L'IMPACT DU VIH ET DU SIDA AU CAMEROUN À L'HORIZON 2020

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L'IMPACT DU VIH ET DU SIDA AU CAMEROUN À L'HORIZON 2020

Photo: Helah RobinsonPhotos de couverture: paysage: AKlauschen; enfants: James Emery


AVANT-PROPOSLe Comité National de Lutte contre le SIDA a le plaisir devous présenter L’Impact du VIH et du SIDA au Camerounà l’horizon 2020. Ce document fournit une analyse del’épidémie, examine les impacts sociaux et économiqueset les besoins de la réponse nationale, y compris les coûtsdu traitement antirétroviral.L’épidémie de VIH est un phénomène extrêmementcomplexe, et un seul document ne saurait rendre comptede tous les aspects de la situation. Ce document représentetoutefois une contribution importante aux efforts duCameroun pour limiter la propagation du VIH et fournirdes soins et soutien aux personnes infectées ou affectéespar le VIH et le SIDA.Le Cameroun se situe à un moment-clé en termed’extension de la réponse nationale. Le leadership insufflépar le Président de la République doit être relayé à tousles niveaux. Notre travail avec la société civile et d’autrespartenaires doit être élargi. Avec la décentralisation, leleadership régional doit engager les communautés etfaciliter leur rôle pour faire face aux vastes besoins liés àla mise en œuvre des programmes de prévention et detraitement efficaces.Nous sommes tous engagés dans ce grand effort.Dr. Jean-Bosco Elat NfetamPermanent SecretaryGTC/CNLS


REMERCIEMENTSCette brochure est le fruit d’une collaboration entrele personnel de Groupe Technique Central du ComitéNational de Lutte contre le SIDA (GTC/CNLS), deUSAID | Initiative des Politiques de Santé—Ordre de Tâche1 et du Programme Commun des Nations Unies sur le VIH-SIDA (ONUSIDA). Le GTC/CNLS remercie le Gouvernementdes Etats-Unis de l’aide financière et technique apportéepar l’entremise de l’Initiative de Politique de Santéappliquée par le Futures Group. Nous remercions de plusl’ONUSIDA de son soutien continu.Photo: Elin Beckmann


ABREVIATIONSARVAntirétroviralCD4 Compte de différenciation 4CDVGTC/CNLSISTMSTOEVOMSONGONUSIDAPVVIHSIDATARVIHUSAIDConseil et Dépistage VolontaireGroupe Technique Central du ComitéNational de Lutte contre le SIDAInfections Sexuellement TransmissiblesMaladie Sexuellement TransmissibleOrphelins et Enfants VulnérablesOrganisation Mondiale de la SantéOrganisation Non-GouvernementaleProgramme Commun des Nations-Unies surle VIH-SIDAPersonnes Vivant avec le VIHSyndrome d’Immunodéficitaire AcquisTraitement AntirétroviralVirus d’Immunodéficience HumaineAgence Américaine pour le DéveloppementInternational


TABLE DES MATIERESIntroduction 1Informations Générales 5Différence entre le VIH et le SIDA 5Modes de transmission 5Evolution naturelle de l’infection VIH (sanstraitement ARV) 6L’épidémie de VIH au Cameroun 9Facteurs qui contribuent à la propagation duVIH au Cameroun 10Evolution du nombre de personnes vivant avecle VIH 11Nombre de nouvelles infections par an 12Mortalité due au SIDA 13Orphelins et enfants vulnérables suite au VIH-SIDA 13Stratégies de prévention 15Impacts 16Réponse au VIH et au SIDA 21Traitement : Besoins et couverture ARV 22Traitement pédiatrique : Enfants âgés de 0 à14 ans 23Estimation des coûts 24Conclusion 29Sources Complémentaires 31Notes 32


