Bulletin cilss resimao Avril - Mai - Juin 2010

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COMITE PERMANENT INTER ETATS DE LUTTECONTRE LA SECHERESSE DANS LE SAHELRESEAU DES SYSTEMES D’INFORMATION SUR LESMARCHES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST (RESIMAO)Programme Régional d’Appui Accès aux MarchésBulletin régional du marché des produits agricolesHEN YOU NEED ITEDITORIALAvril - Mai - Juin 2010Les prix sont globalement stables en Afrique de l’OuestDepuis la crise de la vie chère intervenue en 2007/08, dans l’espace ouest africain, les prix continuent à se maintenirà des niveaux jusque là supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. De plus dans les différents pays, il aété observé des augmentations significatives des prix des produits agricoles et également ceux des intrants notammentles engrais et autres. Tous ces facteurs ont fait que les gouvernants ont adopté des séries de mesures. Ces mesuresdevaient contribuer essentiellement à assurer l’accès à court terme des populations à faibles revenus aux biens de consommationde première nécessité et d’agir sur les aspects structurelles permettant de relancer les productions locales.Malgré ces efforts considérables consentis par les gouvernements des pays les prix continuent à s’afficher à des hauteursqui dépassent le pouvoir d’achat des populations vulnérables. Cependant, cette année, les prix fluctuent par rapport à ceuxde l’année dernière (2008/09) et évoluent tantôt à la hausse tantôt à la baisse, selon les produits. Toutefois, il conviendraitde ne pas perdre de vue que les prix de 2008/09 étaient aussi relativement très élevés par rapport à ceux des années précédentes.A l’exception du riz, on reste donc indéniablement dans une dynamique de hausse des prix depuis 2007, début dela crise de la vie chère. Ce qui est, cependant, très réconfortant dans ce tableau, c’est la tendance à la baisse des prix du rizpar rapport à ceux de la campagne précédente, même s’ils s’affichent toujours au dessus de la moyenne à long terme.Actuellement compte tenu de la disparité des mesures, surtout conjoncturelles, appliquées dans les différents pays, comportementsdes marchés varient d’un pays à l’autre. Ce présent bulletin, élaboré essentiellement à partir des contributionsde certains pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest dont le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Niger et leSénégal, ambitionne, à l’instar des éditions précédentes, de présenter l’évolution des marchés dans les pays concernés etde se prononcer en terme de perspectives


INTRODUCTIONLe second trimestre (avril, mai, juin) correspond à la périodeoù la reconstitution des stocks privés, communautaireset publics est terminée. C’est une période où les stockscommerciaux au niveau des producteurs sont à un niveaurelativement bas et où ces derniers s’apprêtent à entrer dansla campagne hivernale de production agricole.En Afrique occidentale en général et dans le Sahel en particulierles céréales sont à la base de l’alimentation humaine,leur niveau de production est instable et reste dépendant desaléas climatiques surtout de ceux qui interviennent durant laseule saison des pluies pour la zone du Sahel et deux saisonsdes pluies dans les zones côtières. Ce qui fait que les offresde céréales sur les marchés suivent un rythme saisonnier.Elles diminuent sensiblement au second trimestre, et lesquelques stocks détenus par les producteurs sont utilisésessentiellement pour leur propre sécurité alimentaire durantla période de soudure.Cette période correspond d’habitude à la poursuite dela hausse des prix dont l’ampleur dépend du niveau dedéséquilibre entre l’offre et la demande lié en partie auxrésultats de la campagne agricole précédente. Elle correspondégalement à la période de soudure pour les animaux,les pâturages et les points d’eau étant à leur plus bas niveau ;les prix des aliments bétail sont aussi