Natation : Championnats du Canada - Fédération Française de ...

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Natation : Championnats du Canada - Fédération Française de ...

8BrèvesÀ lire9> Agnel épate PellerinYannick Agnel n’en finit plus desurprendre son coach FabricePellerin. Après des championnatsde France convaincants à Saint-Raphaël et un Open EDF tonitruant,le Niçois de 18 ans a signé desEuro juniors bluffant, notammentsur 400 m nage libre (titre et recordde France). « Qu’est-ce que je peuxdire... C’était une course qu’ilm’intéressait de le voir nager. Iln’en avait jamais vraiment disputéde véritable cette saison, pas entout cas avec la même implicationqu’il avait pu mettre sur 200 m oumême sur 100 m, Yannick avaitcontourné l’épreuve », a commentéun Fabrice Pellerin radieux.> Nager pour survivreAu Québec, le ministère de l’Éducationpourrait rendre obligatoireun programme d’initiation à lanatation dans toutes les écoles dela province. Il ne s’agirait pas decours classiques, mais d’un« programme d’évaluation de troishabiletés de base en natation » quipermettrait d’informer les parentsdu niveau de compétence de leurenfant. La baignade est l’activité laplus populaire chez les jeunesCanadiens de 5 à 12 ans. Pourtant,60 % d’entre eux n’ont jamais suivide cours de natation.> Maîtres : Kostadinov en liceà GöteborgL’ancienne nageuse synchro del’équipe de France TzevetomiraKostadinov est officiellementengagée pour les championnats dumonde de natation synchroniséequi se disputeront à Göteborg(Suède, 27 juillet au 7 août). Lajeune athlète de 23 ans, licenciée àChenôve Natation, sera confrontéeà 41 concurrentes dans sa catégoried’âge.> Phelps donne du sienL’Américain est un homme occupé,mais qui ne compte pas ses heurespour sa discipline. Il a récemmentpassé une après-midi en compagnied’élèves de sa ville d’origine,Baltimore, pour leur apprendre àsurmonter la peur de l’eau. Uneangoisse qu’il a lui-même dûaffronter à ses débuts : « Beaucoupde gens ont peur de l’eau, maissurpasser cette peur peut sauverla vie de quelqu’un. Moi-même,lorsque j’ai commencé à nager, àl’âge de sept ans, j’étais terrifié àl’idée de mettre la tête sous l’eau.J’ai donc appris à nager sur le dos ».Une info, une annonce,des questions ou desremarques ?Faites-en nous part surnatmag@ffnatation.fr> Le Chiffre du mois2 649 788AGENDA14-26 aoûtNat’ course & plongeon :Jeux Olympiques de laJeunesse, Singapour (SIN)28-29 aoûtNat’ course : Coupe deFrance des régions denatation estivale,Sanvignes-les-Mines(Saône-et-Loire)1 er -6 septembrePlongeon : Championnatsdu monde juniors, Tucson(États-Unis)4 septembreEau libre : Étape 34 de laCoupe de France 2010,Seilhac/Tulle (Corrèze)5 septembreEau libre : Étape 35 de laCoupe de France 2010,Toulouse (Haute-Garonne)Soit le nombre de litres d’eau que contient la plusgrande piscine des Etats-Unis ! Située au BiltmoreHotel, à Miami, cette piscine en forme de cœurs’étend sur 2 137 m². Il n’en fallait pas moins pourêtre « the place to be » depuis sa création en 1926.Du duc de Windsor au président Roosevelt, enpassant par le mythique Al Capone qui en avait faitson lieu de villégiature privilégié, nombreuses sontles célébrités à avoir trempé un orteil dans cetteincroyable étendue aquatique, théâtre de fêtesmondaines et de défilés de mode réputés. Mais c’estaussi dans la piscine que le show se produisait :plus de 3 000 personnes s’y rendaient chaqueweek-end pour assister à des galas de natationsynchronisée, à des épreuves de plongeon (d’uneplateforme de 25 mètres) ou à de sanguinairescombats d’alligators. C’est également au bord decette piscine que Johnny Weissmuller fit sespremières armes en tant que maître-nageur !10-12 septembreNat’ course : Premièreétape de la Coupe du monde2010, Rio de Janeiro (Brésil)11 septembreEau libre : Étape 36 de laCoupe de France 2010,Libourne (Gironde)Eau libre : Étape 37 de laCoupe de France 2010,Roquebrune-Cap-Martin(Alpes-Maritimes)12 septembreEau libre : Étape 38 de laCoupe de France 2010,Roquebrune-Cap-Martin(Alpes-Maritimes)16-19 septembreMaîtres : Coupe du monde,Changshu (Chine)1 er -3 octobreFFN : Séminaire descorrespondantsinformatiques et du collectifextraNat, Paris12-13 octobreNat’ course : Deuxièmeétape de la Coupe du monde2010, Pékin (CHN)16-17 octobreNat’ course : Troisièmeétape de la Coupe du monde2010, Singapour (SIN)20-21 octobreNat’ course : Quatrièmeétape de la Coupe du monde2010, Tokyo (Japon)30-31 octobreNat’ course : Cinquièmeétape de la Coupe du monde2010, Berlin (Allemagne)Et aussi...>BALLETS NAUTIQUESEric LahmyFédération Française de Natation255 pagesCoup de CoeurGYM AQUATIQUEEric Profit & Patrick LopezÉditions Amphora Sports (www.ed-amphora.fr)Je pratique la musculationGilbert BohbotÉditions Amphora Sports (www.ed-amphora.fr)320 pages, 23,80 €Petit mais costaud ! Ne vous fiez pas aux mensurations de cet ouvrage,c’est du lourd que vous avez entre les mains ! Dans « Je pratique lamusculation » vous saurez tout sur les biceps, dorsaux, pectoraux etautres abdominaux qui accaparent l’esprit de la gente masculine etmobilisent leur motivation une à deux fois par semaine. Mais outrel’effet de mode, bien réel, il est intéressant de suivre les fichespratiques de Gilbert Bohbot, diplômé d’Etat depuis plus de vingt ans etprofesseur de culture physique. On retiendra également les nombreuxconseils nutritionnels de l’auteur, ses exercices de cardio-training etde stretching qui complètent le livre. Non content de sculpter votrecorps, vous apprendrez aussi à en prendre soin au quotidien.En France, la natation synchronisée n’est pas le sport le plus médiatique. C’est un tort ! Car physiquement,les naïades des bassins n’ont rien à envier aux triathlètes et autres adeptes des efforts de l’extrême. Quant àl’aspect esthétique, il n’y a qu’à regarder pour savourer. Il convient donc de saluer à sa juste valeur l’ouvragedu journaliste et écrivain Eric Lahmy qui dresse en 255 pages un panorama complet de la discipline deVirginie Dedieu, triple championne du monde du solo (2003, 2005 et 2007).BÉBÉS NAGEURSClaudie PansuFédération Française de Natation (www.ffnatation.fr) et Éditions Amphora Sports (www.ed-amphora.fr)168 pages, 21 €Depuis plusieurs années, l’activité des bébés nageurs a le vent en poupe. De plus en plus de parentss’intéressent au sujet, sans trouver parfois les réponses ou les conseils adaptés. Avec le livre « Bébésnageurs », ils frappent à la bonne porte ! Claudie Pansu a participé, dès le départ, à la grande aventure del’activité en France. Elle a souhaité faire partager son expérience dans cet ouvrage publié en mars 2009 parla Fédération Française de Natation et les éditions Amphora.C’est quoi la gym aquatique ? Aujourd’hui, on parle plus volontiers d’aquagym, mais les deux termesrecouvrent finalement le même sens. Ok, mais concrètement, c’est quoi la gym aquatique ? Le meilleurmoyen de perdre du poids, d’affiner sa ligne et de dynamiser son organisme. Peu importe donc le jargonou l’expression, seul le résultat compte. Et si vous respectez les conseils d’Eric Profit et Patrick Lopez, lesprogrès seront rapides. N’attendez plus, agitez-vous !Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


12ActuLe Groupe 3ipropulse vos actionsde communicationAlain Bernarda fait le bonheurdes enfantsparisiensen disputantavec eux un 50 mnage libre lorsde la Nuitde l’Eau 2010.(Ph. DPPI/Vincent Curutchet)> REGIE PUBLICITAIRE> IMPRESSION> ROUTAGENotre philosophieLa polyvalence dans la chaîne graphique.Nos promesses :Vous faire bénéficier d’une prestation globalede vos imprimés, de la conception au routageen passant par l’impression et la régiepublicitaire.Le jour se lèvesur la Nuit de l’Eau> EVENEMENTIEL“L’édition 2010de la Nuit del’Eau a permisde récolter145 000 eurosau profit del’Unicef. Desdons qui doiventfavoriser l’accèsdes enfantsdu Togo à l’eaupotable.”Rémy et son frère en sont déjà àleur cinquième passage. Celafait plus d’une heure qu’ilss’ébrouent sur l’aire de jeu aquatiqueinstallée dans la piscine GeorgeVallerey. Les maîtres-nageurs sontattentifs. Ils ne savent plus vraimentoù donner de la tête, car outre les enfantsil leur faut également superviserles initiations des parents et curieuxqui s’essaient à la monopalme. Cen’est que tard dans la nuit que l’atmosphèrese détend. Les visiteurs sontpartis, les maîtres-nageurs peuventsouffler. Heureusement pour eux, laNuit de l’Eau n’a lieu qu’une fois paran ! Et pour cette troisième édition,organisée le samedi 20 mars par laFédération Française de Natation etl’Unicef, tous les indices sont au vert.En trois ans, l’opération de promotiondes activités aquatiques et de mobilisationcitoyenne a réussi un joli tourde force : s’implanter dans le paysagenational, convaincre les passionnésde natation et séduire les familles.Au total, ils ont été plus de 54 000 àprofiter de l’opération sur l’ensembledu territoire national. Sur le planfinancier, puisque la Nuit de l’Eaureste un événement caritatif, près de145 000 euros ont été récoltés au profitde l’Unicef. Une collecte record, supérieureaux objectifs initiaux (130 000euros) et aux dons de l’année 2009(99 000 euros), qui profitera comme en2009 aux enfants du Togo. Au petit jeudes comparaisons on notera que leshabitants de Colomiers se sont montrésles plus généreux avec 4 850 euros.l’US Colomiers synchronisée devancel’Aquatique Club Amboisien (4 700euros) et les quatre structures marseillaise(Marseille Dolfin, PlongeonNatation Marseille, Nage 10 et leCSMM qui récoltent 4 100 euros). Deslauréats récompensés pour leur investissementet leur générosité. Surle plan régional, c’est la région PACAqui décroche la palme avec 19 000euros de dons, contre 18 000 pourl’Île-de-France et 11 000 euros pour larégion Rhône-Alpes.Les retombées médiatiques constituentsans nul doute un autre point de satisfaction.La Nuit de l’Eau a générécette année 627 articles de presseécrite. Vingt-huit passages audiovisuelsont également été recensés,pour un total de vingt-deux minutesd’antenne. C’est un fait, l’événementa séduit le grand public, les médias etles peoples. Plusieurs stars ont, eneffet, répondu présent. Laurent Baffie,Paul Belmondo, Denis Brogniart,Patrice Laffont, Nelson Montfort, PascalSellem, Estelle Denis, Thierry Rey ouRaphaël Mezrahi ont accepté de prêterleur image. A leurs côtés, la fédérationa pu s’appuyer sur plusieurs de ses illustreschampions : Roxana Maracineanu,Stephan Caron, Catherine Plewinski,Franck Esposito, Virginie Dedieu etMalia Metella. Enfin, le présidentFrancis Luyce a eu l’opportunitéd’accueillir sur le site pilote l’ambassadeurdu Togo, Nory Krutchen,président de la Ligue Européenne deNatation, et Jacques Pelissard, présidentde l’Association des Maires deFrance. La règle des trois « P » estrespectée : séduire des passionnés,des personnalités et des peoples •A. C.La Nuit de l’Eauen chiffres• 145 000 euros de dons• 54 000 visiteurs• 193 clubs FFN participants• 175 sites• 627 articles de presse écrite• 28 passages audiovisuels• 829 euros de collecte enmoyenne par site• 4 850 euros de dons récoltés àColomiers• 19 000 euros récoltés en régionPACA> CONSEIL ETCOMMUNICATIONNotre philosophieAborder la communication danssa globalité, quelque soit lesecteur d’activité,le type de structure ou le support.Nos promesses :Vous accompagner sur la mise enplace et le renouvellement de vosprojets de communication.Notre philosophieEtre un lien entre lescompétences et les passions.Nos promesses :Vous faire bénéficier d’un réseauet d’une expérience acquisdepuis 30 ans.Mettre au service de vosévènements les compétencesadaptées allant de la réflexionstratégique à la mise en œuvreopérationnelle.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120GROUPE 3i • 156, Chaussée Pierre Curie 59200 Tourcoing • Tél.: 03 20 94 40 62 • Fax.: 03 20 94 42 83 • contact@groupe3i.fr


