Biblioteca Digital de Obras Raras e Especiais - USP

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DEDALUS - Acervo - FM3^ SWS1070006062C


QIC SÀO PAULOJHm\PrateMra d


ETUDE PRATIQUESUR LESDYSPEPSIESVICHYTRAITÉES A L'HOPITAL MILITAIRE THERMALAVEC TABLEAUX STATISTIQUES DE NOMBREUSES OBSERVATIONSDERECHERCHESSUR LESDYSPEPSIESAVEC DIMINUTION DU VOLUME DU FOIERÉSULTATS FAVORABLES DE LA MÉDICATION THERMALEPARLE DOCTEUR A. BINTOTMédecin principal de i r * classe, Médecin en chef de l'Hôpital militaire thermal de Vichy,Officier de la Légion d'Honneur et de l'ordre impérial de Guadalupe,Chevalier de l'ordre impérial de François-Joseph et du Medjidié, etc., etc.PARISLIBRAIRIE DE J.-B. BAILLIÈRE «Se FILS19, RUE HAUTEFEUILLE, 19.879


BSl^e)Vr°\


— 3 —traitement. Le médecin en chef de l'hôpital thermalcontrôle et vérifie ces données.Le traitement thermal terminé, tous ces détails sontrelatés sur la deuxième page du certificat qui estenvoyé au médecin de la place ou du corps de troupeauquel appartient le malade.L'année suivante, le même certificat doit être retournéau médecin en chef de l'hôpital thermal, avecdes observations sur la marche de la maladie en suitede la cure et sur le résultat consécutif des eaux.Sur un registre spécial, le médecin en chef de l'hôpitalthermal inscrit les résultats consécutifs en facedes résultats primitifs, et rend compte au Conseil desanté des armées, dans un rapport annuel, des effetsdu traitement par les eaux minérales.Nous donnons ci-après un état récapitulatif desaffections traitées à l'hôpital thermal de Vichy jusqu'en1874, et dont nous avons colligé les observations surles registres déposés au Conseil de santé des armées :Dyspepsie 2.043Gastralgie ... 1.120Gastro-entéralgie 190Gastrite chronique 125Gaslro entérite chronique14TDyssenterie chronique 29Diarrhée chronique. §8Hépatite chronique 1.673A reaorter... 5.365


-4 —Meport 5.365Coliques hépatiques 437Engorgement des viscères abdominaux 894Engorgement de la rate 178Gravelle 672Cystite chronique 897Coliques néphrétiques 549Goutte 906Rhumatisme • • • 122Diabète • 119Albuminurie • 39Affections diverses 74TOTAL 10.312


DE LA DYSPEPSIEDÉFINITION.Une des premières difficultés que présente fétudedes dyspepsies est celle d'une définition exacte.Il est un point établi dans le domaine scientifique,c'est qu'une entente des termes employés pour dénommerun état morbide est une condition essentielled'observations utiles et de progrès.Le terme Dyspepsie, qui peut paraître si précis, estcependant interprêté de différentes manières par diversauteurs.Dyspepsie (difficulté ; de digestion), quoi de plussimple et quoi de plus compliqué ?« Toute difficulté de digestion, provenant de tout« état anormal du tube digestif, est une dyspepsie, »dit notre regretté maître, M. Durand de Lunel.La dyspepsie n'est qu'un symptôme, proclamentd'autres auteurs.Pour nous, elle a comme analogue la dyspnée et


6 DE LA DYSPEPSIE.toutes les difficultés de fonctionnement des autresappareils. Nous ne pouvons la considérer commeune maladie distincte, nettement dessinée, ayant sonanatomie pathologique et ses signes pathognomoniques.Pour nous, dyspepsie est un terme propre à dénommerun groupe de symptômes, un état morbidecaractérisé par un trouble permanent des fonctionsdigestives, ayant des causes dont la connaissanceindique le traitement rationnel à y opposer.Sous ces réserves, ce terme, que l'usage et l'observationpratique ont consacré, nous paraît devoir êtreconservé.Ces états morbides qui, dans les conceptions del'école physiologique, étaient trop souvent rattachésà la gastrite chronique, ne doivent pas être confondusavec l'inflammation franche, primitive, aiguë ouchronique de la membrane muqueuse stomacale.La question de la dyspepsie essentielle, c'est-à-direde la dyspepsie indépendante de lésions de l'appareildigestif ou de troubles provenant des autres appareils,nous paraît ainsi résolue dans le sens de la négative.Ne peut-on pas dire presque toujours, si ce n'esttoujours, que l'ignorance de la cause, soit par défautde recherches, soit par difficulté de découvrir cettecause, a donné lieu à la création théorique des dyspepsiesessentielles ?C'est là ce que nous a enseigné notre propre observation; c'est là ce qui établit l'importance de l'étudeétiologique des dyspepsies.


ANATOMIE. 7C'est sous l'empi re de cette idée, que nous chercheronsà formuler une nouvelle division de ces affections, età rejeter, comme à peu près inutile dans la pratique,la nomenclature basée sur la prédominance d'unsymptôme.Est-ce à dire que nous ne tiendrons nul comptedes formes imprimées par un symptôme saillant, etque nous n'admettrons plus les dyspepsies gastralgiques,acescentes, flatuîentes,vomitantes, pituiteuses,bilieuses, vertigineuses, dyspnéiques, cardialgiques,syncopales, etc. ?Non, mais nous n'attacherons pas à ces formes lavaleur pratique qui résulte de l'étude approfondie descauses.ANATOMIE.A défaut d'anatomie pathologique et en considérationdu rôle prépondérant que joue dans les dyspepsiesla poche stomacale, rappelons : i° pour expliquercertains symptômes locaux et sympathiques; 2° pourcomprendre l'action des diathèses ; 3° pour établir undiagnostic complet; que l'estomac est situé dans lapartie supérieure, moyenne et gauche de la cavitéabdominale, au-dessous du diaphragme et du lobegauche du foie, au-dessus du colon transverse, enavant de l'aorte et du pancréas;Qu'il correspond, par sa grande courbure, à la faceinterne de là rate, aux reins et à la capsule surrénalegauche ;


8 DE LA DYSPEPSIE,Que sa direction est telle, que sa grosse extrémitéest logée dans l'hypocondre gauche ;Qu'il est placé en arrière des cartilages des faussescôtes gauches, en arrière de l'appendice sternal et dela paroi antérieure de l'abdomen ;Que ses parois se composent de quatre tuniques :séreuse, musculeuse, fibreuse, muqueuse avec épithélium;Que ses artères, venant du tronc cœliaque, sonttrès nombreuses et très grosses ;Que ses veines se rendent au foie par la veineporte;Que ses vaisseaux lymphatiques, répandus sur lesdeux faces du viscère, communiquent avec les ganglionsqui longent, en chapelet, la grande et la petitecourbure et concourent, pour la plupart, à former lecanal thoracique;Que ses nerfs, très gros et très nombreux, viennentdes pneumo-gastriques et du grand sympathique;Que les pneumo-gastriques, nerfs de sensibilité,reçoivent des filets moteurs du facial, du spinal, dugrand hypoglosse et communiquent avec le ganglioncervical du grand sympathique ;Que le pneumo-gastrique gauche se termine à laface antérieure de l'estomac et envoie quelques filetsau plexus-hépatique;Que le pneumo-gastrique droit se répand sur laface postérieure du viscère et va concourir à la formationdu plexus-solaire;Que ses relations nerveuses établissent une dépen-


SYMPTOMES DYSPEPTIQUES. 9dance et une solidarité entre les diverses parties dusystème nerveux.Cet aperçu anatomique nous explique suffisammentles nombreuses sympathies de l'estomac, nous faitcomprendre pourquoi toute altération de l'organismeréagit sur lui, et pourquoi ses affections retentissentsur toute l'économie.SYMPTOMES DYSPEPTIQUES.SYMPTOMES AVANT L'INTRODUCTION DES ALIMENTS.Anorexie : perte plus ou moins complète de l'appétit,plus rarement boulimie,izAm exagérée ; capricespour certains aliments.Langue blanchâtre, parfois saburrale, avec enduitbilieux et alors sensation d'amertume.Langue épaisse, élargie, rarement rouge à la pointeet sur ses bords. Les malades se plaignent d'un empâtementou d'une sécheresse de la bouche.La sécrétion salivaire est, dans certains cas, augmentéeau point de provoquer une sputation gênanteet parfois des apparences de vomissements.Régurgitations acides, pituite.SYMPTOMES APRÈS L'INTRODUCTION DES ALIMENTS.Sensation de pesanteur, de distension ou d'oppressionau creux de l'estomac, produite, lorsqu'elle seprésente presque immédiatement après le repas, parla pression mécanique des aliments, résultant, plus


10 DE LA DYSPEPSIE.tard, des flatulences engendrées par une défectueusedigestion.Douleurs, rarement vives, excepté dans les crisesgastralgiques ; ces douleurs apparaissent, le plus souvent,une heure ou deux après les repas, alors queles mouvements de l'estomac deviennent plus rapides;elles cessent parfois momentanément vers le milieu dela digestion, pour reparaître au moment où les fluidesde l'estomac ont eu le temps de s'altérer.Sensation de brûlure à la partie médiane ou inférieuredu sternum, rarement à l'épigastre; d'autresfois, le malade perçoit cette sensation siégeant audessusdu sternum ou au pharynx, elle est alorsaccompagnée de constriction.Dans les cas de crampes ou spasmes douloureux,le malade ressent comme un clou, un os, un corpsdur dans l'estomac, ou comme une constriction causéepar une corde en ceinture. Cette douleur, à sonsummum de violence, force le patient à se courber ouà se plier en deux ; elle siège surtout dans les fibresmusculaires de la poche stomacale; elle peut être provoquéeartificiellement en excitant l'intérieur du pylore.En général, le vomissement la diminue ou la fait cessercomplètement.Flatulences. Ce phénomène ne devient un symptômeque par son caractère de fréquence et par sonintensité. La flatulencestomacale, en dilatant la poche,produit un sentiment de distension qui va jusqu'àl'anxiété, jusqu'à la dyspnée avec palpitations cardiaques.


SYMPTOMES DYSPEPTIQUES.IlLa flatulenceintestinale, qui apparaît, le plus souvent,quelques heures après le repas, soit par le faitde la sécrétion de la muqueuse, soit par les réactionschimiques des aliments mal digérés, amène, avec ladistension de l'intestin, la tuméfaction abdominale, lasonorité, la tympanite, des douleurs du ventre et desphénomènes de dyspnée.Parfois, ce symptôme est perçu seulement par lemalade qui en éprouve un malaise considérable ; lesgaz semblent alors rouler dans l'abdomen et êtreemprisonnés par des contractions irrégulières de l'intestin,impuissant à les expulser.Borborygmes, flatulences mêlées aux liquides intestinaux.Eructations, sans odeur, provenant surtout dudéfaut de tonicité de la membrane musculaire.Eructations avec odeur et goût acide ou fétide, avecodeur d'ceufs pourris provenant d'une altération desproduits de la digestion.Pyrosis. Expuition de liquides stomacaux, accompagnéeou non de sensation de fer chaud dans l'estomiicet dans l'œsophage. Ce symptôme, lorsqu'il se présentele matin, à jeun, prend le nom de pituite; il ne doitpas être confondu avec un ptyalisme soudain et abondantque présentent certains dyspeptiques.Nausées. Envies de vomir s'accompagnant de prostration,de dégoût, d'anxiété, avec face pâle et faiblessedu pouls.Régurgitations. Symptôme fréquent des dyspepsiesaccompagnées de phénomènes bilieux.


12 DE LA DYSPEPSIE.Vomissements, purement nerveux du dépendant'de la distension de l'estomac, parfois de : l'irritationdu viscère.Il est important de distinguer ce symptôme desvomissements sympathiques produits par les affectionsdu cerveau, du rein, du péritoine etdupoumdn.La constipation est fréquente, tenace, eHe est dueà l'insuffisance des sécrétions intestinales ou à un étatde faiblesse musculaire locale, ou à un trouble del'innervation. Le manque de tonicité de la musculaireintestinale, à la suite de distension flatulente,estune autre cause de constipation dans les dyspepsies.Une diminution ou une altération de la sécrétionbiliaire amène ce même résultat de resserrement duventre.L'intensité de la constipation est un des symptômesqui préoccupent le plus les malades ; elle est parfoisassez grande pour ne donner lieu, à de longs intervalles,qu'à des évacuations minimes, composées deboulettes dures et sèches ou recouvertes de mucositésintestinales concrétées, de couleur grisâtre, parfoisteintes du sang fourni par des bourrelets hémorrhoïdauxinternes.D'autres fois les selles sont fétides, contiennent desaliments non digérés.Diarrhée, provenant d'aliments non élaborés parl'estomac et précipités à la suite de mouvements musculairesénergiques de cet organe dans l'intestin et yjouant le rôle de corps étrangers, ou bien provenantd'une sécrétion exagérée des liquides de l'estomac ou


SYMPTOMES DYSPEPTIOJJES. 1}de l'intestin. Les alternatives de diarrhée et de constipationsont aussi souvent observées.Les troubles de la circulation, générale ou locale,ont leur place dans cette symptomatologie.Rarement le pouls est accéléré ; plus souvent il estralenti et affaibli.La gêne de la circulation abdominale détermine desbattements de l'aorte, la dilatation des veines rampantà la surface des parois du ventre ; elle occasionne laprésence d'hémorrhoïdçs internes ou externes etparfois de l'œdème des jambes.Parmi les troubles de la sensibilité généraleobservés dans les états dyspeptiques, nous notons unefaiblesse musculaire, avec paresse de mouvements,des douleurs vagues dans les membres et parfois descrampes dans les mollets.En outre de la dyspnée produite par les gaz, onobserve, dans certains cas, une toux nerveuse particulière.hsipeau, souvent sèche, prend parfois une teinteterreuse, foncée, sale; elle est souvent le siège d'éruptionsacnéïques, furonculeuses ou autres. Sa températures'abaisse fréquemment, surtout vers les extrémitéset plus particulièrement lorsque se montrentdes signes d'anémie.Sous l'influence des digestions mauvaises, l'embonpointse perd et l'amaigrissement arrive jusqu'au degréd'émaciation.Urines. En tenant compte des différences quiexistent à l'état normal, dans la densité de l'urine,


14 DE LA DYSPEPSIE.selon qu'elle est examinée après l'usage de boissonsabondantes (i,oo3 à 1,009), a près un repas copieux(1,020 à i,o3o) ou après une nuit de repos (I,OI5 ài,025), c'est à cette dernière que l'on doit donner lapréférence pour l'analyse.L'acidité est l'état le plus général des urines dyspeptiques.Le produit de la sécrétion rénale se présentealternativement clair ou trouble; sa quantité, souventdiminuée, est, dans certains cas, notablement augmentée.On y constate rarement et d'une manièrepassagère, la présence du sucre et de l'albumine.Quant au dépôt de ces urines, nous y remarquonsle plus souvent de l'acide urique, des urates amorphes,des urates de soude cristallisés, des phosphates terreux,des oxalates.Il est d'observation ordinaire que la présence dephosphates terreux, indique généralement un état dedépression du système nerveux, suite d'épuisementou de fatigue du corps ou de l'esprit. On a remarquéaussi que la présence des oxalates, bien que coïncidantavec des troubles digestifs assez légers, occasionnaitun état nerveux et mental profondémenttroublé.SYMPTOMES SYMPATHIQUES.Les sympathies de l'estomac et de la tête sont desplus marquées ; ce sont elles qui donnent lieu auxbâillements, aux pandiculations, aux céphalalgiespériodiques d'intensité variable, s'accompagnant de


SYMPTOMES DYSPEPTIQUES.rougeurs de la face. Ces douleurs de tête sont, parfois,limitées aux yeux avec sensation de sable et avecobscurcissement de la vue, d'autres fois elles ont poursiège le front et sont limitées vers la racine du nez ouderrière les oreilles. Le retentissement de cette douleursur le nerf optique, donne lieu à des troubles de lavision, tels que sensation d'étincelles, de corps brillants,de stries ou de points noirs. Son action sur lenerf acoustique détermine les sensations de bruissements,de bruits de cloche, de sifflements dont seplaignent quelques dyspeptiques.Les altérations du sens du goût se traduisent parl'insipidité des aliments ou par des sensations qui leurdonnent des saveurs variées, acides, sucrées, terreuses,amères, sans que ces troubles puissent se rapporter àun état saburral des premières voies.Le vertige, avec ou sans céphalalgie, est encore unphénomène sympathique peu rare dans ces affections ;disons cependant qu'il est parfois le résultat de la gênecirculatoire, déterminée par la distension considérablede l'estomac ou de l'intestin.Le sommeil est souvent agité, incomplet, troublépar des rêves et des cauchemars pénibles.Surexcitation nerveuse, exaltation, idées très-mobiles,préoccupations, frayeurs, impatiences, concentrationsdes pensées vers leurs souffrances variées,doute sur l'état de leurs forces, sombres pressentiments: tel est l'état mental plus ou moins accentuédes dyspeptiques.M


16 DE LA DYSPEPSIE.DIAGNOSTICDIFFÉRENTIEL.Le groupement de quelques uns des symptômesénumérés constitue l'état dyspeptique. Mais, commele plus grand nombre de ces phénomènes se retrouventdans diverses maladies du tube digestif ou autres,nous voudrions, sans tracer un tableau complet dediagnostic différentiel, signaler quelques points quidistinguent la dyspepsie des affections les plus facilesà confondre avec elle.Toutes les maladies chroniques seraient presque àciter comme donnant lieu à des troubles de la digestion.Quant aux maladies aiguës, l'état fébrile suffit à lescaractériser et nous dispense de nous en occuper.Gastrite chronique. Nous sommes de ceux qui,sans donner aux idées de l'école physiologique l'excessiveétendue que le génie du maître leur avaitconquise, n'en sont pas venus à nier complètement lesirritations, les inflammations chroniques de la muqueusestomacale.Dans la gastrite chronique, nous reconnaissons,comme siège, trois points de prédilection: le cardia,la grande courbure et le pylore.i° Lorsque l'inflammation chronique siège au cardia,on constate: douleur lors de la déglutition,éructations, mouvements convulsifs de l'estomac avecsensation de brûlure ; à la fin de la digestion, il y adégagement de fluidesavec douleur, palpitations ducœur ou sentiment d'ardeur à la gorge. Le matin,


DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. 17des fluides acres et acides sont rendus et le maladeéprouve un dessèchement pénible dans l'arrière-bouche; le vomissement est rare.2 0 Lorsque l'inflammation chronique siège à lagrande courbure, l'ingestion des aliments se fait sansdouleur; mais on voit bientôt apparaître une chaleurpénible, une douleur en demi-ceinture limitée à labase de la poitrine et du hoquet. Ces symptômesprennent un caractère d'exacerbation vers la fin de ladigestion.3° Dans les cas, et ce sont les plus fréquents, où lalocalisation de la gastrite chronique est au pylore,aucune douleur n'est ressentie lorsque les alimentssont introduits dans l'estomac ; l'appétit est conservé,mais les accidents commencent vers la fin du travaildigestif. Ils consistent surtout en une douleur siégeantdans Thypocondre droit, sepropageantjusqu'àl'épaule,en renvois de matières alimentaires ressemblant à unerumination et- en rejets par gorgées d'aliments maldigérés.Quel que soit le siège de la gastrite chronique, lapression de l'épigastre est douloureuse, la palpationde cette région fait reconnaître parfois la présence depoints tuméfiés. La langue est, le plus souvent, rougeà la pointe et sur ses bords. Il y a, en outre, de lasoif plus ou moins vive, et, vers le soir, un petit mouvementfébrile se dessine avec chaleur générale plusmarquée dans la paume des mains.Ulcération de Vestomac. Avec quelques-uns dessymptômes de la gastrite chronique, se montrent,2


,8, DE LA DYSPEPSIE.dans cette affection, des vomissements caractéristiquesmêlés de sang pur ou d'éléments sanguins altérésqui leur donnent une coloration d'un brun noirâtre.Plus tard, surviennent de véritables hémorrhagies.L'absence de douleur est aussi caractéristique. Cesdeux signes nous paraissent suffire pour établir lediagnostic.Cancer de Vestomac. Il n'est pas rare de confondrecette affection, au début, avec la gastrite chroniqueou avec la dyspepsie dont elle réunit plusieurs symptômes.Comme dans cette dernière affection, la fièvremanque. La palpation fait connaître les tuméfactionsindurées, bosselées qui, le plus souvent, ont leursiège vers l'ombilic. Plus tard aussi, les vomissementsparaissant composés de marc de café, et la teinte jaunepaille de la cachexie cancéreuse ne laissent aucundoute.Gastralgie. Dans cette affection, le symptômedouleur, avec son intermittence assez nette, n'ayantpas de relation avec la fonction digestive, est le signepathognomonique. Ajoutons que, chez les gastralgiques,on constate la digestion facile des alimentsréputés les plus indigestes et parfois l'impossibilitémomentanée d'introduire les matières alibiles les pluslégères à l'estomac.Entérite chronique et entéralgie. Nous aurions àrépéter à peu près, pour ces maladies de l'intestin, ceque nous avons dit de la gastrite chronique et de lagastralgie, notons seulement dans l'entérite chroniquele symptôme coliques avec des selles diarrhéïques.


STATISTIQUE.'9CORPS OU ARMES.Officiers.S.-Offio.Soldats.TOTAL.InfanterieCavalerieArtillerieGénieGendarmerieTrain des équipagesMarineEtat-majorPlace (état-major)Administration militaire.Ministère de la guerre...MédecinsPharmaciensJustice militaireIntendanceAumôniers,Garde républicaineGarde mobileInfirmiers militairesOfficiers en non-activité..RetraitésInvalidesLibérésInterprètesAdministration civile....PompiersEnfants de troupe562203673041191789226730221o215»2»4961»784»»5722182066122»52»»y»»»»»5»7»»»5»»802020317249»»»»»»»»y>2»»»1031»2011699245105532792420992769302215215225411341710911Total général...1,4672303462,043En comparant les chiffres inscrits au tableau ci-dessusavec les effectifs moyens des différentes armes, noustrouvons que, dans l'infanterie, les officiers sont dansun rapport de un sur vingt ; les sous-officiers un sur520 et les soldats un sur 2,780.


20 DE LA DYSPEPSIE.Dans la cavalerie, les officiers un sur 18, les sousofficiersun sur 180 et les soldats un sur 2,640.Dans l'artillerie, les officiers, un sur 2 3, les souscjfficiersun sur 187 et les soldats un sur 1,700.Dans le génie, les officiers un sur 10, les sous-officiersun sur 32 et les soldats un sur 2,5oo.Dans la gendarmerie, les officiers un sur 16, lessous-officiers un sur 20 et les soldats un sur 65.Dans le train des équipages, les officiers un sur i3,les sous-officiers un sur 5oo et les soldats un suri,65o.Le classement par ordre de fréquence, donneraitdonc, pour les officiers, le résultat suivant :i° génie; 2 0 train des équipages; 3° état-major desplaces ; 4° gendarmerie ; 5° cavalerie et officiers d'administration; 6° infanterie ; 7 0 artillerie; 8° médecins.Pour les sous-officiers, la gendarmerie, et dans uneproportion considérable, se trouve au premier rang,un vingtième. La même proportion existe, dans cettearme, pour les soldats.Ces faits trouvent leur explication naturelle dansl'examen des causes ordinaires de la dyspepsie qui,comme le démontre le tableau de Vâge, apparaîtsurtout de 35 à 5o ans.


STATISTIQJJE. 21AGE.Officiers-.S.-Offic.Soldats.TOTAL.De 15 à 20 ans..De 20 à 25 ans..De 25 à 30 ans..De 30 â 35 ans..De 35 à 40 ans..De 40 à 45 ans..' De 45 à 50 ans:.".De 50 â 55 ans..Dé 55 à 60 ans..De 60 à 65 ans:..De 65 à 70 ans..De 70 à 75 ans...Total général..»1376192306318329138531913101,467»10 .3345 . .53té214 .»»2230218. .4560 .5874671442113462 j35 { 168131 )285 j409 /.., ) 1,593445 I454 )173 \61 i21 j 28214 l13 ) ..2,043Un coup-d'ceil, jeté sur ce tableau, montre que,rare jusqu'à trente ans, la dyspepsie s'observe surtoutentre trente-cinq et cinquante ans avec un maximumentre quarante-cinq et cinquante.Ce fait est également vrai pour les officiers, sousofficierset soldats, " en tenant compte toutefois decette particularité que la gendarmerie fournit, pourles deux dernières catégories, un nombre de dyspeptiquesproportionnellement considérable.De 55 à 70 ans, le nombre desdyspepsies va presquerégulièrement diminuant et] se compose surtout desretraités, des malades fournis par les administrationsciviles et par les invalides.


22 DE LA DYSPEPSIE.. TEMPÉRAMENT.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.620842984722549120115910020246182026 -1421222933312627591187421333558426996205 '140191,467230 '3462,043En résumé :Tempérament sanguin et dérivésTempérament bilieux et dérivés .Tempérament nerveux et dérivésTempérament lymphatique (*)742633584842,043.'»C: ,7 CONSTITUTION.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.Faible...1421,1827 143»É.4814438»1 -4719310512371,51928611,4672303462,043 ,(*) Ce chiffre minime tient évidemment à la nature spéciale etchoisie des sujets appartenant aux armées.


STATISTIQUE. 25Que des malades, appartenant pour la plupart àl'armée, aient conservé les caractères d'une forte oubonne constitution, c'est là une constatation de peud'importance pouvant seulement démontrer que l'affectionn'a pas encore altéré profondément l'état général.Mais en remarquant la constitution faible ou plutôtaffaiblie chez le septième d'entre eux, nous pouvonsen conclure que la dyspepsie n'est pas toujourssans gravité.Cette proportion du septième devient presque d'untiers chez les soldats qui ne jouissent pas du bien-êtrenécessaire pour réparer les effets fâcheux de l'affectiondyspeptique.Ces soldats sont presque tous d'anciens gendarmesqu'un service pénible continue à fatiguer.INVASION DE LA MALADIE.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.28361211881951471311247375252701251518263127381916137322»»5730456443442413921429»211408419228326522917415395103323211467Total général.... .-,1,4672303462,043


2^DE LA DYSPEPSIE.De deux ans à six ans • i, 104C'est-à-dire plus de la moitié des dyspeptiques.De six ans à douze ans. 620De trois mois à un an. 316Beaucoup de ces derniers malades n'auraientpas dû,à notre avis, être envoyés aux eaux, l'affection n'ayantpas eu le temps de s'affirmer non curable par lesmoyens ordinaires autres qu'un traitement thermal.DURÉE DU TRAITEMENT.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.De 35 à 40 joursDe 60 à 65 jours2540106146291735831756133562044134125»»11310115222731441229481221773871,0961262697161,4672303462,043Un fait ressort tout d'abord de l'examen du tableauci-dessus : c'est que plus de la moitié des traitementsont eu une durée de trente-cinq à quarante jours.Pour expliquer ce fait,il n'est pas inutile de rappelerque, pendant la période des observations relevées(1852-1874), les saisons de l'hôpital thermalétaient de 45 jours : la première commençant le 15


STATISTIQJJE. 2$mai pour se terminer à la fin de juin, et ainsi de suitejusqu'au i5 septembre.Avec des saisons de trente jours, comme elles sontactuellement fixées, avec la possibilité de prolonger,dans des cas exceptionnels, le séjour à l'hôpital thermal,nous pensons que la répartition des malades, surcinq saisons, est préférable en donnant un nombre dejours suffisant à la cure et en faisant jouir un plusgrand nombre des bienfaits du traitement thermal.Quantité d'eau de boisson.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.Nul ,Total général1111526069729877»»9' 1,467126411152518»»423054456157433711153461718535796936613211152,043La méthode de numération des verres absorbéschaque jour est vicieuse : elle ne peut indiquer laquantité réelle d'eau employée pour la cure.Et d'abord quelle est la contenance du verre ? Pournous, le verre est d'un quart de litre, ou 2 5o grammesd'eau ; pour d'autres, elle peut différer.Il est, en outre, presque impossible d'établir, d'unemanière générale, le rapport qui existe entre le nombre


26 DE LA DYSPEPSIE.de journées de traitement et le nombre de verresprescrits. De plus, la quantité d'eau varie selon l'époquede la cure, selon les incidents de la maladie.Nous avons l'habitude de commencer par de faiblesdoses afin de tâter l'impressionnabilité du malade et,parfois, afin de déterminer le choix de la source la•mieux supportée.Nous avons aussi été amené, par l'expérience, àdiminuer, vers la fin de la cure, les doses d'eau minérale,dans le but de permettre au baigneur qui vasubir des fatigues et reprendre, en partie, sa vie active,d'édïapper aux inconvénients d'une excitationtrop vivefTésultant du traitement thermal.Telle qu'elle est démontrée au tableau ci-contrecomparé à la durée de la cure (moyenne quarante-cinqjours), la dose, qui varie entre trois et cinq verres, est,selon nous, exagérée. Les idées théoriques ont longtempsguidé les praticiens de Vichy. Une des idéesles plus favorables à l'usage immodéré de l'eau étaitcelle qui, basée sur l'alcalinité des humeurs, poussaitles doses jusqu'à obtenir des urines alcalines.Nous dirons, un jour, comment nous avons étéconduit pratiquement à l'administration de doses relativementfaibles.Aujourd'hui, nous ne voulons qu'indiquer les idéesqui nous ont servi de base pour l'application de cetteméthode.1° Les maladies chroniques exigent, en général, desmoyens thérapeutiques persévérants, mais non violents.