relativement élevés.Durant ce deuxième trimestre de l’année 2010, l’évolutiondes marchés varie sensiblement d’un pays à un autre àcause des interventions des différents acteurs (politiques,humanitaires,…), mais aussi des résultats de la campagneprécédente.ETAT D’APPROVISIONNEMENT DESMARCHÉSDans la grande majorité des pays de l’Afrique de l’Ouest,l’état d’approvisionnement des marchés est bon oumoyen durant ce trimestre.On relèvera ainsi qu’au Bénin, le niveau élevé des récoltesen fin d’année 2009 a permis d’avoir une offre acceptablede produits vivriers sur les différents marchés agricoles audébut de l’année 2010. Ainsi, l’offre dans ce pays a été relativementimportante sur certains marchés agricoles et plusou moins stable sur d’autres au cours du premier trimestrede l’année 2010.Il est à remarquer que durant le début de la période de soudure(avril, mai et juin) de l’année 2010, les stocks paysansen céréales ont commencé par baisser et en conséquence lesdéstockages et le rythme des offres de maïs sur les marchésnationaux ont été limités. Le maïs étant une céréale quijoue un important rôle de céréale de secours en période desoudure. Cette baisse du rythme d’approvisionnement desmarchés nationaux s’est accentuée à cause des flux transfrontaliersde maïs, de l’igname et du sorgho qui se sontpoursuivis en direction des pays voisins, surtout vers leNiger.L’offre du riz importé est renforcée globalement par lesmises en vente du riz produit localement et du riz provenantdu don japonais. Face à cette réduction de l’offre de riz surles marchés agricoles nationaux, la demande devient deplus en plus forte s, ceci, en raison de l’augmentation de laconsommation du riz. Ceci explique la hausse des prix duriz au Bénin. La production nationale du haricot étant insuffisante,l’offre au cours de cette période de soudure est enbaisse sur les marchés nationaux malgré les flux entrants decette denrée à partir du Niger, du Togo et du Nigéria.Au Burkina Faso, l’approvisionnement des marchés aucours du trimestre a été assez satisfaisant malgré la réductiondu niveau des stocks paysans. Cet approvisionnements’est effectué à partir des stocks commerçants sur lesmarchés urbains et paysans sur les marchés ruraux. En effet,avec le début de la saison hivernale en fin de trimestre 2010,on a assisté à un déstockage des céréales par les producteursdans les zones de production. Parallèlement à ces déstockagesdans les zones excédentaires, la mise à dispositionsde céréales par le gouvernement, à travers les ventes à prixmodéré dans les zones déficitaires, a entrainé une bonnedisponibilité sur l’ensemble des marchés du Faso.Dès le trimestre passé, les quantités de céréales localesmises sur les marchés guinéens ont entraîné la baisse del’offre paysanne. Ceci a provoqué, en cette veille de lapériode de soudure, l’amenuisement global de l’offre desdenrées locales sur les marchés, tant en zones rurale que surles marchés urbains.Contrairement au premier trimestre, caractérisé par un bonniveau d’approvisionnement en riz local, ce second trimestrea souffert d’un niveau d’approvisionnement plus faiblede ce produit, qui est bien commercialisé à travers tout lepays.Les produits, comme la pomme de terre, l’huile de palme etle sel, dont les productions locales se font essentiellementen saison sèche, ont été abondamment commercialisés.Les marchés ont été normalement fournis en d’autres céréales(maïs, fonio, mil, sorgho). Cependant au cours de cedeuxième trimestre, les volumes de produits collectés dansles marchés bords champs ont été moins importants que letrimestre précédent.On notera, cependant que les marchés sont restés bienapprovisionnés en riz importé durant tout le trimestre. Ceniveau d’approvisionnement pourrait se maintenir durantla période des travaux champêtres où les réserves de vivresdans les greniers seront insuffisantes pour couvrir lesbesoins.La campagne agricole 2009/10 a été jugée bonne au Mali,avec une production agricole supérieure à celle de l’annéedernière et à la moyenne des cinq (5) dernières campagnes.Globalement les marchés continuent d’être bien approvisionnésà cause de l’importance de cette offre céréalière. Lesproductions ont été particulièrement bonnes dans le sud dupays.Bulletin conjoint RESIMAO - CILSS Avril Mai et Juin 2010 page 2


