NGRÈS - Archives du MRAP

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NGRÈS - Archives du MRAP

dumrapsuite de la page 9oubliés de l'Histoire sont autant d'élémentsqui doivent nous amener à continuer de nousattacher à ces « devoirs de mémoire »pourpréserver l'avenir. L'éducation c'est aussi,au niveau de l'école, le travail autour durespect mutuel et la promotion des valeursuniverselles des droits de l'Homme.L'identitéL'identité du Mouvement c'est sa spécificitédans l'approche des problèmes et deleurs résolutions. Le propre duMRAP, nousl'avons dit précédemment c'est de construireet de bâtir un antiracisme concret etprofond à la dimension de la personne humaine.Le développement du mouvement etl'action de proximité sont les conditions sinequa non de la réalisation d'un tel objectif.Dès lors, nous devons réfléchir sur le fonctionnementduMouvement en nous demandant«quel développement» pour atteindrecet obj ectif. A la lumière de ces deux annéeset demie de fonctionnement, si le Mouvementa pris conscience de l'utilité de l' antiracismede proximité pour le développementdes forces militantes du MRAP, forceest de constater que l'objectif n'est que partiellementatteint.Devant cet état de fait, nous vous proposonsquelques pistes pour être à même d'avancer:Accompagner et soutenir au plus près lescomités locaux en difficulté. Comment etavec qui? Quel rôle doit jouer la CommissionDéveloppement et quelle place et quelprofil doit revêtir le poste de Permanent auxcomités locaux. Outre cette question, ilnous faut aussi réfléchir aux moyens de resserrerles liens entre les Instances nationales,les commissions, comités et fédérationsdans le sens d'un meilleur partage des expérienceset de la création d'alliances, enterme de réseaux d'information pour unenrichissement mutuel. Il nous faut aussivaincre les résistances au changement et aurenouvellement qui se font jour parmi lesmilitants qui ont perdu confiance et ont parfoisl'impression, peut-être, que le partagedes tâches ou la préparation de la relève estun peu d'un pouvoir qu'on enlève.Poursuivre à tous les niveaux du MRAPl'analyse des actions de prévention du racismepar la solidarité.Opposer la prévention aux actions de solidaritéest un faux problème car les actionsde solidarité constituent sur le terrain lemeilleur moyen de prévention de la naissanceet du développement duracisme. Ceciétant, nous devons adapter nos interventionsen fonction des différents types de racisme:a) Face à un racisme populaire, de réactionou de compensation, enraciné dans les exclusionssociales, l'engagement du MRAPdans une action à visée antiraciste contre lesexclusions et pour les droits de tous, est importantque ce soit sur le droit au logementavec le DAL aujourd'hui, le droit à l'éducationavec les enseignants et les élèves, ledroit au travail, le soutien aux luttes deschômeurs, le droit à la protection socialepour tous, etc ...b) Face à une forme de racisme institution­.nel qui cache son nom, mais opère un rejetde l'étrangerparlemoyend'une « légalité»à nos yeux« illégitime », l'engagement duMRAP et de ses militants dans une actionde solidarité avec les victimes, la dénonciationde la loi illégitime auprès des citoyens,des pouvoirs publics, des partis, l' organisationéventuelle d'actions de résistance à laloi illégitime et la recherche de soutiensparmi toutes les forces morales,c) Face à un racisme doctrinal aussi bienen France qu'en Europe etaux USA, face àla résurgence d' antisémitismesouventcamoufléeen négationnisme et qui ouvre lavoie aux groupes néo-nazis dans toute l'Europe,le MRAP doit approfondir et rendrepublique son analyse des relations internationaleset dénoncer avec force une situationhautement explosive suscitée par la politiquedu cordon sanitaire autour d'unecertaine conception de l'Europe « forteresseassiégée» qui fait le lit des groupesfascistes en validant le traitement différentdes étrangers selon qu'ils sont européens ounon européens.Quel développementpour le MRAP?Le pluralismeLa conception du développement duMRAP passe par le respect du pluralismeen son sein. En effet, l'originalité et la richesseduMRAP, c'est son pluralisme c'està-direl'union dans ses rangs d'adhérentsd'origines différentes, d'opinions, de philosophie,de milieux sociaux et d'âges différents.C'est un bien précieux qu'il nousfaut préserver et qui nous enrichit. Cependant,le paradoxe selon lequel nous sommespolitiques, mais nous n'avons pas la possibilitéde faire de la politique, n'est qu'apparentcar si les militants du MRAP ne participentpasau pouvoir, nous devons le dire,nous ne nous détachons pas du politique dèslors que nous nous situons résolument hiercomme aujourd'hui au coeur des contrepouvoirsdont la mission première est depermettre un véritable exercice de la citoyenneté.Le renforcement du sentimentde citoyennetéIl nous faut dans ce domaine prendre uncertain nombre de mesures permettant auxmilitants de participer plus activement àl'analyse politique globale et de terrain duMRAP, ce qui nécessite un examen sérieuxdes structures de fonctionnement portédans nos statuts, avec une intention d'expressiondu Mouvement de manière plurielle.Et je pense notamment aux adhérentsisolés ou aux comités non membres de fédérationsqui devraient pouvoir être présentsdans les instances délibératives.Enfin, offrir aux militants une visionrenouveléede leur engagement antiraciste. Lesentiment d'impuissance naît en partie de lasurinformation à propos des problèmes dumonde, de l'Europe, de la France, perçuscomme lointains et sur lesquels souvent lesgens estiment qu'ils ont peu de prise. Dèslors, il nous faut certainement mieux nousconsacrer à une action bien circonscrite, làoù il est possible d'obtenir des résultats visibles.Cette action, nous l'avons dit, peutsusciter de nouveaux engagements.Interpellation et vigilance permanentedes politiquesDans ce domaine, si le MRAP vient de saisirl'ensemble des candidats à l'élection présidentielle,il nous faut aussi considérer qued'autres élections doivent venir: électionsmunicipales ou législatives et dans ce domainele MRAP doit porter haut et fort lacontradiction, mais aussi l'interpellation surles valeurs qui sont les nôtres.Le MRAP et l'actioninternationaleIl faudra donner plus de force et surtout plusde continuité à notre action internationale,pas seulement pour trouver des formes deconcertation et d'action communes, maispour faire progresser les idées et les analysesque nous pensons être les plus justes.Sur le plan de l'Europe nous prenons duretard, et c'est d'autant plus regrettable quel'Europe constitue un cadre qui tend à s 'homogénéiser.Il ne dépend pas seulement denous, bien sûr! que l'Europe devienne autrechose qu'une forteresse pratiquant l' exclusionau-dedans et au-dehors, mais cela dépendaussi de nous. Ce n'est pas faire del'ethnocentrisme, encore moins du chauvinisme'que de dire que le peuple français, lasociété française, la république française ontà assumer une responsabilité particulière surce plan.La Méditerranée et l'Afrique sont deuxsecteurs qui interfèrent directement avec lalutte contre le racisme dans notre pays.Nous devons faire campagne pour soulignerle caractère crucial de l'évolution du conflitisraélo-palestinien. Si, malgré les obstacleset les embûches, la paix gagne la partie,les partisans palestiniens et les israéliensde la paix auront fait la preuve que les fracturesde notre monde même les plus profondes,les plus inguérissables en apparence,peuvent être dépassées, que cassures, exclusions,rejets mutuels, ne sont pas l'avenirde la société moderne et qu'il est possibled' aller vers une vie ensemble qui soit unevie meilleure. Leçon qui vaudra bien au-delàdes frontières de la terre sainte. C'est vraiaussi pour l'Afrique où, comme nos amis de ,l'ANC et Mandela l'ont montré, le pire n'estpas une fatalité.Messages"Les personnes suivantes ont répondu à l'invitation du MRAPFausto Giudice, écrivain; Fatiha Damiche,Comité National contre la Double Peine; NasserBounazou, Inter Service Migrants; JérômeDebains, Sida Info Service; Hasan Salikara,Feyka-Kurdistan; Eric Jouan, Inter Logement 93;BabakarSall, Mosquée de Paris;Gisèle Moreau,PCF;SergeGuichard, PCF;RolandWlos, PCF;Fayçal Lamri, Union régionale des associationspour les gens du Voyage et Tsiganes d'Ile-de­France; Sidi Tidiane Gueye, FETAF; LouisWeber, FSU; Edmond Lanier, FCPE; DidierLeconte, président et Mariane Louis, secrétairegénérale de Citoyens Solidaires; Ursula Unlu,Centre d'Information pour les peuples libres;MarieChapet, UFF; Henri Rajaouansou, CIMADE;Alice Karekez, Communauté rwandaise deFrance; Mohamed Ouachekradi, ATMF; MarcSaracino, Forum civique européen; GérardChemouil, responsable du secteur confédéraltravailleurs migrants CGT; Alain Mikowski, SAF;Issa Wachill, Délégation Générale desCharles Fournier-Bocquet, AssociationNationale des Anciens Combattants de laRésistance; Marie-Claude Vaillant Couturier;Jean-François Hory, présidentde Radical;AnneCassiot, Choisir la cause des femmes; MichelD'autres n'ont pas pu se rendre au congrèsEn conclusion, et en m'excusant d'avoir étéun peu long,je voudrais vous dire et soulignercombien notre combat est cardinalaujourd'hui. Si celui-ci est nécessaire, indispensablepour réparer ces dignités bafouées,il est un enjeu pour le devenir et l'avenir dela démocratie. Il se définit comme la négationdes valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité.C'est dire combien notre combat estnécessaire, indispensable. C'est dire aussil'importance de son enjeu. C'est aussi soulignerla responsabilité que les uns et lesautres nous avons devant l'avenir .•Palestiniens en France;Charles Lederman, PCF;Maurice Lamoot, secrétaire confédéral CGT;Corinne Salamacha, Jeunesse Communiste;Fabien Maury, UEC; Rebeka Martensen,IMADR; Gérard Morlier, DAL; NoureddineBaaboura, FTCR (ex-Utit); Ali Tolu, Songul,Akydl, Yûksel, ACTIT, Ulker, Association duKurdistan; Jean-Luc Bennahmias, Les Verts;Pascal Lannoo, Aides-Paris; Luc Chevalier etCyril Rousseau, JCR-RED; Christian Piquet,LCR;Aïcha Dourouni-LeStrat, Sida InfoService;Manon Kiling, Association Cult. des TravailleursKurdes; Olivier Geneau, Sida Info Service;Aminata Koné, CSF; George Pau Langevin;Michel Tubiana, Secrétaire Général de la LDH;Louis Tchokogolle; Luc Chevallier; Gérard deBernis; Ahmet Kiraz; Amélie Ragueneau;Evelyne Barbe; Diadié Soumaré, CFDT; CharlesKorman, vice-président national L1CRA; RaoulAlonso, SNES-FSU.Wieviorka, directeur d'études à l'EHESS;Jacqueline W. Keller, directrice du CRIF;DorienOxenaar, Geert Ates, United for InterculturalAction; Jean-Marie Faucher, ARCAT; DanièleLochak, GISTI.Différences n° 163 avri/1995Différences n° 163 avril 1995