STATISTIQUE. 272° Aucune théorie chimique ne nous paraît satisfaisantepour expliquer les résultats du traitement deVichy. Nous cherchons à déterminer une action physiologiqueexempte de réaction vive d'abord et d'atonieconsécutive.NOMBRE DE BAINS.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.Vingt-cinq à trente ...Trente à trente-cinq....Trente-cinq à quarante..Quarante à quarante-cinqNul19451041933703462475787841819235654315119428313573734913832279115425149947332775171291,4672303462,043De un à vingt-cinq 3ainsDe vingt-cinq à qua rante-ci nq bainS.1,0221,0212,043Même avec des saisons de quarante-cinq jours, lapremière série (de un à vingt-cinq bains), nous paraîtindiquer un nombre de bains suffisant pour obtenirle résultat désiré; la deuxième série nous paraîtdépasser l'utilité de ce moyen de traitement qui demandequelque prudence.


28 DE LA DYSPEPSIE.Résultat du traitement.Officiers.S.-Offic.Soldats.TOTAL.Grande améliorationAméliorationNul145861301984521517128611110»345167732921382071,15643513876526Total général1,4672303462,043Les résultats inscrits à ce tableau se composent dedeux catégories d'observations.i° Résultat primitif, observé et consigné à lasortie de l'hôpital thermal.2° Résultat consécutif, constaté par les certificatsqui doivent être retournés à l'établissement thermalavec inscription de l'état observé, environ six moisaprès la cure.L'examen du tableau ci-dessus, en tenant comptedes 566 malades qui ont fait un traitement antérieur,nous fait constater les faits suivants :i° Plus delà moitié des malades traités a obtenuune grande amélioration.2° Un cinquième de ces malades a été amélioré.3° Un huitième a été guéri.4° Un quatorzième n'a eu qu'une légère amélioration.


STATISTIQUE. 29Quant aux résultats nuls, voici ce que nous apprennentles notes incomplètes inscrites au registre :Huit étaient atteints de vomissements, trois dediarrhée chronique, quatre d'affections organiques del'estomac, deux d'embarras-gastrique; deux d'affectionsorganiques du cœur-, un de congestion cérébrale;un de paralysie progressive; un de tuberculisationpulmonaire; un d'épanchement pleurétique;un de rhumatisme ; un de violente gastralgie ; un detcenia; deux n'ont fait aucun traitement.Parmi les aggravations, nous notons : deux vomissementsnoirs, une diarrhée, une fièvreintermittente,un sans traitement.Pour les décès : résultat primitif, un cancer del'estomac, deux malades n'ayantfaitaucun traitement;résultat consécutif trois diarrhées chroniques, deuxtuberculisations pulmonaires ; deux cancers de l'estomac,une dyssenterie chronique, une affection organiquedu foie, un rétrécissement intestinal; deuxmalades sans traitement.


joDE LA DYSPEPSIE.Traitement thermal antérieur. Officiers. S.-Offic.Soldats.=rt18471848184918501851185218531854185518561857185818591860186118621863186418651866186718681869187018711872Total général.111»2111122644111429334844576338181519416221758117345581313yt5325817161261692111»2231223115711213436605782905727203056G: Zih566 dyspeptiques ont fait usage, deux fois au moins,des eaux de Vichy.C'est à peu près le quart du chiffre total.Mais, si l'on considère que plusieurs de ces maladesont été renvoyés plus de deux fois à la station ther-


STATISTIQJJE.JImaie, il faut réduire cette proportion à moins duquart.Ces chiffres nous paraissent très-favorables lorsqu'ils'agit d'apprécier l'efficacité de l'eau de Vichy dansles dyspepsies.Us nous paraissent devoir augmenter, d'une façonsensible, le nombre des guérisons porté au tableaudes résultats du traitement.INCIDENTS DE LA CURE THERMALE.1ConstipationEmbarras gastrique...Crise gastralgiqueNévralgie intercostale.Névralgie facialeLaryngiteArthrite du genou ....108614240262018977433222222Report 360Fièvre thermale 2Hémoptysie 1Dyssenterie 1Congestion cérébrale .. 1Phthisie pulmonaire... 1A reporter... 360Total général 380Ce que nous avons dit des doses exagérées d'eaude Vichy prescrites sous l'influence d'idées théoriques


j2 DE LA DYSPEPSIE.complètement abandonnées depuis quelque temps,nous explique, en partie, le grand nombre des diarrhéesincidentes.Tous les médecins sont aujourd'hui d'accord pourreconnaître que la constipation est le plus fréquentrésultat de l'usage des eaux de notre station thermale.Toutefois, faisons observer que les constipationsdues à un des troubles digestifs corrigés par notremédicament spécial, disparaissent pendant la cure.Les écarts de régime, favorisés par l'appétit quedéveloppe l'eau des sources et par la table trop succulentedes hôtels, doivent être aussi notés comme causefréquente de ces diarrhées.L'incident Bronchite reconnaît pour causes ordinaires: les refroidissements après le bain, les variationsbrusques de température, l'imprudence desmalades qui négligent les vêtements chauds lorsqu'ilss exposent à la fraîcheur des matinées et soirées, quandl'organisme et surtout la peau, surexcités par l'actionphysiologique de l'eau minérale, ont besoin des plusgrandes précautions hygiéniques.Les accès de fièvre et les surexcitations généralespeuvent généralement être attribués aux causes cidessusénoncées pour la diarrhée et la bronchite, avecréserve pour les malades dyspeptiques venant descontrées où règne la fièvre intermittente.Les autres incidents notés dans ce tableau sont,pour la plupart, la conséquence des effets ordinairesde l'eau de Vichy et des causes précédemment signalées.


ÉTIOLOGIE.55MALADIES ANTÉRIEURES.en Afrique 201au Mexique 58aux Coloniesen Cochinchineà. Romeen Chineau Sénégalen Corseen Syrieen Italieen Criméeen Espagneen PerseSiège de ParisSiège de MetzArmée de la Loire.CaptivitéChampignonsTravail de bureauExcès de tabacExcès de boisson (absinthe)Excès de coït383186S322111521111112Total.... 372Fièvre intermittente... 18Rhumatisme 12Traumatisme 7Engorgement du foie.. 6Dyssenterie 5Fièvre muqueuse 3Choléra 3Coliques hépatiques 3Gravelle 2Indigestion 2Spermatorrhée 2Syphilis 2Fièvre jauneCongestion cérébrale..Catarrhe vésicalEngorgement des viscèresabdominaux...Diarrhée chroniquePleuro-pneumonieEntériteScorbutVarioleEczémaChloro-anémieCystite chroniqueMélancolieTotal.. 78ÉTIOLOGIE.A peine Je quart des observations relevées aux registresnous donne un renseignement sur la cause dela dyspepsie.C'est là cependant une question importante à étu-3


54 DE LA DYSPEPSIE.dier, tant au point de vue de l'hygiène qu'au point devue de l'opportunité du traitement thermal.Le séjour prolongé dans les colonies, les fatigues,les privations de la guerre, nous sont ici révélés commeformant la plus grande partie des causes. Le resteappartient à des affections diverses, parmi lesquellesla fièvreintermittente, puis les rhumatismes tiennentle premier rang.Nous trouvons,il est vrai, dans les tableaux relatifsaux corps dont font partie les malades, à l'âge, autempérament, à la constitution, des données utiles.Mais les causes héréditaires qui ont une valeur incontestable,mais les habitudes, mais les maladiesantécédentes ou concommittantes ne s'y trouventqu'exceptionnellement signalées.11 y a là une lacune à combler, et nous devonsétudier ces causes sur un nouveau plan.Il ne peut entrer dans notre intention d'énumérertoutes les causes générales des dyspepsies, il nousfaudrait, pour cela, passer en revue le cadre entierde l'hygiène.Dans chacune des divisions classiques de cette science« circumfusa, applicata, excréta, ingesta, acta, percepta», nous aurions à relever les violations des loishygiéniques qui ont contribué à la production de cesétats morbides.Dans une première classe, nous voudrions placerles dyspepsies ayant pour cause une lésion ou untrouble primitif et simple du. tube digestif ou de sesannexes.


ÉTIOLOGIE. 55Notre désir de présenter une énumération méthodique,presque complète, de ces causes, nous la ferabaser sur la fonction dévolue à chacune des partiesde l'appareil digestif.Tout en tenant compte du rôle important que jouedans la nutrition l'estomac auquel on rapportait,jadis, presque en totalité, les bonnes ou mauvaisesdigestions, nous ne devons pas négliger l'interventionnécessaire des autres parties de l'appareil. Aussi, nousdistinguons les trois phases de l'acte physiologique enrapport avec les trois principales divisions du tubeintestinal.A. Phase bucale, comprenant :a. Mastication incomplète par absence partielle ou' totale des dents, par altération de ces ostéïdes, parleur position vicieuse, enfin par gêne dans les mouvementsdu maxillaire inférieurb. Insalivation. Altération de la quantité ou de laqualité de la salive.c. Déglutition. Gêne par vice organique ou fonctionneldans le pharynx ou l'œsophage.B. Phase stomacale :a. Suppression ou diminution des mouvementspéristaltiques résultant d'une atonie des fibres musculairesde l'organe, ayant pour cause une lésion nerveuseou une quantité excessive d'aliments. Contractilitéexagérée de ces mêmes mouvements.b. Altération dans la quantité ou qualité du sucgastrique.


56 DE LA DYSPEPSIE.c. Mucus stomacal sécrété en trop grande quantité.d. Diminution de la sécrétion de la pepsine.e. Obstacles â la circulation du sang dont le courantcontinu, par ses qualités alcalines, empêchel'action corrosive du suc gastrique sur la muqueusestomacale.C. Phase intestinale :a. Suppression ou diminution des mouvements péristaltiquesde la membrane musculaire intestinale.Exagération dans les mouvements de ces fibres musculaires.b. Perversion de la sécrétion muqueuse.c. Troubles dans l'absorption.d. Production de gaz par réaction chimique oupar sécrétion.e. Altération de la quantité bu qualité du liquidepancréatique.f. Altération de la quantité ou de la qualité de labile.2° Une deuxième classe comprendrait les dyspepsiesprovenant d'une lésion ou d'un trouble siégeantdans un appareil autre que l'appareil digestif, principalementdans les organes sympathiques, enveloppecutanée, utérus, reins, etc.3° Dans une troisième catégorie, nous rangerionsles dyspepsies ayant pour cause un trouble de l'innervationgénérale.4° Enfin, nous placerions en quatrième lieu les dys-


INDICATION DU TRAITEMENT DE VICHY.jypepsies provenant d'un état général de l'économie etsurtout des diathèses.INDICATION DU TRAITEMENT DE VICHY DANS LES DYSPEPSIES,SELON LEUR CAUSE.i° Toute dyspepsie, reconnaissant pour cause unvice ou trouble simple et primitif de l'appareil digestif,est susceptible d'être améliorée ou guérie par lacure thermale de Vichy..2' La dyspepsie ayant comme cause une affectionchronique du foie, de l'utérus, des voies urinaires, dela peau, est avantageusement modifiée à Vichy.3° Les dyspepsies occasionnées par une affectionchronique du cœur ou des centres nerveux, doiventêtre exclues du traitement de Vichy.Seront admises avec réserves celles résultant desmaladies intéressant les voies respiratoires.4° Les états dyspeptiques dépendant de l'anémiesimple, de la cachexie paludéenne, des diathèses herpétiqueet arthritique doivent être envoyés à Vichy.5° Réserve grande pour les diathèses scrofuleuse,syphilitique et pour la tuberculisation pulmonaire aupremier degré.6° Prohibition complète de la cure thermale pourles malades atteints de diathèse cancéreuse ou tuberculeuse.


RECHERCHESSUR LESDYSPEPSIESAVEC DIMINUTION DU VOLUME DU FOIERÉSULTATS FAVORABLES DE LA CURE THERMALE DE VICHY


DYSPEPSIESAVEC DIMINUTION DU VOLUME DU FOIE.Depuis trois années, en étudiant les affections dyspeptiques,si nombreuses à Vichy, notre attention aété appelée sur une forme particulière de ces étatsmorbides.Le caractère commun de ces dyspepsies se rencontredans une diminution du volume du foie ; diminutionqui n'est, pour nous, ni de l'atrophie cirrhotique aupremier degré, puisque sous l'influence du traitementthermal, l'organe hépatique reprend ses dimensionset ses fonctions normales-, ni la cirrhose à sa deuxièmepériode, puisque les malades guérissent ou voient seproduire une amélioration notable, au lieu de l'aggravationpresque constante qui résulte, dans lacirrhose confirmée, de l'usage des eaux.Dans l'impossibilité où nous nous trouvons, jusqu'àprésent, d'établir si la diminution du volume du


42 DE LA DYSPEPSIE.foie est antérieure ou postérieure à l'état dyspeptique,nous avons cru devoir former une classe spéciale dedyspepsies pour laquelle le traitement de Vichy nousparaît le seul donnant des résultats favorables.Notre étude sur ces maladies est loin d'être complète;Tanatomie pathologique nous fait entièrementdéfaut : nous voulons seulement poser, avec les observationsassez nombreuses que nous avons pu recueillir,un point de repère pour les investigations que nousnous proposons de continuer et nous appelons ainsiles recherches sur un état dont nous ne trouvonsguère de traces dans les publications parues jusqu'àce jour (*).En détaillant les deux premières observations, nousindiquons le point de départ de cette étude et nousfaisons voir comment nous avons été amené a observerdès lors tous nos dyspeptiques à ce nouveau point devue.


PRÉFACE. 45qui touche à un point peu étudié jusqu'à ce jour, à denombreuses et sérieuses critiques, nous essayerons derépondre à celles qui déjà ont été produites.i° Le foie, pathologiquement diminué de volume,c'est la cirrhose, et la cirrhose est irrémédiable.Nos mensurations et le travail de M. Murchissonsur les affections du foie répondent à cette premièreobjection qui se trouve émise dans notre deuxièmeobservation.2° Les faits que vous relatez sont rares et n'ontpresque jamais été observés.Nous les avons assez fréquemment rencontrés pouravoir recueilli, en trois années, 140 observations.Lorsqu'on examine un malade accusant dessymptômes de dyspepsie ou d'affection hépatique, onest rarement induit à rechercher un amoindrissementdans le volume du foie. C'est dans un sens opposéque se dirige ordinairement l'investigation et dans cecas on constate par la palpation que le foie déborde oune déborde pas les fausses côtes, sans avoir recoursà la percussion et à la mensuration de l'organe.C'est de l'abstention de ces recherches considéréesjusqu'ici comme de médiocre utilité que, selon nous,provient la non-constatation des états particuliers quifont l'objet de notre étude.3° Vos mensurations, qui présentent tant de difficultéspratiques, peuvent n'être pas d'une complèteexactitude et vous avez pu être induit en erreur.


44 DE LA DYSPEPSIE.Complètement d'accord sur les difficultés de la mensurationet la fréquence des chances d'erreur (*), jerelate de bonne foi ce que j'ai vu, en y mettant soin etattention, ce qu'ont constaté avant moi et après moi,mes collaborateurs, ce que je prie mes confrères devérifier eux-mêmes avant de juger de parti-pris.MENSURATION DU FOIE.Il nous paraît utile,, avant tout, d'établir par nosrecherches bibliographiques, qui sont presque d'accordavec nos observations pratiques, quelles sontles dimensions normales du foie.(*) Murchisson, qui est souvent à citer, dit à ce sujet:L'aire de la matité hépatique peut souvent paraître diminuée,bien que l'organe conserve en réalité son poids et son volumenormaux.Diminution apparente par :i° Distension tympanique des intestins, souvent du colon transverseet de l'estomac.a. Par interposition de l'estomac ou de l'intestin distendus, entrele foie et les parois abdominales.b. Par amincissement du bord inférieur du foie, lorsque cetorgane est poussé en avant.c. Par tympanite excessive, augmentant le diamètre antéro-postérieurde la cavité abdominale et relevant la partie inférieure dufoie.On doit soupçonner l'apparence de diminution du volume dufoie dans les circonstances suivantes :a. Distension tympanique des intestins et de l'estomac.b. Variations, à différents moments, de l'étendue de la matité.c. Variations de l'étendue de la matité à divers endroits.2° Accumulation de gaz dans la cavité péritonéale. suite de perforationstomacale ou intestinale. \3° Tissu hépatique extraordinairement mou.


MENSURATIONS. 45L'anatomie descriptive de Cruveilhier nous dit quele foie forme la trente-sixième partie du corps humain ;Que son diamètre transversal est de dix à douzepouces (en centimètres, 27 à 32) ;Que son diamètre vertical est de quatre à cinqpouces au niveau de sa grosse extrémité (en centimètres,de 10 1/2 à i3 1/2)-,Qu'il a dans ses dimensions des différences individuellestrès-notables.Dans une nouvelle édition de cet ouvrage, noustrouvons :Diamètre transversal, 27a 32 centimètresDiamètre vertical, 11 à 14 centimètres.Nous empruntons à Murchisson les données suivantes:Chez un adulte bien portant, le vrai bord supérieurdu foie est situé au niveau du cinquième espaceintercostal, rarement au niveau de la quatrième côte,ou du quatrième espace intercostal.Sur la ligne mammaire droite, le bord inférieurcorrespond ordinairement, à l'état physiologique, aubord de l'arc costal et correspond au dixième espaceintercostal.L'étendue ordinaire de la matité hépatique chez unadulte de taille moyenne est de quatre pouces anglais.(10 c. 12 m.) sur la ligne mammaire droite; quatrepouces et demi anglais (11 c. 3o m.) à cinq pouces(12 c. 60 m.) sur la ligne axillaire droite.


46 DE LA DYSPEPSIE.Les recherches de Piorry à ce sujet, nousdonnent des résultats à peu près semblables et, surun nombre de cent mensurations, tant à l'état normalqu'à l'état morbide, nous trouvons une moyenne deonze centimètres pour le diamètre vertical.Les dimensions relevées dans Cruveilhier se rapportentà l'exploration du foie en suivant la ligne duplus grand diamètre vertical, laquelle est plus étendueque la ligne mamelonnée, et dans Piorry à la lignemammaire.La percussion du foie offre des difficultés asseznombreuses, surtout lorsque l'on veut délimiterexactement le diamètre transversal.Ces difficultés sont plus grandes encore lorsqu'ils'agit de sujets présentant une quantité plus ou moinsconsidérable de gaz dans l'estomac et dans l'intestin.C'est cette raison qui nous a fait adopter la mensurationdans le diamètre vertical, en prenant commepoint de départ le mamelon droit et en suivant uneligne directe qui, sans indiquer le plus grand diamètrevertical du foie, nous fournit des dimensionsd'une constation plus facile, à raison de la situationdu tube digestif.Nous rappelant que la position du foie est modifiéeparles grands mouvements respiratoires, quelle estvariable suivant la station debout, assise ou couchée; ne perdant pas de vue que le volume de laglande hépatique varie lui-même selon l'âge, le sexe,l'état de vacuité ou de plénitude alimentaire de l'esto-


MENSURATIONS. 47mac; nous avons percuté nos malades à jeun, aunemême heure de la journée et dans la position horizontale,la tête étant à peine soulevée et en recommandantde faibles inspirations.De cette façon et avec cette précaution d'une percussionplus forte à la partie supérieure du foie, plus légèreen bas, afin de bien reconnaître les portions minces enrapport avec les parois et superposées à l'intestin,nous avons pu tracer et mesurer exactement lediamètre vertical de l'organe.Dans notre service à l'hôpital, les mensurationssont faites à la visite du matin, le malade étant àjeun et couché, elles sont toutes dans le diamètre dela ligne mammaire.Lors du premier examen, la percussion du foie estd'abord pratiquée par nous; je laisse ensuite constaterle résultat par M. le médecin aide-major et par d'autresconfrères qui nous font parfois l'honneur d'assisterà nos visites.Au cours du traitement, les mensurations sontassez souvent faites d'abord par le médecin aide-majorpuis vérifiées par nous.Cette manière d'observer nous paraît propre àéviter les chances d'erreur.Les mensurations faites dans notre cabinet àl'hôpital ne peuvent être vérifiées par d'autres médecins;ilen est de même pour celles des malades quise présentent à notre cabinet de consultation. Cellesrelevées aux cahiers de visite et dans les observations


48 DE LA DYSPEPSIE.de nos collaborateurs ne sont contrôlées par nousque dans des cas exceptionnels.Je relève ici les dimensions inscrites dans les observationsprises en 1878, sans faire entrer dans cenombre les dyspepsies avec diminution du volume dufoie. Les 219 malades dont les mensurations formentle tableau suivant étaient atteints des affections ciaprèsénumérées.MALADIES.TOTAUXOBSERVATIONSprises par les Médecins traitants.M. Bintot. M. Mourlon M. Derazey.Engorgement des viscèresEngorgement de la rate.Coliques néphrétiques...Cystite chronique71322152131511312189721944»11126102»101217971405»1»1113»2»»»232231»»1521011»1»»56


MENSURATIONS.Mensuration du Foie.AVANT LA CUKE.APRÈS LA CUEE.Centimètres.5.56.»6.57.»7.58.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512. »12.513.»13.514.»15.»15.516.»16.517.»17.518.»19.»21.»Hombie.1 \3 117511/2822 \24 J12 9126 17)13 l10134104i118 )lO06[31 '101411/219Totaldes centim.5.518.»6.5•19.»37.588.»187.»210.»114.»260.»73.5143.»115.»156.»50.»130.»54.»154.»120.»93.»48.»16.5170.»17.572.»19.»21.»2.434.0Centimètres.5.56.»6.57.»7.58.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512.»12.513.»13.514.»15.»15.516.»16.517.»17.518.»19.»21.»Nombre.»»»3\1 ( 128)10'40 )36(14650 \10 y10 \H192917661»1»11»»»• 1219Totaldes centim.»»»21.»7.564.»85.»360.»342.»500.»105.»110.»57.5228.»25.»117.»13.598.»90.»»16.»»17.»»»»»2.236.5Remarquons que, dans ce tableau, les extrêmesdisparaissent pour ainsi dire après la cure, et le groupementprincipal se forme entre 8 c. bo m. et10 c. 5o m. .4


j 0DE LA DYSPEPSIE.Divisant le nombre total des centimètres par lenombre des malades, nous trouvons:Moyenne avant la cure, 11 cent. 11 mill.Moyenne après la cure, 10 cent. 20 mill.Ces moyennes sont trop fortes, augmentées qu'ellessont par les hépatites chroniques et les engorgementsdes viscères abdominaux.Pour nous rapprocher davantage de la dimensionmoyenne exacte, examinons dans le tableau suivant lerésultat de la mensuration dans les dyspepsiessimples.Mensuration du Foie dans la Dyspepsie simple.AVANT LA CURE.APRÈS LA CURE.Centimètres.Nombre.Totaldes centimètresCentimètres.Nombre.Total.des centimèlres8.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512.»12.513.»14.»15.»»»15 )174 ,50l\53325170 1»127.5 \153.» 138.» >459 5120.» \21.» I55.»34.536.»25.»65.»14.»15.»704.»8.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512.»12.513.»14.»15.»»26-\12 j13(5520^4)228j>1»»7016.»61.» \108.» j123.5[524.52C0.» \42,»/22.»23.»96.»»13.»»»694.5Moyenne avant la cure 10 cent.Moyenne après la cure 9 cent, g mil.


MENSURATIONS.CIL'oscillation véritable se fait entre 8 c. 5 mill. et10 cent.Mensurations du foiedans l'hépatite chronique et dans l'engorgement des viscèresabdominaux.AVANT LA CURE.APRÈS LA CUBE.Centimètres.Nombre.Totaldes centimCentimètres.Nombre.Totaldes centim.8.98.59.»9.510.»10.511.»11.512.»12.513.»13.514.»14.515.»15.516.»16.517.»17.518.»19.»20.»21.»»»»92»3373539»653110141»1) 5 2»»»20.»»33.»34.584.»37.565.»40.5128.»»90.»77.548.»16.5170.»17.572.»19.»»21.»8.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512.»12.513.»13.514.»14.515.»15.516.»10.517.»17.518.»19.»20.»21.»3»7 |12 J' 122) 50101 l6 117 /»0»1»1»»»24.»»54.»04.5120.»21.»22.»23.»120.»37.528.»13.598.»»90.»»16.»»17.»»»»»»67973.067798.5Moyenne avant la cure, 14 cent. 5o mill.Moyenne après la cure, 11 cent. 90 mill.


52 DE LA DYSPEPSIE.Dyspepsiesavec diminution de volume du foie.AVANT LA CURE.APEÈS LA CURE.Centimètres.Nombre.Totaldes centimCentimètres.Nombre.Totaldes centim.4.»4.55.»5.56.»0.57.»7.58.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512.»»391028 \19 141 Jll81614/»»»>,»»»i)»13.545.»55.»168.»123.5287.»120.»112.»»».,»»»>»»4.94.55.»5.56.»6.57.»7.58.»8.59.»9.510.»10.511.»11.512.»»»»»»i45 i18 I2111830 " 821 l23 ]79»4»»»»»6.528.»37.5120.»178.5270.»199.5230.»73.599.»»48.»140924.01401.290.5Moyenne avant la cure, 6 cent. 6o mil.Moyenne après la cure, 9 cent. 20 mil.Différence en plus, deux centim. six millim.Dans les hépatites chroniques et les engorgementsdu foie, nous avions rencontré :Avantlacure, I4cent. 5o mil.Après la cure, 11 cent. 90 mil.Différence en moins, deux centim. six millim


OBSERVATIONS. 53Est-ce là une simple coïncidence, ou nos observationsne démontreraient-elles pas que l'eau de Vichyaugmente ou diminue dans une égale proportion levolume du foie, selon qu'il est atrophié ou hypertrophié? Nos travaux ultérieurs tendront à vérifier cettedonnée remarquable.PREMIÈRE OBSERVATIONDyspepsie flatulente. —Migraines fréquentes.M. B..., vétérinaireenpremier,46ans,tempérament nervosobilieux,constitution un peu affaiblie, ne signale aucune maladiechez ses parents qui, tous deux, présentaient au plus hautdegré les caractères du tempérament nerveux.Comme maladies antérieures, nous ne trouvons qu'une fièvrerémittente continue, contractée en Algérie, où notre malade aséjourné pendant trois ans; plus une fièvre typhoïde dontil aété atteint en 1861.Aucun excès, si ce n'est celui de travaux intellectuels, nepeut être rapporté comme cause de l'état dyspeptique.Nous laissons à présent M. B... relater lui-même, avecdétails, la marche de son affection.« Dès i'année 1865, l'estomac a commencé chez moi à semontrer débile, mais cette débilité ne se manifestait qu'à derares intervalles et à la suite d'un diner plus copieux que celuide la vie ordinaire. J'avais alors fréquemment, en effet, aprèsune invitation à diner en ville, un mal de tête violent, s'accompagnantpresque'toujours de vomissements. Cette paresse, cettesusceptibilité de l'organe gastrique s'accrut lentement, mais


,. DE LA DYSPEPSIE.progressivement, et à partir de 1868, certains mets, d'unedigestion, il est vrai, un peu laborieuse, tels que haricots demoutons, choux et légumes farineux, occasionnèrent quelquemalaise, deux ou trois heures après leur ingestion ; malaisecaractérisé par de la pesanteur vers l'épigastre et par de nombreuseséructations inodores. A cette même épo^r ;, lors deschangements de garnison 1 , les déjeuners froids, qu'on a l'habitudede faire pendant l'étape et sur le bord de la route, dans lacavalerie, furent également mal supportés, ainsi que les dinersplantureux pris à l'hôtel, en pareille circonstance.« En 1872, les indispositions, résultant des diverses causesque je viens d'indiquer, furent plus fréquentes et eurent aussiplus de durée, c'est-à-dire que les migraines qui, auparavant,ne persistaient jamais au-delà d'une bonne nuit réparatrice, seprolongèrent parfois pendant deux ou trois jours. Les farineux,les ragoûts, imposèrent aux fonctions digestives un travail deplus en plus laborieux et de plus en plus accompagné de malaise.Je pris alors un peu de rhubarbe et de quinquina, ainsique de l'eau de Vais ou de Saint-Galmier. J'y ajoutai un peuplus tard l'usage de la poudre de charbon pour absorber les gazen excès qui se formaient pendant la digestion. Je tirai quelquesoulagement de l'emploi de ces divers excitants ou absorbants.« En 1873 et 1874, j'eus moins souvent à me plaindre desmaux de tête et autres malaises signalés plus haut; mais j'euscependant encore, de temps en temps, des indispositions quej'attribuais à de l'embarras gastrique et que je combattais parl'usage d'un purgatif salin (sulfate de soude, de magnésie, o'ulimonade Roger). D'ailleurs, une constipation bien marquéeprécédait ou accompagnait toujours ces indispositions. Néanmoins,jusque-là, le mal dont je souffrais était largementintermittent et ne se manifestait même qu'à des intervalles-assezéloignés pour ne pas porter atteinte à la nutrition et ne pasinfluer sensiblement sur mon état d'embonpoint.- 'is^Âte*'