Photo: AKlauschen


INTRODUCTIONEn 2009, le Programme Commun des Nations-Unies surle VIH-SIDA (ONUSIDA) a estimé que presque 70 pourcent des 33,4 millions d’adultes infectés par le VIH dans lemonde vivaient en Afrique sub-saharienne.Estimation du nombre de personnes vivant avec leVIH à l’échelle mondiale, 2008 1Amérique du Nord1,4 million[1,2 – 1,6 million]Caraïbes240 000[220 000 – 260 000]Amérique latine2,0 millions[1,8 –2,2 millions]Europe occidentaleet centrale850 000[710 000 – 970 000]Moyen-Orient &Afrique due Nord310 000[250 000 – 380 000]Afrique subsaharienne22,4 millions[20,8 – 24,1 millions]Europe orientale &Asie centrale1,5 million[1,4 – 1,7 million]Asie de l’Est850 000[700 000 – 1,0 million]Total: 33,4 millions (31,1 – 35,8 millions)Source: ONUSIDA 2009Organisationmondiale de la SantéAsie du Sud & du Sud3,8 millions[3,4 – 4,3 millions]Océanie59 000[51 000 – 68 000]L’épidémie du SIDA représente une grave menace pourl’Afrique. Il y a vingt ans, le taux de prévalence en Afriquede l’Est était similaire aux taux actuels de l’Afrique del’Ouest et du Centre. Le taux de prévalence du VIH auCameroun est estimé à 5,1 pour cent 2 —le taux le plusélevé de la sous-région d’Afrique Centrale et de l’Ouest(voir tableau).1


PaysTaux de prévalence du VIH(ONUSIDA, 2009)Bénin 1,2%Mali 1,5%Burkina Faso 1,6%Ghana 1,9%Nigeria 3,1%Togo 3,3%Côte d’Ivoire 3,9%Cameroun 5,1%L’épidémie du SIDA ralentit les efforts de développementéconomique et détériore le tissu social de la population.Le Groupe Technique Central du Comité National deLutte contre le SIDA (GTC/CNLS) estime qu’il y a 141nouvelles infections à VIH par jour au Cameroun, cequi correspond à 6 nouvelles personnes infectéespar heure. L’heure est grave. Il faut d’agir. La réponsenationale au VIH et au SIDA est un effort à long terme.Pour endiguer les effets dévastateurs de l’épidémie, leCameroun doit élargir ses services de traitement, de soinset de soutien et empêcher la transmission du virus de lamère à enfant, ainsi que de nouvelles infections parmi lapopulation générale et les groupes à risque.2


La future réponse du Cameroun requiert un fortengagement politique et l’allocation de ressourcesfinancières à tous les niveaux. La réponse au VIH et auSIDA n’est pas un projet à court terme. Le Gouvernement,la société civile et les partenaires internationaux ontchacun un rôle à jouer dans la conception d’une réponsenationale durable.Cette brochure a été préparée sur la base d’estimations etde projections générées par le personnel du GTC/CNLS, enutilisant le Modèle d’Impact du SIDA (AIM). Ce modèle estun outil standard utilisé dans tous les pays et est basé surun logiciel disponible à l’Internet. 3 3Photo: Gin Fizz“Il y a 141 nouvelles infections VIH par jourau Cameroun, dont 6 nouvelles personnesinfectées par heure.”