14Actu15(Ph. D. R.)(Ph. D. R.)Tony Austin a profitédes championnatsde France àSaint-Raphaël pourlancer son siteswimwall.com.Depuis, le succès estau rendez-vous avecpas moins de5 à 6 000 visiteurspar jour.Sur swimwall.com,le public américainpeut découvrir lesperformances desnageurs européens.Jusqu’à présent, lesfans de Phelps etconsorts lorgnaientprincipalement versl’Australie, principalrival sur la scènemondiale.Swimwall, blog aquatiqueLes Américains sont friands de natation. Ils sontaussi la première puissance mondiale dans cedomaine. Voilà pourquoi, ces derniers n’ont pasmanqué une miette des championnats de Franceà Saint-Raphaël (13-18 avril). Moins de dix minutesaprès les demi-finales du 100 m, les sites internetspécialisés publiaient des articles détaillant lesprestations des sprinters tricolores. « Quand lessprinters français lâchent les chevaux, la planètenatation tremble », pouvait-on ainsi lire sur lesite swimwall.com. Nouveau venu dans la galaxiedes blogs consacrés à la natation, l’interface deTony Austin a rapidement conquis une largeaudience. Entretien avec un nageur assidu et unpassionné de nouvelles technologies.Qui se cache derrière swimwall ?Un nageur de 52 ans, qui a décidé deparler de natation. Je ne suis pas unprofessionnel dans l’eau, c’est unepassion et un moyen de m’échapperde mon quotidien.Et comment en arrive-t-on à lancerson site de natation ?Il y a cinq ans, j’ai commencé à tenirun blog pour mon club de natation.Avec près de 1 500 lecteurs dès lespremières semaines, j’ai poursuivil’expérience et je me suis mis à parlerdes maillots, des lunettes, des compétitionsaméricaines... Rapidement,la mayonnaise a pris et le nombre delecteurs est monté à 5 000 par semaine.Pour éviter de parler de ma petitepersonne, je me suis mis à commenterles résultats et les performances desnageurs étrangers. Lorsque LaureManaudou a effacé le record dumonde de Janet Evans sur 400 m nagelibre en mai 2006, les Américains ontdécouvert qu’il y avait aussi des nageursen Europe ! J’ai alors publiéquelques papiers sur les Français, et jeme suis intéressé aux têtes d’afficheseuropéennes. Et, une fois encore, leslecteurs ont suivi. Les médias américainsne parlent jamais des Français,“Le sprint est aujourd’huiune véritable spécialitétricolore, avecAlain Bernard, FrederickBousquet, Amaury Leveauxet le jeune Yannick Agnel.”et depuis quelques temps, ce sont mespréférés. Le sprint est aujourd’hui unevéritable spécialité tricolore, avecAlain Bernard, Frederick Bousquet,Amaury Leveaux et le jeune YannickAgnel.Qui sont tes lecteurs ?En général, ils sont bien plus au courantet plus au fait des choses de la natationque moi ! Mais je suis satisfait car jeparviens néanmoins à faire « découvrir» la natation européenne auxAméricains.Quelle est l’audience de swimwall ?Depuis deux ans, mon audience estpratiquement égale à celle de swimnews.com,soit 5 à 6 000 visiteurs parjour.Et de quelle manière glanes-tu desinfos sur les nageurs européens ?Grâce à mes contacts en France etdans le reste de l’Europe. En avrildernier par exemple, j’ai pu suivre leschampionnats de France de l’intérieur.J’ai d’ailleurs lancé le site à cette occasion.Les retours ont été excellents.Je mets l’accent sur des photos dequalité et un suivi précis des compétitions! Le site devrait atteindre savitesse de croisière pendant l’été.Pour le moment, je rôde les équipes.Et quels seront les prochains« directs » de swimwall ?Cet été, je vais suivre les Pan Pacifiqueset les championnats américains, oùj’aurai d’ailleurs trois photographes surplace. Je devrais également couvrir leschampionnats d’Europe à Budapest. Jetravaille avec des gens qui font des photosavec leur âme, c’est souvent bienplus intéressant que les photographesd’agence qui mitraillent à tout va.As-tu prévu un dispositif pour lesMondiaux à Shanghai en 2011 et lesJO de Londres en 2012 ?Pour les championnats du monde etles Jeux Olympiques, je suis en trainde monter des équipes de reporterset de photographes, mais les accréditationsne sont pas simples à obtenir.C’est cependant en très bonne voie !Quelles sont les principales difficultésauxquelles tu es confronté ?En natation, les informations sontsouvent régionales, et donc fragmentées.Il serait plus simple d’imaginerun site divisé en autant de pays acteursde la discipline. Chaque nationorganise des championnats nationaux,à l’issue desquels sont publiésdes classements chronométriques.C’est une chose, mais je ne souhaitepas que cela soit le seul facteur decomparaison. Il me semble importantd’évoquer également les « à côtés ».A Saint Raphaël, par exemple, il y aeu beaucoup de débats autour descritères de sélection pour les Euro.Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Legagnant est selectionné. C’est pratiquementla seule condition. Je nesuis pas un donneur de leçons, maisne serait-il pas intéressant de compareret d’expliquer ces systèmes ?Swimwall est-il rentable ?Pour l’heure, ce n’est pas ma préoccupation.Sur le blog, je n’accepte aucunepublicité, pas de cadeaux desmarques ! Certains n’aiment pas monindépendance, mais c’est comme celaque j’aime écrire. En ce moment, plusieursaffaires judiciaires impliquantdes entraîneurs américains ont éclatéaux USA. J’en parle, les autres sitesnon. De nombreuses chaînes de télévisionm’appellent pour comprendrece qui se passe.Et d’où te vient cette passion débordantepour la natation ?J’ai commencé à nager et à surfer dèsmon plus jeune âge. Pour améliorermon surf, j’ai été plus sérieux à lapiscine. Cela m’a permis de surferles vagues les plus difficiles de la côteCalifornienne. Aujourd’hui, je surfetoujours, mais la natation a mesfaveurs. Je n‘ai jamais été un supernageur, mes entraîneurs n’étaientpas spécialement fiers de moi. Je nenageais pas assez vite selon eux.Pendant mes deux années de HighSchool, j’avais un seul objectif : battreau moins une personne. Lors de madernière course, j’ai touché le mur enseptième position! J’étais si heureux,comme Michael Phelps lorsqu’il aempoché sa huitième médaille d’orsur 100 m papillon aux JO de Pékin. Cesentiment m’a beaucoup plu, depuis jem’attache à battre mes chronos, et ànager de mieux en mieux •Recueilli par William Curtis“Je suis satisfaitcar je parviens àfaire « découvrir »la natationeuropéenne auxAméricains.”Natation Magazine | Août 2010 | N° 120 Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


16ActuNat’ course17(Ph. DPPI/Guido Cantini)Quizz :Êtes-vousEuro ?Faites vos jeux sur Internet !“Il étaitpréférable deprotéger lesconsommateursfrançais et defaire en sortequ’ils puissentjouer surdes sitestransparents.(Jean-FrançoisVilotte)”Attention, sujet délicat et hautementpolémique… Pendant lespériodes de compétitions ultramédiatisées,les pronostics vont bontrain entre collègues, au fond des barset même au sein des cercles familiaux.Mais certains passionnés vont plusloin qu’une simple discussion un peuhouleuse sur le futur vainqueur detelle ou telle compétition, ils parient.Et depuis le mardi 8 juin, ils peuventle faire sur la Toile. En effet, trois joursavant le coup d’envoi de la Coupe dumonde de football en Afrique du Sud,les paris en ligne ont officiellementété ouverts à la concurrence en Francepour les compétitions sportives et lescourses hippiques. L‘Autorité de régulationdes jeux en ligne (ARJEL) a délivré17 premiers agréments à 11 opérateurs,mettant fin au monopole de laFrançaise des Jeux et du PMU (Parimutuel urbain).Officiellement, l‘objectif vise à offrir un« cadre sécurisé » et « protecteur »aux parieurs, indique le président del’ARJEL Jean-François Vilotte. « Il étaitpréférable de protéger les consommateursfrançais et de faire en sortequ’ils puissent jouer sur des sitestransparents », a-t-il dit. « Le partipris » consiste à faire basculer uneoffre « illégale » de paris en lignedéjà existante dans un « cadre réguléet contrôlé ». Si l’intention est louable,il semble peu probable que les millionsde parieurs français se rabattentsur les sites tricolores pour respecterles nouvelles règles juridiques. Autreproblématique : toutes les disciplinesseront-elles logées à la même enseigne? Là aussi, il serait naïf decroire que la natation, la gymnastiqueou le tennis de table, par exemple,récoltent les mêmes gains que le footroi, le tennis ou les courses hippiques.Loin de nous la prétention de lever levoile sur ces interrogations majeures.Alors quoi ? Alors à Natation Magazineon souhaitait simplement vous indiquerqu’il est possible de parier sur lesprincipales épreuves de natation et dewater-polo aux Jeux Olympiques,championnats du monde et d’Europe.Une nouveauté ? Pas vraiment, maisdésormais les joueurs français peuventpronostiquer leurs vainqueurssur des sites « made inFrance », dans un cadrejuridique précis. Tantmieux, on respire. Etconcrètement, commentça marche ?Chaque jour, plusieurssites proposentdes paris : qui va gagnerla médaille d’or du 200 m nage libreaux championnats d’Europe deBudapest ? Une question suivie de lamention « Paris valides seulement siPaul Biedermann nage ». Autant direque les paris sont ouverts, mais queles sites ne sont pas prêts à perdre del’argent. En effet, l’Allemand Biedermann,tombeur de Michael Phelpsaux championnats du monde à Romel’été dernier, est sans conteste legrand favori du 200 m nage libre desEuro 2010. S’il nage, il y a donc defortes probabilités qu’il empoche l’or.Dans le cas contraire, l’incertitude esttrop grande, donc les paris fluctuantset la rentabilité moindre. On le savait,tout ça n’est qu’une vaste fumisterie,une simple histoire d’argent sansréels enjeux sportifs •Adrien CadotLe saviez-vous ?Le secteur des jeux sur Internet représente, selondes estimations rapportées par l’ARJEL,entre 3 et 3,5 milliards par an d’euros de misespour deux à trois millions de joueursen France.(Ph. Fotolia)Laure Manaudou sur le podium des championnats d’Europe à Budapest, en juillet2006. Quatre ans après, l’équipe de France retrouve la capitale hongroise pourde nouvelles aventures que l’on espère aussi fructueuses.1 - Combien de nageurs Français sont qualifiés pour les championnatsd’Europe à Budapest ?A - 28B - 30C - 322 - Où se sont disputés les derniers championnats d’Europe en2008 ?A - RotterdamB - EindhovenC - Amsterdam3 - Qui sont les deux sprinters français engagés sur le 100 m nagelibre des Euro ?A – Alain Bernard & William MeynardB – Alain Bernard & Fabien GilotC – Frédérick Bousquet & Fabien Gilot4 - En 2006, Budapest a déjà accueilli les championnats d’Europe.Combien de médailles, toutes disciplines confondues, lesBleus avaient-ils empoché ?A – 15B - 17C – 185 - En quelle année les championnats d’Europe de natation ont-ilsvu le jour ?A - 1932B - 1926C - 19286 - Depuis la création des Euro, quelle est la nation la plusrécompensée ?A – La RussieB – La FranceC – L’Allemagne7 - Le relais 4x100 m nage libre tricolore a déjà remporté l’orcontinental. En quelle année ?A - 1962B - 1974C - 19898 - En août prochain, sur quelle épreuve individuelle YannickAgnel est-il engagé ?A – 100 m nage libreB – 200 m nage libreC – 400 m nage libre9 - Combien de titres étaient tombés dans l’escarcelle de LaureManaudou lors des Euro 2006 ?A - CinqB - TroisC - Quatre10 - Lors de l’édition 2008 des championnats d’Europe Alain Bernards’est illustré en améliorant plusieurs records du monde, dontcelui du 50 m nage libre. A combien l’avait-il porté ?A – 21’’50B – 21’’64C – 21’’55Réponses : 1. C ; 2. B ; 3. A ; 4. 18 (15 en natation course et 3 en eau libre) ; 5. B ; 6. C (avec 566 médailles, l’Allemagne devance la Russie, 269 breloques, et les Pays-Bas,160 médailles. La France recense, elle, 118 récompenses) ; 7. A (Gropaiz, Christophe, Curtillet et Gottvalles s’impose à Leipzig en 3’43’’70) ; 8. C (bien qu’il ait amélioréle record de France du 200 m nage libre aux championnats nationaux de Saint-Raphaël, Yannick Agnel n’a pas réussi les minima en séries de la spécialité) ; 9. C (en2006 Laure Manaudou s’était imposée sur 400, 800 m nage libre, 100 m dos et 200 m 4 nages) ; 10. A.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120 Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


18Rencontre19« Autrechose quela natationpure »Depuis plusieurs années maintenant, un étrangephénomène pousse des nageurs à tenterl’aventure du triathlon. Une reconversionséduisante mais pas toujours simple à opérer.Pas de quoi en tout cas inquiéter Jessica Harrison,double championne de France 2009 et 2010 de laspécialité. Née en Angleterre en 1977, naturaliséeFrançaise en 2006, la triathlète de Poissy estaujourd’hui l’une des références féminines de ladiscipline. Nous l’avons rencontré pour qu’ellelève le voile sur l’un des sports les plus exigeantsde la planète.JessicaHarrisonNée le 21 octobre 1977A Sheffield(Grande-Bretagne)Naturalisée françaiseen 2006Taille : 1 m 70Entraîneur : StéphanieGrosClub : Poissy TriathlonFormation : diplômede traductrice(français-anglais).Licence de sciencedu sport (un peucomme STAPS)Palmarès : Championnede France2009 à Belfort, 2010 àCharleville-Mézières ;neuvième auclassement final des« World championshipsseries » en 2009 ;Douzième aux JeuxOlympiques de Pékin.Le triathlon est une combinaison detrois sports. Quelle a été votre premièrediscipline ?Mon premier sport, c’est la natation.Je pense que j’avais cinq ans quandj’ai commencé la natation en club. Jeme souviens d’être allée assez jeuneà la piscine. Mon père a dû nousapprendre à nager avec mon frèrequand nous avions 3 ou 4 ans. Dansmon club, on avait un entraîneur unpeu « old school », capable de te fairesortir de l’eau pour faire 10 pompes situ ratais un exercice. Mais tout lemonde l’adorait.Et à quel âge avez-vous débuté letriathlon ?J’ai commencé la course à pied à onzeans. C’est aussi l’âge de mon premiertriathlon. Le vélo, j’en ai toujours fait.Quand j’avais six ans, avec mon frèreet mon père, nous avons pris nos sacs,nos petits vélos avec trois vitesses eton a fait 150 kilomètres pour rallier lacôte sud de l’Angleterre. Je me rendscompte que faire autant de kilomètresà cet âge là en deux jours et demi çafait une petite distance. Je me disdonc que j’étais faite pour le triathlon.Fan de natation depuis son jeune âge, Jessica Harrison suit avec attention les résultats desnageurs tricolores. En 2008, aux JO de Pékin, elle était même allée encourager les Françaisau « Water Cube ».“Il y a des filles qui serendent compte qu’ellessont de bonnes nageusesmais qu’elles ne sortirontjamais du lot. Si en pluselles ne sont pas tropmauvaises en vélo et encourse à pied, il n’est pasétonnant de les voirs’essayer au triathlon.”Quelle est la discipline que vouspréférez ?Ça peut changer d’une semaine àl’autre. Ce que j’aime vraiment c’estla natation en eau vive. Les entraînementsen mer ou en lac sont plussympathiques que de compter lescarreaux à la piscine. En revanche,c’est vrai que la natation, pour lesgens bavards, comme moi, c’est unpeu compliqué (sourire).Et quel est votre point fort ?Je pense que je suis une bonne nageusepar rapport aux autres athlètes.Actuellement, je suis deuxième auclassement des nageuses sur le« World Championships Series ». Envélo je n’ai pas de problèmes. C’est lacourse à pied qui me demande le plusgros investissement.Est-ce qu’on peut être une triathlèteperformante si on a pour talond’Achille la natation ?L’actuelle numéro 1 mondiale n’estpas spécialement une nageuse. Maiselle est assez maline pour s’en sortiren eau vive. La natation c’est quandmême assez tactique. Après, si tu nenages vraiment pas bien, c’est sûrque tu pars avec un désavantage.(Adidas)De plus en plus de nageuses s’essaientau triathlon, à l’image notamment deHayley Peirsol (petite sœur dudossiste américain Aaron Peirsol,Ndlr). Comment expliquez-vous cephénomène ?Peirsol, ce n’est pas n’importe qui. Jepense que c’est la troisième fille àpasser sous les 16 minutes sur 1 500mètres. Elle a fait des podiums dansde grandes compétitions, c’est uneexcellente nageuse. Il y a aussi desfilles qui se rendent compte qu’ellessont de bonnes nageuses mais qu’ellesne sortiront jamais du lot. Si en pluselles ne sont pas trop mauvaises envélo et en course à pied, il n’est pasétonnant de les voir s’essayer autriathlon. C’était un peu mon cas. Parpragmatisme, j’ai décidé de découvrirautre chose que la natation pure. Celadit, même si Peirsol est capable demettre une minute à tout le monde ennatation, elle pêche ensuite en véloet en course. Pour le moment elle aplus un gabarit de nageuse que detriathlète.En moyenne, vous nagez combien dekilomètres par semaine ?Par semaine, ça tourne entre 25 et 30kilomètres. On étale les entraînementssur cinq séances. Grosso modo, onnage 5 à 6 kilomètres par séance.Quel regard portiez-vous sur lapolémique des combinaisons qui aagité la natation mondiale en 2009 ?Pour les athlètes, cela a dû être déstabilisant.Si tu as un sponsor et qu’ilne suit pas forcément les évolutionstechnologiques tu es lésé. Cette situationdevait être très stressante pourles nageurs. C’est comme si on te disaitqu’il faut que tu roules sur un vélo quipèse dix kilos parce que c’est tonsponsor, alors que la copine d’à côtéévolue elle sur une machine poidsplume.Existe-t-il des restrictions en triathlon ?On utilise des combinaisons en néoprènequi ne doivent pas faire plus decinq millimètres d’épaisseur. On dittoujours que les combinaisons néoprènenivellent les performances desnageurs. Quand l’épreuve de natationse déroule sans combinaisons onremarque bien que les écarts entreles meilleurs nageurs et les nageursmédiocres sont plus importants.Quelle est la différence entre undépart de triathlon et sa fameuse« boîte à claques » et un départ denatation course ?Par rapport à un 1 500 m nage libreen piscine, la gestion de l’effort n’estpas du tout linéaire. En triathlon, ilJessica Harrison n’est pas surprise de voir de nombreuses nageuses s’essayer au triathlon. Si elles surclassent leurs rivalesen natation, elles doivent néanmoins se soumettre à un intense travail pour rivaliser en vélo et course à pied.faut partir très vite. Il y a beaucoup defilles qui même si elles ne vont pasnager à un rythme soutenu sur 1 500 m,ont les capacités de partir vite pendant100 mètres. A l’entraînement on fait desséances de cinquante mètres tactiquespour préparer ces départs.Et suivez-vous l’actualité de lanatation ?Oui, bien sûr. Les nageurs sont debeaux athlètes, c’est toujours agréableà suivre. C’est vraiment un sport où tudois rechercher sans cesse la perfection.J’étais allée au « Water Cube »lors des JO de Pékin en 2008 et jetrouve qu’Alain Bernard a fait fort.C’est difficile d’appréhender une compétitionoù tu es le favori et d’assurercomme il l’a fait.La prochaine olympiade aura lieu àLondres, capitale de votre pays natal.Que préfères-tu ?Qu’est-ce que ça représente pourvous ?D’un côté, ce sont les Jeux Olympiques,alors, que ce soit à Paris, à Pékin ou àLondres, peu importe. Et de l’autreque les Jeux aient lieu à Londres, c’estgénial. Ça me fait plaisir parce que mafamille et mes amis vont pouvoir venir.Il faudra que je fasse abstraction ducontexte pour gérer au mieux macourse.D’un point de vue extra-sportif, quelsquartiers conseilleriez-vous auxFrançais qui se rendront à Londresen 2012 ?Pour bouger le soir, j’aime beaucoupSoho. Sinon, pour le shopping, NealStreet, juste à côté de Covent Garden.La ville de Londres est sympathique.Il faut savoir que les musées en Angleterresont gratuits, alors allez faireun tour à la Tate Modern •Recueilli par Justine CochinLondres ou Paris ? New YorkTower Bridge ou la Tour Eiffel ? Je ne suis jamais alléeà Tower Bridge alors je vais dire la Tour EiffelUn jambon-beurre ou un fish and chips ? Fish and chipsLes Galleries Lafayette ou Harrod’s? Ni l’un, ni l’autreThé ou café ? CaféSherlock Holmes ou Maigret ? Miss MarpleBéret ou melon ? PanamaMusique anglaise ou française ? Musique anglophone !J’écoute Bob Dylan, Gossip, La Roux, The DoorsPetit-déjeuner anglais ou français ? Le petit-déj’anglais avec ses baked beansLa Marseillaise ou le God Save the Queen ? Je préfèreLa Marseillaise. L’air est plus entraînant(Ph. J. R. Gauthier)“Je suis allée au« Water Cube »lors des JO dePékin en 2008 etje trouve qu’AlainBernard a faitfort. C’est difficiled’appréhenderune compétitionoù tu es le favoriet d’assurercomme il l’a fait.”Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