dumrapRAPPORT D'ACTIVITÉSIntroduction. Les matériaux que j'ai utiliséssont essentiellement: les 29 rapportsd'activités venant des comités locauxsur le triennat 92-95 ou sur des bilansannuels, les 5 rapports effectués par les commissions,les rapports venus de groupes detravail thématiques (étrangers malades, 10-gement...), les contributions des élus responsablesd'un secteur d'activités et lesquelques contributions individuelles. J'aiaussi utilisé le lit-toutest la sélection de toutarticle paru dans la presse nationale et régionaledans laquelle le MRAP est cité.Une analyse thématique effectuée non surle «triennat» inter-congrès, mais sur une périoded'un an (de septembre 1982 à août1993) fait apparaître 202 citations répartiesselon la fréquence suivante:Education: 44 fois, Lois Pasqua: 27 fois,Inter-culturels: 27 fois, Palestine: 17 fois,Citoyenneté: 17 fois, puis viennent: le 17octobre: Il fois, le Droit d'asile: 10 fois,suivis par le Front National: 7 fois, l' Afriquedu sud: 6 fois, Laïcité 6 fois, l'intégrisme: 6 fois, les Tziganes et Gens duVoyage : 5 fois, l'Algérie: 4 fois, l' antisémitisme: 3 fois et pour terminer les cellulesdépartementales contre le racisme (CD CR),le logement et les rapports Nord/Sud avecchacun respectivement 2 mentions.Il est nécessaire de considérer ces chiffrescomme une indication de ce que la presseporte comme regard sur l'activité duMRAPet sur la sélection qu'elle juge opportun dereporter, et non comme l'image de la réalitéde ce qu'entreprend le MRAP. Le refletthématique est également tributaire de lapériode où a été réalisée cette analyse et del'actualité politique événementielle correspondante.Ainsi, dans une période plus récente, leMRAP et l'Algérie auraient été cités plussouvent, tout comme plus nombreusesauraient été les mentions du MRAP à proposdu Front National dans un passé récentavec l'assassinat du jeune Ibrahim Ali àMarseille. D'autre part, l'activité médiatiquedu Mouvement ne couvre pas l' ensemblede l'activité du Mouvement et des comitéslocaux sur le terrain. En somme, il nefaut pas occulter les limites, volontaires ounon, du regard des media sur l'activité dumouvement. De même, nous avons égalementprocédé, en dehors des rapports descomités locaux, à l'analyse de l'activité descomités locaux telle qu'elle est reflétée dansla presse nationale et régionale, mais aussià travers la rubrique «comités locaux» denotre mensuel Différences. Les rapportseffectués par des membres de la Directiondu Mouvement sur leurs propres activités,comme l'analyse faite par le trésorier nationalsur les effets de la restructuration administrativeréalisée au siège, ont égalementété utilisés pour l'établissement du présentrapport. A propos de la méthode, notreapproche essaie d'aborder l'analyse duMouvement sans hiérarchisation des thèmesentre eux et des niveaux d'activités(CL/Direction nationale), au profit de lacoupe transversale d'une organisation enmouvement.Secteurs d'actionsLes interventions de ladirection du mouvementQuelques chiffres pour illustrer la diversitédes interventions du Mouvement. Toutefois,nous laisserons de côté les interventions,délégations auprès des ministères etpouvoirs publics, interviews et rédactiond'articles dont la liste est difficile à établiret les limites parfois un peu floues de leurcaractère national. Hormis l'activité du SecrétaireGénéral et des autres membres élus,Norbert Haddad a effectué une centaine dedéplacements vers les comités locaux et aparticipé à 160 modules d'une demi-journéeen établissement scolaire. Nous avonspu mesurer le nombre de conférences depresse tenues auMRAP et les communiquésémis par le siège (sans compter les communiquéset conférences locales).Au total: 12 conférences de presse ont eulieu au siège du MRAP, et 394 communiquéssont partis de nos locaux. Les principauxthèmes abordés par les communiquéssont: les lois Pasqua: 55, antisémitisme,négationnisme, affaire Touvier : 38, réactionssuite à des meurtres et agressions racistes:38, logement: 36, international: 33(sauf ex-Yougoslavie: 12, Proche Orient:16,Algérie: 14, Afrique du Sud : 7,rapportsnord/sud: 3), extrême droite et justice res-pectivement 24 communiqués chacun ;l'éducation et la non scolarisation: 13 ; ledroit d'asile : 12, les TGV: 11, le 17 octobre: 8, la citoyenneté: 7, la double peine:6, la laïcité 3 et l'intégrisme-terrorisme: 2.Ces chiffres sont à prendre avec toute laprudence nécessaire au fait de calquer desdonnées en chiffres sur des réalités humaineset des éléments de communication. Lamême réserve peut s'appliquer pour la classificationthématique des communiqués,chacun pouvant être en inter-relation avecun autre secteur dont il peut par ailleurs êtreun élément partiellement constituant. Letout est alors délicat à classer sans fausserle résultat. Néanmoins, dans leur grandemasse, ces chiffres sont significatifs des axessur lesquels ont porté les efforts de communication(ce qui est différent de l'effort del'action au quotidien du Mouvement).Les actions en partenariatLe partenariat s'est poursuivi sur les basesgénérales définies au dernier congrès, à savoirsur des objectifs précis à atteindre etdéterminés avec l'ensemble de nos partenaires,le combat mené s'enrichissant de la spécificitéde chacun etl' impact auprès de l' opinionétant renforcé par le respect dupluralisme de l'action et de son expression.Ceci s'inscrit dans des structures souples,type collectifs, qui n'existent que pour ladurée de l'action à entreprendre.C'est ainsi que le MRAP a participé activementà la création et à l'action de collectifsqui ont débouché sur les manifestationsnationales du 9 novembre 1992, date anniversairede la Nuit de Cristal, du 6 février1993, du 19 juin 1993 à Paris, et du 5 février1994. Toutes ces manifestations avaientpour thème central la lutte contre le racismeet pour l'égalité des droits. Elles ont regroupéune bonne centaine d'organisationssignataires, antiracistes, syndicales, politiques,ou «morales».Depuis, et après la mise en place du dispositifPasqua-Méhaignerie-Balladuravec lesconséquences que nous connaissons tous,le partenariat semble avoir évolué vers desexigences moins générales dans leur expressionet vers des secteurs de lutte plus spécifiques: empêchement des trains de la honte,Maîtres auxiliaires, Une vie = Un visa pourles Algériens, Algérie Urgence, plate-formepour le droit d'asile, contre l'expulsion demalades lourds.Pour d'autres actions, spécifiquement menéesà l'origine par le MRAP, le Mouvementa une attitude de demande de soutien, toutcomme le MRAP soutient avec une implicationmoins importante des actions pluséloignées de ses préoccupations directes(1 ermai, défense de la sécurité sociale, manifestationdu 12 mars ... ). C'est le cas desrassemblements contre l'oubli que le MRAPmène autour du 17 octobre et auxquels s'associentde nombreuses organisations.A noter qu'après la manifestation du 5 février1994 et son succès auquel le MRAP alargement contribué alors que nombre denos partenaires étaient prêts pour diversesraisons à baisser les bras, le MRAP a engagéde sa propre initiative une action spécifiquede relations avec un grand nombre d' organisationssur des secteurs différents. Nousavons rencontré l'ensemble des partenairesnationaux afin d'envisager comment améliorerle partenariat, collectif, bilatéral, oùà géométrie variable, en fonction des problématiquesabordées. Certains partenaires,comme le GISTI ou la FCPE, ont été intéresséspar cette approche et ont exprimé lesouhait de la poursuivre.Le combat hexagonal pargrands secteurs thématiquesCes thèmes sont souvent en interaction: lejuridique est concerné par l'immigrationavec le droit au séjour, mais aussi le droitd'asile, ou le droit à l'éducation des enfantsdes TGV qui concerne tant le secteur éducationque celui de la commission TGV. Lesurgences de la solidarité, envers les Algérienspar exemple, concernent tant la commissionimmigration et le droit d'asile queMessages/le secteur juridique et international. La classificationthématique ci-dessous corresponddonc plus à une nécessité d'approchedes problématiques qu'à une représentationstrictement fidèle d'une réalité dont les ramificationssont enchevêtrées.Ainsi, la mise en place des lois Pasqua­Balladur ont eu pour conséquence de multiplierles mesures d'éloignement et les demandesd'intervention pour des personnesen situation précaire, tandis que parallèlementl'entrée en vigueur du nouveau codede la nationalité rend encore plus difficile laposition de nombreuxjeunes issus de l'immigrationet leur intégration dans la sociétéfrançaise. Simultanément, la crise sociale etéconomique accroît les inégalités et jette despans entiers de population aux marges dela société, dans un contexte politique enFrance et en Europe, où l'extrême droite semaintient à un niveau élevé tandis que fleurissentles populismes de droite et de gauche,dans un climat sécuritaire et de retourde l'ordre moral.Comme le fait remarquer le Comité de Nice,«l'essentiel de l'action découle des conséquenceseffrayantes, inhumaines des applicationsdes lois dites Pasqua: désunion desfamilles, création de clandestins, expulsionde personnes vers des pays où leur vie esten danger (Algérie, Turquie), dépôt d'enfantsà la DASS pour pouvoir expulser lesparents, expulsion de malades lourds ... ».Immigration et droit d'asilePour la première fois, un représentant de lacommission siège au secrétariat nationalmontrant ainsi l'importance que le Mouvementdonne à ce secteur qui, dans la périodeprécédant ce mandat, avait déjà été particulièrementactif, notamment avec les com-Nous vous adressons ce message qui se veut d'engagement et d'amitié. D'amitié,au nom du long chemin parcouru ensemble, non seulement au niveau national,mais surtout au niveau des départements où de nombreux membre de la Pastoraledes Migrants, militants chrétiens, s'engagent avec le MRAP dans les luttesquotidiennes contre el racisme. D'engagement, avec vous, puisque aujourd'huiplus qu'hier, ces luttes deviennent la seule réponse à l'indifférence et à l'accoutumanced'une opinion publique repliée surses peurs, attentive aux amalgames,manipulée par des discours qui dressent les Français contre les immigrés commesi l'intégration des uns exigeait l'exclusion des autres.José Da Silva, pour le Service national de la Pastorale des MigrantsDans cette année charnière où l'ONU fête son 50 ème anniversaire, placé sous lesigne de l'année internationale de la Tolérance, l'action du MRAP et la mobilisationqu'elle suscite contre l'exclusion de toute sorte doivent être appuyées etsoutenues. Bonne continuation.Hassen M. Fodha, directeur du Centre d'information des Nations Uniesbats autour des demandeurs d'asile déboutés,la lutte contre la double peine, lesdroits civiques. Cette présence au secrétariatnationals'avère d' autant plus nécessaireque les comités constatent que «bien souventnos interventions dans le domaine dudroit au séjour sont vouées à l'échec depuisle durcissement des autorités politiques etadministratives». (Metz). Depuis la fin duprintemps 93, l'arrivée des projets, puis leslois Pasqua-Méhaignerie, la création descellules départementales, et la congestionde la Permanence juridique ont amené lacommission à redéfinir son action et sespriorités. Ainsi, la permanence juridique avu son rôle se recentrer sur une activitéd'analyse et de conseil tandis que les casindividuels étaient traités par des permanencestenues par des bénévoles.A cette fin, un gros travail de formation aété entrepris afin d'assurer tant en provincequ'en région parisienne, la tenue de cespermanences d'accueil. Il a abouti à une véritablecampagne interne de formation demilitants et de création de permanences. Cetravail a été accompagné par la réalisationd'un outil, le vade mecum, pour faciliter latâche des militants. Toutefois des comitésse posent la question s'il est du rôle duMRAP de tenir des permanences juridiquesou plutôt celui des travailleurs sociaux et duservice social des migrants, qui laissent parfoistomber ces hommes qui relèvent plusde l 'humanisme que du travail du MRAP.Par la décharge de travail qui a suivi cetteréorganisation et en lien avec les avocats dumouvement, la permanence juridique a puse concentrer sur les cas relevant de la loide 1972 complétée contre le racisme, sur lesactions de négation du génocide nazi, surdes cas graves et urgents appuyés politiquementpar le MRAP. Elle a pu développerl'analyse des textes relatifs au séj our et à lanationalité, textes qui discriminent etnourrissentle racisme. A travers les tenues depermanences, le mouvement peut mesurerles dégâts, tant au regard du droit que de ladémocratie et de l'humain, que provoquentles textes et leur application. C'est aussi unlieu d'écoute qui permet de développer unesolidarité tout en nourrissant notre analyseetpar conséquence la définition de nos campagnespolitiques. Le contenu de la campagne«Français si vous saviez» en est l' exemple,même si la mise en oeuvre de lacampagne peut être sujette à discussion.C'est par cette connaissance concrète duterrain que nous pouvons alimenter l'actionGr•Différences n° 163 avri/1995Différences n° 163 avri/1995


dumrapsuite de la page 13unitaire, sensibiliser l'opinion et renforcernos délégations tant locales que nationales,par l'illustration de la réalité à travers descas concrets. Les permanences juridiqueslocales sont souvent inter-associatives.Ainsi associés à la connaissance de cas concrets,des actions unitaires ont pu être réaliséesdans des collectifs thématiques spécialisés(plate-forme unitaire en faveur del'accueil des Algériens en France, l'actionnationale sur les visas à Nantes, M.A, ledroit à l'éducation, etc ... ). De son côté, leMRAP a pu faire le bilan de ses permanencesjuridiques lors d'une réunion en novembre94 à laquelle ont assisté une trentaine depermanences, ce qui est déjà un bon résultat,d'autant plus que l'effort de formationde militants se poursuit et ne peut donc quegénérer d'autres tenues de permanence localement.De nombreux comités ont uneactivité juridique propre et la P J nationaleen est tenue informée (Pau).Dans le cadre des campagnes d'informationcontre le dispositifpasqua, le MRAP a éditéune série de 5 affiches (diffusées dans lecadre de la manifestation du 19 juin 93) surchacun des grands thèmes concernés par ledispositif: droit d'asile, contrôle au faciès,droit de vivre en famille. De très nombreuxdébats ou réunions d'information ont eu lieuun peu partout dans l 'hexagone. Le MRAPy a été très présent, souvent à l'initiativecomme ill' a été lors des manifestations nationaleset locales. On peut dire sans setromper que ces mesures ont occupé, neserait-ce que par la nécessité d'aider les victimes,la majeure partie des activités des comités.Des membres de la commission participentà la CSDA (Commission deSauvegarde du Droit d'Asile) qui travaillesur le droit d'asile non seulement en Francemais aussi en Europe, sur les zones d'attente.A noter que le MRAP a aussi pu faire connaîtreson analyse par la présence de MalteMartin au Tribunal des Peuples à Berlin endécembre 1994. De même,leMRAPparticipeà l' ANAFE, dont il est l'un des membresfondateurs, avec pour objectifle respectdu droit des demandeurs d'asile. Cetravail est fait en commun avec les syndicatstravaillant sur les lieux des zones d'attente(aéroports, ports, gares ... ) Il n'y a plus desolution individuelle au problème de séjour.La commission immigration a apporté unecontribution au rapport de la CNCDH.Antisémitisme et néo-nazisme. Bien quela commission ait une activité régulière, elleressent un peu du manque d'intérêt sur sontravail de la part du Mouvement dans sonensemble. Pour réactiver de l'intérêt, lacommission antisémitisme et néo-nazismea donc organisé en 94 trois réunions de formation(grille d'analyse de l'extrême droite,grille d'analyse de l'antisémitisme, les nouvellesformes d'antisémitisme -chez les«Beurs» ). Malgré leur annonce dansDifférenees,ces réunions ont eu très peu de succès,tout comme les projets d'édition d'uncontre-argumentaire aux propositions deLe Pen. De même, le projet de débats surl'antisémitisme dans trois grandes villes deFrance n'a pas pu aboutir.Ceci ne signifie pas que le MRAP ait abandonnéson combat contre l'extrême droite.Bien au contraire, il a souvent été très actifdans le cadre des collectifs qui se sont opposésà la venue de Le Pen dans de nombreusesvilles de Province, comme à Rouen,Lille, Marseille, Metz, Chartres et Parisavant les élections au printemps 92, mêmesi ces manifestations n'ont pas souventréussi à empêcher la tenue des meetings deLe Pen. A Nancy, Paul Elie Lévy a gagnéun procès en appel contre Le Pen qu'il avaitqualifié de «fils spirituel d'Hitler» au coursd'une manifestation d'un collectif.Depuis [m 1992, des ventes par correspondancesd'insignes nazis et des boutiquesskins et trois bouquinistes vendant MeinKampf ont été interdits ou fermés. Souventnous ne sommes pas seuls dans ces actionset condamnations, et il est intéressant denoter que nous avons reçu l'aide d'habitantsdes quartiers concernés. De même leMRAP, sur action du national et du MRAPde Seine-et-Marne, a obtenu en juin 94, ladissolution de l' ANIV, organisationnégationniste. En 1993, en décidant demaintenir, malgré l'interdiction de la préfecture,une contre manifestation pour protestercontre un rassemblement de skins européensà Paris, nous avons réussi à le faireinterdire, même si ce rassemblement s'estfinalement déplacé en banlieue. Al' automne94, le colloque organisé par le MRAP auSénat sur le thème Une affaire Dreyfus estelleencore possible aujourd'hui? a réuni200 personnes. A l'issue du colloque, il a étédécidé par le groupe «Histoire et Géographie»du Ministère de l'Education Nationaled'éditer sous forme d'un dépliant, un 4 pagesd'information dans les milieux scolairessur les différentes formes de racisme etses conséquences. Ce dépliant devrait setrouver dans les CDI de l'ensemble du ter-ritoire français pendant une semaine durantle trimestre février-avril 95 .L'affaire Touvier qui avait abouti à un nonlieu avait suscité bien des remous et leMRAP a participé àdes rassemblements deprotestation suite à ce non-lieu. Dans cetteaffaire, qui a abouti à une condamnation, leMRAP était partie civile.A noter qu'en 1993, la commission des LibertésPubliques et des Affaires intérieuresdu Parlement Européen a demandé l'avis duMouvement sur un rapport «l'extrêmedroite en Europe et les résurgences du racismeet de la xénophobie» et qu'en 1994,le MRAP a participé à Strasbourg à uneréunion européenne des instances qui sebattent contre le racisme et l'antisémitisme.Le combat contre l'extrême droite reste unelutte importante pour le Mouvement, avecparfois des succès dans notre lutte, mêmesi la commission a parfois le sentiment d'êtreloin des comités et qu'elle trouve peud'écho dans les structures locales du mouvement.Plus qu'un problème d'action, ilya une difficulté de communication sur lagravité de la résurgence de l'extrême droiteet de ses idées. La commission a établi unrapport pour la CNCDH. LeMRAP aconstatéune augmentation sensible des écritspernicieux, a analysé les difficultés d' applicationde la loi de 1972-91 : délai de troismois trop court, requalification du délitimpossible, interprétationrestrictive par lestribunaux du délit de provocation à la haineraciale, rareté des cas où la plainte provientdu Parquet. Le Mouvement a proposé qu'ily ait un contrôle plus stricte des importationsde textes, une éducation de lamémoireà travers les médias, une information plussystématique de lajeunesse sur la réalité dunazisme, que les délais de prescriptionsoient portés à un an pour les délits depresse, que les plaintes du Parquet soientplus fréquentes, et que tout soit mis enoeuvre pour que le procès Papon ait lieudans un avenir très proche.EducationDe nombreux Comités interviennent enmilieu scolaire. La Fédération du 93, en collaborationavec la FOL, essaie de systématisercette approche à travers un projetl 000livres contre le racisme et avec le soutiendu Conseil Général. Cette idée est égalementexploitée à Saint-Avold avec une bibliothèqueet 6 points relais qui ont exploité300 livres sur 3 mois, sans compter les prêtsaux particuliers. Les actions dans le domaineéducatif c'est, par exemple, un concoursde dessins à Pau, une brochure «poèmesettextes d'enfants d'Epinay contre leracisme et pour l'Amitié entre les Peuples»diffusée dans les écoles et bibliothèques dela ville, le mois du cinéma contre le racismeen coopération avec la FOL 93 et les cinémasmunicipaux. Les interventions ont souventlieu dans des lycées ou des collèges,mais les écoles primaires, et même maternellescomme à Mourenx, ne sont pas excluesgrâce à l'utilisation de matériel commela valise pédagogique. Les interventionsconcernent le racisme mais aussi l' informationsur le code de lanationalité.Les actionsautour de l'éducation et de la préventionsont nombreuses et variées. La présenced'un grand nombre d'enseignants auMRAP et la conviction de la nécessité del'action préventive n 'y sont certainementpas étrangères.L' expositionpréjugés et stéréotypes racistes,bien que dupliquée pour en assurer unemeilleure diffusion, ne cesse de tourner dansl 'hexagone à la satisfaction de tous. Denombreux comités entreprennent une actionspécifique envers les établissements scolairesdans le cadre de la semaine d'éducationcontre le racisme qui a lieu autour du 21mars (Saintes, Toulouse, etc ... ) souventavec projection vidéo suivie de débat. Lasemaine est souvent l'occasion d'utiliser lematériel commun et propre au MRAP (expositionscontre les préjugés, films, affiches... ).La projection du film réalisé par DanielKupferstein pour le MRAP Les oubliés del 'histoire est un bon support pour ouvrir leMessages /débat sur l'histoire récente de la France. Cefilm est lui aussi utilisé dans le cadre de lasemame de l'éducation contre le racisme quia lieu autour du 21 mars et pour laquelle denombreux comités font des interventions enmilieu scolaire. Une version courte est diffuséevia un réseau Education Nationale.A noter dans le cadre des actions originalesrelevés dans les rapports d'activités des CL,que le comité de Saint-Avold a fait intervenirun conteur saharien et un Cheyenne quia beaucoup apporté dans les contacts avecdes lycéens qui ont dialogué en anglais et découvertl 'histoire du peuple indien.Tsiganes et Gens du VoyageLa commission se réunit régulièrement et asu s'associer des représentants d' associationstsiganes. Après la loi Besson et sescirculaires d'application, la commission aréactualisé la brochure du MRAP sur lesTGV. Cela a été l'occasion d'une relancedans la presse. La commission a lancé uneenquête auprès des 1800 communes de plusde 5000 habitants sur l'application de la loietl' obligation de lieux d'accueil. Elle aobtenu36 % de réponses, ce qui est un tauxfort honorable, dont l'exploitation est encours. Dans le même esprit, le comité localde Melun a adressé un courrier au 44 communesde Seine et Marne concernées: 16réponses sont parvenues en retour. A noterque le MRAP est la seule organisation àaborder le sujet des TGV, et sa contributionest quasiment reprise en intégralité dans lerapport de la Commission Nationale Consultativedes Droits de l'Homme. Actionsde formation interne, d'information auprèsNous vous souhaitons un bon congrès et de bons déroulements pour vos travaux.Nous vous assurons de notre soutien.Nathalie Willemetz, pour la JOCLe SNUI est convaincu que le combat contre la xénophobie, le racisme et les intégrismespasse notamment par une répartition plus juste et plus solidaire desrichesses à l'Intérieur des nations et entre les peuples. Il faut favoriser partoutl'action contre le sous-développement culturel, économique et démocratique.Chantal Aumeran, secrétaire générale du Syndicat national unifié des impôtsMalgré notre absence à votre congrès, nous tenons à vous assurer de notresoutien à notre combat commun contre le racisme, Pour notre part, et à notreniveau, nous mettons en avant des thèmes qui nous semblent faire avancer à lafois le débatetl'actlon : le rétablissement de la fluidité des migrations ( ... ), ledroitd'asile, l'égalité des droits, avec l'abrogation des lois Pasqua, la suppressiondes centres de rétention, la régularisation des étrangers non expulsables, inscriptionautomatique dans les écoles de tous les enfants quelle que soit la situationde leurs parents, la prise en charge des malades avec ou sans papiers; l'élargissementdu droit du sol; l'établissement du droit de vote pourtous les étrangers,communautaires etnon communautaires. ( ... ) Nous souhaitons bon travail à tousles membres du congrès, et nous prions de croire en notre solidarité ( ... ).Françoise Galland, Dour le Bureau exécutif du l'Alternative rouge et vertedu grand public, ou actions de défense, c'estun secteur d'activités peu médiatisé où lesdiscriminations quotidiennes ne font pas laune des médias. Il y a pourtant eu des actions«exemplaires» comme l'opération depolice héliportée avec 400 policiers qui aabouti à ... une arrestation. Ce qui a fait lesdélices de la presse à sensation sur «ce campretranché qui défie la police» mais pour laquellenous n'avons jamais obtenu de réponsede la part du Préfet de Seine-et­Marne et du président du Conseil Général.Les comités sont très présents sur ce terrainet il y a une centaine de correspondants dela commission. Ils entreprennent des actionstrès diversifiées. Ainsi, à titre d'exemples:Pau à la faculté de lettres, ClermontF errandpour que les services complémentaires del'école aux enfants du voyage soient assurés,Saintes fait signer des pétitions, Roanneintervient auprès du Conseil Général de laLoire, etc ...Commission développement«Le poids de nos interventions vient toutautant du rapport deforee que l'on crée quede la valeur morale de l'intervention» ditle rapport du Comité de Tarrare. Conscientde la nécessité que notre combat contre leracisme passe par un antiracisme de proximité,le dernier congrès s'était donné le développementdumouvementparmises priorités.A cet effet, il a été créé une commissiondéveloppement qui s'est réunie environtrois fois par an, avec des résultats positifssur deux régions : à Paris Renée Le Mignota remis sur pied une fédération active de lacapitale eta développé ou réveillé plusieurscomités. Dans le N ord-Pas-de-Calais, Jean-Claude Dulieu a réanimé la fédération duNord et dynamisé plusieurs comités. Ceciillustre qu'il est possible de développerquand des moyens sont mobilisés. Mais ladémarche s'est avérée plus ardue en Seine­Maritime, dans l'Ain ou les Bouches-du-Rhône, tandis qu'avec Paul Muzard, la situationa pu s'améliorer et laisser quelqueespoir dans d'autres lieux: Privas, Toulon,Lyon, la Loire. Malgré les interventions surle développement qui ont eu lieu au coursde la quasi-totalité des réunions des conseilsnationaux, il y a eu peu de suites. Ce manqued'écho semble avoir deux causes:• il a fallu du temps pour mesurer la situationréelle du mouvement, alors qu'audébut, la commission croyait qu'un effortvolontariste était possible.• le manque d'information sur lepasséetle réel des comités locaux, ainsi que l'ab­(iFIlDifférences n° 163 avril 1995Différences n° 163 avri/1995