4Photo: Dave Blume


INFORMATIONS GENERALESDifférence entre le VIH et le SIDALe VIH et le SIDA sont différents. Le Virus ImmunodéficitaireHumain (VIH) cause le Syndrome ImmunodéficitaireAcquis (SIDA). Le SIDA compromet le système immunitaireet mène à des infections opportunistes, des tumeursmalignes ou des cancers et en fin de compte à la mort.La plupart des personnes vivant avec le VIH semblentêtre apparemment en bonne santé et ne manifestentaucun symptôme. Pour savoir qu’elles sont infectées parle VIH, elles doivent se faire dépister. Entre temps, ellespeuvent transmettre le virus à d’autres personnes sans lesavoir. Connaître son statut sérologique est un élémentclé dans le changement de comportement. Le conseil etdépistage volontaire (CDV) ralentissent la pandémie parcequ’ils encouragent les personnes à prendre les précautionsadéquates.Modes de transmissionLe principal mode de transmission du VIH est la voiesexuelle. Environ 90 pour cent des nouvelles infectionsau Cameroun sont dues aux relations sexuelles. Lemulti-partenariat et la non-utilisation de préservatifs lorsdes rapports occasionnels augmentent les risques detransmission du VIH. Environ 6 pour cent des nouvellesinfections résultent de la transmission de la mère à enfantet environ 4 pour cent des nouvelles infections sont duesà des objets souillés et à des transfusions de sang infecté.5


Modes de transmission6%4%90%SexuelMère-enfantAutres – sang etc..Source: Communications personnelles avec ONUSIDAEvolution naturelle de l’infection VIH(sans traitement ARV)En moyenne, un adulte infecté par le VIH présente dessymptômes du SIDA après environ 7 ans. Etant donnéque le SIDA compromet le système immunitaire,une personne infectée peut attraper des infectionsopportunistes et d’autres maladies qui affecteront sasanté si elle ne reçoit pas un traitement antirétroviral(ARV).Les nourrissons peuvent être infectés par le VIH durantla grossesse, le travail, l’accouchement et l’allaitement.6


Un enfant infecté par le biais de la transmission de la mèreà enfant présente en général des symptômes du SIDAaprès 1 à 3 ans. Le SIDA progresse plus rapidement chezles enfants que chez les adultes parce que le systèmeimmunitaire de l’enfant n’est pas encore bien développé.En 2010 au Cameroun, 7 300 bébés sont nés séropositifsà cause de la transmission de la mère à l’enfant.Photo: Elin Beckmann“En 2010 au Cameroun, 7 300 bébésseraient nés séropositifs à cause de latransmission de mère à enfant.”7


8Photo: Elin Beckmann


L’EPIDEMIE DE VIH AU CAMEROUNLe taux de prévalence du VIH dans la tranche d’âge de15 à 49 ans est passé de 0,6 pour cent en 1990 à 5,1pour cent en 2010. Si le Cameroun continue à élargir et derenforcer son Programme National de Lutte contre le VIH,le taux de prévalence pourrait rester en dessous de 6 pourcent jusqu’en 2020.Prévalence du VIH parmi les adultes, 15–49 ans,1990–2020Pourcentage d’AdultesVivant avec le VIH65432101990 1995 2000 2010 2015 2020Source: Projections du Modèle d’Impact du SIDA pour le Cameroun, 2010La prévalence du VIH varie d’une Région à l’autre. QuatreRégions ont des taux de prévalence d’au moins 8 pour cent :le Nord-Ouest (8,7%), l’Est (8,6%), Yaoundé (8,3%), et leSud-Ouest (8%). Les deux Régions (septentrionales, Nordet extrême-Nord) ont des taux de prévalence d’au plus 2pour cent. L’échelle de la réponse doit correspondre auxconditions et opportunités de chaque Région.9


• Migration• Faible perception du risque à VIH par les jeunesEvolution du nombre de personnes vivantavec le VIHEn 2010, on estime qu’environ 560 000 Camerounaisvivaient avec le VIH. Le Cameroun a plus de personnes vivantavec le VIH (PVVIH) que l’Afrique du Nord ou les Antilles.La prévalence du VIH augmente rapidement. En 1990,on comptait moins de 32 000 Camerounais séropositifs.En 1995, le nombre de PVVIH avait accru plus de huitfois pour atteindre 264 000 personnes. En 2020 il y aura726 000 PVVIH, et plus, si la réponse nationale au VIHn’est pas financée et appliquée en totalité. La majorité despersonnes infectées ne savent pas qu’elles sont infectéeset ne prennent donc pas de précautions pour protégerleurs partenaires.Population totale vivant avec le VIH, 1990–2020Nombre de PVVIH800.000 &!!"600.000 %!!"400.000 $!!"200.000 #!!"26441649156063072632!" 01990 1995 2000 2005 2010 2015 2020Source: Modèle d’Impact du SIDA pour le Cameroun, 201011