20Interview21« Sans stresset sanspression »Ce n’est un secret pourpersonne : une carrièresportive est faite de hauts etde bas. Les plus grandschampions entrent d’ailleursdans l’histoire autant pourleurs victoires que pour leurséchecs. Ainsi, tout le mondese souvient des coups detête rageurs de ZinédineZidane en finale de la coupedu monde 1998. Maispersonne n’a oublié nonplus celle tout aussi violenteassénée à l’Italien Materazzien 2006. Hugues Duboscqn’a jamais agressé personne.Son sport ne s’y prête pas.Sa personnalité non plus.Mais le Havrais a lui aussiconnu des défaillances,notamment en 2006 auxchampionnats d’Europe deBudapest. Grandissimefavori du 100 m brasse,après deux médailles debronze mondiales en 2004 et2005, le Français se rate enfinale et termine sixième.Quatre ans après, alors qu’ils’apprête à retrouver lacapitale hongroise, Hugues aaccepté de revenir sur la plusretentissante défaillance desa carrière.C’est sans stress et sans angoisse que Hugues Duboscq va retrouver Budapest cet été. En 2006,le Havrais, grand favori du 100 m brasse, avait échoué au sixième rang de la finale européenne.Comment vas-tu vivre ce retour àBudapest ?Sans stress et sans pression, si cen’est celle de donner le meilleur demoi-même. Je connais les lieux, lespièges aussi...C’est-à-dire ?Si je me souviens bien, en 2006 il fallaitsans cesse marcher, prendre desnavettes. On perd facilement dutemps et de l’énergie dans ce genrede situation. En plus, je débutais toutjuste la préparation mentale à cetteépoque. Je manquais encore de reculsur les événements. Aujourd’hui, j’arriveà prendre de la distance, à nuancermes réactions.Les Euro 2006 restent-ils comme lepire souvenir de ta carrière ? Commentdéfinirais-tu cette expérience ?J’ai eu une grosse frustration, maispas tellement sportive, plutôt culturelle.Dans mon souvenir, Budapestse résume à une piscine, une île et unhôtel. Je n’ai rien vu, rien découvert.J’ai vraiment regretté de ne pas mebalader dans la ville. Cette année,j’espère corriger le tir et prendre unedemi-journée pour visiter un peuBudapest. Mais c’est facile à dire car j’aiplus d’expérience. En 2006, je rentraisà l’hôtel et je restais dans ma chambresans me poser de questions.Ton entraîneur, Christos Paparrodopoulos,a récemment confié qu’il avaitpleuré après la finale du 100 m brasseen 2006. Comment, de ton côté, as-tuvécu cette contre-performance ?Je ne savais pas pour Christos (silence...).(Ph. DPPI/Julien Crosnier)(Ph. DPPI/Stéphane Kempinaire)Un an après les Mondiaux de Rome où Hugues Duboscq avait décroché l’argent du 100 m brasse,sa distance de prédilection, place aux Euro de Budapest. En Hongrie le Normand tentera d’effacerla désillusion de 2006.Pour ma part, ça n’a pas été difficile.Sur le moment il y a de la frustration,un peu de colère aussi, mais j’ai toujoursveillé à ne pas tout confondre.Cela reste du sport, et que du sport.Pour Christos c’est différent, il esttellement investi.En 2006, cinq mois avant les championnatsd’Europe, tu avais participé àun stage de trois semaines au Japonavec Kosuke Kitajima. Cette expériencea-t-elle contribué selon toi à tacontre-performance estivale ?C’est vrai que c’était une année bizarre.D’habitude, en février, je réalisais ungros travail foncier pour le reste de lasaison et notamment pour les compétitionsphares de l’été. Au Japon, j’aisurtout travaillé la technique. J’aimême bouleversé tous les repères, sibien que quand je suis rentré j’étais unpeu perdu. L’entraîneur de Kitajimam’avait pourtant prévenu que j’étais làpour observer et m’imprégner, maisqu’en aucune façon il ne révolutionneraitma technique de nage. De retouren France, je me suis concentré surdes détails, en négligeant la synchronisationbras-jambes, déterminantepour la brasse.Autre élément perturbateur à l’approchedes Euro 2006 : la presse.Très vite, tous les médias ont fait detoi le grand favori du 100 m brasse.La pression était-elle trop lourde àsupporter ?Beaucoup de gens m’ont effectivementmis la médaille autour du couavant la finale. Les médias, c’est leurjob, mais mon entourage proche m’aégalement induit dans cette voie.“Beaucoup de gens m’onteffectivement mis lamédaille autour du couavant la finale. Les médias,c’est leur job, mais monentourage proche m’aégalement induit dans cettevoie. Presque tout le mondeme répétait : « C’est dansla poche ».”Presque tout le monde me répétait :« C’est dans la poche ». Difficile, dansces conditions, d’aborder sereinementune compétition.Avec le recul, de quelle manière expliques-tucette contre-performance ?D’abord, ma nage n’était pas en place.Techniquement je ne suis pas au top etmentalement j’étais dans la rébellion.Ce n’est pas dans mon tempéramentde débarquer sur une compétition enconquérant. J’ai besoin de construiremes victoires, de les vivre et de lessentir arriver petit à petit. Inconsciemment,peut-être que j’ai sabotémes championnats d’Europe... Je nesais pas.Pourtant, jusqu’à la finale du 100 mbrasse, ton parcours est plutôt maîtrisé...(Il coupe) Ça allait, mais c’était quandmême laborieux. Je tâtonnais techniquement.Et puis il y avait ce statut defavori. Ce n’est pas simple à assumer.Aujourd’hui c’est plus simple, maisl’expérience est passée par là (rires...).L’échec est toujours difficileà accepter. Ce sont des capsà franchir, mais aujourd’huije suis effectivementpersuadé que cetteexpérience m’a étégrandement utile. Elle m’aappris à relativiser,à savourer les victoires età évacuer les revers.“”Pas d’appréhension particulière doncà l’idée de retrouver Budapest ?Non, aucune. Vraiment aucune... Entretemps, j’ai remporté des médailles debronze aux Jeux Olympiques de Pékinen 2008 et l’argent du 100 m brasseaux Mondiaux de Rome l’an passé. Cen’est pas comme si j’étais en quête deréhabilitation. Là, je suis concentré surl’échéance hongroise, mais je prends durecul. Je sais que l’objectif ce sont lesJeux Olympiques de Londres en 2012.Et puis, outre l’expérience des médaillesinternationales, tu as aussiconnu une « traversée du désert » en2006 et 2007. Ces deux saisons mitigéeste servent-elles aujourd’hui ?Oh que oui ! Après les Euro à Budapestje n’ai rien changé dans mon entraînement.Ce n’est vraiment qu’à l’issuedes championnats du monde deMelbourne en 2007 que j’ai décidé detout remettre à plat. Avec Christos ettout le staff du CN Havrais nous avonsépluché ma technique, ma préparationmentale et tous les paramètresde la performance.A t’entendre, on a le sentiment quel’échec de 2006 t’a été utile. C’estaussi le discours que tu tenais auxEuro d’Eindhoven en 2008 lorsque turenoues avec les podiums internationaux.L’échec est toujours difficile à accepter.Ce sont des caps à franchir, mais aujourd’huije suis effectivement persuadéque cette expérience m’a été grandementutile. Elle m’a appris à relativiser,à savourer les victoires et à évacuer lesrevers. Humainement j’ai grandi aucours de cette année 2006. Je ne le savaiscertainement pas à l’époque, maisavec le recul c’est évident ! Avant, toutfonctionnait pour moi. J’ai eu des titresen junior, puis une médaille de bronzeaux JO d’Athènes en senior. En 2005,aux Mondiaux de Montréal, je décrochede nouveau le bronze sur 100 m brasse.Je n’avais tout simplement pas rencontrél’échec. Or, cela fait partie intégranted’une carrière, et même de la vie •Recueilli par Adrien Cadot« Mister Zen »On dit souvent que lacélébrité isole, que lesuccès enferme et rendparano... Peut-être, maispas sûr. En tout cas, lessuccès d’Hugues Duboscqne l’ont pas transformé.Pas de grossetête, ni de melon. Pasde dédain et encoremoins de poses « people». Le Havrais estresté fidèle à luimême,à son tempéramentzen, à sa soifde rencontres etd’échanges. Pourtant,avec trois médaillesolympiques de bronze,une breloque d’argentaux Mondiaux de Rome,des titres en petit bassinet des podiums enveux-tu en voilà sur lascène nationale, leNormand aurait pu sela jouer, se la raconterou se la péter, au choix.« Ce n’est pas monstyle », corrige immédiatementle brun ténébreux.« Je ne meprends vraiment pas latête. Il ne faut quandmême pas oublier queça reste du sport. Jedonne le maximum, jesuis sérieux, mais si çane passe pas, si je merate, tant pis. Je feraismieux la fois d’après. »Et n’allez pas croirequ’un revers déstabilisele plus grand brasseurde la natation tricolore.L’élève de ChristosPaparrodopoulos n’oubliejamais de serrer unemain, de dire merci et aurevoir. C’est bien, agréable,et suffisammentrare pour le souligner.A. C.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


22Nat’ course23Rome, juillet 2009 :les Bleus font la soupe à lagrimace. Un an aprèsla déception olympique,Bousquet, Gilot, Mallet etBernard laissent échapperl’or et l’argent pourarracher le bronze. Cet été,à Budapest, les Bleusauront une nouvelle chancede décrocher la lune.Ils le méritent(Ph. DPPI/Julien Crosnier)(Ph. DPPI/Julien Crosnier)Bien qu’il ne soit pasqualifié en individuel surle 100 m des Euro, FabienGilot entend mener lerelais 4x100 m tricoloreà la victoire.Peu de gens le savent, mais le relais4x100 m nage libre tricolore adéjà conquis l’or continental. Ehoui, c’était en 1962, il y a quarante-huitans, aux championnats d’Europe deLeipzig, en Allemagne. A l’époque, lessprinters Gropaiz, Christophe, Curtilletet Gottvalles empochaient le titre en3’43’’70, devant la Grande-Bretagneet la Suède. Depuis, les Français ontrégulièrement brillé sur la scène européenne.En 1989, la bande à StephanCaron décroche l’argent en 3’19’’73. En2000, 2004 et 2006, les Bleus récidiventavec le bronze.Le bilan est plutôt satisfaisant et ilpourrait encore s’étoffer aux Euro deBudapest où les Français seront favoris.Difficile, en effet, de ne pas l’êtrequand on compte dans ses rangs lechampion olympique de l’épreuvereine, Alain Bernard, le médaillé debronze mondial de l’aller-retour, FredBousquet, le champion de France FabienGilot et le prometteur Yannick Agnel.Sur le papier, les Bleus ont les argumentspour effacer les déceptions de2008 et 2009. Car aux Jeux de Pékin,les hors-bords tricolores ont raté lesacre olympique pour huit centièmesface à l’armada américaine de MichaelPhelps. Et que dire des Mondiaux deRome en 2009. En Italie, Bernard etconsorts échouent sur la troisièmemarche du podium, devancés par lesnageurs de l’Oncle Sam et un quatuorrusse sorti du bois dans les derniers100 mètres. Et pour être honnête, on“En 1962, lors deschampionnats d’Europe deLeipzig, les sprintersfrançais Gropaiz,Christophe, Curtillet etGottvalles empochent letitre continental du 4x100 mnage libre en 3’43’’70.”n’avait pas misé un rouble sur le relaisrusse. Non pas que les compatriotesd’Andreï Grechin n’aient pas d’argumentsà faire-valoir, mais leur puissancede feu ne semblait en riencomparable à celle des Français, desAméricains ou des Sud-Africains.Et en l’absence de ces-derniers, lesRusses constitueront bien l’obstacleprincipal des Bleus aux Euro deBudapest. Et cette fois, pas questionde se faire surprendre. Il est temps deconcrétiser l’exceptionnel potentieldu sprint tricolore. Après plusieurssaisons de domination, les Bleus leméritent. Pour cela, les mousquetairesfrançais devront s’employer pour contenirles assauts de Lagunov, Grechin,Izotov, 19 ans et champion du mondejunior du 100 m en 2007, et Sukhorukov.Il faudra aussi se méfier des Italiens,et dans une moindre mesure desSuédois et des Néerlandais, mais lessprinters russes auront certainementà cœur de confirmer leur prestationromaine. Reste alors aux Bleus à nepas s’enflammer, à garder la têtefroide et à puiser dans les douloureusesexpériences de 2008 et 2009pour offrir enfin la consécration à cerelais 4x100 m nage libre et à cette générationqui n’attend plus que l’or pourendosser l’appellation « dorée » •Adrien CadotSix Bleus en mission• Alain BernardCN Antibes – 1 m 96/88 kgRecord perso : 46’’94 (*)Record 2010 : 48’’32• Frédérick BousquetCN Marseille – 1 m 88/86 kgRecord perso : 47’’15 (*)Record 2010 : 49’’34• Fabien GilotCN Marseille – 1 m 93/82 kgRecord perso : 47’’73 (*)Record 2010 : 48’’52• William MeynardCN Marseille – 1 m 92/81 kgRecord perso : 47’’77 (*)Record 2010 : 48’’79• Yannick AgnelON Nice – 2 m 01/80 kgRecord perso : 48’’83Record 2010 : 48’’80• Boris SteimetzCN Antibes – 1 m 90/82 kgRecord perso : 48’’96Record 2010 : 49’’29(*) Chronos réalisés en combinaison.«Gagner avec le relais »Plutôt que de conspuer le sort, Fabien Gilot a choisi de nager. C’est dans l’eau qu’il noiesa déception de ne pas disputer le 100 m nage libre aux Euro de Budapest.Cela ne l’empêche pas de briller et de rêver à l’or continental avec le relais 4x100 m.Fabien, quel bilan tirez-vous de votredernière compétition, l’Open EDF denatation (26-27 juin) ?Cela a été très satisfaisant. J’ai réussi àcontrôler mes courses sur 50 et 100 mnage libre… Oui, je suis vraimentcontent d’avoir maîtrisé mon sujet,c’est encourageant pour la suite.Seulement encourageant ? A l’OpenEDF, sur 100 m, vous avez tout demême dominé Michael Phelps, CesarCielo, William Meynard et YannickAgnel. Même si Alain Bernard etFred Bousquet n’étaient pas au départde la finale, c’est tout de mêmeune sacrée référence.C’est vrai, mais ne comptez pas sur moipour m’emballer ! Phelps n’est pas ungrand spécialiste du 100 m. Il peut ledevenir, mais pour l’heure il prenddes repères. Quant aux autres, ilsétaient tous dans des états de fraîcheurdifférents. La victoire est importantecar elle me permet de travaillersereinement. Surtout, cela me permetde m’affirmer et d’emmagasiner del’expérience.Depuis plusieurs saisons, vous donnezl’impression de progresser pas àpas, à votre rythme. Craignez-vousde brûler des étapes ?Non, mais j’ai toujours eu besoin decontrôler ma progression. Sur 100 mnage libre, les nageurs du top 10mondial sont physiquement trèsproches. La différence se fait mentalementet tactiquement. Or dans cesdomaines, j’ai eu besoin de travaillerpour m’affirmer. Aujourd’hui, aprèsbeaucoup d’efforts et de sacrifices, jeme rends compte que je commence àmaîtriser mon sujet. Mais franchement,ça n’a pas été simple tous lesjours (sourire)…Il y a eu des périodes difficiles ?Oui et c’est normal. Mais dans lesmoments durs, j’ai toujours eu lachance de gagner des titres avec lerelais. Je n’ai jamais eu de creux dansma carrière !Aux championnats d’Europe àBudapest, vous nagerez le 50 m et le4x100 m, mais pas le 100 m nagelibre. Avez-vous fait le deuil de votrenon participation à l’épreuve reinedes Euro ?Oui, la page est tournée. De toutefaçon, cela ne sert à rien de ressasser.J’ai commis une erreur aux championnatsde France à Saint-Raphaël(13-18 avril), cela ne se reproduiraplus ! Maintenant, je suis concentrésur les Euro. Je vais prendre lescourses les unes après les autres eton verra comment cela se passe.Et quelles seront vos ambitions enHongrie ?A chaque compétition, mon objectifest le même : être le meilleur ! Je suisun compétiteur, ce que j’aime c’estmonter sur le plot et me confronter àl’élite. A Budapest, je veux gagneravec le relais. Les Russes seront là,mais on a des arguments à leur opposer.J’ai envie de lancer le relais 4x100 met de nager 48’’00. Je m’en sens capableet je vais le demander ! •Recueilli par A. C.“Dans les momentsdurs, j’ai toujourseu la chance degagner des titresavec le relais.Je n’ai jamais eude creux dansma carrière !”Natation Magazine | Août 2010 | N° 120 Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


