son temps à peindre son tableauÀ la couleur du feu coulant dans ses veines.Elle me chante la paix dans sa main meurtrière,Suit de près un auteur dont le nom n’a d’étage,Mais contre l’infamie n’admet point le partage,Objet tout à la fois d’amour et de lumière.Elle-même s’offre aux yeux qui lui sont libresDe tout bien qui périt aux plaisirs d’équilibres,Sitôt que son orgueil flamboie la vanité.Dans un cœur tout à elle la vie seule sort du rang,Elle précède la mort de son obscuritéQuand elle appelle heureux ceux qui donnent leur sang.18


AU CŒUR DES VERTUS NOS MŒURS SE VOILENTCachée sous des toiles, aux vues des lendemains,Un sang verdoie son Dieu au sein de sa couleur,Impose dans l’ombre le jour de la douleur,Qui au feu du silence, féconde à pleines mains.Au gré d’un avenir qu’impose ma conscience,Les mots couverts de vents qui pleurent les erreurs,Répandues sur ma peine d’y voir que des horreurs,N’offre à mon regard les voix d’une science.Coup d’œil déterminé sur nos traces futures,Où s’effeuille le blanc, privé de boutures,Les promesses du ciel, chanteront liberté.Le soleil qui nous frappe et nous couvre la face,Sacrifiant notre croix, au nom de sa fierté,Connaîtra dans la peur, la gloire de ma race.19


AU MOMENT PRÉSENTQuelle moisson de vie dont son nom est l’ouvrage,Porte jusqu’à l’amour sa noble lumièreDans le sein du moment d’une vie tout entière,Prisonnière d’un feu flamboyant l’outrage?Nous creusons les fossés et le fruit de nos veilles,Dans un temps, qu’à des jours plus unit aux désirsDe l’humaine vertu oubliée des plaisirs,D’illuminer un corps honorant les merveilles.D’une face plus belle qui fleurit la nature,Le cœur apprend aussi à cacher la boutureÀ nos mœurs instables que l’esprit propose.L’énigme souhaitable d’un saint emportement,Arrosée par la peur que le mal compose,Perdit de tout son fruit ce grand évènement.20


AU NOM DE LA RIMEPercevoir la couleur dans l’espace des mots,D’une main courageuse qui me prête son lien,Je vais où le vent n’admet l’aimable citoyenDans la clarté douteuse des jours inégaux.Mes yeux cent fois ont cru au maintien de ta voie,Interprète du cœur aux premiers feux venusDans ce vaste séjour que l’être mit à nuSous un nouveau regard égal à sa loi.Que la simplicité s’élève dans les airs,Honorable pensée au milieu des éclairsQui note chaque corps écrasé sous ses pleurs.Celui qui par la rime peut seul tout unirDans l’orgueil d’une vie un vent et une fleur,Aux clartés du soleil le vrai reste à venir.21


AUX AMIS VERDOYANTSAux sens que je conçois sans l’avoir oublié,Sort un être nouveau dissipant le nuageSur le tendre gazon où s’élève son âge,Celui qui du regard se retrouve lié.Où la bise venue chérit les sentiments,À ses yeux comme aux miens se figure un bonheur,Un vœu qui dans la vie apporte la douceurDans un corps dont les mots se plient aux mouvements.Trouvant l’art d’adoucir nos chemins et nos jours,L’âme des fondements au gré de nos bonjoursÉblouit la façon où coulent les ruisseaux.Qui partage son cœur en n’y possédant rien,Devant son oasis le fruit renaît des eaux,Et content des rayons s’étoffe d’un doux lien.22


AUX PIEDS DES GRÈVESQuand un réformateur impose sa manière,L’âge aux premiers feux défragmente la mer,Refaçonne le temps sur un ton très amerOù la vague d’état contrefait la lumière.L’écume à tes mots, messagère du vent,Foule à pied un cours où défile sa tête,Montre à un peuple que rien ne l’arrêteD’effacer haut et fort ce qui blesse souvent.Parfois le langage plus froid que la glace,Dans un défoulement ne mérite sa place,Sa colère ténébreuse défigure la cause.Au chevet des valeurs une foule argumente!La raison méritée ne parle point de pauseAu jour uni aux droits, qui seul s’alimente.23

More magazines by this user
Similar magazines