%$"$!"#$"Les femmes ont plus de risques d’être séropositives queles hommes. Environ trois PVVIH sur cinq sont des femmes(60%). Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérablesau VIH. Elles représentent 7 jeunes séropositives de 15 à 24ans sur 10 (70%) et ce taux plus élevé d’infection devraitperdurer durant les 10 prochaines années.Jeunes vivant avec le VIH, 15–24 ans, 2010–2020&!!" 100.000Nombre de jeunes vivantavec le VIH75.00050.00025.000297236824295!"02010 2015 2020hommesfemmesSource: Modèle d’Impact du SIDA pour le Cameroun, 2010Nombre de nouvelles infections par anL’épidémie du VIH est menée par de nouvelles infections.Les données de fréquence indiquent le nombre de nouvellesinfections. Les données de fréquence sont dérivées dunombre de nouvelles infections durant une période donnée12“7 jeunes séropositifs de 15 à 24 ans sur10 (70%) sont des jeunes femmes”


(en général un an) divisé par le nombre de personnes qui sontséronégatives au début de la période choisie.Au Cameroun, on compte six nouvelles infections par heure,environ 141 par jour, soit 4 276 par mois et 51 315 par an.Mortalité due au SIDALa mortalité due au SIDA continue à augmenter. En 1995,7 900 personnes sont mortes de conditions liées au SIDA.En 5 ans à peine, le chiffre annuel est passé à 25 000 en2000.Les décès imputables au SIDA affectent profondémentles familles ; celles-ci éclatent souvent et perdent leursmoyens de subsistance. De même, la perte de nombreusespersonnes décédées durant leurs années de plus fortecontribution touche l’économie. Des entreprises sontaffectées et doivent recruter et former du nouveaupersonnel. Les systèmes sanitaires et sociaux souffrentde la perte d’agents sanitaires, d’enseignants et d’autrestravailleurs qualifiés.Orphelins et enfants vulnérables suite auVIH-SIDALe nombre d’enfants rendus orphelins du fait du SIDA—enfants de moins de 18 ans dont un ou deux parents sontdécédés du SIDA—a nettement augmenté, passant de 13000 orphelins en 1995 à 304 000 en 2010. D’ici à 2020,“On prévoit plus de 34 000 décès en2010.”13


on prévoit que ce chiffre atteindra 350 000. Les enfantsorphelins suite au SIDA représentent environ 25 pour centdu nombre total d’orphelins au Cameroun en 2010.Enfants orphelins suite au SIDA, moins de 18 Ans,1995–2020Nombre d’enfants orphelinssuite au SIDA400.000 &"300.000 %"200.000 $"100.000 #"89219304351 349130!"1995 2000 2005 2010 2015 2020Source: Modèle d’impact du SIDA du Cameroun, 2010Fournir une aide et des soins appropriés aux orphelinset enfants vulnérables (OEV) représente des défis pourla famille et la société. De nombreux OEV ne bénéficientpas de soutien familial et nombre d’entre eux sontmarginalisés, stigmatisés et victimes de discrimination. Ilssont donc plus exposés aux conditions néfastes telles quele manque de scolarisation, l’analphabétisme, la mendicité,la pédophilie, la délinquance juvénile, la prostitution etla transmission du VIH et autres infections sexuellementtransmissibles (IST).14“Le nombre d’enfants rendus orphelins etvulnérables par le SIDA dépassera 350 000en 2015.”