dumrapsuite de la pge 15sence d'outils pour mesurer l'état du mouvement,tandis que des comités ont disparu,parfois presque à l'insu de la commission.Une autre perspective s'est dégagée avecl'organisation de trois rencontres de jeunesdu MRAP au niveau national et la sortie detrois numéros d'un bulletin de liaisonInter­Jeunes. Après un essai avorté par carencede son responsable élu au dernier congrèspour créer une commission jeunes, une nouvelledynamique est née avec ce grouped'une quinzaine de personnes qui devraitbientôt aboutir à la constitution d'une commissionjeunes.Dernière remarque pour ce chapitre : denouveaux secteurs sont nés à partir de lafracture de la société en deux mondes quine se rencontrent plus et ont intériorisé lacrise comme fatale. Ces secteurs touchentle logement, les grands malades et sontabordés ci-après.Campagnes nationalescollectivesPour mémoire, ce sont:* 9 novembre 1992 : Nuit de cristal,* Les manifestations pour l'égalité: 6 février1993 : contre le racisme et pour l'égalité desdroits; 19 juin 1993 ;juillet 1993 : les trains;5 février 1994 : «ce sont les exclusions et larégression sociale qu'il faut combattre pas,les immigrés» et les campagnes nationalescollectives à thème plus restreint (1 vie = 1visa, grands malades, etc ... ).Localement le MRAP peut être à l'originede la mobilisation pour les montées à Paris(Poitiers pour le 5 février).Le logement et les exclusions. Ce sont lesnouveaux secteurs de lutte issus d'une fracturede la société en deux mondes.


dumrapRACISME 0 DÉSÉQUI LIBRES MONDIAUXQue la promotion de lacitoyenneté soit l'idéeforce de la lutte contrele r isme tient à cequ' aujourd 'hui comme hier, enFrance, les travailleurs immigréssont la cible principale duracisme. Or, c'est la politiqueéconomique des pays avancésenvers le Tiers Monde (1) quiest, en dernier ressort, la causede l'immigration, qu'ils refusentpar ailleurs depuis le début de lacrise, car, à la différence desannées 1960, leurs Etats n'enont plus besoin pour faire pressionsur les salaires. Ce sont lesmêmes noyaux politiques qui, etrefusent, plus ou moins ouvertement,l'immigration, et veulentmaintenir en son état le typede relations économiques qui enest la cause. Il est inutile, parailleurs, de redire que l' émigration(qui concerne toujours lesplus jeunes et les plus dynamiques)n'est jamais pour un paysle moyen de résoudre ses difficuItés.Il est utile de rappeler ces chosespendant que se déroule unecampagne électorale dans laquellebien peu de candidatséchappent à une vision exclusivementhexagonale des choses,et semblent se souvenir de ceque la démocratie est indivisible: elle est mise en cause partoutdès qu'on accepte qu'ellele soit quelque part.Je voudrais le rappeler succinctementen signalant quatre déséquilibresmondiaux dont lesrépercussions indirectes ou directessur le racisme sont manifestes.Ces déséquilibres accentuentla destruction du tissusocial dans le Tiers Monde, et yaccroissent le chômage et lamisère, des sources de dérivesidéologiques qui peuvent dégénérerdramatiquement commeon l'a vu dans l'expérience historiquedes années trente, oucomme on le voit dans l' expériencegéographiquement procheet actuelle de l'Algérie. Parlà, ils poussent à l'émigration, cequi renforce encore les tensionssociales au Sud et au Nord. Jem'arrêterai successivement à laquestion des prix qui « détruitles sociétés rurales », à la crisede la dette dans ses formes nouvelles,aux risques que porte enelle la« clause sociale» discutéeau GATT, à la dévalorisationde la force de travail des pays duSud.Du système desprix à ladestruction dessociétés ruralesTrois points méritent d'êtresoulignés: les prix du marchéinternational ne sont pas de« vrais prix» pour les pays duSud, ces prix sont à l'origine duprocessus de l'émigration, lespays du Sud ne peuvent mêmeplus bénéficier de l'appui desanciens pays socialistes.• La question des « vrais»et des «faux» prix n'est pasqu'une simple question théorique,elle a une grande portéeconcrète.Le système de prix en vigueursur le marché mondial est celuides pays du Nord du fait du rôledominant qu'ils y jouent, il exprimela structure sectorielle deleurs productivités du travail (leniveau de développement desforces productives) (2). Cettestructure de prix du marchémondial s'impose aux pays duSud jusqu' à normer la structurede leurs prix relatifs internes,quoique les structures des productivitéssectorielles du travaildes deux groupes de pays diffèrentprofondément. Or, une loide l'économie affirme que ledéveloppement des forces productivesexige que se « correspondent»la structure des prixet celle des productivités sectoriellesdu travail (que la structuredes prix corresponde auniveau de développement desforces productives). On peutdonc affirmer que tant que lesystème de prix des pays du Sudsera en fait celui des pays duNord alors que l'écart est immenseentre les niveaux de développementde leurs forcesproductives respectives, le développementdu Sud ne pourraêtre que très lent (et incertain).Il faut donc rétablir la vérité,contrairement à ce qu'affirme leFMI, les prix du marché mondialpeuvent être les « vraisprix » pour les pays du Nord (3),ils sont de « faux prix» pourceux du Sud.Mais il faut aller plus loin.L'écart entre les structures sectoriellesdes productivités dutravail ne doit pas occulterl'écart entre les niveaux absolusde productivité : pour accéderau marché mondial, les pays duSud doivent dévaloriser leurforce de travail pour compenserleur faible niveau de productivité.La pensée dominante le ditdélicatement: « l'avantagecomparatif» des pays du Sudest d'avoir une main d'oeuvrepeu coûteuse (on ne dit pas« dévalorisée»), ils doivent absolumentle conserver (le capitaldu Nord en a besoin pourfaire pression à la baisse des salairesau Nord par le coût inférieurdes biens-salaires et lamenace de délocalisation). Pourdévaloriser la force de travail auSud, on doit y maintenir à unniveau très bas le prix des produitsagricoles, condition de lasurvie de la population urbaine,mais ceci accroît le transfert devaleur à l'extérieur à travers lefaible prix à l'exportation de cesbiens, et réduit donc les capacitésd'accumulation interne. Fi-nalement, on en opère un blocagecomplet du marché intérieur,ce qui oppose un obstacledirimant au développement despays du Sud.Comme il ne peut en être autrementdu fait de la dominationexercée par les pays du Nord, etdes lois de formation des prix,il est certain que les pays du Sudse seraient protégés depuislongtemps à l'égard du marchémondial en se donnant un systèmepropre de prix relatifs, répondantaux besoins du développementde leurs forcesproductives, si la pression desProgrammes d'AjustementStructurel imposés par le FMIne les en avait empêchés. La véritablefonction de la protectionn'estpaslerefusd'importer :ils'agit d'abord d'échapper à unestructure de prix imposée del'extérieur.La protection n'est pas le refusdu commerce, mais au contrairela condition pour pouvoir fairele commerce indispensable audéveloppement : l'achat de machinespour construire la baseautonome d'accumulation internecontre les exportations quipermettent de les payer, un paysne conservant son indépendanceque si son budget et sa balancedes paiements sont enéquilibre. Il faut pour cela unsystème autonome de prixrelatifs,correspondant à la structuredes productivités sectoriellesdu travail, et un niveau desalaire entraînant une demandeanticipée stimulant l' investissement.• LasoumissiondespaysduSud à un tel système de prix apour effet de déstructurer lesstructures sociales, à partir dela destruction des sociétés ruraleset de créer les conditionsquifacilitent l'émigration. Onle montre rapidement à partirde ce qui précède.Indépendamment de la questiondes prix relatifs, le Sud est prisen tenaille par la capacité despays dominants d'imposer deuxprix absolus, dont le rôle eststratégique, le prix des produitsagricoles exportés qui conditionneet détruit les sociétés rurales,le salaire du secteur modernequi concrétise ladévalorisation de la force de travailet empêche tout véritabledéveloppement du secteur urbain:• le prix des produits agricolesdépend de celui auquel lesgrands groupes commerçantsachètent les produits exportés,en général le plus bas possible,aucun risque ne pouvant pesersur l'approvisionnement desacheteurs, les gouvernementsacceptant facilement ce prix quileur permet de payer un salaireplus faible à leurs fonctionnaires;• le salaire dans le secteur moderneest établi par les firmestransnationales au plus bas niveaupossible, d'autant plus basque le secteur précaire de satisfactiondes besoins (•Différences n° 163 avri/1995Différences n° 163 avri/1995