OBSERVATIONS. 55« Mais au mois de septembre 1875, à la suite d'un voyage àFontainebleau, fait pendant le mois d'août avec le régiment, àl'occasion des écoles à feu, voyage dans lequel j'eus à souffrirde chaleurs intenses et dans lequel je fis une consommation unpeu immodérée de glace dans les boissons, j'éprouvai un malaisebeaucoup plus accentué et beaucoup plus prolongé que decoutume, du côté de l'appareil digestif. Ce malaise consistanttoujours en constipation, sécheresse de la bouche, empâtementde la langue, éructations, flatuositéset maux de tête, duraitalors dix, douze jours consécutifs, disparaissait pendant une oudeux semaines, pour reparaître, avec plus ou moins d'intensité.encore pendant une période d'au moins huit jours et cela pendantprès de trois mois; de sorte que, pendant ce laps detemps, j'eus à supporter des souffrances pour ainsi dire continues.Aussi cette continuité de souffrances, jointe au régimerestreint qu'elle m'imposait, occasionna-t-elle chez moi unamaigrissement bien prononcé et imprima-t-elle sur ma physionomieun teint bistré qui fut remarqué par beaucoup de personneset qui fit même dire, à celles qui avaient l'habitude del'observation médicale, que je ne devais pas bien digérer.« Dans les trois mois dont je viens de parler, je me purgeai àdiverses reprises, croyant toujours avoir affaire à de l'embarrasgastrique; mais je n'obtenais pas de grands bénéfices de l'usagede cette médication ; j'ajouterai même qu'elle me fatiguait enpure perte. Un régime léger, de facile digestion (œufs, poissonou un peu de viande rôtie) et l'usage d'eau de Vais ou d'eau deVichy me procuraient plus de soulagement et je finis par m'entenir là.iltfr• « Malheureusement, aussitôt que mes maux de tête avaientdisparu, je me sentais sollicité à manger par un appétit assezvigoureux et, en y obéissant trop complaisamment, surtout aurepas du soir, je ne tardais pas à être repris de migraine. Jecommençais presque toujours à ressentir cette dernière en me


56 DE LA DYSPEPSIE.réveillant, ce qui me donnait la preuve qu'elle devait être occasionnéepar la digestion incomplète du repas de la veille. Auxprincipaux symptômes que j'aiénumérés, je dois ajouter, commesymptômes secondaires : i° Un état de faiblesse musculaire quiproduisait en moi une sensation de courbature et parfois d'oppression,de battements aortiques au creux épigastrique, lorsqueje déployais le moindre travail physique et même souvent enmontant quelques marches d'escalier ; 2° Une irritabilité nerveuseexcessive; 3 0 des douleurs abdominales sourdes, dessensations vagues, bizarres, émanant de l'intestin et qui mefaisaient croire que les anses de cet organe devaient se ratatiner,se coller les unes contre les autres. Pour combattre ces singulièressensations, on me conseilla même de faire usage de poudrede belladone en pilules; mais je dus y renoncer, après cinq ousix jours, par suite de la sécheresse, de l'astriction insupportablesqu'elles produisaient dans la bouche et l'arrière-bouche.« G'est sur ces entrefaites (en mars 1876) que je pris la résolutiond'aller à Vichy et que je fus porté pour la troisièmesaison. A partir de ce moment, je me contentai de m'observerbeaucoup dans le régime et de faire usage de temps en tempsde l'eau de Vichy à table. J'eus assurément des intervalles decalme beaucoup plus longs, pendant les mois d'avril, mai etjuin, que pendant les six mois précédents. J'eus même, pendantces trois mois, certaines phases de bien-être qui me faisaientcroire que j'étais entièrement guéri et qui me faisaient presqueregretter de m'être fait porter pour prendre les eaux thermales;mais un retour offensif du mal ne tardait pas à chasser cettesérénité d'esprit, ainsi que ces regrets, et, en définitive, je visarriver, avec infiniment de plaisir, le moment d'aller faire usagede ces eaux. j>. ,^-j« A mon arrivée à l'hôpital, un examen médical minutieuxfit porter le diagnostic suivant : dyspepsie avec diminution duvolume du foie.fi^S»


OBSERVATIONS. 57« Cette diminution de volume était de quatre centimètresenviron sur les dimensions normales de l'organe.« L'usage, matin et soir, de la source de l'Hôpital à raisonde soixante grammes pendant quatre jours, ensuite de centvingt grammes pendant six autres jours, et enfin cent quatrevingtsgrammes pour le reste de la saison, pris en trois fois,furent les doses prescrites et auxquelles je me conformai scrupuleusement.Dans les quinze derniers jours, l'eau de laGrande-Grille fut substituée, pour le soir, à la source del'Hôpital. L'eau de ces deux sources, dans les proportions quiviennent d'être indiquées, avec un bain journalier, firenttousles frais du traitement, pendant mon premier séjour à Vichy.Durant ce séjour, à part deux atteintes de maux de tête trèspassagères,résultant d'un peu de constipation, je me trouvaidans un état de santé et de bien-être très-satisfaisant et jequittai l'hôpital avec un teint plus clair, une activité beaucoupplus grande des fonctions digestives et avec une force musculairesensiblement accrue. La percussion de la région hépatiqueindiquait d'ailleurs une augmentation de volume de plus dedeux centimètres pour justifier l'amélioration extérieure notabledont je viens de parler.« Cette amélioration persista; mais ce n'était néanmoinsqu'une amélioration, et j'eus, du mois d'octobre 1876 au i er août1877, plus d'une fois occasion de m'apercevoir que je n'étaispas entièrement guéri. En effet, dans ce long intervalle detemps, je ressentis assez fréquemment les indispositions dontj'ai tracé-le caractère dans le cours de cette relation. Mais jedois m'empresser de déclarer que ces indispositions n'avaientplus, à beaucoup près, la fréquence, la gravité et la durée decelles que j'avais eu à supporter durant la période correspondantede l'année précédente. Pour préciser davantage, je diraiqu'en moyenne elles revenaient seulement tous les mois etqu'elles disparaissaient après trois ou quatre jours de régime.


58 DE LA DYSPEPSIE.« Pour combattre la constipation,qui esttoujours la compagnefidèle de ces malaises, je fis usage, de temps en temps, d'unverre d'eau de Pullna, pris le matin à jeun, pendant deux outrois jours. J'obtenais ainsi, sans purgation, une selle par jouret j'éprouvais alors un soulagement rapide.« Au I er août 1877, je reviens à Vichy, où la percussion fitreconnaître que j'avais encore une diminution de volume dufoie de près de trois centimètres. L'eau de la source de l'Hôpital,toujours à la dose progressive de soixante grammespendant quatre jours, de cent vingt grammes pendant six jours,et de cent quatre-vingts grammes pendant vingt jours, matinet soir, les bains alternés journellement avec les douches furentles prescriptions recommandées et encore exécutées ponctuellement.Un nouveau bien-être, plus accentué encore que lepremier, résulta de ce second séjour, à la fin duquel le foie, àun centimètre près, était revenu à son volume ordinaire.« Depuis lors, les atteintes de mon mal passé ont été sirares, si légères, si fugaces, que je me considérerais commeentièrement guéri, si ce n'était l'obligation dans laquelle je suisd'être très-sobre, très-prudent, vis-à-vis de certains mets d'unedigestion difficile et surtout de m'observer, au repas du soir,c'est-à-dire de ne pas m'abandonner entièrement à mon appétit,ou de m'abstenir, à ce repas, d'aliments farineux ou encombrants.Malgré cela, je dois constater, à ma grande satisfaction,que depuis six mois, sauf dans une circonstance exceptionnelle,les dîners en ville n'ont jamais été suivis de maux de tête, nid'aucun malaise, tandis que les années précédentes, je lesappréhendais vivement, par rapport au tribut maladif inévitableque j'avais à payera leur suite.« Au demeurant, aujourd'hui, avec quelque précaution dansle régime, les fonctions digestives s'accomplissent régulièrement,convenablement. La seule trace de mon ancien étatdyspeptique consiste parfois en un peu de sécheresse, un peu


OBSERVATIONS. 59d'empâtement de la bouche, toujours alors avec un peu deconstipation et de susceptibilité nerveuse. Maisil me suffit deprendre de l'eau de Vichy (source Saint-Yorre) à trois ou quatrerepas, de faire usage d'une demi-diète pendant une journée,pour avoir raison de cette petite fatigue des organes digestifs.Je viens justement d'éprouver, ces jours-ci, un de ces légersmalaises; mais il y avait près de deux mois que je n'avais euoccasion de le remarquer, même dans les faibles limites que jeviens d'indiquer. »La note de notre malade nous est remise dans lespremiers jours de mars de l'année 1878, et, en mêmetemps, il nous est donné de constater le progrèssérieux obtenu par nos deux cures thermales.Le teint de M. B... est clair, ses yeux ont la vivacitéde la santé, l'état d'amaigrissement primitivementsignalé a fait place à un embonpoint relatif. L'enveloppecutanée a perdu toute sécheresse et toute teintemaladive. La percussion de la région hépatique nousfou/nit, dans le diamètre vertical, une matité de dixcentimètres correspondant au volume du foie.Malgré cette amélioration, nous conseillons à M.B... de revenir à Vichy cette année, afin de compléterle résultat des traitements antérieurs, tout en lui recommandantde faire, de temps à autre, un usagemodéré d'eau transportée.Nous sommes convaincu que nous aurions eu, avecle sujet de notre deuxième observation, un amendementaussi marqué, si nous avions obtenu de ce maladeun peu de la ponctualité dont nous avons tant à nouslouer chez le premier.


6oDE LA DYSPEPSIE.DEUXIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique. —Troubles névropathiques.M. B..., âgé de 42 ans, tempérament nerveux, constitutionaffaiblie, a, par sa profession, des habitudes sédentaires et untravail de bureau. Aucun excès, aucun usage de tabac. Sa mèreétait dyspeptique; rien à noter du côté paternel.A l'âge de 9 ans, il a été atteint de rhumatisme articulaireaigu et cette affection s'est montrée de nouveau à l'âge dedix-sept ans. Il se rappelle qu'à quatorze ans, il a été pris d'unesalivation abondante. Ses dents sont cariées pour la plupart.Le 11 .décembre 1876 surviennent, sans cause connue, desselles dyssentériques et, depuis ce moment, M.B... souffre decrises gastralgiques revenant quatre heures après le repas.Mi^Nous trouvons, à notre premier examen (13 juin 1876), lemalade dans un état de maigreur et d'affaiblissement notables,le pouls est très-lent mais régulier, 5 $ pulsations, la peau estsèche, de couleur foncée, la langue blanchâtre, légèrement rougesur ses bords.Gencives et conjonctives décolorées.Rien du côté de la poitrine. Sonorité complète du côté droitjusqu'aux fausses côtes; le diamètre vertical du foie ne mesurepas plus de cinq centimètres. Son bord supérieur se trouve auniveau de l'appendice xyphoïde. L'épigastre, sans tuméfactionni dureté, est assez sensible à la palpation, l'abdomen est déprimé,rentrant; sur ses parois et de chaque côté, une veinesaillante et volumineuse. Les fosses iliaques peuvent être affaisséessans douleurs. Des varices à la jambe droite et un peud'œdème aux deux malléoles.M. B.. se plaint de ne pouvoir digérer aucun aliment, etdepuis longtemps, dit-il, il se nourrit de trois potages parjour. Une constipation opiniâtre et la sensation de gaz roulantdans l'intestin sont en outre signalées. Insomnies fréquentes.


OBSERVATIONS. 6\L'état moral est des plus mauvais ; déjà des traitements variésont échoué et des diagnostics différents ont été portés par denombreux médecins ; on est allé jusqu'à prendre avis d'un soidisantmédecin aidé d'une somnambule. Chaque sensation estanalysée et commentée par ce malade qui, joignant à sessouffrances réelles, celles que son imagination lui ajoute par lalecture de livres dedecine, est devenu un type compktd'hypocondriaque.Prescription : alimentation exempte de substances grasses,jus de viande et purée de carottes ; lavement émollient; un verreà la source de l'Hôpital, en quatre fois, dans la journée; un bainquart minéralisé, tiède, de trente minutes, tous les deux jours.Le 14 juin, l'analyse de l'urine recueillie nous donne:densité, 1,02^, réaction légèrement acide; par la chaleur etl'acide nitrique, léger dépôt blanchâtre, floconneux (albumine).La liqueur cupro-potassique précipite en vert. Pas de dépôtau fond de la fiole. La quantité de l'urine n'a rien d'anormal,mais le malade nous dit que, de temps à autre, sans causeappréciable, les urines deviennent extrêmement abondantes etcomplètement aqueuses, que d'autres fois elles sont troublées,boueuses et déposent sur les parois du vase une couche rougeâtre.Nous revoyons le malade le 18. La prescription a été à peuprès suivie; l'état général est légèrement amélioré, la nuit aété calme, les digestions sont toujours lourdes, la constipationpersiste: un verre et demi, source Hôpital, en six doses, doucheascendante et bain.Le 2 2, surexcitation nerveuse considérable, digestions pénibles,cependant la nuit a été paisible. L'urine a été abondante ettroublée. Analyse: densité, 1010, réaction alcaline, aucunprécipité, ni par la chaleur, ni par l'acide nitrique, ni par laliqueur cupro-potassique. Dépôt assez abondant formé d'uratesamorphes et de phosphates calcaires.


gj DE LA DYSPEPSIE.Le 23, à la suite d'un violent orage atmosphérique, le calmeest revenu chez notre malade ; une selle naturelle s'est produitedans la matinée, mais une fluxion dentaire est déterminée parlacarie d'une grosse riplaire droite.Le 27, consultatron avep mon honoré confrère, M. Willemin,qui constate l'atrophie hépatique et recommande le traitementsuivi jusqu'à ce jour.Le 28, état général plus satisfaisant, une selle naturelle, urineencore troublée, les veines des parois abdominales sont moinssaillantes (même prescription).La visite du 2 juillet nous fait constater une nouvelle amélioration: l'anémie est moindre, la peau est moins foncée, plussouple; une selle naturelle, nuit assez bonne. Des gaz nidoreuxont tourmenté le malade; rien de changé dans les dimensions dufoie (le neuvième bain a été pris).L'état général est encore amélioré le 4 juillet, l'anémie apresque complètement disparu, cependant M. B... sepréoccupeplus encore de son état de santé.-•• vLe même traitement est conseillé.Le 8, l'amélioration persiste, la peau est onctueuse et a reprissa teinte normale, un nouvel affaissement se remarque dans lesveines des parois abdominales. Le diamètre vertical du foie aaugmenté de près d'un Centimètre. Exonération du ventre journalièreet naturelle (deux verres, source Hôpital, quinzièmebain).Troubles digestifs et état général médiocre le 10; lesflatuosités sont revenues, le ventre est un peu ballonné,tympanisé.Le 14, bon état, selle régulière. Le bord supérieur du foiese trouve de plus de deux centimètres au-dessus de l'appendicexyphoïde, mais une nouvelle fluxion dentaire vient troublercette accalmie.Le17, nous sommes revenus à un état satisfaisant, deux


OBSERVATIONS. 63selles dans la journée; l'augmentation du volume du foie s'estencore un peu accrue (deux verres Hôpital, vingt-quatrièmebain).Un embarras gastrique léger est constaté le 22, il y a unelassitude générale qui nous engage à faire cesser la cure.Le foie a augmenté, de trois centimètres pendant l'usage deseaux, et le poids du corps a augmenté de sept kilogrammes.Je conseille à M. B... de revenir en septembre pour recommencerune petite cure de quinze à vingt jours et de s'abstenir,jusque-là, de toute médication.Je m'attendais bien à ce qui est d'observation assez ordinaireaprès le traitement thermal, c'est-à-dire, à une réapparitionpartielle des phénomènes morbides, contre laquelle on ne doitemployer que de simples palliatifs, cette crise faisant, le plussouvent, place à un amendement marqué.Dans les premiers jours de septembre, M. B... m'écrit :« Après avoir été obligé de diminuer de jour en jour laquantité des aliments, j'en suis arrivé à ne plus pouvoir prendrequ'un peu de bouillon ou de légers potages, que j'ai encorebeaucoup de peine à digérer. Ces légers aliments restent huit oudix heures dans l'estomac avant de passer et produisent unegrande quantité d'aigreurs, de gaz et de pyrosis. Les borborygmesse font entendre constamment depuis huit jours, lesselles sont liquides, chargées de bile verte et mousseuse, et ceque je n'ai jamais ou très-rarement éprouvé depuis le commencementde ma maladie, ce sont de petites tranchées dansle ventre et quelques douleurs à l'estomac. J'ai maigri et pâli,et les forces diminuent d'une manière assez sensible.c J'ai eu occasion de revoir, depuis mon retour, mes anciensmédecins qui n'ont rien trouvé au foie, lequel a actuellement levolume qu'il doit avoir, en tenant compte de l'amaigrissementgénéral. S'il y avait diminution du volume de cette glande, ily aurait cirrhose et ascite, ce qui n'existe pas ».


64 DE LA DYSPEPSIE.Comment M. B... a-t-il suivi nos avis après son départ deVichy? A quelle nouvelle médication a-t-il eu recours ? C'est ceque nous ne pouvons connaître,dans l'état de mobilité des idéesqui domine le moral de ce malade.Quoi qu'il en soit, sur notre conseil, il revient à Vichy le 13septembre, avec la résolution d'y suivre un traitement hydrothérapique.Nous le revoyons dans un état relativement satisfaisant :L'amaigrissement est peu accentué, la teinte générale de lapeau est bonne, plus d'anémie, plus de dilatation des veinesabdominales, plus d'hémorrhoïdes, aucune trace d'œdème auxmalléoles. Cependant les digestions sont encore mauvaises,l'appétit nul, les selles sont redevenues difficiles. Le diamètrevertical du foie mesure neuf centimètres. Les urines analyséesle 14, sont claires, à réaction légèrement alcaline, densité1 o 11 ; la chaleur y détermine un trouble blanchâtre qui sedissipe avec effervescence par l'addition d'acide nitrique; aucuneréaction par la liqueur cupro-potassique. (Prescription: undemi-verre source Hôpital, un demi-verre source Grande-Grille,un bain quart minéralisé.)Le 16 septembre, même état, avec légère amélioration; poulslent encore, mais plus fort, langue bonne, digestion moinsdifficile.Le 18, ne trouvant pas que la guérison se produit, notremalade se dépite et quitte Vichy après cinq jours de traitement.En 1877, au commencement de mai, époque où le froid et lapluie sont encore fréquents, M. B... arrive de nouveau à notrestation thermale. L'hiver s'est passé dans des conditions desanté meilleures. L'état général est à peu près celui que nousavons rencontré au mois de septembre, mais le foie, qui a de nouveaudiminué de volume, ne mesure plus que sept centimètres.Une cure est commencée: eau en boisson, prescrite par


OBSERVATIONS. 6$gorgées d'abord, puis augmentée graduellement; bain alternantavec douche tiède d'eau minéralisée, en jet insisté sur le troncet principalement sur le flanc droit : elle détermine un mieuxappréciable, mais le découragement s'empare de nouveau denotre mobile névropathe, et il cesse le traitement le dixièmejour.Il fait à Vichy une quatrième apparition le 13 juillet de lamême année, présentant encore des symptômes dyspeptiquesaccentués et alors le diamètre du foie est de 8 centimètres.Après quatre jours de traitement, M. B..., persuadé quel'eaude Vichy ne doit pas le guérir, prend la résolution subite deretourner dans sa famille.Nous n'avons plus eu, depuis cette époque, de nouvellesdirectes de ce malade ; mais nous avons appris que, toujours seplaignant,il pouvait se livrer à son travail de cabinet, et, qu'ànotre grand regret, il renonçait à la cure thermale, guidé pardes idées théoriques qui hantent le cerveau d'un hypochondriaqueadonné à la lecture des ouvrages de pathologie.En somme, que résulte-t-il pour nous de cette deuxièmeobservation? C'est qu'un dyspeptique, arrivé à un degré degravité incontestable, se traduisant par l'émaciation, la gêneconsidérable de la circulation abdominale, par l'œdème desjambes, par une atrophie énorme du foie, a retiré de la curethermale une amélioration évidente, caractérisée surtout parl'augmentation du volume du foie, (de 5 à 9 centimètres), parle rétablissement de la circulation abdominale (disparition del'œdème des jambes et des veines saillantes des parois abdominales,diminution des bourrelets hémorrhoïdaux) par la suppressionde l'anémie, et l'atténuation des troubles digestifs.Ces premiers résultats obtenus nous donnent la convictionque nous eussions pu gagner beaucoup encore par une continuationde traitement et par une plus obéissante exécution denos prescriptions.


66 DE LA DYSPEPSIE.Et «e n'est pas sur des vues théoriques ou de simples espérancesqu'est basée notre opinion à cet égard, c'est sur les faitsobservés chez d'autres malades, et notamment chez deux, quiétaient, aux mêmes époques, avec une affection presque identique,confiés à nos soins dans notre service de l'hôpitalthermal.TROISIÈME OBSERVATIONDyspepsie avec crises gastralgiques très-intenses.M. A..., employé dans une administration publique, âgé de4$ ans, constitution affaiblie, tempérament nerveux, fait remonterà douze années l'invasion de sa maladie.Ses parents, sains et robustes, ne lui ont transmis aucuneaffection diathésique; ses frères et sœurs jouissent d'une santéparfaite. Pendant sept années, il a servi dans l'armée, et asupporté sans le moindre malaise la campagne de Crimée.En 1861, il ressent les premières atteintes du mal occasionné,dit-il, par des déceptions.Les symptômes signalés alors consistent en régurgitationsaqueuses et en une douleur aiguë, intermittente, siégeantprincipalement à l'épaule droite, à l'épigastre et à la partie inférieuredu thorax.Ces souffrances augmentaient peu à peu sans devenir intolérables.Elles étaient accompagnées de frissons, d'un dégoût desaliments tel que les laits de poule étaient seuls supportés.Ce malade vient à Vichy pour la première fois en 1876. Le4 juillet, nous observons, en outre d'un amaigrissement considérable,en outre de la face tirée et terreuse, en outre d'unesurexcitation nerveuse extrême, une gêne de la circulationabdominale se traduisant par des veines saillantes, volumineuses,des parois du ventre. Le foie mesure 6 centimètres.


OBSERVATIONS. 67Le traitement thermal, suivi avec une extrême réserve,amènepeu à peu une diminution des accidents dyspeptiques et nerveux,et le foie a augmenté de 2 centimètres 112.Cependant, le rétour, bien que moins fréquent, des crisesgastralgiques, la réapparition partielle des troubles dyspeptiquesnous font revoir ce malade à Vichy en 1877.Nous constatons alors, avec un teint meilleur, avec unaffaissement des veines abdominales, une nouvelle diminutiondu volume du foie qui ne mesure plus que 6 cent. 75.L'eau de Vichy, à la dose de deux verres (source de l'Hôpital),des bains tous les deux jours, quelques douches tièdes à la finde la cure, ont amené un amoindrissement notable des douleurset des autres symptômes dyspeptiques. Le foie a rapidementaugmenté de volume et mesure 8 cent. 50 dans son diamètrevertical à la fin du traitement.Suivant avec confiance nos conseils, M. A... se soumet en1877 et 1878 aux petites cures intervallées par l'eau deVichy transportée.Le 6 janvier 1878, la mensuration du foie nous donne 8centimètres; elle est réduite à 7 centimètres le 20 février.Enfin le 7 juin 1878, M. A... revient pour une troisième cure ànotre station thermale. Le foie mesure alors 8 cent 50. Sousl'influence d'une baisse barométrique considérable, probablementaussi par suite d'une dose exagérée d'eau de Vichy enboisson, une crise gastralgique se présente dans la nuit du 7 au8, accompagnée de régurgitations et vomissements aqueux.Après six jours de traitement, survient de la diarrhée etalors le foie ne mesure plus que 7 cent. 1/2.Le 16 juin, une nouvelle attaque gastralgique survient dansla nuit. Vers quatre heures du matin, nous sommes témoins dela fin de cette horrible crise.Le malade, poussant des cris de douleur, est dans une agitationextrême. Ne pouvant supporter la chaleur du -lit, il se


68 DE LA DYSPEPSIE.promène à demi-nu dans la chambre, plié en deux; se couchantsur le sol, essayant sans soulagement le décubitus sur le dos,sur le ventre, sur les flancs.Des applications locales de chloroforme et une potion énergiquementcalmante, amènent graduellement la cessation de cesatroces souffrances.Dès le lendemain, l'eau de la source de l'Hôpital est reprise àdoses fractionnées ne dépassant pas un verre dans la journée;elle est progressivement augmentée jusqu'à deux verres etdemi.Un mieux sensible se déclare et va chaque jour augmentant.Le 21, le foie mesure 9 centimètres, sa dimension est de 10centimètres le 28, et se maintient à ce chiffre jusqu'au 5 juillet,époque où se termine le traitement, qui a consisté en 70 verresd'eau, 14 bains, 15 douches.Le poids de notre malade, qui était de quarante-huit kilog. audébut de cette cure, est resté le même au jour de son départ.Vers la fin de décembre 1878, M. A... nous écrit: « Depuisle 27 août, je suis redevenu le Pyrénéen d'autrefois, c'est-à-direque je me porte à rendre jaloux le plus heureux des heureux,pris dans la catégorie des mieux portants. » Nous avons eu lasatisfaction de revoir notre malade le 30 mars 1879, complètementmodifié, digérant bien et ayant repris un certain embonpoint.Le foie mesurait neuf centimètres, les parois de l'abdomenne présentaient plus aucune trace de gêne circulatoire.QUATRIÈME OBSERVATIONDyspepsie et Gastralgie. — Etat névropathique.M. M..., ecclésiastique, âgé de 38 ans, constitution robuste,tempérament nervoso-bilieux, sans antécédents de famille, seprésente à nous le 26 juillet 1878, se disant atteint d'une affec-


OBSERVATIONS. 6


yoDE LA DYSPEPSIE.Le 10 décembre, nous revoyons ce malade qui, ayant joui,depuis son départ de Vichy, d'un bien-être presque complet,commence à ressentir de nouveau les troubles dyspeptiquesdécrits plus haut, mais avec une intensité de beaucoup moindre.Le foie ne mesure plus que 7 centimètres.Nous conseillons une cure supplémentaire par l'eau de Vichytransportée, à la dose de deux verres par jour.Les malaises continuent et le 22 janvier, la mensuration dufoie nous donne 8 centimètres.Exagérant les doses d'eau minérale et les continuant au-delàdu terme prescrit, M. M... a pris au 31 janvier vingt-deux bouteillesd'eau des Célestins. Il nous revient, accusant une sensationde pesanteur douloureuse dans l'hypochondre droit, quelquesdouleurs dans l'épaule droite et un état dyspeptique des plusmarqués. La percussion du foie nous fait constater 11 centimètresdans le diamètre vertical.Cessation immédiate du médicament, suivie de la diminutiongraduelle des symptômes. Le trois février,le foie mesure9 cent.7S, le 18 février, 9 cent., et dès ce moment un état de bien-êtrefait place aux troubles précédemment observés.CINQUIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique. — Névropathie générale.M. H..., médecin de la marine, âgé de trente-deux ans,tempérament bilioso-nerveux, constitution bonne, sans antécédentsde famille, a été atteint de rougeole dans son enfance, devariole à l'âge de dix-sept ans, à la même époque de douleursrhumatismales dans les membres inférieurs. A dix-huit ans,eczéma généralisé durant six mois malgré plusieurs traitementset cédant promptement à l'arsenic. A vingt-cinq ans, éruption


OBSERVATIONS. 71furonculeuse pendant quatre mois et apparition d'une dyspepsieaccompagnée souvent d'urticaire.Les symptômes dyspeptiques se sont manifestés de nouveaiplus tard à la suite de longues navigations.A 26 ans, première atteinte de fièvres intermittentes auxAntilles; à 29 ans, rhumatisme polyarticulaire; à 30 ans,fièvres paludéennes aux Antilles.Notre confrère vient pour la première fois à Vichy le 15 août1878. Son affection remonte à sept ans, il en indique lessymptômes de la manière suivante : Etat général : diminutiondes forces, amaigrissement, perte d'environ six kilogrammesdepuis un an. Peau : Eruption d'acnée frontal depuis deux ans.Fonctions cérébrales : maintenues sauf de légères défaillances elquelques vertiges.Pouls normal, température régulière, langue souvent blanche,appétit nul avant le repas, se réveillant ordinairement aprèsl'ingestion des premiers aliments.Digestion stomacale pénible pendant les deux premièresheures qui suivent le repas ; intolérance absolue, depuis dix-huitmois, pour les boissons fermentées ; digestion intestinale régulière.Fonctions circulatoires : Palpitations quelquefois très intenseset accompagnées d'un peu de cardialgie survenant habituellementpendant les attaques de dyspepsie.Fonctions respiratoires : Dyspnée très-prononcée pendant lescrises dyspeptiques.Motilité: douleurs ressenties dans les articulations au moindrerefroidissement.Analyse des urines le 16 août 1878 : densité, 1,022; réactionacide et sans dépôt. L'acide nitrique et la liqueur cupro-potassiquen'amènent aucune modification.Traitements antérieurs: alcalins, amers, noix vomique,bromure de potassium, hydrothérapie, salicylate de soude,quinine, quinium, le quinquina n'est pas toléré.