Stratégies de preventionLe Gouvernement du Cameroun doit faire des efforts pouraugmenter les connaissances des personnes sur le VIHet le SIDA, leur permettant ainsi de prendre des mesuresappropriées pour se protéger de l’infection, obtenir desconseils et tests de dépistage VIH et rechercher des soinsle cas échéant. En même temps, le gouvernement doitfaciliter une réponse nationale pour la prévention, letraitement, les soins et le soutien, en collaboration avecla société civile et les partenaires du secteur privé, tant auniveau national qu’international.• Des données exactes sur le VIH et le SIDA etdes communications concernant le changementde comportement sont requises pour réduire latransmission ;• Des conseils et des tests volontaires doivent êtrefournis et être facilement accessibles ;• Des Programmes de traitement des IST doiventêtre accessibles ;• Des Programmes de prévention de la transmissiondu VIH de la mère à enfant, ainsi que desProgrammes de traitement ARV pédiatriques sontnécessaires pour sauver des vies d’enfants ;• Des Programmes de prévention et de traitementdu VIH doivent être intégrés aux services d’IST,15


de santé de la reproduction, de planificationfamiliale et de santé de la mère et de l’enfantpour permettre aux femmes et aux hommes deréduire le risque d’infection ;• Des mesures pour protéger les droits des PVVIHdoivent être appliquées.ImpactsLe VIH et le SIDA ont de multiples impacts sur ledéveloppement socio-économique du Cameroun.Impact sur le secteur Santé• Une allocation accrue des ressources du secteursanté pour les soins et le traitement du SIDA. Lesdépenses des Programmes du VIH et du SIDAabsorbent une majeure partie du budget nationalde la santé. Les coûts assumés par les patientsatteints du SIDA augmenteront au fur et à mesureque de nouveaux patients auront accès aux soinset au traitement ;• La réduction de la capacité des hôpitaux d’accueillirde nouveaux patients car de nombreux lits sontoccupés par des patients atteints du SIDA ;• Une demande accrue d’agents de santé qualifiésqui offrent des soins aux patients atteints duSIDA et soutiennent le Programme de traitement16


Impact sur les femmes et les fillesLes femmes et les filles sont particulièrement vulnérablesau VIH.• Les femmes courent un risque plus élevé decontracter une infection à VIH pour des raisonsbiologiques et socio-économiques et à cause dela différence de pouvoir entre elles et les hommes ;• Certaines pratiques socio-culturelles augmententle risque de transmission telles que l’utilisation deproduits pour sécher le vagin qui peuvent créerd’autres lésions, accroissant la probabilité detransmission du VIH ;• Les femmes et les filles sont le plus souvent cellesqui offrent des soins aux membres de la familleséropositifs et ont de ce fait une charge de travailaccru.18


20Photo: treesftf


REPONSE AU VIH ET AU SIDAIl n’y a pas de guérison possible pour une personneatteinte du VIH et un vaccin contre ce virus n’a encore étémis au point jusqu’à ce jour. La prévention des nouvellesinfections est le moyen le plus efficace d’endiguer lapandémie. Des actions de prévention clé incluent lapromotion de conduites sexuelles responsables telles quela monogamie, la réduction du nombre de partenaires etl’utilisation correcte et systématique du préservatif lors desrapports à risque, une banque de sang sûre et le traitementdes IST. Il est plus important de fournir des CDV et des ARVpour s’assurer que les personnes connaissent leur statutsérologique et encourager les PVVIH à empêcher unepropagation du virus.Chaque intervention recommandée—prévention, soins etsoutien et traitement—contribue largement à la stratégiede la réponse au VIH et au SIDA. Toutes les interventionssont nécessaires pour endiguer la pandémie.21