26Nat’ course27C’est au lendemain deschampionnats de France àSaint-Raphaël en 2007qu’Alain Bernard et soncoach Denis Auguin ontdécidé de s’entourer deprofessionnelsdu marketing.Un choix judicieux qui apréservé le championolympique d’uneexposition mal contrôlée.«Un grand champion,mais aussi un mec génial»Au sein de la confrérie desnageurs de haut niveautricolores, Alain Bernardest l’un des rares à s’êtreentouré de professionnelsdu marketing. Son agent,Robert Leroux, a bien voulunous en dire un peu plussur la nature de leurcollaboration.Depuis quand travaillez-vous avecAlain Bernard ?Après les championnats de France àSaint-Raphaël en 2007, et son tempsde 48’’12 (3e meilleure performancemondiale de tous les temps àl’époque, Ndlr), Alain s’est rendu comptequ’il était nécessaire de s’entourerpour gérer son image. Ma rencontreavec Alain Bernard s’est donc faitecette année là, par le biais de nosconnaissances communes. Son entraîneurDenis Auguin nageait avecmon frère Patrick, Franck Esposito etRoland Tabariès. C’est ce que j’appellela « Team Bernard ». Elle existedepuis septembre 2007 et j’en suis unpeu la pièce rapportée.Qu’est-ce qui vous plaît dans cettecollaboration ?J’aime le fait que ce soit une aventurehumaine. Mais aussi, en tant qu’anciensportif, que ce soit du sport de hautniveau. De plus, je travaille avec desgens que je connaissais bien et quej’apprécie. Pour résumer, je joinsl’utile à l’agréable ! Si je ne connaissaispas Alain, au fil du temps, je peuxdire que je suis tombé sous le charme.“Lorsqu’une marquenous contacte pour uneproposition de partenariat,ce qui compte avant tout,c’est que leur démarchecorresponde à nos valeurs.”C’est quelqu’un qui m’a séduit, désormaisje le perçois comme un grandchampion mais aussi comme un mecgénial. Il y a un partage et une confiancequi se sont installés, cela rend notrecollaboration saine et sereine.Quelles sont les conditions pour exploiterson image ?Lorsqu’une marque nous contactepour une proposition de partenariat,(Ph. DPPI/Stéphane Kempinaire)(Ph. DPPI/Stéphane Kempinaire)ce qui compte avant tout, c’est que leurdémarche corresponde à nos valeurs.On a refusé et on refuse toujoursbeaucoup de sollicitations, aussilucratives soient-elles, parce qu’ellesne rentrent pas dans notre ligne deconduite. Il y a deux points primordiauxqui comptent lorsque l’on décided’une collaboration. D’abord, il fautque celle-ci préserve Alain en tantque nageur, c’est-à-dire qu’il ait letemps de s’entraîner. Ensuite, il fautrespecter l’individu. On ne va pas enfaire un homme-sandwich ! Peu importele montant du contrat : quandj’en parle à Alain, il ne me demandejamais combien cela va lui rapporter.Pour preuve, nous avons travaillé avecune petite boite pour une publicité. Ilsavaient cassé leur tirelire pour cepartenariat, on leur a dit « OK » etnous leur avons même fourni desphotos libres de droits !Tous les partenaires d’Alainont leurs besoins, leurs exigencesmais ils comprennentaussi les contraintes du sportif.Alain a-t-il son mot à dire ?Bien sûr, et heureusement ! Je serstoujours de « pré-filtre ». Je reçois lespropositions et je lui en parle ensuite.Car au final, c’est quandmême lui qui décide ! C’estcomme cela que ça doit fonctionner! Si l’association estvalorisante, si c’est un projetsympa et original, il seraplus enclin à dire oui. Lepartenariat avec Lexus l’aséduit parce qu’il est fan denouvelles technologies etqu’il aime les voitures.Votre passé sportif (il estmédaillé de bronze enépée par équipe aux JO de1996, Ndlr) constitue-t-ilun avantage dans votretravail avec Alain Bernard ?Oui et non, car ce n’est pasl’unique variable pour êtreun bon agent sportif. Je n’aipas l’expertise dans tous lesdomaines et c’est pour celaque nous avons choisi demettre sur pied la « teamBernard ». Au niveau juridique,par exemple, c’estmon frère Patrick Leroux,avocat, qui est l’expert etconseiller d’Alain ! Un sportif“Un agent libère l’athlètede toutes les contraintesinhérentes à son statut,pour pouvoir laisser librechamp à son premierobjectif : la performance.”dont l’agent prétendrait savoir toutfaire devrait se méfier…Concrètement, quel est le rôle d’unagent ?Un athlète de haut niveau ne peut pastout gérer seul : le relationnel, l’image,le juridique, les sponsors, la fiscalité...Tous ces aspects font cependant partiede sa carrière. Pour éclairer mon propos,je prendrais l’image des anneauxolympiques. Au centre, un anneau quireprésente le projet sportif, c’est-àdirel’athlète, la fédération, la compétition,le club. Autour de cet anneaucentral, imbriqués à lui, les anneauxau service de la réussite de ce projet.C’est-à-dire la préparation physique,l’environnement juridique et fiscal, lesmédias, les sponsors et toutes les autresdemandes auxquelles un sportifde l’envergure d’Alain doit répondre.Un agent libère l’athlète de toutes lescontraintes inhérentes à son statut,pour pouvoir laisser libre champ à sonpremier objectif : la performance.Selon vous, le sponsoring sportif ennatation est-il viable ?Dans le sport français, le footballrécupère la majorité des investissements.Les autres disciplines émergentponctuellement. Pour moi, le potentielde la natation est énorme. Les performancesde Laure Manaudou et AlainBernard ont attiré les projecteurs. Enplus, la discipline véhicule des valeursmodernes : elle est synonyme debien-être, de santé, d’épanouissementet d’écologie. Elle est par ailleursaccompagnée par différents acteursvalorisants : les nageurs, les entraîneurs,la fédération. Ils ont tous unrôle à jouer dans cette mise en lumièreet sur la pérennité des partenariatspossibles.Alain Bernard sera-t-il obligé detravailler après sa carrière sportiveou pourra-t-il se la couler douce ?(Rires…) Je vois où vous voulez envenir… Alain Bernard est un bosseuret un garçon bien élevé. Il trouveraquelque chose qui lui plaît •Recueilli par Laure DansartNatation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


28Nat’ synchro29Porteuses et voltigeuses : deux mondes à part ?Une voltigeusevénézuéliennes’apprête àprendre sonenvol lors deschampionnatsdu monde deMelbourne enmars 2007.(Ph. DPPI/Franck Faugere)Ce qui frappe en premier, lors d’un ballet de natationsynchronisée, c’est la concordance des gestes, l’osmosedes nageuses, l’unité de la grâce, la perfection collective.Dans cette danse très organisée, point de place pourl’individu. Les nageuses font corps dans un mêmemouvement. Difficile donc d’imaginer que dans cet univers,il s’est progressivement formé deux mondes. Celui desporteuses et celui des voltigeuses. Unies dans l’eau, cesacrobates aquatiques évoluent-elles sur la même planète ?Tentative de réponse avec Jean-Luc Voyeux, entraîneur degymnastique acrobatique et intervenant au pôle France denatation synchronisée à l’Insep.Pouvez-vous nous expliquer les rôlesdes porteuses et des voltigeuses ?Dans un ballet, certaines figuresexigent une division des tâches, notammentsur les portés, qu’ils soient« plate-forme » (la nageuse est portéeau dessus de la surface), « empilés »(portés en groupe où la personne portéereste en contact avec les porteuses)ou « éjectés sautés » (la personneportée voltige). Dans ces cas, les porteusessoutiennent ou propulsent lesvoltigeuses.Depuis quand fait-on réellement unedistinction entre ces deux spécialités ?Avant, les portés étaient beaucoupmoins élaborés. Ils ne supposaientpas d’entraînements spécifiques et“Plus le niveau internationalaugmente, plus les portésdeviennent fondamentauxpour se hisser dansla hiérarchie mondiale.”cadrés. Désormais, les portés en balletd’équipe sont la règle, et même s’ilsne sont pas notés (le code de pointagen’envisageant pas la notation des portésen tant que tels, Ndlr), ils contribuentfortement, s’ils sont réussis, à la dominationd’une équipe sur une autre.C’est un peu une démonstration deforce. Et plus le niveau internationalaugmente, plus les portés deviennentfondamentaux pour se hisser dans lahiérarchie mondiale. Le pôle France afait appel à moi en 2003 pour intervenirsur ce point auprès des nageuses, qui,si elles avaient une très bonne maîtrisede la nage et de la danse, manquaientde bases acrobatiques.Qu’ont en commun les porteuses etles voltigeuses ?Elles suivent toutes un entraînementspécifique aux portés deux heures parsemaine. C’est un travail global, carla réussite d’un saut repose sur l’efficacitédu groupe. Un saut réussi impliqueun travail parfait de la base (les porteuses)au sommet (les voltigeuses).Nous travaillons donc sur l’osmose dugroupe, car de cette bonne coordinationde chacune découlera la puissance dusaut. Aussi, chaque nageuse se doitde travailler au renforcement musculaire,en faisant des développéscouchéspar exemple, mais ausside maîtriser les appuis tendus oul’équilibre.Les porteuses n’ont-elles pas unrenforcement musculaire plus pousséque les voltigeuses ?Effectivement, car si les nageuses ontdes rôles déterminés, cela impliquequ’elles s’astreignent à des exercicesspécifiques. Les porteuses effectuentun énorme travail au niveau desprises à effectuer. Lorsque la sortiede la voltigeuse s’effectue en « prisecarré », il faut que les porteuses dites« principales », c’est-à-dire en contactdirect avec la voltigeuse, soient capablesde rester en prise de la manièrela plus stable possible, pour pouvoireffectuer une poussée efficace. Ceciimplique un gros travail de renforcementmusculaire au niveau des poignets etune grosse concentration pour pouvoirmaîtriser la direction de la poussée.Les porteuses de la base, ou « verticales», qui portent elles-mêmes lesporteuses principales, doivent égalementfournir un effort particulier.Elles n’ont pas le droit de toucher lesol. Elles restent le plus longtempsdans l’eau, ce qui suppose de maîtrisersa respiration et elles doivent être à lafois stables pour soutenir les porteusesprincipales et insuffler beaucoup depuissance au moment de l’impulsiondu saut. D’où une maîtrise de la verticalitéet un travail de renforcementLa morphologie dela nageuse jouebeaucoup dans sonplacement. Mais ce n’estpas pour autant unfacteur définitif.“”musculaire également très important.Les porteuses répètent ainsi ausol pour trouver les sensations d’appuisqu’elles auront dans l’eau et apprennentà réaliser des pointsd’attaches performants (main surpied, pied sur dos, etc.).Et pendant ce temps, à quoi s’exercentles voltigeuses ?Les voltigeuses, quant à elles, doiventtravailler l’équilibre, l’explosivité et lerenforcement musculaire. Elles doiventégalement maîtriser leur corpsdans l’air et non plus seulement dansl’eau. Le travail à la longe (*) permetl’apprentissage des acrobaties et entretientla souplesse. Les voltigeusesne doivent pas non plus avoir peur,certains sauts s’effectuent à trois mètresau-dessus de l’eau !Comment les rôles sont-ils répartis ?La morphologie de la nageuse jouebeaucoup dans son placement. Maisce n’est pas pour autant un facteurdéfinitif. Ainsi, les voltigeuses serontde préférence petites, légères ettoniques, tandis que les porteusespeuvent être plus grandes et plus« lourdes ». Ceci est surtout valablepour les acrobaties. Pour les portésfixes, la règle est moins immuable.Mais on ne place pas une nageuseuniquement selon sa morphologiepuisqu’il y a un travail de repérage delongue haleine. Le caractère de chaquenageuse compte énormément. Il vautmieux une grande voltigeuse qui osequ’une petite qui a peur de s’élancer ! •Recueilli par Laure Dansart(*) Longe : baudrier relié à des cordes pourpouvoir travailler les sauts en toute sécurité.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