72 DE LA DYSPEPSIE.Nous trouvons à l'examen de ce malade: douleur à la régionépigastrique, plus prononcée en bas et vers le côté gauche.Diamètre vertical mamelonné du foie, 6 cent. 50.,Le traitement thermal, qui s'est fait du 15 août au 10septembre, a consisté en eau de boisson (sources de l'Hôpital etde la Grande-Grille) 75 verres, 19 bains, 4 douches; aucunincident à noter.Amélioration progressive dans l'état général et dans l'étatdyspeptique. Le 9 septembre, le foie mesurait 8 cent 1J2. Liepoids du malade qui, avant la cure, était de 64 kilog. 200, setrouve, après la cure, de 66 kilog. 500.SIXIÈME OBSERVATIONDyspepsie avec crises gastralgiques.M. P..., âgé de 41 ans, ex-capitaine de la garde-mobile,compte 18 ans de service actif; il a fait les campagnes d'Italieet de Crimée.Antécédents: son grand-père paternel a succombé à uneaffection goutteuse; du côté de sa mère, la goutte s'est montréechez plusieurs de ses ascendants.A l'âge de dix ans, douleurs rhumatismales vagues; à 19 ans,attaque de choléra ; après la campagne de 1870, les douleursrhumatismales reparaissent.Ce malade a un tempérament nervoso-sanguin, est très-impressionnableet se livre à quelques travaux intellectuels; sesoccupations ordinaires le forcent à de nombreux voyages.Au mois de juillet 1876, violente indigestion après déjeûner.Au mois de septembre de la même année, première crisegastralgique après l'ingestion d'une boisson glacée.Depuis cette crise : diminution de l'appétit, pesanteur del'estomac après les repas, éructations nombreuses sans vomisse-


OBSERVATIONS. 73ment; selles régulières. Des accès gastralgiques, d'une duréevariant entre deux heures et trente heures, sont revenus environtous les quinze jours et ont eu, dans les derniers temps, pourcaractère, une douleur irradiante dans l'hypochondre droit avecteinte légèrement ictérique des conjonctives.Une première cure à Vichy a été faite en janvier 1876. Lescrises gastralgiques ont diminué de fréquence et de durée.Au mois de septembre 1877, M. P... revient à Vichy pourfaire une cure sous notre direction.La hauteur verticale du foie est de 7 cent i|2.En vingt jours le malade a bu 62 verres d'eau, il a pris 10bains et 8 douches minéralisées.Amélioration notable; pas de crises gastralgiques, douleurpassagère dans les deux gros orteils; constatation de dépôtd'acide urique au fond du vase.Hauteur du foie, 10 centimètres.Nous n'avons pu admettre, dans ce cas, le diagnostic portépar le médecin ordinaire de cet officier: coliques hépatiques.En outre, que la présence de calculs biliaires n'a pas étéconstatée dans les selles, il n'y a jamais eu ictère franc, avecurines couleur acajou, et, au lieu de l'engorgement caractérisrtique du lobe et de la vésicule hépatiques, nous n'avonsconstaté qu'une diminution dans le volume de cette glande.SEPTIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique.M. M..., lieutenant de vaisseau, 54 ans, tempéramentnervoso-bilieux, a fait un long séjour aux Antilles et à Cayenne.Son grand-père paternel était goutteux, son père a succombéà une affection du cœur ; sa mère est atteinte de diabète et derhumatisme goutteux.


74 DE LA DYSPEPSIE.En 18jo, dyssenterie et hépatite à Cayenne; en 1851, crisegastralgique violente qui nécessite le traitement thermal deVichy pendant les années 1852 et 1855- Amélioration quipermet de reprendre un service très-fatigant (campagne deCrimée).En 1856, engorgement du foie qui nécessite deux nouvellescures thermales.Une seule fois, en 1850, une manifestation goutteuse a eulieu au gros orteil et à la malléole gauches.Le malade est renvoyé à Vichy en septembre 1877. Descrises gastralgiques rares et peu violentes se sont montrées detemps à autre. Le plus souvent des pesanteurs d'estomac,quelques nausées et le ballonnement du ventre sont accusés parM. M... Nous constatons un peu d'emphysème au sommet dupoumon droit. Le foie mesure 6 centimètres dans son diamètrevertical.Cure thermale du 4 au 30 septembre (66 verres d'eau, sourceHôpital, 15 bains, 9 douches.)Grande amélioration: le foie qui, le 9 septembre, avaitaugmenté de 2 centimètres, mesure 8 cent. 1J2 à la sortie del'hôpital.HUITIÈME OBSERVATIONDyspepsie avec crises gastralgiques.Une rentière, Mme L..., âgée de 61 ans, tempérament sanguin,robuste constitution, vient traiter, à Vichy, le 5 août 1877, uneaffection dyspeptique, caractérisée surtout par des crises gastralgiquesqui se renouvellent environ tous les dix jours, et dontl'origine remonte à huit années. Je ne trouve chez elle que lavie trop sédentaire qui puisse être considérée comme cause decette affection.


OBSERVATIONS. 75En général, 4es digestions ne sont que lentes; alternatives deconstipation et de diarrhée.L'examen et la palpation ne me font constater qu'une diminutiondu volume du foie (6 cent, et demi). Aucun incident à noterpendant la durée de la cure, sauf, le 8 août, des coliques aveccinq selles diarrhéiques qui surviennent dans la nuit et ne serenouvellent pas.Mme L..., quitte Vichy le 23, sans avoir éprouvé la moindredouleur gastralgique; après avoir pris, en moyenne, deux verrespar jour à la source Hôpital, et 17 bains.Le foie présente, au dernier jour du traitement, 10 centimètres1 [2 (diamètre vertical).J'ai eu occasion de revoir cette malade vers le milieu d'octobre,aucun phénomène dyspeptique ou gastralgique n'avait fait nouvelleapparition.NEUVIÈME OBSERVATIONDyspepsie avec crises gastralgiques.Nous avons à examiner le 19 juillet 1877, une dame veuve,rentière, tempérament nervoso-bilieux, bonne constitution, âge57 ans, ayant eu six enfants et arrivée à la ménopause depuisneuf années.Vers l'âge de 30 ans elle a eu des troubles dyspeptiques et aété atteinte de fièvre typhoïde en 1854.Lorsque les règles ont disparu, et sous l'influence de chagrins,.des crises gastralgiques fréquentes se sont montrées et ont faitcroire à des coliques hépatiques (sans ictère et sans constationde calculs évacués).Elle a reçu, en 1871,1872 et 1873, les soins de mon regrettémaître, M. le docteur Durand de Lunel.Les crises gastralgiques qui avaient diminué de fréquence et


76 DE LA DYSPEPSIE.d'intensité ont repris fréquentes et très-douloureases en 1876.—Etat général bon, pas d'anémie, pouls normal, appétit, digestionstoujours lentes et flatulentes, selles régulières, sommeil bon;hauteur du foie 6 cent. 1 [2.Urines analysées le 20 ; légèrement troublées et acides, densité1012. Le trouble augmente par la chaleur et se dissipe complètementpar l'acide nitrique. Rien par la liqueur cupro-potassique.La cure se composant d'eau de la Grande-Grille, peu à peuportée à la dose de deux verres et demi par jour et de 16 bainsdemi minéralisés, se passe sans incidents, sans crises et avec uneatténuation progressive des troubles de la digestion.Madame L... quitte Vichy, grandement améliorée, le 5 août.Le foie mesure 8 cent.* 1 {2 ; augmentation de 2 centimètres.DIXIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique.Service de M. le Docteur Derazey.M. B..., brigadier des douanes, âgé de 523ns, constitutionaffaiblie, tempérament nerveux, sans antécédent héréditaire, aété atteint en 1849, à Rochefort, de fièvres intermittentes quotidiennesqui ont duré quinze mois. Il a contracté en 1866 lamême maladie dans la Camargue. Les accès quotidiens ontduré trois mois et, chaque année, ils revenaient pendant unepériode d'environ huit jours.Au mois de septembre 1876, surviennent des douleursd'estomac, des nausées, des aigreurs, des vomissements, de ladiarrhée, puis une douleur vive à l'hypochondre droit avecictère qui dure environ vingt-quatre heures. Ces crises se sontreproduites, depuis, sept ou huit fois par an.Aussi le malade nous vient-il le 2 juin avec un certificatportant comme diagnostic : coliques hépatiques.


OBSERVATIONS. 77Depuis un an, la violence des crises a diminué.Le malade se plaint de perte d'appétit; la langue est chargéesurtout le matin et la bouche est amère, les digestions sontpesantes, elles produisent des éructations et sont accompagnéesde douleurs épigastriques qui persistent pendant quelquesheures. On constate un amaigrissement notable, une teintesub-ictérique de la peau, la décoloration des muqueuses palpébraieset gengivales, un bruit de soufle anémique au premiertemps et à la base, une constipation opiniâtre et un affaiblissementmusculaire considérable. A la moindre fatigue, surviennentdes douleurs sourdes dans l'hypochondre droit.Le foie, dans son diamètre vertical, ne mesure que 5 cent. 1/2;il a diminué aussi dans sa largeur, la matité n'atteint pas laligne médiane. La rate est normale.Vingt-huit journées de traitement, pendant lesquelles ont étépris 50 verres source Grande-Grille, 53 verres source Lardy, 7bains et 13 douches, ont amené une grande amélioration neprovoquant que de légers incidents, tels que diarrhée au début,et stomatite. Ce malade quitte Vichy le 30 juin'dans un étattrès-satisfaisant. Le poids du corps est resté à peu près le même,66 kilog. 200, 66 kilog.Le 17 juin, le foie mesurait, dans son diamètre vertical, 7centimètres, et 11 centimètres le 26 du même mois.ONZIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique.Service de M. le Docteur Derazey.D..., soldat d'infanterie, 23 ans, constitution affaiblie,tempérament nerveux-lymphatique, dit que son père est atteintde rhumatismes et que son frère, âgé de 2 5 ans, a des crisesépileptiformes.Débilité, dans son enfance, par une affection dont il ne peut


78 DE LA DYSPEPSIE.déterminer la nature, il a été atteint à 17 ans d'un érysipèle dela face. Deux ans après, il a commencé à ressentir des troublesde la digestion tels que: pesanteurs,aigreurs, vomissements avecdouleur à l'épigastre et dans les hypochondres. Des bronchitesfréquentes ont fatigué ce malade.Le premier juin, jour de son entrée à l'Hôpital, on constatede l'amaigrissement et de l'anémie avec léger bruit de souffle aupremier temps. Les digestions sont longues et pénibles, elless'accompagnent de pesanteurs et de douleurs épigastriques,d'éructations acides, de nausées, et parfois de vomissements. Laconstipation est ordinaire, l'affaiblissement musculaire est considérableet une expectoration abondante se produit le matin.Le foie, un peu douloureux à la percussion, a diminué devolume et mesure 7 centimètres.Le traitement thermal se fait sans incident et amène graduellementla disparition de tous les phénomènes morbides. L'eaude Vichy a été prise à la dose de 61 verres à la source Hôpital,de 29 verres à la source Lardy, et 21 bains ont pu être donnés.Le 21 juillet, le foie mesure 9 cent 1 j 2 - Le poids du corps estresté le même qu'au jour de l'arrivée, 49 kilog.DOUZIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique.Service de M. le Docteur Derazey.C..., sous-officier d'infanterie, 26 ans, constitution bonne,tempérament sanguin, ne présente aucun antécédent de famille.Il a subi en 1870 les fatigues de la campagne, et avoue avoirfait depuis quelques excès de boisson.Il y a deux ans, sont survenues des digestions difficiles, avecpesanteurs et ballonnements du ventre, crampes douloureuses àl'estomac, aigreurs, vomissements alimentaires et glaireux.


OBSERVATIONS. 79L'appétit, bien que diminué, existait encore, mais le maladen'osait ingérer des aliments. Parfois les crises gastralgiques ontété très-violentes, et souvent des douleurs entéralgiques ont étéressenties. La constipation est habituelle; les urines alcalinesrenferment des phosphates ammoniaco-magnésiens, des phosphatesterreux et quelques globules muqueux.Le I er juillet, C... entre à l'hôpital de Vichy, dans un étatgénéral assez satisfaisant; le foie, mesuré, donne 8 centimètresdans son diamètre vertical.Quatre-vingts verres à la source de l'Hôpital, vingt-quatre aupuits Lardy, dix-huit bains et douze douches, ont amené uneamélioration notable qui se traduit par la disparition des troublessignalés. Dès le 16 juillet, le foie mesurait 9 centimètres, lamême dimension est constatée le 29.Les urines alcalines renfermaient encore, le 2 j, des cristauxd'inosite et quelques phosphates. Le poids du corps a augmentéde 1,200grammes (57 kilog. 500, 58 kilog. 700).TREIZIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique.M. G..., capitaine d'artillerie, âgé de 45 ans, constitutionbonne, tempérament sanguin, dit que son père était rhumatisantet que sa mère est morte à 32 ans d'une affection d'estomac.C'est au travail de bureau et à la vie trop sédentaire qu'ilattribue la maladie qui l'amène à Vichy en 1878.Les accidents dyspeptiques dont il se plaint remontent à deuxannées. La langue est souvent chargée et la muqueuse buccaleest souvent le siège d'ulcérations aphteuses; après les repas etsurtout après le repas du soir, des douleurs sourdes se fontsentir à l'épigastre, dans le dos et dans l'épaule gauche. Cessensations vont augmentant d'acuité et prennent fréquemment lecaractère de crises gastralgiques.


8o DE LA DYSPEPSIE.Les selles sont régulières, les urines, généralement chargées,laissent un dépôt d'urates amorphes.Des purgations répétées, l'eau de Vichy transportée, ontapporté, pendant "ces deux années, quelques soulagements*La percussion du foie donne un diamètre vertical de 7 centi-,mètres.La cure thermale (source Hôpital, 67 verres ; source Grande-Grille, 19 verres; 16 bains, 11 douches) s'est faite avecrégularité, sauf une légère interruption nécessitée par une fluxion.dentaire suivie d'abcès gencival.Une grande amélioration a été le résultat du traitement ets'est traduite par la diminution et la disparition des troubles etdouleurs de l'estomac. M. G..., entré à l'hôpital le 1 er mai,présentait encore à la date du 12 une diminution du volume dufoie, diamètre vertical, 7 cent. Le 18 mai, le foie mesure 9centimètres, et le 29 mai, 10 cent. Le poids total du corps adiminué d'un kilogramme (78 kilog., 77 kilog.)QUATORZIÈME OBSERVATIONDyspepsie gastralgique et vertiges.Service de M. le Docteur Derazey.M. D..., ex-sous-officier d'infanterie, âgé de 39 ans, constitutionaffaiblie, tempérament nerveux, sans antécédents héréditaires,a reçu en 1870 une blessure qui a nécessité la résectionde l'articulation du coude pied gauche. Depuis 1872 surtout,il ressent au point de sa blessure des douleurs vives qui amènentune perte de l'appétit et du sommeil. Ces douleurs sont signaléespar lui comme cause des accidents dyspeptiques qu'il vienttraiter à l'hôpital de Vichy où il entre le I er mai 1878. M. D...rapporte qu'en 1874, des crises gastralgiques sont devenuesfréquentes ; deux fois elles ont été accompagnées de douleurs


OBSERVATIONS.dorsales s'irradiant dans les bras, de soubresauts, de crampes,dé déjections abondantes, de perte de connaissance et d'unefaiblesse générale considérable.Ordinairement l'appétit est presque nul, la langue chargée etaphteuse, les digestions très-pénibles, avec pesanteur et ballonnementépigastriques, avec douleurs dans cette région, avecéructations acides et ' brûlantes, avec vomissements survenanttrois ou quatre heures après les repas ; la constipation estopiniâtre.Le premier examen de ce malade fait constater un amaigrissementnotable, une décoloration anémique de la peau, un souffleanémique au premier temps, une impressionabilité et irritabilitétrès-grandes. Le foie, diminué de volume, mesure 8 cent., larate est normale. Purgatifs, extrait de belladone, charbon deBelloc, pilules de Dehaut, élixir de longue-vie, revalescière,eau de chaux, calomel, régime lacté, tels sont les moyens thérapeutiquesjusqu'ici employés sans succès.La cure thermale a duré un mois (31 verres source Hôpital,33 verres Grande-Grille, 47 verres puits Lardy et 30 bains).Le 7 mai, on constate un peu d'excitation, des picotementsdans la région du foie, les douleurs ont disparu j mais lesvomisSements reviennent encore quatre heures après les repas ;le 17 mai, l'appétit est bon, les digestions faciles, les nuitsexcellentes. Les. vomissements ne se reproduisent pas.Une très-grande amélioration est manifeste lorsque le maladequitte Vichy. Le foie mesure alors 12 centimètres.8lQUINZIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente avec crises gastralgiques.Il y a vingt années que madame M..., rentière à Paris, souffrede digestions difficiles. Cette dame, âgée de 50 ans, douée d'unerobuste constitution, d'un tempérament nervoso-sanguin, est6


82 DE LA DYSPEPSIE.mère de quatre enfants. Elle n'a jamais eu d'affection utérine etla ménopause est arrivée depuis un an. Dans son enfance, ellea été atteinte de chorée.La dyspepsie, en outre de pesanteurs et de flatulences, a eu,pendant huit ans, comme symptômes dominants, des vomissementspresque journaliers et de fréquentes migraines;:,Elle se confie à mes soins le 7 juillet 1877, se plaignant delàlenteur de ses digestions, de gaz intestinaux et de crises douloureusesqui apparaissent quatre ou cinq heures après les repas,avec constipation habituelle.L'état général est bon, embonpoint persistant, légère anémie,ayant pour signe la teinte pâle des conjonctives et des gencives ;pouls bon, régulier; langue sans rougeur ni saburres, inappétence;une toux sèche, dont se plaint la malade, me paraît tenirà une élongation de la luette, l'auscultation de la poitrine nedonnantaucun bruit anormal. La palpation de l'abdomen détermineune sensibilité un peu douloureuse à l'épigastre et dansles fosses iliaques.Diamètre vertical du foie : 7 centimètres.L'urine est souvent troublée, boueuse, parfois très-abondante,et limpide comme de l'eau. Son analyse, faite le 8 juillet, donnecoloration normale, léger dépôt flottant en grumeaux, réactionacide, densité 1,020.Examen microscopique du dépôt : urates et phosphates dechaux.Prescription : deux verres, source Hôpital, gargarismes aupuits Chomel et gargarisme aluné, bain demi-minéralisé detrente minutes.Le 14, les digestions se font un peu plus facilement, l'eauminérale est lourde à l'estomac et la douleur épigastrique existeà la pression (même prescription, douche minéraletiède detroisminutes, alternant avec le bain).Le 20, l'appétit est revenu, troubles dyspeptiques à peine


OBSERVATIONS. 83marqués. Cette amélioration va croissant jusqu'au 26; à cettedate, grand est mon étonnement de trouver le diamètre verticaldu foie à 5 cent. 8 mill. Une lassitude générale, constatée le28, détermine la cessation momentanée de la cure, 11 bains et7 douches ont déjà été administrés.Le traitement est repris le 6 août, et nous n'avons à signalerque les mêmes difficultés de digestion, avec une douleur revenantde temps en temps dans l'hypochondre droit. Jusqu'au 14, lemieux se dessine davantage; le foie esta 8 centimètres i|2,cette hauteur est de nouveau constatée le 24 août, date àlaquelle madame M... quitte Vichy avec une notable amélioration.Le 7 novembre, un nouvel examen de cette malade me permetde noter : état général très-bon, digestions faciles, selles régulières,douleurs passagères et très-faibles dans le dos et dans larégion hépatique. Hauteur du foie, 10 centimètres. Luetteremontée et disparition de la toux.Je conseille pour la fin de novembre une cure supplémentairede 15 bouteilles (source Hauterive) à la dose de deuxverres par jour.SEIZIÈME OBSERVATIONDyspepsie entéralgique.Service de M. le Docteur Derazey.C,.., gendarme en retraite, $0 ans, constitution bonne,tempérament sanguin, sans antécédent héréditaire n'a eu d'autresmaladies que des douleurs rhumatismales généralisées.Depuis 16 ans, il souffre d'accidents dyspeptiques caractérisésau début par des douleurs d'estomac, de la flatulence,quelquesvomissements et de la constipation. Cette maladie, sixfois déjà, l'a amené à Vichy et avait été grandement améliorée


84 DE LA DYSPEPSIE.par les cures de 186;, 1864, 1865. En 1868, à la suite d'unenouvelle cure, il a été atteint d'anasarque et évacué sur l'hôpitalde Moulins en 1870. L'usage des eaux est suivi de grande amélioration,et, l'année dernière, la même affection a été amendéepar le traitement thermal.Le 2 juin 1878, G..., entre à l'hôpital thermal, la langue estblanchâtre surtout le matin, l'appétit assez bon, les digestionss'accompagnent encore de pesanteurs et de ballonnement, laconstipation est toujours opiniâtre, les urines sont normales. Lephénomène le plus marqué consiste en douleurs assez vives ducôté de l'intestin, apparaissant journellement 3 ou 4 heures aprèsle repas.Le volume du foie est diminué, hauteur 7 centimètres 11,2 ; larate est normale.Pendant 29 jours de traitement G..., prend 80 verres à lasource de l'Hôpital, 24 verres à la source Lardy, 4 bains et 25douches.Une expectoration muqueuse avec toux existe principalementle matin.Une grande amélioration est le résultat de cette cure pendantlaquelle aucun incident n'est noté.Le 28 juin, le foie mesure 10 centimètres, le poids du corpsaaugmenté de 500 grammes, 74 kilog. 500, 75 kilog.DIX-SEPTIÈME OBSERVATIONDyspepsie entéralgique avec diarrhée.Service de M. le Docteur Derazey.M. M..., maréchal-des-logis de gendarmerie, 39 ans, constitutionbonne, tempérament nerveux-lymphatique, a fait un séjourde 14 ans en Algérie, et avoue avoir légèrement abusé de l'alcool.


OBSERVATIONS. 85Depuis huit ans, les digestions sont devenues difficiles ; desnausées fréquentes et quelques vomissements se sont produits,et la diarrhée n'a pas cessé.Aussi, le 2 juin, lorsqu'il entre à l'hôpital, il présente à l'observation,les symptômes suivants: amaigrissement considérable,teinte terreuse et légèrement, içtérique de la peau, moral trèsexcitableet irritable, digestion très-laborieuse, nausées, ballonnementdu ventre, faiblesse musculaire considérable et tremblementtrès-prononcé des mains.Le foie mesure $ centimètres.Aucun incident n'est noté pendant la cure qui comprend 91verres source Hôpital, 8 verres source Lardy, 15 bains, 13douches.Peu à peu les symptômes dyspeptiques et alcooliques sesont amendés, et le malade sort de l'hôpital avec une grandeamélioration. Le volume du foie, ' constaté le 26 juin, donne10 cent, pûur le diamètre vertical.Le poids du corps a perdu un kilog. (69 kilog. 500, 68 kilog.500).DIX-HUITIÈME OBSERVATIONDyspepsie a-vec enter algie.Service de M. le Docteur Derazey.N...; gendarme, 45 ans, constitution forte, tempéramentsanguin, sans antécédent héréditaire, sans maladie antérieure,souffre depuis quatre ans de troubles dyspeptiques qu'il attribueà des chagrins.En 1874, ce militaire a ressenti des douleurs épigastriquesavec ballonnement du ventre, douleurs vives dans cette régionet perte de l'appétit. Les digestions étaient très-longues, accompagnéesd'aigreurs, de pesanteurs, de constipation opiniâtre, et


86 DE LA DYSPEPSIE.de fréquents étourdissements, suivis de douleurs gravativesdans la tête.s "Deux cures à Vichy, en 1876 e! 1877, ont déjà amené uneatténuation de ces malaises. N... entre pour la troisième fois àl'hôpital de Vichy le I er juillet 1878. L'état général est bon,l'excitation et l'impressionnabilité sont encore considérables ; labouche est pâteuse le matin et la langue chargée, néanmoinsl'appétit est conservé. Après les repas, il y a encore sentimentde pesanteur et ballonnement, et quelques douleurs entéralgiquesse font ressentir. La constipation est devenue rare.Le foie mesure 7 centimètres dans son diamètre vertical.Après un traitement de trente jours (37 verres sourceHôpital, 57verres Grande-Grille, 19 bains, 10 douches)pendantlequel une diarrhée légère est le seul incident signalé/ toutetrace de dyspepsie disparaît et le résultat: Cuêrison, est inscrit.Le 28 juillet, le diamètre vertical du foie est de 11 cent.Le poids du corps a augmenté d'un demi-kilog. (75 kilog. 500,76 kilog.).DIX-NEUVIÈME OBSERVATIONDyspepsie vertigineuse.M. D..., capitaine d'infanterie, 43 ans, constitution bonne,tempérament nerveux, entre à l'hôpital de Vichy le I er septembre1878.Cet officier ne nous signale aucun antécédent de famille; il aété atteint de dyssenterie en 1859 et rapporte aux fatigues de lavie militaire et à des chagrins la cause de son "affection dontl'invasion remonte à trois ans.L'appétit est nul, la langue un peu blanche, la digestionstomacale, lente, s'accompagne d'éructations et de renvois;quelques heures après, le ventre se ballonne, et de fréquentsvertiges inquiètent le malade dans le courant de la journée.


OBSERVATIONS. 87Ajoutons à ces syptômes, de la constipation et le développementde bourrelets hémorrhoïdaux, un pouls lent ($8 pulsations),unetristesse profonde et quelques crises gastralgiques s'irradiantdans les épaules et dans le dos.La mensuration du foie donne 6 centimètres.Du I er au 29 septembre, M. D... suit son traitement comprenant55 verres source Hôpital, 17 Grande-Grille, 16 bains, 10douches.Un peu de diarrhée et quelques douleurs lombaires seprésentent pendant la cure qui amène une notable amélioration,en même temps qu'une augmentation du volume du foie.Mensuration du 21 septembre, 8 cent. i|2, du 28 septembre,9 cent 1 [2. Poids, 62 kilog. au début, 61 kilog. à la fin dutraitement.• , VINGTIÈME OBSERVATION, Dyspepsie vertigineuse.M. F..., officier supérieur de cavalerie en retraite, 55 ans,constitution bonne, tempérament sanguin, a habité la Cochinchinependant deux années ( 1871 -1873).Depuis trois ans, des accidents dyspeptiques et surtout desvertiges l'ont forcé à venir à Vichy (1876-1877).Le bénéfice des deux cures thermales a été grand maisincomplet, les vertiges reviennent de temps à autre.M. F... vient réclamer nos conseils le 22 août 1878, et nousconstatons alors le diamètre vertical du foie mesurant 7 centimètres.Pendant 30 jours, M. F... boit, à doses progressivementaugmentantes,\mais ne dépassant pas trois verres, l'eau dessources Hôpital et Grande-Grille, 15 bains et 13 douchescomplètent le traitement, lequel n'est troublé que par une légèrebronchite.


88 DE LA DYSPEPSIE.Nos mensurations du foie sont inscrites comme il suit à lafeuille d'observation :5 septembre, 7 cent. i|2; 17 septembre, 8 cent 1J2 ; 21 septembre,9 cent. 2 5.Notre malade quitte Vichy avec une grande amélioration etune augmentation de poids égale à 5 kilog. (74 kilog. 500 —79 kilog. S 00 )-VINGT-UNIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente. —Vertiges.M. G..., fonctionnaire du ministère des finances en Algérie,âgé de 55 ans, constitution bonne, tempérament nervoso-biKesux;réside depuis trente ans dans la colonie où il a contracté lesfièvres intermittentes.Il fait remonter au début de son séjour en Algérie, l'affectiondyspeptique qui a nécessité la cure de Vichy en 1873 et 1874et qui le ramène à notre station thermale le 16 août 1878.L'appétit est à peu près conservé, la langue est souventchargée, les digestions sont lentes, accompagnées dé productionsgazeuses qui déterminent du ballonnement, de l'oppression etparfois quelques vertiges : la constipation est opiniâtre. Audébut du traitement, nous trouvons au foie un diamètre verticalde 6 centim. 50, et dans les derniers jours delà cure, le 3 septembre,ce diamètre mesure 9 centimètres.L'eau minérale (source Hôpital) n'a été supportée qu'à faiblesdoses, ne dépassant pas généralement 1 verre i]2; 19 bains, 3douches ont été pris.Les accidents dyspeptiques se sont de beaucoup amendés etM. G... quitte Vichy avec un poids égal à celui constaté le jourde son arrivée (71 kilog.).