Traitement : Besoins et couverture ARVPopulation adulte âgée d’au moins 15 ansLa disponibilité du traitement antirétroviral (TAR) baisse lenombre de décès liés au SIDA et permet aux personnesinfectées de mener une vie saine. L’accès au traitementcontinue à s’élargir. Le Cameroun a plus de 150 cliniquesqui fournissent des TAR et depuis 2007, les médicamentsTAR sont fournis gratuitement à ceux qui en ont besoin. En2000, plus de 50 000 Camerounais avaient besoin de TAR,mais n’y avaient pas accès. En 2005, 16 500 des 86 000personnes éligibles au traitement y avaient accès. 4 En 2010,la couverture TAR devrait atteindre 41 pour cent des PVVIHayant besoin de traitement (plus de 89 000 personnes surles 217 000 PVVIH ayant besoin de traitement).En 2020, les responsables des Programmes prévoientde fournir une couverture à plus de 80 pour cent despersonnes âgées d’au moins 15 ans qui ont besoin deTAR. Ce composant de la réponse nationale requiertdes ressources humaines et financières substantielles. Laprévention des nouvelles infections réduirait le nombrede personnes ayant besoin de traitement et égalementréduirait les ressources requises pour offrir le traitementTAR au futur.22


Besoins et couverture en TAR, adultes éligibles,15–49 ans, 2000–2020350.000 350,000300.000 300,000250.000 250,000200.000 200,000150.000 150,000100.000 100,00050.000 50,000002000 2005 2010 2015 2020Besoins CouvertureNombre d’adultes éligiblesvivant avec le VIHART Needs and Coverage, Eligible Adults, Ages 15+, 2000–2020Source: Modèle d’Impact du SIDA pour le Cameroun, 2010Traitement pédiatrique:Enfants âgés de 0 à 14 ansLa couverture TAR des enfants âgés de 0 à 14 ans est plusfaible que celle des adultes. Les estimations de couverturepour 2010 indiquent que seuls 13 pour cent des enfantséligibles (4 195 enfants sur 32 000 éligibles) recevront letraitement. D’ici à 2020, la couverture pour les enfantsayant besoin de TAR devrait s’accroître pour atteindreplus de 50 pour cent des 26 000 enfants ayant besoin deTAR. La prévention de la transmission de la mère à l’enfantréduirait notablement le nombre d’enfants ayant besoinde traitements et les coûts associés.NeedsCoverage“La prévention de nouvelles infectionsréduirait le nombre de personnesayant besoin de traitement et réduiraitles ressources requises pour offrir letraitement ARV au futur.”23


Sources des finances VIH/SIDA, 2008Source de CFA Pourcentage desFinancement (Milliards) Depenses TotalesFonds publics 3,33 16%Foyers etsecteur privéPartenairesinternationaux2,32 11%15,65 73%Total 21,3 100%Source: National AIDS Spending Accounts Study, GTC/CNLS et ONUSIDA, 2010En 2010, les fonds requis pour couvrir le traitement, lessoins et le soutien liés au VIH-SIDA s’élèvent à environUS$42 millions—dont US$20 millions pour les TAR depremière et seconde ligne. D’ici à 2015, l’estimation descoûts annuels de TAR est d’environ US$50 millions. D’icià 2020, avec la couverture annuelle prévue de TAR de80 pour cent, plus de $US80 millions seront requis pourassurer la fourniture de médicaments TAR. Selon lesestimations du GTC/CNLS, les besoins financiers annuelspour le Programme de traitement, de soins et de soutiende la lutte contre le VIH augmenteront, passant de US$42millions (21 milliards de CFA) en 2010 à US$129 millions(plus de 64 milliards de CFA) en 2020.25