dumrapsuite de la page 21ce ne fut pas clair immédiatement.Elle a pu sembler n'êtrequ'un essai de plus pour permettreaux banques d'éliminerde leurs bilans une partie deleurs créances douteuses, aumoindre coût pour elles, par lesprocédures financières habituelles.En fait, son but était plusambitieux: si des banques acceptentde restructurer (de leurpoint de vue) les créances decertains pays, on pourra direque ceux-ci ont restructuré leurdette (même s'ils ne l'ont pasremboursée), qu'il est donc redevenupossible de monter desopérations fmancières sur leursmarchés financiers nationaux,que la voie est ouverte à de nouvellesopportunités de « placements» et de profits en tousgenres (9); le FMIle dità sa manière,toujours à l'envers, en sefélicitant de la « ré-entrée» deces pays sur le marché des capitauxprivés, encore faut-il reconnaîtreque, pour une fois, ilavait montré une certaine luciditéen notant que ce mode definancement des pays du Sudétait bien plus instable que l' endettementauprès des banques,ces capitaux pouvant repartiraussi vite qu'ils sont venus, aumoindre signe qui le rend craintifs(10).C'est ce qui arrive au Mexiquefin 1994. Divers événementspolitiques internes inquiétantles détenteurs américains de titresmexicains, ceux-ci se retirentbrutalement (11), déclenchantla panique sur la Boursede Mexico. Celle-ci se répercutetrès vite sur les marchés financierset les marchés deschanges dans le monde entier,d'autant plus que le traité de libre-échange(Canada, Etats­Unis, Mexique), qui venaitd'être définitivement ratifié,était jugé être la voie de la stabilitééconomique pour les deuxhémisphères! Toutencalmantlejeu, ce qui est de sa responsabilitédu fait du traité et de l'originede la crise, le gouvernementaméricain en profite pourréaffirmer une fois de plus savolonté hégémonique: certes,il apporte, à titre de prêt, 20 milliardsde dollars, mais il imposeaux autres grandes puissancesqui n'y étaient pour rien, d'enfaire autant, et, ce qui est le faitmajeur, il décide de prendre engage le pétrole mexicain pourgarantir le remboursement de ceprêt. Jamais, au plus fort de lacrise de la dette, on n'avait oséun tel coup de force de type colonial,annulant la nationalisationdu pétrole mexicain réalisée57 ans plus tôt presque jourpour j our.c - La conclusion à tirerde ces faits devrait être définitivecette fois-ci (on l'avait déj àdit après la crise de 1982) : unpays aliène son indépendances'il recourt au capital étranger,au prétexte de financer son développement.Il est donc urgentd'organiser un système efficacede financement du développementqui exclut un tel recours.Ce n'est pas le lieu d'en discuter,mais il faut savoir qu'onpeut chercher dans trois directionsqui, bien entendu, convergent:• le développement du commerceSud-Sud;• la création d'un Système MonétaireInternational des paysdu Sud, indépendant de celuiqui ne sera plus que celui despaysduNord;lafmdumythedumonde unifié, reposant sur unemonnaie inconvertible avec ledollar, mais en laquelle sontconvertibles celles des pays duSud, qui permettra d'élargir lecommerce Sud-Sud, d'équilibrerles relations Nord-Sud, derevaloriser les produits du Sud(le Nord en a besoin) et par là derevaloriser à son tour la force detravail du Sud;• on parle de plus en plus d'établiruneonce de contrôle sur lesmouvements internationaux decapitaux; certains ont proposéd'instaurer une taxe, dont lemontant serait affecté à fmancerle développement des pays duSud(12); ilnefautcertainementpas refuser a priori un tel transfert,mais son efficacité dépendrades degrés de libertés laissésaux pays du Sud pour enorganiser l'utilisation.Le risque quecontient le projetde« clausesociale» du GATTLa nouvelle idée proposée parles Etats-Unis à la réunionGATT/OMC de Marrakechmérite une analyse attentive. Acoup sûr, on doit s'inquiéterdevant les conditions matériellesde travail (salaires, conditionsde travail, droit syndical)du plus grand nombre des salariésau Sud, devant ces jeunesenfants achetés pour rien à leursfamilles et contraints à ruinerleur santé dans des ateliers semiclandestins,etc. Hors mêmetout aspect économique du problème(concurrence déloyale),il faut établir au plus vite desconditions moins inhumaines detravail. Certes, encore ne fautilpas faire n'importe quoi, n'importecomment, et la fameuse« clause sociale »proposée parla délégation américaine n'estsûrement pas n'importe quoi.Ne revenons pas sur la contradictioninterne au discours : onne peut à la fois dire que l' «avantage comparatif» des paysdu Sud réside dans le faible coûtde leur main d'oeuvre (13), leurrecommander de ne pas l'élever,et refuser ensuite d'acheterleurs produits. Trop,c'esttrop!On pourrait d'abord observerque la clause sociale n'est pasrevendiquée par les travailleursdirectement concernés; ils veulentun statut du travail, une protectionsociale, un début d'institutionsde droit du travail, dedroit syndical, et de santé au travail,l'application dans les filialeslocales des firmes transnatio-nales des normes de sécurité dutravail qui sont la règle dansleurs pays d'origine, mais on nesache pas qu'ils demandent la« clause sociale ». Celle-ci résulted'un compromis interneaux Etats-Unis: le candidatClinton à la présidence desEtats-Unis incluait dans sonprogramme la volonté de protégerl'industrie américaine contrele reste du monde. Très vite,devenu président, il a comprisque les forces sociales en présencene lui permettaient pas demaintenir cet objectif sous saforme directe : le protectionnismedirect qu'il avait d'abordimaginé butait sur le fait qu'unepartie du capital américain produità l'extérieur et vend sesproduits sur le territoire américain;son proj et conduisait doncà protéger une partie du capitalaméricain contre une autre partiede celui-ci. L'idée de la« clause sociale» lui est apparuecomme une mesure qui, sansaller contre les intérêts de telleou telle partie du capital américain,pouvait satisfaire les uneset les autres, au moins en partie.C'est donc en fonction desstructures du capital américainqu'il fautanalyserla « clause sociale». Elle ne touche pas lesfirmes transnationales, celles-cipayent leurs salariés un peumieux, emploient moins d'enfants,ont des conditions de travailmoins pires que les firmeslocales. En revanche, ces dernièresrisquent fort d'être excluesdu commerce avec leNord. La « clause sociale»prend alors un tout autre sens,elle protège le capital transnationalà la source, si l'on peutdire : elle lui permet d'échapperà la concurrence des firmes localeset lui ouvre ainsi de nouvellesopportunités d' élargissement;par ailleurs, les pays duSud étant contraints d'exporterpour payer les machines nécessairesà leur industrialisation, ilsvont se trouver soumis au bonvouloir du capital transnational.Alors, en effet, le risque de contradictionsentre les diversesfractions du capital américainest éliminé. Cette clause a doncde fait un obj ectifassez éloignéde celui qui lui est officiellementattribué.La dévalorisationde la force detravailJe voudrais conclure rapidementen revenant sur un aspectdes effets de la compétitivité quiest devenu l 'un des maîtres motsdu capitalisme dans la crise pré-NOTES(1) Le vocabulaire utilisé ici estsouvent objet de débats: pourles éviter, j'idique que je ne chercheraipas à distinguer TiersMonde, pays du Sud, pays sousdéveloppés.En revanche, jen'utilise pas l'expression « paysen voie de développement», carcette expression qui se veut polieest d'une hypocrisie idéologiqueredoutable, elle masque lefait que beaucoup d'entre euxsont des pays en voie de sousdéveloppementaccéléré. Cettedernière remarque montre que jetiens compte de la diversité duTiers Monde (grands, petits, enclavésou non, pourvus de matièrespremières ou non, etc.) etmême du drame que constituent'les divisions qui le déchirent etses difficultés à se donner desprogrammes concrets de coopération;mais, en même temps,j'affirme l'unité de tous les paysdu Sud, dans la mesure où cesont tous des pays qui n'ont pasen eux-mêmes leur propre principede régulation.(2) Sous réserve bien entendude la manipulation de ces prixpar les oligopoles internationaux,voire par les gouvernementsdes pays les plus puissants,ce qui ne fait le plussouvent qu'aggraver l'écartconstaté.(3) Sous réserve de l'observationfaite dans la note 2(4) C'esttoute l'histoire de la dernière« ronde» de négociationsau GATT : la France a acceptéd'être envahie par les exportationsaméricaines, et elle n'a pusauver ce qui reste de son agrisente.Ce terme se décline soustrois thèmes :• le « dégraissage », la courseà la réduction des emplois;• le rejet de plus en plus net del'idée même de service public;• la privatisation qui est, bienplus que le retour au capitalprivé d'activités productives, lasoumission de la gestion étatiqueaux méthodes et objectifsde la gestion privée.Tout ceci aboutit à une dévalorisationmassive de la force detravail dans les pays du Sud.C'est la contradiction la plusgrave de la situation actuelle duTiers Monde. Sa population neculture qu'en obtenant le droit desubventionner ses exportationsde céréales; elle détruit ainsi lescéréalicultures de plusieurspays du Sud qui ne peuvent pasà leur tour se retourner vers pluspauvres qu'eux pour se sauver.(5) Elle ne se fait pas nécessairementvers les pays développés,elle peut se faire sous certainesconditions vers les paysvoisins, ce qui peut conduire àdes conflits violents; elle peut sefaire vers d'autres pays du Sud(les pays producteurs de pétrole)où les conditions d'exploitationne sont pas moins dures quedans les pays du Nord.(6) J'ai déjà eu l'occasion dem'en expliquer dans un documentque le MRAP m'a fait l'honneurde reprodUire et diffuser. Ilconcernait plus directementl'Afrique, mais le problème généraiest le même (Les relationséconomiques entre la France etl'Afrique, le problème de la dettecomplété à l'occasion de la Conférencenationale du MRAP des4-5 juin 1994).(7) L'abondance des liquidités,dont l'origine est essentiellementdans les déficits américains,trouvait, dans les années1970, un exutoire rentable dansles prêts au Tiers Monde. Lacrise de la dette en 1982 a asséchéce « gisement» de profit,mais n'a pas arrêté la croissancedes liquidités. Dans les années1980, elles n'ont trouvé à être« activées» que sur les marchésfinanciers des pays duNord, qui sont devenus de plusen plus complexes et spéculatifs(ce que l'on appelle lacesse de croître, elle produit deplus en plus, et elle n'a pas lerevenu qui lui permette d' acheterles biens qu'elle produit.Comment s'étonner alors queces pays cherchent à écoulerleur production sur les marchésdu Nord, même à des prix dérisoires,et que ceci se traduise pardu chômage au Nord. Les capitalistessavent très bien utilisercet argument pour nous fairepleurer sur le thème « ces paysont bien droit à créer des emplois». Ce n'est évidemmentpas la question car cette productionpour l'exportation écouléeà un prix dérisoire ne sert en rien« financiarisation » de l'économie),mais en même temps deplus en plus incontrôlables, aupoint que les détenteurs de capitauxet les analystes financiersparlent de plus en plus souventdu risque d'une « crise de système».(8) Si des capitaux privés peuventse placer sur les marchés financiersde pays comme leMexique, l'Argentine, le Brésil, laCorée, Singapour, l'Inde, ilsyontla possibilité d'acheter les titrescréés sur ces marchés, et d'yprélever les profits ou intérêtsqu'en tirent les titres nationaux,ce qui est autant de bénéfice additionnelpour la masse des liquiditésinternationales.(9) Aux dividendes sur les actions,intérêts sur les obligations,s'ajoute un aspect spéculatif liéà l'évolution du cours en boursedu titre lui-même: si la bourse deMexico voit arriver en quelquesmois des milliards de dollars, lavaleur nominale des titres vas'élever (loi de l'offre et de lademande); c'est ainsi que surtous ces marchés, dès qu'ils ontété ouverts, on a assisté à desgains fabuleux (la valeur du capitalmultipliée en 12 à 18 moispar des coefficients de 2 à 5 selonles marchés)!!!(10) Certes, les prêts des banquesdoivent être remboursés(cf. la crise de 1982), mais leurarrêt, si grandes soient les difficultésdu remboursement, n'entraînentpas des sorties massiveset immédiates de devises,risquant de mettre le pays en situationde cessation de paiement;sur le marché des capi-à la satisfaction des besoins deces populations et ne laisseaucun surplus utilisable pourl'accumulation et le développement.Le seul moyen de rétablir unsystème d'échanges entre leNord et le Sud correspondantaux besoins de développementdu Sud et au besoin d'emploi duNord est d'en revenir à un systèmede prix qui permette decouvrir correctement les besoinsde tous au Nord et auSud .•Gérard de BernisProfesseur d'économieà l'université de Grenobletaux, le retrait de ceux-ci (reventedu titre en dollars) entraîneune sortie immédiate de devises.(11) Cela ne tient pas seulementau fait que sur un marché financierc'est le premier qui se retire(s'il est assez gros pour inquiéterle marché) qui remporte lamise, les suivants ne se décidantque quand le cours est déjà à labaisse. En fait, les titres mexicainsn'avaient pas été achetéspar des individus isolés, mais ils'était constitué aux Etats-Unisdes « fonds », auxquels les particulierspouvaient souscrirepour des sommes plus ou moinsimportantes, et ce sont ces fondsqui apportaient sur le marchémexicain des milliards de dollars.La décision d'un seul gestionnairede fonds de cette naturesuffisait pour faire chuterbrutalement les cours, asséchantimmédiatement les réservesmexicaines, non sans ruineraussi un grand nombre d'épargnantsmexicains.(12) Si faible soit-il, le volumedes mouvements de capitauxest si énorme que le montant recueilliserait plus important quetoutes les sommes mises jusqu'icià la disposition du Tiers­Monde.(13) Ce qui par ailleurs représenteune contradiction avec lathéorie dominante: celle-ci définitles avantages comparatifs entermes de dotations sectorielleset non de coût des facteurs, et lecommerce libre doit avoir pourrésultat d'égaliser les coûts desfacteurs!•Différences n° 163 avri/1995Différences n° 163 avri/1995