30Face à faceVoltigeuse/Porteuse :le matchL’une est voltigeuse, l’autre porteuse de l’équipe de France. Pour Natation Magazine, Chloé Willhelm etSara Labrousse ont accepté de débattre sur leurs rôles respectifs au sein du ballet de nat’ synchro. Face à face.Chloé Willhelm – VoltigeuseSara Labrousse – Porteuse(Ph. D. R.)(Ph. D. R.)Chloé : « Une voltigeuse est un peu plus acrobate que les autres ».Sara : « Oui, mais au sein d’une équipe, il n’y a pas plus de gloire à être voltigeuse. Ce n’est pas comme une meneuse de revue au cabaret ».Chloé : « C’est vrai, les voltigeuses ne sont pas mieux considérées que les porteuses au sein du groupe. Mais comme les sauts sontimpressionnants et que c’est elles qu’on voit, ce sont celles que l’on retient le plus dans une chorégraphie ».Sara : « Voltigeuse ou porteuse, la somme de travail spécifique est tout aussi importante. En tant que porteuse principale, je dois être capabled’éjecter la voltigeuse dans les airs à la force des bras. Pour cela, on s’entraîne à sec avec des gilets lestés ».Chloé : « Une voltigeuse doit être à l’aise dans l’air et savoir s’y repérer. C’est tout autre chose que dans l’eau. Ça, on sait toutes le faire ».Sara : « Lors des portés, en général, on s’arrange pour que ce soit la plus légère en haut, pas forcément la plus téméraire ».Chloé : « Une vraie porteuse ne peut pas remplacer une voltigeuse. Par contre une voltigeuse peut remplacer une porteuse.Donc la voltige nécessite vraiment une spécialisation supplémentaire ».Sara : « Une voltigeuse, c’est sûr, c’est un plus. Mais il faut d’abord savoir porter ! ».Chloé : « Oui, car il n’y a pas de portés à chaque épreuve de natation synchronisée. La voltigeuse n’a donc pas toujours à… voltiger ».Sara : « La différence entre la voltige et le porté ? Ce n’est pas la même force, pas le même travail, pas les mêmes muscles.Mais le point commun, c’est l’envie de bien faire avec le reste de l’équipe ».Recueilli par L. D.Notre verdictComparer voltigeuses et porteuses est aussi difficile que distinguer les défenseurs des attaquants en football ou les piliers des ailiers en rugby.Exposées aux regards des juges et du public, les voltigeuses sont davantage mises en lumière que les porteuses, à l’instar des buteursd’une équipe de foot qui captent l’attention des médias et des supporters avides de buts. Difficile cependant d’occulter ou de négliger le travailde l’équipe qui a permis à l’attaquant de se retrouver dans une position idéale pour marquer. Si les voltigeuses s’élèvent, c’est grâce auxporteuses. Si les porteuses soutiennent, c’est parce qu’il y a des voltigeuses. Leur existence est liée d’une manière immuable et organique.Elaborer les sauts et portés les plus impressionnants ou techniques relève d’un effort collectif, auquel peuvent se rajouter les aptitudeset compétences toutes particulières d’une voltigeuse. En somme, si la voltige est une position prestigieuse, elle n’est que la partie émergéede l’iceberg. A bon entendeur, salut ! • L. D.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


32Portrait33Juge internationaleen synchroConcentrés, les jugesgardent les yeux rivés surla prestation de l’équipeukrainienne, lors deschampionnats du mondede Melbourne, en 2007La victoire ne se discute pas. En natation, lechrono est là, implacable, pour témoigner de lavictoire ou de la défaite. En synchro et enplongeon, l’affaire se corse. Dans ces disciplinesautant sportives qu’artistiques, la performancese dissèque, se compare, s’analyse, se ressent.Si la victoire saute parfois aux yeux, il n’est pastoujours évident de dégager un vainqueur. C’estlà que les juges deviennent indispensables.Mais qui sont-ils ? Comment travaillent-ils ?Pour le savoir, nous avons rencontréMarie-Claude Besançon juge internationalede natation synchronisée.«Il faut apprendre pourconnaître, connaîtrepour comprendre,comprendre pour juger »,disait Narada, disciple deBouddha. Un principe quis’applique bien à Marie-Claude Besançon, jugeinternationale FINA pourla nat’ synchro. Les règlesde ce sport exigeant, elleles a apprises, elle les connait et elleles comprend. On ne devient pas jugepar hasard et si on le devient commeon rentre dans les ordres, Marie-Claude Besançon, elle, n’avait pas lapassion du Christ. Mais la foi en unediscipline qu’elle suit depuis de nombreusesannées et qui fait désormaispartie de sa vie. Professeur d’éducationphysique, responsable d’une structurede natation synchronisée en 1983, elleest devenue entraîneur puis a décidéde passer les concours de juge.Membre de la commission des jugeset arbitres à la FFN, évaluateur FINAet responsable de la formation des officielsFFN, médaillée par le Sénatpour son investissement sportif,« c’est par amour pour la disciplineet poussée par la dizaine de fillesdont je m’occupais à l’époque que j’ai“Faire preuve dequalités moralesen plus de sesconnaissancestechniques.”décidé d’aller plus loin ».Une connaissance et unattachement essentielspour pouvoir évaluer uneactivité complexe. « Il y abeaucoup de critères denotation en synchro. Lagrille d’évaluation estcertes moins détailléequ’en gymnastique, maiselle s’étoffe au fil desannées », remarque Marie-ChristineBesançon. Cette grille permet depouvoir juger le plus précisément possibletous les éléments techniques.Elle oblige aussi le juge à devoirbachoter ! « Avant chaque épreuve, lejuge doit relire et travailler les règlements.C’est impératif, car il peut yavoir eu des changements. Mais c’estaussi essentiel d’un point de vue pratique,car durant la compétition,même s’il est possible de se référeraux règlements, mieux vaut toutavoir en tête. » Tout avoir en tête carle juge n’a pas le temps de chômer. Achaque épreuve, toute sa concentrationest dirigée vers le bassin. On ne tapepas la causette à son voisin tout commeon évite d’aller aux toilettes. On vérifie satenue réglementaire et on est présentà toutes les réunions préparatoires.(Ph. DPPI/Franck Faugere)(Ph. DPPI/Franck Faugere)Connaître les figures sur le bout desdoigts, être capable de repérer unejambe un peu ramollo, un contretemps,un porté trop bas est essentielpour coter l’épreuve. Si bien queMarie-Claude Besançon s’entraînesur vidéo avant chaque compétition,car « il faut exercer son œil ». Maisbien d’autres éléments rentrent encompte, qui eux, sont bien plus difficilesà évaluer. La manière de se présenter,le choix des maillots, l’expressiondégagée par les nageuses, la capacitéà transmettre l’émotion sontpartie intégrante de la prestation.C’est là que juger se complique.« Nous avons tous des préférences etdes goûts différents. Lorsque des nageusesaccomplissent une danse parfaitetechniquement, sur une musiquequi m’hérisse les oreilles, ma tendanceserait à sous noter. Ce qui ne seraitpas juste. Il faut en avoir conscience etsavoir en faire abstraction. Analyserobjectivement, même si l’émotionn’était pas forcément au rendez-vousà cause des facteurs extérieurs. »Une affaire de goûts encore plus arduelorsque la compétition est internationale.Différentes « écoles » coexistentau sein du monde synchro. « On peutdistinguer l’école européenne, qui apris racine dans les pays d’Europe del’Est, où la synchro est bien ancrée.L’école russe, où la technique estirréprochable, avec une chorégraphieet un style assez traditionnel. Il y aaussi l’école chinoise, proche desécoles russes puisque beaucoupd’entraîneurs viennent du pays deschampionnes olympiques. Enfin, il y al’école espagnole qui se distingue pardes chorégraphies très originales. »Les juges ont dû s’adapter à cetteévolution. Les acrobaties se sontcomplexifiées, la palette artistiques’est élargie, demandant au juge de« faire preuve de qualités moralesen plus de ses connaissances techniques», afin de jauger au mieux lavaleur des prouesses aquatiques.« L’interprétation prend une placeimportante, ainsi que la cohérence dela chorégraphie, c’est-à-dire leplacement des difficultés. Dans l’eau,tout est désormais très tactique»,souligne la juge.Devant tant d’éléments d’appréciationqui compliquent le travail des juges, lenouveau règlement de la FINA prévoitde porter bientôt leur nombre àdouze. Pour l’instant ils sont dix lorsdes compétitions internationales,répartis entre la notation technique etartistique. « Si un entraîneur vient nousvoir pour demander des explicationssur notre notation, nous devons êtreen mesure de les lui fournir. C’estpourquoi il est impératif de prendredes notes durant la compétition. Carnous n’avons pas un rôle de sanction.Nous travaillons beaucoup avec lesentraîneurs, afin de les aider à améliorerles points faibles ». Consciencieux,rigoureux… et contrôlés : des évaluateurssont en charge de les noterdurant chaque rendez-vous. Les jugesne notent pas en toute impunité !Leur arrive-t-il toutefois de faire deserreurs ? « Oui », avoue la juge française,mais très peu ! Je me souviensde championnats juniors en Allemagne.J’avais donné un demi-point de moinsque les autres. J’entendais les siffletsdu public. J’ai eu un peu peur carc’était lors de mon évaluation pourpasser du groupe B au groupe A.Lorsque je suis allée voir l’évaluatrice,elle m’a dit qu’elle avait mis lamême note que moi. Le fait est que lanageuse était une autrichienne deMoscou. Moi je ne savais pas quic’était, mais les autres juges ont étéinfluencées par ses origines. »En tant que juge FINA, Marie-ClaudeBesançon juge beaucoup et dans biendes contrées. Mais que préfère-t-elle ?« A l’échelle européenne, c’est unegrande famille. On se connait tousbien. Mais il y a moins de surprises.On y voit moins de mélanges quedans les compétitions mondiales oùon peut voir des pays peu connus,des inspirations d’ailleurs. J’affectionneles championnats du monde,qui accueillent des pays avec desniveaux très disparates. Les JO, eux,ne rassemblent pas forcément lesmeilleures nations, cela dépend dupays hôte. Lors des Jeux de Sydney,l’équipe australienne avait ainsi prisla place de l’équipe d’Espagne… C’estun mauvais souvenir pour moi. » Unmauvais souvenir qui sera le seulévoqué par l’ancienne entraîneuse.Preuve que juger peut aussi rimeravec plaisir •Laure Dansart“Nous n’avonspas un rôle desanction. Noustravaillonsbeaucoup avecles entraîneurs,afin de les aiderà améliorer lespoints faibles.”Technique, expression, coordination, sens artistique, chaque juge doit prendreen compte de multiples critères pour donner sa note globale.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


3435Dans l’œildes camérasEn rugby, au basket, au football mais aussi en athlétisme,cela fait bien longtemps que l’on ne se pose plus la question.La vidéo ? Elle est indispensable, incontournable. Tous lesmatchs, toutes les compétitions, tous les entraînementssont filmés et disséqués ensuite par des techniciensspécialisés. En natation pourtant, celle-ci ne s’est vraimentimposée que depuis une dizaine d’années. Difficulté de lamise en place d’abord, engouement récent des médiaspour la discipline ensuite, expliquent cette percée tardivede l’image. Aujourd’hui, exit les vieilles photos. La natationse vit en « live », se regarde, se décortique sur nos télés ounos écrans d’ordinateur. Que vaut cette petite révolution ?Où en est-elle aujourd’hui ? Qui s’en sert ? Natation Magazinea tenté d’y voir un peu plus clair !Benjamin s’est mis en tête de nagerle papillon. Depuis quelquesjours, il regarde des vidéos surle net, tentant de comprendre comment« ça se passe ». L’adolescent aurait puconsulter des ouvrages techniques ouprendre des cours particuliers. Fidèle àson époque, il a opté pour une solutionsimple et économique : internet. Et cequ’il a trouvé sur les sites d’échangevidéos Youtube et Dailymotion le satisfaitpleinement. Vu du dessous, vu dudessus, Benjamin peut voir beaucoupplus que de simples bras fendant lasurface de l’eau : il voit le buste, laposition de la main sous l’eau, il peutcompter les mouvements de jambes.A vitesse réelle. Au ralenti. « La vidéopermet de servir de repère pour lesdébutants », reconnait Patrick Deleaval,directeur technique national adjointchargé de la natation course à la FFN.« Quand on commence à nager », complèteFrançois Huot-Marchand, cadretechnique national, « on a besoind’avoir des exemples et c’est importantd’en avoir une représentation visuelle.En plus le simple fait de regarder unevidéo décortiquant un mouvementactive les mêmes zones cérébralesque lorsque tu l’exécutes réellement. »Mais si la vidéo, pour les nageursdébutants, constitue un enrichissementindéniable, Benjamin doit veiller àéviter certains écueils. « La premièrechose à savoir », souligne PatrickDeleaval, « c’est qu’il faut se méfierde ce que l’œil voit. On croit voirquelque chose mais en fait, soit on“Le simple fait de regarderune vidéo décortiquantun mouvement active lesmêmes zones cérébralesque lorsque tu l’exécutesréellement.(François Huot-Marchand)”l’interprète mal, surtout si l’on estdébutant, soit on ne voit pas exactementce qui est produit. Et puis, lesnageurs en vidéo peuvent présenterdes défauts de position, ou être malfilmés ! Inconsciemment, ces défautss’inscrivent dans notre mémoirevisuelle. » En deuxième lieu, la vidéon’est pas un modèle à copier (cf. encadré).Tout comme il ne suffit pas deregarder Sergeï Bubka sauter à laperche pour franchir élégamment lamythique barre des 6 mètres, il nefaut pas chercher à imiter les bonsnageurs mais plutôt à analyser leursmouvements pour comprendre lesgestes techniques et se faire une idéede ce qui est réalisable.« L’idéal, c’est que l’image soit accompagnéed’un guide méthodologique »,conseille le DTN adjoint. « Il fautaussi avoir en tête que le geste d’unPhelps ou Bernard est produit à unecertaine vitesse, que n’a pas le nageurdébutant ! Vouloir reproduire lamême chose en nageant moins viten’est pas possible ou ne sert à rien. »De plus les vidéos les plus faciles àanalyser sont celles filmées au ralenti.Or, en natation, la dynamique et le timingdu mouvement sont tout aussiimportants que le geste lui-même.« La résistance sur l’eau augmenteavec le carré de la vitesse : donc plusla vitesse est grande, plus la résistanceest grande et le nageur adapteconstamment son geste à la résistance: on ne pourra pas reproduire lemouvement de bras de Bernard si l’onnage à 2 km/h », souligne PatrickDeleaval. Benjamin appréciera.« Last but not least », comprendre latechnique en image est une chose,mais la natation reste avant tout unsport de sensation, et c’est en nageantque l’on aura plus de chances deprogresser et d’apprendre à analyser,justement, son « feeling ». Un nageurdoit passer par des évolutions techniquesqui lui sont propres avec unrythme qui est le sien ou celui de sonentraîneur et ne doit pas chercher àimiter pour bien nager. « Ce sont desrepères pour les jeunes qui apprennent,ils peuvent s’en inspirer, mais attentionaussi au mélange des genres !Pour moi, il n’y a pas d’apprentissagesans entraîneur », insiste PatrickDeleaval. Benjamin est curieux, c’estbien, impatient de progresser, tantmieux. Mais faute d’entraîneur compétent,c’est en faisant des longueurset en s’écoutant qu’il papillonnera •Laure Dansart“La vidéo est un repère pourles jeunes qui apprennent,ils peuvent s’en inspirer,mais attention au mélangedes genres ! Pour moi,il n’y a pas d’apprentissagesans entraîneur.(Patrick Deleaval)”« S’inspirer mais pas copier »Pour François Huot-Marchand, CTNnatation et responsable analyse vidéoen compétition, la vidéo livre son lotd’informations et de renseignementstechniques, mais elle ne remplace pasle travail et l’adaptation individuelle.« Un débutant qui regarde commentnage son idole peut s’en inspirer maispas le copier. Il faut être vigilant surle côté « modèle ». La natation est unsport de sensations : ce sont ellesqu’il faut ressentir et déchiffrer.L’eau, c’est un milieu que l’on doitapprivoiser. Regarder une vidéo pourprogresser cela revient aux méthodesd’antan quand on apprenait à nageren plaçant les gens sur des bancs ouen les maintenant en l’air avec desélastiques. On a beau savoir imiter àsec le mouvement, cela n’assurerapas de savoir le faire dans l’eau ! Acela s’ajoute le fait qu’il n’y a pasqu’un seul crawl, ni même un crawlparfait. Des crawls, il y en a autantque de nageurs ! En ce qui concernele haut niveau, en revanche, la vidéooccupe une place majeure. Lesnageurs ont besoin de confirmer leurssensations et voir ce qu’ils réalisentplus précisément. Ils peuvent faire lacomparaison entre le ressenti et laréalisation. »Recueilli par L. D.Qui n’a jamais rêvé de nager comme Alain Bernard, glissant sur l’eau sans effort et sansmouvements brusques ? La gestuelle est souvent admirable, mais plus compliquée àreproduire. Et si la vidéo constitue un allier intéressant, elle ne résoudra pas tous vosproblèmes techniques.(Ph. DPPI/Stéphane Kempinaire)Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