OBSERVATIONS. 89VINGT-DEUXIÈMEOBSERVATIONDyspepsie vertigineuse.C'est un homme jeune encore (36 ans) qui vient, le 10 août1876, réclamer nos soins.M. T..., employé au service actif des chemins de fer, tempéramentnervoso-sanguin, bonne constitution, non marié, fumantchaque jour un trop grand nombre de cigarettes, nous dit que samère est rhumatisante, son père est en parfaite santé ; des onclespaternels sont atteints de goutte ; il a eu dans son jeune âge uneczéma aux oreilles et, à l'âge de 27 ans, un impétigo du cuirchevelu ; une blennorrhée ancienne a déterminé pendant deuxjours, l'an dernier, un spasme douloureux de la vessje.Depuis 1870, il a eu ses digestions troublées, pénibles, avecquelques vomissements; mais le principal symptôme qu'ilaccuse, consiste en vertiges fréquents renouvelés chaque jour,assez violents pour amener la chute si un appui ne se trouvepas à portée.Nous constatons un peu d'amaigrissement, une teinte généralesub-ictérique plus accentuée aux sclérotiques, un pouls rapide,nerveux, la langue saburrale : pas de sensibilité épigastrique niabdominale, par la palpation.Volume du foie (diamètre vertical), 7 centimètres.Diminution de volume alors que nous croyions rencontrer uneaugmentation.Urines ambrées, acides, densité 1,024, avec dépôt blanchâtrecomposé de globules muqueux. Pas de modification par lesréactifs.L'eau de boisson à la source de l'Hôpital, à la dose moyennede. trois verres par jour, et vingt bains demi-minéralisés ont étépris, jusqu'au 11 septembre, sans incidents, et avec un succèsqui se traduit par l'absence de tout vertige, le rétablissement


9oDE LA DYSPEPSIE.des digestions, la diminution graduelle des globules muqueuxdans l'urine et par une augmentation de quatre centimètres dansle volume du foie qui, mesuré le 11 septembre, donne (diamètrevertical) 11 centimètres.Nous avons revu M. T... au commencement de 1877,enparfait état de santé.VINGT-TROISIÈME OBSERVATIONDyspepsie vertigineuse.M. X..., officier de l'armée anglaise, âgé de 40 ans, tempéramentnerveux, constitution bonne, marié, issu de parents sains,a eu une enfance robuste et exempte de tout malaise.Il y a seize ans, affection spécifique à laquelle on a rattachéles troubles actuels de la digestion et de l'innervation.En 1863, il a contracté dans l'Inde une affection du foie quia récidivé à Maurice en 186 5, avec complication de fièvreintermittente.A raison des accidents tertiaires présumés, il a été soumis àun traitement spécifique et a pris des doses fréquentes et assezfortes d'iodure de potassium.Nous ne trouvons aucune trace d'affection spécifique et nousconstatons l'état suivant :Amaigrissement, teinte de la peau pâle et anémique, poulsbon, langue blanchâtre, cependant l'appétit persiste. Les digestions,lentes, lourdes, flatulentes, s'accompagent de douleursassez vives dans le flanc droit; les selles sont régulières. Lesymptôme le plus accentué consiste en vertiges fréquents revenantquelques heures après le repas, avec douleur siégeant à lapartie supérieure et postérieure du col. La vision est parfoistroublée, diplopie et mouches noires.Diamètre vertical du foie: 6 centimètres.


OBSERVATIONS. 91Urines claires, ambrées, acides; densité 1015, sans réaction,ni dépôt.Le malade se plaint en outre de transpirations faciles etabondantes.Commencée le 7 septembre 1876,1a cure thermale a été suiviesans incidents jusqu'au 2 $. Elle s'est composée de trois verres,en moyenne, par jour, d'eau de boisson (source Hôpital) et de18 bains minéralisés.Les troubles ont peu à peu disparu, et M. X... quitte Vichyavec grande amélioration.Le 16 septembre, volume du foie, 6 centimètres et demi; le2 5 septembre, 10 centimètres.Dyspepsie vertigineuse.VINGT-QUATRIÈME OBSERVATIONM. T..., capitaine d'infanterie, 36 ans, tempérament nerveux,bonne constitution, célibataire, ne se livre à aucun excès.Son père est mort jeune, d'une maladie inconnue, sa mèresouffre nerveusement de l'estomac.Maladies antérieures ; fièvres intermittentes en Algérie (1857)revenant, jusqu'en 1866, par accès rares et irréguliers.De 1866 à 1869, en Cochinchine, accès violents et fréquentsde fièvre intermittente et diarrhée chronique qui a persistéjusqu'en 1874.La diarrhée alterne actuellement avec la constipation : éructationset somnolence après les repas; vertiges assez fréquents.Traitement thermal en juillet 1877 (81 verres source Hôpital,18 bains, 11 douches); grande amélioration.Le foie, dont le diamètre vertical mesurait 6 ceniimètres audébut de la cure, a augmenté de 2 centimètres.


92 DE LA DYSPEPSIE.L'amélioration a persisté et vers la fin de novembre, M. T.„,nous rendant compte de son état, nous signale une douleurassez vive, survenue à la région malléolaire droite, douleur quia duré près d'un mois.VINGT-CINQUIÈME OBSERVATION.Dyspepsie vertigineuse.M. D..., médecin-major, 35 ans, tempérament nerveux,bonne constitution, nous déclare que sa mère est rhumatisante ;il ne s'est jamais livré à aucun excès.Comme maladies antérieures, il a eu la fièvre typhoïde danssa jeunesse et quelques accès de fièvre en Algérie. L'affectiondyspeptique, pour laquelle il vient, au mois de juillet 1877,faire une cure à Vichy, a débuté il y a trois ans.L'appétit était resté bon, mais trois ou quatre heures après lesrepas survenaient du pyrosis, des éructations acides, des vQmi§se-,ments, de la somnolence et (tes vertiges. Ce «ternief.symptôme,d'une violence assez grande pour déterminer la chute si lemalade ne se couchait immédiatement, a été accompagné, decéphalalgie violente, même avant les repas. Signalons aussides bourdonnements dans l'oreille droite, des battements dansl'aorte abdominale et une salivation abondante.Le i er juillet, pouls à 64, hauteur du foie, 7 centimètres 1J2,la rate légèrement engorgée.Traitement: 36 verres source Hôpital, 22 verres sourceGrande-Grille, 17 bains et 12 douches.Amélioration notable; hauteur du foie, 10 centimètres à lasortie de l'hôpital.


OBSERVATIONS.9?VINGT-SIXIÈME OBSERVATION. : Dyspepsie flatulente et vertigineuse.M. B..., garde d'artillerie, 54 ans, tempérament sanguin,bonne constitution, a fait la campagne d'Italie et ne présenteaucun antécédent de famille, il n'a fait aucun excès autre quecelui du travail de bureau.Il n'a pas eu d'autres maladies qu'une pneumonie en 1854;c'est à partir de 1855 qu'a commencé la dyspepsie avec symptômespeu accentués d'abord. Puis de la pesanteur et de lachaleur à la région épigastrique, quelques éructations, duballonnement du ventre, dé la constipation opiniâtre, quelquesvomissements survenant le soir, une salivation abondante, delàsomnolence et quelques vertiges se sont montrés, avec desamendements successifs, à la suite de cures thermales à Vichyen 1858, 1860 et 1861.La maladie devient sérieuse en 1874 et tous les symptômesnotés sont très-prononcés, lorsqu'au mois de septembre 1877,le malade entre à l'hôpital de Vichy.À-cette date, la mensuration du foie donne, diamètre vertical,7 cent 112 ; neuf jours après, les troubles dyspeptiques ont debeaucoup diminué, le foie mesure alors 8 cent. 1 [2.A la fin de la cure, qui a consisté en 88 verres source Hôpital,14 bains, 13 douches et 3 douches ascendantes, l'améliorationest très-notable, la hauteur verticale du foie est de 10 centimètres.VINOT-SEPTIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente et vertigineuse.M. L..., capitaine d'infanterie, 44 ans, tempérament nervosobilieux,constitution bonne, rapporte que son père a succombé à


94 DE LA DYSPEPSIE.une dyssenterie et que sa mère souffrait beaucoup de l'estomac.Cinq années passées en Algérie, à différentes époques, lescampagnes de Crimée, d'Italie et de France, n'avaient provoquéaucune maladie.Aucun excès à signaler.Il s'est produit, depuis 1869, quelques difficultés de digestion,des migraines, de la diarrhée, mais, depuis 1872, les symptômesdyspeptiques se sont aggravés: perte de l'appétit, éructationsacides après les repas, ballonnement du ventre, congestionde la face, somnolence et vertiges.Au i er juillet 1877, nous notons poulsàôo, hauteur verticaledu foie, 7 centimètres.Cure régulière, au cours de laquelle nous trouvons, au 20juillet, hauteur du foie, 8 cent. i|2.Traitement: 42 verres source Hôpital, 34 verres Grande-Grille, 18 bains, 10 douches.Amélioration progressive.Au départ du malade, le foie mesure 9 centimètres.VINGT-HUITIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente et vertigineuse.Madame G..., femme intelligente, est à la tête d'une importantemaison de commerce à Paris ; elle dirige ses affaires avecune ardeur et un zèle qui lui font enfreindre quelques règleshygiéniques et surtout la privent d'exercice en plein air. Agéede 43 ans, d'une constitution robuste, d'un tempéramentnervoso-lymphatique, elle a eu dans son enfance des troublesdyspeptiques et des vomissements fréquents; dans l'âge adulte,les digestions étaient lentes.Mère de six enfants, elle n'a jamais souffert de l'utérus. C'està une affection du foie que l'on a attribué la maladie dont se


OBSERVATIONS. 95plaint cette dame, et la teinte-sub-ictérique des conjonctivessemble donner raison à ce diagnostic.Depuis dix années surtout, les symptômes sont plus accentués.Il y a encore quelqu'appétit, mais les digestions sont lentesavec sensation de pesanteur épigastrique; des vomissementssurviennent de temps à autre; les flatuositéssont fréquentes;tous ces phénomènes sont plus marqués le soir, immédiatementaprès le coucher; des vertiges se font sentir à ce moment; laconstipation est habituelle et des bourrelets hémorrhoïdaux sontsaillants. Pouls régulier, cœur normal. Le système nerveux,d'une sensibilité exagérée, prend part à ces manifestationsdyspeptiques ; de fréquentes migraines, tenaces du côté droit,légères du côté gauche, tourmentent la malade qui, de temps entemps, éprouve, principalement le soir, dans les genoux, desdouleurs vives que calme la fraîcheur. Le creux épigastrique estassez sensible à la pression; le foie a une hauteur verticalede 7 centimètres. Les urines, ordinairement normales, sontquelquefois très-abondantes, limpides, complètement aqueuses.Analysées le 31 août, elles sont claires, ambrées, légèrementacides, densité 1,015, sans autre caractère.Notre malade a fait une première cure à Vichy en 187 5 et ena obtenu quelque soulagement ; elle me signale cette particularitéque l'eau de la Grande-Grille passe facilement le matin,mais lui amène dans l'après-midi des renvois sulfhydriques,tandis que la source de l'Hôpital est très-bien digérée le soir.En 1877, le traitement thermal commence le 30 août sousnotre direction.Prescription: un verre, source Hôpital, le 30; un verre etdemi, même source, le 31 ; bain minéralisé au tiers, tous lesjours.Le I er septembre, je trouve la malade excitée, son sommeil aété agité, des douleurs assez vives se sont fait sentir dans larégion hépatique, la constipation est complète. En recherchant


96 DE LA DYSPEPSIE.la cause de cette augmentation de malaise, je la rencontre dansl'ingestion d'une glace au citron qui a été prise à la findurepas.Prescription: un verre Grande-Grille, un verre Hôpital, bain,douche ascendante.Le 7, le flux cataménial apparaît avec une avance de septjours, .nous forçant à suspendre les bains et à diminuer debeaucoup l'eau de boisson. La constipation persiste, mais lesdigestions se font mieux et le sommeil est parfait.Le 11 septembre, état satisfaisant, augmentation du volumedu foie (i centimètre i[2), la douleur de l'hypochondre droitdiminue chaque jour; (3 verres, bain).L'amélioration se dessine de plus en plus jusqu'au 15 septembre,date à laquelle Mme G... quitte Vichy. Le foie,'percutéce jour, donne, hauteur verticale, 1 o centimètres (quatorzièmebain).J'ai pu revoir Mme G... pendant l'hiver 1876-77, et malgréles fatigues et les angoisses que cette excellente mère a éprouvéesau chevet d'un de ses enfants mourant, les troublesdyspeptiques n'ont pas eu la même intensité que les annéesprécédentes, et le volume du foie est resté à peu près le même(2 centimètres). Une troisième cure thermale me paraît indispensable.C'est le 20 août 1877 que notre malade revient à Vichy et,dès le jour de son arrivée, l'apparition menstruelle entravé lacure, ne permettant qu'un verre d'eau de boisson sans bains nidouches.Le 24, nous pouvons, en constatant un état amélioré detoutes parts (foie 9 centimètres), augmenter la quantité d'eau quiest portée à un verre et demi et à deux verres le 2 5 ; bain devingt-cinq minutes tous les jours.Le 27, malaise de beaucoup augmenté, état demï-algidé,langue froide, douleurs abdominales, constipation persistante.


OBSERVATIONS. 97La cause, que l'on n'ose avouer, de ces troubles est sans douteencore due à l'ingestion d'une glace. Prescription: potion aveceau de mélisse, 60grammes; sirop d'éther, i $ grammes; siropde codéine, 20 grammes, à prendre par cuillerées et deux verresGrande-Grille, bain.Le 29, reste un peu de fatigue; les douleurs abdominales etl'état algide ont disparu (2 verres Hôpital, douche tiède detrois minutes).Tous les symptômes s'amendent jusqu'au départ de notremalade (j septembre), mais cette cure, agitée et trop courte(4 bains et six douches) devra encore être insuffisante (foie, 10centimètres i]2.)Au milieu de novembre, je constate que l'amélioration s'estmaintenue, que la constipation n'a pas complètement cédé etexige encore quelques prises d'eau minérale laxative.Il est vrai de dire que les conditions hygiéniques n'ont guèreété .modifiées.VINGT-NEUVIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente avec vertiges.M. H..., officier supérieur de zouaves, âgé de 50 ans, constitutionbonne, tempérament sanguin, a été atteint en Algériede dyssenterie et de fièvres intermittentes. A la suite de cettedernière maladie, depuis six ans, il ressent des troubles dyspeptiquestels que : diminution d'appétit, pesanteur épigastriqueaprès les repas, flatulence, ballonnement considérable du ventre,constipation et quelques vertiges.Le 20 juillet 1878, une première cure thermale est commencée,et nous constatons alors une diminution du volume du foie,lequel ne mesure que 6 centimètres dans son diamètre vertical.Le traitement a consisté en 82 verres (source Hôpital), 23 bainset 5 douches. Il a été régulièrement suivi sans incident.7


98 DE LA DYSPEPSIE.La mensuration du foie pratiquée le 14 et le 17 du mois d'août,donne 9 centimètres 1 j2, et une grande amélioration estle résultatde cette cure pendant laquelle le poids du corps a augmentéde 800 grammes.TRENTIÈMEOBSERVATION.Dyspepsie flatulente, vertiges et névralgie faciale.(Service de M. le docteur Mourlon.)M. M..., capitaine d'infanterie, 42 ans, constitution bonne,tempérament nerveux, sans antécédent de famille, a-joui d'unebonne santé jusqu'en 1870.A cette époque et pendant sa captivité, il a été atteint dediarrhée et de transpirations excessives. En 1872, survient uneentérite aiguë qui dure deux mois et laisse à sa suite une débilitégénérale qui a persisté.Des embarras gastriques fréquents, des douleurs névralgiquesà la face, une douleur constante au cou-de-pied, des vertiges,une constipation habituelle sont les accidents qui^déjà ont nécessitéle traitement de Vichy en 1874 et 187 5.Ces cures ont été suivies d'amélioration qui s'est maintenuependant cinq ou six mois.Depuis 3 ans, M. M... ressent en outre des douleurs épigastriques,des flatulences avec gonflement excessif du ventre déterminantune forte oppression.Le 1" août, la mensuration du foie donne 7 centimètres dediamètre vertical.L'analyse de l'urine à cette date, fait constater une densitfde1,014 et une réaction légèrement acide. Pendant les trente joursde son traitement (source Hôpital 37 verres, source Grande-Grille, 3 3 verres, 18 bains, 10 douches),nous ne trouvons signalées


OBSERVATIONS. 99à l'observation que des douleurs sourdes dans les reins, vers le 7et une légère excitation vers le 15.Une amélioration très-sensible résulte de la cure. Le foie aaugmenté de 2 centimètres, dès le 11 il mesure 9 centimètres.Le poids du corps a augmenté de 500 grammes, 59 kilog.59 kilog. 500 grammes.TRENTE-ET-UNIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente, vertiges.M. G..., officier supérieur d'artillerie de marine, 52 ans,constitution bonne, tempérament sanguin, a été atteint de fièvrejaune en 1856 et a souffert de 1865 à 1867 d'hépatite contractéedan? les colonies.Depuis 11 ans, c'est-à-dire consécutivement à son hépatite,cet officier éprouve des troubles dyspeptiques parmi lesquels ilnous signale plus spécialement une perte partielle de l'appétit,une langue ordinairement chargée, des pesanteurs, des renvois,des flatulencesaprès les repas, des gaz roulants, parfois desvertiges et une constipation opiniâtre. Nous examinons M. G...le 14 du mois d'août et nous constatons la diminution du volumedu foie dont le diamètre vertical mesure 6 centimètres. L'analysedes urines, faite le 15 août, ne nous fournit aucun renseignementimportant.Dès le 18 août, les digestions sont plus faciles mais la constipationpersiste ainsi que les troubles nerveux.Le 2 septembre l'amélioration est plus accentuée, les sellessont devenues régulières.Nos mensurations du foie donnent : le 25 août 7 centimètres1 [2, le 6 septembre 9, le 10 septembre 9 centimètres i\z, M.G... quitte Vichy le 12 septembre avec une grande amélioration


100 DE LA DYSPEPSIE.après un traitement qui s'est composé de source Hôpital 80verres, 20 bains, 6 douches.Le poids du corps a augmenté de 3 kilog., 69 kilog. 72 kilog.TRENTE-DEUXIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente.M. A..., sous-lieutenant en retraite, employé dans une administrationcivile, 44 ans, amputé de la jambe à Sébastopol,constitution bonne,tempéramentnervoso-sanguin,ne nous indiquecomme cause de sa maladie aucun antécédent ni de famille, nid'affection antérieure. Il fait remonter à 23 ans l'invasion dasonaffection dyspeptique qui a pour caractère une congestion versla tête après les repas, des flatulences au moment de la digestionstomacale, des gaz roulant dans l'abdomen, une constipationopiniâtre avec scyballes sanguinolentes, bourrelets hémorrhoïdaux;une langue ordinairement blanchâtre, des urines souventchargées, parfois abondantes et limpides, l'état nerveux particulieraux dyspeptiques.Ce malade vient à Vichy pour la première fois en 1878 et seprésente à nous le 17 juillet.La percussion du foie nous fait constater une diminution devolume, 7 centimètres 1 \i de diamètre vertical ; analyse de l'urinesans résultat intéressant.La source de l'Hôpital est prescrite à doses progressives d'unverre à trois verres du 17 au 27 juillet.Les digestions sont devenues plus faciles, des selles naturellesont remplacé la constipation. Mais il survient un peu de céphalalgieet une excitation générale qui trouble le repos de la nuit.Ces incidents forcent à diminuer les dosesdu médicament spécial.Le 28, notre malade un peu découragé et rappelé par un ordreurgent de son administration, quitte Vichy avec promesse de


MENSURATIONS. 101venir compléter sa cure., Nous le revoyons le 21 du mois, d'aoûtavec une atténuation notable des troubles dyspeptiques ; lesbourrelets hémorrhoïdaux ont disparu, le foie mesure 9 centimètres.Jusqu'au 8 septembre-, le traitement continue à la source del'Hôpital à doses ne dépassant pas 2 verres i]2.Aucun incident à; noter dans cette seconde période pendantlaquelle le foie ne subit plus aucune modification de volume,restant à 9 centimètres.2j bains ont été pris pendant la durée totale du traitementdont les résultats se traduisent par : grande amélioration.Le poids du malade qui était, au début de la cure, de 77 kilog.500 se trouve de 78 kilog. 200, la veille du départ.TREïtfTE-TROISIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente.M. M.., capitaine de zouaves, âgé de 49 ans, tempéramentnervoso-bilieux, constitution affaiblie, n'accuse aucune affectionde. ses parents et n'a jamais souffert que de la maladie pour laquelleil vient faire usage du traitement thermal.Il y a quatorze ans que, par suite d'un long séjour en Algérie,il éprouve des accidents dyspeptiques tels que: inappétence,langue ordinairement blanche, lenteur des digestions, ballonnementdu ventre, quelques vomissements. La palpation détermineune légère douleur à l'épigastre; la percussion donne au foie undiamètre vertical de 6 centimètres.L'analyse des urines présente: densité 1,029, réaction acide,léger dépôt composé d'urates et de quelques globules muqueux.Cet officier a fait visage des eaux de Vichy en 1868, 1870, 1872,1874 et 1875; après chaque cure thermale, une améliorations'est produite, mais le séjour prolongé dans la colonie a ramenéles mêmes accidents que nous constatons aujourd'hui.


102 DE LA DYSPEPSIE.Le traitement, qui a consisté en 70 verres (source Hôpital)18 bains et 8 douches, a présenté comme incident une bronchitevers le douzième jour de la cure. Au 20 0 jour, le foie mesurait8 centimètres 1 [2 et cette dimension n'avait pas varié à la finde la cure, c'est-à-dire le 27 du mois d'août.Les accidents dyspeptiques s'étaient peu à peu amendés, etle malade quittait Vichy avec une amélioration.TRENTE-QUATRIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente.M. M..., capitaine de gendarmerie, 36 ans, tempéramentnervoso-lymphatique, constitution bonne, a fait campagne pendantdix ans en Afrique et trois ans au Mexique.Aucun excès, si ce n'est celui du travail de bureau.Son père, rhumatisant, a succombé à l'âge de 57 ans.' !En 1876, traitement à Vichy pour rhumatisme goutteux' etdyspepsie.Les premiers symptômes de cette dernière affection ont apparuau Mexique et consistaient surtout en éructations, ballonnementdu ventre et somnolence.L'amélioration qui s'était produite pendant le traitement estdevenue plus notable six mois après.Au mois de septembre 1877, M. M., revient à Vichy se plaignantde pesanteur d'estomac, de sensation de brûlure le longde l'œsophage et de distension gazeuse de l'abdomen quelquesheures après les repas.•> • —•Le foie a une hauteur verticale de 6 centimètres.Cure: 30 jours, (66 verres, source Hôpital, 17 bains et 12douches).Amélioration notable, les digestions se font bien; le foiemesure 9 centimètres 112.


OBSERVATIONS. 103TRENTE-CINQUIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente.M. P..., capitaine en retraite, 58 ans, tempérament nerveux,ne présente rien à noter du côté des ascendants et n'a jamaisfait d'excès.Il a été atteint, en 1862, au Mexique, de fièvresintermittenteset de dyssenterie.Depuis cette époque, les digestions ont été pesantes, accompagnéesde ballonnement du ventre, d'éructations acides fréquenteset parfois de vomissements.. Deux saisons thermales à Vichy, en 1866 et en 1868, avaientamené-jpe diminution notable de ces accidents qui ont reparuavec une nouvelle intensité après la guerre de 1870 et ont nécessitele retour à la Station thermale en 1871 et 1872.L'amélioration résultant de ces traitements n'a pas persistéet M. Ç f .est renvoyé à Vichy au mois d'août 1877.Nous notons le pouls à 58, la hauteur du foie à 5 centimètres112 ; une légère hypertrophie de la rate.Cure thermale de 30 jours: (84 verres, source Hôpital,15 bains, 11 douches) ; grande amélioration.L'appétit est normal, les digestions se font bien, les nuitssont bonnes, l'état général est très-satisfaisant.Les mensurations successives du foie donnent le 8, 7 centimètres;le 16, 8.centimètres,,et le 25,8 centimètres ifa.TRENTE-SIXIÈME: OBSERVATION. -Dyspepsie flatulente.M. F..., inspecteur des contributions indirectes, 43 ans,tempérament nervosc-lymphatique, constitution bonne, habitel'Algérie depuis 19 années.


]04 DE LA DYSPEPSIE.Rien à signaler dans les maladies de famille. Il a été atteintde psoriasis et d'urticaire.L'usage un peu excessif de tabac et de boissons alcooliques,avec un travail de bureau fatiguant, sont les seules causes indiquées.En 1856, un vertige assez long survient après le repas. Depuisce moment, les digestions sont devenues difficiles, accompagnéesde pesanteur, d'éructations, de ballonnement du ventre, desomnolence et de céphalalgie. Du pyros'is se fait sentir souventà jeun, fa constipation est opiniâtre.Mensuration verticale du foie: 7 centimètres.Un traitement thermal fait à Vichy en 1876, a amené unamendement notable et persistant de la dyspepsie.La cure de 1877 se compose de 78 verres, source Hôpital, 16Bains et 13 douches.-Une excitation assez vive est notée comme incident vefsi'equinzième jour du traitement qui donne comme résultat unegrande amélioration. La hauteur du-foie est de 10 centimètres.TRENTE-SEPTIÈME OÈSÈltVATION.Dyspepsie, flatulente.M. W..., lieutenant d'infanterie, 31 ans, tenipétament lymphatîcd-nerveux,constitution bonne, pas de maladie de famille,pas d'excès, vient faire, à Vichy, un traitement" au mois dejuillet 1877.Comme maladies âtttirieOTes: nous 1 ne notons qu'une fièvreintermittente, contractée en. 1867, dans les marais Pontins etcompliquée de dyssenterie. Cette dernière maladie a reparu enr>1871 âveC une durée très-courte. ••-:•-••••• ,Là digestion a commencé à être pénible en 1868 ;-péu' d'appétit,dégoût pour les aliments, sensation de pesanteur après les


OBSERVATIONS. | 0 {repas, éructations, lourdeur de tête, constipation, voilà cequ'éprouvait M. W...Cure à Vichy en 1874, suivie d'amélioration légère qui s'està peu près maintenue.A notre premier examen, nous trouvons les organes sains, lefoie seol, diminué de volume, a une hauteur de 6 centimètresl|2.Le traitement a consisté en 71 verres de la source Hôpital,14 bains et 13 douches. Comme incidents : légère excitationnerveuse passagère. Diminution notable des troubles dyspeptiques.Le,ij juillet, le foie a une hauteur de 9 centimètres et de1-0 centimètres à la fin de la cure.TRENTE-HUITIÈME OBSERVATION.,Dyspepsie flatulente avec migraines fréquentes.M„ B..,., officier d'administration des bureaux de l'Intendance,44 ans, tempérament nervoso-bilieux, constitution bonne, aséjourné deux ans en Afrique et une année en Italie.Pas d'antécédents de famille, pas d'excès, mais moral affectépar des chagrins.Le malade a été atteint, à l'âge de 17 ans, de fièvre typhoïde,et plus tard, en Afrique, de fièvre intermittente qui a duré deuxou trois mois. ,Il y a dix ans que la dyspepsie a débuté par une perte partiellede l'appétit, des pesanteurs d'estomae après le repas, suiviesdréroctations et de Mlonnenaent du ventre, Quelques vomissementsbilieux se sont montrés le matin à- jeun ; la constipationest opiniâtre et les migraines fréquentes.En 1869, M. B. obtient d'une cure à Vichy une grande améliorationqui s'est maintenue pendant trois ans.


io6 DE LA DYSPEPSIE.Depuis cette époque, une arthrite rhumatismale du genou estsurvenue et la dyspepsie a fait une nouvelle invasion.En septembre 1877, M. B., revenu à Vichy, présente un poulslent à 60. Le foie a une hauteur verticale de 6 centimètres.Traitement : 74 verres, source Hôpital, 13 bains, 11 douches.Grande amélioration, pas d'incidents ; hauteur du foie: 8 centimètres.TRENTE-NEUVIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente. —Tœnia.M. J..., lieutenant de cavalerie en non-activité, 44 ans,tempérament nervoso-bilieux, constitution bonne, ne signaleaucun antécédent de famille. Le travail de bureau en excès etun peu d'abus de tabac sont tes seules causes auxquellesilrapporte sa maladie.C'est en 1872 que les premiers symptômes de dyspepsie ontfait leur apparition ; ils consistaient en ballonnement du ventre,ne permettant pas de porter des effets boutonnés, éructationsacides, congestions de la face et somnolence après les repas.Après un traitement par l'hydrothérapie et les viandes saignantes,la présence d'un tœnia a été révélée. Ce parasite n'aété expulsé qu'au bout de deux ans, mais les troubles digestifsont persisté, avec une intensité moindre, toutefois.Au mois de juillet 1877, M. J... présente à notre examen unfoie diminué de volume, 7 centimètres 1J2, et un pouls à 54.Le traitement, consistant en 19 verres .Hôpital, 5 3 verresGrande-Grille, 19 bains, 11 douches, a amené une amélioration,mais en même temps un peu de surexcitation des organesgénitaux, déterminant des pertes séminales assez fréquentes.Au jour de sa sortie, le foie mesure,- dans son diamètrevertical, 9 centimètres.