S’agissant du nord du pays, malgré une campagne agricolejugée mauvaise à cause du déficit pluviométrique, lasituation est sous contrôle car l’Etat et ses partenaires ontpris les dispositions afin de venir en aide aux populationsvulnérables qui ont bénéficié de prés de 7.000 tonnes decéréales en distributions alimentaires gratuites Ce qui acontribué à améliorer la disponibilité au sud du pays, et aentraîné en même temps un ralentissement des ventes auniveau des commerçants de cette partie du pays, qui constituela principale source d’approvisionnement du nord dupays en céréales.Ainsi, malgré un bon état d’approvisionnement des marchés,les quantités mises en marché par les producteurs durant cesecond trimestre ont diminué par rapport au premier trimestre2010. Cependant, ces quantités vendues par les producteurssont non seulement supérieures à celles vendues àla même période de l’année 2009, mais aussi aux quantitésmoyennes vendues par les producteurs au cours de la mêmepériode des cinq dernières années.Au Niger, l’approvisionnement a été moins satisfaisant pourle mil et le sorgho au cours de ce trimestre pour la majoritédes marchés nationaux suivis. Cette situation est due à ladiminution des stocks aussi bien sur les marchés de collecteet de regroupement que sur les marchés de consommation.Cependant, il faut noter les interventions de l’Etat et desautres partenaires à travers des cash for work, des cashtransfert et les opérations de distribution gratuite ciblée devivres opérées par l’Etat Nigérien et les autres partenairespour atténuer la crise alimentaire née de la mauvaise campagneagricole passée. Ces interventions ont beaucoupcontribué au maintien de l’équilibre du marché céréaliernigérien. Pour le maïs et le riz (céréales principalementimportées), l’offre a été régulière du fait des importationsimportantes et régulières par les commerçants nationaux etétrangers.Au Sénégal, la bonne production céréalière enregistréeau cours de la campagne agricole 2009/2010 (1 825 306tonnes) continue à impacter positivement sur les marchésnationaux avec un niveau de l’approvisionnement desmarchés satisfaisant au cours de ce second semestre 2010.Toutefois, les niveaux d’approvisionnements les plus significatifsont été observés durant le mois d’avril 2010, tandisqu’au cours des deux mois suivants (mai et juin 2010), lesdisponibilités ont été moyennes. Il est important de signalerque durant ce trimestre (avril, mai, juin 2010), le rythme desimportations du riz brisé a subi un ralentissement qui s’estsoldé par une baisse des stocks, notamment au niveau desimportateurs (principale source d’approvisionnement descommerçants). Il convient de souligner que l’essentiel desdisponibilités céréalières sont constituées de mil sounas,de riz importé brisé et de maïs importé. Les autres céréaleslocales sèches (maïs, sorgho) et le riz local décortiqué sontfaiblement disponibles sur les marchés. Cette modicité del’offre en ces produits s’explique par la baisse des productionsdu maïs et du sorgho qui a précipité leur épuisementsuite aux importantes demandes exprimées par les aviculteurs(maïs) et les éleveurs (sorgho) de bétail.Il est observé depuis le mois d’avril 2010 un arrêt des activitésdes rizeries pourvoyeuses des marchés.Concernant les légumineuses, seule l’arachide continue àêtre abondamment présente sur les marchés. Cela s’expliquepar l’importante production (1 032 651 tonnes) réalisée etpar la faiblesse des achats des industries huilières (264 000tonnes, soit 25% de la production nationale). Il en résulteune mise en marché