3637« La vidéo, un outilcomplémentaire »Jonathan Parouty, étudianten master Staps, intervenantdans l’analyse vidéo ennatation auprès de l’équipetechnique régionale dePicardie, est un habitué del’analyse vidéo. Dans le cadrede sa mission, il coordonnele travail de départ, de virageet d’ondulation avec le pôleespoir d’Amiens MétropoleNatation et le club de BerckNatation. Entretien.De quelle manière utilisez-vous lavidéo ?On filme sous l’eau ou au-dessus etgrâce à un logiciel spécifique, les donnéesrécoltées par l’œil analogique dela caméra sont récupérées sur l’ordinateurportable. Cela permet notammentde produire des analysesdétaillées de la course, avec les tempsde passage, l’inclinaison du corps oule passage de bras… Les données sontarchivées, favorisant ainsi les comparaisons.De la sorte, il est aisé de suivrela progression de tel ou tel athlète.Toutes les épreuves de natation coursenécessitent-t-elles d’avoir recours àla vidéo ?Oui, je pense que toutes les coursesméritent d’être filmées. Et puis chaqueentraîneur a un rapport différent à lavidéo. En demi-fond par exemple, ilpeut utiliser l’image pour observer laLe saviez-vous ?Dès la fin des années 1960, le multiple championolympique Mark Spitz était filmé sous toutes les coutureslors de ses entraînements. Bien que les moyens de l’époquesoient nettement moins développés qu’aujourd’hui, le staffde l’Américain avait bien compris tout l’intérêt decette technologie visuelle.Le nageur Clément Brévière (Berck Natation) sort à peine de l’eau que déjà Jonathan Paroutyest en mesure de lui fournir une vidéo de la course d’entraînement qu’il vient de réaliser.“La vidéo a une doubleportée : elle permetd’abord à l’entraîneurde capter des aspectstechniques qui luiéchappent au bord dubassin. Elle permet ensuiteau nageur de revenir sur saprestation, de prendre durecul sur sa course.”stratégie de course des nageurs. En cequi concerne les analyses produitesgrâce à la vidéo, la différence résidedans le traitement que l’on en fait.Qu’importe le paramètre étudié, souventon compare l’évolution de ce dernierau fil de l’épreuve. Pour la distancepar cycle par exemple, on évalue sonpourcentage de chute au fil de lacourse. Pour un 50 mètres on évaluetous les cycles car la chute de la distancepar cycle entre le 5 ème et le 10 èmecycle va être importante à cause del’intensité qui est très élevée et de lafatigue qui s’installe très vite, parcontre pour un 1 500 mètres on peutmesurer le 10 ème , 11 ème et 12 ème cyclede chaque 50 mètres et les compareravec ceux des autres 50 mètres.Vous avez fait de l’analyse vidéo votrespécialité. Pour vous, elle a donc uneplace importante en natation…Oui, totalement. Voir sous l’eau achangé la façon d’aborder la natation.Couplée aux progrès informatiques,une vidéo livre beaucoup plus de renseignementsqu’une image seule.L’avantage, c’est d’abord de fournirdes informations très précises sur cequi n’est pas visible à l’œil nu. La vidéoa une double portée : elle permetd’abord à l’entraîneur de capter desaspects techniques qui lui échappentau bord du bassin. Elle permet ensuiteau nageur de revenir sur sa prestation,de prendre du recul sur sa course. Cedernier peut ainsi remarquer tout desuite ses points forts et ses faiblesses.Si ses sensations visuelles correspondentà ce qu’il réalise dans l’eau, c’estqu’il est dans le vrai. L’athlète peutégalement tenter de nouvelles choseset analyser le résultat immédiatement.(Ph. D. R.)(Ph. Fotolia)La vidéo n’a donc que des avantages ?Souvent, en natation, il y a une grandedifférence entre ce que l’on réalisedans l’eau et ce que l’on pense accomplir.Tout le problème de notre disciplineréside dans ce grand écart ! C’est parexemple souvent valable dans les virages.Si l’on demande à un nageur demettre ses bras dans l’alignement,c’est assez complexe, car le nageurpeut « sentir » ses bras en alignementalors que dans les faits, il y a un décalage.La vidéo lui permet de décortiquersa technique, elle impose une réalité àl’athlète alors que bien souvent il pensefaire les choses autrement.Mais de grands nageurs se sontrévélés sans vidéo…C’est vrai, mais désormais, vu lesmoyens déployés dans les autrespays, écarter la vidéo de l’entraînementserait se priver d’un élémentdéterminant. La vidéo n’est pas vitale,c’est relativement nouveau et ce n’estsurtout qu’un atout supplémentairepour performer. Mais elle est un outilefficace, précis sur lequel les entraîneurset les nageurs peuvent désormaisVidéo partout !“La vidéo n’est pas vitale,c’est relativement nouveauet ce n’est surtout qu’unatout supplémentaire pourperformer. Mais elle estun outil efficace, précis surlequel les entraîneurset les nageurs peuventdésormais s’appuyer.”s’appuyer. Il serait dommage de s’enpriver. Il ne faut cependant pas nonplus qu’elle se suffise à elle-même. Ily a d’abord un entraîneur, avec desprincipes, des idées et un regard précissur la discipline. La vidéo, c’est unoutil complémentaire ! Il faut égalementprendre garde à ce qu’elle ne régissepas tout. Un nageur ne doit pasuniquement penser à l’angle de sonbras ou comment il se place, il doitconserver du « feeling » et se fier aussià ses sensations •Recueilli par Laure DansartLa natation n’est pas la seule à avoir recours aux images ! Le water-polo, la natationsynchronisée ainsi que l’eau libre se sont aussi approprié cet outil moderne. Eneau libre, le recours aux images facilite l’observation des stratégies de course.En water-polo, comme dans la majorité des sports collectifs, la vidéo participeà l’élaboration de systèmes de jeu. Enfin, la nat’ synchro n’hésite plus à filmerses portés pour décortiquer leur élaboration. Bref, la vidéo est partout !Si la vidéo a tardé às’imposer dans lespiscines tricolores,elle est aujourd’huilargement répandue.Et pour cause, ellepermet aux nageurs decorriger leurs faiblessestechniques et àl’entraîneur d’affiner sesséances de travail.Les dessous de Phelpsen mettent plein la vuePhelps, on le sait, est un grand nageur,unique en son genre. Si on pouvaitdéjà le voir à ses chronos et du hautdes gradins, la vision sous-marine de« l’homme poisson » proposée dansle documentaire « Secret d’athlète »(Arte) est à couper le souffle. Grâce àdu matériel de très haute technologie,jamais le corps d’un nageur n’avait étéfilmé d’aussi près. Couplé d’une analysecomparative de sa technique avecd’autres nageurs et des recettes de sonentraînement, Phelps force l’admiration.Les esthètes apprécieront autant queles néophytes.(Ph. Arte)(Ph. Arte)Natation Magazine | Août 2010 | N° 120 Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


3839Et qu’en pensentles pros ?(Ph. DPPI/Franck Faugere)L’enquête avance, mais il nous manque encore quelques témoignages. En l’occurrence,ceux des principaux intéressés : les entraîneurs de natation. Voilà pourquoi, nous avonsrencontré Frédéric Barale, coach de Coralie Balmy à Antibes, et Richard Martinez,entraîneur national au pôle France de Font-Romeu.Frédéric Barale :« Sans la vidéo, on entraînedans les choux »De quelle manière utilisez-vous lavidéo ?Je me sers de la vidéo en compétition(vidéo de la course et analysetechnique, Ndlr) et aux entraînements(vidéo sous marine, Ndlr), notammentgrâce au service recherche de lafédération.Qu’attendez-vous concrètement decet outil ?En compétition, elle me sert à analyserl’efficacité, la gestuelle, le virage, ledépart… Tout se passe de plus en plusvite, la vidéo me permet de faire unretour sur ce qui a été fait, de pouvoirregarder mes nageurs en compétitionun par un, ce que je ne pouvais faireauparavant. Le trajet moteur se passesous l’eau, et ce que l’on voit sur lebord n’est pas la vraie vision. Al’entraînement, la vidéo me permetjustement de me rendre compte de cequi se passe sous l’eau, car sans cela,on entraîne dans les choux. De plusavec Philippe Hellard (adjoint au DTNen charge de la recherche, Ndlr), ontravaille sur la vidéo avec la vitesseinstantanée, ce qui permet de se rendrecompte de la vitesse des mouvements,de voir si la main ne ralentitpas, ou si elle va plus vite que le bras.Cela permet donc de décrypter uncycle de nage ?Oui, ainsi lorsque l’on regarde uncrawl, on a l’impression que c’est linéaire.Or, quand on le dissèque à lavidéo, on s’aperçoit qu’un cycle peutvarier du simple au double. Grâce à lavidéo, les phases de décélération etd’accélération, invisibles à l’œil nu,sont flagrantes. La brasse aussi impliquedes accélérations couplées àdes moments de décélération. Là, ontouche du doigt l’efficacité d’un mouvement: un angle qui varie dequelques degrés, et le nageur perd dela vitesse.Et comment procédez-vous avecCoralie par exemple ?Avec Coralie, nous avons corrigé pasmal de choses grâce à la vidéo.Certainement d’ailleurs que cela n’auraitpas été possible sans le recoursaux images. Lors d’une évaluation àAntibes, avec le staff du servicerecherche et développement de lafédération (Philippe Hellard et NicolasHouel, Ndlr), on s’est aperçu en comparantla traction de ses bras que sonbras gauche était moitié plus faibleque le droit. Et puis c’est importantd’associer le nageur à la vidéo, car il aainsi une représentation de ce qu’ilfait. C’est toujours très dur pour unnageur de savoir réellement ce qu’ileffectue sous l’eau. Il a souvent l’impressionde faire alors que ce n’estpas toujours ce qu’il se passe.Utilisez-vous les analyses techniquesproduites lors des compétitions ?L’analyse technique de la vidéo estaussi très intéressante. Lors deschampionnats de France à Saint-Raphaël, j’ai constaté que Coraliepassait en 7 secondes aux 15 mètres.Du coup, je me suis demandé si ellene pouvait pas passer en 6’’50. Lavidéo permet d’organiser, d’échelonnerdes objectifs, de faire des essais aussiet d’observer immédiatement lerésultat. On a toujours fait des analysesde courses, mais avec la vidéo, ellessont nettement plus précises, plussûres, et plus rapides.L’avenir sera-t-il vidéo ?La vidéo est un outil très intéressantbien que compliqué et lourd à mettreen œuvre. Pourtant, selon moi, c’estun outil primordial en natation. L’idéalserait qu’il soit utilisé dès le plusjeune âge. S’il y avait moins decontraintes à l’utilisation de la vidéo(coût du matériel, technique, déplacements,récupération des données…)alors oui, la vidéo pourrait trouver uneplace importante dans l’entraînement •Recueilli par L. D.Richard Martinez :« La vidéo n’est pasla seule vérité »Richard, comment utilisez-vous la vidéo ?Je ne l’utilise pas souvent, par manque de temps.C’est un outil encore assez lourd qui demande desmoyens matériels et humains assez conséquents.Mais lors des compétitions, via le service recherchede la Fédération, je profite de l’occasion pour enapprécier les apports.Et quels sont-ils justement ?Avec la vidéo, les entraîneurs récupèrent des analysestechniques à la fois fiables et rapides. Cela permetaussi de revoir les images a posteriori, pour vérifiernotre intuition d’entraîneur, celle qu’on a eue pendantla compétition. Elle nous permet de mettre l’accentsur certaines choses. C’est intéressant au niveaude la réflexion, de la manière qu’on a d’aborder leschoses avec l’athlète, comment il a retraduit lesconsignes ou pas, pour souligner, remarquer, étalonnerce qu’il a réalisé.La vidéo révolutionnera-t-elle, un jour, la discipline ?Je ne le pense pas, enfin, pas à elle seule ! La performancec’est plus complexe que seulement desimages, même extrêmement bien réalisées. Lavidéo, ce n’est pas la seule vérité, c’est une informationcomplémentaire, un diagnostic, avec l’entraîneuret le nageur •Recueilli par L. D.(Ph. DPPI/Franck Faugere)« La vidéo soulignerapidement, la performancedemande du temps »Philippe Hellard (adjoint au DTN en chargede la recherche à la FFN) : « Changer l’angled’une main, le nombre de battements depieds, la courbe de la remontée ne se règlepas en deux jours. Le service recherche dela Fédération Française de Natation met enévidence ou souligne des points à améliorerchez l’athlète. Ensuite, cela demande dutemps, car modifier une technique supposeun réagencement de structures neuromusculaires,complexe et long à mettre en œuvre.Avec Alain Bernard, nous avions observé deschoses qu’il a mis deux ans à mettre en placeà raison d’une séance par semaine. »Il y a vidéo… et vidéoSi l’instauration du travail vidéo est en pleine expansion,les chaînes de télévision diffusent, elles, des épreuves denatation depuis de nombreuses années. Pourtant, si laforme est comparable, le fond est radicalement différent.Les retransmissions des courses à la télévision ne permettentpas d’observer dans le détail les techniques denage. Les retransmissions ne permettent pas non plusd’établir des comparaisons entre différentes compétitions,puisque les caméras sont là pour faire vivre la courseaux téléspectateurs, ce qui implique des changements deplan, des travellings, la focalisation sur un nageur, etc. Lescaméras utilisées par la FFN en compétition sont, elles,toujours placées au même endroit et permettent de voirtoutes les courses sous le même angle.(Ph. FFN/François Huot-Marchand)Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