OBSERVATIONS.IO7QUARANTIÈMEOBSERVATIONDyspepsie flatulenteM. D..., capitaine d'infanterie, 36 ans, tempérament nerveux,constitution bonne, nous dit que son père et sa mère, ayant tousdeux le même tempérament nerveux, ne sont pas atteintsd'affections chroniques.Il n'y a aucun excès à signaler.De 1866 à 1870, cet officier a séjourné en Algérie où il aeu un seul accès de fièvre. Peu de jours après sa rentrée enFrance, une fièvre intermittente tierce fait invasion avec desaccès d'une très-grande violence qui se reproduisent pendantune année et font place à des accès irréguliers, rares, qui existaientencore en 1876.La dyspepsie a débuté en 1872, avec pesanteur d'estomacaprès les repas, ballonnement du ventre, éructations acides, sensationde brûlure le long de l'œsophage, somnolence, selles régulières.Première cure à Vichy, en 1876, suivie d'améliorationpersistant, en partie, pendant une année.A son arrivée à l'Hôpital, au mois de juillet 1877, noustrouvons: hauteur verticale du foie, 8 centimètres; rate légèrementhypertrophiée. Amélioration progressive et à la sortiede l'hôpital, le foie mesure 10 centimètres. Traitement: 65verres Grande-Grille, 18 bains, 10 douches.QUARANTE-UNIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente.M. D..., receveur des douanes, 54ans, tempérament nervososanguin,a eu son père goutteux.Aucun excès, aucune maladie antérieure.


io8 DE LA DYSPEPSIE.Il y a vingt ans que la dyspepsie, pour laquelle il est envoyéà Vichy au mois de juillet 1877, a fait son apparition avec desimples pesanteurs d'estomac après les repas.Peu à peu, l'appétit est allé en diminuant, des douleurs sesont fait sentir à "la région hépatique, mais sans ictère et sanscalculs biliaires. L'ingestion des aliments provoquait, au boutdequelques heures, des éructations nombreuses et un ballonnementconsidérable de l'estomac et de l'abdomen. La constipation estordinaire.A son arrivée à Vichy, nous constatons un pouls lent, â $8,les organes sains, sauf le foiedontle diamètre vertical nemesureque 6 centimètres.Traitement: 34 verres source Hôpital, 30 verres Grande-Grille, 18 bains, 11 douches.Amélioration considérable, augmentation du volume du foiedont Fe diamètre vertical est de 7 centimètres 1(2.QUARANTE-DEUXIÈME OBSERVATIONDyspepsie, flatulente.Un officier supérieur en. retraite qui, depuis quinze années,souffre cruellement de dyspepsie flatulente et qui, plusieursfois déjà, est venu chercher à Vichy le soulagement de sesmalaises, a suivi le traitement thermal d'une façon irrégulière,souvent sans direction médicale. Sans cesse préoccupé de sonétat, il en est arrivé à un trouble moral qui touche à l'hypochondrie.Nous avons à lui donner des soins le 14 août 1877 et noustrouvons un homme robuste, âgé de 5 5 ans, d'un tempéramentsanguin.Pendant un séjour en Algérie, où il a contracté une diarrhéegrave, il a ressenti les premières atteintes de gastralgie. Ces


OBSERVATIONS. 109crises douloureuses ont disparu depuis quelques années, mais ilreste une digestion pénible, surtout flatulente avec alternativesde diarrhée et de constipation. La cause de cette affection nepeut être cherchée ni dans les excès, ni dans les commémoratifsde famille.Analyse de l'urine le 16 août: claire, ambrée, sans dépôt,très-acide, densité 1036; rien par la chaleur, ni par l'acidenitrique; la liqueur cupro-potassique est rougie.Mensuration du foie donnant un diamètre vertical de 5 centimètresl|2.Prescription : 3 verres source Hôpital, bain et douche alternant.Le 20, excitation nerveuse, selles diarrhéïques.Le 22, volume du foie égale 8 centimètres, le 27, 9 centimètres;le 5 septembre, 9 centimètres 1J2, et le 11 septembre,10 centimètres i|a.Le malade a pris 14 bains, 14 douches et l'amélioration estévidente.A la date du 2 5 novembre, notre dyspeptique nous écrit lesrenseignements suivants :« La sensibilité épigastrique existe encore un peu, encorequelques flatuosités, digestions encore tentes, cependant jemange et dors bien. En résumé, je vais mieux, plus de diarrhée,plus de constipation. Le médecin n'a pu déterminer le volumede mon foie à cause des gaz. J'ai repris mon embonpoint.J>Nous avons exprimé à cet officier le désir de le voir revenirplusieurs fois encore à Vichy; assuré que nous sommes decompléter la guérison qui s'est fait si longtemps attendre, àcause de l'irrégularité des traitements et de l'absence d'unedirection nécessaire lorsqu'il s'agit d'employer un médicamentaussi actif que l'eau de Vichy.


I 10 DE LA DYSPEPSIE.Dyspepsie flatulente.QUARANTE-TROISIÈME OBSERVATIONLe malade qui se présente à nous le 28 juillet 1877, habiteNice. Agé de 5 8 ans, tempérament nervoso-bilieux, constitutionaffaiblie par un état dyspeptique qui date de dix années, sanscause appréciable pour nous.Amaigrissement, anémie, teinte jaunâtre des scélérotiques,vision affaiblie, crampes dans les jambes assez fréquentes,constipation habituelle, bourrelets hémorrhoïdaux, digestionslentes et flatulentes.Urines parfois abondantes, aqueuses, pouls lent, à 60. Telssont les symptômes que nous notons enmême temps qu'un diamètrevertical du foie mesurant 7 centimètres.Dès les premières doses d'eau minérale, une amélioration seproduit, mais se trouve arrêtée par de la diarrhée,- résultant del'ingestion d'eau glacée après le repas du 2 août.A partir du 8, nous constatons un mieux qui va croissantjusqu'au 16, date du départ de M. B..., forcé d'écourter sa curepar une circonstance de famille.13 bains et 7 douches avec l'eau minérale, 2 verres et denTien moyenne à la source de l'Hôpital, ont fait cesser l'anémie etatténué les troubles dyspeptiques. Le foie mesure 8 centimètres.Nous avons revu notre malade en janvier 1878, et avons puconstater la persistance de l'amélioration, tout en signalant lanécessité d'une nouvelle cure plus complète que la précédente.


OBSERVATIONS.I I IQUARANTE-QUATRIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente.Depuis vingt années, M. A..., employé de la ville de Paris,souffre de digestions difficiles et voit revenir, de temps à autre,mais surtout en juillet, des crises de vomissements, deux heuresaprès le repas.Age 57 ans, tempérament nervoso-bilieux, constitutionencore robuste, système nerveux très-impressionnable. M. A...n'a eu d'autre maladie qu'une angine couenneuse en 1842.Nous trouvons : amaigrissement, teinte foncée de la peau,anémie prononcée, pouls nerveux, peu d'appétit, digestionslentes et pénibles.Urines du 16 septembre 1877, ambrées, claires, avec dépôtde sable rouge, acides, densité 1026. Aucune réaction par lachaleur ; l'acide nitrique détermine une effervescence qui nousest expliquée par cette circonstance que le malade a fait usageà Paris et récemment, d'eau de Vichy transportée. La liqueurcupro-potassique passe au rouge.Le diamètre vertical du foie mesure 7 centimètres.Prescription: un, puis deux verres source Hôpital; bain etdouche alternés.Nous notons pendant la durée de la cure, le 19 septembre,une gêne avec quelques douleurs passagères à l'hypochondredroit.'Le 21, une bronchite légère troublant et excitant le malade,auquel nous recommandons l'eau du puits Chomel. Le 24, étatgénéral sensiblement amélioré, et cependant un grand découragements'est emparé de M. A..., que j'ai peine à retenir àVichy,Le 26, légère augmentation du foie, 5 millimètres.Le i er octobre, amélioration croissante.


I 12 DE LA DYSPEPSIE.Le 6 octobre, grande amélioration, aucune trace d'anémie,Digestions beaucoup meilleures.Diamètre vertical du foie, 11 centimètres.Le traitement a consisté en une moyenne journalière de deuxverres d'eau minérale (sources Hôpital, Chomel et Orande-Grille) 5 bains et 7 douches.Au mois de mars 1878 je revois, mais sans pouvoir l'examineren détail, M. A..., qui me dit être satisfait de son état desanté depuis son retour de Vichy.QUARANTE-CINQUIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente.M. B... habite l'Algérie depuisplus de trente ans, il y exercedes fonctions fatiguantes, mais n'a jamais contracté ni fièvreintermittente, ni dyssenterie. Il est porteur, depuis de nombreusesannées, d'une bronchite chronique qui a déterminéplusieurs crachements de sang.Il y a six ans que les digestions sont devenues très-difficiles,flatulentes, et cette complication a produit un amaigrissement etun affaiblissement considérables.Ce malade, âgé de 54 ans, est d'un tempérament nervososanguinet n'est pas venu à Vichy avec l'intention d'y faire untraitement.Il vient réclamer nos soins le i er août 1877 et nous constatonsalors le volume du foie à 7 centimètres.L'eau est prescrite avec grands ménagements, additionnée desirop de tolu. Une potion calmante est ordonnée.Le résultat du traitement, qui est suivi avec grande exactitudejusqu'au 4 septembre, est des plus satisfaisants.La toux et tes crachats qui troublaient les nuits de notremalade ont à peu près cessé. Les digestions se font bien. Le


OBSERVATIONS.oie a atteint un volume de 10 centimètres. L'eau du puitsChomel a été seule prise en boisson. L'état de la poitrine nenous a permis ni bains, ni douches.Analyse^de l'urine, le r r août: claire, ambrée, sans dépôt,acide, densité, 1,024; "en par les réactifs, si ce n'est unecoloration en rouge de la liqueur cupro-potassique.I|JQUARANTE-SIXIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente.Le 26 août 1876, M. M..., pharmacien résidant depuis seizeannées en Algérie, vient faire une cure à Vichy.Doué d'une constitution robuste, non amaigri, présentant letype du tempéramentbilioso-nerveux, ce malade fait remonteratrois années le commencement de ses malaises.L'état général est bon, une anémie légère est cependantévidente. C'est à cette anémie que nous attribuons le poulsnerveux et les palpitations du cœur que présente M. M...La langue est, dit-il, le plus souvent saburrale, cependantl'appétit se fait sentir. Quatre ou cinq heures après le repas,surviennent des troubles digestifs, surtout de la flatulenceetnous trouvons le ventre un peu tympanisé. Les selles sont régulières,quelquefois. cependant diarrhéiques. Le foie, dans sondiamètre vertical, est de 7 centimètres 1)2; rien du côté de larate. • ......Ici, comme chez nos autres malades, les traitements les plusvariés ont été employés sans succès.Analyse de l'urine: claire, ambrée, sans dépôt, réactionaeick»; densité, 1,025. Aucune modification par la chaleur, parl'acide nitrique, par la liqueur cupro-potassique.Prescription: premier jour, un verre en quatre doses;deuxième jour, un verre et demi ; troisième jour, deux verres8


I !4 DE LA DYSPEPSIE.(source Hôpital) ; un bain tiède minéralisé de trente minuteschaque jour.Le 4 septembre, bon aspect, plus de traces d'anémie, lesbattements du cœur sont régularisés, les digestions plus faciles,reste une légère flatulence,le météorisme a disparu (trois verres,bain). - "Le 14, l'amélioration s'est maintenue et augmentée; il seproduit une surexcitation nerveuse dont la cause me resteinconnue, mais qui m'engage à cesser le traitement.Le volume du foie est de 10 centimètres 1J2. Augmentationtotale de 3 centimètres.QUARANTE-SEPTIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente.N'ayant jamais été atteint par une maladie aiguë, ayant eucependant une enfance débile, M. B..., âgé de 42 ans, tempéramentsanguin, doué d'une bonne constitution, souffre depuisdix ans d'une dyspepsie flatulente dont la:cause ne se trouve nidans les excès, ni dans les fatigues de la profession, ni dans lescommémoratifs de famille.La diminution de l'appétit, des pesanteurs stomacales survenantde suite après l'ingestion des aliments, des flatulences seproduisant deux ou trois heures après le commencement de ladigestion, des alternatives de diarrhée et de constipation; lediamètre vertical du foie mesurant 7 centimètres; voilà ce quenous constatons le 6 septembre. 1877.Analyse des urines le 7 : claires, ambrées, sans dépôt,-dënsité1,026. Rien parles réactifs ordinaires.(Prescription: 2 verressource Hôpital, bains et douches alternés).Quelques selles diarrhéïques le 8, c'est le seul incident dont


OBSERVATIONS. 115la durée pendant la cure, dure jusqu'au 22. Le malade a prisneuf bains et vingt douches, amélioration notable.Diamètre du foie : 8 centimètres.QUARANTE-HUITIÈME OBSERVATION.•^Dyspepsie flatulente. ' ••' . 1 •M. B..., chef de musique en retraite, 63 ans, tempéramentsanguin, constitution robuste, d'habitudes régulières^, 4 été,atteint en 1857 d'une affection du foie, alors qu'il se trouvaiten Algérie où il a longtemps, séjourné. C'est de cette époque quedatent les accidents dyspeptiques caractérisés surtout par desflatulences et des troubles du côté de: la tête (vertiges). , ;..|; ;Il n'est pas revenu à Vichy depuis 1857, ,il"serprisenteà:notre examen te31 mai 1878. Il notas signaiedes urines abondantes,de la soif, et cependant deux analyses^faites Le, 1^:et le18 juin, ne nous font constater qu'une réaction légèrementacide et une densité de 1,014. Le foiêi mesure 6 centimètres.C'est à la source de l'Hôpital que nôiis, 'engageons cemafadeà boire des doses d'eau minérale qui n'ont pas dépassé deuxvertes. Les digestions se sont régularisées,- lés flatulences ontdisparu. Les vertiges ne se sont pas renouvelés, les urinesssontredevenues normales et aucun incident ne s'est produit.-Nousavons noté seulement des fourmillements et une légère douleurdans la région splénique le 5 et le 11 du mois de juin. Aprèsavoir pris 23 bains, et 54 verres d'eau, M. B. quitte Vichy avecune grande amélioration. Le poids du corps a diminué de 500grammes (de 76 kilog. 700 à 75 k. 200).


I'I 6DE LA DYSPEPSIE.Dyspepsie flatulente.QUARANTE-NEUVIÈME OBSERVATION.M. G..., ingénieur civil, 46 ans, constitution robuste, tempéramentsanguin, a eu plusieurs manifestations d'herpétisme ducôté de la peau et des amygdales : en 1874 il était porteur d'untœnia qui a été expulsé.,Ou côté de sa famille, rien n'accuseune cause héréditaire. Depuis 18 ans, il est atteint de troublesdyspeptiques : langue ordinairement blanchâtre, somnolence etéructations après le repas, flatulencesintestinales, migraines fréquentes.L'urine qui est abondante après les-repas ne donne àl'aftafyse aucun-renseignement -utile.- i" ; :Nous, voyons ce malade pour la première fois à Vichy le 12juillet 1878, et, en percutantle foie, nous constatons une dimirruitiondeqrotume, 6 centimètres 50. «jLés premières, doses d'eau minérale (source Lucas) paraissentdéterminer quelquesipôints douloureux à la partie inférieure; desdeuxi côté d u: thorax» Avec upe indigestion survenue le 2 8 juillet,pas d'autre incident.rdela', cure qui s'est terminée le premieraoût (70 verres d'esu,-.! 4,-bains, 4 douches).Dès le i-9 ; juillet,4e!feie,a y augmenté d'un centimètre ; le 26nous, lui trouvons un diamètre vertical, de 8 centimètres 50 etla mensuration nous dftnne te même résultat le premier du moisd'août, .Cette, première cure, qui sera à renouveler, a produit uneréelle amélioration. •CINQUANTIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente.., ;


OBSERVATIONS. 117comme diagnostic : dyspepsie flatulente avec engorgement desviscères abdominaux. Il se plaint de digestion difficile, lente etaccompagnée de flatulences continuelles, de congestion vers latête avec bourdonnement. Les commémoratifs ne nous donnentd'autres renseignements qu'une atteinte de fièvres intermittentesqui ont pris naissance en Algérie et ont persisté pendant deuxans (1859-1861). L'examen que nous faisons de ce malade nouslaisse constater de la lenteur du pouls (60 pulsations), aucunengorgement de la rate et le foie, loin d'être engorgé, ne mesureque 4 centimètres 1 f2. Rien de remarquable dans l'analyse desurines. Aucun incident à signaler pendant la durée du traitementqui s'est terminé le 30 mai (93 verres, Hôpital, 17 bains et12 douches).Les symptômes dyspeptiques ont peu à peu disparu à mesureque le foie reprenait son volume normal.Les mensurations successives de l'organe hépatique nousdonnent: le 9 mai 7 centimètres i|2, le 19 mai 10 centimètres,le 24 mai 9 centimètres, le 29 mai 9 centimètres.Le poids du corps a diminué de 1 kilog. (86 kilog., 85 kilog.)Dyspepsie flatulente.CINQUANTE-ET-UNIÈME OBSERVATION.M. T..., commissaire de marine, âgé de 60 ans, constitutionaffaiblie, tempérament nervoso-bilieux, a fait des séjours prolongésaux colonies (Sénégal, Guyanne, Algérie). Il y a contractédes fièvres intermittentes et rémittentes.Depuis 30 ans, il se plaint d'accidents dyspeptiques dont lesplus saillants sont : diminution de l'appétit, pesanteur et douleurstomacales, flatuoshés, gaz roulant dans l'intestin, constipationopiniâtre avec scyballes parfois sanguinolentes, urines


n8 DE LA DYSPEPSIE.ordinairement chargées, mais parfois très-limpides et très-abondantes.A l'examen de ce malade qui vient pour la première fois àVichy le 20 juillet 1878, la percussion du foie nous donne audiamètre vertical 5 centimètres 50 de matité, aucun engorgementde la rate.La source de l'Hôpital est prescrite à la dose de 1 verre etprogressivement jusqu'à 3 verres ; 18 bains ont complété le traitementpendant lequel aucun incident ne s'est produit.Le diamètre vertical du foie, dès le 29 juillet, était de 7 centimètres,il avait atteint 9 centimètres le 8 août.Une augmentation du poids du corps de 2 kilog. 300 étaitconstatée (55 kilog. 200; 57 k. 500).CINQUANTE-DEUXIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulenteavec céphalalgie.M. P..., capitaine en retraite, 5 3 ans, constitution bonne,tempérament sanguin, ne signale aucun antécédent de famille.Il a été atteint en 1852 de rhumatisme articulaire, mais il nefait remonter l'origine de sa maladie qu'à 8 années, en lui attribuant,comme cause, la captivité en Allemagne et des chagrins.Le jour de son entrée à l'hôpital de Vichy, nous constatons :langue empâtée et un peu blanchâtre ; la palpation de la régionépigastrique détermine une légère douleur. Cette sensationpénible se propage, au moment de la digestion, dans tout lecôté gauche et s'accompagne de pesanteur dans le côté droit,avec flatulence et céphalalgie revenant chaque jour; les sellessont assez régulières ; rien à signaler dans l'analyse des urines.Des bourrelets hém'orrhoïdaux apparaissent tous les 2 ou 3mois.Le foie dans son diamètre vertical mesure 6 centimètres 50.


OBSERVATIONS.ngLes purgatifs, les alcalins, le bromure de potassium ont étéprescrits, et n'ont amené que des soulagements momentanés.Le traitement thermal (Hôpital et Grande-Grille 75 verres,10 bains, 12 douches,) s'est fait régulièrement sans incident.Dès le 8 juillet, le foie mesurait 9 centimètres ; les percussionsdes 26 et 28 juillet donnent 10 centimètres. M. P...quitteVichy avec une grande amélioration et un poids égal à celuinoté le jour de son arrivé (93 kilog.)CINQUANTE-TROISIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatulente. — Nevropathie générale.M. V..., capitaine en retraite, 59 ans, constitution robuste,tempérament sanguin, né d'une mère asthmatique, a été atteintde fièvres intermittentes en Algérie dans les années 1851 et1852. Il dit souffrir depuis dix ans de digestions pénibles accompagnéesde flatulencesconsidérables, de douleurs générales àsièges variables et d'excitation nerveuse très-pénible. Lesselles sont régulières; les urines présentent souvent un dépôtde sable urique. Notre malade se plaint en outre d'un affaiblissementde la vision.Le sommeil est souvent troublé par des quintes de toux, etcependant l'auscultation ne révèle aucune lésion thoracique.L'examen de l'arrière-gorge fait reconnaître la présence de granulationsnombreuses et irritées.Notre première visite (22 juillet 1878) nous fait constaterune diminution du volume du foie, qui ne mesure que 5 cent.dans son diamètre vertical.Pas d'incident au cours du traitement (78 verres sourceHôpital, 22 bains, 7 douches, gargarismes au puits Chomel).L'amélioration résultant de cette cure est des plus notables, lésfonctions digestives se sont rétablies, les douleurs et excitations


120 DE LA DYSPEPSIE.disparaissent, la vision reprend son acuité. La toux nocturnes'est amendée.Progressivement aussi, le foie a repris son volume normal.Nos mensurations donnent : le 7 août, 6 cent. 50; le 14 août8 cent., le 21 août, 9 centimètres.Le poids du corps a diminué (84 kilog. — 82 kilog. 700). •Dyspepsie flatulente.CINQUANTE-QUATRIÈME OBSERVATIONM. M..., notaire, âgé de 41 ans, constitution bonne, tempéramentnervoso-Iymphatique, arrive à Vichy le 25 juin 1878.Sa mère a été dyspeptique pendant 40 ans. Son père jouissaitd'une parfaite santé. Une de ses sœurs souffre aussi de troublesde la digestion.Attribuant à des préoccupations, à des chagrins, au travail debureau, l'état maladif dans lequel il se trouve depuis huit ans,il se plaint surtout d'une perte presque complète de l'appétit*il dit avoir la langue souvent saburrale. Après chaque repas,survient de la gêne, de la tension, du gonflement à l'épigastreet dans l'abdomen, la tête se congestionne, des renvois fréquentsse produisent et des gaz roulants déterminent de l'anxiété. Laconstipation est opiniâtre.La mensuration du foie nous donne 6 centimètres, diamètrevertical.Sauf une légère excitation paraissant résulter de l'état orageuxde l'atmosphère, aucun trouble ne vient entraver l'améliorationprogressive qui se produit pendant tetraitement.Le 2 juillet, nous trouvons au foie un diamètre vertical de 7centimètres et le 8 juillet, nous constatons 8 cent. 1J2.A cette époque, M. M..., rappelé par des affaires urgentes,


OBSERVATIONS.i 2Iinterrompt sa cure (45 verres, 10 bains) avec promesse deretour.Nous le revoyons en effet teI er septembre, dans un état trèssatisfaisant,les digestions ont été bonnes, les selles régulières etle foie mesure 9 cent. i|z. Après quelques jours de traitement,M. M... se voit forcé, par ses affaires et à notre grand regret, àune nouvelle interruption de cure.CINQUANTE-CINQUIÈMEOBSERVATIONDyspepsie flatulente. — Hypochondrie.M. C, officier d'administration, 47 ans, constitution bonne,tempérament sanguin, attribue à des excès de travail la maladiepour laquelle il vient faire une première cure à Vichy, le 1 er août1878. Depuis huit ans, ses digestions sont mauvaises, l'appétitest capricieux, la langue saburrale. Après l'ingestion desaliments, il y a des renvois acides, des bâillements et une pesanteurconsidérable à la région épigastrique; plus tard, des gazintestinaux ballonnent le ventre.Des bourrelets hémorrhoïdaux apparaissent fréquemment. M.C... ressent après la marche une fatigue considérable et desdouleurs dans les articulations, il est triste et se préoccupe vivementde sa maladie. Des médications variées ont été inutilementemployées, le bicarbonate de soude, la pepsine, le quinquina,l'huile de foie de morue, les douches, l'eau de Vichy transportéeont bien peu modifié son état de souffrance.Diamètre vertical du foie: 6 cent 1 [2.Trente jours de traitement pendant lesquels M. C... prend43verres Hôpital, 33 verres Grande-Grille, 17 bains, 12 douches.Des vomissements survenus le 2 5 août forment le seul incidentde la cure. Grande amélioration.


122 DE LA DYSPEPSIE.Mensuration du foie: le 13 août, 8 centimètres; le 30 août,9 centimètres.Le poids du corps a augmenté d'un kilog. (76 kilog. 200,77 kilog. 200)CINQUANTE-SIXIÈMEOBSERVATIONDyspepsie flatulente.Service de M. le Docteur Derazey.S..., brigadierde gendarmerie, 39 ans, constitution robuste,tempérament sanguin, rapporte que sa mère était atteinte dediabète. Il a été atteint en 1857 d'une fluxion de poitrine, en1859 de fièvres intermittentes et de jaunisse, en 1863, auMexique, de nyctalopie. Pendant 12 ans, il a séjourné dans lespays chauds: Algérie 7 ans, Mexique 5 ans. Il fait remonter à19 ans l'invasion de la maladie qu'il vient traiter à Vichy. En1874 et 1875 il a fait usage des eaux thermales et à cetteépoque, en outre des troubles digestifs, il souffrait d'unediarrhée chronique.Ce malade entre à l'hôpital le 2 mai 1878. L'appétit, dit-il,est presque maintenu, cependant la langue est souvent blanche,les digestions sont lentes, parfois douloureuses, toujours avecpesanteurs, ballonnement, gaz intestinaux et sensations douloureusesdans l'abdomen. La constipation est fréquente; les urinescontiennent quelques oxalates. La palpation détermine unedouleur assez vive dans la fosse iliaque droite où l'on perçoit unetuméfaction légèrement indurée.La mensuration du foie donne au diamètre vertical 6 cent. i|2.La rate est normale.Dès le début de la cure, se produisent des picotements ducôté du foie, une légère excitation et un peu d'injection desconjonctives.


OBSERVATIONS. 12377 verres source Grande-Grille, 14 verres source Hôpital, 23bains et 6 douches ont été pris dans le mois de mai.Une grande amélioration est constatée. Elle a suivi l'augmentationprogressive du volume du foie qui, au 16 mai, mesurait 9cent, et 10 cent, au 29 mai.CINQUANTE-SEPTIÈME OBSERVATIONDyspepsie flatu lente.Service de M. le Docteur Mourlon.M. S..., officier d'infanterie, 51 ans, constitution bonne,tempérament sanguin, sans antécédent de famille et sansmaladie antérieure, est atteint de dyspepsie depuis quatre ans.Le début de l'affection a été brusque; en 1874, sans causeconnue, apparaît une douleur gastralgique violente, sans vomissement,qui dure toute la nuit.Depuis cette époque, les digestions sont laborieuses, elless'accompagnent de douleurs épigastriques, de renvoi s fréquents,de flatulences, avec sensation de contractions aux tempes. Cemalade, entré à l'hôpital le I er juillet, présente à l'examen unfoie diminué de volume, mesurant 7 centimètres.Dès le début du traitement, l'amélioration se manifeste parune durée moindre des troubles dyspeptiques, lesquels vontgraduellement s'amendant et disparaissant.Le 14 juillet, le foie mesure 8 centimètres ; à la fin de la cure,son diamètre vertical est de 9 centimètres.M. S... quitte Vichy après avoir pris 89 verres (sourceHôpital), 18 bains, 11 douches, avec une amélioration considérable,mais une perte assez notable dans le poids du corps,68 kilog. 700, 63 kilog.


I2 4DE LA DYSPEPSIE.CINQUANTE-HUITIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente et vomitante.M. G..., commis principal, 45 ans, tempérament sanguin,constitution bonne, habite l'Algérie depuis son enfance.Son père très-nerveux et très-impressionnable, souffre d'accidentsherpétiques ; un travail assidu de bureau est le seul excèssignalé.La dyspepsie a débuté il y a cinq ans, elle est plus accentuéependant l'été et a déterminé l'envoi à Vichy de M. G. en 1874.Pendant un an, après cette cure, une grande amélioration aexisté, mais peu à peu les troubles de la digestion ont reparu.Appétit nul, dégoût pour tous tesaliments, pesanteur d'estomac,éructations, nausées, parfois vomissements d'aliments,congestion vers la tête, somnolence.Au mois d'août 1877, nous observons ce malade dans notreservice. L'artère radiale donne 56 pulsations; hauteur verticaledu foie 7 centimètres, léger engorgement de la rate.L'eau est bien supportée, elle amène une amélioration qui setraduit par une augmentation du volume du foie constatée le 14août à 8 centimètres 1 [2.Traitement : 68 verres, source Hôpital, i6bains et 9 douches ;grande amélioration ; je ne retrouve pas les dimensions du foieau moment de sa sortie de l'Hôpital.CINQUANTE-NEUVIÈME OBSERVATION.Dyspepsie flatulente et vomitante.M. A. C..., industriel, résidant dans un département dunord-est de la France, âgé de 38 ans, marié, tempérament lymphatico-nerveux,constitution bonne, nous dit que sa mère aété atteinte d'accidents goutteux.