dumrapRAPPORTDEScoMM1SS1oNSQuarante quatre personnesse sont inscrites pourparticiper à cette commissionet la participation réellea atteint près de soixante.La majorité des participantsétaient des enseignants.Liliane Lainé etBernadette Hétier ontchacune animé une partiedu débat: l'une prenant encharge l'introduction dudébat sur l'éducation àl'école, lieu privilégié deformation des citoyens,tandis que l'autre situaitl'information et l'éducationcomme actes de citoyennetéde la part des militants duMRAP, à la fois point dedépart de leur action etobjectif d'une préventionactive du racisme dansl'esprit des citoyens «qui setrompent de colère» (idéed'un argumentaire). C'estdans la perspective de lacitoyenneté partagée qu'ilconvient également deplacer la réflexion sur«Islam, racisme et exclusion»,autre thème de lacommission.Des introductions écritessur les trois segments dediscussion ont été distribuéesaux participants maisont été fort peu utilisées parles participants qui ontplutôt ressenti le besoin deprésenter les problèmes etréalisations de leurs comités.Le très grand nombre departicipants n'a pas favoriséde véritables débatsinteractifs, ce qui a étévivement regretté par tous.De plus, l'appartenance dela majorité des participantsAntiracisme.Prévention : informationet éducation du citoyenau monde scolaire et laprésentation du thème de lacommission à partir del'école, dans le but de passerdu «particulier» au plusgénéral, ont focalisé le débatsur l'école et n'ont laissédans les interventionsqu'une place secondaire àl'évocation de l'éducationdans la cité.Le rôle de l'écoleLa discussion a surtout portésur l'antiracisme à l'école.Plusieurs raisons peuvent êtreévoquées : présence de nombreuxenseignants; structure del'école se prêtant plus facilementà l'action antiraciste parcequ'elle est plus structurée, à ladifférence de la rue, des hôpitaux...; la nécessité de faire uneéducation antiraciste de massepassant nécessairement parl'école parce qu'à l'école, ontouche tout le monde.Quelques intervenants soulignentl'importance de la familledans l'éducation de l'enfant.D'autres qualifient 1 'école d' élitiste.Les participants ont le désirde faire part de leur expérience.De ces interventions ilressort que:Les comités locaux sont trèsactifs dans le domaine de l' éducationscolaire et ont besoin defaire savoir ce qu'ils font, sansdoute parce que leurs réalisationsdans ce secteur sont souventignorées.Les réalisations peuvent êtreoriginales ou fondées sur l'utilisationdu matériel du MRAP.Parmi les réalisations originales:bibliothèque-centre de do-cumentation sur les droits del 'Homme itinérante, utilisationdu patrimoine pour montrerl'apport des étrangers à la ville,utilisation de la musique, toujourstrès attractive pour les jeunes.Mais surtout, utilisation dumatériel du MRAP. De nombreusesinterventions ont portésur ce matériel: expos, films,cassettes etc.. Parfois jugéd'une utilisation difficile, il estle plus souvent très appréciémais jugé insuffisant. Certainscomités locaux se sont dotés deleur propre matériel.Il a été rendu hommage aux militantsdu MRAP qui se sont investisdans la production desexpos, notamment NorbertHaddad et Mireille Manner.Certains demandent cependantque soient produits des outilsbon marché (autocollants parexemple) et qu'une informationsur le matériel soit donnée plusfréquemment et complètement.Le racisme à l'école. Chez lesjeunes: les jeunes enfants nesont pas racistes, pourquoi ledeviennent-ils? Le racisme traversetoutes les communautés.Il ne faudrait pas croire qu'iln'existequ'unracismeanti-maghrébinou anti-noir. Chez lesparents: sont ils vraiment racistesou plutôt stressés par l' avenirde leurs enfants en situationde crise? Le chômage, la difficuitéde trouver un emploi ramènentdes comportements destress et d'isolement. L'écoleredeviendrait une bulle où l'onva pour travailler. Chez les enseignants: ce point a été trèscontroversé. Les jeunes enseignantssont généralement antiracisteet font même une actionéducative contre le racisme. Parcontre, certains autres enseignantssont racistes. Certainsrépartissent les élèves dans lesclasses en fonction de «quotas».Mais, demande-t-on, est-ce duracisme ? Est-ce le souci demaintenir des classes hétérogènes?Le groupe a aussi formulé desdemandes.1-axer l'action d'éducation surla formation des enseignants, enintervenant dans les IUFM,CDPP;2 - interpeller les pouvoirs publicsafin que soit établi un programmeofficiel d'éducationcontre le racisme (programmesqui pourraient constituer desoptions). A ce sujet, la semained'éducation contre le racisme aété critiquée: «c'est quarantesemaines d'éducation contre leracisme qu'il faudrait». Le plussouvent, cependant, cette semaineest utilisée pour «entrer»dans les établissements scolaires;3 - création d'une commissionnationale efficace sur l'éducation,dotée de moyens suffisants,dont le rôle serait de :• produiredumatérielenquantitésuffisante;• recenser toutes les activités etactions réalisées localement.«Le MRAP doit garder la mémoirede ce qui se fait.• assurer la coordination entreles comités locaux qui agissentdans ce domaine,• contacter les pouvoirs publicset la 5 ème chaîne, chaîne éducative;• impulser des campagnes endirection de la formation des enseignantsen utilisant des relais: syndicats d'enseignants, associationsde parents d'élèves;4 -lancementpar le mouvementde deux grandes campagnes:• sur le code de la nationalité(information);• contre l'exigence faite auxparents de produire un titre deséjour préalablement àl'inscription scolaire desenfants.Information etéducationLes interventions recenséescomportent plus une descriptiondes pratiques ou des difficultésdes comités qu'une orientationpour les 3 ans à venir. Il asemblé plus utile de les maintenirdans leur originalité pouréclairer le mouvement dans sonensemble plutôt que d'en faireune difficile synthèse.• Un participant de St­Nazaire rappelle l'action de soncomité sur la question de la dettedu tiers-monde: un débat surl'exemple du Rwanda a été organiséavec la participationd'autres associations (Secourspopulaire, Secours catholique,Comité Contre la Faim et pourle Développement) en présentdes «politiques». L' objectifétaitde faire comprendre les mécanismesselon lesquels les orientationsdes organisations internationales(Banque Mondiale,Fonds Monétaire International),outre leurs effets dévastateursdans les pays soumis auxajustements structurels, ontaussi des répercussions sur lavie quotidienne des travailleursà Saint Nazaire.• Un participant de SaintEtienne préconise de ne pasoublier l'éducation permanenteet suggère à cette fin de contacterle Conseil Supérieur del'Audiovisuel afmd' obtenir quesoient programmés sur la nouvellechaîne du savoir (la cinquième)des films à visée éducativeet antiraciste, toutcomme il en existe déjà surARTE.• Un participant de SaintAvold, après avoir mentionnéles efforts interassociatifs accomplispour ouvrir l'école«bulle» sur le monde, souligneque l'éducation du citoyen sefait dans la vie en général, par letravail syndical, celui des associationet d'autres partenaires.• Un participant de Stains(93) rappelle que le racisme touchetoutes les communautés etque les enfants, par nature nonracistes, peuvent le devenirpour des raisons notammentsociales. Dans la cité, les parentsà son avis, ne sont pas d'abordracistes mais sont inquiets pourleurs enfants sous deux anglesprincipaux : la crainte de l'échecscolaire et celle de la délinquance.Lorsqu'il y a problème,alors peut surgir le racisme(dans l'interprétation des causesou la désignation des coupables).Ce n'est pas là où il yaleplus d'immigrés qu'ilyaleplusde racisme car la vie associativelocale regroupe «toutes les couleurs»et évite le racisme. Lecomité local du MRAP a voulu,en partenariat avec le mouvementassociatif, reprendre lesthèmes importants de Le Penpour les démystifier: sécurité,emploi, sécurité sociale ... Ladifficulté est que les autres associations,bien que prêtes àappeler à des actions, ne s'investissentpas dans l'action antiracistequi appartient plutôt auMRAP. Enfin, àl' occasion de ladistribution de tracts, il est trèsimportant de favoriser le contacthumain et un «retour» de lapart des lecteurs pour pouvoiravancer le fond car le principalproblème est de savoir commenttoucher la masse.• Une participante deDrancy indique qu'une semaineest organisée en mai pour lacommémoration du cinquantenairedu camp de Drancy, autantà l'intention des adultes que desécoles.• Un participant de Paris exposele travail accompli par uneéquipe du MRAP (Paris et national)sur 1945-1995, «pour lapaix contre le racisme». Un«concert du cinquantenaire»sera organisé au théâtre desBouffes du Nord, avec la collaborationgratuite de musiciensprofessionnels et la direction duthéâtre.• Une participante dePierrefite insiste sur l'importancedes aspects éducatifs oùque ce soit et sur la nécessitéd'agir en direction des gens qui«manquent d'arguments» contrele racisme. Elle pose le problèmede la participation duMRAP aux cellules départementalescontre le racisme : en93, il est possible d'y accomplirun travail sur l'histoire du département(immigration espagnole),ce qui n'est«pas àjeterà la poubelle» mais, en contrepartie,il doit être possible dedénoncer ce qui doit l'être.• Un participant souligneque l'éducation à la citoyennetéest plus large que l'école etqu'elle revient à «l'antiracismede proximité» qui doit être traitépar la commission 2.• Une participante insistesur l'importance de «sauvegardernos rites de mémoire». Ilserait bon que le procès Paponpuisse avoir lieu pour la mémoire.Elle n'est pas d'accordpour estimer, comme le rapportd'orientation, que l'antiracisme«moralisateur» a échoué puisquec'est au nom de nos valeursque nous nous battons et cesvaleurs sont morales.• Deux participants jeunes(est et région parisienne) duMRAP expriment des avis opposéssur la musique en tantqu'élément fédérateur des jeuneset sur la possibilité de mobiliserles jeunes.• UnemiiitantedeMarseilleregrette que l'on ait si peu parléde l 'éducation hors de l'école etde la nécessité d'un engagementdu citoyen dans les lieux de«non-droit», par exemple la prisonou de plus en plus l'hôpitalselon le schéma introductif. Ellementionne que la carte d'identitéest exigée de façon arbitraireà l'hôpital pour l'établissementdu dossier médical des maladeset que le personnel ne semblepas comprendre en quoi unetelle exigence, contraire à la loi,peut constituer un abus et uneviolation de droit.• Un militant de Castres regretteque la commission n'ait


dumrapsuite de la page 25pas éclaté en petits groupes de10 personnes. -au sein desquelsla discussion aurait été plus facile-pour donner lieu ensuite àune synthèse.En conclusion, il ne s'est pasinstauré de débat sur l'idée d'unargumentaire antiraciste, bienque le besoin en ait été reconnu.Il convient de souligner la difficultéà débattre du thème principalde la commission et la partimportante prise par l'école. Del'avis des participants eux-mêmes,cette situation est due aufait que le thème de l'école a étéintroduit le premier, qu'ils leconnaissent bien à la fois commeenseignants et parce qu'il existeen ce domaine des réalisationsdes comités locaux. Par opposition,l'information et l 'éducationdu citoyen sont des thèmesqui leur paraissent beaucoupplus flous et incertains. Enoutre, pour un prochain congrès,il conviendrait de :constituer des groupesd'échange moins nombreux;- prévoir une commission«école» spécifique pour ceuxqui souhaitent s'y consacrer;- si possible, ne pas regrouperplusieurs thèmes trop différents.Islam, racisme etexclusionL'ouverture d'un débat sur cethème au sein du MRAP exigeque soit pleinement prise encompte la spécificité antiracistedu mouvement. Il existe des dialoguesinter-religieux qui nesont pas de sa compétence(même si des militants y participentindividuellement).C'est le racisme anti-musulmans,né de la «diabolisation»de l'islam, qui doit être au coeurde notre réflexion et celle-ci estnée de la rencontre des préoccupationsdu secteur Educationet de la commission Immigrationlors de la deuxième vagued'affaires de «foulards», àl'automne 94. Un article parudans Différences présente unrésumé du premier rapport dugroupe de travail créé sur cethème.• Un participant de SaintEtienne insiste sur le caractèretrès minoritaire des foulards localementet souligne l'importancedu dialogue mené par leschefs d'établissement par rapportaux procédures autoritaires.A la suite de la circulaireBayrou, réactions très diverseset divisions des parents et desenseignants. Le MRAP local,dans son analyse, a estimé quele Ministre s'est défaussé d'uneresponsabilité qui lui appartientsur les chefs d'établissement,banalisant les idées d'exclusionet les faisant prendre en comptepar l'échelon local. Le MRAPest contre les exclusions mais ilest aussi contre les foulards.• Un participant de SaintNazaire est en contact personnelà la fois en tant que prêtrecatholique et en tant que MRAP,avec des musulmans et imamslocaux. Pour ce qui est des jeunes,il mentionne que de jeunesfrançais, chômeurs commeleurs copains d'origine immigrée,ont été emmenés par euxà la réunion du Bourget et qu'ilconvient de s'interroger sur cephénomène.• Un participant de Valence,musulman, se réjouissant de bénéficierde la synthèse de deuxcultures, pense qu'il faut semontrer très prudent et vigilantsur les mots, car le problème estdélicat. Il indique avoir récemmentété contacté, en tant queMRAP, pour parler de l'islam(programme de «connaissancedes autres religions») dans lescollèges de la Drôme. Il présenteà la commission des pistesde découverte du vrai islamtolérant. Il mentionne également,après la première générationdes pères à l'islam populaireet tranquille, les jeunes,victimes de l'exclusion sociale,devant qui toutes les portes seferment 1 reste la malvie, la drogue... Ils sont alors récupéréspar des imams qui trouvent eneux un terrain propice. Les militantsdu MRAP ne sont pasassez informés et formés à ladimension «civilisationnelle» del'islam. Enfin, le phénomèned'intégrisme adéjàexisté dansle passé en Egypte, Algérie ... Ilcite pour conclure Ben Badis(réformateur algérien) selonqui, s'il y a contradiction entrela foi et la raison, ce doit être laraison qui l'emporte.• Un participant de Metz signalel'expulsion de deuximams de quartier et des cas demenaces ou de violences familialescontre des jeunes fillesmusulmanes refusant de porterle foulard.• Un participant estime quela diabolisation de l'islam n'estpas nouvelle mais «culturelle»en France, découlant de l'histoirecoloniale, de la guerred'Algérie, de la guerre duGolfe ... Il faut être intransigeantssur l'intégrisme qui estun fascisme mais ouverts surl'islam tolérant. Quantauxmosquées,lorsqu'elles existent, ellesdoivent sortir des caves etêtre publiques.• Un autre participant faitétat de conclusions très importantesd'une étude récente del'INED sur l'intégration desimmigrés. De plus, dans son département,sur 64000 jeunesfilles «potentiellement» musulmanes,seules 20 ont porté lefoulard et 4 se sont montréesrécalcitrantes. Les campagnesmédiatiques nous manipulent etil faut en prendre conscience.Environ 10 % des jeunes sonttentés par l'islam et l'intégrisme,moyen à leurs yeux dese valoriser dans leur communautéet face à la société françaisetoute entière. S'ils tombentdans l'intégrisme, c'estpour des raisons économiqueset sociales. C'est donc en luttantcontre la crise sociale que reculerace problème actuellementtrès minoritaire.• Une participante de Seine­Saint-Denis se dit très gênée parce qu'elle a lu et entendu à proposde l'islam dans le rapportd'orientation aussi bien quedans l'article de Différences.Parler de l'islam risque de renvoyerles immigrés à une religionqu'ils pratiquent fort peu.Il ne faut pas exagérer la«diabolisation» de l'islam et leproblème est plutôt celui de la«laïcité intégratrice».• Un participant musulmanest gêné qu'on parle d'islamalors qu'on ne dit pas ici auxgens qu'ils sont chrétiens. Ilpense qu'aujourd'hui, il fautclairement distinguer le religieux(parfois brandi comme unétendard pour des luttes) et lepolitique où «il y a à boire et àmanger». L'important, c'estd'intégrer les immigrés musulmansen France et en Europe etd'avoir une attitude tolérantemais claire. Chacundoitrespecterl'autre et la religion est uneaffaire entre chacun et Dieu.• Un participant de Grenoblese pose tout haut quatrequestions auxquelles il n'a pasde réponse : un imam frappéd'expulsion est actuellementclandestin. S'il venait nous trouver,quelle attitude aurionsnous?Le MRAP étant attachéà la laïcité, si l'on parleaujourd'hui d'islam, cela veutildire que nous devons poseraussi le problème dujudaïsme?nous prononcer sur l'islam?L'avancée de l'islam dans lesbanlieues est lié à la démissiondes pouvoirs publics ainsi qu'àcelle de la société civile, c'est àdire la nôtre. Si nous n'occuponspas le terrain, ce seront lesintégristes qui le feront. Comment?S'il est vrai que l'Algérieaujourd'hui nous renvoiel'image diabolique des intégristes,celle-ci peut-elle être neutraliséepar celle des démocratesalgériens et, en France, celled'une forte communauté maghrébine,pour qui l'islam n'estpas égal à intégrisme?• Le comité local de Grenoblea souhaité être mieux insuiteci-contre2Paul~uzard,danssonintroduction au débat, arappelé que le racismeaujourd 'hui s'exprimemassivement et sous desformes variées trouvant sessources dans l'accroissementdes inégalités économiqueset sociales. Afin demieux répondre à l'évolutionde cette réalité, il ainvité le groupe de travail àapprofondir le concept.Antiracisme deproximitéAprès avoir lu une lettre d'unprésident de comité local quiinterpelle le Mouvement sur lesdifficultés d'action au quotidienet sur les liaisons avec les campagnesnationales, Paul nous ainvité à réfléchir sur le fonctionnementdes structures localesnationales sur leur liaison ainsique sur le rôle des fédérations.Dans leurs différentes interventionsles membres du groupe detravail, forts de leurs expériencesdiverses, ont exprimé ceQuel développement et quelfonctionnement pour unantiracisme de proximité?suite et fin de la page 26formé sur l'islam et a fait appelà un théologien ami.• UnparticipantdeLorrainerappelle qu'il existe un véritableislam tolérant et ouvert et qu'onle connaît. Cependant, dans lesquartiers, il faut prendre au sérieuxl'intégrisme islamique aumême titre que le catholique.Ces quartiers sont abandonnéspar l'état et il n'y subsiste quela police et le facteurs. Les islamistessont très efficaces car ilsapportent l'assistance scolaire,l'aide aux formalités adminisqu'ilsentendent par un antiracismede proximité:• être proche des réalités enétant capable d'être à l'écoute,de répondre aux multiples sollicitationsconcrètes par exempleavec le développement despermanences d'accueil et d' intervention;• rechercher, dans ces actionsquotidiennes, le partenariatavec les mouvements associatifs,syndicaux, politiques, etleséglises ...• agir afin d'aider les victimesdu racisme à devenir de véritablesacteurs antiracistes évitantégalement une dérive faisant denos militants de simples spécialistesjuridiques, d'autant queles permanences sont saturéeset le peu de résultats juridiquespositifs nous interpellent.Beaucoup ont noté que les actionslocales qui découlent deces permanences nourrissent laréflexion politique du mouvementet favorisent la résistance,le combat contre le racisme, leslois Pasqua, et pour porter lesvaleurs qui sont les nôtres.tratives, le soutien financier, lescolonies de vacances ... Les jeunesdésespérés sont de véritablesécorchés vifs et risquentd'être récupérés.Les interventions au sein de lacommission du congrès fontapparaître un consensus surl'existence et la reconnaissanced'un islam tolérant, des point devue opposés sur islam et laïcité.Un membre de Saint Nazaire aindiqué son souhait d'être associéau travail du groupe surl'islam .•Certains ont noté que cette activitédéveloppe de nouvellessolidarités. Qu'elle permetd'améliorer le lien entre le localet le national. Qu'elle a permisde redynamiser des comités locaux.L'antiracisme de proximitéexige également un intense travailsur les consciences notammentavec une accentuation del'éducation du citoyen afin decombattre les préjugés et d' expliquerles véritables causes desdifficultés des gens. Travaild'éducation en direction desjeunes qui sont auj ourd'hui touchéspar l'exclusion les rendant,de ce fait, plus perméables auxidées racistes. La commissioninsiste particulièrement pourque des actions d'éducationsoient menées dans les établissementsscolaires en nousadressant également aux enseignants.Comme le disait un militant«il faut que notre mouvementmarche sur ses deuxpieds». Combattre les manifestationsdu racisme au quotidienet aussi éducation du citoyen.L'activité concrète au quotidiennécessite aussi, pour son efficacité,des efforts particulierspour la formation des militants.Quels moyens devons nous développerdans l'avenir pour cefaire?• Plusieurs ami( es) de différentscomités locaux ont soulignéque, malgré les difficultésdu combat et certains dysfonctionnementsdu mouvement,nous assistons depuis deux ansà un développement des activitésdu MRAP. Il fut soulignerque fort de ses activités, leMRAP possède une influenceréelle et est une force attractivepour les combattants antiracistes.• A l'exemple d'un témoignaged'un jeune adhérent, quiexplique son adhésion auMRAP après d'autres expériencesdans la vie associative. Sonchoix pour notre mouvementest que celui-ci ne reste pas austade de l'émotionnel et du passionnelmais possède une éthique,une véritable analyse, unsérieux et une continuité dansses actions. Cet adhérent nousinterpelle sur nos possibilitésréelles de renforcer notre organisation.• Un autre jeune nous inviteà réfléchir sur lanécessité d'êtredavantage présent dans lesquartiers socialement sensibles,d'y mener des actions concrètes.Selon lui ces actions doiventse faire en s'appuyant sur lesforces existantes pour intervenirsur cette réalité locale.• D'autres intervenants ontbeaucoup insisté sur les formesde rencontre que nous organisons.Sont elles toujours adaptéesaux réalités ? Pour de nombreuxamis, les antiracistes deproximité, que nous voulonsêtre, doivent aller plus «vers lesgens», afm d'engager le débat etl'action en partant de leur vécuréel.Nos moyens de communicationtant interne qu'externe furentabordés dans de nombreusesinterventions. Certains pensentque nous véhiculons parfois,nous mêmes, une image négativede notre mouvement.Devrions-nous utiliser davantageles technologies modernes?r::irIlDifférences n° 163 avril 1995Différences n° 163 avril 1995