massive de cette légumineuse pourécouler les surplus. Quant au niébé, compte tenu de safaible production, de la délicatesse de sa conservation et del’importante demande des consommateurs, les stocks sontpresque épuisés.Le deuxième trimestre en Côte d’Ivoire a été marqué parun approvisionnement moyen des marchés en féculents,notamment en banane plantain donc la production a accuséune baisse par rapport à la même période de l’année 2009.Par ailleurs, l’igname bêtêbêtê a été présente de façonremarquée.Quant aux céréales, l’on note un approvisionnement régulieren riz dont la faible production locale pour ce trimestreest comblée par les importations et un approvisionnementmoyen des marchés en mil, faible en maïs.Pour ce qui concerne les fruits, le deuxième trimestre 2010constitue la période de campagne de la mangue greffée qui ainondé tous les marchés, avec cependant une quantité inférieureà celle de l’année 2009.PHOTOAu niveau de la vallée du fleuve Sénégal, il a été noté que,malgré la bonne production annuelle (502 104 tonnes), leriz paddy hivernal a été entièrement décortiqué au cours desdeux derniers mois.Bulletin conjoint RESIMAO - CILSS Avril Mai et Juin 2010 page 3


Les légumes se sont illustrés par une très faible présencesur les marchés, particulièrement la tomate qui a presquedisparu du panier de la ménagère ce trimestre.ANALYSE DES PRIX DES PRODUITSALIMENTAIRES (CÉRÉALES SÈCHES ETRIZ)Aucune tendance particulière ne se dégage quant àl’évolution des prix dans notre espace ouest africain. Cecomportement des prix dépend certes de la confrontation del’offre et de la demande, mais aussi des mesures prises dansles différents pays afin de rendre les céréales accessiblesaux populations à faibles revenus.Par rapport au premier trimestre 2010, on relève qu’auBénin les prix pratiqués durant de ce second trimestre sonten hausse pour le maïs, le riz importé et le niébé et en baissepour le sorgho. Par rapport au même trimestre de l’année2009, les prix sont en baisse pour le maïs et le sorgho et enhausse pour le riz et le niébé.Au Burkina Faso, par contre, contrairement aux prévisions,les prix sont demeurés stables au cours de ce trimestre avecune tendance à la baisse des prix du maïs blanc dans certainesrégions du pays grâce à la disponibilité des céréalessur les marchés.Si en République de Guinée, le second trimestre a été marquépar des hausses de prix des céréales, au Mali, malgré lafaiblesse des stocks commerciaux au niveau des producteurspar rapport au trimestre passé, les prix observés ont connuplusieurs fluctuations, qui de par la faiblesse de leurs amplitudes,peuvent être assimilées à une relative stabilité.En effet, n’eût été une demande de 11.500 tonnes de céréalessèches du PAM international achetées au Mali pour lespopulations vulnérables des pays voisins (Mauritanie, Niger,Tchad), les prix auraient plongé, avec cette quasi absence dedemande émanant du Nord du pays, intervenue à cause desdistributions alimentaires gratuites d’environ 7.000 tonneseffectuées dans cette zone,Les prix enregistrés durant ce deuxième trimestre de l’année2010 sont inférieurs à ceux de la même période de l’année2009.Au Niger, on retient qu’au cours de ce trimestre, les prix dumil, du sorgho et du maïs ont connu des hausses importantespour plusieurs raisons qui sont entre autres :- La pleine période de soudure;- L’augmentation de la demande à cause non seulement del’épuisement progressif du mais aussi et surtout à causede l’effritement du pouvoir d’achat de la population. stockménager et commerçant,S’agissant du Sénégal, l’analyse du niveau des prix montreque leur moyenne du deuxième trimestre 2010 (avril, mai,juin) est légèrement plus élevée que celle du premier trimestre2010 (janvier, février, mars 2010) et qu’elle est nettementinférieure à celle du même trimestre en 2009 (avril,mai, juin).Légère hausse de prix de l’ensemble des féculents enregistréesur les marchés