Treatment, Care and Support Cost Estimations 2010-2020Estimations de traitement, soins et soutien, 2010–2020USD US$ Millions1401201008060402002010 2015 2020Traitement, soins et soutienTAR seulement (1ère et 2nde lignes)Treatment, Care and SuARV only (1st and 2nd liSource: Estimations du GTC/CNLS et du Modèle d’Impact du SIDA sur le Cameroun, 2010RecommandationsDe multiples actions sont requises pour éviter latransmission du VIH, réduire l’impact de la maladie etfournir les soins et traitement aux personnes infectées etaffectées :• que le Gouvernement et les autres secteursfournissent une réponse efficace ;• que la mobilisation des ressources et leurutilisation par le gouvernement et d’autrespartenaires soit améliorée ;• que les activités de prévention soient élargies etrenforcées ;• que la couverture en TAR soit accrue ;26


• que le soutien aux Programmes de prévention dela transmission de la mère à l’enfant soit élargi ;• que la prévention chez les groupes les plus àrisque soit élargie et renforcée ;• que le suivi-l’évaluation et l’utilisation desinformations dans l’application de la réponsenationale soit amélioré ;• que l’implication des chefs religieux et descommunautés soit effective.Ces actions exigent une direction forte et soutenue dela part des responsables du secteur public. La réponsenationale au VIH et au SIDA doit devenir de plus en plusefficace et durable dans l’avenir.Photo: Elin Beckmann27


28Photo: Elin Beckmann


CONCLUSIONDes interventions appropriées et opportunes sontimpératives pour ralentir la propagation de l’épidémiedu VIH au Cameroun. Une forte direction politique estessentielle pour prendre des décisions courageuses liées àla prévention, à la réduction et au traitement.Le gouvernement du Cameroun doit coordonner etcollaborer étroitement avec ses partenaires, y compris lesONG, les chefs religieux, les parlementaires, les journalistes,les associations des femmes, des jeunes, et des PVVIH, lesecteur privé et les partenaires au développement.Des actions pour endiguer l’épidémie du VIH engagéesmaintenant sauveront des vies et de l’argent à l’avenir.29


SOURCES SUPPLEMENTAIRESCNLS et ONUSIDA. 2010. Cameroon UNGASS CountryProgress Report, January 2008–December 2009.Disponible à l’adresse suivante : http://data.unaids.org/pub/Report/2010/cameroon_2010_country_progress_report_fr.pdf.CNLS - Site Internet. Disponible à l’adresse suivante :http://www.cnls.org/.GTC/CNLS et ONUSIDA. 2010. National AIDS SpendingAccounts Study.31


Notes1L’ONUSIDA et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fournissentdes estimations pour définir les limites supérieures et inférieures.Les nombres affichés représentent les points médians. Pourde plus amples informations, veuillez consulter le site Internet duCentre des Connaissances de l’ONUSIDA à l’adresse suivante :http://www.unaids.org/en/KnowledgeCentre/.2République du Cameroun, Ministère de la Santé Publique, GTC/CLNS, Secrétariat Permanent, et Unité de Suivi et d’Evaluation. Profildes Estimations et Projections en Matière de VIH et SIDA au Cameroun2010–2020. p.17.3Le Modèle d’Impact du SIDA fait partie du système Spectrum desModèles de Politiques de gestion. Pour obtenir de plus amples informations,veuillez consulter le site Internet de l’Initiative de Politiquede Gestion Sanitaire http://www.healthpolicyinitiative.com. On peuttélécharger le logiciel de Spectrum à l’adresse suivante : http://www.healthpolicyinitiative.com/index.cfm?id=softwareDownload&name=Spectrum&file=SpecInstall.zip&site=HPI.4L’éligibilité au traitement avant 2009 était définie ainsi : personnesayant un CD4 de moins de 200. En 2010, le Cameroun a commencéà appliquer les nouvelles lignes directrices de l’OMS et l’éligibilité estmaintenant définie comme toute personne ayant un compte CD4 demoins de 350. En fournissant un traitement plus souvent, on aboutità de meilleurs débouchés de traitement. Le compte de CD4 est déterminépar un test sanguin qui compte le nombre de cellules CD4 quisont un indicateur du système immunitaire d’un individu.Photo: AKlauschen32

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