40Découverte41Maman de championEh oui, mêmele championolympique du100 m nage librea une maman.Eliane Bernard,mère de la stardes bassinsfrançais, suitdepuis unevingtained’années lespérégrinationsaquatiques deson talentueuxet désormaismédiatiquerejeton.Une passiondévorantequ’elle a couvéeavec attention etqui ne manquepas aujourd’huide lui procurerdes émotionsintenses.Des Jeux dePékin auxchampionnatsde France deSaint-Raphaël,rencontre avecune mamanolympique.ÇEliane Bernard, debout en bleu, dans les gradins de la piscine de Saint-Raphaël lors des championnats de France 2010. La mamandu champion olympique du 100 m nage libre suit avec attention les prestations de son benjamin.a aurait pu ressembler à unebonne blague, à une anecdoteoriginale. Ce ne fut pas le cas.Août 2008, Pékin, Alain Bernards’apprête à prendre le départ de lacourse de sa vie : la finale olympiquedu 100 m. En France, toute une nationretient son souffle, concentrée sur lecolosse blond. A Aubagne, la familleBernard est sur le pied de guerre,sous tension. A l’inverse du poste detélévision, débranché par inadvertancependant la durée de l’épreuve reine.« Je n’ai pas vu la course », confirmeEliane Bernard. « Je crois bien quenous sommes les seuls à ne pasavoir assisté à la victoire d’Alain. Çapeut surprendre, mais c’est bel etbien ce qui s’est passé ce jourlà.Heureusement, on s’est rattrapépar la suite. Je ne sais pas combien“Il rêvait d’être championolympique, et il a atteintson objectif.Qu’est-ce que j’ai pu êtrecontente pour lui !”de fois j’ai regardé cette finale…Beaucoup, ça c’est sûr. Et à chaquefois, c’est la même émotion, une joieintense et profonde. Qu’est-ce que j’aipu être contente pour lui ! Il rêvaitd’être champion olympique, il a atteintson objectif. C’est magnifique ! »Comme toutes les mamans dumonde, Eliane Bernard a vécu parprocuration le triomphe de son rejeton.Comme tous les parents elle a aussidû accepter de partager le succès deson champion de fils, notammentl’avalanche de sollicitations médiatiquesqui a suivi son sacre olympique.« Je sais que cela n’a pas étésimple à gérer pour lui », reconnaît lamère du troisième champion olympiquede l’histoire de la natation française (1) .« On se doutait que sa victoire allaitattirer les projecteurs, mais ce futtout de même impressionnant.Heureusement, je sais qu’il est bienentouré. Il y a Denis Auguin, sonentraîneur, mais aussi les frèresLeroux, Robert et Patrick. Ils saventce qu’ils font, je ne suis pas inquiète. »Pas inquiète par la rançon de la gloireet son cortège de requins et d’opportunistes,mais préoccupée en 2009par l’état de fatigue de son fils. « C’estvrai que l’année dernière je l’ai senti(Ph. Frédéric Ragot)(Ph. Frédéric Ragot)Eliane Bernard est sous le choc. Son fils Alain termine deuxième de l’épreuve reine des championnats nationaux 2010 dans le sillagedu Marseillais Fabien Gilot. Il lui faudra quelques minutes pour retrouver ses esprits.émoussé. Je n’ai donc pas été surpriselorsqu’il a décidé de faire unbreak après les Mondiaux à Rome. Enplus, il était déçu de sa deuxièmeplace sur 100 m. »Car n’allez pas croire qu’il n’y a quedes bons moments à être la mamande l’un des sportifs tricolores les pluspopulaires. « Comme lui, j’ai étédéçue qu’il ne soit que deuxième enItalie », acquiesce Eliane Bernard.« J’y croyais tellement. Il y a aussi eula médaille d’argent avec le relais4x100 m nage libre aux Jeux de Pékin.J’ai cru qu’il n’allait pas relever latête ! Ce jour-là il m’a impressionnée,je ne le croyais pas si fort. Avant je neréagissais pas comme ça, c’est vraimentdepuis la saison 2009 que je suissa carrière et ses courses. J’essaie deconserver tous les articles qui leconcernent. Il y en a beaucoup, maisj’arrive à suivre pour l’instant. »Assidue et passionnée, Eliane a toujourssuivi avec attention le parcours de sonbenjamin (2) . « Il a appris à nager à 6 ansà Aubagne. Je me souviens qu’il étaitfort sur 200 m dos. A l’époque, quandj’allais en compétition je voyais bienqu’il était au-dessus du lot. Mais jen’ai jamais imaginé qu’il parcourt untel chemin. A 17 ans, quand il a rejointle CN Marseille il n’avait pas encorede chambre, je faisais donc des allerretourspour l’emmener aux entraînements.» Des bons souvenirs quin’occultent pas certains regrets. « Cene sont pas vraiment des regrets »,corrige Eliane Bernard, « mais on apeut-être raté quelques épisodesfamiliaux… C’est comme ça, il a sutrès tôt ce qu’il voulait faire et il asuivi sa voie. Le rôle des parents c’estaussi de laisser les enfants prendreleur envol. Aujourd’hui, il est heureuxdans ce qu’il accomplit. C’est le plusimportant, même si parfois je medemande comment il fait pour ne passe lasser. La natation est une disciplinemagnifique, mais elle demande beaucoupde sacrifices. C’est son truc ! » •Adrien Cadot(1) Alain Bernard a empoché l’or du 100 m auxJO de Pékin en 2008. Avant lui, Laure Manaudouavait été sacrée à Athènes en 2004 sur 400 mnage libre comme Jean Boiteux en 1952 auxJO d’Helsinki.(2) Alain Bernard est le benjamin d’une fratriede trois enfants. Sandrine, 36 ans, maîtrenageur,et Christine, 33 ans, coiffeuse et mamande trois enfants, sont les grandes sœurs duchampion olympique qui aura 29 ans en 2012.“A l’époque,quand j’allais encompétition jevoyais bien qu’ilétait au-dessusdu lot. Mais jen’ai jamaisimaginé qu’ilparcourt un telchemin.”Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


42InterviewCollection spécialeFédération Françaisede NatationBOUTIQUE OFFICIELLE«Une mamancomme les autres »ESPACEELIBRAIRIENouveauté !!!Si Eliane Bernardest la mère duplus célèbrenageur français,Debbie Phelpsest elle lamaman du plusgrand nageur detous les temps.Michael Phelps,octuple championolympique àPékin en 2008,peut compter surDebbie pour lesoutenir etl’encouragerdans la viequotidiennecomme encompétition. Et àentendre la mèrede « l’hommepoisson» ça n’arien d’évident.(Ph. Guillaume Deutsch)Debbie Phelps et sa fille … lors des championnats du monde à Rome en juillet 2009.Comment vivez-vous les courses devotre fils ?A chaque fois, je suis sur les nerfs.Certaines épreuves sont encore pluséprouvantes que d’autres, mais je suisfière de lui à chaque fois. Pendant lafinale du 4x100 m nage libre aux JeuxOlympiques de Pékin, j’ai eu très peurque le relais américain soit défait parles nageurs français... Pareil auxchampionnats du monde à Rome l’annéedernière, avec ces satanées combinaisonstout était envisageable. Achaque fois, j‘ai l’impression que moncœur va lâcher, que je vais m’évanouir.Avez-vous l’opportunité de voir Michaelaprès les courses ?Ce n’est pas toujours possible, et jen’attends pas nécessairement qu’ilvienne me parler. Mais c‘est vraiqu’aux JO de Pékin, et ensuite àRome, j’ai pu le prendre dans mesbras pour le féliciter. En général, nousnous envoyons des SMS. Parfois, avecses sœurs, nous avons encore plus dechance : il nous appelle directement.Mais je connais le protocole, je saisqu’il y a les remises des médailles etque Michael doit récupérer. C’est un“A chaque fois,j’ai l’impression que moncœur va lâcher, que je vaism’évanouir.”professionnel, il ne doit oublier aucundétail. En plus, nous avons le tempsde reparler de tout cela, lorsque noussommes en famille.Et comment se déroule les réunionsde la famille Phelps ?Nous sommes une famille normale,Michael est l’un de mes enfants, nousne parlons pas tant que cela de natationà la maison... Peut-être un peu plus quecertaines familles quand même !Jouez-vous un rôle particulier auprèsde votre fils ?Je ne suis pas son entraîneur, ni unmentor et encore moins son agent. Ily a des gens très qualifiés pour cela.Je me contente de mon rôle de mère,et je suis toujours là pour le souteniren tant que telle. Je suis là quand ilme demande de l’aider à prendre desdécisions, ou pour régler les problèmesde la vie quotidienne, mais je nem’immisce pas dans son travail denageur.Michael a été un nageur précoce (ilavait 15 ans pour ses premiers JO en2000 à Sydney), comment se sontpassés ses débuts ?A l’école, ses professeurs pensaientque Michael n’avait pas beaucoup dequalités. Ils ne lui prédisaient pas ungrand avenir. C’est vraiment très durd’entendre cela pour une mère. PourtantMichael était un enfant curieux, il posaittout le temps des questions surtout. C’est cette énergie qui est probablementune des bases de son succèsaujourd’hui.Et comment s’est-il orienté vers lanatation ?Je voulais qu’il puisse vivre un maximumd’expériences. Il voulait courir etfaire partie de l’équipe de son collège,mais comme il était fragile, il s’estretrouvé à la piscine... comme sessœurs. 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44Un peu d’histoire45Comité GuyanaisIls ontmarquéles Euro(Ph. DPPI/Guido Cantini)Un comité «Yes papa ! » (*)Tous les deux ans depuis 1926, la natationeuropéenne se donne rendez-vous. A l’approchede la trentième édition des Euro en grand bassin,à Budapest, souvenons-nous des champions quiont marqué l’histoire de la compétition.“En 1999, leNéerlandaisVDH, 20 ans,empoche sixtitres européensà Istanbul, dontl’or des 50 et100 m nagelibre.”Si on vous dit Egerszegi, vous répondezEgersze… qui ? Les plusjeunes d’entre vous ne laconnaisse peut-être pas, et pourtant,la Hongroise Krisztina Egerszegi adétenu le record du 200 m dos pendantplus de vingt ans. Une performanceétablie aux Jeux de Séoul, en 1988, etbattue seulement aux Mondiaux deRome, en 2009, par la Russe AnastasiaZueva (2’04’’94). Nageuse à la techniqueexceptionnelle la Hongroise avaitréalisé un immense exploit aux Eurod’Athènes en 1991 en l’emportantavec près de cinq secondes d’avancesur la seconde. Son record a tenudurant neuf championnats d’Europeconsécutifs. Si Laure Manaudoul’avait frôlé à Eindhoven (2’6’’62 pourEgerszegi en 1991 contre 2’6’’64 pourManaudou en 2008), c’est bien Zuevaqui a effacé des tablettes son illustreaînée.C’est bien connu, Laure Manaudouexcellait dans les épreuves de dos.Pourtant, c’est en nage libre qu’elles’est construite un palmarès horsnormes.Budapest 2006, le soleilbrille sur la capitale hongroise tandisqu’une pluie de médailles déferlesur Laure. Elle décroche sept médaillesdont quatre en or : 400 et 800m nage libre, 100 m dos et 200 mquatre nages. Des performances quilui permettent d’égaler une certaine…Krisztina Egerszegi au nombre demédailles remportées aux Euro.Dans les rangs masculins, les Eurode natation ont régulièrement révélédes sprinters. Et pas des moindrespuisque le Russe Popov, le NéerlandaisVDH et le Français Alain Bernard seLe Russe Alexander Popov a décroché pas moins de dix couronnes continentales en individuel :cinq sur 50 et cinq autres sur 100 m nage libre.sont d’abord illustrés sur la scèneeuropéenne avant de briller aux Mondiauxet aux Jeux Olympiques. Popov,l’icône de toute une génération denageurs, l’ogre des bassins dans lesannées 90 a raflé cinq titres sur 50 m(1993, 1995, 1997, 2000) et cinq sur100 m (1991, 1993, 1995, 1997 et2000). Il faudra attendre 1999 pourassister à la première défaite du Tsarsur l’épreuve reine des Euro. Sonbourreau ? Un jeune Néerlandais de20 ans qui un an après avoir été sacréchampion d’Europe juniors sur l’allerretourenchaîne avec une victoire àIstanbul « chez les grands ». Du jamaisvu ! Cette année, Pieter Van DenHoogenband réalise la razzia desEuro avec six médailles d’or. Auxchampionnats d’Europe d’Helsinki en2000, Popov revient en force et récupèreses titres sur 50 et 100 m devant VDH.VDH connaîtra le même succès queson aîné. Détenteur du record dumonde de l’épreuve reine de 2000 à2008, il verra son chrono tomber chezlui, dans «sa piscine » d’Eindhoven, àl’occasion des Euro 2008. La nouvellemarque mondiale est établie par un« Frenchie », Alain Bernard. L’Antiboissignera d’abord 47’’60 en demi-finaleavant de grignoter dix centièmes enfinale 47’’50. Sur 50 m, l’élève deDenis Auguin s’offrira un troisièmerecord du monde en 21’’50 avant deconquérir l’or olympique de l’aller-retourcinq mois plus tard à Pékin. Autantdire que les Euro ont toujours révéléou confirmé le potentiel des plusgrands nageurs continentaux. A qui letour cette année ? •Justine Cochin“Nous sommes unepetite nation entermes de population,mais si l’on fait unprorata, nousrecensons une trèsbelle qualité denageurs !”Comité GuyanaisPrésident : Myrtho MandeLicenciés : 1 649Adresse : C-12 Bât. CCité Cabassou1, route du Tigre97300 CayenneTél. : 05 94 30 78 82Mail : corenatguy@wanadoo.frCombien la Guyane compte-t-elle de licenciés ?Nous avons six clubs et 1 649 licenciés, avec uneparité quasi parfaite : 833 hommes pour 816 femmes.Toutes les disciplines sont représentées et attirentchaque année de plus en plus de passionnés.Pouvez-vous nous dresser un panorama de lanatation en Guyane ?La natation guyanaise est nouvelle. Je fais partiede la génération qui a contribué à promouvoir cettediscipline dans les années 80. Nous étions despionniers, nous avons tout construit, comme parexemple le club Megaquarius, avec Henri Vitton etmon cousin François Mande. Nous avons la chance,par notre situation géographique, de pouvoir nousmesurer fréquemment à la fois aux Antillais, maisaussi aux Brésiliens. Pour moi, la Guyane, c’est laterre promise de la natation. Nous sommes unepetite nation en termes de population, mais si l’onfait un prorata, nous recensons une très belle qualitéde nageurs ! Malia Metella en est d’ailleurs lapreuve… Et son frère Mehdi, j’en suis sûr, fera degrandes choses.Et où en êtes-vous aujourd’hui, en termes dedéveloppement ?Nous n’avons pas de cadre technique, pas assezd’infrastructures : seulement un seul bassin de 50Malia Metella, médailléed’argent olympique sur 50 mnage libre, est la figure deproue de la natation guyanaise.Elle représente un modèlepour les jeunes nageurs dudépartement d’Outre-mer.Myrtho Mande est, comme il aime le rappeler, le jeune président du CORENATGUY(Comité Régional de Natation en Guyane). Il œuvre pourtant depuis de nombreusesannées à la structuration de la natation guyanaise et à son développement,avec un seul leitmotiv : faire reconnaître le potentiel de ses nageurs. Entretien.mètres ! Pourtant, avec le peu de moyens dont nousdisposons, nous arrivons à former des champions.Mehdi Metella est ainsi arrivé à un haut niveau et iln’y est pas arrivé grâce à l’abondance de moyens,mais grâce à notre manière de fonctionner. Alors,imaginez si nous avions la logistique derrière !Quels sont vos projets ?Nous souhaiterions mettre en place un Creps. Pourl’instant, nous sommes obligés d’aller en Guadeloupe.Avoir une autre piscine, pour pouvoir organiser desstages, mais aussi un cadre technique, cela mesemble essentiel. J’aimerais également développerles piscines en milieu naturel. Chez nous, on apprendsouvent à nager dans les fleuves. Lorsque j’étaispetit, nous organisions des compétitions avec lesnageurs du Brésil qui habitaient de l’autre côté dufleuve. J’habitais à Saint-Georges, à la frontièreavec le Brésil. On tendait des lignes d’eau, et hop !De plus, la réalisation de ce projet dans nos fleuvespermettra aux communes de l’intérieur de se doterd’un équipement qui entre dans l’optique du développementdurable et qui sera une source de créationd’emplois •Recueilli par Laure Dansart(*) « Yes papa » : qui ne se complique pas la vie, sympa, ouvert,franc, dynamique.(Ph. DPPI/Bardou)Natation Magazine | Août 2010 | N° 120Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