OBSERVATIONS. 12$A l'âge de dix-huit ans, il a souffert d'une dyspepsie gastralgiquedont les crises ont, depuis, reparu à fréquents intervalleset dont la dernière remonte à environ un mois. De plus, il aété traité en 1866 pour un rhumatisme articulaire aiguë généra-\isé.râ!i..-$ao'i ,or-vx. ..,:. Diapd i ''Itiî ïs^'tttoj&a-jis ,JNous n'avons à signaler aucun excès comme cause de la maladie.5"> 0 V.t\%.y4i,et 1 ii r .'i&Sù;•.': . ;:itlq \ru \i ,££ 'iJLe 6 août 1876, M. C. est venu se traiter à Vichy et présente,à notre examen, l'état suivant : amaigrissement, sécheresse etteinte foncée de la peau, pouls normal, appétit persistant, digestionstroublées, lourdes, flatulentes ; quelques Vomissementsde temps à autre; constipation ordinaire.'''^Và*?Le moral de ce malade, doué d'une énergique volonté, a étéébranlé par le chagrin et par cet état dyspeptique qui duredepuis vingt années, tab-fH,. #B*$ii*l«{. *aitnaffilto-l-ïi.Le foie est d'un volume anôWnal"•(7>centili8B^,Wântëtrevertical). Aucune douleur n'est Ûètermméefâpih'p'ÊfjMtïon desdivers points de l'abdomen. '-"«k ei m*;^*} 'WÂ ^«fli-e^J-w'ôlAnalyse de l'urine : claire, coloration normale, réaction trèsacide,densité 1,032 ; aucune réaction, ni par la chaleur, ni parl'acide nitrique, ni par la liqueur cupro-potassique; • *•»'» < *Prescription : un verre, source HÔrJitàlj : le premier jour, unverre et demi le deuxième jour, deûX : verres le troisième 1 , baintiède de 30 minutes, demi-minéralisé, chaque jour.• Le 10, état général satisfaisant, -digestions plus faciles, sansflatulence ni vomissement, une selle naturelle (3 verres, sourceHôpital, cinquième'bain).Le 14, même situation, légère douleur ressentie dans la régiondu foie (2 verres Hôpital, 2 verres "Grande-Grille, neuvièmebain). - m:iô ^ :-ul1Le 18, légères coliques, deux selles demi-liquides. Diamètrevertical du foie augmenté d'un centimètre (un verre et demiHôpital, un verre et demi Grande-Grille, treizième bain). ;


126 DE LA DYSPEPSIE.Le 20, quatre selles liquides ; fatigue générale, coliques etdiarrhée (eau minérale suspendue) potion avec cachou et siropdiacode à prendre par cuillerées toutes les deux heures, régimesévère.Le 21, coliques et selles liquides ont cessé, l'état généralredevient bon (un verre Hôpital, un verre Grande-Grille), w*.Le 2 3, mieux plus accentué, les aliments ont été repris enquantité ordinaire, les digestions sont encore un peu lourdes etflatutentes, une selle normale (un verre et demi Hôpital, unverre et demi Grande-Grille, dix-neuvième bain). •>•. «t 1 M„| =JLe 2 5, bon état, une légère douleur se fait sentir de temps àautre du côté gauche.au-dessous,du.tétonj hauteur du foie:8 centimètres i J2.Le malade qui a pris 20. bains, quitte la station thermale.Je lui recommande défaire vers la fin de novembre, une petitecure supplémentaire avec dix bouteilles d'eau transportée(source Hauterive) prises en vingt jours et avec un bain alcalintous les trois jours pendant la durée de ce traitement. f£4ÙbLes accidents dyspeptiques se sont montrés rarement etamoindris depuis le d,ép.ar.tjeVieh^flùagotr^ jnaladft reytent le25 juin 1877.nuVpilà ce qu'il présente à notre observation : faciès bon,embonpoint relatif, régularisation des digesïiqns;,,Volume dufoie: diamètre vertical 9 centimètres..; Prescription : un .verre, puis un verre et demi ^ource Hôpital,bain minéral alternant avec douche tiède minéralisée déçoisminutes insistée sur te tronc et sur le flanc droit. , v- -, ., Tout va bien jusqu'au i er juillet: à cette date la diarrhéeapparaît, dure deux jours et cède à quelques prises de sous-njtratede bismuth.s L'eau de boisson, à la Grande-Grille seulement, a été prescriteaux doses progressivement croissantes de un demi-vetre,un verre, jusqu'à trois verres.


OBSERVATIONS. 127La mensuration du foie, faite le 8, ne me donne plus que8 centimètres.A partir de ce moment l'état général s'améliore rapidementet les digestions deviennent parfaites.M. C. quitte Vichy le 13 juillet après avoir pris vingt bainset huit douches.Grande amélioration, si ce n'est guérison.Le foie mesure dans son diamètre vertical 11 centimètres.SOIXANTIÈME OBSERVATIONDyspepsie, vomitante.Service de M. le Docteur Mourlon.M. D..., capitaine d'infanterie, 37 ans, bonne constitution,tempérament nerveux, sans antécédent de famille, n'a éprouvéd'autre malaise que des douleurs rhumatoïdes et des battementsdu cœur sans lésion de l'organe. .,,.Depuis 1865, sans cause connue, il a de fréquentes pituiteset des vomissements immédiatement après tesrepas. L'appétitest presque nul, et souvent les urines ont un dépôt de sableurique. „„Cet officier entre à l'hôpital le i er août 1878. Son examenfait constater la présence de granulations dans le pharynx etune diminution du volume du foie, avec un diamètre vertical de7 centimètres. ,La cure (source Hôpital, 61 verres, 18 bains, 9 douches) n'aprésenté aucun incident. Pituite et vomissements ont diminué,puis disparu. Le 25 du mois d'août, le foie mesure 8 centimètres.A la fin du mois, M. D....quitte Vichy avec un congé deconvalescence, le poids du corps a perdu un demi-kilog.(60 kilog. 500, 60 kilog).


128 DE LA DYSPEPSIE.SOIXANTE-UNIÈME OBSERVATIONDyspepsie vomitante.Service de M. le Docteur Derazey.M. N..., soldat d'infanterie, 23 ans, constitution affaiblie,tempérament nerveux, sans antécédent de famille, a été atteintà l'âge de 15 ans de fièvresintermittentes dont les accès violentsse sont reproduits longtemps.Depuis cette époque, l'appétit est resté faible, la langue estpresque constamment chargée, les digestions, très-longues,s'accompagnent de pesanteurs et de douleurs épigastriques. Desvomissements alimentaires se produisent presque après chaquerepas.Le jour de son entrée à l'hôpital (6 mai 1878), on constatede l'amaigrissement, une teinte terreuse, cachectique de la peau,un état de fatigue musculaire et de tristesse profondes.Le foie, diminué de volume, mesure 6 centimètres ; la rate estnormale. Pendant la durée du traitement, qui s'est terminé le 31mai, on note une légère excitation dès le début, mais bientôttous les symptômes sont amendés, et les vomissements ont cessé.Ces phénomènes se reproduisent cependant pendant deux jours,22 et 23 mai, mais ils ont complètement disparu depuis.La cure s'est composée de: 59 verres source Hôpital, 33verres source Lardy et 24 bains.Dès le 17, le foie mesuré donne 9 cent., le même diamètre estconstaté le 28.SOIXANTE-DEUXIÈME OBSERVATIONDyspepsie vomitante. "*M. S..., 37-ans, administrateur des colonies, constitutionbonne, tempérament nervoso-bilieux, habite depuis 14 ans laCochinchine. Aucun antécédent à noter; aucune maladie n'a


OBSERVATIONS. 129précédé les accidents dyspeptiques qui remontent à 12 ans etqui ont déjà nécessité la cure de Vichy en 1869 et 1874.Ce malade caractérise son affection disant : Œ qu'il est atteintd'une indigestion perpétuelle, avec vomissements survenantaprès chaque repas. »Nous le voyons le 16 août 1878, et nous constatons unediminution du volume du foie (8 centimètres). L'analyse desurines ne décèle rien.Les sources Hôpital et Grande-Grille sont prescrites à dosesprogressivement augmentantes jusqu'à trois verres. Le 28 août,M. S... éprouve une sensation de tension et pesanteur dans larégion hépatique « le foie est travaillé,J> dit-il. Le 2 septembre,apparaît une légère excitation, avec sentiment de fatigue.Du reste, et dès le commencement de la cure, les digestionsdeviennent meilleures, l'appétit renaît et les vomissementscessent. Notre malade quitte Vichy le 10 septembre avec améliorationnotable; le foie mesure alors 9 centimètres.Le poids du corps, à 200 grammes près, est resté le même(65 kilog. 200, 65 kilog.)SOIXANTE-TROISIÈME OBSERVATIONDyspepsie vomitante.M. G..., charron, âgé de 57 ans, tempérament nervoso-bilieux,constitution affaiblie, père de quatre enfants qui seportent bien, fait remonter à douze années l'invasion destroubles dyspeptiques pour lesquels il vient faire un traitementà Vichy, le 23 juin 1877. Au début delà maladie: inappétence,flatulences et nausées; plus tard, vomissements alimentairesfréquents peu de temps après les repas, constipation.Amaigrissement, teinte générale jaunâtre; ventre aplati, veinesabdominales saillantes, varices à la cuisse gauche, tuméfaction9


130 DE LA DYSPEPSIE.non indurée à la région épigastrique gauche, paraissant avoirson siège vers le grand cul-de-sac stomacal. Volume du foie :diamètre vertical, 6 centimètres ; la matité commence à 6 centimètresau-dessous du téton droit. Urines analysées le 24juillet: claires, ambrées, sans dépôt, acides,densité 1024, setroublent par la chaleur, redeviennent claires par l'acidenitrique ; la liqueur cupro-potassique y détermine un précipitéverdâtre. Ce malade fait une cure insuffisante; jusqu'au 12juillet, il a pris 13 bains, 7 douches et en moyenne 2 verres dela source Hôpital, par jour.La digestion se fait mieux ; plus de vomissements ; les veinessaillantes de l'abdomen ont disparu, la tuméfaction épigastriqueest à peine sensible. Le foie donne, dans sa mensuration verticale,8 cent. i[2; la matité commence à 5 centimètres 1 {2 dutéton droit, l'augmentation du volume s'est faite surtout à lapartie inférieure. - i>."taoiuoî"1 ASOIXANTE-QUATRIÈMEDyspepsie vomitante.OBSERVATIONM. T..., propriétaire, résidant dans le département desBasses-Alpes, a fait déjà une cure à Vichy en 1876 et est revenu,le 22 juin 1877, pour faire usage des eaux. Le 9 juillet, il vientréclamer mes conseils.Le malade est âgé de 50 ans, d'un tempérament nervosobilieux,et d'une constitution affaiblie.Depuis vingt ans, il souffre de dyspepsie et les vomissementssont devenus très-fréquents depuis deux années. Notons lecommémoratif d'une coxalgie dans son jeune âge. wazNous le trouvons amaigri, découragé, très-préoccupé de sonétat maladif, dont les symptômes sont ceux de la dyspepsievomitante. Les veines abdominales sont dilatées ; le foie mesure


OBSERVATIONS. 131à peine 5 centimètres; urines ordinaires, réaction acide, densité1,030; rien par la chaleur; l'acide nitrique détermine unelégère effervescence, fréquente chez les personnes qui ont déjàbu de l'eau minérale; rien par la liqueur cupro-potassique.Diminution graduelle des phénomènes morbides jusqu'au 2 5juillet, époque du départ de M. T..., dont le foie mesure alors7 centimètres t.|a.L'augmentation a été de 2 cent ijj.Dyspepsie vomitante.SOIXANTE-CINQUIÈME OBSERVATIONM, B..., lieutenant de vaisseau, 35 ans, tempéramentsanguin, constitution bonne, sans antécédents de famille, atoujours souffert de l'estomac.A l'âge de quinze ans,il a été atteint d'hépatite aiguë, à lasuite de laquelle les troubles digestifs ont été fréquents.Il a contracté au Mexique, en 1863-64, des fièvres intermittenteset un engorgement considérable du foie. A la suite de cesaffections, la dyspepsie a fait de nouveaux progrès.Une cure à Vichy, en 1867, a produit une améliorationmomentanée ; mais, l'année suivante, ayant de nouveau contractéla fièvre intermittente en Corse; en 1872, ayant subi aux Antillesune nouvelle atteinte de fièvre paludéenne, M. B... a vu testroubles de l'estomac se développer et persister jusqu'au momentde son arrivée à l'Hôpital de Vichy (juillet 1877).•• L'appétit est nul, tous les matins, se reproduisent des vomissementsde matières glaireuses; après chaque repas, pesanteurd'estomac, éructations acides, vomissements fréquents, diarrhée,fatigue et somnolence. Le foie mesure 8 centimètres, légèrehypertrophie de la rate.


I32 DE LA DYSPEPSIE.Sous l'influence du traitement (41 verres Hôpital, 40 verresGrande-Grille, 18 bains, 11 douches) les phénomènes dyspeptiquesont graduellement disparu, les selles sont devenuesrégulières, le foie a augmenté de volume et mesure 9 centimètres1J2.SOIXANTE-SIXIÈME OBSERVATIONDyspepsie vomitante.M. R..., officier des bureaux de l'Intendance, 3 5 ans, tempéramentbilioso-sanguin, constitution bonne, entre à l'hôpital deVichy le I er septembre 1877.Cet officier, qui n'a jamais été malade jusqu'à l'apparition dela dyspepsie vomitante pour laquelle il a été envoyé aux eanx,n'accuse, ni du côté de ses parents, ni du côté de ses habitudes,de causes appréciables de sa maladie.En 1871, le malade a eu d'abord des aigreurs, puis deséructations acides, puis des vomissements.Les premiers symptômes se sont produits pendant environdeux ans, les seconds ont eu une durée d'une année, et enfintes vomissements, rares au début, se sont montrés presque aprèschaque repas.Un séjour de cinq années en Algérie n'a fait qu'aggraver cetétat dyspeptique. Cependant l'appétit s'est conservé, les sellessont restées régulières. A son arrivée, nous constatons un poulslent, à 5 2, et un foie diminué de volume, ne mesurant que 7centimètres de hauteur.Le traitement a consisté en 80 verres de la source Hôpital, 15bains et 12 douches. -,»L'état général s'est graduellement amélioré, les vomissementsont disparu, le foie mesurait, au 16 septembre, 8 centimètresi|2 de hauteur, et te 23 septembre, 10 centimètres i|2.


OBSERVATIONS.'35Dyspepsie vomitante.SOIXANTE-SEPTIÈME OBSERVATIONM. D..., lieutenant de mobile, 29ans, tempérament sanguin,constitution bonne, ne présente pas d'antécédents du côté deses parents.De légers excès de tabac et de boissons alcooliques sont tesseuls signalés.En 1869,il a été atteint d'un rhumatisme articulaire généraliséqui a duré quatre mois et s'est reproduit à la suite de lacampagne de 1870-1871.En outre, il a eu une variole suivie de diarrhée chronique.En 1874, fièvre continue qui a duré environ vingt jours, à lasuite de laquelle ont apparu les symptômes dyspeptiques. Inappétence,pesanteur, à jeun, au creux de l'estomac, somnolenceaprès le repas, nausées fréquentes, vomissements rares, telssont les troubles ressentis.Une première saison à Vichy a été faite en 1876, et a produitune amélioration signalée par la disparition, pendant cinq mois,des symptômes dyspeptiques et par l'augmentation du volumedu foie qui, au premier jour de la cure, mesurait 6 cent. I|J, et8 cent, à la fin du traitement.Au mois de mai 1877, nouvelle atteinte rhumatismale etréapparition des digestions mauvaises; retour à Vichy au moisde juillet; hauteur du foie : 5 cent. 112. Traitement: 67 verressource Hôpital, 17 bains, 12 douches; amélioration: hauteurdu foie, 8 centimètres 1 [ 2.


«34DE LA DYSPEPSIE.Dyspepsie vomitante.SOIXANTE-HUITIÈME OBSERVATION.M. B..., capitaine en retraite, 58 ans, tempérament nervosobilieux,porte sur sa face amaigrie et terreuse, le cachet de ladyspepsie avec diminution du volume du foie.Pas d'antécédents héréditaires, pas de maladies antérieures.Le début de l'affection remonte à 15 ans; if a été brusque,signalé par des douleurs épigastriques violentes, par des vomissementsalimentaires et glaireux. Ces symptômes reparaissaienttous les jours, avec régularité, vers cinq heures du soir, et irrégulièrementle matin.Les médications les plus variées n'ont en rien modifié cetétat. •~ f- .M. B. accuse, en outre, une douleur fixe au niveau de laclavicule droite, douleur exaspérée par la pression et parfoisassez vive pour empêcher le sommeil.Il commence sa cure thermale le I er août 1877. Le foiemesure alors 5 centimètres dans son diamètre vertical.Dès le début, l'eau minérale, bien supportée, produit uneamélioration notable. Au quatorzième jour, la douleur de l'épaulese montre avec une acuité qui nécessite une injection de morphine.Les vomissements ont disparu ; les mensurations successivesdu foie donnent: le 7, 5 centimètres ijî, le 11, 8 centimètres,le 29, 11 centimètres.SOIXANTE-NEUVIÈME OBSERVATION.Dyspepsie vomitante.M. G..., employé aux affaires indigènes de Cochinchine, 29ans, tempérament sanguin, constitution bonne, séjourne depuisplus de huit années dans la colonie.


OBSERVATIONS. 135Il n'a jamais été malade en France, mais il a été atteint, enÇochinchine, d'une insolation qui a nécessité trente jours detraitement à l'hôpital ; de diarrhée légère et de fièvre intermittente,dont les accès sont revenus pendant six mois.La dyspepsie a commencé en 1875 par des pesanteurs d'estomac,des éructations, quelques vomissements et de la constipation.Ces symptômes ont augmenté de violence progressivementet sont très-accentués, lorsqu'en septembre 1877, M. C. entre àl'hôpital thermal de Vichy.Nous mesurons, te 1 er septembre, le foie qui nous donnehauteur verticale 5 centimètres 1 [2 et nous constatons un légerengorgement de la rate.L'état du malade est de beaucoup meilleur, lorsque le 17septembre nous trouvons au foie une hauteur de 9 centimètres,et l'amélioration est des plus considérable le 27, alors que lefoie mesure 10 centimètres.La cure s'est composée de 80 verres, source Hôpital, 16bains et 11 douches.SOIXANTE-DIXIÈMEOBSERVATION.Dyspepsie vomitante.Service de M. le docteur Mourlon-M. R..., officier de cavalerie, 43 ans, constitution bonne,tempérament sanguin, a subi les fatigues de l'expédition duMexique.Dans cette contrée, il a éprouvé des douleurs hépatiquessuivies de vomissements et accompagnées d'une constipationopiniâtre. Dès lors, les troubles dyspeptiques ont été permanentset les vomissements se sont produits après chacun des repasjusqu'en 1877. Un premier traitement a été fait à l'hôpital de


136 DE LA DYSPEPSIE.Vichy l'année dernière et, au début de cette première saison, lefoie mesurait 7 centimètres.Le résultat de l'usage des eaux en 1877 a été l'améliorationet une augmentation du volume du foie égale à 4 centimètres.M. R. revient à Vichy le premier août 1878; il se plaint encorede quelques pesanteurs d'estomac à la suite des repas. Lesvomissements sont devenus rares ; il reste encore une constipationhabituelle.La percussion du foie fait constater un diamètre vertical de 9centimètres.Après un traitement de 30 jours, pendant lequel ont été pris38 verres source Hôpital, 36 verres source Célestins, 18 bainset 11 douches, tous les symptômes dyspeptiques ont disparu.Une seule fois, dans les premiers jours de la cure, le vomissements'est produit après le repas du soir.Le 26 août le foie mesure 10 centimètres.Perte de 2 kilog. dans le poids total du corps (74 kilog.72 kilog.)Avec ces soixante-dix premières observations détaillées,nous croyons avoir suffisamment indiqué lamanière dont elles sont toutes prises et nous résumonsdans le tableau ci-après les soixante-dix qui complètentnotre nombre de cent quarante.Des difficultés typographiques nous empêchent dejoindre à ce tableau les colonnes relatives aux traitementsantérieurs, à l'analyse des urines, aux complicationset au poids des malades.


OBSERVATIONS.I37ABRÉVIATIONS DU TABLEAU.TEMPÉRAMENT: S. Sanguin. — N. Nerveux. — B. Bilieux. —L. Lymphatique.CONSTITUTION: B. Bonne. — F. Forte. — A. Affaiblie.ANTÉCÉDENTS DE FAMILLE: Grav. Gravelle. — Rhum. Rhumatisme.— Hép. Hépatite. — Asth. Asthmatique. — Dysp.Dyspeptique.MALADIES ANTÉRIEURES : F. Fièvre. — Int. Intermittente. —Dys. Dyssenterie. — Rhum. Rhumatisme. — C. hépatiques.Crises hépatiques. — Chol. Choléra.CAUSES PRÉSUMÉES: V. séd. Vie sédentaire. — Aie. Alcool.—Alg. Algérie. — Mex. Mexique. — Herp. Herpétisme. —Arthrit. Arthritisme.— Héréd. Hérédité.FORMES: F. Flatulente. — V se Vertigineuse. — G. Gastralgique.V te Vomitante.— B. Bilieuse.— C. Céphalique.— A. Acide.POULS: R. Régulier. — L. Lent. — N. Nerveux. — F. Faible.I. Irrégulier.RÉSULTAT: G. A. Grande amélioration.— A. Amélioration.—L. A. Légère amélioration.INCIDENTS: EXC. Excitation. — Céph. Céphalalgie.MÉDECIN TRAITANT: B. Bintot. — M. Mourlon. — D. Derazey.


i 3 8 DE LA DYSPEPSIE.;7•St4 OT3oS5PEOFESSIONOUCORPS.p.aàoD"^ao OANTÉCÉDENTSDE FAMILLE.Père. Mère.MALADIES CAUSESANTÉEIEUBES. PRÉSUMÉES.71727374757677787980818283848586 Cap. infant8788899091929394 Adm.9596Interpr. retr...Capit. infant..On. sup. caval.Off. administs.Capit. caval...marine.Capit. infant..Capit. retraité.97 S.-lntendant..98 Capit. caval...99 Sapit. infant..100 3ap. tr. équip.101 Dff. mar. retr.102 3apit. infant..103 3ft. sup. retr..104105 3ff. recrut....106 japit. infant..1071081091101111121131141151164647635249Capit. caval... 45Soldat retraité. 61Soldat infant.. 24Off. sup. infant. 54Capit. retraité.S.-off. a-end...Capit. douane.Capit. caval...Off. sup. retr..Cap. infant...ReligieusendustrielRentière(Vgent d'affair.Domptable ....Off. sup. caval.46374844635045562555364043464642525243424058475642554758624542635034655941N. BN. L.S.N. L.N.B.N.L. N.N.N. L.N.N. L.N.B.N.B.S.B.L. N.N. L.N.N. S.N. L.N.N. L.S.N.S.N.S.N.B.S.S.S.N. S.N. L.S.N.B.s.S. N.3. N.N.B.N. L.N.B.N. L.N.B.S.N. L.N.B.N. S.B.B.B.B.B.A.A.B.F.A.F.B.B.B.B.B.B.A.B.A.B.A.F.B.F.A.A.F.F.B.B.B.B.B.B.B.B.A.A.A.B.B.B.F.B.B.»»Grav.»Rhum.»Rhum.»Hép.»Goutte.»y>»Grav.»Rhum.Asthm.»»»»Rhum.»•»»Hép.Herp.»Dysp.»Rhum.Parai.»»»»Goutte.»»* 1C. hépatiques.Fièvre typhoïde.»Fièvre interm.Ictère.Fièvre interm.Rhumatisme!Fièvre interm.»F. interm. chol.Fièvre interm.Fièvre interm.Fièvre interm.Dys. Rhum. F. int.Fièvre typhoïde.Ictère.Fièvre interm.Rhumatisme.Dyssenferie.Tœnia.Rhumatisme.,»Herpétisme.Spermatorrhée.Ictère.Dyss. F. int. Sénég.Dys. F. interm.»•hFièvre bilieuse.Fièvre interm.Fièvre interm.Gravelle.»Névralgie.»Herpétisme.Eczéma.Emphysème.Fièvre interm.»Pertes séminales.Ictère.Dyssenterie.Chagrin.Ictère.Vie sédent.Vie sédent.F. int.Ictère.F. int.Rhum.F. int.Mauv.dent.Fatigue.Chagrin.F. int.F. int.F. int.F. int.Algérie.Ictère.F. int.Rhum.Dys.Alg. v. séd.Siège Metz.Colonies.Herp.Sperm.Algérie.F. int.F. int.Herp.Colonies.Algérie.F. int.F. int.Vie sédent.Algérie.Vie sédent.Chagrin.Herp.Herp.Héréd.Arthrit.Préoccup.Préoccup.Vie sédent.Dys.


OBSERVATIONS. I}9i•a0'•aoZ—717273747576777879808182838485868788899091929394959697989910010110210310410510610710810911CUI112113lit11Elit03-S150aC315102078181611814512841411-.728517108666222512812159215614157101215125410euaEoG.F.F.C.G.F.F.F.C.G.G.yseF.F.F.F.F.F.F.G.F.B.F.F.F.yseC.F.F.F.F.F.F.G.F.F.F.F.F.G.F.G.F.yseF.F.>r,3oL.F.K.N.B.B.E.E.E.E.E.E.60E.E.L.60E.E.E.E.E.L.8072E.E.E.E.L.E.L.E.E.E.E.E.E.E.N.I.R-E.E.E.E.VOLUMEDU FOIE+J aiai a366.566674.577877786.57.5785.56.585.586.Ô7.56777.57.56.57.56677767775776.56.5898.59989991011899109.59.5119.58.699.5910.512108.5109.598.510.59.57997.58.5888.5798.68.68.75TRAITEMENT^3666462605810310010096101103628258797160667640425683798570805370-8448807066587848374742384067584548'Àa'Sm2016181412182414212151713141717132017172027181715161817191619171614231896201941421131813o3Oa»989»10231410271311131111115» 811»»111114986412»1297» 98»y>»» 6» 4» 5 aS S09 "SiA.A.A.G.A.G.A.G.A.L.A.A.A.G.A.G.A.A.G.A.G.A.A.G.A.A.A.A.A.A.G.A.A.G.A.A.A.G.A.A.G.A.G.A.G.A.G.A.G.A.A.A.G.A.L.A.L.A.A.A.A.A.G.A.G.A.G.A.G.A.INCIDENTSdeLA CUBE.»Lég. excit.Indigestion.»»»»»Diarrhée.»»Excitation.Laryngite.»»»Indigestion.»Crise Gast.»»Diarrhée.»Courb. lég.Cong. céph.»»Excitation.Céphalalgie.Eczéma.»Diarrhée.»»Diarrhée.»Bronchite.Bronchite.Indigestion.Diarrhée.»»»Indigestion.»Diarrhée.Observations.»»»»7f»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»)»»»»T»1»»»»»*»)»»C'o-a .-§1s"oZB.• B.B.B.B.M.D.D.B.D.D.B.B.B.B.B.B.D.B.B.B.B.B.B.D.B.B.D.B.B.B.B.B.B,B.B.B,B.B.B.B.B.B.B.B.B.


140 DE LA DYSPEPSIE.117 Off. administr.118 Off. marine ...119 Brig. gend120 Off. sup. génie.121 Empl.m re .ma ne122 S.-Off. caval..123 Capit. infant..124 Capit. infant..125 Off. sup. artill.126 Capit. infant..127 Inspect. douan.128 Capit. retraité.129 Capit. intant..130131132133134135136137138139140PEOFESSIONouCOEPS.Capit. retraité.Capit. infant..Recev. partie.IndustrielDomestique ...NégocianteRentièreRentièreOff. artillerie..Interpr. milit.Notairehn


OBSERVATIONS. 141g"S 0'•aSz117118119120121122123124125126127128129130131132m 1341351361371381139]140'S"ï5S-2,0OP-161531217692161016215886109181011124lee0A.F.;G.G..yseF.G.F.yteF.'F.F.F.B.F.F.,F.yteF.G.F.F.F.F.•r,~a0euE.E.E.B.L.E ;K.B.N.E.E.L.E.E.H.K.E.E.E.R.K.E.VOLUMEDU FOIE-—*-,,——siS. s«s cd67.56.587.57786777.56686.54.655.55.56864 5E. 1 5.59.58.5119.51012108.59.5Ç.599.758899.57987.57127.69.6TRAITEMENT=3716092646095657756754840744371754046424756744248'Àa'Sm181416231718152712181715152522161714141024151112,/:a,OQ108135»128»»4»14» 310» 10» 10t>9*J eu32II•3G.A.A.A.A.A.L.A.G.A.G.A.A.A.G.A.A.G.A.A.G.A.G.A.A.A.A.A.A.L.A.4 A.10 G.A.INCIDENTSdeLA CURE.»Diarrhée.»Diarrhée. »»Bronchite.Bronchite.ytBronchite.»»»Diarrhée.Erysipèle. »Hydroc.»Diarrhée.Observations.»»»a'3•S J2B ^5 eS-Sis"0z B.B.D.B.B.D.M.B.B.B.B.B.B.B.B.B.B.B.B.B.B.M.B.^de l'organe hépatique. Il est évident, que les phénomènesdyspeptiques vont s'effaçant avec le retour àl'état normal de la glande productrice de la bile.Il n'est pas douteux que la maladie n'est pas occasionnéepar une autre affection, car nous avonstoujours, avec le plus grand soin, recherché dans tousles autres appareils les lésions ou troubles qui pourraientêtre considérés comme cause de ces dyspepsies.En outre, comme chez beaucoup de nos malades, le


142 DE LA DYSPEPSIE.foie n'a manifesté directement aucun signe de maladielocale, nous nous croyons autorisé à dénommer dyspepsiesces états morbides.ANATOMIE.Aucune nécropsie ne nous a permis, jusqu'à ce jour,de soumettre à l'examen microscopique le tissu dufoie ainsi modifié. Nous nous bornerons donc à donnerquelques détails histologiques, empruntés surtout àl'ouvrage de MM. Cornil et Ranvier, afin d'expliquerquelques symptômes et d'appuyer les hypothèses quenous croyons pouvoir poser sur la nature de lamaladie.Le foie est composé de lobules dans lesquels lescellules hépatiques sont mises en rapport avec le sangde la veine-porte. Le lobule ou îlot-hépatique présenteune forme sphérique ou polygonale par pression réciproque.Ces lobules sont appendusaux divisions delàveine hépatique, comme des lobules glandulaires àleurs conduits excréteurs.Les lobules sont en contact les uns avec les autres,séparés seulement par les ramifications de la veineporte,des canaux biliaires et de l'artère hépatiqueinterlobulaire, accompagnés d'un peu de tissu corijonctif.Les vaisseaux biliaires naissent dans le lobule hépatiquepar un réseau de finscanalicules formant desmailles étroites et en contact avec toutes les celluleshépatiques.