ivoiriens, particulièrement fortementressentie dans le panier de la ménagère où la banane s’estraréfiée progressivement d’avril en juin 2010.Dans l’ensemble les prix pratiqués sont demeurés stables,avec cependant des hausses enregistrées par endroits, pource qui concerne le riz importé.Hausse marquée au niveau des prix des légumes pour lasimple raison que le deuxième trimestre demeure une périodede faible production pour ces produits. Cette hausse aété fortement ressentie pour la tomate fraîche dont le prix aatteint le plancher de 2500 FCFA/Kg.Il convient de noter également que le niveau des prix a étédans l’ensemble très élevé par rapport à ceux pratiqués aucours de la même période de l’année 2009.FLUX TRANSFRONTALIERSPar rapport au trimestre passé, les flux transfrontaliers sesont poursuivis avec des situations variables d’un pays à unautre:Au BéninLes flux transfrontaliers de maïs, igname et sorgho se sontpoursuivis en directions des pays voisins, surtout vers leNiger. Cette situation a aussi réduit l’offre des marchés agricoles.La production nationale du haricot étant insuffisante,l’offre au cours de cette période de soudure est en baisse surles marchés malgré les flux entrants de ce produit à partir deNiger, du Togo et du Nigéria.Au Burkina FasoAu cours de la période, les flux transfrontaliers ont enregistréune baisse par rapport au trimestre passé. Néanmoins, avecla situation de crise alimentaire qui prévaut au Niger, on aenregistré des sorties de mil local vers ce pays. Une quantitéde 5000 tonnes de céréales a également été octroyée par legouvernement Burkinabé au Niger.Par ailleurs, des flux sortants composés principalement duniébé ont été enregistrés en direction du Ghana.Concernant le riz, on assiste à une stabilité des prix du faitde l’abondance des importations assurées par les commerçantsnationaux et étrangers. La disponibilité de ce produitest plus importante sur les marchés urbains du fait de saforte demande dans cette zone.Bulletin conjoint RESIMAO - CILSS Avril Mai et Juin 2010 page 4


En Guinée ConakryLe commerce des pays voisins a été cette fois-ci quelquepeu entravé à cause de :• l’amoindrissement des disponibilités de produits vivrierscommercialisables;• la dégradation poussée des voies d’accès aux marchésruraux sous les effets de pluies fréquemment intensives ;• l’appréhension pour les enjeux de l’élection présidentielleen cours dans le pays.provenance du Niger via le Burkina Faso, des légumesde type européen et du bétail en provenance du BurkinaFaso. Il faut retenir un retour de l’approvisionnement desmarchés des pays voisins en produits ivoiriens tels que lemaïs, la banane poyo, l’ananas, l’attiéké, de faibles quantitésde banane plantain. Il faut retenir la cola qui fait l’objetd’échanges importants et réguliers entre la Côte d’Ivoire etles pays frontaliers de l’Hinterland et même des pays pluséloignés comme le Sénégal.PERSPECTIVESAu MaliLes flux transfrontaliers se poursuivent avec les pays voisins.Ainsi d’avril à juin 2010, les commerçants céréaliersmaliens ont exporté 2.113 tonnes en direction des pays voisins(Côte d’Ivoire, Mauritanie, Burkina Faso et la Guinée).Au cours de la même période, ils ont importé 2.090 tonnesde riz du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. S’agissant dubétail, il a été expédié vers les pays côtiers entre avril et juin2010 29.096 bovins et 41.782 ovins et caprins.D’autres produits alimentaires font l’objet d’échangestransfrontaliers avec les pays voisins.Au Niger : D’une manière générale, les flux transfrontalierssont caractérisés au cours de ce trimestre 2010 parun fléchissement relatif des transactions des céréales tellesque le mil et le sorgho. En ce qui concerne le maïs et le riz,ces deux produits sont essentiellement importés et leur offrerégulière et abondante est assurée par les commerçantslocaux et étrangers.Le Sénégal :Compte tenu de la bonne production dans la sous région, leséchanges