CHAPITRE 10 LE DÉTROIT DE COOK EN ALASKA 10.1 Introduction

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CHAPITRE 10 LE DÉTROIT DE COOK EN ALASKA 10.1 Introduction

La production totale cumulative dans le détroit de Cook jusqu’en 2000 a été de 1,2 milliards de barils depétrole brut et de 5,6 billions de pi 3 de gaz naturel. On estime que 90 % des réserves récupérables ont étéextraites (AOGA, 2000). Selon Hannigan et coll. (2001), le BRC devrait offrir six champs de pétrole deplus de 100 millions de barils récupérables, pour une quantité totale récupérable de 1,3 milliard de barils.Pour ce qui est des ressources de gaz dans le BRC, il y aurait neuf champs de plus de 500 milliards de pi 3 ,pour une quantité totale récupérable de 9,8 billions de pi 3 (Hannigan et coll., 2001). Les deux bassins sontdonc très similaires pour ce qui est de l’importance des réserves d’hydrocarbures.Les systèmes pétroliers dans les deux bassins sont quelque peu similaires : dans les deux, on y retrouve desroches-mères datant du Mésozoïque et des réservoirs datant du Tertiaire (voir, par exemple, Magoon, 1994,pour le détroit de Cook). Dans les deux bassins, on trouve également des structures de compression (failleset chevauchements), bien que l’on ne trouve pas dans le bassin du détroit de Cook les épisodes d’extensionet de cisaillement horizontal qui caractérisent le Tertiaire tardif dans le BRC.10.3 Environnement physiqueBoyd et Shively (1999) résument l’environnement physique du détroit de Cook. Les vents moyens au largesont de 12 à 18 nœuds, mais les chenaux dans les vallées peuvent donner lieu à des vents dépassant les100 nœuds, à terre. Dans le détroit de Cook, la profondeur de l’eau est habituellement de 20 à 40 m dans lecours supérieur où l’on retrouve principalement la production du pétrole. Un chenal central atteint 75 m deprofondeur, et dans le cours inférieur, 150 m. L’amplitude des marées est relativement élevée dans ledétroit de Cook, l’amplitude diurne moyenne étant de 9 m à Anchorage. L’amplitude des marées et lagéométrie du détroit causent de forts courants : les courants de surface atteignent une vitesse maximaled’environ 3 nœuds, et les courants de fond de 1,5 nœud sont suffisamment forts pour former des vagues desable en migration; des courants atteignant 12 nœuds ont été enregistrés à certains endroits. Ces courantstransportent des quantités importantes de sédiments glaciaires provenant de l’érosion des montagnesenvironnantes, et qui sont déposés sur des méplats tidaux ou transportés au large vers la fosse desAléoutiennes. Enfin, le détroit de Cook est encombré de glaces d’octobre à avril.Tout comme le BRC, le détroit de Cook se trouve à proximité d’une marge de plaque. La subduction de laplaque de l’océan Pacifique sous la plaque nord-américaine provoque des tremblements de terre et desvolcans. Dans la région du détroit de Cook, on a dénombré 99 tremblements de terre d’une intensitésupérieure à 5,0 depuis 1899, dont quatre ont affiché une intensité supérieure à 7,0. Certaines failles depoussée dans les zones pétrolières peuvent générer des séismes d’une intensité de 6,3 à 6,9. Les risques deséisme sont un peu plus élevés que dans le BRC. Des volcans actifs occupent la rive ouest du détroit deCook. Les installations de production pétrolière sont hors de portée des coulées de cendre qui pourraientêtre provoquées par toutes les éruptions, sauf les plus importantes, mais les inondations causées par la fontede la glace et des neiges sur les pentes supérieures qui reçoivent des matières éjectées par les volcans sontun problème récurrent. L’impact des tsunamis produits à l’extérieur du détroit de Cook est faible, mais lestsunamis causés par les avalanches de débris volcaniques locaux atteignant le littoral présentent un certaindanger potentiel. Les risques volcaniques dans le BRC sont relativement très faibles.Les courants intenses perturbent les sédiments au fond du détroit de Cook. Au début de la productionpétrolière dans cette région, les pipelines ont connu des défaillances, problème attribué à l’érosion dessédiments sous les pipelines. On a maintenant mis en place des mesures préventives, notamment en fixantles tuyaux à des pilotis enfoncés dans le fond marin, en ancrant les tuyaux dans du béton, en utilisant destuyaux lourds et chemisés, et en effectuant régulièrement des levés par sonar latéral pour détecter lesdéplacements de sédiments. L’érosion côtière est chose courante autour du détroit de Cook, comme autourdu BRC, et sur terre les installations doivent être bâties avec un certain retrait des côtes et des berges derivière. La traversée des plages sujettes à une forte érosion est autorisée, seulement avec un renforcementadéquat des infrastructures.Page 115La Société royale du CanadaRapport du groupe d’experts sur des questions scientifiques reliéesaux activités pétrolières et gazières au large des côtes de la Colombie-Britannique

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