ANATOMIE. 143Ces canalicules se jettent dans les conduits biliairesinterlobulaires et forment des troncs plus volumineuxqui accompagnent les branches de la veine-porte.Les deux principaux troncs s'unissent dans le sillontransverse du foie pour former le canal hépatique,lequel se continue, d'une part, dans le canal cholédoquejusqu'à la surface interne du duodénum et,d'autre part, dans le canal cystique jusqu'à la vésiculebiliaire.Tous ces canaux sont pourvus de petites glandessimples ou composées, constituées par des vésiculesarrondies ou allongées qui s'ouvrent dans le conduitbiliaire.Une partie des vaisseaux du foie forme le systèmede la veine-porte qui, prenant ses racines dans tousles viscères abdominaux servant à la digestion, arriveà la scissure transverse du foie et là se divise en deuxbranches, droite et gauche (veine-porte hépatique).L'artère hépatique, branche du tronc cceliaque,fournit la pylorique et la gastro-épiploïque.Les nerfs du foie viennent i° du système cérébrorachidien(pneumo-gastrique droit) ; 1° du systèmedes ganglions du plexus-hépatique émanant du plexussolaire.Ajoutons que les dernières recherches physiologiquestendent à établir les cellules hépatiques comme formantun appareil glycogénique et les voies biliaires commesécrétant seules la bile au moyen de leurs glandes.Les fonctions physiologiques du foie sont multipleset peuvent se résumer comme il suit :


•44 DE LA DYSPEPSIE.i° Formation du glycogène, lequel contribue aumaintien de la chaleur animale, à la nutrition du sanget des tissus et au développement des leucocytes.2° Métamorphose destructive des matières albuminoïdes,formation de l'urée et autres matières azotéesqui sont ultérieurement éliminées par les reins :ces phénomènes chimiques contribuant également àla production de la chaleur animale.3° Sécrétion de la bile qui est réabsorbée dans sa plusgrande partie ; qui, d'autre part, concourt à l'assimilationde la graisse et des peptones et dont une partieexcrémentielle vient au contact de l'intestin, en stimuleles mouvements péristaltiques et y prévient la putréfaction(Murchison).SYMPTOMES.Nous ne rappellerons pas ici les phénomènes énumérésdans notre travail sur les dyspepsies et qui serencontrent, presque tous, dans les divers cas relatés.Quelques-uns cependant doivent être particulièrementsignalés.Volume du foie. — Lorsque le foie a présenté undiamètre vertical inférieur à 8 centimètres 1/2, nousavons admis la diminution du volume normal et nousavons constaté les troubles résultant, pour la digestion,de cette altération de l'organe.Cette constatation basée sur les données te nostableaux de mensuration enlève beaucoup de sa valeur,


SYMPTOMES. 145disons-le en passant, à la proposition de Scemmëring :quo sanior homo eo minus ejus hepar est.L'ordre de fréquence dans lequel se trouvent cesdiminutions est relaté au tableau de la page 5?, danslequel nous trouvons :Diminution de volume de 0,07 quarante-une fois,de 0,06 vingt-huit fois, de o,o65 dix-neuf fois, de0,075 seize fois, de 0,08 quatorze fois, de o,o5,5 dixfois, de o,o5 neuf fois, de 0,045 trois fois.Pouls. — Dans vingt-deux cas, nous-avons noté unralentissement dans les battements de la radiale quine donnait plus que de 52 pulsations (minimum) à 62(maximum).Faciès. — Chez les malades atteints depuis longtempsde troubles dyspeptiques arrivés à une intensitéconsidérable, nous rencontrons un faciès que nouspouvons nommer caractéristique-, tant à cause del'amaigrissement et des rides profondes du visage,qu'à raison de la teinte pâle, sale, ferreuse que présentela peau de la face.Flatulences. — A l'occasion de ces productionsgazeuses si fréquentes chez nos dyspeptiques, nousdevons remarquer que, chez ceux-là surtout qui fontl'objet de notre étude, nous rencontrons cette sensationde gaz roulant dans l'intestin, provoquant desmalaises qui vont jusqu'à la dyspnée et l'anxiété, etcela, non parce que le ballonnement du ventre estconsidérable, mais parce que ces gaz, au dire des10


146 DE LA DYSPEPSIE.malades, « ne peuvent s'échapper ni d'un côté, ni del'autre»..;-•Urines. — Rien de variable comme l'aspect queprésentent les urines; tantôt normales, tantôt copieuses,tantôt peu abondantes, boueuses, chargéesd'acide urique quelles laissent déposer, ou d'uratesqui forment un cercle rougeâtre adhérant au vase.Deux particularités ont appelé notre attention :i° De temps à autre surviennent des urines claires,limpides, très abondantes, ressemblant, de tous points,à des urines hystériques, et cela chez les malades dusexe masculin ;2 0 Nous avons, plus d'une fois, d'une manière certaine,constaté la présence temporaire de l'albumineet du sucre (14 fois) en petite quantité.Hypochondrie. — Les troubles moraux accompagnentbien souvent ces dyspepsies spéciales-, c'est avecelles surtout que s'observent, chez nos malades, cettesurexcitation nerveuse, cette exaltation, cette mobilitédans les idées, ces préoccupations constantes, cesfrayeurs, ces impatiences, cette concentration despensées sur leurs malaises, ce doute des forces, cessombres pressentiments, cette conviction que leur maladieest extraordinaire et inconnue du médecin;troubles qui mettent à néant cette opinion de quelquesauteurs, que l'hypochondrie est caractérisée par l'augmentationdu volume du foie.Marche de la maladie. — Chez un certain nombrede nos dyspeptiques, le début a été brusque, se des-


CAUSES. 147sinant par des vomissements, sans causes connues;chez le plus grand nombre, les phénomènes dyspeptiquesse sont graduellement produits à la suite demaladies auxquellesil était possible de les rapporter.La durée de cette affection est longue, elle épuise lapatience des malades et les ressources thérapeutiquesdu médecin. Dans plus de la moitié des cas, nous latrouvons variant entre cinq et quinze années; maximumà 6, 8, 10, 12 et i5 ans, c'est-à-dire avec deschiffres dépassant de beaucoup ceux inscrits dans ladyspepsie simple.Formes. — La prédominance d'un symptôme nousa servi à déterminer les formes revêtues par nos dyspepsies; ainsi que l'indique le résumé numériqueci-dessous, la forme flatulente est, de beaucoup, laplus nombreuse se rencontrant dans plus de la moitiédes cas relatés :Flatulente, 75. —• Gastralgique, 25. — Vomitante,14. — Vertigineuse, 9. — Flatulente et vertigineuse,7. — Entéralgique, 3. — Céphalique, 3. — Bilieuse,2. — Acide, 1. — Gastralgique et vertigineuse, 1.CAUSES.La profession ou l'arme à laquelle appartiennentnos dyspeptiques ne nous donnent que d'assez vaguesrenseignements; il est constant toutefois que lesemplois sédentaires, nécessitant un travail intellectuelou de bureau, s'y présentent en plus grand nombre.


I48DE LA DYSPEPSIE.Tempérament. — Chez des malades qui, presquetous, sont atteints depuis de longues années, il n'estpas toujours facile de trouver le caractère exact dutempérament primitif. Nous l'avons noté au jour denotre première visite et nous le donnons ici sans yajouter une importance bien grande.Le tempérament sanguin (3g) prédomine; aprèslui viennent, avec des chiffres égaux, les tempéramentsbilioso nerveux (3i), nervoso-lymphatique (3i),puis le nerveux (21), le nervoso-sanguin (16), bilieux(1).Constitution. — Bonne, 90. — Affaiblie, 29. —robuste, 21.Age. — L'âge de nos malades, déclaré au débutdu traitement, indique : de 40 à 45 ans (32). — De 45à 5o (26). — De 35 à 40 (20). — De 55 à 60 (20). —De 5o à 55 (19).— De 60 à 65 (10). — De 25 à 3o (6).— De 3o à 35 (4).— De 23 à 25 (3).MALADIES DES PARENTS.Dans 93 cas nous ne trouvons aucun antécédent defamille.Parmi les affections dont étaient atteints les père etmère de nos malades, nous signalerons en premièreligne, le rhumatisme qui se rencontre 7 fois chez le père,4 fois chez la mère ; la goutte 4 fois chez le père, 4fojschez la mère ; la dyspepsie 1 fois chez le père, 7 foischez la mère ; l'asthme 3 fois chez le père, 2 fois chez


CAUSES. 149la mère ; le diabète, 2 fois chez la mère; la gastralgie2 fois chez le père ; l'herpétisme 1 fois chez le père, 1fois chez la mère ; l'hépatite 1 fois chez le père, 1 foischez la mère ; la gravelle 2 fois chez le père; enfin,1 fois chez le père la dyssenterie, la myélite ; chez lamère la paralysie, la tuberculose et l'état névropathique.MALADIES ANTÉRIEURES.38 de nos dyspeptiques déclarent n'avoir jamais étéatteints de maladies antérieures; les 102 autres nousindiquent au premier rang la fièvre inte^rpijtteqte 38cas, puis le rhumatisme 14 cas, la dyssenterie 14 cas,la fièvretyphoïde 9 cas, l'hépatite 6 cas, l'herpétisme5 cas, l'ictèro.4 cas, le traumatisme 3 cas, la, spermatorrhée2 cas,' le tœnia 2 cas, la diarrhée, chronique 2cas, l'eczéma 2 cas, les affections de la peau 3 cas, lagoutte 2 cas, et en dernier lieu des unités peu importantescomplétant un chiffre total de 117 dont 15doubles.CAUSES - PRÉSUMÉES.Nous appelons ainsi les maladies ou mauvaisesconditions hygiéniques qui ont immédiatement précédél'apparition des troubles dyspeptiques et quipeuvent logiquement être considérées comme causesdéterminantes.En première ligne se présente la fièvreintermittente


IJO DE LA DYSPEPSIE.(3o) puis la vie sédentaire (16), les fatigues de la profession(16), le séjour dans les pays chauds (n), leséjour en Algérie (i3), les chagrins (i i), le rhumatisme(9), l'herpétisme (5), l'hépatite (5), la dyssenterie(4), le travail de bureau (4), l'ictère (3), les excès d'alcool(3), l'hérédité (3), l'arthritisme (2), la mauvaisedentition (2), la goutte (1), la spermatorrhée (1), letraumatisme (1).L'étiologie de cette dyspepsie spéciale, examinée aupoint de vue de la classification que nous désirons établirdans ces états morbides, nous fait placer dans unepremière catégorie, c'est-à- dire dans celle qui comprendles lésions ou troubles primitifs et simples dutube digestif, la plus grande partie des cas par nousobservés (76).La deuxième catégorie ne contient que 14 cas; laquatrième en réunit 47. " '*'Trois cas ayant pour cause l'hérédité échappent ànotre classification par défaut de renseignements suffisantssur les causes de l'affection des parents.DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL.Nous ne reviendrons pas sur les diagnostics différentielsqui se trouvent dans la partie de notre travailrelative aux dyspepsies simples. La diminution duvolume du foie qui se rencontre dans d'autres affections,doit seule ici attirer notre attention.La cirrhose atrophique est la maladie qui pourrait


PRONOSTIC.être surtout confondue avec nos dyspepsies. MaiSjdans cette cirrhose avec atrophie considérée commeirrémédiable des cellules hépatiques, ayant pour causes.les plus ordinaires l'alcoolisme et la syphilis, lestroubles de la circulation abdominale viennent plusrapidement et aboutissent à l'ascite. En outre, lamarche de l'affection est plus prompte, et un symptômeconstant se présente, c'est l'augmentation,duvolume de la rate. Enfin le traitement thermal aggravela cirrhose atrophique. , , ,;Dans l'atrophie jaune aiguë du foie (ictère grave,typhoïde ou hémorrhagique) le symptôme jaunisse, ladiminution rapide du ^01 urne du foie,,l'engorgementde la rate, les,vomissements de bile et de sang, lamarche rapide de la maladie, nous paraissent dessignes suffisants pour différencier cette grave affection,des dyspepsies dont nous nous occupons.Quant aux affections cancéreuses du foie dans lesquellesse présente parfois une diminution du volumede l'organe, la palpation, en faisant constater des indurationsbosselées du tissu hépatique, établit avec lateinte jaune pâle caractéristique, une distinction suffisante.PRONOSTIC'Notre expérience pratique, relativement à la dyspepsieavec diminution du volume du foie, est tropcourte pour que nous puissions formuler une opiniondéfinitive à l'endfoit du pronostic.


IJ2 DE LA DYSPEPSIE.Nous trouvons chez la plupart de nos malades unelongue série d'années de souffrances et cependant laconstitution n'est affaiblie que dans le cinquième dunombre total. Chez quelques-uns même elle s'estconservée avec tous les caractères de la force.Nous croyons pouvoir dire que, sans être d'unegravité exceptionnelle, ce pronostic est cependantsérieux, car la maladie devient cause d'une débilitéorganique qui laisse libre action à toutes les influencespathogéniques.Ces états dyspeptiques créent une existence tourmentée,insupportable par les malaises sans nombrequi les accompagnent et surtout par le peu d'intérêtsympathique que témoignent les personnes de l'entourage,-lesquelles ne voient souvent dans ces malheureuxque des malades imaginaires. Cette idée erronéeest d'autant plus fréquente que bon nombre de nosdyspeptiques conservent les apparences de la santé.COMPLICATIONS.Les complications notées dans nos observations necontre-indiquaienten rien T pour la plupart, le traitementpar l'eau minérale.Il n'en est pas toujours ainsi. Notre mémoire nousfournit quelques faits en dehors de notre travail actuel,lesquels, tout en confirmant l'efficacité de l'eau deVichy, relativement à la dyspepsie avec diminution du


COMPLICATIONS. I 5 3foie, nous forcent à faire, non seulement des réserves,mais une prohibition complète du traitement thermal.Nous voulons parler de sujets chez lesquels dessymptômes commençant de paralysie progressive etd'ataxie locomotrice, n'ont pas permis d'insister surl'usage de l'eau minérale qui amenait une aggravationde ces maladies.Dans la soixante-huitième observation, il est questiond'une névralgie intercostale supérieuredroite qui,à un moment donné, a nécessité une injection hypodermiqueet qui a disparu avec la maladie à laquelleelle se rattachait sans doute.L'emphysèmepulmonaire qui existe chez lesmaladesdes septième et cent-onzième observations n'a donnélieu, ni pendant, ni après la cure, à aucun phénomène,aiguë.Les six légères augmentations du volume de la ratedes- observations 3g, 58, 65, 77, j8, 98, doivent êtrerapportées à la fièvreintermittente et au séjour prolongédans les pays chauds ; elles, avaient disparu à, lafin de la cure. . ; 0 j .Les pertes séminales, accident dont se plaignait lesujet de la 96 e observation, sont le plus souvent passiblesdu traitement par l'eau minérale ; elles tenaientsurtout, ici, à un état de débilité générale qui a faitplace à une reconstitution supprimant cette nouvellecause d'épuisement.La bronchite chronique de l'observation n° 45 n'apas davantage résisté. A cette occasion nous pouvons


154-DELADYSPEPSIE.affirmer que l'eau de Vichy, prudemment administrée,donne, même dans les bronchites spécifiques au premierdegré, des résultats en opposition avec les idéesreçues.Quant à l'engorgement des parois stomacales, qui serencontre dans la soixante-troisième observation,il estassez fréquent chez nos malades de Vichy et le résultatde la cure est, dans ce cas, toujours le même, améliorationou guérison. Du reste, c'est surtout dans lesgastriques chroniques que ce symptôme est observé.INCIDENTS.Avec un traitement sagement conduit, les incidentsde la cure thermale deviennent très-rares et, cependant,nous rencontrons, dans 46 cas, des malaises quiviennent entraver l'administration de l'eau minérale.Plus de la moitié "de ces incidents sont dus à l'imprudencedes malades.La diarrhée s'est présentée 18 fois, la bronchite 7fois, les indigestions 5 fois, les excitations'5 fois. -* n "•'-• TRAITEMENT.Traitement antérieur. — Toutes les médications;ont été mises en usage chez nos anciens dvspeptiqùëset n'ont amené que des soulagements rares et passagers.'• ^


TRAITEMENT. 155Ceux d'entre-eux qui, antérieurement à notre observation,ontété soumis au traitement thermal de Vichy,ont, d'une manière évidente, obtenu des résultatsfavorables. Nous avons la preuve de cette assertion encomparant les progrès résultant des cures faites en1876 et 1877. Sur 62 de nos malades ayant fait usagedes eaux à une époque antérieure, 38 ont eu pourrésultat une grande amélioration.Traitement thermal.— C'est le traitement rationnelet efficace par excellence. L'eau prescrite en boisson aété généralement donnée à doses très-faibles au début,afin d'essayer la susceptibilité du malade et de faciliter,avec sa digestion rapide, son action médicatrice.Quant au choix de la source, il a porté surtout surles sources chaudes. L'eau de la source de l'Hôpital aété généralement bien supportée, mais, selon les idiosyncrasies,selon les complications, selon les incidentsde la cure, nous avons eu recours à la Grande-Grille,au puits Chomel, parfois même au puits Lardy.Le minimum des verres d'eau composant la curea été de trente-sept, le maximum de cent-onze, et lamoyenne prise sur la totalité des traitements nousdonne un chiffre de soixante-neuf.Bains minéraux. — Les bains ont été recommandésd'une durée variable entre trente et quarante-cinqminutes, d'une température tiède ne donnant aumalade, au moment de l'immersion, aucune sensationde chaud ni de froid. Ils ont été employés par tous


I56 DE LA DYSPEPSIE.nos dyspeptiques à l'exception d'un seul atteint debronchite chronique.La moyenne, par traitement, a été de seize.Douches d'eau minérale. — C'est aux douchestièdes que nous donnons ici la préférence, avec un jetd'intensité moyenne. En même temps que la douchegénéralisée en pluie baigne le malade, nous frapponssuccessivement, avec le jet, toutes les parties du corpsen épargnant toutefois la tête, l'abdomen et le creuxépigastrique, et en insistant plus spécialement sur lesparties latérales droite et postérieure du tronc : souventnous prescrivons de terminer par un jet chaud sur lespieds et sur la partie inférieure des jambes. La duréede, ces douches ne doit pas dépasser trois minutes. Lechiffre moyen a été de sept par malade.Douche ascendante d'eau minérale. — Lorsqu'uneconstipation persistante nous a obligé d'avoir recoursà ce moyen, nous avons eu à nous louer du résultat,car, sans provoquer de coliques, à la condition d'êtreprises en quantité modérée, ces douches ont facilité,pour quelques jours, les évacuations alvines.RÉSULTAT DU TRAITEMENT.Augmentation du volume du foie. — La modificationproduite par la cure sur le tissu de l'organe hépatiquea été dans tous les cas, rendue sensible à la percussion.Elle s'est manifestée parfois après huit ou dix


RÉSULTAT DU TRAITEMENT. I 57jours de cure thermale, d'autres fois elle n'a été constatéeque vers le milieu de la cure; dans des cas rareselle s'est fait attendre jusqu aux derniers jours delàsaison. Chez presque tous les malades, elle est alléeprogressivement en augmentant; mais il nous a étépossible de remarquer, à la suite d'aggravation provenantd'imprudence du malade, un temps d'arrêt, voiremême une rétrogradation.Les mensurations, prises alors que le malade étaitsur le point de quitter la station thermale, ont faitconstater une augmentation du volume du foie variantentre un et six centimètres dans l'ordre de fréquenceci-indiqué :2 centimètres (29), 2 centimètres et demi (22), 3 centimètres( 18), 3 centimètres et demi (17), 4 centimètres(17), 1 centimètre (16), 1 centimètre et demi (9),4 centimètres et demi (5), 5 centimètres (3), 5 centimètreset demi (1), 6 centimètres (1).lien résulte que, chez cent trente-huit dyspeptiques,l'augmentation a oscillé entre un centimètre et quatrecentimètres.Résultats généraux. — Pour ce qui touche à ladisparition ou à la diminution des troubles dyspeptiques,à la reconstitution du malade, nous avonsénoncé les résultats obtenus sous les titres d'améliorationet grande amélioration ; nous abstenant de prononcerle moxguérisonqm est cependant justifié pourquelques-uns et le sera pour beaucoup, nous en avons


I J8 DE LA DYSPEPSIE.la conviction, par les résultats consécutifs qui nousserons connus plus tard.Voici comment se comportent numériquement nosrésultats :Grande amélioration, 74 dont 38 avaient fait antérieurementusage des eaux; amélioration, 60 dont23 avaient déjà fait la cure de Vichy; légère amélioration,6.Le résumé de nos pesées de malades faites avant etaprès la cure nous paraît peu intéressant pour lacourte période du séjour à Vichy. Sur 74 baigneursqui sont passés à la balance, 11 n'avaient ni gagné niperdu, 3o avaient eu une augmentation de poids et 33une diminution. L'addition des bénéfices et des pertesdémontre une compensation se traduisant par unemoyenne de 1 k. 400 en plus ou en moins.Nous pensons que plusieurs cures, bien dirigées,sont nécessaires pour amener une complète guérison,et nous réclamons de nos malades le retour pendantplusieurs années à notre station thermale.Nous recommandons aussi de faire, de temps àautre, dans l'intervalle, de petites cures supplémentairespar l'eau de Vichy transportée, et ce sont, pources petits traitements, les sources froides qui ont notrepréférence. Nous exprimons en même temps le désirde Voir nos dyspeptiques s'abstenir de toute médication,à moins de nécessité urgente constatée par leurmédecin, mais de se soumettre scrupuleusement à une


NATURE DE LA MALADIE. 150hygiène alimentaire particulière, à des exercices actifset aux soins spéciaux qu'exige leur état, selon les cas.NATURE DE LA MALADIE.Nous avons réservé pour la fin de notre étude lesconsidérations que nous suggèrent les causes, lamarche et le traitement de ces affections.La diminution du volume du foie ne nous paraîtpas avoir une cause identique chez tous nos malades.Nous pouvons bien adopter partiellement, surtoutpour les rhumatisants, l'explication fournie par Niemeyer.Nous rappelons que la lésion décrite par cetauteur consiste en une végétation du tissu conjonctif,donnant naissance à des éléments nouveaux de ce tissu,effaçant peu à peu le tissu du parenchyme.Un des motifs qui nous font rejeter, pour tous lescas, cette opinion aussi tranchée, c'est que, d'une part,selon plusieurs anatomistes, la capsule de Glisson seperd avant d'arriver à la périphérie des lobules hépatiques,et, d'autre part, tout en comprenant qu'il peut yavoir production anormale de tissu conjonctif, nousne concluons pas à une atrophie persistante, à la mortdes cellules, mais seulement à une diminution ouperversion de la sécrétion biliaire par gêne des éléments.Pour la plupart des cas par nous observés, il nousparaît plus logique de supposer un trouble des fonctionsphysiologiques de l'organe, déterminant une atro-


i6oDE LA DYSPEPSIE.phie momentanée des cellules et des canaux hépatiqueset donnant lieu à une affection curable.L'aphorisme, naturam morborum curationes oslendunt,a, dans ces deux hypothèses, son applicationrelativement à la cure thermale.Nous avons trop souvent été témoin de la disparitionde tuméfactions cellulo-fibreuses, à la suite dutraitement de Vichy pour nier l'action des eaux dansla première hypothèse et, d'autre part, les nombreusesguérisons obtenues dans les cas de dyspepsies simplesnous démontrent suffisamment l'efficacité de l'eauminérale pour le rétablissement physiologique desfonctions de l'appareil digestif.Vichy. — Imp. Wallon.


TABLE DES MATIÈRESDyspepsies traitées à l'Hôpital thermal militaire.PagesINTRODUCTION ... .. .. iDéfinition.. i .. .... .. 5Anatomie. . .. 7Symptômes .... .. 9Symptômes sympathiques.. .. .. 14Diagnostic différentiel. .... 16Statistique. .. .. .... 19Etiologie . . . . 3 jIndication du traitement de Vichy. .. 37Dyspepsies avec diminution du volume du foie.INTRODUCTION . ... 41Mensuration du foie.. ... .. .. 44Tableau de la mensuration chez 219 malades 49Tableau de la mensuration dans les dyspepsies simples. 50Tableau de la mensuration dans l'hépatite et les engorgementsabdominaux. .-. 51Tableau de la mensuration dans les dyspepsies avec diminutiondu volume du foie 52i re observation. Dyspepsie flatulente. —• Migraines fréquentes.. . .. 53II° — Dyspepsie gastralgique. — Troublesnévropathiques.. .. .. 60111 e — Dyspepsie avec crises gastralgiques trèsintenses.. 66


1Ô2 TABLE DES MATIÈRES.Pagesiv e observatior . Dyspepsie et gastralgie. — Etat névropathique68V e — Dyspepsie gastralgique. — Névropathiegénérale.. .. .... 70VI 8 — Dyspepsie avec crises gastralgiques.. 72VII e —7?VIII e — Dyspepsie avec crises gastralgiques.. 74IX e , — Dyspepsie avec crises gastralgiques.. 7$X e —76XI e — Dyspepsie gastralgique.77XII e — Dyspepsie gastralgique.78XIII eXIV e —7980XV eXVI e —XVII e —XVIII e —XIX e —XX e —XXI e —XXII e —XXIII e —XXIV eXXV e —XXVI e —XXVII e —XXVIII e —XXIX e —XXX e —XXXI e —XXXII e —XXXIII e —XXXIV e —XXXV e —Dyspepsie gastralgique et vertiges ,.Dyspepsie flatulente avec crises gas-Dyspepsie entéralgique avec diarrhée.Dyspepsie avec entéralgieDyspepsie vertigineuse...Dyspepsie flatulente. — VertigesDyspepsie vertigineuseDyspepsie vertigineuseDyspepsie vertigineuse . . ....Dyspepsie vertigineuseDyspepsie flatulente et vertigineuse.Dyspepsie flatulente et vertigineuse.Dyspepsie flatulente et vertigineuse„Dyspepsie flatulente avec vertiges..Dyspepsie flatulente,vertiges et névralgiefacialeDyspepsie flatulente,vertiges..Dyspepsie flatulente. .. :...Dyspepsie flatulente818}8485' 868788899091i ? 29?95949798,99100loi102103


TABLE DES MATIÈRES.xxxvi c observation . Dyspepsie flatulente. .,.-..XXXVII e — Dyspepsie flatulente...tavin 8 — Dyspepsie flatulente avec migrainesfréquentes..xxxix 6 — Dyspepsie flatulente. — Tœnia.:XL e — Dyspepsie flatulente..xlf — Dyspepsie flatulente,.XLII e — Dyspepsie flatulente....XLIII 6 ' — Dyspepsie flatulente..! ' XL1V* — Dyspepsie flatulente..XLV* — Dyspepsie flatulente...XLVI e — Dyspepsie flatulente.. ..•i XLVII 6 — Dyspepsie flatulente..XLVIII e — Dyspepsie flatulente..Ç XLIX e — Dyspepsie flatulenteL e — Dyspepsie flatulente..LI e — Dyspepsie flatulente...LIl e — Dyspepsie flatulente avec céphalalgie." LUI 8 — Dyspepsie flatulente. — Névropathiegénérale.LIV 8 — Dyspepsie flatulente....LV e — Dyspepsie flatulente.— HypochondrieLVI eLV1I 8 —Dyspepsie flatulente..Dyspepsie flatulente..LVIII e — Dyspepsie flatulente et vomitante.LIX e — Dyspepsie flatulente et vomitante...LX e — Dyspepsie vomitante...LXI 9 — Dyspepsie vomitante.LXII 8 — Dyspepsie vomitante.LXIII 8 — Dyspepsie vomitanteLXIV e — Dyspepsie vomitante.LXV 8 — Dyspepsie vomitante.^LXVI e — Dyspepsie vomitante. ....LXVII 8 — Dyspepsie vomitanteLXV1II 8 — Dyspepsie vomitante. ..,63Pages103104105106107107108110m112"3114"5116116117118119120121122123124124127128128129130»3'132»3Î"34


164 TABLE DES MATIÈRES.PagesLXIX" observation. Dyspepsie vomitante. .... 134Lxx e — Dyspepsie vomitante. 135Tableau résumant soixante-dix observations.... 138Définition.. .. .. ...... .. 140Anatomie. . .. . . 1 4 2Symptômes .. . ... 144Causes. .. .. ... . 147Diagnostic différentiel. .. 150Pronostic. ... . . 1 5 1Complications .. .. 152Incidents. .. .. .. 154v Traitement. ... 154Résultats du traitement... .. (56Nature de la maladie. ., .. 159


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