céréaliers entre les pays voisins ont été timides.Toutefois, depuis le début du mois de juin 2010, il a étéobservé la présence du mil sanio (en provenance du Mali)dans les marchés de Dakar, du niébé (en provenance de laGuinée Bissau) dans le marché de St-Maur (Ziguinchor),de l’arachide décortiquée (en provenance de la GuinéeConakry) dans quelques marchés hebdomadaires des zonesdéficitaires (via le marché de Diaobé).Inversement, la clôture officielle de la collecte de l’arachidea favorisé une exportation de cette légumineuse vers laGambie et la Mauritanie.Concernant le bétail, des bovins (en provenance du Mali)et des ovins (en provenance de la Mauritanie) sont trèsprésents sur les marchés du Sénégal.BéninL’offre en produits vivriers (maïs, arachide, niébé, igname)pourrait s’améliorer au cours du troisième trimestre 2010 enraison du démarrage en juillet des récoltes du premier cyclecultural en milieu paysan ainsi que la poursuite de la miseen vente des stocks publics de maïs et du riz constitués parl’Etat.Tout ceci laisse entrevoir une offre renforcée sur les marchésagricoles pour le troisième trimestre de l’année 2010.Selon les déclarations des acteurs de la commercialisation,la tendance des prix sera à la baisse au cours du troisièmetrimestre parce que:• les récoltes de la première saison culturale de l’année 2010vont permettre d’approvisionner les marchés agricoles;• le déstockage et la mise en marché des reliquats de produitsvivriers de l’ancienne récolte (2009) par les producteurs,pourrait se faire sans crainte en raison des récoltes prometteusesde la première saison culturale de l’année 2010;• le renforcement de l’offre globale par les importationsde riz par les privés et la poursuite de la mise en vente desstocks publics de produits vivriers.Burkina FasoAu cours des prochains mois, qui constitue en fait la périodede soudure, l’on devrait assister à une hausse des prixdes céréales. Cependant, la bonne disponibilité des produitscéréaliers sur les marchés des régions, liée au déstockageopéré par les commerçants, la poursuite de l’opération devente de céréales à prix social et les interventions humanitairessont les facteurs qui permettront d’atténuer la haussedes prix et de faciliter l’accessibilité aux céréales par lespopulations. L’on prévoit une baisse des prix par rapport àla période de soudure de 2009.GuinéeCôte d’IvoireLes échanges transfrontaliers se sont poursuivis durant lesecond semestre 2010 entre la Côte d’Ivoire et les pays voisins.A effet il a été noté l’entrée sur les marchés ivoiriensdu mil et du bétail en provenance du Mali, de l’oignon enLes perspectives seront incertaines pour le prochain trimestre,correspondant aussi à la période de soudure, qui est unepériode où les stocks commerciaux vivriers sont à leurs plusbas niveaux à travers le pays.Bulletin conjoint RESIMAO - CILSS Avril Mai et Juin 2010 page 5


Le rythme de l’évolution saisonnière des stocks commerciauxdu riz et de son prix sur le marché guinéen présage,en période de soudure, une demande soutenue entraînant unécoulement rapide. Cependant, les actions de régulation dumarché, prévues en période de soudure, endigueront probablementles effets d’une éventuelle pénurie alimentaire.En juillet et août 2010, les marchés seront moins approvisionnésen riz local à cause de la faiblesse de l’offre au niveaudes producteurs. En septembre 2010, l’approvisionnementen riz local s’améliorera avec la récolte de riz précoce enGuinée forestière entrainant une baisse de prix de ce produitsur des marchésLes volumes de riz importés pourraient augmenter à causede la forte demande, qui pourrait entrainer des hausses deprix en cas de brèches dans les mesures visant à maintenirles prix à des niveaux tolérables.Le maïs et le fonio seront rares durant les deux premiersmois du trimestre. Par contre, la nouvelle récolte apparaitraen septembre.Les prix de vente des anciens stocks de mil et Sorgho serontélevés