dumrapsuite de la page 27Des souhaits se sont exprimésafin que nous dotions les comitéslocaux d'outils d'informationet de propagande pointus,attractifs et modernes. Parexemple pourquoi ne pas doterles comités locaux de disquettesavec la charte graphique?NotrejoumaW!fférencesdoitilêtre un outil de communicationinterne ou devenir unmoyend'infonnationintemeetexterne?Il semble important demodifier très sensiblement cetoutil tant dans sa présentationque dans son contenu.Autres propositions : l'éditiondu «Vade Mecum du militant»souvent réclamé est importanteet urgente. De même, de nombreuxcomités locaux et fédérationsont fait savoir qu'ils éditaientdu matériel, s'est doncposée la question de la nécessitéd'améliorer la circulation del'information entre comités locaux,afin de démultiplier leurutilisation.Lefonctionnementet ledéveloppementDurant cette discussion, nousavons pu faire un constat, à savoir:que les comités locaux etfédérations présents avaient unbon fonctionnement et menaientde nombreuses activités.Nous pouvons nous en félicitermais cela ne doit pas masquerune autre réalité du mouvement,celle des comités locaux isoléset en difficulté, qui n' étaient pasreprésentés.Un échange a eu lieu sur l'influencedu MRAP. Avec leconstat que nos effectifs ne correspondentpas toujours aveccette influence. Ce qui poseavec force la question du renforcementdu mouvement.Un délégué a insisté sur le faitque l'adhésion n'est pas spontanée.Par nos actions, nousdéveloppons des sympathies,nous pouvons faire prendreconscience que notre action estimportante, utile, efficace etreconnue.Mais cela n'impliquepas forcément l'adhésion. Nousdevons être attentifs à cela, afinde faire prendre conscience àl'intéressé de l'utilité de sonpropre engagement dans lecombat antiraciste. Lui montrerl'efficacité d'être organisé. Ysommes-nous suffisanunent attentifs?Une deuxième réflexion sur lefait que l'adhésion n'était pastoujours synonyme de militantisme.Il faut être attentif au travailcollectif, créer les conditionspour que chaque adhérentprenne activement sa place ausein de notre mouvement. Atteindrenos objectifs de développementnécessite, je penseune nouvelle culture militantede notre part, afm qu'au racismede masse, enraciné dans la société,présent et actif partout oùse manifestent les expressionsdu racisme. La question du lienentre les comités locaux et lenational fut posée notammentdans les départements où il y aabsence de fédérations avec leurreprésentativité au conseil national.Concernant les fédérations. Ilressort de la réunion que cellescipeuvent être des structuressouples de coordination descomités locaux avec commepriorité pour leur activité : favoriser,dynamiser l'action à labase. Il apparaît souhaitable defavoriser la création des fédérationsdans les départements,voire régions où le mouvementcompte des adhérents.Concernant le Conseil National.La discussion a plutôt portésur le rôle du Conseil Nationalétant perçu actuellement pluscomme un lieu d'informationsque de décisions. Les responsablesdes comités locaux de provinceont rappelé que le CN estpour eux un lieu privilégiéd'échanges, d'expériences etl'endroit où se tissent les liensréguliers avec le national. Il futégalement noté que la responsabilitédu fonctionnement duCN dépend certes de la directionnationale mais aussi desreprésentants des CL et des FDqui doivent être porteurs au CNde leurs expériences de terrain,des analyses qu'ils en tirent. Ilsdoivent aussi exprimer leurs réflexionssur les décisions prisespar le secrétariat et le BN. Ausujet du fonctionnement decette structure, j'illustrerai ledé bat qui s'est tenu par les propositionsqui ont été formuléespour une amélioration sensible:• mise en place d'un planningannuel des réunions;• communication préalabledes documents de l'ordre dujour ainsi que du rapport d'introduction;• élaboration conjointe del'ordre du jour entre les impératifsde l'actualité et les souhaitsdivers des membres duCN.Une discussion a porté sur laproposition de modifier le postede permanent aux comités locauxen un poste de permanentau développement. Propositionqui veut symboliser l'importanceque le Mouvement veutdonner au développement ainsiqu'à l'aide des comités locauxisolés et en difficultés. Un débatcontradictoire a suivi sur cesujet..« FRANÇAIS, SI VOUS SAVIEZ»présentée par le Comité local de Saint-OuenTel est le titre de notre campagne pourfaire connaîtreaux franco-français la vérité qu'on leur cache : la tristeréalité des lois actuelles concernant l'immigration.Malgré tous les efforts déployés, il estparticulièrement difficile de détruire le mur du silenceérigé par le gouvernement.Pour en sortir, un des moyens serait l'accès à latélévision qui permettrait d'éclairer l'opinionpublique.Deux émissions ont un grand retentissement parcequ'elles sont intéressantes età des heures de grandeécoute:« Envoyé spécial» et « la Marche du siècle ».Aussi, le congrès mandate ses représentants pourqu'ils proposent aux associations antiracistes defaire une démarche commune auprès de Jean-MarieCavada pour qu'il consacre une émission à un débatentre représentant du gouvernement et représentantsdes permanences juridiques et d'associationsimmigrées.A Paul Nahon pour qu'il mène une enquête auprès desPréfectures et des permanences juridiques pourmontrer comment les immigrés sont traités.3Lois. Racismes et exclusionsquelles réponses?comment? avec qui?Les lois «Pasqua - • déclaration solennelle du con- l' arsenallégislatifun cadre uni- C'est aussi trop tôt pour pren-Méhaignerie - Balladur» grès du MRAP à propos de l' ar- taire pour avoir un impact sur la dre une position sur les cellulesont pu trouver un excellent ticle 21 (répression des clandes- société civile (Schweitzer, Bou- départementales.terrain sur une déclaration tins) renforcé dans un sens logne). • Alain Callès est pour unedangereuse de Michel répressif quant à ceux qui les • Suggestion par Gérard action unitaire si celle-ci ne ré-Rocard: «La France ne aident et par ailleurs détourné Kerforn (Landes) d'interpeller duit pas les sensibilités, les spépeutprendre en compte dans le fond au-delà de l'aspect les candidats pendant la période cificités : ce sont avec des objectoutela misère du monde» lucratif pré-électorale si possible en ac- tifs définis en commun qu'onsurtout lorsque cette tion unitaire. résoudra le problème. Les celdéclarationtrouve en face• Marseille ajoute que la Iules n'ont pas été inventées pard'elle une population qui vit Thèmes discutés CIMADE a fait un question- Pasqua qui les a développéesla crise dans tous ses aspectsnaire à ce sujet. = nécessité pour se différencier de l'exetdans l'inquiétude des • demande d'une action na- d 'harmonisation. trême droite. On n'est pas dupelendemains. tionale en vue de la dissolution • Il faut aussi s'attaquer aux mais c'est un outil que l'on peutdu FN (Marseille) et de son in- symboles Pasqua (Abès -Lyon) retourner à notre avantage.Par ailleurs, ces lois sont racis- terdiction en s'appuyant sur la • DominiqueLahalle:Com- • Marc d'Arcueil dénoncetes dans la mesure où elles coïn- loi de 1936. ment entraîner le maximum de l'incohérence du MRAP précidentavec toute une politique • remiseencausedesloissur gens et d'associations : atten- sent à la fois pour l'abrogationrépressive et d'amalgame les étrangers antérieures aux tion ! le terme «loi Pasqua» est des lois Pasqua et semblant causécuritaire(immigrés = insécu- lois Pasqua (Roubaix). un terme d'initiés antiracistes. Il tionner Pasqua par sa présencerité). Elles sont racistes en invi- • commentréussirunemobi- faut donner quatre ou cinq thè- dans les cellules. Il interpelletant la population de France à lisation massive pour parvenir à mes du contenu de ces lois pour vivement le MRAP à ce sujet.une méfiance, une suspicion l'abrogation de ces lois. rassembler. • UnreprésentantduMRAPdangereuse à l'égard des étran- • Jean Marc Bourquin de St • Micheline d'Albi voudrait de Poitiers montre qu'il est degerset particulièrement envers Denis tient à préciser l'urgence que le questionnaire ne reste pas venu impossible de résoudre lesceux des pays (hors CEE et hors de cette démarche et proposé un confiné au National pour être cas. Ils ont créé un collectif uniconventionde Schengen). Elles front unitaire de lutte. employé sur le terrain. taire et envisage de créer un résontracistes dans leurs effets • apparition du concept de • François Prunet, retraçant seau de protection des clandespremiersau niveau du droit vio- préférence nationale dans le l'évolution des lois antérieures, tins.lant les droits fondamentaux de complément de l'ordonnance montre comment Pasqua ver- • Le représentant de Crépyl'Homme,de la famille et de de juillet 94, première appari- rouille l'essentiel en attaquant en-Valois dit qu'être dans lesl'enfant, faisant des étrangers tion d'un thème lepéniste ( au coeur tous les attributaires de cellules antiracistes sert dedes pays tiers des sous hommes, Crépy-en-Valois). plein droit, ce qui revient à un faire-valoir au gouvernement etdes sous-citoyens. • augmentation du nombre blocage systématique de l' inser- il demande au National un redespermanences d'accueil per- tion. trait général des cellules.Puis sont présentés: mettant une plus grande prise de • Expérience du réseau uni- • Henri Beguin de St Ouen• la campagne du MRAPFran- conscience des désastres hu- taire de Lille: il en ressort que est pour faire une action forteçais, si vous saviez; mains des lois Pasqua. Pas de l'action unitaire ne suffit pas auprès de Cavada pourconqué-• l'appel à militer dans l'unité possibilité de solution des cas, pour contrer l'exécutif Il faut rir un droit d'expression publid'actionet ses thèmes: droit de d'où nécessité de la mobilisa- aussi prendre des alliances dans que à la télévision.vivre en famille, droit d'asile, tion du MRAP. la population en cassant le my- • Raymonde de Paris explialgériens;Il faut au sujet des cellules dé- the Pasqua et en trouvant des que qu'il faut démontrer les as-• mise en place du groupe «jus- partementales sortir des situa- thèmes de sensibilisation. pects inhumains des lois Pasquatice santé prison »; tions intenables et prendre là- • Jean Marie-Janod de Paris • NotreAmid'Orléansévo-• travail d'information et de dessus une position claire au : conserver et poursuivre la que la condamnation pour avoirsensibilisation maximum des congrès. Il ne faut pas abandon- campagne «Français si vous sa- comparé l'attitude de Pasqua àjeunes en particulier ceux de ner la campagne Français si viez» pour sensibiliser, car les celle de Vichy. Il faut sortir debanlieues, (nationalité et séjour); vous saviez», mais il faut face à gens ignorent les conséquences. l'hexagone: colloque au niveau•1rJff'Différences n° 163 avril 1995Différences n° 163 avril 1995