46Conseils47Les bas decompression« Unequestionde confort »Depuis quelquesannées, leséquipementierssportifsproposentdes bas etchaussettes « derécupération »ou, autrementdit, decompression oucontention. Desaccessoires deplus en plusutilisés par lessportifs de hautniveau, maisaussi par desamateurscurieux d’endécouvrir lesattraits etbénéfices.Les bas de compression empêchent lesang de bien descendre au niveau despieds et cela les refroiditLes bas de compression (médicaux),mesurés et prescrits sur mesure, sontdestinés à faciliter le retour veineux. Ilsexercent sur le système veineux unepression qui reste inférieure à celle dusang qui circule dans les artères versles extrémités. La circulation locale estmême meilleure par l’amélioration quiest apportée à la circulation veineuse etles pieds ne sont donc pas froids.Un bas de compression ? Ok, mais c’estpour les grands-mères !Ils s’adressent principalement aux individussouffrant de troubles veineux, notammentnos chères grands-mères. Maisce ne sont pas les seules à souffrir de ceproblème.On peut en porter de 7 à 77 ansVous pouvez… mais à 7 ans il n’y a pas deproblème de retour veineux. En général,les femmes sont les premières concernéescar elles sont plus sensibles que leshommes à l’insuffisance veineuse. Unefemme peut avoir besoin d’un soutiencirculatoire dès 17-18 ans.Les hommes aussi portent des bas oudes collants de compression veineuseSi les femmes sont plus touchées, certainesprofessions peuvent contribuer auxproblèmes circulatoires. Vendeur, serveur,standardiste, steward… toutes les« professions de piétinement » peuventobliger un homme à en porter ! De pluscertains traitements aggravent l’œdèmeoccasionné par l’insuffisance veineuse.J’ai constamment les jambes lourdes,est-ce le signe d’une mauvaise circulationsanguine ?Une femme, pendant ses règles, peutavoir une sensation de jambes lourdes,qu’elle peut diminuer avec des bas.Avoir constamment les jambes lourdes,ou qui gonflent de même que l’apparitionde varicosités ou de varices, traduisentune mauvaise circulation veineuse. Dansce cas, il est conseillé de demander unavis médical.Un bas de compression, c’est mocheLes équipementiers et laboratoires ontdepuis quelques années fait un effort importanten matière de couleurs et motifs.Vous trouverez forcément votre bonheur !Après l’entraînement, pas besoin dem’étirer : j’ai mes bas !Un bas de compression est un outil supplémentaire,un maillon du processusde récupération. Il reste indispensablede s’étirer comme de s’hydrater !Je peux faire du sport avecCertains triathlètes ou marathoniensportent des « tubes » (qui ne recouvrentpas le pied) lorsqu’ils courent. Certainsaiment, d’autres non, mais il n’y a pasde contre-indication médicale.Je vais améliorer mes performancesen en portantun peuLa performance n’est pas amélioréetant sur le plan mécanique (puissance)que sur le plan physiologique (VO2 max).Toutefois, les bas améliorent le coûténergétique, « le rendement », par unemeilleure coordination musculaire et uneamélioration de la transmission neuromusculaireen raison d’une diminution deballotements des muscles. A une certainepuissance, il y aurait une consommationd’oxygène moindre avec les bas, unemeilleure résistance à l’effort peut-être,d’où une moins grande fatigue musculaireperçue, une sensation de bienêtre,mais si vous voulez courir plus vite,il faudra… vous entraîner !Si j’ai une bonne circulation, je risquede tout dérégler !Il y a différentes forces de compression.Chez les sportifs, ce sont l’équivalentdes classes 1 mais avec des répartitionsdes pressions spécialement étudiéespour la pratique sportive. Les classe 2 à4 sont prescrites uniquement sur avismédical. Ce n’est pas dangereux, justeinconfortable ! Et vous ne déréglerez pasvotre circulation.Je peux les porter jour et nuitEnfin, il faut quand même les laver et selaver… et en position allongée il n’y apas d’intérêt.Les collants et les bas sont plus efficacesque les chaussettesOui, car ils agissent sur toute la jambe.Les nageurs ont une meilleure circulationque les autres sportifsIl n’y a pas d’études qui le montrent,mais empiriquement, les tennismans,qui piétinent, ont plus de risques desouffrir d’insuffisance veineuse. La natation,au contraire, est bien connue pourfavoriser la circulation de manièredouce, et offrir un bien-être circulatoire.Sujet réalisé par Laure Dansart(Ph. DPPI/Arne Dedert)(Ph. D.R.)Jean-Loup Bouchard, médecin des équipes de Francedepuis mars 2010, est un partisan des chaussettes decompression. Il a doté l’équipe de France de ces accessoiresmodernes, acteurs de la récupération.Quelle est l’utilité des chaussettesde contention ?Les chaussettes de récupération réduisentla fatigue des jambes en facilitantpar contention le retour veineuxau niveau des veines superficielles. Jepréfère le terme de « bas de compression» plutôt que de contention.La contention utilise un principe dedégressivité avec des pressions maximalesà la cheville qui diminuentjusqu’au mollet.La circulation a-t-elle plus de mal àse faire au niveau des jambes ?Les membres inférieurs ont des particularitéshydrauliques qui rendentla circulation plus difficile que celledes autres organes. La gravité joueégalement ! S’il n’y a pas de problèmemédical particulier, la pression sanguinedu sang qui arrive par les artèrescompense largement celle du retourqui est veineuse. De plus, l’organismea prévu un système de valves (qui jouele rôle de petites écluses), qui divisentla colonne de liquide. En principedonc, le sang, qui arrive aux musclespar les artères et qui apporte oxygèneet glucose, remonte facilement dansles veines. Mais il faut aussi comprendrequ’il existe deux réseaux decirculation : un profond au milieu desmuscles et un autre superficiel entrela peau et les muscles. Le réseau profondest enfermé avec les musclesdans un sac extensible : chaquecontraction musculaire, en augmentantle volume du muscle dans le sacextensible, comprime les veines etfait remonter le sang de valves envalves. S’il n’y a pas d’antécédents dephlébite, la circulation n’a pas besoind’être « aidée ». En revanche, le réseausuperficiel ne dispose pas de systèmede pompe musculaire. En cas de mauvaisecirculation, le sang a tendance àstagner dans les veines superficielles.D’où l’idée de porter des chaussettesde compression pour améliorer leretour veineux et la récupération !L’amélioration de la récupérationest-elle prouvée scientifiquement ?Il existe beaucoup d’études, parfoiscontradictoires, sur l’effet du port debas de compression chez les sportifs.Cependant, la majorité s’accorde surle fait que les douleurs perçues sontmoindres et la sensation de récupérationest meilleure. Porter ce type dechaussette n’est pas une obligation.C’est d’abord une question de sensation,de confort, qui est propre à chacun.Le DocteurJean-LoupBouchard,médecin deséquipes deFrance depuismars 2010,a souhaitééquiperles nageurstricolores debas decompressionpour améliorerleurrécupération.Certains sports, comme la course àpieds, permettent le port de cescontentions durant l’effort. Commentles nageurs de l’équipe deFrance utilisent-ils les bas de compression?Si nous avons décidé d’équiper nosnageurs de ce type de produit, c’esttout d’abord dans l’idée de les utiliserlors des transports. Lorsqu’un nageureffectue un déplacement en avion, ilva piétiner une bonne heure à l’aéroport,puis plusieurs heures dansl’avion, ce qui est mauvais pour la circulation.Les bas de compression ontpour but de diminuer la fatigue induitepar ces trajets. Ensuite, s’ilssouhaitent les porter avant ou aprèsla compétition, libre à eux de le faire,nous n’imposons rien.Quelle sera la marque de ces chaussettesde compression ?Nous travaillons avec les laboratoiresPierre Fabre, l’un des plus grandslaboratoires pharmaceutiques français.Ils sont les premiers à avoir mis aupoint des veinotoniques et sont toujourstrès en avance dans ce domaine •Recueilli par L. D.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120 Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


48Ecol’eauLouvre Hôtels, votre partenaire pour nageren toute sérénitéDurablementsynchro,Chenôves’engage(Ph. D. R.)Organiser une compétition denatation tout en sensibilisant lepublic à l’avenir de la planète, ilfallait y penser. Les Cheneveliers l’ontfait ! Lors des championnats de FranceEspoirs de natation synchronisée àChenôve (Côte d’Or) les 19 et 20 juinderniers, l’animation a eu lieu dans eten dehors du bassin. Les Chenevelierset Chenevelières étaient mobilisésau cours des quatre jours de compétitionpour faire passer des messagessimples et concrets sur le développementdurable aux 160 nageurs età la centaine de personnes réunispour assister à l’évènement sportif.Mais est-ce vraiment une surprise ?Pas tout à fait, il faut le reconnaître.La ville de Chenôve s’engage tout aulong de l’année pour la préservationde l’environnement. En témoigne laprésence au sein de la commune d’unemaison du développement durable.Un lieu de sensibilisation et de pédagogiesur les problématiques liées àl’eau, à l’énergie, aux milieux naturelsou encore aux changements climatiques.Objectif affiché : apprendre auxhabitants et visiteurs les gestes simplespour développer un comportement écocitoyen.Les championnats de FranceEspoirs de synchro n’étaient donc qu’unprolongement du volontarisme de lacommune en association, cette fois,avec le club Chenôve Natation.Au programme de l’opération intitulée« Durablement synchro, Chenôves’engage », une multitude d’actionstelles que les expositions « Ecoute taplanète », initiée par la ville de Chenôve,mais également « Eco et Gaspillo ».Des personnages prêtés par EDFBourgogne, distillant des conseilsutiles et pratiques pour prévenir lesgaspillages du quotidien. Les spectateursont également pu se procurerdes produits régionaux, du cosmétiquebio, tandis que les organisateursLa grenouille Chenouille, star du bassin cheneveliers, dispense ses conseils écolo aux grandset aux petits.“Pour la première fois,une compétition organiséepar la Fédération Françaisede Natation a reçu le label« Développement durable,le sport s’engage »du Comité NationalOlympique et Sportif(CNOSF).”assuraient une distribution de gobeletssouvenirs réutilisables. A Chenôve, ily avait donc des messages mais aussides actes, comme la réduction dupapier pour l’organisation ainsi quel’utilisation de coton bio pour lesmaillots des bénévoles.Et que dire de l’attraction de l’opération :Chenouille, cette fameuse grenouilleChenevelière présente sur des affichesaux quatre coins de la piscine, quidélivre ses précieux conseils auxspectateurs (cf. photo). Ainsi pouvait-onlire sur l’une d’entre elle : « Chenouillete conseille de faire attention à taconsommation en eau, sinon ellen’aura plus d’eau pour nager ». Desmessages simples, nets et concispour capter l’attention des petitscomme des grands. Une grenouilleengagée qui a permis à la compétitionde synchro d’être labélisée. Pour lapremière fois, une compétition organiséepar la Fédération Française deNatation a reçu le label « Développementdurable, le sport s’engage » duComité National Olympique et Sportif(CNOSF). Un label qualitatif octroyéégalement à l’Open EDF de natationles 26 et 27 juin. Qui a dit que le sportde haut niveau ne rimait pas avecdéveloppement durable ? •Justine Cochin850 hôtels pour vous accompagnerpartout en France• Bénéficiez de nos tarifs sportifs * sur présentation de votre licence :Pour vos compétitions, stages, réunions, … 34€ ** ou 49€ ** / chambre double chezCampanile et Kyriad ; 60€** / chambre double chez Kyriad Prestige ;Tarifs publics chez Première Classe.* tarifs valables sous réserve de disponibilité, le vendredi, samedi, dimanche et jours fériés.** à titre d’exemple, tarifs valables jusqu’au 31/12/2009.• Transformez 5% de vos dépenses en dons pour votre club :Grâce à votre carte de club Helho Sport, enregistrez vos dépenses effectuées dansles hôtels Kyriad Prestige, Kyriad, Campanile et Première Classe en France.5% du cumul de l’année civile écoulée sera reversé à votre club en début d’année.Information et demande de carte club Helho Sport :www.helhosport.com• Accédez aux attentions qui comptent :1. Une mise à disposition des chambres jusqu’à 17H* au lieu de midi le week-end,sur demande lors de la réservation et selon disponibilité2. La composition de menus adaptés à vos besoins de sportifs3. Un accès gratuit et illimité au WIFI• Pour vous informer et réserver :Une ligne téléphonique dédiée à la FF Natation (de 9h à 19h du lundi au samedi)par internet à l’adresse : sport@louvre-hotels.com- LOUVRE HOTELS - NOVEMBRE 2009 - SAS au capital de 117.625.104 euros - 309 071 942 RCS NanterrePhotos non contractuelles Crédits photos : Fédération Française de Natation, Fotolia, Ch. Bielsa, Atypic Studio.Natation Magazine | Août 2010 | N° 120


50Hors lignesLara Grangeon« J’écouteLady Gaga »(Ph. DPPI/Franck Faugere)Double championne de France sur 400 m 4 nages en2009 et 2010, mais qualifiée pour les championnatsd’Europe de Budapest sur 200 m 4 nages et 200 mpapillon « seulement », Lara Grangeon incarne, à 18 ans,la relève du 4 nages français chez les féminines.Derrière son côté mutin et facétieux se cache chez lapensionnaire du pôle France de Font-Romeu uncaractère bien trempé. La Calédonienne veut allerloin et s’en donne les moyens, sans se prendre la tête.Dernier film vu ?« Ma vie pour la tienne ». C’est unbeau film, émouvant et trèstriste ! Il faut vraiment prévoir lesmouchoirs…Dernier livre lu ?« La Nuit des Temps », de Barjavel.C’est un livre que j’ai adoré, trèspeu réaliste, mais c’est une bellehistoire…Dernier fou rire ?Ça m’arrive très souvent. J’adorerire, et en plus ça fait travailler lesabdos !Votre pêché mignon ?Joker ! Je suis très, trop gourmande! J’adore le chocolat, lesdélicieux gâteaux de ma tante, deLéa (Giraudon), les bonbons… Avecun petit sentiment de culpabilité,c’est encore meilleur !Un plat que vous ne pouvez pasavaler ?J’ai un peu de mal avec les légumes,mais je fais des effortsparce que c’est bon pour la santé.Surtout après quelques carrés dechocolat !Le matin vous êtes plutôt sourireou silence ?Plutôt sourire. Avant d’aller àl’entraînement, je suis généralementde bonne humeur. Aprèsaussi d’ailleurs ! Et puis, profitonsen,la vie est magnifique.Votre album de musique préféré ?J’aime bien les chansons françaisescomme Cali, Bénabar, RenandLuce, Jean-Jacques Goldman…,des chansons où je peux chanter…Même si j’avoue que je ne chantepas très bien ! J’écoute aussi KatyPerry, Lady Gaga. Pour leur côtéextravagant et excentrique !Si vous étiez un animal ?J’aimerais bien être un papillon.Ils m’émerveillent par leurs couleurs,mais aussi leur légèreté.J’adorerais pouvoir voyager commeça ! Et puis, le papillon, c’est aussima nage préférée.Votre passe-temps favori ?Facebook, qui me permet de resteren contact avec ma famille et mesamis, et la lecture.À part la natation, quel sportappréciez-vous ?J’aime tous les sports ! Surtout lacourse, le triathlon. Depuis que jevis à Font-Romeu, je prendsbeaucoup de plaisir à découvrir lamontagne en VTT ou en ski defond. Pour moi qui vient d’une îledu Pacifique, quel contraste !Votre plus grosse déceptionsportive ?Quand je suis tombée du plot audépart des séries du 400 m4 nages des championnats deFrance cadets, en 2008, à Lille.Quelle personnalité aimeriezvousrencontrer ?Einstein. Par son esprit cartésienet accessible. J’adore les mathématiqueset la physique et ilpourrait m’expliquer tellement dechoses qui sont un peu abstraitespour moi.Et si vous gagnez au loto, vousachetez quoi ?Je ferais plaisir à ma famille. Onferait un voyage tous ensemblechaque année, pour découvrir denouvelles cultures. Et bien sûr lesamis. J’essaierais de leur faireplaisir : des petits cadeaux commeça, sans raison particulière…Juste pour les savoir heureux ! •Recueilli par Frédéric RagotNatation Magazine | Août 2010 | N° 120

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