avant l’apparition des nouvelles récoltes vers décembre2010 et janvier 2011.La récolte de la pomme de terre étant prévue en juillet - août,les marchés en seront bien ravitaillés. Quant à la pomme deterre importée, elle ne sera pas certainement abondante surles étales. Ses prix resteront élevés.Les tubercules frais de manioc et de patate douce avec desbas niveaux de prix seront abondants sur les marchés.L’offre d’huile de palme sera réduite à cause des difficultésd’extraction sous la pluie.Le prochain trimestre correspondra à la récolte de l’arachideen coque. Les autres formes (graine séchée et pâte) serontrares.Les deux types d’oignon (local et importé) auront des prixen hausse.Pendant la période à venir, correspondant au ramassage et autraitement des noix de karité en vue d’obtenir le beurre dekarité, les prix des noix seront en hausse sur les marchés.On pourrait observer une rupture dans l’approvisionnementen bananes du fait que la principale zone de productionconnaît une dégradation sévère de ses voies d’accès. Enfinl’évolution du marché national de la Guinée Conakry resteaussi tributaire de l’issue de l’élection présidentielle.MaliLe 3ème trimestre à venir se situera dans la campagneagricole et couvrira aussi bien la période de soudure quele mois de carême. Ainsi afin d’éviter les troubles sociauxconsécutifs à une rupture d’approvisionnement durant lemois de carême, les pouvoirs publics mettront en placedes mécanismes afin d’assurer la disponibilité et éviter desembrasements des prix. Ces mécanismes pourraient allerdes importations subventionnées des produits comme lesucre et l’huile aux mises en marché des stocks publics decéréales. Dores et déjà, l’Office des Produits Agricoles duMali (OPAM) prévoyait le lancement d’un appel d’offrepour la vente de près de 9.000 tonnes de mil/sorgho, dans lecadre de la rotation technique du Stock National de Sécurité.L’on pourrait donc assister à une stabilité, voire de légèresbaisses des prix des céréales. L’ampleur de ces mouvementssera fortement liée à la configuration de l’hivernage et ducomportement des cultures.Pour les éleveurs, le prochain trimestre correspondra à la finde la soudure et au retour des transhumants. Ce qui permettraune reprise d’approvisionnement des marchés.Niger :Durant ce trimestre, l’on pouvait assister à une bonneprésence du maïs et du riz sur les marchés à cause de larégularité des importations. Conséquemment à cette bonnedisponibilité probable des produits sur les marchés, les prixdes céréales aussi bien locales qu’importées pourraient connaîtredes baisses.SénégalMalgré la bonne production céréalière, notamment celle dumil souna, le niveau d’approvisionnement des marchés vasans doute baisser durant le prochain trimestre. En effet,neuf (9) mois après les récoltes, les réserves paysannes ontété significativement entamées. Même si leurs réserves nesont pas totalement épuisées, les producteurs adopteront uneattitude de prudence pour mieux gérer la période de soudurequi est traditionnellement un moment d’épreuves en termesde sécurité alimentaire en zones rurales. Toutefois, ledéroulement de l’hivernage sera un facteur très déterminantdans le comportement des producteurs et des marchés.Les offres de riz local décortiqué vont s’améliorer avecl’arrivée sur les marchés des récoltes du riz de contre saisonen provenance de la vallée du Fleuve Sénégal. Cette améliorationconcernerait surtout les marchés situés dans lesrégions nord (Matam, Saint-Louis, Louga).Les disponibilités en légumineuses vont progressivementbaisser dans les prochains mois. En effet, une bonne partiedu volume résiduel sera commercialisée pour les besoins ensemences, l’autre partie sera consommée ou exportée versles pays limitrophes.Le volume des céréales importées va sans doute reprendreson niveau normal. En effet, l’épuisement progressif descéréales locales, la situation favorable du marché internationaldu riz (baisse des cours mondiaux de 2,5% en juin2010 selon le rapport mensuel d’OSIRIZ de juin 2010) etla forte demande du maïs (aviculteurs) inciteront les importateursà relancer les opérations d’importation du riz et dumaïs.Quant au marché de bétail, la reconstitution du tapis herbacéet le remplissage des points d’eau (mares, marigots, bassinsde rétention) vont favoriser le retour des transhumants.Conséquemment, la qualité des sujets va s’améliorer et leréapprovisionnement abondant des marchés sera assuré.Bulletin conjoint RESIMAO - CILSS Avril Mai et Juin 2010 page 6