dumrapsuite de /a page 29Européen et une action à ce niveau.• Malte Martin de Paris: lacellule ce n'est pas une questionde principe, mais une questionde stratégie et d'appréciation aucas par cas. Il est contre uneproclamation de condamnationgénérale. Il propose de lancerune mise en garde au ministèrede l'Intérieur.Néanmoins àlaFD de Paris, ilsont gelé provisoirement la présencedans la cellule du fait del'inaction face aux délations desfamilles, des enfants non scolarisés.Pour autant il ne dit pas decondamner en bloc toute présenceactive dans les cellules.Quant aux lois Pasqua, on n'iravers l'abrogation qu'en créantun mouvement large de citoyenscomme a fait le DAL pour lelogement.• Morlier (Essonne) : Ils ontposé de vrais problèmes dans lescellules tels que le Préfet ne lesréuni plus du fait des informationsque le MRAP avait données.Pas de décision globale,réfléchir.• JacquesChalifourdeParispropose de reprendre le thèmeporteur et central de la citoyennetéet du droit de vote. Dans leslois Pasqua, c'est toute l'intégrationqui est attaquée. Lesperspectives des candidats sonttrès pauvres sur ce point.Résumé• Dissolution et condamnationdu Front National.• Abrogation des lois Pasqua.Nécessité d'expliquer et d'illustrerle terme trop générique pardes thèmes mobilisateurs. Nécessitéd'une lutte unitaire àpartir d'objectifs précis.• Débattre et choisir une décisionquant aux cellules antiracistes.Propositions acceptées.Le principe d'une déclarationofficielle du congrès quant àl'article 21 renforcé et s'en tenirau texte paru dansLe Mondepour raison de cohérence, pourne pas bloquer le processus dejurisprudence positives possibles.La motion de BernadetteHétier sur l'information obligatoireet appliquée des Jeunes surla citoyenneté et le séjour.Création du groupe du MRAP"Justice Prison Santé" de BernadetteHétier et de PascaleWaiman qui en sont responsablesau Conseil National..Contribution du groupe/ogementau sein de cette commissionCe compte-rendu se limitera au débat provoqué par les propositionscontenues dans le texte. Il est fait abstraction detoutes les interventions des membres du groupe/ogamentqui reprenaient les thèses défendues dans le rapport introductif.Débat animé, contradictoire et qui laisse un grand nombrede questions en suspens. SI les discriminations semblentune évidence à la plupart des participants, l'opportunité demesures spécifiques pour lutter contre elles, partage l'assemblée,et provoque un débat dont nous allons essayer derendre compte.Tout d'abord, les objections auxpropositions elles-mêmes:• ne doit-on pas se battre sur l'ensemble des problèmesdu logement, l'insuffisance de logements sociaux, leur mauvalserépartition génératrice de ghettos, plutôt que d'isolerle problème spécifique des populations discriminées?• n'y a-t-il pas risque, en portant ce débat publiquement,de provoquer encore plus de politique de quotas, donc deseuil et de ghetto?• et enfin, à propos des tests: n'est-ce pas une provocation,une malhonnêteté intellectuelle, une manipulation alorsqu'il faudrait plutôt convaincre et éduquer?• exemple nous est donné d'une expérience parfaitementlégitime. Pour démontrer l'existence de pratiques scandaleusesdans les mairies parisiennes au moment de l'Inscriptionà l'école d'enfants d'immigrés, des «testeurs» Improvisésmilitants du MRAP se sont présentés prétextant uneéventuelle inscription et ont ainsi pu recueillir les informationsindispensables à une campagne de dénonciation.Différences n° 163 avril 1995Des oppositions sont également apparues entre lesparticipants :• à propos en particulier des principes républicains qui devraientrester la référence absolue et fondamentale en matièrede lutte contre les discriminations. Ne sommes-nouspas devant un échec de la pensée et de la capacité de mobiliser?On assiste à un effondrement du politique au profit dujudiciaire et du médiatique.• mais les principes républicains sont-ils bafoués?• d'autres pensent qu'au contraire on est bien là sur le terrainde l'égalité républicaine. Des générations de jeunes issusde l'immigration vont se trouver de plusen plus confrontéesà cette situation: n'est-ce pas le rôle du MRAP de prendretrès vite en compte cette dimension. N'est-ce pas le su­Jet porteur pour l'avenir? On ne peut peut-être plus se contenterde dire: plus de logements, ou s'en tenir aux seulsprincipes républicains, ce qui revlendraltà admettre concrètementles discriminations en s'abstenant de lutter contreelles et devenir ainsi complices de pratiques intolérables.• autre Interprétation contradictoire du texte ·et du débat:l'attachement aux valeurs universelles serait-il sourced'Inefficacité sur le terrain? Certains croient entendre ceprocès au travers du débat, alors que d'autres pensent quec'est par ce type de luttes que l'on reste fidèle aux valeursuniverselles républicaines et que l'on est le plus efficace.Il est bien précisé toutau long du débat que nous parlons dediscriminations envers aussi bien les étrangers que les français(en particulier des DOM-TOM, et ceux Issus de l'Immigration)etqu'iI s'agit de discriminations par les Institutions,les entreprises, les sociétés HLM, etc ...Rappelons aussi ce qui est essentiel dans le texte de présentation:il s'agit d'obtenir des corrections, des transformationsde politique et non de condamner pénalement desindividus. Agir surtout sur les effets. A propos des Institutionset de la fonction publique, il est souligné que des fonctionnairessont plus zélés à utiliser l'article 40 du nouveauCode Pénal pour dénoncer les personnes en situation irrégulièreque pour dénoncer les pratiques discriminatoires.Enfin, Bertrand Bary a fait part à la commission de la situationdes Tsiganes et Gens du Voyage, particulièrement atteintspar les pratiques discriminatoires. Il rappelle que leMRAP est seul à se battre sur ce terrain, et que pour la plupartdes français, les GDV rentrent dans la catégorie desdiscriminations non légales, mais consensuelles, et passantinaperçues. Cette discrimination s'applique en particulierdans l'habitat. Une 101 existe, la Loi Besson eten particulierl'article 28 sur le stationnement des TGV -elle est peu appliquée-IIfaut se battre pour qu'elle le soit.Ce débat nécessiterait de nouveaux développements et denombreux échanges. Beaucoup de points sont restés dansl'ombre par manque de temps. Il n'était pas question de tranchersur des positions arrêtées ou des résolutions définitives,mais bien d'ouvrir la discussion et amorcer une réflexion.4Racisme, nationalismes,droits des peuples: quellessolidarités?La commission a fait un racisme et au fascisme. Il y a là geons, sur la coexistence des Palestinetour d'horizon un peu un besoin généralement res- cultures etc .. ., questions sur lesdécousu,selon ses propres senti, une exigence de clarifica- quelles Bernadette Hétier a for- Le congrès du MRAP, inquietparticipants, mais très tion, qui devraient aboutir à la mulé quelques idées importan- des retards pris dans la réalisaintéressantde la façon dont rédaction d'un dossier. C'est le tes qui doivent continuer à nous tion du processus de paixles comités locaux ressentent cas pour ceux qui interviennent faire réfléchir. amorcé à Oslo en septembre 93,et surtout portent dans à propos de l'ex-Yougoslavie. Le crédit dont le MRAP jouit demande instamment au goul'actionles problèmes Beaucoup regrettent que le parmi les peuples vient non seu- vernement israélien de prendreinternationaux sur lesquels MRAP ne se soit pas mobilisé lement de la justesse de nos pri- les mesures qui s'imposent pourle MRAP a vocation d'inter- plus tôt -tout en reconnaissant ses de position, mais des actions rendre possibles les électionsvenir. Toutes les interven- l'intérêt de l'action en faveur que nous menons. De ce point prévues en Cisjordanie et àtions ou presque portaient des déserteurs ou encore l'ap- de vue, l'action concernant les Gaza. Cela ne peut se faire quesur des actions qui ont eu pui au Tribunal des Peuples où Kurdes en France et en Europe par le retrait des unités militailieuou qui sont en prépara- le MRAP était plaignant (con- Occidentale est assez exem- res Israeliennes de Cisjordanietion. tre la purification ethnique). plaire. Je veux ici donner la pa- et le début du démentèlementL'idée avancée par Perpignan Il est probable que notre ré- role à Xavier Schapira qui a re- des colonies surtout celle ded'une manifestation du MRAP flexion générale a tardé. Mais présenté le MRAP dans une Hébron qui a une valeursymboàMarseille, en tant que centre j'ai dit à la commission et je le délégation qui s'est rendu à lique centrale. L'intérêt desde l'Arc Méditerranéen, a été répète ici, il faut que nos réac- Dyarbekir. Renée Le Mignot : deux peuples est d'en finir avecreprise par les gens de Marseille tions soient celles de tout le liratOlitàl'heure une motion sur les atermoiements : c'est une ..qui ajoutent que leur ville est Mouvement et surtout qu'elles l'ensemble des questions de la question de réalisme, car il n'yaussi au centre des expulsions et soient pleinement celles du répression en Turquie et en Eu- a pas de solution de rechange.des difficultés de toute sorte qui mouvement. C'est ainsi que rope. La réalisation de la paix entreconcernent les immigrés, les concernant les Tchétchènes et la Israël et la Palestine importe auxdemandeurs d'asile, en particu- répression sanglante menée par antiracistes de France et dulier les Algériennes et Algériens. la Russie, nous n'avons eu Propositions monde entier : il faut démontrerL' intérêt plus nettement marqué aucun retard : il reste au Mou- dans les faits que l'amitié entredes CL pour le racisme au plan vement à en faire son affaire, Sur les trois groupes de travail les peuples est possible, qu'elleinternational et l'antiracisme l'objet d'une action. qui existent il y a des proposi- est la sagesse non d'un avenirqui lui fait face est également Ce n'est pas facile de reprendre tions. lointain mais du présent.illustré à Marseille par les con- ànotre compte, dans des actions L'Europe: renforcer les actactset actions communes de tous les problèmes qui concer- tions à caractère européenMarseille et Hambourg, grand nent le racisme dans le monde et comme celles des camarades de Kurdistanport ouvert lui aussi sur le large. les fractures des peuples. Si la Moselle ou celles des Alpes-Même remarque pour Nantes et nous remettons en marche un Maritirnes.Participeràlamani- En envahissant le Nord de l'Irakaussi pour la Moselle qui est à groupe sur les Amériques, nous festation de Berlin. Des dispo- au mépris du droit international,l'origine d'une excellente dé- aurons un ensemble d'actions sitions pratiques doivent être dans une zone en outre placéemarche sur les trois frontières à plus complet, mais il faut que les prises tant pour le stand d'U nter sous la protection de l'ONU, leSchengen. Mais ici nous arri- comités s'en emparent, que cela den Linden que pour le colloque gouvernement Turc vient devons aux questions plus généra- ne reste pas au stade de décla- de l'université Humboldt. franchir une étape supplémenlesqui sont aussi les problèmes rations. Enfin, des questions taire dans l'escalade de la vioquenous devons résoudre. très pertinentes sont posées par Méditerranée : L'action envi- lence et la volonté de détruire leBeaucoup de membres ont re- des militants sur la perspective sagée par les Méditerranéens peuple Kurde. Des milliers degretté que la commission n'ait qui est la nôtre dans notre com- doit recevoir l'appui du Mouve- villages détruits, les récoltes inpasdavantage préparée la ré- bat pour l'amitié entre les peu- ment. Il faut aussi multiplier les cendiées, la population conflexionsur ce qu'on appelle pIes, la libre circulation, l'émi- actions pour la paix en Pales- trainte à l'exode, les élus con-«l' ethnisme» ou encore le «na- gration etc ..., sur le type de tine. Je propose la motion sui- damnés à l'issue d'un procèstionalisme» dans leur rapport au monde ouvert que nous envisa- vante: inique, la presse baillonnée,Différences n° 163 avril 1995r::JFIl


dumrapsuife de la page 32toute voix en faveur de la paixétouffée, c'est tout un peuplequi est victime de la terreurd'état à laquelle n'échappentpas non plus les démocratesturcs.La responsabilité de la France etde la communauté européenneest grande. Les Kurdes sontmassacrés avec des armes françaiseset allemandes; la complaisancemanifestée à l'égardde la Turquie pour son entrée ausein de la communauté européenne,malgré les violationssystématiques des droits del'Homme, ne peut être qu'unencouragement au crime.On note d'ailleurs, que la Turquiefait fi de toutes les recommandationsmême timides desgouvernements occidentaux,qu'elle continue au mépris detoutes les résolutions de l'ONUà occuper le nord de Chypre,qu'elle persiste à nier 80 ansaprès le génocide arménien ...Le congrès national du MRAPtient à manifester son indignationdevant cette nouvelle étapede la guerre menée contre lepeuple Kurde. Il réaffirme queseule une solution politique respectantles droits fondamentauxdu peuple Kurde est de nature àmettre fin à la violence danscette région.Il demande :• l'arrêt de toutes ventes oulivraisons d'armes à la Turquie• l'annulation de l'entrée dela Turquie dans l'Union douanière,compte tenu du méprisdes droits de l 'Homme affichépar ce gouvernement• que la France mette finauxexpulsions des ressortissantskurdes et des opposants turcs.La France doit agir pour que laTurquie s'engage dans un processusde paix par la reconnaissancedes droits fondamentauxdu peuple Kurde vivant dans lesfrontières de l'état Turc.Autres motionsVentes d'armesLe congrès du MRAP renouvellel'opposition du mouvementà la politique de vented'armement et engage les comitésà organiser des actions surcesujet avec d'autres mouvements,en particulier les mouvementspour la paix et le désarmement.DésarmementnucléaireIl approuve également les mouL'INTOLÉRABLE ERRANCE ________ ----.DES TSIGANES ROUMAINSLa ronde infernale continue ... AprèsNanterre, Gennevilliers, le Val d'Oise etautres lieux ... Le 23 mars à Carrièressur-Seine,nouvelle expulsion musclée.Tout cela malgré de nombreuses protestationsde collectifs présents sur lesterrains avec intervention auprès despouvoirs publics à tous les échelons.Malgré même des décisions de justice:Dans le rapport annuel de la commissionconsultative des Droits del'homme, nous citons la décision duTribunal de Grande Instance de Nanterre,le 24 Janvier 1994. Celle-ci accordaitun délai de 3 mois aux tsiganes deGennevilliers assignés par l'Etat:• en raison de «l'incontestable intérêthumain» présenté par les demandeurs• «le laps de temps devant être mis àprofit par tous les responsables appelésà intervenir dans l'élaboration d'unplan d'accueil en faveur des personnesexpulsées».Nos appels aux autorités départementalessont restés sans réponse. Pas deplan d'accueil ... mais au bout de troismois, expulsion brutale, contre laquellenous publions le 24 avril 1994 un communiqué: «une opération indigne».Bref, la situation c'est en l'absence detoute régularisation possible la contrainteà la mendicité et à la délinquance.Dans ce contexte, quel sort lamentableest réservé aux enfants?En conséquence, dans l'opinion, uneimage de marque fortement négative quiporte préjudice à toute la communautétsigane.Quelle solution? Sur le fond, une seule:l'accès au droit d'asileRéponse des autorités: pas de persécutionofficielle en Roumanie. Donc les Tsiganesde ce pays ne répondent pas auxconditions exigées par l'OF PRA, dans lechamp de protection de la convention deGenève, et doivent être reconduits à lafrontière ... Cependant, la Fédération internationalede la Ligue des Droits del'Homme (FIDH) dénonçait en 1994 devéritables pogroms, que le gouvernementroumain est impuissant à maîtriser.Dénonciation repriseenjanvier1995 parla Fédération des Rom de Roumanie: enoutre, il y a la misère.N'est-ce pas motifs suffisants pour légitimerun examen attentif et bienveillantdes demandes de droit d'asile, en raisonde l'incontestable intérêt humain?vements contre la reprise desessais nucléaires et pour le désarmementnucléaire dans lemonde et en France. La Francedoit renoncer à reprendre unilatéralementles essais dans lePacifique.BlocusLe congrès du MRAP s'élèvecontre le blocus alimentaire etsanitaire qui, sans résoudrequelque problème politique quece soit en Irak, frappe cruellementla population et condamneà mort des milliers d'enfants.Comme les commentateursl'ont montré, ce blocus répondessentiellement aux intérêts financiersdes monarchies pétrolièresdu Moyen-Orient.Il condamne également le blocusde Cuba qui dure depuis1959 et il appelle les comités àparticiper aux actions de solidarité,en particulier celles, quisont relayées par MRAP Solidarité.50 ans, ça suffit!Convaincu que la lutte contre leracisme en France et en Europene peut être isolé des luttes pourl'égalité dans le monde et enparticulier des luttes des peuplesdu «Sud» pour sortir de lamisère à laquelle ils sont condamnéspar les milieux dirigeantsdu «Nord», pays industrialisésà l'intérieur desquelsdes poches énormes de pauvretése développent actuellement.Le congrès du MRAP soutientla campagne «50 ans ça suffit».Il engage les comités à donnerà la question du développementdu Sud et de l'égalité dans lemonde toute l'importancequ'elle mérite. Il décide de faireun effort particulier pour la diffusionde la brochure en préparationsur les question de ladette, du développement inégalet des conditions dans lesquellespourrait être abolie la misèreau Sud et au Nord par le pleinemploi pour tous .•LES MODIFICATIONSAPPORTÉES AUX STATUTSIntroduction d'un nouvel alinéa à l'article 2 :2.2. Le MRAP entend combattre les crimes contre l'humanité,leur apologie et leur contestation sous toutesses formes.Enrichissement de l'alinéa 1 de l'article 6 :6.1. Se référant notamment aux principes de la DéclarationUniverselle des Droits de l'Homme adoptée le10 décembre 1948 par l'Assemblée générale de l'Organisationdes Nations Unies, aux pactes internationauxrelatifs aux Droits de l'Homme, comme à la ConventionInternationale sur l'élimination de toutes lesformes de discrimination raciale et la Convention internationalesur l'élimination et la répression du crimed'apartheid,ainsiqu'àla Convention Européenne desDroits de l'Homme, le MRAP met en application tousles moyens légaux d'action sur le plan national ou internationalpouvant concourir à la réalisation de sesobjectifs.Parmi les moyens de lutte contre les actes racistes et leursauteurs, le 2 ème alinéa est formulé ainsi :des recours aux juridictions compétentes, nationalesou internationales, pour dénoncer, sanctionner pénalement,civilement et sur le plan administratif, lesditsauteurs, notamment dans le cadre de la législation envigueur en droit interne ou international.Concernant la périodicité des congrès nationaux:24.1. Le Congrès national se réunit tous les trois ansselon des modalités fixées par le Règlement intérieur.Seuls les délégués élus conformément au Règlementintérieur et les délégués de droit peuvent participer auxvotes. En cas de besoin, le Conseil national peut convoquerun Congrès extraordinaire.Désormais, les comités isolés peuvent se faire représenterau conseil national:26.1. Entre les Congrès nationaux, le Conseil nationalélu pour trois ans par le Congrès national à la majoritéabsolue sur la base des propositions des fédérations,des comités isolés et des commissions et selon lesmodalités prévues par le Règlement intérieur, assurela direction du Mouvement; il statue sur les affairessurvenues dans l'intervalle des Congrès nationaux eten rend compte au Congrès National suivant.Les attributions du Conseil national sont enrichies :26.2. Le Conseil national s'assure de la bonne exécutiondes décisions des Congrès nationaux, examine lesrecommandations des Conférences nationales, élit leBureau National et, en cas de besoin, la Commissiondes conflits, nomme les membres du Comité d'Honneur,se fait rendre compte des actions et décisions duBureau national, adopte les budgets nationaux et dansl'intervalle des congrès les rapports moraux et financiers;le Conseil National s'assure de la prise en comptedes préoccupations des comités locaux, notamment lesisolés.27.1. Le Bureau national est élu pour trois ans par leConseil national et en son sein; il comprend de 20 à 30membres et il se réunit au moins une fois par mois surconvocation du Secrétariat National; des réunionssupplémentaires peuvent avoir lieu à la demande dutiers au moins de ses membres ou si le Secrétariat nationallejuge utile.Le congrès a entériné la disposition suivante adoptée parla conférence nationale de Nice :Article 31 : L'association est habilitée à recevoir donset legs. L'association s'engage à présenter ses registreset pièces de comptabilité sur toute réquisition du Ministèrede l'Intérieur ou du Préfet, en ce qui concernel'emploi des libéralités qu'elle serait autorisée à recevoir,et à adresser au Préfet un rapport annuel sur sasituation et ses comptes, y compris ceux des comitéslocaux, ainsi qu'à laisser visiter ses établissements parles Délégués des Ministres compétents et à lui rendrecompte du fonctionnement des dits établissements.Enfin, ont été abrogés tous les articles limitant la durée desmandats, et ce, à tous les niveaux des responsabilités électives.IlDifférences n° 163 avril 1995Différences n° 163 avril 1995


