LA CIVILISATION FRANÇAISE

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LA CIVILISATION FRANÇAISE

smet aucun message, elle n'a aucune signification: la vie des vieuxn'a aucun sens, elle est vide comme sont vides les chaises. Il n'y arien. C'est l'absurde. Ne pouvant totalement rester à l'écart du bouillonnementpolitique et social qui caractérise la France et le monde àla fin des années cinquante, Ionesco s'engage sur une voie nouvelleoù précisément le social et le politique sont intégrés à l'univers théâtral.Il crée une pièce qui se distingue des précédentes par la présenced'un thème actuel: le processus de la nazification de la Roumanieau cours des années 37 et 38. C'est Rhinocéros. La pièce reposesur l'expérience vécue par l'auteur vingt ans plus tôt à Bucarest:il avait vu un nombre croissant de ses relations adhérer au mouvementfasciste. Comme atteints par un virus, les uns après les autresadoptaient l'idéologie du fascisme. Ceux qui voulaient résister au virusdevaient fuir ou lutter. Ce virus, dans la pièce, c'est la rhynocérite,qui va transformer peu à peu en rhinocéros tous les habitants dela petite ville où Bérenger - le héros principal de la pièce - mène lavie d'un modeste employé de bureau. Il est le dernier à mesurer ledanger du virus, il lui opposera par la suite une révolte, un dégoûtinstinctifs. La pièce se termine par ses paroles: « Je suis le dernierdes hommes. Je ne capitule pas ». C'est une des rares pièces deIonesco où la fin est optimiste.Un autre représentant non moins illustre du théâtre de l'absurdeest Beckett qui fait son entrée avec En attendant Godot. Lapièce relate deux journées de la vie de deux clochards, Vladimir etEstragon. Au cours de la première, les deux compagnons attendentsur une route à la campagne, près d'un arbre, un certain Godot avecqui ils croient avoir rendez-vous. Ce n'est pas Godot qui arrive maisPozzo et Lucky, le maître et son esclave, l'un tirant l'autre par unecorde. Un garçon, envoyé par Godot, vient annoncer aux deux clochardsque Godot « ne viendra pas ce soir mais sûrement demain ».Brusquement la nuit tombe, la lune se lève. Cette première journéed'attente est terminée. La seconde, qui constitue le second acte, sedéroule de la même façon: « Qu'est-ce qu'on fait maintenant? - Onattend Godot ». Pozzo et Lucky reviennent, usés et malades. Le maîtreest devenu aveugle, l'esclave muet. Ils font un petit tour et s'en- 261 -

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