Durant le prochain trimestre (juillet, août, septembre 2010)les prix des céréales locales sèches vont poursuivre progressivementleur tendance haussière actuelle pour atteindreleur paroxysme. Toutefois, le rythme et le niveau des haussesseront tributaires de la configuration de l’hivernage et ducomportement des cultures.Pour le riz local décortiqué, en raison de l’arrivée sur lesmarchés du riz de contre saison qui va améliorer le niveaudes approvisionnements, ses prix devraient légèrementbaisser durant le mois de juillet avant d’amorcer une allurehaussière vers les mois d’août et de septembre 2010.Pour ce concerne le riz importé brisé ordinaire, compte tenude la reprise des importations et de la surveillance régulièrede cette denrée stratégique par les autorités, à défaut debaisser légèrement, les prix pourraient se stabiliser.Quant à l’arachide (coque, décortiquée), à l’instar des céréaleslocales sèches, elle devrait voir ses prix augmenter aufur et à mesure que la période de soudure s’installera. Cettesituation s’expliquerait par la forte demande exprimée parles producteurs pour l’acquisition des semences et par lesexportations vers les pays voisins (Mali, Gambie).Concernant le marché du bétail, la situation pourrait êtreplus reluisante que celle du trimestre précédent. En effet,l’installation générale de l’hivernage favorisera le retourdes transhumants. Du coup, les marchés de référence vontrenouer avec leur dynamisme avec une éventuelle augmentationdes offres et des prix modérés.Côte d’IvoireLe prochain trimestre va enregistrer l’entrée sur les marchésdes ignames tardives tels que le Kponan, du riz local enquantité supérieure à celle enregistrée au cours du trimestreprécédent, des légumes de type africain tels que le gombofrais, l’aubergine n’drowa.Les prix vont observer une tendance à la hausse dansl’ensemble pour le premier mois pour amorcer une baissevers la fin du trimestre qui va enregistrer un approvisionnementrelativement bon des marchés.Il faut retenir enfin qu’il a été enregistré de fortes pluiessur la ville d’Abidjan au cours du deuxième trimestre 2010.L’intérieur du pays a, par contre, accusé une pluviométrietrès moyenne qui va se poursuivre au cours du troisièmetrimestre, une bonne note pour une production vivrièreconséquente.BULLETIN REGIONAL DU MARCHE DESPRODUITS AGRICOLES (RESIMAO-CILSS)BP E5589 Bamako, Mali03 BP 7049 Ouagadougou 03 Burkina FasoDirecteurs de PublicationSalifou B. Diarra : Coordonnateur du RESIMAOProf. Ahousseini BRETAUDEAU, SecrétaireExécutif du CILSSCoordinationPierre Traore : OMA - MaliMoussa Cissé : CILSSMarlyse Abattan: SIM/ONASA - BéninRédactionBénin : Mouphtaou Abdoulaye (SIM/ONASA)Burkina Faso : Eric Palé, Bénédicte PEMOU(SIM/SONAGESS)Côte d’Ivoire : Noël Kouablé et Madioman Meite(SIM/OCPV)Guinée Conakry : Mamy Keïta et Yacouba Diakité(SIPAG)Mali : Salifou B. DIARRA et Pierre Traore (OMA)Mauritanie : Sidi Ould Mohamedou SIM/CSANiger : Sani Laouali ADDHO et Salifou Ousmane(SIMA)Nigeria : Gabriel AFU (NAMIS)Sénégal : Moussa NIANG, Mouhamadou Ndiaye(SIM/CSA)Togo : Lawson Atutu (DSID et Dzaka Kokoutse(OSAT)CILSS : Aliou Maïga (INSAHCoordination technique : UAM - CID / CILSS(Harouna Kindo, Abdoulkarim Dankoulou)Consultez le bulletin enligne surwww.cilss.bfBulletin conjoint RESIMAO - CILSS Avril Mai et Juin 2010 page 7

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