1 c,~.~_~.~,!, sdumrape A PROPOS DES CELLULES DÉPARTEMENTALESCONTRE LE RACISMEUne débat contradictoire s'est instauté concernant le maintien de l'ensemble du MRAP dans ces structures. A l'issue duvote c'est la seconde motion qui a été adoptée par 123 voix pour et 68 contre.1 ère motionPendant la deuxième législature socialiste à la fin des années80, alors que le droit de séjour des communautés immigréesdevenait de plus en plus restrictif, un certain nombrede décrets gouvernementaux ont donné naissance àdes organes censés permettre une meilleure intégrationdes immigrés, voire de lutter contre le racisme qui gangrenaitdangereusement la société française. Citons pourmémoire le «Haut comité à l'intégration» et les Cellules départementalescontre le racisme».Certes ces différentes instances auraient pu avoir leur raisond'être et contribuer par des mesures concrètes à l'améliorationdes conditions de vie précaires des immigrés notammentenmatière de logement, d'emploi, d'éducation, età une application stricte de la loi antiraciste, dite loi Gayssotqui venait d'être adoptée par le Parlement. Or, force est deconstater qu'en dehors des déclarations de principe, le bilande ces instances à la veille de la déroute électorale dela gauche a été bien maigre.Curieusement, après l'arrivée de la droite au pouvoir enmars 93, alors que l'on aurait pu penser le contraire, uncertain nombre de ces instances sont restées en vigueur,c'est le cas notamment des «cellules départementales contrele racisme.»Question: la droite allait-elle faire mieux que la gauche enmatière d'immigration et de lutte contre le racisme?Bien sûr il n'a pas fallu attendre bien longtemps pour connaîtrela réponse. Quelques semaines après sa nominationau Ministère de l'Intérieur, Charles Pasqua faisait adopterpar le Parlement toute une série de lois tristement célèbresqui font aujourd'hui la «renommée» de son auteur. Vousconnaissez tous, les conséquences désastreuses de cestextes pour les populations immigrées et en fin de comptepour la société française. Les immigrés à travers ces loissont désignés comme des boucs émissaires et principauxresponsables de tous les maux que traverse aujourd'hui lasociété française. Les idées d'extrême-droite, racistes,peuvent ainsi se développer au grand jour.Mais le pouvoir en place n'a pas peurdes mots et n'est pasà une contradiction près: il se dit antiraciste. La preuve, ila désigné auprès du Cabinet du Ministre de l'Intérieur uncollaborateur chargé de la lutte contre le racisme. Pasqua2 ème motionConstatant la diversité des situations dans les départementsoù siègent les cellules préfectorales de lutte contrele racisme, le MRAP rappelle les conditions dans lesquelles,il a décidé de participer à ces instances:• refusdetoutecompromissionetdetoutcautionnementde la politique du gouvernement en matière d'immigrationet de lutte contre le racisme,• utilisation de tous les terrains de lutte pour faire avancernos idées et nos revendications, porter des propositionsconcrètesDevant les incidents qui se sont produits localement lorsde ces séances, notamment à Aubenas, le MRAP :n'a-t-il paségalementau mois d'avril 1993, à la suite de l'assassinatd'unjeuneAfricaindans un commissariat parisien,reçu les principaux mouvements et associations antiracistesafin de les rassurer voire de les amadouer et leur promettreque de tels agissements ne se reproduiraient pluset q ue les policiers coupables d'actes racistes seraient sévèrementchâtiés?Le MRAP dans ce contexte doit-il donc participer aux Cellulesdépartementales contre le racisme? Plusieurs commissionscomposent ces cellules et se réunissent plus oumoins régulièrement selon les départements et le bon vouloirde l'administration. Après plusieurs mois d'existence,il fautse rendre à l'évidence: aucune mesure concrète concernantl'amélioration de la vie quotidienne des immigrésn'a vu le jour, même si ici où là des associations comme leMRAP ont pu défendre leur point de vue et arracher quelquespromesses.Comment pourrait-il en être autrement? Les associationsantiracistes n'ont aucun pouvoirde décision dans ces instances.Elles ne sont pas maîtresses de l'ordre du jour. Lerapport de force leur est extrêmement défavorable.Comment pourrait-on croire un seul instant qu'un mouvementcomme le MRAP si combatif soit-il pourrait inverserl'ordre des choses alors même que les instances préfectoralesappliquent quotidiennement et scrupuleusement leslois Pasqua à l'encontre des immigrés, allant même au-delàdes textes en vigueur?Une conclusion s'impose; le MRAP en continuant à participerauxcellules départementales contre le racisme, qu'ille veuille ou non, ne peut servir que de faire-valoiretde cautiondans ces instances paternalistes dont l'objectif inavouén'est pas de combattre le racisme, mais de tromper l'opinion.Certaines associations ont déjà quitté cet organisme,des fédérations l'ont déjà fait, le MRAP dans son ensembledoit en faire autant. Le combat antiraciste ne se mène pasdans les salles de Préfecture, mais auprès des Français etImmigrés dans les quartiers, dans la rue et dans l'unité dumouvement associatif.Aussi nous demandons que le Congrès se prononce parunvote sur notre participation ou non aux Cellules départementalescontre le racisme.• dénoncelefonctionnementautoritairedecertainescel­Iules qui se traduit par:• le refus de dialogue avec les associations antiracistesdont le MRAP,• la mise en accusation de notre mouvement et de sesreprésentants• demande aux militants d'utiliser ces instances de façonoffensive pour faire avancer nos revendications collectives,dénoncer les lois et décisions administratives, discriminatoires,affirmer notre solidarité avec les victimes dela discrimination, assurer notre soutien à nos camaradesmis en cause ou menacés.Le MRAP commémore le cinquantenaireSe souvenir pour l'avenirUn concert unique de musique de chambre intitulé• CONCERT DU CINQUANTENAIRELundi 15 mai 1995 à 20 h 30 au Théâtre des BOUFFES du NORD209 rue du Faubourg St. Denis - 75010 PARISMO La Chapelle (ligne 2 - Nation/Porte Dauphine)Réservations: auprès des FNAC, et du Mrap au siège nationalcontact Monik Bellocq - Tél (16.1) 43148353Soutien : 130 FAvec la participation de jeunes musiciens parmi les plus talentueux du moment:SONIA WIEDER-ATHERTON (violoncelle),LAURENT CABASSO (piano),MARIE-JOSEPHE JUDE (piano)MARC MARDER( contrebasse)PASCAL MORAGUES(clarinette)PHILIPPE BERNOLD (flûte)QUATUOR ARPEGIONE •••Au programme des oeuvres de L. Beethoven, B. Bartok, G. Rossini,O. Messiaen, J. Brahms, F. Schubert, S. ProkofievUne grande fête en perspective ... Venez Nombreux!+Une exposition sur le thème1945-1995, UN ENSEIGNEMENTPOUR LA PAIX AUJOURD'HUIET CONTRE LE RACISMECette exposition a pour but, au-delà d'une approche unilatérale et purement axée sur la mémoire de montrerles résonances en 1995 des événements - importants et complexes et parfois paradoxaux - 'de 1945.~ 945, date ~harnière de notre siècle, c'est la victoire sur le nazisme, la libération des camps de concentration,le proces de Nuremberg, c'est aussi le massacre de Sétif, la création de l'ONU et la bombe atomiquefrappant Hiroshima et Nagasaki.Que nous disent ces événements sur 1995? Cette exposition se veut un outil éveillant la mémoire suscitantla vigilance et le combat pour l'avenir.'Ce~e exposition sera itinérante, vous pourrez la réserver selon un calendrier géré par le Mrap au siègenational. Contact: Norbert Haddad - Tél4314 83 53.La parution du fac-similé du journal clandestin• FRANC-TIREURdaté du 8 mai 1945, annonçant la capitulation de l'Allemagne nazieCe jO,umal en vente d~~s les kiosqu~~ à partiT du 21 ayri11995, ~st également disponibleaupres du Mrap (comites locaux et siege national). Pnx du numero, 10 F + frais de port.IlDifférences n° 163 avri/1995Différences n° 163 avri/1995


du mrapÉlections ______________________________________ ~LES MEMBRESDU CONSEIL NATIONALEtranger : Cathy Lloyd (T);Paris : Palmyre Burgaleta (T), Isabelle Sirot (S), Ma~eMartin (T), Guillaume Berton (S), Jean-Marie Janad (T), Lynne Macfayden (S),Marie-HélèQe Buffet (T), Raymonde Bedu (S); Seine et Marne : Didier Auvray(T), Béatrice Rougy (S), Michèle Torrel (S);Yvelines : François Prunet (T), KaderGhadi (S), Jeanine Gani (T), Alain Vriens (S); Essonne: Alain Callès (T), GérardSchimanovitz (S), Pierre Landais (S); Hauts -de-Selne : Jean-Yves Treiber (T),Pierre Turpin (S), Patrick Schweitzer Patrick (T);Selne-Salnt-Denls : Alain Flauw(T), Pierre Gaumet (S), Pascal Lacroix (T), Marie-Annick Butez (S), Renée LeMignot (T), Françoise Grilla (S); Val-de-Marne : Didier Poupardin (T), DanielleGoulet (S), Marc Tzwangue Marc (T), Yves LorieUe (S);Val-d'Olse : Jean-PierreReyal (T), Sylvie Hirtz (S); Landes : Jean Blum (T), Gérard Kerfom (S); Lot etGaronne : Abdel FaUah Hamssi (T), BrigiUe Tichane (S), Alain Miranda (S);Pyrénées-Atlantique : Jean-Claude Pomarede (T), Youcel Abidi (T); Puy-de­DOme : Jean Berthier(T), André Lavignon (S), René Mazenad (S);HauteSaOne :Erica Tartier (T), Philippe Le Borgne (S); Doubs : Jacques Epailly (T), AndréVagneron (S), Jean Charbonnier(S);EureetLolra : Jeanine Flammand-Orssaud(T), Odile Carpentier(S), Simon Maudry (S);LolreAUantlque : Gérard Gueniffey(T), Micheline Tainan (S), Roland Lamet (S);Lolret : Catherine ComeUe(T), NoélHily (S);Moselle : Gianpieron Moro (T), NadineZouari (S), Vincent Mazzone (T),Carmela Colamarino (S); Hérault : Pierre Gourdou (T); Pyrénées Orientales :Robert Savelli (T), JeanneUe Autheman (S), Bernard Chico (S); Vienne :BernadeUe Guerid (T), Marie-Chantal Hay (S), Emile Chatellier (S); HauteVienne: JacquesChevassus (T), Geneviève Krausz(S), Joannès Bilia (T);HauteGaronne : André Sordeur (T), Marianne Lévy (S), Pierre Miani (S);Tam : XavierSchapira (T), Monique Martres (S), Pierre Lapierre (S);Nord : Jean-Claude Dulieu(T), Michel Place (S), Christiane Guduck (T), Monique Debrabander (S); Orne :Norbert Haddad (T); Seine Maritime : Liliane Lainé (T), Mathieu Chartionet (S),Catherine Chevalier (S); Oise : Yvon Dahan (T), Didier Dubus (S); AlpesMaritimes : Alexandrine Vocaturo (T), Ingeborg Verhagen (T); Bouches duRhOne : Baya Jurquet (T), Horiya Mekreloul (S), Patrick Thines (S); Vaucluse :Claire Senet (T), Françoise Darwiche (S), Hillel Feuerwerker (S); Ardèche :Christiane Gebelin (T), Nadia Kurys (S);lsère : Jean-Jacques Kirkyacharian (T),Paul Muzard (T), François Savigneux (T); Loire : Marie-Noêlle Bornibus (T);RhOne : Ahmed Khenniche (T), Gilles Lewkovicz (S), Raymond DescoUonges(S); COMMISSIONS. Lutte contre antisémltsme et néo-nazisme : PierreKrausz(T), Claude Dewaele (S), Christiane Guenneteau (T), Catherine Grupper(S);Juridique : Pierre Mairat(T), LaurePerrin(T);TslganesetGensduVoyage :Bertrand Bary (T), lileUe Prat (S), René Neveu (T), Catherine Robert (S);Jeunes :Samy Loumi (T), Delphine Gueret (S), Céline Butez (T), Silvère Chabot (S);Immigration : Jean-Marc Bourquin (T), Thamar Bourand (S), François Prunet(T), Denis Masson (S); Logement : Jacques Chalilour (T), Dominique Brendel(T); Justice, Prison, Santé : BernadeUe Hélier (T), Pascale Waiman (S).MEMBRES INDIVIDUELS : Charles Palant, Moulaud Aounit, Elie Chaia.MEMBRES HONORAIRES : Chartes Owezarek, Roger Maria, Rose Michalowics,Albert Lévy.T = titulaire; S = suppléant89, rue Oberkampf75543 Paris Cedex I lTél.: 43 148353Télécopie : 43 14 8J 50•Directeur de la publicationMouloud Aounit•Gérant béMvoleMartial Le Nancq•Rédactrice en chefCherifa Benabdessadok•Administration - gestionPatricia Jouhannet•AbonnementsIsabel Dos Martires120 F pour II numéros/an12 F le numéro•MaquetteCherira Benabdessadok•ImpressionMontligeonTéi.:33858000•Commissfon paritalr.n Q 63634 ISSN 0247·9095DépOt légal 1992·JODifférences n - '13 avrll1995

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